CAT — 12 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-06-12
Quebec — Committees
(Douze heures cinq minutes)
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires. Mais, vous êtes
tellement disciplinés, je me demande pourquoi je vous demande ça.
Alors, la
commission est réunie ce matin afin de procéder… ce matin… en fait, ce midi,
hein, à l'étude détaillée du projet de loi n° 27,
Loi sur l'économie
sociale.
Alors, M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Breton (Sainte-Marie—Saint-Jacques) est remplacé par
M. McKay (Repentigny) et Mme Boulet (Laviolette) est remplacée par
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce).
Présidente (Mme Champagne) :
Excellent. Alors, lors de l'ajournement des travaux, vous vous rappelez,
le 7 juin dernier, nous en étions à
l'étude du préambule et de l'amendement déposé par Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur cet amendement? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Eh bien, on s'était dit
qu'on... Bonjour, Mme la Présidente, d'abord.
La Présidente (Mme Champagne) :
Bonjour.
Mme Weil : Je veux saluer tout le
monde. Je pense qu'on a quelques jours de plaisir devant nous, ça devrait bien aller. On s'était dit qu'on se donnerait la
fin de semaine, hein, pour réfléchir est-ce
que ça prenait, donc, l'entrepreneuriat.
Le ministre avait évoqué l'idée de volonté entrepreneuriale. Donc, juste...
Mme Weil : Oui, la volonté
entrepreneuriale, et...
Une voix : On se réchauffe.
Weil : On se réchauffe, on
est en train de se réchauffer, exactement. Écoutez, moi, je pense que ça
pourrait être l'un ou l'autre. «La volonté
entrepreneuriale», je pense que ça exprime bien le sentiment qu'on avait derrière
ça. Mais j'aimerais entendre le ministre par rapport à l'amendement que
moi, j'ai déposé et pourquoi il pense que peut-être son amendement ou l'idée de
proposer «la volonté entrepreneuriale» serait préférable.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, nous avions déjà un amendement qui était d'ajouter, après le mot
«mobilisation», les mots «et de l'entrepreneuriat». Je comprends que, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous voulez
que M. le ministre commente là-dessus, quitte à aller vers une autre
proposition qui avait été faite, là. Il faudrait que j'aie du papier à
ce moment-là. Alors, M. le ministre, on vous entend sur le deuxième
considérant.
Gaudreault : Oui. Bien,
écoutez, c'était vraiment, Mme la Présidente... D'abord, bonjour à tous et à
toutes. Ça me fait extrêmement plaisir d'être
ici, avec le souhait que nous soyons capables d'adopter ce projet de loi. Et je
veux répéter ici que je suis ouvert à beaucoup de discussions puis à ce qu'on
puisse travailler efficacement. Si, parfois, c'est
préférable de dire : Bon, bien, on suspend quelques minutes pour se
parler, je n'ai aucun problème avec ça. Je sais que la députée de
Notre-Dame-de-Grâce aime travailler comme ça, ça s'est rendu à mes oreilles.
Maintenant, sur le considérant, le deuxième
considérant, écoutez, c'était vraiment une question de rédaction, là, je dirais, ou de vocabulaire. Parce qu'on
parlait «que les entreprises d'économie sociale sont issues de la
mobilisation et de l'entrepreneuriat…»
Alors, on trouvait qu'une entreprise issue de l'entrepreneuriat, ça faisait
redondant, ça faisait comme un pléonasme, que ça va de soi qu'une
entreprise est issue de l'entrepreneuriat, c'est une entreprise. Alors, en parlant de la volonté entrepreneuriale, pour
nous, ça précisait davantage ce que ça voulait dire, là. Une entreprise
issue de l'entrepreneuriat, ça va de soi. Une entreprise issue de la volonté
entrepreneuriale, pour nous, ça précisait un peu plus les... Ça va avec l'idée
de la mobilisation parce qu'on... Ça s'ajoute à la mobilisation.
«Mobilisation», c'est un mot d'action. On
passe à l'action, hein, on se mobilise, on bouge. Bien, la même chose pour l'entrepreneuriat,
c'est une volonté d'entrepreneuriat. Alors, ce n'était que ça, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, si je comprends bien, la proposition, c'est «de la volonté
entrepreneuriale» au lieu «de l'entrepreneuriat»? C'est bien ça?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Moi, je suis à l'aise
avec ça. Je pense aussi, vraiment juste au niveau structure de la phrase, «mobilisation» et «volonté», je pense que ça va
bien ensemble. Peut-être répéter des mots, des paroles qui m'ont été... C'était peut-être pendant la commission
parlementaire, l'entrepreneuriat, c'est surtout le CQCM pour qui c'était
important, un des interlocuteurs. Et je pense
que je vais... Pour que les gens comprennent bien c'est quoi, cette notion
d'entrepreneuriat, pourquoi ils la voulaient, ça réfère à une volonté d'entreprendre,
de contribuer au développement socioéconomique,
d'être proactif. Pour être
partie prenante de l'entrepreneuriat, il faut
entreprendre quelque chose pour quelque chose, un concept de voir plus
large. Eux, ils voyaient ça plus large que l'entreprise, mais je pense que la volonté va bien traduire… Si on dit «volonté
entrepreneuriale», ça va bien traduire cette notion qu'ils voulaient
inclure ici, dans le deuxième considérant.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires là-dessus? C'est bon? Alors, ce qui veut dire que j'aurais besoin d'un
consentement, si je ne me trompe pas, pour retirer l'amendement qui
avait été déposé et déposer l'autre amendement.
Mme Weil : J'en ai un autre pour
refléter...
La Présidente (Mme Champagne) : Un
autre amendement? Alors donc, il y a consentement pour retirer le premier
amendement?
M. Gaudreault : Je crois que j'avais
renoncé à ma paternité là-dessus, je pense.
La Présidente
(Mme Champagne) : Votre
paternité. Donc, parfait. Donc, la paternité, vous n'êtes plus père. Ça va? Bon. Alors, nous retirons ça et nous allons
déposer le nouvel amendement qui est «et de la volonté
entrepreneuriale». Est-ce que vous en voulez une copie chacun de cela, «et de
la volonté…»?
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, on va faire les copies là-dessus. Et ça se lirait… M. le ministre,
si vous le relisez, ça donnerait : «Considérant...»
Gaudreault : «Considérant
que les entreprises d'économie sociale sont issues de la mobilisation et de la
volonté entrepreneuriale de personnes qui se sont regroupées pour produire des
biens et des services, contribuant ainsi au bien-être de leurs membres et de la
collectivité.»
La Présidente (Mme Champagne) : Ça
vous va comme lecture? Donc, est-ce qu'on peut considérer que le deuxième
considérant est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Adopté. Parfait. Et le...
Gaudreault : …une précision,
s'il vous plaît, Mme la Présidente, sur le plan juridique, là. C'est qu'on
garde les considérants ouverts, hein? À la fin, là, quand on dit :
Adopté...
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
comme accepté.
La Présidente (Mme Champagne) : C'est
plus accepté.
Gaudreault : C'est parce que
normalement, selon le droit parlementaire, les considérants sont adoptés à
la fin. Là, on a choisi de les faire avant
parce qu'on veut se mettre un peu plus dans l'esprit puis dans le bain, mais je
veux qu'on garde quand même l'idée que les considérants, au total, seront
adoptés à la fin parce que peut-être qu'au fur et à mesure qu'on va avancer
dans l'étude du projet de loi on va y refaire des amendements, aux considérants.
Présidente (Mme Champagne) :
Ah! O.K. Donc, on comprend que le mot «accepté» serait plus pertinent.
M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : O.K. Ça fait que,
si je comprends bien, si jamais, à la fin, on veut revenir sur le premier
paragraphe, on va pouvoir revenir dessus.
M. Gaudreault : Au premier
considérant, tu veux dire.
M. Spénard : O.K. C'est beau. Merci
beaucoup.
La Présidente
(Mme Champagne) : Donc, on
comprend que c'est l'amendement qui a été adopté, l'amendement a été adopté, et le deuxième considérant est comme
accepté tel qu'amendé. Ça va? Parfait. Donc, il a été amendé, et, on s'entend
bien, comme le premier, d'ailleurs, avait été comme accepté aussi. Parfait. On
va s'entendre sur les termes.
On en est donc au troisième considérant. M. le
ministre, lecture du troisième considérant, s'il vous plaît.
Gaudreault : Oui.
«Considérant que ces entreprises ont la capacité de mobiliser les forces du
milieu afin de répondre à ses besoins, devenant ainsi un important
levier de richesse collective.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a des commentaires ou des discussions sur le troisième
considérant? Donc, on l'accepte tel quel, toujours en considérant le fait qu'on
va les adopter à la fin.
Quatrième considérant. M. le ministre.
M. Gaudreault : «Considérant que ces
entreprises sont fondées sur des valeurs collectives qui se traduisent de
manières variées dans leur structure et leur mode de fonctionnement et qu'elles
permettent une forme d'économie solidaire et durable.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce qu'il y a commentaires sur le quatrième considérant? Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce?
Weil : C'est drôle, je ne l'avais
pas vu avant, mais, lorsque j'ai entendu la lecture... Peut-être
demander au ministre d'expliquer «valeurs
collectives». Je comprends l'intention de travailler pour une collectivité,
mais comment on définirait les valeurs collectives?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
M. Gaudreault : C'est que le
considérant se lit comme étant : «Considérant que ces entreprises sont
fondées sur des valeurs collectives qui se
traduisent de manières variées dans leur structure et leur mode de
fonctionnement...» Mme la Présidente, ce n'est
pas à moi de déterminer de façon abstraite ou théorique les valeurs
collectives. C'est que chaque entreprise d'économie sociale est fondée
sur des valeurs collectives en soi qui sont partagées par les membres, par la structure
organisationnelle de l'entreprise d'économie sociale. Par exemple, une
entreprise adaptée comme celle où a travaillé
pendant de nombreuses années notre député de Beauce-Nord, alors, est fondée sur
des valeurs collectives, par exemple, de respect des personnes qui ont
des handicaps, de l'importance de l'insertion de ces personnes-là. Donc, il y a des valeurs collectives qui font appel à l'importance
pour ces personnes-là d'avoir une vie dans un environnement juste et
équitable, qu'elles puissent intégrer le marché du travail, par exemple.
Mais il y a des critères, quand même, que nous
allons retrouver plus loin, dans la définition d'une entreprise d'économie sociale, entre autres à l'article 3,
qui sont indéniables. Toutes les entreprises d'économie sociale doivent
avoir une vie démocratique, toutes les entreprises d'économie sociale doivent
avoir un objectif de bien commun, mais cela s'incarne
de manière différente selon la mission des entreprises d'économie sociale. Il y
a la question de la solidarité, de l'inclusion
sociale, de l'équité. Alors, c'est... ce sont ce type de valeurs collectives
là, mais ce que je veux dire, c'est qu'une entreprise d'économie sociale
adaptée, par exemple, n'aura pas les mêmes valeurs collectives, disons, qu'une entreprise
d'économie sociale en récupération, recyclage, là, forcément. Mais il y a des
fondements, comme vie démocratique, comme solidarité, équité, qui sont là.
Alors, en gros, c'est ça, les valeurs collectives.
Présidente (Mme Champagne) :
Excellent. Merci, M. le ministre. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Et M. le député de Beauce-Nord.
Weil : Oui, merci. Est-ce
que, dans ce cas-ci… Je me pose la question parce qu'il me semble qu'on va,
plus tard, parler de valeurs, comme vous
dites, les valeurs générales qui sont associées à l'économie sociale, de
démocratie, de bien commun, de... bon, la
valeur des personnes plus importante que le capital, un peu ce genre de
valeurs. Mais, ici, est-ce que les valeurs collectives… Parce qu'on
rajoute le mot «collectives», c'est peut-être ça où je me pose la question. Est-ce que c'est par rapport à l'entreprise spécifique
dont… Est-ce que c'est pour se référer à l'entreprise en question ou
est-ce qu'on parle de valeurs...
M. Gaudreault : Collectives au sens
large.
Weil : Au sens large. Et, là
aussi — et
puis je n'ai pas fait le travail parce que je viens de le voir — c'est de
voir plus tard, quand on va parler de valeurs… de nous assurer qu'on utilise
peut-être le même lexique.
M. Gaudreault :
On verra, rendu peut-être à l'article sur les... Je ne sais plus si c'est dans
l'article de la définition, là.
Mme Weil : 3, peut-être. Est-ce que
c'est dans 3?
Gaudreault : Oui, c'est ça,
l'article 3. C'est un peu un mélange des deux, Mme la Présidente. Je sais
que c'est une réponse alambiquée, là, mais, comme je le disais, c'est qu'il
y a des valeurs de base qui sont sûrement présentes dans toutes les entreprises
d'économie sociale — de
toute façon, on les décrit à l'article 3 — comme j'ai parlé tout à l'heure : solidarité, vie démocratique,
objectif de bien commun. Mais il y a des valeurs collectives propres à l'entreprise
en elle-même, par exemple l'importance de l'insertion des personnes
handicapées, l'importance du recyclage, de la récupération.
Une entreprise d'économie sociale, disons, en maintien à domicile n'aura pas
nécessairement le recyclage, disons, comme valeur collective, là, parce
que, là, ça va être une entreprise qui fait du recyclage qui va l'avoir. Mais le collectif, dans ce sens-là, s'exprime... Si je
refais mon exemple, là, recyclage versus une entreprise de maintien à domicile,
le collectif va s'incarner via les membres à l'intérieur même de l'entreprise.
Mais il y a aussi des valeurs collectives au-delà
de ça qui sont un peu universelles, comme la solidarité, la vie démocratique,
qui sont aussi présentes. Donc, c'est une définition adaptable. Il y a
des points communs, vie démocratique, solidarité, mais il y a des réalités
propres à chaque entreprise. Je ne sais pas si je suis assez clair.
Présidente (Mme Champagne) :
Oui. Allez-y, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Puis, ensuite, on
ira à M. le député de Beauce-Nord.
Mme Weil : Est-ce qu'il y a une
notion de valeurs partagées?
M. Gaudreault : Entre les membres,
entre les membres de l'entreprise, disons.
Weil : C'est ça. Parce que
«valeurs collectives», c'est quand même une expression qui est très vaste, je
pense. Surtout qu'on parle beaucoup de valeurs ces temps-ci, hein, c'est
vraiment un domaine où… Tout le monde se pose ces
questions sur les valeurs. Bon, les valeurs... Mais là on veut quand même
restreindre la portée du sens du mot «valeurs» ici par rapport à l'économie
sociale et peut-être plus spécifiquement à l'entreprise en question. C'est
peut-être des valeurs partagées. «Collectives», c'est le groupe en question ou
est-ce que c'est par rapport aux valeurs générales de l'économie sociale? Je
pense...
Gaudreault : Bien, ça peut
être des valeurs collectives qui sont partagées. Je ne sais pas s'il faut qu'on
dise «des valeurs collectives partagées», là, parce que rappelons-nous que nous
sommes dans les considérants, qui ne servent
qu'à décrire un peu l'esprit de la loi. Ce n'est pas du droit substantif. Le
droit substantif, ça va être les articles, qui font du droit positif.
Les considérants ne sont là que pour inspirer la loi, si on veut, là. Alors, c'est
des valeurs collectives. Comme je le disais,
elles ont deux sens. Il y a des valeurs universelles : démocratie, équité,
solidarité, bien commun, la recherche du bien commun, disons. Ça, on
peut dire que c'est une valeur collective. Mais il y a aussi des valeurs
collectives intrinsèques à l'entreprise, mais qui sont aussi des valeurs
collectives au sens du partage entre les membres, disons, d'une caisse pop ou
entre les membres de la coop de maintien à domicile.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
nous rappelle qu'on a convenu qu'on acceptait les considérants tels qu'ils étaient là, avec même des amendements, mais
qu'on va laisser ouverts et qu'on pourra revenir après avoir fait les
articles s'il y a lieu de bonifier, corriger, améliorer certains mots qu'on ne
peut pas prévoir tout de suite parce qu'on n'a pas vu l'ensemble de l'oeuvre,
là. C'est peut-être ça, là. Je vous rappelle cela au cas où, là.
Je vais donner
la parole à M. le député de Beauce-Nord parce que je pense qu'il veut
intervenir sur cela précisément.
Spénard : Oui. C'est-à-dire
que les valeurs collectives, ça ne peut pas se séparer, ça. Qu'est-ce qu'on
sépare dans l'entreprise d'économie sociale?
C'est sa mission et le moyen d'atteindre sa mission. Quel moyen prend-elle?
Les entreprises adaptées, elles font du
recyclage, elles font de la menuiserie, de l'entretien ménager, de la sécurité,
gardiennage. Le moyen pour arriver à engager des personnes handicapées, qui est
sa mission, le moyen est économique. Mais ça fait
partie de la valeur collective parce que ça répond à un besoin de la
collectivité. Mais la mission, elle, la mission de l'entreprise comme
telle, ça peut être service d'aide à domicile. Service d'aide à domicile, la
valeur collective, c'est d'aider les personnes qui demeurent à domicile. Et le
moyen, ça peut être sous forme de coopérative, sous forme d'entreprise d'économie
sociale, et tout. Mais les valeurs collectives, c'est la globalité de tout ça,
c'est la globalité de l'entreprise d'économie
sociale. On ne peut pas séparer les valeurs collectives par rapport à sa
mission et les moyens pour y arriver, c'est les valeurs collectives
totales. Moi, c'est ma vue.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Beauce-Nord. Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur le troisième considérant?
On peut l'accepter, puis, comme je vous dis, il demeure ouvert. Ça va? Donc, le
troisième considérant est accepté tel qu'il est là...
Présidente (Mme Champagne) :
Le quatrième, c'est-à-dire. Je régresse. Le cinquième considérant. M. le
ministre.
Gaudreault : Oui.
«Considérant que la plupart de ces entreprises se sont regroupées au sein de
deux grandes organisations, à savoir le Chantier de l'économie sociale
et le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, lesquelles sont
appuyées par des réseaux sectoriels et régionaux.»
Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires sur ce cinquième considérant? Ça dit ce que ça a à dire, je
crois. Donc, on va accepter celui-là également. C'est bien parti. Et le sixième
considérant. M. le ministre.
M. Gaudreault : «Considérant qu'en plus des entreprises d'économie
sociale, diverses organisations interviennent en soutien à ce domaine,
afin d'offrir de l'expertise, des ressources [et] des services variés.»
Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires sur le sixième considérant? Ça va, Mme la députée? M. le
député? Mme la députée de Gouin, oui.
David : J'aimerais juste
poser une question peut-être à M. le ministre. Bien, ça, c'est un fait. Je ne
conteste pas le fait qui est écrit dans cette phrase-là, je voudrais juste
savoir — puis
j'ai pourtant bien analysé le projet de loi, mais
on dirait que, là, ça m'échappe — est-ce
que, plus tard dans le projet de loi, finalement, on accorde à ces
organisations un statut? Est-ce qu'on fait
référence à elles? C'est comme si ça m'échappait un petit peu tout d'un coup,
là. Autrement dit, pourquoi ressent-on le besoin d'écrire, là, ce
considérant?
La Présidente (Mme Champagne) : M.
le ministre.
Gaudreault : Écoutez, Mme la
Présidente, c'est que c'est une réalité propre à l'économie sociale de
travailler en réseau avec d'autres organisations qui peuvent agir à différents
niveaux en support aux entreprises d'économie sociale, mais qui ne sont pas
elles-mêmes nécessairement des entreprises d'économie sociale. Quelques
exemples : un CLD, conférence régionale
des élus, Fondaction, Fonds de solidarité, les organismes de financement
solidaire. On a reçu ici, par
exemple, des entreprises qui s'occupent du soutien avec du microcrédit, bon,
qui n'ont pas nécessairement une formule
pour elles-mêmes d'économie sociale, mais qui sont là en soutien aux
entreprises elles-mêmes d'économie sociale.
Et, plus
loin, vous avez, le fameux
article sur la table — la table bistro ou la table de réfectoire, là —
article 11,
la Table des partenaires en économie sociale. Alors, ces entreprises d'économie
sociale, c'est pour ça qu'elles sont présentes dans le considérant, le sixième,
parce que ces entreprises en soutien aux entreprises d'économie sociale qui ne
sont pas nécessairement elles-mêmes sous la forme d'économie sociale pourront
contribuer — on
y reviendra à l'article 11, là — comme un partenaire sur la
table en économie sociale.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, on considère que le sixième est également accepté. Donc, on en
avait deux, 1 et 2, avec deux petits amendements, les autres sans amendement.
La Présidente (Mme Champagne) : Et
vous voudriez rajouter un septième considérant?
Mme Weil : Un septième considérant.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, vous le déposez, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce?
Mme Weil : Oui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) : J'aimerais
que vous en fassiez lecture, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Déjà, on l'aurait
dans l'esprit, là.
Mme Weil : Donc, c'est :
Ajouter, après le sixième considérant, le considérant suivant :
«Considérant que l'expérience et l'expertise du
Québec en matière d'économie sociale sont partagées sur de nombreuses tribunes
et reconnues internationalement.»
Donc, ça, c'était
le CIRIEC qui avait proposé ça pour montrer à quel point, et que depuis
plusieurs années, le Québec est devenu un point de référence pour
beaucoup de juridictions, au-delà même des juridictions au Canada, mais à l'international, beaucoup de
curiosité. Il y a eu même un forum. C'était du 8 au 12 octobre, le
Mouvement Desjardins avec l'Alliance coopérative internationale et l'Université
Saint Mary's qui avaient organisé à Québec le premier Sommet international des
coopératives. Donc, il y a eu quelques groupes, surtout vers la fin, qui ont
souligné l'importance de cette expérience.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, merci, Mme la députée. Donc, c'est un ajout, un septième
considérant. Alors, on va permettre l'échange sur ce considérant. Alors, M. le
ministre.
M. Gaudreault :
Écoutez, moi, je n'y vois pas de problème. Effectivement, la dimension
internationale est ressortie des
consultations. Je veux juste savoir ce qu'entend la députée de
Notre-Dame-de-Grâce par «sur de nombreuses tribunes». Est-ce qu'on ne
devrait pas préciser sur une tribune...
Mme Weil : …pris la
recommandation...
La Présidente (Mme Champagne) : Du
CIRIEC.
Weil : ...qui était du
CIRIEC. C'est que ça peut être dans des milieux universitaires, ça peut être
dans des milieux d'échange même entre
gouvernements, académiques ou dans le milieu propre de l'économie sociale, des
acteurs de l'économie sociale. Maintenant, si le mot est trop vague, on
pourrait peut-être... Je vais regarder dans le mémoire…
Et, d'ailleurs, ils avaient fait référence au...
Le dernier congrès international du CIRIEC, qui était à Montréal, ils ont parlé de celui qui s'est tenu à Québec.
Plusieurs représentants du Québec qui sont allés ailleurs... C'est
vraiment le concept de forum, de conférence...
La Présidente (Mme Champagne) : On
va suspendre quelques secondes, monsieur.
(Suspension de la séance à 12 h 28)
La Présidente
(Mme Champagne) : Alors, nous
reprenons les travaux. Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce
disait...
Mme Weil : Oui. Ce que j'allais
rajouter, bon, le concept de tribune, ça peut être lors de conférences, de colloques, d'échanges entre parlementaires, même,
ou entre gouvernements. Mais ce qu'on a ressenti tout le long de la consultation et ce qu'on ressent depuis un certain
temps, c'est une fierté qui est associée au développement de l'économie
sociale comme étant assez particulier dans un sens au Québec, en Amérique du
Nord, et qu'on est devenu un point de
référence pour d'autres juridictions soit au Canada, soit aux États-Unis, ou,
évidemment, en Europe, où il y a plus de développement de l'économie
sociale et plus de discours qu'on entend sur l'économie sociale. Donc, ce qu'on
a ressenti, c'était cette fierté.
Alors, dans
le considérant, dans le préambule d'une loi qui se veut une loi-cadre, qui
marque une étape importante dans l'évolution
de l'économie sociale au Québec, je pense que c'est une dimension qui n'était
pas inscrite dans la loi parce qu'il
n'y a peut-être pas de mesure spéciale adressée à ça, mais, dans les
considérants, ça pourrait être tout à fait approprié de reconnaître… faire un clin d'oeil à l'importance de l'économie
sociale du Québec sur la scène internationale.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. M. le ministre, oui.
Gaudreault : Oui. Bien,
écoutez, moi, je voulais juste bien comprendre, là, le sens de «tribune». Moi,
j'ai comme exemple… L'an passé, je suis allé au colloque sur le monde de la
coopération, là. C'était ici, à Québec. Bon, il
y avait des gens de partout à travers le monde, mais… Ça, pour moi, c'est une
tribune où les gens ont discuté pendant plusieurs jours d'économie
sociale, du monde de la coopération puis, à travers ça, ils ont reconnu le rôle
du Québec là-dedans. Ça, c'est une tribune.
Mais on a trouvé une définition aussi dans— c'est
quoi déjà? — Les
trésors de la langue française ...
Gaudreault : Quoi? C'est un
site sérieux, qu'on me dit, alors c'est... bon, où on dit dans une des
définitions de «tribune»… Au sens figuré, c'est :
«Organe servant de moyen d'expression à un homme, à un parti, à une tendance;
manière de se faire connaître.» Je pense que c'est ça.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, est-ce que ça va comme tel? Il n'y a pas de modifications au considérant
proposé?
Présidente (Mme Champagne) :
Alors donc, on va reconnaître ce considérant-là, et ça devient un ajout,
n° 7, tout simplement. Alors, voilà. Donc, c'est accepté, puisqu'on ne dit
pas encore adopté.
Alors là, on va donc suspendre
le groupe de considérants. On va le laisser comme ouvert, mais on sait qu'il a été accepté en principe, au moins. On part sur des
bonnes bases. Et nous allons revenir à l'article 1 du projet de loi, où
on avait suspendu un amendement, on ne l'avait
pas adopté encore. C'était d'insérer, à la fin du premier alinéa de l'article
1, «et dans toutes les régions». Ça semblait faire l'unanimité, mais, pour
diverses raisons, on a décidé d'aller voir les considérants pour se faire une
tête. Alors, est-ce qu'il y a discussion là-dessus, sur l'article 1? Sur l'amendement,
d'abord. Est-ce que cet
amendement-là faisait l'unanimité? Sinon, bien, on parle. Oui, Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, est-ce que c'était votre amendement?
Une voix :
Non, c'était l'amendement du ministre.
La Présidente (Mme Champagne) : C'était l'amendement de M. le ministre. Alors, M.
le ministre, avez-vous quelque chose à dire sur votre propre amendement
avant de passer la parole à...
Gaudreault : C'est le plus beau...
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Il
y a Mme la députée de Gouin également qui voulait commenter.
Gaudreault : C'est le plus bel amendement que j'ai jamais vu.
La Présidente (Mme Champagne) : Le plus bel amendement de sa vie. Alors, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et Mme la députée de Gouin.
Mme Weil :
Oui. Alors donc, on avait décidé de regarder les considérants pour se mettre d'accord.
Et, dans les considérants, on parle des territoires du Québec. Donc, l'amendement
que je proposerais, ça se lirait... J'ai quelques questions à poser, d'ailleurs, en fait, mais on pourra peut-être ouvrir
pour d'autres questions parce qu'il y a peut-être d'autres amendements
aussi. Mais ce serait de dire d'ajouter, après les mots «secteurs d'activité»,
«et sur tous les territoires du Québec». D'ailleurs, on retrouve...
La Présidente (Mme
Champagne) : L'amendement serait «sur tous les territoires du Québec».
Mme Weil :
«Du Québec». Mais j'aurais aussi un autre amendement, mais qu'on pourra
discuter après.
La Présidente (Mme
Champagne) : Séparé, mais toujours à l'article 1?
Mme Weil :
Toujours à l'article 1.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, est-ce que vous déposez votre amendement,
là, parce que, là, je me trouve avec deux amendements, là?
Mme Weil :
Mais, si vous permettez, si le ministre est d'accord, dans l'article je
voudrais poser une question.
La Présidente (Mme
Champagne) : Dans l'article 1?
Mme Weil :
Dans l'article 1.
La Présidente (Mme
Champagne) : Allez-y, Mme la députée, posez votre question, la
réflexion chemine.
Mme Weil :
Donc, l'article 1 : «La présente loi a pour objet de reconnaître la
contribution particulière de l'économie sociale au développement
socioéconomique du Québec, dans tous les secteurs d'activité.» Mais tous les
secteurs d'activité…
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, pour la compréhension de tout le monde, là,
je suspends l'amendement du ministre, j'attends qu'on dépose l'amendement
de Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, et on reprend à la question que vous
venez de poser, là.
Mme Weil :
Oui, d'accord. Alors donc, ça, c'est un amendement, mais il y aurait un autre…
M. Gaudreault :
Il y a d'autres questions?
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui. O.K. Allons-y.
Mme Weil :
Oui, c'est ça, il y a d'autres questions. Et c'est vraiment en relisant la Fédération
des chambres de commerce… C'est sûr que
«tous les secteurs d'activité», c'est quand même assez vaste. Alors, ils
disent, bon, il y a les secteurs de l'aéronautique,
les secteurs des sciences de la vie... Est-ce qu'on ne pourrait peut-être pas
dire, et comme, d'ailleurs, beaucoup de mémoires ont dit, «dans de nombreux
secteurs d'activité»? Parce que de dire que, de tous les secteurs d'activité de
l'économie québécoise, il y a l'économie sociale, je pense que c'est trop. Il y
a des domaines, carrément, là, où l'économie sociale n'est pas présente, mais
ils sont présents dans beaucoup de secteurs.
La Présidente (Mme Champagne) :
Donc, ce serait un deuxième amendement.
Mme Weil : Alors, ça, ça serait un deuxième amendement. C'est
de dire «dans de nombreux secteurs d'activités», «et sur tous les
territoires du Québec».
La Présidente (Mme
Champagne) : Donc, je vais recevoir ces deux amendements-là. Là, on en
a un qui est suspendu. Tantôt, on va faire un tout, là, parce qu'il va falloir
en éliminer quelques-uns. Mme la députée de Gouin, c'était là-dessus également?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Alors, est-ce qu'on est prêt à entendre Mme la
députée de Gouin? Quelques secondes pour
avoir toute l'attention. Donc là, les amendements sont déposés, ils vont être
distribués. Est-ce que, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous déposez vos
deux amendements?
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. Ça fait qu'on pourrait en disposer un
derrière l'autre, là, parce que, là, je suis rendue avec trois. Jusqu'à
cinq, je suis raisonnable.
La Présidente (Mme Champagne) : Le premier, on parlait de tous les territoires du
Québec. Et, le deuxième, si je ne me
trompe, on parle des différents secteurs d'activité, là. On va les numéroter,
là, puis on va les passer un par un.
Une voix :
Ils sont distribués.
La Présidente (Mme Champagne) : Ils sont distribués? Parfait. O.K. Deuxième
amendement. O.K. Parfait...
La Présidente (Mme Champagne) : Donc là, nous avons les deux amendements, mais je
vais laisser intervenir Mme la députée de Gouin, qui, peut-être, va nous
éclairer sur ce qu'on vient de déposer. Allez-y.
Mme David :
Merci, Mme la Présidente. Vous êtes gentille, je vais faire mon possible. D'abord,
remplacer «régions» par «territoires» ne me pose aucun problème. Il faudra
juste se demander, en bon français, effectivement, si on dit «sur les
territoires» ou «dans les territoires». J'ai plutôt l'impression, moi, que c'est
«dans». Mais, rendu là, il y a probablement des gens qui ont une belle
formation linguistique et qui vont pouvoir nous aider.
Quant
au deuxième amendement, ce qui m'embête, c'est que ça dépend du sens qu'on
donne à l'article 1. Il est exact
qu'en ce moment, au moment où on se parle, l'économie sociale n'est pas
présente dans tous les secteurs d'activité du Québec de façon, mettons,
très pointue. C'est exact en ce moment. Par exemple, en tout cas, à ma
connaissance, ça peut m'avoir échappé, mais
je ne pense pas qu'il y ait d'activité minière en économie sociale, disons — on
va donner cet exemple-là — mais
il y en a dans le domaine de la forêt, quand même. C'est pour dire, donc, que l'économie
sociale peut parfaitement être présente, si on lui en donne
éventuellement la chance, dans tous les secteurs d'activité du Québec, si tant
est que c'est ce que nous décidons comme collectivité québécoise.
Donc,
la vraie question ici, c'est de savoir si on veut que l'article 1 ait une
portée restrictive dans le sens suivant : l'article 1 veut décrire le portrait actuel. Et, dans ce sens-là,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce aurait raison de dire «beaucoup d'activités» plutôt que «tous
les secteurs». Moi, je n'ai pas encore beaucoup d'expérience procédurale et parlementaire, mais il me semble quand même que,
lorsqu'on adopte une loi, ce n'est pas seulement pour faire le portrait de ce qui existe, mais c'est pour se donner des
orientations sur la suite des choses, il me semble. Et, dans cette mesure-là, pourquoi ne pas ouvrir à l'économie sociale tous les secteurs d'activité
hypothétiquement, là, potentiellement, et puis on verra?
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, Mme la députée de Gouin. M. le député de,
Beauce-Nord.
M. Spénard : Merci. Bien, moi, je suis un peu d'accord avec... pas un peu, beaucoup
d'accord. En passant, dans les mines,
il y a déjà une entreprise adaptée qui a travaillé dans les mines. Ils
faisaient les échelles de mines à Rouyn-Noranda, entreprise qui s'appelle Témabex. Moi aussi, si on dit que le
titre doit
être inclusif, que ça doit inclure... pourquoi qu'on ne laisserait pas «tous les secteurs d'activité» au lieu de «nombreux
secteurs d'activité»? «Tous les secteurs d'activité», c'est où est-ce qu'ils sont présents, ils sont présents,
les entreprises d'économie sociale. S'ils ne sont pas présents là, ils ne sont pas présents là, c'est
tout. C'est à peu près comme l'industrie privée. L'industrie
traditionnelle peut agir dans tous les secteurs. Ils ne sont peut-être
pas dans tous les secteurs, mais, tu sais, je ne verrais pas pourquoi qu'on
changerait le mot «tous» par «nombreux». Moi, c'est de la sémantique qui
m'apparaît très aléatoire en ce qui me concerne, là.
La Présidente (Mme Champagne) : Merci, M. le député de Beauce-Nord. Alors, M. le
ministre. Parce que, là, là, j'ai
comme trois amendements, celui qui avait été déposé… On en a suspendu un la
dernière fois. Là, les deux autres ne
sont pas encore discutés, on faisait une discussion ouverte. Alors, est-ce que,
M. le ministre, vous voulez commenter? Puis, ensuite de ça, on va
procéder en en retenant un ou deux, là. Mais on va y aller morceau par morceau.
Allez-y.
Gaudreault : Écoutez, je suis partagé, très franchement, là, parce que
moi aussi, je me suis posé la même question que la députée de Gouin :
Est-ce qu'on veut... Parce qu'il est rédigé au présent : Le projet de loi
a pour objet de reconnaître la contribution
particulière... Mais ça ne veut pas dire qu'on ne reconnaît que la contribution
particulière de l'économie sociale actuelle. C'est du présent — je ne
sais pas trop comment dire, là — actif, là, c'est... Parce que la loi sera
toujours rédigée ainsi, donc il faut qu'on...
«Nombreux» n'est pas
exclusif non plus, «nombreux» n'exclut rien, mais il y a quand même des
secteurs exclusifs à l'État québécois. Je ne
pense pas qu'il va y avoir un jour une entreprise d'économie sociale — puis je ne pense pas que ce soit
souhaitable non plus — dans
la police, par exemple. Est-ce que la police est un secteur d'activité de la société québécoise? Oui. Est-ce qu'il y aura
des entreprises d'économie sociale dans la... Je ne sais pas, là, j'essaie
de... En tout cas, pour moi, là, l'image qui
me vient le plus clair, c'est la police. Bon, il peut y en avoir dans les
services de sécurité, par exemple une coopérative de travail pour de la
sécurité privée, là. Mais, dans la police, la police sera toujours... et je souhaite
que la police et la sécurité publique soient toujours sous la responsabilité de
l'État.
Pour
moi, «nombreux» n'est pas exclusif. Si, un jour, il y a une entreprise d'économie
sociale dans le secteur de l'aéronautique parce qu'il y a une entreprise
d'aéronautique qui ferme puis que les travailleurs s'organisent en coop pour
reprendre l'entreprise, «nombreux», le mot «nombreux» n'exclut pas ça. Alors,
en même temps, à la limite, «tous»,
bizarrement, «tous» a un sens exclusif parce que je ne pense pas qu'il va y
avoir des entreprises d'économie sociale, un jour, dans la police,
mettons. En tout cas, «nombreux» est peut-être plus ouvert que «tous» dans ce
sens-là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui. Oui. Oui, M. le député de Deux-Montagnes, là-dessus.
M. Goyer :
Oui. Là-dessus, je n'ai pas la prétention de trouver le consensus, mais, moi,
ce que j'en comprends, c'est qu'on veut reconnaître l'économie sociale.
Donc, on pourrait dire «dans tous les secteurs d'activité où elles sont présentes et sur l'ensemble du territoire
québécois». Elles sont présentes. Et elles le seront dans 10 ans, 20 ans, 30
ans, on ne le sait pas, mais elles sont
présentes actuellement dans certains secteurs, dans de nombreux secteurs. Ça
fait que ça…
La Présidente (Mme Champagne) : …vraiment dans la sémantique, c'est le cas de le
dire, «l'ensemble», «sur tous les territoires», «sur chacun des
territoires». Alors là, il va falloir se faire une tête pour faire quelque
chose d'intelligent dans l'écriture, n'est-ce pas?
M. Goyer :
...et sur l'ensemble du territoire québécois parce que l'amendement «sur tous
les territoires du Québec»… Je pensais qu'on
en avait un, territoire au Québec, qui était le Québec, mais «les territoires»,
sur «l'ensemble du territoire québécois», il me semble que...
La Présidente (Mme Champagne) : Il faut en arriver, parce que, là, voyez-vous,
là… On va les prendre un par un, puis on va les éliminer. O.K.? La
discussion, encore quelques minutes sur les mots, puis, ensuite, on va arriver
avec le mot… de chacun des mots.
La Présidente (Mme Champagne) : Bon, «nombreux». Bon, alors donc, est-ce que, M.
le ministre, vous êtes d'accord — et les parlementaires — nous
allons retirer le...
La Présidente (Mme
Champagne) : Pas celui-là, pas du tout. Alors, nous allons aller vers
le premier amendement, celui qui a été
déposé aujourd'hui, j'oublie celui de la semaine passée, là : Remplacer
les mots «dans tous les secteurs d'activités» — puisqu'on
est là-dessus — par
les mots «dans de nombreux secteurs d'activités». Est-ce que vous êtes d'accord
avec ça?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Donc, est-ce que l'amendement «dans de nombreux
secteurs d'activités» est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) : Oui. Alors, l'amendement est adopté. Et, avant d'adopter
l'article 1, on va aller au deuxième
amendement. Dans le même
article 1, il y a un deuxième amendement. C'est :
Ajouter, après les mots «secteurs d'activité», les mots «et sur
tous les territoires du Québec».
Mme Weil :
...peut-être réexpliquer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Champagne) : Vous pouvez le réexpliquer, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. C'est vraiment la concordance avec le langage qui est utilisé dans le
reste de...
Mme Weil :
Oui. Oui, absolument.
La Présidente (Mme Champagne) : Parfait. Donc, c'est une concordance, dans le
fond. Donc, avant d'adopter «et sur tous les territoires du Québec», je
vais vous demander d'accepter le retrait du premier amendement qu'on avait eu, «et dans toutes les régions». On
retirerait celui-là. Il serait retiré pour faire place à «et sur tous les
territoires du Québec». Est-ce que vous êtes d'accord d'accepter cet
amendement-là?
La Présidente (Mme
Champagne) : Donc, l'amendement est accepté. Oui, Mme la députée de
Gouin.
Mme David :
Oui. Excusez-moi. Bien, d'abord, je ne suis vraiment pas sûre que le «sur» soit
adéquat, mais, je m'excuse, je ne me rappelle plus de votre comté.
Une voix :
C'est le comté de Deux-Montagnes.
Mme David :
Bien, oui. Je suis vraiment désolée. Je trouvais que M. le député de
Deux-Montagnes avait, personnellement, une
bonne idée en parlant de l'ensemble du territoire québécois, ce qui veut dire
exactement la même chose puis ce qui est beaucoup plus clair, à mon
avis.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
«sur tous les territoires du Québec», c'est votre amendement.
Mme Weil :
C'était vraiment la concordance avec la
Loi sur l'occupation du territoire et
avec les mémoires, surtout de ceux...
les CRE qui sont venues, qui veulent... On parlait même de créer des tables
régionales ou des comités. Donc, cette
notion de région... Évidemment, «territoire», c'est dans une région, et c'est
pour ça que même la CRE, la conférence régionale des élus du Québec, là,
de l'ensemble du Québec, là, avait mis le mot «territoire», parce que parfois,
dans une région, on peut avoir Saguenay,
Lac-Saint-Jean, on peut avoir divers... C'est ça. Alors donc, c'était cette
notion que, une grande région administrative, il peut y avoir certains
territoires.
Maintenant, c'était
vraiment plus par rapport... Parce qu'on a beaucoup regardé cette loi-là, parce
que tout le monde semblait avoir cet intérêt, je dirais — ce n'est
pas une préoccupation — l'intérêt
de s'assurer qu'on fait la promotion de l'économie
sociale partout au Québec. C'est sûr que l'ensemble du Québec, l'ensemble du
territoire… Puis, d'ailleurs, la
chaire n'est pas allée sur ça — la
chaire du Canada — parce
qu'ils ont dit : Bien, finalement, le Québec, c'est tout le territoire. Mais, en mettant «les
territoires», on est en train d'aller un peu plus profondément dans différents
territoires.
La Présidente (Mme Champagne) : …que M. le ministre a un commentaire à faire sur
cela parce que je pense qu'il réfère à un document, là. M. le ministre,
la parole est à vous sur «tous les territoires du Québec».
Gaudreault : Oui. J'ai avec moi la Loi pour assurer l'occupation et la
vitalité des territoires, qui a été sanctionnée
le 3 mai 2012 — alors,
on n'est pas dans l'histoire ancienne, là — et moi, je suis très sensible à l'argument
de la concordance dans le corpus législatif
et juridique du Québec, là, et, à l'article 5 de cette loi, paragraphe 6°, on
parle des principes qui gouvernent cette loi, là, pour assurer l'occupation et
la vitalité des territoires, et on parle de la cohérence et l'efficience des planifications et des interventions sur
les territoires. Alors, moi, je serais d'avis que, par souci de
concordance… Puis ils doivent s'être posé la question à ce moment-là, quand ils
ont adopté la loi... Puis, encore une fois, c'était le 3 mai 2012. Si ça se
trouve, mon collègue de Berthier était là, d'ailleurs.
Une voix :
J'étais là également.
M. Gaudreault : Mon collègue de Berthier était là avec sa grande sagesse. Ça fait qu'on
pourrait... Moi, je dirais, par souci de concordance, je dirais la même
chose que l'article 5, là, de la
loi sur l'occupation et la vitalité des
territoires, ça serait «sur tous les territoires».
La Présidente (Mme Champagne) : «Sur tous les territoires du Québec». Donc,
est-ce qu'on s'entend, «sur tous les territoires du Québec»?
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait. Donc, cet amendement-là est adopté. Alors,
maintenant que les deux amendements sont adoptés, qu'on en a retiré un, vous
êtes d'accord avec l'adoption de l'article 1?
La Présidente (Mme
Champagne) :
Article 1, adopté tel qu'amendé. Tel qu'amendé. Donc, on
s'entend bien, MM. les secrétaires? Ils sont
à deux, ils ne fournissent pas, à force qu'on est efficaces. Donc, on en retire
un, on en accepte deux, et je vous mets tout ça là. Bon.
On en est, M. le ministre, à l'article 2.
M. Gaudreault : À quelle heure,
on... à 13 h 30?
La Présidente (Mme Champagne) : On
termine à 13 heures tapant parce qu'il y a des gens qui occupent les lieux
ici, là.
M. Gaudreault : Ce n'est pas
13 h 30?
La Présidente (Mme Champagne) : Non.
Et on revient à 15 heures.
La Présidente (Mme Champagne) :
15 heures tapant.
M. Gaudreault : Bon, c'est à moi,
La Présidente (Mme Champagne) : Oui,
l'article 2, s'il vous plaît.
M. Gaudreault :
L'article 2? «2. La
présente loi a pour objectif :
«1° de promouvoir l'économie sociale comme
levier de développement socioéconomique;
«2° de
soutenir le développement de l'économie sociale par l'élaboration ou l'adaptation
d'outils d'intervention, dans une perspective de cohérence
gouvernementale et de transparence;
«3° de
favoriser l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration pour les
entreprises d'économie sociale.»
La Présidente (Mme Champagne) :
Commentaires?
Gaudreault :
L'article 2
identifie des objectifs que le projet de loi cherche à atteindre, entre autres
en regard de l'action
gouvernementale, laquelle sera orientée, dans le domaine de l'économie sociale,
par les divers rôles attribués aux
ministres du gouvernement — aux ministres au pluriel, là — par exemple, les articles 6 et 7; l'adoption
d'un plan d'action, les articles 8 à 10; et la création d'une table des
partenaires, articles 11 et 12.
La Présidente (Mme Champagne) : Autres
commentaires sur l'article 2, qui donne l'objectif de la loi? Oui, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, et suivie par la députée de Gouin.
Weil : Je vais vraiment
juste poser une question dans un premier temps, une question générale, puis,
ensuite, question de détail au paragraphe 3°. Est-ce qu'on fait les trois en
même temps ou...
La Présidente (Mme Champagne) :
Allons-y.
Mme Weil : Un, deux, trois? O.K.
Bon, soutenir le développement, je pense que le seul qui avait fait le commentaire... Moi, j'avais fait le commentaire,
mais je pense que c'est la Fédération des chambres de commerce... Mais c'est les budgets, c'est l'argent attaché, plan d'action.
Puis, j'ai posé la question au ministre, est-ce qu'on comprend que c'est
à partir des budgets du gouvernement et du ministère actuellement ou dans le
cadre des budgets des différents ministères? Je pense que c'est important d'avoir
la discussion pour que les gens puissent bien comprendre, cerner aussi les objectifs de cette loi-là. C'est de
faire du développement intelligent — je pense que c'est un peu ça — stratégique.
C'est le mot «développement» que… Il y a une coordination intergouvernementale
aussi, de s'assurer qu'on mise beaucoup sur ça pour s'assurer qu'on n'a pas d'efforts
gaspillés ni d'argent gaspillé.
Mais je ne
vois... Je pose la question : Est-ce que, pour le gouvernement, est-ce
que, pour le ministre, il y a de l'argent
attaché à ça? Est-ce que le ministre souhaiterait éventuellement avoir un cadre
financier particulier pour faire la promotion de l'économie sociale ou
est-ce que le ministre pense qu'à l'intérieur des budgets du ministère il sera capable de livrer la marchandise? Parce qu'il y a
des attentes, hein, quand on crée une loi-cadre, c'est sûr qu'il y a des
attentes. Mais on peut utiliser l'argent pour faire des aménagements. C'est le
ministre responsable des aménagements aussi. C'est un peu ça, d'avoir la
vision, là, du mot «développement», comment il voit ça.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, la question large et entière est posée.
Gaudreault : Je vais
répondre par non et oui à la question de la députée. Non, ce n'est pas une loi
à incidence budgétaire. Et ça, il faut que ce soit très, très clair, là,
notre objectif n'est pas d'attacher des budgets dans le texte législatif parce que, là, ce serait une autre
game, là. Excusez l'expression. Ce n'est pas une loi à incidence
budgétaire, je n'ai pas d'autres termes que ça à dire.
Deuxièmement,
oui, moi, je veux avoir plus de budget pour l'économie sociale. Sauf que, comme
on le dit plus loin dans la loi, il y aura un plan d'action qui va
suivre l'adoption de la loi. Même, le plan d'action — c'est
une des forces du projet de loi n° 27 — le plan d'action est
pérennisé dans la loi-cadre. Alors, il y aura des budgets qui seront associés au plan d'action. Seront-ce les budgets
que nous avons à l'heure actuelle? Y aura-t-il d'autres sommes qui y
seront allouées? Ceci relève d'autres
enjeux, d'autres chantiers, d'autres négociations, d'autres discussions que j'aurai
avec mes collègues, entre autres le Trésor, les Finances, et sur
lesquelles, j'en suis sûr, la députée me questionnera aux crédits.
Mais c'est
ça, l'affaire, là. Là, on adopte la loi, qui n'est pas avec incidence
budgétaire. Mais, oui, il y aura de l'argent pour soutenir le
développement de l'économie sociale.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Weil : Bon, juste un commentaire
parce que le mot «développement» revient plus tard, mais, dans l'article 2, on voit que le législateur, dans la
formulation, est quand même assez précis, il dit «développement de l'économie
sociale par l'élaboration ou l'adaptation d'outils d'intervention». Donc, ça,
ça va être quand même une priorité, hein? C'est
ce qu'on voit ici, que, pour donner un sens au mot «développement», on voit
comme prioritaire qu'il faut développer et adapter des outils.
Et l'autre
élément que je trouve intéressant, c'est qu'on parle de cohérence
gouvernementale et de transparence. Donc,
c'est vraiment ça qui vient colorer le mot «développement». Parce que plus
tard, quand on arrivera à des articles, je pense que c'est important de
se souvenir de ce paragraphe 2°. Maintenant… Ça va? Oui?
M. Gaudreault : …Mme la Présidente…
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
M. Gaudreault : ...une mini chose,
là. On dit bien ici, là, dans les objectifs de la loi, tels que formulés à l'article
2 : Soutient le développement. Il faut insister sur le mot «soutient», là.
Ce n'est pas tout le développement de l'économie
sociale qui dépend de ça, il y a d'autres façons de soutenir le développement.
Donc, les budgets sont importants, mais la présente loi a pour objectif
de soutenir le développement.
Et, plus tard, à l'article 8, on va y revenir
pour la question du plan d'action. On dit bien, au deuxième alinéa de l'article 8 : «Le plan d'action prend
assise sur la présente loi et identifie les actions que doit poser l'Administration
afin de soutenir le développement et la promotion de l'économie sociale…»
Alors, c'est ça. Là, on est dans la précision de
l'objectif de la loi.
Présidente (Mme Champagne) :
Voilà. Mme la députée de Gouin, vous aviez une question. Puis, ensuite,
je reviendrai à Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. On a peu de temps. Peut-être qu'on va devoir suspendre
parce qu'à 13 heures il y a des gens qui s'en viennent ici,
13 heures, mais on va quand même faire le dernier petit bout. Mme la
députée de Gouin.
David : Merci. Puis
peut-être que ça nous permettra, justement, de trouver collectivement la
réponse à la question. Ma question,
en fait, s'adresse à M. le ministre. Je ne sais pas si l'article 2 est le bon
endroit pour faire ce que j'aimerais
qu'on fasse, alors peut-être que les collègues pourront nous aider là-dessus. C'est
toute la question, qui a été soulevée,
entre autres, par le chantier et d'autres, d'une sorte de droit de premier
acheteur dans le cas de faillites d'entreprises, etc. Moi, je pensais
que, dans ce que la loi promeut, elle veut promouvoir l'économie sociale,
favoriser l'accès, etc. Elle peut aussi favoriser le développement de l'économie
sociale, la loi, en donnant aux travailleurs, travailleuses d'une entreprise en
faillite ou etc., qui n'a pas plus d'acheteur un droit de premier preneur.
Est-ce que c'est trop pointu pour être à l'article 2 ou est-ce que c'est le bon
endroit?
Et j'aurais
le même genre de question pour un autre objectif, c'est celui où d'autres groupes
sont venus nous dire : Il serait intéressant que l'État, qui est un
acheteur considérable, place l'économie sociale au centre de ses politiques d'achat. Ça peut se retrouver aussi dans le plan d'action.
Mais peut-être, à 15 heures, on pourra m'éclairer là-dessus, quels
sont les bons endroits pour répondre à ce genre de préoccupation.
Présidente (Mme Champagne) :
La question est posée. Je vais permettre au ministre de donner une
courte réponse, et définitivement, après ça, on va suspendre parce que l'heure
est arrivée, là.
Gaudreault : Au moins, vous
aurez un début de réponse pour les deux prochaines heures. Ce n'est
sûrement pas dans l'article 2. Là, vous-même, vous avez dit : C'est trop
pointu pour l'article 2. La réponse est oui, c'est trop pointu pour l'article
L'article 2, c'est les objectifs de la loi.
Alors, j'invite la députée de Gouin à réfléchir aux autres articles dans
la loi, plus tard, où on pourrait insérer ça.
La Présidente (Mme Champagne) : Où
on pourrait insérer, quitte à insérer un amendement.
Alors,
écoutez, compte tenu de l'heure, je vais suspendre l'article 2, et nous
reprenons nos travaux à 15 heures ici. Mais vous apportez toutes
vos choses, puisqu'il y a une réunion ici à 13 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous
sommes frais et dispos pour passer un beau deux heures ensemble, là.
Alors, la commission reprend ses travaux. Je vous rappelle donc que la
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 27, la
Loi sur l'économie sociale.
Alors,
lors de la suspension, nous en étions à l'étude de l'article 2. Alors, M.
le ministre, je pense que la parole est à vous, il me semble.
Gaudreault : Bien, pour dire que nous, nous étions prêts à l'adopter.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est assez court, merci, mais je sais que...
Des voix :
Ha, ha, ha!
La Présidente (Mme Champagne) : J'aime ça, moi, quelqu'un d'aussi efficace.
Alors, M. le ministre, nous étions en
discussion et nous nous étions dit, si j'ai bonne mémoire, quand même, que nous
aurions des réflexions et reviendrions, tout le monde, avec peut-être
des suggestions ou une adoption.
Alors,
est-ce que, Mme la députée de Gouin ou Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
vous avez des commentaires? Votre réflexion du dîner, Mme la députée de
Gouin.
Mme David :
Écoutez, ça a été tellement fructueux, tellement fructueux que, pour l'instant,
je ne déposerai aucun amendement à l'article 2, mais je vais revenir plus
tard.
La Présidente (Mme
Champagne) : Comme disait si bien le ministre — toujours
avant qu'on quitte pour le dîner — votre proposition ne pouvait pas se
placer à la 2, n'est-ce pas? Alors, Mme la députée, merci beaucoup. Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui. Écoutez, là, c'est par rapport au paragraphe 3°.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, le troisième picot.
Mme Weil :
Oui, le troisième picot, c'est ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : De l'article 2.
Mme Weil :
C'est des questions, puis ça va aller aussi avec l'article 7, où on
utilise un langage semblable. Donc, juste
à l'article 7, pour le ministre, on parle de mesures et programmes existants.
Alors, ici, dans 3°, on dit : «De favoriser l'accès aux mesures et
aux programmes — on
ne rajoute pas le qualificatif, ici, "existants" — de l'Administration
pour les entreprises d'économie sociale.»
Alors,
j'ai quelques questions. Ensuite, ce serait de voir comment faire la
concordance. Et, encore une fois, je vais soulever... J'ai relu attentivement, même si la fédération n'est pas
venue ici présenter... Mais, en relisant, j'ai vraiment analysé leurs
commentaires. Ils n'ont pas fait de proposition de modification, mais j'ai tenu
compte de certains de leurs commentaires pour essayer de voir si on pouvait
trouver un équilibre dans notre langage.
Alors,
ici, la question que j'aurais pour le ministre, quand on dit «favoriser l'accès»,
on veut dire... le «pour les entreprises d'économie sociale», ça se
réfère à «accès», c'est ça, et ça ne vient pas qualifier les programmes pour
les entreprises? Parce que, quand on le lit
comme ça... Le commentaire de la Fédération des chambres de commerce, c'est :
Ça ne se peut pas que c'est tous les programmes gouvernementaux qui seraient...
qu'on va favoriser l'accès à tous ces programmes
du ministère des Finances, par exemple, qui sont destinés à des entreprises,
vraiment, du secteur privé. Ils donnent
une série d'exemples, bon, certains types de crédits d'impôt, etc. Je ne sais
pas si je peux trouver le mémoire. Mais, en tout cas, je vais aller sur
le général, là. Donc, ce serait de... Comme on dit dans 7, on précise
«existants». Moi, je pense qu'il y a une
autre précision à amener. Et, M. le ministre et moi, on a eu l'occasion d'échanger
rapidement, informellement, aujourd'hui, moi, je pensais comme «pertinent», et
je pense que le ministre avait trouvé un autre mot. Mais, c'est-à-dire, c'est des programmes pertinents pour les
entreprises d'économie sociale, on ne parle pas de tous les programmes
gouvernementaux. C'était l'inquiétude de la Fédération des chambres de
commerce.
La Présidente (Mme
Champagne) : On est toujours à l'alinéa 3°?
Mme Weil :
C'est ça. Alors donc, on est juste sur la discussion pour l'instant. Parce que,
déjà, le législateur le prévoit dans 7, parce qu'on dit «programmes
existants». Et, même à 7, je ramènerais peut-être une autre précision pertinente, c'était d'adapter ou... C'est-à-dire
que c'est vraiment les programmes qui seront ciblés ou qui sont
pertinents, appropriés pour les entreprises d'économie sociale. Donc, ça
pourrait être de favoriser l'accès aux… Si, pour les entreprises d'économie
sociale, c'est vraiment «accès», on peut le garder à la fin de la phrase, «aux
mesures et aux programmes appropriés existants de l'Administration pour les
entreprises d'économie sociale».
La Présidente (Mme Champagne) : …un
amendement, Mme la députée?
Weil : Bien, je veux juste
peut-être avoir une discussion pour voir si le ministre a des questions avant
d'aller formellement sur l'amendement.
La Présidente (Mme Champagne) : Ah!
O.K. O.K.
Weil : Je pense que, la
précision qui est amenée à 7, on commence à donner une précision, mais je
pense qu'il n'est pas encore complet. Puis, quelle que soit la précision qu'on
amène dans 7, je pense qu'il faut l'amener ici, dans 3°, donc soit
«pertinents», «appropriés», «existants».
Et je pense
que l'idée ici, là, ce que... Si je comprends bien, l'intention, c'est de s'assurer
qu'on a vraiment bien regardé tous les programmes et les mesures qui
existent au gouvernement et qu'on assure qu'il y a une accessibilité, qu'on
favorise l'accessibilité à ces programmes qui sont appropriés pour les
entreprises d'économie sociale.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, avez-vous à commenter sur cette suggestion?
Gaudreault : Oui, oui, oui.
Écoutez, Mme la Présidente, je rappelle que nous sommes dans un
article
d'ordre général, que je dirais, qui définit l'objectif de la loi. Je comprends
les liens que fait la députée avec l'article 7 sur les programmes
existants, et là on ne parle pas de programmes existants à l'article 2. Je
réserverais pour l'instant mes commentaires pour l'article 7, je veux
continuer à y réfléchir. Mais je veux lui dire une chose, c'est qu'on dit bien
à l'article 2, paragraphe 3°,«de
favoriser l'accès aux mesures et aux programmes». «Favoriser» ne veut pas dire
«assurer l'accès». Alors, il ne faut pas non plus que la Fédération des
chambres de commerce, là, voie ça comme un monstre. Alors, c'est «favoriser l'accès», donc qu'on puisse mettre en oeuvre des
mesures pour favoriser l'accès, mais non pas assurer l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration.
«Administration», évidemment, ici, avec un «A» majuscule, là, pour dire
qu'on fait référence à l'Administration gouvernementale au sens large. En tout
cas, ça serait mes premiers commentaires, là.
Mme Weil : Est-ce que le ministre
est d'accord que ce qui est sous-entendu ici, évidemment, c'est les programmes
appropriés, là? C'est sûr que ce n'est pas tous les programmes du ministère des
Finances qui seraient ciblés pour l'entreprise privée, ça ne se peut pas, hein,
c'est des programmes très différents.
M. Gaudreault : Premièrement, ce n'est
pas que les programmes du ministère des Finances, là, quand on dit «de l'Administration».
Weil : Non. Je dis ça parce
que ce que j'ai senti dans le milieu, c'est vraiment... Il y a certains groupes
qui sont inclus dans l'économie sociale qui
voient vraiment le ministère des Finances comme leur interlocuteur, et on le
voit déjà dans le projet de loi, où c'est le
ministère des Affaires municipales et le ministère des Finances qui vont
proposer une politique. Donc, on voit que c'est deux ministères qui vont
travailler étroitement ensemble dans l'économie sociale parce qu'il y a
certains du milieu mutualiste et coopératif qui ont plus une interface avec le
ministère des Finances et d'autres qui seraient plus, peut-être, avec le
ministère des Affaires municipales.
Mais c'est
sûr que c'est un
article général. On peut comprendre que ce n'est vraiment pas
tous les programmes, mais j'avais ce souci en lisant leur mémoire… en le
relisant, et parce qu'on amenait cette précision dans l'article 7. Je ne sais pas si on peut y revenir plus tard.
Mais, en tout cas, vous le dites, ça fait
partie de ce que vous expliquez,
là. Mais votre vision des choses ici, ce n'est
pas tous les programmes du gouvernement, là, qu'on va faire la promotion.
Parce que faire la promotion, c'est du
temps, c'est des efforts, ça fait
partie d'un plan d'action. Quand on va
préparer le plan d'action, il faut cibler quand même les objectifs.
Donc, il faut savoir dans quel giron on est. C'est juste pragmatique. En bout de ligne, là, ce que je dis, c'est
vraiment juste pragmatique, pour s'assurer qu'on ne se perd pas non plus et
que ce ne soit pas trop diffus dans l'attention qu'on peut porter aux
différents programmes.
Je suis sûre
que c'est l'évidence un peu pour tout le monde, mais le vocabulaire est très
large dans 3°. Et, quand on arrivera au plan d'action, c'est
sûr que, dans le plan d'action, on pourra cibler. Mais je pense que c'est quand
même important, à quelque part, de dire les vraies choses, quels types de
programmes. Peut-être que ce n'est pas approprié, le mot, là. Moi, j'avais pensé «pertinents», mais qui sont adaptés à
leurs besoins aussi, c'est les types de programmes.
Si je comprends bien — mais
c'est peut-être le ministre qui peut répondre — ici, l'intention, c'est de
faire en sorte que toutes les entreprises
qui ont besoin des programmes existants — parce qu'on le spécifie quand même dans
7, «existants» — qu'on
s'assure que tout le monde connaît ces programmes et qu'ensuite on puisse les
aider à avoir accès aux programmes. C'est ça, l'intention. Donc, c'est quand
même assez ciblé dans l'exercice, mais les mots qui sont utilisés sont très
larges.
Présidente (Mme Champagne) :
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, c'est que j'ai deux demandes également,
là, de commentaires, de la part du député de Beauce-Nord et Mme la députée de
Gouin. Est-ce que, M. le ministre, vous
voulez intervenir maintenant ou après les commentaires du député de Beauce-Nord
et de la députée de Gouin?
Gaudreault : Non. Bien, je
peux commencer une réponse. Peut-être que ça va éclairer les collègues aussi,
là, avant leur intervention.
La Présidente (Mme Champagne) : O.K.
Peut-être. Alors, on vous entend.
Gaudreault : D'abord, c'est
sûr qu'un programme qui n'a pas de rapport avec l'économie sociale, il ne
pourra pas s'appliquer. Je veux dire, en
tout cas, je n'ai pas d'exemple en tête, mais un programme, là, d'un ministère
x qui n'est pas applicable à l'économie sociale pour toutes sortes de
raisons, parce que ce n'est même pas dans le champ de l'économie sociale, il ne pourra pas y avoir accès. Mais je pense qu'à
ce stade-ci il faut garder quand même une ouverture large. Je comprends que la députée de Notre-Dame-de-Grâce
pense tout de suite aux Finances. C'est vrai, on va travailler
étroitement ensemble, mais il y a plein de programmes de l'Adminstration qui
peuvent s'appliquer aux entreprises d'économie sociale, dans le domaine, par
exemple, de l'environnement, dans le domaine de la santé. On a reçu ici les groupes de maintien à domicile, par exemple, des
entreprises adaptées. Programmes en matière de ressources
naturelles, la députée de Gouin parlait des coopératives forestières.
Alors, il y a
des programmes, peut-être, qui ne sont pas, à l'heure actuelle, adaptés aux
entreprises d'économie sociale dans
différents ministères et le message qu'on envoie ici, c'est de favoriser l'accès
à ces programmes-là aussi pour les
entreprises d'économie sociale, comme c'est vrai aussi pour les entreprises de
l'économie marchande. Je veux bien, là, qu'on reprenne les arguments de la Fédération des chambres de commerce.
Premièrement, ils se sont désistés, ils ne sont pas venus ici, en
commission, nous dire leur point de vue. Oui, on a reçu leur mémoire, mais ils
ne sont pas venus. Moi, j'aurais bien aimé
échanger avec eux. Mais eux aussi, là, ils ont des programmes qui ne sont pas
nécessairement applicables pour eux, là.
Alors, moi, je veux qu'on soit, là, en mode où il faut faire en sorte que les
entreprises d'économie sociale soient
le plus possible considérées sur le même pied d'égalité que les autres secteurs
de l'économie, l'économie marchande
évidemment. Et je rappelle, encore une fois, qu'on est ici dans un
article qui
détermine les objectifs généraux de la loi. On pourra revenir tout à l'heure
sur l'article 7 pour plus les préciser. Voilà.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le député de Beauce-Nord. Et Mme la députée de Gouin tout de
suite après. Puis, ensuite, M. le ministre pourra faire ses commentaires
là-dessus.
Spénard : Bien, M. le
ministre a bien fait de parler — merci, Mme la Présidente — avant moi parce que c'est à peu près ça que je voulais dire, moi aussi. Parce
qu'on dit dans... le premier objectif, c'est «de promouvoir l'économie
sociale comme levier de développement socioéconomique». Alors, si on veut le
promouvoir comme levier de développement socioéconomique, il faut qu'il ait
accès à la majorité des programmes dans lesquels il se qualifie pour être
admissible aux programmes.
Si on parle
de programmes à capital-actions ou de programmes prise de participation dans l'entreprise,
tout ça, on sait très bien que les entreprises d'économie sociale ne
pourront pas appliquer à ces programmes, ça, c'est clair. Mais, par contre, je vais vous donner un exemple
bien simple, dans les entreprises adaptées... Vous allez trouver que ça revient souvent, les entreprises adaptées, parce
que ça a été des entreprises d'économie sociale qui ont parti en 1979 et
puis que, maintenant, elles ont pignon sur rue. Et les statistiques que je vous
ai données, M. le ministre, étaient un peu
en retard, de deux, trois ans, là, la semaine dernière, mais, à un moment
donné, on a fait inclure dans la loi, pour avoir accès aux contrats
gouvernementaux, comme toutes les autres industries, on a fait inscrire dans la
loi : Ce contrat est ouvert à toutes
les entreprises du Québec, sauf les entreprises... sauf les entreprises
adaptées ont le droit de soumissionner. Ça, on a fait... on était une mesure d'exclusion à un moment donné,
alors que, tu sais, on aurait dû être là un peu comme tout le monde.
Alors, c'est pour éviter ces mesures d'exclusion là. Quand on dit de «favoriser
l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration — en
général, l'Administration, c'est le gouvernement, c'est les entités
municipales, c'est un peu de tout — pour les entreprises d'économie
sociale», je pense que c'est ça que ça veut dire. Et c'est de dire... de donner un accès universel à tout le monde sans
concurrence déloyale, mais s'il répond aux critères. S'il demande, je ne
sais pas, moi…
Comme je vais vous donner un exemple. L'entretien
ménager, ici, du parlement, c'est un de mes amis qui le fait, c'est l'entreprise Euréka. On n'a jamais soumissionné pour parce
qu'ils demandaient d'avoir des contrats en entretien ménager d'au moins
5 millions par année. Alors, 5 millions, il n'y a pas beaucoup d'entreprises
d'économie sociale en entretien ménager qui
ont ça, 5 millions de chiffres d'affaires. Uniquement en entretien
ménager, là, j'entends. Alors, on n'a pas pu soumissionner. Puis ça, c'était
une condition. Le 5 millions, on le trouvait haut un peu, là, on savait
que c'était un peu canné, là, mais, tu sais…
Mais, à un moment donné, c'est pour favoriser aussi les entreprises d'économie
sociale qui émergent, qui ont envie de faire des affaires avec différents
donneurs de contrats, et puis pour ne pas leur mettre un frein au développement. C'est uniquement ça, puis ça, moi, je
le laisserais dans son intégralité, là, Ça, c'est sûr.
Présidente (Mme Champagne) :
Et, M. le ministre, je pense que je vais permettre à Mme la députée de
Gouin de faire ses commentaires puis, ensuite, je vous donnerai la parole.
M. Gaudreault : Oui, oui.
La Présidente (Mme Champagne) :
Parfait.
Mme David : Merci, Mme la
Présidente. Bien, d'abord, tout à fait en accord avec le ministre puis avec mon
collègue de la CAQ. En fait, là, on va être
francs entre nous autres, là, il y a un enjeu ici, et l'enjeu, c'est la
reconnaissance de la place de «l'économie
sociale — comme
c'est dit, d'ailleurs, à l'article 7 — comme
partie intégrante de la structure socioéconomique du Québec». Partant de
là, si on est d'accord avec ça — puis j'ai l'impression qu'on est tous et toutes d'accord avec ça — il
découle tout naturellement que les entreprises d'économie sociale, comme n'importe
quelle autre entreprise privée — on
va dire ça comme ça — doit
avoir accès aux mesures et aux programmes de l'Administration. Pour moi, c'est aussi simple que ça. Sans vouloir simplifier
à l'extrême, ou bien on reconnaît, mais là vraiment, là, comme classe politique le rôle de l'économie
sociale et on dit, comme d'autres collègues l'ont dit : Sur un pied
d'égalité, il faut aller de l'avant avec ça ou alors, bien, dans le fond, on
est un peu gênés, puis on... Il y a toutes sortes d'intérêts là-dedans, évidemment. Tout le monde essaie d'aller
chercher les mêmes subventions, hein? Quelque part, là, l'État a un
élastique. Quant à moi, il pourrait étirer un peu, mais il ne peut pas l'étirer
à l'infini. Donc, c'est sûr que, là-dedans, il y a des intérêts.
D'ailleurs,
dans la suite de nos débats sur les autres articles, on va voir d'autres types
d'intérêts survenir, même dans le
monde de l'économie sociale. Moi, je pense qu'ici, là, on est vraiment, à l'alinéa
3°, dans un
article où l'enjeu, il est clair, c'est que l'économie sociale doit avoir sa place aux côtés de
l'économie marchande, avec le même respect puis avec les mêmes
possibilités. Alors, moi, je le laisserais vraiment tel quel.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, Mme la députée de Gouin. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Juste pour bien
comprendre, c'est plus dans le sens de programmes comme les prêts qui sont à
très faibles taux d'intérêt, qui sont plus pour les entreprises d'économie
sociale, donc ce qu'on appelle le capital patient. Ça peut être les subventions salariales, ça peut être la fiscalité pour
ceux qui font l'intégration des personnes handicapées. C'est des
programmes qui ont été créés pour les entreprises d'économie sociale. C'était
juste par un souci de bien comprendre ce
dont on parle, et c'est pour ça que je posais des questions au ministre :
Qu'est-ce qu'on entend ici? Et c'est de s'assurer que les programmes qui
sont destinés... Parce qu'il y a des avantages, hein, il y a des programmes, il
y a beaucoup plus... C'est très différent. C'est surtout que c'est… on est dans deux
univers différents. Parce que, dans un cas, il y a une mission sociale qui aide l'État. Quand on pense aux
personnes, par exemple, qui font l'intégration des personnes handicapées, etc., donc l'État donne... il y a des
programmes spécifiques pour ces entreprises d'économie sociale. Je ne pense
pas que les entreprises d'économie sociale penseraient à faire application aux
programmes qui sont destinés pour les grandes, grandes, grandes entreprises.
Ils sont vraiment dans deux univers différents.
Moi, ce que j'ai
compris, c'est que l'article 2, quand on dit «pour les entreprises d'économie
sociale», on est en train de dire
«les programmes pour les entreprises d'économie sociale». Il y a un peu de
confusion dans le «pour…» La place où on a mis le «pour les entreprises
d'économie sociale», là, à la fin, certains l'ont interprété comme voulant dire «les programmes pour les entreprises d'économie
sociale» parce qu'il est à la fin. Ou bien on peut le comprendre comme
«accès pour les entreprises d'économie sociale».
Ceci étant
dit, c'est plus dans la structure de la phrase, mais vous, vous spécifiez qu'on
parle vraiment d'accès pour. Mais, en même temps, on peut comprendre que
c'est les programmes pour les entreprises d'économie sociale. On veut favoriser
l'accès. C'est que, quand on va faire le plan d'action, il faut bien comprendre
de quoi on parle, là. Est-ce qu'on veut
favoriser toutes ces mesures aidantes du gouvernement? Parce qu'il y en a
beaucoup pour l'économie sociale. Il y en a beaucoup parce que l'économie
sociale, les entreprises d'économie sociale aident à faire en sorte d'augmenter
l'assiette fiscale parce que les gens travaillent, bon, des gens qui seraient
laissés pour compte. On en a beaucoup parlé.
Ceux qui sont venus pour nous parler des travailleurs, ils ont des emplois
stables. Donc, il y a un intérêt pour le gouvernement de faire
en sorte de stabiliser ce milieu-là. C'est plus dans le sens de comprendre ce
dont on parle ici et de ne pas créer de confusion.
Maintenant, le ministre, vous, vous dites que ce
que vous comprenez — évidemment,
c'est votre loi, c'est votre projet de loi — c'est que, finalement, c'est
des programmes... Je pense que le député de Beauce-Nord a utilisé l'expression... Vous avez utilisé une expression
qui disait bien... comme «destiné à», pour lesquels ils sont aptes, ou
pour lesquels... Je ne me rappelle plus de l'adjectif que vous avez utilisé,
mais...
M. Spénard : Pour lesquels la loi
leur permet.
Mme Weil : Mais c'était un autre
adjectif que vous aviez utilisé, que je trouvais bon.
Weil : Oui, qui se
qualifient. C'est «qui se qualifient». C'est beaucoup dans ce sens-là, pour
lequel ils se qualifient, parce qu'après ça l'État doit faire un plan d'action
et il doit savoir dans quoi il agit. Maintenant, quand on revient à 7, on pourra le spécifier. Mais je vous
dirais que c'est plus dans ce sens-là parce que je trouvais que la
manière que l'article était écrit était un peu vague, était un peu vague.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
pense que la façon dont on en discute et le temps qu'on prend, probablement qu'il
y a mal compréhension. Alors, je sais que j'ai une demande de parole du député
de Beauce-Nord et de Mme la députée de Gouin. M. le ministre, je vais vous
laisser intervenir parce que...
M. Gaudreault : Je veux qu'on soit très clairs, là, on parle ici
de l'objectif de la loi, et un des objectifs, c'est de faire en sorte que les programmes de l'Administration
gouvernementale soient accessibles de façon égale aux entreprises d'économie
sociale, comme ils le sont pour les autres types d'entreprises. C'est comme si
on disait «de favoriser, pour les
entreprises d'économie sociale, l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration».
Sinon, ça n'aurait pas de sens de dire
«de favoriser l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration pour
les entreprisesd'économie sociale». C'est
une tautologie, c'est déjà le cas. Je veux dire, le PIEC, par exemple,
le programme d'infrastructures
en économie collective du Québec, c'est déjà un programme pour les entreprises
d'économie sociale. Pourquoi on irait
dire ça? C'est donc de favoriser... Moi, je serais prêt à dire, s'il faut que
ce soit plus clair, «de favoriser, pour les entreprises d'économie
sociale, l'accès aux mesures et aux programmes de l'Administration».
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
Alors, ça pourrait toujours être ça. On obtient...
Gaudreault : Mais, je veux
que vous compreniez, je ne dis pas que je veux nécessairement le virer de
bord, là, puis insérer ce bout de phrase là,
le déplacer après «favoriser». Mais ce que je dis, c'est : C'est ça, l'intention
de la loi, c'est ça.
Présidente (Mme Champagne) :
Alors, l'intention étant là, M. le député de Beauce-Nord, Mme la députée
de Gouin, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Un, deux, trois.
M. Spénard : Oui. Je veux réagir un
peu aux propos de la députée de Notre-Dame-de-Grâce. C'est parce qu'elle a parlé tantôt de subventions
gouvernementales. Je pense que, lorsqu'on parle d'entreprises d'économie
sociale, le terme «subvention» est un peu
péjoratif parce que l'entreprise d'économie sociale qui a une valeur ajoutée,
qui produit et qui vend des biens et des services, c'est des contrats qu'elle
a avec le gouvernement, des contrats pour assurer telle mission sociale.
Les contrats
que les entreprises ont avec le ministère de l'Emploi, c'est parce que l'entreprise
privée ne voulait pas le faire, ne veut pas être bâdrée avec ça, et puis
ils n'ont pas appliqué la loi 9 jusqu'au bout. Mais ça, c'est des contrats qu'on a avec le gouvernement pour engager
tant de personnes qui sont non compétitives sur le marché régulier du travail et qui sont considérées comme personnes
handicapées. Mais, si tu ne fais pas ça, tu ne peux pas prendre l'argent,
puis partir avec, puis faire n'importe quoi, là. Le contrat, c'est ça, tu as
1 827 heures par année à le faire travailler, tu es subventionné le
salaire minimum ou le décret en vigueur, à part des bénéfices marginaux, et
tout, mais il y a un coût à ça, là. L'entreprise,
il faut qu'elle génère des profits et des revenus importants pour assurer sa
pleine totalité des contrats. Mais ça, ce n'est pas des subventions
gouvernementales, c'est des contrats que nous passons avec différents
ministères pour assurer la mission sociale dont ils veulent que nous assumons.
C'est différent, ça.
La Présidente (Mme Champagne) :
Merci, M. le député de Beauce-Nord. Mme la députée de Gouin.
David : Merci, Mme la
Présidente. Ça va être très court. Je ne sais pas si le ministre va faire un
amendement avec sa propre formulation, mais,
vraiment, je trouve que la formulation qu'il vient de suggérer est beaucoup
plus claire juste en termes de
structure de phrase. Et, elle dit ce que j'avais effectivement compris de l'intention
gouvernementale, je pense que c'était très juste.
Petite mise en garde, peut-être, qu'on pourrait
se faire collectivement : il ne faudrait pas résumer l'économie sociale
uniquement aux entreprises qui donnent, effectivement — puis
c'est important, là, — de
l'aide aux personnes souvent, là, très
vulnérables de la société. Je rappelle qu'il y a des entreprises d'économie
sociale dans le domaine de la restauration, de l'hébergement, donc de l'hôtellerie,
il y en a dans le domaine forestier, il y en a dans le domaine des salons mortuaires — ça, c'est sûr que c'est... bon, je ne ferai
pas de jeux de mots niaiseux — il y en a dans le domaine de la
culture. Autrement dit, l'économie sociale, maintenant, c'est quelque chose qui
est extrêmement varié. Il faudrait toujours se rappeler de ça. Donc, bien sûr,
les entreprises qui embauchent des personnes handicapées, qui font toutes sortes de choses, mais il y a toute une panoplie
de secteurs d'activité, de services, de biens qui sont produits, etc., et,
donc, il faudrait qu'on ait toujours en mémoire que beaucoup d'entreprises d'économie
sociale ont une finalité sociale telle que
bien décrite dans le projet de loi, ont un fonctionnement démocratique, il n'y
a pas d'actionnaires, bon, enfin tout ce que vous connaissez, mais ne
pas seulement se confiner à l'aspect des services sociaux, disons, rendus par l'économie
sociale.
Présidente (Mme Champagne) :
Merci, Mme la députée de Gouin. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : Juste pour l'enregistrement,
ça pourrait être utile : Où est-ce que le ministère voit des failles?
Juste pour qu'on comprenne un peu peut-être l'objectif de cette disposition et
de la loi, généralement où il y a des programmes qui existent, mais qui ne sont
pas actuellement accessibles aux entreprises d'économie sociale?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Gaudreault : Bien, écoutez,
c'est assez varié, là. Il y a différents programmes qui sont moins
accessibles, disons, aux entreprises d'économie
sociale. Il y a des programmes en culture, le ministère de la Culture, qui ont
exclu... Ce n'est sûrement pas par mauvaise foi, là, mais, par exemple, les
OBNL, alors donc, qui ne sont pas admissibles, là, à des programmes du ministère de la Culture, exemple. Alors, il y en a
plein d'autres, là, des programmes comme ça dans différents ministères.
On peut peut-être regarder pour en fournir une liste qui ne sera pas exhaustive
et qu'on pourra déposer ici, je n'ai pas de problème avec ça. Mais il y a des
programmes comme ça qui ne sont pas accessibles à des organismes qui ont un
statut plus courant, disons, dans le monde de l'économie sociale.
Mme Weil : Mme la Présidente, avec
votre permission...
Présidente (Mme Champagne) : Oui, Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
…donc, l'objectif ici, c'est vraiment peut-être plus dans l'espace
gouvernemental. Il y a desprogrammes,
mais on n'a pas nécessairement pensé ou réfléchi à ouvrir ça aux entreprises...
Donc, c'est vraiment d'ouvrir ces programmes aux entreprises d'économie
sociale plus large.
Gaudreault : Avec toutes les adaptations nécessaires, là, on s'entend,
Mme Weil :
Parce qu'ensuite, quand on va arriver au 7, donc, on pourra discuter du sens d'existence...
La Présidente (Mme Champagne) : ...ces choses-là. Là, nous sommes à l'objectif.
Alors, est-ce que je comprends que le troisième picot, qui est un
alinéa, il y aurait changement dans la phrase ou si on garde la phrase telle
quelle?
Mme Weil :
Bien, moi, je pense que... J'avais aussi noté ça, j'avais mis une petite flèche
après «de favoriser l'accès pour les
entreprises d'économie sociale». Parce qu'en fait, avec l'explication du
ministre, c'est important de le rendre plus clair, parce qu'on pouvait lire l'article comme si on parlait des
programmes qui sont destinés aux entreprises d'économie sociale. Donc,
si l'intention du législateur, c'est vraiment de faire un travail de fond pour
ouvrir l'Administration, tous les programmes de l'Administration…
La Présidente (Mme Champagne) : Donc, ça se lirait de la façon suivante :
«De favoriser, pour les entreprises d'économie sociale, l'accès aux
mesures et aux programmes de l'Administration.»
M. Gaudreault : Comme on pourrait dire : «De favoriser l'accès, pour les
entreprises d'économie sociale, aux mesures et aux…» On est mieux
avec : «De favoriser, pour les entreprises d'économie sociale, l'accès aux
mesures et aux programmes…»
La Présidente (Mme
Champagne) : Alors, vous me l'écrivez. Ça devient un amendement.
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est ça, parce que j'ai besoin d'un papier qui vient
statuer tout ça.
M. Gaudreault :
Il me semble que ça serait après «favoriser», là. Je ne déchirerai pas ma
chemise là-dessus.
La Présidente (Mme Champagne) : Là, êtes-vous huit à écrire la même phrase? Non?
Je pense que les gens du ministère
sont en train de regarder l'impact des mots. Chaque mot, en français, a une
place extraordinaire. Il faut juste le mettre à la bonne place.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui. Voilà. Alors, on est en train de rédiger.
Est-ce que vous préférez qu'on suspende
quelques instants? Alors, qui me rédige ça, là? Est-ce que c'est Mme
Notre-Dame-de-Grâce? Mme Notre-Dame... Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. Mme Notre-Dame-de-Grâce, vous avez un nouveau nom, vous,
Mme Weil :
…c'est beau, ça…
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est joli, hein? Mme Notre-Dame-de-Grâce. À la grâce de
Dieu.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui. Alors, je pense qu'on est en train de
rédiger quelque chose ici, et on...
La Présidente (Mme Champagne) : Mais oui, ça prend le papier. C'est préférable
pour nous, pour les secrétaires. Vous êtes tellement importants qu'ils
sont à deux. Retenez cela, M. le ministre.
M. Gaudreault : «De favoriser, pour les entreprises d'économie sociale, l'accès aux
mesures et aux programmes de l'Administration.» C'est ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : «Favoriser, pour les entreprises d'économie sociale...»
M. Gaudreault : Est-ce qu'on
continue en attendant que ce soit prêt?
Présidente (Mme Champagne) :
On peut bien faire ça, mais je pense que ça s'en vient en courant. On
peut suspendre, aller au 3, ça fait qu'on va
mêler les cartes pour rien. Moi, là, mêlons rien aujourd'hui, là, contentons-nous
de la chose telle qu'elle est. Le 1°, le point 1° est correct, parfaitement. Le
deuxième également, on ne touche pas à ça. Et, le troisième, il y aurait un
petit amendement qui s'en vient tellement rapidement que je le sens.
La Présidente (Mme Champagne) : Je
ne le sens pas assez vite parce que...
M. Gaudreault : Il est plus vite que
son ombre.
Présidente (Mme Champagne) :
Il est plus vite que son ombre. Vous comprenez l'esprit, là, vous êtes
tous d'accord avec ça, mais vous préférez le voir avant de l'adopter.
Présidente (Mme Champagne) :
Il faut avoir l'amendement pour l'adopter. Donc, je l'ai dans la tête,
mais je ne l'ai pas sur papier. Alors, attendez qu'il m'arrive sur papier. On
va passer au 3, on va faire la lecture du 3, M. le ministre, ça va nous avancer.
L'article 3, et on va suspendre le 2, le
temps qu'on nous rédige l'amendement. Là, ça vient de plaire à nos
secrétaires.
Gaudreault : Alors :
«3. On entend par "économie sociale", l'ensemble des activités
économiques réalisées à des fins sociales dans le cadre des entreprises
dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de
services et qui sont exploitées conformément aux principes suivants :
«1° l'entreprise a pour but de répondre aux besoins
de ses membres ou de la collectivité;
«2° l'entreprise
n'est pas sous le contrôle décisionnel d'un ou de plusieurs organismes publics
au sens de la
Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels
(chapitre A-2.1);
«3° les règles applicables à l'entreprise
prévoient un processus de prise de décision démocratique;
«4° les
règles applicables à l'entreprise interdisent la distribution des surplus
générés par ses activités ou prévoient une distribution de ceux-ci aux
membres au prorata des opérations effectuées entre chacun d'eux et l'entreprise.
«Pour l'application
du premier alinéa, la finalité sociale s'apprécie notamment en fonction de la
contribution de l'entreprise à l'amélioration du bien-être de ses
membres ou de la collectivité et à la création d'emplois.
«Est une entreprise d'économie sociale, une
entreprise dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services et qui est
exploitée, conformément aux principes énoncés au premier alinéa, par une
coopérative, une mutuelle ou un organisme à but non lucratif.»
Alors, les
notes explicatives nous disent que l'article 3 du projet de loi définit deux
expressions, soit «économie sociale»
et «entreprise d'économie sociale». Ces définitions serviront de référence afin
d'uniformiser l'action gouvernementale lorsque l'ensemble du domaine de
l'économie sociale sera visé ou qu'un renvoi à la notion d'entreprise d'économie
sociale sera nécessaire.
La définition d'«économie sociale» contenue au
projet de loi est une définition large d'un ensemble identifié au moyen d'un
faisceau de conditions, soit celui regroupant certaines activités économiques
réalisées dans le cadre de certaines entreprises.
Les activités
économiques visées par la définition sont celles qui sont réalisées à des fins
sociales, par opposition à celles
effectuées principalement en vue de la réalisation d'un bénéfice pécuniaire. Il
est précisé au deuxième alinéa de l'article 3 que l'appréciation de la
finalité sociale des activités de l'entreprise se fait notamment en fonction de
sa contribution à l'amélioration du bien-être de ses membres ou de la
collectivité et également en fonction des emplois qu'elle contribue à créer.
De plus, ces activités doivent être réalisées
dans le cadre de certaines entreprises. Ces entreprises doivent notamment vendre ou échanger des biens ou des
services, contrairement aux organismes qui les offrent gratuitement, et elles doivent être exploitées conformément aux principes
qui caractérisent les entités oeuvrant au sein de cette économie.
Le troisième alinéa de l'article définit ce qui
constitue une entreprise d'économie sociale. Essentiellement, une telle entreprise répond aux caractéristiques
utilisées pour la définition d'«économie sociale», mais en y ajoutant un
critère lié à son statut juridique.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Oui. Alors, il y aura
plusieurs amendements, là, dans cet
article 3, qui est évidemment le coeur,
hein, je pense, on peut le dire, le coeur du projet de loi.
Donc, pour le
premier alinéa, l'amendement qu'on proposerait, c'est de remplacer les mots
«réalisées à des fins sociales dans le cadre des entreprises dont les
activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services
et qui sont» par «dont la finalité n'est pas centrée sur le profit, mais sur le
service aux membres ou à la collectivité réalisées dans le cadre d'entreprises».
Et là je me
fie beaucoup à Caisse d'économie solidaire Desjardins, mais aussi la Chaire de
recherche du Canada en économie sociale. Et aussi, pour commencer, parce
qu'il faut le décortiquer, «fins sociales», «finalité sociale»… «Finalité sociale», il y a
une concordance avec le deuxième alinéa de l'article 3, et pour... Donc, je
vais lire, pour l'enregistrement, je vais lire le raisonnement.
M. Gaudreault : Je m'excuse de vous
interrompre. C'est parce que nous aussi, on avait un amendement. J'aurais peut-être dû le dire après les notes
explicatives. Puis là j'entends la députée de Notre-Dame-de-Grâce, puis
j'ai l'impression que... Il est rédigé, et tout, là. Je ne sais pas si on a des
copies, même, déjà de prêtes ou...
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, je vais vous demander quelque chose...
M. Gaudreault : Peut-être qu'on
pourrait travailler...
Mme Weil : …dans le même sens...
M. Gaudreault : Oui, c'est ça, ça va
dans le même sens.
La Présidente
(Mme Champagne) : Oui.
Alors, M. le ministre puis Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, vu que
la discussion peut être quand même de fond… pas juste quand même, mais de fond
sur le 3, on va tout de suite, maintenant
que vous avez en main l'amendement, suspendre le 3 quelques instants, revenir
au 2 et disposer du 2 afin de nous permettre de travailler, là, dans le
sens du monde.
Alors, l'article 2, l'amendement, M. le
ministre, si vous voulez, s'il vous plaît, relire à l'article 2…
M. Gaudreault : Remplacer le
paragraphe 3° de l'article 2 par le suivant :
«3° de
favoriser, pour les entreprises d'économie sociale, l'accès aux mesures et aux
programmes de l'Administration.»
La Présidente (Mme Champagne) : Ça
vous va, tel que convenu tout à l'heure? Alors donc, l'amendement à l'article 2
est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Est-ce que l'article 2 amendé est adopté?
La Présidente (Mme Champagne) :
Adopté avec amendement. Bon, voilà pour ça. C'est beau. Et là nous revenons à 3 avec toute l'attention qu'on doit lui
accorder. Alors, M. le ministre, vous étiez à dire que vous aviez déjà
un amendement de prévu pour le premier alinéa?
La Présidente (Mme Champagne) : Ou
simplement pour le 3, là, au début, là?
M. Gaudreault : Pour l'ensemble de l'oeuvre.
La Présidente (Mme Champagne) : Pour
l'ensemble de l'oeuvre.
M. Gaudreault : On remplace au
complet l'article 3. On aime mieux... ça sera moins compliqué à lire. Vous
allez voir, il y a des éléments qui se
ressemblent, là, comme le premier alinéa puis les paragraphes 1°, 2°. On
commence des modifications au paragraphe 3°, ensuite le paragraphe 5° au
complet.
La Présidente (Mme Champagne) :
Donc, est-ce qu'on peut recevoir cet amendement?
Présidente (Mme Champagne) :
Il serait important qu'on puisse en discuter maintenant, donc on va
distribuer l'amendement.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
Gaudreault : O.K. Puis on a la note explicative qui va avec.
La Présidente (Mme
Champagne) : Vous en avez sept également?
Mme Weil :
On en a sept, alors on prévoit les...
La Présidente (Mme Champagne) : Puis, Mme la députée de Gouin, vous en avez
également, des amendements?
La Présidente (Mme Champagne) : Deux amendements. En fait, ça va être l'article
de l'amendement. Alors, nous allons commencer par un amendement. On va
essayer d'en disposer puis peut-être jouer sur le tableau, là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Il y a deux pages?
Une voix :
…une note explicative.
La Présidente (Mme Champagne) : O.K. Je commençais à me dire : Woups! Donc,
M. le ministre, vous proposez de changer complètement l'article 3
par un nouvel
article avec explication.
Gaudreault : Oui. Comme je vous disais, il y a des choses qui ne
changent pas, là. Mais, plutôt que de procéder par petits bouts, on aime mieux
procéder par gros bouts.
La Présidente (Mme Champagne) : O.K. Alors, nous allons reprendre, donc, l'article 3.
Pas par petits bouts, par gros bouts. Ça va avoir toute une connotation,
ça, dans les écrits.
M. Gaudreault : Ah oui! Bien, Mme la Présidente, on travaille tellement bien, dans la
note explicative, là, les collègues vont voir, dans l'encadré, là, les
morceaux qu'on ajoute, en fait qui constituent l'amendement au nouvel
article 3,
sont soulignés, comme, par exemple, au picot 3°, là, «par les membres». Au
verso, vous allez voir, tout le paragraphe 5° est modifié. Ce qui est souligné,
c'est la modification qu'on apporte à l'article 3.
La Présidente (Mme
Champagne) : Parfait.
Gaudreault : Vous me suivez?
La Présidente (Mme Champagne) : Oui. Bien, je vous suis, oui. Si je comprends
bien, l'amendement que vous apportez, l'article même, c'est comme une
répétition, à peu près, de l'autre, puis, ici, nous avons vraiment les ajouts,
là, dans le...
Gaudreault : C'est ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : …tels qu'ils se liraient.
Gaudreault : C'est ça.
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, M. le ministre, vous nous faites la
différence dans votre lecture, là. Le prenez-vous au complet?
Mme Weil :
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, Mme la députée.
Mme Weil :
Pour qu'on puisse peut-être aller plus vite, c'est qu'on dirait que nous, dans
un premier temps, on a des amendements qui n'ont
pas été apportés par le ministre. C'est l'alinéa un et le premier paragraphe de
l'alinéa un. Ensuite, par la suite, il y en
a peut-être qui se ressemblent, donc comme, par exemple, «fins sociales»,
«finalité sociale».
La Présidente (Mme Champagne) : Alors, comme ça risque d'être très compliqué, on
va simplifier la chose, on va
profiter de tous les amendements pour faire une discussion large. Après ça, on
va procéder un par un, ce qu'on accepte et ce qu'on n'accepte pas.
Sinon, on risque, avec vous...
Gaudreault : Ça veut dire qu'on
travaille, Mme la Présidente, sur la base de l'amendement que j'ai
déposé?
Présidente (Mme Champagne) : Oui, puis on peut en ajouter parce qu'on
en a d'autres.
Gaudreault : Parce que, de toute façon, c'est, en gros, le même
article.
Mme Weil :
Sauf que, là, il y a des amendements.
Gaudreault : En tout cas, en ce qui nous concerne, là.
La Présidente (Mme
Champagne) : Mais leurs amendements sont différents.
Gaudreault : Puis, après ça, on pourrait prendre un paragraphe par
paragraphe.
Mme Weil :
Ah oui! on pourrait travailler... Oui, oui, oui. On travaillerait, c'est ça, à
partir de l'amendement du ministre. Et nous, après ça, donc, on pourrait
voir qu'est-ce qui peut...
La Présidente (Mme Champagne) : O.K. Parfait. Parfait. Alors, M. le ministre, on
y va avec votre
article et les amendements. Puis, si eux ont à en ajouter
pour venir corriger l'amendement de l'amendement, on va le déposer, puis là on
va en disposer un par un à la fois.
Gaudreault : Et même chose avec les collègues de...
La Présidente (Mme
Champagne) : La même chose avec les collègues de Québec solidaire.
Gaudreault : Et, Beauce-Nord, il n'y a pas d'amendement?
M. Spénard :
Bien, moi, je vais en avoir, des amendements. Bien, un coup que vous allez
avoir lu votre amendement, je vais avoir des amendements sur votre amendement...
La Présidente (Mme
Champagne) : Au fur et à mesure.
M. Spénard :
Là, vous le lisez au complet, puis, ensuite, on va partir paragraphe par
paragraphe, j'imagine?
La Présidente (Mme
Champagne) : C'est ça. C'est ça.
La Présidente (Mme
Champagne) : Donc, ça, on biffe ça puis on revient avec ça. C'est
beau.
Gaudreault : Donc, je lis le nouvel amendement?
La Présidente (Mme
Champagne) : Oui, le nouvel amendement, c'est ça.
La Présidente (Mme Champagne) : Le nouvel amendement, qui ressemble, en fait, par
beaucoup de morceaux, à l'article 3, hein?
La Présidente (Mme
Champagne) : Bon, parfait. On y va.
Gaudreault : Alors,
article 3. Remplacer l'article 3 par le
suivant :
On entend par "économie sociale", l'ensemble des activités
économiques réalisées à des fins sociales dans le cadre des entreprises dont les activités
consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services et qui
sont exploitées conformément aux principes suivants :
«1° l'entreprise a
pour but de répondre aux besoins des ses membres ou de la collectivité;
l'entreprise n'est pas sous le contrôle décisionnel d'un ou de plusieurs
organismes publics au sens de la
Loi sur
l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels (chapitre A-2.1);
les règles applicables à l'entreprise prévoient un processus de prise de décision
démocratique par les membres;
«4° les règles
applicables à l'entreprise interdisent la distribution des surplus générés par
ses activités ou prévoient une distribution
de ceux-ci aux membres au prorata des opérations effectuées entre chacun d'eux
et l'entreprise;
«5° les règles applicables à la personne morale
qui exploite l'entreprise prévoient qu'en cas de dissolution, le reliquat de
ses biens doit être dévolu à une autre personne morale partageant des objectifs
semblables;
«Pour
l'application du premier alinéa, la finalité sociale est celle qui n'est pas
centrée sur le profit pécuniaire mais sur
le service aux membres ou à la collectivité et elle s'apprécie notamment en
fonction de la contribution de l'entreprise à l'amélioration du
bien-être de ses membres ou de la collectivité et à la création d'emplois
durables;
«Est une entreprise d'économie sociale, une
entreprise dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services et qui est
exploitée, conformément aux principes énoncés au premier alinéa, par une
coopérative, une mutuelle ou une association dotée de la personnalité
juridique.»
Les notes
explicatives de l'amendement, Mme la Présidente, je pense que c'est important.
L'amendement proposé remplace l'article 3 afin d'y apporter certaines
précisions quant à la définition d'«économie dociale» et d'«entreprise d'économie
sociale».
Au paragraphe 3°, il est proposé de préciser que
ce sont les membres qui participent au processus de prise de décision
démocratique.
Un cinquième
principe d'exploitation est ajouté au paragraphe 5° afin de prévoir qu'en cas
de dissolution de la personne morale
qui exploite l'entreprise ses biens ne doivent pas être répartis entre les
membres, mais doivent bénéficier à une autre organisation qui poursuit
des fins similaires.
Au deuxième alinéa, une précision est apportée
relativement à la notion de finalité sociale pour qu'elle soit comprise comme ne visant pas la recherche de
profit, mais le service aux membres ou à la collectivité. De plus, il est
précisé que le critère d'appréciation relatif à la création d'emplois se
rapporte à des emplois durables.
Finalement,
il est proposé de remplacer la notion d'organisme à but non lucratif par celle
d'association dotée de la personnalité juridique. Le terme «association»
réfère à un groupement de personnes qui s'associent dans un but autre que celui de partager des profits. Il est
toutefois à préciser que les associations visées doivent posséder la
personnalité juridique, ce qui réfère
essentiellement aux organismes à but non lucratif régis par la
partie III de la
Loi sur les compagnies et exclut les associations du Code civil,
lesquelles n'étant pas personnifiées. Voilà.
La Présidente (Mme Champagne) : Et
là, dans le bas, on a, bien sûr, l'article tel qu'il se lirait.
Présidente (Mme Champagne) :
Donc, on s'entend, dans le projet de loi, l'article 3 déposé, vous l'annulez
pour repartir avec l'amendement au complet
qui, en fait, reprend totalement l'article 3. Alors, commentaires là-dessus?
Puis, si vous arrivez avec des propositions sur un des éléments... Parce que,
là, si je ne me trompe pas, Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce, vous avez apporté des amendements à partir de l'article
3 du projet de loi initial. Là, si vous
regardez maintenant l'article 3 qui se veut un amendement, vous apportez des
amendements là-dessus également? Ça revient au même, quoi?
Mme Weil : Bien, il va falloir voir
article par article.
La Présidente (Mme Champagne) : Le
voir morceau... Donc, on va, si vous permettez, en faire comme une discussion pour... Enfin, s'il le faut, nous
suspendrons pour amalgamer tout ça si ça se veut pertinent. Ça vous va
comme ça? Ça vaut pour Mme la députée de
Gouin également, qui a certains amendements. Alors, je vais commencer par
vous, une à la fois, et on devrait finir à une heure raisonnable et en ayant
complété minimalement l'article 3. Allez-y.
Weil : Donc, moi, je
commencerais, Mme la Présidente, donc, un amendement au premier alinéa. Et,
ça revient vraiment à la recommandation de la CIRIEC et de la chaire du Canada
en recherche sur l'économie sociale, ce
serait : «On entend par économie sociale...» Donc, remplacer les mots
«réalisées à des fins sociales dans le cadre des entreprises dont les
activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services
et qui sont»... On arrêterait puis on le
remplacerait par «dont la finalité n'est pas centrée sur le profit, mais sur le
service aux membres ou à la collectivité réalisées dans le cadre d'entreprises».
Alors, «la finalité», c'est l'expression qui est
utilisée au deuxième alinéa, hein, on parle de «finalité sociale». L'argument
qui avait été présenté, c'est que «fins sociales», c'est flou, et on a plus
tendance à penser à la mission sociale d'un gouvernement ou d'un organisme de
bienfaisance, alors que «finalité sociale» ou l'objectif social de l'économie
sociale, c'est autre chose que ça. Donc, il y avait ça, mais aussi il y aurait
concordance.
Et «réalisées
dans le cadre d'entreprises», donc, parce que... Bon, l'argument... Je vais
vous lire l'argumentaire : Afin
de simplifier la formulation, il est suggéré d'enlever de ce paragraphe les
mots «consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de
services», ce qui est maintenu. Si on se réfère au Code civil, le troisième
paragraphe de l'article 1525 , «constitue l'exploitation d'une entreprise
l'exercice, par une ou plusieurs personnes — ça, c'est le Code civil — d'une
activité économique organisée, qu'elle soit ou non à caractère commercial,
consistant dans la production ou la réalisation de biens, leur administration
ou leur aliénation, ou dans la prestation de services».
Et la mention dont «la finalité [...] n'est pas
centrée sur le profit [...] mais sur le service aux membres ou à la
collectivité» précise la distinction avec les entreprises traditionnelles. Et,
plus loin, donc, ils expliquent que le terme «fins
sociales» est flou, il pourrait être confondu avec «responsabilité sociale des
entreprises traditionnelles».
Présidente (Mme Champagne) :
…d'une bonne partie, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, du premier
paragraphe de l'article 3 amendé, là, parce qu'il est... c'est-à-dire il est
proposé comme amendement. J'aimerais peut-être mieux avoir votre libellé pour
que M. le ministre et les autres collègues puissent en prendre part.
Alors, nous allons distribuer cela et le regarder, en
discuter. Donc, ce serait comme un sous-amendement à l'amendement. C'est comme ça qu'il pourrait s'intituler, là. Ça
fait qu'on va en discuter, de celui-là. Puis, s'il y a d'autres
commentaires là-dessus, on va passer à travers celui-là d'abord pour en arriver
à faire quelque chose qui a de l'allure.
Alors, Mme la députée, est-ce que vous avez un
amendement également sur ce premier paragraphe là?
Mme David : Non, mais je pensais que
vous appeliez à des commentaires, justement, là-dessus. Non?
Présidente (Mme Champagne) :
Oui, là-dessus, parce que je me donnais juste le temps que vous l'ayez en main.
Mme David : Ça va, on peut le faire
tout de suite.
La Présidente (Mme Champagne) : L'amendement,
ça va? L'avez-vous en main? Non?
Mme David : Non, mais ça va.
La Présidente (Mme Champagne) : Vous
avez déjà un commentaire?
Mme David : Bien, oui, très simple.
La Présidente (Mme Champagne) : Oui.
David : Ce que Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce apporte, quant à nous, nous paraît
satisfaisant. Je fais seulement remarquer que l'idée qui est apportée par Mme
la députée se retrouve aussi dans l'amendement du ministre à l'alinéa 5° parce qu'il précise ce que veut dire
«finalité sociale» en disant : Bon, elle n'est pas centrée... c'est
celle qui n'est pas centrée sur le profit pécuniaire. Est-ce qu'il y a d'autres
profits que pécuniaires? Mais, en tout cas, peut-être. Bref, je pense que c'est
la même idée, mais l'avantage de l'amendement de Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, c'est, plutôt que d'arriver à la
fin pour dire : Savez-vous, ce qu'on vous a dit au début, ça veut dire
ça?, bien, c'est de l'écrire au début. Je trouve ça plus simple
personnellement, donc je l'appuie.
La Présidente (Mme Champagne) :
Donc, vous appuyez le sous-amendement déposé par la députée de
Notre-Dame-de-Grâce?
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre.
Gaudreault : Bien,
effectivement, c'est ce que je voulais dire à la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
C'est un peu ce que la députée de Gouin vient de dire, c'est dans le sens que,
grosso modo, la proposition qu'elle fait, là, de définir la «finalité sociale», si on veut, là, qui n'est pas centrée sur
le profit, nous, on l'a incluse à l'alinéa deux. Mais on pense qu'il est plus justifié là parce qu'on veut
garder l'expression «à des fins sociales». Donc, quand on dit au premier
alinéa : «On entend par "économie
sociale", l'ensemble des activités économiques réalisées à des fins
sociales» — bla,
bla, bla — bon,
plus loin, bien là on vient définir c'est
quoi: «Pour l'application du premier alinéa, la "finalité
sociale"…», puis là j'embarque dans la définition, qui est la même que
celle, à peu de choses près, que nous propose la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Alors, on vient inclure, dans la loi — dans
une loi qui est la
Loi sur l'économie sociale — le concept de «fins sociales»,
qu'on vient définir plus loin. Alors, ça, pour nous, c'était important de le
dire, ça, de le marquer, des «fins sociales». Puis, après ça, bien, on arrive
en le définissant dans le deuxième alinéa, là, qui commence par «pour l'application»,
etc. Bon Donc, je veux dire, on est très près, là, je pense, de nos
définitions...
La Présidente (Mme Champagne) : En
fait, vous dites la même chose, mais de façon différente.
M. Gaudreault : À une place
différente.
La Présidente (Mme Champagne) : À
une place différente, je veux dire. C'est ce que je comprends, là.
M. Gaudreault : Parce que nous, on
veut assumer qu'il peut y avoir des fins sociales.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Weil : Mais, bon, sauf qu'on
utilise deux expressions... le ministre utilise deux expressions : «fins
sociales» et «finalité sociale». Alors, à la
fin, même dans son amendement, on dit : «On entend par "finalité
sociale"», mais on n'a pas parlé de «finalité sociale». À moins qu'on
fait l'amendement du premier alinéa, il faudrait dire «finalité sociale».
M. Gaudreault : ...bien, «fins
sociales» ou «finalité sociale», c'est la même chose.
Weil : Bien non. L'argument
qui est présenté par la chaire, le CIRIEC, moi, j'y crois. Moi, quand j'entends
«fins sociales», je ne pense pas
nécessairement économie sociale, je pense des objectifs de nature sociale comme
peut avoir un ministère de la Santé et des Services sociaux, un organisme de
bienfaisance. Et, donc, l'argument — et c'est vraiment la chaire qui présente l'argument. — j'étais
persuadée quand je l'ai entendu. Il y a une économie de mots aussi dans la proposition qui est faite. C'est-à-dire au
lieu de dire «qui consistent [...] en la vente ou l'échange de biens ou
de services», que ça, c'est évident, ça, ça
va sans dire, donc la proposition... Alors, on peut le diviser en deux, cet
amendement : commencer par régler la question de «fins sociales» ou
«finalité sociale», ce serait une chose; et, ensuite, traiter de la deuxième
partie, qui est «réalisées dans le cadre...»
Donc, la
finalité n'est pas centrée sur le profit. C'est ça qu'on vient qualifier quand
on parle de finalité sociale, et, donc,
ce n'est pas dans le sens d'une mission sociale comme on pourrait voir dans les
services sociaux, par exemple, ou un organisme de bienfaisance qui a des
fins sociales. Donc, le qualificatif… la
partie de la phrase qui vient
expliquer «finalité sociale», en fait
vraiment une distinction. Ce n'est pas «responsabilité sociale» comme les
entreprises du secteur privé peuvent
avoir la responsabilité sociale. En tout cas, je pense que c'est pas mal le
coeur aussi de l'économie sociale ici. Je pense que c'est important de s'entendre
sur les mots.
Présidente (Mme Champagne) :
Les commentaires, également, du député de Beauce-Nord, qui avait levé la
main. Puis Mme la députée de Gouin également, qui voudrait revenir là-dessus.
Ensuite, je vais donner la parole au ministre pour essayer de voir comment qu'on
peut attacher l'un ou l'autre, là, ou, du moins, d'en détacher un. Alors, M. le
député de Beauce-Nord.
M. Spénard : Merci, Mme la
Présidente. Parce que moi... On s'en vient avec des amendements sur les amendements sur les amendements, là, je trouve
ça... Moi, j'en reviens à la définition, parce que c'est vraiment le
coeur, la définition de l'économie sociale, et je ne suis pas du tout en accord
avec la définition qui est là pour une seule et bonne raison. Quand on dit «à des fins sociales dans le cadre des
entreprises dont les activités consistent notamment en la vente ou l'échange de biens ou de services»,
premièrement, l'échange, c'est un produit de la vente. L'échange, c'est
pareil comme un chèque ou c'est pareil comme
de l'argent, tu peux… Tu as un bien à vendre, tu peux soit l'échanger, soit
le vendre, de l'argent, ou soit le troquer pour d'autre chose. Ça fait que l'échange,
pour moi, ce n'est pas une finalité...
Ensuite de
ça, une entreprise d'économie sociale, ce n'est pas juste de la vente, c'est
celle qui produit des biens et des
services dans le but de vendre. C'est ça, une entreprise, ça produit des biens
ou des services. Ça ne fait pas juste vendre ou échanger des biens et des services, là. Une entreprise, ça produit
des biens ou des services. C'est ça, une entreprise. Et je pense que,
«en la vente ou l'échange»... C'est que j'ai un peu de misère avec ça, moi.
C'est pour ça que j'aimerais, moi, que... Parce
que, dans à peu près la majorité des définitions d'«entreprise d'économie
sociale», la majorité s'entendent pour dire que c'est une entreprise qui a des
fins sociales, mais dont le moyen est
économique pour y parvenir. Ça, on passera ça, là. Mais c'est plutôt une
entreprise de production de biens ou de services. C'est de la production
de biens ou de services, ce n'est pas juste de la vente ou de l'échange. La
vente et l'échange, ça, c'est ce qui vient
après la production de biens ou de services, c'est... Autrement dit, ça, c'est
la finalité, là, ce n'est pas la définition, là, d'une entreprise d'économie
sociale.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, je pense, M. le député de Beauce-Nord, le propos est clair, là...
Spénard : En tout cas, moi,
j'aurais un amendement là-dessus, là, mais ça, on en parlera plus tard s'il y
en a qui veulent m'obstiner, là.
Présidente (Mme Champagne) :
Si vous êtes prêt à l'apporter, vous mettez tout ça devant moi, là, puis
on va choisir dans ça. Mme la députée de Gouin.
David : Bien, je trouve ça
très intéressant d'entendre mon collègue. J'avoue que je n'y avais pas
pensé, mais... Comme on n'arrête pas de se
dire qu'on est au coeur de la question du projet de loi, là, je vais peut-être
dire quelque chose d'iconoclaste en termes de procédure, mais est-ce qu'on
pourrait discuter du coeur puis voir si les formulations correspondent au
coeur?
La Présidente (Mme Champagne) : Tout
à fait. C'est ce qu'on fait.
David : Parce que j'écoute
parler le ministre, j'écoute parler la députée de Notre-Dame-de-Grâce et
j'essaie de voir, rendu là, mais elles sont où, les différences exactement sur
le fond, là. Moi, j'aimerais qu'on me l'explique et j'aimerais ça qu'on voie
aussi, collectivement, si on est d'accord avec cette idée du collègue de
Beauce-Nord, qui dit : Mais, attention,
il n'y a pas juste de la vente de biens et services, il y a de la production.
Je pense, entre autres, à la coop
forestière. Est-ce qu'on est d'accord avec ça? Parce que, si on est d'accord
avec ça, bien, c'est simple, on va rajouter le mot «production» quelque
part. Mais, avant d'essayer de formuler, je suis en train de me dire que, si on
prenait quelques minutes pour juste voir avec quoi on est vraiment d'accord, ça
simplifierait.
La Présidente (Mme Champagne) :
Proposition très bien accueillie, Mme la députée de Gouin. Alors, il y a un propos qui tient la route de Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. J'écoute aussi mon collègue de Beauce-Nord. Je vous
écoute. M. le ministre a déposé quelque chose, puis on sent l'interrogation.
Donc, on va suspendre quelques minutes. On va pouvoir en
discuter peut-être plus à l'aise, puis on va s'entendre sur des mots pour
arriver peut-être à un premier paragraphe. On est dans le premier alinéa, là,
on est juste en haut. Si on
part correctement là, on risque de descendre
correctement également. Alors, moi, je pourrais vous proposer ça, si ça vous
convient, pour... Ça éviterait peut-être la
partie plus stricte de la
discussion.
M. Gaudreault : Mais, avant de
suspendre, j'aurais juste un...
La Présidente (Mme Champagne) : Vous
auriez un commentaire à faire? Alors, parfait, je vous entends.
Gaudreault : Première
réaction, si on veut, aux échanges, c'est le cas de le dire, là, bon, je
réitère la notion de fins sociales, pour nous, qui était importante de
voir apparaître là.
L'autre élément, quand on dit «notamment en la
vente ou l'échange», «notamment», ça n'exclut pas. Donc, «notamment», il peut y avoir de la production,
mais on s'entend que toute production est destinée à être vendue, de
toute façon, c'est… En tout cas. Donc,
«notamment en la vente ou l'échange». Et l'échange, ça existe, là. Alors,
là-dessus, je suis en désaccord avec le député de Beauce-Nord. On a même
eu ici un témoignage. Je ne me souviens plus c'est quel groupe qui nous a parlé des accorderies. Bien, les accorderies, c'est du
troc, c'est de l'échange, c'est de l'échange de temps, mettons, du temps
de garage versus du temps d'horticulture, mettons.
M. Spénard : M. le ministre, l'échange,
c'est le produit de la vente.
M. Gaudreault : Bien, pas
nécessairement.
M. Gaudreault : Non, non, c'est ça.
M. Spénard : Bien, c'est le produit
de la vente.
M. Gaudreault : Moi, je pense que l'échange
comme tel, sans vente, peut exister. Il existe des accorderies.
M. Spénard : Bien non, c'est
impossible, c'est une vente de services.
M. Gaudreault : Je peux-tu finir mon
point? Je vais finir...
La Présidente (Mme Champagne) : ...
M. Gaudreault : Oui, c'est ça.
Présidente (Mme Champagne) :
...une minute, parce que celui qui enregistre va avoir un méchant
problème.
M. Gaudreault : C'est ça,
exactement.
La Présidente (Mme Champagne) :
Alors, M. le ministre, allez-y.
Gaudreault : Mais c'est
dans... Vous n'êtes pas obligés d'être d'accord avec moi, mais je vous dis
pourquoi il est là, «échange», parce que, pour nous, il existe, l'échange. Bon.
Puis on a eu l'exemple... Je ne me souviens plus c'est quel groupe qui nous a
parlé des accorderies. En tout cas, ce n'était pas des accorderies comme
telles, c'était une association.
Et l'autre
élément, c'est que, quand on vient dire... Il me semble que j'avais un autre
élément. Non, c'est ça… En gros, c'est ça que je voulais dire.
Maintenant, on peut suspendre pour... si on veut s'entendre entre nous, là.
Présidente (Mme Champagne) :
Ça fait que nous allons suspendre quelques minutes. Ça va nous permettre
d'échanger et de réfléchir à voix basse.
(Suspension de la séance à 16 h 13)
La Présidente
(Mme Champagne) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Je pense qu'il y a eu une bonne
discussion de fond. On est toujours au premier alinéa de l'article 3, si je ne
me trompe. Alors, nous sommes dans l'amendement
du ministre. Je vous rappelle que M. le ministre a déposé, à l'article 3, un
amendement modifiant totalement... bien, totalement... il a déposé un
amendement qui remplace, en fait, l'article 3. Alors, je pense qu'il va y avoir
un correctif ou un changement à l'article, au premier alinéa de l'article 3. M.
le ministre.
Gaudreault : De l'amendement.
La Présidente (Mme
Champagne) : De l'amendement.
Gaudreault : Bien, on ajouterait au premier al