Culture and Education — 26 September 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2014-09-26

Quebec — Committees

Culture and Education — 26 September 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2014-09-26

Quebec — Committees

Mme la secrétaire, y

a-t-il des remplacements?

La Secrétaire :

Oui, M. le Président. Mme Blais (Saint-Henri—Sainte-Anne) est remplacée par M.

Huot (Vanier-Les Rivières).

Le Président (M.

Kotto) : Alors, je vous rappelle brièvement le déroulement de

l'interpellation.

Dans un premier

temps, la députée de Pointe-aux-Trembles aura un temps de parole de 10 minutes,

suivi du ministre pour également 10 minutes.

Par la suite, des périodes de cinq minutes seront allouées selon la séquence

suivante : d'abord, un député de

l'opposition, ensuite le ministre, puis un député du groupe formant le

gouvernement, et ainsi de suite. Je

comprends qu'il y a entente dans la répartition des blocs des députés de

l'opposition et que le deuxième groupe d'opposition

disposera du troisième et sixième... des troisième et sixième interventions,

dis-je. 20 minutes avant midi, avant

12 heures, j'accorderai 10 minutes de conclusion au ministre et un temps de réplique

égal à la députée de Pointe-aux-Trembles. Enfin, je vous rappelle que le

débat ne peut, à moins d'un consentement, dépasser midi.

Ainsi,

comme la séance débute à 10 h 3, y a-t-il consentement pour

poursuivre nos travaux au-delà de 12 h 3?

Président (M. Kotto) : Consentement. Parfait. Alors, Mme la

députée de Pointe-aux-Trembles, vous avez la parole pour 10 minutes.

Léger : ...M. le Président. Alors, cet exercice

d'interpellation permet évidemment aux parlementaires, en l'occurrence

l'opposition, d'aller davantage à fond de certaines questions essentielles dans

notre société, liées à l'actualité, aux débats mais aussi sur des enjeux qui

auront des effets plus marquants dans notre société québécoise. L'éducation, ce

n'est pas rien, c'est le savoir, c'est les connaissances, c'est

l'apprentissage, c'est la formation, c'est l'édification, dans le fond, d'une

génération et de générations une après les autres.

ministère de l'Éducation, c'est un ministère très important. Le ministre de

l'Éducation est une personne qui a

une grande responsabilité en notre nom pour le bien commun de la société

québécoise aujourd'hui, et pour demain, et pour hier, car les historiens nous le rappellent continuellement, ce

qu'on est, ce que nous sommes et ce qu'on sera. Le domaine de l'éducation, pour moi, est prioritaire.

Ça a toujours donné un sens à mon engagement pour les jeunes, pour les

familles, pour ce que nous sommes et ce que nous voulons devenir.

Vous

le savez tous, j'ai été enseignante, et la rentrée scolaire est toujours un

moment important pour nous tous qui

sommes du milieu de l'éducation. J'ai écrit un texte dernièrement sur la

fébrilité d'une rentrée scolaire, que je vais vous citer.

moment de l'année a toujours eu un grand effet sur moi malgré que j'aie quitté

ce milieu d'enseignement voilà déjà

de nombreuses années. Pourtant, j'y suis toujours tout près par de nombreuses

amitiés. Collègues, membres de la direction, milieu syndical et

professionnels de l'éducation, les spécialistes, les parents, des

fonctionnaires, des commissaires, du personnel de soutien et des jeunes à qui

j'ai enseigné et que je croise parfois sur ma route me font revivre cette période exceptionnelle qu'est

l'entrée des classes en septembre. Combien d'entre eux me disent que ce n'est

plus pareil, et je les crois comme je

croyais l'autre génération avant moi qui me disait aussi la même chose. La fin

de l'été, ce début d'automne, est ma

période préférée de l'année. Petite, c'était de me préparer à l'école. J'avais

tellement hâte. Ranger mes nouveaux

effets scolaires et riposter pour ceux que je devais hériter de ma soeur aînée

et partir à pied vers cette école si

loin, tout près de 1 mille à pied, disait-on, à l'époque; pas le droit au

transport scolaire, car il fallait plus de 1 mille. J'écoutais bien

attentivement à cette époque.

«Adolescente, c'était de retrouver mes amies,

partager notre été, se parler des beaux gars en vue et espérer avoir les meilleurs profs. Jeune adulte, c'est

l'université avec mes bonnes copines Christiane et Christiane. On refaisait

le monde de

l'éducation, inspirées du livre Libres

enfants de Summerhill ou de la chanson The Wall. Nous étions inséparables,

créatives et pleines de potentiel.

«Puis, jeune diplômée de l'éducation, ce désir

d'avoir enfin sa propre classe : je me suis retrouvée avec près d'une quarantaine de jeunes devant moi aux grands

yeux et regards remplis d'espoir, et moi, troublée par la grande responsabilité que j'avais devant ces petites personnes qui attendaient que je leur

donne le monde. Ma collègue Monique, ma complice... nous avons bousculé l'ordinaire ensemble pour

faire de l'extraordinaire avec des petits riens. Rien ne nous arrêtait, même

pas la Direction générale d'une commission scolaire. Tellement de projets pilotes

passaient dans nos classes, et tellement de jeunes m'en parlent encore aujourd'hui lorsqu'on se croise. 17 ans

dans le milieu de l'éducation, il y a tout un pan de vie.

«Et, aujourd'hui, je suis la porte-parole de

l'opposition officielle en matière d'éducation primaire et secondaire.

Je rencontre les différents partenaires du milieu de l'éducation et, malgré les

difficultés qu'ils peuvent traverser avec les enjeux

et les défis à surmonter, je leur voue un grand respect pour leur engagement,

mais je demeure convaincue qu'il faut

toujours oser et bousculer. Celui-ci doit évoluer et ne jamais oublier que le

jeune est au centre de nos décisions. Ce vent de fin d'été; des nombreux petits pas en chamaille dans la cour et

qui entrent en rang dans l'école, cette cloche du séminaire, ces bruits

de pupitre, ces casiers qui s'ouvrent et se referment, cette année qui commence

et ce défi de les éduquer, de les rendre

plus grands, plus sûrs d'eux, plus savants et surtout plus autonomes. Qu'ils

aient neuf ans ou 14 ans, ils ont tous été importants pour moi comme la

prunelle de mes yeux.

«Merci à la

vie et à cette fébrilité, qui fait de nous des êtres passionnés et entiers

surtout en septembre.» Merci de lire cet instant de vie à mes amis Facebook ,

à l'époque.

Mais, maintenant, la rentrée scolaire, c'est

aussi la rentrée scolaire d'un gouvernement, c'est aussi la rentrée scolaire de nous tous, c'est aussi une rentrée que

je pourrais dire un peu différente. Si les cris amusés des jeunes se font

toujours entendre dans les cours d'école, elle se fait alors parce que

plane le spectre de l'incertitude et des inquiétudes du gouvernement en face de nous, inquiétudes qui sont causées par

le ministre lui-même, qui additionne les déclarations controversées, les reculs

gênants et les improvisations. Nous apprenons ce matin qu'il va y avoir une

réforme... sans parler avec ses

partenaires, un

article ce matin dans le journal La Presse : Réforme tous azimuts en éducation .

«Fusion, voire abolition des commissions

scolaires, baisse d'au moins 50 % du financement des écoles privées,

transfert de pouvoirs en éducation aux municipalités, création d'un

ordre professionnel des enseignants, réduction du nombre d'épreuves ministérielles, changements à la taxation scolaire...

Québec prépare une réforme majeure du réseau de l'éducation qui tire

tous azimuts, a appris La Presse .»

Alors, c'est

sûr, M. le Président, s'il fait tout ça en même temps puis s'il dit

que c'est juste des hypothèses, parce

que j'ai entendu ça, M. le Président, ce matin, que le ministre de l'Éducation

a parlé que c'est peut-être toutes des hypothèses — il a dit aux journalistes ce matin — bien, moi, ce que je veux savoir, c'est

qu'est-ce que ça va changer dans la

réussite scolaire. Qu'est-ce que ça va améliorer pour la réussite scolaire? En

quoi cela va valoriser les enseignants au coeur du milieu de l'éducation? En quoi cela va rassurer les parents? En

quoi cela va donner des outils à nos professionnels, à nos directions et à tous ces gens dans le réseau

de l'éducation? J'aimerais bien que le ministre puisse arrêter de nous lancer des ballons d'essai, parce que c'est un

festival de ballons d'essai que nous entendons du ministre de l'Éducation

depuis un certain temps. Et l'interpellation se nomme ainsi : Les

déclarations irresponsables, les ballons d'essai et les coupures de services du

ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport.

Dans la vraie

vie de tous les jours, actuellement, on n'entend que des coupures, des coupures

dans le service aux élèves, l'achat de livres, l'aide aux devoirs,

l'aide alimentaire pour les enfants des familles défavorisées, toute la liste

des mesures d'appui à la réussite

scolaire : les mesures d'accueil, de francisation des nouveaux arrivants,

la lutte contre le décrochage, le

plan d'amélioration du français, prévenir et combattre l'intimidation

et la violence dans les écoles. Ce sont toutes des mesures qu'on entend

qu'elles seront coupées incessamment dans les commissions scolaires, dans

les écoles du Québec et qui vont affecter directement les familles.

Alors, le festival de ballons d'essai de ce

matin, qu'on apprend dans le journal La Presse , alors, évidemment, j'espère qu'aujourd'hui à l'interpellation

le ministre de l'Éducation va être capable de nous dire si c'est exact ou si

ce n'est pas exact. Il semblerait que

le ministre aurait élaboré plusieurs scénarios, que l'ensemble

de ces scénarios-là donneraient

différents résultats, là. C'est un article, dans le fond, de La Presse ,

mais ce qui est important aujourd'hui, M. le

Président, c'est : Est-ce que le

ministre va nous rassurer? Est-ce que le ministre

va encore dire que ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas des coupures dans

les services aux élèves, que les services seront protégés? Mais, entre le

discours du ministre puis ce qu'on entend sur le terrain, ce qu'on

entend des commissions scolaires, ce qu'on entend de nos familles, ce qu'on entend des exemples de directions

d'établissement, c'est tout le contraire qu'on nous partage depuis un certain

temps, depuis les dernières semaines.

l'interrogeais, le ministre, cette semaine, en période de questions. On n'a jamais peu de temps en période de questions. Il disait toujours, M. le Président,

que les services seront protégés, que les services aux élèves seront protégés.

Alors, j'espère qu'aujourd'hui le ministre

va être capable de nous dire si les services sont vraiment protégés et comment

il entend les protéger, parce que, sur le

terrain, ce n'est vraiment pas ça qui se passe. On voit, dans différentes

commissions scolaires... on a des

exemples, et j'ai des exemples que je vais lui donner aujourd'hui parce qu'il y

en a, des exemples, sur toutes les

commissions scolaires. Sa propre commission scolaire dans sa... J'imagine qu'il

a rencontré sa commission scolaire.

Et puis sa commission scolaire lui a dit les inquiétudes et les coupures

qu'elle est en train de faire dans propre circonscription, mais, à ce moment-ci, le ministre ne s'avance pas et

s'entête à nous dire qu'il n'y a pas de coupure et que c'est protégé, le

service aux élèves.

Alors, M. le

Président, je n'attends pas moins du ministre qu'il puisse nous dire clairement

s'il entend couper dans les services aux élèves et s'il continue de

s'entêter de nous dire qu'ils sont encore protégés. Merci, M. le Président.

Président (M. Kotto) : Merci. Alors, je cède maintenant la

parole à M. le ministre pour une période de 10 minutes également.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Je

voudrais d'abord saluer la députée de Pointe-aux-Trembles et

porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation primaire et

secondaire et de persévérance scolaire. Également,

je salue le député de Chambly, du deuxième groupe de l'opposition, qui est

responsable des mêmes dossiers et je

voudrais également saluer nos collègues les députés de Papineau, de Vanier-Les

Rivières et d'Ungava, qui vont intervenir avec moi au cours de cette

interpellation.

Le débat que nous

amorçons aujourd'hui n'est pas d'ordre financier. Il concerne la réussite de

nos enfants, particulièrement celle des enfants les plus démunis. Et c'est par

une démarche structurée que nous allons redonner à l'école québécoise la capacité

d'agir, d'évoluer et de s'adapter aux besoins en constante évolution.

D'abord,

les Québécoises et Québécois ont des attentes très élevées en ce qui concerne

la gestion de leurs institutions publiques. Ils sont en droit d'exiger

que les retombées de chaque dollar dépensé par l'État soient optimisées,

surtout dans un contexte où l'état des

finances publiques inquiète. Un

constat s'impose : il nous faut faire mieux et autrement. Un tel exercice demande d'avoir une vision

d'avenir et une volonté à toute épreuve de relever les défis, aussi

considérables et complexes soient-ils.

C'est

dans cet esprit que le gouvernement du Québec a entrepris son plan de redressement des finances publiques et de relance de l'économie. Cet exercice rigoureux de révision des programmes

permettra de recentrer la mission de l'État

et de dégager une marge de manoeuvre essentielle pour assurer la pérennité des services publics et répondre

aux besoins émergents. Pour mener à

bien cette démarche, nous aurons à prendre, au cours des prochains mois, des

décisions difficiles mais nécessaires

si nous voulons conserver notre liberté de choix. La situation

financière actuelle est un appel à la rigueur, à l'innovation et à la collaboration

de tous, dont les acteurs de l'éducation.

Déjà,

des changements s'opèrent au sein du réseau. En effet, comme convenu avec les commissions scolaires lors de

l'élaboration des règles budgétaires, le ministère

laisse désormais à chacune d'elles le choix de moduler les moyens à utiliser pour répondre à la réalité et aux

besoins de leurs élèves. Parallèlement, la reddition de comptes a été

simplifiée de façon significative

pour permettre aux commissions

scolaires de concentrer encore davantage

leurs énergies sur la réussite éducative

des élèves. Le gouvernement a, lui aussi, choisi de prêcher par l'exemple, en

annonçant l'abolition des directions régionales du ministère. Ce

changement nous a permis de moderniser l'organisation scolaire en passant de

quatre à trois paliers d'intervention et de

faire des gains d'efficacité. Un premier pas est franchi, mais il en reste

encore à faire pour rendre la gestion du système d'éducation encore plus

efficiente. Pouvons-nous améliorer nos méthodes de travail et déployer encore

plus d'efforts pour la réussite des jeunes et des adultes du Québec, notre

priorité absolue? Y a-t-il des moyens de

mieux allouer les ressources, d'explorer de nouvelles voies d'action? J'en ai

la conviction. Et je pense que c'est

par la réduction de la bureaucratie, le regroupement des services et

la révision de la gouvernance que nous pourrons investir pour lutter plus efficacement contre l'intimidation, pour développer l'école 2.0 et offrir aux

élèves, particulièrement aux

plus vulnérables, les services dont ils ont besoin.

sais que les experts et les partenaires du réseau de l'éducation partagent avec le gouvernement cette même volonté d'améliorer

encore davantage notre système éducatif, l'un des meilleurs au

monde. Nous avons tous à coeur d'offrir aux élèves du Québec les conditions d'apprentissage et les services

qui favorisent leur réussite dans un climat sain et sécuritaire. Dans cette démarche d'optimisation des ressources,

je vais donc travailler en étroite collaboration avec eux, profiter de leur expertise et être à l'écoute de leurs préoccupations. D'ailleurs, c'est dans le but de maintenir un partenariat

constructif que j'ai relancé les

travaux de la Table Québec-Commissions

scolaires. J'ai également

invité les partenaires de l'éducation

à contribuer au grand dialogue social mis en

place par le gouvernement dans la foulée des travaux de la Commission de révision permanente des

programmes parce que je juge que leur contribution est indispensable.

Depuis

mon arrivée en fonction, j'ai multiplié les rencontres avec tous les

partenaires de l'éducation. J'ai partagé avec eux mes priorités et je les ai invités à participer au débat et à

alimenter ma réflexion. Il faudrait avoir une vision obtuse pour

qualifier de ballon d'essai politique cette démarche constructive basée sur le

dialogue et le partage des priorités, d'autant plus que de nombreux chantiers

nous mobiliseront au cours des prochaines années. Je pense notamment à la poursuite

du déploiement de la maternelle quatre ans à temps plein dans les milieux

défavorisés, à la future politique pour la réussite et la persévérance

scolaires et à la Politique gouvernementale d'éducation des adultes et de

formation continue.

Nous

aurons besoin des lumières de nos partenaires pour réaliser ces grands projets.

Je sais que les membres de cette commission sont animés, comme moi,

d'une volonté d'offrir à la population québécoise les meilleurs services éducatifs possible et de favoriser la réussite

scolaire de nos enfants. Je veux leur dire que, si le gouvernement tient tant à réduire la

bureaucratie scolaire, c'est justement pour faire

en sorte que l'argent

investi en éducation serve, d'abord

et avant tout, à la mission éducative. Chaque fois que nous

pourrons faire l'économie d'une structure pour investir dans les

services aux élèves, nous le ferons.

Comme

le disait le premier ministre dans son discours

inaugural, le Québec

sait faire fleurir ses talents. Nous nous devons de préserver cette capacité en étant toujours

plus efficaces dans la gestion de notre réseau scolaire et nous resterons

fermement engagés dans cette voie. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. Nous allons maintenant entamer la période d'échange. Mme la députée de Pointe-aux-Trembles,

vous avez la parole pour un maximum de cinq minutes.

Mme Léger : Merci, M. le

Président. J'entends le ministre, M. le Président, et puis je suis un peu

surprise de n'entendre le ministre de l'Éducation me parler que de situation financière et d'économie

d'une structure. Je pense qu'on a

le ministre des Finances de

l'Éducation, mais un ministre de l'Éducation, c'est pas mal plus large que

juste faire penser à rebrasser des

structures. Le ministre a coupé... la réalité, là, j'aimerais que le ministre

revienne dans la réalité, le ministre a coupé 90 millions dans l'aide à la réussite, 10 millions dans

l'adaptation scolaire, 30 millions dans les allocations dites supplémentaires,

ce qui veut dire 130 millions.

Dans un

article paru le 28 août, on apprend que le ministre a suggéré 32 mesures où

couper. On voudrait voir cette liste

des 32 mesures, M. le Président. J'aimerais que le ministre puisse me déposer

ces 32 mesures. On sait que cette liste incluait une liste de mesures pour lutter contre le décrochage, ce qui

inclut la stratégie d'intervention Agir autrement. On sait aussi que le ministre suggère de couper dans

l'amélioration du français. On sait aussi que le ministre voudrait couper

dans prévenir et combattre l'intimidation et

la violence à l'école. On coupe dans cette mesure, puis, pourtant, on a entendu

le premier ministre parler de cette lutte

contre l'intimidation, et ce forum, et ce colloque. Et puis, évidemment, il y a

aussi l'aide aux devoirs, le

programme qui a été mis en place en 2014. Et, des exemples, nous en avons

plein, M. le Président. À la

commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, on coupe 100 % de cette

allocation-là. Dans la Capitale, on coupe 50 %. Dans la commission scolaire des Découvreurs, dans la

circonscription du ministre, on coupe 57 %. La commission scolaire

des Grandes-Seigneuries, sur la Rive-Sud de Montréal, on coupe 40 %.

Dans un

article de La Presse , le 12 septembre dernier, sous la plume

de Catherine Handfield, elle nous dit : Un directeur d'école, sous l'anonymat : «"Habituellement, j'avais

25 000 $ par année pour aider une cinquantaine d'élèves allophones ou en difficulté d'apprentissage avec

leurs devoirs. J'engageais du personnel professionnel pour les aider une

heure ou deux par semaine. Cette année, il

n'y en aura pas", déplore-t-il, soulignant que les parents de ces jeunes

n'avaient pas encore été avisés. La

commission scolaire, dont il préfère taire le nom pour l'instant, cessera

également de financer le programme Écoles en forme et en santé, qui

promeut l'activité physique chez les jeunes, et réduira de moitié les

subventions allouées à la francisation. [...]"C'est sûr que le service

direct aux élèves commence à être affecté."»

Un autre

article de La Presse ,

le 12 septembre, sous la plume encore de Catherine Handfield : «La

directrice d'une école primaire de la

commission scolaire des Grandes-Seigneuries, sur la Rive-Sud, devra composer

avec une baisse de 40 % de son

budget pour l'aide aux devoirs et pour Écoles en forme et en santé. Des

compressions ont aussi été faites dans

son service de garde, notamment pour l'achat de matériel.» Des exemples comme ça, j'en ai plein, M. le ministre.

Dans Le

Soleil du 13 septembre, Daphnée Dion-Viens : «Déjà les enfants qui

recevaient l'aide aux devoirs chez nous...»

Pardon. C'est la suite de Catherine Handfield : «"Déjà, les enfants

qui recevaient l'aide aux devoirs chez nous avaient été ciblés par le personnel parce qu'ils en avaient besoin,

[disent-ils]. Ils étaient regroupés en petit groupe de trois. Je vais devoir m'asseoir avec mon équipe pour

déterminer à qui l'on devra désormais rendre le service."» C'est ça qui

se passe à tous les jours, M. le Président. C'est ça qui se passe dans toutes les commissions scolaires du

Québec, M. le Président.

C'est ça qui se passe dans toutes les écoles du Québec présentement, M. le Président. Le président de la commission

scolaire des Découvreurs, M. Fortier — la commission scolaire du

ministre de l'Éducation : «M. Fortier rappelle

que les commissions scolaires ont reçu le feu vert du gouvernement à ce sujet. "On avait l'assentiment du gouvernement qui nous disait que sur

l'ensemble des mesures, on pouvait piger là-dedans", affirme-t-il.»

Alors, M. le Président, quand j'entends le ministre me parler de restructuration, quand

j'entends les ballons d'essai qu'il

envoie aujourd'hui de tous bords tous côté pour faire ces grands

chantiers-là, qui sont des grands chantiers... tout ça en même temps, je ne sais pas comment il va

faire ça, puis là on voit, dans le quotidien, jour après jour, et puis on n'a

pas fini, là, jour après jour... Si le

ministre ne rassure pas, si le ministre ne nous dit pas clairement, M. le Président, qu'il n'y aura pas de coupe

dans les élèves et qu'il va rétablir la situation dans les écoles du Québec,

bien nos commissions scolaires,

qui font ces décisions-là difficiles, parce que, là, ça touche les enfants,

l'aide aux enfants, l'aide à différents niveaux... L'aide aux devoirs,

ce n'est pas rien, là, on parle de réussite scolaire.

J'entendais,

cette semaine, le ministre me parler de réussite scolaire. C'est directement

dans la réussite scolaire. Alors, je

m'attends à ce que la liste des programmes que le ministère suggère de couper...

qu'il puisse nous les déposer, et les décisions de chacune des commissions

scolaires. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Kotto) : Merci.

La parole est au ministre pour un maximum de cinq minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Oui. Merci, M. le Président. On peut remettre la liste des 32 mesures, mais

ce n'est pas des mesures qu'on a

suggéré de couper. Au contraire, on veut les protéger, ces mesures-là. Il n'y a

pas question de coupures, il y a question de protéger les services

directs aux élèves.

Je suis très

étonné que la députée dise qu'en lisant l'article ce matin c'est comme du

nouveau pour elle. Bien, je la référerais au rapport Champoux-Lesage,

qui a été demandé par son gouvernement, que j'ai reçu et que j'ai endossé d'ailleurs, qui a des hypothèses de

travail pour améliorer le système d'éducation. Et je suis très inquiet, là, de

savoir que la ministre n'a pas lu le

rapport Champoux-Lesage, parce qu'il y a plusieurs éléments, dont la révision

de la taxe scolaire, est-ce qu'on

devrait être capable de la réclamer autrement; au niveau d'un ordre

professionnel... également la question de

l'évaluation. Ce sont toutes des hypothèses, et je tiens à le dire, des

hypothèses. Et, ce matin, on n'a pas à dire si on va aller de l'avant ou pas avec l'hypothèse, il faut

d'abord l'étudier. Nous sommes un gouvernement qui est rigoureux. Avant de dire n'importe quoi,

on commence par en faire l'évaluation. Et, en temps et lieu, on va prendre des

décisions et par la suite on va agir.

Mais ce qui

est le plus important, c'est qu'on va agir pour le bien de l'élève, et ça, je

tiens à le dire, M. le Président.

Lorsqu'on parle des 32 mesures, les commissions scolaires nous ont demandé à plusieurs reprises... il y en

avait plusieurs, personnes qui

peuvent témoigner que, si on regroupait les 32 mesures, chaque commission scolaire serait capable de faire des

meilleurs choix pour les élèves. Je comprends que, du côté du Parti québécois, eux autres, c'est plutôt du système, là : Je vous ordonne, et vous allez faire ce que je

vous dis. Mais ce qu'on nous dit sur le terrain, c'est qu'il y a

des mesures qui étaient différentes

d'une commission scolaire à l'autre. Il y a également des commissions scolaires qui avaient investi plus dans certaines mesures au fil des années et

qui voulaient possiblement rééquilibrer. On leur a donné une enveloppe,

et ils font des choix.

Et, M. le Président, je tiens à le dire, il est clair qu'il n'y aura pas de coupure dans

les services directs aux élèves. Et

certaines commissions scolaires ont évalué cette hypothèse-là, elles ont fait

leurs budgets en fonction de faire certaines coupures, mais, je peux vous dire, M. le Président, elles vont

être remises à l'ordre. Le contexte actuellement, c'est que nous allons être en élection scolaire le 2 novembre. À ce

moment-là, on va avoir des nouveaux commissaires, on aura l'occasion d'en rediscuter avec eux. Mais je peux

vous assurer, M. le Président, qu'on a une forte volonté de préserver

les services directs aux élèves.

Quand la députée

dit qu'on lance des ballons... on a plusieurs hypothèses. Et, je tiens à le rappeler à la députée, ils

nous laissaient un déficit de près de 6 milliards de dollars qu'il a fallu

redresser, et nous sommes en train de le faire en tant que gouvernement

responsable. L'éducation étant près de 25 % du budget, environ

23,6 %, c'est certain que l'éducation doit contribuer, mais elle va

contribuer en diminuant au niveau des structures. D'ailleurs, au niveau des

directions régionales, il y a eu une abolition qui est effective. À ce

moment-ci, on a des économies directes. Et les tâches ont été réparties de façon différente. Mais, M. le Président,

nous avons l'économie qui était recherchée. De plus, on va diminuer au niveau de la bureaucratie. Il y

a moyen encore de diminuer la bureaucratie. Une preuve : la commission

scolaire des Premières-Seigneuries a décidé

de revoir leurs congés pédagogiques. Ils ont une économie nette de

300 000 $, par année,

récurrente. Si on nous demande : Est-ce qu'il y a encore du travail à

faire?, la réponse, c'est : Oui, il y a encore du travail à faire. Et ce matin il y avait

plusieurs hypothèses dans le journal, des hypothèses de regroupement de

commissions scolaires, de

regroupement de services. Et, M. le Président, les commissions scolaires sont

d'accord pour qu'on revoie le système pour améliorer l'efficience, et je

suis content, M. le Président, parce qu'on a une bonne collaboration.

Lorsque la

députée dit qu'on ne consulte pas... bien, hier, je rencontrais une douzaine de

personnes des syndicats pour voir, au

niveau de la révision de programmes, s'ils avaient des suggestions. On a

rencontré des représentants des commissions scolaires tant du côté

anglophone que francophone et on a eu deux tables en l'espace de quelques mois,

alors que, sous le Parti québécois, il y en

a eu, je pense, une au début, puis ils ne se sont jamais réunis par la suite.

En passant, je pense que, du côté des

commissions scolaires, il faut dire que les relations entre le Parti québécois

et les commissions scolaires

n'étaient pas très bonnes tout simplement parce qu'ils avaient pris des

décisions, ils les avaient imposées, puis on en était rendu au stade où ils ne se parlaient même plus ou ils se

parlaient via les journaux. Ça fait que, du côté de la collaboration, je

pense qu'on n'a pas vraiment de leçons à recevoir, M. le Président.

Pour

terminer, M. le Président, pour nous, la priorité, et je tiens à le dire et à

le redire, c'est la réussite scolaire, les clientèles vulnérables, une meilleure organisation des services pour

être capables de donner plus de services directs aux élèves. Nous avons déjà agi et nous allons

continuer d'agir, mais on va agir en partenariat avec nos collaborateurs. Et,

oui, il y a des décisions difficiles qui vont être faites.

Quand la députée nous dit qu'on devrait tout de

suite éliminer des hypothèses... de façon rigoureuse, on va commencer par

évaluer tous les scénarios, prendre des décisions et agir sur ces scénarios, M.

le Président.

Président (M. Kotto) : ...je cède maintenant la parole au

député de Vanier-Les Rivières pour une durée de cinq minutes également.

Huot : Merci, M. le Président. Ça me fait plaisir d'être ici. Je vous

salue bien bas, M. le Président. Je ne suis pas membre de la Commission de la culture et de l'éducation, je l'ai été

par le passé, mais ça me fait grand plaisir d'être là. Je salue la députée de Pointe-aux-Trembles, le député

de Chambly, M. le ministre, votre équipe, mes collègues et mes collègues

députés.

Écoutez, il y

a plusieurs choses qui se sont dites. On a le goût de répondre à beaucoup de

choses. Là, moi, dans mon cas, j'ai

deux fois cinq minutes pour intervenir. Je ne veux pas faire toute mon histoire

avec le réseau de l'éducation. Je ne

suis pas un enseignant — je suis proche de deux enseignants en face de moi — mais je suis un fils d'enseignants.

Mes parents sont retraités. Ma mère a terminé sa carrière comme conseillère

pédagogique. Ma conjointe, qui vient de faire

un retour aux études en enseignement primaire... J'ai deux enfants, un au

primaire, une au secondaire, donc, la réalité de parents, je la vis. Je vois au quotidien qu'est-ce que c'est, la

relation avec l'école, la relation avec le réseau scolaire. Je n'ai peut-être pas les mêmes particularités de

vie que mes collègues d'en face, mais je le vis quand même au quotidien

comme parent.

je voulais peut-être répondre à quelques petits points qui ont été mentionnés

par la députée de Pointe-aux-Trembles. Le

ministre en a parlé, on fait référence beaucoup à un article, là, de ce matin,

de La Presse . Mais je regardais le rapport, là, en

même temps que la discussion se faisait entre le ministre et la députée. C'est

vraiment tous des points qui sont identifiés

dans le rapport Champoux-Lesage, dans le rapport d'experts qui a été commandé

effectivement par son gouvernement.

Et, je veux rappeler aussi, l'ancienne première ministre, Mme Marois, avait

fait une de ses grandes priorités en

arrivant aux affaires, et on n'en a plus entendu parler après, c'était la

débureaucratisation. Ça a été un cheval de bataille du

gouvernement du Parti québécois, disons, dans la course à la chefferie. On est

arrivé après ça en campagne électorale. On a dit qu'on voulait faire de notre priorité, au PQ, la

débureaucratisation. Une fois arrivés au pouvoir, quand est venu le temps de livrer au niveau de la

débureaucratisation... On peut en reparler. Mais, nous autres, en campagne

électorale, ça avait été très clair, de notre côté, la dernière campagne

électorale, ça avait été dit : Le réseau scolaire est arrivé à maturité, le temps est venu d'actualiser les

mandats et missions en fonction des défis d'aujourd'hui et des besoins actuels

des élèves. Et une des premières choses qui

avait été dite, et une des premières choses en campagne et une des premières

choses qui a été faite à l'arrivée du

ministre en poste, c'est l'abolition des directions régionales du ministère de

l'Éducation, 11 directions régionales

qui ont été abolies. Ça fait

partie de la débureaucratisation que nous autres,

on voulait faire et qu'on réalise, qu'on est en train de réaliser. Et,

oui, il y a plusieurs hypothèses sur la table.

l'a dit dès le départ, tout est sur la table, on veut tout étudier. S'il y a

des choses à améliorer, on va le faire. S'il y a des choses à abolir, on va le faire. On a commencé avec les

directions régionales. Pourquoi? Pour la réussite de l'élève, parce que pour nous autres c'est

prioritaire, la réussite éducative de nos élèves. Donc, dès son arrivée, ça a

été effectif. On est rentrés aux

affaires au printemps dernier. Donc, mise en place de tout ça. Le 15 août

dernier, terminé, il n'y avait plus

de directions régionales. Le 15 août dernier, donc, revenus à trois paliers de

gestion : ministère, commissions scolaires,

écoles. Bon, discussion avec nos partenaires, les commissions scolaires,

comment on peut améliorer tout ça, qu'est-ce qu'on peut refaire?

veut recentrer la mission du ministère de l'Éducation sur l'essentiel en

modifiant la structure. On l'a fait avec les directions régionales, mais notre préoccupation, c'est de protéger

les services à la population en respectant le principe important de la décentralisation. Donc, définir la

mission précise du ministère de l'Éducation, c'est de définir les objectifs

pédagogiques et d'évaluer la qualité des

programmes éducatifs. Donc, on a recentré là-dessus. Plus de directions

régionales. Et on travaille avec nos

partenaires pour améliorer les services à la population, parce que ce n'est pas

vrai que les changements de structure comme ça, ça va avoir une

influence sur le service à la population. Les missions qui étaient essentielles des directions régionales ont été

rapatriées au ministère de l'Éducation. Il y a peut-être certaines choses qui

ont pu être abandonnées, mais ça permet de moderniser notre approche

gouvernementale avec le contexte budgétaire actuel

pour se concentrer sur l'essentiel, comme je le disais, la réussite éducative

de nos élèves, qui est primordiale. Le ministre

en a parlé, on n'en parlera jamais assez, mais même le premier ministre l'avait

mentionné, lui, lors de son discours d'ouverture

de la session du printemps dernier. Notre système d'éducation se maintient

parmi les meilleurs au monde, et nos élèves performent très bien dans

les tests internationaux, mais est-ce qu'on s'assoit là-dessus? Non, on peut

toujours améliorer. C'est ce qu'on veut faire, donner plus de chances à nos

élèves de réussir. Donc, ça veut dire, oui, débureaucratiser mais pour

réinvestir par la suite.

aura sans doute le temps, l'occasion d'en parler, mais on a annoncé des

investissements dans nos infrastructures. On a des choses qu'on fait,

on veut améliorer la réussite de nos élèves. Mon temps est terminé, M. le Président, donc je reviendrai dans un prochain bloc.

Président (M. Kotto) :

Alors, je cède maintenant la parole à la députée de Pointe-aux-Trembles pour une durée maximale de cinq minutes.

Léger : Merci, M. le Président. D'abord, je voudrais mentionner que tout à l'heure le ministre disait qu'il veut protéger les services aux élèves, mais il ne me dit pas sa réaction

sur les coupures que les commissions

scolaires font présentement,

que les écoles font présentement.

me dit qu'on veut préserver les services aux élèves, on va agir pour ne pas que

ça se passe, mais qu'est-ce qu'il

fait présentement? Parce qu'il y en a plein, de coupures. Il y en a plein, de

coupures. Et, lorsque les commissions scolaires lui ont dit, dans le fond,

qu'il y avait de l'amélioration à faire, là, au niveau des mesures, les 32

mesures ou 39 mesures — ça

dépend des articles, c'est pour ça que j'aimerais ça que le ministre

les dépose — mais,

les commissions scolaires,

ce qu'elles voulaient, c'était de les regrouper ensemble, mais pas qu'il y ait

une coupure de 130 millions, d'avoir la possibilité de regrouper

l'ensemble des mesures que de les prendre individuellement l'une après l'autre

et que les enveloppes soient vraiment

dédiées à chacune de ces mesures-là. Là, c'est une enveloppe globale que les commissions scolaires voulaient, et, dans

cette enveloppe globale là, c'est ça qu'ils souhaitaient. Mais le ministre,

M. le Président, le ministre en a coupé 130, millions. 130 millions. Alors, comment qu'il peut dire aujourd'hui qu'il n'y a pas de coupure? Comment

peut-il dire aujourd'hui qu'on va s'assurer que les services soient

protégés aux élèves? Qu'est-ce qu'il entend? Pour

lui, il n'entend pas les coupures qu'il

y a dans les commissions scolaires. Alors, comment il peut dire d'un côté :

On va protéger les services aux élèves, puis

que, de l'autre côté, il ne voit pas qu'il

y a des coupures? Il y a

des exemples précis. Je pense à la commission scolaire... juste pour l'aide aux devoirs, la commission scolaire

Marguerite-Bourgeoys, c'est réduit. Commission scolaire des Affluents; c'est réduit. Commission

scolaire des Grandes-Seigneuries;

c'est réduit. Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles;

réduit. Commission scolaire des Patriotes; pouvait être réduite. Commission scolaire des Trois-Lacs; pourrait être réduite. Commission scolaire de la

Pointe-de-l'Île; maintenue. Commission

scolaire de la Rivière-du-Nord; maintenue. Commission de Laval; maintenue.

Alors,

j'ai de la difficulté à suivre le ministre, là, M. le Président, parce qu'il nous dit : On va préserver les services

aux élèves, on va protéger les services aux

élèves. Mais qu'est-ce que c'est si

ce n'est pas un service aux élèves, ça, l'aide aux devoirs? Qu'est-ce

que c'est si ce n'est pas un service aux élèves, l'aide alimentaire? Qu'est-ce

qu'il entend? Qu'est-ce qui est en dichotomie, là, entre ce que je lui présente

ce matin, des coupes qui sont directement reliées aux élèves, directement aux élèves, ce qui veut dire aussi les familles,

parce que... Je ne sais pas si on est conscient de tous les impacts indirects quand on arrive avec une

coupure comme l'aide aux devoirs ou l'aide alimentaire, là. Il faut réagir.

Une école doit réagir, doit suppléer. Il y a

d'autres types de façon qu'il faut travailler autour avec pas de moyens parce

qu'il en a coupé 130, millions.

Est-ce

que le ministre peut nous confirmer ce qu'il nous dit ce matin? Est-ce qu'il

peut nous confirmer... est-ce qu'il peut confirmer ce que je lui dis,

pardon, sur ces coupures-là? Alors, il a beau être le ministre des finances de l'Éducation, mais j'ai besoin de savoir

aujourd'hui, M. le Président. La population, l'opposition officielle demandent

au ministre de l'Éducation s'il peut

rassurer les Québécois en disant que c'est faux, que le budget n'a pas été

amputé de 50 %. Est-ce qu'il

peut nous dire aujourd'hui si le budget a été amputé de 50 %,

d'allocations réservées, entre autres, à différentes aides? Merci, M. le

Président.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. La parole est au ministre pour cinq minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bien, je voudrais

quand même rappeler à nos auditeurs que notre système d'éducation est un très bon système d'éducation.

D'ailleurs, lorsqu'il y a eu le

rapport Champoux-Lesage... puis on

regarde les données, on se compare avec les autres provinces, on est l'endroit

où est-ce qu'on a le plus de diplomation. C'est 91 %

des gens qui ont soit un diplôme ou une qualification à l'âge de 25 ans à cause

du fait qu'on a un bon système au

primaire et au secondaire. Et on permet également aux gens de pouvoir récupérer

soit quand ils ont eu du décrochage ou encore de se réorienter. Donc, au

départ, M. le Président, on a un très bon système d'éducation.

Également, au cours des dernières années, on a

évalué de façon massive pour les clientèles vulnérables. D'ailleurs, c'est 20 % de l'argent du système

d'éducation qui est pour les clientèles vulnérables, ce qui fait qu'on s'attend

d'avoir encore des meilleurs taux de

réussite. Il y a des mesures qui sont particulières et qui se sont développées,

au cours des années, de façon asymétrique dans les commissions

scolaires, et les commissions scolaires nous ont dit que, si on regroupait les enveloppes, elles seraient capables

de donner les mêmes services au niveau des élèves et qu'elles pourraient

surtout diminuer au niveau de la

bureaucratie; moins de rapports à faire. Et également il y a un regroupement au

niveau des enveloppes qui nous permet

d'avoir des économies. Mais il ne doit pas y avoir d'atteinte dans les services

directs aux élèves. Si certaines

commissions scolaires ont fait le choix de diminuer certains services directs à

l'élève, je les ai rappelées à l'ordre publiquement, et nous leur avons

demandé clairement de rétablir ces enveloppes et de chercher les économies ailleurs. Un exemple, la commission scolaire des

Premières-Seigneuries : ils avaient des journées pédagogiques à différents

moments de l'année, ils les ont regroupées,

pas de pénalité pour l'élève, pas de pénalité pour les enseignants, et ça nous

apporte une économie de 300 000 $. J'aimerais savoir si la députée

est d'accord avec des mesures comme celle-là. Et est-ce qu'elle voudrait également qu'on laisse le système comme il était

auparavant et éviter d'avoir cette économie de 300 000 $? Et l'économie de 300 000 $ permet

justement de préserver les services à l'élève. M. le Président, des exemples

comme celui-là, on en a plusieurs dans le

réseau de l'éducation. Et maintenant ce qu'on demande aux commissions

scolaires, c'est, de façon

rigoureuse, revoir leurs façon de faire, diminuer au niveau des structures,

diminuer également au niveau de la bureaucratie et augmenter les

services directs à l'élève.

Également, M. le Président, je tiendrais à

rappeler qu'on parlait tantôt de la rentrée scolaire. Vous savez que c'est près de 1 million d'élèves qui font une

rentrée scolaire en septembre, et, sur le 1 million d'élèves, à ma

connaissance, la majorité sont très

satisfaits. Et, oui, il peut y avoir des cas anecdotiques, hein? Vous savez,

quand vous avez près de 1 million

de personnes qui font la même chose la même journée, oui, on peut avoir des

éléments anecdotiques. Et, oui, en

début d'année, il y a certaines commissions scolaires qui ont peut-être fait

des choix qui ne sont pas les choix qui sont attendus par notre gouvernement, mais, aujourd'hui, ça nous permet de

rappeler à toutes les commissions scolaires qu'il y a quand même une obligation de contribuer aux

finances publiques, mais en même temps on a l'obligation de préserver

les services directs aux élèves. L'objectif : la réussite scolaire.

Et, oui, il y a des mesures qui ont été mises en

place au cours des années pour maintenir, améliorer la réussite scolaire, et on veut les continuer, ces mesures,

mais, en regroupant les enveloppes, ce que les commissions scolaires nous

ont dit clairement, c'est qu'elles pouvaient

faire des économies significatives et faire de meilleurs choix pour les élèves.

Et, lorsqu'on a des enveloppes qu'ils

ciblent... on n'a pas fait l'évaluation des besoins, mais il y a certains

endroits que déjà ils avaient mis de

l'argent de façon assez significative dans certaines mesures, même plus que

d'autres commissions scolaires, puis

ils nous disent que pour leurs élèves, et je tiens à le dire, M. le Président,

c'est pour le bien de l'élève, là, ce

n'est pas pour le bien de l'enseignant, pas pour le bien de la commission

scolaire, surtout pas pour le bien du ministre, là, ils font des choix

pour les élèves, et c'est ce que nous attendons de la part des commissions

scolaires.

M. le

Président, le message est très clair, on veut diminuer la bureaucratie, on veut

revoir nos façons de faire, on

veut que nos commissions scolaires aient

les ressources nécessaires pour pouvoir bien éduquer nos enfants, mais, de

plus, on va insister de préserver les

services à l'élève. Je ne sais pas si je peux être plus clair, mais c'est un

message que j'ai fait à répétition,

et je le refais encore aujourd'hui. J'espère qu'aujourd'hui la députée

de Pointe-aux-Trembles entend bien mon message, qui est diffusé

et qui va être repris de façon régulière. Merci, monsieur...

Le Président (M. Kotto) :

Merci. Je cède la parole au député de Vanier-Les...

Le Président (M. Kotto) : Les

Rivières. C'est ça.

Huot : Merci, M. le Président. Je vais poursuivre sur la question de

la réduction de la bureaucratie. Le ministre en a parlé aussi. Je pense qu'on n'en parlera jamais assez. On l'a

commencée avec l'abolition des directions régionales. Il y a encore des

choses qui sont sur la table, on étudie. Ce n'est pas pour rien qu'on a mis sur

pied la commission de révision de programmes. Par le passé, on dirait que ça a

toujours été, mais on a des nouveaux programmes, on a des nouvelles

mesures qu'on veut mettre en place. On rajoutait toujours par-dessus, une

couche par-dessus, une couche par-dessus

sans se poser de questions sur ce qui était fait, sur qu'est-ce qu'on pourrait

réorganiser pour faire ce nouveau programme :

Pour mettre en place un nouveau programme, est-ce qu'on pourrait prendre des

choses ailleurs? On rajoutait toujours par-dessus, par-dessus,

par-dessus. Là, on dit : Mais là on va veut évaluer de façon permanente

tous nos programmes, toutes nos mesures qui

sont en place, et c'est vrai aussi au ministère de l'Éducation, du Loisir et du

Sport.

Et donc on a débuté une débureaucratisation.

J'ai quasiment le goût de lancer le défi à la députée de Pointe-aux-Trembles de prononcer le mot

«débureaucratisation». On dirait qu'ils l'ont oublié, ce mot-là, qui était une

priorité pour le gouvernement du

Parti québécois dans le temps. Et on n'en parle plus, on a arrêté d'en parler

complètement, alors que c'était une

priorité. Et nous, on agit pour ça et on le fait pourquoi? Pourquoi

débureaucratiser? Pourquoi réduire la bureaucratie,

la paperasse, réduire tous les processus administratifs du réseau? Bien, c'est

pour réinvestir. On a commencé à le faire, par exemple, dans ce cas-ci,

avec la maternelle quatre ans, qui est une mesure qui a été mise en place par

le gouvernement du Parti québécois, une

bonne idée, il faut le dire. Ça arrive qu'on peut être d'accord. Et même la loi

avait été adoptée. C'était en 2013.

J'étais en pause forcée du Parlement à ce moment-là. Et ça a été adopté à

l'unanimité, cette loi-là, en 2013

parce que c'était une bonne idée, oui, du Parti québécois. Et nous autres, on a

choisi de la mettre en place aussi,

mais dans les milieux défavorisés. C'est un exemple concret, ça, de programme

qui porte fruit auprès des enfants. Pourquoi?

Pour favoriser l'égalité des chances afin d'assurer la réussite du plus grand

nombre d'élèves, puis en s'assurant que

chaque enfant se développe dans tous les domaines et en faisant en sorte qu'il

croit en ses capacités, découvre ce qu'on pourrait appeler le plaisir d'apprendre à l'école. Et nous autres, on

l'a bonifié, le programme du déploiement de la maternelle quatre ans à

temps plein pour des élèves en milieu défavorisé.

Pour l'année

scolaire en cours, 2014‑2015, le ministre avait mentionné dès le départ qu'il

voulait que chacune des commissions

scolaires du Québec soit soumise à la

Loi sur l'instruction publique, soit en

mesure de mettre en place une classe

de maternelle quatre ans. Donc, ça a été réalisé, parce qu'il y a 76 classes.

Dans le cas, chez moi, évidemment, moi,

je suis à la commission scolaire de la Capitale, ici, à Québec, l'école en

question pour la maternelle quatre ans est dans mon comté en plus, dans Vanier-Les Rivières, soit l'école

Sans-Frontière, mais qui regroupe finalement toutes les écoles qui sont classées neuf et 10, là, dans

l'échelle du ministère de l'Éducation, là, sur le niveau de pauvreté qui est

présent. Donc, à l'école

Sans-Frontière, une maternelle quatre ans qui est là. Et ces écoles-là, les

classes de maternelle quatre ans, s'adressent

aux enfants de milieux défavorisés qui n'ont pas fréquenté avant... En

priorité, là, c'est aux élèves qui n'ont pas fréquenté auparavant un service éducatif régi par l'État, soit un centre

de la petite enfance, des programmes Passe-Partout ou la maternelle quatre ans et demi qui était à

demi-temps. Donc, c'est un programme adapté à leur âge, à leurs besoins qui tient compte de leur développement, qui les

amène également à vivre une première expérience scolaire. La rentrée scolaire n'est pas toujours évidente pour les enfants. Ceux qui ont été, par exemple, dans les CPE avant, c'est peut-être

plus facile à la rentrée, mais là on vise à

ce que ça soit plus facile pour les jeunes de quatre ans qui n'ont jamais

fréquenté, qui sont dans des milieux plus difficiles.

Donc, c'est

quand même une mesure importante et avec laquelle on était d'accord mais qu'on

a choisi de bonifier. Donc,

actuellement, c'est 12,4 millions qui ont été prévus pour la mise en place

de ces classes de maternelle là. Donc, sur

une allocation de base, une allocation d'un peu plus de 23 000 $ pour

l'ajout d'une ressource qui peut venir en aide à l'enseignant, un

montant de 150 $ par enfant pour offrir un soutien adéquat aux parents, et

la mesure, bien elle est quand même

d'importance si on veut bien guider les parents aussi qui sont au coeur de

l'évolution. Comme parents, on a un rôle essentiel, excessivement

important à jouer auprès des enfants. Donc, moi, je suis quand même fier que

notre gouvernement ait poursuivi ça, l'ait bonifié.

Et c'est des

mesures comme ça. Pourquoi on veut couper dans la bureaucratie, couper dans la

paperasse? Bien, c'est pour arriver

avec des mesures comme ça qui ont un impact direct, concret qu'on va évaluer.

Évidemment, on est dans les premières

années de ça, il faut évaluer ces mesures-là qui viennent d'être mises en

place, mais on va revoir nos façons

de faire, on va revoir l'appareil bureaucratique pour des mesures comme ça,

pour venir, entre autres, en aide aux enfants en difficulté. Le ministre

l'a déjà mentionné, c'est une de ses priorités. Puis c'est la raison pour

laquelle notre gouvernement déploie des ressources puis des efforts en ce

sens-là, M. le Président.

Président (M. Kotto) : Merci. Je cède maintenant la parole au

député de Chambly pour une durée de cinq minutes.

M. Roberge : Merci. Je veux saluer,

d'ailleurs, M. le Président, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles, MM. les

députés de Papineau, Vanier-Les Rivières, Ungava puis toute l'équipe de

recherchistes.

Nous sommes

dans une situation particulière ce matin parce qu'il a fallu convoquer le

gouvernement au moyen d'une

interpellation pour pouvoir discuter avec lui d'un fait, d'une réalité qu'il

refuse de voir : il y a des coupures de services directs aux élèves

en ce moment. Il y en a eu la semaine passée. On est vendredi, c'est une

journée d'école. Il y en a aujourd'hui dans

les écoles. Il y en a. Ces coupures, bien elles sont faites par le

gouvernement. C'est le gouvernement libéral,

c'est le premier ministre, c'est le cabinet et ultimement, bien, c'est le

ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport qui en est responsable, qui est imputable pour les coupures qui se

vivent en ce moment dans les services directs aux élèves. Mais on se demande : Le ministre est-il

seulement conscient qu'il y a des coupures dans les élèves... pardon, qu'il y a

des coupures dans les services directs en ce moment? Tout va bien, tout

va très bien, nous dit-il. On croirait entendre un ex-maire de Montréal qui disait : Tout va très bien, tout va très,

très bien, tout va très bien. Déconnecté complètement. C'est une belle rentrée scolaire, nous dit le

ministre. C'est magnifique. Si on était sur le Titanic, je pense qu'il jouerait

du violoncelle en disant que les icebergs, ça n'existe pas.

gouvernement est-il déconnecté ou choisit-il de l'être? Telle est la question

qu'on se pose ce matin, considérant que

l'an passé, quand le ministre était député de l'autre côté, ici, à temps

partiel, sa collègue, actuelle ministre de la Famille, avait appuyé une motion

demandant au gouvernement péquiste, à l'époque, de tenir une commission

parlementaire sur les ressources offertes aux élèves, donc sensiblement

ce qu'on a vécu cette semaine.

Donc, l'année

passée, le Parti libéral du Québec était intéressé de savoir précisément ce qui

se passait dans les écoles. Mais, ce

mercredi, une motion demandant la tenue d'une commission parlementaire

semblable à celle de l'année passée a

été déposée par la Coalition avenir Québec, mais, cette fois-ci, ils ont

refusé. Rappelons que cette commission-là est importante parce qu'elle aurait permis de prendre le pouls du système, elle aurait permis d'entendre les commissions scolaires, les enseignants,

les directions d'école, les parents, les gens qui sont directement sur le terrain. On aurait pu avoir un portrait plus réel des besoins, des services nécessaires

à la réussite des élèves, puis peut-être qu'ils n'auraient pas tous dit : Ça va très bien, ça va très, très

bien, on vit une belle rentrée scolaire. Peut-être qu'on aurait eu un

pouls différent si on avait écouté

réellement les gens qui sont sur le terrain. Mais le gouvernement libéral a refusé de tenir cette commission. Il a

choisi, je ne sais pas comment, d'être incohérent par rapport à ce qu'il disait il y a 10 mois, seulement 10 mois. Ça ne fait pas très longtemps, là. Et, le comble du cynisme, on l'a vécu il y a

quelques jours, quand le ministre a interpellé par la voix des médias les commissions scolaires. Il leur

a dit de faire attention. Il leur a dit de ne pas couper dans les services.

Aïe, aïe, aïe! C'est lui, c'est le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, c'est le gouvernement libéral qui a

indiqué où couper, c'est-à-dire dans les services.

J'ai ici un

article de journal, je vais en lire un petit paragraphe. Ça dit :

«Dans les règles budgétaires transmises aux commissions scolaires[...], le ministère

de l'Éducation leur suggère de couper

dans les "mesures d'appui à la réussite".» Les mesures d'appui à la réussite, c'est un

service qu'on rend aux élèves pour les appuyer dans leur réussite, mesdames messieurs, eh oui!

Il y a eu des

coupures, dans ces mesures d'appui à la réussite, de 90 millions; des

coupures, dans une enveloppe d'adaptation

scolaire, de 30 millions; des coupures de 10 millions dans des

allocations supplémentaires. M. le ministre, tout à l'heure, a répondu à ça en disant : On a décloisonné les

enveloppes, on a arrêté d'avoir des enveloppes fermées. Excellente idée, excellente idée que d'éclater les

enveloppes, de donner plus de marge de manoeuvre aux gens sur le terrain,

mais, plutôt que de leur permettre de gérer

les enveloppes en les décloisonnant, on leur a permis de gérer les coupures

parce qu'on a posé ces deux décisions-là en

même temps : on a décloisonné les enveloppes et fait des coupures de

manière... pas à permettre aux

commissions scolaires et aux écoles de gérer plus efficacement les services, de

manière à se laver les mains des

coupures pour que ça soit le palier des commissions scolaires qui ait l'odieux

des coupures. Puis on voit bien le

ministre qui nous dit depuis le début : Bien, il n'y en a pas, de coupure

de services, ça n'existe pas. Mais je dois le ramener à la réalité, ça

existe.

Le Président (M. Kotto) : ...M.

le député. La parole est au ministre pour cinq minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Oui. Merci, M. le Président. Premièrement, bien, je veux remercier le député de

Chambly parce qu'il vient de nous dire, et

en même temps à la députée de Pointe-aux-Trembles, qu'il a confirmé que j'ai

fait des interventions aux commissions

scolaires de ne pas couper. C'est ce que j'ai entendu comme message, puis je

tiens à le remercier parce que, ce

que j'ai compris tantôt, la députée de Pointe-aux-Trembles, elle ne l'avait pas

entendu. Ça fait qu'au moins on a

quelqu'un qui a l'excellente idée de confirmer que je suis bien intervenu au

niveau des commissions scolaires.

De plus, je le

remercie parce qu'il confirme, encore là, que ça a été une excellente idée de

décloisonner les enveloppes. Puis je

le vois hocher de la tête en me le confirmant et je tiens à l'apprécier parce

que, ça, au moins, il peut reconnaître

que le travail a été fait, c'est-à-dire que, plutôt que d'injecter de l'argent

de façon paramétrique, on y a va selon le besoin des élèves. Et, naturellement, je tiens à dire au député de Chambly

que je suis intervenu au niveau des commissions scolaires pour leur demander de ne pas couper dans les services directs

aux élèves. Et, celles qui l'auraient fait, on leur demande de corriger

la situation. Et on va attendre les élections scolaires avec les nouveaux

commissaires puis on va reprendre ce

dossier. Donc, il a confirmé que je suis intervenu, il a confirmé également que

ça a été une excellente idée.

Pour ce qu'il

s'agit de la rentrée scolaire, bien, M.

le Président, je suis allé dans des

écoles la journée de la rentrée scolaire,

et ça s'est très bien déroulé dans des classes primaires. L'école était

propre, les enseignants étaient

présents, on était dans le grand

gymnase, et, chacune son tour, chacune des classes s'en est allée avec le professeur,

et ils étaient très contents, nos élèves. Et de plus, quelques semaines

après, j'ai annoncé des investissements majeurs dans le réseau de l'éducation.

Pourquoi? Parce qu'il y a des endroits qu'on a besoin de plus d'écoles. On a

besoin d'agrandissements d'école. Donc, on a

fait une annonce de 247 millions de dollars pour répondre aux besoins des

élèves. Et il y a des endroits qu'actuellement

les étudiants sont dans des écoles préfabriquées. On ne veut pas ça. On veut

avoir des belles écoles bien construites,

avec le nombre de classes nécessaire. Donc, on a répondu aux besoins de

plusieurs régions, dont possiblement dans

la région du député parce que c'est une région qui est en croissance. Donc, M.

le Président, non seulement on a eu une

belle rentrée, mais, en plus de ça, on veut que les prochaines années, ce

soient encore des plus belles rentrées et qu'on réponde aux besoins des élèves. Je rappellerais également à notre

auditoire qu'on a des objectifs au niveau de la réussite, on veut un taux de diplomation de 80 % en

2020. Et, oui, c'est beaucoup de travail, mais ça, ça nous prend des mesures

pour la réussite scolaire, dont, entre

autres, dans les 32 mesures, c'est des mesures qui sont utiles puis, je vous

dirais même, pour la majorité,

essentielles pour que certaines catégories d'élèves puissent réussir. Là, on

parle des élèves, là, avec des niveaux de difficulté.

Ce que notre ministère fait également, c'est

qu'on a mené plusieurs actions, puis je vais vous en nommer quelques-unes. On a publié divers cadres de

référence, en particulier celui de la mise en place des plans d'intervention

pour la réussite de l'élève. Au niveau régional, on a mis en place des services

régionaux de soutien et d'expertise en adaptation scolaire. On a également la

stratégie d'intervention Agir autrement en milieu défavorisé.

le Président, les rentrées scolaires se sont bien déroulées, mais, en plus, on

a des mesures spéciales pour les clientèles

plus vulnérables. Et, je tiens à le répéter encore, M. le Président, comme ministre,

je veux être le ministre des plus

démunis. On veut les aider, on veut s'organiser pour que les enfants qui ont

plus de difficultés aient plus de ressources, et l'argent des 32 enveloppes sert à ça, et on veut que cet argent-là

soit utilisé pour aider nos élèves. M. le Président, lorsque les gens de l'autre côté nous disent que ça va

mal, bien je pense qu'ils dévalorisent également le travail d'enseignant, et

puis les deux députés, j'ai compris, étaient des enseignants, parce que nos

enseignants font un travail extraordinaire. Non

seulement je suis allé à la rentrée, mais je suis allé également dans les

classes puis je suis allé jaser avec les professeurs. D'ailleurs, je les encourage à retourner voir

leurs anciens collègues pour voir comment ça se passe. En passant, la majorité

sont contents. Je ne vous dis pas qu'il n'y

a pas des inquiétudes. Je ne vous dis pas qu'il n'y a pas certaines

améliorations à apporter. Mais notre

système d'éducation étant un des meilleurs au monde, avec des très bons résultats...

mais ce ne sont pas des résultats

parfaits. Et quelqu'un qui veut critiquer peut toujours trouver à critiquer.

Moi, j'aime mieux avoir une approche

positive. Si vous avez des éléments que vous pensez qu'on peut améliorer, on

devrait les améliorer. Tous nous

disent qu'on devrait diminuer la bureaucratie. Ça, c'est un dossier

prioritaire. Tous nous disent qu'on devrait peut-être revoir certains éléments au niveau de la

structure. Tous nous disent qu'on devrait donner plus de pouvoirs aux

professeurs dans la classe. Ça, je

suis d'accord. Les parents également veulent collaborer plus, les enseignants

veulent collaborer plus.

Puis je voudrais quand même faire un message,

parce que je pense que, tous ensemble, puis j'espère que mes deux collègues vont faire le même message, on peut

faire le message également du côté de nos collègues du parti au pouvoir,

là, il faudrait au moins faire une

déclaration commune du bon travail de nos enseignants. Ce sont des gens

fantastiques, bien formés. C'est un

grand défi d'avoir une classe devant soi, puis de pouvoir enseigner, puis

souvent de peut-être aussi pouvoir s'assurer que chacun puisse réussir.

Donc, M. le

Président, peut-être que ce serait un élément important, j'aimerais entendre

mes collègues là-dessus : la valorisation des enseignants.

Le Président (M. Kotto) :

Merci, M. le ministre. Je cède maintenant la parole au député de Papineau.

M. Iracà :

Alors, merci, M. le Président. Je profite de l'occasion également pour saluer

tous mes collègues qui sont ici avec moi en ce beau vendredi matin,

alors, la députée de Pointe-aux-Trembles et le député de Chambly. Et, M. le

Président, je vous salue également.

Je suis très heureux, M. le Président, que l'on

parle, ce matin, d'éducation, d'avenir, de notre jeunesse, qu'on profite du temps qu'on a en Chambre pour parler

d'enjeux importants, puis ça, je

pense qu'on est prêts à le faire,

nous, au gouvernement, à tous les vendredis matins ou à toutes les journées de la semaine. D'ailleurs,

on a ça dans notre calendrier :

à toutes les heures de notre journée, lorsqu'on siège ici, on pense éducation.

Et, je peux vous dire une chose, en

tant qu'adjoint parlementaire au ministre

de l'Éducation, j'ai l'occasion

d'accompagner le ministre lors des rencontres de différents groupes, différents intervenants, et

à chaque fois, à chaque fois, en début de rencontre, les représentants des

groupes, que ce soit la Fédération des commissions scolaires, que ce soit la fédération des enseignants, ce

qu'ils nous disent, c'est : Ouf!

ça fait du bien, on parle à du monde. Ça avait été mis sur la glace, cette collaboration-là, cette communication. La fluidité dans la communication a

été, malheureusement, mise sur la glace dans la dernière année, lorsqu'on a eu interruption. On a été pas là pendant

18 mois, et il y a eu ce manque-là, et je peux vous dire que ça a

paru dans le milieu. Même si on n'est

pas d'accord sur certains sujets, même s'il y a

divergence concernant certaines décisions, moi, ce que je peux vous garantir à

titre d'adjoint parlementaire

au ministre, c'est que la communication est toujours

au rendez-vous, est toujours au rendez-vous.

Je pense que c'est ça, le plus

important. Et ça se fait sur une base quasi quotidienne, et

tous les groupes saluent cette façon

de faire. Et je tiens à le dire parce

que c'est important,

parce qu'il va y avoir des décisions impopulaires qui vont être contestées et où ça va

être plus difficile. Les changements sont toujours plus difficiles. Mais

parlez aux organismes, ils vont tous vous dire la même chose : Au moins,

on est capables de se parler puis on a des rendez-vous réguliers avec le gouvernement,

et il y a une fluidité dans la communication.

Je veux juste

revenir sur les propos du collègue, du député de Chambly. Ça fait drôle, M. le Président, de voir la CAQ se porter à

la défense des commissions scolaires, eux qui ont prôné leur abolition, je pense,

la première journée qu'ils ont

existé. Ils trouvent qu'elles font pitié. Nous, on ne trouve pas qu'elles font

pitié, on trouve qu'elles peuvent agir différemment,

selon un contexte budgétaire différent. C'est un joueur important,

mais on pense qu'elles peuvent offrir des services et maintenir la

qualité de services aux élèves dans un cadre financier différent.

Puis, le ministre

en a parlé, puis je profite de mon temps pour le dire, je salue ce matin tout

le personnel des écoles, qui fait un

travail d'exception. Moi, j'ai vécu l'entrée scolaire avec mes trois enfants,

et ce que je peux vous dire, c'est que

les enseignants, les intervenants, les professionnels, tous les acteurs qui

travaillent à l'école jouent un rôle primordial, et c'est des gens positifs, c'est des gens énergiques, c'est des gens

qui veulent contribuer à la jeunesse et qui veulent faire en sorte qu'on puisse être fiers de notre... D'ailleurs,

on a un des meilleurs systèmes d'éducation au monde. Il faut se le rappeler, hein, des fois on a tendance à

l'oublier. Mais je pense que ce qu'on veut faire, dans le fond, puis on a un plan de match,

c'est de réduire pour mieux réinvestir. Puis l'élève est au coeur de nos préoccupations. On veut réduire pour mieux

réinvestir dans le service direct aux élèves. C'est là où on s'en va. Il y a plusieurs

choses qu'on veut faire, on a plusieurs idées, ça va s'en venir.

Le ministre

a courageusement, dans les premières journées, lorsqu'il a été nommé, décidé

d'abolir les directions régionales.

Alors, ça, c'est un exemple pour vous dire que ça n'a aucun impact sur le

service direct aux élèves. Et, l'opposition, tant

le député de Chambly que la députée de Pointe-aux-Trembles, on ne les a pas entendus parler beaucoup

de ça, hein, on ne sait pas s'ils sont d'accord ou pas d'accord avec ça. Je

pense que ce serait le temps de le faire. Et on s'en va, nous, pour viser, faire en sorte que les structures

soient regardées de a à z et que la bureaucratie soit regardée de a à z pour

prioriser le

service direct à l'élève. J'aurais aimé ça parler de la lutte contre

l'intimidation, mais peut-être que j'en reviendrai plus tard. Mais c'est

un bel exemple de ce qu'on veut faire.

Président (M. Kotto) :

Merci, M. le député. La parole est à la députée

de Pointe-aux-Trembles pour cinq minutes.

Mme Léger : Merci,

M. le Président. M. le Président, d'entrée de jeu, là, je veux m'assurer que le ministre

nous dépose la liste des 32 mesures aujourd'hui. Quand il va recommencer, tout

à l'heure, là, j'aimerais avoir cette

réponse-là du ministre de l'Éducation, de nous déposer les 32 mesures.

Le ministre

dit aussi qu'il veut nous rassurer, là, puis qu'il dit que les commissions scolaires... n'importe quelle coupure qu'il y aurait dans une commission scolaire, le ministre nous dit qu'il s'engage personnellement à ce que

ça ne soit pas coupé. Est-ce qu'il

peut nous dire aujourd'hui qu'il va s'engager à appeler la commission scolaire de Sherbrooke pour

rétablir le 100 % de l'aide aux devoirs? C'est ça que je veux entendre du

ministre, M. le Président, aujourd'hui. Parce

qu'il nous a dit tout à l'heure, puis il n'arrête pas de nous le dire, que les

services seront protégés, qu'il n'y aura pas de coupure, puis qu'il

s'engage... il dit lui-même, là, que, non, puis on va remédier à ça. Est-ce

qu'il s'engage aujourd'hui à appeler la

commission scolaire de Sherbrooke pour que celle-ci puisse rétablir à

100 % l'aide aux devoirs? Est-ce qu'il s'engage à parler à sa

propre commission scolaire, des Découvreurs, pour remettre l'aide aux devoirs complètement? Est-ce qu'il s'engage à ça

aujourd'hui? Parce qu'il nous dit ça depuis tout à l'heure, là, mais là, concrètement, est-ce qu'il va faire ces gestes-là?

Est-ce qu'il va nous confirmer qu'il va faire cet engagement-là aujourd'hui?

Est-ce qu'il va nous confirmer qu'il va appeler la commission scolaire

Marguerite-Bourgeoys pour rétablir l'aide aux devoirs?

Est-ce qu'il va nous confirmer les commissions scolaires des Affluents, des

Grandes-Seigneuries, Seigneurie-des-Mille-Îles,

etc., toutes les commissions scolaires qui ont coupé le service aux élèves,

dans de l'aide, des coupures directement aux élèves? Est-ce qu'il va

s'engager, avec chacune des commissions scolaires, à appeler les commissions

scolaires pour leur dire qu'il ne faut pas qu'elles coupent dans ces

services-là aux élèves?

Je veux

entendre ça du ministre tout à l'heure, quand il va reprendre, qu'il va

reprendre... et là on va le croire. Mais,

tant qu'il n'a pas fait ça, puis qu'il n'a pas rétabli la situation, puis qu'il

nous dit en même temps que, non, nous, on

veut la diplomation des enfants, mon objectif, ma priorité est la réussite

scolaire... comment il peut y avoir de la réussite scolaire? Que le ministre m'explique comment un

enfant peut davantage réussir lorsqu'on ne l'aide pas lorsqu'il a certaines

difficultés? Il y en a que, quand on parle

de l'aide aux devoirs, c'est des enfants souvent qui ont une certaine

difficulté, qui ont besoin d'appui,

puis de soutien, puis d'accompagnement, une façon plus personnalisée. C'est ça,

l'aide aux devoirs : ce qui va aider l'enfant à une meilleure

réussite scolaire.

Alors, quand il nous dit en même temps que c'est

la réussite scolaire qui est sa priorité, et puis qu'il donne le mandat de couper de 130 millions dans cette

liste des 32 mesures, et que, dans cette liste des 32 mesures, il y a l'aide

aux devoirs ou l'aide alimentaire...

Parce qu'on peut parler aussi de

l'aide alimentaire, l'aide alimentaire aux enfants. Le matin, là, il y

en a plusieurs qui ont des petits-déjeuners, il y en a plusieurs qui ont de

l'aide aux enfants le matin, de l'aide alimentaire, et particulièrement dans

les milieux défavorisés. Il y a des commissions scolaires qui coupent dans ça. Est-ce que

le ministre s'engage à appeler les commissions scolaires pour leur dire que ces coupures-là ne sont pas acceptables? C'est ça que je m'attends du ministre de l'Éducation aujourd'hui. Alors, je veux bien qu'il me dise que, non,

c'est la réussite, le taux de diplomation,

puis je comprends qu'il peut nous dire ce genre de choses, mais,

dans la vraie vie, ce n'est pas ça

qui se passe sur le terrain. Alors, quand il coupe 130 millions, il dit : Allez chercher ça ailleurs, dans le 130 millions, regroupez ça... on était d'accord pour regrouper, on regroupe ça, oui, ça

va, mais il coupe quand même. Les commissions scolaires coupent quand

même directement dans l'aide aux devoirs.

On parlait,

tout à l'heure, des coupures dans l'administration. J'entendais les députés

ministériels. Est-ce que le ministre

peut nous déposer aussi, aujourd'hui, le nombre d'ETC au ministère de

l'Éducation en date d'aujourd'hui, alors, aujourd'hui, le nombre d'ETC qui sont autorisés, à ce moment-ci, là,

qu'on se parle, le 26 septembre — on est bien le 26 septembre? — le 26 septembre, le nombre d'ETC qu'il y a

au ministère de l'Éducation présentement? Donc, quand le ministre va reprendre la parole, M. le

Président, je lui demande de me déposer les 32 mesures qu'il a aujourd'hui. Il

a l'air d'avoir sa chef de cabinet autour de lui, là, je ne sais pas

s'il y a des gens de son ministère, un petit courriel, ça s'envoie rapidement. La liste des 32 mesures et sa

liste des ETC en date d'aujourd'hui, j'apprécierais avoir ça et qu'il me dise s'il va s'engager d'une façon concrète à

appeler chacune des commissions scolaires qui actuellement coupent

directement aux élèves. Merci, M. le Président.

Président (M. Kotto) : ...Mme la députée. Je cède la parole au

ministre pour une durée maximale de cinq minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) : M. le Président, on va pouvoir transmettre la

liste des 32 mesures. Mais on ne les a pas disponibles aujourd'hui. Mais on va la faire parvenir à la commission,

comme à l'habitude, pour que ce soit disponible à tous les intervenants.

Et, je tiens

à dire, il n'y a pas eu de consigne de couper dans les mesures, les enveloppes

ont été regroupées, les commissions scolaires se sont engagées à aller

chercher le maximum d'économies, surtout au niveau administratif. Il n'y a pas eu de consigne de couper dans les

mesures, les mesures ont seulement été regroupées et pour le bien de l'élève.

Je tiens à le dire, on néglige beaucoup,

souvent... puis j'entends beaucoup parler administratif puis coupures de l'autre

côté, là, mais j'aimerais ça qu'on entende

un peu plus parler de réussite à l'élève. Et, pour la réussite à l'élève, il

faut adapter les mesures selon

l'élève. On n'a pas à faire une mesure globale : tout le monde devrait

avoir ça, mais plutôt cibler les enfants qui ont plus besoin de

certaines mesures et travailler. Puis il y a des endroits qu'on a peut-être

plus besoin de petits-déjeuners, il y a

d'autres endroits qu'on a besoin de plus d'aide aux devoirs et il y a d'autres

endroits qu'on a besoin de mesures ciblées en fonction de l'élève. D'ailleurs, la force, puis le

député de Chambly le reconnaissait il y a quelques minutes, la force de

regrouper, c'est qu'on est capables de mieux répondre aux besoins de l'élève.

Pour ce qu'il

s'agit de comportements infantilisants, de considérer les commissions scolaires

comme étant des enfants pour que je

les appelle à chaque fois, les messages ont été faits et ils sont très

clairs : on ne doit pas couper au niveau des services directs à l'élève. Et, si certaines commissions scolaires

ont pris cette mesure, elles doivent revenir en arrière et reprendre la mesure comme elle était prévue.

C'est aussi simple que ça. Je pense que c'est la façon de travailler avec

nos commissions scolaires. Et, je peux vous

dire, on a une bonne relation avec les commissions scolaires. Les commissions

scolaires veulent collaborer, collaborent très bien, et eux autres aussi, ils

prennent à coeur la réussite scolaire.

M. le

Président, je pense qu'il ne faut pas banaliser ce que nous sommes en train de

faire, hein, aujourd'hui — je tiens à remercier la

députée de l'opposition officielle — parce que ça nous permet d'exprimer puis

d'expliquer qu'est-ce qu'on veut de

notre système d'éducation. Ce qu'on veut, c'est un système d'éducation qui est

déjà très bon, mais on veut l'améliorer plus, on veut plus de services

directs à l'élève. Mais, comme on l'a rappelé souvent, pour diminuer la bureaucratie, il faut par la suite être capables

de réinvestir dans le système d'éducation; si on veut réinvestir dans le

système d'éducation, diminuer la bureaucratie, revoir les structures,

avoir des meilleures façons de faire.

M. le Président, j'aimerais également dire un

mot sur la question qui a été abordée il y a quelques minutes, la question de

l'intimidation. Pour nous, également, dans nos écoles, on parle de réussite

scolaire, mais également c'est important de savoir que le milieu scolaire,

c'est un milieu dans lequel la personne doit pouvoir se réaliser, et toute intimidation contre nos élèves, entre eux autres

ou d'autres personnes est inacceptable. D'ailleurs, je tiens à rappeler ici

que nous allons avoir un forum la semaine

prochaine, le 2 octobre, avec le premier ministre. C'est un dossier tellement

important que le premier ministre va

présider un forum sur le sujet de l'intimidation. Et je rappelle la position de

notre gouvernement, qui est zéro

tolérance. Et, quand on parle de réussite scolaire, on parle également de

climat de travail pour les

enseignants, on parle également de climat d'études pour nos élèves. Donc, quand

il y a des périodes où est-ce qu'il y a... ou des élèves qui subissent

de l'intimidation, c'est strictement inacceptable.

M. le Président, je reviens sur nos intentions.

Nos intentions, au cours des premiers mois, c'est de prendre le temps de

regarder toutes les hypothèses, et, toutes les hypothèses qui vont nous

permettre d'améliorer notre système d'éducation,

en collaboration avec l'opposition, on devrait les mettre en place. On devrait

laisser de côté le côté politique mais

se consacrer vraiment. C'est quoi, le bien de nos élèves? Le bien de nos

élèves, c'est d'avoir les programmes qui sont nécessaires, c'est

d'avoir, comme on a actuellement, une valorisation au niveau de nos

enseignants, qui sont d'excellente qualité,

pour qu'ils puissent continuer à faire un bon travail. Et là-dessus, M. le

Président, j'aimerais rappeler à nos... Puis j'insiste là-dessus parce

que, si nos jeunes doivent réussir et peuvent réussir, c'est parce qu'on a un

bon système qui mérite encore d'être amélioré,

on a des bons professionnels que sont les enseignants et les autres

professionnels et également on a des

parents qui s'occupent de leurs enfants. L'autre élément, c'est le soutien aux

parents. Ça, pour nous, c'est

également une intervention qui est extrêmement importante, comment on peut

aider nos parents à mieux aider leurs enfants, à les soutenir.

Dans les

mesures, il y en avait, des mesures, M. le Président, qui étaient importantes,

entre autres, pour soutenir la

qualité de la vie à l'école. Et là-dessus, M. le Président, je peux vous dire,

les mesures, on y tient, on veut les continuer, sauf qu'il faut les cibler en fonction du besoin de l'élève. On est

rendus... plutôt que de faire de la généralité, selon l'école, selon les besoins de l'école mais surtout selon le

besoin de chaque élève, on doit adapter nos mesures pour qu'elles donnent

un maximum d'efficacité. Et je pense que les

députés de l'opposition sont d'accord avec cela. Dans la manière de le faire,

comme j'ai dit, il y a plusieurs hypothèses

sur la table. On va toutes les regarder, on va choisir les meilleures et on

espère que tous ensemble, nous allons

travailler à la réussite scolaire. Oui, le côté financier, mais surtout la

réussite scolaire de nos enfants.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. Je cède la parole au député de Papineau.

M. Iracà :

...M. le Président. Alors, pour faire suite aux propos du ministre, je tiens à

dire qu'il est primordial pour notre

gouvernement de venir en aide aux clientèles les plus démunies. Les personnes

intimidées font

partie de cette clientèle

et méritent toute notre attention. Le ministre en a parlé. C'est un engagement

que nous avions pris en campagne électorale et que nous allons tenir.

Notre gouvernement est soucieux d'améliorer le

soutien des personnes victimes d'intimidation. Et d'ailleurs notre chef, le premier ministre du Québec, a

nommé, pour la première fois dans l'histoire du Québec, une ministre qui a

comme mandat officiel de lutter contre

l'intimidation. Donc, c'est le 2 octobre qu'aura lieu cet événement présidé par

le premier ministre et auquel sont

associés plusieurs ministres, dont notre ministre de l'Éducation, qui est

également, évidemment, par le rôle

qu'il joue, au coeur de cette lutte dans les écoles du Québec. Alors, il

y aura évidemment des orientations

suite à cette grande rencontre-là, des orientations et des pistes d'action qui

vont émerger de ce grand rendez-vous et qui jetteront les assises d'un plan d'action concerté. La population, je tiens à le dire, peut déjà

contribuer aux réflexions par

l'entremise d'une consultation publique sur le site Web du ministère de la Famille. C'est important que tout le monde soit consulté. C'est un sujet qui touche tout le monde et, si on veut agir promptement avec les enfants dans les écoles, c'est important qu'on ait le

pouls de la population et qu'on puisse avoir aussi des idées positives

pour lutter contre l'intimidation. Alors, on veut prendre des actions

concrètes mais en consultant les gens.

Et, dans un

autre ordre d'idées, puis le ministre en a parlé, pour la réussite scolaire, évidemment

c'est au coeur de notre préoccupation, on veut que nos enfants réussissent à l'école, on veut qu'ils soient

dans un système gagnant, un système positif. Alors, pour

ça, bien, les recherches l'ont démontré, hein, il existe différents facteurs

qui influencent positivement ou négativement

la persévérance scolaire et la réussite scolaire de nos jeunes. Habituellement, ça se regroupe dans quatre catégories : les facteurs personnels, familiaux,

scolaires et sociaux. Alors, c'est pour ça qu'il est tellement important

d'agir en concertation avec tous les intervenants du milieu. Les parents évidemment

doivent être impliqués dans la

réussite scolaire de leurs enfants. L'élève lui-même a un rôle majeur à

jouer évidemment, il doit prendre ses responsabilités, être

autonome. Il faut l'amener, il faut le guider vers là, et il y a

tous les organismes sociaux également, qui

sont tellement importants. Il y a à peu près

deux, trois semaines, j'écoutais un président de commission scolaire à la radio

qui parlait, justement, de l'aide aux devoirs, où eux ont trouvé une idée. Ils

ont sorti des sentiers battus, se sont acoquinés

avec un organisme communautaire qui vient donner un soutien aux enfants dans les

écoles, donc, et les élèves bénéficient

de l'aide d'un organisme

communautaire en lien avec la

réussite éducative. C'est des idées

nouvelles, ça sort des sentiers

battus, mais il ne faut pas avoir peur de ça. Justement, il faut trouver des

idées nouvelles pour faire en sorte que

nos enfants, nos élèves puissent réussir à l'école. Il ne faut pas se fermer

les yeux et rejeter du revers de la main tout ce qui sort un peu de l'ordinaire. Tout ce qui pourrait aider les

jeunes, il faut être ouverts à ça. Donc, c'est des changements et c'est

des nouvelles façons de faire qui, je crois, peuvent être bénéfiques pour nos

élèves.

Il faut

encourager les parents à évidemment suivre ce qui se passe avec leurs enfants

au niveau des devoirs, des leçons. Il

faut faire en sorte évidemment que tout le monde soit impliqué et que le lien

entre l'enseignant et les parents soit

favorisé le plus possible. Et, en tant que gouvernement, je pense qu'on doit le

faire, assumer un leadership dans cette réussite scolaire là pour amener tous les partenaires à contribuer,

favoriser l'effort, donner des directives aux enseignants, aux

intervenants scolaires pour faire en sorte que tout le monde soit mobilisé pour

la même chose.

On veut tous

la même chose, M. le Président, on veut que nos enfants puissent s'épanouir et

vivre des succès et qu'ils obtiennent

leurs diplômes, en bout de ligne, en bout de piste, pour être sur le marché du

travail. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. Je cède maintenant la parole à la députée de Pointe-aux-Trembles pour

cinq minutes.

Mme Léger : Merci,

M. le Président. Alors, je n'ai pas

reçu d'engagement du ministre concernant les... d'appeler directement les commissions scolaires. Il parle d'infantiliser, ou peu importe, qu'il

ne pas besoin de les appeler, qu'il l'a dit. J'imagine que tout ce que

vous dites... On suit tout ce que vous dites. C'est ça qu'il essaie de me dire.

Excusez-moi, M. le Président. C'est à vous que je m'adresse par l'intermédiaire

au ministre.

Alors, ce

n'est pas ce qui se passe avec tous les exemples que je donne au ministre,

M. le Président. Il y

en a, des coupures. Il

y en a, des coupures, partout. Il est

intervenu directement lorsque c'était la situation des livres, qui

n'était pas votre meilleure, hein, M. le Président, qui n'était pas la meilleure du ministre, lorsqu'il

a dit qu'il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s'empêcher de lire parce qu'il existe déjà des livres dans les bibliothèques. On a apprécié

que le ministre s'en excuse par

après. Il a été remis à l'ordre. Je pense que c'était majeur qu'il le fasse.

Mais il est intervenu. Il est

intervenu pour les livres. Alors, pourquoi qu'il n'intervient pas pour l'aide aux devoirs? Pourquoi

qu'il n'intervient pas pour l'aide

alimentaire? Pourquoi qu'il n'intervient pas directement? Il l'a dit, l'ordre a été donné. Son président de commission scolaire, lui-même, il rappelle que les commissions scolaires ont reçu le feu vert du gouvernement à ce sujet : «On avait

l'assentiment du gouvernement qui nous disait que, sur l'ensemble des mesures,

on pouvait piger là-dedans.» Puis là le ministre nous dit, M. le Président, le ministre nous dit : Non, ils ont eu l'ordre. Bien, il y a quelque chose qui ne marche pas, là. Ça fait que le ministre lance des choses, puis ce n'est pas exact, ce

n'est pas ce qui se dit actuellement

sur le terrain. Est-ce qu'il peut nous dire, entre autres... Il y a une coupure de 50 % de l'allocation réservée au dépistage de la pédophilie. Dans ces 32 mesures là, il y en

a une qui est sur la pédophilie. On n'en a pas parlé encore. Dans un

article

de Régys Caron paru le 25 août dernier, on

peut lire l'extrait suivant : «Dans ses règles budgétaires déposées en

juillet, le ministre de l'Éducation

coupe 50 % de l'allocation réservée au dépistage de pédophiles dans les

écoles.» Ça fait

partie des 32

mesures. Il y en a d'autres, là, sur la lutte contre le décrochage, sur le français.

On pourra y revenir. Mais, à chaque fois

qu'il y a une mesure, qu'une commission scolaire décide de couper dans ces

mesures-là, parce que c'est dans la panoplie des 32 mesures, alors le ministre me dit : Bien, chacune d'elles,

là, il ne faut pas qu'ils coupent. Mais il a coupé 130 millions.

Alors,

comment il peut dire d'un côté qu'il ne faut pas qu'ils coupent, puis il a

donné l'ordre, puis, en même temps, il

a coupé pour 130 millions? Dans la réalité, comment ils peuvent faire les

choses, M. le Président? Ça fait que, le ministre, il faut qu'il réexplique puis qu'il rassure la

population parce que ça ne fonctionne pas, ce qu'il est en train de nous dire.

J'ai demandé

aussi un engagement du ministre, j'ai demandé au ministre, d'ailleurs, de me dire

le nombre d'ETC qu'il a dans le

ministère aujourd'hui. Il ne m'a pas répondu à cet effet tout à l'heure. Il m'a

répondu, j'apprécie, qu'il va déposer

les 32 mesures, qu'il va les laisser à la commission. Est-ce qu'on a un

échéancier? Ce n'est pas l'année prochaine, là, c'est là, là. Moi, je lui demande aujourd'hui, puis il me dit qu'il ne

peut pas aujourd'hui. Alors, j'imagine que ça peut être lundi, demain peut-être... lundi qu'il peut me

déposer les 32 mesures? Alors, j'aimerais qu'il me précise quand il va déposer

les 32 mesures, s'il s'engage à appeler sa propre commission scolaire, s'engage

à appeler la commission scolaire de Sherbrooke,

qu'il s'engage à les appeler, puis nous dire carrément que ces coupures-là ne

doivent pas exister, puis c'est parce que ça affecte directement les

élèves, et le nombre d'ETC, qu'il ne m'a pas encore répondu, le nombre d'ETC. Pourquoi se refuse-t-il de les appeler

directement, M. le Président? Pourquoi qu'il dit que c'est infantiliser quand

il a donné l'ordre, comme il nous a

dit tout à l'heure, il a donné l'ordre? Mais ce n'est pas ça qui se passe sur

le terrain. Alors, j'en ai encore

plein, d'autres exemples de ce qui se passe sur le terrain. Ou bien il faudrait

que le ministre aille voir dans d'autres

écoles.

La rentrée

scolaire, ce n'est peut-être pas juste une école ou deux écoles, il faudrait peut-être

qu'il aille en voir plus qu'une, ou deux, ou trois, ou quatre écoles et puis

qu'on puisse lui dire directement. Parce qu'il dit qu'il parle avec les partenaires. Mais en tout cas, si c'est juste parle, parle, jase, jase, là il n'y a

pas un échange vraiment très clair avec les commissions scolaires parce qu'ils ne l'écoutent pas présentement,

parce qu'ils coupent où le ministre a donné l'ordre de ne pas le faire.

Alors, j'apprécierais, M. le Président, que le ministre puisse nous revenir sur les 32 mesures, quand est-ce

qu'il va les déposer, s'il va s'engager à appeler le nombre d'ETC qu'on

a besoin à savoir aujourd'hui. Voilà.

Le Président (M.

Kotto) : Merci, Mme la députée. Alors, M. le ministre, vous

avez cinq minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) : Oui. Bien, merci, M. le

Président. En ce qui concerne les 32

mesures, on devrait être capables de

vous les faire parvenir aujourd'hui. En ce qui concerne les ETC, il y a

des travaux qui sont en train de se faire, mais, je tiendrais à

rappeler, c'est qu'on a aboli les directions régionales, qui étaient un secteur

du ministère de l'Éducation, et ce sont des postes qui ont été abolis, et, à

ce jour, les postes n'existent plus. Donc, il y a eu certainement une diminution au niveau des ETC. Et, oui, on fait un travail

administratif à tous les niveaux et on va continuer à le faire.

Pour

ce qu'il s'agit des commissions

scolaires, je pense qu'il faut

accepter aussi qu'il y a une responsabilité de la part des commissions

scolaires. Ce sont des élus, ils ont

pris des mesures. Lorsqu'on a regroupé les enveloppes, ils se sont engagés à continuer à donner des services et à

faire des meilleurs choix pour les élèves. D'ailleurs, quand la députée nous

donne des exemples précis, chaque école est

différente, chaque élève est différent, et, pour un élève ou une école, il faut

prendre les mesures appropriées qui vont

favoriser la réussite scolaire ou qui vont permettre à l'enfant de bien se

développer. Et, aujourd'hui, si la députée nous dit qu'il faudrait continuer à avoir des enveloppes

qui sont sectorisées et qu'ils continuent à donner de l'argent sans regarder les besoins de l'élève, j'aimerais ça

l'entendre si elle est d'accord avec ça. Ou elle est d'accord avec le

regroupement des élèves. On sait que le député de Chambly a applaudi le fait

qu'on ait regroupé les enveloppes, mais je

comprends qu'il veut qu'on s'assure que l'argent aille directement à l'élève.

Et c'est ce qu'on veut. On veut que

l'argent, le dollar aillent directement à l'élève, on veut couper dans la

bureaucratie, on veut également couper, si possible, au niveau des structures et enlever tout ce qui n'est pas

nécessaire. On a parlé des directions régionales. Les gens faisaient un travail qui était adéquat puis qui

était un bon travail au niveau des directions régionales. On le fait maintenant différemment. Les mêmes tâches

sont faites, mais de façon différente, et des tâches ont été transférées au

niveau des commissions scolaires, et d'autres tâches ont été récupérées par le

ministère.

tiendrais à rappeler, M. le Président, que notre sujet principal, c'est d'abord la

réussite scolaire. On met en place un

système pour que nos jeunes réussissent mieux et, surtout, qu'ils puissent

s'épanouir dans un milieu qui est leur milieu scolaire. Je voudrais également entendre les oppositions sur le rôle des

parents, un rôle qui est extrêmement important. On soutient les parents. Moi, j'ai rencontré les représentants des

parents, et le commentaire général, c'est que, oui, il y a des

discussions à avoir, oui, il y a des améliorations à apporter, mais, je tiens à le

rappeler, chaque intervenant, y compris les syndicats que j'ai rencontrés hier, tous étaient d'accord que nous

avons un très bon système d'éducation. On ne veut pas briser le système d'éducation, on veut

l'améliorer. La façon de l'améliorer, c'est de mettre l'argent au bon

endroit : dans les services

directs à l'élève. Et également je n'ai pas encore entendu les représentants de

l'opposition nous déclarer ce que sont

les enseignants pour eux. Les enseignants sont de très bonne qualité, font un

travail remarquable. Il faut leur donner les outils pour bien faire leur travail. J'aimerais ça, aujourd'hui,

qu'on ait une déclaration commune disant que les enseignants font un bon

travail au Québec et qu'ils méritent d'être valorisés.

Également, on a mis

en place, au Québec, des méthodes pédagogiques. Récemment, d'ailleurs, j'ai

assisté au lancement d'une série pour les

jeunes au primaire leur permettant d'apprendre la lecture, une série qui était

strictement fantastique. Sans faire de publicité, là, c'est avec

l'éditeur Passe-Temps, qui est dans mon comté, et je peux vous dire qu'on voit

vraiment la progression de l'enfant depuis la première année jusqu'en quatrième

année, cinquième année, sixième année, et ce

sont des outils pédagogiques qui sont

extrêmement importants. Et la personne nous expliquait que

dans ces livres il y avait des éléments de psychopédagogie qui sont extrêmement

importants. Donc, on ne peut pas enseigner à un enfant d'un an la même lecture

qu'à un enfant de... à un enfant de première année qu'à un enfant de quatrième année. Il y a une progression qui

doit être faite, et généralement, par les méthodes psychopédagogiques, on peut

réussir mieux. Vous allez me dire :

Oui, mais est-ce que ce n'est

seulement que ça? C'est beaucoup

ça, c'est comment on fait pour

répondre aux besoins directs de l'élève. Et je rappellerais, M. le Président, que non seulement il faut avoir les livres, il faut avoir

les méthodes pédagogiques, les enseignants puis le support des parents, il faut

également avoir les infrastructures nécessaires. Donc, l'investissement qu'on a fait récemment est important. Certains nous posaient la

question : Pourquoi vous ne l'avez pas mis dans les services directs

aux élèves? Tout simplement, c'est que, pour qu'un élève puisse bien étudier, ça lui prend une classe, ça lui

prend un bureau, et on ne peut pas en mettre plus qu'un certain nombre dans

une classe. Donc, c'est important d'être complémentaire au niveau des infrastructures.

M. le Président, je n'ai pas beaucoup de temps, j'en

reparlerai tantôt, mais de toute la question des nouvelles technologies, dont, entre autres, la disponibilité des technologies numériques qui ne remplacent pas les méthodes

pédagogiques ou le professeur mais

qui peuvent être d'une aide extrêmement importante pour la réussite scolaire. Merci, M. le Président.

Le Président (M.

Kotto) : Merci, et je cède maintenant la parole à M. le député d'Ungava.

Boucher : M. le Président, M. le ministre, chers collègues, dans sa déclaration d'ouverture, en début de séance, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles nous rappelait ses années de jeunesse où, avec

légèreté, elle faisait ses pas vers l'école,

tous les préparatifs, et puis avec une pointe de nostalgie. Tout le monde ici, dans la salle, je pense, peut avoir ces mêmes mémoires.

M. le député de Chambly, tout à

l'heure, comparait le ministre

à un joueur de violoncelle, là, sur le pont du Titanic, là, qui joue naïvement sa musique pendant que tout le monde est en train de se noyer, puis je pense que c'est une vision film catastrophe, un peu, de la situation.

Écoutez, bien que je ne sois pas enseignant moi-même, ma femme est enseignante

au niveau primaire, en deuxième année, de façon

plus précise. Elle aussi, elle a vécu sa rentrée scolaire dans les dernières

semaines. Écoutez, il n'y a

pas eu de descente aux enfers, l'école ne s'est pas écroulée. Je veux dire, ce

n'est pas une année qui est pire que les autres, tout s'est relativement bien passé. Est-ce qu'il n'y a pas de problèmes d'ajustement? Est-ce

qu'il n'y a pas un petit peu de turbulence à l'occasion? C'est sûr. On

laisse sous-entendre que le ministre, là, ne sait pas où est-ce qu'il s'en va puis qu'il lance ses ballons à gauche

puis à droite pour voir la réaction, puis après ça il se réajuste. Je pense que ce n'est pas le cas. Je veux dire,

j'ai bien écouté le ministre, j'a bien suivi tout ce qui s'est dit. Moi, je

n'ai pas vu d'ambiguïté dans son

discours. Et puis, si on prend ce qui s'est passé dans la campagne électorale aussi versus ce qui se passe aujourd'hui, c'est clair.

Je pense que

le gouvernement a un plan de redressement puis de relance de

notre économie, c'est aussi simple que ça. Puis ça se traduit dans le milieu de l'éducation

par une ferme volonté de réduire les structures, de revoir la gouvernance pour réinvestir dans les services. Puis

les services, c'est les services à l'élève, c'est mettre l'élève au centre

de la préoccupation. Je vois déjà le

temps dont... 2 min 14 s d'écoulées puis pourtant j'aurais tellement

de choses à vous dire. J'en aurais

pour, minimum, une heure à moi tout seul puis j'ai seulement

cinq minutes, donc je vais essayer, là, d'aller à l'essentiel.

Faire preuve

de rigueur budgétaire. J'entendais, encore une fois, la ministre...

pas la ministre, mais Mme

la députée de Pointe-aux-Trembles qui nous a prononcé je ne sais pas

combien de fois le mot «coupures» ou le verbe «couper» conjugué à tous les

temps. On parle ici de rigueur budgétaire, hein? La rigueur budgétaire, c'est

l'exercice : comment maximiser chacun de ces sous, comment faire pour que

l'argent dont on dispose puisse bénéficier au maximum pour rencontrer l'objectif qu'on essaie de

viser? C'est ce que tous les parents font, c'est ce que tous les pères et les

mères de famille font, au Québec, et puis c'est ce qu'on est en train de

faire aussi.

Malgré tout ça, on a un plan québécois des infrastructures qui parle de lui-même : c'est près de 8 milliards

de dollars qui vont être investis en 2014‑2024 dans le parc immobilier scolaire au cours des prochaines

années. 8 milliards de dollars, ce n'est pas rien. C'est des nouvelles

écoles, c'est des écoles rénovées. Il

est clair que le gouvernement prend les moyens pour que l'école soit en bon

état et en nombre suffisant pour les

élèves. Parce que vous savez qu'une école, ce n'est pas seulement une bâtisse

de briques puis de ciment où on

dispense des connaissances. Une école, c'est avant tout un milieu de vie, un

milieu où les enfants passent beaucoup de

temps dans une semaine, où on se crée des amitiés souvent qui vont nous suivre

pour la vie, où on apprend à résoudre nos

différends, à régler nos conflits, où on apprend à découvrir ce qu'est la vie,

qu'on découvre nos affinités et nos habiletés. Donc, c'est réconfortant.

Seulement

pour l'année 2014‑2015, on attend un niveau record de 1,7 milliard de

dollars. Ça, c'est 62 % de plus qu'en

2013‑2014 et 68 % de plus qu'en 2012‑2013. C'est aussi ça, faire des bons

choix, M. le Président. Donc, quand j'entends

seulement le mot «coupures» conjugué à tous les temps, c'est une façon

réductrice, en ayant, bon, des exemples pigés savamment à gauche puis à droite, en disant : Bien, il n'y a

plus d'aide alimentaire à telle école, donc... puis c'est fini, il n'y a

plus d'aide alimentaire à nulle part au Québec. Ce n'est pas le cas. Il y a

peut-être certaines commissions scolaires

qui ont eu des choix moins judicieux, et puis là-dessus le ministre l'a dit

clairement, puis je l'ai entendu à plusieurs reprises, qu'il va rappeler ces gens-là à l'ordre pour dire : Bon,

bien, écoutez, là, le centre de tout, c'est l'élève, puis on s'en va

vers l'élève.

J'aurais

encore tellement de choses à dire. Je vois le temps qui file, j'essaie de

terminer. Donc, merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. Alors, je cède maintenant la parole au député de Chambly.

Roberge : M. le Président, le député d'Ungava nous dit que le discours

du ministre est intéressant. Pourtant, le problème, ce n'est pas le

discours, c'est qu'est-ce qui se passe dans les écoles aujourd'hui.

Dans le

discours, on nous dit qu'on veut préserver les services. Or, il y a précisément

des coupures dans les services. Dans

le discours, on nous dit que, formidable, le gouvernement libéral va faire un

forum sur l'intimidation. Mais, bon sang, à la commission scolaire des Appalaches, il y a une coupure directe, cette

année, dans la prévention de l'intimidation et de la violence. Alors, peut-être le discours est

intéressant, mais ce n'est pas ça qui se passe. Ça s'adonne que le gouvernement

ne doit pas seulement faire des discours, il

doit prendre des décisions et répondre de ses actes. Le ministre nous dit qu'il

fixe le taux de réussite... un objectif, un

taux de réussite à 80 % en 2020. Ce serait intéressant qu'on l'atteigne,

mais, en attendant, il est de

75 %. On a 25 % de décrocheurs et on coupe dans les mesures d'aide à

la réussite. On coupe dans les mesures

d'aide à la réussite puis on s'attend à ce qu'il y ait plus de gens qui réussit...

qui réussissent, pardon. Alors, on peut bien dire que le discours est

intéressant, mais ce n'est pas ça qui se passe.

gestes sont totalement à l'opposé du discours. C'est un discours qui me

rappelle des discours hypocrites. En 2013...

Bolduc

(Jean-Talon) :

M. le Président.

Le Président (M. Kotto) :

Oui, oui, j'ai bien entendu, M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Bien, je comprends que le député n'a pas

encore complété sa première année comme député, donc je pense qu'il faut... C'est important qu'il y ait des

termes qui sont inadéquats, puis «hypocrites», ce n'est pas tellement un

bon terme.

Président (M. Kotto) : En effet. M. le député, il y a des

termes qui ne sont pas tolérés en cette enceinte, comme vous devez le

savoir, et je vous prie d'être prudent pour la suite de votre intervention.

M. Roberge : Je vous remercie, M. le

Président, je vais faire attention. En 2013, il n'y a pas si longtemps...

Bolduc

(Jean-Talon) :

...puis je connais le député. Je peux assurer, habituellement, il a un bon

niveau de langage, ça fait qu'il n'y a pas de problème de ce côté-là.

Le Président (M. Kotto) :

O.K.

Roberge : En 2013, je pense à une petite fille qui s'appelle Caroline,

sur la Rive-Sud de Montréal — c'est assez vaste, on ne pourra pas savoir c'est qui — a un diagnostic de dyslexie en cinquième

année du primaire. Donc, quand on a

un diagnostic de dyslexie, on a besoin d'un service, d'un orthophoniste. On lui

a répondu que les services d'orthophonie étaient disponibles seulement au premier cycle, ça veut dire les

première et deuxième années du primaire. Dans le fond, on lui a fait une fin de non-recevoir, on lui a

diagnostiqué... mais, pour les services, rien à faire. Les parents ont été

invités à se tourner vers le privé,

mais ils n'avaient pas les moyens. Donc, à ce jour encore, la petite Caroline

n'a pas de service. Et en ce moment

on veut couper dans les services qui étaient déjà inadéquats. Je vous rappelle,

on a un taux de décrochage de

25 %. Qu'est-ce qui va arriver avec Caroline en secondaire I,

secondaire II, secondaire III? Va-t-elle venir grossir cette

statistique de 25 % de taux de décrochage? Et ça, c'était avant les

coupures.

Cette année,

en 2014, un petit garçon qui s'appelle Gabriel, qui s'en va en sixième année,

pas très loin, ici, sur la Rive-Sud

de Québec, eh bien, lui aussi, on lui a diagnostiqué une dyslexie, rendu en

sixième année. Et normalement on a

droit à un logiciel et à un ordinateur, un portable, pour l'aider, un logiciel

qui s'appelle WordQ, et c'est des mesures d'aide à la réussite. Bien, figurez-vous qu'on lui a répondu à l'école

qu'on n'avait pas les moyens. Oui, oui, on reconnaît qu'il a ce besoin-là, mais, malheureusement, on ne

peut pas lui fournir le service adéquat. Pourquoi? L'argent, cette année,

il va servir à payer des tableaux blancs

interactifs. Ça peut être pratique, des tableaux blancs interactifs, une fois

qu'on a donné tous les services

nécessaires à la réussite des élèves. Donc, cet enfant-là n'aura pas

d'ordinateur portable, n'aura pas le

logiciel nécessaire, mais il va avoir dans sa classe un tableau blanc

interactif. Je vous rappelle qu'on a 25 % de taux de décrochage en ce moment au Québec. Qu'est-ce

qui va arriver avec Gabriel cette année, toute l'année? Qu'est-ce qui va

arriver en secondaire I? Qu'est-ce qui va arriver en secondaire II?

Le ministre a

dit qu'il a décloisonné les enveloppes. Bien, pour les tableaux blancs

interactifs, par exemple, ça, on

maintient le mur-à-mur libéral. Je ne dis pas que ces tableaux blancs sont

inefficaces, mais je dis que la décision est franchement mauvaise de

refuser à un enfant dyslexique le logiciel dont il aurait besoin et d'investir

l'argent dans un tableau blanc interactif.

C'est ça, le concret. C'est ça qu'on aurait aimé entendre si on avait eu cette

commission parlementaire sur les

services directs aux élèves, et peut-être, peut-être que, du côté du

gouvernement, on aurait peut-être arrêté de dire que ça n'existe pas,

les coupures de services aux élèves, parce que ça existe.

par-dessus ça, on en rajoute. À la commission scolaire des Découvreurs, on va

couper dans les mesures de persévérance

scolaire. On a un taux de décrochage de 25 % actuellement et on va couper

dans des services qui viennent soutenir la persévérance scolaire. Il y a

un autre service qui favorise vraiment la réussite scolaire, surtout pour les adolescents, ce sont les activités parascolaires

et sportives, qui vraiment augmentent le sentiment d'appartenance. Ça,

ça aide les gens à raccrocher. Puis, à la commission scolaire de la Capitale,

ils sont coupés cette année. Merci.

Le Président (M. Kotto) :

Merci. M. le ministre, vous avez deux minutes pour la suite.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Je vais prendre mes

deux minutes, puis après ça je vais conclure.

Je suis très

sensible, M. le député de Chambly, là, et d'ailleurs, si on veut améliorer le

système d'éducation, il faut qu'on

donne les services aux gens qui ont de la dyslexie, à tous les enfants

vulnérables et tous les enfants qui ont des besoins particuliers. On veut répondre à ces besoins. Si

ça prend un ordinateur, puis j'apprécie que vous disiez que ces technologies-là

peuvent aider ces enfants avec les logiciels appropriés, pour moi, là, c'est

extrêmement important qu'on puisse leur fournir.

Et, si on ne leur fournit pas tôt, ils vont avoir un décalage par rapport à

l'apprentissage, avec un retard, et plus tard ça va être plus difficile. D'ailleurs, notre but aujourd'hui, c'est

de discuter de ces éléments-là de façon à favoriser la réussite de tous

les enfants. Et certains ont besoin d'aide particulière, d'où l'importance,

quand on a regroupé les enveloppes, de répondre à ces besoins particuliers pour

des enfants particuliers.

Par rapport

aux nouvelles technologies, là, l'intervention du député est un peu

ambiguë : Je suis pour, mais pas nécessairement.

Moi, ma position, elle est claire, on doit les rendre disponibles à tous les

élèves. Entre autres, les enfants dyslexiques

vont profiter également de ces mesures-là, de tableaux blancs interactifs. Et

actuellement, on est en train de tracer

le tableau, on pense que c'est très présent dans nos commissions scolaires.

Quand j'étais à Val-d'Or il y a quelques semaines, on m'a dit que c'est 100 % des classes qui ont des

tableaux interactifs. Et j'ai posé la question : Comment vous trouvez ça? Je n'ai entendu personne me dire que ce

n'était pas fantastique. C'est un outil qui est nécessaire aujourd'hui. Et, lorsqu'on investit dans les tableaux

interactifs, on investit dans la réussite scolaire. Et cessons de mettre en

opposition les technologies aux enseignants, aux autres mesures.

Mon message

est très clair : Si c'est bon pour l'élève, on doit travailler pour

fournir tous ces outils-là, y compris les

outils nécessaires, pour que l'enseignant puisse faire un bon travail. Et, à

chaque fois que j'ai rencontré un enseignant qui a travaillé avec le tableau interactif, je n'en ai pas trouvé un

seul ou une seule qui serait revenue en arrière. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Kotto) :

Merci, M. le ministre. Nous en sommes maintenant aux dernières interventions.

M. le ministre, vous allez pouvoir continuer. Vous avez un maximum de 10

minutes.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. D'abord, j'aimerais

remercier nos collègues qui nous ont amenés ici aujourd'hui pour

discuter, pendant deux heures, de l'éducation. Vous savez que, lorsque nous

avons la période de questions, c'est une question rapide avec une réponse

rapide. Donc, j'apprécie l'opportunité, aujourd'hui, d'avoir pu discuter du système d'éducation, de notre vision,

des mesures à venir, et pas seulement qu'avoir quelques minutes mais

avoir quand même deux heures de discussion.

Les travaux

d'aujourd'hui ont démontré avec éloquence la détermination du gouvernement à

offrir à la population québécoise les meilleurs services éducatifs

possible et surtout à favoriser la réussite scolaire de nos enfants. Pour le

démontrer, nous avons d'ailleurs abordé plusieurs grands pans de l'action

gouvernementale en matière d'éducation : l'organisation

des services et la gouvernance des commissions scolaires; les efforts de

réduction de la bureaucratie; le déploiement

des maternelles quatre ans à temps plein en milieu défavorisé; le soutien aux

élèves en difficulté et la future politique

de lutte contre le décrochage scolaire; la lutte contre l'intimidation;

l'importance du rôle de tous les acteurs de l'éducation, dont les

enseignants; et enfin les infrastructures, notamment l'école 2.0 et les ajouts

d'espaces.

L'éducation,

c'est une mission précieuse qui nous est confiée, une mission qui nous place

collectivement devant de grandes responsabilités et qui met en évidence

la nécessité de se renouveler pour suivre l'évolution de la société. Évidemment, dans le contexte économique actuel,

tous doivent mettre l'épaule à la roue pour que les retombées de chaque dollar dépensé par l'État soient optimisées. Il

est essentiel de le faire pour redonner à l'école québécoise la capacité

d'agir, d'évoluer et de s'adapter aux besoins en constante

transformation.

Je l'ai dit

tout à l'heure, depuis la création du ministère de l'Éducation il y a 50 ans,

le réseau scolaire a su prendre les

virages qui s'imposent. L'école est nécessairement appelée à changer pour

accompagner l'élève afin qu'il se construise et se réalise à la fois comme individu, comme citoyen et comme

travailleur et qu'il puisse relever les défis de l'avenir. Par exemple, puisqu'on sait que l'éducation

constitue un déterminant de la santé, il importe de mettre en place, dans nos

écoles, des mesures qui visent à favoriser

autant la réussite des élèves que l'adoption, par ceux-ci, de saines habitudes

de vie. Aussi, le gouvernement évalue la

possibilité de bonifier les contenus présentés dans les écoles en matière

d'éducation à la sexualité, un sujet

qui touche des réalités importantes du développement, de la santé et du

bien-être des élèves. Pour qu'ils puissent aborder ces aspects de leur

vie de façon saine, responsable et égalitaire, il faut leur donner accès à des outils d'information et de sensibilisation

adéquats. Par ailleurs, nos enfants auront besoin d'être outillés pour répondre

aux exigences de la société du XXIe siècle. Ce contexte exigera d'immenses

capacités d'adaptation et de résolution de problème,

des habiletés à communiquer et à collaborer de même que beaucoup de créativité

et d'innovation, autant de compétences

que le système d'éducation doit permettre d'acquérir. Ainsi, l'apprentissage de

l'anglais langue seconde prend toute son importance dans ce contexte

d'ouverture sur le monde. Il s'agit d'un atout indéniable tant sur le plan professionnel que personnel, qui répond aux

attentes de la population. Le gouvernement continuera donc de soutenir les

écoles afin de réunir les conditions

favorables à la réussite de l'implantation de l'anglais intensif. Tout cela,

c'est sans compter les nouvelles technologies, qui viennent bouleverser

profondément autant le marché du travail et les façons d'apprendre que la

relation maître-élève et dont il faudra tenir compte davantage dans l'avenir.

Ce ne sont là

que quelques exemples qui illustrent la nécessité de réduire les coûts associés

aux structures pour investir où cela

compte le plus : pour offrir aux élèves les conditions d'apprentissage et

les services qui favorisent leur réussite

et leur plein développement. Les défis qui nous attendent sont considérables

autant qu'ils sont complexes, mais le gouvernement est déterminé à les

relever. Guidés par une vision claire et animés d'une volonté à toute épreuve,

nous comptons y arriver en conjuguant nos

efforts avec ceux de tous les partenaires du réseau. Ensemble, comme partout

dans les organismes publics, nous

sommes engagés dans une démarche structurée, un effort de redressement des

finances qui nous permettra de

recentrer la mission de l'État et de dégager une marge de manoeuvre. Il s'agit

d'un passage obligé si nous voulons

assurer la pérennité des services publics et répondre aux besoins émergents. Le

ministère a donné l'exemple en

annonçant l'abolition de ses directions régionales, un geste qui nous permettra

de générer des économies substantielles qui pourront être réinvesties directement dans les services aux élèves.

La même recherche d'optimisation, d'efficience et d'efficacité doit être menée dans les commissions

scolaires. Je suis convaincu qu'elles peuvent le faire sans diminuer la

qualité des services aux élèves.

En terminant,

M. le Président, je veux rappeler que, dans chaque geste que je pose à

titre de

ministre de l'Éducation, du Loisir et

du Sport, j'ai une seule préoccupation : la réussite des élèves et plus particulièrement celle des

plus vulnérables. Cette réussite,

elle est ma principale motivation face aux défis qui s'annoncent. J'ai à coeur

d'offrir aux élèves du Québec les conditions d'apprentissage, l'encadrement et les services qui leur permettront de développer leur plein potentiel

et de se construire un avenir dont

ils seront fiers. Merci, M. le

Président. Et je tiens à remercier également

toute votre équipe qui est ici

présente et remercier les députés de l'opposition ainsi que les gens qui les accompagnent, ainsi

que les députés de notre parti et les

gens qui nous accompagnent. Et puis, M.

le Président, bien, je tiens à également

remercier les gens qui m'ont aidé à

préparer cette interpellation, les gens du ministère de l'Éducation qui...

pour eux, l'éducation de nos jeunes est une grande priorité.

Et, je tiens

à le rappeler, la réussite scolaire chez nos élèves, le bien-être

chez nos enfants, également la valorisation au niveau de nos

enseignants et beaucoup le support des parents, ce sont les conditions

gagnantes pour qu'on puisse améliorer notre système d'éducation. Et, comme gouvernement, nous ferons les choix nécessaires

pour que l'argent aille directement aux services aux élèves. Merci, M.

le Président.

Président (M. Kotto) :

Merci, M. le ministre. Je cède

maintenant la parole à la députée

de Pointe-aux-Trembles, qui a également un temps de parole de

10 minutes.

Mme Léger : Merci, M. le

Président. Ce qu'on parle aujourd'hui, plus particulièrement lorsqu'on parle de

coupures au niveau du service aux

élèves... M. le Président, j'apprécie que le ministre puisse nous déposer

les mesures pour aujourd'hui.

Mais,

lorsqu'on parle de ça, on parle d'achats de livres. Pour les gens qui nous

écoutent, là, c'est des achats de livres,

c'est de l'aide aux devoirs, c'est de l'aide alimentaire pour les enfants des

familles défavorisées, c'est des mesures d'accueil et de francisation des nouveaux arrivants, c'est de la lutte

contre le décrochage, c'est le plan d'amélioration du français, c'est prévenir et combattre

l'intimidation et la violence dans les écoles, c'est le dépistage des

pédophilies... des pédophiles,

pardon. Ces différentes mesures, et je ne les ai pas toutes, il va nous les

déposer, mais c'est ce type de mesures là qu'on entend actuellement dans l'actualité... et qu'on entend les

commissions scolaires et on entend les parents nous dire que c'est directement dans ces mesures-là que les

coupures se font présentement. Alors, c'est sûr, M. le Président, que l'ensemble de ces mesures-là, on ne peut pas avoir

la tête dans le sable, c'est des mesures qui touchent vraiment les enfants

et les familles du Québec. Puis, comme on le

disait plus tôt cette semaine, c'est un gouvernement qui s'attaque, à tout

point de vue, aux différents programmes qui

touchent particulièrement les familles du Québec. Ceux en éducation, d'une part, sont importants. Quand on parle de certaines

aides additionnelles, c'est majeur, puis c'est ce qui fait la différence

de la réussite scolaire chez nous enfants.

Or, quand le ministre donne la priorité à la réussite scolaire... Comment on

peut donner priorité à la réussite scolaire quand un enfant n'a pas de

petit-déjeuner dans le ventre parce qu'on vient de lui couper l'aide alimentaire, quand il n'y a plus de transport parce qu'on

vient de couper dans le transport? Ça a des effets indirects chez l'ensemble des familles. Donc, ces

types de coupure là, ce n'est pas juste la mesure seulement, c'est tous les

impacts indirects.

Je ne sais

pas si le ministre est conscient, M. le Président, de l'ensemble des impacts

indirects sur chacune des mesures,

des choix qui se font présentement, des choix difficiles imposés par le

ministre. Il ne faut pas oublier que c'est 130 millions qu'il a coupés, ce ministre-là, et qu'il demande, en

même temps qu'il fait des coupures... il demande en même temps : Faites attention, trouvez une autre

façon de ne pas que ça touche le service aux élèves, quand ce 130 millions

est directement au service aux

élèves. Il y a une incohérence difficilement explicable, du ministre présentement, M. le

Président. Et je lui ai posé

la question, de vouloir s'engager, comme ministre, directement auprès des commissions

scolaires. Le ministre ne s'est pas encore engagé d'appeler directement

les commissions scolaires, du mot d'ordre qu'il a donné nationalement, d'une façon nationale, mais ce

n'est pas ça qui se fait vraiment sur le terrain. Je lui demande, au ministre,

de s'engager, d'appeler les commissions scolaires qui ont fait ces types de coupure là qui

atteignent directement les enfants et les élèves, s'il est cohérent à lui-même, en se disant : Je ne

veux pas qu'ils coupent là. Mais, en même temps, ça se fait. Alors, il y

a un travail que le ministre doit faire présentement, et on s'attend à ça du ministre

de l'Éducation.

Pourtant,

quand il était ministre de la Santé,

il y a des courriels que le ministre de la Santé signait et il les signait

en écrivant «Yves», semble-t-il. On a cette

information-là que le ministre écrivait des courriels régulièrement au monde

de son réseau puis en signant «Yves». Alors,

pourquoi qu'il ne continue pas dans les commissions scolaires en signant

«Yves», comme quoi il s'engage, auprès des

commissions scolaires, de ne pas faire ce type de coupures là? Alors, j'invite le ministre de continuer ses bonnes habitudes

qu'il avait avec le ministère de la Santé. C'était avec ses partenaires de la

santé. S'il dit qu'il est proche des

partenaires, ce n'est pas juste de les rencontrer dans une réunion, puis de,

lui, faire parle, parle, jase, jase. Là,

il y a des choses directement, des choses directes, des actions directes qu'il

doit faire, qu'il doit faire à ce moment-ci.

Je sais qu'il sourit quand je lui dis ça, mais je le prends au mot, M. le

Président. Si vraiment il faisait ça dans le réseau de la santé, parce que c'est ce qu'on nous dit, j'espère qu'il

va le faire pour les commissions scolaires dans les prochains jours pour s'assurer que les commissions

scolaires ne coupent pas le service aux élèves. Il nous parle, entre autres, tu sais... on ne valorise pas l'éducation

aujourd'hui. Ce n'

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2014-09-26
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-41-1 journal-debats CCE-140926
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier2969f3618fd401082936b25555a86715b44b4087

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