Institutions — 24 February 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-02-24
Quebec — Committees
(Onze
heures dix-sept minutes)
Le Président (M.
Ouellette) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte. Veuillez, s'il vous plaît, vous assurer que vos appareils électroniques sont en mode
silencieux afin de ne pas perturber nos travaux.
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 89, je répète, n° 89 — pour
ceux qui nous suivent dans les derniers
jours, vous êtes bien sur le n° 89 — Loi visant à assurer une meilleure
concordance entre les textes français et anglais du Code civil.
Mme la secrétaire, est-ce
qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Vallières (Richmond) remplace Mme Montpetit (Crémazie)
et M. Matte (Portneuf) remplace M. Tanguay (LaFontaine).
Le Président (M. Ouellette) : Merci. Nous débuterons avec les remarques préliminaires. Nous allons effectivement
couvrir jusqu'à 18 heures avec l'étude
du projet de loi n° 89. Mme la ministre de la Justice, vos remarques
préliminaires.
Vallée : Merci, M. le Président. Alors, évidemment, je suis
bien heureuse d'entamer aujourd'hui l'étude du projet de loi n° 89,
qui vise, comme son
titre l'indique, à assurer une meilleure concordance entre
les textes français et anglais du Code civil, projet de loi qui a été déposé le
16 février dernier et dont nous avons adopté le principe hier.
En fait, ce projet de
loi, qui est un projet de loi substantiel qui contient près de 400 articles, a
comme objet de modifier le texte anglais du
Code civil pour en améliorer sa concordance avec le texte français. C'est un
projet de loi qui est attendu, je
vous dirais, depuis des années par le milieu juridique, tant par le Barreau de
Montréal que par le Barreau du Québec.
C'est un projet de loi qui fait suite à un travail énorme, un travail rigoureux
qui tire ses origines aussi loin que 1991, parce qu'en 1991 on a adopté le Code civil du Québec, et à cette
époque-là, peu après l'adoption du Code civil, il a été constaté que le
texte français et le texte anglais comportaient des différences importantes et
cette concordance-là n'était pas présente.
lorsque l'on se retrouve devant une situation telle que celle qui était
présente en 1991, bien on se retrouve à fragiliser notre droit, parce que, si, d'aventure, on devait donner un
sens différent à un
article en raison
d'une interprétation fondée sur le texte anglais ou le texte français,
bien on pourrait venir porter atteinte à l'intention du législateur, à
l'intention à la base.
Alors, il y a un
travail vraiment fastidieux qui a été fait par toute une équipe, et aujourd'hui
je crois que c'est l'aboutissement de ce travail-là que je tiens à saluer.
D'abord, je tiens à saluer les équipes du ministère de la Justice qui ont, dès le début, travaillé et ont mené ce
travail-là en collaboration avec le Comité conjoint du Barreau du Québec
et de la Chambre des notaires. Le comité
conjoint du Barreau était piloté par Me Casper Bloom, que je salue — je sais qu'il est à l'écoute — et
qui, dès la fin des années 90, a vraiment porté ce dossier des difficultés
d'arrimage entre les versions anglaise et française du Code civil. Je tiens
également à saluer Me Edmund Coates, qui a travaillé à la relecture des
10 livres du Code civil et qui a veillé à assurer la concordance entre les
textes. Je tiens à saluer, à ma droite, Me Pierre
Charbonneau — Me
Pierre Charbonneau — qui fait
un retour, qui était à la retraite et qui, depuis des années, a
travaillé sur le dossier, alors, qui vient nous prêter main-forte pour l'étude
article par article, et remercier également Me Lyne
Martineau, qui est à l'arrière, qui est derrière nous et qui aussi oeuvre au
travail de révision de ce dossier-là depuis des années. Il y a également
M. Donald Breen, traducteur, qui a planché sur le dossier.
Donc,
on le mentionnait hier, je pense que notre collègue la députée de Joliette a
une connaissance personnelle aussi de
ce dossier, dossier qui a interpellé tous les ministres de la Justice qui se
sont succédé depuis 1991. C'est donc une grande fierté de pouvoir en arriver à présenter l'aboutissement de ce travail
colossal mené par tous et par une équipe extraordinaire. Alors, il y a une raison. Pour certains, ce
travail est un travail de forme, mais la forme, bien souvent, vient affecter le
fond, et nous sommes devant une illustration où la forme peut affecter le fond,
et il est important de donner à la forme sa bonne signification.
Donc,
M. le Président, j'espère que nous aurons la chance d'analyser et d'étudier un
petit peu plus en détail le projet de loi et j'ose espérer que nos
travaux se poursuivront dans la collégialité, les qualificatifs qui savent très
bien définir les travaux ici, devant la Commission des institutions.
Le Président (M. Ouellette) : Merci, Mme la ministre. Pour ceux qui nous écoutent, c'est effectivement
369 articles.
Le Président (M. Ouellette) :
Pardon?
Hivon : De quoi
vous réjouir, M. le Président.
Président (M. Ouellette) :
C'est, effectivement, très réjouissant, mais, quand on pense que le Code civil,
c'est plus de 3 000 articles, qu'on soit capables de réaliser l'immensité
du travail...
J'inviterais
Mme la porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice et députée
de Joliette à faire ses remarques préliminaires.
Hivon :
Merci, M. le Président. Alors, écoutez, je pense qu'on est face à un exercice
qui peut sembler très technique. Cet
exercice qui vient, comme la ministre vient de l'expliquer et comme on l'a dit
hier lors de l'adoption du principe
du projet de loi, vient essentiellement s'assurer de la bonne concordance entre
la version anglaise et la version française
du Code civil, qui a fait l'objet d'une réforme au début des années 90, en
vigueur depuis 1994. Donc, ça fait quand
même plus de 20 ans. Donc, ce n'est pas trop tôt pour, je vous dirais,
s'acquitter de cette tâche, qui, oui, a suscité beaucoup de commentaires et d'interventions, notamment, bien sûr, de la
communauté juridique anglophone, qui, donc, était appelée à travailler et à constater des divergences de formes qui
parfois pouvaient porter à confusion sur le fond des choses aussi, donc,
dans le cours de leur pratique.
Oui, comme je le mentionnais un peu hier à
titre
d'anecdote, lorsque j'étais attachée politique du ministre Serge Ménard à la fin des années 90, dans les
toutes premières semaines, si ce n'est pas la première semaine, le
ministre avait reçu une correspondance de
Me Casper Bloom pour porter à notre attention... À chaque fois qu'il y a
un nouveau ministre qui arrive, vous
savez que, des fois, il y a des gens qui essaient de faire valoir l'importance de leur dossier, donc c'est ce qui s'était fait.
Alors,
j'avais très rapidement été sensibilisée à cette réalité-là.
Heureusement, je constate que ce n'est pas juste à cause de moi que ça n'a pas abouti plus rapidement, puisque ça fait 20 ans de ça. Donc, ça a demandé... je ne sous-estime
pas l'ampleur du travail que ça a dû
demander de passer à travers l'ensemble des livres du Code civil pour constater
toutes les différences, donc, je sais que ça
a été un travail de moine. Alors, bien que ce soit, oui, un travail assez
technique, je pense qu'on ne peut pas
minimiser l'importance de ce qu'on fait, parce qu'on ne touche pas qu'à
un ou deux articles du Code civil ou à une petite modification très pointue, on
touche, en fait, à l'essence du Code
civil, à l'ensemble
du Code civil pour ce qui est de sa forme, mais ce n'est quand même
pas rien, et on ne fait pas ça tous les jours. Donc, c'est pour ça que je
pense qu'il va falloir faire l'exercice de manière diligente, de manière tout à
fait correcte.
Évidemment, la ministre le sait, notre
collaboration est acquise dans ce dossier-là. Ce n'est pas un dossier politique, loin de là, mais ça veut quand même
dire qu'il faut mettre les énergies nécessaires pour s'assurer que tout
ça est bien fait, qu'il n'y a pas de
dissonance entre certains articles ou d'omission. Et bien sûr on va aussi porter
attention aux quelques changements qu'on a constatés à la version
française pour à peu près une dizaine d'articles, de ce que je comprends aussi,
parce que l'exercice de révision a mis en lumière peut-être certaines mauvaises
formulations dans la version française également.
Donc, je veux
aussi, d'entrée de jeu, remercier — je ne sous-estime pas non plus le travail de
toute l'équipe du ministère — Me Charbonneau, qui sort de sa
retraite — donc ça
montre quand même un grand niveau de professionnalisme et de dévouement pour la cause — et, bien sûr, Me Martineau aussi, et
l'équipe qui entoure la ministre, de son cabinet, et les autres membres du personnel du ministère et les
collègues. Donc, je pense qu'on va bien travailler tous ensemble, M. le
Président, et avec mon collègue de la deuxième opposition le député de Borduas.
Président (M. Ouellette) :
Merci, Mme la députée de Joliette. Je ne demanderai pas à M. le député de
Borduas où il était en 1990, parce que
j'anticipe un peu sa réponse. Je vais l'inviter en tant que porte-parole du
deuxième groupe d'opposition en matière de justice et député de Borduas
à faire ses remarques préliminaires.
Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. Pour votre information, j'étais de ce monde, M. le Président.
Ceci étant dit, salutations aux collègues, salutations également à
Me Charbonneau et à Me Martineau, merci de votre présence, merci de votre travail, ainsi qu'à toute l'équipe
du ministère de la Justice également qui accompagne Mme la ministre.
Donc,
d'entrée de jeu, comme je l'ai mentionné hier lors de l'adoption de principe,
le Code civil du Québec a sa particularité,
parce que c'est la pierre d'assise, hein, du droit civil québécois. On est la
seule province à avoir un code civil. Donc,
c'est vraiment un outil fondamental. Puis, sur une perspective historique, M.
le Président, on sait que, bon, ça provient du code Napoléon français, bon, du Code civil du Bas-Canada, qui a émané
du code Napoléon. Donc, ce sont nos origines premières pour la province de Québec, et ça crée cette particularité-là
dans les rapports de droit privé, le fait d'avoir tous les rapports qui
sont codifiés dans un seul code.
on se retrouve aujourd'hui en commission parlementaire pour étudier un projet
de loi substantiel notamment aussi en
raison de considérations historiques, M. le Président, parce que, vous le
savez, les lois du Québec sont adoptées dans les deux langues, en vertu de l'article 133 de la Loi
constitutionnelle de 1867. C'est l'interprétation qui a été donnée au
cours des années, bien qu'il y ait certains auteurs qui émettent certains
points de vue et qui émettent des analyses contraires et discordantes l'une par
rapport à l'autre.
Ceci étant
dit, on constate, M. le Président, à la lecture du projet de loi qu'il s'agit
véritablement d'un travail de moine pour vraiment faire en sorte que la
version anglaise concorde avec la version française, et c'est d'autant plus important, parce qu'à partir du moment où les lois
sont adoptées dans les deux langues au Québec, à partir du moment où vous vous retrouvez devant le tribunal, M. le
Président, bien il faut s'assurer que la véritable intention du législateur
soit celle qui va rejoindre l'interprétation
du juge. Et, en ce sens-là, on va offrir toute notre collaboration, M. le
Président, aux travaux de la
commission pour s'assurer que, lorsque les justiciables vont se retrouver
devant les tribunaux à interpréter le droit privé, le droit commun des Québécois,
bien ce sera véritablement l'intention du législateur qui soit respectée
dans le cadre d'un litige juridique de façon à avoir la plus grande
clarté au niveau de l'interprétation du Code civil du Québec. Je vous remercie,
M. le Président.
Président (M. Ouellette) :
Merci, M. le député de Borduas.
S'il n'y a pas de motion préliminaire, nous allons immédiatement débuter
l'étude
article par article.
Je prendrais
en considération l'article 1 du projet de loi. Mme la ministre, pouvez-vous nous en faire la lecture?
Mme Vallée : Oui. Avant de vous faire la lecture, M. le Président, j'aimerais peut-être transmettre un outil de travail aux collègues. Nous avons préparé un document
dans lequel on retrouve la concordance, parce que, dans certains articles,
on va référer à des termes, termes que l'on
retrouvera dans d'autres articles du projet
de loi. Donc, je vais vous le
transmettre pour fins de mieux travailler et
mieux comprendre, là. Ça permettra de faire référence, lorsqu'on abordera un
article, de voir à quel endroit on
retrouve aussi le terme «modifier» dans le projet de loi, parce qu'il y a
plusieurs articles évidemment où on vient modifier des
termes que l'on retrouve. Alors, je sais que nous en sommes à cette démarche.
Alors, pour
le premier article, je vous dirais, je pense, c'est un
article
qui est important. Alors : À moins d'indication contraire, les modifications
prévues par la présente loi ne visent que le texte anglais du Code civil du Québec.
Donc, évidemment,
c'est un
article qui vise à éviter la répétition constante, dans
le projet de loi, de l'indication que les modifications qui sont proposées sont apportées au texte
anglais du Code civil. C'est un
article qui tient compte
du fait que la quasi-totalité des modifications proposées par le projet de
loi ne concerne que les textes
anglais du code et que ce n'est
qu'exceptionnellement que des modifications seront proposées à ces textes
français à des fins d'harmonisation. Et les modifications au texte
français se retrouvent dans certains articles du projet de loi, là, qu'on
retrouvera : articles 10, je crois, 35, 36, 79, 83, 201, 228, 276 et 337.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Oui. Alors, juste pour bien comprendre le sens de
l'article 1 : c'est juste pour ne pas être
obligé de répéter à chaque
article :
L'article 6 de la version anglaise de
ce code. C'est pour éviter...
Hivon : ...«de la
version anglaise» à chaque article.
Mme Vallée : Exactement.
Hivon : C'est
beau. Moi, ça me va.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : C'est beau.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 1 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 2. Mme la ministre.
Président (M. Ouellette) :
Je m'excuse de l'enthousiasme des collègues, je m'excuse de
l'enthousiasme...
Le Président (M. Ouellette) : Non.
Non, non.
Mme Vallée : On en a 380
quelques.
Une voix : Je le sais, je le
sais.
Président (M. Ouellette) :
C'est parce qu'il y a des collègues qui attendent l'adoption
de l'article 1 dans un autre forum depuis des lunes. Mme
la ministre, après avoir lu l'article
2... je comprends aussi que, dans le document de travail que vous nous avez remis, vous allez nous
fournir les explications qui vont aller avec, parce que votre premier item est
à l'article 2.
Le Président (M. Ouellette) : Donc,
la lecture de l'article 2. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 6 de ce code est modifié par le
remplacement de «in good faith» par «in accordance with the requirements
of good faith».
C'est un
terme que l'on retrouvera également à l'article
176 du projet de loi, donc il s'agit là d'une concordance. La modification que propose l'article vise à préciser
que l'exercice des droits civils a lieu selon les exigences de la bonne
foi plutôt que de bonne foi. C'est une règle
qui est moins exigeante, qui est plus facile d'application, et l'exercice de
bonne foi doit s'appuyer sur l'existence
d'une conformité réelle entre l'acte envisagé et l'intention de son auteur,
alors que l'exercice de «selon les
exigences de la bonne foi» ne s'attache qu'à une conformité apparente entre
l'acte et ce qui est généralement exigé pour qu'on considère qu'il y ait
bonne foi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Ça me va.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Moi aussi.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 2 est adopté?
Mme Vallée : Est-ce qu'il est
possible de passer à l'article 176 ou est-ce qu'on y...
Président (M. Ouellette) :
J'étais pour vous demander et demander aux collègues effectivement si, en fonction de votre
tableau de concordance, on pourrait effectivement faire cet exercice-là et je pense qu'il y a consentement. Donc, si vous vouliez nous lire l'article 176, Mme la
ministre...
Mme Vallée : Oui, j'y vais. Donc :
L'article 437 de
ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«not in good faith» par «contrary to the requirements of good faith».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée : C'est de la même
nature. Alors, on fait référence aux exigences de la bonne foi plutôt qu'à la
bonne foi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Je fais
juste noter que dans la version française on n'utilise même pas exactement la
même expression : une fois,
«exigences»; puis, une fois, «ce qu'exige», mais, je veux dire, je fais juste
noter ça, mais... En fait, c'est
juste une question de libellé. À l'époque, on n'avait pas eu le souci d'avoir tout le temps la même expression de forme nécessairement dans les différents articles en français. Je
veux dire, c'est très technique, là, mais une fois, c'est le verbe; une
fois, c'est «les exigences».
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : On m'indique que c'est une variation, mais cette
variation-là ne porte pas à conséquence au niveau de l'interprétation puis au niveau des exigences de la
preuve.
Président (M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Ça va.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 176 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 3. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 28 de ce code est modifié :
1° par l'insertion,
dans le deuxième alinéa, après «another physician», de «, at the latest»;
2° par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «If a physician» par «As soon as a
physician».
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires?
Vallée : La première modification proposée par l'article vise à bien marquer l'insistance que comporte
le texte français sur la nécessité que le
second examen psychiatrique soit fait le plus rapidement possible à
l'intérieur du délai prévu. Et la
deuxième modification est de nature semblable, elle vise à s'assurer
que le texte anglais reflète bien l'idée que la personne qui est gardée en établissement soit libérée aussitôt que le médecin conclut que
la garde n'est plus nécessaire.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Ça va pour moi.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Aussi.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 3 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 4. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 35 de ce code est modifié par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«The
privacy of a person may not be invaded without the consent of the person or
without the invasion being authorized by law.»
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires?
Vallée : C'est un
article qui propose une formulation qui, en prévoyant que l'interdiction vise
les atteintes elles-mêmes plutôt que
les auteurs de ces atteintes, se rapporte davantage à l'intention...
sous-jacente, pardon, au texte français.
La loi peut autoriser une atteinte à la vie privée d'une personne sans nécessairement
préciser à qui l'autorisation est accordée.
En d'autres termes, ce n'est pas tant l'auteur de l'atteinte qui doit être
autorisé par la loi que l'atteinte elle-même.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Oui. Ça va,
puis ça, c'est un exemple où on voit à quel point la version anglaise était vraiment loin de la version française.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Ça va.
Le Président (M.
Ouellette) :
L'article 4, est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 5. Mme la ministre.
Vallée :
L'article 38 de ce code est modifié par le remplacement de «made at
reasonable cost» par «made for a reasonable cost».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée : Donc, l'expression «for a reasonable cost», que
propose l'article en remplacement de l'expression actuelle, est plus juste, elle rend non équivoque
le fait que c'est la personne qui demande la reproduction qui doit en
défrayer les frais, et non la personne qui détient le dossier.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Juste un petit instant, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : Je vous donne votre petit instant.
Hivon : Ce n'est
pas le producteur qui doit le faire à un prix raisonnable, c'est l'acheteur qui
doit défrayer un prix raisonnable.
Hivon :
C'est ça. Mais est-ce que «made for a reasonable cost», ça traduit vraiment
cette idée-là, «moyennant des frais raisonnables»?
Hivon :
Mon collègue n'a pas de questions?
Jolin-Barrette : Non.
Hivon :
O.K. Je me fie aux experts, mais je trouve que c'est moins clair quand même en
anglais qu'en français, le «moyennant des
frais raisonnables». Mais est-ce que c'est clair, vraiment
clair, comment c'est écrit, que ce n'est pas le producteur, que c'est vraiment
l'acheteur? «Made for a reasonable cost».
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Évidemment,
là, il s'agit là d'une recommandation des traducteurs et de l'ensemble des
équipes qui ont planché sur la question, nous indiquant que la proposition...
Hivon : Je
comprends qu'en fait, en théorie, à chaque fois qu'on pourrait avoir une question c'est sûr que... puis ce n'est pas du tout un reproche, mais on va
se faire dire qu'il y a des gens qui ont travaillé là-dessus depuis des
années puis que c'est la bonne expression,
mais je me demande juste... je ne veux pas retarder pour ça, mais est-ce qu'on
peut juste suspendre 5 — puis
je veux juste me faire une tête pour l'assimiler — puis aller à 6? Là, je
ne veux pas qu'on perde de temps avec ça.
Le Président (M.
Ouellette) : On va suspendre 5. Mme la ministre.
L'article 6.
Mme Vallée :
L'article 42 de ce code est modifié par le remplacement de «heirs and
successors» par «heirs or successors».
Une voix :
Commentaires?
Vallée : Une modification que propose l'article vise, comme on le retrouve dans le texte
français, à bien marquer le fait que les successibles ne sont appelés à
exprimer leur volonté qu'à défaut de volontés exprimées par les héritiers, c'est-à-dire
des personnes qui ont déjà manifesté leur acceptation de la succession du
défunt.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
...M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Ça va.
Le Président (M.
Ouellette) :
L'article 6, est-ce qu'il est adopté?
Président (M. Ouellette) :
L'article 7, qui va être un
article
multiple. Mme la ministre, pour la lecture.
Mme Vallée :
Effectivement, c'est un
article de concordance que l'on retrouvera aux articles
9, 19, 21, 82, 90, 298, 335, 342, 344, 346
et 357, qui se lit comme suit :
L'article 54 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «acquires the authority of res
judicata » par «becomes final».
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires?
Vallée : Un jugement
qui est passé en force de chose jugée, ou un jugement irrévocable, c'est un
jugement qui n'est plus susceptible de
recours via un appel, une révision, une évocation, alors qu'un jugement qui a
acquis l'autorité de la chose jugée
est un jugement qui empêche, sous réserve des voies de recours, que la même
chose soit rejugée entre les mêmes parties dans un autre procès.
Dans
le texte anglais du présent article, les deux notions ont été confondues.
L'expression «acquires the authority of res judicata », qui est
utilisée en anglais juridique, ne correspond, en effet, qu'à la deuxième des
deux notions, celle du jugement qui a acquis l'autorité de la chose jugée. Or, l'article
renvoie plutôt à la première des notions, celle du jugement passé en force de
chose jugée, laquelle ne se rend en anglais par l'expression «final judgment»,
d'où la modification proposée par le projet de loi.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Question : Est-ce que ça arrive souvent
qu'on fait référence, dans le code, à des expressions latines, en latin, dans
la version anglaise, là?
Mme Vallée :
Dans la version anglaise, à certains égards... Je pourrais passer la parole, si
vous le permettez, à Me Charbonneau, qui...
Le Président (M.
Ouellette) : Me Charbonneau, vous vous identifiez pour les besoins de
l'audio et...
M. Charbonneau
(Pierre) : Pierre Charbonneau. Merci, M. le Président.
qui est curieux, c'est qu'en français on a fait beaucoup d'efforts pour
supprimer les locutions latines de façon à rendre le Code civil plus accessible,
en fait, mais en anglais ils n'ont pas la même préoccupation, et c'est encore
très important pour eux de conserver des termes latins. Et, partout au Canada,
dans les provinces, les termes latins sont importants. Maintenant, ils ont beaucoup
moins d'hésitations à utiliser les termes latins qu'en français.
M. Jolin-Barrette : ...juste dans une réflexion, là, à haute voix, en supposant que le
nouveau Code de procédure civile...
supposons, les recours en quo
warranto, en habeas corpus, tout ça,
je ne pense pas qu'on les a maintenus dans le Code de procédure civile
en version française. Est-ce que ça a été le cas en version anglaise?
M. Charbonneau
(Pierre) : Je ne pourrais pas vous répondre là-dessus, mais on a
paraphrasé plutôt que d'utiliser les
anciennes expressions, et il se peut fort bien qu'on a fait la même chose dans
le Code de procédure civile.
M. Jolin-Barrette : Il y a un désir des juristes de langue anglaise de maintenir, dans le
Code civil du Québec, des expressions...
M. Charbonneau
(Pierre) : Oui, parce que c'est des notions qui sont...
Jolin-Barrette : ...des locutions latines.
Charbonneau (Pierre) : La jurisprudence les a développées, et c'est
important de les conserver. On n'a pas le même souci ou le même
inconfort à utiliser du latin dans les textes juridiques.
M. Jolin-Barrette : Parce que, M. le Président, je me dis juste : Si on maintient,
dans la version anglaise du Code civil
du Québec, des expressions, des locutions latines, dans le fond, le souci
d'accessibilité qu'on a en français pour les citoyens de dire : Bien, écoutez, le justiciable qui se représente
lui-même devant le tribunal puis qui veut avoir accès à la justice, ça
lui prend un dictionnaire de locutions latines pour comprendre ce que la loi
dit, du côté anglophone ça va être la même
chose aussi, là : la personne d'expression anglaise qui souhaite intenter
un recours devant les tribunaux, si on fait
toujours... En fait, ce qui est bon en français, dans le fond, dans
l'accessibilité devrait peut-être l'être en anglais aussi.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Charbonneau.
Charbonneau (Pierre) : Écoutez, c'est une question d'appréciation. Ce
que je peux vous dire, c'est que pour les
anglophones c'est important, ces concepts-là. Et puis il n'y a personne qui
nous a suggéré de modifier ces termes-là non plus. Le comité
Barreau-Chambre des notaires a été très à l'aise avec l'expression.
M. Jolin-Barrette : Bien, peut-être juste, M. le Président, pour Mme
la ministre, là, je comprends que le comité sur lequel le ministère de la Justice a siégé, c'étaient des
représentants du Barreau et de la Chambre des notaires. Est-ce qu'il y avait des membres du public qui siégeaient
sur le comité? Non, je ne crois pas. Ça fait que c'est juste dans cette
optique-là de rendre accessible le texte pour les citoyens, là, de langue
anglaise.
Une voix :
Mme la ministre.
Vallée : Simplement indiquer au collègue qu'il y a actuellement
une réflexion qui est en cours sur toute la question de l'utilisation du langage clair, donc on pourra, sans doute,
avoir la chance d'y revenir. Là, je comprends que, dans les travaux actuels, on a travaillé avec les
outils, notamment, qui ont été développés et qui sont d'usage commun. Donc, l'utilisation des locutions latines en
anglais est d'usage commun dans le quotidien de nos collègues, et,
compte tenu de la jurisprudence qui a pu se développer autour de l'utilisation
des termes, il y avait cette volonté de la maintenir à l'intérieur de la version qui était présentée. Maintenant, la réflexion
est en cours sur le langage clair de façon beaucoup plus générale.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, peut-être, je demanderais à la ministre, pas pour s'étirer, là,
mais, lorsqu'elle nous dit «un
langage clair», est-ce qu'elle prévoit, dans le Code civil du Québec, de
revenir là-dessus pour rendre ça accessible ou... En fait, on comprend, là, que, oui, la
jurisprudence... oui, les collègues membres de la Chambre des notaires ou
membres du Barreau veulent maintenir ça,
mais, pour la version française, qui, par ailleurs, on le sait... il y avait
des termes latins dans le Code de procédure civile ou dans le Code civil
du Québec aussi.
Donc,
est-ce qu'on se dirige vers la suppression de ces termes de locutions latines?
En fait, c'est quoi, l'objectif de Mme la ministre, à ce niveau-là, là?
Lorsqu'on parle de langage clair, qu'est-ce que ça veut dire?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Là, nous sommes dans le projet de loi actuellement sur
la concordance. Je voulais simplement aviser mon collègue que nous avions une réflexion sur l'utilisation du langage
clair dans l'ensemble du corpus législatif. Donc, je pense que c'est une préoccupation qui est aussi
portée par des intervenants du milieu de la justice, parce que
l'accessibilité à la justice vise aussi de
permettre à ceux et celles qui lisent les textes de loi, pas seulement les
juristes, pas seulement les magistrats, mais les citoyens qui ont à se
familiariser, à un moment ou à un autre, avec une réalité juridique, de bien
comprendre les textes. Mais vous comprendrez que c'est un chantier qui est
quand même important et puis c'est un chantier
sur lequel les équipes travaillent, parce que ça peut nous amener à revoir la
façon dont on rédige nos lois, pas seulement les pièces législatives qui
sont sous la responsabilité du ministère de la Justice, mais l'ensemble des
lois qui sont rédigées ici et qui sont adoptées à l'Assemblée nationale,
l'ensemble de la documentation.
Mais
là on aura la chance, à un autre moment donné, j'imagine, d'entrer plus en détail dans la question. Et c'est un enjeu qui est hyperintéressant, c'est un enjeu
qui m'intéresse grandement, par contre j'aimerais qu'on puisse revenir à
l'article 6, parce que, si on s'étire comme ça, on risque d'avoir des
discussions fort intéressantes mais qui vont nous mener au mois de juin.
Le Président (M.
Ouellette) : On est à l'article 7. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Mais tout de même je comprends la volonté de la ministre, là, de ce
qu'elle m'explique, mais je trouve ça
quand même pertinent d'avoir la discussion maintenant, quand on est dans le
Code civil puis qu'on touche justement à la question des locutions
latines, M. le Président. Donc, je soumets ça à la commission, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Moi, ça va. Je comprends qu'ici, en fait, on fait cet exercice-là parce qu'il y
a une expression latine qui va sauter, parce qu'elle n'était pas appropriée
dans les circonstances, puis on la remplace par des mots plus compréhensibles, quoique, «force de chose jugée»,
je pense qu'aussi ça pose un défi, je ne pense pas que le commun des
mortels comprenne ça aisément, donc. Mais, moi, ça me va.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre, pas d'autres commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : S'il n'y a pas d'autre commentaire sur l'article
7, est-ce que l'article 7 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 9. Mme la ministre.
Président (M. Ouellette) :
Non, c'est parce qu'on va faire les articles de concordance, là, comme vous
avez dans votre tableau, juste pour qu'on s'assure qu'on est dans le même
créneau.
Mme Vallée :
Donc, à l'article 67 :
L'article 67 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de
«acquires the authority of a final judgment ( res judicata )» par «becomes
final». Alors, ce sont les mêmes commentaires.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a des commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 9 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 19. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 129 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «acquires the authority of a final judgment ( res judicata )»
par «becomes final».
Le Président (M. Ouellette) :
...commentaires?
Le Président
(M. Ouellette) : Mêmes
commentaires des deux porte-parole? Est-ce que l'article 19 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : 21.
Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 132.1 de ce code est
modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de « res judicata »
par «final».
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a des commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : Pas de
commentaire.
L'article 21, est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 82. Mme la ministre.
Mme Vallée : Oui.
L'article
573.1 de ce code est modifié par le remplacement de « res judicata » par
«final».
Le Président (M. Ouellette) : Mêmes commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a des commentaires? Il n'y a pas de commentaire. Est-ce que l'article
82 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 90. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 648 de
ce code est modifié par le remplacement de «the authority of a final judgment ( res
judicata )» par «become final».
Président (M. Ouellette) :
...les mêmes commentaires? Il n'y a pas de commentaires? Est-ce que
l'article 90 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
L'article 298. Mme la ministre. On peut ralentir le tempo, si vous voulez.
Vallée : Non, non, ça va.
Une voix :
Ça va, M. le Président.
Mme Vallée :
Oui. Je présume qu'il y a « res judicata » puis «becomes final», là,
mais...
Le Président (M.
Ouellette) : Oui, mais ne présumons pas, ne présumons pas, nous y
arrivons.
Le Président (M.
Ouellette) :
L'article 298.
Vallée :
L'article
2636 de ce code est modifié par le remplacement de «acquired the authority of
a final judgment ( res judicata )» par «become final».
Le Président (M.
Ouellette) : Ce sont les mêmes commentaires?
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 298 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) : 335. Mme la ministre.
Vallée : Alors :
L'article 2896 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «has acquired the authority of a final judgment ( res
judicata )» par «has become final».
Le Président (M.
Ouellette) : Mêmes commentaires?
Mme Vallée :
Mêmes commentaires.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 335 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 342.
Mme Vallée :
Donc :
L'article 2968 de ce code...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Excusez.
Mme Vallée :
Il y a une erreur de frappe aussi dans les commentaires.
Hivon :
Ah! non, ce n'est pas ça.
Mme Vallée :
O.K. Ce n'est pas ça?
Hivon :
Je n'en suis pas là.
Hivon : En fait, je veux juste être sûre, là, c'est bien
l'article... là, c'est parce que je regarde... c'est bien l'article du projet de loi...
L'article du projet
de loi dit «has become final». Parce que, quand on lit le texte anglais
modifié, ça dit «becomes final». C'est celui de l'article, en fait...
Mme Vallée :
C'est celui de l'article qui est le bon.
Hivon : C'est ça.
«Jugement passé en force».
Président (M. Ouellette) : Donc, c'est celui du projet de loi qui est
le bon, et pas celui du cahier.
Hivon :
Pas celui qu'il faut lire pour ce...
Mme Vallée :
Oui. Et on voit la même problématique dans 342 également.
Hivon :
C'est ça. Je veux juste voir dans le projet de loi, parce que des fois ça...
Mme Vallée :
Oui. On a la même problématique dans 342.
Hivon : C'est «has become», oui. Ça fait
que c'est ça.
Mme Vallée :
«Has become».
Hivon :
C'est juste un temps de... c'est juste l'accord du verbe, en fait.
Mme Vallée :
Ah! non, en fait, à 342, c'est «becomes final». C'est parce qu'en fait dans
certains textes c'est «becomes» puis, dans d'autres, c'est «has become», mais
dans celui-là, à 335...
Hivon : «Has become».
Vallée : ...c'est «has become final».
Hivon :
O.K. C'est beau. Ça fait qu'en fait la...
Le Président (M.
Ouellette) : Donc, c'est ce qu'il y a dans le cahier qui n'est pas
adéquat.
Hivon :
C'est quand on le lit dans le texte anglais modifié que...
Mme Vallée :
Il y a une petite coquille dans le cahier.
Hivon :
C'est ça. C'est beau. O.K.
Le Président (M.
Ouellette) : O.K. Ça va, tout le monde?
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Le Président (M.
Ouellette) : Donc, 335 reste adopté. 342.
Mme Vallée :
Donc :
L'article 2968 de ce code est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «acquires the authority of a final judgment ( res judicata )»
par «becomes final».
Alors, il s'agit
encore des mêmes commentaires.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce qu'il y a les mêmes... M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Donc, la distinction de «has become final» puis «becomes final», c'est
vraiment juste pour une question
linguistique, de temps de verbe. C'est ce que je comprends dans les différences
entre les différents articles.
Mme Vallée :
Effectivement.
Jolin-Barrette : Est-ce que les temps de verbe peuvent avoir...
Le Président (M.
Ouellette) : Il est après 343.
Jolin-Barrette : ...une conséquence sur l'interprétation de l'article?
Le Président (M.
Ouellette) : Me Charbonneau.
Mme Vallée :
Me Charbonneau.
Charbonneau (Pierre) : C'est une question de contexte. Il y a des
contextes où le texte français parle au passé ou au conditionnel, et on
fait la même chose en anglais.
M. Jolin-Barrette : Mais, dans tous
les cas, on vise toujours le même objectif, la « res judicata ».
M. Charbonneau (Pierre) : Oui.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette, on a un imbroglio?
Hivon : C'est
parce que je cherche l'article 342 dans le cahier. Moi, je n'ai pas...
Le Président (M. Ouellette) : Il est
après 343, il a été mal classé.
Hivon : Ah! O.K.
Excusez-moi. C'est beau. Deux petites secondes.
Le Président (M. Ouellette) :
C'est-à-dire qu'on l'a deux fois. On a «343» deux fois dans le cahier.
Hivon : O.K. Je
veux juste prendre un petit moment pour comprendre exactement la distinction
entre «has become»...
Le Président (M. Ouellette) : Non,
non, prenez le temps qu'il faut.
Hivon :
...parce qu'on ne touche pas à ça tous les jours, là, donc aussi bien le faire.
Parce que j'essaie de voir la
différence, dans les versions françaises, entre 335 puis 342, puis là, pour
l'instant, ça ne me saute pas aux yeux. Donc, j'essaie de comprendre pourquoi la version anglaise n'est pas la
même. Une est «has become final», puis l'autre est «becomes final». Donc, je veux juste retourner
voir... En français, à 335, on dit «jusqu'au jugement passé en force
de chose jugée», puis là c'est «où le jugement est passé en force de chose
jugée».
Je dois vous dire, M. le Président, que je ne
vois pas la nuance quand je me réfère à la... Je comprends que c'est juste une
question de temps de verbe, mais j'essaie juste de comprendre, parce que les
versions françaises me semblent être rédigées pas mal de la même manière entre
335 puis 342. Il y a peut-être une nuance qui m'échappe.
Une voix : Mme la ministre.
Mme Vallée :
En fait, à 2896, le texte français fait référence à «l'interruption résultant
d'une demande en justice se continue
jusqu'au jugement passé en force de chose jugée», alors on a «jusqu'au», et à
2968 : «Sont réputés publiés à compter
de la préinscription les droits qui font l'objet [d'un] jugement ou de la
transaction qui met fin à l'action, pourvu qu'ils soient publiés dans
les 30 jours qui suivent celui où le jugement est passé en force de chose
jugée...»
Donc, ici, on
est à «est passé» et, à 2896, «jusqu'au
jugement passé». Alors, c'est vraiment le temps de verbe.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Hivon : C'est que
ça s'étire plus dans le temps avec le «jusqu'au», donc c'est le «has become».
Président (M. Ouellette) :
Oui. Effectivement, les technicalités sont importantes. M. le député de Borduas, 342, vous êtes à l'aise?
M. Jolin-Barrette : Ça va.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 342 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : 344. Mme
la ministre.
Mme Vallée : À la suite du deuxième 343 :
L'article 2994
de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«acquired the authority of res judicata » par «become final».
Le Président (M. Ouellette) : Mêmes
commentaires?
Mme Vallée : Mêmes
commentaires.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas, ça va?
Jolin-Barrette : Ça va pour moi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Un instant. C'est parce qu'encore on a «has become final» dans le texte anglais modifié;
l'autre, on a «become final», mais sans le «s», ça fait que je veux juste
voir... Je ne sais pas si vous me suivez. 344, dans notre cahier...
Mme Vallée : Parce qu'on a le
«has» avant.
Hivon : Avant.
Oui, c'est ça.
Mme Vallée : Donc, «has
become final» plutôt que «becomes».
Hivon : C'est
beau.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va,
Mme la députée de Joliette?
Hivon : C'est
parce que le «has» était déjà là.
Mme Vallée : C'est ça.
Hivon : C'est
beau.
Le Président (M. Ouellette) : Donc,
si ça va bien, 344, est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Adopté. 346.
Mme Vallée :
L'article 3002 de ce code est modifié par le remplacement de «has acquired the
authority of a final judgment ( res judicata )» par «has become
final». Cette fois, nous n'avions pas le «has».
Le Président (M. Ouellette) :
...mais le «has» n'était pas là, donc il faut le rajouter.
Mme Vallée : On l'ajoute.
Hivon :
En fait, il était là, mais on a décidé de... Il était là, c'était «has
acquired», mais on a décidé de le répéter. C'est correct.
Mme Vallée : En effet.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Hivon :
En fait, je pense, c'est celui d'avant qui est l'exception, parce qu'en général
on répétait le «has» dans la modification.
Jolin-Barrette : Est-ce que
ça arrive souvent que, dans la version anglaise, on vient mettre entre
parenthèses ce qu'on veut dire? Dans le fond, là, sur le texte anglais actuel,
à 3002, à la fin, on dit «has acquired the authority of a final judgment», puis
là on met « res judicata ».
Mme Vallée : Ça, c'est le texte
actuel. Là, dans le texte modifié, on enlève cette référence.
M. Jolin-Barrette : Je le sais,
qu'on l'enlève, mais est-ce que, dans le Code civil du Québec, dans la version anglaise, ça arrive souvent qu'on met des
locutions latines entre parenthèses? Parce que c'est particulier un peu
d'avoir...
Une voix : Me Charbonneau.
Charbonneau (Pierre) : C'est
exceptionnel. Encore une fois, c'est une façon de faire de la part des
traducteurs, mettre le terme entre parenthèses, mais ça n'a pas été uniforme au
fil des années.
M. Jolin-Barrette : O.K. Parce que
c'est comme si on avait mis des synonymes.
M. Charbonneau (Pierre) : Pardon?
Jolin-Barrette : C'est comme si on avait mis des synonymes.
M. Charbonneau (Pierre) : Je...
M. Jolin-Barrette : Pardon. J'ai
dit : C'est comme si on avait mis des synonymes.
M. Charbonneau (Pierre) : Oui. Écoutez,
il y a des choses qui se sont glissées comme ça en fonction des différents
traducteurs qui ont travaillé sur les différents livres, mais ce n'est
fréquent, là.
Jolin-Barrette : Et est-ce que,
selon votre expérience au ministère, les lois qui sont adoptées par l'Assemblée
nationale, c'est une façon de faire des traducteurs de l'Assemblée nationale
avant qu'on procède à l'adoption...
Charbonneau (Pierre) : Je ne
saurais pas trop me prononcer. À ma connaissance, non, on ne met pas des
choses entre parenthèses pour expliquer,
sauf peut-être dans certains règlements en matière de valeurs mobilières où on fait référence à des concepts
anglophones entre parenthèses, mais c'est très exceptionnel.
M. Jolin-Barrette : O.K.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Il y a quelque
chose qu'on doit garder en tête,
c'est que les travaux qui ont mené à l'adoption du nouveau Code civil ont été des travaux de rédaction qui se sont
échelonnés aussi sur plusieurs dizaines d'années, donc c'est possible qu'on utilise encore des expressions qui
ont un certain âge et qui ont peut-être moins bien passé à travers le temps.
Mais aujourd'hui on vise à... et on le modifie, donc cette utilisation-là de locutions
latines est mise de côté par le terme qui est proposé à l'article.
Jolin-Barrette : Je comprends la réponse de Mme la ministre. Cependant, ce que je veux dire, je trouvais
ça quand même particulier en termes de
rédaction législative. Dans un texte français, c'est assez rare que vous voyiez
entre parenthèses un
article de loi qui vient faire référence à un synonyme.
Charbonneau (Pierre) : Si vous me permettez, je profiterais du fait
qu'on traite de la notion de « res judicata » pour
simplement vous indiquer que la Commission de terminologie juridique, qui a été
constituée de concert entre le ministère de la Justice et l'Office de la langue
française, traduit le terme... je ne veux pas me tromper, là, traduit le terme
«autorité de la chose jugée» par « res judicata ». Et ça, c'est versé dans
Le grand dictionnaire terminologique de
la langue française . Donc, même
là, on le traduit à l'aide de la notion du mot latin ou de l'expression latine.
Mais c'est simplement à
titre d'information, là.
Jolin-Barrette : Donc, M. le
Président, ce que vous nous dites, dans le fond, c'est qu'on pourrait, dans le
fond, laisser ces expressions-là, qui ont
été, supposons, francisées, si on peut dire, dans les textes législatifs de
version française.
M. Charbonneau (Pierre) : À moins, comme
Mme la ministre l'a dit, que ça fasse l'objet d'une révision d'ensemble, là, avec les traducteurs. Mais pour l'instant le
terme français est traduit, par l'Office de la langue française, par un
terme latin. Juste une petite parenthèse.
M. Jolin-Barrette : Merci.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 346 est adopté?
Président (M. Ouellette) :
Adopté. Pour l'article 357, dans votre gros cahier, il y a une erreur, il faut
que vous alliez, juste avant l'onglet 10, à l'article 359, qui devrait
se lire «357». Juste avant votre onglet 10, O.K., le dernier article, c'est 359, ça devrait se lire «357».
C'est une erreur du pitcher. Et vous allez nous lire l'article 357. Mme la
ministre.
Mme Vallée :
L'article 3073 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «acquired the authority of a final judgment ( res judicata )»
par «become final». Mêmes commentaires.
Le Président (M. Ouellette) : C'est
les mêmes commentaires, et le «has» était déjà là. Donc, est-ce que l'article
357 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : On
revient à l'article 8, on fait un petit peu de gymnastique.
Article 8. Mme la
ministre, pour la lecture.
Vallée :
L'article 59 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «A person may» et «the minor
children» respectivement par «That person may» et «his minor children».
Le Président (M. Ouellette) : Vos commentaires.
Mme Vallée :
La première modification proposée par l'article vise à bien faire ressortir le
fait que la personne visée doit être
aussi «a person of full age who is a Canadian citizen and who has been
domiciled in Québec for at least one
year». Quant à la deuxième modification, elle a pour but d'indiquer que le
droit du demandeur de faire la demande visée ne lui est accordé qu'à
l'égard de ses propres enfants.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : O.K. Là,
j'ai une question, là, vous allez me répondre facilement à ça. Ça me va pour
les changements. C'est juste l'accord. Quand
c'est «person», on met tout le temps «his», «his minor children». Parce
que je me souviens qu'il y a longtemps on
s'était déjà posé la question s'il fallait toujours mettre «his or her», puis
je comprends que... Il me semble
qu'il y a des lois... je me souviens, il me semble, la
loi sur les conjoints de
même sexe, où il y avait une réflexion à savoir, quand on parle de
«person», si justement on devrait, quand on est dans le possessif, dire «his or her». Mais peut-être que je suis dans le champ
puis que ça avait été réglé par «his». Ou est-ce que c'est dans le Code
civil seulement qu'on utilise toujours «his»?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Bonne question.
Je me tourne vers Me Charbonneau parce que...
Le Président (M. Ouellette) : Me
Charbonneau.
Charbonneau (Pierre) : Merci, M. le Président. Pour ce que j'en sais,
on essaie d'éviter «his or her» parce que ça alourdit les textes. Et donc, à chaque fois qu'on est capable de se
dispenser de «his or her», on prend le mot «person».
Hivon : Puis ça,
c'est consacré, en ce moment, dans la rédaction anglaise?
M. Charbonneau (Pierre) : Au Québec,
c'est comme ça.
Hivon :
Oui. O.K. Je me fie à vous, là. Mais c'est sûr qu'il y a des courants par
rapport à ça aussi. Mais je comprends
que, dans le Code civil, on l'a peut-être, à l'époque, fait, parce qu'il y a
déjà des «that person» puis «the person» partout dans le Code civil dans
la version anglaise. On ne vient pas inventer ça avec les modifications, là,
qu'on fait.
Alors,
c'était toujours, je comprends, dans le Code civil, «his» qui était utilisé.
Moi, je vous soumets juste, comme mon
collègue l'a fait, pour réflexion dans vos temps libres le fait de savoir si
tout le corpus législatif en version anglaise a été fait de cette
manière-là. J'ai un doute, parce qu'il me semble que je me souviens d'une
législation où justement, puisqu'on parlait
des conjoints de même sexe puis qu'il y avait un lien avec les enfants, puis
tout ça... il y avait eu, en tout cas, minimalement la réflexion sur les
«his» or «her» mais pour montrer que ça pouvait être autant évidemment des
hommes que des femmes. Mais peut-être que c'était particulier à ce projet de
loi là, là, si je peux le retrouver d'ici notre prochaine séance.
Une voix :
Me Charbonneau.
M. Charbonneau (Pierre) : «A person»
est neutre quand même, ça couvre les deux situations.
Hivon :
Oui, oui, c'est sûr. Ce n'est pas «une personne» comme en français, c'est
neutre. Donc, ça serait le «his».
Mais je me demandais si, quand c'étaient justement des personnes, on n'était
pas en train d'aller vers une appellation plus «his or her». Mais ce que
vous me dites, c'est que non, c'est toujours le «his» qui est utilisé.
Charbonneau (Pierre) : C'est-à-dire le «his», oui, à certaines
occasions, mais, généralement, on va chercher à utiliser le mot
«person», quitte à répéter «such a person».
Hivon : C'est
beau.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Ça va pour moi.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 8 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) : On s'en va à l'article 10, où il y a une modification au
texte français. Mme la ministre.
Mme Vallée : Oui. Donc :
L'article 73 de ce code est modifié :
1° par le remplacement, dans le texte
français, de «aux mêmes droits» par «au paiement des mêmes droits»;
2° par le remplacement de
«to the same duties» par «to payment of the same duties».
Le Président (M. Ouellette) : Vos
commentaires.
Mme Vallée :
Les modifications proposées par l'article visent à dissiper toute difficulté
d'interprétation quant au sens des mots «droits» et «duties». Ceux-ci ne
désignent pas ici des prérogatives ou des devoirs, mais plutôt des frais exigibles du demandeur prévus par le deuxième
alinéa de l'article 5 du Règlement relatif au changement de nom et
d'autres qualités de l'état civil pris en application de l'article 64 du Code
civil.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Est-ce
qu'on fait référence, dans le règlement, au terme «droits» ou plutôt à «des
frais»?
Mme Vallée :
Au paiement des frais. Alors, puisqu'il est question de paiement des frais, des
droits, ici on est dans les demandes des modifications au...
M. Jolin-Barrette : Au changement de
nom.
Mme Vallée :
...au changement de nom, c'est ça, donc, il y a des droits qui doivent être
acquittés. Alors on fait référence au
paiement de ces droits-là et non des droits que la personne détient ou que la
personne déposant ou soumettant une demande détient.
Jolin-Barrette : Oui, ça,
j'ai bien compris. Mais pourquoi utiliser le terme «au paiement des mêmes
droits» plutôt que... Si, dans le règlement,
c'est prévu, le paiement des frais, dans le fond, ça permettrait peut-être de
venir clarifier davantage, parce qu'on comprend que c'est la
tarification.
Mme Vallée :
En fait, on fait référence à l'article 64, qui n'est pas modifié par le code,
se lit comme suit : «Les autres
règles relatives à la procédure de changement de nom, à la publicité de la
demande et de la décision [des] droits exigibles de la personne qui fait
la demande sont déterminés par règlement du gouvernement.»
Alors,
puisque, dans le code, à d'autres articles, on fait référence au paiement des
droits exigibles, il était opportun de maintenir le même terme pour
éviter toute forme de confusion.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 10 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 11. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 78 de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «he lives» par «he happens to be».
modification que propose l'article vise à assurer la pleine concordance entre
les textes anglais et français. Elle tient
compte du fait que vivre à un endroit suppose une certaine permanence ou
stabilité que n'implique pas nécessairement le fait de se trouver à cet
endroit.
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires? Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Parce que, «he happens to be», je trouve que ça fait vraiment comme fortuit, il
se retrouve là... Ça fait un peu comme un cheveu sur la soupe.
Mme Vallée : C'est un peu le
texte français.
Hivon : Oui. Mais
pourquoi ce n'est pas juste «he is», «où il se trouve», «où il est»?
Vallée : Parce qu'en français «à défaut de résidence, elle est
réputée domiciliée au lieu où elle se trouve ou, s'il est inconnu, au
lieu de son dernier domicile connu» et, à l'endroit où se trouve cette
personne-là, c'est l'endroit «where he happens to be». Il est là pour le moment, ça ne veut pas nécessairement
dire que c'est son lieu de résidence, son lieu de domicile, qu'il vit
Hivon : Je comprends la nuance. Je trouve juste que, si en français on avait voulu dire
«happens to be», ça aurait été plus
«où elle se retrouve», genre, elle se retrouve là, c'est comme un peu plus fortuit, mais, «où elle se trouve», je trouve que c'est comme
«où elle est», dans le fond. En tout cas, je trouve qu'il y a une notion plus
fortuite dans «he happens to be», qu'en
français j'aurais plus traduit par «se retrouve», mais là, vu qu'en français on
a «où elle se trouve» moi personnellement, je trouve que c'est pas mal
un synonyme de «où elle est», «où elle se trouve».
Alors, je l'aurais
plus mis «is» tout court que «happens to be». Je ne ferai pas un gros débat là-dessus,
mais...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : C'est qu'à
l'inverse, si on devait le modifier par «where he is», on viendrait
potentiellement affecter le texte actuel, parce que, «where he is»,
donc, «à l'endroit où il est», une personne peut...
Hivon : Moi, je
vous soumets que je pense que ça aurait pu être «est» ou «se trouve», là.
On a utilisé «se trouve», parce que
ça peut se dire de manière plus belle peut-être dans le phrasé, mais, bon, je ne ferais... Moi,
je vois une différence, parce que je trouve que c'est plus fortuit. «I
happen to be there», c'est... souvent, quand tu entends ça, c'est : Je me
suis retrouvé là. Ce n'est pas plus «j'étais là», alors que «je me trouvais
là», ça peut être...
Vallée : En fait, l'objectif
n'était pas... parce que M. le
président dit : Je vis là. C'est
justement, ce n'est pas nécessairement l'endroit où
la personne habite, où la personne vit, mais bien, la personne, l'endroit où
elle se trouve.
Hivon : Mais on se
comprend que «se trouve» ou «elle est», ça... en tout cas, mais je vous
soumets ça parce que je
trouve que c'est plus proche de si on
avait dit «où elle se retrouve». Le but, ce n'est pas de changer le français,
c'est juste pour montrer que, selon moi, il y a
une différence entre se trouver à quelque
part versus se retrouver : c'est
comme un peu plus fortuit, les circonstances ont fait que... Puis
je trouve que «happens to be», ça se rapproche plus de ça. Je vous
soumets ça, mais je ne ferai pas une lutte, pendant des heures, pour ça.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Une question, M. le Président. On dit : Bon, le
caractère de résidence, c'est le caractère permanent. Donc, on fait le lien
avec «vivre» au niveau de la permanence.
Hivon :
...mais je pense que «happens to be», ça ne marche pas, parce que c'est un
domicile.
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Mais, dans le fond, vous pouvez avoir plusieurs résidences,
le domicile va être celui où vous êtes là le plus fréquent,
généralement, où est-ce que vous avez votre lieu... comment on dit ça, le
principal établissement. Je ne suis pas
convaincu, M. le Président, du texte aussi. J'aimerais peut-être avoir
davantage d'explications.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Mais justement, quand on voit que ça réfère à la
notion de domicile, le domicile, ça fait quand même référence à une certaine stabilité. Et donc :
«À défaut de résidence, elle est réputée domiciliée au lieu où elle se
trouve», je comprends que... mais je trouve
que ça devrait être accompagné d'un terme qui réfère plus à de la constance
qu'à une situation fortuite.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
Dans la traduction, «happens to be» se traduit comme étant «s'avère être».
Donc, «à l'endroit où la personne s'avère
être, se trouve», c'est donc plus précis que simplement «l'endroit où elle est». Parce que, dans le texte français, on a fait le choix d'utiliser le terme
«où elle se trouve». Donc, la traduction la plus près est celle de
«happens to be». D'ailleurs, la discordance entre les deux termes avait été
soulevée dès 1992, là, par Mes Kasirer et Brisson. La discordance avait
été soulevée, mais la piste d'atterrissage n'avait pas été suggérée.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Bien, je vérifie quelque chose.
Le Président (M. Ouellette) : Vérifiez, Mme la députée de Joliette. M. le député de Borduas, en attendant, vous avez un autre commentaire?
Jolin-Barrette : Pas particulièrement, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : C'est
beau. Mme la ministre.
Vallée : En fait, simplement pour votre information, on est
allés vérifier les commentaires du ministre de l'époque, Me Rémillard, et
on reprenait l'état du droit actuel, alors les commentaires n'étaient pas vraiment
plus élaborés.
Hivon : Des fois,
c'est utile. Des fois, ça l'est moins. C'est comme ce qu'on dit ici, hein? Des
fois, on pense qu'on va trouver une
mine de renseignements quand on retourne... puis plein de choses ont
été adoptées sans commentaire, mais c'est pour ça qu'on en fait aujourd'hui.
Le Président (M. Ouellette) : Et c'est aussi pour ça que c'est important
de se questionner pour ceux qui auront à venir consulter le fruit de nos
délibérations plus tard ou si jamais il y a une question juridique.
Je nous rappelle
qu'on est à l'étude de l'article 11.
Hivon : Je n'en
ferai pas une bataille infinie, mais j'ai quand même ce petit doute là,
qu'on ne traduit pas parfaitement, compte
tenu qu'on est dans cette notion-là
de domicile, parce que ça fait référence justement à une
certaine réalité qui est bien connue en
droit, là, de comment on établit le domicile, et tout ça. Mais, si la ministre
est convaincue que c'est le bon terme, je vais me rendre à son opinion,
mais j'ai un petit doute.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, pas d'autres commentaires? De toute façon, vos commentaires, collègues, sont enregistrés pour la postérité, et ceux qui passeront
après nous autres dans 25 ans et qui se questionneront auront le questionnement
que nous aurons, et probablement que Me Charbonneau, qui sera là encore, pourra
leur dire : M. Rémillard et Mme la députée de Joliette avaient les mêmes préoccupations.
Est-ce que l'article
11 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 12. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 80 de ce code est modifié :
1° par le
remplacement du premier alinéa par le suivant :
«The
domicile of an unemancipated minor is that of the tutor.»;
2° par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «the minor is presumed to be domiciled with the parent with whom he» par «the»...
pardon, la langue m'a fourchi, «the domicile of the minor is presumed to be
that of the parent with whom the minor».
Donc,
la première modification proposée par l'article vise à tenir compte du fait que
le mineur peut être domicilié chez son
tuteur sans nécessairement être avec ce dernier, comme le texte anglais
actuel semble l'indiquer, et la deuxième
modification proposée par l'article est de simple concordance
avec la nouvelle formulation du premier alinéa.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : ...peut-être
simplement, là, pour les gens qui suivent nos travaux : dans le texte
français, c'est : «Le mineur non
émancipé a son domicile chez son tuteur.» Et, dans le texte anglais actuel, ça
se lisait : «An unemancipated minor
is domiciled with his tutor.» Et donc la modification vise «the
domicile of an unemancipated minor is that of the tutor», donc la
distinction est...
Mme Vallée :
...très importante, oui.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Ça va, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui, ça convient.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 12 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Adopté.
L'article 13. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 81 de ce code est remplacé par le suivant :
«81. The domicile of a
person of full age under tutorship is that of the tutor; the domicile of a
person under curatorship is that of the curator.»
Alors, c'est une modification
de même nature que l'article précédent.
Le Président (M. Ouellette) : Pas de
commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas?
M. Jolin-Barrette : Ça convient.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 13 est adopté?
Président (M. Ouellette) :
Adopté.
L'article 14, qui va être un
article de concordance avec plusieurs
autres articles qu'on reprendra après. Pour lecture, Mme la ministre.
Article 14.
Mme Vallée : En effet, donc,
plusieurs articles sont touchés par cette modification :
L'article 82 de ce code est modifié par le
remplacement de «their living together» par «community of life».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée :
La modification proposée par l'article vise à bien faire ressortir le fait
qu'il est possible pour les époux de
faire vie commune sans nécessairement vivre ensemble, contrairement à ce
qu'indique le texte anglais actuel.
Le Président (M. Ouellette) : Vous
avez une note additionnelle qui pourrait être intéressante?
Mme Vallée :
Oui. En fait, dans l'arrêt Droit de la famille 39... 3690, pardon, à la
page 532, le juge Macerola indiquait ceci :
«En principe,
les époux doivent vivre sous le même toit, mais, contrairement à l'obligation
de cohabitation, la vie commune
permet des accommodements qui répondent aux impératifs professionnels ou
personnels des conjoints. Il est ainsi possible de faire vie commune en
ne vivant pas ensemble — je
pense qu'il y a plusieurs députés à l'Assemblée nationale qui comprennent le concept. Tout repose sur l'intention des
époux, sur la qualité de leur relation et de leurs besoins.»
Président (M. Ouellette) :
Donc, je comprends par les faciès de mes collègues que tout le monde a très
bien compris les remarques de la ministre.
Hivon : Est-ce que «community
of life» — moi,
c'est la première fois que j'entends ça, personnellement — c'est une expression qui était déjà
consacrée? Parce que, là, on traduit...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre? Me Charbonneau?
Le Président (M. Ouellette) : Oui.
Mme Vallée :
Je ne veux pas commettre d'impair, mais, de souvenir, c'est une expression
qu'on retrouve assez souvent dans la jurisprudence, notamment. Mais
Me Charbonneau pourrait...
Le Président (M. Ouellette) :
Me Charbonneau.
M. Charbonneau (Pierre) : Merci.
Écoutez, je n'ai pas de réponse à ça, je ne pourrais pas vous le dire.
Hivon : Parce que
«la vie commune»...
Charbonneau (Pierre) : Je ne pense pas que ce soit un terme qui est
nouveau dans le code. Ça a déjà été utilisé lors des discussions qui ont
touché ces questions-là, là.
Hivon :
Est-ce que c'était un terme déjà présent dans la version anglaise du code ou on
vient l'introduire là puis on va...
je comprends qu'on va en faire plusieurs, là, ou... Parce que j'imagine qu'on
utilisait toujours «living together» comme traduction de «vie commune».
Donc, on vient introduire un nouveau terme : «community of life».
M. Charbonneau
(Pierre) : Oui.
Le Président (M. Ouellette) :
...chacun leur maison.
Hivon : Bien, moi,
en tout cas, c'est sûr que je ne suis pas... C'est sûr qu'en le lisant comme ça
moi, je trouve que c'est un terme qui fait
assez juridique. Dans la vie commune de tous les jours, je ne pense pas qu'en
anglais les gens parlent de «community of life»
comme «faire vie commune». Alors, dans le même souci un peu que mon
collègue, je me dis juste : Là, c'est-u
une expression vraiment juridique qu'on vient introduire ici, dans le Code
civil? Est-ce que, je ne sais pas, ça sort de travaux qui ont été faits,
justement, en terminologie juridique, de dire : Ça, c'est maintenant
l'expression qui doit être utilisée pour faire référence à «vie commune»? Parce
que, là, la seule différence par rapport à
d'autres modifications, c'est que, là, on vient introduire, je trouve, en
faisant le changement qui s'impose, un nouveau terme. C'est comme si on
dit : «Vie commune», ce n'est pas «living together», ce n'est pas la bonne
correspondance.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, j'aurai... ce matin, ce n'était pas possible, mais nous
aurons, cet après-midi, un traducteur
de l'Assemblée nationale qui sera ici, alors, pour les fins de la suspension,
aussi, de l'article 5 puis peut-être d'autres questionnements, parce que je réalise que plusieurs des
interrogations portent plutôt sur le choix de l'expression, du terme
utilisés. Et donc on aura quelqu'un ici qui pourra répondre à cette question.
Mais, de
mémoire, comme je le mentionnais, «community of life», c'est un terme que l'on
utilise beaucoup en droit familial dans les procédures et les dossiers
qui se déroulent en anglais.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Une
question sur la note additionnelle : Est-ce que c'est l'état du droit,
dans le fond? La Cour supérieure a
statué, mais est-ce qu'il y a des tribunaux supérieurs qui ont abordé cette
question-là, sur la question de la vie commune, en droit familial?
M. Charbonneau (Pierre) : ...de la
Cour supérieure.
Le Président (M. Ouellette) : Me
Charbonneau.
M. Charbonneau (Pierre) : Excusez.
Ce que Mme la ministre vous a cité, c'est une décision de la Cour supérieure,
et vous demandez si...
Jolin-Barrette : Non, mais
ce que je veux dire, c'est une décision de la Cour supérieure, mais est-ce que, supposons, la Cour d'appel, la Cour suprême a déjà eu
à se prononcer là-dessus ou c'est ça, l'état du droit, présentement en matière de vie commune, ou c'est une décision de la Cour supérieure
qui est concurrente à d'autres
décisions aussi, là? Parce que pour l'article c'est quand même
pertinent, là, pour savoir si la question a déjà été abordée.
M. Charbonneau (Pierre) : Pas à ma
connaissance.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de La Prairie.
Merlini : Si je pourrais ajouter un peu d'éclaircissement aux
discussions : le terme «community», en anglais, aussi fait
référence au partage. Alors, quand on parle, par exemple, de l'expression «the
residents believed in a community of goods», alors, on parle d'un partage
matériel. Alors, «community of life», «vie commune», «à la vie commune», ça
traduit bien le principe, selon moi, parce que le terme «community», en
anglais, peut aussi désigner le partage et
la répartition, alors, faisant référence au fait qu'on peut avoir des gens dans
des résidences différentes mais qui partagent
quand même une vie commune comme on le dit en français. Alors, «community of
life», je crois, rejoint bien l'expression,
même si, comme la députée de Joliette l'a dit, ça semble être un terme nouveau,
mais la traduction est bien choisie, là, dans une des possibilités, là,
du mot «community» en tant que tel.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Là-dessus,
j'ai une question, là, parce que, sur l'aspect matériel de la chose, là,
supposons, les époux sont mariés, bon, ils
peuvent avoir plusieurs résidences, le domicile, supposons, va être dans le
patrimoine familial. Mais supposons
qu'il y a une des résidences où il n'y a qu'un seul époux qui habite puis qui
ne sert pas aux besoins de la famille; à ce moment-là, elle n'entrera
pas là-dedans.
Mme Vallée : Mais ce n'est
pas de ça dont il est question, là.
Jolin-Barrette : Je le sais,
mais, si on utilise la proposition de M. le député de La Prairie, je ne
veux juste pas qu'on mélange les...
Mme Vallée : En
fait, là, il est question de la vie commune. Alors, dans le texte anglais, on
laissait présumer que les époux
devaient nécessairement cohabiter de façon continue, alors qu'on sait très bien
que, dans bien des relations que nous
vivons, il est possible d'avoir une vie commune sans cohabiter 365 jours par
année, puisque la réalité professionnelle nous amène parfois à vivre ou à être à l'extérieur de la résidence
familiale puis de notre port d'attache. Et donc l'objectif était de faire cette référence à la volonté de
faire vie commune. C'est-à-dire, la vie commune comprend non seulement
un toit puis un lieu de résidence communs, mais comporte aussi une interaction
particulière, une volonté d'être reconnus comme
étant un couple, comme étant une équipe solide. Donc, l'aspect, c'est la vie
commune en soi, qui va donner lieu à la relation, et non la
cohabitation, parce qu'on peut cohabiter et être très loin d'être un couple.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas, est-ce que ça vous satisfait?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je suis allée chercher dans le dictionnaire de droit
privé — donc
autre anecdote — sur
lequel j'ai travaillé pendant des semaines à définir, des fois, un seul
mot, mais donc ça valait la peine, et donc, «vie commune», ils le traduisent par différentes choses, mais
«community of life» est une possibilité aussi. Donc, je comprends que
c'est le terme consacré.
Le Président (M.
Ouellette) : ...2016.
Hivon :
On s'actualise. Exact. O.K.
Le Président (M. Ouellette) : Ça fait que donc on pourra mettre dans notre
dictionnaire à compter de maintenant qu'on est en «community of life»,
la majorité de ceux qui sont à Québec. Merci. Est-ce que l'article 14 est
adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Nous allons maintenant à la série de
concordances.
L'article 48. Mme la ministre.
Vallée : Oui.
L'article 392 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le troisième alinéa, de «live together» par «share a
community of life».
Le Président (M.
Ouellette) : C'est les mêmes commentaires?
Vallée : Mêmes commentaires.
À ce qu'on voit, dans le texte français actuel, simplement, là, on parle
des obligations des époux, ils «sont tenus
de faire vie commune», «they are bound to live together», et, ce qui est
proposé : «they are bound to share a community of life».
Le Président (M.
Ouellette) : C'est le mot «faire» en français qui change un peu le
«share».
Mme Vallée :
«Share». Oui, c'est ça. «Faire», «share».
Le Président (M.
Ouellette) : Ça va, Mme la députée de Joliette? M. le député de Borduas?
Jolin-Barrette : Oui, ça convient.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 48 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 50. Mme la ministre.
Vallée :
L'article
416 de ce code est modifié par le remplacement de «living together» par «their
community of life», partout où cela se trouve dans le deuxième alinéa.
Le Président (M.
Ouellette) : ...des commentaires, c'est la même chose?
Mme Vallée :
C'est le même principe. Ici, on est dans un contexte de partage suite à une
rupture.
Président (M. Ouellette) :
Je laisse le temps aux collègues de lire la modification. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Je reviens
juste à l'exemple qui a été donné, là. Est-ce que ça a suscité beaucoup
de débats, le «living together», devant les tribunaux, l'interprétation?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée : Je ne pourrais
pas comme ça, là, répondre à la question, je n'ai pas plus d'informations avec
moi à savoir combien de dossiers ont fait l'objet d'une interprétation. Je n'ai
pas cette information-là avec moi.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Parce que
c'est quand même pertinent, parce que, supposons, à 416,
c'est, supposons, les époux qui se
séparent, puis si, dans l'année, ils reviennent ensemble, bien là il y a
rétablissement de la vie commune, là, bien,
le droit au partage cesse. Il faut juste être certain que l'interprétation
qu'on va donner à ça, ça soit la même chose qu'en français, là, surtout si on est dans cet esprit-là d'avoir des
résidences distinctes puis de ne pas cohabiter de façon permanente à
tous les jours.
Le Président (M. Ouellette) : Woup! Mme
la députée de Joliette.
Hivon : Non, mais
je vais laisser le député...
M. Jolin-Barrette : Non, mais ça va.
Allez-y.
Le Président (M. Ouellette) : Non.
Je pense, vous avez la réponse.
Hivon : Non, non. Bien, je n'ai pas la réponse, c'est que
je continue, là, je suis dans la version anglaise du dictionnaire, mais ils disent que «community of
life»... c'est parce que souvent ils expliquent tout le... en tout cas. Je vais essayer d'avoir les
outils cet après-midi, ça va peut-être être aidant, mais ça dit que c'est une expression
qui est rarement utilisée, que c'est
plutôt un calque du français, «communauté de vie», en tout cas. Donc, ça doit être quelque
chose de très québécois civiliste. Je ne suis pas certaine que c'est quelque chose qu'on retrouverait dans d'autres juridictions nécessairement, là. Peut-être c'est pour ça que... mais moi, j'étais plus
sur... Je comprends que le collègue de Borduas, il est plus sur le fond des choses, là, à
savoir dans quel contexte puis s'il y a eu de la jurisprudence qui est venue, justement,
nous dire qu'il fallait s'éloigner de
«living together». Moi, je suis plus sur l'expression elle-même, qui semble quand même assez rare. Donc, je veux juste noter qu'on est en train de la consacrer, parce que
c'est elle qu'on choisit dans notre Code civil plutôt que d'autre chose,
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, en réponse à la question du député de Borduas.
Mme Vallée : Bien, pour ce qui est, comme je vous mentionnais,
là, de l'analyse jurisprudentielle, je n'ai pas cette information, puis, écoutez, on fait référence à un
article de jurisprudence
qui quand même résume il
y a combien de... Combien de
décisions jurisprudentielles se sont portées sur la question? Il y en a sans
doute quelques-unes. Cette décision
est une décision qui est phare en la matière, qui a fait le tour de la
question. Je n'ai pas d'indication à l'effet que, le dossier, la décision a été renversée en Cour
d'appel. Je n'ai pas d'indication... Donc, l'explication supplémentaire est là pour illustrer
l'exercice qui s'est fait derrière et la volonté d'illustrer, à l'intérieur de
notre texte, l'explication et la définition mêmes de la «vie commune».
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, l'idée, ce n'est pas de coincer la ministre là-dessus, là, c'est
vraiment de s'assurer, dans le fond, que c'est le courant majoritaire, supposons, et puis — je
pense que Mme la ministre le sait — à
la Cour supérieure, il y a
des décisions qui peuvent être discordantes les unes par rapport aux autres, mais il faut juste s'assurer qu'avec «community of
life» ça répond à cet objectif-là.
Une voix : Mme la ministre.
Mme Vallée : Je vous dirais, M. le Président, il s'agit là
d'une décision, et on pourrait
certainement en faire une revue
jurisprudentielle exhaustive, mais je pense qu'il est de connaissance commune
que la vie commune pour un couple comprend
effectivement une série de critères et non seulement le fait de vivre sous le
même toit et je pense que c'est quand même
une... Il ne s'agit pas de jurisprudence récente, il ne s'agit pas d'une
interprétation qui sort d'un chapeau. Quiconque a eu le privilège de pratiquer en droit de la
famille est très conscient de cette réalité-là : la vie commune ne se
limite pas exclusivement à la
résidence et va comprendre une série d'analyses d'autres comportements des
époux. Et on le retrouve même... bon,
on va le retrouver aussi lorsqu'il est question de conjoints de fait, lorsqu'il
est question de déterminer si des gens sont de simples colocataires ou
des conjoints de fait. Par exemple, dans des dossiers plus litigieux de fausse déclaration, on va analyser si les personnes font
ou ne font pas vie commune. Et donc on retrouve des critères similaires.
Alors, on a
ici une illustration, une jurisprudence, mais il y en a bien d'autres. Si le
collègue souhaite une étude exhaustive,
c'est certain que ça peut prendre un petit bout... on peut la faire, mais je ne
pense pas que ce soit l'objectif, de faire une
étude exhaustive de la définition de «vie commune» telle qu'identifiée par les
tribunaux. Mais on a fait une référence à
une décision qui reprend quand même en un paragraphe, de façon succincte, une
analyse qui est généralement faite
par les tribunaux lorsque vient le temps de déterminer si deux individus font
vie commune ou ne font pas vie commune.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Bien,
écoutez, ça me satisfait comme réponse mais tant qu'on s'entend que «their
community of life», c'est vraiment dans l'esprit de vie commune prévu au
jugement cité.
Mme Vallée :
Effectivement, la «community of life», la référence est vraiment à la vie
commune, parce que, dans le texte,
tel qu'on le connaît actuellement, la traduction nous amenait plutôt à regarder
la cohabitation, alors que l'expression d'une volonté de faire vie
commune va au-delà de cette simple cohabitation.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon :
Moi, je suis toujours sur le choix du mot, puis... Non, mais, des fois, ça a
l'air très pointu, là, les dictionnaires
de droit privé, mais c'est des jurilinguistes qui ont passé des... Puis, quand
on va lire «vie commune» dans les notes,
dans les remarques, ils sont pile sur ce qu'on discute, ils disent : «On
peut s'interroger sur l'équivalence des
expressions "living together" et "faire vie commune". On
pourrait, en effet, soutenir qu'à sa face même le texte anglais de l'article — là, ils parlent de 392 du Code civil — ne renvoie qu'à la simple cohabitation,
alors que le texte français évoque plus
l'idée d'une communauté d'intérêts qui dépasse le simple fait de vivre sous un
même toit.» Plus là ils disent : «Ainsi, malgré son usage peu
répandu dans la langue juridique québécoise, il paraît plus juste d'utiliser en
anglais le terme "consortium" afin de décrire la situation des personnes
qui font vie commune.»
Donc, vous
voyez, eux autres, ils ne retiennent pas «community of life». Alors,
j'aimerais... oui, cet après-midi, si on peut être éclairés, parce que
ça, c'est un peu les experts au Québec, j'imagine, qui ont travaillé étroitement...
Le comité a dû se référer beaucoup aux
travaux du centre de droit privé et des ouvrages mais pour savoir le soin
qu'ils mettent dans la recherche pour définir... Ce serait peut-être
intéressant pour voir pourquoi on a choisi «community of life» plutôt que
«consortium», qui semble ici être l'expression plus consacrée.
Président (M. Ouellette) :
Probablement que, comme Mme la ministre nous l'a souligné, les traducteurs
seront là à 15 heures, quand on reprendra
nos travaux, et on pourra effectivement avoir une explication de leur
cheminement.
M. le député de Borduas, pas d'autres questions
pour l'article 50?
M. Jolin-Barrette : Non, ça
convient. On va le suspendre?
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que 50 est...
Hivon :
...peut-être suspendre. Je sais qu'on a commencé à en adopter, là.
Le Président (M. Ouellette) : O.K.
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Je propose de le
suspendre, parce que, si on veut entendre le traducteur, si jamais ça ne convient
pas ou si jamais on suggère de modifier...
Mme Vallée : ...cet
après-midi.
Le Président (M. Ouellette) : Oui.
C'est beau, on va suspendre la série de concordances.
Mme Vallée : Donc, ça nous amène
à l'article 15?
Le Président (M. Ouellette) : On
s'en va à l'article 15. Mme la ministre.
Mme Vallée : Parfait.
L'article 84 de ce code est modifié par le remplacement de «advising
anyone» par «giving news of himself».
Le Président (M. Ouellette) : Commentaires?
Mme Vallée : La modification proposée par l'article tient compte du fait
qu'un absent peut donner publiquement de
ses nouvelles sans que cela soit fait par voie d'un avis donné à une personne en particulier comme semble l'exiger le texte anglais actuel.
Donc, dans le
texte français : «L'absent est celui qui, alors qu'il avait son
domicile au Québec, a cessé d'y paraître sans donner de
nouvelles, et sans que l'on sache s'il vit encore.» Et :
«An absentee is a person who, while he had his domicile in Québec, ceased to appear there, without
advising anyone, and without it being known whether he is still alive.» Alors, on modifie : «giving news of himself».
Président (M. Ouellette) : Est-ce que l'article 15 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) : À l'article 16. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 103 de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième
alinéa, de «providing access to it» par «ensuring its publication».
Une voix :
Commentaires?
Vallée : La modification que propose l'article vise à mieux refléter l'obligation du Directeur de l'état civil de faire la publicité des actes
qu'il détient et non uniquement celle d'en permettre l'accès comme le prévoit
le texte anglais actuel.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas?
Jolin-Barrette : C'est correct.
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 16 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 17. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 119 de ce code est modifié :
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «date of their marriage» par
«place and date of their marriage»;
2° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «his religious affiliation» par «the
religious society to which he belongs».
Une voix :
Commentaires?
Mme Vallée :
Les modifications proposées au texte anglais des deux alinéas de l'article
visent à combler des omissions ou à corriger des imprécisions que comporte ce
texte par rapport au texte français.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : ...une question, là, de traduction. La distinction entre
«religious affiliation», «religious society to which he belongs»; on
parle de société religieuse en termes...
Mme Vallée :
Bien, en fait...
Jolin-Barrette : ...au niveau de la langue anglaise, là?
Vallée : Oui. Bien, c'est ça, c'est qu'on est dans la
déclaration de mariage. Alors, ce n'est pas tant l'affiliation
religieuse que la communauté religieuse à laquelle le célébrant se rattache.
M. Jolin-Barrette : O.K. Puis on parle de communautés religieuses, là, reconnues dont la
pratique est courante sur le territoire
québécois, là. C'est en ce sens-là? Pour l'affiliation religieuse, ce n'est pas
nécessairement les religions...
Mme Vallée :
Ce n'est pas : Je suis d'affiliation juive ou catholique, je suis de telle
église, de...
Vallée : Je ne crois pas qu'on fasse référence à la paroisse,
mais plutôt à l'église, à la communauté religieuse qui est affiliée avec
cette affiliation religieuse, parce qu'une confession religieuse peut regrouper
plusieurs sociétés...
M. Jolin-Barrette : ...je vais être catholique romain, je vais être grec catholique, je
vais être baptiste. C'est en ce sens-là, là?
Mme Vallée :
C'est ça.
Jolin-Barrette : O.K.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va?
M. Jolin-Barrette : Ça va.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 17 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 18. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 121.2
de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «the
officiant's religious affiliation» par «the religious society to which he
belongs».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée : C'est une
modification qui est de concordance avec la modification proposée à
l'article 17.
Président (M. Ouellette) :
Bon, c'est la même chose que 17. Est-ce qu'il y a des commentaires? C'est la
même chose que 17. Il n'y a pas de commentaire. Est-ce que l'article 18 est
adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Il est
adopté. 19. Mme la ministre.
Mme Vallée : 19 a été adopté.
Président (M. Ouellette) :
Ah! il a été adopté. 20. Excusez-moi. Parce qu'on est rendus de l'autre bord
de la page. C'est pour ça, là.
Mme Vallée :
L'article 132 de
ce code est modifié par le remplacement, dans le troisième alinéa, de «are not
affected by the [altercations] — "alterations", pardon — » par
«have not been altered».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée :
La modification que propose l'article vise à rapprocher le texte anglais du
texte français. Elle tient compte du fait qu'il y a une différence entre
des mentions de l'acte original de l'État civil qui n'ont pas fait l'objet de
modifications dans le nouvel acte de l'État civil et des mentions affectées
seulement par ces modifications.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Deux secondes, M.
le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Je
vous les donne.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 20 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 22. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 169 de ce code est modifié par le
remplacement de «is accountable for» par «shall render an account of».
La modification proposée par l'article vise à
rapprocher le texte anglais du texte français, lequel fait reposer l'initiative
de la reddition de comptes sur le tuteur et non sur le mineur comme semble
l'indiquer le texte anglais.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette, commentaires?
Hivon : Une petite
seconde.
Le Président (M.
Ouellette) : Je vous la donne.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 22 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Article 23. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 172 de
ce code est modifié par le remplacement de «sign» par «enter into».
Une voix : Commentaires?
Mme Vallée : La modification que propose l'article tient compte du fait que le
mineur émancipé doit pouvoir conclure
des baux, même verbaux, alors que le texte actuel ne lui permet de conclure que
des baux écrits qu'il doit signer. Je pense
que, dans le texte français, on permet au mineur de «passer des baux» et, dans
le texte actuel en anglais, on ne fait référence qu'à «sign leases».
Alors, «enter into leases».
Hivon : Ça va, M.
le Président.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 23 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Adopté.
24. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 174 de
ce code est modifié par le remplacement de «Loans or borrowings of large
amounts» par «Large loans or borrowings».
La modification proposée par l'article vise à mieux faire ressortir le fait que
l'adjectif «considérables» s'applique non seulement aux emprunts faits
par le mineur, mais également aux prêts qu'il consent.
Le Président (M. Ouellette) : Commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas. Deux secondes? Oui, je vous les donne.
M. Jolin-Barrette : ...parce qu'en
français c'est vraiment «les prêts ou les emprunts considérables». O.K., le
«large» vise les deux. Les deux termes visent «loans» et «borrowings».
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : ...dans la structure actuelle. C'est que la façon
dont le texte était rédigé, ça portait à interprétation que «loans or
borrowings of large amounts», et non «loans of large amounts and borrowings of
large amounts».
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 24 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Adopté.
Article 25. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 202 de
ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «being
informed» par «learning».
Le Président (M. Ouellette) : Commentaires?
Vallée : La modification proposée assurerait un meilleur accord entre le texte français, qui,
contrairement à ce que sous-entend le texte anglais actuel, ne suppose pas nécessairement
que l'information résulte de la démarche d'un tiers.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette?
Hivon : Oui, ça
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que 25 est adopté?
Président (M. Ouellette) :
26, il est en parallèle avec l'article 39. Lecture de l'article 26. Mme la ministre.
Vallée :
L'article 206 de ce code est modifié par le remplacement de «mother and close
relatives of the minor and persons connected by
marriage or a civil union to the minor or» par «mother, close relatives and
persons closely connected to the minor by marriage or a civil union, or».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée :
La modification proposée vise à assurer que le critère de proximité, les
proches, s'applique comme dans le texte français non seulement aux
parents du mineur, mais également à ses alliés.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 26 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Adopté.
On va à l'article 39. Mme la ministre.
Vallée :
L'article 269 de ce code est modifié par le remplacement de «his close
relatives and the persons connected to him by marriage or a civil union» par «his close relatives,
persons closely connected to him by marriage or a civil union».
Une voix :
Commentaires?
Mme Vallée : La modification proposée par l'article est de la même
nature que celle proposée par l'article
26 à l'article 206 et se justifie pour les mêmes motifs. Elle vise donc à s'assurer
que le critère de proximité s'applique, comme dans le texte français, non
seulement aux parents du mineur, mais à ses alliés.
Le Président (M. Ouellette) : Ce
sont les mêmes commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 39 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : On
revient à l'article 27. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 218 de ce code est modifié par le
remplacement de «make up for the support owed by» par «make good on the
obligation of support that lies on».
Une voix : Commentaires?
Mme Vallée : Donc, la modification que propose l'article vise à mettre le
texte anglais en accord avec le texte français. L'expression «suppléer l'obligation alimentaire», qui veut dire dans le contexte «ajouter aux aliments dus
ce qui manque pour
assurer la pleine exécution de l'obligation alimentaire des parents», n'est pas correctement
rendue par le texte anglais actuel,
qui veut plutôt dire «compenser pour des aliments dus par les parents». Or, le
prélèvement effectué par le tuteur ne vise pas à compenser
l'insuffisance des aliments dus par les parents, mais bien à compléter ces
aliments.
Président (M. Ouellette) : Commentaires? Ça va, M. le
député de Borduas? Mme la députée de Joliette, ça va?
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
que l'article 27 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
L'article
28, qui va être en concordance avec plusieurs autres articles. Pour la lecture,
Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 222 de
ce code est modifié par le remplacement de «civil union and friends» par «civil
union, or friends».
Une voix : Commentaires?
Mme Vallée : La modification
proposée par l'article vise à mieux refléter le fait que l'assemblée n'a pas forcément à être composée à la fois de parents,
d'alliés et d'amis comme le laisse sous-entendre le texte anglais
actuel.
Le Président (M. Ouellette) :
L'article
28, est-ce qu'il est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : On va
à l'article 29. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 224 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «civil union and friends» par
«civil union, or friends». Donc, c'est une...
Le Président (M. Ouellette) : ...
Mme Vallée : De même nature
que le précédent.
Le Président (M. Ouellette) : On est
d'accord? Est-ce que l'article 29 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
L'article 30.
Mme Vallée :
L'article 225 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «civil union and friends» par
«civil union, or friends».
Le Président (M. Ouellette) : Mêmes commentaires?
Le Président (M. Ouellette) : Mêmes
réponses?
Hivon : Je comprends que, parce qu'il n'y a pas d'équivalent au mot «alliés», qui regroupe les
deux, il faut toujours spécifier,
ajouter «civil union» et «marriage», alors qu'en français on ne fait pas du
tout référence à l'origine de l'union, là. C'est parce qu'il n'y a pas
d'équivalent, en anglais, d'«alliés».
Mme Vallée : C'est ça.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va?
Jolin-Barrette : Oui.
Peut-être juste une question, là : L'union civile, maintenant, depuis que
la Cour suprême a autorisé le mariage pour les gens de même sexe, est-ce que
c'est dans les cartons de la ministre de moderniser le code sur l'union
civile?
Président (M. Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Quelle est votre question, plus précisément? Bien, on
est dans notre suite à donner au rapport sur le droit de la famille, ça, c'est certain, on sera là-dedans
éventuellement, mais j'essaie de comprendre la question. L'union de même
sexe est permise.
Jolin-Barrette : ...dans le fond, de concordance présentement pour
s'assurer que le texte, dans le fond, correspond
véritablement aux versions anglaise et française, mais on se retrouve dans une
situation où l'union civile n'a plus nécessairement sa place en droit
québécois en raison du fait que le mariage de même sexe a été...
Vallée : Bien, je ne partage pas votre point de vue, là.
L'union civile peut être célébrée entre personnes de même sexe, peut être célébrée entre personnes qui
ne souhaitent pas une union religieuse, qui souhaitent s'unir autrement que... L'union civile a toujours
sa place pour ceux qui souhaitent s'unir civilement.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas, je pense qu'on va continuer
notre discussion.
M. Jolin-Barrette : C'est plus une question de sémantique, là, mais les gens peuvent se
marier civilement aussi. Donc, la question
sur la création de l'union civile a été faite spécifiquement parce que
le législateur québécois était en avancée
sur le législateur canadien, et donc ça visait, entre autres, principalement les
conjoints de même sexe qui souhaitaient vivre en union puis avoir les
mêmes bénéfices que les gens mariés, donc c'est pour ça, d'où le sens de ma question.
Vallée : Ça peut être
aussi entre deux individus de sexe différent qui souhaitent s'unir civilement
qui ne souhaitent pas s'unir autrement, sous la religion, mais...
Jolin-Barrette : Mais, ceci étant dit...
Le Président (M.
Ouellette) : ...à 15 heures. La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures dans la même salle. Merci.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Le Président (M.
Ouellette) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des
institutions reprend ses travaux. Veuillez,
s'il vous plaît, vous assurer que vos appareils électroniques sont en mode
silencieux afin de ne pas perturber nos travaux.
vous rappelle que la commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 89, Loi visant à assurer une meilleure
concordance entre les textes français et anglais du Code civil.
Lors
de la suspension de nos travaux, nous avions débuté les échanges relativement à
l'article 30. Je nous rappelle aussi que les articles 5 et 50
avaient été suspendus pour des questions de traduction et que nous étions pour
avoir des explications en cours d'après-midi.
Lors de la
suspension, M. le député de Borduas, vous aviez la parole pour les remarques à
l'article 30.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Bien, en fait, ma seule interrogation pour la
ministre concernait l'union civile,
et puis je pense qu'elle l'a soulignée avec le rapport en droit de la famille
qu'elle a déposé. Je sais que c'est à l'étude, mais je faisais
simplement lui souligner qu'un des objectifs de l'union civile dans le code,
c'était notamment pour permettre aux conjoints de même sexe de bénéficier des
mêmes protections juridiques que les gens mariés. Depuis l'arrêt de la Cour suprême, maintenant un des
fondements de l'union civile n'est plus présent, mais, ceci étant dit, à
la fois les gens peuvent faire le choix de s'unir en union civile ou en mariage
civil, mais je pense que, dans le rapport du droit de la famille, on recommande
notamment de supprimer l'union civile. Donc, mes commentaires allaient en ce
sens-là tout à l'heure.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Sujet fort intéressant, M. le Président, sauf que,
dans l'article qui nous préoccupe, il est question d'assemblée de
parents et d'alliés lorsqu'il est question de mettre en place un conseil de
tutelle, alors ça serait bien qu'on revienne à l'article 31.
Le Président (M.
Ouellette) : 30.
Mme Vallée :
Je croyais que, 30, on l'avait adopté.
Le Président (M. Ouellette) : Non,
on était à 30, on était dans la discussion de 30.
Vallée : Ah! d'accord. Parfait. Désolée.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Il n'y a
pas d'autres commentaires à 30? Est-ce que l'article 30 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
L'article 31. Mme la ministre.
Vallée :
L'article 226 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «civil union and friends» par
«civil union, or friends».
Alors,
il s'agit des mêmes motifs prévus aux articles précédents, et on est toujours
dans l'assemblée de parents qui est appelée à constituer un conseil de
tutelle.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas, pas de commentaires? Mme la
députée de Joliette? Est-ce que l'article 31 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) : Adopté.
Article 32. Mme la ministre. 32.2°.
Mme Vallée :
L'article 231 de ce code est modifié :
1° par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «owing to the dispersal or indifference of the family members or their inability, for
serious reasons, to attend, or» par «owing to the family members being
geographically distant, their indifference or a major impediment to
them, or owing»;
par le remplacement, dans le troisième alinéa, de «civil union and friends» par
«civil union, or friends».
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires?
Vallée : Alors, les modifications proposées au premier alinéa de l'article 231 visent à mieux
accorder le texte anglais avec le texte français notamment quant au
terme «dispersal», qui ne convient pas pour traduire la notion d'«éloignement»
du texte français.
Pour
ce qui est de la modification proposée au troisième alinéa du même
article du
code, elle est de même nature que celle qui est proposée sur le sujet
par l'article 28 à l'article 222 du code et elle se justifie pour les
mêmes motifs.
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires, M. le député de Borduas?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette?
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce que l'article 32 est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
L'article 37. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 236 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le deuxième alinéa, de «attached to»...
Mme Vallée :
Pardon.
Article 33.
Mme Vallée :
37? Ah! désolée. Excusez-moi.
Le Président (M. Ouellette) : On est à 37, parce qu'on est dans votre tableau
de concordance, Mme la ministre.
Mme Vallée :
Moi, j'étais dans une erre d'aller. Désolée.
L'article 266
de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «civil
union and friends» par «civil union, or friends,».
Encore une fois, une modification que l'on
retrouve aux articles 28 et 222.
Le Président (M.
Ouellette) : Commentaires? Est-ce que l'article 37 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Adopté.
L'article 38. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 267 de ce code est modifié par le remplacement de «civil union
and friends» par «civil union, or friends».
Le Président (M. Ouellette) : Mêmes
commentaires?
Mme Vallée : Mêmes
commentaires.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires? Pas d'autre commentaire. Est-ce que
l'article 38 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Adopté. On revient, Mme la ministre, à l'article 33.
Mme Vallée : Et là on revient
à l'article 33. Bon.
Le Président (M. Ouellette) : C'est
ce que je vous disais.
Mme Vallée : Donc :
L'article 236 de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «attached to» par «supporting».
Donc, la modification que propose l'article vise à mettre le texte anglais en accord avec le
texte français. Elle tient compte du fait que les documents et pièces à
l'appui du compte n'y seront pas nécessairement «attachés» comme le prévoit le texte anglais actuel. On fait référence
au compte annuel du tuteur et auquel sont joints les documents
et pièces à l'appui du compte. Alors, ça, le texte actuel en français
prévoit ce terme, l'utilisation du terme, et le texte anglais actuel prévoit
«documents and vouchers attached to the account» qui sera remplacé par «documents
and vouchers supporting the account».
Président (M. Ouellette) : Est-ce qu'il y a des commentaires, Mme la
députée de Joliette,
M. le député de Borduas? Est-ce
que l'article 33 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : Adopté.
Article 34. Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'article 242 de ce code est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «to take out liability
insurance» par «to take out insurance».
La modification que propose l'article vise à
mettre le texte anglais en accord avec le texte français, lequel ne précise pas le type d'assurance que peut souscrire
le tuteur. Alors, à l'article 242, on prévoit que, lorsque
la valeur des biens à administrer
excède 25 000 $, le tuteur
est tenu de souscrire à une assurance. Dans le texte anglais actuel, on
est un petit peu plus précis, on parlait que
le tuteur, «to take out»... pardon, lorsque «the value of the property to be
administered exceeds $25,000, to take out liability insurance». Et là on
revient avec la notion d'assurance et sans préciser le type d'assurance, puisque le type d'assurance n'est pas
précisé dans le texte en français, ce qui correspond à la volonté du
législateur.
Le Président (M. Ouellette) :
...l'article 34 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) :
Adopté.
L'article 35. Mme la ministre, vous avez une modification à
l'article en français.
Mme Vallée : Oui. Donc :
L'article 263 de ce code est modifié :
1° par le
remplacement, dans le deuxième alinéa du texte français, de «à l'exception de
ceux que le Curateur public choisit
de se réserver» par «à l'exception de ceux à l'égard desquels le Curateur
public choisit de réserver son consentement»;
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires? Excusez.
Vallée : 2° par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«except the care which the Public Curator elects to
provide» par «except the powers which the Public Curator elects to reserve to
himself».
Une voix : Commentaires?
Mme Vallée :
Les modifications proposées par l'article aux textes français et anglais ont
pour but d'établir clairement que l'exception en faveur du Curateur public vise
non pas les soins que le curateur choisit de prodiguer lui-même, mais bien ceux
à l'égard desquels il choisit de se réserver le pouvoir d'y consentir.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Oui. Je veux juste m'arrêter un petit peu, oui.
Mme Vallée :
Actuellement, le texte français, là, se lit comme suit : «La personne à
qui la garde est confiée exerce, cependant,
les pouvoirs du tuteur ou du curateur pour consentir aux soins requis par
l'état de santé du majeur, à l'exception
de ceux que le Curateur public choisit de se réserver — donc les soins qu'il administre au majeur.»
Et là la personne à qui la garde est confiée exerce, cependant, les pouvoirs
du tuteur ou du curateur pour consentir aux soins requis par l'état de santé du
majeur, «à l'exception de ceux à l'égard desquels le Curateur public choisit de
réserver son consentement».
Hivon :
Il se réserve le consentement par rapport à certains types de soins requis.
Hivon : Mais, en anglais, on dit «les pouvoirs», «except the
powers». Au lieu de dire, mettons, «except the ones», blablabla, on dit
«les pouvoirs». En français, on n'a pas cette notion-là.
Mme Vallée : «The
person to whom custody is entrusted, however, has the powers of a tutor or
curator to give consent to the care required by the
state of health of the person of full age, except the powers which the Public
Curator elects to reserve to himself.»
Alors,
on fait référence...
Hivon :
Aux pouvoirs.
Vallée : Le consentement, c'est le pouvoir de consentir aux
soins, sauf le pouvoir de consentir aux soins dont il va conserver la
responsabilité, là.
Hivon : C'est parce qu'il y en a un, on dirait que «ceux»
réfère... il faut savoir juste si «ceux», en français, réfère à «soins» ou à «pouvoirs», puis, quand on
lit l'anglais, on répète «pouvoirs». Donc, ça me donne l'impression que
c'est «pouvoirs» dans le français.
Mme Vallée :
Bien, «les pouvoirs» se rattachent à «ceux»...
Hivon :
«À l'exception» des pouvoirs.
Vallée : «Les pouvoirs» se rattachent à «ceux», donc la
personne qui a la garde conserve les pouvoirs du tuteur pour consentir, c'est les pouvoirs de consentement aux soins,
sauf les pouvoirs que le curateur va conserver pour lui-même, et c'est
la même chose en anglais. Donc, la personne qui a la garde a les pouvoirs du
tuteur, du curateur pour consentir aux
soins, à l'exception des pouvoirs que le Curateur public aura conservés, les
pouvoirs de consentement que le Curateur public aura conservés.
Hivon : Oui. Moi, je vous fais juste une suggestion. En
anglais, on a décidé de répéter «powers», j'imagine que c'était pour ne pas
qu'il y ait d'ambiguïté. En français, on a juste mis «ceux» à la fin, ce qui
est en gris, au lieu de répéter «pouvoirs». Moi, je pense, ça serait mieux de
dire «pouvoirs», parce que je trouve qu'il y a une confusion. Est-ce que «ceux»
réfère aux soins ou aux pouvoirs?
Hivon :
Parce que tu consens à des soins aussi puis tu peux consentir à garder des
pouvoirs, mais tu peux aussi consentir à des
soins. Je pense juste que ça serait plus clair comme on le fait en anglais. On
dirait : À l'exception des
pouvoirs à l'égard desquels le Curateur public choisit de réserver son
consentement. Mais c'est pour ça que moi, j'ai un questionnement, à
savoir si c'est les pouvoirs ou les soins, parce qu'on consent à des soins plus
qu'à des pouvoirs.
Mme Vallée :
Oui, c'est vrai, «ceux»...
Hivon : Je ne sais pas où est l'imprécision, si c'est dans
le français ou dans l'anglais, mais on ne dit pas la même chose.
Hivon :
C'est probablement «les pouvoirs», mais il pourrait y avoir une...
Mme Vallée :
Oui, c'est «les pouvoirs», mais on comprend que...
Hivon :
C'est juste que, de la manière que c'est écrit dans la nouvelle version en
français...
Mme Vallée :
En français...
Hivon :
...moi, je trouve que ça porte à confusion à savoir si c'est les pouvoirs ou
les soins.
Mme Vallée :
...les soins...
Mme Vallée :
En fait...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre, oui.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. À l'origine, là, je pense que c'était vraiment pour dire, dans le
fond : La personne qui est
tuteur ou curateur puis qui a la garde de l'individu, le régime général,
c'est : ça va être lui qui va consentir aux soins, sauf exception
ou pour, supposons, les soins importants, le Curateur public dirait : Je
me réserve ce consentement-là. Donc, sur la question du pouvoir...
M. Jolin-Barrette :
Parce que dans le code, d'habitude, on ne dit pas : Je me réserve des
pouvoirs.
Le Président (M. Ouellette) : Je ne sais pas si, Mme la ministre, l'article 36
peut nous aider, qui est l'article suivant où on parle des soins.
Hivon : Moi, je trouve que ça peut être les deux : tu
te réserves les pouvoirs de consentir à certains soins ou tu te réserves le consentement à certains soins.
On se comprend que ça revient un peu au même, mais, de la manière que
c'est écrit, ce n'est quand même pas clair, puis ce n'est pas écrit de la même
manière dans les deux.
Mme Vallée :
Les équipes vont vérifier quelque chose...
Le Président (M.
Ouellette) : On va suspendre 35?
Mme Vallée :
On va suspendre 35 et 36, puis on vous revient.
Hivon :
C'est beau.
Le Président (M.
Ouellette) : On suspend 35 et 36. On va à l'article 40. Mme la
ministre.
Vallée :
L'article 270
de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «and informs a
close relative of that person» par «and so informs a person close to that
person».
Une voix :
Commentaires.
Mme Vallée :
Outre la précision «and so informs» pour traduire le «et en informe» du texte français,
la modification que propose l'article vise à mettre le
texte en anglais en accord avec le texte français sur la personne
qui doit être informée du rapport qui est
fait par le directeur général de l'établissement au Curateur public. Contrairement à ce que prévoit le texte anglais actuel, cette personne,
ce proche, n'a pas nécessairement à être un parent du majeur, il peut aussi
être un ami, donc une personne significative, finalement.
Hivon :
Moi, ça va.
Président (M. Ouellette) : Est-ce qu'il y a des commentaires? Pas de commentaire. Est-ce
que l'article 40 est adopté?
Le Président (M. Ouellette) : 41. Mme
la ministre.
Mme Vallée :
L'article 272 de ce code est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«if protective supervision is about
to be instituted» par «if an application for the institution of protective
supervision is about to be made».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée :
La modification proposée par l'article vise à mettre le texte anglais en accord
avec le texte français. Contrairement
à ce qu'indique le texte anglais actuel, la mesure que prévoit le deuxième
alinéa de l'article 272 suppose pour
son application non pas l'imminence de l'ouverture d'un régime de protection,
mais l'imminence d'une demande d'ouverture d'un tel régime.
Le Président (M. Ouellette) : Ça va,
M. le député de Borduas? Mme la députée de Joliette.
Hivon : Moi, j'ai
une question sur quand on décide de traduire «meubles» par «movable property».
Mais, si c'était ça, le sens, est-ce qu'en français on n'aurait pas lu plutôt
«les biens meubles»?
Mme Vallée : Ce n'est pas la
modification que... On est à?
Le Président (M. Ouellette) : 41.
Hivon : C'est le
premier alinéa, «furniture in it». On est-u...
Mme Vallée : Oui, mais on est
l'article 41.
Hivon : O.K.
Excusez-moi, j'étais déjà... dans ma tête, il était déjà adopté.
Le Président (M. Ouellette) : Non,
non, mais...
Mme Vallée : Là, je me
demandais...
Le Président (M. Ouellette) : Bon.
Est-ce que 41 est adopté?
Hivon : Vous
n'êtes pas habitués à ce rythme-là, hein?
Président (M. Ouellette) :
Il est adopté, et on va à 42, et voilà la question pertinente qui va arriver.
Mme la ministre, pour la lecture de 42.
Mme Vallée :
L'article 275 de
ce code est modifié :
1° par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «furniture in it» par «movable property with which it is
furnished»;
par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «his furniture or his rights
in respect of a» par «the movable property or the
rights relating to the».
Le Président (M. Ouellette) :
Commentaires?
Mme Vallée :
Les modifications proposées par l'article visent à éviter les problèmes
d'interprétation pouvant résulter d'une différence dans la rédaction des
textes français et anglais.
En ce qui concerne les meubles visés, les
modifications tiennent compte du fait que ces meubles ne sont pas
nécessairement des meubles meublants comme l'invoque le mot «furniture» du
texte anglais actuel mais peuvent aussi être des objets-souvenirs ou d'autres
objets à caractère personnel.
Quant aux
droits relatifs au logement dont il peut être disposé en vertu du deuxième
alinéa de l'article, ils ne sont pas forcément ceux du majeur, ils
peuvent, en effet, être ceux d'un tiers qui en fait bénéficier le majeur.
Président (M. Ouellette) :
Voulez-vous répondre à la question de Mme la députée de Joliette
maintenant?
Hivon :
Je peux peut-être la reformuler.
Mme Vallée : S'il vous plaît.
Hivon : C'est
qu'en français on parle des «meubles dont il est garni». Moi, ça me donne
vraiment l'impression que «furniture» était
la bonne traduction, parce qu'il me semble que, quand on veut parler, de
manière plus large, de «movable
property», on aurait utilisé «les biens meubles». Mais peut-être que ce n'est
pas le cas et que partout dans le
Code civil on ne parle jamais de «biens meubles» et on parle de «meubles». Mais
je ne savais pas que des «meubles», au sens du Code civil, pouvaient
comprendre autre chose que des meubles qui meublent comme de la «furniture». Ça
fait que — je ne sais pas si vous me suivez — mais «biens meubles», ça, c'est sûr que
c'est plus large, puis je pensais que ça,
ça pourrait être traduit par «movable property», mais, quand on utilise juste
«meubles» tout court, j'aurais pensé que c'était effectivement...
Mme Vallée : Je vous dirais,
mon premier réflexe serait de dire que ça peut être suite à une interprétation justement qui a pu être donnée dans le passé,
parce que, «furniture» et «biens meubles», évidemment il y a une
distinction entre les deux, et, dans le
texte anglais actuel, on ne fait référence
qu'aux meubles... mobilier, je dirais. «Furniture» se traduit davantage
à
titre de «mobilier», et «meubles», c'est davantage «movable property».
Hivon : Est-ce que quelqu'un peut me dire si partout...
bien, je peux le regarder, mais est-ce que partout dans le code on utilise toujours «meubles» quand on
veut dire «biens meubles»? Est-ce qu'il y a une différence entre «biens
meubles», «meubles»? Moi, je pense qu'il y a quand même quelque chose, là.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Bien, je ne
sais pas, c'est loin un peu, là, mais il me semble... supposons, la résidence
familiale, tout ça, l'insaisissabilité des meubles meublants, il n'y a pas ça
dans le code, je pense?
Hivon : On fait
comme une révision.
Mme Vallée : Oui, on réfère
aux biens meubles.
Hivon : Là, ici, on réfère aux
meubles, c'est ça, on ne réfère pas aux biens meubles dans la version
française...
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
ce qui est différent.
Hivon :
...ce qui est plus restrictif, alors que, selon moi, «movable property», c'est
beaucoup plus large que juste «meubles». Mais peut-être que, là, mes
notions ne sont pas...
Mme Vallée :
C'est parce qu'on fait référence... puis, je pense, dans les commentaires, on
est quand même assez clairs, c'est
qu'on veut s'assurer que le texte va venir protéger non seulement le mobilier,
mais aussi les souvenirs, les...
Le Président (M. Ouellette) : Les cossins.
Mme Vallée : ... — non — je ne
sais pas si c'est parlementaire comme terme, M. le Président, mais les petits
objets-souvenirs qui ne constituent pas des meubles meublants mais qui peuvent
garnir un appartement : des photos...
Le Président (M. Ouellette) : Des
cadres.
Mme Vallée : ...des petits
cadres...
Hivon :
Qu'il y a quelque chose qui définit quelque part que ça, ce sont des meubles et
non pas des biens meubles, moi, je suis un peu surprise de ça.
Mme Vallée : Parce qu'on est
vraiment, là, dans le sens commun des termes.
Hivon :
Et donc, dans le sens commun des termes, moi, je ne le savais pas, qu'un
bibelot, un cadre pour une photo, tout ça, c'est considéré comme des
meubles. Des biens meubles, j'aurais compris, mais des meubles...
Mme Vallée :
Oui, et il ne faut pas l'oublier non plus, ce que l'on modifie, c'est le texte
anglais. Donc, le texte français, c'est ça, on ne joue pas dans le texte
français. Le texte anglais actuellement ne parle que de «furniture» et ne vient pas inclure... ou avec une interprétation
restrictive pourrait exclure, par exemple, le souvenir de voyage qui est
accroché au mur, le petit bibelot...
Une voix : Les instruments de
musique.
Vallée : ...les instruments de musique.
Le Président (M.
Ouellette) : Un piano.
Mme Vallée :
Un piano, pour satisfaire Jad, qui me susurre à l'oreille : Un piano, un
piano, un piano.
Le Président (M.