House Proceedings — 22 March 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-03-22
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante et une
minutes)
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, veuillez prendre place. On vous souhaite un bon mardi.
Nous allons
procéder à la rubrique Déclarations
de députés, et je suis prêt à entendre la première déclaration, et ce
sera celle de Mme la députée de Richmond. Mme la députée de Richmond, à vous la
parole.
Vallières :
Merci beaucoup, M. le Président. Vous savez, il n'y a pas que moi qui ai gagné
un an la semaine dernière, c'est
aussi le Regroupement des popotes roulantes qui a soufflé une chandelle de plus
la semaine dernière, qui, lui,
célèbre son 50e anniversaire d'existence. Les 150 organismes membres
du Regroupement des popotes, chaque semaine, sillonnent les rues de l'ensemble de la province pour offrir des repas
chauds livrés à près de 30 000 personnes, que ce soit pour un
besoin permanent ou encore ponctuel de soutien à leur alimentation.
Aujourd'hui,
chers collègues de l'Assemblée nationale, joignez votre voix à la mienne pour
remercier tous les bénévoles qui,
depuis 50 ans, mettent de la joie dans le bedon, mais dans... de bonheur
dans le coeur également de tous ceux qui reçoivent le service, mais
aussi les nombreux sourires.
Un salut
particulier, évidemment, aux organismes bénévoles du comté de Richmond, des
popotes roulantes des MRC des Sources, du Val-Saint-François ainsi que
de l'arrondissement Rock Forest—Saint-Élie—Deauville.
Merci énormément à tous.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Vachon pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, Mme la députée.
Mme Ouellet : Oui, merci, M. le
Président. Hier, le 21 mars, avait lieu la cinquième Journée mondiale de la
trisomie 21 sous la thématique Mes amis,
ma communauté — Les
bénéfices d'un environnement inclusif pour les enfants d'aujourd'hui et les adultes de demain.
Dans le cadre de cette Journée mondiale de la trisomie 21, lors du
lancement de l'exposition
photographique Visages de lumière à mon bureau à Saint-Hubert — et voyez comme c'est magnifique, les photos de l'exposition Visages de lumière — j'ai remis la Médaille de l'Assemblée
nationale à M. Sylvain Fortin, président fondateur de la Société
québécoise de la trisomie 21. Depuis déjà 15 ans, il a été l'artisan
de plusieurs campagnes de sensibilisation à
l'égard des gens vivant avec la trisomie 21. Que ce soit par une tournée
du Québec à vélo, par des contes, des
chansons, un parc et par la magnifique exposition Visages de lumière ,
M. Fortin a fortement contribué à abattre les nombreux préjugés à l'égard des personnes vivant
avec la trisomie 21 et à les faire connaître à travers leur merveilleuse
force qui consiste à aimer inconditionnellement et à vivre sans préjugé envers
les autres. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie... Puis on vous souhaite la bienvenue. On vous remercie, Mme
la députée de Vachon,
pour votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Maskinongé pour sa déclaration d'aujourd'hui.
À vous, M. le député.
Plante : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, aujourd'hui, c'est à
titre d'adjoint parlementaire du ministre du
Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements
climatiques que je prends la parole afin de souligner la 23e Journée mondiale de l'eau, l'édition 2016
de la Journée mondiale de l'eau instituée par les Nations unies, L'eau et l'emploi . Ce thème vient
souligner qu'il n'y a pas d'emploi sans eau, puisque les trois quarts de la
totalité de la main-d'oeuvre mondiale
dépendent de l'eau. Les secteurs de l'agriculture, de la pêche, de la sylviculture à eux seuls emploient quasiment 1 milliard de personnes.
De son extraction jusqu'à son retour dans la nature, en passant par
différents usages, l'eau est un facteur clé dans la création d'emplois.
Nous
qui avons accès à l'eau de façon privilégiée, profitons donc de cette occasion
afin d'intégrer quotidiennement
des actions concrètes visant à protéger
cette ressource. Nous avons le devoir de garantir la pérennité en luttant
ensemble contre les changements climatiques afin d'assurer une qualité
de vie à nos enfants. Ensemble, faisons-le pour eux.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Vanier-Les Rivières
pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
Huot : Merci, M. le Président. Je prends la parole aujourd'hui pour féliciter Mme Marie-Claude Gagnon, qui est la lauréate
du prix Fernand-Dufour Jeune bénévole, prix de la circonscription de Vanier-Les Rivières.
Le prix
Fernand-Dufour, c'est un prix que j'ai créé en 2011, et il est remis annuellement au bénévole de l'année de la circonscription. Et, pour la première fois cette année, nous avons ajouté une
catégorie, soit celle de la relève pour le jeune bénévole de l'année.
Marie-Claude
Gagnon est une étudiante au doctorat en chimie à l'Université Laval. Non seulement prend-elle le temps d'être
bénévole dans des événements ponctuels, tels Expo-Sciences ou Les
24 heures de la chimie, mais elle est aussi présidente du programme
Vrais copains, un programme visant à promouvoir l'amitié entre les étudiants et
des personnes ayant une incapacité
intellectuelle. Elle-même marraine depuis quatre ans avec une personne de plus
de 60 ans, elle a amené le programme
à un autre niveau en facilitant une quarantaine de jumelages entre étudiants et
bénéficiaires.
J'ai remis ce
prix à Mme Gagnon lors de l'activité des jeunes, des bénévoles, il y a
un mois, lors d'une soirée qui a rassemblé dans Vanier plus de
300 personnes liées à quelque 70 organismes communautaires. Félicitations,
donc, à Marie-Claude Gagnon, une jeune personnalité d'exception et une
inspiration pour tous! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, M. le
député, de votre déclaration. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Saint-Jean pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, M.
le député.
Turcotte : Merci,
M. le Président. Le Corps de cadets
2595 Saint-Jean célèbre cette année son 60e anniversaire de fondation, un anniversaire qui souligne toute
la vivacité et l'engagement de cette unité, la plus importante de la Montérégie,
qui implique annuellement plus d'une centaine de jeunes de 12 à 18 ans.
Ayant vu le
jour en 1956 à Saint-Jean-sur-Richelieu, le Corps de cadets 2595 Saint-Jean
a contribué depuis 60 ans à offrir à plus de 3 000 jeunes
des activités et des défis stimulants, tout en leur prodiguant des notions de
discipline, d'engagement envers leur communauté.
Je tenais
ainsi à rendre hommage et à féliciter tous celles et ceux qui ont contribué au
succès et à la pérennité de cette
unité qui ne cesse de viser l'excellence. Je désire également saluer le major
Latendresse, qui est avec nous ici, dans les tribunes, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, ainsi que tous ceux
et celles qui l'accompagnent. Je veux leur souhaiter un bon 60e anniversaire et vous remercier
pour le dévouement, chaque jour, que vous faites auprès de nos jeunes. Merci à
vous.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, M. le député de Saint-Jean, de votre déclaration.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Hull pour sa déclaration
d'aujourd'hui.
Gaudreault : Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais souligner la
tenue de la 18e édition du Festival du film de l'Outaouais ainsi
que de la quatrième édition du Festival international du court-métrage en
Outaouais qui se déroule du 17 au
24 mars prochains sous la présidence d'honneur de Mme Renée-Claude
Brazeau, native de la région de l'Outaouais et auteure de la très
populaire télésérie La Galère.
Le Festival du film de l'Outaouais, c'est
148 longs métrages et une soixantaine de courts métrages en provenance
de 26 pays, qui sont projetés dans quatre centres de diffusion. Le
Festival du film de l'Outaouais offre également des projections destinées à un jeune public, des productions étudiantes
ainsi que des projections gratuites de documentaires qui font le bonheur
des cinéphiles.
Toutes mes
félicitations aux nombreux producteurs, acteurs, diffuseurs, bénévoles,
partenaires et organisateurs, sans
qui ce festival ne serait possible. Et surtout, M. le Président, je souhaite un
très bon festival aux nombreuses personnes qui, comme moi, sont des
amoureux du septième art. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Hull. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé pour sa déclaration
d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous la parole.
Mme de
Santis : Merci, M. le Président. J'ai eu le privilège de rencontrer
samedi Mme Marjorie Théodore, P.D.G. de Vues
et voix, auparavant connu sous le nom de Magnétothèque, qui a été
constitué en organisme à but non
lucratif il y a 40 ans, en 1976. Plus de 750 livres
audio sont produits chaque année grâce aux 375 bénévoles qui prêtent,
semaine après semaine, leur vue et leur voix pour que des personnes
ayant une limitation visuelle, motrice ou d'apprentissage puissent s'informer et se divertir. Vues et voix,
c'est aussi Canal M, la radio numérique où animateurs, chroniqueurs et bénévoles se relaient 24 heures sur 24 pour
offrir une programmation des plus variées. En tout, 10 000 abonnés à la grandeur du
Québec profitent du travail exceptionnel de Vues et voix.
félicite et remercie du fond du coeur Mme Théodore, son équipe, tous les
bénévoles et surtout Mme Diane Pilotte qui s'y dévoue depuis
36 ans. Longue vie à Vues et voix! Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme la députée, pour
votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Louis-Hébert pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
Hamad : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je désire
prendre un moment pour féliciter le propriétaire d'IGA des Sources de Cap-Rouge, M. Alain Gagné, qui est
avec nous ce matin. En janvier 2016, la revue Canadian Grocer a
inscrit IGA des Sources de Cap-Rouge parmi la liste des 25 supermarchés à
aller visiter à travers le monde avant de mourir.
Seulement trois établissements canadiens se retrouvent parmi cette prestigieuse
liste, dont un seul au Québec, dans le comté de Louis-Hébert.
C'est
à travers son histoire et sa philosophie de gestion qu'on découvre les raisons
de succès d'IGA des Sources. Dans la
gestion des opérations de son entreprise, il est prioritaire pour M. Gagné de
s'entourer d'une équipe dynamique, compétente,
professionnelle et soucieuse de la qualité de service à la clientèle. Près de
1 000 membres du personnel font
partie de la grande famille d'IGA des
Sources. M. Gagné et son équipe cherchent toujours de nouveaux moyens pour
améliorer l'expérience client. Ce désir
d'innover assurera un développement croissant de l'entreprise au cours des
prochaines années.
En terminant, M. le
Président, c'est avec fierté que j'ai remis cet après-midi à M. Alain Gagné la
Médaille de l'Assemblée nationale. Merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le député. On vous souhaite la
bienvenue, M. Gagné, à l'Assemblée
nationale. Alors, bienvenue d'être des nôtres. Je cède la parole maintenant à
M. le député de Terrebonne pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le
député de Terrebonne, à vous la parole.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. Il n'y a pas de
meilleure occasion que la Journée mondiale de l'eau pour célébrer nos
dizaines de milliers de rivières, nos 3 millions de plans d'eau et notre
majestueux fleuve Saint-Laurent. Avec ses 3 % en réserves d'eau potable renouvelable de
la planète, le Québec possède une richesse inestimable.
Cette
richesse, que l'on veut collective, doit être protégée avec le plus grand soin,
et, à cet égard, M. le Président, je
suis heureux de constater l'engagement de plusieurs groupes citoyens dans la
mise en valeur et la protection de notre eau. C'est le cas notamment du Regroupement d'organismes de bassins
versants du Québec, que je salue pour son travail acharné vers une
valorisation intelligente de notre richesse.
Au Parti québécois, M. le Président, nous sommes
déterminés à assurer une gestion responsable de l'eau qui tient compte de l'équité sociale et du respect de
l'environnement. Nous croyons qu'il faut déployer tous les moyens nécessaires
pour y arriver, et ça passe assurément par un meilleur financement des
organismes qui oeuvrent dans ce domaine. La protection
de notre eau et de nos écosystèmes aquatiques doit demeurer une priorité, et
quoi de mieux que le 22 mars, Journée mondiale de l'eau, pour se le
rappeler, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député de Terrebonne, de
votre déclaration. Et cette dernière déclaration met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Nous allons suspendre
les travaux pour quelques instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 13 h 52)
Président : Mmes, MM. les députés, vous comprendrez,
évidemment, que, compte tenu des événements de ce matin, nos pensées iront vers nos amis belges, et je peux vous dire
que, malgré les difficultés de communication avec la Belgique, tôt ce matin, j'ai réussi à rejoindre
nos collègues, mes homonymes des Parlements belge et wallon, et j'ai pu,
en votre nom, leur offrir toutes nos
condoléances pour cet événement absolument catastrophique qui leur est tombé
dessus ce matin à l'aube. Et évidemment,
comme vous avez vu, à la demande du premier ministre et moi-même, nous avons
fait placer le drapeau en berne, le drapeau du Québec en berne et aussi
le drapeau de la Belgique.
Alors,
mesdames messieurs, je pense que nous aurons certainement une pensée tout à
fait spéciale pour toutes les victimes,
et surtout leurs parents et amis, et tous les amis de la Belgique ce matin
pendant notre période de recueillement.
Merci.
Assez curieusement, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans nos
tribunes, du ministre du Budget, de la Fonction publique et de la
Simplification administrative du gouvernement de la Wallonie,
M. Christophe Lacroix.
Président : M. le
ministre Lacroix est accompagné du délégué Wallonie-Bruxelles à Québec,
M. Benoît Rutten.
Messieurs, en ce jour
tragique, vous avez vite compris que toutes les pensées de l'Assemblée
nationale vont certainement vers le peuple belge.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation
de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Justice.
Vallée : Alors, M. le Président, il me fait plaisir de déposer
le plan stratégique 2015‑2020 du ministère de la Justice du Québec.
Le Président :
Alors, le document est déposé. M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, je dépose, au nom de ma collègue, une entente relative à la
mise en oeuvre du Plan Nord à l'horizon 2035, plan d'action 2015‑2020 du
gouvernement du Québec entre le ministère de l'Économie, de la Science et de
l'Innovation et la Société du Plan Nord.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Merci, M. le Président. Je dépose aujourd'hui l'entente relative à la mise en
oeuvre du Plan Nord à l'horizon 2035,
plan d'action 2015‑2020 du gouvernement du Québec entre le ministère de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur et de la Société du Plan
Nord.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le ministre des Transports.
M. Daoust : M. le Président, je
dépose aujourd'hui une entente relative à la mise en oeuvre du Plan Nord à
l'horizon 2035, plan d'action 2015‑2020 du gouvernement du Québec entre le
ministère du Transport, de la Mobilité durable et de l'Électrification des
transports et la Société du Plan Nord.
Président : Ces documents sont déposés. M. le ministre de
l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M.
le Président. Je dépose le plan
stratégique 2015‑2018 du ministère
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Le Président :
Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du
gouvernement aux pétitions présentées par le député de Rimouski le 18
février 2016 et par la députée de Vachon le 24 février 2016.
Le Président :
Ce dossier est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni dépôt de pétitions.
Alors, évidemment, il
n'y a pas de réponses orales non plus aux pétitions ni d'interventions portant
sur une question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales. Je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Alors, le Québec avait besoin d'un
budget économique pour combler l'effet de
l'inaction du gouvernement durant les deux dernières années. Comme d'habitude,
nous avons eu droit à un budget de saupoudrage, sans vision, dont plus
personne ne parlait le lendemain. Le résultat est d'ailleurs inscrit en toutes
lettres et en tous chiffres : le gouvernement prévoit que l'effet du
budget sur l'investissement des entreprises privées, M. le Président — écoutez-moi bien — est de 0 %. Le budget prévoit même un
recul de la création d'emplois, M. le Président. Ça ne s'invente pas,
c'est écrit ici, à la page C.26 du budget.
premier ministre pourrait être tenté, comme il le fait souvent, de plaider un
manque de moyens, un manque de moyens
qui expliquerait sans doute aussi le plus faible investissement en santé depuis
les 15 dernières années. Sauf que nous apprenions, au lendemain du
budget, que le problème est plutôt que l'argent est allé à la même place que d'habitude avec le gouvernement libéral,
c'est-à-dire dans la poche des médecins : 368 millions,
368 millions de dollars d'augmentation
de salaire pour les médecins. C'est plus que les sommes prévues pour le
développement des services en santé, en éducation, et plus que ce que
partageront tous les autres contribuables mis ensemble.
Alors,
ma question est simple, M. le Président : Est-ce que le premier ministre
peut nous dire, dans ce contexte, si le portefeuille des médecins...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, il y avait plusieurs éléments dans la question
de mon collègue, mais, bien sûr, il
commence par nous parler du budget. Et je lui rappellerais amicalement que la
raison qui nous a amenés à faire ces efforts
de retour à l'équilibre budgétaire, elle s'appelle 7,3 milliards, c'est
l'impasse budgétaire que nous avons dû récupérer, rattraper sur une période assez courte tout en
signant des ententes avec les municipalités, avec la fonction publique, tout
en développant des initiatives économiques en même temps.
Maintenant,
son jugement global sur le budget, on n'en est pas vraiment surpris, mais
heureusement les agents économiques, les agences de notation, les
investisseurs ont une opinion totalement différente. À preuve, l'opinion de Bloomberg Business , et je vais le dire en anglais, si vous me le
permettez : «Québec is emerging as one of Canada's fiscal stars after delivering on a promise to avoid a
deficit for the second year», etc. Alors, ce que ça dit, pour ceux qui ont eu
de la difficulté, de l'autre côté, à
comprendre, c'est que le Québec est maintenant une des étoiles fiscales, M. le
Président, au Canada...
Le Président :
...s'il vous plaît! Alain! Alain!
Couillard : On a tous
entendu les remarques mesquines au moment où j'ai prononcé quelques mots en
anglais, M. le Président.
Maintenant, ceci dit, ceci dit, le budget de la
santé augmente de façon considérable. Sauf erreur, c'est plus de 33 milliards
de dollars maintenant qui sont consacrés à l'enveloppe de la santé et des
services sociaux, qui nous permettront, oui,
de nous acquitter de nos engagements, mais également de développer les
services, notamment pour les personnes
âgées, en santé mentale et pour les services de première ligne. Il y aura lieu
de faire mieux et de continuer notre progrès,
mais je voudrais quand même qu'on salue collectivement cette grande réussite,
d'avoir réussi à rétablir l'équilibre avec une impasse aussi
considérable dans une période de croissance économique plus faible que ce qu'on
a connu...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...en signant de
nombreuses ententes, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. 164 millions en éducation, page A.39; 88 millions en santé, page A.42; 32 millions pour tous les autres contribuables, page B.22; 368 millions pour les médecins, 284 millions pour le reste des Québécois. L'enveloppe
de rémunération des médecins avait déjà augmenté de 134 % sous les
libéraux.
Alors, la
question au premier ministre est simple : Comment choisit-il ses
priorités? Il semble que ce soient les agences de notation qui
dirigent...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, je sais
que ce n'est pas important pour le Parti québécois, les agences de notation.
D'ailleurs, chaque décote a été
l'oeuvre du Parti québécois au cours des dernières années, et il faut savoir
que, lorsque le jugement de ces
agences n'est pas favorable pour le Québec, ça augmente nos coûts d'emprunt, ça
augmente nos coûts qu'on paie aux
banquiers, puis c'est moins d'argent dans nos écoles et dans nos hôpitaux.
C'est ça, la relation directe entre la question des agences de crédit ou
de la cote de crédit du Québec et les finances publiques du Québec.
Maintenant,
oui, effectivement, M. le Président, il faut s'acquitter des ententes qu'on
connaît tous, incluant les clauses
remorques. Ça fait
partie de toutes les ententes de la fonction publique au
cours des dernières années. Il n'y a pas si longtemps, sur un autre sujet, on
m'a demandé de respecter la signature de l'État, c'est ce que nous faisons, ce
qui nous permet également, M. le Président, de développer des
services en santé et en éducation où, je rappelle, il y a un effort
important...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...qu'on va maintenir
pour les trois prochaines années.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, le ministre des Finances nie l'existence d'un déséquilibre
fiscal. Pourtant, dans son budget, il
demande des milliards de transferts de plus d'Ottawa. Pourtant, il a été
coauteur et a voté en faveur d'une motion dont le libellé était :
«Que l'Assemblée nationale réitère l'existence [d'un] déséquilibre fiscal...»
Alors, M. le
Président, avec un ministre qui y croit un jour sur deux, avec un ministre qui
se place en position de faiblesse dès le départ, comment croire que le
Québec obtiendra ce qui lui est dû?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : Alors, M. le Président, je suggérerai au collègue un petit
peu de patience, un petit peu. Dans quelques heures, il y aura un budget fédéral. Je pense qu'on va avoir une partie,
une
partie de la réponse à cette question, une partie.
C'est clair, on l'a toujours dit, et le collègue
l'a mentionné avec à-propos, que les moyens, les grands moyens financiers se trouvent à Ottawa, et les besoins,
dépenses publiques pour les citoyens, surtout éducation et santé, se trouvent
dans les provinces. Ça, nous le savons tous,
il n'y a aucune ambiguïté là-dessus. Ce que nous avons dit et ce que nous
redisons, c'est qu'avec un budget fédéral qui s'en vient et qui sera
probablement en déficit...
Le Président : En terminant.
M. Leitão :
...probablement en déficit, cette question commence à être adressée, M. le
Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, le Québec
envoie 53 milliards à Ottawa, et avec notre argent le fédéral
fait construire des bateaux à
Vancouver et à Halifax, il subventionne
les pétrolières de l'Ouest, il subventionne l'automobile ontarienne et il ne fait rien pour notre économie. M. le
Président, moi, je connais un excellent moyen pour récupérer nos
53 milliards, et ça s'appelle l'indépendance.
Mais le
ministre des Finances, là, lui, là, lui qui est en adoration devant le régime
fédéral, peut-il nous dire ce qu'il entend récupérer? Combien il va
récupérer de tous ces milliards qu'il réclame dans la
section F de son
budget?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : En effet, M. le Président, les derniers chiffres que nous
avons, c'est pour l'année 2014. Ce n'est pas 50 milliards, c'est 47 milliards que les contribuables
québécois envoient à Ottawa. C'est vrai, les contribuables québécois envoient 47 milliards à Ottawa en 2014. En
retour, M. le Président, le gouvernement fédéral, en 2014, a dépensé au Québec...
a envoyé au Québec 61,3 milliards de
dollars, M. le Président, donc il y a une différence de 13,3 milliards.
Comment est-ce qu'il réglerait cette
question-là dans un éventuel Québec indépendant? Où irez-vous chercher les
13,3 milliards, M. le Président?
Le Président : Principale,
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Après plus de quatre ans d'enquête de l'UPAC et d'analyse des procureurs, nous
avons vu jeudi dernier les enquêtes Joug et Lierre aboutir avec
l'arrestation de sept personnes, dont l'ex-vice-première ministre Nathalie
Normandeau, pour complot, corruption, fraude et abus de confiance. Dans la
foulée, M. Lafrenière indiquait que
plus de 40 autres enquêtes sont en marche présentement à l'UPAC, et c'est
sans compter les mégaprocès en cours.
Au même
moment, croyez-le ou non, M. le Président, nous apprenions que le budget du
Directeur des poursuites criminelles
et pénales est coupé de 5 millions, coupé pour une deuxième année
consécutive. Quand on prétend vouloir lutter
contre la corruption, il me semble que la première chose qu'on fait, c'est de
ne pas couper contre ceux qui luttent contre la corruption, c'est de ne
pas les couper et de les affaiblir.
Est-ce que la
ministre de la Justice va finalement défendre la justice au Québec et s'engager
aujourd'hui même à annuler ces coupes indécentes de 5 millions?
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée : M. le Président,
je pense que les propos de la collègue sont légèrement exagérés lorsqu'on considère ce qui a été fait il y a moins d'une
semaine ici, à cette Assemblée, le signal fort qui a été lancé aux procureurs
des poursuites criminelles et pénales, à
l'ensemble de ceux et celles qui justement travaillent fort au quotidien pour
mener à terme des dossiers d'importance. La semaine dernière, cette
Assemblée a accepté les conclusions du rapport sur la rémunération des procureurs aux poursuites criminelles et pénales,
rapport important, un rapport qui confirme l'indépendance et toute
l'importance que jouent les procureurs aux poursuites criminelles et pénales
dans l'appareil gouvernemental et qu'ils jouent au quotidien.
Nous avons accepté des augmentations
importantes. Je pense que ce message, M. le Président, ce message en lui seul
démontre toute l'importance qui est accordée, par notre gouvernement, à l'institution
qu'est le Directeur des poursuites criminelles et pénales.
Le Président : Première complémentaire,
Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je n'en
reviens pas que la ministre de la Justice me serve ça comme argument. C'est
l'inverse. Justement, ils vont être
augmentés. Oui, on est contents qu'ils soient augmentés de salaire, mais vous
vous imaginez ce que ça veut dire en
plus si on coupe de l'autre bord 5 millions, tout ce que ça veut dire du soutien aux
procureurs dans l'administration de la justice
qu'il va y avoir comme coupes. Quand on est responsable de la justice, notre
première responsabilité, c'est de s'assurer que justice soit rendue.
Comment la ministre peut tolérer ces coupes indécentes? Peut-elle
s'engager, je le répète, aujourd'hui, à les annuler?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le Directeur des poursuites
criminelles et pénales occupe une
fonction particulière, une fonction stratégique. Évidemment, les engagements que nous
avons pris la semaine dernière sont des engagements, je crois, fort
importants. Le signal qui est lancé à l'institution est fort important.
L'organisation,
l'automne dernier, s'est restructurée. Restructurée, pourquoi, M. le Président?
Restructurée par souci d'efficacité,
par souci d'efficience. On a mis ensemble les forces vives du Directeur des
poursuites criminelles et pénales pour assurer...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...un meilleur soutien, notamment aux équipes telles que celle de l'UPAC.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Ce n'est pas un signal important qui a été envoyé
jeudi dernier, c'est un signal des plus inquiétants. Et, le jour même où on procédait à des
arrestations sans précédent de l'ex-vice-première ministre, on apprenait, dans
les documents budgétaires, qu'on coupait de 5 millions.
Moi, je veux que
quelqu'un au gouvernement m'explique cette logique. L'UPAC mène une quarantaine
d'enquêtes, puis il y va avoir un goulot
d'étranglement, en plus des mégaprocès qui ont cours qui n'aboutissent pas. Ça
prend quatre ans. Alors, comment la ministre peut justifier et ne pas annuler
ces coupes?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, je pense que c'est important de retourner en arrière.
Qu'est-ce qu'on a appris, le 2 novembre
dernier, par M. Lafrenière, lorsqu'il a commenté certaines questions que les
collègues de l'opposition avaient posées?
Que la mise en commun d'expertise était importante. Qu'est-ce que la Directrice
des poursuites criminelles et pénales
est venue affirmer ici? Aucun poste de procureur à temps complet n'a été coupé,
aucun poste d'effectif. Assurer une
meilleure efficience, assurer une meilleure organisation du travail, M. le Président, ce n'est pas une mauvaise chose...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...au contraire, c'est au profit de tous et de...
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président, lors de la dernière campagne
électorale, j'avais dit aux Québécois
que, s'ils votaient libéral, ils se
réveilleraient au lendemain des élections avec une gueule de bois. C'est arrivé
jeudi matin, la semaine dernière.
L'ancienne
vice-première ministre du gouvernement
libéral a été arrêtée par l'UPAC, et
les accusations retenues sont très graves : complot, corruption,
fraude, trafic d'influence pour la période 2000 à 2012. Et ce qu'on comprend, M. le Président, c'est que la vice-première
ministre a donné des contrats du gouvernement en échange de dons au Parti
libéral. Donc, M. le Président,
des dons qui sont...
Président : Je vous
arrête là. Je vous arrête là, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Vous savez comme moi que nous sommes
face à une...
L'article 35 doit s'appliquer, et vous connaissez bien l'organisation de notre
article 35. Nous sommes dans une jurisprudence où les faits
des causes au criminel ne doivent pas être soulevés ici, en Chambre. Sinon, évidemment, tout le contexte qui veut que
le judiciaire puisse être pollué par le législatif risque fort d'être... Ça risque
fort d'être le cas présentement. Je vous
commande la plus grande... Soyez prudent d'une façon... une prudence de Sioux
dans cette... Faites attention.
M. Legault : ...si,
effectivement, des dons ont été reçus par le Parti libéral, ça veut dire que
cet argent-là est toujours soit dans
les coffres du Parti libéral soit a servi à acheter des immeubles qui, durant
la prochaine campagne électorale, pourraient
être hypothéqués pour financer la prochaine campagne électorale. Il y a quelques
mois, j'ai demandé clairement à plusieurs
reprises au premier ministre s'il comptait rembourser les sommes, s'il y avait
des sommes qui avaient été collectées illégalement.
Il m'a dit : Je suis prêt à le faire, mais seulement pour les sept
dernières années. Donc, ça veut dire qu'il n'est pas prêt à rembourser
pour les années 2000 à 2009.
Aujourd'hui, je
voudrais qu'il soit très clair. Est-ce qu'il est prêt à s'engager à rembourser
toutes les sommes collectées illégalement de 2000 jusqu'à 2012?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je l'ai dit et je le répète, on va rembourser
chaque dollar que le DGE nous demandera de rembourser. C'est clair que
c'est ce qu'on va faire et, en cela, on va s'acquitter complètement de nos
responsabilités.
Mais
je pense qu'au-delà de cette question il y a une question sérieuse qui est
posée à la population, certainement, quant
à l'évolution de nos pratiques dans le financement politique. Je
dis «de nos pratiques dans le financement politique», et on aura l'occasion peut-être d'avancer plus loin
sur cette discussion. Vous connaissez — et
on a tous participé, tous les partis
ont participé à ces réformes — les
améliorations à apporter aux moyens d'action du DGE, la
création de l'UPAC, les autres
méthodes également de limitation des contributions politiques
qui ont eu un grand effet, je crois, d'amélioration
de la qualité de vie, de la qualité de fonction des élus du Québec, et je pense
qu'on doit tous s'en féliciter.
Alors,
sur la question spécifique de l'ancienne vice-première ministre, comme M.
le Président l'a rapporté, il faut
être prudent et rappeler la présomption
d'innocence qui s'applique à tout le
monde, à tout le monde, M. le Président, et la justice
suivra son cours. Mais je veux répéter, en fin de réponse, que nous allons
rembourser toutes les sommes que le Directeur général des élections nous
demandera de rembourser.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, j'écoute le premier ministre, il semble dire : Ce n'était pas la même chose avant qu'aujourd'hui. C'est le même parti, ce sont à peu près
les mêmes ministres, c'est le même argent qui est dans les
coffres du Parti libéral, c'est bel et bien le chef du Parti libéral que
j'ai devant moi.
répète ma question : Au-delà
des factures du DGEQ, est-ce que
lui s'engage à rembourser toutes les sommes collectées illégalement de
2000 à 2012, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je vais le répéter pour la troisième, quatrième... S'il le faut, je
répéterai cinq, six, sept, huit fois que
nous allons rembourser, comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant,
chacun des dollars qu'on nous demandera de rembourser par, bien sûr, les offices du Directeur général des élections.
Je vais rappeler également que c'est une bonne chose : les partis politiques fonctionnent
avec beaucoup moins de ressources financières qu'avant, y
compris le nôtre, en passant. On fait
des efforts de financement populaire, on va voir, M. le Président, les citoyens. Et je l'amènerais à un peu plus de modestie, parce qu'il a lui-même
participé, comme nous, avec bonne foi, comme nous, à un moment ou à une époque où le financement politique
ne se faisait pas de la même façon qu'il se fait maintenant. Heureusement ça a changé. Moi, je veux agir
pour le présent et l'avenir. On va continuer à travailler ensemble...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...pour le bien de notre démocratie, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, tous ceux qui nous écoutent, là, ont
bien compris. Le Directeur général des élections a suggéré, comme prescription, sept ans. Donc, ce
que vient de nous dire le premier ministre, là, c'est que tout l'argent sale
collecté de 2000 à 2009 par le Parti libéral ne sera pas remboursé. Honte à
lui!
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Je suppose que sa préoccupation s'étend aux sommes ramassées lorsqu'il
était président d'une campagne de financement du Parti québécois, ou à
ses prédécesseurs de l'ADQ, ou aux autres formations politiques. Je suppose
qu'il a les mêmes préoccupations, parce que, normalement, elles devraient être
de niveau identique, ces préoccupations-là.
Maintenant, je le rappelle encore une fois, que le procès va débuter. Il y a
une présomption d'innocence qui
s'applique à la personne, aux personnes qui sont mises en cause. On souhaite
que la justice suive son cours. On souhaite surtout que notre vie
démocratique continue toujours de s'améliorer. Il y a d'ailleurs à faire la
mise en place des recommandations de la
commission Charbonneau, et, en passant, ce n'est pas le DGE, mais la commission
Charbonneau qui recommande que la période de prescription soit fixée à
sept ans.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Oui. M. le Président, voici des
faits documentés. Le DGEQ nous a appris qu'entre 2006 et 2011 le Parti libéral a récolté 7,3 millions de dollars en
financement sectoriel intimement lié à des stratagèmes de prête-noms.
Dans son rapport, la juge Charbonneau a conclu à l'existence d'un lien indirect
entre le versement de contributions
politiques et l'octroi de contrats publics. De plus, des accusations
criminelles ont été portées contre l'ancienne vice-première ministre
pour avoir comploté entre 2000 et 2012 dans le but de frauder le gouvernement
et d'offrir un contrat public en échange...
Le Président :
Les mêmes sujets de préoccupation sont ici. En cas...
Président : S'il vous plaît!
En cas de matière criminelle, nous
avons une règle absolue d'éviter de traiter de la question ici. Je vous
connais, je sais...
Président : Absolue, absolue, de traiter le coeur d'une
question qui est devant les tribunaux.
Vous reverrez votre jurisprudence. Alors... mais je vous invite à la
plus grande des prudences, Mme la députée.
Mme Roy
(Montarville) :
...c'est pour ça que je vous ai dit je citais l'acte d'accusation ici, hein?
premier ministre nous répond qu'il attendra les poursuites du DGEQ
pour rembourser, mais il sait très,
très bien que le DGEQ ne peut pas remonter plus de cinq ans en arrière,
ce qui signifie que le PLQ n'aurait presque rien à rembourser.
Parti libéral va-t-il enfin démontrer sa bonne foi en allongeant le
délai qui donne le droit de poursuivre pour
qu'il couvre toute la période visée par la commission Charbonneau, c'est-à-dire de 1996 à 2011? Allez-vous le faire?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, peut-être
juste pour instruire l'Assemblée d'une motion
unanime, adoptée à l'unanimité le 27 mars
2013, et d'une autre motion adoptée à l'unanimité le 26 novembre 2015 qui,
à mon avis, offrent la réponse à notre collègue. La première, celle du
27 mars 2013 :
«Que l'Assemblée
nationale demande aux partis politiques représentés à l'Assemblée nationale de
donner l'exemple en s'engageant formellement
à rembourser les contributions politiques jugées illégales à la suite
d'enquêtes tenues par le Directeur
général des élections, en vertu de ses pouvoirs», ce qui est la réponse qui a
été offerte par le premier ministre.
Deuxième motion,
celle du 26 novembre 2015 :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de donner suite aux
recommandations de la commission Charbonneau en les étudiant de manière
exhaustive en vue de leur application.»
C'est
exactement ce que nous faisons présentement, M. le Président, dans le respect
de deux motions unanimes. Je
comprends que, notamment en ce moment, la CAQ veut se dissocier d'un vote avec
lequel elle consentait alors, mais nous, on va oeuvrer dans le respect
de l'unanimité de cette Assemblée.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
Je vais revenir sur ces motions parce qu'il y en a une que vous avez rejetée. Chose certaine, il faut allonger la période durant
laquelle le DGEQ peut poursuivre les partis politiques et les politiciens.
Je vous rappelle qu'il y a presque un an jour pour jour le gouvernement libéral
a adopté son projet de loi n° 26 qui permet de retourner 20 ans en
arrière pour poursuivre les entrepreneurs en construction qui nous ont tous
volés.
Quelle est la
différence entre un entrepreneur en construction corrompu ou un politicien
corrompu? Est-ce que la ministre peut nous
dire pourquoi ce ne serait pas bon de remonter 20 ans en arrière pour récupérer
l'argent des partis politiques...
Le Président :
M. le...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Ce n'est pas une question de savoir si c'est bon ou pas
bon, M. le Président, c'est de savoir notamment
ce que la commission Charbonneau nous indique. Et je croyais, et je le crois
encore, franchement, que nous voulions donner suite aux recommandations
de la commission Charbonneau.
y a une motion, qui ne date pas d'il y a longtemps, avec l'unanimité — même la CAQ a voté pour ça : «Que
l'Assemblée nationale demande au
gouvernement de donner suite aux recommandations de la commission Charbonneau
en les étudiant de manière exhaustive en vue de leur application.»
Vous verrez, à la
lecture dudit rapport ainsi qu'à la lecture de rapports antérieurs du DGEQ, les
raisons pour lesquelles c'est ce qui est
proposé, M. le Président. Alors, il y avait unanimité, je comprends que la CAQ
maintenant se dédit.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Pas du tout, M. le Président, vous
allez voir. La commission Charbonneau, c'est un minimum, on peut faire mieux. En 2013, l'Assemblée nationale a adopté à
l'unanimité une motion demandant de prolonger le délai pour permettre au DGEQ de récupérer les dons politiques
récoltés illégalement pendant toute la période couverte par la commission Charbonneau. Nous étions tous
d'accord. Mais, en novembre dernier, au lendemain du dépôt du rapport de la commission, j'ai présenté exactement cette
même motion, et là vous l'avez rejetée. Est-ce que vous allez avoir le
courage aujourd'hui de l'accepter?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement.
Fournier : Elle me demande d'avoir le courage de rejeter le
rapport de la commission Charbonneau, M. le Président...
M. Fournier :
C'est de ça dont on parle, du côté de la CAQ...
M. Fournier :
...qui a changé son vote... qui, aujourd'hui, change son vote.
tiens à le rappeler, nous avons demandé au gouvernement, tous ensemble, dans
cette Assemblée, à l'unanimité, nous avons demandé au gouvernement de
donner suite aux recommandations de la commission Charbonneau en les étudiant de manière exhaustive en vue de leur
application. C'est ce que nous faisons présentement, notamment ma collègue
ministre de la Justice s'y applique quotidiennement, M. le Président.
Mais,
aujourd'hui, il y a un parti dans cette Assemblée qui ne veut pas qu'on
applique les recommandations de Charbonneau. C'est à eux de décider
comment ils vivent.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Dans le budget de la semaine dernière, nous avons
appris que le budget du DPCP allait
être coupé de 5 millions de dollars. Au mois de novembre 2015, la
Directrice des poursuites criminelles et
pénales est venue en commission parlementaire nous dire que le Conseil du
trésor lui avait demandé de couper dans son budget. Quelles ont été les actions de la ministre de la Justice
suite à cette affirmation? Elle a permis les coupures dans le budget du DPCP, en plus d'autoriser
l'abolition des bureaux spécialisés chargés de lutter contre la corruption et
le crime organisé.
Pendant
ce temps-là, M. le Président, il y a des dossiers de corruption, de crime
organisé, de proxénétisme et de gang
de rue qui doivent être priorisés et traités dans les meilleurs délais. Donc,
on constate, M. le Président, qu'il y a une totale inaction de la part
de la ministre de la Justice pour préserver le budget du DPCP. Considérant
cette situation, M. le Président, comment la
ministre peut-elle nous assurer que les coupures n'auront pas d'impact sur le
travail du DPCP et le volume de dossiers traités?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, en politique, il faut répéter. Je
pense que c'est important, encore une fois, de rectifier un peu les propos du collègue parce que ce qui
s'est passé l'automne dernier, c'est une réorganisation des bureaux, des
grands dossiers du DPCP à l'intérieur d'une seule et unique unité. Plutôt que
d'avoir trois, quatre points de chute, les policiers
ont un point de chute, avec des procureurs spécialisés en grande criminalité.
En plus de ça, M. le Président, on a dans toutes les régions du Québec
un déploiement de procureurs spécialisés qui vont prêter main-forte aux autres
procureurs régionaux.
le Président, ce qui a été fait par la Directrice des poursuites criminelles et
pénales l'automne dernier, c'est une
réorganisation efficace du travail justement, justement dans le but d'appuyer
les enquêtes importantes, dans le but d'appuyer
les procureurs, dans le but d'assurer une présence sur le terrain de procureurs
capables également d'accompagner les
corps policiers. M. le Président, la Directrice des poursuites criminelles et
pénales a géré, évidemment, son budget de façon serrée, mais également...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...de façon efficiente.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la ministre va devoir nous expliquer quelque chose,
là. On coupe 5 millions dans le
budget du DPCP, puis elle nous dit : Ça ne change rien, on déploie les
effectifs sur l'ensemble du territoire. 5 millions de moins, considérant qu'on a augmenté les
salaires des procureurs la semaine dernière, ça laisse moins de ressources
pour effectuer leur travail.
le Président, je répète ma question, et elle est fort simple : Quel est le
plan de match de la ministre pour nous assurer
que le Directeur des poursuites criminelles et pénales va pouvoir réaliser son
travail, va pouvoir traiter le même nombre de dossiers et que les
coupures n'affecteront pas son travail, M. le Président?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je l'ai mentionné tout à l'heure
lorsque la collègue de Joliette m'a posé la question, nous avons le même nombre de procureurs en place
actuellement — même, si
ça se trouve, M. le Président, nous en avons un ou deux de plus que l'an passé — le même nombre de procureurs en place pour
traiter des dossiers de grande criminalité, pour traiter les dossiers de crime organisé, pour traiter les dossiers
d'exploitation sexuelle. M. le Président, d'ailleurs, pour cette
question-là, il y a des équipes spécialisées qui ont été mises en place, des
procureurs dédiés pour soutenir les dossiers d'agression sexuelle un peu
partout sur le territoire.
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
M. le Président, le travail se fait de façon efficiente, de façon rigoureuse,
et le...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la question est pourtant simple, comment vont-ils
réussir, avec 5 millions de
dollars de moins, à réaliser le même mandat? On vient de couper dans la lutte à
la corruption, on vient de couper dans la
lutte aux gangs de rue, on vient de couper contre le crime organisé, M. le
Président, au même moment où on se retrouve avec une diminution des ressources effectuée au Directeur des poursuites
criminelles et pénales. La ministre
ne répond absolument pas. On se retrouve dans une situation
à dire : Bien, faites plus avec moins d'argent. Il n'y a
aucun plan du côté du gouvernement. Il n'y a pas de plan concret, M. le
Président. Comment va-t-elle faire?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je pense que le collègue ne veut pas comprendre le message qui a été
lancé. En novembre dernier, la Directrice des poursuites criminelles et pénales est venue ici. Elle a pris le temps d'expliquer
les objectifs visés par sa restructuration, objectifs qui l'amènent
certes à une certaine économie, puisque les équipes sont regroupées, mais les
équipes sont aussi regroupées pour des questions d'efficience, d'efficacité.
Plutôt que de devoir cogner à trois ou
quatre portes, les équipes de policiers ont un seul et unique point de chute
pour leurs dossiers, ce qui permet d'agir mieux, d'agir plus rapidement
et d'agir...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...certainement de façon plus efficace.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, la sentinelle, le chien de garde de la santé au Québec
vient d'être réduit au silence. Le gouvernement libéral a choisi
d'éliminer en catimini le poste de Commissaire à la santé et au bien-être, qui
a pour mandat d'évaluer en toute indépendance l'efficacité et la pertinence des
politiques et des programmes adoptés par le ministre
de la Santé. Le gouvernement ne s'en est pas vanté lors du discours sur le
budget. Ironiquement, c'est le premier ministre
lui-même, alors ministre de la Santé, qui avait insisté pour créer cette
institution en 2005. Le ministre actuel de la Santé vient donc abolir aujourd'hui ce que son premier ministre
décrivait, et je le cite, comme un gage «d'imputabilité et de
transparence quant aux résultats en santé».
ans plus tard, pourquoi le ministre de la Santé ne juge-t-il plus nécessaire
d'avoir un tel chien de garde pour examiner,
évaluer et critiquer la performance du réseau de santé, en somme, mesurer les
résultats des réformes du ministre? Pourquoi faire taire la critique?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, les choses n'ont pas
été faites en catimini, puisque c'est écrit noir sur blanc dans le
budget et que, manifestement, ma collègue l'a vu. Alors, le catimini, il n'est
pas là.
Ceci
dit, M. le Président, la décision qui est prise actuellement n'est pas une
décision qui porte un jugement de valeur
sur le travail du Commissaire à la santé et au bien-être, il a fait un
excellent travail, mais, évidemment, nous sommes le gouvernement du retour à l'équilibre budgétaire. Or, qu'avons-nous
comme appareil dans le gouvernement, dans nos lois qui fait en sorte qu'on puisse atteindre l'objectif bien exprimé
par la députée de Taillon? Nous avons l'Institut national de santé publique, nous avons l'Institut national
d'excellence en santé et services sociaux, nous avons le Commissaire à
la santé et au bien-être, nous avons même une
loi sur la santé publique.
Quand
on regarde les différentes lois, M. le Président, et les différents
mandats — et, en
passant, tous ces organismes-là ont une indépendance complète, légale — qui sont,
évidemment, sous la juridiction du ministère de la Santé, mais nous retrouvons un chevauchement dans les missions de ces établissements-là. Et, dans l'objectif de revenir à l'équilibre budgétaire, il a été jugé opportun d'économiser 2,3 millions de dollars pour faire en sorte que nous puissions
dégager des sommes pour donner d'autres services.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Évaluation des
résultats, M. le Président, c'est ça, le mandat du Commissaire à la santé et
au bien-être. C'est la loi du silence qu'impose le ministre.
Il refuse toute critique et il refuse de reconnaître qu'il n'est pas le seul à détenir la
vérité. Je cite le commissaire : «Est-ce
qu'on est puni parce qu'on est trop bon? Est-ce qu'on est puni parce
qu'on a abordé des sujets qui étaient
trop "touchy"? Qui dérangeaient?» Les sujets futurs :
performance des urgences, hébergement des personnes âgées, mode de
rémunération des médecins. Pourquoi donc faire taire la critique?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : J'aurais pu me
lever et invoquer l'article 35, puisqu'évidemment
on me prête clairement des intentions. Il n'y a pas de punition là, et
je ne fais pas taire la critique, au contraire. Quand on regarde les lois
constitutives de l'INESSS et de l'INSPQ, on retrouve ces éléments-là. L'INESSS,
l'INSPQ et la Santé publique ont comme mission, effectivement, d'évaluer si notre système de santé performe, si les
résultats attendus sont obtenus. Ces fonctions-là existent aussi dans les deux autres organisations, M. le
Président, qui sont tout aussi indépendantes que le Commissaire à la santé
et au bien-être.
Alors,
encore une fois, M. le Président, il y a une décision de retour à l'équilibre
budgétaire qui a été prise, et je pense que c'est la chose que nous
devions faire. Je comprends, M. le Président, que la décision...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...peut être difficile à prendre. C'est pour ça qu'on a été
élus, M. le Président, et le budget qu'on a maintenant...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Alors, le ministre doit expliquer pourquoi son chef a créé
une structure qui était indépendante et
indispensable il y a 10 ans et qu'il veut réduire au silence aujourd'hui. Un ou
l'autre, le ministre ou le premier ministre se trompe forcément.
Pourquoi
abolir le poste de commissaire et museler le chien de garde de la santé au
Québec? Les missions sont différentes,
et l'analyse des résultats de façon globale par rapport aux réformes, ça
appartient au Commissaire à la santé et au bien-être, et non pas à
l'INESSS.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Évidemment, M. le Président, c'est une appréciation de la
députée de Taillon. Encore une fois, je l'invite à aller revoir les lois qui sont les lois de l'Institut
national de santé publique ainsi que l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux, qui ont tous deux
des portions de mandat qui traitent exactement de ça. Et, si, aujourd'hui,
la députée de Taillon nous dit que ce
n'était pas une bonne chose fondamentalement de prendre une décision
d'efficience, bien, on comprend
pourquoi ils n'avaient pas de crédits lors du budget de la dernière élection et
pourquoi on s'en allait vers un déficit de 7 milliards de dollars.
Ce que la députée de Taillon me reproche, c'est d'avoir géré correctement ce
secteur d'activité.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
C'est comme ça.
Le Président :
Principale, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
M. le Président, rapport de la commission Charbonneau, page 550, je
cite : «Les ministres
libéraux ont reçu la
directive de récolter 100 000 $ en contributions chaque année. Les
ministres des Transports et des Affaires municipales[...], qui
octroyaient des contrats[...], avaient plus de facilité que les autres à
premier des nombreux chefs d'accusation qui ont été portés la semaine dernière
disait qu'il s'agissait de souscrire à une
caisse électorale pour l'obtention d'un contrat. Autrement dit, la commissaire
Charbonneau, la juge avait raison, il y a un lien entre l'octroi des
contrats et les contributions par financement sectoriel au parti au pouvoir.
Mme Normandeau a certes ses responsabilités, on le
verra, mais elle exécutait avant tout les commandes d'une
machine. Le premier ministre actuel du Québec faisait
partie de cette machine.
Je l'invite à poser un geste digne...
Le Président : Je rappelle encore une fois
ce que j'ai dit aux deux premiers intervenants : On ne peut pas parler de l'affaire. Vous pouvez
questionner le gouvernement sur ce qu'il a fait, ce qu'il doit faire ou ce
qu'il pourrait faire, et évitez de parler de la question qui est devant
la justice actuellement.
Khadir :
Parlons de l'avenir, alors, M. le Président. J'invite le premier ministre à
poser un geste digne, se lever aujourd'hui en Chambre, reconnaître la responsabilité du Parti libéral
et s'engager à rembourser les 7 millions mal acquis.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. Bien, on a abordé un peu la question tantôt,
mais je pense que ça vaut la peine de réitérer. Les motions unanimes qui ont été adoptées en cette
Chambre, autant celles qui ont trait au remboursement, dont parle notre
collègue, que celle qui a trait aux énoncés de la commission Charbonneau...
Alors,
commençons d'abord par le premier sujet. Le 27 mars 2013, à l'unanimité,
cette Assemblée a dit ceci : «Que l'Assemblée
nationale demande aux partis politiques représentés à l'Assemblée nationale de
donner l'exemple en s'engageant formellement
à rembourser les contributions politiques jugées illégales à la suite
d'enquêtes tenues par le Directeur général des élections, en vertu de
ses pouvoirs.» Cet engagement-là tient toujours.
26 novembre 2015, il y a quelques mois, suite à la publication du rapport
Charbonneau, cette Assemblée, à l'unanimité, a adopté la motion suivante : «Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement de donner suite aux recommandations de la commission Charbonneau en
les étudiant de manière exhaustive en vue de leur application», ce que — je complète, M. le Président — ma collègue ministre de la Justice est
justement en train de faire. Elle donnera les informations et les annonces à un moment approprié, M. le Président,
mais certainement que, pour le gouvernement, donner suite au rapport
Charbonneau est très important.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : C'est bien beau,
tout ça, il s'agit de motions que moi-même, j'ai présentées. Mais la commotion
morale subie la semaine passée par les arrestations de l'UPAC est d'une telle
ampleur qu'on a besoin d'un geste plus solennel, plus significatif.
Jamais encore
la direction du Parti libéral n'a reconnu ses torts, n'a admis les questions de
financement sectoriel, les 100 000 $ de commandes. Ce que je
demande au premier ministre aujourd'hui — ou ça peut être le leader du gouvernement — c'est
de reconnaître cette responsabilité, de le reconnaître officiellement.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, j'aurais le goût de répondre après
ceci. Le fait que le premier ministre réponde au moins régulièrement... au fait qu'il salue le fait que, dorénavant,
nous avons des conditions de financement différentes offre déjà une
réponse à notre collègue.
Dans les
années qui ont précédé les correctifs qui ont été apportés par le Parti
québécois au niveau du financement, nous
en avions déjà présenté certains. Personnellement, j'ai même déposé une loi
donnant plus de pouvoir au DGE, une loi
anti-prête-noms, des lois qui ont eu, M. le Président, du mordant auprès du
Directeur général des élections, justement pour nous assurer de cela...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : Je crois que
ces gestes offrent la réponse à notre collègue.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Je soumets humblement que ce n'est pas assez parce qu'au-delà de s'engager à
rembourser l'argent il y a des gestes
à poser au sein même du Parti libéral. Je ne veux pas, disons, accabler
personne, mais il y a des gestes à poser
si on reconnaît. C'est pour ça que je demande cette reconnaissance de l'erreur
et des stratagèmes passés, parce qu'il pourrait
y avoir d'autres stratagèmes qui sont en action. J'ai déjà posé des questions
là-dessus. Alors, aujourd'hui, devant le
choc subi par la population, le premier ministre ou son gouvernement devrait
reconnaître le tort et commencer à poser des questions en direction des
personnes au pouvoir...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Bien, M. le Président, je ne sais pas comment...
Puisque la question est la même, je vais essayer d'inventer une réponse un peu différente, on risque d'être dans les
mêmes eaux. Il est clair que les façons de faire ont changé. Et je le dis, je pense, avec humilité, là, autant
le Parti québécois que nous-mêmes avons posé des gestes en ces matières.
Je crois qu'il a été noté aussi à la
commission Charbonneau que ces changements-là avaient entraîné des changements,
dans les faits, sur les façons de procéder.
Alors, une fois qu'on a dit ces éléments-là, on reste toujours aux aguets sur
d'autres gestes futurs qui pourraient éventuellement être posés, et les
meilleurs me semblent bien être ceux dans la direction desquels...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...la commission Charbonneau nous indique d'aller. C'est pour ça que...
Le Président :
Je pense que oui. Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, le gouvernement libéral veut abolir le poste de
Commissaire à la santé, qui évalue de manière indépendante la performance de
notre système de santé, qui en a d'ailleurs bien besoin. Les ministres des Finances et de la Santé veulent museler un
défenseur indispensable des contribuables et des patients. Son abolition
entraînera la perte d'une tonne
d'indicateurs de performance utiles pour les citoyens, les journalistes, les
fonctionnaires, les chercheurs, les parlementaires et les scientifiques.
le Président, c'est l'actuel premier ministre qui a créé le poste de
commissaire en 2006. Or, son abolition ne va générer aucune économie, puisque la vingtaine d'employés possèdent une
permanence dans la fonction publique. Au contraire, le gouvernement va
se priver d'économies qui peuvent être générées par les recommandations utiles
du commissaire.
le Président, pourquoi, après avoir appliqué la méthode Toyota, le gouvernement
libéral veut-il maintenant appliquer la méthode omerta?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je pense que nous en sommes aujourd'hui à
la deuxième semaine où on est censés avoir
un ton sans intention et sans insinuation.
Ça m'apparaît être un échec cette semaine. Alors, M. le Président, je vais vous citer ici des articles, des éléments de la
Loi sur
l'INSPQ : «...particulièrement, sa mission consiste notamment :
«1° à
contribuer au développement, à la mise à jour, à la diffusion et à la mise en
application de connaissances dans le domaine de la santé publique;
«2° à
informer le ministre des impacts des politiques publiques [de] la
santé et [du] bien-être de la population du Québec;
«3° à
informer la population sur son état de santé et [du] bien-être,
sur les problèmes en émergence, [tous] déterminants et les moyens
efficaces [pour] prévenir [et] résoudre ces problèmes — et
ainsi de suite.»
vais lui citer aussi quelques éléments de la
Loi sur l'INESSS :
«...évaluer les avantages cliniques et les coûts des technologies, des
médicaments et des interventions en santé et [...] services sociaux
[personnalisés].»
M. le Président, il
est clair que ces éléments-là — et je ne lirai pas la
Loi sur le
Commissaire à la santé et au bien-être — ils sont là, ces éléments-là, M. le
Président. Il est clair qu'il y a un chevauchement, et ce chevauchement fait en
sorte qu'à un moment donné ça justifie de prendre des décisions pour avoir une
plus grande efficience, et c'est ce que l'on a fait. Alors, j'invite le
député, M. le Président, à simplement lire les autres lois et se rendre compte
qu'il y a chevauchement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, le ministre et le ministère de la Santé n'aiment pas
être évalués. Les avis du commissaire
peuvent déranger le réseau et ses administrateurs. L'intention du gouvernement
est d'éviter des chevauchements et
clarifier des rôles, mais ce n'est qu'un prétexte pour se débarrasser d'un
chien de garde embarrassant.
Pourquoi le gouvernement veut-il éliminer un
organisme indépendant qui évalue la performance d'un gigantesque
ministère de 33 milliards de dollars?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : À une grande émission d'affaires publiques la semaine
dernière, M. le Président, je disais certaines choses qui n'ont pas été publicisées, malheureusement. Je disais qu'à
l'Assemblée nationale il y avait toujours un certain climat d'insinuation
qui pouvait s'apparenter à de la provocation. Alors, je ne rentrerai pas
là-dedans aujourd'hui.
Alors,
M. le Président, la question, ici, elle est très simple : Est-ce que les
fonctions du Commissaire à la santé
et au bien-être sont abolies? La
réponse est non. Si les fonctions ne sont pas abolies, les finalités de ladite
fonction ne le sont pas plus. Et je
viens de lire des extraits de deux lois, M. le Président, qui montrent
que, clairement, ces fonctions-là existent toujours. Et je
dirais même...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...je vais même
aller jusqu'à citer la députée
de Taillon qui me disait :
La santé, M. le Président...
Le Président :
Ça va revenir, ne soyez pas inquiet. M. le député de Lévis, en deuxième complémentaire.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, plusieurs voix s'élèvent au Québec contre
cette tentative de museler le Commissaire à la santé : le Regroupement
provincial des comités des usagers, l'avocat spécialisé en droit de la santé Jean-Pierre Ménard, le Conseil pour la protection
des malades, l'Association pour la santé publique du Québec, l'Alliance des patients pour la santé, Ariane Krol dans La Presse+ ,
Brigitte Breton dans Le Soleil , Antoine Robitaille dans Le Devoir ,
Pierre Trudel dans Le Journal de Montréal .
Selon le ministre,
est-ce que tous ces gens se trompent?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Peut-être que tous ces gens n'ont pas lu les lois, c'est possible. Mais il n'en
reste pas moins, M. le Président, que j'en
ai fait une démonstration, je pense, assez explicite, les fonctions et la
finalité des fonctions du Commissaire
à la santé et au bien-être se recoupent dans d'autres organismes. Et ces
organismes-là, M. le Président — je vais le rappeler parce que c'est
important — ont la
même indépendance que celle qu'avait le Commissaire à la santé et au bien-être. Et je porte tellement d'importance à
ces finalités-là, M. le Président, que j'ai assuré le Commissaire à la santé et
au bien-être qu'il pourrait terminer ses travaux, M. le Président, même
aller au-delà de la fin de son mandat, parce que j'y crois.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
Maintenant, pour des raisons budgétaires, on a pris cette décision-là, qui, je
pense, est sensée.
Le Président :
Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, quand l'ancien gouvernement libéral
a annoncé la construction d'une prison à
Roberval, il a fait l'erreur de ne pas réfléchir aux conséquences néfastes que
les nombreux déplacements et les pertes de temps auraient sur l'administration de la justice. Les avocats de la
défense l'avaient dit. Hier, c'est le Barreau qui l'a admis.
2013, le Parti québécois avait corrigé cette erreur en annonçant un centre à
proximité du palais de justice de Chicoutimi
pour accueillir 20 prévenus. Le premier ministre a mis la hache dans ce
compromis, qui satisfaisait pourtant autant
le Lac que le Saguenay. Quand la nouvelle prison a ouvert, l'été dernier, ça a
donné des problèmes de transport, des
délais dans les procès, des prévenus qui font deux heures de route aux frais
des contribuables pour, finalement, ne même pas comparaître, justement à
cause des retards.
premier ministre peut-il reconnaître que la meilleure solution était celle
annoncée par le gouvernement du Parti québécois et rétablir un centre
pour les prévenus à Chicoutimi?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
suis toujours heureux de parler des dossiers régionaux. Et je pense que le collègue va constater comme nous qu'on a là une
installation à la fine pointe à Roberval. Je pense qu'il en est heureux,
lui aussi. Ce n'est pas ce qu'il met en cause, d'ailleurs, dans sa question.
Maintenant, à l'époque, on a bien
indiqué qu'il ne s'agissait pas de dédoubler les installations également. Si
des avocats ont des préoccupations concrètes
pour leur pratique et les services qu'ils rendent à leurs clients, on sera
toujours prêts à les écouter. Mais je
vais lui rappeler que la technologie a évolué. On peut faire des réunions entre
avocat et client par vidéoconférence maintenant, c'est tout à fait
possible. Et la distance qui sépare Roberval de Chicoutimi n'est pas
stratosphérique, on s'entend là-dessus.
Donc,
il s'agit de voir à ce que l'ensemble de la région se développe. C'est un bon
projet, c'est un projet structurant.
Ceci dit, on va écouter les remarques que les avocats auront à nous faire au
cours des prochains mois.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, mais il semblerait qu'il y a une entente avec les leaders pour
que nous procédions...
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il
vous plaît! Alors, que nous
procédions par une motion du leader adjoint avant de faire les motions
sans préavis. Alors, je vous cède la parole, M. le leader adjoint, pour votre
motion.
Sklavounos : Oui. Merci, M. le Président. Suite à une entente entre les députés
ministériels et les députés de l'opposition, je fais motion afin que
l'Assemblée procède à l'étude et à l'adoption des crédits provisoires 2016-2017
conformément aux dispositions de l'article
87, alinéa 1, paragraphe 4.1° ainsi que des articles 280 et 281 de notre
règlement et ce, selon les modalités subséquentes;
«Que
dès l'appel des affaires du jour, l'Assemblée se constitue en commission
plénière et procède à l'étude des crédits provisoires de la manière suivante :
«Que,
pour une durée maximum de 1 heure, le ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et de la Révision
permanente des programmes et président du Conseil du trésor puisse échanger
avec les députés de l'opposition;
«Que
dès après et pour une durée maximum de 1 heure 30 minutes, le ministre de la Santé et des Services sociaux
puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Que par la suite, la commission plénière suspende
ses travaux et que les travaux de l'Assemblée soient suspendus jusqu'à 19 heures;
«Que dès 19 heures, la commission plénière poursuive
ses travaux et que pour une durée maximum de
1 heure 30 minutes, le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport puisse échanger avec les députés de l'opposition sur le volet
"Éducation primaire et secondaire";
«Que dès après et pour une durée maximum
de 1 heure, le ministre de la
Famille puisse échanger avec les
députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement au
terme de cet échange, le président de la commission plénière mette aux voix le
quart des crédits pour l'année financière 2016‑2017;
«Qu'ensuite,
le président de la commission plénière fasse rapport à l'Assemblée et que
celle-ci se prononce sans débat sur
ledit rapport puis sur le projet de loi de crédits qui y fait suite, le tout
conformément au premier alinéa de l'article 281 du règlement;
«Qu'enfin,
et ce suivant le deuxième alinéa de l'article 281 du règlement, il soit permis
au leader du gouvernement de
présenter une motion sans préavis et non débattue afin que l'étude de
l'ensemble des crédits budgétaires, sauf ceux de l'Assemblée, soit
renvoyée en commissions permanentes;
«Que
les remarques préliminaires pour chacun des échanges avec les ministres
susmentionnés soient fixées à un maximum
de 6 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire
formant l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes pour le
deuxième groupe d'opposition et 1 minute 30 secondes pour
l'ensemble des députés indépendants;
«Que
pour chacun des échanges avec les ministres susmentionnés, l'équivalent d'un
bloc de 4 minutes par heure d'échange soit réservé à l'ensemble des
députés indépendants;
«Que le temps non
utilisé, le cas échéant, par les députés indépendants soit redistribué
proportionnellement entre le groupe parlementaire formant l'opposition
officielle et le deuxième groupe d'opposition;
«Que,
à tout moment, le président de l'Assemblée ou de la commission plénière puisse
suspendre les travaux;
«Que, malgré
l'article 20 du règlement, la commission plénière et l'Assemblée puissent
poursuivre leurs travaux jusqu'à ce que cette dernière se soit prononcée sur le
projet de loi de crédits et sur la motion de renvoi de l'ensemble des crédits
budgétaires sauf ceux de l'Assemblée en commissions permanentes;
«Que
cette motion devienne un ordre de l'Assemblée et qu'elle ait préséance sur
toutes dispositions incompatibles du règlement.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, tel qu'on l'avait mentionné, il y avait entente entre leaders. Est-ce
que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, nous revenons maintenant aux motions sans préavis, et je cède la parole
à M. le premier ministre pour sa motion sans préavis. M. le premier ministre, à
vous la parole.
M. Couillard : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le chef
de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition, de même
que la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec condamne, avec la plus grande fermeté, les
attentats terroristes perpétrés à
Bruxelles, le mardi 22 mars 2016, à l'aéroport international de Zaventem
et près de la station de métro Maelbeek, dans le quartier des institutions
européennes;
«Que les
membres de cette Assemblée, à l'occasion de ces événements tragiques,
s'associent en une communion fraternelle
avec la population et le gouvernement du Royaume de Belgique et ses entités
fédérées, et réaffirment ainsi l'amitié indéfectible qui unit le Québec
et la Belgique;
«Que
l'Assemblée nationale exprime ses profondes condoléances aux familles et aux
proches des victimes, et ses pensées à ceux et celles qui luttent
toujours pour leur vie;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle son engagement en faveur des droits de la
personne et du respect de l'État de droit, de la démocratie, de la paix,
de la solidarité et de la tolérance;
«Que les membres de l'Assemblée nationale
observent une minute de silence à la mémoire des victimes.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Il y a consentement, évidemment, pour débattre de cette motion, M. le leader?
Sklavounos :
Oui, M. le Président. Nous proposons des interventions d'une durée d'environ
trois minutes par intervenant, à
commencer par notre premier ministre, suivi du chef de l'opposition officielle,
du chef du deuxième groupe d'opposition et Mme la députée de Gouin, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, tout le monde a entendu? On essaie, autant que possible, de respecter
ce que le leader indique comme temps
imparti, mais on sera généreux, compte tenu des circonstances. Alors, M. le
premier ministre, à vous la parole.
Couillard : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, nous avons appris avec consternation qu'un attentat
terroriste a frappé la Belgique. Nous
voulons exprimer notre tristesse et notre indignation face à ces événements
tragiques. Bien sûr, nos premières
pensées vont aux victimes innocentes, aux blessés et à leurs proches. Et, oui,
le mot «condoléances» est de rigueur, mais ajoutons-y aujourd'hui le mot
«solidarité» parce que nous sommes, Québécois et Québécoises, solidaires.
Parce que, comme le dit la belle devise belge, L'union fait la force .
Unir nos forces, voilà notre objectif.
Bruxelles,
capitale de l'Europe, est cruellement touchée par la barbarie. Un matin comme
un autre, à 8 heures, alors que des milliers de Bruxellois, de
Bruxelloises débutaient leur journée, se rendaient au travail, une tragédie
incompréhensible s'est abattue sur eux et sur elles. Les premiers bilans font
état de plus de 30 morts à la suite des attentats
qui ont frappé l'aéroport international de Zaventem de même que la station de
métro de Maelbeek dans le quartier des
institutions européennes. À l'heure actuelle, près de 200 blessés auraient été
dénombrés. Encore une fois, ce sont des personnes innocentes qui sont
victimes de l'extrémisme.
À la première
heure, nous nous sommes assurés que l'ensemble du personnel de la Délégation
générale du Québec à Bruxelles ainsi
que nos stagiaires étaient en sécurité. Nous avions près de 150 — selon les dernières informations — jeunes stagiaires en Belgique dans le cadre de nos échanges de jeunes avec les
pays européens. Nous continuons de suivre la situation, bien sûr, de
très près.
Nous avons
également exprimé notre solidarité au gouvernement du Royaume de Belgique,
notamment en mettant en berne le
drapeau du Québec flottant sur la tour centrale de l'hôtel du Parlement et en
mettant en berne le drapeau belge sur la tour n° 3 de l'hôtel du
Parlement.
Il faut nous
tenir debout dans l'adversité, plus proches, plus forts et plus déterminés que
jamais à défendre nos acquis
démocratiques et à poursuivre la lutte contre la radicalisation menant à la
violence et à l'extrémisme. Ces tragiques événements démontrent encore plus la pertinence des collaborations dans
le domaine de la lutte contre la radicalisation que nous menons avec les
régions et communautés belges. À ce titre, je précise que le gouvernement du
Québec et le gouvernement de la Communauté
française de Belgique ont signé en novembre dernier une déclaration conjointe
dans le domaine de la prévention de la
radicalisation. Partenaires de longue date en francophonie, le Québec, aux
côtés du Royaume de Belgique, de la Communauté française de Belgique, seront à
pied d'oeuvre lors du 16e Sommet de la Francophonie
à Antananarive en novembre prochain pour identifier les moyens pour mieux
lutter face à ce fléau grandissant.
En ces heures
sombres, la compréhension des objectifs de cette violence et les moyens de
contrer la radicalisation sont plus que jamais d'actualité. C'est
pourquoi le gouvernement du Québec s'est engagé à accueillir une conférence internationale d'experts de haut niveau sur la
lutte contre la radicalisation par le biais d'Internet. Cette conférence,
organisée en collaboration avec
l'UNESCO, réunira cet automne à Québec plusieurs experts qui partageront
connaissances et meilleures pratiques dans ce domaine.
La Belgique,
Bruxelles-Capitale, la Wallonie, la Flandre sont endeuillées. La situation en
Belgique aujourd'hui n'est, malheureusement, pas un cas isolé. Au cours
des derniers mois, le monde a subi son lot d'attaques terroristes meurtrières. Pensons aux attentats de Charlie
Hebdo , du supermarché Hyper Cacher, du Bataclan, à Paris, ainsi que ceux
de Bamako, de Sousse et de Grand-Bassam, en
Côte d'Ivoire, tout récemment. Pensons aussi aux attentats de Djakarta
et de Ouagadougou qui ont coûté la vie à sept Québécois coopérants
internationaux en janvier dernier.
Par-delà ces
actes inhumains, ce sont les valeurs d'humanisme et de tolérance qui sont
attaquées. En ces heures difficiles,
le Québec tout entier réitère sa solidarité à ses partenaires européens. Nous
témoignons de notre compassion et affirmons notre volonté ferme
d'oeuvrer ensemble à la paix, à la justice et au renforcement de la vie
démocratique.
Je tiens à souligner la présence, en cette
enceinte, du ministre du Budget, de la Fonction publique et de la
Simplification administrative du Gouvernement de la Wallonie, M. Christophe
Lacroix, ainsi que du délégué de Wallonie-Bruxelles
à Québec, M. Rutten, à qui j'ai parlé plus tôt ce matin. Par leur
intermédiaire, je veux assurer le peuple belge de notre soutien et de notre solidarité. Et ces mots sont
également dirigés aux milliers de Belges qui vivent chez nous, qui étudient chez nous et qui sont tout
simplement de passage. Et, après chaque drame semblable, nous avons souhaité
que ce soit le dernier et que le monde
retrouve la paix, mais clairement le combat n'est pas terminé. Un jour, et je
souhaite que ce soit le plus lointain possible, et jamais peut-être, il
ne faudrait pas que nos chemins croisent le combat de ces terroristes barbares,
M. le Président.
D'ici là, tous les efforts sont soutenus, sont
nécessaires et doivent être faits en solidarité avec nos partenaires
internationaux.
Continuons à
mener ce combat avec fermeté tout en protégeant nos valeurs de liberté et
d'ouverture particulièrement envers
les victimes du terrorisme et de la guerre civile et aujourd'hui accompagnons
les proches des victimes dans le deuil incompréhensible
qui les frappe. Souhaitons aux blessés et à leurs proches la guérison du corps
et de l'âme. Souhaitons-nous aussi surtout plus de sécurité, oui, mais
aussi plus de liberté et de fraternité. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, M. le premier ministre. Et, pour la poursuite du débat
sur cette motion, je cède maintenant la parole à M. le chef de l'opposition
officielle. M. le chef de l'opposition officielle, à vous la parole.
Péladeau : Merci, M. le Président. La haine, la violence et la mort ont frappé
Bruxelles au coeur des institutions politiques et démocratiques de l'Europe.
Ces nouvelles attaques contre la liberté et la démocratie sont inacceptables,
injustifiables, et nous les condamnons fermement.
Au nom de
l'opposition officielle, j'offre mes sincères condoléances aux familles et aux
proches des victimes et je tiens à exprimer notre solidarité et notre soutien à
la Belgique, considérant l'amitié profonde qui unit Belges et Québécois.
En ces instants particulièrement pénibles,
nous avons aussi une pensée pour ceux et celles qui ont porté secours aux
victimes et qui ont également été confrontés à l'horreur.
Nous sommes
choqués et révoltés devant la répétition d'attentats meurtriers qui continuent
encore et encore de faucher des vies
innocentes, de semer la terreur et de s'en prendre à ce que nous avons de plus
cher. Kofi Annan, l'ex-secrétaire général
des Nations unies, a dit, et je le cite : «Une attaque terroriste contre
un pays est une attaque contre l'humanité tout entière.» La lutte contre
le terrorisme islamiste et les autres formes de terrorisme interpelle tous les
pays. Le Québec, à l'instar des autres nations, doit contribuer à l'effort
international en ce sens. Nous devons poursuivre le travail sur notre
territoire afin de prévenir les manifestations de haine et de violence, quelles
qu'elles soient. Devant la haine aveugle, désespérée et destructrice des
terroristes, devant les nombreuses victimes innocentes, devant le sentiment de révolte,
d'indignation et d'urgence qui nous habite en ces moments tragiques, nous
devons poursuivre notre engagement en faveur d'une société plus juste,
une société... j'allais dire, une planète où les nations s'unissent afin que
l'espoir, la liberté et la paix triomphent de la terreur. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le chef de l'opposition officielle. Et, toujours sur cette
même motion, je cède maintenant la
parole au chef du deuxième groupe parlementaire. M. le chef du deuxième groupe,
à vous la parole.
Legault : Merci, M. le Président. Le monde est en état de choc
aujourd'hui. La Belgique a été la cible d'attentats terroristes d'une grande violence. Des explosions
ont eu lieu à l'aéroport et dans une station de métro de Bruxelles, et on
rapporte, pour
l'instant, une trentaine de victimes et 200 blessés. La station de métro qui a
été visée par les terroristes se trouve
à proximité du Parlement européen. Bruxelles était... est, pardon, le coeur de
l'Union européenne, et c'est donc un
symbole important qui a été visé. J'entendais tantôt le président de la France,
François Hollande, être très clair en disant que, selon lui, ce qui est attaqué, c'est le grand projet de l'Europe
par ces attentats. Et cette tragédie se produit dans un contexte qui est déjà très tendu. On sait qu'il y
a quatre jours les polices belge et française ont procédé à l'arrestation, à
Bruxelles, d'un responsable présumé des
attentats de Paris. Ce qui est clair, c'est que la Belgique est en guerre,
l'Europe est en guerre, le Québec et
le Canada sont aussi en guerre. Et on n'a pas le droit de se sentir à l'abri,
même quand les attentats ont lieu à
l'extérieur du Québec ou du Canada. On l'a vu avec ce qui s'est produit au
Burkina Faso : une famille de Québec qui était
partie pour faire
des oeuvres humanitaires, donc, qui a été tuée par ces terroristes.
Donc, la terreur peut
frapper n'importe où, n'importe quand. On ne doit pas être naïfs. Ce qui s'est
produit à Bruxelles aujourd'hui aurait pu avoir lieu à Montréal, à Toronto.
Nous sommes tous concernés par ce qui s'est produit à Bruxelles comme nous
étions tous concernés par ce qui s'était produit à Paris ou au Burkina Faso.
Donc, la communauté internationale doit s'unir, doit faire front commun dans la
guerre contre le terrorisme islamiste. Il faut oser nommer ce mal si on veut le combattre. Il faut être implacables,
déterminés. Il ne faut reculer devant aucun moyen pour combattre ce terrorisme islamiste.
Aujourd'hui, la journée appartient au peuple belge, aux familles des victimes.
Ils devront faire preuve d'un courage
exemplaire au cours des prochaines semaines. Je veux leur dire qu'ils peuvent
compter sur notre solidarité
inconditionnelle. Donc, en mon nom, en celui de ma formation politique, je
tiens à leur offrir mes plus sincères condoléances. Nos meilleures
pensées les accompagnent dans cette épreuve. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le chef du deuxième groupe
parlementaire. Et, toujours sur cette
motion, je cède maintenant la parole à Mme la députée de Gouin pour son
intervention. Mme la députée, à vous.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Il est certain qu'aujourd'hui
nos pensées sont, d'abord et avant tout,
avec les victimes et les proches des victimes de toute cette folie meurtrière.
Oui, on est bouleversés par ces nouveaux attentats, oui, on a en horreur ce qui s'est passé et qui ne crée que
malheur et souffrance. Je rappellerai à l'instar de mes collègues que ce
qui se passe aujourd'hui a trouvé des antécédents à Paris, au Burkina Faso. Je
rappellerai aussi, un quotidien de Montréal
nous le disait aujourd'hui, au Nigeria, c'est 20 000 morts, Boko Haram,
20 000 morts, qui est le pendant africain de Daesh — 20 000
morts.
Donc,
quand nous disons : La communauté internationale doit parler d'une seule
voix, je dirais, tous les peuples du monde doivent parler d'une seule
voix, tous ces peuples qui aspirent à la liberté, qui sont assoiffés de justice
et de démocratie, que ça soit l'Occident,
l'Orient, l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine. Nous sommes tous et toutes
concernés, cela est vrai. Est-ce
qu'il faut appeler un chat un chat? Oui, et, dans ma formation politique, nous
n'hésitons pas à dire qu'il n'y a
aucun compromis à faire face à l'idéologie terroriste. Que ça soit le salafisme
ou un autre islamisme intégriste, extrémiste, terroriste, cela, nous ne
pouvons le tolérer.
Sachons
que les premières victimes de cet intégrisme islamiste sont les musulmans eux-mêmes qui en Syrie, en Irak et ailleurs meurent
par centaines de milliers.
Donc,
oui, M. le Président, je souscris à cette idée que nous avons un
devoir de solidarité avec tous les peuples du monde, mais la question la
plus difficile, c'est celle qu'on se pose tous et toutes, c'est : Comment
y répondre? Est-ce que c'est par d'autres guerres, par d'autres bombes?
Nous en avons largué — nous
voulant dire l'Occident — nous
en avons largué beaucoup, des bombes,
depuis 15 ans. Le résultat est devant nous. Alors, quoi faire? Assécher les
sources, tarir les sources du
terrorisme, refuser de vendre des blindés dans des pays qui, en sous-main,
accompagnent et soutiennent les terroristes — et je parle ici de
l'Arabie saoudite, entre autres.
pense que nous devrons inciter nos gouvernements, le gouvernement canadien en
particulier, à poser des gestes clairs,
mais nous devrons aussi, si nous voulons respecter ce devoir de solidarité,
nous en prendre aux racines mêmes, nous
en prendre au terreau fertile qui convainc des jeunes, la plupart du temps des
jeunes, à aller se faire tuer pour des terroristes.
Ce sont les jeunes qui périssent. Il faut donc vraiment, ensemble, se demander
quoi faire pour et avec ces jeunes et leurs familles ici même, au
Québec, et en solidarité avec les autres peuples du monde. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée de Gouin. Et, comme
on l'a indiqué tantôt, nous allons à
nouveau, compte tenu de l'ampleur de la catastrophe et en compagnie de nos
visiteurs, observer une minute de silence.
(15 h 12 — 15 h
13) •
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Veuillez vous asseoir.
Alors,
nous allons poursuivre aux motions
sans préavis. Alors, s'il y a
des gens qui doivent quitter, faites-le dans le silence, parce qu'on a
d'autres motions.
Alors,
selon l'ordre établi, c'est maintenant un membre du groupe formant l'opposition
officielle, il s'agit de Mme la
députée de Taillon, pour qu'elle puisse présenter sa motion. Mme la députée de
Taillon, à vous la parole.
Lamarre : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Lévis
et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale réitère l'importance
du mandat du Commissaire à la santé et au bien-être, créé en 2005 par le premier ministre actuel, dans le
but d'ajouter au caractère d'imputabilité du système de santé et de services
sociaux du Québec et de donner à la
population l'occasion de disposer de rapports indépendants sur l'état de ce
réseau, notamment en ce qui a trait à la qualité et à l'accessibilité
des soins et services;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de préserver le rôle et
l'indépendance du Commissaire à la santé et au bien-être et de maintenir
la
Loi sur le Commissaire à la santé et au bien-être.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la députée de Taillon. Y a-t-il consentement de débattre
de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Maintenant, un membre du deuxième groupe d'opposition. Il s'agit
de Mme la députée de Montarville qui présente sa motion. Mme la députée, à vous
la parole.
Mme Roy
(Montarville) : Oui. Merci, M. le Président. Alors, je
demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement
avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que l'Assemblée nationale rappelle la motion du
2 octobre 2013 adoptée unanimement par ses membres;
«Qu'elle
demande au gouvernement de présenter un projet de loi prolongeant le délai de
prescription prévu à la Loi
électorale et permettant au Directeur général des élections du Québec de
poursuivre pour les infractions commises pendant toute la période
couverte par la commission Charbonneau, soit de 1996 à 2011;
«Que
l'Assemblée nationale demande aux partis politiques de s'engager formellement à
rembourser toutes les sommes reçues illégalement pendant cette même
période.» Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Mercier pour la
présentation de sa motion. M. le député de Mercier, à vous.
M. Khadir : M. le Président,
je demande le consentement de la Chambre pour présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Montarville et le député de
Matane-Matapédia :
«Que
l'Assemblée nationale salue le travail réalisé par l'Unité permanente
anticorruption et souhaite de voir leurs enquêtes aboutir dans les
meilleurs délais;
«Qu'elle
demande au gouvernement de donner suite avec diligence aux principes des
recommandations contenues dans le
rapport final de la commission Charbonneau, notamment celle concernant la
protection des lanceurs d'alerte dans l'entreprise privée et dans les
municipalités; et
«Que
[finalement] tous les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale
s'engagent à coopérer pleinement aux
enquêtes de l'UPAC et du DGEQ et à rembourser au DGEQ toutes les contributions
politiques qui leur auraient été versées illégalement.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que la...
Vice-Président (M. Gendron) :
Un instant! Là, on propose l'adoption sans débat. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, le vote par appel nominal est demandé. Que
l'on appelle les députés. Les
travaux sont suspendus quelques instants.
(Suspension
de la séance à 15 h 17)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je voudrais avoir votre attention, parce qu'il y a des gens qui n'étaient pas ici au moment où la motion a été
présentée. Alors, je lis la motion, ce sur quoi nous allons voter : Je
demande le consentement de la Chambre pour présenter la motion suivante — qui
a été accordé — conjointement... Bon, bon, bon.
Alors, on va voter
sur :
«Que l'Assemblée
nationale salue le travail réalisé
par l'Unité permanente anticorruption et souhaite de voir leurs enquêtes aboutir
dans les meilleurs délais;
«Qu'elle demande au gouvernement de donner suite
avec diligence aux principes des recommandations contenues dans le rapport final de la commission
Charbonneau, notamment
celle concernant la [perception] des lanceurs d'alerte dans l'entreprise
privée et les municipalités;
«Que tous les partis
politiques représentés à l'Assemblée nationale s'engagent à coopérer pleinement
aux enquêtes de l'UPAC et du Directeur
général des élections du Québec et à rembourser [à ce même] Directeur général
des élections du Québec toutes les contributions politiques qui leur
auraient été versées illégalement.»
C'est là-dessus que
porte le vote. Quels sont ceux qui sont favorables à cette motion?
Secrétaire adjointe : M. Khadir (Mercier).
Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Paradis (Brome-Missisquoi), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin), M.
Hamad (Louis-Hébert), M. Coiteux
(Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Charlebois
(Soulanges), Mme Vien (Bellechasse), M. Billette (Huntingdon), M. Daoust
(Verdun), M. Reid (Orford), Mme Nichols
(Vaudreuil), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos (Laurier-Dorion),
Mme Boulet (Laviolette), M. Ouellette (Chomedey), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M.
Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard (Trois-Rivières), M. Iracà (Papineau),
M. Bolduc (Mégantic), M. Tanguay (LaFontaine), M. Simard (Dubuc), M.
Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Drolet (Jean-Lesage), M. Rousselle (Vimont), Mme
Vallières (Richmond), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), M.
Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Giguère
(Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M.
Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis (Argenteuil), Mme
Tremblay (Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
M. Péladeau (Saint-Jérôme), M.
Drainville (Marie-Victorin), M. Marceau (Rousseau), M. Therrien (Sanguinet),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre
(Taillon), M. Traversy (Terrebonne), M. Lelièvre (Rimouski), M. Bergeron
(Verchères), M. Leclair (Beauharnois), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Maltais
(Taschereau), M. LeBel (Rimouski), Mme Hivon (Joliette), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Rochon (Richelieu), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Ouellet (Vachon), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Kotto (Bourget), Mme Richard (Duplessis), M. Roy
(Bonaventure).
Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M.
Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette (Borduas).
David (Gouin), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Roy (Arthabaska).
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il des abstentions? Je n'en vois
pas. Alors, M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 113
Contre :
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion est adoptée, comme on
vient de le mentionner.
Je cède maintenant
la parole pour les avis touchant les travaux des commissions à M. le leader
adjoint du gouvernement. M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles poursuivra les consultations
particulières et auditions publiques dans le cadre de l'étude du livre vert intitulé Orientations du
ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles en matière d'acceptabilité
sociale , dès maintenant pour une durée de trois heures et de
19 h 30 à 21 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la culture et de l'éducation poursuivra les consultations
particulières à l'égard du projet de loi
n° 86, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions
scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de décision et
d'assurer la présence des parents au sein de l'instance décisionnelle de la
commission scolaire, aujourd'hui, à compter de 15 h 30 pour une durée
de 2 h 15 min, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'économie et du
travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 70, Loi
visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Et finalement la Commission des
transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 76, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance
du transport collectif dans la région métropolitaine de Montréal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38, de l'édifice
Pamphile-Le May, et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie. Pour ma part, je vous avise que
la Commission des relations avec les
citoyens se réunira en séance de travail aujourd'hui, à 18 heures, pour
une durée de 30 minutes, à la salle RC.171 de l'hôtel du Parlement,
afin de statuer sur une demande de mandat d'initiative portant sur la place des
femmes en politique.
Renseignements
sur les travaux de cette Chambre. Je n'en vois pas.
Alors, la période des affaires
courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour,
et, aux affaires du jour, je cède la
parole... Bien, pas besoin parce que ça a été indiqué. Alors, conformément à
l'ordre approuvé — ce
ne sera pas long — conformément à l'ordre approuvé, adopté
précédemment, l'Assemblée se constitue en commission plénière afin
d'entreprendre l'étude des crédits provisoires pour l'année financière
2016-2017.
je suspends les travaux quelques minutes pour permettre à qui de droit de
s'introduire et de transformer cette Chambre en commission plénière. Les
travaux sont suspendus quelques instants.
(Suspension
de la séance à 15 h 33)
Gendron
(président de la commission plénière) : Alors, mesdames
messieurs, on va procéder.
Mais
avant je dois vous faire une... c'est-à-dire vous donner une information, là. Il y aura
un débat de fin de séance. Et il y a
une entente qui est intervenue, même s'il
y avait entente pour faire ce qu'on a
à faire, ce pour quoi on est convoqués, les crédits... le quart des crédits provisoires. Alors,
le débat de fin de séance aura lieu entre le ministre de la Santé et des Services sociaux et les députés de l'opposition
avant la suspension des travaux. Alors, c'est la députée de Taillon qui s'adressera au ministre de la Santé et des Services sociaux concernant... Le sujet, c'est : L'abolition
du poste de Commissaire à la santé et au bien-être.
là, conformément à l'entente qui est intervenue préalablement, la commission plénière se réunit afin d'étudier les crédits provisoires pour l'année
financière 2015... 2016 — pardon — 2017.
cours de la prochaine heure... La prochaine heure, on va entendre... procéder à
un échange entre M. le ministre
responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes
et président du Conseil du
trésor et certains députés de l'opposition.
commence par des remarques
préliminaires. Vous n'êtes pas
obligés d'en faire, mais, si vous en faites, c'est du temps de moins pour l'échange. Je vous rappelle
qu'un maximum de six minutes est alloué au groupe parlementaire formant le gouvernement, 3 min 30 s à l'opposition officielle, 2 min 30 s au deuxième groupe d'opposition et 1 min 30 s pour l'ensemble des députés indépendants, si c'est
le cas. Débuteront ensuite les échanges entre le ministre et les députés
de l'opposition, au cours desquels les députés indépendants auront
droit à un bloc de quatre minutes s'ils l'utilisent. Les temps non
utilisés vont être répartis.
J'accorde
immédiatement la parole à M. le ministre pour ses remarques préliminaires, s'il veut en faire. M. le ministre, vous voulez faire des remarques
préliminaires?
Le Président (M. Gendron) : À vous.
Hamad : Merci,
M. le Président. Comme vous, probablement, quand vous étiez à ma place, vous faisiez les remarques
préliminaires, c'est important pour mettre en contexte le travail des mois et
des mois...
Hamad : Je copie le
président. Je copie les mêmes motifs.
Alors, M. le Président, chers collègues parlementaires,
il me fait plaisir de vous entretenir aujourd'hui sur la stratégie de gestion des dépenses 2016-2017
du gouvernement. Je tiens d'abord à vous rappeler
brièvement le contexte des crédits présentés par le gouvernement.
Dès son
entrée en fonction, notre gouvernement s'est engagé à redresser les finances publiques.
Cela a été une nécessité afin de
s'assurer d'avoir les moyens de nos ambitions pour le futur. Chose certaine,
poursuivre sur la route des déficits
n'était pas une option envisageable pour un gouvernement responsable. Nous
avons le devoir d'assurer un Québec
prospère aux générations à venir. Ainsi, c'est non sans fierté que je peux aujourd'hui
confirmer que notre promesse d'atteindre l'équilibre budgétaire pour l'année
financière 2015-2016 a été tenue.
L'objectif de
contrôle des dépenses de programmes a été par
ailleurs respecté pour une deuxième
année consécutive. Il faut le souligner,
M. le Président — et
vous étiez présent probablement — c'est
une première en 23 ans. La dernière fois, c'était en 1993 où le
contrôle des dépenses était respecté pour deux années consécutives.
Au cours des
deux dernières années, la croissance des dépenses a été limitée à 1,6 % et 1,7 %. En 2016-2017, le taux de
croissance sera de 2,7 %. En éducation, la croissance des dépenses sera de
l'ordre de 3 %. Cela représente près de 500 millions de plus
que l'année précédente pour ce secteur.
En vue de maintenir
une bonne santé financière et réussir à dégager des marges de manoeuvre, un
seul principe s'applique, soit celui d'avoir un budget équilibré. La
croissance des dépenses doit demeurer inférieure à la croissance des revenus. Le contrôle des dépenses est plus que
nécessaire si le Québec veut avoir les moyens de s'adapter aux réalités d'un environnement économique en mouvance.
L'économie mondiale impose des défis particuliers qui doivent être pris en compte : l'évolution de l'économie
chinoise et celle des pays émergents, la dépréciation du dollar canadien, la
baisse du prix des ressources pétrolières, pour ne nommer que quelques
exemples.
Ces réalités
impliquent néanmoins de revoir l'ensemble de nos programmes et de nos façons de
faire. Ainsi, un comité ministériel sur révision de programmes, présidé
par le premier ministre, a été constitué afin d'énoncer les orientations et les
priorités du gouvernement en matière de révision de programmes.
Pour le
contrôle des effectifs, il va sans dire que l'amélioration de nos façons de
faire implique un meilleur contrôle de
nos effectifs. La rémunération des employés de l'État constitue à elle seule
60 % des dépenses de programmes, soit une somme annuelle de 40 milliards de dollars. En 2015-2016, le
nombre d'effectifs à temps complet a diminué de 7 158, alors qu'au cours des dernières années précédentes
une hausse moyenne de 5 000 effectifs à temps complet était observée.
Sur le plan
de l'expertise gouvernementale, nous travaillons à réduire le recours à des
consultants externes pour renforcer notre expertise à l'interne. Citons
en exemple le Centre de services partagés qui a déjà fait des efforts pour
répondre à cet objectif en réduisant de 35 % le recours à du personnel
externe.
renouvellement des conventions collectives des employés de l'État figure parmi
les réalisations importantes de la
dernière année financière et permettra une meilleure stabilité de nos dépenses.
À ce jour, nous avons une entente de
principe avec 498 000 des 533 000 syndiqués de l'État, dont
398 000 font
partie du front commun. Les négociations se sont
déroulées dans un contexte où le gouvernement s'était engagé à atteindre
l'équilibre budgétaire, à respecter la capacité de payer des contribuables et à
honorer les principes d'équité.
Je tiens à
souligner que l'ensemble des efforts menés en matière de contrôle des dépenses
font en sorte que l'on peut
maintenant dégager une marge de manoeuvre qui permettra d'investir des sommes
additionnelles dans ces secteurs prioritaires tels que l'éducation, la
santé et la famille.
D'autre part,
le gouvernement inscrit au Plan québécois des infrastructures 2016-2026
d'importants investissements, de
l'ordre de 88,7 milliards, une augmentation de 300 millions par
rapport au plan 2015-2025. Plus spécifiquement pour l'année financière 2016-2017, les investissements
seront de 9,6 milliards. De nouvelles initiatives totalisent
2,4 milliards, font
partie du
plan 2016-2026. Mentionnons, entre autres, pour le secteur de l'éducation
primaire et secondaire, des sommes de
1,2 milliard, dont 500 en argent neuf, au cours des trois prochaines
années, pour améliorer la qualité des écoles primaires et secondaires.
Évidemment,
des sommes importantes sont aussi inscrites au PQI pour mettre en oeuvre nos
grandes stratégies de développement économique telles que le Plan Nord,
la Stratégie maritime, plan d'électrification des transports.
conclusion, M. le Président, avant de répondre à vos questions, je tiens à
rappeler que notre gouvernement a respecté son engagement à rétablir
l'équilibre budgétaire et à contrôler la croissance des dépenses. Les
contribuables s'attendent à ce que leur
impôt soit investi dans des services publics et des infrastructures de qualité.
Chaque sou dépensé doit l'être de manière à répondre aux attentes des citoyens. Ils
travaillent fort pour leur argent, il nous revient de veiller à faire
des choix judicieux qui seront profitables.
La stratégie
de gestion des dépenses 2016-2017 du gouvernement confirme tout à fait notre
volonté de respecter et redéfinir
l'État québécois, et ce, dans le but d'offrir un Québec prospère dont profitera
la population aujourd'hui et les générations de demain.
Président (M. Gendron) : Est-ce que l'opposition officielle, vous
utilisez vos remarques préliminaires? Vous avez 3 min 30 s. Ce n'est pas obligé. Si vous ne les
prenez pas, on tombe tout de suite dans le bloc. Est-ce que vous utilisez
vos remarques?
M. Lelièvre : Je vais tomber dans le
bloc.
Président (M. Gendron) :
Vous tombez dans le bloc. Est-ce que la deuxième opposition... Pas de remarques
préliminaires.
Donc, on tombe
tout de suite dans le bloc. C'est l'opposition officielle qui débute pour
20 minutes. Les 20 prochaines minutes, c'est vous qui
contrôlez les échanges. M. le député de Gaspé, à vous la parole.
M. Lelièvre : Merci, M. le Président.
Je tiens à saluer d'abord le ministre, et toute l'équipe qui l'entoure, et
également les collègues de la deuxième opposition et de la
partie
gouvernementale.
C'est un
événement important, hein, avoir le privilège de discuter des quarts des crédits
du Conseil du trésor, récent budget
du gouvernement du Québec. C'est un exercice que je considère important parce
que, si on veut permettre à la machine
gouvernementale de fonctionner à partir du 1er avril, c'est important de
poser des gestes concrets puis d'allouer les crédits nécessaires pour
permettre à l'ensemble de l'État d'être opérationnel.
Donc, je vous
dirais, les principes qui vont guider mon intervention sont beaucoup axés, vous
ne serez peut-être pas surpris, sur
des notions qui touchent beaucoup les régions, l'occupation du territoire et
différents enjeux qui sont plus d'ordre national. Donc, d'emblée, je
considère qu'il est important de remettre en perspective, je dirais, les
décisions gouvernementales... du gouvernement actuel depuis son entrée en
fonction en 2014.
Ce qu'on
remarque au niveau des régions, au niveau des régions ressources, au niveau des
régions dites éloignées notamment, on
remarque beaucoup de coupures budgétaires, beaucoup de décisions qui rendent
plus difficile la prise en main des régions en regard de leur
développement.
Je m'explique de la façon suivante, par des
exemples concrets. Notamment au niveau de ce qu'on appelle l'occupation du territoire, hein, l'occupation
dynamique et la vitalité du territoire, c'est une notion qui est de plus en
plus répandue au Québec depuis
quelques années. Pourquoi? Bien, c'est parce que le gouvernement du Québec a
adopté une loi, la loi n° 34 sur
l'occupation dynamique des territoires, et cette loi-là venait reconnaître
officiellement l'importance, pour les
régions, que l'appareil gouvernemental, que l'ensemble des ministères
intervienne de façon adéquate, de façon judicieuse, de façon équitable
sur l'ensemble du territoire québécois pour permettre à l'ensemble des Québécoises
et des Québécois de pouvoir occuper ce territoire-là,
de pouvoir vivre dans leur coin de pays avec un minimum de services, qui
rend l'occupation du territoire décente, qu'importe l'endroit où tu te
retrouves sur le territoire québécois.
Malheureusement, cette loi n'est, à mon avis, pas nécessairement appliquée ou respectée dans son intégralité. Je
m'explique. Par exemple, au niveau
de la reddition de comptes, chaque ministère du gouvernement
du Québec devrait en théorie
exercer une... réaliser une reddition de comptes dans laquelle on retrouve notamment
les efforts, les actions concrètes qui ont
été réalisés par un ministère afin justement que la loi n° 34 prenne toute sa
forme et qu'on puisse constater les efforts réalisés par ledit ministère
pour permettre à l'ensemble des régions d'être mieux outillées pour assurer
leur développement. Force est de constater que, dans les différentes
redditions de comptes annuelles, malheureusement on peut voir que l'application de cet objectif
est très variable d'un ministère à un autre. Donc, je considère que ça serait
important que le gouvernement du Québec apporte, je dirais, les
précisions, les clarifications, mette les efforts nécessaires pour s'assurer
que chacun des ministères concernés vraiment mette en application ces exigences
de la loi n° 34.
Si on revient
au budget actuel, le budget 2016-2017,
je constate qu'au niveau de l'occupation du territoire c'est à peu près
le même scénario que l'an dernier. On est passé d'un budget
de 180 millions de dollars l'an dernier à 116 millions. Pour ce qui est de l'enveloppe de l'occupation du territoire,
cette enveloppe a été diminuée de 1 million cette année, donc de 116 à 115 millions pour 2016-2017. Mais il faut se rappeler qu'au-delà de
la coupure de 1 million seulement cette année... on serait porté à dire ça, mais il ne faut pas oublier qu'il y a
un an passé on avait 180 millions de budget pour cette occupation du territoire.
En même temps, la métropole, la région de la Capitale-Nationale, qui ont des besoins énormes, j'en conviens,
et à l'égard desquels le gouvernement du Québec doit être très sensible... Je
crois que c'est important, puis je tiens à le mentionner,
c'est extrêmement important que le gouvernement du Québec soit à
l'écoute des besoins de notre métropole, la région de Montréal, de notre capitale, la région de Québec.
Et on constate qu'un budget est affecté spécifiquement à chacune des deux communautés. Par exemple, du côté de la métropole, on a un budget qui a été augmenté de
119 millions à 123 millions annuellement, et, du côté de la Capitale-Nationale, on est passé de 48 à 52 millions, donc une augmentation
de 10 % cette année. Tout ça fait un total de 175 millions pour
deux régions... deux grandes régions, extrêmement importantes, je tiens
à le redire, qui ont des besoins extrêmement importants aussi.
Donc,
175 millions pour la métropole et la capitale, et en même temps on parlait
tout à l'heure d'une enveloppe totale
de 115 millions pour la balance des régions du Québec, pour les
15 autres régions. Hein, je vois, ici, il y a des députés et des ministres de l'ensemble de ce grand
territoire québécois là. Donc, bravo qu'on soit à l'écoute, comme gouvernement,
de notre capitale et de notre métropole,
mais il y a aussi 15 autres régions qui ont des besoins, qui ont des
particularités. Puis je souhaite fortement que le gouvernement soit
davantage à l'écoute...
Le Président (M. Gendron) : ...fais
juste remarquer que c'est un échange, le premier bloc. Alors, ça ne me dérange pas, mais, si vous prenez tout le temps,
c'est sûr que, si la réponse... vous risquez... on va avoir un échange fini.
Donc, vous changez de bloc. Alors, c'est à vous à jauger ça, là. Mais je
préférerais plus court pour donner le temps de quelques questions et
échanges.
M. Lelièvre : Merci,
M. le Président. Donc, j'aimerais
entendre... Je vais vous écouter. Je suis un bon étudiant, vous voyez,
un bon élève. J'aimerais entendre le ministre sur sa vision de la répartition
de l'enveloppe budgétaire de 115 millions versus 175 pour la métropole et
la capitale.
Le Président (M. Gendron) : À vous, M.
le ministre.
Hamad : Merci,
M. le Président. Je veux remercier
mon collègue. Et on voit, là, le sang de Gaspésie coule
chez lui. Puis, très bien, je vais le féliciter aussi. Puis je ne suis pas surpris de sa question,
parce qu'il veut défendre sa région.
Alors, il y a plusieurs éléments dans le budget.
Parce qu'actuellement mon collègue est allé juste sur un poste budgétaire qui parle de développement régional,
mais moi, je vais l'amener un petit peu, avec sa permission, à aller plus
large que ça.
D'abord, il a
parlé de la Capitale-Nationale. J'ai vu qu'il est très content pour la
Capitale-Nationale. Alors, je suis très
heureux de voir le député de La Peltrie... de vous entendre que vous êtes
heureux pour la Capitale-Nationale. Mais je vous dis que, dans le PQI, le programme québécois d'infrastructures,
44 % des investissements de 88,7 milliards vont aller dans les
régions du Québec.
Et évidemment
Montréal prend une bonne partie, de moins que 44 %, bien sûr. Pourquoi?
Parce que c'est une grande concentration d'infrastructures routières, et
etc. Pour ça, elle en prend, mais, quand même, 44 %.
Sa région à
lui, qui est importante, la Gaspésie—les-Îles, dans le PQI, c'est
1 170 000 000 $ de prévus pour des investissements. Ça, c'est le PQI. Et je vais lui
donner des exemples dans les travaux qui sont dans le PQI : par exemple,
la route 132 dans la municipalité de
Maria; le cégep de la Gaspésie et des Îles; le CIUSSS de Côte-de-Gaspé, alors
c'est dans...
alors modernisation de l'urgence, le bloc opératoire; construction d'une
nouvelle patinoire au Complexe sportif de Paspébiac.
Puis, si on
regarde les mesures maintenant... Ça, c'est les investissements en
infrastructures. Regardons maintenant les mesures budgétaires qui ne sont pas nécessairement dans le poste
budgétaire dont... lequel le collègue parle, le député de Gaspé. Si on regarde, il y a, par exemple, la
construction de promenade temporaire à Percé : il y a réalisation d'une
étude pour apporter une solution permanente.
On a Québec branché — Québec branché, je suis convaincu, pour lui, c'est important — mettre en valeur le tourisme hivernal — je suis convaincu, pour le député, c'est un
élément important — mise
en valeur du patrimoine bâti, naturel et
culturel de la SEPAQ; soutien aux efforts de diversification et développement
de l'offre touristique, promotion
touristique destinée aux marchés hors Québec; favoriser le développement de
l'industrie forestière, accroître la
contribution de la forêt privée; favoriser le développement de l'industrie
agroalimentaire; la stratégie maritime,
évidemment. Alors, il y a dans le budget plusieurs mesures qui ne sont pas
nécessairement dans le budget des Affaires municipales, mais ça couvre
quand même dans sa région.
Et, lorsqu'on
prend sa région comme exemple... C'est la même chose dans toutes les régions du
Québec. Alors, lorsqu'on parle de
Québec branché, bien, ça vous touche aussi, M. le Président. Lorsqu'on parle de
développement de l'industrie forestière, bien, vous le savez très bien,
M. le Président, chez vous, c'est un élément important. Et, particulièrement dans votre comté, lorsqu'on parle
des scieries actuellement, dans le contexte du dollar où... et dans le cadre du négo aussi de la nouvelle entente que
vous avez déjà discutée avant, en 2002-2003, quand vous étiez ministre
des Ressources et des Mines. Alors, tous ces éléments-là sont dans plusieurs
éléments.
Et, vous
savez, l'industrie forestière, c'est les régions. Lorsqu'on parle de forêt
privée, c'est les régions. Alors, c'est donc qu'il y en a plusieurs,
éléments, que nous avons ici et qui touchent les régions. J'ai ici... Pour
l'industrie forestière — vous voyez, c'est ça — le montant, c'est 230 millions qu'on
met sur cinq ans, soit la plus grande aide totale consentie aux entreprises à date. Et on parle des
chemins forestiers