House Proceedings — 26 March 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

2025-03-26

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 26 March 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

2025-03-26

Quebec — Debates (Hansard)

(Neuf

heures quarante minutes)

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Bonjour, chers collègues. Veuillez prendre place.

Nous

en sommes maintenant à la rubrique Déclarations de députés, et je cède la

parole à M. le député de Saint-Jean.

M. Lemieux : Mme la Présidente, vous vous souviendrez que, dans

la foulée d'une augmentation de féminicides, la ministre de la Sécurité

publique du temps avait commandé à notre collègue de Chauveau

un portrait des services d'aide aux hommes potentiellement violents au Québec.

Et c'est comme ça que mon comté de Saint-Jean est apparu sur le radar

avec deux problèmes : un taux élevé de cas problématiques ou à risque et

ce qu'on appelle un trou de services. Les services étaient en équilibre en

Montérégie, mais le centre d'aide le plus près de chez nous était trop loin.

Grâce à l'écoute et

l'aide du ministre des Services sociaux, la communauté s'est mobilisée, et

notre maison des familles, Famille à Coeur, a accepté de créer, l'an dernier,

Le Saule, notre service d'entraide pour hommes. Et j'aurai le plaisir de le faire visiter à la ministre de la Condition

féminine vendredi, parce que je suis de ceux qui pensent que, pour aider les femmes victimes de violence, il

faut aussi aider les hommes, parce que l'inclusion de l'un est indissociable

de l'avancement de l'autre. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à

Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.

Mme McGraw : Merci,

Mme la Présidente. Cette année marque le 100e anniversaire de l'Hôpital

Shriners pour enfants, une institution

spécialisée dans les soins pédiatriques, la recherche révolutionnaire et l'innovation

globale. Il fait

partie du Site Glen du Centre universitaire de McGill, une

fierté de ma circonscription, à Notre-Dame-de-Grâce.

Created

in 1925, Montréal Shriners Hospital is a bilingual, short-term acute care

hospital providing specialized care to children. For 100 years, they have

remained committed to reaching as many children as possible and offering them

unique patient-centered care.

Rien

de tout cela ne serait possible sans les infirmières, les médecins, les

administrateurs et le personnel, qui font preuve d'attention et d'empathie

incroyable, et dont beaucoup sont des résidents de Notre-Dame-de-Grâce.

Bien

que le Shriners soit une institution de renommée internationale, les résidents

de NDG peuvent en être fiers.

Bon anniversaire, et

pour les prochaines 100 années! Merci.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à

la députée de Marie-Victorin.

Dorismond : Merci, Mme la Présidente. Je félicite l'équipe féminine de

volleyball des Carabins de l'Université de Montréal, dirigée par Olivier Trudel, présent dans les

tribunes, pour leur médaille d'argent au championnat canadien, la

deuxième meilleure équipe du pays. Les Carabins ont fait trembler le Québec en

renversant les favorites, les Pandas de l'Université de l'Alberta, pour atteindre

la finale.

M. Trudel est

devenu le premier entraîneur de volleyball de l'histoire de l'UdeM à recevoir

le

titre du meilleur entraîneur du Canada. En 12 ans, vous avez réussi à

récolter deux médailles de bronze et deux médailles d'argent. Élu entraîneur de

l'année du Québec pour la 12e fois, l'équipe est 13 fois championne

du RSEQ. Et, en 2025, il marque sa 300e victoire.

vous remets un certificat honorifique pour votre dévouement et votre impact

positif sur nos athlètes. Vous laissez une empreinte indéniable sur la scène

sportive. Serge, Marie-Line, vous pouvez être fiers de votre fils.

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,

Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député de Laurier-Dorion.

M. Fontecilla :

Merci, Mme la Présidente.

Aujourd'hui, je tiens à souligner le combat des élèves de l'école secondaire

Académie de Roberval, qui se mobilisent pour la réintégration dans leur école

d'origine.

Délocalisés

depuis 2017, les élèves ne ménagent pas leurs efforts pour protéger cette école

de ma circonscription, qui nécessite des travaux majeurs.

Aujourd'hui,

les élèves demandent au ministre de l'Éducation de les entendre et d'autoriser

enfin le financement nécessaire pour la reconstruction de leur école.

Cette semaine, les

élèves m'ont remis une pétition qui a recueilli plus de 1 000 noms,

de 1 000 signatures, et je me suis engagé à porter leur voix auprès

du ministre de l'Éducation.

exemple de mobilisation des jeunes mérite tout notre respect, parce qu'une

école, ce n'est pas juste un bâtiment, c'est un lieu d'attachement, de

socialisation et de participation où nos jeunes se forment à être les adultes

de demain.

élèves de l'Académie de Roberval nous montrent le chemin en se mobilisant pour

leur école, et je les en félicite. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à

Mme la députée de Bonaventure.

Mme Blouin : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors,

aujourd'hui, je souhaite souligner la vivacité d'esprit de

Mme Nancie Smith.

Cet hiver, à la

patinoire de Pabos, il y a un petit garçon qui s'est retrouvé en détresse

respiratoire. Il était étouffé. Il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait plus

parler. Mais heureusement Nancie était là. Pendant ces quelques secondes

d'angoisse, elle est intervenue avec calme, rapidité et instinct. Elle a changé

le cours des choses, et c'est en très grande

partie grâce à elle que ce garçon a pu retrouver son souffle et éviter le pire.

Elle lui a sauvé la vie. Ce jour-là, elle

a fait preuve de courage et a rempli de reconnaissance le garçon et tous ses

proches. C'est rare qu'on sauve la vie de quelqu'un, mais Nancie, elle,

elle l'a fait plusieurs fois.

Alors, Nancie, du

fond du coeur, je te dis merci. Ta bienveillance, ton altruisme méritent d'être

soulignés. Et c'est toute la communauté qui est remplie de gratitude envers

toi. Merci, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à

la députée de Bourassa-Sauvé.

Mme Cadet : Mme la Présidente, je prends la parole aujourd'hui

pour souligner le 35e anniversaire de Microcrédit Montréal, une

organisation qui oeuvre sans relâche pour l'épanouissement économique des

entrepreneurs et des professionnels formés à l'étranger.

Depuis sa création en

1990, Microcrédit Montréal se distingue par son engagement à lutter contre la

pauvreté et l'exclusion sociale par la mise en place d'un modèle de financement

socialement responsable, innovant et accessible à tous, soit le microcrédit,

ces petits prêts qui changent des vies et rapportent gros à la société.

Je tiens à saluer l'approche

humaine de l'organisation, qui permet aux entrepreneurs d'avoir accès aux

outils nécessaires pour entreprendre en sol québécois avec confiance et qui

épaule aussi les professionnels dans l'accélération de la reconnaissance de

leurs compétences afin qu'ils puissent travailler dans leur domaine au Québec.

Notons que

Microcrédit Montréal offre aussi de l'accompagnement personnalisé aux femmes,

contribue à la création d'emplois et contribue au maintien de ces derniers.

l'occasion de ce 35e anniversaire, merci de permettre à de nombreux

Québécois de réaliser leurs rêves. Longue vie à Microcrédit Montréal!

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.

Mme Dionne :

Merci, Mme la Présidente. Je prends la parole en cette Chambre aujourd'hui pour

souligner les 60 ans d'existence de l'entreprise familiale Transport

Gérald Pelletier.

Bien enracinée dans

sa communauté à L'Isle-Verte, Transport Gérald Pelletier transporte

annuellement plus de 100 millions de litres de lait, de Saint-Simon à Rivière-du-Loup,

en passant par le Nouveau-Brunswick, contribuant activement à notre économie

locale.

L'entreprise

familiale a été fondée en 1964 par M. Gérald Pelletier, alors qu'il était

âgé de seulement 22 ans. Après avoir

été dirigée par ses enfants Linda, Sylvie et Daniel, Transport Gérald Pelletier

est aujourd'hui sous la direction de

Chloé et de Shana D'Amours, les petites-filles de M. Pelletier. C'est en

leur présence ce matin dans les tribunes que je souhaite rendre hommage

à vous, M. Pelletier, pour votre apport inestimable à la vitalité de notre

communauté.

Alors,

au nom de tous les citoyens de la circonscription de Rivière-du-Loup—Témiscouata, incluant Les Basques, merci, et bon succès pour votre

60e anniversaire.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à

M. le député de Portneuf.

M. Caron : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais souligner

l'implication extraordinaire des bénévoles du Relais de la Pointe-Aux-Écureuils,

à Donnacona.

organisme a vu le jour il y a plus de 10 ans, lorsque des femmes et des

hommes se sont mobilisés pour sauvegarder l'église de

Saint-Jean-Baptiste et lui redonner un second souffle.

Après un travail

considérable, l'église abrite aujourd'hui un club de gymnastique, un

dépôt-vente de meubles, une salle de

spectacle, un musée, le cercle des fermières, et bien plus encore. L'année y

est rythmée par des activités qui sont

devenues, au fil du temps, de véritables traditions, comme le fameux

vide-grenier ou les rendez-vous estivaux sur le parvis, qui sont

l'occasion de belles discussions dans une ambiance chaleureuse.

Le Relais de la

Pointe-Aux-Écureuils, c'est un exemple de requalification réussie d'un élément

important de notre patrimoine bâti.

Bravo à Marc Duval,

aussi connu sous le nom de Général Patente, pour son inventivité remarquable,

ainsi qu'à toute la formidable équipe de bénévoles qui rendent ce lieu vivant.

Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de

Saint-Hyacinthe.

Mme Soucy :

Merci, Mme la Présidente. Dans un contexte où nos entreprises doivent jongler

avec une incertitude économique liée aux tarifs imposés par nos voisins du Sud,

je souligne l'initiative de Saint-Hyacinthe Technopole.

Cet organisme accompagne nos entreprises dans ces moments de turbulence

économique par des ressources stratégiques et des conseils

personnalisés.

Saint-Hyacinthe Technopole a mis en place une section, sur son site Web, dédiée aux

entrepreneurs pour les informer des mesures de soutien disponibles, un guide

essentiel pour nos entreprises locales. Je salue cette initiative qui contribue

activement à soutenir notre économie locale. J'encourage nos entrepreneurs à

profiter de ces ressources et à faire appel aux services d'accompagnement qui

leur sont offerts. Alors, vous pouvez aller sur le site st-hyacinthetechnopole.com, guide impact tarifs

américains. Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée

de Saint-François.

Mme Hébert : Mme la Présidente, bachelière en pédagogie et en

musique, Mme Madeleine Tremblay est P.D.G. du Festival-concours de

musique de Sherbrooke depuis 2003.

Elle a été professeure de

piano, juge et administratrice à l'Académie de musique du Québec, chargée de

cours à l'Université de Sherbrooke et directrice générale de l'Académie

musicale des Cantons.

Mme Trembay

a été présidente de l'Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke et

secrétaire de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke.

Au Concours de musique du Canada, elle a présidé

la

section sherbrookoise et les comités organisateurs des finales provinciales

et de la finale nationale.

Mme la Présidente, elle a aussi obtenu plusieurs

reconnaissances, dont le Mérite estrien en arts et culture, l'Ordre de la Croix

des Fusiliers de Sherbrooke, la Médaille de l'Assemblée nationale, le prix

Henri-Crochetière du Club Optimiste et le prix Fondation Desjardins — Engagement

bénévole.

Mme Tremblay,

votre implication et celle de votre formidable équipe permet à nos jeunes

musiciens de s'exprimer et d'être tellement fiers de leur travail.

Merci.

Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Merci, Mme la députée. Je cède

maintenant la parole à Mme la députée de Duplessis.

Mme Champagne Jourdain : «Kuei», Mme

la Présidente. Signe que le printemps est bel et bien arrivé sur la Côte-Nord

et dans l'Est du Québec, c'est cette semaine que la saison de la pêche au crabe

est lancée. Aujourd'hui, je souhaite

reconnaître le rôle vital que l'industrie de la pêche commerciale joue pour

l'économie de la Côte-Nord et du Québec.

Malgré les défis qu'impose le contexte

géopolitique actuel, les premiers casiers ont été lancés, et très bientôt le

crustacé tant attendu sera disponible dans les poissonneries. J'en salive déjà.

Je veux donc saluer ces hommes et ces femmes qui

se retroussent les manches pour aller en mer. Je lève aussi mon chapeau aux travailleurs et travailleuses des

usines de transformation qui nous permettront de nous délecter de ce délicat

fruit de mer.

Cette

semaine, on aura vu les bateaux de pêche partir en mer, déterminés à surmonter

tous les obstacles. Merci pour votre travail.

Sur ce, soyons fiers. Allons dans nos

poissonneries et encourageons nos pêcheurs en achetant local. Merci. Et bon

appétit!

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,

Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Taillon.

M. Carmant : Merci beaucoup, Mme la

Présidente. La Semaine québécoise de la déficience intellectuelle se déroulait du 16 au 22 mars 2025. Pour

l'occasion, plusieurs activités se sont déroulées un peu partout au Québec.

J'en ai d'ailleurs profité pour participer au Grand Rendez-vous unifié,

qui regroupait des centaines de cliniciens et d'athlètes olympiques spéciaux du

Québec au Centre sportif McGill, samedi.

Célébrée chaque année, cette semaine vise à

sensibiliser la population aux réalités des personnes ayant une déficience

intellectuelle de même qu'à promouvoir une société plus inclusive et équitable.

L'édition 2025 de la campagne de sensibilisation avait pour thème J'avance! .

Plusieurs efforts en activités de jour, en

soutien à la famille, en hébergement ont été déployés ces dernières années par

notre gouvernement pour favoriser une pleine participation sociale et

l'autonomie des personnes vivant en situation de handicap. J'en profite pour remercier l'ensemble des partenaires, des

intervenantes et des intervenants. Continuons d'avancer tous ensemble.

Merci, Mme la Présidente.

Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Merci, M. le député. Cela met fin

à la rubrique Déclarations de députés.

Je suspends les travaux quelques instants.

(Suspension de la séance à 9 h 54)

Présidente : Bonjour, tout le monde. 26 mars. Mesdames

messieurs, bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez vous.

Messieurs dames les députés, nous allons nous

recueillir quelques instants.

Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous

asseoir.

Aujourd'hui,

j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de l'ambassadeur

de la République italienne, Son Excellence M. Alessandro Cattaneo,

à l'occasion de sa visite officielle. Et il est accompagné du consul général à

Montréal, M. Enrico Pavone.

Alors, chacun reprend

sa place. Merci, messieurs dames.

J'invite maintenant

M. le chef du troisième groupe d'opposition à accueillir la nouvelle députée de

Terrebonne, Mme Catherine Gentilcore.

Présidente : Et nous

procéderons maintenant aux allocutions pour l'accueil de la nouvelle députée de

Terrebonne. Je cède la parole à M. le chef du troisième groupe

d'opposition.

M. St-Pierre

Plamondon : Merci, Mme la Présidente. Donc, c'est évidemment avec

beaucoup de fierté que nous accueillons parmi nous aujourd'hui la nouvelle

députée de Terrebonne, au terme d'une élection forte en émotions, avec une

haute signification.

Et, avant tout, je

veux féliciter toutes les candidates, tous les candidats qui, pour chaque

parti, se sont donné la peine d'aller à la rencontre des citoyens. Je veux les

remercier parce que c'est un don de soi, on ne le dit jamais assez, un don de

soi pour la démocratie. Et on sait tous à quel point ça peut être exigeant de

faire une campagne électorale, particulièrement dans ce cas-ci, ça a duré six

mois. On met sa vie quotidienne sur pause pour s'intéresser à ce qui se passe

dans la vie des citoyens.

Je connaissais bien

la députée de Terrebonne avant son arrivée ici, à l'Assemblée nationale, et je

peux vous dire que c'est une femme

d'exception. Je crois qu'elle est appelée à devenir une députée incontournable

ici, à l'Assemblée nationale, durant les années à venir. En fait, j'en ai la

profonde conviction. C'est surtout à l'ensemble des électeurs de Terrebonne qu'elle a su révéler son talent, son

désir de changer les choses, également, son désir d'améliorer les conditions

de vie de ses concitoyens. Et c'est dans sa démarche qu'on a vu qu'elle aspirait,

qu'elle voulait donner, essentiellement, comme

cadeau à ses citoyens celui de la liberté, sa liberté de s'exprimer, la liberté

qu'elle veut donner à son peuple de décider par lui-même.

La députée de

Terrebonne est talentueuse, studieuse, rigoureuse. Elle est surtout extrêmement

travaillante, et ça, c'est une valeur que, personnellement, j'apprécie et que

je valorise beaucoup. Donc, je veux remercier les citoyens de Terrebonne de lui

avoir fait confiance, de nous avoir fait confiance, un choix qui a un impact

positif sur notre formation politique. Et, à ce titre, je les rassure, leur

nouvelle députée de Terrebonne aura des responsabilités à la hauteur de leurs

attentes et à la hauteur des nombreux défis devant nous. Donc, au total, ce

sont neuf dossiers qui lui sont confiés,

notamment celui de l'économie, où elle pourra mettre à profit son expertise à

titre de gestionnaire. Elle a été notamment P.D.G. d'importantes

organisations, donc elle connaît plusieurs réalités, et c'est un mandat

important qui lui est confié.

La députée de

Terrebonne aura également le mandat exigeant, difficile, même, qu'est celui de

l'itinérance. On sait que c'est un phénomène qui est en croissance au cours des

dernières années, et nous croyons, au Parti québécois, qu'on est une société

riche et qu'à

titre de société riche on ne devrait pas accepter ce phénomène.

Donc, je lui confie ce mandat-là.

Également celui de la

culture. La députée de Terrebonne a oeuvré pour une grande

partie de sa

carrière dans le milieu culturel. Et elle a

été chanteuse d'opéra, d'ailleurs, faut-il le mentionner. Son nom, également,

c'est Gentilcore, donc la présence de l'ambassadeur d'Italie ne peut pas

être un... ne peut pas être un hasard. Bref, c'est un autre mandat important, celui de la culture. Il faut avoir la

lucidité, en 2025, de réaliser que nous ne vivons pas dans une époque qui est favorable pour les petites nations, pour leur

épanouissement culturel. Donc, je lui confie cette réflexion qui est essentielle

pour la suite des choses.

En terminant, je veux

dire que son arrivée s'inscrit également dans une perspective d'ajouter une

voix audible à l'Assemblée nationale pour l'indépendantisme et le féminisme.

Elle a mené campagne à

titre de fière indépendantiste et de fière féministe, et

cette démarche-là va se poursuivre ici, à l'Assemblée nationale.

Donc,

il y a beaucoup de travail qui attend la députée de Terrebonne, mais je n'ai

aucun doute qu'elle sera à la hauteur. Je lui souhaite la très bienvenue

dans la maison de notre peuple. Merci, Mme la Présidente.

Présidente : Merci, M. le chef du troisième groupe d'opposition. Et je

cède maintenant la parole à M. le premier ministre.

M. Legault :

Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Je voudrais, à mon tour, souhaiter la

bienvenue, féliciter la nouvelle députée de Terrebonne. Je me rappelle un peu,

la première fois qu'on rentre ici, on est impressionnés, quand on se rappelle

de l'histoire des personnages marquants qui sont passés ici. Il faut rester un

peu impressionné, mais on s'habitue un petit peu avec le temps.

Je suis convaincu que

la nouvelle députée de Terrebonne va apporter un regard neuf à nos débats ici,

au Québec. Et, bien, je regardais un peu son C.V., effectivement, baccalauréat

en chant classique, donc le chef de l'opposition officielle va avoir de la

compétition. Et s'est ajouté ensuite un D.E.S.S. à HEC Montréal. Ça part

bien quelqu'un dans la vie, d'avoir un diplôme des HEC. Elle a beaucoup

travaillé en marketing, au Devoir , à L'Opéra de Montréal, à

C2 Montréal, qui est un excellent organisme qui fait la promotion de

Montréal. Donc, elle a une belle expérience. Donc, je veux lui souhaiter la

bienvenue.

Je veux aussi saluer

tous les candidats, en particulier le candidat de la CAQ, Alex Gagné. Je

pense qu'il y en a plusieurs parmi notre famille de la CAQ qui ont eu

l'occasion de le côtoyer. C'est un jeune de 27 ans qui a lancé une

fondation pour l'éducation. C'est vraiment sa passion, comme la mienne un peu,

pour l'éducation. Donc, il aide... Puis il

va retourner à la fondation, donc, suite à cette campagne. Il aide les jeunes

qui ont des problèmes financiers à s'acheter le nécessaire pour l'école, mais

il aide aussi les jeunes qui ont des difficultés d'apprentissage, il a réussi à

faire un jumelage avec des étudiants du cégep. C'est quelqu'un qui est

agréable. Je pense, c'est quelqu'un qu'on va revoir en politique, là,

franchement, c'est quelqu'un qui a beaucoup de talent. Donc, merci, Alex.

Donc, je termine,

encore une fois, en souhaitant la bienvenue à la nouvelle députée de

Terrebonne. On a hâte de débattre avec vous. Merci.

Présidente : Merci, M. le premier ministre. Je cède maintenant la

parole au chef de l'opposition officielle.

M. Tanguay : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de souhaiter la bienvenue, la très bienvenue à notre

nouvelle collègue de Terrebonne. Ne vous surprenez pas, ce n'est pas à tous les

jours que les collègues se lèvent

spontanément pour vous applaudir quand on rentre au salon rouge. Je pense que

c'est important de le mentionner. Ça

se peut que ça change dès demain. Mais ce n'est pas grave, ce n'est pas grave,

aujourd'hui c'est important de souligner votre entrée.

Vous

avez été présidente du Parti

québécois, donc, depuis octobre 2023.

Effectivement, vous avez un baccalauréat en chant classique, alors le

défi est déjà lancé au karaoké, soyez-en assurée. Et je pense que c'est

toujours rassurant pour un chef de parti de savoir qu'on a un député ou une

députée qui est capable de tenir le la, et d'avoir une harmonie au sein du

caucus, je pense que c'est toujours très, très bienvenu.

ce sens-là, vous avez aussi des études supérieures en journalisme de l'Université de Montréal, communications, marketing aux HEC. Et j'ai vu que vous avez travaillé pour une

entreprise dans le domaine des technologies numériques. Alors, j'ai comme l'impression que ça risque

d'être un sujet qui revienne à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas pourquoi, mais

je pense que ça risque d'être d'actualité certains jours.

Une fois qu'on a dit

ça, Mme la Présidente, aussi, votre feuille de route professionnelle vous a

amenée à être directrice marketing du quotidien Le Devoir , L'Opéra

de Montréal, C2 Montréal. Je suis heureux d'entendre le chef du Parti

québécois dire qu'une valeur qui lui

tient à coeur, c'est le travail, parce que je pense que vous n'en manquerez

pas. Avec vos neuf dossiers, ce n'est pas les sujets qui vont manquer et

la nécessité, donc, de travailler en ce sens-là.

Je vais, sur une note

un peu plus sérieuse également, prendre le temps de vous citer. Ce que vous

avez dit le 28 novembre dernier m'a particulièrement touché, vous avez dit

vouloir faire entendre une voix féministe, pragmatique à l'Assemblée nationale et à poursuivre la lutte pour l'égalité entre

les femmes et les hommes. Je salue cet engagement-là, et vous pouvez

nous considérer comme des alliés dans cette poursuite-là.

Félicitations,

évidemment, vous me permettrez, à notre candidate, Virginie Bouchard, qui a été

sur le terrain avec les nombreux bénévoles, elle a fait une belle campagne. Et

également féliciter et remercier tous les bénévoles de tous les partis, toutes les candidates et candidats. C'est la démocratie

qui a parlé, et, la démocratie, on ne se trompe pas, en démocratie. Et,

en ce sens-là, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd'hui.

Bienvenue. Bon mandat.

Présidente : Merci, M. le chef de l'opposition officielle. Et je cède

maintenant la parole à la cheffe du deuxième groupe d'opposition.

Mme Ghazal :

Merci, Mme la Présidente. À mon tour, donc, au nom de mes collègues de Québec

solidaire, de souhaiter la très bienvenue à la nouvelle députée de Terrebonne,

qui a eu une belle victoire le 17 mars dernier.

C'est

toujours une bonne nouvelle quand une femme fait son entrée à l'Assemblée

nationale, et, dans ce sens-là, je me

réjouis beaucoup d'avoir une nouvelle députée parmi nous, ici, parce qu'il ne

faut pas oublier qu'il a fallu attendre une autre élection partielle,

celle-là en 1961, pour voir une première femme élue à l'Assemblée nationale. Je

parle, bien sûr, de Marie-Claire

Kirkland-Casgrain. Il ne faut pas oublier qu'il a fallu attendre jusqu'en 1940

pour que les femmes aient le droit de vote au Québec.

Encore aujourd'hui, face

au vent de la droite dure qui souffle partout, il faut se rappeler nos

avancées. C'est important de s'en rappeler. Mais ce qu'on a encore plus besoin,

aujourd'hui, c'est de nous engager fermement à avoir de nouvelles assemblées

jusqu'à ce que l'égalité entre les femmes et les hommes soit parfaitement

atteinte. Il nous faudra donc toujours, et je suis certaine que la députée de

Terrebonne est d'accord avec ça, rester vigilants et vigilantes. Je dirais même qu'on devrait se serrer les coudes,

tout le monde ensemble, peu importe nos allégeances politiques, pour que

le Québec demeure ce fer de lance de l'égalité entre les femmes et les hommes

ici, au Parlement.

Je veux d'ailleurs suggérer à la nouvelle députée

de Terrebonne une lecture, le livre de Jocelyne Richer, Le sexe du

pouvoir . D'ailleurs, je l'ai distribué à tous les chefs du Parlement, donc

peut-être que le chef du Parti québécois pourrait lui passer sa copie. Il me

dit que oui. Donc, ça, ce serait une belle lecture.

Mme la

Présidente, la députée de Terrebonne amène avec elle beaucoup de bagage. Elle

est passée par C2 Montréal, Le Devoir , L'Opéra de Montréal,

HEC Montréal tout comme moi. La députée est une indépendantiste convaincue,

assumée, une féministe, aussi, assumée, et ça augure bien pour élever le débat

ici, à l'Assemblée nationale. Elle est... Elle

a aussi un baccalauréat en chant classique, et peut-être, ça aussi, ça va

élever le débat et les gens qui ont des qualités de chant à l'Assemblée

nationale, et je ne vise personne.

Sans blague, j'espère qu'elle va garder un

souvenir mémorable de sa première journée dans cette Chambre. C'est vrai que ce

n'est pas tous les jours qu'on reçoit des éloges des collègues de tous les

partis. C'est important qu'elle mette cette

journée-là dans sa poche, parce qu'en politique il y a des bons moments, mais

des fois il y a aussi des défaites, et

c'est important de se rappeler de ces moments-là. Je veux citer un grand membre

du camp indépendantiste qui a dit que c'est toujours important de rester

fidèle à ses rêves du début, et c'est ce que je lui souhaite.

En terminant, je tiens à féliciter toutes les

candidates et tous les candidats qui ont participé à cet exercice démocratique important dans Terrebonne, et plus

particulièrement la candidate Nadia Poirier, et aussi de saluer le travail de

tous les militants et toutes les militantes de Québec solidaire qui ont

travaillé à cette campagne. Merci aussi aux électeurs et aux électrices

qui ont voté pour Québec solidaire. Et, encore une fois, bravo et félicitations

à la nouvelle députée de Terrebonne!

La Présidente : Merci, Mme la cheffe

du deuxième groupe d'opposition.

Maintenant,

comme le veut la tradition, Mme la députée de Terrebonne s'adressera à

l'Assemblée. Alors, je vous cède la parole sans plus tarder.

Mme Gentilcore : Merci, Mme la

Présidente. Merci également au premier ministre, au chef de l'opposition

officielle et à la cheffe du deuxième groupe d'opposition pour vos bons mots.

Merci, chers collègues. Un merci tout particulier à mon chef, Paul, pour son

implication soutenue à mes côtés pendant toute cette campagne électorale dans Terrebonne. Merci. Merci à mes valeureux collègues

pour leur soutien indéfectible mais aussi pour leur accueil chaleureux.

Merci d'être là.

C'est un honneur et un privilège pour moi de

m'adresser à vous en cette Chambre. Ma présence ici est un signe de la vigueur

et de l'intégrité de la démocratie québécoise. On est choyés de faire

partie

d'une démocratie aussi vibrante et dynamique, servie par des citoyens engagés

tout au long du processus électoral. J'ai une pensée toute particulière pour

les jeunes de secondaire V — ils étaient nombreux, d'ailleurs — qui

ont participé au projet pilote du DGE comme employés dans les bureaux de vote

le jour de l'élection. C'était vraiment beau de les voir contribuer activement

à notre démocratie.

Par le passé, on l'a dit, j'ai occupé des postes

de direction dans des institutions culturelles et médiatiques québécoises,

notamment L'Opéra de Montréal, Le Devoir . J'ai toujours choisi mes

défis professionnels avec une seule aspiration profonde : mettre mes

efforts au service du Québec, du rayonnement et du développement de ses

talents, de ses idées et de sa prospérité.

La culture et la langue sont les fondements de notre nation. Il me tarde

d'échanger avec vous, mes collègues de l'opposition, et avec M. le

ministre de la Culture et des Communications à ce sujet.

J'ai

également mené une organisation dans le domaine de l'innovation et des

nouvelles technologies, deux secteurs qui sont d'une importance cruciale

pour notre économie, tout particulièrement, là, pour les mois et les années à

venir, et mes collègues peuvent compter sur

mon entière collaboration pour donner des impulsions nouvelles aux innovateurs

et aux PME québécoises.

Mais aujourd'hui, évidemment, je pense avant

tout aux citoyennes et aux citoyens de Terrebonne qui m'ont fait confiance afin de porter leur voix à

l'Assemblée nationale. Ces derniers mois, ils m'ont confié leurs espoirs, mais

leurs frustrations aussi. Ils m'ont parlé de leurs attentes à l'égard des

services publics, de leurs besoins d'équité et de justice à l'heure où

les besoins en matière de logement, de transport et de soins de santé sont de

plus en plus criants. Ils m'ont beaucoup touchée par leur sensibilité envers

les difficultés que vivent leurs concitoyens. Ils m'ont parlé d'itinérance, de l'avenir de nos enfants, de notre incapacité à

bien accueillir les nouveaux arrivants, leurs voisins, qui sont de plus en plus nombreux. Ces questions-là ont été au coeur

de la campagne puis elles vont être au coeur de mon mandat auprès d'eux

et auprès de vous.

Enfin, j'aimerais réitérer les valeurs qui

m'animent, celles de la solidarité, de prospérité, d'identité et surtout

d'intégrité. Un des principaux adversaires que j'ai eu à combattre les

dernières semaines, c'était le cynisme des citoyens envers la classe politique.

Je me donne donc comme mission toute personnelle de tout faire pour contrer ce cynisme par mes interventions en Chambre, en

commission parlementaire et dans toutes les activités politiques auxquelles

j'aurai l'honneur de participer. Nous avons tous ici, en cette Chambre, un

devoir d'exemplarité, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour être à la hauteur des

responsabilités qui m'incombent à

titre de membre de l'Assemblée nationale

du Québec. Je vous remercie toutes et tous pour votre accueil. Merci.

La Présidente : Merci

beaucoup, Mme la députée de Terrebonne. Et j'aimerais également souhaiter la

plus cordiale bienvenue à notre nouvelle collègue et l'assurer de l'entière collaboration

de tous les membres de l'équipe de la présidence, que vous ne voyez peut-être

pas actuellement.

Maintenant, nous allons poursuivre les affaires

courantes.

Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations

ministérielles ni présentation de projets de loi.

Il n'y a pas de dépôt de documents ni de dépôt

de rapports de commissions.

Il n'y a pas de dépôt de pétitions.

Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni

d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.

Et je vous dirais qu'il n'y a pas de bravo.

Alors, nous

en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales,

et, pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de

l'opposition officielle.

M. Tanguay : Alors, Mme la Présidente, il y a des questions, et

on espère qu'il y aura des réponses. Et, inquiétez-vous pas, il n'y aura

pas, de notre côté, de bravo suite à la lecture du budget.

Une fois qu'on a dit ça, Mme la Présidente,

puis au-delà... au-delà de l'étiquette politique, force est de constater, à

tout seigneur tout honneur, que le premier ministre est le roi incontesté ou le

«king» incontesté des déficits et du

gaspillage. À la vue, à la lecture même du budget, on peut voir que, et ça

participe de la critique, le premier ministre est un comptable qui a de

la difficulté à compter, Mme la Présidente.

En 2025‑2026,

ce sera un nouveau record, déficit de 13,6 milliards de dollars. Imaginez

ça, 13,6 milliards de dollars. Et ce n'est pas le seul record,

évidemment, qui revient au premier ministre, il a d'autres records à son actif.

Vous savez qu'en deux mandats, en huit ans, il aura ajouté 96 milliards de

dollars à la dette nette du Québec. Ça, en huit ans, c'est 55 % de plus, additionné. Également, il aura

ajouté 12 000 fonctionnaires de plus à Québec. On ne parle pas de celles

et ceux qui, en éducation et en santé, donnent les services de première

ligne. 12 000 fonctionnaires de plus à Québec, déficit record de

13,6 milliards, et les Québécoises et Québécois n'ont pas les services

auxquels ils ont droit. Tout ça, Mme la Présidente, c'est sous le signe d'une

fin de régime.

Le premier ministre réalise-t-il qu'il entraîne

le Québec dans...

La Présidente : La réponse du

premier ministre.

M. Legault : Bien, Mme la Présidente, je suis content d'avoir

la question, parce qu'on va pouvoir corriger des faits. D'abord, parlons

des records de déficit, O.K.? Le record... D'abord, c'est important de dire,

pour 2025‑2026, on prévoit un déficit de

1,8 % du PIB. Or, le record, au Québec, pour le déficit, c'est en 1994‑1995,

un gouvernement libéral. Premier ministre, Daniel Johnson fils. Quel

était le déficit? 3,3 % du PIB, presque le double du déficit qui est

annoncé pour l'année qui vient. Mme la Présidente, deuxième déficit record, 1995‑1996,

c'était Jacques Parizeau qui était le premier ministre,

donc un budget du Parti québécois. Déficit : 2,2 % du PIB. Donc, je

rappelle, Mme la Présidente, que le déficit qui est annoncé, c'est un déficit de 1,8 % du PIB. Donc, je ne

voudrais pas dire à Daniel Johnson que c'est le «king» des déficits, on

n'ira pas aussi bas que le Parti libéral dans ses façons d'appeler les premiers

ministres du Québec.

Maintenant,

pour ce qui est de la dette, Mme la Présidente, en 2018, la dette nette du

Québec était à 46 % du PIB. Aujourd'hui, la dette du Québec...

La Présidente : En terminant.

M. Legault : ...est à 38 %

du PIB.

La Présidente : Première

complémentaire.

M. Tanguay : Mme la

Présidente, le premier ministre ne peut pas se féliciter de son déficit record

en dollars constants. Il ne peut pas s'en

féliciter. Il ne peut pas dire aux Québécoises et Québécoises : Aïe! ce

n'est rien, 13,6 milliards de dollars, qui s'ajoutent aux 11 milliards

de l'an passé. Il ne peut pas dire que ce n'est rien puis que ça ne changera

pas rien dans leur vie. Les Québécoises et Québécois ont l'impact de ces

déficits-là à tous les jours.

J'ai cité, hier, le

cas de M. St-Georges, 75 ans, qui attend son opération, puis qui va

aller au privé, puis qui va payer 23 000 $ parce que l'État l'a

abandonné.

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Mme

la Présidente, vous avez remarqué que je n'ai pas dit que ce n'était rien, le

déficit. Tout ce que je dis, c'est que, si je reprends l'expression du chef de

l'opposition officielle, le «king» des déficits, au Québec, il s'appelle Daniel

Johnson fils, qui a fait un déficit de 3,3 % du PIB.

Maintenant,

Mme la Présidente, pourquoi on se retrouve avec un déficit de 1,8 % du

PIB, pour l'année 2025-2026? Essentiellement

trois raisons : un, on avait un rattrapage à faire dans les services;

deux, on a baissé les impôts de la classe moyenne; et, trois, il faut

aider les entreprises à faire face...

Présidente : En terminant.

M. Legault :

...aux tarifs de M. Trump.

Présidente : Deuxième complémentaire.

M. Tanguay : Mme

la Présidente, le premier ministre est incapable d'offrir les services auxquels

la population, les Québécoises et Québécois

ont droit, incapable. Et c'est déficit sur déficit, en dollars réels, c'est

très clair. Rappelez-vous la mise à jour économique de

novembre 2023. Par la suite, c'était une erreur de 8 milliards. La

dernière mise à jour économique, du 21 novembre 2024, c'était prévu à

9,2, il a fini à 13,6, erreur de 4,4.

C'est lui, le «king»

des déficits, c'est un comptable qui ne sait pas compter, et les Québécois n'en

ont pas pour leur argent.

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Je vais répéter, parce que, je pense, c'est

important de répéter. Le déficit pour l'année 2025-2026, le déficit

d'un gouvernement de la CAQ, c'est 1,8 %. Le «king» des déficits, c'est

Daniel Johnson, un gouvernement libéral, 3,3 %. Puis le deuxième «king»,

c'est Jacques Parizeau, un gouvernement du Parti québécois, 2,2 % de

déficit, en pourcentage du PIB.

Mme la Présidente,

tous les économistes comprennent qu'il faut tenir compte de l'inflation. Un

dollar de 1990, ce n'est pas la même chose qu'un dollar de 2025. Tout le monde

comprend ça, je pense, même le chef de l'opposition officielle.

Présidente : Troisième... Troisième complémentaire.

M. Tanguay : Alors,

Mme la Présidente, la mauvaise gestion, le gaspillage et les exemples, à tous

les jours, de gaspillage, des programmes qui ne fonctionnent pas, dont on n'a

pas la reddition de comptes, ce qui se passe avec Northvolt, ce qui se passe avec SAAQclic, des gaspillages, Mme la

Présidente, 12 000 fonctionnaires, à Québec, de plus, puis les

Québécoises et Québécois sont passés d'un surplus de 7 milliards à un trou

de 13 milliards, à un différentiel de 20 milliards, puis ils n'ont

pas les services. C'est ça, Mme la Présidente, le triste bilan du premier

ministre.

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui.

La réalité, Mme la Présidente, c'est que, depuis que la CAQ est au pouvoir, on

a augmenté la productivité plus que dans le reste du Canada, on a augmenté le

revenu disponible plus que dans le reste du Canada, parce qu'on a fait des baisses d'impôt, on a augmenté plus le salaire

moyen, au Québec, que dans le reste du Canada, puis on a augmenté plus

la richesse par habitant que dans le reste du Canada. Jamais les libéraux ou

les péquistes n'ont réussi à faire ça.

La Présidente : En question

principale, je reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys.

Beauchemin : Mme la Présidente, si la population se demande à quoi

ressemble un gouvernement de Québec solidaire, on en a un direct devant nous. Il

a même déposé un... il a même déposé un budget, hier...

Présidente : Je vous rappelle l'article 32 de notre règlement. Appel

au décorum. Gardez le silence. Vous l'avez assimilé?

Présidente : M. le

leader de l'opposition officielle, on perd du temps, là, hein, sur une de vos

questions. Alors, poursuivons. M. le député, nous vous écoutons.

Beauchemin : C'est comme si c'était Québec solidaire qui avait déposé

le budget hier, le gouvernement de Québec

solidaire déguisé en caquiste. Déficits année après année, et le retour à

l'équilibre budgétaire, c'est un mythe, Mme la Présidente.

Vous voulez un

exemple? La CAQ utilise Trump pour justifier la mauvaise gestion des finances

publiques. Pourtant, entre la mise à jour de novembre et le budget d'hier, le

déficit a augmenté de 4,4 milliards, Mme la Présidente.

Comment ce

gouvernement de Québec solidaire déguisé en caquiste peut-il expliquer aux

Québécois qu'ils ont perdu le contrôle des finances publiques, avec un déficit

record de 13,6 milliards de dollars, Mme la Présidente?

Présidente : La réponse du ministre des Finances.

Girard (Groulx) :

Oui. Bien, Mme la Présidente, j'aimerais clarifier quelque

chose tout de suite avec l'opposition

officielle, parce qu'au mois... à la fin novembre dernier j'ai déposé, pour 2024‑2025,

une prévision de déficit de 11 milliards, et qu'est-ce que l'opposition

a fait, Mme la Présidente? Ils ont dénigré le ministère des Finances. Ils ont

dénigré le Québec. Ils ont dit que le déficit était de 15 milliards, sur

toutes les tribunes. Or, hier, nous avons révisé le déficit à

10,4 milliards.

Alors, le ministère

des Finances fait un travail sérieux avec des prévisions économiques centrées,

c'est un travail qui est rigoureux, puis on va continuer à le faire. On est

engagés dans la saine gestion des finances publiques. Et ça me fera plaisir de

parler de 2025‑2026, mais je voulais rappeler à cette Assemblée que le Parti

libéral a dit sur toutes les tribunes que le déficit de 2024‑2025 était de

15 milliards, et il est de 10,4.

Présidente : Première complémentaire.

Beauchemin : Mme la Présidente, la CAQ n'a jamais équilibré un seul

budget. Ça, c'est le legs du ministre des Finances et de son patron, le premier

ministre. Des surplus budgétaires, en 2018, on est passés de ça à des déficits

records à répétition. Les caquistes sont des multirécidivistes en mauvaise

gestion des finances publiques.

Mme la Présidente,

comment ont-ils pu arriver aussi bas?

Présidente : La réponse du ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Oui, bien, Mme la Présidente, je ne sais pas où était le

critique de l'opposition, mais dois-je rappeler qu'il y a eu une pandémie?

M. Girard

(Groulx) : Ah! Vous n'étiez pas là? O.K.

Alors,

en 2018‑2019, on nous a laissé un surplus de 5 milliards

de dollars, je l'ai reconnu. Et, par contre, il y avait une note aux

états financiers, de la Vérificatrice générale, qui disait que le Parti libéral

sous-estimait la dette de 2,4 % du PIB, et nous avons dû prendre un

ajustement de 10 milliards sur la dette...

La Présidente :

En terminant.

M. Girard

(Groulx) : ...parce que le Parti libéral n'avait pas des états

financiers qui représentaient justement les...

La Présidente : Deuxième...

La Présidente :

Article 32. Vous gardez le silence. Deuxième...

La Présidente : MM. les ministres,

je vous entends. Deuxième complémentaire. On vous écoute.

M. Beauchemin : La CAQ me fait

penser à un ado qui reçoit sa première carte de crédit, dépense sans compter, trouve des excuses pour le découvert, promet de se

reprendre l'année prochaine, puis il récidive à nouveau. Avec la CAQ, le

retour à l'équilibre budgétaire, c'est un mythe qui s'éloigne à chaque année.

Mme la Présidente, comment voulez-vous que les

Québécois croient en la CAQ alors qu'ils nous ont promis une saine gestion des

finances publiques, mais ils nous livrent des déficits records annuellement?

La Présidente : La réponse du

ministre des Finances.

M. Girard (Groulx) : Oui, bien, Mme

la Présidente, je vais être obligé de continuer. Dans la dernière campagne

électorale, le Parti libéral faisait des déficits à chaque année puis il

oubliait de les sommer parce que la dette n'augmentait

pas, alors on est obligés de demander aux journalistes d'additionner les

déficits puis de dire que le Parti libéral ne savait pas compter, bon,

je suis désolé de vous dire ça.

Pourquoi les dépenses ont augmenté? Parce qu'il

y avait un retard d'investissement dans les services publics. Alors, on a dû bonifier le programme

d'infrastructures. Le chef de l'opposition parlait de la dette. La majorité de

ça, c'est l'augmentation des infrastructures. Il a dû... Il a fallu

investir dans nos ressources humaines. Il a fallu investir dans la gouvernance,

dans les données...

La Présidente : En terminant.

M. Girard (Groulx) : ...dans la

qualité des services, et puis on va continuer, Mme la Présidente.

La Présidente : En question

principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.

M. Fortin : Mme la Présidente, en avril dernier, le premier ministre

nous promettait qu'il n'y aurait aucune coupure en santé. Alors là, je pense

que le ministre de la Santé nous doit des explications, parce que, dans les

dernières semaines, il nous a dit, et je

cite : «3 % d'augmentation du budget en santé, ça veut dire quoi?

C'est en dessous des coûts de système. Ça, ça veut dire des vraies

coupures.» Et qu'est-ce que son ministre des Finances lui a présenté hier?

3 %, Mme la Présidente, exactement ce que lui-même considère des coupures.

Et, pour l'année d'après, ça va être 2 %, Mme la Présidente. Mais le

ministre des Finances, il nous a quand même dit, hier, que ce ne seraient pas

des coupures, parce que, et encore là je

cite, «il y aura des gains d'efficacité de Santé Québec». Mme la Présidente,

Santé Québec, là, c'est une machine

bureaucratique gonflée à l'hélium qui est rendue à 2 000, avec le

ministère de la Santé, 2 000 fonctionnaires juste à la maison

mère, pas dans les établissements.

Comment il peut nous dire, aujourd'hui, qu'on

s'en va vers autre chose que des coupures additionnelles en santé?

La Présidente : La réponse du

ministre des Finances.

M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la

Présidente. Alors, je veux rappeler que, durant la pandémie, nous avons donné

des ressources illimitées, en santé, pour combattre une pandémie, un virus

qu'on ne connaissait pas. Suite à la pandémie,

il y a des dépenses qui étaient... qu'on croyait temporaires qui se sont

avérées permanentes, en santé. Ensuite, il y a eu l'invasion de

l'Ukraine par la Russie qui a poussé l'inflation. Alors, il y a eu des dépenses

d'inflation. Il y a eu

une forte croissance de population en 2023, en 2024, 2,5 %, 3 %.

Donc, derrière nous, une hausse de croissance moyenne, en santé, de

7 %, même chose en éducation.

Et maintenant,

puisqu'on doit revenir à l'équilibre budgétaire, il y aura une croissance des

dépenses qui va être arrimée avec les

revenus. C'est nécessaire. C'est la loi. Puisqu'on anticipe une faible

croissance des revenus, il va falloir que les dépenses s'arriment avec

les revenus.

Présidente : Première complémentaire.

Fortin : Mme la Présidente, les Québécois,

ils ne sont pas inquiets des services qu'ils ont reçus pendant la pandémie, ils

sont inquiets des services qu'ils reçoivent aujourd'hui puis de ceux qu'ils

vont recevoir dans le futur. Puis là vous

leur dites que, l'année prochaine, il va y avoir une augmentation de 3 %

du budget puis que, l'année d'après, ça va être 2 %. Puis, dans le

2 %, bien, il y a l'augmentation des salaires que vous avez consentie, il

y a le 2,2 % d'inflation, il y a les

nouvelles mesures du budget. Il n'en reste plus pour couvrir les services,

actuellement, présentement offerts dans le réseau.

Le premier ministre,

là, il disait n'importe quoi, quand il disait qu'il n'y aurait pas de coupures

en santé.

La Présidente :

Et je vous rappelle que vous vous

adressez à la présidente. J'aimerais entendre la réponse du ministre des

Finances.

M. Girard

(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Alors, on voit qu'en 2024‑2025 les

dépenses en santé globales, totales, de

portefeuille, ont augmenté de 4,3 %, et il y a eu des dépassements en

cours d'année, et on a donné des ressources supplémentaires,

1,2 milliard. En fait, dans le budget d'hier, on a annoncé qu'on a

rehaussé les dépenses en santé de 1,2 milliard. Donc, on a répondu présent

pour assister Santé Québec.

Et il y a des

réformes importantes qui sont faites, en santé. On investit dans les ressources

humaines, on investit dans les infrastructures, dans la gouvernance, dans les

données. On a augmenté les admissions en médecine...

Présidente : En terminant.

M. Girard

(Groulx) : ...on a amené des projets de loi pour les infirmières

praticiennes spécialisées...

Présidente : Deuxième complémentaire.

Fortin : Le ministre des Finances a raison

quand il dit que c'est 4,3 % d'augmentation cette année, puis c'est les pires services que les Québécois ont

jamais eus. Là, vous nous dites : Ça va être 3 % l'an prochain,

2 % l'année d'après. Il y a le salaire puis l'inflation là-dedans.

Mais en plus il faut payer pour les 2 000 fonctionnaires qui sont à Santé Québec. Moi, j'ai un organigramme, ici, Mme

la Présidente, j'en ai 10 pages, d'organigramme, là, de vice-présidents,

de vice-présidents adjoints puis de directeurs.

Alors

là, si on est pour payer pour ça, il faut qu'il nous dise quels services il va

couper, quelle urgence va fermer en région, quel CLSC, elles sont où,

les coupures.

Présidente : La réponse du ministre de la Santé.

M. Dubé : Bon,

on va mettre les choses au clair, là. Le processus budgétaire que l'on fait

avec le processus des crédits est un exercice assez complexe, puis j'aimerais

ça qu'au cours des prochaines semaines, incluant les crédits provisoires... qu'on

fasse le lien entre le document de finances que mon collègue a déposé hier et

le document qui se fait au niveau des

crédits de ma collègue présidente du Conseil du trésor. On a eu des croissances

importantes, au niveau de la santé, de 8 %, 2022‑2023, 6 %,

maintenant de l'ordre de 3 % pour l'ensemble, l'ensemble des dépenses en

santé. Ce qui va être intéressant, Mme la

Présidente, puis j'inviterais mes collègues à l'opposition à bien prendre

connaissance des deux documents...

Présidente : En terminant.

M. Dubé : ...on

va voir que les services à la population ne sont pas à 3 %, mais beaucoup

plus élevé...

Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la cheffe

du deuxième groupe d'opposition.

Mme Ghazal : Merci,

Mme la Présidente. On est au milieu de la pire crise du logement des

40 dernières années, mais ça ne paraît pas quand on regarde le budget de

la CAQ. Aucun nouvel argent pour construire de nouveaux logements, rien, un

gros zéro. Encore cette année, le message du gouvernement aux locataires du

Québec, c'est : Meilleure chance la prochaine fois, puis, en attendant,

investissez donc dans l'immobilier, soyez donc plus riches. Je m'ennuie presque

du temps où le premier ministre hallucinait des logements à 500 $ puis que

tout le monde, à la CAQ, nous disait qu'il n'y avait pas de crise du logement.

Au moins, à l'époque, ça avait le mérite d'être clair.

Mme la Présidente, en

ce moment même, les gens reçoivent leurs augmentations et ils méritent beaucoup

plus qu'un budget qui les traite comme une note en bas de page. Un Québec fort,

c'est un Québec qui construit des logements à la hauteur de la crise sans

précédent qu'on vit aujourd'hui. Encore une fois, le budget du premier

ministre, il n'est pas à la hauteur.

Est-ce qu'il faut

comprendre que la CAQ a jeté la serviette face à la crise du logement?

La Présidente :

La réponse du premier ministre.

M. Legault :

Oui, Mme la Présidente, depuis 2018, c'est plus de 6,5 milliards, 6,5 milliards,

qu'on a investis dans le logement, donc pour

construire des logements abordables, pour aider des locataires à faibles

revenus, pour rénover des logements qui sont vétustes.

la Présidente, on a posé des gestes. On a posé des gestes, entre autres, dans

le programme Allocation-logement, on

est passé de 62 000 personnes qui reçoivent de l'aide à

150 000 personnes qui reçoivent de l'aide. On a travaillé aussi sur

la clause F du bail pour protéger certaines personnes des évictions. On a mis

un moratoire de trois ans sur les évictions. On a ajouté les personnes

de 65 ans et plus.

Donc, Mme la

Présidente, je comprends que Québec solidaire ne trouvera jamais que c'est

assez, mais est-ce qu'ils pourraient nous expliquer comment ils financeraient des

milliards additionnels? Est-ce qu'ils augmenteraient les impôts de la classe

moyenne? Comment ils financeraient ça?

La Présidente :

Première complémentaire.

Mme Ghazal :

Je le répète, j'invite le premier ministre à relire son propre budget, il y a

zéro dollar pour construire de nouveaux

logements. Un comptable comme le premier ministre, il sait que, quand on

investit zéro dollar, les logements ne vont pas sortir de terre comme

ça, comme par magie. Le fardeau de l'austérité caquiste, c'est les locataires

qui vont la porter.

Pourquoi est-ce que

le premier ministre continue à abandonner les locataires du Québec?

La Présidente :

La réponse du ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Merci, Mme la

Présidente. Bien, il faut regarder... Le budget, c'est une photo, il faut

regarder l'ensemble de tout ce qu'on fait. On a mis plus de 6,5 milliards

pour le logement, dont plus de 4 milliards pour la construction, puis

c'est pour ça qu'il y en a 23 000 qui sont en réalisation et en

planification. Et donc il y en a, des logements.

Maintenant, il avait

une priorité au budget, ici, puis il y avait des sommes disponibles au fédéral,

alors on fait un appariement, c'est la rénovation de HLM. Puis je vous ai même

déjà entendu poser des questions : Quand est-ce que vous allez rénover les

HLM? Dans ce budget, en collaboration avec le fédéral, ce qui double l'impact,

on utilise les sommes. Et puis, pour ce qui est des Programmes de supplément au

loyer puis programme d'Allocation-logement, ça a doublé, Mme la Présidente.

La Présidente :

Et, oui, vous vous adressez à la présidente. Deuxième complémentaire.

Mme Ghazal :

Bien, Mme la Présidente, avec le ministre des Finances, ça a le mérite d'être

clair : zéro dollar pour construire de nouveaux logements. Les logements,

là, ils ne vont pas sortir de terre par la volonté du Saint-Esprit. Au rythme

de construction actuel, ça va prendre au moins 25 ans pour arriver à un

équilibre dans le marché locatif.

Pourquoi le premier

ministre continue à abandonner les locataires du Québec? Qu'il ne me parle pas,

qu'il leur réponde. En ce moment, ils reçoivent des augmentations de loyer

historiques. Pourquoi il ne construit pas plus?

La Présidente : La réponse de

la ministre responsable de l'Habitation.

Mme Duranceau : Mme la Présidente, je pense que là, là, il faut

arrêter d'exagérer. Il y a plus de 24 000 logements qui sont en

construction actuellement. On en a livré 3 000 l'année dernière. On va en

livrer 6 000 cette année. On va en livrer plus de 9 000 l'année prochaine.

À un moment donné, il faut informer la population correctement. Les projets

sortent de terre. Et la vraie solution à la crise du logement, c'est

d'augmenter l'offre, Mme la Présidente, et c'est ce sur quoi on travaille.

L'argent

pour la construction, là, on l'a eu à la mise à jour économique. On l'a eu

avant tout le monde, on l'a eu au mois de novembre. Ça a été la même chose

l'année dernière, en 2024. 1,8 milliard en 2024, 184 millions à la mise

à jour économique de novembre dernier. Alors...

La Présidente :

En question principale, je reconnais maintenant la députée de Verdun.

Mme Zaga

Mendez : Merci, Mme la Présidente. Ce matin, La Presse

titre La hausse du budget ne couvrira même pas les augmentations salariales

des enseignants prévues cette année . Les médecins nous disent que la hausse

du budget en santé, et je cite, «ne permet pas de couvrir l'évolution des coûts

du système de santé. Les coupes devront inévitablement se poursuivre.» Fin de

la citation. Et, lorsqu'on regarde les chiffres en détail, Mme la Présidente,

là, la différence entre les augmentations requises pour permettre la survie de

nos services publics et les augmentions dans le budget du ministre des Finances, ce qu'on a devant nous, c'est

l'austérité, c'est les coupures, l'austérité digne des pires heures

libérales et péquistes, et tout ça parce que nos gouvernements de droite sont

obsédés par la colonne des dépenses mais refusent de regarder l'autre colonne,

celle des revenus.

Il y a pourtant des

moyens d'aller chercher des nouveaux revenus en s'attaquant à ceux et celles

qui accumulent des millions, et voire des milliards de dollars, plutôt que

couper...

Présidente : La réponse du ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Oui, bien, Mme la Présidente, je suis déboussolé, parce que

les libéraux m'accusent d'être Québec Solidaire, puis Québec solidaire m'accuse

d'être les libéraux. Alors...

La Présidente :

Article 32, rappel au décorum.

Nous perdons du temps. Gardez le silence. Une seule personne a le droit

de parole ici, ce sera M. le ministre des Finances.

M. Girard (Groulx) : Bien, je suis sincère,

Mme la Présidente, là, je vous dis ce que j'entends. Mais je veux répondre

à la question. Les dépenses, en 2025-2026, vont augmenter de 3 %. C'est un

choix. Il est nécessaire de revenir à l'équilibre

budgétaire. D'ailleurs, c'est la loi, et c'est ce qu'on veut. D'un côté, on dit

que le déficit est trop élevé. De l'autre côté, on dit qu'il n'y a pas

suffisamment de dépenses. On a la responsabilité de faire les bons choix.

Alors, c'est certain que, face à

l'incertitude économique, on n'a pas une croissance des dépenses... des revenus

qui excède 3 %, on est raisonnables. Donc, on permet de financer les services publics adéquatement en

2025-2026. Et, s'il faut mettre des sommes supplémentaires en 2026-2027,

on le fera.

Présidente : Première complémentaire.

Mme Zaga

Mendez : Maintenant, c'est clair, Mme la Présidente, la CAQ vient de

le dire, ils ont fait le choix, le choix de

l'austérité. C'est ça, le choix qui vient d'être fait. Parce que, là, là, on va

se rappeler, là, le gouvernement nous a présenté un plan de retour à

l'équilibre budgétaire qui n'est plus bon la semaine prochaine, ils n'ont même

pas pris en compte les tarifs de Trump. Ce qu'ils vont faire, c'est mettre à

mal nos services publics. Ils viennent de le dire, Mme la Présidente, ils viennent de l'admettre. Au lieu de chercher de

nouveaux revenus, c'est les gens ordinaires qui vont payer le prix des

décisions caquistes.

Êtes-vous fier de ça,

M. le ministre?

Présidente : Et vous vous adressez à la présidente, vous le savez, Mme

la députée. La réponse du ministre.

M. Girard

(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Alors, nous, on doit

gouverner, on doit faire des choix difficiles. Quelle est la priorité,

face à la menace existentielle qui est devant nous? C'est l'économie. On a

décidé de se concentrer sur l'économie. Dans ce budget, il

y a 2,6 milliards d'aide fiscale pour favoriser l'investissement et

l'innovation des entreprises, c'est salué par toutes les associations

d'entreprises, les gens qui connaissent la fiscalité savent qu'on a fait les

bons choix, avec un nouveau crédit d'impôt à l'innovation. En plus, on donne

des ressources, plus de 900 millions, à Investissement Québec...

La Présidente : En terminant.

M. Girard (Groulx) : ...pour venir

intervenir et soutenir les projets des entreprises.

La Présidente : Deuxième

complémentaire.

Mme Zaga Mendez : Ce que les

Québécois et Québécoises veulent, c'est que, oui, on va faire face aux tarifs,

mais aussi, là, il faut faire face au démantèlement de nos services publics.

Regardez la colonne, ici, de l'éducation, là, ce qui manque, c'est énorme. Puis

ça, c'est les gens ordinaires qui vont payer trois fois, ils vont payer les

prix des tarifs, ils vont payer les coupures d'emplois, mais aussi ils vont

payer l'austérité, là.

C'est le temps de chercher des nouveaux revenus.

Pourquoi la CAQ n'agit pas de ce côté-là? Allez chercher les revenus chez les

1 % les plus riches. Mais eux, ils sont intouchables. Les...

La Présidente : Dois-je vous

rappeler à chaque question l'article 32? Gardez le silence, je vous prie,

je fais appliquer votre règle.

M. Girard (Groulx) : Oui, bien là je

suis étourdi, tantôt j'étais déboussolé, parce que, là, il y a eu un examen des

dépenses fiscales qui a duré pendant un an, on a étudié plus de

120 mesures avec CIRANO, la chaire en fiscalité et finances publiques, et

puis on arrive au bon endroit, Mme la Présidente, on a fait des choix

judicieux, avec des critères d'intégrité, de pertinence, d'équité, et puis là

on m'accuse de ne pas en avoir fait assez. On est à la bonne place, Mme la

Présidente. On fait un... on a fait un examen des dépenses fiscales, il y a un

examen des dépenses budgétaires.

La Présidente : En terminant.

M. Girard (Groulx) : On est

conscients de la saine gestion des finances publiques, on prend ça au sérieux,

on s'en occupe.

La Présidente : En question

principale, je reconnais maintenant le député de Rosemont.

Marissal : Merci, Mme la Présidente. Il y a quelques

semaines, le ministre de la Santé a dit : «À 3 % ou moins

d'augmentation de budget, nous sommes dans les vraies coupures.» Il l'a dit ici

même. Je ne sais pas s'il essayait de lancer un message à son collègue

des Finances ou un SOS, mais il a eu sa réponse hier : 3 % cette

année, 2 % l'an prochain.

Un peu de

mathématiques. 1 % pour la santé, ça représente 650 millions, donc

2 %, ça représente 1,3. Faites le calcul, il va falloir trouver

2 milliards au cours des 24 prochains mois. Ça fait peur, considérant

ce qui a déjà commencé avec Santé Québec.

Alors, le gouvernement, il va couper où? Est-ce

que le ministre de la Santé va redonner une commande de 2 milliards, cette fois-ci avec plus de temps, à Santé Québec? Puis

comment est-ce qu'il peut continuer d'essayer de faire croire au monde que les services ne sont pas

touchés? Comment il peut nous prendre pour des... je ne le dirai pas, puis nous

faire croire qu'il n'y aura pas de compressions dans les services?

La Présidente : La réponse du

ministre des Finances.

M. Girard (Groulx) : Oui, Mme la Présidente.

Alors, tout au cours du processus budgétaire, j'ai été en discussion

avec la présidente du Conseil du trésor, le ministre de la Santé, la ministre

des Aînés, le ministre des Services sociaux. Et puis on

ne peut pas faire une gestion uniquement par taux de croissance de dépenses, là.

Si le taux de croissance des dépenses en 2026‑2027 vous empêche de dormir, je

vous demande d'attendre le budget 2026‑2027 pour établir le taux de croissance des dépenses, O.K.? Pour cette

année, c'est 3 %. L'an dernier, c'était 4,6 %. L'an dernier,

lorsqu'on a eu besoin d'efforts supplémentaires, on a répondu présent.

On a aidé le ministère de la Santé, Santé Québec. On a à coeur l'amélioration des services. C'est pour ça qu'on

investit dans les ressources humaines, dans les infrastructures, qu'il y a des

réformes de gouvernance, qu'il y a des

réformes au niveau des données, qu'on se sèvre de la main-d'oeuvre

indépendante, qu'on a fait des projets de loi pour élargir, les infirmières

praticiennes spécialisées, les pouvoirs des pharmaciens, qu'on a augmenté les admissions en médecine. On va

continuer, Mme la Présidente, avec Santé Québec, qui vient d'arriver, en

décembre...

Présidente : En terminant.

M. Girard

(Groulx) : ...puis on va améliorer la qualité des services.

La Présidente :

Première complémentaire.

M. Marissal :

Bien là, c'est moi qui est

déboussolé, là, d'entendre le ministre des Finances, qui est assez professoral

dans ses exposés, là, nous dire qu'il ne faut pas tenir compte du taux de

croissance de dépenses dans les budgets. C'est hallucinant, là. J'ai dû faire 60 budgets, là, dans mes deux

a plus rien qui tient.

Alors, comment est-ce

qu'ils peuvent continuer de nous faire croire qu'à 3 % cette année, à

2 % l'an prochain il n'y aura pas de compressions? C'est une chimère, Mme

la Présidente.

Présidente : La réponse du ministre de la Santé.

M. Dubé : Alors,

je vais continuer, tout à l'heure, parce que je n'ai pas eu le temps de

terminer. J'ai bien expliqué, Mme la Présidente, que, le processus des crédits,

que ce soient les crédits provisoires, qu'on discutera dans quelques minutes,

ou les crédits détaillés, il y a deux documents qu'il faut mettre ensemble, le

document du ministre des Finances, qu'il a déposé, et j'apprécie tout le

travail qui a été fait par son équipe au cours des derniers mois, mais la même

chose du côté du Trésor. Et, lorsqu'on regarde le chiffre de bas de page, qui

montre une croissance de 3 %, il faut

prendre le temps de regarder les différentes composantes de ça. Et je pense que

c'est ça qu'on va faire au cours des prochains jours, avec toute la

collaboration de l'opposition...

Présidente : En terminant.

M. Dubé : ...et des gens qui nous suivent, de voir qu'il y a

des dépenses de services à la population qui sont beaucoup plus

élevées...

Présidente : Deuxième complémentaire.

M. Marissal :

La comptabilité du gouvernement, ce n'est pas ésotérique, là, on ne parle

pas du sexe des anges, ici, là. Le ministre se lève. Je suis content qu'il se

lève. Il peut continuer, là. C'est lui-même qui nous a dit ici : À

3 % et moins, nous sommes dans des vraies coupures. Puis là il nous

dit : Ah non, faites-vous-en pas, il y a une

annexe que vous n'avez pas

bien lue, là, moi, je vais être capable de faire ça sans coupure. C'est de la

magie. Je suis intéressé de connaître la

magie du ministre, parce qu'à 3 % puis à 2 % l'an prochain nous

sommes en zone de coupures. Il n'y a pas de magie, c'est de

l'arithmétique.

Présidente : La réponse du ministre.

M. Dubé : ...dans le même sens. Mme la Présidente, tout à

l'heure, on aura la chance de regarder les documents, et, quand vous allez voir la

section des services

à la population, qui est le plus important, qui est la base, là, c'est le

budget de Santé Québec, le programme n° 2 des crédits, vous allez voir qu'on n'est pas à 3 %. J'aurai la

chance de discuter avec vous. C'est à ça que sert, un processus des

crédits. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef

du troisième groupe d'opposition.

M. St-Pierre

Plamondon : Mme la Présidente, il y a de la confusion en Chambre ce

matin, j'entends les libéraux dire que c'est

un budget de Québec solidaire et j'entends Québec solidaire dire que c'est un

budget des libéraux. Mais cette confusion s'explique, elle s'explique

par le fait que ce gouvernement de la CAQ a trouvé le moyen de faire le pire

déficit de notre histoire et d'orchestrer des coupures et des compressions dans

les services, notamment en santé, les deux

en même temps. Et ce déficit, il n'est aucunement lié à la situation aux

États-Unis, il est l'oeuvre de la mauvaise gestion de la CAQ, sa

tendance à gaspiller. La preuve, c'est que, même dans le scénario fourni par le

gouvernement, où il n'y a pas de tarifs puis la situation est complètement

stable avec les États-Unis, le gouvernement dépose un déficit de 12,7 milliards, un record absolu dans

notre histoire. En rappel, on a gaspillé 710 millions dans Northvolt,

55 millions dans Flying Whales, 365 millions dans Recyclage

Varennes, 1,2 milliard dans SAAQclic. La liste est trop longue, mais c'est

vraiment l'oeuvre d'une gestion de gaspillage.

Est-ce que le premier

ministre peut prendre la responsabilité et reconnaître que ce déficit record

est entièrement le résultat de sa mauvaise gestion des finances publiques?

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui,

bien, Mme la Présidente, d'abord, je vais répéter ce que j'ai dit tantôt, mais

on est habitués, avec le chef du PQ. Ce

qu'il vient de dire, c'est inexact. Le déficit record, c'est Daniel Johnson. Le

deuxième déficit record, c'est Jacques Parizeau. Donc, ce n'est pas le

budget qui a été déposé.

Maintenant, Mme la

Présidente, j'ai bien entendu l'intervention du chef du PQ, hier, il nous a

dit : Nous, on va mettre fin aux

subventions aux entreprises. Il a dit ça noir sur blanc. Moi, je me rappelle

très bien, en 1998, j'étais ministre d'Industrie et Commerce, au Parti

québécois, Bernard Landry était ministre des Finances, on a annoncé la création

d'Investissement Québec, qui peut donner... qui peut investir dans des actions,

dans de la dette ou dans des subventions. Moi, je pense que, dans les dernières

années, on n'a pas assez utilisé Investissement Québec. C'est pour ça que,

depuis six ans, on a fait exploser, on a doublé

les interventions d'Investissement Québec. Et c'est la raison pour laquelle,

pour la première fois dans l'histoire du Québec, pendant six ans, on a

battu la croissance économique par habitant du reste du Québec.

Donc,

je suis surpris de voir le chef du PQ dire : Moi, je ne suis pas d'accord

avec l'approche de Bernard Landry, et le chef du PQ dire : Je

ne reconnais pas que Jacques Parizeau a fait un plus gros déficit que le

gouvernement de la CAQ.

Présidente : Première complémentaire.

M. St-Pierre

Plamondon : Ce que j'ai dit, hier, Mme la Présidente, c'est que le

Parti québécois va mettre fin au bar ouvert

pour les subventions, mettre fin à l'abus, sous la CAQ, qui se compte en

milliards de dollars. Écoutez, là, il y avait un surplus de

4,5 milliards, au terme du mandat des libéraux, puis on est rendus dans un

déficit de 13 milliards. Donc, ce sont 18 milliards de dollars que la

CAQ a dilapidés.

Creuser un déficit de

18 milliards, pour le parti qui voulait faire le ménage, est-ce que le

premier ministre prend la responsabilité de ce fiasco?

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Bien,

Mme la Présidente, je le répète, c'est un choix qu'on a fait, chez

Investissement Québec. Il y a des centaines

d'entreprises qu'on a aidées, puis on a réussi, grâce à ça, à battre le reste

du Canada. Évidemment, le chef du PQ

s'amuse à sortir quelques exemples où les résultats ont été moins bons, il

oublie les centaines qui sont bien allés.

Maintenant, il nous

parle du déficit. Pourtant, c'est lui qui dit : Moi, là, j'aurais un

réseau de garderies, juste des CPE. Fini, les garderies privées. Je vais

construire 5 000 logements de plus, je vais mettre 3 milliards

de plus dans les soins à domicile.

Présidente : En terminant.

M. Legault : Je

vais créer un service alimentaire pour tous les étudiants. Il y a des dépenses,

j'en ai...

Présidente : Deuxième complémentaire.

M. St-Pierre

Plamondon : Mme la Présidente, je suis vraiment content que le premier

ministre me parle du retour à l'équilibre budgétaire, parce que, là non plus,

la CAQ n'est aucunement crédible. On prévoit, par magie, des augmentations de

2,5 milliards des transferts fédéraux, bonne chance, une augmentation de

6 %, magie, magie, des revenus, des revenus divers et des revenus des entreprises

du gouvernement, on ne sait pas pourquoi. Et le pire, dans tout ça,

c'est qu'il y a encore, dans ce qu'il présente, un 2,5 milliards à trouver

quelque part.

Est-ce que le premier

ministre peut reconnaître que son plan n'est pas crédible?

Présidente : La réponse du premier ministre.

M. Legault : Oui,

Mme la Présidente, d'abord, les chiffres des transferts fédéraux pour les

prochaines années viennent du gouvernement fédéral, donc sont confirmés par le

gouvernement fédéral. Si j'étais le chef du PQ, je me garderais une petite gêne, quand je parle du fédéral, parce que je

l'invite à aller revoir son budget de l'an 1 sur la défense. Aujourd'hui,

plus que jamais, avec ce qui se passe aux États-Unis, il va falloir mettre des

dizaines de milliards en défense. C'est où dans son budget de

l'an 1?

Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la

députée de Terrebonne.

Gentilcore : Mme la Présidente, il allait de soi que ma première

question reflète les préoccupations sincères

des gens qui m'ont élue en ce qui concerne l'état des finances publiques. Hier,

c'est bel et bien un déficit record que

ce gouvernement a dévoilé. Pourquoi? Parce que ce gouvernement, Mme la

Présidente, a dépensé sans compter dans des projets bâclés, à forts coûts, dont le risque a été mal calculé, on

l'a dit, 710 millions dans Northvolt, 365 millions dans Recyclage

Carbone Varennes, 227 millions dans Lion, et la liste s'allonge.

Mais la ministre de

l'Économie et moi, on a un point en commun, Mme la Présidente, on a obtenu nos

rôles ici à cause du départ de la même personne. Mais les Québécois savent très

bien ce que je pense, ce que le PQ pense du gaspillage

de leur argent durement gagné, mais ce qu'ils veulent vraiment savoir, Mme la

Présidente, c'est : Est-ce que la ministre approuve le choix de son

prédécesseur? Est-ce qu'elle va prendre la même direction que Pierre Fitzgibbon, qui va nous mener à d'autres faillites, à

d'autres échecs caquistes, oui ou non?

Présidente : La réponse du ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, c'est un plaisir de répondre

à cette question. Et il y a une menace existentielle, et donc on a choisi, dans

ce budget, de se concentrer sur l'économie. Et on le fait de plusieurs façons,

avec le climat d'affaires, les conditions, on veut inspirer la confiance, alors

la déréglementation, la libéralisation des échanges, le travail qui est fait

dans l'espace économique canadien, mais on le fait aussi avec le fiscal,

2,6 milliards d'aide fiscale, avec l'amortissement accéléré, pour

favoriser l'investissement, avec l'innovation, le nouveau crédit d'impôt pour

favoriser l'innovation, parce que la réforme de 2014 n'avait pas fonctionné. Et

puis il y a de l'aide directe. L'aide

directe, qui est le sujet de la question, bien, ça vient avec l'expertise d'Investissement Québec. Il y a des prises de participation, il y

a des subventions, il y a des actions privilégiées. Et puis on va continuer. Il

y a plus de 900 millions. Et puis il faut supporter nos entreprises face à

cette importante menace.

Présidente : Première complémentaire.

Mme Gentilcore :

La ministre ne s'est pas levée, mais c'est elle que j'aimerais entendre,

que les Québécois aimeraient entendre. Ça ne

s'invente pas, là, les chiffres parlent d'eux-mêmes : 26 grandes

entreprises ont reçu plus de 100 millions du gouvernement de la

CAQ, le tiers de toute l'aide versée aux entreprises depuis 2018. La ministre

doit dire clairement aux Québécois si elle poursuit dans la même direction que M. Fitzgibbon.

Est-ce qu'elle peut

garantir qu'elle ne donnera pas la grosse part du gâteau aux grandes

entreprises comme son prédécesseur? Si c'est le cas, qu'elle nous le dise, il

n'y a pas de honte à ça.

Présidente : La réponse du ministre des Finances.

M. Girard

(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. 90 % des interventions

d'Investissement Québec sont faites avec des

entreprises de moins de 200 employés, mais toutes les études le montrent,

que la productivité, le niveau d'investissement,

le niveau d'innovation est plus important dans les grandes entreprises. Alors,

c'est pour ça qu'on doit aussi soutenir les grandes entreprises, avec

des interventions qui sont plus importantes.

Puis on a des

programmes qui sont adaptés. Regardez nos programmes pour soutenir

l'exportation. On en a pour les grandes

entreprises, on en a en région, on en a pour la petite entreprise. Au niveau du programme FRONTIERE, il y a des sommes d'urgence pour les grandes entreprises...

Présidente : En terminant.

M. Girard (Groulx) : ...il y en a aussi pour

les petites entreprises. On travaille avec l'ensemble du tissu économique.

Présidente : Deuxième complémentaire.

Gentilcore : Je n'ai pas obtenu réponse à ma question. Mme la ministre

de l'Économie, ce qu'on veut savoir, c'est si elle va continuer dans la même

veine que M. Fitzgibbon, son prédécesseur. Est-ce qu'on va continuer à investir massivement dans ces grandes

entreprises là? Est-ce qu'il y aura la part de gâteau pour les PME? C'est ce que

les Québécois veulent savoir. Est-ce qu'on peut avoir une réponse claire?

Présidente : La réponse de la ministre de l'Économie, de l'Innovation

et de l'Énergie.

Mme Fréchette :

Merci, Mme la Présidente.

Permettez-moi, à mon tour, de féliciter et de souhaiter la bienvenue à la

nouvelle députée, qui sera porte-parole, également, en matière d'économie.

Donc, c'est avec grand plaisir que l'on entame ces échanges ce matin.

Bienvenue des nôtres.

Alors, bien sûr,

notre gouvernement va continuer à aller de l'avant pour l'investissement et

pour le soutien aux entreprises qui

permettent de positionner le Québec dans des créneaux stratégiques. La filière

batterie est un des exemples de ces créneaux stratégiques fort

importants. Également, l'aérospatiale est un autre de ces créneaux très

importants. La foresterie, les sciences de la vie, technologies de la santé, ce

sont tous des exemples...

Présidente : En terminant.

Fréchette : ...de secteurs qui permettent de créer des bons emplois

pour les Québécois...

Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député

de Pontiac.

Fortin : Mme la Présidente, en termes de

période de questions, on en a eu une bonne, quand même, parce qu'on en a eu des

vertes puis des pas mûres de la part du gouvernement, là. Je cite : «On a

décidé de se concentrer sur l'économie.» Le gouvernement qui est à productivité

zéro en ce moment.

«On a beaucoup

dépensé durant la pandémie. Il y a eu la guerre en Ukraine.»

«On ne fera pas de la

gestion par le taux de croissance», alors que ça fait des années qu'ils font

exactement ça.

Mme la Présidente, quand même, la meilleure, c'est le ministre de la Santé qui

nous dit qu'avec 3 % il n'y aura pas de coupures dans les services,

Mme la Présidente. C'est exactement le contraire de ce qu'il disait ici, en

Chambre, il y a un mois. E c'est exactement

la même chose qu'ils nous ont dit lorsqu'ils ont demandé à Santé Québec de

faire des coupures de 1,5 milliard : Ah! il n'y aura pas de

coupures dans les services.

Je vous rappelle, Mme

la Présidente, qu'il y a des patients de cancer qui n'ont pas les services,

qu'on a fermé des salles d'opération, des services de santé mentale en région.

C'est n'importe quoi, dire qu'il n'y aura pas de coupures dans les services,

c'est de la malhonnêteté directe et sans gêne avec la population.

Présidente : M. le leader du gouvernement, je vais vous reconnaître pour le rappel au règlement,

que j'allais faire.

M. Jolin-Barrette : Mme la

Présidente, vous le savez, c'est au lexique. En plus, ce sont des propos

blessants. Le député de Pontiac est un parlementaire d'expérience, Mme la

Présidente. Vous devriez le rappeler à l'ordre.

Présidente : Et c'est ce que je m'apprêtais à faire juste avant que

vous vous leviez. M. le député de Pontiac, vous savez très bien que ce mot est

à notre lexique. Je vous demande de le retirer, purement et simplement, et de

poursuivre. Il vous reste quatre secondes. Vous retirez? Vous retirez.

La réponse du ministre de la Santé.

M. Dubé : J'apprécie

mon leader de me protéger si bien, je l'apprécie beaucoup.

Mme la Présidente, je

pense que la question du député de Pontiac va mal vieillir, mais très

rapidement, très rapidement, dans les crédits provisoires qu'on aura la chance

de discuter dans quelques minutes, il se souviendra très bien qu'il a dit que

les services à la population ne peuvent pas suffire avec 3 % et il verra

très bien, Mme la Présidente, que les services à la population augmentent de

plus que 3 %. Il rit, en ce moment; il rira jaune tout à l'heure. Merci

beaucoup, Mme la Présidente.

Présidente : En question principale, le député de Pontiac.

M. Fortin : Aïe!

Mme la Présidente, s'il y en a un qui doit rire jaune. en ce moment, c'est le

ministre de la Santé. C'est lui qui était ici, en cette Chambre, puis qui a dit

à tout le monde : À 3 % d'augmentation, c'est des coupures,

des vraies coupures dans des services. C'est

ça qu'il a dit à tout le monde ici. Et là ce que le gouvernement nous annonce,

ce n'est pas 3 %, c'est 2 %, Mme la Présidente, 2 %

d'augmentation l'année prochaine.

Alors, déjà, là,

déjà, il y a des patients de cancer qui ne reçoivent pas les soins dont ils ont

besoin. Déjà, il y a des services en santé

mentale qui sont fermés partout au Québec, dont en Abitibi. Déjà, Mme la

Présidente, déjà, il y a des salles

d'opération qui ne fonctionnent pas en région, avec le 4,3 % dont se

vantait le ministre des Finances il y a quelques instants.

Comment

il peut sérieusement nous dire ici, là, qu'il ne touchera pas les services à la

population avec des chiffres comme ceux-là?

Présidente : Un instant. Pas de bravo. M. le ministre, votre réponse.

M. Dubé : Mme

la Présidente, j'ai donné au député de Pontiac une troisième chance, je lui ai

dit : Attendez la discussion qu'on aura sur les crédits provisoires dans

quelques minutes. Il a voulu continuer à dire ce qu'il a dit, c'est son choix. Les gens qui nous suivent aujourd'hui

pourront le voir tout à l'heure, c'est beaucoup plus que 3 %. Merci

beaucoup, Mme la Présidente.

Présidente : Alors, voilà, cela met fin à la période de questions et

de réponses orales.

Comme il n'y a pas de

votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour

ce faire, je cède la place à la deuxième

vice-présidente de l'Assemblée nationale. Merci, tout le monde. Bonne fin de

journée, tout le monde.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Comme dit précédemment, nous sommes à la rubrique

Motions sans préavis. En fonction de nos...

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Je répète. Nous en sommes maintenant à la rubrique

Motions sans préavis. En fonction de nos règles et de l'ordre de présentation

des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du troisième groupe

d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau :

Merci, Mme la Présidente. Je

sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de

présenter, conjointement avec le leader de l'opposition officielle et la

députée de Vaudreuil, la motion suivante :

«Que

l'Assemblée nationale reconnaisse que la Côte-Nord est géographiquement

enclavée et que la construction d'un pont est nécessaire pour son

désenclavement;

«Qu'elle prenne acte du

large consensus et de la mobilisation citoyenne autour de ce projet;

«Qu'elle demande au gouvernement de dévoiler

l'étude d'opportunité qu'il a en sa possession;

«Que l'Assemblée nationale demande par

conséquent au gouvernement de s'engager à construire un pont sur le Saguenay.»

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Y

a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Lévesque (Chapleau) : Oui, Mme la

Présidente, il y a consentement, sans débat.

Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Consentement, sans débat. Oui, M.

le député de Matane. M. le député de Matane.

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Le

vote est demandé. Donc, le vote est ouvert.

La période de vote est terminée. M. le

secrétaire général, pour le résultat, s'il vous plaît.

Secrétaire : Pour : 105

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Donc, cette motion est adoptée. M. le député de Matane-Matapédia.

M. Bérubé : Merci,

Mme la Présidente. On aimerait envoyer le résultat de la motion à la Coalition

Union 138.

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Ce sera fait, M. le député.

Je reconnais maintenant un membre du groupe

formant le gouvernement. Mme la députée de Châteauguay.

Mme Gendron : Merci, Mme la

Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter

la motion suivante conjointement avec le député de Marquette, le député d'Hochelaga-Maisonneuve,

le député des Îles-de-la-Madeleine, la députée de Vaudreuil et le député de

Saint-Jérôme :

«Que l'Assemblée nationale reconnaisse la nécessité

des mesures visant à lutter contre l'intimidation, notamment le Plan

d'action concerté pour prévenir et contrer l'intimidation et la

cyberintimidation de près de 30 millions de dollars du gouvernement du

Québec;

«Qu'elle réitère que la violence et

l'intimidation, sous toutes leurs formes, sont inacceptables dans la société

québécoise;

«Qu'elle reconnaisse que tous les citoyens, groupes

ou associations de la société québécoise ont le devoir de montrer

l'exemple et d'agir afin de lutter contre l'intimidation.»

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

Lévesque (Chapleau) : Oui, Mme

la Présidente, il y a consentement,

sans débat. Et je vous demanderais un vote électronique, s'il vous

plaît.

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

Un vote électronique est appelé. Le vote est ouvert.

La période du vote étant terminée, M. le

secrétaire général, pour le résultat du vote, s'il vous plaît.

Secrétaire : Pour : 107

La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :

La motion est adoptée.

Je reconnais maintenant un membre du groupe

formant l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys,

pour votre motion.

M. Beauchemin : Merci, Mme la

Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter

la motion suivante conjointement avec le chef du troisième groupe d'opposition,

la députée de Vaudreuil et le député de Saint-Jérôme :

«Que

l'Assemblée nationale constate que, selon ses propres prévisions, à la fin de

son mandat en 2026, la Coalition Avenir Québec aura ajouté 96 milliards de dollars à la

dette nette du Québec depuis son arrivée au pouvoir en 2018, ce qui

représentera une augmentation de 55 % de la dette nette du Québec.» Merci.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette

motion?

M. Lévesque

(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Pas de consentement.

Je reconnais

maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Verdun,

pour votre motion.

Mme Zaga

Mendez : Merci, Mme la

Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter

la motion suivante :

«Que l'Assemblée

nationale reconnaisse qu'une croissance des budgets en-deçà des coûts de

maintien des services constitue de l'austérité.»

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?

M. Lévesque

(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Il n'y a pas de consentement.

Nous serions

maintenant rendus à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Je

demanderais aux collègues de quitter en silence, s'il vous plaît. M. le leader

adjoint du gouvernement.

M. Lévesque

(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente.

donc j'avise cette Assemblée que la Commission

de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources

naturelles va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi

assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant

diverses dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes

jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 17 heures, à la salle

Louis-Joseph-Papineau;

La Commission des

transports et de l'environnement va poursuivre l'étude détaillée du projet de

loi n° 81, la Loi modifiant diverses dispositions en matière

d'environnement, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à

13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle

Pauline-Marois;

Commission des institutions va poursuivre les consultations particulières et

les auditions publiques sur le projet de loi n° 91, la Loi instaurant le Tribunal unifié de la famille au

sein de la Cour du Québec,

aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à

12 h 50 et de 15 heures à 18 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;

La Commission de

l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi

n° 85, la Loi modifiant diverses

dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau réglementaire et

administratif, aujourd'hui,

après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à

18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.

La Vice-Présidente

(Mme D'Amours) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.

Pour ma part, je vous

avise que la Commission de l'économie et du travail se réunira en séance de

travail le jeudi 27 mars 2025, de 8 heures à 8 h 30, à

la salle RC.189, afin de statuer sur la possibilité que la commission se

saisisse de la pétition portant sur les versements et les ajustements salariaux

découlant du règlement de maintien de l'équité salariale pour le personnel du

réseau de la santé et des services sociaux.

Je vous avise

également que la Commission de la santé et des services sociaux se réunira en

séance de travail le jeudi 27 mars 2025, à la salle

Louis-Hippolyte-La Fontaine, de 8 heures à 8 h 30, afin de

statuer sur la possibilité que la commission se saisisse des pétitions portant

sur l'accessibilité des milieux de vie substituts pour les personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle,

et de 8 h 30 à 9 heures, afin de statuer sur la possibilité que

la commission se saisisse de la pétition portant sur la construction de

l'urgence et des soins intensifs à l'Hôpital de Maria.

Nous serions

maintenant rendus à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.

période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer

aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement.

M. Lévesque (Chapleau) : Oui,

merci, Mme la Présidente. J'aimerais que nous nous constituions en commission

plénière pour que nous puissions commencer les crédits provisoires.

La Vice-Présidente (Mme

D'Amours) : Je suspends les travaux quelque temps afin que la

commission puisse s'installer. Merci.

(Suspension de la séance à 11 h 25)

M. Benjamin (président de la commission

plénière) : Alors, bonjour, tout le monde. Conformément à l'ordre adopté le 25 mars 2025, la commission plénière

se réunit afin d'étudier les crédits provisoires pour l'année financière 2025‑2026.

Au cours de la prochaine heure, nous allons

procéder à un échange entre M. le ministre de la Santé et les députés de

l'opposition. Nous commencerons par les remarques préliminaires. Je vous

rappelle qu'un maximum de six minutes est alloué au groupe parlementaire

formant le gouvernement, 2 min 59 s au groupe parlementaire

formant l'opposition officielle, 1 min 58 s au deuxième groupe

d'opposition, 40 secondes au troisième groupe d'opposition et 24 secondes pour l'ensemble des députés

indépendants. Débuteront ensuite les échanges entre le ministre et les députés

de l'opposition. Dans ce cadre, les députés indépendants auront chacun droit à

45 secondes par heure d'échange. Le temps non utilisé par les députés indépendants sera redistribué

proportionnellement entre le groupe parlementaire formant l'opposition officielle, le deuxième groupe d'opposition et le

troisième groupe d'opposition. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours de la...

de l'ensemble, pardon, de l'étude des crédits provisoires, ils ont

10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la présidence.

J'accorde immédiatement la parole à M. le

ministre pour ses remarques préliminaires.

M. Dubé : Parfait. Alors, merci

beaucoup, M. le Président. Et je salue non seulement mes collègues du

gouvernement, mais les gens de l'opposition. Merci. C'est toujours un exercice

très intéressant, les crédits provisoires. Ce n'est pas beaucoup, une heure,

mais on va essayer d'en profiter au maximum, puis je comprends l'intérêt des

gens ce matin.

D'ailleurs, je voudrais aussi remercier mon

collègue aux Finances et ma collègue présidente du Conseil du trésor, parce que, dans les circonstances que l'on

connaît, M. le Président, aujourd'hui, d'avoir pu nous donner des budgets

si importants en santé... Je tiens à remercier le travail non seulement de mes

collègues, mais aussi la confiance du premier ministre dans les derniers mois.

Maintenant, je veux me concentrer sur les

chiffres rapidement, mais j'aimerais dire que ce qui est important de ce qu'on fait en santé, M. le Président, c'est

de s'occuper de nos patients, de s'occuper de nos Québécois. On va parler

beaucoup de chiffres, quand on parle, ce matin, des crédits provisoires, mais

il faut toujours se rappeler pour qui on le fait, et on le fait pour les

Québécois. Et, lorsque je vais vous donner quelques éléments, je pense, c'est

important pour les Québécois de réaliser

que, depuis 2019, depuis l'arrivée de notre gouvernement, on a augmenté les

budgets, en santé, de 20 milliards. Il y a eu, effectivement, la pandémie,

on y réfère souvent, mais ça veut dire que c'est des budgets qui ont

augmenté de l'ordre de 50 %, M. le Président. Puis je vous donne quelques

exemples. En santé publique, on a augmenté les budgets de 567 millions. Le

soutien à domicile a été augmenté de 1,1 milliard. L'hébergement pour les

personnes âgées, là, je pense aux RPA, je

pense aux CHSLD, plus de 3 milliards. Les jeunes en difficulté,

1 milliard. La santé mentale, une

augmentation de 732 millions. Les organismes communautaires, il ne faut

pas l'oublier, 536 millions d'augmentation. La santé physique,

5,5 milliards. Ça, ça inclut les chirurgies, ça inclut tout ce qui se fait

dans nos hôpitaux. L'assurance médicaments, à la RAMQ, plus 336 millions.

Et j'en passe. Donc, en fait, ce sont plus de 13 milliards que je viens de

vous énumérer, qui sont récurrents dans des catégories de dépenses.

Maintenant, madame... M. le Président, je donne

des exemples concrets. J'ai parlé de dollars, mais je pense qu'il faut dire à

quoi ont servi ces dollars-là. Je parle, entre autres, de, en santé publique,

on a ouvert des points de service pour être capables de pérenniser ce qui avait

été fait durant la pandémie. Dans les soins à domicile, moi, il y a un chiffre qui me frappe, avec ma collègue, Mme la

Présidente, la ministre aux Aînés, plus de 20 millions d'heures en soins

à domicile, on est passés d'environ

15 millions d'heures à 35 millions d'heures, c'est majeur, en soins à

domicile. Et je pourrais vous donner des exemples en hébergement, on a

ouvert 45 maisons des aînés. Alors, je le sais, qu'aujourd'hui on va

parler du budget 2025‑2026, mais il faut se rappeler que le budget 2025‑2026

qu'on va discuter suit six années où on a investi massivement en santé, et ça,

je pense que c'est important de le faire.

Maintenant,

qui sont nos employés? Nos employés, ce sont, entre autres, les infirmières, ce

sont des préposés aux bénéficiaires, ce sont

les gens qui travaillent dans nos cuisines. Je veux juste donner un exemple en

termes d'heures, on est passés, en 2019‑2020, madame... M. le

Président, de 340 millions d'heures, à ces gens-là, à plus de

400 millions d'heures. Et, comme on le

sait bien, il y a eu, depuis ce temps-là, deux augmentations, deux

modifications de conventions collectives qui ont donné des augmentations

de 18 % et 20 % au cours des deux dernières années. Alors, non

seulement on a augmenté le nombre d'heures d'infirmières, etc., mais on a

augmenté aussi leurs salaires de façon drastique. Alors, je pense qu'il faut

revenir...

Maintenant, j'avais

la chance, tout à l'heure, dans la période des questions... Puis je le sais,

que ce n'est pas facile de lire tous ces beaux documents là, puis je le sais

parce que j'ai déjà été dans l'opposition. C'est un petit peu frustrant parce

qu'on reçoit ces documents-là dans une période de quelques heures. On regarde

les documents qui nous viennent des crédits, puis on regarde le document qui

nous vient du ministre des Finances, puis là on essaie de mettre ça ensemble puis de comprendre exactement...

Alors, moi, ce que j'aimerais dire, M.

le Président, puis ça pourra

peut-être lancer la discussion,

j'aimerais que les gens prennent la note, à la page 19-16 du document

n° 3... il y en a cinq, documents comme ça, des crédits, mais je

demanderais aux Québécois qui nous suivent, là, de prendre la page 19-16

et de regarder comment se détaille le 56 milliards qui nous est alloué, ce

qu'on appelle les dépenses de programmes. On n'est pas dans le consolidé, là,

on est dans les dépenses de programmes. Et, lorsqu'on parle des services à la

population, je me concentre sur ce qu'on appelle le programme 2, qui est

essentiellement le budget de Santé Québec.

Dans l'analyse qui

est là, on a une croissance de 4,2 % pour les services à la population,

donc c'est beaucoup plus que 3 %. On

pourra y revenir tout à l'heure, mais, malheureusement, quand les crédits sont

préparés, Mme la Présidente... M. le

Président — je

m'excuse encore une fois — quand

les crédits sont préparés, ils n'ont pas encore tous les secrets du

ministre des Finances, et le ministre des Finances a rajouté à peu près

800 millions à ces montants-là, ici, alors, quand on les ajuste, puis je

pourrai l'expliquer comment ça se fait, ce n'est plus 4,2 % de croissance

qu'on a dans les services à population, mais c'est 5 %. Alors, moi, quand

je dis, aujourd'hui, que j'ai eu un ministre des Finances qui nous a appuyés

dans ce qu'on fait en santé, bien, moi, je me dis que les services à la

population augmentent de 5 %, et je tiens à les remercier. Merci beaucoup,

M. le Président.

Le Président

(M. Benjamin) : Merci, M. le ministre de la Santé.

La parole revient

maintenant à M. le député de Pontiac.

M. Fortin :

Merci. Merci, M. le Président. Je savais qu'on avait un gouvernement de

comptables, je ne savais pas qu'on avait un gouvernement de comptabilité

créative. Enfin, j'ai des questions, des questions précises sur certaines

parties des documents qui nous ont été présentés hier, et j'apprécierais, comme

toujours, M. le Président, des réponses franches,

directes, courtes, rapides pour qu'on puisse procéder avec le peu de temps

qu'il y a, comme le disait le ministre

de la Santé.

Le ministre de la

Santé, là, ne sera pas surpris d'apprendre que les gens à Drummondville, ils

sont déçus. Puis, «déçus», c'est un mot faible. Je cite simplement, là,

l'article de Radio-Canada : «La déception est vive dans la région. Même la

P.D.G. du CIUSSS est déçue de l'absence de l'inscription d'un nouvel hôpital à

Drummondville dans le Plan québécois des

infrastructures.» Est-ce que

le ministre peut nous dire pourquoi il n'est pas inscrit et qu'est-ce qui s'est

passé?

Le Président

(M. Benjamin) : M. le ministre.

M. Dubé :

Bien, je suis content de savoir qu'on ne parlera pas de l'augmentation de

5 % aux services à la population, peut-être plus tard. Maintenant qu'ils

ont eu la réponse, M. le Président, que ce n'était pas 3 %, mais 5 %,

peut-être qu'ils vont passer à une autre question, parce que ça a été

essentiellement le sujet de la discussion depuis hier, mais je vais

répondre quand même à sa question sur l'hôpital de Drummondville.

Il y a une procédure

qui est très, très claire pour faire les travaux correctement puis ne pas faire

des annonces, M. le Président, comme le

Parti libéral a fait souvent, annoncer des hôpitaux trois, quatre fois. Dans le

cas de Drummondville, on a pris l'engagement que ce projet-là serait au

PQI durant notre mandat. C'est l'engagement qu'on a pris. Alors, après avoir

fait des analyses, on a fait des plans cliniques, on a fait ce qu'il fallait

faire, on s'est engagés — et

je pense que c'est un engagement majeur — de présenter ce projet-là au

PQI cette année, c'est-à-dire dans l'année qui est en cours. Qu'est-ce qui est marqué dans le PQI? C'est que ce projet-là doit

passer au Conseil des ministres après avoir fait les analyses

nécessaires pour qu'il soit enclenché, effectivement, dans le projet... dans le

PQI.

Alors, M. le

Président, je comprends que les gens trouvent que ça ne va pas assez vite, mais

les procédures pour s'assurer que... lorsqu'on mettra un prix, lorsqu'on mettra

un échéancier dans le PQI, je pense que les gens de Drummondville vont être

contents, puis on va réaliser notre engagement, c'est de faire un hôpital à

Drummondville.

Le Président

(M. Benjamin) : Merci. M. le député de Pontiac.

M. Fortin :

M. le Président, il n'y a pas personne qui demande un prix ou un échéancier, on

demande, les gens de Drummondville demandent à ce qu'il soit inscrit à l'étude

dans le Plan québécois des infrastructures. Ça, habituellement,

là, c'est l'étape 1. Alors, le ministre nous dit, aujourd'hui, que

l'analyse pour se rendre à l'inscription à l'étude, elle n'est pas complétée?

M. Dubé :

Ce que je dis, là, ce qui est écrit, M. le Président, dans les documents du

PQI, c'est qu'il faut qu'il y ait une autorisation du Conseil des ministres

pour continuer à faire le travail qui est en cours en ce moment pour être

capable de l'inscrire au PQI dans les étapes normales d'un PQI, c'est-à-dire le

dossier d'opportunité, le dossier d'affaires. Je m'excuse, mais le député de

Pontiac connaît très bien, M. le Président, comment on fonctionne quand on veut avoir des projets qui sont bien évalués, avec

les bons dollars, avec les bons échéanciers. C'est ce qu'on va faire dans

l'hôpital de Drummondville, c'est ce qu'on va faire pour Saint-Jérôme et tous

les autres projets. Voilà.

M. Fortin : ...des questions qui viennent directement des gens de Drummondville,

là : À quel moment le ministère va être prêt à présenter le dossier

au Conseil des ministres?

M. Dubé :

On s'est engagés à le faire

durant l'année, M. le Président. C'est exactement ce qui est dit ici. Je

connais... J'ai suffisamment de

pression de mes collègues du Centre-du-Québec, entre autres le ministre

M. Lamontagne, j'ai mes collègues,

monsieur... les députés de la région. Écoutez, on va faire les travaux

correctement, il va être présenté au Conseil

des ministres, puis il pourra commencer le processus.

M. Fortin : Est-ce que ça... Est-ce que le ministre peut s'engager à ce

que ce soit fait cet été, avant l'été?

M. Dubé :

Moi, je pense, M. le Président,

qu'à faire des questions comme le député de Pontiac fait en ce moment...

M. Fortin : Ce sont des questions qui viennent des gens de

Drummondville.

M. Dubé : Oui, mais... c'est d'accord, mais j'ai... on a un

ministre qui est responsable de la région, on a des députés qui sont là,

qui nous mettent de la bonne pression, on n'a pas peur d'en parler. On va faire

les analyses correctement, M. le Président.

M. Fortin : Oui. M. le Président, je comprends que le ministre n'est pas prêt à

prendre aucun engagement envers l'hôpital de Drummondville en ce moment,

mais est-ce qu'il peut nous dire comment ils sont arrivés à la nouvelle formule

créative dans le PQI, c'est-à-dire on n'inscrit rien, on ne les met pas

officiellement à l'étude dans le PQI, mais on

met une note, là, qu'on pense, qu'on espère qui va peut-être satisfaire les

gens de la place, en disant, pour la première fois... Moi, je n'ai

jamais vu ça. Ça fait longtemps que je regarde les documents du PQI, c'est la

première fois qu'on vient inscrire : Le

ministère, cette année, va soumettre un dossier sur cet hôpital-là. On le fait

dans le cas de Drummondville, on le fait dans le cas de Maria. C'est

comme si on disait aux gens, là : Bien, on ne l'inscrit pas, là, on n'est

même pas dans le début du processus officiel

du PQI, mais on va regarder à faire de quoi cette année. C'est... Le député de

Rosemont l'a déjà faite, la démonstration. Le PQI, là, c'est déjà un

gros bassin, ça n'avance déjà pas vite là-dedans. Là, on vient leur dire avant ça : Aïe! On va vous préinscrire

au PQI. C'est-tu ça, la stratégie? C'est-tu une stratégie de communication, ça?

M. Dubé :

Bien, en tout cas, notre stratégie, elle est sûrement différente de celle

des libéraux, M. le Président.

M. Fortin : Elle est différente de celles que vous avez utilisées les

six dernières années, aussi.

M. Dubé :

Alors, M. le Président, je

voudrais terminer ma réponse. Je pense qu'il faut être certains que, lorsqu'on

met des projets dans le PQI, on est capables de les réaliser. Regardez ce que

mon collègue le ministre responsable des Infrastructures a fait cette année, il

a augmenté, encore une fois, le PQI de l'ordre de 11 milliards, on est passés

de 153 milliards sur 10 ans à

164 milliards, et cette augmentation-là vient principalement dans les

trois premières années. Et pourquoi

il a fait ça? C'est pour être capable de réaliser rapidement des projets et non

faire des promesses qui vont arriver dans huit, 10 ans. C'est

exactement ce qu'on a fait cette année, M. le Président.

Alors, moi, je pense

qu'on fait la bonne approche. On est réalistes, on protège l'argent des

Québécois et on va faire les projets à la mesure de nos moyens, mais le plus rapidement

possible.

Fortin : O.K. Là, il y a trois grands

projets, là, qui s'attendaient à être inscrits au PQI cette année, là, et le

ministre les connaît très bien, hein : l'hôpital de Drummondville et

l'hôpital de Maria, et, les deux, vous les avez préinscrits, c'est-à-dire vous

avez trouvé une nouvelle formule pour dire : Cette année, au cours de

l'année, le ministère soumettra le dossier pour approbation au Conseil des

ministres, pour inscription au PQI. D'accord, mais il y en a un que vous avez

laissé de côté, hein, l'Hôpital d'Amos. Vous ne l'avez même pas préinscrit,

celui-là. Il n'est même pas... Il n'y a même pas la certitude qu'il va y avoir

cette année une inscription au PQI. Pourquoi?

M. Dubé :

Bien, écoutez, M. le Président, là, sur l'Hôpital d'Amos, je sais qu'on en

a discuté assez souvent, je pense que c'est un projet... Puis moi, j'en entends

parler, entre autres, de la députée du coin. La phase II du projet qui

n'avait pas été inscrit au... de façon générale, on a décidé de le regarder

globalement, parce qu'il était beaucoup plus logique de regarder et la phase I

et la phase II en même temps.

Alors, je pense qu'il est

important de dire qu'on va le faire, ce projet-là. Dans les détails, au niveau

des dates, je n'embarquerai pas là-dedans, encore une fois, ce matin, mais

c'est certain que, pour nous, puis on en a pris l'engagement, il est déjà ce

qu'on appelle en planification, donc il est déjà en train d'être considéré,

puis on va faire les annonces quand ce sera le temps de le faire puis qu'on

aura les bons montants pour les projets en question, dont j'ai expliqué... et

les bonnes dates de réalisation.

M. Fortin : Alors, vous ne passerez pas par le PQI pour la phase II.

Vous l'inscrivez dans le projet qui est déjà inscrit, là.

M. Dubé : Bien, écoutez, là,

vous me demandez de vous donner des détails, je pense que, lorsqu'on

discutera... Là, on est dans les crédits provisoires, ici, M. le Président.

J'aime ça le rappeler au député de Pontiac, là, on est dans les crédits provisoires pour les budgets. Là, on

me demande des détails pour un hôpital à Amos. Moi, je dis : Ce projet-là,

il est déjà en planification, on va

faire les étapes nécessaires, c'est notre objectif, d'être consistants et

réalistes dans nos projets.

M. Fortin : Non, mais je pense que les gens d'Amos méritent une réponse

claire, quand même, là. Est-ce que, la phase II, vous la considérez

inscrite en planification?

Le Président (M. Benjamin) : M.

le ministre.

M. Dubé : En ce moment, là, la

phase II n'est pas en planification, la phase II. Ce que j'ai dit, ce

qui nous est demandé par les médecins... Je suis allé à l'Hôpital d'Amos, j'ai

rencontré les médecins. Ce qu'ils nous demandent, c'est de combiner les deux,

c'est ça qui est demandé par les gens du coin.

Alors, avant de répondre au député de Pontiac,

moi, je vais m'asseoir avec le député... avec le ministre responsable des Infrastructures puis de dire,

parce que le dossier est en planification : Est-ce que ce serait la bonne

chose de combiner la phase I et la phase II? C'est ce que j'ai

dit tout à l'heure. Quand j'aurai une réponse là-dessus... puis, probablement,

je serai capable de répondre lorsqu'on sera en analyse des crédits à la fin du

mois d'avril, on fera ces réponses-là.

M. Fortin : O.K. Donc, le ministre est clair, la phase II, elle

n'est pas inscrite en planification.

M. Dubé : En ce moment, en ce

moment, en ce moment.

M. Fortin : Bon, O.K. Là, le ministre, d'entrée de jeu, là, il nous a

dit qu'il... il nous a fait... il a fait référence aux gens qui travaillent

dans le réseau, et c'est très bien, il faut en parler, des gens qui travaillent

dans le réseau. Moi, j'aimerais parler des 911 personnes qui travaillent à

la maison mère de Santé Québec. Le ministre nous a dit que ce n'est pas... ou ce n'est pas normal, pour utiliser

ses mots, ce n'est pas normal qu'il y ait plus de fonctionnaires aujourd'hui,

hein, si on combine le chiffre du ministère

de la Santé et de Santé Québec, qu'il y en avait avant la création de Santé

Québec.

Alors, j'ai

une question toute simple pour le ministre : Est-ce que 911 personnes

à Santé Québec, c'est une petite équipe agile comme il le souhaitait?

M. Dubé : Bien,

je suis tellement content d'avoir cette question-là, M. le Président, je vais

essayer d'y répondre rapidement, puis j'apprécie que le député me la

pose parce qu'il y a eu beaucoup d'information qui est inexacte. Il y a deux choses à Santé Québec : il y a une

équipe de direction et il y a des gens qui ont été transférés du ministère pour

faire des fonctions très spécifiques. On a des... on a transféré près de

900 personnes qui étaient au ministère de la Santé, qui sont maintenant à Santé Québec, qui ne sont pas

dans la direction de Santé Québec, O.K., on se comprend, là? C'est des gens, par exemple, en TI, en technologies de

l'information, c'est près de 500 personnes, des gens qui sont responsables

des infrastructures. Alors, il y a plusieurs groupes de personnes comme

ça que l'on considérait des gens d'opération qui étaient au ministère, qui ont

été transférés. Jusqu'à maintenant, là, depuis la mise en place de Santé

Québec, c'est environ 900 personnes. Maintenant, ce n'est pas 900 personnes

qui font la direction de Santé Québec.

Alors, moi, quand j'avais demandé... et j'avais

demandé, très clair, d'avoir une petite équipe agile, agile et efficace, à la

direction de Santé Québec. Quand je me suis rendu compte qu'il y avait des gens

qui étaient allés un peu loin dans l'organisation de leurs services, j'ai été

très clair, j'ai été très clair avec les gens qui me posaient des questions,

j'ai dit : Ce n'est pas à ça que je m'attendais.

Maintenant,

ce n'est pas à moi à faire les corrections. Moi, je suis là pour faire des

orientations avec mon sous-ministre, et on a dit à la direction de Santé

Québec, au conseil d'administration : Écoutez, en ce moment, là, il y a

trop de monde au niveau de certains postes. Il y a eu des décisions qui ont été

prises, puis on a corrigé.

Alors, moi, ce que je dis et je redis au député,

puis je suis content qu'il m'ait posé la question aujourd'hui, quand on va avoir fini l'exercice au complet, là,

les gens du ministère, il va y en avoir moins, il y en a déjà moins. Il y a beaucoup...

de sous-ministres adjoints qu'il n'y en avait avant. Dans Santé Québec, il y a

des transferts qui ont eu lieu. Quand on va combiner tout ça, quand on va avoir

fini l'exercice, il va y avoir moins de personnes qu'il n'y en avait avant, ça,

c'est garanti.

Le Président (M. Benjamin) : M.

le député de Pontiac.

M. Fortin : O.K. Lui,

si j'ai bien compris, là, le ministre de la Santé a compris qu'il y avait

911 personnes qui travaillaient à Santé

Québec et il a dit : Attends un petit peu, là, il y a des postes, là,

qu'on n'a peut-être pas besoin, là, hein? C'est ce qu'il vient de dire,

là, essentiellement.

M. Dubé :

Bien, ce que je dis... Oui, excusez-moi, allez-y.

M. Fortin : Alors, j'aimerais qu'il nous dise combien de gens devraient

être à Santé Québec.

M. Dubé :

Bon, ce que j'aimerais lui dire,

c'est que... puis je veux faire la différence, encore une fois, Mme Biron,

lorsqu'elle a eu les transferts, elle n'a pas posé de question, on a dit :

Voici, on vous transfère des infrastructures, on vous transfère les gens de TI.

Ça fait trois mois, là, qu'ils sont là, qu'ils sont en place, là, depuis le

mois de décembre. Elle est en train de

regarder ça puis de dire : Est-ce que j'ai besoin de tout ce monde-là?

Est-ce que je peux travailler avec... parce que non seulement on lui a

transféré 900 personnes, mais elle a 350 000 employés dans

36 établissements, alors il faut qu'elle regarde l'ensemble de ça puis de

dire : Est-ce qu'il y a des réaménagements que je peux faire? La réponse, c'est oui. Mais prenons... Là où on prend

une photo en date d'un transfert, après quelques mois, donnons-lui le temps

de revoir toute sa structure, incluant les 350 000 employés. C'est

une... j'ai toujours dit ça, c'est une organisation monstre, donnons-lui le

temps de faire les analyses qu'elle est en train de faire.

M. Fortin : Oui, mais là on ne parle pas

des 350 000 employés, là, on ne parle pas des travailleurs sociaux,

des infirmières, on ne parle pas de...

M. Dubé :

Non, non, pas du tout.

M. Fortin : Là, on parle des 2 000 personnes, là, entre la

direction de Santé Québec et la direction du ministre...

M. Dubé :

Mais je vous donne un exemple, je veux juste être très précis...

M. Fortin : Non, non, mais je vous ai laissé terminer...

M. Fortin : ...j'ai été très respectueux, M. le ministre, je vous ai

laissé terminer.

M. Dubé :

Non, allez-y, allez-y. Excusez-moi.

M. Fortin : Alors, le ministre nous dit : Il va y avoir moins de

monde, à la fin, hein? Il y en avait... avant la fusion, là, il y en avait 1 700... ou avant la création de Santé Québec, il y en avait 1 700, des employés à la direction du ministère. Alors là, il y en a 2 000. Le

ministre nous dit : Ce n'est pas normal qu'il y en ait plus qu'avant.

Alors, combien doit-il y en avoir,

entre le ministère et Santé Québec,

là, entre... dans la direction du

ministère et à Santé Québec? C'est quoi, son objectif? Il aime ça travailler

par objectif, j'ose espérer.

M. Dubé :

O.K. Bien, je pense qu'il y a une confusion de genre, là, puis peut-être qu'on

pourra en reparler, mais je veux juste qu'on se comprenne. Moi, quand je parle

de la direction de Santé Québec, c'est Mme Miron... Mme Biron,

pardon, puis avec sa première ligne, ses vice-présidents. Ça, c'est l'équipe de

Santé Québec, l'équipe de direction. Les

gens qu'on a transférés, le 900 personnes qu'on a transférées, là, c'est

des gens qui travaillent dans les opérations, exemple, je l'ai dit,

infrastructures, TI.

Bon, maintenant,

est-ce que l'organigramme final de Mme Biron, de son équipe de direction,

il est final? La réponse, c'est non. Pas plus tard que la semaine dernière,

elle a baissé l'organigramme qui était anciennement celui de M. Abergel, elle l'a baissé de 20 %.

Alors, laissons-lui le temps de travailler pour dire, l'équipe de direction,

après quelques mois d'avoir travaillé avec les 36 P.D.G., qui fait

quoi dans les 36 P.D.G., avec leurs propres équipes. Moi, je dis que

Mme Biron fait un excellent travail. Elle n'a pas eu peur de poser des

gestes difficiles, elle va continuer de le faire.

M. Fortin : Parfait, M. le Président, il veut laisser Mme Biron

faire le travail à Santé Québec, là, mais il y a encore... le ministre, malgré la création de Santé Québec, malgré qu'il

se décharge, d'une certaine façon, là, des opérations du réseau, là, il

a encore le ministère sous sa responsabilité directe, hein? Et, au ministère,

si je me fie aux données dans Le Journal de Montréal , il y a

1 084 personnes qui travaillent au ministère de la Santé, pas du

monde dans nos hôpitaux, pas du monde dans nos établissements, pas du monde à Santé

Québec, là, au ministère.

Et le ministre a

dit : Ce n'est pas normal qu'il y ait plus de monde qu'il y en avait

avant. Alors, est-ce qu'il s'est donné un objectif? Quand il nous dit qu'il va

procéder par attrition, est-ce qu'il a un objectif de temps? Alors, combien de

gens devraient être dans l'appareil du ministère? Et dans combien de temps il

va arriver à cet objectif-là? Parce que, je le dis pour cette raison-là, M. le

Président, là, chaque piastre qu'on met dans le ministère, c'est une piastre

qu'on ne met pas dans les établissements.

M. Dubé : Alors, ça, c'est une

autre très bonne question, puis je veux être clair, là, on est partis... puis

je vais garder des chiffres approximatifs, parce que je veux qu'on s'entende.

Quand on a fait la coupure des opérations et des orientations,

il y avait à peu près 2 000 personnes au ministère. Ça fait que, si

on en a transféré à peu près 900, il en reste

donc 1 100, qui est à peu près le chiffre que le député de Pontiac vient

de citer. Depuis ce temps-là, qu'est-ce que le sous-ministre responsable a fait? Il a fait passer de 15 SMA,

16 SMA, à neuf. C'est déjà... Mais il faut que ces gens-là se

réorganisent. Mais il ne restera pas 900 personnes au ministère à la fin

de l'exercice, je veux qu'on soit clairs. Moi, j'ai demandé au ministre

de la... au sous-ministre de la Santé de dire, maintenant qu'on connaît les

opérations, on sait ce qui est fait par Santé Québec, de combien de personnes

on peut, au cours des prochains mois, se faire une idée de... Est-ce que c'est

10 %, 20 %, 30 % qu'on peut faire? Aujourd'hui, je ne le sais

pas, le chiffre, M. le député.

M. Fortin : Mais le problème avec ça, M. le ministre, là, c'est que

vous avez demandé à tous les établissements de

santé, dans les derniers mois, là, de faire ça rapidement, de vous arriver avec

un plan de match, puis ils vous ont dit : Moi, je peux couper tel

poste d'infirmière auxiliaire, moi, je peux couper tel poste d'adjoint

administratif, moi, je peux couper tel préposé. Tous les établissements de

santé ont fait ça. Puis vous, vous nous dites aujourd'hui : Moi, je viens de demander, je ne le sais pas encore, si je peux

éliminer 10 %, 20 %, 30 % du ministère. Pourquoi les

établissements qui donnent des services directs à la population ont été

obligés de faire ça avant vous-même au ministère?

M. Dubé : M. le Président, ce

que je répondrais au député de Pontiac, puis il connaît la réponse : Quand

on peut faire des ajustements ou des réorganisations, on le fait. Au ministère

de la Santé, ce sont tous des gens qui sont protégés par la sécurité d'emploi.

Si je décidais de les congédier, je les paierais pareil. Alors, je veux juste

qu'on soit conscients que ce qu'on demande au ministère, c'est de faire la même

chose qu'à Santé Québec, mais il faut le faire avec les moyens qu'on a, avec

les conventions collectives qu'on a. C'est ma réponse, M. le Président.

M. Fortin : M. le Président, moi, dans les secondes qui me restent, là,

je dois dire que, tu sais, l'exercice qu'on a demandé, là, aux différents

établissements, là, il a mené à des coupures de services directs. Alors, de

savoir qu'on n'a pas pu faire le même

exercice dans les mêmes délais au ministère, je pense qu'il y a beaucoup de

gens dans le réseau, là, qui vont s'arracher les cheveux de savoir ça.

Puis de savoir aujourd'hui que le ministre n'a pas un objectif clair en date d'aujourd'hui, le 26 mars, à savoir

combien de gens vont rester au ministère, quand est-ce que ces changements-là

vont être faits, et c'est quoi, son objectif final, je vous le dis, M. le

Président, c'est à s'arracher les cheveux que le ministre n'ait pas fait

ce travail-là.

M. Dubé : Monsieur, est-ce

qu'il me reste du temps?

Le Président (M. Benjamin) : Malheureusement,

malheureusement,

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2025-03-26
Typehansard
Volume / chapteren travaux-parlementaires assemblee-nationale 43-1 journal-debats 20250326 403489
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier27d63d65b58e133f547d403cb1e19ba1ab0cd6ec

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