Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 27 October 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2014-10-27
Quebec — Committees
Donc, sur ce, je vais
vous laisser ma collègue Alice vous présenter le détail de nos recommandations.
Mme de Swarte (Alice) : Bonjour. Alors, dans la vision de la SNAP par
rapport à ce projet de loi, nous, on pense qu'il ne faut pas voir cette loi comme une loi mécanique mais vraiment
comme la loi qui va instituer l'organisme public qui va s'occuper de la
mise en oeuvre du Plan Nord.
Donc,
pour nous, ce n'est vraiment pas une loi mécanique ou à saveur administrative
mais bien une loi-cadre qui va définir l'action publique au nord du 49e
parallèle. Donc, on pense, à la SNAP, que ce guichet unique devrait être à l'image du Plan Nord, qui se veut être un exemple
à suivre en termes de développement durable, et donc, pour ce faire, on recommande que le projet de loi reprenne les
principes qui sont, dans le fond, à la base du Plan Nord et qui en constituent en quelque sorte son ADN. Donc, c'est pour ça qu'on
recommande que les principes endossés notamment par le gouvernement et par les autres parties intéressées
par le Plan Nord, donc, dans la déclaration des partenaires soient intégrés
sous forme, par exemple, d'un préambule au
projet de loi afin vraiment de définir la vision du Plan Nord et ce sur quoi
se sont déjà entendues les parties
intéressées par ce projet. Donc, ça, c'est notre première recommandation :
ce serait l'ajout d'un préambule qui
reprendrait les principes de la déclaration des partenaires. Je ne vous les
relis pas dans leur intégralité, mais vous les avez dans notre mémoire.
Donc,
dans un second temps, on pense que, pour mettre en oeuvre cette vision, ça nous
prend vraiment une méthodologie, et
en fait on pense que, cette méthodologie, on la retrouve dans la Loi du
développement durable. En effet, comme vous le savez, c'est une loi qui
a été conçue vraiment pour intégrer des mécanismes dans les sphères d'action publique pour permettre d'atteindre le développement
durable. Selon nous, le développement durable, ce n'est pas tant une perspective qu'une méthodologie, et les 16
principes qu'on retrouve dans la Loi du développement durable, pour nous,
sont des balises qui favoriseraient et
aideraient finalement à atteindre le développement durable dans la mise en
oeuvre du Plan Nord. Donc, c'est
notre deuxième recommandation : ce serait d'ajouter à l'article 4, qui
définit la mission de la Société du
Plan Nord, finalement de renommer les 16 principes de la
Loi sur le
développement durable comme des balises pour l'action de la société dans
la mise en oeuvre du Plan Nord.
Pour continuer, notre
recommandation suivante concerne... La SNAP pense qu'il serait bon que la
Société du Plan Nord, dans son mandat de
coordonner l'implantation des infrastructures, s'appuie sur les résultats d'une
évaluation environnementale
stratégique sur le volet des transports. En effet, pour nous, c'est vraiment là
que va se jouer le succès possible du Plan Nord en termes de
développement durable. Et on souligne le fait qu'il y aura une seule occasion
de garantir ce succès, et c'est bien
maintenant, dans le sens où, et c'est comme ça que le volet des transports est
présenté dans le projet de loi, c'est
effectivement le volet qui va déterminer tout le reste, tout le déploiement des
autres volets du Plan Nord. Donc, on
pense vraiment que c'est un moment crucial où les choses doivent être
planifiées si on veut effectivement atteindre un développement intégré et
cohérent du Plan Nord comme en a comme mandat la société. D'ailleurs, on donne un peu plus de détails
là-dessus dans notre mémoire, mais il y avait plusieurs appuis déjà qui avaient
été formulés à une telle démarche en 2011,
donc, en faveur d'une EES sur le secteur des transports, et on tient à
rappeler, en tant qu'organisme de conservation, que l'implantation de
nouvelles infrastructures notamment de transport sont notamment un des facteurs qui favorisent la fragmentation des
écosystèmes, qui est une des premières causes de perte de la biodiversité
à l'échelle de la planète. Donc, pour nous, l'absence d'une vision d'ensemble
et d'un exercice de planification sur
l'implantation de ce volet viendrait vraiment hypothéquer tout effort de
conservation au nord du 49e parallèle et en l'occurrence, donc, de
l'engagement du gouvernement de protéger 50 % de ces milieux-là. Donc,
voilà.
j'ajouterai une dernière chose à propos de notre souhait de voir une EES sur le
volet des transports, c'est : on pense
aussi que ça favoriserait l'établissement d'un cadre stable et clair pour les
investisseurs qu'au moins, une fois qu'on aurait cette EES, il y aurait
des bases communes pour savoir comment est-ce qu'on peut développer le
territoire.
Pour
poursuivre, comme le disait Patrick Nadeau en introduction, à l'article 5.5°,
donc, effectivement, on donne le
mandat à la société de contribuer à maximiser les retombées économiques
générées par la mise en valeur des ressources naturelles conformément aux engagements intergouvernementaux et
internationaux du Québec en matière de commerce. Or, justement, la SNAP
rappelle que le Québec s'est internationalement engagé à conserver 50 % du
territoire du Plan Nord et qu'il s'est également déclaré lié et responsable de
la mise en oeuvre de la convention sur la diversité biologique, qui engage, entre autres, les États à créer des réseaux bien
reliés entre eux d'aires protégées. C'est pour cela que nous pensons qu'on devrait ajouter un
paragraphe à l'article 5 donnant également le mandat à la Société du Plan Nord de contribuer à la protection des écosystèmes du
territoire du Plan Nord conformément aux engagements gouvernementaux et
internationaux du Québec en matière de conservation.
Et d'ailleurs cette recommandation nous apparaît
d'autant plus légitime qu'à l'article 71 du projet de loi il est stipulé
que le Fonds du Plan Nord sera, entre
autres, affecté à l'acquisition de connaissances ainsi qu'au financement de la
protection du territoire du Plan Nord. Donc, puisque des...
Mme de Swarte (Alice) : Une minute, oui. Puisqu'une
partie des fonds qui
seront alloués à la société vont être dédiés à la conservation, il
serait logique que ce soit explicitement dans son mandat.
pour conclure en 10 secondes, on a aussi quelques recommandations notamment sur
la représentation du secteur environnemental
à la fois à l'assemblée des partenaires et au conseil d'administration de la
société étant donné le mandat qu'a la société par rapport à la
protection du territoire et l'acquisition de connaissances. Voilà. Merci.
Président (M. Morin) : Merci beaucoup pour votre présentation.
Nous allons maintenant débuter la période d'échange, comme j'ai dit tout à l'heure, 35 minutes, qui est
répartie : pour la
partie ministérielle, 17 min 30 s;
l'opposition officielle, 10 min 30 s; deuxième groupe
d'opposition, sept minutes. M. le ministre.
Arcand : Merci beaucoup, M. le
Président. Bienvenue à M. Nadeau, Mme de Swarte. M. Nadeau, on a eu l'occasion de se côtoyer dans des vies
antérieures, à l'époque où j'étais au niveau de l'Environnement, et je vous
remercie pour la présentation de ce mémoire.
Je ne sais
pas si vous avez consulté certains des organismes de conservation, mais votre
première demande au sujet de
l'élaboration des principes du développement durable, c'est un peu ce qui a été
depuis le début, là, devant nous. Je
vous répondrais que nous sommes bien sûr en faveur de ces principes, nous
sommes en faveur de ce qui a été signé en
2011. La question, pour nous, est de savoir de quel genre de cadre on doit
établir, dans quel véhicule on va établir ces principes-là. Je vous dirais également que, pour nous, on voit vraiment
la Société du Plan Nord comme un organisme de coordination au niveau des
ministères, un organisme d'information également pour connaître les règles du
jeu et un organisme qui va nous aider bien
sûr à appliquer les décisions. Les décisions sont, d'abord et avant tout,
orientées et prises par à la fois le
milieu politique... et aussi les décisions sont vraiment orientées par le gouvernement
dans son ensemble.
Deuxièmement,
je pense que ce qui devrait aussi, possiblement, vous rassurer, c'est que la
volonté du gouvernement, elle est manifeste sur, d'une part, la
réduction des gaz à effet de serre, notre volonté très voulue, très forte de
pouvoir réduire d'au moins de 20 % les
gaz à effet de serre et, deuxièmement, aussi, évidemment la naissance de ce
marché du carbone, qui va de toute
façon forcer évidemment les entreprises à se conformer à des règles qui vont
faire en sorte que nos émissions vont
diminuer. On a également en tête évidemment la protection du territoire, qui
fait toujours
partie de ces éléments-là, et on aura l'occasion
possiblement d'en discuter également aujourd'hui.
Ma première
question : C'est donc dire que je dois bien comprendre que vous appuyez
quand même la création de la Société du Plan Nord?
Le Président (M. Morin) : M.
Nadeau.
M. Nadeau
(Patrick) : Effectivement,
on l'appuie, M. le ministre. Vous pourrez constater dans notre mémoire que toutes nos suggestions, en fait ce sont des tentatives d'équilibrer la société en
ce sens de lui conférer un mandat quand même avec un pendant environnement un peu plus explicite, un peu plus en
lien avec la vision et les énoncés de la table des partenaires, dans le fond. Mais, oui,
effectivement, on appuie... Après, est-ce que c'est le véhicule, le seul et
unique véhicule? On ne se prononce
pas là-dessus aujourd'hui. Ce qu'on se prononce, c'est qu'à partir de ce qu'on
voit là dans le projet de loi il y a quelque chose à faire là. Et donc,
sur le principe, oui, on est favorables à la création de la société.
Arcand : Moi, ma question,
c'est : Vous savez, à l'intérieur du projet de loi, on se retrouve avec un
conseil d'administration dont on veut que les membres soient les plus
indépendants possible et également une création d'une assemblée des partenaires. Je ne sais pas quel est le
titre final que ça
va être, mais, en tout cas, on sait très bien ce que ça veut dire. Quel genre de rôle vous voyez pour
les groupes environnementaux dans ce processus-là ou dans ces assemblées-là?
Le Président (M. Morin) : M.
Nadeau.
M. Nadeau
(Patrick) : Donc, d'une
part, je pense que c'est important. C'est une bonne question parce que c'est
important de faire la distinction. Pour
nous, on a quand même fait une certaine distinction, au niveau de la société,
donc. Nous, on pense qu'il devrait y
avoir au moins un représentant nommé à la société ayant une expertise
environnementale. Ça ne veut pas dire
qu'on pense que ça devrait être un représentant d'un groupe environnemental
comme le nôtre au niveau de la
société, mais on pense qu'il devrait y avoir quelqu'un qui a ce bagage-là
d'expertise, qui peut être considéré comme une personne indépendante parce qu'il y a des mandats et des missions
justement à la société qui vont toucher à ces volets-là.
Ceci dit,
pour l'assemblée des partenaires, alors, là, oui, on voit un rôle très clair
pour les groupes environnementaux, et puis on avait fait les mêmes
représentations au niveau de la table des partenaires du Plan Nord à l'époque,
il faut voir que l'environnement,
c'est quand même un dossier très, très large. Et puis, au même
titre qu'on ne
demanderait pas à l'industrie
d'envoyer un représentant industriel pour représenter la foresterie, les mines,
l'hydro, quoi que ce soit, pour nous, c'est
exactement la même logique. Donc, il y a des groupes environnementaux qui se
spécialisent en conservation de la
biodiversité. C'est notre cas, à la SNAP. Il y en a d'autres qui sont plutôt
sur l'énergie, les GES, quoi que ce soit. Donc, nous, vous allez voir que notre
recommandation à cet effet-là, au niveau de l'assemblée des partenaires, c'est vraiment une représentation paritaire des
trois secteurs. Donc, dans les représentants à
titre environnemental, bien
c'est sûr que, oui, on pourrait en nominer,
là, des gens qui représentent des groupes environnementaux, effectivement.
Arcand : D'accord. Maintenant,
comme vous le savez, les démarches actuellement pour créer, entre autres,
des parcs nationaux, entre autres, si on
prend les monts Pyramides, si on prend les parcs comme Témiscamie-Otish, entre
autres, ou si on prend Assinica, ce sont des
démarches qui se poursuivent au moment où on se parle. Comme vous le savez
sans doute, il y a eu des enjeux
particulièrement dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, où il faut essayer de concilier...
parce que j'ai eu
moi-même l'occasion d'être dans des assemblées un peu compliquées, comme vous
le savez sans doute, où il fallait
évidemment concilier à la fois le développement économique, l'industrie
forestière dans ces régions-là et en même temps la protection du
caribou, la protection évidemment des espaces à ce niveau-là.
Est-ce que vous
pensez que, dans cette région-là en particulier, c'est quelque chose qui peut
être conciliable, c'est-à-dire à la fois faire le développement forestier et en
même temps protéger le caribou?
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Sans hésitation, je vous répondrais que oui. Nous, on a beaucoup
d'expérience terrain, particulièrement
dans cette région-là, au Lac-Saint-Jean. On a négocié pendant des années avec
les compagnies forestières sur place. On siège à l'équipe de
rétablissement du caribou forestier.
Écoutez,
ce qu'il faut savoir dans ces questions-là, c'est que ce n'est jamais tout noir
ou tout blanc, et puis je pense qu'il
faut vraiment s'en tenir aux faits et puis constater que ce qu'on propose ici,
dans notre première recommandation, c'est-à-dire
reprendre les principes qui avaient été élaborés au moment de la table des
partenaires, ce sont des principes qui
ont fait consensus. Et puis, vous l'avez dit vous-même, M. le ministre, vous
avez fait la tournée de plusieurs régions du Québec, effectivement il y a eu certaines sessions plus houleuses que
d'autres, si on peut dire, mais, on a constaté, même lorsqu'on regarde les représentations du milieu
industriel, il n'y a personne qui vient s'opposer ici au principe du 50 %,
notamment. Donc, tout est en nuances. Nous, on pense qu'il y a absolument moyen
de concilier l'environnement et l'économie.
Puis, comme le disait ma collègue, c'est une question de prévisibilité
également. Donc, ce qui inquiète les gens, ce qui inquiète les acteurs
en ce moment, c'est un peu le flou.
Donc,
à partir du moment où on va préciser certains principes, nous, on pense que
c'est tout à fait possible. Et c'est la
raison pour laquelle on vous demande d'enchâsser ces grands principes là dans
un préambule de cette loi-ci, parce que, comme le disait ma collègue, pour nous, c'est ce qui va devenir la
vision sous laquelle va opérer la société.
Donc, si la société n'a pas à élaborer sa mission dans le cadre de cette vision-là, c'est là qu'on pourrait craindre des dérapages et puis
un manque de prévisibilité. Donc, oui, on pense que c'est possible et on vous
invite à l'intégrer dans le préambule.
Arcand : D'accord. Maintenant, vous avez dit évidemment de pouvoir inscrire,
de façon formelle, toute la question de l'acquisition de connaissances.
tiens à vous rappeler que, dans ce dossier-là, justement, on a annoncé, il y a quelque temps, une entente entre l'Université
Laval, l'Université McGill, l'INRS.
Et, ceci étant dit, d'ailleurs ça touche toutes les universités
du Québec parce que,
les chercheurs... on a beau avoir, si
on veut, l'Université Laval comme maître d'oeuvre, si on
veut, les chercheurs, on peut les retrouver à l'UQAR, on peut les
retrouver à l'Université du Québec à
Chicoutimi, on peut les retrouver un
peu partout. Et donc l'institut
nordique dont on parle va être en
mesure de faire, justement,
ce travail-là au niveau de l'acquisition et de la recherche de connaissances.
Maintenant,
dans votre texte, il y a un élément qui m'a un peu surpris, et j'aimerais peut-être
avoir des précisions également, c'est que vous dites à l'intérieur de
ça : L'assemblée des partenaires, si ces recommandations ne sont pas acceptées par le conseil d'administration, le conseil d'administration doit justifier auprès de l'assemblée des
partenaires les raisons qui font
qu'ils n'adoptent pas ces recommandations-là. Est-ce
que vous pourriez m'expliquer
pourquoi? Parce que je
n'ai pas vu ça souvent dans des conseils
d'administration, un conseil d'administration doit se justifier. Qu'est-ce qui motive ça? Est-ce que c'est un manque de confiance
envers le conseil d'administration, vous avez peur que ce soient seulement des
gens d'affaires ou est-ce que c'est... Qu'est-ce qui vous motive derrière ça?
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Bien, écoutez, non, ce n'est pas un manque de confiance, pour répondre
à votre question. Tant mieux si vous n'avez pas vu ça à plusieurs
endroits, parce que justement ce qu'on essaie de créer ici avec le Plan Nord, c'est un modèle, c'est le modèle
suprême qu'on veut que les autres essaient d'imiter. Donc, c'est sûr qu'en
principe de gouvernance on veut que ce soit
béton. Puis les gens qui vont participer à l'assemblée des partenaires... Dans
le fond, ce qu'on visait avec cette
recommandation, c'est que les intrants que ces gens-là vont fournir soient
réellement pris en compte. Est-ce que ça peut vouloir dire de justifier
les prises de position, par la suite, du C.A.? C'est ce qu'on recommande. Mais, dans le fond, l'intention
derrière cette recommandation-là, c'est de s'assurer que les recommandations
de l'assemblée des partenaires ne soient pas
tout simplement tablettées. Donc, il faudrait avoir un processus transparent
qui fait en sorte qu'on comprenne mieux d'où viennent les décisions ultimes, là,
du C.A.
Arcand :
O.K. Merci. Peut-être le député d'Ungava a...
Le Président (M.
Morin) : M. le député d'Ungava, vous voulez intervenir?
Le Président (M.
Morin) : Allez-y.
M. Boucher :
De combien de temps je dispose, M. le Président?
Le Président (M. Morin) :
6 min 51 s.
Boucher : 6 min 51 s. C'est bien. Bonjour, monsieur.
Bonjour, madame. À la recommandation 8, vous parlez, bon, à l'article 29, que le conseil
d'administration, composé de neuf à 15 personnes, doit être composé, bon, etc.,
là, outre le directeur général et le
président, de personnes avec des profils de compétence et d'expérience
approuvés et vous ajoutez : Et
en s'assurant d'une représentation de différents secteurs d'activité concernés,
dont l'environnement. Bon, je comprends que c'est un petit peu, là, ce que vous avez cité tantôt au ministre, que
vous souhaitiez avoir quelqu'un avec des connaissances environnementales qui ne provient pas nécessairement
d'organismes semblables au vôtre. Mais, quand vous parlez de secteurs d'activité concernés, est-ce qu'il y en a qui
vous viennent en tête? Dans un monde idéal, là, le conseil
d'administration serait composé de qui, pour vous, là?
Le Président (M. Morin) : M.
Nadeau ou Mme de Swarte?
Mme de Swarte (Alice) : Merci. En
fait, cette recommandation, elle se situe un peu dans la continuité de la précédente, où on demandait justement à ce que les
secteurs d'activité concernés pour les nominations sur l'assemblée des partenaires soient précisés. Nous, ce qu'on
pourrait suggérer, évidemment afin d'atteindre le développement durable sur le territoire du Plan Nord, ce serait d'avoir
une représentation à la fois du secteur économique, donc des représentants
de l'industrie, des représentants du secteur
environnemental, donc, comme on le disait tout à l'heure, en considérant aussi
la diversité qu'il peut y avoir au sein de ce secteur. Et, bien qu'on ne soit
pas spécialistes du volet social, en vue du développement durable, il faudrait
aussi pouvoir intégrer des acteurs émanant de ce secteur.
Le Président (M. Morin) : M.
le député d'Ungava.
Boucher : O.K. Vous avez parlé, bon, de votre expertise au Nord, etc. Comment vous voyez votre interaction, puis quelle devrait être l'interaction de la société
avec les communautés locales autant non autochtones qu'autochtones?
Comment vous voyez ça?
Le Président (M. Morin) : M.
Nadeau ou Mme de Swarte? Mme de Swarte.
Mme de
Swarte (Alice) : Oui. Bien, évidemment,
dans le cas des relations avec les communautés autochtones, on pense qu'il
faut voir ça, avec les nations
concernées, dans un rapport de nation à nation. Nous, c'est comme ça qu'on
fonctionne, à la SNAP. Et, avec les
communautés locales, bien, comme l'impose toute bonne gouvernance, effectivement, d'aller consulter les
communautés concernées. On sait que c'est un effort qui a déjà été
fait par le passé, alors on invite le gouvernement à poursuivre sur cette lancée-là. Et évidemment
l'acceptabilité sociale, c'est un peu le nerf de la guerre dans tous ces projets et c'est aussi ça, de la
même façon que l'EES... L'EES permettra aussi, justement, de consulter les
communautés locales, donc d'aller chercher quelque chose de planifié, de cohérent et de structuré pour, principalement et en premier, oui, les
communautés locales.
Le Président (M. Morin) : Merci,
M. le député d'Ungava. M. le député de Dubuc.
Simard : Merci, M. le Président. Ma question est la suivante. À votre recommandation 4,
vous parlez d'ajouter ni plus ni moins qu'un
article de mandat pour la société.
Maintenant,
on sait pertinemment que la Société du Plan
Nord est un organisme de coordination
entre les besoins de développement du Québec et les besoins bien sûr qui vont se faire
entendre au point de vue des
différentes communautés, là, où il y
aura des projets, mais cette société-là devra obligatoirement respecter les
lois du Québec, M. le Président. C'est une
vérité. Je pense que tout le monde comprend bien qu'on devra respecter les lois
du Québec. Donc, pourquoi on devrait rajouter
l'article qui dit, bon : «Contribuer à la protection des écosystèmes du
territoire du Plan Nord, conformément aux engagements gouvernementaux et internationaux du Québec en matière de
conservation»? J'ai de la misère à comprendre pourquoi il faudrait rajouter ça alors que c'est écrit à l'intérieur des
lois. Et c'est une vision du Québec, véritablement, ce qui est écrit là. Et le ministère de
l'Environnement et le ministère des Ressources naturelles, par le ministère de
la Faune, ont cet engagement-là,
cette obligation-là. J'aimerais qu'on m'explique pourquoi qu'on doit rajouter
ça dans la
loi sur le Plan Nord... sur la société, pardon.
Le Président (M. Morin) : Mme
de Swarte, deux minutes.
Mme de
Swarte (Alice) : Merci.
Cette proposition d'ajout qu'on fait, c'est justement pour venir balancer, et
un peu comme un miroir, au mandat qui
est donné à la SNAP, donc, à l'article 5.5°, de contribuer à maximiser les
retombées économiques puis avec cette
référence aux engagements intergouvernementaux et internationaux du Québec en
matière de commerce. Donc, pour nous,
puisqu'il y a ce projet d'avoir une société du Plan Nord qui va mettre en
oeuvre le développement durable du
territoire nordique, on pense que c'est important d'avoir cette balance, parce
que, si vous voulez, à partir du moment
où on formule une ambition économique pour la Société du Plan Nord, on pense
que ce sera difficile d'atteindre le développement durable si on ne
vient pas balancer avec les enjeux environnementaux et sociaux.
C'est pour ça
qu'on proposait cet ajout : pour vraiment refléter et incarner la volonté
de mener un développement durable intégré, cohérent dans le nord du
Québec.
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Pour compléter, en fait, j'aurais précisé que
justement il y a des endroits où la loi, telle qu'elle est écrite actuellement, ce n'est pas qu'elle ne va pas assez
loin, mais, par exemple, l'évaluation environnementale stratégique
qu'on demande, il n'y a rien dans la loi actuellement... il n'y a aucun
déclencheur légal, à notre connaissance, qui va faire en sorte qu'on
mènerait une évaluation environnementale stratégique sur ce territoire-là. Ça,
c'est une décision qui revient au
gouvernement. Donc, c'est pour ça que... Bien sûr qu'on va suivre toutes les
lois du Québec, c'est bien
tant mieux, puis on a plusieurs lois justement, comme la
Loi sur le
développement durable, qui sont d'excellents
outils, il faut les appliquer. Donc,
on ne remet pas ça en question, mais c'est qu'à certains éléments bien précis,
comme l'évaluation environnementale stratégique, ça, ça va prendre une
décision gouvernementale qui n'est pas actuellement balisée dans une
loi.
Le Président (M.
Morin) : Merci, M. Nadeau. Merci, M. le député de Dubuc. On
s'en va vers l'opposition officielle, Mme la députée de Duplessis.
Mme Richard : Merci, M. le Président. Mme de Swarte, M. Nadeau, bonjour, bienvenue à
l'Assemblée nationale. Mme de Swarte...
ou M. Nadeau, on a parlé beaucoup, vous n'êtes pas les seuls, de la composition
du conseil d'administration. Ce que
j'ai bien compris, c'est que vous aimeriez avoir un siège au niveau du conseil
d'administration. Vous savez qu'on
reçoit beaucoup de personnes lors des consultations, et je vous dirais qu'à peu
près tous les groupes... le choix du ministre va être extrêmement difficile quant à la composition du conseil d'administration. Nous, en
tout cas, quand on arrivera
article
par article, on va lui faire
certaines recommandations par
rapport à l'indépendance du conseil d'administration via le ministre et
la société en tant que telle.
Vous
avez parlé d'un certain fonds. Il y a le Fonds du développement nordique. Il va y avoir
un fonds pour faire fonctionner la société,
un fonds qui servirait principalement, peut-être, au
niveau environnemental. Quand on
parle... bon, vous avez parlé aussi
des infrastructures. Il faudra que ça se fasse tout en préservant l'environnement le plus possible, en ayant certains critères bien établis. Je ne le
retrouve pas nécessairement... en tout cas, quand on va arriver, peut-être,
article par article, mais il n'y a pas de
fonds spécifique pour l'environnement dans le projet de loi. Mais ce que je
comprends bien, c'est que vous aimeriez qu'il soit spécifié dans le
projet de loi. Vous l'évalueriez à peu près à combien?
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Ce serait difficile pour nous de le chiffrer. Je pense qu'il y a des
gens au MDDELCC qui seraient mieux en
mesure de le faire. Il y a un
article dans le projet de loi, à ma connaissance,
qui parle de l'acquisition de connaissances.
Donc, ce volet-là est quand même touché, mais ce n'est que l'acquisition de
connaissances. Nous, on va au-delà de
ça, évidemment. Et puis pourquoi pas — vous ne retrouverez pas ça dans notre
mémoire — mais
pourquoi pas, l'EES, dont on vous
parle, puiser à même ce fonds-là? Donc, il faut aller au-delà de l'acquisition
de connaissances, là, potentiellement avec cet article-là.
Mme Richard : Oui. Parce que, vous savez, l'acquisition de connaissances, on peut
l'avoir dans bien des domaines, hein,
c'est soit au niveau environnemental, au niveau de la santé publique, au niveau
des groupes de citoyens, là. Parfait.
M. Nadeau (Patrick) : Tout à fait. J'en profite pour revenir sur votre point précédent, Mme
Richard, en fait juste pour préciser
qu'on ne cherche pas à siéger directement au conseil d'administration de la
société. La raison pour laquelle c'est...
justement, on veut s'assurer d'une indépendance des membres de ce conseil-là.
Donc, si nous, on demande une place, eh bien, c'est inviter l'équivalent
de l'autre côté. Donc, c'est sûr que non à ce niveau-là. On veut quelqu'un qui
ait de l'expertise mais, au niveau de
l'assemblée, ça, oui, et puis on vous formule la demande qu'on aimerait bien ça
être présents.
Mme Richard : J'avais compris, M. Nadeau, que vous ne demandiez pas un siège pour
votre organisme, mais quelqu'un qui représenterait avec l'environnement...
mais qui aurait toutes les compétences requises.
ministre vous a parlé tantôt de l'institut nordique. Vous savez, moi, je viens
de la région de la Côte-Nord, mais le
développement du Nord, c'était la Côte-Nord, c'était l'Abitibi, c'était le
Nord-du-Québec, c'est un petit peu le Saguenay—Lac-Saint-Jean, parce que le bord du 49e... Et on
retrouve l'Université Laval, on retrouve McGill, on retrouve l'INRS. Je n'ai rien, là, contre tous ces
organismes et les deux universités qui vont parler du Nord, mais moi, j'aurais
aimé qu'on prenne à contribution que ce soit l'Université du Québec à
Chicoutimi ou... il y a des expertises aussi qui se font au niveau collégial. Moi, si je prends le cégep de
Sept-Îles, on est en contact constamment avec les minières, ils sont au coeur
du développement qui se passe sur le
terrain, concrètement. Et, vous savez, ce qu'on a beaucoup reproché au Plan
Nord, ce qu'on avait reproché à la
première mouture de la création de la société, c'était comme juste pour les
autres, ce n'était comme jamais pour nous autres qui habitons ce
territoire.
J'aimerais vous
entendre là-dessus. Est-ce que vous seriez favorables, parce qu'on va en
discuter avec le ministre, à ce qu'on y
retrouve au moins une part des régions, une part
partie prenante des régions,
que ce soit au niveau collégial ou que ce soit à l'Université du Québec à
Chicoutimi, ou même en Abitibi aussi, où il y a une expertise qu'on retrouve? Et il y a des gens, là, un peu partout,
une expertise qui pourrait aider l'institut. Mais qu'on ait juste nommé ces
trois entités-là, moi, ça m'a déçue.
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Bien, écoutez, les institutions que vous
mentionnez ont effectivement l'expertise. Ce que je pense que nous, on vous dirait, c'est que, si on essaie de construire
un modèle pour le monde, il faut non seulement aller voir du côté de ces
institutions-là, mais il faut aller voir ce qui se fait partout ailleurs. Là,
le projet qu'on essaie d'établir, c'est
vraiment un modèle mondial. Donc, je pense qu'on ne peut pas se priver d'aucune
expertise que ce soit. Donc, oui,
allons voir celle-là puis allons voir ce qui se fait ailleurs, dans d'autres
pays nordiques notamment, et puis prenons le meilleur de ce qui se fait
partout, donc. Alors, au niveau de l'expertise, là, il n'y a pas de raison de
se limiter.
Mme Richard : Merci. On a parlé aussi, beaucoup, du 50 %, la conservation du
territoire, de 50 %. Pour moi, c'est
comme si on avait décrété, là, la ligne du 49e, puis là il faut absolument
protéger un peu notre territoire parce que, hein, on a une conscience de plus en plus développée par rapport à note
environnement, on a des groupes de pression aussi qui le demandent. Puis je ne
pense pas qu'on puisse protéger le territoire sur l'île de Montréal beaucoup,
hein, on n'aura pas d'aire protégée à cet endroit-là.
Pour
ceux qui habitent la région, les élus, moi, j'en ai entendu quelques-uns
dire : On n'a rien contre qu'il faut préserver une
partie du territoire, sauf que, notre territoire... moi, je vais
parler de celui que je connais le plus, la Côte-Nord, il y a des endroits... Je vais vous donner
l'exemple de la Basse-Côte, le nord de Schefferville. Vous
connaissez un petit peu mon territoire, M. le ministre. On n'a pas les
données qui nous permettent de décréter qu'on pourrait, demain matin, arriver
avec un 50 % de territoires protégés parce que... Et là ce qu'on
demanderait, nous... et moi, j'ai entendu
des gens, je suis encore en discussion, mais mon idée est pas mal faite
là-dessus, c'est qu'on puisse, si on décrète le 50 %, se garder un
mécanisme, parce que, si on devait découvrir, je ne le sais pas, moi, une mine
d'or ou d'autres métaux qui amèneraient de
la richesse pour la collectivité, qui n'auraient pas trop d'impact au niveau
environnemental, on ne voudrait pas être pris avec un 50 % de
territoire qui est intouchable.
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau.
M. Nadeau (Patrick) : Bien, on entend vos préoccupations, Mme Richard, puis c'est certain que
tout territoire... Bien, d'une part, il faut commencer par dire que, ce
50 % là, nous-mêmes, en tant qu'organisme environnemental, on n'appuie pas
le fait que ce soit décrété d'un coup.
Certainement,
il faut acquérir des connaissances à certains endroits. Nous, dans la première
mouture du Plan Nord, on avait
recommandé que ça se fasse sur un processus de la durée du Plan Nord. C'était
25 ans à ce moment-là. Donc, c'est sûr
qu'on ne veut pas que ce soit fait du jour au lendemain, on veut que ça
s'appuie sur la meilleure science. Maintenant,
il y a des territoires qu'on connaît déjà, on a les connaissances suffisantes
pour les protéger dès maintenant, à
notre avis. Et puis, à notre avis, ça n'engage que nous, mais notamment la
rivière Magpie, dans votre comté, c'en est une, de ces fabuleuses régions. Donc, c'est pour ça qu'on dit :
Non, effectivement, on ne peut pas faire du mur-à-mur demain matin. Cependant, il y a des régions qu'on
connaît, qu'on devrait protéger, et puis les autres qu'on ne connaît pas...
Encore une fois, je reviens à la proposition de faire une évaluation
environnementale stratégique. C'est précisément pour ça. Parce qu'il faut savoir que, lorsqu'on veut
déployer un réseau d'infrastructures pour accéder au territoire, comme le
disait ma collègue, on a seulement
une chance pour faire ça. Donc, ce que ça permettrait de faire, une évaluation
comme ça, c'est notamment d'éviter
les redondances. Donc, est-ce qu'on va se retrouver avec trois, quatre chemins
de fer qui vont au même endroit? Est-ce qu'on va se retrouver avec
plusieurs ports qui desservent?
Donc,
ça, une évaluation globale comme ça, une évaluation environnementale
stratégique sur les transports, on pense que ça serait structurant, ça serait
fondamental. Puis la bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas juste les écolos
qui vous le demandent, il y a toutes
sortes d'organismes qu'on mentionne dans le mémoire qui appuient cette
démarche-là également.
Mme Richard : Je voudrais juste vous faire préciser — puis le temps file — pourquoi vous dites : On pourrait
se retrouver avec trois, quatre chemins de
fer comme ça. Je ne pense pas que le gouvernement fasse trois, quatre chemins
de fer comme ça, surtout dans le contexte
budgétaire que nous sommes. Ça me surprendrait beaucoup. Mais vous savez
qu'il y a un troisième chemin de fer à
Sept-Îles en tout cas qui est dans les cartons pour une étude de faisabilité.
D'ailleurs, ils ont annoncé 20 millions, et moi, je suis tout à
fait d'accord avec ça, là.
M. Nadeau (Patrick) : Tout à fait. J'ai parlé de chemins de fer. J'aurais pu parler de
chemins ou quoi que ce soit. C'est-à-dire
que le danger de procéder projet par projet, c'est justement de regarder...
Lorsqu'on étudie un chemin de fer, par
exemple, on étudie l'emprise du chemin de fer, on ne regarde pas ce qui se fait
ailleurs. Donc, peu importe, que ce soit un chemin de fer, ou une route, ou quoi que ce soit, ce qu'on dit, c'est
que l'évaluation environnementale stratégique permet de faire le «big
picture», si vous voulez.
Mme Richard : ...M. Nadeau, ma dernière question parce que je vais céder la parole à
mon collègue. Vous savez qu'on parle
beaucoup du... on en a parlé beaucoup, on en parle encore, où va être implanté
le siège social de la Société du Plan
Nord. Moi, je pense que le siège social va être établi à Québec. Qu'est-ce que
vous pensez des antennes satellites dans les régions qui sont concernées
directement par le développement nordique? Par la suite, M. le Président, mon
collègue de René-Lévesque prendra la parole.
Le Président (M.
Morin) : Je m'en étais informé.
Le Président (M. Morin) :
M. Nadeau.
M. Nadeau
(Patrick) : Disons que je
n'aimerais pas être à la place de celui ou celle qui va devoir choisir. Mais
pourquoi pas dans les régions? Ça me semble tout à fait logique.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de René-Lévesque, vous avez 1 min 12 s, allez-y,
question-réponse.
M. Dufour :
Oui. Merci, M. le Président. Mme de Swarte, M. Nadeau, merci beaucoup pour
votre contribution à cette commission parlementaire.
Vous avez
parlé d'un ajout de protection des écosystèmes puis vous vous référez à
l'article 71 du projet de loi. Puis, quand je regarde l'article 71,
parce que ça me saute aux yeux... Ce qu'on appelait, dans le temps, les
dommages collatéraux, c'est que tu as des
gros ouvrages qui s'en viennent, mais tu n'as pas les infrastructures pour les
recevoir. En tout cas, la population
y... Pourriez-vous élaborer davantage sur cet aspect-là, au niveau de
l'acceptabilité sociale, ce que Mme de Swarte a dit tout à l'heure?
Le Président (M. Morin) : 35
secondes de réponse. Mme de Swarte.
Mme de
Swarte (Alice) :
Effectivement, pour nous, l'acceptabilité sociale, évidemment c'est nécessaire,
c'est ça qui permet qu'à la fois les
projets de conservation ou les projets de développement économique soient
bénéfiques pour les populations.
D'avoir une mise en oeuvre structurée, cohérente, on pense que c'est... comme
je le disais tantôt, c'est aussi ce
que permettrait une EES parce que ça
permettrait d'acquérir plus de connaissances, d'informer les gens. Donc,
pour nous, c'est un peu la solution à la
fois aux enjeux de transport, de conservation et d'acceptabilité sociale, c'est
l'outil privilégié pour la mise en oeuvre du développement durable.
Président (M. Morin) :
Merci, Mme de Swarte. Maintenant, nous allons à la deuxième opposition.
Sept minutes, M. le député de Chauveau. Allez-y, mon cher.
Deltell : Merci,
M. le Président. Salutations aux collègues
ministériels, de l'opposition
officielle, collègue de Borduas. Mesdames messieurs,
soyez les bienvenus à votre Assemblée nationale.
Je tiens à
vous rappeler que la position de la coalition là-dessus est quand même
très ouverte, dans le sens où on est d'accord avec le principe du guichet unique pour permettre
le développement du Nord, pour permettre le développement du plein potentiel de nos richesses naturelles, mais on
s'interroge : Est-ce que la société d'État serait le meilleur outil pour
permettre ce développement-là? Et je
reprends une phrase que vous avez dite tout
à l'heure. En réponse à une question de mon collègue ministériel, du ministre des Ressources naturelles, vous disiez : Est-ce le seul véhicule? On ne se prononce pas. Alors, permettez-moi de vous relancer là-dessus. Je suis un ancien journaliste,
donc je pose souvent les mêmes questions. On finit par avoir la réponse.
Est-ce que,
pour vous, une société d'État est vraiment essentielle dans ça ou ça pourrait
être un secrétariat, une direction ou un bureau à l'intérieur d'un
ministère?
Le Président (M. Morin) : M.
Nadeau.
M. Nadeau
(Patrick) : Écoutez, je ne
vais pas me dédire, puisque je me suis prononcé il y a 10 minutes
là-dessus. Cependant, il faut voir
que c'est la troisième fois qu'on participe à une démarche similaire. Donc, il
y avait eu le projet de loi
n° 27, si je ne me trompe pas. Écoutez, est-ce qu'il y a seulement une
façon de faire les choses? Pas nécessairement. Mais, nous, ce qui nous importe, c'est vraiment que la mission, la
vision qui va encadrer cet organisme, que ce soit une société, que ce soit un secrétariat, c'est
vraiment au niveau de la mission et de la vision. Après, on pourra se chicaner
sur les détails. Mais pour le moment
c'est ce qui nous importe. C'est pour la raison que ça se retrouve en
recommandation numéro un de notre mémoire. C'est ce qui nous importe le
plus à ce stade-ci.
Deltell :
Donc, advenant que ce soit un secrétariat ou encore une direction dans un
ministère, vous, ça ne vous empêchera pas de dormir.
M. Nadeau (Patrick) : Notre
recommandation un ne changerait pas.
Deltell : Bien. Un
peu plus tard, vous avez parlé du conseil d'administration puis de l'assemblée
des représentants.
Regardons le
conseil d'administration. Vous avez été très modestes. Vous souhaitez un seul
membre écologiste à l'intérieur de
ça. Je peux vous dire que, la semaine dernière, les Premières Nations ont
demandé la moitié du conseil d'administration. Donc, je vous sens un peu
modestes. Est-ce que vous en souhaitez plus, là, après avoir pensé à ça?
M. Nadeau (Patrick) : C'est la
raison pour laquelle on précisait «au moins un», parce qu'encore une fois, le ministre y faisait allusion tout à l'heure, ce
n'est pas une question de confiance de notre part. Donc, à partir du moment
où on nomme des
experts indépendants, c'est moins une question de confiance. Mais c'est
justement la raison pour laquelle par contre on voulait que le C.A.
soit, d'une certaine façon, imputable des recommandations qui vont y être
faites par l'assemblée. Donc, si la
composition... on se fie au gouvernement pour nommer des personnes appropriées,
mais à partir de ce moment-là il faut que ces gens-là écoutent ce que
l'assemblée des partenaires va avoir à leur dire.
Deltell : Parce que
vous reconnaissez aussi qu'un autochtone peut être environnementaliste. Un
homme d'affaires peut être
environnementaliste aussi. Ce n'est pas parce qu'on est à la tête d'une
entreprise et qu'on veut exploiter correctement le plein potentiel de
nos ressources naturelles qu'on est nécessairement antiécologiste.
M. Nadeau
(Patrick) : Tout à fait.
Donc, ça va être selon la feuille de route de tout un chacun, mais
effectivement, dans notre propre organisme, on a des gens qui sont issus
du milieu des affaires également.
Deltell :
Parlons de la société de... pardon, parlons de l'assemblée des partenaires, les
articles 50 et suivants du projet de
loi. Curieusement, le projet de loi ne définit pas le nombre de l'assemblée des
partenaires mais parle des communautés locales, autochtones, les
principaux secteurs d'activité concernés. Le moins qu'on puisse dire, c'est
qu'il y a un flou artistique entourant ça mais qui nous permet aussi de définir
ce que l'on aimerait avoir. Vous, combien de personnes souhaitez-vous voir à l'intérieur de cette assemblée-là? Et, je reprends
votre propos de tout à l'heure, vous souhaitez avoir combien de membres
clairement identifiés aux groupes écologistes?
Le Président (M. Morin) : ...
Mme de
Swarte (Alice) : Comme on le
formule dans notre mémoire, ce qu'on préconise, c'est vraiment d'avoir une représentation paritaire des différents
volets, à l'image des différents volets du développement durable, donc à la
fois environnement, économie et
social. Donc, si c'était une assemblée de 15 représentants, on voudrait cinq
représentants de la sphère environnementale. Ce serait ça qu'on
préconiserait.
Le Président (M. Morin) :
Oui, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous, M. Nadeau, Mme de Swarte. Vous avez abordé,
tout à l'heure, l'aspect de l'acceptabilité sociale au niveau de votre
recommandation 5 au niveau de l'amendement de l'article
71. Vous incluez également dans votre proposition d'amendement la
caractérisation écologique. J'aimerais vous entendre là-dessus, sur la portée, qu'est-ce que vous entendez par «la
caractérisation écologique», et la perspective dans laquelle vous la
situez.
Le Président (M. Morin) : ...
M. Nadeau
(Patrick) : Bien, c'est
certain que, d'une part, ça rejoint la question de Mme la députée tout à
l'heure, c'est-à-dire que, oui, on
appuie certaines orientations gouvernementales, on appuie la protection de
50 % du Plan Nord, mais, du même
souffle, on reconnaît qu'on n'a pas toutes les connaissances en date
d'aujourd'hui pour le faire, ça. Donc, ça
va prendre l'acquisition des connaissances, puis forcément il va falloir que ce
soit financé, cette acquisition-là. Ça ne se fait pas tout seul. On a déjà des connaissances. On a certains endroits...
surtout sur la côte, en fait, là, surtout sur la côte au Nunavik, on commence à comprendre un peu, mais il
y a plein d'endroits encore où il faut caractériser. Donc, ça peut être physiquement des inventeurs sur le terrain
pour voir ce qu'il y a là d'un point de vue écologique. Ça, ça va coûter
des sous. Donc, c'est certain qu'on précise
à l'article 71 qu'il y ait des sous réservés pour ça dans les attributions du
fonds.
M. Jolin-Barrette : Donc, pour vous,
le développement des connaissances tel qu'il est déjà stipulé dans le projet de loi, ça ne va pas assez loin vraiment
pour mettre une clé de verrou, pour s'assurer que vous obteniez les sommes
nécessaires afin de caractériser.
M. Nadeau (Patrick) : Exactement.
Parce que, lorsqu'on parle d'acquisition de connaissances, c'est très, très large. On pourrait, par exemple, parler
d'acquisition de connaissances pour la géologie, donc, purement à des fins
d'exploitation minière éventuelle. Bien sûr qu'il va falloir faire ça
également. Donc, on n'est pas contre ça. Mais, tant qu'on ne l'a pas
précisé, ça pourrait être uniquement ça qu'on a en tête. Donc, c'est pour ça
qu'on demande vraiment d'expliciter le fait que ça inclut un volet de
caractérisation écologique.
M. Jolin-Barrette : O.K. Par la
suite, vous avez abordé le point au niveau de l'évaluation environnementale stratégique en matière de transport pour avoir une
vision globale de la chose, comment développer le Nord. Est-ce que vous, vous avez une opinion sur le développement
en matière de transport, qu'est-ce qui devrait être favorisé sur les choix
à faire? Parce que tout à l'heure vous avez
dit : Bien, trois chemins de fer. Bon, réalistement, on sait tous que ça
ne se fera pas. Mais, concrètement, là?
M. Nadeau
(Patrick) : Bien, dans le
cas de l'étude environnementale, c'est certain qu'il y a plusieurs questions
qu'on peut se poser. Puis c'est justement
l'occasion de dégrossir, c'est-à-dire même éliminer complètement les a priori
puis se poser des questions comme : Est-ce que c'est un chemin de fer
qu'on veut? Est-ce que c'est une route? Est-ce qu'il y a certains secteurs qu'on devrait éviter à
tout prix? Donc, considérer que, certains secteurs, on ne veut délibérément
pas développer des accès dans ces
secteurs-là parce qu'ils sont trop fragiles. Donc, c'est vraiment dégrossir.
Parce qu'il faut savoir qu'à partir
du moment où on fait une évaluation ponctuelle sur un projet, ces questions-là,
on ne se les pose plus. Si on dit :
On veut construire un chemin de fer du point a au point b, évaluons ce
projet-là, bien c'est ça qu'on évalue. Donc, on perd cette vision
d'ensemble là, on perd le contexte qui nous aurait permis de poser ces
questions-là.
Si on regarde la
route de la Baie-James, par exemple, qui a été construite dans les années 60,
70, ça, ça a été complètement structurant
pour tout le reste du développement. Je veux dire, une décision comme ça, elle
est irréversible, à toutes fins
pratiques. Donc, évidemment, on ne s'oppose pas a posteriori à la construction
de cette route-là, mais il faut voir
que tout ce qui est venu par la suite, autant au niveau de la chasse, de la
pêche, du braconnage, des mines, tout ça, ça part de l'infrastructure de
transport. C'est pour ça que nous, on...
Le Président (M.
Morin) : M. Nadeau...
M. Nadeau
(Patrick) : ...on place ça au-dessus de tout le reste.
Le Président (M.
Morin) : ...je vous laissais aller, là, mais je suis obligé de
vous arrêter.
de Swarte, M. Nadeau, merci pour la qualité de votre présentation, et je vous
souhaite un bon retour à la maison. Et j'invite les représentants de
l'Administration régionale de la Baie-James. Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à
14 h 48)
Président (M. Morin) :
Nous reprenons nos travaux. Donc, bienvenue aux représentants de l'Administration régionale de la Baie-James. Comme vous connaissez la façon de faire, je
vous laisse la parole et nous présenter ceux qui vous accompagnent. Donc,
messieurs, à vous la parole.
Dubé (René) : Merci beaucoup. Merci de nous accueillir dans vos bureaux. J'ai l'immense honneur de représenter l'Administration régionale Baie-James.
Mes partenaires présents : j'ai le vice-président de l'administration,
qui est maire de Lebel-sur-Quévillon, M.
Alain Poirier; j'ai le président de la localité de Radission, M. Normand
Lacour, et un administrateur,
conseiller municipal à la ville de Chibougamau, M. Daniel Bergeron. Mon nom est
René Dubé, maire de la ville de
Matagami et président de l'Administration régionale Baie-James. J'ai eu la
chance d'être assis autour de la table...
je disais tout le temps la joke : J'étais le «backbencher» de M. Lemoyne,
où est-ce qu'on a participé à l'élaboration de la première table des partenaires du Plan Nord. On a eu la chance de
se donner une vision et de voir de quelle façon on va pouvoir travailler au développement du milieu
mais dans le respect de ceux qui l'habitent. Aujourd'hui, on n'a pas la prétention de vous émettre un mémoire, mais
strictement des commentaires et observations afin d'alimenter votre discussion
et votre orientation que vous avez donnée à la Société du Plan Nord.
création de la Société du Plan Nord marque l'établissement d'un jalon pour le
développement du Nord. Jusqu'à ce jour, les déclarations
gouvernementales annoncées en introduction de cette nouvelle institution n'ont
pas manqué d'alimenter les espoirs à l'idée
qu'elle établira une meilleure coordination entre le gouvernement, les
instances régionales et les
partenaires pour le développement harmonieux du Nord québécois. D'ailleurs,
cette attente, que nous entretenons depuis
plusieurs mois déjà, a conditionné nos demandes spécifiques, dont la localisation
des bureaux administratifs sur le territoire
du Plan Nord et l'embauche d'agents bénéficiant d'une certaine latitude afin de
pouvoir assurer efficacement cette meilleure coordination que nous
souhaitons entre les régions desservies et le gouvernement du Québec.
la lecture du projet de loi instituant la Société du Plan Nord, nous observons
que cette dernière pourra coordonner, contribuer
d'autre façon à la mise en oeuvre d'orientations définies par le gouvernement.
Elle pourra également assurer les rôles d'accompagnement et réaliser des
actions permettant de maximiser les retombées économiques générées par
l'exploitation des ressources naturelles. En somme, elle aura un rôle exécutif
quant à la mise en oeuvre d'orientations gouvernementales
et certains autres rôles liés au développement économique que certains
partenaires, dont la Société de développement de la Baie-James, assument
déjà chez nous.
Au niveau des
observations :
article 1, alinéa trois. L'objectif de la Société du Plan
Nord étant de coordonner l'ensemble de
l'action gouvernementale, il va de soi qu'elle doit avoir un bureau à Québec,
mais il est toutefois capital que la société
ait des bureaux satellites dans les territoires d'application de son mandat
pour favoriser l'accès aux promoteurs et organismes oeuvrant sur lesdits territoires ainsi que pour donner un
éclairage sur les réalités nordiques au personnel de la société.
Article
5, alinéa 2°. Le projet de loi prévoit que la société pourra exploiter les
infrastructures. Est-ce que la société entend
prendre à sa charge les infrastructures stratégiques pour l'ensemble de
l'économie du Québec mais qui peuvent, sur
un point de vue comptable, être déficitaires? Plusieurs exemples nous viennent
à l'esprit, dont les aéroports, certaines routes, des infrastructures maritimes à être construites et,
particulièrement pour le territoire de l'Administration régionale
Baie-James, les infrastructures ferroviaires dont il est spécifiquement fait
mention dans les articles du projet de loi.
Article 6. Le projet de loi prévoit la mise en
place d'un bureau de commercialisation ayant pour objet de faire connaître aux entreprises québécoises
les besoins des donneurs d'ordres oeuvrant sur le territoire
du Plan Nord. Il est très important
que la commercialisation du Nord ne s'arrête pas à cet aspect. Le territoire d'application
de la société est assurément le plus méconnu
de tout le Québec, ce qui engendre plusieurs problèmes,
notamment la prospection d'entreprises et le
recrutement de main-d'oeuvre.
Au niveau de l'article 14, la société devra établir un plan stratégique. Il est
capital que la société, avant d'établir un tel plan, consulte les acteurs directement impliqués dans le développement économique du territoire visé et, autant que possible, qu'elle
intègre les priorités locales dans sa stratégie d'ensemble. Cette démarche
pourrait se faire par l'entremise de la table des partenaires, dont les
paramètres de mise en place et d'opération demeurent à être définis.
Au niveau
de l'article 15, la société pourra percevoir des droits. Nous
déduisons que les droits perçus seront une sorte de contrepartie contre les infrastructures et services qui
pourraient être mis en place. Il est important que la société ne soit pas financée par des droits
supplémentaires de quelque nature que ce soit... pourraient rendre moins
compétitif le territoire
d'application. Il est également très important que les éventuels droits ne
privent pas les communautés locales de revenus potentiels qui font
l'objet de représentations depuis des décennies.
Au niveau
de l'article 21, la société utilisera des sommes affectées aux
activités d'un ministère pour réaliser ses interventions. Par expérience, nous savons que ce ne sera pas chose
facile. La compétition entre ministères pour l'affectation des ressources n'est pas un mythe. Il ne faudrait
pas que la société et les projets qu'elle supportera soient paralysés par
des questions de procédures administratives.
Nous reconnaissons qu'il n'y a pas de recette magique pour éviter ce piège,
mais nous profitons de l'occasion pour vous faire part de notre préoccupation.
Au niveau
de l'article 29, il y aura lieu de définir clairement ce
qu'est un administrateur indépendant. Finalement, encore sur l'article 29, il y aura lieu
de ne pas uniquement tenir compte de la présence de chacune des régions du
territoire visé au conseil
d'administration mais de prévoir des règles de représentativité et d'équité
afin d'éviter... dès le départ lié à la surreprésentation d'un secteur
ou d'une région.
Finalement,
il ne faut pas oublier l'article 51 au
niveau de la table des partenaires.
La première mouture de la table des partenaires était mise en place par
les recommandations de chacune des régions qui, eux autres, nommaient des représentants
pour les différentes tables qui étaient visées. Il serait pertinent de tenir
compte aussi du support et des recommandations de chacune des régions. Voilà
qui fait le tour.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. Dubé. M. le ministre.
Arcand : Bien, merci infiniment. D'abord,
mes salutations encore une fois à M. Dubé de même qu'à toutes les personnes qui vous accompagnent : M.
Poirier, M. Lecours et M. Bergeron. Encore une fois, bienvenue à Québec,
et nous sommes très heureux de vous recevoir aujourd'hui et d'entendre votre point
de vue.
D'entrée de jeu, je vous répondrais, au départ, par un certain nombre d'affirmations. Peut-être
que ma première va faire plaisir au député de Chauveau en particulier
parce qu'il est clair qu'entre la Société de développement de la Baie-James et l'éventuelle nouvelle Société du
Plan Nord il y aura sûrement des gains d'efficience à regarder de ce côté-là
parce qu'on ne veut pas, évidemment,
multiplier les structures. On a ce même objectif-là de ce côté-là. Donc, il est
clair qu'on va regarder un certain
nombre de choses. Il est clair également que toute la question des bureaux
satellites va être bien sûr regardée
également de ce côté-là. Pour ce qui est des droits et des redevances dont vous
avez fait part, évidemment il y a des
discussions actuellement avec le ministre des Affaires municipales pour toute
la question. On sait que le premier ministre en a fait une promesse, de
retourner une
partie des redevances aux municipalités éventuellement.
Donc, ce sont des enjeux sur lesquels
actuellement on regarde. Et il est clair également que, dans le cadre du développement du Nord, il faut que le gouvernement
prenne une
partie de la charge parce qu'on ne peut pas demander à des municipalités, de façon très logique, là,
d'aller véritablement prendre une grande
partie de la facture parce qu'effectivement le Plan Nord, c'est un plan dans
lequel il faut que le gouvernement s'implique. Alors, là-dessus, je veux
simplement vous rassurer sur la volonté, la
volonté de notre gouvernement, la volonté du premier ministre de véritablement
relancer le Plan Nord et d'aller dans une
direction qui va certainement être un support à ce qui est fait actuellement au
sein des municipalités.
Moi, j'avais
une question cependant pour vous qui touche évidemment le rôle que vous voulez
jouer. Comment une société comme la Société du Plan Nord... Je présume
donc que vous êtes d'accord. Dans ce que je vois, vous êtes d'accord sur la
création de cette Société du Plan Nord. De quelle façon vous voyez cette
société travailler avec vous?
Le Président (M. Morin) : M.
Dubé.
M. Dubé
(René) : M. le ministre, il est fort important que les régions
concernées soient assises autour de la table, qu'elles aient un mot à dire. Parce que nous, on habite le territoire,
on veut le faire dans le respect de ceux qui habitent le territoire.
Les premières
discussions qu'on avait eues au niveau de la possibilité de la Société du Plan
Nord, c'est de faire en sorte que
nous qui habitons le territoire puissions travailler au développement. La
meilleure chose qu'on peut faire, c'est
d'embarquer sur la patinoire et de patiner avec vous autres pour faire en sorte
d'avoir des résultats. Si on reste assis dans les estrades et à regarder la
partie se dérouler, on ne peut pas
influencer, on ne peut pas rien faire à part que d'être des gérants d'estrade. On ne veut pas être des gérants
d'estrade, on veut faire en sorte de participer au développement pour le
bien de notre collectivité, parce que nous, on l'habite, le Nord, mais aussi de
l'ensemble du Québec.
De quelle
façon on peut faire un développement durable, mais de quelle façon aussi on
peut influencer certaines décisions
vues par des gens de l'extérieur qui n'ont pas la connaissance et la réalité de
ceux qui habitent réellement le territoire?
Notre quotidien, il est composé de quoi? J'étais content d'entendre, tout à
l'heure, M. Nadeau, qui a dit qu'il avait un intérêt particulier au développement du Plan
Nord. Bien, nous aussi parce qu'on l'habite, on y vit à tous les jours. On a
pris l'avion ce matin pour venir vous dire
quelques mots, pour vous dire comment est-ce que c'est important pour nous.
Pourquoi? Parce que vous allez être en
mesure de prendre des décisions. Mais les décisions... si, à quelque part, on
n'a pas une voix pour se faire entendre, de quelle façon on va pouvoir
faire du développement réel du territoire?
Nous, on
pense, sérieusement, la Société du Plan Nord peut être un outil de
développement extraordinaire, mais il
faut qu'il se fasse de concert avec les gens qui l'habitent. Il faut qu'on
puisse avoir un équilibre. Nous aussi, demain, on veut protéger l'intérêt de nos enfants. C'est pour ça qu'on veut
faire un développement durable puis on veut faire en sorte que ça
marche.
Arcand : Merci. La question
était de savoir, on parle de l'assemblée des partenaires, comment vous la
voyez, cette assemblée des partenaires. Est-ce que vous réclamez un nombre de
sièges x? Comment vous voyez votre participation au sein de l'assemblée
des partenaires?
M. Dubé (René) : Au niveau de
l'assemblée des partenaires, la première mouture qu'il y avait représentait différents secteurs. C'est la région qui faisait
des recommandations de deux intervenants par différent secteur, qu'on parle
au niveau forêts, mines, énergie,
habitation, santé, éducation. Il y avait différentes tables, il y avait 11
tables des partenaires. Donc, on
avait fait des recommandations, chacune des régions, pour dire qui qu'on
voulait qui soit représenté là, il y avait une personne qui siégeait au niveau de cette table-là, puis après ça on
avait nos tables de travail. De même, on était sûrs et certains... Et, moi, la lecture que j'en ai faite,
on a travaillé... Un exemple, j'ai eu la chance de travailler du côté de la
table énergie. On avait fait
différentes recommandations. Quel plaisir de voir qu'il y a des choses qui se
réalisent aujourd'hui sur le
territoire du Nunavik! Pourquoi? Bien, c'est-u parce qu'on a eu au moins
quelques mots à dire? Je ne le sais pas, mais il y a de bonnes décisions
qui sont prises présentement.
Donc, si vous êtes capables de trouver le moyen
de rassembler le maximum d'intervenants pour être capables d'avoir le pouls réel de ceux qui vont travailler
au développement du Plan Nord, je pense que c'est la meilleure manière :
que la région recommande des gens pour s'asseoir autour de la table des
partenaires.
Arcand : Donc, vous n'avez pas
une idée, là, comme telle qui est préconçue, là, sur la façon dont l'assemblée...
et ce qui est important pour vous, c'est d'avoir votre juste représentation.
M. Dubé
(René) : Et de pouvoir recommander, nous, des gens du territoire
pour être sûrs et certains que notre mot
et qu'est-ce qu'on vit sur le quotidien puissent venir, à quelque forme,
influencer, au moins vous informer de qu'est-ce qui se passe chez nous. Qu'ils viennent de la Côte-Nord, qu'ils viennent
du Nord-du-Québec, qu'ils viennent des communautés cries, on était tous là autour de la table, on
avait un but commun : faire en sorte que le Plan Nord marche. À cette
heure, il faut se servir de qu'est-ce qui a été là pour dire qu'est-ce
qu'on doit améliorer.
C'est là le
défi que vous avez présentement, M. le ministre, c'est d'améliorer qu'est-ce
qu'est la première mouture puis de
voir qu'est-ce qui n'a pas marché puis de voir à ce que ça fonctionne. Mais
l'important, c'est qu'au moins la région va vous avoir suggéré des
personnes pour siéger autour de cette table des partenaires.
Arcand : Une des questions que j'aimerais vous poser, c'est sur la question
des priorités pour vous. Dans votre région,
actuellement, j'entends parler des routes, j'entends parler de
l'importance de développer d'autres
infrastructures, j'entends le
«fly-in/fly-out», toutes ces questions-là qui sont importantes. Si j'avais à
vous demander... Il y a toujours des pléonasmes, on appelle ça des
pléonasmes vicieux. Quelle est la priorité prioritaire, pour vous?
M. Dubé
(René) : Il y en a tellement que j'aurais envie de vous dire...
On parle tout le temps d'occupation du territoire,
de quelle façon on peut faire en sorte que ceux qui vont exploiter des
ressources demeurent dans nos régions.
C'est une
richesse qui appartient à l'ensemble du Québec mais qui profite à beaucoup de
gens à l'extérieur. On sait qu'une
mine, ça a un début puis une fin. À partir de là, de quelle façon qu'on peut
maintenir les infrastructures qui sont déjà en place? Je vais vous
parler d'un exemple, de la route de la Baie-James, qui est un phénomène
historique extraordinaire où est-ce que la route s'est construite, qui donnait
accès aux ressources, qui a permis au Québec de créer 50 % de l'hydroélectricité du Québec, qui a permis aux
communautés cries de se désenclaver, qui a permis de donner l'accès à la chasse au caribou. Ce n'est pas tout
négatif. Il y a des points positifs qui sont sortis de là. À cette heure, la
priorité qu'on aurait, nous, c'est de
trouver la formule adéquate pour permettre aux gens qui travaillent dans le
Nord... puissent habiter le Nord. Je
me permettrais la fantaisie de dire : Le gouvernement a été capable, au
niveau du multimédia, de créer des
crédits d'impôt pour dire à des gens : Vous venez vous installer à
Montréal pour tel créneau. Pourquoi ne
pas être aussi imaginatif pour dire : Quand tu exploites les ressources,
que ce soit forestier, minier ou hydroélectrique,
que tu aies le même genre de crédit pour dire aux gens : Vous travaillez
puis vous allez rester dans le milieu
du Nord? Le «fly-in/fly-out», ça va commencer aussi par nos sociétés d'État
qui, lui aussi, a un rôle fort important.
Lorsqu'on a
présenté des mémoires pour Eastmain-1-A—Rupert, on nous a demandé, nous, les régions, la
Jamésie, de donner un mémoire, notre
opinion. On l'a dit haut et fort, ce n'est pas tant la construction des
centrales, mais l'exploitation des centrales qui est notre défi. Puis, à
quelque part, on s'aperçoit, encore une fois, malheureusement, à certains égards, on est oubliés pour des raisons
économiques. De quelle façon on peut travailler avec notre partenaire qui est Hydro-Québec pour faire en sorte que ceux qui
travaillent à la Baie-James, un exemple qui m'est... un terrain qu'on connaît... Pourquoi qu'on ne trouve pas une
manière qu'ils habitent à Chibougamau, à Chapais, à Quévillon, à Matagami
et même à Radisson? Pourquoi l'aberrance de
ça? On essaie de trouver des manières de sauver de l'argent puis, d'un autre
côté, on trouve de
manières d'en dépenser beaucoup plus. C'est la vision qu'on a. On se dit :
Tabarouette! À quelque part, de quelle
façon que nous qui habitons ce territoire-là, on peut faire en sorte que les
gens qui y travaillent puissent y demeurer, qu'on trouve des manières
imaginatives?
a travaillé avec les communautés cries pour créer la nouvelle gouvernance. On
nous a tout le temps dit : Soyez «out
of the box». J'aurais envie de vous retourner l'ascenseur, M. le ministre, puis
vous dire : Pour l'instant, pour que les régions puissent continuer à aller de l'avant puis vous soutenir dans le
développement, allez «out of the box», permettez aux gens qui exploitent
les ressources, qui travaillent dans le Nord... habitent le Nord.
Arcand :
Non, je suis très d'accord avec vous, et surtout que ça représente des défis
importants. J'étais très heureux, à
un moment donné, on avait relancé une entreprise à Lebel-sur-Quévillon il y a
quelques années. Là, on me dit qu'il y a un certain nombre de
difficultés. Et, puisque je suis en charge d'Hydro-Québec — ça va
être ma dernière question, parce que je sais
que mon collègue d'Abitibi-Est a beaucoup de questions à vous poser
également — mais je
voulais savoir : Est-ce que je
comprends qu'Hydro peut faire plus actuellement? Et, si oui, qu'est-ce qu'ils
peuvent faire de plus?
Une voix :
M. le ministre, poser la question, je pense que c'est y répondre.
Arcand :
...beaucoup de choses dans ce que vous me dites.
Président (M. Morin) : M. Dubé, une réponse courte parce que
l'intervenant d'Abitibi-Est veut intervenir.
M. Dubé (René) :
Ce que j'aurai envie de vous dire, M. le ministre, c'est qu'on a une table de
travail avec Hydro-Québec. Qu'on leur donne
la latitude d'action, qu'on travaille avec les gens de la région pour faire en
sorte que beaucoup de travailleurs qui travaillent dans le Nord puissent
au moins trouver les moyens de rester dans le Nord. Beaucoup de fournisseurs... Je vais vous donner une aberrance : il
y a des contrats nationaux qui sont signés, nos entreprises qui peuvent desservir ne peuvent même pas vendre
la marchandise parce qu'ils passent en avant de nos portes, puis ça doit aller en Abitibi. Excusez-moi, M. Bourgeois,
mais ça va en Abitibi, puis ils repassent en avant de nos portes pour
monter à la Baie-James. C'est-u ça, une économie d'échelle? C'est-u ça, la
façon de travailler?
Est-ce
qu'on peut travailler ensemble d'une façon intelligente, de mettre des points
de chute Nord-du-Québec? Parce que
les centrales sont dans le Nord. Elles ne sont pas en Abitibi, elles sont dans
le Nord. Mettez des points de chute Nord-du-Québec.
Vous avez deux axes d'entrée : vous avez Chibougamau puis Matagami.
Servez-vous-en. On ne demande pas
mieux que d'arriver puis de travailler avec le gouvernement pour faire l'effort
de dire : On peut vous aider dans votre effort budgétaire, mais, à quelque part, on en a, des idées, nous autres
aussi, parce qu'on les voit passer, les camions. On les voit passer à tous les jours. On voit passer, des
fois, quand que le ciel nous le permet, les avions qui nous passent au-dessus
de la tête.
Arcand :
...être des membres très actifs sur l'assemblée des partenaires, alors je suis
très heureux de voir ça, puis il n'y a pas de problème.
Le Président (M.
Morin) : M. le député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : Merci, M. le Président. Distingués invités, tout le monde,
on est pressés dans le temps, donc je vais aller tout de suite à un point qui m'interpelle beaucoup. Vous avez vécu
la première mouture du Plan Nord. Dans la nouvelle mouture, on parle de bureau de commercialisation.
Vous avez eu l'occasion d'avoir un modèle qui a été développé. Tantôt, vous parliez des projets de l'Eastmain-1-A—Rupert—Sarcelle.
J'aimerais avoir un peu plus de détails sur comment vous voyez ça. Dans le projet de loi, il y a
des choses qui sont écrites. Comment vous voyez ça? Comment vous l'avez vécu?
Comment vous voyez ça?
Le Président (M.
Morin) : M. Dubé.
M. Dubé (René) :
Si on regarde... pour la mouture d'Eastmain-1-A—Rupert, on a mis en place un comité
de maximisation des retombées où est-ce qu'on était assis avec les intervenants du
gouvernement, du ministère, la SEBJ dans le temps, et la région pour faire en sorte de maximiser les retombées.
On avait qu'est-ce qu'on appelait, nous, communément le bottin des entreprises par rapport aux
différents services qui sont offerts dans la région. Ce que ça a permis... Ça
n'a pas tout été négatif. Au
contraire, ça a permis à certaines entreprises de se démarquer et d'offrir de
nouveaux services. Pourquoi? Parce
qu'ils ont fait des partenaires majeurs avec des donneurs d'ordres et des
entreprises qui offrent des produits et services pour offrir de nouveaux services dans nos régions. Ça a été une façon de
travailler qui a fait sa marque, qui a fait en sorte qu'à quelque part on avait un mot à dire et on
pouvait influencer, jusqu'à certaines mesures, le développement qui se faisait.
Le Comax a été un outil important, a
permis à la région de se faire valoir et de faire marquer des points importants
pour le développement. Ça a permis de
mettre en lumière des entreprises de chez nous. Pourquoi? Parce qu'on avait un
comité de maximisation qui a fait la job qu'il y avait à faire là avec
la SEBJ.
Le Président (M.
Morin) : ...député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : En complémentaire, là-dessus. M. Dubé, vous nous avez
parlé que l'outil vous a permis de vous faire connaître. Avez-vous pu aussi avoir accès à de l'information dans
le modèle d'échange? Avec les grands donneurs d'ordres puis avec le
reste du Québec, comment ça a fonctionné avec les entreprises d'ailleurs?
M. Dubé
(René) : Ce qui était priorisé, c'étaient les entreprises du
Nord-du-Québec, à quelque niveau. Et ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'on était en mesure... les
entreprises qui venaient travailler dans la région, on était en mesure
en premier lieu de les informer des services qu'il y avait puis du potentiel
qu'il y avait dans notre région. Donc, en
étant assis autour de la même table, on était en mesure d'influencer puis
d'offrir des services qu'on avait chez nous.
Ça a permis, comme je vous disais tout à l'heure, de mettre en lumière des
entreprises, mais ça a permis d'accroître notre offre de services.
M. Bourgeois : Merci, M. Dubé.
Le Président (M. Morin) : Ça
va, M. le député d'Abitibi-Est?
M. Bourgeois : Oui. Je vais céder la
parole à mon collègue.
Le Président (M. Morin) :
Oui. M. le député d'Ungava, oui, il me fait signe.
Boucher : O.K. Bonjour, M. Dubé. Vous avez parlé, dans votre document,
là, à la page... bon, moi, j'ai la page 1, en tout cas, à l'article 1 où vous dites, bon, qu'il irait de soi que le
bureau de la Société du Plan Nord soit à Québec, toutefois, bon, que ce serait primordial et capital qu'il y
ait des bureaux satellites. Je vous donne les clés de la Société du Plan Nord, là,
aujourd'hui, puis c'est... Dans un monde idéal, comment vous voyez ça, puis
comment ce serait structuré?
Le Président (M. Morin) :
Vous avez toute une responsabilité, M. Dubé.
M. Dubé
(René) : Premier réflexe : j'aurais envie de vous
dire : Amenez ça chez nous. Mais ce n'est pas de même que ça marche
dans la vraie vie, là. On sait très bien qu'il doit faire un rôle de
coordination. Ce qu'on précise, c'est qu'on
est d'accord avec le fait qu'il y ait un bureau à Québec, mais l'important,
c'est d'avoir des bureaux satellites où est-ce que ça se passe. Nous, chez nous, on a la Société de
développement de la Baie-James. Il y a des bureaux qui sont libres, là. Il y en a à Chibougamau, il y en a à
Matagami, il y en a à Radisson. Ne réinventez pas la roue, là, mettez des
bureaux satellites où est-ce que ça se passe.
Je vous l'ai
dit tout à l'heure : Quand tu veux jouer au hockey, ce n'est pas dans les
estrades, c'est sur la glace. On veut
être sur la glace, nous autres. On vous dit... il est important, pour la suite
des événements, pour faire en sorte que ça marche : Mettez des bureaux satellites où est-ce que ça se
passe, où est-ce que ça se passe réellement sur le terrain. On en revendique pour chez nous. Il y en a aussi
dans l'autre secteur parce que la réalité, là, de ce vaste territoire-là n'est
pas la même. On a un but commun, c'est de
l'habiter et de faire en sorte d'avoir des retombées, puis de faire en sorte
que les gens qui y travaillent
puissent y demeurer. Donc, il est important qu'à quelque part, avec le bureau
satellite, les gens vont faire le lien exact et direct avec votre bureau
à Québec.
Le Président (M. Morin) : Ça
va? 42 secondes.
Boucher : Une petite rapide en terminant. Vous avez parlé, bon,
concernant, bon, le bureau de commercialisation où il y aurait possibilité de faire des maillages peut-être avec
d'autres entreprises à l'extérieur du Québec, même entre régions...
Comment vous voyez ça, là?
Le Président (M. Morin) :
Réponse courte, M. Dubé.
M. Dubé
(René) : Réponse courte. Ce qu'on s'aperçoit, là, c'est que,
même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas tout faire tout seuls. Il est important de s'adjoindre
des gens qui ont une expertise mais qui peuvent aussi travailler avec ceux qui restent chez nous. De
quelle façon qu'on peut travailler de concert? De quelle façon qu'on peut
se bâtir une expertise?
Dans la
région Nord-du-Québec, on a un outil extraordinaire qui s'appelle la table de
concertation minière, qui, au fil des
années, avec le support de la région, s'est bâti une expertise dans le domaine
minier. Pourquoi? Parce qu'on a fait
en sorte que nous, on veut avoir un mot à dire sur le développement de notre
secteur. À quelque part, s'il y a d'autres gens qui veulent se greffer à nous pour faire en sorte de soutenir le
développement, c'est la meilleure manière de faire parce qu'on ne peut
pas tout faire tout seuls.
Président (M. Morin) : Merci, M. Dubé. Vous avez fait ça court,
c'est bien. Mme la députée de Duplessis.
Richard : Merci, M. le
Président. M. Dubé, messieurs, bonjour. Très intéressant. Écoutez, je pensais
presque m'entendre à certains moments, surtout, M. Dubé, quand vous avez
parlé du «fly-in/fly-out».
Vous savez
que, via la Société du Plan Nord, il y aura des investissements qui seront mis
à la disposition de celle-ci pour
investir, entre autres, on l'a dit, que ce soit dans des ports, mais plus au
niveau des chemins de fer ou au niveau des routes. Ce que j'avais compris, en tout cas, anciennement...
je pense que l'orientation du gouvernement va rester la même, c'est qu'il y aurait aussi une part du privé. Je
prends, exemple, le chemin de fer, le troisième chemin de fer à Sept-Îles; il
y aurait une part du gouvernement, mais il y aurait une part du privé.
Est-ce que
vous ne pensez pas qu'à ce moment-là on aurait une opportunité, par rapport au
«fly-in/fly-out», là, parce que n'est pas comme ça, moi, je pense, qu'on
développe une région, d'intervenir auprès des compagnies pour lesquelles le gouvernement leur facilite l'accès à
leur site d'exploitation, là, facilite l'accès d'autres façons pour
justement... on ne pourra pas
l'éviter complètement, le «fly-in/fly-out», mais inciter les compagnies
minières à travailler en concertation avec
tous les gens de la région pour qu'on puisse faire en sorte de le limiter le
plus possible, c'est-à-dire, à compétences égales, faire l'embauche des
gens de chez nous? Parce que ce n'est pas ce qu'on voit, là.
M. Dubé (René) : Il y a deux
choses qui m'interpellent principalement. C'est que nous, dans la région Nord-du-Québec, on a la Société de développement de la
Baie-James, qui joue un rôle crucial où est-ce qu'elle responsable de certaines infrastructures routières et responsable
de certains services aéroportuaires aussi. Pourquoi aller chercher d'autre
chose? Pourquoi ne pas se servir de
qu'est-ce que nous, on a en place dans des mandats où est-ce qu'il va pouvoir
interagir immédiatement?
On sait que
la route de la Baie-James, nous, ça a permis le désenclavement des communautés
cries. Mais je veux juste vous
rappeler qu'il y a un investissement privé de 1,8 milliard qui s'est fait
pour la mine Opinaca-Goldcorp. Il y a Stornoway,
avec le partenariat avec le gouvernement du Québec, qui va faire la première
mine de diamant au Québec. On a des
investissements dans nos mines autour de chez nous où est-ce qu'il y a des
investissements de plusieurs millions. Pourquoi
ne pas se servir, nous, de qu'est-ce qu'on a, là, de la Société de
développement de la Baie-James, qui est capable de jouer ce rôle-là chez nous pour maintenir et améliorer les
infrastructures routières? On n'est pas obligé d'en réinventer. Chez nous, un facteur fort important : le
chemin de fer dans le secteur de Matagami et de Chibougamau, où est-ce qu'il
est important de maintenir ce service-là.
Avant de commencer à vouloir regarder pour... C'est sûr que ce n'est pas chez
nous qu'ils veulent regarder pour un autre
chemin de fer, mais on peut-u avoir les moyens de maintenir le service qu'on a
là pour permettre à l'industrie
minière et forestière de rester vivante, de garder au moins nos acquis qu'on a
là? Parce que la peur qu'on a, c'est de les perdre à ce niveau-là, parce
que, l'infrastructure ferroviaire, il y a des choses à faire.
Mme Richard : Ce que je comprends, M. Dubé, ce n'est pas...
c'est sûr que ce n'est pas la même réalité que dans mon coin de pays. Vous avez déjà, vous, des
infrastructures, de par la création de la Baie-James, de la société de la
Baie-James, où vous avez une infrastructure.
Puis c'est vrai, moi, je l'ai survolée, vous avez une très, très belle route.
Ça fait que moi, je vois mal en tout cas comment, de la part d'un
gouvernement qui dit qu'il faut faire vraiment attention vu l'état des finances publiques... Hein, on l'a entendu
souvent, la capacité de l'État à payer, là... Moi, en tout cas, je ne pense pas
que c'est comme ça qu'on peut développer les... S'il y a déjà des
infrastructures, elles devraient servir, puis, s'il faut les améliorer, il faut
les améliorer, mais on investit sur celles qu'il y a déjà, on ne dédouble pas.
Mais
j'aimerais juste vous entendre, parce
que j'ai quelques questions, sur le «fly-in/fly-out». Comment on peut éviter le plus possible de faire en sorte que nos
régions vivent artificiellement de «fly-in/fly-out»? Parce que, quand c'est
à une grande proportion, c'est les villes,
les municipalités qui doivent débourser pour des mises à niveau de
l'infrastructure.
Ces gens-là
qui viennent en «fly-in/fly-out» ne consomment pas, ne prennent pas part à la
collectivité, ne s'intègrent pas. Donc, juste une ou deux mesures qu'on
pourrait mettre de l'avant, là.
Dubé (René) : Je vais
répondre à votre premier commentaire, si vous me le permettez, parce que le
gouvernement actuel, à force de dire
qu'est-ce qu'on a comme infrastructures puis d'expliquer clairement le genre
d'infrastructures qu'on a, a une
écoute pour faire en sorte de voir de quelle façon on va maintenir les infrastructures qu'on a présentement pour pouvoir
continuer à desservir et faire en sorte de... développement de notre région.
En ce qui concerne le «fly-in/fly-out», ce qu'on
comprend, c'est que nous, un exemple, on travaille avec les minières et les forestières pour voir de quelle
façon on peut les influencer. Quand on vous disait d'entrée de jeu, tout à
l'heure, de tenir compte, c'est vrai, des entreprises mais de tenir compte
aussi du bassin de main-d'oeuvre... De quelle façon on peut influencer les travailleurs à venir s'installer chez nous?
C'est là le défi qu'on a. Nous, un exemple, on a beau essayer de se mettre attrayants, de mettre toutes
sortes de programmes pour que les gens s'installent. De quelle façon on peut contrer ça? C'est en travaillant avec nos
partenaires sur le terrain et des programmes aussi du gouvernement. Je vous
l'ai dit, je vous l'ai demandé tout à
l'heure : Est-ce qu'il y aurait un crédit d'impôt à donner à ceux qui
habitent le territoire qu'ils développent?
C'est un incitatif à dire à une famille : Bien, sais-tu, tant qu'à aller
travailler là, pourquoi je ne m'installerais pas, un exemple, comme chez
nous, dans nos villes, pour répondre à ça?
Il y a aussi
nos institutions, Hydro-Québec. Il faut qu'on travaille et rappeler à tous les
jours pour faire en sorte de dire : Bien oui, on va travailler
ensemble, mais il faut continuer à répéter.
Richard : Sur Hydro-Québec,
en passant, je suis totalement d'accord avec vous. Moi, je vous trouve quand
même plus chanceux que les gens de la
Minganie parce que vous, vous aviez quand même la société de la Baie-James
qui vous a permis dès le départ que les gens
soient intégrés ou tout le développement hydroélectrique que vous avez vécu
chez vous. Ce n'était pas le cas pour le
projet hydroélectrique de la Romaine. Vous savez, l'eau embouteillée, là, ils
ne l'achètent pas en Minganie. Les vans, elles passent chez nous aussi à
tous les jours, elles n'arrêtent pas. Les grands donneurs d'heures d'ouvrage que sont nos sociétés d'État comme
Hydro-Québec, c'est souvent des entreprises d'ailleurs, parce que souvent, hein, on y va, je pense, après
cinq, 10 millions... En tout cas, ils ont mis un barème, et, dans une région
aussi grande que la mienne, c'est très difficile de faire du maillage
d'entreprises.
Et savez-vous quoi? Il ne se fait pas
juste du «fly-in/fly-out» par rapport à l'industrie minière. Chez nous, il se
fait du «fly-in/fly-out» au niveau de la
construction parce que vous avez des jolis contrats, puis ça vous permet
d'amener votre main-d'oeuvre de la
construction. Et, pendant ce temps-là, moi, j'ai des hommes et des femmes qui
ne travaillent pas et qui auraient
les compétences. On pourrait en jaser longuement. Je pense que le ministre
responsable des Ressources naturelles
et, entre autres, de la société d'État qui est telle qu'Hydro-Québec, on
pourrait aller prendre un café puis en jaser longtemps parce qu'il
faudrait qu'elle change un petit peu.
Bureau de commercialisation, M. Dubé. Je pense que
la Société du Plan Nord se dote, là, d'un bon outil. Faut-il savoir l'utiliser adéquatement? Vous savez, ça ne
portait pas ce nom-là, «bureau de commercialisation», mais il y avait
certaines petites missions, ça partait de différents ministères, on
disait : On veut faire connaître le Nord. On faisait connaître le Nord mais pas nécessairement aux gens
du Nord, même si on le connaît. Je parle en termes de ce qui allait se passer en termes de développement minier, en
termes d'infrastructures à construire. On faisait des missions un petit peu partout sur la planète, sauf sur le territoire
concerné. Et le bureau de commercialisation dit : Il a pour objet de faire
connaître aux entreprises québécoises les besoins des donneurs d'heures
d'ouvrage sur le territoire du Plan Nord. Mais moi, je souhaite vraiment, et je ne sais pas si c'est votre souhait, là,
c'est là ma question, que le bureau de commercialisation, oui, fasse connaître nos besoins à l'ensemble du
Québec mais qu'il fasse connaître à mes petites, moyennes entreprises
les besoins qu'il va y avoir, puis là qu'on
puisse... capables de savoir un peu à l'avance, hein? Parce que, là, il y a une
accalmie, ça nous permet de nous
préparer pour le futur et peut-être qu'on pourra... Il y a des entreprises.
Moi, je suis convaincue, dans la
région, que, si on avait du maillage d'entreprises, on mettait les efforts en
commun, on serait peut-être capables d'aller chercher souvent, notre
part du gâteau.
Mais,
s'il faut que le bureau de commercialisation, ça se passe à Québec, parce que
le siège social va être à Québec, et
que, là, on parle avec les entreprises de Sherbrooke, les gens de la Mauricie
parce que, bon, eux autres aussi connaissent des difficultés, on se
promène partout sauf chez nous, on va avoir un sérieux problème.
Le Président (M.
Morin) : M. Dubé.
M. Dubé (René) :
J'aurais deux choses que j'aimerais vous dire. Vous dites qu'on est chanceux
par rapport à la SDBJ, là. Mais la SDBJ des années 70 a permis des
investissements. Puis il s'est créé la Société de développement de la
Baie-James, qui était un outil, un moteur fort important mais qui a donné de la
richesse à l'ensemble du Québec. On a la chance d'avoir cet
historique-là, puis il faut travailler avec. Ça, c'est le mot qu'on avait à
dire.
rapport à l'offre de services, je vous disais tout à l'heure, madame, qu'on
avait le Comax, le comité de maximisation,
où est-ce que nous, on a travaillé, puis ça, c'est un travail à tous les jours,
pour faire valoir nos entreprises, nos
entreprises de services. C'est eux autres qui font la différence parce qu'une
fois ces gros travaux-là finis, là, c'est nos petites entreprises qui
restent dans notre quotidien. Il est important que nous, on les invite autour
de la table à dire : Bien oui, j'ai quelque chose à t'offrir. Puis, plus
que ça : Si tu as accès à ce produit-là, si tu as accès à ce client-là, tu
peux augmenter ton offre de services et
donner le meilleur service à ta population. Je le sais parce qu'on l'a vécu,
nous autres. Ça nous a permis d'avoir
des entreprises qui offrent du service qu'on n'avait pas avant. Pourquoi? Parce
qu'on les a assis autour de la table.
On les a assis, et puis : Bien, voici ce qu'on offre. C'est quoi, tes
besoins? C'est quoi, tes besoins, par rapport à qu'est-ce qui s'en
vient? C'est là le défi qu'on a : d'informer, informer chez nous aussi.
Mme Richard : Les antennes seraient satellites avec des pouvoirs, quand même, avec
des personnes représentatives qui
proviennent des milieux mais qui ont quand même un pouvoir, pas juste
d'influencer, de changer certaines positions. Parce que, vous le dites, oui à la Comax, mais il y a différents outils
dans différentes communautés pour justement faire connaître les contrats, faire connaître ce qui
s'en vient. Mais, si le bureau de commercialisation n'est pas implanté vraiment
avec des décideurs locaux tels que
quelqu'un qui siège... ou qui a son bureau via une antenne satellite, exemple,
à Chibougamau, à Baie-Comeau, à
Sept-Îles, à Port-Cartier puis que, là, il est capable de transmettre
l'information à sa population, à son monde, on n'y arrivera pas.
Président (M. Morin) : Merci, M. Dubé. Mme la députée de
Duplessis, votre temps est terminé. Donc, au député de Chauveau. À votre
tour, mon cher.
Deltell : Merci, M. le Président. Messieurs, soyez les
bienvenus dans votre Assemblée nationale. Ça me fait plaisir de vous
voir et, dans certains cas, de vous revoir ici.
D'abord,
je suis bien heureux d'entendre le ministre dire qu'il va y avoir des économies
d'échelle entre la Société du Plan Nord
et la société d'exploitation de la Baie-James. Tant mieux, parce que, nous,
notre principale préoccupation... En
fait, nous, on est d'accord avec la création d'un guichet unique pour le
développement du Nord, le développement de nos richesses naturelles,
mais on se questionne, à savoir : Est-ce qu'une société d'État est
nécessaire?
là je tiens à faire la distinction, parce qu'on comprend que le développement
du Nord va se faire par l'entreprise privée.
Le gouvernement n'achètera pas une mine puis ne développera pas une mine, ce
qui était tout le contraire de la Baie-James,
parce que l'énergie de la Baie-James, toutes les infrastructures, le gros
chantier, les barrages étaient conçus par
des Québécois, faits pour les Québécois, exploités par des Québécois et pour
les Québécois. Donc, c'était vraiment une
entité étatique comme telle, ce qui n'est pas le cas du Plan Nord. Le
gouvernement n'a pas le mandat de développer les mines, c'est l'entreprise privée qui le fait. Le gouvernement
l'accompagne, établit un cadre législatif, des redevances, et tout ça.
Alors, moi,
j'aimerais savoir : De votre côté, est-ce que vous souhaitez que ça se
passe par l'implantation d'une société d'État ou seriez-vous à l'aise
avec un bureau, une direction ou un secrétariat à l'intérieur d'un ministère?
Le Président (M. Morin) :
M. Dubé.
M. Dubé
(René) : Ce que j'aurais envie de vous dire d'entrée de
jeu : Nous, on a la Société de développement de la Baie-James, mais elle n'est pas partout sur
le territoire. Donc, logiquement, je regarde... Vu avec un peu de recul,
on doit créer la Société, comme telle, du Plan Nord, mais ce qu'on vous dit,
c'est qu'à l'intérieur de ça nous, on a la Société
de développement de la Baie-James, qui peut jouer un rôle important, puis on a
des bureaux aussi pour ça. En lui donnant les outils nécessaires, il va
être en mesure de faire des choses en ce qui concerne notre région.
Deltell :
...ça vous prend absolument une société d'État, la Société du Plan Nord, pour
qu'un bureau dans un ministère ou... enfin, quand je dis «bureau», là, ce n'est
pas un pupitre, là, c'est une entité, là, ou, enfin, un secrétariat qui va faire en sorte qu'on pourrait atteindre
les mêmes objectifs mais sans nécessairement créer une société d'État
avec un conseil d'administration, 15 membres pour gérer 50 personnes.
M. Dubé (René) : Ce que
j'aurais envie de vous dire, c'est exactement ce qu'on a marqué tout à l'heure dedans : C'est de faire en sorte qu'il ait au
moins les coudées franches pour être capable de faire interagir par différents
ministères. On croit sincèrement que, oui,
on doit avoir la Société du Plan Nord, une entité à part entière, pour qu'il
soit en mesure de réellement avoir les coudées franches pour intervenir rapidement
sur le territoire.
Deltell : C'est
pour ça que ça vous prend une société de la couronne.
M. Dubé (René) : Je crois
sincèrement que oui.
Deltell : O.K. Parfait. J'aimerais vous parler de la Baie-James maintenant parce qu'il y a
quelques années j'ai eu le grand bonheur d'y aller.
Et ça, je
lance un message à tout le monde, là, tous les Québécois devraient, au moins
une fois dans leur vie, aller à la
Baie-James. C'est fort probablement la plus grande, sinon notre plus grande
réalisation collective. Ce sont des gens de chez nous qui ont été dirigés par un chef visionnaire, Robert Bourassa, qui a mis
tout en place pour pouvoir créer cette infrastructure magnifique, qui
nous sert aujourd'hui.
Où serait le Québec
si on n'avait pas la Baie-James? Je pourrais peut-être poser la question : Est-ce qu'aujourd'hui
on serait capables de refaire une autre
Baie-James? Poser la question, c'est y répondre. Mais je ne répondrai pas à ça,
c'est un autre débat. Mais, grâce à
Robert Bourassa et à son équipe, on a pu créer cet outil extraordinaire du
développement du Québec. Et, quand on
sort de là, je dois vous dire une chose, on est fiers en tabarouette d'être
Québécois. C'est dommage que ça ne
soit pas sur la 20, entre Québec puis Montréal, parce que tous les Québécois
verraient ça puis seraient fiers. Il faut vraiment faire un méchant
détour pour y aller, mais quel beau moment quand on y va! Et moi, j'y suis
allé.
C'est bien
aussi, Radisson, parce que j'ai pu découvrir ça quand j'y suis allé, où j'ai pu
découvrir une communauté où il y
avait presque tous les services qui étaient là, les écoles, où, enfin, les
enseignants étaient là pour enseigner aux enfants, les services médicaux
aussi. À la blague, j'avais d'ailleurs dit : C'est fantastique, il n'y a
pas d'attente à l'urgence à Radisson. Bon,
O.K., ça prend 17 heures pour partir de Québec pour y aller, donc on ne gagne
pas vraiment de... quand on y va,
mais ce qui est formidable, c'est qu'il y avait... Mais ce qui m'a déçu de
cette visite-là, par exemple, c'est que j'ai constaté qu'il y avait une société... il y avait quasiment deux classes
de citoyens là-bas : il y avait ceux qui y vivaient puis ceux qui travaillaient pour Hydro-Québec, avec des
avantages incroyables, des infrastructures payées par nous tous, les Québécois, mais uniquement au service des employés
d'Hydro-Québec. Puis je ne vous parle pas du «fly-in/fly-out», ma collègue de Duplessis l'a très bien plaidé, puis
je pense qu'il n'y a personne ici qui peut l'accoter là-dessus. Mais c'est
quand même surprenant de voir que, oui, il y
a des gens qui habitent là-bas... alors, parlons des autochtones, mais ce ne
sont pas des Amérindiens, et puis il y a
ceux qui travaillent pour Hydro-Québec, qui font du «fly-in/fly-out», puis ils
ont droit à bien des infrastructures.
Alors, moi,
je veux vous entendre là-dessus et je vous laisse tout le temps nécessaire...
enfin, tout le temps qui me reste,
pour vous entendre là-dessus : Est-ce que vous trouvez que les gens qui
habitent là-bas sont aussi bien traités que les gens qui travaillent
pour Hydro-Québec là-bas?
Président (M. Morin) : M. Dubé, deux minutes. Vous connaissant
depuis 30 quelques minutes... Faites un effort.
M. Dubé
(René) : Écoutez, ce que j'aurais envie de vous dire, c'est que
c'est un travail de tous les jours qu'on doit faire présentement pour
faire en sorte que les gens qui vont vouloir travailler puissent habiter le
territoire.
On a des installations qui peuvent répondre à
ces besoins-là. On va donner un coup de barre pour essayer de changer des choses, mais vous savez aussi bien que
moi qu'en posant cette question-là c'est y répondre, dans le sens qu'on ne peut pas changer qu'est-ce qui est signé par
des conventions, des conventions collectives et des droits qui sont donnés.
La seule chose que j'aurais envie de vous
dire, c'est que nous, ce qui est important pour tout ce qui s'en vient
présentement, on va regarder en avant
puis on va continuer à travailler avec notre société d'État pour faire en sorte
qu'à un moment donné il y ait une
ouverture pour qu'on puisse dire aux gens : Vous travaillez maintenant à
Radisson, vous habitez Radisson. Vous
travaillez maintenant à Eastmain, vous pouvez demeurer à Chibougamau parce que
l'avion vient vous chercher ou vous
pouvez rester à Matagami parce que l'avion va venir vous chercher où est-ce que
vous êtes. Si on est capable d'aller les chercher à Montréal, on se donne ce
droit-là, pourquoi ne pas venir les chercher chez nous tant qu'à passer
au-dessus?
C'est réellement un
travail de longue haleine. Vous dire que ça va se faire du jour au lendemain?
Ça fait des années... Mon prédécesseur, M.
Lemoyne, n'a pas arrêté de crier haut et fort des aberrances qui se faisaient
dans ce temps-là. C'est la réalité d'aujourd'hui,
malheureusement. À cette heure, dans des contraintes budgétaires, de quelle
façon qu'on peut influencer d'une
façon constructive? On demande à tout le monde de mettre l'épaule à la roue,
parfait, mais c'est tout le monde.
Tout le monde doit mettre l'épaule à la roue, tout le monde va faire des
efforts parce que le Québec va grandir puis va se renchérir. Pourquoi?
Parce que les gens vont habiter le territoire.
Il ne faut
pas l'abandonner, notre territoire. Ce n'est pas juste des mines, des forêts.
La plus grande richesse qu'on a dans le Nord, c'est ceux qui y habitent. Il ne
faut jamais, jamais, jamais oublier ça. La richesse numéro un, c'est ceux
qui ont décidé qu'ils partent avec leurs
affaires, leurs bagages, puis ils s'installent avec femmes et enfants puis ils
se disent : Nous, on habite le
territoire. Puis il faut continuer à le marteler à tous les jours. Puis,
lorsque vous allez créer la Société du
Plan Nord, faites en sorte que nous, on ait une voix là pour dire haut et
fort : Vous voulez développer le Québec, on va le faire collectivement. On va faire en sorte que
les gens qui sont dans la région Nord-du-Québec ne soient pas oubliés puis que les gens qui sont sur la Côte-Nord ne
soient pas oubliés, parce que, malheureusement, ça se fait au détriment du développement économique. Mais, une fois la
mine fermée, il reste quoi comme héritage? Il nous reste quoi comme héritage, nous autres qui habitons ce
territoire-là, à
part le fait qu'on doit assumer les taxes des infrastructures
qu'on s'est mises en place? Il faut y
penser. On prend des décisions aujourd'hui pour nos gens de demain, mais ils
vont payer cette facture-là demain des décisions qu'on prend
aujourd'hui. On peut-u le faire correctement? On peut-u le faire avec le
respect de ceux qui décident de l'habiter?
J'admire les communautés cries qui se lèvent
puis qui disent : Non, vous ne ferez pas le développement de n'importe quelle manière. Nous, ce qu'on dit : Vous êtes là pour nous représenter.
Vous prenez des décisions à notre place, mais prenez-les dans le respect de nous autres qui venons vous voir une
fois de temps en temps puis vous dire : On habite encore
ici, nous autres, là, puis on paie des taxes au Québec.
Président (M. Morin) :
Vous avez tellement un beau message que je vous ai laissé une grosse
minute. C'est un message d'espoir, je
vous en félicite. Merci à vous, à M. Lacour, à M. Poirier, à M. Bergeron. Bon
retour à la maison. Ça, c'est un vrai retour à la maison. Bon.
J'inviterais les gens de la Chambre de commerce
de Sept-Îles à se préparer. Je suspends quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 36)
Président (M. Morin) :
Donc, bienvenue à vous, M. Brouillette. Vous n'aurez pas grand monde à nous présenter.
Donc, à vous la parole pour 10 minutes.
Brouillette (Marc) : Merci, M. le Président. Bonjour, chers
parlementaires. Alors, je représente la Chambre de commerce de
Sept-Îles. Elle a été fondée en 1954 et elle agit principalement comme leader
et partenaire pour un développement économique durable et soutenu de la région
de Sept-Îles et offre à la communauté d'affaires des services favorisant le réseautage, l'amélioration des compétences et la
promotion des occasions d'affaires. La chambre a plus de 480 membres qui sont issus de tous les secteurs, autant de la
grande entreprise que de la très petite entreprise.
Vous me
permettrez d'aller directement sur certaines des conclusions et recommandations
ou commentaires que nous avons faits.
Comme bien nombre d'autres mémoires l'ont fait état, nous n'avons pas désigné où sera situé le siège
social de la Société du Plan Nord. On vous a fait un clin d'oeil, on a
dit : C'est Sept-Îles. On ne pouvait pas passer à côté des commentaires de
M. le ministre. Lorsqu'il a posé sa première question à Mme Anctil, il a fait
l'éloge de la ville de Sept-Îles.
On s'est dit : On va l'intégrer immédiatement dans le mémoire. Et vous avez vite compris qu'on
n'a pas voulu embarquer dans un débat
de fond, dans une course comme on a vécu à la place d'affaires de la société
et vite on a indiqué que Québec
serait peut-être une solution qui ferait probablement l'unanimité des régions qui sont visées par le territoire qui est visé par la Société du Plan Nord. Cependant, les bureaux satellites sont primordiaux. Nous
devons nous assurer que ces bureaux
satellites là ne soient pas simplement des boîtes téléphoniques, qu'il y ait
des gens qui ont des pouvoirs, de
l'autorité et qui sont en mesure de répondre rapidement et de façon
efficace aux besoins des gens, des collectivités, des investisseurs
potentiels qui sont sur le territoire de la Société du Plan Nord.
Nous attirons
votre attention aussi qu'à la lumière de ce qui se passe sur l'île d'Anticosti,
et là je fais état plus particulièrement à l'article 4 du projet de loi, il
serait peut-être judicieux, à ce
stade-ci, d'inclure l'île d'Anticosti dans le territoire qui serait visé par la Société du Plan Nord, notamment compte
tenu évidemment des argents que le gouvernement investit en matière d'exploration. Il y a quelque temps, cette
demande n'aurait peut-être pas été d'appoint, mais je pense que, compte tenu des récents développements qu'on connaît depuis les derniers mois, ça serait le
minimum à considérer.
Quant à
l'article 5, où on prévoit les différents pouvoirs de la société, nous nous
interrogeons sur les pouvoirs de la société
en matière d'infrastructures. En fait, ce que nous vous suggérons, c'est de faire
en sorte que les infrastructures soient
au sens le plus large possible. Donc, on inclut les infrastructures qui
seraient à caractère provincial ou à caractère municipal, qu'il s'agisse de la contribution dans
l'établissement de réseaux d'aqueduc, de salles municipales multifonctionnelles, de piscines, à la limite,
parce que c'est des besoins qui répondent souvent à des demandes qui sont
formulées par des investisseurs dans le cas de projets de grande envergure dans
certaines municipalités, et on l'a vu notamment
au cours des années 2011 et 2012 sur la Côte-Nord. Je vous dirais aussi qu'il
faudrait aussi faire en sorte que, dans
l'intervalle, nous nous assurions la présence d'une équipe
multifonctionnelle — appelez-la,
comme on dit souvent, le fameux «task
force» — où nous
pourrions faire avancer certains dossiers dans l'attente des délais que pourra
prendre la constitution de la Société
du Plan Nord. Vous savez, le Plan Nord, on en parle depuis 2008; de façon
officielle, juridiquement, depuis
2011. Nous sommes à la fin 2014 et nous n'avons pas encore la Société du Plan
Nord qui est créée. Et, sur le
plancher des vaches, les promoteurs n'attendent pas que le législateur la crée.
Donc, les dossiers avancent à un pas
excessivement rapide. À Sept-Îles, actuellement, nous avons quatre dossiers qui
pourraient faire, exemple, l'objet de ce «task force» là dans l'attente
de la création de la Société du Plan Nord. Alors, évidemment, nous avons le
projet de Mine Arnaud, que nous sommes dans
l'attente du décret. Nous avons la question du tarif hydroélectrique avec
l'Aluminerie Alouette, notamment en
ce qui a trait à la phase III, et vous avez évidemment toute la question, je
vous dirais, du réseau pouvant
assurer le gaz naturel, qui fait l'objet, comme vous le savez maintenant, là,
d'une participation gouvernementale pour
en voir l'élaboration. Alors, je vous dirais, dans ce contexte-là, il faudrait
créer rapidement cette équipe multidisciplinaire pour aller de l'avant.
Une chose
aussi qu'on voudrait s'assurer, c'est, quand on parle de maximisation
actuellement dans le projet de loi... À
Sept-Îles, nous avons créé, il y a à peine un mois, un Comax, un comité de
maximisation des retombées économiques, avec la complicité des chambres de commerce de Port-Cartier et des deux
corporations de développement : de Port-Cartier et de Sept-Îles. Donc, on a créé, si vous voulez, une
loi générale qui couvre le territoire de la MRC de Sept-Rivières pour faire en sorte que les besoins des futurs
promoteurs, des investisseurs et nos capacités à offrir nos services soient
échangés et faire en sorte qu'on
arrive à avoir une offre soutenue pour les donneurs d'ouvrage et avoir même le
fractionnement de contrats. Or, dans
ce contexte-là, si nous procédons à un comité de maximisation, nous devrions le
faire en collaboration avec celui que
nous avons mis en place, notamment en ce qui a trait au bureau de la
commercialisation, qui devrait tenir en
considération ce nouveau venu sur notre territoire. Donc, il faut éviter la
multiplicité, il faut travailler en harmonie sur cet aspect-là.
Alors, il faudrait aussi considérer, M. le
Président, le fait que, dans la planification stratégique, nous vous suggérons, et j'entendais la SNAP le dire, de
faire appel aux meilleurs experts afin de mettre en place le meilleur plan de
match possible pour la réalisation du Plan Nord et de ne pas hésiter à ce que
ces experts-là fassent effectivement un lien avec les acteurs de la
communauté sur le territoire du Plan Nord finalement pour que, dans le fond,
les gens qui travaillent sur le terrain et
ces experts-là puissent vous produire la meilleure planification stratégique
dans les circonstances.
Au niveau du
conseil d'administration, M. le Président, ce que l'on vous suggère, c'est
qu'au-delà des compétences et de
l'expérience peut-être qu'on considère aussi ce que le conseil du patronat
suggérait en vertu des règles de gouvernance, une foule de critères, mais qu'on mette l'emphase sur la provenance des
futurs administrateurs sur le territoire qui ferait l'objet de la Société du Plan Nord et que
l'analyse de ces futurs administrateurs soit faite aujourd'hui, parce que c'est
des mandats de quatre ans qu'on
anticipe, et de ne pas attendre à la fin du premier mandat pour mettre en
vigueur le fameux comité qui ferait l'analyse des mises en candidature
pour ces candidats potentiels aux postes d'administrateur.
Deuxième
chose qu'on suggère, c'est : Le délai de quatre ans, pourrions-nous le
faire de telle sorte qu'on renouvelle les administrateurs sur une
répartition plutôt de deux ans pour donner une chance à ce qu'il y ait toujours
quelques administrateurs qui restent en place, et que les nouveaux entrent en
fonction, et qu'on puisse faire le transfert des connaissances?
Au niveau... Je m'excuse, le temps court...
Le Président (M. Morin) : Il
vous reste une minute.
Brouillette (Marc) : Oui, je
le sais. Au niveau de l'assemblée des partenaires, il y a eu beaucoup de commentaires qui ont été faits, qu'on adhère
actuellement. C'est sûr que, ce qu'on a comme projet de loi actuellement,
on a peu de détails. Donc, on suggère de
nous réserver la possibilité de revenir sur certains détails qui pourraient
émerger ou j'attendrai probablement
les questions qui me sont posées à cet effet-là pour pouvoir vous faire des
recommandations un peu plus détaillées, si besoin était.
Finalement,
on parle de finances. On a parlé de redevances. On voit le rôle important que
peut jouer la société dans ce secteur
financier là. On ne peut pas passer sous silence, et ceux qui ont fait des
représentations avant moi l'ont souligné :
dans le cadre de la
Loi sur les mines, et je remercie M. le ministre de revenir
sur cet aspect-là, il y a eu effectivement des discussions. Il y a eu, pendant la campagne électorale, des avancées
qui ont été faites pour retourner une
partie des redevances dans les communautés. Et nous, on le souligne, il faudrait
effectivement qu'une
partie de ces argents revienne au moins sur deux niveaux : un, pour la
diversification économique dans notre région ou sur le territoire de la
société, et, le deuxième point, c'est pour compenser les impacts
effectivement pour la réalisation des infrastructures qui sont nécessaires pour
répondre aux besoins des futurs promoteurs. Merci.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. Brouillette. M. le ministre.
Arcand : Merci.
Bienvenue, M. Brouillette, en cette journée du lundi, et permettez-moi d'abord
de vous remercier. Vous venez de me donner
une bonne idée sur la question de la table des partenaires puis de commencer
dès maintenant à regarder qui
pourrait siéger à la fois sur le C.A. et sur l'assemblée, potentielle, des
partenaires. Alors, je pense que c'est un point intéressant parce que je pense
que ça va être... disons, comme choix, ça sera probablement quelque chose
d'assez délicat. Alors, je dois vous dire que je pense que c'est une bonne idée
de pouvoir faire ça.
Moi, je
voulais vous poser une question juste pour mon information personnelle. Puis je
ne veux pas ici faire de débat, mais
j'entendais la députée de Duplessis, depuis vendredi, parler de tout ce qui
s'appelle le «fly in/fly out», l'emploi
local, etc. Et je dois dire que, pendant la fin de semaine, ça m'a un peu
dérangé, j'ai dit : Tiens, je vais vérifier un certain nombre de choses. Et, vous savez, les chiffres comme ça, on
peut toujours faire parler de ça comme on veut, on peut toujours les
interpréter de bien des façons. Moi, j'ai pris les chiffres de la Commission de
la construction du Québec qui disait, entre
autres, que, sur la Côte-Nord, il y avait 3 838 salariés qui résidaient
sur la Côte-Nord et 3 668 travaillent dans leur région, soit donc,
à peu près, 92 % d'entre eux.
Maintenant, une des choses qui a été dite
également, c'est qu'avec la Romaine, avec ce qui est arrivé avec ça, évidemment, dans la région, il y a eu près de
10 000 travailleurs également en transit dans cette région-là. Donc,
évidemment, dans la région, il n'y avait, comme on le disait tout à
l'heure, pas tout à fait 4 000 salariés actifs.
Alors, moi, ma question par rapport à ça,
c'est : Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux? Est-ce que le problème est à ce point aigu? Je comprends qu'on voudrait
que tous ces travailleurs-là qui ont transité s'établissent à Sept-Îles. Mais
qu'est-ce qu'on peut faire de plus? Et,
d'abord, est-ce que ces chiffres-là correspondent à ce que vous avez? Et,
deuxièmement, qu'est-ce qu'on peut
faire de plus pour améliorer les choses, pour faire en sorte que les gens
s'établissent plus à l'intérieur de la ville actuellement?
M. Brouillette
(Marc) : ...la même réponse
que la CRE vous a fournie : Diversification économique. Ça, c'est le point de base. À chaque variation de la valeur
du minerai de fer ou de l'aluminium, on les vit, les hausses et les baisses.
Alors, il faut stabiliser notre économie, et ça
ne peut pas faire autrement que de passer par la diversification économique. Les projets que vous avez nommés il y
a quelques instants devraient être les priorités à régler pour effectivement
en assurer une certaine stabilité à ce niveau-là.
En ce faisant, vous allez créer, donc, une base, vous allez pouvoir faire en sorte que les entreprises vont pouvoir
s'investir à conserver leur main-d'oeuvre spécialisée. Parce qu'actuellement un
des défis qu'on vit aujourd'hui même, c'est
qu'on a une perte, depuis 18 mois, dans moult entreprises qui font notre tissu
aux niveaux industriel, commercial, manufacturier et qui ont quitté la région,
et le coût est faramineux pour les faire revenir. Alors, si on avait eu cette
diversification-là, on aurait pu maintenir au moins cette base-là qui a été
construite justement pour répondre au fameux
boom du Plan Nord qu'on a connu au cours de l'année 2011. Alors, cette
stabilité-là va faire en sorte aussi
que, parallèlement, on va se doter d'infrastructures adéquates pour la
maintenir, cette main-d'oeuvre-là, des
infrastructures qu'on n'a pas. L'exemple de ville de Fermont, qui n'avait pas
ni de parc industriel ni le réseau d'aqueduc suffisant et l'approvisionnement en eau potable suffisant pour répondre
aux besoins, est un exemple. Nous, à Sept-Îles, on a vécu la crise du logement, on a vécu
effectivement, aussi, des problèmes à divers niveaux qui ont fait en sorte que
la réalité, pour corriger cette
situation-là, repose sur ces éléments-là. L'autre chose aussi qu'il faut faire,
c'est, à travers le comité de
maximisation, là, ou à travers le bureau de commercialisation, tenir compte des
réalités du milieu, donc faire en sorte
qu'on va favoriser la main-d'oeuvre locale, les entreprises locales,
indirectement, et qu'on va faire en sorte que cette base-là va pouvoir opérer correctement avec un
carnet qui est complet. C'est ce qu'on n'a pas actuellement. C'est ça qu'on
vit actuellement.
Alors, quand
vous me dites, là, avec vos statistiques que vous nous présentez, M. le
ministre... Avec beaucoup de respect, je vous dirais : Allez au
Havre-Saint-Pierre. Je vous invite à rencontrer, parce que c'est le coin de
pays de Mme Richard... Je vous invite à
aller au Havre-Saint-Pierre puis à aller rencontrer notamment les gens de
l'AGAM, qui est l'association,
l'équivalent de notre chambre de commerce, mais l'Association des gens
d'affaires de la Minganie, et ils vont
effectivement vous dire ce qu'on vous traduit puis ce que vous entendez par
rapport à la Côte-Nord puis à la problématique
de la main-d'oeuvre. Puis ce n'est pas juste une problématique dans le secteur
de la construction, c'est une problématique qui est généralisée au
niveau de la main-d'oeuvre. Et ça, c'est notre vie, là, à nous autres.
Arcand : Je comprends. Mais ce
que j'essaie de vous dire, c'est qu'en fait une des problématiques c'est,
d'abord et avant tout, le tissu
économique, qui est fragile. Autrement dit, si, demain matin, vous aviez une
Alouette III, IV et les gens venaient
s'installer, avaient des... Le problème, c'est que vous êtes dans des secteurs
hautement fragiles, et les gens ne veulent
pas nécessairement venir demeurer sur place ou faire leur vie sur place tant
qu'ils n'ont pas l'assurance d'avoir des emplois qui sont un peu plus...
je dirais, un peu plus sécurisants, disons. C'est un peu ça aussi, la
problématique.
M. Brouillette (Marc) : J'ai
l'impression que vous êtes Septilien de souche.
Arcand : Bon. O.K., très bien.
Alors, écoutez, je voulais juste qu'on s'entende quand même là-dessus parce
qu'il y a deux choses dans ça qui sont très différentes l'une de l'autre.
Alors, je voulais juste m'assurer de ça.
Vous avez dit dans votre mémoire que vous fondez
beaucoup d'espoir pour la deuxième transformation et la troisième transformation avec l'arrivée potentielle... Parce que je sais
qu'il y a un comité, actuellement, interministériel qui regarde la façon dont on peut améliorer la
desserte en gaz naturel sur la Côte-Nord. J'aimerais que vous me parliez
de ça aussi un peu.
M. Brouillette
(Marc) : Bien, écoutez,
nous, on a perdu, il y a deux ans, un projet que Voestalpinenous a présenté,
de 750 millions, créateur de 200
emplois, qui est maintenant en train d'être construit au Texas, tout ça parce
qu'on n'a pas été en mesure de pouvoir
offrir à cette entreprise-là le gaz
naturel dans un délai relativement acceptable pour eux. On a, je tiens à le mentionner, on a été dans une course
contre une compétition qui était mondiale, et Sept-Îles, avec toutes ses
infrastructures, avec tout ce que vous avez si bien décrit à la
première question que vous avez posée à Mme Anctil l'autre jour, bien, avec tous nos avantages marqués,
reconnus par, en général, les donneurs d'ouvrage, on n'a pas été capables
d'avoir ce beau projet là.
Alors, le parallèle que j'ai fait en commission
sur les enjeux énergétiques, c'était celui-ci : si on avait fait minimalement ce que Terre-Neuve a fait en créant
le Trans-Labrador Highway... Ils ont pris peut-être 20 ans, vous me
direz, mais ils ont fait des petits bouts de
5 millions, 10 millions, 8 millions, mais au fil des ans, aujourd'hui, elle est là, cette route-là. Nous, au niveau de ce dossier-là
du gaz naturel... J'étais à la Régie de l'électricité en 1998. Ça ne me
rajeunit peut-être pas. Mais le point est : si on avait, à partir de ce
moment-là, en partenariat, effectué ce petit bout de chemin là puis si on avait pris, exemple, une
partie des redevances qui
provenaient de la Côte-Nord, on aurait probablement déjà un petit
bout de gazoduc pas loin de Forestville, Baie-Comeau puis peut-être
un peu plus loin que ça. Alors là, avec les partenaires, on essaie de trouver des solutions imaginatives,
terrestres, maritimes. Les discussions ont cours actuellement. On sait maintenant
que vous êtes présents, au niveau gouvernemental, par la société, là, qui a été... par le
partenariat que vous avez créé avec Investissement Québec. On espère, par
exemple, accélérer. Il faut accélérer.
Puis, je vous dirais, une des réalités qui va
nous rattraper rapidement, c'est la compétition qui va provenir des États-Unis, où c'est clair qu'eux ont mis l'accent sur l'utilisation du gaz naturel, du gaz de schiste et ils s'en vont maintenant, vraiment, à une exportation.
L'exportation va affecter l'Est du Canada, va donc nous affecter. Alors, on rentre dans ce
mode de compétition là. Il y a
des experts qui pourraient vous en parler beaucoup mieux que moi, mais
c'est ce qu'on a appris d'eux. Alors,
il faut se mettre en mode accéléré. C'est pour ça que je parlais du comité
«fast track», M. le ministre.
Arcand : O.K., mais ce que je voulais vous demander par rapport à ça, il y a... Évidemment, il y avait le projet de pipeline à un moment
donné. Gaz Métro a décidé de ne pas le faire parce qu'il trouvait qu'il n'y
avait pas assez de clientèle potentielle. Il y en a d'autres actuellement qui
nous reviennent en parlant de bateau puis de gaz naturel liquéfié qu'on pourrait... Est-ce que vous croyez
que, dans la mesure où actuellement on est dans un marché qui n'est pas très dynamique au moment où on se parle... que
vous pensez que c'est une solution qui, au moins à court et à moyen terme,
serait acceptable?
Brouillette (Marc) : Bien,
écoutez, il y a des enjeux, je pense, de sécurité et environnementaux. Ces
enjeux-là, excusez-moi, devront être
déterminants dans la décision d'une solution temporaire. La route a ses
avantages, a des grands défauts. Le
maritime présenterait jusqu'à présent une solution beaucoup plus avantageuse au
niveau sécuritaire, mais il y a une
faisabilité qui est associée à ça et il y a un coût surtout qui est associé à
ça, et là on est là, M. le ministre, actuellement. Il y a, pas plus tard que deux semaines et demie,
là, encore le comité Plein Gaz se rencontrait, et la situation, elle est à ce
stade-ci actuellement.
Arcand : D'accord. En tout
cas, je vais laisser la parole à mes autres collègues, mais je peux simplement
vous assurer que tous les dossiers dont vous avez parlé, que ce soient
les mines Arnaud, que ce soit la question du port de Sept-Îles, que ce soit la question du gaz, que ce soit la question des
tarifs électriques pour la mine Alouette, on est là-dessus actuellement
et on va essayer d'avoir des bonnes nouvelles dans les prochaines semaines, on
l'espère.
Brouillette (Marc) : Avec
votre permission, M. le Président, juste pour un supplément d'information. Il y
a un dossier qui est primordial, M. le ministre, c'est le
dossier du désenclavement du côté du port de Sept-Îles. C'est le dossier
qui fait en sorte qu'on peut parler du
troisième chemin de fer, on peut parler des développements des minières
dans le Nord-du-Québec, dans la région de Fermont et de Schefferville et
on peut parler du dossier de Mine Arnaud, mais tout ça doit être réglé parce
que c'est attaché à cette réalité-là, M. le ministre. Merci.
Arcand : Oui. D'accord.
Merci.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Dubuc, vous avez levé le petit doigt, je crois.
Simard : Merci, M. le Président. Il y a des choses que je voudrais poser à M.
Brouillette, d'abord que je salue, bien sûr. Alors, je le
remercie d'être avec nous ici cet après-midi.
Maintenant,
ma question, M. le Président. Je voudrais vérifier d'abord
certains aspects. Je sais que, bon, l'économie
de Sept-Îles est basée directement sur une économie,
je vous dirais, qui est en grande maje