Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 20 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-05-20
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
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36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 20 mai 2025
Vol. 47 N° 66
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi no 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives. Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Ste-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Poulin (Beauce-Sud) et M.
Ciccone (Marquette), par Mme Garceau (Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup. Lors de l'ajournement de nos travaux, le 10 avril dernier, nous en
étions à l'étude de l'article 38. Plus précisément, nous procédions à l'étude
du sous-amendement proposé par le député de Jean-Talon. Il est d'ailleurs
affiché, là, à l'écran. C'était aussi un sous-amendement qui était proposé à un
amendement qui avait déjà été déposé à cet article, 38, par le député de
Maurice-Richard.
Par ailleurs, je vous rappelle que les
articles 4, 20, 29, 33, 36 sont suspendus. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions en lien avec ce sous-amendement proposé par le député de
Jean-Talon? Il n'y a pas d'autre intervention, nous allons donc procéder à sa
mise aux voix. Est-ce que le sous-amendement de l'article 38 proposé par le
député de Jean-Talon... il n'y a pas... il n'y a pas d'appel nominal, donc,
est-ce qu'il est adopté ou rejeté, le sous-amendement du député de Jean-Talon?
J'attends toujours. Est-ce qu'il est rejeté? Merci. Rejeté. Il est donc rejeté.
Nous sommes maintenant...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
il faut se replacer, là, le 10 avril, on était ici, la dernière fois. Nous
sommes donc maintenant rendus à l'étude de l'amendement qui était proposé par
le député de Maurice-Richard. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement
du député de Maurice-Richard à l'article 38? Il n'y a pas d'intervention. Alors,
est-ce qu'il est adopté ou rejeté? Rejeté. Donc, l'amendement est rejeté. Nous
revenons donc à l'étude de l'article 38. Est-ce qu'il y a des interventions?
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, je vous écoute.
• (9 h 50) •
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le Président. Bonjour, Mme la ministre. J'espère que vous allez bien. Bonjour à
tous mes collègues. Je pense qu'on va passer trois semaines ensemble puis on
espère qu'on va terminer ce projet de loi, mais une chose à la fois. On va
continuer d'étudier ça avec beaucoup de rigueur.
Mme la ministre, juste une question. Je
reviens un petit peu sur ce concept qu'on veut vendre de l'électricité. C'est
juste une entité, à une porte, exclusivement. Alors, on prend souvent l'exemple
d'une communauté autochtone avec un site ou un projet minier. Qu'est-ce qui
arrive, Mme la ministre, si, par exemple, ce site minier, ça vient à la fin de
leur vie ou, quand même, le projet n'est pas rentable, il y a une chute de le prix
de le métal qui sort de ce terrain-là puis la mine est maintenant... c'est
fermé? Comment on va régler cette question-là que l'électricité qui est fournie
n'est plus vendre juste à un client? Est-ce que vous comprenez la question? C'est
comme, on peut seulement vendre ça à une porte, à une personne, mais le moment
que c'est... c'est comme, un site minier n'existe plus, l'entité ne peut pas
vendre ça au sein de la communauté non plus. Comment on va régler ça, le moment
que ce un client n'existe plus? Il y a comme un surplus d'électricité.
Alors, c'est de comprendre, le moment que
ce client n'existe plus, si ça arrive, ce cas-là, qu'est-ce qu'on va faire avec
cet... est-ce qu'il faut faire un autre contrat? Est-ce qu'on va...
M. Kelley
: ...comme
un microréseau. C'est quoi la suite des choses?
Le Président (M. Montigny) :
Merci, M. le député. Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui.
Merci, M. le Président. Mes salutations à mes collègues. Merci de votre
présence...
Le Président (M. Montigny) :
Donc, peut-être que le cartable... Voilà.
Mme Fréchette : Je
réitère. Mes salutations à tous, M. le Président, de même qu'aux collègues.
C'est bon?
Le Président (M. Montigny) :
Oui, c'est correct.
Mme Fréchette : Pourquoi
vous me faites signe? Ah! C'est parce qu'il y a un autre micro qui est ouvert,
qui n'avait pas besoin de l'être.
Le Président (M. Montigny) :
Le micro a été allumé. Oui. C'est bon.
Le Président (M. Montigny) :
Merci. Allez-y, Mme la ministre. J'essayais d'être discret.
Mme Fréchette : Alors,
écoutez, M. le député de Jacques-Cartier. Donc, je comprends que vous voulez
savoir ce qu'il adviendrait de l'électricité advenant qu'un site minier qui
bénéficiait d'un approvisionnement en électricité ne soit plus... ne soit plus
en activité.
M. Kelley : Exactement.
Le seul client, la seule porte, la seule personne que le... De l'autre côté,
ils ont le droit de vendre jusqu'à une personne. Si cette une personne ferme
leurs portes, ferme la shop, on fait quoi avec l'électricité qui est produite?
Parce qu'il a seulement le droit de vendre à une personne adjacente. Alors,
c'est juste bien comprendre c'est quoi, la suite des choses, particulièrement
dans ce cas-là. Si c'est une communauté autochtone qui, en partenariat avec une
entreprise privée, développe un projet d'éoliennes ensemble pour vendre
l'électricité à ce client, ce un client, qu'est-ce qu'on fait après ça pour
s'assurer qu'on peut continuer d'utiliser cette énergie qui est produite par
des sources renouvelables? Je ne sais pas si ça clarifie la question.
Le Président (M. Montigny) :
Juste pour information, avant de passer la parole à Mme la ministre, il vous
reste à peu près une minute, là, de temps de parole sur cet
article et on se
rappellera que c'était...
M. Kelley
...j'ai un amendement à déposer.
Le Président (M. Montigny) :
Je vous écoute.
M. Kelley
: C'est
parfait. Alors, on va déposer l'amendement puis la ministre peut continuer
notre discussion au sein de l'amendement parce que je pense que ça va quand
même aussi aider dans notre discussion puis aussi des réflexions autour de la
question d'une petite perte de neutralité et puis rassurer tout le monde que
l'article 32 n'était pas... distribution et monopole d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) :
Parfait. Donc, nous attendons votre amendement. Pendant ce temps-là, Mme la
ministre va répondre. Puis, dès que nous aurons votre amendement, bien, nous
serons prêts à le présenter. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors...
Bien, M. le Président, je vois deux cas de figure. D'une part, l'énergie
pourrait être disponible pour un autre client advenant qu'il y a cessation
d'activité de la part de l'entreprise, ou encore être retournée, revendue, en
fait à Hydro-Québec. Donc, avec l'approbation de la régie, là, il y a ces
possibilités-là.
M. Kelley
: O.K.
Merci beaucoup. Je pense... Maintenant, dépose, oui.
Le Président (M. Montigny) :
On va suspendre, le temps de recevoir votre amendement. Merci.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
(Reprise à 9 h 56)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Nous avons reçu une proposition d'amendement
par le député de Jacques-Cartier. Il est maintenant affiché à l'écran. C'est un
amendement à l'article 38. M. le député, je vous laisse le présenter.
M. Kelley : Oui… M. le
Président, j'ai un ordinateur qui est un petit peu lent ce matin. Regarde, je
vais lire ça comme ça :
L'article 60,
Loi sur la Régie de l'Énergie,
est modifié par l'article 38… projet de loi, est modifié par l'ajout après
les mots «emplacement adjacent au site de production» par les mots «que la capacité
technique d'Hydro-Québec ne permettrait pas la connexion au réseau de
distribution d'Hydro-Québec».
Alors, je ne pense pas que c'est
nécessaire de lire la suite des choses ou… Mais, bref, Mme la ministre, je me
rappelle qu'on a eu une discussion sur cet élément-là. C'est comme pour toute
la brèche de la distribution de le monopole d'Hydro-Québec, le monopole qu'a Hydro-Québec
sur la Distribution, que c'est vrai dans certains cas, Hydro-Québec n'est pas
capable de fournir l'électricité.
Je pense que l'exemple qu'on a discuté
ensemble, concernant les communautés autochtones avec un site Projet minier,
comme quand même à la fin de votre intervention, Mme la ministre, des fois,
Hydro-Québec n'est pas nécessairement présente ou capable de fournir
l'électricité renouvelable dans certaines communautés. Alors, si un projet est
développé, puis Hydro-Québec n'est pas présente, qu'est-ce qu'on fait? Alors,
pour moi, ça, c'est peut-être une façon de répondre à cette crainte-là que, sur
le côté de distribution, c'est vrai, puis on a eu ces bons échanges juste avant
la pause, en avril, Mme la ministre, que, des fois, Hydro-Québec n'est pas
capable, n'est pas présente dans le réseau de distribution, dans certains
coins.
Alors, est-ce que, de cette façon-là, on
assure qu'Hydro-Québec a toujours la priorité sur les deux solutions? C'est sûr
que le monopole demeure en place, mais, de temps en temps, c'est vrai
qu'Hydro-Québec n'a pas la capacité ou est vraiment incapable de connecter un
certain projet à le réseau de distribution, ou ce n'est peut-être ni
souhaitable. Alors, peut-être que c'est une façon de mieux clarifier les
choses, mais peut-être mieux rassurer tout le monde autour de la table, que,
c'est vrai, des fois, peut-être on doit créer des exceptions, ou il y a des cas
où ça fait du sens d'avoir une entreprise qui est en train de produire
l'électricité, vendre à quelqu'un qui est à côté, parce que le réseau
d'Hydro-Québec n'est pas là et pas vraiment présent.
Alors, c'est pourquoi nous avons pensé,
quand on a eu des échanges et des mémoires, c'étaient des échanges avec,
peut-être, le député de Jean-Talon, mais l'idée, c'est encore de juste mieux
encadrer, mieux clarifier qu'est-ce que c'est l'intention de nous, comme
législature, autour de cet
article 38.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, je constate qu'en fait… bien, j'abonde dans le fait que,
parfois, c'est la capacité technique d'Hydro-Québec de raccordement qui est
l'enjeu, mais il n'y a pas que ça qui existe comme enjeu. Quand on pense à
«capacité d'Hydro-Québec», c'est aussi la capacité d'Hydro-Québec de développer
les ressources requises pour déployer un projet de prolongement, par exemple,
d'une ligne. Les capacités en termes de ressources disponibles ne sont pas
toujours là dans les délais raisonnables, et, par conséquent, Hydro-Québec
pourrait dire : Bien, oui, je vais pouvoir prolonger votre ligne, mais dans
huit ans.
Alors, dans ces cas-là, ce n'est pas tant
la capacité technique qui est l'enjeu, c'est la disponibilité de ressources. Ça
fait qu'il y a différents éléments comme ça qui peuvent entrer en contradiction
avec l'idée d'avoir le déploiement d'Hydro-Québec rapidement ou dans un délai
raisonnable. Et voilà. Donc, ça, c'est un des éléments importants à prendre en
considération, et ça ne cadre pas avec le libellé du député.
• (10 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions?
M. Kelley : Je comprends
votre point, Mme la ministre, que ce n'est pas nécessairement une question de
la capacité technique. Je pense qu'on a sorti ces mots-là parce qu'on était en
train de discuter, des fois, la réalité. Et c'est sûr que la capacité technique
d'Hydro-Québec, oui, ils ont beaucoup d'expertise, mais c'est vrai, peut-être
de ne pas… de bâtir une ligne de transmission, ça va prendre huit ans. Alors,
je comprends votre point, mais quand même, je suis... je suis en train
d'essayer de réfléchir sur une façon de bien rassurer tout le monde qu'on n'est
pas en train de briser le monopole d'Hydro-Québec avec cet article-là et de
bien encadrer le fait qu'on va toujours donner la préférence à Hydro-Québec.
Mais il y a des situations qui arrivent où, dans le moment actuel…
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Kelley : ...la capacité
technique de participer dans le réseau de distribution d'un projet
d'autoproduction et, je pense, vraiment dans des régions plus éloignées où le
réseau n'est pas présent. Alors, de notre côté, je pense, c'est toujours une
façon de renforcer ce projet de loi, mais je comprends votre argument en même
temps, mais ça, c'est mes arguments pour, je pense, c'est un... qui fait du
sens, monsieur le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, monsieur le député. Madame la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : J'ai exprimé
mon point de vue déjà sur cette proposition. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
C'est parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette
proposition d'amendement à l'article 38? Monsieur le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bonjour, madame
la ministre. Bonjour à toute votre équipe, collègues. Bon retour en travaux
parlementaires. Je voudrais continuer dans la foulée des questions de mon
collègue de Jacques-Cartier. Je pense qu'une des réponses que vous nous avez
donnée sur la raison d'être de cet article-là, en fait, de cet élargissement de
la possibilité d'autoproduire et de vendre d'une entreprise à une autre, c'est
que c'est pour compenser l'incapacité d'Hydro-Québec ou le fait qu'Hydro-Québec
n'est pas capable, si je peux le dire comme ça, de brancher tout le monde ou de
fournir la demande qui est prévue dans l'avenir.
Alors, vous dites, donc, ça va prendre
beaucoup de joueurs privés pour venir compenser cette incapacité d'Hydro-Québec
à fournir à la demande. Est-ce que vous avez... Est-ce que vous avez des
études, des données, des chiffres qui peuvent nous aider à mieux comprendre
votre volonté à travers cet article-là? Vous en envisagez combien de ce type de
projet? C'est quoi, les cas où Hydro-Québec n'est pas capable de se rendre? Est-ce
que c'est une question de distance, une question de coûts d'infrastructure,
c'est une question de manque de volonté d'Hydro-Québec? Cet amendement, je
pense, du collègue, nous permet d'ouvrir ce pan-là de la conversation parce
qu'il correspond, comme il l'a lui-même indiqué, à une... C'est un miroir d'une
partie des réponses que vous nous avez données dans nos échanges précédents,
madame la ministre. Il dit: Ah! mais c'est parce que là, des fois, on n'est
pas... Hydro-Québec n'est pas capable. Bon, alors, le collègue, lui, propose
que l'article, ce soit la vente d'une entreprise à une autre seulement quand ce
n'est pas possible pour Hydro-Québec.
Donc, je comprends que vous avez donné une
partie des réponses, mais j'aimerais aller un peu plus loin sur les données,
sur l'évaluation que vous faites de la nécessité de cet article-là, en fait, de
cette modification à l'article 60. Parce que, bon, là, ça fait quelques semaines,
mais il faut rappeler un certain nombre de nos échanges que j'ai eus avec vous,
madame la ministre, sur le fait que c'est un changement... ce n'est pas un
changement mineur que vous proposez. Donc, avant l'article 60, ça permettait
l'autoproduction et ça permettait la vente d'une entreprise à une autre
uniquement dans les cas de... quand il y avait de l'énergie qui était produite
par la biomasse, et c'était la vente à un voisin immédiat du lieu où l'énergie
est produite avec la biomasse. C'était ça, l'article 60. C'était un cadre très
limité, j'ai rappelé, d'où origine, cette ouverture-là qui était, oui, sous un
gouvernement du Parti québécois, vous l'avez rappelé.
Mais je vous ai cité les propos puis je
vous ai cité le contexte, c'était pour permettre de valoriser la biomasse,
notamment, dans l'industrie forestière, et c'était uniquement pour ça. Donc, la
seule possibilité pour une entreprise de vente à une autre entreprise au Québec
jusqu'à aujourd'hui, c'est quand tu produis de l'énergie avec de la biomasse
sur ton terrain, puis tu peux vendre au voisin immédiat de ton terrain. Là,
vous proposez un tout nouveau paradigme: Tout producteur d'électricité de
source renouvelable va être capable de vendre à toute entreprise qui est
adjacente, puis là, adjacente, ça peut être sur des centaines de kilomètres. Si
c'est quelqu'un, par exemple, qui a un parc éolien, qui est à distance du lieu
où il produit de l'énergie, alors là, est-ce que c'est adjacent au lieu de
production au parc éolien, ou est-ce que c'est adjacent à la ligne de
transmission, ou c'est adjacent à l'usine, par exemple, où on produit de
l'hydrogène? On ne le sait pas.
Donc, vous proposez un changement
fondamental. C'est un bouleversement du monopole de l'État. C'est ça que j'ai
dit. Vous dites vous toujours: Non, ce n'est pas le cas, mais vous dites: On en
a besoin parce qu'Hydro-Québec ne sera pas capable de fournir. Donc là, j'ai
mis en contexte, pour nous rappeler où on était il y a quelques semaines, parce
que ça fait un bout de temps qu'on avait commencé ce débat-là. J'aimerais
savoir, donc, ce que vous avez comme données et ce que vous entrevoyez sur la
situation actuelle, sur les cas où Hydro-Québec n'est pas capable et sur ce que
vous entrevoyez comme développement de ce marché-là...
M. Paradis : ...de
l'autoproduction et de la vente d'entreprise à entreprise.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Merci,
M. le Président. Alors, mais je réitère le fait que, parfois, c'est des
capacités techniques, logistiques qu'on pourrait dire, qui limitent la capacité
d'Hydro-Québec de raccorder une région donnée, ou un territoire donné, ou un
site donné au réseau électrique. Parfois, c'est la question des ressources
humaines qui peut poser un enjeu. Parfois aussi, c'est une question de
priorité, parce qu'il peut arriver que, pour une région donnée, la priorité ne
soit pas dans le top trois d'Hydro-Québec. Mais néanmoins il y a des besoins
sur le terrain, alors on n'a pas l'assurance parce qu'on a un besoin
qu'Hydro-Québec va nous prioriser dans son développement de court, moyen terme.
Et parfois c'est pour remplacer de l'énergie fossile, parce que, vous savez, il
y en a des entreprises qui s'alimentent, s'approvisionne par exemple à partir
de diesel. Donc, dans la mesure où on s'engage dans la transition énergétique
quel avantage aurait le Québec à maintenir du diesel pour alimenter une
entreprise plutôt que d'opter pour une source d'énergie renouvelable? Avec la
mesure qui est là, qui n'est vraiment pas un changement de paradigme, là, on
s'entend que c'est une façon de faire qui existait déjà pour l'énergie de type
biomasse, et là on l'ouvre à d'autres sources d'énergie renouvelables, tout
simplement, et on n'élargit pas davantage qu'à des sources d'énergies
renouvelables et pour un seul compteur électrique. Donc, voilà, on n'est
vraiment pas dans des menaces à la capacité d'Hydro-Québec de maintenir son monopole.
Parfois, il y a des entreprises qui sont alimentées, donc avec du diesel par
exemple, et, dans le cadre de la transition énergétique, on a intérêt à ce que
ces entreprises-là puissent s'approvisionner à partir de sources d'énergies
renouvelables. Et c'est ce que pourrait permettre cet article-là, advenant
qu'il y ait une proposition d'alimentation à proximité à partir de sources
renouvelables. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Merci pour
cette réponse, mais en fait on... ce n'est pas la question. Puis je vais
revenir. Ma question principale, c'est : Quelles données avez-vous qui
basent cette modification que vous proposez à l'article 60? Ça, c'est la
question. Puis qu'est ce que vous entrevoyez comme marché? J'imagine qu'avant
d'écrire cet article-là, vous avez réfléchi un peu à ce que vous entrevoyez à
ce que vous voulez voir arriver au Québec? Donc, j'aimerais ça avoir ces données-là.
Ça, c'est la question fondamentale.
Je vais me permettre de vous en poser
d'autres pour me rendre jusqu'à là. Actuellement, c'est la biomasse qui est
visée par l'article 60, point à la ligne. Il n'y a aucune autre façon au
Québec pour une entreprise de vendre de l'énergie à une autre entreprise. C'est
ça, l'ampleur de la brèche ou de l'exception au monopole sur la vente et la
distribution d'électricité qu'a Hydro-Québec, c'est le pacte social québécois.
J'ai de la difficulté avec le fait qu'on n'arrive pas à nommer précisément ce
changement-là. C'est un changement important. Vous modifiez le monopole de
l'État parce que là, vous allez ouvrir à toute une gamme de nouvelles
possibilités, pourquoi vous ne le dites pas clairement? Est-ce qu'il y a une gêne
de le dire? Parce que quiconque lit l'article comprend que c'est vers là qu'on
va, mais à chaque fois que je vous écoute me répondre, c'est d'autres choses
que j'ai. Il faudrait qu'on le dise aux Québécois que ce qu'on veut, c'est
élargir la part du privé, rendre possible à plus d'entreprises privées de
vendre de l'énergie à d'autres entreprises privées. Il faut nommer les choses
telles qu'elles sont. Et ça, moi, j'aimerais ça vous entendre le dire. Vous
dites tout le temps : Ah, ça ne changera pas le paradigme. Ça le change
fondamentalement. Uniquement les cas où il y a de la biomasse, toutes les
formes d'énergies renouvelables. Uniquement le voisin du terrain où est
produite la biomasse, l'énergie avec la biomasse, adjacent à toute une série
d'infrastructures qui peut faire des centaines de kilomètres de pourtour. Quand
on prend le lieu de production, la... les infrastructures de transmission puis
les autres infrastructures de production. Et là on est vraiment au cœur, vous
le savez, Mme la ministre, pourquoi je vous pose ces questions-là, on est au
cœur d'un des articles qui préoccupent le plus tous ceux qui sont venus en
consultations particulières nous dire qu'ils craignent pour le monopole
d'Hydro-Québec. Alors, oui ou non, est-ce que vous élargissez la capacité ou la
possibilité pour les entreprises privées de vendre à d'autres entreprises
privées, oui ou non?
• (10 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Juste
un petit... juste un petit moment. Nous sommes présentement à l'étude d'un
article, mais d'un amendement de l'article. Je vous rappellerais de discuter de
l'amendement...
Le Président (M. Montigny) : ...pour
ce qui est de la discussion de l'article, nous y reviendrons. Merci. Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Merci. Donc,
je vais répondre sur l'amendement de l'article. Alors, je rappelle, donc, que
la capacité technique d'Hydro-Québec, ça fait
partie des enjeux qui limitent le
potentiel de raccordement à certains sites donnés ou certaines régions données,
et que, par conséquent... Mais, par ailleurs, ça ne se limite pas à ça, ça fait
partie des enjeux, mais ça ne se limite pas à ça. Donc, mon point est à l'effet
qu'on ne pourrait pas avoir une situation où, je dirais, qui... complètement la
nature des enjeux avec ce libellé.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député.
M. Paradis : Je vous remercie
du commentaire, M. le Président, mais cet amendement-là vise à restreindre, de
façon importante, la portée de l'article 60. C'est pour ça que la discussion
sur la portée de l'article 60 est éminemment pertinente à cet amendement qui
est proposé Je peux vous le dire, je suis plutôt d'accord avec cet
amendement-là, mais là, la ministre vient de nous dire : Ah non, mais ça
ne vise pas juste ça. Alors, est-ce qu'on devrait élargir cet amendement?
Est-ce ce que, moi-même, je vais déposer un autre amendement pour prévoir
d'autres critères qui vont restreindre la possibilité d'étendre la portée de
l'article 60? Donc, c'est pour ça que la discussion qu'on a sur la portée de
l'article, elle est essentielle pour comprendre cet amendement-là. Cet
amendement-là, il vient recadrer l'article en disant : C'est uniquement
quand on ne peut pas.
Donc, actuellement, là, il y a combien de
vendeurs - est-ce qu'on a cette statistique-là - il y a combien de vendeurs
privés d'électricité avec la biomasse produite par de la biomasse à leurs
voisins au Québec, il y en a combien?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Ce que je peux vous donner comme information, c'est que l'offre est
plus petite que la demande, puis ça va être le cas pour quelques années à
venir. On ne peut pas prévoir l'ampleur de la demande de mégawatts qu'il y aura
pour les 15, 20 prochaines années de manière très précise. C'est sûr qu'il y a
une part de développement économique qui va aller avec l'évolution de la
situation au Québec, l'évolution de la demande, par exemple. Prenez pour les
minéraux, critiques et stratégiques, on est dans une période de transition
énergétique. Ces minéraux vont être plus requis que jamais parce qu'ils sont
essentiels à la transition énergétique. Combien d'entreprises vont vouloir
s'inscrire dans cette mouvance-là? Le député me demande combien, combien
d'entreprises et combien de mégawatts, ça va représenter? On n'a pas des
précisions exactes sur ce type de besoin, mais ce qui est clair, c'est que la
demande énergétique est plus grande que l'offre énergétique et, par conséquent,
il faut rehausser la production énergétique. Mais on pense qu'il y a des façons
de faire aussi qui peuvent être en complément, en complément de ce rehaussement
de l'offre énergétique par Hydro-Québec.
Dans la mesure où c'est basé sur des
énergies renouvelables, et que ça ne concerne qu'un seul consommateur, eh bien,
on pense qu'il y a lieu d'ouvrir la voie à ce que des sources d'énergie
renouvelable puissent être mises à contribution, comme l'est déjà la biomasse,
mais comme pourrait l'être également l'éolien ou le solaire, pour fournir un
compteur. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Alors, je vous
rassure, M. le Président, je suis toujours sur cet amendement. Vous saisissez
le sens de mes questions. Je veux savoir, il y avait combien d'entreprises qui
étaient visées par l'article 60 tel qu'il existe aujourd'hui. Mon objectif,
avec ma première question, je la réitère, c'est de savoir, bien, on vise à peu
près, avec la modification proposée par l'article 60, ou ce serait quoi, ce
serait circonscrit comment, avec l'amendement du député de Jacques-Cartier.
C'est ça, mon objectif, là.
Donc, je réitère ma question : Si
vous proposez ces modifications fondamentales à l'article 60, et donc au
monopole d'Hydro-Québec, est-ce que vous savez combien de personnes, combien
d'entreprises étaient visées par l'article 60 tel qu'il existe actuellement? Je
ne peux pas croire que vous n'avez pas cette donnée à portée de main alors
qu'on est en train de faire une modification vraiment très importante à cet
article-là. Donc, quelle est la situation aujourd'hui? Combien de personnes,
combien d'entreprises au Québec ont le droit de vendre de l'électricité à une
autre entreprise parce qu'ils produisent... parce qu'elles produisent de la
biomasse et qu'elles vendent à une autre entreprise d'un terrain adjacent?
Donc, dans la situation actuelle, dans l'article 60 actuel, combien
d'entreprises font ça au Québec actuellement?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre, quand vous serez prête...
Mme Fréchette : …ce que je
peux vous répondre, M. le Président, c'est que de ne pas ouvrir la voie à
d'autres sources d'énergies renouvelables qui nous permettent de nous inscrire
dans la transition énergétique, bien, c'est de freiner la transition
énergétique, particulièrement pour des régions, des régions éloignées, et c'est
de freiner également du développement économique.
Et, quand on parle de privé, j'aimerais
rappeler au député de Jean-Talon que privé, ça veut notamment dire des
municipalités, ça veut notamment dire des MRC, ça veut notamment dire des
Premières Nations et Inuits. Alors, je comprends que le député du Parti
québécois refuse que des municipalités, des Premières Nations en mènent un peu
plus large dans le développement énergétique de leur secteur. C'est son choix,
mais ce n'est pas le nôtre. Nous, on pense que le développement énergétique
régional, ça passe notamment par l'engagement, la contribution des Premières
Nations, des municipalités, des MRC dans leur développement énergétique et
développement économique, parce que développement énergétique peut vouloir dire
développement économique aussi.
Et, quand je regarde ce qui se passe avec
l'Alliance de l'énergie de l'Est, il y a là quelque chose de très porteur qui
est en plein développement, en déploiement, qui ramène des ressources
importantes pour les régions. Et je pense que c'est un modèle qui pourrait être
développé à plus large échelle. Et un
article comme celui-là, c'est ce que ça
permet, notamment. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon, j'aurais pu
vous demander d'intervenir, M. le Président, parce qu'on me prête des
intentions. Jamais ni ma formation politique ni moi n'avons dit qu'on était
contre la participation des alliances de municipalités, de MRC, des groupements
autochtones au développement énergétique du Québec, et même le secteur privé.
Nous, on est là pour protéger le monopole d'Hydro-Québec, notre richesse
collective, et c'est pourquoi je concentre mes questions à la ministre
actuellement à cette thématique très importante, de combien d'entreprises
actuellement, privées, vendent de l'énergie à leurs voisins parce qu'ils
produisent de la biomasse? Je suis sûr que vous avez ça. Si vous n'avez pas ça,
vous proposez une modification fondamentale au monopole de l'État sans avoir
les chiffres minimalement requis pour comprendre l'effet de ce que vous allez
faire.
Alors, je vous repose la question :
Pouvez-vous me dire, s'il vous plaît, Mme la ministre, combien d'entreprises
sont visées actuellement par l'article 60 tel qu'il existe? Puis, après
ça, vous savez, je vais vous poser les questions : Combien d'entreprises…
combien… Combien de projets ne sont pas fournis par Hydro-Québec actuellement
qui seraient fournis à travers cet article-là? Si vous n'avez pas de prévision
minimale, vous présentez un projet de loi qui n'est pas fondé sur la science,
qui n'est pas fondé sur des analyses, qui n'est pas fondé sur le dialogue avec
les parties prenantes. Ce qu'on vous dit depuis le début aussi, que vous auriez
dû faire des consultations complètes avant.
Parce que, là, je veux voir c'est quoi,
l'effet de l'amendement proposé par le député de Jacques-Cartier. Parce que ça,
je pense que c'est seulement la réponse à ce que vous avez dit. Hydro-Québec
n'est pas capable de fournir. Donc, commençons par le début, là. Puis, après
ça, je vous le dis, je vous annonce tout de suite mes autres étapes.
C'est combien ne sont pas capables… combien Hydro-Québec n'est pas capable
de fournir de projets, là, qui seraient visées par l'amendement puis combien si
on ne fait pas cet amendement-là. C'est ça que je veux savoir, parce que c'est
ça, c'est ça être… avoir les précautions minimales quand on parle du monopole
d'Hydro-Québec. C'est de ça dont on parle.
Parce qu'actuellement, ça, c'est une
brèche au monopole. Je veux voir quelle envergure la brèche. C'est ça, mes
questions. Puis j'aimerais ça les avoir vues, les données quelque part, mais je
ne les ai pas vues. Alors, combien d'entreprises, actuellement, au moment où on
se parle, vendent de l'énergie à une autre entreprise privée en fonction de
l'article 60 actuel, c'est-à-dire parce qu'elles produisent de l'énergie
avec leur biomasse? Combien?
• (10 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, c'est un
article qui n'a pas ébranlé les fondements
d'Hydro-Québec, comme semble vouloir le sous-entendre le député, ou le dire,
plutôt. En fait, cet article-là n'a pas été utilisé depuis qu'il a été adopté.
Pour quelle raison? Parce que la biomasse, c'est très coûteux, notamment. Donc,
ça fait en sorte que la biomasse n'était pas une alternative à considérer.
Alors, je pense qu'il n'y a pas péril en la demeure. Par ailleurs, on est dans
une période de transition énergétique et on veut faire en sorte d'utiliser
davantage, autant que faire se peut, sur l'ensemble du territoire québécois,
des sources d'énergies renouvelables.
Or, il se trouve qu'il y a des sources
d'énergies renouvelables qui sont maintenant compétitives en termes de prix,
comme le solaire, comme l'éolien. Alors, ça peut être intéressant pour des
régions éloignées, qui notamment peuvent reposer sur du diesel, de s'en remettre
plutôt à des sources d'énergies renouvelables. Je pense que c'est une
amélioration de la qualité de vie pour ceux qui sont dans les régions
concernées et que cette possibilité-là pourrait offrir une alternative. Bien
sûr, le chemin le plus simple pour tout le monde, c'est de s'en remettre à
Hydro-Québec, puis c'est ça qu'on met de l'avant. C'est ça, le rôle
d'Hydro-Québec, mais la demande…
Mme Fréchette : ...la demande
est telle et l'offre a une capacité limitée qu'il faudrait attendre très longtemps,
voire ne jamais être... faire l'objet d'une priorisation par Hydro-Québec pour
avoir accès à certaines sources d'énergie. Alors, cet article-là peut offrir
une alternative pour un seul compteur électrique, dois-je le souligner à
nouveau? Donc, voilà, ça donne la possibilité pour des gens qui n'ont pas
l'accès à court terme ou à moyen terme même à Hydro-Québec, d'avoir une
alternative.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Voilà une
réponse importante. Il y a zéro entreprise privée actuellement qui vend à une
autre entreprise privée au Québec, parce que l'exception au monopole
d'Hydro-Québec est très limitée. Vous me voyez venir avec mes questions. Si
vous faites cette modification là, Mme la ministre, c'est parce que vous voulez
qu'il y ait plus d'entreprises privées qui vendent de l'électricité à d'autres
entreprises privées, oui ou non?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : On veut qu'il
y ait plus d'approvisionnement en sources d'énergies renouvelables dans les
régions. On veut qu'il y ait plus de municipalités, plus de tout ce qui
concerne les projets de cette nature-là, parce qu'on est dans une perspective
de transition énergétique, on est dans une phase de transition énergétique, et
il faut aider tout le monde à avoir un levier pour s'y inscrire. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que, oui
ou non, l'objectif de la modification que vous proposez à l'article 60,
c'est qu'il y ait plus d'entreprises privées qui puissent vendre de l'énergie à
d'autres entreprises privées, oui ou non?
Mme Fréchette : L'objectif est
de donner accès à des sources d'énergie renouvelable à autant de monde ou
autant d'organisations que faire se peut.
Le Président (M. Montigny) : ...
M. Paradis : Oui, hein, je
sens qu'il y a une gêne. Pourquoi on ne fait pas les choses à visière levée?
Puis après ça on va pouvoir discuter de l'amendement qui, lui, vise à
restreindre. La réponse toutes les... tous les Québécois puis toutes les
Québécoises qui nous regardent l'ont comprise, là. Puis vous devriez être à
l'aise de la dire. L'objectif de la modification à l'article 60, c'est
qu'il y ait plus d'entreprises privées qui puissent vendre à d'autres
entreprises privées au Québec de l'énergie. C'est donc une modification très
importante au monopole de l'État. C'est pour ça qu'il faut parler ensuite de
comment on va le circonscrire parce qu'actuellement, là, ce n'est pas très
circonscrit. Alors, je vous pose la question : Quelle analyse avez-vous
faite du nombre d'entreprises privées que vous voyez vendre de l'énergie à
d'autres entreprises privées au Québec avec la modification de
l'article 60? Vous devez avoir des perspectives. Vous devez y avoir
réfléchi. Vous devez avoir une idée de l'ampleur de la brèche que vous voulez
opérer au monopole de l'État. J'espère en tout cas. J'espère que vous avez une
idée. Alors, est-ce que vous avez une idée?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Ce que l'on
a, M. le Président, c'est des cas qui relèvent plus de l'exception que de la
norme d'entreprises ou communautés qui voudraient avoir accès à des sources
d'énergie renouvelables. C'est ça qu'on a. Alors, à partir de là, est-ce qu'il
y a des choses qu'on puisse faire? On a déjà cette possibilité là de développer
à partir de biomasse des sources, un approvisionnement pour un utilisateur. On
est dans une période de transition énergétique, on veut favoriser les énergies
renouvelables. Je pense qu'il y a là une voie d'action intéressante.
Le Président (M. Montigny) :
...M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que, oui
ou non, vous avez fait une analyse des impacts de la modification que vous
proposez à l'article 60, qui est une ouverture majeure à ce qu'il y ait
plus d'entreprises privées qui vendent de l'énergie à d'autres entreprises
privées au Québec? Avez-vous une analyse d'impact? Avez-vous des prévisions?
Vous la voulez comme ça, la brèche, comme ça, comme ça. Puis après ça, vous le
savez, je vais vous demander de quel cas parlez-vous. Ça, c'est ma question
suivante. Je veux qu'on parle de cas précis où vous dites : Ah,
voyez-vous, Hydro-Québec n'a pas pu ou n'a pas voulu, ça vise à compenser ça.
C'est ma question suivante. Ma première question actuellement, c'est :
Avez-vous une analyse des impacts de la brèche que vous opérez dans le monopole
d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, sur quoi s'appuie le député de Jean-Talon pour dire que c'est une
brèche majeure? Est-ce qu'il a le nombre d'utilisateurs qu'il y aura à partir
de cet article-là? Parce qu'il semble être au fait de données d'importance qui
feront en sorte d'ébranler le monopole d'Hydro-Québec? C'est majeur, c'est un
changement de paradigme. Alors, il semble y avoir des données de son côté,
chiffrées pour s'avancer sur des tels qualificatifs...
Mme Fréchette : ...j'aimerais
ça qu'il nous les partage, parce que, de notre côté, ce que l'on a, c'est des
cas qui relèvent plus de l'exception que de la norme d'organisation,
d'entreprise ou encore de communautés qui aimeraient s'approvisionner à partir
de sources d'énergies renouvelables.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien là, je suis
vraiment surpris que la ministre me retourne la question. Donc, le député de
Jean-Talon, avec sa toute petite équipe de recherche, devrait avoir fait les
analyses d'un projet de loi pour lequel... sur lequel on a exprimé notre
perplexité, sinon, en fait, qu'on n'est pas d'accord avec ce projet de loi là.
On dit à la ministre, depuis le début, que ce projet de loi là est arrivé...
c'est un bric-à-brac préparé par son prédécesseur, c'est le projet de loi de
son prédécesseur, Pierre Fitzgibbon, qui est arrivé sans consultation au
Québec, notamment sur la question des brèches au monopole d'État. Et vous me
demandez à moi si j'ai des chiffres. Bien, je vais vous donner des chiffres qui
ont été fournis, notamment par les artisans, les employés, l'équipe d'Hydro-Québec
qui, eux, en ont fait des calculs. De ce que ça pourrait vouloir dire en perte
de revenus pour le Québec, les brèches qui sont opérées au monopole d'État...
parce qu'il y en a qui sont venus nous parler de ça, moi, je vous demande si
vous... avez-vous une analyse d'impact de la brèche que vous proposez au
monopole d'État?
Le Président (M. Montigny) : Juste
un autre rappel, là, nous sommes toujours à l'étude de l'amendement sur la
capacité technique d'Hydro-Québec. Alors, je vais juste vous ramener à l'esprit
que nous sommes toujours à l'étude de l'amendement pour ceux qui nous écoutent.
M. Paradis : M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
allez-y.
M. Paradis : Je vais devoir
m'absenter de la commission actuellement. Je suis désolé, j'ai une urgence.
Alors, peut-être que mon collègue va pouvoir continuer.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous continuons nos travaux. Mme la ministre, avez-vous d'autres choses à...
M. Paradis : Je suis désolé,
Mme la ministre. Je reviens dans 20 minutes.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre, vouliez-vous prendre la parole?
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, j'ai déjà répondu à quelques occasions déjà.
Le Président (M. Montigny) : C'est
parfait, je vous remercie. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez donc la
parole.
M. Kelley : Oui, oui, merci
beaucoup, M. le Président. J'ai regardé... bien, j'ai écouté, excusez-moi, le
débat avec beaucoup d'intérêt. Mme la ministre, je vous reviens un petit peu
sur la question de la capacité technique d'Hydro-Québec, parce que,
présentement, je pense que les enjeux, c'est que, pour s'assurer qu'il y ait un
bon équilibrage pour toutes les entreprises qui sont... En théorie, là,
entreprise A veut vendre de l'électricité supplémentaire à l'entreprise B, mais
si l'entreprise A n'a pas toute l'énergie nécessaire, ils sont capables juste
de fournir 50 %, 60 %. On sait que c'est de l'énergie intermittente.
Hydro-Québec va être obligée, oui, de fournir de l'électricité à l'entreprise A
parce que probablement, il est sur le réseau de distribution et peut-être aussi
s'assurer que l'entreprise B a toute l'énergie nécessaire. Parce qu'à ce stade
ici, ce n'est pas juste 100 % entre entreprise A et B, que c'est la
responsabilité de l'entreprise A de fournir à 100 % de l'électricité.
Est-ce que ça, c'est le cas? Est-ce que je me trompe? Ou est-ce qu'Hydro-Québec
va toujours avoir un rôle dans l'équilibrage de l'électricité entre tout le
monde pour s'assurer que tout le monde a l'énergie nécessaire? Alors,
c'est juste encore sur la capacité technique. Si Hydro-Québec a plusieurs
entreprises qui décident de se lancer dans la production, pour vendre de
l'électricité... bien, de consommer eux-mêmes, on peut dire, l'électricité, des
fois, ils ajoutent Hydro-Québec de temps en temps quand c'est nécessaire, mais
ils vont vendre une
partie de surplus à l'entreprise B. Mais eux autres n'ont
pas toute l'énergie qui est nécessaire non plus. Alors, c'est de comprendre cet
équilibrage d'Hydro-Québec qui va être responsable de s'assurer que tout le
monde a l'énergie nécessaire à la place d'avoir juste une entente où c'est deux
entreprises, faites votre affaire, puis Hydro-Québec n'est pas impliquée de
tout. Je ne pense pas qu'on est vraiment rendu là. Hydro-Québec va toujours
avoir un rôle à jouer dans l'équilibrage qui peut être problématique pour le
réseau en général. Puis aussi, ce sont les fonds publics qui vont assister dans
un certain sens pour s'assurer que l'entente entre deux entreprises fonctionne
bien. Et je pense que la biomasse, c'est un bon exemple, que c'est cher, mais
pas toujours nécessairement disponible pour fournir un toute l'électricité
nécessaire à un voisinage adjacent. Alors, c'est de s'assurer comment tout ça
va marcher. Et ça, c'est une brèche qui est peut-être un petit peu problématique
aussi dans ce sens-là. Alors, je lance la discussion, Mme la ministre.
• (10 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Merci, M. le député de Jacques-Cartier. La parole est maintenant à Mme la
ministre.
Mme Fréchette : Bien, je
pense qu'il y a différents cas de figure. Parfois, Hydro-Québec pourrait
intervenir pour la question d'équilibrage. Des fois, il y a d'autres formes de
sources d'énergie aussi. Dans la mesure où il y aurait une source d'énergie
intermittente, il pourrait y en avoir une autre complémentaire pour assurer une
stabilité. Donc, je pense que ça peut dépendre de...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Fréchette : …des cas de
figure.
M. Kelley : Exact.
Exactement. Alors, c'est un peu de comprendre exactement c'est quoi, le rôle
aussi d'Hydro-Québec dans ce type d'exemple d'autoproduction. C'est comme…
cette question d'équilibrage, est-ce que ça va être laissé dans les mains
exclusivement de l'entreprise privée de s'assurer que tout marche, ou est-ce qu'Hydro-Québec
va être obligée d'intervenir pour s'assurer que tout le monde a l'énergie
nécessaire?
C'est juste… Encore, c'est de s'assurer
que ce n'est pas le Far West, le Wild West, et qu'Hydro-Québec est obligée… de
temps en temps, d'être obligée d'intervenir pour s'assurer que tout le monde a
l'électricité nécessaire. Parce qu'il y a des coûts énormes pour s'assurer qu'il
y a un équilibrage sur le réseau aussi. C'est comme… ça peut créer de temps en
temps des enjeux pour Hydro-Québec. Et ça, c'est où? C'est, comme, on donne une
ouverture à des entreprises privées, mais, quand même, le parking d'Hydro-Québec
est toujours là. Mais c'est problématique, le côté d'Hydro-Québec, dire :
On est là, on est en arrière de vous pour s'assurer que tout marche de votre
démarche, mais on veut en même temps peut-être ne rien savoir de votre projet.
Alors, est-ce que c'est mieux de juste trouver
une façon peut-être d'écrire dans le projet de loi que si deux entreprises veut
aller de l'avant avec l'autoproduction et vendre entre eux autres, Hydro-Québec
n'a aucune responsabilité de s'assurer qu'il y a un équilibrage dans l'énergie
qui est vendue entre les deux parties. Je ne sais pas si vous comprenez le sens
de la question, mais c'est vraiment si deux entreprises veut aller faire ça
tout seul, vas-y, mais Hydro-Québec va n'avoir aucune responsabilité de s'assurer
l'équilibrage dans votre projet. Si vous n'avez pas l'énergie nécessaire, ça, c'est
votre problème.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : En fait, bien,
comme je disais tout à l'heure, ça dépend des cas de figure, mais il faut se rappeler
aussi que le gouvernement doit donner son approbation s'il est question d'un
projet de cinq mégawatts ou plus. Donc, il y aura des clauses qui pourraient
être intégrées s'il s'agit d'un projet quand même d'envergure, là, en termes de
consommation d'électricité, mais, voilà, donc ça prend l'approbation si c'est
un projet d'importance. Et sinon, bien, les deux cas sont possibles, là, ça
dépend du cas de figure.
M. Kelley : Alors, Mme la
ministre, dans le processus décisionnel de votre ministère, j'imagine, en
collaboration avec Hydro-Québec, cette question de capacité technique de s'assurer…
de s'assurer de l'équilibrage pour que tout le monde va être
partie des
déconsidérations, est-ce qu'on vise vraiment que chaque fois qu'un projet est approuvé,
qu'on va s'assurer que les entreprises… l'entreprise qui veut vendre à leur
voisin à côté… qu'eux autres s'en occupent à 100 %, que c'est vraiment
votre affaire? On reste ça dans les mains d'un privé, mais vraiment dans les mains
d'un privé. C'est pour vous assurer que toute l'énergie nécessaire est
disponible pour l'entreprise B, parce que, si je comprends bien, ils sont à l'extérieur
de le réseau d'Hydro-Québec quand même. Alors, c'est votre affaire, c'est votre
projet. Nous ne sommes pas impliqués, mais ne viens nous… Ne jamais viens nous
voir quand vous n'avez pas l'énergie nécessaire parce que c'est votre projet. C'est
un petit peu plus ce sens-là, que ce n'est pas le… Hydro-Québec n'est pas là en
back-up, si jamais c'est nécessaire.
Mme Fréchette : Bien, M. le
Président, tout dépend si Hydro-Québec est déjà dans le secteur ou pas. Si
Hydro-Québec n'est pas dans le secteur, bien, c'est… Hydro-Québec ne peut pas
prendre le relais. Donc, c'est pour ça que je dis que ça dépend des cas de
figure. Il pourrait y avoir, voilà, des… différentes situations, dépendant de
la présence ou pas d'Hydro-Québec.
M. Kelley : Mais Hydro-Québec
est pas mal présente partout sur le réseau quand même, si on prend les communautés
autochtones éloignées dans le Nord, les communautés inuites. Hydro-Québec est
responsable pour fournir l'Électricité qui souvent vient des sources de diesel.
Alors, si jamais il y a une entente avec ces communautés-là puis une entreprise
minière, puis ils n'ont pas toute l'énergie nécessaire qui vient des sources d'énergie
renouvelable, ça va être Hydro-Québec qui, j'imagine, doit s'assurer que l'électricité
est disponible pour le projet… pour le site minier, si je comprends bien le
sens d'une entente. Je ne vois pas souvent des exemples où Hydro-Québec est
comme nulle part présente, sauf peut-être une couple de cas spécifiques, mais
quand même, je pense que ça, c'est aussi notre crainte, c'est comme un petit
peu que c'est flou, c'est… c'est ouvert, c'est vague comment on va bien
encadrer tout ça. Encore, ça, c'est la raison pourquoi on a déposé ça. C'est
vraiment s'assurer qu'Hydro-Québec n'est pas là, pas présente, pas capable, puis
on va laisser deux entités privées à gérer leurs affaires avec la vente de l'énergie
entre client A puis client B.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, écoutez,
je n'ai pas vraiment d'ajout à faire.
Le Président (M. Montigny) : Aucune
problème. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette
proposition d'amendement…
Le Président (M. Montigny) : ...non.
M. Kelley : M. le
Président, encore, je ne sais pas si la ministre a des suggestions à un libellé
que peut-être... qui peut rassurer puis mettre fin au débat autour de
l'article 38. Comme je le dis, est ce qu'il y a une façon de vraiment,
explicitement, dire, dans l'article ici, qu'on laisse les deux acteurs, le
producteur puis le client, sont vraiment 100 %, c'est l'entente privée,
c'est à eux autres de s'assurer que la question de l'équilibrage, les questions
techniques sont réglées par eux autres, par le secteur privé, puis Hydro-Québec
n'a pas un rôle à jouer dans tout ça. Je ne sais pas s'il y a une façon qu'on
peut renforcer sur cet article-là pour rassurer tout le monde qui nous écoute.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Comme il n'y a
pas d'autre intervention, nous pouvons passer à la mise aux voix de
l'amendement.
M. Kelley
: ...un
vote nominal.
Le Président (M. Montigny) :
Oui, sans problème. Donc, nous allons y aller avec le vote nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
: Pour.
La Secrétaire
Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Pour.
La Secrétaire
Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Contre.
La Secrétaire
M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Contre.
La Secrétaire
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Contre.
La Secrétaire
M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière : Contre.
La Secrétaire
M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Contre.
La Secrétaire
M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Contre.
La Secrétaire
M. Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, la proposition d'amendement est rejetée. C'était
l'amendement du député de Jacques-Cartier. Nous revenons donc à
l'article 38. Alors, comme il n'y a plus de temps, je crois... Il vous
reste, je dirais, 30 secondes. Désolé. Alors, nous... Comme il n'y a plus
d'intervention, nous allons proposer à la mise aux voix de l'article 38. Oui?
M. Kelley
...vote nominal.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Appel nominal. Alors, sur l'article 38, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Adopté.
Le Président (M. Montigny) :
Donc, vous êtes pour?
Mme Fréchette : Je suis
pour.
Le Président (M. Montigny) :
On va y aller par appel nominal. Pour.
Mme Fréchette : Pardon.
La Secrétaire
M. Rivest (Côte-du-Sud)?
M. Rivest : Pour.
La Secrétaire
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
M. Bernard : Pour.
La Secrétaire
M. Bussière (Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire
M. Tremblay (Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire
M. Poulin (Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley
Contre.
La Secrétaire
Mme Garceau (Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire
M. Montigny (René-Lévesque)?
Le Président (M. Montigny) :
Abstention. Alors, l'article 38 est donc adopté.
Maintenant, nous nous sommes rendus à
l'article 39. Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) :
Oui.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais rappeler des amendements qui avaient été suspendus.
Le Président (M. Montigny) :
Mais oui, sans problème. Voulez-vous qu'on suspendre un peu pour se replacer ou
si vous voulez y aller immédiatement?
Mme Fréchette : Oui, un
petit deux minutes, s'il vous plaît.
Le Président (M. Montigny) :
Nous allons donc suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 40)
(Reprise à 10 h 51)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Quand nous avions suspendu nos travaux, nous
avions fait mention de revenir précédemment dans les articles. Et là la
proposition que j'ai à l'écran, qui vient de la
partie gouvernementale, c'est
l'ajout d'un
article à 3, qui se nommerait 3.1. Est-ce que nous avons
consentement pour étudier maintenant cet ajout d'article...
Le Président (M. Montigny) : ...oui,
nous avons donc consentement. C'est parfait. Donc, Mme la ministre, je vous
laisse présenter votre amendement d'ajout d'article 3.1.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc,
article 3.1 : Insérer, après l'article 3 du projet
de loi, le suivant :
3.1. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 6 du suivant :
«6.1. La présente loi s'interprète de
manière compatible avec l'obligation de consulter les communautés autochtones.
«Ces communautés sont consultées de
manière distincte, lorsque les circonstances le requièrent, notamment lorsque
requis aux fins de l'élaboration du plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques prévu par la
section IV du présent chapitre. La prise en compte de
leurs droits et de leurs intérêts fait
partie intégrante de la gestion intégrée
des ressources énergétiques.».
Donc, c'est un amendement qui insère une
nouvelle disposition dans la
Loi sur le ministère de l'Économie et de
l'Innovation concernant la mission et les responsabilités de la ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie. La disposition prévoit que cette
loi doit s'interpréter de manière compatible avec l'obligation de consulter les
communautés autochtones, et que celles-ci soient consultées distinctement,
lorsque les circonstances le requièrent, notamment lorsque requis aux fins de
l'élaboration du PGIRE. En outre, l'amendement précise que la prise en compte
des droits et des intérêts des communautés autochtones fait
partie intégrante
de la gestion intégrée des ressources énergétiques. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, merci
beaucoup, M. le Président, et merci, Mme la ministre. C'est une avancée, et je
pense que, pour les gens qui nous écoutent, juste de bien placer des choses. On
va ajouter ça juste, dans l'article, on parle de la mission... De la mission
qui est une bonne chose. Je pense qu'on a eu une bonne discussion autour de cet
élément-là. On veut que c'est écrit clairement, cette obligation, ce droit de
consulter les communautés autochtones particulièrement dans le secteur
énergétique. Alors, peut-être, la ministre peut juste expliquer... Et tout le
monde qui nous écoute, des fois, de temps en temps, on a des débats profonds
quand on étudie des projets de loi puis on est capable de réussir avec quelque
chose qui est une avancée. Alors, il faut souligner ça que ce n'est pas une
question de prendre du crédit, mais le fait que nous sommes ici, c'est essayer
de travailler ensemble, quand nous sommes capables, sur certains points, dans
le projet de loi, qui ont besoin des améliorations.
Mais, peut-être, la ministre peut juste
nous revient un petit peu sur l'inspiration de cet amendement. Vous avez
mentionné... que c'est en lien avec quelque chose qui a été adopté récemment
dans le projet de
loi sur le secteur minier. Alors, Mme la ministre, la parole,
c'est à vous.
Mme Fréchette : Merci, merci,
M. le Président. Donc, effectivement, donc, c'est une proposition d'amendement
qui s'inscrit... qui s'inspire, en fait, de ce qui a été fait par rapport à la
Loi sur les mines. On y a intégré une forme de reconnaissance des intérêts et
des droits des communautés autochtones. Alors, on s'inspire de ça pour amener
cette notion à l'intérieur du p.l. 69. Donc, je pense que ça répond aux
attentes. Il en avait été question à la fois avec les députés de l'opposition,
tout comme avec les communautés autochtones que je rencontre assez
régulièrement. Donc, c'est la proposition que l'on vous soumet.
Le Président (M. Montigny) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. D'autres interventions?
M. Kelley : Oui, Mme la
ministre. C'est peut-être juste une précision sur «lorsque les circonstances le
requièrent». Est-ce qu'il y a des certaines... C'est quoi, le «trigger», dans
ce sens-là, que la circonstance devient nécessaire pour une consultation dans
le jargon légal? Qu'est-ce que va déclencher une consultation, dans une manière
distincte, pour juste clarifier le sens de cette phrase-là?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup, M. le député. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, l'obligation s'applique lorsqu'on rencontre trois
critères soit, premièrement, lorsqu'une mesure envisagée par l'État,
deuxièmement, est susceptible d'entraîner un effet préjudiciable, et
troisièmement, sur un droit ancestral ou un traité établi ou revendiqué, connu
de l'État. Donc, ce sont vraiment trois clauses balisées par la Constitution.
M. Kelley : Parfait. Juste
encore bien clarifier les choses, ici, on parle... Il y a une mesure ici qu'on
parle d'une circonstance distincte, mais aussi on a la PGIRE. Alors, il y a
comme deux éléments. On va consulter les autochtones. C'est certain qu'on
ajoute «la prise en compte de leurs droits et de leurs intérêts fait
partie
intégrante de la... PGIRE», mais aussi, dans les autres instances, c'est
possible que quelque chose va déclencher une nécessité de consulter les
Premières Nations et les Inuits s'il y a...
M. Kelley : ...envisagé par le
gouvernement. Alors, c'est juste faire la distinction qu'il y a deux éléments
ici, qui sont bons, c'est excellent, mais ce n'est juste pas le PGIR, on ne va
pas mettre tous nos oeufs dans le panier du PGIR, on va aussi avoir quelque
chose qui est plus précis sur les cas spécifiques.
Mme Fréchette : Effectivement,
M. le Président, donc il y a à la fois le PGIR qui est la pièce centrale quand
même du projet de loi, qui est au cœur du développement énergétique, qui va
reconnaître les droits et intérêts des communautés autochtones et également
dans la gestion, plus largement parlant, la gestion des ressources
énergétiques, la gestion intégrée des ressources énergétiques, ça en fera
partie également.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions?
M. Kelley
: Ça fait le
tour pour moi.
Le Président (M. Montigny) :
Oui. Mme la députée, je vous laisse la parole.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Je voulais juste revenir, Mme la ministre, parce que je sais que
c'est sous le nouvel article, là, 3.1, qu'on ajoute cette obligation, mais il y
a plusieurs semaines, on avait eu des discussions à l'article 14.1
concernant l'accomplissement de la mission en matière d'énergie, là, on était
vraiment en matière d'énergie, le ministre est responsable et on avait six
sous-paragraphes. Je sais qu'à un moment donné, je crois que c'est QS qui avait
fait un amendement, qui avait déposé un amendement dans lequel se lisait :
le ministre doit considérer les intérêts et le rôle des Premières nations et
Inuits dans la gouvernance du secteur énergétique. Puis ça, ça avait été
refusé. Et donc là je me demande comment se fait-il que maintenant cette
modification n'est pas intégrée dans le cadre de la mission de la ministre en
matière d'énergie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Bien, M.
le Président, ce n'était pas tout à fait le même libellé, là, sur lequel on
s'était prononcé. Donc, comme on sait, dans ce domaine-là, chaque mot compte à
son pesant d'or, je vous dirais, vaut son pesant d'or. Donc, voilà, à partir de
là, bien, le libellé ne convenait pas au moment où on avait discuté du 14.1.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Oui. J'ai
juste... parce qu'on a eu quand même plusieurs discussions en ce qui a trait à
l'importance de consulter les autochtones, Premières Nations et les Inuits, et
donc dans le cadre de l'accomplissement de votre mission en matière d'énergie.
C'est pour ça que je me demandais comment se fait-il que cet amendement n'est
pas... peut-être le sous-paragraphe 7 à 14.1 versus l'article 3...
d'ajouter un
article 3.1.
• (11 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, c'est parce qu'il concerne tout le... toutes les responsabilités,
le libellé nouveau, il ne concerne pas que l'énergie, donc il est intégré dans
le libellé qui explique ce que le ministre, la ministre de l'Énergie et de
l'Innovation, de l'Économie assume comme fonctions. Ça fait que c'est encore
plus global que ça.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Juste
d'ajouter, Mme la ministre. Alors, l'article 3 prend comme le... l'amendement
ici, ça prend de la prépondérance, je pense, ça, c'est le mot, je suis un peu
mélangé avec mes autres mots anglais, français, mais le fait que c'est dans
l'article 3, ici, dans la mission du ministre, quand on regarde puis on va
à l'article 4, parce que ma collègue a raison, mais aussi nous avons
déposé un amendement, mais le fait que c'est dans la mission du ministère, ça
dit directement aussi qu'on va inclure cette réalité quand on regarde
l'exécution de la mission du ministère, j'imagine, dans l'article 4
qu'est-ce qu'on décrit, c'est comme... c'est pris pour acquis que des questions
de négocier avec les autochtones est déclenchée si jamais on a une nouvelle
filière énergétique, des résiliences sur les infrastructures, tout ça, toutes
les éléments qui sont 14.1, les six choses qui sont décidées, bien, le fait que
c'est dans l'article 3, ça vient de renforcer que le moment de...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Kelley : ...ces
éléments-là, l'obligation est déjà là. C'est pris dans la mission du ministère,
qu'on va prendre ça en considération quand on est en train, par exemple, de
soutenir, stimuler et promouvoir la production d'énergie ainsi que le développement
des nouvelles filières énergétiques. Alors, c'est juste... le plan, c'est ça.
Parce que c'est vrai, le débat était dans l'article 4, 14.1, mais ici on
ajoute ça plus au ministère...
Mme Fréchette : ...
M. Kelley : Dans son ensemble.
Mme Fréchette : ...
M. Kelley : Exact. C'est
encore plus haut, ce qu'il... qu'est-ce que je cherche avec mes mots.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Bien, merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cette
proposition d'amendement? Alors, comme il n'y a pas d'autre intervention, nous
sommes prêts à passer aux voix. Alors, est-ce que cette proposition d'amendement 3.1
est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté.
Merci. Nous continuons l'étude de notre projet de loi, l'article 39. Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, il y aurait un élément de concordance pour l'article 4 que
l'on aimerait...
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Oui, vous aimeriez réouvrir l'article 4?
Mme Fréchette : ...soumettre.
Le Président (M. Montigny) : Il
n'y a pas de problème. Il est suspendu pour l'instant. Nous pouvons revenir à l'article 4.
Est-ce que nous avons consentement pour revenir à l'article 4 qui est
suspendu? Merci. Consentement. Alors, j'ai cru comprendre qu'il y avait un
élément de concordance intéressant avec ce que nous venons d'adopter. Mme la
ministre, je vous laisse la parole. Je vous rappelle simplement pendant ce
moment que, si jamais vous voulez passer la parole à une autre personne autour
de la table, vous pouvez demander le consentement.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président, on aimerait retirer un amendement qui avait été adopté pour le
remplacer par ce que je vais vous vous soumettre, s'il y a...
Le Président (M. Montigny) : S'il
y a consentement.
Mme Fréchette : ...consentement.
Alors, je...
Le Président (M. Montigny) : Est-ce
qu'il y a consentement? Je vous laisse le présenter.
Mme Fréchette : C'est pour de
la concordance.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
je vous laisse le présenter. C'est pour la concordance, mais quand même. Vous
souhaitez savoir s'il y a consentement pour retirer un amendement adopté.
Lequel est-ce?
Mme Fréchette :
Article 4.
Donc : Remplacer le troisième alinéa de l'article 14.3 de la
Loi sur
le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'énergie, proposé par l'article 4
du projet de loi tel qu'amendé, par l'alinéa suivant : «Aux fins de l'élaboration
du plan, le ministre consulte la population incluant les communautés
autochtones.» Fin de la citation.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Est-ce qu'il y a consentement?
M. Kelley : Consentement
de... d'ouvrir la discussion.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
en fait, le consentement... le consentement, c'est de retirer l'amendement déjà
adopté pour le remplacer par ce qui est proposé par Mme la ministre.
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons en discuter.
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) : C'est
juste consentement pour travailler ceci.
M. Kelley : Oui, M.... Bien,
on va laisser la ministre déposer officiellement, mais on a consentement d'avance.
Alors, voilà.
Le Président (M. Montigny) : Parfait.
Donc, nous allons être capables de travailler à l'article 4 sur un
amendement qui a déjà été adopté. Nous avons consentement. Mme la ministre, je
vous laisse présenter votre proposition, nous en débattrons par la suite.
Allez-y, Mme la ministre.
Mme Fréchette : D'accord.
Est-ce que je dois le relire ou?
Le Président (M. Montigny) : S'il
vous plaît.
Mme Fréchette : D'accord.
Le Président (M. Montigny) : Pour
le respect de l'ordre, on va faire ça dans l'ordre. On va juste l'afficher. Il
n'est plus à l'écran. Ça ne sera pas long. Je vous reviens dans quelques
instants. Voilà, nous l'avons donc à l'écran. C'est la nouvelle proposition d'amendement
par Mme la ministre à l'article 4, 14.3. Mme la ministre.
Mme Fréchette :
Article 4 :
Remplacer le troisième alinéa de l'article 14.3 de la
Loi sur le ministère
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, proposé par l'article 4 du
projet de loi tel qu'amendé, par l'alinéa suivant : «Aux fins de l'élaboration
du plan, le ministre consulte la population incluant les communautés
autochtones.»
Donc, c'est un amendement qui prévoit que,
lorsque la ministre de l'Énergie, de l'Innovation et de l'Économie consulte la
population aux fins d'élaboration du PGIRE... que cela inclut les communautés
autochtones. Et l'amendement ne précise plus que les communautés autochtones sont
consultées de manière distincte lorsque les circonstances le requièrent étant
donné que cette précision-là a été expressément ajoutée au nouvel
article 6.1
de la
Loi sur le ministère de l'Économie et de l'Innovation. Donc, on a déplacé
tout simplement une portion de cet amendement. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous comprends bien, là, comme on vient d'ajouter un
article à 3.1, c'est une
concordance. C'est bien ça?
Mme Fréchette : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Nous
allons procéder. Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur cette
proposition d'amendement? Comme il n'y a pas d'intervention sur cette
proposition d'amendement, nous allons passer à sa mise aux voix. Est-ce que la
proposition d'amendement à l'article 4, 14.31 venant de la
partie
gouvernementale est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Adopté...
Le Président (M. Montigny) : ...cet
amendement est adopté. Merci. Nous sommes prêts à revenir à l'article 39.
Merci. Mme la ministre, pour la présentation de l'article 39.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président.
L'article 61 de cette loi est remplacé par le suivant :
«Sauf dans le cas visé au troisième alinéa
de l'article 60, nul ne peut distribuer de l'électricité à un consommateur sur
un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de distribution sur
celui-ci.»
Donc, c'est un
article qui précise que
l'interdiction visée à l'article 61 de la
loi sur la Régie de l'énergie
s'applique à la distribution d'électricité par quiconque n'est pas titulaire
d'un droit exclusif.
Elle prévoit aussi que cette interdiction
ne s'applique pas dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60, puisque
cet alinéa prévoit une exception.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce qu'il y a des interventions sur l'article 39? M. le
député, je vous écoute.
M. Kelley : M. le Président,
c'est plus une question en lien avec l'article 4. C'est plus technique, je ne
sais pas si vous voulez suspendre, juste pour bien comprendre.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 08)
(Reprise à 11 h 10)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. Au moment de la suspension, nous étions à
l'étude de l'article 39. Il avait été présenté par Mme la ministre. Alors,
est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 39? M. le député
de Jacques-Cartier, je vous écoute.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, peut-être juste nous expliquer, ce titulaire
d'un droit exclusif de distribution... j'imagine, c'est accordé par le
gouvernement du Québec, par votre ministère... ou est-ce que c'est la Régie de
l'énergie? Qui est impliqué dans...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. Pour la réponse, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. C'est la loi, en fait, qui stipule qui sont les titulaires d'un
droit exclusif.
M. Kelley : Alors, j'imagine,
présentement, au Québec, il n'y a pas énormément des droits titulaires
exclusifs pour des distributions en électricité. J'imagine, Hydro-Québec a la
majorité de ces...
M. Kelley : …mais à côté de
ça, il y a probablement une couple des autres exemples.
Mme Fréchette : Ils sont
décrits à l'article 62, donc ce sont des réseaux municipaux et une
coopérative également.
M. Kelley : On parle aussi de
l'exemple à Sherbrooke puis aussi Westmount, etc., et certaines… et qu'on a eu
une discussion.
Mme Fréchette : Oui, voilà,
Coaticook, Sherbrooke, Magog.
M. Kelley
: O.K.,
parfait. Puis c'est quoi, le processus d'obtenir une… titulaire d'un droit
exclusif?
Mme Fréchette : Bien, pour
les… pour les municipalités, c'étaient des droits acquis, donc ça a été une
sorte de reconnaissance de facto de leur présence dans le secteur.
M. Kelley : O.K. Je reviens
avec un exemple, TES Canada, c'est… Mais, comme, pour ce droit de distribution,
si jamais… On ne parle pas de ce type de projet ici, c'est vraiment des projets
déjà existants, c'est ça? O.K., ou des exemples existants comme des
municipalités.
Mme Fréchette : C'est
Hydro-Québec aussi, qui a un droit de distribution, bien sûr.
M. Kelley : Oui, oui.
Parfait. Je n'ai pas d'autre question, de mon côté, je pense, c'est clair.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec cette proposition… avec
l'article 39, en fait? Comme il n'y a pas d'autre… Oui, M. le député de
Jean-Talon, vous avez demandé la parole.
M. Paradis : Oui, j'aimerais
savoir, de la ministre, un peu plus de détails sur le lien entre le troisième
alinéa de l'article 60, qui est une exception au principe du monopole de
la distribution prévue à l'article 61. Parce que ça aussi, c'est nouveau.
Donc, pourriez-vous nous expliquer un peu mieux c'est quoi, le lien entre les
deux?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci.
Mme Fréchette : Donc, M. le
Président, donc, c'est pour une reconnaissance, dans le fond, de
l'article 60 qui vient d'être adopté. Donc, il n'y a pas d'interdiction
lorsque cette situation décrite dans l'article 60 se présente.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Vous avez évoqué
un petit peu dans votre réponse, là, à une question précédente de mon collègue
de Jacques-Cartier, qui est titulaire d'un droit exclusif de distribution dans
un territoire. Est-ce qu'il y a des données plus précises là-dessus? Parce que,
là, ma question vise à comprendre l'ampleur aussi de ce dont on parle.
Je vais revenir au même thème, là, on a
été un petit peu interrompus, mais ça, ici, on est dans les articles qui
énoncent le principe du monopole d'Hydro-Québec, sauf les exceptions. Donc là,
on va créer des nouvelles exceptions à l'article 60, qui deviennent une
exception à l'exception. Actuellement, là, il y en a combien des… au Québec,
là, des gens qui ont le droit de distribuer de l'électricité à un consommateur?
À part, Hydro-Québec, là. Il y a Hydro-Québec. Est-ce qu'on… Est-ce qu'on sait
combien il y en a, ils sont qui, sur quels territoires? Est-ce que ces
données-là existent?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre, allez-y.
Mme Fréchette : M. le
Président, donc, j'aimerais amener le député de l'opposition à
l'article 62, parce qu'on y fait référence, à ces réseaux, donc, qui font…
qui sont les réseaux municipaux d'électricité. On pense à un réseau qui est
municipal, qui existe par exemple à Sherbrooke, à Coaticook, et il y a
également une coopérative, une coopérative régionale d'électricité, de
Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville. Donc, ce sont les exceptions qui sont
reconnues. On parle de huit réseaux municipaux et une coopérative. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. M. le député.
M. Paradis : Donc, vous me
confirmez que, quand on dit : «Nul ne peut distribuer de l'électricité à
un consommateur sur un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de
distribution sur celui-ci», il y a Hydro-Québec, bien sûr. Puis après ça, les
autres actuelles, ce sont celles qui sont nommées à l'article 62. Il n'y
en a pas d'autres, c'est bien ça? Il n'y en a pas d'autres.
Mme Fréchette : Exact.
M. Paradis : Bon, maintenant,
on ajoute, une des modifications, c'est, ouvrez les guillemets : «Sauf
dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60», fermez les
guillemets. Le troisième alinéa de l'article 60, c'est celui qui autorise
une entreprise privée à vendre de l'électricité à une autre entreprise privée.
Donc, je reviens à la même question que j'avais tout à l'heure pour la vente
d'électricité, là, c'est la distribution à un consommateur. Est-ce que vous
êtes d'accord que l'effet combiné du troisième alinéa de l'article 60 et
de l'article 61, c'est une… c'est une modification au monopole
d'Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président…
Mme Fréchette : ...c'est dans
le cadre de l'article 60, c'est ce qui permet notamment à des communautés, à
des municipalités, ou à une entreprise privée, ou à des Premières Nations de
développer un projet pour un seul consommateur, un seul, un seul compteur
électrique. Alors, c'est ce qui était adopté, donc, avec l'article 60. Et, par
ailleurs, il y a les réseaux privés qui, eux, distribuent à plus large échelle.
Les réseaux privés que l'on reconnaît dans l'article 62 sont des réseaux
municipaux qui existent de longue date, et c'est également une coopérative qui
également distribue de l'électricité. Et c'est contenu avec l'ensemble, avec le
descriptif qu'on a. On contient donc les distributeurs d'électricité à cette
énumération-là.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, vous
m'avez parlé, oui, des communautés autochtones, des municipalités, mais vous
êtes d'accord avec moi qu'au troisième alinéa de l'article 60, ça vise aussi
des entreprises privées qui vont vendre de l'électricité à une autre entreprise
privée, oui?
Mme Fréchette : J'ai déjà
précisé, là, l'ensemble des acteurs qui pouvaient cadrer dans l'autorisation
qui est donnée avec l'article 60.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député.
M. Paradis : Donc, si c'est
vrai, comme vous en convenez, que le troisième alinéa de l'article 60 permet à
des entreprises de vendre à d'autres entreprises, et que cette possibilité-là
est nommée comme une exception au monopole d'Hydro-Québec à 61, l'article 61
est aussi un
article qui modifie le monopole d'Hydro-Québec sur la distribution
d'électricité à un consommateur dans un territoire, oui ou non?
Mme Fréchette : M. le
Président, les réseaux municipaux distribuent de l'énergie à des milliers de
consommateurs, des milliers de consommateurs.
L'article 60 permet à des
municipalités, à des Premières Nations ou à une entreprise privée, en
collaboration le plus fréquemment possible avec les MRC, l'ensemble des acteurs
locaux, à offrir de l'énergie à un seul compteur électrique, un seul. Donc,
c'est vraiment deux niveaux pas vraiment comparables de distribution
d'électricité. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais les réseaux
municipaux, qui sont une exception, les titulaires de permis sont déjà nommés à
l'article 62. C'est ce que vous avez précisé en réponse à ma première question.
Donc là, c'est la première phrase qui change l'impact de l'article 61 et qui
modifie le monopole d'Hydro-Québec sur la distribution. Je pense qu'il faudrait
le dire aux Québécoises et aux Québécois que c'est ça que ça fait, parce que,
sinon, on pourrait enlever la première phrase. Si c'est la question, c'est les
réseaux municipaux, ils sont visés par 62. Moi, ce que je veux c'est sur la
clarté sur ce qu'on est en train de faire. Parce que c'est ça, l'inquiétude des
Québécoises et des Québécois, notamment des organisations qui sont venues en
commission parlementaire, c'est qu'on est en train de modifier le monopole
d'Hydro-Québec sans le dire. On n'est pas à visière levée.
Puis je ne vous ai pas entendu le dire non
plus encore, alors que c'est clair qu'il va avoir plus d'entreprises privées
qui vont vendre de l'électricité à d'autres entreprises privées en vertu de
l'article 60. Et donc, à 61, l'effet, c'est de venir aussi concrétiser cette
modification au monopole de l'État. C'est ça, l'objectif de la phrase «sauf
dans les cas visés au troisième alinéa de l'article 60». À moins que vous ayez
une autre interprétation à proposer.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président, je pense que je vais avoir déjà répondu plusieurs fois à la question
du député de Jean-Talon. Le monopole d'Hydro-Québec n'est pas, comment dire, il
n'y a pas de réduction du monopole d'Hydro-Québec. Donc, voilà, je pense avoir
répondu Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien, s'il n'y a
pas de modifications, Mme la ministre, on n'a pas besoin de la première phrase
avant la virgule, sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60. Si
cette phrase-là est là, c'est parce que vous prévoyez un élargissement. Le
projet de loi est bâti comme ça, le projet de loi de votre prédécesseur,
d'ailleurs, il l'avait annoncé, c'est qu'il veut qu'il y ait plus de place pour
le privé. C'est une modification au monopole de l'État. C'est écrit noir sur
blanc dans votre
article 61. Puis c'est ça que je veux comprendre, je veux
comprendre les faits. Puis là je vais vous poser la même question, je peux vous
la poser tout de suite : Combien... Est-ce que vous avez une idée de
l'ampleur de la brèche qui est ouverte au monopole à l'article 61? Il va en avoir
combien, des personnes qui vont désormais avoir un titulaire... qui vont être
des titulaires de droit de distribution en...
M. Paradis : ...de
l'article 60. Parce que 60 puis 61, ce n'est pas exactement la même chose,
là. Qui va avoir... Qui va être le titulaire du droit en vertu de
l'article 60? Est-ce qu'on peut dire que c'est dans le troisième alinéa,
c'est l'entreprise qui vend à une autre entreprise, celle-ci la première, A qui
vend à B. A est donc une exception au monopole à 61. Ou B devient aussi une
exception à 61 parce que B... Est-ce que B, ensuite, peut en distribuer ou pas?
Je ne sais pas, je pose la question, mais je vous demande de me dire ce que
vous avez comme données, comme analyse, comme vision de ce que ça veut dire, la
première phrase à l'article 61, parce que ce sont des mots qui ont une
importance, qui ont une grande importance. Puis, vous le savez, là, je ne me
cache pas, c'est ça, mon inquiétude. Dans quelle mesure on touche au monopole
d'Hydro-Québec, au monopole de la société d'État sur la vente d'électricité?
Puis ici, c'est sur la distribution, à 61. Avez-vous des données? Qu'est-ce que
vous voyez? Il va en avoir partout au Québec? Ça va être très limité? Vous avez
une liste de 85 compagnies qui attendent pour faire ça ou vous n'en avez
pas jusqu'à maintenant? J'espère que vous vous êtes donné un peu une vision
avant de proposer ça. Je vous le redis pourquoi je vous pose les questions. Ces
articles-là sont au cœur des préoccupations de ceux qui sont venus nous parler
de leur inquiétude légitime pour le monopole. Puis j'espère que vous en
convenez, Mme la ministre, qu'il y a des gens qui s'inquiètent parce que ça
veut dire moins de revenus pour l'État, plus de revenus pour le secteur privé.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Alors,
j'aimerais rappeler que ce projet de loi là va permettre d'accroître la
présence d'Hydro-Québec au Québec, au Québec, sur le territoire québécois comme
jamais auparavant. On va doubler la production d'Hydro-Québec. Alors, quand il
s'agit de parler de monopole d'Hydro-Québec, ils vont être encore plus présents
dans la société et dans le secteur énergétique. Je pense qu'on peut tous en
être fiers. On va tous en bénéficier parce qu'on est tous propriétaires
d'Hydro-Québec. C'est ça que ça fait, le projet de loi n° 69. Ça rehausse
la présence d'Hydro-Québec. Ils vont être plus investis dans l'énergie solaire,
ils vont être plus investis dans l'énergie éolienne en plus de l'énergie
hydroélectrique. Dans le cadre de la transition énergétique, ça va être
capital. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bien,
j'aime beaucoup ce que je viens d'entendre de la ministre. Mais c'est parce
qu'on partage cette vision-là d'un Québec qui est de plus en plus riche de ses
ressources naturelles, notamment les énergies renouvelables, qu'on est ici puis
qu'on a cette discussion-là. J'essaie de vous faire dire franchement que ça va être
une place plus grande au privé, que les articles 60 et 61 prévoient, puis
je ne l'ai pas entendu encore. Puis ça, on devrait être franc avec les
Québécois. Ça, c'est clair. Les effets combinés de 60 et 61, c'est plus de
privé. Dans quelle mesure? Parce que là, à 60, c'est le droit de vente d'une
entreprise à une autre? À 61, c'est combien il va y en avoir, des distributeurs
privés au Québec. Avez-vous une idée de ça? Est-ce que vous vous êtes donné une
certaine vision? On en veut ça. On en veut ça. On en veut ça. C'est quoi
l'ampleur de la brèche à Hydro-Québec, au monopole d'Hydro-Québec? C'est ça la
question que je pose. Je suis convaincu que vous avez une vision de ça parce
vous nous l'avez dit. Vous avez dit : Il y a des places qu'Hydro-Québec
n'est pas capable. Moi, c'est ça, Mme la ministre, l'argument avec lequel j'ai
des problèmes, parce qu'Hydro-Québec a toujours été capable. Hydro-Québec a
brisé des plafonds de verre, Hydro-Québec a participé à l'émancipation
économique du peuple québécois. Puis, aujourd'hui, je ne comprends pas, là,
c'est quoi les nombreux cas où Hydro-Québec n'est pas capable d'être là? Vous
nous l'avez mentionné, là, mais il y en a combien de ces cas-là? C'est où
exactement? C'est où, les villes en région ou les places en région où il y a
des projets qui n'aboutissent pas parce qu'Hydro-Québec n'est pas capable ou on
ne veut pas? Il va y en avoir 10, des titulaires, à 61, en vertu de
l'article 61? Cinq, trois, 15, 20, 30, 50, 60, 200? Je suis sûr que vous
avez une idée de ça. Dites-moi que vous avez réfléchi à l'ampleur de la brèche
que vous ouvrez.
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
Donc... Bien, M. le Président, dans la logique du député, est-ce que les gens
qui vont installer des panneaux solaires sur leur toit vont réduire le monopole
d'Hydro-Québec? Parce que, si on suit cette logique-là, il suffit d'un compteur
électrique qui soit affecté pour que là, on vienne faire une brèche dans le
monopole. Donc, je pense que j'ai répondu par ailleurs aux questions du député
qui reviennent.
Le Président (M. Montigny) :
Très bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Non, mais
on ne parle pas du tout de la même chose, là. Quelqu'un qui, par exemple, pose
des panneaux solaires puis qui est autosuffisant, ce n'est pas d'autre chose.
Là, on parle... Ce qui est... Ce qui est important dans ce dont on parle, c'est
qu'actuellement il y a un monopole. On dit c'est Hydro-Québec...
M. Paradis : ...qui produit de
l'électricité puis qui en vend à d'autres entreprises. Là, à 60, on vient de
dire : Ah! maintenant, les entreprises privées vont pouvoir vendre à
d'autres entreprises privées. Ça fait que là, je vous ai demandé si vous aviez
des chiffres. La... Bien, en tout cas, on n'a pas eu de réponse.
Ensuite, à 61, on dit : Ah!
maintenant, c'est sur la distribution des consommateurs. Puis, avant, l'article
était clair, «nul ne peut exploiter un réseau de distribution d'électricité sur
le territoire d'un titulaire d'un droit exclusif de distribution
d'électricité.» Point. Monopole pour Hydro-Québec. Là, vous venez de
dire : Sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60.
Je repose ma question, puis la réponse
n'est pas si simple... n'est pas si difficile... ou justement, peut-être
qu'elle n'est pas si simple : Avez-vous une idée de ce que vous envisagez
pour le Québec dans l'avenir? C'est quoi, la place que vous pensez que le privé
va prendre au Québec dans la vente d'électricité à d'autres joueurs privés puis
dans la distribution d'électricité? Je suis sûr qu'il y a quelque chose quelque
part, là. L'ancien ministre, j'espère qu'il n'a pas juste sorti ça de son
chapeau. C'est sûr que vous avez des chiffres quelque part, vous avez une idée
de ce que vous allez faire... vous voulez faire. Pourquoi vous ne l'annoncez
pas aux Québécois?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui.
J'aimerais juste rectifier un élément qu'a soutenu le député de Jean-Talon. La
production n'est pas un monopole d'Hydro-Québec. La production, ce n'est plus
un monopole depuis que le PQ a été au pouvoir en 2000 et qu'il a fait en sorte
d'élargir ce droit-là. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Si j'ai dit
«production», je m'en excuse, Mme la ministre. Je voulais vraiment dire, bien
sûr, la vente d'électricité à d'autres entités privées puis la distribution à des
consommateurs. Est-ce qu'on doit comprendre de vos... de l'absence de réponse,
c'est que vous n'en avez pas, de plan, vous n'avez pas idée d'où est-ce qu'on
veut s'en aller avec ça? Il doit bien y avoir une idée quelconque. On pense
qu'il va y en avoir deux. Peut-être que là, ça peut rassurer bien du monde au
Québec. Il va y en avoir cinq, 10. Ah! 50, 200, 500. Parce que là, je le
cherche, là, mais il y a des gens qui sont venus ici en consultations
particulières puis qui nous ont dit que, juste avec ces deux articles là, c'est
des milliards... possiblement des milliards de dollars en revenus de la vente
d'électricité et de la distribution d'électricité dont le Québec pourrait se
priver. Donc, la part actuelle de ce que le privé récolte avec la vente et la
distribution d'électricité va croître, alors que celle de l'État va diminuer.
C'est ça qu'il y en a qui nous ont prédit avec ces articles-là. Ma question,
c'est : Leurs craintes sont-elles fondées, oui ou non? Quel est le plan
derrière ça? Là, je n'ai même pas de réponse sur : Est-ce que, oui ou non,
c'est une part plus grande pour le privé? Puis c'est évident que la réponse,
c'est oui. Puis je comprends que la ministre hésite à le dire publiquement.
Mais c'est ça que 60, 61 prévoient, plus de place pour le privé dans la vente
et dans la distribution d'électricité. 61, c'est la distribution, 60, c'est la
vente, ils sont liés ensemble. Donc, est-ce qu'on a des chiffres? Est-ce qu'on
a une vision? Est-ce qu'on peut rassurer les Québécois ou c'est parce que les
chiffres sont... vont être inquiétants pour les Québécois?
• (11 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, je n'ai rien à ajouter. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
D'autres interventions? Oui. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. C'est plus,
Mme la ministre, une question... dans ce cas ici, je sais que
l'article 60, on parle de qui peut produire l'électricité, qui peut se
lancer dans l'autoproduction. Ici, on est dans la distribution. Comment ça
marche, si jamais quelqu'un, qu'Hydro-Québec, avec des partenaires, veut créer
comme un microréseau? J'imagine, ça, c'est correct parce que c'est... ça
appartient toujours... ou il y a toujours un rôle d'Hydro-Québec dans la
distribution. Puis aucune entité privée ne peut lancer un microréseau, parce
que ce n'est pas juste la production, mais un microréseau, c'est la
distribution. Alors, c'est juste peut-être clarifier ça un peu, dans quels
instants est-ce qu'on peut approuver un projet de microréseau. J'imagine, c'est
toujours fait avec le rôle d'Hydro-Québec, qui est une bonne chose, mais c'est
juste, je pose la question parce qu'on est dans les exceptions pour la
distribution, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député, pour votre question. Mme la ministre, souhaitez-vous
prendre la parole?
Des voix : ...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : ...en fait,
les microréseaux sont permis et ne peuvent... ils doivent absolument être
permis par Hydro-Québec et ils sont gérés également par Hydro-Québec. Donc, ça
reste dans l'entité Hydro.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre. C'est juste parce que je sais que c'est le concept, un microréseau n'est
pas nécessairement écrit dans nos lois. C'est un peu un nouveau terme dans le
sens de comment on voit un petit peu la distribution de l'énergie en lien avec
les panneaux solaires. C'est correct. Je ne sais pas si ça revient dans une
autre
section de ce projet de loi qu'on va aborder ça, j'imagine que non, mais
ou quand même si c'est nécessaire de certainement bien encadrer ça, ou on va
juste continuer d'avancer avec Hydro-Québec dans ce sens-là. En tout cas, j'ai
juste... je pense, c'est important de soulever cette question-là qui est
importante. Alors, merci, Mme la ministre.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
parfait. Très bien. Merci, M. le député. Mme la ministre, avez-vous d'autres
choses à rajouter?
Mme Fréchette : Juste
préciser qu'à l'heure actuelle il y en a un seul au Québec, un microréseau, à
Lac-Mégantic. Donc, ça se pourrait qu'il y en ait d'autres. À ma connaissance,
il y en a un seul, c'est ça?
M. Kelley : Je pense, sur les
Îles-de-la-Madeleine... soit c'est microréseau ou c'est en développement, mais,
je pense, les Îles-de-la-Madeleine a un microréseau aussi. C'est considéré comme
un microréseau, je crois. Oui.
Mme Fréchette : On va
vérifier.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. D'autres interventions? Comme il n'y a pas... Oui, M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Bon. Toujours
sur la même question, Mme la ministre. J'en ai trouvé une, là, dans les
consultations particulières, j'en ai trouvé une, étude, c'est celle des... du Syndicat
canadien de la fonction publique. Les employés d'Hydro-Québec, eux, ils ont
fait cette analyse-là. Ils disent qu'avec le projet de loi n° 69, tel qu'il
existe actuellement, la part des producteurs privés, donc dans la vente et dans
la distribution d'électricité, pourrait passer de 10,2 % actuellement, autoproduction,
7,8 % actuellement ou... en 2020 à, en 2030, 19 % pour les
producteurs privés et 7,6 % pour les producteurs auto privés. Donc, c'est
surtout la croissance des producteurs privés. Donc, la part étatique avec
Hydro-Québec pourrait passer de 82 % à 73,4 %. Ça, c'est dans leurs
calculs à eux. Ils voient... eux, ils ont fait un calcul de ce que ça pourrait
vouloir dire, les articles actuels, notamment 60 et 61. Est-ce que vous êtes d'accord
avec ces chiffres là ou vous voyez ça autrement?
Donc, vous comprenez que l'impact de ça, c'est
moins de revenus pour Hydro-Québec, même dans la part de la nouvelle énergie
qui est produite, parce que là, au lieu qu'il y en ait une part équivalente à
celle actuelle dans les poches des Québécois, ce serait plus pour le privé. Est-ce
que vous êtes d'accord avec ces chiffres là, ou vous ne voyez pas la même
croissance, ou vous voyez quelque chose de différent? C'est ça l'impact de mes
questions. C'est combien de plus dans les poches des Québécois ou combien de
moins dans les poches des Québécois? Et quelle place de plus pour les
producteurs privés, en fait, pour ceux qui vont vendre de l'électricité à d'autres,
des entreprises privées qui vont vendre de l'électricité aux entreprises
privées et qui vont ensuite être titulaires d'un droit de distribuer, en vertu
de l'article 61 qu'on est en train d'analyser? C'est ça, le sens de mes
questions, en fait.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, je rappelle que notre plan, c'est de doubler la production d'Hydro-Québec.
Ça va rehausser la présence d'Hydro-Québec. En plus, Hydro-Québec est
maintenant maître d'œuvre de projets éoliens et ça va accroître sa présence
dans le secteur énergétique. Donc, nos perspectives sont à l'effet qu'il y aura
un rehaussement de la présence d'Hydro-Québec et un accroissement de sa
présence, et de son activité, et de ses revenus. Et ça, ça va bénéficier aux
Québécois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que vous
êtes d'accord avec les prévisions qu'on vient de voir... qui est un groupe
quand même important, c'est les employés d'Hydro-Québec, ou vous voyez les
choses autrement? Qu'est-ce qu'on dit aux Québécois de ce que nous, on est en
train de faire? Parce que vous pourriez me donner une réponse. Vous pourriez
dire : Oui, oui, oui. On les a faites, les analyses. Puis là on prend une
pause, on les regarde, puis on voit que, peut-être, finalement, l'ampleur de ce
qui est prévu, c'est ça. Mais là on ne le sait pas. J'aimerais ça savoir s'il y
en a, des chiffres, sérieusement, de ce que vous avez prévu, parce que je
comprends qu'il y en a qui peuvent légitimement dire que sans ça, on ne pourra...
M. Paradis : ...y arriver.
C'est ce que vous nous dites en réponse. Très bien. Mais c'est quoi l'ampleur
de ça, entre guillemets? C'est ça, la question, puis c'est ça, notre travail,
nous, comme députés qui analysons le projet, c'est de comprendre qu'est-ce que
ça va donner dans la société québécoise dans l'avenir. Avez-vous des
prévisions, oui ou non?
Selon les calculs, là, juste pour vous
dire, de ce dont on parle, selon les calculs que je viens de vous montrer, ça,
c'était la part de production privée ou la part dans la vente et dans la
distribution d'électricité privée par rapport à celle du public. Avec les mêmes
calculs, le Québec se priverait de revenus de 3 milliards de dollars par
année, par année. Parce que vous avez raison, Mme la ministre, on prévoit aussi
une croissance de l'énergie. Mais, si la part de l'argent qui revient dans les
poches des Québécois est moins grande, la proportion est moins grande, on
laisse, les Québécois laissent de l'argent sur la table. Ce calcul-là, c'est 3
milliards par année en 2030. Est-ce que c'est ça ou ce n'est pas ça?
C'est vraiment... C'est vraiment le sens
des questions, puis je pense que ce sont des questions légitimes. J'aimerais
vraiment ça que vous me répondiez : Oui, oui, oui, on l'a analysé puis on
a fait des études d'impact, parce que, là, on est en train de jouer avec la
richesse collective québécoise, qu'on a dit : C'est à nous, l'électricité,
c'est nous qui la vendons à travers Hydro-Québec, c'est nous qui la distribuons
à travers Hydro-Québec, avec de toutes petites exceptions pour la distribution,
vous me l'avez dit, c'est celles qui sont à l'article 62. Là, on va ouvrir
à tout un large éventail d'entreprises privées. C'est ça, la brèche. Elle est
de quelle taille, la brèche? Qu'est-ce que vous prévoyez pour le Québec? Est-ce
qu'il va y avoir un nombre très limité de petits producteurs privés qui vont
vendre à leurs voisins ou le Québec va être tapissé de producteurs privés?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Ce que...
M. le Président, ce que le député appelle des acteurs privés, bien, c'est
notamment des Premières Nations, c'est notamment des MRC. Oui, il y a aussi des
entreprises privées, mais c'est aussi des municipalités et c'est des gens qui
apprécient la capacité que cela donne à leurs communautés, à leurs entités
d'avoir du développement régional, avoir du développement économique. Dieu sait
qu'Hydro-Québec va être sollicitée pour les prochaines années parce que ça va
être de 150 à 200 térawattheures additionnels qui vont être requis à
l'horizon 2050. C'est majeur. C'est un développement majeur pour
Hydro-Québec, c'est un développement majeur pour les Québécois et c'est ce
qu'on met de l'avant. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : Ça serait quoi,
l'impact de la... de... Si on enlève cette phrase-là, «sauf dans le cas visé au
troisième alinéa de l'article 60», puis c'est un amendement que je pourrais
déposer, là, ça serait quoi, selon vous, l'impact, Mme la ministre?
Le Président (M. Montigny) :
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, on
l'a expliqué plusieurs fois, là. Il y a des entreprises qui aimeraient ça être
alimentées d'autres sources d'énergies renouvelables et qui, à l'heure
actuelle, ne peuvent pas le faire, et Hydro-Québec ne peut pas répondre à brève
échéance à leurs besoins. C'est du développement régional, développement
économique, une diversification des revenus qui seraient empêchés. C'est ça
qu'on empêcherait. Ce serait un recours à des énergies renouvelables qu'on
empêcherait. C'est ce que vous souhaitez, au Parti québécois? Ce n'est pas
notre cas. Donc, c'est ça qu'on empêcherait. Merci.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Nous, on
souhaite protéger l'héritage de René Lévesque et de tous ceux qui, avec lui,
ont fait en sorte que ce soit une richesse collective, Hydro-Québec, avec les
bénéfices qui vont dans nos poches principalement. Là, vous créez une brèche
importante à ce principe-là, ça fait
partie du pacte social au Québec, puis
vous n'êtes pas capable de me dire de quelle ampleur est la brèche que vous
prévoyez. Il me semble que ça serait le minimum à dire aux Québécois pour les
rassurer. Puis là moi, j'essaie de comprendre la portée de 61 parce qu'au
troisième alinéa de l'article 60, c'est déjà écrit : «Ce droit
n'empêche pas quiconque produisant de l'électricité de source renouvelable de
la distribuer à un seul consommateur.» C'est déjà écrit dans le troisième
alinéa de l'article 60. Qu'est-ce que la phrase... Qu'est-ce que la
première phrase de l'article 61 veut dire de plus? Qu'est-ce qu'elle
apporte? L'exception, là, elle est déjà limitée au troisième alinéa de
l'article 60. Qu'est-ce que ça apporte de plus, là, la première phrase à
61? Est-ce que ça élargit encore plus la brèche?
Le Président (M. Montigny) :
Alors, Mme la ministre.
Mme Fréchette : M. le Président,
donc, c'est le... la première ligne de cet article-là, c'est un
article de
concordance avec l'article précédent. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que, par
exemple, on ne pourrait pas interpréter ça... je ne dis pas que c'est le cas,
mais est-ce qu'il y a un risque à dire que l'exception à l'article... de la
première phrase...
M. Paradis : ...de
l'article 61 permettrait aussi aux consommateurs visés par le troisième
alinéa de l'article 60... donc là, quelqu'un produit l'électricité, ça,
c'est le troisième alinéa, quelqu'un produit de l'électricité, il vend à un
consommateur. Là, vous prévoyez, à 61, sauf dans le cas visé au troisième
alinéa. Est-ce que celui qui a acheté l'électricité, au troisième alinéa, lui,
ensuite, il a le droit de la distribuer?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre, souhaitez-vous répondre?
Mme Fréchette : Non, J'ai
déjà énoncé ce que je souhaitais énoncer.
Le Président (M. Montigny) : D'autres
interventions? M. le député, allez-y.
M. Paradis : Bien, non, je ne
pense pas qu'il y ait eu de réponse à cette question-là. Est-ce que l'exception
de la première phrase de l'article 61 vise les deux parties à la
transaction du troisième alinéa de l'article 60 ou seulement le producteur
privé d'électricité de source renouvelable?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Donc, la loi,
en fait, elle n'encadre pas l'acheteur, elle n'encadre que le distributeur.
Donc, c'est une des deux parties.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jean-Talon, vous avez la parole.
M. Paradis : Je veux être sûr
de bien comprendre. Donc, le distributeur, à l'article 61, est-ce que
c'est seulement le producteur du troisième alinéa de l'article 60 ou ça
pourrait être aussi le seul consommateur qui est visé par le troisième alinéa
de l'article 60? Je suis toujours sur l'ampleur de la brèche, là. Je veux
m'assurer qu'on limite au maximum ou qu'il n'y en ait pas, de brèche.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : M. le
Président, j'aimerais que Me Marois puisse offrir une réponse.
Le Président (M. Montigny) : Absolument.
Est-ce que nous avons consentement pour passer la parole à Me Marois?
Consentement. Me Marois, vous avez la parole. Je vous invite à vous présenter.
M. Marois (Samuel) : Bonjour.
Samuel Marois, avocat au ministère de la Justice. Le cas que vous évoquez
serait visé dans l'article 61, par les mots «nul ne peut distribuer
l'électricité à un consommateur». Les premiers mots de l'article, sauf dans le
cas visé au troisième alinéa de l'article 60, visent celui qui obtient,
là, une espèce d'autorisation spéciale de distribuer prévue à
l'article 60.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais, Me Marois,
où est-ce que vous voyez la limitation, là? Je suis encore sur l'ampleur de la
brèche. Moi, le moins il va y avoir... le moins elle va avoir d'ampleur, le
mieux on va s'en porter, au Québec. Est-ce qu'on ne pourrait pas dire que, sauf
le cas visé au troisième alinéa de l'article 60, ça veut dire que c'est à
la fois le producteur privé, quiconque produisant de l'électricité
renouvelable, mais que ça vise aussi un seul consommateur pour les besoins de
ces installations de ce dernier. Là, est-ce qu'on ne vient pas de créer, de
dire : Ah! l'exception à l'article... la première phase de 61, ça le vise
lui aussi, ça fait que lui, il pourrait le vendre parce que tu peux faire ça,
hein, tu achètes de ton voisin, puis après ça, ha, je suis visé par l'exception
de 61, ça fait que moi, je peux le vendre à un aussi ou je peux le distribuer?
Est-ce que c'est possible?
M. Marois (Samuel) : Non.
M. Paradis : C'est clair que
c'est bétonné, à votre avis, là?
M. Marois (Samuel) : Bien,
pour moi, c'est... Pour moi, c'est bétonné parce que le principe... On a une
loi qui crée un régime de droit exclusif de distribution en faveur des
titulaires de droits exclusifs qui sont Hydro-Québec, une coopérative, puis
neuf municipaux, point. Donc, le principe, c'est qu'il n'y ait personne d'autre
que ces personnes-là que je viens de vous nommer qui peut distribuer de
l'électricité au Québec. Ça fait que ça, c'est ce que dit 61, puis il y a des
sanctions pénales associées à la distribution dans le cas où c'est... dans le
cas où il y aurait une distribution qui est... qui ne serait pas permise. Ce
qu'on vient faire dans l'article, c'est ajouter une exception au principe de
nul ne peut distribuer l'électricité, l'exception étant : Sauf dans le cas
visé au troisième alinéa de 60, parce que c'est un alinéa qui prévoit une
exception, un droit de distribuer dans un cadre... dans le cadre restreint qui
est prévu dans cet alinéa-là.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député de Jean-Talon, il vous reste 30 secondes.
M. Paradis : Je vais demander
de suspendre pour déposer un amendement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Suspension. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 46)
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12 h (version non révisée)
(Reprise à 12 h 26)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous reprenons donc nos travaux. 12 h 26. Nous avons quelques minutes, là,
avant la suspension pour l'heure du dîner. Alors, il y a une proposition d'amendement
qui avait été mentionnée par le député de Jean-Talon, elle est affichée à l'écran.
M. le député de Jean-Talon, je vous laisse présenter votre amendement, pour le
temps qu'il nous reste.
M. Paradis : …très bien. Donc,
c'est dans la foulée de nos discussions sur le lien entre l'article 60 et
l'article 61. Donc : Modifier l'article 39, modifiant
l'article 61 de la
Loi sur la Régie de l'énergie, en retirant les mots,
«sauf dans le cas visé au troisième alinéa de l'article 60».
Le texte modifié de l'article 39 se
lirait ainsi :
L'article 61 de cette loi est remplacé par le
suivant : «Nul ne peut distribuer de l'électricité à un consommateur sur
un territoire sans être titulaire d'un droit exclusif de distribution sur
celui-ci.» Fin de la citation.
La logique est la suivante, donc, il y a
déjà des exceptions à l'article 61 qui expriment... en fait, c'est
l'article qui exprime le monopole d'Hydro-Québec sur la distribution
d'électricité au Québec. Et il y a des exceptions qui sont prévues à
l'article 62. Donc, il y a des titulaires d'un droit de distribution qui
sont nommés à l'article 62. Et on le mentionnait tout à l'heure dans les
échanges avec le ministre.
Or, maintenant, on prévoit une autre
brèche, ou, en fait, une nouvelle brèche au monopole d'Hydro-Québec à
l'article 60. Désormais, des entreprises privées vont pouvoir vendre de
l'électricité à d'autres entreprises privées. Une entreprise qui autoproduit de
l'électricité va pouvoir la vendre à une autre entreprise privée. Et là, alors
qu'on pourrait avoir la même logique qui régit la relation entre
l'article 61 et l'article 62, lorsque vient le temps de parler de la
logique entre cette exception, cette brèche au monopole, à l'article 60 et
l'article 61,