Labour and the Economy — 12 February 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2025-02-12
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 12 février 2025
Vol. 47 N° 85
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 85, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins d’allègement du fardeau réglementaire et administratif
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures douze minutes)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la commission de l'économie et du travail ouverte. Je vous souhaite à tous la
bienvenue. La Commission est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 85, Loi
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
réglementaire et administratif.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé) est remplacée par M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys),
Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey) est remplacée par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger
et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) est remplacé par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la secrétaire. Alors, l'ordre du jour de ce matin est assez simple, deux
groupes. D'abord, on débute avec l'Association des brasseurs du Québec et on
enchaîne ensuite avec l'association des restaurations Québec... l'Association
Restauration Québec, pardon.
Donc, on débute. La période des auditions
se poursuit. Notre premier groupe, l'Association des brasseurs du Québec, bienvenue
à vous! Vous avez une audition de 10 minutes. Donc, je vous cède la
parole. Prenez le temps de vous présenter et vous pouvez débuter, là, votre 10 minutes.
Merci.
M. Roy (Philippe) : Alors,
merci beaucoup. Merci de nous recevoir. Mon nom Philippe Roy, je suis le
directeur général de l'Association des brasseurs du Québec. Je suis accompagné
aujourd'hui, à ma gauche, de Mme Amélie Toupin, qui est vice-présidente
Développement des affaires et Affaires gouvernementales chez... à La Brasserie
Sleeman. À ma droite, M. François Lefebvre, directeur régional des affaires
publiques chez Molson Coors, et mon collègue Félix de la Poterie-Sienicki, qui
est directeur Stratégie politique à l'Association des brasseurs du Québec.
Alors, rapidement, l'Association des
Brasseurs du Québec est une filiale de Bière Canada et elle représente les
trois grands membres brasseurs qui sont les brasseries Labatt, les brasseries
Molson Coors et Sleeman...
M. Roy (Philippe) : ...grands
membres brasseurs qui sont les brasseries Labatt, les brasseries Molson Coors
et Sleeman ainsi que leurs quatre microbrasseries qui sont Unibroue, Archibald,
Le Trou du Diable et Brasseurs de Montréal. Ensemble, les ventes de bières de
ces trois grands brasseurs là représentent 90 % du marché de la bière au
Québec. Et plus de 85 % de ces... 90 % de... 85 % de la bière
qui est vendue par les grands brasseurs est produite ici, au Québec,
localement.
Peut-être rapidement vous parlez de
l'histoire d'amour entre le Québec et la bière. C'est ici, dans la ville de
Québec, que la première bière a été faite dans le continent nord-américain.
Alors, en 1667, l'intendant Jean Talon avait demandé de créer une bière. Et
elle a été faite à quelques centaines de mètres d'ici. La première fois qu'on a
vu de la bière en Amérique du Nord.
Quelques... Pas mal... Assez d'années plus
tard, en 1686, donc près de 100 ans plus tard, va naître la première
brasserie commerciale initiée par un homme d'affaires qui s'appelait John
Molson à Montréal. Et c'est toujours à Montréal qu'on va voir apparaître la
première consigne de bière, les premières bières consignées, toujours initié
par la brasserie Molson.
La bière et le Québec, ce n'est pas juste
une histoire d'amour, c'est aussi une formidable histoire économique.
L'industrie brassicole au Québec, c'est 43 000 emplois directs et
indirects, c'est une présence active dans chacune des régions du Québec et
c'est près de 3,5 milliards de dollars en retombées économiques. Il
faut le noter, 85 % de la bière, je reviens, est distribuée... qui est
distribuée est produite ici, au Québec, par des Québécois.
La très grande majorité des intrants
nécessaires pour faire la bière, ce sont des intrants qui proviennent du
Québec. Juste sur la question des céréales, qui est un ingrédient indispensable
pour la bière, 98 % des céréales qui sont utilisées pour faire la bière
viennent soit du Québec, soit du Canada. Alors, c'est... c'est... c'est...
nous, on considère vraiment qu'on est un produit d'ici, un produit local. Ça...
Cela fait de la bière le deuxième plus grand transformateur alimentaire au
Québec, juste derrière les produits laitiers.
En raison de la forte présence économique
des brasseurs, il y a tout un écosystème brassicole qui s'est développé au
Québec dans les dernières décennies. On calcule actuellement qu'il y a à peu
près 2 000 fournisseurs partout sur le territoire québécois qui
contribuent à cette industrie-là. On pense notamment à une des plus importantes
malteries en Amérique du Nord, qui est située à Montréal, le Canada Maltage
ltée. Une des deux seules usines qui fabriquent des bouteilles au Canada est
située aussi à Montréal, la Owens-Illinois. On a collaboré à la création de
l'Institut de technologie agroalimentaire, qui est situé à La Pocatière. On
participe également à la gestion et... bien, pas «à la gestion», mais on
collabore avec Maître emballage durable. Eux sont situés à
Saint-Bruno-de-Montarville. Et, eux, leur plan d'affaires, c'est de laver des
bouteilles. Ils lavent en moyenne 2 millions de bouteilles de bière par
semaine. Alors ce n'est pas rien. On est également présents dans toutes les
régions pour supporter les grands événements culturels et sportifs. Évidemment,
on pense à de très grands événements comme la Formule 1, ou les Francofolies,
ou le Festival de jazz à Montréal, ou le théâtre... le Festival d'été de
Québec. Mais on est également présents dans plein, plein de petits festivals
partout, dans toutes les villes du Québec, certains plus connus comme le
Festival western de Saint-Tite, le festival Bières et Saveurs à Chambly, j'en
passe. En tout, c'est à peu près 20 millions de dollars que les
brasseurs remettent à des organismes, que ce soient des organismes sportifs,
culturels et communautaires partout sur notre territoire.
Maintenant, parlons du projet de loi
n° 85. C'est la raison de notre présence. On voudrait débuter en saluant
l'initiative du gouvernement de poser des gestes déterminés et courageux afin
de faire de l'allègement réglementaire. En ce sens, nous tenons à féliciter le
ministre Christopher Skeete et les membres de son équipe pour leur travail
inlassable afin d'aider les entreprises québécoises.
Cette année... l'omnibus, pardon,
d'allègement réglementaire s'est attaqué notamment au dossier du marquage des
contenants de bière communément appelé par certains le dossier du timbre. Nous
n'apprendrons rien à personne pour rappeler que l'ABQ et ses membres sont
contre l'abolition du marquage. Au fil des années, l'Association des brasseurs
et l'industrie brassicole ont multiplié les interventions pour souligner l'importance
du marquage comme outil essentiel de régulation, de transparence, d'équité au
sein du secteur brassicole. Quel que soit le type de marquage, un timbre, une
inscription au jet d'encre ou une impression sur étiquette, ce mécanisme
éprouvé et efficace contribue, selon nous, au respect de la...
M. Roy (Philippe) : ...et à la
pérennité des modèles d'affaires établis au Québec depuis des décennies.
Il faut le rappeler, le marquage a été
instauré pour assurer une régulation équitable dès le début des années 70. Il
visait alors à renforcer les mécanismes de contrôle fiscal et à contrer le
commerce illégal des boissons alcoolisées. Pour nous, le marquage a toujours
été bien plus qu'une simple formalité administrative. Dès son introduction, il
a été perçu comme un outil essentiel pour garantir une concurrence loyale entre
les acteurs de l'industrie. En identifiant chaque bière destinée à la
consommation sur place, ce système assure que tous les établissements
licenciés, on parle ici de bars et de restaurants, respectent leurs obligations
fiscales et légales, notamment celle de se procurer leurs produits alcoolisés
directement auprès du producteur. De plus, le marquage joue un rôle clé dans la
lutte contre le commerce illicite en empêchant les pratiques frauduleuses qui
nuisent à l'ensemble de la filière brassicole.
• (11 h 20) •
Dans la dernière année, nous avons exprimé
clairement que, pour nous, le marquage demeure un pilier fondamental d'une
industrie agricole... brassicole équitable et prospère, tout en protégeant les
consommateurs et en renforçant la confiance envers les produits d'ici. Bien que
nous soyons en désaccord avec l'abolition partielle du marquage proposée par le
gouvernement, nous comprenons sa volonté de procéder à une réforme visant à
simplifier certaines obligations pour les brasseurs de très petite taille. Nous
sommes également satisfaits de voir pour la première fois apparaître dans la
législation québécoise l'introduction d'un seuil définissant les
microbrasseries par rapport aux autres brasseurs.
Une question essentielle qui doit être
examinée dans le cadre de cet allègement réglementaire, c'est celui du seuil
d'applicabilité. En effet, le projet de loi sous étude prévoit actuellement que
les exigences de marquage des contenants de bière ne s'appliqueront pas aux
établissements détenant un permis de brassage produisant moins de 150
hectolitres par an. Or, ce seuil suscite de vives préoccupations de notre part.
Un plafond de 150 000 hectolitres annuels est très élevé et ne reflète ni la
structure réelle d'une microbrasserie ni les objectifs annoncés de la réforme.
En fait, il y a très, très peu de brasseries au Québec qui ont les capacités et
les ressources pour produire 150 000 hectolitres et plus de bière par année.
Selon les chiffres de l'Association des microbrasseries du Québec, que vous
avez rencontrée hier, 80 % de ses membres produisent moins de 2000 litres.
Et, si on calcule un peu plus haut, à peu près 98 % ou 99 % de ses
membres produisent probablement moins que 45000 ou 50 000 hectolitres par
année.
C'est pourquoi nous recommandons que le
seuil soit plutôt fixé à 75 000 hectolitres. Ce compromis équilibré permettrait
d'atteindre l'objectif de la modification réglementaire, soit de soutenir les
microbrasseries du Québec, tout en maintenant un cadre de contrôle rigoureux
pour les producteurs de plus grande taille. C'est notre première
recommandation.
Deuxième recommandation. Tel que mentionné
précédemment, l'abolition partielle du marquage prévu par le projet de loi no 85
entraîne, selon nous, des risques accrus en matière de fraude, de distribution
illégale de boissons alcooliques et de non-respect de l'obligation d'achat
direct auprès des producteurs. En l'absence de mécanismes clairs de
traçabilité, il devient essentiel, selon nous, de renforcer les sanctions
prévues par la loi afin de dissuader les pratiques frauduleuses et de préserver
l'intégrité du marché. Nous sommes particulièrement préoccupés par l'absence
d'ajustements à ce niveau dans le projet de loi actuel. Il serait opportun,
selon nous, de renforcer le cadre réglementaire lié à l'extension du marquage.
Cela pourrait notamment inclure un durcissement des sanctions financières et
pénales à l'encontre des producteurs et établissements ne respectant pas les obligations
d'approvisionnement direct. C'est notre deuxième recommandation.
En conclusion, nous réitérons notre
engagement à collaborer avec le ministre délégué à l'Économie, M. Christopher
Skeete, l'ensemble du gouvernement, et de tous les députés de l'Assemblée
nationale afin de soutenir et de renforcer l'industrie brassicole du Québec.
Vous savez, l'industrie brassicole est actuellement aux prises avec
d'importants défis. Pensons aux menaces tarifaires américaines. On en parle
beaucoup, actuellement, avec, notamment, l'aluminium, aux nouvelles obligations
environnementales, la nouvelle consigne, et aussi à la taxation. Sur ce point,
c'est en effet... il faut le rappeler, que le Canada, c'est le pays du G7 où on
taxe le plus les produits d'alcool. Il n'y a aucun pays du G7 qui a le niveau
de taxation sur les produits alcoolisés que... Il n'y en a pas d'autre, on est,
je dirais, le pire. Peut-être, pour certains, on serait le meilleur, mais nous,
on pense qu'on est le pire en ce qui est de taxation.
Bref, nous restons ouverts à travailler
conjointement sur d'autres mesures d'assouplissement réglementaire à l'avenir
afin de...
M. Roy (Philippe) : ...dans
un environnement propice à l'innovation et à la croissance du secteur
brassicole québécois. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous pour votre exposé. On débute la période d'échange. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Skeete : Merci beaucoup
pour l'exposé. J'aimerais qu'on touche sur les enjeux que vous avez par rapport
au marquage précisément. Vous dites que «les ventes réalisées, dans les
contenants de bière marqués CSP, représentent 15 % des ventes totales aux
établissements CSP, restaurants, épiceries, accessoire - ça, c'est dans votre
mémoire - tandis que 85 % des ventes seraient gérées... générées - pardon
- par la vente de bière en fût non marquée». Hier, les membres du CTAQ sont
venus nous dire que le retrait de ce permis n'aurait pas beaucoup d'impact,
vous, vous dites le contraire. J'aimerais vraiment vous entendre. C'est quoi,
le scénario cauchemar du retrait du timbre, vraiment?
M. Lefebvre (François) : Merci.
Je vous dirais que le marquage... Il y a différents outils de marquage, donc,
on parle du timbre, mais il y a d'autres choses aussi également. Donc, on parle
du jet d'encre, on parle aussi de mettre physiquement une différenciation sur
les contenants de bière. Donc, la volonté, pour nous, le scénario cauchemar,
c'est qu'un titulaire de vente... un titulaire de restaurant ou de bar aille
s'approvisionner non pas chez le producteur, mais directement chez une épicerie
ou une grande surface. Ça, ce serait, le scénario cauchemar, je vous dirais,
d'où la question : Quelle est la réelle intention derrière l'abolition du
marquage? C'est ça qui m'inquiète, c'est ça qui nous inquiète, nous, ici, au
niveau de l'Association des brasseurs du Québec, c'est...
Le marquage est un rempart, puis qu'est-ce
qu'on veut s'assurer, c'est vraiment que l'obligation, dans le fond, des bars
et des restaurants de continuer à s'approvisionner chez le producteur, c'est
qu'est-ce qu'on veut, on veut maintenir. Le système en place au Québec a été
construit comme ça, c'est-à-dire qu'il y a une différenciation, on a des
entrepôts partout au Québec, on a des routes de distribution, on a des
employés. Donc, si on veut revoir vraiment le modèle de vente et de
distribution de vente au Québec, c'est une discussion qu'on devrait avoir
autrement qu'ici. Donc, nous, ce qu'on veut s'assurer, c'est que, du jour au
lendemain, un bar ou une épicerie n'aille pas s'approvisionner, dans le fond,
directement chez une grande surface, par exemple.
M. Skeete : Est-ce qu'il y a,
à
part le marquage et le timbrage, y a-tu une différence du produit? Dans le
sens où est-ce que, mettons, j'achète la bière x, est-ce que ça va goûter
différemment? Est-ce que c'est un autre produit? C'est juste un canal de
distribution, la différence?
M. Lefebvre (François) : Tout
à fait, oui. C'est un, je vous dirais que c'est... Oui, c'est le système qui a
été bâti comme ça au Québec. C'est une volonté de vendre puis de distribuer,
puis de ségréguer les canaux, donc, c'est-à-dire qu'il y a des ventes CSP, il y
a les ventes CAD. Donc, c'est comme ça que les modèles ont été construits et
c'est comme ça que notre modèle d'affaires est aussi au Québec, avec des
entrepôts, avec des routes de livraison, des employés qui livrent, par exemple,
dans des bars et des restaurants puis aussi dans des épiceries.
M. Skeete : O.K. Parce que
vous évoquez aussi, dans votre mémoire, qu'on parle d'enjeux de sécurité
publique, on n'est pas tant dans les enjeux de sécurité publique que dans les
enjeux de modèle d'affaires.
M. Lefebvre (François) : Mais
on voit, dans le réseau CAD, en ce moment, un certain client qui vend, par
exemple, de la bière CSP à l'achat d'un repas, ou d'une poutine, ou d'une
frite, par exemple. On le voit dans le marché en ce moment. Puis la question
est : Quelle est la limitation du nombre de caisses, par exemple, qu'un
bar, un restaurant, à l'achat d'une poutine, peut faire? Est-ce qu'il est
capable de le revendre également aussi de son côté dans son établissement?
C'est le rempart qu'on veut s'assurer, puis c'est une de nos recommandations
aussi aujourd'hui, c'est que de s'assurer que cette obligation-là reste pour ne
pas qu'un bar puisse vendre de la bière CSP, des barils, des fûts dans son
établissement. On veut s'assurer que le maintien du système, et c'est ça
l'important en ce moment, on veut que le système qui soit en place au Québec
reste.
Le marquage, on comprend, pour les petits,
ça peut être compliqué, mais ce qu'on mentionne, c'est peut-être qu'il y a
juste un manque de volonté. On veut vraiment s'assurer que ce soit de l'encre,
que ce soit un timbre ou que soit une identification physique, pour vraiment
démontrer que l'achat est fait de façon, je vous dirais, légale. Je ne sais pas
si Philippe ou Amélie, vous voulez...
M. Skeete : On nous a
beaucoup dit, dans les consultations, qu'on est la seule juridiction à avoir
des timbres. Vous faites quoi, mettons, en Ontario?
M. Roy (Philippe) : Mais, en
fait, c'est parce que la comparaison... On ne peut pas faire... on ne peut pas
comparer, nos systèmes sont complètement différents. Molson Coors, par exemple,
ou Sleeman n'ont pas de camion de livraison, ils n'ont pas de système de
distribution de bière en Ontario. C'est le Beer Store qui est comme mandaté
pour distribuer, en Ontario, la bière, contrairement à ici, où c'est une
décision gouvernementale qui a été prise il y a déjà cinq décennies, de décider
que le système de distribution...
M. Roy (Philippe) : ...sur
les épaules des brasseurs ou de la SAQ dans le cas du du vin.
M. Skeete : Puis il y a
50 ans justement, le timbre, c'était pour le contrôle fiscal, n'est-ce
pas?
M. Roy (Philippe) :
Bien, notamment. Et je pense que c'était aussi pour la question... une question
de sécurité. C'est un outil. Les corps policiers l'ont répété tout au cours...
tout au long de l'année. Pour eux, c'est un outil très, très utile pour un
contrôle du crime organisé.
M. Skeete : Comment le
timbre aide un policier à lutter contre le crime organisé?
M. Roy (Philippe) : Bien,
moi, je ne suis pas policier, là, mais ce que je comprends, c'est que le timbre
devient un peu l'outil pour avoir un droit de rentrer dans un bar et de
dire : Moi, je veux voir... Je veux voir tes réserves de bière, de scotch,
de vin en arrière.
M. Lefebvre (François) :
On parle du timbre, mais il ne faut pas oublier non plus, comme je mentionnais,
il y a aussi le jet d'encre. Il y a aussi une différenciation physique, les
caisses brunes versus des caisses de couleur. Donc, on veut s'assurer que c'est
fait de... l'achat est fait de façon très légale.
M. Skeete : On a
rencontré l'AMBQ hier, puis ils nous parlaient qu'ils voulaient une ouverture
pour les marchés publics. Puis on leur a dit : Bien, en bon Québécois, «be
careful what you wish for», parce que si on rouvre pour vous, on doit ouvrir
pour tout le monde. Est-ce que... Est-ce que ça vous intéresserait, vous, de
vous présenter dans les marchés publics, vendre de la bière, puis d'avoir accès
à ces marchés là? C'est-tu quelque chose qui vous intéresse?
• (11 h 30) •
M. Roy (Philippe) :
Bien, on a... Effectivement, on a eu ces discussions-là avec Marie-Eve Myrand,
de l'association des micros. Ce n'est pas quelque chose qui nous intéresse,
mais on ne s'y oppose pas, je veux dire. En bout de ligne, l'association des
micros, des microbrasseries et nous, on fait la promotion du même produit. On
fait la promotion de la bière, là. L'adversaire, ce n'est pas nous entre nous.
C'est peut-être le vin ou c'est peut-être les... le scotch ou le gin québécois.
Alors donc on ne s'y oppose pas. C'est peu probable qu'on voit des kiosques
Sleeman s'établir au marché Jean-Talon ou dans des...
M. Skeete : Oui. C'était
plus ça, ma question. Ce n'est pas... Dans le fond, ce n'est pas un marché que
vous souhaitez développer vous-mêmes.
M. Roy (Philippe) : Pas
du tout.
M. Lefebvre (François) :
Puis, en complément d'information, si je peux me permettre, M. Skeete, nos
produits sont déjà accessibles dans certains marchés publics, mais via des
détaillants. Si on regarde le marché Jean-Talon, il y a le fameux marché des
saveurs où on peut aller, où le marché Atwater sur lequel je fréquente la
fromagerie Atwater. Donc, l'ensemble de nos produits, par exemple, le Trou du
Diable, dans le port de Montréal, sont présents, ainsi que ceux des
micro-brasseurs. Donc, l'accessibilité de la bière au Québec est quand même
assez vaste. On voit aussi en Ontario en ce moment l'ouverture du marché. Il y
a d'autres provinces également qui veulent le faire. Donc, c'est pour ça que
c'est un petit peu difficile de comparer l'Ontario et le Québec, mais on est
déjà présents dans les marchés publics. Puis, si on peut aider, dans le fond, à
favoriser les gens à revenir vers la bière versus d'autres types d'alcool,
bien, je pense qu'on va l'accueillir favorablement.
M. Skeete : Vous avez
fait la recommandation de réduire de 150 000 hectolitres à
75 000. Ce n'est pas un chiffre arbitraire. Donc, c'est qui que... C'est
qui, qui a, entre 75 000 et 150 000 qu'à votre image ou dans votre
tête devrait être inclus dans le marquage?
M. Roy (Philippe) :
Bien, ils ont, selon nous... On n'a pas les chiffres. Vous savez qu'on a on n'a
pas accès aux données de vente des autres. Bien, prends un membre... Eux... Mes
membres ne l'ont pas entre eux, le chiffre exact de chacun de... des ventes de
l'autre brasseur, mais on pense qu'on est à peu près cinq brasseurs au Québec à
être en haut de 75 000, les deux autres étant Boréale du Nord puis...
Boréale, Les Brasseurs du Nord, qui sont Boréale, et RJ McAuslan.
M. Skeete : Puis
j'imagine, par votre recommandation, selon vous, ils ont atteint le seuil où est-ce
qu'eux aussi devraient être sujets au marquage.
M. Roy (Philippe) : Ah!
c'est certain.
M. Skeete : Est-ce qu'ils
sont membres de votre association?
M. Roy (Philippe) : Non.
M. Lefebvre (François) :
L'objectif, c'est vraiment de s'assurer que les produits qui sont en grande
surface, pour s'assurer, justement, de la fraude, que je parlais un petit peu
plus tôt aussi, que les gens soient moins enclins, dans le fond, à aller... à
aller chercher ou s'approvisionner dans les grandes surfaces pour s'assurer
que, dans le fond, les producteurs, que les détaillants ou les détenteurs de
permis de bars et de restaurants puissent s'approvisionner directement chez le
producteur. On ne parle pas en leur nom, mais c'est une recommandation qu'on
trouve qui est souhaitable pour vraiment s'assurer d'une équité au niveau de
l'industrie.
M. Skeete : Vous avez
utilisé un gros mot, fraude. C'est-tu illégal ou c'est un bris de contrat dans
votre modèle d'affaires? Dans le sens que si, moi, je suis un restaurateur, je
suis en contravention de notre entente de service ou je commets un geste
illégal?
Mme Toupin (Amélie) :
C'est illégal. Selon la réglementation, là, de la RACJ, le détenteur de permis
doit s'approvisionner directement chez le brasseur.
M. Skeete : C'est
parfait. Je pense que ça valait la peine de le mentionner. Si... Bien, en fait,
c'est... Là, je... On... Je fais... Je réfléchis à voix haute, là, mais ce
n'est pas tant le...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Skeete : ...le timbre
que... où on s'approvisionne qui vous inquiète, ça fait qu'il pourrait ne pas
avoir de timbres si 100 % des gens continuent à vous... à se servir de
vous pour leur distribution, il n'y a pas d'enjeu.
M. Roy (Philippe) : Bien,
dans un monde parfait, effectivement, il n'y aurait pas d'enjeu, mais on n'y
croit pas. On pense que le timbre, c'est justement le rempart qui nous... qui
protège les modèles d'affaires en place.
M. Lefebvre (François) : C'est
une très bonne question, M. Skeete, parce que ça peut être un fardeau pour nous
aussi. On le voit aussi dans nos petites brasseries. Ça peut être assez
compliqué de mettre justement... timbrer ou de marquer, ce n'est pas quelque
chose... mais c'est quelque chose qu'on maintient vraiment. On a peur au niveau
du système en place. Et c'est dans ce cadre-là qu'on veut s'assurer que vous
allez mettre les remparts en place pour s'assurer que l'approvisionnement chez
les bars et les restaurants puisse se poursuivre. Parce que le modèle d'affaires
du Québec, de la vente et de la distribution de la vente au... de bière au
Québec, est fait de cette façon-là. Donc, c'est qu'est-ce qu'on vous demande de
ce côté-là. Nous, s'il y a une garantie puis qu'on continue, bien, je pense que
ça peut être une version gagnante gagnante, mais, comme je vous mentionnais
dans le réseau CSP, on voit certaines pratiques qui nous inquiètent. Donc, si
on ouvre encore plus, je vous dirais, les valves, ça nous inquiète encore plus
qu'il y ait de la fraude, des gens commettent vraiment... c'est dans ce
cadre-là.
M. Skeete : Merci beaucoup
pour votre témoignage, c'est tout, M. le Président. Je pense que mon collègue
a...
Le Président (M. Allaire) : D'autres
interventions? Oui, c'est un député d'Abitibi-Est, allez-y.
M. Dufour : Combien de
minutes, M. le...
Le Président (M. Allaire) : Ah!
il vous reste quatre minutes à peu près.
M. Dufour : Parfait. Donc,
bonjour. Moi, j'aimerais comprendre une chose parce que lorsqu'on rencontre les
associations des microbrasseries, il y a vraiment un clash de discours entre le
vôtre et eux. Puis, j'aimerais comprendre. Lorsque... lorsqu'on se fait
mentionner par les gens des microbrasseries, il y a vraiment une frustration
sur le nombre d'heures qu'ils prennent pour mettre un employé sur le timbrage.
Puis, je comprends, tantôt, vous avez dit : Il y a d'autres façons de
faire, etc., mais ça va coûter aussi des sous pour avoir ce type d'équipement
là. Ce n'est pas toutes des entreprises qui ont les moyens possiblement de se
transformer technologiquement. Donc, j'aimerais comprendre, entre le majeur,
comme vous êtes, vous l'avez dit tantôt, à 90 % au-delà de la production
de bière achetée vient de chez vous, etc., de vos organisations, comment on...
comment on fait, nous, comme députation, dans un projet de loi d'allègement
réglementaire, qu'on essaie de... de juger le pour et le contre d'une action
comme celle-là?
M. Roy (Philippe) : Mais
peut-être mentionner qu'il y a beaucoup plus de dossiers qui nous rassemblent
que qui nous opposent, là, on travaille beaucoup avec les microbrasseries, on
est présent à leurs événements, on... Comme j'ai dit tout à l'heure, on parle
tous... on fait tous la promotion du même produit, mais le dossier du timbrage
est le dossier qui nous oppose depuis fort longtemps. Et je pense que le
compromis qui est sur la table pourrait... pourrait satisfaire, bien,
clairement satisfait, les microbrasseries. Ils avaient l'air content hier en
commission. Et, comme le dit notre mémoire, nous, si on peut avoir les
assurances que les modèles d'affaires vont demeurer, on est... on vit bien avec
M. Dufour : Quand vous dites :
La contrepartie, c'est 75 000 hectolitres au lieu de 150 000. Ça, pour
vous, ce serait un chemin de passage qui permettrait possiblement aux deux
groupes d'atteindre un peu l'objectif. Par contre, ça n'enlève pas tout l'aspect
criminalité tantôt que vous mentionniez, là.
M. Roy (Philippe) : Oui, bien,
ça, on va laisser aux corps policiers à faire ces représentations-là, mais le
75 000, là, je tiens à le dire, là, nous, on... évidemment, on fait
partie de
la plus grande famille Bière Canada et on a regardé ce qui se faisait dans les
autres provinces. Pour certains, là, 60 000, c'est déjà trop pour être une
microbrasserie. Il faut comprendre, là, 75 000 hectolitres, là, faites...
calculez, là, avec votre calculatrice combien ça fait de canettes, là, par
année. C'est une grosse brasserie, ça, ça peut... ça ne peut plus s'appeler une
microbrasserie quand tu fais du 75 000 hectolitres par année.
M. Dufour : Ça, c'est dans
vos règles. C'est une règle?
M. Roy (Philippe) : Il n'y a
pas de règle.
M. Dufour : Il n'y a pas de
règle d'établie?
M. Roy (Philippe) : Mais c'est
un standard dans l'industrie.
M. Lefebvre (François) : La
dynamique de marché est différente, aussi, entre le microbrasseur et un grand
brasseur, en termes d'accessibilité de marchés, en termes de marketing. Comme
un grand joueur, par exemple, comme nous, on est présents un petit peu plus
partout, je vous dirais, au Québec. Puis qu'est-ce qu'on avait regardé, la
fraude, souvent aussi, est commise sur les grandes marques ou des grandes...
des grands... excusez-moi, des marques très, très, très populaires et à plus
grand déploiement. Donc, c'est dans ce cadre-là que nous, de notre côté, on est
très conscients que, par exemple, une bière très, très de niche de
microbrasserie, peut-être... va être moins enclin pour un bar ou un restaurant
à s'approvisionner de façon illégale, mais qu'une grande marque très populaire
auprès de la grande population pourrait être plus plus enclin.
Donc, c'est dans ce cadre-là que nous, de
notre côté, on essaie de trouver un terrain de passage puis de travailler en
partenariat, dans le fond, avec le gouvernement puis les microbrasseurs pour
trouver un terrain d'entente. À la base, ce qu'on voulait, c'était... soit une
phase test, le plus... le plus petit possible, un 10 000 hectolitres. Puis
après ça, on allait voir. Là, pour l'instant, on trouve que c'est un bon
compromis de descendre le seuil, puis, par la suite, bien, peut-être de
travailler tous ensemble puis de voir s'il n'y a pas...
M. Lefebvre (François) : ...il
n'y a pas d'enjeu, peut-être un jour... peut-être l'abolir complètement, mais,
pour l'instant, on aimerait ça, faire la théorie des petits pas. On veut le
maintien, on est très inquiets, d'où nos recommandations d'avoir un rempart
très fort, c'est-à-dire de façon pécuniaire, et puis de baisser le seuil.
M. Dufour : O.K. Ma dernière
question que j'aurais, vous l'avez dit tantôt au ministre, quand il a posé la
question... Si je comprends bien, il n'y aurait pas d'objection chez vous à ce
que la permission soit donnée aux microbrasseries pour aller dans des marchés
publics. Est-ce que j'ai... à moins que je n'aie pas bien compris tantôt votre
argumentaire.
M. Roy (Philippe) : Vous avez
bien compris. Nous, on ne s'y oppose pas.
M. Dufour : Parfait. Merci.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
On poursuit les échanges avec l'opposition officielle. M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, 12min 23s, pour être précis.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à vous autres d'être ici aujourd'hui. D'entrée
de jeu, vous avez parlé tantôt que 98 % des produits dans la fabrication
de vos bières sont faits, donc, ici même, produits au Canada et au Québec.
M. Roy (Philippe) : Je
parlais des céréales. Pour 98 %, je parlais des céréales.
M. Beauchemin : Des céréales.
O.K.
Mme Toupin (Amélie) : Sinon,
c'est un...
M. Beauchemin : Je n'entends
rien, excusez.
Mme Toupin (Amélie) : 85 %,
environ, des produits de nos bières qui sont brassées ici, au Québec.
M. Beauchemin : Qui composent
les produits.
Une voix : Nos intrants, nos
intrants...
Mme Toupin (Amélie) : Ah
O.K., ah oui, au niveau des intrants, oui, c'est ça.
• (11 h 40) •
M. Lefebvre (François) : Donc,
c'est presque... Ça dépend toujours des marques, là, et des bières. Je vous
dirais que, bien, l'eau, c'est du Québec, le malt, il est du Québec, la levure
est du Québec... ou du Canada, excusez-moi, il reste le houblon. Le houblon,
tout dépendant du type de recette et puis du type... peut varier, mais...
M. Beauchemin : C'est le 2%,
M. Lefebvre (François) : ...mais,
je vous dirais, la grande majorité de nos ingrédients et nos entrants sont
canadiens et québécois, puis on en est très fiers.
M. Beauchemin : Est ce que...
est-ce que... Dans le 98%, il y a-tu un... Québec puis ROC, «rest of Canada»?
M. Roy (Philippe) : Moi, les
chiffres que j'ai, c'est des chiffres canadiens, mais on sait que le Québec est
pas mal, là, au même niveau.
M. Beauchemin : En Ontario,
c'est le même genre de ratio?
M. Roy (Philippe) : Tout à
fait.
M. Beauchemin : La brasserie,
là, sur la 401, là, quand tu arrives proche de Pearson, là, c'est vous autres,
maintenant?
M. Lefebvre (François) : C'est
Molson.
M. Beauchemin : C'est Molson,
c'est ça. C'est les mêmes ratios?
Mme Toupin (Amélie) : Les
deux. Là, on est un petit peu plus loin.
M. Lefebvre (François) : La
majorité des bières canadiennes sont faites avec des ingrédients du Canada puis
du Québec, là, donc, c'est dans ce cadre-là, là, oui.
M. Beauchemin : Tantôt, vous
avez mentionné qu'il y a 48 000 emplois au Québec. Directs et indirects?
M. Roy (Philippe) : 43 000,
directs et indirects.
M. Beauchemin : O.K. C'est
combien d'emplois pour votre groupe à vous, là? Je ne parle pas juste de...
mais votre association à vous, combien d'employés vous avez?
M. Roy (Philippe) : Moi, je
dirais à peu près 5000 probablement, temps plein, là. On a trois...
M. Beauchemin : O.K. Là-dedans,
est-ce que vous incluez les restaurateurs qui servent de la bière ou comme...
C'est quoi les autres...
M. Roy (Philippe) : Non, non,
on parle de production, production de bière.
Une voix : Pour la brasserie
Molson.
M. Beauchemin : O.K. Chez
vous? 5000 chez vous ou 5000 pour...
M. Roy (Philippe) : Non, non,
je dirais pour l'industrie... l'industrie...
M. Lefebvre (François) : On
est 1000 employés, nous, chez nous, chez Molson, au Québec, donc partout dans
les régions, on parle également, bien, de Longueuil, donc où notre brasserie,
le centre de distribution est, on a des entrepôts partout au Québec, comme je
mentionnais, d'où le maintien des emplois est important, que ce soit Québec,
que ce soit Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit Bonaventure, également aussi.
Donc, on a des entrepôts un petit peu partout, on a des employés un peu partout
au Québec qui s'assurent de livrer.
M. Beauchemin : Mais
«overall», le nombre d'emplois, c'est 5000 pour l'association que vous représentez.
M. Roy (Philippe) : Je
dirais, oui.
M. Beauchemin : Ce qui est à
peu près... un petit peu moins, là, que l'Association des microbrasseurs
d'hier, là. Pas que je fais des comparables, mais c'est juste que je me
rappelle de cette donnée-là hier.
Mme Toupin (Amélie) : Mais
juste à noter que les emplois, chez les grands brasseurs, c'est des emplois
très bien rémunérés, avec une moyenne... je crois que c'était 70000 $, tu
sais, en moyenne, comme salaire, tu sais, c'est peut-être une différence aussi,
oui.
M. Beauchemin : Je vous
entends. Je vous entends. Là, je remets mes lentilles de gars de finances, là.
Votre modèle d'affaires avec les timbrages, au niveau de ce que vous chargez à
un IGA, ou un Métro, ou un dépanneur pour vos caisses de bières, versus les
marges que vous faites quand vous vendez directement aux restaurants, c'est là,
l'enjeu, grosso modo, j'imagine?
M. Roy (Philippe) : Oui.
M. Beauchemin : O.K.. Donc,
dans le contexte par exemple, de... Quand on compare avec le modèle ontarien,
comment ça fonctionne, le modèle ontarien, quand Molson veut vendre à un
restaurateur? Le restaurateur passe par la LCBO?
Mme Toupin (Amélie) : Bien,
on ne peut pas comparer. C'est de la distribution conjointe. En ce moment,
nous, par exemple, livrer à un détenteur de permis CSP, là, bar et restaurant,
c'est très dispendieux, là, tu sais, c'est...
M. Beauchemin : non, non, je
comprends, mais j'essaie... Moi, ma question, c'est plus de savoir, en Ontario,
comment... il y a-tu une distinction entre ce que le restaurateur va payer puis
le consommateur régulier va payer pour sa bière?
Des voix : ...
Mme Toupin (Amélie) : ...non,
non, c'est un prix uniforme.
M. Beauchemin : C'est un prix
uniforme, ils l'achètent tous...
Mme Toupin (Amélie) : C'est
un prix uniforme, en...
Mme Toupin (Amélie) : ...en
Ontario, non.
M. Beauchemin : Puis vous,
votre marge... que vous la vendez au LCBO, il n'y a pas de distinction entre ce
que la LCBO va se retourner de bord puis vendre à un restaurateur. Donc, il
n'y a pas de différentiel de marge, parce que vous passez par un intervenant.
C'est ça, en Ontario?
M. Roy (Philippe) : Ça semble
être ça, oui, effectivement.
M. Beauchemin : O.K.
Mme Toupin (Amélie) : Le
modèle évolue, là, par contre, on a des nuances, là, mais...
M. Beauchemin : Je comprends,
mais je veux... j'essaie juste de comme...
Mme Toupin (Amélie) : Oui.
M. Beauchemin : ...pour
ramener au Québec, là, la distinction. Donc, le fait que vous pouvez passer par
le timbrage, ça vous permet d'augmenter vos marges, évidemment, ce qui supporte
tout le reste, les entreposages, les camionnages, vous n'avez pas à... Bien,
vous avez à avoir ce mode de distribution là, que la LCBO, elle, met sur ses
épaules en Ontario, si je comprends bien?
M. Lefebvre (François) : Bien,
pas nécessairement. C'est ça que je... Je vais juste... Je me porte un peu en
opposition avec qu'est-ce que vous dites au niveau des prix, là, au niveau des
marges, des prix. Tout dépendant, toujours... On a des prix de liste dans
chacun des grands brasseurs, puis par la suite, dans le fond, c'est... après ça
il y a une entente commerciale qui se fait avec chacun des détaillants, que ce
soient des détaillants ou que ce soient des bars ou des restaurants. Toute...
M. Beauchemin : J'assume que
oui, effectivement, mais...
M. Lefebvre (François) : Par
exemple, si vous achetez par exemple une grande surface, bien, il va y avoir un
prix particulier de la bière, c'est clair qu'il va payer moins cher avec
l'offre et la demande, même chose avec un grande chaîne de restaurants aussi.
Donc, la bière n'est pas nécessairement, je vous dirais... Les marges ou le
prix est moins cher d'un côté comme de l'autre, aussi. Donc...
Mme Toupin (Amélie) : Donc,
par exemple, un très, très grand... une chaîne de restaurants, ou un IGA, ou un
Métro, par exemple, qui achète des grandes quantités de vos produits aurait le
prix aussi compétitif que ce que vous vendez dans un restaurant, par exemple?
M. Lefebvre (François) : Possiblement.
Amélie?
Mme Toupin (Amélie) : Oui.
M. Lefebvre (François) : Oui.
M. Beauchemin : Donc, il n'y
a aucun différentiel de marge entre ce que vous vendez... Parce... Sérieusement,
c'est juste pour qu'on puisse comprendre la logique que vous supportez en
supportant le timbrage, je veux juste qu'on soit clair.
M. Lefebvre (François) : Je
comprends très bien.
M. Beauchemin : Quelles sont
les motivations financières, de votre côté à vous, en arrière de supporter le
timbrage?
M. Lefebvre (François) : C'est
des emplois, c'est des entrepôts et le principe qu'on a mis au Québec sur le
modèle de vente et de distribution de bière. C'est qu'est-ce qui m'inquiète avec
le rempart du timbre, c'est qu'est-ce qui se cache vraiment en arrière. Nous,
ce qu'on veut s'assurer, c'est que le modèle reste, le modèle québécois qu'on a
mis en place.
M. Beauchemin : Parce que
vous avez une infrastructure en place qu'il faut... qui soit payée,
effectivement.
M. Lefebvre (François) : Oui.
On a mis des entrepôts un peu partout au Québec, on a des routes de livraison.
Ce qu'on ne voudrait pas... Puis M. Skeete l'a demandé tantôt, comme... quel
était le pire cauchemar : c'est que, du jour au lendemain, si cette
obligation-là tombe puis que des bars et des restaurants puissent
s'approvisionner directement chez les épiciers, chez les grandes surfaces.
Donc, c'est des emplois, des emplois bien rémunérés un peu partout au Québec
qu'il va laisser tomber, des routes de livraison de moins.
M. Beauchemin : Je le
comprends, ça, j'ai...
M. Lefebvre (François) : C'est
ça qu'on veut garder en place.
M. Beauchemin : J'ai... Je
comprends. Mon point, il est vraiment plus à un autre niveau, dans le sens que
j'essaie de comprendre, quand vous vous positionnez comme ça, avec
l'infrastructure que vous avez en place pour distribuer à, hein, des
restaurants, grosso modo, des restaurants puis des bars, O.K., votre réseau de
distribution, il est coûteux, il est onéreux, vous l'avez en place, donc c'est
certain qu'il y a une marge peut-être nette après les coûts qui revient au même
par rapport à ce que vous vendez quand vous vendez chez Metro puis chez IGA à
cause des coûts que vous encourez pour pouvoir avoir ce réseau de distribution
là. Mais, en bout de piste, le restaurateur puis le tenancier de bar paient
plus cher à vous directement, en moyenne, peu importe le volume qu'il fait, par
rapport aux dépanneurs puis aux IGA, en moyenne. D'accord?
M. Lefebvre (François) : Oui,
mais...
Mme Toupin (Amélie) : Il la
vend plus cher aussi, par contre, là...
M. Beauchemin : Effectivement,
effectivement.
Mme Toupin (Amélie) : C'est
une donnée commerciale, là. C'est ça.
M. Beauchemin : Ce n'est pas
ça que... Ce n'est pas ça, le point, c'est juste que j'essaie de... pour que
les gens le comprennent. Donc, on subventionne un peu, d'une certaine façon, un
réseau de distribution pour s'assurer que ça tienne la route, pour qu'on puisse
avoir ce différentiel. Mais...
M. Lefebvre (François) : Oui.
Mais le bar...
M. Beauchemin : ...imaginons,
si on avait à recommencer aujourd'hui à zéro, là, si on avait à recommencer
aujourd'hui à zéro, est-ce qu'on ferait ça, selon vous, au niveau de la
simplicité de votre modèle d'affaires? Hé! restaurateur en Abitibi, là, va chez
IGA, finalement, puis c'est plus simple pour moi.
M. Roy (Philippe) : Moi, je
comprends qu'au Canada anglais, ils nous envient notre système au Québec, que
je n'entends personne...
M. Beauchemin : En tout
cas... Bien, tu sais, au niveau de la simplicité de votre modèle d'affaires, je
ne suis pas contre, là, je ne suis pas en train de dire que je suis contre. En
fait, ce que je suis en train de dire, c'est que j'essaie d'analyser la raison
pour laquelle il y a ces deux modèles différents. Juste de façon financière, je
pense qu'on a mis le doigt dessus, c'est exactement ça, la réalité.
Maintenant, quand vous parlez de 75 000
hectolitres, les... je m'excuse, c'est quoi, les trois sortes de
microbrasseries... les trois noms de microbrasseries que vous avez?
M. Roy (Philippe) : Nous, il
y a... on a Unibroue, Archibald, Brasseurs de Montréal et Trou du diable.
M. Beauchemin : Unibroue puis
Archibald, par exemple, combien d'hectolitres font-ils par année?
Mme Toupin (Amélie) : Environ...
Unibroue, c'est environ 70 000 hectolitres par année.
M. Beauchemin : 310 000?
Mme Toupin (Amélie) : 70 000.
M. Beauchemin : 70 000.
«Thank you.»
Mme Toupin (Amélie) : Oui,
c'est la... c'est une des plus grosses microbrasseries. Ça fait que ça vous
donne une idée, un peu, tu sais, quand on parle de microbrasseries, c'est très
élevé, là, 150 000 hectolitres, là...
Mme Toupin (Amélie) : ...c'est
très élevé, là, 150 000 hectolitres, là...
M. Beauchemin : Ça donne
quand même 20, ce n'est pas loin de 75, là. La question que je me pose,
c'est : Est-ce que, dans le fond, au lieu de mettre ça à 75... Dans le
fond, vous, là, chez Molson, combien d'hectolitres vous faites par année au
Québec?
M. Lefebvre (François) : Tout
dépendant des années, mais on fait... on brasse, à peu près, je vous le dirais,
en bas de 2 millions, par exemple, oui, oui.
M. Beauchemin : Chez vous?
Mme Toupin (Amélie) : Environ
550 000 hectolitres.
M. Beauchemin : Bon, ça fait
que, supposons qu'on mettait le chiffre à 250, qui est la moitié de ce que vous
faites, ça vous donne du padding en masse pour ne pas avoir peur que la
compétition rentre. Je me pose la question.
Mme Toupin (Amélie) : Bien,
ce n'était pas vraiment ça, l'objectif, de réduire le panier.
M. Lefebvre (François) : C'est
ça, moi non plus, je suis... Moi, il faut que je réponde à votre commentaire de
dire qu'un bar-restaurant d'Abitibi aille chez IGA, tu sais, pour prendre
l'exemple que vous avez fait. C'est de ça que j'ai peur puis c'est ça qu'on ne
veut pas. En ce moment, on parle du timbrage. Si on veut revoir le modèle de
vente, c'est la loi de la SAQ. Ça fait que ça, c'est autre chose.
• (11 h 50) •
M. Beauchemin : Oui, oui, je
comprends, je comprends, mais c'est la genèse en arrière du timbrage qu'on
essaie d'expliquer. Là, on fait une distinction dans le projet de loi du
ministre à 75 000 hectolitres, O.K., mais pourquoi
75 000 hectolitres? Parce que, dans le fond, ce qu'on veut faire,
c'est stimuler votre industrie d'une certaine façon, de façon raisonnable,
n'est-ce pas? On veut aussi stimuler évidemment l'industrie des microbrasseurs,
O.K., PUIS leur donner une marge de manœuvre pour pouvoir avoir de la
croissance s'ils veulent en avoir. Ça fait que, c'est quoi, le bon «benchmark»?
C'est où est-ce qu'on coupe la... est-ce que c'est vraiment
75 000 hectolitres? Ça peut-tu être plus? Ça peut être moins?
J'essaie juste de comprendre.
M. Roy (Philippe) : Bien,
selon nous, c'est moins que 75. 75 a été retenu notamment parce qu'au fédéral
ils ont créé un palier à 75 pour faire des tarifs d'imposition. On s'est
dit : Bon, bien, allons-y avec des paliers qui existent déjà.
M. Beauchemin : O.K., O.K.
Mme Toupin (Amélie) : Mais
oui, ça pourrait être 50 000 hectos puis ça regrouperait quand même
la majorité, justement, des groupes. Puis on ne parlera pas pour eux, là, mais
ceux qui ont vraiment des enjeux opérationnels, en bas de
50 000 hectolitres, on peut comprendre. En haut des très grandes
opérations, des gros joueurs qui sont très semblables à Sleeman, là, on
comprend un peu moins le désir d'abolir le timbre.
M. Beauchemin : Parce que,
dans le fond, tu sais, je...
M. Lefebvre (François) : Nous,
à la base, on voulait un projet pilote.
M. Beauchemin : Pardon?
M. Lefebvre (François) : Nous,
à la base, on aurait espéré un projet pilote. Philppe a mentionné que... c'est combien,
80 %? C'est combien, le...
M. Roy (Philippe) : 98 %
vont être en...
M. Lefebvre (François) : C'est
ça. Donc, c'est dans ce cadre là qu'on trouvait ça intéressant, dans un premier
temps, pour aider vraiment les petites micros, pour les aider. Puis, après ça,
lorsqu'ils rentrent dans certaines dynamiques de marché pour s'assurer qu'il
n'y ait pas de fraude puis qu'on ait... sans évasion fiscale. Donc, c'est ça.
Le Président (M. Allaire) : 30 secondes.
M. Beauchemin : 30 secondes,
wow! O.K. Bien, écoutez, moi, ce que j'essaie de retenir là-dedans, c'est qu'on
veut simplifier, O.K., mais, dans le fond, de votre point de vue à vous,
supposons qu'il n'y avait plus de timbrage sauf pour vous autres, vous seriez
contents? Ça ne vous dérangerait pas?
M. Roy (Philippe) : Bien, en
fait, la SAQ va continuer à timbrer. Les distillateurs vont continuer... je
veux dire, le...
M. Beauchemin : Non, mais de
façon... on enlèverait le timbrage, mais sauf pour vous autres, vous seriez
contents avec ça?
Mme Toupin (Amélie) : Non,
pas nécessairement. On voudrait que les gros joueurs...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, merci. Désolé. Désolé, je dois malheureusement vous couper. On enchaîne
avec le deuxième groupe de l'opposition. Mme la députée de Verdun, la parole
est à vous, 4 min 8 s.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci beaucoup pour votre exposé. C'est sûr qu'on retient vos réticences puis
vos commentaires concernant le timbrage ainsi que les craintes. Il y en a une
qui m'a marquée, puis j'aimerais ça vous entendre un peu plus. Vous nous dites
que, dans le pire des scénarios, ce que vous ne souhaitez pas, c'est qu'un bar
ou un restaurant se tourne vers une grande surface, un IGA, pour aller acheter
de la bière. Mais dans ma compréhension de l'alimentaire où, d'habitude, les
restaurateurs qui viennent chercher avec vous, vous dites : Il y a un
modèle de distribution qui assure un prix aussi, un prix qui est plus
compétitif. Est-ce que je me trompe en disant qu'en achetant directement avec
vous, le prix demeure plus compétitif qu'en allant au IGA, en achetant deux
caisses de 24?
M. Roy (Philippe) : Bien, en
fait, ce qu'il faut mettre en relief d'abord, c'est que ce n'est pas nous,
c'est c'est l'Assemblée nationale qui a, il y a 50 ans, créé une
obligation dans la loi de la SAQ pour obliger les bars et les restaurants à
acheter directement aux producteurs. Donc, c'est la loi, donc... Mais nous, je
pense qu'on offre un service en échange. Imaginons le bar sur Wellington à
Verdun, qui... lui, il n'a pas à aller chercher ses kegs de bière, ça, c'est
tout livré chez lui. Tout ce qui est vide, c'est les brasseurs qui reviennent,
qui reprennent le vide, tout ça. Il y a des services qui viennent avec. Moi,
mon impression, c'est que tout le monde est heureux et gagnant-gagnant de cette
situation-là.
Mme Zaga Mendez : Oui, bien,
je comprends puis je pense, dans l'exemple, vous le dites que, pour
maintenir... on ne s'en va pas, avec le projet de loi, vers une abolition du
timbre, mais...
Mme Zaga Mendez : ...vous
craignez qu'on puisse aller là. De l'autre côté, vous le dites très bien, vous
offrez un service tellement personnalisé, rassurant, avec des prix compétitifs
que je vois mal comment le timbre devient un enjeu qui va décourager les gens
de faire affaire avec vous directement ou se tourner vers les autres. Estce que
c'est plus anecdotique ou c'est quelque chose que vous sentez que ça pourrait
aller contre votre modèle?
M. Roy (Philippe) : On est
est peut-être pessimistes de par nature, mais nous, on trouvait que le
timbre... on trouve encore que le timbre, c'est comme le rempart qui garantit
que le restaurateur ou le bar va respecter ses obligations.
Mme Toupin (Amélie) : Il ne
faut pas oublier aussi que les brasseurs ont... c'est interdit de dicter le
prix de détail puis que, parfois, il peut y avoir des promotions, là, très
intéressantes. La bière, c'est un produit d'appel, certains détaillants peuvent
mettre des prix, tu sais, très près du prix minimum, ce qui peut être
appétissant pour le réseau CSP, d'aller s'approvisionner directement chez un
Costco ou un Maxi ou... Donc, il y a aussi cette dynamique-là, commerciale,
plusieurs prix, au Québec, ce n'est pas un prix uniforme comme on voit dans
certaines provinces, là.
Mme Zaga Mendez : Là, je
comprends bien, votre argument, ce serait de dire : Bien, quand je vais au
Costco, je... bien, ou d'autres surfaces, là, il y a aussi un risque de ne pas
trouver le produit, tandis que, quand on fait affaire avec vous, on assure une
quantité. Ça fait que ça aussi, ça demeure parmi les remparts, là,
additionnels.
Combien de minutes qu'il me reste?
Le Président (M. Allaire) : Une
minute.
Mme Zaga Mendez : Une minute.
Je voulais vous poser une question concernant l'aluminium, j'imagine... Je vous
ai entendus dans les nouvelles, je ne sais pas si vous voulez ajouter.
M. Roy (Philippe) : Bien,
juste répéter qu'on est très, très, très préoccupé. Il faut comprendre que
l'aluminium qui vient du Québec va traverser la frontière et nous revenir une
deuxième fois, donc va peut-être être doublement tarifé. Et c'est encore une
fois la même situation que ce que les Américains vont vivre, c'est nos
consommateurs, nos clients qui vont peut-être devoir subir cette hausse-là ou
être victimes de cette guerre tarifaire là. Donc, oui, on est inquiets.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Merci, M. le Président...
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, Mme la députée de Verdun. Merci à vous quatre pour votre excellente
contribution à cette commission.
Donc, on va suspendre les travaux quelques
instants pour permettre à l'autre groupe de venir s'installer. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 56)
(Reprise à 12 h 01)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
nous allons reprendre les travaux. Nous sommes maintenant avec le groupe de
l'Association Restauration Québec. Alors, bonjour à vous trois. Vous avez
10 minutes pour faire votre exposé. Je vous cède la parole maintenant.
Prenez soin de vous présenter, s'il vous plaît, peut-être à tour de rôle. Et
après ça va s'enchaîner une période d'échange. Merci. Allez-y.
M. Malouin-Trudel (Laurence-Olivier) :
Parfait. Bien, M. le Président de la commission, M. le ministre délégué à
l'Économie, Mmes, MM. les députés, merci. Bonjour. Je me nomme Laurence-Olivier
Trudel. Je suis le président-directeur général de l'Association Restauration
Québec, communément appelée l'ARQ. Donc, fondée il y a plus de 85 ans,
l'ARQ compte près de 5 200 membres situés dans toutes les régions du
Québec. On est le plus important regroupement de gestionnaires de la
restauration sous toutes ses formes au Québec. Je suis accompagné aujourd'hui
de mes collègues, donc du vice-président aux affaires publiques, M. Martin
Vézina, et de la directrice aux affaires publiques, Mme Dominique
Tremblay.
Je tiens à vous remercier et à remercier
tous les membres de la commission de nous avoir invités aujourd'hui à présenter
nos observations sur le projet de loi n° 85. C'est très apprécié. Depuis
quelques années, l'industrie de la restauration doit vivre avec de nouvelles
couches de réglementation. Qu'on pense à la modernisation de la consigne, aux
mécanismes de prévention en santé et sécurité au travail, à la nouvelle
exigence certificat de francisation pour les entreprises de 25 employés ou
encore la mise en place du module d'enregistrement des ventes, l'infonuagique
qui s'en vient, c'est toutes des choses qui ont des impacts directs sur la
gestion des établissements. Pour les petites entreprises qui forment la très
grande majorité de l'industrie, la très grande majorité de nos membres, c'est
un lourd fardeau que les propriétaires doivent gérer, tout en n'ayant pas
nécessairement les ressources nécessaires pour appliquer le tout, répondre
adéquatement à toutes les redditions de comptes obligatoires.
Devant cet état de fait, on salue
l'orientation du gouvernement de mettre l'emphase sur le travail en allègement
réglementaire. Et de voir le ministre poursuivre la tradition de déposer un
projet de loi omnibus annuel, c'est très apprécié. C'est d'ailleurs la deuxième
année qu'on participe aux... aux consultations particulières, pardon. L'an
dernier, nous avions présenté notre point de vue sur l'absence de mesures
concernant la fin des timbres. Donc, on fait suite aujourd'hui. Nous nous
retrouvons maintenant pour parler d'une des mesures phares pour notre secteur,
soit l'abrogation du timbre pour les bières de microbrasseries. Pour l'ARQ, il
s'agit d'un premier pas dans la bonne direction qui est la fin de l'obligation
du timbre de droit dans son ensemble pour l'ensemble des produits alcoolisés.
En effet, ce dernier apporte son lot de problèmes, autant pour les
microbrasseurs que les exploitants de la restauration. Il est composé
d'éléments, soit le papier et l'adhésif, qui sont souvent de mauvaise qualité,
qui est peu tolérant aux manipulations, que ce soit lié au transport ou encore
à l'entreposage. Aussi, la façon dont il est souvent appliqué sur les
contenants est une source d'enjeux. Compte tenu des ressources humaines,
financières et technologiques limitées de certains... certaines microbrasseries
québécoises, les timbres de droit se trouvent souvent apposés manuellement par
des employés avant l'envoi des produits. Même chose pour la SAQ qui, malgré ses
grandes ressources, indique bien sur son site Web que l'application manuelle du
timbre par son personnel peut engendrer des erreurs et qu'il faut signaler
l'erreur à la SAQ Restauration sans délai.
La solution, ce n'est pas nécessairement
l'automatisation du processus, puisque ceci complexifie de façon importante les
chaînes de montage des commandes...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Malouin-Trudel (Laurence-Olivier) :
...qui ne distingue pas nécessairement les commandes pour les
établissements pour consommation sur place que celles pour la vente au détail,
alors qu'on sait bien que tous ces contenants-là alcoolisés viennent dans les
boîtes qui sont souvent des boîtes de 12 ou de 24.
Toujours en termes de complexité, le
timbre crée une lourde gestion administrative pour les restaurants. Il faut un
contrôle supplémentaire pour y déceler les timbres de droits, effectuer un
suivi des lots et, le cas échéant, contacter les fournisseurs en cas d'erreur.
Déployer des efforts administratifs importants en cas d'erreur humaine ou
technologique provenant des microbrasseurs et de la SAAQ. Et, malgré tout ça,
il demeure un risque potentiel de sanction de la part de la Régie des alcools,
des courses et des jeux lorsque les timbres ne sont pas présents.
Par ailleurs, nous voulons citer les
propos du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, de l'analyse
d'impact réglementaire en lien avec le projet de loi. Succintement, le document
stipule que l'exemption du marquage CSP, donc consommation sur place, pour les
produits de microbrasserie aurait un impact fiscal marginal, notamment depuis
2014, au moment où la taxe spécifique sur l'alcool a été harmonisée. D'autre
part, et aux dires du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie,
cette obligation est plutôt une formalité administrative qui n'affecte pas les
exigences légales des établissements concernant les... leur approvisionnement
et la conservation des pièces justificatives. En bref, on peut sous-entendre
que cette obligation vétuste et dépassée devrait être liquidée au profit de
méthodes plus efficaces, et efficientes, et performantes pour notre industrie.
Devant ces propos, ce que nous appuyons,
évidemment... que nous appuyons, évidemment, pardon, nous croyons qu'il faut
étendre son abrogation aux autres boissons dans les plus brefs délais et que le
gouvernement doit bâtir rapidement un plan structuré pour la fin du timbre sur
tous les contenants de produits à base d'alcool. Je vais maintenant laisser ma
collègue Dominique vous parler de notre satisfaction sur d'autres mesures d'allègement
contenues dans le projet de loi.
Mme Tremblay (Dominique) : Merci,
Laurence-Olivier. Notre association souhaite aussi manifester son appui pour l'article 17.
En effet, la modification proposée permettra aux établissements qui possèdent
un permis pour servir d'autoriser la consommation de boissons de type prêt à
boire à base de spiritueux à moins de 7 % de volume d'alcool. Par le biais
de cette mesure, une certaine équité s'installe entre les établissements
titulaires d'un permis pour servir et ceux titulaires d'un permis pour vente
qui bénéficiaient déjà de la possibilité de vendre des boissons de ce type.
Il y a aussi une belle avancée avec l'article 36.
Actuellement, le recours aux services d'un ingénieur ou d'un architecte pour
approuver les plans à fournir lors d'une demande de permis d'alcool, c'est une
procédure administrativement lourde et coûteuse pour les propriétaires d'établissement
de restauration. De plus, l'accès à ces professionnels peut être difficile pour
les exploitants, notamment dû à leur nombre restreint et leur niveau d'occupation.
Dans cette perspective, permettre l'accès aux technologues en génie ou en
architecture accélérerait les délais d'approbation, tout en représentant une
charge financière moins importante pour les demandeurs de permis.
Finalement, nous voulons montrer notre
satisfaction au sujet des modalités entourant les demandes de permis du
ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, soit l'abolition
du concept des unités de maintien chaud et froid et le retrait de l'inscription
du numéro d'attestation de la formation en hygiène et salubrité alimentaire
lors du dépôt de la demande de permis. Ce sont de simples allègements auxquels
nos membres peuvent profiter. Toutefois, nous aimerions vous suggérer une bonification
au projet de loi que mon collègue Martin Vézina vous expliquera.
M. Vézina (Martin) : Notre
proposition s'inspire grandement du retrait de l'obligation, pour les
détenteurs du...d'un permis de préparation alimentaire en vue de la vente de
gros, de détenir également le permis de vente au détail ou de restauration pour
un même lieu,
article qu'on retrouve dans le p.l. 85. Cette mesure
exemptera donc l'exploitant muni de ce permis d'exercer des activités de vente
au détail ou de restauration sur le même site, sans avoir à se procurer un
permis additionnel. Suivant cette même orientation, nous aimerions permettre,
avec le permis de restauration, de vendre des plats préparés à des commerces de
détail pour la revente. Lorsqu'on parle de préparés, évidemment, nous visons la
catégorie prête à manger, soit des prêts... des plats prêts à être consommés
immédiatement ou demandant uniquement une cuisson ou une remise en température,
et par la suite que le client pourra assembler à son domicile. L'objectif ne vise
aucunement à ce que le détenteur du permis de restauration puisse faire des
activités semblables à un permis de gros, soit de faire des préparations
peut-être congelées ou sous conserve et de distribuer nationalement à toutes
les épiceries. Il s'agit donc uniquement d'autoriser au détenteur de vendre des
produits de type... une épicerie, un commerce alimentaire local. Donc, on vise
vraiment des circuits courts, des achats locaux ou de développer des
partenariats avec les épiciers du coin.
Cette mesure permettrait aux
établissements de restauration l'exploration de modèles d'affaires
complémentaires, tout en multipliant leurs sources de revenus, ainsi qu'en
développant potentiellement une nouvelle forme de clientèle. Cette mesure
pourrait certainement s'illustrer comme un moteur de croissance pour les
entreprises du secteur de la restauration. De plus, cette flexibilité pourrait
permettre de stimuler l'économie locale en encourageant l'achat de produits
prêts à manger locaux. Pour reprendre les termes de l'Association des
détaillants d'alimentation du Québec, qui appuie d'ailleurs notre
proposition...
M. Vézina (Martin) : ...cela
favoriserait la mise en place de circuits courts et diminuerait le fardeau des
détaillants, au bienfait des consommateurs et des entreprises concernées.
L'application de cette nouvelle mesure ne
compromettrait en rien la sécurité alimentaire, puisque les établissements de
restauration sont déjà soumis à des normes rigoureuses. Le cadre réglementaire
en matière d'hygiène et salubrité appliqué à la restauration est rigoureux. Des
normes sévères sont imposées par les autorités gouvernementales, couvrant
notamment la manipulation des aliments, l'entretien des équipements et
l'inspection des lieux. Qui plus est, le personnel des établissements de
restauration, des propriétaires jusqu'aux cuisiniers, doivent tous suivre des
formations en hygiène alimentaire et en salubrité. Obligatoires, elles
favorisent l'adoption de meilleures pratiques en la matière dans la production
alimentaire.
Enfin, des inspections régulières sont
menées par les autorités sanitaires afin de s'assurer du respect de ces normes.
Ce faisant, nous croyons que notre proposition n'aurait pas d'incidence dans la
qualité et l'innocuité des plats préparés pour revendre dans un commerce de
détail.
Finalement, la crise de la COVID-19 a
poussé l'industrie à revoir ses façons de faire mais aussi de rechercher de
nouveaux modèles d'affaires. Ainsi, la modification que nous proposons
permettrait aux exploitants de pouvoir développer un nouveau canal de
distribution et assurer une plus grande résilience pour leurs commerces,
notamment dans les périodes de crise, que ce soit la COVID-19 ou les tarifs
douaniers qu'on a comme menace.
Espérant que vous considérerez notre proposition
d'amélioration, nous vous remercions de votre écoute et espérons que vous serez
sensibles aux recommandations contenues dans le mémoire. Merci.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. On débute la période d'échange avec la
partie gouvernementale. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Skeete : Merci beaucoup,
M. le Président. Bien, rapidement, j'ai le goût de vous entendre, parce qu'on a
entendu l'ABQ, il y a quelques moments, moi, je suis curieux de vous entendre
sur le modèle d'affaires de transiger avec eux. Moi, je serais vraiment,
vraiment curieux de vous entendre là-dessus. Donc, si vous avez une opinion,
là, je vous invite à me la partager.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Parfait. Bien, en toute honnêteté, on était dans
la salle aussi avant, on se doutait bien qu'on allait avoir des questions.
Donc, bien, c'est certain, il faut comprendre le restaurateur, pour un prix
x... s'il a le choix, pour le même prix, pour sa caisse de bière, d'aller
chercher sa caisse de bière chez un détaillant quelconque ou de se la faire
livrer, il va se la faire livrer. C'est un gain d'efficacité, c'est un gain de
productivité pour lui. Donc, évidemment, d'avoir la livraison c'est un gain.
Maintenant, la nuance vient à savoir,
bien, le prix x versus le prix y, le jeu en vaut-il la chandelle? Est-ce que le
restaurateur, le prix qui lui est exigé pour la livraison... Actuellement, il
n'y a pas d'autre option, parce que, comme le mentionnaient les gens qui nous
ont précédés, c'est une obligation dans la loi d'être distribué par un
brasseur, bien, comme il n'a pas le choix, il est obligé de prendre ce
modèle-là. Est-ce qu'il valoriserait, le restaurateur, avec la plus-value qui
est mise au niveau de la caisse, parce qu'en règle générale, en moyenne, là...
Il y avait une question, tantôt, à ce sujet-là, là, est-ce que le restaurateur
paie sa caisse de bière le même prix à l'épicerie? La réponse, c'est non, il la
paie plus cher, c'est certain. Puis on comprend pourquoi, il y a un coût de
distribution à mettre en place, c'est certain. Maintenant, est-ce qu'il y a des
restaurateurs qui feraient le choix, potentiellement, d'aller s'approvisionner
directement chez le détaillant au regard du prix, en disant : Bien, le jeu...
mon temps, mon coût pour aller chercher ces caisses de bière là serait plus
avantageux si je le faisais moi-même que si je me faisais livrer? Il n'est pas
impossible que plusieurs restaurateurs le feraient. Par contre, il y en a
potentiellement qui demeureraient dans un système de livraison aussi. À l'heure
actuelle, la seule chose, c'est qu'ils n'ont pas le choix, ils sont obligés, de
par la loi, comment c'est défini. Martin?
M. Vézina (Martin) : Bien,
pour ajouter, là, à cette notion-là, au niveau de la différence de prix, on
évalue, par exemple, prenons une Coors Light, une caisse de 24, pour donner une
image, aux alentours de 70 $, qui est facturé par les brasseurs pour la
caisse de bière. Elle peut se trouver à un autre prix au détail, là, je ne suis
pas au courant...
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Une quarantaine de dollars. On parle d'une
différence qui peut être d'environ 75 %. Là, il y a plein de rabais qui
peuvent être... qui peuvent rentrer aussi en vigueur, là. Un restaurateur qui
va avoir beaucoup de volume, en règle générale, va payer sa... il ne paiera pas
sa caisse de 24, on va dire, de produits de base réguliers à 70 $, va
avoir un rabais, mais va quand même payer un supplément plus élevé que ce qui
est payé en épicerie, probablement, en règle générale, dépendamment des
volumes.
M. Vézina (Martin) : Ce qui
fait que peut-être le timbre de droit est le mécanisme qui leur permet,
justement, de fixer cette tarification-là plus élevée aux détenteurs de permis
CSP. Mais ce n'est pas le timbre de droit qui... c'est un élément de contrôle,
mais on s'entend que, dans la loi, c'est écrit qu'un titulaire de permis, actuellement,
doit s'approvisionner d'un titulaire de permis de brasseur. Donc, on peut faire
fi du timbre de droit, et peut-être que les brasseurs peuvent trouver aussi un
autre mécanisme de contrôle qui n'est pas nécessairement lié avec l'État ou
géré par l'État.
M. Skeete : Puis, ici, on
parle de bouteilles, mais, mettons, si je vous livre un «keg», c'est-tu la même
chose, c'est-tu le même modèle où est-ce...
M. Skeete : ...on charge
une surprime en termes de litrage ou...
M. Vézina (Martin) : Il
n'y a pas de comparable au détail puisque la loi ne permet pas la vente de keg
au détail. Donc, c'est sûr qu'au niveau...
M. Skeete : Mais, je veux
dire, le prix, le prix au litre.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Mais en termes de prix, oui, on parle d'éléments
qui sont comparables. Ils sont comparables. Encore une fois, c'est toujours
dans les volumes, c'est toujours ramené à un volume par caisse de 24, là, c'est
sûr. C'est comme ça que le marché fonctionne.
M. Skeete : Ça fait que
même lorsqu'il n'y a pas de timbre et un produit équivalent à l'épicerie, vous
êtes quand même facturés plus que...
Une voix : ...
M. Skeete : O.K. C'est
intéressant.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Puis ce qui est... Si je peux me permettre,
pardon, dans les autres enjeux également, c'est que c'est un réseau de
distribution qui est obligatoire. Un restaurant qui, pour des raisons x, y, z,
aurait des besoins particuliers rapides, bien, à l'heure actuelle, il ne peut
pas aller s'approvisionner dans aucun réseau de distribution autre dans les
détaillants, donc il doit absolument faire sa commande, donc si, pour une
raison x, il y a un groupe qui réserve un matin donné, un samedi, puis qu'il va
venir le samedi soir puis qu'ils vont consommer, on le sait, beaucoup d'un tel
produit, le restaurateur, s'il n'a pas les produits en stock, il risque de ne
pas pouvoir s'approvisionner à court terme. Ça fait que ça peut être un autre,
un autre des enjeux.
M. Skeete : C'est
important. Ça fait que le délai de livraison, normalement, c'est combien de
temps?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Ça, je ne saurais vous le dire précisément. Probablement
qu'un...
M. Skeete : Mais en
moyenne.
M. Malouin-Trudel (Laurence-Olivier) :
Bien, c'est assez rapide, là. Puis je veux dire, là, c'est une question d'offre
et demande, là. Les gens qui étaient là avant nous se font compétition
justement sur ce niveau-là pour assurer d'avoir une livraison assez rapide, là.
On parle de jours, là, c'est... En règle générale, c'est assez rapide.
M. Skeete : O.K. Là, on a
beaucoup parlé que l'absence de timbre, bien là, tout à coup, le monde change,
puis on ne peut plus replacer rien, puis y a de la contrebande partout. Ça fait
que quel rôle, selon vous, les restaurants peuvent jouer pour aider, mettons,
advenant l'abolition d'un timbre un jour, là, tu sais? Quel rôle êtes-vous prêt
à jouer?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Bien, tu sais, ça fait
partie de nos... de nos
pistes de solution. C'est sûr que, vous savez, voilà plusieurs années, on a
implanté le MEV physique, les modules d'enregistrement des ventes. On est
actuellement dans la transition vers la version 2.0 qui est le MEV, le
module d'enregistrement des ventes infonuagique, chose pour laquelle notre
industrie est en faveur. Il y a des gains à faire... à faire avec ce module, ce
module d'enregistrement des ventes là. Puis on pense qu'un des gains, c'est
justement au niveau du timbre parce qu'il y a des contrôles supplémentaires qui
vont être possibles au niveau... au niveau des analyses fiscales pour s'assurer
que les achats et les ventes corroborent. Donc, on pense qu'il y a beaucoup à
faire, là. Notre industrie veut faire patte blanche, puis comprenons-nous bien,
là, je veux dire, on a, autant que ce soit au niveau des grands brasseurs,
qu'au niveau des microbrasseries, qu'au niveau de la SAQ, notre industrie est
bien desservie. Il y a une offre qui est... qui est complète en termes de
produits, qui est de qualité. Notre industrie, les restaurateurs vont continuer
à s'approvisionner là. Il n'y en a même pas qui sont intéressés à aller
s'approvisionner en dehors du Québec ou encore dans des réseaux alternatifs
d'alcool qui sont... qui ne sont pas réglementés, là.
M. Vézina (Martin) : Puis
je veux ajouter un dernier élément parce que, dans le projet de loi, il y a une
disposition qui s'est ajoutée en disant qu'on doit comme obligation maintenant,
comme titulaires de permis, de donner accès à tous nos documents d'achat et de
vente. Bien, justement, ça va dans ce système-là de vérification. Par exemple,
autant pour les brasseurs que pour la SAQ, bien, la SAQ, il y a un relevé des
six derniers mois d'achats qui sont faits, que les titulaires reçoivent. Donc,
on pourrait se baser seulement sur les contrôles d'achats de la SAQ ou des
brasseurs pour justement faire le contrôle avec ce qu'on vend. À mon avis,
depuis la fin de la... Depuis qu'on a harmonisé la taxe spécifique sur
l'alcool, il n'y a plus de fuites fiscales. Puis je vous dirais, quand on fait
un comparable des coûts, autant à la LCBO ou à la bière dans les environnants,
il n'y a pas d'intérêt pour un restaurateur, vraiment, d'aller dans une autre
province, d'aller dans un autre État pour s'approvisionner. Le marché légitime
est assez compétitif, surtout avec une offre de service autant que par les
prix, mais pour la livraison, parce que la SAQ livre aussi, pour avoir vraiment
un modèle de contrôle qui est basé sur des timbres.
M. Skeete : Je veux vous
applaudir pour votre mémoire parce qu'une des choses que je demande souvent en
allègement réglementaire, c'est : Évitons les grands principes, là, tu
sais. Moi... Tout le monde est pour l'allègement réglementaire, mais c'est
quoi, le paragraphe qui t'écoeure, là? Tu sais, moi, c'est ça qui m'intéresse.
Puis vous êtes... Vous êtes là-dedans, là, vous le dites, là, carrément, en
rouge, là : C'est ça qui me dérange. Puis l'article tel qu'écrit me
dérange. Ça me permet de challenger la machine interne. En ce sens, dans vos
recommandations 2, 3 et 4, vous parlez du prix à manger. J'aimerais vous
entendre davantage, juste pour être sûr que nos équipes peuvent vraiment
comprendre le sens de vos recommandations, pour être sûr qu'on puisse peut-être
les évaluer.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Bien, dans un premier temps, je vais vous
remercier pour les compliments, puis je vais tout de suite les retransmettre à
mes collègues parce que c'est eux qui travaillent fort tous les jours
là-dessus. Donc, effectivement, je ne sais pas, Dominique ou Martin...
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : ...si tu veux peut-être plus y aller.
M. Vézina (Martin) : Bien, je
vais décrire... je vais commencer par décrire l'enjeu. Ce qu'on... C'est une
recommandation qui découle, je vous dirais, de la COVID, qui nous a fait
beaucoup réfléchir en tant qu'industrie. Et nous, l'objectif, c'est de... avec
le même permis que nous avons pour opérer, provenant du ministère de
l'Agriculture, des Pêcheries, de l'Alimentation, de pouvoir vendre des aliments
prêts à manger directement à l'épicerie, donc de le vendre à l'épicier, qui,
lui, pourra le revendre. Actuellement, le système qu'on a, c'est un système de
consignation où tout le fardeau, tout le risque revient au restaurateur. Donc,
nous, ce qu'on veut, c'est peut-être développer des liens avec les épiciers
pour pouvoir vendre des lasagnes déjà construites, mais qu'il manque une
cuisson à faire par exemple. Donc, c'est vraiment dans cette logique-là qu'on
veut aller, et ce n'est pas nécessairement de dire : On va faire des ailes
de poulet congelées, là, puis on va aller faire... on va faire une entente avec
toutes les Super C de la province pour pouvoir le commercialiser. On vise
vraiment un lien avec les dépanneurs ou, je vous dirais, l'épicier, qui est
peut-être sous bannière, mais l'épicier du coin.
• (12 h 20) •
Mme Tremblay (Dominique) : Bien,
en fait, c'est une diversification aussi des ventes. On s'entend qu'avec la
COVID, ce qu'on a vécu, les restaurateurs nous appelaient beaucoup pour
savoir... pour essayer de trouver d'autres moyens, d'autres sources de revenus.
C'est certain que l'industrie s'est quand même un peu modifiée. On n'est pas
revenu à ce que c'était avant la COVID nécessairement au niveau fréquentation,
habitudes de fréquentation. Il y a l'inflation là-dedans en ce moment aussi,
etc. Donc, les tarifs qui nous menacent, et tout. Donc, c'est sûr que, pour le
restaurateur, avoir une source différente de revenus possibles, explorer une
autre avenue, c'est intéressant. Puis, pour le consommateur, il peut être
gagnant aussi. Parce que, justement, en cette période d'inflation, des fois il
n'a peut-être pas les sous pour aller au restaurant, mais aimerait ça manger...
bien, on va parler de la lasagne, mettons, d'un tel restaurant, si elle serait
vendue en épicerie, il irait peut-être se la procurer à l'épicerie, donc ça
amène une autre source de revenus possible. Puis en cas, comme on a parlé dans
nos discussions, de crise, que ce soit... on en a vécu une grosse. Ça ne veut
pas dire qu'il n'y en aura pas d'autres. C'est que, si jamais les restaurants
sont fermés, sont arrêtés, bien, ils ont cette source-là aussi de revenus qui
peut assurer le maintien en emploi de leurs employés, sans avoir à justement
couper, les faire rentrer, les faire... les remettre à pied, etc. Donc, c'est
une avenue intéressante, là, pour le futur aussi.
M. Skeete : Juste pour
comprendre l'enjeu. Là, en ce moment, ce n'est pas permis?
M. Vézina (Martin) : Non, tout
simplement pas permis. Le permis de restauration permet de faire des activités
de restauration dans son établissement pi son véhicule, mais on ne peut pas
faire de vente à une autre entreprise. Je peux vendre... Au restaurant, on peut
avoir un tombeau, faire de la vente au détail dans le lieu de... le restaurant,
mais on ne peut pas vendre à une autre entreprise qui va la revendre ensuite.
Actuellement, ça prendrait le permis de vente à... en gros, du ministère, pour
pouvoir faire cet exercice-là.
M. Skeete : Ça, c'est le
MAPAQ, c'est ça?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Il y a...
M. Skeete : C'est ça que
j'allais dire. Pourtant, je mange des ailes de poulet Cage aux sports, puis...
Mais ça, c'est parce qu'ils... ils ont le permis de gros.
M. Vézina (Martin) : Ils ont
le permis de gros, il y a une usine de production qui... avec certains
standards, mais là on parle de d'autres volumes, là, on n'est pas dans le
volume de restauration.
M. Skeete : Bien, c'est ça,
parce qu'il doit y avoir un enjeu sanitaire aussi par rapport à ça. Est-ce
qu'au niveau de la qualité des biens, la préparation, le... comment on fait
pour s'assurer de la traçabilité, tout ça, est le permis, j'imagine, de... en
gros.
Des voix : ...
M. Skeete : Oui, mais préparer
live, cuit sur place, c'est une chose, préparer quelque chose de cru pour être
vendu plus tard, on est dans la chaîne logistique. Vendez-moi sur l'idée que
c'est sécuritaire.
M. Vézina (Martin) : Je vous
dirais, pourquoi je dis que c'est... On a à peu près les mêmes critères, à part
sur certains aménagements, au niveau de l'usine ou de la salle, qu'il y a des
manipulations plus... il y a des restrictions plus serrées. On s'entend qu'on
est plus dans des manipulations à gros volume avec de la distribution
nationale. Moi, je fais le parallèle à, présentement, un restaurateur qui fait
la même lasagne ou fait les ailes de poulet congelées, il peut les vendre dans
son établissement, sous son permis, avec les normes prévues par le permis.
Nous, ce qu'on veut, c'est dire : Oui, ce volume-là qu'il fait, qui peut
le faire au détail dans son établissement, pourquoi il ne pourrait pas le faire
dans des épiceries, au niveau, je vous dirais, local? Donc, on vise plus le
prêt à manger parce qu'on s'entend que, peut-être, au niveau, je vous dirais,
de mise en... il y a un certain risque, peut-être, en cannage, peut-être en
congélation, qu'on pourrait réfléchir, mais pourquoi ne pas aller dans le prêt
à manger et offrir cette possibilité d'affaires là pour les restaurateurs.
M. Skeete : Puis je ne veux
pas m'ingérer dans vos affaires, mais, en ce moment, quand je vais à
l'épicerie, il y en a plein des... d'épiceries qui ont des petits services où
est-ce qu'ils vont préparer la nourriture pour nous. C'est-tu vraiment un
créneau de croissance pour vous?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Bien, nous, on a des discussions, notamment, avec
les détaillants et leur association, puis ils voient effectivement un intérêt,
puisque, là, ils pourraient utiliser la notoriété du restaurant pour amener une
plus-value pour leur établissement. Donc, ça...
M. Skeete : ...est disponible
maintenant au IGA, puis là on...
M. Vézina (Martin) : Exactement,
tu sais. Puis, peut-être, ils vont continuer de faire leur prêt-à-manger,
peut-être certains vont dire : Bien, mon prêt-à-manger venant du
restaurant, bien, il se vend mieux, puis je fais une meilleure marge, peut-être
que je vais abandonner un peu mes activités de prêt-à-manger pour consacrer mes
employés vers d'autres tâches.
M. Skeete : O.K. Est-ce que
vous avez, pour, peut-être, ce projet de loi... vous avez des recommandations,
mais sur quoi on devrait mettre la priorité pour vous aider? Je sais que vous
sortez de la pandémie et je sais que c'est difficile pour les restaurants, je
sais que les coûts d'inflation sont difficiles, la capacité de payer des gens,
aussi, est difficile. C'est quoi, pour vous, la priorité sur laquelle on
devrait se concentrer?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Alors... mais autre que ce qu'on a mentionné,
aujourd'hui, par rapport aux timbres, là, à l'extérieur de...
M. Skeete : Oui, bien, dans
le cadre... dans le cadre du projet de loi, mais en général, là, juste pour
être sûrs qu'on comprend votre industrie puis qu'on puisse déployer les...
l'aide ou le... La compréhension que vous avez besoin, c'est quoi?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Il y a... On a beaucoup de dossiers sur le feu à
l'heure actuelle, ça fait qu'il y en a plusieurs je vous dirais, puis il y en a
plusieurs qu'on fait avancer avec d'autres de vos collègues, d'autres députés,
d'autres ministres, que ce soit... on peut penser aux «no-shows», qu'on
travaille activement avec le ministère de la Justice, qu'on peut penser également
au niveau de tout qu'est-ce qui touche le partage des pourboires, qu'on fait
avancer aussi. Donc, je vous dirais que ça, c'est des dossiers qui vont bon
train.
Dans les dossiers, peut-être, qui sont
moins de l'avant à l'heure actuelle, qui... puis qui vont... qui vont arriver
très, très prochainement, je vous dirais, on a un oeil attentif sur qu'est-ce
qui se passe au niveau de la transition vers le module d'enregistrement des
ventes, au niveau infonuagique. En ce moment, on est inquiétés, préoccupés par
la situation, je vous dirais, alors qu'on a une réglementation qui nous donne
une date limite pour... pour transitionner tous les restaurants et qu'on
constate, dans nos différentes discussions, qu'on va avoir énormément de
difficultés à atteindre ces... ces cibles-là, pas à défaut que les restaurants
le fassent, simplement en raison de la capacité des concepteurs de logiciels,
de logiciels informatiques d'arriver. Donc, en ce moment, je vous dirais, on a
un gros focus là-dessus.
Il y a une date, au 31 mai, qui peut
être prolongée jusqu'au 31 août, mais, malgré tout, on se dirige dans une
situation où on risque de ne pas arriver. Donc, je vous dirais, un œil attentif
sur cette situation-là parce que, de notre côté, ça va être très, très difficile,
puis il y a des grands coûts là-dedans, donc, aussi à... qui sont... qui sont
présents pour nos restaurateurs vers une transition de leur logiciel, leur
ancien logiciel qu'ils doivent migrer vers le nouveau logiciel. Donc, je vous
dirais, c'est... c'est... Notre œil est très, très porté là dessus, puis
assurément qu'on va avoir beaucoup de discussions, là, avec, probablement,
plusieurs de vos collègues, dans les prochains mois, sur ces questions-là.
M. Skeete : Merci beaucoup.
C'est beau, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
oui. On enchaîne avec l'opposition officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux juste revenir sur le prêt-à-manger et les
modifications que... que vous faites. Évidemment, il y a un permis, là, comme
St-Hubert, puis Bâton-Rouge, puis tout ça. Eux autres, ils ont un permis pour
faire des «ribs» en grosse quantité, puis c'est ce qu'ils font qui est un autre
permis. Ça fait que là, vous voulez vous insérer entre eux, disons, puis le
prêt-à-manger que Metro fait à lui-même.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Exact.
M. Beauchemin : O.K. puis
juste pour qu'on comprenne, éventuellement, bon, on peut faire dans un petit
quartier un Metro, un IGA. Mais là, est-ce qu'on veut faire comme le village
d'à côté, puis le village d'à côté, puis éventuellement ça devient comme une...
Y a-tu comme un endroit, y a-tu et une place où est ce que ça va prendre le
permis dans votre tête ou vous voulez vraiment rester en bas des critères des
permis? Donc, en termes de volume, c'est quoi exactement? Comment vous
quantifier le succès de la... de la modification?
M. Vézina (Martin) : Regarde,
on n'a pas nécessairement indiqué une recommandation géographique, tout ça,
mais une cuisine de restaurant qui n'est pas une cuisine de production, là,
puis là, il faut aller un peu dans les niveaux de permis du MAPAQ, là, à ce
niveau-là, là. Si un restaurant a plus d'une unité, puis une cuisine de
production, sa cuisine de production a déjà un permis de vente en gros. Ça fait
que ce n'est pas... il va déjà répondre à cet enjeu-là. On parle vraiment d'un
restaurant indépendant qui va offrir un service aux alentours. C'est sûr qu'une
cuisine de restaurant ne pourra pas commencer à fournir la région au complet, à
moins qu'il y ait... ou plusieurs établissements d'épiceries au complet, là. Il
n'y aura pas l'espace, puis il y a quand même une activité de restauration qui
doit exercer dans le même espace, donc c'est pour... On ne croit pas qu'il y
aura un grand volume à ce niveau-là, puis il faut...
M. Beauchemin : ...à
l'intérieur donc du modèle d'affaires du restaurant.
M. Vézina (Martin) : Oui,
tout à fait.
M. Beauchemin : Il n'y a pas
d'expansion.
M. Vézina (Martin) : On ne
voit pas d'expansion, parce qu'à ce moment-là, quand vous dites St-Hubert, La
Cage puis tout ça, dans leurs produits, eux ont des usines de transformation
alimentaire qui pourraient être... C'est un transformateur alimentaire aussi
qui a ces activités-là, puis là, ils rentrent dans les ventes de gros, puis ils
ont tout... ils suivent toutes les règles d'hygiène et de salubrité de ce
modèle-là...
M. Vézina (Martin) : ...puis
ils ont... ils suivent toutes les règles dans l'hygiène, salubrité de ce
modèle-là. Puis là on parle ici d'une commercialisation nationale avec les
bannières qui achètent de l'espace... avec les bannières, puis il y a des
contrats d'approvisionnement. Là, nous, on est plus dans le cadre d'une association
avec le marchand local qui peut être sous bannière ou non, mais qu'il pourra
avoir... offrir certains produits en prêt-à-manger dans l'épicerie du coin, là.
M. Beauchemin : Puis là la
façon que vous, vous le voyez, à l'intérieur même du projet de loi, c'est de
simplement élargir les possibilités du permis de restauration.
M. Vézina (Martin) : Oui, on
le voit ainsi, c'est de donner la... le pouvoir de le faire, parce
qu'actuellement on nous parle juste d'exercer l'activité de restaurateur. Donc,
nous, c'est d'inscrire aussi qu'il est possible de le vendre à un autre, puis
on a circonscrit ça en commerce alimentaire, donc, on le circonscrit à un
certain point. Donc, on s'entend que ça va être dépanneurs et épiceries à ce
niveau-là, et de le faire pour une cuisson, une remise en température. Donc, on
a encadré pour éviter que les gens puissent penser qu'on peut faire n'importe
quoi. On a mis certaines balises pour justement amener à avoir une
recommandation qui fait du sens.
M. Beauchemin : Puis votre
capacité de pouvoir vendre sur... à l'intérieur de la bâtisse du restaurant,
déjà, ça, on la garde pareil, on continue à pouvoir avoir cette possibilité-là.
• (12 h 30) •
M. Vézina (Martin) : On ne
croit pas que nos membres vont investir nécessairement pour agrandir la cuisine
avec cette possibilité-là. Quelqu'un qui voudrait décider d'aller à plus grande
échelle va réfléchir à se développer, ce qu'on appelle une cuisine de
production. Et là, dans ce cas-là, il pourra fonctionner avec le permis de
vente de gros.
M. Beauchemin : Le permis
de...
M. Vézina (Martin) : Vente de
gros, qui est le permis...
M. Beauchemin : Puis c'est-tu
cher, ce permis-là?
M. Vézina (Martin) : Il est
autour de...
M. Beauchemin : J'aimerais le
savoir, mais...
M. Vézina (Martin) : ...600,
700 $, puis il y a des exigences réglementaires un peu plus costaudes qui fait
qu'un restaurant est difficilement intégré. Ce n'est pas nécessairement juste
une question de coût, là, c'est plus au niveau des exigences, au niveau des
espaces, puis des installations.
M. Beauchemin : O.K. Puis ça,
ça avait quand même un potentiel de pouvoir lever à travers les 17 régions
économiques du Québec... L'avantage, c'est qu'on pouvait goûter le terroir un
peu plus facilement, c'est, j'imagine... O.K. C'est intéressant.
Vous parliez, dans votre première
recommandation, puis je vais y retourner, pour avoir le langage spécifique,
d'abolir l'obligation du timbre de droits sur l'ensemble des produits alcoolisés,
toutes les bières. Je n'ai pas entendu tantôt, est-ce que vous étiez ici quand
on avait...
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : En partie, on est arrivé... la période de
questions.
M. Beauchemin : En partie,
vers la fin, vers la fin à peu près. O.K.... un morceau. De votre point de vue,
à vous, là, les bières à grande échelle, les Molson de ce monde, etc., là, le
timbrage, il est-tu problématique pour vous, autant que le timbrage d'une
microbrasserie?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : C'est une bonne question. Si on pense
spécifiquement timbrage, les timbrages les plus problématiques... Le plus
problématique, c'est sur le vin, c'est assurément sur le vin, parce que c'est
un timbrage qui est manuel. C'est ça, exactement, vous venez faire le geste,
c'est ça. Le timbrage, au niveau des grands brasseurs, est le moins
problématique en termes de timbre, parce que c'est un marquage laser sur les
canettes, sur les bouteilles, il y a peu d'erreurs. Je vais dire «peu» pour ne
pas dire «pas», mais, honnêtement, on n'en voit pratiquement jamais parce que
c'est un processus qui est automatique. Donc, ce n'est pas le timbrage en soi,
l'enjeu, c'est... Parce qu'on retirerait le timbrage demain matin, de leur
côté, la loi demeurait... tous nos restaurateurs devraient encore
s'approvisionner auprès des grands brasseurs. Donc, le timbrage est surtout un
problème au niveau des microbrasseurs qui eux collent encore des timbres
physiques et au niveau de la SAQ.
Donc, on veut vraiment se concentrer...
Quand on parle d'enjeu de timbrage, maintenant qu'on a éliminé celui des
microbrasseurs, l'enjeu est principalement au niveau des bouteilles de vin et
spiritueux. C'est vraiment, vraiment là notre problème, alors que chaque caisse
doit être ouverte, timbrée une à une, il suffit que, dans un lot de six caisses
de bouteilles, de 12 bouteilles de vin, l'employé à la SAQ oublie d'en timbrer
une - puis une erreur humaine, ça se produit - puis là, bon, c'est là que les
démarches entrent en vigueur, alors que ça se produit moins au niveau - je dis
«moins», je vais dire «pratiquement jamais» - au niveau des grands brasseurs.
Au niveau des grands brasseurs, c'est uniquement dans la mesure du du contrôle
puis de, je vais dire, du monopole de la distribution.
M. Vézina (Martin) : Puis
c'est surtout... Ce serait bizarre de dire : On abroge le timbre, sauf
pour les bières de plus de 75 000 hectolitres, là. Même s'il n'y a pas d'enjeu,
nous, c'est sûr qu'effectivement ce serait bizarre de dire : Bien,
ceux-là, on va les regarder...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Vézina (Martin) : ...un
marquage pour ces contenants-là, mais, pour les autres, on l'abolit, là. On
croit qu'il faut... Oui, il n'y a pas d'irritant, nécessairement, parce que
leur système de marquage fonctionne, mais on ne voit pas pourquoi l'État aurait
à dire : Bien, on va continuer à marquer des contenants pour les grands
brasseurs, quand tous les autres contenants, bien, on a décidé qu'on n'en avait
pas besoin parce que le contrôle va se faire tout simplement par un contrôle,
comme les autres provinces, ils font, là. On s'entend, là, il y a uniquement le
Québec qui a le timbre, là. Les autres provinces, ils font... c'est pareil pour
les grands brasseurs, ils comparent des factures d'achat, des ventes, puis, s'il
y a des écarts, bien là, il va y avoir des sanctions.
M. Beauchemin : Exact. Ça
fait que c'est un petit peu... Vous auriez dû être avec nous tantôt quand on a
posé la question, mais, dans le fond, en Ontario, il y a l'équivalent du
timbre, là, c'est suivi, entrées, sorties, de la même façon. Ça fait que je
voulais juste l'entendre de la part de nos intervenants.
Ceci étant dit, dans la livraison, O.K.,
je comprends que, quand on est comme plus proche d'un Costco, par exemple, tu
sais, le 25 $ de plus par caisse de 24, c'est peut-être jouable, là, tu
sais, en fait, probablement. Mais, quand tu es à... très loin d'un Costco, dans
une région éloignée, le service, qui est peut-être une fois aux deux semaines,
il est quand même pratique parce que... Voilà, tu sais. Ça fait que ça veut dire
que, finalement, plus tu es loin, plus tu es prêt à payer plus cher du modèle d'affaires
de vos prédécesseurs.
Quand vous en parlez à vos membres, à
vous, O.K., puis quand ils se retournent de bord puis ils disent : Bien,
tu sais, nos clients, ils paient le 8 $, là, pour la bière, ils sont...
ils le paient pareil, là, puis... Y a-tu... Comme, qu'est-ce qui arriverait,
supposons que, soudainement, votre bière, elle serait 30 % moins chère?
Est-ce que vous passeriez l'économie directement au consommateur?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Bien, c'est certain qu'on est dans une industrie
où les marges sont très, très faibles, là, vous savez, là, on parle de 2 %
à 4 %. Donc, c'est certain que, si on peut faire une économie dans un prix
quelconque... Le marché est à équilibre, là, des restaurants. Il y a 18 000 passé
de permis MAPAQ. S'ils arrivent à payer leur bière moins cher, celui qui va
vouloir garder son prix plus élevé, bien, l'autre à côté, il va la faire moins
chère, il n'aura pas le choix de suivre parce que c'est un marché qui est très,
très à équilibre. Donc, ça va être l'offre et la demande.
Si on arrive à payer moins cher notre
bière, ultimement, les restaurants qui vont réussir à subsister puis à demeurer
en affaires, c'est ceux qui vont vendre la bière au juste prix. Donc, ça va se
traduire par une économie. Est-ce que ça va se traduire automatiquement une
économie 30 %? Là, il faudrait voir, puis ça va dépendre de chaque
restaurateur, mais ultimement, c'est certain que c'est ça qui va arriver.
On peut juste regarder, tu sais, le prix
des bières des grands brasseurs versus le prix des bières de microbrasserie,
puis les bières des microbrasseries sont... sont environ le même prix dans un
restaurant qu'on va les payer en... chez un détaillant quelconque. Puis ça s'explique
parce qu'il n'y a pas ce «mark up» là, là, disons-le ainsi, là, donc cette
marge-là, donc...
Mme Tremblay (Dominique) : Je
vous dirais que les clients paient le... ce prix-là actuellement, mais on
entend beaucoup parler qu'ils trouvent que la bière, elle coûte cher, donc,
mais ils ne comprennent pas nécessairement la différenciation de prix que le
restaurateur a à payer... la caisse achetée à l'épicerie versus, justement, la
caisse achetée auprès des brasseurs, là, que le restaurateur va payer beaucoup
plus cher. Ça fait que c'est normal qu'il doit la charger lui-même plus cher
pour la vendre, pour avoir un profit dessus, parce qu'on est loin des prix en
épicerie ou chez Costco, là, donc...
M. Beauchemin : Oui. Non, je
comprends. Puis on ne parle pas ici de la bière vendue au Centre Bell, là, on
parle de la bière vendue dans les restaurants, ça fait que...
Mme Tremblay (Dominique) : Oui,
exact.
M. Beauchemin : Effectivement.
Écoutez, pour moi, je pense que l'objectif du projet de loi, c'est de
simplifier la bureaucratie, essayer de réduire la paperasse, s'assurer qu'on
puisse être le plus optimal, là, possible. De votre point de vue à vous, la
première chose que vous voyez, donc, c'est vraiment l'élimination du timbre
pour tout comme étant votre...
Une voix : ...
M. Beauchemin : D'accord.
Parfait. Moi, je n'ai pas plus de questions. Merci beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Ça
va? Mme la députée de Verdun, la parole est à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci beaucoup pour votre présentation, mais merci d'avoir répondu à ma
question tout à l'heure. J'étais très curieuse parce que je ne savais pas qu'il
y avait autant de marge de profit. J'aurais dit que... J'allais sur la
compétitivité.
Peut-être pour comparer avec un autre
produit qui pourrait être semblable, avec les boissons gazeuses ou les
liqueurs, je voulais juste vous amener là, peut-être, pour nous informer.
Est-ce que... Quelle est la différence du prix entre ce que vous achetez,
mettons, à des grandes marques, si je compare Molson à Coca-Cola ou Pepsi?
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : C'est une superbonne question parce qu'à ce
niveau-là c'est... le marché est à équilibre, parce que le restaurateur peut
aller dans un...
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : ...détaillant quelconque acheter sa caisse de 24,
caisse de liqueur, ou la faire livrer, puis encore là, la faire livrer
directement par le fabricant ou encore par son distributeur alimentaire. Donc,
il y a plusieurs options qui s'offrent à lui. Puis il y a de tout. Donc, il y
en a qui font livrer la caisse, puis elle coûte légèrement plus cher, mais si
on l'inclut dans tous les achats alimentaires, dans tous les, disons, un
distributeur généraliste qui va venir... qui va venir au restaurant deux à
trois fois par semaine, dépendamment, bien, c'est certain que ça peut valoir la
peine parce qu'il se dit : Bien, mon coût de livraison est inclus dans ma
livraison. Je paie ma caisse environ la même chose à ce moment-là. Donc, quant
à ça, je n'ai pas à aller la chercher. D'un autre côté, bien, il y en a qui
vont se dire : Ah! Bien, je peux aller économiser, je vais dire, tant de
sous la caisse, je ne peux même pas parler de dollars, là. O.K. Je vais aller
la... Puis il y en a qui vont vouloir le faire. Ils vont dire : Bien, moi,
je suis prêt à le faire. Je suis prêt à me déplacer, à y aller. Ça fait que le
marché est à l'équilibre. Mais ce qu'on voit, c'est que la majorité des gens se
font livrer leurs caisses de liqueur. Ça fait que leurs boissons gazeuses, en
règle générale, les gens se la font livrer, mais l'écart de la marge entre les
deux est beaucoup plus faible, là, tu sais. C'est environ similaire, ce
qu'on... Ce qui va être chargé de supplémentaire, ça va être bon pour une
livraison parce qu'effectivement il y a un livreur à payer, il y a un camion,
etc.
• (12 h 40) •
Mme Zaga Mendez : O.K.
Merci. Moi aussi, cette comparaison, c'est juste pour nous informer pour bien
comprendre le système.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Oui. Non, c'est ce que...
Mme Zaga Mendez : Puis
d'un autre côté, je pense que, vraiment, qu'on soit tous, bien... d'une autre,
là, de vous appuyer à déjà qu'est-ce qui est dans le projet de loi qui pourrait
permettre de faciliter votre vie. Et avec le peu de temps qu'il me reste, j'ai
beaucoup aimé, puis on en parlait tout à l'heure, là, votre proposition pour
encourager les circuits courts en préparant les plats préparés. Vous donnez des
exemples de dépanneurs ou marchés du coin dans certains lieux où, des fois, il
n'y a pas beaucoup de restauration aussi, ou que les restaurateurs peuvent
avoir... être... Je veux dire, des heures d'ouverture, c'est plus difficile
garder.
M. Malouin-Trudel
(Laurence-Olivier) : Exactement.
Mme Zaga Mendez : Je ne
veux pas dire qu'il n'y a pas de restaurant. Moi, j'ai étudié, des fois, ou je
suis allé travailler dans des lieux où les restaurants fermaient tellement tôt
que, quand on finissait de travailler très tard, après, il fallait... il y
avait juste les dépanneurs comme... Puis je trouverais ça intéressant peut-être
de nous dire si, en ce moment, ce qui vous prive, c'est des questions de permis
pour être capable d'y aller de l'avant par rapport au MAPAQ. Est-ce que c'est
bien ça?
M. Vézina (Martin) :
C'est exactement ça. C'est vraiment une question du pouvoir qui est accordé par
le permis. Mais effectivement, si on a la possibilité, on pourrait aussi
peut-être meubler certains déserts alimentaires avec du prêt-à-manger, là.
Mme Zaga Mendez : Je
trouve ça... Et puis comment on ferait pour — je sais que c'était moins
clair, là — pour favoriser vraiment des commerces ou des détaillants
dits plus locaux en circuits courts. Est-ce que ça... Est-ce que vous nous
encouragez, si on va de l'avant avec ça, de mettre des réglementations, de...
d'entourer ça?
M. Vézina (Martin) : Je
vous dirais que, comment fonctionne la distribution alimentaire de détail,
notre restaurateur ne commencera pas à aller voir Métro puis IGA, parce qu'il
n'aura jamais les volumes de production qui vont être suffisants pour,
justement, être listé chez les grands distributeurs. Donc, ça va se faire
vraiment avec les marchands locaux, qui peuvent être sous bannière, là, mais
ils ont un pourcentage de leur étal qu'ils peuvent offrir, là, qui est à leur
discrétion. C'est là-dessus qu'on veut aller. C'est vraiment de faire ce
maillage-là avec le marchand local pour justement créer ce maillage, là, sur le
prêt-à-manger.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Ça répond à mes deux questions, puis je trouve ça très intéressant, surtout
maintenant qu'on parle de commerce local. Puis j'ai des restaurateurs à Verdun
que, pendant la pandémie, c'est de faire du prêt-à-manger qui les a aidés à
traverser, d'avoir un frigo à l'entrée. Puis c'est tant mieux si on peut leur
permettre d'aller plus loin avec ça. Merci.
Le Président (M. Allaire) :
Merci, Mme la députée de Verdun. Merci à vous trois pour votre belle
contribution à notre commission. La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures. Bon dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 43)
Haut de la page
14 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 15 h 02)
Le Président (M. Allaire) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend
ses travaux. Prenez quelques secondes, s'il vous plaît, pour éteindre la
sonnerie de vos appareils électroniques. On garde nos bonnes habitudes. Nous
poursuivons donc les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 85, Loi modifiant diverses dispositions principalement aux fins
d'allègement du fardeau réglementaire et administratif.
Pour votre information à l'ordre du jour
cet après-midi, on va commencer avec le groupe des Manufacturiers et
exportateurs du Québec, on enchaîne avec le Conseil du patronat du Québec et on
va terminer cet après-midi avec la fédération des travailleurs du Québec.
Donc, on débute avec le premier groupe.
Mme White, vous étiez attendus ici, en commission. Le ministre aurait aimé
voir... le député de Marguerite-Bourgeoys aussi, mais, au lieu de ça, on va
vous avoir... avoir le privilège de vous avoir en vidéoconférence. Donc, vous
avez une audition de 10 minutes. Je vous laisse la parole, puis une
période d'échange va s'ensuivre. La parole est à vous.
Mme White (Julie) : Donc,
merci. Je pense, il faut que je me présente. Mon nom et mon titre, pour
commencer, Julie White, P.D.G. de Manufacturiers et exportateurs du Québec.
Donc, merci beaucoup, M. le Président, M. le ministre délégué à l'Économie, M.
le député de Marguerite-Bourgeoys, les députés du gouvernement aussi et toutes
les équipes qui vous accompagnent. Ça me fait plaisir d'être avec vous aujourd'hui
pour ma toute première commission parlementaire à
titre de témoin, donc... mais
qui est très heureux de pouvoir partager ses commentaires et sa perspective sur
le projet de loi n° 85. Merci beaucoup de l'invitation.
Un rappel, MEQ, c'est une association dont
la mission est d'améliorer l'environnement d'affaires et d'aider les
entreprises manufacturières et exportatrices à être plus compétitives sur les
marchés locaux et internationaux. Vous savez certainement que le secteur
manufacturier est un des piliers de l'économie du Québec. C'est plus de 500 000 personnes
qui y travaillent, c'est 12,8 % du PIB, 85 % des exportations et plus
de 13 700 entreprises. Dans chacun des comtés du Québec, on retrouve des
entreprises manufacturières. Elles sont cruciales...
Haut de la page
15 h (version non révisé
e) Mme White (Julie) : ...pour le
développement économique régional.
Évidemment, MEQ est mobilisé
depuis plusieurs années avec le gouvernement pour alléger le fardeau
réglementaire et administratif de nos membres. Les travaux du comité-conseil
sur l'allègement réglementaire et administratif, dont MEQ fait partie, ont
permis de faire converger les voix des entreprises et du gouvernement pour
Nous saluons d'emblée les progrès réalisés
depuis 2021 par le gouvernement pour réduire les coûts et les délais liés aux
formalités réglementaires. Oui, il reste du travail à faire pour faciliter le
quotidien des entreprises québécoises, particulièrement dans le contexte actuel
dont on va parler au courant de ma présentation, mais c'est important de dire
que ce nouveau... ce projet de loi que nous étudions actuellement, le projet de
loi n° 85, pour nous, c'est un pas de plus vers davantage d'agilité, davantage
de productivité.
Ceci dit, évidemment, la menace des tarifs
douaniers crée une incertitude majeure pour le Québec. C'est... Ça affectera, à
court, à moyen et à long terme, le tissu industriel, et les entreprises devront
revoir leurs façons de faire. C'est un moment de turbulence majeur pour l'environnement
d'affaires québécois.
Évidemment, en parallèle, la menace
tarifaire, l'Administration américaine souhaite faire évoluer aussi l'environnement
d'affaires américain. On a vu que le président Trump a signé notamment un
décret pour drastiquement changer le portrait dans les règles administratives.
Il envisage de couper massivement dans la bureaucratie. Il a évoqué le fait
que, pour chaque nouvelle augmentation du fardeau administratif des
entreprises, il prévoit l'élimination de 10 formalités administratives.
Rappelons qu'au Québec on vise généralement une règle du un pour un.
Donc, cette situation devrait inciter le
gouvernement à accélérer les efforts en matière d'allègement réglementaire pour
maintenir la compétitivité. Ce que je veux dire ici, c'est que, oui, on fait le
travail en ce moment sur le projet de loi n° 85, mais j'incite le
gouvernement, le ministre délégué à l'Économie à aller assez rapidement pour le
prochain projet de loi, qu'il puisse être déployé le plus rapidement possible
par la suite.
Si on y va un peu sur le contenu du projet
de loi, évidemment, il y a une trentaine de mesures réglementaires, on les voit
généralement positivement. Par exemple, la question de l'achat local, c'est le
volet qui va affecter le plus le secteur manufacturier. C'est positif, ce qu'on
y inclut, mais je vais y revenir plus tard un peu plus en détail.
Évidemment, on salue les mesures qui ont
trait à la réglementation et au soutien de la production, particulièrement dans
le secteur agroalimentaire. On se réjouit aussi des mesures liées à l'accès à
la transmission de divers documents, notamment la question des avis de
licenciement collectif. D'enlever ce genre de mesures là, c'est quelque chose
qui donne de l'aide aux entreprises.
Les ajustements apportés aux critères d'investissement
du Fonds pour la croissance des entreprises québécoises et du Fonds capital
ressources naturelles et énergie sont aussi pertinentes. Elles devraient
permettre à un plus grand ombre d'entreprises d'accéder à ces aides financières
qui sont précieuses.
Avant de passer plus en détail, j'aimerais
ça rappeler un peu que, le secteur manufacturier, on le pense beaucoup comme de
la très grande entreprise, mais il faut voir qu'il y a 98 % des
entreprises manufacturières qui comptent moins de 250 employés. Don