House Proceedings — 15 March 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-03-15
Quebec — Debates (Hansard)
Je salue donc
tous les membres des conseils d'administration et leurs résidents, de la
coopérative, qui, au fil des années,
ont contribué aux tâches de planification, de conception, d'administration
quotidienne, de maintenance, de corvée et
de vie sociale. Mais, qu'elle soit l'une des plus grosses coopératives du
Québec avec 187 logements et près de 500 résidents, elle est toujours à
la recherche de l'équilibre entre les besoins individuels et ceux de la
collectivité.
Être membre
de la coopérative, c'est faire corps avec une grande famille de coopérateurs
partageant des valeurs et des principes communs pour un mieux-vivre
ensemble. Bon 35e anniversaire!
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie de votre
déclaration, Mme la députée. Je cède la parole maintenant à M. le député
de Marguerite-Bourgeoys pour sa déclaration de ce matin. À vous, M. le député.
M. Poëti : Merci, M. le
Président. J'ai le grand plaisir de présenter la Médaille de l'Assemblée
nationale à deux femmes d'exception qui se
sont démarquées tant sur le plan professionnel que personnel, et elles sont
avec nous ici aujourd'hui.
première, Mme Jennifer Damiani, a dédié sa vie à son fils qui souffre
d'autisme et s'est impliquée dans une école
privée pour enfants avec troubles de comportement. Elle a fait figure de proue
à
titre de directrice des communications aux affaires publiques à La
Brasserie Labatt, à LaSalle, reconnue comme leader de l'industrie brassicole
québécoise.
La seconde,
une femme dans le feu de l'action, Mme Martine Mimeault, se définit, de sa
propre admission, comme un poisson dans l'eau qui a toujours le goût de
travailler. À la tête de la plus grande salle de spectacle dans l'ouest de Montréal, le Théâtre Desjardins, ses décisions lui
ont valu le redressement notoire de cette entreprise au bord du gouffre.
Ces dernières
ont démontré que rien ne pouvait les empêcher de bâtir une carrière brillante
bien à elles. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. La présidence vous souhaite
la bienvenue à l'Assemblée nationale.
Je cède
maintenant la parole à M. le député de Masson pour sa déclaration de ce matin.
À vous, M. le député.
M. Lemay :
M. le Président, en fin de semaine dernière, soit le 12 mars, l'Association de
danse de Mascouche célébrait un
double anniversaire : 35 ans d'enseignement pour sa fondatrice,
Mme Josée Forest, et 25 ans d'existence pour l'association.
Au travers
des ans, de nombreux jeunes danseurs et danseuses ont pu développer leur côté
artistique et sportif par l'entremise
de cet art merveilleux qu'est la danse. J'aimerais particulièrement féliciter
Mme Josée Forest d'avoir très bien
su, année après année, transmettre sa passion et donner une place reconnue à la
culture dans la ville de Mascouche. Je souhaite la remercier
chaleureusement pour ces 35 années passées sur la piste de danse à transmettre
à nos jeunes sa passion de cet art. Je lui souhaite encore de nombreuses années
à partager son plaisir de danser.
Bon 35 ans
d'enseignement à Josée Forest et bon 25e anniversaire pour l'Association de
danse de Mascouche! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci pour votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Papineau pour sa
déclaration de ce matin. À vous, M. le député.
M. Iracà : Merci,
M. le Président. Depuis près de 45
ans, Mme Manon Cyr oeuvre dans le domaine du bénévolat. De 2004 à 2006, elle a été conseillère du Club Âge
d'or Fassett et, par la suite, présidente du club jusqu'à maintenant. Depuis plusieurs années, elle a organisé et organise encore aujourd'hui plein d'activités auprès des membres et des citoyens,
telles que des parties de cartes, des jeux
de pétanque, des jeux de quilles et des cours de danse. Elle organise des
voyages de magasinage, de cabane à
sucre et des randonnées dans les Laurentides. Il y a 454 résidents Fassett,
et elle a réussi à obtenir 280 membres pour le club d'âge d'or.
Lors des activités,
telles que les soupers et soirées dansantes une fois par mois, près de 150
personnes y participent, et de
nouvelles personnes s'ajoutent à chaque fois. Ces activités
encouragent les gens de tous âges, dont des octogénaires, à sortir de leur demeure. De plus, Mme Cyr
fournit son véhicule et accompagne les personnes qui ont besoin de transport
lors de visites chez le médecin et elle
accompagne également les personnes en fin de vie. Elle travaille en
étroite collaboration avec le
club action loisir Fassett.
Je tiens à offrir mes sincères remerciements à
Mme Manon Cyr. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député de Papineau. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Vachon pour sa déclaration de ce matin. À vous, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : J'aimerais souligner un événement
qui fait la fierté de Saint-Hubert, le Jazzfest des jeunes du Québec, qui
en est à sa 39e édition. C'est l'occasion pour des groupes de jeunes de partout
au Québec d'avoir accès à des ateliers de
perfectionnement et d'exposer leurs talents devant public.
Ce festival a vu le jour en 1978 à Montréal. En
1992, l'événement prend une envergure nationale en adoptant officiellement le nom de Jazzfest des jeunes du Québec, et c'est chez nous, à
Saint-Hubert, qu'il s'établit durablement. L'occasion est naturellement liée à la cause de la fibrose
kystique puisque le vice-président, Denis Mouton, est cofondateur de Fibrose kystique Québec. La chanteuse Johanne
Blouin marraine le festival depuis 2006 en plus d'être ambassadrice de Fibrose kystique Québec. Une
partie des fonds récoltés par la vente de
billets va à la recherche sur cette maladie héréditaire.
Cette année, le Jazzfest
des jeunes du Québec aura lieu le 1er avril à l'école secondaire
André-Laurendeau et est organisé par M. Yves Adam, président, et son organisation.
Je vous y invite chaudement, car c'est une excellente occasion d'encourager nos
jeunes passionnés de musique jazz et de financer...
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Vachon, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Mégantic
pour sa déclaration de ce matin. À vous, M. le député.
M. Bolduc : Merci,
M. le Président. Fort du succès des
deux premières éditions, la Cité-école Louis-Saint-Laurent du
Haut-Saint-François a organisé, pour une troisième année consécutive, l'activité
Un lunch presque parfait .
S'inspirant
de l'émission Un souper presque parfait , ce concours culinaire destiné
aux élèves de deuxième cycle a permis
à 23 jeunes d'être initiés aux techniques de base de cuisine. Ainsi, Un
lunch presque parfait permet aux élèves du secondaire de développer leurs capacités culinaires et leur
imagination et, par le fait même, favorise l'intégration de saines
habitudes alimentaires dans leur quotidien.
Merci énormément au comité organisateur et aux
partenaires, la MRC du Haut-Saint-François, le Carrefour jeunesse-emploi du
Haut-Saint-François, le regroupement du Haut-Saint-François en forme et la
Cité-école Louis-Saint-Laurent pour cette très belle initiative et
félicitations à tous les gagnants!
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie pour votre déclaration, M. le député. Je cède
maintenant la parole à M. le
député... excusez, de la... voyons, de Blainville. M. le député de Blainville,
pour votre déclaration de ce matin.
M. Laframboise : Merci, M.
le Président. Il me fait plaisir aujourd'hui de souligner les exploits sportifs d'une jeune Lorraine de ma circonscription, Mme Florence Dargis, qui s'entraîne à
l'école Excellence Rosemère avec l'équipe de M. Yvan Desjardins.
Jeune patineuse artistique de 14 ans qui a
commencé à l'âge de deux ans, elle s'est qualifiée cette année pour joindre l'équipe du Québec. Excellant dans son sport
tout en maintenant une moyenne générale à l'école de 84 %, Florence
est un bel exemple de détermination et de ténacité. Alignant passion et
acharnement, elle s'est classée cinquième au Canada tout en fracassant
un record aux Jeux du Québec. En effet, dans sa catégorie, pré-novice dames B,
elle a complété sa routine avec un total de
57,69 points en remportant du même coup la troisième médaille d'or de la
délégation des Laurentides.
En tant que
député de Blainville, je veux donc profiter de cette tribune pour lui
mentionner que nous sommes tous très
fiers de ses exploits. Un merci particulier à l'entraîneur et aux parents de
Florence de transmettre cette passion du sport. Toutes mes félicitations
à Florence pour ses efforts et ses résultats exceptionnels!
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci de votre déclaration,
M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Sherbrooke
pour sa déclaration de ce matin. À vous, M. le député.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais souligner
la participation de la délégation de l'Estrie à la 52e finale des Jeux
du Québec, qui se déroulait du 24 février au 4 mars dernier.
Accompagnés
de 42 entraîneurs et de 15 missionnaires, ce sont 154 athlètes estriens âgés de
12 à 17 ans qui ont pris part aux
compétitions. De la boxe au hockey en passant par la nage synchronisée, cette
jeune délégation s'est fièrement illustrée
dans 17 des 20 disciplines présentées. En plus des 22 médailles récoltées lors
de ces épreuves, plus de la moitié des athlètes ont atteint leur
objectif personnel. C'est tout un exploit, M. le Président!
En tant que
député de Sherbrooke et ministre responsable de la région de l'Estrie, je tiens
à offrir mes plus sincères félicitations
à tous ces jeunes athlètes de notre région pour leurs efforts constants et leur
persévérance. Bravo pour vos accomplissements! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci de votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Chicoutimi pour sa déclaration
de ce matin. À vous, madame.
Mme Jean : Merci,
M. le Président. C'est sous un froid
polaire que les amis du Café Jeunesse soulignaient les 30 ans d'existence de l'organisme
lors d'un tournoi de hockey bottine, les 10 et 11 mars dernier. C'est avec
fierté que j'ai accepté d'être présidente d'honneur de cette activité.
Oui, il y a 30 ans,
Françoise Gagnon, supportée par sa congrégation religieuse, créait un organisme
qui allait changer la vie des jeunes de 18 à
30 ans de Chicoutimi, le Café Jeunesse. La mission du café, qui est de
supporter les jeunes, est
malheureusement encore d'actualité aujourd'hui. Le café offre un milieu de vie, de
l'accompagnement, des références, de
la cuisine collective, du dépannage alimentaire et bien d'autres choses. Je
tiens à souligner le travail extraordinaire
réalisé par les équipes du café, qui, chaque année, fait la différence pour
plus de 800 jeunes de Chicoutimi.
À
titre de députée de
Chicoutimi, je suis fière de compter dans ma circonscription le Café Jeunesse.
Merci à Marie-Michèle Rancourt et son équipe
qui supportent quotidiennement les jeunes de Chicoutimi. Merci à tous ces intervenants
qui, depuis 30 ans, font la différence dans le destin de ces jeunes. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Et cette dernière déclaration met fin à la
rubrique Déclarations de députés. Et les travaux sont suspendus temporairement.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Président : Mesdames messieurs, nous allons prendre quelques minutes pour nous recueillir, quelques
instants pour nous recueillir.
Vous aurez remarqué
que nous n'avons pas aujourd'hui d'invité dans nos galeries, mais vous
comprenez pourquoi. C'est un peu normal.
Toutefois, évidemment, je réclame de chacun d'entre vous... Oui, je parlais de
nos consuls et autres, mais on est
heureux de vous avoir avec nous. Pas nombreux, mais on est heureux d'avoir des
gens avec nous pour assister à cette reprise de séance.
Président : Ah! bien oui, vraie, vraie tempête. Je réclame
d'entre vous, évidemment, une séance particulièrement calme, puisque nous allons avoir de jeunes
oreilles et de jeunes yeux pour nous regarder, puisque nous sommes la seule
école ouverte au Québec aujourd'hui, hein?
Nous sommes la seule école ouverte. Donc, je ne voudrais pas qu'à la fin de
notre session, la plupart des élèves du Québec pensent qu'on devrait faire une
école de réforme, par exemple. Alors, nous commençons.
Nous poursuivons les
affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Le Président :
O.K., on se calme. Bon.
À la rubrique
Présentation de projets de loi... Il n'y a pas de déclarations ministérielles.
Donc, à la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
...d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, M. le député de
Borduas présente le projet de loi n° 792,
Loi sur la procédure de sélection et de nomination des
décideurs administratifs indépendants et de renouvellement de leur mandat.
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Donc, je dépose la
Loi sur la procédure de
sélection et de nomination des décideurs administratifs indépendants et
de renouvellement de leur mandat.
Ce projet de loi a
pour objet d'établir une procédure formelle, transparente et uniforme pour la
sélection et la nomination de décideurs
administratifs ainsi que pour le renouvellement de leur mandat afin d'assurer
leur indépendance, leur impartialité et leur intégrité.
Le projet de loi institue la charge de
secrétaire à la sélection des décideurs administratifs indépendants dont le
mandat est d'administrer, à l'abri de toute
intervention politique, la procédure de sélection, de nomination et de
renouvellement des mandats des
décideurs administratifs. Le secrétaire est nommé par l'Assemblée nationale
pour une période de 10 ans avec l'approbation des deux tiers de ses
membres.
projet de loi prévoit que, pour être déclarée apte à devenir décideur
administratif au sein d'un organisme, une personne doit réussir un
concours au cours duquel ses aptitudes sont examinées à l'aide d'une épreuve
écrite et d'une évaluation par un comité de
sélection. Le secrétaire tient un registre des personnes déclarées aptes à être
nommées pour chaque organisme et le
ministre de la Justice nomme, à
titre de décideur, une personne dont le nom est
inscrit au registre de l'organisme où un poste est à pourvoir.
Également,
le projet de loi prévoit que le gouvernement fixe, par règlement, le mode, les
normes et les barèmes de la rémunération des décideurs administratifs,
basés sur des critères objectifs.
plus, le projet de loi soumet l'ensemble des décideurs administratifs aux mêmes
règles déontologiques, à la compétence
du Conseil de la justice administrative ainsi qu'à un processus d'évaluation de
rendement faite annuellement par le président de l'organisme.
Enfin, le projet de
loi comporte des dispositions modificatives, transitoires, diverses et finales.
Merci.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Merci, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton
par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques le 7 février 2017 ainsi que par la députée de Marie-Victorin le 21 février 2017.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
Donc, à la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 286 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
personnes ayant besoin de maintien à domicile sont vulnérables;
«Considérant que les
ressources offrant les services n'ont pas toutes les mêmes qualifications;
«Considérant que les
entreprises pouvant soumissionner ne sont pas soumises à un cadre de
référencement;
«Considérant que la
qualité des services peut varier énormément selon le fournisseur;
«Considérant
que les services sont actuellement fournis par les auxiliaires familiales et
sociales des centres locaux de services communautaires — CLSC;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux :
«Que l'offre de
services soit soumise à un cadre de référencement;
«Que cette offre de
service soit soumise aux meilleures pratiques en soin à domicile; et
«Que
soient suspendues, à effet immédiat, les nouvelles offres de services jusqu'à
ce que le cadre de référencement soit établi.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Je pense que vous avez une
autre pétition, M. le député Granby.
Bonnardel :
J'en ai trois, M. le Président.
Le Président : On va
attendre, la troisième.
Bonnardel : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par
72 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
maladie ou la perte d'autonomie oblige parfois à placer en hébergement un
membre d'un couple marié ou conjoint, ou oblige un rehaussement des services;
«Considérant que ce
placement est presque toujours une source de stress émotionnel et financier
devant cette séparation involontaire;
«Considérant
que ce placement oblige le couple à
vivre dans deux lieux différents, ce qui augmente les dépenses en
logement et en transport;
«Considérant que la
personne en bonne santé doit continuer à vivre sous un toit et à se déplacer;
«Considérant
que la valeur maximale des biens a
été établie à 2 500 $ pour
un couple, afin de pouvoir bénéficier d'une réduction de frais
d'hébergement, ce qui a pour effet d'appauvrir la personne bien portante;
«Considérant
que plusieurs couples ont contourné cette obligation en se divorçant puisque, à
ce moment, seulement la moitié du patrimoine appartient à chaque membre
du couple;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux :
«Que seulement la
moitié du patrimoine soit exigée pour payer la pension de la personne hébergée;
«Que la maison
familiale et le véhicule soient exclus de ce partage; et
«Que soit considéré
le fait que le couple est encore un couple, malgré les deux adresses
différentes.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Votre troisième pétition viendra, parce qu'elle est non conforme. Alors,
je vais demander au député de Rimouski de prendre la suite des choses.
Le Président :
Avez-vous besoin d'aide, M. le député de Rimouski?
C'est la première
fois que ça m'arrive, je vais déposer une pétition à effet rétroactif.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
27 909 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la mesure fiscale qui repousse l'âge d'admissibilité au crédit d'impôt
accordé en raison de l'âge appauvrit les gens de 65 ans et plus
parmi les moins bien nantis;
«Considérant que près
d'un aîné sur deux vit avec moins de 20 000 $ par année;
«Considérant que les
gens de 65 ans et plus sont déjà durement touchés par la hausse du coût de
la vie;
«Considérant
que cette mesure forcera des personnes aînées à rester en emploi ou à retourner
au travail au risque d'hypothéquer leur santé;
«Considérant
que plusieurs mesures fiscales contribuent à creuser le fossé qui sépare les
plus riches des plus pauvres;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de rétablir à 65 ans, et
rétroactivement, l'admission au crédit d'impôt [...] en raison de
l'âge.»
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Vous
en avez une seconde, M. le député de Rimouski? Et pour la première, en tout cas, vous aviez donné
l'impression que vous aviez 95 ans,
alors peut-être que vous allez rajeunir un peu.
LeBel : Je vais rester
debout. Une autre pétition, j'espère, pour avoir le même effet. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 383 pétitionnaires. La désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
famille moyenne verra sa facture d'épicerie augmenter de 420 $ en 2017;
«Considérant
que les familles à revenus modestes seront les plus durement touchées par cette
hausse des prix des aliments et qu'elles ne pourront pas s'y soustraire;
«Considérant
que l'austérité a poussé un nombre record de Québécois à avoir recours aux
banques alimentaires et que la hausse du prix des aliments aggravera la
situation;
«Considérant que les 2,7 millions de ménages les
moins fortunés du Québec doivent être soutenus face à ces hausses de prix;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de compenser la moitié de
l'impact de la hausse des prix de
l'alimentation pour les ménages à revenus modestes en bonifiant, dès de mois de
janvier 2017, le crédit d'impôt pour solidarité de 200 $ par ménage
admissible.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. Je vais...
Le Président :
Vous en avez encore une?
Le Président :
J'ai une prochaine pétition, qui en est une non conforme, du député de Granby.
Alors, je vais demander un consentement pour savoir si...
Président : Bien, je peux bien vous garder encore un bon bout
de temps, M. le député de Rimouski, mais j'en ai une non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M.
le député de Granby, c'est à vous la parole.
Bonnardel : M. le Président, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 871
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
personnes ayant besoin de maintien à domicile sont vulnérables;
«Considérant que les
ressources offrant les services n'ont pas toutes les mêmes qualifications;
«Considérant que les
entreprises pouvant soumissionner ne sont pas soumises à un cadre de
référencement;
«Considérant que la
qualité des services peut varier énormément selon le fournisseur;
«Considérant
que les services sont actuellement fournis par les auxiliaires familiales et
sociales des centres locaux de services communautaires;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au ministre de la Santé et des Services sociaux :
«Que l'offre de
services soit soumise à un cadre de référencement;
«Que cette offre de
service soit soumise aux meilleures pratiques en soin à domicile;
«Que
soient suspendues, à effet immédiat, les nouvelles offres de services jusqu'à
ce que le cadre de référencement soit établi.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu une autre pétition de M. le député de Rimouski et qui était non conforme. Alors, je vais demander
le consentement de mes collègues pour lui permettre de présenter sa
pétition. M. le député, c'est à vous la parole.
LeBel : C'est à moi. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 450 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
famille moyenne verra sa facture d'épicerie augmenter de 420 $ en 2017;
«Considérant que les familles à revenu modeste
seront les plus durement touchées par cette hausse des prix des aliments
et qu'elles ne pourront pas s'y soustraire;
«Considérant
que l'austérité a poussé un nombre record de Québécois à avoir recours aux
banques alimentaires et que la hausse du prix des aliments aggravera la situation;
«Considérant
que les 2,7 millions de ménages les moins fortunés du Québec doivent être
soutenus face à ces hausses de prix;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de compenser la moitié de
l'impact de la hausse des prix de
l'alimentation pour les ménages à revenus modestes en bonifiant, dès le mois de
janvier 2017, le crédit d'impôt pour solidarité de 200 $ par ménage
admissible.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une question de violation de droit ou de privilège.
J'ai
été avisé qu'après la période de questions et de réponses orales il
pourrait — il
pourrait — y avoir
un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et réponses orales, et je donne,
je livre la question probable au chef de l'opposition officielle. C'est
à vous la parole, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
M. le Président, cette nuit, le gouvernement libéral a été complètement pris au
dépourvu par un phénomène qu'on connaît
pourtant depuis plusieurs décennies au Québec : la neige. Il a neigé
énormément, et c'était prévu depuis
plusieurs jours. D'ailleurs, les gouvernements de l'est du continent américain
s'y préparaient depuis plusieurs jours. Et, cette nuit, 300 de nos concitoyens, pendant, certains d'entre eux,
deux heures, quatre heures, six heures, 10 heures, se sont posé une seule question : Qui viendra
à mon aide? Qui me sortira de ma voiture? Je n'ai plus d'essence, il fait
froid, je ne sais pas ce qu'il se passe.
quelle heure est-ce que le ministre des Transports et le ministre de la
Sécurité publique, qui sont les responsables dans ces cas, sont-ils apparus devant la population ce matin? À 6
heures? Non. 7? Non. 8? Non. 9 h 20. 9 h 20, et leur
première réaction, ça a été du
mécontentement envers les journalistes qui posaient des questions, à
savoir : Qui était responsable de
quoi et pourquoi il y avait eu un bris de service dans un moment important?
Alors,
je pose une question très simple au premier ministre : Est-ce qu'il admet,
avec tous, que c'est la pire gestion de crise de son gouvernement depuis
qu'il est là?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Ça allait bien jusqu'à la fin, M.
le Président, mais, malheureusement, ça s'est, comme c'est souvent le cas, détérioré un peu. Je
rappelle les paroles de Talleyrand que je lui ai citées hier.
Ceci
dit, lui et moi, sur cette question, on est pas mal sur la même
longueur d'onde. J'ai eu l'occasion tantôt de faire
des commentaires aux représentants des médias dans lesquels j'ai
pensé, avant tout, et parlé, avant tout, des personnes qui encore sont prises dans leurs automobiles, qui au minimum devraient savoir ce qu'il
se passe, que le monde sait où est-ce qu'ils sont, s'en viennent les
chercher, notamment s'il y a des situations d'urgence.
Alors,
j'ai également indiqué que je suis certain que, si on demande aux gens de la
SQ, du ministère des Transports, des
municipalités lorsqu'elles sont concernées, ce qui n'est pas le cas dans tous
les segments routiers, ils vont tous dire et toutes dire : Oui, on a fait notre travail, on a fait beaucoup
de travail pendant la nuit, on s'était préparés, on voyait la tempête arriver. Mais clairement le degré
exceptionnel de ce qui est arrivé aurait dû commander une réponse exceptionnelle
beaucoup plus précoce.
moi, j'attire l'attention sur deux aspects particuliers : d'abord, la
coordination entre les différents intervenants, je ne voudrais surtout pas qu'on ait une période pendant laquelle chaque
niveau s'envoie la balle sans se pencher profondément sur la question et d'abord sur les gens, donc
coordination, et communication. Alors, il existe maintenant des outils très
simples qui permettent d'informer les gens
lorsqu'il se produit des situations d'urgence, et ce genre d'outil, en général,
est déployé par la Sécurité civile lorsqu'il
se produit des catastrophes naturelles. Alors, il aurait dû y avoir...
Évidemment, rétrospectivement, on
peut dire bien des choses. Les gens sont dans l'action et ils ont réagi au
mieux de leurs compétences et de leur
volonté. Mais il aurait dû y avoir un interrupteur qui aurait fait en sorte
qu'on déploie plus de ressources et notamment la communication envers
les gens.
Alors,
comme j'ai dit également ce matin, là, on va se concentrer sur le monde, on va
les sortir de la neige, mais on va
faire un examen approfondi de ce qui est arrivé, notamment sur le plan de la
coordination, de la communication...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...et de la proportionnalité de la réponse, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Oui. Le premier ministre vient de faire ce qu'il a fait en point de presse tout
à l'heure, il a chigné. Il chigne. Le
premier ministre dit : C'est épouvantable, ce qu'il s'est passé! C'est
lui, le premier ministre. Il n'est pas là pour chigner, il est là pour gouverner. Et, s'il est sur la même
longueur d'onde que moi et que les autres, il est très mécontent de ses ministres responsables, il est très
mécontent de cette gestion de crise et il devrait nous dire aujourd'hui quelles
sont les sanctions qu'il va prendre contre les gens qui étaient
responsables, comme il le dit, d'avoir prévu ça en amont.
Président : M. le premier ministre.
M. Couillard : Je vais laisser la population évaluer les utilisations politiques que,
de part et d'autre, on peut faire d'une
situation de ce genre-là, je laisserai ça au jugement de la population, qui,
d'ailleurs, je crois, est en train de porter ce genre de jugement sur le
chef de l'opposition officielle.
Maintenant,
ceci étant dit, encore une fois, tout le monde a agi pour le mieux, je ne mets
pas ça en doute, mais clairement le
mieux n'était pas suffisant, parce que la tempête qui est devant nous, la
situation qui est devant nous commandait
qu'on aille au-delà et plus rapidement, je crois que tout le monde va en
convenir actuellement. Alors, on va
se concentrer sur la sécurité des gens qui encore sont prisonniers de leurs
autos actuellement, on va aller les chercher, on va les sortir de la neige, et surtout on va faire en sorte que la
prochaine fois... ça peut prendre des années avant qu'on ait à faire
face à une tempête similaire une autre fois, mais, la prochaine fois, qu'on ait
plus de rapidité...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...plus de coordination et plus de communication.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Bien, le premier ministre se contredit d'une réponse à
l'autre. Dans la première réponse, il est insatisfait du travail qui a été fait en amont. Là, il vient
de dire qu'il est satisfait, que tout le monde a bien travaillé. Alors, ça va
prendre un vrai post-mortem dans sa tête.
Mais
je vais lui montrer le rapport de vendredi dernier de son ministre des Finances
qui dit que, dans la dernière année,
il a coupé 25 millions de dollars dans la mission Gouverne
et Justice, qui sont les missions de Sécurité publique. Est-ce que les
25 millions auraient pu servir peut-être à ce qu'il vient de proposer,
d'avoir de la communication sur les iPhones pour les gens qui sont pris dans
les...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : ...que mon collègue en rajoute, là, sur l'exagération. Je vais lui dire
que ce qui menace surtout les
services publics, en particulier les services essentiels, c'est aller en
élection en déposant un budget sans crédits et laisser...
M. Couillard : Non, c'est très sérieux, c'est très sérieux. C'est très sérieux, parce
que, nous, au moins, on a des véritables dollars...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : ...pour les véritables situations et les véritables services publics.
Alors, par sa question, le collègue montre son incompétence, M. le
Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : J'ai été stupéfaite d'entendre, hier, le président du
Conseil du trésor refuser d'assujettir tous les contrats de 100 000 $ au test d'intégrité de la loi n° 1.
Pourtant, en septembre 2014, lorsque la ville de Montréal avait obtenu d'abaisser le seuil à 100 000 $, il
disait le contraire, et je le cite : «...l'objectif poursuivi est bien
évidemment d'avoir le même standard dans les contrats publics.»
premier ministre, embarrassé, hier, a même contredit son ministre. Je le
cite : «Il y a lieu de réviser le plancher à partir duquel l'examen de l'AMF doit s'exercer.» De plus, hier, le
ministre a dit une phrase complètement irresponsable : En dessous de 5 millions, 20 % des
dépenses contractuelles du gouvernement ne sont pas contrôlées. 20 % passe
sous le radar? 20 %, qui veut dire des centaines de millions de
dollars ne sont pas soumises à des conditions d'intégrité?
Ce que je demande au ministre, c'est
d'abaisser le seuil à 100 000 $, pas vos standards. Est-ce que le
ministre peut se ressaisir, d'arrêter
d'être en contradiction avec lui-même et avec son premier ministre, et
s'occuper de l'intégrité des...
Le Président :
M. le ministre, président du Conseil du trésor.
Moreau : J'aimerais bien que la députée de Pointe-aux-Trembles
nous dise quel était le pourcentage des dépenses contractuelles qui n'était pas vérifié alors qu'ils étaient aux affaires
de l'État et que le seuil était supérieur à 5 millions,
c'est-à-dire 10 millions. Est-ce que c'était le double? Alors, est-ce que
c'était de l'inconséquence dans votre cas? La réponse
à cette question, c'est non, et je vais vous aider, parce que votre
représentant au Conseil du trésor, M. Bédard, à l'époque, disait :
On ne peut pas descendre ces seuils-là parce que ça créerait un engorgement et
à l'AMF...
M. Moreau :
...et — bien,
vous pourrez répondre, là, il n'y a pas de problème — et à
l'AMF et à l'UPAC.
réalité, c'est que nous avons abaissé le seuil à 5 millions de dollars
justement parce que les capacités d'examen de l'UPAC et de l'AMF s'étaient améliorées. Descendre au-dessous de
ça — et là la
députée de Pointe-aux-Trembles fait une
économie dans les réponses que j'ai données hier — il y a un nombre important de contrats. Il y
a environ 8 000 contrats qui
regroupent 20 % des dépenses. Mais il y a 8 000 contrats. Si je
demande à l'AMF et à l'UPAC d'examiner 8 000 contrats, ils vont
avoir beaucoup de difficultés, étant donné qu'à l'heure actuelle les contrats
qui sont sous leur surveillance...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...sont légèrement au-delà de 100. C'est ça que j'ai dit hier.
Le Président :
En complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Le ministre nous parlait d'ailleurs hier d'engorgement
à l'AMF et, encore aujourd'hui, un discours contraire à ce que le gouvernement disait il y a deux ans lorsqu'il
vantait la réduction des délais de traitement de l'AMF pour abaisser le seuil à 5 millions. Si le
délai et l'engorgement énervent le ministre, c'est à l'UPAC qu'il devrait
mettre des ressources supplémentaires, puisque l'AMF est de plus en plus
efficace et ses délais se raccourcissent.
Alors, pourquoi le
ministre cherche-t-il des excuses et des faux-fuyants pour régler l'intégrité?
Le Président :
M. le ministre responsable du Conseil du trésor.
Moreau : Non seulement
nous ne cherchons pas de détour pour régler la question d'intégrité, mon
collègue a déposé le projet de loi n° 108, qui a fait l'objet de consultation. Et, en vertu du projet de
loi n° 108, le seuil, là, ce sera zéro,
parce qu'en vertu du projet de loi n° 108 l'Autorité des marchés publics
pourra examiner tous les contrats, tous les contrats, pas à
100 000 $, à zéro, à 1 $, à 10 $ si, éventuellement, il y a
une question qui se pose sur l'actionnariat, le conseil d'administration ou
encore toute autre situation qui pourrait faire en sorte qu'un contrat soit
douteux.
Alors, ça, ça
s'appelle de l'intégrité à niveau zéro...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...au plus bas niveau de l'échelle et non pas au niveau de 5 millions ou
entre zéro...
Le Président :
Principale, M. le chef de l'opposition.
Le Président :
En complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Écoutez, la situation est simple, le refus du gouvernement de baisser le seuil
à 100 000 $ fait en sorte que des Hell's Angels sont en train
de construire une
partie des rénovations de l'Assemblée nationale.
Alors, hier,
le premier ministre a dit : Il y a lieu de réviser le plancher à partir
duquel l'examen doit s'exercer. Je veux
simplement régler la question et dire que, oui, il trouve cette situation
inacceptable et que, comme il l'a annoncé hier, il annonce que ça va être révisé à la
baisse, à 100 000 $, pour sortir de cette situation éthiquement très
trouble qu'il a créée.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, c'est encore une innovation de la part de
notre collègue ici, et je le remercie. Maintenant,
ceci dit, j'ai dit hier que c'était devant
la commission parlementaire, ce projet
de loi, toutes les suggestions
étaient bienvenues, puis on en
débattra en commission parlementaire. Mais je voudrais lui demander de porter une
attention soutenue à ce que vient de
dire notre collègue. Il a démontré, par a plus b égale c, qu'on fait mieux que
son gouvernement. Alors donc, continuons dans la même
direction, M. le Président.
Le Président :
Principale...
Le Président :
Il faut qu'il se lève. Principale, M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : M. le Président, le 23 mars dernier, mon collègue député de Terrebonne
a interpelé le ministre des Transports
au sujet du parachèvement de l'autoroute 19 sur la Rive-Nord de Montréal.
Le ministre a refusé de se prononcer sur
le financement du projet dans le prochain budget. Il s'est plutôt
réfugié derrière ses annonces sur les investissements routiers
qu'il voulait annoncer quelques jours plus tard. Je le cite : «On annoncera
prochainement pour la [prochaine] fois, donc, dès le début mars, l'ensemble
des travaux du Québec pour les programmes d'infrastructure, ça va suivre son
temps.»
annonces sont venues. Les ministres du gouvernement se sont pavanés la semaine
dernière comme ils le font à chaque année pour annoncer les mêmes budgets pour
les investissements routiers. Or, à notre surprise et contrairement à ce que le ministre a laissé entendre à cette
Chambre, l'autoroute 19 ne figure pas dans la liste des projets financés
pour la région de Terrebonne.
ministre a déjà manqué sa chance avec les investissements routiers, mais il
peut se reprendre avec le budget. Peut-il s'engager à financer le
parachèvement de l'autoroute 19?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Lessard :
Alors donc, je suis toujours un peu étonné de la question parce que je pense
que l'ensemble du déploiement des
4,6 milliards sur l'ensemble du réseau du Québec, dont 90 % sont à la
sécurité routière, donc, font le déploiement
pour s'assurer qu'on ait un réseau de 33 000 kilomètres qui répond
aux besoins de la population d'avoir des meilleurs services, d'avoir un niveau d'entretien, d'avoir des
structures solides. Je ne pense pas que vous êtes en train de déplorer
ça, c'est des investissements sans précédent.
rapport à la 19, évidemment, le gouvernement s'est déjà engagé à réaliser les
travaux de la 19, et puis donc ça va
suivre son processus. Mais je tiens à rappeler qu'on a lancé des travaux hâtifs
cette année dans le but de faire le maximum de travaux dans l'ensemble des régions du Québec, d'engager pleinement
les 4,6 milliards de dollars et de s'assurer que le niveau des
infrastructures, là, soit toujours de bon niveau. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Alors, M. le Président, ce n'est pas dans leur
programmation. Ça fait 40 ans que les citoyens de la Rive-Nord attendent
après le parachèvement de l'autoroute 19. En 2010, le gouvernement libéral
l'avait promis pour 2015. On est en 2017, les citoyens et les élus de la
Rive-Nord ont été assez patients. C'est maintenant au ministre de bouger.
ministre pourrait-il avoir la décence de leur donner une réponse et de
confirmer enfin le financement et le début des travaux sur
l'autoroute 19 dans les plus brefs délais?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Lessard :
Donc, que je pense qu'il va supporter le plan libéral. C'est le gouvernement
libéral qui fait avancer les routes
au Québec, M. le Président : la 175, c'est le gouvernement libéral qui l'a
faite; la 73, c'est un gouvernement libéral
qui l'a faite; la 35, c'est le gouvernement libéral qui va la terminer; la 85,
c'est un gouvernement libéral qui va la faire. Bien, la 19, bien, ça va
être pareil, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : C'est du beau blabla, M. le Président, mais ce n'est
toujours pas dans la programmation. Les citoyens et les élus de la
région sont exaspérés d'attendre après le ministre dans le dossier. C'est le
jour de la marmotte. Alors, à bout de
souffle, à bout de moyens, ils ont même lancé une pétition pour appeler le
gouvernement fédéral à l'aide et faire bouger le ministre. Il faut le
faire.
Le ministre va-t-il prendre ses responsabilités et annoncer finalement le parachèvement, dans le prochain budget, de
l'autoroute 19 ou va-t-il laisser le gouvernement fédéral faire la job à
sa place?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Lessard : J'en ai oublié, M. le Président. La 30, M. le Président, le pont de la 25. Turcot, M.
le Président. Alors donc, je
comprends qu'il a
hâte. La 22 dans le budget. Pendant que vous allez être assis ici — la
28, excusez — c'est
un gouvernement libéral qui fait des routes, c'est un gouvernement
libéral qui fait des ponts puis qui s'en occupe après, M. le Président.
Le Président : Principale...
Le Président : S'il vous
plaît!
Le Président : M. le chef du
deuxième groupe d'opposition, c'est à vous la parole.
M. Legault : M. le
Président, depuis l'arrivée du premier ministre, les taxes et les tarifs ont augmenté en moyenne de 1 300 $
par famille.
Dans son
dernier budget, le ministre des Finances a annoncé qu'il va abolir la taxe
santé à partir du 1er janvier 2017. Ça représente 400 $ par
famille, donc il manque 900 $.
Or, selon les
états financiers du gouvernement — donc, on doit se fier à ces états
financiers — pour
l'année en cours, donc 2016‑2017, il
y a un surplus de 2,3 milliards après les versements au Fonds des
générations, je dis bien après. Donc, il y aurait assez d'argent pour
réduire les impôts dès 2016 d'environ 1 000 $ par famille.
Donc, M. le
Président, on apprend ce matin de la plume de Denis Lessard que le gouvernement
songe sérieusement à abolir la taxe
santé de façon rétroactive à 2016. Je veux dire au premier ministre :
C'est une excellente idée, hein? Ça n'arrive
pas souvent, là, mais je le félicite. Mais pourquoi arrêter à 400 $?
Pourquoi le premier ministre ne peut pas faire un petit effort
additionnel, prendre le surplus de l'année 2016‑2017 et réduire les impôts...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Le problème, M. le
Président, c'est que les calculs de notre collègue ne tiennent pas; on aura l'occasion d'échanger encore là-dessus. On ne peut
pas financer une baisse d'impôt soit sur le Fonds des générations, qui est le fonds de nos enfants, en passant, pas le
fonds qui nous appartient, ni sur des revenus dont on ne sait pas s'ils vont
se renouveler. On l'a dit hier : Si on veut — et on va continuer à — alléger le fardeau fiscal des Québécois, ce
ne sera pas fait à crédit comme il le
propose, ce ne sera pas fait aux dépens des autres missions de l'État comme il
le propose, ça va être fait en vertu
de la croissance économique qu'on a suscitée, qu'on a accompagnée et qui nous
donne des revenus.
Maintenant, contrairement à ce qu'il
dit, parce qu'il ne donne pas... comme hier, il ne donne pas le portrait le
plus complet, par rapport à 2014, les
familles de 30 000 $, 40 000 $, 74 000 $,
85 000 $, sans exception, ont des milliers de dollars de plus dans leurs poches aujourd'hui. Et
ça, c'est la réalité noir sur blanc. Je sais qu'il n'aime pas ça, il n'aime
pas, mais c'est la réalité. Pourquoi? Parce
que tous les gouvernements travaillent ensemble au bénéfice des contribuables,
et les gens voient leur impact direct, voient l'impact direct dans leur compte
en banque, dans leur portefeuille.
Alors,
oui, également, on va continuer cet effort d'allègement, mais on veut
également — et pourtant
il est d'accord, il en a parlé,
d'éducation, récemment — bien financer nos réseaux de santé et d'éducation, et ça, je crois
que les Québécois trouvent ça au moins aussi important que la question
du fardeau fiscal.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, si le premier ministre était sur le
terrain, il saurait que les familles, là, les familles, elles ont moins d'argent dans leurs poches. Ça,
c'est clair. Maintenant, on sait que le chef du PQ, là, est atteint du syndrome
GND puis, automatiquement, il est contre toute baisse d'impôt.
Pourquoi le premier
ministre refuse-t-il de redonner de l'argent aux familles québécoises, qui en
ont besoin actuellement? Il y a une marge de manoeuvre après les versements au
Fonds des générations, pourquoi il refuse?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, on est favorables à l'allègement du fardeau
fiscal, on a déjà commencé, il en a
parlé lui-même. Je le remercie, d'ailleurs, pour les félicitations qu'il
m'apporte. Mais je lui suggérerais d'attendre le budget pour tirer des conclusions, quels que soient les articles qu'on
lit dans les journaux ce matin. Il y a un budget le 28 mars, et
notre collègue des Finances aura l'occasion, je crois, de parler de cette
question.
Maintenant, je vais
répéter encore une fois, M. le Président, qu'une famille, au Québec, de deux
adultes et deux enfants qui fait ses
déclarations d'impôt aux deux niveaux de gouvernement a des milliers de dollars
de plus dans ses poches maintenant
par rapport à 2014, au net, tout compris. Et, ceci dit, maintenant, si on
compare au reste du pays, une
famille, jusqu'à des revenus familiaux élevés de 130 000 $,
140 000 $, 150 000 $, selon les provinces, a plus d'argent
dans ses poches au Québec qu'ailleurs. Ça, c'est la réalité.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : On doit faire mieux, on doit continuer, mais il faut avoir un peu plus
d'équilibre dans les propos.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le premier ministre nous dit :
À salaire égal avec l'Ontario, il y a certaines familles qui paient moins d'impôt. À salaire égal. Le
problème, là, c'est que les familles au Québec, en moyenne, gagnent
9 000 $ de moins qu'en Ontario. Donc, ça ne marche pas, son
affaire.
répète ma question. Je comprends que le chef du PQ à la sauce solidaire, là, il
n'en veut pas, de baisse d'impôt. Pourquoi le premier ministre
refuse-t-il de redonner le 1 000 $ qu'il a pris dans les poches des
Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Est-ce que mon collègue de l'opposition me permet de
répondre à sa place? Je pourrais...
M. Couillard : Je pourrais répondre, alors... Ah! il faut se garder de prédictions,
mon cher ami, soyez prudent là-dedans.
Quand j'ai dit à
salaire égal, les deux époux. Je n'ai pas dit à salaire égal qu'ailleurs.
C'est vrai, ce qu'il dit. Cependant, il me
donne l'occasion de continuer ma démonstration. Par exemple, par rapport à
l'Ontario, une famille qui fait
70 000 $... Tiens, prenons 70 000 $ de revenu familial.
Avisons, par exemple, 35 000 $ de chaque côté, chaque époux, hein, qui fait ses déclarations d'impôt, deux
enfants. Alors, 70 000 $, par rapport à l'Ontario, c'est
8 000 $ de plus dans les poches au Québec. 8 000 $,
ce n'est pas rien. Ce n'est pas rien.
Sinon, je vais répéter la question d'hier. Puis
il a haussé les épaules quand je lui ai posée...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...parce qu'il
ne veut pas y répondre : Comment ça se fait qu'il y a du monde de
l'Ontario qui vienne s'installer au Québec, à Gatineau?
Le Président : Principale,
Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, hier, le député de La Peltrie nous a
parlé du cas de Gilles. Malheureusement, Gilles n'est pas un cas isolé ni exclusif au gouvernement. On a appris, par une
demande d'accès à l'information, qu'en janvier dernier Hydro-Québec payait 104
employés excédentaires. Ces employés sont payés à temps plein par la société d'État,
même si leur poste a été aboli. Ça
représente près de 10 millions de dollars par année. Hydro soutient que
ces employés accomplissent certaines
tâches, mais ils ne sont pas en mesure de nous fournir une description de
tâches en bonne et due forme. La
raison est simple, c'est parce qu'elle n'existe pas. L'été dernier,
Hydro-Québec versait près 770 000 $ par mois à ces employés
excédentaires. Quelle perte d'argent et de talent!
Est-ce que le ministre responsable
d'Hydro-Québec peut nous dire qu'est-ce qu'il pense de cette situation?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : Bien, moi, je suis
d'abord très heureux de cette question parce que ça me permet quand même de
rappeler un fait qui n'a pas été à ce point
publié. Et le fait qui a été publié d'abord et avant tout, M. le Président,
c'est que, cette année, les
augmentations, c'est en bas de 1 %, c'est 7/10 de 1 %, et c'est basé
d'ailleurs, M. le Président, sur les coûts d'opération d'Hydro-Québec.
Alors, M. le
Président, vous comprenez très bien que, comme ministre, je donne des
directives à Hydro-Québec d'avoir,
évidemment, la gestion la plus serrée possible dans les circonstances. Et je
prends note de la question, et je pourrai revenir, évidemment, aux gens d'Hydro-Québec pour essayer de savoir
exactement ce qui se passe. Mais moi, les chiffres que j'ai, M. le Président, m'indiquent la chose
suivante. C'est qu'il y a quelques années il y avait 22 000 employés à
Hydro-Québec. Aujourd'hui, on se retrouve avec 19 000 employés, avec
encore plus de revenus en termes d'opération et plus de services également à donner. Alors, je pense qu'Hydro-Québec, à
quelque part, doit faire un travail acceptable. Mais, évidemment, nous allons poursuivre dans la direction pour faire en
sorte qu'il y ait encore un meilleur travail de gestion de leur part, M.
le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, le problème est récurrent chez
Hydro-Québec : 107 employés excédentaires au mois d'août, 104 en janvier dernier,
10 millions de dollars par année pour des gens qui n'ont pas de poste, pas
de description de tâches.
Est-ce que le ministre peut nous dire qu'est-ce
qu'il va faire avec ces employés excédentaires?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : Comme j'ai expliqué, M.
le Président, il y a 19 000 employés à Hydro-Québec. Alors, c'est sûr
que, suite à la question de la députée, je vais m'enquérir auprès de la
direction d'Hydro-Québec pour savoir exactement est-ce que tout le monde parmi les 19 000 employés ont des
descriptions de tâches correctes, est-ce qu'ils sont pleinement occupés,
etc.
Vous savez,
j'exerce depuis le début une très forte pression sur les coûts d'opération
d'Hydro-Québec, m'assurer, justement,
que cette gestion-là soit la gestion la plus sérieuse dans les circonstances
parce que, si les coûts d'opération d'Hydro-Québec
deviennent hors contrôle, M. le Président, à ce moment-là, ça veut dire que ça
va avoir un impact sur les tarifs des citoyens...
Le Président : En terminant
Arcand : ...et
c'est ce que je ne veux pas, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : M. le Président, on voit que le ministre n'est pas au courant
de ce qui se passe chez Hydro-Québec. Une demande d'accès à
l'information : 107 employés excédentaires, 10 millions par
année.
Est-ce que le ministre ne trouve pas qu'il y a
trop de Gilles chez Hydro-Québec?
Le Président : M. le ministre
des Ressources naturelles.
Arcand : D'abord, M. le
Président, oui, je m'accuse de ne pas savoir le détail de chacune des fonctions
des 19 000 employés
d'Hydro-Québec, M. le Président. Alors, je dois vous dire que... Mais la
députée, de toute façon, aura l'occasion
de poser des questions aux dirigeants d'Hydro-Québec lors de l'étude des
crédits au mois d'avril. Alors, elle pourra
poser les questions dans les circonstances. Moi, ce que je vous dis, c'est
qu'actuellement les tarifs d'électricité sont sous contrôle, que la gestion,
elle est faite, que le nombre d'employés, d'année en année, à Hydro-Québec, a
diminué, qu'il y a une gestion qui, de façon générale, est rigoureuse...
Le Président : En terminant.
Arcand : ...et on
va travailler, M. le Président, tous ensemble pour l'améliorer. Merci.
Le Président : Oui, M. le
député.
Bonnardel :
J'invite le ministre à utiliser l'article 80. Il pourrait nous donner une
réponse différée à la question de ma collègue dès demain.
Le Président : M. le leader.
Fournier : Difficile de ne
pas m'apercevoir qu'il a répondu à trois occasions. Je pense que ce n'était pas
en différé, c'était en direct. Puis c'était très bon, à part ça.
Le Président : Principale, M.
le député de Rimouski.
LeBel : «Lucien Cloutier
jouait de l'harmonica tous les jours pour rappeler à sa femme souffrant
d'alzheimer ses chansons préférées. Mais le couple de Lanaudière, marié
depuis 60 ans, est forcé de vivre dans des résidences différentes depuis
plus d'un an et [ne se voit presque plus].
«"Maman
ne reconnaît plus que papa, leurs derniers moments sont comptés, et je trouve
ça inhumain de les en priver", dénonce leur fille[...], qui demande
que ses parents puissent vivre dans le même CHSLD[...].
«[...]Pour
[les experts], il ne fait aucun doute que des patients atteints de l'alzheimer
ont une meilleure qualité de vie s'ils peuvent rester près de leurs
proches.
«"C'est déchirant autant pour les patients
que les proches[...], mais c'est quasiment tout le temps une bataille quand on
demande de réunir [les] couples", [déplorent les intervenants].
«[...]"Un projet de loi [ou un règlement
pour empêcher les couples aînés en CHSLD d'être séparés] serait intéressant, mais ça va prendre des députés prêts à
aller contre la machine administrative", lance l'intervenante Jessica Violette de la
Société Alzheimer de Lanaudière.»
Moi, je suis prêt. Est-ce que la ministre
responsable de la condition de vie des aînés est prête à le faire?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je vais vous dire une chose : Ce
genre de situation là, pour moi, et certainement pour tout le monde dans le réseau, ce sont des sujets, des situations auxquelles
on s'adresse avec la plus grande attention. On veut tous et toutes, tout le monde, là, que les gens restent ensemble.
Des gens mariés pendant 50 ans, 60 ans, on vit plus longtemps, on va en voir de plus en plus. On veut
que ces couples-là restent ensemble. Encore faut-il qu'on puisse, malgré
tout, prendre en considération l'état clinique de la personne.
Je vais vous
donner quelque chose, un exemple simple, M. le Président. Dans la démence,
parce que c'est ce dont on parle, il
peut arriver qu'une personne ait un comportement qui soit difficile, dangereux.
Et c'est normal, ça fait
partie de
l'évolution de la clinique. Est-ce qu'on va, par exemple, forcer deux personnes
à rester ensemble et mettre une des deux personnes à risque? Je dis simplement que les
cas doivent être évalués de façon correcte en tendant vers... — je vais reprendre l'expression du chef de l'opposition hier, mais ça ne sera pas
une étoile, nous, qu'on n'atteindra jamais — en faisant en sorte qu'on trouve des
solutions à tous les cas lorsque ça s'applique. Et c'est ce que l'on fait
aujourd'hui...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...peut-être
imparfaitement, mais on va vers...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : J'aime le ton que le ministre prend pour répondre à la
question parce que je pense que tout le monde convient que ça n'a pas de sens. Ce qui n'a pas de sens aussi, c'est que
la personne est obligée de passer par les médias pour sensibiliser tout le monde. Sinon, il faudrait donner le numéro de
téléphone des journalistes à chaque fois qu'il y a des cas. Moi, je pense qu'il y aura de plus en
plus de cas comme ça, ça fait qu'il faut trouver une solution. Je ne sais pas,
je ne la connais pas, la solution, mais on
ne peut pas laisser des choses du genre. On ne peut pas obliger les gens à faire
appel aux médias pour faire connaître leur situation.
Ça fait que
ce que j'invite... On est en train d'étudier quelque chose sur la maltraitance
des aînés, moi, j'appelle ça essayer de trouver la bientraitance des
aînés. Il faut trouver une solution là-dessus quand il y a des cas comme ça...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Bien, on est d'accord.
Manifestement, on est d'accord, mais, s'il y a une chose, par contre, sur laquelle on devrait être aussi d'accord, c'est
qu'actuellement le réseau le prend en considération, mais doit prendre en
considération un certain nombre d'autres éléments. Ça fait longtemps que...
depuis que je suis en poste, et je suis sûr qu'eux
autres aussi, lorsqu'ils étaient à notre place, ils ont dit au réseau :
Prenez ça en considération et faites tout ce qui est possible pour ne
pas séparer les couples. Ce que l'on fait aujourd'hui. Comme je l'ai dit il y a
quelques instants, est-ce qu'il y a des
circonstances qui nous empêchent de le faire, cliniquement? Oui. Est-ce que,
malheureusement, il y a trop de cas
qui se retrouvent dans les médias? Et là on pourrait se poser la
question : Est-ce que ça doit se retrouver dans les médias sans...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...en faisant
abstraction des efforts qui sont faits? Ça, c'est une autre question.
Le Président : Principale, M.
le député de Mercier.
Khadir : Merci, M. le
Président. On connaît l'ampleur du scandale de l'évitement et de l'évasion
fiscale à l'échelle internationale,
on connaît l'ampleur de ces dégâts-là pour les finances publiques du Québec.
Nombre de nos services publics en ont pâti depuis une quinzaine d'années
parce que, justement, trop d'impôts ne sont pas perçus, parce que certaines entreprises, des entreprises de comptables, des
entreprises d'avocats, aident des grandes entreprises à éluder, à éviter de
payer leur juste part d'impôt ou carrément à
faire de l'évasion fiscale. KPMG en est un cas d'espèce. La ministre fédérale
qui s'en occupe a même promis — je parle de Mme Lebouthillier, la
ministre fédérale — de
poursuivre directement, personnellement, les responsables de KPMG. Maintenant,
ce gouvernement donne des mandats encore à KPMG.
J'aimerais
savoir si le gouvernement peut s'engager, comme nous nous apprêtons, à la
Commission des finances publiques, le
mandat sur les évasions fiscales... recommander, le gouvernement peut s'engager
de mettre KPMG sur une liste noire et que KPMG ne reçoive plus aucun
mandat du gouvernement.
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, oui, en effet, la question de l'évasion
fiscale, de l'évitement fiscal, l'évasion fiscale, ce sont des enjeux qui nous concernent au plus
haut niveau. Non seulement ça prive l'État des revenus nécessaires pour continuer de financer les activités auxquelles
nous tenons tous, mais c'est aussi extrêmement inéquitable parce que la plupart
des citoyens, bien sûr, paient leurs impôts.
Et donc, quand il y a quelqu'un ou quelques cas où des personnes évitent de
payer ces impôts-là, c'est évidemment une situation qui n'est pas acceptable.
Alors, nous y travaillons. Revenu
Québec a déjà développé des nouvelles façons, des nouveaux moyens, d'ailleurs,
une équipe dédiée, justement, à combattre
l'évasion fiscale, une équipe qui est très efficace, à tel point que Revenu
Canada s'inspire des activités de
Revenu Québec. Donc, c'est vraiment l'agence du Québec qui agit en modèle, et
c'est selon le modèle de Revenu Québec que Revenu Canada aussi...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...établit ses opérations. Donc, nous continuons de combattre l'évasion
fiscale, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
M. le Président, je n'ai pas obtenu la réponse à la question que je posais. Je
rappelle, pour ceux qui ne le savent
pas, que le directeur du cabinet du ministre des Finances vient de KPMG. Je
rappelle, pour ceux qui ne le savent pas — attendez la fin de ma question — que même le premier ministre actuel a déjà
travaillé pour Secor à l'époque où
Secor était sous le contrôle de KPMG. D'accord? Ceci place le gouvernement dans
une position où le gouvernement doit
faire preuve de la plus grande vigueur et rigueur dans la lutte à KPMG, à
l'évasion fiscale. Est-ce que je peux avoir une réponse à ma question...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Une réponse en deux temps. D'abord, il y a eu une réponse à
la première question. Le député se lève
en disant : On n'a pas répondu à ma question. Il a, durant sa première
question, abordé le sujet de l'évasion, et il y a eu une réponse qui est venue de notre collègue. Donc,
de dire qu'il n'a pas répondu n'est pas exact. Commençons par dire cela.
L'autre
élément de sa deuxième question constitue simplement de faire de la culpabilité
par association. Quelqu'un a connu quelqu'un, il a rencontré quelqu'un
sur la rue qui travaillait chez KPMG. Forcément, cette personne-là devient coupable de quelque chose. Il y a une limite à
toujours utiliser ce principe du complot, qui fait en sorte que, dès qu'on
connaît quelqu'un, on est coupable de tout.
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
À ce compte-là, il y a huit millions de coupables au Québec, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Je ne comprends pas pourquoi le leader du gouvernement se place tout de suite
dans une position de défensive. Tout
ce que j'ai dit, c'est qu'il y a quand même la présence d'un ancien de KPMG aux
côtés du ministre des Finances. Le
premier ministre du Québec ayant déjà oeuvré pour KPMG, ça place le
gouvernement dans une situation où le gouvernement doit faire preuve de
la plus grande rigueur et vigueur. La question est la suivante : Est-ce
que le gouvernement s'engage à ne plus donner de contrats à KPMG? Aucun mandat,
aucun...
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, vraiment, comme mon collègue a mentionné, je
déplore, je déplore le... pas le ton, mais la forme, le contenu de la
question du collègue.
n'y a pas longtemps, je pense qu'un grand nombre d'entre nous ici, nous avons
tous — et au
Québec en général — célébré
la vie de Marcel Côté, le fondateur de Secor, une entreprise de consultation
très respectée au Québec. Cette
entreprise a joué un rôle déterminant dans le développement économique du
Québec, et de la voir aujourd'hui associée de cette façon-là, la traîner
sur la boue comme ça, M. le Président, c'est inacceptable. Inacceptable.
Le Président :
Principale, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Plusieurs centaines d'écoles du Québec ont besoin d'un
bon coup de pinceau. En Montérégie, des parents bénévoles ont voulu
repeindre une
partie de l'école de Saint-Sébastien pour faire une surprise à leurs enfants
au retour de la semaine de relâche. Malheureusement, la Commission de la
construction du Québec a ordonné l'arrêt des travaux après avoir reçu
une plainte. Un vieux réflexe syndical, M. le Président. Ils ont été forcés
d'abandonner les travaux de peinture, ils ont même été menacés d'une amende de
200 $ par jour.
Le ministère
du Travail sait qu'il y a un vide juridique concernant le travail bénévole
depuis 2011. Deux ministres libéraux et une ministre péquiste auraient
pu régler le problème depuis cinq ans, mais ils n'ont rien fait.
M. le
Président, pourquoi le gouvernement se traîne les pieds depuis cinq ans afin de
permettre le travail bénévole?
Merci, M. le Président.
Le Président : Mme la ministre
du Travail.
Mme Vien : Alors, merci, M. le Président. Je tiens à dire que, du côté de cette Chambre,
que ce soit le premier ministre du Québec, la ministre du Travail ou l'ensemble du gouvernement, nous sommes
derrière les parents du Québec
qui souhaitent, effectivement, s'impliquer, s'engager dans la vie communautaire de leurs écoles. Nous
travaillons à cet effet avec
la Commission de la construction du Québec, et je tiens à rassurer le collègue
que je suis vraiment très sensibilisée à
cette question-là et que, dès cette semaine, le règlement en question sera sur
mon bureau et qu'il franchira les étapes nécessaires.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci,
M. le Président. Les parents
bénévoles d'une école de Montérégie ne sont pas les seuls qui ont été harcelés par la Commission de la construction. Un homme de Prévost, dans les Laurentides, qui
construit lui-même sa maison a vu les
inspecteurs débarquer sur son chantier parce
qu'il reçoit l'aide d'un ami
bénévole. Les inspecteurs sont même débarqués quatre fois, M. le
Président, pour l'inspecter.
M. le Président, question très simple : Est-ce
que le règlement sur le travail bénévole sera déposé et adopté d'ici l'été?
Le Président : Mme la
ministre du Travail.
Mme Vien : Bien, à la même
question, il y aura la même réponse. Alors, que ce soit le premier ministre du Québec, la ministre du Travail ou l'ensemble du
gouvernement du Québec, nous sommes derrière les parents, nous sommes également derrière les bénévoles qui souhaitent
donner un coup de pouce à leurs organisations communautaires. On en a
tous dans nos comtés. Alors, je redis ceci, M. le Président, nous sommes très
conscients de cette situation, qui nous préoccupe au plus haut point, que le
règlement sera sur mon bureau cette semaine et que nous ferons cheminer ce document parmi la filière que tout le monde
connaît, donc Conseil des ministres, comité ministériel, etc., pour une
adoption le plus rapidement possible sans aucune mesure dilatoire, M. le
Président.
Le Président : Principale?
Complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Samson : M. le Président, l'école primaire de Saint-Sébastien est dans
ma circonscription, et j'ai été choquée d'apprendre que des citoyens exemplaires, bénévoles, ne pouvaient pas
repeindre les murs de leur école, négligée depuis 30 ans. Quand des pères, des mères, des
grands-pères et des gens d'affaires décident de mettre l'épaule à la roue et
de peinturer une école gratuitement, c'est un geste qu'on devrait plutôt encourager.
Est-ce que la
ministre du Travail peut nous garantir que, dès l'été prochain, tous les
bénévoles du Québec pourront travailler librement?
Le Président : Mme la
ministre du Travail.
Mme Vien :
À la même question, la même réponse. Que ce soit le gouvernement du Québec ou
l'ensemble des collègues ici aujourd'hui, nous sommes tous derrière les
parents, nous sommes tous derrière les bénévoles. Certaines situations nous choquent, nous préoccupent, nous
souhaitons régler cette situation-là. J'ai demandé que le règlement en question
soit sur mon bureau cette semaine, ce qui sera le cas. Il franchira donc, par
la suite, l'ensemble des étapes qui sont
nécessaires et obligatoires, donc Conseil des ministres, conseil ministériel, etc., pour une adoption le
plus rapidement possible sans
mesure dilatoire. Je le redis, faites-nous confiance. Merci.
Le Président : Principale, Mme
la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, les gens de la ville Témiscaming sont à la fois inquiets et en colère.
À l'heure actuelle,
seulement deux médecins offrent des services dans ce coin
de pays, alors qu'ils devraient être six. Depuis presque deux semaines, il n'y a plus d'urgence la
nuit. Le CISSS est incapable de garantir que le manque de médecins n'entraînera
pas de nouvelles coupes de services à court ou moyen terme.
Sans
services de santé adéquats, les jeunes familles, tout comme les personnes âgées, sont dans l'insécurité. Sans
services de santé adéquats, une ville est
vouée à se dévitaliser à plus ou moins long terme, et c'est ça que les
résidents craignent, et c'est ça
qu'ils refusent. Et c'est pour ça qu'ils sont en colère, ils veulent se battre,
ils ne veulent pas disparaître.
le Président, ce que les gens de Témiscaming veulent, ce que le ministre doit
faire, c'est prendre aujourd'hui l'engagement
ferme qu'ils n'auront plus de rupture de services d'un médecin. Va-t-il prendre
cet engagement d'ajouter des médecins pour garantir des services aux
citoyens de Témiscaming?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, ça me permet, encore une fois, de saisir l'occasion
pour rappeler qu'au Parti québécois, dans le
passé, ils ont mis des médecins à la retraite, des infirmières à la retraite et
fermé des hôpitaux et que c'est le
Parti libéral du Québec, M. le Président, qui a mis en place le mode actuel de
gestion des effectifs médicaux qui
fait en sorte qu'à chaque année on force littéralement les médecins, à la
hauteur que la Constitution canadienne et la charte des droits nous
permettent, d'être distribués correctement territorialement.
Barrette : Bien, si vous étiez indépendants, vous feriez la même
affaire, ce que vous n'avez jamais fait dans le passé.
Le Président :
S'il vous plaît!
Barrette : Alors, la réalité, M. le Président, elle est très simple,
c'est qu'il arrive aujourd'hui, malheureusement, des situations ponctuelles — maladies, départs, ce genre de choses
là — qui
entraînent des découvertures qui ne peuvent être résolues qu'en ayant les leviers pour les corriger. Ça s'adonne
qu'on les a mis en place, ces leviers-là, M. le Président, et je peux m'engager formellement, et très
formellement, à continuer à les utiliser pour, justement, faire en sorte qu'il
y ait des médecins non seulement au Témiscamingue...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...mais dans tous les endroits où il y a de la pénurie parce qu'on a les
moyens.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Le ministre fait fuir aujourd'hui des dizaines de médecins.
Alors, qu'il commence par regarder ce qu'il fait.
mairesse de Témiscaming dit — et je cite : «Actuellement, la santé de
ma communauté repose sur les épaules de
deux femmes médecins, qui se dévouent corps et âme pour desservir notre
population, mais là trop, c'est trop[...]. Elles sont épuisées.» Elle ajoute : Je pense que le premier ministre et
le ministre de la Santé ont des réponses à nous donner.
Quelle réponse le
premier ministre et le ministre de la Santé donnent-ils à la mairesse de
Témiscaming?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : ...M. le Président, la répartition des effectifs médicaux se fait sur une base annuelle.
Nous sommes dans la période de
l'assignation des postes à être donnés à la disposition des finissants, et la façon dont on fonctionne est de
faire en sorte que les postes qui soient
ouverts le soient exclusivement dans les zones qui sont en pénurie. Alors,
évidemment que la situation actuelle, qui n'était pas prévisible, qui se
produit, bien, elle va avoir notre attention, et évidemment qu'il y aura des postes qui seront priorisés
là-bas, là-bas et ailleurs, parce qu'il y a toujours ponctuellement d'autres
endroits.
Le Président :
En terminant.
Barrette : Alors, encore une fois, M. le Président, nous arrivons à
faire ce que nous devons faire parce que nous sommes ceux qui nous
sommes donné les moyens...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : C'est ça qui va
rassurer la population actuellement, cette réponse-là du ministre?
M. le
Président, le préfet de la MRC du Témiscamingue, Arnaud Warolin, affirme — et je cite : «Nous, on fait un appel à la raison[...]. C'est inacceptable
[qu'en] 2017 des communautés comme la nôtre n'aient pas de médecins. Nous
faisons
partie d'un même CISSS. Est-ce qu'on
va attendre qu'il y ait un mort?» Ce que M. Warolin et toute sa communauté
veulent, ce sont des solutions durables.
Qu'est-ce que le ministre va garantir comme
solution durable aux gens du Témiscamingue?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Bien, je vais le
répéter, M. le Président, elle a raison, notre collègue, de parler du CISSS
parce que le CISSS a, dans la loi à laquelle
s'est opposé le Parti québécois, hein, pendant des heures, des heures et des
heures, la responsabilité de
distribuer les nouveaux postes en médecine de famille correctement sur son
territoire, et particulièrement
en fonction des besoins.
Alors, pensez-vous vraiment, M. le Président,
que le CISSS ne prendra pas l'occasion actuelle pour s'assurer que les nouveaux arrivants autorisés à arriver sur
son territoire n'iront pas au Témiscamingue? C'est ça, sa job. C'est ça,
son pouvoir qu'on lui a donné, auquel s'est opposée la députée de Taillon,
représentant son parti.
Le Président : Principale, M.
le député de Masson.
M. Lemay : M. le Président, dans la
stratégie touristique québécoise du Plan Nord, on retrouve les objectifs suivants : soutenir le développement de
projets touristiques structurants au nord du 49e parallèle et diversifier les
activités des pourvoiries du Nord. Or, on apprend que le gouvernement a
l'intention d'interdire la chasse sportive au caribou à compter de 2018. Non seulement des dizaines de pourvoiries risquent de
fermer leurs portes définitivement, mais cela pourrait porter un coup
fatal au volet récréotouristique du Plan Nord. On nous avait vendu que le
Nord-du-Québec deviendrait une destination
prisée internationale. On se retrouve aujourd'hui devant un constat d'échec
alarmant et un ministre qui improvise des solutions.
M. le
Président, ce n'est pas sérieux de permettre la chasse au loup pour compenser
la chasse au caribou. Il faut mieux soutenir les pourvoiries du Nord. Quel
est le véritable plan de match du ministre?
Le Président : M. le ministre
de la Faune.
Blanchette : Alors, M. le Président, je vais répondre avec grand
plaisir à mon collègue. Écoutez, la décision concernant les caribous migrateurs pour le Nord-du-Québec a été prise
avec beaucoup de documentation. On a pris le temps de quadriller les territoires, on a pris le temps de prendre des
photos satellites, on a pris le temps de prendre des photos de haut et
de bas pour voir tout l'équilibre de la structure démographique d'âge des caribous.
Quand on a vu tout ça, on est arrivés à la
conclusion que les troupeaux étaient en diminution drastique. Cette
diminution-là... Parce que je suis responsable de la faune, il faut
protéger les troupeaux, puisqu'on a eu un exemple tout juste pour le troupeau voisin, qu'on appelle le troupeau de la rivière
George, qui a subi une diminution de 210 000 à quelque
9 000 individus de caribous migrateurs. Du côté du troupeau de
la rivière aux Feuilles, on tente d'éviter cette même situation là puis, honnêtement,
on a pris cette responsabilité-là de suspendre la chasse sportive dans les
pourvoiries du Nord.
Maintenant,
on va accompagner — puis
c'est important à mentionner — les pourvoyeurs, on va échanger avec eux pour trouver les meilleures solutions de rechange
et, oui, on va le faire avec ma collègue de l'industrie touristique. Ce
n'est pas des dossiers faciles...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : ...mais la décision
l'imposait.
Président : Vous pourrez continuer demain. Cela met fin à la
période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) : La période de questions étant terminée,
nous allons passer à la rubrique des motions sans préavis, et je cède la
parole à M. le premier ministre pour sa motion.
M. Couillard : Merci, M. le Président. Je désire proposer, après consultation auprès
des partis d'opposition et des députés indépendants :
«Que,
conformément aux articles 1 et 2 de la
Loi sur le Protecteur du citoyen,
Me Marie Rinfret, vice-présidente de
la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du
travail, soit nommée Protectrice du citoyen pour un mandat de cinq ans à
compter du 27 mars 2017 et que la rémunération et les autres conditions de
travail de Me [...] Rinfret soient celles contenues dans le document ci-annexé
que je dépose.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci. Je rappelle...
Vice-Président (M. Gendron) : Attention, là, s'il vous plaît! Alors,
je rappelle aux membres de cette Assemblée que cette motion doit être adoptée aux deux tiers des membres de cette
Assemblée et qu'elle sera suivie, bien sûr, d'un vote par appel nominal.
Donc, je mets
maintenant aux voix la motion que vient de présenter M. le premier ministre
telle que lue précédemment. Quels sont ceux qui sont favorables à cette motion?
Secrétaire adjoint : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), M. Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), M. Hamad (Louis-Hébert), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Coiteux (Nelligan), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée
(Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M. Drolet (Jean-Lesage),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Charlebois (Soulanges), M. Moreau (Châteauguay),
M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Vien
(Bellechasse), M. Billette (Huntingdon),
M. Fortin (Sherbrooke), Mme St-Pierre (Acadie), M. Reid
(Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Ouellette (Chomedey),
Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay
(LaFontaine), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière
(Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Auger (Champlain), M. Iracà
(Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Simard (Dubuc), M. Matte
(Portneuf), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin
(Pontiac), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie),
Mme Montpetit (Crémazie), M. Plante (Maskinongé),
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis (Argenteuil), Mme Tremblay
(Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre), Mme
Melançon (Verdun).
M. Lisée (Rosemont),
M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette), M. Marceau
(Rousseau), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles),
M. Lelièvre (Gaspé), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre
(Taillon), M. LeBel (Rimouski), M. Leclair
(Beauharnois), Mme Richard (Duplessis), M. Rochon (Richelieu),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean), M. Gaudreault (Jonquière), M. Pagé (Labelle), M.
Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Kotto (Bourget), M. Roy (Bonaventure).
Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Ouellet
(Vachon), M. Sklavounos (Laurier-Dorion).
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il des gens contre cette motion? Y
a-t-il des abstentions?
Le Secrétaire adjoint :
M. Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville),
M. Roberge (Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay (Masson),
Mme Lavallée (Repentigny), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette
(Borduas).
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il des
gens contre? Je n'en vois pas. M. le secrétaire général, pour le
résultat de ce vote.
Le Secrétaire : Pour : 87
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, cette motion est adoptée. Toujours à la rubrique
des motions sans préavis, je cède maintenant la parole à M. le leader de l'opposition
officielle pour la présentation de cette motion.
Vice-Président (M. Gendron) :
Dans le silence, s'il vous plaît! M. le leader de l'opposition officielle, pour
votre motion.
Bérubé :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
député de Granby, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la députée de Vachon et le député
de Groulx, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement que les députés, indépendamment de
leur affiliation politique, soient
systématiquement invités, avec un délai d'au moins 48 heures, lorsqu'une
annonce gouvernementale est effectuée dans leur circonscription
électorale.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Alors, il n'y a pas de consentement.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! S'il
vous plaît! Elle a été entendue, le
verdict est rendu. Nous passons maintenant à un membre du deuxième
groupe d'opposition.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Les manifestations, c'est à l'extérieur. Moi, je
veux entendre la présentation de la motion du député de Borduas. Alors, M.
le député de Borduas, à vous.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. Je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de Groulx et la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des propos du ministre québécois de la Santé affirmant
que l'entente entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral concernant les transferts en santé
constitue une diminution de l'enveloppe versée auparavant;
«Qu'elle
déplore que le développement des soins à domicile ainsi que les investissements
en santé mentale au Québec en souffriront.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Pas de consentement. Un membre du groupe formant le
gouvernement, Mme la ministre de la Justice, si c'est le cas.
Vallée : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Marie-Victorin et le député de Borduas,
le député de Laurier-Dorion, la députée de Vachon et le député de
Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée mondiale des droits des consommateurs célébrée
cette année sous le thème Bâtir un monde
numérique qui inspire la confiance aux consommateurs , qui a pour objet de
reconnaître quatre droits fondamentaux pour les consommateurs soit la sécurité,
l'information, le choix du produit et l'écoute;
«Qu'elle
souligne le travail effectué par l'ensemble des associations de consommateurs,
qui offrent depuis 50 ans des services de consultation budgétaire
aux Québécois;
«Enfin,
qu'elle rappelle que le Québec est un précurseur en protection des
consommateurs, notamment dans le cadre de [l'encadrement des] contrats
conclus en ligne.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
M. le Président, je demande de l'adopter sans débat.
Vice-Président (M. Gendron) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Alors, la motion est adoptée. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour la présentation de sa motion
sans préavis. À vous, Mme la députée.
Massé : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Rimouski, le député de Lévis, le député de
Groulx et la députée de Vachon :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que les aîné-e-s ont une meilleure qualité de vie
lorsqu'ils sont entouré-e-s de leurs proches;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'émettre des directives
facilitant l'hébergement des couples dans le même CHSLD même si les
époux demandent des soins de différent niveau.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion, M. le leader adjoint du gouvernement? Il n'y a pas
consentement.
Alors,
avis, maintenant, concernant les travaux des commissions. M. le leader adjoint
du gouvernement, à vous la parole.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, la
Commission des relations avec les citoyens, et j'en avise cette Assemblée, poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 115, Loi visant à lutter contre la
maltraitance envers les aînés et
toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 102, Loi
modifiant la
Loi sur la qualité de l'environnement afin de moderniser le régime
d'autorisation environnementale et modifiant
d'autres dispositions législatives notamment pour réformer la gouvernance du
Fonds vert, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des institutions entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 63, Loi concernant la vérification
de l'identité des personnes incarcérées au moyen de leurs empreintes digitales,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la
salle du Conseil législatif;
Et cette même
Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 98, Loi modifiant diverses lois
concernant principalement l'admission aux professions et la gouvernance du
système professionnel, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures,
à la salle du Conseil législatif.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se
réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May, en séance de travail, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, afin
de préparer l'audition de La Financière agricole sur le rapport du
printemps 2015 du Commissaire au développement durable intitulé La Financière agricole du
Québec : mesures d'évaluation de l'efficacité et de la performance ; en
audition de 15 heure s à
18 heures, afin d'entendre La Financière agricole; puis, en séance de
travail, de 18 heures à 18 h 30, afin de statuer sur les
observations, les conclusions et les recommandations à la suite de cette
audition.
Renseignements
sur les travaux, est-ce qu'il y en a? Je ne vois pas de demande de renseignements
sur les travaux.
Nous
avons terminé les affaires courantes. Je cède la parole maintenant à M. le
leader adjoint du gouvernement pour la suite de nos travaux. M. le
leader.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article 14, s'il
vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) : À l'article 14 du feuilleton
d'aujourd'hui, c'est M. le ministre responsable de l'Administration gouvernementale et de la Révision
permanente des programmes et président du Conseil du trésor qui propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 126, Loi favorisant la santé financière et la pérennité du régime de
retraite du personnel d'encadrement et modifiant diverses dispositions
législatives. Et je suis prêt à entendre les premières interventions, et je
cède la parole à M. le ministre pour son intervention. M. le ministre, à vous
la parole.
M. Moreau :
Merci, M. le Président. Avant de débuter l'intervention, je dois vous signaler
que l'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce projet de loi
et qu'il en recommande l'étude à l'Assemblée.
Alors,
M. le Président, le 22 et 23 février dernier, nous avons tenu des
consultations particulières sur le projet de loi n° 126 qui prévoit la restructuration du régime de retraite du
personnel d'encadrement de la fonction publique, et ce projet de loi est donc essentiel si l'on veut que
ce régime de retraite à prestations déterminées retrouve sa santé financière
et qu'il dure.
Simplement
pour vous mettre en contexte, M. le Président, le régime de retraite dont on
parle accuse, à l'heure actuelle, un
déficit actuariel de 1,8 milliard de dollars. C'est un régime qui est un
régime qui s'adresse aux cadres, donc qui
comporte certains éléments de difficulté liés à sa structure. D'abord, les gens
qui arrivent et qui commencent à cotiser à ce régime-là, comme il s'agit d'un
régime de cadres, arrivent plus tard dans leur carrière avec des revenus qui
sont plus importants. Ils cotisent
moins longtemps, puisqu'ils deviennent cadres en fin de carrière, et, comme au
Québec l'espérance de vie a augmenté
et qu'en soi c'est une excellente nouvelle, objectivement, de façon subjective,
pour le régime de retraite, ça crée
une pression additionnelle, puisque ces gens-là vont bénéficier du régime de
retraite, vont être des retraités plus
longtemps. Et d'ailleurs on souhaite qu'ils le soient de plus en plus, parce
qu'en soi ce serait une bonne nouvelle pour notre société d'avoir des gens qui vivent en santé. Mais ça impose une
révision des régimes de retraite. Et je sais que mon collègue de Trois-Rivières doit intervenir tantôt,
il expliquera un peu que, de façon générale, la question des régimes de retraite... en fait, mondialement vivent
exactement les mêmes situations en raison du vieillissement de la population,
mais en raison surtout de l'espérance
de vie qui est plus importante, et qui font en sorte que les prélèvements aux
régimes se font beaucoup plus longtemps.
Alors, le
régime de retraite ici s'adresse aux cadres. Vous savez, vous connaissez bien
les systèmes de fonds de pension qui
s'appliquent aux employés du secteur public puisque vous êtes ici depuis fort
longtemps. Vous êtes le doyen de
notre Assemblée et vous savez donc qu'on a un grand régime qui s'appelle le
RREGOP, dans lequel il y a énormément de
cotisants. Mais, dans le cas du régime de retraite dont on parle aujourd'hui,
c'est un régime de retraite qui comporte un petit nombre de cotisants, qui équivaut à peu près à un pour un, au
nombre de retraités. Donc, autre élément qui, structurellement, est
extrêmement difficile pour la pérennité du régime.
Donc, on en
est venus rapidement à la conclusion que, si on voulait assurer la pérennité du
régime, il fallait revoir ses
composantes, et les gens du Conseil du trésor ont fait des rencontres avec les
cotisants actifs, bien entendu, parce qu'ils sont assez faciles à rejoindre. Et le projet de loi n° 126,
essentiellement, c'est un projet de loi qui reflète l'entente suite aux consultations qui ont été faites, certainement
avec les actifs, et il y a certains organismes qui représentent... des
associations qui représentent
des retraités. Et là il y a un problème particulier, parce que vous savez que
les retraités n'ont pas d'obligation de
faire
partie d'une association quelconque, et donc c'est très difficile d'aller
rejoindre tous les retraités ou tous
les conjoints survivants des retraités. Mais, dans la mesure où les
représentants du Trésor ont pu le faire, on s'est assis avec de nombreuses associations, et je dirais que,
majoritairement... Ça ne fait pas plaisir parce qu'il y a un effort qui est
demandé aux retraités dans ce cas-là, mais, de façon majoritaire, sur huit
associations, six des huit associations sont d'accord
avec le consensus, même s'ils ne font pas une fiesta puis une danse de joie en
disant : On est d'accord avec ça, puisque
les modifications qui seraient apportées au régime par le projet de loi
n° 126 amènent une diminution du régime en termes d'effets, et donc, même à l'égard des retraités, une
suspension temporaire de l'indexation de la rente des retraités, pour
une période de cinq ans, et, lorsque cette suspension est complétée, un retour
à l'indexation, mais avec des taux moindres.
Et je sais que mes deux collègues, autant le représentant de l'opposition
officielle que de la deuxième opposition, qui ont participé aux
consultations se sont enquis auprès des associations de retraités, d'abord, de
la capacité et le constat de l'incapacité de
rejoindre l'ensemble des retraités qui sont soumis au régime, mais de la
nécessité aussi, et c'est ce que les
retraités comme les actifs nous ont dit, de la nécessité de revoir la structure
de ce régime de retraite. Alors, c'est dans ce contexte-là
qu'aujourd'hui on est saisis de l'adoption du principe du projet de loi.
Je vous
rappelle donc que, dans sa forme actuelle, le projet de loi est le résultat de
consultations, ce que je viens de
dire, qui ont été menées auprès de ces participants actifs et retraités avant
que la Commission des finances publiques ne tienne des consultations
particulières. La commission a donc entendu, dans l'ordre, les organismes suivants :
la Coalition de l'encadrement en matière de
retraite et d'assurance, l'Association démocratique des retraités, un
représentant de chacune des trois
associations suivantes, soit l'association québécoise des directeurs et
directrices d'établissement d'enseignement qui sont à la retraite — peut-être
des gens que vous avez connus dans une autre vie — l' Association québécoise
des retraité-e-s des secteurs public et parapublic, et l'Association québécoise
du personnel retraité de direction des
écoles, le Regroupement des associations de cadres en matière
d'assurance et de retraite et enfin le Comité de sauvegarde du Régime de
retraite du personnel d'encadrement.
J'ai déposé, dans les cas où nous les avions,
les lettres des représentants de ces associations qui se disent favorables à l'adoption du projet de loi pour indiquer finalement qu'il est impossible d'avoir l'unanimité dans un contexte semblable mais que les efforts considérables
et, je dirais, sans précédent... Et je pense que ça, les associations de retraités l'ont reconnu lorsqu'ils sont venus
témoigner en commission, c'est un
précédent, c'est la première fois que le Conseil
du trésor ou que le gouvernement se prête à un exercice de consultation aussi élaboré que ça avant d'arriver à la restructuration
du régime.
Tous également
ont convenu de l'urgence d'agir afin de s'assurer de la pérennité du régime de
retraite, parce qu'il est évident qu'avec un régime qui a peu de
cotisants et un nombre équivalent de retraités un déficit actuariel de 1,8 milliard pèse lourd sur la pérennité du régime. Donc, il faut le faire pour les
participants actifs, cela va de soi, mais également pour les
retraités, les conjoints survivants et les héritiers.
Et, lorsqu'on
parle d'intervenir, ou de réduire les prestations pour les retraités ou pour
les conjoints survivants, ou de
suspendre l'indexation, tous conviennent que c'est une mesure qui est extrême,
et moi le premier. Mais ce qui est encore
beaucoup plus extrême et beaucoup plus drastique, pour
utiliser l'expression qui a émergé des discussions que nous avons eues en consultation, ce serait de
voir le régime s'effondrer, et donc les revenus, les revenus de retraite, qui,
dans certains cas, sont les seuls revenus
pour certains des participants, disparaître si le régime devait s'effondrer.
Alors, on doit éviter ça à tout prix.
Donc,
on fait face à une situation qui n'est agréable pour personne, un régime de
retraite en mauvaise position et qui
souffre de problèmes structurels, soit ceux que je vous expliquais en
introduction. Si nous en sommes arrivés là, c'est pour les raisons que le régime est arrivé à
maturité, les retraités vivent plus vieux — je
l'exprimais — les
régimes ont subi des contrecoups
d'une crise financière qui a secoué le monde en 2008 et qui s'étendent donc à
tous les régimes de retraite.
D'ailleurs, lorsqu'on a entrepris, M. le Président, dans un autre ordre
d'idées, le projet de loi n° 3, qui est devenu la loi n° 15, la réforme des régimes de
retraite dans le secteur municipal, ou lorsqu'on l'a fait dans le cas des
universités, on avait exactement la même situation, et, 2008, la crise
financière a eu des impacts très importants, puisque les rendements des régimes de retraite sont tributaires des marchés financiers. Cette crise-là a
donc créé un déficit au niveau des revenus des régimes et donc a
affecté, en partie, la pérennité de la plupart d'entre eux.
Lorsque la santé et la pérennité d'un régime de retraite
sont menacées, il faut prendre ses responsabilités et travailler à sa restructuration. C'est ce à quoi nous nous attelons avec le projet de loi n° 126. En 2011, dans le but de redresser une situation
financière déjà difficile, une première entente avait été conclue avec les
cadres, entente qui prévoyait un resserrement
de certains avantages et un mode de financement temporaire du régime. Les
retraités n'étaient pas concernés par
cette entente et n'ont pas eu à participer aux efforts de redressement qui ont
été faits à ce moment-là. Mais force est de constater que ces efforts ont été insuffisants pour redresser la barre de façon
durable. Donc, depuis les efforts de 2011, la santé financière du régime s'est encore fragilisée, pour atteindre aujourd'hui le point critique dont je vous parle, et, selon les dernières évaluations actuarielles — je vous donne quelques éléments
statistiques — le
déficit de la caisse de retraite, je
le disais, est évalué à 1,8 milliard, le taux de capitalisation est de
83,6 %, le taux de cotisation des participants est de 15,03 %
pour 2017. C'est un taux qui a plus que triplé au cours des 10 dernières
années.
Donc,
si l'on veut résorber le déficit de la caisse, si on veut assainir le
financement du régime et si on veut assurer sa pérennité, des changements majeurs s'imposent. M. le Président, la
situation ne se réglera pas d'elle-même, et ça, c'est un constat qui, aujourd'hui, je dirais, fait presque l'unanimité pour une raison très simple. Quand on a commencé à réformer les
régimes de retraite, particulièrement dans le domaine municipal, tout le monde
venait nous dire... en fait, les représentants des associations syndicales venaient nous dire : Bien,
voyons donc! La reprise économique va être là, puis les déficits actuariels ne sont pas si importants
aux caisses de retraite, puis le marché va faire son oeuvre. Bien, le marché,
il n'a pas fait son oeuvre, M. le Président, et aujourd'hui on se rend compte que les rendements postérieurs
à la crise de 2008, à eux seuls, ne réussiront pas à régler les
problèmes des régimes qui sont en situation difficile.
Donc,
on a besoin d'un effort de tout le
monde, c'est-à-dire des employés, des
retraités, et du gouvernement, parce que,
dans le projet de loi n° 126, il est important de noter que le gouvernement fait sa large part, et des secteurs de la santé et des services sociaux, et les commissions scolaires et les collèges, parce qu'il est important
de mentionner qu'au RRPE l'employeur
n'est pas uniquement le gouvernement, mais il y a des collèges, il y a des commissions scolaires et il y a des établissements du réseau de
la santé.
Donc,
outre le fait qu'on s'entend sur la nécessité d'agir, et ça, je pense que ça
fait l'unanimité, nous avons constaté que
nous poursuivions tous le même objectif, c'est-à-dire trouver une formule qui, à long
terme, permettrait d'assurer effectivement la survie du régime. C'est pourquoi
donc, à compter de 2018, le comité conjoint mis sur pied et auquel nous participerons tous travaillera à trouver des
solutions structurelles et permanentes dans cet objectif de pérennité, parce
que les régimes doivent être vus de façon périodique. Et donc cette ultime
période... ou la modification que nous suggérons d'apporter nous
permettra aussi de nous asseoir en 2018 puis de voir à long terme quels
seraient les autres éléments à corriger, notamment
au niveau de la structure du régime, comme nous l'ont dit les
employés qui cotisent de façon active au régime.
Alors, pour notre
part, nous aborderons ces travaux dans un souci d'équité intergénérationnelle,
mais aussi d'équité envers les contribuables
québécois. Et équité intergénérationnelle, ce n'est pas nécessairement dire strictement des plus
jeunes vers les plus vieux ou les plus vieux vers les plus jeunes, parce que
ces régimes-là... et ce régime-là en particulier
a vécu, au début, des congés de cotisation. Puis un congé de cotisation, on le
sait maintenant, c'est une très mauvaise pratique dans le cas d'un régime de retraite. Puis il n'est pas
question de pointer pour trouver des coupables sur les congés de cotisation, mais les congés de cotisations, ça fait
une chose, ça fait que le régime grandit moins rapidement et que ceux qui
étaient actifs au moment du congé de cotisation ont eu une pause, mais,
lorsqu'ils deviennent des retraités et des usagers du régime à la retraite,
bien, ils bénéficient de l'ensemble des bénéfices du régime, sans égard au fait qu'un
jour ils ont eu une petite pause dans les
cotisations. Alors, ce n'est pas pour envoyer non plus la pierre sur les
retraités, parce qu'aujourd'hui, quand on parle de régime de retraite...
je pense, le député de Beauharnois l'a soulevé à de
nombreuses reprises, quand on est assis autour de la table, ce qu'on voit, c'est des retraités... pas des
retraités, c'est des actifs du régime. Les retraités ne sont pas là. Et les
retraités viennent nous dire
régulièrement : Bien, écoutez, nous autres, on aimerait bien avoir un mot à
dire là-dedans, parce que, quand vous jouez dans le régime, pas toujours, ça a été le cas en 2009,
mais souvent il peut y avoir des impacts négatifs sur la question des
retraités. Et c'est clair qu'ils ne veulent pas devenir — excusez
l'expression — des
engeances aux cotisants actifs, mais ils
veulent au moins être pris en considération dans les décisions qui pourraient
les impacter. Et je l'ai dit lors des consultations publiques sur le projet de loi n° 216,
comme je l'avais dit dans les consultations publiques sur le projet de loi n° 3, la place que l'on réserve aux retraités dans la
question, dans toute la question des régimes de retraite est quelque chose qui me préoccupe beaucoup,
et on va devoir se rasseoir pour voir quelles sont les perspectives. D'ailleurs,
après les consultations publiques, et ça, j'en informe mes collègues qui
étaient à la commission, j'ai rencontré des associations de retraités pour justement continuer ce
dialogue avec eux et essayer de trouver quel pourrait être le forum au sein duquel ils viendraient exprimer les
craintes qu'ils ont lorsque leurs régimes de retraite font l'objet d'un examen,
notamment comme celui dont on est saisis aujourd'hui.
Alors, on
doit tous faire notre part. On est bien conscients également
que la situation particulière des retraités, c'est-à-dire de n'être plus sur le marché du travail pour la plupart d'entre eux, doit être prise en considération, parce
que, dans certains cas, évidemment, c'est le seul revenu qui arrive à la
maison.
Alors,
malgré les efforts demandés aux participants et aux retraités, les mesures
prévues, bien que significatives, n'auraient
pas été suffisantes pour restructurer le régime de retraite du personnel
d'encadrement. Donc, lors des consultations particulières,
le gouvernement a décidé de poser un geste majeur pour résorber
le déficit du régime et assurer sa pérennité. Ce geste majeur, quel est-il? Il est reflété dans le projet de loi que l'on examine aujourd'hui. Le gouvernement prendra entièrement à sa charge le
paiement des rentes des retraités au 31 décembre 2014 et de leurs
conjoints survivants ou héritiers, le cas échéant, paiement qui ne sera donc
plus partagé avec la caisse des participants et donc qui enlève une pression énorme sur le régime. Pour ce faire, le
projet de loi prévoit le transfert au gouvernement des sommes accumulées pour
le paiement des prestations de ces personnes. Pour ceux qui ont pris leur
retraite depuis le 31 décembre 2014 ou qui la prendront après
et leurs conjoints survivants, le cas échéant, le paiement de leurs rentes
continuera d'être assumé conjointement par le gouvernement et la caisse des
participants.
gouvernement contribuerait donc à la résorption du déficit par le versement
d'une contribution temporaire à la caisse
des participants. Ces derniers paieraient seulement ce qu'il en coûte pour
accumuler le service courant dans le régime. La contribution du gouvernement permettrait d'éviter un
sous-financement, mais elle ne pourrait pas excéder 100 millions de
dollars par année et serait soumise à
certaines conditions. Enfin, l'ensemble des modifications proposées permettrait
de résorber le déficit de la caisse des
participants d'ici 2022 et de réduire considérablement la maturité du régime
afin d'assurer sa pérennité.
Par la suite,
donc, après la résorption, à la hauteur de 2022, il serait possible de répartir
sur des bases nouvelles pour assurer
un financement sain du régime et permettre le retour à un
partage 50-50 — c'est ce
qu'on tend dans toutes les réformes
que nous avons amorcées pour les régimes de retraite, 45-55, 50-50 — le coût entre le gouvernement et les
participants, coût que le gouvernement assume présentement à 60 %. Donc,
si on arrive à 50-50, on comprend que la contribution
gouvernementale serait réduite de 10 % mais que cette contribution-là,
cette nouvelle contribution à hauteur de
50-50 est l'alignement, et la logique, et la conséquence du redéploiement des
efforts de chacun dans la pérennité d'un régime de retraite, ce qui est en ligne avec les gestes législatifs que
nous avons posés dans d'autres secteurs, notamment dans le secteur municipal et dans le secteur des
universités. Alors, tout cela grâce aux efforts concertés des participants
actifs, des retraités et du gouvernement et
en cohérence avec les récentes négociations dans les diverses initiatives
gouvernementales touchant les régimes de retraite.
Donc, je remercie à nouveau, M. le Président,
tous les groupes qui ont participé à enrichir notre réflexion en participant aux consultations particulières devant
la Commission des finances publiques. Je remercie également le député de
Beauharnois, le député de Chutes-de-la-Chaudière pour leur contribution à ces
consultations-là.
Et c'est en
rappelant deux points très importants que nous aborderons éventuellement
l'étude détaillée de ce projet de loi
là. Premièrement, le premier point que nous devons avoir en tête, c'est la
nécessité de restructurer le régime et de ramener son équilibre financier à long terme, et, deuxièmement, le fait
que les modifications législatives proposées sont le fruit d'une entente très large entre les diverses
associations qui représentent les participants actifs et une bonne
partie des
retraités du régime de retraite.
Est-ce que le
tout est parfait? La réponse est non. La perfection n'est pas de ce monde, M.
le Président. Et donc, comme nous
sommes des parties intégrantes du monde dans lequel nous vivons, nous sommes
viciés du même problème. Ce que je recommande aux membres de l'Assemblée
nationale, c'est de procéder à l'adoption du principe du projet de loi n° 126, d'aller en commission
parlementaire, de tenter d'en bonifier, à l'étude
article par article,
l'ensemble des dispositions, et donc
d'adopter le principe de la Loi favorisant la santé financière et la pérennité
du régime de retraite du personnel d'encadrement et modifiant diverses
dispositions législatives. Et je vous remercie de votre attention.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le président du
Conseil du trésor, de votre intervention sur le principe de ce projet de loi
là. Et, pour la poursuite, je cède maintenant la parole à M. le député de
Beauharnois, porte-parole de l'opposition en ces matières. Alors, M. le
député de Beauharnois, à vous la parole.
Leclair : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, M. le Président, je suis très content de voir l'évolution du
ministre depuis le projet de loi n° 3,
parce que, je me souviens, on parlait souvent d'enveloppe de rémunération
globale puis on disait, dans le temps
du projet de loi n° 3 : Bien, on ne peut pas diviser la
tarte 50-50 lorsque des employeurs ont pris des congés de cotisation pendant x années puis aujourd'hui le
refiler aux travailleurs. Puis là, tantôt, dans son élancée, il nous dit : Bien, oui, il y en a qui ont
pris des congés de cotisation, puis ça, ça a un prix, et tout. Ça fait que je
suis content de cette évolution-là.
Pendant le projet de loi n° 3, j'avais de la misère, on dirait, à lui
faire comprendre. Alors là, je vois que le ministre... on va entamer le
projet de loi n° 126 avec une autre vision.
En plus, le
ministre nous dit que le lieutenant-gouverneur nous salue ce matin, puis il
appuie le projet de loi n° 126. Alors,
toutes mes salutations au lieutenant-gouverneur, mais j'aimerais savoir si lui
a une retraite indexée garantie pour vous saluer si hautement ce matin
face au projet de loi n° 126. Alors, ça, on ne le sait pas, mais on a des
bons doutes.
Alors, M. le Président, bien entendu, en début, en entrée
de jeu, je dirais, encore une fois, malheureusement, trop souvent à l'Assemblée nationale, un projet de loi
qui est mis sur la table avec pas de délai. Les gens n'ont pas le temps de se préparer. On parle ici de régimes de
retraite. On le sait, là, les chiffres actuariels, des calculs interminables,
là, pour bien des gens, sauf les
actuaires, qui, eux, en mangent dans leur soupe. Mais, bien entendu, c'est
toujours, toujours très, très
complexe lorsqu'on parle de régimes de retraite. On dépose ce régime de
retraite là puis on dit : Bien là, c'est tout de suite, c'est tout de suite. On va écouter les
mémoires. Envoyez vos mémoires. Vous avez un mois pour les envoyer. On
commence les auditions.
Bien entendu, on ne peut
pas dire que le ministre, c'est faux lorsqu'il dit que les retraités, c'est
plus difficile à rejoindre que les actifs,
mais une chose est certaine : lorsque le coût, puis je ne dirai pas le
coup de barre, là, mais, lorsque le
coût est vraiment divisé aux retraités et aux actifs, c'est bien dommage, M. le
Président, mais on se doit de prendre le temps nécessaire de rencontrer
les gens retraités parce que, directement, ils sont touchés.
Et malheureusement, je l'expliquerai un peu plus
tard, dans le projet de loi n° 3, on s'était dit, je me souviens comme si c'était hier, M. le Président, on avait
une inquiétude, on disait : Est-ce que les gens qui sont à leur retraite,
en départageant 50-50 comme vous
voulez le faire, est-ce que les gens vont se retrouver avec un chèque avec
moins d'argent dessus à la fin du
mois? La réponse était non. On était rassurés. On a gelé leur indexation pour
un certain temps parce qu'on disait
dans le temps : L'équité intergénérationnelle, très importante, tout le
monde doit payer leur dû. Puis, dans ce temps-là, il me semble que moi, j'essayais de faire valoir encore plus,
de dire : Bien, l'employeur qui a pris des congés de cotisation devrait payer cette part-là, tous
ces congés-là. Bien, dans ce temps-là, le ministre, il n'était pas si ouvert
qu'il a semblé ce matin en parlant de
congé de cotisation. Mais, bref, ce projet-là est canné, à tort ou à raison, et
aussi devant les tribunaux. Alors, nous allons voir qu'est-ce qui va en
sortir.
Mais, bref,
ici, ce qu'on dit aux retraités : Vous êtes difficiles à rejoindre. Ce qui
est vrai. Ce n'est pas toujours simple,
rejoindre les retraités. Mais on ne fait pas juste dire : Vous allez payer
une part du gâteau, on n'a pas eu les chiffres exacts à savoir est-ce que c'est la juste part, ou une trop grosse part,
ou une trop petite part, mais, bien entendu, vous allez payer une part du gâteau pas juste pendant quatre,
cinq ans. Par la suite de ça, on va couper les contrats qu'on vous avait
garantis, de dire : Vous avez telle ou
telle indexation à vie. Mais là, face à la pérennité du régime de retraite des
cadres, on dit : Bien là, on est
à 86 %. Donc, il va falloir regarder pour s'assurer que ce régime-là ait
une bonne pérennité dans le futur. Personne ne peut être contre ça, M.
le Président, bien entendu.
Mais,
lorsqu'on dit aux retraités : Vous n'avez pas le temps de venir nous voir,
vous êtes difficiles à rejoindre, puis
on va aller toucher à des clauses rétroactives jusqu'à 1982, M. le Président,
excusez-moi, là, mais je trouve qu'on y va fort, on y va très, très
fort. De dire que les retraités doivent faire leur part, je n'ai pas trop de
problèmes avec ça. Les retraités n'ont
surtout pas trop de problèmes avec ça. Le plus gros problème qu'ils ont, c'est
qu'eux disent : Il y a une loi,
à la Régie des rentes du Québec, qui dit que, si vous voulez modifier ma rente
que je m'étais entendu et qu'on a par contrat, vous devez m'aviser.
Alors, ces
gens-là, comme le dit si bien le ministre, on n'a pas pu tous les rejoindre,
mais, en bout de piste, on va les
rejoindre un jour parce qu'on va les rejoindre sur leur chèque parce qu'on va
le couper, le chèque. Là, ça va être facile de les rejoindre cette journée-là, mais aujourd'hui on n'est pas capable
de leur dire : Est-ce qu'on peut trouver une manière? Est-ce qu'on peut vous entendre? Alors, on se fait
le devoir, comme opposition, de tenter de passer le message au ministre
et à toute son équipe pour faire entendre ces retraités-là.
Alors,
j'ai reçu une multitude de courriels expliquant diverses situations. Le fond
est toujours le même, M. le Président : On n'a pas été entendus et on coupe notre retraite pas juste pour un
bout de temps, on coupe... bien, notre retraite, ce n'est pas le bon mot, M. le Président, je m'en
excuse. On coupe l'indexation et, par la suite, on enlève ce qu'on avait
négocié. Ça fait que ce n'est pas
juste un gel d'indexation. Donc, c'est unanime. Alors, j'invite les gens qui
veulent envoyer un petit mémo au ministre.
Je leur garantis que, pendant l'étude
article par article, je vais lire leurs messages au ministre. Bien entendu, ils auront cette
voie-là de plus pour se faire entendre. Ça va me faire un plaisir de leur lire...
Si on revient
en profondeur sur le projet de loi
n° 126, bien entendu, le projet de loi touche à qui? Bien, toute la fonction publique, tous les cadres de la fonction publique, M. le Président. Le régime est offert à tous les cadres, au
réseau des organismes gouvernementaux. Il est administré, bien
entendu, par Retraite Québec. Lorsqu'on dit un régime qui est mature, M. le Président, c'est qu'il a autant d'actifs qui paient en ce moment qu'autant de retraités qui bonifient du régime. Alors, bien
entendu, ça fait un régime qui est à 100 % utilisé. C'est sûr que ça a des
coûts. M. le Président, qu'est-ce qu'il faut
comprendre de tout ça, c'est que la plupart des employés, ils sont au RREGOP
puis, un jour, ont une offre. Que ce
soit au gouvernement direct, dans la commission scolaire, dans les
collèges, dans tous ces régimes-là, un jour, quelqu'un a une offre, il dit : Est-ce que ça te
tenterait d'être cadre, x, y fonction de cadre? La personne dit : Oui, il
me reste peut-être sept, huit ans à travailler. Je ne sais pas. Ça va
être quoi, le salaire? Je ne peux pas bonifier énormément ton salaire, il est
déjà réglementé, mais on peut se rattraper en t'envoyant à la retraite peut-être
un petit peu plus hâtivement et surtout un petit peu plus
bonifié.
Donc, la
personne retourne chez elle, réfléchit à tout ça, dit : Bof! C'est la fin
de ma carrière. J'ai les compétences. Mon boss m'offre ça. Moi, je saute dans
le bateau puis j'y vais. Bien entendu, M. le
Président, pas besoin d'aller à
l'université, là, la personne, elle a payé
un certain taux toute sa vie. À la fin, elle a une chance qui est offerte par
qui? Le gouvernement. Par les cadres. C'est nous qui prenons la
décision de dire : On a besoin d'un autre cadre, d'un nouveau cadre,
soit pour remplacement, soit pour un ajout, donc on offre.
Donc, le gouvernement sait qu'en offrant ça on débalance cette caisse-là, ce régime de
retraite là, parce que cette personne-là
a travaillé pendant 20 ans à un certain taux qu'elle a cotisé dans son régime
de retraite, puis on va lui bonifier parce
qu'on l'attire avec ça en plus. C'est ça, notre ligne à pêche. On dit : On
ne peut pas vraiment te donner un gros, gros salaire bonifié,
mais au moins on va se reprendre sur la pension en sept, huit, neuf ans.
Donc, tout ça fait un déséquilibre par rapport
aux régimes de retraite. On arrive avec certaines nouvelles positions, 50-50.
Il y a des choses là-dedans qui ont une belle
logique. On ne peut pas dire que ce projet de
loi là est complètement sorti des nues. Bien entendu, M. le Président. Tantôt, s'il me reste du temps, je vous lirai, il y a des choses
qui sont bien là-dedans. On vient rejoindre ce qu'on a donné ou ce qu'on
a offert à plusieurs personnes au gouvernement. Pas de
trouble avec ça. Mais, une chose est certaine, si le gouvernement ou tous ces paliers-là continuent à dire aux gens
qui ont payé pendant 20 ans un certain
régime : Viens-t'en avec nous en haut, ça va toujours se débalancer. Jamais ça ne va pouvoir avoir une équité pour le
futur.
Alors, ce projet de loi là, les gens, les cadres actifs ont dit au gouvernement... puis le gouvernement a dit : Je suis bien prêt qu'il y ait une table qui se crée pour
qu'on regarde le problème au plus profond qu'il est. Bien, pourquoi qu'on ne le
fait pas là, M. le Président? Pourquoi qu'on se casse la tête à faire un projet de loi n° 126,
là? Qu'on dit : On va faire une
table, là, en 2018. Là, on va l'avoir, la patente. M. le Président, ce n'est pas sérieux. On le sait, qu'on a un
problème. On le sait, qu'on va être
déséquilibrés dans le futur encore une fois parce que, si le gouvernement décide, puis il n'aura pas le
choix de décider, ainsi, il y a un cadre qui va partir à sa retraite. Puis là
ils vont peut-être être choqués, ils
vont partir plus vite. Je ne le sais
pas, qu'est-ce qui va être la répercussion de ce projet de loi là, mais il va encore avoir des travailleurs qui vont passer cadre à la fin de leur carrière.
On ne règle pas aucunement cette
solution-là avec le projet de loi n° 126.
Donc, on
repousse encore une fois aux calendes grecques notre vraie