Health and Social Services — 5 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2015-11-05
Quebec — Committees
(Onze
heures trente minutes)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes
présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de vos téléphones
cellulaires.
mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 44, Loi visant à renforcer la lutte contre
le tabagisme.
Mme la secrétaire, y a-t-il
des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Habel (Sainte-Rose) est
remplacé par M. Proulx (Jean-Talon); Mme Tremblay (Chauveau) est
remplacée par Mme Nichols (Vaudreuil); et M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière)
est remplacé par M. Surprenant (Groulx).
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Je dépose les mémoires
d'organismes que nous avons reçus depuis la fin des consultations
particulières et auditions publiques. Alors, le dépôt en est fait.
Chers collègues, nous
allons donc, sans plus tarder, débuter avec les remarques préliminaires, et, à
cet effet, pour une période maximale de
20 minutes, je cède la parole à Mme la ministre déléguée à la
Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique.
Charlebois :
Merci, M. le Président. J'allais vous dire : Quel moment de bonheur que de
commencer l'étude
article par
article du projet de loi n° 44! Et je veux
souligner l'implication de tous les parlementaires, lors des consultations, dans le cheminement du projet de
loi, parce que, honnêtement, je pense que tout le monde a à coeur ici la
santé des Québécoises et des Québécois.
Alors,
comme on a pu le constater au cours des derniers mois puis comme je vous en
faisais mention précédemment, je
pense qu'on partage tous une volonté commune ici, M. le Président, soit celle
d'assurer au Québec un avenir sans
tabac soit en diminuant le taux de tabagisme pour la santé et le mieux-être de
toute la population mais aussi pour la prochaine génération. Et, pour la
grand-mère que je suis, j'espère que les prochaines générations n'auront plus à
combattre ce fléau.
J'ai bien entendu, M.
le Président, l'urgence d'adopter ce projet de loi lors des consultations
particulières et auditions publiques. J'ai bien entendu l'appel. Ces
consultations nous ont donc permis de constater qu'il y a un consensus social envers la majorité des mesures
proposées dans le projet de loi. Je sais qu'on a tous à coeur, comme je
vous le disais, de protéger la santé de la
population, et, de ce fait, la réduction du tabagisme, notamment chez les
jeunes, demeure une préoccupation...
constante, plutôt, pour moi et pour tout le gouvernement. En effet, nous savons
que les coûts reliés au tabagisme sont, malheureusement, très importants
autant sur le plan financier que sur le plan des vies humaines.
ce sens, j'aimerais rappeler que l'objectif du projet de loi n° 44 est de
prévenir la consommation des produits du tabac, et ce, plus particulièrement chez les jeunes, M. le Président,
protéger les non-fumeurs de la fumée secondaire et de favoriser l'arrêt
tabagique. C'est précisément ces trois choses qui ont guidé ma réflexion et mes
réflexions. À cet effet, je distribue aux
collègues parlementaires une copie des amendements que nous souhaitons proposer
au projet de loi. Et je pense que vous vous en chargez, M. le Président,
si je ne me trompe pas, de la distribution.
Charlebois : O.K. Alors, on va avoir l'occasion, M. le
Président, de débattre, au cours des prochaines heures, voire des
prochains jours et/ou semaines, du projet de loi n° 44. On va l'étudier
article par article. Et je suis certaine que, tout comme moi, vous constaterez
que ces amendements sont sérieux, robustes et importants.
Je veux aussi
souligner que ces amendements ne sont pas limitatifs. Lors des consultations
particulières et auditions publiques du projet
de loi n° 44, j'ai compris que je pouvais compter sur la collaboration de
tous mes collègues parlementaires.
D'ailleurs, mon collègue le député de Rosemont a mentionné à quelques reprises,
autant publiquement qu'en privé,
qu'il souhaitait une adoption rapide du projet de loi, et je partage avec lui
cet objectif. C'est dans cet esprit d'ouverture que je compte étudier le projet de loi
avec l'ensemble de mes collègues parlementaires. Je suis convaincue que nous parviendrons à peaufiner l'ensemble du
projet de loi de manière à mener une lutte contre le tabagisme encore plus efficace, au Québec, à l'image de la
Loi sur
le tabac, adoptée en 1998 et révisée en 2005. Nous allons contribuer de
façon collective à la santé et au bien-être des générations actuelles et
futures du Québec.
M. le Président, je
suis heureuse de pouvoir travailler avec mes collègues du gouvernement, les
collègues de l'opposition officielle et de
la deuxième opposition pour faire en sorte que nous puissions bonifier le
projet de loi et de nous assurer que les générations futures pourront
profiter d'un environnement sans fumée. Merci.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, pour ses remarques
préliminaires, je cède maintenant la parole à notre collègue député de
Rosemont.
M. Lisée :
Merci, M. le Président. Je voudrais saluer — vous saluer, vous, d'abord,
M. le Président — la
secrétaire de la commission, tout le
personnel, les recherchistes, la ministre, son équipe, qui a travaillé fort ces
derniers mois pour d'abord produire un projet de loi qui, nous l'avons souligné
avec plaisir, donne des indications fortes pour une avancée importante.
Après,
comme la ministre l'a dit, la loi de 1998, la loi de 2005, nous sommes à la loi
de 2015, et la loi de 2015 doit comme
ces précédentes faire non seulement progresser le Québec dans la lutte contre
le tabagisme dans un coin de l'Amérique
du Nord qu'on désignait comme le coin fumeurs de l'Amérique du Nord dans les
années 70 et 80... et nous avons
réussi, par nos législations précédentes, à faire
partie du peloton de tête des
nations qui prennent à bras-le-corps le problème du tabagisme,
connaissant l'impact délétère sur la santé des personnes, bien sûr, mais aussi
sur la santé financière du gouvernement, les
hospitalisations, l'aggravation de la condition médicale d'un certain nombre de
gens qui, s'ils n'avaient pas fumé ou s'ils arrêtaient de fumer,
auraient plus de facilité à se faire guérir un certain nombre de problèmes
médicaux.
bonne nouvelle, c'est que le tabagisme, c'est réversible, c'est-à-dire qu'une
semaine, un mois, un an après avoir arrêté
de fumer la condition médicale générale s'améliore très significativement et,
dans la plupart des cas, peut revenir à une condition préfumer. Alors,
il y a énormément de gains à faire en faisant en sorte de réduire la prévalence
du tabagisme.
Nous
avons indiqué tout au long de ces consultations que nous étions très ouverts à
ce que les gens sont venus nous dire.
Et j'étais très heureux de voir l'engagement des partenaires, que ce soient des
groupes intéressés par la santé, des
groupes intéressés par le commerce, des groupes intéressés par la distribution,
qui sont venus nous dire en quoi telle ou
telle disposition allait modifier positivement ou négativement leur travail. Et
je pense que la période de consultation a été très riche, très riche,
les mémoires qui ont été déposés, pour l'essentiel, étaient bien faits,
informatifs, et nous avons tous appris. On connaît mieux le tabac, M. le Président,
maintenant que nous avons entendu ce que nous avons entendu. Au nom du Parti
québécois, de l'opposition officielle, j'ai indiqué pendant ce processus que
nous voulions faire en sorte que cette
nouvelle loi soit, encore une fois, à l'avant-garde de ce que les nations font
et, comme ça revient à tous les 10
ans, il ne faut pas rater notre coup. Il faut faire en sorte qu'on prenne
l'ensemble des mesures, qu'on fasse preuve non seulement de rattrapage,
mais d'audace et que, demain, d'autres juridictions, que ce soit au Canada, en Amérique du Nord ou dans le monde, disent :
Regardez, le Québec, ils l'ont fait, eux. Pourquoi on ne le ferait pas?
Alors, c'est la situation dans laquelle on devrait se placer.
remercie la ministre d'avoir déposé un certain nombre d'amendements ce matin.
J'ai, dans les dernières minutes, eu l'occasion d'en faire un premier
parcours et j'estime, effectivement, que des amendements de qualité ont été déposés, des amendements significatifs. Je suis
content d'entendre la ministre dire qu'ils ne sont pas limitatifs, parce
que, pour nous, de l'opposition officielle, il en manque. J'ai hâte d'entendre
davantage la ministre sur la mesure la plus structurante
pour la réduction du tabagisme, qui a été adoptée par l'Australie, c'est-à-dire
l'emballage neutre — à
moins d'avoir mal lu, je ne vois pas cette
disposition dans les amendements qui ont été déposés; la question d'un
moratoire face aux nouveaux produits
du tabac — on sait
qu'en ce moment même les compagnies de tabac introduisent de nouveaux produits du tabac sur le marché, nous proposons un
moratoire là-dessus, je ne l'ai pas vu dans les amendements qui ont été
déposés; et quelques autres mesures qui nous semblent essentielles et que nous
pourrons discuter.
Alors, moi, je suis tout
à fait disposé. Nous avons préparé, de notre côté, un certain nombre
d'amendements également. Plusieurs recoupent
les amendements qui sont déposés ce matin. Il y a des modifications quant à la
modulation, la rédaction. Je suis certain
que la ministre, nos amis de la deuxième opposition et nous-mêmes pourrons
travailler à voir si nous pouvons
bonifier les rédactions les uns des autres et je compte sur l'appui du
dispositif législatif, des conseillers juridiques de la ministre pour
peut-être nous éclairer sur les meilleures formulations à trouver. Et c'est
dans un esprit collaboratif que nous souhaitons travailler sur les amendements
qui sont déposés, en voir d'autres et voir aussi si la deuxième opposition
contribue à cette discussion. Nous serons intéressés à les entendre.
La ministre a indiqué
que nous souhaitions, nous, une adoption rapide de cette loi. Alors, un premier
signe tangible de cela, je n'utiliserai pas
les 20 minutes que vous m'avez accordées, parce qu'on veut passer le plus
vite possible au travail de
législateur, de faire avancer chacun de ces articles, et je vous assure, M. le
Président, de toute notre collaboration.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup, collègue de Rosemont. Pour ses remarques
préliminaires, je cède maintenant la parole à notre collègue de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, je tiens d'abord à vous
saluer ainsi que toute votre équipe, la ministre
également et toute son équipe du gouvernement, également, mes collègues de la première opposition, je les
salue.
Alors,
au nom, donc, de mon collègue le député de Lévis et moi-même, je prends
la parole aujourd'hui pour les remarques
préliminaires. Or, évidemment
que nous avons, donc, voté pour le principe du projet de loi, donc, nous
sommes bien en faveur du projet de loi. C'est un projet de loi, en fait, qui va favoriser l'arrêt du tabagisme et
de protéger essentiellement les tiers de fumée secondaire, ce qui est important.
Alors, personnellement, je viens d'une famille de six et j'étais le seul à ne pas fumer. Donc, dans l'auto,
c'était quelque chose. Alors, je me suis assuré de ne pas répéter,
puis c'est ce qu'on veut faire ici au niveau
des générations qui nous suivent, qu'ils ne vivent pas cela. Donc, dans mon
cas, mon épouse et mes enfants ne fument pas, et puis donc c'est ce
qu'on voudrait, avec le projet de loi actuel, là, répéter, copier-coller, donc
assurer un environnement sain pour les générations qui nous suivent.
Alors,
vous savez, les coûts économiques du tabagisme représentent une facture salée
pour les contribuables, alors, ils sont estimés à près de
4 milliards de dollars, dont 1,6 milliard en coûts directs pour le
système de santé. Alors, le tabagisme est aussi responsable de 33 % des
hospitalisations, et puis, donc, la baisse d'un point de pourcentage du
tabagisme fait économiser annuellement 114 millions de dollars. Alors,
c'est important comme impact, le projet de loi
avec lequel on s'apprête à aller de l'avant. Alors, l'objectif du gouvernement
est de réduire le taux de tabagisme de 6 %
en cinq années. Les économies, donc, directes et indirectes pourraient donc
Alors, je vais parler
brièvement des conséquences du tabagisme pour la santé au Québec. Alors,
plusieurs souhaitent arrêter de fumer, mais
nombreux en sont incapables, donc, 21 % des Québécois fument. Et donc
évidemment que le meilleur moyen d'arrêter
de fumer, c'est de ne jamais commencer. Mais, malheureusement, certains sont
pris avec cette habitude-là, on va
essayer de les aider, finalement, à se débarrasser de cette habitude, parce qu'on
sait, donc, que ça crée une dépendance équivalente, celle de fumer, à la
dépendance de la cocaïne et de... et l'héroïne, que dis-je. Alors, le tabac est responsable de 30 % de tous les
cancers et 85 % des cas de cancer de poumon. Alors, je mentionne ici
encore, en ce qui concerne ma famille, maman fait de l'emphysème, elle a un
certain âge et puis, là, qu'on vient d'augmenter encore, la semaine passée, le taux d'oxygène, là, dont elle a besoin.
Alors, évidemment qu'elle est en régression, là, rapide. Alors, c'est une des conséquences d'avoir fumé.
Puis ça fait quand même au-dessus de 20 ans qu'elle ne fume pas,
mais les conséquences demeurent.
Alors donc, il faut vraiment
aller à la source du problème. C'est de ne pas de fumer et non pas se dire
qu'en arrêtant, éventuellement, les choses vont se résorber. Mais les dommages sont là, ils sont bien
souvent irrémédiables. Alors donc, effectivement, donc, 10 000 Québécois
meurent, chaque année, des causes du tabagisme, qu'est-ce qu'on veut aider,
donc, à réduire par le présent projet de loi.
Alors
donc, c'est avec enthousiasme que nous sommes ici aujourd'hui pour participer à la lecture
article
par
article du projet de loi et de contribuer à l'amélioration de certains articles.
Et donc je remercie la ministre d'avoir déposé ses amendements en bloc
tantôt. On en a amorcé la lecture. Et nous avons également les nôtres, que nous
déposerons, mais dans un but très constructif : d'adopter rapidement ce projet
de loi. Merci, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup, collègue de Groulx. Y a-t-il d'autres membres qui désireraient faire
des remarques préliminaires? Je ne constate pas cette volonté. Également, s'il
n'y a pas de motion préliminaire, je vais
nous inviter à débuter immédiatement l'étude
article
par
article du projet de loi. Je constate qu'il n'y a pas, de part et d'autre, de motion
préliminaire.
Alors, Mme la
ministre, la façon de fonctionner, évidemment, vous la savez mieux que moi.
Débutons par l'article 1 du projet de loi. Je vous demanderais, dans chaque
cas, de peut-être nous en faire d'abord une lecture; si, d'aventure, il y a un amendement, de nous lire
d'abord la première mouture et, après ça, l'amendement, mais, une fois
les lectures faites, je vous laisse le
temps, évidemment, d'expliquer l'objectif de l'article, et après le débat est
ouvert. Alors, pour l'article 1, Mme la ministre, la parole est à vous.
Charlebois : Est-ce que vous me permettez, M. le Président,
de solliciter la collaboration de mes collègues et de Rosemont et de Groulx, dans un esprit de collaboration, étant
donné que j'ai distribué mes
amendements, moi aussi, dans un
esprit de collaboration, si ça les intéresserait de procéder de la même façon
pour faire en sorte que nous puissions aller plus rapidement dans
l'étude détaillée des articles.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Rosemont.
Lisée : Je prends la suggestion de la ministre sous
considération. Évidemment, en fonction
des amendements qu'elle vient de déposer, un certain nombre des nôtres
sont caducs, un certain nombre des nôtres peuvent s'insérer différemment. Donc,
on va en discuter aujourd'hui et on va lui revenir rapidement.
Charlebois :
Rapidement, ça peut-u représenter comme cet après-midi, M. le Président?
M. Lisée :
Ce n'est pas impossible, mais ça pourrait être lors de notre rencontre la
semaine prochaine.
Charlebois : Et
pour le député de...
Président (M. Tanguay) : Alors, collègue de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, nos positions sont bien
connues au niveau de certains articles. Alors, nous n'avons pas, pour le
moment, écrit tous les amendements que nous souhaiterions déposer. Nous voulons
avancer au niveau de l'étude puis de voir ce
que vous avez déposé, et je vous assure que nous sommes très
constructifs dans l'approche qu'on veut
avoir au niveau du projet de loi, et puis, si on peut le faire au cours d'une
prochaine séance, nous vous déposerons les amendements.
Charlebois :
...M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Parfait. Merci. Donc, la parole est à vous, Mme la
ministre.
Charlebois : Alors, je n'ai pas de doute, M. le Président,
que tout le monde va travailler avec un bel esprit de collaboration et
que nous aurons leurs amendements, comme je comprends qu'on veut prendre en
compte les nôtres.
Article 1. Alors, ce
qu'on souhaite faire, M. le Président, c'est faire en sorte que le
titre de...
Président (M. Tanguay) : ...le titre, le sous-titre et lire
l'article 1. Après ça, on pourra vous laisser du temps.
Charlebois :
Je vais vous lire l'article 1 comme tel.
Alors : Le
titre
de la
Loi sur le tabac (chapitre T-0.01) est remplacé par le suivant :
«Loi concernant la
lutte contre le tabagisme».
Et, bien évidemment, M.
le Président, on veut remplacer le
titre qu'il y avait avant, «Loi sur le
tabac», par le
titre dont je viens de vous
faire mention parce qu'on veut mieux refléter l'objet de la loi, qui est de
lutter contre le tabagisme.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions sur ce premier article?
Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Nous y sommes favorables.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, je ne vois pas d'intervention sur... d'autre
intervention, pardon, sur ce premier article, alors je vais mettre aux voix l'article 1.
Est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Il est adopté. Mme la ministre. Pour l'article 2.
Charlebois :
Alors, à l'article 2, on stipule que l'article 1 de cette loi est
modifié par l'insertion, après «qui contient du tabac», de «, la
cigarette électronique et tout autre dispositif de cette nature que l'on porte
à la bouche pour inhaler toute substance contenant ou non de la nicotine, y
compris leurs composantes et leurs accessoires,».
Et cette modification
que nous proposons à l'article 1 de la loi vise à introduire la définition
de la cigarette électronique et, conséquemment, l'assujettir à la loi.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Y a-t-il des interventions pour l'article 2?
Collègue de Rosemont.
Lisée : Oui. On se
souvient que, dans les consultations, il y
avait eu une discussion où
l'industrie du vapotage, entre autres, nous disait : Bien, nous, nous ne sommes
pas un produit du tabac, nous sommes un produit antitabac, donc est-ce qu'il y a une autre façon de nous assujettir? Parce qu'ils étaient d'accord
avec les dispositions qui allaient encadrer la cigarette
électrique, mais ils posaient la question : Y a-t-il une autre façon de
nous assujettir sans nous assimiler à un produit du tabac?
Est-ce que la ministre
et son équipe ont essayé de trouver une autre façon et pourquoi est-ce que ce
n'était pas possible?
Charlebois : Les
juristes ont examiné d'autres avenues, mais, honnêtement, c'est la façon la
plus pertinente d'arriver à circonscrire le produit pour l'assujettir
aux mêmes règles que le tabac.
Président (M. Tanguay) :
Collègue de Rosemont? S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous
allons voter sur l'article 2. Alors, chers collègues, l'article 2
est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Il est adopté. Mme la ministre.
L'article 3.
Charlebois : Alors :
L'article 1.1 de cette loi est
remplacé par le suivant :
«1.1. Aux fins de la
présente loi, à moins que le contexte ne s'y oppose, le mot :
«"tabac"
comprend également les accessoires suivants : les tubes, papiers et
filtres à cigarette, les pipes, y compris leurs composantes, et les
fume-cigarettes;
«"fumer"
vise également l'usage d'une cigarette électronique ou de tout autre dispositif
de cette nature.»
Et je vous dirais, M.
le Président, que ces modifications à l'article 1.1 de la loi ont pour
objet d'inclure les composantes de la pipe
dans la définition du «tabac» et, deuxièmement, de prévoir que le mot «fumer» comprend également
l'usage de la cigarette électronique, et ce,
en concordance avec l'assujettissement de celle-ci à la
Loi sur le tabac. Ainsi, l'utilisation de la cigarette électronique, qui permet d'inhaler de la vapeur ou de
la fumée sans combustion, consiste à fumer.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions à l'article 3?
Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Nous y sommes favorables.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Alors, chers collègues, nous allons donc voter sur l'article
L'article 3 est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Il est adopté. Mme la ministre.
L'article 4.
Charlebois :
Alors :
L'article 2 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement du paragraphe 2° par le suivant :
«2° les locaux ou les
bâtiments mis à la disposition d'un établissement d'enseignement;»;
2° par la suppression
du paragraphe 3°;
3° par le
remplacement, dans le paragraphe 7°, de «six» par «deux»; et
4° par... par l'insertion,
excusez-moi, après le paragraphe 10°, du suivant :
«10.1° les véhicules
automobiles à bord desquels se trouve un mineur de moins de 16 ans.»
Et les commentaires
que je pourrais émettre suite à ces modifications que je viens de vous
proposer, M. le Président, c'est que nous modifions l'article 2
en proposant la modification au paragraphe 2°
pour prévoir une interdiction de
fumer dans tous les locaux et bâtiments mis à la disposition d'un établissement
d'enseignement — ainsi,
sont visés non seulement les locaux
des établissements d'enseignement publics ou privés au sens des chapitres
I-13.3, I-14 et E-9.1 du Recueil
des lois et règlements du Québec ,
mais également ceux de tout autre établissement d'enseignement, par
exemple les universités, les écoles du
Barreau, etc.; la suppression du paragraphe 3° en concordance avec le
paragraphe 2°, puisque ce nouveau
paragraphe couvre tous les établissements d'enseignement; la modification au
paragraphe 7° afin d'étendre l'interdiction
de fumer dans les aires communes des immeubles d'habitation à ceux comportant
deux à cinq logements; et l'ajout au paragraphe 10.1° afin d'interdire
de fumer dans les véhicules automobiles en présence d'un mineur de moins de 16
ans.
Évidemment, vous
comprenez que c'est essentiellement ce qu'on vise.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, y a-t-il des interventions quant à
l'article 4? Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Est-ce qu'on peut suspendre quelques secondes?
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, tout à fait. Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 52)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous sommes de retour. Collègue de Rosemont,
la parole est à vous.
Lisée : M. le Président, on voudrait déposer un amendement que je lis :
L'article 4 du projet de loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe 2° du premier
alinéa, du texte suivant :
2.1°
par la suppression, au paragraphe 4°, du texte suivant : «aux heures où les
personnes qui offrent ces services y reçoivent des enfants». Fin de
citation.
Le Président (M.
Tanguay) : D'accord. Alors, si vous pouvez l'expliquer pendant que
nous faisons les photocopies.
M. Lisée :
Alors, il y a une disposition, dans la loi actuelle, qui indique que... je vais
la retrouver, qui indique que, «sous réserve des articles 3 à 12, il est
interdit de fumer dans tous les lieux fermés suivants», donc, il est interdit de fumer dans «les
installations d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie au sens de la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance et les résidences privées où sont fournis des services de
garde en milieu familial au sens de cette loi, aux heures où les
personnes qui offrent ces services y reçoivent des enfants». Donc, si je
comprends bien, ailleurs, il y a des
dispositions qui font en sorte que, dans les CPE et les garderies, c'est en
tout temps, mais cette disposition dit :
Si vous avez un service de garde en milieu familial, vous arrêtez de fumer
quand le premier bébé arrive puis vous pouvez recommencer quand le
dernier bébé part. Ça, c'est la situation actuelle.
pendant les consultations, nous avons eu des démonstrations assez fortes disant
que la prévalence de la fumée, la
présence de la fumée, elle reste dans l'air qui est respiré par les enfants,
les enfants sont les plus à risque sur la fumée secondaire, dont on sait qu'elle est, en certains cas, plus nocive que
la fumée primaire et nous avons eu des démonstrations de l'institut national de la science sur la fumée tertiaire. La fumée tertiaire, c'est
la fumée qui s'incruste dans les meubles, dans les tapis, dans les draperies, dans les vêtements et qui, donc,
survit même à une période d'aération qu'on pourrait faire dans un lieu fermé. Et donc la disposition actuelle fait en sorte que c'est mieux que les gens ne fument pas
quand les enfants sont là dans le service de garde. Puis le service de garde,
là, c'est de 18 mois à quatre ans. Entre 18 mois et quatre ans, là, c'est des jeunes personnes qui
sont exposées. Et nous, on pense qu'on devrait se rendre dans une situation
où, même dans une garde familiale, la responsabilité que les gens qui font une garde familiale assument, c'est évidemment
la bonne santé des enfants et que c'est une
condition qui devrait leur être imposée, de dire : Bien, il ne faut pas
que vous fumiez dans ces locaux-là. S'il y a
une
partie de la maison qui est segmentée pour la garde, bien, c'est dans cette
partie-là que vous ne pouvez pas fumer; vous
pouvez fumer dans la chambre des maîtres, vous pouvez fumer à l'extérieur, en arrière. Si ce sont des
lieux qui sont contigus, bien, vous faites le choix d'avoir un service de garde
en milieu familial, donc on vous demande de vous engager à ne
pas fumer, d'où cet amendement.
L'amendement ferait
en sorte que, bien, il n'y a pas d'heure. Cependant — je
vais entendre la ministre puis mon collègue
de Groulx — on est
tout à fait prêts à mettre une disposition transitoire, de donner une période.
On va le voir dans d'autres éléments
où on sait qu'on va interdire la capacité de fumer, par exemple, dans des
établissements de santé, qui nous ont
démontré que, lorsqu'ils avaient un programme de transition pour cesser de fumer, ça se passait bien. Ça peut
être aussi la même chose pour les milieux en garde familiale. Donc, moi,
je suis ouvert à une transition, une aide. Mais je pense que c'est dans l'intérêt public des enfants que, d'ici peu
d'années, on puisse dire que les enfants qui sont en garde familiale
soient dans un environnement sans fumée secondaire et sans fumée tertiaire.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, je comprends la préoccupation de mon collègue de Rosemont, et, quand on parle d'enfants, c'est évidemment
important. Cependant, je dois lui dire que, sur le plan juridique et
sur le plan de la vie personnelle, on
est carrément dans la résidence des gens et on est dans l'expectative de la vie
privée et dans le domicile privé d'un
individu qui offre des services de garde à six ou neuf enfants, je crois.
Alors, c'est dans l'application
aussi. Tu sais, au-delà des idées, il faut
voir aussi pour l'application. Mais, comme je vous dis, dans ce qui nous touche,
là, l'expectative de la vie privée, on ne peut pas aller jouer là, parce
qu'on va jouer là-dedans dans plein d'autres choses à travers tout ce qui
concerne le gouvernement.
Alors,
c'est difficile d'accepter cet amendement de ce point
de vue là, bien que je saisisse votre
préoccupation.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Collègue de Groulx.
Surprenant : Alors, écoutez,
vous venez de mentionner qu'il y a la notion de vie privée. Est-ce qu'on a un avis juridique au
niveau, là, de cette position-là ou c'est une perception simplement que l'on a
d'un risque qu'on pourrait assumer à ce moment-là?
Le Président (M.
Tanguay) : Oui.
Charlebois :
On a déjà, dans d'autres lois qui ont été votées, des... comment vous dire, de
l'expertise qui a été donnée sur
l'expectative de la vie privée, et cet amendement-là toucherait directement ça.
Mais, si vous voulez, M. le Président, on peut suspendre et en
avoir un, avis, là. Moi, je suis ouverte à réfléchir puis avoir l'avis
juridique pour rassurer les collègues.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Tout à fait. Bon. On voit que, dans d'autres dispositions... De toute façon,
l'ensemble de la
Loi sur le tabac est une intrusion
dans la vie privée des citoyens qui aimeraient être libres de fumer partout.
Alors, on trace une ligne pour le bien public, le bien commun. Sur la
question des gardes en milieu familial, nous intervenons de toutes sortes de façons pour encadrer la
qualité : les locaux, la santé, la salubrité, les équipements de la garde
en milieu familial. Donc, nous ne laissons pas toute latitude au
responsable de la garde, nous faisons bien attention au contenu et au
contenant.
Dans une autre disposition dont on discutera
plus tard, on va même permettre aux propriétaires d'immeubles d'interdire de fumer dans les aires communes, sur les balcons, sur les balcons des
logements que les gens louent — et c'est leur vie
privée — et on
leur dit : Non, vous n'avez pas le droit de fumer sur votre balcon, que
vous louez, qui est votre résidence.
Et même on va leur dire : Bien, si le propriétaire décide que ce sont des
logements non-fumeurs, bien, ce sont
des logements non-fumeurs. Donc, on en fait une, intervention, dans la vie
privée, au nom du bien commun, au nom de la santé publique.
Alors, je
suis content que la ministre nous dise qu'elle peut produire un avis juridique.
Je trouve que la suggestion du
collègue de Groulx est très bonne. On voudrait savoir sur quoi se fonde ce
refus. Si c'est un refus qui est juridique, nous l'examinerons. Si c'est
un refus qui est de principe, bien, à ce moment-là, on a une divergence sur le
principe, mais cette divergence va se
répéter à plusieurs moments. Par exemple, on va discuter des fumoirs dans les
institutions de santé, des gens pourraient dire : Écoute, moi, ma
vie privée, c'est que... ce n'est pas de ma faute si je suis à l'hôpital, puis
j'aime fumer. Là, vous m'interdisez de fumer.
Donc, je suis tout à fait d'accord avec la suggestion
de la ministre, on peut suspendre la discussion sur notre amendement en
attendant qu'elle nous arrive avec un texte ou quoi que ce soit de mieux
informé et on reprendra la discussion à ce moment-là.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Mme la ministre.
Charlebois :
En fait, c'est l'éclairage sur l'avis juridique, ce n'est pas un avis
juridique. Vous savez très bien qu'on ne peut pas déposer un avis
juridique, là. J'ai comme mal formulé mon propos.
Mais je veux juste vous ramener... puis je n'ai
pas de problème, je n'ai pas de malaise, là, à ce qu'on puisse y réfléchir puis
vous revenir avec des précisions, mais je veux juste qu'on se ramène, là, aux
services de garde en milieu familial, là.
Les gens vont chez une dame, chez elle, dans sa vie privée. On est presque dans
la chambre à coucher de l'individu, là. On est là, là. Et là, là, on
gère déjà les heures d'ouverture, mais là vous me demandez, là, de gérer l'ensemble de sa vie à travers 24 heures, là.
Les citoyens qui ont des services de garde, là, vont être supervisés
24 heures de temps.
Comment on va
mettre ça en application à 3 heures du matin, la personne qui se lève puis
qui fume, là? Il faut aussi penser à cette avenue-là, là, M. le
Président.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Collègue de Rosemont, sur le même échange. Après ça, on ira voir le collègue de
Groulx.
M. Lisée :
Oui. Sur la vie privée, on me signale que le ministre de la Santé avait proposé
d'imposer trois ans de relations sexuelles avant de permettre la
fécondation in vitro, donc on était allé assez loin dans la chambre à
coucher. Heureusement, là-dessus, on l'a ramené au bon sens.
Bien,
justement, la personne qui veut offrir une garde en milieu familial sait
qu'elle devra avoir un permis et qu'elle devra se soumettre à un certain nombre d'obligations que l'État lui
donne. Elle le sait, c'est un contrat avec l'État. Alors là, on dit : Bien, on va changer une des
conditions. Et, comme je l'ai dit tout à l'heure, bien, en réglementation, on
peut dire : Bien, les lieux où
la garde se fait, eux, il ne doit pas y avoir de fumée 24 heures par jour
dans ces lieux-là. Alors, on pense que
ce n'est pas dans la chambre à coucher, hein? Si on dit : Bien, il y a
toute une aile de la maison qui est dédiée à la garde, très bien. S'ils gardent dans la chambre à coucher, bien là c'est
leur choix. Ils ont le choix de ne pas avoir de garde en milieu familial, mais ils n'ont pas le choix de
se soumettre ou non à l'encadrement de l'État. Et, encore une fois, moi,
je suis d'accord pour une période de
transition, je suis d'accord à ce qu'on leur propose des services de réduction
ou d'abandon du tabagisme. Sur la
question de l'application, bien, c'est toujours la même, hein, je veux dire, on
crée une obligation, il y a des gens
qui sont respectueux de la loi, il y a des gens qui ne le sont pas, il y a des
plaintes. À un moment donné, il y a un parent
qui va nous dire : Écoutez, je suis arrivé avec mon bébé à 9 heures,
ça sentait la fumée, ça sentait la fumée. Puis ils vont appeler au
Service régional pour qu'ils envoient un inspecteur. C'est comme ça que ça va
se passer.
Mais moi, je
compte sur la volonté des gens qui gèrent des services de garde de respecter la
loi. Et c'est des gens qui aiment les enfants. Ils aiment les enfants
puis ils le savent, que ce n'est pas bon, la fumée, pour les enfants.
Alors donc,
si la ministre veut suspendre, y réfléchir, y revenir... On peut réécrire
l'amendement ensemble dans les jours qui viennent si elle le désire,
mais je pense que c'est un sujet qui vaut la peine qu'on s'y arrête.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
ministre.
Charlebois : Bien,
je pensais que vous alliez au député de Groulx avant, non?
Le Président (M. Tanguay) : Non.
Charlebois : O.K.
Le Président (M. Tanguay) : Je veux
toujours m'assurer, puis c'est votre libre arbitre, de... En vertu des articles 244 et 245, vous avez toujours
cinq minutes de réplique sur tout ce qui se dit et qui se conclut ici, mais, du
coin de l'oeil, vous pouvez m'indiquer que je peux aller à un autre collègue en
tout temps.
Charlebois : Bien, j'ai entendu les préoccupations du député
de Rosemont, je suis d'accord à amener un certain élément de réflexion, là, puis de revenir avec une proposition
bonifiée. Maintenant, je le ramène, là, au domicile privé
d'un individu, on est dans l'expectative de la vie privée, mais on va
réfléchir, voir s'il n'y a pas des moyens de protéger mieux les enfants comme
vous le dites. Et je crois que le député de Groulx voulait intervenir aussi.
Le Président (M. Tanguay) : Je ne l'ai pas oublié, il est toujours dans ma
tête, dans mon esprit. Collègue de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, écoutez, on abonde dans le
même sens que le député de l'opposition
officielle, parce qu'on pourrait faire d'autres amendements, des propositions,
mais on aimerait avoir avant ça une
opinion, un avis juridique clair parce que ça va avoir un impact sur les
propositions qu'on pourrait faire au niveau de l'amendement. On
pourrait, par exemple, dire qu'on suggère qu'il y ait un certain nombre
d'heures qui pourrait aller jusqu'à huit
heures, disons, avant et après la fermeture, pour s'assurer que... surtout
avant évidemment, s'assurer que l'air puisse être dissipé et renouvelé,
en fait, là. Mais ça va dépendre de l'avis juridique qu'on pourrait obtenir,
Charlebois : Mais je veux être claire, M. le Président,
là-dessus, là, un avis juridique, on ne dépose pas ça jamais. On peut
fournir un éclairage, des notes, mais jamais un avis juridique complet n'a été
déposé par aucun gouvernement, et je ne vais
pas commencer ça aujourd'hui. Cependant, je m'engage à informer, donner un
éclairage sur ce que vous souhaitez. Ça, il n'y a pas de problème, là.
Puis, pour répondre à la préoccupation aussi de mon collègue de Rosemont quand
il disait : Bien, quand on arrive, on sent la cigarette... je suis désolée
de vous dire ça, mais j'ai deux frères qui
fument, là, puis ils fument pas mal puis ils n'ont pas besoin de fumer chez
nous, puis ça sent la cigarette quand
ils viennent chez nous. Puis ils ne fument pas dans la maison chez nous, c'est
interdit. Ça fait que ce n'est pas un bon élément, honnêtement, de
réponse, mais on va réfléchir. Je suis d'accord avec vous, qu'il faut
réfléchir.
Président (M. Tanguay) : Alors, chers collègues, j'aimerais vérifier
s'il y a consentement. Donc, puis vous me détrompez si j'ai tort — c'est vous qui le décidez — il y avait demande, je crois, de suspendre
l'amendement du collègue de Rosemont et suspendre également
l'article 4. Est-ce que j'ai bien compris?
Y a-t-il consentement
pour suspendre et l'amendement et l'article 4? Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Question de directive : C'est la seule façon de procéder?
Le Président (M.
Tanguay) : Pour suspendre, oui, il faut le consentement.
Lisée : Oui. Mais, je veux dire, il faut suspendre aussi
l'article 4 ou on peut procéder sur l'article 4 mais en
sachant qu'on revient avec l'amendement?
Président (M. Tanguay) : Ce n'est pas la seule façon de procéder,
mais, normalement, quand on suspend un amendement, on suspend l'article.
Mais vous pouvez très bien poursuivre le débat, si vous le désirez, sur
l'article 4 en n'ayant suspendu uniquement que votre amendement.
M. Lisée :
Mais, si on adoptait l'article 4, est-ce qu'on peut revenir avec
l'amendement? Je ne crois pas.
Le Président (M.
Tanguay) : De consentement, oui.
M. Lisée :
De consentement, oui.
Le Président (M.
Tanguay) : Ça va prendre un consentement. Et, si d'aventure vous
adoptiez l'article 4, on poursuit nos
travaux, et vous dites : Ah! j'ai un amendement à l'article 4, s'il
n'y a pas consentement, vous ne pourrez pas amender l'article 4.
M. Lisée :
Donc, il est préférable de suspendre l'article 4 et de procéder à 5.
D'accord.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, y a-t-il consentement pour suspendre et l'amendement
et l'article 4?
M. Lisée :
Consentement.
Le Président (M.
Tanguay) : Parfait. Alors, chers collègues, nous sommes, Mme la
ministre, à l'article 5.
Vous avez annoncé un
amendement à l'article 5. Je vous demanderais, pour nos fins de
compréhension et d'efficacité, peut-être de
d'abord nous lire la première mouture de 5, après ça nous lire l'amendement et
nous en donner quelques explications.
Charlebois : Alors, à l'article 5 du projet de
loi 44, nous désirons modifier l'article 2.1 de cette loi, qui
est modifié par le remplacement du paragraphe 3° par les suivants :
les terrains mis à la disposition d'un établissement d'enseignement, visé par
la
Loi sur l'instruction publique (chapitre
I-13.3), la
Loi sur l'instruction publique pour les autochtones cris, inuit et
naskapis (chapitre I-14) ou la
Loi sur l'enseignement privé (chapitre
E-9.1) et qui dispense, selon le cas, des services d'éducation préscolaire, des
services d'enseignement primaire ou secondaire, des services éducatifs en
formation professionnelle ou des services éducatifs pour les adultes en
formation générale, aux heures où cet établissement reçoit des élèves mineurs;
les terrains d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie aux heures où
ce centre ou cette garderie reçoit des enfants;
[Et] — au
cinquième paragraphe, en fait — 5° les terrasses et les autres aires
extérieures exploitées dans le cadre d'une
activité commerciale et qui sont aménagées pour y permettre le repos, la
détente ou la consommation de produits.»
Alors, ce qu'on
souhaite faire, M. le Président, à l'article 5 du projet de loi, qui
modifie l'article 2.1 de la loi, c'est la modification au paragraphe 3°
pour élargir l'interdiction de fumer sur les terrains mis à la disposition d'un
établissement d'enseignement qui dispense
des services éducatifs en formation professionnelle ou des services
éducatifs pour les adultes en formation générale aux heures où il reçoit des
mineurs.
Le Président (M.
Tanguay) : Avez-vous un amendement à l'article 5?
Une voix :
Oui, oui, oui.
Le Président (M.
Tanguay) : Ah! c'est ce que vous êtes en train de...
Charlebois :
Non, c'est l'article.
Président (M. Tanguay) : O.K. Je vous demanderais donc — on va y aller systématiquement — de — vous avez bien fait — lire la première version et, après ça, nous
lire l'amendement que vous proposez, et après ça on pourra vous entendre
pour les explications. Merci.
Charlebois :
Alors, l'amendement qui est proposé à l'article 5 du projet de loi,
c'est :
au premier paragraphe... en fait, 1°, de supprimer, pas au premier paragraphe,
supprimer, dans le paragraphe 3° de l'article 2.1 de la Loi
sur le tabac, «, aux heures où cet établissement reçoit des élèves mineurs»;
de supprimer, dans le paragraphe 4° de l'article 2.1 de la
Loi sur le
tabac, «aux heures où ce centre ou cette garderie reçoit des enfants»;
3° d'ajouter, après
le paragraphe 5° de l'article 2.1 de la
Loi sur le tabac, ce qui
suit :
les aires extérieures de jeu destinées aux enfants et qui accueillent le
public, y compris les aires de jeux d'eau, les pataugeoires et les
planchodromes.
est également interdit de fumer [ou moins] — "à moins", excusez-moi — de neuf mètres de toute
partie du périmètre d'un lieu visé au paragraphe 6° du
premier alinéa. Cependant, lorsque cette distance excède la limite du
terrain sur lequel ce lieu est situé, l'interdiction de fumer s'applique
uniquement jusqu'à cette limite.
«L'interdiction de
fumer prévue au paragraphe 3° du premier alinéa ne s'applique pas à un
terrain utilisé exclusivement par un établissement qui ne dispense que des
services éducatifs en formation professionnelle ou des services éducatifs pour
les adultes en formation générale et qui ne reçoit aucun élève mineur.»
Alors, cet amendement
a pour objet, M. le Président, d'interdire de fumer en tout temps sur les
terrains des centres de la petite enfance,
des garderies — là, on
s'entend, là, quand je dis «centres de la petite enfance», «garderies», c'est les installations — des établissements d'enseignement
préscolaire, primaire et secondaire, ainsi que les centres de formation professionnelle ou de formation générale
aux adultes, sauf si ceux-ci ne reçoivent pas d'élève mineur et qu'ils ont l'usage exclusif de leur terrain. Et il est
aussi souhaité d'interdire de fumer dans les aires extérieures de jeu pour
enfants ainsi qu'à neuf mètres de toute
partie du périmètre de ces aires.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions sur l'objet de
notre débat, qui est l'amendement de la ministre à l'article 5? Collègue
de Rosemont.
M. Lisée :
Je vais vous demander de suspendre, parce que nous avions aussi un amendement
qui recoupe d'assez près, mais pas parfaitement, celui de la ministre et nous
voudrions voir si on peut faire un ajustement pendant la suspension.
Le Président (M.
Tanguay) : À moins que le collègue de Groulx...
M. Lisée :
...suspendre pour qu'on puisse examiner le texte en fonction de notre propre
amendement, qui recoupait un peu, mais pas totalement...
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Alors, nous suspendons nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, chers collègues, nous sommes de retour. L'objet de
notre débat, je le rappelle, est toujours
l'amendement de la ministre à l'article 5, et, en ce sens, je cède la
parole au collègue de Rosemont.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui.
Lisée : Bien, écoutez,
dans cet amendement et dans le texte du projet de loi, il y a un enjeu majeur, il y a un enjeu majeur, c'est celui de quel signal on envoie pour
nos établissements d'enseignement. Là, on parle des terrains extérieurs. Donc, déjà,
à l'intérieur d'une université, d'un cégep, il est interdit de fumer. Et ce que
la ministre nous propose aujourd'hui, c'est de dire : Bon, bien, lorsqu'il y a des mineurs, ça devrait
être interdit, mais, lorsque ce sont des adultes, ça devrait être permis. Et moi, bien respectueusement, je me demande si... là, on
légifère pour 10 ans, hein, et puis si, dans 10 ans, on va dire : Mais qu'est-ce qu'ils ont pensé
de dire que c'était correct de fumer à neuf mètres de l'Université Laval, de l'Université de Montréal puis du cégep
du Vieux Montréal, etc.? Pourquoi est-ce qu'ils ont été si timides?
Et moi, je pense qu'il faut se poser la
question, et on va la poser, de : Ne devrions-nous pas aujourd'hui, dans
ce projet de loi, moyennant un délai, mais dire que nous voulons que les
institutions d'enseignement au Québec soient des lieux sans fumée à l'intérieur
et à l'extérieur?
On aura ce débat sur
les hôpitaux. On a eu plein de gens de la santé qui sont venus nous dire :
Bien, écoutez, à neuf mètres de l'entrée de l'hôpital, il y a l'écran de fumée
des fumeurs. On ne veut plus de cet écran de fumée, on veut que le terrain de l'hôpital soit sans fumée et puis on a des
programmes d'accompagnement de lutte au tabagisme. Alors, c'est vrai pour des hôpitaux où il y a des
mineurs et des majeurs, il y a des aînés, et puis là on va dire : Oui,
mais, si vous allez au cégep du
Vieux Montréal, c'est correct de fumer sur le terrain. Il y a une
difficulté, et, d'ailleurs, au cégep il
y a des mineurs : il y a des gens de 17 ans qui commencent le cégep.
Il y a des gens très brillants au Québec qui commencent le cégep à 17 ans. Et donc on voudrait sous-amender
celui-là pour tenir ce débat-là, donc on est à l'écriture d'un
sous-amendement, parce que, dans la disposition qui dit qu'«un établissement
qui ne dispense que des services éducatifs
en formation professionnelle ou des services éducatifs pour les adultes en
formation générale et qui ne reçoit aucun
élève mineur», bien c'est là que le principe mineur-adulte est introduit dans
la disposition. Donc, nous, on est en désaccord
avec ce principe-là. Donc, on ne peut pas voter pour l'amendement et l'article
dans sa forme actuelle, bien que tout
le reste nous va très bien, et nous voudrons introduire, avec un délai de cinq
ans, que, sur les terrains des cégeps, et des universités, et de tous
les établissements d'enseignement, ils soient sans fumée.
Donc, on veut faire
ça de deux façons — M.
le Président, je me tourne vers vous : on peut soit sous-amender l'amendement de la ministre pour retirer les mots
qui nous heurtent, voter et ensuite vous proposer un amendement qui élargit la portée, c'est-à-dire les cégeps et les
universités, ou, si vous le désirez, puis par consentement, on peut
introduire notre sous-amendement, qui
toucherait à la fois la formation générale, les cégeps et les universités,
comme sous-amendement de l'amendement de la ministre et en disposer à ce
moment-là.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, comme vous le savez,
la présidence n'a pas de désir mais peut vous donner les directives
quant à ce qui peut être fait. Et, dans tous les cas d'espèce, ça pourrait être
fait. Alors, je cède la parole à Mme la ministre.
Charlebois :
Deux choses, M. le Président. Je veux ramener à la réflexion de tout le monde,
là, que les établissements d'enseignement postsecondaire, là... Puis il a
raison, là, quand il dit qu'il y en a qui commencent à 17 ans, bien, qu'il y a des gens brillants au Québec. Merci
beaucoup, j'ai commencé à 16 ans, si vous qualifiez la brillance
là-dessus. J'ai commencé mon cégep à 16 ans, mais je pense que ce n'est
pas un critère de...
Une voix :
Oui, c'est un critère.
Charlebois :
Bon. Alors, une fois cette blague passée, j'ai le goût de vous dire que, à
l'intérieur des établissements et à neuf
mètres de la porte, je vous rappelle que les gens n'ont pas la possibilité de
fumer. Je vous ramène aussi au fait
que, si on prend une université, le campus, ici, de l'Université Laval, vous
allez condamner — je ne
suis pas sûre que le maire Labeaume
va être content, là, je ne suis vraiment pas certaine — vous allez condamner au moins le
quart de la ville à un environnement sans
fumée. C'est grand, l'Université Laval, allez-y faire un tour, ma fille est
allée là-bas, là, c'est très, très grand. Alors, pour l'ensemble des
universités, c'est ça.
Moi,
je pense que de bien circonscrire l'intérieur des établissements, c'est déjà
fait. Le neuf mètres de la porte, on parle
majoritairement à des adultes, mais,
pour aller un petit peu plus loin, parce que, je vous dis, je suis
vraiment ouverte aux
discussions, votre amendement est-il rédigé?
M. Lisée :
Il manque deux mots.
Charlebois :
Alors, M. le Président, je suis prête à attendre son amendement
pour qu'on puisse procéder.
Président (M. Tanguay) :
Alors, ce serait un sous-amendement, le cas
échéant, ce qu'on pourrait faire.
On va donc suspendre quelques instants pour vous laisser le temps d'en terminer
la rédaction et d'en faire la distribution.
Alors, nous
suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 30)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous avons reçu copie d'un sous-amendement qui nous est présenté maintenant par le collègue de Rosemont. La
parole est à vous.
M. Lisée : M. le
Président, voici le texte du sous-amendement à l'article 5 : Modifier l'amendement à l'article
5 du projet de loi par :
1° la suppression du dernier paragraphe de l'amendement;
2° l'ajout, après le paragraphe 6 o ,
des paragraphes suivants :
«7° sur le
terrain de tout établissement d'enseignement postsecondaire, ceux-ci ayant une période de cinq
ans après la sanction de cette loi pour s'y conformer; et
«8° sur les terrains de jeux et aires
d'activités sportives.»
Le Président (M. Tanguay) :
Avez-vous des explications additionnelles ou...
M. Lisée : Oui. Bien, alors,
c'est une décision de société que l'on doit prendre ensemble.
Est-ce qu'en 2020, dans cinq ans, on pourrait
dire à tout étudiant mineur ou majeur au Québec : Quand vous allez dans un lieu d'enseignement québécois, c'est
une aire sans fumée : c'est sans fumée à l'intérieur, c'est sans
fumée aux abords, c'est sans fumée dans le
stationnement, c'est sans fumée dans l'aire de jeu, c'est sans fumée sur le
campus? Parce que c'est le signal qu'on veut
envoyer à tous ceux qui vont jouer un rôle important dans notre société. On va le
faire pour les malades. On va le faire pour
les gens qui non seulement sont en bonne santé, mais sont en train de devenir
les techniciens, les ingénieurs, les
professionnels de demain, de dire : Écoutez, vous allez être trois ans
dans une université, on veut que vous
réduisiez votre prévalence au tabagisme. Et on a vu dans l'ensemble des données
qui nous ont été fournies que la
prévalence au tabagisme, dans la période 19-25 ans, est la plus élevée. C'est
la plus élevée et c'est celle-là qu'on veut réduire. Alors, de dire, du
jour au lendemain : Vous êtes à l'école maintenant, vous ne pouvez plus
fumer sur le terrain du campus, ce serait un
peu raide, j'en conviens, mais de dire aux universités, dont certaines, j'en
suis certain, vont nous dire l'an
prochain qu'ils deviennent volontairement un lieu sans fumée... Le CUSM — le CUSM, c'est un centre
universitaire — vient
de dire qu'il serait un centre sans fumée. Est-ce que ça va inclure les
terrains ou pas?, on va se renseigner, mais on a été surpris pendant les
audiences d'entendre le centre Pinel nous dire qu'il était devenu sans fumée, et l'association pulmonaire canadienne nous
écrivait, Mme la ministre, le député de Groulx et tous les collègues, cette semaine pour nous faire la liste des
organismes de santé qui spontanément avaient décidé de devenir sans
fumée en assortissant cette décision de programme d'aide à la cessation du
tabagisme pour leurs employés, et autres.
Alors, moi,
je dis : Écoutez, là, on ne veut pas avoir l'air en retard, on veut mener.
Et, si on dit aujourd'hui aux universités,
aux cégeps, aux centres de formation professionnelle : Écoutez, dans cinq
ans, vous devriez tous être des lieux sans
fumée, moi, je vous parie, Mme la ministre, que, dans deux ans et demi, il va y
en avoir déjà plusieurs qui vont avoir voulu
être parmi les premiers et que, dans cinq ans, ce sera fait. Et puis, dans cinq
ans, bien les étudiants qui ont commencé leurs bacs cette année seront
déjà partis. Alors donc, nous créons, chez les étudiants, des cohortes de
secondaire où déjà c'est sans fumée et c'est
sans fumée sur leurs terrains, ils ont cette habitude-là. Ne pas leur
dire : Quand vous serez au cégep,
vous allez voir, vous allez pouvoir en griller une autour du cégep, puis, quand
vous serez à l'université, vous pourrez
en griller une. Non, on leur donne, là, l'habitude. Sur le terrain de l'école
secondaire, il n'y en a pas, de fumée, puis, sur le terrain du cégep, il
n'y en aura pas, puis, sur le terrain de l'université, il n'y en aura pas,
parce que c'est la nouvelle norme.
C'est la nouvelle norme au Québec : on est
dans des lieux sans fumée, lorsque l'État intervient. Puis, s'il y a quelque
chose qu'on veut vous enseigner, c'est de ne pas vous mettre à fumer. Ils vont
dire : Oui, mais, ça va être compliqué,
je vais juste pouvoir fumer chez moi.
Bien, c'est ça, ça va être compliqué. C'est compliqué de fumer,
c'est compliqué, parce que c'est mauvais pour la santé. L'État en a décidé
ainsi, il a créé des conditions d'accoutumance au non-tabac.
Alors, la décision, elle est devant nous, Mme la
ministre, on a une responsabilité collective. Cher collègue de Groulx,
on a une responsabilité collective. Est-ce qu'on fait ce pas-là maintenant
en prévoyant une période d'adaptation de
cinq ans? Puis moi, je crains que, si on ne le fait pas, bien, en 2025, des
gens vont nous dire : Mais comment ça se fait? Où étiez-vous?
Qu'avez-vous pensé de ne pas prévoir ça? Je vous le soumets respectueusement,
Mme la ministre.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Oui, M. le Président. J'entends l'argumentaire du député de Rosemont et,
honnêtement, je me mets dans la peau des
gens qui vont à l'université, là. J'ai entendu son argumentaire, là, sur le
centre hospitalier dont il a fait
mention, mais je veux le ramener à ces gens-là, là. Ils ont fait la démarche
volontaire, ça a été une démarche progressive,
et ils ont adhéré eux-mêmes à une démarche. Moi, honnêtement, là — on fait affaire avec des adultes — je
comprends qu'on veut protéger la santé des
non-fumeurs, mais, quand on dit : Tu n'as pas le droit de fumer à
l'intérieur et à neuf mètres des portes,
moi, je trouve que déjà, là, déjà, on fait un grand pas, là. Imaginez-vous, là,
qu'on va demander à l'Université
Laval, là... celui qui reste en plein centre du campus, là, il va falloir qu'il
marche combien de temps avant de pouvoir aller fumer à l'extérieur du
campus? Tu sais, à un moment donné, il y a une question de liberté individuelle
aussi. Sinon, on va interdire la cigarette
complètement au Québec. Ce serait souhaitable, mais est-ce que ça va
arriver? Je ne le pense pas. Alors, moi,
dans la limite où les choses sont faisables, honnêtement, je reviens... Pensez
aussi au «tailgate» qui se fait à l'Université Laval. Combien de personnes vont sur le
terrain, cette journée-là, là, de l'université, qui entrent et qui sortent du terrain de l'université? Puis je
vous ramène à la superficie, là, juste de l'Université Laval puis je
pourrais vous donner d'autres exemples comme ça.
Moi,
je pense que ce qu'il est important de faire, là, puis c'est comme ça que j'ai
arrêté de fumer, c'est : quand on rend
la vie plus difficile, j'en conviens avec vous, aux fumeurs, il faut qu'ils
fassent un cheminement. Mais, de là à y aller trop fort, je pense qu'on va risquer de générer des comportements
rebelles. Moi, j'ai le goût de vous dire qu'il y a une politique de prévention qui s'en vient. Pourquoi
on n'incite pas les gens à eux-mêmes faire une démarche à partir de
cette politique de prévention? Là, on est
rendu qu'on parle à des universitaires. Ils doivent être capables de réfléchir
puis faire leur propre démarche, là, je ne peux pas croire. Moi, je ne
peux pas adhérer à ça, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : O.K. Alors, toujours sur le même échange,
avant d'aller au collègue de Groulx, collègue de Rosemont.
Lisée : On n'a pas arrêté de parler aux adultes, là, depuis
1997—1998, on leur
a dit de ne pas fumer dans les restaurants.
Là, maintenant, on leur dit de ne pas fumer sur les terrasses. Il y a plusieurs
adultes qui ne comprennent pas qu'on
leur dise de ne pas fumer sur les terrasses, et là on leur dit de ne pas fumer
à neuf mètres des terrasses. Si on voulait respecter la liberté individuelle, il ne fallait pas faire ces
dispositions-là. Moi, je suis d'accord avec ces dispositions-là, mais c'est certain qu'on parle à des adultes, on
n'a pas arrêté de parler à des adultes pour réduire la prévalence du
tabac. Et moi, je pense que, dans les bars,
on a dit aux adultes : Vous ne pouvez pas fumer dans un bar et dans une
discothèque. On est allé loin, mais là on
dirait : Bars, discothèques, ça va, mais, sur le campus d'un lieu
d'enseignement, là, vous pouvez fumer? Pas dans le bar, pas dans la
discothèque, mais, sur le campus d'une université, ça va.
moi, je pense qu'un établissement d'enseignement a plus de responsabilité
sociale qu'un bar ou une discothèque,
hein? Alors, la liberté individuelle, on a décidé que, pour des raisons de bien
public, de santé publique, on allait
envoyer des signaux forts aux adultes dans certains endroits où ils ne peuvent
pas fumer. Et là on parle de jeunes adultes
dans des lieux d'enseignement qui sont censés transmettre du savoir, et du
savoir-être, et du savoir-vivre et qui ont une responsabilité de santé
aussi. Leur donner cinq ans, c'est leur dire : Bien, pendant cinq ans, là,
les politiques de prévention, servez-vous-en
au maximum, parce que, dans cinq ans, ça va arriver, ça va arriver sur le campus. Puis, si pour le «tailgate» c'est compliqué, bien
il y a un moment où les gens vont savoir que, bien, si c'est sur le campus
d'une université, on ne va pas fumer. On va
prendre une bière, on va faire un barbecue, mais il n'y aura pas de cigarette.
Ça va être comme ça. Si c'était
possible dans un bar, dans une discothèque, il me semble que c'est possible à
un «tailgate». C'est comme à chaque fois qu'on l'a fait, ça semblait
très difficile à accepter jusqu'à ce que ça devienne une normalité. Et, à mon sens, je trouve, c'est plus facile de dire
«c'est normal dans un établissement d'enseignement» que c'était facile
de dire que c'était normal dans un bar.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la ministre.
Charlebois :
M. le Président, je pense qu'on mélange les concepts, là, parce que, dans un
bar, et à neuf mètres sur une terrasse
où tout le monde sort en même temps avec sa petite bière fumer une cigarette,
là, on n'est pas pantoute dans le
même horizon qu'un terrain à l'Université Laval où il y a un stationnement.
Moi, je comprends qu'on veut me parler de lieux d'enseignement, mais je
n'ai jamais vu un prof donner un cours sur le bord du parechoc de l'auto, là.
Ça fait que, là, on
va remettre les concepts en place, là. Il y a une densité de fumée dans les
bars, dans les restaurants, sur les terrasses qui n'existe pas sur l'ensemble
d'un territoire comme l'Université Laval, premièrement. Deuxièmement, moi, je considère qu'à neuf mètres, bref, en bon
québécois, 30 pieds de la porte,
on fait déjà un pas, là, dans la bonne direction et je considère que ce n'est pas un lieu d'enseignement, un stationnement et l'ensemble du territoire. Moi, j'adhère
plus à une mesure... parce que je fais affaire avec des gens qui sont dans le
milieu de l'éducation et majoritairement des
adultes. Moi, je ne peux pas croire qu'ils ne peuvent pas faire une démarche
par eux-mêmes comme il a été
fait dans les centres hospitaliers, hein, puis comme il a été fait à d'autres
choses. Mais déjà on circonscrit l'établissement
à l'intérieur et l'entourage de la bâtisse mais pas tout le périmètre d'un
centre universitaire ou d'un cégep. Moi, je prends... juste au cégep de
Valleyfield, où je suis allée, là. C'est grand, le périmètre du terrain du
collège de Valleyfield, là, mais je ne peux
pas croire que... À l'époque, là — je vais vous confier quelque chose — quand j'ai fini le cégep, je fumais. Bien, je ne peux pas croire que
quelqu'un m'aurait empêchée de fumer en embarquant dans ma voiture, là. C'est une liberté que j'avais. Je ne fume
plus, je suis heureuse de ne plus fumer, mais, à cette époque-là, je
fumais. Puis il y en a d'autres qui fument
encore. Je ne veux pas défendre les fumeurs. La seule chose : on leur
demande de fumer à 30 pieds de la porte, neuf mètres de la porte,
et pas dans l'établissement, pour éviter la densité.
Quand on parle
d'extérieur, là, tu sais, à un moment donné, on va leur dire, on va dire aux
gens... bien, je ne le sais pas, il va falloir
faire des corridors dans les airs, je ne sais pas trop comment faire, là, mais,
honnêtement, je ne peux pas y adhérer. Puis j'entends votre
préoccupation, M. le député de Rosemont, là, je comprends que vous êtes préoccupé, puis ce n'est pas vrai qu'on est
obligés d'attendre 10 ans pour réouvrir la loi. Vous présumez qu'elle ne
sera pas ouverte avant 10 ans. J'espère qu'on pourra la réouvrir puis faire un
autre tour de roue avant.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont, sur le même échange.
M. Lisée : Bien, c'est notre expérience historique, qu'on le fait
aux 10 ans. Alors, ma contreproposition, c'est de dire : Bien, adoptons mon amendement, puis, si on n'est
pas contents dans cinq ans, on réouvrira la loi puis on l'enlèvera, hein?
Mais
je pense que ce serait un très, très fort incitatif de dire qu'on donne cinq
ans aux établissements d'enseignement.
Qu'est-ce qui se passe sur les terrains? Devant McGill, là, il y a un
magnifique parvis. À l'Université de Montréal,
où j'ai passé huit ans de ma vie, les étudiants sortent, ils sont à
neuf mètres, ils s'assoient ensemble, ils sont cinq ou six, il y en a deux qui fument. Les autres
fument la fumée secondaire. S'il n'y a pas une décision de dire :
Bien, non, sur le terrain, même si vous êtes plusieurs, il n'y a pas de fumée
primaire ou secondaire... Puis l'étudiant peut dire : Aïe! Tu sais que tu n'as pas le droit de fumer ici, on est à
l'université. Ah bon! Excuse-moi, O.K., on arrête. C'est le signal qu'on veut leur donner. Je comprends, on
est dans le stationnement, on veut fumer, bien, regarde, prends ta
voiture, là, puis, après la guérite, tu
l'allumeras, ta cigarette, s'il n'y a pas de mineur dans la voiture. Ce
n'est pas si compliqué puis, je pense, c'est un très bon signal à envoyer.
Alors,
je suis désolé que la ministre ne veuille pas s'engager dans cette direction.
Je pense que c'était important d'envoyer
ce signal puis ça va être difficile de l'envoyer autrement, parce que c'est
maintenant. On est ici maintenant. On est
ici maintenant pour tracer la voie dans les années à venir, et je pense que les
recteurs, les associations étudiantes, etc., sont là, ils sont... On l'a vu dans les consultations, que les
établissements publics étaient rendus plus loin que la législation, puis
on leur donnerait un petit coup d'accélérateur en leur donnant cinq ans.
Alors, je pense qu'on
a bien établi nos positions respectives. Si la ministre veut suspendre et me
revenir avec quelque chose d'autre en disant : Bon, bien, ce ne sera
pas cinq ans, mais ça va être... si elle veut raffiner l'amendement, moi, je suis intéressé, moi, je suis prêt...
J'aimerais mieux qu'on vote ensemble. J'aimerais mieux qu'on vote ensemble.
Mais je ne l'ai pas entendue sur la proposition qu'on fait sur les terrains de
jeu dans le sous-amendement.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la ministre.
Charlebois :
Bien, j'entends ça, «les terrains de jeu», mais qu'est-ce que vous entendez par
«terrains de jeu»? J'aimerais ça qu'il y ait un petit peu plus de détails.
M. Lisée :
On peut en mettre. On avait un libellé plus conséquent.
Charlebois : Parce
qu'on a déjà inscrit, M.
le Président, là, le terrain de jeu.
Nous autres, on a déjà
inscrit : jeu destiné aux enfants et qui accueillent... y compris les
aires de jeu et pataugeoires. C'est déjà inscrit, là.
M. Lisée :
Oui, c'est «destinées aux enfants». Ici, on parle des terrains de jeu en
général.
Une voix :
Par exemple?
Lisée : Bien, quand
on va jouer à un terrain de soccer, par
exemple. Un terrain de soccer dans un
parc public, c'est un endroit sans
fumée, un endroit où on fait du sport, c'est un endroit de santé. On ne fume
pas sur le terrain de jeu ou aux abords du terrain de jeu. Il y a des
parents qui amènent leurs enfants ou les adultes ensemble...
Charlebois :
M. le Président, si je lui demande si jouer à la pétanque ou jouer...
Une voix :
Au shuffleboard.
Charlebois :
Non, au shuffleboard, puis l'autre, là, le croquet, là.
M. Lisée :
Au croquet?
Charlebois :
Oui. C'est-u de même qu'on appelle ça?
Charlebois :
Oui?
M. Lisée :
Au croquet, oui.
Charlebois :
Bon.
M. Lisée :
Bien, si c'est sur un terrain de jeu public, c'est un endroit sans fumée.
Charlebois : Bien,
est-ce que c'est ces appareils-là qui délimitent le fait que
c'est un terrain de jeu ou bien si c'est le terrain de jeu? Je ne vous
suis pas. Je pense à de mes municipalités rurales, là, où j'ai des clubs d'âge
d'or où il y a des gens qui vont jouer, comme vous le dites, là, à la pétanque, au
shuffleboard, au croquet, il y en a qui fument, là, mais ce n'est pas un terrain
de jeu autour, mais eux autres s'amusent, c'est pour eux un terrain de jeu.
Lisée : Oui, mais
c'est-à-dire que, si, à l'intérieur d'une habitation commune, etc., il y a
un terrain de jeu privé...
Charlebois : Non, à
l'extérieur.
Lisée : Bien, même à l'extérieur, si ça appartient à l'immeuble, ça appartient à l'immeuble, c'est à eux
à le déterminer. Puis là on a une disposition qui dit que, dans les
aires communes, un propriétaire peut décider que c'est sans fumée.
Charlebois :
Terrain de la ville?
M. Lisée : Si c'est un
terrain de la ville où il se fait des jeux, il devrait être sans fumée.
Le Président (M. Tanguay) : ...la
parole maintenant au collègue de Groulx. Avant que nous suspendions, je voudrais
lui permettre d'intervenir. La parole est à vous.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, tout comme mon collègue,
là, de l'opposition officielle, on aimerait bien que plus personne ne fume nulle part, mais on considère que le projet de loi qui nous est présenté actuellement
va relativement assez loin et qu'il serait difficile d'aller plus loin sans, en
fait, dire aux gens de rester chez eux, ceux qui fument, finalement.
D'ailleurs,
mon collègue a parlé de l'Université McGill. On a eu un
médecin de l'Université McGill qui est venu lors du dépôt des mémoires, et puis il avait effectivement mentionné qu'il ne fallait pas aller trop loin au niveau de la loi, puisqu'il fallait considérer l'aspect social aussi, puis je pense
que c'est important de le considérer. Il y a des gens pour
qui c'est plus facile de cesser de fumer;
d'autres, c'est plus compliqué. Et puis j'abonde au niveau de l'idée, là, de ce
que la ministre a évoqué tantôt, il va y avoir une position au niveau de prévention, là, qui s'en vient, puis je pense qu'il faut
aller plus de ce côté-là pour que, le
restant, on puisse les aider à arrêter de fumer. Mais donc il ne faudrait pas,
là, ostraciser tout le monde qui reste encore à fumer. Et puis on veut une société
qui soit inclusive. Alors donc, on ne serait pas en faveur, finalement,
d'aller plus loin que là où l'article de loi va présentement, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Mme la
ministre.
Charlebois :
Pouvez-vous suspendre juste deux secondes?
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous sommes de retour en ondes. Mme la ministre.
Charlebois : Alors, M.
le Président, suite à une mûre
réflexion, ce que je propose... J'ai entendu les propos du député
de Groulx et j'adhère en
partie à
ses propos, sinon presque totalement, mais, dans un mode de collaboration et
d'ouverture, ce que je propose de faire avec l'article 5, c'est de faire une
suspension. Je ne peux pas adhérer à votre amendement, mais on peut y réfléchir, voir si on peut faire
autre chose qui pourrait vous satisfaire et qui pourrait viser certainement une réduction du tabagisme. Mais je propose qu'on le suspende
temporairement puis qu'on revienne avec ça.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée : Bien, je suis d'accord, tout à fait, qu'on suspende et qu'on discute, on peut même s'échanger des
libellés avant de revenir sur l'article 5, mais je voudrais simplement
vous indiquer que l'Ontario et le Nouveau-Brunswick ont interdit la fumée sur les aires de jeu, y compris pour les adultes,
donc nos deux voisins font en sorte
qu'on ne peut pas fumer dans les parcs publics où il y a des aires de
jeu pour adultes.
Et c'est
quand même fort, ce qui s'est produit il y a quelques jours, le
28 octobre, où une université, donc, le CUSM, a décidé d'interdire la fumée sur le terrain de
son établissement. Alors, je vous cite l'article : «La nouvelle politique
de l'établissement va au-delà de la
Loi sur le tabac, qui interdit de fumer à
l'intérieur des hôpitaux et à moins de neuf mètres
de leurs portes d'entrée, en proscrivant cette pratique ainsi que le vapotage,
qui n'est pas couvert par la loi, sur tous les terrains extérieurs
appartenant au site Glen — c'est
énorme, le site Glen. Elle s'appliquera progressivement aux autres hôpitaux du CUSM au cours de 2016.» Alors, on cite le site
Internet du CUSM, qui dit : «"Chaque année, plus de
5 millions de décès sont directement attribuables au tabagisme[...].
L'autorisation de fumer et de vapoter dans nos établissements nuit à notre mandat en matière de santé"[...]. En
parallèle, le CUSM offre des programmes de cessation du tabagisme à ses
patients et à son personnel.»
Alors, on
sait aussi que l'interdiction de fumer sur tous les terrains extérieurs a été
décidée par les centres jeunesse, où il y a des mineurs et des majeurs,
et l'Institut Philippe-Pinel, où il y a des adultes. Alors donc, c'est ça, là,
c'est en train de se faire. C'est en train
de se faire, on devrait leur donner un bon coup de pouce. Et j'ai hâte de voir
comment... La ministre va revenir avec une
proposition, je l'accueillerai avec beaucoup d'attention et d'ouverture. Mais
je pense que la société nous envoie
un signal fort en ce moment et on devrait le prendre et dire : Bien, non
seulement vous avez raison, mais nous allons faire en sorte que vous
ayez raison d'ici cinq ans sur l'ensemble de ces lieux.
Le Président (M.
Tanguay) : Il reste une minute à nos travaux. Mme la ministre.
Charlebois :
J'entends les propos du député de Rosemont. C'est vrai que la société nous
envoie un signal fort, mais la ligne
est mince à un certain moment, il ne faut juste pas franchir une certaine ligne
qui va faire en sorte que la société
va se rebeller. Alors, moi, ce que je souhaite, c'est... j'entends votre préoccupation,
je souhaite réduire la prévalence au
tabac, mais on va essayer de faire ça de façon constructive. Et je ne dis pas
que votre proposition n'est pas constructive, mais allons-y
progressivement, puis je vous reviens avec une proposition.
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, de deux choses l'une. Avant que nous ajournions
jusqu'à 15 heures, est-ce que vous voulez que je constate s'il y a
consentement pour suspendre dans son entièreté l'article 5?
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
Mme la ministre, est-ce qu'il y a consentement, avant que l'on ajourne jusqu'à
15 heures, à ce que l'on suspende dans son... dans son entièreté, pardon,
l'article 5?
Charlebois : Oui.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
Alors, il y a consentement. Nous poursuivrons avec l'article 6.
Alors, chers collègues, compte tenu de l'heure,
la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous sommes
de retour, la commission reprend ses travaux.
Je vous
rappelle que le mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du
projet de loi n° 44, Loi visant à renforcer la lutte contre le
tabagisme. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de vos téléphones cellulaires.
Avant la suspension de nos travaux, nous étions
rendus à l'article 6, et j'invite maintenant Mme la ministre à nous en
faire la lecture.
Charlebois :
Alors, merci, M. le Président. On va d'abord se souhaiter un bon après-midi à
tous et espérer que notre superbon
climat de collaboration se poursuive. Puis je n'en ai même pas de doute, c'est
ça qui est le plus amusant.
Alors, à
l'article 6 du projet de loi, il est stipulé que l'article 2.2 de cette
loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «1°, 3°,
4° et 6° de l'article 2» par le «1° à 6.2°, [le] 7.2° à 9°, [et le] 11° et 12°
de l'article 2».
Bref, cette
modification de l'article
2.2 de la loi a pour objet d'interdire de fumer dans un rayon de neuf
mètres de toute porte, M. le Président, communiquant avec les lieux visés à l'article 2 de la loi,
sauf, bien entendu, des véhicules automobiles, autobus, taxis, immeubles
d'habitation et résidences privées pour aînés.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Donc, y a-t-il des interventions sur l'article 6? Oui, collègue
de Rosemont.
M. Lisée : Oui. J'aurais un amendement.
Président (M. Tanguay) :
Alors, vous en avez le texte. Avez-vous des copies? Nous allons en faire.
Donc, je vais suspendre un instant. Nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 16)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous sommes de retour. Je cède la parole à notre
collègue de Rosemont pour la présentation de son amendement.
M. Lisée : Je vais vous lire l'amendement
et ensuite je vais vous faire des explications.
Alors, amendement,
article 6 :
L'article 6
du projet de loi est modifié par l'ajout, à la fin du premier alinéa, de
l'alinéa suivant :
Le premier alinéa de cet
article est également
modifié :
1° par le remplacement du mot «porte» par les mots
«porte, de toute prise d'air ou de toute fenêtre qui s'ouvre»;
2° par l'ajout, après les mots «avec l'un de ces
lieux», des mots suivants : «, à l'exception des lieux visés par le paragraphe 1° de l'article 2, pour
lesquels l'interdiction s'applique à l'ensemble du terrain extérieur». Bon, ça
appelle explications,
évidemment, et ça appelle deux étages d'explications, parce que, bon, d'abord,
de toute évidence, nous avons entendu les représentations qui ont été
faites par plusieurs groupes qui ont dit : Vous savez, la fumée
secondaire, ça entre par les portes, ça entre par les prises d'air, ça entre
par les fenêtres, les fenêtres qui s'ouvrent, et donc, l'idée de repousser à neuf mètres de ces ouvertures, ça ne
suffit pas de le faire sur les portes, il faut le faire aussi sur les prises
d'air et les fenêtres. C'est ce qu'on veut
faire avec ce premier élément. Évidemment, dans le deuxième, c'est que cet
amendement s'inscrit dans une séquence logique d'amendements, mais, comme on a
suspendu la discussion des amendements sur l'article 5
et l'article 4, là où nous voulons introduire le fait que le terrain
extérieur d'un certain nombre d'établissements publics soit sans fumée,
bien, cet élément-là devait s'y rapporter.
Donc,
j'appelle votre directive, M. le Président. Opérationnellement, la première
partie
de notre amendement peut être discutée, la deuxième
partie dépend de
l'issue des discussions d'autres amendements sur des articles suspendus. Alors,
que nous suggérez-vous de faire?
Président (M. Tanguay) : Dans la mesure où la deuxième partie, vous
dites, est tributaire des éléments dont la discussion a été suspendue, dans la mesure où vous ne pouvez pas
scinder ou vous n'avez pas l'intention de scinder votre amendement,
nous, ce qui est devant nous, là, chose certaine, c'est le tout, là. C'est le
tout.
M. Lisée :
Bien, ce que je pourrais vous suggérer pour simplifier... C'est que vous
dites : On ne veut pas scinder. Non,
nous, on est très collaboratifs. Et d'ailleurs cet ajout venait créer la
cohérence, mais il n'était pas indispensable, de toute façon, parce que,
si l'interdiction est faite, si elle devait être faite, logiquement, elle ne
s'appliquera pas à cet article-là. Donc, je
vous proposerais tout simplement de biffer le deuxième pour qu'on puisse
procéder avec la discussion sur notre amendement.
11789 11789 Le Président (M. Tanguay) :
Effectivement, parce qu'on ne peut pas en aucun temps présumer de ce que
fera la commission sur d'autres aspects de nos travaux, donc les accepter ou
les rejeter.
Autre aspect
de la réflexion que nous avons présentement. Si, à la lumière des éléments dont
la discussion est déjà suspendue, on
ne peut clairement pas statuer, selon ce que vous pouvez prétendre, là, sur
cette deuxième partie-là, il faudrait effectivement biffer la deuxième
partie et travailler ce sur quoi on peut travailler, là.
M. Lisée : Alors, c'est ce
que je propose. On peut le faire tout simplement avec nos crayons ou...
Président (M. Tanguay) : On peut le faire manuellement, donc. Alors,
nous recevons l'amendement, et je serais
prêt à entendre... À moins qu'il y ait des problèmes techniques de le faire,
nous recevrions le texte de l'amendement qui terminerait, après le premier point, sur les deux derniers
mots : «qui s'ouvre». Si je comprends bien, c'est ça. Et nous
bifferions, là, le reste du texte. Ça vous va, chers collègues? Ça serait ça,
l'objet...
Charlebois : ...un
petit peu, par exemple.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Parfait. Merci.
(Suspension de la séance à 15
h 25)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous sommes de retour. Alors, pour ce qui est de
l'amendement, et je vais vérifier si j'ai le consentement, l'amendement à l'article 6 ainsi que l'étude de
l'article 6, nous aurions une demande de suspendre nos débats quant à
ces éléments-là. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix : Consentement.
Président (M. Tanguay) : Consentement. Parfait. Alors, chers
collègues, nous sommes rendus à l'article 7. Mme la ministre.
Charlebois :
Alors, à l'article 7 du projet de loi n° 44, nous parlons
de modifier :
L'article 3 de la loi est modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par le
suivant :
L'exploitant d'un lieu visé aux paragraphes 1°, 7°, 7.1° ou 7.2° de l'article 2
peut aménager un fumoir fermé dans ce lieu.»; et
2° par l'insertion, dans le deuxième alinéa et
après «qui», de «demeurent ou».
Et ces deux
modifications de l'article 3, M. le Président, visent à préciser les lieux
visés à l'article 2 de la loi où un
fumoir peut être aménagé, soit les installations des établissements de santé et
services sociaux, les immeubles d'habitation, les résidences privées pour personnes aînées et les centres de services
de prévention, d'aide et de soutien aux personnes en détresse ou
démunies.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il des interventions quant à
l'article 7?
M. Lisée :
Juste que la ministre nous explique, donc, le changement que cela introduit par
rapport à la situation actuelle et comment ça se marie avec les représentations
qu'on a eues sur la limitation des fumoirs et du nombre de...
Charlebois : En fait, M. le Président, ce qu'on m'indique,
c'est que c'était déjà dans la loi actuelle, c'est qu'on le reformule puis on explicite plus
précisément ce sur quoi il y a des permissions qui sont déjà là dans la loi.
Exemple, certains immeubles à logements multiples, ils n'ont pas la... attends
un peu, n'ont pas la possibilité actuellement d'aménager
un fumoir, cette possibilité s'offrant uniquement dans les cas où des personnes
sont hébergées. Il est possible que
l'exploitant ou le propriétaire d'un tel immeuble souhaite interdire de fumer
dans les chambres et les logements. Puis c'est les précisions quant à où
on peut installer un fumoir, là... pas un fumoir, mais un... Puis, encore là,
c'est pour protéger les non-fumeurs, tout le
lieu, puis il y a aussi les risques d'incendie, etc., plutôt que de fumer dans
les chambres.
Lisée : Il n'y a pas de problème pour les immeubles
d'habitation, les résidences privées pour personnes aînées, mais on a eu des représentations de groupes de
santé, y compris d'établissements de santé, qui nous ont dit : Écoutez,
on devrait même ne pas avoir de fumoir. Ça nous a été dit. Alors, je
m'attendais un peu à voir un amendement qui applique
pour les établissements de santé et de services sociaux la règle générale,
qu'il n'y a pas de fumoir ou que les fumoirs doivent disparaître d'ici
quelques années, avec la possibilité d'avoir des exceptions.
sais, par exemple, qu'évidemment, dans le cas des CHSLD comme pour les cas de
résidences privées pour aînés, ça
tombe sous le sens qu'il y ait des fumoirs mais que, dans les établissements
curatifs, c'est-à-dire les établissements de santé, il y avait une volonté de les abolir ou de les faire disparaître
à moyenne échéance. Est-ce que la ministre a réfléchi à cette option-là?
Charlebois :
M. le Président, ce que je souhaiterais dire au député de Rosemont, c'est que,
ce dont il parle pour les établissements de
santé, on va en discuter à l'article 10, et c'est exactement ce dont il
m'a parlé avant pour les établissements
scolaires, l'article qu'il a examiné pendant l'heure du dîner... les
modifications, plutôt, quant à la possibilité de demander aux établissements de santé de se doter d'une politique de
cessation tabagique comme vous l'avez lue ce midi dans l'autre
amendement.
Alors, ça va dans le
sens de la politique dans le sens où les établissements de santé vont devoir se
doter d'une politique et, à l'intérieur de cette politique-là, ils pourront
travailler à l'élimination de. Mais, en attendant, il y a des gens qui sont beaucoup vulnérables puis, comme
vous l'avez dit un peu plus tôt, il faut les amener dans un processus de
transition, et la politique va les amener là.
Lisée : Effectivement, mais, dans cet
article qui va venir
bientôt, il n'y a pas d'échéancier, il y a le fait d'avoir une politique, alors qu'on a des établissements de
santé qui nous ont dit : Écoutez, nous, on n'en veut plus, de
fumoir, si on fait une politique de
transition pour notre personnel et pour nos usagers. Et ils nous on dit :
Lorsqu'on fait la politique, ça
marche, et c'était au-delà de nos attentes, puis on s'est rendu compte qu'il y
avait une volonté d'un certain nombre de nos fumeurs, surtout parmi les
employés, qui attendaient ça, et donc ça a marché.
encore là, on est toujours sur cette discussion : Est-ce qu'on répond bien
au signal que la société nous envoie, en
restant très timides? Parce que j'avais un amendement que j'aurais pu
introduire à ce moment-ci sur l'extinction des fumoirs. Je veux bien qu'on en rediscute dans le plan plus général qui
est à l'article 10, mais je donne un préavis là-dessus.
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la ministre.
Charlebois : M. le Président, je pense qu'on se comprend à
ce niveau-là, qu'on va pouvoir en rediscuter à l'article 10. On peut le laisser là, adopter l'article 7, mais, à
l'article 10, à l'intérieur de la politique, on pourra certainement
mettre des balises comme vous le souhaitez. De toute façon, les établissements
qui se sont dotés d'une politique sans tabac,
ils y sont allés progressivement et ils ont accompagné les gens dans le
processus. Alors, tout ça pour vous dire que, même si on le laisse là
puis qu'on demande aux gens de faire une politique, il va y avoir un
accompagnement puis il va y avoir une progression.
Alors, je comprends
que vous êtes d'accord moyennant qu'on en rediscute à l'article 10. Je ne sais
pas, M. le Président, si le député de Groulx est d'accord avec ça.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. On va aller voir le député de Groulx. La parole est à
vous.
Surprenant : Bien d'accord.
Par contre, j'aurais une demande de précision au niveau du deuxième paragraphe, là, de l'article 3, que vous modifiez en
ajoutant «demeurent ou sont hébergées». Alors, je voudrais juste vous
questionner : Est-ce que ça exclut les
gens qui sont visiteurs? Parce que, si quelqu'un vient dans un bâtiment, puis
que le résident est un fumeur, puis
il va l'accompagner dans le fumoir pour jaser, l'accompagnateur, lui, il n'a
pas le droit de fumer, là, de ce que je comprends.
Charlebois : Oui, c'est fait pour les résidents de
l'établissement qui demeurent là, mais la personne qui travaille là...
Surprenant : ...qu'en pratique on demande quelque chose de difficile à
gérer, là. Les gens devront aller voir si les visiteurs, ils fument ou
pas. Alors, ce n'est pas un excès de zèle peut-être, là, de... Ils sont dans un
fumoir, à tout événement...
Charlebois :
En fait, c'est déjà comme ça, M. le député de Groulx, là. C'est une
reformulation.
Surprenant : ...préciser. Alors, je me dis : En le précisant,
peut-être qu'il pourrait être précisé que le visiteur qui accompagne... De toute façon, il est dans la
boucane. Alors, pourquoi il ne pourrait pas fumer, lui aussi, avec le
résident?
Charlebois : Ce qui est visé, c'est d'aider les populations
vulnérables qui demeurent là mais pas d'augmenter la densité de la fumée par l'ensemble des visiteurs
et des employés, là. On veut protéger le personnel, justement. Ça fait qu'il y a comme une tolérance qui est là pour les
personnes vulnérables qui demeurent là, mais on ne veut pas accentuer la
concentration de fumée. Puis c'était déjà comme ça.
Surprenant : Je comprends. C'est pour avoir des précisions,
simplement. D'accord.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'article 7? Je n'en vois pas.
Alors, comme il n'y a
pas d'autre intervention, je vais mettre aux voix l'article 7. Est-il
adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. Alors, l'article 7 est adopté.
L'article 8.
Charlebois : M. le Président, on pourrait revenir à
l'article 6 si le député de Groulx et le député de Rosemont sont
d'accord.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. J'aurais besoin d'un...
Charlebois :
J'ai, en fait...
Le Président (M.
Tanguay) : Vous voulez donc ouvrir le débat sur l'article 6?
Charlebois :
Ouvrir le débat.
Président (M. Tanguay) : O.K. Là, je veux juste, pour ceux qui
accompagnent la ministre... J'aimerais ça entendre la ministre, parce
que des fois il y a du brouhaha puis c'est elle qui va me dire comment marcher.
Alors...
Charlebois :
...article 8, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Pardon?
Charlebois : On va aller à l'article 8, puis, pendant ce
temps-là, le député de Rosemont va voir à travailler son amendement de
l'article 6.
Président (M. Tanguay) : O.K. Parfait. Merci beaucoup. Alors, je vais
vous laisser faire la lecture de l'article 8. Merci. Alors, Mme la
ministre, si vous pouvez nous lire l'article 8.
Charlebois :
Oui. Alors, à l'article 8 du projet de loi n° 44 : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 3, du suivant :
«3.1.
L'exploitant d'un lieu visé à l'article [do] — "2", excusez-moi — sauf s'il s'agit d'un lieu visé...» Là,
je n'ai rien que le fou rire, M. le Président, là. C'est jeudi après-midi. On
recommence ça. À l'article 3.1 :
«3.1.
L'exploitant d'un lieu visé [par] l'article 2, sauf s'il s'agit d'un lieu visé
aux paragraphes 1° ou 2° de cet article,
d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie, peut aménager un abri pour
[les] fumeurs sur son terrain si cet abri pour fumeurs respecte les
conditions suivantes :
«1° il est utilisé
exclusivement pour la consommation [du] tabac;
«2° aucune autre
activité ne s'y déroule;
«3° il est situé à
l'extérieur d'un rayon de neuf mètres de toute porte communiquant avec un lieu
visé [par le] présent alinéa.
«L'exploitant
d'un point de vente de tabac, au sens du paragraphe 1° du deuxième alinéa de
l'article 14.1, ne peut aménager un abri pour fumeurs sur le terrain où
se situe ce point de vente ou contribuer ou participer, directement ou
indirectement, à son aménagement.»
Alors, M. le
Président, cette nouvelle disposition vise à permettre l'aménagement d'un abri
extérieur pour fumeurs dans tous les
lieux fermés visés à l'article 2 de la loi, à l'exception des
établissements de santé et de services sociaux, des établissements d'enseignement et des services de
garde en installation. Il est également interdit d'aménager un abri pour
fumeurs sur le terrain où se trouve un point de vente de tabac.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions
sur l'article 8? Collègue de Rosemont.
M. Lisée : Bien, pour la
bonne compréhension des gens qui nous suivent, cela signifie qu'à l'exception
des établissements de santé et de services
sociaux, d'enseignement, donc de tous, des services de garde en installation et
des points de vente de tabac, ça veut dire qu'à l'inverse il est permis de
créer ce lieu. Dans quels cas?
Charlebois :
Par exemple, M. le Président,
dans le cas de propriétaires de restaurant avec terrasse ou de bar avec
terrasse. Mais pas sur la terrasse. À l'extérieur de la terrasse, toujours.
M. Lisée : Ce sont les seuls
cas?
Charlebois : Bien,
les bars, là, c'est la même chose, là, bars et/ou restaurants. Tout ce qui est
public, en fait : un centre commercial,
etc., là, tout ce qui est piscine municipale, tout ce qui est un lieu public mais qui n'est
pas visé par l'article 2. Nous, on a
entendu parler, en commission
parlementaire, l'hiver, les
problématiques pour les gens qui fument, etc., là. Alors, c'est ça.
M. Lisée : Je
comprends bien sur... c'est même les
lieux de travail, mais, justement, vous avez mentionné la piscine publique. Est-ce
qu'on souhaite ça lorsque... Là, on est vraiment dans la piscine publique, on
revient aux terrains de jeu, etc. C'est un lieu de sport et de santé.
Charlebois :
Bien, ce n'était peut-être pas un bon exemple, M. le Président. En fait, une
piscine publique en plein hiver, je ne pense pas que le monde vont
sortir en maillot de bain pour aller fumer, là. Mais, farce à part, tu
sais — j'ai
donné un exemple comme ça, mais ce n'était pas un bon exemple, là — mais
une salle communautaire, exemple, un restaurant, un bar, etc. C'était déjà dans
la loi, hein, c'est qu'on vient l'encadrer comme il faut, là.
M. Lisée : Oui, je sais. On
travaille sur tous les aspects de la loi.
Charlebois : Oui,
oui. Vous avez raison.
M. Lisée :
Bon, il y a la même question qui se pose que pour l'article précédent. On dit
que cet abri doit être situé à l'extérieur
d'un rayon de neuf mètres de
toute porte communiquant avec un lieu visé au présent alinéa, et donc je
pose la question des prises d'air et des fenêtres qui s'ouvrent, qui devrait
s'appliquer là aussi.
Est-ce qu'on peut utiliser la même formulation que celle dont on a discuté et qui
nous convient pour l'article
6? Est-ce qu'on doit le réintroduire?
Charlebois : Sur
l'amendement que vous vouliez nous redéposer, c'est ça?
M. Lisée : Oui, exactement.
Charlebois :
Bien, peut-être qu'on pourrait revenir à l'amendement de l'article 6, M.
le Président, juste pour compliquer
votre vie un peu cet après-midi. On pourrait revenir, adopter cet amendement,
s'il nous convient tous, et ensuite
faire les modifications qui s'imposent, qui ressemblent étrangement à votre
amendement peut-être à l'article 8.
Le Président (M. Tanguay) : Je ne
sais pas ce qu'en pense le collègue.
Charlebois : M. le
député de Groulx.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
collègue de Groulx, ce qui...
Le Président (M. Tanguay) : Puis
vous allez m'aider à comprendre le consentement qui, semble-t-il, serait donné.
Donc, nous suspendrions l'article 8 pour revenir au 6, et un amendement
nouveau par quelqu'un serait déposé à l'article 6.
Charlebois : Oui.
Le Président (M.
Tanguay) : D'accord. Alors, il y a consentement pour ça?
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
l'article 8 est suspendu.
Nous sommes donc de retour à l'article 6. Ce qui
était sur notre table de travail à l'article 6, c'étaient évidemment l'article 6 comme tel mais l'amendement
du collègue de Rosemont. J'imagine qu'on veut déposer un nouvel
amendement. Nous devons suspendre l'amendement du collègue de Rosemont. Le
retirer ou le suspendre?
M. Lisée : On le retire et on
en dépose un nouveau.
Président (M. Tanguay) : Alors, y a-t-il consentement pour retirer
l'amendement du collègue de Rosemont, pour le retrait?
Charlebois :
Consentement.
Le Président (M. Tanguay) : Il y a consentement.
Et on m'indique ou je crois déduire qu'est en route un nouvel amendement qui
sera déposé par Mme la ministre?
Charlebois : Non,
par le député de Rosemont. C'est son amendement.
Le Président (M. Tanguay) : Par le
collègue de Rosemont. Des copies sont en train de se faire.
M. Lisée : Elles arrivent.
Le Président (M. Tanguay) : Elles
arrivent à l'instant. Alors, je suspends nos travaux un instant.
(Suspension de la séance à 15 h 44)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour pour la présentation d'un amendement
à l'article 6. Je cède la parole à notre collègue de Rosemont.
M. Lisée : Merci, M. le
Président.
Article 6 : Remplacer l'article 6 du projet de loi
par le suivant :
L'article 2.2 de cette loi est
modifié... Au féminin.
M. Lisée :
L'article est
modifié. Alors, j'ai été induit en erreur par mon collègue de Groulx. Je vous
donne tout le crédit.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Lisée : Mais je vous ai
cru. Vous m'avez insécurisé sur l'accord d'un participe. O.K.
Article 6 : Remplacer l'article 6
du projet de loi par le suivant :
L'article 2.2 de cette loi est modifié par le remplacement de la première phrase
du premier alinéa par la suivante :
«Il est
interdit de fumer à l'extérieur des lieux visés aux paragraphes 1° à 6.2°, 7.2° à 9°,
11° et 12° de l'article 2 dans
un rayon de neuf mètres de toute porte, de toute prise d'air ou de toute
fenêtre qui peut s'ouvrir communiquant avec l'un de ces lieux.» Fin de
citation.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Avez-vous des explications?
M. Lisée : Bien, simplement pour répondre aux consultations que nous avons
effectuées et pendant lesquelles les gens nous ont dit : Bien, écoutez,
même dans les établissements de santé ou autres, il y a de la fumée qui entre
par les fenêtres. Les gens sont à neuf
mètres de la porte, mais, à neuf mètres de la porte, il y a
des prises d'air, il y a des fenêtres, il y a, des fois, des fenêtres
à l'étage, et la fumée secondaire pénètre ainsi. Ce n'était pas l'intention du législateur, donc on propose que le législateur soit plus précis.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Mme la ministre, voulez-vous ajouter quelque chose?
Charlebois :
Bien, simplement dire que, oui, effectivement, dans plusieurs provinces, il y a
déjà de la législation en ce sens-là. Je prends, par exemple, pour les prises d'air, l'Île-du-Prince-Édouard; Nouvelle-Écosse, il y
a fenêtres et prises
d'air; Nouveau-Brunswick, fenêtres et prises d'air; Saskatchewan, fenêtres et prises d'air; Alberta aussi; Colombie-Britannique
et le Yukon. Alors, il y aura le Québec sur la liste maintenant.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du collègue de Rosemont à l'article 6? Collègue
de Groulx.
Surprenant : Oui. Je questionne la portée de l'amendement, parce qu'à
mon avis, quand on regarde un bâtiment, là, hospitalier
ou gouvernemental, souvent, on va avoir la porte d'entrée puis des fenêtres, et
des fenêtres, et des fenêtres à n'en
plus finir. Donc là, on va en venir... c'est que, le bâtiment au complet, il
n'y aura pas le droit de fumer tout autour
du bâtiment. Donc, on en vient à ça ou alors... Où les gens vont-ils fumer
lorsqu'ils vont aller dehors à ce moment-là?
Charlebois : Bien, en fait, c'est tous les lieux qui sont
visés par l'article, et effectivement, si vous faites référence au
parlement, par exemple, bien, ça va être neuf mètres des fenêtres, et des
prises d'air, et des portes.
Charlebois :
Qui s'ouvrent, oui. Bien oui, c'est sûr.
Surprenant : ...être clair.
Charlebois : Bien,
on l'a-tu dit, «qui s'ouvre»? Oui, qui s'ouvre, «qui peut s'ouvrir [en]
communiquant avec l'un de ces lieux».
Surprenant : Alors, je
voulais être bien clair pour d'abord la compréhension, puis maintenant on est
en faveur de ça, effectivement, là. Alors, on ne s'y oppose pas, définitivement.
Président (M. Tanguay) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du collègue de Rosemont? Je n'en vois pas. Alors, nous
allons voter sur l'amendement. Est-il adopté?
Président (M. Tanguay) : Il
est adopté. Maintenant, l'objet de notre débat est l'article
6 tel qu'amendé. Et c'est peut-être redondant, mais nous
devons le faire.
Alors,
l'article 6 tel
qu'amendé. Y a-t-il
des interventions sur l'article 6 tel
qu'amendé? Je n'en vois pas.
Alors...
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Groulx.
Surprenant : ...j'ai parlé d'un accent. C'est peut-être plus une
virgule, finalement, qui manquerait entre «s'ouvrir» et «communiquant», d'après
moi. Comme c'est deux verbes, il devrait y avoir une virgule.
Le Président (M.
Tanguay) : On peut l'ajouter à la main. Ça participe peut-être davantage
du style.
Charlebois :
Oui. Du côté législation, on m'indique que ça s'applique à toutes les portes,
et tout ça. Alors, il serait préférable de ne pas avoir de virgule.
Surprenant : À votre guise.
Président (M. Tanguay) :
Alors, merci. Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'article
6 tel qu'amendé? Je n'en vois
pas. Alors, nous allons voter sur l'article 6 tel qu'amendé. Est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Est-il adopté? La ministre a un doute. Est-il adopté?
Charlebois :
Oui. Ça, c'est adopté. Adopté. Il n'y a pas de doute. Non, non.
Président (M. Tanguay) :
Sans aucun doute, adopté. Alors, chers collègues, nous revenons à l'article 8,
qui était suspendu. Vu qu'il était suspendu...
M. le secrétaire, vous avez raison, on avait suspendu 8. Alors,
normalement, on irait à 9. Que voulez-vous faire, Mme la ministre? Poursuivre à
Charlebois : On va
aller à 9 puis on va revenir à 8.
Président (M. Tanguay) : Parce que
ça prend le consentement pour retourner à un
article
qui était suspendu.
Charlebois : Ça ne
sera pas long.
M. Lisée : ...de discuter du
libellé d'un amendement correspondant à 6 et 8.
Charlebois : ...
M. Lisée : D'accord. Alors, consentement.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
Alors, nous poursuivons donc à 9. C'est ce que je comprends.
Charlebois :
Exact.
Le Président (M. Tanguay) : Donc,
c'était mon erreur. Nous poursuivons à 9. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Charlebois :
Alors, à l'article 9 du projet de loi n° 44 : Cette loi est modifiée
par l'insertion, avant l'article 5, du suivant :
«4.1. Un fabricant de tabac qui exploite un
centre de recherche peut y aménager un local où il est possible de faire usage
de tabac à des fins de recherche.
«Seules les
personnes soumises à une recherche peuvent, dans le cadre de cette recherche,
fumer dans ce local.
«Les normes prévues au troisième alinéa de
l'article 3 s'appliquent à ce local.
«[Et] le fabricant — bien, il n'y a pas de
"et", là — de
tabac doit informer le ministre avant de commencer à utiliser ce local.»
Et, M. le Président, cette disposition vise à permettre à un fabricant de tabac
d'aménager, à des fins de recherche seulement, un fumoir pour son centre
de recherche et d'expérimentation sur le tabac.
Le Président (M. Tanguay) : Merci. Y
a-t-il des interventions sur l'article 9? Collègue de Rosemont.
M. Lisée : Oui. Je tiens à
aviser la ministre que nous n'avons pas d'amendement à déposer à cet article.
Charlebois : Est-ce
que le député de Groulx en a un?
M. Surprenant : ...nous n'avons pas d'amendement
non plus.
Président (M. Tanguay) :
Vous savez que, même si vous n'avez pas d'amendement, vous avez
20 minutes par article.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Tanguay) :
Avez-vous des interventions? Alors, je n'en vois pas.
Je ne vois pas d'autre intervention sur l'article
9. Nous allons procéder au vote.
L'article 9 est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté. Merci
beaucoup. Maintenant, nous sommes rendus à l'article 10.
Charlebois : Est-ce
qu'on peut retourner à 8?
Président (M. Tanguay) :
Alors, il faudrait demander le consentement. Vous demandez le consentement pour retourner à l'article 8?
Charlebois : Oui.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
consentement? Il y a consentement. Mme la ministre.
Une voix : Il faut le donner.
Charlebois : Ah!
il faut le donner, c'est vrai, hein?
Le Président (M. Tanguay) : Vous allez
avoir un amendement?
Charlebois : Mais
voulez-vous que j'en fasse lecture?
Le Président (M.
Tanguay) : Non. On va d'abord le distribuer. Il faut toujours être
systématique. Alors, je suspends nos travaux...
Charlebois :
D'accord. Je m'excuse.
Le Président (M. Tanguay) : Pas de problème.
Je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 54)
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous sommes de retour, chers collègues, et je cède la parole à notre collègue
de Rosemont.
M. Lisée : M. le Président,
donc, en cohérence avec ce qu'on a fait il y a quelques minutes, je propose un amendement
à l'article 8 et qui se lit comme suit :
Modifier l'article 3.1, proposé par l'article 8
du projet de loi, par le remplacement, dans le paragraphe 3° du troisième alinéa, de «toute porte communiquant
avec un lieu visé au présent alinéa» par «toute porte, de toute prise
d'air ou de toute fenêtre qui peut s'ouvrir communiquant avec un lieu [visant]
au présent alinéa». Fin de citation.
Le Président (M. Tanguay) : Des
commentaires additionnels?
M. Lisée : Simplement pour
dire que c'est le même principe que les neuf mètres doivent empêcher la fumée secondaire d'incommoder des usagers. Elle peut les
incommoder par d'autres ouvertures. Et ainsi nous faisons en sorte de
protéger les usagers et les non-fumeurs contre la fumée secondaire.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Mme la ministre, avez-vous des commentaires?
Charlebois :
Non. Bien, comme l'a dit le député de Rosemont, c'est en toute cohérence avec
un précédent
article et c'est pour justement éviter que les fumées
secondaires se répandent. Alors, moi, je n'ai pas de problème.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons voter sur l'amendement du collègue de Rosemont
à l'article 8. Alors, l'amendement est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
L'amendement est adopté. Maintenant, l'objet de notre débat est l'article 8 tel
qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Je ne vois pas d'intervention sur
l'article 8 tel qu'amendé.
Alors, nous allons procéder au vote sur
l'article 8 tel qu'amendé. Est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Il est
adopté. Alors, nous sommes maintenant rendus à l'article 10. Mme la
ministre.
Charlebois : ...un
amendement, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Vous pourriez peut-être nous lire d'abord la
première mouture, la première version, du 10 et après présenter votre
amendement, s'il vous plaît.
Charlebois :
D'accord. Alors, à l'article 10 du projet de loi n° 44, nous
modifions l'article 5 de cette loi, qui est modifié par l'insertion,
après le paragraphe 1° du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«1.1° pour les personnes admises par un
établissement exploitant un centre hospitalier de soins généraux et spécialisés
qui peuvent, à des fins médicales, faire usage d'un produit assimilé à du
tabac, dans la mesure prévue par règlement du gouvernement.»
Et ce nouveau
paragraphe vise à permettre à un établissement exploitant un centre hospitalier
de soins généraux et soins spécialisés d'identifier des chambres où
serait permise, à des fins médicales, la consommation de marijuana fumée et non sous toute autre forme. Et nous avons
un amendement à proposer à cet article. Tous les collègues
l'ont reçu?
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Charlebois : Alors, ce qu'on souhaite, c'est remplacer l'article 10,
donc, du projet de loi par le suivant :
L'article 5 de cette loi...
1° par l'insertion, après
le paragraphe 1° du premier alinéa, du paragraphe suivant :
«1.1° pour les personnes admises par un
établissement exploitant un centre hospitalier de soins généraux et spécialisés
qui peuvent, à des fins médicales, faire usage d'un produit assimilé à du
tabac, dans la mesure prévue par règlement du gouvernement;»;
2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «40 %» par «20 %».
Alors, ce qu'on vise à faire avec cet
amendement, M. le Président, c'est de réintroduire au paragraphe 1.1° de l'article 5 de la loi, proposé par l'article 10 du
projet de loi, qui vise à permettre à un établissement exploitant un
centre hospitalier de soins généraux
d'identifier des chambres où serait permise la consommation, à des fins
médicales, d'un produit assimilé à du
tabac mais dans la mesure prévue par le règlement du gouvernement, plus
particulièrement, on le sait, la marijuana fumée, bref ce qui est convenu
thérapeutique, et, deuxièmement, ce qu'on vise, c'est réduire la portion maximale de chambres où il sera permis de fumer,
passant de 40 % à 20 %.
Puis on vise ça aussi, M. le Président, dans les hôtels, pour la fumée de cigarette, évidemment, pas pour la
marijuana, mais on vise à baisser le nombre de chambres de 40 % à
20 % sur l'ensemble de la clientèle d'un lieu visé à l'article 5 et à
l'article 6 de la loi.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Alors, l'objet de notre débat est l'amendement de la ministre à
l'article 10. Y a-t-il des interventions sur cet amendement? Collègue de
Rosemont.
M. Lisée :
Oui. Je voudrais bien comprendre ce que la ministre vient de dire sur
l'hébergement touristique. Ça viendra dans une modification à
l'article 6...
Charlebois : Bien,
c'est...
M. Lisée : ...qui viendra
plus tard?
Charlebois :
Excusez-moi, M. le Président. C'est exactement là, dans l'article 10,
quand on passe de 40 % à 20 %.
M. Lisée : Dans l'article 5.
Charlebois :
L'article 5, oui, de la loi actuelle.
M. Lisée : Oui, je vois.
Parce que l'article 6, qui parle des établissements d'hébergement
touristique, renvoie au deuxième alinéa de l'article 5 pour l'application...
Charlebois : Oui,
de la loi actuelle.
M. Lisée :
J'ai une question sur... En ce moment, dans les établissements de santé, le
maximum était de 40 %, et vous voulez le réduire à 20 %, mais
quelle est la réalité?
Charlebois :
Exact. Ça dépend des établissements. Puis, de toute façon, comme on veut déjà
amorcer un changement de culture et
rassembler les chambres toutes dans un même lieu ou possiblement dans un même
lieu, parce que, là, c'est un petit
peu dispersé, et, comme on vous le disait un petit peu tantôt, avec les
établissements de santé, vous allez le voir un petit peu plus loin, là,
ce qu'on va souhaiter, c'est demander que les gens se dotent d'une politique de
cessation tabagique... Alors, c'est déjà
d'amorcer le travail. Mais, en fait, le taux actuel est déjà de 20 %,
alors on veut justement s'actualiser. Le taux de tabagisme, là, est déjà
M. Lisée :
D'abord, il n'y a pas de délai qui est indiqué ici. Est-ce que c'est parce que
la mesure doit être mise en oeuvre immédiatement?
Charlebois : Oui,
à l'adoption, là, quand on va mettre en oeuvre la loi.
M. Lisée :
Mais, si la réalité, c'est à peu près 20 % et nous avons des
établissements qui disent qu'ils veulent aller à zéro assez rapidement,
ne serait-il pas plus judicieux de mettre une cible, je ne sais pas, de
10 % dans trois ans pour faire en sorte...
Charlebois : Bien,
ils pourront toujours le faire en se dotant de leur politique, dont on va
parler un petit peu plus loin.
M. Lisée : Mais ça dépend si
la politique est contraignante ou non, puisqu'ici vous mettez une contrainte.
Charlebois : Bien,
tu sais, je ne vois pas pourquoi ils vont faire une politique qui n'aura pas
d'actions qui vont suivre, là. Tu sais,
quand on se donne la peine de faire une politique pour en venir à la cessation
du tabagisme dans l'établissement,
ils ne vont pas étaler ça sur le prochain 50 ans. Ils savent bien que,
quand on fait une politique qui va être déposée devant le ministre de la
Santé et des Services sociaux, franchement, il va falloir qu'ils se donnent des
échéanciers qui sont un petit peu plus réalistes, là. Ils
n'étaleront pas ça dans le prochain 100 ans, là, je ne peux pas croire,
M. Lisée : Ça dépend un peu
de nous aussi...
Charlebois : Bien,
ça dépend un peu de nous, mais...
M. Lisée : ...parce que ça
arrive, des gens qui font des politiques pour que rien ne change. C'est
possible, là. Personne autour de cette table... mais ça s'est vu d'avoir des
politiques...
Charlebois :
M. le Président, l'objectif, c'est d'arriver à du sans-tabac, à terme, hein? Et
les établissements de santé sont
venus nous dire, pour certains d'entre eux — parce que je vous signale que ce n'est pas
tous les établissements de
santé — qu'ils
voulaient un établissement sans tabac. Alors, moi, je suis d'une nature
positive et je pense que l'ensemble des
établissements vont adhérer à cette politique-là. Mais moi, je suis favorable à
les amener vers ça. Il y en a qui l'ont fait d'eux-mêmes. Je ne vois pas pourquoi, quand on va leur demander de
faire une politique, ils vont faire une politique pour rester sur place,
Là, tout ce qu'on fait, c'est de dire : Ils
ne peuvent pas réaugmenter... Le taux de tabagisme au Québec, il est déjà de 20 %, ça fait que je ne vois pas
pourquoi on va laisser les chambres à 40 %... de personnes qui peuvent
fumer, là. On s'actualise au taux, mais on va leur demander de déposer une
politique. Et, dans la politique, ils vont être assez avant-gardistes, ils vont peut-être nous surprendre, même ils vont
peut-être faire mieux que ce qu'on pourrait demander.
M. Lisée : Donc, on aura une
bonne discussion, donc...
Charlebois : Oui,
c'est sûr.
M. Lisée :
...sous peu, sous peu, parce que, là, donc... Je suis d'accord de le réduire de
40 % à 20 %. Pour aller plus loin, on ira dans la politique.
Ce sont mes commentaires.
Le Président (M. Tanguay) : Parfait.
Oui, collègue de Groulx.
Surprenant : Oui, effectivement qu'on est d'accord, nous aussi,
idéalement, de le réduire de 40 % à 20 %, mais, en pratique,
j'imagine qu'il y a des centres où les gens fument beaucoup plus que la moyenne
nationale, qui est environ à 20 %.
Alors, qu'est-ce qu'on fait de ces cas-là, où, demain matin, on leur dit :
Le maximum, c'est 20 %, puis qu'en réalité ils ont, disons,
40 %, actuellement, des gens qui fument? Alors, qu'est-ce qu'on fait, là,
où les chambres fumeurs et puis... Qu'est-ce qu'on fait, là, de ce changement
important là pour les aider à gérer cette transition-là?
Charlebois :
Ce qu'on m'indique, c'est que la plupart des établissements de santé sont déjà
en mode réduction. C'est exceptionnel, ceux
qui sont plus près du 40 %. Les établissements hôteliers, la même chose.
Parce qu'il y a un coût rattaché à
ça, hein? Les établissements hôteliers, là, je vais vous dire qu'ils calculent
maintenant dans le prix de leur établissement,
là, qu'il y a des rénovations à faire plus fréquentes. Il y a tout un enjeu
situé autour de ça. Alors, il y a de moins en moins de chambres fumeurs
dans les hôtels puis il y a beaucoup plus d'amendes, etc. Ils n'en veulent pas
tellement, des fumeurs, dans leurs chambres. Les gens vont à l'extérieur pour
fumer. Honnêtement, ce qu'on vise avec ces projets de loi là — puis
je vais nous ramener à l'ensemble de l'oeuvre — oui, on met des mesures plus
contraignantes, mais c'est un changement
encore d'aller plus loin dans la société justement pour en venir à éliminer
le tabagisme. Moi, je me rappelle, plus jeune, tout le monde fumait, mais
aujourd'hui c'est comme quasiment des cas d'exception.
Puis je me rappelle très bien, moi, là, il n'y a pas tant d'années que ça, il y
a 15, 20 ans, il y avait plein de monde qui fumait dans la voiture
avec les enfants. Maintenant, c'est des cas d'exception. Puis les gens sont mal
à l'aise, là, tu sais, là, quand ils voient
ça, quand on voit quelqu'un passer puis fumer avec des enfants dans la voiture.
Là, on fait une loi, mais, en fait, il y a
déjà des changements. Alors, ce qu'on propose là, il y a déjà des changements,
puis c'est qu'on amène ceux qui sont un petit peu plus loin à se ramener dans
la moyenne québécoise...
Surprenant : Je comprends, Mme la...
Charlebois :
...et de faire mieux, même.
Surprenant : Pardon?
Charlebois :
Et de faire mieux, même, s'il est possible.
M. Surprenant : Je comprends, Mme la ministre,
l'intention que vous avez, puis c'est très louable, mais... Puis, je
comprends, au niveau des hôtels, là, on ne devrait pas avoir de problème, les
gens, finalement, sont mobiles.
Mais, si on parle du milieu hospitalier, tous ne sont pas
mobiles, puis je vais y aller plus précisément, disons, au niveau de la psychiatrie, par exemple. On ne peut
pas demander aux gens d'aller fumer dehors demain matin, là. Alors, si, dans des cas, on a plus de fumeurs que 20 %,
il va arriver quoi? Est-ce qu'on ne peut pas prévoir, peut-être, à la limite,
une...
Surprenant : Pardon?
M. Surprenant : Oui, une entrée en vigueur, en
fait, progressive, mettre des seuils qui vont être réduits ou trouver
une façon pour ces institutions-là de pouvoir gérer le changement qu'on leur
impose?
Charlebois : Oui, je vous
entends. Puis c'est un peu ça qu'on fait. On ne parle pas d'élimination, on
passe de 40 % à 20 %. Puis, ce que
j'ai le goût de vous dire, quand on parle de soins psychiatriques, Pinel en est
arrivé là, Pinel n'a déjà plus de
tabac. Puis ils ont fait ça avec leur politique, progressivement. Mais, comme
je vous dis, là, c'est vérifié, là. On ne tombe pas d'un nuage, là,
c'est déjà vérifié.
Il y a très peu d'établissements qui dépassent le seuil de
20 % en ce moment. Alors, ce qu'on leur demande, c'est de se
ramener à la moyenne. Et même il y en a plus qui n'en ont plus, de tabac, là,
maintenant.
Surprenant : ...dans le cas de l'institut Pinel en particulier, que ça
s'est fait progressivement. Là, on va demander
aux autres de le faire drastiquement. Alors, on ne pourrait peut-être pas faire
un amendement puis de dire que, dans
des cas comme les instituts psychiatriques, ou autres, où la clientèle n'est
pas mobile, ne peut pas aller dehors, d'avoir une mesure progressive
pour ces groupes-là, peut-être?
Charlebois : C'est ça,
monsieur... Excusez-moi, M. le Président, là. C'est pour ça qu'on va leur
demander de déposer une politique. Mais, à
20 %, on est dans la réalité des choses, là. On ne demande pas
l'impossible, là. Même dans les instituts où il y a des soins... dans
les centres hospitaliers où les gens ne peuvent pas sortir et qu'ils fument,
là, honnêtement, on ne demande pas quelque
chose qui n'est pas possible d'être fait, là. On est très conscients des
problématiques que vous nous parlez, et
c'est pour ça qu'on dit qu'on laisse un seuil de 20 %. Puis on va leur
demander de se doter d'une politique avec
des politiques de cessation du tabagisme et de les accompagner, les gens. C'est
vraiment quelque chose qui est dans le domaine du possible.
M. Surprenant :
Je comprends que, là, on passe de 20 % à 40 %...
Charlebois :
De 40 % à 20 %.
Surprenant : ...pardon, désolé, de 40 % à 20 % — vous
avez raison — et
qu'on va leur demander des politiques pour
améliorer encore les choses, mais ils ont peut-être des politiques à introduire
pour passer de 40 % à 20 %.
Alors, je fais juste revenir... que je vous soulève, qui est
mon inquiétude, notre inquiétude. Il y a probablement des cas... entre autres, j'ai parlé de
psychiatrie. Il peut y avoir d'autres secteurs où il peut y avoir une
clientèle, dans certains cas, qui est
peut-être plus aînée. Puis les aînés ont peut-être plus des habitudes de
consommation de tabac que les plus jeunes,
alors il y aura peut-être des... Ça va leur imposer des changements très
rapides pour passer de 40 % à 20 %, alors que peut-être on
aurait peut-être pu réfléchir à des cas particuliers où ça pourrait être
difficile de le faire du jour au lendemain, leur permettre des mesures
transitoires, là.
Charlebois : Je
veux juste vous ramener dans les résidences pour personnes âgées. Tantôt, on a
touché à la
partie fumoir. Alors, les personnes âgées peuvent accéder à ces
fumoirs-là. Là, on parle des chambres, puis c'est l'identification des chambres. Puis, honnêtement, c'est juste une
mesure de sécurité pour l'ensemble de la clientèle. Quand on est dans une chambre d'hôpital
et qu'on fume puis qu'on ne sait pas trop où la cigarette tombe parce qu'on ne va pas bien, là... Normalement,
quand tu es à l'hôpital ou dans un CHSLD, si tu es capable de fumer, normalement tu es capable de te rendre à un fumoir. Alors, dans les CHSLD, en
ce moment, là, c'est moins de 3 % des chambres qui sont fumeurs.
M. Surprenant : En fait, mon
intervention...
Charlebois : Ça
fait qu'à 20 %, là, ils sont encore...
Surprenant : Oui. Je voulais juste m'assurer qu'il n'y ait pas un
chaos qu'on ait à gérer par la suite. Et puis, si vous avez fait des
évaluations précises, bien, écoutez... D'accord.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de la ministre à
l'article 10?
Je ne vois pas d'autre intervention sur
l'amendement de la ministre, alors nous allons voter. L'amendement est-il
adopté?
Président (M. Tanguay) : Adopté. Alors, il est adopté. Chers
collègues, l'objet de notre débat est l'article 10 tel qu'amendé. Y
a-t-il des interventions? Oui, collègue de Rosemont.
M. Lisée : Bien,
moi, je propose qu'on le suspende, parce que j'aurais un libellé à proposer à
la ministre et à mon collègue de Groulx, puis on pourrait en discuter
ensemble puis voir si on déposera un amendement.
Charlebois :
...qui s'en vient?
Le Président (M.
Tanguay) : Mme la ministre...
M. Lisée :
Ah! non, mais on.