Labour and the Economy — 14 June 2007 (38th Legislature, 1st Session)

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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)

32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)

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31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)

31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)

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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)

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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)

27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)

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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)

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25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)

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20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)

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Le jeudi 14 juin 2007 - Vol. 40 N° 6

Étude des crédits du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (2): volets Innovation et Exportation

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Table des matières

Documents déposés

Innovation et Exportation

Remarques préliminaires

M. Raymond Bachand

M. André Riedl

M. Alexandre Cloutier

Discussion générale

Évolution du niveau des exportations

Facteurs de ralentissement de la croissance des exportations

Secteurs à privilégier en matière d'innovation et de développement commercial

Évaluation des retombées des investissements en innovation

Répartition des crédits alloués à la Stratégie québécoise

de la recherche et de l'innovation de 2007 à 2010

Niveau des investissements dans les infrastructures de recherche en 2006-2007

Effets des investissements en recherche et innovation

sur la création d'emplois et de richesse

Résultats des investissements en innovation, recherche

et développement sur le niveau des exportations

Stratégie d'augmentation et de diversification

des exportations vers l'Europe et l'Asie

Actions entreprises dans le but de favoriser l'exportation

d'hydroélectricité aux États-Unis

Participation du Québec à un accord de libre-échange Canada-États européens

Document déposé

Financement du Centre québécois de développement durable

Évaluation des besoins et des perspectives de la relève scientifique

Financement de la Boîte à science

Bilan des activités du Conseil des partenaires de l'innovation

Respect des champs de compétence en matière d'éducation et de recherche

Impact de la hausse de la valeur du dollar canadien sur les exportations

Orientations relatives aux échanges commerciaux avec la Chine

Impact de la hausse de la valeur du dollar canadien sur les exportations (suite)

Orientations relatives aux échanges commerciaux avec la Chine (suite)

Stratégie visant à augmenter la productivité des PME

Montant des crédits d'impôt pour la recherche

Indicateurs de performance des centres collégiaux de transfert technologique

Critères d'admissibilité aux budgets de recherche en région

Soutien financier à la maturation technologique

Critères de sélection des projets financés à

l'étape de la maturation technologique

Adoption des crédits

Document déposé

Autres intervenants

Mme Catherine Morissette, présidente

Mme Lucie Charlebois

M. Jean-François Gosselin

M. Pierre Arcand

M. Marjolain Dufour

M. Emmanuel Dubourg

* Mme Geneviève Tanguay, ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation

* M. Gilles Demers, idem

* Témoins interrogés par les membres de la commission

Note de l'éditeur:

La commission a aussi siégé en après-midi pour l'étude des crédits du ministère du Tourisme. Le compte rendu en est publié dans un fascicule distinct.

Journal des débats

(Vingt heures deux minutes)

La Présidente (Mme Morissette): Alors, bonsoir tout le monde. On va débuter pour être certains de ne pas terminer trop tard. Alors, je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande encore une fois à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

La commission est réunie afin de compléter l'étude des crédits budgétaires relevant du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation pour l'année financière 2007-2008. Une enveloppe résiduelle de trois heures a été allouée pour l'étude du volet Innovation et exportation. Je vous suggère de procéder comme cet après-midi, donc dans une discussion d'ordre général, par bloc de 20 minutes environ par groupe parlementaire comprenant les questions des députés et les réponses du ministre.

À la fin du bloc de trois heures, je vous informe que je vais mettre aux voix l'ensemble des crédits du ministère quelques minutes avant l'expiration du bloc. Alors, si la façon de fonctionner convient à tous, on peut dès maintenant commencer avec les remarques préliminaires. Conformément à la décision du président de l'Assemblée, chaque groupe parlementaire bénéficie de 10 minutes pour ses remarques préliminaires. Alors, M. le ministre, à vous la parole pour 10 minutes.

M. Bachand: Mme la Présidente, si vous me permettez, avant que ça entre sur mon temps de remarques préliminaires, il y avait deux dépôts de documents dans notre commission parlementaire, il y avait deux informations qui avaient été demandées par le parti de l'opposition officielle et qui étaient la rémunération comparative par élément de programme. Alors, ça me fait plaisir de déposer le document en réponse à la demande de...

La Présidente (Mme Morissette): Vous parlez du bloc qu'on a fait lundi?

M. Bachand: Oui, qui est dans le même ministère.

La Présidente (Mme Morissette): O.K., oui, pour la partie, lundi.

M. Bachand: C'est un autre élément, mais par courtoisie, quand on dit qu'on va répondre, on répond. Et l'autre élément qui avait été demandé aussi, c'était l'évolution du commerce avec la Chine, l'Inde et ailleurs dans le monde, là, des échanges import-export du Québec dont on parlait. Alors, voici le deuxième document qu'il me fait plaisir de déposer, et peut-être que vous pouvez faire des copies pour nos collègues.

La Présidente (Mme Morissette): Oui, on va le coter, puis il y aura des copies qui seront faites puis...

M. Bachand: S'ils veulent poser des questions, vous leur donnerez la copie à 23 h 30 ce soir, ça va être parfait.

Documents déposés

La Présidente (Mme Morissette): O.K. Mme la députée de Groulx aussi en recevra une copie. Alors, on accepte le dépôt des deux documents que le ministre vient de nous présenter.

Innovation et Exportation

Remarques préliminaires

Alors, vous êtes prêt pour votre 10 minutes? À vous la parole.

M. Raymond Bachand

M. Bachand: Merci, Mme la Présidente. Alors, on l'a vu au cours de la séance précédente, il me fait plaisir de continuer l'étude des crédits du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Ce soir, on va se concentrer sur l'innovation et l'exportation. Alors, bonsoir, bonsoir à tous. C'est parce que je voulais présenter les gens qui étaient ici. Vous avez la liste? Merci. Merci beaucoup.

Alors, ce soir, avec nous ici, bien sûr, comme l'autre jour: Gilles Demers, notre sous-ministre; Mme Tanguay, notre nouvelle, d'ailleurs, sous-ministre adjointe à la Recherche, Science et Technologie; François Bouilhac, qui était là la semaine dernière, sous-ministre adjoint aux Affaires économiques internationales ? alors donc, vous avez les deux sous-ministres clés; M. Coljon, qui est à la Direction générale...

Jean-Pierre Coljon, des affaires économiques internationales; Laurent Cardinal, Direction de la politique commerciale; Mme Linda Landry, Direction de la planification et de l'évaluation; Louis Gilles Picard, à la Direction générale des services de gestion; Marlaine Côté, Direction des ressources financières ? la directrice; Francis Mathieu, chef de service par intérim à la planification budgétaire; et nous avons M. Babin, qui est le P.D.G. du Fonds québécois de recherche sur la société et culture. Est-ce que Mme Dillard est arrivée?

Elle n'est pas arrivée, alors Mme Dillard va arriver tout à l'heure, qui est la présidente-directrice générale du Fonds québécois de la recherche sur la nature, les sciences et les technologies, donc deux de nos trois grands fonds de recherche. Conformément à mon habitude et à ma politique, ça me fait plaisir que les parlementaires puissent interroger directement les sous-ministres et les dirigeants de nos grands organismes. Je pense que c'est important pour l'Assemblée nationale.

Alors, on a vu il y a quelques jours que le Québec va bien au niveau économique, même s'il nous reste des défis majeurs à faire, particulièrement dans le secteur manufacturier. On a parlé des actions majeures qu'on a prises comme gouvernement pour stimuler l'investissement, particulièrement en matière manufacturière, et, ce soir, des actions majeures que nous avons prises en innovation et l'exportation.

En innovation, c'est la clé du développement économique pour nous, pour moi, comme ministre. Le Québec fait déjà bien, on est peut-être septième dans les pays de l'OCDE. 28 % des dépenses de R & D du Canada sont faites au Québec. Le ratio qui est étudié généralement, c'est combien on fait de R & D par rapport au produit intérieur brut de la société. Ici, c'est 2,74 %. On est parmi les meilleurs dans le monde occidental, on est dépassés par deux pays scandinaves, par le Japon, mais on est parmi les meilleurs. Et on est en avant des États-Unis qui est à 2,68 %, on est en avant de l'Ontario qui est à 2,44 %.

Mais malgré ça la concurrence augmente dans le monde entier, et l'innovation étant le fer de lance du développement économique, on a donc adopté une Stratégie québécoise de recherche et d'innovation annoncée, en décembre dernier, Pour un Québec innovant et prospère , saluée par tous les intervenants du milieu, y compris le Dr Camille Limoges qui avait été critique auparavant, et dans laquelle nous avons annoncé des investissements additionnels de 900 millions sur les trois prochaines années.

Et nous allons agir à tous les processus de l'innovation: 400 millions pour renforcer la recherche publique, l'appui à la recherche industrielle et à l'innovation dans les entreprises, de même que pour compléter et renforcer les mécanismes de valorisation. Au fond, la moitié de l'argent, 420 millions, c'est pour les infrastructures, renouveler nos équipements parce que les équipements scientifiques, ça devient désuet après trois, quatre, cinq ou sept ans.

Donc, il faut renouveler l'ensemble des équipements pour qu'on ait parmi... si on veut former parmi les meilleurs scientifiques du monde, que ce soit dans nos facultés médicales, dans nos hôpitaux, que ce soit dans nos laboratoires scientifiques, en technologie, en physique, en chimie, il faut avoir des équipements à la fine pointe, donc la moitié de l'argent, 420 millions, c'est pour ça. Et l'autre moitié, fondamentalement, c'est pour transférer la recherche à l'entreprise. Notre défi au Québec, c'est d'amener l'innovation dans la PME. Nos grandes entreprises sont innovantes, nos PME le sont moins.

On a donc modifié aussi les crédits d'impôt, 80 millions additionnels en appui à la recherche et développement, pour s'assurer que les petites entreprises en bénéficient plus. On a, dans la stratégie... aéronautique, on avait aussi investi des sommes. En tout, sur quatre ans, c'est 1,2 milliard d'investissements additionnels.

Particulièrement aussi, il y a des aspects de cette stratégie qui visent à stimuler les entreprises manufacturières. Le nouveau programme de rétention des investissements en recherche aussi, il y a une enveloppe de 35 millions. On veut attirer les centres de recherche au Québec, les centres de recherche internationaux. On n'avait pas les outils pour attirer les centres de recherche internationaux. On a des outils, avec Investissement Québec, au niveau des entreprises, mais, au niveau des centres de recherche, on n'en avait pas, c'était une décision complexe qu'il fallait monter au Conseil des ministres. On a maintenant cette enveloppe pour faire ça.

Pour aider la PME, on a aussi renforcé les centres collégiaux de transfert de technologie. On pense réaliser 300 nouveaux projets entre les centres collégiaux de transfert de technologie et les entreprises pour qu'ils innovent, pour qu'ils modernisent. La PME, on le sait, a besoin d'aide, a besoin de conseils, et on a un réseau de CCTT exceptionnel. Donc, 10 millions de plus sur les trois prochaines années, et ça, c'est dans toutes les régions du Québec.

(20 h 10)

On va favoriser les regroupements sectoriels de recherche. La clé de la recherche, c'est que les gens soient regroupés ensemble, les chercheurs soient regroupés ensemble. Il y a des regroupements sectoriels, on va ajouter 40 millions à ces regroupements, un peu comme en aéronautique vous avez le CRIAQ.

On a le programme de vitrines technologiques, qui est un programme qui fonctionne très bien, mais dans lequel on veut qu'il soit plus costaud, qu'on fasse plus de projets. On ajoute 9 millions, dans ce programme, sur les trois prochaines années. Les vitrines technologiques, fondamentalement, c'est l'entreprise qui invente, qui développe un produit. La première vente, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Il faut l'amener sur le marché étranger, parfois il faut l'insérer dans une entreprise, et donc, la première, c'est la plus coûteuse, et donc on va appuyer ça.

On a aussi travaillé sur le crédit d'impôt pour le design; 350 entreprises devraient bénéficier de ce crédit d'impôt amélioré pour le design.

Globalement, Mme la Présidente, les crédits du ministère, dans la Recherche et Innovation, pour l'année en cours, sont accrus de 19 % et vont atteindre plus de 310 millions de dollars. Premier grand volet du débat de ce soir donc, l'innovation, c'est vraiment une des clés du développement.

Mais on a beau avoir des entrepreneurs qui ont du capital de risque, qui innovent, il faut aussi vendre sur les marchés étrangers, et donc on va parler d'exportations ce soir. Les exportations qui ont atteint, en 2006, un niveau record de 151 milliards de dollars, en hausse de près de 4 %, 3,9 %, contribuent donc, de façon importante, à notre performance économique. Et ça, c'est malgré un contexte, on le sait, difficile, entre autres avec la hausse du dollar, parce que la hausse du dollar normalement devrait handicaper, nos exportations coûtent plus cher. Alors, malgré ça, malgré les prix de l'énergie plus chers, les exportations du Québec augmentent.

Ceci étant, il faut continuer à prendre des initiatives, c'est ce qu'on a fait dans la forêt. On a des secteurs qui connaissent des difficultés, comme le vêtement, on le sait. Alors, on a des initiatives, particulièrement dans l'industrie de la mode avec laquelle on va venir avec une stratégie particulière très bientôt. Mais la mode haut de gamme, déjà on l'appuie avec des initiatives d'exportation assez pointues sur les marchés américains, sur les marchés du Japon, ou encore dans le secteur des constructions à ossature de bois au Royaume-Uni. On a donc des bonnes perspectives en 2007.

On sait qu'à peu près trois emplois sur 10 au Québec dépendent de l'exportation, c'est un domaine où pratiquement on a 30 % de nos jobs qui dépendent de l'exportation. On est une société très exportatrice, et donc il faut continuer à travailler sur ce domaine-là. Donc, dans notre politique internationale, qui a été adoptée aussi au cours des 12 derniers mois, la moitié de la politique internationale, qui est peut-être plus examinée avec la commission qui regarde le ministère des Relations internationales, mais la moitié de cette politique économique est d'ajouter des conseillers économiques à l'exportation et de soutenir nos entreprises dans le domaine.

Je vois, Mme la Présidente, que je vais manquer de temps bientôt. Simplement pour dire qu'on a réalisé, cette année, 200 activités de promotion pour soutenir nos entreprises. On accompagne nos entreprises à l'étranger, on les soutient. Ce n'est pas tous des voyages ministériels, c'est beaucoup de travail qui se fait dans le ministère, et ça a permis de réaliser 500 millions de dollars de ventes pour nos entreprises.

Il y a à peu près 1 500 entreprises au Québec qui ont bénéficié du soutien des conseillers du ministère, qu'ils soient en poste au Québec ou qu'ils soient en poste à l'étranger, et 50 organismes dans la société qui oeuvrent auprès des entreprises exportatrices. Parce que ce n'est pas juste le ministère, il y a des organismes, un peu partout à travers le Québec, qui les conseillent, qui les soutiennent; on en appuie une cinquantaine de ceux-là. Il y a eu des missions commerciales, cinq de niveau ministériel, qui ont été élaborées.

Et bien sûr j'aimerais vous parler, ce soir, évidemment, du Sommet Canada-Union européenne, parce que le premier ministre Charest, à Davos, avait lancé ce vaste projet de créer un espace économique entre le Canada et l'Europe, ce projet dont on reparlera tout à l'heure mais qui va permettre d'ouvrir l'ensemble du marché européen pour le Québec, abolir les barrières et surtout de permettre éventuellement une mobilité de main-d'oeuvre, parce qu'on sait que c'est un des défis. Donc, on a ouvert le front européen, et ça a été réussi, parce que M. Harper et la chancelière Merkel, au nom de l'Europe, ont signé un accord en disant qu'ils s'engageaient à démarrer dans cette voie.

Et je ne voudrais pas abuser de mon temps, Mme la Présidente, et donc on continuera tout à l'heure. Merci beaucoup.

La Présidente (Mme Morissette): Vous avez bien rempli votre 10 minutes. Alors, maintenant, au tour de l'opposition officielle pour les remarques préliminaires. M. le député d'Iberville.

M. André Riedl

M. Riedl: Merci, Mme la Présidente. Pour commencer, j'aimerais saluer le ministre et son équipe, nos collègues de la deuxième opposition, les autres participants, évidemment mes collègues Éric Charbonneau, député de Johnson, mon recherchiste, Martin Mathieu... pardon, Mathieu Marchand, les deux M-M.

Alors, voilà. Je veux vous dire, Mme la Présidente, que c'est un privilège pour moi de me retrouver ici, ce soir, pour discuter d'un projet d'une importance stratégique pour le Québec, notre capacité de compétitionner et d'exporter nos biens et services dans l'arène du commerce international.

J'aimerais rassurer le ministre de ma critique objective et non partisane dans cet exercice de la plus haute importance pour le Québec qui, malgré tous ses atouts naturels et économiques, est menacé par les enjeux mondiaux, dont les pays comme la Chine et les Indes, qui représentent à la fois l'opportunité et la menace.

M. le ministre, dans vos commentaires du Journal des débats sur cette même commission, en avril de l'année passée, vous dites que « la prospérité du Québec repose sur la performance de nos exportations sur les marchés extérieurs » . Je crois pertinent de mentionner qu'à l'heure où on se parle, il n'est nullement question de prospérité mais d'absence totale de manoeuvre financière du gouvernement causée par un endettement colossal, de pertes d'emplois manufacturiers et de menaces venant de pays émergents.

Le Québec ayant rejoint les Provinces maritimes dans la catégorie des provinces pauvres, le défi exportation devient un enjeu des plus impératifs pour retrouver, à tout le moins, un équilibre financier au Québec.

Peu importent les vues de chaque formation ou de chacun sur la situation politique du Québec, il nous incombe comme gouvernement d'assurer, à tout le moins, notre autonomie dans ce domaine. Il y a eu une discussion pointue, cet après-midi, dans une autre commission, sur l'autonomie. Évidemment, l'ADQ a fait de l'autonomie un de ses chevals de bataille politiquement, mais, en ce qui me concerne, moi, l'autonomie, c'est un élément de responsabilité.

Alors, quand je parle d'autonomie financière, d'autonomie de nos affaires commerciales, j'entends notre entière responsabilité où je suis persuadé que nous avons les moyens de les réaliser. Je vous interrogerai donc, M. le ministre, au cours des prochaines heures, sur l'efficacité de notre mission et des résultats obtenus et surtout de nos stratégies d'innovation et de croissance dans le domaine de nos exportations.

J'ai eu la chance, cette semaine, d'interroger la ministre des Relations internationales sur la question. La ministre a sans doute noté chez moi une vive passion pour cette question. Le rôle que m'a confié le chef de l'opposition officielle est très clair: veiller à ce que l'économie du Québec puisse atteindre son plein potentiel économique à partir d'un support important en innovation, en recherche et développement indispensable pour rencontrer et dépasser nos objectifs d'exportation.

Ce matin, dans Le Soleil , je lisais ce que je considère qui est une nouvelle révélation du Conference Board, de ce matin, qui viennent ajouter non seulement une pertinence, mais une urgence de repenser peut-être notre leadership dans notre stratégie de l'innovation. Je vais vous en faire part dans quelques minutes. Mais, en conclusion de mes commentaires, je veux vous dire que la mesure de l'efficacité de nos investissements et de nos efforts en innovation, c'est effectivement les résultats mesurables de nos exportations.

(20 h 20)

Bon, allons tout de suite à la mesure de nos exportations. J'ai ici un tableau du commerce extérieur du Québec, de Statistique Canada, de 1981 à 1900... c'est-à-dire jusqu'à date, et puis on voit ici que nos exportations, en 2005, sont effectivement au même niveau, M. le ministre, qu'elles étaient en l'an 2000. Alors, quand je parle de...

Évidemment, je considère d'une stratégie extrême le support que l'on doit donner à nos PME en innovation et en recherche et développement, mais, étant un homme d'affaires, je cherche toujours à accommoder ou... les résultats avec les efforts et les investissements, et, M. le ministre, au niveau de nos exportations, entre l'an 2000 et l'an 2005, il n'y a effectivement pas eu d'amélioration, alors, ce qui va me faire, dans les moments qui vont suivre, questionner l'efficacité et la pertinence de notre politique et nos pratiques d'innovation.

Mais, au niveau de l'économie en général, le Québec est une petite économie ouverte. Notre marché intérieur est trop petit pour écouler toute notre production tout en atteignant un volume suffisant pour réaliser des économies d'échelle. Donc, pour établir des entreprises de taille importante au Québec, nous devons exporter. De même, on ne peut pas tout produire nous-mêmes pour répondre à tous nos besoins, nous devons donc importer également.

L'importation de produits n'est pas un problème, on peut toujours se fier aux Chinois pour inonder notre marché avec leurs produits, mais, justement, au Québec, nous devrions être capables de faire pareil, on doit faire pareil. Les exportations constituent 53 % de notre profit intérieur brut, notre PIB, comme vous le dites dans votre document. J'aimerais voir un Québec capable d'innover et de développer de nouveaux produits et de les vendre partout dans le monde.

Alors, je vous pose ma première question... Pardon?

La Présidente (Mme Morissette): Pas tout de suite.

M. Riedl: Ah! O.K. Je m'excuse.

La Présidente (Mme Morissette): Pour tout de suite, on va terminer les remarques préliminaires...

M. Riedl: On va revenir.

La Présidente (Mme Morissette): ...d'abord et la deuxième opposition aussi...

M. Riedl: Ah! je m'excuse. O.K. Merci.

La Présidente (Mme Morissette): ...qui aura 10 minutes. Vous avez terminé pour vos remarques préliminaires, M. le député?

M. Riedl: Oui.

La Présidente (Mme Morissette): Vous êtes trop pressé. Alors, on est rendus à un 10 minutes pour la deuxième opposition. En remarques préliminaires, M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Alexandre Cloutier

M. Cloutier: Merci, Mme la Présidente. D'abord, je veux saluer les gens du ministère qui sont avec nous ce soir. Ce n'est pas à tous les jours qu'on a un si grand privilège de rencontrer des gens aussi compétents. Je vais tenter d'utiliser le temps qui m'est alloué de manière la plus convenable possible.

Mme la Présidente a lancé un message d'ouverture la semaine dernière. En fait, en début de semaine, j'ai tenté, dans ces mots introductifs, d'être le plus constructif possible. Alors, M. le ministre, peut-être y trouverez-vous des bonnes idées pour bonifier votre politique. Mes propos vont se limiter principalement au domaine de la recherche et du développement.

Alors, il me semble, M. le ministre, que le défi que le Québec doit se donner en matière de recherche et de développement, c'est celui d'attirer, sur son territoire, les meilleurs chercheurs-professeurs. Le Québec doit d'abord absolument corriger la situation du sous-financement de ses universités. L'éducation postsecondaire se doit d'être remise en tête de liste des priorités gouvernementales. Dois-je rappeler au ministre la situation de sous-financement tant pour les universités que pour les collèges?

Il m'apparaît essentiel également d'offrir aux professeurs québécois des conditions de travail comparables à l'ensemble des provinces canadiennes mais également aux autres pays industrialisés. Si vous comparez, au moment où on se parle, le salaire d'un professeur de droit de l'Université Laval de première année avec le salaire d'un professeur de droit de l'Université de Toronto, je vous le dis, vous allez être extrêmement surpris.

Le Québec doit offrir également des bourses d'études généreuses pour inciter les étudiants de deuxième et troisième cycles à poursuivre leurs études au niveau universitaire. Alors, s'il y a une trop grande disparité entre le monde universitaire et le milieu privé, bien les gens sont attirés à quitter la recherche pour joindre le secteur privé, et à mon sens les bourses doivent être de niveau assez substantiel pour retenir les étudiants pour poursuivre des recherches universitaires.

Le Québec doit également attirer les meilleurs étudiants étrangers sur son territoire. Le Québec doit mettre en place des fonds de recherche accessibles aux meilleurs étudiants des autres pays et prévoir des mesures incitatives pour qu'ils s'installent ici. Si on veut avoir chez nous des universités de calibre international, on doit également avoir des étudiants de calibre international.

Le Québec doit également faciliter la recherche en région. Je suis un de ceux qui a quitté ma région natale à l'âge de 16 ans, et je constate, maintenant que j'ai fait un retour à l'âge de 30 ans, à quel point les jeunes qui quittent pour faire des études universitaires ne reviennent que de manière très limitée dans leur région natale, et le gouvernement du Québec doit faire en sorte de mettre en place des mesures incitatives pour que les étudiants qui poursuivent des recherches de haut niveau puissent le faire sur l'ensemble du territoire du Québec.

Il faut également à mon avis, M. le ministre, bonifier l'ensemble des fonds de recherche existants en ramenant les sommes du fédéral au Québec. Est-ce que j'ai besoin de rappeler que la politique du ministre fait, entre autres, référence aux fonds existants du fédéral? Et est-ce que j'ai besoin de dire qu'il s'agit là de l'exemple parfait du pouvoir fédéral de dépenser?

L'éducation est évidemment une compétence provinciale, mais force est de constater que cet empiètement-là sur nos champs de compétence... il me semble que, si on allait chercher l'argent qui nous revient, on pourrait bonifier nos fonds du Québec, mais également ça faciliterait l'arrimage entre les fonds québécois et les fonds canadiens.

Il y a des bourses... les bourses d'études supérieures du Canada, c'est 35 000 $ par année. Les plus importantes bourses d'études pour les étudiants en sciences humaines, ce sont des bourses fédérales, pourtant un champ de compétence provinciale. Dois-je rappeler que le CRSNG a investi plus de 6 milliards de dollars dans la recherche fondamentale et a vu son budget au fédéral passer de 200 à 902 millions. Le CRSH descend à 306 millions. Évidemment, une

partie de ces fonds-là sont investis au Québec. Il s'agit là évidemment du pouvoir fédéral de dépenser. Et j'espère que le gouvernement libéral fera en sorte d'aller chercher l'argent nécessaire pour récupérer et pour mieux investir cet argent-là dans les fonds québécois.

Puisqu'on parle des fonds universitaires, je ne peux pas passer sous silence les coupures drastiques qui ont eu lieu en 2003. Pendant quatre ans, les budgets ont été gelés. Évidemment, cette situation-là tente d'être corrigée présentement, mais on ne peut pas passer sous silence le retard qu'on a accumulé pendant ces quatre années de gel des fonds québécois. Les fonds sont passés de 159 millions, en 2002, à 148,7 millions, en 2003, une baisse d'environ 11 millions, situation qui a perduré jusqu'au budget 2007-2008.

Enfin, Mme la Présidente, en campagne électorale, en 2003, le Parti libéral annonçait qu'il fallait que l'investissement en recherche et développement atteigne 3 % du PIB au Québec d'ici 2010. Les derniers chiffres nous laissent toutefois entrevoir que, depuis qu'ils sont au pouvoir, les dépenses en recherche et développement sont passées de 2,78 % à 2,72 % du PIB jusqu'en 2004, et, à ce que je sache, il n'y a pas d'autre chiffre à l'appui. Alors, pour ce qui est de cet espoir d'atteindre et d'augmenter le pourcentage du PIB en recherche et développement, il m'apparaît que cet objectif n'a pas été atteint.

Considérant l'importance de la recherche et du développement, la suite de mes propos tentera de m'assurer que les promesses qui ont été annoncées à l'automne dernier soient respectées. Merci.

La Présidente (Mme Morissette): Merci beaucoup, M. le député de Lac-Saint-Jean. Est-ce qu'il y a d'autres députés qui souhaitaient intervenir du côté de l'opposition puisqu'il reste un peu de temps? Je l'offre. Parfait.

Discussion générale

Alors, on peut débuter, à ce moment-là, l'étude des crédits. Je suis maintenant prête à reconnaître M. le député d'Iberville, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires internationales et exportation.

Évolution du niveau des exportations

M. Riedl: Bon. Alors, comme j'ai terminé mes commentaires sur une note inquiétante à l'effet que nos exportations, en 2005, sont au même niveau qu'à l'an 2000, alors j'aimerais que M. le ministre puisse nous expliquer ça et peut-être nous donner une indication dans quel domaine... entre autres, je peux vous en mentionner une ici, j'ai une autre statistique au niveau de la haute technologie, que, de 2000 à 2006, les exportations, au Canada, en haute technologie, ont diminué de 20 %, dans le reste du Canada, de 9 %, et, au Québec, de 34 %.

On semblerait avoir... alors, on a un problème global au niveau du total de nos exportations mais particulièrement en haute technologie. Est-ce que vous pouvez nous donner une indication de cet écart, M. le ministre... Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

(20 h 30)

M. Bachand: Mme la Présidente, on n'a pas les mêmes chiffres, ça ne vous surprendra peut-être pas, mais je suis surpris. Moi, ce que j'ai devant moi sur l'évolution... vraiment les exportations du Québec vont bien, parce qu'autour de la même période... puis, nous, je vous dirais, on part de 2002 ou de 2003, là, vous comprendrez, c'est depuis ce temps-là que le Parti libéral est au pouvoir. Mais même, en 30 secondes, pour partir de 2000, ici, moi, j'ai des exportations québécoises de 141,7 milliards de dollars en l'an 2000 et de 151 milliards de dollars en l'an 2006, et il y a eu une baisse en 2002.

D'ailleurs, les deux dernières années du Parti québécois, il y a eu une baisse ? je ne dis pas que c'est de leur faute, je dis que c'est les statistiques économiques qui sont comme ça ? mais, depuis 2003, c'est en progression. Et là on est en hausse pour une troisième année consécutive, on est passés de 84 milliards, 87 milliards, 92 milliards, 95 milliards, là, en 2003, 2004, 2005 et 2006, et ça, malgré le fait que, pendant ce temps-là, le dollar canadien a connu une hausse spectaculaire.

Il était probablement... à la fin 2006, mettons qu'il était à 0,90 $, il était... il a monté comme de 35 % pendant cette période-là.

Malgré cette hausse du dollar, il y a une hausse importante des exportations des entreprises québécoises. Ce n'est pas égal selon les secteurs d'activité et ça varie effectivement selon... de mois en mois d'ailleurs, surtout l'aéronautique. Parfois, on regarde ça, mais là c'est des avions au complet, là, ça ne se vend pas... ils n'en vendent pas tous les mois, alors les...

Mais globalement les exportations du Québec de biens et services sont en croissance, pas autant qu'on le voudrait ? on est toujours plus ambitieux que ce qu'on a ? mais elles sont en croissance à la fois vers l'étranger, à la fois aussi vers les autres provinces. On augmente vers d'autres pays, mais le coeur demeure les États-Unis, on ne se contera pas d'histoire, mais on essaie quand même d'ouvrir notre marché aussi.

Eh bien, on a une foule d'outils pour aider les entreprises en exportation, mais je ne veux pas allonger trop la réponse, on a essayé de convenir de faire des réponses plus courtes aux questions plus courtes. Alors, je vous relance la balle parce que je pourrais parler de ce qu'on fait pour aider les entreprises en exportation.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député d'Iberville.

Facteurs de ralentissement

de la croissance des exportations

M. Riedl: Alors, vous avez fait un commentaire qui amène une autre question. Quand vous dites: Bien là, on n'a pas les mêmes chiffres, alors là je vous crois sur parole que vous avez une croissance. Mais vous avez ajouté que ce n'est pas la croissance que vous auriez souhaitée. Alors, qu'est-ce qui nous empêche d'atteindre la croissance que vous auriez souhaitée?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Bien, je trouve qu'on a une excellente performance globalement, là, mais, moi, je suis un homme ambitieux puis j'en veux toujours plus pour nos entreprises, puis j'en veux toujours plus pour nos industriels, et je veux qu'on gagne dans le monde. Or, c'est un monde très, très difficile, c'est parce que non seulement il y a la hausse du dollar, mais on sait aussi qu'il y a l'entrée de la Chine dans l'OMC, qu'il y a la baisse de certaines barrières tarifaires importantes dans le vêtement, dans d'autres biens. On a vu ce qui s'est passé dans la bicyclette. Il y a des secteurs...

Pour gagner dans le monde d'aujourd'hui... Et effectivement c'est intéressant de voir que, l'innovation et l'exportation, vous avez choisi de les mettre dans le même bloc, parce que c'est très relié. Parce que ce qui va faire que les entreprises québécoises gagnent dans les marchés étrangers, c'est la productivité. Je disais, avant hier, que, s'il y a des mots clés, là, c'est: productivité, productivité, productivité et exportation. La seule façon pour être compétitif de classe mondiale, c'est bien sûr qu'on ait un produit puis on ait une main-d'oeuvre de qualité, ce qu'on a.

On a toujours des défis de formation permanents, mais c'est surtout qu'on adapte les technologies d'entreprise, et pour ça il faut investir. Il faut que nos entrepreneurs investissent de façon importante, mais il faut aussi d'autre part... Et c'est pour ça qu'on a la stratégie d'innovation pour aider nos entreprises. La moitié de l'argent, du milliard, est mise pour le transfert aux fonds des technologies dans nos universités, dans nos centres de recherche, vers l'entreprise.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député d'Iberville.

Secteurs à privilégier en matière d'innovation

et de développement commercial

M. Riedl: On reviendra longuement sur la question de l'innovation. Mais, pour rester au niveau des exportations, comme vous, venant du secteur privé, on sait que, pour avoir des résultats dans le marché, il faut exploiter nos avantages concurrentiels. Est-ce que vous avez... Parce qu'on regarde... Vous avez parlé de bicyclette, alors, quand on connaît la Chine, on sait que ce n'est pas nécessairement gagnant d'essayer de compétitionner globalement sur les bicyclettes. Alors, quels sont les secteurs où le Québec...

Et puis, encore là, au niveau de stratégies commerciales, on sait que, pour gagner, il s'agit d'identifier nos secteurs gagnants et de les développer au maximum. Alors, quels sont les secteurs gagnants qu'on a au Québec, sur lesquels on peut miser davantage au niveau de... sans s'éparpiller, là, sur toutes sortes de produits? Quels sont les secteurs ou les produits sur lesquels on devrait focuser davantage nos efforts d'innovation et de développement commercial?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Je vais vous donner deux réponses. Une réponse que vous allez aimer, une réponse que vous aimerez moins. En partant, il y a des secteurs qui sont privilégiés. Mais, dans tous les secteurs, on a des entreprises qui peuvent être gagnantes, y compris dans le vêtement avec la mode. Parce qu'on a des grands créateurs de mode, et on reviendra pour ça. Et on peut être très, très performants et on fait beaucoup d'efforts, au ministère, dans ce secteur-là, et on va en faire d'autres. On a augmenté nos crédits d'impôt. Mais, dans la mode encore, c'est la créativité qui mène le bal.

On ne sera pas gagnants dans l'usine qui fabrique des tee-shirts à 50 000 exemplaires par semaine, là. C'est parti en Chine. Mais, dans la création de mode... Et c'est un gros secteur gagnant.

Mais les vrais secteurs où on domine, c'est les secteurs qu'on organise de façon structurée. L'aéronautique, évidemment c'est notre meilleur exemple parce que, malgré la concurrence, malgré le prix des matériaux, malgré l'augmentation du dollar, l'aéronautique, on gagne, au Québec. On est fort comme part de marché canadienne. Le nombre d'emplois a monté d'à peu près 4 000. Il est passé de 36 000 à 40 000 au cours des trois ou des quatre dernières années. Les ventes de ce secteur-là ont augmenté. Pourquoi?

Parce qu'on a, dans ce secteur-là ? et c'est un bon exemple de comment on s'organise en grappes ? des très grandes entreprises qu'on appelle les grands donneurs d'ordres, Bombardier, Pratt & Whitney, Bell Helicopter, CAE. CAE, c'est... Ils n'aiment pas ça quand on donne leur part de marché, mais peut-être 75 % du marché mondial des simulateurs de vol. Ils sont numéro un dans le monde.

Il y a des intégrateurs en dessous d'eux, une dizaine de grandes entreprises. Il y a 240 PME, mais c'est relié aux centres de recherche, à nos universités, à un effort de main-d'oeuvre et de développement continu, au soutien que l'on donne au gouvernement dans les missions commerciales qu'on fait, aux portes qu'on ouvre. Ces grands joueurs là vont vous dire que, même dans la mission en Inde, on a ouvert des portes parce que c'est... Ce n'est pas parce que c'est Raymond Bachand, mais parce que c'est le ministre qui y va puis qui accompagne à des niveaux très élevés auxquels ils n'ont pas accès. Il y a encore des pays qui sont comme ça. Ça, c'est un secteur.

Technologies de l'information et des communications. C'est notre plus gros secteur, hein? C'est 110 000 jobs, je pense, 110 000 emplois, ce secteur-là. Et il y en a non seulement dans la grande région de Montréal, il y en a partout au Québec. C'est très fort à Québec aussi. C'est un secteur évidemment qui regroupe plusieurs sous-secteurs, qui va d'IBM, à Bromont, hein, 3 000, 4 000... plus de 3 000 employés ? corrigez-moi, M. le sous-ministre, si jamais je ne donne pas le bon chiffre, j'y vais de mémoire ? aux services dans les technologies de l'information, aux CGI de ce monde.

Fujitsu, là, l'ancien DMR qui se développe aussi. IBM Conseil, par ailleurs. Et, dans ce secteur-là, évidemment il y a le multimédia aussi, qui est un secteur où on exporte des produits parce qu'il y a des milliers d'emplois qui se créent au Québec. Donc ça, c'est une grande grappe.

La grappe pharmaceutique santé est une grande grappe où on est gagnants actuellement. Il y a plus. Je disais: 300 millions. Je pense que je suis rendu à 400 millions, là, quand je prends mes chiffres, d'investissements qui ont été annoncés dans la dernière année. C'est des chiffres que je traîne. Et je pourrais vous donner une litanie d'entreprises. Encore cette semaine, là, j'étais chez GSK. J'ai un groupe, GlaxoSmithKline, un investissement de 50 millions à Laval, qui fait de Laval son siège social nord-américain pour les vaccins avancés et un centre de recherche exceptionnel.

Et encore, Sandoz, qui est là aussi et qui est Novartis Sandoz, Schering-Plough, on peut en nommer, Anapharm, Boehringer. On est rendu à près de 400 millions d'investissements annoncés, au cours des 12 derniers mois, fondamentalement dans ce secteur-là.

Pourquoi là aussi? À la fois parce qu'on a la R & D avec les crédits d'impôt les plus agressifs, parce qu'on a les universités, les centres de recherche, la main-d'oeuvre et on a le talent. C'est toujours ce lien-là. Les secteurs où on va gagner dans l'avenir ? j'allais dire votre nom, pas le droit de donner votre nom, M. le député d'Iberville ? c'est ce secteur où on allie la technologie.

Mais maintenant, regardez, pendant la campagne électorale, je visitais les Ressorts Liberté à Montmagny, une entreprise dans la région de Québec ? et je termine sur ça, Mme la Présidente ? une entreprise qui fait des ressorts, là, des « coil springs » pour... et qui équipe, je pense, 70 % des Toyota, de certains modèles dans le monde. Ils font des alliances avec les Chinois sur certains morceaux. Ils ont importé des technologies européennes, et, même si Toyota n'aime pas ça, d'être dépendant d'un fournisseur, on connaît la stratégie de cette grande entreprise, etc., on réussit à gagner.

Mais pourquoi cet entrepreneur-là gagne? Il gagne parce qu'il investit année après année, il investit, il a des machines-outils, il a des robots, il modernise, il forme ses travailleurs, les travailleurs ont un bon climat de travail, et, finalement, il n'y a pas un secteur où on ne peut pas gagner dans le monde.

(20 h 40)

La Présidente (Mme Morissette): M. le député d'Iberville.

Évaluation des retombées des

investissements en innovation

M. Riedl: Bon, pour revenir, c'est-à-dire pour aller à l'innovation à laquelle j'accorde énormément d'importance, on alloue des sommes énormes, 2,7 %, je crois, de notre PIB en innovation, ressources et recherche et développement. Et, lorsqu'il y a toute somme, surtout des sommes énormes, je m'interroge toujours sur l'efficacité, l'utilisation de ces montants-là. Et évidemment, ce matin, en lisant... en ouvrant le journal Le Soleil , il y a un

article évidemment qui a attiré mon attention, puis très pertinent pour notre soirée d'information, alors voici, c'est: Le manque d'innovation confine le Canada à la médiocrité . Je vais vous lire quelques extraits et évidemment je vais vous poser une question: « Un rapport au ton très sévère du Conference Board du Canada avance que l'incapacité du Canada à innover dans plusieurs domaines socioéconomiques est en train de l'enliser graduellement dans la médiocrité.

« L'analyse que le Conference Board a publiée hier compare le rendement du Canada à celui de 16 autres pays industrialisés, parmi les plus riches de l'OCDE, dans six domaines d'activité: l'économie, l'innovation, l'environnement, l'éducation et les compétences, la santé et la société.

« Le seul de ces domaines dans lequel le Canada obtient la note A est celui de l'éducation... » Mais ça, ça me surprend, parce qu'on reconnaît... on dit ici, au Québec, que 40 % des élèves au secondaire ne complètent pas le secondaire. Alors, pour continuer: « ...surtout grâce à la capacité des divers réseaux à former d'importants contingents de diplômés de niveau postsecondaire[...].

« En matière d'économie, le Conference Board est d'avis que, pour tenter de demeurer compétitive, l'économie du Canada se fie beaucoup sur ses ressources naturelles et pas assez sur son secteur des biens et services[...].

« Parmi les 17 pays ayant fait l'objet de l'étude, la 11e du genre réalisée par le Conference Board, le Canada se classe 14e en matière d'innovation... »

Alors, je m'interroge sur l'efficacité. Je dis bien, comme tout le monde: Je souhaiterais que le Québec ou que le gouvernement alloue davantage d'argent, de fonds à l'innovation. Mais, déjà là, avec... je pense que c'est 7 milliards d'investissement en innovation, ça représente 7 milliards, c'est ce qu'on dit ici, des dépenses intérieures brutes en recherche et développement de 7,2 milliards, qui représentent 2,2 % de son produit intérieur brut.

Alors, avec des sommes aussi considérables, je m'interroge, M. le ministre, sur l'efficacité de nos montants investis en innovation dans nos entreprises. Est-ce que ça se rend? Est-ce que ça a l'effet désiré? Est-ce que, si c'était géré autrement ou plus stratégiquement, vous verriez vos souhaits augmenter dans la croissance des exportations?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Merci, Mme la Présidente.

L'article auquel vous faites allusion est un

article qui parle du Canada de façon générale. Voulez-vous... Allez-y.

M. Riedl: ...sur la productivité qui place toujours le Québec au dernier rang de ses voisins économiques. Alors, je dois assumer que... si on est aussi critiques au niveau de l'innovation canadienne, je dois douter ou me poser la question: Où se situe le Québec dans ça?

M. Bachand: Justement, Mme la Présidente, sur l'innovation, le Québec, c'est le chef de file. S'il y a un leader au Canada en innovation, c'est le Québec.

M. Riedl: En argent ou en...

M. Bachand: En argent, en résultat, mettez-les comme vous voulez. Nous autres, on est en tête de liste du Canada. Puis d'ailleurs, si vous regardez, pourquoi on réussit à créer des emplois de façon importante au Québec, pourquoi fondamentalement? Regardez des secteurs comme la pharmaceutique. 43 %, 44 % des dépenses de recherche et développement au Canada en pharmaceutique sont au Québec. Le Québec, mettons que c'est 22 %, 24 % de l'économie canadienne, 44 % de la R & D est ici. Plus de 60 % de la R & D en aéronautique se fait au Québec. Nos secteurs de pointe, dans l'économie canadienne et l'économie mondiale, c'est des secteurs où on performe.

Quand vous parliez de votre 7 milliards tantôt, évidemment, ce n'est pas des dépenses gouvernementales, c'est l'ensemble des dépenses...

Une voix: ...

M. Bachand: Juste pour que ceux qui nous écoutent comprennent bien, là, c'est l'ensemble des... Non, je n'ai pas dit que vous aviez dit ça, mais c'est juste pour s'assurer qu'on comprend bien, c'est l'ensemble à la fois des dépenses que nos entreprises font et de l'impact que le gouvernement a.

Qu'est-ce qu'on peut faire comme gouvernement? On peut faire, comme gouvernement, comme le député de la deuxième opposition le disait, bien sûr il y a former nos chercheurs, former nos universités ? et on y reviendra, j'en suis sûr, tout à l'heure, ça, c'est notre job ? et là, sur la formation des chercheurs, on est aussi parmi les plus performants au Canada. Il faut les doter d'équipements performants. Il faut créer le climat où les entreprises viennent ici, mais viennent ici parce qu'après ça elles performent et elles vont faire des meilleurs centres de recherche.

GlaxoSmithKline qui vient établir son siège social nord-américain de R & D dans des vaccins avancés au Québec, ce n'est pas pour nos beaux yeux, c'est parce que, pour elles, comme entreprises mondiales, elles peuvent aller partout dans le monde. Comme entreprises mondiales, ils considèrent qu'au Québec ils ont un terreau fertile. Ils ont un terreau fertile parce qu'il y a l'infrastructure de crédits d'impôt, de fiscalité qui les accompagne. Ils ont les chercheurs universitaires, ils ont l'appui fondamentalement d'un gouvernement très, très, très proactif.

C'est clair, et votre question est tout à fait légitime, qu'il faut que l'argent qu'on met... parce que c'est important, les sommes qu'on met en innovation et en recherche et développement, puis on pourrait toujours en mettre plus, puis on a l'ambition d'en mettre plus, mais on a fait un effort substantiel, tout en étant responsables, là, et en gardant un déficit zéro, puis tout en donnant priorité à la santé et à l'éducation, mais ce qu'on a fait en innovation et en développement économique, les dépenses du ministère montent de 19 % cette année, globalement, puis l'innovation, c'est un bloc important là-dedans.

Et c'est ciblé, ce n'est pas « at large » , c'est très, très ciblé, c'est ciblé fondamentalement, je vous dirais, à la fois sur les équipements, mais le coeur de la stratégie, c'est le transfert du savoir entre les institutions d'enseignement et l'entreprise, parce que c'est ça, le moteur de développement économique que le Japon d'ailleurs fait si bien, c'est s'assurer que nos entreprises deviennent plus productives et plus innovantes. Nos grandes le sont très bien.

Les grandes, au Québec, elles engagent des ingénieurs, elles modernisent, elles travaillent avec les universités, et il faut continuer à travailler dans ce sens-là. Nos moyennes tirent de la patte, et le coeur de la stratégie, c'est vraiment d'essayer d'amener l'innovation dans l'entreprise, parce que c'est comme ça qu'elles vont gagner par la suite sur la place mondiale.

Mais je veux vous rassurer et rassurer ceux qui nous écoutent, Mme la Présidente, que fondamentalement on est très ciblés dans notre stratégie, et on est les leaders au Canada. Les autres sont jaloux, sont jaloux de ce qu'on fait. Le gouvernement canadien a fait une stratégie d'innovation récemment, mais il n'y a pas de moyens financiers derrière. Nous, on a mis 1,2 milliard derrière la stratégie. Ça a été... et tous les industriels et tous les centres de recherche, tout le monde a dit que c'était à peu près la plus belle stratégie qu'ils avaient vue et que c'était maintenant à eux de travailler.

Il va falloir se remettre sur le métier, remettre le travail sur le métier à tous les deux ans. En théorie, c'est une stratégie de trois ans parce que le monde évolue rapidement, est ciblé plus, et on a beaucoup de mesures là-dedans sur lesquelles on reviendra, justement qui sont très pointues, très ciblées dans cette stratégie.

La Présidente (Mme Morissette): Merci beaucoup. Ça met fin à ce premier bloc. On passerait à un bloc du deuxième groupe de l'opposition, M. le député de Lac-Saint-Jean.

Répartition des crédits alloués à la

Stratégie québécoise de la recherche

et de l'innovation de 2007 à 2010

M. Cloutier: Merci, Mme la Présidente. Alors, M. le ministre, vous avez ouvert la porte à la stratégie québécoise. On va regarder ensemble les crédits, page 69 de la stratégie québécoise. Vous indiquez qu'il y a...

Une voix: ...

M. Cloutier: Page 69, la stratégie, la stratégie québécoise.

Une voix: ...

n (20 h 50) n

M. Cloutier: Non, ça s'en vient. Au coût budgétaire total, on indique 400 millions pour 2007 - 2010. Maintenant, on a essayé de voir un peu comment se répartissait ce montant-là pour cette année. Maintenant, ce qu'on a réalisé, c'est que, lorsqu'on regarde au programme 1, élément 6, le Soutien à la science, à la recherche et à l'innovation, les augmentations sont d'ordre de 27 millions. Maintenant, lorsqu'on regarde le programme 2, l'ensemble des éléments, on y voit une augmentation d'environ 16,5 millions. Si on fait le total, ça donne plus ou moins 43 millions d'augmentation, donc de dépenses supplémentaires dans le budget de cette année.

Alors, si vous prévoyez dépenser 400 millions pour les trois prochaines années, et qu'il y a 43 millions pour l'année qui s'en vient, expliquez-nous comment vous allez faire pour dépenser les 350 millions manquants.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Je vais vous donner un début de réponse, et puis pour compléter je vais demander à notre sous-ministre, Mme Tanguay, de compléter.

Maintenant, dans la page 69, qui est effectivement la page financière clé de la stratégie d'innovation, et vous avez raison, cette stratégie exceptionnelle, vous avez raison d'y faire référence, alors il y a des blocs. Il y a des blocs qui sont des blocs de dépenses, il y a des blocs qui sont des blocs d'investissement, qui ne sont pas captés dans le livre des crédits comme tel, nécessairement, puis il y a des morceaux qui sont des crédits d'impôt.

Et les crédits d'impôt, évidemment vous ne les trouverez pas dans les dépenses, vous allez les trouver finalement dans la fiscalité gouvernementale, et ça va se retrouver par la suite. Mais je vous assure qu'on est en ligne pour respecter le plan triennal qui était là.

Si on regarde nos grands fonds qu'on subventionne, je vous amène à la page 88 des crédits, les Organismes dédiés à la recherche et à l'innovation, le Fonds de recherche en santé, lui, monte de 3,9 millions, le fonds de la nature... société et culture monte de 2 950 000 $, le Fonds québécois de recherche sur la nature et les technologies, une augmentation de 24 %. C'est là qu'on a mis l'augmentation parce que c'était le maillon faible, peut-être l'enfant pauvre dans nos organismes de recherche. Il passe de 37 à 46,8 millions, une augmentation de 9 250 000 $, 24 % de plus juste dans ce fonds-là.

Il y a ce qu'il y a dans les CCTT, il y a chacun des programmes, le programme de maturation... Voyons un des beaux programmes qu'on a mis sur pied dans cette recherche, la maturation technologique. Qu'est-ce que ça veut dire, la maturation? Ça veut dire les projets qui sont dans les universités et qui approchent, mais qui ne sont pas tout à fait assez mûrs pour être captés vers le capital de risque. Puis là il y avait un maillon faible dans la chaîne. On a fait un programme, et déjà on va en appel d'offres, en appel de propositions. Fondamentalement, c'est géré par un jury, un appel de propositions.

Les projets viennent, et ils sont subventionnés littéralement pour les amener. C'est des 300 000 $, des 500 000 $, des 700 000 $.

Mme Tanguay, Mme la sous-ministre, peut-être que vous voulez compléter la réponse.

La Présidente (Mme Morissette): J'aurais besoin du consentement des autres groupes. Parfait. Si vous voulez vous identifier, Mme Tanguay, pour les besoins de l'enregistrement, s'il vous plaît.

Mme Tanguay (Geneviève): Geneviève Tanguay. Je suis sous-ministre adjointe au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

Effectivement, dans la stratégie, il y a quelques éléments qui se retrouvent dans d'autres programmes, il faut faire attention. Je vous dirais, par exemple, qu'il y a des mesures pour le secteur industriel, il y a des mesures aussi pour le développement en région, qui se retrouvent dans d'autres programmes.

Donc, au total, pour cette année, c'est 58,3 millions, au total, pour cette année, c'est 58,3 millions qui va être investi dans l'innovation suite à la stratégie; les suites directes de la stratégie.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Cloutier: Oui. Mais le 15 millions, il se retrouve ailleurs. C'est ce qu'on comprend. Est-ce que vous êtes en mesure de nous l'identifier dans le programme 1, sixième élément, programme 2? On pensait que l'ensemble s'y retrouvait.

Mme Tanguay (Geneviève): Alors, au programme 1, à l'élément 3, Développement des secteurs industriels, on a 3 millions. Il y a le soutien aux vitrines technologiques, 2 millions; promotion de la mode et du design industriel, qui est de 1 million.

Si on va ensuite à l'élément 5, Développement économique en région et service aux entreprises, la mesure d'innovation et d'amélioration de productivité, il y a 1 million cette année, et soutien à l'entrepreneuriat, il y a 2 millions qui est le programme d'amorçage.

Soutien... L'élément 6, évidemment vous aviez là toutes les sommes pour la SQRI, que vous aviez bien identifiées.

Et puis, pour le programme 2, il y a là, pour le Fonds de recherche en santé, le ministre l'a dit tout à l'heure, 3,7 millions, le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, 2,9 millions, tout ça. Alors, c'est...

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Cloutier: Alors, évidemment, je vois une différence entre le 43 millions puis le 58 millions. Vous confirmez que c'est 58 millions qui est annoncé, mais on s'entend pour dire qu'il en reste 340 millions pour atteindre l'objectif des 400 millions annoncés. C'est quand même une grande marge en deux ans. Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quelle manière... Pardon, je pense que ça va être le ministre qui va me l'expliquer. M. le ministre, pouvez-vous nous expliquer comment vous allez vous y prendre, considérant l'ampleur de cette situation-là?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Deux éléments additionnels compléments à votre réponse. Premièrement, à vos chiffres, il faut ajouter les crédits d'impôt. Alors, dans les crédits d'impôt, là, qui vont nous coûter peut-être 75 millions dans la recherche, ça, c'est des crédits d'impôt, ce n'est pas dans notre budget, le coût des crédits d'impôt.

La deuxième chose aussi, le deuxième élément, c'est qu'il y a des engagements et il y a des déboursements. Le livre des crédits, puis je m'excuse pour ceux qui nous écoutent, mais le livre des crédits, c'est les déboursés, au fond. Le gouvernement a une comptabilité de caisse, et puis c'est les déboursés qui comptent. Alors, il y a beaucoup de choses aussi qu'on fait, en cours d'année, qui vont être des engagements, et le déboursement, lui, peut se faire sur l'année financière subséquente.

Et ça, par exemple, si on prend le programme de maturation technologique, par exemple, si on prend beaucoup de programmes de recherche, de bourses qui sont données, qui sont accordées, ces programmes, s'ils viennent... par exemple, on a des concours. On décide, au mois d'octobre, qu'on va payer sur les 12 mois qui suivent, ça va nous toucher, dans l'année financière, pour six mois, et, dans l'année subséquente, pour un autre six mois. Alors, vous allez le retrouver, à ce moment-là, au niveau des engagements totaux. Vous allez retrouver le compte de vos engagements.

Il y a aussi, je vous dirais, l'amortissement et ce qui passe dans notre... Évidemment, il y a les grands concours canadiens de la Fondation canadienne de l'innovation, ça, ça vient par vagues, et, au moment où ça vient, les déboursés sont faits.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Cloutier: Oui. Merci. Lorsque je fais le calcul du 400 millions, toujours à la page 69, je vois que le 80 millions des crédits d'impôt ne fait pas

partie du 400 millions. Si vous additionnez les chiffres, pardon, vous arrivez à 480 millions, puis en réalité, ce qui est indiqué, c'est 400 millions. Alors, peut-être que ce n'est pas conforme, là. Est-ce que je peux avoir d'autres éclaircissements?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Dans le total. Vous avez raison, il est dans le total, il n'est pas dans votre 400 millions.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Cloutier: Bien, c'est ça, mais il reste quand même 340 millions à dépenser pour les deux prochaines années, on est d'accord là-dessus.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: L'autre élément de réponse, parce que... Il n'y a pas de tour de passe-passe là-dedans. Mais l'autre élément de réponse, c'est qu'effectivement il y a des programmes. Les programmes sont mis en place. Ils passent au Conseil du trésor. Il y a des concours. Il y a un décalage dans le temps entre le moment où l'annonce est faite et le déboursement des fonds.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean.

Une voix: ...

M. Bachand: ...Mme la sous-ministre sur ça, oui.

La Présidente (Mme Morissette): On a toujours le consentement. Mme Tanguay.

Mme Tanguay (Geneviève): Bien, effectivement, quand on met en place un programme, il faut attendre un certain temps avant d'avoir la maturité de ce programme-là et donc de voir les sommes totalement engagées, là, les programmes courir à plein. Donc, il y a des choses qui rentrent par étapes jusqu'à la troisième année de la stratégie.

La Présidente (Mme Morissette): ...M. le député de Lac-Saint-Jean, sinon votre micro n'ouvre pas.

M. Cloutier: Oui. Pardon. Je m'excuse. Est-ce que vous confirmez donc qu'il y a 350 millions qui doivent être dépensés pour les deux prochaines années? Oui, c'est ce que vous dites. Donc là, on est à l'étape du 50 millions. Parfait. Merci. On a notre réponse.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Il y aura peut-être, Mme la Présidente, un décalage sur l'année 4. Les sommes seront engagées dans les trois ans, comme promis ou prévu, mais il y en a qui peuvent être déboursées dans l'année 4 par la suite. C'est comme dans les grands projets de recherche avec la Fondation canadienne de l'innovation, des fois, on s'engage, le projet de recherche commence, et puis là parfois les déboursés sont étalés dans le temps.

La Présidente (Mme Morissette): Allez-y, monsieur, oui.

Niveau des investissements dans les

infrastructures de recherche en 2006-2007

M. Cloutier: Mme la Présidente, on va aller dans le passé, mais on va aller à la ligne suivante. On a parlé du premier 400 millions, maintenant on va aller voir le 420 millions en investissements dans les infrastructures de recherche. Dans le budget 2006-2007, on avait prévu dépenser 129 millions de dollars, 2006-2007, page 55 du budget de 2006-2007. Or, on constate que, cette année, M. le ministre, il y a eu seulement que 8,2 millions de dépensés. Alors, je vois qu'on m'indique que non. Alors, je vais être peut-être curieux d'avoir la réponse.

n (21 heures) n

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Je vais demander à la sous-ministre, parce que je suis sûr que non, là, puis, moi, je n'ai pas la page, là, devant moi. Mais il y a beaucoup de projets qui ont été investis cette année. Je ne sais pas si c'est M. Demers ou Mme Tanguay, ou...

La Présidente (Mme Morissette): C'est vous qui désignez, M. le ministre.

M. Bachand: On va vous trouver l'information dans quelques instants.

La Présidente (Mme Morissette): Vous m'indiquerez quelle personne pour...

M. Bachand: Pardon?

La Présidente (Mme Morissette): Vous m'indiquerez quelle personne doit répondre pour que je puisse m'assurer du consentement. Alors, consentement pour Mme Tanguay? Allez-y.

Mme Tanguay (Geneviève): Alors, d'abord, il y a eu, dans le livre dont vous faites référence, au budget, une petite erreur: sur l'année 2006-2007, ce n'est pas 8,2 millions, c'est 13,9 millions, d'accord, et, sur les débours prévus de 2007-2008, c'est 23,5 millions. Ici, on parle des débours, donc de l'argent qui est effectivement versé pour des projets d'infrastructures. Quand un projet d'infrastructures est versé, on y verse les sommes qui sont investies au fur et à mesure que la construction, par exemple, se fait, et puis, là encore, c'est l'intérêt et le capital.

Donc, ça prend un certain temps avant qu'on ait, là, le projet qui figure de façon très importante. Donc, ces sommes-là sont correctes.

M. Cloutier: Alors...

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean. Mme Tanguay.

Mme Tanguay (Geneviève): C'est 13,9 pour 2006-2007, mais on a dépensé... En fait, on a engagé beaucoup plus que ça l'année dernière.

M. Cloutier: Est-ce que vous pouvez nous dire... engagé?

M. Bachand: D'ailleurs, si vous permettez, Mme la Présidente...

La Présidente (Mme Morissette): Oui, M. le ministre.

M. Bachand: ...si on regarde la stratégie d'innovation, là, en page 69, et on va faire le lien, le 420 millions, parce que là on est dans les infrastructures, c'est ça que... d'investissements dans les infrastructures de recherche, vous montez à la première ligne: Engagements fermes pour le soutien des infrastructures de recherche, c'est 28 millions. Au fond, le 420 millions ? qui est du vrai cash emprunté, déboursé, là, tu sais, par les Québécois ? se traduit en service de la dette par 28 millions dans les dépenses.

Alors, c'est deux choses différentes: comme si vous achetez une maison 200 000 $, mais vous allez peut-être payer 10 000 $ d'intérêt dessus. Alors, vraiment, il y a un décalage important. C'est normal, le coût de la dette du gouvernement est à peu près... alors, dépendant du chiffre que vous cherchez, l'impact budgétaire pour l'année, qui est un impact d'intérêt et éventuellement d'amortissement puis par ailleurs qui, lui, réfère à des immobilisations qui ont été effectuées et qui, elles, sont beaucoup plus considérables.

La Présidente (Mme Morissette): Mme Tanguay, en complément?

Mme Tanguay (Geneviève): Alors, en 2006-2007, il y a eu en fait des engagements totaux de 195,6 millions. Là-dessus, il y a 72,8 millions qui est pour le programme interne au ministère, qu'on appelle le PSRV2, et, pour le cofinancement du Québec au concours de la FCI, il y a eu 122,8 millions d'engagements totaux. Pour le PSRV2, ce que ça a coûté, la part du Québec, c'est 49,2 millions. Pour ce qui est de la Fondation canadienne de l'innovation, c'est 89,8 millions.

Maintenant, une fois que vous avez considéré ces montants-là, il y a des sommes ensuite qui sont transférées, les charges qui sont transférées au ministère de l'Éducation ? parce que ce sont des infrastructures collégiales ou universitaires; ou au ministère de la Santé et des Services sociaux ? parce que ce sont des infrastructures en milieu hospitalier. Alors, c'est ce qui fait aussi la différence sur les engagements du ministère en infrastructures, le 13 millions dont on parlait tout à l'heure.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: ...Mme la Présidente, l'année qui se termine, c'est une des plus grosses années d'engagements depuis longtemps, à 195 millions. On essaie, on a essayé, dans la Stratégie québécoise d'innovation, de dire: On va investir 420 millions au cours des trois prochaines années. Ça ne se reflétera pas divisé par trois, dépendant des concours, dépendant des projets. On n'est pas là pour se garrocher pour dépenser, mais, quand il y a des bons projets... et, cette année, ça a été une année exceptionnelle de gros projets.

Puis ça, c'est des projets, là, l'Institut national d'optique, c'est 12,8 millions juste pour l'INO, à Québec. Celui où je suis allé, là, à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Centre d'excellence en thérapie cellulaire, là, Le Journal de Montréal et de Québec d'ailleurs vont faire un article, là, qui dit c'est quoi, la thérapie cellulaire et comment on va guérir des maladies demain. Un nouveau centre à l'avant-garde du monde. C'est un projet de 9 millions dans lequel on a mis 6 millions, 5,9 millions dans le PRSV2.

Et ainsi de suite, il y en a pour 195 millions cette année: 72 millions de nos projets québécois, puis 122 millions dans des projets avec la Fondation canadienne pour l'innovation. Parce que ça, c'est l'autre grand effet des programmes du Québec, c'est l'effet de levier, parce qu'au Québec, finalement, on était à l'avant-garde, au Canada, là-dedans, avec ce qu'on a fait avec nos fonds de recherche, pour tirer une plus grande quote-part des fonds de recherche fédéraux. Les autres provinces sont en train de nous rattraper, là, ils se sont réveillés, mais fondamentalement on est à l'avant-garde là-dedans.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Lac-Saint-Jean, juste pour votre information, il reste trois minutes au bloc.

M. Cloutier: Il reste trois minutes?

La Présidente (Mme Morissette): Oui.

M. Cloutier: Merci. Je vous remercie. Écoutez, Mme la Présidente, M. le ministre et Mme la sous-ministre, je crois, ou sous-ministre adjointe, j'ai tenté de comprendre votre explication, mais je vais reposer ma question: Vous indiquez qu'il y a une erreur. Bon. Ce n'est pas 8,2, c'est 13,9 qui aurait dû apparaître au débours probable 2006-2007, mais, lorsqu'on retourne dans le budget 2006-2007, c'est 129,3 qui était prévu.

Une voix: En débours?

M. Cloutier: En débours. Alors, comment se fait-il qu'on ne retrouve pas ce même montant ou un montant proche dans le budget 2007-2008? Bref, qu'est-ce qui s'est passé entre l'écart de 13,9 versus le 129?

(Consultation)

La Présidente (Mme Morissette): Mme la sous-ministre.

Mme Tanguay (Geneviève): Ça revient à ce que je vous disait tout à l'heure, c'est-à-dire que l'enveloppe à laquelle vous référez, ce sont des engagements qu'on a pris au nom du ministère de l'Éducation, au nom du MSSS, et c'est retourné ensuite au ministère de l'Éducation et MSSS. Si vous allez voir dans les crédits du ministère de l'Éducation, vous allez voir des sommes investies en infrastructures pour ce qui leur revient en recherche dans le système universitaire et collégial.

M. Cloutier: En recherche uniquement.

Mme Tanguay (Geneviève): En recherche... c'est ça, mais c'est transféré ensuite au ministère de l'Éducation. Nous, on prend l'engagement pour eux, mais ensuite ça paraît dans leur livre des crédits. Ce qui est ici, c'est strictement le 13 millions qui revient d'infrastructures qui n'appartiennent ni au système d'éducation ni au système de santé et qui sont d'autres types d'infrastructures. L'INO, par exemple, en est un très bon exemple qui n'appartient pas au système d'éducation, qui n'appartient pas au système de santé et qui est strictement sous la charge du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

M. Cloutier: Est-ce que vous me permettez une question complémentaire?

La Présidente (Mme Morissette): Oui. Il reste une trentaine de secondes.

M. Cloutier: Oui. Parfait. Juste pour que je comprenne. Alors, ce que vous me dites, c'est que, l'écart, on le retrouverait dans le budget, par exemple, du ministère de l'Éducation ou ailleurs. Pensez-vous que le ministère pourrait nous fournir...

M. Bachand: Ce qu'on va faire, Mme la Présidente, on va vous faire un tableau qui va réconcilier ça. Ça nous fait plaisir de faire ça, Mme la Présidente. Oui, excusez-moi, là, je ne sais pas... On va vous faire un tableau qui réconcilie ça parce qu'on a engagé 195 millions cette année.

M. Cloutier: ...ça ne devrait pas être corrigé en conséquence? Il me semble que, puisque c'est le budget... non?

M. Bachand: Non, mais c'est parce que ça part... L'engagement part de mon ministère, du ministère du Développement économique, parce que vous voulez une expertise centralisée sur les projets de recherche. Bien sûr, il y a un arbitrage qui se fait avec les gens de l'Éducation, de la Santé, et tout le monde pousse son projet, mais vous voulez garder une expertise centrale au gouvernement avec particulièrement les grands fonds subventionnaires qui sont des experts aussi qui sont partout sur le champ et qui nous avisent quand il y a un projet comme ça, là, d'aller chercher l'expertise des gens, là. Ce n'est pas juste deux personnes, là, sur le coin d'un bureau d'un ministre...

M. Cloutier: À 13 millions.

M. Bachand: ...qui décident ça, mais on va vous faire un tableau qui va réconcilier...

M. Cloutier: Corriger le 13 millions.

Une voix: Oui...

M. Bachand: ...ce 195 millions puis qui vous dit où est rendu... où est rendu l'argent.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre...

M. Bachand: Dans quel budget du ministère.

La Présidente (Mme Morissette): ...ce tableau, est-ce qu'il va être disponible ce soir?

M. Bachand: Il ne sera pas disponible ce soir, Mme la...

La Présidente (Mme Morissette): Je posais la question pour la forme, je m'en doutais. Alors, vous pourrez le faire transmettre au secrétariat de la commission lorsque ce sera prêt, et ça pourra être redistribué, à ce moment-là, à tous les membres ici présents.

M. Bachand: Oui, ça me fera plaisir.

n (21 h 10) n

La Présidente (Mme Morissette): Ça met fin au bloc du deuxième groupe d'opposition. Nous passerions à un bloc des députés ministériels. Je suis prête à reconnaître un premier intervenant, Mme la députée de Soulanges.

Effets des investissements en recherche

et innovation sur la création

d'emplois et de richesse

Mme Charlebois: Alors, merci, Mme la Présidente. J'ai entendu beaucoup parler de recherche et d'innovation. On a parlé des chiffres. M. le député du Lac-Saint-Jean a parlé abondamment des chiffres qui vont être transmis. Je veux poursuivre sur cette lancée et parler, bon, de la recherche et de l'innovation. Et, compte tenu qu'on est dans un contexte macroéconomique difficile pour les entreprises, considérant la hausse du dollar canadien, la concurrence des pays émergents, la hausse du coût de l'énergie, il faut constamment évaluer l'impact sur nos PME, améliorer notre compétitivité.

On le sait, c'est un environnement moins favorable pour les entreprises manufacturières. On est dans une économie de changement, bref.

Or, dans cette foulée, le 4 décembre dernier, vous avez annoncé la Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation, qui s'intitulait Un Québec innovant et prospère , et cette stratégie s'est articulée autour de trois orientations stratégiques, soit renforcer l'excellence de la recherche publique, mieux appuyer la recherche industrielle et l'innovation de l'entreprise et la troisième, bien c'est compléter et renforcer les mécanismes de valorisation et de transfert.

Or, grâce aux investissements additionnels, sur lesquels le député du Lac-Saint-Jean vous questionnait, de 900 millions sur trois ans, la stratégie cible, entre autres, les autres maillons de la chaîne d'innovation sur lesquels il faut agir maintenant.

Comme vous l'avez mentionné, les investissements sont répartis, là, à 400 millions pour le renforcement de la recherche publique, l'appui à la recherche industrielle et l'innovation dans les entreprises; le 420 millions est pour les infrastructures de recherche; le 80 millions, lui, est en appui à la recherche en entreprise grâce aux modifications apportées aux crédits d'impôt. Évidement, à cela s'ajoute le discours sur le budget 2006-2007, ce qui fait en sorte que les investissements additionnels en recherche et innovation du gouvernement du Québec atteignent maintenant 1,2 milliard sur quatre ans.

Au Québec, des efforts accrus devaient être faits pour maximiser les retombées des investissements en recherche et développement et innovation, sous forme de création d'emplois et de richesse, par une meilleure valorisation des résultats de recherche. Bref, il était temps de faire de l'innovation la clé du développement économique du Québec.

M. le ministre, les crédits de votre ministère ont substantiellement augmenté par rapport à l'année dernière, vous en avez fait référence tantôt, et notamment en raison des nouveaux engagements en matière de recherche et d'innovation. J'aimerais que vous poursuiviez vos commentaires sur la nécessité d'investir en recherche et en innovation pour, comme je vous le mentionnais un peu plus tôt, assurer la compétitivité des entreprises québécoises, et, plus spécifiquement, j'aimerais que vous nous fassiez savoir comment vous vous êtes assuré que nos investissements en recherche et innovation ont créé ou créeront de l'emploi et de la richesse pour les Québécois.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Merci, Mme la Présidente. Fondamentalement, pour nos entreprises, là, qu'est-ce que ça veut dire, la Stratégie de recherche et d'innovation? 300 PME qui vont faire affaire avec les centres collégiaux de transfert de technologie. Puis je vais revenir sur les CCTT parce que c'est vraiment un bon exemple de jonction entre le milieu de l'éducation et le milieu de l'entreprise.

Notre programme de stages en milieu de pratique, ça, c'est s'assurer que ceux qui font des recherches avancées, des formations avancées dans les universités puissent faire leurs stages en entreprise; 450 entreprises vont être touchées par ça. Alors, on fait d'une pierre deux coups: avec le même argent, non seulement on forme le chercheur, mais on le prend, le chercheur, et on l'amène dans l'entreprise pour qu'il ait son apprentissage. Il sert à l'entreprise avec le même argent, l'entreprise paie un bout; on a donc un effet de levier aussi là-dedans, et ça vient renforcer 450 de nos entreprises.

On va subventionner la petite entreprise qui embauche un diplômé scientifique et technologique, parce qu'au fond une très grande entreprise qui engage 50 ingénieurs par année n'a pas besoin de ça. La PME, là, le premier diplômé scientifique, l'ingénieur de production qui va aller chercher donc la technologie européenne, la technologie japonaise pour l'adapter, il y en aura 500, entreprises, qui vont être touchées dans la Stratégie de recherche et d'innovation, au cours des trois prochaines années.

On a parlé des vitrines technologiques, on pourra y revenir, c'est 9 millions additionnels pour la vitrine technologique. Alors, voilà comment on crée de la richesse, finalement, en s'assurant qu'on fait la jonction entre nos fonds publics, qui subventionnent les universités, les chercheurs, etc., pour amener cette richesse-là dans les entreprises, qui va par la suite créer de la richesse ? pas que ce soient deux mondes complètement séparés entre le monde universitaire et collégial.

Les CCTT, les centres collégiaux de transfert de technologie, il y en a à travers le Québec. On a dit, dans la stratégie d'innovation, qu'il y aurait un financement accru de 12 millions sur les trois prochaines années.

Déjà, on a tout récemment... le premier ministre d'ailleurs, je pense que c'est le premier ministre, a annoncé, il y a quelques jours, quatre nouveaux centres collégiaux de transfert de technologie au Québec, et ces centres-là... je cherche... par exemple, très concrètement, bon, au cégep Maisonneuve, l'Institut technologique des emballages et du génie alimentaire, pour les emballages actifs et même les emballages biologiques. C'est très, très pointu, mais c'est une science qui va de l'avant.

En Gaspésie, vous parliez de l'éolienne, là ? à moins que ce soit cet après-midi, peut-être que c'était cet après-midi, excusez-moi, on a des longues journées ? TechnoCentre, maintenant le cégep de la Gaspésie et des Îles est accrédité comme centre collégial de transfert de la technologie, le TechnoCentre éolien Gaspésie ? Les Îles. Il y en a un, au cégep de Rimouski, pour la transformation des produits forestiers; il y en a un nouveau, à La Pocatière, pour les bioproduits du Québec.

Qu'est-ce qu'on fait pour les centres québécois? Normalement, avant ça, on leur finançait 300 000 $, 200 000 $ par le ministère de l'Éducation, et encore-là les crédits ne sont pas tous au ministère du Développement économique, et 100 000 $ par le ministère du Développement économique. La stratégie, elle va venir bonifier ces sommes-là, mais pas « across the board » ? excusez l'anglicisme ? elle va la bonifier de deux façons.

On va ouvrir des nouveaux centres: on en a annoncé quatre dans notre programme électoral; on en a annoncé d'autres sur la période de quatre ans que va durer notre mandat bien sûr; mais aussi on va bonifier le financement des centres qui sont performants, les centres qui sont performants ? donc ce ne sera pas tous les centres collégiaux de transfert de technologie ? auront un financement. Puis « performants » , ça veut dire le nombre de projets de recherche qu'ils font avec des entreprises, parce que l'objectif, c'est qu'ils travaillent avec l'entreprise.

Et l'autre mesure qu'on a prise dans la stratégie, c'est de bonifier l'entreprise si elle fait affaire avec un centre collégial de transfert de technologie. Donc, on va financer l'entreprise, pour une

partie de son projet de recherche, à condition qu'elle fasse affaire avec un centre collégial; et on va aider les centres collégiaux avec des meilleurs équipements et avec un meilleur financement. C'est quelques mesures qu'on peut mentionner à travers l'ensemble de la stratégie ? je ne sais pas combien de temps il me reste ? qui visent vraiment à transférer la richesse en entreprise. Et on le fait après ça au niveau sectoriel, comme on l'a fait en aéronautique.

L'autre élément, ce n'est pas tout tourné vers l'entreprise quand même, parce que, pour créer de la richesse, il faut ? et le député du Lac-Saint-Jean le disait tout à l'heure ? aussi qu'on ait des universités qui soient mieux financées. 900 nouvelles bourses d'excellence pour nos étudiants, parce que ce qui nous arrachait le coeur un peu, c'est quand les étudiants postulaient pour les bourses d'excellence, ce n'est pas juste les pas bons qui n'en avaient pas, il y a des bons qui n'en avaient pas aussi. Les meilleurs en avaient, mais il y a des très bons qui n'en avaient pas ? 900 bourses additionnelles au cours des trois prochaines années.

L'autre élément qui pour moi a beaucoup d'importance, c'est la

partie internationalisation. Il y a deux parties, deux volets internationaux, dans notre stratégie de recherche, qui n'étaient pas là avant. D'abord, de permettre à nos groupes de chercheurs de participer aux grands projets de recherche mondiaux et européens. La recherche, ça ne se fait plus en vase clos. Or, l'Europe, entre autres, a des immenses projets de recherche, ils ont mis des centaines de millions, ils mettent des milliards d'euros dans les projets de recherche. La condition qu'ils mettent, eux aussi, en Europe, c'est que ce soit multipays européens, mais c'est ouvert à d'autres.

Nous, on a mis une douzaine de millions ou une quinzaine... une quinzaine de millions pour participer à une vingtaine de grands réseaux internationaux. Ça, c'est comme pour faire

partie du groupe, là. C'est une

partie de poker, mais ce n'est pas cinq piastres, la mise, là. C'est 750 000 $, la mise, pour participer. Évidemment, ça couvre un paquet de dépenses du consortium de recherche.

Concrètement, par exemple TransBio, qui est un projet très concret de Pôle Québec Chaudière-Appalaches, donc dans la région, ici, de la Capitale-Nationale, avec une université dans le Massachussetts, avec une université à Barcelone, avec trois autres centres de recherche en Europe, bon, bien, ici, on participe à ce grand consortium là; double effet, un effet de levier important parce qu'on met un peu d'argent, mais finalement on participe, on va chercher le bénéfice des centaines de millions que l'Europe met dans ces projets de recherche là.

Deuxièmement, un enrichissement pour nos chercheurs, un enrichissement, là, intellectuel, un enrichissement parce que vous avez accès aux meilleures pratiques mondiales. Alors, voilà quelques exemples comment on crée de la richesse finalement avec cette stratégie-là.

La Présidente (Mme Morissette): Merci, M. le ministre.

Mme Charlebois: Ça va. Je pense qu'il ne reste plus beaucoup de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme Morissette): C'est à vous de voir.

Mme Charlebois: Est-ce qu'il reste du temps? Non?

La Présidente (Mme Morissette): On approche de 10 minutes.

Mme Charlebois: Non, ça va aller.

n (21 h 20) n

La Présidente (Mme Morissette): Ça va aller pour cette fois-ci. Parfait, merci beaucoup. Alors, on retourne à l'opposition officielle. M. le député d'Iberville.

Résultats des investissements en innovation,

recherche et développement

sur le niveau des exportations

M. Riedl: Oui, Mme la Présidente. Je voudrais relancer le ministre qui nous a dit tantôt qu'on était... le Québec était des leaders en innovation, recherche et développement. Alors, normalement, je m'attendrais qu'on soit des leaders au niveau des résultats à l'exportation. Et, cette fois-ci, je prends votre feuille, là, M. le ministre: en l'an 2000, nous avons exporté pour 74 milliards de biens et services et puis, en 2006, on a exporté exactement le même montant... même un peu moins, 200 millions de moins, 74 milliards.

Or, ma question: Est-ce que... Si je cherche à être rassuré sur l'efficacité de notre investissement en innovation, recherche et développement, je ne la retrouve pas dans les résultats d'exportation.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Il suffit qu'on ait les mêmes chiffres, qu'on parle de la même affaire. Quelle feuille faites-vous référence, celle qu'on a distribuée tout à l'heure?

M. Riedl: La feuille que vous nous avez donnée tantôt, là.

M. Bachand: Sur la Chine, l'Inde et le monde?

M. Riedl: Oui, c'est ça.

Une voix: On additionne les trois, ça donne...

M. Bachand: 74 milliards, c'est en l'an 2000?

M. Riedl: Oui, l'an 2000 comparé avec 2006.

M. Bachand: Oui.

M. Riedl: On était à 74 milliards.

M. Bachand: Oui.

M. Riedl: Oui. Or donc, on n'aurait pas eu de croissance pendant ces années-là.

M. Bachand: Bien, le Québec a vécu un cycle, puis c'est quasiment comme le cycle de développement économique, il est comme aligné au cycle politique. Je m'excuse, d'habitude je ne ferais pas ça, mais on va s'amuser avec un petit peu de partisanerie. Mais, effectivement, il y a eu une baisse, là, de 2000 à 2003: 74, 71, 68, 64, hein?

M. Riedl: ...dommage, c'est que je n'ai pas le comparatif avec la performance du Canada...

M. Bachand: Puis ça a monté...

M. Riedl: ...ni de...

M. Bachand: ...puis ça a monté, depuis 2003, à 68, 71, 73, ça remonte.

M. Riedl: 71, oui.

M. Bachand: Ceci étant, il y a eu...

La Présidente (Mme Morissette): Essayez de parler un seul à la fois, ça va être beaucoup plus facile pour l'enregistrement. Merci.

M. Bachand: Oui! C'est parce que c'est convivial, c'est presque un dialogue.

La Présidente (Mme Morissette): Absolument, absolument, mais...

M. Bachand: Mais ça doit être difficile pour le secrétariat effectivement de nous capter ça.

Mais, ceci étant dit, il y a quand même... après, il y a eu une baisse, là, en 2001 aussi, mais, entre autres, en technologie. Mais il y a une baisse aussi... Après « September 11 » , il y a eu une baisse aussi d'activité. Là, vous êtes dans les marchandises.

Évidemment, l'autre chiffre que je vous donnais tout à l'heure, c'était le total des exportations du Québec, qui étaient les services aussi, parce qu'il y a les marchandises, il y a les biens et services, or les services sont en augmentation importante.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député d'Iberville.

M. Riedl: Bon. L'autre question, on a un gros pourcentage, je pense, 81 % de nos exportations qui vont vers les États-Unis... le Canada et les États-Unis?

M. Bachand: Excusez-moi, on me parlait, je n'ai pas saisi.

M. Riedl: Oui. Alors, ce que je vois, c'est une très grande concentration de nos exportations vers les États-Unis.

M. Bachand: En 2006, 78,7 %, presque 80 % de nos exportations sont aux États-Unis, tout à fait.

Stratégie d'augmentation et de diversification

des exportations vers l'Europe et l'Asie

M. Riedl: Je pense que M. Charest a parlé d'une stratégie de diversification ou d'augmenter nos exportations vers l'Europe et l'Asie. Pouvez-vous nous entretenir sur de quelle façon ça va se faire, ça?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Il y a plusieurs éléments par lesquels on essaie de diversifier nos exportations, mais il ne faut pas négliger le marché américain parce que ça demeure... Quand tu as 80 % de ton marché, il ne faut pas que tu te défocusses non plus parce que c'est dangereux, et je vois, par votre hochement de tête, que vous êtes d'accord avec ça.

Depuis quelques années, depuis 2002, nos exportations aux États-Unis sont plutôt stables, elles sont même à moins 0,3 % au niveau des biens. Elles sont en augmentation de l'Asie et l'Océanie, à 6,4 % ? je pourrai vous le donner, le tableau, si vous voulez; en augmentation vers l'Europe, 6,9 %; en augmentation, l'Amérique latine, de 15 %, 16 %; l'Afrique et le Moyen-Orient, 17 %. Évidemment, ces pourcentages sont sur des plus petites bases.

Comment on peut appuyer nos entreprises qui elles-mêmes d'ailleurs font leurs efforts? Mais c'est là où on fait, entre autres, nos missions commerciales. Nos missions commerciales, il y en a qui sont tournées vers les États-Unis, des missions très pointues comme celle qu'on a faite en Nouvelle-Orléans pour nos entreprises qui fabriquent des maisons, des matériaux de construction; comme ce qu'on fait dans la mode ? quoiqu'on le fait au Japon aussi mais que c'est ciblé.

Mais les autres grandes missions sont tournées vers des continents qui sont gigantesques, qui ont des économies en croissance, par exemple, en Chine. Le premier ministre est allé en Chine, avec une mission de gens d'affaires. Mme Gagnon-Tremblay est allée. Moi, j'irai en Chine, normalement à la fin du mois d'août, avec une mission très ciblée. On a, par exemple, si je pense à celle-là, en travaillant avec le forum de Davos, le World Economic Forum, identifié un certain nombre d'entreprises qui vont aller, dans cette mission spécifique, dans un forum très particulier, à Dalian.

On a fait.... j'ai fait... le premier ministre a ouvert le terrain avec une mission en Inde; moi-même, j'ai fait une mission en Inde, et cette mission-là produit d'ailleurs déjà des résultats concrets avec les entreprises... Tu sais, il y a une entreprise, par exemple, là, Wavesat, qui appartient à la mission en Inde. Depuis cette mission-là et à cause de cette mission-là ? ce n'est pas toujours le cas, Mme la Présidente ? ils ont fait trois missions suivies, ils ont déjà 2 millions de ventes qu'ils prévoient faire cette année à cause de cette mission-là.

Donc, c'est un travail de défrichage qui nécessite la continuité, et ça, c'est un des problèmes, pas du gouvernement parce qu'on essaie de continuer, c'est pour ça que, les mêmes marchés, il faut continuer à y aller et à approfondir les relations, ce sont des gens là-bas qui apprécient la continuité. C'est un problème pour nos entrepreneurs, par ailleurs, la continuité. Souvent, ils ne ciblent pas leurs efforts.

L'autre élément, je vous dirais, c'est dans la stratégie internationale du Québec. Il y a évidemment cette augmentation du nombre de délégués commerciaux du Québec: il y en aura à Shanghai, il y aura un poste en Amérique du Sud, il y aura un poste en Inde aussi. Il ne faut toutefois pas oublier le marché américain, hein? Une des grandes choses qu'on a faites, dans le marché américain aussi, c'est le C-TPAT ? C-TPAT ? suite au 11 septembre, les Américains, là, ils ont une crainte sécuritaire très, très, très importante, comme vous le savez, et, si vous ne voulez pas attendre à la frontière, vous pouvez vous faire accréditer.

Se faire accréditer, ce n'est pas juste de remplir un bout de papier, ça veut dire que toute votre chaîne logistique dans votre entreprise doit être sécurisée. Il y a des inspecteurs américains qui viennent, il y a des choses qui sont clôturées, il n'y a plus personne qui rentre dans l'entreprise sans avoir signé l'ensemble de la chaîne de valeurs. Évidemment, ça permet à vos camions, ultimement, quand ils partent pour exporter les marchandises, de passer aux douanes.

Non seulement ça leur permet de faire ça, mais celles qui sont accréditées C-TPAT, C-TPAT, celles qui sont accréditées, fondamentalement même, il y en a, là, qui nous écrivent en disant: Parce que vous nous avez aidés à faire ça, il y a des Européens... ils vont capter des contrats européens qui sont capables plus facilement de pénétrer le marché américain par des entreprises québécoises.

Le ministère, lui, contribue financièrement. Il y a la Fédération des chambres de commerce qui travaille beaucoup sur ça pour éveiller nos exportateurs à faire ça, parce que c'est coûteux. Moi, j'ai rencontré une entreprise récemment, ça lui avait coûté 125 000 $ de se sécuriser, mettre des clôtures, changer ses systèmes. Il m'a dit: M. Bachand, ceci étant dit, je l'ai économisé en un an. Un, ces pertes de biens internes ont diminué parce que, si tu sécurises pour l'ensemble, tu sécurises aussi par rapport aux vols que tu peux avoir dans ton entreprise, et, deuxièmement, ton efficacité.

Nous, on appuie financièrement les entreprises, on donne du coaching. On a des professeurs qui vont aider les entreprises pour qu'elles soient plus efficaces sur le marché américain. Et je pourrais continuer, mais je veux vous laisser du temps.

La Présidente (Mme Morissette): On vous croit, on vous croit. M. le député de Jean-Lesage.

Actions entreprises dans le but de favoriser

l'exportation d'hydroélectricité aux États-Unis

M. Gosselin: Merci, Mme la Présidente. J'aimerais entendre le ministre sur ? pendant qu'on est dans le marché américain ? l'exportation d'hydroélectricité aux États-Unis. J'aimerais entendre des gestes concrets, des actions puis aussi peut-être des résultats. Comme geste concret, je vais lui donner une piste.

Cet après-midi, lors de la session en tourisme, un exemple de geste concret qui a été fait, c'est une conversation avec le maire de Gaspé, dans le dossier de l'exportation en hydroélectricité. Des gestes concrets comme ça, je serais bien content d'une réponse du genre, du ministre.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

n (21 h 30) n

M. Bachand: Je vous dirais, puis je ne veux pas me sauver de votre question, mais vous n'êtes pas dans la bonne commission parlementaire, là, parce que l'hydroélectricité, ça ne relève pas de moi, ça relève du ministre des richesses naturelles, et c'est plus lui qui serait en mesure de répondre à ces questions-là.

Mais je pourrais dire, moi, pas plus récemment qu'il y a quelques semaines, quand j'étais dans une des missions que j'ai faites, c'est de participer au show BIO. BIO, c'est le grand congrès de biotechnologie, la plus grande foire mondiale de biotech qui était à Boston, cette année, où je suis allé pendant une journée et demie ? gouvernement minoritaire oblige, on essaie d'être plus présents à l'Assemblée nationale ? mais accompagner nos entrepreneurs avec une foule de rendez-vous. Mais un des rendez-vous, c'était avec le secrétaire, là, ? je ne sais pas c'est quoi, son

titre ? du Commerce du Massachusetts. Et bien sûr le Massachusetts est très intéressé, lui, à acheter de l'énergie et de l'hydroélectricité, alors on a parlé un peu de ça, bien sûr. J'ai transmis l'information à mon collègue des Ressources naturelles et à Hydro-Québec, parce que je ne veux pas laisser croire aux gens, là, que c'est moi qui m'occupe de l'hydroélectricité.

Un des gestes très concrets que le gouvernement a faits en hydroélectricité, c'est de construire cette nouvelle ligne vers l'Ontario. C'est un investissement majeur. C'est la première fois, je pense, depuis 10 ans, sinon plus, qu'il n'y a pas une nouvelle ligne majeure de transmission vers le Canada qui est faite. Quand cette ligne va être en place... Parce que l'électricité, il faut la produire. Alors que ça avait été arrêté dans le passé, nous, on a lancé, là, 25 milliards de... on investira 25 milliards dans des nouveaux projets.

Il y a La Romaine, là, qu'on souhaite commencer, il y a les études préliminaires qui sont en cours. Mais, après ça, il faut la transporter, l'électricité, pour pouvoir la vendre dans les marchés étrangers. Donc, cette ligne-là qui est en construction vers l'Ontario, c'est un projet majeur et très structurant pour l'économie.

La Présidente (Mme Morissette): M. le député de Jean-Lesage.

M. Gosselin: Merci, Mme la Présidente. Je ne pense pas m'être trompé de commission, parce que le ministre a répondu en fait à ma question, mais c'est juste pour renchérir, là. J'avais posé la même question au ministre des Ressources naturelles hier puis je n'avais pas vraiment eu de réponse non plus.

Donc, ce que je comprends du gouvernement, c'est qu'il n'y a rien qui est fait concrètement pour exporter plus d'électricité, d'hydroélectricité aux États-Unis, aux Américains, quand on sait que les Américains en ont besoin peut-être pour remplacer leurs usines de charbon qui produisent leur électricité, qui nous polluent en plus sur la tête. Mais ce serait quelque chose qu'il serait important que le gouvernement considère, là, d'explorer le marché, surtout le Nord-Est des États-Unis.

Puis peut-être en sous-question, peut-être répondre plus concrètement, là, si la suggestion est bonne de notre part, là, de pousser ça un peu dans la prochaine année.

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Je ne veux pas partir de chicane, mais je ne peux pas laisser passer l'affirmation du député de Jean-Lesage, Mme la Présidente. L'électricité, ça ne s'exporte pas... Il y a deux types d'exportation d'électricité. Une des grandes forces d'Hydro-Québec, dont c'est le mandat, c'est la vente d'électricité sur les marchés spot. Pourquoi on fait beaucoup d'argent au Québec par la vente d'électricité maintenant? C'est parce qu'au lieu de vendre à long terme, c'est-à-dire en continu des grands contrats, on joue, au bon sens du terme, sur le marché.

Et, quand il y a une demande importante d'énergie aux États-Unis ? puis ça se fait même à l'heure ? Hydro-Québec vend son énergie à des prix très élevés. Puis, quand les prix sont très, très bas, parfois, la nuit, il arrive même à Hydro-Québec d'importer de l'électricité parce que c'est un prix plus bas que nos coûts de production, puis là tu laisses l'eau monter dans les barrages. On a une électricité exceptionnelle parce qu'au fond on peut l'accumuler en accumulant l'eau derrière les barrages. Puis, quand vient une période où les prix sont élevés, tu la vends. Tu la vends à 0,12 $, 0,15 $, 0,18 $ parfois.

Tu la vends sur le marché spot, c'est très payant.

Le deuxième élément de réponse, Mme la Présidente, à la question du député de Jean-Lesage, c'est que par la suite, pour la vendre, il faut que tu la bâtisses, il faut faire des barrages pour en avoir plus. C'est des projets qui prennent 10 ans, souvent. Ça avait été arrêté, ralenti considérablement par l'ancien gouvernement. Avec la stratégie énergétique qu'on a faite, il y aura 25 milliards de projets qui vont être faits, pour 5 000 MW.

On lance l'électricité éolienne aussi. Il y a déjà eu les premiers appels d'offres. Il y a un appel d'offres actuellement pour 2 000 MW d'électricité éolienne. Notre stratégie, c'est d'avoir... Alors qu'avant on était pris à faire le choix: Ah, est-ce que j'en ai pour le développement économique ou est-ce que j'en ai pour l'exportation?, nous autres, on a dit: Plus jamais il faut que le Québec fasse ce choix-là; il faut avoir toute l'énergie dont on a besoin pour notre développement économique et il faut avoir de l'énergie pour la vendre sur les marchés étrangers. Mais, pour ça, il faut la construire. Alors, on a démarré ça.

On pourrait ajouter à ça les projets de gaz, les projets de Rabaska et Cacouna. Bien sûr, il y a des audiences environnementales. Le BAPE a rendu son rapport dans un cas, rendra son rapport dans l'autre cas. Et donc, si les projets sont corrects au niveau environnemental... S'ils ne sont pas corrects, il ne faut pas les faire. Mais, s'ils sont corrects au niveau environnemental, avec toutes les mesures qui seront suggérées par la suite, voilà aussi un autre exemple, parce que le gaz, évidemment c'est un secteur où le Québec est faible, on est au bout...

Vous prenez une carte de l'Amérique, là, puis, si vous faisiez tous les réseaux gaziers, vous arriviez au golfe du Saint-Laurent, nous autres, on est au bout des pipelines. Avec que ce soit Cacouna ou Rabaska, on va augmenter notre capacité. Et le gaz est quand même une énergie qui n'est pas aussi propre que l'hydroélectricité ni que l'éolienne mais qui est une énergie qui quand même est moins polluante que les centrales au charbon. Alors, vous avez raison sur ça, M. le... Mme la Présidente, le député a raison.

Il faut s'habituer, c'est compliqué. Les gens, ils ne comprennent peut-être pas, c'est parce qu'on n'a pas le droit de s'adresser au député, il faut s'adresser au député à travers la présidence.

La Présidente (Mme Morissette): Pour la bonne tenue des débats.

M. Bachand: Oui, oui, tout à fait. Non, non, mais, des fois, ceux qui regardent ça... ceux qui nous regardent ça à la télévision peuvent trouver ça bizarre...

La Présidente (Mme Morissette): Ils doivent trouver ça spécial.

M. Bachand: ...qu'on ne regarde pas notre interlocuteur, qu'on regarde la présidence, ce qui est un plaisir de faire par ailleurs, mais...

La Présidente (Mme Morissette): Je vais être obligée de vous interrompre...

M. Bachand: Et ça, ça va tout à fait dans ce que vous disiez, M. le député...

La Présidente (Mme Morissette): ...d'une autre question, s'il vous plaît. Merci.

M. Bachand: ... ? oui, en conclusion ? c'est que même ça, ultimement ça va remplacer des centrales au charbon polluantes aux États-Unis. Et donc non seulement on fait de l'argent, mais on aide la planète aussi.

La Présidente (Mme Morissette): Merci de votre collaboration. Alors, M. le député d'Iberville, il reste environ quatre minutes.

Participation du Québec à un accord de

libre-échange Canada-États européens

M. Riedl: O.K. Quelque chose que vous avez à coeur, Mme la Présidente, M. le ministre, l'éventuel libre-échange Canada-États européens. Alors, ici, dans Le Journal de Québec , Bachand se réjouit de l'étude : « Le ministre québécois du Développement économique, Raymond Bachand, se réjouit de la décision du Canada et de l'Union européenne de mener une étude de faisabilité sur l'opportunité de conclure un accord de libre-échange. » Alors ça, ça s'inscrit dans le contexte de globalisation et d'ententes, de faciliter les transactions commerciales entre les pays.

Alors, comment est-ce que le Québec entend participer? Est-ce que le Québec va avoir l'opportunité de participer à ces échanges-là? Et quel va en être le contenu, quoi?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Je vous remercie de poser la question. Et vous remercierez le député, Mme la Présidente, de poser la question. Pour moi, pour le premier ministre, c'est probablement une des plus grandes initiatives porteuses pour le développement économique du Québec à long terme. Non seulement... Pas dans la prochaine semaine, pas dans le prochain mois. Mais on est très forts avec l'Amérique, et bien sûr il y a ces négociations internationales, la ronde de Doah, pour faciliter les échanges. Mais l'Europe, c'est maintenant un ensemble de 450 millions de personnes.

C'est plus gros que l'Amérique du Nord, hein, Mexique, Canada, États-Unis, l'Europe est plus grosse. Ce n'était pas le cas il y a quelques années à peine, mais, avec l'élargissement de l'Europe, il faut absolument que, comme Canadiens, comme Québécois, on prenne notre part dans ce marché-là. Et ce n'est pas juste au niveau des biens et services, parce que les tarifs ne sont pas très élevés fondamentalement entre l'Europe... Ils le sont dans certains produits pointus, mais la moyenne est peut-être de 4 %.

Les investissements sont très forts, il y a beaucoup d'investissements européens au Canada, au Québec, mais beaucoup d'investissements québécois. Bombardier, c'est un des plus grands joueurs européens dans le marché du transport.

Mais ce qui nous intéresse particulièrement, c'est aussi la mobilité de main-d'oeuvre. On sait qu'à terme, au Québec... On ne fait plus d'enfants depuis longtemps. On a notre courbe démographique, on aura, dans quelques années, moins de monde sur le marché du travail que de monde en dehors du marché du travail. Et nos entreprises, on le voit déjà dans la région de Québec, il y a des milliers d'emplois ouverts, et, avec le temps, ça va s'accélérer. Bien sûr, il y a l'immigration qui est une des réponses à ça, mais ce n'est pas suffisant.

Notre ambition, c'est qu'on ait une mobilité de main-d'oeuvre entre l'Europe et le Québec, que nos entrepreneurs, quand il y a des grands projets au Québec, que nos entrepreneurs puissent importer de la main-d'oeuvre européenne si on n'a pas de la main-d'oeuvre québécoise. Ça ne veut pas dire de l'immigration, c'est carrément des gens qui viennent travailler, qu'on facilite...

Alors, qu'est-ce que le Québec va faire là-dedans? Le Québec, ça a été le leader. Pourquoi on a le libre-échange avec les États-Unis? Bien sûr, c'est une juridiction fédérale, mais c'est le Québec qui a été le leader du libre-échange, la communauté d'affaires du Québec, la communauté politique du Québec. Notre premier ministre, dans ce cas-là, a vraiment fait preuve de vision. C'est lui, c'est vraiment lui qui a lancé ça. Maintenant, on travaille avec nos collègues canadiens, c'est bien sûr. Ultimement, on a convaincu le gouvernement du Canada.

L'Ontario nous a appuyés, le Manitoba nous a appuyés, la Colombie-Britannique nous a appuyés. On a maintenant ? et on pourra vous déposer ça si vous le voulez ou vous pourrez faire parvenir à l'opposition ? un document, plus de 52 chefs d'entreprise européens et canadiens qui ont appuyé cette démarche-là. Il va y avoir, comme dans... une étude qui sera faite, et le Québec participera de façon intime avec le gouvernement du Canada, les gouvernements des provinces.

Et une des raisons pour lesquelles les provinces participent, c'est parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont de juridiction provinciale, la mobilité de main-d'oeuvre, donc reconnaissance des diplômes, il y a beaucoup des éléments qui sont de juridiction provinciale.

Et la critique... Et je termine, Mme la Présidente, mais on avait rencontré à Davos M. Mandelson, qui est le commissaire à l'exportation de l'Europe, le commissaire au commerce ? c'est comme leur ministre de l'Industrie et Commerce pour toute l'Europe ? il a dit: Vous êtes bien gentils, les Canadiens, mais, à chaque fois qu'on discute avec vous, ça prend des années à se faire, parce qu'on discute avec le gouvernement du Canada, mais, si les provinces ne marchent pas, il n'y a rien qui se fait parce qu'on est une fédération. Alors, on a dit: Justement, M. le commissaire, nous, on va s'arranger.

C'est les provinces qui vont prendre le leadership, on va travailler ensemble. Et je vois déjà les collègues du Parti québécois qui s'agitent, mais, vous savez, c'est parce qu'on est Canadiens aussi qu'on est membres du G8, et qu'on est parmi les plus grandes puissances commerciales du monde, et qu'on participe à ces enjeux-là.

n (21 h 40) n

La Présidente (Mme Morissette): Merci beaucoup. Je pense qu'il y avait eu de l'intérêt concernant le document que le ministre... Alors, si vous voulez en faire le dépôt, je pourrais vérifier... Est-ce que vous l'avez présentement, le document dont vous parliez, M. le ministre?

M. Bachand: Oui. Vous en avez d'autres copies, je suppose. Vous venez de perdre celle-là.

La Présidente (Mme Morissette): On va en faire des copies, de toute façon.

M. Bachand: ...la lettre et les signataires.

Document déposé

La Présidente (Mme Morissette): Alors, on peut le déposer puis en fera des copies à distribuer à tout le monde, dont vous. Je comprends que c'est un original, mais il n'a pas l'air d'y avoir de signature. Donc, une copie ou l'original, ça va convenir pour le retour? Parfait.

Alors, on pourra passer... À ce moment-là, ça met fin au bloc de l'opposition officielle. Le second bloc du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Lac-Saint-Jean.

Financement du Centre québécois

de développement durable

M. Cloutier: Mme la Présidente, je vais lâcher un peu les chiffres maintenant pour passer à un cas pratique. Peut-être que ce cas pratique qui est dans mon comté servira à l'ensemble du Québec, et c'est ce que je souhaite. M. le Président, en fait ma question va porter sur le Centre québécois du développement durable. Je vais faire un petit historique bref.

En 1990, la région du Saguenay ? Lac-Saint-Jean voyait grand, était précurseure. Elle a mis sur pied un centre de recherche en développement durable. Le centre a été créé par M. Claude Villeneuve, qui, maintenant, a une réputation internationale en matière de développement durable. Le centre a évidemment... Les présidents se sont relayés depuis, et le centre est toujours extrêmement actif. Parmi ses partenaires, il y a des clients comme Alcan, l'UMQ et le ministère du Développement durable. L'expertise du développement durable n'est plus à faire au Québec.

Maintenant, ce centre est un OSBL, et puis ils me disent maintenant qu'ils sont en recherche de financement, ils sont incapables de s'insérer dans un programme du ministère du Développement économique. En fait, est-ce que le ministre peut trouver des fonds pour supporter un centre comme le Centre québécois de développement durable, qui est un centre de recherche appliquée, c'est-à-dire que le centre fait la transition entre les recherches universitaires et le terrain, bref un objectif qui est clairement visé par la politique?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: C'est un cas très particulier auquel vous faites référence, mais a priori... Et je ne veux surtout pas vous induire en erreur, mais ce n'est pas parce qu'un centre est un OSBL ? d'ailleurs, ils le sont presque tous, la plupart de nos centres de recherche au Québec, c'est des quasi publics; ce n'est pas des gens qui sont pour le profit de façon générale, on finance même des coopératives, etc. ? a priori, ce n'est pas parce que c'est un OSBL qu'il ne serait pas éligible là-dedans. Maintenant, là encore, je ne suis pas au ministère du Développement durable, là, qui est un de ses partenaires. Alors, j'essaie de comprendre le sens pointu de votre question.

Des centres de recherche, il y en a beaucoup. Il y a tellement de centres de recherche qu'on supporte financièrement au cours des années. Il y en a beaucoup ici, dans la région, il y en a dans toutes les régions du Québec. Dans ce cas-là, je pourrais regarder mes fonctionnaires pour voir s'il y en a un qui a une réponse pointue à vous adresser, parce que c'est une expertise particulière. Est-ce qu'ils ont déjà soumis une demande et ils se sont fait refuser? Avez-vous une copie de leur demande?

La Présidente (Mme Morissette): ...préciser votre question, M. le député de Lac-Saint-Jean.

M. Cloutier: En fait, je peux peut-être vous donner de l'information complémentaire. C'est vraiment un centre de recherche en développement durable, et le partenariat qu'il y a avec le ministère du Développement durable, c'est un partenariat d'affaires, c'est-à-dire qu'ils les ont aidés à mettre en oeuvre la

Loi sur le développement durable, et puis ce n'est rien d'autre qu'un client parmi tant d'autres. C'est vraiment un centre de recherche appliquée. C'est ce qu'ils souhaitent faire pour prendre de l'expansion. Maintenant, ils ont appliqué au ministère et ils se sont fait dire qu'ils ne cadraient pas. Et ils se sont fait dire: Vous devriez vous tourner avec un partenariat avec un cégep. Puis, si vous deveniez un centre de transfert de technologie collégial, bien, à ce moment-là, on pourrait trouver du financement pour vous.

Mais c'est un peu bizarre de demander à un organisme qui est fonctionnel, qui va bien, de se transformer pour cadrer, finalement. Est-ce que c'est à l'organisme de se modifier pour cadrer dans la politique ou c'est la politique qui devrait pouvoir cadrer, entre autres, à un projet comme celui-là, à un OSBL?

La Présidente (Mme Morissette): M. le ministre.

M. Bachand: Est-ce que c'est un centre qui est affilié avec une université ou un collège, ou pas du tout? Il est totalement indépendant?

M. Cloutier: Il y a des partenariats avec l'Université de Chicout

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2007-06-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-38-1 journal-debats CET-070614-2
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier2a47100e3bd0fb6640f2afd4db92c28e4bbb558c

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