Culture and Education — 2 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-05-02
Quebec — Committees
Président (M. Laframboise) :
À l'ordre! À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la culture et de
l'éducation ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Enseignement supérieur des crédits
budgétaires du portefeuille Éducation et Enseignement
supérieur pour l'exercice
financier 2019-2020. Une enveloppe de six heures a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Asselin (Vanier-Les Rivières) sera remplacé
par M. Laframboise (Blainville); M. Lemieux
(Saint-Jean), par Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré); Mme Melançon (Verdun), par M. Rousselle (Vimont); et
Mme Hivon (Joliette), par M. Roy (Bonaventure).
Le Président (M.
Laframboise) : Merci. Nous allons débuter par les remarques
préliminaires puis nous allons procéder à
une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes, incluant
les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit ce soir, un peu avant la
fin de la séance.
Donc, nous débutons
donc avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
17 minutes.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Chers collègues, bonjour. Ça me
fait plaisir d'entamer cette séance de travail.
On va être là jusqu'à très tard ce soir. On a une petite pause pour souper puis
on revient jusqu'à 22 h 30. Je veux saluer toutes les personnes : évidemment les collègues, les
collègues de la
partie ministérielle, ma chef de cabinet, sous-ministre et toute l'équipe en arrière, qu'on ne voit pas,
évidemment, mais qui travaille très, très fort pour faire fonctionner et
permettre tout ce qui se passe de bien dans nos campus d'enseignement
supérieur à la grandeur du Québec.
C'est vraiment avec
beaucoup de fierté que je participe aujourd'hui à l'étude détaillée des crédits
du volet de l'enseignement supérieur. J'ai
une grande estime pour le travail qui est réalisé dans nos cégeps et nos
universités, puis je me sens vraiment privilégié d'occuper ces fonctions
ici aujourd'hui.
étudiants et les étudiantes des cégeps et des universités sont appelés à jouer
un grand rôle, évidemment, dans le développement de notre société, et donc
investir dans leur milieu d'apprentissage devient prioritaire. Il n'en va rien
de moins que de l'avenir du Québec. On parle très souvent de la nécessité
d'investir pour nos tout-petits, d'investir aussi, évidemment, tout le long du primaire, du secondaire, formation générale,
formation des adultes, formation professionnelle, mais évidemment que les gens qui s'investissent
encore plus, encore plus loin en enseignement supérieur auront l'occasion,
auront la chance, bien souvent, d'occuper des postes de direction et sont en
quelque sorte destinés à devenir des chefs de file, ceux qui nous
permettront d'aller encore plus loin.
prises de position vont demander dans les prochaines années, assurément, de
l'audace et du courage. Comme pour toutes les orientations politiques, des
choix doivent être faits, c'est certain, c'est notre travail. Et sachez que, du
côté du gouvernement, nous assumons nos
choix avec les meilleures intentions possible, mais évidemment que nous
assumons nos choix en sachant, bien sûr, qu'il n'est pas possible de
plaire à tout le monde.
réseaux d'enseignement, cependant, on doit le dire, en enseignement supérieur,
sont bien performants, ils se comparent avantageusement à ce qu'on
retrouve partout ailleurs sur la planète. Le fait que plusieurs étudiants
étrangers choisissent le Québec est un signe éloquent.
C'est donc avec
beaucoup de confiance que j'aborde les prochains mois et les prochaines années.
Nos réseaux demandent évidemment qu'on
poursuive nos investissements, c'est bien normal et c'est ce que votre
gouvernement fera.
J'aimerais
aussi qu'on prenne conscience collectivement des forces que représentent déjà
nos cégeps, nos universités. Comme pour nos écoles primaires, secondaires, on
va devoir exiger ce qu'il y a de mieux. Déjà, les gens sont à l'oeuvre
pour en faire toujours plus. Mais les sommes
prévues au budget déposé par mon collègue le ministre Eric Girard, le ministre
des Finances, le 21 mars
dernier, démontrent clairement que notre gouvernement a de l'ambition pour les
jeunes et les adultes qui viennent et
qui reviennent en enseignement supérieur, c'est important de le mentionner. On
n'a plus le parcours linéaire qu'on avait autrefois, où, si on poursuivait en
enseignement supérieur, au cégep, dans les universités, on poursuivait jusqu'à
une diplomation pour ne plus revenir. Or, on
sait bien qu'aujourd'hui c'est souvent des allers-retours qu'on fait entre le
marché du travail et le milieu de l'enseignement supérieur.
budget 2019-2020 prévoit des moyens financiers pour que les établissements d'enseignement supérieur puissent
apporter leur pleine contribution à l'évolution de la société québécoise. Ces
moyens permettront aussi de renforcer leur rôle de pôle de développement
socioéconomique régional, et ça, c'est important.
Les cégeps, les universités profiteront de près
de 6,1 milliards en 2019-2020, une hausse notable de 3,7 %, soit 215,9 millions de plus sur deux ans. C'est
une hausse de 9 % dont nos universités ont pu bénéficier. 9 % en deux
ans, c'est quand même un réinvestissement qui est intéressant.
Notre
gouvernement tenait à maintenir les mesures mises en place par le gouvernement
précédent — je ne
parle pas des compressions, mais bien
des réinvestissements, évidemment — et à faire des efforts supplémentaires.
Donc, il faut considérer aussi des investissements importants qu'on fait
dans le maintien et le développement de nos infrastructures, hein, nos locaux. Pour les 10 prochaines
années, c'est près de 6,4 milliards qui seront octroyés aux cégeps et aux
universités. Et donc c'est une
enveloppe, elle aussi, qui est en croissance, de près de 400 millions.
Donc, dans le PQI de 10 ans déposé l'an dernier sous le précédent gouvernement, on avait à peu près
6 milliards de prévus sur 10 ans. Donc, non seulement on maintient ça, mais on bonifie cette enveloppe de
plus de 411 millions, ce qui montre qu'on a à coeur le maintien des
actifs, mais, encore plus que ça, le déploiement de notre réseau, encore
une fois, donc le consolider et le déployer.
Maintenant, il y a plusieurs choses qui ont été
faites depuis le 1er octobre 2018, depuis notre élection. Une des choses, c'est que le 18 décembre dernier,
seulement quelques semaines après l'assermentation du Conseil des ministres,
bien, on a annoncé que 7,5 millions de
dollars venaient d'être accordés aux établissements, en région, du réseau
d'universités du Québec pour qu'elles
puissent pleinement exercer leur rôle de pôle de développement socioéconomique
régional. Ça, ça a été une décision
particulièrement appréciée dans la grande majorité des régions du Québec,
évidemment, parce que c'est assez
rare qu'un gouvernement, au milieu de l'année, alloue de nouveaux fonds, des
fonds qui n'étaient pas budgétés. Il a fallu les chercher quelque part,
vraiment, pour les allouer de manière prioritaire en enseignement supérieur et
de manière prioritaire dans le réseau UQ
dans les régions. Parce qu'on a entendu leurs préoccupations, hein, on a décidé
d'agir rapidement, même au milieu de
l'année, pour remédier à la situation d'une compression difficile qu'ils
vivaient, dû, sincèrement, à
une vision, que je ne m'explique pas, du précédent gouvernement.
Depuis le
1er octobre, on a évidemment pris connaissance des revendications des
étudiantes et étudiants concernant l'encadrement et la compensation des stages
étudiants. C'est quelque chose qui ne m'a pas surpris, qui n'a pas
surpris le gouvernement, évidemment, parce
que, tout le long de la campagne électorale, j'ai participé à plusieurs débats
avec les associations étudiantes, et
c'était bien clair qu'il y avait beaucoup d'insatisfaction par rapport à ce qui
se passait dans les stages
étudiants : manque d'encadrement, frais liés à la participation aux
stages, grande disparité entre des stages qui sont rémunérés, d'autres qui n'ont rien du tout. Donc,
on a vraiment bougé dans ce sens-là. Et, à mesure qu'on avancera, je pense, aujourd'hui, on pourra s'avancer sur le
procédé qu'on a fait, comment on a réfléchi, où est-ce qu'on en est rendus
pour arriver à quelque chose qui, je pense, satisfera une grande, grande,
grande majorité des étudiants.
On a aussi,
depuis l'élection, depuis l'assermentation, poursuivi la mise en oeuvre du plan
d'action numérique en éducation et en
enseignement supérieur, qui est un levier important au service de l'innovation
pédagogique et sociale et qui soutient le développement de compétences
essentielles au XXIe siècle. Et, dans notre budget, il y a des sommes qui
viennent continuer ce qui a été fait, donc : assurer la disponibilité
financière pour continuer le plan de développement numérique.
D'ailleurs,
au-delà des ressources, il y a la vision, et, la semaine dernière, on a bien
montré qu'on a poursuivi dans cette vision, qu'on a continué à travailler, en
déposant le cadre de référence de la compétence numérique, qui a été très
bien reçu par l'ensemble des acteurs
préscolaires, primaires, secondaires, collégial, universités. C'est quelque
chose qui pourra servir à tous ceux
et toutes celles qui sont actifs dans le réseau de l'éducation et
d'enseignement supérieur. Les gens pourront se l'approprier graduellement — ça ne se fait pas du jour au lendemain — pour ensuite utiliser cette compétence-là
dans leur façon d'animer nos réseaux
d'enseignement supérieur, dans leur façon d'enseigner puis aussi, même, dans
leur façon d'être, parce qu'il y a des savoir-être là-dedans.
Je suis très
content aussi de répéter le fait qu'il y aura une plateforme qui sera mise en
ligne prochainement, je l'ai dit la semaine dernière, mais je le répète, une
plateforme en intelligence artificielle, autoadaptative, qui permettra à chaque
personne, par un questionnement et une interaction, de savoir où ils en sont
dans leur développement de la compétence numérique, mais, plus que ça, ce n'est
pas seulement un diagnostic, mais bien de poursuivre leur développement de la compétence numérique avec l'aide de l'intelligence artificielle. Donc, vraiment, on continue dans cette voie-là. Ce n'est
pas encore lancé, ce n'est pas encore prêt, mais j'ai vu une épreuve test de
ça, et c'est très encourageant.
Donc, si on
peut poser autant de gestes avec autant de conviction, M. le Président, c'est parce qu'on sait vraiment
que nos priorités, bien, ce sont les élèves et ce sont les étudiants.
Je vais vous donner quelques exemples de
l'utilisation des nouveaux crédits qui relèvent du budget. Donc, en 2019-2020,
nous maintiendrons les actions déjà mises en place, qui nécessitent des
investissements déjà substantiels, tout en apportant des bonifications importantes pour soutenir les services directs aux
étudiants — soutenir
les services directs aux étudiants, ça, c'est extrêmement important — puis
ensuite, évidemment, favoriser leur diplomation.
D'abord, les cégeps, nos collèges. Les collèges
et les cégeps ont été présents quand c'était le temps de faire les compressions, sous le dernier gouvernement, mais ils n'étaient pas là quand c'était le temps des
réinvestissements. Autrement dit, ils
ont subi les compressions mais n'ont pas bénéficié des réinvestissements.
C'était le temps. Et, pour les cégeps, j'ose dire qu'ils étaient à la
fois sous-financés et mal financés. Donc, on a travaillé à réparer ces deux
erreurs-là à la fois en augmentant le financement et en revoyant la formule de financement, en se basant sur les travaux d'un comité
d'experts, mais, évidemment, en poursuivant la discussion, en tablant sur ce rapport-là et en
poursuivant la discussion avec chacun des cégeps, les plus petits, les
plus gros, ceux qui sont en zone rurale, ceux qui sont en zone urbaine, pour
arriver à quelque chose qui va vraiment répondre aux besoins des cégeps. Ce sont des
institutions d'enseignement supérieur dans lesquels on croit énormément
dans notre gouvernement.
Ça se traduit par une hausse de 7,6 % en
une seule année, une hausse de 7,6 % du financement qui sera mieux réparti, donc 149 millions de plus, qui sera
mieux réparti grâce à une révision du mode de financement qu'on appelle le
FABES, qui est l'acronyme ou l'acrostiche
qui sert à répartir le financement des cégeps. Tout ça sera rendu public très
bientôt, mais je peux d'ores et déjà
vous dire qu'on a tenu beaucoup de consultations et que je pense que les gens
seront bien satisfaits. Ça va venir
accroître le soutien et la réussite des étudiants, améliorer les services,
évidemment, permettre aux cégeps de s'adapter
aux besoins du marché du travail, évidemment, contribuer au développement
régional des cégeps en tenant compte d'une mission qui est de plus en
plus reconnue pour les cégeps, qui est aussi la mission de la recherche.
Maintenant,
il y a évidemment nos universités. J'ai parlé tout à l'heure d'un
réinvestissement qu'on a fait au milieu de l'année financière, mais avec
le budget on est allés encore plus loin. On a renforcé le rôle de pôle de
développement socioéconomique régional des universités avec une bonification,
une hausse qui sera récurrente, de plus de 15 millions de dollars, donc 75 millions sur cinq ans,
avec l'objectif de maintenir l'accessibilité aux études supérieures pour les
citoyens, les citoyennes, mais
surtout, je vous dirais, de renforcer le rôle stratégique régional qu'occupent
les universités en matière de
transmission des savoirs, développement de la recherche, mais aussi vraiment un
pôle de développement socioéconomique régional.
On a aussi
ajouté 626... il y aura 626 millions de dollars dans les infrastructures,
avec l'objectif, évidemment, d'améliorer l'état global des infrastructures.
Donc, ici, on parle de consolider notre réseau, parce qu'on sait ce qui s'est
passé dans nos écoles primaires et secondaires, qui sont, malheureusement, de plus
en plus vétustes. Ça va s'arrêter. On va aller dans la bonne direction à partir de maintenant. On va les rénover, nos
écoles, on ne les regardera pas dépérir. Mais on ne voudrait pas que ça arrive dans le réseau de
l'enseignement collégial et universitaire. Donc, on va investir pour maintenir
nos infrastructures.
Ensuite, on a
une enveloppe, toujours dans le budget de cette année, pour mieux préparer les
étudiants au marché du travail, une
enveloppe de 5 millions, donc c'est récurrent, encore une fois, plus de
25 millions sur cinq ans pour permettre aux étudiants d'enseignement supérieur de répondre encore plus et mieux
aux besoins du marché du travail, pour encourager la persévérance
scolaire, parce qu'évidemment on veut que nos étudiants diplôment.
Ensuite,
bien, il y a quelque chose dont on entend parler de plus en plus souvent, j'en
ai parlé tantôt : l'intelligence artificielle.
Bien, on veut soutenir ce secteur d'activité d'avant-garde, un secteur dans
lequel on fait de plus en plus figure de
pionniers, qui est davantage reconnu à l'international que jamais, Montréal
surtout mais le Québec au complet. Donc, plus de 38 millions en recherche, et là je parle de fonds qui n'arrivent pas nécessairement du ministère de l'Enseignement supérieur,
mais du MEI, du ministère de
l'Économie et de l'Innovation. Parce qu'on
travaille vraiment en équipe, ici, c'est difficile de présenter nos secteurs en silo, on
travaille avec Santé, avec Travail, avec Économie, avec Famille, etc. Donc,
ici, je me permets de glisser ce 38 millions de dollars alloué à la recherche
via le ministère de l'Économie et de l'Innovation, qui va favoriser l'attraction des chercheurs en
intelligence artificielle dans les universités du Québec, évidemment, soutenir
la formation doctorale et postdoctorale dans nos centres de recherche.
Mais, plus que ça, on a 79 millions aussi
en technologie, pour soutenir les technologies en appui à l'intelligence artificielle. Plus que ça encore, on a
33 millions pour Mila, qui est bien connue, qui est à Montréal, soutenir
la croissance du centre de recherche
Mila, spécialisé en intelligence artificielle, recoupant notamment les
ressources de l'Université de Montréal et l'Université McGill.
On voudra
améliorer les conditions de vie des étudiants. Maintenant, on prend en compte
les pensions alimentaires dans le
cadre du Programme de prêts et bourses. C'est quelque chose que je ne
m'expliquais pas, que je dénonçais dans l'opposition, il y avait définitivement une iniquité, quelque chose qui
n'avait pas de bon sens, de couper dans l'aide financière aux études pour les
étudiants, surtout les étudiantes qui bénéficient de pensions alimentaires.
Donc, c'était quelque chose... Quand
on dit qu'on dit ce qu'on fait, qu'on fait ce qu'on dit... Il y en a qui nous
reprochent de faire au gouvernement ce qu'on disait dans l'opposition. Manifestement, dans ce cas-ci, je ne pense pas
qu'on subisse trop de reproches, quand vraiment on vient aider via
l'aide financière les personnes qui sont plus vulnérables, qui ont des enfants,
et qu'on veut qu'ils poursuivent leur diplôme, évidemment. Et concilier travail
et famille, c'est important.
Il me reste quelques secondes, je crois, mais on
pourra parler plus tard de l'internationalisation de notre réseau
d'enseignement supérieur. Nos étudiants voyagent, mais nos universités, nos
cégeps accueillent des gens de partout.
Et, en
conclusion, ce que je veux dire, c'est que, bien sûr, on pourra toujours faire
mieux, et c'est ce qu'on va faire. On va faire plus, on va faire mieux. On va
mieux financer, on va améliorer notre cadre de référence, on va améliorer
notre formule de financement des cégeps mais
aussi des universités. On va continuer de dialoguer avec nos partenaires, mais
pour vrai.
Il y a vraiment de quoi être fiers de notre
réseau d'enseignement supérieur, et j'ai bien hâte de répondre aux questions
pour démontrer toute la richesse qu'on a, et autant la richesse de nos
bâtiments, mais surtout la richesse intellectuelle.
Comme je le dis souvent, notre plus grande richesse naturelle au Québec, c'est
les cerveaux, c'est notre jeunesse. Merci.
Président (M. Laframboise) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Maintenant, je cède la parole à la porte-parole du... J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle à
faire ses remarques préliminaires pour un maximum de 11 min 20 s. Tout ce qui ne sera
pas utilisé en temps, vous pourrez le rajouter à la période de questions. Mme
la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci, M. le Président.
Je n'aurai pas de remarques préliminaires. Merci.
Le Président (M.
Laframboise) : Maintenant, je cède la parole au porte-parole du
deuxième groupe d'opposition pour ses
remarques préliminaires, pour un maximum de 2 min 50 s. Même
principe, si vous ne les utilisez pas, c'est rajouté à votre période de
questions. M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je vais saluer tout le monde,
mais moi aussi, je vais conserver mon temps.
Président (M. Laframboise) : Merci beaucoup. Maintenant, la parole est
cédée au porte-parole du troisième groupe
d'opposition pour ses remarques préliminaires, pour un maximum de
2 min 50 s. Même principe, si vous ne les utilisez pas,
vous pourrez... ça sera ajouté à votre période de questions. M. le député de
Bonaventure.
M. Roy :
Et, comme vous allez vous douter, M. le Président, je vais remettre mon temps
plus tard.
Le Président (M.
Laframboise) : Parfait. Donc, maintenant, je cède la parole à la
porte-parole de l'opposition officielle pour 18 minutes. Mme la députée de
Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci, M. le Président. M. le ministre, rebonjour. Vous avez parlé des
stagiaires, et nous aurons évidemment le
temps de parler des stagiaires, mais, avant de parler des stagiaires,
j'aimerais parler des internats, parce qu'il y a une différence entre
les stagiaires et les internats.
Vous
vous rappelez, je vous ai posé plusieurs questions pour les internes en
psychologie. Je sais qu'ils nous écoutent. Plusieurs d'entre eux sont confrontés à une situation très préoccupante.
Les étudiants en psychologie, rendus à leur septième année à l'université, ils doivent faire un
internat. Durant leurs études pour devenir psychologues, ils font déjà des
heures de stage, mais, rendus à leur
septième année, c'est un internat et non pas un stage qui est fait. Alors, ils
prennent en charge pour plus...
environ 80 % des patients, pour 1 600 heures. Ce n'est pas du
bénévolat, c'est un travail. Et plusieurs d'entre eux en ce moment se posent la question à savoir si, oui
ou non, ils vont avoir une bourse de 25 000 $, tel que promis, avant
leurs inscriptions. Il en manque. Ça
a été quantifié, il en manquerait pour environ 875 000 $ pour
répondre à toute la demande actuelle.
Est-ce qu'en ce moment vous avez pris une décision pour, justement,
calmer le jeu et rassurer tous nos internes en psychologie? Parce que nous avons besoin plus que jamais
d'avoir des gens formés pour répondre aux besoins de notre population.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Roberge : Merci, M. le Président. C'est une question importante. Moi, j'ai été surpris de lire dans les médias,
plus au début de l'année 2019, je
pense, janvier, février, puis on a eu des questions là-dessus au salon
bleu, j'étais surpris de voir qu'il
semblait y avoir des problèmes, que c'était peut-être plus ou moins bien
planifié, que, d'après ce qu'on lisait dans
les journaux, il allait manquer des bourses. On parlait même d'avoir des
tirages, ce qui était totalement absurde, là, d'avoir un tirage entre deux personnes qui font les mêmes études puis
qui se retrouvent en train de faire leur internat, un qui a la bourse,
l'autre qui ne l'a pas.
Loto
prêts et bourses ou loto-bourses, c'était quelque chose que je ne
pouvais pas accepter. Ça fait que j'ai demandé assez rapidement d'avoir
un état de la situation. Ce n'était pas évident de démêler tout ça parce que,
bon, on lisait des informations contradictoires dans les journaux. On a posé
des questions. Je peux vous dire qu'à ce moment-ci j'ai la certitude absolue qu'il n'y aura pas de tirage et
que l'ensemble des étudiants en psychologie qui font leur internat auront
pour septembre prochain leurs bourses.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Merci. Donc, comment vous allez procéder?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Roberge : On va procéder par
la distribution des bourses à ceux qui se qualifient, il n'y aura pas de
critère pour disqualifier des personnes
parce qu'on manquerait de bourses et que, là, tout à coup, on trouverait de
fausses bonnes raisons pour ne pas en donner. Les gens qui seront
éligibles, tout simplement, auront des bourses.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Merci, M. le Président. Donc, pour... (panne de son) ...donc, aujourd'hui, pour ceux qui
nous écoutent à la maison, les gens de la FIDEP, on peut les rassurer,
tous les doctorants en psychologie auront leurs bourses de 25 000 $.
Donc, c'est clair, net et précis, et c'est un engagement. Parce que je sais qu'il
y a plusieurs étudiants qui sont notamment à l'Université de Sherbrooke qu'eux, en ce moment, l'université leur a dit que ça sera par tirage au sort. Donc,
c'est clair, de votre côté, il va y avoir des bourses additionnelles pour
répondre à toutes les demandes?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : ...réponds sans le
moindre détour, il n'y a pas de demi-affirmation, de zone d'ombre. Les
étudiants qui s'inquiètent à savoir
s'ils auront une bourse complète, une bourse amputée, une bourse par une
loterie ou pas de bourse, je veux les rassurer. C'est des gens qui
prennent soin des autres, hein, alors eux s'occupent de gens qui parfois
passent à travers des moments de tristesse
et d'angoisse, ils n'ont pas à subir cette précarité, cette inquiétude, il y aura
des bourses pour tous les doctorants
admissibles. Et je dis ça, pas pour exclure des gens, le programme
va s'appliquer. Donc, je ne peux pas être plus clair que ça, il me
semble.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Je vous remercie, M. le Président. Et merci, M. le ministre, parce
que ça fait quand même plusieurs semaines, et nos étudiants sont déjà en
grève. Alors, j'imagine que Mme Camille Plaisance, qui est la présidente de la FIDEP, et je sais qu'elle nous regarde, elle doit
être rassurée, elle va pouvoir rassurer ses membres qu'effectivement toutes
les bourses seront déployées à travers l'ensemble des réseaux universitaires et
qu'ils vont recevoir rapidement l'aide additionnelle
pour être en mesure de compléter leurs études et pouvoir, justement, prendre
soin de ceux qui en ont le plus besoin.
Maintenant,
parlons des stagiaires. Vous avez mentionné que vous alliez avoir un état... un
portrait de la situation. Où est-ce qu'il est rendu, le portrait de la
situation?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Excellente question. Hier, j'ai eu des conversations avec
les représentants des associations étudiantes nationales parce que je voulais clarifier les choses. En novembre, il me
semble, on a pris l'engagement de faire un travail qui soit exhaustif,
le ministère allait d'abord faire un état des lieux, savoir il y a combien de
stages, il y a combien de stagiaires, on
allait quantifier tout ça, le nombre d'heures aussi. Ensuite, je vous dirais,
on allait, par une mesure qualitative, vérifier
si ce sont des stages... on appelle ça d'observation, de prise en charge, on
appelle ça davantage stage d'observation, d'acquisition de compétences
ou de mise en oeuvre de compétences.
Donc, on a
travaillé en ce sens-là. On a eu une belle, belle collaboration des
associations étudiantes, des regroupements aussi. J'ai rencontré aussi des porte-parole de divers regroupements,
certaines associations nationales, d'autres associations, bon, avec qui on avait, disons, des délégués sans
avoir des porte-parole officiels. On a travaillé avec les cégeps, les collèges
privés, les universités pour avoir finalement un état des lieux.
Après ça,
bien, on a élargi la discussion, on en a parlé avec le ministère du Travail. Je
veux saluer, d'ailleurs, le travail des associations nationales. Ils
nous ont même proposé un projet de loi qui pourrait venir donner des balises de
protection des stages. On a élargi encore un
peu plus en discutant ensuite avec les syndicats, les partenaires, le patronat,
et le travail est pratiquement complété.
Et, je vais
vous dire, on pensait... en fait, on était certains de déposer ce qu'on appelle
les scénarios fin avril et on a eu une belle surprise parce qu'au moment
où on bouclait tout ça la ministre de la Santé a levé la main, a dit :
Dans vos étudiants, vos étudiantes qui font
des stages, il y a beaucoup de personnes qui sont dans le domaine de la santé.
Puis elle s'est investie, puis on a
fini ce travail-là, finalement, ensemble, et on a obtenu des fonds
supplémentaires. C'est une bonne nouvelle. Et donc il a fallu revoir nos
calculs, retravailler encore un peu plus. Donc, tout ça sera finalement dans
quelques semaines, où on aura nos
scénarios finaux. Donc, je vous dirais, vraisemblablement fin mai, peut-être
début juin, finalement, on aura les scénarios complets. Voilà.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Juste pour être sûre, parce que la FECQ, l'Union étudiante du
Québec s'attendaient d'avoir quelques scénarios fin avril. Je comprends
qu'il y a eu une personne supplémentaire, à la table, la ministre de la Santé,
puis c'est correct. Mais maintenant, au
moins sur le travail qui a déjà été fait, est-ce que, par exemple, dans les
cégeps... Avons-nous un début ou
quelque chose que vous êtes capable... une ébauche que vous êtes capable de
présenter aujourd'hui pour rassurer le réseau?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Bien, ce qu'on peut vous dire, c'est que ça s'appliquera
pour la prochaine session, en fait, la session d'automne, pour
septembre 2019. Donc, il y aura plus de compensations financières que
jamais.
Cependant, je
ne peux pas dévoiler une
partie puis pas l'autre partie, vous comprenez.
L'affaire, c'est qu'avec ce joueur
supplémentaire qui est arrivé, qui était vraiment bienvenu, avec beaucoup
d'ouverture, là, qui s'était investi vraiment dans le dossier, bien, il est arrivé des sommes supplémentaires. J'en
aurais voulu encore plus, je vous le dis sincèrement, il n'y en a jamais assez. Puis il y en a qui
trouvent que je suis un fatigant, dans le gouvernement, comme l'avocat de la
défense des étudiants. Puis je plaide
avec... je m'inspire de mon épouse, qui est avocate, je plaide avec tout mon
coeur. Donc, j'en aurais voulu encore
plus, mais on en a obtenu, des fonds qui venaient de la Santé. Ça nous a forcés
à refaire nos calculs, à élargir même un petit peu plus nos
compensations.
Vous comprenez que, maintenant que ce nouveau
scénario est là, bien, il faut que ça passe par le Conseil des ministres, finalement, et donc il faut que tout ça
soit approuvé. Donc, vous comprenez, je ne peux pas vous dévoiler à ce moment-ci quelque chose qui n'est pas une
politique gouvernementale encore. Mais, écoutez, ça s'en vient. Je veux vous répondre avec toute la franchise que je peux, je n'essaie
pas de ne rien cacher, mais, bon, il y a des choses que je ne peux pas
dévoiler en ce moment-ci.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Vous avez parlé de sommes additionnelles. Êtes-vous en mesure
de nous donner au moins une idée, dans
quelle eau, dans quelle strate on se situe en matière de sommes réservées pour
septembre prochain? Parce qu'on va en voir, des étudiants qui vont
commencer leurs études et qui seront en stage dès septembre, hein?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Roberge : Vous avez raison, ça va s'appliquer dès septembre prochain.
Cependant, je ne peux pas vous donner un horizon ou le nombre de zéros qu'il y
aura, simplement vous dire que les fonds proviennent de deux endroits, que ce
sera applicable dès septembre prochain. Et
je pense, évidemment, que ce ne sera pas tout le monde. Parce que, vous savez,
quand on décide, je l'ai dit tout à l'heure,
hein, quand on décide, il faut assumer, et les demandes sont infinies, les
besoins sont... pardon, les demandes sont infinies, les ressources sont
finies, mais...
Roberge : ...elles sont limitées. Mais, quand même, je suis très,
très, très confiant que ça va être vraiment bien accueilli par l'ensemble des étudiants. Et puis ils ne le sauront pas en
septembre, hein, ils sauront fin mai, début juin à quoi s'en tenir. Mais
ça s'appliquera dès septembre.
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Juste pour être certaine, donc, fin mai, début juin, on va avoir un plan
complet qui sera déposé?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Roberge : C'est le plan, comme je vous dis, et ça doit passer en
Conseil des ministres, à moins que, bon, on arrive avec encore plus d'argent ou qu'il arrive des questionnements. Vous savez, des fois, on arrive pour passer à l'instance puis
on se fait dire : Woups! Avez-vous pensé à telle chose, tel impact législatif?
Écoutez,
notre scénario, là, c'est fin mai, début juin. Si jamais
c'était à la mi-juin, parce qu'il faut bonifier les choses, parce qu'il faut s'assurer que légalement on respecte tout ce qu'il y a
à régler, sincèrement, ça ne serait pas dramatique, là. L'essentiel, c'est que ça soit prêt pour
septembre. Puis, une fois que c'est fait, c'est fait pour des années. Alors,
qu'on le sache le 30 mai ou bien donc le 8 juin, ça ne
changera pas grand-chose. Mais ça s'en vient, c'est imminent.
Puis le travail a été
bien fait. C'est ça qui compte, hein? C'est sûr qu'on aurait voulu déposer ça
en décembre dernier, je veux dire, les
étudiants nous mettaient de la pression, puis il y avait des mobilisations,
puis tout ça, on aurait voulu aller plus vite. Ce n'était pas possible
d'aller vite et bien. Voilà.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Moi, je ne doute jamais de votre bonne foi,
sachez-le très bien. C'est juste que j'aime... Je suis une
fiscaliste, donc j'ai besoin de voir des chiffres, et je serais très contente
de pouvoir voir ces chiffres. Et je crois que l'ensemble du réseau aussi
veulent voir le chiffre et participer aussi à la discussion.
Bien,
j'aimerais juste revenir sur la FIDEP, si vous permettez, parce que
le temps file, j'aimerais m'assurer d'une chose. Parce qu'on a fait une demande pour la FIDEP, et la réponse ministérielle indique qu'il y aurait une évaluation du Programme
de bourses pour les internats en psychologie, qui est prévue en 2019-2020 et qu'il
y a un plan triennal d'évaluation sur trois ans. Mais la réponse du ministère, c'est aussi que le ministère
ne reçoit pas les demandes des universités. Donc, au fond, c'est dans les cours des universités.
Moi,
je veux m'assurer que nonobstant, hein — un
terme qu'on connaît — ce
qui a été inscrit, là, c'est votre réponse aujourd'hui qui prévaut,
c'est celle du ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur qui aura
priorité à cette réponse écrite et que vous allez vous assurer que les sommes
additionnelles seront injectées, que les universités devront évidemment
accorder les bourses, nonobstant ce qui est écrit ici par le ministère de
l'Éducation.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Je peux vous dire que les sommes nécessaires
seront au rendez-vous. Il n'y
aura pas de bourse tronquée pour arriver à donner des compensations, là,
à tous les étudiants. On ne demandera pas aux universités non plus de sabrer dans leurs fonds de fonctionnement, ou de
moins bien payer les profs, ou de couper je ne sais quel service dans les
universités. On ne demande pas aux universités de financer ces
bourses-là. Donc, voilà.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
...avoir une réassurance étant donné que ça, c'était une réponse du ministère
de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur. Pour les stagiaires, je comprends que, maintenant, le ministère de
la Santé s'est ajouté à la discussion. Il y a des sommes additionnelles mais
aussi du temps additionnel qui est demandé. Toutefois, j'imagine que vous, vous avez déjà eu des assurances avec le
Conseil du trésor, votre partenaire et votre collègue, pour que les sommes
soient quand même débloquées assez rapidement, pour ne pas qu'on ait de
surprise en septembre, là. Parce qu'une fois que vous, vous poussez votre dossier, il faut aussi qu'au Conseil du trésor
il y ait les sommes qui soient réservées pour être en mesure de,
permettez-moi l'expression, décaisser l'argent en septembre.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
...mettre mes lunettes pour regarder un document. Je me sens vieux.
M. Roberge :
Je ne répéterai pas ce qui a été dit ici. Donc, des fois, en se référant à un
document, on a encore plus d'informations.
Alors,
écoutez, il y a eu une grande confusion, une grande méprise dans le dossier des
bourses aux gens qui font leur internat en psychologie, d'accord? Il y
avait l'équivalent de 250 bourses par année, d'accord? Il y a des bourses entières qui sont distribuées et, pour certains
étudiants, il y a... Et puis c'était depuis le début, là, on n'est pas en train
de changer. Quand je parle... Il y en
a que c'est des demi-bourses parce qu'ils n'ont pas le même nombre d'heures.
Puis donc il y a les bourses, il y a les demi-bourses, d'accord, mais
c'est l'équivalent de 500 bourses complètes.
Alors,
pour 2017-2018, il y a eu 232 bourses complètes qui ont été distribuées et
77 demi-bourses, pour l'équivalent de 270,5 bourses en 2017-2018. Par contre, en 2017-2018, une mesure
d'exception a permis d'injecter 1,5 million en bourses pour pallier
le retour en internat des doctorantes et doctorants qui avaient boycotté des
internats en 2016-2017. Donc, il y a eu des fonds supplémentaires qui ont été
rajoutés, en 2017-2018, pour ça. La répartition a donc été effectuée avec
285 bourses et 29 demi-bourses plutôt qu'avec 250 bourses,
d'accord? Donc, il y a eu des surplus suite à ça.
Et, là où on va
clarifier la situation, c'est que des surplus d'une année peuvent être affectés
l'année d'après. Et c'est là qu'on se rend
compte... J'ai parti de 2017-2018, je vais faire 2018-2019, je vais débouler en
2019-2020. Vous allez voir qu'il ne manque aucune
bourse en 2019-2020, en faisant des rabattements comme ça, d'accord? En 2018-2019,
il y avait toujours l'équivalent de 250 bourses disponibles. Il en a été
distribué 205 complètes, 36 demi-bourses, pour l'équivalent de 223.
Donc... Oui?
Le Président (M.
Laframboise) : Je vais redonner la parole à la députée de Saint-Laurent,
Rizqy : ...le ministre, je comprends ce que vous insinuez. Toutefois,
moi, j'ai eu aussi accès à ce tableau. Moi, ma question, c'est : Est-ce qu'il va y avoir des sommes additionnelles pour septembre? Mais
là je comprends que c'est comme, au
fond, une redistribution de l'enveloppe actuelle. Mais, depuis que l'entente a
été accordée par ma collègue l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur, il y a eu une demande accrue pour
plus de stagiaires... pardon, d'internats en psychologie dans le réseau public. Puis, ça tombe bien, on a
besoin d'eux dans le réseau public. Mais, si, par exemple, il y en a encore
plus, je ne veux pas non plus affecter les
années futures. Je veux qu'à tout le moins en septembre on ajoute de l'argent,
sans non plus reporter un problème pour l'année suivante. Parce que, si
on utilise la même enveloppe puis qu'on fait juste redistribuer, l'année prochaine, vous et moi, on va être à la même table
de discussion sur le même enjeu, et on va encore avoir d'autres stagiaires d'une autre promotion qui vont être en
stage... qui vont être, pardon, en grève et non pas en internat parce
que...
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Mme Rizqy :
...vous acceptez aussi de déposer ce tableau pour l'ensemble de nos collègues?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Vous voulez qu'on dépose ce document? Oui, avec plaisir, on va le déposer.
Président (M. Laframboise) : Pour 10 secondes, là, parce que
c'est au tour du gouvernement. Après, vous pourrez...
Mme Rizqy :
...je reviendrai encore sur cette question parce que, je pense, c'est important
qu'on clarifie la situation. Merci.
Président (M. Laframboise) :
Maintenant, la parole est au gouvernement. Le député de Richelieu, pour 17 minutes. M. le
député.
Émond : Oui. Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Donc, à mon tour d'intervenir dans cet important
exercice qu'est l'étude des crédits. M. le ministre, l'ensemble de l'équipe qui accompagne M. le ministre, les gens du cabinet, mes collègues
députés, députés des oppositions également. Et je tiens à rassurer... je vais rassurer,
tiens, Mme la sous-ministre, qui commence à entendre mes histoires étude de
crédits après étude de crédits, je vous rassure en vous disant que je ne
vais pas parler de ballon siège au primaire
ni de volleyball ou de badminton avec vous aujourd'hui. Je rassure aussi la députée de Saint-Laurent, avec qui on a
eu beaucoup de plaisir hier soir, peut-être parce qu'il était tard un peu, M.
le Président. En fait, il était très tard,
et on discutait avec le président de la SQDC, la Société québécoise du cannabis. Et je vous rassure, chers collègues, je ne vais pas parler des
îles de Sorel dans mon intervention présente.
On va donc tomber tout de suite dans le vif du
sujet, M. le ministre, et je vais parler moi aussi de compensation et d'encadrement des stages, parce qu'au cours des dernières années votre ministère... bien, le
ministère de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur a régulièrement été interpelé par les étudiants au sujet de la
rémunération des stages, la collègue en a fait mention, Et puis,
récemment, l'annonce de la création d'un programme de bourses destinées aux
internes en psychologie qui choisissent d'effectuer leur internat dans les
réseaux publics de la santé, des services sociaux, et de l'éducation, et de l'enseignement supérieur, ainsi
que dans certains organismes communautaires, il faut le dire, puis un programme de valorisation des futurs enseignants
et futures enseignantes à l'intention des étudiants qui en sont à leur stage
final, bien, tout ça a inspiré des groupes
et des associations étudiantes à réaffirmer leurs demandes de compensation de
stages.
Je fais une petite parenthèse pour... La
députée, tout à l'heure, a parlé de la FECQ. J'en profite pour saluer le nouveau président de la FECQ, qui a été nommé en
poste dans les derniers jours, Philippe Clément. Philippe, c'est un jeune
de mon coin, que je connais très bien, là,
que j'ai fréquenté dans les dernières années, jeune homme brillant à qui je
prédis sans aucune hésitation, puis
il n'y a pas grand gageures là-dedans, un avenir brillant. Philippe était
auparavant président de l'association
étudiante du cégep de Sorel-Tracy dans mon coin. Et le hasard veut que le
week-end dernier, en compagnie du ministre, nous étions à la remise des
médailles du lieutenant-gouverneur au campus de l'Université de Sherbrooke,
à Longueuil, et Félix était sur place pour recevoir ladite médaille.
Je recule. Ces deux gentils garçons ont
remplacé, au sein de l'association étudiante de Sorel-Tracy, Sophie Pagé Sabourin, qui était candidate de Québec
solidaire à la dernière élection et que j'ai eu le plaisir de côtoyer, Sophie,
une jeune femme avec qui j'ai eu des
échanges très, très intéressants, je tiens à le dire, et qui était présidente
de l'association du cégep de Sorel-Tracy.
Alors, tout
ça pour dire qu'il y a beaucoup de
talent à ce cégep-là, qui est dirigé de main de maître par Mme Fabienne Desroches, l'actuelle présidente-directrice générale, qui va tirer sa révérence sous peu, après, je
crois, 15 ans de loyaux services. Et
Mme Fabienne, comme nous l'appelons dans mon coin, a d'ailleurs
reçu samedi dernier le prix Grand bâtisseur, au Gala du mérite
économique. Fermons la parenthèse, M. le ministre.
Une voix : Une belle
parenthèse.
Émond : Merci, collègue. Donc, je vous parlais des arguments des
associations étudiantes, et, sans égard au domaine de formation, on peut dire que, généralement, les arguments
suivants appuyaient leurs revendications. On peut parler de précarité. Les étudiants seraient
confrontés à des situations où ils doivent réduire leurs heures de travail
étudiant et parfois quitter leur
emploi pour se consacrer à leurs stages, ce qui causerait un manque à gagner ou
un accroissement de leur endettement.
Ce n'est pas quelque chose qui est souhaitable. Ils mentionnent également
l'équité salariale. Les formations dans lesquelles les stages ne sont pas
rémunérés sont principalement à prédominance féminine, alors, par exemple,
on peut parler de travail social, soins
infirmiers, pratique de sage-femme, tandis que les formations dans lesquelles
ils sont rémunérés sont principalement à prédominance masculine. On peut penser
au génie ou les stages rémunérés par des entreprises privées. On peut
parler aussi de la reconnaissance du travail accompli. Les étudiants
considèrent que le travail effectué lors de leurs
stages est un service rendu à la population ou à une organisation. Et aussi
tout ça engendre, M. le Président, des dépenses supplémentaires. Le déroulement des stages en dehors du milieu
d'enseignement peut entraîner des dépenses supplémentaires pour des
étudiants. Par exemple, on peut facilement penser au déplacement pour se rendre
sur les stages.
Alors, je me
dirige tout de suite vers vous, M. le ministre, en vous demandant... C'est une
situation, une problématique qui dure
depuis très longtemps, on en entend parler beaucoup, et à raison, dans les
dernières semaines, mois, et au niveau des
compensations et de l'encadrement, et qu'est-ce que vous comptez faire, une
fois pour toutes, afin de régler cet épineux problème?
Président (M. Laframboise) : Juste avant de vous céder la parole, M.
le ministre, le tableau pour le Programme de bourses pour les internats en psychologie a été déposé, là, tel que
demandé. Donc, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Roberge : M. le Président, il me
reste combien de temps au bloc, à peu près?
Le Président (M. Laframboise) : Il
reste 11 min 25 s.
Roberge : Merci bien. Bien, je suis content que le tableau ait été
déposé. Je vais y revenir dans quelques minutes pour l'expliciter davantage, de toute façon je suis certain que d'autres
questions viendront, pour qu'on le comprenne très bien.
Mais je suis très content que mon collègue dise
«régler ce dossier» parce que ça fait longtemps que ça traîne. Ça fait un certain temps. Puis il y a un travail
qui a été commencé par le précédent gouvernement, mais c'était à la pièce. Il y
avait eu les psychologues qui avaient soulevé la question de leur internat. Il
y avait une inéquité qui était importante. Ce n'était pas un dossier que
je connaissais très bien, mais j'ai eu l'occasion de me familiariser avec ce
dossier-là alors que
j'étais dans l'opposition puis que je m'occupais, notamment, de l'enseignement
supérieur, puis on avait appuyé cette revendication-là, puis finalement,
après un certain temps, le gouvernement, le précédent gouvernement a bâti ce
programme de compensation spécifique pour les psychologues.
y a eu la question du stage IV en enseignement, que je connais très, très,
très bien puisque, bon, j'ai enseigné assez longtemps et j'ai accueilli une douzaine, au moins... je ne sais plus
combien, au moins une douzaine de stagiaires dans ma classe, stage I, stage II,
stage III, stage IV, comme maître associé. Puis, on voyait bien,
celles qui étaient... je n'ai eu que des
filles, donc celles qui étaient en stage IV trouvaient ça extrêmement
difficile parce que c'est une tâche complète, presque, d'enseignant. Pas tout le temps, là, il y a une
partie du stage, au début, où il y a davantage d'observation, il y a une prise
en charge graduelle, mais, rapidement et
pendant plusieurs semaines, le jeune ou la jeune enseignante prend au complet
en charge la classe. Puis c'est même
une tâche plus lourde, simplement, qu'un enseignant, parce qu'il y a la tâche
de planification, correction puis
évidemment la vie de classe, mais il y a, en plus, tout le temps de rétroaction
avec le maître associé. Puis j'en
faisais pas mal. Donc, ça aussi, ça s'allonge au temps de travail. Puis après
ça il y a des travaux à faire pour remettre à l'université en plus.
Donc, c'est vraiment une tâche... ça prend un temps un fou puis c'est épuisant.
Je me souviens, moi-même, dans mon dernier
stage, quand j'arrivais de l'école, je me couchais et je dormais, brûlé,
fatigué. Il fallait que je me réveille pour souper, puis après ça je me
mettais à travailler, parce que j'étais vidé.
Donc,
il y avait eu, dans le dernier mandat, dans le dernier gouvernement, la
question des psychologues, la question du stage IV en enseignement,
mais c'était à la pièce toujours et sans considérer le reste.
Donc, on ne pouvait
pas continuer comme ça, à dire : Bien, s'ils se mobilisent assez, on
compensera eux autres, puis, bon, ils vont
arrêter de chialer. Ce n'est pas une vision gouvernementale qui est très
responsable. Il fallait faire vraiment
le tour du jardin, puis on s'était engagés à
le faire en campagne électorale. Puis, je pense, quelques semaines après l'assermentation, après vraiment
qu'il y a eu le gouvernement, bien,
on s'est mis au travail, exactement comme on l'a dit. On avait quatre ans pour le faire. Sincèrement,
quand on s'engage à faire quelque chose en campagne électorale, ce n'est
pas vrai qu'on peut tout faire dans les six
premiers mois. Ce n'est pas vrai, là. Sauf que, ce dossier-là, on a choisi de
le mettre sur le dessus de la pile.
On aurait pu très bien, et ça aurait été correct, dire : Bien, écoutez, on
a d'autres priorités. On va le faire
en cours de mandat puis régler ça en 2022. On a choisi d'agir tout de suite et
on a fait un travail exhaustif. Et il a fallu voir le statut des stagiaires, après ça, analyser les contraintes
des différents milieux de stage. Quand je dis : Il a fallu qu'on fasse, là, je vais vous dire sincèrement, on
a eu plusieurs rencontres de travail. Bien, il y a des gens derrière moi et
des équipes, derrière ces gens-là, qui ont
travaillé très fort. Ce n'est pas moi qui a fait l'ensemble du travail. Puis
vraiment ils ont très bien travaillé, l'équipe ministérielle, l'équipe
des fonctionnaires. Je veux les remercier beaucoup.
Ensuite,
bien, il a fallu classifier les stages, je l'ai mentionné tout à l'heure :
observation, acquisition, mise en oeuvre. «Mise en oeuvre», dans le cas des stages en éducation, on dit «prise en
charge du groupe», mais, dans d'autres milieux, on appelle tout simplement «période de travail
social». Puis on soigne des patients, hein, les infirmières soignent des gens,
ils ne font pas semblant. Donc, tout ça, c'est important.
Ensuite,
bien, il y a la question de l'encadrement des stages parce que tous les stages
ne sont pas d'égale qualité. Et ça,
c'est des plaintes que les étudiants ont formulées, de dire : Bien, vous
savez, des fois, je m'en vais dans un endroit, si je tombe sur un bon maître de stage, ça va bien,
sinon, bien, tant pis. La personne nous utilise comme des bras, mais on n'est pas nécessairement dans un processus
d'apprentissage. Et ça, ça m'a touché, comme ministre de l'Éducation, comme
pédagogue. Quand la personne va en stage, elle est là pour apprendre. Oui, elle
va travailler, mais c'est un travail particulier avec rétroaction puis c'est dans une perspective d'apprentissage. Donc,
on a travaillé, dans le cadre de cette nomenclature et compensation des stages, on est allés plus loin
que ça aussi, travaillé pour essayer de donner des balises pour que les
stages soient vraiment des moments d'apprentissage, pour que le diplôme soit
encore plus pertinent.
tout à l'heure j'ai parlé de ma collègue Mme McCann, ministre de la Santé, qui
a sauté à pieds joints dans le dossier,
mais il faudrait que je nomme aussi le ministre du Travail, M. Boulet, qui,
tout de suite, tout de suite a bien compris que, quand on parlait de personnes qui sont en milieu de travail, oui,
qui sont stagiaires mais qui sont en milieu de travail, bien, il fallait penser aussi à des protections
sociales pour des personnes qui pourraient être victimes d'intimidation, de
harcèlement, de violence sexuelle, qui
pourraient avoir des blessures, etc. Donc, on a travaillé vraiment à trois ce
dossier-là.
Puis,
comme je dis, je pensais bien aboutir quelque part à la fin avril. Finalement,
plus de temps mais plus d'argent, personne ne nous le reprochera. Ça
sera quelque part au mois de mai qu'on déposera les scénarios finaux, mais ça
sera vraiment le fruit d'un travail d'équipe.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Richelieu.
M. Émond :
...passer la parole à mon collègue le député de Beauce-Nord, qui va aborder...
Le Président (M.
Laframboise) : Beauce-Sud.
M. Émond :
Beauce-Sud. Pardon, excuse-moi. Je m'excuse. Je n'ai jamais été bon en
géographie.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Beauce-Sud.
Poulin : Habituellement, je suis un petit peu plus bronzé que mon
collègue député de Beauce-Nord, alors ça aide à rappeler que je suis au
sud. C'est pour ça. Merci beaucoup, M. le Président. C'est un truc qui peut fonctionner.
Je tiens à saluer les
professionnels du gouvernement du Québec, bien entendu, M. le ministre, avec
qui j'ai un privilège de travailler depuis
plusieurs années, et les membres de votre cabinet également. Il me reste
combien de temps, M. le Président?
Président (M. Laframboise) : 4 min 44 s.
Poulin : O.K. Alors, je vous parlerai de la profession enseignante
peut-être un peu plus tard. Ah! et puis non, faisons-le maintenant parce que je pense que c'est trop important. On en
a parlé depuis le début de ces études de crédits là, bien entendu, celles et ceux qui amènent notre
réseau de l'éducation plus loin, c'est ceux qui sont dans les classes. Il y a
un défi, bien entendu, d'attirer de jeunes
Québécois dans la profession enseignante, que ce soit pour, bien entendu, être
au primaire, au secondaire ou encore dans le réseau collégial, le réseau
universitaire.
L'un
des premiers éléments que l'on doit prendre en compte lorsqu'on veut recruter
de jeunes hommes, de jeunes femmes
dans cette profession-là : bien évidemment, il faut aimer les jeunes, il
faut aimer les enfants, et je pense que, dans cette journée, c'est important de se le rappeler, et, bien évidemment,
de faire en sorte que ces gens-là aient le goût d'enseigner. Et les
meilleurs ambassadeurs de la profession enseignante, ce sont les enseignants
eux-mêmes.
Comme
vous venez de nous l'exprimer, M. le
ministre, à quel point c'est un
travail qui est colossal, qui est important, qui
est exigeant aussi, mais au point où on en retire beaucoup,
où on constate l'avancement de nos élèves, la progression dans les
salles de classe, il n'en demeure pas moins qu'il y a une rareté au niveau de
la profession enseignante, malgré des augmentations globales de 6 % pour
former des enseignants aux préscolaire et primaire, 7 % pour le
secondaire, par rapport à 2018, ce qui représente quand même,
là, un bassin potentiel de 450 futurs enseignants pour l'ensemble des
facultés. C'est à l'UQAM qu'on observait
la plus forte progression : 10 % au préscolaire, 14 % au
secondaire. Donc, ce sont des bonnes
nouvelles. Et même la doyenne de la Faculté de l'éducation de l'UQAM,
Mme Brodeur, déclarait que, depuis 10 ans, on observait une diminution année après année,
et cette année il y a un regain des demandes d'admission. Il y a un
signal très clair comme quoi l'éducation, donc, c'est la priorité pour
la société.
Alors,
M. le ministre, comme enseignant, parce que vous n'êtes pas un
ancien enseignant, vous êtes un enseignant, ça, je pense qu'on le demeure toute notre vie, pour votre ministère
également, qu'est-ce qu'il faut faire, là? Quelle est la
marche qu'il manque pour continuer cette
progression-là? On a pris des engagements électoraux également fort importants
et, sans enseignant, on ne sera pas capables de pouvoir atteindre l'ensemble de
ces objectifs-là. Alors, comment on va faire pour
j'aimerais également vous entendre sur cette beauté d'être enseignant
parce que j'ai l'impression qu'on ne le dit pas assez. On ne le répète pas assez souvent, tout ce qu'on peut en
retirer puis à quel point que c'est important dans notre réseau scolaire.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre, 2 min 15 s.
Roberge : Merci bien. Je
suis content que vous ayez mentionné l'UQAM en partant parce que c'est là que
j'ai eu le plaisir de faire mes études universitaires, et quelques cours ensuite à l'École des sciences de la
gestion. Quelques cours à l'Université de Sherbrooke, mais
c'est vraiment l'UQAM qui est mon alma mater.
Puis vous avez parlé
des baisses qu'il y a eu au fil des années dans les facultés d'éducation. C'est
triste, mais en même temps c'est normal. Je veux dire, écoutez, c'est une profession qui n'était
pas reconnue, valorisée par les précédents gouvernements au fil des
années. On se demandait tout le temps de combien on allait baisser le salaire
au début de la négociation. Après ça, grosse
victoire, ça finissait par une espèce d'indexation, à peine, au coût de la vie.
Donc, les temps étaient difficiles à ce moment-là.
Puis
ça a changé, mais quand même, quand on dit... Ce n'est pas une vue de l'esprit,
là, les chiffres sont là. Pour l'ensemble
du Québec, la baisse des nouveaux inscrits dans les facultés d'éducation était
de 13 % entre 2008 et 2017. Une baisse de 13 % des admissions
dans les facultés d'éducation, c'est un signal très fort, tu sais, c'est le
symptôme d'une maladie plus grave qui était la dévalorisation de la profession
enseignante, mais même de l'éducation au grand complet.
Puis,
depuis quelques mois maintenant, je pense qu'on ressent qu'il se passe quelque
chose de différent. L'ambiance a changé. C'est loin d'être tout réglé dans nos
écoles, on en a pour quelques années à rebâtir, à réparer, mais ce qui
se dit, quand on se promène dans les écoles,
c'est qu'il y a davantage d'espoir. Puis je pense que ça se reflète même chez
les jeunes, parce que, pour la première fois depuis bien des années,
comme vous l'avez dit, pour septembre prochain, les demandes d'admission ont augmenté, après des années de
baisse, d'à peu près 7 % en moyenne si on prend le primaire et secondaire.
Je sais que, dans certaines universités, ça
a monté davantage. D'autres, ça a été plus difficile. Mais, disons qu'à l'échelle
du Québec, on avait baissé de 13 % en
neuf ans. On a augmenté de 7 %, pour une seule année, après quelques mois.
Donc, je pense que c'est le retour de l'espoir.
Président (M. Laframboise) : Merci, M. le ministre. Maintenant, la
parole est au deuxième groupe d'opposition. M. le député de Gouin, pour
15 minutes.
Nadeau-Dubois : Pour combien de temps? 15 minutes? Merci, M. le
Président. Bonjour à tous et toutes. Je vais
aller dans le vif du sujet, et, mon Dieu! c'est très rare que je dis ça, mais
marcher dans les traces de la députée qui m'a précédé du côté de
l'opposition.
Vous
avez piqué ma curiosité, M. le ministre, en parlant de compensation financière
des stages. Et je comprends que vous
ne pourrez pas donner tous les détails aujourd'hui, je l'ai bien entendu. Il y
a quand même certaines zones d'ombre que j'aimerais voir... que j'espère
que vous allez pouvoir éclairer.
D'abord, vous avez
critiqué, d'entrée... bien, il y a quelques minutes, là, l'approche à la pièce
du gouvernement précédent. C'était en effet
un gros problème, puis ça a été largement critiqué par le mouvement étudiant,
c'est-à-dire de donner des compensations
financières à certains stagiaires, pas à d'autres, selon des critères, en fait,
qui étaient parfois difficiles à deviner.
question est la suivante : Le scénario que vous comptez dévoiler dans
quelques semaines va-t-il être un scénario qui va couvrir l'ensemble des
stagiaires du Québec ou seulement certains stagiaires?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Ça ne sera pas un scénario à la pièce, parce que ce n'est pas de
dire : Bon, bien, cette année, c'est cette association étudiante là qui a mieux monté son dossier, ça fait
qu'on va récompenser ses membres, parce qu'ils ont mieux monté leur dossier, parce qu'ils ont eu un
meilleur plan de com ou parce qu'ils ont fait plus de mobilisation, c'est
eux autres qui vont être compensés. Ça,
c'est l'approche à la pièce. On s'est sortis de ça en faisant, là, une étude
exhaustive. Sincèrement, ça ne veut pas dire que chacun des stages sera
compensé, ça veut dire qu'il y a une vision d'ensemble, qu'on s'est donné des critères qui nous permettent de
prendre une décision qui soit en toute cohérence. Mais je veux être bien clair,
puis c'est la vérité, puis je pense que vous
ne serez pas surpris, ce n'est pas l'ensemble de tous les stages, au Québec,
qui sera compensé.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Donc, ce sera une
solution partielle pour certains stages sur le plan de la compensation
financière.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Roberge :
Bien, pour moi, c'est une solution globale et non pas une solution partielle.
Écoutez, j'ai accueilli des stagiaires.
Je l'ai dit plusieurs fois, là, quand on fait le stage I en enseignement,
je pense que c'est... je ne veux pas me tromper, mais c'est quelques jours. Ça
n'empêche personne de garder leur emploi étudiant, d'aucune façon. Ça n'empêche
pas les jeunes qui ont un emploi, dans
n'importe quel commerce, de continuer de le faire. C'est des stages
d'observation dans ce cas-là. C'est
très, très clair pour moi que ce serait... Enfin, on peut toujours le
souhaiter, mais ce n'était pas dans notre perspective de compenser. Quand on compense, souvent c'est parce qu'il y
a un préjudice. Vient la compensation parce que tu perds ton salaire, parce que tu ne peux pas garder ton emploi.
Là, dans des stages qui sont plus brefs... Bien, je pense que les
Québécois comprennent très bien que ce n'est pas tous les stages qui doivent
être compensés.
M. Nadeau-Dubois : Oui, parfait.
Donc, c'est une...
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Alors, on va s'entendre pour appeler ça une solution
partiellement globale, disons ça comme ça.
Dans cette solution partiellement globale, est-ce que les étudiantes en pratique
sage-femme auront des bonnes nouvelles? Est-ce que c'est un type de
stage qui est, disons, en haut ou en bas de la liste de vos priorités?
Je ne vous ferai pas le topo complet, je suis
sûr que vous le connaissez. C'est probablement, disons, une des formations dans
laquelle la précarité au niveau des stages est la plus importante. C'est un
milieu de stage où on parle de 99,5 %
de femmes, 43 % de mères étudiantes. On parle de 2 350 heures de
stages. Ça, j'ai calculé, c'est 294 journées de huit heures de stages. Tout ça pour aucune forme
de rémunération, alors que, dans plusieurs cas, ils font exactement les mêmes gestes cliniques ou, en tout cas, ils
partagent plusieurs gestes cliniques avec les médecins omnipraticiens qui sont
en stage d'obstétrique et qui, eux, sont non
seulement compensés, mais sont même rémunérés, puis il y a une compensation
pour leur hébergement. Est-ce que ces jeunes femmes là auront des bonnes
nouvelles dans quelques semaines?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Je connais bien la situation des sages-femmes. On me dit...
Ça s'appelle sage-femme, mais je pense qu'il y a un homme qui est
inscrit au Québec. Mais on l'appelle quand même...
M. Nadeau-Dubois : ...un homme, et
on l'appelle néanmoins un étudiant en pratique sage-femme.
M. Roberge : Oui, c'est parce que...
M. Nadeau-Dubois : Pour une fois que
le féminin l'emporte.
Roberge : C'est ça. Bien, ce n'est pas un problème. C'est
simplement... Ça me fait sourire, mais ce n'est pas un problème, absolument pas. Ceci étant dit, je
connais bien les exigences de cette profession-là, de ce stage-là parce que,
dans le cadre, hein... Parce que la beauté
de la chose, c'est qu'on ne les a pas regardés à la pièce, un avec les autres.
Et, quand on regarde dans le grand
tout, comme on dit, disons que celui-ci paraît... Quand on regarde le ciel, il
y a des étoiles qui brillent plus que
d'autres. Bien, quand on regarde l'ensemble des stages, il y a certains qui se
démarquent. Puis je sais qu'elles étaient quelques-unes... enfin, assez
nombreuses vu le peu d'étudiantes en sage-femme au Québec. Donc, en proportion, elles étaient assez nombreuses, assez
bien représentées, hier, à manifester ici, et j'étais au courant de ça. Je suis
au courant de leurs revendications.
Mais,
sincèrement, je veux faire attention. Je ne ferai pas un striptease, là, à la
pièce, un stage à la fois, une question à la fois, dire lesquels sont compensés, lesquels ne seront pas
compensés. Vous comprendrez qu'on va dévoiler de manière globale les
stages qui seront compensés.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Parfait, merci. J'ai compris. Donc, ce seraient
certains stages où il y aurait une annonce de compensation financière.
Sur le plan
de l'encadrement juridique, ce que vous nous préparez, est-ce que c'est une
reconnaissance d'un statut juridique pour l'ensemble des stagiaires ou
seulement pour certains stagiaires?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : De ce côté-là, j'ai eu plusieurs discussions avec mon
collègue le ministre du Travail, qui lui-même a eu des discussions directement avec les associations étudiantes. Je
sais que lui, il les a rencontrées, et les membres de son cabinet les ont rencontrées, ont eu des échanges,
ont eu des courriels, ont eu des téléphones directement avec les associations
étudiantes. Je ne peux pas vous dire
précisément jusqu'où ils s'en vont, mais
je peux vous dire qu'ils sont au travail. Et c'est autre chose qui sera
dévoilé ultérieurement.
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Donc, je
comprends que ça ne fera pas
partie de votre annonce à vous dans les prochaines
semaines. Merci beaucoup.
Je veux
aborder un deuxième sujet, un de mes sujets de prédilection, les mauvaises
décisions des libéraux. Et ça m'a surpris, M. le ministre, de vous voir
en défendre une, de ces mauvaises décisions des libéraux, parce que,
parfois, on est d'accord
pour les critiquer. Là, il y a une très mauvaise décision du précédent gouvernement que vous défendez, et je ne comprends
pas pourquoi. Je voulais garder du temps pour qu'on s'en
parle. C'est la décision de déréglementer les frais de scolarité pour les étudiants étrangers, une
décision qui est décriée par l'ensemble du milieu universitaire, sauf McGill, bien sûr, qui va en ressortir grande
gagnante et qui est bien contente de se voir confier ce pactole.
J'ai quelques
questions précises pour vous. J'aimerais que vous soyez économe dans vos
réponses. Je vais l'être dans mes questions parce que j'en ai plusieurs.
D'abord,
ma première question. Vous le savez comme moi, les frais de scolarité
pour les étudiants étrangers sont déréglementés
au Québec, en tout cas dans certains programmes, depuis
2008. J'aimerais qu'on fasse un bilan ensemble
de cette expérience-là pour voir si ça a
donné des bons résultats. J'ai une première question très courte, très
précise pour vous : Quelle a été l'augmentation de fréquentation des
étudiants étrangers dans les établissements francophones depuis 2008?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Roberge : La question est très
brève et très pointue, indirectement. Cependant, sincèrement, sur les chiffres,
il faut que vous me donniez un petit peu de temps. Des fois, je n'ai pas sur le
bout de mes doigts chacun des chiffres. On prend en note votre question. Ça se peut... Je vous invite à continuer. Je
veux juste dire, cependant, qu'il faut faire attention. Sur les principes, des fois, on est en désaccord, mais il faut faire attention, ce n'est
pas vrai que ça a été décrié par l'ensemble du réseau universitaire, la
déréglementation. Vous pouvez nommer une série de personnes qui l'ont décriée.
Je pourrais nommer une série de personnes qui étaient contentes. Mais là, rendu
là, on choisit nos experts puis on se conforte dans nos idées.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup.
Donc, je vous aurais posé la même question pour l'augmentation de la fréquentation des établissements étrangers dans
les établissements anglophones. De mon côté, j'avais fait mes recherches
avant de vous poser les questions. Du côté
des étudiants francophones, il n'y a pas eu de progression. Entre 2008 et
maintenant, c'est le statu quo, il
n'y a pas eu d'augmentation de fréquentation suite à la déréglementation. Du
côté des établissements anglophones,
cette fréquentation a doublé. Ce sont les chiffres du ministère. Donc, en
10 ans de déréglementation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, les universités anglophones
en ont tiré largement profit en voyant ces étudiants-là doubler dans
leurs établissements. Du côté des universités francophones, il n'y a pas eu
d'augmentation, aucune.
Ma question
est donc : Comment allez-vous faire pour que l'augmentation... pour que la
déréglementation prévue dans
l'ensemble des programmes pour les étudiants étrangers ne représente pas un
facteur d'inéquité entre les universités francophones et les universités
anglophones au Québec?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Oui, excusez-moi, je vais regarder quelques chiffres. Il y a
une question de chiffres. Il y a des questions de principe. Puis on est vraiment dans un débat très intéressant, qui me
passionne. Sincèrement, là, on est dans quelque chose de très
intéressant.
Donc,
ici, moi, étudiantes, étudiants internationaux dans le réseau universitaire
québécois selon l'établissement, j'ai,
de 2013 à 2017, ici, comme données, là, avec des hausses ou des baisses, donc,
les étudiants internationaux, ici, on voit :
l'INRS, ça a augmenté de 11,4 %; l'UQAC, ça a augmenté de 23,9 %;
l'UQAT, à Trois-Rivières, ça a augmenté de 25,9 %, donc presque
26 %.
Il y en a que ça a augmenté moins, là, soyons
bons joueurs : l'École nationale d'administration publique, 4 %,
mais, bon, l'administration publique québécoise, on peut comprendre que ça
intéresse moins les gens du Burkina Faso; Polytechnique,
7,7 %, presque 8 %, donc; bon, l'UQTR, à Trois-Rivières, 9,6 %,
donc, 2013-2017. Bon, je peux comprendre que peut-être que, chez les anglophones, c'est peut-être plus élevé.
Est-ce qu'on le voit ici? Oui... en haut? Oui, bien, écoutez :
Bishop's, 11,4 %; l'INRS, 11,4 %; UQAC, 23,9 %...
M. Nadeau-Dubois : On est toujours
chez les francophones?
Roberge : ...Concordia, 7,9 %; McGill, 8,6 %. Si on fait la
moyenne des universités anglophones, 8,1 %, moyenne universitaire francophone, 5,5 %. Bon, bref,
ce n'est pas égal. Directement, Université du Québec, si on prend juste les
UQ, 8,2 % versus, les universités anglophones, 8,1 %, ce n'est
peut-être pas le scandale qu'on attendait.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Oui, sauf que...
Roberge : On peut tomber dans une bataille de chiffres, mais, si
l'argumentaire repose sur des chiffres, on va y aller sur des chiffres.
Nadeau-Dubois : Non, mais les chiffres sont importants. Puis ma
question portait sur le bilan depuis
le début de la déréglementation, donc depuis 2008. Si c'est possible de sortir
ces chiffres-là, ils m'intéresseraient, parce que les chiffres que nous avons
sont très, très différents de ceux-là. On parle d'une augmentation beaucoup
plus rapide. Ça aurait doublé, donc, dans les établissements anglophones
et, pratiquement, en fait, ça aurait stagné dans les établissements
francophones.
J'ai d'autres
questions pour vous. Je dois vous laisser le temps de ressortir les chiffres en
question. On y reviendra. J'aimerais que vous me parliez de la provenance des
étudiants étrangers qui fréquentent les universités anglophones au Québec.
D'où viennent-ils en général?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Roberge : D'où viennent... Je
veux comprendre, là...
M. Nadeau-Dubois : Quelles sont les
principales provenances des étudiants anglophones qui fréquentent les
universités... des étudiants étrangers qui fréquentent des universités
anglophones au Québec?
Roberge : Encore une fois,
comme c'est une question plus pointue, vous permettez qu'on trouve la réponse?
On va répondre au mieux. O.K., j'ai ici les données. Les étudiants
internationaux inscrits dans le réseau universitaire québécois, je l'ai pour
l'ensemble des universités. Je n'ai pas ici exclusivement pour le réseau
anglophone. Peut-être avez-vous encore,
vous-même, les réponses à vos questions, comme tout à l'heure, et voulez-vous
simplement confronter nos données?
M. Nadeau-Dubois : Bien, en fait,
bien oui, c'est ça, vous me voyez venir, hein?
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de...
M. Roberge : Mais, sincèrement, moi,
ce n'est pas grave, j'avais des données, j'ai déposé...
Président (M. Laframboise) :
M. le ministre, M. le
ministre! Ce n'est pas une conversation,
là. C'est moi qui donne le droit de parole. M. le député.
Nadeau-Dubois : Bien, je
vais vous le donner dans le mille, M.
le ministre, les principales
provenances, là, des étudiants
étrangers qui fréquentent des établissements anglophones au Québec sont les États-Unis,
la Chine, plusieurs pays. Et ce que ces pays-là ont en commun, c'est
que ce sont des pays où, en moyenne, les formations universitaires sont beaucoup
plus chères qu'au Québec, alors que, du côté des étudiants francophones,
les étudiants étrangers qui fréquentent les universités francophones, ce
sont des pays où, en moyenne, la formation est beaucoup moins chère qu'au Québec.
Qu'est-ce que
ça veut dire, ça? Ça veut dire que les universités anglophones vont pouvoir,
dans le cadre des politiques de déréglementation, que vous appuyez, à ma
grande surprise, augmenter significativement leurs frais de scolarité, et ils vont rester, entre gros guillemets, dans le
marché en ce qui a trait aux diplômes anglophones, ce qui ne sera pas vrai pour
les universités francophones, qui, si elles augmentent le coût de leurs
diplômes, vont se sortir du marché, quand on les compare, donc, aux diplômes francophones à l'extérieur du Québec. Et
donc, résultat des courses, les universités anglophones vont pouvoir
charger significativement plus cher que les universités francophones.
donc je vous pose la même question. Dans ce contexte-là, dans un contexte où
les universités anglophones vont pouvoir
charger pas mal plus cher que les universités francophones, comment vous allez
empêcher que ça devienne un facteur d'inéquité majeur entre les
universités francophones et les universités anglophones au Québec?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
Roberge : Mais, au fil des années, notre réseau francophone a bien peu
développé son internationalisation, sa façon
d'aller faire du recrutement dans des marchés non réglementés, parce que ce
n'est pas tous les marchés avec lesquels on a des ententes classiques.
On connaît bien... On sait que les Français paient le tarif canadien. Mais il
n'y a pas tant d'universités qui ont travaillé très fort, qui se sont mises
ensemble, les universités francophones, pour dire : On va aller chercher des étudiants francophones, supposons, au
Brésil. On l'ignore, là, mais il y a une communauté francophone assez importante au Brésil. C'est un marché qu'on
pourrait développer, mais les universités ne le faisaient pas faute de vision,
faute de moyens, faute d'intérêt.
ce qu'on change, parce que vous dites : Ah! le gouvernement de la CAQ
applaudit... c'est la déréglementation du
précédent gouvernement. Il faut en prendre et en laisser. On a changé... Pour
moi, c'était une mauvaise façon de faire quelque chose qui pouvait être correct. La déréglementation, ça peut
être correct, ça peut être très mauvais. Je pense que le précédent
gouvernement...
Président (M. Laframboise) : ...mais le temps sera pris sur le temps
du gouvernement si vous voulez aller... Si vous voulez continuer,
allez-y, là.
Roberge : Si vous me permettez, chers collègues, je ne prendrai pas 10
minutes, mais je veux compléter
là-dessus.
Donc,
ce que faisait le précédent gouvernement dans sa réforme de la formule de financement des
universités, qui était intéressante,
imparfaite mais intéressante... Je pense qu'on a avancé là-dedans. Puis, oui,
je suis capable de le reconnaître quand
c'est le précédent gouvernement libéral qui a fait quelque chose de correct. Pas
parce que c'est eux autres que ce n'est nécessairement pas correct. La
formule de financement a été bonifiée.
Cependant,
la manière qu'ils avaient déréglementé avait quelque chose d'insidieux,
disait : Bien, vous, les universités francophones, si vous réussissez à
aller chercher des étudiants internationaux au-delà de ce que vous avez déjà, donc
si vous allez chercher, l'an prochain, le
même nombre que cette année, on ne vous donne pas d'argent, mais, si vous allez
en chercher plus, au-delà de ce que
vous avez en ce moment, bien là on vous financera. Ça, c'est comme de dire à
quelqu'un : Attrape un poisson,
je vais te donner une canne à pêche. Tu ne magasines pas ta canne de pêche tout
de suite parce qu'il n'y a pas grand chances que la personne attrape
un poisson à mains nues.
Donc, notre réseau
n'avait pas tellement les moyens d'aller à l'international. On a complètement
reviré ça. On a travaillé avec les universités, vraiment avec le réseau, les universités
du réseau francophone, les universités du réseau anglophone, dit : O.K., de quoi vous avez besoin vraiment
pour aller attirer des étudiants, oui, vous aussi, les universités
francophones, qu'est-ce
que vous avez besoin pour être
équipés, pour être compétitifs, pour aller chercher des étudiants? Puis
on a bâti avec eux quelque chose de très intéressant qui va leur permettre...
Donc,
c'est un financement a priori plutôt qu'a posteriori. Plutôt que de
leur dire : Attrape un poisson, je vais te donner une canne à pêche, on leur a donné tout un équipement. Et je pense
qu'à terme c'est tout le Québec qui va s'enrichir, oui, financièrement. Mais surtout, là, il faut se le dire, quand il y a des étudiants internationaux qui arrivent au Québec, ce n'est pas juste une question d'argent, c'est une
question d'ouverture sur le monde, une question d'accueil de la diversité puis
c'est une question d'enrichissement de nos facultés. Je vous remercie.
Le Président
(M. Laframboise) : Merci. Donc, maintenant, je passe la parole au
député de Beauce-Sud pour 14 min 54 s.
M. Poulin :
Je vais céder la parole à ma collègue la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré dans quelques minutes.
voulais revenir, parce qu'on a manqué un peu de temps, sur la profession
enseignante, qui doit être valorisée, qui doit certainement être améliorée. On
fait des constats très importants, dans les dernières minutes, sur le fait
qu'il y a une augmentation,
effectivement, des inscriptions dans la profession enseignante. Ça m'a rappelé
un
article de janvier 2018 du Journal
de Québec : Épuisée après un mois dans la peau d'une suppléante au
primaire et au secondaire. C'était une reporter qui avait travaillé incognito, vous vous souvenez de ça, dans
des écoles primaires et secondaires de la région des Laurentides, où
elle rappelait à quel point la profession était exigeante et était extrêmement
difficile.
je me souviens qu'à ce moment-là... Parce que ça avait été largement partagé
sur les réseaux sociaux, et j'ai beaucoup
d'amis qui sont des enseignants et des enseignantes, alors ça me force, le
samedi soir, à parler de la profession et à discuter des défis qu'il y a, et je me souviens de cet article-là, ils
me l'avaient envoyé puis ils m'avaient dit : Peux-tu faire quelque chose, peux-tu en parler, peux-tu
mettre en lumière réellement ce qui se vit dans certaines salles de classe?
Et c'est là où on voit une diminution
d'inscriptions pour devenir enseignant. Et heureusement qu'il y a une
augmentation, mais, si on ne pose pas
des gestes concrets pour la valorisation de la profession enseignante, entre
autres en ce qui a trait aux
conditions de travail des enseignants... On sait qu'ils ont une mission très
importante, de s'occuper de nos enfants, des jeunes, de jeunes adultes,
même, par moments.
Alors,
qu'est-ce qu'on va mettre en place pour valoriser cette profession enseignante?
Et aux jeunes hommes et aux jeunes femmes qui nous écoutent, qui y
pensent peut-être, mais qui ont lu cet
article de janvier 2018 puis qui
disent : Mon Dieu que ça a l'air
difficile, être enseignant, quelles seront, peut-être, certaines bonnes
nouvelles qu'on pourra leur annoncer au cours des prochains jours, des
prochaines semaines, des prochains mois, certainement?
Le Président
(M. Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je suis très content parce que, pour valoriser la profession, il y a
plein de façons, d'abord aider ceux
qui sont là, en place, à aider les élèves, puis, très rapidement, là, sans
prendre trop de temps, 47 millions de plus pour embaucher des professionnels pour aider ceux qui
aident les élèves, pour aider directement les élèves qui ont des besoins
particuliers, là, au secondaire, aussi au
primaire, en formation générale des adultes, ça, je tiens à le mentionner, et
en formation professionnelle. Ça, c'est une façon de reconnaître le travail des
enseignants puis de dire qu'on les écoute. Parce que, quand on va parler directement aux enseignants, là, puis aux
enseignantes, c'est ça qu'ils nous disent, là : On n'en peut plus,
vous intégrez un paquet d'élèves qui ont des besoins particuliers, mais, pour
avoir une intégration, ça prend des professionnels.
Donc, la
première chose, là, c'est d'appeler la cavalerie, là, puis de faire arriver à
la rescousse les professionnels dans les
écoles. Ça, c'est vraiment pour ceux qui sont en place puis aussi ceux qui s'en
viennent. Mais, si on veut convaincre les jeunes qui sont en
secondaire IV, secondaire V, là, qui pensent à aller au cégep, ou
ceux qui sont au cégep en ce moment... Puis,
au cégep, hein, des fois, on magasine un peu, hein, où est-ce qu'on va s'en
aller. On n'est pas trop sûrs. Si on veut leur dire d'aller en éducation, bien, il y a le premier ministre qui a dit
que c'est une priorité nationale. Il y a le discours inaugural qui l'a
affirmé clairement. Il y a le budget qui en a fait une priorité nationale.
Puis,
concrètement, là, il y a, dans le budget, une mesure spécifique de
15,8 millions, presque 16 millions, qui va revenir année après année, 16 millions en bourses
exclusivement dédiées à ceux et celles qui choisiront de devenir enseignants.
Ça veut dire que, parmi toutes les
professions, là, c'est celle-là qu'on valorise comme gouvernement. Et on sait
déjà que le quatrième stage, c'est
celui qui a reçu la première des compensations puis que la Coalition avenir
Québec l'avait appuyé. Donc, ça, je
pense, c'est un geste très, très, très fort. Parce que des discours, là, de
premiers ministres qui font de l'éducation une priorité... mais c'est la priorité des discours, mais pas la
priorité des politiques. On pourrait en faire toute une liste, là, hein : superbons pour en parler, très, très
mauvais pour bouger. Là, c'est le contraire. C'est une priorité de politique,
c'est une priorité budgétaire, puis, très concrètement, d'avoir un programme de
prêts et bourses spécifiquement là-dessus.
Ensuite, il y
a d'autres idées... bien, pas des idées, mais en fait des mesures : un
nouveau référentiel de compétences professionnelles, qui est... Ça,
c'est vraiment... On parle en termes... Mais, quand on est enseignant, c'est
extrêmement important. Un référentiel de compétences d'enseignant, l'ensemble
des qualités, c'est notre grille d'analyse.
Un programme
de mentorat pour ceux qui font le choix de la profession enseignante et qui
trouvent difficile l'insertion professionnelle.
On a souvent entendu dire que c'est, quoi, 20 %, 25 % des jeunes
enseignants qui décrochent — pas les élèves, les profs — qui décrochent dans les premières années. Un programme de
mentorat, c'est nécessaire. Ça aussi, on le dit, on le fait, on le
finance. Donc, on a mis de l'argent dans le budget.
Et ça ne
commence pas en 2022. Ça commence cette année, dès septembre, un programme de
mentorat, peu importe, nouveaux
enseignants, ceux qui sont déjà là, là, à leur deux, trois premières années
d'enseignement. Mais, ceux qui sont dans
les facultés d'éducation, vous savez qu'on veut réussir votre insertion
professionnelle. Chers jeunes profs, chers futurs profs, on va vous assigner un mentor, un prof
d'expérience qui a le goût de redonner aux plus jeunes, puis cette personne-là
pourra vous suivre pendant cinq ans. Donc,
l'enseignant qui, des fois dans les premières années, malheureusement, change
de tâche, des fois change d'école... Puis,
normalement, comme enseignant, la personne qui te supervise et t'accompagne,
c'est la direction d'école. Quand tu changes
d'école, on comprend que tu changes de superviseur. Mais d'avoir un mentor
qui est là pour t'écouter... Et l'argent qu'on donne pour financer ce
programme-là, c'est pour libérer du temps, parce qu'encore une fois on écoute les enseignants qui sont directement dans
les classes, puis ce qu'ils nous disent, c'est : On manque de
temps; je veux bien, mais je n'ai pas le temps. Donc, l'argent va venir pour
permettre ce mentorat
Donc, des
bourses, un nouveau référentiel de compétences et du mentorat, je pense, c'est
assez clair qu'on valorise la profession enseignante.
Président (M. Laframboise) : Donc, la parole est à la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme la députée.
Mme Foster : Il reste combien de
temps?
Le Président (M. Laframboise) : Il
reste 8 min 42 s.
Foster : Merci beaucoup. Salutations à tous les collègues aujourd'hui.
Salutations également au ministre et à
toute l'équipe qui l'accompagne. La période des crédits est toujours très
exigeante pour tout le monde, mais on achève. Il paraît que ça finit ce
soir.
C'est un très grand plaisir pour moi d'être ici
pour parler d'enseignement supérieur parce que l'enseignement supérieur, bien, c'est le monde d'où je proviens.
Je dis toujours : J'ai tellement aimé l'école que j'y suis allée jusqu'au
doctorat. L'enseignement supérieur
peut être abordé sous toutes sortes de facettes, mais aujourd'hui ce que je
veux aborder, c'est l'aspect économique, parce que l'enseignement supérieur,
c'est un véritable moteur socioéconomique, et on l'oublie souvent.
Entre autres,
il y a quelques jours, je discutais, dans une autre étude des crédits, avec le
Scientifique en chef, qui me disait
que les retombées économiques générées par la science — hein, souvent, «enseignement supérieur» et
«science» ne sont pas synonymes mais
se fréquentent de très près — c'est semblable à l'industrie aéronautique
au Québec. Donc, on l'oublie souvent, mais c'est générateur et c'est
créateur de richesse, et c'est encore davantage significatif en région.
universités, en région, et les cégeps, ce sont de véritables pôles
socioéconomiques de premier plan. Par exemple l'UQAR, à Rimouski, une étude qui a démontré, il y a quelques années...
ça date, mais ça montre quand même l'importance, là, des retombées économiques, en subventions et en contrats, de
20 millions, plus de 200 chercheurs, donc c'est énorme. Dans nos régions, l'enseignement supérieur a une très, très
grande importance sur le plan économique, ce qui me mène à vous poser une
question sur la subvention pour la mission régionale de certaines universités.
l'automne 2019, il y a cinq établissements universitaires, en région, du
réseau de l'Université du Québec, qui ont
demandé au ministre et au gouvernement de soutenir financièrement le rôle de
moteur économique régional qu'elles jouent.
Il y a cinq établissements qui étaient, bon, un peu en fâcheuse position parce
qu'ils tentent de jouer un rôle de moteur économique régional dans un
contexte de déficit structurel. Ils demandaient le rétablissement d'une
subvention dédiée à supporter leur rôle
régional et à couvrir le surcoût d'enseignement des établissements en région,
parce qu'on sait qu'il faut
délocaliser les formations dans les milieux, déplacer les profs, faire
plusieurs points de service. Donc, il y a un surcoût associé à
l'enseignement supérieur en région.
avaient des demandes, ces cinq universités-là, de 15,3 millions, répartis,
là, dans les cinq universités... demander à ce que cette enveloppe-là soit indexée en 2019 et 2020. Le ministre
leur a accordé, pour l'année 2018-2019, 7,5 millions. Il a indiqué qu'il évaluerait ce qui peut être
fait pour les années ultérieures. Dans l'intervalle, il y a l'Université de
Sherbrooke et l'université de Bishop's qui ont également fait des
représentations pour, elles aussi, bénéficier de cette enveloppe.
Donc, M. le
Président, moi, ce que j'aimerais que le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement
supérieur me dise, c'est s'il compte rendre
pérennes et bonifier les sommes qu'il accordait avant Noël aux universités en
région. Et également qu'est-ce qu'il
compte faire pour la région de Sherbrooke, où il y a deux établissements
universitaires qui jouent un rôle important et qui méritent d'être
soutenus également?
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre, pour 5 min 35 s.
Roberge : Merci bien, M. le Président. Merci pour votre question,
chère amie. C'est vrai que, rapidement, on a constaté, en arrivant en poste, que, finalement, il y avait des
universités qui se trouvaient un peu flouées par la nouvelle formule de financement puis par rapport à ce qu'ils
avaient signé, l'entente. Parce que tantôt je disais : La formule de
financement a été améliorée par le précédent gouvernement à certains égards. Il
y a eu des maladresses. Je pense qu'on était mieux après qu'avant. Donc,
on avait avancé.
Mais
par contre il y avait quelques universités qui avaient signé, qui avaient
dit : C'est correct, mais, après coup, qui disaient : Oui, attend une minute, quand je relis les petits
caractères, là, je me suis fait avoir, là, hein? Et c'est ça qu'on a corrigé, notamment les universités en région,
qui, en lisant les petits caractères, avaient constaté qu'attends une minute,
là, il leur manquait de l'argent, de
l'argent qu'ils avaient avant. Ce n'est pas comme si, tout à coup, ils
recevaient de l'argent neuf. Et vous avez bien mentionné... les
universités qui se sont fait entendre avec plus de force au départ, à
l'automne, c'est vraiment l'Université du
Québec à Trois-Rivières, l'Université du Québec à Chicoutimi, ensuite à
Rimouski, en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue.
Puis,
rapidement, devant la crise, parce qu'il y en a qui voyaient leur mission de
pôle de développement économique régional compromise, bien, on a travaillé
fort, puis on a gratté, puis je remercie encore une fois mon équipe d'avoir
trouvé 7,5 millions. Mais c'était, au milieu
de l'année, un petit peu une solution, là, qu'on improvisait. On n'avait pas le
choix. On venait d'arriver puis on
voyait le problème. Il fallait trouver une solution, puis on l'a amenée comme
ça. Par la suite, évidemment que ça a créé un appétit pour en avoir encore et
plus, et c'est normal. C'est comme ça que ça fonctionne. C'est bien
normal.
vous avez mentionné la région de l'Estrie parce que... on le dit, la région de
l'Estrie qui a dit : Mais comment ça se fait que nous n'avons pas eu ces
sommes supplémentaires quand il y a eu, mettons, le petit réinvestissement de
décembre? C'est une question
pertinente. On a analysé le financement que recevaient ces universités-là. Elles
ne recevaient pas de... bien qu'elles
étaient en région. Cependant, ils sont deux. Donc, déjà, c'est un peu plus
facile d'avoir un pôle universitaire. Il a beau y avoir une francophone,
une anglophone, on sait bien qu'il y a des anglophones qui vont à Sherbrooke
puis il y a des francophones qui vont à
Bishop's, là. Il ne s'agit pas de deux solitudes. Surtout dans le réseau
universitaire, il y a de moins en moins de solitude, il y a de plus en
plus un seul réseau.
puis on a constaté qu'il y avait une inéquité et puis on a décidé d'aller de
l'avant avec un financement des universités, un financement régional des
universités, qui prenne aussi en compte la région de Sherbrooke. Je peux vous
dire qu'on est en train, là... On est dans
l'étude de crédits. Donc, encore une fois, les modalités de financement, on est
presque à la toute fin. Mais, à la
fin, les universités qui ont reçu de l'argent en décembre, du réseau UQ, je
pense, seront satisfaites. Mais aussi nos deux belles universités de la région
de Sherbrooke vont recevoir leur part du gâteau et seront bien satisfaites de
voir
Le Président (M.
Laframboise) : Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Foster : C'est une excellente réponse du ministre. Moi, je céderais la
parole à mon collègue le député de Sainte-Rose, qui voulait également
faire une intervention.
Le Président (M.
Laframboise) : Pour 2 min 5 s, M. le député.
M. Skeete :
Ça fait que je vais faire ça vite.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Sainte-Rose.
Skeete : C'est toujours
un peu gênant de passer après Dre Foster et mon très expressif collègue
de Beauce-Sud, mais
je voudrais parler d'un sujet qui est quand
même assez important,
M. le ministre. Moi, je viens d'une famille avec une mère monoparentale.
Moi, ma mère, j'ai des souvenirs, même très jeune, où est-ce qu'elle allait à l'école puis elle essayait d'améliorer son sort. Moi-même, aujourd'hui, j'ai deux enfants et je suis encore aux études. Heureusement, je ne suis pas seul comme ma mère l'était, mais ce n'est pas
facile et c'est très prenant. Je pense aussi à ma génération en particulier. Ma génération, beaucoup d'entre nous ont des
situations où est-ce qu'on vient
de familles monoparentales, des pères ou même des mères absentes.
Puis, historiquement...
Mais, en éducation, pour améliorer son sort, bien, il faut y penser. Il faut
penser à aller à l'école. Il faut
penser à suivre une formation pour nous aider. Et souvent ce qu'on réalise,
c'est qu'il y a beaucoup d'obstacles, hein? Comment on fait pour faire garder
nos enfants? Comment on fait pour s'arranger, mais surtout comment on fait pour
payer? Même si l'école est abordable au
Québec, ce n'est pas facile pour une mère monoparentale de décider d'aller à
l'université et de payer ces sous-là
pour le faire, d'autant plus qu'historiquement... mais ces mêmes mères
monoparentales, quand ils sont chanceux de recevoir une pension
alimentaire, bien, ils se font pénaliser par le système de prêts et bourses.
Alors, ma
question, M. le ministre, est assez simple. Je me demande si vous envisagez
corriger cette situation, qui est quand même assez déplorable, dans le
but d'aider des personnes à améliorer leur sort.
Président (M. Laframboise) : Merci. M. le ministre, vous n'avez plus
de temps. Vous pourrez répondre à la prochaine
période du gouvernement. La parole, maintenant, est au troisième groupe
d'opposition. M. le député de Bonaventure, pour 17 minutes. M. le
député.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Bonjour à mes collègues. Bonjour au ministre puis à
tout le personnel qui vous accompagne.
Écoutez, on
va aller faire un tour dans l'Est du Québec. Je vous invite avec moi pour
parler des cégeps en région et de
leurs conditions. Vous êtes au courant sûrement que nous avons fait un point de
presse ce matin avec des représentants de
différents collèges de l'Est du Québec pour demander au gouvernement, pour vous
demander, à vous et à votre ministère, de
réfléchir à modifier une annexe... là, je ne vais pas être trop bureaucratique,
là, mais qu'on appelle la S026, qui vient en aide aux petites cohortes, O.K.? On permet à des cégeps de partir des
petites cohortes de 10 étudiants et on permet aux collèges d'avoir accès à cette enveloppe-là pour
faire en sorte que les étudiants n'aient pas à déménager, à quitter la région
pour avoir une formation. Et la demande qui
a été faite ce matin, je ne suis pas tout seul, je la porte avec quand même des
gens du secteur, c'est de diminuer de 10 à sept étudiants l'accès à
l'annexe S026.
Puis je veux
faire une petite mise en contexte. Les cégeps, en région, là, c'est fondamental
pour le développement économique, social, culturel, O.K.? Ça permet aux
parents, quand il y a un programme qui
part chez eux, là, de ne pas débourser de 10 000 $ à
15 000 $ par année pour envoyer leurs enfants à l'extérieur s'ils
n'ont pas accès aux prêts et bourses, etc. Ça coûte... C'est une saignée démographique, mais c'est aussi une
saignée économique pour les parents qui doivent financer les études à
l'extérieur, et c'est notre vie, à nous, dans les régions.
Donc, je vous
demande, au nom de tous ceux et celles qui oeuvrent dans le réseau collégial
dans l'Est du Québec, si vous êtes ouvert à modifier la réglementation
d'ouverture des cohortes de 10 et de permettre l'ouverture de cohortes à partir de sept étudiants. C'est même démontré,
bon, selon ce qu'ils m'ont expliqué, que, pédagogiquement, ça va bien, c'est viable. La relation maître-élève est très
bien. Bon, c'est sûr que ce n'est pas une classe de 35, mais nous ne sommes
pas dans les villes. Et, qui plus est, les
programmes qui ne partent pas, bien, c'est de la main-d'oeuvre qui n'est pas
disponible dans nos régions, et c'est pratiquement 100 % de
placement dans beaucoup de secteurs. Donc, j'aimerais vous entendre là-dessus,
M. le ministre.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
M. Roberge : Quelle bonne question. S'il
y a quelque chose qui me dérangeait dans la précédente formule de financement des cégeps... Puis j'en ai visité plusieurs même en région. Je
me souviens d'être allé avec, justement, ma collègue
députée de Charlevoix — qui
n'était pas députée à cette époque, on est bien contents qu'elle soit avec nous — puis
de rencontrer à la fois des syndicats,
des étudiants, des gens qui sont autour des cégeps, parce que,
quand on est dans... On ne peut pas sortir le cégep de sa région ni la région
de son cégep. C'est totalement imbriqué. On rencontre le maire de la ville, il nous parle du cégep. On rencontre les
gens de la chambre de commerce, ils nous parlent du cégep. On rencontre le
cégep, ils nous parlent de la ville. C'est vraiment lié.
Et l'idée de
réduire... en fait, d'accepter qu'en région il y a des groupes de plus petite
taille puis qu'il faut les financer en
conséquence, là, je l'ai entendue de plusieurs façons. Puis on ne l'a pas juste
entendue, on l'a comprise, on ne l'a pas juste comprise, on l'a
intégrée, ça faisait partie, je pense, des suggestions, donc, dans le rapport
du comité d'experts.
Je comprends
que vous avez fait votre point de presse ce matin, puis c'est très bien,
je pense que les gens en région vont
recevoir de très, très bonnes nouvelles prochainement à cet égard-là, mais à tellement d'autres égards. Sincèrement, on les a écoutés pour vrai, on n'a pas fait semblant.
Quand, tantôt, j'ai dit qu'il y avait 149 millions
de dollars de plus dans notre réseau collégial, une hausse de 7,6 %, on est pas mal loin de l'inflation, là,
de 7,6 %, je peux vous dire que les cégeps de plus petite taille puis les cégeps en région vont recevoir la part du
lion, sans, bien sûr, sacrifier les cégeps urbains puis des cégeps de grande taille, mais, disons, dans le
refinancement pour assurer la survivance de ces cégeps-là, mais de ces
programmes-là.
Parce que garder un cégep ouvert, mais avec
juste trois, quatre programmes, trois, quatre gros programmes, ça force l'exil
des étudiants. Puis c'est ça qu'on ne veut pas. Je veux dire, on ne veut pas
avoir juste des cégeps avec les trois
programmes les plus populaires. Parce qu'on le sait, et vous le savez, vous et
moi, que les étudiants, quand ils s'exilent pour aller suivre un cours, souvent ne reviennent pas et, s'il faut
qu'ils s'exilent pour suivre le cours, bien souvent n'y vont pas. Ça fait que c'est
«lose-lose», hein, comme on dit : soit ils n'y vont pas, tout simplement,
puis ils se privent d'un avancement de
carrière puis ils privent la région de la richesse qu'ils pourraient avoir,
soit ils y vont mais ne reviennent pas dans la région.
Ça fait que l'idée que vous m'avez appelée, la
mesure S026, je ne peux pas vous dire à ce moment-ci comment elle sera transformée, mais je peux vous dire
qu'elle ne survivra pas dans sa forme actuelle à la réforme du FABES. Puis
je pense que les gens qui étaient avec vous
ce matin à la conférence de presse seront bien contents quand sera dévoilée
cette nouvelle formule de financement.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Et, juste pour clore ce dossier-là, M. le ministre, il semblerait que
l'enveloppe n'est pas tout, tout, tout utilisée. Donc, il y aurait... En
tout cas, c'est ce qu'on m'a dit.
Donc, si je
vous entends bien, il va y avoir des annonces qui vont favoriser les demandes
de petites cohortes et permettre à des programmes de partir même si on
n'a pas 10 étudiants. C'est ce que j'entends?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : Bien, on ne peut
pas partir le programme s'ils ont zéro étudiant, on va s'entendre.
M. Roy : Non, non, non,
mais...
M. Roberge :
Il y a une limite à petit groupe, là. Mais on se comprend, on se comprend, des
groupes de plus petite taille puis
des cohortes qu'on peut suivre, même si, des fois, ça fluctue dans le cas de la
cohorte. En réalité, ce n'est pas compliqué, c'est de tenir compte de la
réalité des cégeps en région puis de tenir compte du fait qu'une petite cohorte,
même si elle n'est pas pleine à 100 %, elle peut être 100 % pertinente.
Je vais vous le dire comme ça.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Et là je clos
ce dossier-là, nous étions sept, pas à zéro.
O.K. Un dossier qui est important aussi pour des
gens qui travaillent fort pour bâtir de nouveaux programmes, M. le ministre, bon, il y a des profs dans des
cégeps qui ont une vision entrepreneuriale de leur profession, qui vont créer de nouveaux programmes, qui vont créer un D.E.C.
de toute pièce. À l'époque, on l'avait fait avec l'intervention en milieu
carcéral. Ces gens-là travaillent fort. Les
cégeps investissent. Même, des fois, le ministère demande à des cégeps de créer
des programmes. Mais, woups! l'année
d'après, on donne l'autorisation à d'autres cégeps qui n'ont pas mis la main à
la pâte pour construire les programmes de donner les cours et d'offrir
les programmes.
Donc, est-ce
que votre ministère serait prêt à réfléchir à l'idée de donner l'exclusivité à
des cégeps où il y a des gens qui travaillent très fort, qui ne comptent pas
leurs heures, des directions qui prennent le risque d'engager des sommes
pour libérer des fonds pour créer des
programmes, et de leur donner une sécurité en ce qui a trait à l'exclusivité du
programme pour au moins qu'ils soient attractifs au niveau des étudiants? Et,
bon, je vais donner un exemple. Là, je ne l'ai pas en tête, là. Bien,
vous... Mais ce n'est pas grave, vous comprenez ce que je veux dire.
Donc, est-ce
que vous êtes prêts à donner l'exclusivité de programme à des cégeps qui font l'effort
d'innover, de créer de nouvelles
formations et qui est souvent associé à une forme de bénévolat de certains
profs qui ne comptent pas leurs heures?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le ministre.
M. Roberge : C'est une question
très pertinente mais à laquelle on ne peut arriver à une seule réponse.
Dire : Si vous bâtissez un programme,
vous avez l'exclusivité, je ne pense pas que ça soit la bonne réponse. Puis le
contraire, de dire : Il n'y en aura pas, d'exclusivité, ce n'est
pas la bonne réponse non plus. Je pense qu'il faut y aller au cas par cas.
Je comprends
ce que vous dites. Vous dites : Surtout que, si un cégep est plus petit,
il veut se démarquer, crée quelque chose,
aussitôt qu'il l'a créé, se le fait, ouvrez les guillemets, voler par un gros
cégep, il dit : Bien là, on investit de nos énergies, nous sommes
petits, ça prend de l'énergie pour faire le programme puis pour se démarquer;
après ça, on ne se démarque plus parce qu'un autre cégep prend le programme. Je comprends que c'est votre préoccupation. Cependant, il y a cette idée-là de reconnaître et valoriser les efforts qui ont
été faits par un cégep, puis de leur laisser en bénéficier, puis de développer
une couleur locale, parce que,
quand on développe un programme, aussi, c'est parce qu'on est un peu experts
dans ce domaine-là. Il y a quelque chose à reconnaître là.
Cependant,
les diplômes d'études collégiaux, le réseau universitaire et collégial sont
bien différents. C'est l'enseignement
supérieur, mais c'est quand même très différent. Les D.E.C. sont nationaux, et
l'idée de partager des programmes,
bien, c'est une des belles richesses de nos collèges aussi. Hein, parfois, on
dénonce le clientélisme des universités puis les compétitions entre les universités. À certains égards, la
compétition les force à s'améliorer. À d'autres égards, on dit : Coudon, on finance les deux qui se
compétitionnent avec nos fonds publics. La force de notre Fédération des
cégeps, c'est d'avoir des partages,
puis de se nourrir l'un l'autre, puis d'avoir des fois... Je sais, l'ITHQ le
fait notamment assez souvent, partager, prêter des programmes, se
déployer.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Merci, M. le ministre.
M. Roberge :
Donc, je veux... Ma réponse est nuancée. C'est parce que c'est quelque chose
qui est complexe.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Bonaventure. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Non, mais je comprends très bien que, bon, ce sont des diplômes qui peuvent
être offerts par l'ensemble des
cégeps. Par contre, de là à permettre l'exclusivité pour l'éternité et de
permettre une exclusivité dans un cadre précis, pour donner le goût à
des cégeps de développer et d'innover... La construction de nouveaux programmes
est associée à la transformation de la
société, et, si on veut innover en éducation, il faut donner une chance à ceux
qui innovent de tirer un petit bénéfice de l'innovation, qui est une
sécurité de l'offre du programme qui pourrait être sur quatre, cinq ans. On ne
dit pas pour l'éternité. Je vous demande de réfléchir à ça pour... Puis tout le
monde serait gagnant parce que ça générerait...
bon, ça permettrait de créer de nouveaux programmes, et comme je viens de le
dire, qui vont nous permettre de nous adapter collectivement aux grandes
transformations que l'on vit.
Il y a des
gens extrêmement intelligents, dans les cégeps, qui ont le goût de faire
avancer, je dirais, la pédagogie et de créer des choses. Écoutez, à l'époque,
on avait créé un des premiers D.E.C. en intervention en milieu carcéral. Ça
n'existait pas. Donc, on a répondu à un besoin.
Donc, c'est
juste de donner une petite sécurité aux cégeps qui ont l'audace et qui ont une
vision entrepreneuriale.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : M. le Président, c'est une des raisons pour lesquelles
j'aime l'étude des crédits, parce qu'au-delà de poser des questions, comprendre le budget ou, des fois, simplement,
ah, je vais tendre un piège au ministre, je vais le prendre en défaut,
là, il y a des échanges réels, du monde de bonne volonté qui vient nous
suggérer des bonnes idées. Savez-vous quoi? Votre question, c'est :
Allez-vous y réfléchir? Certainement. Je trouve que c'est une... Vous soulevez quelque chose. On y avait déjà pensé, mais
sincèrement ce n'était pas abouti. Puis je n'ai pas donné de nouvelles
directives, depuis que je suis en
place, à ce sujet-là. Puis le fait que vous le rameniez puis vous disiez :
Attention, puis peut-être est-ce que,
pendant un an, deux ans, trois ans, il ne faudrait pas donner... Un peu comme
on le fait avec les médicaments, hein, quand
on a un nouveau médicament. Non, mais, quand même, c'est une façon de reconnaître
la recherche. Quand tu déposes un
nouveau médicament, pendant un certain temps, avant d'avoir le générique, tu as
l'exclusivité. Bon, toute comparaison est boiteuse, mais ça illustre
quand même le propos.
Ce que vous
dites, c'est : Peut-être qu'il faudrait laisser un petit peu le temps aux
cégeps de rayonner, de le déployer avant
de le partager. Je n'arrive pas avec la réponse tout de suite, mais sincèrement
je vous promets qu'on va creuser la question, puis on va voir comment on
aboutira là-dessus. Puis je vous remercie de nous avoir amenés là où je ne vous
attendais pas. C'est intéressant.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le député de Bonaventure, pour 4 min 22 s.
Le Président (M. Laframboise) : 22 secondes,
oui.
M. Roy :
O.K. Donc, bon, encore... Bien, écoutez, si vous avez besoin d'aide de
réfléchir à ça, moi, je suis disponible, O.K.? J'ai quand même enseigné au cégep puis... Mais, je pense, vous
avez très bien saisi le gain que tout le réseau collégial peut prendre
en matière d'innovation pédagogique.
Un petit
problème qu'on a dans les régions du Québec, et là je sens que... bon, en tout
cas, c'est un problème, puis il va
falloir y réfléchir, c'est... Je vous donne un exemple concret, là. Le cégep de
Carleton ouvre, bon, commence les cours vers le 15, 16, 17 août. On est en pleine canicule. L'industrie
touristique est à son meilleur. Le cégep ouvre, et l'industrie perd de la main-d'oeuvre, des jeunes qui
travaillaient. Puis ce n'est pas viable, ce n'est pas climatisé. Donc, les horaires de session ne semblent...
En tout cas, il faudrait réfléchir à une adaptation des horaires en fonction de
l'environnement socio-économico-culturel
d'une région. Et peut-être... je ne sais pas comment l'organiser, mais j'amène
ça à votre attention.
Chez nous,
bon, tu sais, dans le temps des fêtes, il y a, quoi, quatre, cinq semaines d'arrêt au cégep. Même les étudiants trouvent ça long, ils décrochent. Le décrochage,
là... Je veux dire, cinq semaines arrêtés, c'est trop long. Et là je sais que...
j'entends du monde qui vont dire qu'ils ne
sont pas d'accord, mais peu importe, c'est un enjeu réel. Les jeunes aimeraient
qu'il y ait une modification de l'horaire. Écoutez, l'environnement économique, les employeurs aimeraient aussi qu'il y ait une
modification des horaires. Certains profs, écoute,
ils suffoquent, là, avec les jeunes dans les classes, parce qu'il y a des changements climatiques
aussi qui sont associés à ça, là.
Ça fait que
comment on ferait pour proposer une modification de calendrier pour qu'à Noël
on ait deux semaines mais que, bon,
les classes commencent après la fête du Travail, pour avoir un calendrier qui
est adapté aux transformations climatiques
et aux besoins de main-d'oeuvre? Et, écoutez, avoir quelque chose qui est plus
cohérent, selon moi, ça ne fera pas de tort.
Le Président (M. Laframboise) : M.
le ministre.
Roberge : Une autre idée
très intéressante. Vous pensez à l'extérieur de la boîte. Cependant,
je vous dis que cette latitude
existe. Ce n'est pas le ministère qui impose aux différents cégeps leur calendrier.
Ce que ça dit, c'est qu'en vertu — c'est un paragraphe, vous permettez? — du Règlement sur le régime des études
collégiales,
article 18, les
collèges ont la responsabilité d'organiser un calendrier scolaire d'au moins deux sessions,
comportant chacune un minimum de 82 jours, et ce, durant la période
débutant le 1er juillet d'une année et se terminant le 30 juin.
Donc,
en réalité, d'une manière régionale, on pourrait bien dire que, dans un cégep
où, vraiment, la saison touristique, c'est une saison qu'on appelle la
saison chaude puis c'est l'été, peut-être que,
considérant que beaucoup d'étudiants de cégep
travaillent dans l'industrie touristique, ça serait une bonne idée de décaler
un peu puis, précisément votre idée, de
dire : Bien, écoutez, nous, là, la période de Noël, là... De toute façon, les étudiants, s'ils veulent avoir un emploi,
là, ça va être difficile.
Donc,
les emplois, c'est l'été. Bien, ça, c'est quelque chose qu'il faudrait amener région par région. Puis il
ne faudrait pas faire
du mur-à-mur en disant : Bien, l'horaire du cégep au Québec, c'est ça. Puis supposons qu'à Montréal peut-être que c'est aussi facile de se
trouver un emploi l'été que dans le temps de Noël, parce qu'il y a tellement de commerces qui ouvrent et puis ce n'est pas un problème, versus à Carleton, ou à
Charlevoix, ou... je ne veux pas m'avancer dans la réalité socioéconomique des régions que je ne connais pas, mais c'est
possible. Puis, région par région, bien, il faut peut-être s'approprier
cet espace de liberté pour tenir compte des réalités régionales.
Président (M. Laframboise) : Merci. La parole est au gouvernement pour
les 17 prochaines minutes. Merci.
M. Skeete : Merci, M.
le Président
Le Président (M.
Laframboise) : M. le député de Sainte-Rose, vous aviez une question,
vous là. Peut-être...
M. Skeete : Elle était
bonne, en plus, oui.
Président (M. Laframboise) : ...oui, oui, la relancer au ministre pour
qu'il puisse répondre. Puis après ça...
M. Skeete : Écoutez,
M. le ministre, j'attends toujours ma réponse, moi, là.
Skeete : On parlait
des pensions alimentaires. J'avais fait le point pour dire que je
trouve ça un peu, bien, on va se le dire, discriminatoire de calculer la pension alimentaire dans les frais de
scolarité, surtout en termes de prêts et bourses. Alors,
je vous écoute.
Le Président (M.
Laframboise) : M. le ministre.
M. Roberge : Effectivement, j'avoue que
j'avais perdu le fil. Je suis bien content que vous nous ayez résumé le sujet et la question. Puis c'est quelque
chose qu'on a travaillé
ensemble, encore une fois, le ministre Travail, Emploi et Solidarité et moi-même, parce que les personnes qui ont une aide alimentaire, une pension alimentaire, peuvent être parfois des
étudiants, des étudiantes, mais aussi ne sont pas des étudiants, des
étudiantes, et ils étaient pénalisés soit d'un côté soit de l'autre, et puis il y avait quelque chose qui était même, je vous dirais, peut-être même une atteinte à la dignité. Donc, notre système d'aide
financière aux études est bien généreux, mais il y avait cette faille.
Le Programme de prêts et bourses,
la manière qu'il est conçu en ce moment, il est contributif et supplétif, ce qui signifie que l'aide est calculée en prenant
compte les besoins financiers de l'étudiant, mais aussi ses ressources
financières. Ça, c'est la
contribution des étudiants à ses études. Puis le calcul de la contribution d'un
étudiant se fait en prenant compte de ses revenus d'emploi, ses autres
revenus et ses revenus de bourse. Il était là, le problème, précisément.
Les sommes reçues à
titre de pension
alimentaire font
partie des autres revenus, et là, donc, les personnes, surtout
des jeunes femmes, mais pas seulement des jeunes femmes, pouvaient voir
leur aide financière diminuer à cause de ça.
Donc, maintenant,
on tient compte de ça. Il y a des exemptions, dans le calcul, pour éviter de
pénaliser l'étudiant ou l'étudiante en fonction de son revenu de pension
alimentaire, sachant que ce n'est pas un revenu qu'on peut utiliser, mais c'est de l'argent qui est dédié. Donc, je
pense qu'en équipe, le ministre de l'Emploi et moi-même, on a pu apporter un
peu plus d'équité dans le régime de prêts et
bourses à ce sujet. Ça va s'appliquer dès septembre 2019. Donc, encore une
fois, c'est quelque chose qu'on a réglé rapidement. On ne peut pas faire ça
avec tous les dossiers, mais quand
même ça fait un petit velours quand on dit que,
rapidement, en six mois et dès septembre, pour la prochaine rentrée, ça va
s'appliquer.
Président (M. Laframboise) :
Donc, les pensions alimentaires ne seront plus calculées comme étant du revenu
pour les prêts et bourses.
M. Roberge : Précisément.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. M. le député de Saint-Jérôme.
Chassin : Merci, M. le Président. Bien, oui, je trouvais important, en fait, qu'on ait la réponse sur cette question-là parce que je trouve, effectivement, qu'on prend en compte beaucoup mieux la réalité des parents étudiants avec cette modification-là.
Ceci
étant dit, je me suis fait un peu voler mon scoop par le député de Bonaventure. Je voulais aussi parler de formule de financement et puis...
Mais donc j'irai dans la même ligne parce que...
C'est un
plaisir, M. le ministre, de vous avoir avec nous en étude des crédits sur le
volet Enseignement supérieur. J'ai le plaisir de vous donner un coup de main à
l'occasion, à
titre d'adjoint à l'Enseignement supérieur, notamment sur le financement des cégeps, où on a hérité, en
fait, d'un processus qui était déjà en cours et un processus qu'on ne voulait
pas recommencer à zéro. On ne souhaitait pas
réinventer la roue. En même temps, on souhaitait avoir aussi, de nos propres
yeux un peu neufs par rapport à l'ancien gouvernement, une vision de la réalité
terrain, ce qui m'a permis, à mon grand plaisir — le député de Richelieu dirait «avec un
plaisir non discipliné» — d'aller visiter certaines institutions collégiales un peu
partout au Québec, et ce fut un plaisir de rencontrer les directions, mais
aussi les syndicats et les associations étudiantes
dans plusieurs institutions, dont Saint-Félicien, dont Matane, dont,
évidemment, Saint-Jérôme, on ne s'en cachera pas, Sherbrooke, Granby, Saint-Laurent, j'en passe, et donc, à chaque
fois, d'avoir un peu cet écho de la réalité terrain, des défis qui sont nombreux, certains cégeps ayant
justement des petites cohortes. Donc, la S026 sur les petites cohortes est
effectivement revenue à quelques reprises.
On me racontait, par exemple, à Saint-Félicien,
qu'on avait fait des efforts pour aller recruter des étudiants internationaux
pour démarrer une cohorte. Donc, évidemment, ce n'est pas que c'est interdit,
hein, de démarrer une cohorte, mais c'est
que ce n'est pas spécifiquement financé. Donc, il y a des cégeps qui ont pris
des risques, qui ont démarré, effectivement, des programmes à même leurs
budgets généraux, parfois pour atteindre, finalement, le nombre magique qui leur permettait d'avoir un financement. Le
cégep de Matane, c'est intéressant de le souligner, qui attire... en fait,
42 % de sa clientèle étudiante,
ce sont des étudiants étrangers, donc hors du Canada, beaucoup de Français,
beaucoup de Réunionnais. C'est très beau à voir comme type d'initiative.
Évidemment,
dans cette tournée-là, il a été question un peu du sujet de l'heure pour les
cégeps, qui était la révision du
FABES, pas tant dans sa révision complète, là, ça demeure en continuité avec ce
qui a été fait précédemment, mais quand même repenser ce modèle qui date de
1992. Alors, si je ne m'abuse, vous et moi, M. le ministre, on a été au cégep
après 1992, il y en a d'autres, collègues,
j'imagine, qui étaient au cégep aussi après cette année-là. Donc, le modèle
actuel, c'est le modèle dans lequel on a étudié, en termes de
financement. Il était temps de le revoir.
Et puis, pour
faire un petit historique, c'est en
avril 2016 que c'est... en fait, la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay, a fait une demande
officielle au ministère de l'Enseignement supérieur pour revoir le modèle. Ça a
pris un certain temps avant qu'on
mette sur pied un comité d'experts qui mènerait, donc, une consultation, Mme
Tremblay en étant la présidente, et le rapport final a été déposé en
janvier dernier.
Pour prendre
en compte l'ensemble des réalités des cégeps, il faut comprendre,
effectivement, puis on en a déjà parlé, mais leur vie régionale. Vous
mentionniez... Et je pense, de façon fort pertinente, qu'on ne sort pas la
région du cégep et on ne sort pas le cégep
de sa région, c'est effectivement très imbriqué. Cette réalité-là, elle est
manifeste, on la sent, et elle doit
être reflétée aussi dans la formule de financement, une formule de financement
qui portait beaucoup... en fait, qui
faisait porter beaucoup d'i