Public Finance — 7 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2020-12-07
Quebec — Committees
M. Barrette :
Vous ne voulez pas que le sache avant?
Le Président
(M. Simard) : Bien, c'est parce que d'habitude je vous le dis
instantanément...
M. Barrette :
Je le sais, c'est pour ça...
Le Président
(M. Simard) : ...sauf que mon... comment dire, j'appelle ça mon
chronomètre, là, il n'est pas effectif aujourd'hui. Ça fait
partie des aléas de la
présidence, il y a des choses parfois
qui marchent ou qui ne marchent pas.
M. Barrette :
Il ne le sera pas non plus de la journée?
Le Président (M. Simard) : On
va vous le dire dès qu'on le sait. Alors, M. le député, à vous la parole.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, j'aurais tout de suite... compte tenu du fait que les
gens des Transports sont ici et que l'échange que je souhaite avoir avec eux,
et peut-être que les collègues aussi, pourrait se faire dans un autre contexte,
j'aurais un amendement à déposer qui va, vous allez le comprendre, bien
contextualiser l'échange qu'on va avoir avec les fonctionnaires des Transports.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, pour répondre à votre question, il vous reste 17 minutes.
M. Barrette : Très bien.
Président (M. Simard) :
Et ceci étant dit, souhaitez-vous que nous suspendions afin que
vous puissiez faire votre...
Mme LeBel : Conformément à la
directive préalablement établie?
Le Président (M. Simard) : Ah!
bien oui.
M. Barrette : Oui, justement,
c'est pour ça que je veux m'assurer de vous envoyer le bon texte.
Le Président (M. Simard) : Non,
mais je trouve que vous suivez, tous les deux, les directives, aujourd'hui, de
manière exemplaire. Je tiens à vous en féliciter tous les deux.
(Suspension de la séance à 14 h 10)
Le Président (M. Simard) :
Alors, chers collègues, au moment de suspendre, le député de La Pinière nous
avisait de son intention de déposer un amendement. M. le député, à vous la
parole.
M. Barrette : Bon, M. le
Président, donc, voici l'amendement que je dépose,
article 52 :
L'article 52 du projet de loi est modifié :
1° par la suppression, au premier alinéa après
les mots «de certains projets,» des mots «le projet de sécurisation de la
route 117 entre Labelle et Rivière-Rouge et»;
2° par le
remplacement, dans le premier alinéa des mots «ne sont pas assujettis» par les
mots «n'est pas assujetti».
Conséquemment, M. le Président, le premier alinéa
de l'article modifié se lirait comme suit :
«Malgré
l'article 31.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement et
l'article 2 du Règlement relatif à l'évaluation et l'examen des impacts
sur l'environnement de certains projets, le projet d'amélioration de
l'autoroute 30 entre Brossard et Boucherville n'est pas assujetti à la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement et n'ont pas — et
n'a pas à obtenir... ici, il y a une coquille, M. le Président, c'est "n'a
pas", et n'a pas — à
obtenir une autorisation du gouvernement en vertu de l'article 31.5 de
cette loi.»
Est-ce qu'on peut faire la coquille comme ça?
Le Président (M. Simard) : Oui,
oui, oui.
M. Barrette : O.K. Parfait.
Alors, évidemment, M. le Président, vous avez compris que l'article 52 est
un
article qui extrait de l'examen du BAPE, selon ce qui est contenu dans le
projet de loi n° 66, deux projets, et je propose un amendement qui résume
cette extraction-là à un seul projet, soit celui de la 30, entre la 10 et la
Le Président (M. Simard) : Très
bien, merci. Mme la ministre.
Mme LeBel : Oui, bien, moi,
j'aimerais comprendre pourquoi... Je comprends pourquoi on pourrait avoir une
objection, là, à ce qu'on extraie deux projets du processus du BAPE. On en
était à en discuter, à voir quelle était la raison pour laquelle on excluait la
117 et la 30, mais moi, j'aimerais juste comprendre pourquoi on garde la 30
puis on extrait la 117 dans l'amendement de mon collègue, puis ça va me
permettre, moi, de pouvoir mieux argumenter ou discuter, là, sur les objectifs.
On a fait valoir, la semaine dernière, et
j'étais peut-être prête à donner encore plus de détails, là, pourquoi la 117.
La 117 est en priorité, est dans l'annexe I entre autres parce qu'il
s'agit d'une route qui a un taux de mortalité assez élevé, très...
accidentogène — c'est
un terme que j'ai de la misère à dire, je m'excuse — alors que la 30, on
parle de l'amélioration de l'offre des voies
réservées, donc de la mobilité, de la fluidité puis un impact économique
important, compte tenu que c'est un axe routier où beaucoup de transport — transport
routier, transport de marchandises — se fait. J'imagine que mon
collègue de La Pinière est d'accord avec cet argumentaire-là concernant la 30, mais
qu'il l'est moins concernant la 117, mais j'aimerais bien comprendre un peu,
là, pour être capable de mieux discuter avec lui.
Le Président
(M. Simard) : Très bien. M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Alors, la
ministre me pose, dans les faits, une question à savoir pourquoi un et pas
l'autre. Bon, la réponse, elle est, pour moi, relativement simple, et je sais
en disant ça que je n'aurai pas l'aval de mes collègues des autres oppositions
et je comprends leur argument, mais je vais quand même, puisque la ministre me
le demande, exprimer mon argumentaire.
La 30, c'est un terrain qui est déjà remanié
d'une façon environnementale. Environnementalement parlant, là, c'est déjà une
terre extrêmement remaniée. Alors, elle est tellement extrêmement remaniée que
je ne pense pas que ça soit une terre que
l'on peut qualifier d'environnementalement normale en termes d'écosystème.
Alors, quand on l'élargit, là... entendons-nous sur une chose, là, quand
on construit une autoroute comme la 30, à quatre voies, avec non pas un
terre-plein, mais la
partie qui est entre les deux, ce n'est pas juste le
volume qui correspond exactement à l'asphalte, là, qui a été remanié, là, c'est des mètres, et des mètres, et des
mètres à côté. Alors, conséquemment, moi, je ne vois pas un problème
écosystémique significatif dans une terre profondément remaniée précédemment,
ce qui est évidemment le contraire pour la
117. Je comprends l'argumentaire de la présidente
du Conseil du trésor, mais c'est justement pour ces raisons-là que je souhaitais avoir l'échange, que
je souhaite encore avoir, avec les fonctionnaires qui ont eu à débattre
de ça.
Le Président (M. Simard) :
Merci. Mme la présidente.
Mme LeBel :
Bien, je comprends ce que mon collègue me dit, malgré que, dans le cas de la 30
particulièrement, il y a des... je vais essayer de reprendre, là. Sur les 181
projets, il y en a — je
vais y aller avec un «ball park» là — une cinquantaine qui
concernent des projets du ministère du Transport du Québec. Dans ces
projets-là, il y a des projets qui doivent être soumis au BAPE, et il y a
d'autres projets qui n'ont pas à être soumis au BAPE pour plusieurs raisons.
Une des premières raisons, c'est qu'ils ont déjà subi un BAPE, donc si le... et
le BAPE est déjà fait, je veux dire, on ne l'exclut pas d'une procédure qui est
déjà complétée, donc les autorisations environnementales sont déjà obtenues. Et
il y en a d'autres qui n'ont pas besoin d'être soumis au BAPE juste pour des
raisons qui pourraient être un exemple de ce que mon collègue apporte, mais qui
n'est pas le cas de la 30, c'est-à-dire que, quand on travaille à travers
l'emprise de la route qui a déjà été identifiée et évaluée par le BAPE, on n'a
pas à refaire des évaluations parce qu'on est à l'intérieur, si on veut... les
termes ne sont pas exacts en matière environnementale, mais, je dirais, des
choses pour lesquelles on a eu une préanalyse ou une préautorisation, il y a
déjà eu un BAPE, donc on construit alors l'emprise de la route. Et ça, c'est le
cas aussi de certains projets sur la liste des 181, donc la cinquantaine qui
concernent le MTQ.
Il y a une dizaine ou une quinzaine de projets
qui, grosso modo, sont des projets qui sont, de par leur nature, des projets
qui sont assujettis au BAPE. Dans ces projets-là, les deux seuls qu'on retire
du BAPE, qu'on soustrait au BAPE, c'est la 30 et la 117. Les autres, l'autre
dizaine, treizaine, là, je vais dire ça de même, l'autre dizaine va aller dans
la procédure qu'on a discutée dans les articles précédents, disons, appelons-le
le BAPE ciblé, là, pour les fins de conversation. Entre autres, dans les
analyses qu'on a faites — et
je veux juste compléter un peu les réponses que j'ai données la semaine
dernière — deux
projets... bien, tous les projets qui sont sur la liste, ce sont des projets
qu'on considère importants d'accélérer. Là, je vais parler juste des projets du
MTQ pour l'instant. C'est vrai pour les autres aussi, mais on va parler des
projets du MTQ. Pour toutes sortes de raisons que je viens de donner, entre
autres la sécurité, entre autres la fluidité, bon, et l'impératif de le faire,
là, pour la mobilité, etc., les raisons que j'ai données tantôt, pour la 30 et
la 117, ces raisons-là s'appliquent. La 117, en plus, c'est une des routes les
plus mortelles au Québec. On avait parlé de la 50, mais la 50, elle a déjà eu
son BAPE, donc elle ne peut pas être exclue d'une procédure qu'elle a déjà
traversée.
Et il faut
aussi comprendre que, dans les analyses qu'on a faites avec le MTQ, que le MTQ a
faites surtout, il y avait donc deux possibilités pour les projets qui
sont soumis au BAPE, c'est-à-dire soit les faire passer à travers la procédure accélérée soit les soustraire du BAPE
dans l'analyse qu'on en a faite. Les seuls projets pour lesquels il y
avait un impact significatif de temps à le faire, c'est la 30 et la 117. Pour
la 30 et la 117, par ce processus-là, on sauve autour de 24 à 36 mois,
alors que les autres projets qui auraient pu être éligibles... qui sont,
pardon, assujettis à la procédure du BAPE, par le BAPE accéléré, on l'a vu, je
pense, là, je vais faire un chiffre rond, là, on est autour de six mois
peut-être qu'on sauve, là, sur la procédure, on en avait parlé, là, entre sept,
et 13, et 18 mois, mais disons qu'on est autour de six mois pour faire un
chiffre rond. Et, compte tenu de la nature des projets, de d'autres impératifs en
matière d'ingénierie, à
titre d'exemple, etc., même si on les avait exclus de
la procédure du BAPE, on ne sauvait pas beaucoup plus de mois, donc on n'allait
pas avec des impacts de 24 à 36 mois.
Donc, il y a eu la première sélection de savoir
quels sont les projets qui devraient bénéficier d'une procédure d'accélération,
c'est-à-dire quels sont ceux qui, dans la durée de vie ou dans la portée du
projet de loi n° 66, avaient une chance
de pouvoir bénéficier de la carte d'accélération, là, ces fameux cinq ans dont
on parle depuis le début. Ça, c'est le premier mot d'ordre qui a été
donné pour être capable de sélectionner des projets. Puis ensuite, quand on
parlait des projets par rapport au BAPE,
bien, quels sont ceux, bon, qui le nécessitent pour les raisons que je vous ai
données tantôt, là, je ne les reprendrai pas, là, mais sécurité,
fluidité, mobilité, impact économique, parce qu'il y a de l'engorgement, et
l'autre terme, c'est amélioration de l'offre de voies réservées en transport
collectif, là, entre autres. La 30 rentre dans la catégorie d'amélioration de
l'offre de voies réservées puis il y a un impact sur le transport collectif qui
est aussi un impact positif pour la grande région de la 30, donc.
Et le processus, une fois qu'on a mis sur la
table des projets qui étaient potentiels puis, je vous dirais, la quinzaine, 10
à 15 projets qui sont dans la sélection de la cinquantaine qui sont assujettis
au BAPE, on a fait le calcul de voir aussi est-ce qu'au
niveau de l'impact... est-ce il y avait un impact significatif, là, et les deux
seuls qui avaient un impact significatif de l'ordre de 24 à 36 mois, c'est la
30 et la 117. Les autres projets, qu'on les mette sur le BAPE accéléré ou qu'on
les mette sur le BAPE... ou qu'on les enlève du BAPE, le gain n'était pas assez
significatif pour