Health and Social Services — 1 June 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-06-01
Quebec — Committees
La
Loi sur
l'assurance maladie prévoit que l'assureur de la responsabilité d'un tiers
doive aviser la régie dès qu'ils entament
des négociations en vue du règlement d'une réclamation. Cette obligation n'est
pas applicable aux personnes ou groupes
de personnes qui, sans être des assureurs, couvrent néanmoins la responsabilité
d'autrui, notamment dans le cas d'autoassurance. Par exemple,
l'Association canadienne de protection médicale, laquelle offre une couverture
pour la responsabilité professionnelle des
médecins, n'est pas un assureur. Dans un tel esprit, le projet de loi
n° 92 prévoit que la personne assurée doit également être tenue
d'aviser la régie lorsqu'elle intente un recours judiciaire contre le tiers responsable ou son assureur — à ce recours, la régie serait justifiée
d'intervenir au litige — tout comme l'Association canadienne de protection médicale
devrait dorénavant, selon l'amendement déposé hier par le ministre, informer la
régie de l'ouverture de toute négociation en vue du règlement d'une réclamation
dans le cas d'erreurs médicales.
Il a également été soulevé la
problématique du secret professionnel, mentionnée également à quelques
reprises en commission parlementaire. La régie devrait avoir le pouvoir
d'exiger d'un établissement ou d'un professionnel de la santé les renseignements nécessaires contenus aux dossiers des personnes
assurées pour lui permettre de bâtir et d'étoffer sa preuve, tout en
garantissant les droits fondamentaux des personnes assurées. Comme mentionné
précédemment, la possibilité pour la régie de prendre connaissance du dossier
d'une personne assurée à l'occasion de l'exercice de ses fonctions comme lors d'une inspection ou d'une
enquête doit être possible dans un contexte autorisé par la loi. La
régie a conscience que le secret professionnel ne peut être ainsi ignoré et que
ce n'est que pour réaliser ses mandats en toute efficience que la levée du secret professionnel est nécessaire.
D'ailleurs, les mémoires présentés lors de la consultation publique sur
le projet de loi à l'étude démontrent que cet aspect n'est pas décrié, mais
qu'il doit être limité à l'objet recherché et utilisé à bon escient, ce que la
régie entend faire, naturellement.
Un troisième élément
a été soulevé hier en regard de la responsabilisation des fabricants et des
grossistes de médicaments. Des infractions pénales seront dorénavant prévues
dans le cas où un pharmacien, un fabricant ou un grossiste reçoit ou consent, selon le cas, des ristournes,
gratifications ou autres avantages non autorisés, à l'encontre des conditions et des engagements prévus à la
Loi sur
l'assurance médicaments ou par règlement du ministre. De surcroît, la régie pourra, dans ces situations de non-respect
du cadre législatif, rendre des décisions contre les fabricants ou les
grossistes et recouvrer un montant équivalent aux avantages ainsi consentis
illégalement. Des infractions et des pénalités seront également possibles. Dans les faits, cela nous permettra d'agir plus
rapidement et notamment de faire cesser sur-le-champ des pratiques non
conformes. Il semble donc possible d'établir un consensus à cet égard.
terminant, je tiens à vous assurer que la régie est soucieuse de mettre en
place tous les moyens nécessaires pour répondre à ces nouveaux pouvoirs
en augmentant ses moyens de contrôle et en améliorant ses outils de dépistage, dans un souci d'efficacité et d'efficience. Avec
l'arrivée de nouveaux mandats tels que le Guichet d'accès à un médecin
de famille, Registre des directives
médicales anticipées, système de prise de rendez-vous avec un médecin de
famille, ainsi que les récents changements dans le domaine
pharmaceutique ou par les ententes médicales, nous devrons adapter nos façons de faire et prévoir les ressources
matérielles, financières et humaines nécessaires pour accomplir ces
nouveaux mandats. Des travaux sont déjà amorcés en ce sens.
Je réitère que la
RAMQ a besoin de plus de pouvoirs, et en ce sens le projet de loi n° 92
tient compte de nos préoccupations et répond
à nos besoins. Par le fait même, le projet de loi n° 92 nous donnera les
moyens nécessaires pour favoriser davantage l'accomplissement de notre
mission.
Je vous remercie de
votre attention et répondrai avec plaisir à vos questions en compagnie des
personnes qui m'accompagnent.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre, la parole est à vous.
Barrette : Alors, merci, M. le Président. Alors, bien, d'abord, merci,
M. Cotton et toute l'équipe, d'avoir pris le temps à pied levé, là... Je
comprends que vous avez suivi nos travaux hier et que vous avez donc eu le
temps de vous préparer sur les sujets sur
lesquels il allait y avoir un certain nombre de questionnements, alors je vous
remercie d'avoir pris le temps de vous préparer et de nous avoir
présenté votre allocution, qui résume, je pense, bien votre position et votre
capacité là-dedans.
Il y a peut-être un
élément que vous n'avez pas abordé qui a été abordé hier, je ne sais pas si
vous avez eu le temps de le voir, il y a eu
beaucoup de questionnement sur la façon de faire les enquêtes. Je vous le dis à
l'avance, là, parce que moi, je n'ai
pas de question particulière à vous poser, évidemment, puisque la raison pour
laquelle vous êtes invités à discuter
avec nous à nouveau ce matin, c'est suite à la demande de l'opposition
officielle, qui voulait s'entretenir avec vous. Alors, à ce moment-là, M.
le Président, je vais laisser tout de suite la parole à notre collègue de l'opposition
officielle pour avoir cette conversation-là.
Le Président (M.
Tanguay) : Parfait. Alors, pour une période maximale de
15 minutes, la parole est à la collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, les minutes filent vite, on va aller rapidement
au coeur du sujet.
En ce qui concerne le secret professionnel, il y
a quand même plusieurs
ordres qui sont venus l'évoquer : l'Ordre des comptables, l'Ordre
des pharmaciens, le Collège des médecins, le Barreau. Moi, je voudrais savoir...
Notre compréhension, c'est que c'est
seulement s'il y a subrogation. Est-ce que c'est à ce moment-là que vous voyez
l'utilisation, vous, de votre pouvoir
d'avoir accès à des données nominales de patients, par exemple? Parce que, dans
les échanges que la RAMQ fait actuellement avec des professionnels, dans
un processus de vérification, il n'y a pas l'identification complète du
patient, vous fonctionnez avec un numéro d'assurance maladie, et à ce moment-là
ce n'est pas aussi facilement décodable, là, pour le commun des mortels qui
tomberait sur ces documents-là. Donc, ma question à moi, c'est : À quel
moment vous voulez avoir accès à des données nominales de la part d'un
professionnel de la santé?
M. Cotton
(Jacques) : C'est certain que ça s'applique en subrogation, oui, parce
qu'on a besoin d'avoir l'information précise dans le dossier du patient...
Mme Lamarre :
Je m'excuse. À cause du bruit, pouvez-vous parler un petit peu plus fort?
Cotton (Jacques) : Oui.
C'est certain que ça s'applique dans le cas de subrogation, oui, mais ça ne
s'applique pas juste dans ce cas-là, ça
s'applique aussi au niveau des enquêtes, parce qu'au niveau des enquêtes on a
besoin... Parce qu'on ne va pas à la
pêche, là, tu sais. Quand on fait une enquête, on est sur quelque chose de très
précis, puis il faut aller le plus
loin qu'on peut sans utiliser d'autre moyen que... les tribunaux puis ces
choses-là. Donc, le besoin d'avoir l'information qui est dans le dossier
du patient s'applique aussi dans des dossiers d'enquête.
Mais dans ce temps-là on vise des choses très
précises. On ne s'en va pas chercher le dossier pour avoir l'information globale, c'est qu'on est déjà sur un...
on suspecte déjà quelque chose qu'on... Parce que, quand on est rendu en
enquête, c'est qu'on est sur quelque chose
de très précis. On ne fait pas d'enquête de façon très large, dire : On
enquête, puis qu'on va à la pêche, là. On
travaille à partir d'un élément, puis il y a tout un processus pour nous amener
à décider une enquête, et à ce
moment-là ça nous amène à préciser exactement ce qu'on a besoin. On ne veut pas
utiliser ça de façon...
Lamarre : Mais, quand vous ciblez... Par exemple, je pense qu'il peut
y avoir des différences entre ce qui est fait pour les médecins, dans
certains cas, quoiqu'il peut y avoir certains actes qui sont ciblés pour un
grand nombre de patients. Ça pourrait
arriver, par exemple, que vous demandiez 150 ordonnances à un pharmacien.
Alors, si on suit le raisonnement des ordres professionnels, il faudrait
demander le consentement à chacun des 150 patients avant de vous fournir
l'information sur, par exemple, des copies d'ordonnance ou, dans le cas des
médecins, sur l'ouverture à leurs dossiers.
Comment vous
voyez qu'on peut à la fois rassurer les ordres et vous permettre de faire votre
travail? Mais, moi, ce qui me
préoccupe aussi, c'est que, si on ne le règle pas comme il faut, ce point-là,
dans le cadre du projet de loi n° 92, dans le libellé, eh bien, ce qui va arriver, c'est qu'on va être contesté et
on va être paralysé dès le départ avec quelque chose qui n'est pas assez clair. C'est pour ça que j'essaie
de nous aider mutuellement à, tous, préciser ce qu'on souhaite et ce
qu'on ne souhaite pas. Mais il faut le préciser, là.
M. Cotton (Jacques) : Me Rousseau va...
Mme Rousseau (Annie) : Alors,
effectivement, sur les recours subrogatoires, dans des dossiers précis, on va aller chercher des renseignements qui sont nécessaires,
pour nous, pour faire la preuve dans le cadre de ce recours-là. Alors,
si on veut savoir... Ce qu'on sait, à la régie, dans le fond, c'est qu'on a
payé pour un bras cassé, l'hôpital a payé pour l'opération, donc on est subrogés aussi dans les droits des hôpitaux. Donc, il faut savoir, lors de cette
opération-là qui est arrivée le
15 juin 1900... 1900, mon Dieu, je suis loin, là, mais 2015, alors est-ce
que c'était en lien avec la faute d'un tiers, la raison pour laquelle il y a eu une opération pour un bras cassé, ou
simplement parce que la personne est tombée chez elle. Donc, on a besoin
de renseignements particuliers.
Et c'est sûr
que nous, comme organisme public, on va respecter la loi. Alors, il ne faut pas
présumer qu'on ne va pas respecter la loi. Et, dans ce qui est prévu
dans la loi, c'est prévu qu'on va aller chercher les renseignements nécessaires à l'exercice du recours. Donc, on ne va pas chercher l'ensemble du dossier
de la personne assurée en particulier, là,
on va aller chercher les renseignements en lien avec l'accident qui est arrivé, si je
reprends mon bras cassé, et le coût que ça a engendré et pour la
régie et pour les établissements. Donc, ça, c'est...
Lamarre : Pour vous... Je
m'excuse, c'est parce que le temps file. Mais vous considérez que le projet de loi respecte la loi en matière de
protection de renseignements personnels?
Mme Rousseau (Annie) : Oui. On a eu
des avis aussi à ce sujet-là, là, nous disant que même le secret professionnel... des avis juridiques, que
le secret professionnel est respecté, que ça respecte les critères de la
charte. Donc, à l'article 9.1 de
la charte, vous avez la possibilité d'aller, dans une loi en particulier, à
l'encontre du secret professionnel lorsque c'est justifié, dans le cadre
d'une société libre et démocratique. Alors, ici...
Lamarre : Parce que
ce qui est dit, ce n'est pas que la régie ne respectera pas la loi, mais c'est
simplement que le devoir des professionnels,
c'est de préserver le secret professionnel. Donc, c'est de trouver la voie de
passage qui va permettre aux deux de remplir leur mandat, dans le fond.
Mme Rousseau (Annie) : Oui.
Mme Lamarre : Et c'est là que vous,
vous avez la conviction que ce qui est écrit actuellement dans le projet de loi...
Parce que c'est vous qui allez avoir les objections
ensuite, c'est vous qui allez devoir investir énormément, là, de
temps en recours pour démontrer que vous ne portez pas atteinte au secret
professionnel, donc c'est important que vous nous disiez que vous êtes sûrs que
c'est conforme.
Mme Rousseau (Annie) : Oui. On a...
Mme Lamarre : Est-ce qu'il y a
d'autres mesures qu'on pourrait donner pour rassurer les ordres?
Rousseau (Annie) : Si je
peux rassurer... Vous me permettez? Si je peux rassurer, mon ordre
professionnel, qui est le Barreau, là, en tout respect pour le Barreau, quand
le Barreau dit qu'on va remettre sur les épaules du professionnel le fardeau de prouver que c'est nécessaire,
avec respect, ce n'est pas comme ça que ça va se passer. Alors,
ce n'est pas le
professionnel qui va regarder, qui va se dire : Dans mon dossier, y a-tu quelque chose qui serait nécessaire à l'exercice
d'un recours?, alors, c'est nous qui allons lui demander tel ou tel renseignement dans un dossier pour pouvoir faire notre preuve. Donc, le
fardeau, il n'est pas sur ses épaules, là, au professionnel, il est davantage
sur les nôtres.
Mme Lamarre : Mais vous comprenez
que, par exemple, si vous demandez des informations sur des antidépresseurs ou des médicaments pour la maladie
d'Alzheimer, il y a des données qui relèvent du secret
professionnel, là, à travers ces informations, il peut y avoir des informations sensibles. Alors, quelle garantie vous pouvez
donner... Parce que de
toute évidence il semble qu'on en
aurait besoin de plus. Est-ce que vous avez pensé à une autre façon de
formuler ou à ajouter quelque chose qui donnerait satisfaction davantage aux
ordres?
Rousseau (Annie) : Si je
reviens à la subrogation, déjà, là, il est prévu que l'établissement à qui on s'adresse ou le professionnel de la santé à qui on
s'adresse devra informer la personne concernée, de sorte que, si la personne concernée s'aperçoit qu'on a accès à des renseignements qui ne sont pas du tout nécessaires à l'exercice des recours, bien, elle
pourra contester ça. Puis ça, ça va être une information préalable.
Lamarre : Mais je vous
rappelle l'exemple que je vous donnais au début, là. Quand la régie demande
à un médecin ou à un autre professionnel
d'envoyer des informations sur 150 patients pour vérifier certains
éléments... Ça arrive, ça, je
vous le dis, là, ça arrive. Alors, ce que ça prévoit, c'est que le pharmacien
ou le médecin va devoir téléphoner à 150 de ses patients pour lui demander
l'autorisation de vous donner l'information, c'est...
Mme Rousseau (Annie) : Non. L'information,
ça, c'est pour les recours subrogatoires, O.K.? Alors...
Lamarre : Bien, c'est ça, ma
première question. C'est pour les recours subrogatoires, ce n'est
pas pour l'enquête.
Mme Rousseau (Annie) : O.K. Bien,
c'est ça. Alors, la première question, sur les recours subrogatoires, effectivement, il va falloir informer. Et ça, c'en est une, mesure. C'est sûr que,
nous, pour nous, c'est plus lourd, là, de demander ça, d'attendre qu'il
y ait une information avant d'avoir les informations. Si vous nous dites, comme
parlementaires : Bien non, l'information n'est pas nécessaire, ça va
être encore mieux, là. Mais on a une... C'est une mesure, ça, justement,
d'informer la personne concernée, lors d'un recours subrogatoire, avant que les
renseignements soient communiqués.
Lamarre : M. le Président, juste de consentement, le ministre n'a pas utilisé toutes ses minutes, mais
on avait quand même convenu qu'on aurait une heure. Est-ce qu'on peut quand
même répartir le temps pour avoir une heure de contact avec la Régie
d'assurance maladie?
Président (M. Tanguay) : De consentement, on peut tout faire. Il vous
reste six minutes, M. le ministre. C'est de demander le consentement ou
pas, là.
M. Barrette : Moi, je n'ai pas de
problème, M. le Président.
M. Barrette : Vous savez que mon
désir de collaboration est légendaire.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
le temps que vous n'avez pas utilisé serait réparti aux oppositions. C'est le
consentement que vous donnez, le total du temps?
M. Barrette : Oui, oui. Bien sûr,
bien sûr, bien sûr.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.,
parfait. Alors, on vous dira combien, on va recalculer. Merci.
Mme Lamarre : Alors, merci. Je
remercie le ministre pour sa sollicitude. Merci beaucoup.
Donc, en
fait, ce que je pense qui pourrait être un point, là, c'est quand vous faites des
demandes de vérification, on n'est pas du tout dans le recours en
subrogation, et c'est là, je pense, qu'il y a peut-être des dimensions qui sont...
Parce
que dans les vérifications, là, vous
pouvez vérifier de grands volumes de patients, et je ne pense pas qu'à ce
moment-là ce que vous souhaitiez, c'est
qu'il y ait cette autorisation-là et que le pharmacien... Donc, le pharmacien
ou le médecin peut rendre l'information non nominale, par exemple, pour
ce genre de dossier là. Est-ce que c'est possible?
M. Cotton
(Jacques) : Oui, parce que
ça, en inspection, actuellement, on n'a pas besoin du pouvoir... du secret professionnel, en inspection, parce que
c'est souvent en inspection... Je
pense, les exemples
à grand volume, on est en mode inspection.
Si on détecte une anomalie et puis que, là, on précise, là on s'en va en mode
enquête, mais là on est beaucoup plus
pointu, en mode enquête, et là ça réduit de beaucoup l'exemple,
je pense, de grand volume que vous mentionniez tantôt. Donc là, on précise ce qu'on veut obtenir
et on limite, à ce moment-là, l'utilisation de l'information en
précisant, parce que, là, on est en mode enquête... ou l'exemple
que donnait Me Rousseau ici tantôt, en subrogation, parce que,
là aussi, ce n'est pas des grands volumes, c'est quelques dossiers d'individus
bien ciblés.
Lamarre : Peut-être
juste en quelques mots, Me Rousseau, préciser, pour les gens
qui nous écoutent, le recours en subrogation, à quoi ça correspond,
juste pour qu'on fasse la distinction entre une demande de vérification
d'information et le recours en subrogation.
Rousseau (Annie) : Le
recours en subrogation, en fait, c'est que la régie est subrogée dans les
droits d'un tiers pour aller réclamer
l'argent que la régie paie... et les établissements. Alors, concrètement, là,
lorsqu'une personne... Si vous venez chez moi, et que, bon, je n'ai pas
réparé ma marche, et que, compte tenu que c'est mal réparé, vous vous blessez, vous vous cassez une jambe, alors c'est
de ma faute. Ça, la régie, les citoyens n'ont pas à payer pour la faute
d'un tiers. Alors, la régie s'occupe de
l'assurance maladie, donc, dans les cas où les gens sont malades, mais, dans
les cas où il y a des accidents
résultant de la faute des tiers, c'est là que nous, on va aller prendre les
droits, dans le fond, qu'aurait la victime,
dans votre cas, là, donc les droits de la victime contre la responsable, dans
le cas que je vous donnais, le mien... ou l'assureur, hein, souvent c'est l'assureur qui va être poursuivi, et à
ce moment-là, bien, on va aller réclamer les frais qui ont été occasionnés par cette chute-là par la faute
d'un tiers, donc, et on va aller réclamer les frais qui ont été payés par la
régie et les frais qui ont été occasionnés par les opérations ou l'hébergement
en établissement.
Lamarre : Donc, on parle plus, en fait, là... Concrètement, par
exemple, en cas d'erreur médicale, à ce moment-là, s'il y a une poursuite et qu'il y a, donc, des coûts qui ont
été engendrés au système de santé publique à cause de cette erreur, eh bien, la régie peut venir
demander au fonds d'assurance responsabilité professionnelle, par exemple,
de se faire rembourser pour ces frais qui ont été, dans le fond, imputés à
l'ensemble des Québécois, et non pas simplement au fonds d'assurance qui devait
couvrir ces erreurs.
Mme Rousseau (Annie) : Exactement.
Mme Lamarre : C'est bon. Merci.
Moi, j'avais
des questions précises sur les ressources et le nombre de visites, le nombre de
visites sur place que vous faites,
que vous avez faites l'année dernière, par exemple, le nombre de déplacements,
là, d'inspecteurs dans des bureaux, dans des hôpitaux, ou dans des
pharmacies, ou dans des bureaux d'optométristes.
M. Cotton
(Jacques) : Oui. M. Hubert,
M. Alexandre Hubert va vous donner les données sur les inspections. Les
enquêtes aussi? As-tu les enquêtes? Non? Les inspections.
M. Hubert (Alexandre) : Vous parlez
des visites où on s'est déplacés en clinique?
Mme Lamarre : Oui, des visites.
M. Hubert (Alexandre) :
Donc, depuis 2011, on a fait 1 200 visites dans les différentes
cliniques, et il y avait 6 300 médecins de visés, donc, dans
les cliniques il y a plusieurs médecins. Si on parle plus de l'année 2014‑2015,
c'est 624 cliniques qui ont été visitées, pour un peu plus de
3 000 professionnels qui étaient visés.
Mme Lamarre : Vous parlez de
cliniques, mais, par exemple, des hôpitaux...
M. Hubert
(Alexandre) : On va seulement en clinique, on ne va pas en hôpitaux,
parce que les inspections se font par rapport aux frais facturés, aux
frais accessoires.
Mme Lamarre : Par rapport à?
M. Hubert (Alexandre) : Aux frais
accessoires, aux frais facturés aux personnes assurées. Donc, on fait des inspections, on se déplace en clinique pour s'assurer
que la réglementation entourant les frais facturés est conformément
appliquée.
Mme Lamarre : O.K. Mais, si, par
exemple, comme la Vérificatrice générale l'a soulevé, il y avait des surfacturations, par exemple, des actes facturés
plus coûteux en hôpital que ce qu'ils auraient dû être, ça, il n'y a pas
eu de vérification pour ça dans la dernière année ni l'année précédente?
M. Hubert (Alexandre) : Ça, depuis quelques
années, la régie a cessé de se déplacer en hôpitaux, pour des raisons d'efficacité. On fait venir les dossiers à
la régie. On avait une présence... peu de visibilité, lorsqu'on se
déplaçait, il y avait des coûts de déplacement et une perte de temps en
déplacement des professionnels, donc on ne se déplace plus en centre
hospitalier.
Mme Lamarre : Alors, je vais aller à une question
plus directe, parce qu'on augmente
beaucoup vos pouvoirs, là, on vous en donne beaucoup, mais il faut
qu'ils servent. Alors, si vous me dites que déjà vous en aviez, mais vous n'aviez pas les ressources pour les rencontrer, jusqu'à un
certain point, là, faire ce genre de vérification là, avec ce que vous voyez
dans la loi n° 92, actuellement, vous avez besoin de combien de plus de
ressources? Et de quel type de ressources
vous prévoyez avoir besoin pour bien accomplir, là, l'ensemble du mandat? Parce
qu'on se rend compte qu'il y a de
l'argent à récupérer dans ça. Il y a certainement aussi de l'argent à
économiser, parce qu'en exerçant un devoir... en tout cas, une vigilance plus complète, on oblige chacun des
professionnels à s'autosurveiller davantage, à s'autoréguler davantage.
Avez-vous estimé ce que ça représentait pour assumer pleinement les pouvoirs
que le projet de loi n° 92... qu'est-ce que vous avez besoin de plus comme
ressources?
M. Cotton (Jacques) : Comme je
vous le disais dans mon allocution, il y a plusieurs nouveaux mandats qui ont été confiés à la régie depuis un an,
18 mois, et actuellement on voyait venir aussi le projet de loi n° 92
et ses impacts, on est à faire
l'analyse, actuellement, de ce qu'on va avoir besoin comme ressources pour
l'ensemble de ces nouveaux mandats là puis comment on va transformer
notre façon de faire aussi, parce qu'actuellement il s'en fait, des activités,
il va falloir modifier la façon dont on fait nos activités dans certains
secteurs. Dans certains cas, ça va demander plus de ressources; dans d'autres
secteurs, peut-être un peu moins, c'est juste la façon de faire et ce qu'on va
faire qui va être modifié. Mais on a déjà,
depuis quelques semaines, là, commencé des travaux spécifiquement pour le
projet de loi n° 92, mais déjà
depuis quelques mois pour l'ensemble des nouveaux mandats qui sont demandés à
la RAMQ, que j'ai énumérés, là, dans
mon allocution tantôt. Et on prévoit terminer ça, là, d'ici l'été, de faire cet
inventaire-là et, au-delà de l'inventaire des ressources qu'on va avoir besoin, comment on va appliquer ces
nouveaux pouvoirs là, parce qu'il y a une transition à faire dans l'organisation, c'est majeur, vous
l'avez dit, et on va devoir avoir un plan de transition pour l'application
de ces nouveaux pouvoirs là.
Il ne s'agit pas, demain matin, si jamais la loi
était votée, de partir, là, puis dire : Bien là, là, on change
complètement nos façons de faire. Il va falloir y aller graduellement pour que
les équipes s'approprient ces nouveaux pouvoirs
là, puis les utilisent correctement, et que les clientèles visées aussi
comprennent bien toute cette démarche-là.
Donc,
actuellement, on la fait, cette réflexion-là d'analyse des ressources qui vont
être nécessaires pour le p.l. n° 92 et pour les autres nouveaux mandats. Effectivement, la RAMQ est en mode
développement, là, depuis un an, 18 mois, par rapport à tous ces
nouveaux mandats là, et on est à le faire, cet inventaire-là, puis on prévoit
le terminer bientôt. Mais on va avoir besoin de ressources additionnelles,
c'est clair.
Mme Lamarre : Mais je pense
qu'on a besoin d'un petit peu plus de précisions parce qu'on veut plus... on
veut vous aider, là.
Alors, selon
la Vérificatrice générale, quatre médecins-conseils pour la facturation,
c'était nettement insuffisant. Vous le dites vous-mêmes, là, il y a des
grands pans du système de santé qui n'étaient pas inspectés.
Alors,
actuellement, avec ce que vous avez comme ressources — puis je vais vous demander un pourcentage,
mais ça peut être une fourchette, là — vous diriez qu'avec les ressources que vous
aviez vous étiez capables de couvrir quel pourcentage de votre mandat,
de votre potentiel en termes d'inspection? Et, avec ce qu'on vous demande dans
92, quel pourcentage, si vous n'avez pas
d'augmentation d'effectif, vous allez être capables de faire? Juste un ordre de
grandeur, là, parce que... Est-ce qu'on est
dans... qu'actuellement vous avez déjà ce qu'il faut à 90 %, ou si c'est
plus 50 %, ou si c'est plus
30 % des ressources que vous avez pour aller chercher le plein potentiel
de ce qu'on recherche avec le projet de loi n° 92? Parce que, nous,
comme parlementaires, ça ne donne rien de faire des projets de loi si ça ne
donne pas le résultat sur le terrain. Alors, qu'est-ce qu'il va falloir vous
soutenir pour que ça donne les résultats?
M. Cotton
(Jacques) : Peut-être juste
revenir sur ce que vous avez dit tantôt. Quand la vérificatrice a dit
qu'on avait juste quatre médecins à
l'analyse, c'est vrai qu'il y avait quatre médecins spécifiquement à l'analyse,
mais ce qu'il ne faut pas oublier,
c'est qu'il y a toute une équipe de professionnels qui supporte ces médecins-là
aussi et qui amène les dossiers pour la
partie où c'est nécessaire
d'avoir un médecin. Et on est conscients qu'il faut en ajouter, là, parce qu'il
faut augmenter nos échantillonnages, puis
tout ça. Puis on est déjà en recrutement sur ce volet-là au niveau médical,
parce que disons que c'est assez difficile
de recruter, actuellement, d'avoir des médecins qui veulent venir travailler à
la régie, là, au niveau administratif, là, c'est assez compliqué à
trouver, mais on a déjà commencé ce processus-là spécifiquement pour le côté
médical. Mais il ne faut pas s'arrêter au fait qu'il y avait juste quatre
médecins, là, il y a toute une équipe qui supporte ça.
Actuellement, pour faire face à nos inspections
puis à nos analyses qu'on a, je vous dirais, quand on regarde les effectifs actuels... Parce que
je vous rappelle que, dans les trois dernières années, on a eu des cibles
globales, au niveau de la fonction
publique, de réduction à atteindre de certains effectifs, la RAMQ a quand même
diminué ses effectifs d'à peu près 67 personnes dans les deux dernières années
pour respecter les cibles. Ce qu'on a réussi à faire, puis ce qui nous a aidés beaucoup à atteindre ce chiffre-là, c'est qu'on a fait beaucoup
de réorganisation à l'interne et de revue de processus, ce
qui nous a permis d'absorber cette diminution-là.
C'est certain
que, si vous me demandez 92 spécifiquement, l'évaluation n'est pas
terminée, mais c'est certain qu'on ne parle pas, là, de quatre ou cinq
postes, là, on parle de plusieurs postes, plusieurs...
Mme Lamarre : ...doubler vos
effectifs actuels?
M. Cotton (Jacques) : Non, jamais
de cette ampleur-là, jamais de cette ampleur-là. Parce que j'aurais de la difficulté
à vous identifier là, là... bon, on peut vous le fournir, le chiffre, mais
combien de ressources sont visées par le projet de loi actuel, mais c'est certain que ce n'est pas de l'ampleur de doubler, parce que
ça change beaucoup nos façons de faire. Tu sais, je prends juste l'exemple dans un secteur
qu'on a identifié, là, bon, qui est les services juridiques, là, si
Annie me permet de donner l'exemple. Cet impact-là, il est déjà évalué parce
que, bon, ça a été plus rapide, on parle de deux, trois ressources pour les services juridiques, à l'heure actuelle, avec
les données qu'on connaît. Là, où est-ce qu'on est rendus, c'est de
faire l'analyse, justement, au niveau de l'inspection, au niveau des enquêtes,
au niveau de l'analyse de la facturation. On est en train de changer nos façons
de faire nos échantillonnages.
Donc, c'est certain que, on parle de ressources,
là, actuellement on joue dans des chiffres, là, peut-être d'une cinquantaine de ressources sur différents projets,
pas juste sur 92, mais je veux garder une petite réserve par rapport à
92 parce qu'on n'a pas terminé de faire le
tour de l'ensemble de l'organisation puis de voir les impacts et comment on
va les appliquer. Et c'est possible que
l'ajout de ressources soit graduel, sur deux, trois ans aussi, en fonction de
comment on va utiliser, puis augmenter tranquillement l'utilisation de
nos pouvoirs, puis être capables d'en rendre compte aussi.
Mme Lamarre : Petite question
rapide : L'indexation des amendes, est-ce que vous êtes d'accord avec ça,
qu'il y ait une indexation automatique des amendes?
M. Cotton (Jacques) : On peut
difficilement être contre ça, là.
Mme Lamarre :
O.K. Maintenant, si on parle au niveau des frais accessoires, dans votre
premier mémoire vous nous aviez dit
que vous comptiez sur le projet de loi n° 92 pour vous aider à avoir les
meilleurs outils pour pouvoir enquêter au niveau des frais accessoires.
Là, il y a un flou qui persiste, il n'y a rien, là, dans le projet de loi
n° 92 qui vient concrètement interdire les frais accessoires, de sorte
qu'on reste encore dans un flou où il y a un règlement qui est en vigueur.
Alors, qu'est-ce que vous allez faire avec les frais accessoires dans vos
enquêtes, là, directement?
M. Cotton
(Jacques) : Ce qu'on a prévu
dans 92, depuis le temps où on travaille ce projet de loi là, c'est
qu'on a prévu se donner les outils nécessaires en fonction qu'il y a des frais
accessoires. Là, je sais qu'il y a une décision, là, à venir, là, mais, s'il y a un maintien des frais accessoires, quel
qu'il soit, déterminé par règlement ou autres, on a ce qu'il faut dans
le p.l. n° 92 pour exercer nos pouvoirs, faire respecter ce qui sera
décidé. Puis, si jamais...
Mme Lamarre :
Mais là il n'y a rien qui est fait, là. Là, là, on est exactement comme on
était avant, c'est-à-dire que le règlement n'est pas publié, le projet
de loi qui les abolirait n'est pas là, le code de déontologie est en suspens. Qu'est-ce que vous faites aujourd'hui pour
inspecter les frais accessoires? Qu'est-ce que vous faites concrètement,
M. Cotton (Jacques) : Vous
voulez dire quels moyens qu'on prend?
Mme Lamarre : Oui, pour
vérifier s'il y a des frais accessoires abusifs qui sont facturés par les
médecins.
M. Cotton
(Jacques) : O.K. C'est ce
que M. Hubert vous disait tantôt, c'est nos exercices d'inspection qui
sont carrément sur ça, là. Les 600 cliniques — c'est ça, 600? — les
cliniques qui ont été visitées dans la dernière année, c'est spécifiquement sur
ça, sur les frais facturés, mais avec les pouvoirs qu'on a actuellement.
Mme Lamarre : Puis vous avez poursuivi combien de personnes?
Vous avez poursuivi combien de personnes, de médecins, avec les enquêtes
que vous avez faites? Combien? Combien vous en avez poursuivi?
M. Cotton
(Jacques) : Ce n'est pas nécessairement des poursuites, là, mais c'est de la récupération qu'on
fait, là. Parce que des poursuites...
Mme Lamarre : Alors, vous avez fait des récupérations auprès de combien de médecins avec les 600 visites que
vous avez faites dans la dernière année?
M. Cotton (Jacques) : On
pourrait vous fournir le chiffre, là, il est disponible, là, je ne l'ai pas
avec moi. Mais ce n'est pas nécessairement des poursuites. On va vérifier
si on peut vous fournir le chiffre, là, dans les prochaines minutes, là,
je n'ai pas le chiffre avec moi...
M. Cotton (Jacques) : ...mais
ce n'est pas nécessairement des poursuites, c'est plus de la récupération puis
du remboursement qu'on fait à des citoyens quand ils nous le réclament.
Mme Lamarre :
Mais est-ce que vous avez tous les outils? Comment vous pouvez déterminer
aujourd'hui qu'un frais accessoire est abusif ou non? Mettons que vous
réussissez à trouver, là, que, dans un bureau d'ophtalmologistes, on a chargé 75 $ pour des gouttes. Il y a des
factures à 25 $, 50 $, 100 $, 200 $. Comment vous
déterminez que c'est abusif avec les instruments que vous avez
aujourd'hui?
M. Hubert (Alexandre) : Moi, je
peux peut-être donner certaines précisions.
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, oui, oui.
M. Hubert (Alexandre) : Au
niveau... En 2015, les montants totaux qui ont été remboursés aux personnes
assurées pour des frais accessoires qui n'auraient pas été jugés, là,
conformes, c'est 107 000 $. Donc, on a remboursé 107 000 $,
en 2015, aux personnes assurées, relié aux visites d'inspection qu'on a faites.
Là, votre
question, vous dites : Lorsqu'on fait une inspection en frais accessoires,
comment on détermine si le frais est
exagéré ou le montant, mettons, de la goutte que vous parlez? Ça, nous, on ne
se positionne pas, la régie, sur ce montant-là.
Surtout, la goutte, c'est prévu aux ententes, c'est plus la responsabilité du
Collège des médecins de déterminer le
juste coût. Nous, on valide si le frais est conforme ou non, mais, la hauteur
du frais, on ne se positionne pas, à la régie, sur la hauteur du frais,
c'est une responsabilité du Collège des médecins.
Mme Lamarre : Mais le
107 000 $ que vous avez récupéré, là...
M. Hubert (Alexandre) : Ça,
c'est si le frais n'est pas conforme...
Mme Lamarre : ...qui ne
m'apparaît vraiment pas beaucoup, là, on parle de 50 millions de frais
accessoires, vous avez récupéré 107 000 $...
M. Hubert (Alexandre) : Pour
l'année 2015.
Mme Lamarre : ...sur la base de quoi
vous avez récupéré 107 000 $?
M. Hubert (Alexandre) : C'est
si le frais n'était pas conforme à ce qui est prévu aux ententes ou à la réglementation, ce n'est pas la hauteur du coût.
Si le montant est de 20 $, mais le médecin ne peut pas charger 20 $,
on est allés récupérer 20 $, on a
remboursé 20 $ à la personne assurée. Mais, si un médecin d'une autre
clinique, pour le même coût, a chargé 100 $, on va aller récupérer
le 100 $, parce que le coût n'est pas conforme.
Mais, s'il est conforme, la hauteur du coût, là,
ça appartient au collège de juger si le coût est abusif.
Mme Lamarre :
Si je vous suis bien, vous avez été en mesure de réclamer seulement pour les
frais accessoires pour lesquels il y a déjà des frais autorisés? Les
frais accessoires pour les médicaments qui ne sont pas autorisés, ça, vous ne
pouvez pas intervenir là-dessus, vous n'avez pas les outils.
M. Hubert (Alexandre) : Non.
Puis, lorsqu'on...
Mme Lamarre : C'est exactement
ça qui est l'objet de ce qu'on essaie de viser avec p.l. n° 92, et
vous ne l'aurez pas plus, là.
Est-ce que
vous allez l'avoir plus? Moi, je ne demande pas mieux que d'être convaincue.
Mais ce que j'entends, ce que vous
faites comme inspection, c'est dans les frais autorisés. Alors, il y a certains
frais accessoires qui sont autorisés, et là vous vérifiez l'écart entre
la liste de prix pour les frais accessoires autorisés, affichés, et ce qui a
été vraiment chargé. Mais il y a énormément...
La plupart des frais accessoires, là, sur le 50 millions, c'est beaucoup
de frais accessoires pas du tout autorisés. Alors, comment...
M. Cotton
(Jacques) : Mais, en
attendant qu'il prenne l'information additionnelle, ce n'est pas limité juste
aux frais qui sont autorisés dans les
ententes. Si un patient nous fait état qu'il y a eu des frais pour un frais qui
n'est même pas autorisé, bien, là
aussi, on le récupère, puis on le réclame, puis on rembourse le patient. Mais
il n'y en a pas beaucoup.
M. Hubert (Alexandre) :
Peut-être pour donner une statistique...
Mme Lamarre :
Mais là, 107 000 $ sur 50 millions, il semble qu'il vous manque
quelque chose, là, pour être capables
de faire ce qu'il faudrait là-dessus. Et hier le ministre a refusé, là,
d'inclure... de vraiment fermer la porte puis de dire : On interdit
les frais accessoires, là. S'il y a des gouttes à 5 $, on les prendra
ailleurs. Mais il y a tellement de surfacturation
exagérée à 50 $, 100 $, 200 $ pour des produits qui en coûtent
5 $, on est mieux de fermer la porte au complet.
M. Barrette :
M. le Président,
article 35. Là, ici, on me prête des intentions. Un, on
dit que je refuse et, deux, on dit qu'on
va prendre de l'argent ailleurs. On présume que je vais autoriser les frais
accessoires; la députée de Taillon sait très bien ma position là-dessus. Et, M. le Président, je vous invite à
rappeler à notre collègue de Taillon qu'ici on n'est pas dans un
tribunal d'inquisition.
Le Président (M. Tanguay) :
C'est bon. Alors, peut-être juste rester factuelle, collègue de Taillon. Il
vous reste 1 min 40 s.
Mme Lamarre :
Merci. En fait, je veux bien rassurer... Moi, ce que je veux, c'est m'assurer
de donner les bons pouvoirs à la
RAMQ. Et je ne pense pas que ces gens-là se sentent persécutés ou accusés par
mes questions, ils sentent qu'on travaille tous dans le même objectif
qui est de permettre à la RAMQ de gérer une situation qui a dérivé.
M. Barrette : M. le
Président,
article 35 à nouveau. Je ne pense pas qu'on puisse imputer même
des sentiments aux gens qui
comparaissent devant nous, là. Là, on prête plus que des intentions, on prête
des sentiments. On n'en peut plus.
Président (M. Tanguay) : C'est bon. Alors, veuillez compléter. On
demeure factuels. 1 min 20 s, collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Alors, tant que le ministre a le pouvoir réglementaire d'en imposer, vous
n'êtes pas en mesure de les contester.
Actuellement, c'est ça que la loi prévoit, là. Dans le projet de loi
n° 20, le ministre s'est donné un pouvoir réglementaire. Il n'a pas
publié les règlements, il dit qu'il ne les fera pas, là, rapidement. Alors,
tant que ce pouvoir réglementaire là n'est pas abrogé ou défini, vous, vous ne
pouvez pas faire plus que ce que vous faites là dans vos inspections.
M. Cotton (Jacques) : Bien, c'est-à-dire qu'on fait respecter les frais accessoires en
lien avec ce qui est prévu aux ententes, là. Puis, si jamais un citoyen...
ou dans une de nos inspections dans les cliniques on se rend compte qu'il y a d'autres frais qui sont facturés, autres
que ceux prévus aux ententes, bien là on peut intervenir, actuellement. On n'a pas de pouvoir d'injonction, on n'a pas... mais on peut
intervenir. On a quand même certains pouvoirs, là, qu'on peut utiliser lorsqu'on est au fait de ces situations-là puis soit
que les citoyens nous le réclament ou qu'on le constate dans nos
inspections.
Mme Lamarre : Mais la conclusion, c'est quand même, là, qu'il y a un remboursement de 107 000 $
sur quelque chose qui était estimé à autour de 50 millions de
dollars, là.
M. Hubert
(Alexandre) : Peut-être pour ajouter à ce montant-là, en 2015, on a
traité 2 810 demandes, on a analysé 2 810 demandes de frais
accessoires qui ont été chargés à un patient, et, de ces 208 000 là, il y
en a 233 qui étaient non conformes. Donc, il
y a une grosse majorité, là, des frais qui sont chargés aux patients qui sont
conformes aux ententes prévues à la réglementation.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Merci. Alors, je cède
maintenant la parole au collègue de Lévis pour une période de
19 min 30 s.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. M. Cotton, Me Rousseau,
M. Hubert.
veux rien que revenir sur le dernier chiffre, parce que, là, on a dit
2 800, 208 000, là. Je veux dire, à un moment donné, peut-être
qu'il y a eu un petit lapsus, là. C'est 2 800?
M. Hubert
(Alexandre) : 2 800 demandes traitées, 233 qui n'étaient pas
conformes.
M. Paradis
(Lévis) : Ça fait qu'on est dans une fourchette de 10 %, à peu
près.
M. Hubert
(Alexandre) : Beaucoup plus bas que ça.
M. Paradis
(Lévis) : Oui, bien, légèrement.
M. Hubert
(Alexandre) : Oui.
M. Paradis (Lévis) : O.K. Est-ce que ça reflète la... Bon, vous allez
avoir de nouveaux pouvoirs, là, je veux dire, je comprends. Et M. Cotton a déjà dit, à un moment donné, dans une
précédente audition, qu'il n'entendait pas et que vous n'entendiez pas — et vous me le reconfirmerez — nécessairement faire plus d'argent avec le
92. Et corrigez-moi, là, si je vous
mets des mots dans la bouche, là : Quand on se demandait si ça allait vous
permettre de récupérer davantage, j'ai cru comprendre que ce n'est pas
tant l'objectif que vous souhaitez avec cette loi-là.
M. Cotton (Jacques) : Effectivement, peut-être préciser un petit peu,
ce qu'on vise, c'est un pouvoir dissuasif. L'idée de cette loi-là puis sa sévérité, c'est que ce soit dissuasif
envers l'ensemble. Parce que même avec les plus grands pouvoirs, on ne
pourra jamais vérifier tout le monde à 100 %, tu sais, il faut y aller...
On peut augmenter notre échantillonnage, on
peut agir de façon plus efficace, mais l'idée derrière tout ça, c'est que ce
soit dissuasif, et que toutes les facturations ou toutes les
transactions avec les fabricants puis les grossistes soient conformes, puis que
les gens se conforment de plus en plus.
M. Paradis
(Lévis) : Puis en même temps je comprends...
M. Cotton (Jacques) : Mais la conséquence pourra peut-être amener plus
d'argent, mais on ne vise pas un objectif, tu sais, on ne s'est pas
donné un objectif qu'avec ces nouveaux pouvoirs là on va chercher
50 millions de plus, parce qu'on présume que ça devrait être dissuasif
pour ceux qui pourraient être dans l'erreur.
M. Paradis (Lévis) : Je
comprends, mais je comprends aussi que la dissuasion passe par le fait qu'il y
a quelque chose d'applicable. Tu sais, il peut y avoir des policiers tant qu'on
voudra, si de temps en temps il n'y a pas quelqu'un qui
se fait arrêter, je veux dire, on se dit : On passe «free», puis il n'y a
pas de problème. On se comprend là-dessus, sur le principe?
M. Cotton (Jacques) : On se
comprend, oui.
M. Paradis (Lévis) : O.K. Je
reviens sur un élément, sur le secret professionnel, parce qu'il y a eu
beaucoup, beaucoup de commentaires des
ordres professionnels, le Barreau du Québec, vous en avez parlé il y a quelques
instants, la population aussi qui
s'inquiète. C'est des secrets qui sont... c'est des dossiers qui sont
importants et qui appartiennent en propre aussi aux patients.
Comment ça fonctionne? Comment ça fonctionne là,
avant qu'on ait de nouveaux pouvoirs par la potentielle loi n° 92?
Jonglez-vous avez le secret professionnel actuellement pour pousser une
enquête, ou aller chercher de l'information, ou faire de la subrogation? Ça se
passe comment dans les faits actuellement?
Mme Rousseau (Annie) :
Actuellement, en matière de subrogation, c'est certain que nous, on apprend
qu'il y a eu des fautes par des tiers, on
apprend ça par des veilles qu'on fait, hein, donc soit par le plumitif, soit
par les journaux, soit par des gens qui nous le dénoncent. Donc, on fait
toute cette surveillance-là. Lorsqu'on s'en aperçoit, là on fait des demandes
d'accès aux renseignements, effectivement.
M. Paradis (Lévis) : ...
Mme Rousseau (Annie) : Oui.
M. Paradis (Lévis) : Au moment
où l'on se parle, quand vous avez besoin d'aller chercher de l'information,
demandez-vous l'autorisation au patient d'avoir accès à des données qui lui
sont propres?
Mme Rousseau (Annie) : C'est
effectivement la règle, ce qu'il faut respecter actuellement en matière de subrogation, c'est ça, mais, dans la réalité, là,
ce qu'on fait, c'est que souvent on s'insère dans des recours déjà
existants. Alors, lorsqu'on s'aperçoit qu'il y a une victime qui est en train
de poursuivre un assureur, donc, nous, on demande... d'ailleurs c'est la raison pour laquelle, dans le projet de loi, on veut
que ce soit officialisé, qu'on devienne une
partie au litige, mais autrement on fait quand même une
requête pour devenir un mis en cause, une
partie au litige. Et là on
regarde les gens, dans le fond, prouver la
faute, d'un côté comme de l'autre, ou la défendre, la faute en question. Et,
lorsque le tribunal conclut qu'il y a eu effectivement faute et qu'il y
a eu des dommages, bien là on dit : Bien, nous, voici ce que ça a coûté à
la régie et voici ce que ça a coûté aux établissements. Alors, dans la vraie
vie, là, c'est plus comme ça qu'on fait actuellement.
M. Paradis
(Lévis) : Dans la vraie vie,
c'est ça, là. Autrement dit, vous vous servez des informations pour
aller chercher le résultat que vous
souhaitez également. Simplement raconté, c'est à peu près ça, là, sans être
trop complexe.
La nouvelle loi vous permet de faire autrement,
là, et c'est pour ça que les ordres disent : Il y a quelque chose d'inquiétant là-dedans, parce que, puis sans être
un juriste et posséder cette information-là, ce qui nous est dit
notamment, c'est que ça va changer fondamentalement la règle du secret
professionnel. On dit que la protection du secret professionnel, de tous les
professionnels, c'est un statut quasi constitutionnel. Vous le disiez
vous-mêmes, je ne vous apprends rien là-dessus. Puis on dit également... Plusieurs
nous disent que l'ordonnance ou l'autorisation ne peut être présumée.
Alors, plusieurs suggèrent qu'on devrait
normalement, dans le meilleur des mondes, demander l'autorisation au patient : s'il dit oui, pas de problème;
s'il dit non, d'aller devant le tribunal, qui n'est pas un tribunal judiciaire
mais un petit peu à l'image de ce qu'on fait pour des mandats de perquisition,
donc ce qui se fait assez rapidement, pour avoir accès ensuite à l'information
qui aurait été refusée par le patient. Ça, les ordres et puis des organisations
nous disent : Idéalement, là, si on ne
veut pas faire en sorte de brimer puis d'avoir des problèmes avec la Charte des
droits et libertés, et notamment la notion du droit au respect au secret
professionnel à l'article 9, c'est peut-être ce qu'on devrait faire.
Vous êtes une
spécialiste, là. Est-ce que ça tient la route quand des organisations ou des
juristes nous disent : Si on veut éviter des problèmes, faisons ça
comme ça?
Mme Rousseau
(Annie) : On n'est pas
obligés de faire ça comme ça pour éviter des problèmes. Alors, si la loi
prévoit, comme c'est prévu dans le projet de
loi, qu'effectivement on puisse avoir accès à des renseignements lorsque
c'est nécessaire pour les fins d'un recours,
donc c'est bien encadré, comme je vous dis, ça passe le test. Selon les avis
qu'on a eus, ça passe le test, là, de la charte.
Alors, si
jamais on allait chercher l'autorisation du tribunal à chaque fois... Pensons à
des recours collectifs. Alors, dans
le cadre de recours collectifs, ça peut viser des centaines de personnes, des
milliers de personnes, qu'on ne connaît peut-être même pas, alors on ne pourrait pas aller chercher, là, soit le
consentement soit une autorisation du tribunal. Donc, ces cas-là, là où on va à l'encontre du secret
professionnel, c'est dans des cas où justement ce serait difficile de
demander l'autorisation de la personne concernée ou de demander l'autorisation
du tribunal.
Ceci dit,
comme je vous disais, M. le Président, tantôt, on a quand même encadré, hein,
parce que, dans le projet de loi, ce qui est prévu, c'est que, lorsqu'on
fait une demande, la personne soit informée de ça, et qu'en plus on ait accès uniquement aux renseignements nécessaires à
l'exercice du recours. Donc, c'est déjà encadré par au moins deux
critères. Et, comme je
le mentionnais aussi tantôt, nous, on n'ira pas chercher l'ensemble du dossier
médical, pour un dossier de tierce responsabilité, c'est sûr qu'on va se
limiter à l'événement pour lequel on a un recours.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends. Et
je comprends que vous me dites : On a évalué, je suis convaincu que
vous avez évalué, vous avez une équipe, vous en êtes, là, mais, je veux dire,
c'est rien que la notion... Puis la fragilité et la timidité des gens relativement à ce dossier-là, c'est qu'il y a des gens
qui disent : Oui, ils ont une opinion, mais on est aussi des professionnels puis on en a une autre.
Puis là je ne veux pas mettre en confrontation systématiquement, mais,
je veux dire, le Barreau arrive avec des
arguments différents, en disant : On va se faire prendre au piège
là-dedans. Il y a une façon de faire,
c'est celle de passer par une demande en bonne et due forme et, au refus,
d'aller devant une instance plus
rapide, là, que quelque procédure juridique que ce soit. Et ils disent :
Si on ne fait pas ça, en fonction de l'article 9, on va avoir des
problèmes.
Alors, je
veux rien que comprendre. Je présume, j'imagine que vos experts et vos avis, à
votre avis, sont supérieurs à ceux du Barreau.
Mme Rousseau
(Annie) : Bien, en
fait — et là M.
le ministre nous le permettra — on a eu un avis du ministère de la
Justice. Donc, ce n'est pas juste les juristes de la Direction générale des
affaires juridiques de la Régie d'assurance maladie,
mais ce sont des spécialistes en droit constitutionnel qui nous disent que
finalement, bien, ça passe le test de la charte. Parce que, vous savez, dans la charte, là, on soupèse les droits
des uns puis les obligations des autres. Alors là, ce qu'on va faire avec les recours, on va chercher des
sommes qui ont été payées par l'ensemble des citoyens par la faute d'un tiers.
Alors, c'est ça.
M. Paradis (Lévis) : Je
comprends ce que vous dites. Je veux rien que revenir pour compléter ce
dossier-là, parce que vous l'expliquez correctement, il n'y a pas de problème, mais, de cette formulation-là d'autres
ordres de passer par le principe de
l'information ou de la demande d'autorisation pour ensuite
aller chercher... Je comprends, vous me dites qu'un recours collectif il
y a du monde là-dedans. Est-ce que c'est l'inconvénient majeur qui fait qu'on
ne puisse pas pencher vers cette façon de faire là, tel que suggéré notamment, par
exemple, par le Barreau, parce qu'il y aurait un engorgement puis, bon, on va
se donner des délais? C'est ça?
Mme Rousseau
(Annie) : C'est sûr que
c'est très lourd, hein, c'est sûr que ce serait très lourd. Et, quand il y a des
dérogations au secret professionnel dans d'autres lois, par exemple lorsque le syndic, bon, fait les inspections dans n'importe
quel ordre professionnel, c'est le cas pour les dentistes, les pharmaciens, les
avocats, alors, ils ne vont pas chercher d'autorisation comme ça, là, alors,
c'est beaucoup trop lourd.
M. Paradis
(Lévis) : Donnez-moi un exemple.
Je ne sais pas si vous avez des données, mais l'année dernière vous aviez à composer avec les droits que vous aviez.
Combien y a-t-il eu de cas de refus sur des dossiers de secret
professionnel dans ce que vous avez eu à traiter?
Mme Rousseau (Annie) : Bien, en
fait, sur les cas, je vous dirais, de subrogation, là, j'aurais besoin de mes collègues
pour me dire le nombre, mais cependant je peux vous dire qu'en matière pharmaceutique on
a eu un cas où on nous a amenés jusqu'à la Cour d'appel, en fait, pour
refuser de nous donner accès à des renseignements financiers.
M. Paradis (Lévis) : Je
comprends. Et vous me dites : Oui, là, dans ce cas-là, c'est... mais là on
parle-tu de l'exception de l'exception ou...
Je veux rien qu'un ordre de grandeur, là. Combien de fois vous avez dû vous
ramasser dans un dédale qui n'aboutit plus, là, sur le nombre de fois...
Mme Rousseau
(Annie) : Bien, comme je
vous dis, dans la réalité, là, on est rarement, nous, les poursuivants.
On tend vers ça, puis c'est pour ça qu'on a
demandé des modifications dans le projet
de loi n° 92, mais, dans la
vraie vie, on s'insère dans les
litiges, de sorte que la preuve, elle est déjà
devant le tribunal, et c'est la victime qui, finalement, est allée
chercher les informations. Donc, c'est pour ça que c'est un petit peu difficile
de vous répondre à ça, parce qu'on le fait autrement, considérant ces embûches.
M. Paradis
(Lévis) : Donc, ce serait
plus complexe. Donc, vos avis vous disent...
Malgré les réserves qui
sont émises, et les études, et, bon... votre position, en tout cas, vous êtes
confortables avec cette façon de faire.
Vous disiez tout à l'heure, je reviens sur un élément rapide... Vous disiez : Si le patient
se rend compte qu'on a accès à des informations auxquelles il ne
souhaitait pas qu'on ait accès, il pourra dire : Arrêtez ça là, tu sais.
Mais encore faut-il qu'il soit informé, il faut qu'il le sache, parce que vous
avez la possibilité, maintenant, d'aller chercher de l'information sans nécessairement
demander le consentement.
Cependant,
vous dites : Il devra être avisé. Donc, dans cette règle-là de l'avis, y a-tu
des trucs très précis pour faire en sorte que ce soit systématiquement
fait? Sinon, comment ça va se passer?
Mme Rousseau
(Annie) : Selon ce que le projet de loi prévoit, c'est que... Attendez
que je prenne un article, attendez un petit peu. Alors, si je prends l'article 30,
par exemple, O.K., qui vise des modifications à l'article 10 de la
Loi sur l'assurance-hospitalisation, on
dit : «Un établissement — ça, c'est dans des cas où effectivement on est en recours subrogatoire — doit,
sur demande du ministre — on
comprend ici que c'est parce qu'on a l'autorité du ministre pour agir en son nom, donc — lui communiquer tout renseignement ou
document contenu au dossier de la personne assurée qui est nécessaire — quand je vous disais... le terme
"nécessaire", il est là — à l'exercice d'un recours pris en
application du paragraphe 1 — là on réfère à un recours en
subrogation — après
avoir informé cette personne de la nature des renseignements ou documents qui
seront communiqués au ministre.»
M. Paradis (Lévis) : Alors, je comprends. Vous devrez donc communiquer
ce sur quoi vous avez à travailler pour qu'il puisse juger correctement
du besoin que vous avez d'entrer dans son dossier.
Mme Rousseau (Annie) : Nous, on va dire aux établissements : Voici
ce dont on a de besoin comme information pour prouver... — parce
que, dans ce cas-ci, on est dans les établissements, là, puis ça va être la
même chose pour les professionnels de la santé — voici ce dont on a de
besoin comme information. Quand je prenais l'exemple, tantôt... Le 15 mars 2015, il y a une personne qui est
tombée dans un escalier. On veut savoir est-ce qu'elle s'est fait opérer
au bras, on ne veut pas savoir c'est quoi,
ses antécédents familiaux ou... Donc, on va aller dans des cas précis. Ce qui fait en sorte que l'établissement devra informer, c'est ce que la loi prévoit, devra
informer la personne de la nature des renseignements ou documents qui
seront communiqués à la régie.
M. Paradis (Lévis) : Que vous êtes en train de travailler sur une problématique concernant
un bras cassé et pas le reste de son dossier, je comprends.
Mme Rousseau
(Annie) : Voilà.
M. Paradis
(Lévis) : Je demanderais à M. Cotton : Êtes-vous favorable notamment...
Bien, M. le Président, est-ce que nos
invités voient d'un bon oeil qu'on ait, dans le rapport annuel de gestion, des
données relatives aux résultats des inspections professionnelles qui
seront faites, les impacts budgétaires qui en résultent, dans le rapport annuel
de gestion, qu'on ait quelque chose qui nous
permettrait et qui vous permettrait également de voir comment on avance
dans le temps? Et vous le disiez il y a deux
instants, vous disiez : Ça va prendre deux, trois ans pour voir si la
gestion de notre personnel, l'ajout... Est-ce que vous seriez
favorables? C'est-u une idée qui est intéressante?
M. Cotton (Jacques) : Une forme de reddition de comptes avec certains indicateurs, là, qu'on
pourra convenir?
M. Paradis
(Lévis) : Bien, comme le réclame d'ailleurs le Protecteur du citoyen
aussi, puis il en a déjà parlé.
M. Cotton (Jacques) : Oui, il n'y a aucun problème. Parce qu'on sait très bien qu'avec...
c'est un changement tellement
important, ces pouvoirs-là, que nous-mêmes, on va devoir les suivre, hein, pour
être capables d'évaluer. Et, d'en rendre compte, on n'a aucun problème
avec ça, là, de faire une reddition de comptes sur l'application de la nouvelle
loi puis des nouveaux pouvoirs. Ça vient avec le fait de nous attribuer...
M. Paradis (Lévis) : Je terminerai, je compléterai, puis je vous pose une dernière question,
mais, je veux dire, on a notamment
dit que vous êtes, et je l'ai bien compris, je fais seulement répéter... Vous
dites : Dissuasif, oui, application, bien sûr, des amendes,
évidemment, ça fait
partie de la dissuasion, mais indexables, indexées,
évolutives dans le temps, bien sûr, en fonction des moyens de chacun pour que
ça reste dissuasif. Et ça se fait comment, ça, c'est-à-dire de faire en sorte qu'on puisse prévoir
l'indexation et l'évolution d'amendes dans le temps alors qu'elles sont fermées
dans un... Avez-vous déjà songé à ça? Parce
qu'à un moment donné, si l'année passée j'ai un montant x, puis je gagne x
plus, puis que l'amende ne me rejoint plus, je n'ai plus...
M. Cotton (Jacques) : Habituellement, quand il
y a des indexations de tarifs comme
ça, c'est le ministère des
Finances, au début d'année ou lors du budget, qui donne le taux d'indexation de
ce qui est indexable dans les tarifs ou ces choses-là.
M. Paradis
(Lévis) : Comprenant les amendes.
M. Cotton
(Jacques) : Oui, ça pourrait, j'imagine.
M. Paradis (Lévis) :
Ça pourrait, mais ce n'est pas automatique. C'est une notion qu'on pourrait...
M. Cotton
(Jacques) : Ça pourrait être la référence, là.
M. Paradis
(Lévis) : Ça pourrait être la référence, le taux d'indexation, pour faire
en sorte qu'on puisse être évolutif dans des amendes qui resteront dissuasives.
M. Cotton (Jacques) : Oui. On va le regarder, là, mais ça pourrait être la référence, qui est
le taux que le ministère des Finances donne chaque année, là, dans
l'indexation des tarifs puis...
M. Paradis
(Lévis) : Mais vous n'êtes
pas au courant si actuellement ça se fait ailleurs, dans d'autres lois,
sur des amendes minimales, maximales à être indexées?
M. Cotton (Jacques) : Par
rapport à des amendes, je ne le sais pas, mais, par rapport à des tarifs, là,
gouvernementaux, oui, il y a des choses qui...
M. Paradis
(Lévis) : Oui, ça, c'est correct, O.K., mais ce n'est pas la même
chose, bien sûr.
M. Cotton
(Jacques) : Non.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, pour une période de trois minutes,
je cède la parole au collègue de Mercier.
M. Khadir : Merci,
M. le Président. M. Cotton,
Mme Rousseau, M. Hubert, bienvenue. En période de questions,
ce matin, au sujet de quelques problèmes vécus dans le système de santé, je
disais comment, malheureusement, moi qui est
au service du système de santé public, j'ai commencé comme préposé aux
bénéficiaires, quand j'étais jeune, et j'étais fier d'un système de santé qui offrait des services à tout le monde puis qui était bienveillant, bien, à quel point aujourd'hui j'avais honte. Je sais que le ministre ne veut pas
qu'on prête des intentions ni des sentiments même à d'autres, mais je
pense que dans l'opposition, en tout cas, on peut admettre qu'on a un peu honte
de ce que le système de santé est devenu, malheureusement : incapable d'offrir un accès approprié à des
patients, des longues listes d'attente, des médecins rémunérés de
manière abusive, au-delà de toute capacité de l'État de payer.
Puis en plus, de l'autre
côté, la RAMQ, je sais bien que ce n'est pas... En fait, je vais vous poser la question.
M. Cotton, je sais que vous demandez
des pouvoirs supplémentaires, mais vous aviez déjà beaucoup,
beaucoup de pouvoirs. Il y a la
Loi sur l'assurance
maladie dont vous avez la mission de son application. Il y a plein de frais
accessoires qui n'étaient pas par entente, hein? Ouvrir un dossier, 50 $,
là, ce n'est pas prévu aux ententes. Charger 25 $ pour écrire juste un
papier de congé, là, de quelques jours de maladie, ce n'est pas prévu aux
ententes. C'est même affiché, hein, il y a
des cliniques qui l'affichent depuis des années. Les cliniques d'ophtalmologie,
là, où, par ophtalmologiste ils font tout près de 900 000 $ par année, en plus des 600 000 $
en moyenne qu'ils facturent à la RAMQ, ça ne vient pas juste des frais admissibles, il y a plein de frais accessoires non
admissibles, et ça, vous le savez. Vous êtes même poursuivis là-dessus.
Alors,
est-ce que je dois croire que c'est par insouciance? Est-ce que c'est parce que
vous avez préféré regarder ailleurs,
aveuglement volontaire? Est-ce qu'on vous a demandé de ne pas agir toutes ces
années-là? Moi, je veux savoir si...
Vous êtes à la RAMQ depuis longtemps, hein, je vous vois depuis que je suis
rentré à l'Assemblée nationale, vous êtes à la direction de la RAMQ... ou presque, bon, ça fait trois ans, mais
avant vous agissiez à d'autres titres. Mais, nous, ça fait longtemps qu'on dénonce ça. Moi, dès que je
suis rentré à l'Assemblée nationale, j'ai dénoncé ces frais accessoires,
et il y a des patients, il y a des groupes, il y a des médecins, même, qui
l'ont dénoncé, qui le dénoncent aujourd'hui. Alors,
qu'est-ce qui explique votre incurie, votre incapacité d'agir? Qu'est-ce qui
explique que vous avez si peu fait que ma collègue se demande : Mais 115 000 $ alors qu'on parle
d'à peu près 50 millions de dollars? Je comprends qu'il y en a qui sont admissibles, mais c'est une minorité, hein,
de ces frais accessoires, c'est une... Qu'est-ce qui fait que vous
n'avez pas pu agir? Quel ministre vous a demandé de ne pas agir?
M. Cotton (Jacques) : Premièrement, ça fait trois ans que je suis à la RAMQ. Auparavant, j'ai
été sous-ministre à la Santé pendant cinq ans.
M. Khadir :
Très bien.
M. Cotton (Jacques) : Il n'y a personne qui nous a demandé de ne pas agir. On travaille
actuellement avec la réglementation et ce qui est prévu dans les
ententes.
M. Khadir :
Alors, qu'est-ce qui explique votre piètre performance, disons-le comme ça? La
piètre performance de la RAMQ dans la lutte aux frais accessoires est
expliquée par quoi, si on ne vous a pas demandé de ne pas agir?
Président (M. Tanguay) : Collègue de Mercier... Alors, le temps est
écoulé. Je vais permettre à M. Cotton de répondre quelques secondes,
mais le temps est déjà écoulé. Alors, quelques secondes.
M. Cotton (Jacques) : Il y a quand même énormément d'inspections qui se font. Et, pour agir,
il faut être capable de trouver, puis
ça nous prend des réclamations soit des patients ou, nous-mêmes, de constater
ce que vous avez dit, là, les chiffres que vous avez mentionnés tantôt.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, ceci met fin...
M. Cotton
(Jacques) : Oui, mais ça me prend les preuves.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Mercier, collègue de Mercier, le temps est écoulé. Alors, je vous remercie
beaucoup, M. Cotton. Merci beaucoup...
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Mercier! Alors, merci beaucoup aux représentants de la Régie de l'assurance
maladie.
Je suspends nos travaux le temps de reprendre
par la suite notre étude
article par article. Alors, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 37)
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous sommes de retour, chers collègues, pour l'étude détaillée du projet de loi n° 92. À cet effet, hier, lors de
l'ajournement de nos travaux, nous étions à discuter d'un amendement présenté
par la collègue de Taillon à l'article 12. M. le ministre.
Barrette : Oui. M. le Président, si vous me le permettez, j'aimerais,
à cette reprise de nos travaux, prendre un petit instant pour faire
quelques remarques d'abord, je dirais, au nom, certainement, des membres de
notre côté-ci de cette commission pour présenter nos excuses aux gens, à tout
le personnel de la Régie de l'assurance maladie, à commencer, évidemment, par
son P.D.G... son directeur général, M. Cotton.
M. le Président, écoutez, la Régie de
l'assurance maladie, là, c'est une organisation gouvernementale qui a un rôle à
jouer et qui joue un rôle selon le mandat qui lui est confié. Et la Régie d'assurance
maladie est reconnue à l'international, M. le Président, il y a des gens qui
viennent de l'extérieur voir, observer ce que l'on fait ici. Elle est garante
de données, elle est une experte dans la gestion de ces données-là. Elle a un
rôle que l'on connaît, qui a été évoqué ici
à plusieurs reprises. Et depuis sa naissance, il y a maintenant plus de 45 ans,
on ne lui a pas trouvé de faille ou de travers.
Est-ce que tout est parfait? Certainement pas,
nul n'est parfait, et je ne pense pas qu'à la Régie de l'assurance maladie on prétend être parfait. Mais une chose
est certaine : on n'a pas pris la Régie d'assurance maladie, dans le
passé, en défaut, elle a exercé son rôle à
l'intérieur de son mandat d'une manière que je pourrais qualifier d'exemplaire.
Et, pour eux et pour quiconque vient ici, devant les parlementaires,
pour répondre à des questions, bien, je pense qu'on doit s'assurer de ne pas
transformer cette comparution-là en tribunal, et d'insinuer toutes sortes de
choses, et de faire des commentaires du style : Bien oui, mais, regardez,
ce que vous avez fait, ce n'est pas assez.
Et je
comprends du député de Mercier en particulier qu'il a ses opinions, mais, comme
il l'a déjà fait dans le passé en
garrochant des souliers parce qu'il n'était pas de bonne humeur, je ne pense
pas que virtuellement et verbalement il soit autorisé à faire la même
chose. Et je le dis, M. le Président, je trouve que la dernière heure qu'on a
passée était éminemment désagréable, pas sur le fond mais sur la forme, et
qu'on a dépassé les bornes largement.
Alors, je
tiens à souligner l'excellent travail des gens de la RAMQ, qui, encore une
fois, font leur travail dans les limites du mandat et des pouvoirs qui
leur sont impartis.
aujourd'hui, M. le Président, aujourd'hui, et ça, ça m'irrite personnellement,
là, on dépose un projet de loi qui vise
à corriger ce que des gens ont critiqué, et aujourd'hui, alors qu'on travaille
à corriger, à mettre en place des moyens qui vont faire en sorte que dans le futur on corrige ce qui est perçu
comme étant sous-performant dans le passé, on fait le procès du
passé — je
trouve que c'est complètement inapproprié — alors que c'est tous les
gouvernements du passé qui nous ont amenés à ce projet de loi là. Alors, c'est
tout ce que j'ai à dire, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, l'objet du débat, je
vous le rappelle, est l'amendement de la collègue de Taillon à
l'article 12. Y a-t-il des interventions? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. Je veux simplement d'abord remercier
le ministre d'avoir permis qu'on puisse recevoir les personnes de la
Régie d'assurance maladie. Je remercie également M. Cotton,
Me Rousseau et M. Hubert de leurs
réponses à leurs questions, de leur contribution. Et je pense que les réponses
qu'ils nous ont fournies ont été d'une grande collaboration, alors je
les remercie de cette contribution.
Nous sommes ici parce que nous avons un devoir
de surveillance et d'amélioration des outils, également des performances et des compétences de chacun. Alors,
moi, je pense que c'est dans cet esprit-là qu'on a, pour ma part, en
tout cas, du côté de l'opposition
officielle, du Parti québécois, posé les questions. Je pense que les
représentants de la RAMQ ont très bien saisi cette volonté de leur
donner les meilleurs outils possible, mais, pour ça, il faut constater
qu'est-ce qu'il manque aujourd'hui pour être
sûr que le projet de loi n° 92 donnera l'impact attendu, espéré, qui a été
d'ailleurs demandé par la Vérificatrice générale également. Alors, je
vois beaucoup de bonne volonté de tout le monde, je pense qu'on devrait arriver
à faire pour le mieux.
Nous
étions donc à l'amendement de l'article 12. L'objectif, juste pour nous
remettre en contexte, c'était d'éviter que soit obligé le citoyen de
faire lui-même une demande de remboursement, c'est-à-dire, si la RAMQ
considérait qu'un patient, qu'un citoyen avait été lésé ou qu'il y avait eu une
facturation exagérée, ou non conforme, ou non justifiée,
bien, qu'il y ait un processus qui fasse en sorte que la RAMQ, après avoir
récupéré ces sommes du professionnel, rembourse la somme versée sans avoir un processus
de demande du citoyen, parce que c'est complexe, parce que le citoyen
parfois ne le sait même pas lui-même, que ce qui lui a été facturé était trop
élevé.
Alors donc, d'enlever
une portion à l'article 12, dans le changement de la
Loi sur l'assurance
maladie, l'article 22.0.1, d'éliminer une portion, en fait, du premier
alinéa du deuxième paragraphe, qui dit :
rembourser la somme ainsi versée à la personne assurée qui lui en [...] fait la
demande.» Alors, enlever la notion de «qui lui en a fait la demande par
écrit», donc tout simplement «rembourser la somme ainsi versée».
suis prête... Hier, le ministre disait, l'autre paragraphe : «...informer
les personnes assurées concernées, par tout moyen qu'elle juge approprié, qu'elles peuvent lui présenter...» C'est
sûr que je trouve que les moyens qui sont énumérés là, ce n'est pas
mauvais, mais ça ne nous donne pas la garantie. Donc, pour moi, ce qui est plus
important, c'est sûr que c'est le 1°. Si on
réussit à modifier le 1°, à ce moment-là le 2° pourrait rester, je serais prête
à amender mon... à faire un amendement qui maintiendrait le deuxième
paragraphe. Le ministre, hier, avait évoqué que ça pouvait être maintenu, mais c'est sûr que, si on maintient 1°
intégralement, il faut absolument qu'on trouve une façon de faire en sorte que
les citoyens puissent être rejoints concrètement, si on veut les rembourser,
puisque ce sont eux qui ont été, dans le fond, les vraies victimes de cette
surcharge ou de la facturation d'un acte qui n'était pas appropriée.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, c'est parce que, là, ici... Je comprends,
évidemment, la finalité de la députée de Taillon, M. le Président, là.
La députée de Taillon, là, essentiellement, ce qu'elle aimerait, c'est que la
RAMQ, essentiellement, là, puisse avoir la
possibilité d'être partout en même temps et de tout voir, et évidemment, en
ayant tout vu, elle pourrait voir toutes les irrégularités et pourrait
rembourser tout le monde. Bon, écoutez, ça, c'est le monde idéal, là :
Dieu est partout, et tout le monde aime son prochain, et ainsi de suite. Le
monde n'est pas ainsi fait, là.
Alors,
elle veut enlever le premier paragraphe. Bien, M. le Président, il faut quand
même que la RAMQ ait le devoir de
rembourser la somme d'argent qui est due à la personne qui en fait la demande,
on ne peut pas enlever ce concept-là. L'intention
de la députée de Taillon, c'est de l'enlever pour ne pas que la personne ait à
faire une demande. Oui, mais, quand
elle fait une demande, il va bien falloir que... Et, si, dans un exercice
d'inspection, la RAMQ trouve qu'il y a des malversations, fraudes,
factures indues à un patient, oui, oui, c'est écrit au deuxième alinéa, la RAMQ
va tout faire pour retracer ces gens-là pour
les rembourser. Je ne vois pas, là... Je ne vois pas quel est le problème du
premier et du deuxième paragraphe
autrement que dans l'approche où on voudrait que la RAMQ soit partout et que,
là, jamais, jamais, jamais,
conséquemment, le citoyen n'ait à faire une demande. Bien, dans la vraie vie,
c'est parce que ça va arriver que le citoyen va devoir faire une
demande, et l'article, cet article-là a été écrit en fonction du quotidien de
cet univers-là.
Alors,
il y a deux voies : il y a la voie de la demande et il y a la voie de
l'inspection. Et, dans la voie de l'inspection, bien, c'est sûr qu'avec cet
article 2 là la RAMQ va prendre les
moyens qu'elle juge qui sont applicables, faisables pour retracer des
gens et les informer qu'ils peuvent présenter une demande. Voilà. Moi, je pense
que, sur le plan administratif, c'est correct, et c'est tout, il n'y a pas
grand-chose d'autre à dire.
Alors,
ce que la députée de Taillon veut, c'est que ce soit, comme par magie, faisable
dans tous les cas. Ce n'est pas possible, ça, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Lamarre : M. le Président, moi, je diffère de l'avis du ministre. Je
pense que le projet de loi, tel qu'il est inscrit, là... Je le relis : Pour que la RAMQ rembourse «la somme
ainsi versée à [une] personne assurée qui lui en [...] fait la demande
par écrit, pourvu que cette demande soit présentée dans les trois ans de la
date [de] paiement». Dans bien des cas, les
citoyens ne sauront même pas qu'il y avait eu une surfacturation par rapport à
l'acte qui leur avait été posé. Alors, on n'est vraiment pas dans la
défense des citoyens.
à preuve, dans son mémoire, le Protecteur du citoyen, dans une de ses
recommandations majeures, la cinquième, le Protecteur du citoyen — et je vais le lire, si vous me permettez,
mais c'est court, c'est deux paragraphes — Mme Saint-Germain
dit, Deux poids, deux mesures : le remboursement aux personnes assurées
et la récupération de sommes perçues
illégalement : «Alors que le
projet de loi n° 92 renforce certains des pouvoirs que détient la [RAMQ]
et lui en octroie de nouveaux, le Protecteur du citoyen constate que les
lois applicables favorisent la règle de "deux poids, deux mesures". Ainsi, lorsque la régie
réclame des sommes à un citoyen, la
Loi sur l'assurance maladie prévoit que
la personne est tenue de lui restituer les
sommes — elle
doit et non peut — mais,
lorsque c'est la régie qui devrait rembourser une personne assurée pour des sommes perçues illégalement par un
professionnel, la loi prévoit que la régie peut le faire.»
«[Alors],
la régie dispose d'un pouvoir discrétionnaire qu'elle exerce lorsqu'il s'agit
de : récupérer des montants qu'ont
obtenus illégalement des professionnels de la santé, des dispensateurs de
services, des pharmaciens ou des tiers; [et lorsqu'il s'agit également de] rembourser à une personne une somme
qu'elle a payée à un représentant de ces différentes catégories
d'intervenants alors qu'elle n'était pas tenue de le faire.»
Alors,
moi, je pense qu'on est dans un contexte où ce message qu'on veut dire, c'est
tout simplement que ce n'est pas possible pour des citoyens,
actuellement, d'être informés de tous les recours qui sont faits et des
situations où un professionnel aurait surfacturé, aurait même surfacturé le
patient. On en a parlé tantôt, l'exemple, là, des montants qui peuvent varier de 20 $ à 50 $, à
100 $ ou à 200 $. Pour les citoyens, ils ne peuvent pas le savoir.
Alors, quand la Régie d'assurance maladie est d'avis qu'un professionnel
de la santé ou un tiers a reçu paiement d'une personne assurée à l'encontre de la présente loi, je pense que, dans
le processus, il est possible de demander à ces professionnels
d'identifier les patients qui ont subi ce préjudice-là, et ce qu'on dit,
c'est : Remboursez la somme, donc faire les démarches qui sont possibles pour elle pour rejoindre ces citoyens et
rembourser d'emblée les citoyens qui ont été lésés ou auxquels on a trop
facturé, alors ne pas
exiger, par exemple, d'une dame de 85 ans à qui on aurait chargé
200 $ pour ses gouttes dans ses yeux...
Même si la régie découvre que c'était abusif, même si elle sanctionne le
professionnel, même si elle récupère des sommes, bien, il faudra que madame de 85 ans écrive une lettre elle-même puis
fasse une demande pour que la RAMQ accepte de lui rembourser. Ça me
semble tout à fait déraisonnable, irréaliste. Et je pense qu'on doit faire en
sorte qu'ultimement ce soient les patients
qui récupèrent aussi les sommes qu'ils ont versées en trop parce que, dans ce
dossier-là, eux, ils sont vraiment dans un état de grande vulnérabilité,
ils ne peuvent pas savoir quel est le vrai coût, le coût normal qui aurait dû
être facturé.
Donc,
l'un n'exclut pas l'autre. Ceux qui vont faire la demande, tant mieux, ceux qui
auront la vigilance de regarder partout puis d'entendre parler de cette
situation-là, bien, tant mieux, mais je pense que d'imposer que la condition
essentielle pour que les gens puissent bénéficier d'un retour, d'une
compensation, c'est qu'ils doivent en faire une demande par écrit, bien là
c'est vraiment imposer quelque chose de très difficile pour un grand nombre de
citoyens particulièrement vulnérables.
Alors, je pense qu'on a ce devoir, d'autant plus que, dans le processus
d'enquête, il y aura certainement possibilité d'identifier les citoyens
qui ont été facturés en trop.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, on va faire, si vous me le permettez, il
reste cinq minutes... M. le Président, je veux juste faire quelques commentaires, parce qu'on ne le réglera
probablement pas ici, là, ce midi, parce qu'il nous reste juste cinq
minutes. On va revenir avec ça à 3 heures, manifestement.
Je vais rappeler à la
députée de Taillon et à nos autres collègues parlementaires que le projet de
loi, là, c'est un projet de loi. Le projet de
loi, avec tout le respect que j'ai pour la Protectrice du citoyen, là,
l'opinion qu'a émise la Protectrice,
M. le Président, ce sont des opinions et des recommandations, ce n'est pas un
projet de loi. Alors, je comprends que la démarche de l'opposition
officielle, c'est de faire en sorte que les observations de la Protectrice du
citoyen deviennent une loi, je comprends ça,
mais ça demeure, nous, notre responsabilité de faire ce qui est raisonnable
dans notre loi, bon, alors... Et je
le dis avec tout le respect que j'ai pour la Protectrice du citoyen, qui, elle,
et elle le dit elle-même, elle l'a
dit, elle s'est exprimée un peu dans ce sens-là les fois où elle est venue
devant nous, elle va exprimer ce qu'est un monde idéal, mais le monde idéal n'est pas toujours quelque chose de faisable,
pour toutes sortes de raisons, qui sont celles de la politique et ainsi
de suite. Bon. Alors, on ne peut pas transposer en loi ligne par ligne ce que
la Protectrice du citoyen ou la
Vérificatrice générale dit. Ces gens-là expriment des opinions, indiquent des
possibilités, des chemins potentiels, et c'est à nous de décider comment et jusqu'où on va aller. Alors, ça,
c'est le premier point que j'ai à faire, M. le Président.
deuxième point, M. le Président, c'est qu'ici, là, j'invite la députée de
Taillon à prendre le temps de pause que l'on aura, là, entre 13 heures et 15 heures, celui qui est
prévu à notre agenda, pour peut-être reformuler son affaire, O.K.? Alors là, on part de l'opinion, des commentaires
de la Protectrice, on s'en va dans les articles, on tombe dans le
«peut», dans le «doit», on critique le fait qu'on a ou non à faire une demande.
M. le Président, en quelque part, là, dans un exercice de reddition de comptes
ou de demande de compensation, ou de demande de rétribution, ou de demande de remboursement, à un moment donné, il doit bien y
avoir un document qui soit fait la demande, soit démontre la situation
qui est en cause, soit fait la démonstration qu'il y a eu une malversation. On
tombe, à ce moment-là, dans la question législative de la preuve.
D'ailleurs, l'article
12, à cet égard-là, il est assez clair, là.
L'article 12, ce dont il
traite, c'est justement de la démonstration
de ce qui a été constaté ou soupçonné en termes de travers. Et la première
partie, là, de 22.0.1, c'est de ça que ça parle. Une personne qui n'a
pas utilisé sa carte et qui a été l'objet d'une tarification, et ainsi de
suite, là, bien là la Régie de l'assurance
maladie fait un constat, va faire une démarche auprès du professionnel en
termes de remboursement, de ponction, le professionnel a 30 jours
pour contester, et après ça il y a un geste qui est posé.
Bon,
là, la députée de Taillon, M. le Président, voudrait que ce soient des automatismes.
Et, nous, ce que l'on dit simplement,
et c'est comme ça qu'en quelque
part il faut construire ces textes de loi
là : Le texte de loi doit avoir sa source... l'action posée par
l'institution qui a le mandat d'exercer les paramètres de la loi, son action
doit être déclenchée par quelque chose. Et
le déclencheur, évidemment, c'est de deux manières : soit il y a eu une
inspection et il y a quelque chose qui
a été trouvé, auquel cas ça déclenche une série d'actions, soit il y a eu une
demande écrite qui justifie telle action de la part de l'organisme en
question, qui est la RAMQ, auquel cas il y a une série d'actions qui sont
posées.
Alors
là, là, il faudrait que la députée de Taillon revienne puis nous dise
exactement le point qu'elle veut viser. Si le point, c'est simplement de transposer en loi le rapport de la
Vérificatrice ou de la Protectrice, bien là c'est parce que ça, ce n'est pas ça qui est l'objet, là, du projet de
loi. Si c'est un «peut» ou un «doit», et ainsi de suite, bien, O.K., mais là
c'est la ligne d'intervention que je vais faire en revenant, en espérant qu'on
ait pu préciser nos pensées respectives.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup.
Chers collègues, compte
tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
La Présidente
(Mme Montpetit) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission va
donc reprendre ses travaux.
Je vous rappelle que le mandat de la commission
est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 92, Loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de
l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions
législatives.
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de vos appareils électroniques.
Donc, avant la suspension de nos travaux, nous
étions rendus à un amendement déposé par la députée de Taillon à l'article 12.
Mme Lamarre : Tout à
fait. Et nous avons échangé. Le ministre
évoquait le fait qu'il considérait que la demande des citoyens de remboursement, dans les cas où la RAMQ avait
démontré qu'il y avait des montants excessifs qui avaient été chargés aux citoyens, donc, le ministre
considérait qu'il fallait absolument que ça passe par une demande écrite des citoyens,
ce à quoi j'ai répliqué que c'était très difficile pour les citoyens
de savoir, les patients, de savoir par eux-mêmes que le professionnel
qui leur avait facturé un montant était soumis à une évaluation, à une enquête,
et qu'il avait été reconnu coupable.
Alors, mon amendement
vise à ce que... Dans le fond, ce qu'on prévoit, c'est de rembourser la somme,
donc que la RAMQ fasse en sorte de
rembourser la somme aux citoyens qui auront été victimes d'une surfacturation.
Et, dans mon amendement, j'avais proposé d'enlever le paragraphe
supplémentaire qui proposait que la RAMQ, parmi les moyens pour arriver à rembourser la somme, puisse informer les
gens. Je suis prête à considérer que cet amendement-là puisse
rester, mais clairement ce sur quoi je trouve qu'on cause préjudice aux citoyens,
en fait on rend inaccessible l'accès à ce remboursement-là, c'est si on présume que le simple fait de le
publier dans un petit journal local ou sur Internet va permettre à une personne
de 85 ans qui n'est pas sur Internet, finalement, de savoir qu'elle a été
surfacturée et qu'elle aurait droit à un remboursement de façon très,
très légitime.
J'ajouterais à ça que, dans le rapport du
Protecteur des citoyens, le fait que des gens soient obligés de soumettre à la
RAMQ une demande écrite de remboursement, le Protecteur du citoyen considère, à
la page 7 de son mémoire, que «cette
étape est inutile et coûteuse et que la [régie] devrait procéder au
remboursement sans nécessité d'une demande
de la personne assurée», puis en plus que cette personne assurée, encore une
fois je le répète, peut très bien ne jamais savoir qu'elle a été
victime, dans le fond, d'une surfacturation par un professionnel de la santé.
La Présidente (Mme Montpetit) :
Oui, M. le ministre.
M. Barrette :
Là, monsieur... Mme la Présidente — excusez-moi, Mme la Présidente — alors, on va remettre les choses dans l'ordre, en commençant par dire la
chose suivante : La députée de Taillon, Mme la Présidente, fait
toujours référence aux recommandations de la
Protectrice du citoyen. Je n'ai pas de problème avec ça. Le problème, c'est que, quand elle y fait référence, ça se transforme en un scénario qui n'est
pas nécessairement ce que vise la Protectrice du citoyen.
Je m'explique. Je pense que ce que traduit la députée
de Taillon est la chose suivante et je l'invite de
m'arrêter par oui ou par non dès que je vais
le dire. Je pense que, la
députée de Taillon,
ce qu'elle veut, c'est qu'en toutes circonstances, lorsque
la régie constate ou constaterait qu'il
y a eu un paiement indu de la part d'un patient, le patient soit
automatiquement remboursé. Ça, c'est-u correct, jusque-là, chère collègue?
Mme Lamarre : Dans la mesure du
possible, oui, effectivement.
M. Barrette : Bon, alors... Ah!
Dans la mesure du possible.
M. Barrette : Donc, ce que la députée de Taillon
nous dit, là, c'est qu'elle voudrait qu'il
y ait un automatisme de remboursement
à la personne lorsqu'une constatation de facturation indue a été faite. Ça
va-tu, ça? Alors, je pense que ça va. O.K.
À partir du moment où on dit ça, là, alors il y
a deux moteurs, là, il y a deux déclencheurs. Le premier déclencheur, là... Pas
deux déclencheurs. Il y a une conséquence, une action, et il y a un déclencheur
qui, lui, est conditionnel. Alors, l'action,
c'est rembourser. La députée de Taillon... Et, Mme la Présidente, je vais le
dire tout de suite, là, je suis
d'accord. La RAMQ, lorsqu'elle constate qu'il y a eu un paiement indu, devrait
rembourser la personne. Comment?
L'article 12,
à 22.0.1, là, vient dire comment le faire. Alors, ça, il me semble que c'est
assez clair, que les chemins sont clairs.
Grosso modo, là, ce que le projet de loi présente, et même, je dirais même,
précisément, la RAMQ constate qu'il y
a eu une facturation indue, à la limite illégale, et la RAMQ va rembourser le
citoyen, avec une surprime, une punition supplémentaire pour
l'organisation ou la personne fautive en toutes circonstances. O.K.? Le
déclencheur, là, c'est le constat; l'action, c'est le remboursement complet en
toutes circonstances. Je pense que c'est ce que la députée de Taillon veut
voir, et j'irais même jusqu'à dire que c'est ce que la Protectrice du citoyen
veut voir.
Maintenant,
là, on arrive avec l'équité procédurale, je vais appeler ça comme ça parce que
je pense que c'est le bon mot.
L'équité procédurale, ça veut dire que, si on écrit un texte de loi, il faut
avoir au déclenchement une procédure qui garantisse ne serait-ce que la
véracité des faits. Il y a deux manières d'entrer dans ce chemin-là, il y en a
deux : un, on inspecte; deux, il y a
une plainte. Et ça, c'est tout prévu, là. Et on aura... Je vais suggérer dans
un instant à la députée de Taillon,
si on s'entend sur ce que je viens de dire, là, de retirer son amendement. On
va en avoir un, amendement, qui est en
train d'être imprimé, qu'on va vous proposer pour faire ce que je dis là, O.K.?
Et ce que je dis, là, c'est, à partir du moment où c'est constaté, peu
importe le chemin, soit par l'inspection soit par la plainte, la demande, qui
est à toutes fins utiles une plainte, là, ce n'est pas le bon mot, mais c'est
l'équivalent de, là, d'un citoyen : M. la RAMQ, là, ou Mme la RAMQ, ou
cher gouvernement, là, je pense qu'on a abusé financièrement de moi, on m'a
facturé des choses illégales, parfait, on
fait une enquête puis on constate que c'est vrai, ou bien donc on fait une
inspection puis ô surprise! on constate qu'il y a des irrégularités, dans les
deux cas on a constaté qu'une personne avait été facturée
potentiellement illégalement. Dans le premier cas, la personne s'est plainte,
donc elle a des documents. Dans le deuxième cas, bien, il n'y a peut-être pas de document, il y a une
suspicion de. Ça va, jusqu'à date, là? Et, nous, ce qu'on va dire, là, c'est
que dans tous les cas de figure, après que le médecin aura pu se défendre
pendant 30 jours pour dire : Non, non, ce n'est pas vrai, je n'ai rien fait de mal, si la conclusion
finale est : Non, non, non, vous avez fait quelque chose de mal — puis c'est la même chose pour un optométriste, un pharmacien ou un dentiste — non seulement la RAMQ rembourse la personne,
mais elle la rembourse aux dépens du professionnel, qui, lui, reçoit une
rémunération de la RAMQ qui va être ponctionnée pour compenser la personne,
avec une punition additionnelle.
Bon, maintenant, Mme la
Présidente, encore faut-il que
procéduralement il y ait eu la
démonstration que quelque chose a été
fait réellement et à quelle hauteur. Alors, l'idée d'avoir une demande écrite,
là, c'est d'avoir une demande écrite pour que, dans la demande, on ait
un document qui dit : J'ai été surfacturé, à mon avis, de tant, voici la
facture, parce que normalement il y a une facture qui va être émise.
À l'inverse...
pas à l'inverse mais en parallèle, si la détection de telle situation est faite
à la suite d'une inspection, O.K., je fais une inspection dans un bureau
de médecin, O.K., et là, dans ce bureau de médecin là, je constate qu'il est arrivé qu'on ait chargé à des patients des
frais d'ouverture de dossier — c'est illégal aujourd'hui, ça va l'être
encore plus dans le futur, avec des amendes plus substantielles — est-ce
que j'ai le droit légal, est-ce que j'ai le droit de dire à ce médecin, par inférence : 100 % de votre
clientèle a eu des frais d'ouverture de dossier? Je ne pense pas que j'aie le
droit de faire ça à cette hauteur-là. J'ai
le droit à une certaine inférence, là, mais, l'inférence, est-ce qu'elle doit
être ubiquitaire et systématique? Bon, il est là, le principe de
l'inférence, il est là dans la loi, là, mais, à un moment donné, là, on doit se
retrouver dans une situation où, quand on
fait un remboursement, on puisse par diverses voies aviser les gens :
Bien, vous avez potentiellement été
l'objet d'une surfacturation, par exemple, voulez-vous faire une demande? Et là
c'est sûr qu'on va demander : Avez-vous une preuve documentaire?,
et c'est normal.
Alors, ce que
la députée de Taillon voudrait en plus, parce que ce qu'elle recherche dans ses
interventions, c'est plus que ça encore, elle voudrait pas de demande,
pas de preuve documentaire, rembourser si on pense qu'il y a eu de la facturation abusive. Oui, bien là c'est parce que,
là, à un moment donné, on est dans ce qu'on appelle communément une société de droit, et il y a des limites à ce qu'on
peut faire dans la vie légale. Dans la vie législative, on ne peut pas
tout faire. Alors là, là, ce que l'on fait,
là, et ce que l'on va faire, nous, avec l'amendement qu'on va proposer, si la
députée de Taillon refuse... pas refuse mais accepte de retirer son
amendement, c'est un amendement qui va dire ce que je viens de dire, qu'on va distribuer dans un instant, là, pour les
fins de lecture, qui va dire : Voici, on rembourse, on rembourse tout
le temps, mais on rembourse dans la
circonstance, évidemment, où à la fin de l'exercice il y a une preuve
documentaire. La preuve documentaire, bien,
évidemment, c'est la personne qui fait la demande ou la personne qui est
informée que peut-être qu'il y a eu
quelque chose, puis demandez-nous-le donc. On va dire aux gens : Regardez,
là, vous faites
partie des 500 patients qui sont suivis par ce docteur-là, puis on a l'impression que peut-être
qu'il vous a facturé quelque chose. Est-ce le cas? Faites-nous une
demande. Et, si ça, c'est trop, là, bien là c'est parce que le monde dans
lequel on vit, il est fait de même, là. Voilà.
La Présidente (Mme Montpetit) :
Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci beaucoup,
Mme la Présidente...
M. Barrette : Et — je
m'excuse, Mme la Présidente, chère collègue — je suis convaincu que c'est
ce que recherche la Protectrice du citoyen.
La Présidente (Mme Montpetit) :
Allez-y.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup. Alors, bien, le ministre a fait un très, très, très long
préambule pour arriver à une situation qui correspond exactement à ce
qu'on veut. C'est-à-dire qu'on ne veut pas que ce soit le citoyen qui, par lui-même, ait besoin de faire une demande
hypothétique; à chaque fois, dans le fond, que quelqu'un aura été facturé,
il faudrait qu'il puisse envoyer une lettre
au cas où. Alors, le ministre essaie de démontrer par l'inverse ce qu'on
demande.
Je lis
certains aspects de 22.0.1 : «Lorsque la régie est d'avis qu'un
professionnel de la santé ou un tiers a reçu paiement d'une personne
assurée à l'encontre de la présente loi, y compris lorsqu'il a exigé plus que
le montant qui aurait été payé par la régie
à un professionnel soumis à l'application d'une entente pour les services
fournis à une personne assurée...» Alors, ça veut dire quand, dans
le fond, le professionnel a chargé trop cher ou a chargé alors qu'il n'aurait
pas dû charger.
Et là, si on poursuit, alors, la RAMQ, dans le
fond... «L'avis doit en outre indiquer les modalités de remboursement...»
Donc, la RAMQ, la loi ici, la loi
n° 92, prévoit que la RAMQ a l'autorité de déclarer... l'avis doit
indiquer les modalités de remboursement.
Dans les modalités de remboursement, j'imagine que, si on trouve qu'un médecin
est fautif et qu'il a fait ça une
fois, on peut lui dire : Dans les modalités de remboursement, on vous
demande de déclarer tous les gens auxquels vous avez appliqué la même
surfacturation illégale. Alors, moi, je pense qu'à l'intérieur de cette loi,
dans la Loi de l'assurance maladie, il y a
vraiment la possibilité pour la RAMQ, une fois qu'elle a démontré qu'un médecin
ou qu'un professionnel avait été
fautif, avait surfacturé, de dire que, dans le fond, les modalités de remboursement,
bien, ça inclut que vous allez
envoyer une lettre à tous les patients à qui vous avez ouvert un dossier en le
facturant, comme l'exemple que le ministre donnait, et vous aurez l'occasion de
vous manifester. Mais ce n'est pas remettre la responsabilité aux citoyens de façon aléatoire, de dire : Peut-être
qu'en lisant le petit journal... — puis,
si je saute cette semaine-là parce
que je suis en vacances, je n'ai pas vu l'information — que
le médecin que j'ai vu dans un territoire donné, qui n'est peut-être pas où j'habite directement ou dans mon
quartier où j'habite, a commis une infraction et que peut-être
je pourrais me prévaloir d'une compensation pour un préjudice que j'ai
subi.
Alors,
moi, je pense que le ministre, il arrive à dire exactement ce que je disais,
mais il ne voulait pas me donner raison
au départ. Alors, je vais accueillir son amendement, mais je ne retire
pas le mien tout de suite, je veux lire le sien avant. Et, si je
considère que ça revient à dire à peu près la même chose que ce que je voulais,
bien là on pourra voir comment on peut s'entendre.
Mais,
la preuve documentaire, la grande différence entre la position du ministre
et la mienne, c'est que, dans le projet
de loi tel qu'il est écrit, la preuve
documentaire, elle incombe strictement à un citoyen, pour laquelle il n'y a pas d'obligation du professionnel. C'est le professionnel qui l'a faite,
l'erreur, ça devrait être à lui d'aider la RAMQ à trouver tous les autres qui ont subi ce préjudice-là. Ça
devrait même être une obligation qu'on devrait peut-être
préciser dans la loi, de dire :
Écoutez, une fois qu'un professionnel a été reconnu coupable d'une situation
où il a chargé quelque chose
qu'il ne devait pas charger à un patient, il
devrait automatiquement être obligé de collaborer avec la RAMQ pour identifier
tous les patients qui ont subi le même préjudice. Moi, je pense que...
Alors, je suis
ouverte à accueillir l'amendement du ministre, mais je ne partage pas sa
première lecture.
M. Barrette :
Mme la Présidente, là, écoutez, là,
ce n'est pas compliqué, là, on va regarder nos amendements respectifs, là, ce n'est pas bien, bien compliqué,
là, on va prendre une pause. Parce
que la députée de Taillon nous a
présenté des amendements pour retirer des bouts de phrase qui sont aux premier
et deuxième paragraphes du deuxième alinéa, et
là elle me parle du préambule qui parle de l'avis donné au médecin, pas au
citoyen, c'est au médecin, là. Ce n'est même pas le même sujet, là.
Alors,
depuis le début, là, la présentation qu'elle nous a faite était confuse parce qu'elle essaie de traduire les propos
de la vérificatrice... pas la vérificatrice mais la Protectrice du citoyen dans
des termes qui ne sont pas les bons. Alors, j'ai
essayé de les mettre dans le bon ordre, là. Et je comprends dans ses
commentaires qu'elle a compris ce que je voulais dire, ça fait ce
qu'elle veut. Là, ce qu'elle vient de dire, là, ça ne s'adresse même pas à
l'amendement qu'elle nous a proposé ce matin.
Mais
là je comprends, là, qu'on s'entend. Alors, moi, ce que je propose, Mme la
Présidente, c'est qu'on suspende pendant quelques instants, et qu'elle
en fasse la lecture, puis qu'on revienne, et qu'elle décide de retirer ou non
son amendement. Sinon, on votera sur son amendement puis on déposera le nôtre,
c'est tout.
Présidente (Mme Montpetit) : Je vais donc demander à la députée
de Taillon... Ce que vous souhaitez faire, c'est bien suspendre votre
amendement?
Mme Lamarre :
Non. En fait, je ne...
La Présidente
(Mme Montpetit) : Vous voulez qu'on continue sur votre
amendement?
Mme Lamarre :
Je veux qu'on... prendre lecture de l'amendement que le ministre dépose.
La Présidente
(Mme Montpetit) : Je dois avoir le consentement pour suspendre
votre amendement avant de passer à un prochain amendement.
Mme Lamarre :
On peut suspendre les travaux pendant que je prends connaissance de
l'amendement du ministre.
La Présidente
(Mme Montpetit) : Parfait. Je vais suspendre les travaux quelques
instants.
Mme Lamarre :
Alors, je ne suis pas confuse du tout, je vous remercie, Mme la Présidente, par
rapport au ministre.
(Suspension de la séance à
15 h 28)
La Présidente
(Mme Montpetit) : Nous allons donc reprendre les travaux. Mme la
députée de Taillon, il vous reste donc deux minutes pour compléter sur votre amendement.
Mme Lamarre : Oui. En fait, si on poursuit la lecture de l'amendement ou même du projet de loi, la régie, elle, elle peut «recouvrer du professionnel de la santé ou du
tiers, par compensation ou autrement, toute somme reçue à l'encontre de la présente loi, qu'elle ait reçu ou non une
demande de remboursement, un tel montant étant alors réputé constituer
une dette envers elle». Donc, si on lit correctement ça, c'est que, la RAMQ, on
a considéré que c'était justifié qu'elle puisse se compenser sur l'ensemble du potentiel d'infractions qui auraient été
commises par un professionnel de la santé, la similitude du même
dossier.
Donc, la RAMQ peut se compenser automatiquement, mais elle ne serait pas tenue de rembourser automatiquement les citoyens qui auraient été victimes. Ça m'apparaît assez
contradictoire. En termes d'argent,
si on le voyait... Je ne pense pas
que ça fasse l'affaire, même, de la RAMQ, de dire : Bien là, on va être
considérés comme... nous, on va récupérer tout pour tous les patients, s'il y a eu 200 patients qui ont été
victimes de l'abus dont on a été témoins, de la surfacturation dont on a
été témoins, mais nous, on va garder cet argent-là, on ne fait pas de démarche
pour retrouver les gens qui ont été victimes
de ça. Alors, si on est capable de les retracer de la part du professionnel
pour recevoir ces sommes-là, on devrait être capable également de les retracer pour le redonner aux citoyens qui
ont été victimes de ça, de cette surfacturation-là.
Présidente (Mme Montpetit) : Donc, je vous rappelle qu'on est sur l'amendement de la députée de Taillon. M. le ministre, est-ce
que vous avez autre chose à ajouter?
M. Barrette : Non, pas à cette
étape-ci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Montpetit) :
Il y a le député...
M. Picard : Des
Chutes-de-la-Chaudière.
La Présidente (Mme Montpetit) :
Des Chutes-de-la-Chaudière, je m'excuse. À vous la parole.
M. Picard :
Merci. J'arrive dans le débat, là, mais c'est un débat très intéressant pour
les patients qui malheureusement qui
peuvent se faire facturer des montants qui n'étaient pas nécessaires ou qui
n'étaient pas, normalement, payables.
Je comprends
l'intérêt de la députée de Taillon et je suis d'accord avec elle qu'il faut
trouver une mécanique, là, parce que,
lorsque je lis l'article 22, on parle de mettre sur Internet, tantôt le
ministre parlait des recours collectifs, je n'ai pas les statistiques, mais ça me surprendrait, les
recours collectifs, qu'il y ait un fort pourcentage de gens qui, lorsqu'ils
voient ça, ils font une réclamation, là. Je n'ai pas les statistiques, mais ce n'est pas du
100 %, on s'entend. Mais il me
semble que ce serait simple, pour la régie, d'envoyer seulement une lettre au
patient qui a rencontré tel médecin, et que la régie détermine qu'il y a probablement des... il y a des frais qui ont été facturés
qui n'auraient pas dû, et de demander une preuve documentaire comme de quoi, oui, il a payé, puis d'exiger un reçu, puis
je pense que la mécanique est là. Puis j'essaie de comprendre l'intérêt
de la RAMQ à dire : Nous, on va... bien, par le ministre, là, l'intérêt de
la RAMQ à dire : Bien, on va mettre ça
sur Internet, puis, s'il y a 80 % des gens qui nous réclament le montant,
bien, on aura un 20 % de plus dans nos coffres pour administrer le reste, là. En tout cas, moi, je me
questionne beaucoup. Puis je suis d'accord avec l'alignement de la députée de Taillon là-dessus... à moins que le
ministre ne me convainque d'autre chose, parce que tantôt, après
l'amendement de la députée de Taillon, on va revenir sur l'amendement que M. le
ministre nous propose, puis je vais avoir des questions là-dessus. Merci.
Présidente (Mme Montpetit) : Je vous rappelle qu'on est toujours
sur l'amendement de la députée de Taillon à ce stade-ci, l'autre
amendement n'a pas été lu. Donc, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur
cet amendement?
M. Barrette : Alors, Mme la
Présidente, je tiens à informer le député des... De la chute ou des chutes?
M. Picard : Des
Chutes-de-la-Chaudière.
M. Barrette : Les
Chutes-de-la-Chaudière. À chaque fois, hein? Ça ne me rentre pas dans la tête.
M. Picard : ...vous
n'êtes pas tout seul.
M. Barrette :
Alors, je tiens à informer, là, que la députée de Taillon veut enlever
l'article qui permet de faire ce qu'il nous propose. Elle veut
l'enlever, suppression du deuxième paragraphe, elle veut enlever le paragraphe
qui dit exactement ce que le député, notre
collègue, veut faire, Mme la Présidente.
Le paragraphe dit : «...informer les personnes assurées concernées, par tout moyen qu'elle juge
approprié», notamment par l'Internet, les journaux; pas
exclusivement. Elle peut envoyer des lettres.
M. Picard :
Mme la Présidente, moi, ma compréhension, c'est que qu'est-ce que Mme la
députée de Taillon veut enlever, c'est le fait que la patiente doit
faire une demande par elle-même, elle voit l'avis puis là elle prend le Net ou elle tape... elle envoie un document, elle écrit
une lettre, elle envoie ça à la RAMQ. Moi, qu'est-ce que je dis : Il me
semble que ce serait beaucoup plus logique...
M. Barrette :
Non, alors là, M. le Président, on voit bien que la présentation ne devait pas
être si précise que ça, puisque le
député des Chutes-de-la-Chaudière n'a pas saisi complètement ce que notre
collègue de Taillon veut faire. Ce qu'elle
veut faire, notre collègue, là, c'est simple, elle veut tout simplement qu'il y
ait un remboursement automatique à toute
la clientèle d'un médecin. C'est ça qu'elle veut, c'est simple de même. Ce
n'est pas simplement une question de faire une demande par écrit. Ce
qu'elle veut, là, c'est que, quand il y a un constat, on le généralise à toute
la clientèle, qu'il n'y ait pas de demande,
et qu'on paie le montant extrapolé à tout le monde. Bon, ça pose, à mon avis,
des problèmes d'équité.
Ce n'est pas du tout la même chose que quand la RAMQ ponctionne sur une
inférence. L'inférence, là, ça devient un moyen punitif, aveugle, au
profit de la RAMQ, oui, c'est vrai, mais il n'induit pas d'inéquité d'un
bénéficiaire, un patient par rapport à un autre. Parce qu'on ne le sait pas,
là, si tout le monde l'a eue, cette facturation-là.
vais reprendre l'exemple que j'ai pris tantôt, là, O.K.? Prenons le cas le plus
facile, le frais d'ouverture de dossier. Est-ce que c'est tout le monde qui a eu un frais d'ouverture de dossier?
Pas nécessairement. Est-ce que c'est le nouveau patient, le nouveau patient après deux ans? Moi, j'ai même connu quelqu'un,
personnellement, qui a eu un frais d'ouverture de dossier parce que c'est un nouveau traitement. On ne le sait pas,
mais on sait qu'il y a des frais d'ouverture de dossier. Là, on peut,
par inférence, généraliser et pénaliser le médecin, par l'inférence, en le
ponctionnant d'un montant qu'on estime.
Mais,
si j'arrive dans la dynamique inverse qui est celle que la députée de Taillon
veut, là, on trouve une infraction, on
l'applique à toute la clientèle, et à ce moment-là on leur envoie un chèque
automatiquement. Je n'ai pas de problème, moi, à faire en sorte que, si... et c'est l'essence de notre amendement
éventuel, je n'ai pas de problème à ce que, lorsqu'il y a une faute, le citoyen soit compensé, mais là il y
a un problème qui va venir du fait que, si on compense à l'aveugle, ce
que la députée de Taillon veut faire, bien
là on va envoyer un chèque à quelqu'un pour qui ce n'est pas dû. Il y a une
personne qui va avoir un chèque, là, puis elle n'y a pas droit parce qu'elle
n'a pas payé. L'autre qui aura payé, bien, O.K., elle va l'avoir, tant mieux pour elle, d'où la nécessité
d'avoir une preuve documentaire. L'impact n'est pas le même, en termes d'équité et d'effet, dans un sens que dans
l'autre. Quand on dit, là, à la RAMQ, par inférence, là, badang!, on a
trouvé une infraction puis on la généralise à 30 % de votre clientèle, ça
s'appelle une amende, par un autre nom, on va avoir une amende, là, plus une ponction. Mais, quand on arrive au moment... à
envoyer de l'argent individuellement, un, on doit être équitable, puis
l'équité, c'est de rembourser la personne qui a payé pour rien, pas rembourser
un montant à tout le monde, incluant à des gens qui n'ont pas payé. C'est
simple de même. Et c'est ça, l'équité à laquelle fait référence la protectrice,
et vous voyez que la traduction de la protectrice dans la bouche de notre
collègue de Taillon, ce n'est pas exactement ça, là. Voilà, c'est tout. C'est
simple de même.
Présidente (Mme Montpetit) : Malheureusement, Mme la députée de
Taillon, votre enveloppe de temps est écoulée, sur l'amendement en
cours.
M. Barrette :
C'est fini, c'est fini.
La Présidente
(Mme Montpetit) : Donc, s'il n'y a pas d'autre... M. le député.
M. Picard :
Je veux revenir un petit peu sur l'équité, là. Je comprends qu'est-ce que le ministre
dit, mais, son amendement,
là, il va falloir le regarder aussi, là, après celui de la députée de
Taillon, parce que l'équité, pour moi, c'est que les gens qui
ont payé en trop soient informés, soient informés...
M. Barrette :
Et remboursés.
M. Picard :
...et remboursés.
M. Barrette :
C'est exactement ça qu'on fait.
M. Picard : On s'entend tous. Mais c'est hallucinant, qu'est-ce qui se passe ici.
Je fais quelques commissions auxquelles je me promène, puis ici c'est
toujours... c'est compliqué, disons, avant de trouver la dynamique. Parce qu'on
a tous le même but, c'est ce que je comprends.
M. Barrette :
Bien, moi, personnellement, je trouve ça très simple, là, mais des fois ça se
complique.
M. Picard :
C'est bon. C'est correct.
Présidente (Mme Montpetit) : Donc, à ce stade-ci, s'il
n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 12
est adopté?
M. Barrette :
Adopté. Non, je m'excuse! Rejeté.
Présidente (Mme Montpetit) : L'amendement est donc rejeté. Nous allons poursuivre avec
l'amendement du ministre, et je vous invite à en faire la lecture.
M. Barrette : On va suspendre un instant, parce que
ça n'a l'air de rien, mais, pendant toute cette discussion-là... On va
changer une phrase, là. Alors, laissez-nous une petite seconde, là... minute.
Présidente (Mme Montpetit) : Alors, je vous informe que je vais suspendre les travaux pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 15 h 46)
Président (M. Tanguay) :
Nous sommes de retour, chers amis. Alors, pour la présentation de son amendement,
je cède la parole au ministre.
M. Barrette : Alors, merci,
M. le Président. Alors, je fais la
lecture du nouvel amendement, d'un amendement que nous déposons aujourd'hui, qui, à mon avis,
va répondre à toutes les aspirations de nos collègues ainsi que de Mme
la Protectrice du citoyen et même, M. le Président, de la Vérificatrice
générale. Alors, l'amendement est le suivant : Remplacer l'article 12
du projet de loi par le suivant :
L'article 22.0.1 de cette loi est remplacé par le suivant — il n'y a pas de changement par rapport à
l'initial, mais je vais le lire quand même :
«22.0.1.
Lorsque la régie est d'avis qu'un professionnel de la santé ou un tiers a reçu
paiement d'une personne assurée à
l'encontre de la présente loi, y compris lorsqu'il a exigé plus que le montant
qui aurait été payé par la régie à un professionnel
soumis à l'application d'une entente pour les services fournis à une personne
assurée qui n'a pas présenté sa carte
d'assurance maladie, son carnet de réclamation ou sa carte d'admissibilité,
elle en avise par écrit le professionnel de la santé ou le tiers. L'avis
doit en outre indiquer les modalités de remboursement qui pourront être
appliquées par la régie en vertu du présent
article ainsi que, le cas échéant, la sanction administrative pécuniaire qui
pourra être appliquée et accorder — il y a une faute de français, M. le
Président, ici, "accorder" — au professionnel ou au tiers...» Ah non!
Non, non, pas du tout, non, je m'excuse, M.
le Président, c'était parfait. Excusez-moi, tout le monde en arrière. «...et
accorder au professionnel ou au tiers un délai de 30 jours pour
présenter ses observations.»
Je fais une pause, M.
le Président, juste pour qu'on l'absorbe, le paragraphe, là, tout le monde. Ça
l'expiration du délai de 30 jours, la régie notifie sa décision par écrit
au professionnel de la santé ou au tiers, en la motivant. Si elle
maintient qu'une somme a été ainsi versée, elle rembourse [...] à la personne
assurée à l'égard de laquelle la régie
détient, dans les trois années suivant le paiement, une preuve écrite de ce
paiement — c'est
parce qu'il manque des lettres en dehors de la photocopie, là.
«1° informer les
personnes assurées concernées, par tout moyen qu'elle juge approprié, qu'elles
peuvent lui présenter une demande de
remboursement dans les trois ans de la date de paiement, notamment en publiant
un avis à cet effet sur son site Internet ou dans un journal diffusé
dans la localité où exerce le professionnel de la santé.» 2°, 3°, et ainsi de
suite, le reste ne change pas.
Bon, alors, je vais
revenir à la case départ. Qu'est-ce qu'on veut? On veut faire en sorte que, et
c'est la recommandation de la Protectrice du citoyen et de la députée de Taillon...
on veut que, lorsqu'il y a un paiement à l'encontre...
c'est-à-dire, lorsqu'il y a, oui, un paiement fait à l'encontre
de notre loi, il y ait un remboursement du citoyen, ça va; dans le cas où la RAMQ
a la preuve écrite dans ses mains qu'il y a eu un paiement indu, il y ait remboursement automatique. S'il n'y a pas de preuve écrite au
moment d'une enquête, d'une inspection, bien, les personnes ont été
avisées qu'elles ont droit à ça et elles auront à monter la preuve, tout
simplement.
Alors, je reviens à
notre texte pour que ce soit clair. Le premier paragraphe, là, l'avis n'a rien
à voir avec le citoyen, contrairement à ce qui a été dit précédemment. L'avis du premier paragraphe,
c'est un avis au médecin, au médecin ou
au professionnel : Cher professionnel, vous avez fait quelque chose de pas correct, voici ce qu'on a constaté, voici ce qu'on va
vous faire rembourser, là, et voici comment on va le faire. C'est ça que ça
dit, l'avis doit dire ça : «L'avis doit
en outre indiquer les modalités de remboursement qui pourront être appliquées par la régie en
vertu du présent
article ainsi que,
le cas échéant, la sanction administrative pécuniaire qui pourra être appliquée
et accorder au professionnel ou au tiers un délai de 30 jours pour
présenter ses observations.» Contrairement à ce qui a été dit avant d'aller à
la pause, l'avis n'a rien à voir avec les
citoyens, rien, rien, rien, ça n'a à voir qu'avec le professionnel fautif. La
régie, après avoir constaté une faute, avise le professionnel qu'il est
en faute, de combien, et voici comment on va aller le chercher.
Bon,
le paragraphe suivant, lui, dit : Un coup, cher
professionnel, que vous avez eu le temps de contester, si on maintient notre décision, donc on a raison — et
là je me mets dans la position de la RAMQ — bien, quand on a la preuve documentaire
qu'il y a eu un paiement indu, on rembourse automatiquement la personne. Si on
n'a pas la preuve documentaire, on attend la
preuve documentaire. Pour avoir la preuve documentaire, bien, on avise
l'univers ainsi que potentiellement la clientèle, je l'ai dit tantôt. Et
après ça il y a des modalités de ponction et de remboursement, on peut aller à la cour, on peut le ponctionner dans
sa rémunération, on peut faire ci, on peut faire ça. Ce ne sont que de
la mécanique. Ça, c'est clair, et ça, ça répond à ce que la protectrice voulait
voir. Et il n'y a rien d'autre à dire.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Des commentaires sur l'amendement du
ministre? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. J'aimerais d'abord rapporter et relire
le début de l'article 22.0.1. Alors, bien sûr, on utilise un
exemple qui serait celui, là, où on aurait surfacturé quelqu'un qui n'aurait
pas présenté sa carte d'assurance maladie. Et, si on lit le début de cet
article 22.0.1, on note que c'est «lorsque la régie est d'avis qu'un professionnel de la santé ou un tiers a reçu
paiement d'une personne assurée à l'encontre de la présente loi», donc ça
peut être une diversité beaucoup plus grande
de situations que l'exemple qui a été utilisé. Et ça donne «y compris
lorsqu'il a exigé plus que le montant», mais
ça pourrait être qu'il a facturé quelque chose qui ne devait pas du tout être
facturé. Donc, ce n'est pas qu'il a
exagéré, c'est juste qu'il a décidé que lui, il chargeait systématiquement
quelque chose qui n'avait pas le droit d'être facturé.
Et donc, quand on le
regarde dans cette perspective très large, on se rend compte que la régie, eh
bien, elle va documenter elle-même un certain nombre de cas, elle va être
capable, parce qu'on se rappelle qu'elle va facturer le professionnel. Alors, si elle facture le professionnel pour
200 activités alors qu'elle a des preuves seulement pour 50, le professionnel va contester. Alors, la régie, si
elle est capable de facturer un professionnel qui aurait surchargé, elle
aura déjà des preuves, elle aura déjà des
noms de patients. Et l'objectif de ce qu'on demande, c'est que, pour ces
patients-là qui auront déjà été identifiés dans le cadre de l'enquête de
la régie, la régie s'engagera à les contacter directement, ces gens-là, sans attendre ou présumer qu'eux-mêmes
aient à faire en sorte de présenter... de chercher de l'information de
façon aléatoire dans un petit journal local ou sur Internet. Et donc ce qu'on
dit, c'est que la régie, si elle a découvert 50 cas anormaux, elle aura
donc la responsabilité de contacter ces 50 cas qu'elle aura documentés.
Et, si elle veut facturer le médecin, elle
va le facturer sur les cas qu'elle va avoir documentés, elle ne peut pas le
facturer sur des cas hypothétiques, en disant :
Ça correspond à 10 % de votre clientèle cette année-là, donc c'est
10 % de votre clientèle sur les trois ans. Elle va être contestée, la régie, si elle fait ça. Donc,
les cas pour lesquels elle va rechercher la facturation, ce sont des cas où
elle pourra démontrer la surfacturation, et,
pour ces situations-là, on dit : Bien, la moindre des choses de la RAMQ,
c'est qu'elle recontacte les
patients. Elle aura ces cas-là, là. Ce n'est pas des cas anonymes, ce n'est pas
des cas hypothétiques, ce n'est pas des extrapolations, ce sont de vrais
cas. Et on pourra dire à ce moment-là : Il faut absolument que ces
patients-là soient remboursés.
Maintenant,
je vois qu'on maintient l'option de dire : En plus, informons l'ensemble
des gens. Peut-être que dans le processus d'enquête on n'aura pas tout
trouvé, donnons cette possibilité-là. Mais au moins ce que mon amendement demandait — puis je suis contente de voir qu'on le
retrouve dans ce qu'on a maintenant — c'est que, pour les cas qui auront servi à être documentés et pour lesquels la RAMQ
aura suffisamment de preuves, qu'elle sera capable de se compenser, donc de redemander l'argent aux professionnels,
alors, si on a 50 cas, bien, ces 50 patients là, on ne voudrait pas
que ce soit leur responsabilité de
lire les petits journaux à toutes les semaines au cas où ils feraient
partie de
ceux qui auraient été surfacturés par la RAMQ, donc que la RAMQ ait
l'obligation de contacter ces gens-là et de dire : Écoutez, lors d'une
inspection ou lors d'une enquête, on a trouvé qu'il y avait eu une facturation
illégale ou une surfacturation, et donc nous vous remboursons les montants qui
ont été surfacturés.
Alors, le libellé maintenant proposé, donc «la
personne assurée à l'égard de laquelle la régie détient, dans les trois années suivant le paiement, une preuve
écrite de ce paiement», alors, pour moi, ça n'oblige pas à ce que ce soit
le patient qui démontre la preuve, ça peut
être la RAMQ qui, dans le cadre de ses enquêtes, a démontré qu'elle avait
soit un duplicata de reçus pour
50 patients, et à ce moment-là, ces patients-là, elle a une preuve et elle
est en mesure... sans que ce soit
l'initiative obligatoire du patient de faire lui-même toute la démarche, alors
qu'il peut très bien ne jamais savoir qu'il a fait l'objet de cette
surfacturation-là. Alors, dans ce contexte, je pense que ce qui a été proposé
par l