House Proceedings — 21 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-05-21
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Prenez
place, nous allons débuter nos travaux. Donc, bienvenue à l'Assemblée
nationale.
Nous sommes à la
rubrique Déclarations des députés. Donc, collègues, je vous invite à prendre
place. Et la parole revient à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux :
M. le Président, les déclarations du premier ministre et de la ministre de
l'Économie au sujet du secteur de la défense ont eu beaucoup d'écho chez nous.
Je vous ai parlé récemment d'un projet de centre de recherche et d'innovation en sécurité civile, publique et
défense, dans le Haut-Richelieu, qui s'est mobilisé et qui a investi dans le développement
de ce créneau, qui compte déjà 1 500 emplois.
La région veut mettre
en place une unité mixte de recherche pour le développement de technologies
qu'on appelle duales, c'est-à-dire de
développer des applications dans le marché civil d'innovation qui découlent de
la recherche militaire, par exemple
des drones ou les vêtements intelligents. Plusieurs entreprises et chercheurs
ont déjà levé la main, et les partenaires
que sont l'INRS, l'ETS, le Groupe CTT et le Collège militaire royal de
Saint-Jean se coordonnent déjà.
Alors, vous
comprendrez que nous sommes prêts et même impatients, chez nous, de participer
à ce nouveau chantier économique pour le
Québec, considérant notre longue histoire militaire et notre expertise dans ce
domaine, qui s'impose dans la nouvelle géopolitique économique. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Et la
prochaine déclaration revient à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Alors que je m'apprête à
accueillir à l'Assemblée nationale des membres de la communauté de l'école FACE
de Montréal et à déposer leur pétition, signée par plus de
14 000 personnes, je tiens à souligner l'énergie
extraordinaire déployée ces dernières semaines.
J'ai été profondément
touchée et impressionnée par la force de cette communauté unique. Anciens et
actuels élèves, membres du personnel, parents, grands-parents, artistes de tous
horizons, vous vous êtes mobilisés avec passion et créativité pour défendre
votre école et son bâtiment patrimonial. Concerts, caricatures, manifestations,
interventions médiatiques, vous avez tout
fait avec coeur et imagination. Votre mobilisation incarne l'âme de FACE, un
lieu où les arts rassemblent, où les
générations se croisent, où les langues et les milieux se rencontrent. Vous
faites rayonner votre école et les beaux-arts à travers tout le Québec.
C'est
précisément pour cela que nous allons poursuivre le travail ici, à l'Assemblée,
pour préserver cette école précieuse située au coeur de Westmount—Saint-Louis,
au centre-ville de Montréal. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Et je reconnais maintenant M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le Président.
D'abord, je tiens à souligner la présence de Lili Dubé, de Peggy Bélanger,
ainsi que de Michel Clavet, qui sont ici, aux tribunes, à l'Assemblée nationale.
Vous êtes une véritable fierté pour notre région.
C'est avec beaucoup
d'émotion, M. le Président, que je souligne aujourd'hui le
60e anniversaire de la troupe Hallélou, un pilier culturel et artistique
de Côte-du-Sud. Depuis six décennies, ce choeur rayonne par son engagement, sa
passion et la qualité de ses prestations, qui touchent les coeurs et
rassemblent notre communauté.
Je suis rempli
également de fierté d'agir à
titre de président d'honneur des deux concerts qui
auront lieu les 7 et 8 juin prochain à Montmagny pour souligner cet
anniversaire remarquable. Ce spectacle promet d'être à l'image de la
troupe : vibrant, inspirant et profondément enraciné dans notre
communauté.
Bravo à tous les membres,
anciens et actuels, pour leur dévouement exceptionnel! Soyez du rendez-vous.
Longue vie à la troupe Hallélou!
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud. Au tour, maintenant, de M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : À toi qui as
marché sous la pluie pour dénoncer les 70 ans de la Nakba...
À toi qui as
campé devant la Caisse de dépôt pour dénoncer l'investissement de nos chèques
de paie dans les bulldozers et les bombes qui tuent, détruisent et
exterminent, et qui t'es fait déloger par la police;
À toi, professeur-e de cégep dont le plan de
cours a fait l'objet d'une enquête de ta ministre parce que tu as osé enseigner
la littérature palestinienne;
À toi, l'étudiant qui a campé pendant des mois
pour dénoncer un génocide, t'exposant à des représailles de ton université;
À toi qui t'indignes encore et toujours devant
le massacre de femmes, d'enfants ou de journalistes;
À toi qui résistes et prends des risques face
aux puissants qui font mine de ne pas se savoir complices;
Nous ne sommes pas seul-e-s.
Et nous
pleurons de ne pas réussir à empêcher l'irréparable, mais nous savons que quand
l'histoire rendra enfin son verdict implacable, nos enfants et les leurs
sauront et ne leur pardonneront pas.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Maurice-Richard. La parole revient
maintenant à M. le député de Portneuf.
M. Caron : Merci,
M. le Président. J'aime à le répéter, la seule chose qu'on est sûr de ne pas
réussir, c'est celle qu'on ne tente pas. La persévérance, c'est la clé
du succès.
Depuis
maintenant trois ans, je récompense les élèves des écoles secondaires et du
centre de formation de Portneuf qui
redoublent d'efforts malgré les difficultés rencontrées. La semaine dernière, à
l'occasion d'une soirée de gala, j'ai remis 25 bourses à des élèves persévérants. Je leur renouvelle mes plus
sincères félicitations. Bravo à vous toutes et tous! Vous pouvez être
fiers de vous, tout comme vos parents et vos familles.
J'en profite également pour remercier
chaleureusement tout le personnel du centre de services scolaire de Portneuf
qui se dévoue au quotidien pour nos enfants. Vous accomplissez un travail
extraordinaire.
Notre jeunesse,
c'est notre avenir, c'est le Québec de demain. Continuons de la soutenir, de la
valoriser et de croire en elle. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de
Portneuf. Je reconnais maintenant Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le
Président. La Fromagerie du Terroir de Bellechasse, située à Saint-Vallier, célèbre fièrement ses 30 ans. Reprise en 2001
par M. Raymond Girard et Mme Hélène Guillemette et rejointe en 2005
par leur fille Anne-Marie, cette
entreprise familiale incarne la passion et l'innovation. Je les salue
d'ailleurs chaleureusement, dans nos tribunes.
Véritable pilier de l'agrotourisme régional, la
fromagerie s'est adaptée à un marché en constante évolution tout en restant
fidèle à ses racines. Spécialisée à l'origine dans le fromage en grains, elle
propose aujourd'hui une gamme impressionnante et variée de fromages fins,
mousses, ainsi qu'un bar laitier et un comptoir de mets préparés.
29 mai prochain, la fromagerie souligne l'événement avec un 5 à 7 festif
puis annonce de nouveaux produits, dont l'édition limitée célébrant le
30e anniversaire.
Merci à la Fromagerie du terroir. Et bonne
continuité!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Bellechasse. Et bravo à toute l'équipe de La
Fromagerie du Terroir!
Je reconnais maintenant M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
M. le Président, depuis 35 ans, la corporation culturelle Arrimage
oeuvre à dynamiser la vie culturelle aux Îles-de-la-Madeleine. Elle apporte du soutien aux artistes et aux organismes culturels et
contribue puissamment à faire du secteur des arts et de la culture un
levier de développement socio-économique de l'archipel.
Arrimage offre de la
formation. Elle favorise la professionnalisation de nos artistes et contribue à
la diffusion et au rayonnement des arts et de la culture de chez nous sur le
territoire et bien au-delà.
L'organisme travaille
en concertation. À travers son Fonds de développement culturel, elle récompense
et soutient des artistes en partenariat avec le milieu en offrant un programme
de bourses.
petite équipe et le conseil d'administration d'Arrimage fait des miracles. Ils
sont déjà... ils font déjà tout le travail d'un conseil régional de la
culture, mais sans en avoir ni la reconnaissance ni le financement.
Dans
le milieu madelinot, nous travaillons activement à faire en sorte que la
corporation culturelle devienne un membre
à part entière du Réseau Culture 360. Ce serait le meilleur des cadeaux à
leur offrir pour leur 35e anniversaire. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et la parole revient maintenant à M. le
député de Blainville.
M. Laframboise :
Merci, M. le Président. Il me fait grand plaisir, aujourd'hui, de souligner
le 50e anniversaire des Séniors de Blainville, qui ont un impact majeur
sur la vie de plusieurs personnes de notre communauté.
Cet organisme a pour
mission d'offrir des services et de développer le mieux être de ses
1 000 membres. De ceux-ci, 500
sont très actifs et participent régulièrement aux activités, aussi
intéressantes que diversifiées, soit le taï‑chi, le bingo, les jeux de société, et j'en passe. Il
offre également des activités culturelles, éducatives, sociales et sportives
pour répondre à divers besoins et contribue à briser l'isolement des
gens du bel âge.
Je tiens à remercier
tous les membres des Séniors de Blainville pour tout le bien qu'ils propagent
au sein de notre communauté. Je salue la présidente, Mme Francine Poitras.
Ne pouvant être présente parmi nous aujourd'hui, ce sont deux bénévoles très
actives qui sont dans les tribunes, Mmes Carmen Finance, vice-présidente,
et Louise Filion, trésorière. Je profite
d'ailleurs de l'occasion pour souligner leurs 10 ans de loyaux services en
tant que bénévoles au sein de la FADOQ des Laurentides.
Longue vie aux
Séniors de Blainville et bon 50e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Blainville. Et je reconnais maintenant M. le député de
Gatineau.
M. Bussière :
M. le Président, il y a déjà 30 ans, MM. Gilles Joanisse et Mario
Hébert se lançaient en affaires et fondaient La Trappe à Fromage. Au fil du
temps, cette entreprise de chez nous a su faire connaître ses produits et se
tailler une place bien méritée dans notre alimentation.
Grâce à leur grand
succès et leur détermination, on retrouve aujourd'hui les fromages de La
Trappe, dont leur spécialité, L'Attrape
Coeur, et les merveilleuses crottes de fromage, parmi les meilleurs au Québec,
dans leurs sept succursales, en plus des différentes chaînes
d'alimentation partout en Outaouais.
Quotidiennement, ces
deux entrepreneurs, soutenus de leurs fils, qui assurent la relève, et d'une
centaine d'employés, transforment plus de
20 000 litres de lait local en 2 400 kilos de fromage. À
l'usine comme dans les succursales, juste l'odeur du fromage frais nous
met l'eau à la bouche.
MM. Joanisse et
Hébert, encore une fois, toutes mes félicitations pour votre parcours
impressionnant. Et longue vie à La Trappe à Fromage!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Gatineau. Et la parole revient maintenant à M. le député
de Granby.
M. Bonnardel : Merci, M. le Président.
Installé à Granby depuis 2001, L'Ancien presbytère est fier de présenter
des créations riches et variées dans un lieu intime et chaleureux. C'est en
privilégiant une approche accessible et en ouvrant toutes grandes ses portes à
une nouvelle génération de comédiens et de professionnels qu'il se distingue.
fil des ans, L'Ancien presbytère s'est taillé une place de choix dans le coeur
des gens de la région. En 2006, la compagnie s'est d'ailleurs vu décerner le prix
coup de coeur du jury remis lors du gala de la Chambre de commerce
Haute-Yamaska et région... et le prix organisme sans but lucratif de l'année en
Depuis leurs débuts,
ils ont présenté des créations dans une petite salle de 70 places.
Toutefois, en 2023, ils ont déménagé leur
production dans la magnifique salle du Verbe-Divin, qui compte aujourd'hui
225 sièges. Ce changement aura permis d'accueillir davantage de
spectateurs et ainsi contribuer à accroître l'offre culturelle de Granby et des
environs. De plus, ils ont ajouté un volet jeunesse, en 2014, en produisant une
création originale en collaboration avec l'école secondaire du Verbe-Divin et
le Palace. C'est plus de 40 000 jeunes qui auront été interpelés par
la troupe.
Je tiens à féliciter
Martin Gougeon, fondateur et directeur artistique, pour avoir bonifié la scène
théâtrale de chez nous, un incontournable de notre patrimoine. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Granby. Et la parole revient maintenant à M. le député
de Mégantic.
M. Jacques :
Merci, M. le Président. En fin de semaine, j'ai eu l'immense plaisir de
participer à l'inauguration de la Coop de
solidarité de Saint-Isidore-de-Clifton, un projet issu d'une mobilisation
exceptionnelle de la communauté.
En 2022, on annonçait
la fermeture de la quincaillerie et du dépanneur Vivaco. Cette nouvelle a
grandement affecté la population. Mais rapidement plusieurs citoyens et
citoyennes se sont mobilisés pour créer une coopérative de solidarité sociale,
en vue de poursuivre les opérations.
Deux ans plus tard,
tous les éléments sont attachés : un dépanneur, de l'essence, la
quincaillerie, la SAQ, le bureau de poste et des produits agricoles. Quand
même, bravo pour la poursuite des activités!
Je suis vraiment fier
d'avoir accompagné ce projet tout au long du processus, un commerce de
proximité qui va continuer de répondre aux besoins de la région.
En terminant, je veux
saluer la détermination de tous ceux et celles qui ont porté ce projet et
remercier la coop, la municipalité, les partenaires financiers et la
population, qui ont soutenu ce projet. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Mégantic. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le Président. Je
souhaite rendre hommage à la Maison de l'innovation sociale, un
organisme-phare qui agit concrètement pour relever les grands défis de
l'innovation sociale au Québec.
L'innovation sociale,
c'est de créer des nouvelles solutions qui ont un impact collectif. C'est un
domaine d'avenir dans le contexte où les défis sont de plus en plus complexes
et les ressources, limitées.
Chaque année, la
Maison de l'innovation sociale accompagne plus de 1 000 acteurs et
actrices de changement, citoyens, municipalités, ministères, organismes et
entreprises, dans la mise en oeuvre de solutions innovantes. En 2024, M. le Président, 80 % d'entre eux ont
concrétisé une initiative, preuve de l'impact concret de cet accompagnement. Grâce
à sa culture entrepreneuriale, la Maison
de l'innovation a multiplié par cinq ses revenus autonomes en deux ans,
consolidant sa capacité d'agir et de transformer.
Je tiens aujourd'hui
à féliciter chaleureusement Mme Marie-Christine Ladouceur-Girard et toute
son équipe pour sa contribution exceptionnelle à un Québec plus durable et plus
innovant. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Nelligan. Alors, voilà qui
met fin à la rubrique Déclarations de députés. Je remercie tous les collègues,
chacun, pour vos déclarations.
Et nous allons
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
Présidente :
Bonjour, tout le monde. Mesdames messieurs, vous
êtes nombreux et nombreuses, ce matin. Bienvenue. Bienvenue. Le parlement du
Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir en silence quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, de
l'ambassadeur de Roumanie, son Excellence Bogdan Mănoiu.
Et nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît.
La Présidente : À l'article a du
feuilleton, M. le ministre de la Culture et des Communications présente le projet de loi n° 109,
Loi affirmant la souveraineté
culturelle du Québec et édictant la
Loi sur la découvrabilité des contenus
culturels francophones dans l'environnement numérique. M. le ministre.
M. Lacombe : Merci beaucoup,
Mme la Présidente.
Ce projet de loi modifie d'abord la Charte des
droits et libertés de la personne afin d'y enchâsser le droit à la
découvrabilité des contenus culturels d'expression originale de langue
française et à l'accès à de tels contenus.
Le projet de
loi édicte ensuite la
Loi sur la découvrabilité des contenus culturels
francophones dans l'environnement numérique.
Cette loi vise à favoriser la découvrabilité des
contenus culturels d'expression originale de langue française et l'accès à de
tels contenus dans l'environnement numérique. Elle s'applique notamment à toute
plateforme numérique qui offre un service de visionnement en ligne de contenu
audiovisuel ou d'écoute en ligne ainsi qu'au fabricant de téléviseurs et
d'appareils destinés à être connectés à un téléviseur qui comportent une
interface permettant de visionner du contenu audiovisuel en ligne.
La loi prévoit l'obligation pour les plateformes
numériques qui répondent aux critères déterminés par règlement du gouvernement
de s'enregistrer auprès du ministre de la Culture et des Communications. Elle
prévoit aussi l'obligation pour les
plateformes numériques et les fabricants de téléviseurs et d'appareils
connectés de faire en sorte que, par
défaut, l'interface de la plateforme numérique du téléviseur ou de l'appareil
connecté soit en français, selon les conditions déterminées par
règlement du gouvernement.
La loi prévoit en outre que certaines plateformes
numériques et certains fabricants de téléviseurs et d'appareils connectés
doivent faire en sorte que l'interface donne accès aux plateformes numériques
respectant les critères de présence et de découvrabilité du contenu culturel
d'expression originale de langue française déterminés par règlement du
gouvernement. Elle prévoit par ailleurs que certains fabricants de téléviseurs
et d'appareils connectés à un téléviseur doivent faire en sorte que l'interface
donne accès aux plateformes de visionnement de contenu culturel d'expression
originale de langue française déterminées par règlement du gouvernement.
La loi crée ensuite, au sein du ministère de la
Culture et des Communications, le Bureau de la découvrabilité des contenus
culturels et charge le ministre de faire rapport au gouvernement de l'évolution
de la présence, de la découvrabilité et de
la consommation des contenus culturels d'expression originale de langue
française dans l'environnement numérique.
Puis, la loi confère au gouvernement le pouvoir
de prendre des règlements afin notamment d'établir la quantité ou la proportion
de contenu culturel d'expression originale de langue française et de contenu
disponible dans une version française qui doit être offerte par les plateformes
numériques ainsi que d'établir les critères permettant de déterminer ce qui
constitue du contenu culturel d'expression originale de langue française.
La loi prévoit aussi le pouvoir du gouvernement
d'autoriser le ministre à conclure une entente avec une plateforme numérique
pour prévoir des mesures de substitution aux obligations de la loi et de ses
règlements.
La loi comporte également des pouvoirs
d'inspection et d'enquête et confère au ministre le pouvoir d'ordonner à une
plateforme numérique ou à un fabricant de prendre les mesures qu'il indique
lorsqu'il estime que cette plateforme numérique ou ce fabricant fait défaut
d'exécuter les obligations que lui imposent la loi, ses règlements ou une
entente. Elle prévoit par ailleurs un régime de sanctions administratives pécuniaires
et des dispositions pénales visant à assurer le respect de cette loi et de ses
règlements.
Enfin, cette loi apporte des modifications de
concordance et comporte des dispositions diverses et finales. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente : Et je reconnais le
leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Oui, Mme la
Présidente, nous souhaitons la tenue de consultations particulières en lien
avec ce projet de loi. Merci.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
Présidente : Adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Mme la Présidente, je
vous demanderais d'appeler l'article b du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article b du feuilleton, Mme la ministre des Affaires
municipales présente le projet de loi n° 104, Loi modifiant diverses
dispositions afin notamment de donner suite à certaines demandes du milieu municipal.
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Merci, Mme la Présidente.
Alors, ce projet de
loi modifie diverses dispositions concernant le domaine municipal.
Ainsi, le projet de
loi permet à tout conseil municipal composé d'au moins 12 conseillers de
constituer un comité exécutif afin notamment
de lui déléguer l'exercice de certaines compétences. Il encadre la composition
de ce comité ainsi que son fonctionnement.
Le projet de loi
prescrit la nomination par le conseil de toute municipalité d'au moins officier
municipal en bâtiment, en environnement et en urbanisme. Il exige que toute
documentation utile à la prise de décision soit rendue disponible aux membres
du conseil municipal dès la notification de l'avis de convocation à une séance
extraordinaire.
Le projet de loi
prévoit qu'une disposition visant à augmenter la densité d'occupation du sol
dans certaines zones situées à proximité d'un point d'accès à un service de
transport collectif exploité sur rail ou sur une autre voie dédiée n'est pas
susceptible d'approbation référendaire, et ce, sans égard à la variation de la
valeur initiale de la norme.
En matière de
fiscalité municipale, le projet de loi offre à toute municipalité la
possibilité de délivrer un permis ou un
certificat avant le paiement d'une contribution destinée à financer des travaux
ou des services municipaux lorsque le requérant prend l'engagement de
payer cette contribution suivant les modalités et les garanties financières que
la municipalité prévoit par règlement. Il prévoit que les municipalités qui ont
l'intention d'établir ou de modifier un secteur
aux fins de l'imposition de la taxe foncière générale doivent adopter une
résolution exprimant cette intention et leur permet alors de demander le
dépôt d'un rôle préliminaire.
Par ailleurs, le
projet de loi donne aux municipalités le pouvoir d'accorder de l'aide en
matière d'entretien des chemins multiusages. Il retire la possibilité pour une
personne de remettre des documents destinés à une municipalité au domicile du
greffier-trésorier et supprime l'exigence qu'un certificat de publication qui
accompagne un avis public municipal mentionne la résidence de la personne qui
l'a donné.
Le projet de loi
précise que le mandat de concertation confié à la Table Québec-municipalités
porte notamment sur la réduction de la charge administrative des municipalités
et met fin à l'obligation pour la Commission municipale d'avoir un secrétaire.
projet de loi modifie la composition du conseil et du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal en
diminuant le nombre de représentants des municipalités de l'agglomération de
Montréal.
Enfin, le projet de
loi permet au conseil de la ville de Québec de déléguer à la Commission
d'urbanisme et de conservation de Québec certains pouvoirs relatifs aux
immeubles et aux sites patrimoniaux.
Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente :
Et je reconnais le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente, nous
souhaitons la tenue de consultations particulières pour ce projet de loi aussi.
Merci.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi? Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre du Travail.
M. Boulet :
Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le rapport annuel de
gestion 2024 de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de
la sécurité du travail. Merci.
Présidente : Ce document est déposé.
Et, pour ma part, je
dépose le rapport annuel 2024‑2025 du Commissaire à la langue française.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission des finances
publiques et député de Montmorency.
M. Simard : Oui, Mme la Présidente, je
dépose le rapport très attendu de la Commission
des finances publiques qui, le
20 mai 2025, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 92, Loi
modifiant diverses dispositions principalement dans le secteur financier. Je
vous remercie.
Présidente : Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la Commission
des relations avec les citoyens et députée de Les Plaines.
Mme Lecours (Les Plaines) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission des relations avec les citoyens qui, les 3, 8, 9, 10 et 22 avril, ainsi que le
20 mai 2025, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 84,
Loi sur l'intégration nationale. La commission a adopté le texte du projet de loi
avec des amendements, dont un nouveau titre.
Présidente : Et ce rapport est déposé.
Maintenant, à la
rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 13 312 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, depuis 50 ans, le projet éducatif de l'école FACE permet à des élèves
francophones et anglophones du primaire et du secondaire de recevoir un
enseignement de qualité axé sur les arts;
«Considérant qu'il
s'agit d'un modèle unique en Amérique du Nord et que de nombreux artistes qui
font de la fierté du Québec y ont été scolarisés;
«Considérant que
l'immeuble qui abrite cette école depuis 1975 est un bâtiment de style
Beaux-Arts construit en 1914 qui a aujourd'hui une grande valeur patrimoniale;
«Considérant que son
emplacement central, au coeur de la métropole et à proximité d'une station de
métro, permet à des familles issues de milieux socioculturels variés d'y avoir
accès;
«Considérant que le
déficit d'entretien du bâtiment est majeur;
«Considérant
que des travaux sont en cours depuis de nombreuses années pour planifier,
conjointement avec les parents et les
[enseignants] et [enseignantes], la relocalisation temporaire de l'école et que
des engagements fermes ont été pris quant au fait que les élèves
pourraient réintégrer le bâtiment actuel une fois les travaux complétés;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
revenir sur sa décision de déménager l'école FACE de façon permanente et de
vendre son bâtiment patrimonial à des intérêts privés;
«D'élaborer,
conjointement avec la communauté, un nouveau plan de travail permettant la
sauvegarde du projet éducatif de FACE, un joyau du réseau scolaire public.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. À nouveau,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. J'aurais dû
mentionner la présence de la communauté FACE, qui sont ici avec nous, dans
nos tribunes.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
51 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que, depuis 50 ans,
le projet éducatif de l'école FACE permet à des élèves francophones et
anglophones du primaire et du secondaire de recevoir un enseignement de
qualité axé sur les arts;
«Considérant qu'il s'agit d'un modèle unique en
Amérique du Nord et que de nombreux artistes qui font la fierté du Québec y ont
été scolarisés;
«Considérant que l'immeuble qui abrite cette
école depuis 1975 est un bâtiment de style Beaux-Arts construit en 1914 qui a
aujourd'hui une grande valeur patrimoniale;
«Considérant que son emplacement central, au
coeur de la métropole et à proximité d'une station de métro, permet à des
familles issues de milieux socioculturels variés d'y avoir accès;
«Considérant que le déficit d'entretien du
bâtiment est majeur;
«Considérant que des travaux sont en cours
depuis de nombreuses années pour planifier, conjointement avec les parents et
les enseignantes et enseignants, la relocalisation temporaire de l'école et que
des engagements fermes ont été pris quant au fait que les élèves pourraient
réintégrer le bâtiment actuel une fois les travaux complétés;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«De revenir
sur sa décision de déménager l'école FACE de façon permanente et de vendre son
bâtiment patrimonial à des intérêts privés;
«D'élaborer, conjointement avec la communauté,
un nouveau plan de travail permettant la sauvegarde du projet éducatif de FACE,
un joyau du réseau scolaire public.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé. Maintenant, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 18 794 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le projet de loi n° 89 brise le fragile équilibre du rapport de force
entre syndiquées et syndiqués et employeur au profit de ces derniers;
«Considérant que l'équilibre actuel du droit de
grève est le résultat d'une lutte historique des [...] syndiqués et d'un
consensus social de plus de 50 ans;
«Considérant
que le gouvernement ne doit pas posséder un pouvoir discrétionnaire qui va à
l'encontre du fragile équilibre dans le rapport de force des
négociations collectives;
«Considérant
que le droit de grève a été reconnu comme un droit constitutionnel par la Cour
suprême du Canada en 2015 et qu'aucun gouvernement ne devrait
l'enfreindre;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«De retirer immédiatement le projet de loi
n° 89;
«De s'engager à respecter intégralement le droit
de grève et l'équilibre du rapport de force;
«De reconnaître que l'équilibre actuel du
rapport de force est l'objet d'un consensus social et qu'il le reste encore
aujourd'hui;
«D'appuyer la décision de la Cour suprême
d'enchâsser le droit de grève comme un droit fondamental dans la Charte des
droits et libertés de la personne du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé.
J'ai reçu une demande de Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis
pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la
présentation de cette pétition? Consentement. Alors, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 409 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Il n'y a pas de faits invoqués.
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de s'opposer à la vente de l'édifice patrimonial et à la relocalisation
définitive de l'école publique FACE à Montréal.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et, pour ce
faire, je cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Mme la Présidente, avec
le gouvernement caquiste, nous assistons à un triste spectacle, une fin de
régime lente et pénible. Pendant ce temps-là, les Québécoises et Québécois
n'ont pas les services auxquels ils ont droit.
des promesses-phares de ce gouvernement était d'améliorer l'accès aux services,
notamment en santé, l'accès aux soins et l'accès aux chirurgies. C'est un
échec. L'attente en chirurgie est, aujourd'hui, pour
151 000 Québécoises et Québécois.
Ça, c'est 36 000 de plus que la cible qui était recherchée. Autre signe de
l'échec, l'attente en chirurgie depuis plus
d'un an, la cible était de 2 300, aujourd'hui c'est
6 500 Québécoises et Québécois. La cible est non seulement ratée,
mais elle est dépassée, trois fois plus.
Le 13 mai
dernier, Mme la Présidente, Isabelle Hachey, de La Presse , faisait état
du cas de M. Claude Germain, de
Saint-Jérôme. Parce que ce n'est pas tout, d'être sur une liste d'attente. Même
quand vous êtes cédulé pour avoir une opération, on va bien souvent
aller vous annuler. M. Germain souffre de sténose spinale, il dit :
«Je ne suis plus capable de mettre un pied
devant l'autre.» L'opération délicate était cédulée pour le 8 mai. Il se
rend à l'hôpital, l'opération a été annulée, Mme la Présidente, à la
dernière minute. C'était la cinquième fois en trois mois qu'il se faisait
annuler.
Pourquoi
M. Germain doit-il faire les frais d'un gouvernement incompétent en fin de
régime?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, on apprécie, aujourd'hui, le
changement de ton du chef de l'opposition
officielle, qui est beaucoup plus calme. Peut-être, comme on dit, il a pris son
Bovril ce matin. Donc, on est contents qu'il n'y ait pas de criage ce
matin.
Mme la Présidente,
quand on regarde le réseau de la santé, je l'ai dit souvent, le plus grand défi
qu'on a, c'est de négocier une nouvelle entente avec les médecins, avec les
puissants syndicats de médecins. On se souviendra que, dans le premier mandat,
on était en pleine pandémie, donc on a fait le choix de ne pas s'attaquer à ce
dossier-là, mais, Mme la Présidente, il faut absolument s'y attaquer. Tant
qu'on va avoir la moitié des personnes qui se retrouvent à l'urgence qui ne devraient pas être là, qui aurait
dû être traitées dans ce qu'on appelle la première ligne, avec des médecins
de famille, des infirmières, tant que tous les Québécois ne seront pas pris en
charge... Puis, avec 10 000 médecins de famille, il y a assez de médecins de famille et d'infirmières pour être
capable de prendre en charge tous les Québécois. Tant qu'on n'aura pas des
résultats et qu'on ne sera pas courageusement en train de négocier ces ententes
avec les syndicats de médecins, il n'y aura pas d'amélioration
significative.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay :
Donc, il est dans sa... il va débuter bientôt sa huitième et dernière
année, et il vient de dire que, si ce n'est
pas de la coopération des médecins, il n'y aura pas d'amélioration
significative. Pense-t-il que ça, c'est ce que veut entendre M. Germain, qui attend toujours d'être recédulé,
parce qu'il a été annulé cinq fois? Est-il au courant que, dans sa
huitième année, c'est près de 21 000 chirurgies qui ont été annulées
en six mois, de novembre 2024 à avril 2025?
Pourquoi
les Québécois et M. Germain devraient-ils faire les frais d'un
gouvernement incompétent en fin de régime?
Présidente : Là, M. le chef de l'opposition officielle, je vous ai
laissé aller, mais vous savez très bien que ce
mot est au lexique. Et je vous demande de le retirer, M. le chef, levez-vous
pour le retirer. Vous le retirez? C'est retiré. La réponse du premier
ministre.
M. Legault :
Oui. Bien, ce matin, le chef de l'opposition officielle est rendu à la
huitième année. Bientôt, ce sera la neuvième,
la 10e, la 11e. Mais, Mme la Présidente, ce qu'il est important de dire, c'est
que, oui, bon, le Collège des médecins
n'aime pas le mot «performance», utilisons le mot «résultats», je pense que les
Québécois ont le droit d'exiger des résultats des médecins. Donc, la
proposition qui est faite, actuellement, c'est que 25 % de la rémunération
soit conditionnelle à des résultats. Moi, j'aimerais savoir si le Parti libéral
est d'accord avec cette approche-là.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : 13 mai,
lettre ouverte de La Presse , Karina Colagrosso, 30 ans,
mère d'un garçon de trois ans. Elle doit être opérée d'urgence pour un large
kyste à l'ovaire gauche. L'opération a été annulée à la dernière minute, à la
porte même du bloc opératoire. Mme Colagrosso dit, et je la cite :
«La salle est prête, l'équipe est là. L'anesthésiste, l'inhalothérapeute, la
chirurgienne, tout le monde était en place. Mais rien, parce qu'il manque de
personnel.»
Pourquoi Mme Colagrosso doit-elle faire les
frais d'un gouvernement incapable en fin de régime?
Présidente : Faites attention aux mots choisis. Ce mot-là a été
retiré la semaine dernière. Je vous demande de retirer également le
dernier. Exactement. Vous le retirez? Parfait. C'est une insulte.
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui,
Mme la ministre, on a vu, à la fin de la question, un petit sursaut, hein?
Donc, on espère qu'on va rester calme.
Mme la Présidente, ce qu'on demande aux deux
syndicats de médecins, c'est que 25 % de la rémunération soit liée aux résultats, entre autres, la baisse des
listes d'attente, la baisse, entre autres, des listes d'attente pour les
personnes qui attendent plus qu'un certain délai. On ne sait toujours
pas si le Parti libéral est d'accord avec Gaétan Barrette, s'il est d'accord
avec nous, s'il est d'accord avec tous ceux qui souhaitent enfin avoir des
résultats.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Tanguay : Alors,
M. Germain, Mme Colagrosso, le premier ministre vous dit :
Restez calmes. Il ne veut pas vous entendre.
Mme Colagrosso, par contre, elle veut parler, et je la cite, de «la colère
sourde qui gronde dans notre système de santé. "Je savais que le système
était défaillant, mais pas à ce point. Quand on laisse une patiente rentrer
chez elle avec sa peur au ventre, on touche le fond."» Fin de la
citation de Mme Colagrosso.
Est-ce qu'il
est en train de lui dire de rester calme puis de fermer sa boîte? C'est ça
qu'il lui dit, le premier ministre?
La Présidente : M. le leader du
gouvernement. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette : Mme la
Présidente, c'est des propos blessants pour la citoyenne. Ce n'est pas digne
d'un chef de l'opposition officielle, la façon dont il s'exprime.
La Présidente : Bon, M. le leader,
je vous remercie. Il s'agit ici d'une formule de style qui est la sienne. La
réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, le chef de l'opposition officielle nous parle de certains patients
qui ne voient pas les résultats, et on est d'accord avec ça. On a fait
beaucoup, d'abord, en ayant... en allant chercher de la flexibilité dans les
conventions collectives avec les infirmières, mais il reste le plus gros
morceau, exiger des résultats en échange de 25 % de la rémunération des
médecins. On ne sait toujours pas si le Parti libéral est d'accord ou non avec
ça. Les résultats, ça n'a pas l'air de les intéresser.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, hier, le ministre de la Santé a avancé
la possibilité d'adopter son projet de
loi sur les médecins par bâillon. Mme la
Présidente, adopter par bâillon, ça veut dire adopter tel quel, sans débat.
Depuis deux semaines, à part nous dire que les
médecins ne travaillent pas assez et qu'ils finissent à 4 heures le
vendredi, le ministre ne nous dit pas vraiment, cependant, ce qu'il y a dans son
projet de loi. Son projet de loi n° 106, il
indique clairement qu'un patient qui change de région perd son médecin, perd sa
clinique. Ça, Mme la Présidente, ça veut dire qu'un résident de
Sainte-Foy qui déménage à Saint-Romuald, il perd son médecin. Ça, Mme la
Présidente, ça veut dire qu'une grand-mère
qui habite à Saint-Léonard et qui s'en va vivre à Laval en bigénérationnel avec
sa famille, elle perd son médecin. C'est ça, le projet de loi
n° 106, Mme la Présidente. C'est ça que le ministre veut adopter par
bâillon.
ministre, il avait promis qu'il n'y a pas un Québécois qui perdrait son
médecin. Est-ce qu'il peut encore répéter cette promesse-là aujourd'hui, à la
lueur de son projet de loi? Comment il explique ça aux Québécois?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Bien, écoutez, Mme la Présidente,
j'espère que le député de Pontiac sera en commission parlementaire, la semaine
prochaine, pour pouvoir poser ces questions-là, parce que ce n'est pas du tout
l'intention. On a dit que chaque patient qui avait déjà un médecin de
famille ou était identifié à un professionnel de la santé allait pouvoir le
conserver. Il va y avoir des mesures de transition.
Écoutez,
Mme la Présidente, je sais qu'on n'a pas le droit de dire que c'est faire peur
au monde, alors trouvez-moi la façon
de le dire, là, mais c'est exactement ce que le député... Non, je n'ai pas le
droit de le faire, mais je le reconnais, je le...
Présidente : Alors, faisons attention. M. le leader de l'opposition
officielle, je vais vous écouter.
M. Derraji :
C'est au lexique, il doit le retirer. C'est un député d'expérience, il le
sait, il n'a pas le droit.
La Présidente :
En fait, ce que je dirais surtout — merci, M. le leader du gouvernement — c'est
que, M. le ministre, ne faites pas indirectement ce que vous ne pouvez
pas faire directement. Poursuivez.
M. Dubé :
O.K. J'ai été alerté et je le
prends en considération, Mme la Présidente, merci beaucoup. Mais je vais
continuer.
Mme la Présidente,
moi, je veux comprendre la position du Parti libéral avant qu'on aille en
commission parlementaire. Il y a 100 %
des Québécois qui, par l'intermédiaire, notamment, de leurs impôts... qui
paient pour être assurés avec la
Régie de l'assurance maladie. Il y a, en ce moment, 85 % des Québécois qui
peuvent se prévaloir de ce droit-là, il y en a 15 % qui ne peuvent
pas, parce que les médecins, c'est des travailleurs autonomes. Et ce qu'on
veut, c'est leur demander de s'engager envers 100 % de la population,
c'est aussi simple que ça.
Comment
accepterions-nous de payer une assurance, puis, quand on demande aux assureurs
de nous payer, on dit : On ne peut pas vous servir? C'est exactement ça,
le problème.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, je n'accepte pas, sur ce point précis
là, que le ministre évite la question.
Article 3
du projet de loi : «Une personne est désaffiliée d'un milieu de pratique
dans les cas suivants...» Lorsque la Régie constate que la personne «s'est
établie en dehors du territoire de département territorial de médecine
familiale». Ça, ça veut dire que la
résidente de Pointe-aux-Trembles qui est en fin de vie, qui veut aller vivre
chez son frère, à Charlemagne, elle perd son médecin de famille. C'est
ça que ça veut dire. Ça, c'est insensible, c'est insensé. Mais c'est ça, le
projet de loi, puis c'est ça que le ministre veut adopter sans aucun débat.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Dubé :
J'ai très hâte d'être en commission parlementaire, parce que ça fait
longtemps qu'on a préparé ces différentes discussions là. Mais j'aimerais
entendre la réponse du député, Mme la Présidente. Est-ce qu'il est d'accord avec le principe très important qui est derrière
le projet de loi n° 106? Est-ce qu'il est d'accord que 100 % des Québécois
devraient être couverts? C'est ça, la grande
question. Et c'est pour ça qu'on demande aux médecins... La grande majorité,
ils font le travail, mais il y en a qui doivent travailler différemment pour
qu'on soit capables de prendre 100 % de la population. C'est ça,
l'engagement qu'on a pris. Je voudrais savoir c'est quoi, la position du Parti
libéral.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Le ministre, il ne veut pas la savoir, la position du Parti libéral, il
veut l'adopter par bâillon, sans aucun débat. S'il y a un ministre qui devrait
se garder une gêne sur les bâillons, c'est le ministre de la Santé, parce que
son dernier projet de loi, le projet
de loi n° 15, là, il l'a déposé...
il l'a adopté avec 800 amendements, Mme la Présidente. Puis là,
aujourd'hui, on a l'air de lui apprendre que, dans son projet de loi, il y a
des Québécois qui vont perdre leurs médecins de famille s'ils changent de
région. Ça, là, c'est le gouvernement au service du gouvernement, ce n'est pas
le gouvernement au service du
patient. Là, il veut aller par bâillon, Mme la... (panne de son) ...son projet
de loi sans débattre. Ça n'a pas de sens.
M. Dubé : Écoutez, ce que j'ai
dit, on a déposé notre projet de loi, je l'ai expliqué très clairement en scrum
hier, on a déposé un projet de loi. Pendant
ce temps-là, ce qu'on souhaite, c'est que les deux fédérations soient aux tables
de négociation, parce qu'on a dit : On est très fermes sur les principes
qui sont dans le projet de loi, mais on est excessivement
flexibles pour arriver à une entente sur les moyens. C'est toujours ce qu'on a
fait dans nos projets de loi. C'est
ce qu'on va commencer à faire la semaine prochaine, consultation populaire,
puis après ça on va faire l'article par article, puis on va tous les régler un par un, comme on a fait jusqu'à
maintenant. C'est simple. On écoute les patients et on veut leur donner
le droit à l'assurance dont ils ont besoin. Merci beaucoup.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Nous avons tous été choqués d'apprendre l'histoire de Florence, une jeune femme
avec une déficience intellectuelle qui a non seulement été incarcérée parce
qu'elle est rentrée chez le voisin chercher de la nourriture, mais qui a été
placée en isolement au trou pendant huit jours.
Le pire, Mme
la Présidente, c'est que ce n'est pas un cas isolé. Selon Me Catherine
Lapointe, d'Urgence psychosociale-Justice,
au moins une dizaine de personnes avec une déficience intellectuelle ont été
incarcérées, dans la dernière année, par manque de logement adapté où
les héberger en attente de leur procès.
Ce gouvernement a totalement manqué à son devoir
de protéger les plus vulnérables de notre société, un acte qui illustre
clairement l'absence d'intervention adéquate des services sociaux.
Mme la Présidente, où était ce gouvernement
quand Florence avait besoin de soutien et non de punition?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Services sociaux.
M. Carmant : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je remercie la députée de D'Arcy-McGee pour sa question. Puis je suis tout à fait d'accord, là. L'histoire
de Florence, c'est d'une tristesse innommable, ce qui s'est passé. Moi-même
neuropédiatre, là, j'ai soigné des gens
atteints du syndrome de Prader-Willi, là, tu sais, je sais clairement qu'est-ce
que c'est, et que ce n'est pas la solution qui était requise.
Cependant, Mme la Présidente, je ne veux pas
m'avancer sur ce dossier, mais je pense que ce qu'il est important de dire,
c'est que l'absence d'hébergement n'est pas la raison, là, de cette situation.
La députée sait très bien que notre gouvernement a développé un nombre
important de logements supervisés, de logements spécialisés pour les personnes avec tout type de déficience intellectuelle. On a
créé plus de 800 places un peu partout au Québec dans les dernières années.
On a également créé, avec les maisons alternatives, plus de 800 places,
plusieurs à Montréal, dans le comté du député de Marquette, dans le comté du
chef de l'opposition officielle, pour, justement, avoir plus de places pour les
personnes en situation de handicap. Et, Mme la Présidente, tous ceux qui...
troubles du comportement, on a développé les URCI, également, qui est un
concept qui va venir aider ces patients-là. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Je n'ai entendu aucune mesure de la part du ministre pour prévenir
de tels cas, comme ce qui est arrivé à Florence. Et, ce qui est arrivé à
Florence, ce n'est pas la seule personne avec une déficience intellectuelle qui
s'est retrouvée dans un cas similaire. Selon Me Catherine Lapointe, oui,
c'est à cause du manque d'hébergement que des personnes avec une déficience
intellectuelle se retrouvent incarcérées en attente de leur procès, parce qu'il n'y a nulle part d'autre où les placer. Vous
avez une responsabilité envers ces personnes, prenez-le.
La Présidente : Et vous vous
adressez à la présidente. La réponse du ministre.
M. Carmant : Bien, Mme la
Présidente, là, ces patients-là peuvent être amenés dans des hôpitaux, là, ça,
c'est... j'ai vu ça toute ma carrière de 24 ans, de neurologue. On a
parlé, dans l'article, de... de l'hôpital Pinel, mais il y a toutes sortes
d'autres hôpitaux qui peuvent accueillir ces patients-là.
Maintenant, oui, on a regardé qu'est-ce qu'on
pouvait faire pour améliorer la situation. La première chose que j'ai faite, j'ai appelé la Société québécoise de
la déficience intellectuelle pour avoir leur avis là-dessus puis savoir comment
prévenir ce type de situation là. J'ai
immédiatement contacté mes collègues de la Sécurité publique et de la Justice
pour voir qu'est-ce qui arrive dans ces processus-là, qui font que ces patients-là qui sont
inaptes sont envoyés en prison, parce qu'il y a d'autres pistes de
solution qu'on a rendues disponibles au cours des dernières années.
La Présidente : Deuxième complémentaire.
Et, pour ce faire, je reconnais le député de l'Acadie.
M. Morin : Mme la Présidente,
aujourd'hui, j'interpelle le ministre de la Justice dans ce dossier. Le
ministre a reçu des lettres, en 2023‑2024, il a même rencontré une avocate qui l'a sensibilisé aux
dysfonctionnements du système. Pourtant, le Programme d'accompagnement
justice et santé mentale vise à éviter ce genre de situation là. Depuis les
rencontres, c'est silence radio. Visiblement, les ministres, à la CAQ, ne se
parlent pas.
Quand le ministre de la Justice va-t-il poser
des gestes concrets pour que le cas de Florence ne se reproduise plus jamais?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Bien,
monsieur... Mme la Présidente, très certainement on travaille en équipe, au
sein du gouvernement. Le député de l'Acadie fait référence à un dossier qui a
été judiciarisé. Et le ministère de la Justice, en collaboration avec les partenaires
de la justice, a déployé une kyrielle de programmes notamment pour accompagner
les gens qui ont des enjeux de santé mentale, et les programmes fonctionnent.
Cependant, je l'ai déjà dit à de multiples reprises ici, en cette Assemblée, ce
n'est pas le ministre de la Justice qui est assis sur le banc, ce n'est pas le
ministre de la Justice qui prend les décisions dans une salle de cour. Nous
encadrons, nous offrons des ressources au système de justice, mais la décision
qui est prise appartient au magistrat.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Il y a quelques
instants, j'ai déposé une pétition de 14 000 signataires qui
s'oppose à la vente du bâtiment patrimonial FACE et à son démantèlement.
Aujourd'hui, 60 membres de la grande famille FACE, de l'école, sont ici,
dans les tribunes, des parents, des élèves, des anciens élèves de l'école. Ils
portent la voix de ces milliers de personnes qui vous demandent de sauver
l'école.
Le ministre va dire que c'est irresponsable, de
dépenser 370 millions pour l'école, mais ce n'est pas ça qu'ils vous
demandent. Ils veulent le maintien du bâtiment, pas la reconstruction complète,
pas des installations luxueuses. Ils veulent l'essentiel pour assurer la
sécurité et la continuité de leur mission intacte.
Est-ce que le ministre est prêt à travailler
avec les partenaires, la communauté, le centre de services scolaire, la
commission scolaire afin de trouver un compromis?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Merci beaucoup,
Mme la députée, pour votre question. Je salue les parents qui sont dans nos
tribunes, que je vais rencontrer tout de suite après la période de questions.
Mme la Présidente, l'école FACE, là, c'est une
école unique au Québec, c'est une école qui est très précieuse à mes yeux, à
nos yeux, et c'est pour ça que la proposition que nous avons mise de l'avant
prévoit le maintien de cette école, mais
dans deux bâtiments complètement rénovés. L'école FACE, ce n'est pas juste un
bâtiment, c'est un esprit, c'est un
projet éducatif, c'est des élèves qui depuis des générations sont exposés à la
musique, aux arts dramatiques, à la chanson, à la danse. Tout ça va se poursuivre dans deux écoles complètement
rénovées, au coût de 200 millions. L'école primaire sera ouverte dès
septembre prochain, appelons-la FACE primaire, pour les fins de la discussion,
et l'école, appelons-la, FACE
secondaire ou le campus FACE secondaire sera ouvert en 2032 pour permettre aux
élèves qui sont actuellement en parcours de le terminer.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Maccarone : Je ne sais pas
si le ministre peut voir les faces des parents qui sont en haut. Ils vous
disent non. C'est un bâtiment patrimonial
qui appartient à notre histoire collective. La ville de Montréal s'est prêtée
des partenaires. Les architectes ont proposé des scénarios moins
coûteux. Les familles sont là, en haut, dans les tribunes. Ils sont venus en grand nombre pour
sensibiliser le gouvernement. Ils demandent une solution concrète et non une
solution irréversible. Ils demandent une chose : sauver leur école.
Est-ce que le
ministre va le faire?
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, selon les dernières évaluations qui ont été faites par
le centre de services scolaire de Montréal, on en est à tout près de
600 millions pour ce projet, 375 millions pour rénover l'édifice
actuel et 200 millions pour les deux
écoles qui étaient, avant qu'on prenne la décision... qui étaient des campus,
des écoles transitoires. Ces écoles
transitoires, qui seront complètement rénovées, vont devenir des écoles
permanentes, une pour le primaire,
une pour le secondaire. Et les 375 millions qui devaient être investis
dans la rénovation du vieil édifice vont servir pour d'autres projets
scolaires sur l'île de Montréal, Mme la Présidente. C'est la décision
responsable que nous devons prendre.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Maccarone : La magie de cette école : qu'ils soient tous
sous le même toit, de la maternelle au secondaire V.
Le scinder, c'est de détruire cette mission et cette magie. Voici le témoignage
de Marie-Ève, parent d'un enfant qui fréquente l'école : «FACE est
un modèle rare de collaboration, une institution culturelle vitale et une
communauté vivante. La survie à long terme
de FACE est menacée. De diviser l'école en deux sites ne fera que compromettre
l'ADN de l'école, ce qui rend FACE si extraordinaire.»
Est-ce que le
ministre va faire la seule chose qui s'impose et sauver l'école?
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, nous ne sauvons pas le bâtiment, mais nous sauvons
l'école. Nous sauvons l'école. Elle sera constituée de deux campus, un pour le
primaire, un pour le secondaire.
Mme la Présidente, on
a augmenté de 160 % les budgets pour la construction, la rénovation et
l'agrandissement des écoles, on est passés de 9 à 23,5 milliards, on
investit comme jamais dans l'histoire récente du Québec. On a une
responsabilité, Mme la Présidente, de regarder l'ensemble des besoins à travers
le Québec et de prendre les décisions responsables
qui s'ensuivent, responsables notamment pour la capacité de payer des
contribuables. On a beaucoup de projets, Mme la Présidente, beaucoup de
projets d'écoles. Il faut regarder l'ensemble.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la cheffe
du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente. On est en pleine crise
du logement. Les locataires ont reçu, cette année, des hausses de loyer pharaoniques, de 10 %,
20 %, 30 %. Le 1er juillet approche, puis des milliers de
ménages vont se retrouver à la rue.
Face à une telle
situation d'urgence, un gouvernement responsable déciderait de donner de
l'oxygène aux 40 % de locataires du Québec. Le premier ministre aime ça,
mettre de l'argent dans les poches des Québécois? On se serait attendu qu'il
voudrait mettre de l'argent dans les poches des 40 % de locataires du
Québec. Bien non. Sa ministre de l'Habitation a fait exactement le contraire avec
son projet de règlement sur la hausse des loyers.
Je cite le mémoire
qui a été présenté à tous les ministres, au Conseil des ministres : «Les
locataires, et particulièrement les locataires les plus vulnérables, comme les
aînés ou les jeunes, pourraient être impactés.» C'est ça qu'il est écrit dans
le document qui a été présenté au Conseil des ministres.
répète, on vit dans une crise du logement historique, et tout ce que la CAQ
trouve de bon à faire, c'est de nuire aux locataires. Avec le règlement
de la ministre, la hausse, là, avec son nouveau calcul, va être pire que le
calcul actuel de 60 % pour les locataires. Ça va être pire.
Est-ce
que le premier ministre peut au moins admettre que le règlement de sa ministre
nuit aux locataires et que, malgré
ça, il a décidé d'aller de l'avant? Juste de s'assumer puis d'admettre, comme
le dit le document, que le règlement nuit aux locataires.
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la Présidente, je veux d'abord
rappeler à la cheffe du deuxième groupe d'opposition, qui semble dire qu'on n'a rien fait... bien, je
veux lui rappeler qu'on a investi 4,1 milliards, 4,1 milliards dans
le logement abordable,
1,1 milliard dans l'aide pour ceux qui ont besoin de payer leur loyer,
d'être capables, donc, de les aider à faire ces paiements-là. On a donné
429 millions de plus pour la composante logement dans les crédits d'impôt
solidarité, on a donné 486 millions dans les programmes d'amélioration,
pour rénover l'habitation, on a donné 497 millions pour les HLM. Donc, Mme
la Présidente, je pense, c'est un petit peu exagéré, de dire qu'on n'a rien
fait pour le logement.
Maintenant, la question qui se pose, là, puis je
voudrais une fois pour toutes comprendre la cheffe du deuxième groupe d'opposition, est-ce qu'elle est d'accord
que les augmentations de loyer devraient être égales aux augmentations
de coûts des propriétaires? Est-ce qu'elle est d'accord avec ce principe-là,
oui ou non?
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : C'est toujours la
même chose. À chaque fois que je pose des questions sur les locataires au
premier ministre, il me parle toujours des propriétaires. Toutes les aides
qu'il mentionne, il en a donné beaucoup plus aux
propriétaires. Tant mieux pour eux, tant mieux pour eux. Maintenant, j'aimerais
savoir comment est-ce qu'il peut aider les locataires, au moins ne pas
empirer leur situation.
En ce moment,
avec le projet de règlement, la situation des locataires va être pire. Alors
qu'on est en pleine crise, je répète, est-ce qu'il peut au moins ne pas
empirer leur situation puis enlever le règlement?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, vous avez vu que la cheffe du deuxième groupe d'opposition n'est pas capable de dire si elle est d'accord avec le
fait que les augmentations de loyer devraient être égales aux augmentations
de coûts, ce qui est un principe pourtant de
base. Québec solidaire veut faire la guerre aux propriétaires et pense
que c'est comme ça qu'on va régler le problème de logement, au Québec.
Ça ne tient pas debout.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Ce n'est pas aux locataires d'assumer tous les
risques pour les propriétaires. Le premier ministre, là, il les a aidés, puis c'est correct. Puis il a fait
quatre fois plus d'aide pour le marché privé, pour les propriétaires, que pour toutes
les aides pour les locataires.
Est-ce qu'il peut au moins juste, c'est très
simple, s'engager à ne pas empirer leur situation? Je veux dire, la ministre
nous disait, hier, que c'était bon, ça leur permettrait de vivre dans des bons
logements, mais, quand tu n'es pas capable de payer ton loyer puis tu te
trouves à la rue, qu'est-ce qu'on a à faire avec un logement rénové? Est-ce
qu'il peut ne pas empirer leur situation puis enlever le règlement?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, j'ai beaucoup de misère à suivre la cheffe du deuxième
groupe d'opposition. Ce qu'elle nous
dit, c'est que, disons qu'il y a une augmentation des coûts de 10 $ sur un
logement, bien, on ne devrait pas permettre
d'augmenter de 10 $ le loyer, qu'on devrait forcer le propriétaire à faire
une perte, parce que, sinon, on aide les méchants propriétaires.
Ce que fait
la ministre de l'Habitation, ce qu'elle essaie de s'assurer que les
augmentations de loyer n'excèdent pas les augmentations de coûts, ce qui
est logique. C'est l'a b c de la bonne gestion.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci, Mme la
Présidente. La semaine dernière, le CAA-Québec a donné les résultats d'un sondage réalisé auprès de leurs membres, puis les
résultats étaient très, très clairs, 80 % des usagers pensent qu'il faut
prioriser l'entretien des routes avant d'en construire des nouvelles. Mais,
pendant ce temps-là, qu'est-ce que la ministre fait? Elle lance des dizaines de millions dans son
projet de troisième lien, projet dont les coûts sont estimés à, pour l'instant,
au moins une dizaine de milliards de dollars, 10 milliards de
dollars qu'on ne pourra pas mettre dans nos écoles, dans nos hôpitaux, dans nos routes puis dans les
31 000 kilomètres de routes que la ministre a déjà sous sa
responsabilité, tout ça pendant qu'on n'a plus d'argent, là, pour toutes
nos infrastructures au Québec. Ne pas entretenir nos routes, Mme la Présidente,
là, c'est mettre à risque la sécurité des usagers de la route.
La semaine passée, en crédits budgétaires, on a
aussi appris que, la notion de sécurité économique, ça reposait sur du vent. Ce
n'est pas solide comme argumentation.
Alors, il n'est pas trop tard, je demande à la
ministre, il n'est pas trop tard pour annuler pour une deuxième et dernière
fois son projet de troisième lien.
Est-ce qu'elle va écouter les usagers de la
route?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, merci, Mme la Présidente. Vous voyez, je suis croule
sous les tableaux, qui démontrent à quel point on met plus d'argent que jamais
notamment dans les routes puis notamment dans le maintien de nos actifs. Mais, Mme la Présidente, vous voyez,
je suis un peu déstabilisée. Je pensais même qu'il allait me dire : Est-ce
que ce ne serait pas important de mettre plus d'argent dans nos routes, à cause
du palmarès de CAA-Québec? Mais, évidemment, il n'est pas allé
jusque-là.
Mme la
Présidente, il me dit : Est-ce que la ministre va enfin s'intéresser aux
usagers de la route? Bien, Mme la Présidente, c'est justement parce que
nous, on s'intéresse aux usagers de la route qu'on va faire un troisième lien
entre Québec et Lévis, qui aurait dû se
construire bien avant, qui a été vaguement entretenu, discuté, qui a fait
l'objet d'annonces par de précédents
gouvernements qui n'ont jamais rien fait. Et là nous, on est en train de le
faire avancer. Sous peu, sous peu, parce que je sais que le sujet l'intéresse,
il peut surveiller l'actualité, sous peu on va annoncer le corridor où va
se construire le troisième lien entre Québec et Lévis.
Mais, Mme la Présidente, regardez ça, là, les
investissements dans le réseau routier, le réseau routier. Les colonnes bleues,
c'est les colonnes de la CAQ. Je ne sais plus de quelle couleur, je ne sais pas,
quel cercle chromatique, piger mes couleurs, pour que le député comprenne que
la CAQ investit plus que n'importe qui d'autre avant elle.
La Présidente : Première
complémentaire. Et, pour ce faire...
La Présidente : Mais quel est votre rappel
au règlement, monsieur?
M. Cliche-Rivard : Au grand
plaisir d'Infoman, je vous demanderais de déposer ces tableaux, s'il vous
plaît.
Présidente : Ce n'est pas sérieux comme rappel au règlement. Cependant,
il s'agit d'un document. Alors, si vous voulez un dépôt de documents, y
a-t-il consentement pour le dépôt de documents? Il y aurait consentement
pour... M. le leader. Je vous écoute.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, on va faire parvenir copie du tableau pour pouvoir les utiliser
à nouveau.
La Présidente : Alors, consentement,
dépôt du... des tableaux.
M. Grandmont : Mme
la Présidente, la ministre des Transports et de la Mobilité durable devrait
avoir deux grands chantiers dans son
viseur, au Québec : développer et entretenir massivement les transports
collectifs pour rattraper le retard historique qu'on a accumulé puis réduire
nos émissions de gaz à effet de serre, première chose; deuxième, rattraper
l'immense retard d'entretien qu'on a dans nos infrastructures routières pour
assurer la sécurité.
Quand la CAQ
est arrivée au pouvoir, le déficit d'entretien des routes était de
16 milliards. Il est de 22,5 aujourd'hui. Qu'est-ce que la CAQ a
fait pendant sept ans?
Les gens veulent des routes sécuritaires, pas un
troisième lien.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Guilbault : Bien, Mme la Présidente, je vous le dis, je n'en reviens
pas, ça fait huit ans que je suis assise ici,
c'est la première fois que j'entends un simulacre d'intérêt, pour Québec
solidaire, pour les routes. Chaque fois qu'il se lève, il chiale sur le
transport collectif, qui déjà, de toute façon, fait l'objet d'un financement
plus grand que jamais, depuis que la CAQ est au pouvoir. Mais, Mme la
Présidente, quel est cet intérêt soudain pour les routes? Non, la seule fois
que je l'ai... la seule autre fois que je l'ai entendu parler des routes, c'est
qu'il me disait qu'il est allé en voiture en Outaouais
avec sa famille. J'ai dit : Vous devez être content qu'on élargisse la 50,
vous allez pouvoir circuler encore mieux avec votre famille.
Donc, alors,
Mme la Présidente, écoutez, là, ça, là, c'est le PQI des transports, O.K., tous
les modes sont là-dedans. Les colonnes de la CAQ sont les plus élevées.
Je ne sais plus comment...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Grandmont : Je ne sais pas
si la ministre s'entend parler, mais elle devrait réviser ses lignes, parce que
moi, je lui parle d'un sondage que le
CAA-Québec a fait auprès de ses membres, c'est des usagers de la route et c'est
du monde qui les utilise. Le sondage,
ce qu'il lui dit, c'est que 80 % veulent qu'on entretienne les routes
avant d'en construire des nouvelles. Ça, ça veut dire plus de
développement de... pas d'ajout de routes et de nouvelles structures.
Avec un déficit d'entretien de
22,5 milliards de dollars pour les routes, actuellement, ce n'est pas
raisonnable de rajouter un troisième lien à 10 milliards. Est-ce que la
ministre peut écouter les usagers de la route?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Guilbault :
Mme la Présidente, la ministre écoute très bien les usagers de la route. On a
un PQI, et, si mon tableau ne lui convient pas, là, parce que c'est toutes des
données publiques, volume 6, ici, là, page A.31, vous avez ici Réseau
routier, vous avez tous les montants ici, là. On est à 35,8 milliards,
dans le réseau routier, le PQI qu'on vient de déposer. 85 % de cet
argent-là va dans le maintien des routes, 85 % de notre
35,8 milliards. L'an dernier, on était à 82 % en maintien d'actif; maintenant,
on est à 85 % en maintien d'actif. Il n'y a jamais eu autant d'argent dans
nos routes. Il n'y a jamais eu autant de chantiers dans nos routes, les cônes
orange, je parle toujours de la relation amour-haine,
il n'y a jamais eu autant de chantiers, jamais eu autant d'argent dans notre
maintien et jamais eu autant d'argent en transport en général, Mme la
Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme la
Présidente, l'article 192 de la
Loi sur la protection du consommateur est clair, un commerçant «ne peut percevoir de
paiement du consommateur avant de commencer à exécuter son obligation»,
ce qui s'applique notamment aux services de garde éducatifs à la petite
enfance.
Donc, ce matin, grâce à Radio-Canada, on apprend
l'existence d'un cas qui brime la loi, à l'Académie des Mini-Amours. Donc,
c'est un cas de places fantômes. On a demandé à des citoyens de payer
rétroactivement la place de leur fils, qui
rentrait seulement en février, rétroactivement en septembre, donc une facture
de 6 300 $, pour plusieurs mois où l'enfant, en fait, n'a
jamais mis les pieds dans la garderie.
Cette garderie, elle appartenait, jusqu'en 2019,
à la ministre des Affaires municipales. Elle est... Elle en était toujours
propriétaire quand elle était ministre. Elle appartient aujourd'hui à ses deux
filles. Le citoyen en question a appelé au
bureau de comté de la ministre et il a parlé à la ministre, qui a défendu la
garderie. Je cite le citoyen : «Elle prenait beaucoup la défense de
ses filles dans le conflit et disait que je n'avais pas de contrat de signé.»
Donc, ma question est simple, pour le premier
ministre : Est-ce qu'il va appuyer notre motion qui réitère le caractère illégal
des places fantômes en garderie? Et est-ce qu'il va reconnaître que sa ministre
s'est placée en position de conflit d'intérêts?
La Présidente : Je reconnais, pour
la réponse, le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui,
merci, Mme la Présidente. Écoutez, la
Loi sur la protection du consommateur
s'applique dans une situation comme celle-ci. L'Office de la protection
du consommateur a été saisi d'une plainte de citoyen, à ma
compréhension, et l'Office de la protection du consommateur va faire en sorte
de faire enquête et, s'il y a lieu, en fonction de toute son indépendance,
portera plainte, si nécessaire, en fonction du résultat de son enquête. Merci.
Présidente : Première complémentaire. Pour ce faire, je reconnais le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Écoutez, Mme la
Présidente, si le premier ministre refuse de répondre, moi, j'aimerais entendre
la ministre sur cette affaire. Elle a semblé reconnaître qu'elle était en
conflit d'intérêts, mais a poursuivi la discussion avec le citoyen. Je prends pour acquis qu'elle sait
qu'elle aurait dû raccrocher beaucoup plus tôt, comme ancienne propriétaire de
la garderie et comme mère des deux gestionnaires, actuellement. Mais, pour les
places fantômes, on évoque le fait, dans l'article, que cette pratique-là date d'il y a très longtemps. Est-ce
que la ministre peut nous dire qu'elle n'a pas utilisé cette pratique
alors qu'elle était gestionnaire...
Présidente : La réponse du leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, comme je l'ai dit, la
Loi sur
la protection du consommateur s'applique. L'Office de la protection du consommateur mène une enquête, en toute
indépendance. Et, s'il y a lieu, l'Office de la protection du
consommateur prendra les sanctions appropriées, si nécessaire.
trouve ça tout de même curieux que le député des Îles-de-la-Madeleine, ici, se
lève et nous fasse des leçons de morale et des leçons d'éthique, en fonction de son passé aux élections municipales, alors que lui-même était inhabile
à se présenter aux élections
municipales. Dû à quoi? À un imbroglio avec la municipalité des Îles-de-la-Madeleine? On devrait se garder une petite gêne quand on
pose des questions comme ça.
Présidente :
Article 32, rappel au décorum. Vous gardez le silence.
Deuxième complémentaire.
M. Arseneau : Mme la Présidente, je ne
pensais pas que le ministre allait s'abaisser aussi bas pour tenter de défendre
l'indéfendable.
La Présidente :
Attendez, attendez, M. le député.
Je vous rappelle l'article 32, vous conservez toutes et tous le silence.
La Présidente :
S'il vous plaît! J'aimerais entendre M. le député. Ce qui est bon pour un est
bon pour l'autre. Allez-y.
M. Arseneau : Alors, le premier
ministre refuse de se lever. La ministre refuse également de répondre. J'aimerais
me tourner vers la ministre de la Famille, à
savoir si elle trouve correct qu'on réponde à des parents qu'ils doivent payer
rétroactivement une place qu'ils n'ont pas occupée et réclamer un crédit
d'impôt.
Présidente : La réponse du leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente,
l'ensemble des garderies privées sont assujetties à la
Loi sur la protection
du consommateur. L'Office de la protection du
consommateur est saisi d'une plainte, il va traiter la plainte en toute
indépendance et, s'il y a lieu, apportera les sanctions nécessaires.
Je trouve ça quand
même curieux que le député des Îles-de-la-Madeleine, à nouveau, pose une
question en matière d'éthique, alors que
lui-même est inhabile à siéger au niveau municipal. Écoutez... Ah oui!
J'entends le chef du Parti québécois
qui se drape dans la vertu, alors que, lui-même, son député ne peut pas siéger
au niveau municipal à cause des...
Présidente : Bon. Je suis debout. Je vous rappelle que ce règlement
s'applique à tout le monde et qu'on ne s'interpelle pas des deux côtés de la
Chambre. Et je vous ai entendus, de ce côté-ci. Vous devez également garder le
silence. On peut ne pas aimer la question et ne pas aimer la réponse, mais,
tant qu'elle demeure à l'intérieur du code, on poursuit. Vous avez
10 secondes.
M. Jolin-Barrette :
Alors, Mme la Présidente, c'est un peu ça, avec le PQ, on est un peu soupe
au lait, hein? Quand on regarde dans notre propre cour, puis ça ne fait pas
notre affaire, on insulte les gens, Mme la Présidente.
Présidente : En terminant.
M. Jolin-Barrette :
Écoutez, on agit avec intégrité, de ce côté-ci de la Chambre.
Présidente : En question... Monsieur... Oui, je vais vous reconnaître,
M. le député de Matane-Matapédia. Quel est votre rappel au règlement?
M. Bérubé :
Mme la Présidente, je veux prévenir le leader qu'à chaque fois qu'il y aura
un enjeu éthique où un de ses députés aura été condamné on va lui rappeler.
Présidente : Nous allons poursuivre. Ce n'était pas un rappel au...
Présidente : Alors, vous perdez du temps. Vous savez que vous avez une
autre question. Moi, j'aimerais entendre le député de Saint-Jérôme pour sa
question principale. On garde le silence,
article 32. On écoute le député
de Saint-Jérôme. Question principale.
M. Chassin : La Société de l'assurance
automobile du Québec embête beaucoup
le gouvernement, ces temps-ci, avec le projet
CASA/SAAQclic. On a même déclenché
une commission d'enquête publique avec les amis de la présidente du
Conseil du trésor. Mais pensez-vous qu'on remet en question la pertinence de la
SAAQ, Mme la Présidente?
Je cite le
chroniqueur Francis Gosselin : «La SAAQ ne produit rien, sinon du papier
et des autorisations. La SAAQ, c'est 5 000 employés occupés en
majorité à délivrer le laissez-passer A38. L'exemple le plus absurde de
cette inutilité viscérale est le système de
permis de conduire. Chaque année, il faut payer — à ma fête — un 100 $ pour renouveler mon permis.
Il est difficile pour moi d'imaginer une perte de temps plus monumentale pour
une société d'État que d'envoyer
5,6 millions de petites lettres aux Québécois puis de traiter
5,6 millions de transactions bancaires.» Il a raison. Le temps est
venu d'abolir la SAAQ.
C'est
un exemple. Pourquoi les Québécois financent aussi une société du Plan Nord,
un institut national des mines, une société de développement de la Baie-James?
On coupe dans les cégeps, Mme la Présidente.
Est-ce qu'on peut
remettre en question...
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Bien, je crois décoder, là,
qu'il y a peut-être deux aspects sous-jacents à la question de mon collègue de
Saint-Jérôme, d'abord sur la mission de la SAAQ, et peut-être plus généralement
sur des questions d'efficacité. Alors, dans les deux cas...
Pour
ce qui est de la SAAQ, Mme la Présidente, bien là, à l'évidence, ça prend quand
même des permis de conduire pour que
6 point quelques millions de Québécois puissent continuer de conduire sur
les routes. Alors, je ne pense pas que c'est ça qui soit remis en
question ce matin.
Maintenant, sur
l'efficacité et la qualité des services aux citoyens, parce que je vais
utiliser un peu la question, peut-être un mélange des deux angles pour revenir
là-dessus, là, pour moi, la priorité d'une société d'État, quelle qu'elle soit, mais parlons de la SAAQ, ce matin,
puis des permis de conduire et les autres éléments de sa mission, c'est la qualité et la diligence des services aux citoyens.
Est-ce que la qualité des services aux citoyens, actuellement, à la SAAQ,
est à ma satisfaction, à notre satisfaction, en tout cas à la mienne? Non. Raison
pour laquelle je continue de travailler avec
eux. Ça s'est amélioré, depuis le déploiement de SAAQclic, il y a de plus en
plus de gens qui s'abonnent, etc., mais il faut continuer d'améliorer la qualité des services, la performance de
l'organisation. Je passe beaucoup de temps chaque semaine avec eux à
travailler là-dessus, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
M. Chassin : Je remets en question la pertinence de l'organisation. Les permis de
conduire, d'accord, mais pas 5 000 fonctionnaires pour ça.
Prenons l'exemple du réseau scolaire.
On construit des écoles comme jamais, reconnaissons-le, mais savez-vous ce
que ça... ce qu'on dit, entre gestionnaires? Attention, il ne faut pas dépasser
50 millions, sinon la SQI va s'en mêler,
puis, ouf! là on n'en aura pas fini. Ça fait que le gouvernement va
hausser les seuils.
Mais est-ce qu'on peut
remettre en question la SQI? Est-ce qu'on en a besoin?
Présidente : La réponse de la ministre... ou du ministre des
Infrastructures.
M. Julien :
Oui. Naturellement, on a la politique des projets majeurs. Le seuil est
rendu à... j'aviserais mon collègue, à
75 millions, parce qu'il y a eu de l'inflation. Alors, les projets en bas
de 75 millions sont, effectivement, gérés par les centres de services directement,
et, quand le projet devient majeur, effectivement, c'est en collaboration avec
la Société québécoise des infrastructures.
on a livré des écoles comme jamais, dans le dernier mandat, puis on continue de
le faire. On a livré, entre autres, 16 écoles secondaires en mode
collaboratif, avec des coûts plus faibles que jamais, en comparaison.
Donc,
oui, la Société québécoise des infrastructures est notre experte en
infrastructures pour des projets majeurs et va continuer d'appuyer les
secteurs dans la construction.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Chassin : Vous comprenez, Mme la Présidente, qu'il y en a plein, d'exemples, avec
la santé, où on construit davantage, par exemple, des buanderies publiques, des
stationnements étagés, plutôt que de s'occuper de soins. Est-ce qu'on peut penser aussi à la taxe sur l'essence,
avec des taxes d'accise, des taxes de vente qui s'appliquent aux taxes? Ça aussi,
ça fait
partie du modèle québécois social-bureaucrate. On en a un peu assez.
Est-ce qu'on peut
remettre en question la pertinence de certains éléments de l'État?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Merci beaucoup. Bien, il y a
beaucoup de confusion sur l'abolition de la
taxe carbone au fédéral. J'aimerais rappeler à tous que le fédéral prenait ses
revenus et les retournait aux citoyens, aux familles, aux ménages, et,
dans la plupart des cas, les familles recevaient plus d'argent qu'elles
payaient à la pompe. Alors, lorsqu'on a un
débat sur la taxe carbone fédérale, il ne faudrait pas oublier la remise, là, parce
que c'est vraiment faire un débat sans regarder l'ensemble du dossier.
Ensuite, de notre
côté, il faut se rappeler que la taxe carbone, ça finance la lutte aux
changements climatiques et l'adaptation aux changements climatiques. Et, à ce
que je sache, ce sont toujours des objectifs des Québécois.
Présidente : Et voilà. Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme
il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans
préavis. Et, pour ce faire, je cède la place au troisième vice-président de
l'Assemblée nationale. Merci beaucoup. Bonne fin de journée à tous et toutes.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour, collègues. Nous sommes dans la
rubrique des motions sans préavis. En
fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis,
je reconnais un membre du groupe formant l'opposition officielle. Mme la
députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan
Olivier : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la ministre
du Tourisme, le député de Laurier-Dorion, le député de Saint-Jérôme et la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
prenne acte de la sélection du Guide Michelin qui a octroyé de prestigieuses
étoiles à neuf restaurants gastronomiques du Québec et de nos régions;
«Qu'elle salue cette
excellente nouvelle qui couronne de brillante façon la qualité des tables
gourmandes du Québec et l'expertise de nos chefs et de leurs équipes;
«Qu'elle
reconnaisse que les plaisirs de la table sont une composante essentielle de
l'offre touristique du Québec et qu'ils permettent la mise en valeur de
nos traditions, notre savoir-faire culinaire et de notre terroir;
«Qu'elle
souligne aussi l'octroi de "Bib Gourmand" à 17 adresses qui
proposent une très bonne cuisine à un prix modéré;
«Qu'enfin,
elle se réjouisse des succès du Québec en matière culinaire, exemplifiés par
les 102 établissements qui ont obtenu une distinction.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Devant d'harmonie, il y a consentement, sans débat, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le leader de l'opposition officielle.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Un vote électronique a été demandé. La période de
vote est ouverte.
La période de vote
est terminée. Mme la secrétaire générale.
Secrétaire : Pour : 103
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est donc adoptée. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci, M. le Président.
J'aimerais qu'une copie de cette motion soit envoyée à l'Alliance de l'industrie
touristique du Québec et l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Ce sera fait.
Avant de poursuivre,
j'aimerais vous demander, collègues, s'il vous plaît, votre attention. C'est un
peu trop bruyant ici, s'il vous plaît.
Nous sommes encore à
la période des motions sans préavis, et je reconnais maintenant un membre du
deuxième groupe d'opposition. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
pour présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Jean-Talon :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des avertissements des agences des Nations
Unies, du Comité international de la
Croix-Rouge et de nombreuses organisations humanitaires face à la catastrophe
humanitaire en cours dans la bande de Gaza;
«Qu'elle condamne les
restrictions systématiques imposées par Israël à l'acheminement de l'aide
humanitaire, en violation du droit international humanitaire, et prenne acte
des conclusions de l'ONU et des décisions de la Cour internationale de justice évoquant des actes pouvant constituer un
génocide, ainsi que de celles d'Amnistie internationale qualifiant la
politique israélienne d'apartheid;
«Qu'elle exprime son
indignation devant l'effondrement des systèmes de santé et l'insécurité
alimentaire généralisée, alors que, selon
des chiffres de l'ONU, plus de 14 000 bébés doivent naître dans les
prochaines semaines sans accès minimal à des conditions sécuritaires;
«Qu'elle
prenne acte que l'offensive israélienne a fait au moins 53 000 morts
à Gaza, majoritairement des civils, selon des données jugées fiables par
l'ONU;
«Qu'enfin l'Assemblée
nationale réaffirme l'attachement du Québec à la paix, au respect des droits
humains, au droit international et à la
dignité de tous les peuples, et appelle à un cessez-le-feu immédiat, à la levée
du blocus de Gaza, à un accès humanitaire complet, à la libération de
tous les otages, notamment ceux détenus par le Hamas, et à la fin des
hostilités.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Nous allons
poursuivre, maintenant, avec une motion des membres du troisième groupe
d'opposition, et je reconnais M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement
avec la députée de Westmount—Saint-Louis, le leader du deuxième groupe d'opposition et la députée de
Vaudreuil, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que l'article 192 de la
Loi sur la
protection du consommateur énonce qu'un commerçant ne peut percevoir de paiement
du consommateur avant de commencer à exécuter son obligation, ce qui s'applique
notamment aux services de garde éducatifs à la petite enfance;
«Qu'elle constate que
cette pratique subsiste néanmoins au vu et au su de membres du gouvernement;
«Qu'en conséquence,
elle demande au gouvernement de faire respecter strictement les lois
québécoises par tous les services de garde du Québec.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement.
Ce qui nous amène à
la prochaine motion, présentée par un membre du groupe formant le gouvernement,
et je reconnais M. le ministre de l'Immigration.
M. Roberge : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des déclarations des candidats à la chefferie
du Parti libéral du Québec, qui refusent de reconnaître les limites actuelles
de la capacité d'accueil du Québec en matière d'immigration;
«Qu'elle rappelle que
la capacité d'accueil du Québec est dépassée, ce qui entraîne une pression
croissante sur les services publics, le logement et la pérennité de la langue
française;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande à tous les partis politiques de reconnaître la
réalité démographique du Québec et à adopter des positions responsables pour
respecter la capacité d'accueil, la qualité des services publics et la vitalité
du français.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Pas de consentement.
Nous sommes
maintenant rendus à la rubrique des travaux touchant les commissions. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...M. le Président. Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission des
institutions va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 98, la Loi modifiant la Loi électorale...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Monsieur, monsieur... Attendez, attendez. S'il
vous plaît! S'il vous plaît! Je vous invite, collègues, à quitter l'enceinte,
si vous devez quitter, discrètement, s'il vous plaît. Les travaux sont toujours
en cours. Merci.
M. le leader adjoint
du gouvernement, poursuivez.
M. Lévesque (Chapleau) : ... — merci, M. le Président — et donc... donc modifiant la Loi électorale principalement
afin de préserver l'intégrité du processus électoral, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle des Premiers-Ministres;
La Commission des
finances publiques va entreprendre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi
n° 100, la
Loi sur la
négociation et la détermination des conditions de travail requérant une
coordination nationale notamment dans
les secteurs public et parapublic,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
13 h 05 et de 15 heures à 18 h 15, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles va
poursuivre l'étude détaillée du projet loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives, aujourd'hui, à compter de... de cinq minutes
suivant, pardon, la fin de la séance de travail de la Commission de l'Assemblée
nationale jusqu'à 13 heures et
de 15 heures à 18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 89, la Loi visant à considérer davantage les besoins de la
population en cas de grève ou de lock-out, aujourd'hui, de 15 heures à
18 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des
relations avec les citoyens va entreprendre l'étude détaillée du projet de loi
n° 95, la Loi favorisant l'équité dans
l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés dispensés par
les titulaires de permis, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de
l'aménagement du territoire va entendre les intéressés et va procéder à l'étude
détaillée des projets de loi d'intérêt privé
suivants, et ce, dans l'ordre ci-après indiqué : d'abord, le projet de loi
d'intérêt privé n° 215, Loi
concernant la Municipalité de Saint-Sylvère, par la suite le projet de loi d'intérêt privé n° 216,
la Loi concernant la Ville de Longueuil, et enfin le projet de loi d'intérêt privé n° 219,
la loi visant la dissolution de... pardon, de l'Agence de développement
de Ferme-Neuve, le mercredi 28 mai 2025, de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement. Est-ce qu'il y a
consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Consentement? Consentement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'Assemblée nationale se réunira en séance de travail aujourd'hui, après les affaires courantes, vers 11 h 15, pour
une durée de 45 minutes, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin d'organiser les travaux de la commission dans le cadre de l'enquête
découlant de la motion présentée par le leader parlementaire de l'opposition
officielle et député de Nelligan en vertu des articles 315 à 321 du
règlement portant sur l'omission du dépôt dans les délais prescrits du rapport
annuel de gestion 2023 de la Société de l'assurance automobile du Québec.
Je vous avise également que la Commission de la
santé et des services sociaux se réunira en séance de travail demain, le jeudi 22 mai 2025, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 8 heures à 8 h 30, afin de
statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de la pétition
portant sur le maintien de l'offre de services d'urgence 24 heures du CLSC
de Pohénégamook et, de 8 h 30 à 9 heures, afin de statuer sur la
possibilité que la commission se saisisse de la pétition portant sur l'uniformisation des mesures de base
en prévention du suicide dans les unités de psychiatrie de tous les CIUSSS et
CISSS du Québec.
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Aux affaires
prioritaires, à l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée entreprend le débat
restreint sur les rapports des commissions qui ont étudié les crédits
budgétaires pour l'exercice financier se terminant le 31 mars 2026.
Je vous informe que la répartition du temps de
parole pour ce débat restreint s'effectuera comme suit : 58 min 30 s allouées au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 30 min 10 s allouées au
groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 20 minutes
allouées au deuxième groupe d'opposition, 8 min 20 s allouées au
troisième groupe d'opposition,
1 min 30 s allouée à chacun des députés indépendants. Dans le
cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou
par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions
établies précédemment. Mis à
part ces consignes, les interventions ne seront
soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés
indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du débat, ils ont
10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède maintenant la parole à M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Merci. Merci, M.
le Président. Alors, ça me fait plaisir, chers collègues, de prendre le temps
aujourd'hui de parler de ces derniers crédits budgétaires, notamment à la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles,
qui a permis de renouveler... En fait, on a permis, à cette... lors de cette
commission, en fait, d'échanger
clairement avec plusieurs collègues. On a procédé à l'étude détaillée de
différents éléments qui nous ont permis de revenir sur des enjeux
extrêmement importants pour notre gouvernement. Nous avons vraiment pris le
temps de discuter des enjeux sur le projet de loi n° 69. Nous avons
notamment entendu le président-directeur général d'Hydro-Québec. Nous avons eu
aussi des échanges extrêmement intéressants avec le ministre de l'Agriculture.
Dans un premier temps, j'aimerais tout d'abord
prendre le temps de parler des discussions concernant les crédits en lien avec l'énergie. Alors, pour
l'année 2023, une somme historique de 1,5 milliard a été versée dans
les différentes productions. Ça montre vraiment l'ampleur de ce qui a
été fait, notamment dans le domaine de l'agriculture. Mais, pour l'énergie,
pour l'énergie, quand nous examinons les crédits du ministère de l'Énergie,
nous parlons d'un chantier colossal afin de
doubler, doubler, M. le Président, le parc énergétique au Québec. Des actions
pour réduire le nombre de pannes pour les citoyens sont en marche, et
notamment la création de nouveaux parcs éoliens.
Je veux revenir sur cet enjeu extrêmement
important pour moi à ce stade-ci. Il n'est pas question, pour notre
gouvernement, et M. le premier ministre a été très clair, il n'est pas question
de privatiser Hydro-Québec. Nous allons même
le doubler. Mme la ministre a été très claire, le P.D.G. d'Hydro-Québec a été
très clair sur cette vision d'investissement pour déployer.
On entend
différents collègues, des fois, notamment lors de l'étude de crédits,
mentionner, mentionner des faits qui
sont inexacts, M. le Président. À ce stade-ci, pour moi, il faut bien préciser
qu'il y a des projets importants, comme un projet que je veux citer ici, piloté par Innergex, Innergex, qui est
maintenant propriété de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, un projet en collaboration avec les Premières
Nations sur le territoire de la Manicouagan, en collaboration avec la MRC.
Donc, les communautés locales développent un
projet important sur le TNO de la Rivière-aux-Outardes, dans la MRC de
Manicouagan, avec le Conseil des Innus de Pessamit et la MRC de Manicouagan,
bien sûr, un projet majeur en partenariat avec les communautés, où les
retombées locales se retrouvent pour les citoyens de la communauté, notamment
les Premières Nations. Alors, ça me surprend toujours de voir certains
collègues, notamment pendant la période de
crédits, mentionner que c'est privatiser Hydro-Québec de faire affaire
avec des MRC et avec des communautés des Premières Nations, des Innus,
sur le territoire du Nitassinan de ces communautés.
M. le Président, je veux vraiment prendre le
temps de dire que travailler en collaboration de nation à nation, ensemble, avec les communautés innues du
territoire de ma région, c'est une priorité pour moi, c'est une priorité pour
notre gouvernement, c'est une
priorité pour mes collègues. Puis on va continuer à faire ça, parce que les
retombées économiques sont extrêmement importantes pour les communautés
locales.
Maintenant, des investissements importants ont
été faits, notamment dans un projet éolien qui s'appelle Apuiat. Les retombées sont palpables dans les communautés,
notamment à Port-Cartier. Pourquoi ne pas développer davantage des projets
comme ça, en collaboration avec les communautés, sur tout le territoire de la région
de la Côte-Nord, M. le Président, notamment avec Essipit, avec la
MRC du Fjord-du-Saguenay, qui est aussi important puis qui a des retombées
locales? Alors, c'est ce genre de progrès qu'on veut faire en collaboration.
Et, M. le Président, je le répète encore ici, il
n'est pas question de privatiser Hydro-Québec. Il faut travailler avec les partenaires locaux, notamment les
Premières Nations, pour doubler la capacité de production en énergie au Québec.
Vous savez, M. le Président, actuellement,
les besoins en énergie, il y a une croissance naturelle de la demande au
Québec. On veut aussi accentuer la décarbonation des industries, des
bâtiments et du transport.
Vous savez, au Québec, malheureusement, notre
consommation d'énergie par habitant est plus grande que celle de l'Allemagne. Il y a aussi beaucoup de pertes énergétiques, non
seulement dans la consommation de produits fossiles, mais aussi dans les
sources de chaleur, notamment dans le transport. On a beaucoup de pertes
énergétiques. Est-ce qu'on peut travailler
différemment? Est-ce qu'on peut travailler clairement en sobriété, dans le sens
où on va diminuer les pertes d'énergie?
Je veux aussi prendre le temps, M. le Président,
de vous parler d'attraction d'industries structurantes pour l'économie du
Québec, particulièrement en région. Clairement, la force du Québec, c'est nos
ressources énergétiques. Le Québec est, je
dirais, un peu jalousé, là, de la part de pas mal d'États dans le monde à cause
de cette disponibilité en énergie
renouvelable. Mais, M. le Président, il y a beaucoup plus de demande que
d'offre au moment où on se parle. Il faut penser d'être capables de répondre à
ces demandes de projets industriels, économiques, qui assurent une vitalité des
régions.
Je viens
d'une région qui, malheureusement, la région de la Manicouagan, a vécu une
décroissance économique, une fermeture de papetière, M. le Président, de
l'attrition, oui, dans son aluminerie, oui, une perte d'emploi importante dans
nos PME locales. Mais, clairement, M. le Président, lors d'étude des crédits,
ce qui a bien été mentionné dans la
partie de l'énergie, c'est qu'il faut
travailler à attirer ici les meilleurs projets, à leur donner de l'énergie et à
être capables de développer ici des projets qui nécessitent des besoins en
énergie mais qui donnent du travail à des citoyens, entre autres en région,
mais bien payé, qui est capable de structurer l'économie et de donner des
retombées locales concrètes, M. le Président. Et c'est là-dessus qu'on s'efforce
à travailler en collaboration avec Hydro-Québec, notamment.
On veut aussi, pour... en lien avec l'évolution
du contexte énergétique, M. le Président, accroître les efforts en efficacité
et en sobriété énergétiques. On a été très clairs pendant la période des
crédits, il faut travailler aussi à la sobriété
énergétique. Oui, au Québec, on consomme beaucoup d'énergie. Oui, au Québec,
l'énergie est beaucoup moins chère
qu'ailleurs. C'est vrai. Il peut y avoir aussi une corrélation entre le prix de
l'énergie et la consommation, évidemment. Mais, comme gouvernement, on a choisi,
c'est une promesse de notre premier ministre, de maintenir maximum à 3 %
l'augmentation des tarifs d'électricité résidentielle au Québec. On a tenu
promesse, M. le Président. Je sais qu'il y a plusieurs personnes qui nous
critiquent parce qu'on a tenu promesse, mais on a tenu promesse, et c'est
3 %, pas plus. Je sais qu'il y a des
gens qui auraient aimé ça, avoir une augmentation plus importante de la facture
des citoyens. Non, nous, on veut maintenir à 3 % et on l'a fait, M.
le Président.
Je veux aussi prendre le temps de parler de
miser sur la complémentarité des ressources énergétiques, parce qu'on en a discuté pendant la période de crédits,
M. le Président, ce qu'on appelle le mix énergétique ou un éventail de sources
d'énergies renouvelables produites au Québec, M. le Président. Je pense
notamment... oui, l'hydroélectricité, c'est
parfait. Hydro-Québec a sa planification, cette vision. Il y a croissance
d'Hydro-Québec. Et, je le répète, il n'est pas question ici de
privatiser Hydro-Québec. Au contraire, sur le territoire de la Manicouagan, au
moment où on se parle, on augmente la
capacité des turbines. On a augmenté le nombre de salariés, dans le territoire
de la Côte-Nord, autour de 700 employés
à 900 employés depuis 2022, M. le Président. C'est de la croissance, chez
Hydro-Québec. Hydro-Québec est un fleuron québécois. On doit miser sur
Hydro-Québec, c'est vrai, et on va continuer à le faire.
Maintenant, il faut aussi diversifier. Il n'y a
pas, comme source énergétique, que l'hydroélectricité. Il y a d'autres sources
d'énergie sur lesquelles on est en train de travailler. On le fait notamment
avec l'étude du projet de loi n° 69, M. le Président, entre autres en
étudiant différentes sources, ce qu'on appelle un bouquet énergétique, entre autres d'autres sources d'énergies renouvelables,
dont l'éolien. Vous avez aussi probablement entendu parler d'une autre
source, qui est le solaire. Plusieurs discussions ont eu lieu sur le solaire,
et Hydro-Québec a annoncé tout récemment un appel d'offres public pour être
capable de contribuer à additionner des mégawatts dans le réseau
d'Hydro-Québec, dans le réseau de distribution d'Hydro, clairement, mais en
additionnant de l'énergie qui vient du solaire, une belle avancée, très belle
avancée, M. le Président.
Alors, on va diversifier
notre bouquet énergétique. Et, oui, il y a aussi du gaz naturel. Il y a du gaz
naturel renouvelable, mais il y a aussi du gaz naturel qui vient évidemment des
carburants fossiles. Bien, il faut être capable de vivre cette transition énergétique tranquillement tout en étant
capable, M. le Président, de vivre cette transition-là en diminuant
tranquillement l'utilisation de produits fossiles, mais ça ne peut pas se faire
d'un coup, M. le Président. On a besoin de
produits de rechange. Quand on veut remplacer les produits fossiles dans
l'énergie fossile, il faut être capable d'avoir une énergie renouvelable
disponible pour être capable de vivre cette transition.
veut aussi investir dans les installations actuelles pour optimiser leur
capacité. C'est le cas dans plusieurs centrales partout au Québec. C'est
commencé, je le disais tout à l'heure, dans la Manicouagan. On va continuer à
le faire, mais on va aussi créer des partenariats
avec les Premières Nations puis avec les communautés locales. On veut aussi
accélérer le développement de nouveaux approvisionnements au Québec. Alors,
oui, on travaille là-dessus. Ça fait
partie de cette planification que nous
avons à ce moment-ci.
Je veux aussi, M. le Président, prendre le temps
de discuter avec vous sur l'importance au niveau de la sobriété énergétique.
Dans le secteur résidentiel, M. le Président, on en a discuté abondamment, on
peut réduire évidemment les modes de
chauffage, dans les résidences, qui sont moins performants, qui coûtent plus
cher, qui dépensent plus d'énergie, mais
qui sont moins performants. On pense, par exemple, à une réflexion qui s'est...
qui a été amenée sur comment on peut soutenir cette transition du chauffage
dans les bâtiments, l'isolation des bâtiments et, entre autres, les
investissements de notre gouvernement dans différents programmes qui ont été
déjà annoncés.
Je veux aussi vous parler du transport parce
que, oui, il y a des enjeux, au niveau du transport, pour l'énergie, mais il y
a aussi des enjeux importants au niveau du transport, et je vous amène, M. le
Président, au niveau des crédits, la discussion que j'ai eue au niveau des
crédits avec Mme la ministre des Transports sur des investissements importants,
notamment dans le domaine maritime, M. le Président.
Je voudrais
prendre le temps de rappeler à tous les investissements records dans le
territoire de ma circonscription. On le voit, dans le contexte actuel,
où on est en train, à cause de notre voisin américain, on est en train de
connecter davantage avec les marchés européens.
Évidemment,
il y a un océan entre nous. Une belle façon de se connecter, c'est développer
le transport maritime, mais connecter
aussi en intermodalité, notamment avec le rail, notamment avec un traversier,
M. le Président, de SOPOR, qui permet
de traverser un train de la rive sud à la rive nord et de la rive nord à la
rive sud. Imaginez-vous, M. le Président, qu'un train peut embarquer au complet dans un traversier pour se diriger
de l'autre côté du fleuve. Ça permet l'intermodalité à la fois du réseau
ferroviaire au réseau maritime connecté au port de Baie-Comeau, qui, lui, a
reçu un investissement majeur de
17,5 millions dans les derniers mois, M. le Président. C'est majeur. Et,
ça, c'est notre gouvernement qui l'a fait pour soutenir les communautés,
pour soutenir le développement économique d'une région qui en avait grand
besoin, notamment suite à la fermeture de la vieille papetière.
Nous avons aussi investi plus de
5 millions, 5 millions, M. le Président, dans le quai de la ville de
Forestville. Pour faire quoi? Pour être capables d'optimiser le travail qui se
fait au port de Forestville, notamment dans une qualité de sable recherchée
partout dans le monde. Imaginez-vous donc que, des fois, dans des soumissions,
on demande le sable de Forestville parce qu'il a une qualité exceptionnelle
pour faire du béton, M. le Président. Et notre gouvernement a été visionnaire et il a su investir au bon
moment pour permettre des investissements additionnels à cause du fait qu'on a
investi plus de 5 millions.
Dans cette grande vision de développement du
secteur maritime, la voie maritime du Saint-Laurent est importante, mais elle
permet de connecter avec l'Europe. D'ailleurs, notre gouvernement contribue et a
contribué à des ententes qui sont faites
avec les Pays-Bas, notamment pour connecter avec le port de Rotterdam et le
port de Baie-Comeau. Qu'est-ce que ça amène, ça, M. le Président? Des
opportunités économiques importantes qui permettent au Québec de connecter avec un des plus grands ports de toute
l'Europe, M. le Président, pour connecter nos marchés ensemble. Dans ce
contexte-là, clairement, notre vision de développement des transports est au
coeur de nos échanges.
Maintenant,
M. le Président, j'aimerais aborder un sujet qui me tient à coeur et qui a été
abordé abondamment pendant l'étude des crédits aux Transports.
Premier
élément, le transport aérien régional. M. le Président, on a amélioré de façon
considérable, considérable le programme d'accès aux régions pour le
transport aérien régional. De plus en plus de citoyens utilisent le transport
aérien. J'ai une collègue, cette semaine, qui m'envoyait des photos dans sa
région en Abitibi-Témiscamingue. On est passé d'un petit avion quelques places
à un avion CRJ aujourd'hui, à réaction, où on a plus que quadruplé le nombre de
passagers dans cette liaison en Abitibi-Témiscamingue, M. le Président. On a eu
une augmentation de plus de 160 % en Abitibi-Témiscamingue, M. le
Président, suite à la modification du programme PAAR, un succès extraordinaire.
À Sept-Îles, même chose, une augmentation importante de plus de 120 %, M.
le Président, dans le nombre de passagers prenant les vols aériens régionaux.
En plus de ça, M. le Président, la belle saison
touristique s'en vient. Et les citoyens pourront venir visiter les régions à prix extrêmement intéressants. Je vous
donne des exemples, M. le Président, comment, à partir des investissements
du gouvernement qu'on a faits dans ce budget-là, ça nous permet, M. le
Président, de donner des belles opportunités aux citoyens. Un vol de Montréal à
Rouyn-Noranda, le prix actuel à 50 % de rabais, pour le programme PAAR,
quelqu'un qui veut aller visiter, il y a même des prix jusqu'à 334,49 $
pour l'aller-retour, M. le Président. C'est incroyable! On a déjà vu des prix à
1 200 $ puis 1 300 $. C'est terminé, ce temps-là. Je vous
donne des exemples avec un prix pour les Îles-de-la-Madeleine : autour de 400 $, M. le Président. Montréal—Sept-Îles, le vol Montréal—Sept-Îles, qui est le prix le moins cher qu'on
pouvait constater, avant, était autour de 1 000 $, il est maintenant,
aller-retour, autour de 500 $. Donc, c'est incroyable, M. le
Président, comment nos investissements en transport aérien font la différence.
M. le Président, à l'arrivée de la
belle saison touristique, j'invite les citoyens du Québec à venir visiter les
régions. Le programme PAAR est accessible sur le site Internet de
l'ensemble des compagnies aériennes qui offrent des liaisons en région. Mais
j'invite aussi les citoyens des régions, qui sont aussi admissibles à ce
programme de transport aérien régional, à
aller voir le site Internet des compagnies aériennes, qui a la liaison à leur
municipalité ou leur ville, ils seront surpris de voir des vols avec un
rabais aussi intéressant. Ça permet aux citoyens du Québec, clairement, d'être
capables de bénéficier d'autant de rabais pour permettre aux Québécois de
voyager à rabais.
Alors,
M. le Président, je termine là-dessus, je vous confirme simplement, M. le
Président, que j'invite les citoyens du Québec à visiter le Québec. Le
programme d'accès aux régions qu'on a adopté, comme gouvernement, donne un
accès aux régions pour un petit budget. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) :
Merci, M. le député de René-Lévesque. Est-ce
que nous avons d'autres intervenants? Je reconnais M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Merci, M. le Président. La CAQ aura déposé, à terme, là, sept budgets
déficitaires sur huit. Les agences de
notation en ont pris compte, évidemment. On avait même donné un «heads-up» au
ministre des Finances, l'an passé, que ça s'en venait. On a évidemment
remarqué, là, que, depuis plusieurs années, un plan crédible de retour à
l'équilibre budgétaire et un directeur parlementaire du budget n'était pas une
priorité pour ce gouvernement-là. On n'a donc toujours pas de directeur
parlementaire du budget, on a eu un plan de retour à l'équilibre budgétaire
qui, clairement, n'a pas satisfait Standard & Poor's, tellement, même, que le gouvernement en a pris note
et a décidé de revenir avec, éventuellement, un autre plan de retour à
l'équilibre budgétaire qui devrait, donc, satisfaire, théoriquement, les
agences de crédit. Tout ça, M. le Président, je ne trouve ça, malheureusement,
pas très sérieux de la part d'un gouvernement de comptables qui se disait être
responsable des finances publiques.
Le gouvernement nous
disait aussi que la décote n'allait avoir aucun effet sur le coût de paiement
de la dette des Québécois. Pourtant,
M. Michael Sabia, d'Hydro-Québec, est venu dire en commission parlementaire, lors
des crédits, que pour Hydro-Québec, cette décode allait coûter à Hydro-Québec 150 millions de dollars additionnels.
Et là, tout d'un coup, le
gouvernement avoue que, bien oui, une décote, ça va nous coûter plus cher. J'ai
même entendu le ministre des Finances nous dire que, finalement... puis
ça, ça a été rapporté dans un
article du Journal de Montréal , comme quoi
que le différentiel qu'on avait d'avantages
financiers pour pouvoir se financer, qui représente, grosso modo, là,
450 millions de dollars,
bien là, tout ça, ça venait de disparaître. Donc, un autre coup de
450 millions de dollars parce qu'il y a eu une mauvaise
gestion de nos finances publiques.
C'est drôle parce
que, tout à l'heure, j'entendais le député, là, de René-Lévesque parler que le
gouvernement veut doubler la valeur d'Hydro-Québec. Bien, moi, j'ai discuté avec le ministre, durant les crédits, à
savoir : Bon, bien, O.K., correct, on est capables d'avoir une idée...
Puis évidemment ça varie tout le temps, là, parce qu'on n'est pas capables
d'avoir précisément une très bonne prévision des chiffres, là, mais, après les
comptes, on sait combien qu'on a dépensé, on sait combien que les revenus ont
rentré dans les coffres de l'État puis on a une idée, grosso modo, là, de la
dette du Québec. C'est comme une table à
trois pattes : il en manque une, M. le Président. On ne sait pas c'est
quoi, la valeur de nos actifs. Ça fait qu'avant de parler de doubler la
valeur d'Hydro-Québec il faudrait tout de même bien savoir combien vaut
Hydro-Québec en partant. J'ai demandé au ministre des Finances. Il n'a pas
d'idée, combien vaut Hydro-Québec. J'ai
demandé au ministre des Finances combien vaut la Société des alcools. Il n'a
pas d'idée, combien vaut la Société des alcools; SQDC, la même chose.
J'ai demandé au
ministre parce que, vous savez, ce qui est important, on veut savoir combien
vaut nos actifs. C'est le même réflexe que font les agences de crédit. Les
agences de crédit, eux, ont le besoin de savoir ça vaut quoi, les actifs du
gouvernement, pour dire : Bon, bien, O.K., ils ont de la dette, ils ont
des actifs, voici leur exposition, si on peut dire, à une mauvaise gestion,
puis qu'est-ce que ça va donner. Malheureusement, le ministre des Finances
n'est même pas au courant de la valeur des
actifs du gouvernement québécois. Écoutez, moi, je trouve ça irresponsable, M.
le Président. J'ai de la misère avec le concept même de ne pas être au
courant de ça. Puis, quand j'entends le député de René-Lévesque nous dire : On veut doubler la valeur d'Hydro-Québec, doubler quels chiffres? On ne sait même pas d'où on part, c'est
vraiment... c'est vraiment très, très inquiétant.
Le gouvernement a
donc dilapidé l'argent des Québécois pendant plus de sept ans. On a évidemment
demandé qu'il propose un retour à
l'équilibre budgétaire. Puis là, soudainement, on a décidé que ce qu'on allait
mettre en place, c'est des mesures crédibles pour permettre à l'État
québécois de revenir dans la bonne direction. Cependant, M. le Président, quand
on fait l'analyse du budget, on en a discuté durant les crédits, on remarque
une chose, 80 % à 90 % de tout l'effort nécessaire pour revenir à
l'équilibre budgétaire sera après octobre 2026, après la prochaine élection.
C'est un manque de courage politique incroyable. Les agences de crédit, évidemment,
en ont pris note. Ça fait aussi
partie du mixte pour... les raisons pour
lesquelles le gouvernement du Québec a été... la dette du Québec a été décotée.
On doit évidemment
être plus sérieux par rapport à la gestion de nos finances publiques. On doit
travailler à un retour à l'équilibre budgétaire sérieux, qui commence
maintenant, parce qu'on n'a plus cette marge de manoeuvre. Elle a été
totalement gaspillée par le gouvernement de la CAQ. Évidemment, lorsque
Standard & Poor's nous dit que ça devrait prendre un plan de retour à
l'équilibre budgétaire en trois ans, bien, c'est sûr que ça rend le
gouvernement mal à l'aise. Ça voudrait dire qu'il devrait y avoir des efforts,
aujourd'hui, qui devraient être faits. Malheureusement, on ne les voit pas. On
ne voit aucun de ces effets-là.
Puis je dois dire aussi qu'une des choses que
j'ai remarquées dans les crédits quand on parle spécifiquement d'une des
sociétés d'État du Québec, c'est la désinvolture de Loto-Québec face aux jeux
en ligne, et je m'explique. Il y a des jeunes, des
mineurs qui jouent en ligne tous les jours, malheureusement, ne vont pas, évidemment,
sur les sites de Loto-Québec. Ils vont sur tout ce qui n'est pas permis, O.K.?
M. le Président, il y a une importante
partie de la population qui est captée
par les gens qui ne sont pas certifiés, malheureusement, parce que Loto-Québec
ne fait aucun objectif d'encadrement de tous les joueurs qui sont sur le jeu en
ligne sur l'Internet. Bien, évidemment, ce que ça crée comme problème, M. le
Président, c'est que nos jeunes se trouvent à être donc exposés à un paquet de
criminels qui, sur la ligne, vont tout faire
pour pouvoir vider les portefeuilles de nos jeunes. Les jeunes deviennent
accros, se mettent dans le trouble. Hydro-Québec ne veut absolument rien
entendre de tout ça.
On en a parlé durant les crédits. J'avais le
président de Loto-Québec devant moi. Il me dit : Bien, vous savez, pour
nous, ce qui est important, que les parts de marché d'Hydro-Québec, on les
détient, puis on est capables de retourner un dividende au gouvernement,
puis... Oui, O.K., je comprends, là, mais l'objectif d'Hydro-Québec, c'est un
double mandat, c'est capter des revenus d'activités, évidemment, pour les
loteries et les jeux, évidemment, là, mais il doit aussi assurer la santé des
utilisateurs.
Malheureusement, quand il y a des jeunes qui se
font prendre la main dans le tordeur dans cette histoire-là, puis que le
gouvernement, par l'intermédiaire de la société d'État, ne démontre aucun
intérêt de légiférer dans ce sens, quand on considère que ce qui se passe en
Ontario sur le sujet est une priorité, quand on regarde ce qui se passe à
l'extérieur du Québec, c'est une priorité pour les gouvernements qui sont
présents, parce qu'au Québec, nous autres, tout
ce qu'on veut, c'est le dividende d'Hydro-Québec, on n'est pas vraiment
exposés, puis on ne trouve pas ça si grave que ça qu'il y a
à peu près comme 30 % à 40 % du marché qu'on ne veut pas regarder, on
ne veut pas savoir ce qui se passe là-dessus, on ne veut même pas
légiférer à ce sujet, écoutez, M. le Président, j'ai beaucoup de misère avec
ça, parce que c'est une responsabilité de
parents qu'on a, puis, malheureusement, là-dessus, le gouvernement de la CAQ
est encore une fois un autre échec.
Parlant d'échec, on a évidemment été capables