Transportation and the Environment — 13 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2024-02-13
Quebec — Committees
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Jacques) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission
est réunie afin d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de
transition énergétique.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par M. Tremblay
(Dubuc); M. Montigny (René-Lévesque), par M. St-Louis (Joliette); M. Derraji
(Nelligan), par M. Kelley (Jacques-Cartier); et M. Grandmont
(Taschereau), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Jacques) : Merci,
M. le secrétaire.
Avant de débuter, je dépose les mémoires qui ont
été reçus depuis la fin des consultations particulières.
Nous sommes... Nous en sommes maintenant aux
remarques préliminaires pour lesquelles chaque membre dispose de 20 minutes. J'invite le ministre de l'Environnement, de
la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs à
faire ses remarques préliminaires. M. le ministre.
M. Charette : Bien gentil, merci, M.
le Président. Et, bien honnêtement, je vais être beaucoup, beaucoup plus bref
que ça pour que l'on puisse commencer les travaux le plus rapidement possible.
Alors, peut-être saluer les collègues, ce
sera un plaisir de travailler cet important projet de loi, autant mes collègues
de la
partie gouvernementale que les collègues de l'opposition.
Ce que je mentionnais lors des remarques
préliminaires, avant la consultation elle-même, c'est qu'au ministère on a le
grand, grand privilège d'être bien supportés par une équipe de fonctionnaires — ma
foi, d'une très grande compétence, mais
aussi d'une belle expertise — qui
seront aussi à nos côtés pour nous accompagner. Et, étant donné que
c'est un projet de loi qui est assez technique dans sa formulation, on pourra
recourir à cette expertise-là, avec le
consentement des collègues, volontiers. Donc, je les remercie de leur présence,
en premier lieu, le sous-ministre adjoint, M. Gibeault, et sinon,
naturellement, les gens du secrétariat, vous, M. le Président.
Et ce n'est
pas un projet de loi qui est chargé au niveau politique. C'est un projet de loi
qui était attendu, qui a été très bien accueilli par l'essentiel des
groupes qui ont pu nous partager leurs points de vue à travers la consultation.
Donc, bien heureux et bien hâte de débuter cette étude
article par article.
Donc, je n'en dirai pas plus à ce moment-ci.
Président (M. Jacques) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle et députée de Mille-Îles à faire
ses remarques préliminaires.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, je vais... je vais rendre la pareille au ministre. C'est un plaisir
d'être ici. Et je le remercie, là, de nous donner l'occasion de parler de transition
énergétique. Et évidemment je salue tous les collègues qui seront sur l'étude
de ce projet de loi. J'en profite aussi pour remercier tous les groupes qui
sont venus en commission, en consultations particulières, nous faire part de
leurs préoccupations, de leurs commentaires par rapport au projet de loi.
D'abord, je dois dire que le projet de loi est
très... Il y a... il y a plusieurs intentions qu'on ne connaît pas vraiment,
parce que le mot «par règlement» se retrouve plus de 30 fois,
34 fois, et le mot «règlement» se retrouve 54 fois dans le projet de loi, donc plusieurs des éléments devront
être précisés seulement par la suite. Et c'est difficile, là, pour autant les
groupes qui ont analysé le projet de loi que les parlementaires que nous
sommes, de voir vraiment l'impact du projet de
loi sur l'ensemble de la
population, difficile de l'évaluer.
Et c'est pour ça que nous
croyons qu'il sera nécessaire de déposer... Le ministre devra déposer ses
intentions réglementaires et tous les coûts estimés, notamment pour les PME,
mais aussi pour les citoyens, là, individuels qui pourraient être impactés,
parce que, présentement, on a peu, là, de... peu d'idée d'où tout ça pourrait
mener puisque tout va s'établir par règlement. Et je le précise, là, que,
contrairement à une loi qui est discutée ici publiquement en commission
parlementaire, où tous les groupes entendent les autres groupes parler, un
règlement, bien, ça s'écrit, bien, ce n'est pas péjoratif, mais derrière des
portes closes, où les gens ne voient pas ce qui s'écrit, et il n'y a pas de
visibilité par rapport aux commentaires. Oui, il y a une consultation, mais
elle n'est pas publique, au sens où tout le monde voit ce que tous les autres
disent, et les parlementaires ne sont pas du tout impliqués dans l'étude du règlement en question. Donc, pour ces raisons-là,
on pense qu'il va falloir avoir un petit peu plus de précision. Il y aura d'ailleurs plusieurs de nos questions qui vont
porter à cet effet. Et, pour cette même raison, c'est difficile, donc,
d'évaluer l'impact final. Et même les intentions gouvernementales, même si
elles nous sont présentées, bien, elles pourraient changer plusieurs fois en cours de route, parce
qu'un règlement, ça se change plus facilement qu'une loi. Donc, voilà. Alors,
ça, c'est un élément.
On a plusieurs... Tu sais, on a vu beaucoup
qu'on parlait de performance environnementale, mais, dans les faits, on a
compris que la préoccupation première, c'était plutôt la performance
énergétique. Et là je vais... je vais mentionner que, tu sais, on a parlé
beaucoup de transition énergétique, on a eu des groupes qui sont venus nous en parler, dont Hydro-Québec, mais
l'autoproduction, c'est une des manières d'y arriver et ça doit être
correctement encadré. Ça ne fait pas
partie du projet de loi, mais on
doit la faciliter. Et là il y a peut-être une opportunité ici, là, à regarder
qu'est-ce qu'on pourrait faire pour faire un petit pas en avant vers cette
autoproduction-là, qui serait facilitée.
Ensuite, je
vais peut-être juste mentionner les grands points qu'on va pouvoir discuter,
mais qui a été présenté par les
groupes. Mais le code du bâtiment... On souhaite créer... Le projet de loi
prévoit de créer un code du bâtiment durable qui serait établi par le ministère
de l'Environnement. Bien, la très, très grande majorité des groupes, si ce
n'est pas de la totalité, nous ont mentionné qu'il y avait un très grand
risque de cohérence et que... et qu'en fait ça devrait rester sous l'égide, là, de la Régie du bâtiment, dans le
code du bâtiment, mais avec la participation du ministère de l'Environnement. Alors,
évidemment, on viendra en parler lors de l'étude détaillée.
Il y a aussi
la question de l'autonomie municipale qui était... qui était inquiétante, qui a
été soulevée à maintes reprises. Et on y reviendra. On aura des propositions
d'amendements en ce sens. Il y a des craintes d'augmentation de la
bureaucratie qui a été soulevée, toute la question des données, la difficulté
d'obtention des données par les locataires qui a été soulevée et tout
l'enjeu... bien, est-ce qu'on parle de performance environnementale. Et, si
oui, bien, à ce moment-là, c'est beaucoup plus large que peut-être juste ce qui
est écrit ici, dans le projet de loi, où on semble plutôt s'enligner sur une
performance énergétique des bâtiments.
Et puis finalement, bien, il y a tout l'enjeu
aussi des coûts, qu'est-ce que... qu'est-ce que ce projet de loi là pourrait
avoir comme impact sur les coûts, est-ce qu'il y aura des aides
gouvernementales qui viendront. Ça, c'est un élément qui a été soulevé. Puis ça
va venir, j'aurai... j'aurai des questions... on aura des questions à ce
sujet-là.
Et puis, par la suite, là, il y a eu d'autres
éléments qui ont été soulevés, notamment par rapport au gaz... Ça, c'est sûr que ça a été un enjeu, là, qui a... qui
ne fait pas... On a vraiment des positions complètement, là... Il y a des
groupes qui sont pour le maintien du
gaz dans... le gaz naturel, d'autres, qu'on doit sortir complètement du gaz.
Donc, ça aussi, il y aura des éléments à vérifier et à poser des
questions.
Et, par la suite, M. le Président, bien, on va
regarder ça en détail lors de l'étude détaillée. Mais je pense que ça fait le tour, là, des points principaux que je
voulais vous mentionner d'entrée de jeu. Alors, ce sera bien intéressant
comme projet de loi, et je remercie encore une fois le ministre pour cette
opportunité. Merci.
Le Président (M. Jacques) : Merci,
Mme la députée de Mille-Îles. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition, Mme la députée de Verdun, pour vos remarques
préliminaires.
Mme Zaga Mendez : Merci, monsieur...
merci, M. le Président. Je veux saluer à tous les membres de la banquette
ministérielle, M. le ministre, les collègues aussi, de la première opposition.
Nous abordons l'étude de ce projet de loi autant
avec ouverture que des questions et, bien sûr, des propositions afin
d'accroître l'efficacité énergétique de nos bâtiments, et tout ceci dans une
optique de réduction des gaz... des
émissions de gaz à effet de serre. La cotation qui est présentée, nous l'avons
déjà dit, pour nous, c'est un pas de l'avant, mais c'est un peu le
minimum à atteindre dans les circonstances.
Ce que nous souhaitons, bien sûr, c'est faire
preuve d'ambition, surtout par les normes qui vont être établies. On parle que 10 % des émissions de GES au...
au Québec viennent du secteur du bâtiment, ce qui équivaut aux émissions
de 1,6 million de voitures. Et on le
sait que c'est principalement dû au chauffage. Nous avons aussi entendu Hydro-Québec nous admettre que 85 %
des résidences qui se chauffent à l'électricité n'utilisent pas des équipements
efficaces. Donc, selon nous, le maximum doit être mis en oeuvre pour
réduire la pression de la demande d'électricité en réduisant d'abord, avant tout, le gaspillage d'énergie, et
qui émane principalement de l'ensemble des bâtiments, et en majorité causé
par le chauffage.
On est aussi inquiets par les différentes
réglementations qui vont découler de ce projet de loi. On le sait que ça va être crucial pour atteindre les objectifs de
décarbonation qu'on s'est fixés, et on sait que c'est le règlement surtout... c'est
le règlement qui va définir la cotation qui va nous permettre de mesurer le
niveau d'ambition du gouvernement. Je veux quand même mettre une mise en garde
que, pour nous, pour garantir une cotation énergétique ambitieuse, le projet de loi doit s'appliquer à l'ensemble du parc
immobilier, en bout de compte, et le plus rapidement possible. On va donc demander d'inclure un échéancier pour
savoir quand l'ensemble des bâtiments seront concernés par la cotation. Ce qu'on demande : bien sûr, que ça se fasse
dans un délai raisonnable, mais en prenant en considération les objectifs de réduction
des gaz à effet de serre que le Québec s'est donnés.
On a entendu plusieurs groupes s'exprimer, comme
Vivre en Ville, le ROEE, l'UMQ. (Interruption) Pardon. Ce projet de loi doit
instaurer un seuil minimal en ce qui concerne des normes de performance
écoénergétiques des bâtiments, et ne pas plafonner, voire couper les
initiatives des différentes municipalités. Donc, le pl n° 41, pour nous,
doit être un seuil pour encourager les municipalités à aller bien au-delà. Et,
si les règlements qui sont adoptés par le pl
n° 41 ne sont pas assez ambitieux, on va enlever aux municipalités la
possibilité de faire eux-mêmes des règlements pour combler des lacunes
et arriver à ses propres objectifs de réduction des gaz à effet de serre.
Pour nous, le principe de préséance qui est
présent, qui est encore dans le projet de loi, il doit... on doit réparer l'erreur. Parce que c'est un principe qui
est déjà dans la
Loi sur la qualité
de l'environnement, et nous sommes
en train de doubler cette erreu