Labour and the Economy — 10 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CET 2013-05-10
Quebec — Committees
(Dix
heures dix-sept minutes)
Le Président (M. Leclair) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre leurs sonneries de téléphone cellulaire,
s'il vous plaît.
La commission est
réunie afin de poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi n° 36,
Loi sur la Banque de
développement économique du Québec.
Alors, Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements surlignés en jaune?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Claveau (Dubuc) est remplacé par M. Chapadeau
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue).
Le Président (M.
Leclair) : Merci beaucoup. Alors, bon matin à tous en ce vendredi
matin. Nous allons continuer nos travaux.
Alors, ce matin, nous recevons l'Alliance pour une économie verte, Univalor et
la Chambre de commerce et d'industrie du Québec.
Alors,
sans plus tarder, j'inviterais les représentants de l'Alliance pour une économie
verte à se présenter, à faire leur exposé. Je vous rappelle que vous
avez 10 minutes pour votre exposé. Alors, la parole est à vous.
M. Couture (Étienne) : Bonjour. Mon nom est Étienne Couture, et je suis
le président du Réseau des ingénieurs du Québec. Je vais inviter ma
collègue, Mme Méthot, à se présenter.
Mme Méthot (Andrée-Lise) : Andrée-Lise Méthot, fondatrice et associée
principale chez Cycle Capital. Ce matin, on va vous parler au nom de
l'alliance, donc de façon regroupée.
M. Couture
(Étienne) : Alors, l'Alliance pour une économie verte. Alors, M. le
Président, Mmes et MM. les députés, nous tenons à vous remercier, à remercier
la Commission de l'économie et du travail pour leur invitation à prendre part aux consultations sur le projet de
loi n° 36, la
Loi sur la Banque de développement économique du
Québec.
D'entrée
de jeu, nous souhaitons saluer le dépôt de ce projet de loi visant la création
de la BDEQ, dont l'objectif vise à rendre plus cohérentes les actions du
gouvernement en matière de soutien aux entreprises.
D'abord, l'Alliance
pour une économie verte souhaite accélérer le virage vers une économie verte
afin de contribuer à une société québécoise
innovante, résiliente, concurrentielle, qui réconcilie équité sociale,
environnement et qualité de vie. L'alliance
travaille donc à l'émergence d'une vision et d'un leadership social, politique
et économique clairs, au
développement d'une plus grande cohérence dans les politiques et les
interventions de l'État et à la convergence des initiatives du secteur public, privé, associatif, coopératif et mutuel
et de la société civile en faveur d'une économie verte.
L'alliance
regroupe des organisations issues des milieux économiques, financiers,
associatifs et environnementaux, dont Cycle Capital Management, la
Fondation David-Suzuki, Écotech Québec — la grappe des technologies propres — Équiterre,
l'Association de l'aluminium du Canada et le Réseau des ingénieurs du Québec.
Elle est soutenue par le Mouvement Desjardins, Enerkem, Innergex et la
CSN.
Nous
avons également présenté un mémoire qui a été constitué par l'alliance et qui
décrit bien notre positionnement. Ce document est disponible en ligne,
mais on en a amené quelques copies pour vous aujourd'hui. Sur le projet de loi
de la Banque de développement, nous souhaitons saluer certainement quelques
éléments que nous trouvons particulièrement favorables, et ma collègue vous
présentera, là, l'essentiel de nos préoccupations.
L'intention de mieux
structurer l'action du gouvernement en matière de développement économique et
de faciliter l'émergence de nouveaux projets et de nouveaux entrepreneurs,
c'est, pour nous, un élément fort positif; la volonté
d'adopter une approche client pour les entreprises en mettant à disposition des
professionnels pour les accompagner dans
les méandres administratifs de l'État et en améliorant l'accès aux services sur
l'ensemble du territoire québécois; le soutien
à l'investissement privé, dont aux fonds spécialisés, à l'innovation et à la
productivité des entreprises, ainsi que l'appui à l'internationalisation et à l'exportation. Également fort
positif, la décision d'offrir du capital patient aux entreprises d'économie
sociale pour leur permettre de développer des produits financiers qui
combleront les besoins des organisations et des entreprises, la prise en compte
des grappes industrielles et des regroupements régionaux dans la définition des
priorités de la Banque de développement économique du Québec.
Nous croyons fermement au potentiel des
entreprises québécoises et voyons d'un bon oeil le mandat de Capital Émergence Québec qui, en plus de soutenir
les fonds privés spécialisés, les fonds de fonds et les anges financiers,
investira aussi
directement dans les entreprises du secteur manufacturier au stade de
démarrage. Cette approche est un complément essentiel pour assurer une
chaîne d'approvisionnement solide incluant des fournisseurs à valeur ajoutée.
Enfin, nous apprécions aussi la résolution du
gouvernement de développer de nouveaux créneaux liés notamment aux énergies
renouvelables et à l'électrification des transports, des créneaux prometteurs.
À ce titre, nous accueillons très
favorablement la création d'un
titre d'un fonds dédié de 200 millions de
dollars pour l'électrification des transports et le développement de
technologies propres, tel qu'annoncé dans le dernier budget, que nous
retrouvons à l'article 130 du projet de loi n° 2...
du projet de loi, pardon.
Nous
profitons de l'occasion pour soulever un point important à propos de l'usage de
l'expression «technologies vertes».
Nous suggérons d'utiliser l'expression «technologies propres» pour s'arrimer
avec la terminologie internationale.
De surcroît, il nous apparaît également opportun
de ramener à l'alinéa 2° de l'article 2 le développement de technologies propres, car il s'agit là d'un
élément aussi transversal que peuvent l'être l'investissement privé,
l'innovation et la productivité dans les entreprises.
Pour nos préoccupations...
Mme Méthot (Andrée-Lise) : Alors,
bonjour à tous. C'est à mon tour de vous dire merci. Évidemment, de la lecture du projet de loi découle un certain
nombre de préoccupations. Mon collègue vient de saluer les éléments que nous trouvons positifs, mais nous sentons aussi le
besoin de partager avec vous la réalité, d'une part, des entrepreneurs
ou des gens qui veulent voir cette économie verte se déployer plus rapidement
et plus activement au Québec.
D'abord, une
de nos préoccupations est l'harmonisation des orientations et des actions dans
toutes les régions du Québec. Alors,
pour déployer une économie verte solide, il faudra s'assurer que l'ensemble des
organisations de l'État soient cohérentes. Et on sait à quel point c'est
un enjeu pour l'ensemble des États, mais, à mon avis, il y a place à
amélioration.
L'intégration
du personnel provenant de plusieurs entités gouvernementales avec des cultures
différentes sera un grand défi, ainsi que la coordination avec les CLD
existants. Comme vous le savez, Investissement Québec et la SGF viennent de vivre une fusion récemment. L'ajout
des CLD, l'apport de certains fonctionnaires issus de l'ex-MDEIE sera vraiment un enjeu culturel important, et vous
n'êtes pas sans savoir que les entrepreneurs ressentent ces choses-là.
C'est une chose réelle qui, je dirais, colore les relations qu'on a avec
certaines organisations de l'État. Donc, moi, je vous invite à mettre toute l'énergie nécessaire pour s'assurer qu'il y ait un
arrimage des cultures, en sachant très bien que c'est un défi très
difficile pour l'ensemble des organisations, qu'elles soient privées ou
publiques.
On souhaiterait aussi l'identification
d'objectifs de performance, entre autres concernant l'allégement administratif
des processus. C'est une chose qu'on a dite à plusieurs reprises, l'alliance ou
différents groupes liés à l'alliance, l'allégement administratif est un enjeu
fondamental. Nous comprenons très bien l'objectif de reddition de comptes, il est bien qu'il en soit ainsi, mais nous
souhaitons voir allégés les processus et nous souhaitons que
l'élargissement de la BDEQ soit une occasion d'allégement de processus et non
de complexification de nos relations avec l'État.
L'élaboration
des critères de rendement de la BDEQ, le projet de loi n'en faisait pas mention
clairement. Donc, nous avons des attentes sur quels seront les critères
de rendement.
La participation d'intervenants compétents,
voire des experts pour bien accompagner les entreprises afin qu'elles atteignent leur plein potentiel, l'esprit
qu'on a ici, c'est s'assurer que ces experts soient vraiment au service
des entrepreneurs et des projets économiques et d'innovation liés à la BDEQ.
On souhaite aussi qu'il y ait la formation des
intervenants de première ligne pour ne pas créer de ressacs, qui engendreraient
leur lot de retards et de critiques. Alors, souvent, quand on fait des grandes
modifications dans les organisations, on
prend les ressources qu'on a et on les affecte à d'autres mandats, mais on fait
des métiers extrêmement spécialisés, en finance. Alors, quand vous
faites du financement de grands projets d'infrastructure, vous n'avez pas nécessairement la compétence ou l'expérience pour
gérer du capital de risque dans une petite entreprise, parce que les
prémisses de base sont différentes, parce que la façon de gérer le capital est
différente. Donc, nous vous invitons à prendre
l'occasion d'avoir un programme de formation bien structuré pour que les gens
qui sont face aux entrepreneurs et aux projets soient prêts à répondre
aux enjeux qui seront soulevés par eux.
On comprend
que la banque aura trois grandes divisions, dont le Capital Émergence Québec. Nous saluons l'arrivée de Capital
Émergence Québec. Je crois que c'est une bonne chose, c'est un signal clair.
Par contre, on se permettrait de souligner
l'importance d'alimenter tous les maillons de la chaîne de financement;
l'importance d'offrir du capital qui se veut complémentaire à l'offre actuelle
et ne pas faire concurrence déloyale aux institutions
financières ou aux fonds de capital de risque existants tout en assurant la
pérennité du modèle de capital de risque privé développé dans les dernières années, le jumelage des investissements
privés dans des grands projets d'immobilisations par l'entremise de
dettes subordonnées, prêts subordonnés.
Concernant
Ressources Québec, nous sommes très préoccupés par le verdissement des
activités associées aux ressources,
il y a là une occasion pour nous. À ce titre, nous souhaitons voir un
élargissement de la notion de ressources et de carburant dans l'ensemble
du projet de loi afin qu'on puisse y inclure à la fois les résidus et les
biocarburants de deuxième génération.
De manière
générale, concernant le mandat de la BDEQ en lien avec les opportunités associées
à une économie plus verte, on
souhaite plus de cohérence dans l'ensemble des politiques et des interventions
de l'État, une vraie synergie avec les autres programmes du
gouvernement, notamment en ce qui a trait à la politique énergétique, à la
politique industrielle et manufacturière et au plan d'action sur les
changements climatiques.
Je sais que j'ai dépassé mon temps, monsieur.
Le Président (M.
Leclair) : En conclusion, s'il vous plaît, Mme Méthot.
Mme Méthot (Andrée-Lise) : Ça va
être difficile. Alors...
Président (M. Leclair) :
Excusez-moi, Mme Méthot. La ministre me fait savoir que, si vous voulez
prendre une petite minute ou deux de plus, elle va le prendre sur son temps
pour vous permettre de terminer votre exposé.
Mme Méthot
(Andrée-Lise) : Vous êtes
bien gentille, Mme la ministre, vous me connaissez. Alors, on souhaite
vraiment que... Les entreprises de l'économie verte aimeraient bénéficier de