Culture and Education — 8 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-10-08
Quebec — Committees
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et
d'autres dispositions à l'égard des services de l'éducation préscolaire
destinés aux élèves âgés de 4 ans.
M. le Secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Grondin (Argenteuil) est remplacée par
Mme Blais (Abitibi-Ouest).
La Présidente (Mme
Thériault) : Donc, je vous rappelle que la commission a convenu de
procéder à cette étude détaillée
par sujets. Nous sommes actuellement de retour au quatrième sujet, intitulé Le
régime pédagogique , et à l'article 5.
Lors de l'ajournement de la
dernière séance, la présidence était saisie d'une question de recevabilité
quant à un sous-amendement présenté par Mme la
députée de Saint-Laurent à un amendement présenté par Mme la députée de Sherbrooke. Donc, je vais maintenant rendre ma
décision sur la question de règlement soulevée par Mme la députée de
Saint-Laurent concernant la recevabilité de son sous-amendement à un amendement
présenté par Mme la députée de Sherbrooke à l'article 5 du projet de loi.
Cet amendement introduirait un
nouveau paragraphe à l'article 447 de la
Loi sur l'instruction publique. Ce paragraphe concerne la
présence en classe d'une ressource spécialisée. Le sous-amendement de Mme la
députée de Saint-Laurent y ajouterait que le nouveau paragraphe entre en
vigueur un an après la sanction du projet de loi.
M. le ministre a soulevé que le
sous-amendement est en contradiction avec l'article 18 du projet de loi,
qui prévoit que l'article 5
entre en vigueur à la date déterminée par le gouvernement. Il n'a toutefois pas
demandé à la présidence de rendre une
décision sur la recevabilité du sous-amendement. C'est plutôt Mme la députée de
Saint-Laurent qui a fait cette demande explicitement.
En vertu de l'article 198 du
règlement, la présidence décide de la recevabilité d'un amendement ou d'un
sous-amendement une fois qu'il est proposé. Toutefois, à moins qu'une
motion soit, à sa face même, irrecevable, la pratique
veut que la présidence la mette en délibération et ne décide sur sa
recevabilité que lorsque la question est soulevée par un député. Il reste que la présidence peut
statuer sur la recevabilité d'une motion à tout moment avant de faire sa mise
aux voix. Ainsi, malgré le caractère inusité
de cette situation, où l'auteur d'une motion demande à la présidence de statuer
sur sa recevabilité, à la lumière des remarques faites par le ministre, je
considère que cette décision est nécessaire.
ce qui concerne le sous-amendement de Mme la députée de Saint-Laurent, je
souligne d'abord que la jurisprudence de l'article 200 du règlement
indique qu'un sous-amendement doit se rapporter aux mots et au sujet de
l'amendement. Il ne devrait pas en élargir la portée et se rapporter à
des questions non visées par celui-ci.
l'espèce, la question de l'entrée en vigueur qu'introduit le sous-amendement
n'est pas visée par l'amendement de Mme la députée de Sherbrooke. De
plus, en vertu de l'article 200 du règlement, les critères de recevabilité
d'un sous-amendement sont les mêmes que ceux d'un amendement. Or, la
jurisprudence de l'article 197 indique qu'un amendement qui entre en contradiction avec un
article du projet de loi
dont la commission n'a pas encore pris connaissance est irrecevable puisqu'il tente d'y faire une
modification par anticipation. Dans le cas présent, la proposition d'ajouter des
modalités d'entrée en vigueur à
l'article 5, qu'elle soit faite sous forme de sous-amendement ou
d'amendement, viendrait modifier indirectement et par anticipation
l'article 18 du projet de loi, qui n'a pas encore été abordé.
Donc,
pour ces motifs, la présidence juge le sous-amendement irrecevable à cette
étape-ci. Et j'invite les membres qui voudraient modifier les modalités
d'entrée en vigueur du projet de loi à intervenir lorsque l'article 18
sera à l'étude.
Donc, est-ce qu'il y
a d'autres interventions sur l'amendement de la députée de Sherbrooke à
l'article 5? Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : ...je comprends bien la décision que vous venez de rendre,
donc, le type de disposition introduite par ma collègue de Saint-Laurent
devrait être plutôt discuté à l'article 18, si jamais on voulait inclure
un délai pour l'application d'un
éventuel amendement comme celui que j'avais déposé. C'est admissible sur le
fond, ce n'est juste pas au bon endroit. C'est ça?
Présidente (Mme Thériault) : C'est ça.
La Présidente (Mme
Thériault) : Donc, ce qui faisait en sorte que le sous-amendement de
la collègue... Puisqu'on anticipait un
article qu'on n'a pas encore vu, on ne peut pas faire indirectement...Donc, c'est
pour ça que son sous-amendement est irrecevable.
Labrie : D'accord. Bien, j'aimerais quand même mentionner que, si
jamais, du point de vue du gouvernement, une disposition comme celle-là pour retarder l'entrée en vigueur de
l'amendement que je propose lui convenait, moi, je suis tout à fait ouverte à ce qu'on... Puis ça s'est
déjà fait dans le passé ici, en commission, de prévoir d'avance qu'on allait
discuter d'une disposition particulière dans un autre article, mais, quand
même, de le savoir ici, là, de le nommer, donc, moi, c'est une chose à
laquelle je suis ouverte.
Sinon,
bien, pour revenir sur l'amendement initial, je voudrais réitérer qu'on est
vraiment dans un compromis, ici, qui ne mentionne pas explicitement de ratio,
donc qui laisse la marge de manoeuvre demandée par le gouvernement pour
pouvoir négocier dans les conventions collectives. Donc, c'est le principal
intérêt, pour ma part, que je vois dans cet amendement-là.
Présidente (Mme Thériault) : Parfait, merci. Ça va? D'autres
interventions? Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je soumettrai un
prochain amendement, rendu à l'article 18, pour parler de l'entrée en vigueur. Par contre, j'ai encore des
questions pour le ministre de l'Éducation par rapport, ici, aux ratios.
Est-ce que, légalement, il y a quoi que ce soit qui nous interdit de mettre le
ratio dans la loi?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Ce n'est pas dans nos objectifs, ce n'est pas dans nos
façons de faire, ce n'était pas dans celles de votre gouvernement non plus de mettre des ratios en éducation dans la
loi, donc, ni au préscolaire, ni au primaire, ni au secondaire. Donc, ce n'est pas l'intention
législative. De toute façon, ce n'est pas du tout dans l'optique de ce projet
de loi là.
projet de loi, je le répète, vise à lever tous les obstacles législatifs qui
empêchent le déploiement du service de la maternelle quatre ans à l'extérieur des milieux défavorisés. On a déjà
dit que, bon, déjà, 100 % des classes déjà ouvertes étaient en milieu défavorisé. On le poursuivra d'abord en
milieu défavorisé puis en le mettant partout ensuite. Ça va être accès...
universellement... donc partout.
Mais
il n'est pas dans l'intention, comme ça a été dit à moult, moult, moult et
plusieurs moult reprises, de mettre dans
la loi un ratio ou de baliser dans la loi le nombre d'adultes par enfant. On a
déjà vu que ça se faisait sous les deux précédents gouvernements, du Parti québécois et du Parti
libéral, via les conventions collectives, et c'est quelque chose qui a permis,
d'ailleurs, d'améliorer le ratio, dernièrement. Parce qu'il faut bien se
rappeler que, quand on a déployé la maternelle quatre ans au départ, en 2013, le gouvernement du Parti québécois, le
maximum était de 18 et le maximum moyen était de 15. Le maximum est
maintenant de 17 avec un maximum moyen de 14.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Mais, par contre, ma question était
très, très précise, je voulais juste savoir si légalement on avait ici
un empêchement pour l'inscrire dans la loi.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Ce que je dis, c'est que ce n'est absolument pas notre intention, et ce n'est
pas l'objet du projet de loi, puis ce n'est pas l'intention
gouvernementale.
La Présidente
(Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Oui, mais, puisqu'on a aussi le bénéfice d'avoir des juristes avec nous, qui
vous accompagnent, est-ce qu'on pourrait avoir leur éclairage, à savoir
si, oui ou non, légalement, on est dans l'incapacité de l'ajouter dans la loi?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, au ministère de la Famille, ils ont inclus certains ratios. Je ne sais
plus si c'est dans la loi ou dans le règlement. Je pense que c'est dans
la loi...
M. Roberge :
C'est dans le règlement. Dans notre cas ici, en Éducation, ce n'est ni dans la
loi ni dans le règlement. C'est balisé par les conventions collectives.
C'est notre intention.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Votre intention, elle est très claire. Par contre,
la réponse que nous recherchons, c'est à savoir si, oui ou non,
légalement, nous sommes ici dans l'impossibilité de l'ajouter, le ratio, dans
la loi. Je voudrais savoir si les juristes ici nous indiquent que, légalement,
on n'est pas en mesure de le faire ou pas.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, je n'ai pas besoin de
leur demander si on peut le faire puisque ce n'est pas l'intention de le faire de
toute façon. Alors, possible, impossible, nous n'irons pas là.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Écoutez, quand
même, je comprends, vous parlez des conventions collectives, mais les conventions
collectives existent en milieux des services
de garde. Alors, si je comprends bien, vous ne voulez pas nous faire bénéficier
des éclairages des juristes de l'État. Par
contre, on peut inférer, de par le règlement qui existe en matière de services
de garde en milieu éducatif à
l'enfance, le règlement prévoit le ratio. On parle d'un ratio d'un intervenant
pour 10 enfants ou moins de l'âge de quatre ans.
Alors,
si, d'une part, dans réseau qui est lui aussi conventionné, ils ont été en
mesure de l'indiquer, ma question, c'est la suivante. Vous avez aussi promis un bouquet de mesures pour les
enseignants. Le ratio, oui, il est question ici de sécurité, de qualité, mais aussi question des enseignants.
Ne croyez-vous pas que les enseignants méritent un bouquet de mesures qui
leur accorde aussi un ratio plus bas pour être en mesure de bien s'occuper des
enfants de quatre ans à temps plein?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre. Ça va?
M. Roberge :
Comme j'ai déjà dit, je pense que les ratios actuels offrent un service d'une
grande qualité. On peut toujours
améliorer la qualité de plein de façons, écoutez : l'environnement
physique, les jouets, le support technologique, les conseillers pédagogiques, les professionnels qui sont autour,
l'aménagement des cours d'école, la formation continue, les ratios. Il y
a mille façons.
a travaillé sur plusieurs de ces leviers-là dans les derniers mois. Ça a fait
un bien fou. Quand on va dans les écoles, quand on va... quand on rencontre les
professionnels, ils nous remercient pour ce qu'on a fait dans la dernière
année. Il n'y a rien qui dit qu'on va s'arrêter en si bon chemin. Mais tout ne
se fait pas par processus législatif au Québec. Il y a des choses qui sont dans la loi, il y a des choses
qui sont négociées, il y a des choses qui sont des politiques, et les ratios
ne seront pas dans la loi.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. J'ai Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis,
et, par la suite j'aurais Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. Mais je veux parler un peu des allocations
budgétaires, le fonctionnement pour l'année en vigueur. Si on regarde
les mesures dédiées, alors la mesure 11020, qui est pour la maternelle quatre ans à temps plein en milieu
défavorisé, dans les normes d'allocation, c'est écrit que «selon les ratios
prévus aux ententes nationales — ce que vous êtes en train de
dire, M. le ministre — le
nombre d'élèves ne peut être supérieur à 17», sauf que c'est écrit aussi que
«le ministre peut autoriser un nombre différent d'élèves».
Alors,
je veux mieux comprendre elle est où, la crainte de ne pas être en mesure de
changer les ratios. Vous dites qu'on n'est pas capable, quand c'est
écrit dans les normes d'allocation, que c'est vous qui a le pouvoir de changer
ceci.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, ici, ce à quoi vous faites référence, c'est le ratio maximal. Donc, on
peut aller en bas, il n'y a rien qui nous
empêche d'aller en bas. D'ailleurs, la moyenne, en ce moment, est de
11,3 enfants par classe. On voit bien
qu'on est en bas du ratio maximal de 17 et du ratio maximal moyen de 14, hein?
Il n'y a pas de problème, là. Il n'y a pas de police d'élèves qui débarque dans
les classes en disant : Mon Dieu! vous êtes en bas des maximums. Il n'y
a pas de problème.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de... pardon, Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Westmount—Saint-Louis. Merci, Mme la Présidente.
Sauf que c'est écrit, point n° 4, pour la maternelle, la mesure 11021, que
«l'allocation correspond au financement
de 14 élèves». Alors, est-ce qu'il y a un chiffre où on peut dire... Parce qu'on sait que la
ressource additionnelle, le 11023, s'élève à 25 035 $ — et 35 $ — qui est peut-être la moitié d'un salaire de quelqu'un à temps plein,
que ça soit une éducatrice, technicienne spécialisée qui va rentrer en support
pour l'enseignante dans cette classe.
Puis,
juste pour mieux comprendre l'amendement, ce que je vois ici, c'est vraiment la
possibilité, une ouverture d'être en mesure de rajouter des ressources, car on
sait que ça fait
partie du budget, on sait que ça fait
partie de qu'est-ce que
les commissions scolaires vont envoyer au ministère comme chiffre pour les
classes. Alors, j'ose croire que c'est ici la flexibilité
que nous avons ici, autour de la table, quand on est en train de discuter les
ratios parce que, les ratios, c'est sûr...
Pour
moi, les ratios, c'est uniquement enseignant-élèves. C'est le majeur dans la
classe. On ne peut pas parler des ratios qui incluent les éducatrices,
les techniciennes spécialisées. Quand on parle des ressources additionnelles,
c'est vraiment à la direction d'école puis
les commissions scolaires à déterminer ça va être quoi. Comme ça peut être
quelqu'un qui se spécialise en maternelle quatre ans, ça peut être quelqu'un
qui se spécialise en service de garde, etc. Ils ont vraiment cette
flexibilité de faire le choix de la personne qu'ils vont faire rentrer dans la
classe.
Mais ici ils
sont limités à un 25 035 $, puis on parle aussi de... les ratios, on
parle de l'allocation qui correspond au financement. Alors, est-ce que, ça, c'est une place où peut-être on
pourra faire du changement pour mieux arrimer avec l'amendement qui a
été déposé hier par ma collègue?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Bien, juste un
commentaire. Je ne suis pas d'accord avec ma collègue quand elle dit que, pour considérer le ratio, on ne peut considérer que
l'enseignant ou l'enseignante. Je pense que l'éducatrice à l'enfance ou la
technicienne en éducation spécialisée fait une différence dans la vie
des élèves. On ne peut pas l'ignorer dans le calcul du ratio. Donc, le ratio maximum moyen, qui est de 14, bien, pour moi,
c'est pour un adulte à temps plein puis un adulte à demi-temps. Donc, l'enseignante et l'éducatrice
ou la technicienne donnent un ratio moyen d'un adulte pour 9,33 élèves,
qui est un ratio exceptionnel.
Ceci dit, je
suis conscient, comme j'ai déjà dit, que la ressource à demi-temps, bien, elle
n'est pas là à temps plein, elle est là à demi-temps. Mais c'est tout à fait
possible pour un enseignant de moduler ses apprentissages, ses activités
pour utiliser au maximum cette ressource-là.
Mais, juste faire attention, je ne pense pas qu'on peut exclure cette
personne-là dans le calcul du ratio. Je pense, ce n'est pas respectueux
pour la part qu'elle fait dans la classe.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Sauf que c'est vous-même qui l'excluez quand vous dites
que vous n'êtes pas en mesure de changer
les ratios parce que vous avez des balises de conventions collectives, puis les
conventions collectives sont uniquement avec les professeurs, les enseignants. Alors, c'est vous-même qui parlez
des ratios, puis, comme... on est pris à l'intérieur de ceci.
Moi, quand je
parle des ratios, je n'enlève rien. Je ne suis pas en désaccord que la
ressource additionnelle dans la classe va sûrement améliorer la vie scolaire de
ces enfants-là. Mais c'est vous-même qui dites que vous êtes pris par le ratio
professeur-élèves à cause des conventions collectives. Ce n'est pas moi qui dis
ça, c'est vous qui dites ça.
Je suis
contente qu'il y aura une ressource additionnelle dans la classe. Je
parle de qu'est-ce qu'on peut faire
pour bonifier ceci. Je pense que
c'est clair que ratio... on parle de peut-être l'aide scolaire, on pense aux
ressources additionnelles dans la classe pour aider les enfants pour avoir une
réussite plus favorable. Ils sont jeunes. On peut citer des heures, puis
des heures, puis des heures le raisonnement derrière le besoin de rajouter des
ressources à quatre ans. Puis c'est quand même
une entrée scolaire des tout-petits. Voilà une possibilité pour nous de
rejoindre ce qui était amendé dans l'amendement par l'entremise de
quelque chose où on n'est pas... on n'a pas d'obstruction à cause des
conventions collectives.
La Présidente (Mme Thériault) : Ça
va? Mme la députée Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui. Aussi, je pense
que le ministre a déjà été assis à notre place quand il était dans l'opposition.
Il connaît le travail que doit faire
l'opposition très bien, il a été là plusieurs années. Il sait que notre rôle,
c'est d'aller chercher des garanties
dans la loi. Puis c'est ce que les membres de son gouvernement ont fait
lorsqu'ils étaient dans l'opposition. On
a très bien entendu, d'ailleurs, des membres du gouvernement actuel travailler
dans le sens d'aller chercher des garanties la dernière fois qu'il y a eu un projet de loi par rapport aux
maternelles quatre ans. Donc, nous, c'est clairement ce qu'on est en
train de faire, en ce moment, et le ministre sait que c'est notre
responsabilité en tant que députés de l'opposition.
Quand je
l'entends nous dire : Bien, il n'y a rien qui dit qu'on va s'arrêter en
chemin, on a déjà fait des choses pour améliorer la qualité, moi je ne
trouve pas que c'est une garantie. Il n'y a rien qui nous dit non plus qu'ils
vont continuer à essayer d'améliorer la
qualité. Puis c'est précisément ce qu'on essaie de faire inscrire dans la loi.
Et ce n'est pas tout de dire :
Ah! bien, on a déjà amélioré ça, dans le passé, on est capables de le faire
encore. Bien, tant mieux, certainement, c'est ce qu'on souhaite. Puis on veut que ce soit inscrit dans la loi. On veut
que ce soit inscrit ou bien dans la loi ou bien dans les conditions et modalités. On veut que ça soit
inscrit formellement quelque part. C'est la garantie qu'on cherche à obtenir.
Puis moi, je
ne me contenterai pas de me faire dire : Bien, il n'y a rien qui dit qu'on
ne va pas essayer d'améliorer ça
encore plus. Les enfants ne sont pas représentés par un syndicat, eux, là. Les
conditions dans lesquelles ils passent leur journée, dans une maternelle
quatre ans, ils ne peuvent pas compter sur aucun des syndicats ou des
regroupements qui travaillent dans le milieu
de l'éducation pour défendre leurs intérêts à eux spécifiquement. Parce que ces
organisations-là ont des mandats
spécifiques de défendre leurs membres, et ce mandat-là, ce n'est pas celui
d'aller chercher le meilleur pour les enfants nécessairement.
Donc, le
travail qu'on fait ici, il vise à défendre le bien-être des enfants et à
s'assurer de la qualité pour les enfants. On veut des garanties pour ça, puis ce que j'entends, c'est très loin
d'une garantie. On n'a même pas le début d'une offre d'inscrire une
garantie quelque part. Est-ce que le ministre peut comprendre ce besoin-là? Il
le connaît, il a déjà travaillé dans ce
sens-là lorsqu'il était dans l'opposition, lui-même, il comprend notre besoin.
Est-ce qu'il peut nous présenter une manière
dont il va pouvoir nous donner une garantie qu'on va poursuivre les démarches
pour améliorer la qualité en maternelle quatre ans?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, ma collègue réfère au fait que j'ai déjà
été dans l'opposition. Effectivement, mais là, si on ouvre cette
porte-là, c'est sûr que j'ai envie de dire que ce n'est pas parce qu'on est
dans l'opposition qu'on doit s'opposer et
ramener de deux, trois, quatre, sept, huit façons une même idée. Je pense
qu'ils en ont le droit, mais je pense sincèrement que ce n'est pas
pertinent.
Puis, si on
veut ramener à ce que je faisais quand j'étais dans l'opposition, ça me fait
plaisir de le dire, là. Il n'y a pas
très longtemps, j'étais de l'autre côté, j'ai eu à étudier des projets de loi.
On faisait des propositions, on discutait, on essayait de convaincre. Si l'amendement passait, on était bien contents,
on avait réussi à trouver un arrangement, à convaincre le ministre et la
partie gouvernementale. Des fois, on faisait une sortie médiatique pour étayer
notre position. Puis, à la fin, soit que ça
passait soit que ça ne passait pas. Quand ça ne passait pas, des fois, on
disait : Bien, celui-là, on ne l'a pas eu. Des fois, on pouvait dénoncer en disant : Bien, regardez,
citoyens du Québec, cette position-là du ministre, on est en désaccord.
Mais c'est une façon de travailler que j'avais.
Et on
m'interpelle sur ce que je faisais dans l'opposition, là. Je ne faisais pas
trois, quatre, sept, huit amendements pour ralentir les choses. On
gagne, on perd un vote. On perd un vote, voilà,
article suivant. C'est la façon
que j'avais. C'est la façon... Ce n'est
manifestement pas ce qui se passe ici depuis plusieurs semaines. Alors, si on
veut me ramener sur ce que je faisais dans l'opposition, ça va me faire
plaisir, mais je ne faisais pas d'obstruction.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Je ne faisais pas
référence au travail spécifiquement du ministre, lorsqu'il était lui-même dans
l'opposition, mais au fait qu'il connaît le rôle de l'opposition en général. Non
seulement on a le droit, mais c'est notre responsabilité
d'essayer d'améliorer les projets de
loi. Même les bons projets de loi, ils ne sont jamais parfaits du premier coup. C'est notre rôle d'essayer de les améliorer.
Il y en a, des projets de loi en cours en
ce moment, là, ou qui s'en viennent,
qui sont très, très bien reçus et pour
lesquels on va travailler simplement pour les peaufiner parce qu'on sait que c'est des projets de
loi intéressants. Je pense au projet de loi n° 18, par exemple.
Donc, moi, je
n'interprète pas que mon rôle ici est de m'opposer à tout, au contraire. Quand
il y a des bonnes idées, il faut les soutenir. Mais là on est face à un
projet de loi qui est incomplet, qui ne répond pas aux préoccupations ni de nous, ni des familles, ni des spécialistes de la
petite enfance, donc, c'est sûr que c'est incomplet. Puis peut-être que le
ministre lui-même n'a pas eu d'occasion de manifester autant de
détermination que nous, on le fait en ce moment parce que peut-être qu'il n'a jamais été confronté à un
projet de loi aussi incomplet lorsqu'il était dans l'opposition, là, je ne le
sais pas, mais moi, je suis devant un
projet de loi qui ne me satisfait pas du tout en ce moment, ça fait que c'est
certain que je vais être déterminée aussi longtemps que possible à
essayer de l'améliorer.
On n'est pas
devant quelque chose de mineur ici. On est devant un projet d'inclure des
milliers d'enfants dans le réseau
scolaire sans avoir planifié exactement comment on allait prendre soin de ces
enfants-là pour s'assurer de leur donner les conditions optimales. Ça fait que je ne peux pas abandonner du
premier coup, là, c'est impossible, c'est impossible. Ça demande une
persévérance, puis cette persévérance-là, on la manifeste depuis quelques
semaines, effectivement. Ça s'est soldé par des gains à plusieurs
reprises depuis le mois d'août, notamment sur les milieux défavorisés,
notamment sur garantir qu'il existe encore
une offre de service en service de garde pour les enfants de quatre ans. Donc,
jusqu'à maintenant, la persévérance
dont on a fait preuve, elle a porté fruit. Je compte bien poursuivre cette
démarche-là pour que ça porte fruit aussi
sur les ratios, éventuellement sur le transport scolaire. C'est important. On
n'est pas devant un projet de loi mineur ici.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, il
ne s'agit pas de dire qu'on partage ou pas des préoccupations concernant, supposons, l'amélioration des services qu'on offre
aux jeunes, la sécurité des jeunes, il s'agit juste de dire où se prennent
les décisions. Puis, écoutez, ce n'est pas
parce que c'est question que c'est plus important. Un programme éducatif, c'est
extrêmement important. On peut avoir un ratio d'un pour six, si le programme
n'est pas très pertinent, on passe à côté de la cible. Pourtant, le programme ne sera pas déterminé ici. On ne fait pas
les programmes éducatifs ici. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas
important.
Alors, c'est
deux choses de dire qu'un sujet est important puis de dire qu'on va se battre
jusqu'à ce que mort s'ensuive pour le
faire inscrire dans la loi. On partage plusieurs des objectifs, mais on ne
s'entend pas nécessairement sur les moyens ou plutôt sur les façons de les
atteindre. Mais ce n'est pas... Je ne demande pas à ma collègue de cesser de
trouver important le ratio adultes-enfants.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Joliette.
Hivon :
Je pense que le coeur du problème, il réside dans le fait, en tout respect, que
le ministre a déposé un projet de loi
pour un aspect qui lui apparaissait technique, qui était de dire : On va
débloquer le fait qu'on puisse maintenant créer des places, pas juste en milieu défavorisé, mais dans l'ensemble
des milieux au Québec, puis, pendant qu'on fait ça, il pensait qu'on ne poserait pas de questions sur
le projet en lui-même, le projet de maternelles quatre ans, le déploiement
des maternelles quatre ans, la
complémentarité avec les services de garde éducatifs à la petite enfance. Mais
c'est évident qu'on va poser des
questions là-dessus, puis c'est évident qu'on s'attend à avoir des réponses du
ministre sur les questions qu'on lui pose, parce que ce sur quoi on est
train de travailler, c'est le projet de loi qui va être l'armature de tout le déploiement de ce nouveau projet là, pour lequel il y a
énormément de questions de notre part, mais de la part de la population, des
analystes, des experts. Donc, je pense que c'est là qu'il y a un peu un
décalage.
Puis c'est normal
qu'on continue à avoir des questions, parce qu'à certains égards plus on
avance, plus le mystère s'épaissit plutôt que
de se dissiper. Puis je sais que le ministre n'aime pas parler de chiffres,
mais je trouve que c'est important. Donc, quand on a des nouveaux
chiffres, des nouveaux estimés, des nouvelles cibles, des nouvelles réponses, c'est évident que ça ne nous rassure
pas, de ce côté-ci. C'est plutôt l'inverse. Ça fait des mois qu'on demande un
plan. Là, je commence à comprendre qu'on ne
l'aura pas. Dieu sait que le ministre aurait eu le temps, là. On a commencé
à demander ça à l'hiver dernier, un plan de
déploiement, un plan de complémentarité avec les services de garde à la petite
enfance. Ce n'est pas parce qu'il n'a pas eu le temps de le faire.
Donc je me dis :
Pourquoi on ne l'a pas, le plan? L'exercice que le ministre de la Famille fait
pour ses services de garde éducatifs,
pourquoi il n'est pas fait pour les maternelles quatre ans? Pourquoi on a des
chiffres qui changent tout le temps?
Pourquoi on a le sentiment d'un
manque de transparence? Donc, si on ne l'a pas, force est d'admettre que ça
doit être parce qu'il n'existe pas ou parce qu'on a décidé de ne pas le faire, parce
que peut-être que ça ne serait pas
bien enligné avec ce que le gouvernement nous dit puis ça ne viendrait
pas appuyer ce qu'il nous dit, mais plutôt l'inverse. Moi, je ne l'ai pas, la réponse, puis je ne veux pas supputer puis
mettre toutes sortes d'interprétations. Mais la manière qu'on n'en ait
pas, d'interprétations, de doutes puis de craintes, ce serait que le gouvernement
nous dise où il s'en va.
c'est l'inverse qui se passe. Les chiffres changent, les estimés changent, les
coûts changent, puis pas juste entre la campagne électorale puis maintenant
mais dans les dernières semaines aussi puis encore pas plus tard que la semaine dernière, avec certaines
questions que j'ai posées. Donc, je pense que c'est juste normal qu'on ait beaucoup
de questions puis qu'on fouille. Si
les choses avaient été claires et limpides dès le départ, on aurait su où on
s'en va. On ne serait pas en train de tout découvrir à la pièce en
tournant les pages du cahier d'étude détaillée.
Donc,
je pense que c'est ça, le problème. C'est que je pense que le ministre
est arrivé ici en disant : Je passe un projet de loi qui est relativement technique. Mais son projet de
loi, il n'est pas technique, c'est la
base de toute la réforme des
maternelles quatre ans, qui n'est pas juste, en plus, une réforme des
maternelles quatre ans, mais qui est une réforme des services éducatifs à la
petite enfance qu'on va offrir au Québec parce
qu'on vient complètement chambouler l'équilibre puis on vient mettre des priorités à
d'autres endroits et des ressources à d'autres endroits qu'on le faisait dans
le passé.
Moi,
je voulais juste faire la mise au point, parce que je dois vous dire
que, quand j'entends le ministre commencer à dire depuis quelques jours qu'il
y a une obstruction systématique, ce
n'est vraiment pas ma définition d'obstruction systématique.
J'ai assisté à des projets de loi où il y
avait une obstruction systématique,
ça ne ressemble pas à ça, ça ne ressemble
pas à des députés qui creusent, qui amènent des nouveaux arguments, qui
trouvent qu'il y a des éléments qui sont nouveaux qui nous
sont dits, qui n'ont pas réponse à des questions. Je prends juste l'exemple de
ma collègue la députée de Saint-Laurent, la semaine dernière, quand elle a
demandé combien il y en a en ce moment, des maternelles quatre ans à demi-temps. Ce n'est pas banal, là. On ne devrait pas
entendre un soupir du gouvernement quand on pose cette question-là, parce que toutes ces
maternelles-là vont devoir être converties en maternelles à temps plein. C'est une question de base, là, quand on a un nouveau projet.
Donc, si le ministre
veut que ça avance bien puis que ça débloque, bien, il faut d'abord qu'il donne
la bonne information, qu'il réponde en toute transparence à nos
questions puis qu'il fasse preuve d'un esprit de collaboration. Puis on
a réussi à faire avancer des choses comme les milieux défavorisés, puis plein
de partenaires sont très heureux de ce changement-là, il y en a même qui ont
écrit au ministre, il y en a qui nous ont écrit parce que c'est une avancée.
Bien, c'est ça aussi, travailler sur un projet
de loi. Puis je ne pense pas que le ministre
peut dire qu'on a juste fait de l'obstruction, parce que ces
changements-là, ce n'était pas de l'obstruction, c'était pour améliorer les
choses pour nos tout-petits.
Puis,
quand il dit que ce qui lui importe, c'est le taux de diplomation, moi aussi,
ça m'importe, le taux de diplomation, l'épanouissement, la réussite de
nos élèves. Mais c'est, justement... je pense qu'il ne faut pas être obsédé par
une seule réforme, un seul enjeu, un seul
aspect puis n'en démordre pas. Il faut regarder le projet dans son ensemble,
puis c'est ça qu'on essaie de faire.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, est-ce que ma collègue de Joliette me demande en ce moment et souhaiterait qu'on dise
combien de classes on veut ouvrir en septembre 2020, combien de classes on veut
ouvrir en 2021 puis combien de classes en 2022? C'est ce qu'elle
souhaiterait qu'on dépose?
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Oui, j'aimerais savoir comment le ministre compte s'y prendre pour répondre à
ces objectifs qu'il a fixés. Ça ne
veut pas dire que, s'il dit : Il
y en a 350, puis il y en a
322, on va être en train de déchirer notre chemise là-dessus, mais de savoir où on s'en va, quand, parallèlement, on nous dit
qu'on va déployer des places pour les CPE, pour la petite enfance, je pense que
ce serait bien. Je pense que ce serait bien aussi... que les Québécois
aimeraient savoir ça va être
quoi, le montant qui va être investi dans cette réforme-là. Je pense que oui,
je pense que c'est des questions qui ont le droit d'être posées.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, est-ce que... Puis je voyais ma collègue de Sherbrooke
qui disait : Oui, oui, c'est
ça qu'on veut, là, combien de classes en septembre 2020, combien de... Est-ce
que mes collègues sont conscientes que, si j'acquiesçais à leur demande, ce serait un
outrage au Parlement parce que je présumerais de l'adoption de ce projet de loi, je présumerais que je vais ouvrir l'an prochain, en 2020 et en 2021, un
nombre x de classes à l'extérieur des milieux défavorisés? Or, en ce
moment, la loi ne permet pas au gouvernement d'ouvrir des classes à l'extérieur
des milieux défavorisés. Alors, si je disais...
si on allait puis on disait : Voici combien de classes on va ouvrir à
l'extérieur des milieux défavorisés
en septembre 2020, voici combien de classes on va ouvrir à l'extérieur des
milieux défavorisés en septembre 2021, c'est un outrage au Parlement.
Alors,
on est devant un paradoxe parce qu'on prend beaucoup, beaucoup de temps pour ne
pas adopter un projet de loi qui nous
permettrait par la suite de rendre publics des chiffres. Or, on nous dit :
On ne l'adoptera pas tant qu'on n'a pas les chiffres. Mais, si on a des
chiffres, c'est un outrage parce qu'on ne l'a pas adopté.
pense qu'il faut faire les choses dans l'ordre. Et on ne tombera pas dans un
piège ou, enfin, on ne commettra pas l'erreur, pour répondre à une question,
de commettre un outrage au Parlement en disant combien de classes on ouvrira l'an prochain, sans respecter le Parlement puis en
prenant pour acquise l'adoption du projet de loi actuel. Ça ne tient pas la route.
Chronologiquement, ça ne fonctionne pas, ça ne respecte pas nos règles parlementaires.
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je trouve
ça assez fascinant, là, ce que je suis en train d'entendre. Donc, le ministre
commet un outrage au Parlement depuis
des mois puisqu'il nous dit que son objectif, c'est 2 600 classes, il
nous a dit avant la rentrée que son objectif pour la rentrée, c'était
250 en milieu défavorisé, mais qu'à terme ce serait 2 600, que voici
l'argent qui va être dépensé pour ça. Lui-même
est en train de se fixer des cibles. Donc, je ne comprends pas, là, comment
2 600 classes d'ici 2023, ça, ce
ne serait pas un outrage au Parlement, puis que, là, soudainement, parce qu'il
dirait : On pense en ouvrir environ
500 l'année prochaine, en ajouter 1 000 de plus l'année suivante, là,
soudainement, ce serait un outrage au Parlement. Bien franchement, là, je comprends que le ministre est peut-être...
Peut-être que les choses ne vont pas comme il l'anticipait, là, mais,
quand même, il ne faut pas, là, nous prendre pour des valises.
L'autre
élément, c'est que, si le ministre... Je veux juste rappeler au ministre que,
quand il a déposé, la semaine dernière, son projet de
loi sur les
commissions scolaires, il a dit qu'il n'y aurait plus d'élu scolaire, dans le
cadre de sa réforme, en date du
29 février. Donc, là, s'il veut qu'on parle d'outrage au Parlement, ça, je
pense que c'était pas mal mettre la charrue devant les boeufs alors qu'on n'a même pas commencé à débattre du
principe, on n'a fait aucune audition, aucune étude détaillée de projet
de loi.
Donc,
je suis assez surprise d'entendre cet argument-là de l'outrage au Parlement,
qui sort de la bouche du ministre après l'avoir entendu dire ce qu'il a
dit la semaine dernière.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Bien, Mme la Présidente, une estimation sur un engagement
sur cinq ans, c'est une chose, un plan gouvernemental
présumant l'adoption du projet de loi, c'en est une autre. Et pour ce qui est
de la semaine dernière, bien, j'ai simplement dit que, si le projet de
loi sur le gouvernement... sur la gouvernance était adopté, bien, le
29 février, c'est là que prendrait fin le
mandat des commissaires scolaires. C'est un des articles du projet de loi, puis
je me souviens bien d'avoir fait
attention de dire «si» puis de parler au conditionnel. Si je ne l'ai pas fait,
je m'en excuse, mais je suis pas mal certain d'avoir fait attention à
La Présidente (Mme
Thériault) : Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Je pense qu'il est clairement possible de déposer, ici, une
intention de combien environ de classes on veut ouvrir, à quels endroits dans
les prochaines années sans que ce soit un plan formel qui découlerait du projet
de loi. C'est clair que déjà il y a des
intentions, peu importe que le projet de loi soit adopté ou pas, du côté du
ministère de l'Éducation. Ça a été planifié déjà avant l'adoption du
projet de loi.
veut juste savoir à peu près c'est quoi, vos intentions, au fil des prochaines
années, justement, d'ici 2023. On nous a dit : Le décret va probablement
être adopté en 2023. Donc, c'est certain que ça a été minimalement planifié un
petit peu. Il y a des estimations qui
existent. On ne demande pas des chiffres formels, on demande un aperçu des
intentions pour le déploiement.
Puis,
en dehors de ça, bien, on demande surtout des garanties. Sincèrement, là, il
nous a encore parlé de moyens tantôt. Il
dit que la loi, ce n'est pas le bon moyen pour aller chercher ces garanties-là.
On a ouvert la porte large de même à trouver d'autres endroits pour les
garanties. On lui a dit : Est-ce que ça peut être... Est-ce qu'il peut
déjà s'engager verbalement à ce que
ça soit les conditions et modalités? Est-ce qu'il peut nous déposer d'autres
types de documents pour attester de... pour
confirmer qu'il va aller de l'avant avec telle ou telle mesure pour améliorer
la qualité? Il n'a répondu à aucune de ces propositions-là de l'inscrire
autrement.
fait que, nous, c'est sûr que, comme on n'a aucune porte ouverte pour d'autres
façons d'aller chercher de la garantie, on continue d'essayer d'aller chercher
la garantie dans la loi. Mais, si le ministre trouve que ce n'est pas une
bonne solution, qu'il nous propose une autre forme de garantie.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, je n'ai pas à formuler ici des garanties
sur le résultat de la prochaine négociation collective.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Est-ce que c'est une question de budget, pour laquelle
qu'on ne veut pas allouer à temps plein une ressource additionnelle dans
la classe?
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, je ne vais pas présumer des résultats de
la prochaine négociation collective.
Je ne vais pas m'entrer... Je ne veux
pas faire le débat ou re-re — au
cube — faire
le débat sur les ratios, tel qu'il a été fait ici, peu importe les
salles de commission ces dernières semaines. Nous, on pense que le ratio, d'abord,
est correct en ce moment puis qu'il va faire l'objet de négociations, mais pas juste pour les maternelles
quatre ans, pour les cinq ans, pour
les première année, les deuxième année, les
sixième année, les secondaires, etc. Il
y a comme un paradoxe, là, de penser
que les ratios doivent être dans la loi ou dans un règlement pour le
préscolaire quatre ans, mais pas nécessairement cinq ans, pas en première année, pas en sixième année. Puis trois gouvernements de trois partis différents n'ont pas jugé bon d'inscrire les
ratios ailleurs que dans les conventions. Je pense qu'il y a des bonnes raisons
pour ça.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. Bon, j'ai plusieurs interventions. Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Je ne parle pas des conventions collectives. Je parle actuellement des mesures qui
sont en place. Je parle de la ressource
additionnelle, le 11023, parce qu'il y a un chiffre accordé à ceci. Comme j'ai dit, le
25 035 $ pour le
demi-temps, est-ce que c'est une question de budget? Pourquoi
ne pas faire une augmentation à 50? Comme ça, on sait qu'on peut avoir une ressource
additionnelle à temps plein. Je ne parle pas de convention collective, je parle uniquement des mesures, le budget de fonctionnement pour les commissions
scolaires et les écoles.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Je pense que le dernier budget
nous a montré que, quand on croyait vraiment que les ressources étaient essentielles, importantes, on
était capables de trouver les ressources financières pour remettre les ressources
humaines. Là, on a rajouté des centaines, et
des centaines, et des centaines de professionnels dans le réseau au cours des
derniers mois parce que les enseignantes et les enseignants nous le
demandaient, parce que la preuve était faite que c'était une mauvaise
idée de les mettre à la porte ces dernières années par le précédent gouvernement.
Donc, on les a réembauchés.
Ceci
dit, je me promène, j'en visite, des classes de préscolaire. Évidemment,
tout le monde voudrait avoir plus de ressources,
mais ça ne semble pas être un besoin criant de faire passer cette ressource
à demi-temps en ressource à temps
plein. Ce n'est pas l'écho que j'ai reçu en ce moment.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Sincèrement, là, moi, quand j'entends le ministre
nous dire : Nous, on pense qu'on n'a pas besoin de faire ça, là... On est face à un gouvernement qui nous dit aussi : Nous, on pense que le troisième lien, c'est un bon projet pour l'environnement. Ça fait que ça a absolument zéro crédibilité, le «nous, on pense que ça,
c'est une bonne idée». Ça n'a pas de fondement. Ça n'a pas de fondement.
On ne peut pas se fier là-dessus comme raisonnement. Ils ont perdu toute crédibilité dans les derniers mois avec le «nous, on pense
que». Donc, moi, je ne suis pas convaincue par ça. Je ne comprends pas
l'acharnement.
ministre nous dit : Les programmes
pédagogiques ne sont pas dans la loi, eux autres. Pourquoi
il faudrait que le ratio le soit?
Bien, les programmes, là, pédagogiques ne sont pas dans les conventions collectives non plus. Ils sont déterminés par des experts. Pourquoi
on ne laisse pas les experts nous dire ça devrait être quoi, les ratios dans
les classes? Pourquoi on ne laisse
pas les experts nous le dire, si on laisse les experts nous dire ça va
être quoi, les programmes? Moi, je pense que ça serait une bonne
façon de fonctionner.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme la
Présidente, pour chacune de nos politiques,
on a un ministère extrêmement compétent avec des centaines d'experts. Puis on consulte aussi des experts dans des
comités, dans des rencontres. On les a entendus aussi lors des auditions.
Alors, il n'y a aucune inquiétude au fait qu'on consulte les experts pour faire
toutes nos politiques en éducation.
Mme Labrie : Les experts sont consultés, puis après ça le gouvernement prend des décisions en disant : Nous, on pense que. Ça n'a absolument
aucun bon sens. On ne devrait prendre aucune décision de politique
publique comme ça, consulter des experts, les faire venir, les entendre puis
après ça dire : C'est bon, merci, «nous, on pense que», puis aller
dans le sens qui était planifié dès le départ. Ça n'a aucun bon sens. Moi, je
suis scandalisée de voir ça.
La Présidente
(Mme Thériault) : J'ai Mme la députée de Saint-Laurent qui veut
faire une intervention.
Mme Rizqy : Ah! le ministre ne veut pas répondre? D'accord.
Moi, j'aime bien l'idée de la députée
de Sherbrooke quand elle
dit : Pourquoi on ne laisse pas les experts déterminer le ratio?
Puis on a eu l'occasion d'entendre différents groupes qui sont venus en consultation. Ils se sont
déplacés ici, à Québec, avec des mémoires étoffés. Savez-vous quoi? Nous, on aime ça, faire des tableaux. Ça fait qu'on en a fait, des tableaux. Puis c'est
la quasi-totalité qui parle d'un ratio d'un pour 10, quelques-uns qui parlent
d'un ratio d'un pour 12. Personne ne recommande un ratio d'un pour 14 ou un
pour 17. Personne.
Puis, d'autre
part, tant qu'à aller à New York, habituellement, on n'y va pas juste pour
prendre des photos, mais aussi pour
voir à quoi ça ressemble à New York. Le ministre, quand on lui a posé la
question : C'est quoi, le ratio d'enfants par enseignant?, il ne
connaissait pas la réponse. Il me semble qu'un voyage à si grand frais, aux
frais des contribuables, on s'intéresse aux
affaires de base, le ratio. Puis on a dû lui apprendre que le ratio à New York,
c'était un pour 10. Il est venu
vanter les mérites des experts de New York, mais il ne veut même pas les
écouter, alors que même eux, c'est un ratio d'un pour 10 pour les
enfants de quatre ans.
Tantôt, Mme la Présidente, ça m'a fait un peu
sourire, l'histoire d'outrage au Parlement. Bien, honnêtement, allons-y : «20 février», ça, c'est une
lettre qui vient de la sous-ministre de l'époque, «20 février 2019. [...]La
présente fait suite à la lettre du
ministre transmise le 23 janvier 2019 ainsi qu'a l'échange téléphonique du
13 février [par lequel] était demandé d'ajouter des classes de maternelle
quatre ans dans la portée de vos projets d'ajout d'espaces déjà autorisés.»
Donc, on a des commissions scolaires qui ont déjà des contrats qui ont été
accordés pour faire des agrandissements. Ils
ont une directive qui provient du ministère de l'Éducation qui dit : On a
un projet de
loi sur les maternelles quatre ans, ajoutez des classes de
maternelle quatre ans.
Le projet de loi, Mme la Présidente, à ce
stade-ci, le 20 février, on n'a même pas commencé les consultations particulières, rien du tout, là. Alors, est-ce
que, ça, c'est un outrage au Parlement? Je me pose la question. Est-que ça...
Le ministre veut-il commenter?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, on
parle bien d'ajout d'espaces au préscolaire, il me semble.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée.
Rizqy : Maternelle quatre ans, c'est marqué «les classes de maternelle quatre ans». Je fais attention quand je lis.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : Les classes
peuvent être en milieu défavorisé. Aussi, ce n'est pas parce que cette
lettre-là y va de cette
façon-là... Puis les indices de défavorisation peuvent fluctuer d'une année à
l'autre. Alors, on regardera, là, quels sont
les projets des commissions scolaires pour voir si les projets des commissions scolaires sont en milieu défavorisé selon les
indices. Moi, j'ai l'impression que les ajouts d'espaces qui ont découlé de
cette lettre seront en milieu défavorisé.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Mme la Présidente, puisque le ministre invoque lui-même, comme argument, l'outrage au Parlement, puis qu'il veut faire très attention de ne pas
nous répondre parce que ça pourrait causer un outrage au Parlement, bien, j'en
suis, vous avez fait un outrage au
Parlement, je vous l'accorde, mais vous l'avez fait le 20 février
2019 : «À l'heure actuelle, les classes de maternelle quatre ans à
temps plein sont réservées aux milieux défavorisés. Toutefois, un projet de loi
a été déposé à l'Assemblée nationale le 14 février 2019 afin que tous les enfants
soient admissibles aux services, sans égard au milieu économique où ils vivent», point. «Ainsi, sans présumer de l'adoption
du projet de loi», évidemment, une protection, «vous êtes invités à soumettre dès maintenant des demandes
d'ajout de classes de maternelle
quatre ans sur l'ensemble
de votre territoire, sans égard aux milieux défavorisés.» Tiens, tiens,
tiens!
Bien,
continuons. Moi, ce qui m'interpelle le plus là-dedans : «Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur envisage de vous confirmer la contribution additionnelle associée au nombre de salles de
classe ajoutées au début du printemps
pour les milieux défavorisés, et, pour tous les autres milieux, si le projet de loi est adopté, le plus rapidement
possible après cette adoption...»
Je ne termine pas là. J'en ai d'autres, lettres.
Mais j'ai un courriel que... lui est encore plus important. «12 mars 2019 — en caractères gras — Projets déposés dans le cadre du PQI, Plan
québécois des infrastructures, et projets d'ajout d'espaces déjà
autorisés dans un PQI antérieur.» Encore une fois, on a des contrats accordés
suite à des appels d'offres. Vous demandez
aux commissions scolaires d'ouvrir ses contrats, d'ajouter des maternelles
quatre ans sans égard aux milieux défavorisés,
peu importe l'endroit. Et c'est marqué : «Pour chacun des projets, nous
vous demandons de nous transmettre les
documents au plus tard le [...] 22 mars 2019.» 22 mars 2019, Mme la
Présidente. On n'a pas commencé les consultations.
Alors, vous comprendrez que, lorsque le ministre
invoque l'outrage au Parlement, bien, en fait, il parle en tout état de cause, là. Puis là est-ce que le ministre
va finir par nous répondre encore «outrage au Parlement»? Parce que, là,
maintenant, je ne le sais plus, là.
Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse maintenant? Voulez-vous qu'on demande au
commis un impair?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je pense que ma collègue fait une lecture créative et
artistique de la lettre parce qu'on dit que ce sera confirmé lorsque le
projet de loi sera adopté.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
«Nous vous invitons à soumettre dès maintenant des demandes d'ajout de classe
maternelle quatre ans sur l'ensemble de
votre territoire.» Donc, vous présumez de l'adoption du projet de loi, et ça,
là, on parle du 20 février 2019.
Le projet de loi en question, auquel je fais référence, c'est le vôtre, il a
été déposé le 14 février. Six jours plus tard, vous envoyez une directive
à l'ensemble du réseau. Ça, là... On n'a même pas fait le principe, on n'a même
pas commencé les consultations
particulières. Vous n'avez même pas sauté dans l'avion pour aller à New York,
vous n'êtes pas sauté dans l'avion
pour aller à Toronto, pour revenir. On n'a même pas fait l'étude
article par
article. C'est le 20 février. C'est six jours plus tard. Puis, là-dedans,
il y a eu une fin de semaine.
Or, Mme la Présidente,
je pense que M. le ministre, là, il devrait nous donner plus d'explications
puis arrêter de trouver refuge en matière
d'outrage au Parlement, parce que, s'il veut l'invoquer, l'outrage au Parlement, parfait,
on va saisir le bureau, on va saisir le Président. On va lui demander
si, oui ou non, il y a outrage au Parlement.
La Présidente (Mme
Thériault) : M. le ministre.
Roberge : Mme la Présidente, que ma collègue se sente bien à l'aise de faire ce qu'elle veut, de
toute façon, c'est très correct, mais
je l'invite à relire la
section qu'on dit que ce sera confirmé lorsque le projet de loi sera adopté. Il s'agit d'optimiser
les processus après 15 années de... où ça prenait des années, et des
années, et des années pour des chantiers, pour des planifications
immobilières, des écoles qui étaient moins bien planifiées, des budgets qui
étaient inférieurs aux demandes. Le ministère
lui-même reconnaissait des besoins. Oui, vous avez besoin de quatre écoles pour
répondre aux besoins des élèves, mais
on va vous en autoriser deux parce
qu'on n'est pas assez ambitieux, l'école, ce n'est pas assez important, nos
budgets ne sont pas élevés.
Nous,
on planifie d'avance, mais on se réserve ensuite... avant d'octroyer, parce
qu'on dit : «Lorsque le projet de loi sera adopté», mais je comprends que c'est nouveau, là, pour la formation
politique représentée par ma collègue, mais ça s'appelle optimiser les processus, respecter le processus législatif,
mais accélérer la façon de déployer les infrastructures pour répondre
aux besoins des enfants.
Moi, je n'ai aucun
problème avec le procédé, le processus, mais, bien sûr, il faut regarder la
lettre dans son ensemble. Et on peut bien
mettre certains paragraphes en gras, d'autres en souligné, d'autres en
italique, il faut regarder les documents
dans leur ensemble, les uns avec les autres. Je n'ai aucune inquiétude en
fonction de ce que ma collègue veut soulever.
Présidente (Mme Thériault) : Oui. Merci, M. le ministre. J'ai la
députée de Sherbrooke qui, je crois, va me demander le dépôt de
document. C'est ça?
Mme Labrie :
...je voulais demander le dépôt du document, précisément pour qu'on puisse
regarder.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait. Est-ce que, Mme la députée de Saint-Laurent,
vous déposez votre document?
Mme Rizqy :
Oui, on va déposer les trois documents, qui sont fort instructifs.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait. Les trois documents? Parfait.
Rizqy : Et j'aimerais juste terminer mon échange puis j'aurais une
question de directive, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Thériault) : Oui, absolument. Allez-y.
Rizqy : Parce que la lettre que j'ai lue, je l'ai lue telle quelle. Il
s'agissait d'une lettre signée par la sous-ministre de l'époque. Et là
je vais lire celle de Jean-François Roberge, le ministre de l'Éducation :
«Dans ce contexte...»
La Présidente (Mme
Thériault) : ...
Mme Rizqy :
Oui, pardon. Je m'en excuse.
La Présidente (Mme
Thériault) : Oui, s'il vous plaît.
Rizqy : «Mmes les présidentes, [...] MM. les présidents des
commissions scolaires, comme vous le savez, l'implantation des maternelles quatre ans dans le réseau scolaire
constitue l'une des priorités du gouvernement du Québec, et je mettrai
tous les efforts nécessaires pour réaliser cet engagement.
«Dans
ce contexte, je vous demande d'ajouter des classes de maternelle quatre ans
dans la portée de vos projets d'ajout d'espaces
déjà autorisés. Conséquemment, veuillez prendre les mesures nécessaires
immédiatement pour inclure cette priorité à vos projets, incluant ceux
en chantier ou à l'étape des plans et devis. Une lettre de M. François
Bérubé, sous-ministre adjoint à la
gouvernance des technologies, des infrastructures et des ressources, vous
parviendra pour définir les modalités.
«Les demandes de
contribution financière additionnelle qui en découleront seront traitées en
priorité par le ministère de l'Éducation et
de l'Enseignement supérieur. Celles-ci devront être transmises à l'adresse
ajout.espace», bon, ça, c'est l'adresse courriel. Signé : ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Mme la
Présidente, clairement, ici, on demande d'ouvrir des contrats où est-ce qu'il y
a déjà des chantiers en cours, d'ajouter des classes de maternelle
quatre ans, parce que c'est la priorité du gouvernement.
Ma question de directive : Je vous demande
comment qu'on se gouverne, parce qu'effectivement, le ministre de l'Éducation le souligne à juste titre, je suis
nouvelle. C'est vrai. Et il a invoqué lui-même l'outrage au Parlement pour
répondre à ma collègue la députée de
Joliette. En refusant de déposer son plan, il dit... il va faire un outrage au
Parlement.
Alors,
maintenant, je vais vous poser la question : Est-ce que, pour une question
de directive ici... Comment qu'on se gouverne puisque, maintenant, la question
d'outrage au Parlement a été soulevée à juste
titre par le ministre de
l'Éducation et que nous avons quand même... appelons ça, ici, des pièces de
conviction de votre outrage au Parlement? Alors,
Mme la Présidente, comment qu'on se gouverne maintenant? Est-ce qu'on suspend,
le temps de vérifier avec le Président? Est-ce qu'on vérifie pour
vérifier si, oui, effectivement, il y a eu outrage au Parlement?
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de Saint-Laurent.
Écoutez, puisque la lecture dont vous nous avez fait mention, au niveau de vos
lettres, ce n'est pas quelque chose qui est récent, qui s'est passé en
commission aujourd'hui... Je
comprends que le ministre a invoqué lui-même un outrage au Parlement. Vous
savez, dans notre manière de procéder, Mme la députée de Saint-Laurent,
qu'il y a une rubrique, lorsque nous sommes en Chambre, lorsque nous siégeons au salon bleu, où il y a des questions au
règlement qui peuvent être appelées. Des questions de directive peuvent être appelées également par votre leader. Si vous
avez une question d'outrage au Parlement, également, il y a une rubrique
à laquelle vous pouvez vous prévaloir de votre droit le plus fondamental. Donc,
puisque ce n'est pas quelque chose qui est
arrivé lors de la commission, lors de nos travaux, depuis que nous sommes
réunis ce matin, 10 heures, à ce moment-là, je vais vous inviter juste à... si vous voulez entreprendre les
procédures, de le faire au bon endroit, donc ce qui veut dire au salon
bleu, par le biais de votre leader.
Rizqy : ...de
directive. Puisque c'est le ministre, quand
même, qui invoque lui-même l'argument
d'outrage au Parlement, est-ce que nous pourrions avoir une petite définition de
c'est quoi, un outrage au Parlement, juste pour qu'on puisse bien se
gouverner puis qu'on parle tous de la même affaire?
La Présidente (Mme Thériault) : Est-ce
que votre question s'adresse à moi ou s'adresse au ministre?
Présidente (Mme Thériault) :
Elle s'adresse à moi? Je pense que vous êtes tous assez grands pour savoir ce
qu'est un outrage au Parlement ou pas. Notamment, on l'a dans l'exemple des projets
de loi qu'on peut relire dans les journaux
très souvent, lorsque les projets
de loi n'ont pas été déposés, ce
n'est pas nécessairement des outrages au Parlement non plus. Il y a
une jurisprudence. Il y a un courrier jurisprudentiel. Il y a des présidents
qui ont rendu beaucoup de décisions face à ça. Certains cas, ça l'est,
d'autres, ça ne l'est pas.
Donc, évidemment,
je vais tout simplement vous inviter, à ce moment-ci, à rester sur l'article, qu'on puisse faire les débats
correctement. Et, si vous voulez un outrage au Parlement, ce n'est pas quelque
chose qui est arrivé dans cette commission-ci, donc je vous suggère de
le faire au bon endroit, au salon bleu.
Rizqy : Mme la Présidente, j'aimerais juste, en conclusion... Nous,
depuis le début, on demande juste un plan, un plan de déploiement pour
les maternelles quatre ans. Et, aujourd'hui, pour la toute première fois, le
ministre de l'Éducation a choisi de ne pas
répondre en utilisant l'outrage au Parlement pour justifier son refus de
déposer le plan que nous demandons
depuis le mois de février. Pourtant, clairement, avec les documents qui sont
déposés aujourd'hui, lui, il travaille de son côté comme si le projet de
loi a été adopté avec un grand succès, sans aucune modification.
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
M. le ministre.
Roberge : Je remercie ma collègue de prendre acte des nombreuses
correspondances que j'ai avec le réseau. Je pense, ça démontre qu'on
travaille en équipe. Ça démontre qu'on est tout à fait en droite ligne avec nos
orientations, nos principes, et qu'on prend
les précautions nécessaires dans la rédaction des correspondances pour que, un,
on respecte tous les processus
parlementaires, évidemment, et, deux, on ne fasse pas copier-coller des erreurs
de la formation politique de ma collègue, parce qu'il faut s'en
souvenir, nous, on veut offrir des services et planifier correctement pour
éviter les délais, hein?
On entend parler chaque semaine de la pénurie
d'enseignants, alors que c'était prévisible, mais le précédent gouvernement de
la formation politique de ma collègue, le gouvernement libéral, n'a pas
planifié la pénurie d'emploi. Ils sont
surpris. Comme je dis, dans quelques semaines, ils vont faire le saut, parce
que ça va être l'Halloween, le 31 octobre. Nous, on l'aura vu
venir, là, mais eux risquent d'être surpris.
Donc, on veut
offrir des services. On veut planifier l'ajout de ressources, évidemment, en
créant des passerelles puis en ayant des gens dans nos classes. On veut
planifier notre déploiement des infrastructures pour être sûrs qu'on ne manque d'aucun locaux, parce que la pénurie de
locaux aussi nous touche, surtout en milieu urbain, tout ça en prenant des
précautions.
Donc, optimiser les processus et voir
venir les choses... Moi, c'est deux procédés avec lesquels je vis très, très
bien, l'optimisation des processus et la planification immobilière, dans le
respect des droits parlementaires. Je trouve que c'est formidable. Je trouve qu'on a bien fait de le
faire et je ne comprends pas... En fait, oui, je comprends pourquoi ma collègue
s'en étonne, mais je le déplore.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Plusieurs choses ici, Mme la Présidente. Oui, l'Halloween arrive, mais pourtant
vous, à chaque fois que nous avons parlé de
la pénurie d'enseignants, vous nous avez accusés, nous, les partis
d'opposition, tous inclus, en disant
qu'on sortait des épouvantails. Vous avez refusé de parler de la pénurie
d'enseignants pendant des mois. Vous avez nié... Il y a des défis...
Rizqy : Bien non, je vais terminer mon intervention, si vous le permettez.
Vous avez eu amplement de temps pour
parler puis dire pas mal de choses, je vous dirais, puis qui ne sont pas tout à
fait, on va se le dire, très honnêtes de votre part. Et, j'ajouterais,
lorsque...
Mme Rizqy :
Ah bien! Un appel au règlement pour faire changement.
Présidente (Mme Thériault) : Vous attendez que je vous reconnaisse, M.
le député, pour faire une intervention.
Présidente (Mme Thériault) :
Bien oui, absolument, c'est le député de Richelieu,
il n'y a pas de problème, voyons donc. M. le député
de Richelieu, vous voulez faire une intervention au règlement?
Émond : Merci, Mme la Présidente. Désolé d'avoir ressurgi comme ça dans la
conversation, dans les intéressants propos
de la collègue, mais je l'invite à un peu de prudence ou vous
pouvez peut-être l'inviter à un peu de prudence pour
ne pas prêter d'intentions à M. le ministre, s'il vous plaît.
Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le député de Richelieu. Mme la
députée de Saint-Laurent, je vous demande un petit peu de prudence. S'il vous plaît, ne
prêtez pas des intentions à M. le ministre.
Mme Rizqy :
Ah non! Mais je répète mot pour mot ses mots.
La Présidente
(Mme Thériault) : D'accord.
Mme Rizqy :
Donc, lorsqu'on parle d'épouvantail, ce sont ses mots, pas les miens, ni ceux
de la députée de Sherbrooke, pas non plus de Westmount—Saint-Louis ni la députée de
Joliette. Je pense, c'est vraiment celui qui porte aujourd'hui le chapeau de ministre
de l'Éducation qui refusait de parler de pénurie d'enseignants. Il est allé
chercher M. Maltais pour l'ajouter dans
son cabinet, alors que M. Maltais est un professeur à l'Université du Québec à Rimouski, qui, lui-même, avait écrit l'an dernier qu'il
manquait environ 3 000 enseignants
à l'école secondaire d'ici les cinq prochaines années. Mais, bon, quand on lui pose, nous, des
questions : C'est quoi, le nombre d'enseignants à pourvoir d'ici cinq ans
dans le milieu primaire?, incapable de nous
répondre. Il ne connaît pas le chiffre. Quand on lui pose la question : Il
y a combien de maternelles quatre ans temps à partiel actuellement?, pas
capable de répondre, des affaires de base.
Alors,
Mme la Présidente, je veux bien, là, mais, moi, aujourd'hui, ce qui m'irrite
aujourd'hui... Parce que, tous les jours, il y a des nouveaux chiffres,
mais aujourd'hui ce n'est pas la question de nouveaux chiffres, c'est le nouvel
argument d'outrage au Parlement. Je vous le
dis sincèrement, ça, ça m'irrite, parce que, un, il l'invoque pour refuser de
déposer un plan, mais, deuxièmement, ici, à l'Assemblée nationale, avant mon
arrivée, les parlementaires, ici, là, ont décidé
tous ensemble d'adopter des lois. Mais il y en a une là-dedans qui est vraiment
importante, c'est le respect des appels d'offres pour s'assurer que les gens ne
peuvent pas, ensemble, décider des prix. Alors, c'est pour ça qu'on fait des
appels d'offres. Mais, quand je lis
la lettre du ministre, qui demande de réouvrir des contrats qui ont été
octroyés selon les règles que les
parlementaires se sont dotés ici, au salon bleu, pour se protéger justement de
tout copinage... Le ministre les incite à aller ouvrir ces contrats, tellement qu'il les a incités que... Vous
vous rappelez, au mois de janvier, commission scolaire de Laval, on a vu une explosion de coûts sans
précédent, des contrats qui, déjà, étaient accordés, de 4 millions de
dollars, passaient à 8 millions
tout à coup. Pourquoi? Pour ajouter des maternelles quatre ans pour faire suite
à la directive qui a été signée par sa propre main et, par la suite,
celle de la sous-ministre.
Alors,
il y a deux affaires, ici, qui sont vraiment, vraiment troublantes de la part
du ministre : un, qu'il banalise la situation par rapport à l'outrage au
Parlement, mais, deux, qu'il ne semble pas saisir la portée de ses actions
lorsqu'il invite les gens à réouvrir des contrats sans retourner en
appel d'offres.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. M. le ministre, est-ce que ça va? Oui?
M. Roberge :
Mme la Présidente, on a eu un festival des allégations, ici, là, comme si on
avait bafoué quelconque règle du Conseil du trésor. Ce n'est absolument
pas le cas.
Ensuite, ma
collègue s'inquiète que... Elle appelle ça des explosions de coûts, mais, si on
construit cinq classes au lieu de trois, puis que ça coûte un peu plus cher,
c'est tout à fait normal, ça s'appelle répondre aux besoins. Je sais, le
dernier gouvernement ne faisait pas
ça, répondre aux besoins, construire des classes quand on avait besoin de
classes. On reconnaissait des besoins. Il y avait une analyse démographique des
besoins dans un quartier de la commission scolaire. Après ça, il y avait
une analyse du ministère qui disait : Oui, vous avez besoin de cinq
classes, mais on va vous en construire deux parce qu'on n'a pas assez d'argent
cette année, vous reviendrez l'an prochain.
Bon, c'est
sûr qu'il y a tout un écart entre ce qui se passait dans les dernières années...
puis je peux reculer jusqu'au moins en 2012, mais je pense que les
Québécois sont heureux du changement. Sincèrement, quand on les consulte, je ne pense pas qu'il y en a plusieurs qui
retourneraient en arrière. Donc, c'est correct, ma collègue, elle nous regarde
aller, puis j'imagine qu'elle va
continuer de dire que ce n'est pas une bonne chose de planifier les
infrastructures pour répondre aux besoins des élèves. Alors, voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent, vous avez 1 min 30 s à votre
temps.
Mme Rizqy :
Deux choses. Planifier suite à l'adoption d'un projet de loi, certes, j'en
suis, pas de problème. Le précédent
gouvernement n'a pas fait de dérapage financier. Et, troisièmement, quand vous
dites que les Québécois vous suivent, pas pour les maternelles quatre ans. Ça,
vous ne l'avez pas, l'adhésion sociale. Les Québécois ne vous ont rien demandé
là-dedans. Ils vous demandent des places en CPE. Il y en a 42 000 qui sont
en attente en CPE, alors que, pour les maternelles quatre ans, on vous a déjà
posé la question : Combien que vous avez eu de demandes pour les
maternelles quatre ans?
Vous avez dit
qu'il y a des gens qui vous écrivaient pour les maternelles quatre ans.
Savez-vous quoi, moi, vu que je suis un peu comme un saint Thomas, j'ai
besoin de le voir pour le croire. Je vous ai demandé combien exactement. Vous
n'étiez pas capable de nous répondre. Savez-vous qu'est-ce qu'on a fait? Une
demande d'accès à l'information. 42 000
Québécois attendent une place en CPE. Vous avez reçu 16 plaintes pour les
maternelles quatre ans. 16 versus 42 000. Moi, je pense que la priorité, ça serait pour développer les maternelles
quatre ans, oui, mais d'avoir davantage de places en CPE, si vous voulez
vraiment répondre aux Québécois.
La Présidente (Mme Thériault) :
Question, M. le ministre, commentaire?
M. Roberge :
Madame, avec respect, ma collègue dit que nos politiques ne sont pas en phase
avec les Québécois. Écoutez, on a
ouvert plus de 250 classes cette année, puis les Québécois en voulaient
davantage, et plus, et on vient de faire un bilan. Les Québécois nous
suivent beaucoup.
Alors, ma collègue, qui est à peu près... Je
sais qu'il faut faire... il faut se méfier de ça, il faut éviter de se baser là-dessus, mais sa formation politique est autour
de 10 % chez les francophones, le taux d'appui. Ça fait que je pense
qu'elle devrait se garder de nous dire laquelle des formations
politiques répond davantage aux aspirations des Québécois.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
...rajouter à qu'est-ce que ma collègue la députée de de Saint-Laurent, elle
disait par rapport à la réponse à
qu'est-ce que veut la population. On a déjà des sondages qui ont été faits
auprès de la communauté elle-même, puis on parle des parents de la commission
scolaire de Laval, la Fédération des comités de parents du Québec. On a
deux sondages qui ont été faits par Léger
auprès de la population québécoise, puis, on le sait, il y a juste un parent
sur cinq qui dit qu'il serait peut-être intéressé à envoyer leurs enfants en
maternelle quatre ans. Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas le mettre en considération, les autres... mais
c'est parce que ce n'est pas une demande de la population. Alors, de dire que
l'ancien gouvernement n'a pas répondu à la
demande de la population, bien, c'est parce qu'il n'y avait jamais eu une
demande pour une maternelle quatre ans, à part en milieu défavorisé, et,
oui, on a répondu à cette demande-là.
Ça m'amène encore... Je sais que je veux parler
beaucoup de budget, parce que je veux revenir au budget, parce que, pour moi, je trouve que ça, c'est le
nerf de guerre. Vous utilisez cette phrase-là souvent, et, pour moi, c'est
vraiment le nerf de guerre. On a du
budget... Vous dites souvent, M. le ministre, que vous avez le budget.
Vous avez dit publiquement : Faites
vos demandes, vous serez agréablement surpris des réponses. Si vous avez la
marge de manoeuvre, si vous avez le budget puis si vous avez du surplus,
pourquoi ne pas accorder cette ressource additionnelle?
C'est écrit
dans tous, tous, tous les documents, que ça soit pour les conditions et
modalités de la page 3, «ressources additionnelles», c'est écrit que ce serait à mi-temps dans la classe. Pourquoi
ne pas dire : À temps plein dans la classe? Quand on parle du budget de
fonctionnement, vous avez la marge de manoeuvre de rajouter du budget. On ne
parle pas des conventions collectives
avec les enseignants. On parle uniquement des ressources additionnelles. C'est
vous qui a la sacoche avec tout l'argent qui pousse sur les arbres. C'est vous
qui dites que vous êtes en mesure de dire oui. C'est vous qui dites que
vous voulez remplir les écoles avec toutes les ressources.
Puis je vous entends quand vous dites que — puis
je suis entièrement d'accord — oui, il y a une pénurie de main-d'oeuvre,
en effet, mais ça ne veut pas dire que les écoles et les commissions scolaires
ne peuvent pas être en mode de
planification, à savoir que nous allons aller vers l'avant où c'est possible,
dans tous les cas, avec du temps plein en
ressources additionnelles et pas à demi-temps. Ils peuvent le faire. Et, quand
on a la mesure de rajouter... Quand on sait qu'on va avoir l'argent qui
vient dans notre budget de fonctionnement, bien, c'est sûr, ils vont planifier
leurs ressources humaines
en conséquence. On ne parle même pas de ressources matérielles. On parle
uniquement de ressources humaines. Ils vont le mettre en planification
s'ils savent qu'il y a de l'argent qui vient derrière ça.
Encore
une fois, je ne parle pas de conventions collectives. Je parle uniquement d'une
mesure dédiée, puis c'est des mesures
dédiées... C'est vous qui êtes en mesure... Si vous dites, en négociation avec
Conseil trésor, de changer ceci... C'est
vous qui pouvez mettre une baguette magique... de changer ça pour les écoles,
puis ils peuvent planifier. Ça se peut qu'il y aura des écoles où ça va
être à demi-temps, mais, au moins, ils vont savoir que c'est ça, l'objectif.
Alors, pourquoi ne
pas leur donner cette opportunité d'aller vers l'avant? Pour revenir à
qu'est-ce qu'on parle, Mme la Présidente,
avec notre amendement, ça rejoint qu'est-ce qui est écrit dans l'amendement
puis ça rejoint qu'est-ce qu'on veut pour la réussite de nos élèves.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge :
Juste dire qu'il y a des gens qui souhaitent davantage de services, mais on
comble justement avec des ressources
professionnelles, donc c'est l'équilibre d'avoir une enseignante à temps plein,
la ressource supplémentaire à
demi-temps, et, surtout, toute l'équipe-école, l'expertise de la direction
d'école, l'expertise du personnel de soutien et des professionnels qui
sont là. C'est ça qui apporte toute la richesse à l'école, c'est de pouvoir
repérer ou parfois diagnostiquer, ça dépend,
puis, après ça, donner des services directs à l'élève sur du moyen et du long
terme. C'est ça, la complémentarité qu'on veut offrir, et c'est une
offre qui est différente.
y a d'autres services de qualité qui s'offrent ailleurs dans le réseau du
ministère de la Famille, des services de garde éducatifs à l'enfance, mais ce n'est pas pareil partout. Les réseaux n'offrent pas le même type de
service. C'est un service qui est
différent. Puis, en toute cohérence, on va offrir aux parents un choix, et
c'est un choix qui, manifestement, plaît aux parents, puisqu'ils sont
très nombreux à vouloir des places pour leurs enfants.
collègues disent : Oui, bon, ce n'est peut-être
pas autant que vous le souhaitez. Moi, je pense que plus on va offrir de services, plus des parents vont y avoir
goûté, plus ils vont en parler positivement. Et la demande ira vraisemblablement en croissant. Mais toujours
est-il que, même avec des campagnes de peur qu'on a vécues depuis la dernière
année, ça n'a pas été du tout difficile à
déployer, nos plus de 250 classes, cette année. Les parents n'ont pas
mordu à l'hameçon, n'ont pas été
effrayés par tout ce qu'on a lu et entendu de différents lobbys, et ils veulent
ce service pour les enfants. Ils ne sont pas du tout effrayés par un
pseudoproblème de ratios qu'on essaierait... ou qu'on aurait à régler ici, en commission.
La Présidente (Mme
Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : J'entends le ministre
puis j'ai l'impression qu'on ne sait pas vraiment qu'est-ce qu'elle
pense, la population.
On n'a pas vraiment le pouls de la population, parce qu'on n'a
pas un déploiement universel. Ça a été dit à plusieurs reprises par plusieurs
collègues ici, autour de la table, on ne parle pas nécessairement
d'aujourd'hui. Quand on parle du projet de loi, l'adoption d'un projet
de loi, nous, notre responsabilité, ici, autour de la table, comme élus, c'est de planifier pour cinq ans, sept ans, 10 ans
plus tard. Alors, pour moi, c'est une question de bonifier le projet de loi puis de viser le futur. On a une opportunité ici aujourd'hui de parler de ratio, puis ratio qui n'aura pas rapport avec la convention collective. J'entends bien le ministre
quand il me dit que ses mains sont attachées puis qu'il n'est pas en mesure de
discuter de ceci.
Alors,
on essaie de trouver autres mesures, autres façons où on peut rajouter des ressources
dans la classe pour la réussite de
nos enfants, parce qu'on est en train de parler d'un déploiement universel dans
cinq ans. Alors, dans cinq ans, pour
ne pas être en mesure de rouvrir le projet
de loi, de déposer des amendements
dans le futur, pourquoi ne pas mettre ceci dans la loi aujourd'hui ou
bien d'avoir un engagement du ministre pour dire que, oui, on peut accorder du budget
à l'intérieur du budget de fonctionnement? Comme ça, au moins, on sait
que les commissions scolaires vont avoir la marge de manoeuvre d'engager du personnel à temps plein et non à
temps partiel.
C'est vraiment une question
de flexibilité. On ne peut pas prévoir qu'est-ce qui va arriver dans le futur,
mais on peut essayer de minimiser l'impact
de nos actions ici, autour de la table. Puis ça, c'est quelque chose qu'on peut bien faire pour aider nos enfants, on peut bien faire
pour aider le déploiement universel. On sait qu'on a déjà des balises en place pour les milieux défavorisés, mais on
ne sait pas qu'est-ce que ça va avoir l'air dans tous les autres milieux, dans
nos écoles partout au Québec.
Alors,
j'ai de la misère à comprendre, Mme
la Présidente, quand on dit qu'on
sait qu'est-ce qui va... Les parents n'ont pas demandé ceci, mais, peut-être, les parents qui n'ont jamais
vu de plan ne sont pas au courant que, peut-être, ce serait une option d'avoir deux ressources
dans la classe aussi, à savoir, comme parent, que je peux envoyer mon enfant en
maternelle quatre ans, puis il
y a deux personnels, il y a
deux personnes de ressource. J'ai un professeur et j'ai aussi une éducatrice, une technicienne en comportement,
spécialisée, dans la classe. Bien, c'est sûr, pour moi, ça me rassure, puis je
suis beaucoup plus contente, puis je me sens plus en sécurité
d'envoyer mon enfant, surtout qu'on parle des enfants qui sont peut-être
en situation de vulnérabilité qui existe à l'extérieur des milieux défavorisés. On parle des enfants handicapés, ayant des besoins particuliers, et
autres. Alors, pourquoi ne pas mettre ça en place, mettre les mesures en place aujourd'hui, pour favoriser leur inclusion dans le réseau scolaire?
La Présidente (Mme
Thériault) : Ça va? D'autres... Oui, Mme la députée de Sherbrooke, en
vous précisant qu'il vous reste un peu moins de quatre minutes à votre intervention.
Mme Labrie : Je trouve ça assez
dommage qu'on se fasse accuser de participer à une campagne de peur. Sincèrement, moi, ce que j'ai l'impression de faire depuis un
an par rapport à ce dossier-là, c'est d'essayer de mieux
informer les gens, de trouver des réponses aux questions
qui les préoccupent. Donc, c'est pour ça qu'on pose des questions au gouvernement. S'il y a encore beaucoup de gens inquiets par rapport à ce projet-là,
c'est qu'on n'a pas réussi à leur ramener les réponses, puis honnêtement
je pense que ce n'est pas faute d'avoir essayé.
Je comprends que le ministre de l'Éducation veut
que les gens soient rassurés par rapport au projet de maternelle quatre ans et
je veux aussi que les gens soient rassurés. Je veux qu'ils puissent avoir le
choix. Je veux qu'ils puissent faire un
choix en pleine connaissance de cause. La réalité, c'est qu'en ce moment il n'y a aucun parent qui sait quelles seront les conditions et
modalités dans les classes de maternelle quatre ans pour la prochaine rentrée
scolaire. Il n'y a aucun parent au Québec qui sait ça. Nous, on
ne sait pas ça, le gouvernement refuse de nous le dire. Donc, à un moment
donné, s'il n'aime pas que les gens
soient dans l'incertitude et développent des inquiétudes, il faut leur fournir
des réponses. Il faut leur fournir de
la documentation pour qu'ils puissent savoir ce qui s'en vient et,
éventuellement, ne plus avoir d'inquiétudes.
Quand je lis l'amendement sur lequel on est en
ce moment, là : «Le gouvernement détermine que la ressource spécialisée dans le développement des enfants
d'âge préscolaire doit être présente à mi-temps dans la classe, ou à temps
plein lorsque la classe compte plus de 11 élèves inscrits, en appui au
personnel enseignant», je ne vois rien d'inquiétant là-dedans, là. Je vois quelque chose justement pour rassurer les gens
que, s'il y a plus d'élèves que 11, il y aura deux adultes à temps plein
dans la classe.
On n'est pas
dans la campagne de peur ici, là. On est justement en train d'essayer de
trouver des accommodements raisonnables pour que les gens sachent que
leurs enfants sont dans des milieux stimulants où ils vont être bien encadrés, où il va y avoir suffisamment de ressources
lorsque le nombre d'enfants le justifie. Donc, l'accusation de campagne de peur,
je la trouve vraiment regrettable, puis je
pense que, si les gens ont peur, c'est vraiment la responsabilité du
gouvernement en ce moment.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
Roberge : ...apporter une
nuance. Je ne prétends pas que chacune des interventions... Si ça a été compris
comme ça, je vais faire attention. Je
ne prétends pas que chacune des interventions de chacune des personnes ici est
mal intentionnée ou vise à mener une
campagne de peur. Parfois, il y a des questions d'éclaircissement. Parfois, il y a
des propositions pour améliorer le
ratio. Je suis bien conscient de ça. Il
y en a eu cependant,
des fois, des chiffres erronés, des informations non validées qui ont été diffusées sur plusieurs
tribunes. Mais je veux faire attention de ne pas vous accuser, ma collègue
de Sherbrooke ou d'autres collègues ici, de dire qu'à chaque
fois, là, c'est pour ameuter tout le
monde, juste pour être sûr de
clarifier les choses.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée de Sherbrooke.
Labrie : Bien, écoutez,
j'aimerais ça, là... On s'apprête à voter dans très peu de temps, vraisemblablement, sur cet amendement-là. J'aimerais ça que tous les membres du gouvernement qui sont assis devant nous en
ce moment relisent l'amendement,
qu'ils se demandent au fond d'eux-mêmes : Est-ce que cet amendement-là
améliore le projet de loi qui est sur la
table? Est-ce qu'il va permettre
d'assurer une meilleure qualité de service aux enfants? Est-ce que moi, comme
parent, je pense que ça va offrir un
meilleur service aux enfants? Est-ce que ça correspond à ce qui nous a été
indiqué par les spécialistes qui sont venus ici, en commission?
J'aimerais ça que chacune des personnes qui est ici se pose ces questions-là au moment de voter. Les commissions
sont autonomes et elles peuvent prendre les décisions qu'elles veulent. Puis c'est notre responsabilité à tous ici de
voter sur chaque amendement avec ce qu'on pense qui est le mieux. Donc, ce
seraient mes derniers mots là-dessus.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Donc, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Juste pour revenir sur qu'est-ce qu'ils veulent,
les parents, encore une fois... pas
pour revenir sur le sondage qu'ils ont fait eux-mêmes auprès de la population, des parents, de nos écoles, mais la Fédération des comités de parents
du Québec, quand ils sont venus présenter, en commission parlementaire...
ils ont dit aux membres de cette commission qu'ils veulent un ratio d'un
pour 10 en tout temps, en tout temps. Alors, on ne peut pas prêter des intentions de nos parents quand on
dit : Bien, ils ne savent pas, peut-être qu'ils n'ont pas demandé pour ça. Ils ont demandé pour ça. Ça vient de la communauté,
ça vient des parents. C'est eux qui ont dit qu'ils veulent un ratio d'un à 10.
On a trouvé
une façon pour que le ministre peut agir à répondre à ce besoin. Ça amène de la
complémentarité avec le réseau de services
de garde parce que
ça serait un service qui est plus équilibré avec qu'est-ce qui est offert
ailleurs, surtout que le ministre dit qu'il veut aller chercher les
enfants qui sont primordialement nulle part, qui ne sont pas en réseau de services
de garde. Ils ne sont pas en CPE, ils
ne sont pas en maternelle quatre ans, nulle part. Ils sont à la maison, pauvres parents... pauvres enfants qui restent
avec leurs parents. Il y en a là-dedans que, j'en suis certaine... sont bien servis
à rester à la maison avec leurs parents, mais peut-être des enfants qui sont en
situation de vulnérabilité. Mais c'est la population qui disent qu'ils veulent
J'ai vraiment de la misère à comprendre pourquoi
on continue un débat là-dessus, quand on a trouvé plusieurs solutions qui ne sont pas en contradiction du tout
avec les conventions collectives, qui peuvent bonifier qu'est-ce qu'on offre
déjà dans le réseau scolaire. Je l'ai déjà mentionné, il n'y a personne qui
vient me voir et qui demande une maternelle quatre
ans. Mais, quand j'aborde ce sujet
avec du monde, que ce soit à Westmount—Saint-Louis ou ailleurs, je leur dis : Je ne suis pas contre la vertu,
c'est sûr, c'est un projet de loi qui sera adopté.
Alors, dès que j'ai de l'information à partager avec la communauté, j'aimerais dire que, oui, le
déploiement, ça va être fait d'une
façon équilibrée. On commence avec les milieux défavorisés. On a mis en place...
On a eu beaucoup de discussions
ici et on a salué l'ouverture du ministre pour rajouter des articles vis-à-vis
les enfants handicapés, qui est une très
bonne chose. Alors, eux, ils se voient à l'intérieur de ce projet de loi. On ne pourra pas avoir de la confusion entre qui est accepté,
puis temps plein, temps partiel. C'est une très bonne chose.
Mais je peux... J'ai
de la misère que... Je ne pourrai pas dire que le ratio va être diminué quand
on avait eu la possibilité de le faire. On a vraiment les mesures en place
ici, devant nous. On pourra agir ensemble. On pourra dire à la population,
quand ça va être adopté comme projet
de loi, dans le futur... puis de
dire : Oui, on a vraiment tout mis ensemble, on a vraiment mis le paquet pour vous autres. Non, on n'était
pas pour la maternelle quatre ans. Je ne suis pas contre la vertu. On va vers l'avant avec l'adoption de ce projet de loi. Et je suis contente de savoir qu'au moins les enfants vont être
dans un milieu scolaire où le ratio va être favorable pour eux.
Je reviens... zéro
impact sur la convention collective, M. le ministre. C'est vraiment une
question du budget de fonctionnement. Vous
avez la marge de manoeuvre d'agir. Vous avez la marge de manoeuvre de déposer
une directive pour changer ceci. Vous avez la marge de manoeuvre
d'envoyer un communiqué de presse qui indique : Bien, voilà, le ministre
de l'Éducation va injecter un 5 millions de dollars dans le réseau de
l'éducation pour les maternelles
quatre ans pour s'assurer que le
ratio va rejoindre le un à 10, parce qu'il y aura toujours
à temps plein deux intervenants dans la classe, un professeur avec le majeur, ça
fait que je vais respecter les règles
que j'ai en place avec tous les enseignants, avec toutes les conventions collectives,
et, en plus, je fais la création d'emplois, je vais rentrer plusieurs... de
nouvelles personnes dans la commission scolaire, j'ai trouvé... j'offre toutes sortes de solutions pour que ces
personnes-là puissent aller vers l'avant à trouver... à avoir leur
brevet, bien, ils ont neuf ans pour le faire, mais, à l'intérieur de ceci,
bien, ils peuvent fréquenter l'école, ils peuvent être là à côté de nos
tout-petits, parce que leur bien-être me tient à coeur.
Vous
avez toute la possibilité d'agir. C'est vous qui a le budget
pour agir. On a entendu dernièrement qu'il y a un surplus de 800 millions
de dollars. Alors, on a 800 millions de dollars dans lesquels on peut
jouer pour attribuer à nos tout-petits en
maternelle quatre ans... C'est vraiment une possibilité. Ça m'étonne qu'on ne
dit pas oui, qu'on ne dit pas qu'on
va aller vers l'avant avec ce changement-là. Il y aura zéro impact sur la loi.
Il y aura zéro impact sur les conventions collectives. Il y aura juste un
impact majeur important pour les tout-petits, vraiment. Puis je pense qu'on est
tous ici pour ceci, Mme la
Présidente, on est ici pour bonifier le projet de loi. Ça a été très bien dit,
adéquatement, par mes collègues autour de la table, et j'ose croire que
c'est aussi l'objectif du ministre. Mais je sais que ce serait vraiment la
meilleure façon...
des raisons qu'on est toujours en négociation avec nos professeurs...
convention collective, bien, c'est sûr, c'est pour baisser les ratios. On peut
continuer les négos. Ils vont aller vers l'avant. Ils vont parler des ratios,
c'est sûr et certain, avec la CSN, la
FSE, avec QPAT, etc. Il y aura cette discussion-là. Peut-être ça va même aider...
Peut-être ça va aider, avec les négociations, que ce serait écrit en
noir et blanc, qu'il y aura une ressource additionnelle dans la classe.
faut corriger vos cheveux, Mme la députée de Saint-Laurent, c'est dérangeant,
oui. Mais, pour retourner à notre point...
Maccarone : Quand même... Bien, Mme la Présidente, je vais passer la
parole à un collègue. Je pense que je vais réserver mes deux minutes pour la
fin, à moins que le ministre veut répondre à ceci qu'on vient de partager avec
lui.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui veut prendre la parole? Il reste encore un peu
de temps, quelques interventions avant de... Sinon, je vais le mettre aux
voix. Il n'y a pas d'autre intervention? Donc, est-ce qu'on met aux voix
l'amendement de la députée de Sherbrooke?
Mme Rizqy :
Nous allons demander un vote par appel nominal, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme
Thériault) : Parfait. M. le secrétaire, vote par appel nominal.
Le Secrétaire :
Oui. Pour, contre ou abstention. Mme Labrie (Sherbrooke)?
Le Secrétaire :
M. Roberge (Chambly)?
Le Secrétaire :
M. Chassin (Saint-Jérôme)?
Le Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Contre.
Le Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
Le Secrétaire :
M. Émond (Richelieu)?
Le Secrétaire :
Mme Guillemette (Roberval)?
Mme Guillemette :
Contre.
Le Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Le Secrétaire :
M. Lemieux (Saint-Jean)?
Le Secrétaire :
Mme Rizqy (Saint-Laurent)?
Le Secrétaire :
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Le Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
Le Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Thériault : Abstention. Donc, l'amendement présenté par la députée de
Sherbrooke, il est rejeté. Donc, on continue
maintenant sur l'article n° 5, on reprend, et c'est Mme la députée de
Saint-Laurent. Allez-y, Mme la députée de Saint-Laurent, je vous écoute.
Mme Rizqy :
Mme la Présidente, nous sommes optimistes, alors nous allons déposer un autre
amendement. Nous allons demander de suspendre un court instant, le temps
de vous transmettre ledit amendement.
Présidente (Mme Thériault) : Parfait. Nous allons suspendre nos
travaux quelques instants, le temps de recevoir l'amendement de la
députée de Saint-Laurent, d'en faire copie et de le distribuer aux membres.
Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 32)
Présidente (Mme Thériault) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Nous allons poursuivre
nos travaux. Donc, au moment de suspendre,
Mme la députée Saint-Laurent déposait un amendement à l'article
n° 5, amendement qui a été
distribué à tous les collègues. Donc,
Mme la députée de Saint-Laurent, je vous demanderais de lire votre amendement
et de nous donner une brève explication.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors
l'article 5 est modifié ainsi : Modifier l'article 5 du projet
de loi par l'ajout de l'alinéa suivant :
L'article 447 de
cette loi est modifié par l'ajout, à la fin de l'article, du paragraphe
suivant :
«11° Le
gouvernement doit, par règlement déterminer la proportion entre le nombre
d'enseignants et le nombre d'enfants de 4 ans.»
Alors l'explication,
Mme la Présidente. Cet
article est un peu à l'instar de celui qu'on peut
retrouver dans la
Loi sur les services de
garde éducatifs à l'enfance, l'article 106, où est-ce que c'est clairement
indiqué que le gouvernement peut, en matière de règlement, déterminer le
ratio intervenant et enfants de quatre ans. Ici, nous, on ajoute le «doit, par
règlement», donc on met un caractère obligatoire. Parce que vous savez qu'il y
a une distinction entre «peut» et «doit». Je
ne la ferai pas aujourd'hui ici, hein? Alors, là-dessus, on donne une certaine
marge de manoeuvre au ministre dans ses négociations syndicales
auxquelles il fait toujours référence.
Présidente (Mme Thériault) : Merci pour votre argument. Donc, ça
va pour les collègues? Donc, je suis prête à reconnaître un intervenant.
Mme Rizqy : ...passer au vote,
mais non, hein?
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Alors, ici, Mme la Présidente... Ça fait quand même plusieurs fois qu'on tente
d'expliquer, en vain, au ministre de l'Éducation l'importance de la
qualité et de la sécurité dans le réseau éducatif. On parle des tout-petits, ils ont quatre ans. Tous les experts sont venus
nous parler des ratios. On ne peut pas feindre que, lorsque nous avons reçu
ici des gens qui ont cru bon de se déplacer,
de travailler fort sur des mémoires qui nous ont été soumis, que ces mémoires
faisaient toujours, constamment référence aux ratios.
C'est même,
en fait, gênant que le projet de loi ne parle pas de ratios d'emblée, alors que
le premier ministre lui-même, en février dernier, lorsqu'il a annoncé en grande
pompe la création mur à mur des maternelles quatre ans au Québec, il a
parlé de qualité. Il était à la télévision,
puis moi, je me rappelle encore du geste qu'il a fait lorsqu'il comparait les
deux réseaux, il a dit : Lorsque les parents vont avoir le choix
entre maternelle quatre ans ou de CPE, bien, le choix va être évident. Clairement,
le choix n'est pas si évident que ça.
Et, si on veut déplacer des enfants, parce qu'il
faut aussi savoir, Mme la Présidente, que 70 % des enfants qui ont été ajoutés cette année dans les maternelles
quatre ans proviennent du réseau des CPE, donc, si on déplace des enfants
d'un service à l'autre, nous avons une
obligation de s'assurer de la qualité du service pour les enfants, mais,
d'autre part, j'ajoute : il faut aussi penser aux enseignants. Le ministre
de l'Éducation a promis un bouquet de mesures, mais, jusqu'à ce stade, là, à ce stade-ci, Mme la Présidente, je
n'ai entendu aucune mesure de ce bouquet de mesures. Ça commence à être
un bouquet pas mal fané, rendu ici.
Présidente (Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de
Saint-Laurent. Questions, commentaires? M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Bien,
écoutez, rapidement, ma collègue nous ramène à la question du ratio, encore,
voulant, via le projet de loi qu'on étudie
en ce moment, l'inclure par la suite dans les ratios, sans préciser le ratio.
Le ratio sera inféodé à ce qui se
passera, de toute manière, lors de la négociation des conventions collectives.
Si on avait, dans la loi actuellement, si
on avait déjà ceci, bien, on ne pourrait pas avoir un ratio plus élevé que ce
qu'il y a dans la convention, on ne pourrait pas dire qu'il y a plus qu'une moyenne de 14 enfants par classe parce
que la convention ne pourrait pas... ne le permettrait pas. Il ne pourrait pas, de toute façon, y avoir plus
de 17 enfants par classe. C'est déjà dans la convention collective. On
pourrait réduire, cependant. De toute façon, on peut déjà le faire, dans
«normes et modalités», donc je ne pense pas que ça vient apporter quelque
chose. C'est une autre façon de ramener le débat, encore, sur le ratio, en
appelant ça «proportion». Voilà.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Mme la Présidente,
je n'entends pas chez le ministre un souci de qualité. Je ne l'entends pas, ce discours-là. J'entends par contre un entêtement à
ne pas vouloir discuter, oui, de ce qui est essentiel dans son projet de loi,
la qualité. Et, oui, les ratios, c'est des proportions.
Puis je ne peux pas concevoir que vous nous
parlez de moyenne puis vous revenez à environ un enseignant pour 11 élèves, en moyenne — 11,3, mais 11,3, on va parler de
12 élèves, hein — alors que vous réalisez qu'il y a des classes où est-ce qu'on va avoir des grandes disparités.
Certaines classes, oui, vont être en bas de 10, puis d'autres vont être à 17.
Puis non, la ressource additionnelle est à temps
partiel, pas à temps complet. Et là maintenant nous, là... vous l'avez admis,
là, après avoir cherché le chiffre pendant quelque temps sur le temps partiel,
644 classes à temps partiel, qui
devient maintenant du temps complet. Donc, oui, il y a des ajustements à faire.
J'ai le bon chiffre? Je ne veux pas induire la population en erreur. Donc, est-ce que j'ai le bon chiffre? 144?
Parce qu'habituellement je note bien les chiffres que vous me donnez. Je
fais même des tableaux. Donc, si jamais il a changé, j'aimerais juste le
savoir.
M. Roberge : C'est correct.
La Présidente (Mme Thériault) :
Le ministre confirme que c'est le bon chiffre.
M. Roberge : Continuez. C'est
correct, c'est correct. Je n'ai pas demandé la parole.
La Présidente (Mme Thériault) :
Allez, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : C'est qu'à chaque fois qu'on parle de chiffre ça
semble un peu laborieux ici. Alors, vous comprendrez, il
faut toujours vérifier les chiffres, hein, c'est important.
Puis ici, en matière de qualité de service, lorsqu'on va faire basculer un service du temps partiel à
temps complet, bien, là-dedans, il y a des enseignantes, dans ces classes-là. Puis les
différents syndicats nous l'ont dit : Oui, il y a le salaire, mais aussi
nos conditions de travail. Puis il
n'y a personne ici, du côté gouvernemental, qui a pensé que peut-être
que les enseignants apprécieraient qu'eux, là, leurs conditions aussi
soient regardées.
Puis il faut quand même
savoir, hein, il y en a quand même une bonne
partie qui quitte après cinq ans.
Oui, on essaie d'en attirer. Encore faut-il retenir ceux qui sont présents. Et
là on change de façon importante leur charge de travail en imposant une
nouvelle mesure, maternelles quatre ans, mais ça nous prend des enseignantes
dans ces classes.
Et l'argument
de dire que ça va être dans les modalités... Mme la Présidente, les
modalités, là... Moi, je m'attends à
avoir un ministre de l'Éducation qui défend son réseau puis qui dit aux
Québécois : Oui, on vous a promis des maternelles quatre ans universelles. On ne sera pas capables de livrer «universelles». Puis je
vais le dire bien franchement, Mme la
Présidente, ça ne nous dérange pas, parce qu'à ce rythme-là, aussi bien en faire
moins mais en faire mieux ou, pour reprendre l'expression, en prendre moins, en prendre soin. Ça, je pense qu'ils
connaissent assez bien ce slogan-là. Mais, d'autre part, faire plus, faire mieux, ça devrait commencer, éventuellement. Puis faire plus, faire mieux, bien, ça pourrait commencer dans
ce projet de loi, dans le projet de
loi sur les maternelles quatre ans. Et
nous, on aspire à avoir un ministre qui est à
l'écoute, on aspire à un ministre qui va nous dire franchement que oui, effectivement, ce n'était pas juste un slogan, puis que finalement les maternelles
quatre ans, il va aller plus loin
puis il va donner le minimum qui existe au sein du ministère de la Famille.
Ça, ça
existe, là, au ministère de la Famille, puis ce n'est pas dans les conventions collectives, ce n'est pas dans les modalités, ce n'est pas dans les directives budgétaires.
Ça a été légiféré. Et, au minimum, maintenant, ça vous appartient de vous inspirer du ministère de la Famille puis
de dire oui, vous croyez au réseau, puis vous croyez qu'à l'âge de quatre ans
la qualité doit être partout la même, au Québec, et qu'il ne peut pas y avoir
de disparité de traitement. Puis ça, ça vous appartient,
M. le ministre, de protéger votre réseau de l'éducation
puis d'offrir les meilleurs services en gardant l'objectif de
vue. C'est quoi, déjà? Agir tôt? Et pour agir tôt, bien, moins vous
allez en avoir dans la classe, bien, plus vite vous êtes capables, évidemment,
d'agir tôt.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bien, c'est là où
on peut diverger d'opinion, ma collègue et moi. Elle veut que ça soit le même
partout au Québec, alors que nous, on veut offrir un choix qui est différent.
Alors, quand on choisit la différence entre deux choses identiques, ce n'est
pas un choix.
Déjà, il y a plusieurs
options qui sont offertes aux parents, pour les tout-petits, et notamment
pour les quatre ans, hein? Si vous
avez un enfant qui a quatre ans, il y
a le milieu familial, il y en a qui
sont non régis... Bon, disons que je leur recommanderais davantage d'aller davantage vers du milieu familial régi. Mais il y a
du non régi, il y a du milieu familial régi, il y a le privé subventionné, il y
a le privé non subventionné,
il y a les CPE. Donc, il y a déjà cinq options. Elles ne sont pas toutes identiques, ce n'est pas toujours
les mêmes normes à la grandeur, les mêmes exigences, en termes de lieux
physiques, c'est différent. Puis ça ne veut pas dire que, parce que
c'est différent, c'est mauvais.
Et là on y va
avec la maternelle quatre ans, quand
même, qui a déjà été
élaborée par deux autres partis. Nous, on arrive avec ça, on le bonifie, on met
de l'argent pour ajouter des places, pour bonifier l'espace, pour s'assurer
que, quand on aménage un local, justement,
que le local soit bien adapté aux petits. Mais ça ne sera pas pareil, ça ne
sera pas les mêmes dimensions. Le
nombre, excusez-moi le terme, de pieds carrés ou de mètres
carrés n'est pas le même si on est en milieu familial, si on est en CPE, si on est en maternelle quatre ans. Ce
n'est pas la même chose. Et, pour nous, c'est tout à fait correct que ce ne soit pas la même chose.
Il y a plusieurs
critères qui peuvent aider à définir la qualité. Ma collègue
dit : Ah! ça ne m'intéresse pas tellement,
la qualité. Moi, je ne suis pas d'accord. On
s'intéresse énormément à la qualité du service, ici. Simplement, il y a plusieurs ingrédients :
l'espace physique, le temps passé à l'extérieur, le matériel didactique, la
formation de ceux qui s'occupent des jeunes,
le ratio, ça en fait partie, le programme éducatif, les modalités de communication avec les parents. Il y a beaucoup,
beaucoup de choses qui font partie, qui peuvent être des ingrédients d'un
service de qualité.
Puis nous, on
fait confiance aux parents pour, après ça, décider qu'est-ce qui, selon eux,
est la meilleure chose pour leurs enfants. On pense que la maternelle
quatre ans va définitivement répondre aux besoins de beaucoup, beaucoup d'enfants, de beaucoup, beaucoup de parents,
de beaucoup de familles. Mais pas toutes. On sait bien qu'il y en a qui vont choisir de laisser leurs enfants dans d'autres services de garde
éducatifs à l'enfance, et, pour nous, ce n'est pas un problème parce
qu'on n'oppose pas des réseaux.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Vous n'opposez pas les deux réseaux, mais vous
n'en faites pas autant pour les deux réseaux. Alors, à quelque
part, oui, vous les opposez. Parce
que la véritable capacité de choisir... encore faut-il avoir la capacité de
choisir, c'est-à-dire d'avoir deux offres. Et, oui, vous avez raison de
dire qu'il y a plusieurs éléments, mais, parmi les plus importants,
c'est le ratio et, oui, le pied carré.
Il faut
remettre les affaires en perspective. Un CPE, c'est maximum 80 enfants,
c'est un petit milieu. La maternelle
quatre ans... Lorsqu'on vous en a parlé, des écoles, oui, il y a des écoles
primaires où est-ce qu'il y a presque 1 000 enfants. Ça, vous
devez le répertorier, puis ça, ça vous appartient, avec toute votre équipe, de
répertorier ces écoles-là. Ça vous appartient
de travailler en complémentarité avec le réseau pour dire : Peut-être
qu'effectivement ce n'est pas une bonne idée d'ajouter plein de classes de maternelle
quatre ans dans une école avec déjà 1 000 enfants parce que ça
devient vraiment une grande école, entre guillemets, puis que, non, à la
place, ça nous prend plus de places en CPE parce que c'est là qu'il y a une
véritable demande.
D'autre part, quand
vous nous parlez des classes vides, bien, vous ne nous dites jamais où est-ce
qu'elles sont, ces classes vides, mais, clairement, elles ne sont pas où est-ce
qu'il y a vraiment une densité importante de la population avec des besoins. Elles doivent être quelque part
où est-ce qu'il n'y en pas, d'enfant. Puis, d'autre part, parler de classes, c'est une chose, mais, rappelez-vous, on parle
d'enfants de quatre ans. Est-ce que la classe va être au deuxième étage, au
troisième étage, au quatrième étage, puis qu'ils vont devoir les monter, toutes
ces marches, alors qu'on a entendu des experts
qui nous ont dit : Le milieu de vie, à cet âge-là, est excessivement
important? Donc, oui, l'aménagement de la classe dans l'école est important, ainsi que la cour de récréation. Puis
rappelez-vous aussi une chose, les cours de récréation diminuent, là. Il
y a tout ça. Alors, pour la véritable capacité de choisir, c'est à vous de
l'offrir.
Mais
une autre affaire qui est importante, en matière de sécurité, c'est les ratios.
Puis ça, c'est parmi, là, les choses primordiales, pour vous, de régler
aujourd'hui, puis ça, ça dépend de votre bonne foi à vous.
Présidente (Mme Thériault) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Après ça, j'irai à Mme la députée
de Sherbrooke.
Mme Maccarone :
Juste pour clarifier, le ministre a mentionné tous les niveaux de réseau de
services de garde, que ce soit non régi, régi, privé, privé subventionné ou
CPE, parce qu'il dit qu'il veut offrir quand même du choix, puis ce n'est pas du choix si c'est toute la même
affaire. Puis chacun, entre eux, ils offrent quelque chose qui est différent,
puis, voilà, dans beaucoup de temps,
le choix parental. Mais il y a une chose qu'ils ont en commun, Mme la Présidente,
puis ça, c'est la proportion
d'enfants avec leur éducatrice. Puis avec les quatre ans partout, partout, ça
ne dépasse pas 1 à 10 pour le ratio.
Alors, ils ont quand même quelque chose en commun, mais ils sont tous un peu
différents, ce n'est pas tout identique. La maternelle quatre ans, c'est sûr que ce ne serait pas identique à
qu'est-ce qui est offert dans le réseau de services de garde, mais il y a une chose qui devient liée,
comme eux, ils ont fait dans chacun de leur réseau, c'est le ratio, c'est la
proportion.
Alors, c'est quelque
chose qu'on peut s'inspirer de ceci, je pense que ce serait l'idée de la
stabilité pour ces enfants-là, si c'est bon
pour ce réseau en entier, peu importe c'est quoi, le réseau, peu importe, régie
privée, CPE, ils ont tous quelque
chose en commun, c'est le ratio. Alors, pourquoi ne pas amener ceci à notre
projet de loi, en directive dans le budget? Je ne sais pas combien de façons
qu'on a essayé de proposer de changer le ratio. Ça offre un choix qui peut
être beaucoup plus réfléchi pour les
enfants, vraiment. Ça fait que, tu sais, on ne peut pas dire que ce n'est pas
un choix. C'est totalement différent,
c'est à l'extérieur des réseaux des services de garde, mais on peut avoir
quelque chose en commun. Au moins, on va savoir que nos enfants vont
avoir le mieux de tout.
c'est déjà légiféré pour le réseau de services de garde, c'est parce que
c'était réfléchi, c'est parce qu'il y a eu d'autres élus avant nous ici,
autour de la table, qui ont eu ces discussions puis qui ont dit que, pour le
bien-être de nos enfants... On a des
chercheurs qui nous le disent, on a le réseau de parents qui nous le dit, on a
des spécialistes qui nous le disent,
on a des médecins, on a des psychiatres, on a des psychologues, tout le monde
nous dit que le ratio, il est bon. Entre
autres, on sait tellement que c'est bon, on sait que la proportion est
tellement importante, on le met dans la loi, on le met dans les
directives qui sont déjà en place actuellement. On a le pouvoir de faire ce
changement ici.
J'ose
croire que ce ne serait pas nécessaire de déposer des amendements par-dessus
des amendements. Sauf que, si c'est
nécessaire, parce que c'est tellement un point important, Mme la Présidente...
Si on va passer une semaine là-dessus, c'est
parce que c'est important, le ratio. Puis c'est déjà écrit noir et blanc dans
les lois existantes qui ont été passées par des gouvernements anciens,
bonifiées par les oppositions. On a une opportunité d'agir puis on peut
vraiment avoir un sens de complémentarité
avec les réseaux de services de garde, en gardant quelque chose, un lien avec
eux, puis ce lien-là, c'est avec le ratio. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Oui. Le principal avantage de cet amendement-là, moi, que je vois, là, sa
principale qualité, c'est qu'il vient
redonner le contrôle, au gouvernement, du ratio. Moi, je ne trouve pas ça
normal qu'en ce moment l'État n'ait
pas le contrôle sur le ratio dans les classes. Ici, moi, ça, à mes yeux, c'est
un défaut de l'amendement, mais c'est clairement une qualité, du point de vue du ministre, là, donc peut-être que ça
pourrait l'inciter à avoir de l'intérêt pour l'amendement, là. Il n'est pas question de ratio en particulier
ici. Évidemment, vous connaissez notre position sur quel devrait être le ratio,
on l'a dit souvent. Mais, dans cet
amendement-là, on ne propose aucun ratio, on propose seulement de reprendre le
contrôle sur qui détermine les ratios. Mais ça, c'est très, très
important.
ne doit pas laisser à aucun groupe d'intérêt, aussi bien intentionné soit-il,
décider quel sera le ratio. Je pense que ça doit être des spécialistes qui le
déterminent, qui recommandent au gouvernement un ratio à adopter et que ce soit
le gouvernement lui-même qui édicte quel sera le ratio. Je trouve ça
fondamental. C'est la décision qui a été prise pour les autres types de services de garde éducatifs. C'était une bonne
décision. On doit... Comme parents, là, on veut le même niveau de
qualité pour chaque réseau. Ça a été mentionné tout à l'heure, là,
effectivement, ces réseaux-là sont différents sur
certains points, mais ce qui les rassemble, c'est qu'ils ont un même ratio. Ce
ratio-là, il ne sort pas de nulle part. Il a été établi par des spécialistes et, ensuite, par le gouvernement sur la
recommandation des spécialistes. Je m'attends à la même chose dans le réseau de l'éducation, et je trouve
que cette reprise de contrôle là, de la part de l'État, sur quel sera le ratio
élèves-enseignant dans les classes, c'est
une excellente nouvelle pour les enfants. Et c'est pour eux qu'on doit
travailler en ce moment.
Donc,
j'ai personnellement beaucoup d'intérêt pour cet amendement-là, même s'il a le
défaut de ne pas... Ce n'est pas
exactement une garantie de qualité parce que, bon, ça ne dit pas quel sera le
ratio. C'est déjà une reprise de contrôle pour pouvoir la définir, cette qualité-là, et je pense que c'est une première
étape qui est nécessaire. Ensuite, on pourra faire le suivi sur le règlement puis notre niveau de
satisfaction par rapport à cet éventuel règlement là. Mais déjà, la reprise du
contrôle par l'État de quel sera le ratio, c'est essentiel.
Présidente (Mme Thériault) : Merci. D'autres interventions sur
l'amendement de la députée de Saint-Laurent?
Mme Hivon :
Peut-être rapidement...
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon :
Oui. Je pense aussi que ce serait une avancée significative qui donne une marge
de manoeuvre au ministre. Le ministre nous a entendus lui dire qu'on
était prêts à trouver le meilleur endroit où on pourrait inscrire la question du ratio ou des proportions, que ce soit
dans un règlement, que ce soit dans la loi, que ce soit dans un autre régime,
une règle, mais quelque chose qui soit
clairement inscrit et dont on pourrait voir, là, les tenants et aboutissants
ici. Donc, je pense que, là, le
ministre doit voir que ma collègue de Saint-Laurent fait des nouvelles
propositions pour essayer de trouver un
terrain d'entente. Je pense qu'on y est arrivés dans le passé, on y est arrivés
pour la question des milieux défavorisés, puis je suis certaine qu'on
peut trouver un terrain d'entente pour se rencontrer sur la question des
ratios, des proportions.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, Mme la députée de Joliette. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Écoutez, c'est sûr
que nous, on aurait de loin préféré inscrire, noir sur blanc, dans la loi, le
ratio enseignant avec un maximum de 10 élèves. Ici, là, c'est vraiment un
amendement, là, de compromis pour répondre un peu
aux préoccupations du ministre par des négociations, des conventions collectives.
Et, Mme la Présidente, là, je ne peux pas
concevoir que le ministre ne réalise pas la main tendue que nous lui offrons,
là, avec cet amendement. C'est un immense compromis de notre part.
Alors, s'il
ne voit pas qu'ici on lui laisse de la marge de manoeuvre... Il peut le
déterminer par règlement. Parce que, nous,
on l'incite fortement à suivre les recommandations des experts que nous avons
reconnus ici, qui se sont déplacés. C'est aussi un manque de respect,
hein? Faire déplacer autant de monde qui prennent le temps d'écrire des
mémoires pour, après ça, faire fi de leurs
mémoires, de leurs recommandations, moi, je pense que ça manque d'un peu de
rigueur intellectuelle ici. Puis,
sincèrement, là, si cet amendement-là, il ne l'aime pas, bien, qu'il nous en
propose un, parce qu'on est dans une impasse.
Présidente (Mme Thériault) : Et sur vos paroles, Mme la députée
de Saint-Laurent, compte tenu de l'heure, je vais suspendre les travaux, et nous reprendrons cet après-midi, après
la période de questions et les affaires courantes. Merci. Bon appétit!
(Suspension de la séance à 12 heures)
Présidente (Mme Guillemette) : Donc, à l'ordre, s'il vous
plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et d'autres dispositions à
l'égard des services de l'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de
4 ans.
Lors de la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous
étions à l'étude d'un amendement proposé par Mme la
députée de Saint-Laurent à l'article 5 du projet de loi. Y a-t-il des
interventions? Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bonjour, Mme la Présidente.
Tantôt, au salon bleu, lors de la période des questions, le ministre de l'Éducation nous a sorti un nouveau
chiffre, une moyenne de 13 quelque chose. Est-ce qu'il peut juste nous
expliquer ce nouveau chiffre aujourd'hui ou est-ce qu'il s'est juste
trompé?
Présidente (Mme Guillemette) : M. le
ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, je fais
amende honorable. Je me suis tout simplement trompé. J'avais la feuille devant moi, j'ai voulu dire 11,3, j'ai dit 13. Donc, c'est mon erreur.
Je m'en excuse.
Présidente (Mme Guillemette) : Mme la
députée de Saint-Laurent, ça vous va?
Mme Rizqy :
C'est clair. Merci.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. D'autres interventions sur l'amendement? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Moi, j'aimerais ça que le
ministre puisse nous dire, sur le principe qui est derrière cet amendement-là, de se réapproprier, en tant qu'État, le
droit et le devoir de déterminer quels seront les ratios dans les classes,
est-ce que le ministre a quelque chose contre ce principe-là, que ce soit un
pouvoir qui émane du ministère de déterminer les ratios.
La Présidente (Mme Guillemette) : M. le ministre, vous pouvez y aller.
M. Roberge : Mme la Présidente, juste
une petite précision. J'ai entendu à quelques reprises, des fois, des interventions disant : Ce n'est pas
nécessairement à la
partie syndicale à décider quel serait le maximum, etc. Quand on dit que c'est dans la convention
collective, ça veut dire que ça va faire l'objet de négociations, là,
incessamment. Ça veut dire qu'à la
fin le gouvernement signe cette entente-là. Là, je ne suis pas en
train de parler de loi spéciale, puis du tout, là, je ne parle pas de
ça, mais ça veut dire que ça fait l'affaire, à la fin, des deux, et donc que le
gouvernement est d'accord.
Donc, moi, je
ne trouve pas que c'est une mauvaise chose quand le gouvernement et les représentants syndicaux s'entendent, mais, juste clarifier, ce
n'est pas parce que c'est dans la convention collective que c'est un
décret d'une des deux parties. Ça
veut dire qu'il y a entente. Évidemment, si le gouvernement pensait que ça
n'a pas de sens d'aller dans cette
direction-là, bien, le gouvernement proposerait autre chose, évidemment. Donc, c'est ça,
je ne pense pas qu'il y ait lieu de se réapproprier cette décision
comme si le gouvernement actuel ou les deux précédents gouvernements, du Parti québécois et du Parti libéral, avaient abdiqué de ça en choisissant d'avoir des
ratios dans la convention collective...
juste clarifier ça.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. Oui, Mme la députée de Sherbrooke, vous pouvez y
aller.
Mme Labrie :
Oui, je sais. Effectivement, j'ai appris, dans la dernière année, que c'était
comme ça de longue date, que c'était
déterminé dans les conventions collectives. Je ne vous cacherai pas que j'ai
été très, très surprise, là, quand j'ai pris connaissance de ça. Ça m'a... En fait, je ne pensais pas que
c'était quelque chose qui était décidé dans les conventions collectives. J'en suis encore surprise quand j'y
pense, là. Donc, ce que j'entends de la réponse du ministre, c'est que, lui,
ça ne le dérange pas. Il trouve ça tout à
fait normal que le ratio soit l'objet de négociations avec un paquet d'autres
éléments des conditions de travail des enseignants. Pour lui, ce n'est pas
tellement important que ça soit quelque chose qui puisse être négocié
comme ça et non déterminé sur la base de ce que les experts considèrent qui est
un bon ratio.
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Je pense, c'est évident que... En tout cas, je ne parlerai pas pour la
partie
syndicale. Je ne veux pas lui prêter
aucune intention. Ils font valoir leur... Ils font entendre leur voix de bien
belle façon. Mais, du côté patronal, du côté du gouvernement, c'est bien
sûr qu'on va tenir compte des effets sur la qualité du service et de ce que
disent tous ceux qu'on a consultés. Ce n'est pas parce qu'à la fin c'est dans
le contrat de travail que ça exclut de tenir compte des services aux élèves, que ça exclut de tenir compte de ce que les experts
en ont dit. Le gouvernement tient compte de tout ça. Quand, ensuite, il
décide d'apposer