House Proceedings — 16 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-05-16
Quebec — Debates (Hansard)
Au nom des
citoyennes et des citoyens de la circonscription d'Abitibi-Ouest, je remercie
également Nicole et Patrice pour leur
dévouement et leur rigueur. Je leur souhaite une retraite aussi prolifique et
enrichissante que leur vie professionnelle l'a été. Bonne retraite bien
méritée, et bravo pour l'immense travail que vous avez accompli!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
d'Abitibi-Ouest. M. le député de La Prairie, à vous la parole.
Merlini : Merci beaucoup, M. le Président. Ce matin, je veux profiter
de la semaine de la famille pour souligner l'implication et le travail
sans relâche d'un organisme de ma circonscription, La Maison de la famille
Kateri.
L'organisme,
qui célébrera bientôt son 25e anniversaire, est devenu la ressource
d'accompagnement et de référence en
matière de mieux-être et d'épanouissement pour nos familles. J'ai d'ailleurs eu
le privilège d'y amener mon collègue le ministre de l'Éducation durant
l'hiver dernier, visite au cours de laquelle il a constaté l'impact de La
Maison de la famille Kateri dans notre communauté.
Ce matin, je
souhaite donc rendre hommage à toutes ces personnes qui s'impliquent à La
Maison de la famille Kateri pour
accompagner nos familles au quotidien. Sans contredit, elle est devenue
aujourd'hui un incontournable dans notre communauté parce que ses intervenantes
sont vraiment à l'écoute des besoins de nos familles. C'est aussi un
lieu de soutien, de confort et d'entraide.
Bravo à toute
l'équipe et à sa directrice, Mme Francine Laliberté! Et bonne continuité.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
M. le député des Chutes-de-la-Chaudière, à vous la parole.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Depuis maintenant 40 ans, le Club FADOQ de
Saint-Jean-Chrysostome s'implique dans la
communauté pour contrer l'isolement des personnes aînées en créant des
occasions de rencontre et d'échange.
La présence d'un club si actif a pour conséquence l'augmentation des
inscriptions et de stimuler la participation des membres, puisqu'actuellement 570 personnes sont inscrites. De
nombreuses activités sociales et récréatives leur sont proposées :
sorties, jeux, soirées thématiques, formations diverses.
Aussi,
je tiens à saluer, d'une part, le dévouement de tous les bénévoles, mais aussi
l'implication des membres qui, durant
toutes ces années, ont contribué à faire de cette association un groupe vivant
et dynamique. Je profite donc de
l'occasion pour remercier toutes les personnes qui donnent généreusement de
leur temps au bon fonctionnement du Club FADOQ de Saint-Jean-Chrysostome
et qui ainsi en assurent la pérennité.
Félicitations pour
ces 40 ans d'engagement et de présence dans la communauté! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député. M. le
député de D'Arcy-McGee, à vous la parole pour votre déclaration.
Birnbaum : M. le Président,
j'interviens ce matin avec tristesse pour rendre hommage à Paul Lamoureux,
directeur général de la commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier,
qui s'est éteint beaucoup trop jeune, récemment, à l'âge de
50 ans.
la fois humble et audacieux, brillant et curieux, travaillant et présent pour
sa famille, Paul était un ami et un collègue apprécié de tous. J'ai eu l'immense plaisir de la
côtoyer tout au long de mon séjour en tant que directeur général de l'Association des commissions scolaires
anglophones du Québec.
Paul is deeply worthy of this tribute
because he exemplifies the passion, caring, and devotion that drives our
education system
across Québec and makes our children better and stronger. Paul, your life, too
short, will surely continue to warm, strengthen, and inspire the
enlightened hearts and minds of all whom you touched, first and foremost ta
conjointe Chantal et tes filles, Chloé et Ana, mais nous tous aussi.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En terminant.
M. Birnbaum :
Repose en paix, Paul.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de D'Arcy-McGee.
Mme la députée de Chicoutimi, à vous la parole.
Mme Jean :
Merci, M. le Président. Actif au Cameroun depuis 1993, un homme s'évertue à
améliorer le sort d'enfants démunis.
L'auteur de ces gestes de bienfaisance est Pascal Thibeault, un travailleur
humanitaire originaire de Chicoutimi.
M. Thibeault et
son équipe font la promotion des mesures socioculturelles, éducatives et
économiques. Il y a quelques années, cet
homme créait le Groupe d'entraide les Yeux du coeur, une organisation qui vient
en aide aux jeunes orphelins. Il contribue aujourd'hui à la construction
d'un nouvel orphelinat pouvant accueillir 200 orphelins.
M. Thibeault
organise actuellement des campagnes de financement québécoises et permet ainsi
à un plus grand nombre de jeunes
d'aller à l'école dans une région où à peine 30 % des enfants ont ce
privilège, faute de moyens. À son oeuvre il ajoute, pour la fête de
Noël, la remise de 500 repas chauds et cadeaux aux jeunes démunis.
suis heureuse aujourd'hui d'ajouter aux reconnaissances qu'a déjà cet
homme d'exception celle de la députée
de Chicoutimi. Merci, M. le Président.
M. Thibeault est avec nous aujourd'hui et
j'aimerais le saluer. Merci beaucoup, M. Thibeault.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Très
bien. Alors, merci à vous, Mme la députée de Chicoutimi. M. le
député de Nelligan, à vous la parole.
Coiteux : Oui, merci, M. le Président. Je souhaite souligner la Semaine de la police,
qui se tient cette année du 13 au
19 mai sous le thème Avec vous au quotidien . Je tiens à profiter de
la Semaine de la police afin de souligner le travail des policières et
des policiers, qui exercent leur métier avec dévouement et professionnalisme.
Cette
semaine est aussi une occasion de renforcer le lien de confiance entre les
citoyens et les différents corps policiers.
Des activités seront proposées aux citoyens afin qu'ils puissent découvrir le
rôle essentiel des agents de la paix et en apprendre davantage sur les
défis auxquels ceux-ci font face dans le cadre de leurs fonctions.
plus, lors de cette semaine, les corps policiers profiteront de l'occasion
pour sensibiliser les citoyens à différents enjeux qui touchent de près
ou de loin leur sécurité.
J'en
profite pour ajouter que la Journée de reconnaissance policière qui a lieu
chaque année lors de la Semaine de la
police s'est déroulée lundi dernier. Au cours de cette journée, nous avons
honoré la mémoire des policiers décédés en fonction. J'ai aussi eu l'honneur de remettre des médailles à des
policiers et à des citoyens s'étant distingués par leurs actions héroïques...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En terminant.
M. Coiteux :
...lors de la cérémonie de décorations et citations policières tenue à l'École
nationale de police du Québec...
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, désolé de vous interrompre. Merci à vous,
M. le député de Nelligan, pour cette déclaration. Mme
la députée de l'Acadie, à vous la parole.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je veux
rendre hommage à un homme qui se donne entièrement à la cause des
enfants lourdement handicapés.
M. Jean
Laliberté, qui est présent avec nous aujourd'hui, est président-directeur
général de l'école Peter-Hall et y oeuvre depuis 20 ans. Il est aussi
responsable de la fondation.
Cette
école a pour mission d'éduquer des élèves ayant une déficience intellectuelle
et des troubles envahissants. M. Laliberté est également le père d'une
fille qui a fréquenté l'école Peter-Hall. Il connaît donc très bien et mieux
que quiconque les réalités et défis que vivent les parents devant accompagner
leurs enfants lourdement handicapés.
Donc,
M. Laliberté, au nom de l'Assemblée nationale et de ses membres, je vous
dis un grand merci. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de l'Acadie. Mme la députée d'Outremont, à vous la parole.
David : Merci, M. le Président. Je désire souligner aujourd'hui la
contribution à la vie culturelle québécoise des Petits Chanteurs du
Mont-Royal non seulement au sein de ma circonscription, mais partout au Québec.
Depuis plus de
60 ans, ce sont près de 200 garçons, issus tant du primaire que du
secondaire, qui font la promotion du
patrimoine culturel et musical québécois partout ailleurs dans le monde. Je
suis très fière de cette magnifique institution
et je salue non seulement le talent de tous ces jeunes, mais aussi le travail
exceptionnel des personnes qui les accompagnent dans cette aventure
musicale.
terminant, je souhaite ardemment que Les Petits Chanteurs du Mont-Royal
continuent de rayonner et je leur souhaite 60 autres années
remplies de succès. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée d'Outremont. Mme la députée de Taschereau, à vous la parole pour
votre déclaration.
Maltais : Ce lundi 14 mai, j'ai tenu la soirée hommage aux
bénévoles de la circonscription de Taschereau devant environ
150 personnes des organisations communautaires et culturelles. Il n'y a
pas de soirée chargée de plus d'amour,
d'émotion vraie, de bonté et qui donne de l'espoir en l'humanité que cette
soirée. C'est notre gala. Ça ne se passe pas à la télévision, il n'y a
pas de tapis rouge, mais les paillettes sont dans les yeux des gens. Il faut
voir la passion de servir des gens. J'y
retrouve un condensé de ce qui m'a inspirée et qui a fait ma fierté de les
représenter pendant près de 20 ans.
De plus, j'ai
décerné des Médailles de l'Assemblée nationale à trois personnalités hors du
commun qui se sont dévouées d'une
façon exceptionnelle auprès des plus vulnérables pendant 25 ans et plus.
Je veux les nommer, ils sont ici : M. Martin Payeur, qui est à la Maison Revivre, Geneviève Quinty,
qui est au Projet Intervention prostitution Québec, et Mario Gagnon, qui
est à Point de repères. Ils sont présents. Madame messieurs, pour votre
engagement indéfectible à combattre la misère et les préjugés, l'Assemblée nationale
vous dit merci.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la députée de Taschereau. Y a-t-il consentement pour
permettre à M. le député de Gaspé de faire une 11e déclaration?
Consentement. M. le député de Gaspé.
Lelièvre : Merci, M. le Président. À
titre de député de la circonscription de Gaspé, je suis extrêmement
fier de prendre la parole à l'Assemblée nationale du Québec afin de souligner un événement très important non
seulement pour la Gaspésie, mais pour le Québec.
Depuis 2012,
un groupe de citoyens et de gens d'affaires supporté par la ville de Percé
visait l'obtention d'une reconnaissance
internationale très prestigieuse, soit le
titre de géoparc UNESCO mondial pour
l'arrondissement de Percé. Grâce notamment à un travail de très grande
qualité et beaucoup de détermination, la coopérative de solidarité du Géoparc de Percé a déposé, en 2016, l'audacieux
dossier de candidature auprès de l'UNESCO. Le 27 avril 2018, mission
accomplie, le dossier de candidature était
accepté. Percé fait dorénavant rayonner la Gaspésie et le Québec à travers la prestigieuse certification Géoparc mondial UNESCO.
Percé est le premier en Gaspésie et est extrêmement fier de devenir le
premier géoparc UNESCO au Québec, le troisième au Canada et le cinquième en Amérique
du Nord.
Félicitations et merci à tous ceux et celles...
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, je vous
remercie, M. le député de Gaspé, pour cette déclaration. Voilà qui met
un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux de l'Assemblée
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, bon mercredi à tous et toutes. Alors, je vous invite à un recueillement
pour quelques instants.
Je vous remercie. Vous pouvez prendre place.
Et j'ai le plaisir de souligner la... Oui. J'ai
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de la première ministre
de la province de Cap-Occidental de la République sud-africaine, Mme Helen
Zille.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Et aujourd'hui il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Et je cède la parole à M. le leader du
gouvernement.
M. Fournier : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : À l'article a du feuilleton,
M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport présente le projet
de loi n° 183, Loi visant principalement à renforcer le rôle du protecteur
de l'élève et son indépendance. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Ce projet de loi vise principalement l'amélioration du traitement
des plaintes formulées par un élève,
un enfant qui reçoit un enseignement à la maison ou les parents de l'un de
ceux-ci au regard des services que leur rend une commission scolaire.
À cette fin,
le projet de loi prévoit diverses modifications à la
Loi sur l'instruction
publique. D'abord, il renforce le
rôle et l'indépendance de la personne agissant à
titre de protecteur de l'élève
au sein de chaque commission scolaire. Plus
particulièrement, il prévoit que le protecteur de l'élève est nommé par le
ministre. Il établit que les plaintes d'un élève, d'un enfant qui reçoit un enseignement à la maison
ou des parents de l'un de ceux-ci au regard des services que leur rend la
commission scolaire sont formulées au protecteur de l'élève. Il permet à ce
dernier d'intervenir de sa propre initiative dans certains cas et de donner son avis sur toute question soumise par
le conseil des commissaires ou par certains comités prévus par la loi.
Le projet
de loi attribue également
au protecteur de l'élève certains devoirs et pouvoirs, dont le devoir de
veiller à préserver son indépendance et le pouvoir de convenir avec les
personnes concernées par la plainte d'un processus de médiation. Il fixe aussi certaines modalités
applicables au traitement des plaintes, notamment en ce qui a trait aux délais
d'examen et de suivi, à la communication de conclusions et de recommandations
motivées.
D'autre part,
le projet de loi permet au Protecteur du citoyen, à la suite d'une demande d'un
plaignant insatisfait, d'examiner une plainte formulée au protecteur de
l'élève. Il lui permet également, à la demande d'un élève, d'un enfant ou des parents de l'un de ceux-ci, d'examiner le
bien-fondé d'une décision rendue par le conseil des commissaires à la
suite d'une demande de révision. De plus, il donne le pouvoir d'intervenir de
sa propre initiative en vue de faire des recommandations se rapportant aux
services rendus par les commissions scolaires pris dans leur ensemble.
Aussi, le
projet de loi prévoit que toute commission scolaire doit instituer un comité de
vigilance et de la qualité des
services chargé d'assurer le suivi de la mise en oeuvre des recommandations du
protecteur de l'élève et du Protecteur du
citoyen. Par ailleurs, il reconnaît au ministre le pouvoir d'ordonner à une
commission scolaire de donner suite à certaines recommandations du
Protecteur du citoyen.
Le projet de
loi modifie également la
Loi sur l'enseignement privé afin d'obliger les
établissements d'enseignement privé à
se doter d'une procédure d'examen des plaintes formulées par les élèves ou
leurs parents et de permettre au ministre de faire toute recommandation
relativement à de telles plaintes.
Enfin, il
apporte des modifications de concordance et énonce des mesures transitoires.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre.
Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : Bonjour, Mme la Présidente. Nous souhaitons la
tenue de consultations particulières sur ce projet de loi.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Et nous aurons des
échanges sur ce sujet, et peut-être bien d'autres.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
C'est très bien.
Alors, il n'y a pas de dépôt de documents ni de
rapports de commissions.
Et à la rubrique de dépôt de pétitions, je vais
céder la parole à M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 191 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'industrie du bitcoin est extrêmement énergivore, sa consommation annuelle
mondiale d'électricité dépassant déjà
vraisemblablement la consommation annuelle nationale de 150 pays — considérés individuellement;
«Considérant qu'Hydro-Québec et d'autres
organismes gouvernementaux [et] paragouvernementaux ont des discussions avec
des entreprises de cette industrie en vue de leur création ou établissement au
Québec;
«Considérant
que, bien que la production d'électricité par Hydro-Québec émette peu de gaz à
effet de serre, favoriser des
"fermes" ou des "mines" de bitcoins avec des tarifs
d'électricité réduits contribuerait néanmoins à l'émergence et au
développement mondial de cette industrie;
«Considérant que les
surplus actuels d'Hydro-Québec pourraient être mieux utilisés, en favorisant
davantage, au Québec ou ailleurs, le remplacement d'autres sources d'énergie
par l'électricité de source propre;
«Considérant
qu'Hydro-Québec et le gouvernement du Québec doivent faire preuve de vision et
d'exemplarité en matière de réchauffement climatique et poursuivre une
réflexion sur le sujet qui aille au-delà des simples perspectives de
gains économiques à court terme;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'affirmer
que le Québec, en dépit de ses atouts, ne favorise pas le
développement de l'industrie mondiale des cryptomonnaies;
«D'inciter ses
interlocuteurs et partenaires à suivre cet exemple;
«D'adopter
un décret enjoignant à Hydro-Québec : de ne pas faire de représentation visant la
création ou l'établissement au Québec
d'entreprises s'adonnant à des activités liées aux cryptomonnaies [et] de ne
pas offrir de tarifs préférentiels d'électricité, ou d'autres formes
d'incitatifs, à des entreprises en vue d'une telle utilisation.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Cet extrait de
pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales. Et, sans
plus tarder, je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : Mme la Présidente, les Québécois se sont réveillés récemment en constatant que le prix de
l'essence au litre avait bondi de
0,14 $ en une nuit. Et puis c'était un choc qui était mitigé par le fait
que ça avait déjà augmenté au cours des trois derniers mois et qu'il
était maintenant à un niveau inégalé depuis plusieurs années.
Alors, on a souvent posé la question au gouvernement : Comment ça se fait que, depuis 15 ans, le gouvernement libéral a été incapable
d'accompagner les consommateurs lorsque des choses aussi incroyables que ça se
produisent? 0,14 $ de plus dans une
nuit, même CAA-Québec dit que c'est injustifié. Il y a des gens qui mettent
leurs mains dans les poches des
Québécois de façon outrancière et de façon régulière, et on a un gouvernement devant nous qui dit : Ah! je ne peux rien faire. C'est pourtant son devoir de faire en sorte que les
consommateurs québécois soient protégés, qu'il y ait une
concurrence réelle et qu'il y ait une concurrence qui fasse baisser les prix et
donne de l'oxygène aux Québécois. Plutôt que
d'affaiblir l'État par des baisses de taxes et d'impôts, qui fait qu'on ne peut
pas donner des services, s'il s'occupait qu'il y ait le prix juste à la
pompe pour les Québécois, ce serait déjà une énorme contribution.
Pourquoi est-ce
qu'ils ne la font pas?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, si on veut me faire sentir coupable de baisser le
fardeau fiscal des Québécois, ça ne
marchera pas, là. Moi, je suis très content qu'on soit capables, en même temps,
de mieux financer les services publics, d'améliorer les infrastructures scolaires,
hospitalières et, en même temps, de baisser le fardeau fiscal des Québécois. Je ne sais pas pourquoi il introduit ça dans sa
discussion, mais c'est une bonne chose, là, que les Québécois aient plus
d'argent dans leurs poches pour aller au
bout de ce qu'ils veulent faire ou accomplir leurs désirs. Pour ça, ça prenait
des finances publiques équilibrées.
Maintenant,
je m'interroge un peu sur le sens profond de la question du collègue, parce
que, quand il dit «accompagner»,
est-ce qu'il veut dire : Subventionner l'essence pour les Québécois? C'est
ça, dans un pays indépendant que
serait le Québec, hypothétiquement, c'est ce qui arriverait, on donnerait un
chèque aux gens pour acheter l'essence? Parce qu'il y a des forces de
marché international, là, qui sont en jeu.
Maintenant,
ce qu'il oublie de dire, le message qu'il faut envoyer aux Québécois,
c'est que, pendant ce temps-là, Hydro-Québec n'a pas augmenté ses prix.
Le moment du virage électrique des transports, c'est maintenant. Il y a un soutien très,
très important du gouvernement à l'achat de véhicules
électriques. On vient de déposer un projet de loi très ambitieux pour ajouter
des centaines et des centaines de bornes au Québec. C'est le moment de faire
le virage. L'augmentation des
prix de l'essence, c'est un signal pour les Québécois de poser le geste
véritable de nationalisme économique.
Arrêtons d'envoyer notre argent à l'étranger pour remplir notre réservoir,
gardons-le au Québec pour charger notre batterie. C'est comme ça qu'on
va faire prospérer le Québec.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : En première complémentaire, M. le chef de l'opposition
officielle.
M. Lisée :
Donc, le premier ministre confirme qu'il s'en lave les mains, qu'il y ait plus
de concurrence, au Québec, entre les
sociétés pétrolières pour faire en sorte... que le juste prix, ce n'est pas de
ses affaires. Une chose qui est de
ses affaires, c'est la concurrence qui n'existe pas dans les vols aériens
régionaux. Ce matin, pour aller à Heathrow, 752 $, pour aller à Baie-Comeau, 1 123 $.
Il a le moyen de
casser le monopole d'Air Canada. Pourquoi est-ce qu'il ne le fait pas?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : On note l'agilité du changement total de sujet, là, Mme la Présidente. On ne parle plus, bien sûr... Là, je viens de leur rappeler que le
véritable geste de nationalisme économique, c'est de faire le virage électrique
des transports, mais ils ne veulent pas continuer, clairement, dans cette
direction-là. On a déjà eu, Mme la Présidente, cet échange-là. La meilleure façon d'avoir de la concurrence, c'est de
permettre à d'autres compagnies aériennes, également, d'obtenir des vols, d'obtenir des dessertes. Il y
a des discussions en cours là-dessus. Il y a un budget qui a été réservé suite
au sommet là-dessus. Qu'est-ce qu'ils feraient, eux? C'est le temps de le dire.
Il y a des élections bientôt, là. Qu'est-ce qu'on fait, là? On donne plus de subventions? On veut punir Air Canada?
Alors, qu'est-ce qu'on fait en pratique? Nous, on a dit qu'est-ce qu'on fait en pratique, on aide les gens, oui, à
acheter des billets d'avion de façon plus abordable, on aide des
nouvelles dessertes aériennes à arriver...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Couillard : ...et on aide à réparer nos infrastructures, ce qui n'a
jamais été fait, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le
chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
Alors, c'est clair, le premier ministre ne comprend pas le thème. Le thème,
c'est : plus qu'il y a de concurrence,
moins les prix sont élevés, puis, en plus, ça aide le PIB. Il y a moins de
concurrence au Québec que dans le
reste du Canada, il y en a moins au Canada qu'aux États-Unis. Plus de
concurrence, plus d'argent dans les poches des consommateurs. J'espère qu'il me suit, là. Et là il me demande qu'est-ce
qu'on va faire, nous, pour casser le monopole d'Air Canada. Bien, on va faire ce que la majorité des gens de son
Sommet du transport aérien demandaient, c'est-à-dire un prix plancher
pour empêcher Air Canada de casser les prix puis de sortir les concurrents.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Il y a énormément de difficultés pratiques dans ce qu'il dit. C'est lui
qui ne connaît pas bien le sujet, Mme la Présidente. Alors, de toute
façon, nous, on va aller vers l'avant, on va aller... En fait, en passant, on a
fait le premier Sommet sur le transport
aérien régional de l'histoire du Québec, on pourrait quand même le reconnaître,
avec des actions telles que la
réparation des infrastructures, le soutien des citoyens pour l'achat de
billets, également de nouvelles dessertes
aériennes. Mais, eux, si je comprends bien, peut-être... Ah! Peut-être
qu'on pourrait nationaliser les compagnies aériennes pour faire voler ça avec l'enseigne du Parti québécois dessus,
pour faire en sorte que tout le monde puisse se promener avec des avions
séparatistes, Mme la Présidente, dans le ciel. C'est parfait!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M.
le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
Bon, alors, les 400 participants au Sommet sur le transport aérien
devraient noter que le premier ministre vient de se moquer de la proposition qui a été la plus proposée par ces
gens-là et que lui-même a mise dans un comité de travail, qui ne donnera
rien, là, mais qu'il a mise dans le comité de travail. Alors, la solution qu'on
veut appliquer dès les premiers mois de
notre gouvernement et que lui fait semblant de faire étudier par un comité, là,
il vient de s'en moquer. Alors, il ne comprend rien au problème, c'est clair.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : ...certainement pas de me moquer des gens qui
sont venus participer avec nous à un débat très important. Mais il faut connaître un sujet pour en débattre.
L'instauration d'un prix plancher, ça relève du gouvernement fédéral. Je répète, ça relève du gouvernement
fédéral. Dans son très hypothétique gouvernement, il n'aurait pas lui-même
le pouvoir de procéder à une telle chose.
Alors, ce qu'il faut plutôt faire, c'est voir
comment est-ce qu'on peut travailler avec le gouvernement fédéral, l'industrie, et les différents transporteurs
aériens, et les compagnies qui existent également au Québec, qui voudraient
également jouer un rôle, pour faire en sorte
qu'on multiplie l'offre, qu'on crée de la concurrence et que les prix baissent.
Voilà ce qu'il faut faire, voilà ce qu'il est raisonnable et réaliste de faire.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
Merci, Mme la Présidente. Dès le mois d'avril dernier, j'ai demandé à la
ministre de l'Enseignement supérieur d'intervenir dans le dossier de
l'Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a alors rejeté du revers de la main mon invitation. Pourtant, quelques jours plus
tard, un lock-out injustifié et prématuré était décrété, un lock-out avec
des conséquences particulièrement
désastreuses pour les étudiants. La ministre a finalement décidé d'intervenir
en lançant un ultimatum de
48 heures au recteur. Elle lui a demandé de lever le lock-out avant
dimanche après-midi dernier, ultimatum qui n'a jamais été respecté. La
ministre a ensuite réagi sur son compte Twitter, lundi soir, en retirant
publiquement sa confiance envers le recteur de l'université, un geste qui est
très lourd de conséquences.
Alors, Mme la
Présidente, comment la ministre peut-elle aujourd'hui demander au syndicat de
négocier envers le recteur en qui elle-même n'a plus confiance?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la ministre responsable de l'Enseignement
supérieur.
Mme David :
Oui. Alors, Mme la Présidente, j'ai l'immense plaisir de vous annoncer que,
depuis trois minutes, le lock-out est
suspendu, le lock-out est levé. Les professeurs seront de retour au travail dès
demain matin. Alors, voilà le résultat.
J'ai parlé
avec le député de Lac-Saint-Jean hier soir. Nous avons eu une conversation
franche, honnête sur des idées et des
pistes de solution. Le premier ministre a parlé, en ma présence, au recteur ce
matin, et voilà le résultat, dont nous
devons être très fiers. Pourquoi on doit être très fiers? Parce que c'est pour
la communauté universitaire, c'est pour les professeurs, c'est pour les
étudiants. Il y a une ouverture, il y aura négociation, le médiateur va rester,
grâce à la collaboration de ma collègue
ministre du Travail. Alors, quoi espérer de plus? C'est exactement le résultat
auquel on voulait tous arriver. J'en suis très fière.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Mme la Présidente, c'est un petit peu particulier.
Aujourd'hui, on est mercredi. Lundi soir, suite à l'affront du recteur, la ministre, sur son compte Twitter, elle cite,
et je vais vous lire, là : «Je me vois [...] dans l'obligation d'informer ceux et celles qui ont décrété [le]
lock-out qu'ils ne peuvent plus compter sur ma confiance.» Ça, c'est lundi
soir dernier.
Est-ce que,
deux jours plus tard, vous avez changé d'idée et aujourd'hui vous avez
confiance envers le recteur?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre responsable de l'Enseignement supérieur.
David : Il faut savoir que, deux jours plus tard, le lock-out, il est
levé, et c'est ça qui est important, c'est ça qui est important, que ceux qui ont décrété le lock-out ont décidé ce
matin, il y a à peu près neuf minutes, de lever ce lock-out. Pour moi, c'est un résultat exceptionnel
pour la région, pour les députés, pour les étudiants, pour la communauté
universitaire. Alors, ils ont accepté de
lever le lock-out. Que ça soit deux jours après, écoutez, là, on est en
politique, puis tout le monde fait de
son mieux là-dedans, on ne peut que se réjouir, puis le député, il devrait être
supercontent de la décision.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Deuxième complémentaire...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, vous pouvez...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vais vous demander un peu plus
de silence, s'il vous plaît, afin de permettre à M. le député de
Lac-Saint-Jean de poser sa deuxième question complémentaire.
Cloutier : Mme la Présidente, lorsqu'on est ministre responsable de
l'Enseignement supérieur et qu'on prend la peine, sur la place publique, de dire à tous les Québécois : Je
n'ai plus confiance envers celui qui a été nommé par mon propre
gouvernement, je n'ai plus confiance pour qu'il mène les négociations à terme, le
message qui est envoyé aux Québécois, c'est que cette personne-là, elle est
inapte à exercer ses fonctions.
Comment
justifiez-vous que vous êtes sortie lundi soir pour dire que ce n'était plus la
bonne personne et qu'aujourd'hui, soudainement, les négociations
devraient...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la ministre responsable de l'Enseignement
supérieur.
David : Justement, le «soudainement», mettons qu'il y a un petit peu
de travail derrière ça. Le «soudainement»,
là, ce n'est pas comme ça, tout à coup. Ça se peut qu'il y ait eu beaucoup de
négociations, ça se peut que je sois
allée à l'UQTR, ça se peut, justement, que j'aie parlé à beaucoup de monde, ça
se peut que le premier ministre aussi soit intervenu.
Nous voulons tous le bien d'une extraordinaire
université, et ce bien-là doit passer avant les petites mesquineries de
faire de la politique là-dessus.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Un instant! Je vais demander à madame... Allez-y,
M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : Mme la Présidente, la ministre vient de prononcer
un terme inacceptable. Elle qui fait souvent la leçon aux autres, elle
vient de se déshonorer en disant ça, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vais vous demander d'éviter de
vous invectiver d'un côté et de l'autre, s'il vous plaît. Alors, Mme la ministre, est-ce que vous retirez les
derniers propos que vous avez tenus ici, en cette Chambre? Est-ce que
vous les retirez? Vous les retirez? Très bien. Alors, vous pouvez poursuivre.
David : Le lock-out est levé, les étudiants vont pouvoir avoir leur
fin de session. Est-ce que c'est ça qui est important? Les étudiants étrangers vont être beaucoup moins
angoissés, les professeurs vont pouvoir reprendre leurs activités de
recherche, le recrutement va être meilleur. Est-ce que ce qu'on veut, c'est le
bien-être de la région, le bien-être de l'UQTR?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Mme David :
C'est ma priorité.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Legault :
Oui. Mme la Présidente, on apprend ce matin qu'il manque 19 médecins de
famille en Abitibi-Témiscamingue. Selon la
directrice de la clinique de La Sarre, c'est la catastrophe. Les citoyens
de l'Abitibi-Témiscamingue sont très inquiets par ce manque de médecins
de famille qui n'arrête pas de grandir.
Un des
problèmes vient du fait que les étudiants en médecine veulent de plus en plus
être médecins spécialistes et de
moins en moins être médecins de famille. Pourquoi? Le premier ministre le sait,
il a donné 400 000 $ par année aux médecins spécialistes, 80 000 $ de trop
par année, 1 milliard de trop par année. C'est rendu qu'actuellement il y
a des étudiants en médecine qui
prennent une année sabbatique en espérant que plus tard ils vont être acceptés
dans une spécialité. C'est rendu le jackpot si on peut aller dans une
spécialité.
Mme la Présidente, ma
question est très claire. Qu'est-ce que va faire le premier ministre
concrètement pour combler les 19 postes vacants à Amos, à La Sarre, à
Val-d'Or, à Rouyn-Noranda? Les gens sont inquiets.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
Couillard : Alors, Mme la Présidente, c'est simple, on va continuer à
admettre beaucoup d'étudiants en médecine.
On va continuer à faire en sorte que la répartition entre les choix de médecine
de famille et de spécialité soit celle
qu'on connaît maintenant. On va s'abstenir
d'envoyer des messages aux médecins de l'étranger qui voudraient venir au Québec qu'ils pourraient être éventuellement soumis à un test d'expulsion. Ce genre de chose là, on va le faire pour
créer un bon climat au Québec,
pour faire en sorte, Mme la
Présidente, que tout le monde se sente bienvenu chez nous, y compris les médecins qui viennent
de l'étranger.
Maintenant,
il y a une erreur de faits dans ce qu'a dit le collègue. Il n'est pas au
courant. Il n'y a pas eu un dollar neuf
de mis pour les médecins spécialistes depuis 2014, mais ce n'est pas vrai pour
les omnipraticiens. En fait, l'entente a
été plus généreuse pour les omnipraticiens que les spécialistes justement
pour envoyer le signal qu'on veut combler l'écart entre les deux groupes
de médecins.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Le premier ministre sait très bien qu'actuellement les médecins spécialistes du Québec
gagnent plus qu'en Ontario, ce qui n'est pas le cas pour les médecins de
famille.
Est-ce qu'il peut comprendre que ça rend moins attrayante la profession de médecin de famille puis ça crée un grave problème pour trouver des médecins de
famille au Québec? Est-ce qu'il peut comprendre ça?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je vais faire mon possible pour comprendre, là, je vous donne ma
parole, Mme la Présidente. Mais
il faudrait aussi qu'il comprenne qu'il ne sait pas combien les médecins
ontariens gagnent cette année parce
qu'ils sont en négociation rétroactive depuis 2014 et qu'il va y avoir
un arbitrage exécutoire qui va couvrir ces années-là depuis 2014. Je vais
répéter ce que je lui ai dit plusieurs fois. Il dit qu'il veut déchirer
l'entente, il parle de 1 milliard de
dollars, mais moi, j'ai hâte de voir son cadre financier et le risque financier
qu'il va y inscrire, parce qu'il faut qu'il inscrive ce risque financier
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le
chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Mme la Présidente, le premier ministre nous
dit : Peut-être que le nouveau gouvernement de l'Ontario va
augmenter le salaire des médecins spécialistes, peut-être que oui, peut-être
que non.
Pourquoi
a-t-il mis en place une clause cadenas? Est-ce qu'il peut l'admettre, là, que,
peu importent les résultats de
l'étude, on ne pourra pas réduire les salaires jusqu'en 2023? Pourquoi une
clause cadenas jusqu'en 2023 pour ses amis spécialistes?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Vous remarquez, là, on est à la limite de l'insulte, là, mais je ne
reprendrai pas ça, je ne continuerai pas
là-dessus. C'est commun dans les paroles, dans le ton du collègue de la deuxième opposition. Mais il fait une autre erreur.
Ce n'est pas le gouvernement de l'Ontario qui va décider de la rémunération des médecins de l'Ontario, eh non, c'est un arbitre qui va avoir un
mandat exécutoire. Il n'a aucune idée de ce que gagnent les médecins
spécialistes en Ontario parce
que tout ça est rétroactif depuis 2014.
Il est prêt, Mme la Présidente, à mettre en jeu, à risque, des centaines,
j'insiste, des centaines de millions de
dollars uniquement pour aller plus loin dans sa logique qui ne fonctionne pas
depuis le début. Alors, plutôt que de
dire ça, il devrait reconnaître que l'entente est signée, qu'elle est bonne,
qu'on n'a pas mis d'argent de plus, neuf, pour la rémunération des
médecins spécialistes...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Couillard : ...et que c'est une entente qui apporte de la
stabilité et de la prévisibilité pour beaucoup d'années.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Mardi passé, à la période de questions, le ministre
de l'Emploi et de la Solidarité
sociale nous a affirmé qu'il aurait une proposition à faire pour corriger
l'injustice de la prise en compte des pensions alimentaires pour enfant
dans le calcul de l'aide sociale.
hier, nous avons tous adopté, ici, le projet de loi n° 173.
Malheureusement, le ministre n'est pas venu avec une solution et n'a pas non plus accepté l'amendement déposé ici pour
corriger la situation. Ce que j'en comprends ce matin, c'est qu'on laisse tomber 8 000 familles, dont la
majorité sont des mères monoparentales qui auraient bien besoin d'un
petit 100 $ ou 200 $ de plus.
Pourquoi le ministre
a renié sa parole?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
M. Blais : Alors, personne n'a renié sa parole, Mme la
Présidente, donc ne soyez pas inquiète. Donc, on va continuer à examiner cette question-là. Je veux
remercier le collègue parce qu'on a bien travaillé ensemble, hein, sur une
réforme importante, là, de l'aide sociale
pour assurer — c'était
notre priorité — pour
assurer, hein, un revenu de base aux personnes,
disons, les plus défavorisées de la société, ça on le reconnaît tous ici, je
pense, on l'a adopté à l'unanimité, les personnes qui sont les personnes
handicapées.
faut aussi continuer de travailler sur d'autres aspects, hein, de l'aide
sociale. Donc, j'ai mentionné, là, qu'on va regarder la proposition qui
a été faite. Cependant, on a une préoccupation, mon collègue n'a jamais réussi,
pour le moment, à répondre à cette préoccupation-là, c'est l'effet
d'attraction, hein, que pourrait amener, donc, d'ouvrir cette question-là. Le
PQ avait eu l'occasion... parce que c'est très simple à faire du point de vue
législatif, le PQ avait eu l'occasion de le
faire pendant 18 mois, ils ne l'ont jamais fait. J'ai une bonne raison
pour laquelle... de savoir... je sais très
bien pourquoi ils ne l'ont pas fait. On va être prudents sur cette question. On
ne veut pas jeter plus d'enfants dans des familles à l'aide sociale qu'aujourd'hui, donc c'est la raison pour
laquelle on va être prudents. Mais, quand on aura une proposition à
faire, on la fera, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M.
le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui, merci, Mme la Présidente. J'écoute le ministre, est-ce qu'aujourd'hui il
pourrait au moins faire un premier pas dans
le sens... On parle des personnes qui ont des contraintes sévères à l'emploi,
ce n'est pas énormément de familles.
Mais, au moins, ces gens-là qui sont jugés souvent inaptes au travail, ces
personnes-là, ces mères de famille pourraient au moins, justement, avoir
un 100 $, 200 $ de plus.
c'est-à-dire : Est-ce qu'on pourrait enlever la pension de famille dans le
calcul de la solidarité sociale?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
M. Blais :
Alors, Mme la Présidente, déjà, je sens un recul assez important de la CAQ sur
la proposition qui était défendue,
déjà, hier. Écoutez, il faut souligner une chose en Chambre aujourd'hui, c'est
qu'aujourd'hui la CAQ parle de pauvreté. Encore faut-il en parler de
façon correcte, faut-il être ambitieux, trouver des bonnes solutions, des
solutions efficaces, qui ne vont pas jeter
plus d'enfants dans les familles à faibles revenus et qui vont aider les
familles à faibles revenus d'aller
vers l'emploi, d'aller vers les études, c'est l'arbitrage que nous devons
faire. Mais je félicite mon collègue
pour parler aujourd'hui de pauvreté. Encore faut-il le faire de manière
correcte, efficace...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Blais :
...en termes de justice sociale.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Oui. Mme la Présidente, j'ai le goût de rire ce matin, là. Sérieusement,
le ministre parle d'un recul. Je lui parle d'un pas en avant. Je parle ici de prendre en compte...
de ne plus prendre en compte la pension alimentaire dans le calcul de la solidarité sociale, c'est-à-dire les gens qui ont des contraintes sévères à l'emploi, et le ministre
parle d'un recul. Wow! C'est super, ça! Méchante compréhension, Mme la
Présidente!
Alors,
au moins, est-ce qu'on peut faire ici même un petit avancement pour
clarifier cette question-là et s'y mettre...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
Blais : Ah non, hein, un
recul, bien sûr, sur sa proposition d'hier, hein, d'hier seulement,
un recul. Mais en même temps
je dois reconnaître un progrès, parce
qu'il commence à réfléchir en ayant
cette préoccupation pour l'intégration
des personnes, hein, qui sont à faibles
revenus, notamment des enfants. On parle d'enfants, entre 3 000
et 4 000 enfants de plus, potentiellement, là, à l'aide sociale si on allait dans la proposition qui était faite hier. Donc, un recul, mais un progrès, il parle
de pauvreté aujourd'hui. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous demanderais un peu de silence, s'il vous plaît, de ce
côté-ci, là, pour entendre M. le député de Masson avec sa question
principale.
Lemay : Mme la Présidente, le ministre de la Faune a passé en catimini un règlement
pour confier l'exclusivité de la pêche au saumon dans les rivières du nord à
une poignée de pourvoiries. Il a même invité les autres Québécois à
aller pêcher dans le sud du Québec s'ils n'étaient pas contents.
semaine passée, on a proposé au ministre de suspendre ces modifications réglementaires avec un moratoire, et il a
dit non. Or, on apprend ce matin qu'il compte plutôt imposer un droit d'accès
journalier de 100 $ payable à
une pourvoirie pour qu'un pêcheur puisse finalement accéder aux rivières
du Nord-du-Québec.
Mme la Présidente,
pourquoi ce matin le ministre impose ce «pizzo» saumon aux pêcheurs du Québec?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs.
Blanchette : Même question qu'hier, Mme la Présidente, même réponse.
Je le répète, il y a deux raisons pour
lesquelles on a mis de l'avant ce règlement-là. Le premier, c'est que c'est
pour assurer la conservation des saumons de l'Atlantique dans l'Ungava, afin que toutes les prises soient
correctement déclarées pour que nous ayons une pêche rigoureuse. Le deuxième argument, je l'ai dit
aussi à plusieurs reprises, c'est la Convention de la Baie James et la
ressource auprès des personnes autochtones.
Maintenant, ce matin,
avec les différents partenaires fauniques, et nous en sommes très fiers, on
travaille ensemble — c'est ma marque de commerce que, quand qu'on
se parle, on finit par se comprendre — il y a une entente qui a été faite.
député, mon collègue, se trompe. Il ne s'agit pas de 45 $ à 100 $ qui
est, ni plus ni moins, l'écart de fourchette pour les droits d'accès dans le sud du Québec, ce sera de 75 $. Les
enregistrements, les déclarations se font auprès des pourvoiries, et les gens qui vont monter... les
Québécois, Québécoises qui iront à la pêche au saumon dans le Nord pourront
faire soit du camping sauvage ou soit encore aller directement auprès des
pourvoyeurs. Ça sera à leur choix, on redonne
de l'accès. Dans le fond, on n'a rien changé aux règlements. Les Inuits ont été
consultés, ils sont d'accord avec ça, les pourvoyeurs, les avionneurs...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Blanchette : ...tout le monde est parfaitement en accord.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de Masson.
M. Lemay :
Mme la Présidente, le ministre, il a bien tenté, là, d'expliquer sa
décision : d'abord, favoriser l'économie
du Nord; ensuite, avoir un meilleur suivi de la population de saumons;
maintenant, appliquer la Convention
de la Baie James.
Mais
pourquoi il s'entête à vouloir imposer des droits d'accès journaliers
arbitraires? Là, il parle de 75 $,
on a entendu parler de 100 $,
mais, dans le fond, ça vient d'où, ces chiffres-là? Parce que, dans le fond, on
veut avoir accès à notre belle faune, à notre richesse du Québec, tout
le monde.
Pourquoi un «pizzo»
saumon?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs.
Blanchette : Mme la Présidente, que ce soit au sud ou dans le Nord, il
y a toujours des droits d'accès qui sont donnés. Ceux pour le Nord, je
ne sais pas où est-ce qu'il a pris son 100 $, mais ça sera de 75 $.
la Présidente, je pense que ce document-là est bien connu. Savez-vous combien
de fois que le mot «faune» apparaît
dans ce document-là? Aucune. Savez-vous combien de fois qu'on parle de
chasseurs? Aucune. De pêcheurs? Aucune.
On parle de 14 000 emplois en faune, on parle de 285 000 chasseurs.
Personne ne s'intéresse à ça. On parle de 710 000 chasseurs au
Québec. Personne ne s'intéresse à ça.
Ce document-là est le
document de la plateforme électorale de la CAQ. On se fout éperdument...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Blanchette : ...de l'industrie de la pêche et la faune au Québec, et c'est
l'opposition, c'est leur plateforme.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : En silence, s'il vous plaît. En
deuxième complémentaire, M. le député de Masson.
Lemay : Mme la Présidente, c'est de l'improvisation, là. Nous, ce
qu'on constate, c'est que le ministre instaure un système à deux vitesses avec sa nouvelle idée du jour. Dans le sud du
Québec, on a un système bien établi avec les droits d'accès journaliers, on paie à un organisme public. Mais là, dans
le Nord, avec sa décision arbitraire, bien, on va payer des droits
d'accès à une pourvoirie privée.
Mme la Présidente,
pourquoi un système à deux vitesses pour la pêche au saumon?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Forêt, de la Faune et des
Parcs.
Blanchette : L'entente, Mme la Présidente, est une entente privée qui s'est faite entre les avionneurs et les
pourvoyeurs du Nord. Cette entente-là a été suggérée, c'est leur entente
privée. Nous, ça respecte notre règlement, le règlement étant d'avoir une
meilleure conservation et un accès aussi pour les autochtones.
Maintenant,
toujours dans le même document, si vous me permettez, dans
l'industrie de la forêt, aucune mention; l'industrie du bois, des pâtes, panneaux, pâtes et papiers, cartons,
aucune mention. Ça, ça représente 60 000 emplois, dont on ne parle pas, au Québec. Ça représente
60 000 familles, dont on ne parle pas, au Québec. Ça représente toutes
les régions du Québec, on n'en parle pas.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Blanchette : C'est quoi,
l'intérêt des régions pour le parti de la deuxième opposition? C'en en une
gêne. Honte à...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais : Le Parti québécois a
interpelé plusieurs fois le gouvernement pour qu'il accepte que cette Assemblée se penche sur le phénomène des groupes à
dérive sectaire, les sectes. La réponse du gouvernement a toujours été un non retentissant.
Or, nous apprenons aujourd'hui que la DPJ fait face à une explosion des
dénonciations impliquant des enfants
pris dans les griffes des groupes à dérive sectaire. Pire encore, selon une
experte, les intervenants de tous les milieux
manquent cruellement de formation. Autre chose que j'apprends enfin, la
Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse talonne le gouvernement depuis trois ans pour qu'on
mette en place des recommandations pour protéger les enfants qui tombent
dans les griffes de ces groupes sectaires.
Est-ce que la ministre peut enfin donner suite à
la proposition du Parti québécois de faire la lumière pour que nous trouvions
collectivement de meilleurs moyens de protéger les enfants des griffes des
sectes?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Mme la ministre déléguée à la
Réadaptation et à la Protection de la jeunesse.
Charlebois :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, vous dire que tous les cas de
maltraitance sont inacceptables au Québec.
Et j'invite les personnes qui se sentent victimes et qui constatent qu'il y a
des enfants qui sont victimes, s'il vous plaît, dénoncez. Ça, c'est la
première des choses.
Deuxième des choses,
il faut que je dise à la députée de Taschereau — par votre entremise toujours,
Mme la Présidente — que
la Commission des droits de la
personne a, effectivement, émis des rapports que j'ai pris en considération.
On a posé des gestes. Premièrement, on a fait
en sorte que deux recommandations très importantes soient mises en application. On a demandé à produire un guide des
meilleures pratiques cliniques et administratives pour mettre en place des protocoles d'intervention parce qu'on ne peut
pas débarquer dans ces communautés-là comme partout ailleurs. Il faut
savoir comment aborder cette question-là, et on a recruté des spécialistes en
la matière pour pouvoir agir.
Deuxième
élément, pour ce qui est de la diffusion du guide, qui vient d'être terminé,
par ailleurs, par une spécialiste qui
a travaillé en collaboration avec le ministère, on est en train de le diffuser.
Mais on ne va pas le diffuser seulement au réseau de la protection de la jeunesse, pas seulement au réseau de la
santé. Mais on va le faire aussi pour la sécurité publique, pour
l'éducation et pour tous les intervenants...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Charlebois :
...qui sont près de ces enfants-là qui ont besoin d'un accompagnement et de
notre aide.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, Mme la députée de
Taschereau.
Maltais : La ministre me parle d'un guide, mais je cite un jeune qui
en a été directement victime, de ces
groupes-là : «J'ai l'impression que le
gouvernement n'est même pas au courant de ce qui se passe dans ces
regroupements-là.» On parle de gens
qui sont dans une logique d'enfermement. Il y a même un jeune qui a tenté de
quitter ces groupes-là. Il y en a
plusieurs, d'ailleurs, qui font des témoignages, puis ils sont obligés d'y
retourner parce qu'ils n'ont aucune aide dans la société actuellement.
Est-ce
que vous pourriez, au moins, nous aider, aider ces gens-là, répondre oui à la
proposition du Parti québécois?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Mme la ministre déléguée à la
Réadaptation et à la Protection de la jeunesse.
Mme Charlebois :
Bien, Mme la Présidente, la meilleure réponse qu'on fait, c'est justement de
s'être mis en action dès qu'on a eu
les rapports de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse,
produire des guides d'intervention pour, justement, intervenir auprès des
enfants qui sont pris dans des groupes sectaires ou dans des communautés
fermées. On est en train de travailler à des
sessions de formation. Je n'ai pas attendu après le Parti québécois pour me
suggérer ça, là, je l'ai mis en application.
je vais dire que Mme Desroches, qui est professeure associée au Centre
d'études du religieux contemporain de l'Université
de Sherbrooke, a rédigé ce guide-là. Ça fait qu'elle a certaines connaissances,
elle a travaillé avec le ministère, et, je vais vous dire, Mme la
Présidente, ce qu'il y a dans ce guide-là, c'est une définition de...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Mme Charlebois :
...qu'est-ce que c'est, une secte, les formes de victimisation et la
scolarisation. Mais je pourrai vous informer de...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, Mme la députée de
Taschereau.
Mme Maltais :
La ministre, dans sa première réponse, a avoué qu'il y avait un traitement
différent et qu'il fallait procéder
autrement. Elle l'a avoué, elle a dit : On est obligés d'expliquer comment
réagir autrement. Mais, pendant ce temps,
il y a une logique d'enfermement, des enfants sont traités par des tribunaux
spéciaux à l'intérieur de sectes. Vous n'avez rien là-dessus, il y a un
besoin d'avoir une vision d'ensemble.
Pourquoi est-ce que vous n'acceptez pas notre
proposition de léguer ça à l'Assemblée nationale, un examen...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la ministre déléguée à la protection à la
jeunesse.
Mme Charlebois :
Veut-on vraiment s'occuper des enfants, Mme la Présidente? Je laisse ça à
l'appréciation de la population. Les
gens qui veulent s'en occuper prennent les moyens pour mettre des guides en
place, avoir un guide qui est approprié, faire de la formation. Mais
aussi je dois vous dire, Mme la Présidente, qu'on ne l'a pas fait seuls, parce qu'il y a plusieurs partenaires, psychologues,
travailleurs sociaux, des gens de la DPJ, des organismes communautaires,
bref... la Sécurité publique, la Sûreté du
Québec, plein de gens ont travaillé avec nous à l'élaboration de ce guide-là
pour savoir comment approcher ces communautés sectaires là.
Mais je veux vous
dire aussi, Mme la Présidente, ce que la députée de Taschereau a peut-être
manqué, le projet de loi n° 99, dans
lequel nous avons travaillé pour faire en sorte que le manque de fréquentation
scolaire soit un motif de compromission...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
Mme Charlebois :
...pour faire en sorte qu'on retienne les signalements. J'ai travaillé ça avec
le ministre de l'Éducation, la RAMQ...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Mme la Présidente, l'histoire se poursuit, les libéraux continuent de remplir
les poches du 1 %. On apprend ce
matin que, depuis 2015, la rémunération du président du C.A. d'Hydro-Québec a
bondi de 30 %. Ça, c'est sept
fois plus, sur la même période, que
le salaire moyen des Québécois, des Québécoises. Et, à chaque fois qu'on parle de ce sujet-là ici, le gouvernement trouve une manière de se défiler. Sauf que, sur ce coup-là, il ne peut
pas, c'est un décret gouvernemental qui a augmenté la rémunération de M. Penner de 30 %. C'est sa décision, il
doit l'expliquer aux Québécois
et aux Québécoises. Depuis que Michael Penner est président du
C.A., les bénéfices d'Hydro-Québec, ils ont diminué.
Alors, ce que les
gens veulent savoir, c'est : Pourquoi il méritait une augmentation de
30 %?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Moreau : Mme la Présidente, j'ai indiqué d'un carré rouge le rapport annuel d'Hydro-Québec, où on voit que le bénéfice
net est de 2,8 milliards, que les ventes à l'exportation ont augmenté, que
c'est 19 786 employés, bref, qu'Hydro-Québec est un fleuron des sociétés
d'État au Québec.
Le décret qui avait
fixé la rémunération de M. Penner le 14 février 2018, donc le
14 février dernier, établit sa rémunération annuelle à 58 517 $.
Le reste, c'est 903 $ de jetons de présence, qui étaient à 849 $ en
Alors,
ce que l'on a demandé à Hydro-Québec, c'est de doubler ses revenus en 15 ans par
l'exportation d'électricité, par le
recours aux marchés internationaux et aussi de protéger l'entreprise
à l'égard de la cybercriminalité. Il y a
eu de nombreuses rencontres pour ça, il y a eu une augmentation des
rencontres et il y a eu une augmentation des jetons de présence, mais il n'y a
pas eu 30 % d'augmentation de sa rémunération.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Bien, parlons-en, de carrés rouges, Mme la Présidente,
après des années d'inaction, le gouvernement a enfin décidé de serrer la vis aux recteurs et a
décidé d'arrimer la rémunération des dirigeants d'université à celle de la fonction publique.
Alors,
si c'est bon pour les dirigeants d'université, pourquoi ce n'est pas bon pour
les dirigeants des sociétés d'État? Si on est capable de limiter les augmentations dans les universités, pourquoi ne pas faire la même chose pour le
président du C.A. d'Hydro-Québec? Les bénéfices ont diminué depuis sa nomination,
en quoi est-ce qu'il mérite une augmentation de 30 %?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Moreau : Mme la Présidente, l'intrant d'Hydro-Québec dans le revenu du Québec, c'est 4 milliards de dollars. C'est
la plus importante société
d'État. On a eu ce débat-là à l'égard
de la rémunération du P.D.G. Lorsqu'on le compare à n'importe quelle
autre société semblable au Canada ou aux États-Unis, on réalise que la
rémunération est inférieure. Dans le cas de
la rémunération du président du conseil d'administration, je mets au défi le
député de trouver un conseil d'administration au privé qui se compare à celui
d'Hydro-Québec et où la rémunération est inférieure à celle de M. Penner.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Mme la Présidente, si le président du C.A. d'Hydro est
aussi bien payé, c'est notamment — et le
ministre vient d'en parler — parce qu'on lui verse 900 $ à chaque
fois qu'il daigne — on le
remercie — se
présenter à une réunion du C.A. Donc,
il y a eu la prime jaquette et la prime de ponctualité pour les médecins
spécialistes, maintenant il y a la prime de présence pour le président
du C.A. d'Hydro-Québec simplement pour qu'il fasse son travail.
le Président, s'il y a tant d'argent dans les coffres du gouvernement, à quand
une prime de présence pour les profs dans les écoles?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Moreau : C'est assez réducteur pour le rôle du président du
conseil d'administration de la plus importante société d'État du Québec. Sa rémunération de base est de
55 000 $, vous souhaitez qu'il n'ait aucune rémunération, de jetons de présence liés à ça? Trouvez un autre
conseil d'administration comparable à Hydro-Québec n'importe où dans le
secteur privé où le président du conseil d'administration est payé
55 000 $, vous me ferez la liste, et on regardera les comparaisons.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, Mme la Présidente. Chaque semaine, Mme Manon Daneau reçoit
des traitements contre le cancer à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et doit payer
jusqu'à 100 $ par semaine en stationnement. Ce n'est pas normal qu'une patiente atteinte de cancer soit
stressée par des tarifs de stationnement à l'hôpital. Elle paie autant pour
une heure de stationnement que ce qu'elle gagne comme salaire en une heure.
Mme France
Duclos, de Saint-Tite-des-Caps, doit vivre éloignée de son conjoint parce
qu'elle reçoit des traitements de
chimiothérapie et de radiothérapie à Québec. Elle ne peut aller à l'hôpital en
voiture parce que ça lui coûte trop cher en stationnement.
Qu'est-ce que le
ministre de la Santé répond à Mme Daneau et à Mme Duclos, qui souffrent du
cancer et qui doivent payer de 16 $ à 24 $ par jour pour se
stationner à l'hôpital?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Alors, Mme la Présidente, à plusieurs reprises, j'ai eu
cette question-là et je vais donc aller avec la même réponse parce que
c'est la réponse qu'il faut donner. Alors, les tarifs de stationnement sont
régis d'une telle manière que la
tarification doit — et c'est
établi comme ça — exister
parce qu'ils ont l'obligation de faire en sorte que la maintenance du
stationnement soit couverte par le prix du stationnement. Mais, malgré tout, la
consigne a été donnée à tous les établissements de faire en sorte que la
tarification soit adaptée à la situation clinique de la patiente.
Alors, pour prendre
un exemple précis d'un hôpital précis que notre collègue vient de mentionner, à
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, par exemple, pour des patients qui sont soignés
en hémodialyse, maladie qui exige que ces patients-là,
à vie, aillent à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, dans le cas présent, trois fois par semaine, une
tarification est adaptée à la situation clinique du patient.
Maintenant, évidemment
qu'il n'y a pas que l'hémodialyse, il y a
lieu certainement — et
c'est ce qu'on a demandé aux
administrations — à
ce que des aménagements soient faits pour tout type de clientèle, et manifestement peut-être que l'ajustement
n'est pas approprié, et j'ai déjà dit publiquement...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
...que j'interviendrais en ce sens.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Mme la Présidente, Mme Daneau disait la semaine dernière — et je vais la citer : «Quand t'es rendue à compter tes 25 cents pour être
capable de ressortir de l'hôpital, il n'y a juste pas d'autre issue. Il ne faut
pas être malade si tu es pauvre au Québec.» C'est ce qu'elle disait. En
vérité, les stationnements des hôpitaux sont plus payants que les photoradars
pour le gouvernement. Ça fait seulement pas sens.
Quand allez-vous
abolir les tarifs abusifs de stationnement dans les hôpitaux?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : Alors, est-ce qu'on doit comprendre, Mme la Présidente, que
ce que la Coalition avenir Québec nous
annonce aujourd'hui, c'est l'abolition des tarifs des stationnements?
J'aimerais bien qu'à un moment donné la Coalition avenir Québec nous dise exactement ce qu'ils
veulent faire et comment ils vont le financer. Bon, j'entends le leader nous
faire des suggestions, mais j'invite le chef
de l'opposition à se présenter devant une caméra où il y a un micro et qu'il
nous dise exactement ce qu'il veut faire et comment il va financer
ladite mesure.
Ceci
dit, Mme la Présidente, Mme Daneau l'a dit sur les ondes de Cogeco, j'étais à
la suite d'elle, j'ai répondu à ça, et d'ailleurs la réponse que je
viens de vous faire...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
...est précisément celle que j'ai faite à Mme Daneau.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En deuxième complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Mme la
Présidente, la position de la CAQ dans
ce dossier-là a déjà été annoncée publiquement, bien, le ministre n'a simplement pas écouté. Ce n'est pas la
première fois. Après avoir payé pour la construction et l'entretien des stationnements, les hôpitaux et CHSLD ont
généré des surplus record de 70 millions, des surplus, 70 millions avec les
stationnements en 2017. Ça risque d'exploser encore. Il est là, le problème.
Est-ce que
le ministre de la Santé reconnaît que le gouvernement libéral a décidé que les patients malades allaient payer très cher pour se
stationner et que c'était correct de faire payer de l'argent sur le dos des
patients malades?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, ce que notre collègue vient de dire, c'est qu'il
annonce à toutes les fondations
hospitalières du Québec qui participent au financement d'activités de
recherche, de soins spécifiques dans les hôpitaux n'auront plus le
financement qu'ils requièrent et qu'ils retirent des stationnements.
je vais donner comme exemple, Mme la
Présidente, un exemple très simple. À
La Tuque, une ville en Mauricie, qui,
avec l'accord de la population, a mis en place un tarif de stationnement pour
financer un projet d'hémodialyse, toute la population le savait, la
population en était très fière, et on a installé la dialyse à La Tuque.
Alors, ce qu'on vient
de dire, Mme la Présidente...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Barrette :
...c'est qu'à la CAQ on va assécher le financement des fondations...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, en
principale.
Mme Poirier :
Merci, Mme la Présidente. D'un côté, nous avons un gouvernement qui choisit de
prendre 670 millions dans le budget
du gouvernement pour baisser les taxes scolaires. De l'autre
côté, la CAQ va encore plus loin et
prendrait 1,4 milliard pour des
cadeaux électoraux. Exemple concret de ce que ça veut dire, dans le
comté de Viau, la communauté de l'école Joseph-François-Perrault demande le
financement pour l'aménagement de la salle de répétition et de concert
de l'école. Le programme arts de l'école est le plus important au Canada.
Chaque année, les élèves du programme
remportent des concours partout en Amérique. L'école JFP travaille depuis des
années sur un projet d'aménagement d'une vraie salle de répétition pour
les étudiants de musique.
M. le ministre,
plutôt que de faire des cadeaux électoraux, pourquoi ne donnez-vous pas à nos
élèves les moyens de réussir? Allez-vous accepter la demande de l'école
Joseph-François-Perrault dans le comté de Viau? Et, Mme la Présidente, je dépose une pétition de 1 500 noms, que le
ministre pourra consulter afin de donner une réponse aux parents.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il consentement pour le dépôt
du document? Consentement. Très bien. Alors, M. le ministre de
l'Éducation.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, je veux saluer les gens de cette école
extraordinaire et ce beau projet. Je
veux saluer également le collègue député de Viau pour le travail qui a été fait
pour nous sensibiliser à ce projet important depuis de nombreuses
années.
Vous
dire, Mme la Présidente, que les nouveaux projets seront annoncés quelque part,
bientôt, au mois de juin, donc avant
la fin de l'année scolaire. Donc, dans les faits, il n'y aura pas de surprise
que je ne suis pas en mesure aujourd'hui de vous dire ce qu'il en est. Pourquoi, Mme la Présidente? Parce que ce
projet-là, il a été déposé au début de l'année 2018, et il est
actuellement en analyse, et vous aurez des nouvelles très bientôt.
veux revenir sur la prémisse, Mme la Présidente, de la collègue. Dire qu'on ne
peut pas, d'un côté, abaisser le fardeau fiscal des Québécois et
réinvestir en éducation, c'est complètement faux. C'est le choix que nous
faisons et qu'ils ne veulent pas faire. Alors, à la limite, pour eux, des taxes
et des impôts, il faut garder ça où est-ce que c'est. Pourquoi? Parce que c'est la seule façon de financer nos services
publics. Nous, ce qu'on dit : Ce n'est pas d'un bouclier dont on a besoin, c'est de la prospérité. Avec de
la prospérité, Mme la Présidente, on va être capables de continuer d'investir
dans nos services publics, continuer
d'investir en éducation. On va être capables d'investir dans nos
infrastructures et dans nos immobilisations.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En terminant.
M. Proulx :
Pourquoi? Parce qu'on aura des meilleures écoles et on aura des meilleurs taux
de réussite. On peut faire les deux...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En première complémentaire, M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Selon le ministère de l'Éducation, l'école des
Savanes, édifice Sacré-Coeur, de Saint-Jean-sur-Richelieu, présente un niveau très élevé de dégradation et de
défectuosités, dépasse nettement sa durée de vie utile et nécessite des travaux
urgents. Pendant que les libéraux se privent et coupent 670 millions en éducation,
doublés par la CAQ, avec moins 1,4 milliard en éducation, nos écoles manquent cruellement d'amour. Posez un geste historique, M. le
ministre, rénovez l'école Sacré-Coeur à Saint-Jean-sur-Richelieu.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, Mme la Présidente. Il y a plus de 3 000 écoles, presque 4 000
écoles, centres de formation et bâtiments.
Alors, ils vont manquer de périodes de questions s'ils veulent tous les passer,
Mme la Présidente. Une chose est
certaine, c'est qu'à plus de 3 milliards dans les deux dernières années
d'investissement, c'est historique. Déjà, Mme la Présidente, on va
au-delà de ce qui n'a jamais été fait.
deuxièmement, les collègues le savent parce qu'ils viennent tous me voir
personnellement : As-tu des nouvelles pour mon école? Pourquoi? Parce que chacune des commissions scolaires
sait qu'actuellement, lorsqu'ils déposent un projet, ils ont une véritable occasion de le voir autorisé. Pourquoi?
Parce qu'on a la capacité financière de le faire, et, après ça, ils
auront le défi d'être capables de mettre en oeuvre toutes ces rénovations et
constructions...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
En terminant.
M. Proulx : ...dans un si court laps de temps. On fait plus
que ce qui est possible, Mme la Présidente, et vous savez quoi? On...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Ceci met fin à la période de questions et de
réponse orales.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, la période de questions est terminée.
Nous
en sommes à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles
et de l'ordre de présentation, je
cède la parole à Mme la députée de Taschereau.
Maltais : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la
députée de Montarville, le député de Gaspé et le député de Groulx, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale se penche sur les gestes possiblement illégaux posés par
des groupes à dérives sectaires;
«Qu'elle
constate que de tels gestes peuvent demeurer non sanctionnés sous le couvert de
la liberté de religion.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Taschereau. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. Mme
la députée de Mirabel, pour une autre motion sans préavis.
Roy : M. le Président, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec le député de Verchères, le député
de Gouin, la députée de Vachon, le député de Gaspé et le député de
Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale déplore que de nombreux dossiers de citoyens victimes des
inondations printanières de 2017 ne soient toujours pas fermés auprès du
ministère de la Sécurité publique;
«Qu'elle demande au
ministre d'intervenir dès maintenant afin d'accélérer le processus pour les
citoyens.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Mirabel. Y a-t-il
consentement pour débattre
de cette motion? Il n'y a pas de consentement. M. le ministre de l'Éducation, du Sport et du Loisir, à vous la parole.
M. Proulx :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le
député de Chambly, le député de Gouin, la députée de Vachon,
le député de Gaspé et le député de Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Semaine québécoise de la garde scolaire, qui se déroule
cette année du 14 au 18 mai;
«Qu'elle
soit reconnaissante des services de qualité offerts par le personnel
travaillant dans les services de garde scolaire;
«Qu'elle
remercie les éducatrices et éducateurs du réseau scolaire qui tissent des liens
privilégiés avec nos enfants au quotidien pour assurer leur bien-être,
leur développement et leur réussite éducative;
«Qu'enfin,
elle encourage le personnel des services de garde à poursuivre son travail avec
enthousiasme, créativité et engagement.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
...de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : M. le Président, je demande le consentement de
l'Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Sanguinet, la députée de Vachon et le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée
nationale constate que le président du conseil d'administration d'Hydro-Québec
a vu sa rémunération [globale] augmenter de 30 % depuis 2015;
«Qu'elle rappelle que
ce salaire est fixé par décret du Conseil des ministres;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement
de limiter les augmentations de la rémunération des dirigeants de sociétés d'État à celles de la fonction publique,
comme il s'est engagé à le faire dans le cas des dirigeants d'universités.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y
a pas de consentement. Y a-t-il d'autres motions sans préavis?
S'il
n'y en a pas, nous passons aux avis touchant les travaux des commissions. M. le
leader adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 157, Loi
constituant la Société québécoise de cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des
finances publiques poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 150, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de certaines
dispositions des discours sur les budgets du 17 mars 2016 et du 28 mars 2017,
aujourd'hui, après les affaires courantes, jusqu'à 13 heures et de
15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'économie et du travail poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de loi n° 176, Loi modifiant la
Loi sur les normes du travail et d'autres dispositions législatives afin
principalement de faciliter la conciliation
famille‑travail, aujourd'hui, à compter de 11 h 30, pour une durée de
1 h 30 min, et de 15 heures à 17 h 15, à
la salle du Conseil législatif;
Finalement,
M. le Président, finalement, la Commission des institutions poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi
n° 170, Loi modernisant le régime juridique applicable aux permis d'alcool
et modifiant diverses dispositions législatives
en matière de boissons alcooliques, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle des
Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, et procédera,
conformément à la motion adoptée par l'Assemblée nationale le 10 mai dernier, à l'étude des premières lignes
directrices portant sur le traitement d'une demande d'accommodement pour un motif religieux de la Loi
favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements
religieux dans certains organismes, aujourd'hui, de 16 heures à
18 heures, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May.
Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à
vous, M. le leader adjoint du gouvernement, pour ces avis.
avis touchant les travaux des commissions... Non, à la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée...
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et, aux affaires
du jour, nous en sommes aux affaires prioritaires. Et aux affaires
prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération la motion inscrite par M.
le député de Groulx en vertu des articles 324 et 327 du règlement. Cette
motion se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée déclare que le commissaire ad hoc à l'éthique et à la déontologie,
Me Jacques Saint-Laurent, a porté
atteinte aux droits et privilèges de l'Assemblée et de l'un de ses membres, le
24 novembre 2017, en affirmant qu'il allait faire du député de
Groulx son bouc émissaire.»
Alors, y a-t-il des
interventions? M. le député de Groulx, je vous cède la parole.
M. Surprenant :
Merci, M. le Président. D'abord, je vais répondre à l'interrogation soulevée
lors du dépôt du jugement de recevabilité, à savoir pourquoi je n'avais
alors pas déclaré l'affaire du bouc émissaire avant le vote du 6 décembre. C'est que le fait que j'aie
souligné à l'Assemblée dans ma déclaration avant le vote sur le dépôt de mon
rapport que la comptabilité de mon
compte de comté contredisait la base de raisonnement du commissaire
m'apparaissait amplement déjà
suffisant pour juger irrecevable le rapport qui induisait alors l'Assemblée en
erreur. C'était simple et facile à trancher.
Maintenant,
je veux revenir sur le fait que le commissaire ad hoc a voulu faire de moi un
bouc émissaire. Dans ce rapport
d'enquête, le commissaire ad hoc, Me Jacques St‑Laurent, a recommandé qu'une
réprimande me soit imposée après
avoir mentionné lors de notre dernière rencontre vouloir faire de moi un bouc
émissaire. Quelques jours auparavant, il
avait conclu, dans les rapports concernant huit autres députés sur les mêmes
enjeux, à du travail substantiellement de nature partisane en utilisant
les biens de l'Assemblée, mais sans blâmer. J'ai donc reçu la réprimande pour
tous. Les échanges que j'ai eus avec le
commissaire ad hoc tout au long de l'enquête étaient teintés de son intention
de faire de moi un bouc émissaire, et le fait qu'il ait devant moi refusé
à son comptable de prendre connaissance de preuves que j'ai déposées ajoute à
ma certitude quant à la défense pleine et entière dont je n'ai pas bénéficié.
commissaire ad hoc a exercé son pouvoir de façon inégale. Curieusement, il a
été beaucoup plus souple avec les autres députés soumis à l'enquête
qu'avec moi, notamment dans l'application de l'article 36 du code,
concernant l'utilisation des biens de
l'État. Pour les autres, le commissaire estime qu'il ne dispose d'aucun repère
pour contrôler la période pendant
laquelle des activités purement partisanes sont effectuées. Il écrit
aussi : «À moins de [le] suivre [...] à la trace, on ne peut pas contrôler dans quelle mesure [les activités du
conseiller] rémunérées par l'État ne servent qu'à l'exercice de sa charge.» Or, quant à moi, et bien que ces
données ne prouvent rien du tout, puisque mon employé travaillait à temps
partiel et disposait d'une grande latitude
dans la gestion de son horaire, le commissaire est allé jusqu'à vérifier les
données d'utilisation des appareils informatiques et technologiques.
Deux poids, deux mesures, M. le Président.
Je reviens
sur d'autres points où le fait d'avoir voulu faire de moi un bouc émissaire a
pu altérer le jugement du commissaire.
Celui-ci et son juricomptable ont écrit de nombreux paragraphes basés sur les
allégations mensongères de mon
ancienne attachée politique, Mme Julie Nadeau, congédiée, d'ailleurs, pour
faute grave, je le répète. Mme Julie Nadeau a d'ailleurs été condamnée par les tribunaux le 9 mars 2018 à rembourser
la somme de tout près de 9 700 $ qu'elle avait dérobée du compte de comté. Il y a eu un lien de
causalité. Et, à propos de certaines dépenses, je lui ai clairement démontré
que Mme Nadeau lui mentait. Il n'en a pas fait de cas. C'est troublant.
Je rappelle que j'ai, verbalement, et par écrit,
indiqué au commissaire ad hoc que ces écrits sont faux, ce que démontre la comptabilité de mon bureau de comté au
moment de la discussion sur la version préliminaire. Le fait qu'il l'ait écrit à nouveau dans la version finale,
au-delà des preuves, corrobore de son intention d'avoir voulu faire de moi un
bouc émissaire, induisant ainsi l'Assemblée en erreur. Le commissaire ad hoc a
écrit : «En omettant de communiquer les explications de son propre
expert, pourtant essentielles à la compréhension des documents[...], M.
Surprenant a tenté d'induire le commissaire en erreur.» Il m'a donc prêté des
intentions qui n'étaient pas les miennes. J'estime que, si le commissaire, bien qu'accompagné des services de
son propre juricomptable tout au long du processus, demeurait confus quant aux preuves déposées, il aurait pu
facilement communiquer avec moi en tout temps pour me demander de lui expliquer
les constatations comptables. À défaut de
comprendre ou de chercher à comprendre, il juge à tort que je veux le berner.
Dans aucun autre rapport, depuis le début de
son mandat, le commissaire n'a émis de jugement de valeur. En me prêtant
des intentions, les propos du commissaire sont indûment diffamatoires et
outranciers.
De plus, le
commissaire est allé au-delà du mandat qui lui avait été confié, celui
d'évaluer si les dépenses étaient partisanes
ou non, en critiquant la gestion des remboursements de dépenses de papeterie
des employés de mon bureau, en portant, là encore, des jugements de valeur à
mon égard, des commentaires inappropriés basés sur des allégations et en
contradiction des faits. Je me suis toujours
soucié de mes employés. Ils ont toujours été remboursés rapidement, preuves
à l'appui.
M. le
Président, à son tour, l'Assemblée doit démontrer qu'elle a un souci de justice
et qu'elle peut renverser une décision.
Est-ce que les faits sont si probants? L'Assemblée nationale ne doit pas
laisser cela comme cela, elle a un devoir d'exemplarité.
Dans une
récente entrevue, la nouvelle commissaire, Me Ariane Mignolet, a indiqué
qu'elle voulait exercer son mandat
avec justesse et équité. Quant à la controverse de travail partisan des
attachés politiques, elle demandait au Bureau de l'Assemblée nationale de clarifier les règles, le statu quo ne
lui permettant pas de trancher, car ses sept employés n'ont pas les outils nécessaires pour enquêter sur leur
emploi du temps. C'est donc assez paradoxal que le précédent commissaire,
Me Saint-Laurent, ait pu, lui, être aussi tranchant et à mon égard
seulement.
Rappelons que
le commissaire était critiqué pour son manque de mordant, n'ayant jamais
sanctionné auparavant dans son mandat
de sept ans, mais, le dernier jour de son mandat, il y a un dérapage qui cause
un dangereux précédent. Peut-on se poser la question, à savoir :
Comment il se fait que mon rapport ait été commandé en premier...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Je dois vous interrompre, M. le député.
La décision
rendue par le président de l'Assemblée nationale la semaine passée était
claire, que le sujet qui est devant les parlementaires, c'est toute la question
du bouc émissaire. Il ne s'agit pas de refaire toute la question qui a
mené à l'enquête du Commissaire à l'éthique.
Alors, je vous inviterais peut-être à adresser plus directement la question
«bouc émissaire», c'est là-dessus que les parlementaires sont saisis.
Surprenant : J'apprécie, mais je faisais un lien, en fait, entre le
fait que son intention de faire de moi un bouc émissaire avait teinté
ses écrits sur les autres choses. D'accord, je passe à autre chose.
Alors, par
ailleurs, j'estime que, pour contrer le cynisme ambiant envers la classe
politique, on doive lancer un message
qu'on ne peut prétendre n'importe quoi à l'encontre d'un élu qui s'investit,
pourtant avec beaucoup d'altruisme, à
améliorer la qualité de vie de ses concitoyens ni porter de fausses accusations
auprès du Commissaire à l'éthique, en respect des institutions. D'une société
juricomptable recommandée par l'Assemblée nationale j'ai obtenu un rapport accablant sur les chèques de Mme Nadeau, qui
étaient tirés à son nom. Désolé, je change de sujet. Or, vous aurez compris
que je ne peux me résoudre à accepter les
faussetés et les injustices écrites dans mon rapport et qu'en toute objectivité
aucun des
125 députés en cette Chambre n'accepterait une telle situation injuste.
L'inverse demeurerait troublant pour la perception des citoyens envers
la rigueur de ses élus, nous qui édictons des lois tout en permettant à ceux-ci
d'être entendus en appel, si besoin.
Alors — et là je m'adresse à tous mes collègues de
l'Assemblée — sachez
que, malgré tout ce que j'ai subi au cours
de derniers mois, malgré toutes ces fausses allégations, qui ont déjà laissé
trop longtemps planer le doute, j'ai encore et toujours confiance en cette Assemblée et en tous ceux qui la
composent. Je fais donc appel à votre respect de la vérité et à votre souci que justice soit rendue sans
considération partisane. Il me serait impossible de réparer le préjudice qui
m'a été causé par toutes les
désinformations qui circulent à mon sujet, notamment sur le Web. Vous savez,
toute cette histoire m'a été très
difficile sur le plan humain et a eu des impacts sur ma santé. Merci à mon
équipe, à mes amis, aux citoyens de
Groulx, qui m'ont toujours démontré leur soutien. Martine, Louis-Philippe,
Mathieu, merci de votre compréhension de la situation et surtout de
votre appui pour que j'aille jusqu'au bout de cette triste affaire.
Alors,
je le rappelle, le rapport continent des faussetés et des injustices, j'ai
l'affreux sentiment d'avoir été utilisé.
Je dépose donc la
motion suivante, M. le Président :
«Que l'Assemblée
mandate la Commission de l'Assemblée nationale pour faire enquête visant à
vérifier si le Commissaire ad hoc à l'éthique
et à la déontologie a indiqué vouloir faire un bouc émissaire du député de
Groulx lors de la rencontre du 24 novembre 2017, et que la commission
recommande, le cas échéant, la sanction appropriée;
«Que l'enquête se
termine, au plus tard, le 30 mai 2018.» Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M.
le député de Groulx. Donc, l'Assemblée est
maintenant saisie de votre nouvelle motion. Je suis prêt à entendre des
intervenants sur cette deuxième motion et je vais reconnaître M. leader
du gouvernement.
M. Fournier : Merci, M. le
Président. Ce ne sera pas très long, mais je vais commencer la réplique à notre
collègue en prenant, peut-être, appui
sur le rappel à l'ordre que vous avez fait au député de Groulx sur la question
qui est sous étude.
Le président, la semaine dernière, je
crois, dans sa décision, qui rappelait que, bon, en donnant raison, prima
facie, à la question qui était
soulevée, en tout cas, sur l'aspect du bouc émissaire par le député de
Groulx... disait, bon : «...lors du
débat prioritaire sur cette motion[...] — que nous faisons aujourd'hui — l'Assemblée pourra confier à la Commission
de l'Assemblée nationale le soin de faire
enquête sur cette question.» C'est la motion que fait le député de Groulx en ce
moment. Et le président disait dans sa
décision : «Évidement, au cours d'une telle enquête, la Commission de
l'Assemblée nationale devrait se
limiter exclusivement à déterminer si le commissaire ad hoc a contrevenu au
paragraphe 7° de l'article 55
de la
Loi sur l'Assemblée nationale
en menaçant le député de Groulx. Le mandat de la Commission de l'Assemblée
nationale ne pourrait d'aucune façon porter
sur les conclusions du rapport du commissaire.» Ça, c'est ce que le président
disait.
Ceci étant, M. le Président, à l'égard
du rappel à l'ordre que vous avez soulevé, vous, moi, comme l'ensemble des députés de cette Assemblée, ne pouvons pas ne
pas se mettre dans les souliers du député de Groulx. Imaginez que c'est vous. Je n'affirme pas que ce qu'il allègue
est vrai, je n'ai pas les moyens de le faire. C'est pour ça qu'il devrait y
avoir une enquête. Mais, si
d'aventure cela était vrai — imaginez que c'est vous — et que la personne qui porte une décision
sur vos comportements... et ça a des
conséquences importantes, on l'a entendu, il est possible que ça teinte votre
perception au-delà du seul fait de vous avoir dit : Je vais faire
de vous un bouc émissaire.
Il y a des conséquences à être un bouc
émissaire. C'est de ça dont parle le député de Groulx, et je pense qu'il est
important de le noter. Je ne remets pas en
question la décision de la
présidence, je lui offre un contexte, je dirais, humain. Quand on dit : On va étudier juste cette
chose-là, moi, je veux bien, c'est la décision du président, on ne la met pas
en appel. Mais, ceci étant, il faut
bien reconnaître qu'elle a des effets sur le député de Groulx. Et, je me
mets dans ses souliers, si c'était moi, je ne serais pas de bonne
humeur. Je vais le dire comme ça.
Bon.
Qu'est-ce qu'on fait avec tout ça, parce que, là, on a des règlements,
on a une loi? Le coeur de notre problématique
avec ce dossier-là est le fait que le commissaire, qui rend ses décisions, est
indépendant. Et d'ailleurs la collègue leader de l'opposition officielle avait
plaidé cette indépendance-là. Le président a beaucoup insisté sur la question
de l'indépendance. Je l'ai moi-même fait pour soulever que, dans l'étude prima
facie que faisait le président, il devait aussi se faire aider de
spécialistes indépendants, tout ça pour être en mesure de faire une enquête objective
qui préserve l'indépendance. On est rendus avec une décision qui nous amène à
une motion pour que la Commission de l'Assemblée
nationale soit réunie. Je tiens à vous dire que je suis d'accord pour que la
commission se réunisse. Je tiens à
vous dire comment je vais m'y comporter. Puisqu'il doit y avoir un respect, de
la part des parlementaires, de l'indépendance
du commissaire, cela ne veut pas dire que tout le reste du règlement n'existe
plus, cela ne veut pas dire qu'il ne
peut pas y avoir atteinte aux privilèges d'un député. D'ailleurs, c'est ce
qu'on voit, parce que, déjà, le fait qu'on ait cette motion l'atteste. Et cela doit nous amener à appliquer les
dispositions de notre règlement les uns avec les autres, à trouver la mécanique qui va nous permettre de
faire cette enquête dans le respect de l'indépendance, et comment peut-on
le faire si ce sont des parlementaires qui
font cette enquête, pas juste dans ce cas-ci, comprenons-nous bien, pas juste
sur le député de Groulx ou son avocat, mais sur le commissaire lui-même?
Il y a quand même deux parties à cet échange.
Conséquemment, je ne crois pas que,
comme membre de la Commission de l'Assemblée nationale, je peux devenir enquêteur dans cette affaire. Quels sont les
outils que nous disposons dans l'ensemble de notre règlement et de notre loi?
La Commission de l'Assemblée
nationale peut très bien, lorsqu'elle se réunira, décider d'identifier soit un
juge à la retraite soit le
jurisconsulte, qui est une institution de notre Assemblée, et demander à cette
personne qui aurait ce mandat, personne qui est spécialiste dans les questions d'enquête comme celle-là, des
enquêtes qui ont des effets sur des droits... Soit, d'un côté, c'est les droits du député de Groulx soit,
de l'autre côté, les droits du commissaire. Dans les deux cas, il y a quelqu'un
qui voit ses droits, en tout cas,
interprétés par lui-même, comme étant lésés. Puisque les deux parties vont
avoir une opinion différente, on a bien besoin d'une lecture objective.
Et donc je crois obligatoire que la Commission de l'Assemblée nationale ne soit pas... même si c'est le forum
dont le règlement nous dit qu'il fait enquête. La commission est tout à fait
libre d'utiliser les pouvoirs, les capacités
et les qualités objectives et indépendantes d'un enquêteur spécialisé, par
exemple le jurisconsulte ou un juge à
la retraite, pour aller s'enquérir des faits dans le dossier pour pouvoir
établir si, oui ou non, il y a eu une
telle attitude. La question restera à la présidence, M. le Président, par la
suite, sur les conséquences d'une telle attitude.
décision qui a été déposée par le président de l'Assemblée semble nous indiquer
qu'il n'y aurait pas d'autre conséquence que la constatation. Je tiens à
vous soumettre que, si jamais il y avait une telle constatation, il faudra peut-être... et peut-être qu'à la lumière de
l'enquêteur nous en saurons un peu plus, il faudrait peut-être se demander s'il
y a des conséquences à une
constatation éventuelle, suite à l'enquête, qu'il y a eu une attitude décrivant
le désir de faire du député de Groulx un bouc émissaire.
n'en dis pas plus long que ça, M. le Président. Je crois qu'on est dans une
situation assez étonnante. On sait qu'on
n'est pas supposés d'aller en appel des décisions du commissaire. Je crois que
nous ne sommes pas en appel dans ce cas-ci.
On est à analyser une question relative à la décision qui pourrait avoir des
effets sur la décision. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
du gouvernement, pour cette intervention. M. le leader de l'opposition
officielle, je vous cède la parole.
Bérubé : Merci, M. le Président. Je dois d'abord vous souligner notre inconfort quant au processus
dans lequel nous nous trouvons. Nous
nous sommes donné un mécanisme, tout le
monde ensemble, pour traiter les
questions de conflit
d'intérêts et d'incompatibilité de fonctions. Le Commissaire à l'éthique et à
la déontologie, c'est cette institution.
Le député de Groulx a
eu l'occasion de faire valoir son point de vue. D'ailleurs, il n'a alors pas
évoqué la soi-disant déclaration du commissaire. On l'a noté. Ensuite, les députés, après avoir entendu les arguments du député de
Groulx, ont voté en faveur de la réprimande
du député de Groulx. C'est ça, le mécanisme qu'on s'est donné ensemble. Si
on veut le changer, ce qui est possible, ce
ne doit pas être à la Commission de l'Assemblée nationale, mais par le
mécanisme de révision du code.
Nous
souhaitons une réforme du code et nous l'avons toujours soutenue tout au long
de cette législature. Nous avons travaillé d'arrache-pied afin d'étudier
le rapport de suivi du Code d'éthique, dont, je rappelle, le dépôt remonte à
février 2015. À l'époque, le gouvernement et la CAQ prétextaient l'urgence de
la révision du code, alors qu'il était très
clair que la priorité était de réviser le choix démocratique qu'avaient posé
les électeurs de Saint-Jérôme le 7 avril 2014. Moi, je m'en souviens, M. le Président. Depuis le
départ de l'ancien député de Saint-Jérôme, la CAQ et le PLQ sont moins pressés de changer le code. Étonnant! De toute
évidence, le Parti libéral et la CAQ ouvriront la Commission de l'Assemblée
nationale. Que ce soit clair, cette
ouverture ne concerne pas le rapport ni les conclusions du Commissaire à
l'éthique ad hoc sur le député de Groulx.
Je ferais remarquer
au député de Groulx que son groupe parlementaire d'origine a choisi de ne pas
intervenir sur cette question. Je n'en fais
pas un blâme, je le note. Je lui indiquerais également qu'en matière de soutien
des députés dans cette
institution — celui
qui vous parle, M. le Président, peut en témoigner — lorsque fut le temps de défendre un parlementaire, en l'occurrence le député de
Chomedey, présent en cette Chambre, je me suis levé pour le faire, m'attendant
que son groupe parlementaire allait le
faire. Je ne regrette pas de l'avoir fait et je maintiens que c'était
l'occasion pour le faire. Le contexte
aujourd'hui est très différent, et j'espère qu'on ne va pas faire l'amalgame.
Et je maintiens mes propos de l'automne dernier quant à la défense du
député de Chomedey. Je voulais me permettre de le dire en sa présence.
Pour finir, je dois
vous rappeler la décision de la Chambre des communes du 18 octobre 2005
concernant l'importance du maintien du huis
clos des enquêtes du Commissaire à l'éthique. C'est évident, sinon qui lui fera
confiance pour la suite? C'est
important d'avoir confiance dans les gens qui font des enquêtes, en toutes
circonstances, M. le Président.
Dans
votre décision du 10 mai 2018, vous indiquiez : «...il apparaît clairement
qu'un député ne peut pas demander la
révision d'un rapport produit par le Commissaire
à l'éthique. Je ne peux donc pas me
prononcer sur les allégations du député de Groulx qui se rapportent directement
à des éléments factuels de l'enquête du commissaire ad hoc, à leur appréciation[...]. [...]la nécessaire indépendance du commissaire, dont j'ai traité dans la première
partie de ma
décision, n'est pas ici mise en
cause. Je ne m'immiscerai pas, donc, dans la manière dont le commissaire ad hoc a mené son enquête
et dans les conclusions auxquelles il est arrivé.» Ce qui terminerait mon argumentaire.
moins que les représentants de la Coalition avenir Québec veuillent dire
quelque chose sur le cas de leur ancien collègue, je vais vous demander de suspendre quelques instants, parce
qu'il nous apparaît que la motion, telle que rédigée, pose problème, en
ce qui nous concerne. On aimerait pouvoir en discuter.
Vice-Président (M. Ouimet) : Bien. Alors, j'ai été saisi de la
même demande du leader du gouvernement tantôt, parce qu'effectivement on a entamé la motion du député de Groulx mais
sans en avoir copie, et donc les choses sont allées vite.
Alors,
je vais suspendre les travaux pour qu'on puisse prendre connaissance du libellé
de la motion précise du député de Groulx.
(Suspension de la séance à 11 h 19)
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, l'Assemblée poursuit ses travaux. La motion a été déposée. Les parlementaires en ont pris connaissance. Et je
pense que vous souhaiteriez apporter une précision, M. le député de Groulx.
Je vous cède la parole.
Surprenant : Effectivement, M. le Président. J'aurais une correction à
apporter sur la motion pour qu'elle se termine comme suit : Que
l'enquête se termine, au plus tard, non pas le 30 mai, mais «le 7 juin 2018».
Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, y a-t-il
consentement pour permettre cette légère modification? Consentement.
Maintenant, est-ce qu'il y a d'autres
intervenants sur la motion présentée par M. le député de Groulx?
Sinon, est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Très bien.
Nous passons aux affaires du jour. M. le leader
adjoint du gouvernement, pour la suite des choses.
M. Tanguay : Oui. M. le
Président, je vous demanderais une courte suspension, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, l'Assemblée poursuit ses travaux pour la suite des choses. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président, je vous prierais d'appeler l'article 21, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : À l'article 21 du feuilleton, Mme la ministre responsable de
la protection des consommateurs et de
l'habitation propose l'adoption du principe du projet de loi n° 178, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant la protection du consommateur. Alors, Mme la
ministre, je vous cède la parole.
Thériault : Merci, M. le Président. M. le Président, comme vous
le savez, il y a un peu plus de six mois maintenant que j'ai été nommée ministre
responsable de la protection du consommateur, des dossiers que je trouve tout
à fait passionnants et que j'apprends à apprivoiser jour après jour.
Lors
des consultations qui entouraient le projet de loi n° 134, qui a été
adopté en novembre dernier, j'ai été sensibilisée à plusieurs problématiques que vivent les consommateurs,
entre autres, en raison des nouvelles réalités du marché et des pratiques qui sont, disons-le, en
constante évolution. Rapidement, lors de ces consultations, M. le Président,
j'avais émis le souhait que nous puissions
avoir des omnibus en protection du consommateur de manière à pouvoir régler
rapidement les choses telles qu'elles se présentent à nous lorsqu'évidemment le
consommateur est lésé.
C'est
un engagement auquel j'ai été en mesure de donner suite le 18 avril dernier
lorsque j'ai présenté devant cette Assemblée le projet de
loi n° 178, et je suis donc très heureuse qu'il poursuive son cheminement.
Je rappellerai simplement que l'étape que nous franchissons aujourd'hui suit
les consultations particulières que nous avons menées le 8 et le 9 mai derniers
devant la Commission des relations avec les citoyens.
D'ailleurs, je tiens, une fois
de plus, à remercier les personnes et les groupes qui nous ont fait parvenir un
mémoire ou qui sont
venus nous rencontrer pendant les consultations particulières. Ces groupes
accueillent favorablement plusieurs éléments
du projet de loi, M. le Président, et évidemment je les assure que leurs
commentaires et recommandations seront pris en compte pour la suite de
notre démarche.
Je salue également mes collègues les députés du gouvernement
qui ont assisté à ces consultations, mais également les collègues porte-parole de l'opposition
officielle ainsi que de la deuxième opposition qui ont participé aux
consultations particulières.
Je disais, d'entrée de jeu, M. le Président, que cette pièce
législative est une réponse à des problèmes qui, au cours
des dernières années, ont pris de l'ampleur. En effet, ils ont été sujets de
plusieurs plaintes à l'Office de la protection des consommateurs... du consommateur, pardon, et ont aussi fait l'objet
de reportages dans différentes émissions d'enquête ou de télévision. Pensons d'abord aux manoeuvres
développées par les revendeurs de billets dans l'industrie du spectacle.
On a bien vu, dans l'émission Enquête ,
que certaines personnes se procurent en grand nombre de billets en utilisant
des robots pour créer de la rareté et
les revendre à fort prix. D'autres stratagèmes sont aussi utilisés, par
exemple, certains commerçants tentent
de vendre des billets qu'ils n'ont pas en leur possession ou incitent des
consommateurs à s'identifier faussement comme étant un commerçant afin
de leur revendre des billets au-dessus du prix autorisé, profitant du fait que la
Loi sur la protection du consommateur ne
s'applique pas aux transactions entre deux commerçants. Au final, ce genre de manoeuvre nuit non seulement aux
consommateurs qui ne paient pas le juste prix, mais aussi aux artistes et aux
producteurs, vous l'aurez compris.
Avec ce projet de loi, nous venons resserrer l'encadrement
de la revente de billets dans l'industrie du spectacle, inspiré de ce que l'Ontario a mis en place pour
faire face à ce problème et de meilleures pratiques adoptées en Europe dernièrement. Il est notamment prévu d'élargir le
champ d'application de la loi à la revente de billets de spectacles entre
deux commerçants et, dois-je le dire, M. le Président, toute mesure tout à fait
exceptionnelle pour pouvoir contrer le stratagème qu'on a vu s'insérer dans la
revente des billets.
Donc, des nouvelles balises seraient instaurées pour
interdire l'utilisation de ces fameux robots qui permettent aux revendeurs d'acquérir un grand
nombre de billets. Ces balises viendraient, en plus, obliger les revendeurs à
informer le consommateur sur le fait
que le prix payé pour le billet acheté en revente lui sera remboursé dans le
cas où, par exemple, l'événement
auquel le billet permet d'assister est annulé, le billet est contrefait ou s'il ne correspond pas à la
publicité ou à la représentation faite lors de la revente. Par
exemple : si un commerçant revend un billet à un consommateur en
l'assurant qu'il s'agit d'un billet de première rangée, alors qu'il donne accès
au balcon de la salle de spectacle.
encadrement fera en sorte que les consommateurs pourront se procurer plus facilement et à un prix plus acceptable des billets de spectacle. C'est le premier sujet de
l'omnibus, vous l'aurez compris, M.
le Président, la revente des billets.
deuxième étant les services funéraires. C'est un secteur qui est visé par le projet de loi, et celui des services funéraires, plus précisément certaines
pratiques commerciales qui ont été révélées dans les médias l'automne dernier. En effet,
l'émission J.E. nous apprenait, dans un reportage, que certains
propriétaires de salons funéraires ne veulent pas détailler le prix des services proposés au moment
de conclure un contrat. Or, le consommateur qui vient de perdre un être cher se trouve dans un état vulnérable et il doit prendre des décisions
rapides. Il faut donc s'assurer qu'il dispose de toutes les informations dont il a besoin pour prendre une
décision éclairée, malgré sa peine. C'est pourquoi le projet de loi prévoit
des mesures qui viendraient assurer
davantage de transparence dans les pratiques de vente de services à fournir
après le décès d'un proche.
cette façon, l'inscription de certains renseignements dans les contrats conclus
après décès serait obligatoire et
cela permettra au consommateur de connaître en détail de chacun des biens et
des services funéraires et de sépulture à fournir au défunt. Ainsi, ils pourront plus facilement
comparer les offres des différentes entreprises avant de conclure un contrat.
plus, le projet de loi rendrait possible la création d'un répertoire de
contrats d'arrangements préalables aux services
funéraires et des contrats d'achat préalables de sépulture, tel que l'avait
proposé le député de Borduas en novembre dernier. Cet outil permettrait aux personnes autorisées de retracer les
contrats de préarrangement qu'une personne aurait pu conclure de son vivant. Parallèlement, des
précautions seraient prises pour assurer la confidentialité des renseignements
contenus dans le registre, notamment afin de préserver une saine concurrence
dans ce secteur d'activité.
Évidemment,
M. le Président, le registre ainsi créé serait au niveau du Directeur de l'état
civil, qui, comme vous le savez, émet aussi les certificats de naissance
et de décès.
troisième sujet qui est touché M. le Président, c'est l'hébergement en temps
partagé, donc qu'on appelle ici aussi
très souvent le «time-sharing». Donc, M. le Président, peut-être vous avez
entendu parler de personnes qui se font promettre des séjours de rêve partout dans le monde, dans une formule de
vacances à temps partagé. Dans ces circonstances, les consommateurs s'engagent alors à payer, année
après année et jusqu'à l'expiration de leur contrat, le droit d'utiliser
une unité d'hébergement d'un immeuble ou
encore des services relatifs à cet hébergement durant une courte période par
année. Généralement, c'est une semaine ou deux.
cette formule convient à certains, d'autres consommateurs ont amèrement
regretté d'avoir signé un tel contrat, parfois conclu sous pression,
d'autant plus que leur contrat est difficilement annulable à moins de s'engager
dans des démarches souvent longues et
coûteuses devant les tribunaux. Pour améliorer la protection des consommateurs
dans ce secteur qui a fait l'objet
d'un nombre important de plaintes à l'office, nous proposons de modifier la Loi
de la protection du consommateur afin d'encadrer les contrats relatifs à
l'hébergement en temps partagé.
Pour
ce faire, certains renseignements obligatoires, par exemple, la description
détaillée des droits accordés au consommateur, les coûts et les
modalités de paiement seraient désormais inscrits dans les contrats. D'autres
règles s'ajouteraient pour que le commerçant
établisse un calendrier de paiement s'échelonnant sur toute la durée du contrat
dans le but d'éviter que le
consommateur paie des sommes trop élevées au début de son engagement. En outre,
le commerçant ne pourrait
pas exiger le paiement de plus d'un versement par année ou, encore, obliger le
consommateur à financer son contrat de
temps partagé à l'aide d'un contrat de crédit. Parmi les autres mesures
proposées, les commerçants qui organisent, par exemple, un tirage ou un
concours pour tenter de conclure un contrat d'hébergement en temps partagé
seraient tenus d'informer les consommateurs
de leurs intentions. Le consommateur aurait également la possibilité d'annuler
un tel contrat dans un délai de 10
jours sans frais ni pénalité. Ce délai d'annulation serait étendu à un an si le
contrat ne comprend pas les renseignements
obligatoires prévus par le projet de loi. Le consommateur pourrait, par
ailleurs, mettre fin en tout temps au
contrat si celui-ci ne répond plus aux critères qui avaient été convenus lors
de la signature du contrat. Enfin, le renouvellement
automatique de tels contrats serait interdit. Ces mesures, M. le Président,
permettront d'encadrer le secteur de l'hébergement en temps partagé de façon
beaucoup plus stricte qu'à l'heure actuelle. Elles contribueront à résorber les nombreux problèmes qu'ont vécus les
consommateurs ayant signé de tels contrats au cours des dernières années.
enfin, le quatrième sujet de l'omnibus, M. le Président, on se souvient encore
de certains cas qui nous ont été présentés lors des consultations sur le projet
de loi n° 134 l'automne dernier. Ces histoires dramatiques où des
étudiants s'étaient procuré une carte
de crédit avec une marge de 500 $
au début de leurs études et les avaient terminées avec plus de 10 000 $ de dette sur la carte, c'est
le genre de situation que nous voulons prévenir par le dernier élément majeur
du projet de loi. Ainsi, sauf
exception, les émetteurs de cartes de crédit ou une tierce personne ne
pourraient plus faire de sollicitation
en personne sur les campus des cégeps, donc le préuniversitaire, afin que les
jeunes consommateurs se procurent une carte de crédit.
ce sujet, M. le Président, je crois qu'il est opportun d'informer les gens qui
nous écoutent que nous allons déposer des amendements au projet de loi
en commission plénière afin d'entendre cette mesure aux marges de crédit... pas
en commission plénière, désolée, lors de la
prochaine commission, l'étude détaillée... afin d'entendre cette mesure aux
marges de crédit, comme nous l'ont proposé certains groupes en consultations
particulières.
Vous
le savez, les enjeux liés à l'accès facile au crédit et à la surconsommation
sont complexes, mais je pense qu'il
est important d'agir pour sensibiliser les jeunes à une consommation de crédit
responsable et au risque de surendettement. C'est l'objectif que
poursuit cette mesure.
Donc,
évidemment, M. le Président, voilà ce qui constitue l'essentiel du projet de
loi n° 178. Avec ce projet de loi, nous avons ciblé des enjeux qui recueillent déjà beaucoup d'appui et sur
lesquels l'Office de la protection du consommateur a préalablement
consulté les parties prenantes. Grâce à l'esprit d'ouverture et de
collaboration qu'ont démontré les membres de
la commission parlementaire, je crois que nous pouvons espérer que le projet de
loi poursuivra rapidement son cheminement.
Et évidemment, M. le
Président, cet après-midi aura lieu une rencontre avec les collègues
porte-parole des deux oppositions, avec les
gens de l'Office de la protection du consommateur, et nous entendons avoir une discussion
sur les différents amendements possibles que
nous entendons déposer suite aux commentaires qui ont été recueillis lors de
la commission parlementaire pour entendre ce que les groupes avaient à dire.
J'ai déjà signifié l'intention de faire différents
amendements pour la majorité des groupes qui sont passés devant nous. Je crois
vraiment que les consultations sont
faites pour entendre ce que les groupes ont à dire et que notre devoir, comme
législateur, c'est de faire en sorte que le projet de loi puisse faire
ce pour quoi il a été déposé et bien protéger les droits des consommateurs.
Donc,
il est sage d'entendre également les recommandations qui nous ont été déposées.
Parce que le but, vous l'aurez
compris, M. le Président, ce n'est pas d'alourdir indûment un processus ou
encore la réglementation, mais de faire en sorte qu'on puisse mieux protéger nos consommateurs. Et évidemment je
dois dire que je vais inviter mes collègues à se prononcer en faveur de
l'adoption du principe du projet de loi n° 178. Et je vous remercie de
votre attention.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre, pour cette intervention. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, la semaine dernière ont commencé les
consultations particulières à l'égard du
projet de loi n° 178, Loi
modifiant diverses dispositions législatives concernant la protection du consommateur.
On l'a
mentionné lors du discours de la ministre, en préambule, donc, quatre secteurs
sont touchés de façon spécifique. Donc, tout
d'abord, l'industrie du spectacle, où on vise à essayer de resserrer les règles
en ce qui concerne la revente de billets, notamment électroniques, donc,
en interdisant certains logiciels robots, qui achètent des billets d'événements en masse et, évidemment, d'essayer de
protéger le consommateur, qui doit en payer le prix, bien au-delà, des fois, du prix autorisé. Alors, nous avons été
contents de voir que divers groupes sont venus témoigner de leur appréciation
sur cette initiative du gouvernement, auquel
nous adhérons également, et sur lequel nous avons encore quelques questions
pour l'étude détaillée, et dans lequel nous voulons légiférer.
Au niveau des services funéraires, vous avez également
remarqué, M. le Président, que nous voulons mettre en place, donc, un registre des contrats préalables
de services funéraires pour essayer de mieux protéger les consommateurs sur certains services qui ont pu notamment être
achetés avant le décès d'une personne et, aussi, mieux outiller le consommateur concernant le détail desdits contrats
avec les services funéraires, notamment sur les prix, et donc être à même
de mieux comparer ce qui peut être le mieux
dans des circonstances qu'on connaît, donc, des circonstances malheureuses
où les personnes sont, des fois, en position plus précaire et donc
endeuillées.
On a
également, donc, la
section du projet de loi qui parle de l'hébergement en
temps partagé, donc, communément appelé le «time-sharing», où, donc, certaines modalités veulent être
améliorées pour permettre aux consommateurs de résilier un contrat qui aurait été signé dans des circonstances x.
Certains groupes sont venus d'ailleurs nous témoigner, M. le Président, que,
lors de voyages tout inclus, sur un «resort» ou dans un Club Med, on pouvait,
donc, se faire offrir ce genre d'hébergement.
Évidemment, donc, est-ce que c'est le meilleur environnement
pour être capable de se lancer dans ce genre d'aventure qu'est l'hébergement en temps partagé?
C'est une question à se poser. Est-ce que les 10 jours pour
résilier un tel contrat sont
suffisants, surtout si ça a été signé à l'étranger, donc à l'extérieur du Québec?
La question se pose. Et, là-dessus, lors de l'étude
détaillée, nous aurons plusieurs questions à poser à la ministre à cet effet.
finalement, M. le
Président, au niveau de la sollicitation du crédit dans les établissements d'enseignement, il est clair que, du côté du
Parti québécois, ça fait longtemps que nous dénonçons la situation.
Nous avons donc reçu la FECQ, l'UEQ,
différents groupes, notamment Options Consommateurs, qui sont venus nous témoigner de leur opinion
sur la question.
ministre dit vouloir faire la stratégie
des petits pas. Donc, elle y va à pas de souris, M. le Président, c'est sur la
pointe des pieds qu'elle se dirige vers l'abolition, donc, de la sollicitation
du crédit dans les milieux préuniversitaires. J'ai senti une ouverture pour essayer d'élargir donc,
l'interdiction à tout autre produit de crédit ou encore de marge de crédit,
mais on sent que le grand pas n'est pas
encore nécessairement gagné du côté de la
partie gouvernementale. Et la question qui se pose, M. le Président, c'est :
Si ce n'est pas bon pour les étudiants de niveau collégial, pourquoi ça serait
mieux pour les étudiants du niveau universitaire? Et là, là-dessus, plusieurs groupes sont venus témoigner de leur inquiétude
et de leur volonté de vouloir uniformiser
cette règle qui vise à protéger évidemment les étudiants, qui ne sont pas nécessairement encore dans une situation
financière des plus glorieuses, en tout cas, dépendamment du milieu d'où on
vient. Vous comprendrez, M. le Président, que, durant nos études, nous ne sommes pas à l'apogée de notre
carrière professionnelle, et donc le
compte de banque n'est peut-être pas encore à son heure de gloire, à son âge d'or.
Ça viendra, mais pas au niveau
collégial et universitaire, en tout cas, du moins, pour une forte majorité
d'étudiants.
Alors,
là-dessus, plusieurs groupes nous demandent de réfléchir à certaines
modifications. Nous sommes donc très
heureux de pouvoir légiférer sur la protection du consommateur. Nous pensons
nous aussi également que c'est un dossier extrêmement important, qui évolue à
une vitesse folle avec le développement des nouvelles technologies, avec
les nouvelles réalités auxquelles les
Québécois et les Québécoises sont confrontés. Nous allons donc voter en faveur
du principe du projet de loi
n° 178 et nous avons hâte de discuter avec la ministre des bonifications,
des modifications et des amendements qui pourraient y être apportés.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Terrebonne,
pour cette intervention. M. le député de Borduas, je vous cède la parole.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président, ça me fait plaisir d'intervenir su