Public Finance — 6 June 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 6 juin 2024
Vol. 47 N° 53
Étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi visant principalement à diversifier les stratégies d’acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage d’agilité dans la réalisation de leurs projets d’infrastructure
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
12 h
12 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h 30
19 h
19 h 30
20 h
20 h 30
Journal des débats
12 h (version non révisée)
(Douze heures six minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, je constate que nous avons quorum. Conséquemment, nous sommes
en mesure de pouvoir entreprendre et de poursuivre nos travaux.
Comme vous le savez, la Commission des
finances publiques est aujourd'hui réunie afin de poursuivre...
Le Président (M. Simard) : ...l'étude
détaillée du projet de loi no 62, Loi visant principalement à diversifier les
stratégies d'acquisition des organismes publics et à leur offrir davantage
d'agilité dans la réalisation de leurs projets d'infrastructures.
Mme la secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements aujourd'hui?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Bélanger (Orford) est remplacé par M. Thouin (Rousseau);
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), par M. Derraji (Nelligan); et M. Bouazzi
(Maurice-Richard), par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, récapitulons les choses. Hier, au moment de suspendre nos travaux,
nous en étions rendus à l'étude d'un amendement introduisant un nouvel
article
que nous avait proposé le député de Nelligan. Alors, M. le député, vous nous
aviez fait lecture de votre amendement.
M. Derraji : Oui, oui, oui.
Le Président (M. Simard) : À
vous la parole pour la suite des choses.
M. Derraji : Oui. Bien,
écoutez, M. le Président, j'ai présenté trois amendements. Je pense que je
partage beaucoup de choses dans ce projet de loi avec le ministre. Et, moi, je
veux trouver une voie de passage. Moi, amicalement, hier, j'ai proposé une
solution. Moi, je suis prêt à aller de l'avant, mais c'est juste... Je lui ai
dit, hein, j'ai... il n'est pas surpris de ce que je dis, là, j'en suis sûr et
certain : Moi, je veux les balises. Moi, je veux, via notre commission,
parce qu'on ne peut pas contacter, nous, l'institution... il la connaît très
bien, l'institution. Moi, je veux être rassuré. Si le Vérificateur général nous
confirme qu'avec votre amendement il a accès à tout... Moi, ça ne m'intéresse
pas qu'on fasse un débat énorme, et le VGQ n'est pas là. Si je voulais faire,
je vais vous proposer d'inviter le Vérificateur général, et on lui demande.
Moi, je suis prêt à suspendre ça, arrêter la discussion, qu'on fasse un envoi,
via la commission, au Vérificateur général de votre amendement. Si on a la
réponse et l'assurance que tout est beau et ils vont pouvoir jouer leur rôle,
M. le Président, je pense qu'on va aller de l'avant. Moi, je ne veux pas que...
Tu sais, c'est un projet de loi, je veux qu'on aille vite, je veux le mettre en
application.
Donc, c'est une offre que j'offre au
ministre pour démontrer ma bonne volonté d'aller vite, mais de faire les choses
correctement. Donc, je ne sais pas s'il voit ça d'un bon œil. Je pense que le
Vérificateur général est parlable. On peut, via votre commission, envoyer la
demande, si tout le monde est d'accord, et on va être tous rassurés. Voilà.
M. Julien : Oui. Merci, M. le
Président. Merci pour la proposition, puis, naturellement, là, on a discuté,
là, peut-être qu'on a un amendement à l'article 8 qui ne semble pas vous
convaincre que ça réponde, donc on est prêts à retravailler la formulation.
Puis je réitère, là, le Vérificateur
général, là : «Pour faire en sorte que le contractant soit tenu de fournir
sur demande au Vérificateur général tout document ou renseignement que ce
dernier jugera nécessaire en lien avec le contrat de partenariat», c'est la
demande du Vérificateur général, donc... Alors, moi, je veux qu'on puisse
répondre à cette demande-là, mais, tantôt, vous avez dit : Permettre au
Vérificateur général de tout faire, je pense, tout faire par rapport à cette
demande-là. Alors, c'est l'objectif que j'ai de reformuler et s'assurer même
que cette reformulation... puis on verra, là, l'attestation ou comment qu'on
peut... qu'on peut s'assurer que cette reformulation-là, le cas échéant,
réponde aux préoccupations du VG, là.
Alors, est-ce que ça va être un contact
directement avec le bureau du Vérificateur général? Mais moi, répondre à cette
préoccupation-là, c'est mon objectif je sens que c'est le vôtre. Si on peut, en
fin de compte, mettre ça de côté, essayer de le travailler conjointement puis
qu'on puisse cheminer dans les autres articles, bien, j'aimerais pouvoir le
faire.
M. Derraji : Bon, écoutez...
Le Président (M. Simard) : ...votre
collègue de Verdun qui souhaite intervenir.
M. Derraji : Oui, je vais
juste... Ça ne vous dérange pas?
Mme Zaga Mendez : ...
M. Derraji : Je veux juste
préciser... Merci beaucoup, ma collègue. Juste préciser, on parle des
contrats... Vous savez, je ne dis pas que l'amendement, il n'est pas bien
écrit, que vous ne reflétez pas la volonté du VGQ. Ce n'est pas ça.
On a deux interprétations différentes du
rapport du VGQ. Moi, aujourd'hui, j'arrive avec une solution. Je suis prêt à
suspendre ou de le mettre de côté, de commencer, si ça arrange tout le monde.
Faites ce matin les vérifications nécessaires, si vous voulez, en se basant sur
ce qu'ils ont dit en commission. Parce que, si, moi, j'interprète ce qu'elle...
l'institution, bon, l'institution veut avoir l'oeil sur les contrats. C'est une
chose, mais posons la question au VGQ : Est-ce qu'à la lumière de cet
amendement et ce que vous avez prononcé pendant la commission parlementaire...
est-ce que l'amendement, tel que proposé par vous, est conforme à ce que vous
avez prononcé en commission parlementaire?
M. Julien : Certainement.
Alors...
• (12 h 10) •
M. Derraji : Moi, ça va
m'aider, et je vous le dis, je sais que c'est votre volonté aussi de ne pas se
ramasser avec de la collusion...
M. Derraji : ...je ne dis pas
que c'est ça, ce que vous voulez, mais ça va nous aider à avancer. Je veux
avancer, M. le Président.
M. Julien : Parfait.
M. Derraji : ...
M. Julien : Donc, pour moi,
c'est... J'aime l'idée, je suis... je veux qu'on puisse la travailler. Donc, si
on peut... C'est-à-dire, ça, ce n'est certainement pas le bon amendement parce
que, là, ici, c'est plus sur qu'est-ce que le VG couvrait. Si on peut
travailler sur un amendement, celui qu'on a prévu en 8, le remodifier, le
regarder avec vous, le regarder avec vous tous, là, pour... parce que, là,
c'est une discussion, mais avec les autres collègues de l'opposition, et,
naturellement, s'assurer que ça répond aux préoccupations du VG par rapport à
ce qu'ils ont demandé, parce qu'ils ont nommé d'autres préoccupations qui
n'étaient pas dans leur demande, où je ne suis pas prêt, personnellement, à
aller parce que c'est... historiquement, c'est faux, ils ne peuvent pas avoir
accès au privé, mais s'assurer avec eux d'une formulation qui permettrait de
répondre à leur... à leur souhait, moi, je suis... je suis... je suis
exactement là. Pour moi, le Vérificateur général doit avoir accès à tous les
documents en gestion contractuelle de toute nature de contrat, sans limitation,
alors il faut arriver à cette fin-là.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je vais aborder dans le même sens. J'entends l'intention du
ministre. Donc, si je comprends bien, il y aurait une possibilité... Parce
qu'on a déjà eu l'amendement, là, à l'article 8. Là, je sais qu'on n'est
pas rendus là. C'est vrai qu'il y a une possibilité que cet amendement-là soit
retiré pour avoir un nouveau... avec une reformulation qui conviendrait au
vérificateur général, et... Bien, en fait, c'est juste une question
d'échéancier ou d'ordre. C'est quand que vous consulterez ou qu'on aurait une
communication de la part du Vérificateur général, avant ou par la suite?
M. Julien : Alors là, on...
Mme Zaga Mendez : C'est pour
savoir si c'est... Parce que je pense qu'on a le droit, en commission, d'avoir
une... un type de communication écrite de la part du Vérificateur général.
Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut demander puis la partager?
M. Julien : Honnêtement,
moi... oui. Moi, il y a cinq minutes, je n'étais pas conscient de cette
proposition-là d'aller au VG, donc... mais je sais que les gens du VG, là, il y
a... habituellement, les jeudis, ils travaillent, là, donc ils sont joignables.
Naturellement, moi, je persiste à dire que la proposition de l'article 8
faisait ce que ça l'avait à faire, mais ça ne vous convainc pas. Donc,
reformulons puis voyons en fin de compte comment on peut procéder. Je comprends
que, si on ne l'obtient pas, bien, on aura les discussions à dire : Bien,
on n'a pas obtenu l'assentiment, mais... mais c'est l'intention que je donne.
Le Président (M. Simard) : Alors,
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...je vous
propose pour gagner du temps, ça, c'est mon amendement, moi, je propose de le
suspendre. Travaillons quelque chose... On peut suspendre la commission, avec
votre permission, M. le Président?
Le Président (M. Simard) : Oui,
bien sûr.
M. Derraji : Travaillons
quelque chose, que... parce que la demande doit être claire, qu'on l'envoie, la
demande par écrit. Si ça vous arrange, on va... on va leur dire, écoute, de
nous revenir, parce qu'ils ne peuvent pas... VG ne peut pas répondre aux
partis, il peut répondre à la commission, et après, bien, on commence
l'article 1. Ça, ça va être suspendu. Ce n'est jamais...
M. Julien : Parfait. Mais je
veux juste... Pour bien concevoir, M. le Président, c'est : on suspend
l'article zéro...
M. Derraji : Point un, oui.
M. Julien : ...0.1, on
chemine dans les autres, puis, quand on aura les réponses, bien, on reviendra,
le cas échéant, le plus tôt possible.
M. Derraji : Oui, mais...
mais moi, je veux savoir qu'est-ce qu'on... on va envoyer la demande, qu'on va
envoyé au VG.
M. Julien : Oui, on va le
travailler en parallèle, là, puis...
M. Derraji : Mais est-ce qu'on
peut la travailler avant de...
Le Président (M. Simard) : Bon,
écoutez, à ce stade-ci... J'arrête un peu nos discussions. C'est rare que je le
fais. C'est parce que ce que vous demandez, quoique fort pertinent, est
difficilement applicable dans l'étude détaillée d'un projet de loi. On ne peut
pas prendre du temps pour élaborer une lettre qui était... qui est extérieure
au dépôt d'amendement, de sous-amendement ou de l'étude comme telle d'un
article. Alors, pour ce faire, il nous faut absolument suspendre nos travaux
pour pouvoir voir quel type de consensus émerge. Mais, techniquement parlant,
ce que vous demandez, à ce stade-ci, n'est pas...
M. Derraji : Mais... Mais, en
tout respect, M. le Président, avec consentement, on peut tout faire. Là,
j'arrive avec une piste de solution, un dénouement, parce que, sinon, on va
continuer à en parler et il n'y a pas de solution au bout de la ligne. Donc,
moi, je pense qu'avec consentement on peut tout faire rapidement, et ça va
aider la commission à avancer.
Le Président (M. Simard) : Bien,
c'est-à-dire que, pour aller dans le sens d'une rédaction de lettre, on sort
carrément du mandat de la commission et il y a des limites au consentement
qu'on peut faire. Donc, c'est pour ça que je vous propose qu'on puisse trouver
une voie de... comment dire, une piste d'atterrissage en suspendant.
M. Julien : Moi... Moi, M. le
Président, moi, j'entends la demande. Je pense que les équipes peuvent
travailler sur ces intentions-là pour produire, là, en parallèle des travaux,
en fin de compte, ici, détaillés, puis on aura des discussions quand ce sera
montré.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nous allons suspendre momentanément.
(Suspension de la séance à 12 h 15)
(Reprise à 12
h 23
Le Président (M. Simard) : Très
bien, collègues. Nos travaux reprennent. Donc, pour que le public puisse bien
nous suivre, durant la courte pause que nous venons d'avoir, il a été convenu
informellement ce que nous allons formaliser maintenant, de suspendre l'étude
de l'amendement introduisant l'article 0.1, déposé par le député de
Nelligan, et de procéder à l'étude de l'article un. Pour ce faire, j'aurais
toutefois besoin d'un consentement.
M. Derraji : Oui.
Consentement. Et M. le Président, merci, parce que je pense que c'est une très
bonne solution pour avancer dans nos travaux. Et je remercie le ministre
d'avoir écouté et accepté notre proposition. Bien hâte à voir l'amendement,
mais je pense que c'est juste de suspendre et d'attendre l'autre amendement.
Merci.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Merci. Alors, M. le ministre, à vous la parole pour l'étude de l'article
M. Julien : Oui, M. le
Président. Donc, le
chapitre un,
Loi sur les contrats d'organismes publics,
l'article un : 1 :
L'article trois de la
Loi sur les contrats des
organismes publics,
chapitre C-65.1, est modifié :
1 : par le remplacement du paragraphe
un du deuxième alinéa par le paragraphe suivant :
«1. Les contrats de partenariat, soit les
contrats conclus dans le cadre d'un projet d'infrastructure à l'égard duquel un
organisme public associe un contractant à la conception et à la réalisation de
l'infrastructure, ainsi qu'à l'exercice d'autres responsabilités liées à
l'infrastructure telles que son financement, son entretien ou son exploitation,
et qui impliquent une approche collaborative pendant ou après le processus
d'adjudication.»;
2 : par l'ajout, à la fin, de... des
alinéas suivants :
«Sont assimilés à des contrats de partenariat
les contrats mixtes de travaux de construction et de services professionnels,
dans le cadre desquels un organisme public associe un contractant à la
conception et à la réalisation d'une infrastructure en recourant à une approche
collaborative pendant ou après le processus d'adjudication, ainsi que les
contrats que le Conseil du trésor détermine par règlement, dans le cadre
desquels un organisme public associe un contractant à la conception ou à la
réalisation d'une infrastructure, lorsque ceux-ci impliquent une approche
collaborative que le règlement précise;
«Pour l'application de la présente loi,
une approche collaborative peut notamment comprendre la tenue d'ateliers
bilatéraux, une mise en commun des ressources et des informations liées aux
projets d'infrastructure, ainsi qu'un partage consensuel des risques et, selon
le cas, des économies générées ou des gains réalisés et des pertes subies
pendant la durée du contrat.»
Lecture du commentaire.
Le Président (M. Simard) : Oui,
bien sûr, oui.
M. Julien : Alors, l'article
un du projet de loi modifie l'article...
M. Julien : ...de la Loi
sur les contrats des organismes publics afin de remplacer la définition de
contrat de partenariat public et privé par une définition plus large des
contrats de partenariat, laquelle vise les contrats conclus dans le cadre d'un
projet d'infrastructure pour lesquels un contractant participe à la conception
et à la réalisation d'une infrastructure et se voit confier au moins une autre
responsabilité en lien avec l'infrastructure réalisée. Outre ces conditions,
une approche collaborative répondant à la définition que propose le présent
article 1 doit être présente pour que les contrats puissent être qualifiés
de contrats de partenariat. De plus, au moyen d'une assimilation, cet
article
introduit une disposition permettant d'appliquer le régime juridique propre aux
contrats de partenariat et des contrats mixtes de travaux de construction et
des services professionnels lorsque ces contrats prévoient essentiellement la
conception et la construction d'une infrastructure en recourant à une approche
collaborative, de même qu'aux contrats qu'un règlement du Conseil du trésor
déterminera dans la mesure où ceux-ci prévoient la conception ou la
construction d'une infrastructure en impliquant une approche collaborative que
le règlement précisera.
Le Président (M. Simard) : Alors,
cet
article est quand même assez long. On va néanmoins le travailler dans sa
globalité. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Ce n'est
pas par... Il y a deux alinéas.
Le Président (M. Simard) : Il
y a deux alinéas, mais vous pouvez y aller par ordre, par désordre, mais on va
le traiter dans sa globalité.
M. Derraji : Mais, me
connaissant, je ne vais pas aller en désordre. C'est le cœur de votre projet de
loi. On ne parle plus du PPP, mais on va parler de contrats de partenariat.
Est-ce que j'ai bien compris?
M. Julien : Oui.
M. Derraji : Hein?
M. Julien : Oui.
M. Derraji : O.K. Quand
on parle... Quand il y avait des groupes et quand je lis l'article, les
contrats de partenariat, soit les contrats conclus dans le cadre d'un projet
d'infrastructure à l'égard duquel un organisme public associe un contractant à
la conception. Il y a beaucoup de groupes qui nous ont parlé d'enjeux. Je ne
sais pas si le ministre se rappelle des consultations, on parle beaucoup de ce
contractant. On a parlé aussi de la planification. Il y a des gens qui
voulaient être impliqués, même à l'étape de la planification. Je ne vois nulle
part la planification ni les sous-contractants. Est-ce que c'est parce que ce
n'est pas nécessaire?
M. Julien : Je crois
qu'on a un amendement à proposer à l'article. De mémoire, c'est-tu le 4 par
rapport à l'ouverture?
Des voix : ...
M. Julien : Oui, le 7.
Il faut comprendre ici, puis si vous permettez, je pose toujours... Après ça,
je... au besoin, mes collègues juristes.
M. Derraji : Ah! Je n'ai
aucun problème.
M. Julien : Ici, la
notion de contractant, c'est les parties prenantes qui signent avec le
gouvernement le contrat. Donc, le contractant, le cas échéant, pourrait être un
consortium tripartite, souvent architectes, ingénieurs, entrepreneurs généraux.
Puis on a bien entendu certains représentants de sous-traitants qui ne font pas
partie du trium contractant avec le gouvernement, c'est-à-dire qu'ils ne
viennent pas signer le contrat. Puis ils disaient : Nous, on veut être
impliqués. Alors, c'est un peu l'amendement qu'on vient amener, là,
potentiellement à l'article 7. Mais, ceci étant, naturellement, dans les
consortiums, puisqu'il y a une
partie à trois pattes, là, avec des
professionnels, entrepreneurs, architectes, ingénieurs, habituellement, et le
gouvernement, on convient de qui est-ce qu'on souhaite avoir autour de la
table, mais ce n'est pas des... Ça va être des sous-traitants, mais ils ne font
pas
partie du contrat initial, c'est-à-dire comme contractants. Et encore là,
dans la mesure où on voulait définir qui on introduit, qui on n'introduit pas,
ce n'est pas possible de le faire.
Donc, on amène plus un amendement qui
dit : On doit le favoriser, mais sinon ça ne devient plus un partenariat
avec un contractant. Les gens ne vont pas tous signer l'entente avec le
gouvernement, c'est impossible. Mais tout le monde convient que naturellement,
par exemple, de mémoire, le pont Champlain qui n'était pas... Bien, c'est sûr
que les gens en béton armé étaient parties prenantes des discussions, sans être
en réalité des contractants avec le gouvernement.
Donc, on amène un amendement à
l'article... à l'article 7, mais ici les contractants, c'est ceux qui font
partie de l'entente contractuelle, qui ont signé et qui ont une
coresponsabilité.
• (12 h 30) •
M. Derraji : Je vais...
Je vais par contre argumenter. Ça fait du sens, ce que vous venez de dire, mais
je vais vous donner un cas de figure parce que ça a été exposé pendant la
commission. Un contractant qui fait affaire avec des sous-contractants,
sous-contractants à la hauteur de plus de 50 %. Là, vous êtes à l'étape de
la conception et à la réalisation de l'infrastructure. Moi, je veux juste... Je
vous le dis, demain, si on atteint votre objectif, on va tous le célébrer. Ceux
qui étaient là en commission parlementaire, ils nous ont dit : Écoutez,
comment ça se fait que j'ai un contractant qui est là à l'étape de la...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Derraji : ...conception et
à la réalisation... Il est là au début, là, de l'infrastructure, mais il fait
affaire avec des sous-contractants. Les sous-contractants ne sont pas là autour
de la table. Si on veut réaliser le mode de collaboration, c'est là où les
sous-contractants autour de la table, ça va aider, un, la conception, au lieu
que le contractant puisse jouer le rôle d'aller expliquer le contrat, la
conception, la réalisation de l'infrastructure par la suite et... ce qui est
très bien regardé, ainsi qu'à l'exercice d'autres responsabilités liées à l'infrastructure
tel son financement. Il y a plusieurs étapes dans le même alinéa. Je ne suis
pas légiste, mais il y a plusieurs étapes où, si on peut séparer la conception
ou la préconception, ça a été dit même par certains groupes, du financement. C'est
parce que l'étape préliminaire où les partenaires sont autour de la table, c'est
l'élément clé, et ça a été dans la revue de littérature qu'on a vue. Écoutez,
il y a plusieurs écrits dans ce sens. C'est l'étape la plus importante. Et
pourquoi on a autant d'échecs au niveau des appels d'offres? C'est parce que
les gens, ils disent que c'est mal défini, ce n'est pas très clair. C'est ça
les critiques à l'égard des appels d'offres. Moi, j'achète votre idée sur les
contrats collaboratifs, mais est-ce qu'on se donne aujourd'hui, réellement, les
moyens de réussir les premières étapes. Moi, c'est ce que... c'est ce que je
veux, et je dis : Si le ministre est capable de me dire «écoute, autour de
la table, on va y arriver, il va y avoir de la bonne collaboration», j'achète.
Mais dans la loi, si je ne mets pas, même un pourcentage, que si tu sous-traites
à 80 % ou à 60 %, on s'entend, ce n'est plus moi, c'est elle qui a le
pouvoir. Mon nom, il est dans le projet, mais je sous-traite avec d'autres
sous-contractants qui ne sont pas là autour de la table.
M. Julien : Alors... parce
que, naturellement, on a eu ces questionnements-là. Je réitère que le mode
collaboratif vise à faire rentrer... la phase de conception le plus tôt
possible, en réalité, les contractants qui sont sujets à l'entente
contractuelle. Le cas échéant, où on doit faire une infrastructure en béton,
alors, autour de la table, j'ai un entrepreneur général, j'ai l'architecte, j'ai
l'ingénieur, j'ai le donneur d'ouvrage public, puis ils disent : Dans ce
dossier-là, là, clairement, c'est un pont en béton armé, là. Il n'y a personne
autour de la table qui va dire : Hé! ça ne serait pas bien qu'on ait de
bonnes discussions autour de la table avec le fournisseur. Alors, pour moi, là,
c'est comme... bien, c'est comme de convenir que les groupes qui sont là, si le
principal fournisseur, c'est du béton armé, qu'ils se priveraient tous d'avoir
autour de la table pour les discussions celui-là. Je ne vois pas comment le
donneur d'ouvrage public qui est autour de la table dirait : Je ne veux
pas, en fin de compte, l'avoir autour de la table, ni l'entrepreneur général,
ni l'ingénieur, ni l'architecte. Cependant, il ne fait pas
partie des
contractants, mais naturellement les consortiums amènent autour de la table
pour les discussions pour chercher la solution optimale... Personne ne bénéfice
à ne pas amener le sous-traitant principal. Il n'y a personne qui a ce
bénéfice-là. Cependant, a contrario, il n'est pas
partie des contractants de la
triade. Alors, nous, on veut... tout le monde nous dit : Bien, oui, quand
on fait des vrais projets d'infrastructure en mode collaboratif, là, les
sous-traitants majeurs sont naturellement invités, pas... mais de venir l'imposer
sur une base de pourcentage... Parce que ça se peut que des fois il y a un
sous-contractant qui a un grand pourcentage, mais pas de valeur ajoutée aux
discussions. Des fois, il y a un sous-contractant qui est à faible valeur mais
qui est névralgique. Alors nous, là, on vient ouvrir l'intérieur de l'article 7
cette orientation gouvernementale pour dire : C'est majeur. C'est convenu
par toutes les parties, mais on ne peut pas venir le contraindre parce qu'on
pourrait se tromper dans la contrainte.
M. Derraji : Je vous entends.
J'ai une autre question. J'ai le contractant qui fait affaire avec des
sous-contractants, et, dans votre projet de loi, vous-même, vous parlez de la
notion du risque. Le risque, il est partagé entre qui et qui?
M. Julien : Alors, dépendant
de l'approche collaborative, le risque est partagé entre les... le contractant,
qui est un consortium, et le donneur d'ouvrage public.
M. Derraji : Excellent. Et c'est
quoi la garantie que le sous-contractant est impliqué dans le risque avec le
contractant?...
M. Derraji : ...c'est un... Il
fait partie....
M. Julien : Mais le
sous-contractant, en fin de compte, avec le contractant.
M. Derraji : O.K.
M. Julien : Mais c'est quoi
la différence entre ça puis un contrat traditionnel?
M. Derraji : Non, mais je ne
parle pas de contrat traditionnel.
M. Julien : Mais, je veux
dire, il n'y a pas de distinction. Il n'y a pas de nouveau risque entre ça puis
un contrat traditionnel.
M. Derraji : Bien non, il y
a... Excuse-moi. Là, le contrat collaboratif, c'est qu'on passe à une autre
étape de collaboration des partenaires autour de la table, que ce soit le donneur
d'ouvrage, le contractant et la notion de sous-contractant qu'on compare depuis
tout à l'heure. Mais, autour de la table, vous, vous voulez agir à l'étape
initiale au niveau de la conception. La conception, c'est ce que je vous dis
depuis tout à l'heure, mais, un peu plus tard, on va parler de la notion du
risque. Le risque, il est partagé entre le donneur d'ouvrage et le
contractant. Ce contractant, il n'agit pas seul, il travaille avec des
sous-contractants. Ils ne sont pas là ni dans l'étape de planification. Ils
sont là dans l'étape de la réalisation ou donner suite à l'ouvrage. Un peu
plus tard, le risque, il est entre le contractant et le donneur d'ouvrage. Dans
la loi, le risque n'est pas lié au sous-contractant malgré qu'il fait
partie de
l'ouvrage. Donc, vous êtes en train de me dire, demain, il y a un problème avec
un sous-contractant, la responsabilité est sur le dos du contractant.
M. Julien : C'est sûr que là,
quand on voit, en fin de compte, à l'article 6, parce qu'on devance un peu
l'article 6, là, c'est une approche de partage de risques consensuelle,
déterminée entre les parties. Tu sais, le mode collaboratif permet à la...
Revenons sur... Le mode collaboratif permet, dès la conception, d'asseoir tout
le monde autour de la table pour trouver la solution optimale. Puis on a
sélectionné ces gens-là sur base de compétence, expertise, expérience, avec des
ateliers. Bon. Et là ces gens-là sont assis, puis on a un objectif commun. Et
là on dit : Bien, le grand défi de ce projet-là, c'est potentiellement
de... On va avoir besoin de beaucoup de béton armé et on va dire : Bien,
ça nous prendrait les gens d'expertise autour de la table pour discuter avec
nous de ce projet-là.
On est en mode discussion, ouverture à
conceptualisation. Il n'y a pas d'intérêt à ne pas asseoir les
sous-contractants importants, autour de la discussion de la table, avec les
donneurs d'ouvrage et les contractants. Cependant, devoir venir le préciser et
de l'exiger, on viendrait y mettre des contraintes. Donc, on veut, par
l'amendement de l'article 7, mentionner clairement cette orientation-là
gouvernementale de ce qui est souhaité. Mais on ne voudrait pas venir écrire
quelque chose qui menotterait la gestion des sous-contractants et des
contractants et des donneurs d'ouvrage publics.
M. Derraji : Je vais vous
citer un groupe, qui est venu en commission parlementaire, l'Industrie du
béton, en ce qui concerne le projet de loi n° 62. Et on partage... Je partage
ce que vous avez dit au début. Moi, j'essaie juste de sensibiliser, parce que
je ne veux pas qu'on ne se ramasse qu'uniquement avec des contractants. Vous
connaissez très bien ce que je suis en train de dire, des contractants, autour
de la table, qui vont, après, dealer avec les sous-contractants. Je ne veux pas
qu'en rejoue dans un film, qu'au bout de la ligne, ce que vous voulez, il est
louable, mais je veux qu'on se donne les meilleures chances de succès.
Je veux juste vous lire ça, et, après,
probablement, j'irais avec un amendement à vous proposer : «En ce qui
concerne le projet de loi n° 62, nous avons un premier commentaire sur le
chapitre 1, la
Loi sur les contrats des organismes publics, aux articles 1, 5
et 6, qui traitent des approches collaboratives. L'Industrie du béton armé
considère les approches collaboratives intéressantes — donc vous êtes
content. Mais étant donné que ces approches se font dans le contexte d'un
contrat, le projet de loi parle du contractant — et Dieu sait qu'on a
besoin de l'industrie du béton, attendez la suite. Nous pensons que les
sous-traitants et les fournisseurs doivent faire
partie de ces approches
collaboratives très tôt dans le processus.»
• (12 h 40) •
Bon, je résume, je reviens à ce que je
dis. Si on les applique dans l'étape de la conception, on va tous gagner. C'est
parce que le contractant ne peut pas travailler seul sans... Le contractant ne
peut pas travailler seul sans son sous-contractant - il y a beaucoup de... Le
sous, ce n'est pas notre sou, c'est le sous avec s-o-u-s...
M. Derraji : ...ça, ce n'est
pas n'importe qui, c'est l'industrie du béton armé, et Dieu sait où ils sont.
Et moi, je me rappelle de notre échange avec eux. Et là, j'en suis sûr et
certain, vous, là où vous voulez agir, c'est la conception au départ. Là, on
contrôle le coup, on contrôle le délai, tout le monde autour de la table. Le
donneur d'ouvrage, il veut bien que ça marche bien. Il va tout voir, il va voir
et le contractant, son point de vue, mais il va voir aussi le sous-contractant,
qu'est-ce qu'il pense. Et là, tu l'impliques où, conception et réalisation? Et,
quand on regarde la plupart des écrits scientifiques sur les contrats
collaboratifs, c'est l'étape cruciale, ça nous évite des problèmes et ça nous
évite même les litiges par la suite, et la notion de risque tend vers zéro. Je
vais continuer, M. le ministre... Ah! même terminer...
M. Julien : ...
M. Derraji : ...parce que
c'est important. De plus, il y a une crainte exprimée par plusieurs
entrepreneurs spécialisés et fournisseurs qu'il y ait une trop grande
concentration de pouvoirs du côté de l'entrepreneur... je vais attendre. Non,
mais vraiment, là, regarde, je vous rajoute un autre argument, après faites
votre point de vue, il y a une crainte, il y a une crainte exprimée par
plusieurs entrepreneurs québécois et fournisseurs qu'il y ait une trop grande
concentration de pouvoirs du côté de l'entrepreneur général dans le contexte
québécois de la construction. Moi, j'en suis sûr et certain, ce n'est pas votre
volonté, de concentrer tout le pouvoir, on est au niveau de l'entrepreneur
général, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait les sous-contractants, parce que
c'est ça, notre industrie, c'est comme ça qu'on fait nos... nos... nos projets.
Et d'ailleurs, si on a un problème de livrer nos infrastructures, c'est qu'on
n'a pas assez de gros joueurs. Tous les joueurs travaillent ensemble. Donc, si
votre raisonnement, c'est agir sur le prix à l'étape de la conception, et, au
départ, moi, je pense les mettre... au départ, ça va aider tout le monde.
M. Julien : C'est-à-dire
qu'on va favoriser... Dans l'approche collaborative, c'est favoriser que les
sous-contractants importants soient autour de la table. C'est naturel. Je
réitère, là, dans la vraie vie... Premièrement, là, le poids des entrepreneurs
généraux, là, est diminué par l'approche collaborative. L'approche
collaborative, c'est une entente entre le donneur d'ouvrage public et un
consortium, habituellement à trois pattes, architectes professionnels,
ingénieurs professionnels, entrepreneur général, et soudainement. C'est parti
là, cher collègue, l'entrepreneur général, l'architecte et l'ingénieur, alors
on diminue le pouvoir de l'entrepreneur général, qui habituellement, dans un
contrat traditionnel, est le seul à la table, et le donneur d'ouvrage public
regardent ensemble en mode collaboratif, regardent ensemble en mode
collaboratif et sont assis devant un projet commun. Ce n'est plus un
entrepreneur général qui répond à une commande, c'est un projet commun. Et là,
on dit : On va construire, je réfère, pour vous simplifier ça... une
cuisine en granit. Alors, vous faites ça, vous, avec un ingénieur, un
architecte, un entrepreneur... et... Bien, le principal fournisseur, c'est le
fournisseur de granit. Vous, comme donneur d'ouvrage, vous avez intérêt à y
parler, l'entrepreneur général a intérêt à y parler, l'architecte a bien
intérêt d'y parler et l'ingénieur, il a intérêt d'y parler. L'intérêt commun du
mode collaboratif, c'est d'amener les joueurs pertinents qui sont
sous-traitants, puisque c'est un mode collaboratif où on a tous le même
objectif, à augmenter l'efficience, de l'amener naturellement. Ce qu'ils sont
venus nous dire, ces gens-là, c'est : Oui, mais nous, on aimerait ça être
impliqué dès le début. S'il est pertinent d'impliquer des sous-traitants parce
qu'ils sont majeurs, naturellement, le mode collaboratif va amener cette
implication-là. Et on est prêt à ouvrir sur l'article 7 pour vous dire une
orientation.
Maintenant, venir le fixer, ça serait une
erreur. Je disais, dans certains projets, je peux avoir 10, 20, 30,
40 sous-traitants. Qui choisit celui qui est pertinent? Là, il faudrait
que je vienne définir la notion de pertinence par rapport au montant, par
rapport aux risques, puis là j'ouvre une boîte de Pandore où je ne suis pas capable
de venir l'englober de manière précise sans encourir des risques. Mais
naturellement, le mode collaboratif, puisque les parties prenantes ont des
objectifs communs, va amener à la table, dès la conception, les sous-traitants
importants. C'est ce qu'on amène à l'article 7. Et si vous permettez,
peut-être, par rapport à Mme Réhaume, la notion de risque par rapport au
mode traditionnel puis le mode collaboratif sur ces aspects-là.
Mme Noël (Nathalie) : Nathalie
Noël, je suis secrétaire associée aux marchés publics au secrétariat du Conseil
du trésor. Donc, dans les...
Mme Noël (Nathalie) : ...contrats
de partenariat, ce qu'on voit ici, ce qui est prévu à l'article 7 du
projet de... l'article 6 du projet de loi, c'est qu'il y a un partage
consensuel des risques. Donc, à ce moment-là, l'organisme public, le donneur
d'ouvrage doit prévoir dans ses documents d'appels d'offres publics les balises
qui vont lui permettre d'établir comment se fait ce partage de risques
consensuel, des gains et des pertes aussi.
M. Derraji : Merci. Merci
pour la réponse au niveau du risque.
Je reviens à l'étape un, initiale. Je vous
ai parlé de l'industrie du béton, vous m'avez parlé du granit. Moi, j'insiste
sur l'industrie du béton. C'est quand même une industrie extrêmement
importante, c'est eux qui livrent le projet. Mais j'ai un autre organisme que
le ministre chérit bien et aime, l'AMP, Autorité des marchés publics. Lors de
l'échange que nous avons eu avec eux... et eux-mêmes, ils disaient : Il
faut qu'ils soient autour de la table. C'est qui? Les sous-traitants. Et c'est
la même chose, les économistes évaluateurs.
Donc, j'essaie juste de voir l'argument de
M. le ministre. Ce que je dis... Je ne rentre pas dans... question de
pourcentages. Moindrement... N'importe quelle personne au fait des appels
d'offres au Québec, on voit très bien, on voit très bien que les contractants
font affaire avec des sous-contractants. Ça, il n'y a personne au Québec qui va
dire le contraire. Une majorité de projets, ce n'est pas uniquement
l'entrepreneur général qui gère le projet, c'est un fait. Ça fait
partie de
notre écosystème. À moins... si vous avez un pourcentage, M. le député, j'ai
des projets lancés par le donneur d'ouvrage, le gouvernement du Québec, j'ai
100 % de projets, c'est l'entrepreneur général. Ce n'est pas vrai.
Donc, j'ai des entrepreneurs... j'ai un
entrepreneur général qui travaille avec un sous-contractant. Mais on ramène un
mode de contrat collaboratif, on veut qu'autour de la table on ait uniquement
un contractant, et non pas les sous-contractants. Donc, moi, je vois comment...
comment... comment que... Je rectifie. C'est qu'il n'est pas là au début. Mais,
M. le ministre, ce qu'on fait, c'est... Je ne peux pas, moi, laisser ça au
hasard. Ça veut dire : Si j'ai besoin, je vais l'inviter.
On peut présumer de la bonne volonté de
l'entrepreneur général d'inviter les sous-contractants. Mais si, dans la loi,
on dit qu'à l'étape de la conception... L'étape de la conception, c'est l'étape
la plus importante d'un projet de loi. La conception et la réalisation de
l'infrastructure, c'est l'étape la plus importante. C'est ça, la première
étape : la première étape, c'est la conception. Donc, si je n'ai pas
autour de la table mon contractant et mon sous-contractant, avec qui
l'entrepreneur général fait affaire...
M. Julien : Bon. Je réitère
qu'on n'est pas au bon article, c'est l'article 7, mais on va avoir les
discussions maintenant.
Le contractant, dans le cas d'un mode
collaboratif, c'est le consortium, où on a : ingénieur, architecte,
entrepreneur général vis-à-vis le donneur d'ouvrage public. Habituellement,
c'est la structure, consortium et le contractant, et tous ces
sous-contractants-là signent avec le consortium, qui est le contractant. Là,
j'ai l'architecte, l'ingénieur et l'entrepreneur général. J'ai autour de la
table à la fois des concepteurs et des réalisateurs - qui est l'entrepreneur
général - qui, au moment de la conception, se joignent ensemble en consortium,
qui deviennent le contractant avec le donneur d'ouvrage public. Et là on
dit : On va travailler ensemble autour de la même table pour trouver la
bonne solution à un projet qu'on a en commun, et soudainement on fait des
travaux par rapport à un pont en béton.
Il n'y a personne autour de la table qui
va pouvoir dire que l'entreprise de béton, on ne veut pas avoir des discussions
avec elle si elle est importante et majeure, et on juge la pertinence ensemble,
parce que le contractant, ce n'est pas l'entrepreneur général et le
sous-contractant, c'est un consortium avec des profils différenciés.
• (12 h 50) •
Donc, ce qu'on amène à l'article 7
comme... c'est... Aïe! On le sait, que c'est comme ça que ça marche, les modes
collaboratifs, là, c'est... Tu amènes le sous-traitant que tu as besoin, parce
qu'autour de la table tu n'as pas juste un individu, tu as un consortium, qui
est le contractant qui a des intérêts communs. Puis on dit : Bien, on va
quand même venir le préciser. Mais c'est comme ça que ça fonctionne
naturellement, parce que ce n'est pas un individu qui fait le choix, c'est
une...
M. Julien : ...équipe en mode
collaboratif qui dit «je pense qu'on a besoin d'avoir des discussions»... est
partie prenante du sous-contractant autour de la table dès la conception. Dès
que cette équipe-là est en place, elle, elle souhaite la meilleure solution
optimisée et va prendre tous les moyens pour y arriver. Et si le moyen, c'est
d'avoir un sous-contractant très spécialisé qui... en fin de compte, y
participer, il va venir y participer. Il n'y a pas d'intérêt à ne pas le faire.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Juste pour prendre... J'ai juste le goût de prendre un pas de
recul par rapport à la discussion, parce que, quand je lis l'ajout, là, quand
on parle de... Pour l'application de la présente... une approche collaborative
peut... et là on nous donne trois types d'options. La façon que c'est écrit, on
donne ça comme des options, mais pas des obligations. Mais depuis tout à
l'heure, le ministre nous parle qu'il va y avoir toujours un partage consensuel
de risques.
Ceci étant dit, la façon que c'est écrit,
on nous dit que l'approche collaborative peut notamment avoir un partage
consensuel de risques. Est-ce qu'il y a des moments dans lesquels il n'y en
aura pas, de partage consensuel de risques, ou est-ce qu'il n'y en aura pas,
des mises en commun des ressources? Pourquoi...
M. Julien : Oui, ça peut
arriver, c'est-à-dire que le mode collaboratif est un éventail de modes allant
en fin de compte... alternatif, collaboratif... un CCF, conception,
construction, financement; un CC, conception, construction; un RPI, réalisation
de projet intégré. Ça, c'est l'ultime, à livre ouvert, avec partage de risques,
avec... On vient fixer ces risques-là a priori, puis c'est une entente
consensuelle. Mais dans tout cet éventail-là, des fois, on va accepter de
partager des risques financiers. Des fois ça ne sera pas nécessaire, le mode
collaboratif va être plus sur la base de la conception, puis on va laisser en
fin de compte la contingence à l'entrepreneur. C'est un éventail pour utiliser
le bon mode pour le bon projet. Ultimement, le plus collaboratif qu'on a actuellement,
c'est le RPI, où là, c'est des prix cibles, un partage financier qui doit se
faire sur base consensuelle entre le consortium et le donneur d'ouvrage public,
mais c'est un éventail qu'on a pour prendre le bon mode pour le bon projet.
Mme Zaga Mendez : Ça, je
comprends l'éventail puis je comprends les différents types. Moi, ce que... la
façon dont c'est écrit, je veux juste revenir sur l'article qui est à l'étude
pour ne pas laisser lieu à l'interprétation, c'est le fait que moi, je trouve
qu'il y a peu de définitions ici, à moins qu'ils soient ailleurs, de, par
exemple, qu'est-ce qu'on entend par ateliers bilatéraux? Comme, qu'est-ce qui
détermine les différents moments dans lesquels on fait appel ou pas au partage
consensuel des risques? C'est quoi, les conditions? Est-ce que ces
conditions-là, elles sont quelque part dans la loi? Est-ce que ça va être par
règlement?
Parce que c'est ça qui est encore un peu
flou, là, c'est-à-dire, je comprends les différents types de contrats, mais
qu'est-ce qui va déterminer qu'un organisme public va ou pas opter par... par
la mise en commun des ressources ou le partage? Parce que je nous ramène sur
une discussion que nous avons eue. Il y a une crainte que, lorsqu'on ne le fait
pas, on est en train d'être dans une position peut-être de la... du côté du
public, qui n'est pas avantageuse, puis dans lesquelles ça va nous mettre dans
une position d'iniquité. Donc, je veux juste entendre un peu plus c'est quoi,
les conditions dans lesquelles on fait, puis on ne fait pas appeler... appel à
ces... à ce type de... Comment je peux appeler ça, là? Des postures, là, des
définitions dans l'approche collaborative, que ce soit le partage consensuel ou
la mise en commun des ressources.
M. Julien : Comme on l'a
mentionné, d'entrée de jeu, là, le mode collaboratif et l'éventail qu'on a,
c'est... Un mode traditionnel, si je veux faire un kilomètre d'asphalte à
15 centimètres d'épais dans un secteur où est-ce que j'ai
50 entrepreneurs qui souhaitent le faire, ce n'est pas compliqué, on a
plein d'historique, on a plein d'étalonnage comparatif. On sait l'estimation de
manière assez claire des derniers contrats qu'ils ont donnés, on en donne
fréquemment. Je m'en vais à l'appel d'offres traditionnel, plus bas
soumissionnaire, je n'ai pas d'enjeu.
À l'autre bout du spectre, un projet super
complexe où il n'y a pas beaucoup, en réalité, de référents de comparables de
coûts, où les montants sont de grande envergure et où je dois pouvoir
travailler conjointement et en collaboration pour... Je connais mon besoin, ça
me prend un pont qui passe du point A au point B. Je connais mon flux, je
connais les enjeux environnementaux, mais la solution là, elle est complexe. Si
je la lance au plus bas soumissionnaire, je n'ai pas beaucoup de comparables.
Il y a beaucoup de risque qui est assumé par le soumissionnaire qui, en fin de
compte, refile la facture au gouvernement. On dit : Écoutez, voici le
besoin...
M. Julien : ...il est
bien défini. On va qualifier un consortium, ingénieur, entrepreneur général,
architecte qui ont l'expertise, la compétence et les équipes nécessaires pour
répondre à ce besoin-là. On augmente la concurrence et, soudainement, on
travaille ensemble à trouver la solution optimale parce que c'est complexe et il
est difficile de le définir a priori.
Mme Zaga Mendez : J'entends.
Je ne remets pas en question le fait de faire appel dans ces conditions-là.
Moi, je veux juste voir... Parce qu'on parle des balises puis on parle de
transparence puis que ce soit clair, c'est-à-dire, là, vous avez donné des
exemples des conditions. Quand on connaît, ou on ne connaît pas les coûts quand
les coûts sont... Ou quand on... Vous avez parlé aussi des types de
portefeuilles, des complexités, dont le besoin, on le connaît, mais on ne
connaît pas les moyens, des enjeux qu'on connaît et puis on ne connaît pas les
moyens. Bref, est-ce que quelque part, puis moi, je ne sais pas si c'est dans
la loi ou pas, ma question, c'est est-ce qu'il y a quelque part dans lequel on
va avoir des directives claires avec ce type de conditions là pour qu'on sache
c'est quand ou pas on fait appel à ces types d'approches collaboratives avec
les différentes caractéristiques qui sont dans la définition. C'est plus une
façon des bonnes pratiques qui peuvent se faire dans la fonction... dans... au
sein de nos organismes publics.
M. Julien : C'est-à-dire
qu'habituellement le bon mode d'attribution dépend du bon projet. Et quand on
regarde un projet, puis on en regarde l'éventail, il n'y en a pas 1 000,
là, il y a peut-être quatre ou cinq différentes façons, là, de... en mode
alternatif et collaboratif, ça va assez rapidement de soi, lequel qui doit être
utilisé, mais encore là, c'est... On se donne un éventail pour que le mode
utilisé optimise les gains. Et des fois, là, très, très, très souvent, ça va
être encore le mode traditionnel, là. Et les autres vont être utilisés selon la
nature du projet et sous souvent la complexité et l'envergure. C'est-à-dire que
c'est difficile de faire une évaluation a priori d'un coût qu'on souhaite
obtenir si on ne sait pas très bien la solution à notre besoin. On connaît
notre besoin? Donc, c'est là que le mode collaboratif va venir, c'est-à-dire
qu'on va s'asseoir avec l'entrepreneur, les architectes et les ingénieurs pour
le définir. Alors, la nature du projet facilement donne le ton sur le mode à
utiliser.
Mme Zaga Mendez : On
reviendra par la suite.
Le Président (M. Simard) : Le
temps, chère collègue.
Mme Zaga Mendez : Je
reviendrai par la suite.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je pense
que je vais déposer un amendement, M. le Président. Donnez-moi quelques
secondes.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Très bien. Alors, écoutez, compte tenu de l'heure et du temps que
prendrait la rédaction de votre amendement, nous allons suspendre nos travaux.
Et on se retrouve à 14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 58)
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14 h (version non révisée)
(Reprise à 14 h 01)
Le Président (M. Simard) : Bien.
À l'ordre, chers collègues, nous sommes en mesure de pouvoir poursuivre nos
travaux. Nous avons quorum. Au moment de suspendre, nous en étions rendus à
discuter de l'article 1, et le député de Nelligan nous avait avisé de son
intention de déposer un amendement. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Bon, bon
après-midi, M. le Président, bon après-midi, chers collègues. Bon, l'amendement,
il est le suivant. Donc :
L'article un du projet de loi est modifié par l'ajout,
dans le paragraphe un du paragraphe un, après les mots «organisme public
associé à un contractant» des mots «ou un sous-contractant»; de l'ajout dans l'alinéa...
l'alinéa proposé par le paragraphe deux, après les mots «un organisme public
associé à un contractant» des mots «ou un sous-contractant».
L'article modifié se lirait ainsi... Merci
beaucoup. Merci.
L'article trois de la
Loi sur les contrats publics,
organismes,
chapitre C-65, est modifié par... 1 : par le remplacement du
paragraphe 1 du deuxième alinéa par le paragraphe suivant : «1. Les
contrats de partenariat, soit les contrats conclus dans le cadre d'un projet d'infrastructure
à l'égard duquel un organisme public associe un contractant ou un sous-contractant
à la conception et la réalisation de l'infrastructure, ainsi qu'à l'exercice d'autres
responsabilités liées à l'infrastructure telles... telles son financement,
son... entretien ou son exploitation et qui impliquent une approche collaborative
pendant ou après le processus d'adjudication.»;
2 : par l'ajout, à la fin, des
alinéas suivants : «Sont assimilés à des contrats de partenariat les
contrats mixtes de travaux de construction et de services professionnels, dans
le cadre desquels un organisme public associe un contractant à la conception et
à la réalisation d'une infrastructure en recourant... en recourant à une
approche collaborative pendant ou après le processus d'adjudication, ainsi que
les contrats que le Conseil du trésor détermine par règlement, dans le cadre
desquels un organisme public associe un contractant ou un sous-contractant à la
conception ou à la réalisation d'une infrastructure lorsque ceux-ci impliquent
une approche collaborative que le règlement précise;
«Pour l'application de la présente loi,
une approche collaborative peut notamment comprendre la tenue d'ateliers
bilatéraux, une mise en commun des ressources et des informations liées aux
projets d'infrastructure, ainsi qu'un partage consensuel des risques et, selon
le cas, des économies générées ou des gains réalisés et des pertes subies
pendant la durée du contrat.»
Voilà, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Souhaitez-vous
avoir ou nous partager certaines informations?
M. Derraji : Bien, en fait, c'est
fidèle... Vous voulez? C'est fidèle à notre échange tout à l'heure. Et regardez
la beauté du projet de loi du ministre, vers la fin, on parle d'une approche
collaborative, «peut notamment comprendre la... la tenue d'ateliers bilatéraux».
Donc, si on veut réussir la tenue d'ateliers bilatéraux sur... des projets de
loi... des projets d'infrastructure importants, c'est surtout... c'est ce qu'on
s'apprête à faire. Je pense que nous, mettre sur la table un sous-contractant,
on va juste améliorer les chances de succès, M. le Président. Donc, pour le
moment, je me limite à ce que je viens de dire, et j'ai bien hâte d'écouter le
ministre ce qu'il pense de cet amendement.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Bien, M. le
Président, je ne pourrai pas être d'accord, malheureusement. Puis ce n'est pas
que je n'essaie pas, là, mais ici, quand on vient, par exemple, à l'article...
à l'article un, on vient définir un peu la notion de contrat en mode
collaboratif. Et, sans aller trop loin, naturellement, puis, tu sais,
rapidement, on... on a regardé avec les juristes, c'est impossible d'aller là,
parce que la notion de... un contractant, si vous montez un peu, là, pour que
je le voie à l'écran, là, la modification.
Alors, «le contrat de partenariat, soit
les contrats conclus dans le cadre d'un projet d'infrastructure à l'égard
duquel un organisme public s'associe à un contractant ou un sous-contractant».
Bien non, à partir du moment où est-ce qu'il s'associe dans un contrat, c'est
un contractant, alors peu importe, c'est qui les parties prenantes de l'autre
côté, je m'associe dans un contrat, je fais affaire avec un contractant. Alors,
c'est à l'article sept qu'on propose une modification. Mais ici, la notion...
la notion de contractant, c'est celui avec qui on est associé à l'intérieur d'un
contrat. Alors, quand même bien que je m'associerais avec un... quelqu'un en
béton armé dans un contrat, qui pourrait être perçu comme... certains comme...
M. Julien : ...un
sous-contractant, si je suis associé avec lui, c'est un contractant. Alors, la
notion de sous-contractant ne peut pas être celui qu'on associe dans un
contrat, puisque ce serait un contractant
Alors, c'est à l'article 7 qu'on va venir
essayer...essayer d'introduire le plus possible la vision commune qu'on a que
les sous-traitants importants doivent être
partie prenante des discussions.
Naturellement, en mode collaboratif, il n'y a pas de raison que les gens ne
fassent pas ça. C'est une gestion de risque, mais on va quand même insister,
mais le mode collaboratif favorise vraiment les échanges avec les principaux
partenaires, et, quand un fournisseur est important, il a tout intérêt à
participer aux discussions sans être nécessairement dans le Trium.
Alors je ne peux pas accorder, légalement,
ce serait impossible, même, d'aller vers ça, mais je réitère que c'est
l'article 7 qui permettra d'amener notre objectif commun.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. D'autres remarques à cet égard?
M. Derraji : Bien, écoutez,
M. le Président, je ne peux pas être d'accord avec le ministre. Il a le droit
de dire qu'il ne voit pas d'intérêt et que, légalement, il ne peut pas la
mettre, mais au-delà de légal ou pas légal, quand on a des joueurs comme
l'industrie du béton et quand on a l'AMP, l'Autorité des marchés publics, qui
nous demande... Écoutez, c'est, je tiens à le rappeler, M. Vézina qui était...
qui est chef du service de la vérification des enquêtes et de l'exécution des
marchés publics. J'ai eu un échange avec lui, pas plus loin que la semaine
dernière, et il nous a précisé qu'il faut qu'ils soient là, autour de la table,
les sous-traitants. Les économistes évaluateurs, ils nous ont dit la même
chose. L'industrie du béton, je l'ai mentionné, l'industrie du béton, c'était
très clair que, pour eux... ils disaient : «Nous pensons que les
sous-traitants et les fournisseurs doivent faire
partie de ces approches
collaboratives très tôt dans le processus.» Très tôt dans le processus. Et vous
le savez, M. le Président, l'implication de l'industrie du béton au niveau de
notre... de nos... de gérer des ouvrages publics. Ils le disent, ils l'ont
mentionné, ils voulaient être là très tôt. Un peu plus loin dans le même... le
même mémoire : «L'industrie du béton armé considère les approches
collaboratives intéressantes, mais étant donné que ces approches se font dans
le contexte d'un contrat, le projet de loi parle du contractant.»
Donc, aujourd'hui, à quoi ça sert, M. le
Président, des consultations? C'est pour amender le projet de loi. Quand j'ai
l'industrie du béton, qui est une industrie extrêmement importante, qui nous
dit : Écoutez, c'est intéressant, les projets de contrats de
collaboration, c'est intéressant des... avoir des approches collaboratives, ça
a été dit par l'industrie de béton, M. le Président, mais... dans leur mémoire.
Le ministre, aujourd'hui, il ne répond pas à la question mentionnée dans le
mémoire de l'industrie du béton : «Nous pensons que les sous-traitants et
les fournisseurs doivent faire
partie de ces approches collaboratives très tôt
dans le processus.»
Donc, si on veut que ça marche autour de la table
et si c'est la réelle volonté du législateur, c'est ce qu'on fait maintenant.
C'est sur des lois que les gens vont se baser si, demain, il y a un enjeu, ce
n'est pas sur la bonne volonté du donneur d'ouvrage, si, oui ou non, il
implique les sous-traitants. C'est ce que j'ai compris tout à l'heure de
l'intervention du ministre. Bien, je peux présumer de la bonne volonté, je ne dis
pas le contraire, mais si ce n'est pas dans la loi, il n'y a aucune obligation
d'ajouter les sous-contractants. Donc, au contraire, si c'est... le but, c'est
vraiment aller de l'avant avec des approches collaboratives, cette approche
collaborative nécessite une implication en amont de ces personnes.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires?
M. Julien : ...dit tout ce
que j'avais à dire par rapport à ça, mais j'aimerais ça, s'il vous permet,
quand même, que notre aviseur juridique mentionne le pourquoi ce n'est
définitivement pas possible, ce qui est écrit là.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Y a-t-il consentement à cet effet, collègue de Nelligan?
• (14 h 10) •
M. Derraji : Consentement.
Le Président (M. Simard) : Il
y a consentement. M., pour les fins de travaux, pourriez-vous d'abord vous
présenter?
M. Hudon (Alain) : Certainement,
M. le Président. Merci beaucoup, Alain Hudon, légiste aux ministères Finances,
Économie et Tourisme.
Des voix : ...
Le Président (M. Simard) : Oui,
M. est un habitué de nos travaux.
M. Derraji : Non, non, non,
mais, écoute, c'est un visage très familier, je me dis que je l'ai croisé dans
une autre vie. Bienvenue et merci d'être là...
M. Hudon (Alain) : ...alors ce
qu'il faut bien comprendre ici, là, on est dans la disposition qui définit
qu'est-ce qu'un contrat de partenariat, et un contrat, c'est créer des
relations juridiques entre les parties qui vont signer le contrat. Les parties
qui vont signer le contrat ici, c'est l'organisme public et le contractant ou
les contractants s'il y a plusieurs contractants. Donc, le lien juridique qui
va être établi par le contrat va être entre ces entreprises-là et l'organisme
public. Une entreprise qui a un lien juridique de sous-contractant par rapport
à un contractant n'a pas de lien juridique avec l'organisme public, donc il
n'est pas lié par le contrat qui est défini ici. Donc, si un sous-contractant
veut être associé au projet, bien, il deviendra... il va perdre son statut de
sous-contractant puis il va devenir un contractant. Mais les sous-contractants
qui ont conclu des ententes avec les contractants ne sont pas parties au
contrat de partenariat et n'ont aucun lien juridique avec l'organisme public
qui conclut le contrat de partenariat. Tel que mentionné tantôt à
l'article 7, on prévoit une ouverture pour permettre aux sous-contractants
de participer aux échanges qui vont précéder la conclusion du contrat de
partenariat. Mais jamais, jamais, jamais il ne doit avoir un lien juridique
entre un sous-contractant puis un organisme parce qu'il ne sera plus
sous-contractant.
Le Président (M. Simard) : M.
le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Je vais
lire l'article, mais corrigez-moi ou éclairez-nous avec votre interprétation.
Là, vous dites, c'est entre le donneur d'ouvrage et le contractant et on parle
de responsabilité, conception, réalisation, il y a d'autres responsabilités
telles que le financement, l'entretien, l'exploitation. Tout ça, c'est dans les
règles qui régissent le contractant avec le donneur d'ouvrage. On fait quoi si
c'est le sous-contractant qui s'occupe de l'entretien? Ça risque d'être un des
sous-contractants qui va s'occuper de l'entretien. C'est dans l'article.
M. Hudon (Alain) : Je ne
crois pas que l'hypothèse qui est émise ici pourrait se concrétiser, mais dans
l'éventualité où ça se faisait, bien, le lien juridique... il n'aurait pas de
lien juridique quand même avec l'organisme public, ça va être le contractant
qui va avoir donné... supposons, par hypothèse, la responsabilité de
l'entretien à un sous-contractant qui va être responsable de ce que le
sous-traitant va faire comme travail.
M. Derraji : Donc, vous êtes
en train de me dire qu'aucun contrat signé entre le donneur d'ouvrage et le
contractant n'a été donné à un sous-contractant. Donc, tout ce que vous signez,
il est fait par l'entrepreneur général.
M. Hudon (Alain) : Juridiquement,
le responsable au niveau de l'exécution du contrat, c'est le contractant.
M. Derraji : Non, je ne parle
pas de ça. Juridiquement, je le sais, vous avez raison.
M. Hudon (Alain) : Bien, on
est dans une définition juridique ici.
M. Derraji : O.K., O.K., oui,
oui. Non, non, mais on parle de donneur d'ouvrage... excusez-moi, de
l'entrepreneur général. Donc, vous dites que quand c'est l'entrepreneur général
qui signe avec le donneur d'ouvrage, il livre 100 % du contrat sans avoir
recours à des sous-contractants.
M. Hudon (Alain) : Je n'ai
absolument pas dit ça.
M. Derraji : Oui, oui, non,
mais...
M. Hudon (Alain) : Non.
M. Derraji : ce n'est pas ce
que vous avez dit. Donc... vous avez dit l'hypothèse que ça ne risque pas
d'être fait. Je vous ai donné un exemple. L'entretien ou l'exploitation. Donc,
l'entrepreneur général, quand il signe le contrat avec le donneur d'ouvrage, il
livre 100 % du contrat.
M. Hudon (Alain) : Il est
responsable à 100 % du contrat qu'il a signé.
M. Derraji : Il est
responsable à 100 %, mais est-ce qu'il livre 100 % du contrat, sans
avoir recours à des sous-contractants?
M. Hudon (Alain) : C'est
libre à l'entrepreneur de décider s'il veut s'adjoindre les services d'un tiers
pour donner suite à ses engagements.
M. Derraji : C'est excellent,
c'est le cas aussi maintenant, mais là, on parle d'une approche collaborative.
C'est quoi, la différence entre le monde actuel et les contrats collaboratifs
maintenant? Ce qu'on veut, c'est réduire le risque, ne pas tomber dans les
mêmes pièges qu'avant, où le l'entrepreneur général s'assoit sur la table avec
le donneur d'ouvrage, il y a un contrat, il l'exécute. Le but des contrats
collaboratifs, de ce que j'ai compris, c'est justement agir sur le délai, agir
sur le... C'est ce qu'on a, c'est ce qu'on nous a vendu, c'est ce qu'on nous
dit depuis le début.
On le sait, l'entrepreneur général, dans
une majorité, dans la majorité des cas, il y a des sous-contractants avec qui
ils travaillent. C'est la nature des contrats qu'on a au Québec, mais il n'y a
aucune responsabilité parce que, là, on parle d'un contrat du départ. C'est ce
que vous venez de me dire. Mais un peu plus tard, vous parlez d'entretien et
exploitation, mais on est dans un contexte particulier, c'est une approche
collaborative, ce n'est pas les anciens contrats...
M. Derraji : ...donc, dans
l'approche collaborative, vous voulez que la responsabilité reste à 100 %
sur l'entrepreneur général. Il n'y a aucune responsabilité sur les
sous-contractants, même s'ils contribuent à l'ouvrage.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Oui. Bien, des...
Je pense qu'on a donné quand même des réponses à plusieurs reprises. Alors, la
notion de contractants, dans un mode collaboratif, c'est les gens avec qui le
donneur d'ouvrage public fait affaire. Dans un mode collaboratif, ça va être
très souvent un consortium. Donc, il faut arrêter de toujours essayer de canner
ça sur l'entrepreneur général. Le mode collaboratif, c'est l'ensemble des
intervenants pertinents à un projet sous entente contractuelle avec des
donneurs d'ouvrage qui travaillent ensemble. Alors, cette notion-là vient
définir, à l'article 1, ce mode-là. La préoccupation nommée par mon
collègue par rapport à l'implication souhaitée des sous-contractants, des
sous-traitants, c'est à l'article 7 qu'on va l'amener. Je pense que notre
aviseur juridique a été assez clair sur cette impossibilité-là. Alors, on a dit
tout ce qu'on avait à dire par rapport à ces éléments-là au niveau de
l'article 1.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Bien,
écoutez, vous avez tout dit, mais, écoutez, si vous avez tout dit, ce n'est pas
l'industrie du béton qui corrobore ce que vous avez dit ni corrobore la
rédaction de votre article. La même chose avec l'Autorité des marchés publics.
Donc, c'est votre interprétation, je la respecte, je respecte aussi
l'interprétation de la personne qui a expliqué la nature de la rédaction de
l'article, mais, quand je vois l'Autorité des marchés financiers qui dit, elle,
qu'il faut qu'ils soient autour de la table, et ils parlent des sous-traitants,
la même chose des économistes, je pense que nous étions tous dans la même même
commission...
Désolé, je dois juste fermer... oui, même
commission, et les deux l'ont mentionné. Ce n'est pas par hasard qu'ils ont
insisté sur la présence des sous-contractants autour de la table. Ils
comprenaient tout ce qui se passe. C'est l'industrie du béton, j'imagine qu'ils
sont au courant de ce qui se passe sur le terrain. La même chose avec
l'Autorité des marchés publics. Donc, je ne sais pas, je ne sais pas, M. le
Président, si le ministre se rappelait de ce qui a été dit en commission
parlementaire, mais ça a été deux groupes clairs qui demandaient la présence
des sous-contractants autour de la table.
M. Julien : M. le Président,
j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur l'article
L'article 6
permet aux ateliers la participation des sous-contractants et l'article 7,
il est précisé que c'est une orientation qu'on souhaite y donner. Donc, on est
d'accord que, dans le mode collaboratif, il faut que les principaux
partenaires, oui, les contractants et potentiellement les grands joueurs, les
sous-contractants majeurs puissent participer. Mais ici, à l'intérieur de
l'article 1, on vient définir le mode collaboratif avec le contractant.
C'est deux endroits.
Si mon collègue souhaite vraiment qu'on
atteigne l'objectif qu'il nomme dans nos discussions, allons à l'article
pertinent. C'est comme si on essaie ici au mauvais endroit, avec le mauvais
outil, de répondre à une de ses préoccupations. Je l'invite à l'article 6
et à l'article 7 où on traite de ces éléments-là.
Le Président (M. Simard) : Merci,
cher collègue.
M. Derraji : M. le Président,
c'est la deuxième fois que le ministre interprète nos amendements à la mauvaise
place, à la mauvaise intervention. Ce n'est pas moi. L'industrie de béton
aussi, ils ont interprété à la mauvaise place, l'AMP aussi à la mauvaise place.
L'industrie du béton était claire, donc eux aussi, ils ne voyaient pas clair.
L'AMP aussi ne voyait pas clair. Vous ne voyez pas l'importance d'avoir un
sous-contractant autour de la table? Mais admettons le cas que tous ces gens
sont dans le champ, pourquoi le ministre refuse d'avoir les sous-contractants
autour de la table?
M. Julien : M. le Président,
honnêtement, je commence à penser que mon collègue ici nous fait perdre du
temps.
Le Président (M. Simard) : ...
M. Julien : Je ne peux pas
dire ça?
Le Président (M. Simard) : Je
nous invite à la prudence. Je pense qu'on travaille tous ici de...
M. Julien : Mais certainement
pas...
M. Derraji : S'il y a
quelqu'un qui nous fait perdre du temps... Vous êtes venu en commission
parlementaire même pas prêt. Vous n'avez même pas votre amendement prêt...
• (14 h 20) •
M. Julien : Alors, non, non,
non! S'il vous plaît! s'il vous plaît!
M. Derraji : ...
Le Président (M. Simard) : Non,
non, collègue, collègue, à l'ordre, s'il vous plaît! Alors donc, je comprends
bien, là, qu'on... Je nous invite tous à la prudence. Jusqu'à date, tout va
très bien. On travaille tous de bonne foi. Alors, la parole était au ministre.
M. Julien : J'ai fourni tous
les amendements qui étaient disponibles a priori hier, sauf l'amendement sur
l'article 8 qu'on a soumis, qu'on a resoumis une nouvelle version.
Mon collègue, en fin de compte... on est avec les juristes de l'État qui nous
disent que ce n'est pas le bon endroit, qui nous disent, en réalité :
L'Autorité des marchés publics nous dit que l'implication des sous-traitants
est favorable. Mais si mon collègue pense que les juristes de l'État sont
incompétents, à savoir où doivent être inscrites ces choses-là, je le laisse penser
ça. Mais certainement que les juristes...
M. Julien : ...de l'État,
quand ils regardent un projet de loi...
M. Derraji : M. le
Président...
M. Julien : ...sont les mieux
adaptés... sont les mieux adaptés... sont les mieux... les... sont les mieux...
sont les mieux adaptés pour prendre les décisions. On a le même objectif. Mais
je fais confiance aux juristes de l'État pour dire : Pour atteindre l'objectif
qui a été nommé, voici le bon endroit pour y mettre... et, si mon collègue veut
s'y rendre avec nous, ça va me faire plaisir d'en discuter. Mais, quand même,
on a ici des gens qui ont la compétence de juriste qui nous disent que ce n'est
pas le bon endroit.
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : Alors, je prends
cette parole-là. J'ai le même objectif que mon collègue...
Le Président (M. Simard) : Très
bien.
M. Julien : ...mais j'ai des
juristes qui me disent : Ce n'est pas le bon endroit. Allons au bon
endroit.
Le Président (M. Simard) : D'accord.
Cher collègue.
M. Derraji : Maintenant, il
me prête des intentions. Je vous invite à bien gouverner, M. le Président,
parce que, si ça continue comme ça, je ne pense pas que c'est un bon climat de
travail. Ce n'est pas la première fois, ce n'est pas la deuxième fois qu'il me
fait dire des choses que je n'ai pas dites.
Je m'adresse au ministre. Je respecte la
fonction publique, je n'ai rien dit par rapport aux légistes. J'ai le droit de
poser des questions. S'il est incapable, c'est son problème de ne pas répondre.
S'il ne veut pas répondre, c'est son problème. S'il n'a pas de réponse, c'est
son problème. Mais me faire dire que je ne fais pas confiance à la fonction
publique ou aux légistes, c'est son problème, c'est son interprétation. Je
l'invite à un peu plus de respect, M. le Président. Je pense que depuis le
début...
Le Président (M. Simard) : Alors,
jusqu'à date...
M. Derraji : ... — non,
excusez-moi — il l'a échappée, et il doit retirer ce qu'il a dit,
parce que ce n'est pas ce que je dis du tout. Et j'ai le droit... S'il ne le
sait pas, s'il n'a pas assez siégé, c'est son problème. Dans les projets de
loi, j'ai le droit de poser n'importe quelle question sur les articles que j'ai
devant moi, et je ne dois pas avaler n'importe quel article. D'ailleurs, ce
n'est pas la première fois qu'on a des projets de loi brouillons, et on joue
notre rôle, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Bon.
Vous avez assez d'expérience, cher collègue, pour savoir que, lorsqu'on parle
de «brouillons», etc., on est sur une pente glissante. Jusqu'à présent, nos
débats vont très bien, et je nous invite à la prudence, à la modération de part
et d'autre, on est capable de choisir les bons termes pour exprimer les bonnes
idées. Alors, jusqu'à présent, ça va bien. On continue sur la lancée. Alors, à
vous la parole, cher collègue.
M. Derraji : M. le Président,
ce qu'il a dit, je ne l'ai pas dit. Je l'invite à le retirer. Je ne l'ai pas...
Je n'ai pas visé aucune personne présente aujourd'hui. Je pose des questions
sur le projet de loi. Et vous savez quoi? Je ne vais plus donner mon
consentement à aucune intervention de personne, c'est lui qui doit répondre. Je
voulais collaborer, j'écoutais, aucun problème, je pensais qu'on collabore,
j'écoute, j'échange. Mais me faire dire que c'est parce que je n'aimais pas et
je les mettais... je mettais en doute la parole, ça dépasse les limites. Je ne
l'ai pas entendu qu'il retire ce que j'ai dit. Ce n'est pas ce que j'ai dit, M.
le Président.
Le Président (M. Simard) : Alors,
oui, M. le député, à vous la parole.
M. Allaire : Oui. Merci, M.
le Président. On ne peut pas remettre en doute votre décision. Vous l'avez
rendue, votre décision, vous nous avez demandé de continuer. Je pense qu'il
faut continuer les travaux.
Le Président (M. Simard) : Mais
je comprenais qu'il s'adressait davantage au ministre qu'à moi. Mais, ceci
étant dit, peu importe, on poursuit. M. le ministre, aviez-vous autre chose à
ajouter?
M. Julien : Je n'ai pas
d'autre commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Non.
M. le député de Nelligan, toujours sur l'amendement.
M. Derraji : M. le Président,
il n'a pas retiré ses paroles.
Le Président (M. Simard) : Bien,
cher collègue, si vous me demandez à moi, par l'intermédiaire de la présidence,
de lui... de lui demander de retirer ses paroles, je ne vois pas matière à ce
qu'il retire les paroles qu'il a prononcées. C'est la décision que je vous
rends en ce moment.
M. Derraji : Oui. Ça veut
dire que vous êtes d'accord avec ce qu'il a dit?
Le Président (M. Simard) : Je
n'ai pas à présumer si je suis d'accord ou en désaccord. Vous me demandez si
j'estime qu'il doit retirer ses paroles, je n'estime pas qu'il doive retirer
ses paroles, et je m'en tiens à cela. Ma décision, cher collègue, est rendue.
Si vous voulez poursuivre, c'est votre choix; si vous voulez arrêter, qu'on
passe au vote, c'est votre choix.
M. Derraji : Oui, oui.
Le Président (M. Simard) : Mais
ma décision est rendue.
M. Derraji : Pas de problème.
Pas de problème, M. le Président. Mais j'insiste sur un point, il y avait un climat
de collaboration. D'ailleurs, ce n'est pas le ministre qui a proposé la
solution par rapport au VGQ.
Je vais continuer, M. le Président, par
rapport à la... aux sous-contractants. N'en déplaise au ministre, c'est
l'Autorité des marchés publics qui nous a mentionné la présence des
sous-contractants. Il a le droit de penser que ce n'est pas nécessaire. La même
chose par rapport à l'industrie du béton : l'industrie du béton, je l'ai
répété pas une fois, pas deux, le ministre pense que ce n'est pas nécessaire.
On essaie de nous expliquer que, du moment que c'est des contrats, et ça lie
les... les... les contractants avec le donneur d'ouvrage... Alors, M. le
Président, écoute, c'est son interprétation. J'ai dit tout ce que j'ai à dire
par rapport à la présence des sous-contractants. On verra...
M. Derraji : ...par la suite,
quand tout cela sera opérationnel, est-ce que c'est nécessaire ou pas, avoir
les sous-contractants sur la table. Voilà. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous, cher collègue. M. le ministre.
M. Julien : Je suis du même
avis que mon collègue sur la pertinence d'avoir des sous-traitants et des
sous-contractants en mode collaboratif, lorsque pertinent autour de la table,
et toutes les fois que c'est pertinent, ils devraient y être. J'ai fait une
distinction entre l'entente contractuelle qui est autre chose. Je réitère à mon
collègue que l'objectif qui est visé, qui a été nommé par l'AMP, qui a été
nommé par certains intervenants, de faire une place aux sous-traitants à
l'intérieur du mode collaboratif, dans les discussions, c'est aux articles,
plus loin, qu'on vient adresser, qu'on vient en prendre en considération et non
pas à l'intérieur de l'article 1. Et quand je fais référence aux juristes, ils
nous disent : Ce n'est pas le bon endroit ici, dans la forme actuelle.
C'est tout ce que je dis. On a le même objectif, mais ce n'est pas le bon
endroit.
Le Président (M. Simard) : Bien.
D'autres remarques?
M. Derraji : Je vais relire
pour le bénéfice de tout le monde, ce que l'Industrie du béton... lorsqu'ils
parlaient de l'AMP. Je pense que c'est très important de rappeler ce que
l'Industrie du béton disait. Je ne sais pas comment il interprète, interprète,
avec son équipe, être impliqué très tôt dans le processus. C'est quoi, être
impliqué très tôt dans le processus?
M. Julien : Être impliqué
très tôt dans le processus, c'est ce que vise le mode collaboratif, c'est de
l'idéation, c'est-à-dire qu'on puisse travailler avec les principaux
intervenants pour optimiser la solution.
M. Derraji : Comment il
interprète qu'il y a une crainte exprimée par plusieurs entrepreneurs
spécialisés, fournisseurs, qu'il y ait trop grande concentration de pouvoir du
côté de l'entrepreneur général dans le contexte québécois de la construction?
M. Julien : Le mode
collaboratif, comparativement au mode traditionnel, vise justement à réduire,
puisque le contractant devient, plus souvent qu'autrement, un groupe de
partenaires qui est composé, oui, de l'entrepreneur général et de d'autres
professionnels, contrairement au mode traditionnel où c'est l'entrepreneur
général. Donc, c'est un droit visé des contractants en mode collaboratif.
M. Derraji : Mais c'est là où
l'interprétation du ministre n'est pas conforme avec ce que l'Industrie de
béton disait, M. le Président. C'est que si, justement, on veut impliquer ce
contractant, je comprends l'ordre légal du contrat au départ, sachant que c'est
ce contractant ou ces fournisseurs ou ces entrepreneurs spécialisés, s'ils ne
sont pas là au départ - d'ailleurs, c'est ce qui a été demandé - je ne pense
pas qu'ils vont atteindre l'objectif escompté, et c'est ce qu'on va avoir
malheureusement comme résultat.
M. Julien : J'ai dit tout ce
que j'avais à dire là-dessus, M. le Président. Tous les sous-contractants qui
pourraient être des dizaines pourraient prétendre à ça. L'entente contractuelle
se fait avec un contractant. Et tous les joueurs du mode collaboratif ont intérêt
à avoir, autour de la table, les sous-contractants majeurs pour les accompagner
dans le processus le plus tôt possible, mais ce n'est pas à l'intérieur de
l'article 1 qu'on va le faire.
Le Président (M. Simard) : Merci.
D'autres remarques, cher collègue, Mme la députée de Verdun? Alors, cet
amendement est-il adopté? Vote par appel nominal. Mme la secrétaire, veuillez
procéder, je vous prie.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Derraji (Nelligan)?
M. Derraji : Pour.
La Secrétaire
: M. Julien
(Charlesbourg)?
M. Julien : Contre.
La Secrétaire
: M. Allaire
(Maskinongé)?
M. Allaire : Contre.
La Secrétaire
: Mme Abou-Khalil
(Fabre)?
Mme Abou-Khalil : Contre.
La Secrétaire
: Mme Mallette
(Huntingdon)?
Mme Mallette : Contre.
La Secrétaire
: Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
Mme Zaga Mendez : Abstention.
La Secrétaire
: M. Simard
(Montmorency)?
Le Président (M. Simard) : Abstention.
Cet amendement est donc rejeté, et nous revenons à l'étude globale de l'article
M. Derraji : Je demande une
suspension, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Absolument.
Donc, nous allons suspendre momentanément nos travaux.
(Suspension de la séance à 14 h 30)
Haut de la page
14 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 14 h 38)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, nous sommes en mesure de poursuivre nos travaux. Et, avant d'entendre
l'amendement du député de Nelligan, nous allons céder la parole à la députée de
Verdun. Chère collègue.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, M. le Président. Je voulais revenir sur une discussion qu'on a entamée
avant la pause concernant les besoins des définitions en ce qui concerne les
types de contrats ainsi que les termes. Tout à l'heure, on a commencé à parler
des cas... l'application des approches collaboratives, le ministre m'a donné
des exemples, etc. Mais ce que nous, on a entendu, je pense, tout le monde en a
entendu lors des consultations, puis on le retrouve, entre autres, dans le
mémoire de l'Ordre des ingénieurs du Québec, c'est le besoin d'avoir les
définitions plus grandes, en fait, des différents types de contrats ainsi que
les termes de ces contrats-là. Parce que, là, le ministre nous fait référence à
différents exemples. C'est très bien, mais on ne retrouve pas les
caractéristiques, les balises, les types ni dans la loi ni, je crois, dans les
règlements qui ont été présentés, où est-ce que ceci va se trouver dans une
stratégie, quelque chose qui donne un cadre dans l'application. Parce que, bien
sûr, on veut être innovants, ça, on n'a rien contre. Ceci étant dit, il faut qu'on
soit capables de comprendre quand, comment et quel type est utilisé pour quel
type de projet, parce que, depuis tout à l'heure, on nous dit juste : Le
contrat dépend du type de projet. O.K., mais est-ce qu'on est capables de se
donner des caractéristiques qui vont préciser les termes de ces différents
contrats là qui vont guider la mise en œuvre?
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
• (14 h 40) •
M. Julien : Comme je disais
tantôt, il y a un grand inventaire, en fin de compte, du mode traditionnel
jusqu'à des modes alternatifs et modes collaboratifs qui actuellement le plus
collaboratif est le RPI, là, la réalisation de projets intégrés. Toutes les...
Tous les éléments qui vont être introduits comme balises dans cet éventail-là
vont être publiés à l'intérieur de l'appel d'offres public défini par le
donneur d'ouvrage. Les grands donneurs d'ouvrage, naturellement, que ce soit la
SQI ou le ministère des Transports... Et c'est pour ça qu'on dit quand même que
c'est... il y a une complexité dans ces modes-là.
M. Julien : ...vienne définir,
avec la nature du projet, le bon mode et vienne inscrire, à l'intérieur de tous
les documents d'appel d'offres : Ce mode-là va être utilisé en partage, en
collaboration, de quelle façon. Alors, tous ceux qui vont vouloir participer
vont avoir la définition précise, parce qu'il n'y a pas un seul mode
collaboratif, à l'intérieur des documents d'appel d'offres publics. Et, encore
là, on s'offre tout cet éventail-là pour avoir le bon mode pour le bon projet.
Alors, on n'a pas de définition a priori,
c'est-à-dire qu'on a... on a les grands modes, là, puis... on l'a à l'intérieur
de la stratégie, CC, CCF, RPI, etc., mais le dossier fin de la définition de la
nature du mode et de toutes ses caractéristiques sont à l'intérieur des
documents d'appel d'offres publics offerts à tous pour pouvoir soumissionner.
Mme Zaga Mendez : Bien, je
comprends ce que le ministre... Je veux juste bien comprendre la réponse, là.
Dans la stratégie, est-ce qu'on... Parce que, là, je n'ai pas la stratégie
devant moi, parce qu'on n'est pas à l'étude précise, mais peut-être nous donner
des exemples, à quel niveau de détail de définition des termes on va, dans la
stratégie, versus qu'est-ce qu'on pourrait faire dans le cadre du projet de
loi. Je pose la question, entre autres, des ordres des ingénieurs, c'est de
dire : Il faudrait clarifier c'est quoi, les types de contrats qui... bon,
vous... on les connaît, là, les petits contrats... on parlait... un autre mode,
CCF, etc., les définitions qui sont utilisées, parce qu'un RPI, que ce soit par
le ministère de la Santé, par le ministère des Transports, reste un RPI.
Ça fait qu'est-ce qu'on a quand même des
définitions? C'est là où est-ce que je veux vous entendre.
(Interruption)
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
c'est nous?
Le Président (M. Simard) : Non,
ça va... C'est la porte. M. le ministre.
M. Julien : Oui. Alors,
naturellement, là, on parle de mode de réalisation, RPI, qui est un grand... un
grand ensemble, et, après ça, la définition du RPI va être à l'intérieur de
l'entente contractuelle éventuelle et va être définie a priori pour les
soumissionnaires à l'intérieur des documents d'appel d'offres, de manière très,
très, très détaillée. Et là, encore là, pour... le dernier
article de l'article
1 : «Pour l'application de la présente loi, une approche collaborative
peut notamment comprendre la tenue d'ateliers bilatéraux, une mise en commun
des ressources et des informations liées aux projets d'infrastructure ainsi
qu'un partage consensuel des risques et, selon le cas, des économies. Donc, ça
peut comprendre tout ça et aller à différents niveaux pour comprendre ces
éléments-là ou ne pas les comprendre. Donc, vous me demandez une définition
précise. Cette définition précise là va dépendre des projets et va être définie
de manière très précise et pointue à l'intérieur des documents d'appel d'offres
pour justement en appeler à la concurrence d'agir.
Alors, c'est... c'est l'ouverture à ces
modes collaboratifs, mais on ne peut pas le définir a priori, puisque chaque
projet pourrait avoir des besoins spécifiques, mais on comprend que ça peut
être notamment sur les éléments qu'on nomme ici : partage des ressources,
partage de risques, partage des bénéfices.
Mme Zaga Mendez : ...
Le Président (M. Simard) : Oui,
bien sûr. Allez-y, chère collègue.
Mme Zaga Mendez : Peut-être
pour amener un aspect dans cette réflexion... le ministre, ce qu'il nous
répond, c'est que ça va être du cas par cas, selon l'appel d'offres, et une RPI
peut évoluer selon le projet puis les porteurs. Ceci dit, quand moi, je
regarde, entre autres, l'Ordre des ingénieurs, que, je veux dire, c'est des
personnes qui comprennent bien la nature de ces types des contrats, il nous
dit : «Il n'y a pas nécessairement d'unanimité sur ce qui fait qu'une
approche peut être qualifiée de collaborative. Certains peuvent estimer que
c'est la présence seulement... la présence des discussions entre les parties
suffit pour parler d'approche collaborative, tandis que d'autres vont estimer
que d'autres sujets doivent être discutés.»
Donc, ici, je pense, la question qu'on
nous pose, c'est que... où sont les frontières d'une approche collaborative?
Est-ce que c'est parce qu'on parle d'ateliers bilatéraux? Est-ce que c'est
seulement des discussions et commencent ça applique.
Puis ça revenait à ma question de tout à
l'heure, l'option... Parce qu'on... La formulation reste... reste dans une
optique de donner une option en ce qui concerne la mise en commun de ressources
d'information, et même que le partage des risques. J'aimerais ça un peu plus
entendre le ministre là-dessus.
M. Julien : M. le Président,
bien, écoutez, la question est intéressante, mais c'est ce que vise l'article
1, ici, là. Alors, on commence... Les contrats de partenariat sont les contrats
conclus dans le cadre d'un projet d'infrastructure à l'égard duquel...
M. Julien : ...un organisme
public associe un contractant à la conception et à la réalisation de
l'infrastructure, ainsi qu'à l'exercice d'autres responsabilités liées à
l'infrastructure tels son financement, son entretien, son exploitation et qui
implique une approche collaborative pendant ou après l'adjudication.»
Et là, on s'en va au dernier paragraphe
qui vient dire : «Une approche collaborative peut notamment, notamment
comprendre la tenue d'ateliers bilatéraux, une mise en commun des ressources,
des informations, un partage consensuel des risques, une économie, un partage
de l'économie.»
Donc, on vient définir en haut qu'est-ce
que c'est et on vient définir qu'est-ce que ça peut inclure ou ne pas inclure.
Alors, je réitère, là, un mode collaboratif, c'est plein de teintes dépendant
de l'objectif qu'on a, c'est le donneur d'ouvrage qui vient à l'intérieur du
processus d'appel d'offres bien déterminer, justement, ces éléments de
collaboration. Et c'est ouvert au marché. Mais ça implique une collaboration qui
doit avoir certains des éléments qu'on vient de nommer, à différents niveaux.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. J'ai... juste à apporter un détail à la discussion qu'on a. C'est
que, tout à l'heure, les collègues avaient une discussion sur l'aspect de... du
partage consensuel des risques. Et pour tout ça, il va y avoir un
article qu'on
donne des balises. Puis là j'entends, on va avoir cette discussion-là tout à
l'heure.
Ceci étant dit, j'ai fait... On a fait la
recherche dans tout le projet de loi. C'est la seule
partie dans laquelle on
parle d'une mise en commun des ressources et des informations liées au projet.
Alors, moi, je veux... puis j'entends le ministre sur le fait qu'avec ce qu'il
nous propose, selon lui, on a assez de... une définition qui est assez précise,
là, dans le... qui délimite ce qui est... ce qui n'est pas un contrat
collaboratif. Ceci dit, quand on lit «une mise en commun des ressources et des
informations liées au projet d'infrastructure», c'est la seule place dans laquelle
on fait mention. Il n'y a pas d'autre
article qui encadre comment ça va être
fait, la mise en commun des ressources, d'où le besoin, je pense, d'avoir des
définitions, des meilleures... les termes des contrats. Parce que comment ça va
être fait, cette mise en commun des ressources, comment ça va être fait pour
faire en sorte que ça se fait de façon égalitaire et même qui avantage le
public. Parce que tout ça, on le fait dans le bien de... d'un bon
investissement des fonds publics et qu'on garde une certaine expertise à
l'interne.
J'aimerais ça vous entendre... comment il
voit la mise en commun des ressources et des informations liées, parce que ce
n'est pas défini, les termes de cette mise en commun là ne sont pas définis
ici. Elles sont définies où? Et comment on fait en sorte que ça va continuer à
avantager également le renforcement de nos connaissances puis de notre
expertise au sein de la fonction publique?
M. Julien : Alors,
naturellement, M. le Président, je réitère qu'on donne un éventail très large
de modes alternatifs et modes collaboratifs. Ce qu'on a à l'intérieur de
l'article un, c'est les éléments potentiellement qui peuvent être mis à
contribution dans un mode collaboratif. Et je réitère que tout le détail, de
manière précise, sont à l'intérieur du document d'appel d'offres. Alors, quand
on regarde tous les modes de RPI à CC, CCF, on voit que ces éléments-là vont
être plus ou moins associés, dépendant du mode.
Ici, quand on parle de ces trucs-là à
l'intérieur du... de l'article un, on voit qu'on touche tous les modes puis on
vient dire : Maintenant, le bon projet, le bon mode et la bonne nature de
contrat, et tous ces éléments-là, de manière détaillée, spécifique à chacun des
projets... est inscrit à l'intérieur du processus d'appel d'offres de manière
détaillée.
Alors là, on a un éventail. On me
demande : Oui, mais si on le définissait jusqu'où? Tu peux aller en mode
collaboratif sur ces éléments-là, tu n'en as pas l'obligation, il faut que tu
en aies quelques-uns. Et c'est à l'intérieur du processus d'appel d'offres
qu'on vient définir spécifiquement, par rapport aux besoins du projet, quels
sont les aspects collaboratifs qu'on met de l'avant et qui sont connus de tous
les concurrents pour en réalité finaliser une entente collaborative.
• (14 h 50) •
Le Président (M. Simard) : Très
bien...
M. Julien : Alors, il n'y a
pas une recette.
Le Président (M. Simard) : Oui,
peut-être une dernière, et ensuite ce sera au collègue de Nelligan.
Mme Zaga Mendez : Juste une
dernière question, parce que le ministre nous le dit, là, les différents
éléments, ils sont là, on l'a compris. Si un type de contrat collaboratif fait
appel à un de ces trois éléments, parce que c'est une des options qui sont là,
puis on fait... on peut faire appel à un des trois éléments. Moi, je vous parle
du deuxième élément, la mise en commun des ressources. Est-ce qu'il y a...
Mme Zaga Mendez : ...qu'est-ce
qui encadre la mise en commun des ressources? Ça va être du cas par cas? Ça va
être à chaque fois dans le contrat? Est-ce qu'on peut se donner des lignes
directrices pour la mise en commun de ressources? Parce que c'est de ça qu'il
s'agit, là. Bien sûr, on ne veut pas freiner, là, la réalisation, mais pour
la... Juste rappeler, là, pour le partage consensuel des risques, il y a un
article plus loin qui est en train de l'encadrer, pour la mise en commun des
ressources — les informations, on va en parler même à
l'article 8 — mais la mise en commun des ressources, c'est la seule
place dans laquelle on fait mention. Qu'un type de contrat fasse appel ou pas,
ce n'est pas ça que je remets en question, c'est le fait que lorsqu'on fait
appel, qu'est-ce qui encadre la mise en commun des ressources pour que ça se
fasse de façon égalitaire, que ce soit clair, que ce soit clair dans le
contrat, dans les termes du contrat, c'est entre autres, ce que nous dit
l'Ordre des ingénieurs du Québec.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Mais je
réitère, M. le Président, que c'est à l'intérieur du processus où le donneur
d'ouvrage public a un projet devant lui avec des objectifs et qui vient, à
l'intérieur du processus de préparation de l'appel d'offres, bien camper ces
éléments-là à la hauteur qu'il le souhaite pour lancer au marché. Alors
l'appréciation des éléments à venir et à être inclus sont décrits à l'intérieur
de l'appel d'offres. Ce que ma collègue semble vouloir me demander c'est :
Oui, mais les... les barèmes, les balises et... pour encadrer ça. Oui, mais
chaque donneur d'ouvrage ont la possibilité ici, et de le publier à l'intérieur
du processus d'appel d'offres. Naturellement, les processus d'appel d'offres et
les contrats, il y a de la surveillance par rapport à ces éléments-là, mais ici
on donne ce que ça peut comporter et on dit : Quand on va arriver dans le
processus d'appel d'offres, la définition va être très clairement donnée à
tous, jusqu'où on va dans les partages ou dans les collaborations, à tous ces
égards-là. Donc, c'est comme si on demandait d'avoir un encadrement supérieur a
priori ou des lignes directrices claires. Mais, encore là, ça dépend de la
nature du contrat et spécifiquement. Donc, je ne vois pas comment qu'on
pourrait aller plus loin.
Mme Zaga Mendez : Il ne
me reste pas assez de temps, M. le Président. Je pense que...
Le Président (M. Simard) : Merci
à vous. Merci, chère collègue. M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je suis
allé déposer l'amendement, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : ...il
est sur Greffier? Il est sur Greffier. Il va apparaître sous peu. Voilà. Merci
beaucoup. Pourriez-vous, cher collègue, peut-être nous en faire lecture?
Des voix : ...
M. Derraji : C'est bon?
O.K. Donc, l'article 1... M. le Président, l'article 1 modifie le
paragraphe 1°, tel que modifié, par l'ajout, dans le paragraphe 1° du
paragraphe 1°, après les mots «organisme public associé à un contractant», des
mots «à la planification».
L'article modifié se lirait ainsi :
L'article 3 de la
Loi sur les contrats des organismes publics
(chapitre C-65.1) est modifié :
1° par le remplacement du paragraphe 1° du
deuxième alinéa par le paragraphe suivant :
«Les contrats de partenariat, soit les
contrats conclus dans le cadre d'un projet d'infrastructure à l'égard duquel un
organisme public associé à un contractant, à la planification, à la conception
et à la réalisation de l'infrastructure, ainsi qu'à l'exercice d'autres
responsabilités liées à l'infrastructure, tel son financement, son entretien ou
son exploitation, et qui impliquent une approche collaborative pendant ou après
le processus d'adjudication.»
Le Président (M. Simard) : Souhaitez-vous
apporter des commentaires à ce stade-ci?
M. Derraji : Oui. En
fait... En fait, M. le Président, tout au long des... des consultations, il y a
beaucoup de groupes qui sont venus nous parler que l'étape la plus importante,
c'est au départ, c'est vraiment à la planification, surtout qu'on parle dans le
cadre de l'approche collaborative, et les architectes l'ont dit, les
ingénieurs, les estimateurs. La plupart des groupes avec qui nous avons échangé
parlaient beaucoup d'une étape cruciale pour la réussite du projet. Et c'est
surtout si on veut atteindre le résultat qu'on s'est donné. Voilà.
Le Président (M. Simard) : M.
le ministre.
M. Julien : Oui. Merci,
M. le Président. Bien, écoutez, la planification est la responsabilité de
l'organisme public. Et d'ailleurs, c'est important, là, Charbonneau l'a
rappelé, mais le Vérificateur général l'a rappelé beaucoup, Mme Martine
Valois l'a rappelé également. C'est-à-dire que la production d'un PFT,
programme...
M. Julien : ... fonctionnel et
technique, 10, 15 %. Tu sais, le début du processus, ça appartient
vraiment à l'organisme public. Puis il faut éviter le mélange des genres, mais
le plus rapidement possible, après cette phase-là de... qu'on appelle la
planification, on veut rentrer le mode collaboratif avec les contractants en
conception, c'est-à-dire, j'ai mon programme fonctionnel et technique, les
besoins, les besoins... parce qu'il ne faut pas qu'ils viennent déterminer nos
besoins, et rapidement, pour la solution, j'ai une planification 5...
cinq, 10, 15 % maximum, et je les rentre le plus tôt possible à la
conception pour avancer avec moi, avec les organismes publics, et après ça il y
a la réalisation. Mais le VG nous a rappelé que c'était la phase initiale de
planification, c'était important de garder cette distance-là avec le mode
collaboratif.
Nous, ce qu'on souhaite, c'est le plus tôt
possible, quand les besoins sont suffisamment définis mais que la solution en
soit, elle n'est pas... Tu sais, l'enjeu qu'on voit dans le mode traditionnel,
c'est... La solution est tellement définie que les intervenants arrivent puis
ils nous disent : Mais tu m'obliges à faire ça, j'aurais pu te proposer
pour ton besoin, planification, autre chose, mais tu es allé tellement loin
dans le concept que je suis encarcané.
Et vous avez également raison que les
groupes qu'on a entendus nous ont dit : Vous devriez... La phase de
planification est primordiale. Naturellement, à l'intérieur de la stratégie, on
a... on est venus dire : Plus de maturité dans les besoins, plus de
documentation des besoins. Donc, ça ne veut pas dire que les organismes publics
ne doivent pas travailler également à supporter plus la planification qui est
sur leurs responsabilités, mais les grands surveillants des processus nous
dit : Faites attention, distinguez la conception et la planification et je
vous appelle à ne pas introduire la planification, les organismes, les
contractants. Donc, j'oserais contredire quand même ces gens-là, qui nous ont
bien nommés ça.
M. Derraji : Juste pour
préciser, je ne parlais pas de la planification au niveau du donneur d'ouvrage,
donc l'étape préliminaire qui se fait. Donc, je tiens à préciser, encore une
fois, c'est ce que vous venez de dire vers la fin, c'est que, justement,
tellement parfois l'appel... Parce que, sinon, si tout va bien, là, pourquoi
vous voulez par... avec les contrats collaboratifs? Si tout va bien, pourquoi
on veut aller avec les contrats collaboratifs? Parce qu'on veut que ça aille
plus vite et qu'on baisse le prix. Vous avez dit, vous-même, maintenant, que
parfois... tellement l'appel de projet, parfois, il est très... tellement très
précis, qu'il ne donne plus de marge de manœuvre à des gens qu'on veut asseoir
sur la table pour qu'ils puissent trouver des solutions.
Donc, si on les invite à l'étape de la
conception, est-ce que réellement, dans l'approche collaborative, on donne une
marge de manœuvre à la planification? Et je tiens à préciser, parce que je
commence à connaître maintenant le ministre et je ne veux pas qu'il me parle de
lier l'étape un, qui est la responsabilité du donneur d'ouvrage, là, je parle à
l'étape où on s'entend à ce qu'on va aller avec l'approche collaborative.
M. Julien : M. le Président,
le grand gain de l'approche collaborative, c'est de faire participer le plus
tôt possible à un consortium professionnel et entrepreneurs généraux, et, à la
phase conception, c'est primordial. C'est ce qu'on souhaite faire et non pas à
l'approche planification. Donc, c'est une grande distinction et un grand gain à
la phase... à la phase de conception.
Le Président (M. Simard) : Merci.
Cher collègue.
M. Derraji : Juste une
seconde, M. président, parce que je cherchais quelque chose, si ça ne vous
dérange pas. Je ne sais pas si ma collègue veut intervenir.
Le Président (M. Simard) : Mme
la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Bien,
rapidement...
Le Président (M. Simard) : Toujours
sur l'amendement, bien sûr.
• (15 heures) •
Mme Zaga Mendez : Oui, bien
sûr, sur l'amendement. Bien, j'ai plusieurs questions qui... Je n'ai pas une,
comment je peux dire... une grande ouverture à aller là tout de suite, entre
autres parce qu'on le fait déjà pour la conception puis la réalisation, étant
donné qu'on... on en a discuté, là, que c'est des types qui sont déjà... qui
peuvent plus facilement se mettre en place. Puis moi, ma crainte, la crainte
qu'on a en termes de planification, c'est qu'on devrait avoir du côté du giron
public toute l'expertise nécessaire pour comprendre les besoins puis de
commencer cette planification-là, et, pour moi, il y a une crainte là, de laisser
de la place à des consortiums privés, venir jouer dans les objectifs que,
peut-être, c'est plus une discussion en terme public qui devrait avoir. Donc,
je ne suis pas... je n'ai pas d'ouverture, en ce moment, à cet amendement-là...
M. Julien : Ma collègue
voit... voit très juste, c'est-à-dire que, et je pense qu'on l'a mentionné
depuis le début du dépôt, même la stratégie, c'est...
La définition des
besoins, là...
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15 h (version non révisé
e) M. Julien : ...ça appartient
au donneur d'ouvrage public et au gouvernement. Il faut faire attention pour ne
pas faire un mélange des genres parce que, soudainement, on pourrait se faire
définir des besoins qu'on n'a pas besoin. Une fois que le besoin est défini...
et on doit mettre l'énergie pour bien les définir, là. Donc, la phase de
planification, il faut mettre toute l'énergie pour que la phase de
planification soit exemplaire, mais après ça, de participer à : Mes
besoins sont bien définis, je sais ce que je veux, c'est ce que j'ai besoin,
participez avec moi à trouver le meilleur projet pour répondre à mes besoins,
conception, réalisation. Là, là, c'est à la bonne place. Et je rappelle à mon
collègue, juste la grande distinction, c'est... trop souvent, actuellement, en
phase... en mode traditionnel, c'est... la conception est faite par quelqu'un,
la réalisation est faite par un autre. Cet autre-là dit : Écoute, si tu m'avais
parlé de ça, je t'aurais peut-être proposé un autre type de matériaux qui
aurait permis la même... et l'encarcaner dans des étapes plutôt qu'asseoir les
gens le plus tôt possible, après que les besoins soient définis, pour dire :
Aïe, on s'en va sur la lune, c'est ça, mon objectif, comment qu'on y va? Plutôt
que quelqu'un qui dit : Ça prendrait une fusée comme ça puis l'autre dit :
Oui, mais ta fusée, ce n'est pas comme ça que je l'aurais faite. On se met
autour de la table puis on définit le moyen qu'on va aller sur la lune
ensemble, mais l'objectif, le besoin qu'on a identifié, c'est d'aller sur la
Lune.
Le Président (M. Simard) : D'autres
commentaires, chers collègues? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Stade olympique,
à quel moment le contrat collaboratif? À quel moment les partenaires ou le consortium
ont été impliqués?
M. Julien : Bien, je ne peux
pas commenter des contrats en particulier. Puis honnêtement, ce n'est pas un
contrat... je n'ai pas le fin détail. Puis je ne vois pas... bien, je ne
commenterai pas un contrat particulier.
M. Derraji : Bon. Ça vous
arrange. Quand vous parlez d'un contrat collaboratif, vous utilisez l'exemple
du Stade olympique, vous-même, vous l'avez mentionné. Si ce n'est pas le
contrat du Stade olympique, le pont de l'île d'Orléans non plus?
M. Julien : Bien, je répète
la même chose, là. Si mon collègue a des questions sur les contrats en mode
collaboratif et leurs vertus... mais je ne parlerai pas de contrats
spécifiques.
M. Derraji : C'est son choix.
Le ministre refuse de répondre avec un exemple. Parce que, je pense, avec un
exemple parfait comme le Stade olympique à 1,7 milliard, on va comprendre
comment le tout s'est déroulé. Ça va faciliter la tâche. Donc, vous êtes en
train de nous dire que le consortium n'a pas été impliqué dans la
planification. Le consortium est impliqué pour la conception, vous avez fait de
la planification.
M. Julien : M. le Président,
je ne parlerai pas de contrats spécifiques. Je réitère que le consortium en
mode collaboratif, le plus tôt possible, à la phase initiale de conception, c'est
ce qui donne de la valeur ajoutée.
Le Président (M. Simard) : M.
le député.
M. Derraji : Oui. O.K. J'ai
cru qu'un projet de loi qui parle d'une approche collaborative, on va avoir
plus de collaboration. Donc, on va essayer, M. le Président, de poser des
questions pour avoir une approche collaborative de la part du ministre. Je lui
ai donné... parce qu'il maîtrise les contrats et il a deux exemples, il a le
Stade olympique et le pont de l'île d'Orléans. D'ailleurs, on n'a pas reçu
suite à une demande qu'on a faite, la réponse qu'on voulait. Donc, vous
comprenez que, M. le Président, on va poser des questions.
Donc, je vais répéter ma question. La
définition de l'ouvrage revient, je le dis, je le précise, à l'organisme
public. Donc, il peut nous confirmer aujourd'hui que le Stade olympique, il n'y
avait pas une implication des partenaires pour l'étape de planification. Il n'y
avait aucune intervention, il n'y avait aucune rencontre pour trouver les
solutions pour le Stade olympique. C'est un exemple d'un contrat de
partenariat. Je comprends que le ministre veut faire attention parce qu'il y a
des choses publiques, le contrat, il est public, etc., mais il ne confirme
aujourd'hui que la solution qui a été proposée, à l'étape de planification, les
partenaires impliqués n'ont pas contribué.
M. Julien : J'ai dit tout ce
que j'avais à dire par rapport à des cas spécifiques, M. le Président.
M. Derraji : Oui, mais je n'ai
pas entendu, M. le Président une réponse. Parce qu'on parle d'un contrat, d'un
exemple de contrat. On est sur les contrats collaboratifs.
M. Allaire : ...
Le Président (M. Simard) : Oui,
M. le député de Maskinongé...
M. Allaire : ...l'article 82.
Le ministre a le droit de refuser de répondre à une question. C'est son droit.
Donc, je ne pense pas que le député doit insister à outrance. Je vous demande
de faire respecter l'article 82.
Le Président (M. Simard) : Bien,
évidemment, on est toujours dans le respect de l'article 82. Le ministre
peut répondre ce qu'il répond, mais en même temps, le leader a le droit de
requestionner le ministre sous l'angle qu'il le souhaite, puisqu'il est toujours
sur le sujet de son amendement. Veuillez poursuivre, cher collègue.
M. Derraji : M. le Président,
il a... il s'est essayé deux fois, je l'invite à s'essayer une troisième fois,
il a le droit d'intervenir. J'aurais aimé l'entendre sur les contrats
collaboratifs, mais il est expert à suivre mes interventions. Pas de problème,
vous pouvez m'interpeler autant que vous voulez. Je vais continuer à poser mes
questions, M. le député.
Le Président (M. Simard) : Bon...
cher collègue, vous avez beaucoup d'expérience.
M. Derraji : Mais non,
mais... c'est la deuxième fois qu'il m'interpelle.
Le Président (M. Simard) : Il
est dans son droit de le faire...
M. Derraji : Absolument,
comme j'ai... dans le droit de respecter ce que vous venez de dire, et je vais
continuer à poser mes questions. Donc, M. le Président, revenons aux contrats
collaboratifs. Aujourd'hui, le ministre vient avec un projet de loi et je tiens
à rappeler que c'est un troisième projet de loi en matière, si je peux dire,
infrastructure. Il avait laissé... un, 61, si ma mémoire, elle est bonne, qui a
été déposé par sa... par le ministre de la Santé. Ça a été un échec total. Par
la suite, il y avait le 66 où le gouvernement a mis à l'intérieur de ce projet
de loi beaucoup de projets d'accélération. Et on se ramasse aujourd'hui avec
une autre volonté gouvernementale. D'ailleurs, j'espère que c'est la volonté
gouvernementale et non pas celle de Pomerleau, parce que, tout à l'heure, il
parlait de... parlait de gens qui participaient à l'étape de planification. Il
faut toujours rester en amont. Je tiens à rappeler que la première rencontre
avec Pomerleau, ça date depuis un an et demi. Et ça a été très clair, une
loi... D'ailleurs qu'on ne savait pas si cette loi va être déposée au pas, M.
le Président.
Donc, je comprends que le ministre ne veut
pas répondre par rapport à un contrat spécifique, mais probablement ça va être
beaucoup plus bénéfique, beaucoup plus bénéfique pour la population de
comprendre, deux contrats qui font... qui sont sur l'espace public. D'ailleurs,
le contrat de... du Stade olympique est très clair, et c'est un exemple parfait
que ça a été utilisé pas mal, M. le Président, que c'est un exemple de
partenariat avec... avec le privé.
Donc, j'invite le ministre à nous
expliquer en... dans le... la façon avec laquelle il a travaillé ce contrat. Je
ne sais pas si c'est lui ou sa collègue qui a travaillé ce contrat, du moment
qu'on parle d'une approche collaborative, je peux accepter s'il me dit que ce n'est
pas lui qui a géré ce contrat, ce n'est pas lui qui a signé le contrat, mais
l'approche collaborative, il nous ramène... c'est lui qui nous ramène
l'approche collaborative aujourd'hui pour en discuter. Et pour le bénéfice de
tout le monde, je pense que c'est d'ordre public, M. le Président, nous sommes
dans une commission parlementaire, et le ministre essaie de convaincre la
population et nous, les parlementaires que c'est la meilleure chose à faire.
Mais on ne peut pas juste faire en sorte que c'est... c'est ça qu'on doit faire
sans se poser les questions. Donc, je reviens. Lui, il est convaincu que c'est
uniquement à l'étape de la conception à la réalisation de l'infrastructure que
les contractants doivent être associés. Je lui pose la question : Dans le
cas du Stade olympique, il n'y avait pas d'implication du consortium à l'étape
de planification?
M. Julien : Oui, M. le
Président, je ne commenterai pas en fin de compte des contrats spécifiques.
Alors, je le redis, puis on a un projet de
loi sur les modes collaboratifs et
je comprends que l'amendement apporté par mon collègue est contre-indiqué par
la Vérificatrice générale du Québec et par maître Martine Valois, qui l'a
rappelé également, et par les pratiques de la commission Charbonneau. Donc, on
n'ira pas là, mais... mais, pour nous, en réalité, à partir de la conception,
le plus tôt