CAT — 18 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-10-18
Quebec — Committees
M. Ouellet : Juste peut-être pour bien comprendre, M. le ministre, donc, le conseil peut corriger en tout temps une décision
entachée d'erreur d'écriture ou de calcul, donc ça peut être rétroactif, c'est
ce que je comprends bien? Si on constate qu'après l'adoption il y a une
erreur... C'est rétroactif?
Président (M. Auger) :
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre
aux voix. Est-ce que l'article 32 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
Article 33. M. le ministre.
Coiteux :
Article 33 :
«La décision a l'effet d'une convention collective signée par les parties
conformément aux dispositions du Code du travail.
«Elle
peut être exécutée sous l'autorité d'un tribunal compétent, sur poursuite
intentée par une partie, laquelle n'est pas tenue de mettre en cause la
personne pour le bénéfice de laquelle elle agit.»
L'article 33
donne le même effet à une décision du conseil de règlement des différends qu'une
convention collective. La décision constitue le contrat de travail entre
l'employeur et l'association de salariés.
L'article 33
reprend l'article 93 du Code du
travail, qui est applicable à un
arbitrage concernant les policiers et les pompiers en raison de l'article 99.9 du Code du travail. Cet
article s'applique également à une sentence arbitrale rendue pour des
salariés autres que des policiers et des pompiers en raison du renvoi de
l'article 48 du projet de loi.
Président (M. Auger) : Des interventions
sur l'article 33? Pas d'interventions? Je vais le mettre aux voix.
Est-ce que l'article 33 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
Article 34.
M. Coiteux :
Je vous annonce que j'aurais un amendement à l'article 34.
Le Président (M.
Auger) : Donc, lire dans un premier temps l'article, les commentaires
et, par la suite, l'amendement.
Coiteux : Alors,
article 34 : «S'il survient une mésentente autre qu'un différend ou
un grief entre les parties, le ministre responsable de l'application du
Code du travail peut charger un médiateur de les rencontrer et de tenter de les
amener à conclure une entente.
médiateur transmet un rapport au ministre responsable de l'application du Code
du travail et au ministre. Ce dernier peut,
malgré toute disposition contraire d'une loi ou d'une convention collective,
déférer la mésentente à un conseil de règlement des différends comme
s'il s'agissait d'un différend visé au présent chapitre.»
Le Président (M.
Auger) : Peut-être des explications avant de...
Coiteux : L'explication ici.
Donc, l'article 34 prévoit que le ministre responsable de l'application du Code du travail
peut nommer un médiateur afin d'aider les parties à conclure une entente
lorsque la mésentente n'entre pas dans la catégorie des différends ou des griefs. Le médiateur transmet un rapport
au ministre responsable de l'application du Code du travail,
au ministre responsable des Affaires municipales et aux parties. Le ministre
responsable des Affaires municipales peut alors transmettre le dossier à
un conseil de règlement des différends.
L'article 34 reprend
en
partie les articles 99.10 et 99.11 du Code du travail.
Le Président (M.
Auger) : Donc, vous avez un amendement. Faire la lecture, s'il vous
plaît.
M. Coiteux :
Alors, l'article 34. L'amendement à l'article 34 consiste à retirer
l'article 34.
Le Président (M.
Auger) : Commentaires.
Coiteux : Alors, l'article 34 reprend une procédure prévue aux
articles 99.10 et 99.11 du Code du travail, qui sont abrogés par le projet de loi. La procédure
prévue par l'article 34 ne peut être utilisée dans le cadre de la
négociation d'une convention collective et ne peut non plus être utilisée pour
interpréter les dispositions d'une convention collective en vigueur.
Président (M. Auger) : Merci. Des interventions sur cet amendement à
l'article 34? M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. M. le ministre, reprenez-moi votre explication, là. Vous
dites : On retire 34 parce que le projet de loi ne permettrait pas
ça de toute façon? Si je résume, là, c'est ça que ça veut dire?
Coiteux : Bien, honnêtement, il arrive, des fois, lorsqu'un projet de
loi est rédigé, qu'on fasse une deuxième lecture et qu'on se dise : Est-ce qu'il y a une application
concrète de ça qu'on puisse envisager, qui puisse se matérialiser? En règle générale, il y a des griefs à l'égard
d'une interprétation, mais ça ne vise pas les griefs, justement, donc on ne
voit pas à quoi ça pourrait effectivement
s'appliquer. Ça aurait ressemblé à une réouverture de la convention collective,
ce qui n'a pas de sens.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Donc, si je comprends bien, à l'époque de la rédaction vous aviez
trouvé pertinent, votre équipe avait
trouvé pertinent de dire que, s'il y avait une mésentente dans l'application
courante autre qu'un différend ou un grief, à ce moment-là on pouvait
nommer un médiateur pour trouver une entente. Puis là vous dites : Dans
l'applicabilité, il y en a peu ou il n'y en
aura pas, mais surtout ça vient en
contradiction avec ce qui était déjà inclus dans le projet de loi. C'est
ce que je comprends?
Coiteux : Ça introduit plus de confusion que de clarté, honnêtement,
parce que sont déjà prévues des procédures en cas de différend, en cas
de grief, alors on ne voit pas à quoi ça pourrait véritablement s'appliquer.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions sur cet amendement à
l'article 34? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 34 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté. Donc, l'article 34 est supprimé.
Article 35.
Coiteux :
Article
Article 35 : «Les frais du
conseil, y compris les honoraires de ses membres, sont assumés à parts
égales par les parties.
«Ces frais sont déterminés
par règlement du gouvernement.»
Alors,
l'article 35 prévoit que les frais du conseil de règlement des différends
sont payés à parts égales par les parties. Ces frais sont déterminés par
un règlement du gouvernement.
L'article 57 du
projet de loi prévoit que le Règlement sur la rémunération des arbitres
(chapitre C-27, a. 6) s'applique à la rémunération des membres d'un
conseil de règlement des différends jusqu'à l'entrée en vigueur du règlement prévu à l'article 35. À l'heure
actuelle, c'est le ministre du Travail qui paie les frais d'un arbitrage entre
une municipalité ou une régie intermunicipale et une association accréditée
composée de policiers et de pompiers.
article s'applique également à un arbitrage pour des salariés autres que des
policiers et des pompiers en raison du
renvoi de l'article 48 du projet de loi. À cet égard, l'article 35
reprend le principe de l'article 19 du Règlement sur la
rémunération des arbitres.
Le Président (M.
Auger) : Des interventions sur l'article 35? M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. M. le Président, j'aurais un amendement à cet article.
Le Président (M.
Auger) : ...en faire la lecture.
M. Ouellet :
Modifier l'article 35. Le premier alinéa de l'article 35 du projet de
loi n° 110 est modifié par le remplacement des mots «à parts égales par
les parties» par «par le gouvernement».
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants pour en permettre la
distribution.
(Suspension de la séance à 10 h 22)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux sur l'amendement du député de René-Lévesque
à l'article 35. M. le député, pour vos explications.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, écoutez, on trouve cette demande plus
que légitime. Lorsqu'on consulte l'ensemble
des mémoires des groupes,
partie patronale,
partie syndicale, tout le monde était unanime pour
dire : Ça devrait être le statu
quo, à savoir que ce soit le gouvernement qui prenne en charge ces frais-là. Ça l'était déjà pour l'arbitrage, la
partie des assesseurs était
des frais couverts par les parties. Là, on l'a vu dans les dispositions précédentes, bon, il n'y a pas d'assesseur, mais
il y aura des témoins qu'on pourra effectivement faire venir lors du conseil des différends, témoins qui sont, d'une part, à la
charge des parties, pour chacune des parties, pour leurs témoins, mais
aussi, si le conseil des différends trouve
pertinent d'entendre un autre témoin, c'est à la charge aussi, effectivement, des parties.
Alors
là, je voudrais savoir sur quoi se base le raisonnement du ministre. Est-ce
qu'il a des chiffres pour savoir comment...
On a fait quelques calculs, là, mais je voudrais savoir sur quoi se
base le raisonnement du ministre pour dire : Dorénavant,
dans le cas du conseil des différends, donc trois personnes à assumer, c'est
aux frais des parties. Je voudrais connaître le fondement du
raisonnement de ça.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Je vais juste prendre un peu d'eau.
pense, la première chose, le
fondement de ça, c'est la responsabilisation
des parties. Comme, je pense, j'ai eu l'occasion
de le dire à plusieurs reprises, même
s'il y a un mécanisme d'arbitrage qui est prévu, dans le
cas du conseil de règlement des différends, il est souhaitable et il est
souhaité... Et d'ailleurs le projet
de loi amène un certain nombre de dispositions qui
encouragent les parties à conclure des ententes négociées, à ne pas avoir à
utiliser des mécanismes qui sont... qu'on
souhaite être du domaine de l'exception. Puis là je ne parle pas juste de la question
du mandataire spécial, pour lequel il y a vraiment
cette notion d'exception, là, que c'est le caractère exceptionnel de la situation,
mais, même la nécessité de recourir au conseil de règlement des
différends, il serait souhaitable que ce soit plutôt l'exception que la règle, que des ententes négociées surviennent
entre-temps. Puis c'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a un médiateur, pour aider. Puis c'est pour ça que j'ai élargi la période de négociation possible, j'ai élargi la période de médiation possible dans les amendements
qui ont été proposés et finalement acceptés. C'est dans cet esprit-là.
Alors,
je pense, c'est important, pour responsabiliser les
parties, que les parties soient conscientes qu'il y a un coût à l'utilisation de ces mécanismes-là. Je pense
que c'est très important que ce coût-là soit pris en compte. Ça fait
partie des éléments qui vont responsabiliser et inciter
les parties à en arriver à des ententes négociées plutôt
que d'utiliser des mécanismes comme celui du conseil de règlement des
différends.
Alors,
si on me pose la question pourquoi, pourquoi cette approche, pourquoi cette
philosophie, ça repose surtout dans ces principes-là.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Bien, au contraire de mon collègue de l'opposition
officielle, le milieu municipal
n'a pas fait de demande spécifique par rapport à ça, là. Je relisais les
mémoires, là. Évidemment, les grandes villes n'ont aucun problème par rapport
à... puis même la FQM n'a pas demandé... Mais la crainte vient plus du milieu
syndical. Et là, M. le ministre, c'est là que j'ai un petit problème, c'est-à-dire que... dans le sens où je comprends votre intervention, mais, personnellement... Je ne pense pas
que, les pompiers de Montréal ou les policiers de Montréal, leur syndicat ait
des problèmes à payer, mais dans les plus petites organisations, tu sais...
Donc, il ne faut pas non plus que ça serve... Moi aussi, je veux qu'il y ait un règlement de différends, je voudrais que ça se règle
avant qu'on arrive au conseil de règlement des différends, mais je ne veux pas
que ça serve de mesure à...
parce qu'il risque d'y avoir des frais énormes, là, puis je
ne voudrais pas que ça serve comme mesure de... tu sais, on va vider les caisses des syndicats,
là, tu sais, là, puis c'est ce qu'on va faire, là, puis à quelque part... Je ne voudrais pas non plus que ce soit ça. Puis ça, c'est... Parce
que, dans le fond, tout l'effort
qu'on aurait fait pour qu'il y ait une négociation pleine et entière avec tout le... là, on arriverait à la fin, puis parce que...
Parce que, là, maintenant, ce n'est pas juste un arbitre, on en a trois. Donc, on ne connaît pas la
rémunération, les salaires. Puis ça, je pense
qu'on a encore beaucoup de
travail à faire, là, M. le ministre aura... évidemment, par
règlement, vous allez établir les salaires, et tout ça, mais on risque
d'avoir des factures assez salées en partant, parce qu'il va y avoir quand même
trois personnes à payer. Puis, pour les villes, il n'y a pas de problème, financièrement, mais, pour les représentants
du milieu syndical, dans un souci d'équité, tu sais, envers une négociation
juste, et raisonnable, et équitable...
En tout cas, j'espère que vous avez fait
l'analyse. Rassurez-moi, parce que, comme je vous dis, je ne pense pas
que les policiers et pompiers de Montréal aient des difficultés à payer les
honoraires, les frais du conseil de règlement des différends, mais, dans
d'autres regroupements syndicaux plus petits, ça risque de... en tout cas, les
fonds du syndicat risquent d'y passer, là,
puis ça, je pense que... Je ne voudrais pas que ça serve de découragement. Je comprends
puis je suis le ministre, moi, depuis le tout début, il faut que la
procédure, ça encourage à régler avant qu'on arrive au conseil de règlement des différends, mais je ne voudrais pas
que la facture fasse qu'on règle avant juste parce qu'on a une facture à
payer puis que ça vide les coffres. Ça, là, j'ai de la difficulté, là.
Ça fait que
rassurez-moi sur la capacité, tu sais... En tout cas, je veux être rassuré, là,
tu sais, parce qu'évidemment, les
caisses étant proportionnelles au nombre de syndiqués, si vous me dites qu'ils
devraient être capables de supporter assez raisonnablement ces factures-là, bon, bien... Rassurez-moi par rapport à
ça, là. Pour le reste, je ne voudrais pas que ce
soit une mesure dissuasive, qui empêche un
règlement intéressant puis intelligent juste parce qu'on ne veut pas y aller
parce que ça coûte trop cher, tout simplement.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Bon, effectivement, on a regardé les coûts d'arbitrage de 2009 à 2016, là, en ce qui concerne l'analyse plus récente de ce que ça pouvait représenter
comme coûts. Bien entendu, ça dépend du nombre de jours, donc il y a une grande variabilité, là, là-dedans, il y a une grande variabilité. Donc, il y a
des cas plus coûteux que d'autres parce
que ça a été plus long que d'autres, mais il y a des cas qui sont très,
très peu dispendieux, dans les faits, là. Vous avez raison d'évoquer le fait qu'il y aurait trois membres
du conseil de règlement des différends, donc, qu'il faudrait en tenir
compte aussi si jamais on répliquait le même nombre de jours multiplié par
trois, si les conditions de rémunération étaient comparables, là, vous avez raison. Donc, on a regardé ça, on regarde ça attentivement, puis c'est certain que ça fait
partie de notre analyse.
Mais, lorsque
je regarde la proposition d'amendement de notre collègue de René-Lévesque, on inverse totalement, là, c'est-à-dire ce n'est pas juste le principe de dire : Est-ce que
ça pourrait être un obstacle pour certains groupes... Pas pour tous. Je pense qu'on s'entend là-dessus,
qu'il y a des villes pour lesquelles ce ne sera pas un
problème; aucun, d'ailleurs. Puis il y a
des syndicats pour lesquels ça ne sera nullement un problème non plus. Et, à ce moment-là, ce serait dommage, par l'adoption
d'un amendement comme celui-là, de dire que le principe de responsabilisation, d'incitatif financier
va disparaître complètement. C'est pour ça, mon inconfort. Si j'avais, moi, à
réfléchir à ces questions-là, j'aurais plutôt tendance
à y réfléchir par l'adoption d'un programme d'aide bien ciblé pour éviter des
situations qui pourraient poser des problèmes
d'accès par certains groupes, je préférerais nettement aborder cette
question-là comme ça que par une inversion totale du principe de la
responsabilisation.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
Le Président (M. Auger) : ...M. le
député de Blainville?
Ouellet : Juste pour
corriger le collègue de Blainville, dans le mémoire de l'UMQ, page 9, Frais
du conseil , la recommandation n° 8 : «Que le ministère
assume les frais du conseil», je pense que l'UMQ avait fait une demande
claire pour qu'effectivement les frais soient assumés par le gouvernement, le
ministère en question. Donc, ça ne vient pas exclusivement de la
partie
syndicale mais vient aussi d'une des grandes associations du milieu municipal.
Où est-ce que
je rejoins mon collègue de Blainville, cependant, c'est qu'effectivement la prétention qu'on a, M. le ministre,
c'est que ça ne donnera pas accès à la justice à toutes les organisations, syndicales ou municipales, en
fonction, effectivement, de leurs
dimensions. Je vous écoutais tout à l'heure, vous nous dites : Il y a des
municipalités, des syndicats qui
seront capables de payer, alors, pour eux, c'est correct, mais il
y a d'autres municipalités où est-ce
qu'effectivement ça peut représenter un enjeu.
Nous, on a
fait des calculs assez conservateurs, là, mais, si on prend, exemple, un taux
horaire médian des arbitres, les parties soumises à la loi se verront
donc refiler une facture d'environ 4 230 $ par jour d'audience, à peu
près six heures. Là-dessus, on ne compte pas
les débours, les honoraires des experts, les autres frais de
représentation. Donc, en conséquence, des petites sections locales, exemple,
pour les syndicats des pompiers, ça représenterait, par jour, 2 115 $.
Alors là, ce qu'on se dit, c'est
que... Bon, je comprends le ministre quand il nous dit : C'est
l'exception, le conseil des
différends, il ne faut pas se rendre jusque-là, mais il va arriver des moments où est-ce que
les deux parties vont être de bonne
foi puis elles vont dire :
Écoutez, on ne s'entend pas, on a essayé de négocier sur ces enjeux-là,
on n'a pas réussi à s'entendre, nous sommes
passés par la médiation, pas réussi à s'entendre, et là il faut qu'on arrive
parce qu'on a des délais à respecter, donc le conseil des différends, de bonne foi, sera saisi d'un différend. Alors, si j'applique le raisonnement du ministre, il faudrait qu'il y ait
une implication financière dans la négociation pour dire : Bien, écoutez, on a un différend, mais, parce qu'on n'est pas capables de le défendre devant un tiers — parce qu'on pense que notre
partie est
légitime — parce que financièrement on n'a pas les moyens, nous devrions accepter moindre, à ce moment-là, et signer. Alors,
notre prétention, M. le ministre, c'est que, si on veut arriver à une entente
négociée mais, dans certains cas, avec certaines parties décidées qui
devrait faire... je ne veux pas dire l'unanimité, mais au moins le consensus... Parce qu'on n'a pas les moyens de se rendre jusqu'au conseil des
différends, on se brime d'un droit d'arriver à une entente qui serait peut-être plus appréciable, parce qu'au moins on serait allés au bout des choses, et on n'aurait pas
été limités par le financement, le coût du conseil des différends.
Puis
c'était le même principe dans le cas des arbitrages. Une fois qu'on est rendu
là, les arbitres, ce n'est pas une question :
On va faire traîner les procédures, puis plus ça coûte cher, plus on... Non. Je
pense que, quand on est rendu à l'exception, au conseil des différends,
toutes les parties désirent s'entendre et toutes les parties désirent aussi, effectivement, s'entendre rapidement. Mais, si on arrive avec un frein financier pour
trouver une entente, et là, bien, là je ne peux pas présenter nécessairement mon expert parce que ça va me
coûter tant, puis là je vais avoir deux autres journées, je regarde ma caisse... Bref, je pense qu'on vient
dénaturer le droit du travail, en mettant une limite à la capacité
financière des groupes d'être représentés.
Alors,
nous, on a fait quelques chiffres, et, dans certains cas, dans certains
groupes, et même les municipalités, ça va
être des gros montants pour dire : Bien, écoute, nous, on veut tenir le
point, on pense que c'est important. Et même une municipalité, en contrepartie, qui dit : Nous, ce point-là, il est
important pour les citoyens, pour, comme on a vu dans le projet de loi, cette fameuse gestion des deniers
publics — la
situation financière et fiscale d'une municipalité, ce serait légitime — mais ils n'auront pas les moyens de
démontrer cette légitimité-là et, donc, devraient prendre une décision
plus courte, c'est-à-dire d'accepter un
règlement moindre, parce qu'ils n'auront pas les moyens de se défendre. Alors,
pour nous, il y a un gros enjeu là.
là le ministre nous dit : On pourrait parler d'un programme d'aide. Alors,
parlez-moi-z-en un petit peu plus parce que, pour l'instant, là, c'est
très vague, pour nous.
Coiteux : D'abord, j'admets qu'il peut y avoir des cas variables, là.
Donc, les moyennes sont des moyennes, hein, on s'entend, donc il peut y
avoir des situations particulières. Mais, si je prends les moyennes des années
pour lesquelles j'ai des données, là, 2013‑2014,
2012‑2013, 2011‑2012, je regarde combien ça a coûté, les arbitrages, puis
je regarde ça a coûté combien en moyenne, un arbitrage, je suis dans les
6 000 $ à 7 000 $ par arbitrage. Je ne suis pas dans les 100 000 $ par arbitrage, là, je
suis dans les 6 000 $ à 7 000 $, en moyenne, par arbitrage.
C'est ça, les données qu'on a. Alors,
je comprends que 6 000 $, 7 000 $ ou... Puis à d'autres
époques c'était plus cher, ceci dit, ça a déjà été 10 000 $. Voici quelque chose qui s'est
amélioré dans le temps. Mais quand même, 6 000 $, 7 000 $,
10 000 $ par arbitrage, ce
n'est quand même pas... Je comprends qu'il peut y avoir des situations
particulières, mais, pour la moyenne des syndicats et des villes qui
recourent à l'arbitrage, je ne pense pas que ce soit une somme qui soit si
difficile que ça à assumer.
Maintenant,
pourquoi j'ai parlé peut-être d'un programme? J'ai parlé peut-être d'un
programme à cause de cette variabilité qui existe, à cause des
disparités de conditions qui pourraient exister. Mais c'est difficile de
commencer à légiférer sur des disparités de
conditions, on s'entend, mais par contre il est tout à fait possible de
concevoir un programme d'aide bien
calibré, approuvé par le Conseil du trésor, qui permettrait d'aider les parties
pour qui ça représenterait un réel obstacle.
Et, si on empruntait une voie comme celle-là plutôt que l'amendement proposé
ici, je pense qu'on serait capable à la
fois de maintenir le principe de responsabilité, un incitatif financier à
régler les choses avant de recourir à des mécanismes qu'on souhaite être moins fréquents, mais en même
temps d'être capable d'éviter qu'il y ait un problème d'accès pour les
groupes pour lesquels ça pourrait représenter un problème d'accès.
Alors,
moi, je suis très, très, très ouvert à considérer les choses de cette façon-là,
très ouvert à ça, j'ai été sensible à... en particulier les plus petits
syndicats, là, qui ont très peu de membres, pour lesquels ça pourrait
représenter un obstacle. Mais alors un très grand syndicat, avec énormément de
membres puis quand même une bonne masse de cotisations,
souvent dans une grande ville, par ailleurs, on a affaire à deux parties qui
ont tout à fait les moyens d'assumer ce genre de facture dont je parle à
l'heure actuelle.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Bien, je suis sensible... Parce que M. le ministre, là, j'ai
appris à le connaître, là. Ce que vous dites, vous, là, c'est
enregistré, puis je pense qu'on peut se fier à la parole que vous donnez.
voudrais juste dire à mon collègue, par contre... Quand j'ai fait l'analyse,
j'étais conscient, de la part de l'UMQ, mais, quand j'ai regardé les villes qui ont comparu, il n'y en a pas une
qui a demandé ça, les villes, personnellement, puis la FQM non plus.
Donc, à quelque part, par rapport à l'employeur, je pense que...
chiffres que vous donnez, 6 000 $ à 7 000 $ pour un
arbitrage, ça veut dire qu'on pourrait multiplier par trois si jamais...
Bon. Mais évidemment on ne peut pas, dans un projet de loi comme celui-là...
D'abord, un amendement qui augmente les
dépenses aurait pu être rejeté, vous auriez pu demander le rejet de cet
amendement-là parce qu'il augmentait les
dépenses du gouvernement. Il faut que votre programme soit autorisé par le
Conseil du trésor, donc, ça, je suis conscient de ça. Moi, je suis assez
à l'aise de vous suivre, dans le sens où vous êtes conscient de ça.
le programme, inévitablement, vous devrez le mettre en place. Probablement que
les parties devront en faire la demande
dès le début des négos, pour dire : Bon, bien, là, les fonds qu'on a, si
jamais on devait aller... on va faire une demande au programme, puis là,
bien, vous allez analyser la capacité de payer des gens, puis tout ça, ils vont
vous soumettre leurs chiffres, là. Si on
établit un programme, ça va être ça. Puis à la fin, bien, le gouvernement dira,
bien, oui ou non, vous êtes capables ou... Je pense que ça peut se faire
là-dessus.
Établir dans le projet de loi un programme, je
ne pense pas que ça... Tu sais, moi aussi, j'essaie de... Quand même,
j'ai le pouvoir de déposer des amendements,
là. J'essaie de voir comment je pourrais créer un programme
pour... C'est assez difficile. Un programme, habituellement, ça se crée
par le gouvernement, par...
Donc, moi, non, je suis assez à l'aise avec la
position que vous prenez, M. le ministre, compte tenu que vous semblez avoir ce souci-là. Puis inévitablement, je
vous le dis, c'est que l'objectif du projet
de loi, tel que moi, je le vois,
ce sont des négociations, il faut les
encourager. Mais, à la fin, si on ne s'entend pas, ça prend un processus de
règlement, puis, moi, ce qui m'intéresse,
c'est que je ne voudrais pas que des gens baissent les bras parce qu'ils n'ont pas l'argent pour se rendre à la fin du processus. Je pense qu'à
quelque
part le ministre semble être assez à l'aise avec ça. Donc, s'il y
avait un programme de créé... En tout cas,
si jamais le ministre, avec toute son équipe, veut pondre un amendement pour
ça... Mais je pense que c'est assez
difficile, là, par rapport à ça, là. Mais en tout cas je suis assez à l'aise
avec les propos du ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, je pense que j'ai
expliqué les principes puis mes préoccupations, que je partage avec mes deux collègues. Je ne pense pas qu'un projet de
loi devrait obliger le gouvernement à créer un programme, parce qu'il
faut aller voir le Trésor, il faut...
Mais on
m'entend ici au micro, je suis prêt à aller un petit peu plus loin puis semer
quelque chose dans le projet de loi, mais semer quelque chose qui est
compatible avec les processus gouvernementaux qui mènent à la création d'un programme. Donc, une fois qu'on aura disposé de
cet amendement, d'une façon ou d'une autre, mais que j'anticipe, disons,
plutôt favorable à la position que j'ai
évoquée jusqu'à maintenant, parce qu'on est quelques-uns de ce côté-ci,
notamment, mais je pense qu'on s'entend
aussi de l'autre côté, je suis prêt à déposer quelque chose qui va semer une
trace un petit peu plus forte que ce que je dis au micro.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Écoutez, vous nous
avez dit peut-être qu'en moyenne les arbitrages étaient 7 000 $, dans
certaines...
M. Coiteux : ...dans les années
récentes.
M. Ouellet : O.K. Donc, on fait fois
trois dans le cas d'un conseil?
Ouellet : O.K. Et vous êtes
conscient aussi, M. le ministre, qu'à l'époque nous avions du temps pour
négocier. Donc, la finalité de se rendre jusqu'à l'arbitrage, elle était moins
présente.
Là, on est
circonscrits dans le temps, donc il se pourrait effectivement que, parce qu'on
a moins d'espace pour négocier, on se
rende plus régulièrement en médiation mais aussi plus régulièrement à
l'exception. Donc, ça aussi pourrait changer la donne dont vous avez sur
les coûts réels de l'arbitrage.
Coiteux : Honnêtement, moi, je pense plutôt que ça va être, dans la
vaste majorité des cas, plus fréquent qu'une convention va être signée et négociée sans qu'on ait besoin de recourir
au conseil de règlement des différends, à la fois en vertu de la période de négociation, qui est
encadrée et qui peut commencer avant, et puis de la période de médiation,
qui va être fort importante. Avant, il n'y
avait pas de médiation obligatoire. C'est important, ça, dans le projet de loi
aussi, cette médiation. Ça va
permettre aux parties d'arriver beaucoup plus aisément à une entente avant de
recourir à un mécanisme d'arbitrage. Alors, moi, j'ai plutôt
l'anticipation qu'on va moins y recourir que davantage.
M. Ouellet : Je pourrais avoir la
même lecture que vous, M. le ministre, considérant qu'avec les différents amendements que nous avons essayé d'adopter il
n'y a pas beaucoup de personnes qui nous ont manifesté de la joie sur la
finalité du mécanisme. Donc, je vous rejoins. Le mécanisme final, il ne fait
tellement pas l'unanimité que plusieurs groupes, effectivement, vont vouloir
l'éviter et chercher à s'entendre antérieurement, dans la période de
négociation.
Cela
étant dit, ceux et celles qui voudront quand même aller jusqu'au bout auront un
coût à ça. Et je vous entendais tout
à l'heure, puis c'est une des... vous me corrigerez si j'ai tort, mais c'est
une des premières fois dans le projet de loi où est-ce que vous faites vraiment une distinction entre des grandes
municipalités, ceux et celles qui ont des moyens, et ceux et celles qui ont moins de moyens. À travers les
différents amendements du projet de loi, on a essayé de vous faire voir
un peu la situation d'une petite municipalité
dans le cas de la gestion des pompiers, entre autres, qui avaient le statut de
temps partiel, et là vous nous avez
dit — puis
vous me corrigerez si j'ai tort — que le projet de loi se veut englobant puis
pour l'ensemble du monde municipal, alors que,
là, je sens une ouverture sur une particularité du monde municipal, donc
les petites municipalités, qui, dans le
point bien précis d'une négociation, pourraient se voir accorder certains
avantages dans le cadre d'un
programme pour les aider à pallier à cette faiblesse financière, de faire face
aux obligations face au conseil des différends. Alors, je suis content d'entendre ça
parce qu'on va bâtir là-dessus, M. le ministre, sur d'autres
amendements, pour cette particularité-là qui touche effectivement les petites
municipalités.
Donc,
nous, on est à la même place. On trouve plus que pertinent que ce soit comme
dans le cas de l'arbitrage, c'était
entre les mains du ministère, pour favoriser une juste équité. Donc, on va
effectivement continuer à proposer notre amendement. On verra par la suite, M. le ministre, sur votre proposition
de semer une graine sur la particularité de certaines municipalités ou d'associations syndicales qui
pourraient obtenir un support financier pour faire face à ces
obligations-là, mais, nous, il n'en demeure
pas moins que la meilleure méthode qui effectivement ne fait pas de discrédit
entre grosses municipalités et
petites municipalités, gros syndicats, petits syndicats... Parce que c'était
même l'essence de la loi. On ne voit pas de distinction nulle part dans
votre projet de
loi sur Montréal, Québec, métropole, capitale, et Saguenay, Chicoutimi, Baie-Comeau, on ne voit pas ces
distinctions-là. Alors, vous en faites une aujourd'hui à l'article 35,
alors on pourra bâtir dessus. Mais, pour
nous, si on veut une équité de justice, c'est une équité de moyens, et la
meilleure façon d'y arriver, puisque
les gens vont vouloir aller... C'est un droit, de se rendre jusqu'au conseil
des différends. C'est un droit, de
refuser ce qui est sur la table et d'aller trancher par un tiers la décision.
Pour des raisons monétaires, certains se verraient restreindre le droit. Alors, c'est pour ça que,
pour nous, c'est inconcevable qu'on mette cet incitatif-là financier au
sein des municipalités et des associations
salariales en disant : Écoutez, si vous allez là, il y a un coût, alors
évaluez, dans votre processus de
négociation, le coût monétaire de ne pas accepter une proposition tout de suite
parce qu'il pourrait être plus grand, jusqu'au conseil des différends
et, on le verra plus tard, dans le mandataire spécial.
Le Président (M.
Auger) : Intervention, M. le ministre?
M. Coiteux :
Bien, mon ouverture a trait à favoriser l'accès, hein, c'est de ça qu'on parle
ici.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement du
député de René-Lévesque à l'article 35?
S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 35 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Rejeté. Nous reprenons avec l'article 35. Des interventions? M.
le ministre.
M. Coiteux :
Moi, j'aurais un amendement à proposer.
Le Président (M.
Auger) : Allez-y. Faites-en la lecture.
Coiteux : Alors, l'amendement consiste à modifier l'article 35 par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de
la phrase qui suit :
«Le ministre peut mettre
en place un programme d'aide financière destiné aux parties.»
Le Président (M.
Auger) : Des explications supplémentaires?
Coiteux : C'est ce que je
voulais semer dans cet article-là pour dire que ça va au-delà de
ce que j'ai dit au micro. On pense sérieusement à travailler à la mise en
place d'un programme qui ferait en sorte que les parties pour lesquelles
ça pourrait constituer une difficulté d'accès puissent être bénéficiaires d'un
programme gouvernemental.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Je vais suspendre quelques instants pour en permettre
la distribution.
(Suspension de la séance à 10 h 53)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux sur l'amendement du ministre à l'article 35. Est-ce
qu'il y a des interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. C'est un premier pas, j'aurais aimé un peu plus. Puis, je vais
vous dire... Puis on aura peut-être
cette discussion-là, M. le ministre, et peut-être on vous convaincra de retirer
votre amendement, puis on mettrait un sous-amendement, là, mais c'est le
«peut», ça laisse une ouverture. «Peut», ça ne veut pas dire «doit» ou «va mettre
en place».
Mais
aussi, dans la mécanique, la façon dont les parties pourraient faire la
demande... pas la mécanique, mais les parties
devront démontrer qu'effectivement, selon x, y critères... pourraient demander de
l'aide. Je pense qu'il faudrait aussi, dans l'article 35, qu'il
y ait une démonstration, que ce ne
soit pas unilatéral, là, mais qu'il y
ait une démonstration par les
parties d'avoir accès à ça.
Ça fait qu'on est en
train de réfléchir à peut-être sous-amender l'amendement, mais, déjà, en
partant, là... «Le ministre peut mettre en
place un programme d'aide financière destiné aux parties.» J'aurais aimé un peu
plus d'engagement, M. le
ministre : Le ministre va mettre en place un programme d'aide financière
aux parties, pour lequel ils devront, exemple, démontrer les besoins
financiers pour faire face à leurs obligations devant le conseil des
différends.
Président (M. Auger) : M. le ministre.
Coiteux : D'abord, ce n'est pas une formulation inédite, là. Si je
prends, par exemple, la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles,
son
article 16 dit à peu près le même genre de chose qui serait dite ici
si l'amendement est adopté : «Le ministre peut, dans les cas et aux
conditions qu'il détermine, accorder une aide financière, notamment sous la
forme d'une allocation de soutien, à une personne qui participe à un programme
ou à une mesure d'aide et d'accompagnement social.» Donc, ce n'est pas une formule
inédite, mais c'est une formule qui est compatible avec nos processus
gouvernementaux. D'obliger par la loi à ce qu'un programme soit déterminé en
fonction des critères suivants, des
modalités d'accès suivantes, ça court-circuite nos processus d'approbation, là,
le Conseil du trésor, les comités qui analysent est-ce qu'on a bien fait
le travail, le Conseil des ministres.
fait que, quand on dit «peut», ça envoie quand même un signal important, là,
avec la discussion qu'on a en plus,
là. Ce que j'ai dit aujourd'hui, c'est que, du côté gouvernemental, on est
sensibles aux mêmes arguments que vous amenez
sur la table, vous, les deux oppositions, on est sensibles. On y pensait même
avant, on a dit : Bon, qu'est-ce qu'on pourrait faire? On a commencé à réfléchir, on a commencé à regarder des
chiffres, on n'est pas encore au stade où on peut déposer un programme. Mais, quand on écrit ça, je
pense qu'on est en train de bien indiquer à la population puis aux
parties concernées vers où on veut aller.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui, bien, moi qui ai demandé au ministre de se pencher
avec toute son équipe sur un amendement
possible, je suis satisfait de ce qui est déposé, compte tenu qu'on n'inscrit
pas un programme pour ne pas le regarder
puis l'étudier, là, donc, je suis conscient de ça. Donc, je pense qu'il faut
être capable de voir toutes les opportunités que démontre un tel
amendement.
Donc,
moi, je vous suis, M. le ministre. Évidemment, il y aura des représentations de
la part du milieu patronal, les
municipalités, le milieu syndical. Donc, ça, c'est quelque chose que le
gouvernement gère. Puis vous allez avoir à mettre en place ce programme-là, et les... Excusez
l'expression, mais le diable est toujours dans les détails, là. Parce que, là,
si on continue, on va mettre en place le
programme, mais là on va manquer de temps, on va manquer d'heures, tu sais, d'ici aux fêtes, pour être capables de
calculer à trois autour de la table, là, quel va être le programme. Donc, moi, je pense que... Que le gouvernement démontre un intérêt, je pense que ça lance un signal aux parties, de dire : Écoutez, pour ceux qui ont des problèmes financiers,
bien, il y a un programme qui devra être mis en place, puis je
pense que... Avec ça, moi, M. le
ministre, je suis satisfait. Puis je vais être en faveur de l'amendement.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Je comprends l'exemple du ministre, le «peut», là, mais là on est dans un tout
nouveau droit municipal à l'intérieur
même du droit du travail existant. Je pense qu'on peut tout faire, le ministre
nous l'a ardemment démontré.
C'est
sûr que je ne veux pas qu'on réécrive le programme ensemble aujourd'hui, là, je suis bien conscient, là, des destinées et du jeu que vous aurez à convaincre vos collègues au Trésor
de la justesse de votre programme et des moyens d'y mettre en place... Je comprends votre engagement, je comprends que
vous allez le défendre, mais la finalité, c'est... il se pourrait que la
réponse soit non. Donc, le «peut» donne effectivement une marge de manoeuvre
sur l'existence ou la non-existence du
programme, alors qu'il a été démontré... vous avez effectivement démontré la sensibilité à cet enjeu-là.
chose qu'on pourrait faire aussi, M.
le ministre, peut-être
pour... Parce que, le «peut», là, si on veut le mettre un petit peu plus engageant, on pourrait mettre aussi un autre détail, exemple, là, après
avoir discuté avec les parties, le ministre peut mettre en place un programme d'aide
financière leur étant destiné, tu sais. Nous, ce qu'on voudrait, ce
serait initier avec les associations syndicales, les associations municipales, la FQM, l'UMQ ou les grandes
municipalités une discussion sur les
modalités et la finalité de ce programme-là, je pense que ce serait important,
dans le projet de loi en question, avec lequel les parties se sentiraient
intimement liées, à cette disposition, pour être
partie prenante. Donc, déjà là, dans l'engagement de «peut mettre en place», vous aviez l'engagement d'être avec les parties, et la finalité sera décidée, à ce moment-là, par le ministre, mais vous mettez dans le projet de loi en question une obligation de vous asseoir avec les parties prenantes et de discuter des modalités ou
des finalités possibles. Mais vous allez avoir effectivement l'opportunité, à la finalité, de décider ce qu'il
en est.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Oui. Bon, moi, je
pense que la formulation ici dit ce qu'elle dit quant aux orientations qu'on
souhaite suivre, puis elle suffisamment flexible pour que ça respecte nos processus.
Maintenant,
je veux juste qu'on comprenne, là, quel est l'enjeu moyen, à tout le moins, là, parce que, si je prends les cas plus récents, puis j'ai parlé de 7 000 $, même si on le multiplie par trois, 21 000 $,
ça fait 10 500 $ par partie, O.K.? Et, dans le cadre de ce projet de loi, ça s'amortit sur cinq ans, cette
affaire-là, hein? Ce n'est pas sur un an, ce n'est pas sur deux ans, ce n'est pas sur trois ans; c'est sur
cinq ans. Donc, s'il y a eu des enjeux tellement importants qu'on doive se
rendre au conseil de règlement des différends, on est en train de parler de
2 000 et quelques dollars par année par partie, là, pour les frais moyens d'un arbitrage. Alors, c'est de ça
qu'on parle, c'est de ça qu'on parle. Donc, il ne faut pas dramatiser le
problème, il ne faut pas dramatiser le problème.
Maintenant,
oui, il est possible que, dans des cas précis, ça puisse représenter une
facture trop lourde, pour certaines parties,
et c'est pour ça qu'on écrit cette orientation, on est conscients du problème.
Et donc on pourrait faire un programme. Puis je l'ai dit, que c'est
vraiment dans ce sens-là qu'on veut aller.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Vous avez sorti des
moyennes. Vous devez avoir les chiffres totaux que ça a coûté.
M. Coiteux : Oui, forcément. Pour
faire la moyenne, ça me prenait le total.
M. Ouellet : Puis c'est combien?
M. Coiteux : Le total? Bien, ça
dépend des années. Ce que ça a coûté au total, là, c'est-à-dire le nombre...
M. Ouellet : Oui, oui, oui.
Coiteux : J'ai ici un chiffre. Sur les sept années de données qu'on a,
sur sept ans, ça a coûté au total, tous les arbitrages,
393 000 $, sur une période de sept ans.
M. Ouellet : ...sur sept ans.
M. Coiteux : 393 000 $
cumulatif sur sept ans.
Ouellet : O.K., cumulatif
sur sept ans. Donc, vous êtes... Mettons on prend la même tangente, là, on fait
des moyennes pour moyennes, là, donc, 393 000 $ sur sept ans, là on
va être fois trois, ça fait qu'on va arriver à tout près de 1 million par
année, c'est ce que je comprends, c'est un peu la prospection que je fais, là.
M. Coiteux : Non, non, parce que
c'est sur sept ans, là, c'est sur sept ans.
M. Ouellet : O.K.,
393 000 $ cumulatif, pardon, O.K., je pensais annuellement. O.K.
Donc, 393 000 $ sur sept ans. O.K.
Donc, je fais
le même fois trois. Depuis sept ans, c'est comme si ça avait coûté au gouvernement l'équivalent de 1 million.
Et là, avec la disposition actuelle, ce million-là, si on prend les mêmes
tendances, les mêmes négociations puis... parce que dans certains cas il y
a des choses qui vont se ressembler, on transfère, dans le fond,
1 million, pour les sept prochaines
années, assumé entre les parties, soit 500 000 $ par les municipalités et 500 000 $ par les syndicats. Vous êtes d'accord
avec moi?
M. Coiteux : ...on travaille sur les totaux. Ça pourrait
ressembler à ça, là, mais il y a des grandes disparités, là. Dans le 393 000 $, là, il y en a un qui
à lui seul a coûté pas mal... une bonne
partie de cette facture-là. C'est pour
ça que je vous dis que, ça, il y a de la variabilité. C'est pour ça
que...
Mais, quand on travaille sur la moyenne par cas,
quand on travaille sur la moyenne par cas... Et là on peut prendre les années
les plus récentes, parce qu'il y a une tendance à la baisse. Puis c'est pour ça
que je vous parlais de 7 000 $.
Prenez 7 000 $, multipliez par trois : 21 000 $.
Divisez par deux : 10 500 $. 10 500 $ amorti sur cinq
ans, c'est 2 000 $ et quelques par année par partie. Ça, c'est
la moyenne récente.
C'est sûr
que, si je prenais la moyenne des sept années, c'est un peu plus élevé. Alors,
si plutôt qu'être 7 000 $ ce serait
10 000 $, bien, ce serait 10 000 $ par partie, divisé par
deux, 5 000 $, amorti sur... Vous voyez le genre. Multiplié
par trois, puis ensuite divisé par deux,
puis ensuite amorti sur cinq ans, ça ne fait pas des chiffres astronomiques, ça
ne fait pas des chiffres astronomiques.
Je ne pense
pas que ça va être un obstacle à accéder au conseil de règlement des différends
dans la vaste majorité des cas. Mais, comme
ça pourrait l'être pour certains, on envisage la création d'un programme pour
faire face à cette situation.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Dans vos chiffres, M. le ministre, avez-vous
l'arbitrage le plus élevé et le moins élevé? Parce que vous m'avez donné
une moyenne, mais le plus et le moins?
M. Coiteux : Oui, j'avais des
chiffres... Si on peut me donner mon... Oui, j'avais ça. Où est-ce qu'il est,
mon tableau des...
Alors, ça,
c'est des cas... Alors, le plus élevé a coûté 116 978 $. Et si vous
voulez une précision : 116 978,65 $. Ça, c'est le plus
cher.
M. Ouellet : Et la
municipalité?
M. Coiteux : On ne peut pas le
dire, c'est des informations confidentielles.
M. Ouellet :
Est-ce que c'est une grande agglomération ou une petite agglomération?
M. Coiteux :
Ce n'est pas une petite agglomération, ce n'est pas une petite ville. Et le
moins cher a coûté 140 $.
M. Ouellet :
Qui n'est pas une grosse agglomération.
M. Coiteux :
Là je n'ai pas l'information sur le moins cher, à 140 $. Était-ce une petite
ville, une grande ville? Est-ce qu'on est capable de le dire sans la
nommer?
M. Coiteux :
Ce n'est pas une grande municipalité. Je n'en dis pas plus.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque... Oui, M. le ministre.
M. Coiteux : Ce qui ne diminue pas la valeur de la municipalité pour autant, hein, entendez-moi bien, là. Ce n'est pas parce qu'on a peu d'habitants
qu'on n'a pas une grande valeur.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, vous êtes conscient comme moi que, 116 000 $, on est
loin de la moyenne. Il doit être une circonstance qui explique cette
situation-là, mais en statistiques...
M. Coiteux :
Oui. Et ça vient ajouter un peu d'eau au moulin du fait que, dans la vaste
majorité des cas, ça ne va pas représenter un obstacle vraiment
matériel.
M. Ouellet : Comment, selon vous, ça peut coûter, administrer un programme? Parce
que, là, vous nous dites... Écoutez,
je vais vous faire une confidence, M. le Président, là :
393 000 $ de coût depuis sept ans, là, je trouve ça très bas, très bas. Puisque, bon, on négociait, on arrivait
à des ententes, on utilisait peu ou pas l'arbitrage. Alors, je trouve ça très
bas.
Mettons on fait les
mêmes pronostics pendant sept ans. Combien ça peut coûter, l'administration de
ce programme-là, M. le ministre?
M. Coiteux :
Honnêtement, je ne m'attends pas à ce que ce soit très coûteux, parce que ce
serait tributaire du volume, et là on parle de moins de 20 cas par année.
M. Ouellet :
Approximativement? Vous évaluez ça à peu près à combien, là?
M. Coiteux :
Je n'ai pas fait l'évaluation. Franchement, on administre des programmes
qui sont accessibles à des centaines
de milliers de personnes, là ça nécessite beaucoup de frais administratifs, bien sûr, là, mais, quand on parle
d'une vingtaine de cas par année...
Je pense qu'il y
aura... En tout cas. Il y a moyen de concevoir un programme facile à
administrer pour 20 cas par année.
M. Ouellet :
Donc, on aurait un professionnel qui s'occuperait de ça annuellement. Il y a à
peu près 20 cas par année...
Coiteux : Honnêtement, on n'est pas rendus à préciser tout ça, parce
qu'il faudrait, encore une fois, soumettre un programme au Trésor, expliquer comment ce serait fait, quels seraient
les coûts. On n'a pas fait cette analyse-là encore, mais, franchement, a
priori, là, ça ne devrait pas être coûteux à administrer.
M. Ouellet : J'essaie juste de voir, M. le ministre... Je comprends votre
prétention, de dire : Voici la modalité, on peut l'amoindrir avec
un programme. J'essaie juste de voir, là. Si j'ai quelqu'un à mi-temps, à
50 000 $, mettons, en moyenne, de
salaire par année, donc 25 000 $, fois sept ans, tu sais, j'arrive
proche de 393 000 $, sur sept ans, là, tu sais. Ça fait que... Est-ce que le coût de programme est
plus élevé que la mesure en question, là? Tu sais, vous les connaissez,
les chiffres. On est-u en train de créer
quelque chose qui au final va nous coûter plus cher que, finalement, laisser la
facture au gouvernement?
M. Coiteux :
Non, je ne croirais pas, je ne croirais pas. Actuellement, on assume un coût,
de toute façon, et puis il y a une administration qui est faite aussi de ces
questions-là.
Donc,
non, je reviens à mon principe de départ, là — je ne m'attends pas à ce que vous
resoumettiez le même amendement — je reviens à mon principe de départ :
C'est important de responsabiliser tout le monde. Dans les quelques cas... Puis je pense qu'on a assez brassé de
chiffres ensemble, là, au cours des dernières minutes, pour comprendre
que le nombre de cas où ça va présenter un
obstacle va être petit. Pour ces cas-là, il est possible de prévoir un plan, un
programme. Et puis, compte tenu du volume,
ce n'est pas un programme qui va être coûteux à administrer. J'en ai déjà vu,
des vrais coûteux. Ce ne sera pas le cas.
M. Ouellet : Vous comprendrez qu'on va suivre de près ce
programme-là, puisque... L'adéquation entre son coût et son
administration, on va voir la finalité.
J'aurais peut-être un
sous-amendement, M. le ministre. On va le rédiger en 30 secondes, là, mais...
Le Président (M.
Auger) : Vous êtes en mode rédaction?
Le Président (M.
Auger) : Vous êtes en mode de rédaction de votre sous-amendement?
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 13)
Président (M. Auger) :
Nous allons reprendre nos travaux sur la présentation d'un sous-amendement par le député de René-Lévesque à l'amendement à l'article 35.
M. le député, en faire la lecture et par la suite apporter des précisions, des
explications. M. le député.
M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, ça va dans le sens des
discussions que nous avons tenues, soit
que l'amendement à l'article 35 est modifié par le remplacement du mot
«peut» par «doit» et par le remplacement des mots «destiné aux parties» par «pour des municipalités et des
associations de salariés regroupant 500 membres et moins».
Le Président
(M. Auger) : Des explications supplémentaires?
M. Ouellet : Oui. Bien, écoutez, on a déjà discuté de l'importance et de la
pertinence de mettre dans le projet de loi l'apparition du programme. Donc, nous tenons à ce que le «doit» soit là.
Donc, c'est un engagement formel. Je comprends qu'on est enregistrés, mais, si on veut effectivement adresser cette
problématique-là pour l'avenir et sécuriser un peu la suite des choses... Parce qu'il y en a qui vont
être en négociation très prochainement et auront à travailler avec ce
nouveau droit là. Je pense que c'est mettre un
peu de pression sur le ministère pour livrer ça rapidement et de respecter
l'engagement que ce soit déposé, d'une part.
Mais j'attire aussi
l'attention du ministre sur la dernière partie. Je comprends qu'on ne voulait
pas mettre beaucoup de détails dans le programme en question, mais, déjà là, en
partant, en mettant juste un simple détail sur les associations de
500 membres et moins, donc, là on aurait déjà un portrait, et le ministre
pourrait déjà même
commencer à plancher sur le programme
en question pour voir quelles pourraient être les modalités
pour les municipalités et pour les associations qui comptent
500 membres et moins.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux : Je ne pourrai malheureusement pas concourir
avec le changement de «peut» par «doit» parce que ce n'est pas respectueux des processus d'approbation
gouvernementaux, d'une part. Et puis déjà on délimite les paramètres
d'un programme, alors qu'il va falloir qu'on fasse une analyse minutieuse, qui
doit être faite et qui sera faite.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Bien, je vous ai mis en garde tantôt à essayer de rédiger le programme
à plusieurs. Tu sais, quand je lis
l'amendement qui est déposé, puis qui a été fait de bonne foi par le collègue
de l'opposition officielle, tu sais, «destiné
aux parties», remplacer ça par «pour des municipalités, des associations de
salariés regroupant 500 membres et moins», les municipalités, ce n'est pas des membres, c'est des
habitants, c'est des citoyens, etc. C'est ça, le danger, là, à essayer
de rédiger le programme.
Moi, je fais
confiance. Le ministre a inscrit ça. L'intérêt, c'est que...
Et, pour moi, ce
n'est pas un nombre. C'est la capacité de payer de l'association, ou de
l'organisme, ou de la municipalité, ce n'est
pas... On a un projet de loi qui est basé sur la capacité de payer, puis là on
va faire un amendement qui ne tiendra pas en compte la capacité de
payer. Moi, je pense que ce n'est pas le nombre qui est important, c'est la capacité de payer de l'organisation syndicale ou
de la municipalité. Donc, je pense que... À quelque part, j'espère que
le programme va être capable de tenir compte de la capacité de payer, tout
simplement. Merci.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Ce qu'on essaie de
faire, M. le Président, ce n'est pas nécessairement d'y mettre toutes les
balises mais poser quelques jalons. On aura peut-être d'autres
sous-amendements, mais je vais tendre la main du côté du ministre. Est-ce qu'il serait d'avis, dans son
amendement, d'indiquer quelques objectifs ou quelques critères pour
orienter les discussions ou les orientations
de ce programme-là? Je comprends ce que vous nous dites : Écoutez, on va
aller le valider au Conseil du
trésor, on va discuter de sa pertinence, on va tenter de se le faire financer.
Je ne pense pas que ce soit un enjeu monétaire,
avec les chiffres que vous nous avez sortis, c'est très peu. Alors, je présume
qu'il y aura de l'argent dans les coffres
du Conseil du trésor pour ce programme-là, en autant que les frais
d'administration ne viennent pas couvrir le coût total. Mais est-ce
qu'on ne pourrait pas, M. le ministre, sans convenir mais... mettre — puis
c'était ça un peu, notre objectif dans l'amendement — l'objectif
du programme en question, les critères en question à tenir compte dans ce programme-là? Parce que, là, on est dans le projet
de loi, là. Une fois qu'on adopte ça, après ça on s'en va, puis là, tu
sais, je vais... faites-moi confiance, on va
concocter quelque chose qui devrait répondre à la préoccupation qui a été
véhiculée. On n'a pas l'obligation de discuter à travers les parties. On vous a
proposé, tout à l'heure, peut-être d'introduire une discussion entre les parties pour voir ce programme-là. Donc, tout ça va
se faire selon la réflexion et le travail du ministre et de son ministère en question. Alors, on veut
juste, question de mettre certains jalons pour le programme, voir l'ouverture à ce qu'on indique peut-être un
objectif ou des choses à considérer à l'intérieur même de ce programme-là,
programme d'aide.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Je pense que c'est assez clair avec tout ce qu'on s'est dit.
On dit que les parties paient puis en même temps on dit que le ministre peut mettre sur pied un programme destiné
aux parties. Ça annonce qu'on pense qu'il y a des parties qui vont
peut-être avoir besoin d'être aidées, c'est ce que ça annonce. Je pense qu'on
n'a pas besoin d'aller au-delà.
Ouellet : Avez-vous, M. le
ministre, une orientation dans le temps pour déposer ce programme-là ou le
mettre en application? Quand vous vous
projetez dans la suite, là, comment vous voyez l'aboutissement de ce projet-là?
On l'a pour les six prochains mois?
Parce que, je vous le dis, là, il y en a qui rentrent en négociation, ils
n'auront pas les moyens, là. Ça fait
qu'ils vont dire : M. le ministre... Ils vont appeler au ministère des
Affaires municipales : Est-ce que le programme s'en vient? Est-ce
qu'il est normé? Est-ce qu'on peut en avoir de besoin?
Est-ce que vous êtes capable de donner un peu
plus de détails sur la suite des choses, M. le ministre?
M. Coiteux : Bien, je suis capable
de dire que ça viendrait très rapidement, parce qu'on a déjà commencé à
travailler là-dessus.
M. Ouellet : Les premières neiges?
M. Coiteux : Bien, on espère adopter
le projet de loi à l'Assemblée nationale avant les premières neiges,
effectivement.
M. Ouellet : Il y en avait dans les
Laurentides en fin de semaine, de la neige.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions sur le sous-amendement à l'amendement à l'article 35?
M. Ouellet : Non, ça va, M. le
Président.
Président (M. Auger) : S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que le
sous-amendement du député de René-Lévesque à l'amendement à
l'article 35 est adopté?
Président (M. Auger) : Rejeté. Nous reprenons à l'amendement à
l'article 35 présenté par M. le ministre. D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le
mettre aux voix. Oui, M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : ...dernière
interrogation. Donc, prochainement, M. le ministre, ce programme-là pourrait
être déposé? Vous allez consulter
aussi certaines associations patronales et syndicales pour connaître un peu les
modalités, l'ampleur?
Coiteux : C'est dans la large et longue tradition du ministère des
Affaires municipales et de l'Occupation du territoire de consulter les
parties lorsqu'il conçoit un programme, et on va continuer d'encourager cette
pratique.
M. Ouellet : Oui, c'est juste que, dans la longue tradition
des affaires municipales, nous n'avions pas les relations de travail,
et, dans cette nouvelle tradition, j'espère qu'on va inculquer cette
disposition nécessaire, de discuter avec l'ensemble des parties, petites et
grandes.
M. Coiteux : Le ministère des
Affaires municipales s'est occupé aussi d'autres questions qui touchaient notamment les régimes de retraite. Alors, ce n'est
pas nouveau, on est déjà actifs dans ce genre de domaine là. Donc, ce ne
sera pas neuf.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement du
ministre à l'article 35? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le
mettre aux voix. Est-ce que l'amendement du ministre à l'article 35 est
adopté?
Président (M. Auger) : Adopté. Nous revenons à l'article 35 tel
qu'amendé. Des interventions sur l'article 35 tel qu'amendé? S'il
n'y a pas d'intervention... Oui, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Deuxième alinéa : «Ces frais sont déterminés par règlement du
gouvernement.» Est-ce que vous l'avez
entre les mains, vous êtes en train de le produire? Est-ce qu'on peut le voir
avant la fin de l'adoption du projet de loi?
Coiteux : Le règlement n'est pas encore prêt, mais effectivement on va
travailler là-dessus. On va travailler là-dessus
surtout à partir du moment où le projet de loi... Puis il y a des dispositions
transitoires, comme vous savez, là, pour
la mise en vigueur, qu'on discutera plus loin. Donc, c'est clair que tout ça va
devoir être prêt aux dates prescrites.
M. Ouellet : Allez-vous... Parce qu'on connaît le coût que ça coûte présentement,
l'arbitrage. Votre intention est-u de
vous situer dans la médiane, dans la moyenne? Plus? Moins? Votre réflexion
là-dessus, là, entre les coûts qui sont... Vous avez fait référence à des moyennes, tout à l'heure, à des coûts qui
étaient déjà existants. Est-ce que, dans votre projet de règlement, on
va tendre vers les mêmes coûts... ou vous allez majorer certains coûts à ce
moment-là?
Coiteux : Écoutez, c'est une discussion qui est un petit peu
prématurée, là, parce qu'il va falloir qu'on fasse des analyses très serrées. On n'a certainement pas
l'intention de faire les choses plus cher qu'elles ne le doivent, mais il
faut s'assurer que les processus soient
assumés par des personnes compétentes et capables de livrer la marchandise dans
les règles de l'art.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Ça ne doit pas être une mesure qui est nouvelle, pour les arbitres et
tout ça, il y a sûrement des frais qui sont déterminés par règlement.
Est-ce qu'il y a des frais qui sont déterminés par règlement pour l'arbitrage
et tout ça?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Bien, juste pour être certain, dans le conseil des différends, on
se souvient qu'il y a un comité qui va recommander la nomination des
gens qui vont siéger au conseil des différends. Vous êtes conscients que, dans certains cas... Parce que ce ne sera pas une
pratique courante. Ce que je veux dire, c'est que, dans le cas du conseil
des différends, on ne fait pas affaire
avec... Parce qu'on va demander juste des avocats. Tu sais, on a fait le débat
sur l'ordre des conseillers et conseillères en relations industrielles,
sur cette compétence-là pour siéger. Donc, on aura de nouvelles personnes. La prétention, c'est qu'on aura
effectivement peut-être une pression à la hausse sur le coût à offrir... pas
le coût mais le salaire à offrir pour ces
gens qui vont siéger là. Je veux juste être certain que le ministre est
conscient d'une zone de confort qui
doit s'établir, là, parce que, là, c'était connu, les arbitres, bon, les taux
étaient déjà connus, puis les gens savaient
dans quel marché, mais là ce n'est pas du monde qui vont faire ça à temps
plein, et, dans certains cas... Parce que, quand on voit les
restrictions pour être sur le conseil des différends, ils devront
exclusivement, dans certains cas, être attitrés
à cela. Donc, ça aura un coût à la hausse, c'est notre prétention, sur la
rémunération de ces personnes qui sont sur le conseil des différends.
Est-ce
que le ministre s'est donné un ordre de grandeur, un pourcentage maximal de
majoration possible pour dire : Ça, c'est dans la limite de
l'acceptable, ou, pour avoir les meilleurs candidats, il n'y a pas de plafond,
puis on va aller chercher les meilleurs, et, s'il faut les payer x, ce sera x?
Coiteux : Il y a toujours des plafonds, mais c'est des plafonds qui
doivent être compatibles avec la capacité de recruter dans tous les domaines, là. C'est toujours comme ça.
L'attraction, la rétention, c'est important, mais en même temps il faut
tenir compte des contraintes. Donc, c'est tout ça en même temps.
Mais,
encore une fois, le système qui est proposé ici, il ne faut pas penser qu'il va
être plus coûteux que le système actuel.
Je pense que c'est le contraire qui va se passer. Je pense que c'est le
contraire qui va se passer parce qu'il va y avoir, et c'est ma prétention, moins de cas qui vont
aller en arbitrage, je crois, sincèrement. Avec la période de négociation,
avec la médiation, je pense qu'il y aura
moins de cas qui vont se rendre jusque-là. Et puis, lorsque les cas vont se
rendre jusque-là, dans certaines situations, peut-être qu'il y aura peu
de matières à traiter.
Donc,
il n'est pas dit que le nombre de jours qu'on a observés récemment, ça va être
le nombre de jours nécessaire dans ce conseil de règlement des différends.
Donc, on ne peut pas tout simplement dire : Ça va coûter plus cher et ça
coûtera... Non, je pense que c'est peut-être le contraire qui va se produire.
Et moi, je pense que c'est le contraire qui va se produire.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : ...à ma
question, là, par rapport aux frais déterminés par règlement du gouvernement.
Est-ce qu'il y en a présentement, des frais déterminés par règlement du
gouvernement, dans le secteur de l'arbitrage?
Coiteux : Bien, le tarif horaire pour les arbitrages, actuellement,
est fixé par le gouvernement par règlement.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Bien, écoutez,
moi, j'ai une lecture inverse, M. le ministre, là, sans vous causer préjudice.
Moi, je pense qu'il y aura plus d'arbitrages.
C'est sûr que
présentement vous nous dites que ça va coûter moins cher, je suis tout à fait
d'accord avec vous. La facture est
refilée aux parties, ça fait que c'est sûr que ça va coûter moins cher au
gouvernement. Ça, là-dessus, je suis à la même place que vous.
Mais on fera
une juste évaluation de ces dispositions-là. Je vous avais soulevé, lors de
notre dernière session en commission,
peut-être l'importance de se repositionner ou de se requestionner sur ce projet
de loi là dans un temps x. On aura
peut-être l'occasion d'en discuter dans les dispositions transitoires, là, mais
une juste évaluation des suites de ce projet de loi là va être
assurément un travail de notre parti.
Alors, M. le commissaire... M. le Président,
pardon, je n'aurai pas d'autre intervention à faire sur l'article 35.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'article 35
tel qu'amendé? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 35, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Nous reprenons avec l'article 36. M. le ministre.
Coiteux :
Article 36 : «Un membre du conseil de règlement
des différends ne peut être poursuivi en justice en raison d'actes
accomplis de bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.»
Alors,
l'article 36 prévoit qu'un membre du conseil de règlement ne peut pas faire
l'objet de poursuite en raison des
gestes posés de bonne foi dans le cadre de ses fonctions. Cet
article
s'applique également à un arbitre pour des salariés autres que des
policiers et des pompiers en raison du renvoi de l'article 48 du projet de
loi.
Président (M. Auger) : Des interventions sur l'article 36? S'il
n'y a pas d'intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 36 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 37. M. le ministre.
Le Président (M. Auger) : Oui.
Article 37.
M. Coiteux : Oui, je... Si vous
suspendiez 30 secondes? J'ai une question à poser.
Le Président (M. Auger) : Je
suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 37)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, avec l'article 37.
Coiteux :
Article 37 : «Sauf sur une question de compétence, aucun pourvoi en
contrôle judiciaire prévu au Code de procédure
civile ne peut être exercé, ni aucune injonction accordée contre un membre du
conseil agissant en sa qualité officielle.»
L'article 37
prévoit qu'une décision d'un conseil de règlement des différends ne peut pas
faire l'objet d'un contrôle judiciaire, sauf en ce qui concerne les
excès de compétence. Il s'agit d'une clause privative qui s'applique également
à la plupart des tribunaux administratifs, dont les actuels arbitres de griefs.
L'article 37
reprend le principe de l'article 139 du Code du travail.
L'article 37 s'applique également à un arbitrage pour des salariés autres
que des policiers et des pompiers en raison du renvoi de l'article 48 du projet
de loi.
Le Président (M. Auger) : Y a-t-il
des interventions sur l'article 37? M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Oui. Donc, effectivement, c'est un copier-coller du principe de l'article 39, qui détermine
le carré de sable des différents
arbitres de griefs, entre autres, et ça va venir boucler la boucle sur l'ensemble
des discussions que nous avons pu
avoir sur l'article 16, l'article 17, mais aussi sur
l'article 1, les principes directeurs qui vont déterminer le champ d'intervention, dans le cas, là, présent,
du conseil des différends, mais plus tard on va le voir aussi du côté du
mandataire spécial. Donc, effectivement, les parties pourront déposer des requêtes s'ils jugent que les
différents tiers, que ce soit le
conseil des différends ou, du moins, le mandataire spécial, ont outrepassé leur
compétence. Alors, ça se veut un garde-fou, en autant que la dimension
du carré de sable soit connue et déterminée.
Nous avons, à
travers différents projets de loi, démontré des zones d'ombre de ce carré de
sable là. Nous avons réussi, avec les
discussions avec le ministre, d'y apposer certaines balises, dont notamment l'article 1
sur les principes directeurs, qui posait plusieurs préoccupations du
côté de différents groupes, mais on a aussi eu plusieurs discussions sur l'article 16 et 17 notamment, sur quels sont les critères
que le conseil des différends et, plus tard, le mandataire spécial devra prendre sa décision, donc dans quel carré de
sable ses compétences vont exister. Alors, effectivement, on pourrait voir apparaître... Parce qu'on ne l'a peut-être
pas beaucoup utilisé par le passé. La question des compétences
prises par le conseil des différends,
ce n'est pas un avis que j'amène, mais on pourrait penser, M. le ministre, que cette disposition-là de
la loi sera effectivement regardée de part et d'autre, puisqu'on est dans
un nouveau droit, dans un nouveau champ de compétence, offert à un nouveau groupe d'individus, donc, le conseil des
différends ou le mandataire spécial. Alors, cette disposition, de part
et d'autre, que ce soient les associations syndicales ou municipales, sera effectivement
regardée pour voir si effectivement les décisions sont prises à la lumière des
compétences par les nouveaux tiers qui auront été nommés. Donc, nous serons
attentifs sur les tribunaux sur ces questions-là, M. le Président.
Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur l'article 37? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux
voix. Est-ce que l'article 37 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 38.
M. le ministre.
Coiteux : Alors, on arrive au
chapitre III, Dispositions applicables à d'autres salariés, et la
section I, Application. Et l'article 38 se lit comme
suit : «Le présent
chapitre s'applique au règlement des différends entre
une association accréditée au sens du Code
du travail représentant des salariés autres que des pompiers ou des policiers
et un employeur du secteur municipal.»
Alors, l'article 38 vise à déterminer que le
chapitre III s'applique aux différends
entre des salariés autres que les policiers et les pompiers et un
employeur municipal tel que défini à l'article 2 du projet de loi.
Président (M. Auger) :
...sur l'article 38? S'il n'y a pas d'intervention, je vais
le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 38 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 39.
M. Coiteux : J'annonce que j'aurai
un amendement.
Le Président (M. Auger) : S'il vous
plaît, faire la lecture, dans un premier temps, de l'article 39.
M. Coiteux : Oui. Alors,
section II, Médiation.
«39. En
l'absence d'une convention collective intervenue entre les parties le
120e jour suivant l'acquisition du droit de grève ou de lock-out, l'employeur en donne avis au ministre
responsable de l'application du Code du travail, avec copie à
l'association accréditée.
«L'employeur
peut différer l'envoi de cet avis si une entente de principe fait l'objet d'un
examen par les salariés. Le cas échéant, il transmet l'avis dans les
sept jours du rejet de l'entente.
«À défaut par
l'employeur de transmettre l'avis dans le délai prescrit, l'association
accréditée peut y pourvoir.»
Alors,
explications :
L'article 39 prévoit une période minimale de
120 jours de négociation suivant l'acquisition du droit de grève par l'association accréditée.
Selon l'article 58 du Code du travail, le droit de grève est
acquis 90 jours après la transmission d'un avis de négociation. Selon
l'article 52 du Code du travail, un avis de négociation peut être transmis par l'employeur ou l'association
accréditée au plus tôt 90 jours avant l'expiration de la convention collective. Si aucune des
parties ne transmet cet avis, celui-ci sera réputé avoir été reçu à
l'expiration de la convention collective précédente.
Le point de départ du délai de 120 jours se
situe donc au plus tôt à l'expiration de la convention collective précédente et
au plus tard 90 jours après l'expiration de cette convention.
S'il n'y a pas
entente après ce délai de 120 jours, l'employeur transmet un avis au ministre
responsable de l'application du Code du travail. Si l'employeur ne le
fait pas, l'association accréditée peut le faire.
Le Président (M. Auger) :
L'amendement.
M. Coiteux :
Et j'ai un amendement. Alors, dans le premier alinéa de l'article 39,
remplacer «120e jour» par «150e jour».
Le Président (M. Auger) : Le
commentaire.
Coiteux : L'amendement allonge de 120 à 150 jours la période durant laquelle les parties
peuvent négocier avant que le
processus établi par le projet de loi puisse être déclenché. Cet amendement
vise à rendre la durée de la période de
négociation applicable aux salariés
autres que des policiers et pompiers conforme à celle qui est prévue pour
ceux-ci à l'article 4 du projet de loi, compte tenu des adaptations
nécessaires.
Voici donc le texte tel que modifié : «En
l'absence d'une convention collective intervenue entre les parties le 150e jour suivant l'acquisition du droit de grève
ou de lock-out, l'employeur en donne avis au ministre responsable de
l'application du Code du travail, avec copie à l'association accréditée.»
Merci.
Président (M. Auger) : Des interventions sur l'amendement à
l'article 39? M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : O.K. Donc, si je
comprends bien, là, vous avez fait mention... c'est copie conforme à ce qui a
été amendé pour ce qui est des policiers et
pompiers. On parlait de 240, vous êtes à 150 jours. C'est parce que vous
convenez du 90 jours avant l'acquisition du droit de grève, c'est bien ça?
Ouellet : Juste pour bien comprendre, M. le ministre, là, vous ne faites pas référence à ce qu'on avait fait par le passé, à l'intérieur même des négociations, où est-ce que, dans le cas des policiers et pompiers, le délai commençait assurément à compter de la date permise de
l'ouverture des négociations, avant sa fin. Donc, le fameux 90 jours, il
était prévu et conçu comme ça. Dans le cas présent, vous gardez les
dispositions comme telles, c'est-à-dire que les parties peuvent, 90 jours
avant, négocier ou attendre la fin de la négociation... la fin, pardon, de la
convention collective et permettre, après ça, la négociation à ce moment-là.
C'est ça?
M. Coiteux : Oui, mais donc en leur
donnant tous la même fenêtre de 240 jours, si c'est leur désir.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : ...un sous-amendement,
M. le...
Le Président (M. Auger) : En faire
la lecture, s'il vous plaît.
Ouellet : Oui, c'est un
sous-amendement parce que je veux amender ça. Donc, remplacer... Le premier
alinéa de l'amendement à l'article 39 est modifié par le remplacement du
chiffre «150» par le chiffre «450».
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants pour en permettre la distribution.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous
reprenons nos travaux sur la présentation d'un sous-amendement par le député
de René-Lévesque à l'amendement du ministre à l'article 39. M. le député,
pour en faire la lecture et apporter certaines explications.
Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Donc, le sous-amendement est le suivant : Dans le premier alinéa
de l'amendement à l'article 39... par le remplacement du chiffre «150» par
le chiffre «450».
Le Président (M. Auger) :
Explications.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Oui, bien, écoutez, on veut que le processus
soit optimal pour tous. Et, dans le
fond, on s'est fiés... On a fait une
recherche sur qu'est-ce qui se
passait dans les moyennes de la négociation et puis on a vu que, dans le domaine des autres salariés,
donc, cols bleus, cols blancs, la moyenne de négociation était à
15 mois, donc 450 jours francs de
négociation. Et, bon, on sait qu'il y a des... c'est une moyenne, donc il y a
des durées plus longues, des durées plus courtes, mais on pense que
d'arriver à 450 jours, ça donnerait à l'ensemble du milieu municipal assez
de moyens, parce que
c'est un peu ce que le ministre nous dit depuis le début, la finalité, donc,
les moyens exceptionnels, le conseil
des différends, le mandataire spécial, c'est une fin en soi qu'il faudrait peu
ou pas utiliser, et il faut donc laisser toute la place à la négociation
raisonnée entre les parties, de convenir d'ententes, et tout ça.
Donc,
pour nous, la durée moyenne de négociation de 15 mois, ça respecte
effectivement la moyenne qu'on a dans le
secteur municipal, parce qu'il y en a des plus courtes, mais surtout... Puis on
veut attirer votre attention, M. le ministre, de l'importance de se donner plus de temps, parce qu'il y aura des
prérogatives, M. le Président, à l'intérieur même des différentes négociations, parce qu'elles n'arriveront
pas toutes à échéance en même temps; il y en a qui sont à échéance prochaine et d'autres qui le seront
ultérieurement. Et, exemple, dans le cas d'une élection municipale, tu sais,
bon, il va arriver une élection
municipale, lorsque ça se produit, là, lorsqu'on regarde l'historique des
négociations, bien, il y a comme une...
je ne veux pas dire une paralysie, mais pendant trois mois, au niveau
négociation, il ne se passe rien. Tu sais, c'est le nouveau... c'est le conseil municipal existant qui s'en va en
élection. Certains vont être là pour la suite, d'autres vont se retirer. Ça fait qu'il se passe peu ou pas de
choses pendant les différentes élections municipales, ça fait qu'il y a
comme un bloc de trois mois qui est inutilisé. Donc, si on se permet une plus
grande période, bien, on ne sera pas victime de cette situation-là qui arrive à
tous les quatre ans.
y a aussi, M. le Président, des élections syndicales, aux différentes
accréditations syndicales; aussi un mécanisme pour procéder à l'élection
des officiers, du président. Et, si effectivement on arrive dans une mécanique
d'élection dans un contexte de négociation, bien, vous comprendrez que, pour ce
qui est des salariés, bien, c'est important de décider qui seront les officiers qui vont nous représenter, donc on ne
commencera pas une négociation avant de connaître qui seront les officiers. Il y aura effectivement
des représentations qui vont se faire à ce moment-là. Donc,
malheureusement à cause de ce contexte-là,
on pourrait perdre des journées importantes de négociation parce qu'on est trop
serré, à 150 jours.
peut y avoir aussi des changements majeurs dans l'organisation de travail. La
structure même de fonctionnement de
certaines villes implique aussi un degré de complexité et des changements
significatifs qui nous amènent à réfléchir sur, effectivement, la...
Oui?
Le Président (M.
Auger) : Désolé, car, compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 12
heures)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons
l'étude détaillée du projet de loi n° 110, Loi concernant le régime de
négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le
secteur municipal.
Lors
de la suspension de nos travaux, ce matin, nous étions rendus à l'étude du
sous-amendement présenté par le député
de René-Lévesque à l'amendement proposé par le ministre à l'article 39. M.
le député de René-Lévesque avait la parole. M. le député.
M. Ouellet :
Merci, M. le Président. L'heure du lunch porte conseil, M. le Président, alors
on va retirer le sous-amendement pour en présenter un nouveau.
Le Président
(M. Auger) : Ça me prend un consentement pour le retrait de votre
sous-amendement. Il y a consentement? Consentement. Donc, le sous-amendement
est retiré.
Nous revenons à
l'amendement du ministre à l'article 39. Est-ce qu'il y a des
interventions?
M. Ouellet :
...sous-amendement, M. le Président.
Le Président
(M. Auger) : Allez-y.
M. Ouellet : Donc, le sous-amendement est le suivant : Dans le premier alinéa
de l'amendement de l'article 39... par un remplacement du chiffre
«150» par le chiffre «240».
Le Président
(M. Auger) : Je vais suspendre quelques instants pour en
permettre la distribution.
(Suspension de la séance à 15
h 24)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux avec la présentation du sous-amendement du député de René-Lévesque à
l'amendement à l'article 39. M. le député, pour vos explications.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. En effet, nous avions déposé «450 jours»,
et puis on n'avait pas fait le calcul, effectivement, des journées avant la
convention collective mais aussi les journées possibles avec les différents mécanismes
suivants, qui donnait une négociation beaucoup plus longue. Alors, si on veut
se rapprocher de ce qui avait été
discuté et adopté dans le cas du régime des policiers et pompiers, c'est-à-dire
un 240 jours de négociation... On
est d'avis que ce sous-amendement-là va permettre effectivement aux parties,
dans les 240 jours, d'arriver effectivement, pour la plupart des
cas, à une entente négociée et obtenue par les deux parties.
Dans le fond, on
essaie de donner à peu près le même espace-temps que nos policiers et pompiers,
à la seule différence — et
le ministre en est bien conscient dans le cas des cols bleus
et cols blancs — que,
autres salariés, il existe des moyens
de pression, tel que prévu dans le Code
du travail. Mais, si on enlève cet
exemple-là, le 240 jours existant est au même endroit que nos amis
policiers et pompiers.
Pourquoi
autant de jours? Pourquoi on veut augmenter la période, puis
j'en faisais mention un peu avant l'heure du lunch, c'est qu'il va exister effectivement des prérogatives à l'intérieur même de la négociation. J'en faisais
mention tout à l'heure, il peut y avoir des élections municipales,
il peut y avoir des élections syndicales. Il peut survenir aussi des changements majeurs dans l'organisation même du travail à l'intérieur même d'une municipalité. M. le ministre a énoncé plusieurs prérogatives à venir dans le cas de la
métropole, de la capitale et aussi du gouvernement de proximité, donc on pourrait voir apparaître différentes façons de faire, modifiant un peu l'organisation du travail des municipalités, et donc
des défis à faire face pour le futur. Et on pense que se donner toute la
latitude dans ces journées-là de négociation va assurément donner beaucoup plus de temps pour arriver à des résultats
qui seront souhaités par les deux parties, considérant que la contrainte
de temps, à 150, est peut-être trop limitative.
arrive aussi... On peut penser, dans certains cas... Parce que les conventions
collectives n'arriveront pas toutes à échéance
au même moment. Et, pour plein de raisons, cette séquence pleine de
150 jours, qu'on veut voir passer à 240, va permettre une certaine
latitude aussi dans les différentes périodes de négociation, considérant le
fait que, bon, dans certains cas, on va peut-être arriver dans une période de vacances
où est-ce que les deux groupes de négociation, tant la
partie patronale que syndicale, ne pourront pas concorder leurs
agendas. Donc, on se donne la latitude pour
être, encore une fois, flexible dans le contexte même des municipalités et dans
le contexte même des négociations dans chacun des territoires du Québec,
dans chacune des municipalités.
Dans certains cas
aussi, puis ça va être important, puis j'invite le ministre à la réflexion, on
a vu apparaître à l'intérieur du projet de
loi tout ce qui touche la couverture pour ce qui est du secteur des transports,
et, dans certains cas, M. le
Président, dans le cas du transport, si on change certaines organisations du
travail, on fait affaire avec certaines firmes qui permettent aux municipalités d'obtenir par des logiciels la réponse
à certains changements, exemple, dans le circuit des autobus qui pourraient être proposés ou dans tout transport en
commun, ce qui peut aussi arriver, dans certains cas, c'est que le délai pour recevoir... entre le moment
où est-ce qu'on place la demande, de dire d'évaluer tel scénario, qu'il soit déposé par la
partie syndicale ou
patronale... avant qu'on ait la réponse, on peut compter, dans certains cas, un
délai de plus d'un mois parce que
l'entreprise en question qui est spécialisée a d'autres contrats ailleurs, à
l'international, ce qui fait qu'on
pourrait perdre, à cause de ça, un mois de négociation. Donc, on pense qu'à 240
on est au même endroit que nous
l'étions avec les policiers et pompiers, pour le 240 jours, mais on se donne d'autant plus la latitude de faire face aux impondérables qui... Et j'entends le ministre
disant à plusieurs reprises : On va se fier sur la suite, le bon
déroulement des négociations, mais il y aura
des impératifs qui malheureusement n'appartiennent pas aux syndicats ni aux
patrons pour ce qui est du moment de
procéder à la négociation, je disais tout à l'heure les agendas puis les
procureurs, et tout ça. Donc, je pense qu'il est opportun de se donner
le plus de latitude.
Et je vais reprendre
encore une fois les mots du ministre. Ce qu'on cherche à faire, dans le projet
de loi, c'est d'arriver à une entente
négociée entre les parties et d'éviter au maximum le mécanisme ultime, donc,
dans ce cas-ci, le mandataire
spécial. Alors, si c'est ça, l'objectif, si on veut arriver, même, au même
chiffre que nous étions avant même le projet de loi, c'est-à-dire tout
près de 96,63 % des conventions collectives adoptées par des ententes,
bien, je pense qu'on se donne là la latitude
d'arriver à ça. Je pense que, le ministre, ce qu'il veut, c'est assurément
donner un nouvel enlignement à la
négociation dans le domaine des affaires municipales, mais la finalité, elle
est la même, c'est d'arriver au plus
d'ententes négociées entre les parties. Et j'espère que, comme indicateur de
succès, M. le ministre aura fixé à son ministère
et à toute son équipe le chiffre de 96 % des ententes négociées entre les
parties. Et notre prétention, c'est... Avec ce 240 jours là de négociation, on devrait, si tout le monde y met du
sien, arriver à tendre vers ce chiffre-là qui était de 96 %.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
J'ai du mal à comprendre pourquoi,
dans les négociations qui impliquent cols bleus, cols blancs,
ça devrait prendre plus de temps que des
négociations qui impliquent policiers et pompiers, j'ai du mal à comprendre
pourquoi. C'est quoi, la différence qui
impliquerait qu'il faudrait augmenter les temps pour les cols bleus, cols
blancs par rapport aux policiers et pompiers? Parce que la proposition
qu'on fait, ça les rend totalement symétriques, là.
Coiteux : J'ai du mal à
comprendre pourquoi il faudrait donner plus de temps aux négociations qui
impliquent cols bleus, cols blancs que des
négociations qui impliquent des policiers et des pompiers. Parce que
notre proposition, avec l'amendement qu'on a proposé, fait la symétrie
entre les deux groupes, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Peut-être que je comprends mal, M. le
ministre. L'amendement que vous faites, le 150 jours, tient compte du 90 jours qui peut se trouver
avant l'échéance de la négociation collective. Sinon, ce 150 jours là
apparaît après l'acquisition du droit de grève. Donc, nous, on veut vraiment
normer la durée de la négociation. Mais surtout, M. le ministre, pourquoi il y a une différence, bien, je pense que
c'est... on peut regarder, le nombre de salariés qui sont couverts, dans
certains cas, dans certaines unités d'accréditation, est beaucoup plus grand
dans le cas des cols bleus, cols blancs que les policiers et pompiers, entre
autres.
On touche
aussi à plusieurs niveaux d'organisation du travail dans le cas des cols bleus,
cols blancs. Dans le cas des
policiers et pompiers, nous sommes dans une dimension qui est très technique,
le milieu de la sécurité publique, policier, et sécurité incendie dans le cas des pompiers. L'organisation du
travail, cols bleus, cols blancs, dans une municipalité, dans la métropole ou dans la capitale, on peut
penser qu'on a plusieurs départements, il existe aussi plusieurs
arrimages, et surtout, dans certains cas, nous avons plusieurs agglomérations
ou arrondissements avec lesquels on peut avoir à négocier en même temps, donc les mêmes unités d'accréditation ne
seraient pas tout à fait toutes disponibles au même moment pour voir à ces négociations-là, qui, dans
les délais qui sont actuels, mais surtout à l'échéance des conventions
collectives, vont se présenter au même moment.
Donc, c'est
une question d'amplitude, M. le ministre, et non pas de dureté de la
négociation entre les cols bleus, cols
blancs, mais c'est vraiment de voir la complexité dans son ensemble.
C'est-à-dire qu'il y a plusieurs niveaux d'emploi qui auraient un impact si on voudrait toucher
certaines modulations de tâches, et c'est pour ça que, dans certains cas,
ça prend beaucoup plus de temps, du détail. Et je donnais l'exemple tout à
l'heure. Dans le cas du transport en commun, entre
autres, il y a des circuits... vous devez savoir
qu'effectivement il existe des logiciels pour calculer toute l'organisation
du système, le temps, combien de chauffeurs,
à quel moment ils sont... et la production de cette information-là peut
prendre un certain temps, ce qui n'est pas le cas nécessairement lorsqu'on est
en train de discuter de l'organisation du travail proprement dite, exemple, pour la voirie, nécessairement, sur les
méthodes de travail, hein, ça ne demande pas des études techniques et
des logiciels pour évaluer le temps ou la durée pour poser une calvette ou
boucher un nid de poule.
M. Coiteux : Il reste que j'ai... Il ne faut pas oublier qu'il y a
une période pendant laquelle il y a une médiation, également, où on peut continuer
du travail très productif pour en arriver à des ententes négociées. Vous savez
que ça s'ajoute à la période, là, de 150 jours, qui s'ajoute au
90 jours, qui peut démarrer auparavant, donc on est à 240 avant même le
début de la médiation. Il y a une médiation de 60 jours, on est rendus...
bon, écoutez, ça nous amène déjà à 300 jours. Puis, si vous me suivez un
peu, vous allez peut-être penser qu'on va vouloir faire une symétrie, donc...
M. Coiteux : Bien oui, par
exemple. Alors, on est capables de donner quand même pas mal de temps à la
négociation pour les groupes de cols bleus, cols blancs également, sans nécessairement
essayer de répliquer la durée actuelle. Parce que,
la durée actuelle, peut-être qu'on peut se poser la question. Est-ce que ce
n'est pas indûment long, ça, des
450 jours? Parce que la proposition que vous faites nous ramène à ça, là,
finalement. Compte tenu de tout ce qu'on s'apprêterait à faire, ça nous amènerait à 450, donc on répliquerait
le... Mais justement un enjeu, c'est peut-être que c'est trop long et que... L'un des objectifs, c'est de faire en sorte que les
gens s'assoient, là, puis qu'ils règlent la question, en sachant qu'il
n'y a pas une infinité de temps devant soi.
Alors, c'est
un peu ma préoccupation. Alors, je ne suis pas totalement convaincu qu'on a
besoin de donner tant de temps supplémentaire aux cols bleus, cols blancs par
rapport aux autres, d'autant plus
que, si, par souci de symétrie, on ajoute un temps supplémentaire de
médiation, on est capables de répliquer un temps de 360 jours pour les
cols bleus, cols blancs aussi.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Bien, je
sais que le ministre est sensible par rapport aux délais. Chez les policiers et
pompiers, ça nous donnait 240 plus 60, plus 60, ce qui nous amenait à 360,
c'était une année complète. Là, on est à 240
plus 60, ça donne 300. Puis, je vais vous dire, j'aimerais qu'on prenne le
temps peut-être de faire les articles, parce que je ne voudrais pas que... Je parle au secteur
patronal, je parle au... Il semble y avoir un problème, là, par rapport à la compréhension de la loi. Puis j'aimerais que vous me suiviez, M. le ministre. S'il y a quelque chose, vous m'arrêterez, là. Parce
que 39 nous dit, bon : C'est 150 jours après le début du droit de
grève, l'acquisition du droit de grève, puis on peut reculer 90 jours pour faire notre 240, O.K.?
L'article 40, lui, me dit : Une fois que l'avis
est donné... Parce que 39, lui, va nous
dire : Bon, bien, ils ont 150 jours, puis théoriquement plus 90 jours, c'est-à-dire 240, pour aviser le ministre comme quoi qu'il y a une entente ou bien, donc, il n'y en a pas une.
Finalement, c'est ça. Puis à 40, bien, là c'est l'avis qui est donné au ministre
pour dire qu'il est temps de nommer un médiateur parce qu'on ne s'entend pas
sur certains points. Je pense que là-dessus on se comprend.
Le médiateur,
là, après ça, le rapport du médiateur prévu à l'article 7 est remis à l'arbitre
nommé suivant l'article 45, à
40, là. Ça, ça veut dire... Mais il n'y a pas une période, là? Tu sais, c'est
parce que c'est ça, là. L'incompréhension, c'est que, théoriquement, là,
il devrait y avoir une autre période qui permettrait la négociation, là, mais
là, de la façon... Tu sais, 40 nous dit... Comme je vous disais, 39 nous
dit : On essaie de s'entendre. On ne s'entend pas, on avise, à 39, le ministre,
qui nomme un médiateur. Là, après ça... Mais il y a le troisième paragraphe
de 40, là, qui dit : «Le rapport du médiateur prévu à l'article 7 est remis à l'arbitre nommé suivant [...]
l'article 45», mais ça ne veut pas dire qu'on est
obligé de lui remettre tout de suite, là, je peux être conscient... mais en
tout cas il faut lui remettre s'il y en a un de nommé.
une fois qu'on a passé le médiateur, là, c'est comme s'il y avait deux
possibilités, là : soit qu'on s'en va au mandataire spécial, en
vertu de 41, pour des situations exceptionnelles, puis là, selon 42, on nomme
un mandataire spécial, là, le ministre
le nomme, puis le mandataire spécial va faire son rapport, 42, 43, ou, selon
45, après une médiation infructueuse, on s'en va à l'arbitrage, O.K.?
Mais, je vous le dis, là, il y a une incompréhension, là. Une
partie me dit : Entre ces deux moments-là, il y a toujours
une possibilité de négocier avant de... parce que l'arbitrage, lui, doit
être fait sur demande conjointe des parties,
donc, théoriquement, on devrait avoir un délai, tu sais, de
dire : Bon, si on n'y va pas tout de suite, en arbitrage, on va
essayer de s'entendre, théoriquement. Mais une autre
partie me dit : Non,
non, tu n'as pas bien le choix, là, c'est...
ou tu t'en vas au mandataire spécial ou bien, donc, tu t'en vas à l'arbitrage,
là. Il n'y a pas deux façons d'agir, là, tu sais. Ou on demande le
mandataire spécial ou...
Alors, c'est
pour ça qu'il y a un imbroglio par
rapport aux délais, tu sais, M. le ministre, je ne sais pas si vous me suivez,
là, c'est un peu complexe, là, mais il faudrait avoir la bonne interprétation.
Est-ce qu'il y a du temps, là? Tu sais, une fois que le médiateur aura émis son rapport, puis si... Est-ce qu'il
y a un délai que les parties pourront avoir? Avant de demander ensemble d'avoir un arbitre, est-ce qu'ils peuvent
négocier? Parce que ça ne semble pas prévu là-dedans, là, tu sais. Donc, y
a-tu quelque chose qu'on peut rajouter? C'est-u permis? Parce que, comme je
vous dis, là, moi, les représentants patronaux me disent : De toute
façon, on a du temps encore; avant d'aller à l'arbitrage, il faut que ça soit conjoint, ça fait qu'on peut s'entendre, on
peut négocier. Puis l'autre
partie me dit : Non, non, tu n'as pas le
choix. Ou tu vas à l'arbitrage ou bien, donc, tu t'en vas devant un mandataire
spécial, là. Tu sais, donc...
Puis ça,
cette différence-là, tu sais, on ne l'a pas chez les policiers et pompiers,
parce que c'est plus clair chez les policiers et pompiers.
Comprenez-vous, là?
M. Coiteux : Et c'est normal
que ce soit un régime différent.
M. Laframboise : Oui, oui,
c'est correct.
M. Coiteux : C'est normal que ce soit un régime différent parce que
les policiers et pompiers n'ont pas le droit de grève, et il y a un arbitrage qui est consenti et qui va être
obligatoire, là, dans ce cas-ci, si on a échoué en médiation. O.K.? Dans le cas où il y a des moyens de pression
comme la grève qui peuvent être... Parce
qu'il y a des moyens de
pression dans le cas des policiers et pompiers, c'est simplement que ça ne
s'exprime pas par le droit de grève. Mais, dans le cas où il y a
droit de grève, cet arbitrage-là possible, il est possible sur demande
conjointe des deux parties. Ça, c'est le régime actuel. Une différence importante par rapport au régime actuel,
c'est qu'avant de pouvoir faire ça il faut avoir donné une chance à la
médiation, alors que, dans le cas actuel, ce n'est pas prévu comme ça, hein?
Alors, c'est possible, c'est possible, mais
ce n'est pas encadré et ça ne devient pas obligatoire, en d'autres termes,
alors que, dans le nouveau régime qu'on
propose, avant de s'en aller en arbitrage, même en demande conjointe, il faut
avoir fait le passage par la médiation, et un passage sérieux par la médiation. Donc, si on applique
symétriquement aux cols bleus, cols blancs ce qu'on a convenu lors des amendements qui ont été adoptés, ce qu'on
a convenu pour les policiers, pompiers, ça va donner du temps correct
aussi pour la médiation aux cols bleus, cols blancs.
Maintenant, quand on dit qu'il y a un imbroglio,
ce n'est pas tout à fait ça. C'est qu'il y a trois chemins possibles. Il y a le chemin de la demande
conjointe d'un arbitrage si on échoue en médiation, c'est un chemin
possible, O.K.? Il y a le chemin de retourner négocier, selon les dispositions du Code du travail actuel, qui sont compatibles avec ce projet
de loi. On peut retourner négocier, on n'est pas obligé... Si on ne s'entend
pas pour aller conjointement en arbitrage,
on peut continuer de négocier. Mais il
y a un troisième chemin possible, puis
il n'est pas obligatoire puis il n'est pas
automatique. Il y a un troisième chemin possible. S'il y a
une des deux parties... Et ça pourrait être la
partie syndicale. Tu sais, j'évoquais ça pendant les consultations, puis ils me disaient : Bien... Je vois encore des hochements de
tête qui disent que non, mais peut-être qu'à l'usage ils vont trouver
que c'est un cheminement qui a de l'allure. Il est toujours possible de
demander au gouvernement la nomination d'un mandataire spécial. Le gouvernement
n'est pas obligé de l'accorder, ça. Il n'a pas une obligation légale de
dire : J'ai eu une demande; comme gouvernement, on est obligés de
l'accorder. Il faut justifier de circonstances exceptionnelles. Il faut bien
montrer qu'on a épuisé à peu près tout ce que la
loi prévoyait, de bonne foi, et qu'il
y a vraiment des circonstances
exceptionnelles, notamment à l'égard des services, et puis on n'y
arrive pas. Est-ce que quelqu'un pourrait regarder notre situation?
Donc, il y a
trois chemins possibles. Il y a le chemin de la demande d'un mandataire spécial
par l'une ou l'autre des deux parties — ça n'a pas besoin d'être
conjoint, l'une ou l'autre — il
y a le chemin de l'arbitrage conjointement demandé,
puis il y a le chemin de dire : Écoutez,
ni l'un ni l'autre ça nous tente, on veut juste retourner négocier
comme... Mais au moins, avant de faire ça, on aura passé par un premier
mécanisme.
Donc, il est
possible que la négociation dure plus longtemps que les
360 jours, en incluant la médiation, si c'est le choix des parties, c'est possible. C'est pour ça
que, si on ajoute beaucoup de jours avant, là, dans le processus
qui nous mène à ça, on va se
retrouver dans une situation où la
longueur de tout ça pourrait être aussi grande et dans certains cas,
malheureusement, peut-être même plus longue que dans le cas actuel, ce qui ne
serait pas souhaitable. Alors, c'est pour ça
que, de notre côté, on est prudents, là, par rapport à ça. On était prêts à
ajouter plus de jours, c'est pour ça qu'on est passés à 150, en ajoutant
les 90 avant. Si les gens veulent vraiment négocier puis prendre tout le temps
nécessaire pour la négociation, ils vont commencer 90 jours avant. Puis il
suffit que l'une des parties souhaite commencer pour que ça démarre.
M. Laframboise : Et, dans votre explication, M. le ministre, la
deuxième voie, là, qui est de retourner à la négociation, avouez que ce n'est pas clair. Je vous le dis,
là, ce n'est pas clair, là. Mais c'est permis, là, elle est là, là.
C'est ça que...
M. Coiteux :
...l'arbitrage n'étant pas obligatoire, le mandataire n'étant pas
nécessairement choisi par l'une ou l'autre des deux parties comme une
option, il reste toujours la négociation comme possibilité.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : J'aimerais des précisions parce qu'honnêtement,
M. le ministre, je n'ai pas compris ça dans le projet de loi en question. Juste
pour être certain, là... J'ai épuisé toutes les journées de négociation, je
veux continuer à négocier, donc je ne
veux pas aller au mandataire spécial, on ne veut pas aller à l'arbitre, il n'y
a pas de médiateur, on veut continuer. À quel endroit, M. le ministre,
on peut continuer à négocier au-delà des journées? On ne peut pas, là.
Coiteux : Une fois qu'on a épuisé le temps de médiation obligatoire,
là, qu'on peut d'ailleurs allonger par amendement de symétrie, je vous
le dis tout de suite, je suis disposé à faire ça. Ça nous amènerait à un délai
total de 365 jours... de 360 jours, identique à celui des policiers et
pompiers, au-delà duquel il y a un choix de trois options, finalement. On peut s'entendre tous les deux, on
dit : Regardez, là, ça va se régler en arbitrage, cette affaire-là, on
s'en va en arbitrage, puis les deux parties
le demandent puis elles s'en vont en arbitrage, ou alors ils disent... ils ne
sont pas d'accord, puis il y en a un
des deux, peut-être la
partie syndicale, qui dit : Moi, je vais demander
au gouvernement de nommer un mandataire
spécial. Justifier le caractère d'urgence, par contre, exceptionnel, il faut le
justifier correctement, puis on a vraiment
tout essayé. Mettons que le gouvernement dit : O.K., je vais en amener un,
il va nous faire des recommandations sur
la suite des choses, ou alors, non, on veut juste retourner négocier, on
retourne négocier en vertu des dispositions du Code du travail, mais on aura quand même donné une chance à des
mécanismes de négociation et de médiation qui sont identiques à ceux qui
sont prévus pour les policiers et pompiers. Puis on pense que ça va aider
beaucoup.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Je suis un petit peu plus éclairé, mais j'ai
encore besoin de précisions, M. le ministre. J'ai épuisé toutes les journées prévues à l'article 39,
nous avons tenté la médiation et on a eu les délais, puis là on dit :
Écoute, on ne veut pas avoir
d'arbitre, aucune des parties ne demande le mandataire spécial, on voudrait
continuer de négocier. Je ne peux pas. Après la médiation, c'est
l'arbitre ou le mandataire. Mais, si les deux parties, M. le ministre,
demandent à continuer de négocier, à quel endroit ils peuvent le faire?
M. Coiteux :
Ils peuvent continuer de négocier tout de suite après la fin de la médiation,
si tel est leur désir, et conclure, et négocier, et signer. Ils ne sont
pas obligés de demander un mandataire, ils ne sont pas obligés d'aller en arbitrage, ils peuvent se dire... Regardez, là, la
médiation est importante, là, puis c'est un temps de négociation, là,
c'est de la négociation avec un tiers qui
nous arrime, là, qui essaie de nous aider à nous entendre. C'est un temps
important, ça, qui est peut-être
sous-utilisé, puis là il serait systématiquement utilisé si on ne s'est pas
entendus dans le délai de 240 jours, en incluant les 90 jours avant l'expiration de la convention. Il est
là, il faut en profiter. Il faut profiter de tout ce qu'on peut faire
dans cette période-là.
Puis, s'il y en a un qui vient demander un
mandataire spécial, parce que c'est ce que la loi permettrait, bien, il faut quand même avoir fait la démonstration
qu'on a négocié sérieusement puis qu'on a médié sérieusement. Ce n'est
pas un chemin automatique, le mandataire
spécial, il faut avoir fait preuve de bonne foi tout au long du processus puis
il faut dire : Regardez, là,
c'est grave, l'affaire, puis on ne peut pas y arriver autrement que de demander
au gouvernement de regarder ça ou de demander à quelqu'un de regarder ça
puis de faire des recommandations.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Est-ce qu'on est obligé, M. le ministre, de
passer à travers la médiation pour continuer à négocier?
M. Coiteux :
Oui, ça, on y tient. D'abord, la médiation, c'est un temps de négociation, on
s'entend, mais c'est un temps de
médiation encadré. Alors, on pense qu'après 240 jours, si on n'y est pas
parvenus, ça va nous aider, d'avoir un médiateur, on pense que c'est une
bonne pratique. Mais c'est encore de la négociation, quand il y a un médiateur.
M. Ouellet : Oui, c'est juste
qu'il y a un coût, là.
Donc, après
ça, je finis la médiation, et là les deux parties ne demandent pas
conjointement l'arbitrage, et une des deux
parties ne demande pas le mandataire spécial... ou une des parties le demande,
mais, selon les dispositions prévues, les circonstances exceptionnelles
ne se trouvent pas, et donc elles sont refusées, donc vous les retournez à la
table de négociation sans médiateur, au même point qu'ils étaient avant la
médiation.
M. Coiteux :
Ils ont droit d'en redemander un, un médiateur, en tout temps, là, hein, je ne
me trompe pas, là, ils ont le droit
d'en demander un en tout temps. On encadre les moments où ça devient
obligatoire, mais il n'y a rien qui les empêche d'en demander un en tout temps, quand ils en ont besoin. Donc,
ils peuvent retourner négocier puis demander un médiateur après quelques
jours à nouveau, là.
M. Ouellet : Oui, d'accord. Bien, écoutez, M. le ministre, je
vais être assez transparent avec vous pour la suite. Puis je remercie mon collègue de Blainville
d'avoir amené la discussion un peu plus loin, parce que, là, on est sur
l'article, mais, je pense, de comprendre tout le
processus nous permet de voir les zones d'ombre ou, du moins, de mettre de la lumière à certains endroits. Nous, M. le ministre,
ce qu'on cherche à faire, le 240 jours, là, puis... Parce que vous
avez déposé un amendement, puis là il faut
que je sous-amende vos jours avant de mettre les autres amendements, là, mais
je vais être assez transparent avec vous. Ce qu'on cherche à faire, nous, le
240 jours, M. le ministre, on voudrait qu'il commence à la fin de la convention collective. Donc, on termine la
convention collective, M. le ministre, on a 240 jours pour négocier. Nous, on pense que, les journées avant, le fameux 90 jours serait
une période tampon exclusivement pour que les parties puissent commencer
à concorder les agendas et qu'en fonction des différentes disparités que je
vous expliquais tout à l'heure, une élection municipale, une élection
d'officier, des vacances, pour ce qui est du comité de négociation, ce fameux temps tampon là ne compterait pas comme étant des
journées de négociation, mais ce sont des journées où est-ce qu'on échange un peu les positions mais surtout on
convient ou on coordonne la suite des 240 jours à venir, que tout
le monde voudront productifs.
Alors, au sous-amendement du 240, j'aurais un
amendement, M. le ministre, de commencer le calcul à la fin, là. Donc, on a
240 jours de négociation à la fin même de la convention collective.
Et l'autre
amendement que je veux apporter, c'est de permettre aux parties, M. le
ministre, que, si ça va bien dans la
négociation et qu'ils n'ont pas besoin d'un tiers en médiation, on est à
quelques semaines peut-être ou à un mois près de s'entendre avant d'arriver à la médiation... J'aimerais que le
ministre permette aux parties de convenir, à la demande, d'un délai
supplémentaire, conjointement entre les deux parties, pour continuer la
négociation avant de se rendre en médiation,
parce qu'il y aura aussi de ces situations-là où est-ce que les deux
antagonistes, on n'est pas à des extrémités, on est sur le bord de s'entendre. Il nous reste certaines choses à valider,
on attend des détails sur des mouvements de main-d'oeuvre, on veut être certain de l'implication financière de telle et
telle décision. On est sur le bord, le médiateur n'amènera pas une valeur ajoutée. On n'a pas à ramener des
parties, on a juste à attacher les ficelles sur certaines parties. Alors,
je pense que, pour le bien de la négociation, il faudrait se donner aussi
l'opportunité, M. le ministre, de prolonger cette période-là, à la demande, encore
une fois, des deux parties. Les municipalités et la
partie syndicale
pourraient, à la demande, demander un
prolongement parce qu'ils arrivent à l'échéance de la négociation et ils n'ont
pas besoin d'un tiers pour rapprocher
les parties, ils sont très proches d'un règlement. Ils ont juste besoin d'un
petit peu plus de temps pour arriver au résultat souhaité, c'est-à-dire
une négociation obtenue et signée par les deux parties, sans l'intervention
d'un tiers.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Il y a une
partie de l'argumentaire de mon collègue de
René-Lévesque que je suis en train d'analyser mentalement, je le dirai
comme ça, qui est celui de dire : Est-ce que, s'il manque... On a parlé de
quoi? On a parlé de 30 jours, quelque
chose comme ça? Est-ce que j'ai bien entendu? Est-ce qu'on peut retarder de
30 jours le début de la médiation
si on pense qu'on va y arriver sans la médiation si on se donne un
30 jours de plus? Je suis en train de processer cette chose-là.
Par contre, de dire qu'on transforme le 240 en
330, parce que c'est ça que ça reviendrait à faire, de remplacer mon 150 par un 240, là je trouve qu'on est en
train de répliquer les délais actuels, et c'est là que j'ai un inconfort,
c'est là que j'ai un inconfort.
Alors, il y a
certainement une voie, là, pour permettre un peu plus de temps de négociation
sans allonger de façon exagérée,
selon moi, les délais. Parce que le 90 jours avant, il est là pour être
saisi, là, ce n'est pas une théorie, ça, cette affaire-là. C'est même une bonne pratique, qu'on veut inciter, hein, on
l'a mis... Parce que, dans le cas des policiers et pompiers, c'est un régime différent, mais ici ils
avaient déjà ce droit-là. Mais, dans le fond, on aimerait ça qu'ils l'exercent, le droit. Je pense que c'est une bonne pratique, d'exercer ce droit-là et
de les prendre comme il faut, les 240 jours, avant d'aller en
médiation.
Alors, moi,
je ne suis pas vraiment favorable à passer, après l'expiration de la
convention, de 150 à 240. Pourquoi? Parce que ça me fait arriver à 330
par rapport à mes 240 jours des pompiers. Je trouve ça beaucoup.
Je suis sensible, par contre, à l'argument que
des fois... Est-ce qu'on va enclencher la médiation si on est pour y arriver dans 30 jours puis d'un commun
accord on dit au ministre : Écoutez, donnez 30 jours avant de
nommer le médiateur? Vous aurez plus de chances de me convaincre là-dessus.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : On est quasiment
au même endroit, M. le ministre. La négociation, la convention se termine, il y a 90 jours avant l'acquisition du droit de
grève, et vous appliquez 150 après ce 90 jours là, qui donne 240. Vous
m'avez suivi? On applique ça à la fin de la convention collective. Le même 240,
dans notre amendement, est appliqué de la même
façon. À la fin de la convention collective, droit de grève ou pas, 240, on
commence le compteur. Pour les parties qui auront effectivement des
impondérables, le 90 jours... On ne rallonge pas la période de
négociation. Habituellement, effectivement,
on négocie à l'échéance, et dans certains cas on a devancé parce qu'on avait
des choses à préparer. On veut garder
ça. Mais, pour des raisons qui sont hors du... qu'il y a des impondérables
qui n'appartiennent pas ni à l'employeur ni au syndicat, mais qui vont
faire partie, M. le ministre, du contexte de négociation, la disponibilité, les
procureurs, l'organisation... Parce que, je
vous le dis, il y a des conventions collectives qui vont arriver ensemble au
même moment, et les équipes de
négociation, dans certains cas, ne pourront pas être toutes disponibles en même
temps, et les délais vont courir pour
les mêmes. Alors, ce fameux 90 jours, dans certains cas, pourrait être
organisé et orchestré pour commencer à tracer
la séquence, mais, votre amendement, présentement, là, si l'avis de grève est
donné à partir... pardon, si on commence les négociations à la fin de la convention
collective et qu'on laisse courir le droit de grève 90 jours, et vous
comptez 150, on arrive à 240, on arrive à la même place.
Moi,
je vous le dis, le 240, gardons-le
stable à la fin de la convention :
Tout le monde, la convention est finie, vous avez 240 jours pour vous entendre, mais, avant la fin, prenez ce
temps-là pour vous coordonner, et à ce moment-là, M. le ministre, il y en aura peut-être moins, de ces
fameuses demandes pour dire : On aurait peut-être besoin d'un
30 jours pour s'arrimer. Parce
que, je vous le dis, M. le ministre, et je pense que c'est sage... Le 240, il
est figé à la fin de la convention collective,
et le fameux 90 jours avant sert un peu de transmission d'information ou
de concordance pour... concorder les agendas, les procureurs, bref, les
salles, les endroits, les équipes, les enjeux. Je pense qu'avec ça, là, vous
allez faire beaucoup d'heureux, M. le
ministre, dans les cols bleus, cols blancs, pour dire : Dans mon projet de
loi, là, il y a un espace pour s'échanger, pour commencer tout le monde
au même niveau. Certains auront besoin de 90 jours, M. le ministre. D'autres, dans d'autres municipalités, ce sera
peut-être juste 10 jours, parce que les contextes feront qu'ils sont prêts
à commencer. Mais tout le monde commence à
la date zéro, fin de la convention collective. 240 jours après, c'est là
que les premiers mécanismes peuvent intervenir. Moi, je pense que c'est sage et
c'est stable pour tous. Ça permet, avant la négociation, donc avant l'échéance,
d'avoir cette période tampon, M. le ministre.
Je comprends que vous
voyez ça sur un total de jours de négociation, mais, sur la séquence entre la
fin d'une convention collective et la fin
d'une négociation, nous n'avions pas de délai. Là, maintenant, vous avez ramené
ça à 240. Le reste, ce sont des
mécanismes qui appartiennent aux parties : dans certains cas, conjoints;
dans d'autres cas, demande par une seule et unique.
M. Coiteux :
240 plus les temps de médiation, qui sont encore des temps de négociation qui,
si les dispositions sont amendées tel
que nous l'avons fait pour les policiers et pompiers, vont ajouter un
120 jours potentiel, donc ça fait 360. Ça fait quand même beaucoup.
Moi, je pense que le
90 jours avant, ça ne devrait pas être juste un 90 jours pour dire qu'est-ce
qu'on va faire dans 90 jours puis planifier le début des choses 90 jours plus
tard. Moi, je pense qu'on doit les utiliser à bon escient, comme ce serait le cas du côté des policiers et des
pompiers.
Maintenant,
je suis sensible à l'idée... Coudon, on a pris les 90 jours avant, on a
pris les 150 jours à l'expiration de la convention, puis là la loi,
en tout cas les articles, tels qu'écrits, nous diraient : Bien là, tout de
suite la médiation. Si les deux sont
d'accord, il nous manque 30 jours avant d'aller en médiation : On
n'aura pas besoin d'y aller, M. le ministre, si vous nous donnez 30 jours, honnêtement, si on m'arrive avec un
amendement comme ça, je risque d'y être fort sympathique. Si on ne me l'amène pas, peut-être même que je l'amènerais.
Et à ce moment-là, au total, si ça n'a pas marché puis il faut quand même aller en médiation, puis
qu'on ait fait les amendements de symétrie, ça nous donnerait
390 jours avant, avant que quelqu'un puisse évoquer la possibilité de
demander au gouvernement, en vertu de circonstances exceptionnelles, de nommer un mandataire spécial... ou encore de
s'entendre ensemble : On s'en va en arbitrage. Je trouve que c'est
pas pire, je trouve que ça s'en vient pas pire.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Je vais vous raconter comment ça va se passer dans la vraie vie, M. le
ministre. Disposé comme ça, puisque c'est les associations syndicales
qui envoient l'avis de négociation, ils vont attendre à l'échéance de la convention, ils vont transmettre leur avis, on va
compter 30 jours avant le droit de grève, puis le fameux 150 va
apparaître, donc nous aurons 240 jours à compter de la convention
collective, à la fin. Personne ne va se prévaloir de ce fameux 90 jours là parce qu'il est avant la fin de
négociation, alors... les associations syndicales, ce serait judicieux de faire
ça, alors que l'amendement qu'on veut vous
amener, M. le ministre, c'est qu'au final ceux et celles qui voudront
commencer à négocier avant l'échéance de la
convention pour s'arrimer, pour faire face aux aléas, je
vous le disais tout à l'heure,
des absences des maires, une élection municipale, une élection d'officier, des
enjeux de vacances, et tout ça, et de disponibilité, bref, le maire, qui fait
partie du comité de négociation, a une mission en Louisiane, je
ne sais pas, là, je donne des exemples, là, bien, ils ne seront pas
amputés de ce 240, donc ils vont l'utiliser. Mais, écrit comme ça, comme
ça, là, ce qui risque d'arriver, là — puis
je serais curieux de voir après deux ans, là — bien, les associations vont attendre le délai de la fin de la négociation puis elles vont
compter, dans le fond, 240 jours à compter du 150 suivant
l'acquisition du droit de grève dans le 90. Donc, on n'a pas gagné de
délai supplémentaire.
Puis je comprends
votre crainte, vous additionnez des moments de négociation, mais je veux juste
vous faire mention que vous additionnez
aussi des moments dans une convention qui existe déjà. Le fameux 90 jours
avec lequel on peut commencer, on est
comme en avant-scène de la fin de la négociation, on peut déjà déboulonner certains enjeux, qui
pourraient ne pas avoir besoin de se rendre jusqu'en médiation parce qu'on aura
discuté.
Moi,
je pense que ce serait sage de geler le 240 pour tout le monde à la fin de la
convention et que ceux et celles qui commencent avant pourront le faire
sans perdre ce fameux 240 là, tout le monde sera au même pied d'égalité à ce
moment-là. Mais je vous le dis, là...
M. Coiteux :
Je propose de faire un peu l'inverse, c'est-à-dire de donner à tout le monde le
fort incitatif de commencer 90 jours avant, et que, s'ils ont besoin d'un
nombre acceptable de jours additionnels, qu'on a balisé à 30 jours... J'ai entendu votre suggestion
puis je trouve q