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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

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32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)

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30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)

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29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)

29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)

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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)

28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)

27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)

27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)

27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)

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25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

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(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)

Le mardi 19 février 2013 - Vol. 43 N° 7

Ministère du Conseil exécutif, volet Jeunesse

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Table des matières

Jeunesse 1

Remarques

préliminaires 1

Mme Pauline Marois 1

M. Alexandre Iracà 3

Discussion

générale 4

Adoption des

crédits 12

Adoption de l'ensemble des crédits 12

Autres

intervenants

M. Marc Picard, président

Mme Sylvie Roy

M. Léo Bureau-Blouin

M. Dave Turcotte

M. Mathieu Traversy

* M.

Nikolas Ducharme, Secrétariat à la jeunesse

* Témoin

interrogé par les membres de la commission

Note de l'éditeur :

La commission a aussi siégé en avant-midi pour

l'étude des crédits du

ministère

de la Santé et des Services sociaux. Le compte

rendu en est publié dans un fascicule distinct.

Les crédits du volet Affaires

intergouvernementales canadiennes du ministère du Conseil exécutif ont été

étudiés à la Commission des institutions le 4 février 2013 .

Les crédits du volet Conseil exécutif du ministère

du Conseil exécutif ont été étudiés à la Commission des institutions le

7 février 2013.

Les crédits des volets Institutions démocratiques,

Commission d'accès à l'information et Laïcité du ministère du Conseil

exécutif ont été étudiés à la Commission des institutions le 8 février 2013.

Les crédits du volet Affaires autochtones du

ministère du Conseil exécutif ont été étudiés à la Commission des

institutions le 12 février 2013.

Les crédits du volet Capitale-Nationale du

ministère du Conseil exécutif ont été

étudiés à la Commission de

l'aménagement du territoire le 12

février 2013.

Les crédits du volet Métropole du ministère du

Conseil exécutif ont été

étudiés à la

Commission de l'aménagement du

territoire

le 19 février 2013.

Journal des débats

(Dix-neuf

heures une minute)

Le Président (M.

Picard) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je

déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. Je

demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la

sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du

volet Jeunesse du portefeuille du Conseil

exécutif pour l'exercice financier 2013-2014. Une enveloppe d'une heure a été

allouée pour l'étude de ces crédits.

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Champagne (Champlain) est

remplacée par M. Traversy (Terrebonne); M.

Richer (Argenteuil), par M. Turcotte (Saint-Jean); et Mme Gaudreault

(Hull), par M. Iracà (Papineau).

Jeunesse

Le Président (M.

Picard) : Merci. Nous allons débuter par les remarques préliminaires

et procéder à une discussion d'ordre général en alternance entre le groupe

parlementaire formant le gouvernement et des députés de l'opposition. Un bloc d'environ 16 minutes est prévu pour l'opposition

officielle et le gouvernement, et de deux minutes pour le deuxième

groupe de l'opposition, incluant les questions et les réponses.

La mise aux voix de

ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui est alloué à l'étude de ce

programme, soit quelques minutes avant l'ajournement de nos travaux.

En terminant, je vous

invite, aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser de courtes

questions et incidemment à fournir des réponses tout aussi brèves de façon à

favoriser le plus grand nombre d'échanges possible.

Remarques préliminaires

Nous débutons sans

plus tarder avec les remarques préliminaires. Mme la première ministre, vous

disposez de 10 minutes.

Mme Pauline Marois

Mme Marois :

Alors, merci beaucoup, M. le Président. Je voudrais d'abord saluer le

secrétaire adjoint à la jeunesse, qui

m'accompagne, M. Nikolas Ducharme, de même que Marie-Christine Fillion, qui

travaille à mon cabinet et qui est recherchiste senior sur plusieurs

dossiers, dont celui de la jeunesse. Je voudrais vous saluer, M. le Président,

saluer les représentants de l'opposition, M. le député de Papineau et Mme la

députée d'Arthabaska.

D'abord,

je suis très heureuse de me retrouver ici aujourd'hui pour rendre compte de

l'action de mon gouvernement à

l'égard de la jeunesse. C'est une question qui doit en quelque sorte

transcender toute l'action d'un gouvernement. C'est pour préparer un

meilleur avenir à nos jeunes, pour leur offrir un Québec maître de son destin

que nous faisons de la politique. La

jeunesse a d'ailleurs toujours été une grande préoccupation des gouvernements

de ma formation politique.

août 1983 — vous allez me permettre de rappeler cela — le

gouvernement Lévesque a tenu le Sommetquébécois

de la jeunesse, qui a permis aux jeunes de tout le Québec de s'exprimer sur les

enjeux qui les préoccupaient. Et c'est

à la suite de ce sommet qu'est né le Secrétariat à la jeunesse puis, quelques

années plus tard, le Conseil permanent de la jeunesse qui a vu le jour.

Rappelons d'ailleurs que ce dernier, ce conseil, a été aboli en 2012 par le

gouvernement libéral qui nous a précédés.

2000, les représentants des jeunes et de la société civile ont encore été

convoqués, cette fois au Sommet du Québec

et de la jeunesse. Ce sommet a été suivi par l'élaboration d'une Politique

québécoise de la jeunesse, un premier Plan d'action jeunesse ainsi que

par la création du Fonds Jeunesse de 250 millions de dollars. Depuis, la

Politique québécoise de la jeunesse représente la pierre d'assise sur laquelle

se construit l'action gouvernementale en matière de jeunesse. Aujourd'hui, le

dossier revêt toujours la même importance, je vous dirais, à plus forte raison

après le printemps que nous avons connu l'an dernier.

J'ai

donc décidé de conserver le dossier Jeunesse parmi mes responsabilités. Je

voulais toutefois aller au-delà des voeux pieux et contrairement à ce

qu'on a vu trop souvent par le passé. C'est pourquoi j'ai demandé le soutien du

député de Laval-des-Rapides, qui est

maintenant mon adjoint parlementaire à la jeunesse. Il connaît bien ce dossier.

Il vit lui-même cette réalité comme jeune,

comme jeune député et comme étudiant. Son éloquence et son dynamisme ne

sont plus à démontrer. Je suis donc très

heureuse de pouvoir compter sur lui. Je le suis d'autant plus que cela démontre

que nous avons pris acte des événements de la dernière année.

On parle beaucoup, depuis plusieurs années, du

défi démographique que le Québec aura à relever, tout comme d'autres sociétés

occidentales. On anticipe le début du déclin de la population active et même la

naissance de conflits entre les générations si rien

n'était fait pour composer sainement avec ce défi. De fait, nous avons assisté

au printemps dernier à une crise d'une ampleur exceptionnelle dont l'histoire

se souviendra. Alors que le gouvernement précédent avait imposé une hausse de

82 % des droits de scolarité sans aucune forme de concertation, la société

civile s'est mobilisée pour remettre en question cette façon de faire. Bien

plus que la seule question des droits de scolarité, c'est notre manière de

gouverner et de prendre les décisions importantes pour l'avenir de notre nation

qui était discutée.

Par l'action de mon gouvernement, nous voulons

répondre à cette préoccupation. Et elle s'articule, cette préoccupation, autour de quatre piliers, qui sont

l'intégrité, l'identité, la solidarité et la prospérité. Dans chacun de

ces axes, je pense que nous pouvons tirer

des renseignements... des enseignements, pardon, de la crise que nous avons

vécue au printemps dernier. D'abord, au

chapitre de l'identité, il y a un principe tout simple à ne pas oublier :

je crois qu'il faut dire et redire que, dans notre modèle québécois, la

concertation, le dialogue social sont des incontournables dans la conduite de l'action publique. Il est de notre

devoir d'impliquer les citoyens dans des discussions ouvertes,

constructives pour définir les politiques qui auront des répercussions sur leur

vie. Autant ma formation académique que mon expérience

ministérielle me l'ont appris : au Québec, pour réaliser de grandes

choses, il faut mettre nos idées en commun, pas les opposer. Ça fait

partie de ce que nous sommes.

C'est ce que

nous avions en tête lorsque nous avons convoqué le Sommet sur l'enseignement

supérieur, qui aura lieu la semaine

prochaine. Certes, les débats continuent d'être vifs, et les attentes, elles

sont élevées, mais le ministre de l'Enseignement supérieur, de la

Recherche, de la Science et de la Technologie, appuyé par son collègue de

Laval-des-Rapides, travaille fort pour que

le débat se poursuive et pour que l'exercice soit positif. Cette approche

trouve une application bien concrète

dans la vision que nous avons de nos institutions démocratiques. C'est ce qui

nous inspire dans notre volonté de

restaurer l'intégrité dans notre vie publique. C'est d'ailleurs le mandat que

j'ai confié au ministre des Institutions

démocratiques et de la Participation citoyenne. Le député de Laval-des-Rapides

s'intéresse beaucoup, lui aussi, à ces questions. Il est très actif dans

sa recherche de nouveaux moyens pour rapprocher les élus des citoyens, les jeunes

et les moins jeunes, notamment en utilisant les nouveaux médias.

Il est

également primordial d'impliquer l'ensemble des élus de l'Assemblée nationale

dans la délibération et la recherche

de solutions nouvelles. Les parlementaires ont des moyens pour apporter des

solutions durables aux problèmes découlant

du vieillissement de la population et dont les effets toucheront l'ensemble des

générations. Je pense que, pour ces questions

fondamentales pour l'avenir du Québec, il faut nous élever au-dessus de la

partisanerie. Déjà, nous pratiquons cette approche et nous ne pensons

pas qu'en matière de jeunesse il faille jeter à la poubelle tout ce qu'a fait

l'ancien gouvernement. Les trois plans

d'action de la Stratégie d'action jeunesse qui se sont succédé n'auraient pas

atteint leur cible si chacun avait

défait ce que créait le précédent. La Stratégie d'action jeunesse 2009-2014,

qui est le dernier de ces trois

plans, a été lancée sous le thème Enrichir le Québec de sa relève .

D'emblée, nous souscrivons à l'objectif de permettre aux jeunes de contribuer à la prospérité du

Québec, un autre pilier de notre action. Cette stratégie, étalée sur cinq ans,

assure la cohérence et la coordination des

différentes agences gouvernementales en matière de jeunesse. 14 ministères, 300

partenaires non gouvernementaux

participent à son application. Son action se décline en six grands défis :

l'éducation et emploi, l'entrepreneuriat, la

santé, les régions, la diversité et l'environnement. La Stratégie d'action

jeunesse regroupe 115 moyens d'action qui représentent un

investissement annuel direct de 50 millions de dollars provenant du Secrétariat à la jeunesse. Près de 75 % des

montants ainsi investis sont administrés par cinq organismes : les forums

jeunesse régionaux, les carrefours jeunesse-emploi, Réunir Réussir, les centres

jeunesse et Place aux jeunes en région. Alors, outre les investissements provenant du Secrétariat à la jeunesse, le

montant total des investissements gouvernementaux liés à cette stratégie est d'environ 2 milliards

de dollars sur cinq ans. Plus de 450 emplois directs ont été créés et

maintenus dans toutes les régions du Québec dans le cadre de la stratégie

jeunesse.

Comme je l'ai

déjà mentionné, la Stratégie d'action jeunesse est étalée sur cinq ans, viendra

à échéance en 2014. Il faut donc entreprendre dès maintenant une

réflexion sur l'état actuel de la jeunesse au Québec, ainsi que sur son avenir, afin de réorienter l'action

gouvernementale en la matière. Le vieillissement de la population est un

phénomène qui prend de l'ampleur. En 2030, au Québec, la proportion de

personnes ayant 65 ans et plus passera de 15 % à 25 %.

Actuellement, la population active représente 69 % de la population

totale, une proportion parmi les plus élevés des 25 pays de l'OCDE. Ce nombre

de personnes commencera toutefois à décroître au cours des prochaines années

pour s'établir en deçà de 60 % en 2030.

• (19 h 10) •

Ce que l'on

doit retenir, c'est qu'il y aura de moins en moins de travailleurs pour

soutenir un nombre croissant de retraités. S'ajoutent donc aux objectifs

de la prochaine stratégie jeunesse la nécessité d'ajouter la solidarité entre

les générations. Et il est de la

responsabilité de notre gouvernement de préparer la relève, faire face aux

défis du Québec de 2030.

Notre

gouvernement souhaite entreprendre une réflexion approfondie sur la question.

Je vous annonce d'abord que nous

prolongerons d'un an la Stratégie d'action jeunesse. Nos partenaires seront

informés au cours des prochaines semaines

des modalités liées à cette prolongation. J'ai aussi donné au Secrétariat à la

jeunesse le mandat de faire le bilan des interventions qu'il finance. J'ai ensuite demandé à mon adjoint

parlementaire pour les dossiers jeunesse de planifier une tournée

régionale visant à impliquer les jeunes du Québec dans la conception de cette

nouvelle stratégie et de cette nouvelle politique. Au cours de cette

consultation, le député de Laval-des-Rapides portera une attention particulière

à l'utilisation du Web 2.0. Je souhaite que tous les partenaires jeunesse du

Québec s'engagent activement dans cette démarche que nous initierons

prochainement.

conclusion, voilà donc comment s'articulera notre action en matière de

jeunesse. Nos garderons le même esprit qui nous a menés à convoquer un

sommet sur l'enseignement supérieur. Nous avons entendu les messages que nous ont envoyés les jeunes du Québec au printemps

dernier. Nous allons leur donner les moyens de relever les défis qu'ils rencontreront dans

l'avenir. Surtout, nous allons nous donner les moyens de bâtir un Québec dont

nous serons fiers, un Québec pour qui

le dialogue, la concertation demeurent le meilleur moyen de prendre des

décisions, un Québec où les citoyens

se réapproprient leurs institutions, un Québec où chacun peut contribuer à notre

prospérité collective, un Québec où les générations sont solidaires les

unes des autres, un Québec pour tous. Voilà ce que nous voulons bâtir ensemble.

Je vous remercie, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : Merci, Mme la première ministre. J'invite

maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de

jeunesse, de loisir, de sport et député de Papineau à faire ses remarques

préliminaires pour un maximum de 10 minutes.

M. Alexandre Iracà

M. Iracà :

Merci, M. le Président. Mes remarques seront brèves. Je veux me garder du temps

pour les questions. Alors, je profite

de l'occasion pour saluer la première ministre de sa présence ce soir, ainsi

que son adjoint. Et je salue également

tous mes collègues députés du Parti québécois et de la CAQ qui sont présents ce

soir, ainsi que tout le personnel du Secrétariat à la jeunesse qui vous

accompagne en ce beau mardi froid d'hiver, de février.

Nous

avons au Québec une jeunesse dynamique, enthousiaste, regorgeante de nouvelles

idées, de nouvelles façons de faire,

à l'affût des nouvelles technologies. Je suis certain que ce soir il y a des

jeunes, et aussi des moins jeunes, qui nous écoutent via Internet. Il y

a certainement également des gens qui sont en train d'écrire des messages sur Twitter

en ce moment et qui disent : Les

crédits sur la jeunesse, ça se passe, et c'est maintenant. Je suis certain que,

si j'ouvre mon... Je ne l'ouvrirai

pas, M. le Président, inquiétez-vous pas. Si j'ouvre mon téléphone intelligent,

il y a déjà ce soir, actuellement, des

messages sur Twitter . Alors, c'est important d'être à l'affût des

nouvelles technologies pour aller rejoindre le plus de gens possible. À la maison, au travail, partout,

c'est la nouvelle façon de faire. Et c'est comme ça qu'on va pouvoir

informer les gens, les citoyens du Québec.

Il faut être à

l'affût aussi d'une chose extrêmement importante face à la jeunesse, c'est le

fait de dire la vérité. Je pense que ce

thème-là, le thème de la vérité, face à la jeunesse, est très important. Et là

je fais un lien avec le sommet sur l'éducation.

De promettre d'aller décrocher la lune aux jeunes en disant que tout est

gratuit, tout va se payer comme par magie

pour attirer un capital de sympathie partisan, c'est de créer un lourd héritage

à la jeunesse, pas nécessairement celle qui est là, mais celle qui va succéder la jeunesse actuelle : mes

enfants, les enfants de plusieurs parents, de Québécois et de Québécoises dans la trentaine, dans la quarantaine

qui ont de jeunes enfants, vos petits-enfants, Mme la première ministre.

Alors, c'est

important de se dire les vraies choses et de ne pas faire en sorte qu'on dit

des choses à notre jeunesse pour s'attirer un capital de sympathie éphémère. Je

pense que ce qu'ils veulent savoir, c'est la vérité. Nous devons être fiers de cette jeunesse. Nous devons

leur offrir les outils pour développer leur rêve et leur ambition. Voilà

pourquoi le gouvernement précédent a entre autres mis en place une Stratégie

d'action jeunesse.

Pour

faire un bref résumé, nous avons créé cette stratégie en 2006. Nous avons

écouté le besoin des jeunes. Elle a été

renouvelée en 2009 et elle est valide jusqu'en 2014. Elle repose, comme la

première ministre l'a dit précédemment, sur six grands défis : l'éducation,

l'emploi, l'entrepreneuriat, la santé, les régions, la diversité et

l'environnement.

On se rappellera que

cette stratégie a été bien reçue et appréciée des jeunes et des groupes

jeunesse. Je vais donner quelques exemples. Le carrefour jeunesse-emploi a

mentionné, et je cite : «Très

satisfait des orientations de la nouvelle

Stratégie d'action jeunesse 2009-2014.» Il salue la

décision du gouvernement du Québec d'adopter une stratégie quinquennale. L'organisme Académos se réjouit que

la Stratégie d'action jeunesse soit renouvelée pour cinq ans, souligne

l'engagement du gouvernement du Québec face à une des grandes richesses, soit

la relève. L'Association des centres jeunesse

du Québec : ravie de la nouvelle Stratégie d'action jeunesse 2009-2014. La

Fédération des commissions scolaires du Québec accueille favorablement

plusieurs des mesures de la Stratégie action jeunesse 2009-2014.

Évidemment, le temps

me manque pour nommer davantage d'organismes, mais vous me permettrez de saluer

tous les partenaires de la stratégie action jeunesse, qui nous écoutent

sûrement sur Internet. Et je tiens à souligner qu'ils font un excellent

travail, un travail exceptionnel, qui crée de l'emploi, qui aide pour le

démarrage de nouvelles entreprises, qui aide

à soutenir les jeunes entreprises qui ont déjà démarré, qui favorise

l'insertion sociale, qui accompagne les

jeunes pour la recherche d'emploi. Je tiens à rappeler que cette stratégie a

été mise sur pied sans partisanerie — c'est important de le

dire — avec une grande collaboration dans le but de soutenir notre

relève.

Aujourd'hui,

je vais m'intéresser au renouvellement de cette stratégie puisque, 2014, vous

conviendrez avec moi que c'est juste à nos portes. Il faut être

prévoyants dans ce dossier aussi important que la jeunesse. Ce sont eux qui

vont diriger le Québec demain. Ce sont eux qui vont être assis ici à

titre de

politiciens et qui vont faire des études de crédits.

Alors, il faut être prévoyants, très prévoyants dans le dossier jeunesse, et

j'ai l'intention d'aborder mes questions dans ce sens. Merci beaucoup,

M. le Président.

Le Président (M.

Picard) : Merci, M. le député. J'invite maintenant la porte-parole du

deuxième groupe d'opposition en matière de services sociaux et députée

d'Arthabaska. Vous avez droit à cinq minutes de remarques préliminaires.

Mme Roy (Arthabaska) : M. le Président, si j'acceptais votre invitation

de faire des remarques préliminaires, il me resterait une minute pour

poser une question et obtenir une réponse de Mme la première ministre. Donc, je

vais décliner l'invitation pour avoir du temps pour faire un court échange avec

Mme la première ministre.

Discussion

générale

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la députée d'Arthabaska. Je suis maintenant prêt

à reconnaître une première intervention de

l'opposition officielle. M. le député de Papineau, la parole est à vous. Je

tiens à préciser que nous avons

seulement une heure. Lorsqu'il va rester deux minutes à votre temps, je vais

vous l'indiquer, et nous allons être très stricts sur le chronomètre. M.

le député de Papineau.

M. Iracà :

Ça va. Merci, M. le Président. Mme la première ministre, j'ai remarqué, dans

les renseignements que vous nous avez

fournis, qu'un rapport de mi-étape de la Stratégie d'action jeunesse a été

l'objet de révision linguistique et

de graphisme. Je comprends donc que ce rapport était prêt à être dévoilé.

Pourtant, il est introuvable. Même, aucune trace, sur le site Internet,

du rapport de mi-étape de la stratégie jeunesse.

Le Président (M.

Picard) : Mme la première ministre.

Mme Marois : Oui, merci. On me dit, au secrétariat, qu'il est complété, le rapport,

et qu'il devrait être mis en ligne très bientôt, hein? Il est finalisé.

Donc, il n'y a pas d'intention de retenir l'information.

peux peut-être ajouter une phrase, compte tenu de vos remarques préliminaires.

J'ai beaucoup apprécié le fait que vous mentionniez qu'effectivement on

a essayé de... enfin, on essaie toujours de ne pas faire de

partisanerie mais, parfois, on s'enflamme un

peu, mais il reste que la stratégie jeunesse a réussi généralement à rallier

les gens de l'Assemblée nationale,

peu importe leur formation politique. Et moi-même, d'entrée de jeu, je

rappelais que la stratégie jeunesse, qui a été adoptée par le précédent

gouvernement, était une stratégie qui a donné des résultats, et je le

soulignais. Et, non seulement elle a donné

des résultats, mais, parce que nous voulons prendre bien le temps de préparer

la prochaine stratégie jeunesse, nous

allons la prolonger d'un an. Surtout quand on arrive au gouvernement et on

pense que ça vaut la peine de faire le travail qu'il faut pour y

arriver. Donc, nous allons prolonger cette stratégie jeunesse pour la prochaine

année.

Mais,

quant au rapport, il n'y a pas de rétention de notre part. On va le mettre en

ligne aussitôt qu'il est... Enfin, il est à toutes fins pratiques

finalisé, ce que je comprends, puis on va le mettre en ligne. Il y a encore un

petit peu de...

Une voix :

Non, il est terminé.

Mme Marois :

On va le mettre en ligne. O.K.

Le Président (M.

Picard) : Merci. M. le député de Papineau.

M. Iracà :

Est-ce qu'on peut savoir à peu près quand il sera en ligne? Et est-ce qu'on

peut avoir un peu les grandes lignes du rapport de mi-étape s'il est finalisé?

• (19 h 20) •

Mme Marois : Est-ce que vous avez des objections à ce que Nikolas Ducharme, qui est

le secrétaire adjoint à la jeunesse, puisse répondre à la question?

Le Président (M.

Picard) : Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. M. Ducharme,

veuillez vous identifier et...

M. Ducharme (Nikolas) : Donc, bonjour. Merci. Donc, le bilan de mi-étape

est complété. La révision linguistique a été exécutée, la mise en pages

aussi, et, dans les prochains jours, on se proposait de le mettre en ligne sur

notre site Internet, qui a été créé, là, au mois de mars dernier, et aussi de

le diffuser par le biais de nos réseaux.

Mme Marois :

Et son contenu.

Ducharme

(Nikolas) : Le contenu du rapport est essentiellement une reddition de

comptes par rapport aux indicateurs de

résultat des différentes mesures, donc des 115 mesures qui sont incluses dans

la Stratégie action jeunesse, et c'est une reddition de comptes avec un

certain nombre de commentaires sur ces mesures-là, la définition de ces mesures-là ainsi que les indicateurs de résultat,

donc le nombre de participants, les actions qui ont été posées et les

gestes par les organismes. Mais ça ne constitue pas un bilan qui évalue la

Stratégie action jeunesse. Et donc je comprends que Mme la première ministre nous a confié le mandat d'évaluer cette

stratégie-là ainsi que ses principales mesures, mais ce...

Mme Marois :

C'est ça.

Ducharme (Nikolas) : Ce rapport-là de mi-étape est important, c'est un jalon important dans

notre évaluation parce qu'il fait un

suivi à mi-parcours des différentes mesures, de leur implantation ainsi que les

indicateurs de résultat.

Mme Marois :

Et, si vous permettez, M. le Président.

Le Président (M.

Picard) : Mme la première ministre.

Marois : Je ne veux pas étirer le temps, là. Si vous permettez. Ce

rapport quand même va permettre de dégager un certain nombre de constats qui

vont nous inspirer pour la stratégie jeunesse à venir et qu'on voudrait voir définie avec les jeunes — j'en parlerai

tout à l'heure — de tout le Québec, parce que je crois que ça doit

leur appartenir, cette stratégie jeunesse. On la fait... On la fait pour

l'ensemble de la société québécoise, on la fait pour que les jeunes occupent

leur place le mieux possible, le plus possible et soient une relève bien

préparée. Je pense qu'on a tout intérêt à arriver à cela.

Le Président (M.

Picard) : Merci. M. le député de Papineau.

M. Iracà :

Oui. Alors, merci beaucoup pour la réponse. Je vais changer un peu de créneau.

Je vais passer au niveau du

renouvellement de la stratégie jeunesse. Je trouve vos propos un peu

inquiétants et peu rassurants pour les organismes à l'effet que vous songez à renouveler — alors, c'est une stratégie qui se termine en 2014 — seulement pour une année. Alors, mettez-vous à la place des organismes qui

nous écoutent en ce moment, au niveau de la planification, de tout ce

qu'ils ont à faire. Ça vient de limiter et ça vient mettre en attente beaucoup

de projets et de plans.

stratégie actuelle déploie 2 milliards sur cinq ans. Donc, ma

question : Est-ce que vous vous engagez à maintenir ce financement

ou même à l'augmenter?

Le Président (M.

Picard) : Mme la première ministre.

Mme Marois : Alors, d'abord, on prolonge. On se comprend bien, là, on prolonge la

stratégie jusqu'au 31 mars 2015, un an, on s'entend. C'est ça?

voix : ...

Marois : Par rapport à ce qui était prévu, deux ans?

Une voix :

À partir d'aujourd'hui.

Marois : À partir

d'aujourd'hui. Mais ça la prolonge d'un an puisqu'elle terminait en 2014, on

s'entend? Bon. Alors, elle terminait en 2014; on la prolonge d'un an pour se

donner le temps de bien planifier la prochaine.

Les budgets que nous

avons alloués à la politique sont reconduits sur l'année qui vient. Il y a eu

des efforts budgétaires qui ont été demandés au secrétariat, mais on a choisi

des... En fait, on a transféré des sommes pour des activités qui n'étaient pas récurrentes, et donc ça nous a permis de ne

pas toucher au budget Jeunesse pour ce qui est de tous les programmes, qu'on pense aux forums jeunesse

régionaux, aux carrefours jeunesse-emploi, Réunir Réussir, les centres jeunesse

et Place aux jeunes en région, d'accord? Et, pour la suite, bien, on va établir

le budget en fonction de ce que nous aurons comme disponibilité, et

l'évaluation de la stratégie que nous avons... qui a été mise en place par

l'ancien gouvernement, que nous avons

poursuivie nous permettra de voir, si nous ajoutons des budgets, où nous les

ajoutons, mais, dans notre perspective, c'est à tout le moins de

maintenir le niveau de budget qui a été alloué à la Stratégie jeunesse.

Le Président (M.

Picard) : M. le député.

M. Iracà :

Pour bien comprendre, jusqu'en 2014, le budget, ce qui avait été budgété, le

2 milliards sur cinq ans, se maintient. Vous renouvelez d'une

année, jusqu'en mars 2015, avec le même budget ou pas, là? Ça, c'est moins

clair, mais...

Mme Marois :

On verra au moment où on sera...

M. Iracà :

On verra par la suite, c'est ce que j'ai compris. Donc, pour une année, on

renouvelle, et on ne peut pas garantir le budget pour le prochain.

Mme Marois : Bien, c'est-à-dire, pour la prochaine stratégie, on verra comment... si

on augmente les budgets, de quel ordre on les augmente et pour quelles

fins on le fait, parce que, si on prend la peine de consulter, de définir une nouvelle stratégie, il est possible qu'il y ait

des éléments de ce que nous faisons déjà qui ne sont plus pertinents et

qu'on réévaluera. Donc, je ne peux pas présumer de l'évaluation qui va se

faire. Mais ce qu'on dit, c'est que, jusqu'à 2014, on maintient la stratégie, on la prolonge jusqu'à 2015 et, par la suite,

suite à la définition de cette nouvelle stratégie, là, on verra les

budgets qui y seront alloués.

Le Président (M.

Picard) : M. le député.

M. Iracà :

Alors, comme vous avez entendu dans mes remarques préliminaires, tous les

groupes jeunesse ont salué le fait

que la stratégie soit quinquennale, sur cinq ans. Avez-vous, en tant que

première ministre du Québec, une intention de faire une entente à plus

long terme qu'une année et d'aller dans le même sens que les organismes

jeunesse, qui souhaitent — et je les comprends, là, pour pouvoir

planifier — une entente qui soit à long terme, sur cinq ans?

Président (M. Picard) : Mme la première ministre.

Mme Marois : Si je me permets, c'est une pause que l'on prend pour être capables de

redonner un nouveau souffle à la stratégie jeunesse que nous adopterons

au moment où on adoptera le plan d'action qui portera sur cinq ans. Notre intention,

c'est de conserver le même rythme, donc un plan d'action qui portera sur

2015-2020, parce que nous avons constaté que

ce qui se passait sur le terrain, à partir du moment où les gens avaient une

capacité de prévoir, donnait de meilleurs résultats, puis ça, c'est

normal, puis je connais assez bien, pour ne pas dire très bien, ce qui se fait

dans les carrefours jeunesse-emploi, les

forums jeunesse et Place aux jeunes en région. C'est sûr que c'est beaucoup

plus facile d'être capable de

planifier en sachant qu'on peut compter sur une base budgétaire solide, de quel

ordre elle est, et à ce moment-là ça permet de donner du souffle à

certaines mesures.

Le Président (M.

Picard) : M. le député.

M. Iracà :

Alors, écoutez, je trouve les propos peu rassurants pour les organismes

jeunesse parce que là on est... ils sont garantis d'avoir la même somme

d'argent jusqu'en mars 2014, et mars 2014, c'est demain matin, là. Et mes

deux...

Mme Marois :

Jusqu'en 2015.

M. Iracà :

...mes deux...

Mme Marois :

Jusqu'en 2015. Je veux bien me faire comprendre. La stratégie devait terminer en

mars 2014. Nous la prolongerons d'un an,

mais ce seront les mêmes sommes allouées en 2014‑2015 qui seront...

c'est-à-dire jusqu'en 2014, qui seront prolongées sur 2014‑2015. On se

comprend?

M. Iracà :

Alors, ceux qui souhaitaient une indexation... Je sais que vous êtes favorable

à l'indexation dans d'autres dossiers. Mais,

dans ce dossier-là, sur 2 milliards sur cinq ans, je sais que certains

souhaitaient que ce montant soit

indexé. Alors, le montant ne le sera pas. Alors, il n'y aura pas d'augmentation

jusqu'en 2015. Alors, tous les projets de développement face à la

jeunesse, et des projets d'avenir qui demandaient des coûts supplémentaires,

bien, si je comprends bien, il n'y a pas d'espoir avant mars 2015?

Mme Marois : Bon. D'abord, il y avait, signés par l'ancien

gouvernement, des projets qu'on appelait conventionnésoù il y avait de l'indexation prévue. Cette

indexation va continuer, on se comprend, pour maintenant et pour 2014-2015.

Pour ce qui est du reste, vous savez qu'une fois qu'on aura atteint l'équilibre

budgétaire, qui devra être atteint en 2013‑2014...

Donc, un an avant qu'on ne redéfinisse une nouvelle stratégie jeunesse,

l'équilibre sera atteint, et là on aura la possibilité de rehausser

certains budgets. Est-ce qu'ils seront indexés? Est-ce qu'ils seront rehaussés?

Il y a aussi des activités où on pourrait se

dire : Écoutez, on termine ces activités-là et on fait d'autres choix,

puis les budgets pourraient changer. Mais notre intention, c'est de

donner sensiblement les mêmes montants, d'allouer sensiblement les mêmes montants que ce qui sont alloués jusqu'à

maintenant. Dans certains cas, il y a des indexations qui sont jusqu'à un

certain point automatiques, et, dans d'autres, ce sera à évaluer.

Le Président (M.

Picard) : M. le député.

M. Iracà :

Oui, M. le Président. Vous avez mentionné que vous désirez consulter les

jeunes.

Mme Marois :

Oui.

M. Iracà :

Avez-vous un plan d'action en lien avec cette consultation? Et est-ce qu'il y a

un montant de budgété pour consulter les jeunes dans la prochaine année?

Mme Marois : Est-ce que vous avez des objections, M. le Président, à ce que mon

adjoint parlementaire donne quelques explications?

Le Président (M. Picard) : Si j'ai consentement des collègues, il n'y a

aucun problème. Donc, M. le député de Laval-des-Rapides.

• (19 h 30) •

Bureau-Blouin : Merci beaucoup. Donc, nous travaillons actuellement,

avec l'équipe du Secrétariat à la jeunesse

et les forums jeunesse régionaux du Québec ainsi que la Table de concertation

des forums jeunesse régionaux du Québec,

à l'adoption d'un calendrier qui va s'échelonner, là, à partir du mois d'avril

environ pour faire la tournée des différentes régions administratives du

Québec ainsi que des différentes communautés autochtones, où nous comptons

rencontrer les acteurs majeurs des milieux jeunesse — donc, on pense

bien sûr aux forums jeunesse, aux carrefours jeunesse-emploi — ou

différents agents de sensibilisation qui oeuvrent sur le terrain. On souhaite

non seulement rencontrer des

intervenants, mais également des jeunes qui bénéficient de ces services, des

jeunes étudiants, des jeunes travailleurs, parce qu'il faut bien

comprendre que ce qui guide l'action gouvernementale pour les jeunes date du

Sommet du Québec et de la jeunesse du début des années 2000.

Or, depuis cette époque

s'est écoulée pratiquement une cohorte de jeunes, une génération de jeunes,

près de 15 ans, et, comme Mme la première

ministre l'a exprimé, certaines des orientations de cette grande politique

sont... sans dire qu'elles sont

désuètes, disons qu'elles ne correspondent plus à la réalité. Et donc un plan

d'action, qui est à l'étape d'ébauche

à l'heure actuelle et qui devrait être prêt sous peu... Et je me permets

d'ajouter également que ça est fait en étroite

collaboration avec les partenaires de la Stratégie d'action jeunesse auxquels

j'ai parlé, là, pas plus tard qu'il y a quelques minutes et qui sont très satisfaits de cette démarche et très

satisfaits de la collaboration qu'a le gouvernement avec eux.

Le Président (M. Picard) : Merci. M.

le député de Papineau.

Iracà : Oui. Alors, en lien

avec cette même question là, quand on prévoit faire une consultation, on

prévoit un plan d'action, on prévoit un

échéancier, on... Je vois qu'il n'y a rien de fait pour l'instant. C'est ce que

j'ai compris de la réponse. Et est-ce qu'il y a au moins un budget

alloué à cette consultation-là?

Le Président (M. Picard) : Mme la

première ministre.

Marois : ...là, on va

s'entendre. Il y a un an, encore, à faire à la stratégie jeunesse, et nous la

prolongeons d'un an, bon, un. Donc, c'est

normal que maintenant... Ça fait cinq mois qu'on est là, hein, je vous le

rappelle. Alors, c'est normal que

tout ne soit pas écrit dans le moindre détail. On a déjà un canevas de base sur

ce que l'on veut faire, qui on veut

aller voir, comme mon adjoint parlementaire vous le mentionnait, et nous

dégagerons, à l'intérieur du Secrétariat à la jeunesse, dans les

budgets, le budget nécessaire à une tournée régionale. Pour l'instant, c'est à

l'intérieur des budgets de fonctionnement du secrétariat.

Comme nous

allons consulter des gens qui... par l'intermédiaire des forums jeunesse, c'est

déjà dans leur mandat, donc on n'a

pas besoin d'ajouter d'argent pour qu'ils fassent ça puisque c'est leur mandat

fondamental de consulter les jeunes

sur différents projets, différentes politiques, etc. Donc, nous procéderons par

les forums jeunesse. Ce ne seront pas des sommes considérables qui

devront être mises dans l'élaboration de la politique quant à l'aspect

administratif de cette politique.

Mais, pour l'instant, je ne peux pas vous

indiquer exactement quels seront les coûts qui seront encourus pour définir la

nouvelle stratégie jeunesse qui commencera en 2015.

Une voix : ...

Mme Marois : Comme mon adjoint

parlementaire me le mentionnait, on pourra le voir dans les prochains crédits,

cependant.

Le Président (M. Picard) : Merci. M.

le député.

M. Iracà : Oui. Alors, M. le

Président, ce que... La question, dans le fond, c'est : Quand on désire

faire un changement majeur, quelque chose

qui est tablé depuis plusieurs années, qui, selon moi, et selon plusieurs

organismes, et selon plusieurs jeunes, selon

plusieurs partenaires, fonctionne très bien, et là on dit : On change la

donne, on consulte, quand on a cette

intention-là, est-ce qu'il y a quelque chose que la première ministre trouve

qui ne va pas bien, qui va mal? Les

carrefours jeunesse-emploi, est-ce qu'il y a quelque chose à changer là-dedans?

Il y a-tu quelque chose... Il y a-tu des

informations que vous avez qui vous font dire : Bien là, là, il faut tout

changer, il faut consulter puis il faut changer la façon de voir les choses? Parce que, moi, ce que

j'entends, c'est complètement l'inverse, c'est de dire qu'on a besoin

d'une stabilité, on a besoin de poursuivre, et les organismes font du bon

travail.

Alors, ma

question : Ce qui vous a amené à avoir l'idée de tout changer ou de

consulter et de faire en sorte qu'on remet les bases qui sont tablées

depuis plusieurs années en question. Il y a-tu des informations que je n'ai

pas?

Marois : On ne changera pas

nécessairement tout ce qui est là. Au contraire, quand je regarde

l'évolution qu'on a connue avec les

carrefours jeunesse-emploi, par exemple, que j'ai suivis d'un peu plus près,

comme les forums jeunesse qui étaient

nés sous notre gouvernement et que je vois comment ils ont diversifié leurs

interventions à l'endroit des jeunes... Et ils vont vers les écoles

secondaires, ce qu'ils ne faisaient pas à un certain moment parce qu'ils

étaient surtout préoccupés par l'insertion en emploi. Alors, c'est très

diversifié, ce que font les carrefours jeunesse-emploi. Notre idée n'est pas de

remettre en question ces orientations-là. Ce que j'ai demandé au secrétariat,

avec mon adjoint parlementaire qui fera la

consultation, c'est d'abord de faire le bilan, et le bilan devrait nous

indiquer si on maintient une grande

partie de ce qui est là, et je crois que ce sera le cas, mais qu'est-ce qu'on

va modifier et dans quel sens doit-on le faire. Et un des défis qui nous interpellent, c'est

effectivement — oui, je m'excuse, je termine — qu'il y a

deschangements majeurs au niveau de

la démographie et comment prendre en compte ces changements majeurs, parce

que ces jeunes qui sont là maintenant, ils

vont être... Ils sont déjà dans la population active, mais le poids qu'on leur

demandera de supporter par rapport aux retraités, par exemple, puis peut-être

que justement ça ne sera pas un poids parce que ces retraités vont être actifs encore plus longtemps, ça change la donne. Et

moi, je crois que c'est une réflexion qu'on doit faire avec les jeunes

du Québec puis avec les gens de d'autres générations aussi.

Mais notre intention, ce n'est pas de remettre en

question ce qui va bien, ce qui fonctionne, c'est d'abord de faire le bilan,

ensuite d'identifier ce qu'on pourrait faire de plus, de mieux ou de différent.

Alors, c'est comme ça qu'on va procéder.

Président (M. Picard) : Merci. M. le député, il vous reste une minute.

M. Iracà :

Une minute. Alors, M. le Président, alors, le bilan, simplement pour dire, et

ça va être une question et remarque

en même temps, le bilan, vous l'avez, Mme la première ministre, dans le rapport

de la mi-étape qui n'est pas sur Internet

et que personne n'a vu. Alors, je pense que ça vaudrait la peine d'aller lire

le rapport de mi-étape. C'est à ça que ça sert. Quand on met des bases et qu'on dit : On fait un plan

quinquennal, mais on s'assure que, dans ce plan-là, il puisse y avoir des rapports de mi-étape ou aux trois

quarts de l'étape et à la fin de l'étape, c'est justement pour avoir un

suivi. Quand on parle de plan quinquennal,

on ne dit pas aux gens : Vous avez carte blanche, on se reverra dans cinq

ans. On dit aux gens : Écoutez,

on va faire des rapports de mi-étape, on va se rasseoir ensemble. Alors, je

trouve qu'il n'y aurait rien qui aurait pu empêcher le gouvernement en

place...

Le Président (M.

Picard) : En conclusion.

M. Iracà :

...de reconduire pour cinq ans la stratégie jeunesse et d'y aller avec des

bilans mi-étape sans imposer de stress ou d'attente pour les organismes

qui sont en place.

Mme Marois :

...revenir de toute façon.

Le Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole

à Mme la députée d'Arthabaska pour 6 min 20 s.

Mme Roy (Arthabaska) : Merci, M. le Président. Je profite... Je vais

prendre un petit 30 secondes pour saluer tous les gens qui sont ici, l'équipe de Mme la première ministre et tous

les gens qui s'occupent de jeunesse, de stratégie jeunesse. Elle me semble faire assez l'unanimité,

un consensus depuis longtemps. C'est la raison pour laquelle je voudrais

attirer l'attention de la première ministre

sur une autre problématique vécue par les jeunes, pas des jeunes qui ont

réussi, comme j'en ai un exemple devant moi,

qui ont réussi leur rêve, mais des jeunes qui ont vu leur rêve brisé. Vous

n'avez pas... Le contexte, Mme la

Présidente... M. le Président, je m'excuse, c'est parce que Mme la première

ministre, je ne dois pas

l'interpeller. Saviez-vous que la traite des personnes est le crime le plus en

hausse à l'heure actuelle dans le monde? La traite des personnes, au Québec, ça se traduit par... La réalité, au

Québec, c'est : la majorité des victimes de la traite sont des

jeunes Québécoises forcées à la prostitution par des recruteurs bien organisés.

Nous avons signé la

convention de Palerme, au Canada, contre la traite des personnes, et cette

convention des Nations unies prévoit une prévention par la sensibilisation, une

protection des services intégrés, et puis je me disais, Mme la Présidente, que ces jeunes sont des victimes et que la définition

de la loi aux victimes d'actes criminels devrait être élargie pour

comprendre ces jeunes victimes de la prostitution juvénile.

Lorsqu'on

lit dans les journaux, à l'heure actuelle, «la

résurrection du Wolf Pack» ici, à Québec, cela

m'inquiète, Mme la Présidente... M. le

Président, et j'aimerais que Mme la première ministre en fasse un cas

personnel, qu'on s'occupe de ces

jeunes qui sont recrutés par des personnes bien organisées, ces jeunes

victimes. Puis, contrairement à ce qu'on en pense, ce ne sont pas que des victimes de familles moins bien nanties ou

dysfonctionnelles, ce sont aussi des jeunes qui vivent dans des familles tout à fait normales. Et, Mme la Présidente, le

chef de police ici disait... le président de la Fraternité des policiers de Québec disait : Si on n'en

parle pas, si on se met la tête dans le sable, si on ne fait pas de prévention,

si on n'explique pas aux parents comment la détecter, et dans les milieux, et

ce, de façon nationale, le phénomène ne va faire qu'empirer, que s'accroître.

Le Président (M.

Picard) : Mme la première ministre.

• (19 h 40) •

Mme Marois :

Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez, j'écoute attentivement ce que dit la

députée d'Arthabaska et je suis très

sensible à des situations comme celles-là. Et vous avez raison de les soulever.

Honnêtement, en toute franchise, je ne peux pas vous dire ici que je connais

l'ampleur de ce phénomène. Peut-être même serait-il

nécessaire de le documenter pour voir qu'est-ce que ça représente dans les

faits et quels sont les moyens que l'on pourrait mettre en place pour

corriger une telle situation.

On parle de la

stratégie jeunesse, d'intervention jeunesse depuis un moment autour de cette

table. On sait qu'il y a beaucoup d'actions

qui se font pour mobiliser des jeunes, pour aider des jeunes à retourner aux

études, à accéder au marché du

travail, à participer à leur société, à avoir une action citoyenne

significative. Mais il y a aussi, dans la stratégie jeunesse, des

stratégies qui... des actions qui s'adressent à des jeunes qui vivent des

grandes détresses ou des grandes difficultés. Entre autres, on a un volet qui

concerne les centres jeunesse, alors qu'on sait que souvent s'y retrouvent des jeunes qui ont vécu soit des phénomènes de

maltraitance, de mésadaptation, de délinquance. On connaît bien ce dont

il s'agit, des mauvais traitements, les signalements à la DPJ, etc.

Bon.

Moi, je trouve intéressant ce que la députée soulève. Je suis prête à prendre

la question... pas en délibéré, mais à recevoir la question puis à

évaluer avec le ministre de la Justice, avec le ministre de la Sécurité

publique et avec les différents partenaires

jeunesse, les corps policiers, comment documenter une telle réalité et ensuite

comment agir sur une telle situation.

On est tous sensibles à ça. Et puis c'est vrai que le Québec, soit par

l'intermédiaire parfois du Canada ou directement,

parce qu'on signe des conventions internationales dans nos champs de

compétence... Et vous faites référence à une convention internationale,

là, la convention de Palerme, c'est bien ça que je comprends. Alors, moi, je

prends... Je prends note de cette question qui est soulevée, et je m'engage à

revenir éventuellement sur ça avec peut-être une proposition ou des éléments

d'action plus détaillés.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la...

Mme Roy (Arthabaska) : Ce que

disait...

Le Président (M. Picard) : 1 min 30

Mme Roy (Arthabaska) : Oui. Ce que

disait le chef de police, c'est que les vérités que nous aimons le moins entendre sont souvent celles que nous

devrions écouter. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable. Et le

fait d'en parler amène davantage de

dénonciations, et ce qui fait bouger les choses. Ça nous prend le fait d'en

parler par la prévention et une

approche intégrée. Pour respecter la convention de Palerme, au Québec, on a

toujours voulu avoir une justice qui

est inclusive et non dénonciatrice. Et on veut contrer la récidive par la

réhabilitation. Je pense que c'est une approche qu'on devrait

travailler.

Le Président (M. Picard) : Une

minute, Mme la première ministre.

Marois : Absolument. Je suis

tout à fait d'accord. Vous savez, j'étais à l'origine de l'implantation de la

Loi sur la protection de la jeunesse, qui

était une loi très novatrice quant à la volonté que vous avions de prévenir,

d'intervenir, de réhabiliter plutôt que de

punir. Et on peut développer, au niveau de la situation que soulève la députée

d'Arthabaska, le même type d'approche. Et,

quant à moi, encore une fois, je suis très ouverte et très disponible pour

discuter de cette question puis éventuellement proposer des pistes

d'action.

Le Président (M. Picard) : Merci. Je

cède maintenant la parole à M. le député... côté gouvernemental, M. le député

de Laval-des-Rapides.

Bureau-Blouin : Merci

beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, j'aimerais saluer Mme la première

ministre, mes collègues de l'Assemblée nationale, saluer également l'ensemble

du personnel qui est avec nous aujourd'hui, notamment le personnel du

Secrétariat à la jeunesse. Donc, d'abord, j'aimerais remercier la première

ministre de la confiance dont elle fait

preuve à mon égard, et ce, depuis mon entrée en fonction à

titre de député de

la circonscription de Laval-des-Rapides. Je suis particulièrement honoré

de l'assister en tant qu'adjoint parlementaire pour les dossiers jeunesse. Et je lui suis très reconnaissant de

l'opportunité qui m'a été offerte. C'est donc avec beaucoup d'honneur

que j'accepte le nouveau mandat qu'elle

souhaite me confier, à savoir la planification d'une tournée régionale de

mobilisation et de consultation jeunesse. Je considère ce mandat comme un

privilège, et j'entends m'y consacrer avec digilence... diligence, pardon, dans

un esprit de...

Une voix : ...

M. Bureau-Blouin : Diligence,

pardon, dans un esprit d'ouverture et de collaboration avec les citoyens du Québec. Donc, accompagné du personnel du

Secrétariat à la jeunesse, j'aurai ainsi l'occasion de rencontrer les

jeunes de diverses régions afin de sonder

leurs préoccupations et de stimuler la mobilisation. À diverses étapes de ce

projet d'envergure, j'aurai la chance d'être soutenu par mes collègues

député de Saint-Jean et député de Terrebonne, que je remercie d'avance pour

leur aide.

Donc, cette

tournée sera par ailleurs l'occasion de réaliser des avancées en ce qui a trait

à l'utilisation des outils numériques

au sein de notre gouvernement. Grâce aux technologies, nous avons désormais

l'opportunité de réinventer la politique et de dynamiser les liens entre

les élus et la population. Ces outils de communication... Ces nouveaux outils

de communication offrent, je pense, une opportunité sans précédent d'être en

contact avec les gens et de soulever des débats en continu.

J'aimerais

maintenant axer sur ce qui nous a amenés à renouveler ce plan d'action

gouvernemental pour les jeunes, parce

que le député de Papineau a soulevé une question intéressante en demandant

qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui a changé au courant des dernières

années. Eh bien, ce qui a changé, ce sont plusieurs choses, mais notamment le renversement de la pyramide démographique qui

était une réalité qui semblait bien lointaine au début des années 2000, lorsqu'on a commencé à élaborer les plans d'action

gouvernementaux pour les jeunes. À

titre d'exemple, en 2010, c'est

15 % de la population québécoise qui avait plus de 65 ans; en 2030, cette

proportion de la population va passer à 25 %.

Jamais dans l'histoire du Québec n'y aura-t-il eu autant de gens en haut de 65

ans, et, dans les pays de l'OCDE, le Québec

sera parmi les populations les plus vieillissantes. Et ça, je peux vous dire

que ça va avoir des conséquences sur l'ensemble

de la société québécoise, que ce soient les pressions sur le système de santé,

la diminution de la population active,

donc ultimement la diminution des taxes et des impôts qui sont perçus par le

gouvernement du Québec, alors qu'une pression

de plus en plus grande va s'accentuer sur les programmes sociaux. Ce sera une

réalité sans précédent qui va être vécue

par l'ensemble des pays occidentaux, mais qui va être vécue de manière plus

particulière, notamment dans l'ensemble canadien, par le Québec, et ça, c'est une réalité qui n'existait pas au

courant des dernières années et qu'on doit commencer à réfléchir dès

maintenant si on veut être prêts à partir de l'année 2030.

Et on ne peut

pas se contenter, comme le propose le député de Papineau, de renouveler sans

réflexion l'ensemble des plans d'action gouvernementaux. Si on veut se

préparer à un contexte social, économique et changeant, c'est dès maintenant qu'il faut réfléchir pour consulter la

population, pour bien planifier les politiques publiques et pour

s'assurer que les deniers publics sont bien investis. C'est donc dans cette

perspective de consultation que je conçois également le rôle

d'élu qui est, à mon sens, un rôle de mobilisation auprès de la population et

auprès de cet enjeu particulièrement important

qu'est le renversement de la pyramide démographique. À mon sens, le rôle du

parlementaire en est aussi un d'animateur social. En effet, la politique

doit être appuyée sur une volonté authentique de favoriser l'engagement des

citoyens dans les débats publics qui les concernent.

En d'autres mots, je juge qu'il est de notre

devoir de stimuler la participation citoyenne. Et, en raison des changements démographiques que j'ai évoqués, qui

surviendront au cours des prochaines années, nous serons amenés à nous

poser de multiples questions. Quel type de développement économique

voulons-nous privilégier? Quel type de croissance

économique allons-nous choisir? Quelle conception de l'État souhaitons-nous

adopter? Quelle est notre vision de

la justice sociale, du développement durable, de l'équité intergénérationnelle?

Comment pouvons-nous protéger nos acquis

tout en préservant l'espace nécessaire pour innover, créer et nous adapter aux

mutations du Québec et à celles du monde

dans lequel nous évoluons? Ce sont là des questions fondamentales qui

détermineront dans une large mesure les orientations des politiques québécoises à venir. Et, pour répondre à ces

questions, la collaboration de tous les Québécois sera sollicitée. Il est donc impératif de nous

doter de nouvelles manières de débattre de ces choix qui seront de plus

en plus complexes. Et, au regard de toutes

les problématiques qui pourront survenir dans l'avenir du Québec, je crois

qu'il faut voir, dans le printemps

érable, les témoignages d'un grand nombre de citoyens qui refusent de se sentir

écartés des grandes décisions

fondamentales que les élus sont amenés à prendre, et c'est pour cette raison

que je juge essentiel de mettre les citoyens

à contribution dans le processus de décision, et j'espère que la tournée que

nous allons entamer deviendra un modèle

de consultation gouvernementale, un modèle de consultation où la population est

partie intégrante des solutions. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : Merci.

Avez-vous une question?

M. Bureau-Blouin : Non, je n'avais

pas de question. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Picard) : M. le

député de Saint-Jean.

M. Turcotte : Moi, j'ai une

question, M. le Président, à la première ministre. J'ai entendu

l'intervention... D'ailleurs, je salue la première ministre et les collègues

ici et les gens du secrétariat. J'ai entendu les remarques préliminaires tantôt, une phrase très importante

qui est «impliquer les citoyens». J'ai entendu ça et ça m'a amené à me questionner sur la

participation citoyenne des jeunes, parce que, on l'a vu lors de différents

événements, les jeunes s'impliquent dans des

causes qui les intéressent, qui les interpellent, et moi, je considère que

c'est un enjeu important, et un gouvernement ne peut pas passer à côté

de la participation... ne peut pas passer à côté des jeunes, mais encore moins de favoriser la participation citoyenne. Et moi,

je vois — on l'a tous, dans nos régions — des organismes

qui font un travail extraordinaire à

ce niveau-là qui sont les forums jeunesse, et on parle de tournée régionale.

D'ailleurs, l'adjointparlementaire à

la première ministre député de Laval-des-Rapides, le député de Terrebonne, moi,

on va s'unir ensemble, travailler là-dessus. Les forums jeunesse dans

les régions font déjà un travail extraordinaire.

Moi,

j'aimerais savoir comment la première ministre voit le rôle des forums jeunesse

dans chacune de nos régions, ici et

les autres régions du Québec, dans ce travail-là qui sera fait de consulter les

jeunes à travers le Québec pour cette nouvelle stratégie qui est une

stratégie importante, et c'est une stratégie sur cinq ans. On ne peut pas aller

de l'avant sans consulter les gens qui sont les principaux intéressés qui sont

nos jeunes, et ça prend des outils pour ce faire.

Donc, comment

les forums jeunesse seront impliqués? Est-ce qu'ils devront organiser des

événements ou autres, puis tout ça,

là? Donc, comment la première ministre voit ça? Et aussi, puis j'aimerais

terminer là-dessus, il faut se rappeler que, si on incite nos jeunes à

participer davantage, bien, ces jeunes-là vont faire des débats, amener des

idées, vont s'impliquer et vont aussi passer à l'action pour faire bouger les

choses, faire changer les choses au Québec, puis c'est là-dessus qu'on veut travailler, faire en sorte qu'on ait un meilleur

avenir au Québec puis, pour ça, bien c'est la participation de nos

jeunes.

Donc, ma

question très simple : Les forums jeunesse, comment on les implique, eux

aussi? Comment on les fait participer dans ces consultations-là?

• (19 h 50) •

Le Président (M. Picard) : Mme la

première ministre.

Mme Marois : Merci beaucoup, M. le

Président. C'est fort intéressant de s'arrêter sur la question de la participation

citoyenne, de la participation citoyenne des jeunes. Cette idée, elle est

apparue déjà au moment où on a préparé le

premier sommet sur la jeunesse et... pas celui de M. Lévesque mais celui qui a

été mis en place sous... au début... à

la fin des années 1990, début des années 2000. En fait, c'est au début des

années 2000, et il s'est formé, dans chacune de nos régions, des... il s'est constitué ce qu'on a appelé les forums

jeunesse, c'est-à-dire des groupes de jeunes provenant du milieu du travail, provenant du milieu de

l'éducation, du milieu du loisir, du milieu de la culture, du milieu des

organisations sociales, et ces jeunes-là...

Écoutez, il y a actuellement, on me dit, 300 jeunes administrateurs. On

dit «administrateurs»parce

qu'ils sont membres d'un conseil d'administration, que forment les... que sont

les forums jeunesse, qui administrent d'ailleurs

des fonds et qui rendent disponibles des sommes pour permettre à des jeunes de

voir se réaliser des projets, des projets

qui peuvent être autant dans le domaine — je dirais — de

l'implication dans le milieu qu'au niveau plutôt des aspects culturels,

encore une fois, des aspects sociaux, économiques ou autres.

Alors, ces

forums jeunesse sont une richesse précieuse. Évidemment, ils se renouvellent. C'est

ce qui est formidable parce qu'on n'est pas jeunes si longtemps que ça.

Alors donc, ces forums se renouvellent et ceux qui arrivent portent des points de vue parfois

différents de ceux qui ont quitté. Bon, donc, forums jeunesse qui ont été

implantés à la fin des années 1990

qui... de jeunes qui viennent de tous les milieux, de tous les secteurs

d'intervention et qui invitent d'autres jeunes à manifester leurs intérêts pour des projets, pour la réalité

politique, faire des débats sur les institutions politiques. Bon. Et, en plus, ce qu'ils ont fait dans les

dernières années, ils ont fait des appels à des jeunes qui vivaient des

expériences particulières pour mettre en

valeur ces expériences-là et les partager avec d'autres jeunes des régions respectives,

de telle sorte qu'on a mis en lumière

des actions qui ont été menées par des jeunes et que l'on reconnaît maintenant

par un gala, d'ailleurs,

reconnaissance. Imaginez comment c'est assez formidable que quelqu'un qui a

donné un coup de pouce dans une organisation,

je ne sais pas, d'entraide internationale, qui a réuni des jeunes de son

milieu, et son action est mise en valeur, soulignée comme étant un jeune

qui s'est impliqué.

Alors, ce que

l'on veut faire et ce que l'on a fait déjà... D'abord, pour la préparation du

Sommet sur l'éducation, on est allés

vers les forums jeunesse et on leur a demandé leurs contributions, leurs points

de vue : Comment ils voyaient l'éducation? Comment ils voyaient la

suite des choses? Ça, c'est un, et ces consultations-là ont été ramassées, si

on veut — c'est que mon adjoint

parlementaire a été particulièrement impliqué dans cette

démarche — et vont servir à... et ont servi déjà à alimenter

le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Science, de la Techno, qui va

présenter et faire des interventions sur la

base de ce qu'il a retenu de ces jeunes au moment du... le sommet sur la

jeunesse... c'est-à-dire sur l'éducation, qui va se tenir dans la

semaine prochaine.

Alors, ces

jeunes-là, ils ont développé une expertise citoyenne, finalement, de

participation, et c'est sûr que, dans une

société qui nous interpelle beaucoup, où nos institutions sont mises à mal, que

des jeunes aient le goût de revaloriser les institutions, je crois qu'on

atteint là un objectif fondamental comme société. Moi, je suis très, très fière

de ce qu'on a fait, et la suite des choses

va être tout aussi importante, puisque mon adjoint parlementaire, avec le

Secrétariat à la jeunesse, va aller vers ces forums-là. On n'inventera

de nouvelles organisations. On va aller vers ces forums puis on va leur

demander leurs points de vue.

D'ailleurs,

le député de Papineau tout à l'heure disait : Pourquoi vous ne faites pas

un bilan et puis vous ne gardez pas

tout ce qui se fait déjà? Le bilan, là, ce n'est pas un bilan de mi-mandat,

hein, c'est une reddition de comptes, c'est-à-dire, on dit ce à quoi a servi l'argent, quels groupes

ont été atteints, quels projets ont été réalisés. Un bilan, c'est plus que ça, c'est de dire : Est-ce que les

projets réalisés ont atteint les objectifs qu'on s'était fixés? Et ça, c'est

l'étape qui va se franchir maintenant

et en même temps qu'on va faire les consultations, de sorte qu'on va renouveler

la stratégie jeunesse, et c'est mon adjoint parlementaire qui fera cela

avec le... voyons, le Secrétariat à la jeunesse.

Le Président (M. Picard) : Merci,

Mme la première ministre. M. le député de Terrebonne.

Traversy : Merci beaucoup,

M. le Président. Donc, j'aimerais tout d'abord vous saluer, saluer la

première ministre du Québec, mon collègue de

Laval-des-Rapides, mon collègue de Saint-Jean ainsi que le député de

Papineau, que je respecte dans ses

fonctions, pour avoir occupé ce poste, là, pendant deux ans, dans les dernières

années, Mme la députée d'Arthabaska, ainsi que l'ensemble de l'équipe

gouvernementale qui varie du Conseil du trésor à la Sécurité publique, passant

par le Secrétariat de la jeunesse et le bureau de la première ministre.

Alors, de

vous dire à quel point l'année 2012, M. le Président, a été une année

effervescente, une année extraordinairepour la jeunesse québécoise. Nous en avons parlé tout à l'heure, le

printemps québécois. Jamais on n'a parlé autant de jeunesse dans une

année politique, et je crois qu'au cours de ces mois qui ont caractérisé ce printemps

québécois la jeunesse du Québec a su démontrer ses motivations et son intérêt à

participer aux débats de société et à la politique québécoise. Ils ont compris

que, si on ne s'occupait pas de la politique, la politique, elle, pouvait

s'occuper d'eux. Et d'ailleurs on en a un

exemple vivant à côté de nous, M. le député de Laval-des-Rapides, qui a décidé,

lui, de... qui a bien compris, il a décidé de s'impliquer activement — et on a la chance de l'avoir

aujourd'hui à nos côtés — a gagné

une élection de façon historique en devenant

le plus jeune député de l'Assemblée nationale à l'âge de 20 ans. Je trouve

que c'est important de le souligner dans le cadre des crédits jeunesse.

Nous avons aussi vu qu'à la dernière élection,

M. le Président, le taux de participation des jeunes avait relativement bien augmenté quand on pense qu'en

2008 seulement 36 % de nos jeunes concitoyens s'étaient exprimés

par la voix des urnes aux élections générales du Québec et qu'on voit

qu'aujourd'hui près de 64 % d'entre eux se sont exprimés. On peut voir

qu'il y a une augmentation assez considérable. On parle, là, donc, d'une

augmentation assez importante.

Malgré tout,

elle reste 13 % plus basse que la moyenne nationale du Québec. Alors,

connaissant l'intérêt de la première ministre pour la jeunesse, j'aurais

donc une question à lui poser. J'aimerais profiter du temps d'antenne qui nous

est disposé pour qu'elle puisse peut-être nous expliquer le plan de match que

notre gouvernement a pour non seulement conserver ce taux de participation,

mais aussi l'augmenter au cours des prochaines années.

Mme Marois : Il me reste une minute.

Le Président (M. Picard) : Vous avez

la dernière minute.

Mme Marois : Vous m'indiquez la dernière minute. Alors, je

remercie le député de Terrebonne de sa question. Vous savez qu'on a déposé un projet de loi à l'Assemblée nationale pour

permettre à des jeunes qui sont sur les campus, dans les cégeps, dans les universités de pouvoir voter sur le campus en

donnant leur vote dans leur comté d'origine, hein, et ça, c'est une

proposition qui a été faite déjà aux partis de l'opposition. On a déposé un

projet de loi à la dernière session. Nous

souhaitons qu'il soit adopté. Le Directeur général des élections nous a dit

qu'il n'y avait aucun problème pour mettre en place cette façon de

faire, et moi, je crois que ça va augmenter la participation des jeunes à

l'élection, au choix

de leurs élus, puis il est tellement important parce que le premier vote, il a

comme conséquence généralement d'être suivi par d'autres

participations...

Le Président (M. Picard) : En

conclusion.

Mme Marois : ... parce que, si on ne

vote pas autour de 18, 20, 21, parfois, malheureusement, on ne vote pas plus

tard.

Et, en

terminant, je veux dire, pour rassurer le député de Papineau, que les

carrefours jeunesse-emploi ont émis

un communiqué pour dire comment ils étaient satisfaits du fait qu'on fasse le

bilan, qu'on les consulte parce qu'ils ont justement beaucoup évolué et

souhaitent que la nouvelle stratégie jeunesse tienne compte de leurs

propositions et de leur expérience pour la suite des choses.

Adoption des crédits

Président (M. Picard) :

Merci, Mme la première ministre. Le temps alloué à l'étude du programme

Jeunesse étant écoulé, nous allons

maintenant procéder à la mise aux voix du programme. Ainsi, le programme 5,

Jeunesse, pour l'exercice financier 2013-2014 est-il adopté?

Des voix : Adopté.

M. Iracà : Sur division.

Adoption de l'ensemble des crédits

Président (M. Picard) : Sur

division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille

Conseil exécutif pour l'exercice financier 2013-2014 est-il adopté?

Des voix : Adopté.

M. Iracà : Sur division.

Le Président (M. Picard) : Sur

division.

La commission, ayant accompli son mandat,

ajourne ses travaux sine die. Merci et bonne soirée.

(Fin de la séance à 20 heures)

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Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2013-02-19
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-40-1 journal-debats CRC-130219-2
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier25645449907169cdfbc98129664708cdca142275

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