Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 2 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2023-05-02
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-trois
minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude des crédits budgétaires du volet Forêts du portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice
financier 2023‑2024. Une enveloppe de 1 h 30 min a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Non, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions et les réponses. Je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un premier
bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous disposez de
18 min 26 s.
Fortin : Très bien, merci. Merci, M. le Président. Bonjour,
d'abord, à vous, aux collègues, à tout le monde, Mme la ministre, vos équipes
très, très nombreuses, que je vois... que je vois avec vous. C'est bien, ça
veut dire qu'on va avoir un maximum d'informations pendant... pendant
nos échanges, je l'espère. Bon, ça va pour les formalités.
Pour la suite, j'aimerais qu'on aborde, d'entrée
de jeu, le dossier des travaux sylvicoles. Pouvez-vous me dire le montant qui a
été dépensé, dans la dernière année, en travaux sylvicoles? Ce n'est pas plus
compliqué que ça. On commence avec quelque chose d'assez simple.
Mme Blanchette Vézina : Bien, moi
aussi, je vais commencer par des salutations d'usage, pour débuter, nous permettant aussi de se mettre en place pour
bien répondre à vos questions parce que, sincèrement, c'est mon souhait.
Vous avez nommé que mon équipe était ici,
avec... avec moi, avec nous. Donc, très heureuse aussi de voir les députés de
notre caucus également présents. Donc, peut-être, d'entrée... d'entrée de jeu,
vous nommer avec qui... avec qui je suis aujourd'hui. Donc, je suis avec
ma sous-ministre, Mme Line Drouin, qui est là, également,
M. Alain Sénéchal, qui est
sous-ministre associé aux Forêts. Donc, pour ce matin, considérant que les
questions principales sont... seront sur les forêts, là, donc je suis
accompagnée de ces deux personnes. J'ai également Pascal Ferland, qui est
mon directeur de cabinet, ainsi que mes conseillers politiques au cabinet, qui
sont présents. J'ai également, pour cet après-midi, volet Mines, Mme Camden, M. Breault, également, Lucie
Ste-Croix, qui sont tous des sous-ministres. Donc, mon souhait, je le
réitère, c'est de répondre correctement à vos questions puis que vous ayez le
plus d'informations possible.
Donc, vous parliez des travaux sylvicoles pour
l'année... votre question portait sur les travaux sylvicoles pour l'année 2022‑2023 et pour 2023‑2024.
Donc, dans les budgets de travaux sylvicoles en forêt publique, on parle d'un
montant, pour l'année 2022‑2023, de 281 700 000 $ pour 2022‑2023,
et pour 2023‑2024, prévus, 281 900... 281 millions,
excusez-moi, là, je ne suis pas dans les bons... donc, c'est 281 millions
et... 281 900 000 $ pour cette année.
Fortin : Quand vous dites l'augmentation... En fait, si je
retourne à l'année 2021‑2022, le budget, c'était... rappelez-moi
qu'est-ce qui a été dépensé à l'année précédente.
Blanchette Vézina : Donc, l'année précédente, on parlait de
248 millions, là... je suis toujours en millions... 248 900 000 $, donc 2021‑2022,
en forêt publique et en forêt... Et, pour 2022‑2023,
281 700 000 $, pour l'année dernière.
M. Fortin : OK. Cette augmentation-là, vous la voyez dans les...
disons, pour l'an prochain, là, vous la voyez
dans votre budget. On voit l'augmentation qui est prévue, et là je vous
réfère... je ne sais pas si vous les avez là, mais on parle, dans votre
budget, d'une augmentation de 98 millions pour augmenter le niveau
d'investissement en travaux sylvicoles. Ça, c'est pour les cinq prochaines
années. Je ne me trompe pas?
Mme Blanchette Vézina : C'est ce qui
a été avancé comme mesure budgétaire, effectivement.
M. Fortin : OK. Mais l'enjeu autour de ça, là, c'est que, si je tourne
la page, dans le budget... Vous me dites ici que ce 98 millions là, donc
ce 18 millions par année, là, environ, il est utilisé pour faire des
travaux sylvicoles, pour
des chemins forestiers, des chemins multi-usages, puis la production de plants
forestiers dans les pépinières. Alors, ce n'est pas tout pour des
travaux sylvicoles, là.
Mme Blanchette Vézina : En fait,
vous comprendrez que des travaux sylvicoles, ça peut débuter avec la
plantation, donc il faut à la fois cueillir... récolter des arbres, là, donc
les planter, faire les travaux qui vont permettre d'avoir des plants. Donc, ça,
c'est une première phase. Ensuite, il faut aussi se rendre dans le territoire où il y a des travaux sylvicoles à faire.
Donc, on fait, oui, de l'aménagement de chemins forestiers et également la
plantation elle-même. Donc, c'est un cycle.
Les travaux sylvicoles, ce n'est pas juste la plantation elle-même, mais c'est
l'ensemble de ces activités. On a... il faut comprendre aussi qu'on a
des pépinières, des pépinières qui appartiennent... qui sont dans le domaine
public, donc qui appartiennent au gouvernement et donc il y a des travaux, là,
qui sont à être faits à nos pépinières, qu'on va faire.
M. Fortin : Mais moi, ce que je veux savoir, c'est le montant pour
réaliser les travaux sylvicoles. Est-ce que vous l'avez, ça?
Blanchette Vézina : Je vous ai donné le montant. Donc, peut-être juste
me redonner la fiche, là, mais...
M. Fortin : Non, non, mais un instant, là. Parce que vous me
dites : Dans mon montant général, il y a les travaux sylvicoles, il y a les chemins multi-usages puis il y a les
pépinières. Moi, je cherche combien vous avez dépensé, de ce
18 millions là par année que vous faites le choix d'investir dans la
partie de travaux sylvicoles.
Blanchette Vézina : ...50 millions, vous me dites, pour la
portion des chemins, puis 48 millions pour les travaux sylvicoles
pour cette année... pour le budget, 98 millions... le budget
supplémentaire de 98 millions.
M. Fortin : OK. Donc, il y en a la moitié qui vont... bien, à peu près,
là, la moitié qui vont dans les chemins, puis la moitié qui vont dans les
pépinières et les travaux sylvicoles, c'est ça?
Mme Blanchette Vézina : C'est ce
que, oui, on prévoit pour cette année.
M. Fortin : OK. Bien, pour cette année... pour...
Mme Blanchette Vézina : Bien, pour
le 98 millions, là, excusez...
M. Fortin : Pour les cinq prochaines années.
Mme Blanchette Vézina : ...pour les
cinq prochaines années.
Fortin : Alors, dans les montants que vous m'avez donnés tantôt,
là, vous incluez à chaque fois la question des chemins multi-usages
là-dedans...
Mme Blanchette Vézina : Il y a...
Non, c'est...
M. Fortin : ...dans le 280 que vous avez mentionné.
Blanchette Vézina : ...c'est distinct. Il y a vraiment... Il faut
comprendre que, dans les travaux sylvicoles, on a une société d'État qui
est sous la gestion d'Investissement Québec, qui gère les travaux sylvicoles,
qui s'appelle Rexforêt. Et donc Rexforêt s'occupe de la portion, vraiment, travaux
sylvicoles, et ce budget-là, il est... il est remis, ou en
partie remis, à Rexforêt pour faire ces travaux-là. Donc, ce n'est
pas le budget associé aux chemins multi-usages. Il y a d'autres
programmes qui existent pour les chemins multi-usages.
M. Fortin : OK, mais... je comprends. Mais Rexforêt, là, il fait ce que
le ministère lui demande de faire, là, c'est un exécutant de votre ministère,
essentiellement.
Mme Blanchette Vézina : On a une
entente avec Rexforêt, effectivement.
M. Fortin : Oui, mais ce n'est pas eux qui décident des travaux à
faire. Ça, ça vient du ministère.
Mme Blanchette Vézina : Effectivement.
On a une entente avec eux.
M. Fortin : OK. Il y a une des choses que j'aimerais regarder avec
vous, là, c'est les... la proportion, disons, entre
ce qui est... donnez-moi une seconde, je cherche ma paperasse... voilà, OK, la
proportion entre ce que vous plantez dans les travaux sylvicoles puis ce que
vous entretenez, OK. Parce que, vous le savez, là, je... puis c'est... ça a été
constaté par vos équipes, c'est ce qui
est partagé avec les entrepreneurs en région. Entre... par exemple, entre 2018
et 2021, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui est une grande
partie de notre forêt publique au Québec, là, c'est le
Saguenay, Lac-Saint-Jean, l'Abitibi puis le nord... le Nord-du-Québec, juste dans une unité de gestion, ce que vos professionnels
disent, c'est qu'il y a environ 70 % des travaux d'éducation de peuplements
qui sont faits. Est-ce que vous pouvez m'expliquer ça, qu'on plante des arbres
mais qu'on ne fait pas les travaux d'éducation par la suite?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, écoutez, comme je vous mentionnais, là, on a une petite
société de... une société à qui on délègue les travaux d'aménagement, les
travaux sylvicoles, qui s'appelle Rexforêt. Rexforêt a le mandat de faire les
travaux sylvicoles, avec des échéanciers puis, oui, vous l'avez nommé, des
critères qui sont déterminés en fonction des objectifs du ministère. Et donc
les travaux qui sont effectués le sont conformément à cette entente-là puis
dans le meilleur intérêt aussi des Québécois, là, donc du patrimoine des
Québécois, en règle... en suivant les règles, également, là, de la
loi sur
l'aménagement durable des forêts. Donc, tout ça est fait en conformité avec... avec cette loi. Et on a également, bien
sûr, les choix budgétaires, avec l'enveloppe qui est disponible, là, qu'on
met pour la priorité, sur les plantations qui sont effectuées.
Fortin : OK, mais... Là, je vais vous
présenter un tableau, OK, qui est assez... c'est assez clair, là. Ça, c'est... ça vient de votre ministère. Ça, c'est
l'éducation de peuplements, et l'éducation de peuplements, ça, c'est l'argent
qu'on met pour entretenir les arbres qu'on
plante. 2018, vous avez un montant, 2 327 000 $,
c'est diminué à 1 932 000 $, à 1 621 000 $,
à 1 556 000 $. Essentiellement, là, pendant les quatre
dernières années du mandat de votre gouvernement, ça a baissé à chaque année. Puis ça, ici, la ligne
rouge, là, Besoins réels identifiés, en 2018, puis, à chaque année, ça baisse.
Est-ce que ça, ça va continuer à baisser?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, écoutez, pour... Tu sais, vous le savez, là, on a
annoncé 98 millions, donc c'est une augmentation des travaux sylvicoles
pour les prochaines années. L'objectif, c'est de planter des arbres. Vous le
savez, la plantation, c'est la clé aussi pour la production de nos forêts, puis
avoir une forêt qui est productive aussi face
aux changements climatiques. Donc, le... pardon, le rehaussement qui a été
annoncé, de 98 millions, va servir aussi à la plantation des
arbres. J'ai d'ailleurs annoncé hier...
Fortin : Je... ce n'est pas ma question,
Mme la ministre. Sur la plantation, là, on va être d'accord, vous et moi, que de planter des arbres lorsqu'il y a des
travaux qui sont effectués puis que les forêts ne peuvent pas se repeupler
naturellement, c'est une bonne affaire, OK.
Mme Blanchette
Vézina : On s'entend.
Fortin : Mais si on les plante puis on ne
s'en préoccupe pas par la suite, bien, il y a d'autres espèces envahissantes
qui vont prendre le dessus. Il y a toutes sortes de choses qui peuvent arriver
pour que nos arbres ne soient pas... n'arrivent pas à maturité le plus
rapidement possible puis ne puissent pas être utilisés le plus rapidement possible. Alors, ça, ici, là, est-ce que ça va
continuer? La question de l'éducation des peuplements... Est-ce que vous avez
un engagement spécifique envers l'éducation des peuplements?
Mme Blanchette Vézina : Je vous ai nommé
l'engagement, là, le 50 millions, là, pour ce qui est des...
48 millions pour les travaux
sylvicoles. L'objectif, c'est de faire mieux, faire plus en forêt, donc on
le... on le fait et on continuera de le faire.
Fortin : Non, lâchez-moi les lignes de
presse deux secondes, là. Est-ce que vous pouvez me dire... Parce que, vous puis moi, on va se mettre d'accord sur
quelque chose. On va planter un arbre, puis, si on le laisse là, puis on ne s'en
préoccupe pas, puis on ne fait pas l'entretien nécessaire, là, il n'arrivera
pas à être à son maximum de potentiel. On est d'accord là-dessus?
Mme Blanchette
Vézina : Tout à fait.
M. Fortin : OK.
Alors, comment, dans ce cas-là, vous pouvez accepter que vous diminuez, d'année
après année, l'éducation de peuplements, l'entretien de ces arbres-là
qu'on plante?
Mme Blanchette
Vézina : Il y a plusieurs façons que je vous ai nommées, là, plusieurs
façons d'agir en travaux sylvicoles. Bien, il faut comprendre que, pour accéder
à des territoires, il faut faire des chemins. Tu sais, on veut planter, et on va planter, puis on l'a nommé,
là, on a une mesure directement pour ça. On va aussi aider... on parle
des terres publiques, principalement, là, dans votre question, mais...
Fortin : Non, ça... Non, en fait, Mme la
ministre...
Mme Blanchette
Vézina : ...mais j'ai annoncé aussi du soutien pour les plantations
des terres privées.
Le Président (M. St-Louis) : ...s'il
vous plaît, peut-être laisser la ministre terminer. Je veux bien vous laisser,
là, discuter, mais sinon, je vais vous demander de vous adresser à la
présidence. Donc, merci de respecter...
M. Fortin : Ce serait
beaucoup plus simple, M. le Président, si elle répondait à la question. La
question, c'est à propos de l'éducation des
peuplements. Est-ce que ce budget-là va continuer à diminuer? Ce n'est pas plus
compliqué que ça, M. le Président.
Mme Blanchette
Vézina : Je vais vous répéter ce que je vous ai dit, c'est des choix
budgétaires. On fait des travaux sylvicoles. L'objectif, c'est de planter, bien
sûr, d'entretenir, effectivement, c'est un ensemble de mesures qu'on prend puis
on va continuer de le faire.
M. Fortin : Mais
vous me dites, là, ça, c'est... Depuis tantôt, Mme la ministre dit : On va
planter plus d'arbres, on va faire plus de chemins. Pouvez-vous me dire
que vous allez faire plus d'entretien?
Mme Blanchette
Vézina : Moi, je peux vous apporter le fait qu'il y a eu un audit qui
a été fait par une... la Vérificatrice générale par rapport à la rentabilité de
nos investissements en travaux sylvicoles, puis on a déployé des outils, avec les directions régionales, pour
améliorer cette efficacité-là, puis on va continuer de le faire, en fonction
des crédits budgétaires qui sont disponibles.
Fortin : Je reviens à ma question :
Est-ce que le budget pour l'éducation des peuplements va continuer de diminuer?
Je vais la poser jusqu'à tant que vous y répondiez.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, vous pouvez reposer la question, M. le député de
Pontiac. Moi, ce que je vous dis, c'est : On fait les travaux qui sont
nécessaires pour reboiser nos forêts. On le fait en fonction des crédits
budgétaires qui sont disponibles. Cette année, on a augmenté, pour les cinq
prochaines années, à 98 millions. On veut
être efficaces en forêt. Ce n'est pas juste injecter des sommes, c'est aussi
être efficaces, et c'est ce qu'on... c'est ce qu'on fait.
Fortin : OK. Le problème, là, c'est que
vous ne l'êtes pas, efficaces, parce que... Je vais vous soumettre un tableau bien simple, qui vient de votre
ministère. Et là je vous parle... je vais prendre la région de l'Abitibi. 08,
c'est l'Abitibi, ça? Parfait. Alors, reboisement, cible annuelle de reboisement
en hectares, pour l'Abitibi : 8 770, OK? Cible... en fait, pas
vrai, je vais la prendre sur cinq ans... cible quinquennale :
43 000 hectares de reboisement. Vous en avez fait 53 000, vous avez reboisé plus que votre cible, OK? Cible
quinquennale pour l'éducation des peuplements :
41 000 hectares. Donc, ce qu'on dit, là, c'est :
43 000 hectares de peuplés, 41 000 d'éduqués, OK, donc
d'entretenus. Mais votre cible, votre réalisation pour l'entretien, là, il est
environ 70 % de tout ça. Alors, vous dépassez votre cible pour ce qui est du reboisement puis vous êtes en
dessous de votre cible pour ce qui est de l'entretien. Est-ce que c'est normal,
ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette
Vézina : En fait, on continue d'investir dans les travaux sylvicoles.
Je veux juste être certaine de référer à la
même... au même document que vous pour pouvoir m'assurer, là... Pouvez-vous me
dire c'est à quel endroit que vous avez... qu'on vous a fourni cette information?
M. Fortin : Ça,
c'est le... ça, c'est le tableau, là... le tableau TSNC pour les
régions 08 et 10. C'est des tableaux qui sont... ça ne vient pas
des crédits, c'est des tableaux qui sont distribués par votre ministère, OK,
dans les régions concernées. Alors là, ici, j'ai l'Abitibi, le Nord-du-Québec.
Tantôt, on a parlé du Saguenay, là. À trois régions, c'est à peu près 70 %
de la forêt publique québécoise. Alors, ce qu'on dit ici, puis je vais vous le
donner, je vais vous le remettre, là, mais
c'est que vous faites 123 % du reboisement, en Abitibi, que vous aviez
ciblé dans les cinq dernières années,
bravo, mais vous faites juste 70 % de l'entretien de ces arbres-là ou des
autres arbres qui ont été plantés par le passé. Alors, si vous ne
réalisez pas votre cible d'entretien, qu'est-ce qui va se passer?
Mme Blanchette
Vézina : Je vais... je vais répéter la réponse que je vous ai donnée,
parce que ça vient aussi avec le fait qu'il
y a eu de l'inflation dans les travaux, dans les coûts des travaux. Donc, on
fait le reboisement, vous l'avez nommé,
vous l'avez reconnu, là. Le reboisement, il se fait, selon les cibles, dans
plusieurs régions du Québec, puis l'entretien, on le fait dans la mesure
de disponibilité de la machinerie puis des crédits disponibles.
M. Fortin : Est-ce
que c'est possible de demander au Forestier
en chef, qui est ici, là... est-ce
que c'est possible de lui demander ce qui va se passer avec des arbres
non entretenus?
Mme Blanchette
Vézina : ...permettre... Est-ce que vous me donnez le consentement de
transmettre la...
Le Président (M.
St-Louis) : ...
Mme Blanchette Vézina : ...peut-être, notre... le Forestier en chef a cette indépendance de pouvoir s'exprimer. Donc,
pour... sur cette question...
M. Fortin : Bien sûr, bien sûr.
Le Président (M.
St-Louis) : ...
M. Fortin : Merci, M. le Président.
M. Pelletier (Louis) : Oui, bonjour.
Pelletier (Louis) : Lorsqu'une plantation est mal entretenue, nous, on
a un examen à faire à une période de temps donnée, dans le temps.
Le Président (M. St-Louis) : ...que
votre titre, pour le bénéfice de tous.
M. Fortin :
Main sur le coeur.
M. Pelletier (Louis) : Je pensais
que j'étais connu de tout le monde. Louis Pelletier, Forestier en chef.
Lorsqu'une plantation n'est pas entretenue, dans
le cadre de nos travaux, à une période de temps donnée, on vérifie si la
plantation donne les rendements escomptés, est-ce qu'elle a la bonne
composition, si c'est une plantation résineuse, est-ce qu'on a encore du
résineux et est-ce qu'elle a atteint les hauteurs prescrites en fonction de nos
courbes de croissance. Si les deux critères
sont rencontrés, le rendement de plantation est maintenu. Si un des deux
critères n'est pas rencontré, on met un rendement naturel à nos
plantations. Actuellement, au Québec, c'est 35 % qui ne répondent pas à ce
critère.
M. Fortin : OK, très bien.
M. Pelletier (Louis) : Ça répond à
votre question?
Fortin : Alors, si on... si on continue d'investir
70 %, ou de réaliser 70 % de ce qu'on veut et ce qu'on doit réaliser
en matière d'éducation de peuplements en Abitibi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean et 74 % dans le Nord-du-Québec, parce que ça, c'est les
statistiques des cinq dernières années, est-ce qu'on va devoir diminuer la
possibilité forestière?
Pelletier (Louis) : Ça dépend des... Bien, nous, c'est pris en compte
à tous les cinq ans. À tous les cinq ans, on fait une révision des possibilités
forestières et on s'ajuste sur la réalité. Donc, lorsque les deux critères ne
sont pas rencontrés, les rendements de plantation sont ajustés. Donc, il
y a une incidence sur les rendements. Oui, il y a une incidence sur les
possibilités forestières.
M. Fortin : Alors, Mme la ministre, comme moi, là, vient d'entendre
que, si on ne fait pas les travaux d'éducation nécessaires, il va y avoir une
incidence sur la possibilité forestière. Alors, on peut en planter autant qu'on veut, des arbres, on peut dépasser nos cibles,
mais si on ne les entretient pas, si on ne fait pas les travaux nécessaires
il va falloir diminuer la possibilité forestière. Est-ce que ça vous inquiète,
Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Sur cet
élément, là, on est d'accord ensemble sur le fait que c'est important de faire les travaux sylvicoles pour garder une
capacité forestière. Parce que, vous l'avez dit, c'est un... vous l'avez nommé,
là, c'est important pour les régions. On le fait. Puis on se fie également au Forestier en chef pour s'assurer de récolter ce qui peut être récolté, en
considérant, effectivement, la capacité réelle de nos forêts.
M. Fortin : Mais le Forestier en chef, là, vient de dire...
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Fortin : On va revenir là-dessus, parce que ce que le Forestier en
chef vient de dire est inquiétant, puis on peut lui demander de récolter ce qui
est récoltable, mais, s'il nous dit qu'il y en a moins qui va être récoltable
si on ne fait pas les travaux, on a un problème.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première...
intervention, pardon, du deuxième groupe d'opposition. Donc, Mme la députée de
Verdun, la parole est à vous. Vous disposez 9 min 13 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Je veux commencer par saluer la tribune de la ministre, les
collègues de l'opposition ainsi que les membres de la banquette ministérielle.
Alors, j'aimerais commencer avec une question
sur le mesurage du bois. Donc, au Québec, la façon que ça fonctionne, on paie
des droits de coupe en fonction du volume qui est récolté. Pour arriver au
volume qui est vraiment récolté, il faut... on pèse le bois puis, après, on le
transforme, là, c'est... c'est un petit calcul qui est fait pour avoir le poids
en volume et l'équivalent en droits de coupe.
Malheureusement,
ce qu'on voit, c'est que ce sont des employés des mêmes compagnies forestières
qui sont en charge de faire la pesée et la conversion. Donc, on s'entend que,
quand on est ceux et celles qui vont être avantagés par le volume qui sort, il
y a peut-être des gens qui se disent : Je vais peser pas trop fort sur le
crayon. On va peut-être jouer entre les lignes pour être avantagés. Puis ma
question, c'est... pour la ministre : Est-ce qu'on va continuer de laisser
les entreprises forestières mesurer elles-mêmes le bois qu'elles sortent de nos
forêts publiques?
Mme Blanchette
Vézina : Je suis contente que vous posiez cette question-là parce que
c'est important, effectivement, de comprendre comment on mesure le bois, puis
il y a eu différentes choses qui ont circulé, là, dans les médias dans les
dernières années. Ça fait que nous, le ministère, on veut, dans un souci
d'amélioration continue, s'assurer que nos pratiques, on les fait... qu'il n'y
a pas... qu'il n'y a pas de pratiques qui sont non conformes, ou qui ne
seraient pas dans l'intérêt des Québécois, ou qu'il y aurait de la fraude, tu
sais. On est... on est confiants de vous dire, aujourd'hui, qu'il n'y en a pas
ou, en tout cas, on a mandaté une firme pour s'en assurer.
On a mandaté MNP, une
firme qui a fait... On a fait un appel d'offres, là, pour produire un audit
externe sur la performance de ces activités-là, pour s'assurer que les méthodes
étaient conformes. Ça a... Donc, ils ont évalué le processus, les contrôles
aussi qui étaient mis en place par le ministère pour s'assurer que les volumes
qui étaient récoltés étaient réellement les
volumes qui étaient mesurés puis que c'était facturé aussi de manière
équitable, ont regardé, également, là, en totalité, tu sais, la valeur
marchande de ces bois-là. Donc, on... le ministère, on s'est adjoint aussi la firme Quantum pour élaborer un mandat d'audit
externe sur cette performance-là, puis on voulait aussi être accompagnés
dans la réalisation de ces travaux.
Suite aux travaux qui
ont été réalisés, MNP a formulé l'indication suivante : «Nous n'avons rien
relevé qui nous porte à croire qu'il pourrait exister des écarts significatifs
quant au volume de bois récolté, mesuré et facturé, et ce, en conformité avec
le cadre normatif.» Donc, la firme externe est venue nous mentionner qu'il n'y
avait pas de raison... d'écart significatif
par rapport au bois récolté. La firme a aussi proposé un certain nombre de
recommandations, d'améliorations.
Mme Zaga
Mendez : Merci. J'ai bien pris connaissance, en fait, du rapport MNP,
merci pour... mais il y a d'autres choses qui sont dites dans le rapport, là.
Lorsqu'on parle du travail de vérification, donc, la firme dit que le travail
de vérificateurs... bien, ils ne sont pas bien encadrés, qu'il y a à peu près
17 unités de gestion sur 33 qui n'ont pas assez de vérificateurs sur le
terrain, on parle aussi du nombre de personnes à temps partiel, alors que ça
prend 40 effectifs à temps plein, à temps complet.
Donc, ma question,
c'est : Comment on s'assure vraiment de suivre, d'évaluer puis s'assurer
que le volume de bois qui sort de nos forêts soit vraiment mesuré quand il nous
manque autant de vérificateurs?
Mme Blanchette Vézina : L'objectif, c'est de bien
mesurer, vous l'avez nommé puis, tu sais, c'est important pour nous.
Donc, ce que je vous disais aussi... effectivement, MNP a formulé des
recommandations. Nous, le ministère on a élaboré un plan d'action pour
optimiser le processus de mesurage de bois. Pour le faire, on a pris un
échéancier entre trois et 12 mois puis, en fait, on est à 50 % de
réalisation, là, des actions. Donc, on a mis en place des mesures pour atteindre les... pour remplir les recommandations qui
avaient été... qui avaient été demandées par la firme.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je veux juste citer une
partie aussi du rapport, qui
dit que «les observations faites lors des visites terrain témoignent d'un
certain manque de rigueur dans l'émission des non-conformités pour le
vérificateur-mesureur». Puis je pense que l'enjeu, là, ici, c'est le fait qu'on
laisse encore les entreprises elles-mêmes mesurer le bois pour lequel elles
vont avoir des droits de coupe. Alors, ma question, c'est : Comment la
ministre va s'assurer que le mesurage soit fait par des mesureurs indépendants
des entreprises?
Mme Blanchette
Vézina : En fait, je vous ai nommé qu'il y avait un plan d'action qui
avait été élaboré suite aux recommandations. Donc, on va... on va mettre en
place les mesures nécessaires pour s'assurer d'être conforme avec ces
recommandations.
Mme Zaga
Mendez : Est-ce que la ministre peut nous donner des exemples de
mesures concrètes qui vont être faites pour que les mesureurs soient
indépendants des entreprises?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être demander à...
donner la parole à mon sous-ministre Forêts, là, qui... Est-ce que... C'est
Alain Sénéchal qui peut compléter, là, sur les actions, quelques-unes des
actions qui ont été mises en place.
M. Sénéchal
(Alain) : Oui. Bonjour.
Mme Blanchette
Vézina : Est-ce que vous me permettez de...
Le Président (M. St-Louis) : ...j'ai
besoin du consentement de la commission. Il y a consentement? Merci, donc...
M. Sénéchal
(Alain) : Bonjour. Alain Sénéchal, sous-ministre associé aux Forêts.
Donc, effectivement,
le rapport de MSP nous a amené des corrections à apporter au niveau
opérationnel. Donc, c'est en cours de
réalisation, il y a un plan d'action qui est suivi de façon rigoureuse, là, par
les équipes pour s'assurer que le bois est mesuré.
C'est
sûr que les vérificateurs, ils procèdent à un échantillonnage. Donc, c'est
comme un peu un rapport d'impôt, là. Les
rapports d'impôt, les gens les font, et il y a des vérifications qui se font
sur les rapports d'impôt. On ne fait pas... on ne confie pas le rapport
d'impôt à une tierce partie. Bien, c'est un peu la même chose.
L'autre chose que je
peux vous dire, c'est que le bois, en forêt, là, il y a beaucoup
d'intermédiaires qui sont rémunérés à partir
des volumes de bois qui sont mesurés. Donc, dans la chaîne de production, il y
a beaucoup, beaucoup d'intermédiaires. S'il y avait des... outre le fait
qu'on a fait des vérifications externes, s'il y avait des manquements au
mesurage, bien, l'entrepreneur, le transporteur, l'entreprise... Il y a beaucoup
de personnes dans le circuit qui sont payées
à partir de ces chiffres-là, donc il y a comme un contrôle... en plus du
contrôle qu'on fait, il y a un contrôle qui se fait dans la façon de
travailler en forêt pour s'assurer que le bois mesuré ait le bon... ait le bon
volume.
Mme Zaga
Mendez : Donc, de ce que je comprends — merci pour la réponse — de ce
que je comprends de la réponse, ici, Mme la ministre, c'est qu'on continue.
C'est un peu comme donner la clé de la banque de sang aux vampires, c'est de continuer de laisser les
entreprises... de mesurer elles-mêmes le bois... qu'elles vont profiter à la
suite des droits des coupes. Parce
que dans... Merci pour la réponse, mais on n'est pas en train de changer le
modèle qui est à la base de ces
problèmes, si je comprends bien. Je laisse la ministre, si elle veut réagir,
sinon je vais passer à une prochaine question.
Mme Blanchette
Vézina : Quant à l'opinion de la députée de Verdun par rapport aux
entreprises forestières qui font vivre plusieurs régions du Québec, je note...
je note que vous considérez ces entreprises qui sont importantes pour le
développement de nos régions comme des vampires.
Ceci étant, moi, je
vous rappelle que la firme externe a mentionné que nos façons de faire étaient
conformes. Puis on va corriger ou on va ajuster les manières de faire pour
s'assurer d'être toujours en conformité.
Mme Zaga
Mendez : Je vais continuer avec une prochaine question parce que
c'était... Je vais... Ce n'est pas exactement les propos que je voulais... que
j'ai utilisés, c'était plutôt de dire le laisser-faire.
Mais j'aimerais
parler des droits de coupe de la... Quand on parle des droits de coupe,
j'aimerais savoir si la ministre peut nous dire combien on reçoit en droits de
coupe par année au Québec, comparé à combien l'État est en train de débourser
pour les aménagements du territoire forestier, en opérations régionales.
Mme Blanchette
Vézina : Vous mentionnez que... Dans le fond, le calcul de la
possibilité forestière, là, se fait en respect de la
Loi sur l'aménagement
durable des forêts, là. On a un Forestier en chef qui est externe et qui, lui, calcule la possibilité forestière du Québec en
fonction, on l'a nommé, d'aménagements forestiers, de travaux sylvicoles et de différentes contraintes qui peut arriver. Donc,
la possibilité forestière, au Québec, elle est de 31 545 000 kilomètres carrés, mais le volume de récolte est, lui, de 22 416 000 mètres cubes... ah! j'ai... «kilomètres», excusez-moi, c'est «mètres cubes».
Donc, ça, c'est pour la capacité.
Donc, je tiens à vous
mentionner qu'on ne récolte pas l'ensemble de la capacité forestière. Ça, c'est
une première chose. Pour ce qui est des droits de coupe forestiers, on parle
d'environ 500 millions, là, plus ou moins 500 millions de
dollars.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que la ministre
peut comparer avec l'argent qu'elle débourse, que le gouvernement
débourse pour l'aménagement du territoire forestier?
Mme Blanchette
Vézina : Vous parlez des travaux sylvicoles?
Mme Zaga Mendez : Travaux sylvicoles,
aménagement des chemins, opérations régionales, tous les travaux qui
sont exercés.
Le Président (M.
St-Louis) : Madame...
Mme Blanchette Vézina : J'avais la fiche tout à
l'heure. Là, je peux reprendre la fiche des travaux sylvicoles qui sont
faits en forêt.
Le Président (M.
St-Louis) : Excusez-moi. Pardon.
Mme Blanchette
Vézina : Oui?
Le Président (M.
St-Louis) : Malheureusement, le temps est écoulé, donc...
Mme Zaga
Mendez : D'accord. Je vais revenir là-dessus.
Le Président (M. St-Louis) : Je
suis maintenant prêt à reconnaître, pour une seconde intervention, un membre
de l'opposition officielle. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 min 28 s.
M. Fortin : Merci,
M. le Président. Bien, je suis content que la ministre reprenne sa fiche des
travaux sylvicoles parce qu'on a commencé quelque chose, on n'a pas tout
à fait fini, puis je vous promets, je ne passerai pas l'entièreté des crédits sur la question des travaux sylvicoles, mais
elle demeure importante parce que, quand vous avez parlé de la possibilité forestière avec la collègue de
Verdun... Bien, la possibilité forestière, elle dépend des travaux sylvicoles.
Si on ne fait pas les travaux sylvicoles, la plantation, je vous le concède...
si on ne fait pas l'entretien, et vous l'avez entendu de votre Forestier en
chef, la possibilité forestière va diminuer, et ça, ça veut dire... pour nos
entreprises forestières, là, ça veut dire des mauvaises nouvelles, pour notre
forêt publique, ça veut dire des mauvaises nouvelles.
Alors, je vous ai
fait parvenir, Mme la ministre, le fameux tableau auquel je faisais référence
tantôt, là, pour les travaux sylvicoles, OK? Vous voyez que, pour la
région 08, qui est l'Abitibi-Témiscamingue, vous avez réalisé, depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de la
Coalition avenir Québec, 123 % des travaux de reboisement prévus. Ça,
vous allez me dire que c'est une bonne nouvelle, bien sûr? Je vous vois
acquiescer, alors je prends ça comme une bonne
nouvelle. Vous avez réalisé 70 % des travaux d'éducation. Pouvez-vous me
dire que c'est une mauvaise chose, ça, que c'est une mauvaise nouvelle?
Mme Blanchette
Vézina : Peut-être pour rassurer le député de Pontiac, là, mais aussi
les gens qui pourraient écouter, donc,
2019... 2018, pardon, 2018‑2023, la capacité forestière, là, elle a été calculée.
Donc, elle a été calculée, encore une
fois, par le Forestier en chef, on parlait de
34 147 000 mètres cubes de bois, de capacité, et, en 2023‑2028,
celle qui vient tout juste d'être calculée, avec les travaux d'aménagement
qui avaient été faits antérieurement, là, dont
le tableau que vous nous avez montré tout à l'heure, la capacité forestière,
elle a été augmentée. Donc, il faut considérer que, malgré que vous sembliez dire qu'on ne fait pas suffisamment de
travaux... je pense qu'on peut en faire toujours plus, en fonction des crédits disponibles, c'est
toujours ça, mais donc la capacité, elle a augmenté, ici, à
34 916 000 mètres cubes de bois. Donc, il n'y a pas
diminution de la capacité forestière dans les dernières années, avec les
travaux sylvicoles qui ont été effectués, c'est un écart de 2 % dans
toutes les essences, là.
Fortin : C'est un peu simpliste, comme
explication, Mme la ministre, parce que vous le savez comme moi, là, que les travaux sylvicoles, l'entretien,
entre autres, là, ça a un impact pas juste sur les cinq prochaines années, mais
sur les prochaines décennies. Alors, ce que vous me dites, «on a augmenté la
capacité forestière», ça, c'est le coût-bénéfice parce qu'il y a eu des travaux
d'entretien qui ont été faits pendant des décennies et des décennies.
Est-ce que... Là,
votre réalisation, c'est d'avoir réalisé 70 % des travaux d'éducation
nécessaires, selon votre ministère, les
travaux nécessaires, selon votre ministère, dans les cinq dernières années en
Abitibi, dans le Nord-du-Québec et au Saguenay. Est-ce que votre cible,
c'est d'atteindre 100 % pour les cinq prochaines années?
Mme Blanchette
Vézina : En fait, on veut toujours faire mieux. On vit dans une
société où il y a des contraintes budgétaires. On va faire... On fait les
travaux qui sont nécessaires pour entretenir nos plantations, on le fait en
fonction des crédits disponibles, des contraintes liées à différentes
situations régionales, mais sachez que la rentabilité... Je vous ai nommé, là,
la capacité forestière qui a augmenté. Cette rentabilité-là, elle est bonne. Et
on va continuer d'investir dans les travaux sylvicoles. On l'a annoncé, on va
le faire.
Fortin : Je vais le prendre d'un autre
angle : Il y a combien d'hectares de plantations qui sont en ce moment
dans un état critique?
Mme Blanchette
Vézina : Vous me posez la question...
Fortin : Combien d'hectares de nos
plantations au Québec, là, sont en ce moment dans un état critique?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, moi, je tiens à vous dire que le Forestier en chef
s'assure de... qu'on récolte la capacité...
en fonction de la capacité réelle de nos forêts, puis c'est évolutif. Donc, une
année... Vous l'avez nommé, ce n'est
pas parce qu'on fait des travaux... moindres travaux une année que ça a un
impact tout de suite, immédiatement. Donc, on fait les travaux qui sont
nécessaires. Cette année, on a annoncé 98 millions supplémentaires, ça
fait qu'on va faire ces travaux-là pour les cinq prochaines années.
Fortin : Oui, mais vous êtes incapable de
nous dire ce que vous allez faire avec ce 98 millions là. Ce que je vous demande, là, c'est simplement de
rencontrer ou de réaliser vos cibles. Vous vous donnez des cibles de
plantation, d'entretien. Vous en réalisez une, mais vous manquez le bateau sur
l'autre. Est-ce qu'il peut y avoir un rééquilibrage, s'il vous plaît?
Parce que, de planter un arbre puis de ne pas s'en occuper, ce n'est pas
optimal.
Mme Blanchette
Vézina : En fait, l'objectif, c'est que nos forêts soient cultivées de
manière durable, puis effectivement qu'on va s'assurer de faire les travaux qui
sont nécessaires pour que nos forêts... puis qu'on atteigne nos objectifs.
C'est notre souhait d'atteindre les objectifs.
Fortin : Est-ce qu'il va y avoir un
rééquilibrage entre la plantation et l'éducation?
Mme Blanchette
Vézina : Rappelons que les budgets de travaux sylvicoles ont augmenté,
là. Donc, dans les prochaines années... Ils
ont augmenté dans les dernières années et ils vont continuer d'augmenter pour
les cinq prochaines années.
Fortin : Oui, mais vous mettez les deux
dans le même paquet. Quand vous me parlez de votre budget de travaux
sylvicoles, là, vous me parlez des deux affaires, de la plantation puis de
l'éducation. Est-ce qu'il va y avoir un
rééquilibrage entre la plantation, qui dépasse ce que vous... ce que vous
voulez faire, là, vous en faites plus que ce que vous voulez faire, puis l'éducation l'éducation, où vous en faites moins
que ce que vous voulez faire. Allez-vous rééquilibrer?
Mme Blanchette Vézina : Bien, comme
je vous mentionnais, là, il y a une répartition qui a été prévue. L'objectif, c'est qu'on atteigne nos cibles.
Donc, si on a des ajustements à apporter pour atteindre les cibles, on va le
faire.
L'objectif, c'est d'entretenir de façon durable
nos forêts. Puis ça, là-dessus, je suis totalement d'accord avec vous qu'il
faut faire des travaux en forêt pour s'assurer de conserver cette capacité
forestière puis parce que c'est important
d'un point de vue environnemental, de captation de carbone. Donc, on va faire
les... on va prendre les mesures nécessaires pour que les objectifs
puissent être atteints.
Fortin : Parfait. Je reviens avec ma question de tout à
l'heure. Combien d'hectares des plantations au Québec sont dans un état
critique?
Blanchette Vézina : Donc, on parle de 3 942 hectares en
situation critique. À votre réponse... question... à votre question,
réponse simple.
Fortin : 3 942 hectares. Parce que, juste dans
l'unité de gestion 024-71, là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, l'étude que vos professionnels ont faite, entre 2018 et 2021,
ils ont indiqué qu'il y avait 3 750 hectares dans un état critique.
Ça, c'est juste dans une unité de gestion. Alors, si j'extrapole ça juste pour
le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
c'est 15 000 hectares. Je ne peux
pas croire que vous êtes en train de me dire qu'il y en a juste 3 000 à...
3 900 à la grandeur du Québec.
Blanchette Vézina : Bien, écoutez, c'est l'information dont je dispose
en ce moment. Ça fait que je peux vous mentionner que c'est
3 942 hectares qui sont en situation critique.
M. Fortin : OK. Ils sont où, ces hectares-là?
Blanchette Vézina : Je n'ai pas la réponse sous la main en ce
moment... vous revenir, tu sais, mon objectif, c'est que vous soyez... vous
ayez l'information. Est-ce que vous me permettez que je transmette cette
information-là ultérieurement?
M. Fortin : Bien sûr, bien sûr, Mme la ministre.
Président (M. St-Louis) : Mme la ministre, vous vous engagez à transmettre
l'information à la commission dès qu'elle sera disponible?
Mme Blanchette Vézina : Tout à fait.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Fortin : OK. Je crois comprendre des derniers propos de la
ministre qu'il va y avoir un rééquilibrage. Ça a pris du temps à se rendre, là,
mais je crois comprendre qu'il va y avoir un rééquilibrage. Alors, en ce
sens-là, pouvez-vous nous dire les sommes que vous allez investir en
reboisement et en éducation cette année?
Mme Blanchette Vézina : En fait, on
y travaille, avec le ministère, à faire une analyse de la pertinence, puis vous
l'avez nommé, là, en fonction de la situation régionale. Donc, on fera les...
on fera les ajustements nécessaires en fonction du contexte de chacune des
régions puis du peuplement.
Il faut rappeler aussi que, dans ce qui peut
arriver dans nos forêts, là, il peut y avoir, bien sûr, des feux qui viennent
affecter cette capacité, il peut y avoir aussi des épidémies d'insectes. Et ça,
on a investi aussi, dans les dernières années, et on a ajouté des mesures
budgétaires en ce sens-là pour que nos forêts soient plus résilientes. On fait
aussi de la recherche au sein du ministère même pour que nos forêts puissent
être adaptées aux changements climatiques et que les plantations puissent se
régénérer en fonction du contexte des changements climatiques.
M. Fortin : OK. Je vais... je veux vous parler d'un autre... d'un autre
thème, là : les consultations. Là, aujourd'hui,
aujourd'hui, là, puis on reviendra sur tout le reste, là, mais, aujourd'hui, il
y a des communautés autochtones qui ne se disent pas du tout consultées
par rapport... et vous l'avez lu comme moi, l'article, là, pas du tout
consultées par rapport à des coupes prévues dans les forêts puis dans la forêt
publique. Pouvez-vous répondre à ce qu'on a lu, vous et moi, dans le journal ce
matin?
Mme Blanchette
Vézina : En fait, sur les consultations autochtones, on respecte les
façons de faire pour s'assurer de consulter
les autochtones. Sur la situation en lien avec l'article, il y a eu des
consultations sur les territoires visés. Elles ont
eu lieu en 2018-2019. Il faut comprendre que c'était dans la révision des
droits forestiers de l'époque et qu'il faut pouvoir offrir des droits
forestiers en fonction des consultations qui ont été faites. Elles ont été
faites antérieurement, donc, en 2018‑2019, postérieurement... ou
antérieurement, plutôt, à la... au dépôt de la demande de la communauté autochtone d'une aire protégée. Je
vous rappelle que mon collègue a mentionné, là, qu'il travaille en ce moment
à analyser les différentes... les différentes propositions d'aires protégées.
Lorsque ces aires protégées seront délimitées avec des cartes précises, elles
seront envoyées à mon ministère et surtout au Forestier en chef pour retirer la
capacité forestière en fonction du territoire distinct qui sera délimité...
M. Fortin : Vous
maintenez aujourd'hui que le Conseil des Innus de Pessamit a été consulté de
façon appropriée.
Mme Blanchette Vézina : Le Conseil des Innus de
Pessamit a été consulté en 2018‑2019 pour le territoire visé. Puis le droit...
En fait, peut-être préciser que le droit a été donné en 2020, avant la demande
d'aire protégée.
Fortin : Est-ce que c'est une consultation
que vous jugez appropriée?
Mme Blanchette
Vézina : Mon ministère s'assure et veille régulièrement à avoir des
communications avec les communautés
autochtones visées dans les différentes situations d'harmonisation qui peuvent
se vivre sur le territoire public. C'est important. On soutient aussi
financièrement plusieurs communautés pour qu'elles puissent participer à ces
consultations-là, qu'elles aient les effectifs nécessaires pour le faire. Et
mon ministère, ainsi que mon équipe, on est
en discussion régulière avec les communautés autochtones pour s'assurer de
respecter leurs droits puis de respecter les processus de consultation,
également, qui sont nécessaires pour l'harmonisation du territoire.
Nos relations avec
les communautés autochtones, on les veut fluides. J'ai commencé une tournée
avec eux. Mon souhait, c'est de continuer cette tournée-là, d'avoir des
communications avec les différentes communautés pour que l'harmonisation des
droits existants ou à venir puisse se faire en cohérence avec les droits des
Premières Nations.
M. Fortin : Est-ce
que vous jugez que vos relations sont fluides, comme vous dites, en ce moment?
Parce que, quand je lis certaines de leurs interventions, là, ce matin,
ça me semble tout sauf ça.
Mme Blanchette
Vézina : Écoutez, on est en discussion avec plusieurs communautés. Il
y a eu des ententes sur différents
territoires qui ont pu être faites dans le passé. Et d'ailleurs, tu sais, on
est en discussion, dans la Gaspésie, avec des communautés des Premières
Nations pour arrimer nos relations, pour que les relations se fassent. On donne
des droits forestiers aussi, des droits de coupe à certaines communautés
autochtones lorsqu'elles le demandent.
Donc,
l'objectif, c'est de respecter, d'améliorer toujours nos relations avec les
Premières Nations et de respecter les processus de consultation qui sont
édictés par les lois.
Fortin : Mais parlons de Pessamit de façon
spécifique, là. Ce que vous nous dites... qu'ils ont été consultés en 2018, oui, OK, il y a eu une
consultation sur les plans d'aménagement forestier en 2018, mais le ministère
leur a donné, leur a fourni les données, ce qu'ils appellent les colliers
télémétriques satellitaires, là, en 2019 puis... ou en 2020, même, puis, après ça, a autorisé des coupes, en 2021‑2022
et cette année. Est-ce que c'est un processus normal de consultation de
demander l'avis puis, après ça, d'envoyer des données, puis, après ça,
d'autoriser des coupes?
Mme Blanchette
Vézina : Le processus de consultation, il se fait à différentes
étapes. Il se fait notamment lors de la révision des droits forestiers, il se
fait aussi en cohérence avec les différents usages qui sont sur le territoire
ou qui viennent sur le territoire.
Elles ont été consultées,
ces Premières Nations, mais est-ce qu'on peut continuer de les consulter
autrement? Moi, j'ai toujours de l'ouverture
puis je démontre de l'ouverture. Mon souhait, c'est que les relations avec nos
Premières Nations soient fluides dans les territoires publics.
Fortin : Non, non, mais je vous parle de
la question de Pessamit de façon spécifique, là. Eux, ce qu'ils disent, c'est
qu'après avoir eu ces données-là puis après avoir entendu qu'il y avait des
coupes de prévues ils vous ont dit : Oh! un instant. Ils ont communiqué
avec le ministère, ils ont dit : Un instant, et je cite, là, le
vice-chef : «On n'a jamais eu de rétroaction.» Est-ce que c'est normal,
ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette
Vézina : Peut-être simplement vous rappeler que les aires protégées
sont en analyse, donc la demande a été
formulée au ministère, Environnement... le ministère de l'Environnement est en
analyse des différentes aires protégées, celle-là, notamment. Peut-être
vous rappeler que, pour retirer des droits ou ajuster des droits, il faut qu'on ait des cartes de délimitées. Donc, une fois
que les aires protégées auront été délimitées concrètement, s'il y a des
aires protégées, bien, elles seront envoyées à mon ministère pour que
l'ajustement puisse être fait quant aux droits.
Il faut comprendre
qu'il y a des droits... On vit dans une société de droit. On a des droits qui
ont été donnés à des entreprises.
L'objectif, c'est, oui, de s'assurer d'harmoniser notre territoire, d'avoir un
équilibre entre la prévisibilité pour l'industrie mais aussi de protéger
l'habitat de différentes espèces, dont le caribou. Donc, en ayant des cartes
qui vont délimiter un territoire d'aires protégées, c'est là que ça déclenche
le processus de révision des droits. C'est ce qui sera fait s'il y a aire
protégée dans ce secteur.
M. Fortin : Mais le ministre de l'Environnement, là, la semaine dernière, en étude
de crédits, a dit qu'il y aurait des annonces par rapport aux aires
protégées au mois de juin, OK, ça, c'est ce qu'il a dit. Le mois de juin, là,
c'est le mois prochain. On est au mois de mai, après ça vient juin. Alors, ça
s'en vient vite.
Puis, quand on parle
aux industries forestières, ils nous disent : Nous, on n'a pas été
consultés. Nous, on ne nous en a pas parlé. Alors, d'un côté, là, les
communautés autochtones sortent sur la place publique en disant : Nous, on
n'est pas consultés par rapport aux travaux qui sont faits. L'industrie
forestière nous dit : On n'est pas consultés par rapport aux aires
protégées. Est-ce que c'est normal, un processus de consultation comme ça, Mme
la ministre?
Mme Blanchette
Vézina : Le processus de développement de la stratégie, disons,
caribou est porté par le ministère de l'Environnement. Il vous a nommé qu'il
était en analyse. Moi, de mon côté, on va travailler en étroite collaboration parce que l'habitat de l'animal,
c'est la forêt. Donc, on sera là pour ajuster les cartes. Il faut comprendre
qu'il y a des droits qui ont été octroyés antérieurement. On est dans une
société de droit, vous le savez. On ne peut pas retirer, sur la base d'idées,
des droits qui ont été octroyés. On a fait les consultations nécessaires. Puis,
lorsque la stratégie sera mise en
consultation, les gens pourront s'exprimer, et les consultations vont se faire
dans les prochains mois.
Fortin : Vous avez fait la consultation
nécessaire, c'est ce que vous venez de dire, alors à qui...
Mme Blanchette
Vézina : Pour ce qui est des droits antérieurs, qui ont été donnés à
l'entreprise, qui ont été accordés à l'entreprise, oui.
M. Fortin : OK.
Bien là, vous vous apprêtez à faire des aires protégées. À qui avez-vous parlé,
dans l'industrie forestière, de ces aires protégées là?
Mme Blanchette Vézina : Pour ce qui est de la
stratégie caribou, elle est portée par le ministère de l'Environnement.
Donc, je vous répondrais de demander la question à mon collègue.
Fortin : Mais vous, vous considérez que
c'est au ministère de l'Environnement à faire des relations avec l'industrie
forestière pour des aires protégées, ce n'est pas à vous à faire ça?
Mme Blanchette
Vézina : Ce que je vous mentionne, c'est que je suis en relation avec
l'industrie, mais avec les groupes environnementaux également. Je consulte les
municipalités, l'ensemble des communautés forestières. Les impacts, s'il y a... Lorsqu'il y aura stratégie caribou, on aura des
mesures de mitigation, mais il reste que la stratégie, elle est portée
par le collègue de l'Environnement.
Fortin : OK, mais vous venez de dire,
là : Moi, je suis en contact avec l'industrie forestière par rapport à ces aires protégées là et la stratégie du caribou.
À qui, dans l'industrie forestière, avez-vous parlé de ces aires protégées
à venir?
Mme Blanchette
Vézina : Pour moi... Ce n'est pas moi qui est en lien avec la
stratégie caribou pour... en lien avec l'industrie
pour la stratégie caribou. Je vous rappelle que ces aires protégées, elles sont
mises de l'avant par le collègue de l'Environnement.
Fortin : Alors, vous n'avez aucun rôle
là-dedans?
Mme Blanchette
Vézina : Moi, ce que je vous dis, c'est qu'on travaille en
collaboration et on va travailler en collaboration pour mitiger les impacts,
s'assurer qu'on protège l'habitat, mais aussi nos communautés forestières.
Donc,
on sera là et on est là, comme ministère, en relation avec, oui, l'industrie,
mais pas dans la détermination des cartes des aires protégées. Si je faisais
ça, vous seriez... j'aurais quelqu'un qui viendrait me dire qu'on vient
arrimer... l'équilibre serait difficile à faire dans l'arrimage des droits par
rapport à l'industrie. Donc, l'objectif, c'est de, oui, protéger l'habitat, mais de le faire aussi en cohérence avec... en
équilibre avec les communautés forestières qui sont là. Et moi, comme
ministre, et le ministère, on va être en collaboration dans les impacts et dans
l'élaboration...
Le Président (M.
St-Louis) : Je vous demanderais de conclure, Mme la ministre, s'il
vous plaît.
Mme Blanchette
Vézina : ...de ce qui sera fait pour les communautés.
Le Président (M. St-Louis) : Je
m'excuse. Le temps alloué à ce bloc d'échange étant terminé, je suis maintenant
prêt à reconnaître une seconde intervention
du deuxième... de la porte-parole, pardon, du deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Verdun, la parole est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de
8 min 56 s.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Je vais continuer sur la question d'aires protégées,
mais surtout sur la question de la protection de l'habitat du caribou. Là,
j'entendais, tantôt, la ministre dire quel est... En fait, ce n'était pas
clair. Quel est votre rôle dans la
protection du caribou? Je nous rappelle qu'il nous en reste de moins en moins,
des caribous, sur notre territoire.
Je pourrais vous donner des exemples. Dans Charlevoix, il y a moins de
20 caribous, puis ils étaient plus de 120 il y a 30 ans. Je
pourrais donner des exemples en Gaspésie, à Val-d'Or.
L'objectif de la stratégie, on le
souhaite... que ce soit écouter les experts qui nous disent qu'il ne doit pas y
avoir plus de 35 % de
perturbations dans l'habitat du caribou. Donc, quel est votre rôle, Mme la
ministre, dans la protection de l'habitat du caribou?
Mme Blanchette
Vézina : Vous l'avez nommé, c'est la protection de l'habitat du
caribou. On a mis en place des mesures
intérimaires. D'ailleurs, la capacité forestière, elle a été réduite, dans la
planification qui a été faite en lien avec la stratégie caribou, puis
surtout les mesures intérimaires pour la protection du caribou. Donc, c'est
1,4 million de mètres cubes de bois qui
a été retiré de la capacité forestière pour la dernière révision des droits.
Et, ça, on fait les travaux qui sont
requis dans les forêts québécoises, en respectant les mesures intérimaires qui
ont été formulées en... pour protéger l'habitat du caribou.
Mme Zaga
Mendez : Puis on comprend bien que, pour arriver au 35 % de
perturbation de son habitat, il va falloir arrêter les coupes dans certains
secteurs. Êtes-vous d'accord avec moi?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, il y aura différentes actions qui vont être mises en
place. Mon collègue de l'Environnement est
en train d'élaborer cette stratégie-là. Nous, on sera en collaboration dans les
mesures applicables pour protéger qui seront jugées nécessaires pour protéger
l'animal. On va aussi... On va, tu sais, faire des actions qui visent bien sûr
la gestion de l'habitat, comprendre... Je vous nommais tout à l'heure qu'il y
a... il y a des aléas qui peuvent arriver dans nos forêts qui nécessitent qu'on fasse des
interventions aussi pour protéger cet habitat, notamment des épidémies
d'insectes, du reboisement. Donc, on sera là, nous, en accompagnement pour ces
actions. On va démanteler aussi des chemins forestiers pour... parce que c'est
nommé comme étant une des problématiques. Donc, on sera là, dans la
restauration aussi du territoire. Puis il y aura des actions aussi d'un point
de vue sylvicole. Donc, on sera là, nous, en accompagnement avec le collègue de
l'Environnement.
Mme Zaga
Mendez : Merci. Une des choses qui est demandée par le milieu... Parce
que, vous savez, la façon comment protéger le caribou, c'est dans la création
d'aires protégées. Tantôt, on parlait de la création de tous les... tout ce qu'on a lu ce matin concernant la
création de l'aire protégée du Pipmuacan dans laquelle, les groupes et les
communautés, ce qu'ils demandent, c'est de dire, dès qu'il y a un dépôt de
projet, qu'on arrête les planifications des coupes
forestières dans ce territoire-là. Pourquoi il n'y en a pas eu, d'arrêt dans le
cas du Pipmuacan, et d'une consultation beaucoup plus fructueuse auprès
des communautés autochtones?
Mme Blanchette
Vézina : Il y a eu des demandes qui ont été formulées. Je sais que mon
collègue est en analyse de territoire. Donc,
avant de créer une aire protégée, il faut délimiter sur la carte quels
endroits. Encore une fois, on va s'en remettre à cette... à cette
carte-là. Lorsqu'il y aura... Le processus légal, comment c'est... ça
fonctionne, c'est que, lorsqu'il y aura ou lorsqu'il y a une aire protégée qui
est désignée officiellement, bien, il y a une... il y a une réduction de la
capacité forestière qui peut être faite en fonction des mesures intérimaires.
Rappelons qu'on a mis en place déjà des
mesures provisoires pour s'assurer de respecter l'habitat du caribou. Donc,
c'est ce qu'on fait en ce moment dans les forêts.
Mme Zaga
Mendez : Mais, en attendant... Parce qu'en 2021, là, on a appris
que votre... le ministre qui vous a précédé
avait mené quand même une campagne pour bloquer des aires protégées. Comment
vous... Mme la ministre, là, on est... on parle de votre mandat, on n'a
que... à peu près, là, il y a eu 83 propositions d'aires protégées, qui
ont... faisaient l'objet d'un large consensus citoyen, qui ont été écartées par
le ministre.
Mme Blanchette
Vézina : En fait, moi, je tiens à vous rassurer que, pour notre
gouvernement et pour moi, il est important
de créer des aires protégées. On a d'ailleurs pris des engagements à la COP15
de protéger du territoire. On s'en... on s'y... on s'y engage, on s'y
affaire. Et, lorsqu'il y aura des aires protégées qui vont être désignées comme
étant des aires protégées, on fera les ajustements qui sont nécessaires en
forêt.
Mme Zaga
Mendez : ...parce que le temps qu'on délimite l'aire protégée, le
temps que M. le ministre... On attend quand
même depuis 2019 la stratégie Caribou. Ce n'est pas quelque chose qui... C'est
quelque chose qui devait arriver il y a trois ans. On attend
jusqu'au mois de juin, comme le disait le collègue. En attendant, pourquoi ne
pas s'engager à cesser la planification des coupes forestières dans les parcs
régionaux, dans les zones qui sont à l'étude?
Mme Blanchette Vézina : ...on fait... on a mis en place des mesures
intérimaires, là, je vous répète, donc il y a des mesures intérimaires
de protection qui sont mises en place. La capacité, elle a été réduite, et,
dans les territoires où le caribou... où la stratégie est projetée, on respecte
les mesures intérimaires.
Mme Zaga
Mendez : Mais je veux répéter ma question : Pourquoi ne pas
s'engager à cesser la planification des
coupes forestières? Pourquoi ne pas mettre un arrêt temporaire le temps que
l'aire protégée soit désignée? Consulter les peuples autochtones, consulter même... travailler avec l'industrie
forestière pour arriver à une protection de... Alors, je parle du cas du caribou, là, on parle de 35 %
de son habitat qui doit être protégé. Pourquoi ne pas avoir mis un moratoire,
quelque chose de temporaire pour permettre de protéger le caribou?
Blanchette Vézina : ...que vous aimez beaucoup les moratoires, mais il
y a des droits qui sont octroyés aux entreprises forestières. Je vous répète
qu'on a mis en place des mesures intérimaires pour s'assurer de respecter
l'habitat, de respecter l'animal en attendant la stratégie Caribou. On s'est
engagé à le faire. Mon collègue y travaille en ce moment.
Mme Zaga Mendez : Les mesures intérimaires,
vous les avez mises depuis quand? Depuis quand qu'elles sont en place,
les mesures intérimaires?
Mme Blanchette
Vézina : 2019?
Mme Blanchette
Vézina : 2019, oui.
Mme Zaga
Mendez : 2019. Mais les inventaires des caribous nous montrent qu'en
2020-2021 on avait encore des pertes au niveau de l'espèce. Est-ce que vous
sentez que les mesures intérimaires vont nous permettre... ou est-ce que...
Parce que les experts nous le disent, les communautés nous le disent, il
fallait arrêter l'intervention forestière dans ces zones-là. On parle des
habitats extrêmement sensibles, Mme la ministre. Puis, en plus, on parle, en tout cas, avec les nouvelles aujourd'hui,
qu'après que le dépôt du projet... Parce que l'enjeu entre 2018 et 2019, là,
ce qui est arrivé, c'est qu'on a trouvé des caribous dans le Pipmuacan, Mme la
ministre. Ça fait que c'est ça qui a changé la donne entre le moment où est-ce
que le ministère a consulté et maintenant. Et, une fois qu'on a trouvé ça, on
a... les communautés ont déposé une aire protégée. Puis ce qu'ils demandaient,
c'était une consultation et un arrêt des
coupes dans ces zones-là, pour pouvoir planifier l'aire protégée. Pourquoi la
ministre n'a pas répondu à cette demande?
Mme Blanchette
Vézina : Il faut comprendre que les aires protégées... la
détermination des aires protégées, encore une fois, elle provient
d'Environnement. Lorsqu'il y a un consensus au sein des ministères, il peut y
avoir des contraintes administratives qui pourraient empêcher la récolte du
bois. Mais il faut comprendre qu'il y a des droits qui sont octroyés. On est
dans une société de droit. Lorsqu'il y aura la stratégie Caribou...
Peut-être faire une
parenthèse, mais, la stratégie Caribou, on a fait une commission Caribou, et la
stratégie Caribou, elle émane de ça. Donc,
on a mis les mesures intérimaires en place, on a fait une commission pour
déterminer des cartes, s'assurer que
ce qu'on mettait au jeu pourrait protéger l'animal, ce qu'on va faire. Et donc
on a mis en place des mesures.
Le ministère respecte
à la fois les droits, l'équilibre entre les droits, de ce qui a été donné
antérieurement, pour faire une transition,
aussi, juste, pour l'ensemble des communautés qui vivent de la forêt, là. Donc,
il y a des droits qui ont été donnés antérieurement, et, lorsque la
stratégie Caribou sera mise en place, on aura des mesures pour atténuer les
impacts de la stratégie.
Mme Zaga
Mendez : Juste une minute. Écoutez, ce que j'entends, c'est qu'on...
c'est comme si on pellette tout le temps vers en avant, Mme la ministre, c'est
tout le temps : On va attendre la stratégie, on a mis des mesures. On va pelleter vers en avant. Pendant ce temps-là,
le caribou est en train de disparaître dans notre territoire, Mme la ministre.
Puis ça fait des années qu'on crie, ça fait
des quinzaines d'années que les gens se battent sur le terrain, les communautés
autochtones, les groupes. Puis là on est rendus en 2023, la stratégie n'est pas
encore aboutie, on n'a pas fait des consultations
comme il faut. Puis vous nous dites : On va attendre, parce qu'il faut
respecter les droits des forestières. Aucun problème. Nous, on veut continuer
avec l'activité forestière. Mais on pense que, là qu'on est rendus à avoir
moins de 20 caribous à Charlevoix, 34 caribous comptabilisés en
Gaspésie, un arrêt temporaire...
Le Président (M.
St-Louis) :
En conclusion, Mme la députée.
Mme Zaga
Mendez : ...pourrait être de mise.
Le Président (M.
St-Louis) : Malheureusement, le temps de ce bloc d'échange est
terminé. Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une troisième intervention de l'opposition officielle pour un bloc
d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous disposez
de 18 min 25 s.
Fortin : Merci. Merci, M. le Président.
Déjà une dernière intervention, ça passe... ça passe tellement vite. Il me semble qu'on pourrait faire ça longtemps,
mais... Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi, mais, quand même...
Mme Blanchette
Vézina : J'en ai plusieurs aujourd'hui, ça fait que ça ne se terminera
pas pour moi, là, je... le plaisir va continuer cet après-midi.
Fortin : Je veux juste continuer un peu
dans ce que la collègue de Verdun vient de... a amorcé, là, le manque de consultations. Tantôt, on a parlé des
communautés autochtones qui ne se sentent pas consultées, et, à travers ce
sentiment-là, là, il y a des experts, des gens de l'Université Laval entre
autres, qui sont sortis sur la place publique en
disant : C'est vrai, qu'ils ne sont pas... ils ont fait
42 000 détours, là, pour ne pas les consulter de façon appropriée.
Là, il y a l'industrie forestière qui dit : Nous autres non plus, on n'est
pas consultés, on ne se sent pas entendus.
ministre responsable des Forêts nous dit : Bien, ça appartient au ministre
de l'Environnement de faire ça. Sauf que le
ministre de l'Environnement, quand ma collègue ici, la collègue de Verdun, lui
a posé la question la semaine dernière, lui-même a dit : Pour tout ce qui
est du volet accompagnement de l'industrie, c'est davantage ma collègue
au MRNF qui pourrait répondre à cette question-là. Ça, c'est mot pour mot, là,
en réponse à ce qui va se passer avec l'industrie forestière à travers ces
aires protégées là.
Alors,
ce que j'entends aujourd'hui : la consultation, ça ne vous appartient pas.
Mais, par la suite, là, qu'est-ce que vous entrevoyez pour l'industrie
forestière suite aux aires protégées?
Mme Blanchette
Vézina : L'industrie forestière, les communautés, là, les régions du
Québec se sont construites autour de la forêt. Ça fait qu'on est d'accord
là-dessus, sur le fait que c'est important, c'est important, puis on a très...
on est très conscients de cette importance-là. En même temps, il faut trouver
un équilibre, parce qu'il faut... on le sait, on doit protéger l'animal, on
doit protéger l'habitat, mais la biodiversité aussi en général. Donc, la forêt,
elle, elle est l'habitat de plusieurs animaux, de cette biodiversité-là. Donc,
comme ministre des Forêts, des Ressources naturelles, mais des Forêts, j'ai ce
devoir-là de protéger à la fois les communautés, les... qui vivent de la forêt
grâce à l'industrie, mais de respecter aussi des engagements de protection de
la biodiversité et de l'habitat.
Dans les mesures qui
vont être mises en place en lien avec la stratégie Caribou, moi, depuis mon
arrivée, j'ai consulté différentes personnes. L'industrie en fait partie, les
syndicats également, là, de l'industrie forestière. Parce qu'il faut se
rappeler que c'est des employés, c'est des gens qui vivent de la forêt, là,
dans nos régions du Québec.
Et donc, lorsque les
aires protégées... qu'il y a des aires protégées ou qu'il y a des mesures qui
sont mises qui retirent de la capacité forestière, nous, on sera là pour la
stratégie Caribou pour soutenir les communautés, mais dans un équilibre où on sait que les régions du Québec
se sont construites autour de ces... de cette industrie et que c'est une
industrie qui est importante aussi pour l'économie québécoise, là. Rappelons
que c'est 7 milliards de PIB qui... qui vient de la forêt. Donc, on
va prendre des mesures pour atténuer les impacts, pour mitiger les impacts pour
les communautés, pour s'assurer qu'on puisse continuer de vivre de la forêt,
que nos communautés puissent continuer de vivre de la forêt.
M. Fortin : Qu'est-ce
que ça veut dire? Qu'est-ce que vous avez en tête quand vous me dites :
«On va prendre des mesures pour atténuer»?
Mme Blanchette
Vézina : Ça peut être des mesures de mitigation, de diversification.
On veut faire plus et mieux avec moins, donc... en matière de travaux
sylvicoles également. Donc, je pense qu'on est... on va vous arriver avec
différentes solutions, mais sachez que c'est fait en ayant consulté et en ayant
rencontré les différents partenaires pour s'assurer du respect de ces
communautés forestières.
M. Fortin : ...vous
considérez, en ce moment, là, que les consultations avec le milieu forestier,
avec l'industrie forestière, en vue de ces aires protégées là et de
toutes les mesures qui en découleront, sont appropriées?
Mme Blanchette
Vézina : On a consulté, mais, pour ce qui est de la stratégie Caribou,
je le rappelle, ou des aires protégées,
c'est des initiatives qui émanent du ministère de l'Environnement. Donc, les
consultations se font à travers le ministre de l'Environnement.
Fortin : OK. Mais moi, je vous avoue, M.
le Président, que j'ai un petit peu de misère avec une ministre des Forêts qui
ne parle pas au milieu forestier pour des enjeux si importants que ça. Les gens
de l'industrie forestière, ils le disent,
qu'ils ont des solutions à mettre sur la table, mais ils veulent être capables
de vous en parler. Le ministère de l'Environnement a un travail à faire,
puis c'est un travail important, là, on en convient, mais, en même temps, celle qui porte la voix des communautés
forestières, c'est vous, c'est la ministre des Forêts. Vous n'êtes pas une
lobbyiste de l'industrie, mais vous
êtes une voix des communautés forestières, comme plusieurs des collègues ici le
sont, comme moi, j'en suis un. Alors, il me semble que d'entendre leur
point de vue avant de prendre des décisions si importantes, même si c'est des décisions qui appartiennent,
disons, à votre collègue de l'Environnement, c'est la moindre des choses.
Mme Blanchette
Vézina : M. le député de Pontiac, je vous... je vous mentionne que
j'ai rencontré et que je suis en contact avec les différents partenaires qui
vivent de la forêt québécoise, autant l'industrie que les groupes
environnementaux, que les communautés forestières. J'ai rencontré la Fédération
québécoise des municipalités. Je suis allée
à différentes activités avec eux pour... Puis mon ministère, on est en contact
direct avec... avec les communautés forestières. Mais je rappelle que la
stratégie Caribou, elle est portée par le ministère de l'Environnement. On sera
là en soutien. Et, sur les aspects de
mitigation des dommages qu'il pourrait y avoir en lien avec cette stratégie-là,
je vous rassure, ici, là, on est en
contact avec les communautés, avec l'industrie par rapport à comment on peut
faire différemment dans nos forêts pour s'assurer d'avoir une
industrie... continuer d'avoir une industrie qui est... qui est florissante
pour nos régions québécoises.
Fortin : Est-ce qu'il y en a, des
solutions qui ont été évoquées par l'industrie forestière, là, dans ce dossier-là,
qui peuvent contribuer à protéger le caribou et à préserver notre industrie
forestière? Est-ce qu'il y en a, des solutions qui vous ont été présentées par
l'industrie, qui vous intéressent?
Blanchette Vézina : Il y a... En fait, il y a plusieurs propositions
qui ont pu être faites par l'industrie, mais
je rappelle que ces propositions-là, elles sont formulées, notamment, pour que
la stratégie Caribou tienne compte des communautés forestières, et ça,
c'est à travers le ministre de l'Environnement. Mais moi, je suis à l'écoute,
je les rencontre, et nous les rencontrons, comme ministère, en lien avec ces
enjeux-là et d'autres enjeux de la forêt qui sont vécus par l'industrie
forestière.
Fortin : ...pas... aujourd'hui, vous n'êtes
pas en mesure de me nommer une de leurs propositions, là, que vous avez
appréciée, là, qui semble faire... Puis c'est correct, là, mais c'est... si
c'est ce que vous me dites, je n'ai pas de problème, là.
Mme Blanchette
Vézina : C'est ce que je vous répondrai. C'est : la stratégie
Caribou, elle s'en vient, on s'est engagé à le faire, et elle sera déposée.
Puis les mesures viendront au moment où la stratégie sera déposée.
Fortin : OK. Parlant de représentation des
communautés forestières, vous le savez, ce qui se passe dans les Laurentides,
en Outaouais, dans ma propre région, là, c'est particulièrement difficile. Et
c'est particulièrement difficile
depuis 2019, depuis la fermeture du plus grand preneur de pâtes de la
région. C'est une industrie qui vit au jour le jour, disons, là, mais qui est... vous l'avez dit, on n'est pas
différents, d'ailleurs, au Québec à ce niveau-là, on a des communautés qui sont
bâties sur l'industrie forestière et qui veulent savoir, trois ans,
quatre ans plus tard, là, qui veulent savoir c'est quoi, le plan de
match.
Là, dans le budget,
vous avez mis 10 millions pour, et je cite, «assurer un débouché pour des
bois feuillus de faible qualité issus des
récoltes et appuyer le secteur forestier dans les régions». On peut
subventionner le transport à n'en plus finir, là, mais ça prend des
solutions plus durables. Qu'est-ce que vous avez en tête spécifiquement?
Mme Blanchette Vézina : Je... En fait, à la
demande de la... des communautés de l'Outaouais et des Laurentides, on a poursuivi le programme, on a prolongé le
programme PEEOL, PEEOL, le programme d'écoulement exceptionnel des bois, là, de
faible qualité des régions de l'Outaouais et des Laurentides — désolée
de l'acronyme — pour
cette année. Donc, rappelons que, dans les années passées, ce
programme-là était existant. Les mesures qui ont été mises en place pour les
industries, c'est environ 24,4 millions, annuellement, qui a été remis,
dans le cadre de ce programme-là, aux entreprises
qui... pour couvrir la structure, l'écosystème industriel forestier de la
région de l'Outaouais et des Laurentides, effectivement, suite à la
fermeture de l'usine Fortress en 2019. On a aussi le programme Innovation
Bois, qui aura permis à l'industrie de faire de l'innovation, d'apporter des
nouveaux débouchés innovants. Donc, c'est 9,7 millions qui ont été donnés
à la région. Et donc la mesure budgétaire de 10 millions s'ajoute pour
cette année.
Fortin : Vous savez... vous savez à quoi
elle sert, cette mesure-là?
Mme Blanchette
Vézina : Bien, oui, oui, oui. Bien...
Fortin : Vous savez qu'est-ce qu'on...
Qu'est-ce qu'ils font avec ce 10 millions là?
Mme Blanchette
Vézina : En fait, on fait du transport. L'objectif...
Fortin : C'est ça, c'est...
Mme Blanchette
Vézina : L'objectif, c'est de trouver des preneurs pour le bois de
faible qualité. Donc, dans la structure, l'équilibre de la structure
industrielle, on avait besoin, pour avoir un... L'industrie avait besoin, dans
ce secteur-là, pour avoir un prix
intéressant, d'avoir des preneurs de bois. Donc, on s'assure qu'il y ait des
preneurs de bois pour ceux qui sont de faible qualité. Mais, en... en ce sens
aussi de pouvoir trouver des débouchés et avoir... avoir une relance de l'usine Fortress, on a aussi
conservé les volumes de bois, puis mon collègue à... Investissement Québec et MEIE, là, se...
travaillent à trouver des débouchés et des preneurs pour ce bois, pour
s'assurer d'avoir un écosystème solide dans l'Outaouais et les Laurentides.
Fortin : Ce que vous me dites là, là, on
va subventionner le transport pour envoyer le bois en Estrie ou ailleurs, là,
c'est ce qui se fait en ce moment, là, c'est une chose. Mais ça ne peut pas
continuer à perpétuité, ça. C'est une chose
de le reconduire, là, mais ça prend des solutions plus pérennes que ça. Je le
sais que vous le savez. Alors, quand vous me dites : On travaille
pour un repreneur, ou d'autres, est-ce qu'il y a... est-ce que vous avez
quelque chose de concret en ce moment? Parce que la région se fait dire depuis
quatre ans, là : Donnez-nous un autre six mois. On se donne un deadline... désolé de l'anglicisme, on se
donne un deadline pour un autre six mois, puis après ça un autre, puis
après ça un autre, et ça ne débouche jamais.
Alors, est-ce qu'il y a quelque chose dans les cartons, là, qui s'annonce pour
bientôt?
Mme Blanchette Vézina : Comme je vous le
mentionnais... Bien, on est d'accord là-dessus, là, c'est important de
trouver une solution qui va être pérenne. Le programme, il est exceptionnel. On
le reconduit d'une année, à la demande des
communautés de l'industrie, parce qu'on souhaite trouver un repreneur pour
l'usine. Donc, nous, on s'assure que les bois sont disponibles si
repreneur il y a, et je le sais, que mon collègue de l'Économie y travaille
avec... à travers Investissement Québec, à trouver un repreneur qui permettra
d'écouler ces bois.
M. Fortin : OK, mais est-ce qu'il y a
des rencontres en ce moment? Est-ce qu'il y a... Puis je ne vous demande
pas de me dire c'est quoi, les... c'est
quoi, l'entreprise, je ne vous demande pas de me dévoiler quelques pourparlers,
mais qu'est-ce qui se passe, là, aujourd'hui, pour cette usine-là?
Blanchette Vézina : Il y a des rencontres, mais, tu sais, je vous
rappelle que ce n'est pas nécessairement moi qui pilote ces rencontres.
Mais, oui, il y a des rencontres. Donc, il y a des... Tu sais, si on a
reconduit pour une année, c'est qu'on croit
que cette année-là va permettre de trouver des solutions qui vont être
pérennes, et donc il y a des discussions avec des entreprises.
M. Fortin : Mais j'entends la même chose, ce qu'on entend depuis
quatre ans, c'est-à-dire : On se donne une autre année. Tantôt, je vous disais : On se donne six mois.
Là, vous êtes rendus à donner une autre année, mais ça revient à la même
chose. Est-ce que vous y croyez vraiment?
Mme Blanchette Vézina : Moi, j'y
crois. Oui, j'y crois vraiment. L'objectif, c'est de trouver une solution pérenne, puis, en attendant, bien, ce
programme-là, il répond aux besoins. On souhaite... C'est à la... au souhait...
C'est le souhait de la communauté puis de l'industrie régionale.
M. Fortin : Bien non, mais on n'a pas le choix, on... Il n'y a pas...
il n'y a pas d'options, là, en ce moment? Ce n'était pas... Si vous ne l'aviez
pas mis dans le budget, là, il y aurait... moi, j'aurais déchiré ma chemise. Il
y a des collègues des Laurentides qui auraient fait la même chose. J'espère, je
le crois, mes quatre collègues de l'Outaouais auraient fait la même
affaire. Ce n'est pas un... ce n'est pas un choix, là. Ça, c'est pour s'assurer
que toutes les autres usines de l'Outaouais,
là, ont quelque part où envoyer leur bois à travers une subvention. Mais je ne
veux pas qu'on se... qu'on refasse la même dynamique, qu'on vive la même
dynamique qu'on a vécue dans les quatre dernières années, là.
Le premier ministre s'en va à Thurso jeudi, là.
Il s'en va à Thurso pour parler aux gens de la communauté, oui, de Guy-Lafleur puis de l'autoroute, puis les
gens vont être très contents de ça, mais il y a 300 travailleurs qui ont
perdu leur job en 2019, là, à cette usine-là. Puis il y a un paquet
d'autres usines dans la région qui, eux, sont pris avec cette dynamique-là, puis qui ne savent pas la pérennité
de leur propre entreprise en ce moment, donc ils se posent des questions
par rapport à leur avenir. On n'a rien de plus à dire à ces gens-là qu'«on
continue à chercher»?
Mme Blanchette Vézina : Moi, ce que
je vous ai dit, je le répète, on est confiants. On l'a reconduit pour une année. L'objectif, c'est de trouver une solution
qui va être pérenne, et on y travaille en ce moment. Donc, la situation en
Outaouais puis dans les Laurentides, elle
n'est pas idéale, mais on est là. On a mis en place des programmes de soutien
qui sont temporaires, mais on continue de travailler, là, on veut... on veut
s'assurer de trouver une solution qui va convenir à l'écosystème forestier de
ce secteur.
Fortin : Il y a la reprise de Fortress. Est-ce que vous
travaillez sur d'autres projets pour la pâte en Outaouais, Laurentides
en ce moment?
Mme Blanchette Vézina : Bien, comme
je vous mentionnais, il y a différentes... il y a des entreprises qui ont été rencontrées, là, on... Investissement
Québec et le MEIE regardent, là, les alternatives qui vont être... qui vont
être les plus efficaces pour... pour
la relance ou pour une solution de bois de faible... pour un preneur de bois de
faible qualité.
M. Fortin : Mais là vous... On parle de Thurso, là, mais est-ce qu'il y
a d'autres entreprises en Outaouais, Laurentides qui peuvent, en ce moment,
prendre de la pâte additionnelle? Il y en a-tu d'autres qui lèvent la main, là,
puis qui disent : Moi, je suis capable de le faire?
Blanchette Vézina : Peut-être que je... Oui, c'est ça, je permettrais
de donner la parole à mon... à M.
Sénéchal, qui est sous-ministre aux Forêts, pour répondre sur le détail des
entreprises, répondre à la question. Est-ce que vous me donnez le
consentement?
Mme Blanchette Vézina : Merci.
M. Sénéchal (Alain) : Donc, pour
répondre à votre question, on a toujours des demandes de volumes additionnels
qui nous proviennent de différents industriels. Les projets ne sont pas tous au
même niveau. Souvent, les projets se
heurtent à des problématiques de financement, donc, puis je vous rappellerai
que, voilà peut-être deux ans, on avait
mis un bureau de projet en place, on avait mis en disponibilité des volumes...
surtout des... mais on avait conservé le volume pour Fortress, parce
qu'on a espoir que ça reparte chez Fortress, puis on a encore espoir. On... Le
volume qui restait, on l'avait mis au bureau de projet, puis on avait dit aux
gens : Déposez vos projets, ils vont être analysés avec Investissement Québec, selon des critères... des critères
forestiers, économiques, financiers, et tout ça. Donc, on a fait ça la
dernière fois.
On avait ciblé des repreneurs de ces volumes-là.
Ça ne s'est pas concrétisé à la hauteur de nos espérances. Il y a toujours des
projets qui viennent nous voir, de biocharbon, de cogénération. On les
accompagne, on les suit, on veut que ça marche, mais, en
même temps, les conditions gagnantes ne sont pas toujours réunies. Donc, on a
espoir que ça prend quand même, je dirais,
un projet-phare, là, dans la région pour s'assurer de... parce que c'est des
volumes quand même très importants. Donc, notre espoir, c'est qu'on
trouve un débouché chez Fortress, que ce soit avec de la pâte ou un autre
produit. Mais notre espoir, c'est que ça devienne un projet-phare pour la
région.
M. Fortin : OK. Dans la minute qu'il me reste, M. le Président, là, je
veux simplement dire que l'étude de crédits qu'on vient de vivre, là, pour moi,
c'est un immense drapeau rouge pour toutes les entreprises forestières au
Québec, ne serait-ce, ne serait-ce que pour la question de l'entretien des
travaux sylvicoles. Parce que ça, ça mène directement,
comme on l'a entendu par le Forestier
en chef, à de la diminution
potentielle de la possibilité forestière au Québec. Nos entreprises ont
besoin d'une possibilité forestière adéquate, ils comptent là-dessus, nos
communautés forestières, au Québec, dépendent de cela. Et, si on ne fait pas
les travaux d'entretien nécessaires, on peut planter tous les arbres qu'on veut, ce qui est, environnementalement parlant,
une bonne chose, on plante des arbres, tant mieux, mais si on ne... n'en prend pas soin, c'est un
immense drapeau rouge pour la communauté forestière. J'espère, M. le Président,
qu'il va y avoir un rééquilibrage des choses et que ça va être fait le
plus rapidement possible, parce qu'un arbre planté qu'on n'entretient pas, ça
ne fait pas avancer la forêt québécoise au niveau de nos... de notre
possibilité forestière. Et ça, c'est un vrai enjeu pour lequel je n'ai pas
entendu de réponse aujourd'hui de la part de la ministre. Je vous remercie, M.
le Président.
Le Président (M. St-Louis) : À
titre
informatif, M. le député, il vous reste toujours 40 secondes. Je ne sais
pas si vous souhaitez...
M. Fortin : J'ai... Je pense que j'ai fait... j'ai fait le point
principal. Je veux quand même remercier la ministre,
son équipe et le Forestier en chef, là. Mais, encore une fois, je vois mal
aujourd'hui comment, à travers le manque de travaux d'entretien qu'il y
a, on peut aider nos communautés forestières, rencontrer nos objectifs de la
stratégie du bois, qui est d'augmenter la
possibilité forestière au Québec, et ça met en danger l'avenir de la capacité
de production des entreprises québécoises. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention
du porte-parole du gouvernement. Alors, M. le député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
la parole est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de 14 min 20 s.
M. Bernard : Merci, M. le Président.
Je voudrais saluer la ministre, toute son équipe, puis les collègues de l'opposition de l'autre côté, et tous les gens qui
sont ici du ministère, et ainsi que le Forestier en chef, qui est ici présent
avec nous aujourd'hui.
Le député de Pontiac a souligné qu'effectivement
l'ensemble des députés qui sont ici, lui, nous trois de ce côté-ci, avons
l'industrie forestière à coeur. Elle est omniprésente sur nos territoires
respectifs. J'ai mon collègue ici, du Saguenay, que... s'il y en a un qui est
vraiment interpelé par l'industrie, c'est lui. Moi, au Témiscamingue,
personnellement, à Rouyn-Noranda, je n'ai pas d'entreprise forestière, mais
j'ai des entreprises qui font des travaux sylvicoles
et autres. L'industrie forestière est très omniprésente au Témiscamingue. Et
d'ailleurs il y en a une, Rayonier, dans le sud de la province, qui
bénéficie du programme PEEOL. Puis le programme PEEOL permet, justement, entre autres, dans le contexte difficile qui a été
souligné par la ministre et les gens, de quand même maintenir des entrepreneurs
en place pour effectuer des travaux.
L'industrie forestière est importante, comme je
l'ai dit, mais je voudrais amener la ministre sur un autre sujet, qui est un
peu d'actualité puis en fin de saison, mais qui est aussi important, c'est le
plan directeur sur l'acériculture. Pour les
gens qui nous écoutent, moi, je... ma famille est originaire de la Beauce.
L'industrie forestière, on pense souvent qu'elle est beaucoup liée au territoire privé, parce qu'on voit beaucoup
ça, particulièrement dans le sud de la province, des entreprises, qui
sont familiales, sur des terres, mais il y a un volet très important, c'est de
l'acériculture en terres publiques. Et, chez
moi, entre autres au Témiscamingue, les entreprises acéricoles qui sont là sont
en territoires publics.
En mai 2022, le gouvernement a entrepris
une consultation publique pour un nouveau plan directeur sur l'industrie
acéricole. Et ce plan-là a donc... Lors des consultations, le ministre a mis en
place une table stratégique, puis il y a
plusieurs intervenants là-dedans. Parce que, quand qu'on parle de l'industrie
acéricole, il y a des producteurs forestiers qui sont associés à ça, le
ministère de l'Agriculture, de la Pêcherie et de l'Alimentation du Québec qui
est également impliqué, parce qu'on parle de commercialisation de produits.
Donc, il y a plusieurs acteurs qui sont présents. Et la ministre a donc rendu
public le fameux plan directeur le 18 avril dernier. Alors, pour les gens
qui nous écoutent, j'aimerais vraiment, là, qu'on en parle. La saison
acéricole, en passant, a été difficile cette année avec les conditions
climatiques, et à peu près partout, même au Témiscamingue. Alors, moi, je pense
que... l'opportunité de demander à la
ministre de nous expliquer le fameux plan directeur sur l'industrie acéricole,
où ce que ça en est et vers où qu'on s'en va.
Mme Blanchette
Vézina : Merci, M. le député. Contente de pouvoir parler
d'acériculture. Parce que, oui, la forêt...
la forêt publique, elle sert bien sûr... elle sert à plusieurs usages, à
l'industrie forestière, on en a parlé beaucoup, mais elle sert aussi
pour la villégiature et bien sûr l'acériculture. Et très heureuse d'avoir pu
annoncer ce plan directeur qui émane des consultations, qui ont été faites l'an
dernier, et aussi des travaux de la table stratégique qui a été mise en place
avec l'industrie, avec l'industrie forestière également. Donc, le plan
directeur qui a été annoncé, là, a été fait conjointement avec les producteurs, productrices...
productrices acéricoles du Québec, dis-je, le 18 avril dernier. Donc,
en avril dernier, on a annoncé ce plan directeur et on a aussi annoncé le plan
d'action, parce que ce qui était demandé par les acériculteurs et ce qui est
demandé en général en forêt, c'est de la prévisibilité. Donc, au-delà du plan
directeur ministériel, on a aussi lancé le plan d'action, avec des orientations
qui sont claires, des orientations qui permettent aussi de développer cette
prévisibilité-là à moyen... à court, moyen, long terme pour un développement de
l'acériculture en forêt publique. Il y a déjà des entailles qui se font et de
l'acériculture qui se fait en forêt publique, mais l'industrie demandait à
avoir cette prévisibilité-là.
Donc, plusieurs
paramètres qui ont... qui sont dans ce plan directeur. On tenait à faire un
portrait, d'entrée de jeu, de l'acériculture
au Québec, un portrait aussi de l'industrie forestière à travers ces régions
avec un potentiel acéricole. On a aussi fait un résumé du cadre légal,
réglementaire qui régit l'acériculture au Québec puis on s'est dotés d'une vision, une vision du développement de
l'acériculture, parce que c'est important pour les Québécois. C'est une
industrie qui est en croissance, et donc, d'avoir une vision de ce
développement de la filière acéricole en forêt publique, c'était demandé par
les producteurs et productrices acéricoles.
Il y a des
orientations, aussi, stratégiques, pour le développement de l'acériculture, qui
sont à l'intérieur de ce plan-là, avec
différents objectifs, et le plan d'action, comme je vous le mentionnais, là, a
déterminé des actions à court terme
pour... pour permettre d'identifier certains secteurs régionalement, certains
secteurs qui vont développer l'acériculture en forêt publique, pour
permettre aussi d'octroyer certaines entailles. On en offre déjà, des entailles
en forêt... des possibilités d'acériculture en forêt publique, mais pour voir
venir et avoir une prévisibilité...
Donc, le plan
directeur a été très bien accueilli. D'ailleurs, nous tenons... Je tiens à le
souligner, là, d'avoir fait cette annonce conjointe avec les producteurs et
productrices acéricoles, c'est une très bonne nouvelle. Et donc le travail se poursuit avec la table stratégique. La
table, elle demeure pour pouvoir... pour s'assurer d'harmoniser aussi les
usages en cohérence avec la présence d'autres usages dans les forêts publiques.
Donc, la table stratégique va poursuivre ses actions et va mettre en
place également les mesures qui sont identifiées dans le plan d'action.
M. Bernard : Oui,
merci, Mme la ministre. Je voudrais parler du programme d'Innovation Bois.
J'écoutais le député de Pontiac puis le sous-ministre... de parler justement
d'une entreprise qui vient de fermer, mais de trouver des gens ou d'autres entrepreneurs qui peuvent réutiliser cette capacité
forestière là. Puis, quand on regarde le programme Innovation Bois, je
veux vraiment que la ministre explique... Quand on regarde... Actuellement, un
des défis qu'on a sur le marché nord-américain, c'est de créer des nouveaux
produits pour... aussi dans des créneaux innovants.
Puis on peut parler,
par exemple, là-dedans, de bioénergie, comme M. le sous-ministre a parlé, dans
le cas du projet de Fortress. On a aussi des
projets, chez nous, en Abitibi-Témiscamingue, à cet égard-là. On regarde
actuellement le... Amos... qu'est Arbec, qui a repris les installations à Amos.
Récemment, chez nous, puis une grande nouvelle que j'étais vraiment content...
c'est que GreenFirst a vendu des installations à Chantiers Chibougamau, et,
quand on regarde Chantiers Chibougamau, qui est une entreprise très
innovante, un leader, un chef de file dans les bois d'ingénierie au Québec,
j'étais vraiment content que ces gens-là acquièrent des installations chez
nous, dans notre secteur.
Et l'autre volet
aussi, le député de Pontiac parlait justement des consultations par rapport à
la stratégie Caribou, puis, moi, pour avoir
personnellement parlé... puis je le sais, qu'aussi Chantiers Chibougamau a
parlé au ministère à cet égard-là, ce sont des entreprises qui sont très
ouvertes à, justement, aller de l'avant avec des protections du territoire du
caribou. On est... puis moi, j'étais vraiment fier de ça. Et l'accueil de
Chantiers Chibougamau en région était excellent en termes de... en termes d'investissements
futurs, de relations avec les communautés autochtones, de relations avec le
milieu puis des conditions de travail.
Alors donc, tout ça
pour dire, quand même, que Chantiers Chibougamau a beaucoup d'entrepris. Si on
veut redynamiser notre industrie, ça nous prend de l'innovation, et le
programme... le Programme d'Innovation Bois a été mis en place à cet effet-là, puis ça, ça remonte même dans ma vie
antérieure de député que, déjà, ce programme-là était en place. Donc,
j'aimerais, pour que... les gens qui nous écoutent, que la ministre puisse nous
faire un topo puis du bilan du programme investissement en bois au cours des
dernières années.
Mme Blanchette
Vézina : Merci pour la question. Effectivement, c'est un programme qui
est apprécié, qui a permis plusieurs
avancées. Il y a deux volets dans le programme Innovation Bois. Il y a le volet
innovation, le nom le dit, mais il y
a aussi le volet de bois de qualité inférieure, là, qui a pu être utilisé par
certaines entreprises, notamment dans l'Outaouais et les Laurentides.
Le volet Innovation,
lui, il vise à stimuler la réalisation des projets innovants dans l'industrie
des produits forestiers et toute autre industrie qui utilise des produits
forestiers. Donc, il y a la réalisation des projets qui vont mener vers une meilleure valorisation de la fibre
du bois, une diversification du panier de produits. On favorise aussi la compétitivité
de l'industrie. Puis il y a des objectifs d'intervention spécifiques aussi au
volet innovation, qui sont de produire des connaissances de nature appliquée
pour développer... en vue de développer dans les entreprises des produits, des procédés, des technologies, des
systèmes qui sont innovants, destinés à l'industrie des produits forestiers.
Il y a aussi le développement, à l'échelle de pilotes, de produits, donc, des
procédés et des nouvelles technologies qui sont mis en place, et on a également
le volet Implantation en usine des procédés et des technologies des produits
innovants. Ça, c'est pour le volet Innovation.
On a le volet Bois de
qualité inférieure. Ça, ça vise à soutenir des projets industriels utilisant
des volumes de bois de faible qualité en provenance de la forêt québécoise. Les
objectifs... l'objectif d'intervention spécifique de ce volet, c'est d'augmenter et de maintenir la consommation de bois de
qualité inférieure, autant du feuillu que du résineux, dans les
entreprises qui participent au programme.
Donc, concrètement, la subvention
accordée aux entreprises, elle est significative, significative. Les
entreprises que j'ai rencontrées, que
j'ai pu aller visiter, là, dans les derniers mois, en sont très heureuses. Ça
amène de nouveaux débouchés, une modernisation aussi de l'industrie,
puis des nouveaux produits qui peuvent servir à utiliser des bois de faible qualité. C'est important, dans la forêt,
de cueillir du bois pour nos constructions. C'est une façon de capter le
carbone, mais, dans les autres façons de capter le carbone, c'est de remplacer
certains produits, notamment qui viennent du plastique, par des produits
qui viennent de la... des résidus de bois. Donc, ce programme-là permet...
permet notamment de développer de nouveaux débouchés.
Donc,
peut-être par rapport au programme en tant que tel, bon, un, on est fiers de ce
programme-là. Les entreprises l'apprécient énormément. Et il y a un
bilan, là, pour l'exercice 2022-2023, qui est très éloquent. Donc, dans la
catégorie investissement, là, on parle de 35 projets... de demandes de
financement de projets, de projets acceptés, 21. Il y a des projets qui sont à
l'étude également, 21 projets, demandes de financement, et 13 qui ont été
acceptés, puis il y en a qui sont en cours
d'analyse également. Donc, le ministre a... le ministère a octroyé plus de
32 millions dans la catégorie investissement. Ce sont des très
bonnes... très bonnes nouvelles pour nos entreprises, pour les régions du
Québec également, puis pour l'innovation québécoise.
Donc, comme c'est
souvent le cas, là, dans la mise d'avant de procédés et de réalisation d'un
projet qui requiert des investissements, les entreprises aussi vont... vont
débuter par des études de préfaisabilité, de faisabilité de... d'études de
marché ou... avec des mises à l'essai également, et le programme Innovation
Bois permet aussi, là, d'épauler les entreprises dans ces phases, différentes
phases de la mise en marché d'un produit. Donc, pour l'exercice 2022-2023, il faut souligner que c'est 13 projets
qui se sont qualifiés dans les catégories étude, pour une aide financière qui, elle, totalise près de
1,5 million de dollars, donc, puis les entreprises investissent
également, là, d'elles-mêmes dans les projets qu'elles... qui sont
portés par ce programme, donc, très apprécié, avec des retombées importantes
pour le Québec et les régions du Québec.
Le Président (M.
St-Louis) :
...toujours de 1 min 30 s, M. le
député.
M. Bernard : 1 min 30 s?
Je pourrais laisser la parole à Mme la ministre, si elle voudrait... juste aux
gens qui nous écoutent, de passer vraiment son message ou sa vision de l'année
qui s'en vient au niveau de l'industrie. C'est un... On est à un moment
charnière, il ne faut pas se le cacher, avec toutes les réformes de
l'industrie, mais je crois que, certainement, Mme la ministre pourrait lancer
un message vraiment constructif à tous les intervenants, parce qu'on sait qu'actuellement, entre autres,
les garanties et autres... Il va y avoir la stratégie Caribou. Donc, peut-être
profiter de la dernière minute pour lancer un message positif aux gens de
l'industrie.
Mme Blanchette
Vézina : Vous l'avez nommé, l'industrie, elle est importante. Elle est
importante pour nos régions. Il y a différentes situations, des changements qui
sont... qui arrivent dans nos forêts québécoises. Il y a un travail d'équilibre aussi entre les différents
droits qui... qui sont dans la forêt, dans les terres publiques en général. À
titre de ministre des Ressources naturelles, mais des Forêts, il est
important de trouver cet équilibre-là, l'équilibre entre la protection mais
aussi dans l'importance du développement de l'économie québécoise, de
l'économie de nos régions. Et, comme
ministre, on est en contact avec l'industrie, et je continuerai d'être en
contact avec l'industrie pour trouver des
solutions, des solutions innovantes, pour faire plus avec moins avec les
programmes qu'on a mis en place, les annonces en sylviculture également
qu'on fait et qu'on continuera de faire. On veut s'adapter aussi... que nos
forêts continuent de s'adapter aux changements climatiques. Et donc...
Le Président (M.
St-Louis) : Merci, Mme la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Merci.
Président (M. St-Louis) :
Désolé. Donc, le temps alloué à l'étude des crédits du volet Forêts étant
écoulé, la commission suspend ses travaux jusqu'à 11 h 30, et
elle entreprendra l'étude du volet Ressources naturelles des crédits
budgétaires du portefeuille Ressources naturelles et Forêts à ce moment-là.
Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 14)
Président (M. St-Louis) :
Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et
des ressources naturelles ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Ressources
naturelles et du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2023-2024. Une enveloppe de
2 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Poulin (Beauce-Sud) est
remplacé par Mme Blouin (Bonaventure).
Le Président (M.
St-Louis) : Merci. Nous allons procéder à une discussion d'ordre
général, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces
crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit cet
après-midi vers 17 heures.
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier,
la parole est à vous, vous disposez de 18 min 17 s.
M. Kelley : Merci beaucoup, M. le Président. Puis bon matin,
bon matin, chers collègues. Je veux juste commencer avec juste un mot,
rapidement, pour les gens au Québec qui sont présentement inondés. Je pense
que, notre collègue députée de Charlevoix
puis tous ses citoyens, je sais que c'est des moments très, très difficiles
puis je sais que le peuple québécois est avec eux autres.
Je veux dire bonjour,
Mme la ministre, bienvenue. Je crois que c'est votre premier bloc des crédits
comme ministre. Et bonjour à votre équipe. J'ai commencé tous mes blocs de
crédits, M. le Président, à juste remercier tout le travail qui a été fait par
l'équipe de la ministre. Oui, les gens au sein de son cabinet, mais aussi les
fonctionnaires qui ont préparé des gros cartables pour nous, les députés, avec
plein d'informations à toutes nos questions que nous avons déposées. Mais c'est
quand même très important, c'est un exercice, l'étude des crédits, important
pour notre démocratie et que nous avons une
chance de poser les questions, que les fonctionnaires eux-mêmes font une
réflexion sur toutes les dépenses qui étaient faites pendant la dernière année,
mais aussi de prendre le temps pour parler un petit peu de l'avenir, les
dossiers d'actualité puis des investissements qui s'en viennent.
Alors, avec ça, je
vais commencer avec ma première question pour la ministre. Je sais que, sur le
week-end, elle a probablement vu qu'un
chroniqueur dans La Presse a parlé de le dossier de lac Bloom. Puis on a
parlé beaucoup de ça, dans 2022, une décision qui a été prise pour stocker des
résidus dans des lacs, de plusieurs lacs dans la région.
On sait qu'il y a eu
un BAPE, on sait qu'il y a eu un processus. Je sais que l'ancien député de
Verdun a eu un échange avec le ministre responsable pour l'Environnement, à
l'époque, là, mais je veux juste savoir si la ministre peut nous donner une mise à jour. Est-ce que le projet a eu juste...
excusez-moi, des modifications depuis un an? Est-ce qu'elle peut aussi
expliquer c'est quoi, le processus avec le gouvernement fédéral, c'est quoi,
l'état de la situation? Puis est-ce que la ministre trouve que c'est toujours
une bonne pratique de stocker des résidus dans des lacs au Québec en 2023?
Mme Blanchette
Vézina : M. le député, je veux vous saluer. On n'a pas encore eu
l'occasion d'échanger, mais c'est un plaisir
de pouvoir faire cet exercice-là avec vous. Je resalue la députée de Verdun,
avec qui on a eu l'occasion d'échanger
ce matin. Et je me permets de vous présenter la sous-ministre associée aux
Mines, Mme Nathalie Camden, qui est avec moi également, en plus de
mon équipe, l'équipe du ministère, que je remercie aussi. Effectivement, vous avez soulevé le travail incroyable qui est fait
par les équipes ministérielles dans l'exercice de ces crédits, et je tiens à
les remercier pour le travail effectué également.
Concernant la...
Minerai de fer Québec, la Mine du lac Bloom, effectivement, il y a plusieurs
choses qui circulent. Il faut comprendre, en
ce moment... On peut peut-être prendre un moment pour rappeler qu'il y a des
mesures environnementales qui sont importantes au Québec. On a un cadre
environnemental qui est rigoureux. Dans le dossier du lac Bloom, le
gouvernement du Québec, on a délivré une autorisation pour l'augmentation de la
capacité d'entreposage des résidus
stériles... et stériles, pardon, miniers avec le scénario avec le moins
d'impact, donc, bien sûr, conditionnellement au respect des nombreux
engagements de Minerai de fer Québec et aux autres conditions qui sont établies
dans le décret d'autorisation. Puis le gouvernement fédéral en est rendu, lui,
a son analyse. Donc, le gouvernement fédéral, lui, n'a pas encore donné son
autorisation pour l'agrandissement des parcs à résidus miniers stériles, qui serait nécessaire aussi à
l'obtention du certificat d'autorisation pour les ouvrages d'annexion des lacs.
Donc, on est... ils sont en processus, là, de finalisation avec le
gouvernement fédéral. Pour l'état de situation, le voici.
M. Kelley : Merci,
Mme la ministre. Puis est-ce que vous êtes capable de juste bien expliquer,
bien sûr, à moi, mais aussi à la population,
c'est quoi, la définition de «moins d'impacts»? Alors, on va... C'est sûr qu'il
va y avoir un impact, mais comment
l'entreprise a été capable de réduire les impacts de stocker des résidus dans
des lacs, exactement? C'était quoi, le processus?
Mme Blanchette
Vézina : Il y a une évaluation, là, qui est faite, qui a été
complétée, une évaluation environnementale
qui a été faite. Puis on a considéré les scénarios, tous les scénarios, là,
réalistes possibles. Le remblaiement de la fosse, ce n'était pas une
option qui était envisageable, ça aurait entraîné, là, la condamnation de
ressources exploitables sous la fosse. Donc, la solution qui... avec le moindre
impact, comme je le mentionnais, ça a été de parler d'entreposage, tel que l'autorisation
a été donnée.
M. Kelley : Je
comprends. Merci pour la réponse, Mme la ministre, et je comprends que c'est un
projet qui existait depuis plusieurs années, et maintenant on parle d'une
expansion, mais encore, pas juste pour ce projet, mais en général, des résidus
dans les lacs, est-ce que c'est une bonne pratique ou pas pour le Québec en
2023?
Mme Blanchette Vézina : Ce
n'est pas une pratique qui est courante. C'est exceptionnel, là, qu'un lac
puisse servir comme un lieu de stockage pour des résidus miniers
stériles. Les mesures qui sont mises en place ou l'analyse qui a été faite,
elles relèvent, elles, du ministère de l'Environnement et de la Lutte aux
changements climatiques, Faune et Parcs,
donc, MELCCFP. Donc, le scénario qui a été retenu, c'est celui avec le moindre
impact, suite à l'analyse qui a été faite, environnementale.
M. Kelley : Parfait.
Puis, peut-être juste une dernière question : Il y a combien de projets,
partout au Québec, où un projet... une entreprise pourra stocker des résidus
dans les lacs?
Mme Blanchette
Vézina : À ce moment-ci, je ne suis pas en mesure de vous donner
l'information. Est-ce qu'on... peut-être que je peux laisser ma... Je
demanderais l'autorisation de faire intervenir ma sous-ministre associée aux
Mines, Mme Camdem.
Le Président (M.
St-Louis) :
Est-ce qu'il y a consentement des membres de la
commission?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Il
y a consentement. Je vous demanderais de vous nommer, ainsi que votre titre,
s'il vous plaît, pour le bénéfice de nos auditeurs.
Mme Camden (Nathalie) : Oui. Bonjour, mon est est
Nathalie Camden, je suis sous-ministre associée aux mines au ministère
des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M.
St-Louis) : Merci.
Mme Camden
(Nathalie) : Donc, le genre d'information relativement au remblaiement
de lacs, c'est le type d'information qu'on retrouve dans les études techniques,
les études environnementales que chaque promoteur doit déposer au ministère de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et
des Parcs.
Donc, à ce moment-ci,
je ne peux pas vous dire s'il y a d'autres projets de cette nature-là. Puis,
malgré le fait qu'il y ait quelques projets qui soient soumis, là, soit au
comité nordique, si on est en territoire conventionné, les territoires Eeyou Istchee Baie-James, au Nunavik,
ou encore au ministère de l'Environnement pour le territoire du Sud.
Mme Blanchette
Vézina : Peut-être, pour compléter, là, de rassurer aussi le député
sur la question, là, de l'évaluation environnementale, tu sais, il faut
rappeler, souligner qu'on est... le ministère des Ressources naturelles et des
Forêts est responsable du plan de réaménagement, que chaque entreprise a un
plan de réaménagement, là, et de restauration qui doit être fourni dans les cas
de mines. Donc, on va s'assurer que les terrains touchés par l'activité minière se retrouveront dans un état satisfaisant
à la suite de l'exploitation. Puis ça, ça fait
partie de nos règles et de notre
cadre normatif québécois.
M. Kelley : Parfait.
Puis il y a combien de projets miniers qui sont sur le point d'être approuvés
dans les prochaines couples des ans? Puis,
est-ce que dans ces projets-là, il y a déjà des plans, peut-être, de dumper des
résidus dans des lacs?
Mme Blanchette
Vézina : À votre question, là, en ce moment, on a 21 mines
actives, au Québec, et on a 37 projets
miniers. Comme Mme Camden vous le mentionnait, là, pour ce qui est des
données quant aux lacs, on n'a pas l'information en main.
M. Kelley : Parfait.
Merci beaucoup. Je vais passer maintenant, M. le Président, à un autre sujet
qui est très dans l'actualité, des claims
miniers. Puis je sais que la ministre a eu une chance d'échanger avec ma
collègue de Verdun, mais aussi ma
collègue des Mille-Îles pendant une interpellation. Puis la ministre a
mentionné pendant l'interpellation qu'une chose qui était importante,
c'était de bien expliquer puis rassurer des gens sur ce dossier-là, mais elle a
aussi, également, parlé un petit peu de trouver peut-être une façon, avec les
TIAM puis avec les différents règlements et des décrets, pour peut-être une
façon d'encadrer ça mieux après les consultations. Alors, moi, je pense que, si
je fais la revue de presse, il y a toujours
des gens, et des MRC, et, des fois, des municipalités qui posent des questions,
avec raison. Je sais qu'il y a un
processus qui est en place, que le ministre a dans ses pouvoirs, qui est un bon
départ, avec des TIAM, mais on sait
aussi, de faire un claim minier, ça ne prend pas beaucoup de temps, mais
l'autre processus, pour une MRC de faire
une demande d'une exemption d'une
partie de territoire peut prendre plusieurs
mois ou semaines d'avoir une réponse de le ministère.
Alors, je sais que la
ministre est présentement en tournée puis elle a eu des consultations, mais je
ne sais pas si elle peut revient sur le
dossier pour donner nous des nouvelles, est-ce qu'on a avancé... parce que
c'est sûr que des gens qui sont... commencent à s'impatienter un petit
peu sur le terrain. Et j'avoue que c'est différent dans les régions du Québec,
les gens de l'Abitibi, des fois, sont un petit peu plus habitués à le
processus, versus dans les autres régions où
on a eu, comme Lanaudière, où on a eu une explosion des claims, un petit peu,
dans la dernière année. Alors, je vais juste laisser la ministre
peut-être nous informer, et donnez-nous une mise à jour de la situation.
Mme Blanchette
Vézina : Merci au député pour sa question. Effectivement, là, j'ai à
quelques reprises pu échanger avec des
collègues sur la question des claims, des TIAM, du processus d'octroi des
droits. On est en démarche participative en ce moment pour faire un
développement plus harmonieux de l'activité minière, mais rappelons qu'on a des règles qui sont en place, un cadre
réglementaire qui date de 2013 et qui a été mis à jour dans les dernières années,
en continu, pour s'arrimer aux réalités, au contexte qui peut changer.
Et la démarche qui est faite en ce moment,
démarche participative, elle s'inscrit dans ce souhait de faire du
développement harmonieux de l'activité minière, parce que, quand je rencontre
les unions municipales, la Fédération québécoise des municipalités, l'UMQ, les
communautés, la situation ou les inquiétudes sont différentes selon une
région... d'une région à l'autre. Donc, il y a différents mécanismes, et le
territoire... De désigner comme incompatibles des territoires à l'activité
minière, c'est l'outil qui a été mis en place et qui permet un arrimage
cohérent en fonction de la réalité régionale, la réalité d'un milieu, qui,
comme on le mentionnait, fluctue d'une région
à l'autre. Donc, l'outil qui a été mis en place pour les MRC permet de mettre
un moratoire pendant l'analyse de cette demande. Donc, dès le moment où il y a
une demande, il y a un moratoire sur l'émission de nouveaux claims miniers.
Et rappelons que les claims miniers, c'est pour
faire de la prospection, de l'analyse terrain, on n'est pas à l'étape d'une
mine. Donc, avant d'arriver à une mine, on parle de plusieurs années, et c'est
1 %, si ma mémoire est bonne, des claims qui font l'objet de travaux
d'exploration plus importants. Donc, c'est peu de claims qui deviennent des...
qui font l'objet d'exploration active.
Notons, donc, que ces TIAM émanent, viennent des
orientations gouvernementales en aménagement du territoire, donc, découlent de cette orientation en lien avec les mines.
Dans les échanges que j'ai eus et que je continue d'avoir dans le cadre
des consultations avec les unions municipales, avec les communautés, avec les
citoyens, on est en train d'arrimer, avec ma collègue des Affaires municipales,
l'orientation gouvernementale pour que cet outil, qui date de quelques années seulement, puisse encore mieux s'arrimer aux
réalités et au contexte actuel. Donc, c'est dans un souci d'amélioration continue puis de
développement plus harmonieux de l'activité minière qu'on a lancé ces
consultations qui se déroulent très
bien. Puis moi, je suis contente de voir l'engouement des citoyens pour
participer aussi à ces consultations,
à ce dialogue-là.
On a un souhait de décarboner notre économie, on
a du potentiel de ressources, chez nous, on veut continuer de le faire avec les
communautés, en cohérence avec le respect des communautés puis des besoins du
milieu, et les démarches de consultation qu'on est en train de faire vont mener
à des résultats, à des changements, éventuellement, peut-être, de l'activité minière au Québec pour qu'elle s'harmonise de
mieux en mieux et encore mieux avec le territoire et les réalités
régionales.
Kelley : Merci, Mme la ministre. Je reviens un peu sur la
question autour de le TIAM parce que la ministre a raison, exploration
versus exploitation, c'est deux phases très différentes. Je ne pense pas
nécessairement que les gens sont inquiets que, parce qu'il y a un claim sur
leur territoire, une mine va arriver demain. Je pense que c'est quand même le
début, les travaux qui sont faits avec une exploitation de le territoire. Puis
je sais qu'il y a plusieurs entreprises ici,
au Québec, qui sont bien installées depuis des années et qui comprend nos
règlements, qui comprend nos lois, mais avec une augmentation «significant» des
claims partout au Québec. On sait qu'il y a des entreprises à l'étranger qui
ont l'intérêt de faire des claims ici pour peut-être, un jour, lancer un
projet.
Est-ce que la ministre a une idée sur combien
des plaintes étaient déposées, peut-être, par des citoyens envers certaines
entreprises qui commencent à faire des travaux pour les exploitations après il
y a eu un claim? Puis ils ont peut-être fait ça sur un terrain privé où ils
n'ont pas eu l'approbation de le propriétaire. Est-ce qu'elle a une idée, peut-être, si la formation doit être étoffée un
petit peu pour aider des entreprises qui arrivent ici et qui commencent de faire des claims ou, quand même, des entreprises
qui sont déjà installées ici? Pour bien comprendre les mécanismes puis
les règlements. Est-ce qu'il y a un petit peu de manque de ça?
Je pense que ça, c'est une crainte légitime,
que... si plusieurs entreprises commencent à regarder le territoire du Québec,
est-ce qu'il comprend comment ça passe ici et est-ce que la ministre a fait des
travails pour bien informer toutes ces entreprises-là de la réalité puis des
lois ici, au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Je remercie
le député pour sa question. En fait, on me dit, là, que, dans la dernière année... à la question : Est-ce qu'il y a eu
des plaintes par rapport à des... bon, on n'en aurait pas, là, mais on va
s'assurer que l'information est exacte, là, mais rappeler qu'il y a en ce
moment des règles strictes. Ces règles nécessitent d'avoir
l'autorisation d'un propriétaire lorsqu'il y a des travaux qui sont faits sur
des propriétés privées. Et nous, on a une équipe,
au ministère aussi, qui travaille sur... pour s'assurer que ces règles-là
soient respectées, là, on n'est pas... On s'assure que la réglementation
en place, elle est respectée, on a les équipes en place pour y arriver.
Dans la liste
des activités qui sont susceptibles de justifier la délimitation d'un
territoire comme incompatible, là, l'outil qui est offert aux
municipalités, il y a différentes choses, donc : le territoire urbain,
résidentiel, les activités à caractère
historique, culturel ou patrimonial, l'activité agricole, donc, sur les terres
dynamiques, l'activité agrotouristique, il y a des activités aussi
récréotouristiques intensives et l'activité de conservation, également,
l'activité de prélèvement d'eau, d'eau souterraine ou de surface, à des fins de
consommation humaine. Donc, les orientations gouvernementales prévoient
déjà ça.
L'équipe du ministère est là aussi. Moi, j'ai
demandé à mon ministère d'être en accompagnement auprès des municipalités pour
leur permettre de comprendre et de voir quels sont leurs... les droits, leurs
possibilités pour les aider à cheminer dans le processus de TIAM. Donc, on est
là, l'équipe du ministère est présente pour soutenir les municipalités dans cet exercice. Et rappelons que
c'est un délai qui est tout près d'être automatique, là, cinq jours. Il y a un moratoire, donc, régional, là, sur le territoire
de la MRC lorsqu'il y a une demande de TIAM qui est déposée au ministère.
M. Kelley : Parfait pour... Parfait.
Merci pour la réponse, Mme la ministre. Et, plus précisément, dans tous les claims qui étaient faits depuis environ la
dernière année, l'explosion, est-ce qu'on sait combien sont des entreprises
qui n'ont pas des activités ici, au Québec, présentement? Est-ce qu'elle peut
juste expliquer un petit peu comment ça marche pour les nouveaux joueurs au
Québec? Est-ce qu'eux autres sont bien informés du processus ici, au Québec? Je ne pense pas que le fardeau doit toujours aller
sur le côté des MRC non plus. Beaucoup des entreprises ont beaucoup de ressources aussi pour bien comprendre des
règlements et des lois ici, au Québec. Alors, je veux juste, en
30 secondes, avoir la réponse... quand même pas...
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
M. le député...
M. Kelley : On peut avoir des
discussions dans le prochain bloc, Mme la ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Le
temps est écoulé. Je vous en remercie. Je suis maintenant prêt à reconnaître
une première intervention de la porte-parole du deuxième groupe de l'opposition
officielle... de l'opposition, pardon. Mme la députée de Verdun, vous disposez
de 12 min 4 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Je resalue le collègue de Jacques-Cartier. Puis bonjour à la
ministre puis aux collègues qui se sont joints à nous.
J'imagine que la ministre a une bonne idée de
quoi je veux vous parler dans ce premier bloc. On a un grand plaisir
d'échanger. Alors, je vais poser une question un peu plus précise, parce que je
pense qu'on a eu beaucoup, beaucoup d'espace déjà pour comprendre la situation
globale. Donc, étant donné que la ministre s'est penchée sur