Culture and Education — 8 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2015-09-08

Quebec — Committees

Culture and Education — 8 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2015-09-08

Quebec — Committees

Pour

ma part, je m'engage personnellement, M.

le Président, à prendre en

considération, avec sérieux et application, les propositions et représentations qui nous seront faites aujourd'hui. Nous, membres de la commission,

poursuivons dans cette démarche un

même objectif : obtenir la meilleure pièce législative qu'il sera possible

de faire adopter par l'Assemblée nationale.

Et, d'entrée de jeu, j'en profite, M. le Président, pour inviter mes collègues

de l'opposition à un briefing technique — breffage, devrait-on

dire — qui

sera organisé incessamment.

veux donc souhaiter la bienvenue aux partenaires issus des milieux culturels

qui sont concernés par les modifications législatives proposées à la loi

actuelle. Ces modifications visent principalement à revoir le cadre de

gouvernance du Conservatoire de musique et

d'art dramatique du Québec. C'est là un réaménagement important, car il s'agit

de donner à cette grande institution

québécoise les leviers essentiels à son développement, à l'exercice plein et

entier de son expertise et à sa

capacité de prendre les bonnes décisions quant à son avenir en tant qu'école de

formation professionnelle artistique au service de la jeunesse, des

artistes et de la culture québécoise.

ne peux que me réjouir de la présence parmi nous de nombreuses personnes

éminemment compétentes et je suis

impatiente d'entendre leurs commentaires. Je compte en effet beaucoup sur la

collaboration de tous pour la suite des choses, en l'occurrence l'adoption, souhaitable et dans les meilleurs

délais, d'un projet de loi qui contribuera à assurer la pérennité du conservatoire, une institution

considérée unanimement comme un outil essentiel de développement culturel

pour toutes les régions du Québec. Je prends

le soin de rappeler que la mission fondamentale du Conservatoire de musique

et d'art dramatique du Québec et de ses établissements régionaux est préservée

et même bonifiée.

un mot, le conservatoire doit évoluer en phase avec son époque et développer

son plein potentiel. Le nouveau cadre

de gouvernance doit lui donner la marge de manoeuvre nécessaire à l'excellence

de son cursus scolaire de même qu'à

l'administration optimale de ses ressources humaines et matérielles. De fait,

je le précise, le nouveau cadre proposé doit être à l'avantage des élèves, des milieux de la culture, des

régions du Québec de même que des citoyennes et des citoyens du Québec.

Cette approche de révision de la gouvernance a d'ailleurs été mise en place

dans plusieurs sociétés d'État gouvernementales,

et, parmi celles-ci, des organisations oeuvrant en culture et en communication.

En effet, M. le Président, cette

gouvernance moderne d'un conseil d'administration équilibré, imputable et

représentatif a été adoptée avec succès pour la Société de la Place des Arts de Montréal, de la Société du Grand

Théâtre de Québec, de la Société de télédiffusion du Québec, de la Société de développement des

entreprises culturelles, et du Conseil des arts et des lettres du Québec de

même, récemment, que pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Mentionnons

que, pour cette dernière année, j'ai été chargée de mener à bien le projet de

loi modifiant sa loi constitutive et que

j'ai pu compter sur une excellente collaboration des deux oppositions. Étant

donné la taille et l'importance de

BANQ, je suis particulièrement contente de la réussite de ce projet, et on peut

dire que ce fut une expérience des plus formatrices dans mes fonctions de ministre chargée des responsabilités

gouvernementales en culture et en communications.

De plus, comme il est

question, ici encore, de donner à une grande société d'État un cadre de

gouvernance du XXIe siècle, la réussite du

projet de

loi sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec met, pour ainsi

dire, la table pour l'initiative

législative que nous soumettons à la population ainsi qu'à nos collègues parlementaires.

Il s'agit d'un projet de loi qui

promeut une modernisation respectueuse des principes de bonne gestion dans une

organisation gouvernementale très

appréciée du monde de la culture au Québec, une institution envers laquelle nos

concitoyennes et nos concitoyens, en

particulier ceux des régions, ont démontré un profond attachement. À ce sujet,

je crois que ces derniers ont tout lieu de se réjouir, puisque notre

projet de loi fait une place importante aux régions dans la composition

projetée du conseil d'administration.

le Président, je suis convaincue que, pendant la consultation que nous abordons

aujourd'hui, nous travaillerons pour l'avancement de notre culture.

Président (M. Kotto) : Merci, Mme la ministre. Je profite de

l'occasion pour saluer les collègues qui vous accompagnent ainsi que le

personnel du ministère.

donne maintenant la parole à la députée de Joliette, qui est la figure de

l'opposition officielle. Vous avez

3 min 30 s.

Hivon : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer la ministre,

toute son équipe, mes collègues ministériels, ma collègue du deuxième

groupe d'opposition, fidèle critique

à mes côtés, mon autre collègue de l'opposition, qui était jadis aussi à mes côtés pour d'autres

dossiers qui m'occupaient, et bien

sûr aux représentants du conservatoire, et aux autres invités que nous aurons la

chance d'entendre.

est face à un projet de loi qui est relativement technique mais qui a des impacts importants pour

la gouvernance et l'avenir, donc, du

Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec. Ce n'est pas banal. On

l'a vu quand on a étudié, au

printemps, la refonte de la gouvernance de Bibliothèque et Archives nationales

du Québec, il y a quand

même des enjeux de gouvernance qui

sont importants. L'idée, c'est de faire entrer le conservatoire, bien entendu,

dans la gouvernance et les règles de

gouvernance du XXIe siècle. Donc, en soi, je pense que c'est un exercice

qui est très valable.

faut s'assurer, bien sûr, que l'avenir du conservatoire va pouvoir être le

plus florissant possible. Il y a un an, nous

étions dans un tout autre état d'esprit, avec beaucoup de turbulences autour

de l'avenir des conservatoires,

notamment en région, il y avait

énormément d'incertitudes. Et je pense qu'il peut toujours

y avoir du bon qui sort de ce type de crise ou de turbulences, et on a

pu constater à quel point le milieu de la culture était attaché au

conservatoire, était attaché, bien sûr, aux conservatoires en région, et, plus que le

milieu, que les artistes, que les musiciens, on a vu comment les gens y étaient attachés aussi. Et je suis confiante que

cet attachement-là va avoir des répercussions positives et donc va assurer

la pérennité du conservatoire, non pas dans

sa structure uniquement, mais avec ses antennes régionales. Parce qu'on a pu

voir à quel point c'était important

pour le déploiement de la culture en région, pour la formation aussi, bien

entendu, en région, mais pour toute la vie culturelle, globalement, et

pour la qualité de vie en région, tout autant.

Donc,

aujourd'hui, je vais être très heureuse et... très attentive

aux commentaires qui vont nous être faits, parce que l'objectif, bien entendu, c'est d'améliorer un projet de loi. On le voit avec chaque projet

de loi, il n'y a pas un projet de

loi, malgré tout le talent des

légistes et des équipes, qui peut arriver en une forme absolument

parfaite. Donc, on est là pour

améliorer tous ensemble le projet de

loi. Donc, c'est avec beaucoup

d'intérêt qu'on va écouter les commentaires des groupes. Merci, M. le Président.

Président (M. Kotto) :

Je remercie et salue la porte-parole de l'opposition officielle ainsi que la conseillère qui

l'accompagne.

passe maintenant la parole à la députée d'Iberville, porte-parole du deuxième groupe d'opposition,

à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de

2 min 30 s.

Samson : Merci, M. le Président. Alors, je salue d'abord la ministre et son équipe. Je salue mes collègues du

parti ministériel et ma collègue de l'opposition officielle, le Conservatoire

de musique, mesdames et monsieur des conservatoires.

Alors,

on le sait, le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, c'est 73 ans

d'histoire. Depuis 1942, le

conservatoire accueille et forme des élèves aux plus hauts standards en musique

et en art dramatique. L'an dernier, on a eu certainement des craintes importantes quant à l'avenir de certains

conservatoires en région. Heureusement, le dénouement, malgré tout, a été positif, et nous en sommes très

contents, très heureux. Vous jouez un rôle prépondérant dans le développement

de la culture en région, et c'est avec grand intérêt qu'on est ici aujourd'hui.

D'emblée, nous sommes

plutôt favorables à la modernisation de la gouvernance du conservatoire, qui

passe notamment par une meilleure reddition de comptes, la création de comités

relatifs à la gouvernance et l'éthique, les ressources

humaines et la vérification. Nous avons toutefois l'intention de demander à la

ministre quelques éclaircissements et faire valoir quelques petits

changements. Nous espérons que la ministre sera ouverte à nos demandes. En tout

cas, jusqu'à maintenant, on a eu la bonne habitude de bien discuter. Alors, je

vous remercie et bonne journée.

Président (M. Kotto) : Merci, Mme la députée. Je vous salue également

ainsi que le collègue qui vous accompagne et la conseillère à vos côtés.

Alors,

nous allons maintenant débuter les auditions. Je souhaite la bienvenue

aux représentants du Conservatoire

de musique et d'art dramatique du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de

10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la période

d'échange avec les membres de la commission. Alors, je vous invite à vous

présenter puis à commencer votre exposé.

Maheu (Marie-France) :

Bonjour, tout le monde. Bon matin. Mon nom est Marie-France Maheu. Je

suis présidente du conseil

d'administration des conservatoires de musique et d'art dramatique du Québec depuis la fin octobre 2014.

Kotto, vice-président de la Commission de la culture et de l'éducation, Mme

David, ministre de la Culture et des Communications, Mme Hivon, porte-parole de

l'opposition officielle en matière de culture et de communications, Mme Samson,

porte-parole du deuxième groupe d'opposition

en matière de culture et de communications, Mmes et MM. les membres de la commission, distingués invités, j'ai le

plaisir de m'adresser à vous en compagnie de quelques membres de l'équipe

du conservatoire, que je désire vous présenter. Vous avez, à ma gauche, M.

Vincent Tanguay, membre du conseil d'administration

et du comité de gouvernance et d'éthique du conservatoire; à ma droite, Mme

Danielle Dubé, directrice générale

par intérim du conservatoire; M. Régis Fortin, directeur des études; et M.

Benoît Dagenais... Fortin... excusez-moi, M. Régis Rousseau, directeur des études; M. Benoît Dagenais, directeur

du Conservatoire d'art dramatique de Montréal.

nom du conservatoire, je tiens à vous exprimer notre reconnaissance d'avoir été

invités à donner un avis à l'égard du

projet de loi n° 48, projet dont l'objectif est de moderniser la

gouvernance de cette institution unique en Amérique du Nord, dans le cadre des travaux de la Commission

de la culture et de l'éducation. Cette intervention vous exposera les

éléments qui nous amènent à croire que les propositions de ce projet de loi

favoriseront la poursuite de la mission du conservatoire.

Étant donné les récents événements dont il a été le théâtre, nous pensons

qu'une mise en oeuvre rapide des dispositions

prévues dans ce projet de loi contribuera à assurer un avenir solide à une

école qui forme, depuis sa fondation en 1942, des artistes qui rayonnent

ici et de par le monde.

Mais, tout d'abord, laissez-moi vous rappeler que

le conservatoire est né de la volonté de deux hommes, deux visionnaires, le chef d'orchestre Wilfrid

Pelletier et le compositeur Claude Champagne, qui voulaient à la fois donner aux jeunes du Québec la chance de

développer leurs talents artistiques et doter notre société d'une vie d'artiste

digne de ce nom. D'abord établi à Montréal,

un réseau d'écoles artistiques se tissera au fil des ans pour en compter, à

terme, un total de neuf, dont deux en

art dramatique et sept en musique, réparties sur l'ensemble du territoire.

Notre organisation comprend des

établissements à Saguenay, à Trois-Rivières, à Val-d'Or, à Gatineau, à Rimouski

et bien sûr à Québec et à Montréal.

La formation en musique y est, depuis les années 70, offerte à tous les

niveaux, du programme préparatoire jusqu'au deuxième cycle

universitaire, formation qui se caractérise par une approche très

personnalisée, adaptée au potentiel et au

cheminement de chaque personne, chaque jeune. En art dramatique, la formation

est de niveau universitaire et

s'organise autour de cohortes qui bénéficient d'un entraînement intensif et

d'une expérience proche du milieu théâtral.

est important de préciser que le conservatoire est un modèle à part dans le

paysage de la formation. D'une part, il

offre une formation professionnelle reconnue tant en art dramatique qu'en

musique, comme le font d'autres institutions supérieures au Québec, comme les cégeps ou les universités. D'autre

part, contrairement à ces écoles, le conservatoire est rattaché au ministère de la Culture et des

Communications. Une autre différence majeure concerne notre mode de financement. Les cégeps et les universités

reçoivent un financement proportionnel au nombre d'étudiants inscrits à leurs

programmes. Au conservatoire, nous disposons

d'une enveloppe de financement fermée, ce qui pose des défis majeurs pour assurer son développement. Cette situation

nous mène à limiter le nombre d'élèves admis dans nos établissements

depuis plusieurs années.

Depuis

sa fondation, le conservatoire cultive le goût de l'excellence chez les jeunes

talentueux qui expriment un intérêt

pour la musique et l'art dramatique. L'apprentissage de ces disciplines

artistiques exige d'eux, des professeurs et de leurs parents un

engagement total. Les résultats de nos méthodes, éprouvées ici comme ailleurs,

ne se sont jamais démentis. Bien sûr, il

nous appartient de veiller à renouveler nos pratiques dans le respect de cette

grande tradition, mais les fondements de ces formations professionnelles

demeurent essentiellement inchangés depuis des décennies.

an, mal an, le conservatoire rejoint plus de 800 jeunes dans sept régions

du Québec, et sa présence dans ces différentes

communautés a pour effet de créer de l'émulation, de la diversité, de l'effervescence, de la créativité et de la collaboration. Les partenariats entre les établissements et les organisations

artistiques et éducatives locales sont nombreux. Je pense, entre autres, aux liens étroits qui existent entre les

orchestres régionaux et les conservatoires, que ce soit à Saguenay, Trois-Rivières

ou ailleurs. Je pense aussi à l'entente qui lie le cégep de Rimouski et le

conservatoire de cette région pour former

des musiciens dans la discipline pop-jazz, ou encore le baccalauréat en enseignement de la musique avec la collaboration du

conservatoire de Gatineau. La vitalité des régions s'en trouve aussi soutenue

par des moyens en résonance avec les

réalités de chacune d'entre elles, ce qui modèle une écologie culturelle et

artistique propre à chacune d'elles.

En effet, ce qu'on veut dire, c'est que les partenariats et les ententes, tout

dépendant des régions, elles prennent la couleur de cette région-là et

la couleur des institutions qui sont présentes.

L'année 2007

a marqué un tournant dans l'histoire du conservatoire, qui, d'une direction

générale du ministère de la Culture et des Communications, acquérait alors le statut de société d'État. Ce statut, qui lui conférait plus d'autonomie, se révélera très tôt

comporter certaines embûches, la gouvernance et la situation

financière étant au coeur de ces enjeux. Devenues l'objet de préoccupations constantes, les diverses mesures adoptées au cours des années n'ont jamais permis

d'atteindre l'équilibre budgétaire.

La dernière année a

été particulièrement difficile, marquée par l'adoption au début de l'automne

d'un plan de redressement où il était

question de modifier en profondeur la présence du conservatoire en région, plan

que n'a pas retenu Mme la ministre.

Au contraire, elle a plutôt choisi de tendre l'oreille... d'une tournée des

établissements, d'aller à la rencontre des

milieux, des maisons d'enseignement, des élus et des partenaires de notre institution

afin d'écouter les inquiétudes, les

malaises tout autant que leurs constats, leurs souhaits, leurs projets, leurs

coups de coeur et leurs fiertés. Elle a bien reçu l'importance de chaque communauté et... accorde au conservatoire,

et à sa mission, et à sa vitalité qu'il contribue à insuffler dans les

collectivités.

Les travaux des

derniers mois ont peu à peu calmé la tourmente qui faisait rage, mais la

situation financière précaire avec laquelle

le conservatoire est aux prises depuis sa constitution en société d'État

demeurait tout de même. Déjà en

cours, les travaux visant à moderniser la gouvernance du conservatoire se sont

poursuivis, et nous avons mis en oeuvre diverses mesures afin de commencer la résorption du déficit accumulé. Il

va sans dire que cette situation exigera de notre part une vigilance de

tous les instants durant les années à venir.

proposition de projet de loi qui nous est faite contribue à moderniser la

gouvernance du conservatoire. Nous sommes

persuadés que les pistes qu'il dégage participeront à garantir la pérennité de

cette grande école. Pour cette raison, nous

croyons qu'il est primordial d'en solidifier les bases pour permettre au

conservatoire de concentrer ses forces vives à l'essentiel de sa mission, qui est, bien sûr, de mettre au monde des

interprètes et des créateurs qui animeront notre vie culturelle et

enrichiront notre patrimoine.

Nous

avons un urgent besoin d'une gouvernance qui contribuera à ramener la stabilité

essentielle à la réflexion et surtout à continuer de relever les défis

que pose un monde en évolution constante. La mission de cette institution

demeure essentiellement inchangée dans le projet de loi n° 48,

c'est-à-dire former des artistes professionnels prêts à affronter le milieu du travail. Nous devrons sans cesse explorer de

nouvelles façons d'envisager l'offre de services et le rôle que jouera

le conservatoire dans la formation musicale et théâtrale au Québec au cours des

prochaines années. Je suis persuadée que

nous réussirons à trouver des solutions durables, grâce à cette occasion qui

nous est offerte de mettre à jour nos façons de mieux présider à notre

destinée.

Plusieurs nouveaux

éléments proposés par le projet de loi me semblent répondre à notre volonté de

modifier certains aspects de notre gouvernance.

effet, depuis le début de mon mandat à

titre de présidente du conseil

d'administration, je constate la pertinence de former les comités requis

par la

Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.

l'égard de la composition du conseil d'administration, le nouvel équilibre

entre le nombre de membres externes et

internes ainsi que la représentation régionale nous permettront d'instaurer une

dynamique productive pour nos travaux futurs.

plus, la fusion des commissions des études en art dramatique et en musique

comporte des avantages indéniables, dont

le repositionnement et la revalorisation de la fonction pédagogique dans nos

instances. Nous anticipons avec enthousiasme le développement d'une

vision globale du projet au coeur de notre mission qui résultera de cette

instance bonifiée.

Le Président (M.

Kotto) : Mme Maheu.

Mme Maheu

(Marie-France) : Oui?

Le Président (M.

Kotto) : À ce moment-ci, votre temps est épuisé, mais le groupe

formant le gouvernement accepte de vous accorder quelques minutes sur son

temps.

Mme Maheu

(Marie-France) : Quelques minutes, sans plus.

Le Président (M.

Kotto) : Voilà. Poursuivez, s'il vous plaît.

Mme Maheu

(Marie-France) : Donc, je vais continuer.

L'article 51.11 stipule

que nous aurons dorénavant l'obligation de

produire un plan stratégique et de le soumettre à l'approbation du

gouvernement. Depuis 2008, le conservatoire avait pris l'initiative de

se doter déjà d'un plan stratégique à cet égard.

L'année 2015

aura été marquée par le dépôt de ce projet de loi huit ans après notre

constitution en société d'État. Le projet de

loi permettra de moderniser la gouvernance de cette école gardienne d'une

tradition de transmission des

connaissances et du savoir-faire des artistes de renommée dans le but d'assurer

une relève artistique de qualité. Grâce à ce projet de loi, le conservatoire sera dorénavant soutenu par des

fondements juridiques en adéquation avec les réalités actuelles, ce qui lui donnera des assises

nécessaires pour se projeter dans l'avenir et adapter ses façons de faire aux

changements qui transforment les pratiques artistiques.

Je tiens à remercier

Mme la ministre pour sa disponibilité lors de la tournée des établissements du

réseau, signe d'un appui réel. Une autre manifestation tangible de son appui a

été ce financement de 1,8 million octroyé cette année au conservatoire, à une époque où les moyens financiers du

gouvernement sont limités. Je tiens aussi à exprimer ma reconnaissance à l'équipe du ministère de la

Culture et des Communications qui nous a accompagnés au cours des derniers mois, simplement pour vous dire que nous

avons eu depuis le mois d'octobre 10 conseils d'administration qui...

Normalement, c'est quatre conseils

d'administration. Donc, il y a beaucoup de choses qui ont changé à l'interne au

niveau de... Leur collaboration a été très précieuse, au ministère.

Pour terminer, je remercie l'ensemble

du personnel du conservatoire, la directrice générale par intérim, Mme Danielle Dubé, tous les professeurs et le

personnel administratif, qui travaillent toujours avec autant de passion,

et engagement, et dévouement, je vous

dirais, malgré le contexte difficile des dernières années. Et donc je veux

aussi exprimer mon appréciation aux

membres du conseil d'administration et des divers comités ainsi que les

partenariats et les élus qui sont

appelés à contribuer à cette modernisation du conservatoire. Je vous remercie

pour votre sincère ouverture d'esprit, annonciatrice

du changement favorable et garante de l'avenir du Conservatoire de musique et

d'art dramatique. Merci.

Président (M. Kotto) : Je vous remercie, Mme Dubé. Alors,

j'invite maintenant nos collègues à débuter les échanges, en commençant

par Mme la ministre pour une durée de 21 minutes, à peu près.

Mme David

(Outremont) : 21 minutes. Exactement. Écoutez, ça semble long et

court en même temps après l'année... Je vous

ai salués tout à l'heure. Je vous resalue. Sentez-vous vraiment les bienvenus à

l'Assemblée nationale pour une autre

étape très importante, donc, pour l'histoire du Conservatoire de musique et

d'art dramatique, une étape vraiment,

vraiment très importante. Et je tiens à redire à tous ceux qui nous écoutent et

à mes collègues de l'opposition à quel point, pour moi, ce projet de loi

est important, non seulement parce que c'est de la gouvernance... Ça a l'air technique, de la gouvernance, mais la gouvernance,

c'est tout sauf technique quand on y regarde de près, quand on vous écoute, quand on aura l'occasion de discuter avec

différents groupes qui vont venir nous parler. C'est comment ancrer dans une gestion performante tous les groupes

d'intérêt internes, externes. Il y a toute une réflexion sur la gouvernance

de nos sociétés d'État. Vous êtes une

institution unique, unique de toutes sortes de façons. Unique parce que vous

n'êtes pas rattachée à un ministère de l'Éducation ou de l'Enseignement

supérieur. Très important à préciser.

sais qu'il y a toutes sortes de velléités, qu'il y en a eu toutes sortes au

cours des années. C'est très tentant... Je vous dirai un jour, si vous voulez, pourquoi je ne suis pas d'accord à

ce qu'il y ait un... que ça soit... Je pense qu'il est préférable que ça soit une école tout à fait

indépendante, qui relève du ministère de la Culture, qui a une formation tout à

fait particulière, services personnalisés,

services individuels, mais aussi ancrée dans sa société. Ça a été voulu comme

ça dès les années 40, modèle européen, modèle français, conservatoire de

Paris, de Lyon.

Cette

année m'a permis de non seulement... Vous savez, les moments de crises sont des

moments qui peuvent être tout à fait

stériles et ça peut être tout à fait fertile. Et, dans ce cas-ci, il est clair

que ce que nous avons vécu depuis un

an, on peut dire, à peu près, a donné des résultats qui vont tout à fait dans

le sens d'une fertilité de la réflexion autour du conservatoire, ce qui

m'a amenée à vraiment plonger... au risque même, M. le Président, qui

connaissez bien la situation de ce

ministère, de peut-être me faire accuser d'être un peu trop dans la

microgestion, de m'intéresser un peu trop

à ce dossier. Mais je ne regretterai jamais une minute des kilomètres que j'ai

avalés pour aller à la rencontre de tous les conservatoires en région, et j'inclus Montréal et Québec, de faire

des rencontres exceptionnelles de tous les groupes — tous les groupes voulant dire à la fois l'interne et l'externe — et de rencontrer, dans le fond, une

institution qui, depuis plus de

60 ans, a traversé différentes époques de sa maturation, sa maturité, a

formé d'immenses musiciens, d'immenses comédiens, a fait vivre le monde de la musique et du théâtre

d'une façon tellement pertinente et, j'oserais dire, exceptionnelle qu'on

peut dire que le Québec n'a vraiment rien à

envier à plein d'autres scènes musicales et d'art dramatique ailleurs dans le

monde.

j'ai non seulement été un peu obsédée par le conservatoire depuis un an, mais,

à chaque fois que j'ai voyagé, en

Europe particulièrement, je voulais aller rencontrer les conservatoires pour

voir, justement, nos origines, vos origines, nos origines extrêmement européennes, je dirais, de cette façon de voir l'enseignement,

qui est tout à l'honneur du Québec. Parce

que, dans les années 40, où ça a été créé, il est clair que, déjà, d'aller

en France regarder comment se faisait les choses depuis très longtemps, ça a donné une inspiration, ça a insufflé,

vraiment, un vent de modernisation à l'époque pour la musique en

particulier, l'art dramatique. Et les régions sont venues un petit peu après.

C'est

des énormes questions qui nous ont été posées en septembre dernier, qui ont

réveillé, je dirais... et c'était très

bien que ça réveille autant les régions, autant Montréal, Québec, mais autant,

aussi, les grands diplômés du conservatoire, et je les en remercie. J'ai, encore récemment, dit à... J'étais à un

événement culturel, que j'ai adoré, et j'ai dit à un grand, grand diplômé de chez vous que le temps des

lettres ouvertes était peut-être terminé, mais le temps de l'implication ne

faisait que commencer, ce à quoi il m'a

répondu : Oui, et je suis même dans un projet avec le conservatoire de

Montréal, et nous avons toutes sortes

d'idées. Et j'ai dit : Ce que vous faites là, c'est votre engagement,

j'aimerais que tous les diplômés du

conservatoire, qui y tiennent beaucoup, à ce conservatoire, donnent un petit

peu de leur rayonnement, de leur notoriété pour aider à avoir tout plein

d'idées pour ce rayonnement extraordinaire.

Alors,

oui, on a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de chemin depuis un an. En

parallèle se développait, donc, ce

projet de loi qui va nous faire travailler. Je dis bien «travailler». Moi, je

me sens, dans ce projet de loi, je le répète à mes collègues de l'opposition, vraiment au travail

avec eux, avec elles, pour regarder les meilleures façons, comme a dit la

députée de Joliette, pour améliorer ce

projet de loi qui, je dois le dire, va poser un certain nombre de questions

très, très importantes pour la suite

des choses et, je veux dire, la commission des études, la question... et

c'était un de mes souhaits les plus

importants, oui, la gouvernance, oui,

les comités, extrême importance, éthique, gouvernance, vérification, présence d'un comptable,

tout ce qui, dans le fond, se met au diapason de la

Loi sur la gouvernance

des sociétés d'État, mais aussi dans

le champ particulier du conservatoire, qui n'est pas un cégep, qui n'est pas

une université, qui n'est pas une école primaire ni une école secondaire, qui est unique

en soi. Donc, on a des questions qui vont se poser, qui sont uniques en elles-mêmes, et je compte sur tout le monde pour qu'on arrive à un équilibre qui, je le dis d'avance, mais ça ne

surprendra personne, puisse faire en

sorte que tout ce qui est le volet Études académiques, vie académique soit très bien

réfléchi au sein de l'ensemble de la gouvernance.

Et, quand je

dis «ensemble de la gouvernance», on ne parle pas que du conseil d'administration. On parle de la commission des études, des deux sous-commissions

qui sont très importantes. Je viens du milieu universitaire, j'ai présidé

toutes ces commissions

des études de l'université, sous-commissions d'études de premier cycle, études supérieures. Ce

sont des lieux d'une grande importance, je

dirais, que l'on doit plus créer ou recréer au conservatoire que poursuivre. Et

c'est là, le grand défi, un des grands défis

de ce projet de loi, où je poserai des questions, c'est clair, à tout le monde qui va venir témoigner.

Maintenant,

pour montrer la différence, et ça sera peut-être ma première intervention où... Parce que,

je vous l'ai dit, 21 minutes

pour un bilan d'une année si intense dans ce dossier-là, ce n'est pas beaucoup,

mais en même temps je veux profiter de votre présence. Un des aspects

que vous signalez, à la page 4, et dont on a déjà parlé, qu'il va falloir reprendre, mais... Vous voyez, c'est... je suis

même embêtée. Déjà, ça montre à quel point un projet de loi, ce n'est pas

seulement la gouvernance. Vous parlez du financement, mais, parlant du financement, vous faites

référence au financement des collèges et universités, et vous dites :

On a des bacs, on a des maîtrises. Je le sais, j'étais moi-même sous-ministre à l'Enseignement supérieur quand la ministre a autorisé les

maîtrises partout en région, et ce n'est pas rien d'autoriser ça, c'est une démarche d'une grande, grande

complexité. Et ce que ça veut dire, c'est que vous pouvez décerner des mémoires...

des diplômes de maîtrise et de baccalauréat, ce que vous faites, d'ailleurs. La grande différence, c'est qu'effectivement il n'y a pas la même sorte de

financement du tout. Le conservatoire étant une école dite gouvernementale

relevant du ministère de la Culture est sur un modèle totalement différent des

réseaux collégial et universitaire, où c'est le financement par étudiant. Plus

il y a d'étudiants, plus il y a de financement. Le conservatoire, c'est : il y a

une enveloppe, et donc on met les

étudiants qu'on peut mettre dans l'enveloppe. Je pense que c'est à ça que

vous faites référence. Ça n'a pas rapport directement avec la gouvernance d'un conseil d'administration, mais vous y faites quand

même référence dès la page 4 de

votre mémoire. Je voudrais donc, peut-être, un petit peu vous entendre là-dessus.

Je vais tout de suite dire les deux autres interventions. Le partenariat avec les collectivités, là, on est dans un élément

que j'ai entendu, évidemment, partout, pas

seulement dans les régions dites plus éloignées, mais aussi à Montréal et à

Québec. Le conservatoire doit s'incarner,

s'ancrer dans sa collectivité que... On l'a vu beaucoup, beaucoup à l'occasion,

évidemment, des inquiétudes de l'année

dernière, mais ce n'est pas parce qu'il y a eu une inquiétude et que

l'inquiétude est un peu levée que les

gens doivent retourner dans leur tanière, au contraire. Et je devrai

probablement poser la question à tous

ceux qui viendront, on le sait, l'enseignement de la musique est un enseignement

qui a beaucoup, beaucoup changé depuis

plusieurs années dans les écoles, primaires, secondaires, dans l'approche

culturelle, je dirais. Et, M. le Président, vous êtes certainement au courant des inquiétudes du milieu par rapport

à l'enseignement de la musique, en particulier dans les régions, et le partenariat avec les collectivités devient

fondamental. Le conseil d'administration peut aider avec, évidemment, en son sein, des membres qui viennent

des collectivités. Et on a demandé qu'il y ait une grande proportion...

huit personnes qui viennent des régions, ça me paraît absolument essentiel.

Mais je

voudrais vous entendre sur votre

optimisme ou non-optimisme par

rapport... et vos moyens sur le

partenariat avec les collectivités,

collectivités voulant dire le milieu scolaire, tous les milieux scolaires,

toute la chaîne de l'éducation,

on pourrait dire, mais aussi autre chose.

J'ai été en Abitibi en fin de semaine, je rencontrais une école de musique à Rouyn,

les gens me parlaient encore de... merci

d'avoir sauvegardé les conservatoires. Mais je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup à faire avec la formation dite préparatoire, et donc je voudrais vous

entendre là-dessus, et puis j'aurai sûrement d'autres choses, quand vous

aurez eu le temps de répondre à ces questions.

Le Président (M. Kotto) :

Merci, Mme la ministre. Mme Maheu ou Mme Dubé.

Mme Maheu

(Marie-France) : Oui.

D'abord, je vais... vous dites qu'à la page 4 on parle de la différenciation

du financement des conservatoires versus le

monde de l'éducation. Ce pourquoi on l'a mis là, la raison principale,

c'était pour que les gens comprennent quand on nous dit : Vous avez

combien d'étudiants au conservatoire?

Simplement

pour vous dire que, quand on est une université

et qu'on regarde, je veux dire, le résultat du nombre d'admissions ou le nombre qui s'inscrivent à

l'intérieur des programmes, c'est facile de le compter, c'est facile de savoir

qu'on augmente notre nombre de clientèle, et

on est très content, parce que ça veut dire qu'il y a une plus grande

accessibilité et ça veut aussi dire qu'on va avoir plus de budget, quand

on est une université.

Mais, quand

on est au conservatoire, c'est le nombre de professeurs, presque, qui vient

dire le nombre d'étudiants qu'il va y

avoir, surtout en musique. Et, dans la formule qu'on a au niveau... en art

dramatique, qui est une formule très extraordinaire,

je veux dire, le nombre d'étudiants est une enveloppe fermée, c'est-à-dire que

c'est fermé parce que c'est le style

de pédagogie utilisée dans nos conservatoires qui crée ça. Ce qui fait que,

quand les gens posent des questions sur c'est quoi, l'évolution, comment

ça se fait que vous n'avez pas plus d'étudiants, admettons, bien, on n'a pas

plus d'étudiants dans la limite des budgets qu'on a. Parce que c'est vraiment

le un à un qui vient changer le fait qu'on augmente

le nombre d'étudiants. Donc, un professeur qui a sa tâche complète ne peut pas

donner plus d'enseignement à un

étudiant supplémentaire. Ça fait que c'était dans cette logique-là de

comprendre, quand on parle du conservatoire... Parce que souvent ça nous est demandé : Comment ça se fait que vous

n'avez pas plus d'étudiants? Comment ça se fait que c'est réparti? C'est de comprendre la logique qui existe en arrière

même de la façon dont c'est financé et donc que c'est planifié au niveau

de l'enseignement. Donc, par rapport à ça, je pense que, oui...

En ce qui a

trait aux partenariats, je vais en dire un petit peu, puis ensuite je vais

donner la parole à Danielle, parce que

Danielle... Mme Dubé a fait quand même le tour aussi de l'ensemble des régions

et a vu les partenariats. Je crois que les partenariats, de la même

façon que pour les diplômés, les partenariats, ils sont présents. Les gens en

région ont beaucoup réagi à l'automne

dernier, mais il reste encore beaucoup à faire en termes de partenariats,

c'est-à-dire que je pense que ça a peut-être réveillé les gens au niveau

du conservatoire, mais ça a aussi réveillé les gens des régions sur l'importance... ça a fait réagir aussi les gens

sur l'importance des conservatoires en région. Et donc, dans ce sens-là, ça

devient, à notre avis, primordial. Il y a

plein de choses qui peuvent être faites avec les écoles de formation en

musique, avec

la formation continue en région. Il y a plein de choses, c'est-à-dire que tout

ça pourrait nous amener à développer beaucoup

de choses sur le terrain et sur l'ensemble des régions, qui ne sont pas

nécessairement présents actuellement.

Je vais te laisser continuer en ce qui a trait

aux partenariats.

Le Président (M.

Kotto) : Mme Dubé.

Dubé (Danielle) : Oui, bonjour. Bonjour, monsieur. Effectivement, on a

pu avoir un panorama complet de ce

réseau-là et de son ancrage dans le milieu l'automne dernier, lors de la

tournée de Mme la ministre. Les gens sur le terrain, la grande équipe du conservatoire, les gestionnaires

d'établissement en région, les professeurs qui oeuvrent sur le terrain, les parents des élèves, très souvent qui

s'impliquent, par exemple, dans les conseils d'orientation, sont des vecteurs

qui nous ont permis au cours des dernières

années qu'on parle beaucoup de ces partenariats-là, de la perspective positive

que ça apporte pour l'avenir. Mais ça fait

partie de l'histoire du conservatoire depuis des dizaines d'années de

travailler avec le milieu.

Maheu a cité dans son allocution le partenariat avec les orchestres régionaux.

Il y a plusieurs endroits au Québec

où le conservatoire fait

partie de l'ADN de l'orchestre régional et il n'y

aurait pas d'orchestre, probablement, à Rimouski s'il n'y avait pas eu le conservatoire, même chose à Saguenay.

On a une entente de partenariat extraordinaire avec l'Orchestre

symphonique de Trois-Rivières, son chef Jacques Lacombe, qui accueille des

étudiants stagiaires du conservatoire. Mme David, vous avez mentionné le défi

d'offrir de la formation supérieure en région, de former au niveau de

la maîtrise dans de très, très petites cohortes. L'orchestre de Trois-Rivières nous aide à faire ça à Trois-Rivières. On a à Gatineau

un partenariat avec la constitution de l'Université du Québec, l'UQO, qui

permet de former des musiciens-éducateurs

dans la région. Il y a une grande pénurie de gens qualifiés pour enseigner dans

les réseaux primaire et secondaire dans la région de l'Outaouais qui est

en forte croissance démographique. Eh bien, le conservatoire et l'Université du

Québec en Outaouais ont travaillé ensemble pour arriver à répondre à ça.

art dramatique, on n'en parle pas beaucoup, ce sont de petites écoles. À Québec,

le milieu théâtral est alimenté... L'oxygène

du milieu théâtral de Québec vient des finissants du conservatoire d'art

dramatique de Québec, qui ont formé au fil du temps la plupart des

compagnies de théâtre qui existent dans la région.

Montréal, il y a une étroite collaboration. Vous avez une

préoccupation pour le milieu scolaire, et c'est d'une grande, grande

importance. À Montréal, nous avons des projets avec l'école secondaire

Robert-Gravel, qui a une orientation de spécialité d'art dramatique, et

c'est une école dont les locaux ne sont pas très loin de nos installations de

Montréal. Donc, il y a des liens très, très forts qui se tissent là-bas aussi.

Donc,

vous voyez que tout ça est multiforme. On peut développer des centaines de

partenariats dans les régions. Il faut par ailleurs être très vigilant,

et je pense que la question de renouvellement de gouvernance sera importante si

on travaille dans cette direction-là. On a eu tendance au cours des dernières

années à faire financer ces partenariats-là à même l'enveloppe fermée du

conservatoire. Donc, aujourd'hui, on est placés dans une situation de précarité

qui nous appelle à considérer autrement ces

partenariats-là. Les gens qui nous ont dit partout au Québec : On vous

aime, bien là, probablement qu'on ira

les voir avec une dynamique un petit peu différente. Ce ne sera plus le

conservatoire pourvoyeur dans les régions, mais le conservatoire

réellement partenaire.

Mme David (Outremont) : Écoutez, il me reste deux minutes. Je voulais

juste porter à votre... On reviendra sur la deuxième question. J'ai eu accès à un tableau qui donne tellement la

différence... le positionnement des conservatoires du Québec, dans sa composition de conseil

d'administration, par rapport à des grandes écoles américaines et à des grandes

écoles françaises, et ça dit à quel point on

est traversés par les deux civilisations, j'oserais dire. Mais ce qui est

formidable, mais ce qui est presque impensable au Québec, c'est de dire

l'influence aussi, peut-être, qu'on a...

Juilliard

School, qui n'est quand même pas la dernière née en termes d'école de musique,

le C.A. est composé de 28 membres externes et un membre interne. Et c'est

comme ça pour Curtis Institute, il y a zéro membre interne. Le Guildhall School of Music & Drama à Londres, 17 membres

externes versus quatre membres internes. Et, dès qu'on arrive à Paris, qui est une autre... qui est, je le disais

tout à l'heure, l'inspiration du conservatoire du Québec, le Conservatoire

national supérieur d'art dramatique, c'est six internes, sept externes,

et le... musique et de danse Paris et Lyon, six internes, neuf internes.

Alors,

on voit que nous ressemblons plus à l'organisation et à la pensée, à la réflexion qui est plus

d'influence française qu'américaine, mais ça dit quelque chose, probablement

chez des Américains, du mode de financement aussi,

c'est-à-dire que la philanthropie est immensément importante.

Quand je suis allée dans l'Est américain... et à quel point

ils me disaient que, bon, ils devaient absolument tenir à la philanthropie, c'est ça qui les garde

en vie. Alors, ils n'ont que des membres externes ou à peu près, alors que l'État intervient beaucoup du côté du Québec

et de la France aussi.

Alors,

je voulais simplement faire remarquer que nous sommes vraiment

au confluent des deux immenses influences. Mais je n'aurai pas le temps,

je le sais, je vais me faire couper sur la question...

Le Président (M.

Kotto) : C'est le cas.

David (Outremont) : ...sur

la question de la philanthropie qui, quand même,

doit être une considération importante.

Le Président (M.

Kotto) : Merci, Mme la ministre. La parole est maintenant à

l'opposition officielle pour 14 min 30 s.

Hivon : Merci, M. le Président. Alors, merci beaucoup pour

votre présentation qui est très éclairante. J'aimerais

revenir, moi aussi, sur la remarque que vous avez faite concernant l'enveloppe

fermée. Donc, vous avez dit essentiellement...

Ce qu'on pouvait décoder, c'est que, vu que, bon, cette enveloppe est fermée,

qu'elle n'évolue pas beaucoup, qu'on est dans une situation financière

difficile, c'est plus... c'est-à-dire qu'on a un nombre plus restreint

d'étudiants.

veux juste bien comprendre. Je comprends que, pour l'aspect art dramatique,

conservatoires d'art dramatique, il y

a une constance parce que

c'est plus stable, donc j'imagine que, les groupes, c'est toujours

le même nombre. Vous pourriez peut-être me dire c'est combien par année

dans chacun des conservatoires.

Hivon :

C'est 12? Donc, ça, c'est stable depuis nombre d'années.

Pour

le conservatoire de musique, est-ce

qu'en fait vous êtes en train de nous dire : Ça a toujours... Évidemment,

ce n'est pas tout le monde qui veut y

rentrer qui peut y rentrer, ça a quand même toujours été contingenté, mais

est-ce que vous êtes en train de nous

dire que c'est de plus en plus difficile, compte tenu de la situation

financière, ou ça fluctue? Moi, je

veux juste bien comprendre ce que vous dites quand vous dites... C'est sûr que

c'est une enveloppe fermée, c'est une

enveloppe qui ne bouge pas beaucoup. Là, vous êtes venus amener les nuances en

disant : On ne peut pas faire comme pour une université, puis évidemment, nous, ça dépend des professeurs,

puis, bon, tout ça. Mais est-ce que vous diriez que c'est plus difficile

d'entrer en musique au conservatoire?

Le Président (M.

Kotto) : Mme Maheu.

Maheu (Marie-France) : Pas nécessairement, non, pas nécessairement.

D'abord, tout dépendant des régions, tout

dépendant des disciplines aussi, de quel instrument, c'est... Je veux dire, il

n'y a pas une réponse globale, mais, sur le global, ce qu'on peut dire,

c'est qu'il y avait, il y a à peu près une dizaine d'années, à peu près

800 étudiants, puis actuellement on est

autour de 800 aussi. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu d'abord une

rationalisation qui a été faite. L'année dernière, il y a eu toutes

sortes d'éléments qui ont fait que le nombre d'étudiants est resté quand même semblable. Mais ce n'est pas plus difficile,

nécessairement, de rentrer au conservatoire. Ça fait juste simplement dire que

le nombre ne change pas beaucoup dans le temps, là.

art dramatique, la demande est toujours très forte. On a au moins

300 candidatures pour 10, 12, 20 places, là, maximum. Puis, en musique, la demande a fluctué

selon les établissements, c'est ce que je vous disais, là, par rapport aux

régions, tout dépendant des instruments. Il

y a aussi, tout dépendant de la mode, je vous dirais, les tendances. Je veux

dire, il y a des époques où il n'y a

personne qui voulait étudier la guitare. À un moment donné, il y a eu comme un

boum, je veux dire, il y avait tout

le monde... je veux dire, en région, les gens voulaient étudier la guitare. Ça

fait qu'il y a aussi tout ça qui

vient comme un peu jouer, là. Mais on n'a pas connu de baisses significatives

dans les établissements, parce qu'effectivement

nos professeurs sont là, la demande est là, puis on a des hausses de

fréquentation, là, surtout à Saguenay, à Gatineau puis à Rimouski principalement

cette année, là.

Hivon :

D'où l'importance des conservatoires en région, j'imagine, parce que ce n'est

pas en baisse, l'intérêt, au contraire. O.K.

Compte

tenu de la situation financière qui n'est vraiment pas évidente, et je pense que

c'est peut-être un euphémisme, est-ce

que vous voyez dans le projet de loi des éléments positifs ou qui, selon vous,

pourraient aider à bref, moyen, long terme

à stabiliser la situation financière, ou, selon vous, vous estimez que ce sont

deux choses distinctes, qu'il n'y a pas vraiment d'éléments dans le projet de loi qui peuvent avoir un effet

bénéfique, peut-être, pour vous donner des outils ou une manière de procéder pour arriver à un

assainissement des finances? Ou vous diriez : Bon, c'est ça, c'est un

effet neutre, c'est deux choses indépendantes? Ou vous y voyez des

éléments qui pourraient être salutaires?

Le Président (M.

Kotto) : Mme Maheu.

Maheu (Marie-France) : Je vais vous répondre en partie, puis après ça

je vais donner la parole à Mme Dubé. Mais ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas totalement fermé, parce

que, quand on parle de la planification stratégique, quand on parle d'une seule commission des études

avec deux sous-commissions, le rôle que ces commissions des études là vont

jouer sur la planification stratégique... et donc les éléments de planification

stratégique, eux, peuvent avoir une influence

sur les budgets, c'est-à-dire que... Comment on va donner... Est-ce qu'on va

toujours offrir la formation comme on

l'offre présentement? Est-ce que, la formation continue, il n'y a pas des

chemins où on pourrait trouver où que ça pourrait avoir un impact sur les budgets du conservatoire?

Donc, c'est fermé, mais ce n'est pas fermé. Je vous dirais que ça va

permettre de mettre en lumière beaucoup plus tous les aspects artistiques qui

sont pertinents dans la décision puis dans

les orientations qui peuvent avoir des influences sur le budget. Donc, c'est

peut-être un peu étiré, mais, à mon avis, ça a une influence.

Aussi,

au niveau de la décision, Mme la ministre mentionnait que, dans la majorité des

écoles, les membres externes sont

beaucoup plus importants. Moi, pour avoir été sur le conseil d'administration

du conservatoire avant cette année, mais

au tout début, c'est plus difficile quand on veut apporter des changements

quand le regard des gens de l'interne est majoritaire, parce que c'est difficile d'apporter des éléments de

l'externe, des gens qui viennent nous dire : Bien, peut-être que vous pourriez faire ça comme ça. Les gens au

niveau de la philanthropie peuvent nous aider aussi. Donc, il

y a toutes sortes de choses

qui peuvent être aidantes dans ce changement de gouvernance là, versus les budgets,

à mon avis, qui peuvent être... en fin de compte, se croiser, là.

Le Président (M. Kotto) :

Mme Dubé.

Dubé (Danielle) : Oui. Bien,

écoutez, j'irais dans le même sens. Je pense que l'équilibre qui est visé au

sein du conseil d'administration pourrait en effet apporter... en

tout cas habiliter le conseil dans

son rôle de vigilance à l'égard de la

situation financière et du maintien, donc, de l'équilibre budgétaire,

de la qualité des services qu'on a à rendre. Et l'aspect, donc, du développement des revenus autonomes et de la philanthropie sera

tributaire, je pense, d'un équilibre renouvelé

au sein du conseil, donc avec une meilleure présence du milieu, une présence du

milieu des affaires, une présence aussi

de profils de compétence particuliers. Bon, évidemment, le projet cite un

comptable, mais on aura donc un exercice à faire pour déterminer ces

profils de compétence là pour les membres du conseil d'administration, et ça,

ce sera un exercice qui pourra être très, très

intéressant, là, pour donner de meilleures assises au

conservatoire dans l'évolution de sa situation financière, peut-être dans la discussion

d'une modification de son mode de financement aussi. Il y aura

peut-être des propositions qui

seront mises sur la table par ce nouveau leadership au sein du conseil.

Hivon : Dans votre

optique, justement, quand vous allez regarder les profils de

compétence pour la composition du

conseil d'administration, est-ce que l'aspect, justement, de la

philanthropie, des gens qui sont capables d'aller chercher des fonds importants qui viennent du secteur privé, est-ce que pour

vous c'est quelque chose qui doit être fondamental dans la

composition du nouveau conseil?

Maheu (Marie-France) : Absolument à regarder, absolument, absolument. Sur les propositions, on peut, je pense, à mon avis... Sur les profils des gens qui seraient sur le

conseil d'administration, nous, d'ailleurs, on en a déjà discuté que ça pourrait être ce genre

de profil là, effectivement.

Hivon : Puis vous

voyez ça comme une minorité, avoir quelques personnes comme ça, ou vous pensez que ça

doit être vraiment une orientation importante du conseil d'administration?

Le Président (M.

Kotto) : Mme Dubé.

Mme Maheu

(Marie-France) : Vous savez...

Le Président (M.

Kotto) : Mme Maheu, pardon.

Maheu (Marie-France) :

Excusez. La présidente de la fondation présentement, qui est extrêmement, je vous

dirais, active, je veux dire, actuellement elle vient nous voir au conseil d'administration pour venir nous dire ce qui se

passe. On l'invite régulièrement. La directrice générale est sur le conseil d'administration de la fondation. Est-ce qu'il faut

absolument que ce soit nommément à l'intérieur d'une loi? Je

pense que les fonctions peuvent tout à fait se faire sans nécessairement

ça, mais c'est sûr que, dans nos propositions, on pensait sincèrement que, sur certains

profils... que les profils de la fondation pourraient être intéressants

à l'intérieur du C.A. du conservatoire, effectivement.

Hivon : O.K. Maintenant,

si je vous amène sur la question,

bon, de l'avenir des conservatoires en région, je vous pose un peu le même genre de questions. Est-ce que vous pensez

que la nouvelle mouture de la loi va être garante de l'avenir des conservatoires en région, je vous

dirais un petit peu... ça vous fait sourire, vous vous êtes peut-être déjà

posé la question, mais de pérenniser un peu

l'organisation actuelle avec les antennes en région, ou vous estimez, encore

une fois, que ça a un effet neutre ou, au

contraire, qu'il pourrait y avoir une marge de manoeuvre plus grande, qui

pourrait, à terme, faire en sorte qu'on revoie la manière de fonctionner

des conservatoires en région?

Le Président (M.

Kotto) : Mme Maheu.

Maheu (Marie-France) : C'est une question qui est vaste. Vous savez,

les conservatoires, historiquement, en

région ont presque toujours été questionnés. Ce n'est pas nouveau que le

questionnement des conservatoires existe en région. Je veux dire, moi, je viens de Rimouski et je me souviens qu'il

y a 10 ans on disait : Oh! peut-être, les conservatoires, tout ça... Ça a toujours été comme une question

importante, qui est ressortie cet automne, mais, vous savez, c'est une école,

il n'y a pas nécessairement beaucoup

d'étudiants. Ça a toujours été des questions qui ont toujours été mises sur la

table depuis, je vous dirais...

Donc,

est-ce que c'est la meilleure façon... Actuellement, moi, je crois qu'avec le

projet de loi le conseil d'administration

va être plus en mesure d'assurer la mission des conservatoires, qui n'a pas

changé. Puis la mission des conservatoires,

c'est aussi les conservatoires en région. Donc, par rapport à ça, quand on

regarde le nombre de membres externes venant des régions, moi, à mon

avis, ça peut être un très bon gardien des conservatoires en région.

Hivon : Il me reste très peu de temps, puis j'aurais plein

de questions pour vous. C'est sûr que

j'imagine que vous avez été associés

très étroitement à l'élaboration du projet

de loi, là, donc vous avez une

expertise, et tout ça. Vous ne nous

avez fait part d'aucune demande de modification, ou de changement, ou de quelque chose peut-être dans le

projet de loi où on pourrait atteindre un meilleur équilibre.

Donc, est-ce que, pour vous, le projet de loi est absolument parfait dans sa forme actuelle?

Puis j'ai une

autre question, vous y avez fait référence, là, la fusion des commissions

des études. Vous, vous semblez voir

ça positivement. Déjà, on a reçu des mémoires qui vont dans le sens

inverse. Donc, pourquoi, pour vous, c'est si positif alors

qu'il va quand même y avoir deux sous-commissions? Évidemment,

vous l'avez dit vous-même, ce sont deux missions quand même

très différentes, musique, art dramatique, avec... Donc, j'aimerais vous entendre

là-dessus et sur toutes autres demandes... ou si ce projet

de loi là est parfait aux yeux de la direction du conseil.

Le Président (M. Kotto) : Mme

Maheu, il reste trois minutes à l'opposition officielle.

Mme Maheu

(Marie-France) : Vous savez,

«parfait», c'est quand même un bien grand mot, mais une chose qui est sûre, c'est que moi, comme présidente du

conseil, je trouve, compte tenu de tous les considérants auxquels on peut penser, que ça soit la gestion... D'abord,

le conseil d'administration, c'est que ça gère, donc ça s'occupe de la

gestion de l'organisme.

Vous savez,

on a regardé toutes les formes de conseil

d'administration, qu'ils soient à

l'étranger, au Québec, qu'ils soient au niveau

primaire, au niveau des commissions

scolaires, le cégep, les universités.

On a vraiment fait un... On a réfléchi à tout ça, puis, à

mon avis, actuellement, je trouve que c'est le modèle qui correspond à ce qui va le plus près

de ce que c'est que... je pense,

qu'on peut le mieux fonctionner. Ça fait

que je vous l'exprimerais comme... le

mieux fonctionner au sein du conseil d'administration. Ça prend en compte des étudiants, ça prend en

compte les directeurs, ça prend en compte les profs, ça prend en compte le milieu, ça prend en compte la gestion,

ça prend en compte... bon, toutes sortes d'éléments sur lesquels on a réfléchi, et, à mon avis,

je pense qu'on peut faire des choses superintéressantes de la façon dont

le conseil est là. Mme Dubé.

Le Président (M. Kotto) : Mme

Dubé.

Mme Dubé (Danielle) : Oui. À l'égard de la commission

des études fusionnée, je vous apporterais un élément peut-être

de précision, là. Évidemment, on a été associés de près aux travaux des gens du

ministère, et ça a été un réel plaisir d'avoir des

discussions de fond avec eux sur bien des aspects de notre fonctionnement. Sur

la question de la commission

des études, on a déjà dit à

plusieurs reprises qu'il y avait très, très peu d'étudiants, d'élèves en art dramatique.

Ce sont deux très petites écoles, hein? Vous

avez affaire à deux écoles où il y a entre 30 et 45 étudiants au total. Et historiquement, au cours des dernières années, la

Commission des études, qui existe dans notre loi actuelle, en art dramatique n'a pas fonctionné.

L'institution étant très petite, et chacune des deux écoles

ayant une grande, grande autonomie à

l'égard de son programme

pédagogique, il n'y a, à

toutes fins pratiques, pas eu de

discussion dans les instances du conservatoire à propos de l'art dramatique.

Alors, ce qu'on souhaite faire, c'est remettre le sujet à l'ordre du jour.

Évidemment,

notre

partie musique étant plus importante en termes de nombre au sein de notre organisation, on veut profiter, donc, de ce dynamisme-là, de ce bouillonnement, de

ces discussions d'ordre pédagogique sur la musique pour intégrer l'art dramatique plutôt que de

laisser ça un petit peu en état de latence comme ça a été lors de

l'histoire récente.

Donc, on

pense qu'une commission unifiée va contribuer à mettre de l'avant

certaines discussions mais aussi à solidifier

le travail de réseau que nous avons à faire. Il faut tirer le maximum

de cette force-là des deux disciplines au sein du même réseau, et on

aura là une instance de discussion qui n'existe pas actuellement.

Président (M. Kotto) :

Merci, Mme Dubé. Alors, le temps de l'opposition

officielle est écoulé. La parole

revient maintenant au deuxième groupe d'opposition.

Samson : Merci, M. le

Président. Dans un premier temps, vous me voyez soufflée de réaliser le peu... le

nombre d'étudiants en art dramatique versus

en musique. Je n'avais aucune idée que c'était dans ces proportions-là. Et

donc ça a scrapé un peu ma première question.

Mais, quand

vous dites que... Je reviens à une petite question sur votre financement à

enveloppe fermée. Vous dites dans

votre présentation, Mme Maheu, que cette situation vous amène à limiter le

nombre d'élèves admis dans vos établissements.

Est-ce qu'il y a... Puis là il y a une stabilité dans le nombre d'étudiants à

chaque année depuis 10 ans. La demande,

elle est en croissance du côté de la

musique plus que du côté de l'art dramatique? Vous avez plus d'inscriptions

en musique qu'en art dramatique?

Mme Dubé

(Danielle) : Bien, sur le

total, oui, on a plus d'inscriptions, mais, dans la balance, dans l'équilibre,

évidemment, par rapport à nos cohortes en art dramatique, qui sont très

petites, la demande est plus grande en art dramatique. On reçoit 300 demandes pour moins de

30 places, alors qu'en musique, évidemment, avec sept établissements répartis

sur le territoire, bien là, évidemment, ça commande un intérêt beaucoup plus

grand.

Samson : Mais, compte tenu de cette importance, de l'importance

qu'occupe la musique et les étudiants en

musique au conservatoire, est-ce que le modèle qui nous est présenté là comme

gouvernance reflète cette importance-là de la musique pour le conservatoire, au niveau de la représentation des

professeurs, des gens du milieu, compte tenu de la réalité de...

Le Président (M. Kotto) : Mme

Maheu.

Mme Maheu

(Marie-France) : Oui. Dans le moment, c'est-à-dire que les étudiants

et les professeurs pourraient être en

alternance. C'est-à-dire que ça pourrait être un étudiant en art dramatique,

ensuite de ça un étudiant en musique, etc. Je veux dire, ce qu'on

retrouve dans beaucoup d'institutions, c'est une représentation en alternance

sur les conseils d'administration.

Par contre, au niveau de la pédagogie et des sujets qui les intéressent

vraiment, là, la commission des études

et les sous-commissions deviendraient vraiment le lieu de discussion des

étudiants, qui serait, je vous dirais, plus en profondeur. Donc, dans ce

sens-là, ça nous semble... oui.

Samson : Ça vous semble correct. Maintenant, une question pratico-pratique.

Le projet de loi, tel qu'on l'a lu,

spécifie et stipule, bon, la composition du conseil d'administration, et, quand

on parle des comités de gouvernance et d'éthique, les comités de ressources

humaines sont formés par des indépendants, le comité de vérification

n'est composé que de membres indépendants,

et il est spécifié que la direction générale n'est pas membre de ces

comités-là.

Alors, quand ils se

réunissent, ces comités-là, qui répond aux questions opérationnelles du

conservatoire, si la direction générale

n'est pas... Juste une question pratico-pratique, là. Pour avoir été P.D.G.

dans ma vie avant, là, il n'y a pas

un comité du conseil d'administration où je n'étais pas, parce que les membres

du conseil d'administration ne sont pas dans les opérations.

Le Président (M.

Kotto) : Mme Dubé.

Dubé (Danielle) : Oui. Dans les faits, le directeur général est

présent lors des discussions de ces comités-là mais n'a pas le droit de

vote. C'est tout.

Mme Samson :

Mais il y assiste.

Mme Dubé

(Danielle) : Oui, oui, oui.

Samson : O.K. C'est

drôlement écrit. Enfin, j'aurai des questions plus spécifiques,

mais qu'on abordera probablement au

briefing technique, là, parce que je n'ai pas trouvé dans le projet de loi le

terme pour le mandat du directeur général ou de la directrice générale.

Je ne l'ai pas vu ou j'ai mal lu.

Mme Samson :

Ah bon! Bien, j'ai mal lu. Je m'excuse. Jean-François, t'avais-tu des

questions, toi?

M. Roberge :

J'en ai une.

Mme Samson :

Oui, vas-y, Jean-François.

Le Président (M.

Kotto) : Oui, M. le député de Chambly.

Roberge : Oui. Tout à l'heure dans votre présentation, vous

avez parlé d'un partenariat avec l'école Robert-Gravel. Est-ce que vous pourriez nous en parler un petit

peu plus, s'il vous plaît, et élaborer là-dessus? C'est un sujet qui

m'intéresse beaucoup.

Dubé (Danielle) : Oui. Bien, avec votre permission, je demanderais

peut-être à mon collègue Benoît Dagenais, directeur du Conservatoire d'art dramatique, de vous décrire un petit

peu dans les faits comment s'incarne cette activité-là.

M. Dagenais

(Benoît) : Est-ce qu'il faut que je parle dans un micro?

Le Président (M.

Kotto) : Oui.

Mme Dubé

(Danielle) : Oui, viens donc.

Le Président (M.

Kotto) : Merci de vous présenter.

M. Dagenais

(Benoît) : Ça me fait plaisir. Alors, depuis plusieurs années...

Mme Dubé

(Danielle) : ...ton nom.

M. Dagenais

(Benoît) : Benoît Dagenais, directeur du Conservatoire d'art

dramatique de Montréal.

Depuis

plusieurs années maintenant, c'était l'école Saint-Louis, maintenant

l'école Robert-Gravel. Nous avons des

liens avec eux pour que leurs étudiants viennent voir d'abord nos pièces de

théâtre, viennent discuter avec nos élèves finissants une petite demi-heure,

trois quarts d'heure après la présentation, assister à des répétitions

générales, s'ils veulent venir les

voir, voir nos installations, improviser avec nos élèves de deuxième année

quelques fois durant l'année pour les sensibiliser

à ce que nous sommes. Alors, ça se fait

de façon ponctuelle, et les élèves du secondaire sont très heureux de venir voir ce qu'on fait, et c'est une école qui a

une vocation théâtrale et... Bien, c'est très heureux pour nous et pour eux

qu'on puisse avoir des gains comme ça.

Le Président (M. Kotto) : M.

le député de Chambly.

M. Roberge : ...temps

pour échanger là-dessus?

Le Président (M. Kotto) :

Pardon? Il vous reste trois minutes.

Roberge : Il y a d'autres écoles secondaires au Québec qui ont une

vocation artistique ou théâtrale. Est-ce que vous avez des partenariats ou des espèces d'entente de ce type-là avec

d'autres écoles? Parce que vous en avez mentionné une tout à l'heure.

Dagenais (Benoît) : Nous

avons une entente aussi avec La Rencontre théâtre-ados, qui... c'est surtout

dans la ville de Laval, avec des

écoles qui sont du secondaire, qui sont plutôt démunies. Et nous faisons à peu

près la même chose avec ces écoles-là. Et je suis allé les visiter la

deuxième année de mon mandat, et ils viennent, eux aussi, au conservatoire, ils assistent aux représentations,

ils ont des échanges avec les élèves, ils viennent improviser, ils viennent...

Et tout ça pour leur montrer que c'est

possible, que c'est possible d'étudier en théâtre et qu'on peut en faire sa

vie. Et, pour eux, c'est une façon...

pour les professeurs de ces écoles secondaires là, c'est une façon d'ancrer ces

élèves-là dans l'école, parce que ce

sont des écoles qui sont défavorisées, et les élèves ont tendance à ne pas

finir leurs cours secondaires, et

c'est une très bonne façon de les ancrer dans leurs cours. Ils forment une

troupe de théâtre, ils font des représentations à la fin de l'année. Alors,

c'est une entente qui est valable, à mon sens.

Le Président (M. Kotto) : Mme

Dubé.

Mme Dubé (Danielle) : Moi, j'allais

ajouter qu'il y a de nombreux partenariats du même type dans le milieu musical

également et que nous avons, dans toutes les régions du Québec, y compris

Montréal et Québec, des ententes formelles

avec des commissions scolaires, des écoles secondaires pour des programmes

qu'on appelle arts-études, des programmes de temps partagé. Donc, par exemple,

ici, à Québec, l'école Cardinal-Roy, les jeunes vont à l'école le matin et viennent au conservatoire l'après-midi,

ce qui leur permet de s'investir dans l'enseignement intensif du conservatoire,

chaque jour, un très grand nombre d'heures.

Alors, c'est un peu comme le sport d'élite, hein, il faut s'entraîner chaque

jour. Et donc ces ententes-là font que nous

pouvons former des jeunes très jeunes, donc de niveaux primaire et secondaire,

à un très haut niveau très, très vite dans

le démarrage de leur carrière. Donc, on fait ça en partenariat avec le milieu

scolaire.

Le Président (M. Kotto) : M.

le député de Chambly, c'est bon?

M. Roberge : Je vous remercie

beaucoup.

Le Président (M. Kotto) :

Bon, il reste une minute. S'il y a consentement, la députée de Joliette

souhaiterait l'utiliser. Oui?

Hivon : Je

prendrais la minute, si c'est possible de me la donner.

Le Président (M. Kotto) : Y

a-t-il consentement?

Une voix : Je vous la donne.

Le Président (M. Kotto) :

Oui, O.K., consentement.

Hivon :

Merci. J'avais une dernière petite question, c'était sur le pouvoir de

directive de la ministre, qui est prévu dans la loi. Est-ce que c'est

quelque chose qui, à l'heure actuelle, existe, a déjà été utilisé? Comment vous

réagissez par rapport à ce pouvoir de directive là?

Le Président (M. Kotto) : En

30 secondes, Mme Dubé.

Mme Dubé (Danielle) : Oui. Bien,

écoutez, nous, nous recevons, comme société d'État, à chaque année, les

orientations du ou de la ministre, donc on ne voit pas là-dedans une grande

révolution, là.

Hivon : O.K. Donc,

pour vous, orientations, directives, on est dans les mêmes eaux, là.

Mme Dubé

(Danielle) : On verra comment ça va se traduire dans les faits, mais

c'est clair qu'on est dans un lien hiérarchique avec la ministre de la

Culture.

Président (M. Kotto) : Bien, alors, je vous remercie pour votre

contribution aux travaux de la commission, que je suspends quelques

instants afin d'accueillir le Syndicat des professeurs de l'État du Québec.

(Suspension de la séance à 9 h 44)

Président (M. Kotto) :

Alors, je souhaite la bienvenue aux représentants du syndicat des professeurs du Québec.

Je vous rappelle que vous disposez d'une

dizaine de minutes pour votre exposé, puis par la suite nous allons procéder

à la période d'échange avec les membres de

la commission. Alors, je vous invite donc à vous présenter puis

à commencer votre exposé.

M. Tanguay (Claude) : Claude

Tanguay, président du Syndicat des professeurs de l'État du Québec.

M. le Président, Mme la ministre, Mme la

députée de Joliette, Mme la députée d'Iberville, MM. les députés, je tiens à vous remercier d'être ici pour nous

entendre et nous écouter. Un remerciement particulier à Mme la ministre pour son implication dans la destinée des conservatoires.

Nous

sommes... Notre position est en accord avec, je dirais... favorablement

de moderniser la loi des conservatoires de musique et d'art dramatique du Québec et la rendre conforme à

la Loi de la gouvernance des sociétés

d'État. Notre préoccupation première a été démontrée, dans un passé

récent, à l'effet de préserver le joyau de la culture québécoise unique en

Amérique du Nord, et notre préoccupation actuelle : maintenir et assurer

une saine gestion académique.

J'en profite

pour vous présenter Jean Vallières, qui est le représentant réseau des

conservatoires au sein de notre syndicat,

et, afin de respecter les délais impartis, dans le but de transmettre

l'essentiel, je lui cède directement la parole.

Vallières (Jean) : Merci beaucoup de votre écoute. Alors, on vous

présente un mémoire. Ce mémoire est le fruit d'une consultation auprès

des représentants des neuf établissements du réseau des conservatoires.

Actuellement, il y a environ 210 professeurs qui enseignent et qui ont

enseigné dans les neuf conservatoires. Parmi les diplômés du conservatoire : Yannick Nézet-Séguin, Marc

Hervieux, Jacques Lacombe, Angèle Dubeau et Marie-Nicole Lemieux pour la musique, Luc Picard, Guylaine Tremblay, Anne

Dorval et Robert Lepage pour l'art dramatique. Sans eux, notre vie culturelle ne serait pas la même. Au-delà de ces

têtes d'affiche, puis il y en aurait d'autres, il y a quand même une bonne

proportion des musiciens de nos orchestres

et des artistes de nos théâtres et de nos écrans qui sont issus du

conservatoire.

Maintenant,

depuis déjà un an et demi, les professeurs du conservatoire étaient conscients

qu'il y avait un danger qui guettait

les cinq conservatoires de région qui étaient menacés de fermeture. On a été

les premiers à alerter, avec les étudiants

encore, toutes les instances politiques et médiatiques. Il y a eu un débat de

société qui a démontré que la population tenait à son conservatoire. On

veut remercier la participation active dans ce débat de tous les amis et les

anciens du conservatoire, des organismes

culturels régionaux, des médias, des personnalités politiques de toutes les

allégeances, sans oublier les 35 000 signataires de la

pétition demandant la survie des conservatoires de région.

On veut aussi souligner l'implication

déterminante de Mme Hélène David qui a su, au moment où elle l'a pu, préserver

l'intégrité... l'intégralité du réseau, et puis elle s'est attaquée également à

la question du déficit accumulé. L'injection,

au dernier budget, de sommes supplémentaires destinées au conservatoire ainsi

que sa visite, extrêmement appréciée,

de tous les établissements du réseau illustrent bien la clarté de sa vision à

long terme pour le conservatoire.

Quant au

projet de loi n° 48, on est tout à fait d'accord sur la question de la

gouvernance au niveau du conseil d'administration,

qu'il y ait plus de gens de l'externe par rapport à ceux de l'interne. Par

contre, dans nos recommandations, il y a certains points, je veux juste

insister sur un, c'est la question de la commission des études. Présentement,

il y a deux commissions des études dans la

loi actuelle : une commission des études en musique, composée de

13 membres, dont sept

professeurs, sept professeurs qui représentent chacun des établissements. Quand

on parlait, tantôt... Depuis ce matin,

on parle des régions, mais chaque région était représentée sur la Commission

des études en musique. Et ça, c'est important,

parce que, dans chaque établissement, il y a une commission pédagogique, et ce

sont les professeurs qui élisaient un

représentant pour que les recommandations de la commission pédagogique puissent

se retrouver à la commission des études.

Commission des études... Il y avait une

commission des études aussi en art dramatique. Parce que former un Robert Lepage puis former un Yannick Nézet-Séguin,

ce n'est pas la même chose. Ce sont deux mondes complètement différents. On souhaiterait qu'ils pourraient

collaborer ensemble, mais ça, c'est une autre question. Mais la formation est

différente, le cursus pédagogique est

complètement différent. Maintenant, il y avait quatre professeurs, deux

représentants de chacun des conservatoires d'art dramatique, là-dessus.

Ce que nous propose le projet de loi n° 48,

c'est une seule commission des études de neuf membres, avec deux professeurs, seulement deux professeurs

représentant toute l'équipe pédagogique des neuf conservatoires. Pour nous,

c'est une sorte de mise à l'écart du rôle

des professeurs dans les questions académiques, et ça, pour nous, c'est tout à

fait inacceptable, et on ne comprend

pas du tout pourquoi. Ça ne va pas dans le sens de l'histoire, ça ne va pas dans le sens de la participation des gens sur le terrain aux

décisions et à l'élaboration des programmes. Parce que tout ça est en constante évolution. Le monde artistique, que ce soit en

musique ou que ce soit en art dramatique, doit toujours se mettre à jour.

Et comment faire ça en diminuant ainsi la participation des professeurs? On ne

comprend vraiment pas. On fait appel à

Mme Hélène David, qui elle-même a été professeur et a été sur les

instances de gouvernance des universités, pour redresser le tir et faire en sorte que la représentation des professeurs soit ce

qu'elle doit être dans les organismes qui vont gérer les questions

pédagogiques du conservatoire. Pour nous, c'est extrêmement important.

Alors, il y a

d'autres recommandations aussi. Évidemment, il y a la durée des mandats. Par exemple, au conseil d'administration, il y a deux professeurs. Avant ça, c'étaient des mandats

de deux ans renouvelables deux fois, ce qui faisait un total de six ans. Maintenant,

ce sont des mandats de quatre ans renouvelables deux fois, ça veut dire

12 ans. Il y a un professeur

qui vient des conservatoires de musique et un professeur qui vient des

conservatoires d'art dramatique. Si on veut un minimum d'alternance entre les régions,

est-ce qu'on va attendre 12 ans avant de changer? Je veux dire, on ne

comprend pas ça, là, on ne comprend pas la

raison pour laquelle ces mandats-là sont rallongés, honnêtement. Je pense que, s'il y a sept

conservatoires de musique, pourquoi, à ce moment-là, un conservatoire... S'il y

avait une alternance entre tous les

conservatoires, ça prendrait 100 ans avant que le conservatoire de

Val-d'Or ou de Montréal puisse avoir son tour. On ne comprend pas

ça, là.

Alors, ensuite, il y

a une chose qu'on veut saluer, par contre, dans...

Le Président (M.

Kotto) : ...

M. Vallières

(Jean) : Ah! peut-être, j'excède mon temps.

Le Président (M.

Kotto) : Trois minutes, il vous reste trois minutes.

Vallières (Jean) : Alors,

une chose qu'on veut saluer dans le projet

de loi n° 48, c'est l'accessibilité. Il y a un nouveau paragraphe qui garantit l'accessibilité.

Parce que ce qui est important... Il y a toujours des tendances et des menaces

qui font en sorte que, par exemple, le

niveau préparatoire, il faudrait que les parents déboursent. Mais ce n'est pas

bon que les parents déboursent au

niveau préparatoire. Ils ont déjà... Il faut qu'ils paient les instruments des

enfants, il faut qu'ils les envoient

dans des camps musicaux, c'est très lourd. Il faut absolument maintenir la

gratuité, c'est dans la tradition du

conservatoire depuis 1942, de maintenir la gratuité, il faut que ça soit

maintenu. Et on salue le projet de loi n° 48, qui a un paragraphe

sur l'accessibilité. Merci de votre écoute.

Le Président (M.

Kotto) : Merci, M. Vallières, merci, M. Tanguay. Mme

la ministre, la parole est à vous.

Mme David

(Outremont) : Alors, je vous...

Le Président (M.

Kotto) : Pour une durée de 23 min 30 s.

David (Outremont) : 23 min 30 s. Parce que moi, je

parle puis je m'en... ça va trop vite dans ma tête. Et vous m'avez particulièrement impressionnée, je

dirais, par la qualité de votre mémoire, il est bien fait. Je vous salue, je

salue votre travail et je salue aussi les

questions que vous posez, parce que, s'il y a deux soucis qui m'ont habitée...

bon, plusieurs soucis, mais, pour le

projet de loi en particulier, une fois qu'on dit : Les régions sont

sauvées, c'est là pour rester... Je

l'ai dit, et redit, et redit, j'ai de l'ambition pour les conservatoires, comme

vous en avez. Je ne veux pas que ça soit un point d'arrêt, je veux que

ça soit un nouveau début tourné vers l'avenir, mais pas juste des mots, là, des

paroles.

vous avez de grands défis, c'est clair. En musique, en art dramatique, on a de

grands défis. Les écoles se sont multipliées.

Et vous avez un créneau tout à fait particulier mais qui doit être ancré dans l'environnement.

Parce qu'encore faut-il les

découvrir, ces talents-là, il faut que ça commence quelque part. Et vous êtes

le seul modèle où l'enfant peut arriver

à cinq ans et puis sortir à 18 ans, puis il s'appelle Yannick

Nézet-Séguin, par exemple, ou Robert Lepage. Et donc il a fallu qu'il

commence quelque part. Et vous accompagnez... Et ça, pour ceux qui connaissent

moins le milieu de l'éducation, c'est tout à

fait particulier, parce que c'est une progression par matière, ce n'est pas une

progression par niveau. Tu n'es pas

en première année, deuxième année. Le premier prix du conservatoire, tu peux

l'avoir à 16 ans ou à 15 ans si... et l'autre peut l'avoir à 20 ans, et l'autre... Alors, c'est au rythme

du talent et c'est comme — et quelqu'un a fait la référence tout à l'heure — une école de tennis mondiale ou une école de sport, ce n'est pas à

30 ans que tu commences une carrière internationale. La compétition

est tellement forte que les grands musiciens, d'abord, sont soumis à une

concurrence féroce, art dramatique aussi, on

le sait, et donc vous devez avoir un modèle vraiment d'élite pour ça. Mais par

ailleurs l'élite, bien, ça se

développe et ça se découvre bien en amont de ça. Et là on pourra avoir des

discussions très intéressantes sur les liens école-éducation-culture.

Maintenant,

les vraies questions que vous posez... Et je vais vous les poser parce qu'il y

a un petit bout que vous n'avez pas

dit et qui m'a particulièrement inquiétée. S'il y en a une qui voulait deux

choses dans ce projet de loi là... Je voulais

une meilleure présence du secteur des études et des programmes dans l'ensemble

de l'organigramme et je voulais... je

sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas au niveau du rôle du

directeur des études, ou du rôle des professeurs, ou... Et c'est évidemment par région, par

discipline, et il y a un seul conseil d'administration. Alors, c'est compliqué,

là, tout ça. On va avoir beaucoup de

plaisir, et je vais compter sur la présence de mes amis pour pouvoir faire un

montage qui se tient, mais qui

respecte le principe, oui, d'une réelle — et là j'insiste sur le mot «réelle», parce

que vous me voyez venir dans ma

question, peut-être — d'une

réelle présence et action des enseignants et des commissions des études au sein

de l'institution qui s'appelle le conservatoire.

J'entends

très bien... Et je pense que, là, il y a un malentendu. Parce qu'on a

exactement les mêmes objectifs, vous et moi — en tout cas, moi, je

parle pour moi, là — c'est

que les professeurs puissent réellement parler pédagogie quelque part dans

l'organigramme. Ce quelque

part là, ça ne veut pas dire que c'est le conseil

d'administration. La présidente l'a bien

dit, un conseil d'administration, ça gère puis, pour avoir été beaucoup dans le

milieu universitaire, ce n'est pas là

qu'on parlait de la qualité des programmes, on s'entend? C'était à la

commission des études, mais qui elle-même était le fruit... Et c'est là peut-être qu'on n'a peut-être pas été

assez clairs, on n'a peut-être pas... Les sous-commissions, dans ma tête à moi, là, études musique et art

dramatique sont absolument essentielles pour discuter, par discipline, avec

une... où vous décidez vous-mêmes du nombre

de profs, d'étudiants, mais c'est clair, là, qu'on parle vraiment pédagogie,

on parle programmes, on parle développement

par discipline et que ça culmine en une décision plus large et plus réseau

au niveau de la commission des études.

Moi,

quand j'entends et je lis... mais je ne l'ai pas entendu, vous ne l'avez pas

dit, mais vous l'avez écrit que, oui, il

y a des beaux principes, oui, on veut être très présents, mais que les

commissions ne se sont pas réunies en art dramatique depuis des années. Écoutez, là, j'en ai perdu mes

jambes, mes bras, mes yeux, tout, je n'en revenais pas. Il y a vraiment un

problème de fonctionnement, à ce moment-là,

ou de présence de la pédagogie dans les instances. Parce que vous dites :

On veut les garder, on veut les garder, mais

elles ne se réunissent pas. À quoi ça sert, si elles ne se réunissent pas?

Attendez, je vais finir, vous allez avoir le temps de répondre. Donc,

elles ne se réunissent pas.

Et je salue

votre proposition d'un minimum de rencontres, c'est clair. Moi, je présidais la

sous-commission des études de premier

cycle, et, je vous répète, il y avait au moins 400 programmes différents.

Donc, c'est sûr qu'en médecine ce

n'est pas la même chose qu'en philosophie, mais ces gens-là, bon, se parlent. À

la commission des études et même en sous-commission, ce qui les rejoint,

c'est premier cycle, ou deuxième cycle, ou troisième cycle.

On peut

regarder de la meilleure façon... Il faut qu'il y ait un lieu actif où les gens

parlent de programmes et de pédagogie

et où les professeurs sont présents. Alors, il y a eu deux réunions en 2013

pour la musique, ou une réunion, puis

deux en 2014, mais même deux au moment où c'était le plus angoissé pour les

dernières années sur l'avenir des régions, et tout. Comment se fait-il

qu'il n'y ait pas plus de réunions? Donc, ça, il y a un diagnostic à faire.

Et, même si

on vous disait : Il y a une commission des études puis que, sur la forme,

là, on s'entend que... soit les

sous-commissions, c'est plus clair, ce qu'on veut, puis le rôle de la

commission des études, mais moi, je n'arriverai pas du tout à mes objectifs si je relis, dans un an, qu'il y a eu

peut-être, oui, trois réunions comme vous demandez, mais ce n'est pas

trois réunions, c'est six au moins par année, sept, un lieu actif de réflexion.

Alors, je me

suis fortement inquiétée de cette

partie de votre mémoire et donc peut-être de

l'absence de clarté, dans notre propre projet de loi, sur le rôle, et vous le

dites, des sous-commissions, parce que, pour moi, elles sont aussi importantes que la commission des études. Sans

sous-commission, il n'y a pas de commission des études, parce qu'elle

reçoit l'ensemble des recommandations des sous-commissions.

M. Vallières (Jean) : Oui, mais vous

admettrez avec moi que, dans le...

Le Président (M. Kotto) : M.

Vallières, oui.

Vallières (Jean) : Dans le projet de loi, à l'article 39.11, qui

parle de ce que vous appelez les sous-commissions :

«Le règlement doit prévoir la constitution

d'au moins deux comités, l'un portant sur les questions liées à la formation

dans le domaine de la musique et

l'autre, dans le domaine de l'art dramatique. Ces comités doivent être

majoritairement formés de membres

internes du conservatoire», moi, ça m'apparaît extrêmement vague. Quel est le

rôle de ces comités? Quelle est la

composition de ces comités? Il n'y a rien qui est dit avec précision. Qui va choisir

les professeurs qui sont sur ces comités-là? Aucune idée. Ce n'est absolument

pas prévu d'aucune manière dans le projet de loi.

Nous, on aime

beaucoup mieux le projet

de loi qui est actuel... la loi qui

est actuelle, qui a été pensée par des gens sensés aussi. Je veux dire, Mme Liza Frulla, c'est quelqu'un

qui est reconnu. Et puis cette loi-là prévoit que les professeurs élisent des représentants. C'est quand même...

On est quand même des adultes, on est capables d'élire qui on veut

comme représentants, les professeurs, on connaît la matière, on sait qui

peut nous représenter.

La loi actuelle... Pourquoi les commissions pédagogiques... Pourquoi

les commissions des études ne se sont pas réunies plus souvent? Ce n'est pas de notre faute, nous, les

professeurs. Souvent, les professeurs envoyaient des courriels à la direction des études : Quand est-ce qu'est la prochaine réunion? Ce n'est pas

normal, ça. C'est la direction des études, c'est la direction générale qui doit s'occuper de respecter l'esprit de

la loi et de faire les réunions telles qu'elles doivent être. Les professeurs sur le terrain étaient

parfaitement déçus que ces instances-là ne fonctionnent pas comme elles

auraient dû fonctionner, selon

l'esprit de la loi. De là aussi arrive une perception, il faut le dire, sur le

terrain, d'une espèce de tour d'ivoire

de la direction générale où les décisions pédagogiques se prennent à

l'intérieur d'un bureau où on n'aime pas trop, justement, convoquer ces commissions des études là, on aime mieux

prendre des décisions soi-même, tout

seul. Ce n'est pas comme ça que ça doit fonctionner.

Alors, nous,

on ne demande pas le statu quo, on ne demande pas qu'il y ait...

on demande que la loi actuelle soit appliquée

comme elle devrait l'être mais qu'il

y ait une participation des professeurs. Les sous-comités, comme vous dites, là, qui sont là-dedans, là, ce n'est vraiment

pas clair. Mais ce qu'on sait, par

exemple, c'est qu'il y aura

seulement deux professeurs dans la véritable commission des

études. Parce que les sous-comités dont il est question, ils vont

faire rapport à qui? Ils vont faire

rapport à la commission des études, où il

y a seulement deux profs, et c'est

cette commission des études là qui va

s'adresser au conseil

d'administration puis qui va

s'adresser au conseil... au directeur général. On aime beaucoup mieux faire

partie d'une commission des études en

musique puis d'une commission des études en art dramatique avec des représentants élus, et nous, nous ferons des recommandations au conseil d'administration et puis à la direction générale. Ça contourne effectivement une perception

de tour d'ivoire de la direction générale et de la direction des études, et on est convaincus que c'est ça

qu'il faut pour avoir une véritable participation. La manière dont c'est rédigé dans le projet

de loi n° 48, les sous-comités,

c'est très vague, ce n'est pas clair, et puis je ne pense pas que ça correspond

vraiment aux besoins des gens du terrain. Je m'excuse de le dire, mais c'est ça.

Le Président (M. Kotto) : Mme

la ministre.

David (Outremont) : O.K.

Alors, on va continuer cette conversation fort importante. J'entends très, très

bien. Ce que vous dites, c'est que

vous voudriez garder le statu quo, c'est-à-dire des membres élus, tout ça. Ce que nous, on a...

ce à quoi on a réfléchi, c'est que les

sous-commissions, c'est de la régie interne pour justement dire : Là, il y aura

vraiment... Ils décideront ensemble qui ils veulent envoyer.

Ce que j'entends, c'est : vous avez peur, vous craignez — et là j'attends vos suggestions — vous craignez que la haute direction impose

une formation de sous-commissions qui ne vous représente pas assez. Mais,

quand on dit que c'est par régie interne, d'habitude c'est, au contraire, pour

donner plus de pouvoirs justement aux gens qui sont dans le milieu, et qu'ils ne

soient pas dictés par le gouvernement. C'est-à-dire que, si ce ne sont que des membres internes dans les sous-commissions, et des membres

internes, ça veut dire... ça peut

juste être des professeurs et des

étudiants, peut-être un membre professionnel technique ou... Mais ça, c'est à

vous, justement, à décider. Mais le

«vous», ce que j'entends de ce «vous», c'est que vous craignez de ne pas faire

partie du «vous». C'est vous qui décidez, vous craignez de ne pas faire

partie de ce «vous»-là.

qui m'amène à une question pas mal

plus fondamentale. C'est que, de

toute évidence, vous voulez garder un

statu quo qui n'a pas fonctionné. Et là...

M. Vallières

(Jean) : Qui pourrait fonctionner.

David (Outremont) : Non,

non. Mais qui pourrait... Voilà, c'est là-dessus que je veux vous entendre. Parce que vous dites : Tour d'ivoire, réunions qui

n'ont pas eu lieu. Qu'est-ce que vous feriez... Je vais la poser autrement :

Que feriez-vous si vous aviez huit

réunions par année? De quoi vous parleriez? Est-ce que c'est parce qu'il n'y avait pas de sujet à

discuter? Parce que, je veux dire, il n'y a pas des tonnes de programmes

à créer à chaque année, mais il doit y avoir toujours des sujets de préoccupation, de discussion. Est-ce que c'est une question de rapport entre les

professeurs et la direction, puis les

gens ne se parlent pas? Est-ce que c'est parce

qu'il n'y a pas de sujet? Parce que,

si on mettait «avec au moins six

rencontres par année...» Je suis encore plus ambitieuse que vous, là, je dis

«six». Vous dites «trois», moi, je dis «six». Tant

qu'à en faire une, commission, il faut que ça se réunisse. Le conseil d'administration s'est réuni 10 fois, bon, c'était quatre d'habitude, mais on voit qu'il y a

matière. Est-ce qu'il y aurait

matière et de quoi... Parlons vraiment pédagogie. De quoi aimeriez-vous parler, s'il y avait des

réunions, dans ces réunions-là? Et pourquoi est-ce important d'avoir une en art

dramatique... Il y aurait deux

sous-commissions, une en art dramatique et une en musique. Si elles se

réunissaient vraiment six, sept, huit

fois par année, de quoi il serait question? Qu'est-ce qui vous manque comme

lieu de rencontre puis quel serait l'ordre du jour?

Le Président (M.

Kotto) : M. Vallières.

Vallières (Jean) : Je pense que trois réunions par année, ce serait

suffisant, incontestablement, mais il y a beaucoup d'enjeux. Il y a la question de la

visioconférence. De plus en plus, des cours se passent par visioconférence. Ça

peut être très bon, parce que ça peut

permettre, des fois, des élèves en maîtrise dans les régions, de pouvoir faire

leur programme en restant en région.

Mais, pour des gens des grands centres, c'est moins intéressant, la

visioconférence. Présentement, au

moment où on se parle, il y a des cours qui se donnent à Montréal devant toute

une cohorte de jeunes élèves qui arrivent au collégial, ils arrivent au conservatoire de Montréal, il y a à peu

près 20 à 25 élèves, sinon plus. Ils arrivent, et puis le cours de littérature et langage musical qu'ils ont

devant eux, c'est par visioconférence avec un professeur qui donne ce

cours-là à partir de Québec, un professeur qui donne ce cours-là à partir de

Québec et qui n'a personne devant lui.

Alors,

nous tous, là, on se souvient, on se dit : Ah! quand je suis arrivé au

cégep, quand je suis arrivé à l'université, je me souviens des cours de M. Untel ou de Mme Unetelle. Mais

maintenant, là, on ne peut pas arriver puis se dire : Je me souviens, j'ai été accueilli par une

télévision. Je ne dis pas que c'est mauvais en soi, mais ça, ce serait un sujet

qui devrait être abordé.

La question de

l'accompagnement, dans votre tournée on vous en a sûrement parlé, comment se

coordonne l'accompagnement pour les

chanteurs, l'accompagnement, le coaching pour les musiciens, c'est extrêmement

important pour l'audition pour les

orchestres, et tout ça. Et ça aussi, ce qui est intéressant dans la commission

des études telle qu'elle est

actuellement, dans la loi actuelle, c'est qu'il y a des représentants de chacun

des établissements, et ça, c'est fondamental, parce que la pédagogie, ça s'accorde différemment à Val-d'Or... Les

besoins sont différents dans chaque région, selon la nature de l'orchestre symphonique, selon la

nature de... Donc, il faut absolument que les décisions d'ordre pédagogique

puissent se passer en collégialité, en participation.

n'est pas contre, du tout, la direction générale. On veut travailler en

collaboration, on ne veut pas du tout être... aucun affrontement. On veut tout simplement pouvoir s'exprimer, pouvoir

participer à l'élaboration des décisions. Ce n'est pas nous qui allons prendre les décisions, la commission des

études, actuellement, ne prend pas de décision, ce sont simplement des recommandations, mais on veut que

le courant puisse passer, on veut que l'information puisse passer. On

veut qu'il y ait une approche participative par rapport aux professeurs.

je regrette, mais les sous-commissions, telles qu'elles sont envisagées dans la

loi, ce n'est pas simplement une crainte.

Pour nous, ce n'est pas clair que ça va être gage d'une participation. Il n'y a

rien... Quand on dit... Sur le rôle des comités, sur la composition des sous-comités, ce n'est pas clair.

Combien il y aura de membres? Les professeurs vont être choisis par qui?

Par les professeurs eux-mêmes ou par les directeurs? Ce n'est pas clair du

tout.

formule actuelle, la formule de commissions des études en musique et en art

dramatique, cette formule-là peut très bien fonctionner. Elle n'a pas

fonctionné tel qu'elle aurait pu, on est d'accord, mais je pense que c'est au

conseil d'administration à être vigilant pour que ça puisse fonctionner.

Le Président (M.

Kotto) : Mme la ministre.

Mme David

(Outremont) : Oui. Écoutez, à chaque réponse, ça génère de nouvelles

questions ou de nouvelles interrogations.

Tout dépend de la façon dont on va donner une sorte d'imputabilité soit à la

commission des études soit à la sous-commission

des études. Dans le milieu universitaire, par exemple, la commission des études

a une autorité qui fait qu'ils rendent compte au conseil d'administration, mais

c'est décisionnel à la commission des études, comprenez-vous? Et ce sont les

sous-commissions qui font des recommandations aux commissions des études.

Dans les

collèges, c'est un peu différent, mais ce qu'il faut comprendre, c'est que

l'objectif, c'est de donner plus de place au pédagogique, de donner plus

d'autonomie et d'imputabilité. L'imputabilité, ça a sa conséquence aussi. C'est-à-dire que, si on dit : Vous êtes

décisionnels sur les questions de visioconférence, puis ce n'est pas à un C.A.

où il y a des membres externes ou un

C.A. qui fait de la gestion de regarder le côté pédagogique — je ne dis pas le côté financier, évidemment, mais le côté pédagogique — bien, il faut que ça soit sérieux, ces

commissions-là. Si elles sont imputables et si elles rendent compte au conseil d'administration, mais qu'elles

ont vraiment un... elles sont vraiment très reconnues au sein de l'organigramme, un, il faut qu'elles se

réunissent et, deux, il faut vraiment qu'il y ait des réunions de façon très, très régulière. Je répète ma surprise de

voir la non-réunion, et même, j'oserais dire, la surprise que vous vous

contentiez de trois rencontres par année. Si c'était le cas... Vous

dites : Ça serait...

Mme David

(Outremont) : En tout cas, je pense qu'il y a moyen d'avoir une

réflexion un peu continue. Mais, admettons

qu'on trouverait un chiffre, là, qui est... Et je suis aussi surprise du fait

que vous disiez : On ne nous dit pas la composition des sous-commissions, mais, quelque part, est-ce que

c'est au gouvernement à s'ingérer jusqu'à ce niveau-là? Vous voulez vraiment que la ministre ou le projet

de loi décide de la composition d'une sous-commission alors que, par régie interne, on vous dit : Bien, faites-le

collégialement, faites-le, justement, en discussion avec la direction générale?

Là où je

crains qu'il y a peut-être un petit problème dans les dernières années, mais j'aimerais

que ça se règle, c'est le manque de communication. Quand vous parlez

d'une tour d'ivoire, j'entends des craintes, mais je veux vous entendre là-dessus, que vous ne soyez pas

consultés sur même la composition d'une sous-commission en art dramatique

ou d'une sous-commission en musique. Est-ce que c'est le cas?

Puis je veux rajouter aussi qu'il y a une autre

instance, à laquelle vous avez référé tout à l'heure, qui est la commission pédagogique par région, par pôle. Et

ça, ça veut dire qu'il y a comme une commission pédagogique qui parle de pédagogie par région, par conservatoire, et

après ça il y aurait la sous-commission, qui est plus générale, où, là, il peut

y avoir justement exactement ce que vous

décrivez, des représentants de chaque... et qui doit faire rapport

obligatoirement et qui a un rôle à

jouer vraiment dans l'organigramme, la sous-commission qui fait des

recommandations à la commission des études qui, à ce moment-là, est

encore à un niveau plus haut, qui regarde à la fois la musique et l'art

dramatique.

Dans ma

vision à moi, ce n'est pas du tout de diminuer le rôle des professeurs, c'est

de l'augmenter. Mais là ce que

j'entends, c'est : Bien, on n'est pas consultés, donc on risque de l'être

encore moins. Donc, vous voulez être sûrs que, dans les statuts, vous ayez... vous vous retrouviez là, sept enseignants

quelque part dans la sous-commission, alors que moi, je me serais attendue à ce que vous disiez : Bien, merci, on

va pouvoir s'arranger entre nous. Mais, l'«entre nous», j'ai l'impression

que vous craignez que ça soit unidirectionnel, je peux me tromper. Je veux vous

entendre là-dessus.

Le Président (M. Kotto) :

M. Vallières.

Vallières (Jean) : Bien, on trouve que la loi actuelle, qui prévoit

une commission des études avec sept représentants des... commission des

études avec des représentants des professeurs de toutes les institutions, je...

On trouve que la loi actuelle correspond

vraiment à ce qu'on veut. Et on ne se plaint pas que les commissions... que les

sous-commissions ne sont pas précisées, on

dit juste que c'est un fait. On ne souhaite pas qu'elles soient précisées. Ce

qu'on demande, c'est la loi actuelle, le

maintien de la loi actuelle, mais bien appliquée, parce que c'est ça qui

assurerait réellement...

Aussi, représentants, là, ce sont les

professeurs en assemblée qui décident quels sont les représentants à la

commission pédagogique. Sur le terrain, moi, ce que je peux vous dire, c'est

que les commissions pédagogiques, souvent,

font des recommandations à la commission des études, depuis des années, ça fait

15, 20 ans qu'on fait ça. À partir du moment où la commission des études se réunit peu, c'est qu'on a

l'impression, sur le terrain, que ces recommandations-là tombent dans le beurre. Et puis on ne voit

absolument pas comment les sous-comités pourraient solutionner ce problème-là.

La seule façon de solutionner ce

problème-là, pour nous, c'est très clair, c'est que la commission des études,

où on élit nos représentants, chaque

conservatoire élit... Les élections, c'est quand même la démocratie. On

élit un représentant à la commission

des études, ce qui n'est pas le cas des sous-comités, là. Il n'est pas question

d'élections là-dedans, là. Alors, on

délègue. Alors, en déléguant, on fait confiance à cette personne-là pour que

les recommandations de chacune des commissions pédagogiques puissent passer à la commission des études. C'est le bon

système. Je regrette, mais c'est le bon système.

Le Président (M. Kotto) : Mme

la ministre, pour une minute.

Mme David

(Outremont) : Alors, le bon système, c'est ça qu'on cherche. Soyez

rassurés, là, on travaille tous pour

qu'il y ait le meilleur organigramme possible. Avec la préoccupation majeure

que j'ai... Je ne l'ai pas caché, je suis allée dans chaque

conservatoire et j'ai dit où est l'académique, quel est le rôle de

l'académique, comment renforcer l'académique.

Et soyez assurés que j'ai non seulement bien lu, je le sais par coeur, votre

mémoire, là... Puis je n'ai pas parlé

des mandats. Je trouve qu'il y a des suggestions fort intéressantes sur la

question de la longueur des mandats. On aura l'occasion d'en reparler. On va réfléchir très, très, très

sérieusement à cette montée en charge du rôle de l'académique dans l'ensemble et aussi à partir des régions

versus... sous-commissions versus commission, élu, pas élu. Mais, soyez assurés

d'une chose, la

présence des professeurs est prioritaire pour moi depuis fort longtemps. On va

trouver une façon. Mais je vous remercie beaucoup, beaucoup de vos

commentaires.

Le Président (M. Kotto) :

Merci, Mme la ministre. La parole est à l'opposition officielle.

Hivon :

Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, merci pour votre présentation.

Donc, c'est très important de vous

entendre, parce que je pense que vous êtes au coeur du dynamisme et de la

qualité de la vie au quotidien, aussi de l'enseignement, bien sûr, dans

nos conservatoires.

Donc, juste

pour poursuivre sur ce sujet-là qui est au coeur de vos demandes de

modification, donc, d'une part, tantôt,

on entendait qu'essentiellement ça ne marchait pas bien pour la commission en

matière d'art dramatique, mais mieux en

musique. Quand je lis... Dans votre mémoire, vous êtes aussi critiques pour

celle en musique, parce qu'elle ne se serait réunie qu'une fois ou deux fois par année au cours des dernières années,

c'est bien le cas, alors que, celle en art dramatique, ça fait des années qu'elle ne se serait pas

réunie. Donc, vous dites, en fait : Ça ne fonctionne pas en ce moment,

mais ce n'est pas de par ce qui est

prévu dans la loi, c'est juste qu'on ne respecte pas, en fait, ce qui est prévu

dans la loi. C'est bien ça?

M. Vallières (Jean) : C'est ça.

Hivon : Vous demandez le statu quo intégral par rapport à

l'état actuel de la loi, c'est-à-dire deux commissions, donc vous

pourrez nous préciser, là? C'est ça, c'est une... avec un point

d'interrogation. Demandez-vous le statu quo intégral,

pas pour l'ensemble de la loi, là, mais pour vraiment... — non, non, non, inquiétez-vous pas — pour l'aspect des deux commissions, donc de maintenir vraiment deux commissions plutôt

que de les fusionner en une seule avec la création de comités? Donc, je veux comprendre si c'est

vraiment ça, votre demande, le statu quo autant pour les deux commissions

que pour la composition de chacune.

M. Vallières (Jean) : Oui.

Hivon :

O.K. Si la ministre maintient la volonté de fusionner... Là, on est dans le

plan B, admettons. Je vous demande

ça parce qu'on ne vous aura pas après, hein, pendant qu'on va faire l'étude

article par article. Donc, je comprends très bien votre position, là, puis ce n'est pas un jugement, là. Moi, je

mijote tout ça. S'il devait y en avoir une seule, avec deux comités, là, comme la nouveauté qui est

prévue dans le projet de loi, vous souhaiteriez que la composition des comités

soit prévue dans la loi et qu'elle laisse

une grande place aux professeurs? Est-ce que vous êtes capable de me répondre

à ça ou vous refusez, vous allez faire comme les politiciens qui refusent les

questions hypothétiques?

Le Président (M. Kotto) : M.

Tanguay.

M. Tanguay

(Claude) : Dans un premier

temps, le fait aussi de créer un comité conjoint, de fusionner, crée, sur

le plan d'une structure hiérarchique, un

étage de plus, ce qui n'était pas dans notre vision. Parce qu'on est dans un

contexte économique difficile, on ne veut pas créer d'autres organismes

dans le fonctionnement pour ne pas créer de frais supplémentaires. Et il est

évident que... Si Mme la ministre conserve le plan B, comme vous dites, de

créer une seule commission des études, il est clair que, dans les sous-comités

qui sont prévus, il faut qu'ils reflètent le besoin que les professeurs ont,

qui était reflété dans la loi actuelle, au niveau des deux commissions.

Le Président (M. Kotto) : Mme

la députée de Joliette.

Hivon :

Pourquoi c'est important qu'il y ait un représentant de chaque conservatoire?

Parce que quelqu'un pourrait

dire : Bien, je veux bien, là, mais, quand même, ce sont tous des

professeurs de conservatoire, donc ça ne doit quand même pas être le

jour et la nuit entre le Saguenay, puis Rimouski, puis Québec. Donc, pourquoi

il faut...

Le Président (M. Kotto) : M.

Vallières.

Vallières (Jean) : Il y a tellement de projets spéciaux dans chaque

conservatoire. Chaque conservatoire a sa couleur propre, et puis la détermination des programmes dépend de ça,

tout de même. On pense que c'est vraiment souhaitable.

Je reviens à

votre question du plan B, là, puis tout ça. Il n'en reste pas... Même si

les sous-comités comportent des

représentants de chaque conservatoire, il n'en reste pas moins que de membres

en

titre à la commission des études... La

commission des études, ce n'est pas seulement des sous-comités, il y a la

commission des études. À l'intérieur de la commission des études, il n'en reste pas moins qu'il y a seulement deux

professeurs. Ce n'est même pas spécifié dans la loi qu'un des

professeurs doit être en musique et l'autre en art dramatique. Ça, vraiment,

là, ça va au-delà de notre compréhension.

Mais il n'en reste pas moins que... Quelle que soit la manière dont les

sous-comités sont faits, il n'en reste pas

moins qu'à la commission des études comme telle il y a seulement deux

professeurs. Est-ce qu'en soi ça, c'est normal? Est-ce qu'en soi ça,

c'est souhaitable? On ne le pense pas. On ne le pense pas et on ne pense pas

que c'est le meilleur système. On ne pense pas que ça va dans le sens... La

réduction du nombre de professeurs comme membres élus à la commission des

études n'est pas, selon nous, une modernisation.

Il faut bien

expliquer une chose aussi. Le ministère de l'Éducation a connu une révolution

tranquille au début des années 60. Les conservatoires... Si on

regarde l'histoire des conservatoires, nous, on était dans un autre ministère,

le ministère de la

Culture. Il n'y a pas eu la même Révolution tranquille, de telle sorte que,

pendant 40 ans, les décisions se prenaient au conservatoire par le

directeur général, les professeurs n'avaient pas un rôle important.

Aujourd'hui, le conservatoire attendait sa

révolution tranquille. Sa révolution tranquille est arrivée un petit peu au

moment de la création de la corporation avec... Le point de départ,

l'étincelle, ça a été Mme Liza Frulla, et puis, après ça, eux, ils ont... et

Mme Line Beauchamp, ils ont voulu moderniser le conservatoire, ils l'ont fait.

Et ce qu'on

ne comprend pas, nous, honnêtement, c'est que, dans le projet de loi

n° 48, tournez ça de toutes les manières

que vous voulez, ou plan B, ou plan C, ou n'importe quoi, il y a une

diminution du rôle des professeurs là-dedans par rapport à ce qui était

avant. C'est comme une sorte de dérévolution tranquille, puis on ne peut pas

être pour ça, incontestablement. Parce que, même si les sous-comités sont

améliorés, si j'ose dire, il n'en reste pas moins que, les membres en

titre de

la commission des études, les personnes qui vont faire rapport au conseil

d'administration et à la direction générale,

eux, il y aura seulement deux professeurs là-dessus, et puis, pour nous, ce

n'est pas assez, ça ne reflète pas la

diversité. Puis, même dans le texte de loi, dans le texte du projet de loi, ce

n'est même pas spécifié qu'il y ait un professeur de musique puis un

professeur en art dramatique.

Le Président (M. Kotto) : Mme

la députée de Joliette.

Hivon :

Oui. Si j'ai le temps, je vais revenir sur cet aspect-là, mais je veux vous

entendre sur... dans la foulée de ce

qu'on a vécu depuis an puis la grande tourmente de l'automne dernier, tout ce

qui planait de fermeture des conservatoires en région, est-ce que vous estimez que cette épée de Damoclès au-dessus

des conservatoires en région, elle est tombée? Donc, est-ce que vous êtes vraiment rassurés pour l'avenir? Et, cette

loi-là, qu'on travaille à partir d'aujourd'hui, est-ce que vous estimez qu'elle — c'est un peu la même question que je posais

tantôt — est de

nature à assurer davantage la pérennité

des conservatoires en région, la structure actuelle plutôt neutre, ou vous

voyez des risques, donc indépendamment de la loi et par rapport à la

loi?

Le Président (M. Kotto) : M.

Vallières.

Vallières (Jean) : Tout à fait d'accord. On a eu parfaitement

confiance en notre ministre, qui a vraiment, on peut dire, sauvé les conservatoires, et on est convaincus qu'elle a

sauvé les conservatoires pour un bon bout de temps, et on est extrêmement confiants. Et tout ce qu'on

fait comme recommandations, ça se veut vraiment dans une optique positive,

dans une optique de développement de notre

institution, dans une optique de participation effective des professeurs à la

prise de décision sur le plan pédagogique. Et on veut simplement les rouages

les meilleurs possible.

On est

convaincus que les conservatoires ont besoin d'être mieux connus par la

population, et même les événements de

septembre dernier ont tout de même aidé à ça. On veut préserver ce qu'il y a de

bon dans les conservatoires, mais en même

temps il faut aller vers l'avenir, et on veut participer à cet avenir-là d'une manière constructive,

incontestablement, et on essaie

simplement de trouver les moyens, et on fait absolument confiance aux

législateurs pour faire les modifications qui s'imposent là-dedans pour assurer une

meilleure participation des professeurs à toutes les questions académiques.

Hivon : Puis est-ce

que ce serait possible que des gens

disent que les commissions n'ont pas bien fonctionné parce que,

justement, la composition était tellement

lourde, il y avait des gens de partout, donc on n'arrivait pas à

s'entendre, il n'y avait pas de

consensus? Donc, vous, vous dites... vous postulez que c'est plus une question,

peut-être, de manque de volonté de la

direction. Est-ce que d'autres vont venir... pourraient nous dire que, non,

c'est plutôt que c'était comme ingérable

comme commission, et tout ça, ça ne fonctionnait pas comme... Vous, vous

estimez que c'était la bonne composition, mais est-ce que certains

pourraient venir nous dire ça?

Le Président (M. Kotto) : M.

Vallières.

M. Vallières (Jean) : Écoutez, je

pense que deux commissions des études, c'était très bien structuré, ça ne fonctionnait tout de même pas si mal que ça. C'est

juste qu'il y avait des lacunes au niveau du nombre de réunions, et tout ça. Il ne faut pas qu'il y en ait trop, parce

que c'est quand même assez lourd, des commissions de 13 membres et des

commissions de neuf membres. C'est pour ça.

Réunir ça, je dirais, six ou sept fois par année, ça nous apparaît trop, pour

être franc, là. Il y a quand même une

lourdeur, il y a quand même des coûts associés à ça. Et puis il faut être

réaliste, il ne faut pas aller trop loin là-dedans.

De là, par

contre, à diminuer le rôle des professeurs, je pense que ça serait aller dans

une mauvaise direction puis ce serait aller aussi dans une direction qui

ferait en sorte que les décisions qui seraient prises par la direction générale

risqueraient moins de se retrouver bien appliquées. La participation des gens,

la concertation, c'est gage d'efficacité. Alors,

c'est sûr que convoquer des réunions de 12, 13 personnes trois fois par

année, c'est quand même un petit peu d'ouvrage, sauf que, d'une certaine façon, ça peut sauver de l'argent, parce qu'en

fait, en amenant les gens à s'impliquer et à participer, je pense que

c'est un bon investissement.

Hivon :

Puis, si quelqu'un vous disait : Bien, justement, 12, 13, c'est lourd,

donc là c'est neuf maintenant, donc

ça va être beaucoup plus facile, il n'y en aura pas deux, il va y en avoir

juste une puis il va y en avoir juste neuf, membres, qu'est-ce que vous

répondez à ça?

Le Président (M. Kotto) : M.

Vallières.

M. Vallières (Jean) :

Bien, dans la mesure où il y a seulement deux professeurs là-dedans, je ne

trouve pas que ça peut refléter

vraiment les besoins pédagogiques et académiques d'une institution comme la

nôtre. À ce moment-là, on sauve,

mais, dans la réalité, ça ne sera pas... je ne trouve pas que ça va... Ça va

donner un sentiment aux professeurs de

ne pas être écoutés encore, et ça, ce n'est pas une bonne solution. Ce n'est

pas comme ça qu'on fait une synergie de travail commun, une synergie de

participation.

n'y a eu aucun affrontement. Nous, quand on a été dans ce qu'on peut appeler la

question des conservatoires, nous, les professeurs, on a été extrêmement

coopératifs. On a fait appel à la ministre, on a rencontré la ministre, on a

été positifs sur tout, et c'est ça qu'on veut continuer d'être. Les

recommandations qu'on fait, là, il ne faut pas prendre ça du tout comme étant quelque chose de négatif, ou

d'affrontement, ou quoi que ce soit. Au contraire, c'est simplement pour

que ça fonctionne mieux. Mais on est

convaincus aussi qu'on va être écoutés et on est convaincus que ça va donner

quelque chose de bon. On fait confiance.

Hivon : C'est bon de faire confiance. On écoute les gens qui

viennent nous voir. Sur le conseil d'administration du conservatoire comme tel, vous souhaitez... De

manière globale, avez-vous des demandes, outre la question des professeurs,

pour la composition...

Vallières (Jean) : On est tout à fait d'accord avec la constitution du

conseil d'administration. On est tout à fait d'accord avec... Même si le rôle des professeurs est réduit, on est tout

à fait d'accord, parce que ça fait

partie du rapport externe, interne qui va

avec la

Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. On est tout à fait d'accord

avec ça. La seule réserve, c'était

pour la durée des mandats, dont on a fait part et puis qui semble avoir été...

être en train d'être tout à fait bien

écoutée. Mais, pour le conseil d'administration, on est positifs, on veut

fonctionner avec la loi, on veut fonctionner avec les directions et avec

le conseil d'administration dans la plus parfaite synergie.

Hivon :

Parfait.

Le Président (M.

Kotto) : Il vous reste une minute à peine.

Hivon : Très rapidement, l'impact de la situation financière

excessivement difficile sur l'enseignement, est-ce qu'il est quantifiable? Est-ce que vous seriez en mesure de nous

dire si ça a des impacts majeurs dans le quotidien?

Le Président (M.

Kotto) : M. Vallières.

Vallières (Jean) : C'est sûr que ça a eu des impacts. Les coupures qui

ont lieu ont certains impacts. Je faisais allusion tantôt à la visioconférence, il y a aussi au niveau du temps

d'accompagnement, c'est-à-dire la durée des cours et le temps d'accompagnement,

le rapport maître-élève a été un petit peu affecté par ces coupures-là. On ne

peut pas dire que c'est agréable pour nous. On veut essayer de

limiter ça au maximum. Et c'est bon qu'on soit entendus, que les gens sachent qu'il

n'y a pas de... que les coupures ont quand même un effet sur le rendement

pédagogique, mais on essaie de faire notre maximum malgré tout.

Le Président (M.

Kotto) : Merci, M. Vallières. La parole est maintenant au

deuxième groupe d'opposition.

Samson : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. D'abord, j'ai été

très sensible à votre mémoire, parce que

je trouvais, dans le projet de loi, qu'effectivement, quand on regarde l'ancien

régime, il y avait des questions à se poser sur le rôle puis la place qu'occupe le corps professoral à l'intérieur

de l'organisme, et tout ça. Donc, j'ai été assez sensible à ça, mais vos propos me confirment une

chose : il est temps qu'il y ait quelque chose qui change, parce que, de

toute évidence, l'ancien système

n'était pas particulièrement performant, soit au

chapitre des communications,

des échanges ou de l'implication de

chacun des groupes, et on peut espérer peut-être que, dans quelques années, on

entendra parler plus des étudiants quand on parlera du conservatoire.

Mais,

pour parler des... Moi, je n'ai aucun talent en musique, messieurs, ça fait que

je ne vous challengerai pas pantoute

sur le côté académique, là, mais je suis une bonne comptable, par exemple, et

ce matin j'ai appris qu'il y avait 800 étudiants

au conservatoire, et, quand je lis votre mémoire, vous parlez de

210 professeurs. Ne dites pas ça sur la place publique, ça fait un ratio

qui n'est pas populaire pantoute. Mais vous allez m'éduquer. Vous allez

m'expliquer comment ça marche,

210 professeurs. Vous n'avez pas 210 professeurs à temps plein. C'est

des gens qui viennent faire des cours, des ateliers? Comment vous faites

ce calcul-là de 210 professeurs?

Le Président (M.

Kotto) : M. Tanguay.

M. Tanguay (Claude) : Il faut comprendre que 210 professeurs, la majorité de nos professeurs

sont à temps partiel. Donc, c'est des

professeurs qui vont donner... Par exemple, un professeur de harpe ne peut pas

avoir du temps plein, là. Des

harpistes, il n'y en a pas dans tous les établissements de musique et il n'y en

a pas un nombre suffisant pour donner du

temps plein. Donc, il faut comprendre que 210, oui, ça semble donner un ratio

d'un sur quatre, mais ce n'est pas le cas. Puis il faut dire aussi que l'enseignement en musique, il y a beaucoup

de l'individuel, du un pour un. Les instrumentistes ne peuvent pas être tous en groupe. Donc, ça

explique aussi que ça donne l'impression d'un ratio assez impressionnant.

Mme Samson : Diriez-vous que la

majorité des professeurs sont des professeurs à temps partiel?

Vallières (Jean) : Oui, mais on pense...

Le Président (M.

Kotto) : M. Vallières.

Vallières (Jean) : Le conservatoire de Montréal vient d'engager

M. Jacques Lacombe, qui vient d'être nommé à Bonn comme chef d'orchestre. Alors, lui, il va

donner un certain nombre d'heures au conservatoire de Montréal. En art dramatique à Montréal, M. Gilbert Sicotte, qui

enseigne le jeu théâtral, évidemment il a beaucoup de contrats par ailleurs,

et c'est à temps partiel qu'il enseigne le

jeu. Souvent, les professeurs font carrière, par ailleurs. Ce sont des membres

des orchestres symphoniques, beaucoup

de membres de l'orchestre métropolitain, des membres des orchestres régionaux,

des membres de l'Orchestre symphonique de

Québec qui enseignent au conservatoire. Alors, souvent, c'est des professeurs

à temps partiel, mais qui s'impliquent, qui sont dévoués au conservatoire.

Mme Samson :

Et, le cheminement de vos étudiants, il y a beaucoup de travail qui se fait un

à un, hein?

Vallières (Jean) : Oui. Le cours individuel est à la base. C'est le

principe de maître artisan, si j'ose dire, hein? Alors, un élève d'un tel... Par exemple, Jacques Lacombe, il va

enseigner la direction de l'orchestre, bien, il aura ses élèves à lui,

et puis il les rencontre individuellement un certain nombre d'heures, il les

coache, et puis c'est comme ça que ça fonctionne, comme dans les grands

conservatoires d'Europe.

Mme Samson :

Donc, c'est ce qui est privilégié encore aujourd'hui au conservatoire.

Vallières (Jean) : Oui, pour la musique. Pour l'art dramatique, c'est

en groupes, ce sont des ateliers de théâtre. Il n'y a pas de cours

individuel en art dramatique, c'est seulement en musique.

Samson : D'accord. Bon, là, j'ai lu tout... Naturellement, là, vous

parlez beaucoup du conseil d'administration et des sous-commissions qui ont plus ou moins fonctionné au cours des

années, et on sent bien, dans votre présentation, que votre volonté,

c'est d'être impliqués et d'être...

M. Vallières

(Jean) :

Partie prenante.

Samson : ...partie prenante et travailler en étroite collaboration

avec... Là où j'aimerais peut-être que vous me donniez un petit peu plus d'éclairage, pour vos membres, le fait

qu'il y ait une seule commission maintenant, sans distinction, qu'il

s'agisse d'art dramatique ou de musique, alors que, moi, à mon avis, c'est des

domaines tellement différents, là... C'est

déjà assez curieux que ça se retrouve dans la même institu

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2015-09-08
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-41-1 journal-debats CCE-150908
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier28242a17745f223a4bede7fc062f591c12af12dc

Source file is stored in the law ingest library (html).