Transportation and the Environment — 13 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-04-13
Quebec — Committees
(Onze
heures dix-sept minutes)
Président (M. Reid) : Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones
cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements
climatiques pour l'exercice financier 2016‑2017. Une enveloppe de
10 heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement.
Président (M. Reid) : Alors, nous allons débuter par les
remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'environ 20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée demain et donc à la fin du temps qui
est alloué à l'étude de ces crédits, donc à la fin.
Nous
devons respecter le temps total, et, comme nous commençons avec un quart
d'heure de retard, j'aurais besoin d'une
entente pour reporter ce temps à cet après-midi. Je pense qu'il y a des
formations politiques qui ont des événements à 1 heure. Et donc est-ce que j'ai une entente des membres de la
commission pour reporter le temps qui nous manque ce matin à cet
après-midi? Nous en discuterons cet après-midi?
Une voix :
Oui. Consentement.
Le Président
(M. Reid) : Une entente? Merci. Alors, nous débutons donc
avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
17 minutes.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Mme la secrétaire de la commission, mesdames messieurs,
bonjour. Nous entamons aujourd'hui
l'étude des crédits du ministère du Développement durable, de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements
climatiques. J'aimerais d'abord présenter les personnes du ministère qui
m'accompagnent aujourd'hui : la sous-ministre
Mme Christine Tremblay ainsi que les sous-ministres adjoints et les
membres de leurs équipes. Permettez-moi également de souligner la présence du président du Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement, M. Baril, et celle du nouveau président-directeur général de
RECYC-QUÉBEC, M. Michaud. Finalement, merci à mon équipe du cabinet
qui m'accompagne aujourd'hui. Je les remercie toutes et tous pour tout le travail
consacré à préparer cet exercice.
le Président, dans 10 jours, cela fera deux ans que j'aurai le privilège
d'être à la tête du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements
climatiques, et je peux vous garantir que je suis fier du travail
accompli. Permettez-moi de faire état de certaines réalisations importantes des
deux dernières années.
En premier lieu,
voici un portrait qui illustre le travail colossal qui s'effectue
quotidiennement au ministère. En 2015,
plus de 11 500 demandes d'accès à l'information, plus de
550 interventions d'Urgence‑Environnement, plus de 600 sanctions administratives, plus de
15 000 inspections et près de 3 900 autorisations
délivrées. Beaucoup de dossiers ont
progressé au cours des 24 derniers mois. Nous avons notamment annoncé que
nous entreprenions la modernisation en
profondeur du régime d'autorisation environnementale de la
Loi sur la qualité
de l'environnement. Un livre vert a été déposé à l'Assemblée nationale pour réviser et moderniser ce régime
établi au Québec en 1972, il y a maintenant 44 ans. Des
consultations particulières ont eu lieu à cet effet.
Nous
avons amorcé une réforme en profondeur de la gestion du Fonds vert en se basant
sur trois grands principes de
gouvernance que sont la rigueur, la transparence et la reddition de comptes,
conformément aux engagements pris par le gouvernement en début d'année. Nous avons adopté la cible québécoise de
réduction d'émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % sous le
niveau de 1990, en 2030, la cible la plus ambitieuse au Canada. Nous avons
dévoilé la Stratégie gouvernementale de développement durable 2015‑2020.
Cette seconde stratégie depuis l'adoption de la
Loi sur le développement durable en 2006 fut précédée
d'une consultation publique. Cette stratégie s'accompagne de plans d'action
qui auront un impact dans près de 120 ministères et organismes qui visent,
quant à eux, à mobiliser l'administration publique
afin de renverser la gouvernance en matière de développement durable dans
plusieurs domaines, dont la réduction des émissions de gaz à effet de
serre, l'économie verte et la gestion écoresponsable.
Nous avons
lancé la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015‑2018, qui présente
les grandes orientations et les objectifs
qui guideront les actions du gouvernement dans les prochaines années pour
protéger la santé de la population, les pollinisateurs et l'environnement. Nous avons
annoncé la mise en oeuvre d'un plan d'action rigoureux visant à améliorer
la gestion des barrages au Québec. Cette
démarche fait suite au dépôt du Vérificateur général du Québec portant sur la
conformité à l'égard de la sécurité et l'exploitation des barrages.
La fin de
semaine dernière, nous annoncions la modification proposée au Règlement sur
l'évacuation et le traitement des
eaux usées des résidences isolées. Et puis, au cours de la dernière année, nous
avons annoncé la création d'une aire protégée
qui préservera le bassin versant de la rivière Kovik et l'augmentation de la protection
de la rivière Broadback. Puis, dans
le cadre du dévoilement du Plan gouvernemental pour l'aménagement de l'habitat
du caribou forestier, nous avons annoncé nos intentions quant à la
création d'une vaste aire protégée dans le secteur des montagnes Blanches.
Lors de
la première année de notre mandat, nous avons procédé au lancement des travaux
de l'évaluation environnementale stratégique
globale sur la filière des hydrocarbures au Québec, dans laquelle s'insère une
EES spécifique sur l'île d'Anticosti.
Nous avons fait adopter le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur
protection, qui prévoit... ensemble, des mesures réglementaires parmi les plus sévères en Amérique du Nord. Nous avons
aussi mis en place deux comités-conseils : sur les changements
climatiques et l'autre sur les matières résiduelles.
Concernant le Projet d'oléoduc Énergie Est
de TransCanada, après avoir transmis une lettre à l'entreprise, en novembre 2014, lui indiquant la décision du
gouvernement de soumettre à l'évaluation environnementale l'ensemble de la
portion québécoise du projet et qui
énumérait sept conditions auxquelles le promoteur doit répondre; nous avons
mandaté le BAPE en juin afin de mener
une enquête et une audience publique sur la portion québécoise du projet afin
d'alimenter la réflexion du gouvernement et la position qu'il défendra
devant l'Office national de l'énergie.
Comme leader
de la lutte contre les changements climatiques, nous avons participé à la
mobilisation et à la concertation des provinces canadiennes et des
autres États de la planète. En avril 2015, le Sommet de Québec sur les changements climatiques a renforcé la
collaboration entre les provinces et les territoires et a jeté les bases du
processus pancanadien actuellement appliqué.
De même, des initiatives
comme le sommet des Nations Unies sur les changements climatiques de
septembre 2014, la
20e Conférence des parties, la CDP20, la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques tenue à Lima en décembre 2014, tout comme les rencontres alternées des
premiers ministres de la France et du Québec ont favorisé les échanges en préparation de l'importante CDP21,
qui a réuni 150 chefs d'État à Paris en décembre dernier. En effet,
la communauté internationale y a conclu un
accord universel afin de limiter le réchauffement du climat à 2 °C par
rapport à l'ère préindustrielle et de
poursuivre ses efforts pour éviter un réchauffement de plus de 1,5 °C, des
objectifs auxquels le Québec adhère pleinement.
De plus, à
Paris, nous sommes parvenus à mettre de l'avant le rôle central des États
fédérés et des régions dans la lutte
contre les changements climatiques ainsi que l'importance de la tarification du
carbone. En avril 2015, l'Ontario annonçait
son intention d'instaurer un système de plafonnement et d'échange de droits
d'émission de GES et de le lier à celui
du Québec et de la Californie. En décembre, le Manitoba manifestait également
son désir de se joindre au plus grand marché du carbone en Amérique du
Nord. D'ailleurs, je tiens à rappeler que le gouvernement a agi pour faire respecter les lois du Québec en déposant, en mars,
une requête en injonction visant TransCanada Pipelines et Oléoduc
Énergie Est afin de faire en sorte que l'évaluation environnementale de la
portion québécoise du Projet d'oléoduc Énergie Est
respecte la procédure québécoise d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement prévue par la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Voilà un bref
portrait de tout ce qui a été réalisé au cours des deux dernières années, et je
peux vous garantir que nous maintiendrons le rythme.
Je tiens à
saluer à nouveau le travail inestimable du ministère et celui de mon
équipe, qui oeuvrent de près avec l'équipe
ministérielle et aussi avec tous nos partenaires de la
société civile. Dans le contexte où les changements climatiques constituent l'un des enjeux centraux de notre
siècle et où ces changements auront des impacts sur tous les plans de nos vies,
je suis fier des efforts déployés par le Québec et
des résultats que nous avons obtenus en plaçant la lutte contre
les changements climatiques et la protection de l'environnement en tête
de nos priorités.
La lutte
contre les changements climatiques n'est plus un choix. Il s'agit d'un impératif
moral, environnemental et économique.
Il faut agir dès maintenant. C'est pour ça que le Québec a
choisi non seulement d'être proactif, mais d'être un leader et
parmi les états fédérés les plus actifs en la matière en Amérique du Nord. La communauté
internationale reconnaît maintenant
que les changements climatiques représentent
une menace environnementale, sociale et économique de plus en plus tangible. L'accord universel
ambitieux qui a été conclu à l'occasion de la conférence de Paris, en décembre
dernier, démontre également l'engagement de
la communauté internationale face à cet enjeu. L'ensemble de la communauté
internationale amorce cette nouvelle révolution économique axée sur
l'innovation et la décarbonisation.
Le Québec
doit non seulement suivre ce mouvement, mais il doit également être parmi les
leaders et développer davantage son économie selon les principes du
développement durable. À cet effet, lors de la conférence de Paris, en décembre dernier, la délégation du Québec, dirigée
par le premier ministre Couillard, a véritablement brillé et contribué à
faire entendre la voix des états fédérés. Le gouvernement du Québec a
d'ailleurs reçu les félicitations et les éloges de plusieurs, dont l'ancien vice-président américain et prix Nobel de la
paix Al Gore, pour qui le Québec est un héros de la lutte contre les changements climatiques, de
l'ancien gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger, du président
de la République française et du Secrétaire général de l'OCDE.
L'année 2015
a été une année charnière. Elle s'est inscrite sous le signe de la mobilisation
et de la concertation de tous les acteurs. La présence de 150 chefs
d'État à la conférence de Paris sur les changements climatiques est un
précédent notable. Après plus de deux semaines d'intenses négociations, les
parties ont conclu cette ultime ronde de négociations
et adopté l'accord de Paris, qui jette les balises et qui guidera tous les pays
du monde dans la lutte contre les changements climatiques pour la
période post 2020. L'objectif est d'obtenir un accord universel pour limiter le
réchauffement
climatique à 2 °C par rapport à
l'ère préindustrielle, alors que la tendance actuelle, selon les experts du
GIEC, amènerait le monde à connaître un réchauffement de 4 °C à 5 °C.
gouvernement du Québec a fait plusieurs annonces importantes dans le cadre de
la conférence de Paris, parmi elles,
l'annonce de mesures de coopération climatique à hauteur de 25,5 millions
de dollars destinées aux pays francophones les plus exposés aux impacts de changements climatiques pour soutenir
leurs efforts d'adaptation et de développement. Le Québec entend continuer à contribuer positivement à l'effort mondial.
Il a annoncé, le 27 novembre 2015, sa nouvelle cible pour 2030, 37,5 % sous le niveau
de 1990. Il s'agit de la cible la plus ambitieuse au Canada, une cible
cohérente avec l'urgence d'agir et avec notre volonté de développer le
Québec de façon durable et responsable.
Cette cible
constitue une étape vers l'atteinte de l'objectif identifié par le Groupe
d'experts intergouvernemental sur
l'évolution du climat pour les pays industrialisés et repris dans le Protocole
sur le leadership climatique mondial auquel le Québec a adhéré en juillet dernier, lors du sommet des Amériques sur les
changements climatiques, soit une réduction de 80 % à 95 % d'ici 2050. En août 2015, le Québec
s'est par ailleurs engagé avec les 10 autres états et provinces de la
Conférence des gouverneurs de la
Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada à contribuer à
une cible régionale de réduction
d'émission de GES de 35 % à 45 % sous le niveau de 1990
d'ici 2030. Rappelons que nos partenaires
du marché du carbone, la Californie et l'Ontario, ont également annoncé des
cibles ambitieuses de réduction de GES de 2030, respectivement
40 % et 37 %.
Le défi est
grand, mais il est réalisable, à condition que l'ensemble des Québécoises et
des Québécois se mobilise. Au cours
de la dernière décennie, plus de 1,6 milliard de dollars ont été investis
pour réduire l'empreinte carbone du Québec, verdir notre économie, renforcer notre capacité d'adaptation aux impacts
des changements climatiques, et les plus récentes données de l'inventaire québécois des émissions de
gaz à effet de serre indiquent que les émissions de GES du Québec
en 2013 ont diminué de 8,6 % par rapport à leur niveau de 1990.
Pour 2020, le
Québec s'est donné l'objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous
le niveau de 1990. Ça représente
un défi pour un état où près de 100 % de l'électricité est déjà produite à
partir de sources d'énergie renouvelable, mais offre aussi de nombreuses occasions de développement basé sur des
synergies renforcées entre économie et protection de l'environnement.
Il nous faut
une économie qui considère la lutte contre les changements climatiques comme un
pôle incontournable de développement,
donc une économie qui doit réduire de façon majeure et irréversible l'empreinte
carbone. La transition ou la
substitution énergétique est plus qu'une nécessité, c'est une réalité. Le
Québec est placé au bon endroit et au bon moment pour en faire un
avantage compétitif à l'échelle planétaire. Le marché du carbone est le fer de
lance de notre approche en matière de
changements climatiques le plus important en Amérique du Nord. Il constitue un
puissant outil de croissance économique
verte. La commission canadienne sur l'écofiscalité a reconnu le marché du
carbone comme étant la meilleure solution pour lutter contre les
changements climatiques.
Aussi, à
l'occasion du lancement récent des travaux de la Coalition pour le leadership
en matière de tarification du carbone,
le secrétaire général de l'OCDE, M. Angel Gurría, a observé que le marché
du carbone Québec-Californie est le
seul dont le fonctionnement est exemplaire. La totalité des revenus du marché
du carbone est versée au Fonds vert pour la mise en oeuvre des mesures du Plan
d'action 2013‑2020 sur les changements climatiques. D'ici 2020, dans le
cadre de ce plan d'action, le Québec
bénéficiera de plus de 3,3 milliards de dollars pour soutenir les
entreprises, les municipalités et les Québécoises et les Québécois dans
leur transition vers une économie plus sobre en carbone.
Plusieurs
mesures soutiennent le développement du transport collectif et
alternatif : l'électrification des transports, l'acquisition de véhicules électriques,
l'amélioration de l'efficacité énergétique, l'innovation technologique,
l'acquisition et la diffusion de
connaissances sur l'impact des changements climatiques. Aussi, plusieurs
mesures aident concrètement les
entreprises à réduire leur empreinte carbone tout en renforçant leur
compétitivité : favoriser l'utilisation des sources d'énergie
renouvelable et favoriser plusieurs développements de technologies propres.
Plusieurs programmes d'aide financière favorisent également l'utilisation des
énergies propres et renouvelables.
Tel que
mentionné en février, nous nous assurerons de gérer le Fonds vert, qui
constitue un levier puissant pour la nouvelle
économie du Québec et de vecteur de la prospérité du XXIe siècle, de façon
optimale, selon les meilleures pratiques en vigueur, afin qu'il rende les meilleures retombées possible. C'est
pourquoi nous avons annoncé une réforme en profondeur du Fonds vert en se basant sur le renforcement des trois
grands principes de gouvernance que sont la rigueur, la transparence et la
reddition de comptes. Des modifications législatives seront présentées à
l'Assemblée nationale dont l'objectif
est de créer un conseil de gestion du Fonds vert. Notre désir est que la
nouvelle gouvernance du Fonds vert permette une gestion par projet lié à nos
objectifs de réduction de GES ainsi qu'une communication centralisée en plus
d'assurer une plus grande cohérence et une
plus grande coordination des projets soutenus par les différents ministères.
Dans son
éditorial du 19 janvier 2016, le New York Times confirmait le leadership et le statut de pionnier
du Québec en matière de lutte contre les changements
climatiques. On y mentionnait que le Québec, dont les actions méritent d'être applaudies, est un exemple à suivre, puisqu'il se
positionne parmi les États fédérés les plus actifs en Amérique du Nord. Rappelons aussi que le Québec
est le récipiendaire du Carbon Pricing Champion Award aux côtés de l'Ontario
pour son engagement exemplaire en matière de tarification du carbone.
En internalisant le coût du carbone dans nos économies, nous nous
inscrivons dans une mouvance internationale qui prend une ampleur croissante
sur tous les continents.
Le Québec est loin de faire cavalier seul.
Plusieurs régions et pays pensent que les changements climatiques doivent passer par l'instauration d'un prix sur le
carbone. On constate le recours accru aux mécanismes de tarification du carbone à travers le monde, dont le Mexique, New York
et, plus près de nous, le Manitoba et l'Ontario. 17 marchés du carbone établis sur quatre
continents dans 35 pays, 13 États et provinces, sept villes, ça fait
40 % de la population mondiale qui vit
dans un État qui a instauré un marché du carbone ou qui prévoit le faire. D'ici
la fin du XXIe siècle, nous aurons complètement délaissé le pétrole. Nous
sommes véritablement au début de la fin de l'ère des hydrocarbures et, par
conséquent, au début du début de l'ère
postpétrodépendante. Notre monde, nos sociétés ont déjà pris ce virage vers une
économie plus sobre en carbone.
Nous,
Québécoises et Québécois, devons saisir à bras-le-corps... et une fois encore
exprimer toute notre créativité. Il
en va de la prospérité de notre économie, de l'avenir de nos enfants et des
générations futures. Pour réaliser nos rêves et notre plein potentiel, trois piliers seront au coeur de
notre vision économique au cours des prochaines années qui nous rendront plus productifs en plus de nous démarquer
encore une fois : l'innovation, la transition vers une économie plus sobre
en carbone, l'attraction, la rétention et le développement de nos talents.
Développer
une économie plus sobre en carbone, c'est une tendance que nous observons à
l'échelle mondiale.
Le Président (M. Reid) :
En terminant, M. le ministre.
M. Heurtel :
Parler de cette lutte contre les changements climatiques, c'est dorénavant
parler d'économie. Une chose est de
plus en plus claire : ce qui est bon pour l'environnement est bon pour
l'économie. Nous devons le faire non seulement aujourd'hui, mais pour
nos générations futures. Faisons-le pour eux. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
À la seconde près, M. le ministre. Excellent! Alors, merci.
Je cède la
parole maintenant au député de Terrebonne, qui est le porte-parole de
l'opposition officielle, pour une période de 10 minutes.
M. Traversy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, tout d'abord, saluer également M. le ministre
avec l'ensemble des membres de son cabinet, les employés du ministère
de l'Environnement qui l'accompagnent, Mme Tremblay et, évidemment, l'ensemble de ses collègues du gouvernement qui sont avec nous autour de la table; saluer
notre collègue de la deuxième
opposition, M. le député de Masson; et vous présenter, moi aussi, également,
l'imposante équipe qui m'entoure dans le cadre de ces consultations et ces études de crédits. Alors, à ma gauche,
Mme Sophie Barma, stagiaire à la Fondation
Jean-Charles-Bonenfant, et, à ma droite, M. Étienne Pomerleau,
recherchiste de notre aile parlementaire en
matière d'environnement.
Alors, tout
d'abord, M. le Président, laissez-moi vous tracer aussi un autre tableau,
peut-être un peu plus sombre, de la dernière année en ce qui a trait à
l'environnement, à la lutte aux changements climatiques et au développement
durable. Vous vous rappelez que plusieurs
thèmes ont été marqués par l'actualité, dans lesquels, évidemment,
l'environnement a été écorché et mis sur la sellette, à commencer tout
d'abord par ce que certains ont appelé le béluga «gate» ou toute l'histoire qui
tournait autour de la pouponnière de bélugas à proximité de Cacouna, où un
cafouillage important a été commis par la part du ministre de l'Environnement.
Je vous
rappellerai également le fiasco du «flushgate», où on a senti une insensibilité
de la part de notre ministre du gouvernement par rapport à la quantité de
milliards de litres d'eaux usées que la métropole a annoncé devoir déverser
dans notre fleuve Saint-Laurent,
patrimoine environnemental très rassembleur du Québec, et le manque de
solutions qui a été apporté par celui-ci pour essayer de diminuer les
impacts sur l'environnement.
Je vous
rappelle également la position difficile à suivre du gouvernement libéral en ce
qui concerne TransCanada, donc, dans une position qui va de l'acceptation, du
bombage de torse devant les tribunaux, mais dont on ne sait pas encore si l'avis sera favorable ou défavorable. Donc, on
attend toujours, du côté libéral, un son de cloche plus clair en ce qui a trait
à l'avenir de ce projet qui, je
pense, va à l'encontre de bon nombre d'objectifs que le ministre vient de
présenter dans son introduction.
Vous rappeler
aussi l'inquiétude qui a parsemé l'actualité politique concernant la qualité de
notre eau et la gestion des
pesticides au Québec. Vous parler aussi de la déficience du Fonds vert, qui, et
je vous le rappelle, est le vaisseau amiral qui a été décrié par bon
nombre d'observateurs, dont le Commissaire au développement durable, pour son
manque de transparence et l'absence, évidemment, de résultats quantifiables et
mesurables sur l'atteinte de sa mission.
Vous dire
aussi, M. le Président, que l'année 2015 a été marquée par l'échec de
l'atteinte de l'objectif de 12 % d'aires
protégées au Québec, fixé par le gouvernement libéral lui-même, dont le
ministre a passé sous silence la question dans sa présentation et également d'une présentation d'une politique
d'électrification des transports, qui est somme toute modeste et dont une loi zéro émission est toujours
en attente. On nous dit cette année 2016, mais permettez-moi, M. le
Président, de vouloir continuer à mettre de la pression. Tel un peu Thomas, je
le croirai quand je le verrai. Et j'espère qu'évidemment le ministre a ça dans
ses cartons pour les prochains mois.
Et on apprend
dans le budget que la tendance n'ira pas nécessairement en s'améliorant. Après
avoir calculé de façon très
scientifique l'évolution du financement du ministère de l'Environnement, M. le
Président, je peux vous annoncer qu'il
risque de disparaître d'ici la fin du siècle si la tendance se maintient en
termes de financement à sa mission. On passe de 205 millions de dollars en 2013 et 2014 à 194 millions
l'année suivante; 179 millions l'année suivante; 174 millions cette année... On risque malheureusement de devoir
faire fermer ce ministère avant même l'atteinte de nos cibles sur la lutte aux changements climatiques. C'est à se
demander si le gouvernement ne veut pas faire disparaître les problématiques
environnementales en faisant diminuer constamment le financement au ministère
qui en est responsable.
On parle d'un
budget total, M. le Président, de 0,2 % du budget global du Québec,
0,2 %. Le ministre nous dit dans
sa présentation que la lutte aux changements climatiques est en tête des
priorités, que l'environnement est partout et qu'il en fait un cheval de bataille sur différents fronts. Comment,
avec 0,2 % du budget national, compte-t-il réussir à s'imposer dans le
calendrier politique? Les quelques heures que nous avons en étude de crédits ne
seront pas de trop pour essayer de nous éclairer un peu sur son plan de
match.
Vous
dire également, M. le Président, que beaucoup de groupes environnementaux ont
été coupés dans le cadre du budget
actuel. Donc, une diminution de l'enveloppe globale signifie évidemment des
coupures. Des groupes qui, comme le
regroupement des bassins versants ou encore les conseils régionaux en
environnement, sont touchés directement de plein fouet, des groupes qui détiennent la connaissance du terrain, la
connaissance, l'expertise, qui sont les partenaires du ministre dans sa
réussite, qui sont convoqués combien de fois, M. le Président, autour de cette
commission au cours des derniers
mois? Je me rappelle le nombre de fois qu'on les a rencontrés pour le livre
vert ou encore pour cibler un objectif de
réduction de gaz à effet de serre pour la COP21. On leur fait faire des
mémoires, on les appelle, on leur envoie des courriels... Et,
évidemment, ce qu'on voit, c'est que les revenus pour les soutenir sont en
décroissance et inversement proportionnels aux tâches qu'on leur demande.
Vous
dire également que la lutte aux changements climatiques nous
inquiète particulièrement pour l'atteinte de nos objectifs.
L'état actuel de la réduction du Québec en
termes de gaz à effet de serre depuis 1990 se situe autour de 8,6 %, et la cible de
20 % d'ici 2020 nous semble de plus en plus difficile à atteindre,
peut-être avec le marché du carbone, mais de quelle façon? Et cela nous sème un peu d'inquiétude sur la stratégie
qu'utilisera le ministre pour être capable d'y parvenir. Est-ce que la stratégie du ministre est d'acheter
des crédits carbone pour réussir à atteindre l'objectif sans nécessairement
avoir d'impact plus concret sur le territoire québécois? On a hâte d'en
entendre davantage de son côté.
Vous
dire également qu'on n'a aucun plan précis non plus pour savoir de quelle
manière nous allons atteindre le 37,5 % de réduction de gaz à effet
de serre d'ici 2030. Non pas que nous soyons contre les nobles objectifs
que le gouvernement du Québec veut se
donner, mais encore faut-il savoir quels sont les moyens pour y parvenir. Et,
encore là, dans les cartons du ministère, plusieurs questionnements sont
légitimes et nous posent présentement problème.
Donc,
bref, au cours des prochaines heures, M. le Président, nous tenterons de mieux
comprendre le plan de match du
ministre de l'Environnement et nous avons hâte de voir comment il va réussir à
s'imposer dans le terme de la prochaine année législative. Quand on sait
que certains ministères ont été capables d'augmenter leur financement, que ce
soit le Tourisme ou d'autres, j'ai hâte de
voir, avec une diminution comme celle-ci, comment le ministre entend faire des
tours de magie. Merci, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci. Alors, je cède la parole
maintenant au député de Masson, qui est le porte-parole du deuxième
groupe d'opposition, pour ses remarques préliminaires, pour une durée de sept
minutes.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer M. le ministre ainsi que
Mme Tremblay et toute son équipe
au ministère, de saluer notre collègue député de l'opposition officielle, M. le
député de Terrebonne, ainsi que nos collègues
les membres de la commission. Et puis j'aimerais saluer aussi l'apport de mon
recherchiste, Jean-Benoît Ratté.
Alors,
ceci étant fait, M. le Président, c'est sûr que nous allons avoir plusieurs
heures pour discuter avec M. le ministre
et son équipe, mais il y a beaucoup de projets qui doivent être faits au cours
des prochaines années en environnement,
là, dont nous attendons toujours certainement, là, la révision de la LQE ainsi
que l'intégration des milieux humides.
Donc, on croit comprendre qu'on devrait avoir bientôt aussi de la documentation
au niveau de la consigne sur les bouteilles de verre ou les bouteilles
de plastique. Donc, ça, on a beaucoup d'intérêt dans ces sujets-là.
y a certainement le BAPE Énergie Est qui est en cours présentement, donc on
attendra les conclusions d'ici la fin de l'année, ainsi que, bien, toute la
nouvelle gestion sur le Fonds vert. On a eu, justement, une audition à la CAP,
la semaine dernière, sur le Fonds
vert. Donc, on a bien hâte d'avoir encore plus de détails et de voir la mise en
place de tout ce nouveau conseil de
gestion et quels sont les liens aussi avec le ministère de l'Énergie et des
Ressources naturelles et le ministère des
Transports du Québec. Donc, il y a plusieurs choses en jeu sur le Fonds vert.
Et, bien entendu, la question principale étant la réduction des gaz à effet de serre en sol québécois, donc, on
espère avoir une plus grande part de réduction de nos GES en sol
québécois. Donc, ce sont plusieurs sujets que nous allons suivre au niveau du
ministère.
ne prendrai pas tout mon temps, je reporterai le temps pour les questions.
Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Masson. Je
suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention pour un premier bloc d'échange de la part de
l'opposition officielle. M. le député de Terrebonne et porte-parole de
l'opposition officielle, la parole est à vous.
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, tout d'abord, j'aimerais commencer à
discuter avec le ministre de
l'Environnement concernant les coupures de budget qui nous ont été annoncées
dans le cadre du dépôt du ministre des Finances au cours des dernières semaines,
des coupures qui touchent de plein fouet certains organismes environnementaux. On en a nommé deux tout à
l'heure, donc les regroupements des bassins versants ainsi que les conseils
régionaux en environnement.
voudrais comprendre, de la part du ministre, un peu quelle est la stratégie
pour continuer à conserver l'expertise qui
est représentée par l'ensemble des partenaires du réseau tout en voyant, dans
le fond, des coupures qui sont annoncées à l'intérieur du budget. Est-ce qu'il y a une poche budgétaire qu'on n'a
pas vue? Est-ce qu'il y a des ententes avec d'autres ministères pour supporter ces groupes-là? On
aimerait voir, de la part du ministère, quelques réponses à ces questions.
Président (M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. D'abord, il faut rappeler qu'il a été demandé aux
ministères et organismes de freiner
la croissance de l'ensemble de leurs dépenses afin d'atteindre une réduction de
consommation d'ici la fin de l'exercice
fiscal 2015‑2016. Puis donc, afin de respecter ces orientations du Conseil
du trésor, bien, on a dû revoir la structure et la façon dont le ministère est financé. Et c'est sûr que ça a dû
vouloir dire qu'on a dû repenser la question du financement du ministère, et évidemment ça a dû vouloir dire
le financement des organismes. Plus particulièrement, il faut noter quand
même que, quand on parle des organismes, il
faut reconnaître qu'en matière environnementale ces organismes — le député a fait référence notamment au Regroupement des organismes de bassins
versants — ils
jouent un rôle très important dans la protection
de l'environnement, possèdent une expertise qui est essentielle, accomplissent
des missions très importantes pour le gouvernement.
Mais
il faut également souligner le fait que, dans le cas qui nous concerne — puis j'imagine que les questions subséquentes du député vont couvrir des organismes
en particulier — bien
qu'on a révisé le financement de l'organisme, en même temps il y a des possibilités pour ces organismes-là d'avoir
accès à d'autres sources de financement, par exemple le Fonds vert. On a notamment annoncé, en
décembre 2014, la création d'un programme qui est créé en vertu du Fonds
vert qui s'appelle Action-Climat. Et,
en vertu de ce programme, qui va entrer en vigueur cette année, plusieurs
organismes qui ont une mission qui
contribue à celle du ministère et à la protection de l'environnement auront
également justement accès à ces
fonds-là. Alors, l'idée, aussi, c'est qu'il faut comprendre que, dans certains cas,
il y a des morceaux de financement ou
des parties du financement de certains organismes qui étaient liés à des
programmes qui tiraient à leur fin, mais qu'en même temps le
fonctionnement ou l'aide au fonctionnement, elle, a été maintenue.
Alors,
encore une fois, on pourra regarder, si le député le veut, des organismes en
particulier, mais je crois qu'il est
important de noter qu'il y a certainement une ouverture à ce que d'autres
sources de financement soient disponibles. Mais le fait qu'au cours des
dernières années le ministère effectue une transition vers la lutte contre les
changements climatiques, il est sûr
également que nos missions... ce qu'on veut financer va être davantage plus axé
vers des actions qui sont plus
concrètes en matière de lutte contre les changements climatiques, puis il faut
comprendre aussi qu'il y a certains programmes qui ne sont pas éternels.
Alors,
dans la révision de la façon de faire du ministère, qui est également illustrée
par la modernisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement qui nous
pousse à revoir les façons de faire du ministère, l'organigramme du ministère,
ça nous pousse aussi à revoir les missions
que l'on confie. Et c'est sûr que, dans le cadre de la modernisation de la Loi
sur la qualité de l'environnement, on va
vouloir faire appel aussi davantage, en matière d'évaluation environnementale,
à l'expertise de certains organismes. Et,
dans ce cadre-là, il va y avoir des opportunités également pour ces
organismes-là d'obtenir une certaine forme de financement.
Alors,
dans son ensemble, il faut voir ça comme une transition. Ce n'est pas une
coupure, c'est une évolution et c'est une transformation de la façon
dont on voit le financement des organismes lié aux missions, lié aux priorités
du ministère, lié aussi à notre obligation quand même de redresser les finances
publiques et de contribuer à l'effort de redressement des finances publiques de
l'État.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Le ministre réfère, par exemple, les organismes
environnementaux vers d'autres
programmes comme, exemple, Action-Climat. Les informations qu'on a par rapport
à ce programme, c'est que présentement,
bon, aucune dépense n'a encore été engendrée par celui-ci. Est-ce qu'il
pourrait nous déposer, avec les gens de son ministère, les données concernant le cadre normatif qui est en lien
avec ce projet, et combien d'argent se trouve dans le programme?
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le député de Terrebonne. M. le
ministre.
M. Heurtel :
Alors, comme je l'ai dit tout à l'heure, en réponse à sa question, le programme
Action-Climat va être lancé bientôt,
très bientôt cette année. Il a été annoncé en décembre 2014. Et, à ce
moment-là, lorsqu'il va être lancé, le cadre normatif va être rendu
public.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Terrebonne.
M. Traversy :
Donc, si je comprends bien, c'est éventuellement qu'Action-Climat va être lancé. Et l'argent qui va être à
l'intérieur de ce programme va être du financement par projet, et non plus du financement
à la mission?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel : Bien là, je demanderais une question
de précision, parce que, lorsque le député fait référence à «mission», est-ce
qu'il fait référence au fonctionnement?
M. Traversy : À la mission globale de l'organisme, à son
roulement, donc de l'argent qui n'est pas nécessairement constamment sous réévaluation de projets, mais qui
donne une stabilité à l'organisme.
M. Heurtel :
Le député a mentionné le Regroupement des organismes de bassins versants. Puis
je pensais peut-être que le député allait préciser sa pensée dans ses questions,
alors je vais peut-être aller au-devant. Mais, quand on regarde la question du financement des organismes de bassins versants qui a été réduit l'année dernière de
230 000 $ et cette année de 770 000 $, c'était lié
justement à un projet bien spécifique. Et ce projet-là, c'était justement dans
le cadre de la stratégie 2007‑2017 des algues bleu-vert, et ça
avait des objectifs de sensibilisation de la population.
Mais,
quand on regarde les chiffres au niveau comme tel par rapport aux organismes de
bassins versants, bien, le financement
du ministère de l'Environnement, il en reste quand même. Il reste
4,2 millions de dollars. Et ça, ça veut dire que le financement à la mission, comme le député
fait référence à la mission, c'est maintenu. Alors, il est inexact d'affirmer,
ou tente d'affirmer, comme le fait le
député, qu'on essaie de réduire le financement à la mission. C'était pour
financer un programme bien particulier qui tirait à sa fin.
Puis
j'ai eu la chance de rencontrer le directeur de l'Organisme de bassin versant
du Saguenay lors de ma visite récente
à Chicoutimi, et j'ai pu échanger avec lui spécifiquement de cette situation-là
en lui disant : Bien, un, le financement, justement, à la mission, comme fait référence le député, va être
maintenu. Et ce n'est pas ça qui est réduit, c'est la fin d'un programme. Et, ensuite de ça, ça ne veut pas dire
qu'on ne va pas financer d'autres objectifs. Si on regarde, encore une
fois, la question des organismes de bassins versants, le ministère de
l'Agriculture, lui, fait passer son financement de 14,5 millions à 27 millions de dollars, alors... Et puis,
quand on regarde l'enveloppe globale qui va aux organismes de bassins
versants, bien, c'est une augmentation globale du gouvernement de près de
12 millions de dollars.
Alors,
nous, ce qu'on essaie de faire, c'est peut-être dire : Oui, on comprend
qu'il faut maintenir une certaine forme de pérennité pour les organismes, mais, contrairement à ce que le député
dit par rapport aux organismes de bassins versants, nous n'affectons pas la mission spécifique. Ce
qu'on essaie de faire, c'est de dire : Bon, il y a certains programmes qui
tirent à leur fin et que, pour nous, on
pense qu'on peut passer à une autre étape dans une stratégie. Mais, de l'autre
côté, ça ne veut pas dire qu'on ne
peut pas faire d'autres types de projets. Les bassins versants sont essentiels
à la lutte contre les changements
climatiques. On a échangé régulièrement avec le regroupement sur cette
question-là. Alors, ce qu'on veut
faire, c'est voir si, avec Action-Climat, on ne peut pas développer des projets
avec les organismes de bassins versants sur ces questions.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. On aimerait donc savoir un peu, parce que le ministre a
parlé donc, exemple, de certains
programmes qui ont été coupés, notamment, donc, pour certains organismes
communautaires... On a un programme de
sensibilisation aux algues bleues qui a été donc mis sur la touche, une coupure
de 770 000 $, donc, à un programme de sensibilisation qui traite de la qualité de nos eaux et de nos lacs
au Québec. J'aimerais comprendre du ministre où est l'avantage à couper dans cette subvention et
qu'est-ce qui a amené à une décision de prioriser la coupure d'un tel
programme.
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Alors, je vais devoir prendre quelques minutes, M. le Président, pour établir
le contexte derrière cette
décision-là. Parce que vous vous souviendrez sans doute, M. le Président, en
2007, la problématique d'algues bleu-vert a particulièrement été présente dans l'actualité. Et c'est dans ce
contexte-là que le gouvernement de l'époque a mis en place un plan
d'action 2007‑2017 pour traiter de la problématique des algues bleu-vert.
Et, dans le cadre de ce plan d'action là, il
y avait entre autres un travail très important de sensibilisation, de
compréhension des enjeux de ce que c'était. Parce que, bon, il faut le dire, à l'époque, c'était quelque chose que
peut-être on connaissait moins bien. La population n'était peut-être pas nécessairement sensibilisée,
les divers intervenants dans le milieu, les municipalités, et donc on devait
s'assurer que les gens comprennent la
problématique, soient sensibilisés aux dangers reliés à la problématique — hein, on parle de santé publique évidemment, on parle d'environnement — et donc on a créé un programme dans le cadre
de ce plan d'action là parce qu'il y
avait plusieurs différentes mesures. Et je dois dire que 100 % de toutes
les mesures de ce plan d'action là ont été entamées.
Mais,
dans le cadre de ce plan d'action là, il y avait justement un financement à
hauteur de 1 million par année aux
organismes de bassins versants pour justement contribuer à l'effort de
sensibilisation, parce que les organismes de bassins versants sont sur le terrain, sont plus près de la population,
comprennent les spécificités de chaque bassin versant dans chacune des régions, les lacs, les cours
d'eau, etc. Et donc la problématique d'algues bleu-vert, ils étaient vraiment
très bien placés pour justement faire cet
exercice de sensibilisation là. Alors là, nous en sommes venus à la conclusion,
tant l'année dernière que cette année, qu'au
niveau du travail de sensibilisation les organismes de bassins versants avaient
fait un travail remarquable, et même un
travail qui fait en sorte qu'aujourd'hui on a pu, maintenant, véritablement se
tourner vers une prochaine phase
d'intervention sur cette problématique-là, qui est d'intervenir directement sur
les plans d'eau. Alors, oui,
sensibiliser, puis ça, ce travail continue. Ce n'est pas comme si on arrête de
sensibiliser; il y a le site du ministère, il y a les inspections, il y
a encore un travail de communication qui va se maintenir.
Mais,
cela dit, nous, on a choisi d'intervenir directement dans le milieu. Alors,
c'est pour ça, par exemple, qu'on a renforcé
le programme d'inspection avec une augmentation globale de 44 % de la
proportion d'inspection depuis 2008, on
a mis en place l'application de la stratégie sur les pesticides, puis il y a un
projet de loi à venir là-dessus. Le député parlait de la stratégie sur
les pesticides; elle a un impact direct sur la question des algues bleu-vert,
la stratégie des pesticides, puis on pourra
en parler davantage. Il y a également la révision que j'ai annoncée dimanche
dernier du règlement sur les
installations septiques, le Q-2 r. 22, qui a également un impact direct sur la
problématique des algues bleu-vert, puis,
finalement, il y a l'élaboration de la Stratégie québécoise de l'eau, qui est
pilotée par mon collègue et adjoint parlementaire, le député de
Maskinongé, qui également va nous donner un cadre.
Alors, nous, ce qu'on s'est dit, c'est
qu'avec ces diverses actions là, on s'est dit : On va intervenir
directement. Donc, phase
sensibilisation, intervention directe des OBV pour des fins de sensibilisation.
Le travail est accompli. Maintenant, mettons nos ressources, mettons nos
énergies sur les interventions en milieu aquatique.
Mais,
encore une fois, puis je le répète, c'est important de dire que le financement
à la mission, comme le précise le
député, est maintenu. Et ce qu'on dit au regroupement des OBV, puis les
discussions sont déjà entamées... on travaille directement avec certains directeurs d'OBV ainsi que le regroupement,
c'est qu'on se dit, avec le programme Action-Climat qu'on met en oeuvre et qui va être mis en oeuvre,
là, très bientôt... et voir, avec la mission accrue du gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques,
si on ne peut pas développer des projets spécifiques pour les OBV dans
ce domaine-là.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Écoutez, je comprends qu'on met beaucoup, là, d'espoir
sur le programme Action-Climat. On a
hâte de voir sa mise en place le plus rapidement possible avec plus de détails,
puis on a hâte de voir aussi si
l'action d'Action-Climat va pouvoir avoir un impact aussi direct que l'action
qui était en place pour la sensibilisation des algues bleues pour la qualité de nos cours d'eau, de nos lacs, et
l'action directe sur notre source naturelle québécoise bleue qui, dans le fond, était dans la mission,
donc, de nos regroupements de bassins versants, et de voir aussi également
comment la mise à pied de personnes qui
détiennent l'expertise, qui ont la connaissance, qui détiennent aussi le pouls
du terrain va pouvoir être compensée par l'arrivée de ce nouveau programme.
Vous
poser aussi la question, M. le Président, sur notamment les coupures qui ont
lieu au niveau des conseils des organismes
régionaux en environnement qui jouent un rôle crucial en région en termes de
concertation. J'imagine donc que la
réponse du ministre, pour ces organismes qui sont coupés également de 10 %
cette année, de près de 200 000 $, également un programme
comme Action-Climat leur sera offert pour trouver des compensations.
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Je veux juste revenir quand même sur la question des organismes de bassins
versants. Un point que je voudrais
souligner, quand même, c'est que, sur la problématique d'algues bleu-vert,
en 2012, le ministère de la Santé et
des Services sociaux a informé le ministère de l'Environnement que la
problématique des algues bleu-vert n'était plus considérée comme un enjeu pour la santé publique. Alors, c'est quand
même pour démontrer l'évolution de la problématique, et c'est pour ça aussi qu'on a décidé de changer notre
approche par rapport à la problématique, puis je l'ai expliqué tout à l'heure.
Mais
là, encore une fois, revenir sur le financement encore... J'apprécie que le
député parle du Regroupement national des conseils régionaux en environnement,
un organisme avec lequel on travaille sur une base régulière qui fait un
travail exceptionnel sur le terrain, qui
assiste le ministère de l'Environnement tant par ses contributions au niveau de
projets spécifiques d'information...
Cela
dit, encore une fois, il fallait absolument redresser les finances de l'État.
Et notre gouvernement, au cours des
deux dernières années, a priorisé cet effort-là pour que justement aujourd'hui
on puisse être en mesure de se concentrer sur un développement économique puis une protection accrue de
l'environnement. Puis il a fallu repenser nos façons de faire. Ça fait 10, 15, 20, 30 ans qu'on voit
la protection de l'environnement de la même façon. Et c'est pour ça qu'on a mis
en place un effort de modernisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement, la première fois qu'on fait ça en
44 ans. Puis, dans le cadre de la modernisation de la LQE, c'est de
revoir nos façons de faire.
Quand
on s'est mis en tête de revoir également les finances du ministère, c'est
justement pour voir : Bon, est-ce qu'on
ne peut pas revoir nos façons de faire puis dire : Étant donné que la
lutte contre les changements climatiques, c'est essentiel non seulement
pour le ministère de l'Environnement, mais pour la planète, pour l'ensemble des
ministères, pour l'ensemble de l'action
gouvernementale, bien là ce qu'on essaie de faire, c'est voir comment on peut
structurer notre action. Il y a la
Stratégie gouvernementale de développement durable, que j'ai mentionnée dans
mes remarques introductives, il y a le
Plan d'action sur l'électrification des transports, il y a la politique
énergétique, il y a le plan d'action sur les changements climatiques.
Mais
l'idée, c'est que le ministère de l'Environnement aussi, dans ses façons de
faire... Il y a 10 ans, le personnel dédié à la lutte contre les changements climatiques était minuscule
comparativement à la priorité que c'est aujourd'hui. Et donc il faut
revoir nos façons de faire, il faut revoir aussi où on investit.
Alors,
que ça soit le Regroupement des conseils régionaux en environnement, les OBV,
les autres acteurs de la société
civile qui sont essentiels à la protection de l'environnement puis qui
contribuent, qui jouent un rôle très important, nous, ce qu'on dit, c'est : Assoyons-nous — puis le travail est déjà entamé — pour voir comment on peut ensemble
identifier des projets, des façons de faire qui sont liés à l'objectif
plus global de la lutte contre les changements climatiques.
Alors,
par exemple, si on prend les bassins versants, comment on réussit à intégrer la
question des bassins versants à la lutte contre les changements
climatiques, c'est essentiel; même chose pour les CRE, même chose pour les
autres organismes, de voir comment on peut
développer des projets liés à la lutte contre les changements climatiques puis
agir vraiment tous dans le même sens.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Il vous reste
10 secondes. On va le reporter au prochain bloc?
M. Traversy :
Oui, oui, on va les garder.
Le Président (M. Reid) :
Alors, par alternance, nous passons maintenant au gouvernement, et j'ai une
première intervention de la part du député d'Abitibi-Est.
M. Bourgeois :
Merci, M. le Président. Mon collègue, collègue de l'opposition officielle et de
la deuxième opposition... Je suis
heureux d'aborder en premier cette étude des crédits. Et, M. le ministre, vous
allez me permettre de vous entretenir
d'un sujet qui m'est très à coeur, comme vous le savez, mais je pense qu'il
faut aussi bien le positionner dans
l'enjeu qui représente... en l'occurrence, évidemment, je veux vous parler du
règlement sur l'évacuation des eaux usées en lien avec les résidences
isolées.
m'interpelle particulièrement, parce qu'il y a une réalité qu'on a identifiée
clairement il y a de cela quelques années,
de façon plus directe. Parce qu'avec la révision du règlement on a donc voulu
savoir d'où ça venait. Et, mon Dieu, il
faut retomber assez loin, M. le Président, dans l'histoire, parce qu'en fait ça
remonte à l'époque glaciaire. C'est assez particulier, mais vous allez me permettre, M. le Président, d'illustrer
un peu d'où vient cet enjeu-là, comment il s'est dessiné dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue plus
particulièrement, mais on a aussi fait d'autres découvertes en fouillant le
dossier. Mais je vais quand même préciser pour l'Abitibi-Témiscamingue.
se rappellera, il y a environ deux millions d'années, c'est l'époque glaciaire.
Il y a deux kilomètres de glace au-dessus
de l'Abitibi-Témiscamingue. On est dans un autre registre. Mais, cependant,
dans l'évolution avec le... Bon, ça
s'est passé. C'est un peu comme ces temps-ci, on se dit : L'été va
arriver; bon, l'époque a passé. Il y a le retrait des glaciers. Le retrait des glaciers a créé un
phénomène qui chez nous est très connu, très connu, avec ses avantages et ses
inconvénients, je parle de la création des
eskers, les eskers aquifères, mais qui aussi, par cette masse d'eau là, avec la
forme des glaciers, a créé la mer
Ojibway. Et, bon, tout ça se passe dans un registre de temps, vous comprendrez,
M. le Président, sur lequel je
n'élaborerai pas amplement parce que nous serions ici encore dans deux ou trois
semaines, mais qui quand même est venu
définir la réalité à la fois, je dirais, géographique, géologique de notre
territoire qu'est celui de l'Abitibi-Témiscamingue.
Donc,
ça a créé aussi, avec le retrait de la mer Ojibway, un dépôt fin qu'on appelle
chez nous de la glaise, là. Pour d'autres,
il y en a qui appellent ça du gombo. Mais, dans les faits, je peux vous dire
que c'est un matériel qui est assez particulier, assez isolant, et ça
crée le phénomène, donc, de pouvoir avoir des eskers aquifères qui nous
permettent d'avoir — et là vous allez me permettre d'être un peu
chauvin — mais la
meilleure eau au monde, en Abitibi-Témiscamingue, qui a été reconnue de façon officielle. Je pense
entre autres à une marque de commerce qui est bien connue, qui est l'eau Eska,
qui est produite à Saint-Mathieu-d'Harricana, mais également dont peuvent
bénéficier les résidents du territoire de
l'Abitibi-Témiscamingue, dans plusieurs villes de l'Abitibi-Témiscamingue, je
pense entre autres à Senneterre, à Val-d'Or,
à Amos, pour n'en citer que quelques-unes, Barraute aussi. Donc, on puise l'eau
potable pour les résidents dans ces eskers-là, et c'est magnifique.
Cependant,
l'autre phénomène, c'est celui aussi que ça a créé 100 000 lacs. La
région de l'Abitibi-Témiscamingue, elle
est connue pour être la région des 100 000 lacs. Donc, vous
comprendrez, M. le Président, que c'est assez facile de demeurer au bord de l'eau, en
Abitibi-Témiscamingue. Donc, il y a un réseau de lacs et de rivières, une
région très vaste, merveilleuse,
d'ailleurs sans l'ombre d'un doute la plus belle région du Québec pour pouvoir
bénéficier pleinement du plein air,
des grands espaces. Mais ce que ça crée, ça crée un nombre important de
résidences isolées sur le territoire, un nombre important de résidences isolées qui s'est développé au fil du
temps. Parce que l'autoroute, à l'époque, là, chez nous, là, c'était la rivière. Donc, les
municipalités se sont développées en bordure des sites privilégiés avec l'accès
par l'eau.
Dans
les localités, bon, évidemment on a développé des réseaux au fil du temps qui
ont permis de bien desservir, de bien
répondre aux besoins de la population, mais il y a des hameaux, il y a des
secteurs où effectivement on a continué à avoir de l'occupation du territoire. Et ça, je pense que c'était
fondamental, l'occupation du territoire. Quand la colonisation s'est faite partout, les gens se sont installés,
ils ont voulu développer l'Abitibi-Témiscamingue, entre autres au niveau
de l'agriculture, ont développé des terres.
Et ce qu'ils ont constaté : la qualité des terres était très bonne. Elle
était d'ailleurs équivalente, pour
certains secteurs, aux terres du Saint-Laurent, donc potentiel fort
intéressant. La température n'est pas tout
à fait la même, on s'entend là-dessus, mais, quand même, quand même, ça a créé
une occupation du territoire assez vaste,
qui, à l'époque, bon, ne causait pas de souci à l'environnement, parce que,
quand même, la densité de population était quand même peu élevée.
Elle le demeure également dans certains secteurs.
Mais,
avec la préoccupation qui s'est développée au fil du temps au niveau
de l'environnement, évidemment on a eu
un premier règlement. Et là je reviens plus rapidement
sur l'enjeu plus particulier des résidences isolées. Le premier règlement,
qui s'appelait, pour ceux... puis là vous me permettrez, M. le ministre, d'utiliser le vocable du Q‑2, r. 8. Parce que chez nous, là, ce terme très long et presque
fastidieux des résidences isolées... Nous, ce qu'on dit maintenant,
on a passé du Q‑2, r. 8 au Q‑2, r. 22. Et le Q‑2, r. 22 a amené
des enjeux supplémentaires. Mais — et
là je tiens à le préciser, M. le
Président — jamais au grand jamais la population n'a eu comme objectif de nuire à l'environnement. Au contraire, la préoccupation de tous les citoyens qui viennent nous voir au bureau de comté pour
savoir qu'est-ce qu'il en est comme enjeu,
qu'est-ce que ça crée comme effet, ils nous disent : Oui,
on comprend mieux, parce qu'on a eu des présentations qui nous ont été
faites.
Parce que
toute la question des phosphates, du phosphore, la pollution qui
est engendrée... On habite sur le bord d'un
lac, on ne veut pas perdre notre lac. Les gens ont pris de plus en plus conscience de cet enjeu-là. Ils ont compris d'où venait le phénomène également, entre
autres par l'utilisation des
différents savons et détergents qu'ils utilisent dans le quotidien. Bon, là, on fait quoi? On arrête de se
laver? On n'utilise plus les installations? C'est impossible. Il faut être
logique. Donc, comment on fait pour être
conforme, respecter l'environnement? Et là il
y a eu donc une modélisation qui s'est faite, il y a des solutions qui ont été apportées, solutions qui
sont bien différentes, dépendamment du secteur où on est dans la région.
Si je suis dans un secteur où, par exemple, c'est
du gravier qui compose le sol, j'ai des alternatives qui sont beaucoup plus larges, une variété d'alternatives qui sont
plus larges et plus abordables. Mais, quand je suis dans un sol argileux,
l'application du Q‑2, r. 22, là, devenait plus difficile. Il y a
une réalité qui venait rejoindre la population.
là je vous rappelle encore l'immensité du territoire. Donc, on n'a pas de
réseau qui peut desservir les habitations de façon... Si je prends en proportion... Et là je vais citer entre
autres un secteur qui me vient rapidement en tête, celui de Senneterre paroisse, où on a 276 habitations
avec une moyenne d'évaluation foncière d'environ 52 000 $ et avec un
revenu moyen du territoire à
28 000 $. Et là on dit aux gens : Bien, écoutez, vous devez être
conformes. Si vous avez à faire des modifications
à votre système, vous devez les faire immédiatement, selon les règles. Et,
sinon, d'ici tel délai, vous aurez à le
faire. Et, quand on regarde l'alternative qui était en place, c'étaient des
coûts qui représentaient plus que les revenus annuels moyens de ces
résidents-là.
Souvent
aussi ce qu'on constate, c'est avec le vieillissement de la population, c'est
des personnes qui sont soit préretraitées ou retraitées qui n'ont pas
nécessairement les revenus pour supporter un tel investissement. Ils veulent demeurer dans leur milieu, ils veulent demeurer
dans leur résidence, ils ne veulent pas être pris pour déménager vers la
ville, aller dans des installations qui ne
correspondent pas à ce qu'a été leur milieu de vie. Donc, ils nous ont
interpelés, M. le ministre. Vous
comprenez, là-dessus, ça a été un grand cri du coeur des gens, un cri du coeur,
parce qu'ils disaient : J'aime
mon milieu, je veux le protéger, mais je veux être capable, donc, de pouvoir
continuer à bénéficier des lacs et rivières qu'on a, ne pas les polluer. Mais, en même temps, j'ai une réalité
économique qui fait en sorte que je ne peux pas actuellement penser de faire ça sans créer un choc dans mes habitudes de vie. Ou je me restreins
ou je dois vendre ma résidence. Et
là, si je dois vendre, si je n'ai pas fait les travaux, bien là je suis encore
dans une situation un peu chaotique, parce que mon acheteur, mon
acquéreur va dire : Bien, écoutez, vous n'êtes pas conforme au niveau de
la réglementation, moi, je
vais devoir le faire. Donc, à ce moment-là, M. le Président, c'est comme si on
dévaluait ces maisons-là.
Donc,
là-dessus, on est intervenus auprès de votre ministère. On a eu des
discussions. On vous a même sollicité pour
venir en région, pour venir vous approprier cette réalité-là, pour bien
comprendre à la fois la volonté des gens, mais également l'enjeu qu'ils
représentaient et pouvoir en discuter avec des gens qui sont dans le quotidien
avec cet enjeu-là, les gens des municipalités. Et ça aussi, c'est un
autre phénomène important.
demande aux gens des municipalités, hein, d'être les partenaires qui vont
administrer cette situation-là. On leur
livre un règlement puis on dit : Bien, écoutez, on compte sur vous pour
faire en sorte qu'on va avoir la solution puis que vous allez vous
assurer que ça va être conforme, parce qu'on ne peut pas tolérer des situations
comme on avait auparavant. Parce
qu'auparavant, c'était quoi qui se passait? Le tuyau sortait de la maison puis
s'en allait dans le fossé, ou dans la
rivière, ou dans le lac. Et ça, un, on a constaté l'enjeu que ça créait. Deux,
les gens ont dit : Non, non, on ne veut pas être là-dedans, on ne
veut pas jouer dans ce film-là, personne, mais, en même temps, quelle est la
solution?
solution, on l'a discutée. Il y en a une qui avait été déposée. Force est
d'admettre que la solution, en théorie, réglait le problème, mais, en
pratique, sur le terrain, c'était plus compliqué. Il y avait un enjeu
économique, il y avait un enjeu aussi, je
dirais, de la réalité du territoire. Avec la rigueur de nos hivers, ce qu'on a
constaté, même, dans certains cas, il
y a des installations qui avaient vécu des balbutiements qui n'étaient pas
prévus dans le scénario. Mais ça, M. le Président, tant qu'on ne l'installe pas, on ne le sait pas. Tant qu'on
ne discute pas avec les gens qui, dans le quotidien, ont à faire ces
installations-là, ont à administrer ces réalités-là et, je dirais, ont à vivre
avec... Parce que ceux qui font l'installation disent : Moi, je veux avoir
un système qui est conforme, je veux avoir un système qui fonctionne bien,
j'investis, donc je suis en droit de m'attendre que ça va être valable.
aussi, bon, on dit : Tout le monde, on arrive vers l'échéance qu'on va
devoir faire cette installation-là, avez-vous d'autres alternatives? Et, M. le ministre, vous pourrez peut-être me le
confirmer tout à l'heure, mais c'est ça aussi, rapidement, que les gens
ont demandé : Est-ce qu'on est capables d'avoir d'autres alternatives?
Moi,
je suis heureux, parce qu'en fin de semaine, effectivement, on a, par votre
intermédiaire et l'intermédiaire de
votre adjoint parlementaire, une très belle annonce. On a offert des
alternatives à la population, des alternatives claires, des alternatives viables qui sont un premier pas
fort important, fort important parce que c'est l'ouverture que le ministère
a démontrée à l'écoute de cette
problématique-là et qui permet, pour des acteurs qui sont directement
concernés, d'avoir des solutions qui peuvent répondre de façon adéquate
rapidement.
J'ai
une résidence isolée, exemple un chalet, ce n'est pas nécessairement ma
résidence principale. Je veux être conforme.
Je peux utiliser, par exemple, un système avec une rétention de vidange totale,
donc un coût peu élevé avec un coût
peu élevé d'entretien, puisque je n'habite pas de façon permanente le site.
C'est vraiment, là, je pense, une alternative qui répond à un type
donné.
là il y a eu une déclinaison qui s'est faite dans quatre alternatives, quatre
alternatives qui répondent à des enjeux pointus avec des réalités spécifiques à chacune des alternatives, par
exemple le jumelage. Le jumelage, bon, s'il y a une proximité de deux résidences isolées... Et là ça
fait drôle un peu de dire : Résidences isolées à proximité. Quand on est
deux, on est moins isolés, on est plus
ensemble, hein? Mais, bon, il y a
comme cette possibilité-là d'utiliser un système pour deux résidences,
donc d'amoindrir à la fois le coût d'installation et de partager les frais au niveau des frais de vidange.
Il y a
aussi la proximité de réseaux municipaux.
Parce qu'à l'occasion, c'est sûr, hein, le phénomène qu'on vit beaucoup
en Abitibi-Témiscamingue : les gens sont installés en ville, et là
l'attrait des lacs, des rivières, on veut aller s'installer au bord de l'eau, mais finalement on n'est pas si loin que
ça du réseau municipal. Donc, s'il y a une proximité avec quelques résidences, il est possible avec la
municipalité de faire un effort et de venir récolter, dans le fond, les eaux grises qui peuvent être connectées sur le réseau
municipal. On offre donc, à ce moment-là, une alternative intéressante
aussi pour ces gens-là qui sont dans ce secteur-là.
Et il y a
finalement l'alternative des toilettes à compost qui, encore là, peuvent être
valables dans différents types de situations par rapport au type
d'utilisation.
Vous me direz : Oui, mais, si je
suis un résident permanent, j'ai une grosse maison, je voudrais avoir un
système qui est encore plus efficace.
Et là le ministre dit : Oui, mais nous avons déposé aujourd'hui la
première phase de cette démarche-là. On a donc établi de façon claire
des alternatives valables. Demain matin, je vais pouvoir réaliser ça, dès qu'il y a un processus, là, d'adoption finale.
Mais, quand même, pour cet été, je suis capable de dire à mon monde : Tu
veux régler le problème à ton chalet, tu ne veux plus en parler après; tu vas
pouvoir procéder comme ça.
pour ceux qui souhaitent avoir d'autres éléments, bien là j'aimerais ça, M. le
ministre, si vous pourriez nous donner un peu c'est quoi, la suite des
choses dans le projet du Q‑2, r. 22.
Le Président
(M. Reid) : En 1 min 30 s.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Rapidement, je veux saluer le travail du député
d'Abitibi-Est dans ce dossier et
aussi souligner le travail de plusieurs autres députés. Dans ma tournée à travers
le Québec, au cours des deux dernières années,
cette problématique-là a été soulevée un peu partout au Québec, et ça faisait
depuis l'année 2000 qu'on ne bougeait pas. Et non seulement nous
avons bougé, mais, comme le député l'a dit, on propose quatre options.
va y avoir une autre modification, à l'hiver 2017, pour rajouter d'autres
options. Mais c'est important de dire que
ce sont des options non seulement durables qui nous aident dans la
problématique des algues bleu-vert, à propos de laquelle je discutais avec le député de Terrebonne tout à l'heure, mais
c'est également aussi important de dire que ces solutions-là sont
également très abordables, et aussi que le crédit d'impôt RénoVert, qui est
financé par le Fonds vert à hauteur de
175 millions de dollars, qui a été annoncé dans notre dernier budget, ce
crédit d'impôt est applicable à l'achat de ces nouveaux systèmes là.
Alors,
non seulement on est là pour trouver des solutions concrètes, on est à l'écoute
de la population pour des dossiers qui
les touchent directement, et on trouve des solutions durables pour
l'environnement mais également abordables qui baissent le coût et qui également, grâce au Fonds vert, nous
permettent de les rendre encore plus abordables avec le crédit d'impôt
RénoVert.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Nous allons
passer maintenant à un bloc de 20 minutes pour le deuxième groupe
d'opposition. M. le député de Masson.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Alors, je remercie le préambule du député d'Abitibi-Est
et le premier élément de réponse du ministre de l'Environnement. On va
continuer sur cette lignée.
Vous
savez, vous l'avez si bien dit, là, dimanche dernier, vous avez fait la
révision, là, du règlement modifiant le Règlement sur l'évacuation et le
traitement des eaux usées des résidences isolées. Mais ce règlement, lui, avait
eu le malheur d'instaurer un monopole pour
le système DpEC de Premier Tech. On s'en rappelle, à cause de celui-ci, bien,
il y a des citoyens du Québec qui étaient
dans l'obligation de se procurer un tel système, qui pouvait coûter jusqu'à
40 000 $ à l'installation.
Mais
nous autres, on remarque des coïncidences dans ce dossier. Puis c'est des
coïncidences, là, donc j'aimerais simplement
vous laisser la chance, M. le ministre, là, de faire la lumière sur cette
question puis nous donner des explications qui s'imposent.
Mais, pour vous
mettre en contexte, là, quand vous êtes arrivé au pouvoir, là, quatre mois à
peine, là, le 16 juillet 2014, le
Conseil des ministres, lui, sous votre recommandation, a entériné le décret 698‑2014, là, qui modifie le Règlement
sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées.
Mais,
le même jour, le 16 juillet 2014, Premier Tech a aussi obtenu son
certificat de conformité du Bureau de
la normalisation du Québec
pour sa technologie DpEC. Et, de facto, il se retrouvait en situation
de monopole pour l'installation de systèmes de traitement tertiaire au Québec.
Donc,
notre question, M. le ministre, c'est : Est-ce que les circonstances
du 16 juillet 2014 ont fait en sorte de créer un monopole pour la technologie DpEC de Premier Tech? Est-ce
que c'est pour cette raison que vous
avez présenté une révision du règlement dimanche dernier?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Excusez-moi, j'ai manqué le dernier bout de la question du député. Je suis
désolé.
Le Président
(M. Reid) : M. le député.
M. Lemay : Bien, il n'y a pas de problème, M. le ministre. En fait, on
voulait simplement savoir si les circonstances qui nous ont amenés, le 16 juillet 2014, d'avoir autant la modification du règlement que la certification de Premier Tech, est-ce que
ça a fait en sorte de créer un monopole pour la technologie DpEC de Premier
Tech? Puis est-ce que c'est pour cette raison que vous avez
rectifié le tir dimanche dernier en présentant une révision du règlement?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel : Merci,
M. le Président. Ce qu'insinue le
député est assez sérieux, et je crois qu'il
y a matière à bien établir le
contexte de la modification réglementaire que j'ai annoncée dimanche.
Ça vient véritablement d'une constatation que l'application
du règlement qui vise toujours de maintenir des standards très élevés en
matière de traitement d'eaux usées...
Puis c'est ça, l'objectif numéro un du règlement. Parce que,
si on ne traite pas nos eaux usées au Québec,
ce qui arrive, c'est qu'on a l'eutrophisation de nos lacs, puis ça a un impact
direct sur nos réserves d'eau potable. Puis
on le voit d'ailleurs ici, dans la région de Québec,
avec la problématique du lac
Saint-Charles. Et, si on n'agit pas pour traiter nos eaux usées comme il faut,
bien, on paie le prix lorsque vient le temps justement... non seulement au niveau environnemental, mais au niveau de nos réserves d'eau, qui est
une de nos richesses principales au Québec. On met en péril cette
richesse-là.
Alors, on a
mis en place un règlement visant des standards très élevés et on s'est
aperçu, avec l'application de ce règlement-là, que justement il y avait des systèmes. Et les systèmes qui sont permis et qui sont autorisés, ce n'est
pas le ministère de l'Environnement qui les autorise, c'est suite à des bancs
d'essai, c'est suite justement à des tests qui sont faits par le Bureau de normalisation du Québec.
Et le ministre de l'Environnement n'a absolument rien à voir, et le ministère non plus n'a rien à voir avec les décisions qui sont
prises par le Bureau de normalisation du Québec.
Et, M. le Président, je tiens à vous dire : Si le député a quelque preuve que ce soit qu'il y a eu une intervention,
une forme d'ingérence, je demande qu'il les
dépose dès maintenant. Et donc,
conséquemment, si justement on essaie d'insinuer qu'il y a
des coïncidences ou quoi que ce soit, il faudrait qu'il y ait
des preuves qui soient déposées dès maintenant à cet effet-là. Parce que, nous, ce qu'on a fait, on a justement révisé le règlement pour justement élargir l'éventail des options possibles
pour les citoyens et citoyennes du Québec. Alors, ce n'est pas pour favoriser
un monopole qu'on a fait ça.
Et donc le
fait est qu'il y avait des situations où, comme en Abitibi, comme ailleurs à travers
le Québec, on se retrouvait dans des situations où des gens étaient pris avec des résidences qui
avaient des valeurs de peut-être 30 000 $,
40 000 $, 50 000 $, et
ça voulait dire ensuite qu'ils devaient mettre un système en place qui pouvait
coûter presque autant que la valeur
de la maison. Ça rendait l'application du règlement... C'était rendu presque
prohibitif. Alors, on a mis en place,
justement... on a travaillé. Mais, encore une fois, il fallait valider ces
solutions-là. On ne peut pas juste dire : Bon, bien, on va ouvrir les
vannes, puis on peut appliquer n'importe quoi. Alors, on a travaillé, on a
validé, puis, oui, il faut que le Bureau de normalisation du Québec
valide les solutions.
Mais là,
d'insinuer, comme le député fait, qu'il y a un lien entre le travail que nous
avons fait, qui est un travail de
bonne foi pour justement aider les citoyennes et citoyens du Québec, et essayer
de faire de la petite politique avec les allégations qui ont été rendues publiques il y a deux semaines, je trouve
que, franchement, là, on étire pas mal. Alors, nous, tout ce qu'on
essaie de faire ici, c'est protéger l'environnement puis aider les citoyennes et les citoyens
du Québec à pouvoir protéger leur eau, en traitant
leurs eaux usées de la meilleure façon possible.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Masson.
M. Lemay : Merci,
M. le Président. Bien, tout d'abord, on apprécie votre annonce que vous
avez faite dimanche dernier. Et puis,
en fait, je pose seulement des questions, et c'est par rapport à des
coïncidences. Vous demandiez si j'avais des éléments à déposer, ça va me faire plaisir. En fait, j'ai une autre
coïncidence à apporter à votre attention sur ce sujet-là. Après ça, on aura fait le tour de la question.
Mais, bref, moi, j'ai des échanges de courriels, là, qui impliquent Marc-Yvan
Côté, concernant des pressions qui
auraient pu — je dis
bien, là, «auraient pu», là — donc être effectuées en rapport avec le
Règlement sur l'évacuation et le traitement
des eaux usées des résidences isolées dès 2008. On parle ici, là, du 4 décembre
On voit, là,
dans les échanges de courriels, là, qu'on doit trouver, là, des sommes, là, de
5 000 $ pour deux candidats libéraux,
puis c'est cité, là, c'est des gens qui poussent sur le projet de traitement
des résidences isolées depuis le début.
Ça, ce
qui m'amène à ma deuxième coïncidence...
Le Président (M. Reid) :
M. le député, j'ai une question de règlement. M. le député de Maskinongé.
M. Plante :
Bon, M. le Président, d'abord, bien, j'ai une question de pertinence. Tout
d'abord, je sais qu'on applique au
sens large lors de l'étude des crédits... On questionnait le ministre sur la
modification qui a eu lieu dimanche dernier sur le Q-2, r. 22 ou la stratégie...
bon, le Q-2, r. 22, on va s'entendre là-dessus. C'était la première question.
Deuxième
chose, c'est que le député de Masson fait référence à des documents. Donc, s'il
a des documents ou des courriels,
qu'il les dépose. Mais ce qui est important, M. le Président, c'est vraiment de
ne pas insinuer ni imputer de motifs au
ministre parce que, dans le fond, si on est là aujourd'hui, c'est pour faire
l'étude des crédits, de l'analyse du ministère des crédits financiers de cette année. Donc, je pense que j'en fais
appel à votre bon jugement, M. le Président, pour ramener le député sur
le sujet qui nous concerne aujourd'hui.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Maskinongé.
Évidemment, sur la question de pertinence, surtout dans les crédits, l'interprétation est très, très
large. Cependant, je vous demanderais d'être prudent, M. le député de Masson,
étant donné qu'on s'approche dangereusement de sujets qui sont sub judice.
M. Lemay :
En fait, M. le Président, ça me fait plaisir de déposer le document à
l'instant. Puis je voulais justement m'assurer,
là, dans le fond, là, que le ministre, là, jamais, jamais, là, il n'avait eu de
pression de M. Marc-Yvan Côté, auprès de lui ou auprès de son ministère, puis que... dans le fond, en ce qui
concerne nos règlements sur l'évacuation et le traitement des eaux usées
des résidences isolées, ce qui permettrait au ministre après ça de mettre un
terme à cette question.
Le Président (M. Reid) :
Une question de règlement?
M. Plante : Oui, bien, M. le
Président, on prête des motifs, encore une fois, au ministre. On parle ou on
fait référence à des courriels, là, des
années 2008, 2007, 2006, je ne sais pas quelle année, mais, en tout cas... Si
je m'en fie aux propos
du député, le règlement a été modifié dimanche dernier. Le ministre a été élu
en 2013 et a été nommé ministre de l'Environnement
en 2014. Donc, c'est bien beau, vouloir faire des amalgames, c'est bien beau,
vouloir faire un spectacle aujourd'hui,
je pense que l'environnement, la santé des gens puis l'avenir du Québec est
beaucoup plus important qu'un paquet d'amalgames.
Président (M. Reid) : Votre point a été fait, M. le député
de Maskinongé. Enfin, je pense qu'il faut être prudent. Bon, la question
de la pertinence doit être interprétée de façon très large, mais là je pense
qu'on est, même sur le plan temporel, un
petit peu en dehors de la période. Je comprends que, pour comprendre les
crédits de cette année, il faut des fois reculer puis se mettre une
perspective, mais je trouve ça un petit peu surprenant.
On va
regarder le document, puisque c'est le président qui doit déterminer, en
crédits, quels documents peuvent être déposés. Alors, on va examiner le
contenu. M. le ministre, est-ce que vous voulez prendre la parole?
M. Heurtel : Oui, je le désire,
M. le Président. Premièrement, pour l'information du député, le règlement en question a été adopté, à l'origine, en 1981, et
les dernières grandes modifications remontent à l'an 2000. Mais ce que tente
d'insinuer... Puis vous remarquerez, M. le
Président, que... je n'ai pas vu les documents, mais, d'après ce que le député
a dit, les documents qu'il a déposés, c'est des échanges de courriels qui
datent de 2007, 2008. Comme le député de Maskinongé
l'a dit, moi, je suis arrivé à l'Assemblée nationale en 2013 puis j'ai été
nommé ministre le 23 avril 2014. Et
vous remarquerez que je lui ai demandé de déposer quoi que ce soit qui mettait
en question ma conduite, la conduite du
ministère durant les deux dernières années, les années pour lesquelles je suis
responsable en tant que ministre; il n'a absolument rien déposé, absolument rien. Il tente de faire des liens
ténus. Il tente de, je ne sais pas, m'imputer des motifs qui frôlent dangereusement la violation de notre
règlement à 35, paragraphe 6°. Et je trouve ça particulièrement troublant
que le député prenne cette voie-là, cette
avenue-là, essayer d'associer une bonne nouvelle qui, justement, élargit, M. le
Président, élargit le nombre d'options pour
les consommateurs, pas favorise un monopole, élargit le nombre d'options
pour les consommateurs et, en plus de ça, les rend plus abordables. Et c'était
quelque chose qui était voulu par la population,
voulu par les élus municipaux, voulu par les MRC. Et nous, on a agi, c'est une
bonne nouvelle, puis on va continuer
à agir. On protège l'environnement, on aide nos citoyens à protéger
l'environnement. Et le député, ce qu'il essaie de faire, c'est faire des
associations, des amalgames. À mon avis, c'est très dangereux, ça.
Président (M. Reid) : Bon, il faut faire attention, M. le
ministre aussi. Je vous demande d'être prudent quant à l'interprétation
de ce que le député a l'intention de faire. M. le député de Masson.
M. Lemay :
Bon, bien, merci, M. le Président. Mais, vous savez, là, ma question, c'était
simplement, là... à cause du fait
qu'on avait eu Marc-Yvan Côté la semaine dernière puis qu'on avait le dépôt du
règlement dimanche dernier, on voulait
juste s'assurer, là, dans le fond, là, que... Est-ce qu'on avait déposé ça pour
se dissocier, de faire en sorte qu'on n'a plus le monopole avec Premier
Tech qui nous obligeait à ce moment-là, tous les citoyens...
M. Heurtel : Question de
règlement, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Oui. Quelle est la question?
M. Heurtel :
35, 6°, imputer des motifs indignes. De m'imputer cette intention-là derrière
le dépôt du règlement, c'est 35, 6°, M. le Président.
Président (M. Reid) : Bien, écoutez, je pense qu'il faut
faire attention aussi à l'interprétation de ça. Je pense que, dans le contexte, je vous demanderais, M. le
député, d'être prudent. Même indirectement, là, il faut faire attention
de ne pas prêter des intentions. Je l'ai dit au ministre tantôt, je vous le dis
à vous aussi. À vous la parole.
M. Lemay :
Parfait. M. le Président, je comprends que le ministre semble avoir fait le
tour de cette question. Donc, je vais
poser une question, peut-être, qu'il va mieux apprécier. Dans le fond, on va
revenir au dernier discours sur le budget. Je crois que ça va être
acceptable, cette question-là.
gouvernement, vous avez rendu la mise aux normes des installations septiques
admissibles au crédit d'impôt RénoVert,
puis c'est un crédit, dans le fond, de 20 % qui peut atteindre jusqu'à
10 000 $ sur les travaux excédant 2 500 $. Bon.
Est-ce que ce crédit d'impôt est un crédit d'impôt sur mesure pour le DpEC de
Premier Tech?
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre.
M. Heurtel : M. le Président,
la stratégie du gouvernement, elle est claire. On a justement mis en place une modification réglementaire qui élargit les
solutions. Le député semble complètement ignorer cet élément-là fondamental
dans la question.
Ce qu'on a
fait, et je l'ai annoncé dimanche dernier, c'est qu'on a élargi. Il y a
maintenant quatre solutions qui s'ajoutent,
justement, aux solutions qui étaient permises, et ces solutions sont plus
abordables, donnent un éventail de choix plus important à la population
pour, justement, respecter le règlement.
Alors, si on
voulait favoriser une solution par rapport à une autre, c'est la bien mauvaise
façon de procéder. Et ce qu'on a
fait, justement, c'est que... non seulement parce que la population était aux
prises souvent avec des solutions qui étaient très, très, très coûteuses, on a également
tenu compte du fait que les options qu'on a ajoutées au règlement sont des options qui sont également plus abordables. Et
le fait est que le crédit d'impôt RénoVert s'applique à ces solutions-là,
alors ne s'applique pas juste à une solution, s'applique à l'ensemble de ces
solutions-là.
pour aller encore plus loin, et je réfère le député au plan économique du
Québec, à la page B.90, qui a été déposé avec le budget, alors je
cite : «Afin d'inciter les Québécois à faire des choix écoresponsables
lors de [la] rénovation résidentielle, une grande variété de travaux seront
admissibles à RénoVert. Ces travaux comprendront ceux relatifs à l'enveloppe de
l'habitation et visant : l'isolation du toit, des murs extérieurs, des
fondations et des planchers exposés, l'étanchéisation
des fondations, des murs, des portes et des fenêtres, l'installation [des]
portes et de fenêtres, l'installation d'un toit végétalisé.» Les travaux
comprendront également : «...relatifs aux systèmes mécaniques de
l'habitation et visant des systèmes
de : chauffage, [de] climatisation, [de] chauffe-eau, [de] ventilation
[et] visant [également] la qualité de l'eau et du sol.»
crédit d'impôt RénoVert vise énormément
de domaines, pas seulement la question reliée aux eaux usées. Ce qu'on a fait, justement, c'est qu'on a pu...
Et le ministre des Finances et le gouvernement a choisi d'inclure, dans un vaste crédit
d'impôt touchant plusieurs domaines de la rénovation domiciliaire, d'inclure là-dedans
les solutions que nous proposons d'adopter dans la modification réglementaire
que j'ai annoncée dimanche dernier.
Alors,
encore une fois, on essaie de faire des associations, des amalgames qui n'ont
aucun lien avec la réalité. Et, encore
une fois, M. le Président, je demande au député de déposer séance tenante des
preuves pour appuyer ce qu'il insinue, et à date il n'a rien fait de cet
ordre.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, je comprends que ça prend beaucoup de temps, là, pour faire
des corrections, mais, dans le fond,
moi, je me pose la question : La correction qu'on a faite dimanche
dernier, est-ce que c'était parce qu'on avait créé un problème en 2014 à votre entrée en mandat puis là on
revient faire la contrepartie? Puis là vous dites : On offre des solutions plus avantageuses, plus
économiques pour tous les citoyens, mais le problème a-t-il été créé en 2014,
à ce moment-là?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Non, M. le Président.
Le Président
(M. Reid) : M. le député de Masson.
M. Lemay :
Puis pourquoi, d'abord, que ça prend aussi de temps avant de faire des
solutions qui sont moins coûteuses pour les
citoyens? Vous avez peut-être fait une tentative en 2014 qui n'a pas
fonctionné. Est-ce que c'est ça, d'abord, qu'on peut conclure?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
M. le Président, encore une fois, je référerais le député à mes réponses
précédentes. Mais également le fait
est que ce que nous avons fait... Moi, premièrement, je me suis promené à
travers le Québec, et j'inviterais le député à en faire de même. Je suis allé aux Îles-de-la-Madeleine, je suis allé
en Mauricie, je suis allé en Beauce, je suis allé dans le Bas-du-Fleuve, je suis allé au Saguenay, je
suis allé en Outaouais, je suis allé en Abitibi. J'ai visité presque toutes les
régions du Québec. Puis ça, ça ne se fait
pas en 15 minutes. Et ça, c'était dans le cadre, justement, d'une tournée pour
bien comprendre les enjeux sur le terrain de
la population québécoise reliés à l'environnement. Et il y a eu deux résultats
concrets liés à ça. Un, le fait qu'il faut
revoir le régime d'autorisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement, et
c'est ce que nous entreprenons de
faire. J'ai déposé un livre vert l'année dernière, on a fait une commission
parlementaire sur le sujet l'automne dernier, et un projet de loi
devrait être déposé ce printemps sur ce sujet.
Mais
l'autre grand sujet, c'est une préoccupation québécoise que les députés... puis
le député d'Abitibi-Est m'en a parlé,
mais tous les députés présents du côté gouvernemental m'en ont parlé à un moment
ou à un autre, plus d'autres députés
m'ont parlé du fait que la population voulait voir d'autres options et qu'il y
avait des situations où les systèmes qui étaient admissibles en vertu du
règlement ne réussissaient pas à livrer la marchandise dans certaines
situations bien particulières,
notamment en Abitibi dans des sols argileux. Et conséquemment, nous, ce qu'on a
regardé, c'est : Est-ce qu'il y a moyen d'aller plus loin, il y a
moyen de pouvoir regarder d'autres technologies?
Puis
l'affaire, c'est que c'est un domaine qui évolue. On voit que l'Ontario a
adopté d'autres technologies, on voit que
la Nouvelle-Écosse l'a fait, on voit qu'également en Norvège, en Irlande il y a
également d'autres technologies, mais ça prend du temps à étudier, ça prend du
temps à analyser pour s'assurer que ces solutions-là peuvent s'appliquer
dans un contexte québécois. Et c'est pour ça qu'on a un système qui est
complètement indépendant de celui du ministère de l'Environnement, le Bureau de normalisation. Mais c'est pour ça qu'on a
pu mettre en oeuvre les solutions qu'on a mises en oeuvre, les quatre premières. Puis c'est pour ça qu'on s'est engagés
à en permettre d'autres lors d'une modification subséquente en 2017.
Mais,
encore une fois, si le député peut prouver ce qu'il entend démontrer,
j'aimerais ça qu'il le prouve. J'aimerais ça qu'il montre des preuves. Et à date, là, dans toute cette ligne de
questionnement, là, aucune preuve, que des insinuations.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Merci. M. le député de Masson.
M. Lemay : Merci, M.
le Président. Merci, M. le ministre. En fait, je suis très heureux, là, de
toutes les consultations que vous
avez faites puis des quatre recommandations que vous avez faites en fin de
semaine dernière. Ça, il n'y a pas un problème là-dessus. Ce n'était pas pour
vous imputer quoi que ce soit,
c'étaient simplement des coïncidences. Puis, tu sais, si vous dites qu'il n'y a aucune
implication avec vous et puis qu'est-ce qui s'est passé avant, en 2008, pas de problème, M. le ministre, là, tu sais. Je voulais juste m'assurer qu'il
n'y avait aucune coïncidence ou aucun lien et puis vous semblez dire
qu'il n'y en a pas. Donc, pour ce bloc-là, il n'y a pas de problème.
Le Président
(M. Reid) : Il reste une minute. Allez-y, M. le député de Masson.
M. Lemay :
En fait, j'ai terminé. C'est fini, M. le député de Maskinongé.
Le Président (M.
Reid) : M. le député de Masson, allez-y, il vous reste une
minute.
M. Lemay : Ce que je ferai dans un prochain bloc, M. le Président, je vous parlerai davantage du Fonds vert. Il n'y a aucun problème, je comprends qu'il reste juste une
minute à ce bloc-là. J'ai apprécié les premiers échanges. Peut-être que
le ministre est sur la défensive à ce moment, mais, bref,
c'était une question légitime que j'avais, M. le ministre, et c'est
simplement cela que je voulais mentionner à ce moment. La prochaine question
portera assurément sur le Fonds vert, donc on regardera ça dans mon
prochain bloc. Merci, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Masson. Nous allons passer maintenant
à un bloc pour le côté gouvernemental. M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci,
M. le Président. Bonjour, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, Mme Tremblay. Je salue aussi tous les collègues de l'Assemblée nationale et l'ensemble du personnel
du ministère qui sont ici avec nous aujourd'hui.
voudrais tout d'abord faire une précision importante, parce que le ministre a effectivement raison, où nous avons eu des discussions très élaborées dans le cadre du
Q-2, r. 22. Et j'ai moi-même débattu de ce contexte-là très profondément
puis je me souviens de mes termes très
précisément, où j'ai dit : J'en ai plus de 10 000 dans mon comté, de résidences isolées où on a des problèmes assez sérieux et
qu'il faut se préoccuper de ce problème-là. Donc, je pense que le problème,
il ne vient pas d'une boîte de Cracker Jack,
là, il vient d'une réalité qui est fondée sur le travail et les besoins de nos
comtés. Donc, ceci dit, M. le ministre, j'apprécie vos propos.
voudrais maintenant m'embarquer dans un sujet qui m'est très cher,
naturellement, et qui est en relation avec la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic du 6 juillet 2013. Et,
premiers abords, je voudrais ici, là, mentionner publiquement l'apport du ministère de l'Environnement dans le cadre du
travail qui a été fait à Lac-Mégantic. L'ensemble de l'oeuvre a demandé un travail de titan,
réellement, là, de l'ensemble du ministère, autant sur la contamination des
sols, de l'eau, et la capacité du ministère de prendre soin de tous les enjeux
et, en plus, de répondre aux besoins de la population quand on a parlé de les informer, de communiquer.
On a parlé aussi des prises d'eau dans la rivière Chaudière, et jusqu'à
la neutralisation des sols au centre-ville de Mégantic, et par la suite toute
la procédure qui a été mise en place pour la poussière.
On a eu même les cas où il y avait eu des découvertes de matériaux dangereux.
Donc, l'ensemble de l'oeuvre a été
géré de façon magistrale par le ministère de l'Environnement, et je tiens à le
reconnaître ici publiquement parce que ça représente, pour la population de
Lac-Mégantic, un apport de sécurité très, très important. Donc, merci à vous et
votre équipe sur ce sujet-là.
Donc, en novembre
2015, il y a eu un deuxième rapport environnemental qui a été produit,
justement, sur la catastrophe ferroviaire et
ses conséquences dans la rivière Chaudière et le lac Mégantic, et c'est de ce
sujet-là que je veux vous entretenir
maintenant. On a parlé que l'ensemble de l'oeuvre était très large et très
étendu, mais particulièrement pour la
contamination de la rivière Chaudière. Et ceux qui ont suivi les rapports
environnementaux savent très bien que la rivière a été contaminée sur une grande
section de celle-ci et qu'un
suivi à court et à moyen terme devrait être fait sur la récupération ou la décontamination de la rivière
qui avait été faite en 2013 et qui a été refaite en
partie en 2014, et de voir l'évolution des poissons et de
la communauté benthique, donc l'ensemble de l'environnement naturel dans lequel la rivière évolue, pour déterminer quels sont les risques,
les effets et surtout d'apprendre comment une communauté naturelle récupère
dans son environnement pour nous permettre d'avoir une référence et de
comprendre comment ça évolue.
Donc,
je voudrais ici faire un état de la situation ou le principal constat pour en arriver, évidemment, avec une question au ministre, mais je
pense qu'il est important de noter
ici les principaux constats qui sont notés dans le rapport de la
tragédie ferroviaire, qui a été émis en novembre 2015, pour nous donner une
image de la situation actuelle.
Donc,
les principaux constats sont que la contamination
des sédiments de la rivière Chaudière par les hydrocarbures pétroliers a
diminué de façon marquée de 2013‑2014, tant par son étendue que par les
concentrations mesurées.
Deuxième
constat : Il reste cependant des endroits, dans les 15 premiers kilomètres
de la rivière, où les sédiments sont contaminés de façon préoccupante.
Troisième
constat : Les sédiments du lac Mégantic devant le parc des Vétérans et
près de la marina sont contaminés par
les hydrocarbures pétroliers, les HAP, mais une
partie de cette contamination
ne semble pas due au déversement de 2013.
sédiments à proximité des prises d'eau potable et la moyenne Chaudière en aval
de Saint-Georges sont peu ou pas contaminés.
Cinquième
constat : Dans les essais menés en laboratoire, les sédiments les plus
contaminés par les hydrocarbures réguliers
ont eu des effets négatifs sur les organismes benthiques et ont causé une
augmentation de l'incidence de déformations de la colonne vertébrale chez le
stade larvaire des truites brunes. Une évaluation du risque écotoxicologique
confirme la présence de risques pour les
organismes aquatiques lorsque le niveau des contaminations des sédiments
dépasse la valeur de référence
d'effets aigus pour les hydrocarbures pétroliers ou la concentration d'effets
fréquents pour les HAP.
Autre
constat : Dans les sédiments contaminés par les hydrocarbures pétroliers,
la communauté benthique semble appauvrie
en comparaison de celle que l'on retrouve dans les sédiments peu ou pas
contaminés. Cependant, la communauté benthique de la haute Chaudière
impactée en 2013 a montré des signes de rétablissement.
Autre
constat : En 2014, les poissons de la rivière Chaudière présentaient des
taux d'anomalies physiques élevés, notamment
de l'érosion et de la déformation. Ces taux élevés sont attribuables, selon
toute vraisemblance, au déversement de pétrole de juillet 2013.
Cependant, le déversement n'a pas eu d'effets importants sur les teneurs en
contaminants.
Donc,
on voit ici que la situation de 2013 avait eu des effets très relativement
sérieux sur la rivière Chaudière. Je
pense qu'il est important de voir ça. Je pense que le deuxième rapport nous
donne des messages très, très intéressants, en ce sens où la communauté benthique est en récupération de façon
vraiment importante, que l'ensemble de la situation s'est améliorée
énormément.
voudrais savoir, M. le ministre : À partir de ce constat-là, est-ce que le
ministre continue les travaux et les suivis environnementaux suite à la
tragédie de Lac-Mégantic?
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Et je vais en profiter pour à nouveau souligner et
remercier le député de Mégantic pour son travail incessant dans ce dossier. Il
préside le comité interministériel sur, justement, la tragédie de Lac-Mégantic, coordonne tous les efforts du
gouvernement pour accompagner la communauté dans ce dossier. Et nous accompagnons, au ministère de l'Environnement, la
communauté de Lac-Mégantic depuis le tout début. Et le ministère, c'est le ministère dans son ensemble qui a répondu
à l'appel et a commencé les travaux de décontamination sur les lieux. En mai 2014, et j'étais avec le député, nous avons
rendu public un premier rapport du Comité expert sur la contamination résiduelle de la rivière Chaudière. Et, comme vous
le savez, tous les grands objectifs énoncés dans ce premier rapport ont été atteints, puis on parlait d'un travail
colossal. Parce que, quand on pense à la tragédie, on pense toujours, d'abord
et avant tout, à la municipalité de
Lac-Mégantic comme telle, le lac adjacent, mais il faut comprendre aussi que
toute la rivière Chaudière a été
affectée, et ce, jusqu'à Lévis. Tu sais, c'est passé à travers la Beauce, et
jusqu'à Lévis, même, on a senti les
effets à la rivière Chaudière. Et ça a pris un plan d'action, ça a pris un
travail très long, très important avec un comité de scientifiques,
d'échanges avec la population, de travail.
on avance, mais on savait d'emblée que ça allait être un travail qui allait
durer très longtemps, qui allait s'échelonner
sur plusieurs années. Et on s'est mis au travail, puis on a continué, on est
revenus... Moi, je suis retourné à plusieurs
reprises à Lac-Mégantic pour qu'avec le député, avec la mairesse on puisse
faire des états de situation réguliers à la population. On a fait des
séances d'information.
là, maintenant, non seulement on a atteint nos premiers objectifs au niveau de
la rivière Chaudière, mais, au niveau
du deuxième rapport, on mettra en oeuvre l'ensemble des recommandations
proposées par le comité expert. Puis c'est
important de noter qu'il y en a plusieurs qui sont déjà en cours. Et
évidemment, s'il y avait besoin d'effectuer d'autres travaux supplémentaires, s'ils sont jugés
nécessaires, évidemment on y donnera suite. Et on va continuer les suivis, et
ça, c'est très important. On va être là tant et aussi longtemps qu'il le
faudra.
je dois vous dire, l'engagement de l'équipe du ministère est absolument
extraordinaire. Et il y a même certaines personnes qui ont déménagé dans la région, des employés du ministère qui
ont déménagé pour s'assurer d'effectuer le travail le mieux possible au sein de
la communauté. C'est un travail énorme qui, évidemment, s'échelonne sur
plusieurs années, comme je l'ai dit,
mais qui, également, nécessite beaucoup d'analyses scientifiques pour être en
mesure de s'assurer qu'on pose les
bons gestes, alors tant au niveau de la décontamination des sols qu'au niveau
de la décontamination tant du lac que
de la rivière. Il faut s'assurer que, même au niveau... Il y a certaines
méthodes qui sont les bonnes pour certaines sections de la Chaudière, il y en a
d'autres qui ne sont peut-être pas les meilleures. Ces mêmes méthodes-là ne
sont peut-être pas les meilleures pour d'autres sections de la
Chaudière.
Alors,
c'est pour ça qu'on travaille très méticuleusement avec notre comité d'experts
pour s'assurer qu'on pose les bons
gestes pour s'assurer que la rivière Chaudière puisse véritablement se remettre
de cette tragédie. Puis on avance dans la bonne direction, M. le
Président.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Il reste deux
minutes avant que nous terminions nos travaux. Vous pouvez commencer.
M. Bolduc :
...préliminaire puis, probablement, on va continuer après, plus tard. Donc, il
y a définitivement un intérêt
scientifique, je dirais, pour l'ensemble de l'étude de la rivière Chaudière,
parce que je crois, au Québec, qu'on n'a pas beaucoup d'expérience technique sur une contamination d'une telle
envergure. Et je trouve extrêmement sécurisant, M. le ministre, pour la population de Mégantic, mais aussi toute la
population le long de la rivière Chaudière, comme vous l'avez si bien
mentionné, jusqu'à Lévis, je trouve très rassurant que nous ayons un document
de la qualité dont le ministère a été capable de produire pour rassurer
l'ensemble des intervenants.
Parce que, comme M.
le ministre l'a dit, il est venu à plusieurs reprises, et on est allés aussi
dans la Beauce justement pour expliquer à la
population l'ensemble de l'oeuvre et des impacts pour les rassurer sur leur
approvisionnement d'eau, entre autres.
Président (M. Reid) : Merci. Merci, M. le député de
Mégantic.
Étant
donné l'heure, nous allons suspendre les travaux jusqu'à 15 heures. Je
vous rappelle que tout retard après 15 heures devra être repris,
étant donné les règles des crédits.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président
(M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons
reprendre nos travaux.
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires sur le portefeuille Développement durable, Environnement et Lutte contre
les changements climatiques pour l'exercice financier 2016‑2017.
Puisque
nous avons commencé les travaux avec un peu de retard ce matin et cet
après-midi, j'aurais besoin du consentement
des membres de la commission pour que nous poursuivions jusqu'à 18 h 25,
donc 25 minutes de retard. Est-ce que j'ai consentement?
Des voix :
Consentement.
Président (M. Reid) : Consentement. Alors, lors de la
suspension de nos travaux, M. le député de Mégantic avait la parole, et
je pense qu'il est en train de préparer une question. M. le député de Mégantic.
M. Bolduc :
Merci, M. le Président. À ce point-ci, je laisserais la parole au ministre de
l'Environnement.
Le Président
(M. Reid) : M. le ministre.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Concernant les différentes questions du député de
Masson sur le règlement mieux connu
sous le nom de Q-2, r. 22, j'aimerais apporter quelques précisions.
Premièrement, le député a parlé d'apparentes coïncidences par rapport à
l'adoption d'un règlement en juillet 2014. J'ai le règlement ici avec moi,
qui est dans la Gazette officielle du
Québec publiée le
30 juillet 2014. J'inviterais d'ailleurs le député à lire ledit
règlement. Alors, c'était un
règlement qui modifiait le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux
usées des résidences isolées, décret 698-2014. Et ce règlement-là — et, quand on le lit, c'est très clair — ce sont des dispositions dites de
concordance avec le Règlement sur le
prélèvement des eaux et leur protection. Ça n'a absolument rien à voir avec des
systèmes de déphosphatation, ça parle
de tableaux, de zones séparatrices et des distances minimales liées aux rejets
d'eau. Ça n'a absolument — je le répète, M. le
Président — rien à
voir avec des systèmes de déphosphatation. Alors, il ne peut pas y avoir de
coïncidence, insinuée ou quoi que ce
soit de la sorte. Et j'aimerais d'ailleurs, M. le Président, déposer ledit
règlement, même s'il est public, et tout
le monde peut l'accéder. Il est dans la Gazette officielle . Et
j'inviterais, d'ailleurs, le député de Masson à le lire et constater par
lui-même que ça n'a absolument rien à voir avec les systèmes de
déphosphatation.
Deuxièmement,
M. le Président, j'aimerais préciser que le règlement dont on parle, à
l'origine, c'est un règlement de 1981
adopté — à
l'époque, le ministre de l'Environnement, c'était le regretté Marcel
Léger — sous un
gouvernement du Parti québécois. Le
règlement a été modifié en juillet 2000 : permet d'installer des
systèmes de traitement certifiés — puis là c'est des normes du Bureau de normalisation du Québec, qui n'a rien à
voir avec le ministère de l'Environnement — et, entre
autres, cette modification réglementaire permet le rejet dans un cours d'eau
situé en amont d'un lac sous condition d'installer un système de
traitement tertiaire avec déphosphatation. L'obligation de mettre en place un
système de déphosphatation date de
juillet 2000. Encore une fois, gouvernement du Parti québécois. Le
ministre de l'Environnement, M. Paul Bégin.
Alors,
je veux juste, quand même, qu'on remette les pendules à l'heure. Et je suis
heureux de voir le député de Granby
ici, parce que je comprends qu'il m'a traité de menteur à la télévision, plus
tôt, durant la pause. J'apprécierais, quand
même, qu'on fasse preuve d'un peu de retenue et qu'on cesse de m'attaquer sans
fondement, et d'attaquer mon équipe sans fondement, et qu'on s'en tienne
à des faits, des faits avérés, M. le Président.
je rappellerai, en terminant, M. le Président, que, justement, nous, ce qu'on a
fait depuis notre arrivée au pouvoir en
2014, c'est de s'assurer, justement, qu'on puisse donner le plus de solutions
possible aux contribuables en matière de système de traitement des eaux usées. Puis c'est ce qu'on vient de faire
avec la modification du Q-2, r. 22. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député de Mégantic.
M. Bolduc :
Est-ce que mon temps...
Le Président
(M. Reid) : Il reste encore presque quatre minutes.
M. Plante :
Je peux-tu juste...
Le Président
(M. Reid) : M. le député de Maskinongé.
M. Plante : M. le
Président, j'aurais juste une question
de directive à apporter à la commission suite à l'intervention de mon collègue de Masson. Vous savez, ce matin, on a demandé le
dépôt de document. Et j'aimerais savoir, M. le Président, car il est très important, au niveau
de la réglementation, s'il s'agit d'un document public, s'il s'agit d'un document
qui a fait preuve, soit en dépôt dans
une commission d'enquête comme la commission Charbonneau, soit
un document... tiré d'une
émission de télévision ou s'il s'agit de preuves dans des procès civils en
cours en ce moment. Donc, je pense que, pour
le bien des gens de la commission, pour le bien des gens, ça serait important que
le deuxième groupe d'opposition
nous justifie la provenance de leurs documents.
Le Président (M. Reid) :
Alors, je pense que, en ce qui me concerne, c'est le président qui doit décider
si le document est déposé ou non. Après consultation, le document est déjà public, je
pense, et, par ailleurs, comme il a une relation extrêmement ténue avec les crédits, la décision de la présidence est de ne pas
recevoir le dépôt de ce document. Donc, ce document ne sera pas déposé
officiellement, alors, dans la période des crédits. Pardon?
Président (M. Reid) : Je vais distribuer mais non déposer officiellement dans la période des
crédits. C'est une décision du président qui est irrévocable.
Alors, M. le député de Maskinongé, il reste
encore presque trois minutes.
M. Plante : Je vais laisser mon
collègue poursuivre.
Le Président (M. Reid) :
M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci, M.
le Président. J'en étais ce matin à
la question des sols, des événements de Lac-Mégantic. Et, pour la population, il y
avait un périmètre de près de
50 acres de terrain qui avait été contaminé par des produits pétroliers
et qui constituait une problématique assez sérieuse. Après maints débats, l'ensemble des sols du territoire a été évacué et envoyé sur un site externe, et l'ensemble du
centre-ville de Lac-Mégantic a été
remplacé avec de nouveaux sols. Et une
partie
de ces sols-là a été traitée et envoyée ailleurs, et il y a encore,
dans le secteur industriel de Lac-Mégantic, une grande
partie des sols qui sont en traitement. Donc, ma question,
M. le Président, c'est : J'aimerais que le ministre
nous dise où en sont rendus les travaux de décontamination.
Le Président (M. Reid) :
Merci. M. le ministre.
M. Heurtel : Alors, M.
le Président, vous n'êtes pas sans
savoir qu'une ordonnance en vertu de l'article 114.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement
a été émise le 29 juillet 2013 par le ministre à MMA, Montréal Maine
& Atlantic Railway Limited,
Western Petroleum Company et World Fuel Services Corporation pour la
récupération du pétrole et autres contaminants
pour la décontamination sur le site de Lac-Mégantic et de la rivière Chaudière.
Puis, le 14 août 2013, les compagnies
Word Fuel Services et la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique ont été
ajoutées à l'ordonnance. Les
compagnies visées par l'ordonnance ayant fait défaut de soumettre au ministère
des plans d'action satisfaisants, le ministère s'est engagé à effectuer
les travaux visés par l'ordonnance et à redonner aux citoyens de Lac-Mégantic
leur centre-ville et récupérer par la suite les coûts auprès des entreprises
visées.
Alors, c'est
à travers quatre grands chantiers qu'on a fait notre travail. D'abord, la
sécurisation du site, les travaux de caractérisation,
les travaux de réhabilitation et le suivi environnemental. Juste vous dire, la
fin des travaux de décontamination a été
annoncée à l'automne 2015, et c'est près de 300 000 tonnes
métriques de sols contaminés qui ont été excavés à ce jour. Je veux
juste voir combien il me reste de temps, M. le Président. Il ne doit pas me
rester grand-chose.
Le Président (M. Reid) :
Quelques secondes.
M. Heurtel :
Quelques secondes pour dire que là on a complété les trois premières étapes, on
est vraiment dans une question de
suivi environnemental, on continue à accompagner la ville de Lac-Mégantic ainsi
que tous les autres travaux dont j'ai
parlé aussi avant la pause. Puis, si jamais le député veut poursuivre, il y a
quelques éléments additionnels, mais simplement,
l'important, c'est de dire qu'on avance, on a effectué un travail colossal, les
procédures continuent puis on travaille encore avec les intervenants sur
le terrain. Merci, M. le Président.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. Alors, nous passons
maintenant à un bloc de l'opposition officielle, M. le député de
Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. On va profiter de la présence des nombreux observateurs
qui sont avec nous, donc, dans la salle, pour s'attaquer au Fonds vert.
J'aimerais,
d'entrée de jeu, avant de commencer sur ce sujet, juste poser une question au
ministre en ce qui a trait aux discussions qu'il a depuis ce matin avec la
deuxième opposition concernant Primo Tech. Je voudrais savoir combien de contrats ont été octroyés en tout et pour tout
dans le cadre de ce programme. Est-ce que vous avez les chiffres qui tournent
autour, là, de
l'argent qui a été octroyé par le programme dont nous discutons depuis ce
matin, entre le moment où il a été mis en application et les derniers
changements qu'on a connus dans les derniers jours?
M. Heurtel : M. le Président,
question de précision. De quel programme le député parle-t-il?
M. Traversy :
M. le Président, on aimerait savoir combien de personnes ont dû acheter, dans
le fond, la technologie de Premier
Tech entre juillet et avril. Donc, pour les citoyens qui nous écoutent, ce
matin, nous avons compris qu'il y avait une situation de monopole dans le cadre, là, donc, des décisions qui ont
été prises avec Prima Tech. On voulait savoir combien, dans le fond, de personnes ont dû acheter cette technologie à
l'entreprise. Vous devez avoir une comptabilisation, dans le fond,
des... Vous n'en avez aucune idée? Je voulais savoir si votre ministère avait
cette information.
Le Président (M. Reid) :
Je vous demanderais, M. le député, de parler au président.
M. Traversy : Ah oui!
Pardon.
Le Président (M. Reid) :
M. le ministre.
M. Heurtel :
M. le Président, je crois que le député... Je n'ai pas compris. Il a appelé la
compagnie Prima Tech? Je crois qu'il fait référence à Premier Tech...
M. Traversy : Premier
Tech, oui, exactement.
M. Heurtel : Premièrement. Et,
deuxièmement, là, on ne fait pas référence à un programme du ministère de l'Environnement. On fait référence à un règlement
et un règlement qui, comme je l'ai dit, remonte à 1981, qui a subi des modifications importantes en 2000 et a subi tout
récemment, donc je l'ai annoncé dimanche dernier, une modification très importante en profondeur pour permettre
d'ajouter des systèmes. Le député de Masson faisait référence à une modification en juillet 2014 et a tenté de
faire des insinuations qui sont complètement non fondées. Parce que, quand on
regarde les modifications de 2014, ça n'a
rien à voir avec des technologies de déphosphatation. Puis donc, si je
comprends bien la question du député,
c'est des transactions qui sont faites par le privé et qui sont... Puis le
règlement, le Q-2, r. 22, c'est un
règlement d'application municipal, en plus. Alors, le ministère de
l'Environnement n'a pas... et c'est important de souligner, ce n'est pas
son rôle de comptabiliser des transactions à ce niveau-là.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci, M. le Président. Donc, comme il y a plusieurs personnes intéressées par
l'accessibilité à l'information ici,
j'aimerais vous parler un peu du Fonds vert, qui est le levier ou le vaisseau
amiral du gouvernement pour essayer de réduire nos émissions de gaz à
effet de serre au cours des prochaines années.
Vous savez
que le Fonds vert a été largement critiqué depuis plusieurs mois au Québec. On
dit que c'est un fonds qui ne livre
pas la marchandise. Plusieurs projets ont été financés sans qu'on puisse être
capables de quantifier ou de mesurer les résultats ou les impacts que
ces projets ont sur nos émissions de gaz à effet de serre. C'est un fonds qui a
reçu des critiques sévères de la part du
Commissaire au développement durable, de la part également de la Vérificatrice
générale, qui est en charge de faire
les suivis. Tous ont dénoncé le manque de transparence à l'intérieur du Fonds
vert, et surtout la difficulté que le
Fonds vert a à essayer de mettre en oeuvre, dans le fond, les recommandations
que lesdits dirigeants leur proposent pour s'améliorer, donc la lenteur
avec laquelle elle s'améliore comme instance.
Vous savez
que le premier ministre du Québec a mandaté le ministre de l'Environnement au
début de cette année, lors du dernier remaniement ministériel, pour réformer ce
Fonds vert le plus rapidement possible. Or, nous autres aussi, à l'opposition, M. le Président, on est intéressés à
faire les suivis avec le ministre pour voir si le Fonds vert s'améliore et se
dirige dans la bonne direction, puisqu'il
est le vecteur clé de la réussite de nos réductions de gaz à effet de serre.
Lorsque nous demandons au ministère
d'avoir de l'information pour savoir où ça en est rendu, par contre, on est
devant une page quasi blanche. On fait des demandes d'accès à l'information, et
on n'a aucune réponse, aucune information qui nous est donnée. Il y a des pages qui sont complètement
hachurées, qui sont censurées. Nous avons de la difficulté à avoir accès à
cette information-là.
Je me tourne
donc vers le ministre en espérant que, de son côté, il a peut-être une lecture
beaucoup plus claire que l'opposition
sur ce qui est en train de se passer au Fonds vert. Et à savoir : Quand
est-ce qu'on va pouvoir avoir une totale transparence dans la façon dont les programmes qui sont octroyés par ce
fonds et qui sont financés par ce fonds vont être rendus publics, pour
qu'on puisse voir vers où il investit et quels sont les résultats qui y sont
associés?
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le député de Terrebonne. M. le ministre.
M. Heurtel : Merci, M. le
Président. Vous comprendrez que la question du député est une question ouverte
à plusieurs niveaux, alors il y a plusieurs éléments de réponse. Concernant la
situation actuelle, on comprend que le Vérificateur
général ou, devrais-je dire, la Vérificatrice générale... mais, de par le
passé, il y a eu des rapports, des rapports du Commissaire au développement durable. On prend très au sérieux les
recommandations, et on accueille favorablement ces recommandations-là,
et on y travaille très activement pour les mettre en oeuvre.
Quand
le député parle qu'il a de la difficulté d'obtenir des informations, je veux
juste quand même dire que, présentement, sur
le site du ministère, il existe les rapports annuels de gestion liés au Fonds
vert, les états financiers annuels, publications,
plans d'action, bilans annuels, politiques, frais d'information, ententes
administratives avec les ministères et
organismes partenaires, cadres de gestion, les inventaires de gaz à effet de
serre, d'émissions de gaz à effet de serre puis les communiqués de
presse qu'annonce le moteur de recherche à partir de 2014.
L'information
à venir sur le site du ministère : tableaux de bord financiers, listes des
projets financiers, les comptes du
Fonds vert, la mise à jour des mesures et sous-mesures dans le cadre du Plan
d'action sur les changements climatiques 2013-2020 — et ça, ce sera fait en continu — le bilan annuel 2014‑2015 sur les
changements climatiques ainsi que le
bilan final 2006-2012 du premier plan d'action sur les changements
climatiques. Alors, ça, c'est pour l'information. Et on tend et on veut
tendre vers la transparence et davantage de transparence.
maintenant, le 5 février dernier, j'accompagnais le premier ministre dans
l'annonce de, justement, la nouvelle gouvernance
du Fonds vert qui est projetée. On comprend qu'il y a des enjeux majeurs, on
veut les régler. On veut les régler
non seulement à la satisfaction de la Vérificatrice générale, mais on veut
également les régler à la
satisfaction des citoyens et des
citoyennes. Et c'est pour ça qu'on a annoncé, le 5 février dernier, une
révision en profondeur de la gestion du
Fonds vert, en se basant sur trois grands principes de gouvernance que sont la
rigueur, la transparence et la reddition
de comptes, conformément à nos engagements. La gestion du Fonds vert serait
resserrée, et des modifications législatives seront présentées à l'Assemblée
nationale ce printemps dans l'objectif de créer notamment un conseil de gestion
du Fonds vert. Notre désir est que la
nouvelle gouvernance du Fonds vert permette une reddition de comptes plus
complète, une communication centralisée, en plus d'assurer une plus grande cohérence et une plus
grande coordination des projets soutenus par les différents ministères.
Puis
ce qui est important aussi, ce qu'on va vouloir faire avec cette
nouvelle gouvernance, c'est de s'assurer, par exemple — et
ça, ça va être proposé lors des modifications législatives — que
le conseil de gestion du Fonds vert soit composé de membres non
seulement provenant du gouvernement,
mais qu'il y ait des membres également externes, des
membres indépendants pour assurer justement
qu'on ait les meilleurs principes de gouvernance et qu'on puisse instaurer
également une gestion par projet pour justement éviter certains dérapages qu'on a vus et
s'assurer que, dans cette gestion par
projet, il y ait des cadres normatifs qui soient mis en place pour
s'assurer justement que chaque projet soit intimement lié à des objectifs du plan
d'action sur les changements climatiques, notamment des réductions d'émission de gaz à effet de serre et que ça soit lié à
nos objectifs de réduction.
je veux juste terminer sur ce point. Il ne faut quand même pas jeter le bébé
avec l'eau du bain, M. le Président. Le
Fonds vert a fait des investissements majeurs en transport collectif, en efficacité
énergétique. D'ailleurs, il a fait des investissements dans une compagnie
qui s'appelle eLio