Culture and Education — 3 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-10-03
Quebec — Committees
Et la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 5, Loi modifiant la
Loi sur l'instruction
publique et d'autres dispositions à l'égard des services de l'éducation
préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans.
Et, Mme la Présidente, pour être assez fidèle aux propos du député caquiste...
Puis je suis allée voir, quand même,
le vidéo, hein, parce que
je ne voulais pas mettre des intonations là où il n'y en avait pas. Donc, je
me suis permis de regarder la vidéo pour essayer de reproduire le plus
fidèlement possible son émotion lorsqu'il se battait haut et fort pour des ratios
d'un pour 10.
Mais j'aimerais revenir sur un passage :
l'école Saint-Zotique. Rappelons-nous, tout le monde qui était ici, lorsqu'on a
dû avoir... eu des consultations, Mme Brodeur a livré un témoignage fort intéressant
et surtout touchant de l'école Saint-Zotique, puis elle nous a dit : Vous,
là, les députés, allez voir le vidéo, sur YouTube, qui parle de l'école Saint-Zotique. L'école Saint-Zotique est dans le
comté de Rosemont. L'école Saint-Zotique a une cote de
défavorisation de 10 sur 10. L'école
Saint-Zotique a été la première à intégrer les maternelles quatre ans.
C'était un projet pilote. Qu'est-ce
qu'ils ont choisi? Une école défavorisée. Ils ont dit : On va y aller graduellement
par un projet pilote.
Alors, moi, je trouve, là, que, des fois, il
faut aussi souligner les bons coups. Puis, le bon coup là-dedans, oui, c'est le Parti
québécois qui l'a fait. Ils ont
décidé de dire : La réussite éducative, oui, c'est important, mais pas
n'importe comment, on a un plan. Puis
ça s'intégrait, là, dans une grande vision. Mais, avant de commencer à mettre
la charrue devant les boeufs, ils ont
dit : On va faire d'abord un projet
pilote. Forts de ce projet pilote, après ça ils l'ont implanté graduellement en milieu défavorisé. Puis, par la suite, Mme la Présidente, bien oui, il y a eu un autre parti qui
est arrivé puis qui a continué un déploiement.
Aujourd'hui, il y a un nouveau parti, mais qui
veut maintenant le généraliser partout, du mur-à-mur. Par contre, il y a quand même, ici, un enjeu qui est important, parce que, si on y va pour
partout au Québec, des maternelles
quatre ans, il y a une affaire
qui est quand même importante qu'on discute : les ratios. Quand que le ministre
de l'Éducation parle qu'à certains endroits
ça va être une moyenne d'un pour 11, puis hier c'était rendu du un pour 14,
puis un maximum de 17, j'entends son
argument. Mais j'entends encore le
député de Vanier-Les Rivières, mais j'entends aussi la députée de Montarville, qui, elle, était
aussi, à l'époque, la députée caquiste porte-parole en
matière d'éducation, et elle s'époumonait pour les ratios d'un pour 10.
Tous les deux sont toujours au sein de votre caucus caquiste. Il me semble qu'à
moins qu'il y ait un petit peu de cacophonie un ratio d'un pour 10 serait à
propos. Puis honnêtement ça ferait, là... Oui, «caco, C-A-Q», hein?
Mais moi,
j'aimerais dire, Mme la Présidente, qu'il reprenne juste ce passage. Il
dit : Pas de partisanerie, puis il faut arrêter de s'attaquer, mais vraiment s'attaquer à ce qui est
vraiment important, nos enfants, «et le ratio, pour moi — étant le député caquiste — c'est une condition gagnante, c'est une condition importante pour
permettre la réussite de ce projet-là».
Est-ce que, oui ou non, le ministre de l'Éducation
est d'accord avec son collègue?
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la
Présidente. On a eu droit à cette prestation théâtrale hier. Il y avait un
petit peu moins d'intonations, mais ça... Ça
fait comme la deuxième fois qu'on va voir le même spectacle, on voit venir le
punch, comme on dit.
Donc, hier, oui, elle nous a servi des
interventions de 2012 ou 2013. C'est correct. Depuis ce temps-là, on s'est
présentés devant l'électorat, en 2018. Beau moment, d'ailleurs. Ça faisait un
an qu'on célébrait le choix des Québécois. Et on s'est bien engagés à déployer
l'offre de maternelle quatre ans à la grandeur du Québec, non universelle...
pardon, universelle mais non obligatoire. Il
n'était pas question de changer les ratios de ce qu'ils sont en ce moment. Les
Québécois savent pourquoi ils ont voté puis ils s'attendent à ce que ce
soit implanté.
Puis je rappelle un élément. Au moment où les
paroles que ma collègue vient de reprendre ont été dites, le ratio maximum
n'était pas de 17, mais de 18, le maximum moyen n'était pas de 14, mais de 15.
Donc, dans l'intervalle, les ratios ont
diminué, les services se sont améliorés, trois gouvernements se sont succédé,
dont... je ne dirai pas son gouvernement, mais le gouvernement de sa
formation politique, donc gouvernement du Parti québécois, gouvernement du
Parti libéral, maintenant gouvernement de la
CAQ, donc trois gouvernements différents, trois partis différents, aucun des
trois n'a jugé bon d'inclure les ratios dans la loi.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Moi, ma question, ce n'est pas de savoir si le Parti québécois est d'accord, si
le Parti libéral du Québec était
d'accord, c'est de savoir si, oui ou non, il est d'accord avec ses propres
collègues, qui, à l'époque, défendaient haut et fort des ratios d'un pour 10,
pas du un pour 14, pas du un pour 15, pas du un pour 17, mais du un pour 10,
les mêmes, et je cite, que «les CPE».
Pourquoi? Pour avoir des conditions gagnantes. Aujourd'hui, ces mêmes députés
sont toujours dans votre formation
politique. D'ailleurs, la députée de Montarville fait même
partie du Conseil
des ministres. Est-ce que vous êtes d'accord avec votre collègue, par
exemple, la députée de Montarville, qui, elle, était porte-parole en matière d'éducation, donc elle était votre porte-voix et
celle qui parlait au nom de votre formation politique? Et c'est vrai que vous
avez promis beaucoup d'affaires en campagne
électorale, mais, étant donné que, les ratios, vous n'en avez pas parlé, on
peut présumer que c'était encore ce que défendait la députée de Montarville, du
un pour 10.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Écoutez, Mme la Présidente, c'est particulier de vouloir... que ma collègue
veuille qu'on applique aujourd'hui
nos positions de 2012‑2013 mais qu'elle ne veuille pas qu'on applique notre
programme électoral de 2018. Alors, je vais la laisser à ses
contradictions, je vais la laisser faire ses interventions.
La Présidente (Mme Thériault) :
Oui, Mme la députée de Saint-Laurent. Il vous reste une minute.
Mme Rizqy : Au contraire,
j'essaie de vous aider à sortir du brouillard avec le projet de loi des maternelles quatre ans. Vous
n'avez pas de plan de déploiement. Et on veut bien que vous les implantiez, les
maternelles quatre ans, mais votre
programme, nulle part, j'ai regardé, ne parlait de ratio. Mais vous avez promis
une chose, M. le ministre : de la qualité
et de la sécurité pour les enfants. Puis ça, nous, on y croit, puis en ce
moment on essaie de vous donner, là, les outils pour le faire.
Puis
vous comprendrez que je suis un peu étonnée qu'aujourd'hui vous n'êtes pas
capable de dire que vous êtes en accord avec votre propre
caucus.
La Présidente
(Mme Thériault) : Interventions? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Oui,
mais j'ai entendu le ministre manifester assez clairement qu'il n'aimait pas
tellement voir le même spectacle deux fois de suite. Je dois dire que moi, dans
la vie, je ne suis pas le genre à écouter le même film deux fois non plus, là. Je me demande pourquoi on est obligés d'avoir
encore le même débat qu'on a déjà eu il y a quelques années ici, à
l'Assemblée nationale, concernant le ratio en maternelle quatre ans, alors que
la démonstration était faite de manière
assez éloquente déjà, à l'époque, que, pour avoir un service de qualité, ça
prenait le même ratio qu'en CPE, un ratio
d'un pour 10. Donc, je trouve ça vraiment dommage et, à la limite, du
gaspillage de temps d'être obligés de recommencer ce même débat, de
refaire la même démonstration que, pour la qualité, ça prend un ratio d'un pour
Moi,
ce que je comprends de tout ça, c'est que vraisemblablement il y a des
dissensions au sein du caucus de la CAQ par rapport à ça,
ça m'apparaît assez clair. Ça peut expliquer, probablement, la raison pour laquelle
on sent le gouvernement modifier la forme de son projet depuis le départ.
Depuis la campagne électorale, justement, peut-être qu'il y a des petits drapeaux qui se sont levés en caucus pour
dire : Ça va trop loin, on aimerait mieux que vous modériez le projet. Parce qu'on est passés, effectivement,
de 90 % des enfants qui
étaient visés par le projet à potentiellement 40 %, qu'on a entendu hier. On n'est plus à la même
place du tout, là, qu'on était au départ, là. Donc, moi, ça, ça me donne un
signal qu'au sein même du gouvernement il y a des gens qui réfléchissent
à cette question-là, il y a des gens qui ont peut-être écouté les auditions qu'on a entendues ici, il y a des gens qui se font
aborder par leurs citoyens, par des organismes de leurs circonscriptions, qui prennent connaissance des
préoccupations pour la qualité du service de maternelle quatre ans, des gens
qui sont sensibilisés au fait que le ratio a une incidence majeure sur la
qualité. Et je trouve ça intéressant de voir ça, de voir que la réflexion chemine au sein du caucus de la CAQ. Je trouve ça
très intéressant de voir ça parce que c'est ça, notre travail, ici,
comme députés, là.
Le ministre
n'est pas seul ici, il est accompagné de toute une série de collègues, pas
toujours les mêmes, donc il y a quand même beaucoup de gens au sein du caucus
qui ont pu être présents ici puis entendre des groupes qui sont venus
nous parler, qui ont pu prendre connaissance
des débats qui ont lieu en étude détaillée. Donc, ça fait quand même pas mal de
gens qui sont au fait des débats en
ce moment, et j'aime ça les voir cheminer là-dedans. Ce que j'aimerais, c'est
que le ministre chemine lui aussi à
la même vitesse que son caucus et puisse se poser des questions sur comment on
va faire pour l'atteindre, l'objectif de qualité.
Comme ça a été clairement mentionné par rapport
au projet pilote de Saint-Zotique, les conditions dans lesquelles sont faites
les maternelles quatre ans ont un impact majeur sur les résultats qu'on obtient
auprès des enfants. Puis je rappelle qu'ici
l'objectif, là, ce n'était pas juste d'ouvrir des classes de maternelle quatre
ans pour ouvrir des classes. L'objectif,
ce n'était pas juste d'offrir un lieu physique différent pour que les enfants
soient quelque part pendants que leurs parents
vont travailler. L'objectif, c'était de réduire les vulnérabilités de ces
enfants-là au moment où ils commencent la première année. Donc, si on veut vraiment réduire les vulnérabilités des
enfants, ça prend toute une série de mesures pour la qualité.
Ce n'est pas
une garderie qu'on ouvre ici, là, O.K.? Puis je dis «garderie» parce que je...
dans les services éducatifs, on offre ça aussi, là. Ce n'est pas un
stationnement d'enfants, là, O.K.? C'est un milieu de vie qu'on veut offrir à
des enfants pour les préparer adéquatement à
la scolarisation. Et donc on doit tout mettre en oeuvre pour que la qualité
soit au rendez-vous. Et le ratio,
c'est probablement l'élément le plus central de ce qu'on doit faire pour jouer
sur la qualité de ce qui est offert à
nos enfants. Puis ça, je sais qu'il y a beaucoup de membres du gouvernement qui
le comprennent déjà. Je suis
persuadée de ça. Ils nous ont entendus, ils ont entendu les groupes, ils ont
peut-être même lu les mémoires, ils sont au fait de ça. Ils ont rencontré
des spécialistes, je suis certaine qu'ils l'ont entendu.
Là, je ne
sais pas si c'est juste une raison économique, la raison pour laquelle le
ministre ne semble pas vouloir aller de l'avant pour instaurer un ratio