Labour and the Economy — 10 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-05-10
Quebec — Committees
Le Président (M. Poëti) :
Alors, à l'ordre! Nous allons débuter, s'il vous plaît...
Le Président (M. Poëti) :
Madame. Merci. Merci à tous. Après avoir constaté le quorum...
Président (M. Poëti) :
... — à
l'ordre! — je
déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 70,
Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi.
Alors, Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président : M. Bolduc (Mégantic) remplace M. Hardy
(Saint-François); M. Roy (Bonaventure) remplace M. Bergeron
(Verchères); M. Turcotte (Saint-Jean) remplace M. Leclair
(Beauharnois); et M. Lisée (Rosemont) remplace M. Therrien
(Sanguinet).
Président (M. Poëti) :
Merci. Alors, lors de notre dernière séance, nous avions repris l'étude de
l'article 26 et nous avions
débuté — dé-bu-té — l'étude de l'amendement de la députée de
Taillon à cet article. Je vous rappelle que l'étude de l'article 28 et de son amendement est toujours
suspendue, M. le ministre. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Blais : Écoutez, on est dans
une discussion, je pense, toujours sur la présence ou pas, l'abolition d'un «notamment», là, dans l'article ou que ça puisse
demeurer. On a eu l'occasion de s'exprimer à plusieurs reprises là-dessus,
donc je vais laisser la parole aux collègues.
Le Président (M. Poëti) :
Parfait. Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Oui. Merci, M. le Président. Alors, comme il me reste un peu
de temps, je voudrais, encore une
fois, soutenir l'amendement de mes collègues de l'opposition officielle et,
donc, de biffer le mot «notamment». De toute
façon, j'annonce que j'aurai des amendements. Puisque le ministre a l'air assez
fermé à l'idée de supprimer «notamment», alors on va essayer de l'aider
en lui disant de quoi il devrait être question à l'article 72.
On ne peut
parler que de biens et d'avoirs liquides et que de revenus tirés d'actifs reçus
par succession. Moi, j'ai essayé
d'expliquer au ministre pourquoi, par exemple, on devait absolument parler des
pensions alimentaires pour enfants et je souligne que toutes les
oppositions étaient d'accord là-dessus. Le ministre dit non. O.K. Et là il
refuse de laisser «notamment». Autrement
dit, ce que le ministre nous dit, c'est : J'ouvre la loi, mais seulement
sur deux questions, je refuse d'en
regarder d'autres. Et nous, ce que nous lui répétons, c'est qu'il faut regarder
d'autres points, étant donné qu'on ne rouvre
pas des lois à tous les six mois. Ça n'est pas souhaitable et ça n'est pas ça
qui arrive. Alors, je trouve ça extrêmement malheureux parce qu'il y
aurait d'autres questions à regarder. Je pense aux gains permis, je pense aux
prestations spéciales, je pense à
l'indexation des prestations spéciales ou à l'indexation de ce qu'on consent à
des gens qui ont des contraintes sévères à l'emploi. Toutes des
questions qui sont importantes et dont on devrait s'occuper.
Je rappelle
encore une fois... mais ça, je le ferai, M. le Président, 30 fois s'il le
faut parce que peut-être que... je ne sais
pas, en pédagogie, on dit que la répétition a certaines vertus. On parle ici
des gens les plus pauvres, les plus démunis, ceux et celles qui ont le plus faible revenu de toute la société
québécoise, donc c'est loin d'être futile, ce qu'on est en train de faire.
C'est, au contraire, extrêmement important. Et j'ajouterais que, pour moi et
pour ma formation politique, on est vraiment sur une question de
principe. Est-ce que, oui ou non, on va améliorer le sort des personnes les
plus pauvres de la société? C'est la
question fondamentale à laquelle on est confrontés ici, dans cette commission
jour après jour, après jour, et,
malheureusement, j'ai bien peur que ce que le gouvernement soit en train de
faire, c'est de ne pas du tout améliorer le sort des personnes les plus
pauvres, mais, au contraire, leur poser des problèmes additionnels.
Alors, je ne
comprends pas très bien, dans une optique d'ouverture et, tu sais, d'accepter
de regarder un projet de loi dans
toutes ses dimensions, je ne comprends toujours pas — et, comme le ministre s'en explique peu,
c'est difficile à
expliquer — mais
pourquoi supprimer «notamment»? Pourquoi exclure d'avance de toute discussion
tout ce qui n'est pas avoirs
liquides, successions, etc.? En fait, c'est incompréhensible. À moins que ce
que l'on comprenne, ce que l'on doive
comprendre, c'est que l'objectif du projet de loi n° 70, bon, qui nous
dit : On va essayer d'amener des gens vers l'emploi, ce que personne ne conteste, mais il n'y a pas d'objectif de
soulager, d'alléger la pauvreté des gens qui sont à l'aide sociale. Et, dans ce
cas-ci, on parle des gens qui sont à la solidarité sociale, là. On est loin,
loin de parler de gens aptes à
l'emploi facilement, on parle de gens qui ont des contraintes sévères. Alors,
c'est assez renversant de penser que, même
pour elles et pour eux — même si nous, à Québec solidaire, nous détestons les catégories,
mais, comme la loi est faite ainsi,
je suis obligée de m'en servir — même pour ces personnes-là, là, on n'est pas
capable d'aller plus loin que de réfléchir
à deux questions, avoirs liquides, les biens puis les successions, on n'est pas
capable, on ne peut parler d'autre chose, là, parce que, là, ce serait
trop.
ne sais pas si c'est un problème de finances publiques encore, hein, d'équilibre
budgétaire à n'importe quel prix,
d'être sûr de donner chaque année 2 milliards au Fonds des
générations. Alors, comme ça, on est sûr que le Québec va bien. Mais il y a des gens qui vont mal. Il y a
des gens qui vont mal, puis nous, on aimerait aider ces personnes-là. C'est
étonnant de voir que le gouvernement s'y
refuse, refusant toute possibilité, là, d'amendement qui permet de discuter
d'autre chose. Alors, je trouve ça
très malheureux, M. le Président, mais visiblement je pense qu'il va falloir
encore beaucoup de répétition pour amener le ministre à changer d'avis.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il d'autres
interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 26 est adopté?
Le Président
(M. Poëti) : Rejeté?
M. Turcotte :
Est-ce qu'on peut demander le vote par appel nominal, M. le Président?
Le Président
(M. Poëti) : Bien sûr, M. le député. Alors, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Turcotte (Saint-Jean)?
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
M. Schneeberger :
Pour.
La Secrétaire :
M. Blais (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Drolet (Jean-Lesage)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Polo (Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire :
M. le Président?
Le Président (M. Poëti) :
Contre.
La Secrétaire : C'est rejeté.
Président (M. Poëti) :
Donc, l'amendement de l'article 26 est rejeté. Donc, nous revenons aux
discussions sur l'article 26. Mme la députée de Gouin, vous vouliez
nous adresser la parole.
Mme David (Gouin) : Oui, M. le
Président. Je vous remercie. Alors, le ministre a refusé de laisser le mot
«notamment», alors je vais apporter, donc, un amendement qui viserait à insérer
dans le deuxième paragraphe «afin d'améliorer
l'accès devant...» Non, excusez-moi, je vais modifier moi-même ce que je suis
en train de vous dire pour que ce
soit plus clair. Au deuxième alinéa, en fait, de l'article 72, que la
phrase se lise ainsi : «Les conditions d'admissibilité à certaines
prestations spéciales afin d'en améliorer l'accès».
Président (M. Poëti) :
Si vous le permettez, je suggérerais de suspendre quelques instants, le temps
de rédiger la proposition d'amendement et de la distribuer à tous. Nous
allons reprendre les travaux immédiatement après. Merci, messieurs.
(Suspension de la séance à 10 h 15)
Président (M. Poëti) :
...j'allais dire «Télécino», mais il n'y a pas de caméra. Merci beaucoup.
Je suis désolé. Alors, est-ce que tout le monde a une copie de la proposition d'amendement de la députée de Gouin? Oui? Alors, Mme la
députée Gouin, si vous voulez bien nous en faire la lecture.
Mme David
(Gouin) : Oui. Merci, M. le Président. Donc, il s'agit de modifier l'article 26 par l'insertion, après le
troisième paragraphe, du paragraphe suivant, qui serait donc :
4° par l'insertion, à la fin du deuxième paragraphe,
de «afin d'en améliorer l'accès».
L'idée étant d'améliorer l'accès à certaines
prestations spéciales, d'en améliorer l'accès. Exactement.
Maintenant,
M. le Président, pour être certains que nous savons tous et
toutes de quoi nous parlons, mais surtout, peut-être, aussi pour que le
public qui nous écoute et qui est nombreux sache de quoi nous parlons, avec
votre permission il serait peut-être
intéressant de distribuer deux feuilles que j'ai ici, qu'on peut sûrement
photocopier et qui nous donnent, en fait, la liste des prestations
spéciales auxquelles ont droit les personnes qui sont à l'aide sociale, particulièrement
solidarité sociale. Parce que,
sinon, je crains que l'on ne comprenne pas exactement de quoi nous
parlons. Alors, avec votre permission, on pourrait distribuer ce
document, qui nous vient du ministère, en fait un document officiel.
Président (M. Poëti) :
Bien, écoutez, bien sûr, Mme la
députée de Gouin,
nous allons les distribuer. Cependant, je me fiais sur vous pour nous éclaircir
à la compréhension de votre proposition d'amendement.
Mme David (Gouin) : Oui, je
peux le faire. Oui, ça, je peux le faire sans problème.
Président (M. Poëti) :
Alors, nous allons, évidemment, distribuer ces feuilles-là, mais nous aimerions
vous entendre sur votre proposition d'amendement.
Mme David (Gouin) : Je vais y
aller, M. le Président.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. Mme la députée de Gouin, la parole est à vous.
Mme David
(Gouin) : Sans problème.
Alors donc, le ministre et la
partie gouvernementale ont refusé de
retirer le fameux «notamment».
Alors, à ce moment-là, comme je l'ai dit tout à l'heure, en tout cas, je vais — et,
peut-être, d'autres collègues le feront aussi — apporter
certains amendements pour améliorer le fonctionnement gouvernemental en matière de solidarité sociale.
Lorsque nous
parlons de prestations spéciales, là — la liste sera distribuée bientôt — nous parlons vraiment de toutes sortes
d'outils, d'instruments. En tout cas, vous le verrez, là, on parle aussi bien
des problèmes de santé des gens, donc prothèses, orthèses, etc., la liste est
assez longue, là. On parle de ce qui va aider des gens à l'aide sociale à pouvoir avoir une vie minimalement décente, le
problème étant que l'accès à ces... On appelle ça des prestations spéciales,
mais, en fait, on parle très souvent ici de
l'achat de ce qui peut aider une personne à fonctionner. Donc, c'est pour ça
que je veux que les gens comprennent
bien, là, qu'il ne s'agit pas ici d'argent qui s'ajoute mois après mois à des
prestations de base. Dans certains
cas, peut-être, mais, dans d'autres cas, il s'agit vraiment d'un outil, un
objet permettant, par exemple, à une personne
vivant avec un handicap de surmonter ce handicap pour pouvoir fonctionner dans
sa vie. Donc, on parle ici de droit à
la santé, de droit à la dignité. On essaie de faire en sorte d'éviter que des
problèmes de santé s'aggravent. On parle de transport, différentes questions, et les
montants qui sont accordés, d'abord, premièrement, sont extrêmement peu indexés
au coût de la vie, sont très, très faibles
et sont souvent assortis de conditions extrêmement sévères. Pour avoir accès à
telle ou telle prestation, il faut être à l'aide sociale depuis tant de
temps.
Alors,
la raison pour laquelle j'aimerais ajouter dans le paragraphe «afin d'en
améliorer l'accès», c'est assez peu contraignant. C'est comme tous les
amendements que j'apporte, j'essaie simplement d'assouplir, hein? Le thème de l'article, là, je le rappelle, c'est assouplir les
règles. Alors, dans cet assouplissement, j'essaie de viser à ce que des règles
soient rendues plus humaines, juste plus
humaines, pour aider des gens, hein, des gens en grande difficulté — je vous rappelle qu'on parle de gens qui sont dans le Programme de solidarité
sociale — à mieux
vivre. Alors, par exemple, est-ce que le ministre peut dire : Très bien, je
vais regarder l'ensemble de ces prestations puis je vais regarder si, dans
certains cas, il n'y aurait pas moyen
d'assouplir les règles, de diminuer, mettons, le nombre de semaines ou
d'années — d'années,
dans certains cas — à partir desquelles les personnes qui sont
dans ce programme-là ont droit à cette fameuse prestation spéciale?
y en a qui demandent, dans les prestations spéciales, un avis préalable au
ministère. Très bien, mais est-ce qu'on peut réduire les formalités? Est-ce qu'on peut améliorer
l'accessibilité? C'est comme si ça, là, ça n'était jamais regardé puis que c'était toujours difficile pour les
personnes d'avoir accès à ces prestations-là. Dans la situation actuelle, dans
le Programme de solidarité sociale,
il y a des dépenses qui doivent être préautorisées, par exemple l'achat, le
remplacement, le regarnissage d'une
prothèse dentaire, l'achat ou le remplacement de lunettes, de verres de
contact, un déménagement pour une raison de santé ou de salubrité
lorsque des conditions particulières sont prévues.
Mais comment ça
fonctionne? Pour les gens qui nous écoutent, il serait intéressant d'entendre
le ministre, là. Comment ça fonctionne? Est-ce qu'on a des données sur le nombre de ces prestations-là qui sont demandées?
Combien ça prend de temps avant
d'obtenir, mettons, un nouveau dentier pour quelqu'un qui, franchement, ne
peut même plus porter l'ancien tellement il est détérioré et tellement
ça lui fait mal? Combien de mois faut-il avoir passé au programme Solidarité sociale avant d'obtenir une prothèse,
une orthèse, mais qui est essentielle pour qu'une personne puisse marcher,
par exemple?
Alors,
tout ça, c'est simplement de dire... C'est juste ça que ça dit, hein, l'amendement : Est-ce que le ministre
pourrait regarder l'ensemble de ces
prestations spéciales pour en améliorer l'accès? Je ne lui propose pas de
multiplier les prestations spéciales,
je ne lui propose pas de les donner inconditionnellement tout le temps à tout le monde, je lui demande
de regarder, de faire l'étude et de chercher à améliorer l'accès pour des
personnes qui en ont vraiment besoin. Alors, j'aimerais connaître, M. le
Président, l'ouverture du ministre face à cet amendement.
Le Président
(M. Poëti) : Alors, M. le ministre, à vous la parole pour
répondre à la députée de Gouin.
M. Blais : Écoutez, M.
le Président, je pense que l'enjeu
ici, ce n'est pas de savoir si on veut assouplir ou pas, c'est déjà écrit, hein, que, dans le cas du
programme Solidarité sociale — et,
dans les faits, c'est comme ça aussi — les
règles sont assouplies. Et je pense que,
dans l'écriture du projet de loi, c'est important de reprendre ce principe-là d'un
assouplissement, là, pour le Programme de solidarité sociale.
point de vue de la stricte écriture juridique, cependant,
là, je considère que l'ajout qui est proposé par la collègue n'ajoute absolument rien parce
que c'est de dire une deuxième fois
ce que l'on a déjà dit en parlant d'assouplissement. Donc, ici, on est là pour écrire des lois. Donc,
au niveau de la rédaction, ça n'ajoute absolument rien. Cependant, je suis d'accord avec elle que, le
principe d'assouplissement, il faut le préserver, puis je pense qu'il est bien
préservé dans la rédaction actuelle.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, je comprends très bien, là, qu'il est question d'assouplissement à l'article 26,
mais, comme nous avons éliminé «notamment»,
il n'est question d'assouplissement que pour la question des biens, des avoirs liquides et de la succession, point, barre.
Moi, ce que je dis au ministre : Très
bien pour l'assouplissement sur ces
deux questions-là, je lui demande s'il est possible d'assouplir davantage les
règles en ce qui a trait aux prestations spéciales.
Je donne un exemple. Il faut 24 mois consécutifs à l'aide sociale
pour obtenir certaines prestations spéciales. Par exemple, en ce qui a trait aux dentiers pour une personne à l'aide
sociale, une personne à l'aide sociale, au programme Solidarité sociale,
après 23 mois et qui n'a pas changé son dentier depuis plusieurs
années parce qu'elle est arrivée à
l'aide sociale il y a 23 mois,
puis là, vraiment, là, ça ne fonctionne plus, ça n'est plus possible, bien, il
faut qu'elle attende un mois de plus.
Moi, c'est ça que j'appelle de l'assouplissement, là, pour raison humanitaire,
et c'est pour ça que je dis «améliorer
l'accès». On peut se dire : Bon, si j'assouplis, c'est pour améliorer
l'accès. Oui, on pourrait se dire, on pourrait
se dire, mais je rappelle au ministre que, comme il n'y a plus «notamment», là,
on n'a parlé que des avoirs liquides, du régime de retraite, de la
succession, là, il n'est absolument pas question ici de prestations spéciales.
Alors, moi, je demande qu'on assouplisse aussi en visant l'amélioration dans le
cas des prestations spéciales.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Blais :
Je pense qu'on a un problème de lecture du texte, là, avec ma collègue, là.
Bien sûr, les conditions d'admissibilité à
certaines prestations spéciales, hein, donc, sont soumises à l'article 72.
Donc, bien sûr, c'est des règles qui
peuvent être assouplies. Donc, c'est déjà écrit, là, on n'a pas besoin
d'ajouter quelque chose, là, c'est déjà... J'essaie de comprendre votre
argumentaire, mais c'est soumis déjà à une plus grande souplesse, là.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, je comprends, je vois bien, moi aussi,
qu'il est question de certaines prestations
spéciales. D'abord, «certaines prestations spéciales», c'est quand même
restrictif. «Assouplir» peut aller dans la bonne direction. Disons que moi, je veux en être certaine et je
propose vraiment que cet assouplissement vise clairement à en améliorer l'accès. Alors, si le ministre me dit : C'est
ce que je voulais faire, pourquoi ne le faisons-nous pas? Ça serait plus
clair pour tout le monde.
Le Président (M. Poëti) :
Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Blais : Donc, je n'ai pas dit : C'est ce que je
voulais faire. J'ai mentionné à ma collègue, là, qu'elle a un style d'écriture, disons, législative qui est surprenant
parce qu'il faut toujours éviter...
On écrit des lois ici, là. Ce n'est pas un programme politique pour le
moment, hein? Avant tout, c'est des lois qu'on écrit, qui doivent être
compréhensibles. Je pense que ça a montré
par le passé que le Programme de solidarité sociale avait des règles
assouplies. Si elle veut avoir une
discussion sur certaines de ces règles-là, etc., bon, ça passe par les
règlements, on est sur un autre terrain. Mais je pense qu'on a tout ce qu'il faut ici pour maintenir, là,
l'assouplissement, là, qu'elle souhaite et que tout le monde souhaite ici,
autour de la table. Il n'y a personne qui est contre elle là-dessus, c'est une
question d'écriture, simplement.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Je comprends, M. le Président, et je ne doute pas un instant
de la sincérité du ministre, mais, en
tout respect, je suis obligée de lui dire que les ministres passent et que les
lois restent, et moi, je préfère bretelles et ceinture. Si le ministre est d'accord avec moi pour réellement
améliorer l'accès à des prestations spéciales, je ne vois pas vraiment
ce que ça lui enlève de l'écrire. On veut donc assouplir, prévoir des règles
assouplies aux conditions d'admissibilité à
certaines prestations spéciales afin d'en améliorer l'accès. Moi, je pense que
ça peut rassurer beaucoup de gens.
C'est compliqué, avoir accès aux prestations spéciales. Je pense que ça
aiderait tout le monde, ça rassurerait tout le monde si on avait une loi
qui disait clairement : On veut améliorer l'accès à ces prestations
spéciales.
Président (M. Poëti) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, effectivement, à la lecture de l'amendement
proposé par notre collègue la députée de Gouin, on peut voir,
effectivement, que c'est quand même une amélioration, bon, c'est le cas de le
dire, parce que l'amendement mentionne, justement,
l'amélioration. Mais il faut voir, M. le Président, que le projet de loi du
ministre modifie, au fond, la première
partie de l'article 72, qui est la possession de biens, de sommes versées
dans un régime de retraite ou
d'actifs reçus par succession, et là le projet de loi, au fond, modifie ces
éléments-là suite, il faut le rappeler,
M. le Président, à une recommandation de la Protectrice du citoyen, suite à des
jugements devant les tribunaux qui ont demandé cette modification-là.
Et, bon, on a eu tout le débat, là, sur la rétroactivité de l'application, là,
de cet article-là, on pourra peut-être y
revenir, là, mais, donc, l'article modifié par le projet de loi concerne la
première partie.
Dans le cas de notre collègue la députée de
Gouin, au fond, ce qu'elle dit, c'est — puis elle n'a pas tort à ce sujet-là : La deuxième partie, sur les
conditions d'admissibilité de certaines prestations spéciales, il se peut, il
se peut qu'entre l'époque où ces
règles ou ces conditions d'admissibilité là ont été élaborées et même les
prestations en elles-mêmes ont été élaborées, bien, il se peut que la
réalité fait en sorte que ce n'est peut-être plus approprié en termes de temps.
L'exemple de
notre collègue, bon, sur les prothèses dentaires, moi, il m'est arrivé, M. le
Président, de déposer ici, à
l'Assemblée nationale, une pétition en ce sens-là parce que ça pose problème.
C'est quand même très onéreux, une prothèse
dentaire, et pas tous ont les moyens... D'ailleurs, il m'est même arrivé, moi,
à mon bureau de circonscription, d'avoir des citoyens qui nous
demandaient si on avait un montant, là, un discrétionnaire pour le faire.
C'est sûr
que, bon, dans certaines circonscriptions, on a des réalités peut-être
différentes de d'autres. Sûrement que
ma collègue députée de Gouin... Je n'habite pas sa circonscription, donc ce
n'est pas ma députée, mais notre collègue la députée de Gouin a une réalité
qui, peut-être, se rapproche un peu plus de la réalité de
la circonscription de Saint-Jean, où
c'est une circonscription, il faut le dire, là, quand même
assez pauvre. Ce n'est pas une circonscription très riche, la circonscription de Saint-Jean.
Il y a plein de facteurs. Bon, c'est sûr qu'on a une
partie plus aisée, là, le
secteur Saint-Luc, le secteur L'Acadie, mais l'ancienne ville de
Saint-Jean-sur-Richelieu même, donc le secteur Saint-Jean de la grande ville de Saint-Jean est quand
même, il faut le dire... certains
endroits, là, c'est quand même beaucoup, là, de gens à faibles revenus, des travailleurs à salaire
modeste, à statut précaire, etc., ce qui fait en sorte qu'on a ce genre de cas
là qui arrivent assez fréquemment à notre bureau de circonscription, au
même
titre que, bon, quelqu'un qui n'a pas d'argent, son réfrigérateur cède, un
électroménager, etc., quelqu'un qui est mis...
Là, en ce
moment, je pourrais donner l'exemple des comptes d'Hydro-Québec. C'est la
saison, là, bon, les débranchements
ont lieu, on n'a jamais eu autant de demandes au bureau de circonscription pour
ça. La semaine dernière, on en a eu
peut-être une vingtaine, de cas. Donc, bon, on a eu une belle collaboration
avec les gens d'Hydro-Québec, même avec
le cabinet du ministre — pas le ministre qui est devant nous aujourd'hui, mais le ministre
concerné — donc, on
a réussi à trouver, dans presque tous les cas, des ententes, mais on le
voit qu'il y a quand même une difficulté.
Donc, la
proposition de notre collègue la députée de Gouin, au fond, dit... Bon, on
pourrait en faire la liste. C'est d'ailleurs
apprécié de sa part, là, de nous soumettre l'énumération des prestations
spéciales, là. C'est beaucoup, on le voit, là, par rapport, bon... services et biens assumés par le ministère. Il y a
beaucoup d'éléments qui ont rapport, bon, aux béquilles, aux cannes, certains types de chaussures, certains
types de ceintures, certaines... Bon, les prothèses, on en a parlé, prothèses
dentaires, oeil
artificiel, prothèses mammaires externes. Donc, il y a beaucoup d'éléments qui
concernent la santé, mais aussi, il
faut le mentionner, dans certains cas, là, on peut le voir, là, si on regarde
la liste, là, certains éléments par rapport aux équipements pour s'assurer que les gens puissent avoir accès, là,
aux soins de santé, donc fauteuils roulants, frais de transport, les
frais funéraires, etc. Donc, c'est quand même des prestations importantes.
Notre
collègue nous amène l'idée de dire : Bon, bien, est-ce que, dans
l'article 72, tel qu'écrit dans la loi actuellement, le
gouvernement peut, par règlement... Bon, on pourra embarquer une autre fois,
là, mais je vais quand même le dire, M. le
Président, nous n'avons toujours pas eu le règlement ou les intentions
réglementaires de la part du ministre pour le projet de loi n° 70 malgré le fait que, lors de l'étude des
crédits, il s'était engagé à dévoiler ses intentions réglementaires, que, lors de notre dernière ou avant-dernière
étude en commission parlementaire, il nous avait dit : Lorsque nous
arriverons, là, au chapitre, nous allons les avoir. Là, nous lui
redonnons la chance de déposer ses intentions réglementaires. Nous sommes sortis du quatrième bloc, donc d'Objectif
emploi, et là il pourrait dire : Bien là, finalement, quand on va
rembarquer, je vais les remettre, mes
intentions réglementaires. Parce que, là, nous sommes revenus à l'article 26,
donc ce serait une belle occasion
pour le ministre de déposer ses intentions réglementaires. Il me semble que ça
commencerait bien la semaine, faire en sorte qu'on puisse, là,
travailler ici, autour de la table, dans un bel esprit de collaboration.
Donc, M. le
Président, je tenais à le mentionner parce que, bon, ça concerne le règlement,
là, on jase de ça, là, en ce moment,
là, tout ce qui peut être modifié, bon, en fonction du règlement, le fameux
règlement. Donc, comme le mentionne
l'article, «le gouvernement peut, par règlement, prévoir des règles assouplies
applicables aux prestataires du programme en ce qui concerne notamment»...
Et il faut se rappeler que, là, le programme, c'est le Programme de la solidarité sociale, hein? On s'entend, là, ce
n'est pas toute l'aide sociale au complet, c'est la solidarité sociale, donc
les gens, entre autres, contraintes
sévères à l'emploi, etc., donc des gens qui, effectivement, ont davantage
besoin de ces prestations spéciales là, il faut le dire, M. le
Président.
Donc, dans le
cas où il nous occupe de modifier les conditions
d'admissibilité à certaines prestations spéciales et, comme l'ajoute notre collègue
députée de Gouin, «afin d'en améliorer l'accès», donc, moi, je
crois que ce n'est pas contradictoire,
ce n'est pas quelque chose qui est redondant non plus parce que
ça le dit : «Le gouvernement peut, par règlement, prévoir des règles
assouplies applicables aux prestataires du programme en ce qui concerne notamment»,
mais, quand on parle des règles assouplies,
on ne sait pas dans quel but que ces règles assouplies là sont là. Mais là,
avec l'ajout qui est fait par notre collègue
la députée de Gouin, ça nous dit, au fond : «Le gouvernement peut, par règlement, prévoir des
règles assouplies[...] — ta,
ta, ta — afin
d'en améliorer l'accès», donc dans l'objectif clairement écrit dans la loi d'en améliorer l'accès. Donc, ça nous donne une
direction vers quoi on aimerait que le gouvernement agisse et garde ça en tête. Donc, lorsqu'il a des règles assouplies, bien, c'est dans l'objectif
d'en améliorer l'accès, donc faire en
sorte que soit que les gens
puissent avoir accès plus rapidement ou qu'il y ait plus de gens qui puissent y
avoir accès, je pense, là.
Moi, je
regarde ça rapidement, là, puis je me dis «afin d'en améliorer
l'accès»... Bon, je comprends que le ministre
peut dire : Bon, ce n'est pas notre
intention, nous, on considère que l'article est clair actuellement. On a eu le même
débat, hein, sur le «notamment»,
puis je ne repartirai pas là-dessus, là, parce
que moi, je l'avais oublié, là,
j'avais passé une belle semaine, là, sans parler du «notamment», mais là
on recommence là-dessus, là. Donc...
M. Turcotte :
Pardonnez-moi?
M. Blais : ...passé une belle
semaine, la semaine dernière.
M. Turcotte : Ah!
bien, nous, on n'a pas eu trop de problèmes, là, on s'habitue, on s'habitue. Est-ce
que nos collègues ont un commentaire à faire sur l'actualité politique?
On peut-u arrêter, puis suspendre, puis faire un bloc sur la situation politique?
Le Président (M. Poëti) : Je
dirais que, notamment, on devrait notamment continuer. Merci.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Turcotte : Bon. Non, moi, je suis tout à fait d'accord à prendre votre proposition, M. le Président. Même, en
même temps, moi, je n'ai pas trop de problèmes qu'on parle de politique. On est en politique,
hein? Donc, on peut en jaser longuement.
Mais là on va
revenir à l'article 26, qui, au fond... Moi, selon moi, à la
lecture, peut-être que les... Moi, j'ai beaucoup aimé
les arguments de notre collègue la députée
de Gouin. Je trouvais que c'était
très clair, ça apportait quelque
chose de plus. Ce n'était pas
redondant, ça nous permettait d'avoir une directive, hein, dans le sens
d'améliorer l'accès. Moi, je crois
que plus on peut aider les gens... Puis il faut se le rappeler, programme
Solidarité sociale, programme Solidarité sociale, ce n'est pas toute l'aide
sociale, c'est des gens, là, qui ont déjà, là, tu sais, on le sait, là, des
contraintes sévères à l'emploi, etc., donc
ce n'est pas des gens qui ont la vie toujours facile sur le plan, en tout cas, financier ou autre. Donc, de pouvoir les aider davantage, que
ça soit moins compliqué peut-être aussi...
Ça peut être
ça aussi parce que les règles, des fois, c'est compliqué, il faut
remplir de la paperasse, il faut envoyer des
documents, il
faut envoyer ci, il faut
envoyer ça. On a parlé aussi longuement, lors de nos dernières rencontres, sur
le taux de littératie au Québec. D'ailleurs, bon, la coalition a dévoilé
hier sa plateforme pour améliorer, justement, la littératie au Québec, faire
en sorte qu'on réduise de façon
significative l'analphabétisme au Québec. Donc, on l'a vu, sur la question, bon, des formulaires, sur les questionnaires,
là, qui étaient envoyés, là, à chaque mois, c'était un bon geste de la part du gouvernement. Dans ce cas-ci, je crois que ça pourrait être
une belle occasion de plus pour simplifier la vie des gens, simplifier aussi l'administration par rapport à cette gestion-là. Donc, moi, je trouve que
c'est un bon ajout de notre collègue la députée de Gouin.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. le député. M. le ministre, vous voulez rajouter? Est-ce qu'il y a d'autres
interventions ou nous allons... Oui, M. le député, la parole est à vous.
M. Schneeberger : C'était suite à l'amendement de ma collègue.
Bon, bien, je comprends son approche dans le but d'améliorer l'accès, et autres. Ça, là-dessus, je
pense que, généralement, tous les députés ici, on va être d'accord là-dessus.
Elle parlait aussi des délais. Ça aussi,
tout à fait d'accord. Mais ça, bon, on parle plus au niveau du système de
santé, et autres, ça, c'est vrai, des
délais, les dentiers, et autres, là, c'est vrai que c'est généralement très préoccupant. Et puis on
mange à tous les jours, mais pas de dentier, ce n'est pas évident. Alors, ça,
je comprends ça.
Maintenant, ici, on parle «afin d'en améliorer
l'accès». C'est-à-dire que, dans le paragraphe actuel, c'est les conditions d'admissibilité à certaines prestations
spéciales. Ça, ça veut dire qu'on peut en ajouter, on peut aussi en retirer.
Maintenant, avec ça, ça vient dire qu'on
peut juste en ajouter. Est-ce que, maintenant, au niveau juridique, on
pourrait, à ce moment-là, aussi
pouvoir en retirer? Parce que, là, quand on retire une condition, c'est-à-dire
qu'on en diminue l'accès, et moi, je pense que, pour avoir un système en
santé, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir, justement, aussi être positif pour améliorer l'accès, mais, dans un cas contraire,
si, admettons, pour une problématique ou peu importe... diminue, bien, de
le garder, l'accès, si le besoin n'est plus, c'est moins bon.
Je voudrais savoir, en termes juridiques... maintenant,
pour savoir comment je vais me positionner, est-ce qu'à ce moment-là on
pourrait aussi en retirer, des conditions?
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
Écoutez, ma compréhension, là, c'est que, bien sûr, le principe de
reconnaissance des besoins spéciaux, là,
c'est un enjeu d'équité, disons, horizontal, hein? C'est reconnaître des
besoins particuliers pour des personnes dans une situation particulière, et ces besoins-là peuvent évoluer dans un
sens ou dans l'autre, notamment à cause des technologies qui sont
disponibles, la reconnaissance des besoins, hein? Dans les années 70, il y
a des choses qu'on ne devait pas reconnaître
comme étant des besoins importants puis qui devraient l'être aujourd'hui,
compte tenu de l'évolution que l'on a de
ce que c'est qu'une personne qui devrait être en santé, l'idée que l'on se
fait, par exemple, de l'accès à des services de santé, etc. Donc, il y a
une évolution normale.
La réticence,
là, puis mon objection à ajouter l'élément, là, qui est proposé, c'est qu'on a
déjà reconnu le grand principe dans
la loi qu'il doit y avoir un traitement différencié et un assouplissement pour
tenir compte de ces besoins-là. C'est
déjà fait, donc ensuite on peut les faire évoluer. Puis, quand on regarde, là,
j'avais la liste devant moi, c'est très clair que cette liste-là, elle a
évolué avec le temps, qu'il y a des choses, il y a des technologies qui
n'existaient même pas, il y a 25 ans,
qui existent aujourd'hui, on considère que ça devrait être disponible. Donc, on
a en ce moment la souplesse qu'il faut, là, pour prendre des décisions
là-dessus, compte tenu des représentations que l'on peut avoir.
Le Président (M. Poëti) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député.
M. Schneeberger :
Mais, au niveau de l'accès, mettons, à ce moment-là, s'il y a eu un accès...
Mettons, je ne sais pas, ça a été
accordé. Admettons, un cas spécifique, il y a eu un accord. Finalement, on voit
que, finalement, cet accord n'aurait
pas dû être accordé. Avec l'article comme il est là, est-ce qu'on peut le
retirer si on vote pour l'amendement comme il est là?
Président (M. Poëti) :
En fait, M. le ministre, je voudrais peut-être juste que vous éclaircissiez
votre question. Nous sommes toujours sur l'amendement de la députée de
Gouin.
Schneeberger :
...bien, l'article... Oui, je veux dire, bien, en tout cas, si, admettons, on
appuie l'article, moi, je veux savoir la...
Le Président (M. Poëti) : C'est
un peu difficile de prévoir ce qui se passerait si...
M. Schneeberger :
Je vais refaire ma question. Si on appuie l'amendement avec les mots «afin d'en
améliorer l'accès», s'il y a eu un
accord pour x raisons que ce soit, une personne, et que, par la suite, on
voit que cet accord-là n'aurait pas
dû être accepté, est-ce qu'on peut, à ce moment-là, en retirer l'accès si
l'amendement est adopté comme il est là? Très important, là, moi, c'est
des termes... Je ne sais pas si vous comprenez mon approche ou...
Président (M. Poëti) :
Mais moi, j'ai un questionnement. Je m'excuse, au niveau de la présidence, je
pense qu'on doit travailler sur
l'amendement, puis c'est difficile, je pense, de poser une question au ministre
en lui disant : Si nous
adoptions, est-ce que nous ferions... Je pense qu'on doit parler au présent
actuellement puis passer par l'amendement, le voter, et ensuite, si vous avez une autre proposition... Mais, à ce
stade-ci, il m'apparaît difficile pour le ministre de répondre à une
supposition sur un amendement. C'est mon interprétation. Actuellement,
j'aimerais que peut-être vous précisiez davantage votre pensée, mais je pense que ça ne
s'applique pas vraiment d'aller au-delà de la proposition de la députée
de Gouin à ce stade-ci.
M. Schneeberger :
O.K. Alors, avec l'amendement qui est proposé, est-ce qu'on peut retirer un
accès qui aura été admis pour x raisons que ce soit et n'aurait pas dû
être admis?
M. Blais : Moi, je comprends très bien la question
du collègue. Je ne suis pas en mesure d'y répondre déjà parce que je trouve que l'amendement en tant que tel, il n'a pas de vertu du point
de vue juridique parce qu'il ne nous aide pas à comprendre ce qui est en cause exactement. Il faut
bien voir où est-ce que l'on est, on est dans un
article qui reconnaît un
principe qui est important pour la
solidarité sociale, c'est qu'il y ait des assouplissements au niveau... Ces
assouplissements-là, c'est pour quoi?
Bien, c'est mentionné, pour «les conditions d'admissibilité à certaines
prestations spéciales». Donc, c'est ça,
le coeur, là, de ce qui a été écrit par le passé. Donc, on ne veut pas changer
ça parce que ce principe-là, il est important pour nous, de reconnaître
qu'il doit y avoir assouplissement.
Alors, je ne
peux pas répondre à votre question sur les conséquences qu'ajoute... Là, il
faudrait que la députée elle-même
réponde à ça parce qu'on considère que cet ajout-là n'aide en rien, et c'est
purement... au mieux, c'est répétitif; au
pire — puis je
n'irai pas jusque-là parce que je ne le comprends pas bien — peut-être que les craintes que vous pourriez
avoir, là, pourraient se produire. Mais on
n'a pas besoin, je pense, d'aller jusque-là parce qu'on a déjà une écriture qui
nous a permis dans le passé — puis ça, ce qui vous intéresse — de reconnaître de façon évolutive, hein, des
besoins spéciaux et aussi,
éventuellement, peut-être d'en enlever simplement parce qu'il y a des nouvelles
technologies qui sont disponibles, on n'a plus besoin des mêmes
services, des mêmes biens.
Le Président (M. Poëti) :
Alors, Mme la députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : Bien, d'abord,
oui, M. le Président, j'aimerais rassurer mon collègue de la deuxième
opposition pour lui dire que ce dont on parle ici, là, c'est d'améliorer
l'accès à certaines — certaines — prestations
spéciales, hein, certaines. Donc, le mot
«certaines» dit ce qu'il veut dire, c'est-à-dire pas toutes. Ça, c'est la
formulation du ministre. Et, deuxièmement,
bien, c'est sûr que, si une prestation spéciale n'aurait jamais dû être
accordée et que le ministère s'en rend compte, inquiétez-vous pas, il va
l'enlever. Ça ne prendra pas beaucoup de temps, d'ailleurs.
Ce que je
voudrais dire... Je vais vous donner un exemple d'une amélioration d'accès qui
serait intéressante, une situation
qui s'est produite dans ma circonscription. Une dame très handicapée se mouvant
en fauteuil roulant et qui a un conjoint...
Elle a un conjoint, et ils viennent me voir tous les deux parce que la dame a
le droit... Puis, effectivement, on regarde
la liste des prestations spéciales, elle a le droit, par exemple, à des côtés
de lit, elle a même droit à un lit d'hôpital, bon, parce que c'est important pour elle, il faut qu'il y ait un lit
vraiment adapté. Et ça, le ministère le paie, mais il ne paie que des lits simples. Les personnes handicapées,
visiblement, ne peuvent pas dormir avec un conjoint. Et ce qu'on lui dit,
c'est : Bien là, si vous voulez un lit
double, nous, on ne paie pas pour ça, puis ça va vous coûter dans les
700 $ à 800 $. Une personne
handicapée à l'aide sociale n'a pas 800 $ pour acheter un lit double pour
pouvoir dormir avec son conjoint.
Je comprends qu'il y a 30 ans ça se peut que le
législateur n'y ait pas pensé, mais, depuis 30 ans, on a évolué beaucoup comme société, et je pense qu'on sait
maintenant, un, que les personnes handicapées ont une sexualité — elles ont tenu à nous le dire et à nous le répéter maintes et maintes
fois — et,
deux, bien, ayant une sexualité, pouvant vivre en couple, c'est tout à fait normal — pour les personnes qui le désirent, en tout
cas — de
pouvoir dormir avec son conjoint ou sa conjointe. C'est aussi simple que
ça. Ça devrait être simple, mais ça n'est pas simple.
Alors, améliorer
l'accès, dans mon esprit, ça veut dire réellement, là, pas seulement assouplir
une règle du genre : Ça va vous
prendre moins de temps que ça vous prenait avant, ça veut vraiment dire :
Écoutez, là, il y a des nouvelles situations,
on comprend puis on va faciliter la vie de personnes qui sont vraiment dans des
grandes difficultés. Alors, c'est ça que
ça veut dire, «afin d'en améliorer l'accès». La situation dont je vous parle,
elle est réelle, je n'invente rien. Je veux dire, je les avais devant
moi, les gens à mon bureau. Moi, quand je suis devant des situations comme ça,
comme députée, honnêtement, c'est comme si
je trouvais ça un peu surréaliste. On finit, en général, par trouver des
aménagements, mais il faut que ça passe par le bureau de la députée. Ce
n'est pas normal, on devrait tellement pouvoir régler des problèmes comme ça directement à l'aide sociale sans que ça
pose de contraintes épouvantables, y compris d'être obligé d'aller voir son
député. Alors, c'est ce que ça veut dire, mon amendement, ce n'est pas très
compliqué.
Le Président (M. Poëti) : Merci, Mme
la députée. M. le ministre.
M. Blais : Écoutez, je ne veux pas
aller sur le fond du problème qui est évoqué, là, c'est les normes qui sont appliquées, là, les lits d'hôpitaux, en ce moment par règlement. Ça pourrait
changer, on pourrait même imaginer... Mais, encore une fois, ce qui est proposé comme amendement ne change
absolument rien à cette préoccupation-là parce qu'on a les pouvoirs
déjà, par règlement, de modifier, là, ces normes-là.
Le Président (M. Poëti) : Merci, M.
le ministre.
Mme David (Gouin) : Il me reste
combien de temps, M. le Président?
Président (M. Poëti) : C'est
exactement la question que je viens de poser, Mme la députée. Je suis désolé,
ça devrait arriver d'ici quelques secondes, je voulais vous en informer.
Une voix :
...huit minutes.
Le Président (M. Poëti) : Huit
minutes, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Bon, visiblement, j'ai un petit peu
de difficultés à convaincre le ministre, je pense. Alors, peut-être,
pour le bénéfice à la fois des parlementaires et des gens qui nous écoutent, on
va prendre un exemple, disons prothèses
mammaires externes... En passant, je ne sais pas pourquoi on n'a pas ici
prothèses mammaires internes. Bon,
bien, ça, ça serait ma première question, tiens. Alors, pourquoi est-ce qu'une
femme au Programme de solidarité
sociale n'a pas droit à des prothèses mammaires internes, comme plein d'autres
femmes le font après des opérations majeures? Est-ce qu'il y a une
raison pour ça?
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
Blais : Écoutez, on est en train d'écrire une loi, là, je ne suis pas
en mesure d'expliquer tous les règlements qu'il y a à la solidarité sociale pour reconnaître des besoins spéciaux.
Donc, je ne pense pas que c'est le but de l'exercice. Ici, il s'agit de savoir
si l'amendement qui est proposé, il est pertinent ou pas. Et, encore une fois,
même la formule qu'elle propose, que
ma collègue propose, même si on l'adoptait, cette question-là demeurerait
entière, elle devrait se résoudre sur un autre forum que par une
rédaction juridique.
Le Président
(M. Poëti) : Alors,
peut-être je pourrais intervenir, Mme la députée de Gouin. Évidemment, nous
travaillons sur l'amendement, s'il vous
était possible d'exprimer l'ensemble de votre pensée sur votre amendement,
votre proposition d'amendement. Cependant, évidemment, ça fait
partie du
sujet, mais il faut régler... Ça peut faire
partie du sujet, j'en conviens. Je dis juste que, pour travailler sur
l'amendement, il faudrait qu'on fasse un bout de chemin. Mais ça ne vous
empêche pas d'élargir le sujet quand vous pensez que c'est le moment.
Mme David
(Gouin) : Mais, M. le Président, j'essaie, très honnêtement,
d'expliquer pourquoi on a besoin de cet
amendement. Quand je demande au ministre, mais, au fond, pourquoi est-ce qu'une
femme à l'aide sociale, elle, elle a droit
juste à des prothèses mammaires externes, ce n'est pas une question futile,
c'est pour juste exprimer qu'il y a, comme ça, des tonnes de questions qu'on pourrait poser sur les prestations
spéciales et qu'améliorer l'accès pourrait vouloir dire que le ministre... Je pense qu'il comprend très bien
le message. Il me dit que ce n'est pas utile, bon, je comprends, c'est son
point de vue. J'accepte qu'il ait ce point
de vue, mais le mien, c'est que, si on parle d'améliorer l'accès, on ne parle
pas seulement d'assouplissement de
règles qui font que, oui ou non, bon, on va aller dans cette direction-là, on
parle d'une amélioration.
Alors, c'est
un exemple que je donnais. Je ne vous ferai pas un cours — il doit me rester six minutes — sur les prothèses mammaires, mais
c'est un exemple. Je vous donnais l'exemple du lit, mais c'est un autre
exemple. Mais les exemples, ça nous aide à
comprendre. Ça nous aide à comprendre que la question n'est pas
seulement : Combien de temps il
nous faut pour y avoir accès? Depuis combien de temps il faut être à l'aide
sociale? Quel formulaire il faut remplir? Oui, ça, ce sont des bonnes questions, et l'assouplissement des règles,
s'il y a moins de bureaucratie, ça va juste être mieux. Mais améliorer
l'accès, ça veut dire avoir accès à des prestations spéciales plus rapidement,
oui, mais surtout plus facilement, puis de façon plus complète. C'est ça que
j'essaie de dire en ayant donné, tout simplement, des exemples.
Le Président (M. Poëti) : Merci, Mme
la députée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur la proposition
d'amendement de la députée de Gouin? M. le député, la parole est à vous.
M. Roy : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour à tous. Écoutez, il y a vraiment
beaucoup d'éléments qui semblent
contradictoires, en tout cas, pour moi, là, à première vue, dans certains
articles du projet de loi, là. Vous
semblez, à certains égards, vouloir fermer la possibilité d'ajout de certains
éléments, mais, en même temps, tout à l'heure,
vous avez dit : Bon. O.K. C'est une liste qui est évolutive.
Technologiquement, bon, il y a des nouvelles technologies qui arrivent, etc., bon, c'est une liste qui se rallonge. Mais, en même temps, vous ne voulez pas le mettre dans le libellé de la loi. Donc, en quelque part, vous acquiescez
au fait qu'on rajoute des choses technologiquement,
mais vous ne voulez pas l'inscrire.
Je ne sais
pas si je vais être en dehors de l'article, mais j'ai une petite réflexion, là.
Quand je regarde, bon, l'article 72 tel
que modifié, c'est sûr que, bien, il y a toute la rhétorique sur le «peut»,
puis les règlements qu'on ne connaît pas, puis «notamment», etc. À 1° et 1.1°,
vous fermez d'une manière catégorique, sans possibilité d'ouverture, le
caractère nominatif des avoirs, vous
dites : Bon, bien, les avoirs liquides, revenus à
titre de... bon, ça
finit là. Par contre, vous semblez ouvert — hier, c'est ce que vous avez dit — sur les conditions d'admissibilité à
certaines prestations spéciales. Je sens une contradiction.
Vous avez une
approche, je dirais, stagnante et fermée par rapport à l'actif, à l'argent et
aux actifs, puis vous avez dit tout à
l'heure qu'il y avait... Bon, vous avez des conditions. Bon. O.K. Le
gouvernement peut, par règlement, prévoir des règles assouplies pour les conditions d'admissibilité à certaines
prestations spéciales. C'est sûr que, si on ajouterait l'élément de la députée de Gouin, ça viendrait
peut-être créer l'ouverture. Puis ça va en créer, puis c'est correct, c'est
comme ça qu'il faut voir la réalité parce que la réalité est mouvante,
hein?
Vous avez un discours
sur les technologies qui n'est pas similaire à celui sur d'autres éléments.
Puis moi, la contradiction que je vois
actuellement, à tout le moins par rapport à ce que vous avez dit tout à
l'heure, c'est que vous avez une approche qui, bon, semble stagnante au niveau de la possibilité
d'ouverture sur les différentes réalités qui pourraient émerger par rapport aux actifs liquides, aux
actifs... Bon, prenons un exemple, là. S'il y a un feu de forêt qui passe, puis
il y a un paquet de maisons qui brûlent,
puis les gens reçoivent des primes d'assurance, ils ne peuvent pas se rebâtir,
est-ce que c'est... Là, vous vous
enfermez dans une logique qui vous évacue toutes les réalités pouvant
apparaître, mais, en même temps, vous
avez dit tout à l'heure que, bon, c'est des nouvelles technologies, on va voir,
ça change. Ça fait qu'il faudrait être cohérent, puis nous, on acquiesce
avec la demande de la députée de Gouin pour être ouverts sur l'émergence des
nouvelles réalités qui se manifestent.
Écoutez,
moi... Puis c'est sûr que je n'étais pas là dans les dernières séances, là,
mais, à tout le moins, je trouve ça particulier.
Bon. Puis je reviens sur ce que mon collègue ici disait tout à l'heure... Et je
n'ai pas fait
partie de ces discussions-là, donc je peux me payer quelques minutes là-dessus, mais, bon, le
gouvernement peut, par règlement... Bien, le règlement, là, ça peut prévoir la dureté d'une loi, son
caractère punitif puis répressif. Tu sais, une réglementation, là, c'est le
bâton, ça, là, là. Ça fait que de ne
pas déposer les règlements, c'est assez particulier, là, parce que, là, on ne
sait pas où on va avec ça. Vous allez
nous dire : Bon, bien là, on va statuer... Non, c'est parce que c'est
difficile de comprendre où vous voulez aller si on ne connaît pas les
règlements.
Puis je reviens sur
le «notamment». Bien, le «notamment», ça veut juste dire que la réalité évolue,
la réalité socioéconomique d'une population
évolue, il y a de nouvelles choses qui émergent dans la réalité. Puis ça, de se
fermer là, ça implique de ne pas
avoir de vision d'avenir puis d'avoir une vision statique et en prenant la
société comme quelque chose qui n'évolue pas.
M. Blais :
Peut-être, M. le Président...
Le Président (M.
Poëti) : Oui, je m'excuse. M. le ministre.
Blais : M. le Président, peut-être pour bien comprendre, là, là où se
situe le différend, donc, ici, dans l'article qu'on est en train d'étudier, il ne s'agit pas de discuter du principe
que la liste doit être ouverte ou fermée, hein? La liste, elle est établie par réglementation, donc, par
définition, elle est aussi évolutive, hein? Donc, dans ce qui est écrit ici, on
ne remet pas en question ni on renforce, hein — c'est
plutôt neutre — le
fait qu'une liste de besoins spéciaux doit être évolutive pour les raisons que vous avez très bien formulées. Donc, ce
qui est affirmé ici, dans l'article, c'est que, dans le cas du Programme de solidarité sociale, on doit
montrer la capacité d'avoir des règles plus assouplies pour tenir compte
de ces réalités-là. Donc, à vrai dire, on
pourrait imaginer que la liste est fermée, complètement fermée, ce qu'on ne
veut pas, ni vous ni moi, je pense, mais on pourrait encore continuer à
discuter de la pertinence d'un assouplissement, là, des conditions
d'admissibilité, c'est deux choses qui sont différentes.
Le Président (M.
Poëti) : Alors, M. le député de Bonaventure, la parole est à vous.
Roy : Écoutez,
j'ai comme l'impression... Bon, réflexion, on jase, c'est sûr, quand on
parle, bon, de personnes qui ont des
contraintes, on parle quand même de gens qui ont besoin d'aide et qui ont besoin
de services spécifiques. Et, s'ils
n'y ont pas accès parce que, par réglementation... Donc, ce que vous dites,
c'est que, par réglementation, vous pourriez aussi éliminer des
éléments, ce qui serait une catastrophe. Et là on s'en va vers quoi? Vers une
réquisition des soins médicaux à l'urgence
ou, bon, à l'externe. Est-ce qu'on ne s'oriente pas vers une tentative de la
médicalisation des problèmes sociaux,
des problèmes de santé mentale à outrance? Si on ne donne pas les services qui
sont requis par les populations qui ont
des problématiques, hein, si on ne le donne pas de manière efficace, efficiente
et en fonction de l'évolution des problématiques, vieillissement de la population,
etc., bien, c'est évident que la réquisition de soins, ou de soutien, ou d'aide va se faire ailleurs et dans un contexte beaucoup
plus dispendieux que celui que votre ministère peut offrir via une ouverture, via une
introduction dans la loi de modalités qui permettent d'être plus sensible à la
réalité évolutive des sociétés et des individus. Parce que la loi, si elle est
fermée, elle ne pourra pas s'adapter. Ça fait qu'il faut, je crois, mettre
des éléments qui permettent une
progressivité de sa capacité à soutenir les gens qui ont des problématiques de
plus en plus, peut-être,
sévères parce qu'il y a un vieillissement de la population et qui n'iront pas
réquisitionner l'arsenal thérapeutique du système hospitalier.
Le Président (M.
Poëti) : M. le ministre.
Blais : Alors, M. le Président, pour répondre à la préoccupation de mon collègue, l'article 132 de la loi actuelle,
l'alinéa 8°, là, prévoit déjà que
l'on peut ajouter toute prestation spéciale pour tenir compte, hein, de cette évolution-là
de la reconnaissance des besoins, donc il n'y a pas de changement à ce
niveau-là.
Le Président (M.
Poëti) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Ça va pour moi.
Le Président (M.
Poëti) : Merci, M. le député de Bonaventure. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur la proposition d'amendement
de la députée de Gouin? S'il n'y a pas d'autre proposition... M. le député de Saint-Jean, à vous la parole.
Turcotte : Merci, M. le Président. J'entends que le ministre nous dit : On est ici pour écrire une loi.
Bon, ça, on sait, on est à la bonne place pour la bonne chose. Cependant,
pour bien écrire une loi, il faut aussi avoir une vision périphérique, hein, de ce qui nous entoure. Et
moi, je comprends l'intervention de la collègue députée de
Gouin quand elle mentionne, bon, un
exemple, entre autres, sur les prothèses mammaires parce que, pour bien
faire la loi, il faut comprendre la
mécanique. Puis c'est sûr que, là, on travaille sur un projet de loi, donc le ministre, là, avec son équipe, avec les gens du ministère, a écrit un projet de loi. Bon, ce n'est
pas le ministre actuel, mais, peu importe, là, a écrit un projet de loi, nous soumet ça, mais nous, comme législateurs, on a la responsabilité,
la responsabilité, M. le Président, de bonifier le projet de loi ou, du moins, s'assurer qu'il soit
le plus englobant possible, pour faire en sorte qu'il soit... je ne pourrais
pas dire applicable parce que, bon,
les gens du ministère, puis tout ça, là, ont la capacité de faire ça, ce n'est
pas dans ce sens-là, mais, avec nos
connaissances, avec ce que nous entendons sur le terrain, le rendre plus
adapté, disons, à ce que nous entendons.
Et, bien
entendu, c'est sûr que, si on peut le rendre plus acceptable à nos yeux ou aux
yeux de certains, même si le ministre
mentionne que l'on n'est pas en train d'écrire un programme politique — ça,
je suis d'accord avec lui — mais,
en même temps, les projets de loi découlent, bien entendu, d'orientations
politiques. Donc, chaque parti politique et, éventuellement,
chaque gouvernement a une orientation politique,
et ce n'est pas mauvais, et ce n'est pas mal d'avoir une orientation politique. Parce que moi, j'entends
beaucoup de gens dire : Ah! quand on fait de la politique, ce n'est pas
bon. Ce n'est pas mauvais. C'est
lorsque nous utilisons mal la politique que ça devient mal. Dans ce cas-ci, ce
que la collègue députée de Gouin veut
faire et ce que nous avons voulu faire par le passé, ce que nous allons faire
dans le futur aussi pour le projet de
loi n° 70, c'est — et je l'ai mentionné à plusieurs occasions — tenter de trouver une voie de passage pour
faire en sorte que nous puissions s'assurer que le projet de loi actuel, le
projet de loi n° 70, Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre
la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi...
Même si je le
rappelle, M. le Président, l'article 26, actuellement, à ma lecture, n'est pas
dans ni une ni l'autre des
catégories, c'est un ajout, le gouvernement a utilisé le projet de loi, le
véhicule du projet de loi n° 70 pour régler un problème, bon, qui était devant les tribunaux et
que la Protectrice du citoyen a demandé de régler avec raison... Et je suis
heureux, moi, que le gouvernement règle cette question-là, mais, tant qu'à y
être, tant qu'à avoir réglé un problème, pourquoi
on ne pourrait pas tenter de... je ne dirais pas régler parce que, bon, il y a
des cas au quotidien dans nos bureaux de
circonscription, on le voit dans la vie des gens, mais, bon, il n'y a pas
d'avis public là-dessus, sur cette question-là, mais pourquoi on ne profite pas de l'occasion, là, du projet de loi? Le
gouvernement, le ministre, là, ouvre l'article 72 de la loi actuelle. Pourquoi on ne fait pas en sorte
qu'on clarifie ou on règle... on simplifie la vie des gens, on améliore la
qualité de vie de certaines personnes pour
le faire? Puis ça ne veut pas dire que ça va nécessairement coûter plus cher au
gouvernement parce qu'«afin d'en améliorer
l'accès», ce n'est pas nécessairement uniquement une question d'argent,
ça peut être aussi une question, bon, de rapidité, de simplicité dans la façon
d'y avoir accès, mais aussi, comme notre collègue
le mentionnait, dans certains cas de la vie des gens, s'adapter aux réalités
actuelles et même, au-delà des réalités actuelles, au fond, tout simplement, s'adapter aux réalités que chacun,
les gens vivent pour s'assurer une plus grande dignité dans leur vie.
Donc,
là-dessus, M. le Président, moi, je l'ai mentionné, mais je le répète,
l'amendement déposé par la députée de
Gouin, je considère qu'il est très pertinent. Il permet, justement, d'améliorer
la qualité de vie des gens, en même temps de tenir compte de la volonté du gouvernement, et moi, je crois que, le
ministre, c'est le genre de signal qu'il serait bien d'envoyer pour montrer, justement, qu'il y a une
ouverture puis que ce n'est pas juste... Parce qu'on va arriver dans un autre bloc, M. le Président, puis vous le savez,
là, vous n'êtes pas devin, mais pas loin, là, ça ne sera pas nécessairement
facile, là, les discussions, parce que c'est des sujets sensibles. Mais, en
même temps, quand on parle de programmes politiques, là, on est aux antipodes,
là, sur le prochain bloc qui s'en vient.
Mais je crois
que, si on est capables, justement, de montrer aux gens, mais aussi, entre
nous, de voir qu'il y a une ouverture
de la part du gouvernement, qu'on peut collaborer pour faire en sorte qu'on va
amoindrir, dans certains cas, l'impact négatif, à nos yeux, aux yeux de
plusieurs... pas aux yeux du ministre, mais, bon, je ne désespère pas qu'on va
réussir à le convaincre sur certains éléments...
Le Président (M. Poëti) : ...
Turcotte :
Merci, M. le Président. Mais, par la suite, il restera sûrement quelques
journées et plusieurs semaines, peut-être
même... bien, mois, je ne sais pas, mais, au moins, quelques semaines encore
sur le projet de loi, hein, ce n'est pas terminé, loin de là.
Donc, je
tenais à rappeler au ministre toute l'importance de l'amendement déposé par la
députée de Gouin puis je crois que ça
pourrait être une belle occasion, justement, pour montrer l'ouverture et la
volonté du ministre de régler certaines questions.
Président (M. Poëti) :
Merci, M. le député. Le rappel du temps était juste dans l'ordre des choses, ce
n'était pas pour vous limiter à vous exprimer, tout au contraire. M. le
ministre, vouliez-vous ajouter...
Le Président
(M. Poëti) : Ça va? Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur la proposition d'amendement de la
députée de Gouin? Sinon, nous allons procéder à la mise aux voix de cet
amendement.
Turcotte : M. le
Président.
Président (M. Poëti) : Oui, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, est-ce que nous pouvons procéder par vote par appel nominal?
Le Président (M.
Poëti) : Bien sûr, M. le député. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Turcotte (Saint-Jean)?
Turcotte :
Pour.
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Schneeberger :
Contre.
La Secrétaire :
M. Blais (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Drolet (Jean-Lesage)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Polo (Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire :
M. le Président?
Le Président (M.
Poëti) : Je vais m'abstenir.
La Secrétaire :
C'est rejeté.
Le Président (M. Poëti) : Alors, l'amendement est rejeté. Donc, nous revenons à l'article
26 pour discussion. Est-ce qu'il y a d'autres demandes d'intervention pour l'article
26? S'il n'y a pas d'autre intervention pour l'article
26, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Oui, M. le Président. J'ai un autre amendement.
Le Président (M.
Poëti) : Est-ce que vous pouvez le déposer et nous en faire la
lecture?
Mme David
(Gouin) : Oui. Alors, l'amendement se lirait comme suit :
Ajouter, à la fin du paragraphe 2° de l'article 26, «notamment afin de garantir
l'indexation automatique des montants admissibles».
Le Président (M. Poëti) : Alors, nous allons suspendre quelques minutes, le
temps de rédiger cet article-là et qu'il soit distribué à tous.
(Suspension de la séance à
11 h 22)
Président (M. Poëti) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre les travaux. Alors, je
demanderais à la députée de Gouin
de bien vouloir nous faire la lecture de son amendement... proposition d'amendement,
pardon.
Mme David
(Gouin) : Oui. Merci, M. le Président. Donc, l'amendement se lit comme suit : Modifier l'article
26 par l'insertion, après le
troisième paragraphe, du suivant : par l'insertion, à la fin du paragraphe
2°, de «afin de garantir
l'indexation automatique des montants admissibles».
Donc, je
pense que l'idée est claire pour tout le monde, c'est la question d'une
indexation automatique des montants admissibles.
Écoutez, au fil de toutes, toutes ces années longues où j'ai eu à débattre en
différents forums de la question de
la sécurité du revenu, on a très souvent, très souvent parlé d'indexation des
prestations de base. Il faut simplement avoir suivi cette question depuis longtemps pour savoir que les prestations de
base n'ont pas toujours été indexées ou l'ont été parfois à moitié par différents gouvernements. Ça,
on en a abondamment parlé. Ce dont on a beaucoup moins parlé, c'est d'une indexation qui devrait être automatique,
compte tenu de la hausse du coût de la vie, des montants admissibles pour
ce dont on est en train de discuter, c'est-à-dire les prestations spéciales.
Parce qu'il
n'est pas vrai qu'aujourd'hui un fauteuil roulant, un lit d'hôpital, un
dentier, une orthèse, un examen de la
vue coûtent le même prix qu'il y a 10 ou 15 ans. Sans doute que le
ministère en tient compte — enfin, je n'ose croire qu'il
n'en tient absolument pas compte et je suppose que, de temps en temps, le
ministère prend l'initiative de réévaluer les montants permis — mais moi, ce que je propose, c'est qu'il y
ait une indexation automatique, que, lorsque le coût de la vie
augmente — et,
si on pense aux fournitures médicales, ça augmente de façon substantielle
depuis plusieurs années — qu'automatiquement il y ait une indexation,
qu'il n'y ait pas de question à se poser, il faut que ce soit indexé.
Alors, c'est
un amendement très simple qui, je le pense, devrait convenir au ministre, qui
nous dit vouloir assouplir un certain
nombre de règles. Dans ce cas-ci, ce dont on parle, c'est tout simplement,
clairement, là, d'ajuster les coûts d'une
mesure à ce que ça coûte réellement, là, pour le bénéficiaire et que ça soit
automatique, l'indexation automatique, que ça soit simple et clair.
C'est le sens de mon amendement, M. le Président.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, Mme la députée de Gouin. M. le ministre.
M. Blais :
Écoutez, on a essayé de comprendre la proposition. Elle est un peu difficile à
comprendre parce que, donc, il y a
différents glissements qui sont dangereux. Le premier glissement, c'est qu'on
voudrait reconnaître quelque chose à
un groupe, mais pas à l'autre groupe : solidarité sociale, mais pas les
autres. Mais on ne se rendra même pas là au niveau des difficultés, là, la difficulté la plus importante, c'est que
l'évolution et la reconnaissance des besoins spéciaux n'a pas besoin d'être indexée ou pas, tout
simplement parce qu'il s'agit de biens et de services. Pour prendre l'exemple
de tout à l'heure, le jour où vous
reconnaissez que les gens ont droit à un lit d'hôpital pour des raisons de
santé, bien, on va financer le lit
d'hôpital. Et, s'il coûte plus cher, on va le financer. Puis, s'il coûte moins
cher, parce que peut-être que, hein... on va aussi le prendre. Donc, on
assure et on reconnaît des biens et des services.
Une fois qu'ils sont reconnus, on doit accepter
que, parfois, il y a des augmentations qui sont beaucoup plus importantes que l'indexation, soit dit en passant,
mais qu'on va financer aussi parce que le principe... Puis, à l'intérieur
des règlements, c'est déjà fait. Donc, on
n'a pas à indexer, disons, de façon un peu superficielle ces montants-là parce
que l'important, c'est d'en tenir compte et
de les financer selon l'évolution des coûts réels. Il y a des choses qui
coûtent plus cher, qui ont coûté plus
cher ces dernières années, qu'on a financées, il y a des choses, peut-être, qui
ont coûté un peu moins cher. Donc, un
principe d'indexation sur des biens et des services qu'on ne fournit pas, mais
qu'on achète, là, à des tiers, on n'a
pas besoin d'avoir le principe d'indexation parce que, là, vraiment, là, on
envoie un... message à nos fournisseurs de services et de biens.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, j'aimerais avoir une précision de la part
du ministre parce que je l'écoute, puis
c'est un peu comme s'il me disait — puis ça serait pas mal si c'était comme
ça : Bon, écoutez, si on consent à l'achat d'un lit d'hôpital,
bien, on va acheter le lit d'hôpital. Ma compréhension à moi, c'est qu'en
fait — et
on le lit dans les directives du ministère — la
personne qui a besoin d'un lit d'hôpital va devoir se le procurer, et le montant maximum
admis est de 435 $. En tout cas, j'aimerais savoir où est-ce
qu'on peut magasiner pour acheter un lit d'hôpital à 435 $, c'est le montant maximal. Et, dans le manuel
d'interprétation du règlement, c'est écrit : Le client n'a rien à payer
jusqu'à concurrence du tarif prévu. Mais le tarif prévu, il est prévu
par qui? Il est prévu comment? Et, surtout, il est indexé comment? Et on parle toujours, hein, de personnes
qui ont des contraintes sévères à l'emploi, là, donc des personnes qui
vivent vraiment de grandes difficultés.
Donc,
j'aimerais comprendre comment ça fonctionne. Si le ministre me dit : Non,
on n'a vraiment pas besoin de mon amendement, bien, moi, j'ai besoin
d'explications.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
Bon, écoutez, le problème de l'amendement, là, c'est l'indexation automatique
des montants maximaux, hein,
auxquels... mais on n'a pas à faire ça. S'il y a des biens qu'on peut se
procurer à ce coût-là, il ne faut pas les indexer. S'il y a des biens et services qu'on peut se
procurer aussi à d'autres coûts plus faibles, il faut se les procurer. S'il y a
un problème
particulier, hein, d'une situation particulière qui demande une intervention du
ministre, le ministre a un pouvoir discrétionnaire pour corriger ça,
hein? Mais c'est très important pour la gestion de ce programme, là, qu'il y
ait des plafonds, que, ces plafonds-là, on
les fait évoluer selon l'évolution des coûts réels sur le marché. Mais d'avoir
une indexation automatique, je pense que ça ne se prête pas du tout, là,
à la réalité du marché.
Le Président
(M. Poëti) : Merci. Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, ce n'est pas le premier ministre d'Emploi
et Solidarité sociale avec qui je discute,
et je suis toujours un peu sidérée par cette réponse, qui est : Le
ministre peut utiliser son pouvoir discrétionnaire. Et je sais que c'est totalement de bonne foi. Et,
pour avoir discuté avec d'autres ministres à certains moments à cause de
situations assez dramatiques vécues par des
citoyens, je suis obligée de dire que, oui, c'est vrai. Heureusement qu'il y a
le pouvoir discrétionnaire du
ministre parce qu'à certains moments on évite des drames humains épouvantables.
Mais vous vous rendez compte, M. le
Président, là, pour éviter des drames humains épouvantables, il faut remonter
jusqu'au ministre, qui, je pense,
humblement, a bien d'autres choses à faire — je suis certaine qu'il est très occupé, le
ministre, comme tous les ministres, là — plutôt que de s'occuper, ou
avec son chef de cabinet, de situations individuelles.
Donc,
chaque fois que j'entends... Et on me le dit — puis on me le dit toujours très gentiment,
d'ailleurs, quand je discute avec un
ministre à Emploi et Solidarité : Venez me voir, Mme la députée, mais...
C'est gentil, mais j'ai envie de leur
dire : Je vais aller vous voir, mais ce n'est quand même pas normal, il
faudrait régler les problèmes en amont, il faudrait s'assurer de colmater les brèches qui font qu'à un moment donné
on est obligé... excusez l'expression, ça va être gentil, là, mais d'achaler un ministre pour lui
dire : M. le ministre ou Mme la ministre, s'il vous plaît, là, j'ai
vraiment un cas pathétique, vous allez m'aider. Moi, je ne trouve pas ça
normal.
Maintenant,
le ministre me dit : Il faut qu'il y ait des plafonds. Je suis tout à fait
d'accord. Tout à fait d'accord, il
n'y a personne ici qui veut gaspiller l'argent des contribuables. Je vous
soumets quand même qu'un lit d'hôpital à 435 $... Enfin, je ne sais pas si ça s'achète sur Kijiji,
là, mais bonne chance. Donc, ce que ça me démontre, c'est que ça doit faire
quelques années que les montants pour, tu
sais, toutes ces prestations, là, dont vous avez la liste, là, ça doit faire
quelques années que ça a été
certainement revu, là. Parce que juste cet exemple-là — puis on pourrait en trouver plein
d'autres — me
fait penser qu'on est assez loin de la réalité.
Alors,
si le ministre croit que l'expression «indexation automatique» n'est pas la
meilleure, qu'il propose autre chose.
Moi, je n'ai pas de problème avec ça. L'idée, c'est de s'assurer, que tous les
ans — parce
qu'une indexation, c'est annuel en
général — on
revoie les montants maximums. Tout à fait d'accord qu'il y ait des montants
maximums, là, pas de problème, mais qu'on les revoie pour tenir compte
de, justement, la réalité du marché.
Le Président
(M. Poëti) : M. le ministre.
Le Président (M. Poëti) : Ça va? Est-ce qu'il y a autre chose? Vous en avez
trouvé sur Kijiji? Qu'est-ce qu'on peut...
Mme David
(Gouin) : M. le Président, on vient de trouver un lit d'hôpital à
550 $, mais c'est 100 $ de plus que le prix maximum, hein? Donc, je pense que c'est important, là, de se parler
de choses concrètes. Sans exagération, mais de s'en parler quand même pour qu'on sache qu'est-ce que c'est, quels sont les défis réels auxquels font face les
personnes dont on parle ici, là, qui sont des personnes réelles et
concrètes, en chair et en os.
Le Président (M. Poëti) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur la proposition d'amendement
de la
députée de Gouin? Je sais, M. le député de Drummond, vous vouliez en déposer un, mais il faudrait
terminer avec la première... À moins que ça soit une intervention sur
cet amendement-là?
M. Schneeberger :
Sur l'amendement.
Le Président
(M. Poëti) : Parfait. La parole est à vous, monsieur.
M. Schneeberger : O.K. Je comprends l'amendement qui est amené ici
par la députée de Gouin et je trouve son approche bonne. Par contre, si je regarde le paragraphe
2°, qui est modifié, ça change légèrement
le sens, c'est-à-dire qu'on vient un
peu restreindre l'approche. Alors, moi, j'apporterais un sous-amendement qui se
lirait, qui serait comme suit. Alors,
l'amendement est modifié pour remplacer les mots «afin de garantir
l'indexation» par les mots «incluant la garantie d'indexation».
Après modification,
l'amendement se lirait comme suit. Alors, modifier l'article 26 par
l'insertion, après le paragraphe 3°, du
suivant : Par l'insertion, à la fin du paragraphe 2°, de «incluant la
garantie d'indexation automatique à des montants admissibles».
ferait en sorte que le paragraphe 2°, comme il est, actuel, le sens n'en serait
pas modifié. Par contre, on viendrait aussi
préciser un besoin qu'on a, qui est au niveau des coûts, là, quand on parle ici
d'indexation ou des coûts à se procurer certains biens.
Le Président (M. Poëti) : Alors, écoutez, M. le député, nous allons prendre
connaissance du sous-amendement.
règles étant un peu plus restrictives pour les sous-amendements, je vais le
valider avec la secrétaire et puis je vais suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 42)
Le Président
(M. Poëti) : Nous allons reprendre les travaux de la commission. Alors,
votre amendement est recevable. Nous allons
en faire des copies et les distribuer à tous. Si vous voulez nous en faire la
lecture, s'il vous plaît, M.
le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Bien, je vais attendre que les gens l'aient, là.
Une voix :
...la lecture?
Schneeberger :
On l'a faite tantôt, là.
Le Président
(M. Poëti) : Pas de problème.
M. Schneeberger :
J'ai fait la lecture en le présentant...
Le Président
(M. Poëti) : Du sous-amendement.
M. Schneeberger :
...mais non, je peux le relire, il n'y a pas de problème.
Le Président (M. Poëti) : J'aimerais que vous reprocédiez à la lecture, s'il vous plaît, pour le bien de tout le monde.
Schneeberger :
O.K. Bon. Alors, tout le monde a reçu le sous-amendement. Alors, je répète,
j'apporte un sous-amendement, c'est : L'amendement est modifié pour
remplacer les mots «afin de garantir l'indexation» par les mots
«incluant la garantie d'indexation».
Après
modification, l'amendement se lirait comme suit : Modifier
l'article 26 par l'insertion, après le paragraphe 3°, du
suivant : Par l'insertion, à la fin du paragraphe 2°, de «incluant la
garantie d'indexation automatique des montants admissibles». Voilà.
Le Président (M. Poëti) : Alors, est-ce que M. le ministre a des commentaires? Avez-vous des commentaires, M. le ministre?
M. Blais : On va regarder le sous-amendement. Juste une
seconde, on ne l'a pas encore obtenu, mais ça ne devrait pas être très long. Je peux peut-être
dire au collègue, cependant, que, bon, il y a des questions
financières qu'on ne peut pas
évaluer, là, en ce moment, mais, clairement, il y a des enjeux financiers non négligeables dans ce
qu'il propose. Aussi, le fait qu'il
est en train de proposer une indexation pour un groupe, une catégorie de
prestataires à l'aide sociale, seulement
les gens à la solidarité sociale, pas les
autres... Parce qu'ici, là, ça ne concerne que la solidarité sociale. Je ne
sais pas s'il en est conscient, qu'il
propose une formule qui irait juste pour eux. Je pense que, pour
l'admissibilité, on comprend bien qu'il
faut qu'il y ait une certaine souplesse, compte tenu de leur situation, mais les besoins spéciaux sont reconnus pour
différents groupes, hein, et là
l'indexation, ça irait seulement sur
eux. Donc, c'est des considérations financières qui ne sont pas négligeables s'il veut ouvrir davantage.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Schneeberger : Bien, regardez, là, il faudrait évaluer les
considérations financières, là. Mais moi, dans le fond, ce que j'apporte ici, c'est que le paragraphe
2° ne soit pas dénaturé sous sa forme actuelle, c'est-à-dire qu'il garde vraiment les
généralités, mais qu'on vienne ajouter... C'est pour ça que, quand on disait
«afin», ça veut dire que ça faisait un lien restrictif avec le paragraphe actuel, alors que maintenant, en ajoutant «incluant», c'est-à-dire que ça fait
partie des
règles, mais ça ne dénature pas le paragraphe 2° actuellement, on ne
vient pas le modifier dans le sens même de la loi, là.
Le Président
(M. Poëti) : M. le ministre.
M. Blais :
Moi, je ne peux pas aller plus loin pour le moment, M. le Président. Pour moi,
là, on a déjà des outils pour... Je
comprends la sensibilité des collègues là-dessus, là, mais on a déjà des outils
pour indexer, là, si on veut, même aller
plus loin que l'indexation, compte tenu des coûts réels, là. Et là ça implique
des coûts financiers que je ne suis pas en mesure d'évaluer, là.
Le Président (M. Poëti) : M. le
député de Drummond—Bois-Francs?
S'il n'y a pas...
M. Schneeberger :
Je n'ai rien d'autre à ajouter, moi. C'est ce que je propose.
Président (M. Poëti) :
Alors, s'il n'y a pas d'autre... Oui, il y a une intervention du député de
Saint-Jean. La parole est à vous.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. J'ai entendu le commentaire du ministre. Effectivement,
c'est parce qu'on modifie
actuellement le programme Solidarité sociale. Ça, on est conscient. Mais, en
même temps, le ministre lui-même, dans
ses explications, la dernière fois, a mentionné des différences assez marquées
dans le programme Solidarité sociale versus
le volet plus aide sociale, là, donc on... Puis même notre collègue la députée
de Gouin avait fait un amendement sur
le traitement des pensions alimentaires, et elle avait mentionné : Dans un
monde idéal, ce serait pour tous les prestataires, bon, à l'aide
sociale, solidarité sociale, mais, bon, on va débuter à un endroit.
Il y a
plusieurs difficultés, effectivement, que les gens vivent, bon, tant à l'aide
sociale qu'à la solidarité sociale, mais,
en même temps, comme députés de l'opposition, nous, on ne peut pas rouvrir, là,
la loi au complet, puis tout ça, il y a quand même des limites ici, là, des règles en commission parlementaire.
Le ministre, lui, pourrait, s'il considère que c'est une bonne idée, de dire : Bien, tant qu'à
être ici, on va modifier la loi pour inclure aussi les prestataires d'aide
sociale. Mais, avant d'embarquer dans
cet argumentaire-là, bon, aide sociale versus solidarité sociale, etc., je
crois qu'il faut aller sur le fond. Est-ce qu'on est d'accord avec le
principe qu'il y ait une indexation des montants admissibles?
De ce que j'ai compris de la part du ministre,
c'est qu'il n'est pas contre le principe, mais il y a une réalité financière, ce qui est quand même normal, là, on
comprend qu'il y a une réalité financière. On comprend surtout, bon, de ce qu'il mentionne, bon, qu'il n'a pas en main
actuellement le coût de ce que peut coûter une telle mesure. Cependant, il y a un coût à ne pas avoir cette indexation-là.
Ça fait en sorte que quotidiennement, régulièrement, il y a des citoyens
qui sont prestataires du programme
Solidarité sociale — mais
aussi de l'aide sociale, mais on va dire, dans ce cas-ci, solidarité sociale parce que c'est de ça qu'on parle
actuellement — qui
doivent assumer des dépenses liées à différents éléments, là. Bon, notre collègue parlait de lits d'hôpitaux.
Bon, on pourrait parler de bien d'autres éléments qui n'ont pas une indexation
automatique, ce qui fait en sorte que,
pendant un certain nombre de temps ou peut-être... bon, dans certains cas, plus
longtemps, d'autres moins, les gens doivent assumer la différence.
En même temps, le même gouvernement, lorsqu'il
est question, bon, d'autres éléments, bon, les services de garde,
etc., il y a une indexation qui se fait. Donc, on considère
que, dans le cas des prestations, il devrait aussi y avoir cette indexation-là dans le cas des programmes,
là, qu'on pensionne, là. C'est des prestations spéciales, là, ce n'est pas la
prestation de base. C'est les prestations
spéciales parce que ce n'est pas pour tous. C'est en fonction de leurs besoins, c'est en
fonction de leur condition de santé,
leur condition médicale qu'ils sont obligés d'avoir recours à certains biens ou
à certains services dans certains
cas, là. On peut parler en termes de transport, etc. Donc, on considère que ça
pourrait être intéressant.
Puis je
trouve que le sous-amendement de notre collègue clarifie davantage la question, donc ne fait pas en sorte, là, d'exclure des possibilités, mais plutôt est
un sous-amendement que je trouve plus inclusif, là, d'ailleurs.
Au pire, ce qu'on pourrait faire, on
va se réunir cet après-midi, là, il nous reste à peine quelques minutes, on
pourrait poursuivre l'étude, quitte à
suspendre cet article-là et que le ministre puisse évaluer les coûts de ça, voir s'il en est,
s'il est d'accord avec le principe.
Parce que les arguments que le ministre
nous a mentionnés à l'heure actuelle, c'est : On ne fait ça que pour une catégorie
de gens. En même temps, on l'a vu, là, en termes de valeur nette, là,
pour les propriétés, entre
autres, là, bon, bien, solidarité sociale, c'est 203 000 $; quelqu'un qui est à l'aide
sociale, c'est 142 000 $. Ce n'est pas le même montant. Pour les avoirs liquides, ce n'est pas le même
montant. Donc, il y a déjà dans le programme actuel des éléments qui ne sont pas équitables, il y a deux traitements
différents. On pourrait revenir là-dessus, là, mais, en ce moment, c'est déjà
le cas. Donc, cet argument-là, moi, je considère qu'il existe, mais qu'il est
un peu plus faible.
L'autre
élément, c'est la question financière. Donc, moi, je propose, encore là, au
ministre de dire... Bon, bien, si c'est uniquement pour une question
d'argent, bien, on peut suspendre l'article, le temps qu'il fasse les
évaluations financières. Mais moi, je crois
que c'est plutôt sur... Bon, si c'est sur le fond, là on peut en jaser. Parce
que, là, oui, comment ça coûte, puis
tout ça, on pourra y revenir, mais, si c'est sur le fond, moi, je crois que
c'est un bon principe de faire en sorte
qu'on n'appauvrisse pas davantage des gens qui sont déjà démunis. Et, en
faisant ainsi, si on prend le sous-amendement ou l'amendement, là, les deux ont à peu près le même objectif, c'est
juste que c'est une réécriture pour s'assurer, là, que ça soit plus inclusif, le sous-amendement de notre
collègue de la CAQ, de Drummond—Bois-Francs. Donc, moi, je considère que c'est un bon principe, l'indexation automatique, dans ce cas-ci.
Donc, si le ministre est d'accord sur le principe, on peut en jaser. Sinon, bien, on pourra aborder
d'autres questions. Mais, si c'est pour uniquement une question financière,
bien, comme on ne sait pas combien ça coûte, c'est difficile d'être contre
quelque chose qu'on ne sait pas.
Donc, moi, à
ce stade-ci, M. le Président, c'est ce que j'ai à dire sur ce
sous-amendement-là. Donc, je ne sais pas si le ministre a une idée, là,
un estimé de ce que ça peut représenter, ne serait-ce que de nous dire
peut-être combien de prestataires ont recours aux prestations spéciales. Ça, ça
pourrait déjà être un élément pour nous dire de combien de personnes on parle. Ça pourrait nous donner une
indication. Je ne sais pas si le ministre a ces informations-là, ça pourrait
être pertinent pour l'étude actuelle, là, de l'amendement.
Le Président (M. Poëti) : M. le
président.
M. Blais :
J'ai écouté tous les collègues, j'ai essayé de voir les zones de rapprochement
possibles. Là où on n'ira pas, c'est
sur inscrire dans la loi cette indexation-là. Dans le fond, l'indexation, par
exemple, des prestations de base se fait par règlement année après année. Il y a une
certaine sagesse, saine gestion budgétaire qui fait en sorte que ça devrait
être comme ça. Les collègues qui
souhaitent — puis je
peux comprendre cette sensibilité-là — que l'indexation porte aussi sur les plafonds, là, hein, pour les prestations
spéciales, c'est sûr que je ne vous suivrai pas sur le fait que ça aille dans
la loi. Ça devra aller par règlement aussi
pour des raisons, là, aussi évidentes que pour... Donc, moi, je vais m'opposer
au sous-amendement et à l'amendement, mais
surtout, premièrement, là — bon, la discussion a évolué un peu, je crois qu'on comprend un peu mieux les désaccords — parce que ça n'a pas — pour nous, du moins — surtout pas à se trouver dans la loi
comme telle.
au fil du temps... Dans les discussions qu'on va avoir sur le projet de loi,
là, je pourrai revenir sur des intentions réglementaires, hein, de différents types, hein, et je pourrai revenir
là-dessus. Mais je vais m'opposer à le faire dans le projet de loi parce que la sagesse, quand il
s'agit de dépenses de l'État qui sont assez importantes, c'est que ce soit fait
année après année par règlement. Puis je
suis prêt à regarder la possibilité, effectivement, qu'on puisse, par
règlement, qui sait, aussi avoir une sensibilité puis une indexation de
ces plafonds-là, mais ma sensibilité va aller à l'endroit de l'ensemble des prestataires, probablement, et pas
seulement les catégories. Et, pour ça, on va évaluer les coûts, mais le
mécanisme que l'on va privilégier ne sera jamais la loi, mais va être que ça
continue à être par règlement.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, je vous remercie, M. le Président. Moi, j'entends ça, mais là j'espère
que je ne serai pas encore déçu plus
tard. Parce que, là, le ministre nous dit qu'il pourrait, effectivement, nous
revenir avec ses intentions réglementaires, donc j'ai eu plusieurs déceptions sur ce type de paroles du ministre.
Donc, je ne désespère pas, un jour peut-être, comme le ministre dit, qui sait, peut-être avant le
dernier
article du projet de loi, de voir les intentions réglementaires du
ministre. Mais moi, je crois qu'effectivement, là... De toute façon,
l'article est très clair, là, c'est : «Le gouvernement peut, par règlement», hein? Donc, «peut» n'est pas un
«doit». Donc, il n'y a pas une obligation, il y a une possibilité, et c'est par
règlement.
Donc,
ce que le ministre dit, je trouve qu'effectivement... je vois qu'il y a un
rapprochement, là, clair sur la proposition qui est faite. Cependant, moi, je rappellerais au ministre que
l'article, tel qu'écrit, avec cet ajout-là, justement, n'oblige pas le gouvernement à procéder à une indexation,
mais permet au gouvernement de le faire, et ce, par règlement. Donc, c'est exactement dans la lignée du ministre. Et
tant mieux, tant mieux si le ministre inclut aussi les prestataires de l'aide
sociale parce que, dans un monde idéal,
c'est tout le monde. Mais, comme nous sommes dans un
article qui concerne la solidarité
sociale, bien, c'est bien entendu, c'est de ça qu'on parle actuellement. Mais,
si le ministre dit : Bien, on est ouverts à ouvrir pour les
prestataires d'aide sociale, bien, on est d'accord aussi.
Cependant,
par expérience, j'ai entendu beaucoup de paroles en commission parlementaire,
mais moi, je crois beaucoup aux
écrits, je crois aussi beaucoup quand c'est dans la loi. Donc, le ministre ne
semble pas vouloir inclure cet amendement-là
dans la loi, même s'il y a un «peut», donc une possibilité, et non pas une
obligation. Et il y a le rappel du
règlement, donc tout ce que le ministre souhaitait. Moi, je crois que ça aurait
été un bon endroit pour l'ajouter et de pouvoir inscrire, effectivement, cette volonté-là, qui est, au fond, une
possibilité pour le gouvernement de le faire. Donc, pour l'instant,
c'est tout ce que j'ai à dire, M. le Président.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M. le député. Il reste une minute, quand
même...
Le Président (M. Poëti) : Non, mais, je suis le règlement, moi, il est et
cinquante-neuf, est-ce que quelqu'un veut s'exprimer pendant une minute?
M. le ministre ou Mme la députée de Gouin?
Le Président
(M. Poëti) : Bon. Alors, on n'aura pas assez de temps pour passer
au vote.
Alors, compte tenu de
l'heure, la commission va suspendre ses travaux. Merci.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Président (M. Poëti) : Alors, la Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux. Je demande donc à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 70,
Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et
l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi.
Lors de la suspension
de nos travaux, nous avions débuté l'étude d'un sous-amendement du député de Drummond—Bois-Francs à l'amendement de la députée de Gouin
à l'article 26 du projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur le sous-amendement? M. le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, avant de quitter pour l'heure du dîner et pour la
période de questions, on avait
échangé sur le sous-amendement de notre collègue de la CAQ qui modifiait un
amendement de notre collègue la députée de Gouin. Et, dans ce
sous-amendement-là et l'amendement, le fond était le même, le libellé était
différent. Le ministre a mentionné
qu'il n'avait pas, à l'heure actuelle, en main l'ampleur de la chose, j'avais
posé comme question s'il avait
le nombre actuellement de prestataires qui reçoivent des prestations spéciales.
Donc, durant le moment, là, de la pause de la commission, je ne sais pas
si le ministre a eu le temps d'obtenir cette réponse-là, de savoir combien de
citoyens reçoivent une prestation spéciale.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais : À vrai dire, j'ai un
petit peu mieux que ça parce que le montant de la dépense est autour de
100 millions de dollars.
Turcotte :
M. le Président, l'amendement qui est proposé, au fond, l'indexation
automatique des montants admissibles le coût, ça serait 100 millions.
M. Blais : Je vais me corriger déjà,
M. le Président, c'est 90,7 millions en 2014‑2015.
Blais : Non, non, pas le coût d'indexation, hein, on se comprend bien,
le coût de la dépense, ce dont on parle, là, de ce programme-là spécifique, c'est 90,7 millions en 2014‑2015.
L'indexation, bien, mettez une indexation de 1 %, de 1,5 %, ça
va vous donner le coût.
Turcotte : Oui.
Bon, parfait. O.K.
Le Président (M. Poëti) : Alors, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Non, mais là, avec la nouvelle
explication... Parce que ma question était sur le coût. Le ministre nous dit le montant, donc ce n'est pas sur le...
c'est le coût des prestations spéciales en 2014‑2015, 90,7 millions. Donc, si on veut savoir combien l'indexation coûterait, on fait
une règle de trois.
Turcotte : Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Poëti) : Est-ce qu'il
y a d'autres interventions au sous-amendement de l'article?
Schneeberger : Bien, juste peut-être, tout en connaissant
mieux les chiffres, on parlait de 90 millions,
alors, avec une indexation de 1,5 %, ça ferait grosso modo... en
mettant 90 millions à 1,5 %, là, on ne parle même pas de 1,5 million. Je pense qu'au niveau d'un
budget, étant donné que le ministère... un des plus gros de tous les
ministères, ce n'est pas si énorme
que ça, là, ce n'est pas une grosse... tu sais, on ne parlait pas du
40 millions comme un autre dossier qu'on avait eu... Donc, je pense que ça serait quand même raisonnable.
Il ne faut pas quand même pas oublier, ici, que c'est quand même les plus démunis de la société. Alors, si on est
capable d'augmenter les médecins à coups de milliards, je pense que 1,5 million pour plus de
personnes, là, ce n'est pas si drastique que ça. Alors, je pense, ça serait
vraiment à prendre en considération. Merci, monsieur.
Le Président (M. Poëti) : Merci. M.
le ministre.
Blais : J'ai déjà
dit, M. le Président, que j'allais le prendre en considération, là,
quand... le temps de travailler. Mais,
quel que soit le résultat, disons, de cette réflexion-là, ça va se
faire dans les réglementations ou dans nos intentions réglementaires plutôt,
là, que dans le projet de loi.
Président (M. Poëti) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant le sous-amendement de l'article? Sinon, nous allons
procéder à la mise aux voix du sous-amendement de l'article du député de Drummond—Bois-Francs?
Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Turcotte : M. le
Président, est-ce qu'on peut passer au vote par appel nominal?
Le Président (M. Poëti) : Bien sûr, M.
le député de Saint-Jean. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M.
Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Schneeberger :
Pour.
La Secrétaire : M. Turcotte (Saint-Jean)?
Turcotte : Pour.
La Secrétaire :
M. Blais (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Drolet (Jean-Lesage)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. le Président?
Le Président (M.
Poëti) : Je vais m'abstenir.
La Secrétaire :
C'est rejeté.
Le Président (M. Poëti) : Donc, le sous-amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'amendement de la députée de Gouin.
Est-ce qu'il y a des... M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président. Donc, le ministre vient de réitérer le fait
qu'il est ouvert à procéder à une indexation
de ces montants. Il avait mentionné ce matin qu'il préférait le faire par règlement,
comme, de toute façon, c'est le
cas pour la prestation de base. Moi, je lui ai rappelé que, dans l'article
72... Au fond, l'article 72 mentionne que c'est «le gouvernement peut», et non pas «doit», donc il
n'y a pas d'obligation de le faire et
que c'est par règlement. Donc, comment
le ministre voit la différence entre sa proposition et ce qui est déjà sur
la table? Parce qu'au fond on mentionnerait que, dans ce que le gouvernement peut faire par règlement
pour prévoir des règles assouplies, bien, il y aurait la question
de l'indexation automatique des montants admissibles. Donc, ce n'est pas une
obligation de le faire, c'est une possibilité.
On l'ajoute dans la loi pour mentionner que
le gouvernement peut le faire par règlement. Donc, est-ce que
c'est parce que ce n'est pas
des règles assouplies pour l'indexation? Qu'est-ce qui pose problème?
Le Président (M.
Poëti) : M. le ministre.
Blais : Tout simplement, là, si nous allons de l'avant, là, par
modification réglementaire, nous le ferons certainement pour l'ensemble des
bénéficiaires, et pas uniquement pour le groupe qui est concerné ici par
l'article, c'est-à-dire le groupe à la solidarité sociale.
Le Président (M.
Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Ça va pour moi.
Le Président (M. Poëti) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Étant donné que le sous-amendement n'a
pas été accepté, justement, comme je le disais tout à l'heure dans ma présentation du sous-amendement, l'amendement qui était amené par la députée de
Gouin venait un peu changer le sens
et venait un peu encadrer, d'une certaine manière, le paragraphe
2°. Alors, moi, je pense que le but,
c'est vraiment d'avoir le plus de latitude,
et non d'en faire une précision. À ce moment-là, je me verrai contraint de
voter contre l'amendement. Par
contre, je tiens à réitérer que le sens de l'amendement qui était amené par la
députée de Gouin est très pertinent.
C'est pour ça que j'avais souhaité un sous-amendement, pour, quand même,
souligner la pertinence de son approche.
Président (M. Poëti) :
Merci, M. le député. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le
sous-amendement de la...
voix : Sur l'amendement.
Le Président (M. Poëti) : ...sur l'amendement, pardon, de la députée de
Gouin? Sinon, nous allons passer à la mise aux voix. Contre?
Le Président (M.
Poëti) : Voulez-vous le faire par appel nominal, oui?
Turcotte :
...il n'y a pas d'autres interventions?
Le Président (M.
Poëti) : Non, il n'y a pas d'autre intervention.
Turcotte :
Donc, est-ce qu'on peut procéder à un vote par appel nominal?
Président (M. Poëti) : Je
suis visionnaire, je m'en doutais un peu. Alors, sans problème. Alors,
procédons, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Turcotte (Saint-Jean)?
Turcotte :
Pour.
La Secrétaire :
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Schneeberger :
Contre.
La Secrétaire :
M. Blais (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
M. Bolduc (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Drolet (Jean-Lesage)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. le Président?
Le Président (M.
Poëti) : Je vais m'abstenir.
La Secrétaire :
Alors, c'est rejeté.
Le Président (M. Poëti) : Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'article
26. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de Gouin,
vous avez la parole.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Je voudrais présenter un
amendement à l'article 26 qui se lirait comme suit : Par l'insertion, à la fin de l'article 72, de
«l'indexation automatique du maximum de gains de travail permis dans le
calcul des prestations».
Président (M. Poëti) :
Alors, nous allons prendre quelques instants, nous allons suspendre pour
rédiger sur papier et le distribuer à tous les gens ici. Nous allons
reprendre dans quelques minutes. Merci.
(Suspension de la séance à
15 h 43)
Le Président (M. Poëti) : Nous allons reprendre les travaux de la commission.
Est-ce que Mme la
députée de Gouin pourrait nous
faire la lecture de sa proposition d'amendement pour l'article 26?
Mme David
(Gouin) : Oui, M. le Président. Donc, il s'agit de modifier l'article
26 par l'insertion, après le paragraphe 3°, du suivant... Oui. Alors, il y
a le chiffre 4°:
4° par l'insertion,
après le paragraphe 2°, du suivant :
«3° l'indexation
automatique du maximum de gains de travail permis dans le calcul des
prestations.»
Si je peux expliquer,
M. le Président?
Le Président (M.
Poëti) : Bien sûr, Mme la députée.
David (Gouin) : Oui. Écoutez, il y a quelque chose d'illogique à
penser qu'on veut permettre à des personnes de réintégrer le marché du travail, ce qui peut commencer dans un
certain nombre de cas par le fait d'être à l'aide sociale, mais d'avoir ce qu'on appelle les fameux gains de
travail permis, là, parce que, pour un certain nombre de gens, y compris
des gens qui sont à solidarité sociale puis qui voudraient éventuellement
revenir au travail, ça peut être une façon de commencer
à se rapprocher... Or, je pense que mes collègues le savent, le montant qui est
permis, le gain permis, pour se
parler dans un vocabulaire que tout le monde comprend, là, il est de
200 $ par mois si on est reconnu, entre guillemets, apte au travail, et il est de 100 $ par mois
si on est au programme Solidarité sociale, et ça, ce sont des montants qui
n'ont pas bougé depuis 15 ans. 15 ans.
Alors, il me semble
qu'il y a un problème, et j'ose croire que le ministre est d'accord avec moi
sur le fait qu'il y a un problème quand on
est au même montant de gains permis depuis 15 ans. En fait, ça ne me paraît pas
très sérieux, franchement. Et, comme
on revoit la
loi sur la solidarité sociale, il me semble encore une fois, j'essaie encore de dire : C'est le temps, là, de réparer
certaines erreurs, d'ajuster des choses. Et, encore une fois, ma demande
n'est ni frivole ni exagérée parce
que je vous rappelle qu'on est toujours à un
article où on dit que «le gouvernement peut, par règlement»,
etc., ce n'est pas archicontraignant,
tout ça. En fait, s'il n'en était que de moi, on serait à un projet de loi, en fait, beaucoup plus contraignant non pas pour les personnes
pauvres, mais pour le gouvernement et sa manière de fonctionner. Mais ce
n'est pas moi qui fais les lois, alors j'y vais avec ce que j'ai comme projet
de loi.
Donc,
premièrement, les gains de travail permis n'ont pas été
indexés. Deuxièmement — ça, c'est important d'en tenir compte — depuis la même période, là, depuis 15 ans,
le salaire minimum s'est accru de 53 %. Alors, ce que ça fait en réalité, c'est que, compte tenu des plafonds
imposés, les gens peuvent travailler de moins en moins d'heures par mois parce
qu'il faut quand même payer aux gens le
salaire minimum. J'ose croire que, quand les gens ont des gains permis, c'est
qu'ils ont travaillé avec, au moins, le salaire minimum. Mais, quand on accroît
le salaire minimum de 53 % et qu'on n'indexe
pas le montant total que la personne peut avoir — dans ce cas-ci, disons, 100 $ par
mois — bien,
c'est évident qu'elle va travailler moins d'heures.
Alors,
je trouve qu'on fonctionne à l'envers, là, on est à l'envers de ce qui est
souhaitable pour l'intégration d'une personne
tranquillement, éventuellement, au travail. Et en fait, pour faire cette
proposition, je me suis inspirée du Comité consultatif de lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale, qui va
beaucoup plus loin que ce que moi, je propose et qui dit qu'on devrait fixer le montant mensuel des revenus
de travail non pas en fonction d'un montant maximal, là, comme c'est le cas, 100 $, depuis 15 ans, mais en
fonction de l'évolution du salaire minimum. Alors, c'est vrai, en y pensant
sérieusement, ça serait la bonne
façon de faire. Mais, comme je pense qu'on est dans une situation un peu
particulière, pour l'instant je
préfère, tout simplement, profiter du fait que l'article 26 nous dit que le
ministre peut, par règlement, faire un certain nombre de choses. Je lui suggère, vraiment de bonne foi et avec
conviction, en même temps, d'au moins indexer le maximum des gains permis. Ça me paraît une proposition extrêmement
minimale, et j'espère, cette fois-ci, que le ministre y souscrira.
Le Président (M.
Poëti) : Merci, Mme la députée. M. le ministre.
Blais : Alors, je pense qu'il y a un problème, et il n'y a pas une
bonne solution, hein, pour le problème. Donc, c'est pour ça que je vais m'y oppposer. Deux éléments, donc, qu'on a
déjà entendus ici, là. Encore une fois, on parle ici uniquement du Programme de solidarité sociale. Si
on fait quelque chose, on va le faire surtout en matière de gains de travail, on va le faire pour l'ensemble des
prestataires. On peut le faire par règlement — on va le faire par règlement aussi, de toute façon — mais il faut se rappeler que ces gains de
travail ou ces plafonds-là, aujourd'hui, ils sont intégrés fiscalement à la prime au travail et au crédit d'impôt de
solidarité. Et là, si on veut travailler sur l'un, ce que propose ma collègue,
il faudrait travailler sur l'autre parce
qu'à un moment donné il va y avoir des effets d'attraction, parce que, là, les
avantages cumulés à la fois de la
prime de travail, qui est ajustée en ce moment en fonction des montants actuels
du crédit d'impôt solidarité, ces
avantages-là vont faire en sorte que, là, il pourrait y avoir un effet
d'incitation contraire à ce qui est recherché, c'est-à-dire une sortie
de l'aide sociale.
Je lui
rappelle que, dans le dernier budget, on a présenté un mécanisme qui est une
innovation importante. On va le faire
un peu à
titre expérimental dans le cadre d'Objectif emploi pour arriver aux
objectifs que recherche ma collègue, mais
pas nécessairement en modifiant le maximum de gains de travail, mais en ayant
une valeur régressive qui fait en sorte
que les prestataires d'Objectif emploi vont pouvoir conserver plus que les
montants additionnels, mais de manière régressive.
Et ça, bien sûr, c'est attaché à la prime au travail, donc ça va créer un effet
d'incitation plutôt qu'un effet de désincitation ou encore un piège de
pauvreté.
Le Président (M.
Poëti) : Mme la députée de Gouin.
Mme David (Gouin) : M. le Président,
je comprends ce que me dit le ministre, mais il y a quand même des problèmes à son raisonnement. Premièrement, le
programme Objectif emploi est un programme que l'on veut... en fait, qui va concerner — c'est ma compréhension, là, jusqu'à ce
jour — les
nouveaux demandeurs à l'aide sociale. Or, nous sommes ici dans, je dirais, une
section du projet de loi qui touche, en
fait, des personnes qui sont déjà à l'aide sociale et, qui plus est, sont au programme Solidarité
sociale, et je suis à peu près persuadée que ce ne sont pas les personnes, même
s'il y en a qui sont venues nous le
demander, en fait, en commission parlementaire, là... mais ce ne sont pas les
personnes au programme Solidarité sociale qui vont être visées d'abord
par le programme Objectif emploi.
Je ne sais
pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que ce n'est pas vers ça que le
gouvernement veut aller. Il veut aller
vers des jeunes, il l'a dit très souvent, surtout des jeunes, et considérés
comme étant aptes au travail, même s'ils ont un certain éloignement du marché du travail. Donc, en fait, on ne règle
rien pour les personnes qui sont à solidarité sociale. Ce sont des
personnes qui ont des contraintes sévères à l'emploi, problèmes de
maladies physiques, psychologiques, mentales, pas nécessairement des personnes
qui ne peuvent pas travailler. Puis ça, je rappelle que plusieurs groupes regroupant des personnes vivant avec un handicap
sont venus nous dire qu'en fait, si on les aidait un peu, il y a des gens
qui seraient capables d'accomplir un certain
travail. Donc, à mon avis, Objectif emploi, c'est une autre question. On aura
abondamment la chance d'en discuter, mais ça
n'est pas une réponse à la question que je pose, je le dis respectueusement.
Deuxièmement,
je pense qu'il n'y a personne ici qui veut inciter les gens... Comment je
dirais? Pas inciter les gens, mais qui veut que le programme de la sécurité du
revenu devienne tellement, tellement, tellement alléchant, là, qu'il n'y a plus personne qui a envie d'aller
travailler, on n'en est tellement pas là. Est-ce que je peux rappeler au
ministre que les prestations de base
sont extrêmement basses et que, s'il faut ajuster d'autres paramètres, pourquoi
ne pas le faire? Il parlait d'impôt
solidarité, etc., bien, oui, pourquoi pas? Et, tant qu'à y être, on pourrait
augmenter le salaire minimum de façon un petit peu plus importante, ça
permettrait aux gens de sortir de la pauvreté.
Mais, pour le
moment, là, la seule chose dont je parle, c'est d'indexer le maximum des gains
de travail permis, indexer. Alors,
100 $ en ce moment, là, 100 $ par mois indexé à une hausse de,
disons, 1,5 % ou 2 % du coût de la vie, est-ce que je peux vous souligner que ça fait
102 $ par mois? Il me semble qu'on ne devrait pas en discuter longtemps,
là. Ça m'apparaît tellement évident qu'on doit, au moins, faire ça.
Le Président (M. Poëti) : Merci, Mme
la députée. M. le ministre.
Blais : Encore une fois, la distinction, c'est sur le moyen. On
préfère, là, disons, continuer à valoriser la prime au travail. Un tiens
vaut mieux que deux tu l'auras.
Le Président (M. Poëti) : Mme la
députée.
Mme David (Gouin) : Oui. Bien, je
vous attendais, M. le Président.
Le Président (M. Poëti) : Merci.
Mme David
(Gouin) : Bien, moi, j'aimerais ça que le ministre m'explique, là,
quel est le problème, soit philosophique,
soit économique, à donner, dès que le projet de loi sera inévitablement adopté,
102 $ par mois de gains permis à
des personnes qui sont au programme Solidarité sociale plutôt que 100 $.
Moi, je voudrais qu'on m'explique ça, là.
J'aimerais ça que les gens qui nous écoutent comprennent l'explication parce
qu'honnêtement je ne comprends pas.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
Blais : Donc, on ne voudrait pas être dans une situation de diminuer,
là, la prime au travail ou des montants que l'on donne en prime au travail, hein, pour s'assurer de la bonne intégration, là, des deux
mécanismes d'incitation.
Mme David
(Gouin) : Mais, M. le Président, qui parle de diminuer la prime au travail? Là, on parle de gens — soyons
clairs, là — qui, en ce moment et une fois le projet de loi adopté, vont pouvoir travailler quelques heures par mois, ce
qui les valorise, ce qui les
réseaute, leur permet de sortir de la maison, leur dit : Vous êtes utiles,
oui, vous pouvez faire du bénévolat,
mais on peut aussi consentir à ce que vous travailliez un certain nombre
d'heures, puis vous allez être payés pour
ça. Là, pour le moment, là, pour le moment... depuis 15 ans — 15
ans, M. le Président, c'est une éternité, ça, depuis
15 ans, là — on
leur dit : C'est 100 $ par mois. Je demande que l'on indexe ce
montant.
Évidemment,
tout le monde a compris qu'une indexation, c'est une indexation
au coût de la vie. Le coût de la vie, en
ce moment, augmente, mais pas de façon spectaculaire. Donc, on pourrait penser,
là, que ça voudrait dire, pour, mettons, 2017‑2018, 102 $ par mois
plutôt que 100 $, et on vient me dire que c'est un problème. M. le Président, je ne sais pas, moi, je pense aux gens qui nous écoutent, ils
doivent vraiment se demander où est le problème.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais : Il faut comprendre que ce type d'outil là, le
maximum de gains imposables, crée un phénomène de trappe assez important. Plus vous augmentez le montant, plus vous
approfondissez la trappe, nécessairement. Il est préférable d'avoir des outils qui sont plus positifs comme la
prime au travail, comme les crédits d'impôt de solidarité, qui n'ont pas
cet effet-là.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la députée.
Mme David
(Gouin) : Sincèrement, là, le ministre croit sincèrement, là, que d'indexer les gains de travail permis
15 ans plus tard va inciter des gens à
rester à l'aide sociale plutôt qu'à chercher un emploi? Écoutez,
M. le Président, j'en suis juste sidérée, sincèrement, là.
La prime au
travail, j'y crois. Crédit d'impôt de solidarité, j'y crois. De toute façon, lui, il est donné à partir de
très faibles montants, là, donc, pour moi, ce n'est pas une question.
Incitation au travail, programme d'employabilité, c'est important, tout ça, là. Mais là on parle de gens qui, dans le
meilleur des cas, réussiront peut-être, à un moment donné, à trouver un emploi, et ça va être long et
compliqué, et demander des accompagnements, et sans doute des subventions
salariales, et une panoplie de moyens parce
que les employeurs ne sont pas si friands que ça, là, d'embaucher des personnes
peut-être un peu moins productives ou qui
ont un handicap pour lequel il faut compenser. Ce n'est pas simple, tout ça,
là. Ce n'est pas parce qu'on le dit
que ça va se faire. Puis là, entre-temps, ces personnes-là, depuis 15 ans,
elles ont 100 $ par mois de
gains permis, et d'indexer ça, ça va leur dire : Savez-vous quoi? C'est
vraiment le fun, être à l'aide sociale, puis, dans le fond, tu sais, on a peur que vous ayez envie d'y rester.
M. le Président, franchement, j'y crois, aux mesures d'intégration au travail, puis le ministre le sait
très bien, mais là je trouve que de mettre l'un en rapport avec l'autre ne...
En tout cas, je veux vraiment rester très
respectueuse, là, mais ça ne tient pas la route, là, on compare des pommes et
des oranges.
Alors, moi,
j'adore les deux, et on peut faire les deux, mais refuser d'indexer le maximum
de gains permis alors que ça n'a pas
été indexé depuis 15 ans, c'est incompréhensible, M. le Président. Je
pense qu'il n'y a pas une seule personne qui nous écoute qui pourrait dire : Bien, oui, ça tombe sous le
sens, tout d'un coup qu'avec 2 $ de plus ils aimeraient ça rester à
l'aide sociale. J'arrête ici pour le moment, M. le Président.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. M. le ministre.
M. Blais : Je pense qu'il faut comprendre encore une fois,
là, que, depuis 15 ans, là, comme dit ma collègue, on a ajouté des nouveaux outils, hein, pour aider les
gens à sortir de la pauvreté et qu'il faut s'assurer que tous ces outils-là
soient intégrés correctement à la fois pour
les personnes à l'aide sociale, mais à la fois pour les personnes qui
travaillent à faibles revenus — qui ne sont pas sur l'aide sociale, mais qui
travaillent à faibles revenus — puis là il faut choisir entre ces
outils-là lesquels ont le plus d'avenir.
Le Président (M. Poëti) : M. le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Merci, M.
le Président. J'aimerais poser tout
d'abord une question. Le ministre, dans son argumentation, un des principaux arguments tient du fait que les
gens qui ont un gain de travail reçoivent la prime au travail. Est-ce qu'il y a
des gens qui ont des gains de travail qui n'ont pas la prime au travail?
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
Ça dépend s'ils ont fait leur rapport d'impôt puis ça dépend de leur situation
familiale. À partir de ces deux éléments-là, on peut décider, là, s'ils
sont éligibles ou pas à la prime au travail.
M. Turcotte :
M. le Président, c'est parce que, dans certains cas, le gain de travail n'est
pas nécessairement un travail récurrent. Donc, ça peut être ponctuel, dans une
certaine période de temps, etc., ce qui fait en sorte que ce n'est pas dans un contexte éligible à la prime au
travail. Ça fait que je comprends... du moins, j'essaie de comprendre, là. Ce
que le ministre nous dit, c'est que, si on
augmente en fonction de l'indexation le gain de travail permis dans le calcul
des prestations, la personne pourrait se trouver, du même montant,
pénalisée ou peut-être plus sur soit la prime au travail ou sur le crédit de solidarité. Ce qui fait en
sorte que, pour la personne, il n'y aurait pas de gain net au bout du calcul,
mais ce serait, au fond, le gouvernement
qui économiserait de l'argent que l'entrepreneur... ou, en tout cas,
l'employeur ou celui qui verse le
salaire lui paierait. Bien, pas nécessairement, là, mais, en tout cas, le
prestataire recevrait moins d'argent sur sa prestation de base, mais...
recevrait plus sur sa prestation de base, mais moins sur sa prime au travail ou
son crédit solidarité. Donc, le ministère économiserait, puis l'autre
paierait plus.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
Bien, il faudrait voir qui économise quoi. Ça dépend exactement de l'exemple,
mais, effectivement, ce sont des vases communicants potentiellement,
puis là il faut décider, là, lequel outil on utilise le plus.
Turcotte :
Dans le cas qui nous concerne, on est toujours à une proposition d'amendement à
l'article 26 du projet de loi, qui est :
L'article 26
modifie l'article 72 de la loi actuelle. Bon : «Le gouvernement peut,
par règlement, prévoir des règles assouplies
applicables aux prestataires...» Donc, à ma lecture, quand on parle de règles
assouplies, ça peut aussi faire
partie de ça parce que, dans le règlement, le gouvernement pourrait
dire que ce montant-là... en tout cas, tenir compte, là, du fait qu'il impacte le montant
de la prime au travail, du crédit solidarité. Il pourrait y avoir cette façon
de faire là qui, dans le règlement,
prévoirait que, pour ça, là, les gens, leur prime au travail ou leur crédit
solidarité ne serait pas nécessairement pénalisé par l'augmentation.
Moi, je crois
que, si le ministre ou si le gouvernement veut agir dans ce sens-là, il
pourrait le faire. Mais ce que j'ai
plutôt entendu de la part du ministre — et je crois qu'il va finalement,
effectivement, le confirmer — c'est qu'il n'est pas d'accord sur le fond, qu'on accepte que
quelqu'un gagne plus, soit 100 $ ou soit 200 $, tout dépendant de son
statut, par mois. Bon, parce qu'il a utilisé l'expression, là, «la trappe», là,
donc, pour lui, ce n'est pas un bon outil pour favoriser l'intégration en emploi. Moi, c'est ce que j'ai
entendu et c'est ce que je comprends. Donc, on n'est pas en ce moment dans
trouver la meilleure formule pour arriver à l'objectif de, le ministre n'est
pas d'accord avec l'objectif.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
Disons que ce n'est pas une question de principe ou philosophique, là, disons
que c'est vrai que c'est une question
d'orientation gouvernementale, là. Et ce qui fonctionne le mieux en général en
toutes choses, c'est d'avoir des
valeurs dégressives plutôt que dire un tel montant, puis ensuite, à partir de
102 $, par exemple, là vous commencez à rembourser à 100 % ce
que vous avez gagné. C'est ça qui épaissit, finalement, le phénomène de trappe.
Je reconnais
que 102 $, ce n'est pas beaucoup par rapport à 100 $, tout ça, mais,
en ce moment, il y a une intégration assez
forte de ces éléments-là qui en font des vases communicants. Vous avez raison,
on pourrait changer tout ça, on pourrait décider qu'on se retire un peu avec la prime au travail puis on laisse
plus de possibilités, là, d'augmenter, mais on n'est pas dans cette
orientation-là. Mais, encore une fois, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.
M. Turcotte :
Bien, c'est parce que, comme on l'a mentionné — bon, puis le ministre aussi le
confirme — c'est
que ce n'est pas tous les
prestataires qui ont un gain de travail qui sont éligibles à la prime au
travail. Donc, dans le cas qui nous
occupe, il y a quand même des gens, là, qui, en ce moment, sont pénalisés. Bon,
ils n'ont pas la prime au travail, dans
un premier temps, mais aussi parce qu'ils n'ont pas accès à un gain... Tu sais,
100 $ par mois, avec le salaire minimum à hauteur d'aujourd'hui versus, comme la députée de Gouin mentionne, il
y a 15 ans, c'est deux mondes complètement différents. Donc, au fond, à un peu plus de 10 $ de l'heure
actuellement, la personne ne peut même pas travailler 10 heures au
salaire minimum avant d'atteindre le montant.
Et, en même
temps, le ministre nous dit : Bien, on veut favoriser le retour au
travail, l'intégration en emploi, etc. Je
crois qu'effectivement il y a une possibilité, dans un premier temps, pour les
gens de favoriser l'intégration... en tout cas, de prendre le goût ou, du moins, de gagner l'intérêt de retourner
sur le marché du travail si, par elle-même, la personne peut gagner un
peu d'argent. Dans certains cas aussi, c'est que ça peut permettre à la
personne d'avoir quelque chose à manger
durant le mois ou d'être capable de se loger parce qu'avec 623 $ je
comprends que, là, dans ce cas-ci, c'est... La solidarité sociale, c'est un peu plus, mais, avec le montant qu'on...
Si on part du fait que ça soit, bon, 600 $ ou un peu plus par mois, on n'est même pas capable de se
payer un logement décent à Montréal, même en banlieue, la personne n'est
pas capable de se vêtir, de se nourrir.
Donc, ce
montant-là du gain de travail permis, qu'on permette de peut-être faire une
épicerie, peut-être deux dans le mois, c'est de ça aussi qu'on parle. On y