Institutions — 7 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-11-07
Quebec — Committees
Alors, voilà,
M. le Président. Je pense que je vais arrêter ici. Parce que
je ne rentrerai pas dans le contenu du projet de loi n° 49,
je pense que tout le monde, tous les membres de la commission
en ont pris connaissance, savent de quoi il est question. Nous
sommes ici pour entendre, et ceux que nous n'entendrons pas formellement, j'espère,
qu'on les ait invités ou pas, qu'ils nous fassent parvenir leur mémoire pour
que nous puissions, au cours des prochaines semaines, à la suite des
consultations particulières, bonifier cet important projet de loi. Je vous
remercie, M. le Président.
Président (M. Ferland) : Merci. Merci, M. le ministre. J'invite
maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de lois professionnelles et député de D'Arcy-McGee
à faire ses remarques préliminaires, en vous mentionnant que vous
disposez d'un gros six minutes, M. le député. Allez-y.
Bergman :
Merci, M. le Président. Alors, nous sommes ici pour le projet de loi
n° 49, loi modifiant diverses lois professionnelles dans le domaine
des sciences appliquées. M. le ministre a mentionné que certains groupes ont été invités d'être devant nous et certains pour
envoyer des mémoires. Il semble que le projet de loi n° 49 a des effets
sur les ordres de santé, et je regrette que
le gouvernement n'ait pas accepté pour inviter quelques de ces ordres de
participer à ces auditions, car il y a des chevauchements qui sont créés par ce
projet de loi dans le domaine de la santé, et j'aurais aimé entendre le Collège
des médecins devant nous, nonobstant qu'on a reçu une lettre d'eux avant ces
auditions.
Aussi, le
projet de loi n° 49, M. le Président, crée certaines notions qui
requièrent quelques questions, par exemple les mots «processus» et «procédé». Dans plusieurs articles, il y a
peut-être une confusion dans l'emploi de ces terminologies. Et aussi le terme «microméthode» doit être clarifié. C'est
des exemples des mots qu'on doit clarifier. Je vois aussi, dans le
projet de loi, les termes qui ne sont pas usuels pour les corps de professions,
par exemple les mots «consultant», les mots «personne à salaire».
Dans les
champs d'exercices, on voit des obligations de résultats au lieu d'obligations
de moyens. Par exemple, l'article 8, qui modifie l'article 16,
le premier alinéa, on voit, dans la dernière phrase, les mots «durable,
fonctionnel et harmonieux» et, dans le troisième alinéa, les mots «l'efficacité
économique». Alors, on parle ici des obligations de résultats et pas les
obligations de moyens qu'on trouve généralement dans le Code des professions.
M. le Président, le projet de loi devant nous ne
règle pas les préoccupations des technologues professionnels. Est-ce que c'est
par règlement ou par un autre projet de loi que le gouvernement va régler cette
situation? Mais il me semble — et je voudrais discuter de cette question
avec le ministre — que,
quand le projet de loi… ou si le projet de loi n° 49 est adopté, on ne va
pas résoudre les questions, les problématiques des technologues professionnels.
Aussi, M. le Président, l'article 42, qui est un
ajout de l'article 34.1. du Code des professions, on parle de recherche et enseignement. La CREPUQ a exprimé des
graves réserves et a demandé d'être entendue. Et, à mon avis, on doit
prendre le temps pour les entendre. C'est un groupe très, très important. Ils
représentent les universités ici, au Québec. Et, s'il y a une préoccupation, je
pense qu'on doit prendre le temps pour les entendre.
En conclusion,
M. le Président, le projet de loi n° 49 est un suivi du projet
de loi n° 77 qui a été déposé par l'ancien gouvernement libéral,
par le député de Saint-Laurent, qui était ministre de la Justice. Et maintenant
on a devant nous le projet de loi n° 49
qui doit être bonifié. Le projet de loi n° 49 a été déposé à l'Assemblée
nationale par le ministre de la Justice
le 12 juin 2013. On a demandé des consultations sur ce projet de loi
depuis le 12 juin 2013. On est ici maintenant en novembre.
Alors, je peux vous dire, de la part de l'opposition officielle, qu'on va
travailler avec efficacité et dans une manière professionnelle avec vous,
M. le Président, avec le ministre pour bonifier ce projet de loi
n° 49. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, merci. Merci, M. le député. Alors, merci pour vos remarques. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe d'opposition
en matière de justice et députée de Montmorency à faire ses remarques
préliminaires, en vous mentionnant que vous disposez de trois minutes.
St-Laurent :
Parfait. On m'avait dit quatre minutes, M. le Président, mais je vais
prendre trois minutes.
Le Président (M. Ferland) :
...perdu une en cours de route. Alors, allez, à vous la parole, Mme la députée.
St-Laurent :
Oui. Le premier mot que je vais dire, c'est : Merci au ministre pour ce
projet de loi. Il est loin d'être
parfait, mais on est là pour le bonifier grâce à tous les gens. Et je tiens à
remercier tous ceux qui ont envoyé des mémoires,
qui ont envoyé des commentaires. Et je fais comme le ministre, d'ailleurs, c'est
ce que j'avais préparé d'avance à dire
aux gens : N'oubliez pas, ce n'est pas fini après cette commission. On
attend de tout le monde que les gens participent en grand nombre parce qu'on vise la modernisation du projet de loi et
des lois professionnelles, la bonification également parce que la
confiance du public a été grandement touchée cette année.
Et je voudrais que tous ceux qui participent
présentement, tous ceux qui vont participer, tous ceux qui vont envoyer des commentaires et des mémoires, sachez
que... Nous avons plusieurs juristes, d'ailleurs, ici, parmi les groupes
qui étudient ça. J'aimerais vous dire qu'on
prend connaissance de toutes les pièces, de tous les commentaires et de tous
les témoignages afin de prendre une décision éclairée. Parce que je tiens à
vous dire que, même si nous sommes juristes, nous
n'avons pas la science infuse. Au contraire, on a besoin de votre éclairage
pour pouvoir bonifier ces projets de loi et faire en sorte, je dirais,
de redonner la confiance au public.
Je vous remercie encore une fois, merci,
M. le Président, et merci au ministre. Et je suis heureuse, d'ailleurs,
d'avoir ici mes collègues qui ont participé
à plusieurs commissions parlementaires... mes collègues,
M. le ministre et mes collègues
de l'opposition, qui ont fait un travail énorme sur d'autres projets de loi. Et
je vais vous dire que nous sommes une équipe terrible, je le dis
souvent, «terrific» dans nos projets de loi, et nous avançons constamment, et
tout le monde travaille extrêmement sérieusement. Merci.
Président (M. Ferland) : Alors, merci, Mme la députée.
Effectivement, c'est une équipe terrible, je peux en témoigner, mais surtout une équipe efficace. Et
cette commission travaille dans l'harmonie depuis… en tout cas, depuis à
tout le moins que je suis à la présidence.
Alors, pour votre quatre minutes, Mme la députée, juste vous rappeler que,
lors des échanges, vous aurez un quatre minutes. Alors, merci beaucoup pour vos
remarques, Mme la députée.
Maintenant, je souhaite la bienvenue à nos
invités, les représentants, je crois, de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec. Pour
les fins de l'enregistrement, je vous demande de bien vouloir vous
présenter, en vous rappelant que vous
disposez d'un temps de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Donc, la parole est à vous, messieurs.
Tremblay (Yann) : O.K. Bonjour, M. le Président,
M. le ministre St-Arnaud, Mmes, MM. membres de la commission. Je suis Yann Tremblay, président du
conseil de l'APCHQ, une association de plus de 17 000 membres qui
existe depuis plus de 50 ans. Je suis moi-même entrepreneur en
construction et charpentier-menuisier de troisième génération. J'oeuvre dans différents secteurs, dont la rénovation, la
construction résidentielle et la construction commerciale, et je travaille avec plusieurs professionnels dans
mes propres projets. Je suis accompagné de M. François Bernier, à ma droite, de notre Service économique, et M. Serge
Crochetière, avocat, ainsi que M. Marco Lasalle, directeur du
Service technique et inspection aux chantiers, à l'APCHQ.
Permettez-moi
d'abord de vous remercier d'avoir accepté de nous entendre à propos du projet
de loi n° 49. Nous remarquons que cette commission entendra de
nombreux ordres et associations de professionnels. Vous avez accepté d'entendre un groupe avec une expertise ainsi qu'une
perspective extérieure et différente, et nous vous en remercions.
L'habitation, en incluant la rénovation et les
activités connexes, est une industrie de près de 26 milliards de dollars, soit plus de 8 % du produit
intérieur brut. Nous représentons fièrement cette industrie qui fait trop
souvent l'objet d'interventions non coordonnées et qui nuisent à l'abordabilité,
surtout lorsqu'elles se chevauchent. Nous voulons nous assurer de la qualité de
l'habitation, mais aussi de son abordabilité. Je cède maintenant la parole à
M. François Bernier pour un survol de notre mémoire.
M. Bernier (François) : Je vous
remercie.
Le Président (M. Ferland) :
Allez-y, M. Bernier.
M. Bernier (François) : Oui. Bonjour
à tous. Bien entendu, on a bien compris, là, la nécessité de moderniser les
lois professionnelles, et, lorsqu'on pense aux grands ouvrages, ça semble assez
clair. On a tous en mémoire des événements malheureux avec des viaducs, par
exemple, qui nous ont rappelé l'importance de la participation des professionnels. Mais, quand on rentre plus proche
de l'industrie de la petite construction résidentielle, quand on pense
aux petits bâtiments résidentiels, là on a des réserves, et c'est notre domaine
justement.
On est
défavorables à certains éléments du projet de loi, tous ceux qui portent sur
les encadrements d'ingénieurs et d'architectes et particulièrement aussi
par rapport à l'émission de… par rapport aux examens de conformité générale. Donc, bien heureux de pouvoir vous expliquer un
peu les motifs, je veux dire, au fond, qu'on voit, les faiblesses qu'on
voit dans le projet de loi puis vous faire quelques recommandations. Alors, d'abord
et avant tout, puisqu'une des grandes innovations
du projet, c'est la question des examens de conformité générale — en tout cas pour notre coin à nous, là,
du pays, c'est cette question-là qui nous intéresse — abordons-la
tout de suite.
Alors, le
problème avec cette proposition-là de faire des examens de conformité générale,
c'est qu'on ne voit pas, dans le
projet 49, le lien avec les responsabilités qui sont celles de la Régie du
bâtiment sous la Loi du bâtiment, donc, et des plans de garantie. Donc,
il existe tout un système qui est en place pour voir, au fond, à la
surveillance des travaux dans le domaine du
bâtiment. Puis tout ça, ça repose sous les responsabilités de la Régie du
bâtiment, tout ça, mais il n'y a pas
de lien apparent dans le projet de loi n° 49 avec cet élément-là, cette
loi-là du bâtiment. C'est une faiblesse. Et il faut comprendre, avant même d'aller plus loin, que,
quand on parle d'examen de conformité générale, on parle d'un examen,
là, au fond, assez restreint sur des éléments de risque assez limités, alors
que, dans le domaine de la construction, la palette
des risques est assez grande, et donc il y a lieu de voir autre chose que ce
qui pourrait être entrevu par des examens de conformité tels qu'on les
entend dans le projet de loi.
Pendant ce temps-là, qu'est-ce que ça veut dire?
Les plans de garantie vont continuer de faire ce qu'ils ont à faire, c'est-à-dire d'être actifs en termes de
surveillance sur les chantiers pour voir la gamme la plus étendue des
risques et essayer de les gérer du mieux possible. Et donc qu'est-ce qu'on va
vivre c'est une problématique de dédoublement. Si on doit avoir deux interventions qui portent à peu près sur la même
idée de la surveillance, on va vivre un dédoublement, alors on veut
éviter ça à tout prix.
Puis, vous nous voyez venir, c'est qu'il
faudrait bien, avec le projet de loi n° 49, faire en sorte qu'après un certain point, lorsqu'on réalise que ça pourrait
relever de la Loi du bâtiment, ça pourrait relever des plans de
garantie, bien, qu'on fasse tout simplement
référence à cette loi-là puis à la… pour que la Régie du bâtiment assume ses
responsabilités. D'ailleurs, elle le peut, c'est dans sa loi, elle peut
demander les certificats de conformité, elle peut prendre
le règlement pour préciser exactement qu'est-ce qu'on entend par ça. Elle a
tous les outils nécessaires pour le faire.
Et évidemment elle contrôle entièrement la question des garanties sur les
maisons neuves. Alors, ce n'est pas de la
fiction, ce qu'on dit là, ce lien-là avec la Régie du bâtiment puis les plans
de garantie. Mes collègues vont quitter, tout à l'heure, pour aller au ministère du Travail regarder qu'est-ce qu'il en
est de la grande réforme qui se prépare au niveau des plans de garantie.
Et nécessairement, à un moment donné, va découler de ça quelque chose de plus
clair en termes de modèle de surveillance des chantiers de construction. Alors,
il y a un lien, il y a une activité, de l'autre côté. Il faut en prendre acte
et faire le meilleur arrimage possible.
Deuxième
point, concernant le champ de pratique. Je pense que ça a été dit dans des
consultations dès 2010, en tout cas,
à notre observation de ce qui se passe au Canada, ça ne devrait même pas être
compliqué. On a, comme référence facile pour les champs de pratique en termes de conception dans plusieurs
juridictions, selon ce qu'on a observé… les gens se fient au Code
national du bâtiment,
partie 9, qui correspond aux petits bâtiments
résidentiels, et ça, ça veut dire trois étages
ou moins, 600 mètres au sol. Ce n'est pas compliqué, ça, c'est une norme à
peu près comprise par tout le monde. Et, si on se cherche des repères, ils sont là, assez évidents. On en fait la
recommandation à nouveau. La solution n'est pas tellement difficile à
trouver.
Et il y a quelque chose qui est un peu aberrant,
c'est l'assujettissement des maisons unifamiliales à une quelconque surveillance, là, ou quelconque aussi…
conception professionnelle obligée. Écoutez, il y a quelqu'un qui a pensé que des maisons de 600 mètres carrés
comportaient un risque quelconque, puis il fallait vraiment resserrer ça,
puis mettre de la surveillance… mettre une conception professionnelle
là-dedans. Écoutez, à l'évidence, nous, on a quand même plus que 35 ans d'expérience dans la gestion des maisons, il n'y
en a pas, de problème, avec les maisons unifamiliales, pas de problème à
ce que les bons concepteurs rencontrent les bons constructeurs puis qu'on
arrive à un bon produit. Il me semble que,
normalement, quand on veut légiférer, c'est parce qu'on a constaté un problème
dans le marché, une dysfonction, on veut corriger quelque chose qui ne
fonctionne pas. On vous témoigne, là : Il n'y a rien qui marche mal dans
ce domaine-là.
Sur la
question des examens de conformité, un point. Il nous apparaît, dans le 49, qu'il
y a beaucoup de discrétion qui est laissée au professionnel d'établir
son mandat. Jusqu'où ça va? Et ça, je suis certain que d'autres en feront écho. Cette discrétion-là ne semble pas
raisonnable. C'est assez évident que, si le professionnel peut définir qu'est-ce
qu'il en est de son mandat dans les examens,
on va vivre toutes les situations, on va vivre tous les résultats, de la
complaisance au zèle, il n'y aura pas d'uniformité.
Ça soulève des questions de coût, d'uniformité, d'organisation, de bon
fonctionnement des chantiers et de suivi. Alors, on est très soucieux de ça.
Donc, on se voit… Il faut absolument y mettre des balises. Et, quand on vous disait tout à l'heure qu'il est
possible d'en mettre à travers la Loi du bâtiment puis les règlements de
la garantie, ça semble assez clair que c'est là que ça va et ça devrait se
produire. Donc, nécessité de balises.
Finalement,
modalités contestables à plusieurs endroits, il me semble. Parce qu'au départ
on les voit arriver, mais il n'y a pas de données en arrière, il n'y a
pas de faits, il n'y a pas d'éléments qui ne nous ont jamais été présentés pour
justifier les choses. Alors, on nous dit qu'il
nous faut… il nous faut conception et surveillance professionnelle à bien
des endroits. Mais vous savez que les questions de conception sont celles qui
mènent à des problèmes de garantie : pour vice majeur, cinq ans. Mais ça, là, si je regarde dans le grand sac des
garanties qu'on gère puis des problèmes qu'on gère, c'est 3 % des problèmes, 3 % des problèmes.
Et, si je regarde la famille des vices majeurs cinq ans, là, puis je regarde
précisément : Est-ce que c'était lié à
des questions de conception ou de surveillance?, bien non, bien souvent non, on
n'a pas la preuve évidente que c'est un problème de conception à l'origine
et non plus qu'on a la preuve que, si on avait surveillé les choses, ça aurait
été mieux.
Le plus bel
exemple, c'est la pyrrhotite en Mauricie. Personne ne l'a vu venir. Petit,
moyen, gros chantier, surveillé, pas surveillé, la pyrrhotite est
arrivée. Puis on a des dossiers sous garantie, et pas rien qu'un, mais plusieurs
dans cette famille-là. Et donc il faut faire
la part des choses là-dedans puis essayer de voir si on vise à la bonne place
avec ce qui est suggéré là-dedans.
Donc — j'achève — il faut absolument faire attention de ne pas
mordre à l'hameçon, là, des belles campagnes médiatiques qui nous ont amené les propositions, des fois, qu'on a
aujourd'hui. Parce qu'on a parfois joué en épingle, monté en épingle les
situations, mais, dans l'ordre des choses, elles ne sont pas si grandes.
Manque de balises aussi — puis
je dois absolument le souligner — pour la question du 600 mètres carrés qui
revient, mais comme sur superficie totale de
plancher. Je vous ai nommé tout à l'heure le Code national du bâtiment,
c'est 600 mètres de superficie au sol, toute une différence, toute une
différence qui n'a jamais été appréciée pleinement. Aïe, c'est un quadruplex, un quadruplex, là! Ça fait qu'il y a quelqu'un
qui a pensé, puis ça doit être la même personne qui a pensé que les
maisons unifamiliales devaient être surveillées, que les quadruplex devaient
être surveillés de manière particulière.
Alors, ça, la preuve, la démonstration des zones de problèmes là-dessus n'est
pas… nous, en tout cas, on serait incapables
de la faire, incapables. Alors, il y a difficulté de ce côté-là, et, comme le
soulignait mon président, double emploi…
Le Président (M. Ferland) :
…30 secondes pour conclure, M. Bernier.
M. Bernier (François) : Alors, pour
finir, au fond, en résumé, pour le champ de pratique,
partie 9 du Code national du bâtiment : excluez les maisons
unifamiliales; réalisez par ailleurs un bon arrimage avec la Loi du
bâtiment, on va s'éviter de se piler sur les
pieds; ne laissez pas les professionnels définir eux-mêmes leur mandat, balisez
le tout, et c'est facile si on fait le renvoi à la Loi du bâtiment; et
finalement que les examens de conformité générale soient des actes réservés, à la limite, ce n'est pas un
problème en autant qu'il s'agit de quelque chose qu'on fait sur demande,
sans obligation. Merci beaucoup.
Président (M. Ferland) : Alors, merci, messieurs, pour votre
présentation. Maintenant, nous allons débuter la période d'échange.
Alors, je cède la parole à M. le ministre, pour la
partie du gouvernement, pour
un temps de 16 minutes, là, environ.
St-Arnaud : Bien, merci, M. le Président. Avant de m'adresser
aux représentants de l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec, peut-être juste, dans la foulée
de ce qu'a dit tantôt le porte-parole de l'opposition officielle sur le nombre d'invités que nous aurons
lors de cette commission parlementaire, M. le Président — parce qu'il disait «le gouvernement n'a pas accepté d'entendre le groupe X ou
le groupe Y» — je pense
que c'est important de dire que, dans un monde idéal, on aurait tenu une
consultation générale puis on aurait entendu des dizaines, et des dizaines, et des dizaines de groupes, M. le Président. Mais on
n'est pas dans un monde idéal. On est à une commission — vous le savez, M. le Président, c'est
vous qui la présidez — qui
siège cinq jours par semaine sur toute une série de projets de loi. Et c'est pourquoi, à un moment donné, ou on
décidait de faire une consultation générale et de faire une consultation
particulière encore plus large — mais là ça aurait reporté le dossier du
projet de loi n° 49 à plusieurs semaines, pour ne pas dire
plusieurs mois — ou
on essayait de se restreindre, de trouver deux jours, que vous nous avez
trouvés, M. le Président, à votre commission, pour faire une consultation
particulière, aller aux groupes les plus… ceux qui sont directement visés, tout
en sachant qu'il y en a plusieurs qui sont aussi visés par la bande, mais qui
pourront nous transmettre leurs mémoires, qui seront analysés attentivement, bien
sûr, par tous les membres de la commission.
Alors, l'idée,
c'était de faire avancer le projet de
loi n° 49 le plus rapidement
possible. Et, si on veut que ça avance et
si on veut trouver un peu de temps, il fallait limiter le nombre de groupes en
auditions publiques, mais ce qui ne veut pas dire qu'on ne lira pas avec
beaucoup d'attention les propos qui pourraient nous venir en provenance des universités,
qui pourraient venir de d'autres ordres
comme le Collège des médecins, bien
au contraire. Mais à un moment donné il faut, M. le Président, si on
voulait que ça avance, choisir un nombre plus limité de groupes.
Mais, comme
je l'ai dit en introduction, tous ceux qui sont intéressés pourront nous
transmettre leurs commentaires et
nous allons en prendre connaissance avec beaucoup d'intérêt. Mais le choix, c'était : ou
bien on prenait les deux jours qui étaient disponibles puis on entendait
un nombre restreint de groupes; ou on continuait sur d'autres projets de loi
qui sont présentement à l'étude et on
reportait le 49 à plus tard. Or, j'ai cru comprendre que le 49 était attendu
par plusieurs ordres d'une manière
importante et qu'il fallait bouger. Alors, nous bougeons, mais nous bougeons en
disant : On entend un certain nombre de groupes, et tous les autres
qui sont intéressés, comme je l'ai dit en introduction, qu'ils sachent que non
seulement nous allons lire leur mémoire, mais nous allons éventuellement en
tenir compte.
Puis je suis
sûr que le député… notamment le député de D'Arcy-McGee, le porte-parole de l'opposition
officielle, va lire… le connaissant, M. le Président, et connaissant sa
minutie, son professionnalisme… Et je vois la députée de Bourassa-Sauvé, que j'ai dans une autre
commission, qui lit tout, M. le Président. Je peux assurer tous les gens qui
ne seront pas entendus en consultations
particulières qu'ils vont être lus par tous les membres de cette commission. Et
la députée de Montmorency également. Je ne veux pas vous oublier, Mme la
députée de Montmorency. Je sais aussi que vous êtes particulièrement
minutieuse, on le voit sur d'autres projets de loi.
Ceci étant
dit, je reviens à l'APCHQV, M. le Président, j'ai un peu… Ce que je comprends,
c'est que vous dites : Il y
aurait un dédoublement — hein, c'est ce que je comprends — qui est au coeur de… entre ce qui se fait
présentement et ce qu'on souhaite ajouter,
notamment à l'article 40 du projet de loi. J'aimerais que vous m'expliquiez ça,
ce dédoublement-là. Parce que, d'abord, ma compréhension, là, c'est que
ce n'est pas le même genre de personne qui fait les inspections actuellement. Éventuellement, là, il y aurait un
examen de conformité des travaux qui serait fait soit par un architecte,
soit par un ingénieur, ou les deux.
Parce que,
moi, ce qu'on me dit dans les notes que l'on m'a préparées, ce qu'on me dit, c'est
qu'il n'y a pas de double emploi avec
la
partie 9 du CCQ. On me dit : Les deux visent des aspects différents de
la construction des bâtiments. Elles
concernent soit des normes techniques soit des activités d'architecture. En
fait, elles se complètent. Et il est nécessaire, afin d'assurer
adéquatement la protection du public, de procéder à des qualifications
professionnelles que seul un ingénieur ou un
architecte possède pour exercer un certain nombre d'activités liées à la
construction de divers bâtiments. Par exemple, la
partie 9 du code ne
prévoit pas de dispositions relatives aux plans et devis, elle ne contient pas
non plus de disposition relative à la
finalité d'un projet, soit la production de bâtiments durables, fonctionnels et
harmonieux, ni à l'implantation des bâtiments, au choix de l'enveloppe
et à celui des matériaux, par exemple, le choix de ces éléments étant laissé à
la libre appréciation des constructeurs.
Alors moi, ce
qu'on me dit, c'est : Il n'y a pas dédoublement. Alors, je voudrais vous
entendre là-dessus, nous expliquer ce
qui se fait présentement, en des termes simples, pour les gens qui nous
écoutent et peut-être pour certains membres
de la commission, dont je pourrais être, M. le Président, ce qui se fait
actuellement, ce qui est proposé exactement, où vous voyez un
dédoublement entre ce qui se fait et ce qui est proposé.
Le Président (M. Ferland) :
Juste avant de vous céder la parole, informer les membres de la commission qu'il se pourrait que nous soyons appelés à voter.
Donc, je vais devoir, à ce moment-là, suspendre et revenir. Alors, à
vous la parole, M. Tremblay ou…
Le Président (M. Ferland) :
Hein?
M. St-Arnaud : J'entends les
cloches.
Président (M. Ferland) : Ah bon! Il a une bonne oreille, pas
mal plus fine que la mienne. Alors, est-ce qu'on est appelés au vote?
Le Président (M.
Ferland) : O.K. Alors, on va suspendre la commission. On vous
revient tout à l'heure. Vous allez avoir le temps de préparer la réponse.
(Suspension de la séance à
12 h 39)
Le Président (M.
Ferland) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. Lors de la suspension, tout à l'heure, le ministre avait
adressé une question aux représentants de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec. Alors, la
parole est à M. Tremblay ou, je ne sais pas… M. le président. C'est ça,
oui?
M. Tremblay
(Yann) : Oui.
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y.
M. Tremblay
(Yann) : Merci. M. le ministre, votre question est très pertinente et
elle mérite une réponse en deux volets.
Donc, dans un premier temps, je vais céder la parole à M. Crochetière, peut-être,
pour une réponse un peu plus législative. Puis, dans un deuxième temps,
toujours pour ce qui est de la notion du dédoublement, je céderais la
parole à mon collègue, M. Lasalle, pour
peut-être voir ce qui se fait plus présentement dans la pratique sur le
terrain. Donc, Serge.
M. Crochetière (Serge) : Oui, d'accord, Alors, oui, tantôt, vous avez dit
que vous étiez plusieurs juristes autour de la table. Juste expliquer l'environnement
juridique. Ce que vous avez lu tantôt, c'était ce qui relève, entre autres, de l'architecture. On n'est pas ici pour dire que ce
qui relève de l'architecture ne doit pas être fait par des architectes.
Nos interventions sont sur le dédoublement, notamment au niveau des
attestations de conformité, bon.
vais vous rappeler deux choses, si vous voulez bien, et je vais essayer d'aller
rapidement. On est probablement le seul
endroit au monde… Ça fait près de 40 ans que je fais de la construction, je ne
connais pas d'autres pays ou d'autres États
où on a ça. Au niveau patronal, au niveau entrepreneurial, chacun des
entrepreneurs doit aller se qualifier tant sur sa compétence technique
et ses connaissances qu'en matière de gestion de chantiers de construction. Ça
veut dire que les travaux que vous décriviez tantôt vont être exécutés par des
gens qui en sont responsables et qui ont établi leurs connaissances et leurs compétences techniques pour les réaliser. On
parle toujours du petit bâtiment. Ces travaux-là sont aussi faits par
une main-d'oeuvre qui seule est apte à le faire. Il n'y a pas personne qui peut
poser un geste, qu'il soit propriétaire,
entrepreneur, d'un métier de la construction au Québec — et, croyez-moi, tout est couvert, et de
façon très, très détaillée — sans avoir un D.E.P., un diplôme d'études
professionnelles, souvent jusqu'à 5 000 heures de pratique comme
apprenti. Alors, ces gens-là sont capables de faire ça.
ailleurs, au niveau des plans de garantie, et là on entre dans le vrai
dédoublement, les plans de garantie couvrent beaucoup plus que la responsabilité de l'ingénieur ou de l'architecte.
On a parlé de la pyrrhotite. Il n'y a pas un ingénieur qui aurait pu savoir, de visu, que le béton
contenait de la pyrrhotite. Mais il y a d'autres problèmes. Il y a eu des
problèmes de pellicules chauffantes, des problèmes de briques de calcaire,
plein de… que jamais aucun architecte ou un ingénieur ne va pouvoir voir, même
si on fait l'inspection, alors que le plan de garantie, lui, est là pour
couvrir et payer si ces défauts-là existent.
Alors,
il n'y a pas de valeur ajoutée à demander une inspection par un architecte ou
un ingénieur dans ces cas-là, il n'y en a aucune. Je veux dire, ce qu'on
fait, c'est de surajouter quelque chose à une responsabilité qui existe déjà.
Le fait qu'un architecte ou un ingénieur soit là, même dans le code actuel, ne
vient diminuer en rien la responsabilité d'exécution des entrepreneurs. Alors,
on va monter tout un système, on va échafauder tout ça pourquoi? C'est la question
qu'on pose. Je vais demander maintenant à M. Marco Lasalle de vous expliquer aussi de
façon concrète comment il procède pour s'assurer que ça ne matérialise
pas, ces problèmes-là.
M. Lasalle (Marco) : Bonjour. Au niveau du
dédoublement, là, pour être plus précis à ce niveau-là, Me Crochetière
en a parlé également tantôt et M. Bernier, au niveau... il y a déjà la Loi du
bâtiment qui est en place et, avec ça, le Règlement sur le plan de garantie des
bâtiments résidentiels neufs. À cet effet, la Régie du bâtiment demande aux gestionnaires de plan de garantie des
inspections minimums, des programmes de prévention à cet effet-là. Pour vous donner un exemple, là, de, cette année,
où est-ce qu'on en est rendus, on est déjà rendus à plus de 6 000
inspections de faites pour 12 000 certificats qui ont été émis, là.
Donc, souvent, on entend, là, qu'il n'y en a pas, d'inspection, dans les
médias, souvent, c'est… ce qui est contraire à la réalité. C'était très
proactif.
Comme
Me Crochetière l'a exprimé précédemment, la responsabilité d'un plan de
garantie est quand même plus vaste que la responsabilité du
professionnel impliqué dans le dossier, à ce moment-là. Donc, même s'il y a des
professionnels impliqués dans le... pour émettre des certificats, les plans de
garantie vont assurément vouloir tout de même
aller valider le tout, à ce moment-là. Ils ont leurs propres responsabilités au
niveau du risque d'aller valider le tout, à ce moment-là.
me suis permis... Je me doutais que ce genre de question sortirait, elle était
très pertinente à cet effet-là. Écoutez,
dans des... Parce qu'on travaille quand même en complémentarité avec les
professionnels; les ingénieurs, les architectes,
on travaille avec eux. On a des plans de garantie qui sont non obligatoires
lorsqu'il y a plus de cinq unités superposées,
on a des plans de garantie pour ça, et, à ce moment-là, on oblige les projets
accrédités à avoir des professionnels avec des mandats de surveillance,
que ce soit au niveau des ascenseurs, des gicleurs, des systèmes mécaniques, l'architecture, l'enveloppe. On a
beaucoup de difficultés à avoir les mandats. Et puis, écoutez, j'ai pris
le dernier que j'ai reçu, 31 octobre, mais je pourrais vous en sortir d'autres
avant. Je me permets de vous la lire, c'est très, très court :
«Attestation de la
conformité générale des travaux de la structure.
qui de droit, selon nos observations au chantier, nous déclarons que le travail
de structure accompli jusqu'à présent
est généralement conforme à l'ensemble de nos plans, devis et directives. Les
travaux étaient exécutés suivant les règles de l'art et respectent les
intentions du Code de la construction du Québec 2005.»
en rajoute ou on en enlève encore : «Il est à noter que notre mandat ne
comprenait pas la supervision au site à temps plein et que nous n'avons pas effectué de test physique ou de
mesure précise. Notre évaluation de la structure est strictement basée
sur nos observations au chantier et notre expérience avec des structures
semblables.
«Espérant
le tout à votre entière satisfaction, nous vous prions d'agréer l'expression de
nos sentiments distingués.» C'est signé par l'ingénieur, avec le sceau.
C'est le document officiel de conformité.
qu'on disait tout à l'heure, bien, il faut encadrer. Le professionnel ne peut
pas, à ce moment-là, décider de la portée
de son mandat parce qu'on peut avoir autant du zèle que de la complaisance.
Dans un système comme ça, c'est clair
qu'il y a du dédoublement parce qu'on ne peut pas se contenter de ça, on doit
aller valider sur le chantier qu'est-ce qui est réellement exécuté à cet
effet-là.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, messieurs. M. le ministre, il vous reste
environ quatre minutes.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Merci pour les réponses aux
questions. J'ai encore un peu de difficultés à comprendre. Est-ce que ça ne se complète pas? Est-ce que ce qui se fait
actuellement et ce qui est proposé ne se complètent pas? Et est-ce que, si le projet de loi est adopté
tel quel, il n'y aurait pas... il n'y a pas une... les citoyens ne seraient
pas finalement doublement protégés en ayant, là, ce qui est proposé?
voyais, M. le président, le... On me signalait, par exemple, qu'il y a trois
associations de consommateurs… Je suis
un peu en conflit d'intérêts peut-être, M. le président, je suis le ministre
responsable de la protection des consommateurs
en plus du reste. Mais il y a trois associations de consommateurs qui nous
disaient, là, dans le journal 24
heures , il y a à peine quelques
jours, qu'elles réclamaient un programme d'inspection obligatoire, là, de la
construction de bâtiments résidentiels
neufs, et qui nous disaient qu'elles réclament cette réforme et veulent que le
projet de loi n° 49 aille dans ce sens-là. Alors, si vous pouvez
peut-être m'éclairer davantage là-dessus : Est-ce qu'il n'y a pas,
finalement, une double protection, finalement, qui est au bénéfice du
consommateur ou du citoyen?
L'autre
chose sur laquelle je voulais revenir, c'était sur le 600 mètres. Vous avez dit tantôt : Bien, le 600 mètres carrés, là, c'est… on se demande d'où ça sort.
Moi, ce qu'on me dit, c'est qu'en Ontario, en Colombie-Britannique, il y
a un examen de conformité générale qui se fait en vertu des législations de ces
provinces, où on parle effectivement d'un seuil
minimal de 600 mètres carrés. Alors, il reste peut-être deux,
trois minutes, mais il y aura des questions de l'opposition, vous
pourrez peut-être compléter. Mais peut-être répondre à ces questions.
Le Président (M.
Ferland) : M. Tremblay ou… M. Tremblay. M. Crochetière.
M. Crochetière (Serge) : Écoutez, François Bernier tantôt a bien fait la
distinction. Il y a une différence énorme entre 600 mètres carrés
de plancher et 600 mètres carrés au sol. Qu'est-ce que ça veut dire? C'est
que, si vous avez 6 000 mètres au sol, ça prend un carré de
6 000 mètres au sol…
Une voix :
6 000 pieds.
M. Crochetière (Serge) : … 6 000 pieds — pardon, oui — au sol, c'est beaucoup plus grand que de
mettre des planchers superposés et d'avoir 6 000 pieds carrés
de planchers. C'est ça, la distinction. Alors, si vous voulez faire la
référence avec les autres provinces qui l'appliquent, bien il faudrait le faire
aussi justement.
Par ailleurs, l'autre
volet de votre question, c'était de savoir : Est-ce qu'il y a
complémentarité? Et vous avez notamment parlé de l'Association des
consommateurs. Une bonne
partie de leurs récriminations vient justement des problèmes
de pyrrhotite. S'il y avait eu l'inspection… Et puis les architectes puis les
ingénieurs n'auraient pas payé deux sous...
Là, on décrie beaucoup l'action des plans de garantie. Cet après-midi,
on rencontre votre collègue Mme Maltais pour justement toute une
réforme des plans de garantie. Mais, une chose est certaine, si on s'était fiés
juste sur les architectes et les ingénieurs, il n'y aurait pas personne pour
les payer, les travaux qui se font actuellement, là. Les 700 maisons qui sont remontées juste par le
plan de garantie, ce n'est pas les architectes puis les ingénieurs. S'ils
veulent ramasser toute la responsabilité puis payer pour avec leurs assurances responsabilité
professionnelle, on va peut-être regarder ça
d'un autre oeil. Mais je suis sûr qu'ils ne voudront pas embarquer là-dedans.
Alors, la question de complémentarité, je m'excuse, mais c'est
du corporatisme, point.
M. Bernier
(François) : Et, encore une fois, il faut vraiment insister, que ça devienne clair pour tout le monde, là, il y a une énorme différence entre le 600 mètres au
sol, qui est la norme qu'on observe beaucoup au Canada — donc
on est à l'aise avec ça au Canada — et ce
qui est amené dans le projet de loi, qui est beaucoup plus restrictif. J'en
faisais la blague, là, que c'était un quadruplex. Alors, c'est beaucoup plus
petit que ce qui est très confortable ailleurs au Canada.
Le Président (M. Ferland) :
Il reste à peine 10 secondes.
M. St-Arnaud :
10 secondes. Parce que je comprends qu'en Ontario, vous me dites, c'est
600 mètres carrés, trois niveaux de planchers?
M. St-Arnaud : Au sol.
M. Bernier (François) : …trois
étages puis au sol, c'est ça.
M. St-Arnaud : O.K. O.K.
Président (M. Ferland) : Alors, le temps est écoulé, à moins que la
partie de l'opposition officielle permette de
poursuive la réponse, là, mais la parole est à vous, M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman :
Merci. Merci, M. le Président. Juste un commentaire, M. le Président, à M. le
ministre. Certainement, on travaille très bien, dans une manière
professionnelle, mais les commentaires du ministre en ce qui concerne les groupes invités… Je pense que la
règle, c'est que… mieux faire un travail correctement que de faire un
travail en vitesse. Et je ne peux pas faire
le travail en vitesse. Et, s'il y a des groupes qui sont importants pour
entendre, pourquoi ne pas les inviter pour avoir leur opinion dans les
matières qui sont tellement importantes. Le Collège des médecins, certainement, c'est un groupe très important, la
CREPUQ, un autre groupe très important. Et je pense que nous avons une
obligation de faire le travail dans une manière correcte et efficace,
certainement.
Merci d'être ici avec nous aujourd'hui. J'ai
quelques questions à vous demander. Vous avez dit, dans votre mémoire, que vous ne voulez pas faire obstacle à l'amélioration
de la qualité, que vous voulez éviter le dédoublement des coûts. Et vous faites référence à l'article 9 du
projet de loi, l'article 16.1, qui soustrait des actes réservés à l'architecte
«une habitation unifamiliale isolée [qui] n'excède pas deux étages et
600 m² de superficie brute totale». Vous demandez au législateur d'exclure
du champ de pratique des architectes des maisons unifamiliales en total. Est-ce
que le public serait mieux protégé si on retirait cette provision? Et pourquoi
est-ce que vous prétendez que la
partie 9 du code du bâtiment est préférable et
donne une meilleure protection pour le public?
Le Président (M. Ferland) :
M. Tremblay ou…
M. Lasalle (Marco) : Bien, je vais
répondre.
Le Président (M. Ferland) :
M. Lasalle?
M. Lasalle (Marco) : Oui, je vais
répondre.
Le Président (M. Ferland) :
Allez-y.
M. Lasalle (Marco) : Bien, au niveau
du dédoublement, au niveau de… la double protection, j'affirmerais que c'est
une illusion de double protection, en ce sens que c'est un peu comme un
conducteur, dans une voiture, qui la
ceinture et le coussin gonflable, il y a une double protection, mais que tous
les autres passagers n'ont aucune ceinture, aucun coussin gonflable. Pourquoi je dis ça? Une maison, c'est un
bâtiment, c'est un ensemble de systèmes. Si on oblige, exemple, l'inspection
par un architecte d'un bâtiment résidentiel, il va limiter son inspection à de
l'architecture, c'est-à-dire à l'enveloppe,
les dimensions, les issues, ces choses-là. Qu'en est-il de la structure? Ce n'est
pas dans son champ de compétence. Qu'en
est-il des systèmes de ventilation? On a des maisons de plus en plus étanches,
c'est de plus en plus important, mais c'est un ingénieur mécanique qui
va pouvoir faire… Qu'en est-il de l'électricité? Donc, si on veut vraiment avoir la double protection, bien il
faudrait, à ce moment-là, qu'il y ait tous ces mandats-là qui soient
donnés, avec les coûts, là, qui vont avec. On ne fait plus doubler, on
quintuple les coûts, à ce moment-là.
Toutefois… et
on se limite toujours à parler d'architectes et d'ingénieurs. Or, dans la
partie 9, c'est une partie… Bien, je suis bien parti avec des analogies,
je vais vous comparer ça, encore une fois, c'est un peu comme un complet acheté chez Moores, chez un prêt-à-porter, et un
complet qui est fait chez un tailleur, sur mesure. La
partie 9, là, c'est
un complet qui est déjà fait, qui est déjà
prêt. La recette, elle est toute là. Un technologue est capable d'appliquer
cette recette-là.
Pour faire une autre comparaison, c'est un peu
comme un gâteau Duncan Hines. Tantôt, on disait que l'entrepreneur avait le libre choix des matériaux, là, des assemblages,
et toutes ces choses-là. C'est faux. La
partie 9 a la longueur des clous, les matériaux permis, toutes
ces choses-là. C'est comme le gâteau Duncan Hines, comme je vous
disais : vous avez la recette, vous
prenez le mélange de la saveur que vous voulez, vanille, chocolat, pépites de
couleurs, et vous mettez le glaçage que… Les matériaux sont tous là, c'est
déjà tout prescrit, l'assemblage, et tout ça.
Bernier (François) : Je veux juste insister encore une fois sur l'aspect
qu'il n'y a aucune démonstration que les maisons unifamiliales ont un
quelconque problème lié à la conception ou la surveillance. Il n'y en a pas. Il
n'y a pas… il faudrait… Même si le reste du dossier est traité avec des
anecdotes, là, puis des problèmes qu'on a pu rencontrer, dans les médias, il n'y
a même pas d'anecdote au niveau de… Alors, on ne voit pas la pertinence.
y a une douzaine d'années, quand, au fond, il y a eu modernisation de la Loi
sur les architectes — ça fait
à peu près une douzaine d'années, là, dans ces coins-là, je pense que c'est
Mme Goupil qui était au dossier à ce moment-là — la question a été posée, et il y a eu
réponse. C'est-à-dire, au fond les gens avaient vraiment, après réflexion,
estimé qu'il n'y avait pas lieu d'assujettir les maisons unifamiliales à l'encadrement
professionnel. Alors, le débat a eu lieu il
y a une douzaine d'années. Est-ce qu'on le fait à chaque 10 ans, là? On n'a
toujours pas de preuve aujourd'hui, en tout cas de notre côté, qu'il y a
lieu d'intervenir différemment.
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. Bernier. Alors, M. le député.
Bergman : Dans votre mémoire, vous faites référence à l'article
8 — l'article
16.0.1 — du
projet de loi n° 49 et vous
faites référence aux dispositions de l'article 2118 du Code civil et les
responsabilités solidaires de l'entrepreneur, de l'architecte et de l'ingénieur.
Et vous parlez de «surveillance même ponctuelle du chantier entraîne la
responsabilité solidaire d'un professionnel»
et que les assureurs vont demander des primes encore plus importantes. Afin d'assumer
leurs responsabilités professionnelles, les
professionnels — les
architectes, les ingénieurs — vont multiplier la surveillance et, à
la fin de la journée, augmenter les honoraires.
aussi vous faites référence, dans l'article 16.0.1, le dernier alinéa, aux
mots «aux étapes charnières déterminées par le membre de l'ordre», que vous trouvez trop large. Est-ce que vous
avez des commentaires sur les responsabilités des architectes ou ingénieurs, la phrase «aux étapes
charnières déterminées par le membre de l'ordre» et la question des
coûts et responsabilités? Et vous avez aussi mentionné qu'il y a un conflit d'intérêts,
si un architecte fait une examination, une surveillance d'un travail où il a
fait les plans et il voit une erreur, qu'il y a conflit d'intérêts au moment de
son examination.
Le Président (M.
Leclair) : M. Bernier? M. Crochetière.
M. Crochetière (Serge) : Bon, alors, écoutez, au niveau immédiatement du conflit d'intérêts, c'est
évident que, si vous vous rendez compte, comme architecte ou ingénieur,
que vous avez fait une erreur dans vos plans, il n'est pas certain que vous ne chercherez pas à couvrir votre
erreur. Il ne faut pas être angélique; c'est humain. On parle aussi du conflit d'intérêts.
L'architecte qui ferait les plans pour 200 unités avec le même
entrepreneur, par année, y va-tu
avoir la même rigueur que l'architecte ou l'ingénieur qui va aller inspecter un
bâtiment de quatre unités? Encore là, je
vous pose la question, là, si vous croyez que les gens sont dégagés de
toutes ces considérations-là. Nous, on se dit : Il y a ce
risque-là.
on touche à ça, c'est parce que...
François l'a soulevé tantôt, c'est la question de l'homogénéité de l'inspection.
Et là je reviens à l'autre
partie de votre
question, c'est : Comment avoir une homogénéité efficace si chaque
professionnel peut définir lui-même le mandat qui doit lui être confié? Et,
encore une fois, va-t-il le faire de la même façon suivant son donneur d'ouvrage?
C'est très délicat, hein?
M. Lasalle,
tantôt, vous a lu des attestations tellement vastes qu'elles ne veulent, à
toutes fins pratiques, rien dire. Ça n'engage pas la responsabilité… ou
à peu près pas la responsabilité de celui qui signe ça. On va faire ça
pourquoi? Parler de coûts? Nous, on est
persuadés que les assureurs… Parce qu'à partir du moment où l'ingénieur ou
l'architecte fait de la surveillance sa
responsabilité est engagée. Et elle n'est pas graduée, sa responsabilité, aux
termes du Code civil. Alors, vous croyez sérieusement que les assureurs
ne leur diront pas de prendre le mandat le plus général? Et vous croyez
sérieusement qu'il n'y aura pas d'incidence sur les primes et que ça ne se
traduira pas dans le coût des inspections? En tout cas, nous, on pense qu'il va
y avoir de tout ça.
Le Président (M. Leclair) : Merci, M. Crochetière. M. le
député D'Arcy-McGee? La députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Merci beaucoup, M. le Président. Merci d'être là. Je veux faire référence à ce
communiqué des trois associations de consommateurs du Québec dont a fait aussi
référence M. le ministre. Et ici il nous donne comme renseignement qu'en Ontario, pour 58 610 unités d'habitation,
c'est seulement à peine 2 % de ces unités pour lesquelles il y a des plaintes pour vice de
construction. Au Québec, pour la même période, 2010, pour
29 960 unités, non seulement
il y a plus de plaintes, mais le nombre de plaintes sont 7 %. Comment vous
expliquez que les plaintes vice de construction, c'est trois fois plus
élevé au Québec? À quoi vous attribuez cela?
Le Président (M.
Leclair) : M. Tremblay.
M. Tremblay
(Yann) : Il faut quand même bien mettre les choses en perspective puis
il faut quand même comparer des pommes avec
des pommes. Je vais laisser François, je dirais, vraiment amener les chiffres,
mais vraiment comparer sur une bonne base les vraies choses.
M. Bernier
(François) : La réponse, c'est
qu'on est avec des pommes et des oranges ici. Puis, si vous voulez bien,
même, à la limite, on vous laissera un document là-dessus parce qu'on a fait l'analyse.
Malheureusement, là, ce qui
a été véhiculé dans les médias, c'est une comparaison entre, au fond, les
plaintes qu'on enregistre au Québec… Hein, on enregistre des plaintes. Puis on trouve tout ça dans les rapports
officiels de la Régie du bâtiment. Donc, les plaintes. Les plaintes,
ensuite, hein, qu'est-ce qui se passe? Elles deviennent des inspections... des
vrais dossiers, là, d'inspection-conciliation.
Il y a beaucoup de plaintes qui meurent, qui meurent en cours de route, là, du
simple fait qu'on a signifié à un entrepreneur : Aïe, il y a une
plainte, là. Alors, ça disparaît.
Alors, nous,
on enregistre les plaintes. L'Ontario nous parle des inspections-conciliations.
Il y en a beaucoup moins par nature,
de un. On n'a pas comparé les mêmes affaires. Alors, vous comprenez l'invitation
que ça nous fait, de vous dire : Inspection pour inspection, qu'est-ce
qu'il en est? Bien, je vous dirais que, globalement, le Québec se défend très, très bien par rapport à l'Ontario, même malgré la
pyrrhotite, même malgré la pyrrhotite, qui a ajouté beaucoup de plaintes
et qui a fait beaucoup d'inspections et de conciliations. Nos ratios sont de l'ordre
de 5 %, en termes d'inspections, alors que, tu sais, au fond, on a... sur
la même base comparative… là, je m'excuse, j'ai oublié de préciser : sur
une certaine période de temps, il ne faut
pas aussi regarder sur une seule année. Donc, si on prend ça entre 2005 et
2012, en moyenne, la moyenne des inspections, c'est de l'ordre de
5 %, au Québec, en faisant abstraction de la... Et savez-vous qu'est-ce
que c'est en Ontario? 5,9 %.
M. Crochetière (Serge) : Donc, c'est
inférieur ici, d'une part. D'autre part...
M. Bernier (François) : Les données
que vous avez eues sont celles des deux... la donnée toute récente, la donnée, la toute récente qui vient d'arriver en
Ontario, et c'est le fun de l'utiliser,
celle-là, elle est très bonne, de
l'ordre de 3 %, mais, si on regardait ça sur une certaine période, la
moyenne, on a un meilleur score.
Et juste une
dernière précision. Pourquoi ils sont si bas? Pourquoi ils ont baissé, d'ailleurs?
Parce qu'ils ont baissé. C'est parce qu'ils ont introduit des nouvelles
politiques administratives puis, quand on a un dossier et on le perd, en
entrepreneur, on a, à toutes fins pratiques, un frais de 1 000 $, ce
qui n'existe pas au Québec. Même chose pour les consommateurs : quand tu amènes une plainte frivole, 250 $ qui
te tombent dessus. On ne fait pas ça au Québec. Alors, ça a calmé, ça a
ralenti beaucoup le rythme de plaintes. Mais, en matière de vrais dossiers qu'on
traite, on n'a aucune gêne par rapport à l'Ontario.
Président (M. Leclair) : Merci, M. Bernier. Avant de céder la
parole, je vous répète, Mme la députée, qu'il reste un petit peu plus de
deux minutes à cet échange.
Mme de Santis :
...demander avant que je cède la parole à mon collègue. Vous parlez de données
que vous avez. Est-ce que vous pouvez, s'il vous plaît, les déposer à la
commission?
M. Tremblay (Yann) : Avec plaisir,
oui.
Mme de Santis :
Et vous les envoyez au président.
M. Tremblay (Yann) : Oui.
Une voix : Parfait. Merci.
Mme de Santis :
Merci.
M. Crochetière (Serge) : Mais peut-être,
si vous permettez, je rajouterais que, tantôt, je vous ai dit que nous étions le seul endroit où il y avait
une formation obligatoire pour les
entrepreneurs et pour les salariés. Juste en termes de perfectionnement
par le recyclage, les fonds de formation dépensaient plus de 30 millions par
année uniquement au Québec. Si on fait tout ça pour rien, dites-nous-le. On va
dire : Plus besoin de dépenser tout cet argent-là.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Crochetière. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman :
À l'article 31, qui fait mention de l'article 3.1, l'alinéa 3°, à l'égard de l'habitation
unifamiliale soustraite, il y a
mention que «des solutions acceptables complètes sont prévues à la
partie 9 du
chapitre 1 du Code de
construction». Les mots «des solutions acceptables complètes», ça veut dire
quoi, dans votre opinion?
Le Président (M. Leclair) :
Alors, M. Bernier, en une minute, s'il vous plaît.
M. Bernier (François) : En une
minute. La solution acceptable complète, ça s'appelle le Code national du bâtiment. Il est une solution acceptable et
complète. Alors, on veut dire : On ne mettra pas de définition
professionnelle si on trouve une solution complète acceptable dans le code du
bâtiment. Bien oui, le Code national du bâtiment, c'est déjà une solution acceptable. Déjà, d'avoir vu ça dans la définition
apportée par les ingénieurs, c'est au moins d'avoir eu le réflexe, l'intelligence
de faire le lien avec le Code national du bâtiment pour essayer d'y trouver des
solutions acceptables. Ce qu'on nous dit, c'est que... Prenez-la au complet,
prenez-la au complet, la
partie 9, elle est totalement acceptable. N'essayons pas de la trancher en rondelles pour essayer de
trouver à l'intérieur de ça quelle est la
partie la plus
acceptable d'un code acceptable.
Président (M. Leclair) : Merci beaucoup, M. Bernier. Alors,
nous reconnaissons le deuxième groupe d'opposition. Alors, la députée de Montmorency,
la parole est à vous pour une période de quatre minutes.
St-Laurent : Un
gros quatre minutes? Merci, M. le
Président. Tout à l'heure, vous avez parlé que ce serait trois
fois le coût s'il y avait plusieurs examens de conformité, on a parlé des coûts, etc.
Je doute que ce soit trois fois, par exemple. Je mets un gros bémol sur
question que je veux vous poser, et principalement à M. Lasalle, vu que vous êtes directeur, Service
technique et inspection de chantiers, et ça, c'est pour que les gens
comprennent, et nous aussi également : Lorsque vous faites l'inspection. On va parler d'unifamiliales, on ne
parlera pas de petits bâtiments ou de gros bâtiments, etc., on va parler
uniquement d'unifamiliales. Lorsque vous faites une inspection, vous allez me
dire ce que font, comme inspection, les
architectes, par exemple, et les ingénieurs, et ce que vous, vous pouvez
faire comme inspection. Est-ce que vous pouvez regrouper tout ça?
Le Président (M. Leclair) :
Alors, M. Lasalle, la parole est à vous.
M. Lasalle (Marco) : Merci. D'ailleurs, je tiens à vous préciser, l'Agence de l'efficacité
énergétique du Québec, bien, qui est rendue le Bureau de l'efficacité et
de l'innovation énergétiques, utilise, dans le programme Novoclimat, des
technologues pour effectuer les inspections en chantier.
inspecteurs qu'on a, pour notre part, à ce moment-là, au niveau de l'unifamilial,
ils vont aller appliquer la
partie 9,
qui est la recette que je vous parlais, qui était déjà là, à ce moment-là. Dans la
partie 9, lorsqu'on veut,
exemple, vérifier un système de ventilation, on n'a pas besoin de faire tous
les calculs d'ingénierie, la recette est déjà là. Ça prend une machine de telle capacité avec des conduites de tel diamètre,
ça prend une distribution d'air frais dans chacune des pièces. On est capables, on applique la
recette. Au niveau de l'architecture, bien, on va aller valider, à ce moment-là, l'étanchéité de l'enveloppe. Les solins, bien, le code, il dit très, très
facilement — le
solin, c'est des pièces qu'on prend pour
évacuer l'eau qui pénètre l'enveloppe — bien,
à ce moment-là, le solin doit remonter de 100 millimètres
derrière le revêtement intempéries. C'est très factuel, qu'est-ce qu'il y a à
être vérifié, et, bien, nos inspecteurs sont capables de faire la validation de l'ensemble de la
partie 9 qui couvre l'architecture, qui va couvrir la
mécanique, qui va couvrir, à ce moment-là, tous les systèmes du
bâtiment.
Le Président (M.
Leclair) : Mme la députée.
St-Laurent :
Oui. Mais est-ce que vous pouvez me dire quels sont les endroits où les
architectes ou les ingénieurs pourraient faire une inspection que vous, vous ne
pouvez pas?
Le Président (M.
Leclair) : M. Lasalle.
M. Lasalle (Marco) : Oui, merci. C'est plutôt le contraire. Je peux faire des inspections qu'eux
ne peuvent pas faire, à ce moment-là, parce qu'ils se limitent à leur
champ, qui est l'architecture, exemple. Donc, l'architecte jamais ne va aller vérifier, valider la
section — je vais être technique, là — qui s'appelle 9.32, Ventilation. Je ne
connais pas un architecte qui va aller valider ça. Je ne connais pas un
ingénieur en structure qui va aller valider ça. Bien, moi, mes inspecteurs, ils vont aller valider. Ils ne feront
pas des calculs d'ingénierie, la recette, elle est tout écrite dans la
partie
on veut parler de structure, bien, il y a la
partie qui s'appelle 9.23, qui est
toute la charpente de bois. Bien, les recettes sont là : les longueurs
de clous, les diamètres minimaux des clous, combien de clous ça prend pour
clouer une solive de plancher. C'est tout
inscrit dedans. On y va, on compte le nombre de clous, c'est validé. À ce
moment-là, c'est très simple.
Donc, les inspecteurs
nous... nos inspecteurs, qui sont en majorité des technologues professionnels,
sont capables de valider l'ensemble de la
partie 9. Or, les professionnels — on parle ici d'ingénieurs,
architecture — ils
vont se limiter à leurs champs de compétence.
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. Lasalle. Alors, pour 20 secondes, Mme la
députée.
St-Laurent : D'accord. Je comprends ce que vous me dites,
mais vous ne m'avez pas trouvé... Ce que je vous demandais, ce n'était
pas seulement ce que vous pouviez faire, mais ce qu'eux pouvaient faire et que
vous ne pouviez pas faire. Vous pouvez faire tout, à ce que vous dites.
M. Lasalle
(Marco) : Au niveau de l'inspection, vous parlez. Il n'y a rien que
ces professionnels-là peuvent faire qu'on ne
peut pas faire. C'est vraiment le contraire, il y a des choses qu'on peut faire
qu'ils ne peuvent pas faire.
Le Président (M.
Leclair) : Alors, sur ce, M. Lasalle, la commission remercie
les gens de l'APCHQ de s'être présentés.
Alors, je vais
suspendre quelques instants et j'invite le prochain groupe à prendre place.
Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
13 h 27)
Président (M. Leclair) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît! La commission reprend ses
travaux. Nous souhaitons la bienvenue à nos invités, le prochain groupe,
qui est l'Association des biologistes du Québec.
Alors, pour
les fins de l'enregistrement, je vous demande de bien vouloir vous présenter
et je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé. La parole est à vous.
Robidoux (Pierre Yves) :
Bonjour. Merci, M. le Président.
Merci aux membres de la commission. Mon nom est Pierre Yves Robidoux, je suis président de l'Association des biologistes
du Québec. À ma gauche, notre directrice générale, Chantal d'Auteuil, et, à ma droite, Hugo Bazinet, qui est un
membre de notre Comité sur le statut professionnel.
Alors, j'y vais directement. Donc, l'Association
des biologistes du Québec est très inquiète des changements proposés aux lois
sur les chimistes et les géologues, qui auraient pour effet de permettre que
ces professionnels... d'effectuer des activités qui sont réalisées par des
biologistes et de nuire ainsi à la protection du public. Ces activités concernent particulièrement les biologistes
moléculaires, les biologistes microbiologistes, les toxicologues, les
écotoxicologues, les biologistes
spécialisés en caractérisation et évaluation environnementale. C'est des
domaines à risque pour la santé publique.
Le fait de réserver des activités
généralement réalisées par des biologistes à des membres d'ordres professionnels existants qui n'ont pas toutes les compétences nécessaires
ne se fait pas dans un but de protection du public, selon nous. La
biologie moléculaire, les biotechnologies, la microbiologie, la toxicologie, l'écotoxicologie,
les caractérisations environnementales sont
parmi les domaines de la biologie qui ont bénéficié du plus grand essor dans
les dernières années et constituent une activité économique importante
et en croissance.
Donc,
concernant la
Loi sur les chimistes, le paragraphe 4° de l'article 15.2 de la
Loi sur les chimistes professionnels, tel
qu'amendé par le projet de loi, réserverait les activités suivantes aux chimistes :
le contrôle, la certification, la qualité de la composition et
transformation et propriétés d'une entité moléculaire. Donc, l'entité
moléculaire est définie dans la loi d'une
façon très large : «On entend "par entité moléculaire" tout
atome, molécule, ion, paire...» Bon, je ne le lirai pas, c'est dans la loi, mais ça constitue quelque chose
de très large. Qu'est-ce que ça veut dire? Bien, ça englobe, en fait, à
peu près que tout ce qui nous entoure, par exemple les parties d'un organisme,
comme les protéines, les enzymes. Ça englobe aussi les substances, les
contaminants, exemple, BPC, des hydrocarbures pétroliers, bon, les métaux, etc.
Ces entités moléculaires font
partie
intégrante des processus biologiques, ce qui fait
partie des activités
des biologistes, car l'exercice de la
biologie consiste notamment à l'étude des organismes vivants, incluant leurs
composantes moléculaires, et à l'évaluation des facteurs externes sur
des organismes vivants et les écosystèmes.
Toutefois, on est d'accord que les entités
moléculaires constituent une interface entre les chimistes et les biologistes importante puisque
les chimistes les identifient, les
mesurent, les analysent, alors que les biologistes étudient leurs effets
ou leurs fonctions dans les organismes. Donc, les biologistes sont les
personnes les plus compétentes pour évaluer les effets et les fonctions de ces
entités moléculaires là sur les organismes vivants. C'est précisément à ce
niveau où les risques de préjudice pour le public sont très élevés.
Aussi, le législateur suggère d'ajouter une
disposition qui permet à certains biologistes d'exercer la chimie professionnelle — je fais référence à l'article 16.0.1 — donc, c'est les titulaires d'un diplôme universitaire en sciences biologiques, à l'exclusion des activités afférentes à la microbiologie. Le législateur permettrait ainsi à certains
biologistes d'exercer les activités réservées aux chimistes professionnels, ce
qui représenterait un préjudice pour le public. Cette approche nous apparaît
incohérente, et l'ABQ s'interroge sur la pertinence que l'Ordre des chimistes
encadre les biologistes moléculaires et les microbiologistes, les biologistes
microbiologistes. De plus, la biologie moléculaire n'est pas seulement une spécialité, mais est utilisée par la majorité
des biologistes. La biologie moléculaire va bien au-delà de la
microbiologie et concerne non seulement les bactéries et les virus, mais l'ensemble
des organismes vivants, incluant la
flore — on pense
aux biotechnologies végétales — la faune — les biotechnologies animales, le séquençage du génome, la
protéomique, bon, l'ADN, etc. Donc, il serait extrêmement difficile de scinder,
du moins en pratique, la microbiologie de la biologie.
L'ABQ est tout à fait contre l'intégration des
microbiologistes et des biologistes moléculaires à l'Ordre des chimistes. La microbiologie est une spécialité de
la biologie et constitue la plupart du temps une concentration offerte
dans les programmes universitaires de premier cycle en sciences biologiques des départements de biologie.
Il est extrêmement complexe et
périlleux de vouloir scinder la microbiologie de la biologie ou la biologie
moléculaire des autres spécialités de la
biologie. En effet, les biologistes spécialisés dans ces domaines et même
ceux des autres domaines ont des activités qui incluent souvent des connaissances
et des techniques en microbiologie et en biologie moléculaire. Il faut savoir
que la microbiologie et la biologie
moléculaire font
partie du tronc commun général des programmes
en biologie, tout comme la génétique, ou l'écologie, ou toxicologie.
La formation
du biologiste-microbiologiste ne se rapproche pas du tout de celle des
chimistes. La microbiologie est une formation spécialisée en biologie
qui présente peu ou pas de cours en chimie. Donc, l'étude du devenir des
entités moléculaires — par
exemple une molécule toxique qui se dégrade et qui implique l'apparition de
métabolites dans les tissus — et
de leurs effets sur les organismes vivants — on pense aux microbes, la flore, la faune — relève
de la toxicologie, c'est une discipline de
la biologie, tandis que l'étude des fonctions des entités moléculaires — par exemple les gènes, les protéines — relève
d'autres champs de la biologie : la génétique, protéomique, physiologie.
Pour cela, les biologistes doivent
réaliser certaines analyses, en particulier les biologistes moléculaires, les
toxicologues, les microbiologistes qui offrent des services d'analyse au
public. Si ces activités étaient réalisées ou supervisées par des non-biologistes, cela pourrait entraîner des conséquences
sur la santé et des effets sur l'environnement — on pense à une contamination microbiologique de l'eau, on
pense à une toxicité sous-évaluée qui présenterait, à ce moment-là, des risques pour la santé.
Donc, l'Association des biologistes s'oppose à
ce que la loi réserve aux seuls chimistes les activités associées aux entités moléculaires, un important
champ d'activité des biologistes, je le répète. Elle s'oppose également
à l'intégration des microbiologistes
au sein de l'Ordre des chimistes du Québec. Lorsque l'OPQ a émis son avis favorable pour la
création d'un ordre des biologistes, en
1990, la biologie moléculaire présentait peu de risques pour le public et était
à ses débuts. Par contre, présentement, il y a beaucoup plus de risques pour la population.
Maintenant que cette science a évolué et que d'importantes
activités économiques se développent sur la base de la biologie moléculaire...
Bien, en tout cas, cette science a évolué et
présente maintenant d'importantes activités. Le terme «moléculaire» est très
large, mais, lorsque les molécules en question sont rattachées au
vivant, il revient au biologiste, de par sa formation, puis ses connaissances, et sa vision d'ensemble, d'en étudier les
propriétés, les comportements et les interactions. Dans le mémoire, l'ABQ
fait certaines propositions que… Je ne rentre pas dans ces détails-là, c'est
des choses qu'on devrait discuter séparément avec l'office, par exemple.
Je passe à la
Loi sur les géologues. Les géologues, quant à eux, seraient… la loi serait
également modifiée, et son
article 5.1 réserverait certaines activités
aux géologues. Donc, elle réserverait la caractérisation des terrains ou d'une substance minérale. En fait, la caractérisation
environnementale relève de la biologie. Si ce n'est pas ce que les
géologues demandent, bien il faudrait le préciser. C'est flou actuellement dans
le projet de loi. Elle prévoit aussi le contrôle et la surveillance de l'état du terrain dans le cadre de l'exploitation d'une
ressource ou de la réhabilitation d'un terrain. Les termes «caractériser» et «terrain» ne sont pas
définis dans cette loi, et ces derniers peuvent laisser place à une
interprétation très large.
Actuellement, il y a quatre universités qui
offrent un programme donnant accès à un permis de géologue, mais n'offrent aucun cours obligatoire en
biologie, toxicologie, écotoxicologie, analyse des risques, santé humaine,
même si le géologue se spécialise ou a une
concentration associée à l'environnement. À ce titre, les biologistes, dans le
cadre de leurs études universitaires, ont à se familiariser avec la
portion minérale du sol, car il s'agit d'un support pour la vie. Pour les biologistes, la
partie minérale, c'est un
support. Les contaminants peuvent présenter un risque, et c'est ce qu'on
étudie, par exemple, les effets de ces contaminants sur les organismes vivants.
Le volet se rapportant à l'exposition des organismes aux
contaminants est essentiel pour déterminer les effets et les impacts
toxicologiques ou écotoxicologiques. L'exposition des organismes vivants varie
d'une espèce à l'autre en fonction du mode
de vie, des habitudes alimentaires, des propriétés physiologiques de chaque
espèce, ce qui représente des éléments
très complexes à analyser. Ces connaissances et compétences propres aux
biologistes sont très loin du domaine de la biologie.
Président (M. Leclair) : Je vous demanderais de passer à la conclusion, M. Robidoux, votre temps
est écoulé. Alors, une brève conclusion, s'il vous plaît.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Très bien.
Donc, dans le but de protéger le public, l'ABQ demande que le projet de loi soit modifié, plus précisément au
niveau de la
Loi sur les chimistes
professionnels. L'ABQ s'oppose à ce que les lois professionnelles réservent aux chimistes seuls les activités
associées aux entités moléculaires et s'oppose également à l'intégration
des microbiologistes, qui est une spécialisation de la biologie.
En ce qui concerne la
Loi sur les géologues, l'ABQ
demande que les activités associées à la caractérisation environnementale, telles que décrites dans le Guide
de caractérisation des terrains , ne soient pas réservées aux
géologues, tout comme la réhabilitation des terrains contaminés par un ou des
contaminants, tel que défini dans la Politique de protection des sols .
Président (M. Leclair) : Merci beaucoup, M. Robidoux. On a excédé de 45 secondes.
Alors, je vous remercie, tout d'abord, pour votre mémoire, merci pour
votre exposé. Je passe maintenant la parole au comité ministériel, soit M. le
ministre, pour une période de 16 minutes. M. le ministre, la parole est à
vous.
M. St-Arnaud : Merci,
M. le Président. Bien, bonjour à
tous, merci d'être là. Peut-être, justement, eu égard aux modifications à la
Loi sur
les chimistes professionnels, ce que je comprends, c'est que vous dites... ce
qui est prévu dans le projet de loi, à l'article 19, à 15.1 de la
Loi sur les chimistes, vous dites :
On est en désaccord avec le fait que les activités associées aux entités moléculaires soient réservées aux seuls
chimistes par l'article 15.1. Mais, quand je lis le projet de loi,
je vois aussi l'article 16.0.1, qui est à l'article 21 du projet de loi, qui dit : «Rien dans la présente loi n'empêche :
«
a) une personne titulaire d'un diplôme
universitaire en sciences biologiques d'exercer des activités qui ont pour
objet les êtres vivants et l'étude des phénomènes qui les caractérisent…»
Est-ce que vous n'êtes pas rassurés par cet
article 16.0.1a?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
Robidoux (Pierre Yves) : La
réponse est non. Écoutez, dans le projet
de loi n° 77, là, on parlait de
biologistes, maintenant on parle de diplômés
en sciences biologiques. Un diplômé en sciences biologiques, ça peut être
n'importe quoi. Ça peut être une maîtrise,
un doctorat. Ce n'est pas parce qu'on
fait une maîtrise en biologie qu'on est biologiste. Donc, nous, on propose, dans nos modifications, dans le
mémoire, dans les modifications proposées, qu'on spécifie que c'est un diplôme de premier cycle
et qu'on n'exclut pas la microbiologie. La microbiologie, actuellement, est
exclue des champs de la biologie.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. M. le ministre.
St-Arnaud : Alors, ce que je comprends, c'est que vous
dites : On devrait écrire «une personne titulaire d'un diplôme
de premier cycle en sciences biologiques». C'est ça?
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui.
St-Arnaud : O.K. Et ce que vous dites aussi, c'est: On ne
couvre pas les microbiologistes dans ce 16.0.1a. C'est bien ça?
M. Robidoux (Pierre Yves) : Il y a une
exclusion d'exclusion. Alors, on exclut les biologistes, excluant les
microbiologistes.
St-Arnaud : Parce qu'on dit, à la toute fin : «…à l'exclusion
des activités afférentes à la microbiologie.» Alors, vous souhaiteriez
que ces mots disparaissent.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Exactement.
St-Arnaud : O.K. Alors, M. le Président, on va réfléchir à ces
deux modifications, là. Mais, si ces modifications-là
étaient faites... Donc, on le dit à 16.0.1 : Diplôme de premier cycle en
sciences biologiques. On enlève le bout
«à l'exclusion des activités afférentes à la microbiologie». Où est le problème
lié… Donc, il y a la porte de sortie, là, pour les biologistes, à ce moment-là. Où est le problème avec la
définition? Si ces modifications-là étaient apportées, est-ce que ça
pose toujours problème avec la loi? Est-ce que vous avez toujours des problèmes
avec la
Loi sur les chimistes professionnels puis quant aux activités associées
aux entités moléculaires qui seront réservées aux chimistes, même s'il y a l'exception…
la porte de sortie à 16.0.1? Je vous écoute là-dessus.
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux, la parole est à vous.
Robidoux (Pierre Yves) : Oui,
bien, sous toutes réserves. Notre avocat est dans la salle. Mais moi, je n'y
vois pas de problème. Parce que, si on permet…
L'idée, c'est de laisser les biologistes continuer à utiliser… parce qu'il
y a... les champs de la biologie moléculaire
utilisent les moléculaires; le champ de la toxicologie utilise les entités
moléculaires. Donc, le fait de réserver ces
activités-là aux chimistes empêcherait les biologistes de pouvoir effectuer ce
qu'ils ont à faire. Donc, si on
permet aux biologistes de le faire... peu importe, là, c'est le résultat qu'on
souhaite. C'est ce qu'on souhaite. Ce n'est pas au niveau de la définition.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. M. le ministre.
M. St-Arnaud : Bien, M. le
Président, sur la question, là, de la
Loi sur les chimistes professionnels, je
suis content d'entendre ça, en attendant qu'il y ait éventuellement une
loi sur les biologistes, là. Je comprends que le président de l'Office des professions, qui est à ma
droite, me dit que... que je salue, d'ailleurs — je n'ai
pas eu l'occasion de vous saluer, M. le président — Jean Paul Dutrisac, à
ma droite, et Nicolas Descroix, à ma gauche, de mon cabinet, qui m'assistent
pour cette commission. Je comprends qu'on travaille de toute façon là-dessus,
là, sur éventuellement un ordre
professionnel des biologistes, là. On me dit que ça avance, qu'il y a
eu des rencontres encore tout récemment.
Je suis surpris d'entendre qu'il y a eu des rapports dès 1990. On me dit qu'il
y en a même eu deux. Mais votre volonté, c'est d'éventuellement… à relatif court terme, ce que vous souhaiteriez,
c'est un ordre professionnel des biologistes. Est-ce que je vous… Est-ce que c'est bien le cas?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui,
absolument. Donc, l'association a été créée il y a 40 ans, on fête notre 40e anniversaire dans ce but-là. Donc, il y a
eu quatre demandes à l'OPQ à travers... la dernière date de 2005. Et,
oui, donc, l'OPQ, récemment, nous a offert un peu d'aide pour pouvoir avancer
un peu le dossier, là, qui stagne un petit peu depuis 1990. En 1990, on avait
eu un avis favorable, en même temps que les géologues, d'ailleurs. Les
géologues ont obtenu leur ordre professionnel en 2001, mais les biologistes l'attendent
encore.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. M. le ministre.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Ça m'amènerait à la
Loi sur les géologues, à la
partie de votre mémoire… Je pense que j'ai couvert mes principales questions,
pour le reste... Attendez. Oui. Sur les géologues, par rapport à la
Loi sur les géologues, j'aimerais que vous m'expliquiez...
j'aimerais que vous nous expliquiez, là. Vous nous avez parlé de caractérisation d'un terrain, ce qu'on retrouve à
5.1, 1°, de la
Loi sur les géologues qui serait modifiée par l'article
25 du projet de loi.
Vous nous avez parlé aussi de réhabilitation d'un terrain. J'aimerais que vous
m'expliquiez quelles sont les activités
qui sont faites par les géologues et les biologistes relativement à la
caractérisation d'un terrain et à la réhabilitation d'un terrain et comment, si on travaillait sur le
texte de 5.1 de la
Loi sur les géologues, comment on pourrait travailler
ce texte pour vous donner satisfaction.
Le Président (M. Leclair) :
Alors, M. Robidoux, une réponse?
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui, je vais
faire une courte réponse et je vais passer la parole à mon collègue ici, à droite. Écoutez, on a aussi fait des
propositions dans ce sens-là, dans le mémoire. Donc, le fait que ce ne soit
pas précisé dans le projet de loi
actuellement — et on
parle de substances minérales — on ne peut pas savoir si les
géologues veulent aussi les aspects de caractérisation environnementale. On
suppose que oui, puisqu'ils sont actifs un peu dans le domaine et que c'est… ils véhiculent ça beaucoup. Donc, les
biologistes, en particulier les toxicologues, sont amenés à travailler
justement… à évaluer les effets, les risques que peuvent présenter des sites
contaminés. Et donc c'est à ce niveau-là que…
Mais il y a
différents professionnels. Les géologues sont les mieux placés pour évaluer la
partie minérale, ça fait
partie des caractérisations. Les chimistes font
aussi
partie de l'équation puisque c'est eux qui font les analyses, ils sont… Il faut faire une analyse de BPC, par
exemple, c'est un chimiste qui la fait. Donc, par la suite, le toxicologue
ou la personne qui va faire la caractérisation va les comparer à des critères
génériques. Ces critères génériques là, qui ont été développés par des biologistes du ministère, existent déjà. On peut
les comparer, sauf que, dépendamment des sites, il faut porter un
jugement, il faut interpréter tout ça. Et, en plus de ça, aussitôt qu'on est
dans une zone floue, il faut développer des critères génériques, il faut faire
l'analyse de risques, et là, ça, ce n'est vraiment pas de l'expertise des
géologues. Donc, de réserver ça aux géologues, ça nous apparaît tout à fait
incohérent. Je laisse la parole à Hugo.
Président (M. Leclair) : Merci, M. Robidoux. Alors, je
reconnais M. Bazinet, qui veut ajouter à cette question.
M. Bazinet (Hugo) : Bonjour. En fait, ce
que je voulais faire, c'est que je voulais un peu préciser qu'est-ce qu'est une
caractérisation environnementale parce que ce n'est pas bien défini dans la
loi.
En fait, une
caractérisation environnementale, l'objectif de ce type d'étude là, c'est de
déterminer si les contaminants qu'on retrouve dans l'environnement ou
dans le milieu ont un impact sur les organismes vivants. C'est défini dans les guides, la Politique de
protection et de réhabilitation des terrains, le Guide de
caractérisation , des documents officiels qui sont produits par le
ministère de l'Environnement, c'est défini comme tel, l'objectif étant de vérifier l'impact des contaminants sur les
organismes vivants. Puis là, au niveau contaminants, bien là on parle de ce
qui est, par exemple, du mercure, du plomb,
de l'arsenic, les BPC, les produits pétroliers, les pesticides. Il y en a une
panoplie, de contaminants.
Puis le
biologiste spécialisé en toxicologie, dans le cadre de ses études, dans
le cadre de son travail, a à se
familiariser avec ces contaminants-là, comment ils vont interagir avec les
organismes vivants au niveau cellulaire, au niveau physiologique. Il va être
capable de dire, par exemple, que tel contaminant va avoir un impact sur le
système nerveux, sur le système
reproducteur, il va y avoir un risque de cancer, il y a un risque de mortalité.
Donc, le professionnel en biologie
qui a une spécialité en toxicologie est beaucoup mieux positionné pour prendre
des décisions ou intervenir de façon
éclairée concernant les effets de ces contaminants-là sur les organismes
vivants que le géologue, qui a étudié quand même trois ans sur la
portion minérale du sol, donc le sable, la roche et…
M. St-Arnaud : M. le
Président, si vous me permettez encore quelques secondes...
Le Président (M. Leclair) :
La parole est à vous.
M. St-Arnaud : Si on
prévoyait dans la
Loi sur les géologues quelque chose de semblable à ce sur
quoi on a discuté, eu égard à la
Loi sur les
chimistes professionnels, pour essayer, là, de trouver une piste de solution
qui tiendrait compte de ce que vous faites, comme biologistes, c'est une
piste qui pourrait être intéressante pour vous?
Le Président (M. Leclair) :
M. Bazinet?
M. Bazinet
(Hugo) : Oui, effectivement, je
pense que ça pourrait être une bonne alternative. Je pense qu'il y a
place à discussion. Je vous dirais que le géologue a une
partie du travail à
faire qui touche plus la portion minérale, mais,
quand vient le temps de poser un diagnostic, de prendre position à savoir si ça
a un risque sur la santé, bien je pense que ça devrait revenir au
biologiste spécialisé dans le domaine de prendre cette position-là.
M. St-Arnaud : Excellent, M.
le Président. C'est très clair. Je vous remercie beaucoup, merci d'être venu.
Président (M. Leclair) : M. le ministre, il y a
M. Robidoux, je pense, qui voulait ajouter un commentaire. Alors,
on va lui céder la parole avant… M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui. Je voulais répondre à votre question
directement. Donc, la réponse est oui, on fait déjà des suggestions.
Évidemment, on est prêts à s'asseoir pour discuter d'une formulation qui serait
acceptable pour tout
le monde, mais ce qu'on veut, c'est éviter que ce que les biologistes font
actuellement passe sous le contrôle des géologues, c'est tout…
Le Président (M.
Leclair) : Merci, M. Robidoux. Alors…
M. St-Arnaud :
Il me reste une minute, M. le Président?
Le Président (M.
Leclair) : Il vous reste environ cinq minutes, M. le ministre.
St-Arnaud : Bien, écoutez, je ne le prendrai pas, M. le
Président, on va pouvoir aller luncher plus vite. Je vais laisser l'opposition
poser des questions.
Mais
je veux juste dire aux gens qui sont ici, et j'aurais peut-être dû le dire
tantôt avec les gens de l'Association provinciale des constructeurs d'habitations
du Québec… Évidemment, dans une commission parlementaire, ça dure 45 minutes, on pose quelques questions, on
essaie d'aller le plus précisément, là, essayer de trouver des… Mais que
ce que les gens qui sont devant nous, l'Association
des biologistes du Québec, comme les intervenants de tantôt le sachent,
et c'est la même chose pour les autres,
évidemment tous les mémoires vont être longuement regardés et analysés et…
Alors, ce n'est pas parce qu'on n'aborde
pas certaines questions que ce ne sera pas regardé de très, très près par tous
les parlementaires, tous les membres
de la commission et notamment par le ministre que je suis. Alors, voilà, M. le
Président, ça complète pour moi. Merci.
Président (M. Leclair) : Merci, M. le ministre. Je reconnais maintenant le groupe de l'opposition officielle. Alors, le député de D'Arcy-McGee, la parole est à vous pour un temps, si je ne me trompe
pas, de 15 minutes... Exact.
Bergman : Merci, M. le Président. Alors, à vous,
M. Robidoux, Mme d'Auteuil et M. Bazinet, bienvenue,
bienvenue à notre commission parlementaire. Le ministre a fait référence à la
question d'une possibilité d'un ordre professionnel
pour les biologistes. Pouvez-vous nous dire les conséquences pour ne pas avoir
un ordre sur la protection du public?
En ce moment, vous n'avez pas un ordre, et est-ce qu'il y a une conséquence, un
effet sur la protection du public? Je sais
que vous avez une relation avec les ingénieurs, les chimistes, les géologues,
mais ça peut affecter l'indépendance des biologistes. Alors, j'aimerais
entendre vous sur cette question.
Le Président (M.
Leclair) : Alors, M. Robidoux.
M. Robidoux
(Pierre Yves) : Oui, absolument. Merci pour la question. Les conséquences
de ne pas avoir d'ordre… D'ailleurs, on n'a
pas parlé d'ordre professionnel dans le mémoire, c'était volontaire, mais on s'est
concentrés sur le projet de loi. Mais la
conséquence de ne pas avoir d'ordre, c'est que, justement, vous le voyez, dans
les propositions des chimistes et des géologues, de vouloir avoir des
activités qui causent préjudice et qui sont réalisées par des biologistes... Donc, les biologistes réalisent
actuellement des activités qui présentent des risques importants. Donc là,
ce qu'on tente de faire, c'est un peu distribuer le travail des… les
différentes activités des biologistes dans des ordres professionnels.
Nous, on croit qu'il
devrait y avoir un ordre professionnel pour les biologistes et qui pourrait
encadrer ces activités-là. Donc, on parle des actes qui touchent la
toxicologie, on a parlé de la caractérisation environnementale, la microbiologie, les analyses microbiologiques de l'eau.
Vous savez que les laboratoires sont accrédités, il y a un système d'accréditation. C'est à peu près le seul rempart.
Les chimistes doivent être membres d'un ordre des chimistes pour faire
des analyses, mais les biologistes
toxicologues et les biologistes… microbiologistes qui font des analyses
actuellement en laboratoire, ils n'ont pas d'ordre professionnel, mais
ils sont encadrés par le bureau d'accréditation du ministère de l'Environnement. Donc, c'est eux qui doivent dire : Ce laboratoire-là a un biologiste qui
peut superviser, mais il n'a pas d'imputabilité.
Donc, pour nous, c'est une incohérence qu'on dénonce depuis longtemps,
qu'un microbiologiste ou un biologiste
toxicologue puisse faire des analyses qui peuvent avoir des conséquences
graves. Vous le savez, là, on a eu des exemples
très récents au Lac-Mégantic, des analyses qui sont faites par des biologistes,
mais il n'y a pas d'encadrement légal. Actuellement, on offre des assurances professionnelles. Il y a beaucoup
de poursuites contre des biologistes ou contre d'autres personnes, et on
a essayé d'encadrer ça le mieux possible, mais il n'y a pas d'encadrement
légal.
Bergman : Et le
fait, dans le projet de loi n° 49, à la
section
Loi sur les ingénieurs, l'article
32 qui modifie l'article 5 de la loi, il y a la question
qu'un biologiste peut travailler sous la supervision ou sous la direction
immédiate d'un membre de l'Ordre des ingénieurs. Vous aussi mentionnez la perte
d'indépendance du biologiste pour travailler dans ses études. Pouvez-vous l'expliquer?
M. Robidoux
(Pierre Yves) : Oui, c'est ça. Bien… O.K., j'ai le droit de parole?
Le Président (M.
Leclair) : Oui, M. Robidoux, la parole est à vous.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui, absolument. Je ne vous en ai pas parlé maintenant,
là, c'est dans le mémoire. C'est certain, il y a… C'est relativement
mineur, ce qui nous achale dans le projet de loi concernant les ingénieurs. Il y a toujours
le terme «bactériologiste» qui revient tout
le temps. Et ça, on comprend que c'est
probablement quelque
chose de très… d'historique. On devrait simplement le remplacer par
«biologiste».
Mais
aussi la question d'encadrement, c'est certain que, puisque les ingénieurs ont
un ordre professionnel et que les biologistes n'en ont pas, les
ingénieurs ont tendance à vouloir, finalement, prendre l'imputabilité pour les
différents travaux d'évaluation. Mais ça, c'est…
il n'y a rien dans leur loi qui autorise ça, mais, en pratique, c'est ce qui se
fait. Les ingénieurs prennent… nous disent qu'ils vont signer parce que
nous, on ne peut pas signer, donc. Et il y a plusieurs biologistes qui travaillent pour des firmes d'ingénieurs, donc ils sont
supervisés par des ingénieurs et ils n'ont pas cette indépendance-là parce qu'il n'y a pas d'ordre
professionnel. Alors, il n'y a pas d'indépendance qui peut… On n'a pas
de code de déontologie obligatoire. Il y en a un à l'association, mais on n'est
pas obligé d'être membre de l'association. Donc,
le fait qu'il n'y ait pas de code de déontologie obligatoire, ça crée une
distorsion et, finalement, une dépendance, là.
Bergman : Dans le
même article, M. le Président…
Le Président (M. Leclair) :
M. le député.
Bergman :
Dans le même
article 5, la
section 3°, on a le terme «bactériologiste», et
est-ce que vous pensez que le législateur doit définir ce terme qui est
dans la loi, à la
section 3° où on remplace le terme «chimiste», etc., par
«bactériologiste»? Est-ce qu'on doit définir le terme?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui. Nous, on
propose de remplacer simplement par «biologiste», parce qu'un biologiste, c'est…
Un bactériologiste, c'est un professionnel qui est… c'est un microbiologiste
qui lui-même est un biologiste. Donc, c'est
une très grande spécialisation. Donc, c'est un biologiste spécialisé en
microbiologie, mais spécialisé en
bactériologie. Donc, je pense qu'on appelait les biologistes qui utilisaient le
micro en 1964 des bactériologistes. Je vois seulement ça comme explication. Nous, on propose soit de le définir ou
soit de le remplacer par «biologiste». Évidemment, là, il va falloir définir «biologiste» parce qu'il
n'y a pas de
loi sur les biologistes. Donc, soit qu'on définisse ce que
c'est, un biologiste, comme on l'a fait avec le diplôme de premier cycle dans
la
Loi sur les chimistes puisqu'il n'y a pas de biologistes, ou soit qu'on crée
un ordre des biologistes, et là on règle la question.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman :
M. le Président, en quoi on pourrait être certain que c'est expliqué — vous avez discuté ce point avec le ministre — les différences entre les molécules non
vivantes, les molécules vivantes, et les compétences pour les chimistes et les biologistes, les chimistes pour
les molécules non vivantes, les biologistes pour les molécules vivantes,
et les responsabilités un envers l'autre?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui. Merci de
poser la question, de revenir là-dessus. Je comprends que ça peut être un peu aride pour les députés de
comprendre les nuances. Une entité moléculaire, ça peut être un peu n'importe
quoi, dont des molécules. Une molécule, c'est
quoi? Une molécule d'ADN, c'est une molécule. Une molécule de BPC, c'est une molécule. Donc, les chimistes vont faire
l'analyse de ces molécules-là, mais le biologiste va utiliser les
résultats pour comprendre ce qui se passe,
donc les effets, par exemple, de cette molécule-là sur les organismes vivants. Donc là, on est vraiment
aux interfaces entre la chimie et la biologie, donc chacun a son rôle à jouer.
Donc, de réserver ça aux chimistes, bien
ça nous apparaît incohérent puisque ça empêche le biologiste de pouvoir faire son
travail. Donc, il faut trouver un système pour que les deux
puissent travailler sur les mêmes entités moléculaires, donc, masses
moléculaires. Par exemple, les BPC, si
on veut évaluer les effets de ces
substances-là, bien, il faut être capable de les mesurer puis de les
interpréter. Donc, c'est à ce niveau-là.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. Je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : Merci,
M. le Président. Merci pour votre
mémoire. Je note que vous avez fait des propositions dans votre mémoire. Quant à ce qui est l'exercice
de la géologie, vous dites qu'il devrait y avoir des modifications aux exclusions parce que
peut-être vous prévoyez avoir votre propre
loi sur les
biologistes et avoir une description de ce qui s'est exercé en tant que biologistes et vous voulez voir
certaines parties de cette définition dans la définition qui va être la
vôtre.
Est-ce que vous avez regardé avec le même oeil
la définition de l'exercice de la chimie, parce que je ne vois pas que vous avez fait des commentaires quant à l'article 15.1 de la
Loi sur les chimistes professionnels,
ou est-ce que ce qui vous est
suggéré — et
je parle de l'article 19 au projet de loi — vous est satisfaisant?
Le Président (M. Leclair) :
Merci, Mme la députée. M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui. Le
problème ne se présente pas tout à fait de la même façon avec les chimistes et
les géologues. Donc, les chimistes ont déjà prévu une exclusion pour les
biologistes, d'une certaine façon, c'était l'intention.
Par contre, avec les géologues, c'est une activité comme telle dont on parle,
donc on a prévu une exclusion.
Pour
le dénombrement des organismes vivants dans le sol, ça, franchement, c'est un
peu… bon, excusez, réducteur. Je veux
mettre la pédale douce là-dessus. Mais c'est... Donc, disons, ce n'est pas
seulement ça. Le travail des biologistes, ce n'est pas seulement de compter les bibittes dans le sol, là, ce n'est
pas ça du tout, c'est de voir si les constituants du sol et non le sol… On a parlé… Donc, par exemple, la
caractérisation des sols n'a rien à voir avec la structure du sol, c'est
les contaminants qui causent des effets.
Donc, dans les scénarios d'analyse de risques, on ne considère pas
nécessairement la nature du sol, mais les
niveaux de contamination. Donc, ce qui nous intéresse, c'est la contamination
des sols. Et donc il ne faut pas que
les biologistes soient tassés. Il y aurait des répercussions importantes si un
biologiste ne peut pas donner... ne peut
plus faire d'évaluation toxicologique. Vous le comprendrez, on évalue les
effets d'une contamination. Bon, il y a des critères. Mais ce n'est pas
la simple comparaison des critères qui va nous protéger, il faut beaucoup plus
que ça. Il faut porter un jugement là-dessus.
Donc, c'est pour ça qu'on a pensé libeller nos…
Bien, ça, c'est comme je vous dis, c'est ouvert à avoir une solution, une
solution de quelle façon on pourrait s'assurer que les biologistes puissent
continuer à faire leur travail. C'est le résultat qu'on souhaite.
Le Président (M. Leclair) :
Merci…
M. Robidoux (Pierre Yves) : Donc, on
suggère… Je m'excuse. On suggère ces papillons-là, mais c'est sur la
table, là.
Président (M. Leclair) : Merci, M. Robidoux. Alors, avant de
vous céder la parole, je vous rappelle qu'il reste environ quatre
minutes au bloc d'échange. Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole
est à vous.
Mme de Santis :
Merci. Dans votre proposition de modification à l'article 5 de la
loi sur les
géologistes — je pose la question — vous
avez ajouté à l'exclusion de l'identification d'organismes vivants une
exclusion quant à l'observation. Est-ce que
ce n'est pas… Comment un géologiste ne peut pas observer qu'il y a une matière
vivante dans ce qu'il étudie? Je
trouve que peut-être on pourrait être d'accord avec «identification,
interprétation et modélisation», mais «observation», ça, pour moi, ça,
je ne le comprends absolument pas.
Le Président (M. Leclair) :
Alors, M. Robidoux.
Robidoux (Pierre Yves) :
Oui. Bien, c'est, encore là, sous toutes réserves parce que c'est quelque chose
qu'on doit… c'est des termes légaux. On n'est pas des juristes. On a un avocat
qui peut nous suggérer des choses et on peut discuter,
mais essentiellement c'est qu'on reprend ce qu'il y a un peu plus haut, et donc
pour ne pas que le biologiste ne puisse
pas… On veut que le biologiste puisse observer, justement. Donc, en haut, on
dit que le géologue peut observer, et là,
après ça, il faut trouver un moyen de dire que le biologiste aussi puisse
observer, donc. Parce que nous, on veut non seulement observer les organismes
qui sont sur un site, mais ce que ces contaminants-là peuvent faire sur la
santé.
Le Président (M. Leclair) :
Merci, M. Robidoux. Mme la députée.
Mme de Santis : J'aimerais une explication quant à ce que vous
avez écrit à la page 10. Vous avez écrit : «Le législateur
permettrait à certains biologistes d'exercer des activités réservées aux
chimistes professionnels, ce qui représenterait un préjudice pour le public.»
Pouvez-vous m'expliquer cette phrase parce que je ne l'ai pas tout à fait
comprise?
Le Président (M. Leclair) :
Alors, M. Robidoux, il reste deux minutes.
Robidoux (Pierre Yves) : Très bien.
Dans la façon, nous… Quand qu'on a vu le projet de loi, on ne
comprenait pas trop pourquoi…
Bien, il y a deux choses, peut-être. Donc, on dit que
les biologistes… enfin, on laisserait des biologistes faire des choses qui sont préjudiciables, et il n'y a
pas d'ordre professionnel, d'une part. D'autre part, on veut exclure les
microbiologistes. Mais, en fait, l'idée, c'était d'inclure les microbiologistes
dans l'Ordre des chimistes, et ça, on l'a compris
un peu plus tard quand on a vu le projet
de règlement qui est séparé, le projet de règlement de l'Ordre des chimistes qui
permettrait à certains biologistes, microbiologistes moléculaires et des
toxicologues de pouvoir intégrer leur ordre professionnel. Nous, on pense que ce n'est pas une bonne idée de séparer
ça comme ça puisque ça ne pourrait pas, selon nous,
fonctionner. Donc, c'est ça, un peu, le…
Mme de Santis : C'est,
si ces microbiologistes, bien, devenaient membres de l'Ordre des chimistes, qu'à
ce moment-là vous croyez que ça serait contre… ce ne serait pas dans l'intérêt
du public, et là causerait un préjudice. C'est ça?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : En fait,
on scinde, on… Au lieu de créer un ordre des biologistes, on prend les microbiologistes,
on les met dans l'Ordre des chimistes. Pour nous, ce n'est pas une solution puisque
ça scinde la profession. Mais aussi on parle
du moléculaire, là. Tous les biologistes touchent à ça. Donc, on règle une
partie, peut-être, du problème. On règle le
problème des microbiologistes seulement, et ce n'est pas une solution, pour
nous, qui est viable, là.
Président (M. Leclair) : Merci, M. Robidoux. C'est tout le temps que nous avions pour cet
échange. Alors, je reconnais maintenant
le deuxième groupe d'opposition, la députée de Montmorency, pour une période de quatre minutes. La
parole est à vous, Mme la députée.
St-Laurent : Un
gros quatre minutes. Mais je trouve ça important. Si vous voulez former un
ordre professionnel, est-ce que vous voulez
inclure, je suppose, les microbiologistes, la toxicologie, la biologie
moléculaire et médicale et les
spécialistes en caractérisation de terrains contaminés? Est-ce que vous voulez
inclure tous ces groupes-là?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
Robidoux (Pierre Yves) :
Oui, absolument. C'est des champs de la biologie. Donc, la biologie est
scindée en différents champs. Ça inclut la…
Les programmes universitaires, déjà, offrent des concentrations ou des
spécialités en toxicologie, en
biologie moléculaire, en microbiologie. Et d'ailleurs nos représentations qu'on
a faites auprès de l'office, dans les 40 dernières années, étaient
faites par l'Association des biologistes. Et il existe aussi une association
des microbiologistes, qui sont… c'est un
groupe spécialisé. Donc, l'Association des biologistes inclut les
microbiologistes. L'Association des
microbiologistes, c'est seulement des microbiologistes. Mais les deux,
historiquement, voulaient avoir un ordre commun. Donc, oui, ça inclut
les microbiologistes, les toxicologues et tout ce que j'ai cité.
St-Laurent :
Je trouve, ce serait un peu aberrant de mettre ça avec l'Ordre des chimistes.
Je vous dis ça en passant, là, c'est ma propre opinion.
St-Laurent :
Hein? Et je voulais demander : Par rapport au… Tout à l'heure, on a fait l'exercice…
on a fait un exercice avec les
géologues… avec les agronomes. Je lisais… Vous avez vu, d'ailleurs, le mémoire
de l'Ordre des agronomes et… avec le
projet de loi. Vous, dans quel domaine de l'agronomie vous vous retrouvez?
Vous avez dû sûrement prendre
connaissance du projet de loi et vous dites : Bien, il y a une partie, ça
nous concerne. C'est quelle
partie exactement?
Le Président (M. Leclair) :
M. Robidoux.
M. Robidoux (Pierre Yves) : Oui.
Bien, écoutez, il faut savoir que les… Avant le projet de loi, il y a eu des
consultations de certains ordres professionnels. Et nous, on a fait des
commentaires à certains ordres professionnels, qui n'ont pas été vraiment pris
en compte par les ordres professionnels, mais on en a fait aux agronomes qui,
eux, ont considéré nos commentaires. Donc, maintenant,
on ne voit plus de problème au projet
de loi que… l'amendement de projet de loi que les agronomes présentent.
Donc, c'est
certain que tous ces champs, tous ces ordres professionnels là sont en
interface avec la biologie, et d'ailleurs avec d'autres, là, les ingénieurs forestiers, les
agronomes, les biologistes, les chimistes. Donc, tout le monde se touche. Donc, en autant que tout le monde fasse
son travail, il n'y a aucun problème. Donc, oui, on touche à des éléments d'agronomie comme les agronomes touchent
à des éléments de biologie. Donc, il faut juste bien séparer les choses.
Président (M. Leclair) : Merci, M. Robidoux. Alors, Mme la députée, pour la dernière
minute de cet échange, la parole est à vous.
St-Laurent : Non, je veux simplement les remercier et
vous dire que j'ai déjà enseigné la biologie. Ça fait que je
comprends un peu les termes. Merci.
Le Président (M. Leclair) : Merci,
Mme la députée. Alors, M. Bazinet, M. Robidoux, Mme d'Auteuil, la commission
vous remercie de votre présence ce matin.
Alors, je
suspends les travaux de la commission jusqu'à 15 h 30
au lieu de 15 heures, vu notre petit retard. On peut laisser nos
choses sur les tables, les portes vont être barrées. Merci beaucoup. Bon
appétit à tout le monde.
(Suspension de la séance à 14 h 11)
Président (M. Ferland) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît! La commission
reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes présentes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de votre téléphone cellulaire, s'il
vous plaît. Nous allons poursuivre sans plus tarder les consultations
particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 49, Loi
modifiant diverses lois professionnelles et d'autres dispositions législatives
dans le domaine des sciences appliquées.
Je souhaite donc la bienvenue à nos
invités. D'ailleurs, j'en profite pour vous remercier d'avoir accepté de
nous accommoder pour commencer un petit peu nos travaux… un peu plus tard que
la normale, donc à 15 h 30. Pour les fins d'enregistrement, bien sûr, je vous demande
de bien vouloir vous présenter. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous
procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Alors, à vous la parole. Je ne sais pas qui… j'imagine que c'est la personne du
centre. Mme Dion, tiens, allez-y.
Mme Dion (Nathalie) : C'est moi. Alors, bonjour, M.
le Président. Bonjour, M. le ministre, les membres de la Commission des institutions. Alors, tout d'abord,
laissez-moi vous présenter mes collègues. Je suis accompagnée de Jean-Pierre
Dumont, notre directeur général et secrétaire, et d'Hélène Lefranc,
recherchiste et agente de liaison.
Alors,
l'OAQ, c'est 3 535 architectes
et 776 stagiaires en architecture. Notre mission est d'assurer la
protection du public, et notre intervention
aujourd'hui s'inscrit dans ce cadre. Je voudrais d'emblée vous remercier de
nous avoir invités à intervenir pour
l'étude de ce projet de loi n° 49. Ce moment est en effet important pour l'Ordre
des architectes puisqu'il conclut cinq ans de travail avec l'Office des
professions. La
Loi sur les architectes devrait en être profondément modifiée, et pour le mieux. Alors, nous sommes tout simplement ravis que le projet de loi soit enfin étudié. Si nous ne pouvions
vous dire qu'une seule chose sur ce texte, ce serait : Adoptez-le. Bien
sûr, je vais en dire un petit peu plus, en commençant par ce qui nous réjouit.
En premier lieu, sachez que l'ordre souscrit à l'idée de moderniser la
Loi sur les
architectes, la loi actuelle
étant déconnectée de la réalité de la
pratique et ne protégeant pas suffisamment le public. À
titre d'exemple, les seuls
gestes réservés à un architecte sont, dans
la loi actuelle, signer et sceller des plans et devis. Évidemment,
dans la vraie vie, un architecte fait bien plus que cela, heureusement,
pour le public et pour le cadre bâti. Vous l'aurez compris, le nouvel
article 16 est, pour nous, un réel pas en
avant. Nous trouvons inspirante la nouvelle définition du champ de pratique
et des finalités de l'architecture. Le rôle
de coordination des architectes est reconnu dans la limite de leur champ
d'expertise. Cela correspond à la réalité sur le terrain.
L'ordre
appelait de ses voeux une description précise des actes réservés à l'architecte.
Nous applaudissons donc au nouvel
article 16.0.1 qui vient corriger
les lacunes de la loi actuelle. En termes de protection du public, une étape importante est franchie avec l'obligation de surveillance des travaux d'architecture par les professionnels.
Rappelons les principaux arguments
qui militent en faveur de cette surveillance pour les bâtiments assujettis à la
Loi sur les architectes et en quoi
elle permet d'améliorer notablement
la protection du public. Ce ne sera pas difficile, car l'actualité nous
rappelle régulièrement la nécessité de rendre obligatoire la surveillance des
travaux par les professionnels.
Citons
l'accident de la rue Peel, à Montréal, en 2009 où une jeune femme est décédée
lors de la chute d'une plaque de
béton. À la suite de ce tragique incident, le coroner a recommandé d'inclure
dans la
loi sur les architectes et sur les ingénieurs, la surveillance obligatoire des travaux par les
professionnels concernés. Plus récemment, plusieurs reportages d'affaires publiques ont dénoncé les drames
financiers et humains que vivent, souvent durant des années, les
propriétaires dont les habitations ont été
mal construites. Ces enquêtes ont pointé à plusieurs reprises les défaillances
dans la surveillance des travaux et la faiblesse de l'encadrement
législatif en la matière.
Nous en sommes
persuadés, la mauvaise qualité finit par avoir un coût supérieur à une bonne
construction au départ. Aussi efficace et
encadré soit-il, aucun plan de garantie ne remplacera jamais une bonne qualité
de construction. Le groupe de travail
de la Chambre des notaires sur la copropriété est arrivé, en 2012, aux mêmes
conclusions, ainsi que les associations
de consommateurs. Tous prônent une surveillance obligatoire des travaux par les
professionnels lors de la construction.
Mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit, surtout quand les enjeux sont
majeurs, comme c'est le cas en construction.
Un bâtiment est un investissement important et la mauvaise qualité a des
répercussions durant des années.
D'ailleurs, l'État
lui-même fait surveiller par des architectes ses travaux d'architecture. En
Ontario, en Colombie-Britannique et en
Alberta, les bâtiments assujettis à la
loi sur les architectes bénéficient d'une
obligation de surveillance des
travaux par les professionnels. Il n'y a pas de raison que les Québécois et les
Québécoises soient moins bien protégés. Le projet de loi n° 49, s'il
rend obligatoire la surveillance des travaux, et ce, par un professionnel, est
donc une avancée notable.
C'est
là qu'intervient une première critique sur le projet de loi n° 49. Selon
nous, l'obligation de surveillance des travaux
par un architecte est ambiguë… y est ambiguë, en fait. L'OAQ se questionne en
effet sur l'application de cette disposition.
Je m'explique. L'OAQ est d'avis que le projet de loi n'oblige pas à la
surveillance des travaux, mais ne fait qu'en réserver l'exclusivité aux
architectes lorsqu'elle est demandée. Bien sûr, l'amendement prévu au Code
civil du Québec est important pour obliger
les donneurs d'ouvrage à faire cette surveillance, mais ça ne peut suffire, de
même que ne peut suffire l'ajout prévu à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
fait que l'obligation de la surveillance ne se trouve pas incluse dans la Loi
sur les architectes mais dans le Code civil en réduit nettement la
portée. L'OAQ n'a aucun pouvoir lui permettant d'intervenir auprès des
contrevenants puisqu'il ne peut agir que sur
les lois encadrant l'exercice de la profession. Seul un recours civil pourrait
sanctionner le client s'il omettrait
de confier à un architecte le mandat de réaliser un mandat de conformité. L'instigateur
de ce recours devra être une personne ayant un intérêt et ayant subi un
dommage. L'approche retenue par le législateur ne permettra pas d'atteindre l'objectif de prévention et de
protection du public. La recommandation la plus importante que l'OAQ fait
devant la commission aujourd'hui est donc que l'obligation de surveillance des
travaux soit expressément inscrite dans la
Loi sur les architectes.
Autre remarque. La superficie de 600 mètres
carrés prévue dans le projet de loi n° 49 pour la surveillance obligatoire des travaux ne nous paraît pas la plus
pertinente. Elle a pour effet de créer un nouveau seuil qui porte à confusion. Il aurait été plus logique que la surveillance
des travaux s'applique à tous les bâtiments assujettis. Tout bâtiment nécessitant l'intervention d'un
professionnel pour la préparation des esquisses, plans et devis devrait
bénéficier, selon nous, d'une surveillance par un professionnel.
Regardons maintenant l'article 16.1 de la future
Loi sur les architectes, qui définit les bâtiments assujettis. L'ordre accueille avec intérêt la réglementation d'une
partie de la construction des habitations unifamiliales isolées. Il souhaitait que cela soit effectivement le cas dans
une optique de protection du public et afin de faire face aux enjeux de développement durable. L'architecte est en effet
le professionnel le mieux placé pour optimiser les surfaces et bâtir des
habitations peu énergivores, saines et
respectueuses de leur milieu. L'ordre est cependant déçu de la superficie
choisie par le législateur pour mettre en oeuvre cette mesure. Combien y a-t-il
de maisons unifamiliales de plus de 600 mètres carrés qui se construisent chaque année au Québec? L'OAQ pense qu'il s'agit
d'une occasion ratée de faire progresser réellement la protection du
public. Le reste des modifications à l'article 16.1 nous convient.
J'en profite
pour signaler que les changements à la loi actuelle concernant les bâtiments
agricoles sont issus des discussions
avec l'Union des producteurs agricoles. Cela illustre tout le travail accompli
par l'ordre en vue de la révision de la
Loi sur les architectes. Nous avons beaucoup consulté dans un esprit d'ouverture
et de recherche de consensus. Pour illustrer
cela, je peux aussi citer le paragraphe 8° de l'article 15, sur lequel nous
avons beaucoup travaillé. Il énumère les professionnels oeuvrant dans les bureaux d'architectes et évite que la
liste soit limitative. C'est une bonne chose. Cette formulation a le mérite de refléter la réalité des
postes dans les firmes ou les organismes qui emploient des architectes.
Le contexte actuel implique en effet de plus en plus de pluridisciplinarité.
Bien évidemment, les gestes posés par les collaborateurs de l'architecte doivent
être sous la supervision et sous la direction immédiate d'un membre de l'ordre.
L'architecte est un chef d'orchestre qui dirige une équipe et qui prend la
responsabilité du projet d'architecture.
L'ordre
approuve également la modification à l'article 18 de la loi. Il est important
de renforcer notre pouvoir d'enquête en pratique illégale, ce qui
facilite l'application de la loi. La protection du public en sera améliorée.
Nous avons quelques autres commentaires qui ne
portent pas sur le fond, mais sur la formulation de certains articles. Leur
objectif est de simplifier les termes de la future loi ou d'éviter des
malentendus dans son interprétation. Nous ne les reprendrons pas ici, vous les
trouverez dans le mémoire que nous vous avons fait parvenir.
conclusion, l'ordre tient à réitérer son appui au projet de loi n° 49 en
ce qui a trait aux modifications concernant les architectes. Ce projet
de loi améliore grandement la protection du public, et l'OAQ s'en réjouit,
ayant lui-même participé directement à ce résultat. L'ordre pense néanmoins que
ce texte pourrait être encore bonifié.
Alors,
rappelons quelles sont nos principales recommandations : insérer dans les
lois sur les architectes l'obligation de
surveillance des travaux pour les donneurs d'ouvrage; arrimer la superficie d'obligation
de surveillance des travaux par un architecte à l'obligation de recours
à un architecte pour les plans et devis; avoir les mêmes seuils; remplacer la superficie de 600 mètres carrés par celle de
300 mètres carrés pour l'assujettissement de l'habitation unifamiliale
isolée. Là-dessus, je remercie la Commission des institutions de nous avoir
permis de nous exprimer, et nous répondrons avec plaisir à vos questions.
Président (M. Ferland) : Alors, merci, Mme Dion. Alors, nous
allons maintenant débuter la période d'échange. Et je reconnais le
ministre pour la
partie du gouvernement. Alors, M. le ministre, en vous
rappelant que vous avez 16 minutes… 16 minutes, c'est ça, oui.
M. St-Arnaud :
Merci, M. le Président. Bien, bonjour, Mme la présidente. J'avais eu l'occasion
de rencontrer votre prédécesseur.
Heureux de vous rencontrer à nouveau parce que je pense qu'on s'est vus il y a
quelques semaines ici, à l'Assemblée nationale. Bienvenue à nouveau à l'Assemblée
nationale.
Écoutez,
bien, je suis très heureux de voir que vous appuyez le projet de loi n° 49
dans ses grandes lignes. Je note un certain
nombre, là, de propositions que vous faites, là, de raffinement du projet de
loi, et je puis d'ores et déjà vous rassurer sur le fait que nous allons les regarder attentivement. Nous allons voir
s'il y a possibilité d'en tenir compte lors de nos travaux, lors de l'étude
article par
article du projet de loi.
J'aurais
peut-être quelques questions. Bon, vous dites qu'enfin on modernise la
Loi sur
les architectes. Là, je crois comprendre
que ça fait longtemps qu'elle n'avait pas été dépoussiérée, à la lumière de ce
que vous venez de mentionner. Mais, maintenant que cela est fait ou sera
fait, j'ai une préoccupation par rapport aux technologues professionnels. Alors,
j'aimerais savoir comment vous envisagez la suite des choses par rapport aux technologues
professionnels. Notamment, est-ce que vous envisagez, donc, de vous
prévaloir de 94.h du Code des professions pour proposer un projet de règlement d'autorisation d'acte pour les
technologues professionnels pour qu'ils puissent exercer un certain
nombre d'activités qui seront réservées
dorénavant aux architectes? Et, en termes d'échéancier, par rapport à une fois
que la loi est adoptée, comment vous envisagez la suite des choses eu
égard aux technologues professionnels?
Mme Dion
(Nathalie) : Bien, comme
nous l'avons toujours dit, à l'Ordre des architectes, on attendait que
cette loi soit appliquée puis qu'on puisse y inscrire des actes qui n'étaient
pas auparavant inscrits pour qu'on puisse en faire la délégation, évidemment. «Signés et scellés», c'est difficile de le
déléguer. Donc, on n'a pas d'objection puis on entend rapidement pouvoir
s'asseoir à nouveau avec les technologues pour s'entendre là-dessus, il n'y a
absolument pas de problème. On l'a toujours
mentionné qu'on attendait l'application de cette loi pour pouvoir le faire et
puis on entend le faire dans la prochaine année, assurément.
M. St-Arnaud : Et
concrètement ça voudrait dire quoi, en termes d'activités qui seraient
déléguées aux technologues professionnels?
Mme Dion
(Nathalie) : Tu veux… Jean-Pierre.
M. Dumont
(Jean-Pierre) : Oui. En
fait, le dossier a commencé… On le mentionne dans le mémoire, l'Ordre
des architectes avait déjà une obligation d'adopter
un règlement d'autorisation d'acte dès le 5 décembre 2000, donc lors de l'ancienne… lors de la dernière actualisation de
la loi. Nous avions travaillé à un projet de règlement d'autorisation au
TAQ, qui avait été déposé et présenté en commission parlementaire à l'époque,
en 2003. C'est un projet de règlement qui manifestement n'avait pas répondu aux
attentes, ce qui a fait en sorte que la deuxième étape de ce dossier-là a été
enclenchée par la suite par les travaux menés par Robert Diamant. Et, à l'époque,
on s'était clairement exprimés à l'effet
que, pour pouvoir autoriser des actes, pouvoir en déléguer, il fallait à tout
le moins mieux définir la pratique de la profession, puisque c'était seulement le «signés et scellés» qui se
retrouvait dans la loi. Et, pour nous, «signés et scellés» ne pouvait
pas être délégué à une autre personne qu'à la personne qui signe et scelle,
donc l'architecte.
Le projet de
loi que nous avons devant nous, le projet de loi n° 49, est une avancée
importante parce qu'il définit mieux
la pratique de l'architecture, de façon beaucoup plus complète, et on intègre à
l'intérieur de cette nouvelle loi-là l'obligation
de surveillance des travaux. Alors, c'est bien certain que, parmi les actes qui
sont mentionnés dans le nouvel
article
16 ou 16.1, il y a la surveillance des travaux. Et, à partir de ce moment-là,
ça devient beaucoup plus facile pour l'Ordre des architectes d'identifier
dans cette liste-là, donc, notamment la surveillance des actes qui pourront
être confiés aux membres de l'Ordre des technologues.
St-Arnaud : Sur un autre sujet, ce matin, on a reçu l'APCHQ qui
nous a dit qu'il y aurait un dédoublement inutile par rapport à ce qui se fait présentement et par rapport à ce
qui est proposé dans le projet de loi, qu'il y aurait des coûts additionnels. Alors, j'aimerais vous
entendre et peut-être que vous puissiez nous dire effectivement qu'est-ce
que vous pensez par rapport à cette position
qui a été émise ce matin par l'APCHQ et qu'est-ce que l'intervention de
l'architecte qui est prévue au projet de loi n° 49 apporterait de plus que
ce qui est prévu dans nos législations actuelles.
Mme Dion
(Nathalie) : Bien, je
commencerais en disant que la surveillance, bien qu'elle ne soit pas dans la
loi, elle est déjà exercée en grande partie,
d'ailleurs, comme on l'a dit, en grande proportion, dans les projets…
institutionnels sont déjà… pour la plupart,
les architectes ont un mandat de surveillance. Également, dans les projets
privés d'assez grande ampleur, elle existe également, cette
surveillance-là. Alors, le groupe dont on parle et qui serait le plus touché,
ce serait le groupe du marché des condos qui
effectivement n'est pas actuellement assujetti à cette surveillance. Il existe
des plans de garantie actuellement — c'est sûrement ce que l'APCHQ
vous a fait valoir — mais
les plans de garantie ne permettent pas… D'abord,
ils permettent d'intervenir seulement après la construction. Ils ne permettent
pas de s'assurer de la qualité de l'architecture pendant l'étape de
construction.
Alors, ce qu'on
fait valoir, c'est que le rôle des architectes sur un chantier… Bien entendu,
le rôle d'un architecte, ce n'est pas
de reprendre la gestion du chantier, ce rôle-là appartient aux entrepreneurs, c'est
de s'assurer de la conformité du projet construit avec ce qui a été
dessiné dans les plans et devis, donc de s'assurer que la qualité qui a été
mise de l'avant dans le dessin de plans ou
la rédaction de devis, ce soit continué au moment de la construction du
bâtiment et puis qu'on peut s'assurer,
donc, plutôt que d'avoir un plan de garantie qui intervient après, de garantir
la qualité en amont plutôt que d'intervenir par la suite. Dans le fond,
on s'étonne parce que n'importe quel assureur devrait être en faveur de la
prévention. Donc, ce qu'on propose, c'est plutôt de s'assurer de cette
conformité de la construction pour en garantir une certaine qualité.
M. St-Arnaud : Merci. Vous
avez dit dans votre intervention… les modifications qui sont faites au projet
de loi n° 49 qui visent le Code civil, notamment
à l'article 2109.1, si
j'ai bien compris,