Labour and the Economy — 30 September 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CET 2013-09-30
Quebec — Committees
Alors, de
concert avec d'autres mesures de soutien aux familles du gouvernement du Québec
le Régime québécois d'assurance
parentale contribue donc à créer des conditions favorables à la réalisation du
désir d'enfants par un soutien financier accru aux parents qui s'absentent
du marché du travail pour passer les premiers mois avec leur nouvel enfant.
Depuis son implantation, le succès du régime ne se dément pas. À ce jour, le
régime a versé 12 milliards en prestations à près de 930 000 parents.
Ce soutien majeur aux jeunes familles est l'expression d'une solidarité sociale
qui se concrétise par un régime d'assurance
public souple et accessible, offrant un meilleur taux de remplacement du
revenu que le régime fédéral auquel il se substitue. Il offre un revenu maximum
assurable supérieur, c'est-à-dire 67 500 $ en 2013 au régime québécois, versus 47 400 $ dans le régime
fédéral. Et il ajoute aussi une disposition novatrice inexistante dans
le régime fédéral, soit le congé de paternité réservé exclusivement aux pères.
régime d'assurance parentale offre deux options aux parents leur permettant d'adapter
la durée du congé et le niveau de couverture à leur situation propre,
soit le régime de base plus long et le régime particulier, plus court, mais avec des prestations plus élevées. Enfin, le niveau
de revenu annuel donnant droit à des prestations se situe à 2 000 $
par année, et tous les travailleurs autonomes y sont admissibles.
Il faut cependant se rappeler que le démarrage d'un
régime de cette envergure a connu sa part de difficultés. Dès le départ, la demande a été importante et a
exigé de l'appareil administratif des efforts constants afin d'adapter
la prestation de services au volume des demandes des citoyens tout en assurant
la qualité de service à laquelle était en droit de s'attendre la population
québécoise.
Plusieurs facteurs sont venus influencer le coût
des prestations et les besoins financiers du Fonds d'assurance parentale. Parmi ceux-ci — et c'est une bien bonne nouvelle — il y a la hausse du nombre de naissances de
plus de 7 % qui a eu lieu entre 2005 et 2006, laquelle s'est
poursuivie entre 2006 et 2009 avec une ampleur moindre. Depuis les trois dernières années, on observe une relative
stabilité du nombre de naissances, mais celles-ci se situent à un niveau
plus élevé qu'avant la mise en place du
régime. Ceci constitue, somme toute, une très bonne nouvelle pour le Québec,
tant du point de vue démographique que socioéconomique.
Alors, si ce succès a donc entraîné pendant les
premières années des déboursés supérieurs aux prévisions initiales et a nécessité plusieurs hausses
successives des taux de cotisation, on peut désormais affirmer que le régime
a atteint son rythme de croisière. En effet, préoccupation centrale et
primordiale du conseil de gestion, l'équilibre recherché entre les revenus et les dépenses du Fonds d'assurance
parentale est désormais un objectif atteint. Le conseil avait d'ailleurs
identifié cet élément comme un objectif
prioritaire de sa planification stratégique 2009‑2012. Les projections
actuarielles publiées en mai dernier dans le
rapport de l'actuaire en chef en vertu de l'article 86 de la
Loi sur l'assurance
parentale s'avèrent de plus en plus exactes en raison de l'expérience acquise
dans le régime et d'une certaine stabilité dans l'évolution des naissances.
Ainsi, le
conseil a adopté en 2011, en vue du 1er janvier 2012, une dernière hausse de
cotisation dans la perspective de la stratégie du redressement financier
amorcée en 2008. Ces taux de cotisation ont été maintenus au même niveau en 2013
et le demeureront en 2014. L'orientation alors énoncée était de résorber le
déficit accumulé dans un horizon raisonnable, soit en 2018, sans devoir
procéder à de nouvelles hausses d'ici là. Selon les plus récentes projections actuarielles rendues publiques en 2013, on peut
affirmer que cet horizon demeure réaliste et on anticipe même y arriver
plus tôt, soit en 2017 au lieu de 2018.
En ce qui a
trait au régime et à ses clientèles, on peut dire que la popularité du régime
confirme la justesse des choix qui ont été faits tant dans ses
paramètres que dans la façon de dispenser les services. Des
88 700 naissances au Québec au cours de l'année 2012, on estime que
près de 77 000 ont donné lieu au versement d'une prestation du régime. C'est donc dire que le taux de
participation au régime québécois est de près de 87 % contre à peine
60 %, selon nos estimés, au
régime fédéral. Ce taux constitue un indice révélateur de la participation des
femmes québécoises au marché du travail,
puisqu'il faut avoir gagné un revenu de travail pour être admissible au régime
québécois d'assurance parentale. Dans
trois ménages sur quatre, les parents ont choisi le régime de base, qui est le
plus long; les autres, le régime particulier. Dans le cas des adoptions, il s'agit de deux ménages
sur trois au régime de base. Cette offre diversifiée répond donc à un
besoin dans la population concernée qui est propre à notre régime.
Les prestataires ont aussi utilisé la
quasi-totalité de la période de prestations prévue — près de
96 % — signe
de l'importance qu'ils accordent à leur présence auprès de leur nouvel enfant.
Ainsi, en 2012, dans près de 78 % des dossiers,
on retrouve la présence du père. C'est donc dire que le papa se prévaut très
fréquemment du congé de paternité et
parfois d'un congé parental. Précisons que ce taux de présence des pères au
régime était de 69 % en 2006. Ajoutons aussi qu'il est d'environ
15 % dans le régime fédéral. Ce phénomène de la participation des pères au
régime québécois est considéré comme un élément favorisant leur implication
précoce auprès de l'enfant et au sein de la famille.
De plus,
94 % de la clientèle est salariée, comparativement aux travailleurs
autonomes, qui représentent 4 % des prestataires, alors que nous
avons des personnes qui ont un statut mixte dans 2 % de nos prestataires.
Ajoutons que 99 % des prestations sont reliées à une naissance,
comparativement à 1 % pour les adoptions.
Lorsque la mère est présente en tant que
prestataire au régime, le régime de base plus long est choisi dans trois
ménages sur quatre. À l'opposé, lorsque le père est seul prestataire, il
choisit, en général, le régime particulier, plus court.
Le nombre de
nouveaux prestataires est passé de 103 000 en 2006 à plus de 130 000
en 2012. Depuis janvier 2006, c'est, comme nous avons déjà dit,
930 000 prestataires qui ont bénéficié du régime. Les prestations
hebdomadaires moyennes du régime se situent à 480 $. Elles sont versées à
de jeunes parents principalement âgés entre 25 à 35 ans, issus de la classe
moyenne. Par ailleurs, 86 % de l'ensemble des prestations est versé à des
femmes.
Abordons maintenant le modèle d'affaires propre
au régime. Le Régime québécois d'assurance parentale repose sur un modèle d'affaires
novateur qui fait appel à la compétence spécifique de différents partenaires.
Outre la présence du Conseil de gestion de l'assurance parentale à
titre de
fiduciaire, d'autres organisations participent à la réalisation de ce grand
projet. Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale assure l'administration
du régime en ce qui a trait aux liens avec
la clientèle, à la détermination de l'admissibilité et au versement des
prestations. Revenu Québec assure la
perception des cotisations des employeurs et des travailleurs. Enfin, d'autres
organismes interviennent dans le cadre de leur mission spécifique. Il s'agit
de la Caisse de dépôt et placement du Québec et le ministère des Finances et de
l'Économie du Québec.
Des ententes administratives ont été conclues avec ces
différents partenaires. Celle qui lie le ministère de l'Emploi et de la
Solidarité au conseil de gestion a été signée en 2006 et mise à jour en 2009.
Elle est renouvelée automatiquement chaque année, à moins d'avis contraire. En ce qui
concerne Revenu Québec, il s'agit d'une entente permanente convenue en 2007 qui vient supporter le décret
gouvernemental. L'entente avec la Caisse de dépôt, quant à elle, a été
renouvelée en 2012 et doit être revue aux trois ans. En plus de décrire les
principales modalités de prestation de services, toutes ces ententes viennent préciser notamment les
dispositions liées aux frais impartis, à la reddition de comptes et aux
échanges d'information de gestion.
Attardons-nous
maintenant au Conseil de gestion de l'assurance parentale et à sa gouvernance
proprement dite. Le Conseil de
gestion de l'assurance parentale est administré par un conseil d'administration
dont les neuf membres sont nommés par le gouvernement du Québec. Il agit
à
titre de fiduciaire du Fonds d'assurance parentale, de gestionnaire du régime et donne son avis sur toute question
relative relevant de sa compétence soumise par le ou la ministre ou de
sa propre initiative. Puisque les membres du
conseil d'administration sont issus principalement des différents groupes
de cotisants, salariés syndiqués et non
syndiqués, groupes de femmes, employeurs et travailleurs autonomes, la société
civile est associée de très près à la
gestion et au développement du régime. En effet, sept des postes au conseil
d'administration sont comblés par des
membres indépendants, soit des personnes civiles qui, soit dit en passant,
agissent à
titre bénévole.
Le Conseil de
gestion de l'assurance parentale est un organisme extrabudgétaire, ce qui
signifie que ses budgets ne sont pas votés par l'Assemblée nationale,
mais proviennent du Fonds d'assurance parentale, donc de l'ensemble des cotisations des employeurs et des travailleurs
québécois. Chaque année, le budget est soumis à l'approbation du conseil
d'administration. La situation financière ainsi que l'utilisation des ressources
financières du Conseil de gestion de l'assurance parentale sont présentées dans
les états financiers vérifiés par le Vérificateur général du Québec et sont
incluses au rapport annuel de gestion en date du 31 décembre de chaque année et
déposées à l'Assemblée nationale avant le 31 mai suivant.
Dans le cadre des responsabilités qui lui sont
confiées, le conseil d'administration du Conseil de gestion de l'assurance parentale exerce aussi une vigilance
constante sur les ententes administratives convenues, particulièrement celles qui lient le conseil au ministère de l'Emploi
et de la Solidarité sociale, qui est son principal partenaire d'affaires
dans la gestion du régime, puisque ce ministère est chargé par la loi d'administrer
les prestations. Pour ce faire, les membres du conseil d'administration
disposent d'un tableau de bord de gestion intégrant un ensemble de données
opérationnelles fournies par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité
sociale selon les termes de l'entente, que ce soit sur les délais de traitement
de demandes, les délais de réponse téléphonique, le nombre de plaintes ou
recours exercés à l'encontre d'une décision du ministère et le suivi de
celles-ci.
Quant au fonctionnement des séances du conseil d'administration,
les décisions sont, en général, prises à l'unanimité. En effet, motivés par l'intérêt
général et le souci d'une saine gestion du régime et du Fonds d'assurance parentale, les membres du conseil d'administration
arrivent à établir des consensus malgré leurs provenances diverses.
Par ailleurs,
en vertu du pouvoir réglementaire qu'il détient, le conseil a adopté, entre
2006 et 2012, huit modifications au règlement d'application du régime
visant à adapter celui-ci à certaines réalités qui sont portées à son
attention, principalement dans la perspective d'en améliorer l'équité.
Ajoutons
enfin que le conseil a produit, au cours de cette période, plusieurs avis à la
ministre, et ce, à sa demande, sur
des problématiques particulières. Les débats qui se déroulent lors des séances
se font dans un climat sain et constructif. Je profite de l'occasio