CAT — 9 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2024-04-09
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante et une minutes)
Président (M. Schneeberger) : Alors, bon matin à tous. Le quorum étant établi,
je déclare la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
Nous sommes ici ce matin afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 50, Loi édictant la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions relatives notamment
aux centres de communications d'urgence et à la protection contre les
incendies de forêt.
Est-ce que nous avons des remplaçants ce matin,
M. le secrétaire?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Girard (Lac-Saint-Jean) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon) et Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, avant de débuter, je dépose les mémoires des organismes et personnes suivants, qui ont été
reçus depuis la fin des consultations particulières, alors le Comité 9-1-1, pardon, du Syndicat
canadien de la fonction publique
Québec, la Communauté métropolitaine
de Québec, Louis-Alexandre
Kirouak et le Réseau Inondations InterSectoriel du Québec.
Alors, nous en sommes maintenant aux remarques
préliminaires, et je vais commencer par M. le ministre. Bonjour. Non, vous
n'avez pas de remarques préliminaires?
M. Bonnardel : Bien, M. le... juste
les salutations officielles pour mes collègues... mes collègues, ce matin, les
collègues de l'opposition. On est prêts à travailler pour un projet de loi qui
est immensément important pour la sécurité civile. Rapidement, pour mes collègues
de l'opposition, j'ai quelques amendements, on n'en a pas beaucoup, qu'on va vous faire valoir, là, comme d'habitude,
là. Vous connaissez un peu ma façon de... ma façon de travailler, ma façon
de procéder. On va aller au fond des choses. On va essayer de vous répondre du
mieux que nous pouvons. Mon sous-ministre
adjoint est... est avec moi, avec les équipes aussi, légistes en arrière de
moi. Donc, on est bien équipés pour bien
travailler, puis être capables de répondre à vos... à vos questions, puis, s'il
le faut, comme d'habitude, là, améliorer le projet de loi, là, dans...
dans son ensemble.
Président (M. Schneeberger) : Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, nous en
sommes maintenant à la députée de Westmount—Saint-Louis. Alors, bonjour à vous. Vous avez un 20 minutes maximum pour votre
intervention.
Mme Maccarone : Merci. Merci, M. le
Président. Bonjour, chers membres de la commission. Un plaisir de faire
partie de le travail de l'étude détaillée du
projet de loi n° 50 ensemble. C'est un projet de loi qui est très
technique, très intéressant. Comme le ministre a dit, c'est un projet de
loi... dans le fond, on a une nécessité de faire une mise à jour. Ça fait très longtemps depuis que nous
n'avons pas parlé de la sécurité civile, alors... alors je trouve ça très
intéressant. Surtout que ce qu'on voit dans notre société, dernièrement,
surtout la dernière année aussi, les dernières années, c'est les sinistres très importants, que ce soient les
feux de forêt, les inondations, les changements climatiques. On ne peut pas
se fermer les yeux de ce qu'on voit.
Puis je trouve ça très bien que nous sommes en
train de débattre de ceci, des responsabilités que nous avons chacun entre
nous, mais aussi toutes les parties prenantes, tous les gens qui sont
interpelés dans ce projet de loi, parce que c'est préoccupant, je suis
préoccupée. Je pense que beaucoup de gens dans la population sont préoccupés.
C'est la saison des inondations. On sait qu'on devrait peut-être préparer pour
des feux de forêt. Tout est imprévisible. Alors,
de préparer la population pour être plus résiliente, comme c'est écrit dans le
projet de loi, je trouve ça très bien.
Alors, j'ai hâte à faire le travail nécessaire
dans l'étude détaillée. Les gens qui me connaissent savent que j'aime beaucoup
cette étape du projet de loi. J'aime beaucoup l'étude détaillée. J'aime
beaucoup poser des questions. J'aurai des questions parce que, c'est vrai,
c'est un projet de loi très technique. C'est un projet de loi qui introduit un autre projet de loi,
chose qu'on débute tout de suite avec ça, ça fait qu'on a déjà posé quand même
quelques questions hors micro. Alors, pour ceux qui suit les travaux, ça
aussi, c'est... c'est fort intéressant, hein?
Puis je sais que les groupes qui ont passé en
commission parlementaire, que je les remercie beaucoup pour leurs interventions puis les mémoires qui sont
envoyés, qui sont superutiles pour nous ici, les membres de la commission, eux
aussi, ils ont des questions. Ça fait qu'on va essayer de... d'amener de la
lumière, s'il y a lieu, de bonifier le projet
de loi, mais c'est... c'est toujours le cas. Je le dis souvent, ce n'est pas
la... c'est la deuxième fois que le ministre et moi, on va débattre un projet
de loi ensemble, mais ce n'est pas la première fois que je le dis au micro, au
moment que le gouvernement dépose un projet de loi, ce n'est plus un
projet de loi qui appartient au gouvernement, ça n'appartient pas aux
oppositions, ça appartient vraiment à la société civile. Alors, nous sommes ici
pour le bien-être de tous nos citoyens et citoyennes que nous avons le
privilège de représenter.
Puis je vais demander aussi, M. le Président,
avant que j'oublie, je... conformément avec l'article 245, je souhaite
évidemment étudier ce projet de loi
article par article, alinéa par alinéa...
paragraphe par paragraphe.
Et, si vous
me permettez, chers collègues, je veux aussi... C'est un privilège, évidemment,
de prendre le micro, mais aujourd'hui je suis non seulement députée, je suis
aussi maman. Puis c'est la fête de mes deux enfants aujourd'hui, qui
sont nés la même date. Alors, il y a 23 ans que ma vie a changé pour le
mieux, où j'ai... j'ai donné naissance à mon fils Samuel, qui... excusez-moi,
qui est un homme formidable, un homme pour qui j'ai énormément de respect, pour qui j'adore. C'est un jeune homme qui milite
pour la cause de l'inclusion et la diversité des personnes qui ne sont pas neurotypiques, qui parle beaucoup au nom des
personnes qui vit avec des différences. Et j'ai beaucoup d'admiration pour lui.
I love you very much, Samuel,
you've changed my life for the better. If it wasn't for you, I wouldn't be
here, in the National Assembly.
Et il y a 21 ans
aujourd'hui que j'ai donné naissance aussi à ma fille Bianca, qui aussi est une
jeune femme maintenant majeure partout dans le monde, qui... elle aussi, elle
vit avec le spectre de l'autisme, puis c'est le mois de la sensibilisation de
l'autisme, et elle aussi, elle a changé ma vie pour le mieux. C'est une
personne douce, c'est une personne
généreuse, c'est une personne hypersensible. «When Bianca loves you, your whole world changes,
and you've changed my world also for the better.»
Dur moment pour moi,
comme maman, de ne pas être là pour la journée de fête de mes bébés, puis je me
sens évidemment très coupable de ça, mais
sache que, si je suis ici aujourd'hui, c'est vraiment grâce à eux. Alors, bonne
fête! «Happy birthday, Sam and Bianca! I love you.» Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Oui. Merci beaucoup. Alors, la suite avec le député de
Laurier-Dorion.
Fontecilla : ...bien, je ne peux que débuter par souhaiter
bonne fête aussi aux enfants de ma collègue et à ma collègue aussi,
parce qu'elle fête un moment important de sa vie.
Donc, voilà,
on est ici pour le projet de loi n° 50. J'entreprends ce projet de loi
avec la meilleure des dispositions, je l'ai déjà exprimé dans les étapes
antérieures. Évidemment, on est... on arrive au coeur du processus
parlementaire, l'étude détaillée
article par article. C'est un projet,
et ça a été dit aussi, relativement technique, là, ça concerne beaucoup l'organisation gouvernementale des
différents paliers gouvernementaux pour faire face à différents types de
sinistres qui, par définition, ont les...
sont inattendus, mais, justement, il faut s'y préparer, et les identifier, et
voir comment mieux s'organiser.
Donc, c'est un projet de loi important, là, dans
le contexte que l'on connaît, de multiplication des catastrophes soit
naturelles ou d'origine humaine. Et on a vu ce qui s'est passé l'été dernier au
Québec, là, ça a été, je pense, un rappel à
l'ordre de la nature envers la société québécoise, là. Et ça concerne tout d'abord
la réponse qu'on a... qu'on... la
réponse qu'on donne à ces... à ces catastrophes-là, mais ce n'est qu'une
première étape, parce que ça concerne aussi d'autres types
d'organisations de notre... de notre société. Je... nous pouvons simplement
nommer comment qu'on aménage mieux nos forêts, comment qu'on adapte l'ensemble
de notre société, non pas seulement en termes de
réponses aux urgences, là, mais en termes de résilience face à ces changements
climatiques là, mais aussi les catastrophes qui peuvent survenir et qui
sont d'origine humaine et qui sont peut-être un peu plus prévisibles.
Donc, j'ai hâte d'entreprendre l'étude
détaillée. Je salue mes collègues également des oppositions, du parti ministériel, le personnel ministériel qui accompagne
le ministre. Je suis sûr que, tous et toutes ensemble, nous pouvons
faire du très bon travail, là, par rapport au PL n° 50. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres députés qui souhaitent faire des
interventions? Non, je n'en vois pas. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je veux juste vous rappeler quelques procédures, étant donné
qu'il s'agit d'une nouvelle loi. Alors, je veux...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui?
Ah! au niveau des motions préliminaires, oui, c'est vrai qu'il y a les motions
préliminaires avant de débuter. Est-ce qu'il y avait des motions préliminaires?
Non? Parfait.
Alors, au niveau de la
nouvelle loi, étant donné... je tiens à vous rappeler les modalités d'étude
applicables. Chaque
article de la loi édictée est lu par le ministre, étudié
puis mis aux voix individuellement. Une fois tous les articles, les intitulés, les titres et préambules de la loi édictés et
traités par la commission, l'article 1 du projet de loi sera mis
aux voix. Nous passerons ensuite à l'article suivant du projet de loi.
Alors, M. le ministre, je vous invite à lire
l'article 1 du projet de loi.
Bonnardel : Oui. Alors, pour débuter, moi aussi, je veux offrir
mes voeux de fête aux enfants de Mme la députée, une pensée pour eux.
Alors, l'article 1,
Chapitre I :
«La
Loi sur
la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres, dont le
texte figure au présent chapitre, est édictée.
«Loi sur la sécurité civile visant à favoriser
la résilience aux sinistres.»
Commentaire.
L'article 1 du projet de loi
propose d'édicter la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, laquelle comporterait un préambule et 97 articles
et remplacerait l'actuelle
Loi sur la sécurité civile adoptée en 2001.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce qu'il y a des questions? Non? Parfait. Alors, nous allons procéder au
vote. Est-ce que...
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
là, lui, il n'est pas voté au départ? Il n'est pas voté? À la fin. Parfait. C'est bon. Alors, nous allons procéder maintenant
à l'article 1 du projet de loi. Alors, M. le ministre, je vous invite à
lire l'article 1.
Bonnardel : Est-ce
que je lis le préambule? Est-ce que je lis le préambule avant? Non, hein?
Le Président (M. Schneeberger) : Idéalement.
M. Bonnardel : À la fin aussi? OK.
Alors, l'article 1, donc, de la loi se lit comme suit :
«La présente
loi a pour objet la protection des personnes et des biens en matière de
sécurité civile par une gestion efficace
des risques de sinistre et une réponse optimale aux sinistres en vue de
favoriser la résilience de la société à ceux-ci.
«À cette fin, elle vise à ce que les autorités
municipales et gouvernementales développent la connaissance des risques de
sinistre, planifient et mettent en place des mesures coordonnées,
complémentaires et cohérentes pour prévenir
les sinistres et pour préparer la réponse à ceux-ci et déploient des mesures
d'intervention et de rétablissement pour répondre aux sinistres.»
Commentaire. Le premier
article de la loi en
présente son objet, soit la protection des personnes et des biens contre les
sinistres, ainsi que les moyens pour accomplir cet objet, soit la gestion
efficace des risques de sinistre et la réponse optimale aux sinistres, dans la
perspective globale de favoriser la résilience de la société à ces derniers. Il
reconnaît que la loi vise le développement de la connaissance des risques de
sinistre par les autorités municipales et gouvernementales
et présente les quatre dimensions de la sécurité civile, soit la prévention, la
préparation, l'intervention et le rétablissement.
Donc, voilà,
premier article, là, qui s'appuie... Bien, l'ancienne loi ne s'appuyait
peut-être pas assez directement, là,
sur la coordination. On met un appui, là, fort sur la coordination des actions,
là, qui sont mises en place à tous les niveaux puis accroître, nécessairement, la résilience, là, qui repose d'abord et
avant tout, là, sur la connaissance des risques, là.
Président (M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Est-ce qu'il y a des
questions sur l'article 1? Aucune? Alors, s'il n'y a pas de
question, nous allons procéder au... Oui, député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : C'est une formulation, le premier paragraphe, là,
c'est une... Je veux... Je veux m'assurer qu'on... que l'on englobe, là,
l'ensemble des... la problématique, là. Donc, on dit : La protection... Le
but final, c'est la protection des personnes et des biens par... et il y
a trois éléments, là, par une gestion efficace des risques de sinistre — donc,
moi, si je lis ça, je comprends «prévention» — une réponse optimale aux sinistres — donc
il y a un sinistre, la façon de... la façon d'y répondre sur le moment
même —
en vue de favoriser la résilience de la société à ceux-ci.
Je cherche dans le dictionnaire, là, qu'est-ce
que c'est, la résilience, un terme très utilisé aujourd'hui, là, mais c'est la
capacité... de façon générale, la capacité à surmonter des chocs traumatiques.
Est-ce que... Lors de la préparation de ce
projet de loi, on nous avait... nous avait parlé des thématiques couvertes par
une approche en sécurité publique, là, qui va justement de l'identification des
risques, la prévention jusqu'à la... jusqu'à la réhabilitation... je ne me
rappelle plus du terme exact, là, mais je veux bien m'assurer que c'est... on est dans la... on est dans trois
moments, là, donc la prévention, la réaction et ensuite... mais c'est ça que je
me... «La résilience de la société à ceux-ci», là, je me pose des questions
plus précisément sur qu'est-ce que ça veut dire, ces termes-là, «la
résilience de la société à ceux-ci».
Président (M. Schneeberger) : ...
M. Bonnardel :
Bien, les termes qu'on utilise,
là... La finalité du projet de loi est élargie à la notion de résilience de la
société aux sinistres, et celui-ci indique davantage de quelle manière cet
objectif peut être atteint, soit par une gestion efficace des risques de
sinistre qui l'appelle à la mise en place de mesures coordonnées,
complémentaires et cohérentes dans toutes
les dimensions de la sécurité civile. Ça, c'est le texte officiel ou la réponse
officielle vis-à-vis le... vis-à-vis la résilience.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Fontecilla : Donc, quand vous parlez... Parce que, là, je vois le
commentaire, là. Ça, c'est la prévention, la préparation, l'intervention et le
rétablissement. Lorsqu'on parle de résilience, est-ce qu'on fait référence au
rétablissement plus particulièrement?
Fontecilla : Très bien...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
pas d'autre question? Nous allons mettre aux voix l'article 1. Est-ce que
l'article 1 est adopté?
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Parfait. Alors, nous en sommes à
l'article 2. M. le ministre.
M. Bonnardel : Alors, l'article 2,
j'ai un amendement, là, un mot à changer... à ajouter... à changer, pardon,
tantôt. Je vais lire l'article puis je vous le... lis l'amendement.
Donc, l'article 2 :
«Pour l'application
de la présente loi, on entend par :
«"aléa" :
phénomène ou activité d'origine naturelle ou anthropique, notamment une
inondation, un séisme, un glissement de terrain, un accident mettant en cause
des matières dangereuses, l'effondrement d'une infrastructure, un incendie de
forêt ou une pandémie;
«"autorité
gouvernementale" : ministère et organisme gouvernemental dont le
gouvernement ou un ministre nomme la majorité
des membres, dont la loi prévoit que le personnel est nommé suivant la
Loi sur
la fonction publique (chapitre F-3.1.1) ou dont le fonds social fait
partie du domaine de l'État;
«"autorité
municipale" : municipalité locale et municipalité régionale;
«"municipalité
régionale" :
«
a) une municipalité
régionale de comté, une municipalité locale à qui elle a délégué tout ou
partie
de sa compétence conformément au
paragraphe 2° du troisième alinéa de l'article 8 ou l'autorité qui a
déclaré conformément à la loi qu'elle a compétence sur un domaine de
compétence que la présente loi attribue à une municipalité régionale de comté;
«
b) l'Administration
régionale Kativik;
«
c) les villes de
Montréal, de Québec, de Longueuil, de La Tuque et la Municipalité des
Îles-de-la-Madeleine pour le territoire de l'agglomération dont elles sont la
municipalité centrale;
«
d) les villes de
Gatineau, Laval, Lévis, Mirabel, Rouyn-Noranda, Saguenay, Shawinigan,
Sherbrooke et [...] Trois-Rivières;
«
e) toute autre
municipalité locale dont le territoire n'est pas compris dans celui d'une
municipalité régionale au sens des paragraphes a à d, sauf si une autorité
visée au paragraphe a a déclaré conformément à la loi qu'elle a compétence à son égard sur un domaine de compétence que la
présente loi attribue à une municipalité régionale de comté ou si elle a conclu une entente conformément au
paragraphe 1° du troisième alinéa de l'article 8, à moins, dans ce
dernier cas, qu'elle n'agisse à
titre de municipalité régionale;
«"risque
de sinistre" : risque qui, en fonction de la combinaison de la
probabilité d'occurrence d'un aléa et des conséquences potentielles
pouvant en résulter sur les éléments vulnérables d'un milieu, est susceptible
de causer un sinistre;
«"sinistre" :
événement résultant de l'occurrence d'un aléa ou d'une combinaison d'aléas, qui
cause des préjudices aux personnes ou d'importants dommages aux biens,
qui perturbe le fonctionnement normal de tout ou
partie d'une collectivité et
qui requiert le déploiement de mesures exceptionnelles pour en limiter les
conséquences.»
Commentaire. Cet
article définit les termes ou les expressions nécessaires à l'application de la
loi.
Donc, j'ai un
amendement, qui n'est pas trop compliqué, là, qui se lit comme suit pour
l'article 2...
Le Président (M. Schneeberger) : ...tout
le monde a reçu l'amendement de Greffier avant que vous le lisiez? On
pourrait en faire la distribution?
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
il est... il apparaît sur les écrans, alors le monde, ils l'ont. Ça fait que,
M. le ministre, vous pouvez lire votre amendement.
Bonnardel : Donc,
article 1 : Remplacer, dans la définition
de «aléa» de l'article 2 de la
Loi sur la sécurité civile visant à
favoriser la résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet
de loi, «l'effondrement» par «la défaillance».
«"aléa" :
phénomène ou activité d'origine naturelle ou anthropique, notamment une
inondation, un séisme, un glissement de terrain, un accident mettant en cause
des matières dangereuses, la défaillance d'une infrastructure, un incendie de
forêt ou une pandémie;».
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Bonnardel : Bien, c'est un changement de la sémantique, là, qui est
entre... Je pense que vous mesurez, là, la... l'essence ou la... le sens même,
là, du mot «effondrement d'une infrastructure» vis-à-vis «la défaillance d'une
infrastructure».
Bonnardel :
Oui. Si vous voulez un avis du sous-ministre, là, pour être plus... je peux...
je peux... M. le sous-ministre peut... peut prendre la parole.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. À ce moment-là, M. le sous-ministre, vous vous
présentez par vos nom et prénom et votre titre. Ça prend le consentement.
Consentement.
M. Savard
(Jean) : Alors, bonjour. Jean Savard, sous-ministre associé à la
sécurité civile, sécurité incendie.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
M. Savard (Jean) :
Alors, on propose l'amendement suivant pour être plus... plus large dans la
définition de l'aléa, qui précisait que c'est un... on incluait notamment un
effondrement d'infrastructure, alors qu'une défaillance d'infrastructure peut
couvrir plus large, autant... et ça avait été mentionné, dans les consultations
particulières, qu'on... certaines personnes
pensaient qu'on n'abordait pas le risque technologique, tandis qu'une
infrastructure peut être une infrastructure technologique, peut être une
infrastructure d'eau potable, et on ne parlera pas ici nécessairement de son effondrement, mais d'une défaillance qui, à
terme, pourrait causer des conséquences. Donc, c'est considéré comme un
aléa au sens de la loi.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va?
Maccarone : Bien, j'ai des... j'ai une question.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
Maccarone : Alors, est-ce que ça veut dire que...
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui. Merci. Est-ce que ça veut
dire qu'un incendie, d'abord, c'est ça, la défaillance? Est-ce que c'est
ça que ça rentre dans la définition?
M. Savard (Jean) : Bien, un incendie va
être... va être un sinistre en tant que tel, mais la défaillance, c'est la... c'est
l'infrastructure qui ne peut plus fonctionner comme... comme elle est supposée
fonctionner.
Alors,
je pourrais vous donner un exemple avec... Un verglas important pourrait
causer, à terme, une défaillance du réseau d'électricité au Québec à
cause de l'accumulation, puis là, bien, il y a un effondrement, là on parle
d'effondrement, mais il y a une défaillance du système électrique, donc...
Mais, à la base, ce serait un verglas qui causerait
ça, mais les effets domino feraient qu' il y aurait des
pannes électriques majeures, même chose avec... un incend ie pourrait
créer une défaillance aussi.
Maccarone : Bien, dans le fond, ce que... la question que j'ai, c'est
qu'on ne cible pas les incendies de bâtiment dans la définition, juste les
incendies de forêt. Ça fait que c'est... c'est ça qu'on souhaite, dans la
définition, c'est ça qu'on...
M. Bonnardel :
C'est ça. Il y a une différence
entre un incendie... bien, pas... un incendie, là, pour une maison vis-à-vis les incendies de forêt ou les aléas,
comme tels, majeurs qui sont définis... qui sont définis, là, par :
«phénomène ou activité d'origine naturelle ou anthropique, notamment
[...] inondation, [...]séisme, [...]glissement de terrain...» Donc, les feux, malheureusement, qui prennent
naissance dans nos villes, comme on connaît, c'est... c'est séparé de ça, là.
Mme Maccarone : OK.
Puis, quand vous avez préparé l'amendement... On a entendu, en commission parlementaire, M. Boulanger, qui avait parlé de
végétation. Il avait proposé aussi dans son mémoire... il avait dit, pour qualifier
l'aléa d'intérêt dans son mémoire : «Nous avons choisi d'utiliser
"feu ou incendie de végétation" plutôt que "feu ou incendie de
forêt".» Puis la SOPFEU, eux aussi, ils avaient fait cette proposition.
Est-ce que le ministre et son équipe avaient
pris ça en considération? Puis, si oui, pourquoi vous n'avez pas proposé de
l'intégrer dans... dans cet amendement?
M. Bonnardel : Bien, l'incendie de
forêt englobe tout incendie comme tel, que ce soit un incendie de végétation,
tu sais, qui est minime versus... versus un hectare qui pourrait brûler ou des
millions d'hectares suite... suite aux
conséquences d'un début de feu, là. Donc, l'incendie de forêt, bien, englobe...
à moins que le sous-ministre veuille intervenir, là, ça englobe pas mal
la définition de ce que peut être un feu de végétation ou autre.
M. Savard (Jean) : Tout à fait. Et,
pour ce qui est de la SOPFEU, son mandat est vraiment axé sur le territoire
forestier. Les pompiers municipaux vont intervenir sur l'aspect végétation
autour des communautés. Il va arriver que
les pompiers municipaux vont demander le support de la SOPFEU pour intervenir à
la lisière végétation-forêt. C'était surtout l'enjeu dont mentionnait la
SOPFEU. Mais l'aspect forêt, comme disait M. le ministre, vient couvrir aussi
ce qu'on appelle végétation.
Mme Maccarone : Est-ce... Est-ce
qu'il y a une ouverture de l'ajouter, juste pour avoir la précision? Parce que, comme j'ai dit, ce n'est pas juste la SOPFEU
qui l'ont mentionné, il y a aussi M. Boulanger, le chercheur scientifique
de Service canadien des forêts, puis eux, dans leur mémoire, il dit :
«...parce que tout type de végétation combustible, comme la tourbière, la friche, les champs agricoles, la prairie
arbustive, toundra, forêt, peut être à l'origine d'un sinistre.» Alors, c'est pour ça, pour eux, que ce n'est pas
assez clair, puis eux, ils demandent, quand on parle de, mettons, les risques,
que cette définition comprend ça aussi. Alors...
Bonnardel : ...juste pour... Là... Là, là, si on peut... si
vous êtes d'accord avec l'amendement, on peut régler l'amendement, puis
vous m'amènerez...
Mme Maccarone : Oui, oui, oui, tout
à fait.
M. Bonnardel : ...par la suite, puis
je vous donnerai une réponse à votre... à votre questionnement, là.
Mme Maccarone : Parfait.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça?
Président (M. Schneeberger) : Oui? D'autres questions? Alors, est-ce que... Nous
allons procéder à l'adoption de l'amendement. Est-ce que l'amendement de
l'article 2 est adopté?
Président (M. Schneeberger) : Oui. Alors, est-ce que, là... nous allons...
est-ce qu'il y a des questions sur l'article 2?
M. Bonnardel : ...je vais répondre
à... au questionnement de la députée de Westmount—Saint-Louis, là, sur l'ajout
possible, là, de «végétation» ou autre. C'est dans... C'est dans le mot
«notamment» du premier paragraphe, là, «phénomène ou activité d'origine
naturelle ou anthropique, notamment», et là on donne des exemples par la suite.
C'est pour ça que... c'est pour ça que... Je
comprends le point, là, et on y a pensé aussi parce qu'on a bien écouté, comme vous,
là, mais le «notamment» englobe... englobe la... d'autres exemples qu'on aurait
pu... qu'on aurait pu mettre, là, comme... comme la... l'organisme le
mentionnait, là.
Maccarone : ...s'il y avait une ouverture, je souhaiterais
l'ajouter, parce que, même la SOPFEU, ils disent qu'ils souhaitaient changer le
titre de le
chapitre pour que ça soit : «L'organisme de protection contre
les incendies de forêt et de végétation», puis ils demandent que ça soit
applicable partout. Mais je serais prête à suspendre l'article pour continuer, pour nous donner la chance de
préparer un amendement pour ceci. Mais, il me semble, ce serait... parce qu'on
a vu, ça fait, quoi, 23 ans depuis qu'on n'a pas étudié sécurité civile.
Ça fait que, pour que ça soit le plus complet possible... On a deux groupes
principaux qui vont être... qui sont impliqués, qui vont être affectés par ce projet de loi. Alors, je comprends le «notamment»,
mais, juste pour être conséquents avec leur demande, je dirais que je
pense que c'est... ce serait une bonne affaire de l'ajouter, «végétation», s'il
y a une ouverture.
M. Bonnardel : Bien, on pourrait...
le sous-ministre pourrait vous expliquer pourquoi le mot «végétation» n'est pas
ajouté, parce qu'il y aura des conséquences plus loin dans l'article... dans
les futurs articles de la loi. Puis, comme je le
mentionnais, dans le... la sémantique, le mot «notamment», on peut penser
que... pas «on peut penser»... «végétation» fait partie... pourrait faire
partie de ces... de ces feux comme tels, donc on ne voit pas de plus-value à
l'ajouter. Mais je peux le suspendre. Moi, ça ne me dérange pas de suspendre
l'article si vous souhaitez déposer un amendement par la suite, puis on pourra
vous exposer plus loin, lorsqu'on sera rendus là, le pourquoi que nous...
Mme Maccarone : ...explications...
Bonnardel : Oui, je
vais laisser le sous-ministre vous...
Mme Maccarone : ...je serais prête
aussi à comprendre c'est quoi, les implications pour plus tard dans la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) : Oui. Merci. Les
feux de végétation, présentement, comme je disais, sont adressés par les
pompiers municipaux au niveau de l'incendie, puis c'est couvert par la
Loi sur
la sécurité incendie. En élargissant le mandat SOPFEU ici, qu'on... puis ça,
c'est des articles plus loin, dans le... dans un autre
chapitre qu'on va...
qu'on va adresser plus tard, on vient modifier aussi le mandat de la SOPFEU,
qui est vraiment axé sur le territoire forestier. Alors, c'est pour ça qu'ici
il n'y aurait pas une plus-value, là, d'ajouter, là, le feu de végétation. Par
contre, «activité d'origine naturelle» permet... permet quand même, au sens
large, là, tout... de venir couvrir, là, tous les aléas qui peuvent... qui peuvent être présentés, là, de
façon... je vous dirais, de risque naturel sur le territoire. Donc, pour ici,
là, il n'y aurait pas vraiment une plus-value, là. Ce qu'on visait
vraiment, là, c'est les incendies de forêt, comme on a vécu beaucoup au cours
de l'été... l'été dernier.
Maccarone : Je comprends, il n'y a pas une plus-value, mais ce
ne serait pas un «deterrent», ça ne va pas dénaturer la... le projet de
loi si on ajoute «végétation».
Bonnardel : Bien, c'est parce que... comme le sous-ministre le mentionnait, c'est que les premiers répondants, à 90 % du
temps, ce sont les pompiers comme tels et non la SOPFEU qui répond à un feu de
végétation, ou de broussailles, ou autre. Donc là, ça change la
responsabilité même, là, des pompiers en bonne et due forme versus la SOPFEU,
là. C'est ça, la... le lien... le lien de cause à effet que ça peut amener, là.
Mme Maccarone : Je vous entends, je
comprends. C'est quand même la première recommandation de la SOPFEU, de faire cette modification. Alors, je
dirais que je souhaiterais quand même faire le débat sur un amendement.
L'explication est bonne, mais, juste pour être conséquents avec les demandes
que nous avons eues des groupes, moi, je
souhaiterais déposer un amendement, M. le Président. Mais merci, merci pour les
explications, c'est... c'est apprécié.
Je vais laisser le collègue poser des questions,
s'il y a des collègues. Entre-temps, nous sommes en train de le préparer.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : ...en lien avec
cette... avec ce sujet-là et en vue de bien comprendre. Donc, ici, on est à
l'article 2, qui définit des termes, on est dans un chapitre... un
article
sur les définitions et on parle d'aléa, donc il y a une définition, et on parle
d'un incendie de forêt. Là, j'entends la réponse, et ça nous... ça nous
informe... la réponse concerne le mandat de la SOPFEU, alors qu'ici, il me
semble, on est dans la définition. J'aimerais bien comprendre. Est-ce qu'on est
en train, ici, de... si on rajoute «végétation», on est en train de changer le
mandat de la SOPFEU ou on est en train de seulement définir un aléa? Si on est
en train de définir un aléa, il me semble que la discussion sur la pertinence d'inclure «végétation» existe, mais là
je ne comprends plus le lien, dans ce contexte-là de définition de termes,
du mandat de la SOPFEU.
Bonnardel : Mais, comme je l'ai mentionné tantôt, «incendie de
forêt» englobe. Il n'y a pas de... Un incendie de forêt... bien,
malheureusement, ça peut être un début de feu de broussailles ou de végétation
qui va nécessairement devenir plus gros, là, mais un incendie de forêt,
ça peut être aussi... ça peut être aussi petit que ça, là, qui va débuter...
qui va débuter, là, lors d'un événement... d'un événement x, là. Puis, comme je
le mentionnais, c'est plus souvent
qu'autrement, sinon la totalité du temps, en premier lieu dans des zones...
dans des zones plus... plus urbaines surtout, là. Ce sont les pompiers
qui vont intervenir en premier, là.
Si vous voulez une intervention du
sous-ministre, là...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) : Merci beaucoup.
En effet, là, nonobstant le mandat de la SOPFEU, là, c'est... c'est une liste, ici, non exhaustive d'aléas qui... pour
définir le terme «aléa». L'objectif dans cet article-là, ici, est vraiment
d'aller positionner des définitions qui sont en adéquation avec
l'évolution du domaine, dans le domaine de la sécurité civile, parce que le ministère avait établi une certaine
doctrine dans le domaine des termes à utiliser, depuis 2008 qu'ils étaient
utilisés, et l'ancienne loi ne s'y référait
pas ou pas clairement. C'est des termes maintenant, «aléa», «risque»,
«sinistre», en lien avec la vulnérabilité puis
l'exposition des communautés à ces vulnérabilités-là qu'ils sont venus placer, disons, pour la compréhension commune des acteurs
de la sécurité civile, les définitions. Alors, cet article-là vient ici...
vient ici placer, justement, le bien-fondé, là, d'utiliser le terme «aléa». Et
c'est pour ça ici qu'on y allait avec une liste non exhaustive des... de
qu'est-ce qui peut être un aléa, pour que les gens comprennent bien.
Alors, ce n'est
pas... On a... On a parlé du mandat de la SOPFEU, mais ça, c'est un mandat, la
SOPFEU, qui sera adressé plus loin, dans la
partie sécurité incendie du projet
de loi.
M. Fontecilla :
Très bien. Précision. Vous avez parlé d'une liste non exhaustive, et, dans
la compréhension du ministère, un aléa... puisqu'il n'y a pas d'«etc.» ou...
les aléas se limitent aux éléments qui sont nommés là ou il pourrait y en avoir
d'autres?
M. Savard
(Jean) : Bien, en fait, il y a des...
Fontecilla : Juste finir mon idée, là.
M. Savard
(Jean) : Oui, excusez-moi.
Fontecilla : Donc, si... on pourrait... il pourrait y avoir d'autres
types d'aléas si c'est une liste non exhaustive. Est-ce qu'il n'y aurait... n'y
aurait pas t-il lieu d'ajouter, par exemple, un «notamment» pour dire que c'est
indiqué que c'est non exhaustif, là? Je vous pose la question.
Bonnardel : Bien, c'est ça... il est déjà là, le «notamment», c'est
Fontecilla : Il est déjà là?
Bonnardel : Il est là, le «notamment», oui.
Fontecilla : Parfait. Merci beaucoup. OK.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Oui, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Merci. J'ai une autre question
par rapport à l'utilisation de la terminologie «anthropique». J'avais
posé cette question à quelques groupes lors des auditions. C'est un nouvel mot
pour moi, que je n'avais pas entendu, puis
ce que j'avais compris... qu'il y a un lien avec le mot «anthropique» puis ce
qui est la notion de cyberattaque. Ça fait que je voulais juste savoir,
l'utilisation de cette terminologie, qu'est-ce que ça comprend pour vous, pour
le gouvernement, le ministre, le sous-ministre. Mais c'est un mot... Si moi, je
regarde la définition, ça veut dire : «Fait par un être humain; dû à
l'existence et à la présence d'humains.» Alors, je voulais juste savoir que...
si vous avez la même interprétation. Je pense que c'était l'INSPQ qui avait dit
que, pour eux, ça comprenait, mais, pour... pour moi, peut-être que non, mais c'est... je comprends aussi que c'est très
technique. Mais, exemple, cyberattaque, ça, ça tombe où quand on parle
de la résilience de la population puis la protection contre les états majeurs?
Bonnardel : Bien, tu as des aléas naturels puis tu as des aléas
anthropiques, qui sont faits par l'être humain.
Si je suis la définition d'«anthropique», là : «Selon lequel l'évolution
de l'univers aurait été conduite par la finalité de la vie humaine; fait
par un être humain ou dû à l'existence et à la présence d'humains.»
Maccarone : Ça fait que, pour vous, l'utilisation de cette
terminologie, ça veut dire que ça comprend aussi ce type d'attaque, mettons, ce
type d'état majeur.
Bonnardel : Fait par l'être humain, oui.
Maccarone : OK. Puis, d'abord, pourquoi qu'on a «pandémie» à part?
Pourquoi «pandémie»... Parce que... Puis je pense que c'est le seul moment où
on retrouve «pandémie» dans tout le projet de loi. On ne retrouve pas ce mot ailleurs. Ça fait que c'est des...
c'est une terminologie qui est très importante, évidemment, dans cette
définition, c'est le nerf de la guerre dans tout ce que nous allons
faire, un peu, dans le projet de loi. Alors, je questionne pourquoi c'est à
part.
Bonnardel : Bien, ça fait
partie des exemples donnés, comme le
sous-ministre l'a mentionné tantôt, là, des exemples donnés, aléas ou
anthropiques, faits par l'être humain. Donc, on a mis le mot «pandémie» parce
que, nécessairement, on sort d'une pandémie mondiale, on ne souhaite pas revoir
et revivre... revivre ça, là, mais...
Maccarone : Ça, c'est sûr. OK. C'est juste... c'est une question de
bonne compréhension, parce que c'est la première fois, il me semble, qu'on est
en train d'introduire ce type de notion, puis je ne veux pas manquer une
occasion de s'assurer que... Oui, allez-y.
Bonnardel : ...c'était dans l'ancienne loi aussi, j'ai oublié de
vous...
Mme Maccarone : C'était
dans l'ancienne loi aussi?
M. Bonnardel : Oui, j'ai oublié de
vous le dire, là, mais le mot était là.
Mme Maccarone : OK. OK. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : ...parfait.
Est-ce que vous souhaitez déposer l'amendement ou...
Mme Maccarone : On a besoin juste
d'une minisuspension, juste pour faire la lecture, puis après ça on va
l'envoyer. Mais c'est prêt.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Bon, alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 27)
Président (M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons nos travaux. Alors, j'invite
la députée de Westmount—Saint-Louis
à lire l'amendement apporté sur l'article 2.
Mme Maccarone : Oui. Alors, merci,
M. le Président.
Article 2 édicté par l'article 1 du
projet de loi est modifié par l'ajout dans le premier alinéa, après les mots
«incendie de forêt», des mots «et de végétation».
Comme j'avais déjà élaboré, M. le Président puis
collègues, c'est la première recommandation du SOPFEU. On a aussi eu cette
recommandation de le chercheur scientifique des services canadiens des forêts,
M. Boulanger, et M. Boucher, qui est du centre canadien des forêts,
qui nous demandent d'avoir une définition le plus complet possible. Alors,
étant donné que, comme on a déjà entendu... je comprends qu'on a «notamment»,
mais, étant donné que ça ne va pas dénaturer
le projet de loi et parce qu'on risque de ne pas rouvrir ce projet de loi
encore pour un autre 20 ans, puis les choses risquent de beaucoup
changer aussi avec le temps grâce aux changements climatiques, je pense qu'on ne fait pas fausse route en ajoutant
le mot «végétation» en lien avec les recommandations que nous avons
entendues de quelques groupes qui vont être surtout impactés par l'adoption de
ce projet de loi.
Le Président (M. Schneeberger) : ...il
y a des commentaires sur le dépôt de l'amendement?
M. Bonnardel : ...je l'ai
mentionné...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
M. le ministre.
M. Bonnardel : Oui. Excusez-moi.
Comme je l'ai mentionné tantôt, il n'y a pas de... il n'y a pas de plus-value à
ajouter le mot. L'incendie de forêt englobe... englobe le feu de végétation
comme tel. Le «notamment» aussi ajoute... ajoute d'autres éléments dans «aléa»,
qui ne sont pas indiqués dans... dans l'article. Donc, autant... comme j'ai
répondu au député de l'opposition, tantôt, que la plus-value de cet amendement
n'est pas... n'est pas, pour nous, fondée, là, donc, on ne va pas l'accepter.
Mme Maccarone : C'est pour ça que je
garde l'espoir, M. le Président, parce qu'il n'y a aussi pas d'inconvénient.
Voilà. C'est pour ça que je croise mes doigts que, peut-être, le gouvernement
voterait en faveur, parce qu'encore une fois ça ne dénature pas le projet de loi.
Pour moi, ce serait complet. Puis c'est la demande des groupes, puis,
peut-être, il n'y aura pas une plus-value, mais ce n'est pas un... ce n'est pas
au détriment du projet de loi. C'est
vraiment les demandes des groupes, puis je trouve ça bien que nous sommes en
mesure d'être à l'écoute des recommandations que nous avons entendues en
commission parlementaire et par le biais des lectures des mémoires.
Président (M. Schneeberger) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires? Non. Alors, s'il n'y a pas d'autre...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons mettre aux voix l'amendement proposé par la députée de Westmount—Saint-Louis sur l'article 2. Est-ce que l'amendement est adopté? Par
vote nominal.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Secrétaire : M. Bonnardel (Granby)?
Secrétaire : Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Secrétaire : Mme Jeannotte (Labelle)?
Jeannotte : Contre.
Secrétaire : Mme Mallette (Huntingdon)?
Secrétaire : M. Gagnon (Jonquière)?
Secrétaire : M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Secrétaire : M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M.
Schneeberger) : Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Nous
revenons maintenant sur l'article 2 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des
questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui. J'ai des questions encore une fois des groupes qui
ont passé en commission parlementaire puis qui nous ont envoyé des mémoires,
même chercheurs... on parle de... les chercheurs scientifiques pour les feux de
forêt, centre canadien des forêts et Service canadien des forêts, puis eux, ils
nous ont parlé beaucoup de la définition de «risque de sinistre», pas
nécessairement d'être contre, mais je souhaite comprendre l'utilisation de la
terminologie, encore une fois, parce que je sais que c'est très technique, puis
eux, ils l'ont soulevé. Dans la définition de risque de sinistre qui est
présentée dans le projet de loi, on utilise une terminologie différente. Comme,
on dit «conséquences» au lieu d'«impacts». On parle d'intégrer la probabilité
d'occurrences, mais on ne parle pas de la notion de magnitude.
Alors, je voulais savoir
pourquoi l'utilisation de cette terminologie. Il doit y avoir une raison pour
laquelle que c'était utilisé. Ça fait que je
veux juste mieux comprendre pourquoi nous n'avons pas allé en lien avec
l'intégration et l'utilisation de les définitions qui sont déjà élaborées par
la science et des produits faits à l'échelle pancanadienne des
organismes comme service canadien de forêts, parce que ça, c'est à l'intérieur
de leur définition, l'utilisation de leur terminologie. On parle d'impacts, on
parle de magnitude. Alors, voilà, je voulais juste mieux comprendre.
Le Président (M.
Schneeberger) : M. le sous-ministre.
M. Savard
(Jean) : Oui, en effet, ils utilisent des termes différents de ce
qu'est... ce qu'est la doctrine utilisée au Québec. Dans les termes, là, je
mentionnais que, depuis 2008, on a travaillé de concert avec les acteurs de
sécurité civile à élaborer une terminologie qui est... qui est maintenant
utilisée à grande échelle au Québec dans le domaine
des mesures d'urgence, et la définition, ici, qu'on voit, de risque de
sinistre, vient de ces doctrines-là... qui est disponible, là, sur quebec.ca
pour l'ensemble des acteurs de la sécurité civile, et c'est ce qui... ce qui
est généralement... Là où on voit qu'ils utilisent «impacts», nous, c'est...
L'amplitude est mesurée par les conséquences potentielles qu'on voit ici, là,
dans la façon dont on le détermine, dans la notion de risque de sinistre.
Bien
entendu, lorsqu'on définit le risque de sinistre, on mentionne l'occurrence
d'un aléa et d'une vulnérabilité. Est-ce qu'il y a des éléments exposés
à cette... Souvent, ce qu'on donne comme exemple, c'est une inondation dans un champ où il n'y a pas de milieu bâti, où il n'y
a pas de route, où il n'y a pas de maison. Bien, en fait, il n'y a pas de sinistre
parce qu'il n'y a pas de conséquence à une population, aux biens, parce que
l'eau va dans le champ et se retire. Il n'y
a pas de... il n'y a pas de conséquence. Par contre, une inondation,
un cours d'eau qui déborde dans un milieu bâti, où est-ce qu'il y a des
résidences, des routes, où est-ce qu'il y a des infrastructures utilisées par
l'homme, bien là on parle de sinistre.
Donc, c'est une
conjugaison de l'aléa et d'un milieu vulnérable, ce qui donne des conséquences
potentielles. Dépendamment de l'ampleur de l'aléa et des milieux vulnérables
exposés, bien, c'est là l'amplitude de l'impact qu'on voit, avec les conséquences potentielles. Alors, c'est les termes
qui ne sont pas les mêmes, mais la terminologie est bien... serait bien
ancrée dans l'ensemble des acteurs de la sécurité civile au Québec à cet
effet-là.
Mme Maccarone : Ça
me va, c'est... Merci beaucoup. J'aurais une autre question, M. le Président,
mais c'est en lien, cette fois-ci, avec... avec la résilience. On a entendu,
là, des échanges avec le premier article, mais il me semble que c'est ici qu'on
mettrait quand même une définition, puis ça, c'est quelque chose que nous avons
aussi entendu. L'INSPQ, eux, ils font une
recommandation qu'on comprenne une définition de résilience, puis ce serait
l'endroit qu'ils recommandent de... une définition du terme. On retrouve
aussi dans... dans leur mémoire... Dans le fond, c'est leur recommandation n° 1.
Alors, je voulais savoir s'il y avait une
ouverture d'ajouter un amendement avec la définition qu'ils proposent. Je pense
que c'est la place où nous... nous pourrions l'intégrer. C'est quand même ma
compréhension... À moins que le ministre souhaite me réorienter, mais, si je
comprends bien la nature, aussi, de ce projet de loi, tu sais, on parle beaucoup de résilience, puis la
résilience, peut-être ça peut dire des choses différentes d'une personne à
l'autre, mais la résilience en termes de sécurité civile, il me semble,
encore une fois, on ne fait pas fausse route si on peut intégrer une définition
comme... recommandée par l'INSPQ.
Alors,
peut-être une explication de pourquoi ça ne fait pas
partie des amendements.
Moi, je m'attendais... Je sais qu'il
y a très peu d'amendements, comme le ministre disait, mais je m'attendais que
ça, ça fasse
partie des amendements qui auraient été déposés par le
gouvernement.
M. Bonnardel : Pour répondre à votre
question, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, ça faisait
partie des discussions. On a suivi, comme vous, puis on a convenu...
bien, on a convenu... légistes, juristes et nos équipes ont convenu
qu'il n'y avait pas de... qu'il n'y avait pas de plus-value, encore une fois,
d'ajouter... d'ajouter cette résilience. Dans le sens commun de la résilience,
là, il n'y avait pas de plus-value qui était... qui était viable pour... pour définir... définir un des... un des points
spécifiques que vous mentionnez là. Donc, voilà, c'est aussi simple que ça.
Mme Maccarone : Bon, comme je dis,
M. le Président, c'était quand même la première recommandation de l'INSPQ, puis
ils la font... pour eux, puis je cite leur mémoire, ils disent : «Un effort
d'arrimage dans la terminologie utilisée de gestion de risques liés aux
sinistres par d'autres ministères semble aussi fort opportun pour favoriser une
compréhension commune et la cohérence des actions qui en découlent.»
Alors, pour moi aussi, je ne vois pas un
inconvénient. Je comprends peut-être... J'espère que ça ne va pas toujours
être : Il n'y a pas de valeur ajoutée, parce que c'est un projet de loi
que nous n'avons pas débattu depuis très longtemps, puis, je me répète, je sais
qu'on ne va probablement pas revenir à la charge pour sécurité civile pour un
autre 20 ans. J'espère qu'on n'aura pas besoin de faire des modifications.
Alors, c'est une opportunité, aujourd'hui,
d'ajouter puis de mettre en place toutes les recommandations que nous avons des
groupes. Eux aussi, ils citent, dans leur mémoire, que ça fait
partie des
recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat, des guides d'usage dans la sécurité publique. Alors, je ne vois pas le mal d'intégrer une définition de
résilience, surtout qu'on le voit à maints endroits dans ce projet de loi, puis
je pense que, dans le domaine d'application, la terminologie utilisée
quand on parle de gestion de risques, ce serait bien que ça soit vraiment
complet.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres questions? Alors, s'il n'y en a pas... Oui, M. le
député de... Laurier-Dorion, pardon.
M. Fontecilla : Oui. J'aimerais
aller sur la question des définitions. Les administrations... les municipalités
régionales ont fait... ont fait
l'énumération des municipalités qui sont concernées par cette loi-là, et on ne
parle jamais des communautés autochtones. On va me répondre que les
communautés autochtones sont de... dans le domaine de la sécurité publique,
sont de compétence fédérale. Encore une fois, par exemple, un feu de forêt qui
peut affecter tout particulièrement les communautés autochtones disséminées au
Québec, là, beaucoup en territoire où est-ce qu'il y a beaucoup de forêts...
bien, les feux de forêt ne connaissent pas les chicanes de compétences entre le
fédéral et le provincial, etc. Pourquoi
avoir exclu un peu partout à travers le... bien, à travers tout le projet de
loi, les communautés autochtones là où elles auraient pu être
considérées?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
Bonnardel : ...M. le Président, dans le préambule, on
ajoute... on va ajouter «communautés autochtones». J'ai oublié de vous
le mentionner tantôt, là, mais, dans le préambule, on va ajouter «communautés
autochtones».
M. Fontecilla : Parfait.
Bonnardel : Puis,
vous l'avez dit un peu dans votre... dans votre préambule, dans votre
commentaire, tout ce qui est sécurité
civile, communautés autochtones, c'est de compétence fédérale. Il n'est... Il y
a des communautés, vous l'avez... vous avez vu, là, les gens qui étaient
venus nous voir, là, qui ont mis en place des mesures en matière de sécurité
civile. Bien, comme mentionné, ils ne sont pas assujettis à la
loi sur la
sécurité civile du Québec comme telle, mais
on est en partenariat constant, constant avec... avec les... avec Services
Autochtones Canada pour s'assurer de... comme on l'a fait l'été passé, là, de répondre aux besoins... aux besoins de
sécurité de ces communautés, d'évacuer ces communautés, puis on a des
ententes communes avec eux pour être capables de répondre financièrement à ces
attentes.
Fontecilla : OK, mais, tout au long du processus, on va revenir sur ce
sujet-là. Une question très, très précise,
mais, en fait, je pense que c'est un débat qui va traverser plusieurs...
plusieurs discussions concernant plusieurs articles. Le mémoire qui nous a été présenté, entre autres, fait... fait
état de... du travail de la SOPFEU auprès de certaines municipalités qui
sont plus à risque, etc., là, et ce que je comprends, puisque les communautés
autochtones sont de juridiction fédérale, la SOPFEU n'accompagne pas les
communautés autochtones dans ce travail de prévention, etc. Expliquez-nous,
s'il vous plaît.
Bonnardel : Je l'ai mentionné d'entrée de jeu, je pense, vous m'avez
déjà entendu, la mission première de la SOPFEU a évolué depuis les 30, 40
dernières années. La mission de la SOPFEU était celle de sauver la matière
ligneuse, l'industrie forestière, en premier lieu. Comme je l'ai mentionné, la
SOPFEU va être sous l'égide, sous le chapeau
de la... du MSP dans un an ou d'ici la fin... d'ici la fin de l'année, lorsque
la loi sera... sera adoptée, et sa mission première, c'est de sauver des vies. Sauver des vies, qu'on soit dans une
communauté autochtone, qu'on soit à Val-d'Or
ou qu'on soit ailleurs, ce sera
toujours l'essence même de la SOPFEU, sauver des vies, sauver des communautés
et sauver des infrastructures névralgiques, et, en quatrième... le quatrième
point, bien, celui de la matière ligneuse, de l'industrie
forestière. Donc, la SOPFEU... Bien là, ce n'est pas... ce n'est pas indiqué
dans cet
article parce qu'on... là, on déborde un peu, mais ça me fait
plaisir d'y répondre pareil, là, à savoir que la SOPFEU, dans son mandat, ne
fait pas de distinction entre les communautés, que ce soit Val-d'Or, ou que ce
soit Essipit ou autres, là.
Fontecilla : OK. On fait mention spécifiquement, dans le mémoire
présenté, là, que le «soutien des mesures — attendez,
là — devrait
[...] au maintien des services offerts par la SOPFEU dans l'objectif d'éviter
que les responsables des mesures d'urgence des Premières Nations soient
dépourvus de soutien par la province lors de feux de forêt». Est-ce que c'est le cas? Est-ce que... est-ce que
les responsables des mesures d'urgence des Premières Nations sont
dépourvus de soutien par la province lors de feux de forêt, très précisément,
Bonnardel : Bien, Services Autochtones Canada et la SOPFEU ont des
ententes, ont des ententes comme telles. Puis, comme je vous l'ai mentionné, la
mission change, mais cette mission évolue pour le mieux, c'est celle de sauver
des vies. Donc, la SOPFEU et la sécurité civile comme telle, là, d'une
communauté, bien, va être en contact autant
avec nos équipes de sécurité civile que M. Savard et le grand... grand patron.
Donc, là-dessus, bien, il y a... il y a une coordination... une coordination des communications qui se fait, là,
entre les... comme ça s'est passé l'année passée, lors d'évacuations, ou
autres, ou lorsque des feux s'approchaient des différentes communautés, là.
Fontecilla : Par exemple, expliquez-nous, M. le ministre, s'il y a un
feu de forêt qui menace une communauté
autochtone, il y a un ordre d'évacuation, qui prend cet ordre-là. Est-ce que
c'est les autorités québécoises? Est-ce que c'est les autorités canadiennes?
Est-ce que c'est la communauté elle-même? Est-ce que la... le Québec doit appeler
Ottawa pour savoir qui prend la décision, là? Pour clarifier les éléments,
là...
Bonnardel : Le sous-ministre va répondre, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, M. le sous-ministre, allez-y.
M. Savard
(Jean) : Merci. Oui, en fait, la façon dont ça fonctionne, c'est la communauté
qui va prendre la décision par elle-même.
C'est sûr que l'expertise... Si on parle de l'aléa feu de forêt, l'expertise
provient de la SOPFEU. Alors, Services Autochtones Canada a des ententes
avec la SOPFEU, et on est
partie prenante, hein, des discussions, parce que les
communautés autochtones souvent, lorsqu'elles vont évacuer, vont aller vers une
communauté, une municipalité québécoise avec
laquelle ils ont déjà tissé des liens. Exemple, des fois, ça va être vers
Val-d'Or. L'année passée, on en a vu beaucoup vers Saguenay. On en a eu
à Québec, aussi, qu'il y a des communautés autochtones qui ont évacué.
Alors,
nous, on a une entente, nous-mêmes, avec Services Autochtones Canada, de
soutien pour les différentes communautés. C'est un processus en continu,
d'amélioration, hein, les liens qu'on a avec les communautés autochtones. Ils
ont un système de sécurité civile ou de mesures d'urgence qui est différent.
Alors, on est en... avec le Grand Conseil Waban-Aki, qui est venu présenter...
qui nous ont... nous ont fait... lors des consultations particulières. On est en lien avec eux pour pouvoir apprendre
davantage sur le fonctionnement des communautés autochtones, et eux, par le
fait même, apprendre davantage comment fonctionne la structure de sécurité
civile au Québec. Alors, c'est un processus en continu qui est déjà
initié, là, pour l'année en cours, parce qu'on a appris beaucoup de l'année
dernière.
Alors, à votre
question, comment ça fonctionne, si on envisage une évacuation d'une communauté
autochtone, Services Autochtones Canada va nous faire un lien rapidement pour
que nous, on prépare la municipalité d'accueil, et là on va mobiliser la
structure de sécurité civile du Québec en appui à Services Autochtones et, à
terme, en appui de ces communautés-là, mais personne ne demeure orphelin, là,
du support que la province peut... peut offrir, et on s'assure que les
experts... Et là, que ce soit la SOPFEU ou un expert en inondations, un expert
en glissement de terrain, si on peut soutenir ces communautés-là avec
l'ensemble de l'expertise présente sur le territoire québécois, on va le faire,
et l'entente qu'on a avec Services Autochtones Canada ne couvrira pas seulement
l'aléa feu de forêt, mais pour tout... tout soutien que la province peut faire
auprès de ces communautés-là.
Fontecilla : Donc, s'il y a une menace sur une communauté, et
la communauté décide d'évacuer, et, selon les informations données par
la SOPFEU, ils sont en... il y a un contact, etc., elle communique cette
décision-là aux autorités
canadiennes, qui, elles, communiquent avec vous pour préparer l'accueil, là, de
ces communautés évacuées là. Donc, ça
fait comme un... Ça monte, ça se discute entre le Canada et le Québec, là, on
va le dire comme ça, et ensuite le Québec prépare l'accueil de ces...
des populations évacuées.
M. Savard (Jean) : Lorsque... Oui, c'est une
façon de le voir, là. Souvent, lorsqu'il y a déjà un risque présent pour une
communauté, Services Autochtones Canada va nous sensibiliser, puis on suit la situation
sur l'ensemble du territoire, hein, on... pas comme si on ferme les yeux
sur une
partie du territoire. Si on voit qu'il y a un feu de forêt et qu'une
communauté... On est en lien en amont du processus avec Services Autochtones
Canada dont est en mesure de préparer...
Maintenant, ça
appartient à la communauté, avec Services Autochtones Canada, de voir vers où
ils vont évacuer. Si c'est près... si c'est vers une communauté, une
municipalité du Québec, bien là c'est sûr que nous, on va soutenir la municipalité pour qu'ils se préparent
à accueillir ces gens-là, qu'il y ait un centre d'hébergement, qu'il y ait le
soutien... le soutien psychosocial aussi pour les accueillir. Si la décision
est prise d'aller dans une autre communauté autochtone, bien là c'est Services
Autochtones Canada qui va jouer le rôle de coordination avec cette... avec
cette communauté-là.
Alors, tu sais, il y
a plusieurs cas de figure, dépendamment comment l'aléa se présente : vers
où ils vont évacuer, est-ce qu'ils vont
évaluer seulement des... évacuer seulement des personnes vulnérables, est-ce
qu'ils évacuent l'ensemble de la communauté? Il y a différentes
décisions qui sont prises, puis c'est comme ça que nous, on module le support
qu'on peut leur donner.
Fontecilla : Très bien. Dans le cas d'une communauté québécoise, là,
bon, il y a le PL n° 50 où il y a toute une mécanique, là, qui se met en
branle, là, qui prend ce type de décision là. Dans le cas d'une communauté autochtone, bien, c'est chaque communauté qui
prend la décision, c'est-à-dire tout le monde, certaines personnes, etc., là. Comment dire, ça complexifie... puisqu'il y a
plusieurs communautés autochtones, là, avec plusieurs façons de faire, etc., ça
complexifie les choses, mais, de tout... de tout cela, j'ai comme... il
s'en dégage l'impression que tout le reste, ce qui concerne les municipalités
québécoises, etc., l'ensemble du Québec, c'est très formalisé, mais ce qui
concerne les communautés autochtones, ce
n'est pas formalisé dans les textes, ce qu'on veut, un peu comme... selon
chaque communauté.
Et ce n'est pas
nécessairement négatif, ce n'est pas ça que je dis, là, mais, pour différentes
raisons, entre autres parce qu'il y a une multiplicité de communautés, mais ce
n'est nulle part. Ce n'est pas dans ce projet de loi là. C'est comme des usages qui évoluent et qui
s'améliorent, en tout cas, on l'espère, à travers le temps, et ça fonctionne,
parce que je pense que, lors des feux de forêt de l'année passée, ça... ces
usages non formalisés, je vais les appeler comme ça, ça fonctionne, mais, d'une
part, est-ce que j'ai raison de dire qu'il y a une sorte de non-formalisation
de ces façons de faire là dans des textes de
loi, par exemple? Et la question qui se pose ensuite : Est-ce qu'il
n'aurait pas lieu de le formaliser dans, par exemple, le projet de loi
n° 50?
Bonnardel : Comme j'ai mentionné tantôt, M. le député, la loi est la
loi... Quand on... quand on parle de sécurité civile vis-à-vis les communautés
autochtones, on ne peut pas déresponsabiliser le fédéral face à ça, à leurs...
à leurs responsabilités vis-à-vis les communautés autochtones. Puis, comme le
sous-ministre vous l'a mentionné, on a de
très bonnes ententes et on s'entend. Ça fonctionne très, très bien. Vous l'avez
vu l'été dernier, là, on a été... on a été aux avant-postes, on a réagi
rapidement pour évacuer plusieurs milliers de membres de différentes
communautés autochtones lorsque la situation s'y prêtait. Donc, c'était :
Bien, allez-y puis occupez-vous de ces communautés, rendez les communautés
sécuritaires. Puis, voilà, face à l'analyse que la communauté pouvait avoir
avec... avec le portrait de la SOPFEU et de la sécurité civile, bien, voilà...
Donc,
c'est pour ça que... c'est pour ça que votre question est bonne, puis je m'y
attendais, là, mais la sécurité civile, communautés autochtones, c'est de
responsabilité fédérale, et nous, on est un partenaire, par la suite, pour
répondre... répondre à la sécurité de ses membres de ces différentes
communautés là.
M. Fontecilla :
Très concrètement, par exemple, lorsque... lors des feux de forêt de
l'année passée, est-ce qu'il y a eu la
présence de... en tout cas, comment dire, la participation des communautés
autochtones dans les comités où les décisions étaient prises, les
cellules de crise, etc.?
Bonnardel : Bien, les... Services Autochtones Canada était présent
lors des évacuations. Est-ce qu'ils étaient présents dans les communautés où il
y avait des évacuations? Assurément. Là, je ne peux pas vous dire qui explicitement,
mais ils étaient là. J'ai rencontré ces gens sur le terrain lors d'évacuations,
et les chefs de... le chef ou les chefs de... comme tels de ces différentes
communautés sont en communication avec Services Autochtones, et nos
intervenants, et la SOPFEU pour leur... leur dire : Voici le portrait,
aujourd'hui, à telle heure, voici ce que ça pourrait donner dans cinq heures,
huit heures, 10 heures, voilà pourquoi on vous recommande d'évacuer, et la
décision finale vous appartient. C'est important, là, la décision finale leur
appartient, et c'est à eux de définir par la suite... et, si le go était donné,
bien, c'est là que la Sûreté du Québec, SOPFEU, hélicoptères ou autres, peu
importe, là, selon le... Comme le
sous-ministre l'a mentionné, est-ce qu'on évacue les personnes âgées en
premier, les femmes, les enfants? Alors, c'est ça qui était à définir,
là, selon le degré de gravité de la situation.
Fontecilla : C'est bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : M.
le Président, juste parce que c'est un
article qui est robuste, avec plusieurs
paragraphes, plusieurs alinéas... Je sais que j'avais évoqué déjà
l'article 245, puis on l'a... Dans le fond, on ne l'a pas fait pour cet article, puis c'est correct. J'aurais voulu
peut-être faire paragraphe par paragraphe, parce que, là, ça s'en vient avec le
8, puis on saute on peu partout dans... dans cet article... qui est
correct.
Puis j'ai une autre
question, mais juste... je veux juste faire un petit rappel. Quand on arrive,
peut-être, aux prochains articles qui sont aussi élaborés comme celui-ci,
peut-être qu'on pourrait le faire juste paragraphe par paragraphe. Comme ça, on
va pouvoir garder un ordre aussi dans nos débats.
Alors, j'ai une autre
question, pour le paragraphe d. Alors, je comprends pourquoi qu'on cible les
villes de Montréal, Québec, parce que c'est des territoires d'agglomérations,
qu'elles sont les municipalités centrales. Ça, pour moi, ça, c'est clair. Mais,
quand on arrive à d, les villes de Gatineau, de Laval, de Lévis, de Mirabel, de
Rouyn-Noranda, de Saguenay, de Shawinigan, et de Sherbrooke, et de
Trois-Rivières, pourquoi eux sont à part?
Bonnardel : C'est des villes-MRC. C'est pour ça.
Maccarone : OK, mais on ne souhaite pas expliquer pourquoi... parce
qu'elles sont des villes-MRC?
Bonnardel : Bien, dans le sens...
Maccarone : Comme on a fait avant... comme, tu sais, la raison... on a
dit : «Pour le territoire de l'agglomération
dont elles sont les municipalités centrales...» Ça fait que c'est clair, mais
la raison qu'on cible ces villes, c'est parce qu'elles sont des MRC. On
ne devrait pas préciser aussi pour eux... Question technique. Tu sais, je n'ai
pas d'amendement, mais, je me demande, peut-être l'équipe du...
Bonnardel : Dans le sens de la loi, c'est déjà défini quand on
l'identifie... on l'écrit comme ça, que ces villes sont déjà identifiées, pour
le ministère des Affaires municipales, villes-MRC, là, et je vous... et je vous
avise qu'autant le MAMH qu'eux ne nous ont pas demandé de l'identifier comme
tel.
Maccarone : OK. D'abord, est-ce c'est... je comprends... peut-être que
c'est parce que c'est aussi traité dans le e, c'est tout ce qui n'est pas dans
le paragraphe e, «toute autre municipalité locale», peut-être, c'est pour ça. OK, dans le fond, c'était ça, la
question. C'est pour ça que j'avais demandé si on peut faire paragraphe par
paragraphe. Je pense que ce serait
plus clair pour moi, parce qu'il y a tellement de détails, puis c'est tellement
technique, puis je regrette si je saute un peu d'un sujet à l'autre,
c'est... mais je comprends, OK, c'est... c'est plus clair. Merci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va?
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons
mettre l'article 2 aux voix tel qu'amendé. Alors, est-ce que l'article,
tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, nous en sommes maintenant à l'article 3. C'est à vous, M. le
ministre.
Bonnardel :
L'article 3 : «La présente loi s'applique en
complémentarité avec les autres lois et n'a pas pour effet de restreindre
l'application des dispositions de celles qui présentent un lien avec la
sécurité civile.»
Commentaire. Cette
disposition réfère aux responsabilités confiées à d'autres ministres, à des
organismes ou aux municipalités en vertu des autres lois qui présentent un lien
avec la sécurité civile.
Président (M. Schneeberger) :
Commentaires, questions? Non. Alors, s'il n'y a pas de commentaire, question, est-ce
que l'article 3 est adopté?
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté.
L'article 4, M. le ministre.
Bonnardel :
L'article 4, c'est simple : «La présente loi lie
l'État.»
Commentaire. Cet
article écarte l'immunité de l'État et le principe selon lequel les lois lui
sont inopposables.
Le Président (M.
Schneeberger) : Questions, commentaires? Non. Est-ce que
l'article 4 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 5.
Bonnardel :
L'article 5. «Chapitre II.
«Sécurité civile aux
niveaux local et régional.
Article 5 :
«Toute personne doit concourir à la sécurité civile et est ainsi responsable
d'assurer sa sécurité de même que celle de ses biens et de ses activités.
«À cette fin, elle
doit faire preuve de prévoyance et de prudence à l'égard des risques de
sinistre présents dans son environnement. Elle doit également suivre les
consignes des autorités compétentes lors d'un sinistre ou de son imminence et, selon la situation et dans la
mesure de ses capacités, pouvoir assurer son autonomie en cas de sinistre
et contribuer à en limiter les conséquences.»
Commentaire. Cette
disposition pose le principe général de la responsabilité individuelle de toute
personne en matière de sécurité civile. Elle
vise à responsabiliser davantage les personnes tout en tenant compte de leur
situation et de leurs capacités.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci pour les explications. Est-ce que nous avons des
questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui. Bien, dans le fond, c'est dans la définition de
«personne». Je présume qu'on réfère aux personnes physiques... que morales.
Bonnardel : ...c'est société, donc toute personne.
M. Bonnardel :
Ah! dans le... non, OK, excusez,
dans les... on identifie «toute personne», dans ce cas-ci, par les
juristes... «toute personne» est morale.
Mme Maccarone :
OK, OK, parce que c'est comme...
Vous savez sans doute que ça faisait
partie des précisions souhaitées
par l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec. Alors,
c'est bien, merci pour la précision.
Moi, j'ai une
question. Quand on utilise la terminologie «toute personne doit concourir à la
sécurité civile et est ainsi responsable
d'assurer sa sécurité de même que celle de ses biens et de ses activités», le
ministre est sans doute d'accord avec moi, j'espère, que ce n'est pas
toutes les personnes qui seront dans une position de prendre acte de ça. On a des personnes qui sont inaptes. On a des
personnes qui sont sous la responsabilité du Curateur... curatelle. Alors, comment
est-ce que cette loi pourrait être appliquée pour une telle personne qui est
dans une situation d'inaptitude, qui n'est pas capable de faire suivre
l'application de la loi?
M. Bonnardel :
Bien, c'est pour ça que, dans l'article de loi, c'est bien indiqué :
«Elle doit également suivre les consignes des autorités compétentes lors d'un
sinistre ou de son imminence et, selon la situation et dans la mesure de ses
capacités...»
Mme Maccarone :
OK, c'est bien, oui, j'aime
beaucoup la précision, c'est bon. Merci. C'est juste... Évidemment, c'est
toujours une inquiétude que je vais avoir.
Bonnardel : Oui, oui, c'est normal.
Mme Maccarone :
Je m'en souviens très clairement,
de débats que j'avais eus avec votre collègue le ministre de Famille, à
l'époque, pour la réforme du Curateur public. Alors, je pense qu'on devrait
toujours se soucier de ces personnes. On en parle rarement, pas assez,
d'eux. Alors, voilà. Bien, merci.
Bonnardel : Non, non, puis c'est important... vous amenez un bon
point, là, c'est important de dire aux gens qui nous écoutent : Est-ce
qu'il y a des conséquences? Il n'y a pas de conséquence, là. On amène les gens
à se responsabiliser, mais il n'y a pas de conséquence pénale, là, parce que,
demain matin, vous n'avez pas votre petit kit 72 heures avec vos
chandelles, et tout, et tout, vos batteries, là, mais on...
Maccarone : ...le principe derrière l'article.
M. Bonnardel :
C'est ça.
Maccarone : C'est parfait. Ça me va. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va comme ça? Alors, est-ce que l'article 5 est
adopté?
Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 6.
Bonnardel :
Article 6 : «Les municipalités locales sont les
premières [...] responsables de la protection des personnes et des biens sur
leur territoire en matière de sécurité civile.
«À cette fin, une
municipalité régionale et les municipalités locales qui font
partie de son
territoire doivent se concerter et collaborer afin de planifier et de mettre en
place, sur leur territoire, des mesures pour connaître les risques de sinistre,
pour prévenir les sinistres et pour préparer la réponse à ceux-ci, en vue de
favoriser la résilience de leur collectivité aux sinistres. Elles doivent
favoriser la participation de leurs citoyens à la sécurité civile, notamment en
les consultant et en les informant sur ces mesures ainsi que sur celles qu'ils
peuvent prendre pour réduire les risques de sinistre et pour limiter les
conséquences [de ces] sinistres.»
Commentaire.
Cet
article pose le principe que les municipalités locales sont les premières
autorités responsables de la protection des personnes et des biens sur leur
territoire en matière de sécurité civile et que cette responsabilité
doit s'exercer en collaboration avec les municipalités régionales. De plus, la disposition précise la
manière dont les citoyens
doivent être associés à la sécurité civile.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va comme ça? Questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui, merci. Quand on parle ici «en vue de favoriser la
résilience de leur collectivité aux sinistres», est-ce qu'on peut avoir un exemple
de la résilience face à une collectivité aux sinistres? Juste parce qu'on n'a
pas de définition. Ça fait que c'est quoi, l'intention du législateur ici?
M. Bonnardel :
Bien, la résilience, c'est de
répondre... répondre aux aléas possibles et comment on va y répondre
face à ces... à ces inondations, à ces possibles feux de forêt ou autres
situations comme tels, là. Je ne sais pas si, M. le sous-ministre, vous avez
des...
M. Savard
(Jean) : Bien, considérant que la résilience, là, comme on... qu'on
est... C'est connu dans l'esprit commun,
c'est une capacité d'un corps à reprendre, disons, sa forme et ses capacités
d'avant le sinistre le plus rapidement possible. Ici, pour une
municipalité locale, c'est de s'assurer de travailler en amont des sinistres
aussi, d'avoir des systèmes d'alerte
adéquats pour sa population, d'avoir des centres d'hébergement, d'identifier
les zones les plus exposées aux risques aussi, ce qui va venir plus loin
dans le projet de loi, dans tout le processus de gestion des risques. Mais
c'est toutes des façons d'augmenter la résilience de sa communauté parce que
plus on est près, plus la capacité à se rétablir rapidement va être au
rendez-vous. Alors, c'est comme ça que ça s'établit.
Maccarone : Puis on s'entend que ça va varier d'une municipalité à
l'autre, qu'il n'y aura pas une conformité qui est souhaitée non plus, hein? Il
y a... il y a... Il n'y a aucun élément qui va être souhaité, puis... pas du
sur-mesure, mais du mur-à-mur qui se... Tu sais, est-ce qu'il y a quelque chose
qui serait souhaité mur à mur, qu'on veut
que toutes les municipalités mettent à l'oeuvre, versus du sur-mesure? Parce
que chaque municipalité, je comprends, va avoir sa spécificité, mais il
doit avoir quelques éléments qu'on...
Bonnardel : Le plan de sécurité civile qui est d'habitude mis en
place, là, par la majorité des... majorité des
villes, bien, ça répond justement à ce que le sous-ministre a mentionné s'il
arrive telle ou telle situation, si l'évaluation du risque... Il y a une
usine, je ne sais pas, moi, de... Il y a une personne morale qui gère une
compagnie de propane, bien, si cela
explosait pour des raisons, quelles sont les conséquences dans la périphérie,
comment on va y répondre? Alors, c'est
un peu tout ça, en amont, qui se prépare... qui se prépare quand on a des cas
de sinistres possibles ou des générateurs de risques. C'est le terme
qu'on... que j'utilisais, là, qu'on utilisait, là, dans...
Mme Maccarone :
Puis, le rôle du ministère pour
le développement de cette résilience, on a un accompagnement de chaque
municipalité? Comment ça fonctionne pour eux, pratico-pratique?
Bonnardel : Bien, il y aura... il y aura des... Dans le plan climat
présentement, aussi, il y a un travail qui est fait avec le ministère de
l'Environnement, les coordonnateurs du ministère de l'Environnement qui
travaillent avec les municipalités. Ce qu'on va leur demander aussi comme tel,
c'est... c'est un... c'est presque du copier-coller de ce que le plan climat
définit pour les autorités comme telles. Je pourrais dire, le 10 % qui va
rester, bien, c'est nous-mêmes, à la sécurité civile, là, ce sont nos... nos
employés, nos effectifs, là, dans les différentes régions du Québec, là, qui
vont participer avec ces municipalités. Donc, il n'y a pas de... il n'y a pas
de... comment dire... Je me souviens, là, certains disaient : Ça va-tu
prendre deux... Tu sais, plan climat, ça a été quand même... il y a eu beaucoup de sommes qui a été... qui ont été... qui
ont été mises de l'avant pour supporter les municipalités. Donc, nous, on
va aller chercher la totalité de ces informations, ou presque, dans un... dans
un copier-coller, puis on... Moi, ce que je leur ai dit, là, c'est qu'il ne
faut pas que ça prenne deux ans, là. Vu qu'il va rester 10 %, là, à
attacher avec eux, là, on va le faire, on va
le faire peut-être dans un horizon... je ne veux pas donner de mois, là, mais
dans un horizon, exemple, beaucoup plus court que ce qu'a pu faire... a
pu prendre le plan climat, là.
Maccarone : Puis, pour le plan climat, c'est ça, on a du budget qui
est déjà accordé pour ça, pour faire cet
accompagnement, mais tout le reste de leurs besoins en ce qui concerne la
préparation, il n'y a pas du financement nécessairement mis de côté.
Mme Maccarone : Ça fait que ce
serait à eux de faire les préparatifs.
M. Bonnardel : Mais, comme je l'ai
mentionné, il y avait, je pense, une centaine de millions, là, qui a été dédié
au plan climat par le ministère comme tel. 90 % de ce qui a été préparé,
on va le chercher là. Tu sais, c'est de l'information qui va être utile pour
nous. Il reste un, selon ce qu'on évalue, 10 %, puis ce 10 %, c'est
là que nos équipes vont entrer... vont entrer au travail avec les
municipalités. Donc, on ne leur demandera pas une charge additionnelle, une préparation différente de ce
qu'ils ont... de ce qu'ils ont déjà fait. On part avec l'idée que ce qu'il y a
sur la table, c'est déjà très, très, très bon, déjà financé. Puis, comme je le
mentionnais, le reste va être accompagné par nos équipes.
Mme Maccarone : Puis dans le cas où
ça ne rejoint pas les critères du ministère?
M. Bonnardel : Bien, ça va y
rejoindre dans le sens où on va orienter... Tu sais, le but... le but, ce n'est
pas d'envoyer tout le monde à a, puis
l'autre à z, puis l'autre à y, là, c'est de les envoyer sur nos analyses, notre
préparation, la résilience ou autre,
le risque aux sinistres. Alors, c'est tout ça qui va... qui va être travaillé
avec les équipes du ministère et les autorités comme telles, là.
Mme Maccarone : Mais quand on a
identifié qu'il y a des lacunes, tu sais, c'est... c'est plus ça que je...
M. Bonnardel : Oui. M. le
sous-ministre va vous répondre là-dessus, sur celle-là.
Mme Maccarone : Oui. OK. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) : Merci. En fait,
pour ce qui est de l'accompagnement des municipalités pour... puis c'est un accompagnement en continu, hein, on a... on a
l'opportunité d'avoir un réseau de 12 directions régionales à travers
la province, qui comptent des conseillers en sécurité civile, qui, leur mandat,
et avec une certaine panoplie de municipalités qu'ils doivent desservir,
accompagnent les coordonnateurs des mesures d'urgence pour, en continu,
bonifier leurs plans de sécurité civile, s'assurer qu'ils sont bien, bien
conscients des réalités sur leurs territoires, des outils, aussi, géomatiques, technologiques, on les accompagne à
identifier les risques des zones particulières, et ça vient les aider à
bonifier leurs plans. Bien entendu, dépendamment de... du niveau de préparation
de la municipalité, l'accompagnement peut
différer. Certaines, je dirais, les moyennes et grandes villes, ont besoin
moins d'accompagnement ou
l'accompagnement va être plus, disons, poussé, mais, pour l'ensemble des municipalités,
on a des conseillers dédiés dans l'ensemble de la province. Et c'est
comme ça, nous, en continu, que...
Et, s'il y a des municipalités qui sont moins
prêtes, tout ça, on va... on va pousser l'accompagnement des fois un petit peu
plus loin. S'il y a un sinistre sur leurs territoires, on leur offre le service
d'aller organiser des retours d'expérience avec eux, qu'est-ce qui a bien été,
qu'est-ce qui n'a pas bien été, comment qu'ils peuvent améliorer en continu
leurs plans de réponse et la préparation qu'ils ont à la lumière des événements
qu'ils viennent de situer sur leurs territoires, chose qu'on a faite pour les
feux de forêt, chose qu'on faite avec les différentes communautés, que ce soit pour les inondations... C'est un processus
en continu, hein, qui... qui s'exerce par nos directions régionales au fil de
l'année.
Bien entendu, avec l'ensemble des nouvelles
responsabilités, qui étaient pour la majorité déjà existantes, qu'on va mettre
dans le PL n° 50, on va se doter d'outils aussi pour accompagner les
municipalités, pour que ce soit le plus...
je vous dirais, le plus convivial possible, plus simple, mais elles ne seront
pas laissées seules pour le faire, là. Notre réseau, qui est parti,
depuis 2017, à sept directions régionales, qui est rendu à 12, nous
permet d'avoir la force de frappe pour les accompagner adéquatement.
Mme Maccarone : Mais je... tu sais,
je comprends qu'ils ont passé... quand ils ont passé en commission
parlementaire... J'ai lu aussi l'analyse d'impact puis le document qui était
préparé pour le Conseil des ministres puis je
comprends que ça fait
partie des préoccupations que les municipalités... qu'ils
ont aussi, parce qu'évidemment, s'il y a des demandes... Ça fait que ça,
c'est pour le plan, mais, quand il y a un besoin, parce que, mettons, le
gouvernement, le ministère a identifié qu'il
y a des éléments à bonifier, parce qu'on souhaite évidemment la résilience, la
préparation, puis c'est très important, mais ça nécessite, exemple,
engager plus d'effectifs, acheter de l'équipement... Alors, je ne suis pas
experte dans la matière, quand on va le mettre à l'oeuvre, mais est-ce qu'il y
a aussi cet accompagnement pour eux? Parce
qu'on a identifié qu'il y a ce besoin. Il faut engager du personnel. On a
besoin d'avoir plus de pompiers. On a besoin d'acheter un équipement
spécifique spécialisé parce qu'on est à bord de la rivière ou des mesures de communication. Ça aussi, je peux imaginer parce
que, quand on parle de résilience, il faut équiper toutes les personnes
qui vont être impactées, qui vont nous... en ce qui concerne les changements,
ça fait que... de communication avec les citoyens, par exemple, ça aussi, ça se
peut, qu'il y ait des coûts reliés à ça. Ça fait que qu'est-ce qui est prévu
pour ce type de besoins que ça se peut qu'ils auront lors de l'adoption du
projet de loi?
M. Bonnardel : Oui,
c'est assez large comme... votre question. S'il y a des besoins comme tels pour
les équipements, cela appartient aux différentes municipalités, là, de financer
leurs... que ce soit un camion de pompier additionnel ou d'augmenter une
cohorte de deux ou trois pompiers à temps plein additionnels, même chose
pour les policiers, là, même chose pour les
policiers, ou s'ils ont besoin d'un petit bateau amphibie, peu importe, là, peu
importe, là, ou équipement amphibie, là, pour... pour la terre ou la rivière...
ou l'eau. Donc... Puis il y a des programmes, il y a des programmes qui
existent du côté du ministère des Affaires municipales. Nous, on ne finance pas
ce genre de... ce genre d'aide comme telle. Donc, ça appartient pas mal plus,
là, aux ententes que le MAMH a avec les municipalités ou autres, là.
Mme Maccarone : ...il y aura quand
même une compréhension du ministère si jamais ils ne sont pas en mesure de mettre à l'oeuvre toutes les
recommandations, tout le plan parce qu'il y a un déficit budgétaire, par exemple,
puis ils font face à des difficultés. On comprend que c'est les citoyens de
chaque municipalité, dans le fond, qui vont... il va falloir qu'ils défraient
le coût, on va augmenter les taxes municipales. Ça fait que ce n'est jamais des
décisions qui sont faciles, puis elles vont toujours être prises dans,
évidemment, la protection de la société civile, qui est très importante, mais
aussi de protéger les personnes qui vont avoir l'impact budgétaire, parce qu'on
doit financer tous ces changements. Ça fait
qu'est-ce qu'il va y avoir cette flexibilité juste pour faire un
accompagnement? Il n'y aura pas...
Bonnardel : Bien, je pense que les municipalités, autant par
l'entremise de la FQM ou de l'UMQ, comprennent très bien les besoins de
leur milieu, mais, à la fin, votre question est bonne, mais on ne réinvente pas
la roue. La totalité ou presque des municipalités petites, moyennes ou grandes
au Québec ont déjà des plans, sont déjà bien préparées, ont déjà des ententes
avec les... avec les communautés en périphérie ou voisines. Donc, on n'arrivera
pas demain matin en leur demandant à telle ou telle, telle, telle chose qu'ils
n'ont pas puis qu'on considère qu'ils n'ont... qu'ils peuvent mutualiser, là.
Donc, c'est fédérer ces besoins.
Donc, comme je le mentionnais, on ne réinvente
pas la roue, là. On veut... on veut s'assurer qu'ils soient bien préparés, qu'ils ont une bonne connaissance du risque
sur leur terrain, puis voilà. Mais, à la fin, comme le sous-ministre l'a mentionné, l'accompagnement va se faire par
nos équipes régionales. Puis on considère, avec ce qu'on a déjà vu, là,
dans le plan climat, là, qu'on identifie à 10 % ou à peu près les besoins
additionnels qu'on aura à définir avec eux, là.
Mme Maccarone : Est-ce qu'on
avait... Est-ce que ça fait
partie des articles transitoires à la fin? Lors de
l'adoption, on va avoir combien de temps avant de mettre à l'oeuvre, disons,
cet
article en question?
Bonnardel : C'est
ça, c'est un règlement qui va suivre, là, ça, par la suite, là. Ça, les...
Mme Maccarone : Ah! les mosus de
règlements!
M. Bonnardel : Vous savez comment ça
fonctionne.
Mme Maccarone : C'est quoi? C'est
quoi, l'orientation du gouvernement en ce qui concerne le règlement? On
parle... On parle de quoi, 12 mois?
Le Président (M. Schneeberger) : Là,
c'est parce que, là, vous changez trop, là.
M. Bonnardel : Oui, excusez.
Président (M. Schneeberger) : On va... C'est parce que, là, les... pour les
caméras... puis ça, c'est... ce n'est plus suivable.
Mme Maccarone : Bien... mais ça va
bien, M. le Président. C'est des échanges qui sont très constructifs.
Président (M. Schneeberger) : Oui, ça va très bien, mais les caméras, il faut
qu'ils suivent. Alors... M. le ministre, allez-y.
M. Bonnardel : Non, mais c'est ça,
M. le Président, on va se donner... Comme on l'a... je l'avais mentionné, on ne
va pas faire ça seuls, là. On va... on va communiquer avec l'UMQ, la FQM, on va
le faire en partenariat, puis on va se donner un an.
Mme Maccarone : Un an, à peu
près?
M. Bonnardel : À peu près, oui. Oui.
Maccarone : OK. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. D'autres questions?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Donc, je pense qu'on touche ici une des pierres d'assise
du projet de loi, là, c'est... on fixe de façon... de façon très claire la
responsabilité des municipalités locales, qui sont les premières autorités
responsables de la protection des personnes et des biens sur leur territoire en
matière de sécurité civile. Je faisais la comparaison... je comparais avec
l'article 55, là, à la... qui correspondait à cette thématique-là où les
municipalités locales ont toutes un rôle beaucoup plus atténué. Elles
doivent... Jusqu'à présent, là, elles doivent seulement contribuer à
l'information des citoyens et elles doivent participer à des comités, aux
décisions, et etc., là. Ici, donc, d'un rôle de... comment dire, de
participation, on passe à un rôle de responsabilisation, là, fondamentale.
Donc, c'est très bien, tout ça, mais c'est... comment dire, c'est un sentiment
qui se dégage de plusieurs articles du projet de loi, là, c'est que le projet
de loi vient exiger et établir l'obligation et ajouter des obligations légales
aux municipalités, et, dans le texte du projet de loi, le ministère, lui, il
apparaît moins, là. C'est comme... on... Et plusieurs personnes m'ont parlé de
cet... comme de cet ajout des nouvelles responsabilités, alors que le ministère
ne semblait pas aussi pressé de reconnaître ses responsabilités. On est dans le
domaine de l'impression.
Mais le mémoire de l'Union
des municipalités du Québec recommandait notamment que... dans cet article-ci
en particulier, là, qu'on ajoute que les municipalités locales ont des
responsabilités dans la mesure des pouvoirs, de leurs pouvoirs et de leurs
moyens, là, parce que ce n'est pas toutes les municipalités qui ont les
mêmes... les mêmes capacités, et etc. Et
comment le ministre reçoit cette... comment dire, cette mise en garde ou cette
proposition de... par exemple, de
l'Union des municipalités du Québec, là, de rajouter un... de rajouter «dans la
mesure des pouvoirs et des moyens» afin de tenir compte de la capacité
de chaque municipalité?
Bonnardel : Bien, M. le Président, on est dans la
section «Autorités
municipales», donc on ne se désengage pas. On aura une portion qui va nous
appartenir aussi un peu plus loin dans la loi. Puis, dans ce contexte... Comme je l'ai mentionné tantôt à la députée de Westmount—Saint-Louis, on ne réinvente pas la roue, là. Si les plans de sécurité
civile, et tout ça, l'exposition aux risques, la totalité ou presque, là, des
municipalités au Québec ont déjà, ont déjà
ce travail qui a été entamé, qui est déjà fait, le plan climat est déjà aussi
fait par la totalité ou presque, qu'il y a des partenaires municipaux, donc,
on... Comme je le mentionnais, 90 % de l'effort, du travail est déjà fait,
est déjà fait. Le reste, c'est nos
équipes régionales qui vont... qui vont... qui vont mettre à profit leurs
connaissances avec les municipalités.
Donc, c'est pour ça
que... La députée : Est-ce qu'il y a des sommes? Non, il n'y a pas de
somme, parce qu'on considère que le travail est déjà à 90 % terminé,
entamé, parce qu'on va aller chercher l'ensemble des informations du plan climat, qui ont été préparées, déjà
financé, déjà financé pour ces... pour ces municipalités. Alors, voilà, c'est
un exercice... un exercice législatif qui est important pour bien
définir puis être plus clair dans les façons de faire, dans les
responsabilités, mais on ne réinvente pas la roue, là, dans... avec cet
article-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Fontecilla : C'est beau.
Président (M. Schneeberger) :
Oui? D'autres questions? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons
mettre l'article 6 aux voix. Est-ce que l'article 6 est adopté?
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté.
Article 7. M. le ministre.
Bonnardel : J'ai un amendement, là, pour modifier... je vais le lire
après, là, pour...
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que vous l'avez déposé sur le Greffier?
Bonnardel : Je pense que oui.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui?
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Parfait. Alors, allez-y avec l'article initial.
M. Bonnardel : C'est juste un mot,
un mot qui est remplacé. Donc, je vais lire l'article, puis après ça je lirai
l'amendement. Donc,
article 7, là :
«Gestion des risques de sinistre.
«1. Planification.»
Article 7 :
«Chaque municipalité locale doit mettre en place
une structure de coordination de la sécurité civile chargée de la gestion des
risques de sinistre et de la coordination de la réponse aux sinistres sur son
territoire, sous l'autorité d'un coordonnateur municipal de la sécurité civile
qu'elle désigne.
«Elle doit, de plus, adopter un plan de sécurité
civile dans lequel sont notamment consignées des mesures de préparation
générale pour répondre à un sinistre ou à son imminence, dont des procédures
d'alerte de sa population et de mobilisation des ressources.»
Commentaire. Cet
article impose l'obligation aux
municipalités de mettre en place une structure formelle pour coordonner la
sécurité civile en charge de la gestion des risques de sinistre et de la
coordination de la réponse aux sinistres. Il prévoit également qu'un
coordonnateur municipal de la sécurité civile doit être désigné.
En outre, l'article prévoit que toute
municipalité locale devra adopter un plan de sécurité civile qui contient des
mesures de préparation générale pour répondre à un sinistre ou à son imminence.
Le Président (M. Schneeberger) : ...par
contre, est-ce qu'il a été reçu?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons suspendre quelques instants,
le temps que l'amendement se transfère, et puis nous allons reprendre.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
Président (M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Alors, M. le
ministre, je vous demanderais de lire l'amendement.
M. Bonnardel : Donc, l'amendement à
l'article 7 se lit comme suit :
Remplacer,
dans le deuxième alinéa de l'article 7 de la
Loi sur la sécurité civile
visant à favoriser la résilience aux sinistres, proposé par
l'article 1 du projet de loi, «adopter» par «établir».
Donc, l'article 7, tel qu'amendé, se lit
comme suit :
«7. Chaque
municipalité locale doit mettre en place une structure de coordination de la
sécurité civile chargée de la gestion des risques de sinistre et de la
coordination de la réponse aux sinistres sur son territoire, sous l'autorité
d'un coordonnateur municipal de la sécurité civile qu'elle désigne.
«Elle doit,
de plus, établir un plan de sécurité civile dans lequel sont notamment
consignées des mesures pour répondre
à un sinistre ou à son imminence, dont [les] procédures d'alerte de sa
population et de mobilisation des ressources.»
Donc, c'est
une modification, vous l'avez compris, là, pour être moins... moins coercitif
dans le... dans l'écriture du texte. C'est en lien aussi avec les lois
municipales, les... et les textes législatifs que les... le ministère des
Affaires municipales nous a demandé de remplacer, là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...questions?
Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci. Si ma
compréhension est bonne, ça veut dire... il va falloir... ça, ça veut dire
qu'ils n'auront plus besoin de l'adopter dans un conseil, là, on... C'est une
élaboration d'un plan qui sera mis en place,
le plan de sécurité civile, mais, en réunion du conseil d'administration, on
n'aura plus besoin de le voter tous les élus autour de la table. C'est
juste... Ils ont un... ils sont mandatés de le mettre à l'oeuvre.
M. Bonnardel : C'est ça.
Mme Maccarone : Est-ce que je
comprends bien?
M. Bonnardel : M. le sous-ministre.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) :
Merci beaucoup. Ça vient aussi... Vous savez, les plans, c'est un contexte
évolutif. On fait un plan une journée x, là, maintenant, on est exposé,
l'année suivante, à des feux de forêt, on doit adapter notre plan parce qu'on a
pris conscience de risques présents ou qu'on n'avait pas vu sur le territoire.
Donc, le plan, en étant établi, on peut le bouger plus rapidement qu'à chaque
fois qu'on l'adopte aller retourner devant le conseil et le faire réapprouver à
chaque fois.
Bien entendu, nos règlements qui suivront par la
suite, on aura la notion d'adoption de plans, là, pour... lorsqu'il y aura le
processus de gestion des risques qui aura été fait dans l'ensemble des
municipalités. Et, à terme, lorsqu'un processus de gestion des risques est fait
et qu'on identifie les risques prioritaires sur lesquels on veut travailler
dans une municipalité, bien là, ils pourront adapter le plan en ayant des plans
un petit peu plus spécifiques aux aléas présents sur leur territoire.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Maccarone : La raison que je trouve intéressante la précision,
c'est parce que... quand on parle d'adopter dans un conseil
d'administration ou un conseil municipal de la ville, c'est parce que, là, on
amène l'élément de le public, parce que, là, ça... ça... on amène ça sur la
place publique, les citoyens ont la capacité de s'exprimer, de parler de leur
accord, désaccord, des modifications qu'ils souhaitent, il y aura peut-être une
période de consultations. Mais vous, vous dites que, plus tard dans le projet
de loi, on va avoir cet élément d'adoption parce qu'on est en train de le
supplanter ici avec «établir». «Établir», ce n'est pas du tout la même affaire.
«Établir», ça veut dire... Pour moi, en tout
cas, là, ma compréhension, c'est : On a une responsabilité de mettre à
l'oeuvre, mais, quand on change, ça veut dire que c'est moins public.
Puis c'est quand même un élément fort ici, on parle... Encore une fois, on va
toujours amener les termes qui sont clés dans le projet de loi : la
résilience, la préparation, la prévention. Alors, il me semble, on a besoin d'avoir cet accompagnement de la société
civile dans tout ce que les municipalités sont en train de mettre à l'oeuvre.
Alors, c'est où qu'on parle de cette notion
d'adoption que les municipalités vont mettre à l'oeuvre pour faire cet accompagnement de leurs citoyens puis aussi
entendre leur voix en ce qui concerne le plan qui sera mis à l'oeuvre?
M. Bonnardel : C'est plus dans le
règlement, là, que... le règlement que le sous-ministre...
Mme Maccarone : Ça aussi, dans un
règlement?
M. Bonnardel : Oui. Je sais que
vous... je sais qu'on...
M. Savard (Jean) : C'est le
règlement qui va définir...
M. Bonnardel : C'est le règlement,
c'est ça, qui va définir... qui va définir l'article 10.
Mme Maccarone : Ça fait que, dans le
règlement, l'orientation du gouvernement, c'est... Dans le fond, ce qui y sera
souhaité, c'est ce type de consultations, quand même, avec les citoyens. C'est
ça qui est visé. On va avoir une consultation, on va... Je comprends, on a
besoin d'avoir des experts qui vont mettre à l'oeuvre, puis on va avoir
l'accompagnement, s'il y a lieu, puis il y a 90 % qui sont déjà dans une
place où ils sont déjà bien établis, mais la consultation des citoyens, ça fait
partie des orientations. Puis on va le voir à l'intérieur du règlement?
M. Bonnardel : C'est à
l'article 10 qu'on va... qu'on va définir ça, là.
M. Bonnardel : On y arrive dans...
dans pas long.
Mme Maccarone : OK. C'est beau.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
Mme Maccarone : Bien... Oui, pour
l'amendement, oui. Merci, M. le Président. Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
pour l'amendement? Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre question sur
l'amendement, est-ce que l'amendement introduit dans l'article 7 est
adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
monsieur...
M. Fontecilla : ...je partage les
mêmes préoccupations. J'ai hâte de lire l'article 10 en détail, parce
qu'on fait en sorte de... d'un changement
très simple, de changer «adopter» par «établir», là. Ça fait en sorte que le
plan de sécurité civile, sous la forme de... juste de cet article-là,
échappe à tout contrôle du conseil municipal et, par conséquent, tout contrôle démocratique de
la population locale. Donc, si le ministre me dit que c'est à
l'article 10, je lui fais confiance, mais on va regarder
attentivement la chose.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'article 7 tel qu'amendé? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Merci. Dans le
deuxième paragraphe, où on parle de «elle doit, de plus, adopter un plan de
sécurité civile»... excusez-moi, «établir un plan de sécurité civile», on ne
parle pas d'un échéancier. Je comprends qu'on a... dans le règlement, ça va
être élaboré dans environ 12 mois, puis on aura un accompagnement. Mais
les choses changent rapidement. Puis est-ce que ça va être en vigueur, mettons,
pour 20 ans ou est-ce qu'on prévoit qu'il va y avoir un échéancier, trois ans,
cinq ans renouvelable? De quelle manière? Combien de fois? Est-ce que
c'est du mur-à-mur? Est-ce que c'est du sur-mesure? C'est quoi, la vision du
ministre puis du ministère pour cette question?
M. Bonnardel : Le ministère va vous
donner... M. le sous-ministre va vous...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Savard (Jean) : Présentement, il
y a un règlement qui est en vigueur en lien avec l'article 194 de la loi
actuelle, et c'est encore ce règlement-là qui va être applicable tant qu'on
n'aura pas remplacé par un nouveau... le nouveau règlement de
l'article 10. Et c'est par ce règlement-là, qu'on... Pour le moment, nos
statistiques disent qu'il y a environ 90 % de municipalités qui ont un
plan de mesures d'urgence, là, à jour.
Donc, tant qu'il n'y aura pas un nouveau
règlement qui va... qui va venir puis qu'on... on disait un horizon de
12 mois, bien, c'est ce règlement-là qui s'applique, et les mesures de
préparation générale, les secours minimaux, là, qu'une municipalité va avoir, centre d'hébergement, centre des services
aux sinistrés, sont couverts par ce... par ce règlement-là, là, qui
est... qui est... qui est existant présentement.
Maccarone : Ma question, c'est plus en lien avec ce que vous
avez dit : À jour. «À jour», ça veut dire quoi? Si, exemple,
quelque chose qui est élaboré en... les... l'année 2001, est-ce que ça,
c'est considéré à jour?
M. Savard
(Jean) : En fait, le plan, ce qui est demandé aux
municipalités, c'est de le mettre à jour en continu sur... Alors, ce qu'on dit,
mise à jour en continu, le plan va figurer, exemple, une liste téléphonique des
gens à alerter au niveau de l'organisation municipale de sécurité
civile. Il doit... ils se doivent, les municipalités, de maintenir à jour ce fameux plan là. S'il y a prise en considération
qu'il y a un nouveau risque présent sur le territoire, ils doivent adapter
leur plan aussi, là, pour... admettons
qu'ils ont identifié un centre d'hébergement et que celui-là n'est plus
accessible, là, ils doivent modifier le plan pour dire : Bien, maintenant,
le centre d'hébergement ne sera plus au centre communautaire, il va être
à tel endroit. Ils se doivent... bien, c'est une responsabilité inhérente, là,
à l'article... au règlement qui découle de l'article 194.
Mme Maccarone : Je comprends qu'il y
a beaucoup de choses qui fassent... qui se fassent par règlement puis je
comprends aussi qu'on a quelque part un besoin de ça, mais en... je pense,
dedans... dans cet article, on ne fait pas
fausse route de mettre... ajouter les mots «à jour», si c'est la terminologie
qui est utilisée dans le règlement, juste pour qu'on... on comprend
qu'il y a un certain échéancier si ce n'est pas deux ans, trois ans,
cinq ans, sept ans. Parce qu'on a
nos schémas de couverture, on a débattu de ça pleinement lors du réforme de la
loi à la police, quand on parlait de ce type de couverture, mais on a
parlé d'un renouvellement, on a parlé de ce type d'accompagnement, mais, la
notion d'«à jour», pour moi, je pense que c'est important qu'on l'incorpore dans
la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. le ministre, oui.
M. Bonnardel : Une seconde, je vais
vérifier quelque chose.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
OK. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Députée de Westmount—Saint-Louis, je vous demande de
lire votre amendement.
Mme Maccarone : Oui.
Merci. Alors, l'amendement à l'article 1, qui introduit
l'article 7 :
Insérer, à la fin du deuxième alinéa de
l'article 7 de la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la
résilience aux sinistres, proposé par l'article 1 du projet de loi, «, et
le maintenir à jour».
Alors, on voit, le ministre... Je pense que je
n'ai pas besoin de lire l'article tel qu'amendé, mais on... merci beaucoup. Je
remercie le ministre et son équipe de leur ouverture puis pour la préparation,
aussi, de l'amendement pour notre petite équipe de l'opposition officielle.
Puis je remercie le ministre pour l'ouverture parce que je trouve que c'est...
là, on est toujours dans le sur mesure, mais je pense que l'intention du
législateur est claire, peu importe où nous sommes, «à jour», je pense que
c'est une bonne compréhension. Puis je comprends aussi que c'est en lien avec
le règlement, alors on utilise la même terminologie.
Alors, merci, je trouve que c'est une
bonification qui va aider les gens à bien comprendre les orientations qu'on
fait ici, en commission parlementaire.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a des commentaires? Non? Ça va? Alors, je vais mettre aux voix
l'amendement. Est-ce que...
Mme Maccarone : Vote par appel
nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Président (M. Schneeberger) : Par appel nominal. Alors, est-ce que l'amendement
à l'article 7 est adopté?
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
Le Secrétaire : M. Bonnardel
(Granby)?
Bonnardel : Pour.
Le Secrétaire : Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata)?
Le Secrétaire : Mme Jeannotte
(Labelle)?
Le Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
Le Secrétaire : M. Fontecilla
(Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire : M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Le Président (M. Schneeberger) : Abstention.
Alors, l'article... l'amendement est adopté. Est-ce qu'il y a des questions sur
l'article 7 tel qu'amendé? Alors, nous allons mettre aux voix
l'article 7 tel qu'amendé. Est-ce que l'article 7, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président ( M. Schneeberger) :
Adopté.
Article 8. M. le ministre.
M. Bonnardel :
L'article 8 se
lit comme suit :
«Chaque municipalité régionale doit réaliser, en
complémentarité et en cohérence avec les autres domaines de sa compétence qui concourent
à la sécurité civile et en tenant compte des changements climatiques, une
démarche de gestion des risques de sinistre, selon un processus d'amélioration
continue, comportant les étapes suivantes :
«1° l'établissement du contexte encadrant la réalisation
de la démarche;
«2° l'appréciation des risques, soit l'identification, l'analyse et l'évaluation des
risques présents sur son territoire permettant d'inventorier ceux qui
constituent des risques de sinistre et d'établir, parmi ces derniers, ceux qui
doivent être priorisés;
«3° le traitement des risques de sinistre visant à planifier et à mettre en place, selon
les priorités établies et en vue de favoriser la résilience de leur
collectivité aux sinistres, des mesures pour prévenir les sinistres et pour
préparer la réponse à ceux-ci.
«Toute municipalité locale dont le
territoire est compris dans celui de la municipalité régionale doit collaborer
étroitement à la réalisation de la démarche, notamment en mettant à
contribution ses connaissances et ses ressources et en transmettant à la
municipalité régionale les renseignements et les documents nécessaires.
«Pour l'application
du premier alinéa :
«1° une municipalité
locale visée au paragraphe e de la définition de "municipalité
régionale" peut s'entendre avec une
municipalité régionale pour que son territoire soit pris en compte par celle-ci
ou s'entendre avec d'autres municipalités locales visées au même
paragraphe pour que l'une d'elles agisse à
titre de municipalité régionale,
sauf si une autorité visée au paragraphe a
de cette définition a déclaré conformément à la loi qu'elle a compétence à son égard
sur un domaine de compétence que la présente loi attribue à une municipalité
régionale de comté;
«2° une municipalité
régionale de comté peut déléguer, par résolution, tout ou
partie de sa
compétence à une municipalité locale de son territoire.»
plus, l'article prévoit qu'une municipalité locale dont le territoire est
compris dans celui de la municipalité régionale
doit collaborer avec la municipalité régionale. Et, finalement, l'article
détermine les modalités d'application du
premier alinéa en ce qui concerne toute municipalité locale visée au paragraphe
e de la définition de «municipalité régionale»
et permet à une municipalité régionale de comté de déléguer, par résolution,
tout ou
partie de sa compétence à une municipalité locale de son
territoire.
Voilà. Donc, on
revient un peu au principe du paragraphe suivant, là, pour ce qui est du plan
climat comme tel, là, on ne réinvente rien
comme tel, ce qu'on va... ce qu'on demande là, c'est ce qui est déjà identifié,
qui est déjà préparé par les autorités municipales en complémentarité avec la
démarche que le ministère de l'Environnement a demandée, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Étant donné que l'article est quand même assez long,
il y a deux alinéas dans l'article 8, alors, je vais commencer par le
premier alinéa, avec les trois paragraphes qui le suivent. Alors, est-ce qu'il
y a des questions sur l'alinéa un? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : C'est plus un commentaire. Je suis contente de voir
l'amélioration continue. Je trouve que c'est
directement en lien avec l'amendement que nous venons d'adopter. C'est la
démonstration qu'on est toujours en train de modifier, de s'adapter, parce que,
comme je dis, tout est... c'est... il y a beaucoup de choses hors de notre
contrôle aujourd'hui, quand on doit tenir compte des changements climatiques.
Alors, pour ça, c'était juste un commentaire, M.
le Président, parce que je trouve ça... je trouve ça bien puis j'espère qu'on
va avoir amélioration continue à maintes reprises aussi dans le projet
de loi, parce que c'est ça qu'on a vraiment besoin quand on parle de
résilience.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres... au niveau de l'alinéa deux, est-ce qu'il y a des
commentaires?
Fontecilla : Vous avez dit à un ou deux? Vous êtes...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
bien là, on était au un, mais je n'avais pas... il n'y avait pas de main levée,
alors j'imagine qu'il n'y avait pas de question.
Fontecilla : Tout à fait. Bien, écoutez, je faisais le comparatif avec
l'ancien
article 16, qui est pas mal différent,
mais, dans certains endroits, qui est pas mal plus explicite, en particulier
l'article 18, donc, qui commandait, enfin, jusqu'à présent, là, que
le schéma de sécurité civile, comment dire, spécifie l'obligation que les
plans, les schémas aient une description
sommaire des caractéristiques
physiques, naturelles, humaines, sociales, économiques d'un territoire, fait
état de la nature. Bref, tous ces... toutes les... les obligations définies par
l'ancien
article 18, comment elles se retrouvent dans l'article 8? Je
suppose que c'est par... dans l'alinéa un, l'établissement du contexte
encadrant la réalisation de la démarche. Et toutes ces informations-là ne sont
pas reprises dans le nouvel
article 8, mais me paraissent pertinentes
ou... On les renvoie où? Elles sont perdues dans la nature? Enfin, je pose la
question.
M. Bonnardel :
Alors, grosso modo, grosso modo,
tout ce qui est 16 et 18, dans l'ancienne loi, va être répertorié dans
8, 9, 10 aussi, là.
Bonnardel : 8, 9, 10, les articles 8, 9, 10.
Fontecilla : 8, 9, 10.
M. Bonnardel : C'est pour ça que
vous avez encore... à la page 25, à l'article 9, voyez-vous à gauche,
là? Vous avez encore l'article 18 qui est mentionné.
M. Fontecilla :
L'article 11,
la page 25, là?
L'article 18 fait mention de choses très
particulières, hein, les... donc, il y a une
description
sommaire des caractéristiques du territoire, humaines, etc., ce qui
est toujours très utile. Il fait état de la nature des risques de
sinistres et précise, pour chaque risque, l'emplacement, sa source et les
conséquences prévisibles d'un sinistre... majeur lié à ce risque. Donc, on...
une description
sommaire, on identifie du risque et les mesures d'atténuation
et de prévention reliées à ces risques, mais toutes ces notions-là
disparaissent dans l'article, et je ne les retrouve pas ailleurs, précisément.
À moins que vous me disiez, M. le ministre, où est-ce que ça se trouve, là,
mais...
M. Bonnardel : C'est dans le libellé
qu'on a... qu'on a...
M. Fontecilla : Oui, il y a un
effort de concision, mais je trouve qu'on perd... on perd de la richesse.
M. Bonnardel : Oui. Dans
l'article 2... dans l'article 2, là, l'appréciation des risques,
identification, analyse, évaluation des
risques, il y a beaucoup qui est... Il y a beaucoup qui est identifié dans cet...
dans cet article... ce paragraphe comme
tel, 2°, qui vise... qui vise l'ancien
article 18. Et on revient aussi au
même... à la même situation, même analyse à l'article 9, qui
revient aussi à l'ancien
article 18, l'article 9 qu'on va voir
après, là.
M. Fontecilla : OK. Chaque
municipalité... dans l'article 9, chaque MRC doit adopter un plan régional
de résilience. Quand vous parlez d'un plan
régional de résilience, ça comprend, par exemple, ce qui est spécifié dans
l'article 18 de la loi actuelle, c'est-à-dire tel risque, tel moyen
de prévention.
Bonnardel : Puis ce
n'est pas... puis j'oubliais, là, quand...
M. Fontecilla : C'est compris
dans un plan régional de résilience dans l'esprit de votre loi.
Bonnardel : Oui. Et
on va ramener, aussi, à l'article 10, j'ai oublié de terminer tantôt, là,
à l'article 10, par règlement, on va
définir aussi, donc, les obligations et les pouvoirs des autorités, là, à la
réalisation de la démarche de gestion de risque de sinistre du plan régional
de résilience et du plan de sécurité civile.
M. Fontecilla : Pourquoi avoir
choisi la voie d'avoir la... Ça se trouve un peu dans les définitions. Pourquoi
avoir choisi la voie de parler des grands termes, par exemple, des grands
concepts, un plan régional de résilience qui comprend des choses très
pratiques, là, comme ce qui est défini dans l'article 18 de la loi
actuelle, et ne pas avoir choisi de définir
plus exactement, là, qu'est-ce qui sont les... qu'est-ce que sont les, comment
dire, les actions concrètes qu'on
veut... qu'on veut atteindre? Et, lorsqu'il va y avoir un... Lorsqu'il va y
avoir, comment dire, un conflit d'interprétation...
Dans l'article 18, on se référait très concrètement à ce qu'il fallait
obtenir au bout. Mais, lorsqu'on parle de...
Et de je n'ai pas, jusqu'à présent, je n'ai pas... dans le plan, dans le
concept plan régional de résilience, je ne vois pas ces descriptions-là.
Où est-ce qu'on va se référer? Est-ce que ça va être par règlement?
C'est-à-dire, est-ce que... Pour l'instant, le contenu de l'article 18, en
tout cas, certains éléments, ne sont pas repris dans la loi.
Bonnardel : Grosso
modo, l'article 18...
M. Fontecilla : De la loi
actuelle.
Bonnardel :
...revient. L'ancien
article 18, là, revient dans les articles 8, 9,
10. Et, oui, vous avez raison, à la fin, c'est
le gouvernement qui va déterminer, par règlement, les obligations, pouvoirs.
Les analyses que vous faites, là, face à l'ancien
article 18, qui
ne sont pas définis comme tels ou écrits dans... écrits comme tels, comme on le
retrouvait dans l'ancien
article 18. Donc, l'article 18 correspond à
trois nouveaux articles qui sont... qui sont définis... la loi comme vous le
voyez présentement. Et l'article 10, bien, va clore le tout par un
règlement.
M. Fontecilla : Si je me place
dans la peau... si je comprends bien votre propos, M. le ministre, si je me
place dans la peau d'un administrateur municipal d'une MRC, ce n'est pas en
lisant... en lisant la loi, qui fait référence à un plan régional de
résilience, que je vais comprendre exactement ce que je veux faire, mais c'est
en lisant le règlement que vous allez
produire que je vais savoir que, par exemple, que je dois identifier un risque
ainsi que des moyens concrets de...
en cas de sinistre, pour ce risque-là. C'est là que je vais retrouver cette
information-là qu'on retrouvait dans l'ancienne loi?
Bonnardel : C'est
ça, le processus de gestion des risques est déjà... est déjà défini. C'est par
règlement, par la suite, qu'on va... qu'on
va amener les éléments... les éléments additionnels. Mais, comme je l'ai déjà
mentionné, ces démarches existent déjà, là... chez des municipalités, là, c'est
une démarche qui est... qui est là dans le plan climat, qu'on va... qu'on va
rechercher puis qu'on va appliquer, qu'on va appliquer pour... pour ces
différents éléments, là.
M. Fontecilla : Comme
vous le dites, ces démarches existent déjà, là, c'est ce qui... c'est le
contenu de l'article 18.
Bonnardel :
Oui.
M. Fontecilla : Donc,
identification des risques et des moyens de... en cas de sinistre, de les
prévenir.
Bonnardel : Exact.
Bien, je veux dire, ça existe déjà...
M. Fontecilla : Donc, c'est une
pratique courante, déjà, dans le milieu.
Bonnardel : Oui.
Oui.
M. Fontecilla : Très bien. Mais
est-ce que vous avez... Très bien. Encore une fois, il y a le niveau de la
pratique courante, là, puis c'est très bien, mais est-ce que vous allez
formaliser ça dans un règlement?
Bonnardel : Tout à
fait.
M. Fontecilla : C'est bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Est-ce que... Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Et un autre
commentaire, monsieur, là. Dans l'ancien
article 18, on établit très
clairement une des... des demandes qu'on retrouve dans les mémoires présentés
par les municipalités. Par exemple, dans le... dans le troisième paragraphe, on
y établit que le schéma détermine et précise des objectifs de protection qui
peuvent être atteints compte tenu des mesures et des ressources disponibles,
donc... Et ça, ça englobe, là, et les mesures et les ressources disponibles au
niveau ministériel, mais également, si je comprends bien, des municipalités.
Donc, il y a déjà des principes, dans l'ancienne loi, sur l'obligation des
municipalités de répondre à certaines obligations compte tenu des ressources
disponibles, parce qu'on va y revenir au courant du projet de loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, s'il n'y a... D'autres questions? Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : ...à l'alinéa...
paragraphe.
Le Président (M. Schneeberger) : OK,
parfait. Alors là, nous allons à l'alinéa... au deuxième alinéa, dans le fond,
du... de l'article 8. Est-ce que vous avez des questions sur le deuxième
alinéa?
Mme Maccarone : Non, moi, c'est pour
l'appréciation des risques.
Président (M. Schneeberger) : Oui. Ça va être plus tard? Parfait. Alors, est-ce
que... S'il n'y a pas d'autre question sur l'article...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Maccarone : Attendez, c'est
juste parce que je souhaite vous suivre, M. le Président. Moi, j'ai des
questions sur le deuxième paragraphe, l'appréciation des risques. Ça fait que,
dans...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Maccarone : Je veux juste
m'assurer que je suis dans... à la bonne place. Mais, quand on parle de l'appréciation des risques, soit l'identification,
l'analyse et l'évaluation des risques présents sur son territoire, c'est quoi,
l'expertise qu'ils ont, les municipalités,
pour faire ceci? Comme, je comprends, au ministère, on a des experts, ministère
de l'Environnement, Changements climatiques, puis on a la même chose au
ministère de la Sécurité publique, peut-être,
mais pour les municipalités, comment... Parce que, là, on est en train de leur
dire... Puis, je comprends, il y en a beaucoup qui ont déjà mis à
l'oeuvre un plan, mais l'appréciation des risques, son identification, il me
semble, c'est une matière très spécifique, ça prend une expertise, aussi, très
spécifique. Comment ça fonctionne, pour eux, dans leur territoire, ce type de
gestion, puis de le mettre à l'oeuvre, ce type d'expertise?
Le Président (M. Schneeberger