Public Finance — 25 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)

CFP 2022-03-25

Quebec — Committees

Public Finance — 25 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)

CFP 2022-03-25

Quebec — Committees

(Dix heures deux minutes)

Le Président (M. Simard) : Alors, chers

collègues, bienvenue à toutes et à tous. Je constate que nous avons quorum,

nous pouvons donc entreprendre nos travaux.

Comme vous le savez, ce matin, la Commission des

finances publiques est réunie afin de procéder à une interpellation sollicitée

par le député de Robert-Baldwin, sur la thématique suivante :

L'incertitude économique à laquelle est confronté le Québec.

Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il des

remplacements ce matin?

La Secrétaire : Oui, M. le

Président. Alors, M. Asselin (Vanier-Les Rivières) est remplacé par M. Lemay

(Masson) et M. Émond (Richelieu) est remplacé par M. Lévesque

(Chauveau).

Le Président (M. Simard) : Merci. Et

je crois comprendre qu'il y a entente afin que la deuxième opposition intervienne lors de la troisième et cinquième

série d'interventions. Il y a consentement. Comme nous avons commencé

légèrement après l'heure prévue, y a-t-il également consentement afin de finir

un peu plus tard? Il y a consentement. Merci beaucoup. Alors, comme le

veut la tradition, la parole appartient maintenant au député de Robert-Baldwin.

Cher collègue, vous disposez de 10 minutes.

M. Leitão : Très bien. Merci

beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à votre équipe de personnes qui vous accompagnent.

La collègue de Mercier, bonjour. M. le Président, bien sûr, bonjour à

vous aussi.

Alors, nous allons parler un petit peu de

budget, quelle surprise, mais, en tout cas, moi, j'aimerais l'aborder sous

l'angle de l'incertitude et du contexte dans lequel le Québec et la planète se

trouvent ces jours-ci, qui est bien différent de ce à quoi on avait imaginé il

y a à peine trois mois. Donc, c'est de cet angle-là que j'aimerais y arriver. Mais, bien sûr, il faut aussi parler du budget

comme tel, des mesures qui s'y trouvaient et surtout de ce qui ne se trouve

pas.

La pièce maîtresse de ce budget ou, en tous les

cas, ce qui a attiré le plus l'attention et ce à quoi le gouvernement lui-même

a mis beaucoup d'emphase et ce que les oppositions ont critiqué le plus,

évidemment, c'est la mesure des 500 $, 500 $ à 6,4 millions de

Québécois, on va en parler, on va y arriver, mais il y a aussi, bien sûr, d'autres éléments dans le budget. Alors, moi, ce

que j'aimerais faire, je vous dis déjà d'avance, M. le Président, M. le

ministre, que je vais aborder des questions sur l'inflation, la mesure

des 500 $, mais dans un contexte plus large de l'inflation. Deuxièmement,

je veux aussi parler des prévisions, prévisions économiques financières dans ce

contexte aussi de grande incertitude et de gestion du risque. Troisièmement,

mais, bien sûr, puisque c'est un budget, on va parler de finances publiques et, évidemment, les prévisions ont un

effet, une répercussion directe sur les finances publiques, la dette et toutes ces choses-là. Et puis

finalement, dans le temps qu'il nous restera, on parlera de climat, on parlera

de changements climatiques. Ça se peut aussi qu'on aborde la question

d'Hydro-Québec et ça se peut aussi qu'on aborde la question de l'accès à la

propriété. Donc, c'est un peu ça, le plan de match.

Alors, si on commence par la mesure importante

du budget, c'est-à-dire les 500 $. Nous l'avions critiqué, nous avions dit

que c'était, à notre avis, une mesure électoraliste. Et si... Regardez, le

budget a lieu à six mois d'une élection, donc, par définition, tout ce qui se

trouve dans un tel budget, par définition, a comme «background» l'élection qui

s'en vient. Mais pourquoi est-ce qu'on a dit que nous trouvions que cela était

électoraliste? C'est parce que le gouvernement a choisi... et c'était un choix,

et le ministre, d'ailleurs, l'a répété, et je suis presque certain qu'il va le répéter encore ici, le gouvernement a choisi

d'y aller avec une mesure qui, d'abord, est temporaire, donc c'est un...

pas temporaire, mais c'est non récurrent, donc ça arrive une fois, ça arrive

maintenant, et puis l'année prochaine, on verra.

Et, deuxièmement, le gouvernement aussi a choisi de la distribuer au plus grand

nombre possible de personnes, donc 6,4 millions de Québécois,

pratiquement tous les adultes. Je pense qu'il y a juste 5 % des adultes

qui ne sont pas éligibles. Et tout ça va

nous coûter à nous tous, collectivement, aux alentours de 3 milliards de

dollars, un peu plus, mais, disons,

on arrondit un peu les choses, 3 milliards de dollars. C'est un montant

substantiel, M. le Président. On a peut-être perdu un peu de vue le...

après le... une fois que tous les milliards... la valse des milliards, on

commence à perdre un peu la perception que 1 milliard, c'est quand même

1 000 millions, donc c'est beaucoup de sous.

Je n'ai pas

de problème à ce qu'on intervienne ainsi avec 3 milliards de dollars dans

un budget de 130, 140 milliards, mais, évidemment, nous, on aurait

fait deux choses. Contrairement à la mesure gouvernementale, on l'aurait ciblé.

On aurait ciblé ces 3 milliards-là aux personnes qui en ont vraiment

besoin. Et c'est qui, les personnes qui en ont vraiment besoin? Bon, ce sont les personnes au plus bas de l'échelle,

donc celles qui ont des salaires les moins élevés, celles qui sont proches du salaire minimum ou au

salaire minimum. Ce sont les personnes à revenus fixes, donc les aînés. Ce sont les personnes pour

qui les dépenses essentielles en logement et en alimentation sont une

proportion très importante de leur

budget. Donc, nous, on aurait ciblé les mesures à ces personnes-là plutôt que

de les distribuer comme ça, au plus grand nombre.

Et puis, deuxièmement, on aurait aussi trouvé

des mesures un peu plus structurantes, c'est-à-dire des mesures qui perdurent

dans le temps, pas seulement un «one-shot deal», mais des choses qui seraient

aussi en effet l'année prochaine et l'année d'après. Évidemment, ça rendrait le

budget, l'exercice budgétaire plus complexe parce que ce seraient des mesures qui ont une répercussion dans

le temps, mais on l'aurait fait de cette façon-là parce qu'à mon avis...

et c'est de ça qu'on parlera quand on aura le temps, à mon avis, l'inflation

est ici pour rester. Ça ne va pas disparaître si rapidement que ça, ça va

continuer d'affecter nos finances personnelles et nos finances publiques.

Et, comme on l'a vu dans le passé, l'inflation

peut devenir un enjeu social important. On parle beaucoup, et le gouvernement

le dit, et sur ça, on est d'accord, de la nécessité de maintenir une certaine

cohésion sociale, une cohésion sociale certaine, donc de faire tout ce qu'on

peut faire pour maintenir cette cohésion sociale. Et l'histoire nous a montré

que des périodes d'inflation élevée peut être un élément, peut être un facteur

qui crée de la division et qui crée des conflits de nature sociale dans le

marché du travail mais aussi dans toutes les sphères de la société. Alors, je

ne veux pas dire que c'est dangereux, mais c'est important. Donc, il faut qu'on

fasse attention à ça.

De là l'importance d'avoir des mesures un peu

plus structurantes et des mesures qui perdureraient, donc qui resteraient dans

le temps. Nous, on avait mentionné plusieurs de ces mesures-là, M. le

Président, comme de détaxer les produits de base qui sont encore taxés. On a

beaucoup parlé des tarifs d'hydroélectricité. On en reparlera dans un autre

bloc, parce que, ça aussi, c'est quelque chose qui a un impact important dans

la vie des citoyens. Et comme on l'a répété plusieurs fois, au Québec, se

chauffer en hiver, ce n'est pas un caprice, c'est un besoin plus qu'essentiel,

c'est un besoin existentiel, même. On avait aussi proposé une allocation

additionnelle pour les aînés de 70 ans et plus de 2 000 $ par

année, chaque année. Donc, toute une série de mesures qu'on pense qu'on aurait

dû mettre en oeuvre, mais que le gouvernement a choisi d'y aller dans une autre

direction. Cette direction peut être très populaire à court terme, mais je vous

fais un pari, M. le Président, que, d'ici un an, quand on sera arrivé au mois

de mars, avril 2023, ça va être déjà très

loin dans la mémoire des Québécois et dans le portefeuille des Québécois, les

500 $ que le gouvernement leur envoie... leur aurait envoyé en

2022. Alors, à notre avis, c'est ça, notre critique principale.

Puis aussi, ce qu'on ne trouve pas dans ce

budget, et on en parlera plus tard aussi, c'était un plan à moyen terme pour faire face à cette nouvelle économie

qui était en train d'émerger, cette nouvelle économie où le commerce international va être beaucoup plus complexe que

ce à quoi on était habitué. Une nouvelle économie qui va demander une plus

grande intégration régionale avec nos voisins, des chaînes d'approvisionnement

beaucoup plus courtes pour qu'on puisse... que le commerce soit redirigé

dans cette direction-là. Et ça va demander une forte adaptation des entreprises

québécoises. Et on a vu que tous les groupes patronaux des entreprises ont

trouvé que, dans le budget, il n'y avait pas de grandes nouvelles mesures dans

cette direction. Alors, ce seront les enjeux qu'on abordera plus tard. Merci,

M. le Président.

Président (M. Simard) : C'est moi qui vous remercie, cher collègue. M. le

ministre, à vous la parole. Vous disposez de 10 minutes.

M. Girard (Groulx) : Merci, M. le

Président. Alors, je garde mon masque puisque quelqu'un dans mon entourage a testé positif et je suis les règles de

la Santé publique. Mais c'est un plaisir d'être avec vous à la Commission

des finances publiques, et j'aimerais remercier le député de Masson, la députée

de Charlevoix—Côte-de-Beaupré

et le député de Chauveau. Merci d'être là. Merci aux membres de l'opposition

pour cette agréable invitation. Merci, MM. Raymond

Fournier et Martin Guérard, qui représentent le ministère des Finances.

Évidemment, le ministère des Finances travaille très fort, depuis le

2 janvier, pour la préparation du budget, et c'est les soirs, les fins de

semaine, il y a énormément de travail derrière un budget, et je pense que tout

le monde va être content de se reposer en fin de semaine, quoiqu'il y a des

nouvelles demandes qui sont rentrées dans les dernières minutes, mais j'ai

répondu subtilement qu'on s'en occupait la semaine prochaine. Alors, le

week-end devrait être, on se le souhaite, tranquille. Ma chef de cabinet

adjointe, merci.

Bon, moi

aussi, j'ai préparé une liste de sujets. Je vais d'abord résumer le budget.

Ensuite, on va parler d'incertitude, puisque c'est le sujet de

l'interpellation. On va parler de saine gestion des finances publiques. On

pourra parler des propositions des oppositions ou du processus de

consultation budgétaire, ce qui a été entendu. On pourra parler aussi du

concept de maximiser les contraintes parce que les demandes pour le budget excédaient

plusieurs fois ce qui a été accordé. Puis

ça, je pense, c'est important de se le dire. Lorsqu'on somme la société civile,

les entreprises, les groupes communautaires, les individus, les

oppositions, les journalistes, les experts, les pseudo-experts, les

commentateurs, la somme de ces demandes-là, c'est plusieurs fois les ressources

du gouvernement du Québec.

pourra parler du plan économique du gouvernement pour, bien sûr, stimuler

l'investissement des entreprises, fermer l'écart de richesse avec

l'Ontario. Et j'aimerais d'entrée de jeu... puis il y aura une conclusion parce

qu'il y a une introduction, puis il y a une

conclusion, hein? J'aimerais d'entrée de jeu dire que nous avons eu des

révisions aux statistiques sur l'économie du Québec hier. Révision très

intéressante. D'une part, le PIB nominal est révisé à la hausse en raison de

l'excédent des entreprises, qui est plus élevé, et de la valeur de nos

exportations. Alors, nous avions au budget communiqué un

PIB nominal de 11 %. On serait plus près de 13 %, mais on s'attend à

ce que ce chiffre-là soit révisé encore. Ce n'est pas le chiffre final. Mais

comme vous le savez, les revenus ont bien performé, et la hausse du PIB nominal serait cohérente avec cette performance.

Mais la vraie nouvelle, c'est que le gouvernement fait des efforts extrêmement

importants pour stimuler l'investissement des entreprises, et avec

l'amortissement accéléré, le crédit d'impôt à l'investissement qui sont

des mesures fiscales, la réforme d'Investissement Québec, le conseil,

l'accompagnement, tout le travail qui est fait pour la transformation

numérique, l'aide aux entreprises directes, les prêts, et tout, ça porte fruit, parce qu'on ne comprenait pas pourquoi

on avait une performance économique si positive de 6,3 % de PIB réel, mais on avait un

investissement des entreprises négatif qui était estimé à moins 2,2 %. Et

finalement, hier, on a eu une révision. L'investissement des entreprises

est révisé à plus 3,3 %, une différence donc de plus de 5 %. Et c'est

extrêmement positif, et c'est beaucoup plus cohérent avec ce qu'on entend puis

on voit sur le terrain.

Alors, l'introduction

de mon segment de 10 minutes a pris cinq minutes. Alors, je vais

essayer de passer à l'action immédiatement. Je veux vous résumer le budget. Alors,

le budget, c'est quoi? Lorsqu'on se dit : C'est quoi les grandes

orientations de ce budget? Bien, il s'agit... D'abord, il faut le dire, le

ministère des Finances, le cabinet, le ministre ont fait un effort extrêmement

important de vulgarisation. Si vous avez complété votre diplôme d'études

secondaires et vous lisez la

section A, vous comprenez tout ce qui se passe

dans l'économie du Québec, tout ce qui se passe dans les finances publiques et

toutes les mesures du budget du gouvernement du Québec. La

section A, c'est

vraiment un effort de vulgarisation. Bon, et là vous voulez savoir c'est quoi?

Le budget il se résume à quoi? Bien, vous allez à la page A.9, ça

dit : Votre gouvernement a choisi de soutenir les Québécois face à la

hausse du coût de la vie parce que nous sommes habitués à 2 % d'inflation

à long terme. Depuis les années 90, les banques centrales nord-américaines, notamment, mais des pays

développés ont réussi à maintenir l'inflation très près de la cible de

2 %, un écart entre 1 % et 3 %. Et cette année,

l'inflation va avoisiner 5 %. On a une prévision à 4,7 %. Donc, il

fallait soutenir les Québécois face à la hausse du coût de la vie.

J'expliquerai comment plus tard.

Maintenir une saine

gestion des finances publiques, c'est extrêmement important, parce que le

Québec a longtemps été la province la plus

endettée, avait des services qui allaient au-delà de ses moyens, des déficits

successifs. Depuis la fin des années 90, le gouvernement Bouchard, les

gouvernements qui se sont succédé, nous nous sommes donné deux

lois : la

Loi sur l'équilibre budgétaire, la

Loi sur la gestion de la

dette, le Fonds des générations. Et ce gouvernement poursuit la saine gestion

des finances publiques avec un retour à l'équilibre budgétaire prévu en 2027‑2028,

et un engagement à reprendre la diminution du poids de la dette du Québec, et à

se donner des nouvelles cibles. Ensuite, c'est très important, on a un

budget prudent et responsable, prudent, parce que nos hypothèses économiques

sont inférieures aux hypothèses du secteur privé, prudent parce qu'on a

8,5 milliards de provisions, prudent parce qu'on maintient d'importants versements au Fonds des générations. Et on

a un budget responsable parce que, lorsqu'on regarde Santé, Éducation,

Enseignement supérieur, puis qu'on regarde les cinq années, ces postes

budgétaires sont financés adéquatement pour le long terme. Parce qu'on voit

souvent des gouvernements jouer le jeu de financer la première année, puis de ne pas financer les suivantes, puis de

dire : Le prochain ministre des Finances s'arrangera avec ça dans

les prochaines années. Non, le prochain ministre des Finances qui déposera le

budget 2023‑2024 aura un cadre financier solide. Puis d'ailleurs il y aura

une élection cette année, une publication au mois d'août, d'un rapport

préélectoral qui va montrer que le cadre financier du gouvernement du Québec

est cohérent, prudent et responsable.

Alors,

c'est quoi, le budget, M. le Président? Bien, c'est 22 milliards

d'initiatives, dont 3,8 milliards pour lutter à la hausse du coût de la vie. Lutter maintenant, M. le

Président, parce que c'est maintenant que la hausse des aliments, la hausse du

logement, la hausse du prix de l'essence, la hausse du prix des vêtements...

c'est maintenant que les Québécois sont impactés.

Il y a

8,9 milliards en Santé. Pourquoi, M. le Président? Pour le Plan santé,

pour livrer des services ou des meilleurs services aux citoyens à long terme.

Alors, mon collègue, le ministre de la Santé et des Services sociaux, va

dévoiler son plan. Et mon rôle, à moi, c'est de lui donner les moyens pour

rencontrer ce plan.

2,8 milliards en

Éducation et en Enseignement supérieur. C'est essentiel. C'est ça, le secret du

Québec, c'est augmenter l'accessibilité, la persévérance, la diplomation,

l'accès. Ce sont toutes des choses que nous voulons pour... de la maternelle, de la petite enfance à l'université, on veut

augmenter nos taux de diplomation, la persévérance.

Il y a

4,2 milliards pour la croissance économique, dont 2 milliards pour

augmenter la productivité. Et ne me dites pas que le gouvernement ne fait rien

pour la rareté de main-d'oeuvre. On a mis 3 milliards pour la rareté de

main-d'oeuvre, à la mise à jour, M. le Président.

L'Environnement,

1,3 milliard pour l'environnement. Oui, le plan de mise en oeuvre de

l'environnement sera rendu à 7,6 milliards sur cinq ans.

Et finalement, quel

est le groupe qui a le plus demandé, qui a dit : On a besoin d'augmenter

nos ressources? Quel est le groupe qui aide

les Québécois? Les groupes communautaires, une augmentation du financement à la

mission de près de 30 %, M. le Président...

Le Président (M. Simard) : Merci,

M. le ministre. Merci. On pourra y revenir. Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Robert-Baldwin.

Nous commençons notre premier bloc d'intervention, et vous disposez,

conséquemment, de cinq minutes.

M. Leitão : Cinq

minutes.

Le Président (M.

Simard) : Voilà.

Leitão : Merci, M. le

Président. On va aller vite. En effet, M. le ministre, j'ai bien pris note hier

soir — hier

après-midi? — hier soir, de la publication de l'ISQ sur le PIB

au quatrième trimestre 2021, et donc pour l'année 2021. Comme vous aviez mentionné, c'est intéressant,

oui, c'est très révélateur, très révélateur, d'ailleurs, des défis auxquels

nous faisons face parce qu'on peut détecter aussi une certaine décélération de

la croissance, surtout quand on le regarde,

le PIB est quatrième sur quatrième, quatrième trimestre au quatrième trimestre.

On va y arriver après. Maintenant... mais c'était... oui, c'est une révision, et vous l'avez mentionné, la

révision sur l'investissement des entreprises est très importante.

Mais revenons

maintenant à l'inflation, parce que je voulais parler un peu de ça. Et vous

l'avez répété... M. le Président, on peut s'interpeller, hein? On n'a

pas besoin juste de parler au président, je peux parler directement?

Le Président (M. Simard) : Le ton

est très bon, cher collègue. Tant que ça va comme ça, ça me va.

M. Leitão : Ce n'est pas que je veux

vous éviter, vous, mais je... Donc, vous avez mentionné, M. le ministre, que c'était maintenant qu'il fallait aider les

Québécois. Donc, il y a l'impact de l'inflation sur la vie de tout le monde.

On est d'accord là-dessus. Mais là où on est

en désaccord, c'est que, comme vous le savez très bien, l'inflation aussi...

l'effet de l'inflation, c'est cumulatif. Donc, si l'inflation augmente de

5 % cette année... Bon, d'abord, c'est arrivé très vite, là, il n'y avait probablement personne qui

avait anticipé que l'inflation augmente si rapidement que ça. On savait qu'il y avait des risques d'augmentation, mais que

ça se fasse si vite que ça... Mais, par la suite, quand on dit que l'inflation

va baisser bien, bon, l'inflation va

peut-être baisser, mais les prix ne baissent pas. Donc, le niveau de prix

demeure élevé. Donc, ça, ça s'accumule, ça, c'est...

En 2023, selon les prévisions du ministère des Finances,

et d'ailleurs, selon les prévisions du vaste consensus des prévisionnistes du

secteur privé, l'inflation devrait se trouver à 2,3 % en moyenne annuelle.

Et c'est là où j'ai un problème, M. le Président. Je ne doute pas du tout et je

ne remets pas en question du tout le travail qui se fait au ministère des

Finances. Je connais très bien les professionnels du ministère. Et, comme j'ai

dit, ces prévisions-là, inflation, PIB, etc., sont très proches aussi du

consensus du secteur privé.

Cependant, dans une approche de gestion de

risque, et donc d'anticipation, il y a une très forte probabilité que l'inflation ne baisse pas si vite que ça,

qu'encore en 2023, on se trouve avec un taux d'inflation qui serait pas mal

plus élevé que le 2,3 %, ce à quoi... tout le monde semble compter sur ça.

Alors, il faudrait être prêt à faire face à une telle situation. Il y a les

provisions, et c'est très bien, les 2,5 milliards, et puis suivies de

1,5 milliard par année. Et on avait demandé, une ou deux semaines avant le

budget, que cela soit intégré au cadre financier, ce qui a été fait, donc très

bien. Mais mon enjeu, c'est que si l'inflation demeurait plus élevée que prévu,

et il y a le risque que ça puisse arriver, pourquoi est-ce que ça arrive?

Qu'est-ce que ça nous dit? Qu'est-ce que... ça reflète quoi? À mon avis, ça

reflète un nouveau contexte, une nouvelle situation. On n'est pas dans les

années 70. Ce n'est pas... «It's not that 70's show, the disco is dead», non. C'est fini, là. Donc, ce n'est pas

une situation comme dans les années 70, c'est quelque chose de

différent. Et ce quelque chose de différent, c'est en

partie le résultat d'une

économie mondiale qui est en train de se... utiliser un mot qui n'est pas tout

à fait... bon, un gros mot, là, une économie mondiale qui est en train de se «déglobaliser», où on est en train de rentrer

plutôt dans une sphère de blocs économiques et politiques qui sont beaucoup

plus isolés les uns des autres.

Donc, tout cela, à mon avis, met de la pression

à la hausse sur les prix, et donc on risque très bien de se trouver dans une

situation, pour utiliser un autre gros mot, une situation qui ressemblerait à

la... (panne de son) ...et je reviendrai à la stagflation un peu plus tard.

Le Président (M. Simard) : Merci à

vous, cher collègue. Je cède maintenant la parole à M. le ministre, qui dispose

à son tour de 5 minutes.

M. Girard

(Groulx) :

5 min 2 s.

Le Président (M. Simard) : ...

M. Girard (Groulx) : Par souci du

six. O.K., bon, parlons d'incertitude. Parce qu'évidemment, la pandémie est un événement extraordinaire et l'invasion de

l'Ukraine par la Russie est un événement extraordinaire et déplorable.

Et c'est pour ça que nous avons inclus un encadré à la page A.6 et A.7

pour décrire cette incertitude. Et, bien sûr, je veux être clair, l'invasion de

l'Ukraine par la Russie n'a pas du tout le même impact sur l'économie du Québec

que la pandémie a provoqué en 2020 alors que

nous avons fermé plus de 40 % de l'économie pour avoir une interruption

des... Et freiner la propagation du virus. Ce n'est pas du tout la même

magnitude. Mais il reste que c'est un événement important.

Alors, le 25 novembre dernier, nous

déposions le point sur la situation économique et financière du Québec. Et nous avions un estimé de 3.3 % pour la

croissance en 2022 et de 2,9 % d'inflation. Et à ce moment-là... Et permettez-moi de dire 3 % d'inflation, à ce moment-là

on prévoyait un 4 % d'inflation les six premiers mois, 2 % les six

derniers mois puis, en moyenne, 3 % sur

l'année. Puis c'était la prévision de la Banque du Canada. Arrive le variant

Omicron qui affecte les chaînes de production et la productivité

mondiale, parce que, de par son haut degré de contagion, a fermé des ports en Chine, a retiré des travailleurs

partout, donc a causé une réduction de la croissance de 0,4 % et une

augmentation de la prévision d'inflation. Ensuite, la Russie commet son attaque

sur... ses attaques sur l'Ukraine, et le prix de l'énergie qui était à

65 $ au moment de la mise à jour économique, s'envole le prix du pétrole

au-dessus de 100 $, une hausse de plus de 50 %.

Ce qui fait qu'aujourd'hui on a... Et là on doit soustraire de la croissance et

on doit augmenter notre prévision d'inflation, ce qui fait que le 3,3 %

est maintenant 2,7 % de croissance, qui, soit dit en passant, est prudent,

parce que le secteur privé est à 3,1 % et notre prévision d'inflation, qui

était de 2,9 %, est maintenant de 4,7 %.

Alors, l'incertitude, elle est présente. Puis

j'aimerais ici parler d'un concept de statistiques probabilistes, parce que tous les gens qui sont ici ont fait des

statistiques au cégep, à l'université, peut-être qu'il y en a qui en font

toujours le soir, parce que ça les passionne, mais on prend normalement une

distribution de probabilités normale avec 50 % à gauche puis 50 % à droite, puis là on a l'espérance,

puis l'écart type, puis la kurtose, puis le biais, puis je regarde mon

ingénieur, puis on a une distribution normale. Puis là on dit : On

va avoir 3,3 % de croissance.

Et puis là arrive Omicron puis arrive l'Ukraine,

puis on fait quoi, M. le Président? Bien, d'une part, on tasse la distribution

à gauche, on dit : Elle n'est plus centrée à 3,3 % de croissance pour

2022, mais bien à 2,7 %. Ensuite, on dit : Il y a plus

d'incertitudes. Qu'est-ce que ça veut dire : Il y a plus d'incertitudes,

M. le Président? Ça veut dire que l'écart type de la distribution a augmenté.

Vous comprenez, vous me suivez? Et un écart type 66 %, deux écarts types 95,

trois écarts types 99. Et puis là on dit : Mais une guerre, une

hausse du prix de l'énergie, bien, ça augmente les risques à la baisse, alors

on est en train de dire que les risques externes... Parce que, normalement, on

a une probabilité de récession qui est dans un horizon de 18 à 24 mois,

qui est d'à peu près 10 %, ça, c'est l'extrémité à gauche de la

distribution. Bien là, avec ce qui se passe, on pourrait dire que l'extrémité à

gauche de la distribution, la kurtose de la distribution serait plus de l'ordre

de 25 %, 25 % de probabilité d'une récession d'ici deux ans. Alors,

c'est ça, l'incertitude, M. le Président.

Le Président (M. Simard) : Merci, M.

le ministre.

M. Girard (Groulx) : ...

Le Président (M. Simard) : Merci.

C'est terminé, je vous remercie beaucoup. Et nous cédons maintenant la parole

au député de Masson et, néanmoins, ingénieur. Cher collègue, à vous la parole.

M. Lemay : Merci, M. le Président.

Et je dois dire que je suivais les propos du ministre des Finances, parce que j'ai d'ailleurs fait ma certification Six

Sigma Green Belt, donc très intéressant de l'écouter parler d'incertitude,

de... Parce que c'est le sujet du jour en cause, que le député de

Robert-Baldwin nous a demandé de parler, d'incertitude économique. Et j'ai cru

comprendre, dans sa dernière remarque, justement, qu'il avait perdu son coeur

d'enfant, là, quand il dit que «disco is dead», tu sais, ce n'est pas très,

très gentil pour certains groupes de musique. Mais bref, moi, je vous dirais

que je suis né dans les années 70, M. le député de Robert-Baldwin, aussi,

et puis, dans mon coeur d'enfant, j'ai encore le goût d'écouter du disco.

Mais bref, si

nous revenons aujourd'hui... La reprise économique, moi, ce que je dois dire au

député, c'est qu'elle est plus forte que prévu puis c'est grâce à notre retour

à l'équilibre budgétaire, qui va très bien quand même, là. C'est une agréable

surprise, là, justement, quand on aurait pu s'attendre à différemment, surtout

avec la pandémie, et c'est peut-être pour

ça que le député de Robert-Baldwin a apporté le terme de l'incertitude

économique. Mais, la santé de nos finances publiques, en ce moment, bien, on se

rend compte qu'on a réussi à naviguer à travers cette tempête. Et ce qui

nous a permis d'investir dans plusieurs mesures de relance qui sont à l'image

des Québécois.

Et, vous savez, moi, j'aimerais en parler, parce

que, souvent, on nous reproche de ne pas parler assez d'environnement, et puis

l'environnement, c'est un bon succès de nos politiques, là, justement, de la

manière qu'on a fait pour financer nos projets. Alors, vous savez, nous, on a,

depuis de plusieurs années, un système de plafonnement et d'échange des droits de gaz à effet de serre, ce qu'on appelle le

SPEDE. Et il a généré 1 milliard de dollars de plus que prévu. Puis ça, ça

va aller directement pour la réduction de nos gaz à effet de serre. Donc, on

parle de 1 milliard de dollars

d'investissements supplémentaires qui sont grâce à une bonne gestion de nos

finances dans ce secteur important.

Et c'est pour

ça que l'économie verte prend de plus en plus d'importance partout dans le

monde et particulièrement au Québec. Nous avons d'ailleurs un Plan pour

une économie verte. Dans ce plan, il y avait déjà un investissement historique de 6,7 milliards de dollars sur

cinq ans. En ajoutant ce milliard supplémentaire là, c'est un total de

7,6 milliards qui est directement affecté pour réduire les gaz à

effet de serre. Et ça, je trouve que c'est important. On a justement un encadré

dans le résumé sur le budget. Le ministre en a parlé, justement, dans sa...

dans son allocution.

Ça va aussi

permettre de prolonger le programme Roulez vert, là, jusqu'en 2027. Vous savez,

ce programme-là a été introduit en 2012. C'est un franc succès, les

Québécois veulent des véhicules électriques, et c'est pour ça qu'on le

maintient en place, là. À terme, les Québécois vont quand même y avoir accès

avec 12 000 $,

justement, lorsqu'ils font le choix d'acheter un véhicule neuf. Donc, c'est

vraiment un bon succès, là. La chaîne d'approvisionnement, justement, en

véhicules électriques n'est pas capable de répondre à la demande de tous les

Québécois à cause de la grande popularité, justement, du programme Roulez vert.

Alors, en plus de ça, l'argent va être disponible pour installer des bornes de

recharge. Donc, on parle de 800 bornes à Montréal et 95 dans la région de

Québec. Ça va aussi permettre d'électrifier

des bâtiments publics qui étaient chauffés en énergie fossile. Donc, on

continue la transition vers une énergie verte.

Vous savez, M. le Président, l'environnement, ce

n'est pas seulement la lutte au... la réduction des gaz à effet de serre, mais

c'est aussi la qualité de l'eau, la qualité de l'air, la qualité des sols. Il

ne faut pas négliger aucun de ces secteurs-là. C'est tous des secteurs

importants de l'environnement. Et c'est pourquoi, dans le budget, il y a aussi

des sommes de 356 millions qui sont

prévues, justement, pour répondre aux autres enjeux, là, qui affectent

quotidiennement les citoyens, les municipalités, les entreprises, les

organismes. Et, de ce 356 millions, on a un 143 millions qui est précisément pour soutenir les pratiques durables en

agriculture, ainsi que pour réduire la pollution atmosphérique et sonore,

améliorer la gestion des eaux usées, réduire les matières résiduelles. Donc,

143 millions pour ça. Ça va nous permettre

d'atteindre les normes, là, pour la qualité de l'air, le nickel, appuyer

financièrement des projets d'atténuation du bruit engendré par des

activités humaines. Bon, on parle aussi d'un 60 millions qui va aller pour

valoriser les milieux contaminés par

l'amiante et la réhabilitation des terrains à potentiel de développement

économique. Donc, très important.

Et une autre mesure

intéressante, c'est un 153 millions pour stimuler la transition

énergétique en posant un premier jalon pour

développer l'hydrogène vert et les bioénergies. Et ça, là, quand on parle, là,

de succès, d'innovations technologiques, en tant qu'ingénieur, là, c'est

une mesure qui me touche particulièrement. On avait déjà 52 millions, à ça

on ajoute un 100 millions, ce qui fait le 153 millions pour un

hydrogène vert. Et, M. le Président, ça me fait plaisir d'avoir parlé d'environnement,

parce que c'est important pour notre gouvernement.

Le Président (M.

Simard) : Merci à vous, cher collègue. Nous entreprenons donc notre

deuxième série d'interventions. Et je cède la parole au député de

Robert-Baldwin.

M. Leitão : Ah!

merci, M. le Président. Moi, je pensais que c'était notre collègue, mais...

Très bien. Donc, on s'était laissés, dans le bloc précédent... Moi, j'ai

commencé à aborder le... j'avais mentionné le gros mot, le gros mot, là, de stagflation. Puis je ne suis pas en

train de prédire qu'on va tomber dans cet environnement-là. Ce que je voulais

surtout mentionner, c'est qu'il y a, donc, un risque, un risque important qu'on

se trouve dans un environnement, en 2023, 2024, 2025, on va dire tout de suite,

là, pour les prévisions pour 2023... pardon, 2022, cette année, prévisions de croissance du PIB, prévisions de... Il n'y a

pas... On ne va pas s'obstiner pour des centièmes de pourcentage, là, on est d'accord avec ça. L'enjeu que j'ai,

l'incertitude à laquelle je fais référence, ça nous affecterait 2023, 2024,

2025, c'est ça qui me préoccupe le plus. C'est vrai que les finances

publiques sont solides, tellement solides que les finances publiques du Québec,

on a réussi, on a été capable d'absorber un choc, un choc énorme, en 2020, avec

la pandémie. Et, si les finances publiques

étaient si solides que ça, c'est parce que les gouvernements précédents ont

quand même fait des choses, parce

que, sinon, on n'aurait pas eu ces coussins, on n'aurait pas eu cette solidité

de nos finances publiques.

Alors, la question,

quand on regarde, maintenant, les prochains trois à quatre, cinq ans :

Est-ce que nous nous sommes encore si solides que ça? S'il n'y avait pas cette

possibilité, ce risque de stagflation, et j'y reviendrai un peu, peut-être qu'il y aurait quand même une certaine

solidité, mais là, avec cette possibilité, là, je me cause... je me questionne

beaucoup, M. le Président.

Qu'est-ce que je veux

dire par stagflation? Je ne suis pas en train, encore une fois, de prédire

qu'on va revenir aux années 70, même si le disco n'est pas mort, mais

peut-être d'autres tendances existent, ce n'est pas ça. C'est juste un mot pour

illustrer qu'on pourrait se trouver dans une situation de croissance économique

relativement faible, donc une croissance économique, disons, de 1 % et un

taux de... un taux d'inflation qui resterait quand même élevé. Ça veut dire

quoi? Ça veut dire 3 %, 4 %, quelque chose qu'on n'a pas vraiment

vécu depuis très longtemps. Et je ne suis pas certain qu'on est préparés, au

Québec, à faire face à une telle chose.

D'ailleurs, une

personne que M. le ministre connaît certainement très bien, son ex-patron, le

P.D.G. de la Banque Nationale, avait, dans une entrevue à La Presse , récemment,

parlé de ce qu'il qualifie la nouvelle géoéconomie. D'autres personnes

aussi commencent à parler de ce genre de situation dans laquelle nous nous

trouvons et qui demanderait, de la part des autorités publiques, une nouvelle

approche en termes de politiques industrielles, une nouvelle approche en termes de politiques publiques pour que l'économie

du Québec puisse continuer de prospérer dans un tel environnement.

a mentionné aussi qu'un des éléments qui compliquent la situation, à moyen

terme, et qui donc... qui requiert une attention particulière, un problème qui

n'existe pas tellement ailleurs ou, en tout cas, moindre proportion,

c'est notre choc démographique, le fait

qu'il nous manque du monde. La population en âge de travailler, au Québec,

n'augmente pas beaucoup, hein? Je ne parle pas de la croissance de la

population totale, elle est encore relativement élevée, même si elle est moins forte que dans... en Ontario, par exemple, mais

la croissance du groupe d'âge 15-64, cette croissance-là, ici, est

très, très, très faible et diminue d'année en année. Donc, notre main-d'oeuvre,

notre bassin de main-d'oeuvre n'augmente pas. Il diminue, même, en termes

absolus. Il diminue, et ça, ça pose...

Donc, c'est un défi

de plus auquel nous devons faire face, nous assurer que notre croissance

économique, en 2023, 2024, 2025, demeure, je

dirais, raisonnable. Et pourquoi? Ce n'est pas une fin en soi, la croissance

économique, c'est pour qu'on puisse avoir les revenus de l'État

suffisants pour que nos services publics puissent être financés adéquatement.

Entièrement d'accord avec le ministre, on a besoin de financer adéquatement nos

services publics, parce que de fournir des services publics, santé, éducation,

justice, famille, etc., à crédit, ça ne marche pas. À moyen terme, ça pose des

problèmes.

Le Président (M.

Simard) : Merci à vous, cher collègue. Merci beaucoup. Alors, sur ces

tonalités de disco, je souhaite la... je cède la parole au ministre.

M. Girard

(Groulx) : Bien, M. le Président, je viens de passer par toute

la gamme des émotions, parce qu'on a eu des

gens qui sont venus nous voir à la Commission des finances publiques, puis j'en

étais très heureux, mais ils ont

quitté avant la fin de l'intervention du député de Robert-Baldwin. Alors, me

voici maintenant déçu. Alors, tu sais, c'est... voilà.

Parlons du cadre financier, M. le Président.

Puis je pense que la meilleure façon de résumer le cadre financier, là... je

vais vous demander de venir avec moi à une page charnière du budget, la

page A-22, qui montre l'ensemble du cadre financier

du gouvernement du Québec pour les cinq prochaines années. Et on y voit quoi,

M. le Président? On voit qu'en moyenne, pour la période de 2022‑2023 à 2026‑2027,

et puis c'est important de retirer l'année 2021‑2022, parce que les

fluctuations associées à la pandémie biaisent un peu nos... notre lecture,

lorsqu'on regarde la période cinq ans, 2022‑2023 à 2026‑2027, quelle est la

croissance anticipée des revenus autonomes du Québec?

Est-ce qu'on a une hypothèse responsable, prudente? 3,4 %, M. le

Président, c'est raisonnable, c'est en ligne... c'est même inférieur au

PIB potentiel du Québec, 3,4 %.

Or, puisqu'on veut être responsable et revenir à

l'équilibre budgétaire, on doit donc regarder l'appariement avec la croissance

des dépenses de portefeuilles. Quelle est-elle, M. le Président? 3,4 %.

Nous sommes donc appariés entre la croissance des revenus et la croissance des

dépenses sur l'horizon... l'ensemble du cadre financier.

Bien sûr, les transferts fédéraux, eux,

croissent moins vite que les revenus autonomes, 1,2 %, et le service de la

dette est stable à 0,9 %. Ce qui fait que les revenus ont une prévision de

2,9 % de croissance et, les dépenses, de 3,2 %. Et, pour revenir à

l'équilibre budgétaire, M. le Président, il faudra un différentiel positif. Il

faudra influencer la différence entre les revenus et les dépenses de 0,5 %

pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Quels sont

les grands principes que nous allons utiliser pour revenir à l'équilibre

budgétaire? Bien, le premier de ces principes, et là je suis à la

page I-27, l'engagement gouvernemental de ne pas alourdir le fardeau

fiscal. Bien, dans les faits, M. le

Président, c'est plus qu'un engagement. C'est que, durant nos quatre premières

années au pouvoir, nous avons réduit le fardeau fiscal de

3 milliards par année. Nous allons continuer. Et pourquoi on fait ça?

Bien, parce que... Puis là ce n'est pas moi qui le dis, lorsque je regarde le

bilan de la fiscalité du Québec, les Québécois ont un fardeau fiscal de 39 %

du PIB. Et quelle est la moyenne canadienne lorsqu'on exclut le Québec, M. le

Président? 33 %. 39 % versus 33 %. Nous avons un écart de

richesse avec l'Ontario de 13,5 %. Et donc, si la recette pour créer de la

richesse, c'étaient des dépenses gouvernementales, on serait champion, mais

nous ne sommes pas champions, M. le Président, nous avons un écart historique

avec la moyenne canadienne. Nous sommes 23 % de la population canadienne,

mais seulement 20 % de son économie.

Deuxième grand principe, l'accélération de la

croissance économique. Il faut pousser la croissance du PIB à long terme du

Québec de 1,5 % à 2 %. Le financement adéquat des principales

missions de l'État, c'est ce qu'on fait, M. le Président, santé,

éducation, enseignement supérieur, une croissance des dépenses arrimée à celles

des revenus. C'est exactement ce que je vous

ai illustré en commençant. Et nous avons bien sûr une demande pour une

contribution fédérale accrue pour les dépenses de santé.

Pourquoi il faut réduire la dette, M. le Président?

Voici la liste à la page I-28 : «Pour contribuer à l'équité

intergénérationnelle, pour assurer un financement stable des principales

missions de l'État, pour faire face aux coûts associés au vieillissement de la

population, pour mettre en place des mesures pour lutter contre les changements

climatiques, pour financer des investissements dans les infrastructures

publiques, pour réduire le fardeau fiscal des Québécois, pour contrer un prochain ralentissement possible de l'économie, pour

augmenter son autonomie financière dans la fédération.»

Qu'est-ce que ça veut dire, cette dernière

phrase...

Le Président (M. Simard) : Merci.

M. Girard (Groulx) : ...M. le

Président, ça veut dire...

Le Président (M. Simard) : Merci

à vous, cher collègue.

M. Girard (Groulx) : ...s'affranchir

de la péréquation à long terme, M. le Président.

Président (M. Simard) : Alors, nous cédons maintenant la parole à la

députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré et île d'Orléans. Chère

collègue.

Mme Foster : Merci beaucoup, M.

le Président. Île d'Orléans, très important, très important. Ça me fait grand plaisir d'être ici ce matin. Salutations aux

collègues, salutations au ministre des Finances, salutations aux collègues

des oppositions, également mes collègues de la

partie ministérielle.

Ça me fait plaisir d'intervenir aujourd'hui dans

cette interpellation au sujet de l'incertitude économique. Vous savez, on vient de déposer un budget qui

maintient une saine gestion des finances publiques, qui vise l'équilibre

budgétaire dans six ans, comme prévu. Et le déficit structurel a diminué de

50 % par rapport à l'année dernière. Un budget qui prend aussi compte de

l'augmentation des coûts de la vie pour les Québécoises et les Québécois, qui

prend le taureau par les cornes en mettant en place la mesure de soutien, soit

le versement du montant de 500 $ à toutes les Québécoises et tous les

Québécois qui ont un revenu de moins de 100 000 $.

Bon, je pourrais vous parler en long, en

large, le ministre pourrait le faire infiniment mieux que moi, c'est lui,

l'expert du budget. Moi, naturellement, étant adjointe parlementaire de

la ministre de l'Enseignement supérieur, je me... je concentrerai mon

intervention un peu plus vers l'enseignement supérieur.

Vous savez, quand on parle d'incertitude

économique, il n'y a rien de mieux qu'avoir un système d'enseignement supérieur

fort et de soutenir un système d'enseignement supérieur fort pour passer à

travers les périodes d'incertitude économique. Vous savez, toutes les grandes

économies, tous les pays qui ont de la prospérité ont un système d'enseignement supérieur fort. Ça prend de la recherche,

ça prend des gens qui ont un plus haut niveau d'éducation, ça génère

plus de revenus, que ce soit par plus d'impôt sur les salaires, plus de taxes à

la consommation, parce que ces gens-là ont des salaires

en moyenne plus élevés, dépensent davantage. La recherche, ça génère une foule de bénéfices de toute sorte, qu'ils soient

économiquement mesurables directement ou non mesurables directement, mais, peu

importe, la recherche est une immense, une immense richesse et, je l'ai

toujours dit, pour toute économie et pour tout... pour toute nation.

Alors, je me concentre un peu plus sur l'enseignement

supérieur, M. le Président. Certainement que j'ai deux blocs, donc je me

servirai des deux blocs pour parler d'enseignement supérieur. Le budget annonce

une croissance de 8,5 %, ce qui est

très, très élevé pour l'enveloppe consacrée à l'enseignement supérieur. Ça

reste une priorité de notre gouvernement,

le réseau collégial, le réseau universitaire doivent être au centre des actions

à prendre pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre. Et, vous savez, c'est

un problème qui nous afflige, on n'est pas la seule société, mais la

pénurie de main-d'oeuvre, assurément, est un grand défi de société que nous

avons.

C'est pourquoi nous avons lancé les programmes

des bourses Perspective Québec à l'automne passé. Et le budget 2022‑2023 vient consolider, appuyer sa mise en oeuvre, son

déploiement et supporte l'Opération main-d'oeuvre plus globalement. C'est dans ce contexte-là que le

gouvernement poursuit ses investissements pour améliorer l'accessibilité aux études et accroître la réussite et la

diplomation d'un plus grand nombre d'étudiants. Et, pour ce faire, notre gouvernement prévoit, dans le cadre du

budget 2022‑2023, des investissements additionnels, là, de près de

1,3 milliard de dollars. Ce sont des investissements qui sont

colossaux, M. le Président, qui démontrent à quel point on a entendu la voix des étudiantes, des étudiants, à quel point

l'enseignement supérieur, je le disais tout à l'heure, je le redis, c'est une

priorité pour notre gouvernement.

Pour aider financièrement davantage les étudiants

à poursuivre leurs études, le gouvernement rehausse, à compter de 2022‑2023, le

seuil à partir duquel le revenu des parents ou du conjoint est considéré, et

ça, c'est important, là, parce que c'était une demande de longue date, soit de

55 000 $ à 75 000 $ pour des

parents vivant ensemble, de 50 000 $

à 65 000 $ pour

un parent vivant seul et de 48 000 $

à 63 000 $ pour

un conjoint. Donc, cette mesure-là, là, elle

va permettre d'allouer 203 millions de dollars de plus aux étudiants dans

les cinq prochaines années. Donc, ce

n'est pas à négliger. C'est 43 milliards... millions de dollars de plus

par année à terme. Donc, ça, on sait, l'aide financière aux études, là,

clairement, il y avait ce besoin-là, et on l'adresse.

Également pour mieux adapter l'aide financière

aux études à la réalité des étudiants qui ont un enfant à charge, parce qu'il y

en a qui ont cette réalité-là, le gouvernement annonce une bonification des

montants de pension alimentaire qui sera exclue du calcul du montant de prêts

et bourses octroyé aux étudiants, passant de 4 200 $

à 6 000 $

par enfant, soit l'équivalent de 500 $ par mois. Donc, c'est une exemption

qui s'applique aussi aux programmes d'assistance sociale.

Le Président (M. Simard) : Très

bien.

Mme Foster : Et je terminerai dans

mon deuxième bloc, parce qu'il y a bien d'autres choses. Merci.

Le Président (M. Simard) : Très

bien. Merci à vous, chère collègue. Nous en sommes déjà rendus à la troisième

série d'interventions que débutera notre collègue la députée de Mercier.

Mme Ghazal : Oui. Merci, M. le

Président. Moi aussi, je suis chanceuse, j'ai deux blocs aujourd'hui. Donc, je

vais en profiter. Je vais revenir sur les incertitudes économiques dans le

deuxième bloc.

Maintenant, ce que j'ai envie, c'est de

m'adresser à l'expert, à l'économiste, celui qui a un bac en économie, une maîtrise. Donc, j'entendais le ministre nous

parler de la courbe normale de la statistique, des écarts types, et j'ai...

ça me réjouissait. Il n'y a pas beaucoup de monde qui nous écoute, donc on

pourrait parler plus comme experts et non pas uniquement comme politiciens.

Donc, peut-être, enlever l'élu et le politicien puis parler plus de façon...

dans le blanc des yeux, comme on dit.

Moi, j'ai envie de revenir sur le 500 $. Et

ma question, c'est : Pourquoi? Pourquoi avoir donné 500 dollars à tout le monde, tout le monde, tout le monde? Le

ministre est au courant de ce que Québec solidaire propose, c'est-à-dire

de doubler, pour les six prochains... premiers mois de l'année, parce qu'on ne

sait pas ce qui peut arriver. On peut ajuster

le crédit d'impôt pour solidarité que 3,3 millions de gens reçoivent. Ce

n'est peut-être pas 6,4 millions de gens, mais c'est quand même,

quand même très, très important.

Puis, à la

limite, comme je ne veux pas... je lui demande de parler à l'expert, moi aussi,

je vais enlever le côté politicien et élu. À la limite, s'il trouve, par

exemple, que notre proposition de doubler le crédit d'impôt pour solidarité

n'est pas exactement la meilleure, est-ce qu'il est d'accord quand même qu'il

faut s'adresser aux gens puis aider les personnes

qui reçoivent le montant en donnant un autre montant, à la limite, peut-être,

de revoir peut-être les montants qui sont reçus? Par exemple, les gens

qui ont un crédit d'impôt pour solidarité, c'est 54 000 $ et moins de revenus. Les

familles, c'est... à peu près, là, 64 000 $

et moins. On peut même changer ces paramètres-là pour que plus de personnes le

reçoivent de façon permanente, admettons. Donc là, ça augmenterait, ce serait

plus que 3,3 millions de personnes. Ça, c'est des propositions.

Puis pourquoi j'en parle? Ce n'est pas juste

Québec solidaire qui parle du crédit d'impôt pour solidarité, c'est des experts

comme M. Olivier Jacques, professeur en politique et finances publiques,

Mme Mia Homsy de l'Institut du Québec, M. Bertrand Schepper de

l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques. Ce qu'ils nous disent, c'est que le crédit d'impôt pour

solidarité vient rejoindre les personnes. C'est une mesure beaucoup plus

ciblée. Il y a eu aussi des commentateurs qui en ont parlé. Je sais que le

ministre va me dire : À la mise à jour économique, c'est ce que

nous avons fait, nous avons donné un montant. Mais on a donné le même montant,

qu'on ait 0 $ ou qu'on ait 54 000 $, c'est le même montant, alors que

le crédit d'impôt pour solidarité, pour les gens qui gagnent 54 000 $,

il n'est pas le même, là, c'est quelques dollars à peine qui est reçu, mais les

gens qui ont 0 $ reçoivent beaucoup, beaucoup plus.

Et là le ministre a décidé de faire la même

chose. On donne 200 $ à tout le monde, pareil, pareil, pareil. Gérald

Fillion, ce matin, ce qu'il disait, alors qu'il est quand même mesuré dans ses

commentaires, il a l'impression que c'est du

marketing politique. Quand on a posé la question au ministre : Pourquoi

100 000 $? Il fallait tracer une ligne. Ça, c'est... ça, ça ne peut pas être très... ce

n'est pas très scientifique, comme moyen, et c'est quand même arbitraire

d'avoir choisi ça. J'ai envie que le

ministre... Je sais qu'on ne peut pas avoir d'échange, malheureusement,

j'aurais aimé ça qu'il me coupe puis qu'il me réponde. Il ne peut pas,

mais il va avoir le potentiel de le faire.

Il y a un autre chose. On s'est fait... même

nous, on s'est fait poser la question, il s'est fait poser la question :

Mais, Mme la députée, si vous doublez le crédit d'impôt pour solidarité, vous

mettez plus d'argent dans l'économie, donc

ça vient augmenter l'inflation. Nous, ce qu'on dit, c'est que, oui, peut-être,

de quelques poussières, ça va avoir une contribution de quelques

poussières. Ça vaut la peine, on vient aider des gens qui ont de la misère, là,

à payer leur loyer. C'est des vraies

personnes que moi, j'ai rencontrées. J'ai vu des aînés qui me disent :

Madame, moi, là, la

section des

viandes, là, je n'y vais pas, je le sais, un steak à 12 $... Ce n'est pas

moi qui le dis, c'est une aînée : Je n'y vais pas, je ne peux pas me permettre ça. Donc, on aurait

aidé vraiment ces personnes-là en donnant en fonction de leurs revenus,

alors que, là, on donne 3,2. C'est 3,2 milliards de dollars qu'on injecte

dans l'économie. Est-ce que ça vaut la peine? Si

le 3,2 milliards était donné aux gens qui recevaient le crédit d'impôt

pour solidarité, même, à la limite, si on augmentait le montant, plus de

gens... c'est-à-dire que plus... des gens qui ont plus que des revenus de 54 000 $, bien là, ça

aurait valu la peine d'injecter l'argent

puis peut-être de venir avoir un impact très, très minimal sur l'inflation.

Mais ça vaut la peine, alors que, là,

on met de l'argent... Est-ce que ça vaut la peine pour des gens qui ont 100 000 $, pour des familles à 200 000 $?

Le Président (M. Simard) : Très

bien.

Ghazal : Un médecin de

famille qui gagne 400 000 $,

sa conjointe, si elle est à la maison, peut recevoir 500 $.

Le Président (M. Simard) : Merci,

chère collègue.

Mme Ghazal : Ça ne vaut pas la

peine.

Le Président (M. Simard) : Merci à

vous.

Le Président (M. Simard) : Je cède

la parole au ministre qui dispose de cinq minutes.

M. Girard (Groulx) : D'accord.

Alors, M. le Président, dans un souci, là, de cohérence, je vais parler des

propositions des oppositions, mais je vais laisser plus de temps pour la

proposition de Québec solidaire, parce que c'est

effectivement un bloc où on se parle, puis on a du plaisir avec le régime

parlementaire britannique, où on s'interpelle comme ça, le vendredi.

Alors, on va jouer le jeu, voilà.

Bon, je vais commencer avec la première

proposition, puis, bon, c'est un parti qui, évidemment, n'est pas ici aujourd'hui, mais on nous a proposé de baisser la

taxe sur l'essence, hein, et franchement c'est une fausse bonne idée, parce que le Québec a des objectifs de réduction

de gaz à effet de serre. Et, ensuite, si le Québec baissait ses taxes sur

l'essence, bien, il n'y a aucune garantie que les Québécois en bénéficieraient

parce que les marges des producteurs ou des

raffineurs pourraient augmenter. Alors, je m'arrête ici tout simplement pour

vous dire que nous avons rejeté cette proposition — mais

je tiens à dire que toutes les propositions sont traitées avec respect,

analysées, considérées, évaluées, on y va, les décimales, la première

dérivée, la deuxième, l'élasticité — une fausse bonne idée, M. le

Président.

Ensuite, on nous a proposé de geler les tarifs.

Geler les tarifs, ça fait quoi, M. le Président? Bien, d'abord, ça crée des iniquités, parce que ceux qui consomment

le plus du bien bénéficient le plus de la réduction. Ensuite, ça fait quoi,

M. le Président? Ça fait des chocs tarifaires, parce que, lorsqu'on gèle un tarif,

après il faut le remonter. Et qui gèle un tarif alors que celui-ci... Et, par

exemple, si on prend les tarifs d'hydroélectricité, qui doivent augmenter de

2,6 % le 1er avril, alors que l'inflation sera à 4,7 %, alors,

c'est... ça favorise ceux qui ont des plus grandes propriétés et qui consomment

plus d'énergie. Ce n'est donc pas une mesure progressive. Nous avons donc

considéré, évalué, analysé et rejeté cette proposition.

Ensuite, on

nous a proposé de geler les tarifs des sociétés d'État. Bien là, je cherche

encore le lien, M. le Président, entre

le coût du pinot noir, du bourgogne puis l'inflation, puis la qualité de vie

des citoyens. Moi, ce qui me préoccupe, M. le citoyen... M. le Président, c'est l'alimentation, le transport, le

logement, les vêtements, la consommation de base.

Ensuite, un parti nous a proposé de baisser les

taxes sur la consommation et d'augmenter un crédit d'impôt pour un total de

4 milliards de dollars. Ça, M. le Président, là, c'est phénoménalement

récurrent, important. Et tous les experts en

fiscalité disent que le Québec n'utilise pas assez les taxes sur la

consommation, et là on nous propose de réduire

la taxe sur la consommation. Et comment récupérer ces revenus-là? On n'en parle

pas, M. le Président, bien sûr, parce que c'est beaucoup plus facile

baisser les taxes sur la consommation et remettre à plus tard la responsabilité

de rehausser les taxes sur la consommation dans un autre horizon.

Bon,

le crédit d'impôt solidarité... mais je suis content qu'on en parle, parce que

c'est exactement ce qu'on a fait à la mise à jour. On a donné 275 $ à une

personne seule, 400 $ à une famille, personne seule qui gagne moins de 53 000 $. Familles... Ménages — le

terme, c'est «ménages» — qui

gagnent moins de 56 000 $, on leur a donné 400 $ de

compensation pour la hausse de l'inflation à la fin 2021, versés en

janvier 2022.

Et nous, on arrive

avec 500 $ pour 6,4 millions de citoyens, ce qui fait que ceux... le

3,3 de ce 6,4 aura reçu, s'il est un ménage, 1 400 $, et les autres,

qui excèdent le seuil du crédit d'impôt solidarité, 1 000 $. Donc, on

a cette progressivité qui est recherchée par la deuxième opposition.

Quant au seuil de

100 000 $... Puis là, avant, je veux vous parler du 500 $,

comment est-ce qu'on l'a calculé, à la

page B.9. Je reviendrai au seuil du 100 000 $ après. À la

page B.9, on prend le panier de consommation de base, là, celui

où... bon, je reviendrai sur les taux d'inflation, mais des composantes, celui

de l'alimentation, l'énergie, les vêtements,

le logement. Bien, le régime fiscal est indexé de 2,6 %, et l'inflation

sera de 4,7 %. Alors, nous, on a voulu donner une compensation de

2 %...

Le Président

(M. Simard) : Très bien.

M. Girard

(Groulx) : ...sur ce panier de base de 22 000 $. Ça donne

432 $.

Le Président

(M. Simard) : Merci.

M. Girard

(Groulx) : Parce qu'on a à coeur nos citoyens...

Le Président

(M. Simard) : Merci, M. le ministre.

M. Girard

(Groulx) : ... on a arrondi à 500 $, M. le Président.

Le Président

(M. Simard) : Merci beaucoup à vous, M. le ministre. Je cède la

parole maintenant au député de Chauveau.

Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. À mon tour de saluer l'ensemble des collègues,

tout d'abord M. le ministre et votre équipe, M. le député de Masson, Mme

la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,

les collègues de l'opposition, M. le député de Robert-Baldwin, Mme la députée

de Mercier. Merci d'être là.

C'est un privilège de

participer à un débat qui parle d'incertitude économique. Évidemment, je ne

suis pas un expert comme le ministre peut l'être et comme le député de

Robert-Baldwin peut l'être aussi, mais de participer à ce sujet-là m'interpelle parce qu'on parle

d'incertitude, et c'est clair que nos citoyens, peu importe la circonscription

que nous représentons, vit... vivent

de l'incertitude, que ce soit avec la crise sanitaire qu'on vient de vivre, la

crise en Ukraine, donc tout le climat de guerre qu'on vit à

l'international. J'oserais ajouter, évidemment, les conséquences de tout ça, la crise inflationniste. Ça nous coûte tous et

toutes beaucoup plus cher pour vivre, pour consommer, pour payer nos besoins

de base, et autres. Alors, c'est sûr que tout le monde est préoccupé par ça. Et

ce qu'on a besoin à cette étape-ci, c'est de

stabilité, de stabilité, de leadership, d'être capable d'avoir une vision de ce

qu'on peut faire. Évidemment, ce ne sera jamais parfait. La nature même d'un gouvernement, c'est d'appuyer sa

population, de faire le maximum, mais c'est toujours complexe d'y

arriver.

Alors, ceci étant

dit, ce que j'apprécie dans le budget, et c'est le point que moi, je peux

peut-être amener ma petite expertise, c'est sur l'angle de l'élément social,

parce que, si on veut avoir une stabilité économique puis de combattre

l'incertitude, bien, ça prend une stabilité sociale. Et ce que j'ai apprécié

dans le budget du gouvernement du Québec, du ministre des Finances, c'est tout

l'angle du communautaire. Moi, je viens du milieu communautaire, j'ai travaillé

toute ma carrière dans ce domaine-là, autant au niveau de la jeunesse, à

l'époque, en violence conjugale, dans le

domaine de l'employabilité. Et je peux vous dire que le milieu communautaire,

et je pense que la députée de Mercier connaît bien également ce

milieu-là, là, c'est que c'est quand même quelque chose qui est un rempart aux

difficultés des citoyens. Quand on dit

premier rempart, première ligne, de travailler avec les gens, ils sont plus de

5 000 au Québec à lutter, à

combattre les problèmes. Évidemment, que ce soit en aide alimentaire, que ce

soient les problèmes sociaux, toxicomanie, violence conjugale,

agressions sexuelles, logement, les clientèles aussi, les jeunes, les personnes

âgées, les personnes handicapées, le sport,

le loisir, la défense de droits, il y en a, des groupes communautaires, dans

chacun... dans chacune de nos circonscriptions. Et une chance, M. le

Président, qu'on les a eus.

Puis évidemment, là,

on s'en va bientôt, là, vers le dépôt du futur plan d'action gouvernemental en

matière d'action communautaire, qui est travaillé par le ministre de l'Emploi

et de la Solidarité sociale... du Travail et de la Solidarité sociale. Et ce

fameux plan d'action là... Il n'y en a pas eu, M. le Président, depuis 2004, de

plans d'action gouvernementaux en matière d'action communautaire autonome.

C'est quand même important.

dans le budget du ministre, il a tenu compte de cette première ligne là, de

l'importance que revêt le mouvement communautaire,

les groupes communautaires pour assurer cette stabilité-là, pour diminuer

l'incertitude. Et on parle d'un rehaussement... le ministre, tout à

l'heure, en a parlé, là, 30 % de rehaussement pour le milieu

communautaire. Pour y avoir travaillé puis en avoir fait des représentations,

je peux vous dire que c'est des montants historiques. Au début de ce mandat-là du gouvernement de la CAQ, il y

avait environ 1,2 milliard de dollars qui étaient consacrés et investis auprès

des groupes communautaires, M. le Président. À la fin du mandat, on en sera à

1,8 milliard de dollars.

L'argent ne

règle pas tout, mais l'argent va aider à maintenir des services, à les bonifier

dans certains cas. Et j'oserais dire

qu'un des problèmes qui m'ont beaucoup été dits, M. le Président, c'est la

difficulté de rétention du personnel, des travailleurs

communautaires. Pouvez-vous imaginer que, dans certains cas, le monde qui

travaille dans les groupes communautaires gagne moins... et en tout respect

pour les... la restauration rapide, mais gagne moins que de travailler au

McDonald's, que de travailler chez Subway. C'est terrible. C'est des gens de

coeur qui s'investissent et, malheureusement,

n'ont pas été soutenus suffisamment pendant des décennies, M. le Président,

mais le présent budget en tient compte.

Je voudrais conclure en vous disant ma

satisfaction, également, des investissements majeurs qui sont faits au niveau

de la violence conjugale. J'ai travaillé pendant huit ans à la tête d'un réseau

qui aide les hommes ayant des comportements

violents, et ce que j'apprécie dans le budget, c'est l'argent qui est investi

autant... tout d'abord, bien sûr, aux femmes victimes de violence

conjugale, parce que la... l'élément le plus important, j'oserais dire, c'est

que les femmes sont en sécurité, qu'elles

puissent ne pas subir de violence, mais aussi de travailler auprès des hommes,

parce que, si on veut moins de

violence, les hommes font nécessairement

partie de la solution. Merci beaucoup,

M. le Président.

Président (M. Simard) :

Merci à vous, cher collègue. Je cède la parole à nouveau

au député de Robert-Baldwin.

M. Leitão : Merci, M. le Président.

Vous êtes généreux. Merci. C'est vrai. Je ne dis pas...

Je pense que, M. le ministre, dans le... pas la

dernière intervention mais l'autre d'avant, je pense qu'on avait vraiment mis

le doigt sur ce qui, à mon avis, est vraiment le sujet, l'enjeu, le coeur de

cette discussion, de cette interpellation :

la fameuse page A.22, où on... Je suis d'accord que, l'année...

l'année 2021‑2022, il ne faut pas trop... faire trop d'extrapolation parce que les chiffres pour

cette année-là, cette année, là où nous sommes maintenant, sont toujours

un peu... il y a l'effet des dépenses de pandémie. Mais, quand on regardait,

donc, les quatre années suivantes, donc, en

termes de revenus, revenus autonomes de l'État, on était à une croissance

annuelle moyenne de 3,4 %. Et puis, quand on regardait les dépenses de missions, on était aussi à 3,4 % de

croissance annuelle moyenne. À mon avis, c'est ça, c'est ça, le coeur de

la question.

Alors, revenus, 3,4 % par année. Est-ce

réaliste, responsable, prudent de faire une telle prévision? Je vous dirais que, dans un... Si on était en 2019, je

vous aurais dit que, tout à fait, ce serait... ça serait une hypothèse très,

très, très, plausible. Mais nous ne sommes plus en 2019, nous sommes en

2022, et beaucoup de choses sont arrivées entre 2019 et 2022 : la

pandémie, qui a déjà eu des effets temporaires, mais il y a aussi des effets

sur l'économie mondiale et l'économie

québécoise qui vont se... qui vont rester avec nous pendant un certain temps;

et puis, évidemment, la situation en Europe.

Juste pour

illustrer un peu mon point, M. le Président, c'est que, même si j'ai beaucoup

critiqué le budget de 2020, le fameux budget mort-né, et tout ça, on

avait toutes sortes de qualificatifs... mais il y avait une très grande utilité

à ce budget-là. Vraiment, c'est très, très

utile parce que ça nous donnait une espèce de feuille de route, ça nous donnait

une projection à moyen terme de ce qui aurait été l'évolution du Québec s'il

n'y avait pas eu de pandémie, ni de guerre, ni rien de ça.

Alors, ce qu'on voit quand on compare les

prévisions de croissance du PIB incorporées dans ce budget avec celles qui

étaient là dans le budget de 2020... on se rend compte qu'en 2025, dans

quelques années, là, en 2025, la croissance...

qui, à mon avis, est un peu optimiste, mais, regardez, on en discutera, de ça,

après, là, la croissance qui est anticipée ici nous mettrait... nous

laisserait quand même à un niveau de PIB qui serait plus... qui serait moins

élevé en 2025 que celui qui avait été

projeté en 2020. Donc, c'est-à-dire que l'économie du Québec a repris, oui, a

eu le grand V, là, pandémie, reprise,

etc., mais on n'est pas encore vraiment rendus là où on aurait dû être s'il n'y

avait pas eu de pandémie. Donc, on a perdu une

partie de notre potentiel

de croissance qui a été... qui a disparu en grande raison à cause de tous ces

événements-là.

Donc, c'est

pour ça que je dis que le 3,4 % de croissance de revenus qu'on s'attend

d'ici... pour les prochaines années, là, il faut absolument que la

croissance économique soit supérieure à 1,5 %, ce qui est le potentiel tel

que déterminé par le ministère des Finances. Et moi, je trouve que, le

1,5 %, on ne l'atteindra pas. Le gouvernement veut aller à 2 %, moi aussi, j'aimerais aller à 2 %, mais le

risque, ce n'est pas qu'on... le risque, c'est de l'autre côté, là. Le risque, c'est qu'on n'arrive pas à aller même à

1,5 %, parce qu'il y a déjà toutes sortes de chocs qui nous ont affectés

et dont le principal, et dont on

parle très peu, c'est le choc démographique, qui demande beaucoup plus

d'investissements pour nous rendre plus productifs, efficaces, etc.

Du côté des

dépenses, rapidement, parce qu'il manque quelques secondes seulement,

3,4 % d'augmentation de dépenses

de missions, en moyenne, annuelle, ça aussi, c'est risqué, parce que nous

savons que dans... 3,4 %, c'est pour toutes les dépenses de missions, et, à l'intérieur de ça, il y a la

santé, et la santé va prendre de plus en plus une plus

grande

partie du gâteau. Et, si on laisse 3,4 % pour tout...

Le Président (M. Simard) : Très bien.

M. Leitão : ...et la santé prend

6 %, il n'y a rien qui reste pour le reste.

Le Président (M. Simard) : Merci

à vous, cher collègue. M. le ministre.

M. Girard

(Groulx) : Oui. Bien, M. le Président, permettez-moi de

revenir un peu sur le processus des consultations prébudgétaires, parce qu'un

budget, ce n'est pas fait en isolation, c'est fait en consultation avec la société civile, consultation des groupes sociaux,

des syndicats, des groupes du patronat, des entreprises, des experts, des oppositions. Et imaginez-vous donc, M. le Président, que,

depuis notre élection, nous avons imposé que les mémoires qui sont

déposés dans le cadre des consultations soient publics, disponibles sur le site

du ministère des Finances. Et, au début, il

y en a qui disaient : Je ne veux pas que mon mémoire soit public, ils

voulaient retenir leur mémoire. Et puis on leur a dit : S'il n'est pas public, on ne le veut pas, et les

gens se sont habitués. Et, cette année, je suis très heureux de vous

dire, M. le Président, que nous avons reçu et publié 327 mémoires. C'est

du travail, ça, M. le Président. Ensuite, il

y a eu 14 rencontres avec les ministres, de nombreuses rencontres avec les

ministères, 62 rencontres avec les cabinets et 102 rencontres

incluant les groupes d'intérêts.

Alors, tout ça, ce processus-là amène à

comprendre ce qui est important pour les citoyens. Et une chose qui est

importante, M. le Président, c'est que les Québécois sont les plus taxés en

Amérique du Nord, d'où la nécessité de remettre de l'argent aux contribuables.

Et qu'est-ce qu'on a fait, nous? Bien sûr, il y

a le montant ponctuel pour la hausse du coût de la vie puis il y a eu la

prestation exceptionnelle pour le coût de la vie, mais on a aussi réduit les

taxes scolaires. On a aussi augmenté le

crédit d'impôt remboursable pour frais de garde d'enfants. On a augmenté les

allocations famille à plus de 2 500 $ par enfant. On a mis fin à ce qu'on appelait la taxe

famille du gouvernement précédent avec un tarif unique en garde subventionnée,

puisque ce ne sont pas les tarifs qui doivent être progressifs, M. le

Président, mais bien les impôts. On a aussi

bonifié le soutien pour les enfants handicapés. L'exemption des pensions

alimentaires pour enfant à charge, M.

le Président, ça, c'est une mesure fiscale mais aussi sociale. Le crédit

d'impôt remboursable pour maintien à domicile qui a été bonifié de

35 % à 40 %, une excellente mesure, M. le Président. Le montant pour

le soutien aux aînés de plus de 70 ans

à faibles revenus introduit en 2018 et doublé à la mise à jour de novembre. Le

crédit d'impôt remboursable pour les personnes aidantes, une demande de

la ministre responsable des Aînés à laquelle nous avons répondu. Bon, il y a eu une pandémie, il y a aussi la déduction

relative aux dépenses de télétravail. Il y a le crédit d'impôt pour

prolongation de la carrière. La bonification permanente de l'Aide

financière aux études, c'est extrêmement important. Puis là je ne parle pas des bourses Perspective, Mme la députée

de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, là, je ne fais même pas référence aux bourses Perspective, qui

sont exceptionnelles, je fais référence à la bonification permanente de l'Aide

financière aux études. L'élimination des

intérêts sur les prêts étudiants pour deux ans, M. le Président. Le montant de

100 $ forfaitaire par session pour les étudiants durant la

pandémie. Mieux voir pour réussir. Et la mesure dont on me parle quand je vais au marché public, M. le Président... les

citoyens, des fois, me reconnaissent, me disent : Merci d'avoir mis un

plafond aux tarifs de stationnement dans les établissements de santé.

Une excellente mesure, M. le Président.

Alors, tout ça, ça donne approximativement

3 milliards par année que nous avons remis aux contribuables, parce que

les Québécois... Nous sommes... Le ministère des Finances, le gouvernement est

le fiduciaire des finances publiques pour les Québécois. Les Québécois ont un

fardeau fiscal élevé, et c'est notre responsabilité de bien gérer les finances

publiques pour qu'ils puissent en profiter et avoir un allègement du fardeau

fiscal, que nous avons amorcé durant ce mandat. Mais, bien sûr, il y a eu une

pandémie.

Bon, dans mes prochaines interventions, M. le

Président, j'aimerais souligner certaines vulnérabilités du Québec sur

lesquelles nous travaillons pour faire des améliorations à long terme, pour

s'assurer que le Québec passe à un autre niveau et ne soit plus 23 % de la

population...

Le Président (M. Simard) : Très

bien. Alors, merci à vous, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à la

députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré—Île

d'Orléans.

Mme Foster : Merci beaucoup, M. le

Président. Je reprends sur le sujet de mon premier bloc qu'est l'enseignement

supérieur. Donc, je discutais tout à l'heure de l'importance de maintenir un

système d'enseignement supérieur très fort, surtout en période d'incertitude

économique. J'ai discuté brièvement des mesures de notre budget concernant

l'aide financière. J'ai discuté également des bourses Perspective Québec — le

ministre des Finances vient de mentionner cet aspect — pour

arrimer aux besoins du marché du travail.

Maintenant, je vais aborder une série d'autres

choses, parce que, vous savez, on a augmenté le budget de 8,5 % en

enseignement supérieur. Donc, on est là, on est au rendez-vous, comme

gouvernement, pour mettre des mesures en place fortes pour notre système

d'enseignement supérieur.

Donc, je vais parler de la dette étudiante. Le

gouvernement... ça, c'est une excellente nouvelle, là, notre gouvernement

annonce qu'il va continuer de prendre en charge les intérêts qui auraient dû

être payés sur les prêts étudiants entre le 1er avril 2022 et le

31 mars 2023. C'est une mesure qui va viser, quand même,

380 000 personnes, quand même, qui ont des prêts étudiants dans des

institutions financières ou directement auprès du ministère de l'Enseignement supérieur. Donc, ça représente, là,

l'élimination d'un remboursement d'intérêts de 72 millions de dollars en

2022‑2023 seulement.

L'augmentation limitée des frais de scolarité,

c'est également une autre preuve supplémentaire que notre gouvernement est là

pour nos étudiants. Cette année, on pouvait craindre, avec l'inflation, là, des

hausses de frais de scolarité de près de

10 %, mais notre gouvernement est là et s'engage à plafonner à 2,6 %,

un ajustement qui est exceptionnel, mais on trouvait important de le

faire parce qu'à 10 % c'était inacceptable.

Ce sont des différentes mesures qui démontrent à

quel point l'accessibilité aux études supérieures, c'est une priorité pour notre gouvernement, et on ne veut pas

que l'augmentation du coût de la vie puisse venir être une barrière ou

un frein aux études.

Maintenant, je veux aller sur un sujet qui est

très important : l'amélioration de notre taux de diplomation aux études

supérieures. Ça, ça nécessite qu'on mette en place des services de soutien

accrus aux étudiants tout au long de leur parcours. Pour

soutenir les étudiants, le gouvernement prévoit des initiatives qui totalisent

278 millions. Des investissements de 77 millions sont notamment

prévus entre autres pour recruter des ressources professorales et des superviseurs de stage, pour bonifier l'enveloppe

des bourses de persévérance, également pour la maîtrise qualifiante en

enseignement

De la même manière, les disciplines des sciences

infirmières, de la santé mentale, de la protection de la jeunesse font face à

des enjeux importants liés à l'offre de stages alors que les besoins importants

de main-d'oeuvre sont observés dans ces

domaines-là particuliers. La capacité d'encadrement des stagiaires par les

établissements et les milieux de travail, ça demeure assez faible, donc

les places de stage accessibles aux étudiants, c'est insuffisant. Pour faire face à ces enjeux-là, notre gouvernement est

là, est présent, et on va créer des partenariats entre les établissements

universitaires et le réseau de la santé et des services sociaux, en plus de

soutenir la réalisation de stages en région et d'embaucher des superviseurs de

stage au collégial. Ce sont des investissements de 75 millions de dollars

qui sont prévus pour soutenir l'intégration des stagiaires collégiaux et

universitaires dans le réseau de la santé et des services sociaux. Nous avons eu l'occasion de voir, c'est

certain, M. le Président, à quel point les enjeux de main-d'oeuvre du réseau

de la santé et des services sociaux étaient importants, là, particulièrement en

temps de pandémie. Donc, avec ces investissements, le réseau de l'enseignement

supérieur va pouvoir contribuer concrètement, faire

partie de la solution en ajoutant sa pierre, sa brique à l'édifice pour

s'assurer que les étudiants, les étudiantes puissent intégrer le réseau de

la meilleure façon possible.

Santé mentale également, je termine sur la santé

mentale, parce que, vous savez, la pandémie a soulevé des enjeux très

importants au niveau de la santé mentale dans l'ensemble de la société, mais,

bien sûr, nos étudiantes, nos étudiants n'y

échappent pas, là. Je me souviens d'un sondage, l'an dernier, fait auprès des

étudiants du collégial, là, qui montrait

qu'une grande part des étudiants vivaient de la détresse psychologique. On a

fait beaucoup pendant la COVID-19,

mais on est très, très sensibles à cet enjeu-là, donc le gouvernement reconduit

des mesures temporaires sur le plan d'action sur la santé mentale en

enseignement supérieur. C'est important de le mentionner. C'est des

investissements de 35 millions de

dollars qui sont prévus pour bonifier les services en santé mentale dans la

population étudiante. Et ça, c'est un enjeu qui me tient extrêmement à

coeur.

Alors, voilà, M. le Président, je voulais faire

le tour des mesures que notre gouvernement met en place...

Le Président (M. Simard) : Merci à

vous.

Mme Foster : ...pour maintenir un

système...

Président (M. Simard) : Merci à vous. Merci à vous, chère collègue. Je

cède maintenant la parole à la députée de Mercier.

Mme Ghazal : ...entendre

la déléguée... l'adjointe parlementaire à l'éducation supérieure. Je comprends

que ça soit elle qui soit là, parce qu'il y a eu une augmentation, et non pas

l'adjointe parlementaire du ministre de l'Environnement.

Écoutez, le ministre, je ne veux pas qu'il

oublie de dire d'où vient le 100 000 $. Il a dit qu'il allait

revenir, il n'y est pas revenu. Et je voudrais aussi préciser au député de

Chauveau... C'est vrai que... Je me rends compte que je ne fais pas assez

flasher mes diplômes, contrairement à mes collègues. Moi, je ne viens pas du

tout, du tout du milieu communautaire, j'ai même été acceptée au baccalauréat

en économie il y a très longtemps, un peu plus de 20 ans, mais finalement

j'ai décidé d'aller aux HEC, où j'ai fait un bac en administration des

affaires, en comptabilité. J'ai travaillé dans un cabinet comptable. Après ça,

je suis allée faire une maîtrise, hein, même le président n'était pas au courant, je suis allée faire une maîtrise en

environnement, où mon bac en comptabilité m'a servi. J'ai travaillé pendant 15 ans

comme gestionnaire dans les entreprises privées, privées, là, tout ce que vous

pouvez voir comme privé, là, même avec des sièges sociaux aux États-Unis et

ailleurs au Canada. Donc, je suis une gestionnaire moi-même.

Et je vais revenir sur le sujet, les

incertitudes économiques. Face aux incertitudes économiques, ce qu'on a besoin,

c'est d'un État fort, de services publics forts. On l'a vu avec la crise de la

pandémie, nous n'étions pas prêts. La crise écologique, malheureusement... là,

on en parle un peu, merci au collègue qui en a parlé un petit peu, mais, à un moment donné, ça va devenir aussi imposant

quand il va y avoir des catastrophes, quand il va y avoir plus de morts pour

les canicules, les inondations, etc. Ça va être un sujet imposé comme l'a été

la pandémie, alors que nous n'étions pas prêts. Est-ce que le gouvernement est prêt pour ça? Est-ce que les

investissements qui ont été mis... On parle du 1 milliard, ce n'est

pas un effort du gouvernement. Ça, ça vient de la bourse du carbone.

Il y a des certitudes — on a

des incertitudes économiques, mais il y a des certitudes : nous sommes

dans une crise du logement. Il y a une

certitude : il y a une crise des places en garderie. Il y a une

certitude : la crise écologique. Ce

n'est pas pour demain, c'est maintenant. Les scientifiques nous le disent. Les

experts nous le disent. Et ce budget-là ne tient pas compte de cette

crise-là. Pourquoi? Parce qu'on reste encore avec des anciennes façons de

faire, des paradigmes. Le ministre n'arrête pas de nous parler de la fameuse

vieille loi — je

sais qu'il va la... il va vouloir la réviser — sur

l'équilibre budgétaire. On capote sur la dette tout le temps, tout le temps,

tout le temps. La dette, on est inquiet, on est inquiet. On met de

l'argent. On continue à mettre de l'argent. 44 % de plus qui vont être mis

dans le Fonds des générations d'ici cinq ans. C'est un des postes budgétaires

qui augmentent le plus. On est dans un autre monde et on continue à réfléchir

comme dans l'ancien temps, comme il y a vingt ans, en ayant toujours ces

paradigmes-là.

Être

cohérent, être prudent, être responsable, c'est avoir un budget qui tienne

compte de cette crise économique... crise climatique, par exemple avoir un

budget carbone, parce que, là, ce qu'on fait, c'est qu'on met des

investissements. On va avoir, je sais, un plan du ministre de l'Environnement

avec des demi-mesures, des mesures à peu près, parce qu'on ne peut pas non plus révolutionner

l'économie, c'est ce que le ministre de l'Environnement nous dit constamment.

Ce qu'on lui a demandé, c'est de mettre en place un budget. Un budget, on...

c'est une façon responsable de gérer les émissions de gaz à effet de

serre, de les gérer de la même façon qu'on gère les deniers publics. Et ça,

c'est une façon très, très responsable et

très concrète de le faire. Ce gouvernement-là refuse, alors que d'autres le

veulent. Je ne sais pas pourquoi on refuse de mettre en place un budget

économie, alors que c'est une façon responsable de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et de les

évaluer, et de les estimer année après année, comme on le fait avec le budget,

pour voir où est-ce qu'on est rendus, pour corriger le tir, au lieu de nous

mettre un plan pour d'ici 30 ans puis après ça à tous les cinq ans.

Un autre... un autre... Par exemple, je... la

chronique de M. Vailles, Francis Vailles, qui n'est pas un membre de Québec

solidaire, ça, je vous le garantis, du tout, puis je suis certaine que vous le

saviez. Et ce qu'il dit, ce matin, il dit que la dette est surestimée de

46 milliards à cause... parce qu'on ne tient pas compte de la valeur

marchande... on ne met pas ça dans nos

livres, la valeur marchande d'Hydro-Québec. Évidemment, on n'a pas l'intention de la vendre,

mais, si on le faisait, on verrait qu'on est

dans une meilleure situation par rapport à la dette. «J'ai longtemps été un

partisan de la réduction de la dette et je pense encore qu'il faut être

vigilant.» Mais justement... Parce que là, il dit que notre PIB, et tout ça, c'est encore beaucoup, beaucoup

mieux. C'est déjà estimé, comme on est dans une meilleure posture dans

le budget, c'est encore beaucoup plus, on est encore dans une meilleure posture

dans la réalité. «Mais justement, ne devrait-on

pas injecter les fonds additionnels dans nos routes et nos écoles plutôt que

dans la réduction accélérée de la dette

ou encore investir davantage dans la lutte contre le changement climatique, par

exemple?» Ce qui n'est pas le cas dans ce budget. Merci.

Le Président (M. Simard) : Merci

à vous, Mme la députée de Mercier. M. le ministre.

M. Girard

(Groulx) : Je n'enlève pas mon masque. J'étais en train de...

pendant 30 secondes, M. le Président, j'étais parti, je rêvais à

mon lunch. Alors, je reviens, excusez-moi. Je suis de retour.

Mais merci

pour cette intervention, c'est intéressant, on a des débats. Puis juste pour clarifier,

là, mon collègue d'aucune façon n'a dit que vous n'aviez pas de diplôme.

On le sait, c'est implicite, on reconnaît vos diplômes. Alors, je pense qu'il référait aux diplômes de l'ancien

ministre et du ministre actuel, là. C'est un plaisir de débattre avec vous.

Et nous savons, bien sûr, que vous avez des

compétences accumulées, des compétences académiques et de l'expérience.

Par contre, je ne suis pas d'accord du tout avec

Québec solidaire qui semble nous indiquer aujourd'hui que le Fonds des générations, ce n'est pas important, lorsqu'on est la

troisième province la plus endettée au Canada, lorsqu'on a un fardeau fiscal plus élevé que la moyenne

canadienne, lorsqu'une hausse des taux d'intérêt de 1 % va nous coûter,

quoi, M. le Président, 2 milliards de dollars, puisqu'on a

200 milliards de dette nette.

Et, quant aux calculs de M. Vailles, bien,

la première chose, c'est qu'en comptabilité on ne met pas les actifs à la valeur marchande. Deuxièmement, on n'a pas

l'intention de vendre Hydro-Québec. J'espère que ce n'est pas ça que

vous avez imputé. Et troisièmement, son ordre de grandeur est intéressant, mais

ses calculs... on n'arrive pas du tout aux

mêmes chiffres que lui, mais je ne veux pas partir un débat avec un journaliste

qui fait du bon travail, puis qui fait ses analyses, puis qui a mis

quelque chose sur la place publique aujourd'hui qui est intéressant.

Le budget carbone, bien, il faut que j'en parle,

parce qu'on est le gouvernement qui est le plus transparent. On a un plan de mise en oeuvre. À chaque année, on

réévalue notre stratégie et on dit : On a une cible, voici ce qu'on fait,

voici ce qui va contribuer, voici comment on y va. Et il y aura une nouvelle

publication.

Bon, le 100 000 $, le 100 000 $,

ce n'est pas compliqué, c'est lié aux tables d'impôt du Québec. Alors, on a moins de 45 000 $, le taux, c'est

15 %, 45 000 $ à 90 000 $, c'est 20 %,

90 000 $ à 110 000 $, 24 %. Alors, si

on avait... on voulait avoir une mesure d'application plus générale,

bien sûr, on aurait pu s'arrêter à 90 000 $ et décliner jusqu'à 100 000 $,

par exemple. On aurait touché probablement 200 000 personnes de

moins. Alors, il n'y a pas tant de monde que ça en haut de 90 000 $,

là. Ça fait qu'on aurait eu 6,2 millions de personnes au lieu de 6,4 et on

aurait pu décliner plus vite, moins vite. À

un certain moment, il faut faire des choix. On a choisi 100 000 $, et, à 105 000 $, il n'y a plus de compensation. Et

c'est... simplement, on voulait une mesure d'application générale simple, 500 $

pour tous, à partir de 100 000 $, ça décline, à 105 000 $,

vous n'en avez plus.

Je veux revenir sur les vulnérabilités du Québec

et le travail qu'on fait. Alors, le Québec a une population qui est

vieillissante, un fardeau fiscal élevé, des infrastructures qui doivent être

améliorées, un niveau de dette élevé, une dépendance

au gouvernement fédéral pour la péréquation, une faible productivité et des

niveaux de diplomation qui doivent être améliorés.

Alors,

qu'est-ce que le gouvernement fait? Il investit massivement en enseignement

supérieur pour la persévérance, pour

l'accès, pour la diplomation. On investit... on a des mesures fiscales pour

stimuler l'investissement privé. On a de l'aide avec Investissement

Québec, du conseil, des interventions

monétaires. On a des... on investit dans nos infrastructures publiques,

M. le Président. Parce que pour avoir des investissements privés, ça prend des

infrastructures publiques de qualité. On

veut que nos écoles, nos universités, nos cégeps, nos CHSLD, nos hôpitaux

soient améliorés. Alors, on investit dans

les infrastructures publiques. Et on a tout un plan, dont 20 % est basé

sur l'offre de travail, 80 % sur la productivité pour fermer

l'écart de richesse avec l'Ontario, qui est passé de 16,4 % à 13,6 %.

Ça, c'est la prévision, 13,6 %, pour la fin de 2022. On veut, M. le

Président, que 23 % de la population canadienne représente 25 % de

son économie. On est ambitieux pour le Québec et on va continuer de l'être.

Président (M. Simard) : M. le ministre, merci à vous. M. le député de

Masson, vous disposez de cinq minutes.

M. Lemay : Merci.

Donc, j'aimerais aborder d'abord, dans ce bloc-ci, une mesure qu'on n'a pas

discutée encore aujourd'hui dans

l'interpellation, puis c'est une mesure concrète qu'on met en place qui va

régler... en fait, qui... il n'y a

pas d'incertitude du tout dans cette mesure, là, c'est qu'on veut... c'est même

mentionné, là, c'est 634 millions pour

favoriser l'accès à un logement de qualité et abordable. Donc, ça, M. le

Président, là, ça vient toucher directement la tranche de population que

la députée de Mercier faisait appel tout à l'heure. Alors, dans le logement

abordable, là, ces 634 millions de dollars vont permettre de compléter la

livraison de 3 500 unités de logement AccèsLogis partout au Québec. Ça va permettre de construire

1 000 nouvelles unités du Programme d'habitation abordable du Québec.

Ça va nous permettre d'améliorer et

de rénover le parc d'habitations à loyer modique. Ça va aussi nous permettre de

soutenir l'ensemble des Québécois via

les programmes de la SHQ, notamment le Programme d'adaptation de domicile,

Rénovation Québec et RénoRégion.

Donc, c'est

des mesures concrètes, M. le Président, là. C'est des mesures importantes qui

viennent en aide aux personnes dont

le revenu est plus limité. C'est une belle manière de leur offrir un peu plus

de sécurité, M. le Président, je tenais à le mentionner.

Et, au-delà de ces mesures, on a aussi fait des

sommes importantes, des investissements, là, majeurs dans le PQI à des niveaux

historiques pour relancer l'économie puis pour offrir aux citoyens des

infrastructures de qualité.

Là, ce qu'on parle ici, là, au Plan québécois

des infrastructures, là, c'est un rehaussement, là... Dans les quatre dernières années, là, on avait l'habitude

d'avoir un budget, là, de PQI pour les 10 prochaines années, de

100 milliards. Là, on est rendu

à 142,5 milliards, M. le Président. Et ça, c'est dû en grande

partie grâce

à la bonne gestion de nos finances publiques,

qui nous a permis d'allouer ces sommes importantes, faire des choix puis

d'aborder l'avenir avec confiance. Et là ça va nous permettre, ces

hausses-là, de poursuivre les nombreux projets d'infrastructure dans les

secteurs qui sont prioritaires, les secteurs en santé, en éducation et en

transport, notamment.

Et ça, lorsqu'on regarde ça, ici, là, par

rapport au précédent PQI, là, c'est une augmentation de 14,5 milliards de dollars, O.K., juste pour cette année-ci, là.

C'est ce que le ministre des Finances nous a annoncé, suite aussi au dépôt

de la ministre du Conseil du trésor. Mais bref, vous savez, lorsqu'on regarde,

là, les priorités, là, on a ici 2,8 milliards de dollars, là, dans... là, je vais juste parler de l'augmentation de

14,5 milliards, là. Sur ce 14,5 milliards là, il y a

2,8 milliards qui est pour la

reconstruction des CHSLD vétustes et les maisons des aînés ainsi que

l'agrandissement et le réaménagement d'hôpitaux. Des projets importants

pour toutes les régions.

Dans ma circonscription, je suis quand même

choyé, notre hôpital... on a une croissance démographique incroyable, mais on a

un agrandissement de l'hôpital, on a la construction d'une maison des aînés. Et

il y a aussi des reconstructions de CHSLD qui doivent avoir lieu un peu partout

dans la province.

On a

1,2 milliard de dollars pour la réalisation et la poursuite de projets

permettant l'ajout de classes dans plusieurs régions du Québec. Encore une fois, c'est important que nos jeunes

puissent avoir accès à des locaux vastes dans lesquels il y a une clarté et dans lesquels on peut

stimuler l'apprentissage autant pour les élèves que pour le personnel

enseignant. Donc, 1,2 milliard, ça se résume à quoi concrètement?

Ça se résume en des nouvelles écoles primaires, des nouvelles écoles secondaires, des nouveaux centres de formation

professionnelle, des nouveaux cégeps. Bref, c'est des agrandissements

partout en province qui pourront être complétés.

787 millions de dollars pour l'enseignement

supérieur. Ma collègue, tout à l'heure, en a parlé amplement, je n'y reviendrai

pas.

4,4 milliards

de dollars investis pour assurer le maintien en bon état du réseau routier

ainsi que son développement, parce qu'on sait, il y a eu des négligences dans

le passé, il y a plusieurs routes qui ont besoin d'être réaménagées,

reconstruites. Donc, on va y aller, mais on ne fait pas juste ça, parce que

c'est important aussi qu'on puisse y aller avec

la mobilité et l'électrification du

transport collectif, et c'est pour ça

qu'il y a 2,1 milliards de dollars qui y sont affectés, M. le

Président.

On a aussi 836 millions de dollars pour les

ressources informationnelles et 633 millions de dollars pour les

infrastructures de l'administration gouvernementale. On ajoute à cela

125 millions de dollars en culture. Vous savez, les Espaces bleus, on va en avoir un dans chacune des régions. Il y a

certains députés qui sont choyés et qui ont déjà des annonces à venir. Mais,

bref, tant mieux pour vous. On suivra ça dans les prochains mois et années,

même, pour savoir qu'est-ce qui se passe pour toutes les régions du

Québec.

Mais vous comprenez, M. le Président, c'est

concret, il y a plusieurs choses. Notre objectif, c'est d'être là pour la

progression de tout le Québec.

Président (M. Simard) : Merci à vous, cher collègue. Je cède la parole, pour

ce dernier bloc, au député de Robert-Baldwin.

M. Leitão : Un bloc de...

Le Président (M. Simard) : Une

minute, peut-être un peu moins.

M. Leitão : Une minute, quelle

générosité, M. le Président.

Le Président (M. Simard) : Peut-être

un peu moins.

M. Leitão : Alors,

on va y aller vite, parce qu'après ça on a la conclusion, bien sûr. Juste

aborder, dans ce très court bloc, un sujet dont on a beaucoup parlé dans

les dernières semaines, Hydro-Québec, les tarifs d'Hydro-Québec. Le gouvernement avait dit que, bon, la loi n° 34,

c'était la meilleure chose au monde et, regarde, si c'est 5 %, c'est

5 % en 2023, et c'est ça qui est ça.

Là, hier ou

avant-hier, le ministre de l'Énergie nous dit finalement : Non, non, non, on

va faire un autre... quelque chose de législatif et on va mettre un plafond,

là, à 3 %. Donc, 2023, ce sera 3 %. M. le Président, pourquoi

3 %? Pourquoi pas 2,5? Pourquoi pas 3,5? Ça, c'est vraiment de politiser

les tarifs d'Hydro. Ramenons tout ça à la régie, M. le Président, c'est la

meilleure façon.

Le Président

(M. Simard) : Merci, cher collègue. Merci à vous. Alors, nous

entamons le dernier bloc de cette interpellation. M. le ministre, vous disposez

de 10 minutes.

M. Girard

(Groulx) : Bien, je suis content que le député de Robert-Baldwin ait

eu une minute, parce que j'ai cru sentir qu'on allait avoir sa collaboration

pour adopter rapidement ce changement législatif et s'assurer que les tarifs

respectent la bande supérieure de hausse de l'inflation de la Banque du Canada,

puisqu'on a une cible à long terme de 2 %, un plancher de 1 % puis un

plafond de 3 %.

Bon, puisque les

oppositions ne me posent pas de questions sur les mesures du budget durant la

période de questions, je pensais revenir sur plusieurs mesures que j'aime dans

le budget, M. le Président, en conclusion, comme si on m'avait demandé :

Qu'est-ce qu'il y a dans votre budget, M. le ministre, puis je pouvais vous le

dire.

Alors,

rapidement, le logement; nous sommes arrivés au pouvoir, il y avait 15 000 unités de logements sociaux promises qui ne se réalisaient pas.

On a mis 950 millions, M. le Président, pour compléter ces unités. Le

logement social, c'est bien.

Malheureusement, une des caractéristiques du logement social est que les unités

ne sont pas développées rapidement parce que plusieurs parties prenantes

sont impliquées dans le processus. Nous avons donc amené un programme de

logement abordable avec le secteur privé pour créer 3 000 logements

rapidement.

santé, M. le Président, je ne m'attarderai pas trop parce que je vais laisser

le ministre de la Santé divulguer son plan, mais nous lui donnons les

moyens nécessaires pour accomplir son plan qui sera basé sur quatre fondations

du système de santé, M. le Président, avec bien sûr au centre le patient, les

ressources humaines, les technologies, les données, les infrastructures.

L'enseignement

supérieur et l'éducation, on n'a pas parlé de... Une des choses que la pandémie

nous a montrées, c'est que la persévérance

scolaire, la diplomation, les... il arrive que des étudiants ont besoin de

support externe, le tutorat. Nous avons pris la décision de rendre

permanent le programme de tutorat, M. le Président, 315 millions de

dollars pour aider nos jeunes.

Ensuite,

on le sait que tous les étudiants, notamment les garçons, ne sont pas attirés

par les études supérieures, les... je

cherche... les «liberal arts», les sciences, ils veulent la formation

professionnelle. Eh bien, M. le Président, j'adore cette mesure, 135 millions pour moderniser

les programmes de formation professionnelle. Et, bien sûr, il y a un

203 millions pour les ressources humaines dans le secteur de

l'éducation.

Au niveau de

l'enseignement supérieur, les étudiants nous le disent : L'accès aux

études supérieures, c'est important. C'est

pour ça qu'on bonifie l'aide financière aux étudiants de 342 millions. On

a déposé un plan main-d'oeuvre avec

six secteurs d'emploi où on veut plus de diplômés : santé et services

sociaux, éducation, services de garde, ingénierie, TI, construction.

M. le Président, ça va prendre des locaux, ça va prendre des

TI associées à ça; 350 millions pour ça, M. le Président.

J'arrive en

environnement. On a... le Québec s'est donné une cible ambitieuse, très

ambitieuse de réduction des gaz à effet de

serre de 37,5 % par rapport à 1990. Quelle est la caractéristique du

Québec depuis qu'on s'est donné cette

cible? On n'est pas proche de l'atteindre, M. le Président, on n'a pas fait le

travail. On a une responsabilité d'atteindre notre cible parce que là,

on va s'en aller en campagne électorale, puis tous les partis vont mettre des

nouvelles cibles, M. le Président. Est-ce

qu'on pourrait commencer par atteindre la cible extrêmement ambitieuse qu'on

s'est donnée en accord avec l'Accord de Paris, en accord avec l'accord

de Kyoto? Oui, M. le Président. Et mon collègue, le ministre de

l'Environnement, grâce au... les moyens que nous lui donnons,

7,6 milliards, va montrer qu'on se rapproche de la cible dans le plan de main-d'oeuvre 2022‑2027, et suivra le plan de main-d'oeuvre... le plan de mise en oeuvre, je reviens sur le plan de main-d'oeuvre, le plan de mise en oeuvre 2023‑2028.

Ensuite, il y aura le 2024‑2029, et on va y arriver, M. le Président, tous

ensemble, et on pourra être fiers.

Bon,

l'action communautaire, 1,1 milliard pour le plan d'action gouvernemental

en aide communautaire, 888 millions pour rehausser le financement à

la mission, M. le Président.

Ensuite, il y a de

l'argent pour la violence conjugale, il y a de l'argent pour les organismes

communautaires, familles, des causes... Il y a de l'argent pour les communautés

autochtones, l'argent qu'ils nous ont demandé, un programme pour les projets

sociaux, un programme pour le développement économique, 285 millions.

Et avant de

continuer, M. le Président, j'aimerais savoir : Est-ce que le temps que je

n'utiliserais pas serait perdu ou alloué à d'autres?

Le Président (M.

Simard) : Il sera perdu, cher ami.

M. Girard

(Groulx) : Alors, je n'ai donc pas... Je vais continuer. Je

vais utiliser le temps que j'ai besoin. Je veux vous parler d'économie,

1,3 milliard pour la stratégie québécoise de recherche et innovation,

auquel s'ajoutera 600 millions de capital. Ça, M. le

Président, on a besoin que nos universités travaillent avec nos entreprises,

que la recherche et l'innovation du Québec

se développent, que nos entreprises aient le réflexe de collaborer avec nos

chercheurs pour stimuler l'innovation, l'investissement des entreprises,

la productivité.

Et le développement

économique régional, M. le Président, je n'en ai pas parlé, 1,5 milliard.

Il y a de l'argent pour les forêts, la faune. Il y a de l'argent pour le

bioalimentaire. Mais qu'est-ce qu'on se fait demander? On a parlé de

consultations prébudgétaires. On s'est fait demander d'avoir des dessertes

accessibles, des fréquences relevées pour le transport aérien en région. Et qu'est-ce

que je vois, M. le Président? 255 millions précisément pour ça. Et on

connaît le ministre des Transports. C'est quelqu'un qui livre, c'est quelqu'un

qui prend son projet, qui va au bâton, qui livre. Et on le verra dans le

tramway, d'ailleurs, il va le livrer. Et là il va nous livrer un programme de

transport aérien régional tel qu'on se fait demander, M. le Président. Alors,

on peut être fier.

Alors, je finis avec

cette mesure sur le coût de la vie. Alors, l'invasion de l'Ukraine par la

Russie a fait exploser les coûts d'essence. Et l'essence, ça se répercute où?

Dans le transport, M. le Président. Alors, les prix de l'énergie ont augmenté

de 50 %. Les prix de l'alimentation ont augmenté de 7 %, les prix des

vêtements de 5 %, le logement de 5 %. Qu'est-ce que c'est, ça, M. le

Président? On appelle ça la mesure de Statistique Canada, la mesure du panier

de consommation, la consommation de base, qui est estimée pour un individu, en

2022, à 22 000 $. Et nous, on a

arrondi, M. le Président, à 25 000 $. Le régime fiscal est indexé de 2,6 % en

vertu des règles que nous nous sommes données entre le 30 septembre

et... le 30 septembre 2020 et 2021. On a une indexation de 2,6 %. Ça

veut dire que les allocations familles sont

augmentées, les seuils d'impôt sont augmentés, les allocations de travailleurs

sont augmentées. Mais 2,6 %

d'indexation, lorsque l'inflation est à 4,7 %, ce n'est pas suffisant.

D'où la nécessité de compenser le

différentiel, le 2 % sur un panier de consommation de base, parce que tous

les citoyens ont ce panier de consommation de base.

On ne parle pas du

superflu, M. le Président, on parle de l'épicerie, du logement, du transport,

des vêtements. Compensation de 2 % sur

un panier de consommation de 25 000 $, 500 $,

c'est ce que nous donnons à 6,4 millions des Québécois, parce que nous

sommes le fiduciaire des finances publiques, l'argent leur appartient, et c'est

maintenant qu'il y a de l'inflation, c'est maintenant que c'est cher à

l'épicerie, c'est maintenant que l'essence est chère, d'où la compensation de 500 $ livrée en vertu...

Vous êtes un citoyen, vous assumez vos obligations fiscales, vous remplissez

votre déclaration de revenus 2021, et Revenu Québec va s'occuper

d'ajuster votre solde ou votre remboursement d'un 500 $ qui va vous

aider avec votre consommation de panier de base, M. le Président.

Le Président (M.

Simard) : Alors, merci à vous, M. le ministre. Et nous allons

conclure, j'allais dire cette conclusion, sans pléonasme. M. le député de

Robert-Baldwin, vous disposez de 10 minutes.

M. Leitão : Merci,

M. le Président. Donc, je conclus avec la conclusion. Et je commence la

conclusion, justement, là où M. le ministre a fini et où nous avions commencé.

Enfin, depuis mardi, depuis le budget, la chose dont on parle le plus des deux

côtés de la Chambre ainsi que tous les commentateurs, c'est la mesure du coût

de la vie, les 500 $ aux citoyens. Nous maintenons toujours que cette

mesure est mal ciblée, que le gouvernement a décidé d'y aller avec

3,2 milliards de dollars, un montant substantiel. On ne le questionne pas,

ce montant-là, mais on l'aurait ciblé, on l'aurait ciblé beaucoup plus, parce

qu'il y en a, des personnes, des familles à bas revenus pour qui 500 $...

ils vont certainement le prendre, ça va être utile, mais ça aurait été beaucoup

plus avantageux, pour ces familles-là, d'avoir plus que ça et beaucoup plus que

ça, surtout les familles qui... à 20 000 $, 30 000 $ de

revenu familial, 40 000 $, les aînés à revenu fixe, etc. Donc,

3,2 milliards, c'est très bien, mais on aurait dû mieux le cibler.

Mais là, M. le

Président, dans la conclusion, je vais vous parler quand même de deux sujets

dont on n'a pas eu le temps de parler, parce que, vous savez, on gère les blocs

de temps de façon dynamique, ça veut dire que je sors de mon script, mais c'est important de le mentionner, c'est-à-dire le

climat et l'accès à la propriété. C'étaient deux choses dont je voulais

parler avant, mais que je n'ai pas... je n'ai pas eu, pour toutes sortes de

raisons.

Alors, M. le

Président, parlons de changements climatiques, parlons de climat, parlons du

Plan pour une économie verte, le PEV. M. le ministre ainsi que son collègue le

ministre de l'Environnement et plusieurs collègues, aujourd'hui même, sont

revenus avec les 7,6 milliards de dollars que le budget nous mentionne

pour... en parlant du plan vert, du Plan pour une économie verte.

Juste

deux commentaires à cet égard-là, M. le Président, tout d'abord, de ces

7,6 milliards de dollars, il y a à peu près 6 milliards de dollars

qui proviennent du Fonds vert, bon, ça a un autre nom maintenant, c'est le

Fonds d'électrification, et autre chose, là, mais donc, ce sont des montants là

qui ne sortent pas nécessairement du... bien, ne sortent pas du tout du budget du gouvernement. Ça, c'est l'argent qui vient de la bourse du

carbone, l'argent qui vient du système d'échange et

plafonnement des crédits et qui doit être utilisé dans la lutte aux changements

climatiques. Donc, le gouvernement... ce n'est pas que le gouvernement est très

généreux et décide de le faire, il n'a pas le choix, il doit utiliser ces

montants-là à cet effet-là. Donc, ça, c'est la première chose qui est importante

à dire.

La deuxième chose,

c'est, O.K., bon, très bien, un montant substantiel, 7,6 milliards de

dollars, 1 milliard de plus que dans la version précédente et

1 milliard de plus qui provient, justement, de cette très bonne

performance du marché du carbone, mais

comment on va l'utiliser, c'est ça, la question, comment, on va dire, pour

est-ce qu'on va le faire?

Le ministre nous dit, et ce n'est pas la

première fois, et ça semble être vraiment une façon d'opérer de ce

gouvernement, que, pour tous ces détails-là, que ce soit en santé, dans

d'autres domaines, en environnement, bon, le ministre

sectoriel, le ministre responsable de ce secteur annoncera les détails du plan

la semaine prochaine, le mois prochain, on

ne sait pas trop quand, et donc vous connaîtrez les détails à ce moment-là.

Moi, je pense, c'est une occasion ratée,

ces détails-là auraient dû être dans le budget. Je pense qu'on aurait dû... on

aurait tous gagné à avoir beaucoup plus d'informations à cet égard-là.

Mais revenons donc au fameux plan. En discutant

avec le ministre de l'Environnement, on s'est aussi mis d'accord sur le fait

que 45 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec proviennent du

secteur du transport, en grande

partie les

voitures, les voitures des particuliers, et qu'il y a à peu près, on arrondit

les chiffres, M. le Président, 4 millions de voitures sur la route,

à peu près 150 000 voitures électriques. Alors, si, l'objectif, c'est

d'électrifier les transports, bien là, ça va

prendre des mesures très, très, très costaudes pour que ces 4 millions de

voitures thermiques se transforment en quelques années en voitures

électriques. Je n'ai rien vu, jusqu'à maintenant, là, en termes de mesures qui

pourraient nous amener à ce point-là.

D'ailleurs,

dans le budget, une des choses qui a été annoncée, c'est justement la

subvention à l'achat de voitures électriques, de Roulez vert, diminue de

1 000 $, bien là, on va dans la mauvaise direction. Mais, je pense, il

faut aller au-delà de ça. Ça veut dire, ce

n'est que la logique la plus simple, 4 millions de voitures thermiques, on

veut avoir des voitures électriques, comment est-ce qu'on va y arriver,

là? Il nous faut des mesures très, très concrètes et très, très costaudes, ça

se fait ailleurs, dans d'autres juridictions, pour accélérer cette transition.

Parce que ce qu'on doit faire, étant donné

l'urgence climatique, c'est accélérer la transition. Et, au Québec, un des

secteurs où cette transition-là démarre, mais encore de façon très

lente, c'est dans le transport, c'est les voitures. Le Québec aussi, ce n'est

pas petit, on a une très grande géographie,

donc il faut bien réfléchir à ça, mais il faut le faire, et, jusqu'à

maintenant, je n'ai pas vraiment vu de très grandes choses.

L'autre...

dans le document du budget, la

section de l'environnement, on parle aussi

d'hydrogène, hydrogène vert, et on nous parle... on est très fier de mettre

100 millions de dollars sur quatre ans. Pour cette année, là, c'est 13 millions,

13 millions, c'est impressionnant, on

va vraiment créer toute une filière d'hydrogène avec 13 millions. Ces

13 millions là vont être extrêmement efficaces. Je blague un peu,

M. le Président, mais l'enjeu est sérieux. Nous pensons, nous, de notre côté, et je suis sûr que de l'autre côté

aussi, que l'hydrogène, l'hydrogène vert est vraiment une avenue, une source

d'énergie renouvelable extrêmement intéressante et utile. Et le Québec peut

vraiment se distancer, se démarquer de ses voisins, de ses compétiteurs en

exploitant cette filière-là de façon efficace.

Nous, on a déjà mentionné qu'à terme, là, sur

une base de 20 ans, nous, on voit plutôt des investissements de

100 milliards, pas 100 millions, 100 milliards de dollars. C'est

beaucoup de sous, bien sûr, mais il faut le faire. Il faut le faire parce que, non seulement on va contribuer

à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais ça va créer toute

une nouvelle économie au Québec dont on a besoin pour être prospère à l'avenir,

pour qu'on puisse avoir les revenus nécessaires pour payer nos services

publics.

Finalement, M. le Président, l'accès à la

propriété. Je ne parle pas ici de logement social, ça, c'est important, le

logement abordable, c'est important, c'est une chose, on en parlera beaucoup.

Moi, je parle carrément d'accès à la propriété

pour la nouvelle génération, comme je l'ai déjà mentionné ici, la génération de

mes enfants pour qui s'acheter une maison ou un condo aujourd'hui

devient un rêve impossible à y arriver.

Je vous donne

un exemple très, très, très clair, bon, c'est toujours un peu hasardeux de

personnaliser les choses, mais ma

première maison, M. le Président, dans le beau comté de Robert-Baldwin, dans la

ville de Dollard-des-Ormeaux, j'avais acheté une maison, en 1982, qui

avait coûté 62 500 $, M. le Président, 62 500 $. C'était

une belle... très belle maison, on était

très contents. Il fallait que ce soit 62 500 $, pas 63 000 $ parce qu'on n'aurait pas pu, 62 500 $. Aujourd'hui, M. le Président, si ma fille, par exemple,

voudrait acheter cette même maison dans ce même quartier, c'est un très gentil

quartier, ce serait plutôt dans les 700 000 $; inabordable, elle ne

peut pas, ça ne peut pas arriver.

Donc, le rêve de l'accès à la propriété devient

de plus en plus distant, de plus en plus éloigné pour toute une génération de

Québécois, M. le Président, et ça, ça, c'est important. Et je pense que l'État

a un rôle à jouer. Je pense que les

politiques publiques ont un rôle à jouer. Ce n'est pas qu'on va envoyer des

chèques à tout le monde, ce n'est pas ça, là, mais on a des... l'État

peut agir sur ce domaine-là, l'État peut créer les conditions où on peut

augmenter l'offre sur le marché, M. le Président. Ça ne règle pas la question

dans six mois, ce n'est pas ça, et ma fille ne s'attend pas à avoir une solution dans six mois, mais elle

aspire, au moins, à pouvoir acheter une maison dans quelques années. Il faut

travailler sur l'offre, il faut que le

gouvernement s'implique, parce que ça donne des résultats. Merci, M. le

Président.

Le Président (M. Simard) : Bien,

merci à vous, M. le député de Robert-Baldwin. Merci à tous pour votre précieuse

collaboration.

Et, compte tenu de l'heure et puisque notre

commission vient d'accomplir son mandat, nous allons ajourner nos travaux

jusqu'au mardi 29 mars. Alors, bon week-end à toutes et à tous.

(Fin de la séance à 12 h 02)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCFP 2022-03-25
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cfp-42-2 journal-debats CFP-220325
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier23f6252358e03b41056fafb3ffbed0cc818420ed

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