Transportation and the Environment — 12 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-11-12
Quebec — Committees
D'autre part,
et au besoin, s'il y a une demande de consentement, je vais
interpeler les membres en deux temps, une salle après l'autre. Un page
ou une page est également assigné à chacune des salles pour répondre à vos
besoins. Le ou la page de la salle secondaire pourra communiquer avec la
secrétaire de la salle principale, au besoin.
Je vous signale que, dans les deux salles, en
raison du réaménagement, les témoins lumineux des micros ne fonctionnent pas.
Vous pouvez cependant prendre la parole comme vous le feriez habituellement.
Donc, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports
et de l'environnement ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle
de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques. Je
souligne que cette séance se déroulera à la fois dans la salle Louis-Joseph-Papineau,
où je me trouve, et dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 46, Loi modifiant la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel et d'autres dispositions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Bussière (Gatineau) sera remplacé par
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) et M. Tardif
(Rivière-du-Loup—Témiscouata),
par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice).
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Aujourd'hui, nous poursuivons l'étude de l'article 32 du projet de loi et nous en sommes... plus particulièrement, dis-je, à
l'étude d'un amendement proposé par le ministre qui vise à modifier
l'article 63 proposé par l'article 32.
Y a-t-il des interventions sur cet amendement?
Bon, il n'y a pas d'intervention sur cet amendement? Alors, puisqu'il n'y a pas
d'intervention sur cet amendement, nous allons...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Voulez-vous
qu'on fasse une pause?
Alors, nous allons lever les travaux pour
quelques secondes.
(Suspension de la séance à 11 h 32)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, M. le député de Viau, vous vouliez prendre la parole.
M. Benjamin : Oui. Merci, Mme la Présidente.
Donc, bien, bonjour à toutes, bonjour à tous, chers collègues, membres de cette
commission. En fait, ma première question pour M. le ministre : Est-ce
qu'il peut nous faire une brève récapitulation d'en quoi consiste cet
amendement, s'il vous plaît?
Charette : Oui, sans problème. Effectivement, les jours se sont
écoulés depuis notre dernière séance, mais on avait eu l'occasion d'aborder la
question tout de même un petit peu. C'est un amendement qui clarifie,
essentiellement, qui précise que le ministre peut mettre fin à la
reconnaissance d'une réserve naturelle sur une partie, seulement, du territoire — on avait échangé sur les implications,
donc, sur une partie, seulement, du territoire — et que cela a pour
effet de modifier automatiquement l'entente qui est conclue avec le
propriétaire.
M. Benjamin :
Parfait. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, je pense, Mme la secrétaire,
que nous pouvons faire l'appel nominal.
Le Secrétaire :
Oui. Dans la salle Louis-Joseph-Papineau, M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Pour.
La Secrétaire :
M. Lamothe (Ungava)?
La Secrétaire :
Dans la salle Louis-Joseph-Papineau, M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal... Pardon. M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté.
Maintenant, nous
allons procéder aux commentaires, s'il y a des commentaires à l'article 63
tel qu'amendé. S'il n'y a pas de commentaire à l'article 63 tel qu'amendé,
est-ce que je dois faire un autre appel nominal? Non, puisque c'était
uniquement sur l'amendement.
Alors donc, M. le
ministre, nous allons aller à l'article 64.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc :
«64. Le ministre rend
publique la fin de la reconnaissance par la publication d'un avis à la Gazette
officielle du Québec et par tout autre moyen permettant d'en informer la population.
«Il requiert l'inscription de cet avis sur le
registre foncier. La fin de la reconnaissance prend effet à la date de cette
inscription.
«Une
copie de l'avis est transmise aux municipalités concernées.»
Donc, le commentaire :
Le premier alinéa de cet
article prévoit la publication d'un avis à la Gazette
officielle du Québec afin d'informer le public de la fin d'une
reconnaissance de réserve naturelle.
deuxième alinéa de cet
article prévoit également
l'inscription au registre foncier de la fin de la reconnaissance afin de
la rendre opposable aux acquéreurs subséquents. Il prévoit notamment la date de
prise d'effet de la fin de la reconnaissance.
Le troisième alinéa
de cet
article prévoit l'envoi d'un avis personnalisé aux intervenants
impliqués dans l'administration du territoire afin qu'ils ajustent leurs interventions
en conséquence.
Et cet
article
reprend essentiellement le contenu de l'ancien
article 65 de la
Loi sur la
conservation du patrimoine naturel.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 64? M.
le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Donc, l'article qu'on a devant nous, M. le ministre, on
parle bien de la reconnaissance? Et est-ce qu'on parle aussi de... on rend
publique la fin de la reconnaissance?
M. Charette :
En fait, c'est spécialement ou effectivement sur la fin de la reconnaissance.
On reprend essentiellement les étapes qu'on avait parcourues préalablement pour
confirmer la reconnaissance. Donc, lorsqu'il y a une fin de reconnaissance, il faut
défaire ce qui avait été fait préalablement. Donc, c'est la même mécanique.
M. Benjamin :
Et qu'est-ce qui pourrait engendrer une fin de reconnaissance?
M. Charette :
On l'avait abordé lors des articles précédents. Il peut y avoir différents
types d'exemples. Je vais essayer de vous en retrouver un aisément, là, avec
l'amendement qu'on a abordé tout juste avant.
Bon, on pourrait
parler de la réserve naturelle de la Montagne-Rouge, notamment. C'est un
jugement de la Cour supérieure, là, qui a
accordé à un tiers un droit de passage dans la réserve naturelle. Donc, le
ministère a dû retirer des terres reconnues à
titre de réserve naturelle,
celles affectées par le droit de passage. Donc, du coup, c'est la procédure
qui a dû être faite. Et le droit en question ne respectait pas, justement, une
entente entre le plaignant et le propriétaire, donc c'est là où on a eu à
revoir un petit peu le territoire de la réserve naturelle.
Et on rappelle à
celles et ceux qui nous écoutent qu'on est en territoire privé. Donc, dans
l'éventualité, comme c'était le cas pour la réserve naturelle de la
Montagne-Rouge, où il y a une entente qui n'avait pas tout à fait été respectée
au moment de l'institution, là, de la réserve naturelle, donc, on a eu à
corriger le tir, en quelque sorte.
Benjamin : Je rappelle, évidemment, ici qu'on est dans un cas où on
regarde le dossier des réserves naturelles, où c'est sur une base
volontaire que les propriétaires adhèrent ou s'inscrivent.
Maintenant, est-ce
qu'il pourrait y avoir des situations où... à part, évidemment, dans
l'article 63, on l'a vu, évidemment, donc, la décision de mettre fin de
reconnaissance, vous la communiquez au propriétaire, est-ce qu'il pourrait arriver des situations où vous devriez
communiquer cette décision-ci ou... vous devriez informer d'autres parties
prenantes aussi?
M. Charette :
En fait, on le précise dans les articles précédents et même dans celui-ci,
parce qu'on se trouve à défaire ce qui a été fait. Donc, il y a des
communications qui doivent être faites à travers la Gazette officielle ,
à travers le registre foncier notamment, également les municipalités, étant
donné que c'est leur territoire, là, qui est en cause, également d'autres
partenaires.
Ce que je mentionnais
tout à l'heure, dans le cas d'une réserve naturelle, on peut avoir confié à des
tiers la préservation de ce territoire-là. Donc, il faudra naturellement les
aviser que le territoire a été redécoupé et que, du coup, leurs fonctions
doivent s'adapter au nouveau territoire.
Benjamin : «Une copie de l'avis est transmise aux municipalités»,
donc, évidemment, c'est la chose à faire, mais est-ce qu'il y a d'autres
instances? Il n'y a pas d'autres instances que peut-être que ce serait
intéressant qu'ils reçoivent une copie? Je
pense, entre autres, par exemple, aux MRC, je pense aux entités régionales de
promotion touristique, par exemple, d'une région.
M. Charette :
En fait, on est réellement dans la séquence des articles déjà adoptés. Là, on
vient soustraire une portion de territoire à une réserve naturelle, donc on
informe ceux qui avaient été informés. Mais naturellement, les municipalités
sont aussi dans la MRC. Donc, entre acteurs du milieu municipal, l'information
peut circuler, mais on défait, auprès de ceux qui avaient été avisés, ce qui a
été fait. Donc, on ne peut pas ou on pourrait difficilement informer plus de
gens au moment du retrait que lors du moment de l'institution, là, de cette
réserve naturelle là.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Y a-t-il d'autres commentaires à l'article 64? Donc,
s'il n'y a pas d'autre commentaire à l'article 64, nous allons aller à l'article 65.
M. le ministre.
M. Charette :
Parfait. Je vous en fais la lecture, en vous précisant qu'il n'y a pas d'amendement
non plus à celui-ci. Donc :
«65. Le ministre peut reconnaître un territoire
comme paysage humanisé.
«Un paysage humanisé vise la protection de la
biodiversité d'un territoire habité, terrestre ou aquatique, dont le paysage et
ses composantes naturelles ont été façonnés, au fil du temps, par des activités
humaines en harmonie avec la nature et présentent un caractère distinct dont la
conservation dépend fortement de la poursuite des pratiques qui en sont à
l'origine.
«La reconnaissance peut être perpétuelle ou
accordée pour une durée qui ne peut être inférieure à 25 ans.»
commentaire : Ce nouvel
article accorde au ministre le pouvoir de
reconnaître un territoire à
titre de paysage humanisé. Il modifie le
mécanisme de création des paysages humanisés prévu actuellement. Il ne s'agit
plus d'une désignation gouvernementale mais plutôt d'une reconnaissance par le
ministre.
Comme les
territoires susceptibles d'être reconnus se situent généralement en territoire
municipal, le mécanisme de la reconnaissance s'est avéré être le plus
approprié pour ne pas interférer avec les compétences des municipalités sur leur territoire. Ce sont donc elles qui
veilleront à édicter et appliquer les mesures nécessaires pour assurer la
protection de la biodiversité d'un
territoire habité. Ainsi, les étapes menant à la constitution du paysage
humanisé sont diminuées et le mécanisme de reconnaissance met de l'avant
le rôle de l'autonomie des instances municipales dans la création et la gestion
de paysages humanisés.
Et le deuxième alinéa de cet
article reprend
essentiellement la définition de «paysage humanisé» prévue par l'article 2
de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel.
Peut-être ajouter à ce commentaire, on l'a
mentionné, hein, cette désignation existe depuis plusieurs années. Pour
différentes raisons, les gouvernements qui se sont succédé — ce
n'est pas un jugement, loin de là — n'ont pas mis en place ce
type de protection, notamment compte tenu de sa complexité. Donc, c'est ce
qu'on veut faciliter à travers une désignation qui soit simplifiée, tout en
reconnaissant, là, la compétence des municipalités, là, sur leur propre
territoire. Donc, c'est un... Souvent, lorsqu'on dit «allègement», ça fait
craindre qu'on diminue les attentes en matière de protection de
l'environnement. Là, c'est un allègement, oui, mais qui sera bénéfique à la
protection du territoire. On risque de recourir davantage à ce potentiel-là.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je pense que le ministre a raison de parler, en parlant du
paysage humanisé, d'un concept qui est là, dans le paysage, depuis plusieurs
années. Mais, le diable étant dans les détails, j'aimerais pouvoir comprendre
quelques éléments dans l'article qu'il vient de nous présenter. Quand on parle
ici d'un territoire habité, qu'est-ce qu'on veut dire, précisément, par un territoire
habité?
M. Charette : En fait, c'est un
territoire qui n'est pas vierge, qui est habité par une population, dont la
population a permis de façonner un milieu. Je pourrais vous donner des exemples
concrets... et je ne dis pas que c'est ce qui va se confirmer, mais on a parlé
des îles de Laval, mais la rivière des Mille Îles, la façon dont elle a été habitée au fil des années, dans un respect certain
de l'environnement, on parle de certains statuts au niveau de réserves
fauniques et autres.
On pourrait... je dis «on pourrait» parce que
l'initiative doit venir du milieu municipal, mais on pourrait penser que c'est
un territoire qui se prêterait bien à ce type de reconnaissance. Et, tout au
long de cette rivière, il y a naturellement des habitations, il y a des gens
qui y vivent, donc ça pourrait prendre la forme d'un paysage humanisé.
Et, de façon encore plus générale ou à travers
d'autres exemples, le milieu agricole — il est naturellement habité, ce milieu-là — pourrait prendre la forme d'un paysage humanisé.
Ça pourrait être l'aménagement forestier aussi.
Bref, c'est des possibilités qui s'ouvrent
maintenant... Bien, en fait, les possibilités existaient déjà, mais on va
simplifier la reconnaissance pour essayer de bénéficier, là, de ce potentiel-là.
M. Benjamin : Est-ce que, par
exemple, un territoire où il n'y aurait pas de gens qui y vivent, donc, qui ont
des habitations, mais qu'il y ait une population, disons, Premières Nations,
bon, qui utilise ce territoire ou une portion de ce territoire à des activités
culturelles, traditionnelles, est-ce qu'à ce moment-là ça rentre dans le cadre
de la définition d'un territoire habité?
M. Charette : ...confirme que oui.
Là, je voulais m'en assurer, mais c'est effectivement le cas.
Benjamin : C'est bon. Parfait. «Par des activités humaines en harmonie avec la nature», j'aimerais peut-être vous entendre là-dessus.
M. Charette : En fait, c'est une activité
humaine qui ne viendra pas nuire à l'environnement mais qui, au contraire, va
favoriser sa conservation. Je parlais du milieu agricole tout à l'heure. Dans
certains cas, avec le type d'agriculture qui y est pratiqué, l'exemple pourrait s'y
prêter. Donc, on parle d'une activité humaine qui contribue à la protection ou à la conservation du milieu et non
pas l'inverse, là, qui ne contribue pas à sa destruction, en quelque
sorte.
M. Benjamin : Maintenant, quand
vient le temps de juger des activités humaines en harmonie avec la nature, est-ce que c'est vous, le ministre,
qui en juge ou, du moins, est-ce que ce sont les demandeurs qui doivent faire la
preuve?
Charette : Comme le précisait la petite note explicative, on voulait
reconnaître le rôle des municipalités dans la démarche. Donc, ultimement, c'est
le ministre de l'Environnement, oui, qui aura à trancher plutôt que le gouvernement. Donc, on évite une mécanique
beaucoup plus lourde, mais le dossier, sa présentation, ça doit émaner du
milieu. Et une fois que ce secteur-là est
reconnu comme tel, les municipalités auront naturellement des responsabilités
à assumer pour le maintien de ces caractéristiques-là.
Benjamin : Est-ce qu'il y a, à ce moment-là, donc... En fait, je
présume que vous disposez, à ce moment-là, d'une grille, déjà, une grille ministérielle qui juge quelles sont les
activités humaines qui sont en harmonie avec la nature. Est-ce que vous
avez ça?
M. Charette :
En fait, on a déjà, au début de l'article, défini ce qu'est un paysage
humanisé. On y introduit une définition, en fait, qui était essentiellement
présente dans la loi actuelle. Mais oui, il y a des façons, il y a des critères
pour pouvoir bien évaluer la demande. Ce n'est pas n'importe quelle demande qui
pourrait être acceptée. Donc, oui, il faut respecter certaines caractéristiques.
M. Benjamin :
Vous avez évoqué, M. le ministre, dans la réponse antérieure, l'idée que ce
n'est plus le gouvernement, mais c'est le ministre maintenant. Donc, je trouve
que... Est-ce que vous ramenez la reconnaissance des paysages humanisés au même
plan que les réserves naturelles, par exemple, puisque... lorsqu'on sait que,
dans le cas des réserves naturelles, les propriétaires y vont sur une base
volontaire, tandis que, là, ça peut être volontaire, mais ça peut ne pas
l'être?
Donc, est-ce que...
Donc, vous ramenez ça au même niveau de décision? Donc, c'est vous, et ça, pour
vous, c'est un allègement?
M. Charette :
Le parallèle est peut-être difficile à établir, étant donné que ce serait
difficile... ou peut-être, simplement, au niveau des articles précédents,
lorsqu'on parlait d'une propriété privée, le propriétaire n'avait pas besoin de
l'assentiment de la municipalité, alors que, là, ce serait bien difficile de
concevoir un paysage humanisé sans que la municipalité ou les municipalités concernées, parce que ça peut s'appliquer
sur un territoire qui chevauche plus d'une municipalité, ce serait
difficile de concevoir une reconnaissance sans que les municipalités concernées
ne soient interpelées, étant donné qu'elles auront, par la suite, un rôle à
assumer, là, au niveau de la conservation. Donc, le parallèle, il est peut-être
un petit peu plus difficile à établir, là, dans ce cas-là.
M. Benjamin :
Et pourtant j'y vois un parallèle, M. le ministre, puisque, je le répète
encore, dans le cas des réserves naturelles, donc, oui, c'est une initiative du
propriétaire qui s'adresse à vous pour une reconnaissance, donc... et, dans le
cas des paysages humanisés, il pourrait, par exemple, arriver que... ça
pourrait arriver que la municipalité prenne une initiative, mais que le
propriétaire privé du terrain ou une
partie du terrain, du territoire, ne soit
pas d'accord. Et, là encore, je reviens encore à ce que vous avez évoqué tout à
l'heure, vous ramenez un niveau de décision non pas au gouvernement mais à
vous. Comment vous voyez cet enjeu-là?
M. Charette :
En fait, on va voir aux autres articles, le suivant en particulier, un petit
peu les critères qui seront retenus, là, pour soumettre une demande, mais il
faut la collaboration du milieu. Si le milieu ne souhaite pas cette désignation-là, ça va être bien, bien
difficile, même au niveau du ministère
de l'Environnement, d'aller à
l'encontre de la volonté du milieu, parce qu'on aura besoin aussi, là,
de leur collaboration une fois la désignation confirmée.
Mais,
si on regarde, là, sans vouloir prendre les devants, mais, à l'article suivant, on précise déjà les modalités,
là, qui devront être rencontrées.
M. Benjamin :
Quand vous évoquez... et c'est un mot que j'aime beaucoup, «distinct», j'aime
beaucoup. Vous comprendrez... Je présume que c'est un mot que nous partageons.
Donc, sur le caractère distinct... mais, dans le cadre de ce projet de loi, donc, en quoi... Quand vous dites qu'un
paysage humanisé... qui présente un caractère distinct, qu'est-ce que
vous voulez dire? Parce que, pour moi, distinct, c'est spécifique. Donc,
qu'est-ce que vous voulez dire par distinct?
Charette : Qui offre des particularités propres. Tout à l'heure, je
parlais du milieu agricole, ça ne pourrait pas être tout le milieu
agricole qui se verrait confier cette désignation-là. Il faut qu'il y ait un
élément particulier, un mariage entre l'activité humaine et le paysage, la
conservation de la nature. Là, malheureusement, je ne peux pas vous donner un
cas qui s'est confirmé parce qu'il n'en existe pas encore, là, malgré que la
possibilité, elle, existait, mais il faut qu'il y ait une particularité que
l'on saura reconnaître comme telle sur le territoire en question.
M. Benjamin :
Est-ce que ça voudrait dire qu'il ne peut y avoir et qu'il ne pourrait pas y
avoir de paysages humanisés au Québec qui soient pareils? Est-ce que c'est ce
que vous voulez dire, puisqu'on évoque ici le caractère distinct?
Charette : Non. En fait, je
n'irais pas jusqu'à dire... Bien, en fait, c'est à peu près
impossible que deux soient identiques, en
ce sens qu'on parle de territoires
distincts. Chaque territoire a ses particularités. Mais ça ne veut pas
dire qu'il ne pourrait pas y avoir deux
milieux agricoles comme paysages humanisés. Cependant, les caractéristiques
propres seraient vraisemblablement différentes, là, d'un milieu à
l'autre.
M. Benjamin :
Parfait. Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci, M. le député. Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires à l'article 65? Non?
Alors, s'il n'y a pas d'autre commentaire, M. le
ministre, veuillez lire l'article 65.1.
M. Charette : C'est bien gentil, je
m'y rends. Voilà. Donc :
«65.1. La
demande de reconnaissance est soumise par une municipalité régionale de comté
ou une communauté métropolitaine et par les municipalités locales et les
communautés autochtones concernées à la suite de la tenue d'une consultation
publique.
«La demande comprend les éléments
suivants :
«1° le nom et les coordonnées de chacun des
demandeurs ainsi que ceux de la personne qu'ils désignent pour les représenter;
«2° la
description du territoire visé, notamment son emplacement géographique, son
utilisation, sa biodiversité et les caractéristiques naturelles,
culturelles et paysagères permettant de le qualifier à
titre de paysage
humanisé;
«3° les enjeux liés à une telle reconnaissance;
«4° un
sommaire de la consultation publique
effectuée et des résultats de celle-ci, incluant les oppositions soulevées à
l'encontre du projet de reconnaissance;
«5° les objectifs de conservation et de mise en
valeur envisagés;
«6° tout autre renseignement ou document que le
ministre estime nécessaire pour l'analyse de la demande.»
Donc, le
commentaire général : C'est un
article qui prévoit le contenu minimal
d'une demande de reconnaissance pour un paysage humanisé.
L'article précise
également que le ministre peut exiger tout autre renseignement, document
ou étude qui pourrait lui être utile pour analyser la demande de reconnaissance
et rendre une décision éclairée.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires à l'article 65.1? Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Bien, je dois commencer par saluer le fait qu'on prévoie, effectivement, qu'une demande de reconnaissance soit soumise non seulement aux municipalités, aux MRC, mais aussi aux
communautés autochtones concernées.
Maintenant, quand on parle de la tenue d'une
consultation publique, j'aimerais vous entendre, M. le ministre, sur la
consultation publique.
M. Charette : Cette fois-ci,
naturellement, étant donné que c'est une initiative qui relève du milieu, c'est
une consultation qui ne relèvera pas du
ministère ou du ministre de l'Environnement, mais de la municipalité ou du
territoire concerné. Donc, c'est elle qui devra tenir cette
consultation-là et en faire rapport par la suite.
Benjamin : Et les modalités de la consultation publique
appartiendraient aussi à chacune des municipalités?
M. Charette : Les municipalités,
généralement, à travers leurs procédés, leurs règlements, leurs façons de faire, ont déjà des modalités, là, qui sont
précisées lorsqu'il est question de consultation publique. Mais il est possible
qu'il y ait des différences d'une
municipalité à l'autre, oui, mais le cadre est déjà bien établi, là, par les
municipalités.
M. Benjamin : Je prenais
connaissance d'un mémoire de... du mémoire, pardon, du mémoire de Nature Québec,
qui déplorait le fait qu'il n'y avait pas encore de paysage humanisé au Québec,
et, selon l'organisme, il y avait plusieurs raisons qui pouvaient
expliquer l'absence de ce statut. Parmi ces raisons, il y avait un manque de
précision, un manque de moyens et de compétences des collectivités locales, une
absence de modèle, d'exemple concret, mais aussi un statut visant principalement
des territoires privés, ce qui a pour effet de faire supporter par certains
individus le fardeau de la conservation de la biodiversité et des paysages qui
sont, en fait, des biens communs.
Et vous ne croyez pas... Et, fort de ce constat
de Nature Québec, vous ne croyez pas que, lorsqu'il s'agit d'une consultation
publique sur un enjeu aussi important, qu'il faudrait peut-être que le gouvernement
donne une peu quelques orientations, quelques règles à ce niveau-là?
M. Charette : En fait, comme je le
mentionnais, on introduit ces modifications-là et on les précise dans l'article par respect des compétences municipales. Moi, je n'ai aucun, aucun doute dans
mon esprit que les municipalités sont
outillées pour conduire des consultations sur leurs territoires. Et, sans cette
adhésion-là d'un milieu, on ne pourrait pas aller vers la création, là, de paysages humanisés, de toutes les
façons, donc les municipalités n'ont aucun intérêt à mettre de
l'avant une procédure qui ne serait pas reconnue par leur milieu. Donc, non seulement
elles ont des balises, mais convaincu, convaincu qu'elles feront le nécessaire
pour que l'opération soit un succès et non pas un échec.
M. Benjamin : Dans le sixième
paragraphe, vous dites : «Tout autre renseignement ou document que le
ministre estime nécessaire pour l'analyse de la demande.» Quel autre document
que vous pouvez peut-être...
M. Charette : En fait, c'est
toujours dans le but de ne pas avoir des critères qui soient exclusifs. Donc,
si, par exemple, il y avait une
particularité x à un territoire, on pourrait demander un complément
d'information par rapport à cette particularité-là, ou si, par exemple,
il y avait une opposition qui était signifiée d'une façon particulière, on pourrait demander de la documenter de façon plus exhaustive.
Bref, c'est uniquement pour ne pas être limitatif, pour être bien certain qu'on
a tous les éléments à notre disposition, donc, pour prendre la meilleure
décision qui soit.
M. Benjamin :
Au deuxième paragraphe, M. le ministre, donc, il est question de la description
faite au niveau de ce que doit comprendre... les éléments que doit comprendre
la demande. On parle de son emplacement géographique,
de son utilisation, de sa biodiversité, des caractéristiques naturelles,
culturelles. Sur le culturel, pouvez-vous être un peu plus précis
là-dessus? Qu'est-ce qu'on entend par là?
M. Charette :
Je pense que vous avez donné le meilleur exemple, à travers votre question, au
préalable, par rapport... Au niveau des communautés autochtones, par exemple,
si le territoire a une signification particulière, donc, ça pourrait très, très
bien être une caractéristique culturelle.
M. Benjamin :
Est-ce qu'il pourrait y avoir un paysage humanisé avec une vocation
particulière? Est-ce que ça existe, ça?
M. Charette :
Qu'est-ce que vous entendez par vocation? Une activité humaine particulière
ou...
M. Benjamin :
Par exemple, si, sur un territoire particulier, il y a une communauté autochtone,
justement, avec des caractéristiques
naturelles, culturelles et paysagères, est-ce qu'on pourrait parler, à ce
moment-là, d'un paysage humanisé autochtone? Est-ce que ça...
M. Charette :
C'est-à-dire il n'y a pas... la loi ou le projet de loi n'introduit pas une catégorie
spécifique de cette nature-là, mais on
pourrait penser que le fondement du paysage humanisé est à consonance autochtone,
c'est-à-dire, si
c'est la communauté autochtone qui présente le dossier, qui, à travers ces
différents critères, précise que la caractéristique pour cette communauté-là,
elle est naturellement en matière de biodiversité, de caractéristiques
naturelles, mais aussi par rapport à leurs traditions, donc on pourra reconnaître
que c'est un paysage humanisé, là, qui répond aux particularités autochtones.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je vous explique le contexte, vous me dites si je
suis à côté ou si ça ne dépend pas d'un regard humanisé. Il y a de ça quelques
années, l'île d'Orléans voulait faire certains aménagements. Les gens, l'autre
côté de la rive, se sentaient vexés par le manque de jouissance qu'ils auraient
eu de la vue qu'ils ont de l'île. Si on prend cet exemple-là, est-ce que le
ministère pourrait décréter que l'île d'Orléans est un paysage humanisé, et, de
ce fait, aucune transformation ou toute transformation devrait avoir une
consultation auprès des gens de l'autre rive, c'est-à-dire ceux qui ont les
yeux sur elle?
Charette : C'est peut-être difficile de me référer spécifiquement à
l'île d'Orléans parce que l'île d'Orléans jouit déjà d'un degré de protection, à travers le ministère de la
Culture, très, très élaboré. Donc, c'est peut-être difficile pour moi,
là, de confondre les prérogatives des deux ministères ou les possibilités
qu'offre l'île.
Et je ne sais pas si,
à travers votre question, vous faites référence... Il a été question, il y a
quelques années, de modifier l'axe des pylônes. Je ne sais pas si c'est à ça
que vous faites référence, en particulier.
Charbonneau :
Je pourrais faire référence à différents aspects, mais je la prenais en
exemple, puisque ça a été un débat entre deux communautés, hein, les gens de
l'île et les gens de Québec qui habitaient en face et le regard qu'ils
portaient sur la vision qu'ils avaient. Mais ça me permet de peut-être allonger
en disant, à partir du moment où le ministère décrète un paysage humanisé, à
travers les autres ministères, parce que... vous avez bien fait de me resituer par rapport au regard que la
Culture a sur l'île d'Orléans. Est-ce qu'il y a une discussion, une
conversation qui se fait avec les
ministères, entre autres, ceux qui peuvent être reconnus comme des ministères
qui ont une emprise ou qui décrètent certaines réglementations par
rapport aux endroits?
M. Charette :
Ultimement, comme l'article le précise, il y a un dossier de candidature qui
doit être soumis. Et, dans ce dossier de candidature qui doit être soumis. Et,
dans ce dossier de candidature là, on doit faire état aussi des oppositions. Donc, ça permet, là, de juger si un projet fait
totalement l'unanimité ou, sinon, s'il n'y a pas une poche
d'opposition qui mérite d'être aussi entendue. Et c'est en même temps pour
le... Comment mentionner? Le ministère reconnaît ensuite ce territoire
humanisé, mais c'est la municipalité ou, on le voyait plus tôt, communauté autochtone
et autres qui, par la suite, décrète ce territoire-là, mais le ministère ne pourrait pas
donner l'autorisation si jamais il y
avait une opposition qui était justifiée, légitime, et qui rendait l'acceptabilité...
Puis, comme je le
disais au collègue de Viau, c'est des projets qui normalement n'ont pas intérêt...
ou ne créent pas de dissension. On veut qu'ils soient reconnus par le milieu.
Ça doit apporter une plus-value au milieu. Donc,
ce serait difficile de reconnaître un paysage humanisé qui ne fait pas l'unanimité ou qui est, au contraire, là, source de discorde, là. Mais, encore là,
avec l'île d'Orléans, c'est peut-être un
petit peu plus difficile de me
référer, mais on va miser sur la mobilisation du milieu, là, pour en
faire un succès.
Mme Charbonneau : Prenons un autre exemple un peu plus contemporain, Faune, Forêts et Parcs. Dernièrement, toute la question
qui s'est posée sur les territoires où on peut ou on ne peut pas chasser, la reconnaissance
des communautés autochtones par rapport à ce territoire-là. Est-ce qu'à ce
moment-là une demande peut se faire? J'essaie de bien formuler ma question,
mais c'est vraiment en lien avec Forêts, Faune et Parcs. Et je suis sûre que
vous n'allez pas me répondre : Ça ne dépend pas de moi, ça dépend de
l'autre, là, mais comment on regarde le dossier quand une communauté peut le
justifier par un territoire reconnu à leur vision, et je ne porte pas
d'opinion là-dessus, là, et dans leur volonté de protéger dans une
économie locale, qui... parce qu'il y a des campements et des chalets, la chasse est permise, mais qu'en même
temps le dossier peut être posé et reconnu comme un territoire humanisé?
M. Charette : J'essaie de me
coller un petit peu sur le paysage humanisé. Le paysage humanisé permet
l'activité humaine. D'ailleurs, c'est un territoire qui est généralement
habité. C'est un territoire que l'on peut penser en terres privées et non pas
essentiellement publiques, comme l'exemple que la collègue apporte. Donc, a
priori, la chasse en territoire humanisé pourrait être une activité permise,
mais on est davantage en territoire privé, donc la contestation de cette
activité-là est moins probable, en quelque sorte.
Là où il y a des enjeux au niveau de la chasse,
c'est beaucoup en territoire public, où il y a des enjeux de droits
territoriaux qui ne sont pas réglés, ou la pensée qu'au sein d'une communauté,
que le cheptel, on l'a vu récemment encore, d'une espèce en
particulier n'est pas suffisamment fort pour permettre la pratique de la
chasse. Donc, on est peut-être un petit peu loin, là, du paysage humanisé, là,
dans le cas présent.
Charbonneau : Ça
me rassure. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article 65.1? S'il n'y a pas
d'autre commentaire, M. le ministre, veuillez lire l'article 65.2.
M. Charette : C'est gentil, merci,
Mme la Présidente. Pas d'amendement non plus pour celui-ci. Donc :
«65.2. Dans
le cadre de l'analyse de la demande, le ministre consulte les communautés
autochtones, les ministres et les organismes gouvernementaux concernés.
«À la fin de son analyse, le ministre transmet
au représentant des demandeurs un avis d'admissibilité.
«Une fois l'avis d'admissibilité reçu, le
représentant des demandeurs prépare le plan de conservation du paysage humanisé
envisagé et le transmet au ministre pour approbation. Un tel plan
prévoit :
«1° la délimitation du territoire;
«2° le caractère perpétuel de la reconnaissance
ou sa durée; en
«3° les caractéristiques naturelles, culturelles
et paysagères qui présentent un intérêt de conservation; en
«4° les objectifs et les mesures de conservation
du territoire visé; en
«5° les cibles et les indicateurs de suivi
applicables au territoire visé; enfin, en
«6° le rôle
et les responsabilités de chacun des demandeurs et, le cas échéant, de toute
communauté autochtone, de tout ministre ou de tout organisme
gouvernemental concerné.»
Et le
commentaire général : Le premier alinéa de cet
article assure que
l'ensemble des acteurs gouvernementaux ainsi que les communautés
autochtones soient consultés avant la reconnaissance d'un paysage humanisé,
puisqu'une telle reconnaissance pourrait
avoir des impacts sur leurs exercices de planification et leurs réglementations
respectives.
Le deuxième alinéa de cet
article prévoit la
transmission d'un avis d'admissibilité par le ministre pour que les instances
concernées puissent procéder à la prochaine étape.
Et enfin le troisième alinéa de cet
article
prévoit l'étape suivant l'analyse préliminaire du ministre, à savoir la
confection d'un plan de conservation pour le territoire ciblé.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Viau.
Benjamin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Alors, pour nous permettre
de vraiment saisir les enjeux autour du 65.2, en fait, la première
question que je vous pose, M. le ministre... Selon notre compréhension, la
désignation actuelle d'un paysage humanisé requiert l'unanimité auprès des
personnes concernées. Ce que l'on comprend de votre volonté, c'est que
l'unanimité faisait en sorte qu'aucun projet, jusqu'à maintenant, ne soit
désigné. Qu'est-ce qu'on fait avec les personnes qui sont contre le projet,
outre la consultation?
M. Charette : En fait, je ne me
référerais pas à l'unanimité, parce que, si on se réfère plutôt à l'article
précédent, le rapport qui... ou la demande doit relever s'il y a des
oppositions. Donc, l'opposition, elle est permise, mais il faut que cette
opposition-là soit... Comment dirais-je? Si elle est très, très forte,
organisée, impliquant une majorité de personnes vivant sur le territoire, on
comprend que ça ne pourra pas être retenu. Si, cependant, cette opposition-là,
au fil des explications qui sont fournies, peut être rassurée et se rallier,
tant mieux, et, si l'opposition est marginale, en quelque sorte, le projet
pourrait très, très bien se dérouler, mais, comme je le mentionnais, on va
miser, dans tous les cas, sur un consensus local qui est très, très fort, pour
garantir le succès, là, de l'opération.
M. Benjamin : On conçoit, tout le
monde, évidemment, qu'un paysage humanisé, c'est pour le bien public. On est d'accord avec ça, mais, dans le cas d'un
paysage humanisé où il y aurait, par exemple, une consultation publique
pendant laquelle des gens en faveur, ils sont... en défaveur du projet peuvent
se prononcer, s'il est considéré, à ce moment-là, que le
paysage humanisé soit pour le bien public, que se passe-t-il, à ce moment-là,
pour les propriétaires qui sont en défaveur du projet?
M. Charette :
Comme l'indique le présent article, dans l'éventualité où on va de l'avant avec
la procédure, il devra y avoir un plan de conservation d'établi. Donc, si on
voit que les opposants ne permettraient pas la réalisation du plan de
conservation, c'est là où il y aurait des questions supplémentaires. Ça
pourrait retarder le processus, ça pourrait le faire avorter, ou on pourrait
tout simplement convenir de se donner plus de temps pour rassurer ou impliquer
les gens qui, au départ, se montraient réticents, là, avec la désignation.
M. Benjamin :
À ce moment-là, M. le ministre, vous comprendrez avec moi, donc, vous serez
d'accord avec moi qu'il y a peut-être aussi des... c'est presque une épée de
Damoclès, qu'il y a des enjeux d'expropriation qui se poseraient, qui
pourraient se poser. Comment est-ce qu'on compense, à ce moment-là, une
personne qui pourrait se sentir lésée par la désignation d'un paysage humanisé?
Qui paiera cette compensation?
M. Charette :
En fait, c'est un scénario qui est très, très hypothétique. Quand je
mentionnais qu'on doit avoir l'adhésion du milieu, je veux dire, on est bien
loin des expropriations de force, et autres, donc ce serait difficile pour moi
de répondre, non seulement à la question très hypothétique d'expropriation mais
d'ultime compensation. Je ne m'attends pas à ce que, du jour au lendemain, il y
ait des centaines et des centaines de paysages humanisés, parce que ça doit rencontrer un certain nombre de
critères qui sont bien précisés, mais je m'attends qu'il y a certains milieux
qui vont se mobiliser pour en faire, de leur territoire, un paysage humanisé.
Donc, c'est ces
projets-là qui sont susceptibles de réussir et non pas ceux qui rencontrent une
opposition très forte. Dans tous les cas,
étant donné que l'initiative vient d'un milieu local... je répète un petit peu
ce que je mentionnais, mais ce serait difficile de concevoir un projet
qui, au sein même du milieu local, rencontre beaucoup d'opposition.
Benjamin : Je souhaite aussi, je souhaite, tout comme vous, M. le
ministre, qu'il y ait des paysages humanisés qui font le consensus, voire l'unanimité, donc, des parties prenantes.
Je le souhaite tout comme vous, mais cependant, hypothétique ne veut
pas... c'est peut-être aussi... c'est probable aussi, hypothétique.
Hypothétique ne veut pas dire que ce n'est
pas probable, c'est aussi que ces genres de situations là arrivent. À ce
moment-là, s'il n'y a pas d'expropriation alors que le propriétaire du
terrain demeure propriétaire mais se voit retirer certains droits sur son
territoire, qui va compenser ce propriétaire et comment on le compense?
M. Charette :
En fait, comme je le mentionnais, un projet qui a une grande opposition est un
projet qui risque peu d'avancer. Donc, si, pour une municipalité... N'oublions
pas que c'est le milieu local qui est maître d'oeuvre, en quelque sorte. Donc,
si la municipalité juge que les contraintes sont trop importantes, la
municipalité va y renoncer, tout simplement.
M. Benjamin :
Où est-ce que c'est... Est-ce que c'est écrit quelque part dans le projet de
loi que vous nous présentez?
M. Charette :
...les différentes conditions, là, que j'ai énumérées, avec le détail qui doit
être fourni dans la demande elle-même, la municipalité est responsable de sa
consultation publique. Donc, c'est écrit, de par les précisions qui sont données,
mais ce n'est pas écrit noir sur blanc «dans l'éventualité d'un opposant ou des
opposants». Mais on doit faire état, dans le dossier de demande, des oppositions
au projet lui-même. La municipalité aura à consulter sa population et faire
état du degré d'adhésion de la population à cette démarche-là.
M. Benjamin :
Vous évoquez souvent une grande opposition, mais il pourrait s'agir, par
exemple, d'un cas où un propriétaire, par exemple, un seul propriétaire s'y
oppose. Comment vous qualifiez cette opposition-là?
M. Charette :
...la question est tout à fait pertinente. On n'est pas en territoire... on
n'est pas dans une aire protégée, on n'est pas dans une catégorie stricte de
protection. On veut, au contraire, qu'il y ait une vie sur ce territoire-là.
C'est la définition même de ce paysage humanisé. Donc, il faudra voir. Est-ce que
ce propriétaire unique là rend
possible ou non le plan de conservation qui doit être mis en place? Donc, il se
pourrait que le plan de conservation soit tout à fait réalisable malgré
l'opposition d'un propriétaire, mais c'est de voir, est-ce que ce propriétaire-là
occupe 1 % du territoire convié ou s'il en occupe 98 %.
Donc, c'est là où
c'est difficile, là, de répondre précisément à la question. Mais, s'il devait
occuper un petit, petit pourcentage du territoire du paysage humanisé, bien, le
plan de conservation ne devrait pas être affecté, conséquemment, et on n'a pas
à penser à une expropriation, étant donné qu'on veut cette activité-là. Si on
protège, si on reconnaît ce paysage-là comme étant particulier, c'est parce
qu'il y avait au départ une vie, une activité humaine sur le territoire en question.
M. Benjamin :
Bien, je comprends, mais cependant, M. le ministre, on est dans une situation
où une municipalité veut faire un paysage humanisé. Et, sur le territoire que
cette municipalité-là lorgne, il y a au moins un propriétaire et peut-être même
deux propriétaires qui s'y opposent. À ce moment-là, est-ce qu'il appartient
aux municipalités... qui auront, à ce moment-là, le fardeau de compenser les
propriétaires ou est-ce que votre ministère aura un mot à dire afin d'améliorer
la situation?
Charette : En fait, là, j'essaie d'anticiper un petit peu les
scénarios. Si le propriétaire devait être réellement, réellement opposé, étant donné qu'on doit
délimiter ce territoire-là, bien, il
est possible que la municipalité convienne de tout simplement contourner la propriété en question dans la
délimitation du paysage humanisé. On vise le consensus, et la municipalité
n'aurait pas intérêt à se mettre à dos sa population. Donc, si c'est marginal,
soit qu'on fait outre parce que le plan de conservation n'est pas affecté ou
soit on délimite le territoire de l'aire... pas de l'aire, mais du paysage
humanisé en conséquence.
M. Benjamin : C'est ce que nous
souhaitons, M. le ministre. C'est ce que nous souhaitons. Nous souhaitons
effectivement que le tout soit fait dans un relatif consensus, mais nous sommes
des législateurs et nous avons cette opportunité-là, dans le cadre de ce projet
de loi, entre autres, d'encadrer, de baliser, de prévenir ce qui pourrait
advenir. Et une des choses qui pourraient clairement advenir, c'est qu'il
pourrait y avoir une municipalité qui décide, qui
dit : Écoutez, moi, je vais de l'avant avec mon projet de paysage
humanisé, mais ce serait, à ce moment-là, un cas d'expropriation pour le
propriétaire qui s'y oppose. Et est-ce que c'est à la municipalité d'assumer ce
fardeau-là ou est-ce que, vous, vous prévoyez un mécanisme dans ce projet de
loi là qui puisse protéger les personnes aussi qui pourraient se retrouver
Gros-Jean comme devant face à une expropriation?
M. Charette : En fait, encore une
fois, on n'est pas dans des scénarios d'expropriation. L'expropriation, elle est en vertu, par exemple, d'un schéma
d'aménagement d'une municipalité ou autre. Là, on est en présence d'un dossier
qui est monté par une communauté locale et qui doit être évalué par le
ministère de l'Environnement. Mais, dans les conditions
d'évaluation, il y a celle de l'acceptabilité sociale, donc la municipalité ne
pourrait pas prendre sur elle-même d'aller de l'avant si l'autorisation n'est
pas donnée par le ministre de l'Environnement. Donc, le scénario,
malheureusement, là, qui est évoqué,
ou heureusement, pourrait difficilement... bien, en fait, ne pourrait pas
s'appliquer si l'aval n'est pas donné par le ministre de
l'Environnement, qui doit, lui, évaluer, en fonction du dossier reçu,
l'acceptabilité sociale du projet.
M. Benjamin : Est-ce que je
comprends, M. le ministre, que l'expropriation est exclue?
M. Charette : En fait, c'est
tellement hypothétique que je ne pourrais pas répondre à toutes les figures de
cas. Une expropriation, par moments, c'est volontaire, ce n'est pas toujours
contraint. On a une loi qui régit de façon très claire les principes
d'expropriation. Ça ne peut pas être fait sur n'importe quelle base. Donc, moi,
j'ai beaucoup de difficulté à voir un parallèle entre des expropriations
forcées et l'instauration d'un paysage humanisé, parce qu'on veut, au
contraire, la garantie de succès de cette démarche-là.
C'est uniquement la mobilisation de la
communauté locale. Donc, s'il y a des cas qui devaient être contestés à n'en
plus finir, la municipalité va tout simplement y renoncer ou c'est le ministre
de l'Environnement qui va tout simplement répondre : Vous ne correspondez
pas à l'ensemble des critères requis pour établir un paysage humanisé. Donc,
l'autorisation ne serait tout simplement pas donnée.
M. Benjamin : C'est vrai
qu'effectivement, donc, la
Loi sur l'expropriation du ministère des Transports
est très claire là-dessus. Cependant, M. le ministre, lorsqu'on possède une
terre et que cette terre-là, il y a une autorité, fut-elle municipale, qui décide
contre sa volonté de l'utiliser à une autre fin, aussi bonne que puisse être
cette fin-là... Et je répète encore, je réitère encore, c'est une bonne chose
d'avoir des paysages humanisés, mais quand on a une propriété, un terrain, une terre, un territoire, une portion du
territoire et qu'il y a une autorité qui arrive, qui met la main dessus
à d'autres fins, on appelle ça une expropriation. C'est une expropriation, M.
le ministre.
M. Charette : Oui. Cependant, on est
loin de tous les principes à la base de la création d'un paysage humanisé, et,
si on était face à un propriétaire, encore une fois, extrêmement, extrêmement
opposé, virulent et prêt à engager... la
délimitation du paysage humanisé va tout simplement être faite de sorte que ça
n'implique pas son terrain.
Donc, on n'enlève aucun droit sur la propriété.
On reconnaît les droits de tous et chacun. Et n'oublions pas non plus que le
paysage humanisé, il est d'abord et avant tout pensé parce qu'il y a une
activité humaine sur le territoire qui est
conforme à la conservation de la nature. Donc, si on voulait établir un paysage
humanisé sur un territoire où il y a des activités qui sont déjà
présentes et qui sont tout à fait contraires à un esprit de conservation, bien,
le fondement même de cette demande-là serait automatiquement rejeté.
M. Benjamin : Bien, j'aime bien.
J'aime bien parce que... Ça fait deux fois que vous l'évoquez. Je commence à
aimer le scénario que vous présentez, c'est-à-dire, c'est le scénario à partir
duquel, bien, s'il advenait qu'il y ait une
demande pour un paysage humanisé, que la municipalité pourrait toujours
contourner, donc, le territoire. Seriez-vous prêt à ce qu'on puisse le
prévoir dans le projet de loi?
M. Charette :
En fait, c'est déjà, avec toutes les qualifications nécessaires, toutes les
précisions nécessaires, là, qui ont
été évoquées... même, à la limite, je dirais, sur cet article-ci, mais sur le
précédent aussi. Parce que je ne veux pas forcément revenir en arrière,
mais, lorsqu'on était à étudier le 65.1, on a déjà spécifié qu'est-ce qui était
nécessaire comme information. Et, dans le 65.2, on fournit encore plus de
détails.
Donc, le
scénario que vous évoquez est pleinement, pleinement possible sans avoir à
recourir à quelque amendement que ce soit.
C'est le ministère, le ministre de l'Environnement qui va donner l'autorisation
et qui va, ultimement, approuver le plan de
conservation. Donc, si ça implique qu'on délimite autrement le territoire, si
ça implique que l'on rejette une demande, on
a tous les critères nécessaires et on a toute la latitude nécessaire, là, pour
le faire, actuellement. Donc, ça serait un amendement qui apporterait
vraisemblablement plus de confusion qu'autre chose.
M. Benjamin :
Donc, à ce moment-là, si vous me dites que c'est déjà prévu, donc, à ce
moment-là, est-ce que nous devons conclure, vous et moi, à ce moment-là, que
parce que c'est déjà prévu, donc, l'expropriation est exclue de toutes les
possibilités, de tous les scénarios?
M. Charette :
En fait, comme je vous mentionnais tout à l'heure, la
Loi sur l'expropriation
est très, très claire, d'une part, et une
personne pourrait, de façon volontaire, convenir d'être expropriée. Et, même
là, les modalités, pour ce qui est
des montants, pour ce qui est des conséquences, elles sont déjà prévues dans la
Loi sur l'expropriation, mais un projet qui rencontre plus d'obstacles
que d'adhésion ne pourra pas cheminer très, très loin.
M. Benjamin :
Je reviens encore à Nature Québec, parce que son mémoire, je pense, là-dessus,
est assez... est très instructif. Donc, Nature Québec recommandait que les
ministères, comme le vôtre, le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation, le MAPAQ, entre autres, s'impliquent davantage pour que les
territoires obtiennent le statut de paysage humanisé au cours des prochaines
années. Cela nécessitait, toujours selon Nature Québec, l'octroi de moyens,
notamment financiers, aux collectivités locales souhaitant obtenir la
reconnaissance de ce statut au sein de leur
territoire. Il incombe au gouvernement, nous rappelait Nature Québec, d'assumer
ses responsabilités en matière de conservation, la moindre des choses
étant d'offrir une contrepartie aux collectivités locales.
Charette : En fait, naturellement, là, ce n'est pas le projet de loi
qui va venir déterminer les modalités d'un budget, mais on pourrait très
bien, dans un budget, réserver des montants x pour la promotion de cette
possibilité-là. Mais ce qu'il faut savoir,
c'est que, dans la procédure qui est prévue, on implique déjà plusieurs
ministères, et chacun de ces ministères-là, y compris celui de
l'Environnement, naturellement, sera disposé et intéressé à accompagner les
milieux qui voudront enclencher cette procédure-là. Donc, l'accompagnement est
déjà possible, mais je ne pourrais pas, dans le projet de loi, inclure des
modalités budgétaires, par contre.
M. Benjamin :
Alors, prochaine question, M. le ministre. Donc, qu'est-ce qui... Est-ce qu'on
a déjà étudié l'article 8 du projet de loi?
M. Charette :
Je vais vous dire ça, si on l'avait suspendu ou pas. Je vais vous dire ça à
l'instant.
L'article 8, il est suspendu.
M. Benjamin :
Suspendu? D'accord. On aura l'occasion d'y revenir, parce que l'article 8
de ce projet de loi permettra au ministre
d'établir des programmes d'aide financière, donc, pour la réalisation des aires
protégées. Donc, on...
M. Charette :
En fait, c'est ce que je vous dis, on a déjà la possibilité de mettre en place
des programmes, mais ça, ça ne relève pas de la loi, ça relève d'un budget.
C'est à travers un budget, où on va mettre sur pied un programme, qu'on va lui
dédier un fonds, mais ça, ce n'est pas... La loi permet la chose, mais la loi
ne détermine pas quel serait le programme en question, quels seraient les
budgets en question. Ça, c'est des éléments, là, qui sont précisés dans un
budget et non pas dans une loi.
M. Benjamin :
On est toujours sur le 65.2, Mme la Présidente, c'est bien ça?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui.
M. Benjamin :
D'accord. Alors, à ce stade-ci, j'annonce que j'aurai un amendement à déposer.
Donc, si on peut le...
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, nous allons suspendre quelques
instants, le temps de pouvoir déposer votre amendement.
(Suspension de la séance à
12 h 33)
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, nous allons reprendre nos travaux.
Vous pouvez consulter l'amendement proposé par M. le député de Viau en
allant sur Greffier. Donc, M. le député de Viau, veuillez, s'il vous plaît,
lire votre amendement.
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Donc, donnez-moi quelques secondes. Voilà.
Alors :
L'article 65.2 de la loi, introduit par l'article 32
du projet de loi, est modifié par l'ajout... du paragraphe
6° du paragraphe suivant,
donc :
un formulaire de consentement de chacun des propriétaires visés qui acceptent
que leur propriété soit incluse dans le
paysage humanisé, à défaut de quoi, une preuve que ces propriétés font l'objet
d'une démarche d'expropriation, tel que prévu par la
Loi sur
l'expropriation, par les demandeurs.»
Présidente (Mme St-Pierre) :
Y a-t-il des commentaires? Est-ce que vous voulez commenter, M. le député de Viau, votre amendement?
M. Benjamin :
Bien sûr. Bien sûr, Mme la Présidente. Écoutez, je pense que, comme législateurs,
il est de notre responsabilité de prévoir des scénarios qui pourraient arriver.
Et cet amendement-là est en droite ligne avec ce que prévoyait, ce que vient de nous dire le ministre, au sujet... que ce soient les mécanismes
de consultation, au niveau des
démarches à faire par une municipalité pour faire une demande, et, au moment de
déposer la demande, qu'est-ce qui doit être inclus, donc. Alors, je
pense que c'est un amendement qui devrait pouvoir trouver écho, donc, du côté
du gouvernement, puisque nous avons convenu qu'il y a des scénarios qui sont
possibles, qui sont probables.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Charette :
Simplement, j'apprécie l'explication du collègue, mais malheureusement, là, on
ne pourrait pas consentir à pareil
amendement. C'est plus problématique qu'aidant. Et, encore une fois, comme je
le mentionnais, ça ne veut pas dire que le refus d'un propriétaire va
passer par une expropriation. Ça pourrait tout simplement faire en sorte que le territoire du paysage humanisé
soit délimité autrement. Et, à l'inverse, même si la propriété est à
l'intérieur de ce paysage humanisé, si le plan de conservation
n'implique pas des interventions particulières sur la propriété en question, le
paysage humanisé va pouvoir se réaliser malgré tout.
Donc, non seulement
c'est problématique d'un point de vue juridique, mais ça ne reflète pas les
possibilités qu'offre la création d'un paysage humanisé.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres
commentaires à l'amendement du député de Viau? M. le député.
Benjamin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je comprends, je
peux comprendre le raisonnement du ministre, mais dans le cas où il y a une
démarche de consultation... Mais ce qu'on a devant nous, Mme la Présidente, on
a le 65.2 où le ministre consulte des gens, donc, et c'est correct, d'ailleurs,
je l'ai dit précédemment. Donc, c'était correct, c'était parfait de
consulter les gens, mais faut-il s'assurer, à ce moment-là, sur un territoire x
ou y, à ce moment-là, s'il y a un ou des propriétaires privés qui s'opposent à
une démarche, que ces gens-là, à défaut d'être consultés... puisque ce qu'on
s'aperçoit ici, c'est que ces gens-là ne sont pas consultés par le ministre.
Donc, à défaut que ces gens-là soient consultés par le ministre... mais au
moins que ces gens-là puissent faire valoir leur opposition auprès du ministre,
donc, et c'est ce que nous proposons ici à travers cet amendement.
M. Charette :
...répéter tout ce que j'ai mentionné, la consultation va avoir lieu. Et, dans
la demande même de reconnaissance auprès du
ministre de l'Environnement, les oppositions devront être présentées. Donc, la
consultation aura lieu, les opposants auront la possibilité de
s'exprimer, et non seulement ces deux critères-là, mais l'opposition devra être
présentée dans la demande même du dossier.
Donc,
malheureusement, l'amendement, comme je le mentionnais, engendrerait plus de
confusion qu'autre chose. Et une propriété
qui... un propriétaire qui s'oppose pourra soit se voir exclure du territoire
du paysage humanisé ou, tout
simplement, le plan de conservation n'aura pas d'impact sur sa propriété, donc
il n'y aura pas lieu de l'exproprier pour autant, et le paysage humanisé
va pouvoir se réaliser malgré tout. Et l'amendement, malheureusement, est
beaucoup trop... je veux dire, ouvre la porte à beaucoup trop de possibilités.
Je reviens à ce que
je mentionnais tout à l'heure. Si cette propriété-là représente 1 % du
territoire visé, c'est beaucoup plus marginal que si ça devait en représenter,
je disais tout à l'heure, là, un chiffre sans valeur, mais 98 %. Là, on comprend qu'on ne serait pas dans le même
cas de figure du tout. Et forcément, un propriétaire qui détient 98 %,
par exemple, du territoire qui est visé, on comprend qu'il n'y aura jamais de
paysage humanisé sur ce territoire-là.
M. Benjamin :
J'aimerais poser une question simple au ministre. Dans quel
article est-ce
qu'il est prévu, où il est fait mention, qu'un propriétaire qui s'y oppose
pourra se voir exclu? Quel
article de votre projet de loi?
M. Charette :
En fait, lorsqu'on précise, dans les modalités, quelles sont les délimitations
d'un paysage humanisé, on confirme qu'il faut le délimiter, ce paysage humanisé
là. Donc, la délimitation, dans pareil cas, va tout simplement inclure
l'exclusion du territoire ou de la propriété qui poserait problème.
M. Benjamin :
C'est ce que vous suggérez, M. le ministre, mais ce n'est pas ce qui est dans
le projet de loi. Je ne vois pas nulle part où c'est écrit clairement, c'est-à-dire
moi, j'aimerais bien pouvoir retrouver, c'est-à-dire ce que vous venez d'affirmer, c'est-à-dire l'idée qu'un propriétaire qui s'oppose pourrait
se voir exclure de ce territoire-là. Moi,
j'aimerais pouvoir le voir dans le projet
de loi. Donc, si vous me... Moi,
j'aimerais bien voir l'article en question, parce que, là, vous semblez le suggérer,
mais ce n'est pas ce que... je ne le lis nulle part dans le projet de loi.
Charette : C'est-à-dire, sans relire ce que j'ai déjà lu, dans
l'article, lorsqu'on précise qu'une demande doit
préciser la délimitation du paysage humanisé, bien, la délimitation, elle sera
conçue en fonction d'un projet. Donc, si le projet exclut une propriété,
la délimitation va tout simplement exclure cette propriété-là, mais je ne
pourrais pas, dans un article, préciser, là. C'est du fin, fin, fin détail,
mais, avec l'article tel qu'il se lit actuellement, le scénario d'une
délimitation ajustée est tout à fait permis.
M. Benjamin :
Bien, écoutez, dans la mesure où le projet de loi prévoit qu'une demande, M. le
ministre... C'est la municipalité qui dépose la demande, donc, et la municipalité,
une municipalité x ou y, décide qu'un territoire, tel territoire serait, à ce
moment-là, un paysage humanisé, bon, et la municipalité fait une démarche de consultation
et dépose auprès de vous une demande de reconnaissance à de telles fins, malgré
qu'un ou plusieurs propriétaires s'y opposent. Il n'y a toujours pas,
puisque...
La municipalité,
étant celle qui dépose la demande, où est-ce qu'elle est, la possibilité, pour
le propriétaire privé, à part de cette consultation préalable publique dont
vous parlez, donc, que la municipalité doit tenir? Où est-ce qu'il y a cette
possibilité pour ce propriétaire ou ces propriétaires privés de faire valoir
auprès de vous, puisque ce n'est plus le gouvernement, c'est vous qui donnez
cette reconnaissance-là, auprès de vous, cette opposition?
Charette : En fait, qui donne l'approbation? C'est le ministre de
l'Environnement. Donc, si la délimitation n'est pas adéquate, bien, il y
a des demandes d'ajustement qui seront formulées.
Et, à l'inverse, je
vous demanderais : Dans toutes les consultations que nous avons tenues,
quel groupe a manifesté une inquiétude par rapport au libellé actuel sur cet
enjeu-là? Il n'y en a pas, ça n'a pas été soulevé par personne. Pourquoi? Parce
que l'approbation de la délimitation revient au ministre de l'Environnement.
Et, encore une fois, ce sont des projets qui
se bâtissent sur le consensus. Donc, je ne dis pas que les questions ne sont
pas pertinentes, mais on crée un problème qui n'existe pas et qui n'a
pas été soulevé par aucun groupe au moment de la consultation.
M. Benjamin :
Et pourtant, M. le ministre, je viens de lire un extrait du mémoire de Nature
Québec qui parle des raisons pour lesquelles, jusqu'à présent, nous n'avons pas
encore pu développer de paysages humanisés au Québec. Et, au nombre de ces
raisons-là, on rappelle que ce sont des paysages humanisés qui se développent
avec des territoires privés, donc des
propriétaires privés. Donc, alors, il ne faut pas me dire qu'il n'y a pas de
groupe qui n'a pas évoqué cette situation-là. Donc, le mémoire de Nature
Québec est très clair à cet effet.
Mais maintenant nous
sommes en train de faire un projet de loi, M. le ministre, qui va être un
projet de loi, je l'espère, je le souhaite, c'est ce que nous souhaitons, qui
sera bon pour tout le monde. Et le paysage humanisé, les paysages humanisés, c'est bon pour l'ensemble du
Québec, mais cependant, lorsqu'il s'agit de venir dans des territoires
où il y a des propriétaires privés, il faut s'assurer aussi qu'aucun citoyen
québécois ne se retrouve lésé aussi. Et c'est pour cette raison que je vous
demande de prévoir, à travers cet amendement-là, un mécanisme où tout
Québécois, toute Québécoise propriétaire qui se sente lésé pourrait et pourra
vous faire valoir, auprès de vous, pas en participant à votre consultation... mais pouvoir déposer un formulaire pour signaler
leur opposition. Qu'est-ce qu'il y a de compliqué là-dedans?
M. Charette :
En fait, là, je ne veux pas... parce que ça pourrait être une conversation sans
fin. Je pense que le collègue a très bien
illustré son point. Je pense que, d'un point de vue autant légistique et à
travers mes explications, j'ai expliqué pourquoi l'amendement ne serait
pas aidant pour le projet de loi, bien au contraire.
Mais je résumerai
tout simplement en disant que le tout doit se faire avec l'approbation du
ministre de l'Environnement. Donc, si le ministre de l'Environnement, peu
importe qui occupe la fonction, devait se convaincre qu'il y a un problème au
niveau de la délimitation, bien, l'approbation ne sera pas donnée tant que
cette question-là ne sera pas réglée. Et les deux articles, autant celui qui
est actuellement étudié que le précédent, sont très, très, très clairs, là, à
ce niveau-là.
M. Benjamin :
Donc, je comprends. Donc, je sais que je vous ai posé la question encore une
fois, mais c'est une question très importante, M. le ministre. Vous savez, j'ai
joué dans ce même film là, dans un autre projet de loi, qui s'appelait le projet
de loi n° 17, qui concernait, justement, les chauffeurs de taxi. O.K.?
J'ai joué la question de l'expropriation, les enjeux d'expropriation. Donc,
moi, ce que je vous demande maintenant, c'est... étant donné que vous avez même
dit vous-même que ce sont des hypothèses hypothétiques... mais une hypothèse,
une situation hypothétique, ça ne veut pas dire que ce n'est pas une situation
qui pourrait arriver. Et moi, ce que je vous demande, de deux choses l'une,
pouvez-vous nous donner ici la garantie qu'il n'y aura pas d'expropriation?
Donc, ce n'est pas une possibilité qu'il y ait de l'expropriation.
Et, dans la mesure
que vous ne pouvez pas nous donner cette garantie-là qu'il n'y aura pas
d'expropriation, qu'est-ce que vous prévoyez pour un propriétaire qui se
sentirait lésé? Comme ministre, qu'est-ce que vous prévoyez pour cette personne-là,
comme mécanisme auprès de vous, dans le cadre de votre consultation?
M. Charette :
La dernière fois... étant donné que ça devient redondant un petit peu, c'est la
dernière fois que j'y répondrai. Il y a une
loi sur l'expropriation au Québec, mais on n'est pas du tout dans des scénarios
d'expropriation. Mais, si ça peut aider le collègue, volontiers, mais un, je
répète qu'on n'est pas dans des scénarios d'expropriation, et deux, il y a une
loi sur l'expropriation. Donc, un
citoyen, qui est visé par une expropriation qui ne lui convient pas, a
plusieurs recours à sa disposition à travers le Tribunal administratif, à
travers... C'est une loi qui est déjà extrêmement balisée.
Donc, non seulement on
n'est pas dans des scénarios d'expropriation, et deux, si, de façon
hypothétique, on devait y être, c'est une mécanique qui est déjà balisée avec
tous les recours nécessaires pour le propriétaire qui pourrait se sentir lésé.
Donc, le projet de loi, actuellement, n'est pas sujet à préciser la
Loi sur l'expropriation
étant donné que c'est déjà très, très bien balisé.
M. Benjamin : Donc, une dernière
intervention, si vous permettez, Mme la Présidente. Donc, l'intervention du ministre
vient nous dire... en fait, ce que le ministre vient de nous dire, c'est que l'expropriation,
c'est un scénario hypothétique, là encore. Donc, ça pourrait arriver, c'est
probable. C'est probable qu'on ait à exproprier quelqu'un. C'est probable qu'on
ait à exproprier quelqu'un qui s'oppose, mais, par contre, il ne prévoit rien
puisque la
Loi sur l'expropriation est claire, lorsqu'on exproprie, on
exproprie à la valeur marchande avec des compensations. Mais lui... et les
municipalités sont venues nous dire, en consultations particulières, les défis
qu'elles ont, et il n'y a... Actuellement,
il ne prévoit aucun levier pour accompagner les municipalités dans cette
démarche, advenant qu'il y ait un cas d'expropriation. Donc, c'est ce
que nous comprenons.
Nous comprenons que, oui, le ministre nous
dit : Il pourrait y avoir des cas d'expropriation, parce qu'il ne nous dit
pas qu'il ne peut pas y avoir de cas d'expropriation. Donc, il pourrait y avoir
des cas d'expropriation, mais, à ce moment-là, il s'en remet à ce qui est
prévu, pendant que, du même souffle, il nous disait en même temps, tantôt, que
c'est dans les questions de schéma d'agglomération. Bien sûr, on connaît ça,
mais ici, je rappelle encore, c'est un enjeu qui ne dit pas son nom, parce
qu'en réalité ce sur quoi il s'agit véritablement, c'est une expropriation
lorsqu'un propriétaire s'oppose et que la
municipalité ou toute autre instance décide d'aller de l'avant. Merci, Mme la
Présidente.
Charette : ...il y a
quelques faussetés, là, qui viennent d'être dites. Je ne repasserai pas à
travers l'argumentaire du collègue, mais il y a plusieurs faussetés. Il
n'y aura pas d'expropriation, il n'y aura pas non plus de municipalité qui va passer outre la volonté des citoyens, et
autres. Mais je ne reprendrai pas tout l'argumentaire, mais je peux rassurer le
collègue, il a beaucoup, et c'est quelque chose qui peut être souligné, il a
beaucoup d'imagination pour faire un projet de... une comparaison avec
le projet de loi n° 17, d'une part. Et tout cet article-là et le précédent
précisent clairement les modalités qui sont dans le parfait respect des droits
des citoyens. Les questions étaient légitimes, mais je pense qu'on a fait le
tour de la question.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres... Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Je pensais que c'était
ma dernière intervention, Mme la Présidente, mais je comprends encore que,
peut-être, dois-je rappeler que, puisqu'il est revenu sur l'enjeu de ce projet
de loi là, donc, de cette loi, désormais,
donc, puisque c'est le cas, malheureusement, pour beaucoup de personnes qui
ont... Et je rappelle au ministre, donc,
si tant est le besoin de le rappeler, que c'était une loi qui avait pour effet
de faire en sorte que des gens qui avaient un gagne-pain se sont fait exproprier par le gouvernement, par votre
gouvernement. Et ces gens-là, encore aujourd'hui, ces gens-là, encore
aujourd'hui, se retrouvent Gros-Jean comme devant, parce que leur gagne-pain
leur a été enlevé, et ils sont des centaines et des milliers au Québec.
Ce sur quoi nous faisons face aujourd'hui, nous
sommes en train de travailler sur un projet de loi, un projet de loi où il y a
des scénarios que vous-même, vous refusez de nous dire que ça ne peut pas
arriver. Bon, alors, si ça ne peut pas arriver... Donc, ça peut arriver. Bon,
alors, si ça peut arriver, qu'est-ce qu'on peut faire? Qu'est-ce que vous,
comme ministre de l'Environnement...
Je rappelle
le 67.2 : «Dans le cas de l'analyse de la demande, le ministre
consulte les communautés autochtones...» C'est parfait, c'est excellent.
Je vous ai même félicité là-dessus. C'est très bien de le prévoir. «...les ministres
et les organismes gouvernementaux concernés», c'est excellent. Et, dans ce même
article, où on parle... «Une fois l'avis d'admissibilité reçu, le représentant
des demandeurs prépare le plan de conservation du paysage humanisé envisagé et
le transmet au ministre pour approbation. Un tel plan prévoit la délimitation
du territoire.»
Or, dans la question de la délimitation du
territoire, justement, je ne suis pas rassuré parce que je ne vois, ici, dans
le texte que j'ai devant moi, rien qui me dit que... et dans les articles qu'on
a regardés auparavant non plus, que, dans le cadre de la délimitation du
territoire, obligation serait faite, à ce moment-là, à la municipalité qui
dépose une demande, de contourner le territoire qui s'y oppose, contrairement à
ce que le ministre nous a affirmé tout à l'heure.
«Le caractère
perpétuel de la reconnaissance ou sa durée; les caractéristiques naturelles, le
rôle et les responsabilités de chacun des demandeurs et, le cas échéant,
de toute communauté autochtone...» Mais ce qu'on demande ici, c'est que les
propriétaires qui s'y opposent, les propriétaires puissent faire valoir, à
travers un formulaire de consentement, puisque... considérant que les
principales personnes touchées par l'implantation de ce paysage humanisé ne
sont pas consultées par le ministre.
Je viens de
faire la liste des personnes qui seront consultées par le ministre.
À ce que je sache, je n'ai pas vu des propriétaires privées dans la
liste des groupes, des personnes et entités qui seront consultées par le ministre.
Donc, alors, pourquoi ne pas le prévoir? C'est simple, pourtant.
Donc, voilà,
donc, mais je comprends que le ministre nous dit que c'est un scénario qui n'est pas...
qui est hypothétique. Donc,
hypothétique, c'est probable, donc. Alors, Mme la Présidente, j'ai
presque tout dit sur cet amendement, presque tout dit.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à
l'amendement présenté par le député de
Viau? S'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons procéder à l'appel
nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Oui. Dans la salle Louis-Joseph-Papineau, M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Dans la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Contre.
La Secrétaire :
M. Lamothe (Ungava)?
La Secrétaire : De retour à
la salle Louis-Joseph-Papineau, Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
M. Arseneau : Abstention.
La Secrétaire : Et
Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Alors, nous allons poursuivre
l'étude de l'article 65.2. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires à
l'article 65.2? S'il n'y a pas d'autre commentaire à l'article 65.2,
nous allons procéder à l'appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
Présidente (Mme St-Pierre) : C'est vrai qu'on n'a pas besoin de faire
l'appel nominal, je l'oublie à chaque fois. Alors, M. le ministre, nous
sommes rendus à 65.3. Il reste environ 1 min 30 s. Vous pouvez
peut-être procéder à la lecture.
M. Charette : Oui, la lecture. Bien,
c'est bien gentil. Merci, Mme la Présidente. Donc : «65.3. Le ministre
reconnaît le paysage humanisé par un avis publié à la Gazette officielle du
Québec . La décision du ministre et le plan de conservation du paysage
humanisé sont publiés sur le site Internet de son ministère.
«La décision est notifiée à tous les demandeurs
ainsi qu'à toute communauté autochtone, à tout ministère ou à tout organisme
gouvernemental concerné.
«Elle prend effet à la date de sa publication à
la Gazette officielle [...]»
Commentaire
rapide : C'est un nouvel
article qui établit les mesures de publication de
la décision du ministre. Il prévoit également la notification
personnalisée aux personnes ou aux groupes de personnes mentionnés.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, compte tenu de l'heure, la
commission ajourne ses travaux jusqu'à 15 heures. Bon appétit.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leur
appareil électronique.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 46, Loi modifiant la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel et d'autres dispositions.
Avant de continuer,
je comprends qu'il y a eu consentement pour que le député de Jonquière remplace
le député des Îles-de-la-Madeleine. Il y a consentement? Voilà.
Donc, lors de la
suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de l'article 65.3 de
l'article 32. Alors, est-ce qu'il y a des commentaires? Vous aviez eu le
temps de le lire, hein, c'est ça, M. le ministre?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Bien, en fait, je voulais savoir... Ici, il y
a une obligation. En fait, «la décision du
ministre et le plan de conservation du paysage humanisé sont publiés sur le
site Internet de son ministère.» Je voulais savoir pourquoi ici on
a une obligation et, dans d'autres cas, on n'a pas cette obligation-là. Par exemple, dans l'article qu'on a vu précédemment...
en fait, bien, précédemment, c'est... pas nécessairement, je crois que c'est le 65. Attendez un moment, ça ne sera pas
long. Dans le 64, par exemple, dans le 64, cette inscription est requise,
par exemple, au Registre foncier, etc. Pourquoi ici...
M. Charette :
...on se souvient du fameux registre qui va être constitué, et, étant donné
qu'on parle d'une catégorie 5, ce sera intégré au registre, tout
simplement, donc présent sur le site Internet également.
M. Benjamin :
Quand on dit que la décision est notifiée, c'est-à-dire est-ce que ça veut dire
qu'on donne l'information ou, du moins... Ça veut dire autre chose ici,
«notifiée»?
Charette : En fait, c'est
une façon de dire qu'elle est transmise à... Donc, on notifie, on informe, en quelque sorte, les différentes parties
impliquées.
M. Benjamin :
D'accord. Aux différentes parties impliquées?
M. Charette :
Bien, on voit plus loin, là, «tous les demandeurs ainsi qu'à toute communauté
autochtone, à tout ministre ou à tout organisme gouvernemental concerné».
M. Benjamin :
D'accord. Parfait, merci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires relativement à
l'article 65.3? Non, pas d'autre commentaire. Donc, M. le ministre,
veuillez lire l'article 65.4.
Charette : Merci, Mme la Présidente. Donc, 65.4 : «Une municipalité régionale de comté veille à
assurer la compatibilité de son schéma d'aménagement et de
développement avec le plan de conservation et une communauté métropolitaine
veille à assurer la compatibilité de son plan métropolitain d'aménagement et de
développement avec celui-ci. La municipalité régionale ou, selon le cas, la
communauté métropolitaine propose toute modification utile au schéma d'aménagement et de développement ou au plan
métropolitain en vue de mieux assurer cette harmonisation, conformément aux règles prévues à cet effet par la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Elle doit également prendre les
mesures de contrôle intérimaire appropriées selon les règles prévues par cette
loi.
«Le plan délimitant
le paysage humanisé est transmis, le cas échéant, au ministre responsable des
ressources naturelles pour qu'il l'inscrive au plan d'affectation des terres
publiques.»
commentaire : Donc, ce nouvel
article assure la cohérence entre les différents paliers des instances
gouvernementales dans l'implantation de la réglementation municipale nécessaire
aux paysages humanisés. Cet
article
s'inspire notamment de l'article 15.5 de la Loi affirmant le caractère
collectif des ressources en eau et favorisant une meilleure gouvernance
de l'eau et des milieux associés.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, dans le premier paragraphe du 65.4, donc, à la fin de ce paragraphe-là, on signale qu'elle doit également
prendre les mesures de contrôle intérimaire appropriées. Quelles sont
ces mesures de contrôle?
Charette : En fait, on parle
soit de la municipalité régionale ou encore la communauté
métropolitaine. Donc, à partir du moment où le processus est en voie d'être
réalisé, on doit déjà présumer et prévoir l'application, notamment,
soit du plan de conservation, soit également les différentes mesures nécessaires,
là, à cette officialisation-là de statut.
M. Benjamin :
Donc, ce que vous venez de me dire, c'est ça, c'est ce qu'on entend par
«mesures de contrôle intérimaire», parce que ce sont...
M. Charette :
S'assurer que les caractéristiques qui sont propres au territoire en question
puissent être bien, bien maintenues. Donc, ça peut être ça, effectivement.
Benjamin : Parce que je
comprends ici, quand on parle de... S'il s'agit de mesures de contrôle
intérimaire appropriées, c'est-à-dire que les autres mesures de... en
attendant la reconnaissance, c'est-à-dire que les mesures qui seront prises
seront des mesures intérimaires. Mais quelles sont ces mesures intérimaires,
précisément?
Charette : Bien, en fait, on
précise, là... En fait, c'est difficile d'interpréter la deuxième
partie du paragraphe sans se rappeler de la première partie. Donc : «Une municipalité régionale de comté ou communauté
métropolitaine — je ne le reprendrai pas dans l'intégralité
— veille
à assurer la compatibilité de son plan au schéma d'aménagement.» Donc, il doit y avoir, naturellement, une fois que
la démarche est initiée, une certaine cohérence, là, pour s'assurer que
le même territoire, là, soit bien préservé. Donc, on peut parler de règlement
de contrôle intérimaire, en attendant que les modifications soient apportées au
schéma d'aménagement, là, par exemple.
M. Benjamin :
Moi, ce que je lis ici, M. le ministre, c'est que la municipalité régionale de
comté, une fois qu'elle s'est assurée de la comptabilité de son schéma
d'aménagement, ainsi de suite, etc... et c'est ensuite, on dit, ou
simultanément, qu'elle prend contact... également, les mesures de contrôle
intérimaires appropriées. Et c'est là que je ne
suis pas sûr quelles sont ces... Est-ce qu'il y a plusieurs mesures de
contrôle? Quelles sont les différentes mesures de contrôle qu'elle doit
prendre à ce moment-là?
M. Charette :
Ou le dire plus simple, en attendant que le schéma d'aménagement soit modifié,
on va s'assurer que les mesures qui sont prises n'entrent pas en contradiction
avec le futur plan d'aménagement. Donc, il peut être question de contrôler
certaines activités, il peut... Bref, c'est, une fois cette démarche-là
initiée, avant que le schéma d'aménagement soit modifié, s'assurer qu'on ne
perde pas les atouts, qu'on ne menace pas les atouts du territoire, là, qui
serait appelé à devenir officiellement le paysage humanisé.
M. Benjamin :
Est-ce que ça pourrait vouloir dire, par exemple, comme mesure de contrôle
intérimaire appropriée, par exemple, interdire la présence de personnes, de
gens sur ce territoire-là, par exemple?
M. Charette :
Interdire la présence d'une personne en particulier?
M. Benjamin :
De personnes, de personnes.
M. Charette :
De personnes? On parle, encore une fois, d'un paysage qui est humanisé, donc normalement
il y a déjà présence de personnes sur le territoire, mais ça pourrait préciser
que telle ou telle activité est interdite. Donc, les personnes qui s'y
retrouveraient ne seraient pas habilitées à faire telle ou telle activité.
M. Benjamin :
Donc, une mesure de contrôle pourrait être, par exemple, l'interdiction de
certaines activités?
M. Charette :
Oui. Bien, en fait, c'est des activités, là... je relis, là, en même temps, là.
C'est un contrôle des activités, s'assurer que... J'essaie de vous trouver des
exemples, là. Il pourrait y avoir des règles sur l'abattage des arbres ou des
règles de cette nature-là.
Benjamin : Dans le deuxième paragraphe, «le plan délimitant le
paysage humanisé est transmis, le cas échéant», pourquoi ici on parle du
cas échéant?
M. Charette :
Je veux juste relire le passage. Vous faites référence à...
M. Benjamin :
Au deuxième paragraphe, toujours dans le 65.4, la première ligne : «Le
plan délimitant le paysage humanisé est transmis, le cas échéant, au ministre
responsable des ressources naturelles.»
M. Charette :
C'est-à-dire «le cas échéant» en voulant dire, à ce moment-ci, au ministre
responsable des ressources naturelles, pour qu'il puisse l'inscrire au plan
d'affectation, là, des terres. Donc, c'est tout simplement la procédure, là,
qui se poursuit.
M. Benjamin : Pour avoir
déjà vu d'autres articles, M. le ministre, dans ce même projet de loi, donc on
parle... lorsqu'il s'agit d'une obligation, on lirait «est transmis
au ministre responsable des ressources naturelles». Alors là, pourquoi on a
choisi... Bon, pourquoi «le cas échéant»? J'imagine que ça veut dire quelque
chose, les législateurs ne parlant pas pour ne rien dire.
M. Charette :
Non, effectivement. Peut-être, je vais juste le relire. Bien, en fait, oui, le
cas échéant, lorsque ce sont des terres qui
relèvent du domaine de l'État. Donc, c'est dans cette perspective-là que ce
serait le ministère des Ressources naturelles, là, qui serait interpelé.
Et ce ne sont pas toujours des terres publiques.
M. Benjamin :
D'accord. Parfait. Merci.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Une question par rapport à l'article 65.4. Les municipalités
régionales de comté veillent à assurer la comptabilité de son schéma d'aménagement et du développement. Puis,
après ça, on va presque directement à
la communauté métropolitaine, le chemin faisant... Puisque, pour moi, la CMM,
c'est plusieurs villes, vous avez le décompte mieux que moi, là, le chemin se
fait comment? C'est-à-dire que la ville, prenons Laval en exemple
puisque c'est une très belle ville, elle fait son schéma, elle identifie ses
paysages humanisés, elle l'achemine à la CMM, et celle-ci doit confirmer, ou
est-ce que la ville de Laval peut, de façon naturelle, faire affaire
directement avec le ministère?
M. Charette :
En fait, les villes ne sont pas subordonnées aux instances de la métropole, par
exemple. C'est juste que, lorsqu'on est en situation de ville, c'est la MRC qui
fait le schéma d'aménagement. Et, pour ce qui est, par exemple, de la
communauté métropolitaine, on ne parle plus de... c'est le vocable qui change,
là. On ne parle pas non plus du schéma
d'aménagement, mais on parle du plan métropolitain d'aménagement, tout
simplement. Mais, dans le cas d'une municipalité qui est membre de la...
qui est
partie prenante de la CMM, ça va faire
partie du plan métropolitain
d'aménagement.
Mme Charbonneau :
Mais, puis je ne fais que le confirmer, je pense que je connais la réponse,
mais elle garde toute son autonomie
par rapport à... je vais appeler ça «décréter», mais identifier une zone
qu'elle appellera un territoire ou un... O.K.
M. Charette :
En fait, on l'a précisé aux articles précédents, c'est souvent une
initiative... en fait, c'est une initiative
qui émane du niveau local. Donc, une municipalité, par exemple, qui va
démontrer un intérêt pour un paysage humanisé, qui va entreprendre les
démarches auprès du ministre de l'Environnement... Donc, ça, c'était précisé
aux articles précédents, mais en aucun temps, par exemple, la métropole,
qu'elle soit la ville de Montréal... c'est-à-dire la métropole de Montréal, ou Québec, qui a un statut également semblable...
ce n'est pas la métropole qui va imposer ça. Il y a une démarche locale qui doit être initiée, et ensuite toute la
procédure est celle, là, qu'on a pu regarder, là, ce matin.
Mme Charbonneau :
Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Je me rappelle, il y a eu beaucoup de groupes,
notamment le Réseau des milieux naturels
protégés, qui disaient que c'était...
je veux dire, ça a été un échec. Il
n'y a pas eu de paysage
humanisé, et là on voit qu'il y a eu un raccourcissement de processus.
Est-ce que c'est
possible, par exemple, que... Là, je sais qu'on ne parle pas des organismes gouvernementaux
et autres ministères, mais plus des municipalités. Est-ce que ça se peut que
dans... Est-ce que le gouvernement a vu l'endroit où il y aurait... qui sont la
cause du fait qu'on n'a jamais réussi à avoir ce genre d'aires protégées?
ici, dans 65.4, dans le fond, il y a une... Est-ce
que c'est possible qu'une municipalité, une MRC... par exemple,
que, dans le processus, que ça fasse... que
ça soit long, là, ce qui est écrit dans 65.4, le fait qu'elle veuille s'assurer
que son plan d'aménagement ne soit pas... qu'il faut qu'elle le change,
etc. C'est ça que je veux savoir, si ça pourrait créer des délais.
M. Charette :
En fait, là, à l'étape de l'article 65.4, on est presque à la fin du processus,
en ce sens qu'on est réellement à l'étape où on va venir agencer le plan d'aménagement. Donc, à cette étape-là, la ville a formulé son souhait au ministre
de l'Environnement, la ville a tenu sa consultation, a pu répondre aux
différents critères qu'on a regardés ce matin. Donc, on est à la toute fin de
la procédure à ce moment-là.
Et, à tout moment et
en tout temps, la ville est accompagnée, au besoin, le ministère est là. Ce
qu'on disait pour d'autres organismes
qui se spécialisent sur ces enjeux-là, les organismes pourraient être là
en appui, mais la demande va venir de
la municipalité. Et c'est à la dernière étape, dans le fond, qu'il devra y avoir des aménagements au plan de... au schéma d'aménagement, justement, pour être bien certain que le schéma d'aménagement reprenne bien les caractéristiques de cette nouvelle appellation
de paysage humanisé.
Vous avez tout à fait raison, on l'a évoqué rapidement
ce matin, la disposition, cette possibilité-là existe tout de même depuis plusieurs années, et ça n'a jamais
abouti, notamment et sans doute pas pour la seule raison, mais notamment parce que la démarche était beaucoup plus
complexe. On est venus la simplifier aux articles précédents, là, un petit peu
plus tôt aujourd'hui, pour s'assurer, là, que ça puisse suivre son cours sans
trop de délais supplémentaires.
Mme Ghazal :
Notamment pas... Il n'y aura pas de consultation, par exemple, du BAPE?
M. Charette :
En fait, la... Tout le volet... et c'était aussi dans la perspective de
reconnaître le pouvoir des municipalités, tout le volet consultation,
effectivement, est assuré uniquement par la communauté, la municipalité. On
parlait de communautés autochtones aussi, naturellement, mais ce n'est pas plus
le gouvernement du Québec qui chapeaute ou qui doit reconnaître la démarche,
mais uniquement le ministre de l'Environnement, ultimement, qui va l'autoriser
et qui va venir la reconnaître.
Ghazal : Ni même les autres ministères
ou organismes gouvernementaux qui sont consultés par le ministre?
Charette : On l'a vu dans
les articles précédents, on peut avoir à consulter, effectivement, d'autres ministères qui auraient des implications ou des
intérêts en cause, mais réellement ça émane de la municipalité. C'est là où la municipalité
est accompagnée, là. On a précisé qu'est-ce qu'elle doit fournir comme
information et tout ça, mais, s'il y a des ministères qui peuvent être
impliqués, effectivement, ils sont interpelés, là, dans la démarche.
Mme Ghazal :
Puis c'est quoi «modification utile» au 65.4? «La municipalité régionale ou,
selon le cas, la communauté métropolitaine propose toute modification utile»,
est-ce que c'était peut-être...
M. Charette :
En fait, c'est que, si son schéma d'aménagement n'est pas conforme à la
reconnaissance de cette nouvelle possibilité, elle devra faire toute
modification utile à son schéma d'aménagement pour que le schéma d'aménagement
reflète la présence du paysage humanisé.
Mme Ghazal :
C'est comme le mettre à jour en disant qu'il y a un paysage humanisé, c'est ça?
M. Charette :
Oui, ou, dans certains cas, par exemple, un schéma d'aménagement d'une MRC
pourrait ne pas permettre ou, au contraire,
permettre tel type d'activité qui ne serait pas conforme avec le paysage
humanisé. Donc là, la MRC devra
changer son schéma d'aménagement pour être sûre, là, que ça reflète bien ce qui
sera attendu à travers le plan de conservation, notamment.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires relativement à
l'article 65.4? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons
passer à l'article 65.5. M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc : «65.5. Le représentant des demandeurs
produit au ministre, tous les cinq ans, un rapport relatif à la mise en oeuvre
du plan de conservation.
«Les renseignements
contenus dans ce rapport ont un caractère public.»
Le commentaire :
Ce nouvel
article permet d'assurer le suivi des mesures de conservation
appliquées sur le territoire d'un paysage
humanisé après sa reconnaissance.
L'article prévoit notamment le caractère
public des renseignements contenus au rapport afin que le public puisse
en être informé. Pour se conformer à cette obligation, les intervenants
municipaux impliqués pourront notamment publier leur rapport sur leur site
Internet.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires? Donc, s'il n'y a pas
de commentaire, nous allons aller à l'article 65.6. M. le ministre.
Charette : Oui, merci, Mme la Présidente, en vous précisant qu'on aurait un petit amendement, effectivement. Donc,
je vous lis la version initiale, juste aller au bon endroit :
«65.6. Toute modification apportée au plan de conservation doit
être approuvée par le ministre et rendue publique sur le site Internet de son
ministère.
«Un avis décrivant la
modification est notifié à toute communauté autochtone, à tout ministre et à
tout organisme gouvernemental concernés.»
Le commentaire :
Cet
article prévoit l'approbation préalable du ministre sur une modification au
plan de conservation afin, notamment,
qu'il puisse vérifier que les mesures de conservation apparaissent au plan,
soient compatibles avec la protection de la biodiversité du paysage
humanisé concerné.
Cet
article prévoit également
qu'une modification au plan est publiée à la Gazette officielle du Québec
afin d'informer le public de cette modification. Cet
article prévoit, enfin, la
notification de la modification à certains intervenants impliqués dans l'administration
du territoire du paysage humanisé. Et le défaut d'obtenir l'approbation du ministre, avant de modifier le plan de protection,
constitue un motif justifiant le ministre de mettre fin à la reconnaissance octroyée, le tout tel que prévu par l'article 95
du projet de loi.
Donc,
avec votre permission, je ferais la lecture de l'amendement. Donc, 65.6, donc l'amendement
serait le suivant :
Remplacer
l'article 65.6 de la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel,
proposé par l'article 32 du projet de loi, par le suivant :
«65.6.
Les articles 63.3 et 65.4 s'appliquent aux modifications apportées au plan
de conservation, avec les adaptations nécessaires.»
Je vous dirais que
c'est un amendement, là, qui a le même objet que celui proposé initialement à l'article 62,
qui introduit l'article 32 du projet de loi, là, donc déjà adopté. Et on lirait tout simplement, là... une
fois cette modification-là acceptée,
on pourrait lire : «Les articles 65.3 et 65.4 s'appliquent aux modifications apportées au plan de conservation, avec les adaptations nécessaires.»
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a des commentaires? M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Donc, je comprends que l'amendement qui est devant
nous, M. le ministre, ne concernerait pas les modifications qui... Est-ce que
ça concerne aussi les modifications qui doivent... qui arriveraient après, une
fois que le plan de conservation est déposé?
M. Charette :
Je ne suis pas certain de comprendre la question.
M. Benjamin :
C'est-à-dire qu'ici l'amendement que vous proposez, donc, c'est de dire que les
articles s'appliquent aux modifications apportées au plan de conservation.
Maintenant, qu'en est-il au 65.5, qu'on vient de passer, où il est dit que «le
représentant des demandeurs produit au ministre, tous les cinq ans, un rapport
relatif à la mise en oeuvre»? Et, dans le
commentaire que vous nous avez formulé, vous nous avez dit, dans les
commentaires, que ce rapport-là serait sur les sites des
municipalités et non pas sur le site du ministère. À ce moment-là, ce que je me
demande : Quelle est... l'opérationnalisation de tout ça, comment ça se
passe?
M. Charette :
Le 65.5 est effectivement maintenu, et là c'est le 65.6 qui viendrait
s'appliquer pour les articles 65.3 et 65.4, et ça précise, là, les
modalités pour la modification. Mais, à partir du moment où il y a une modification qui est faite sur un paysage
humanisé, naturellement, l'information est rendue publique, comme on le
précisait précédemment, notamment à travers les outils, là, les
différents outils de communication, là, qu'on a vus aux articles précédents.
M. Benjamin :
Quand, dans votre amendement, vous dites : «s'appliquent aux modifications
apportées au plan de conservation, avec les adaptations nécessaires...»
M. Charette :
À partir du moment où il y a eu une modification au plan de conservation, il
faut que tous les outils de communication
puissent s'adapter à ces nouvelles particularités là, donc s'assurer que
l'information soit mise à jour là où elle se retrouve, là, tout
simplement.
M. Benjamin :
Ah! bien, ce n'est pas ça que j'avais... J'avais compris que c'était le plan de
conservation et les éléments qui ont changé à l'intérieur du plan de
conservation. Ce n'est pas ça.
M. Charette :
Est-ce que vous êtes au 65.5 ou...
M. Benjamin :
Je suis sur votre amendement, 65.6.
M. Charette :
Parfait. Bien, comme je vous disais, là, il faut retourner un petit peu par le
passé, un petit peu aux articles précédents, 65.3 et 65.4, donc, et sans les
relire, là, on venait de préciser les modalités qui s'appliquaient. Donc, on
dit que ça va s'appliquer aussi au niveau de la communication, on s'entend, au
niveau de la communication de ces informations-là.
Ça va s'appliquer également aux modifications qui sont apportées au plan de
conservation. Donc, s'il y a un plan de conservation qui est modifié, il
faut repasser par les modalités qui étaient précisées en 65.3 et 65.4.
Benjamin : D'accord.
J'essaie de comprendre comment ça va se faire puisque, quand... s'il y a une
modification. Donc, prenons le segment qu'on a regardé tout à l'heure,
donc, sur les mesures de contrôle intérimaires appropriées.
M. Charette :
Peut-être juste vous référer à l'article en particulier.
M. Benjamin :
Alors, 65.4.
M. Charette :
Point 4? Parfait.
M. Benjamin :
65.4. Donc, ce qu'on doit comprendre, c'est que, ça aussi... c'est que les municipalités,
donc, devraient... Qu'est-ce qu'elles font à ce moment-là? Est-ce qu'elles
doivent vous déposer ces éléments-là aussi pour votre approbation, du moins?
Charette : En fait, on recule, en quelque sorte. Si le plan de
conservation est modifié, il faudra, pour une municipalité régionale, par
exemple, s'assurer que son schéma d'aménagement est toujours conforme, pour une
métropole, s'assurer que son plan
métropolitain d'aménagement soit aussi conforme. Donc, on reprend, en quelque sorte, la procédure qui avait déjà été complétée.
Dans le fond, on a
fait une première démarche. Le plan de conservation a été modifié, donc on doit
refaire la même démarche pour s'assurer que
les schémas d'aménagement demeurent conformes au nouveau plan de conservation,
là, qui est mis en vigueur.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires relativement à l'amendement
à l'article 65.6? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, nous allons
procéder à l'appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Oui. M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
M. Lamothe (Ungava)?
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac)?
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Pour.
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
M. Benjamin :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
Et M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
Et Mme St-Pierre (Acadie)?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 65.6 est
adopté. Est-ce qu'il faut que je redemande s'il y a des commentaires à
l'article 65.6 tel qu'amendé? Je ne sais pas si c'est nécessaire, là, dans
les circonstances. Je pense que non. Alors, voilà.
Donc, nous allons passer à l'article 65.7. M.
le ministre, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente, en vous informant
qu'il y aurait aussi un amendement de proposé.
Donc :
«65.7.
Le ministre peut mettre fin à la reconnaissance d'un paysage humanisé pour l'un
ou l'autre des motifs suivants :
«1° le territoire a
été reconnu sur la foi de renseignements ou documents erronés ou trompeurs;
«2° les mesures
prévues au plan de conservation ne sont pas respectées;
«3° la conservation
des caractéristiques du territoire ne présente plus d'intérêt;
le maintien de la reconnaissance entraînerait, pour la collectivité, un
préjudice plus grand que le fait d'y mettre fin;
«5° le plan de
conservation a été modifié sans l'approbation du ministre.
population habitant le territoire du paysage humanisé est consultée
préalablement à la décision du ministre.
«Le ministre publie
sa décision à la Gazette officielle du Québec et sur le site Internet de
son ministère. Elle est également notifiée à
toute communauté autochtone, à tout ministre et à tout organisme gouvernemental
concernés.
«Elle prend effet à
la date de sa publication à la Gazette officielle du Québec .»
Le commentaire de cet
article original était : Le premier alinéa de cet
article énonce les cinq
situations pour lesquelles la reconnaissance peut prendre fin.
Le deuxième alinéa de
cet
article prévoit la publication de la fin de la reconnaissance afin, notamment,
d'en informer le public. Il prévoit également
l'envoi d'un avis personnalisé aux intervenants impliqués dans l'administration du territoire du paysage humanisé afin qu'ils
ajustent leurs interventions en conséquence.
Et le troisième alinéa
de cet
article prévoit, au surplus, la date à laquelle la reconnaissance cesse
d'avoir des effets pour les parties, notamment
pour les demandeurs qui sont alors déchargés de leurs obligations. Donc,
c'était l'explication de l'article
original.
Je pourrais maintenant
vous lire l'amendement. Donc, l'amendement se lit ainsi :
À l'article 65.7 de
la
Loi sur la conservation du patrimoine naturel proposé par l'article 32
du projet de loi :
1° insérer, dans ce
qui précède le paragraphe 1° du premier alinéa et après «paysage humanisé», «,
à la suite de la tenue d'une consultation publique,» et;
2° supprimer le
deuxième alinéa.
Donc, on le lirait
ainsi : «Le ministre peut mettre fin à la reconnaissance d'un paysage
humanisé, à la suite de la tenue d'une consultation publique, pour l'un ou
l'autre des motifs suivants».
Au niveau des motifs,
pas de changement.
on enlèverait la référence : «La population habitant le territoire du
paysage humanisé est consultée préalablement à la décision du ministre.»
Dans les faits, la
référence à la consultation publique est tout simplement devancée dans le texte
lui-même, donc, et ça permet d'élargir la consultation à d'autres personnes que
celles habitant le territoire du paysage humanisé et qui pourraient être
concernées, là, par la reconnaissance de celui-ci.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, est-ce qu'il y a... Oui, M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Je comprends, M. le ministre,
donc, que cette consultation publique là, c'est une consultation
publique qui est à l'initiative du ministre dans ce cas-là.
M. Charette :
La question est très pertinente. Tout à l'heure, pour initier et faire
reconnaître, c'était une consultation
publique qui relevait de la municipalité, en quelque sorte. Mais là, étant
donné qu'on évoque la possibilité de retirer
un statut de paysage humanisé, là, c'est là où le ministère de l'Environnement
prend à sa charge la consultation publique.
M. Benjamin :
Au deuxième... je ne sais pas si c'est 2°, donc, quand on dit : «les
mesures prévues au plan de [...] ne sont pas respectées», comment on évalue, à
ce moment-là, que ces mesures-là ne seraient pas respectées?
Charette : En fait, comme on a vu précédemment, le responsable ou le
répondant pour un paysage humanisé doit, à chaque cinq ans, faire état de
l'évolution du plan de conservation. Donc, ça pourrait être dans cette
perspective-là. Si on se rend compte que les modalités ne sont pas
respectées, ce serait un motif suffisant pour retirer le statut de paysage
humanisé.
Benjamin : Donc, seulement sur la foi du rapport quinquennal, donc,
que cette décision-là... ou, du moins, est-ce qu'il y a d'autres moyens
qui...
M. Charette :
Oh! c'est-à-dire c'est un exemple que je vous donnais, mais il n'est pas
exclusif, en ce sens que, si, par exemple, on devait rapporter une situation
qui était à l'encontre du plan de conservation, on n'aurait pas à attendre le
cinq ans pour faire les vérifications, là, qui s'imposeraient dans les
circonstances.
M. Benjamin :
Et pourquoi on... Est-ce que vous ne pensez pas qu'il faudrait qu'on soit
peut-être un peu plus précis à ce niveau-là,
puisque cette évaluation-là...
donc, faut-il bien qu'on sache de quoi on parle quand on parle des
mesures d'évaluation? Et comment s'assurer...
Donc, je comprends, oui, le rapport quinquennal,
le rapport en fera foi, bien évidemment, mais il me semble qu'il doit y avoir
d'autres actions à poser pour assurer cette évaluation-là, et pas seulement sur
la base d'un rapport quinquennal seulement.
M. Charette :
Non, mais, en fait, c'est l'exemple que je donnais, mais j'ai bien précisé que
ce n'était pas la seule façon, là, de
vérifier si le plan de conservation a été respecté. Mais cette mesure-là en
particulier, si on se souvient, pour d'autres types de... sur d'autres
statuts précédemment, là, dans le projet de loi, où il était question d'un plan
de conservation, on mentionnait aussi que,
dans l'éventualité où le plan de conservation n'est pas respecté, bien, le
statut pourrait être perdu, tout
simplement. Donc, c'est la même formulation, là, qu'on avait adoptée
précédemment, là, pour d'autres types de protection.
M. Benjamin : Et, à la ligne
suivante, vous dites : «La conservation des caractéristiques du territoire
ne présente plus d'intérêt.» Et, là encore, comment évalue-t-on le manque
d'intérêt ou, du moins, le fait que ce territoire ne présente plus d'intérêt?
Comment vous l'évaluez?
M. Charette : En fait, on avait
aussi sensiblement la même formulation pour un statut différent, là, à travers un
article qui a été adopté. Si ce qui faisait la
particularité de ce territoire-là venait, pour une raison x, à ne plus exister,
bien, naturellement, on ne pourrait pas... on ne pourrait plus maintenir le
statut de paysage humanisé.
En guise d'exemple, je ne sais pas si on peut...
Encore là, pour le paysage humanisé, c'est toujours plus particulier de se
référer à un exemple particulier puisqu'on n'a aucune, aucune... on n'a pas
rien qui a été mis en place, là, qui
correspond à ce type de catégorie là... pas de catégorie, mais de protection
là. Mais sinon, comme on l'évoquait, là, dans les articles précédents,
si la particularité cesse d'exister, naturellement, c'est difficile de
maintenir le statut.
M. Benjamin : Et pour ce qui est du
«maintien de la reconnaissance qui entraînerait, pour la collectivité, un
préjudice plus grand que le fait d'y mettre fin», là encore, comment vous
évaluez tout ça?
Charette : Mon collègue a vu le sourire qui s'est dessiné sur nos
lèvres à tous, ici, du côté gouvernemental. Si l'intérêt public devait
le commander, donc c'est le principe général, qui est quand même balisé par les
tribunaux. Si un élément de force majeure commandait une intervention sur ce
territoire-là et qu'ensuite la particularité qui avait fait de ce territoire-là un paysage humanisé n'existait plus, bien,
c'est là où on serait malheureusement contraints de changer le statut.
M. Benjamin : Donc, ce que je
comprends bien avec la modification que vous nous proposez, c'est que, dans tous les cas, donc, malgré un accro qui
serait vérifiable et mesurable, et au niveau d'un des éléments que vous nous
présentez si haut, il y aurait préalablement une consultation publique.
M. Charette : Oui, effectivement.
Et, si on regarde l'amendement versus l'article original, l'article original
précisait, là, que la population habitant le territoire lui-même serait
consultée. Mais, en devançant cette référence-là à une consultation publique, on précise que c'est : toute personne
interpelée ou intéressée pourrait être consultée. Donc, on ne se limite plus, par exemple, aux seuls
résidents du paysage humanisé. Si on avait des groupes d'intérêt, des groupes
environnementaux qui s'opposaient à la décision ou qui avaient des inquiétudes
particulières et qui n'habitent pas ce territoire-là, ils seraient aussi
admissibles à la consultation.
M. Benjamin : À ce stade-ci,
j'aimerais peut-être partager avec vous, M. le ministre, un souci que
j'ai, fort de mon expérience dans une
ancienne vie sur la scène municipale, où parfois il y avait des consultations
publiques sur des sujets, sur des
thématiques importantes pour certaines clientèles, pour des segments de la
population, des segments du territoire.
Et ce dont je me souviens, c'est qu'à regret, des fois, lorsqu'on organisait
ces consultations publiques là, il y avait de la participation mais pas
des premiers concernés.
Je ne sais pas si vous me voyez par rapport à
cet amendement-là. Comment s'assurer... Je comprends la logique de l'amendement que
vous apportez, mais comment s'assurer que les gens qui vivent sur un
territoire, qui seront, passez-moi
l'expression, qui pourraient être les plus impactés, comment s'assurer que ces
personnes-là puissent être
partie prenante de ces consultations?
M. Charette : La question est très,
très légitime. En fait, autant le libellé initial était restrictif aux
personnes qui habitaient le paysage humanisé, autant, là, la consultation sera
élargie à toute personne interpelée, mais incluant celles et ceux qui habitent le territoire en question. Donc, on ne les
exclut pas de la consultation, au contraire, ils y seront, mais on ne
limitera plus la consultation à ces seules personnes. Ce qui fait que, si on
veut retirer un statut de paysage humanisé, bien, on peut penser que certains
groupes environnementaux qui n'habitent pas ce territoire-là voudront se manifester et dire : Bien, écoutez,
selon nous, ce n'est pas une bonne idée d'aller dans cette voie-là. Donc, ça va
venir renforcer, en quelque sorte, la voix des gens qui habitent le
territoire. Donc, on ne les exclut pas, mais on additionne, en quelque sorte,
les personnes qui pourront être interpelées pour la consultation.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. C'est sûr qu'à chaque fois qu'on donne un pouvoir au ministre de mettre fin à une aire protégée, c'est sérieux
et c'est grave. Et il y a des lumières rouges qui ont été... dans le fond, dans
les mémoires qu'on a vus, que ce soit de la SNAP ou du Réseau de milieux
naturels protégés, et eux, en fait... parce
que l'objectif d'une aire protégée, c'est que ça soit permanent ou à
perpétuité.
Charette : En fait, pas forcément.
Mme Ghazal :
Ici, je veux juste, comme, finir mon...
Charette : Peut-être
juste une petite précision. Là, on est peut-être à un statut comparable à ce qui s'appliquait
aux territoires privés. Là, on est aux paysages humanisés, mais on a précisé,
dans les articles un petit peu plus tôt ce matin, c'est soit à perpétuité ou on
détermine la durée, mais ça ne peut pas être en bas de 25 ans. Donc, ce
n'est pas forcément à perpétuité, mais je voulais juste être certain, là, qu'on
se comprenne à ce niveau-là.
Mme Ghazal :
Bien, c'est ça, l'important, c'est que ça soit sur le long terme.
M. Charette :
Sur le long terme, effectivement.
Ghazal : C'est ça,
l'objectif. Et ici, le ministre peut y mettre fin, et là on met des conditions.
Puis, même si on dit qu'il y a une consultation, les groupes qui en ont
parlé dans leur mémoire disent qu'il faudrait carrément enlever ces trois
éléments-là parce que...
Par exemple, si on
prend le premier, «les mesures prévues au plan de conservation ne sont pas respectées»,
bien, je veux dire, l'objectif, c'est que ça
soit respecté. Puis certains, les demandeurs, là, ou les responsables, ou
propriétaires, ou peu importe, peuvent, par exemple... qu'il y ait des
comportements qui fassent que tout ce qui est la protection ne soit pas
protégé, ne soit pas respecté, ils laissent faire dans l'objectif que ce ne
soit plus une aire protégée. Donc, ce risque-là existe.
Ce qu'il faut, c'est,
au contraire, mettre tout en oeuvre pour que ce soit respecté et non pas
dire : Ah! bien, s'ils ne respectent
pas les règles, bien, au lieu de les pénaliser, eux — je
sais qu'il y a peut-être des pénalités, là — on va
enlever l'aire protégée, on va la
retirer. Ça, c'est ce que je comprends. On devrait pénaliser la personne qui ne
respecte pas le plan de conservation
puis les objectifs et non pas pénaliser le Québec en enlevant une aire
protégée. C'est comme ça que ça
devrait être vu. Peut-être qu'on peut parler de ce point-là, parce que les
autres aussi, le point 3, le point 4 aussi devraient être enlevés.
M. Charette :
En fait, différents éléments à ce sujet-là. On avait essentiellement les mêmes
modalités pour la catégorie précédente, là, qui se retrouvait en territoire
privé, c'est-à-dire détenu par des intérêts privés. Là, dans le cas du paysage
humanisé, on est en présence d'une initiative qui émane du local et des municipalités.
Donc, je vous donne
l'exemple suivant. Si la municipalité qui est répondante du projet de ce
paysage humanisé, pour x raison que ce soit,
n'a plus l'intention d'assumer son rôle, c'est la... je veux dire, c'est une
prérogative de la municipalité. Donc, ce serait difficile de dire à la municipalité :
Bien là, on change l'interlocuteur. Le plan de conservation doit être appliqué
par la municipalité, ou ce que la municipalité désignera, ou ce qui servira de
répondant pour la demande. On est réellement en territoire municipal, donc
c'est difficile de s'immiscer, de dire à une municipalité : Écoutez, vous
ne pouvez plus ou, au contraire, vous devez poursuivre ce que vous n'avez pas
l'intention de poursuivre sur votre propre territoire. Ça, c'est un cas de
figure.
Mais sinon, les
autres mesures, elles sont bien sûr accompagnées par le ministère. Si on reçoit
un plan de conservation qui n'est pas... c'est-à-dire, si on a la preuve qu'un
plan de conservation n'est pas respecté, ce ne sera pas le premier réflexe de dire : On retire, tout simplement et bêtement, le paysage humanisé. On va vouloir accompagner la municipalité,
on va tout faire en oeuvre pour l'aider à... Mais, à partir du moment où le
milieu ne se mobilise plus pour le respecter, on est encore sur des territoires
qui appartiennent à des propriétaires, c'est là où ça peut devenir difficile à ce niveau-là. Mais ce n'est pas une
résignation. Au contraire, l'accompagnement sera là pour s'assurer, autant que
possible et avec le plus de conviction possible, que le territoire soit
maintenu comme tel.
Mme Ghazal :
C'est parce que l'objectif, dans le fond, c'est que ça soit pérenne dans le
temps, puis c'est ce que vous nous expliquez. Ce n'est pas l'objectif... Par
exemple, si les objectifs de conservation ne sont pas respectés, on ne va pas, en premier, là, les retirer, mais c'est quand même ça qui est
écrit dans la loi. Ça, c'est peut-être votre intention. Puis l'idée,
c'est de s'assurer, peu importe quel parti politique ou quelle vision le
ministre de l'Environnement ou ce gouvernement-là a, que ce soit protégé. Puis,
en ce moment, comment c'est écrit... Tu sais, ça, ça devrait être enlevé, de
dire que ce n'est pas respecté.
Vous avez parlé, par
exemple, des municipalités qui pourraient ne plus avoir d'intérêt, mais ça, ce
n'est pas ne pas respecter les objectifs. Ils pourraient changer d'idée ou,
pour une raison x, y, z...
M. Charette :
En même temps...
Mme Ghazal :
...mais ça, ça ne veut pas dire qu'ils ne respectent pas les objectifs. Si
quelqu'un ne respecte pas les objectifs de conservation, je comprends qu'il va
y avoir un travail qui va être fait, mais ce n'est pas écrit, ça, qu'il va y avoir un travail qui va être fait, même
si c'est dans l'intention de ce gouvernement-là. Ça devrait tout simplement enlever cet... l'alinéa 2°.
Je n'arrive pas à
comprendre pourquoi il faut le maintenir. Parce que, si une municipalité ne
veut plus, ce n'est pas qu'elle ne respecte pas les objectifs. Ce n'est pas
comme ça qu'elle devrait réussir à dire : Bien, nous, on n'est plus
mobilisés pour garder ce paysage humanisé en ne respectant pas les objectifs de
conservation, le plan de conservation.
M. Charette : En fait, on vient rependre des modalités. Et tout
ça était déjà permis avant, hein? Ce n'est pas... Je
veux dire...
Mme Ghazal :
...une raison.
M. Charette :
Non, je sais bien, mais, juste en termes d'explications...
Mme Ghazal : En
fait, il n'y a jamais eu de paysage humanisé.
Mme Ghazal :
Il n'y a jamais eu de paysage humanisé.
M. Charette :
Non, bien, voilà, mais c'était... c'est-à-dire la loi le permettait, la loi
permettait d'y mettre fin, mais, dans les faits, il n'y a aucune expérience qui
s'est concrétisée, effectivement, et c'est la raison pour laquelle on allégeait
la procédure, au départ, pour rendre la démarche plus attrayante. Mais ces
conditions-là de résiliation, ce sont les mêmes que celles qu'on a adoptées
pour les autres mesures.
Donc, si... puis je
comprends le raisonnement, mais ce serait difficile à justifier que, pour les
aires... oui, c'est une aire protégée de catégorie V, mais, pour les paysages
humanisés, ce serait difficile de dire : Il n'y a plus les mêmes modalités
pour résigner le statut, en quelque sorte. Mais ultimement, il y a des balises
qui sont nécessaires, qui sont minimales, et c'est ce que vient préciser l'article.
Ghazal : J'aimerais aussi
poser une question par
rapport à l'alinéa 3° :
«qui ne présente plus d'intérêt», par exemple, quoi? S'il y a un feu de
forêt? La conservation, c'est-à-dire que le ministre y met fin si «la
conservation des caractéristiques du territoire ne présente plus d'intérêt».
Pourquoi ça ne présenterait plus d'intérêt? Si, par exemple, il y a un
événement naturel, par exemple, qui fait que l'environnement est saccagé?
M. Charette :
En fait, un exemple... Encore là, c'était une reprise des mêmes balises, donc
ce n'est pas simple de pouvoir trouver l'exemple fin. Mais celui qui pourrait
être facilement exposé, si, par exemple, à la base de cette protection-là, si,
à la base de ce paysage humanisé, c'était pour protéger une espèce animale en
particulier et que, pour différentes raisons, cette espèce animale là n'est
plus présente sur le territoire, c'est là où la caractéristique n'y est plus et
c'est là où ce qui justifiait la création de cette aire protégée n'est plus.
Donc, la justification elle-même n'est plus présente.
Ghazal : C'est-à-dire que, des fois, on peut créer une aire protégée juste pour une seule
espèce? Il n'y a pas d'autre élément de biodiversité? Même si l'espèce
n'est pas là, on protège peut-être de nouvelles espèces ou on protège
l'environnement. C'est juste pour protéger une espèce? Je ne pense pas que
c'est...
Charette : En fait, on a précisé, tout à l'heure, ce qu'étaient les
critères, et, parmi les critères, il pouvait y avoir, effectivement, une
caractéristique de biodiversité particulière propre à ce site-là. Et je dis un
animal, ça peut être une plante aussi, ça peut être...
Il y a un débat qui
est devant les tribunaux, d'ailleurs, depuis quelques années, sur le côté de...
en fait, sur la rive sud de Montréal, un développeur immobilier. Puis là je ne
veux pas faire de parallèle, mais c'est