House Proceedings — 18 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-02-18
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bon mardi à vous tous et toutes. Vous pouvez prendre place.
Et nous
allons débuter notre séance avec la rubrique des déclarations de députés, et la première déclaration sera celle de
M. le député de Vachon.
Lafrenière : Merci beaucoup, Mme la Présidente. En cette belle journée
de neige abondante qui nous remet dans
l'esprit des fêtes, et ce, même en plein mois de février, je voudrais
reconnaître l'apport inestimable de M. Jean-Marie Girard, président et fondateur de La Grande
Guignolée des médias de la Rive-Sud. Pour souligner plus de 40 ans de service
aux citoyens, il a reçu la Médaille du lieutenant-gouverneur du Québec le
9 décembre dernier à l'hôtel de ville de Longueuil.
La Grande
Guignolée des médias de la Rive-Sud célèbre leur 18e année d'existence cette
année, et, l'an dernier, ils ont
ramassé plus de 400 000 $, qui a été distribué à près de 100 000
personnes à travers 23 organismes d'aide de la Montérégie. Il est important de vous mentionner, Mme la Présidente, que
près de la moitié des bénéficiaires sont des enfants.
Vous savez,
Mme la Présidente, le visage de la pauvreté a bien changé. Aujourd'hui, il y a
beaucoup de gens qui ont un travail
mais qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille, à les nourrir. Pour donner
un exemple de l'ampleur du travail lors
de la guignolée, ce sont près de 1 000 bénévoles qui sont nécessaires pour
l'opération. Cette collecte sert à nourrir non seulement les gens dans
le besoin dans la période des fêtes, mais à les aider à l'année longue.
Au nom de mes
collègues de la Rive-Sud, merci, M. Girard, pour votre apport aux personnes
vulnérables et merci de nous rendre fiers de Saint-Hubert. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Vachon. Et maintenant je reconnais M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, la Maison Myosotis de Drummondville aide les
personnes atteintes d'alzheimer et leurs proches depuis plus de 25 ans.
Administré par la Société Alzheimer du Centre-du-Québec,
ce foyer exceptionnel héberge 13 résidents aussi longtemps que leur état le
leur permet. Cette ressource alternative spécialisée fait le pas entre le
logement autonome et le CHSLD. Elle
privilégie une approche personnalisée et familiale. Elle stimule le seuil
cognitif de la personne, maintient son estime de soi et préserve sa
dignité. Elle retarde ainsi au maximum son entrée au centre de soins de longue
durée. En plus, la Maison Myosotis offre aux
aidants naturels un répit de jour qui reçoit jusqu'à 30 personnes par
semaine. La Société Alzheimer centricoise ajoute 12 000 heures de répit à domicile par
année. Ses conseillers guident annuellement 1 500 personnes, familles
dans la réponse de leurs besoins.
Bravo au
directeur général, M. Michel Viens, aux bénévoles et à tout le personnel
qui, jour après jour, s'investissent avec ardeur et défi! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Drummond—Bois-Francs.
Maintenant, je me tourne vers Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais aujourd'hui
souligner la contribution des commissaires scolaires de Bourassa-Sauvé et du président de la commission scolaire de
la Pointe-de-l'Île. Depuis 2014 qu'ils se sont engagés à faire de
la réussite scolaire une priorité.
D'abord,
Antonio Urlea, présent dans une foule d'activités culturelles autant que
pédagogiques, toujours proche des jeunes. Il avait fait adopter une
politique d'initiation à la démocratie scolaire.
Ensuite,
Renée-Chantal Belinga, femme de coeur qui a poussé pour mettre en marche un
club de petits déjeuners dans les
écoles les plus vulnérables, et Dieu sait qu'il y en a, Mme la Présidente, à
Montréal-Nord. Elle est de toutes les batailles pour une meilleure
intégration de nos nouveaux arrivants.
Et puis Boubaker Mesbah, particulièrement
impliqué auprès de la communauté maghrébine.
Et finalement j'aimerais souligner le travail extraordinaire
de Miville Boudreault, président de la commission scolaire de la Pointe-de-l'Île, un homme qui a contribué à faire de la
CSPI l'une des commissions scolaires les plus performantes et qui, sous son règne... et qui a fait grimper
sérieusement le taux de diplomation. Merci, Miville. Merci à vous tous. Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Et maintenant je reconnais M. le député de
Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais souligner le
30e anniversaire des Filles d'Isabelle du cercle 1363 à
Gatineau.
L'Ordre des
Filles d'Isabelle est une organisation caritative composée de femmes engagées
qui ont comme devise Unité, amitié
et charité . Le cercle 1363
des Filles d'Isabelle s'est donné comme mission le bien-être de notre
communauté. En outre, ce cercle
favorise la qualité de vie chez ses membres et dans la collectivité, tout en
encourageant le développement et l'avancement de la population. Pour ce
faire, plusieurs de ses membres s'impliquent dans la communauté de façon
bénévole pour appuyer de nombreuses bonnes oeuvres. De plus, les Filles
d'Isabelle soutiennent des organismes communautaires
et organisent divers soupers et plusieurs campagnes de financement afin de
redonner au suivant. Les Filles
d'Isabelle se font aussi un devoir de soutenir de nombreuses causes qui
concernent les femmes ainsi que les familles de la région de
l'Outaouais, particulièrement les causes qui touchent nos plus démunis.
En terminant,
je tenais à remercier le cercle 1363 des Filles d'Isabelle pour leur
implication dans Chapleau. Vous êtes toujours à l'écoute, prêtes à
servir et à aider les gens les plus vulnérables de notre société. Merci pour
vos bons et loyaux services depuis 30 ans et bon anniversaire!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Chapleau. Et maintenant je cède la parole à M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Mme la Présidente, vous
allez être fière de moi. Hier, en marge d'une journée de sensibilisation de L'R des centres de femmes du Québec, j'ai
rencontré les représentantes des centres de femmes de Rimouski et du Ô Pays.
Elles m'ont
sensibilisé au travail invisible et à la charge mentale des femmes. Cela
correspond à un travail qui n'est pas
officiellement reconnu comme tel et qui n'est pas comptabilisé dans la création
de richesse : le travail ménager et
le travail des proches aidantes, des mères et des grands-mères, des bénévoles,
des femmes qui s'impliquent dans les entreprises
de leurs conjoints, par exemple. En plus du travail professionnel, les tâches
quotidiennes de la famille reposent encore,
en 2020, beaucoup sur les femmes. Leur temps disponible en dehors des heures
régulières de travail est employé pour
effectuer des tâches non reconnues. Les femmes ne peuvent se consacrer autant
que les hommes à leurs loisirs, à la vie
politique, à leur santé personnelle, au développement de leur carrière, à leur
cheminement scolaire et au développement de compétences valorisées et
reconnues.
Chaque année,
les centres de femmes comme celui de Rimouski et du Ô Pays, à travers tout le
Québec, rejoignent plus de 260 000 femmes. Il faut être
conscient de l'importance de leur travail. Et pourquoi ne pas mieux les
soutenir financièrement? Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Rimouski. Et maintenant au tour de Mme la députée de Montarville de
faire sa déclaration.
Mme Roy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je souligne aujourd'hui le
20e anniversaire du Théâtre Hector-Charland.
C'est le
12 novembre 1999 qu'a été inauguré ce joyau des théâtres régionaux du
Québec. Sa notoriété repose sur une offre riche et variée présentée dans une
salle au cachet intimiste. Les citoyens de L'Assomption et de toute la région
de Lanaudière peuvent
ainsi apprécier une programmation en théâtre, musique, humour, danse ou encore
en variété. Cette proposition
distinctive a été maintes fois récompensée par l'ADISQ et RIDEAU, entre autres.
Je félicite la direction et les membres
du C.A., qui ont su faire de cette salle de spectacle un lieu d'excellence
reconnu par l'ensemble du milieu culturel et dont les citoyens de
L'Assomption sont très fiers.
plus, la Corporation Hector-Charland a développé des partenariats qui lui
permettent de déployer son offre. Elle signera ainsi la programmation du
Théâtre Alphonse-Desjardins, nouvel espace de diffusion qui sera inauguré à
Repentigny en septembre prochain.
Alors, je salue les
représentants du Théâtre Hector-Charland qui sont avec nous. Bon 20e!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée,
et nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale. Pour la
prochaine déclaration, je cède la parole à Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. En cette semaine de la
persévérance scolaire, on parle beaucoup de lutte au décrochage, mais on oublie souvent
que les profs, eux aussi, parfois,
décrochent. J'aimerais donc aujourd'hui souligner le travail remarquable
du groupe d'acteurs régionaux pour la valorisation de l'enseignement, le GRAVE, qui, depuis deux ans, réunit le département
de l'éducation de l'UQAT, les commissions scolaires de l'Abitibi-Témiscamingue
et du Nord-du-Québec, les cégeps et le syndicat, réunis autour d'une même table
pour établir un diagnostic et proposer des
solutions innovantes et concertées à la pénurie d'enseignantes et
d'enseignants. C'est un modèle pour l'ensemble du Québec, et je ne saurais
trop les remercier et les féliciter pour leur initiative et leur engagement.
me permettrais aussi d'ajouter qu'encore une fois ma région,
l'Abitibi-Témiscamingue, est pionnière dans les modèles de concertation
et la recherche de solutions.
terminant, j'espère, Mme la Présidente, que le ministère de l'Éducation
s'inspirera des travaux du GRAVE pour
régler ce qui devrait être la priorité numéro un du ministre, la pénurie
d'enseignantes et d'enseignants au Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à M. le député d'Orford.
Bélanger : Merci, Mme la Présidente. Christian-Vachon, c'est le nom
d'une fondation, mais, il y a plusieurs années, c'était aussi le nom d'un petit garçon qui avait un parcours
scolaire très difficile. C'est d'ailleurs ce qui l'a inspiré :
Christian se consacre à aider des milliers d'élèves provenant de milieux
vulnérables.
Depuis
14 ans, plus de 80 écoles, dans les Cantons-de-l'Est, ont reçu l'aide
de la Fondation Christian-Vachon. Plus
de 3 millions de dollars ont servi à fournir des effets scolaires, des
repas, des vêtements aux enfants dans le besoin. La fondation leur donne aussi accès à des activités culturelles et
sportives, autant de sources de motivation. Encore tant d'enfants auraient besoin de ce coup de pouce pour
avoir une chance égale de se développer et de réussir dès les premiers
jours de classe.
Chers collègues de
l'Assemblée nationale, je vous invite à appuyer la Fondation Christian-Vachon
dans ses démarches en vue d'implanter son programme ailleurs au Québec.
son passage, Christian mobilise parents, personnel scolaire, bénévoles,
partenaires. Je le salue, il est ici, en cette journée de persévérance
scolaire. Bravo, Christian, d'être un tel rassembleur pour la réussite de nos
enfants! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous souhaite, à vous aussi, la
bienvenue à l'Assemblée nationale. Alors, M. le député de Taillon, la
parole est à vous.
Carmant : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite souligner
la performance de l'équipe des Lynx du
cégep Édouard-Montpetit, qui a remporté la première place, pour une troisième
année consécutive, du championnat régional de la ligue de flag football
collégial féminin le 3 novembre dernier.
Depuis plus de 35 ans, les Lynx
du cégep Édouard-Montpetit permettent à de jeunes athlètes de poursuivre un
entraînement de haut niveau dans un milieu favorisant l'équilibre entre le
sport, les études et l'épanouissement personnel. Ce sont plus de
300 étudiants qui se joignent aux 18 équipes des Lynx à chaque année.
tiens à féliciter chaque membre de
l'équipe de flag football féminin et leur entraîneur, M. François Ethier, pour
leur détermination, leur persévérance et
leur esprit d'équipe. Vous pouvez être très fiers de cet accomplissement, qui
fait rayonner le cégep Édouard-Montpetit et la ville de Longueuil. Encore
une fois, bravo, les Lynx!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Taillon.
Et maintenant j'ai besoin de votre consentement afin de
permettre à M. le député de Charlesbourg de faire une déclaration. Y a-t-il
consentement? Consentement. M. le député, la parole est à vous.
Julien : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à un homme
d'exception qui nous a malheureusement quittés la semaine dernière, M.
Ralph Mercier, figure importante de la politique municipale durant 25 ans,
maire de Charlesbourg durant 17 ans ici, à Québec.
Mercier a toujours pris à coeur sans relâche la défense des citoyens
de Charlesbourg. Il disait souvent que la politique,
c'est une vocation. Il ne faut pas s'en servir pour en tirer un bénéfice, mais
pour offrir un meilleur service à la population. C'était un leader, un homme très
dévoué, toujours prêt à aider, un homme aussi d'excellent conseil. La région
de Québec perd aujourd'hui un de ses
principaux bâtisseurs, un homme qui a toujours eu à coeur la qualité de vie de
ses concitoyens de Charlesbourg.
Alors,
je tiens, en mon nom et au nom de ma formation, à souhaiter mes plus grandes
condoléances à toute sa famille, spécifiquement à Éric Mercier, son fils, qui a
été parlementaire ici. Donc, merci, M. Mercier, pour tout ce que vous avez
fait.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Charlesbourg. Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 53)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, bon mardi. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Je vous remercie.
Vous pouvez vous asseoir.
Mmes,
MM. les députés, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes,
de l'ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, Son Excellence M. Henk
Ary Christiaan van der Zwan, à l'occasion de sa visite officielle.
Mmes, MM. les
députés, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Justice. Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel :
Oui, excusez. Mon Dieu! Je suis vraiment désolée, M. le Président.
Le Président :
Il n'y a pas de mal, Mme la ministre.
LeBel : Je dépose la réponse du gouvernement au rapport du Comité de
la rémunération des procureurs aux poursuites criminelles et
pénales 2019-2023. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé.
Pour ma part,
j'ai reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain
aux affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député de
Vimont.
Rousselle : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 467 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant
que la douleur chronique touche 20 % de la population du Québec, dont
35 % [...] âgée de 65 ans et plus;
«Considérant que, d'ici 20 ans, 50 %
de la population aura plus de 50 ans;
«Considérant
que les coûts directs et indirects sont astronomiques et que la prise en charge
des personnes souffrant de [la] douleur chronique [amène] des économies
considérables à [la] valeur humaine et financière;
«Considérant
que la liste d'attente de la Clinique de la douleur de l'Hôpital [...]
Cité-de-la-Santé est [...] plus de 2 000 patients et le délai
avant la prise en charge est indéterminé;
«Considérant qu'il est impossible pour les
gestionnaires de la clinique, préoccupés par la somme des soins à prodiguer, de maintenir les effectifs actuels, de
recruter de nouveaux médecins et d'assurer une relève en raison des règles
d'embauche rigides en vigueur;
«Considérant que la pénurie d'effectifs oblige
les médecins à ne traiter que les urgences, car les membres du personnel
médical en place sont surchargés et [...] l'apogée de leurs carrières
respectives;
«Considérant que [l'équipe] de pointe de la
clinique pouvant alléger la souffrance des patients et son fardeau économique
fait défaut;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec de :
«Favoriser le recrutement [des] médecins en
modifiant les règles d'admissibilité;
«Doter la clinique des équipements médicaux
nécessaires à nos prises en charge;
«[De]
faciliter la collaboration physique et matérielle avec le programme en
intervention multidisciplinaire de l'Hôpital juif de réadaptation du
Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand : Merci, M.
le Président. Ce matin, les députés de Robert-Baldwin et de Pontiac ont
présenté les attentes budgétaires de notre
formation politique. Il faut mettre les bouchées doubles dès maintenant en
santé parce que le gouvernement a les marges de manoeuvre importantes,
et c'est vraiment le moment de le faire. Il faut mettre en place le plus rapidement possible les bases d'un
financement à long terme du réseau. C'est le temps maintenant de planifier
les 10 prochaines années. C'est
maintenant qu'il faut agir pour soulager nos hôpitaux, nos urgences en
instaurant une nouvelle façon de
faire à la grandeur du Québec. Le Québec est présentement à un point tournant.
Le choc démographique frappe de plein
fouet notre système de santé. Mais le problème, c'est que la CAQ promet
beaucoup depuis deux ans, mais les résultats ne suivent pas.
M. le
Président, c'est le temps de mettre en place partout au Québec les projets ratios pour de bon. Ça a été testé,
cela a fait ses preuves, ça permet de
réduire la pression sur le personnel, qui est à bout de souffle. C'est
incontournable, M. le Président. Pourtant, le premier ministre préfère
discréditer les projets ratios en les traitant de tactiques syndicales
de la part des infirmières.
M. le Président, est-ce que le premier
ministre peut s'engager dès le
prochain budget à mettre
en place cette solution qui
aura des effets concrets immédiatement mais également pour les prochaines
décennies?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, une semaine, le Parti libéral nous dit : Il y a des grosses marges de manoeuvre dans
les finances publiques du Québec.
La semaine suivante, il nous dit : Ah! ça va être très serré, il y a
des déficits qui s'en viennent.
L'ancien ministre des Finances, ça dépend de la semaine, une
semaine, il nous dit qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre, que c'est serré, puis, l'autre semaine, il
nous dit : Il y a des grosses marges de manoeuvre.
M. le Président, ce qu'on a promis en campagne
électorale, c'est de faire un
rattrapage important en santé et en éducation. On a déjà
commencé à le faire, à augmenter de façon très importante les budgets
en éducation puis en santé, puis on va continuer de le faire dans le budget du 10 mars
prochain. Puis en plus ce sera un budget qui sera très orienté, avec des investissements
importants en environnement.
Donc, M. le Président, je comprends que le chef du Parti
libéral revient sur les projets
ratios d'infirmières dans le réseau
de la santé, mais je l'invite à
parler avec l'ancien ministre de la Santé, il va lui expliquer que le défi,
c'est d'avoir une vraie prise en charge par les médecins de famille et les
GMF.
Le Président : S'il vous plaît!
M. le...
M. Legault : Et malheureusement le taux d'assiduité qui a été exigé par l'ancien ministre
de la Santé n'était pas ambitieux.
Donc, la prochaine étape, c'est de mettre des taux d'assiduité ambitieux aux médecins de famille, ça va les amener à déléguer plus d'actes aux infirmières. C'est
ça qui est la prochaine étape.
Le Président : Première
complémentaire. La parole n'appartient qu'au chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, il faut agir, pas seulement
pour les médecins, M. le Président, il faut s'occuper des infirmières et des infirmiers. C'est ça
qu'on demande. Ce n'est pas un secret, la population est vieillissante,
et on sait que les projets ratios, ça fonctionne.
Pourquoi le premier ministre préfère-t-il la chicane et le statu quo plutôt que ce qui est un consensus
partout au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
tous ceux qui ont analysé le réseau de la santé au Québec, à commencer par Michel Clair, puis ça s'est poursuivi par des tas
de rapports, sont tous arrivés à la même conclusion : la priorité, c'est
de s'assurer qu'il y ait
une prise en charge en première ligne. Pour ça, il faut exiger des médecins de
famille d'inscrire des patients et
d'avoir un taux d'assiduité. Ça veut dire quoi, ça? Ça veut dire, à tour de
rôle, prendre en charge les patients le
soir, la fin de semaine, éviter que des millions de patients se
retrouvent à l'urgence pour des problèmes mineurs, P4, P5. L'ancien ministre
de la Santé a manqué d'ambition...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...a manqué de courage.
Nous, on va en avoir, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, l'ancien ministre de la Santé a instauré les projets ratios, et il faut que ça continue. En fait, M.
le Président, pour engager de
nouvelles infirmières en première ligne, il faut leur donner un peu plus d'air.
Comment le premier ministre peut-il rester les bras croisés, laisser les conditions de travail de nos infirmiers et infirmières se
détériorer, alors qu'une solution concrète est là, sur la table, et vous avez l'argent
pour le faire?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, avec l'ancienne façon de payer les médecins de famille, dans la majorité
des cas, quand un médecin de famille délègue un acte à une infirmière,
il n'est pas payé. Il n'est pas payé, donc il n'y a pas d'incitatif. C'est pour ça que les taux
d'assiduité qui ont été exigés dans le projet
de loi n° 20 par l'ancien ministre de la Santé n'étaient pas
ambitieux, n'étaient pas assez exigeants.
Donc,
il faut actuellement renégocier avec la FMOQ, exiger un certain nombre d'inscriptions de patients, exiger un meilleur taux d'assiduité.
Comme ça, on va déléguer aux infirmières plus d'actes puis, comme ça, on va
régler les problèmes de notre réseau.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, par son inaction, le premier ministre nuit à nos infirmiers et à nos infirmières, de même,
bien sûr, qu'aux patients. Selon les professionnels de la santé, le temps
supplémentaire obligatoire est dangereux pour les patients, pour les
professionnels, et c'est inhumain.
le Président, d'ici quelques années, tout le monde se souviendra d'un premier
ministre qui aura refusé d'agir quand il avait la marge de manoeuvre
financière pour le faire.
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, l'inaction, c'est ce qu'on a vu pendant
15 ans avec le Parti libéral, puis en particulier durant les quatre dernières années. Il y a eu un
projet de loi n° 20 où il y avait des menaces. Il y avait des menaces,
après deux ans, de mettre des pénalités s'il n'y avait pas assez d'inscriptions
de patients, s'il n'y avait pas assez un taux d'assiduité important. M. le Président, il n'y a rien qui a été fait.
Nous, on est en train de négocier avec la FMOQ pour défaire l'entente jusqu'en 2023, avec la FMOQ, qui
était une mauvaise entente, pour qu'enfin nos médecins de famille
prennent en charge, soient responsables...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...des Québécois.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
Leitão : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, la situation
financière du Québec est enviable. On le sait, c'est dû à la bonne tenue de l'économie et à une saine gestion des
finances publiques depuis 2014. Cette
année, la croissance des revenus
devrait atteindre, revenus autonomes, 2,5 %, et la croissance des dépenses est presque à 6 %. À ce
rythme-là, M. le premier ministre, on
risque de se réveiller en 2022 non seulement sans surplus et avec une économie
au ralenti, mais aussi sans une
amélioration significative des services publics. Ce n'est pas parce qu'il y a
plus de dépenses qu'il y a plus de
résultats. Le gouvernement doit donc faire des choix afin d'investir mieux et
dans les priorités des Québécois. Pour nous, la priorité de toutes les
priorités, c'est la santé.
La question, très
simple, à M. le ministre des Finances : Est-ce qu'il peut s'engager
aujourd'hui à ce que, très concrètement, la priorité du prochain budget soit la
santé?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, merci, M. le Président. Alors, la santé était la
priorité du dernier budget. Nous avons mis
280 millions, pour les soins à domicile, supplémentaires,
200 millions pour aider au personnel dans les CLSC, CHSLD. Et on s'est engagés en campagne électorale à
mettre plus de 4,1 % en santé. Et d'ailleurs, dans le premier budget,
c'était 5,4 % que nous
prévoyions pour l'ensemble de l'année. Alors, je pense que le gouvernement a
déjà répondu présent avec son premier budget. Et, quant au deuxième
budget, bien, nous aurons les réponses le 10 mars, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député.
M. Leitão :
Dépenser plus, moins de résultats. Le vieillissement de la population au
Québec, M. le Président, c'est une
problématique bien connue. Dans le domaine de la santé, cela entraînera
inévitablement une hausse de coûts importante. Contrairement à l'année dernière, le gouvernement ne doit pas se mettre
la tête dans le sable et éviter cet enjeu. Le ministre des Finances doit
prévoir de financer adéquatement, à long terme, le système de santé.
Encore
une fois, la question est très simple. Est-ce que, dans son budget, le ministre
des Finances dévoilera une stratégie cohérente sur le financement...
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui. Mais, déjà en campagne électorale, M. le Président,
nous avions une stratégie cohérente, c'est-à-dire un plancher de
4,1 %. Et, le premier budget, c'était évident qu'il y avait des
réinvestissements à faire, notamment dans
les soins à domicile. Alors, c'est pourquoi nous sommes arrivés avec
5,4 %. Et la santé, c'est une priorité. C'est un engagement du
gouvernement. Je rappelle les engagements : améliorer les services en
santé et en éducation, remettre de l'argent
aux contribuables et augmenter le potentiel de l'économie du Québec, qui était
évalué à 1,3 % sous le précédent gouvernement. Nous voulons
l'amener à 2 %. C'est ça, nos priorités, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : M.
le Président, pour les patients, les temps d'attente explosent, et, pour les
professionnels, les conditions de travail
empirent. Elles font des sit-in, M. le Président, parce que le temps
supplémentaire obligatoire, c'est quasiment
rendu la norme. Mais la ministre, elle peut améliorer tout ça, elle peut
améliorer les soins aux patients, les temps d'attente, les conditions de travail tout d'un coup avec les projets
ratios. Plus d'infirmières pour moins de patients. Et ça, pour le bienfait du premier ministre, ça n'a rien
à voir avec les médecins, mais, si elle ne le fait pas, la situation va être
pire, M. le Président, et ce sera de sa faute.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Bien, M. le Président, comme mon collègue ministre des
Finances le dit, ça a été un investissement record cette année,
5,4 % d'augmentation, quand, à la première année du gouvernement libéral,
ça a été 1,3 %, M. le Président, en bas du taux d'indexation. Imaginez
l'impact que ça a eu sur le réseau.
Nous, on
répare et on embauche. On embauche des infirmières. M. le Président, 4 000
cette année, 4 000 équivalents à temps plein, infirmières, 1 000 de plus que l'an passé,
infirmières dans le réseau, M. le Président. Ça, c'est la première chose
à faire quand on veut diminuer la charge de travail de nos infirmières...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...qui font un travail
remarquable dans le réseau, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
Barrette : M. le Président, dans une minute, quand le ministre des
Transports va se lever pour répondre à ma question, j'espère qu'il va sentir le poids du regard des
14 personnes qui sont venues aujourd'hui des Laurentides pour entendre sa réponse. 14 personnes, des élus,
des citoyens, des victimes, quatre familles endeuillées à la suite d'accidents
sur la 117 entre Labelle et Rivière-Rouge. Merci d'être ici.
En 2018, nous
avons inscrit au Plan québécois des infrastructures un projet de réaménagement
à quatre voies de ce segment-là de route, et on l'avait budgété, très
attendu et très applaudi par la population.
Alors, est-ce que le ministre aujourd'hui va
accepter de rencontrer les gens qui sont ici, après la période de questions, et
va-t-il leur confirmer que c'est ce projet et rien d'autre qui va aller de
l'avant, ainsi que leur échéancier? Va-t-il les rencontrer?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, je veux saluer les gens qui sont dans nos tribunes
aujourd'hui. Je suis content d'avoir la question, on va pouvoir
rectifier certains faits et la désinformation de certains députés de
l'opposition.
Le Président :
S'il vous plaît!
Bonnardel : Je vais
commencer...
Président : Non, s'il vous plaît! Je vais vous demander encore
une fois de ne pas prêter d'intentions. Vous le savez. Alors, je vais demander d'être prudent, M. le ministre, dans vos
propos, à ce chapitre-là. Vous le savez fort bien, vous avez de l'expérience, alors je vous demande
d'être prudent et de ne pas utiliser des termes comme ceux-ci. C'est de
prêter des motifs. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Bien, je demanderais de retirer les propos. C'est la seule chose qu'il doit
faire. «Désinformer». Personne ne désinforme ici, là.
Le Président : M. le leader
du gouvernement, évidemment...
Jolin-Barrette : M. le
Président, le ministre des Transports indique clairement que les informations
qui sont véhiculées ici ne sont pas les bonnes informations. Alors, je
pense qu'il est loisible...
Le Président : Écoutez, je
viens...
Président : Non, je viens d'expliquer, je vous ai demandé
d'être prudents, ne plus utiliser ce terme-là,
tout est fonction de contexte. M. le ministre des Transports, je compte sur votre collaboration. Je vous demande de poursuivre, s'il vous plaît. M. le leader de l'opposition officielle, j'ai souhaité... j'ai expliqué ce qu'il en
était. Je souhaite que l'on poursuive le questionnement et les réponses.
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay : ...décision, c'est ce que...
22 février 2017, Jacques Chagnon, «désinformation», c'est un mot à
l'index, il doit le retirer.
Le Président : M. le leader l'opposition officielle, vous
le savez fort bien, tout est en
fonction du contexte. Pour
l'instant, j'ai demandé la collaboration...
Président : Je
demande la collaboration. Ne recommençons pas. Je demande la collaboration. Je demande au ministre de poursuivre sa réponse. M. le ministre,
poursuivez.
M. Bonnardel : M. le
Président, il faut
revenir en arrière. En 2011, le dossier d'opportunité a été déposé sous le gouvernement du Parti libéral. Il y a eu deux élections. 2012, Parti québécois, rien n'a été fait. 2014, le Parti
libéral revient au pouvoir, rien n'a été fait pendant sept ans.
Surprise,
trois mois avant l'élection, on a demandé une mise à jour du dossier
d'opportunité, pour répondre de la pression
des gens de SOS 117. Et qu'est-ce
qu'on disait dans le communiqué? «Le
tracé, le nombre et la géométrie des voies,
le calendrier de réalisation sont quelques-uns des points qui seront analysés
dans le cadre de l'élaboration du dossier d'opportunité.» À la fin, on dit : «Une fois le dossier
d'opportunité terminé, il sera soumis aux autorités gouvernementales qui détermineront la solution optimale à long
terme 2020.» Nous sommes là. Et je peux assurer les gens de la
117...
Le Président : En terminant.
M. Bonnardel :
...que nous agirons pour sécuriser la 117.
Le Président : Première
complémentaire...
Le Président : S'il vous
plaît! Sans commentaire. La parole n'appartient qu'au député de La Pinière.
M. Barrette : Personne n'a
entendu dans la réponse qu'il allait accepter de rencontrer les gens qui ont
fait cinq heures de route pour voir le ministre. On aimerait bien l'entendre.
pour ce qui est de la désinformation, au PQI de 2018 et dans son PQI de 2019
est inscrit, noir sur blanc : Réaménagement à quatre voies de la 117. Et
c'est ce qu'ils veulent entendre.
Va-t-il les
rencontrer et confirmer, avec la députée de Labelle, que ça sera le projet?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, je ne pourrai être présent après la période des questions,
mais ma collègue responsable de la région y sera.
premier dossier que la députée de Labelle a travaillé avec moi, c'est de sécuriser la 117.
Le premier dossier qu'elle a travaillé, c'est la 117.
je le répète, dans ce dossier d'opportunité, où vous-mêmes n'avez rien fait
pendant sept ans, oser vous lever aujourd'hui, nous dire que nous ne
faisons rien... Bien, je vous le répète, dans ce communiqué de presse, vous
avez vous-mêmes indiqué, par l'entremise du ministre des Transports de l'époque, le député de Pontiac,
que la solution optimale à long terme...
Le Président :
...toujours à la présidence, M. le ministre. Vous vous adressez à moi.
M. Bonnardel :
Alors, on est à travailler sur ce dossier. Et je peux rassurer encore une fois
les gens qui sont en haut, nous
agirons...
Le Président :
En terminant.
Bonnardel :
... pour sécuriser la 117.
Président : Je vais
vous demander de vous adresser à la présidence. Vous connaissez la règle. M. le député.
Barrette : Il a
encore une chance, le ministre, M. le
Président. Est-ce qu'il va aller rencontrer les gens à propos d'un sujet très clair, M. le
Président, son PQI à lui, dans lequel
il a écrit noir sur blanc : réaménagement à quatre voies?
Alors, ça, si ce
n'est pas ça, il fait lui-même de la déformation parce que ce sont dans les documents
officiels du gouvernement du Québec, M. le Président...
Le Président :
M. le leader du gouvernement. Je vous ai déjà avisé d'être prudent dans les
termes. Ça va des deux côtés. J'ai bien
expliqué, je viens de l'expliquer, je vous demande de la prudence également. La
réponse au ministre des Transports.
M. Barrette :
Non, non, je n'ai pas fini ma question, M. le Président.
Le Président :
O.K., il vous reste... Allez-y.
M. Barrette :
Les gens sont venus ici et veulent entendre une chose, pas un recul, des faits.
PQI...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel : M. le Président, voilà trois semaines déjà, ma collègue responsable de la région, la députée de Labelle,
les gens de SOS 117, les élus de la région, on les a rencontrés à
Saint-Sauveur pour leur expliquer notre plan de match futur en répondant et en sachant très bien ce qui est indiqué là-dedans.
Oser vous lever aujourd'hui pour nous dire qu'on n'agit pas, quand pendant sept ans vous n'avez pas levé le petit
doigt pour la 117... Bien, dites-vous une petite chose... dites-vous une chose, M. le Président, nous, on va agir. Nous, on va agir pour sécuriser la 117. C'est mon
défi pour sécuriser toutes les routes du Québec, et on va agir rapidement.
Président : S'il vous plaît! Sans commentaire au terme des réponses. Vous connaissez également
la règle.
Question principale, M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, M. le Président. 8 000 $
par jour, 54 000 $ par semaine. Pour un gouvernement qui promettait
d'abolir le bar ouvert des médecins
spécialistes avec la facturation des primes, on peut dire que c'est
complètement raté. On apprend ce
matin que ça continue. Après la prime jaquette, la prime réunion, la prime
d'assiduité, voici maintenant la
prime la plus payante d'entre toutes, la prime oxygène. Pendant que la CAQ
continue de verser des primes à coups de dizaines de milliers de dollars, aucune mesure concrète n'a été prise
pour améliorer l'accès aux soins de santé pour les patients. Ça nous
rappelle que c'est le système qui a besoin d'oxygène. C'est la première ligne.
le Président, est-ce que la ministre de la Santé entend consentir les efforts
et injecter l'argent là où ça compte, dans l'accès aux soins de santé?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Absolument, M. le Président. D'ailleurs, on a injecté une
augmentation faramineuse, cette année, du
budget en santé, 5,4 % d'augmentation, comme je disais auparavant,
comparativement au cycle précédent, où on avait commencé avec un maigre
1,3 % d'augmentation, M. le Président.
Mais, plus important, c'est la réforme de
la première ligne qu'on veut faire comme gouvernement, et ça, on l'a
beaucoup travaillée. On continue de le faire avec des projets de loi au niveau du décloisonnement des pratiques médicales
vers les IPS, par exemple, les infirmières praticiennes spécialisées, vers les pharmaciens aussi, qui vont augmenter vraiment l'offre
de service en première ligne. Alors, c'est sûr que, pour nous, la première
ligne, c'est l'épine dorsale d'un réseau de la santé. Puis évidemment, nos médecins de famille aussi, on travaille avec
eux pour modifier la pratique médicale et modifier le mode de rémunération. C'est fondamental et, évidemment, ça va faire en sorte que... Nos citoyens vont encore beaucoup
à l'urgence. 50 % des visites à l'urgence, c'est des citoyens
qui ne trouvent pas une réponse en première ligne.
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
Alors, c'est notre priorité, comme gouvernement, en santé, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Arseneau : Merci, M. le Président. Bien, parlons-en, justement, du projet
de loi n° 43,
par exemple, sur les pouvoirs aux IPS. C'est le
véhicule tout indiqué pour permettre, par exemple, à
5 000 professionnels de la santé, des psychologues, autres que les médecins, donc les infirmières, à poser des
diagnostics en santé mentale. Pourtant, la ministre s'y refuse. Elle
refuse, prétextant une lourdeur bureaucratique, et elle balaie dans la cour de
sa collègue la ministre de la
Justice le dossier.
Comment la ministre
de...
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Bien, M. le Président, je vais vous dire, c'est une avancée importante, ce qu'on est en
train de faire dans le projet de loi n° 43, de permettre, je l'espère, s'il est adopté,
aux IPS de diagnostiquer. Ça va ouvrir beaucoup
l'offre de service en première ligne, M. le Président. Alors, ça, c'est une
avancée importante. Et il y en a d'autres qui pourraient
avoir lieu, parce que nous assistons actuellement, M. le Président, à une période extraordinaire où le Collège
des médecins fait preuve d'une grande
ouverture — ça,
vraiment, c'est très important dans ce cycle-ci — vers les autres professions.
Le Président :
En terminant.
McCann : Mais il faut faire les choses dans les règles de l'art. Et
évidemment on se penche actuellement...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
Arseneau : Bien, ailleurs au Canada, les psychologues peuvent poser
des diagnostics. C'est impossible au Québec.
Les trois oppositions sont d'accord. L'Ordre des psychologues, évidemment, le
demande. Le Collège des médecins, vous l'avez dit, la ministre de la
Santé l'a dit, ils sont ouverts comme ils ne l'ont jamais été.
Pourquoi
ne pas saisir l'occasion? Pourquoi ne pas permettre aux psychologues de poser
des diagnostics? Pourquoi les deux ministres
ne peuvent-elles pas s'entendre, se parler, et qu'on fasse les changements dès
maintenant?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Oui. M. le Président, des changements qui n'ont pas été faits
pendant 15 ans, qu'on va faire, nous,
M. le Président. Et on travaille, ma collègue la ministre de la Justice et
moi-même, sur le dossier maintenant. Et
je pense que la période, comme je le
disais en commission parlementaire, est extrêmement propice, et nous allons faire tous les travaux nécessaires. Il faut que ça
soit bien fait, parce que ça implique non seulement l'Ordre des
psychologues, mais d'autres ordres professionnels.
Alors,
il va falloir vraiment faire les étapes. C'est important
pour le réseau, c'est important aussi pour la qualité des services et pour
l'accessibilité. Donc, on va faire toutes les étapes nécessaires avec ma collègue...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...ministre de la Justice.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Massé : Merci, M. le Président. En 2017, quand les libéraux ont donné le contrat du REM à Alstom sans exiger de contenu québécois, le premier ministre était assis à ma place, la deuxième
opposition, et déchirait sa chemise.
Je le cite : «...les gouvernements ont la responsabilité de promouvoir l'intérêt national, et c'est
pour ça que la plupart des gouvernements[...], lorsqu'ils financent des
contrats de transport public, ils exigent un contenu local. Tout le monde
connaît ça, tout le monde comprend ça, sauf [Philippe Couillard].» Fin de
citation.
M. le Président, le premier ministre nous a promis que, dans son premier budget,
il allait y avoir des investissements records
en transport collectif. Mais, au même moment, malheureusement, notre fleuron québécois, Bombardier Transport, passe entre les
mains d'Alstom. Il y a 1 000 travailleurs, travailleuses, à La Pocatière,
à Saint-Bruno, à Sorel, qui se demandent
aujourd'hui ce que leur réserve l'avenir. Dans l'opposition, le premier
ministre demandait aux libéraux de l'époque d'exiger du contenu local
pour protéger ces bons emplois ici. Maintenant, c'est lui qui est au pouvoir.
Est-ce
que le premier ministre peut nous garantir qu'à partir de maintenant chaque
contrat que son gouvernement va donner dans ce domaine stratégique va
contenir une exigence ferme de contenu québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, je vous jure que je ne suis pas
arrangé avec la cheffe de Québec solidaire, mais on est, pour une fois,
tout à fait d'accord. C'était une erreur, à l'époque, de ne pas exiger du
contenu québécois dans la fabrication du
REM. Et tous les trains, tramways qui sont commandés au Québec, à l'avenir, il
y aura une exigence de contenu
québécois. Donc, que ce soit Bombardier, que ce soit Alstom, il y aura un
contenu québécois qui sera exigé. Tous les
pays dans le monde le font, on a le droit de le faire, on serait naïfs de ne
pas le faire. Ce sont les contribuables qui paient, donc c'est normal
qu'on aide à créer des emplois de qualité au Québec.
concernant l'entente avec Alstom, je veux peut-être apporter une petite
précision. Bombardier a 1 500 employés, entre autres à Saint-Bruno puis à La Pocatière, et
tous les emplois sont garantis, puis on est très confiants qu'on pourra augmenter le nombre de ces emplois, puisqu'à
l'avenir ce sera à Montréal qu'on aura le siège social des Amériques et pour Alstom et pour Bombardier Transport. Ça veut
dire qu'en plus des 1 500 employés, déjà, on en ajoute 11 500
qui sont dans d'autres États ou
provinces, qui, à partir de la conclusion de l'entente, vont se rapporter à
Montréal. Ça va exiger d'ajouter des
centaines de personnes au siège social de Montréal. Donc, non seulement on va
protéger les emplois actuels, mais on va les développer. Puis, oui, il y
aura une exigence de contenu québécois.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Je suis contente d'entendre le premier ministre garder ce cap-là. Maintenant,
ce qu'on a besoin, c'est d'un chef. Quand il était dans l'opposition, il
réclamait 25 % du contenu local pour le REM.
Alors, est-ce
qu'il peut s'engager devant l'Assemblée à ne jamais descendre en bas de
25 % du contenu québécois pour les nouveaux projets en transport
ferroviaire?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, 25 %, ce sera vraiment le minimum des minimums. Et, quand
on regarde les projets, entre autres,
de trains et tramways, incluant celui ici, à Québec, il y a une
partie que
c'est pour les trains, les wagons, mais il y a une
partie aussi qui
concerne les infrastructures, et là on peut être beaucoup plus exigeants.
Donc,
je peux rassurer la cheffe de Québec solidaire, il y aura un minimum des
minimums de 25 % de contenu québécois qui sera exigé dans tous les
projets de trains et tramways au Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Donc, le premier ministre est en train de nous annoncer qu'il ne passera pas de
commande à la Caisse de dépôt et placement, parce qu'il me semble que...
c'est une question, en fait : Si, toutefois, vous envisagez d'aller avec
la Caisse de dépôt et placement, comment vous allez faire pour exiger au
moins 25 %?
Le Président :
...toujours à la présidence, s'il vous plaît, dans vos questions. M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, même dans l'entente du gouvernement libéral précédent, quand
ils ont donné une commande à la
Caisse de dépôt, il y a une
partie du REM qui a été financée par le
gouvernement du Québec, donc il aurait pu y avoir, à ce moment-là, une
condition de contenu québécois qui soit exigée à la caisse pour que la caisse
l'exige dans le projet.
Donc,
évidemment, on va regarder différentes solutions. Est-ce qu'on le fera
directement par le gouvernement du
Québec ou ce sera fait, certains projets, par la Caisse de dépôt? On va
regarder ce qui est le mieux dans l'intérêt des Québécois. Mais, dans tous les cas, il y aura une exigence de contenu
québécois de minimum 25 %, on ne fera pas l'erreur des libéraux.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Vous savez, M. le Président, avec l'adoption par bâillon de la loi n° 40,
les besoins des élèves handicapés ou en
trouble d'apprentissage ou d'adaptation n'ont pas changé, n'ont pas disparu par
amendement à 0 h 11, ils sont toujours présents. Par contre,
ce qui a changé, c'est la voix des parents au comité des décisions, à la table
des décisions. Avant l'adoption de la loi n° 40, ils avaient une voix au chapitre; après l'adoption de la loi n° 40, ils n'ont plus de voix
réservée au conseil d'administration. Comment ça a été reçu par les parents? Je
vous cite une maman : «...il s'agit d'une "claque en plein visage.
C'est tellement aberrant. Je suis sonnée."» Clairement le ministre était
pressé. Il n'a pas compris à quel point qu'un parent d'un enfant
handicapé ou avec un déficit d'adaptation a besoin d'être présent.
Est-ce
qu'aujourd'hui il peut prendre ses responsabilités, faire preuve de sagesse, de
reculer et de faire la seule chose qu'il devrait faire, réserver un
siège pour un parent d'un enfant HDAA?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. Je suis content qu'on parle des services aux
élèves qui ont des besoins particuliers.
Des fois, on dit les élèves HDAA. Je suis convaincu que le nouveau modèle de
gouvernance plus moderne va nous
permettre d'améliorer les services à ces élèves-là. Bien sûr, là on est dans la
phase de transition, et il y a des gens qui s'inquiètent, mais il faut bien prendre conscience que, maintenant,
il y aura, de réservé, cinq postes pour les parents sur les conseils d'administration. Le poste de
président ou présidente aussi sera réservé à des parents ainsi que le poste
de vice-président. Et comment ces parents
seront désignés? Par le comité de parents. Donc, je pense qu'il faut faire
confiance aux parents qui
s'impliquent dans les écoles et les conseils d'établissement, aux parents qui
s'impliquent dans les comités de parents. Je n'ai absolument aucun doute que
ces parents-là vont bien représenter tous les parents et donc vont parler
au nom des enfants. Je n'ai aucun doute
aussi que ces parents-là nommeront et choisiront des parents qui ont des
enfants qui ont des besoins particuliers. Et je ne vous ai pas encore
parlé des cinq places...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...qui
sont réservées pour le personnel de l'école, ceux-là mêmes qui travaillent avec
les enfants qui ont des besoins particuliers.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
M. le Président, nous ne parlons pas des services, nous parlons des parents
puis de leur place autour de la
table. Je vous cite la Fédération québécoise de l'autisme : «La
disparition des commissions scolaires équivaut à la disparition de la "voix" des élèves en difficulté. Le
gouvernement [...] n'a aucunement tenu compte des demandes faites par de
nombreux organismes. [...]Le lien [...] est définitivement rompu.»
collègue a demandé de garder la place décisionnelle de ces parents autour de la
table. On demande au ministre de corriger le tir et de faire la seule
chose qu'il peut faire aujourd'hui et de réparer les liens avec ces parents.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, d'abord, depuis un an, il faut voir, là, que notre
gouvernement s'occupe des équipes-écoles,
s'occupe des enseignants, ajoute des ressources professionnelles. On a embauché
plus de 600 ressources professionnelles pour améliorer les services
directs à ces élèves-là. On a créé des classes spécialisées auxquelles ces
enfants-là n'avaient pas accès, on a...
M. Roberge :
Excusez-moi, M. le Président, c'est difficile de se concentrer avec des gens
qui chahutent de l'autre côté,
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de l'Éducation...
Président : Non,
faites en sorte que ce ne soit pas
bruyant. La parole n'appartient qu'au ministre de l'Éducation. Je vais vous demander d'éviter d'être bruyants. On
est intéressés aux questions comme aux réponses. M. le ministre, vous
poursuivez. Et silence, s'il vous plaît!
M. Roberge :
On améliore les services aux élèves et on donne une meilleure représentation
aux parents, une représentation comme ils n'en ont jamais eu, en plus de créer
un nouveau comité d'engagement vers la réussite pour améliorer...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...les services aux élèves qui ont des besoins particuliers.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée. Vous êtes la seule à avoir la parole.
Mme Maccarone :
Savez-vous qui parle des services, M. le Président? Les parents des élèves à
besoins particuliers, et maintenant
leur voix est éteinte autour de la table décisionnelle. J'ai milité avec ces
parents dans le passé pour avoir le droit
de vote autour de la table des anciens conseils des commissaires. Maintenant,
nous avons un centre de services scolaire avec un conseil d'administration et
on va oublier ces parents-là. Maintenant, ce n'est plus un oubli, là, c'est un
choix, c'est un choix, on oublie puis
on ignore ces parents-là qui ont le droit de vote. C'est eux qui militent pour
leurs enfants puis leurs services.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Roberge :
M. le Président, il n'y a personne qui est oublié. Il faut faire attention, il
ne faut pas faire peur aux gens, il
n'y a personne qui est oublié. Les parents auront cinq places sur les conseils
d'administration. Techniquement, il pourrait
y avoir cinq parents d'enfants qui ont des besoins particuliers. En plus, il y
a un lien qui est créé entre les parents sur le conseil d'administration
et le comité de parents. Ces gens-là seront branchés sur la réalité des
parents.
Il y a aussi cinq
membres de la communauté, mais parlons aussi des cinq membres du personnel. Il
y aura, sur le C.A., sur l'instance
régionale, pour la première fois, quelqu'un qui enseigne au quotidien, une
direction d'école qui s'occupe des enseignants, et qui s'occupe des
enfants, et qui reçoit ces parents-là dans leurs bureaux.
Le Président : En terminant.
M. Roberge :
On aura cette intelligence émotionnelle et cette compétence professionnelle sur
nos C.A., M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Nous sommes sur
le point d'assister encore, avec ce gouvernement, à la mise en oeuvre d'une initiative de
centralisation avec l'adoption du projet de loi n° 37. Ce projet de loi va
affaiblir les économies régionales et
nuire aux PME, M. le Président. Ce n'est pas moi qui l'invente, c'est écrit
noir sur blanc. Dans l'analyse d'impact réglementaire, le projet de loi
va faire en sorte d'exclure les PME du processus de soumission. La majorité d'entre elles, M. le Président, n'ont ni
les moyens, ni les ressources, ni même le réseau de distribution pour répondre
aux appels d'offres du futur Centre
d'acquisitions gouvernementales. Alors que ces PME fournissaient, jusqu'à
maintenant, le milieu scolaire, elles vont voir leur volume d'affaires
considérablement amputé, et pour certains l'impact sera dramatique. Au nom d'hypothétiques économies d'échelle, le
gouvernement est prêt à sacrifier des entreprises, des commerçants, des
travailleurs dans les régions du Québec et faire souffrir un environnement
socioéconomique complet.
Ma question,
M. le Président, au président du Conseil du trésor : Qu'est-ce qu'il a à
dire aux PME qui vont perdre des milliers de dollars en chiffre
d'affaires à cause de sa réforme centralisatrice au sein...
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président, j'aimerais, premièrement, remercier le député
de René-Lévesque, mon collègue, qui a
travaillé avec nous plus de 70 heures dans la préparation du projet de loi
n° 37. Et j'aimerais profiter de l'occasion non seulement pour le
remercier, mais démontrer à tous les gens de l'Assemblée, ici... qui savent
très bien comment nous avons évolué dans ce
projet-là. Le commentaire qu'il fait des analystes du ministère... sont
prédépôt du projet de loi. Et mon
point est le suivant, vous savez très bien qu'au cours de ces discussions-là
nous avons tenu compte non seulement,
M. le Président, des commentaires des gens qui sont venus nous présenter, lors
des consultations particulières...
mais nous avons fait plusieurs amendements qui tiennent compte exactement des
réticences ou des points qui étaient
soulevés par les analystes du ministère ou, par exemple, par les gens que nous
avons rencontrés. Aujourd'hui, le
projet de loi que nous allons voter est complètement différent et respecte les
engagements de notre gouvernement par rapport
aux achats locaux et par rapport aux PME grâce, justement, au travail de ma
collègue la ministre déléguée aux Régions, qui s'est assurée que notre
projet de loi répondait...
Le Président : En terminant.
M. Dubé : ...aux besoins des
PME et des achats locaux. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je n'arrive
pas à trouver un amendement qui vient circonscrire la volonté du gouvernement de donner des contrats
à des PME à proximité des lieux où aura lieu, effectivement, le centre
de décisions. Alors, ce que les PME ont à
craindre, c'est de ne pas être capables, à cause de la dimension des contrats,
de soumissionner, et ce qu'ils nous
disent lorsqu'on leur parle, c'est qu'ils vont perdre des chiffres d'affaires
importants, des emplois. Alors, je ne vois pas en quoi ce projet de loi
là est bon pour le Québec, est bon...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je suis un petit peu surpris parce qu'on a eu
exactement ces discussions-là lors des discussions sur le projet de loi.
Je prends à
titre d'exemple les amendements que nous avons faits à la LCOP, c'est-à-dire la loi des offres publiques, les
articles 15 et les articles 16, pour, justement, tenir compte que la
loi des offres publiques doit tenir
compte des achats locaux. Alors, s'il y a un regroupement en région, ce
regroupement-là doit s'assurer qu'il
n'aura pas un impact négatif sur les PME. Alors, je suis vraiment surpris
d'entendre cette déclaration-là ou cette question du député aujourd'hui, alors que les amendements qu'on a faits
au projet de loi sont exactement en lien pour protéger nos PME...
Le Président : En terminant.
M. Dubé : ...et de s'assurer
que c'est dans la loi des offres publiques.
Le Président : M. le député,
deuxième complémentaire.
M. Ouellet : M. le Président, le gouvernement a choisi de
faire une réforme qui va centraliser la prise de décision, qui va nuire aux PME locales sur la base
d'économies présumées, et ça va sabrer dans les économies régionales. Il y a
des PME qui vont être obligées de fermer.
Alors,
qu'est-ce que le gouvernement a à gagner de faire des économies d'échelle sur
le dos des PME du Québec? Les amendements que le président du Conseil du
trésor parle n'ont pas de force quant à la garantie d'offrir la même
opportunité à une PME d'obtenir les contrats qu'elle avait aujourd'hui et
qu'elle n'aura pas pour le futur.
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : Bien, encore une
fois, je prendrai beaucoup de temps avec le député au besoin, mais je vous
dirais deux chiffres, M. le Président :
82 % des achats qui sont faits par achats regroupés en ce moment sont
faits avec des PME, 82 %. Nous
allons mesurer les achats qui sont faits en région justement pour respecter nos
engagements locaux. C'est plus de
300 millions d'économies qui vont se faire. Et je peux vous dire, M. le
Président, que nous avons pris l'engagement qu'aucune de ces
économies-là ne serait faite sur le dos des PME et des achats locaux. Merci, M.
le Président.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, après des semaines d'attente, on
a finalement eu le plan d'action du gouvernement pour contrer la pénurie de préposés aux bénéficiaires. On le sait, c'est
un maigre plan de 15 mesures qui n'a pas d'objectif précis. Il y a un objectif, en fait, c'est celui
de mettre fin, le 31 mars, au programme de prêts et bourses pour les
préposés. Ça, c'était la seule
solution concrète, et on la coupe. Les aînés sont inquiets, leurs familles le
sont, et le réseau est dans le trouble.
Au moment où l'on se parle, M. le Président,
suite à ma demande d'accès à l'information, on apprend qu'au CIUSSS de la
Mauricie-et-Centre-du-Québec, sur les 2 350 postes de préposés aux
bénéficiaires, 642 postes sont vacants.
Ça, M. le Président, c'est 27 % des postes qui ne sont toujours pas
comblés, c'est des soins en moins pour nos aînés.
Que dit la
ministre des Aînés à ses collègues de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour expliquer
son laxisme face à la pénurie de préposés aux bénéficiaires?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, d'abord, on sait comment notre gouvernement veut
solutionner vraiment la situation au
niveau des préposés aux bénéficiaires. On a un enjeu, là, particulier, on y
porte un intérêt particulier. On a embauché
cette année 4 000 équivalents temps complet, préposés aux bénéficiaires,
et il y en a des centaines de plus dans le réseau que l'an passé. Et ça, c'est
important pour les usagers, certainement, comme le dit ma collègue députée de
Fabre.
La situation en Mauricie—Centre-du-Québec est
particulière aussi. On est préoccupés, M. le Président, parce qu'effectivement il y a beaucoup de préposés aux
bénéficiaires qui n'ont pas de poste à temps complet. Dans le réseau, il faut absolument qu'il y ait de plus en plus de postes à
temps complet qui soient occupés par les préposés comme par d'autres professionnels comme les infirmières. Alors, M. le
Président, on va porter une attention
particulière à Mauricie—Centre-du-Québec...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...on a déjà fait une action au niveau du ministère de la Santé pour intervenir.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée.
Mme Sauvé : M. le Président, la situation actuelle, là, en Mauricie—Centre-du-Québec, elle est préoccupante. J'ai nommé qu'il y avait 27 % des postes qui ne sont toujours pas
comblés. Et, si c'est inquiétant maintenant, l'avenir, c'est encore plus inquiétant parce qu'on aura
besoin de 1 000 préposés de plus l'an prochain et, l'année suivante,
936. On ne parle pas du Québec en entier, on parle d'une seule région,
imaginez. Alors, nos aînés sont toujours inquiets.
On est à la mi-mandat
de ce gouvernement, toujours rien de concret. Quand la ministre va-t-elle agir?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, la députée est inquiète. Moi aussi, je
suis inquiète. Je pense qu'on a raison de s'inquiéter. On vit dans une société
vieillissante où on n'a pas tenu compte du facteur démographique et de ce
vieillissement accéléré, alors là on est en train de reprendre des années, et
des années, et des années, parce qu'on n'a pas assez investi dans le capital
humain. Au contraire, on a coupé dans le capital humain pour atteindre un
équilibre budgétaire. Moi aussi, je suis inquiète qu'il manque de personnel en
Mauricie parce que c'est l'une des régions les plus vieillissantes au Québec,
donc il y a moins de personnel pour prendre en charge des personnes
vieillissantes. Alors, il faut trouver des solutions...
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...je suis tout à fait d'accord avec elle, mais, si le
parti...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Fabre. À vous la parole.
Mme Sauvé : M. le Président, la ministre est inquiète. Ça
prend plus que ça, ça prend des solutions. Elle est la ministre responsable des
Aînés, ce gouvernement est à son mi-mandat, et les chiffres parlent. Vous savez
que, d'ici cinq ans, là, on aura besoin
de 4 300 préposés de plus dans la région de Mauricie—Centre-du-Québec. 4 300, là, c'est la population
de Berthierville.
Alors, est-ce que la ministre
peut rassurer aujourd'hui les gens de la région, les aînés du Québec?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : Vous savez, M. le Président, la députée de Fabre se lève
souvent pour dire : Il manque 3 000 places.
En 2030, c'est 25 700 places. Alors, c'est énorme, c'est une grande
réflexion qu'on doit avoir par rapport à ce vieillissement de la
population.
Elle
est inquiète par rapport au manque de personnel? On en a embauché 4 000.
4 000, c'est plus que les 1 000 que vous avez coupés. Même
durant la réforme du précédent ministre de la Santé et des Services sociaux, il
a osé couper 1 400 cadres dans les CHSLD et dans les hôpitaux.
Ça vient affaiblir, ça. C'est difficile pour une infirmière d'être obligée de
jouer...
Le Président :
Question... En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...le rôle de cadre en plus de jouer le rôle d'infirmière.
Le Président :
Question principale, M. le député de Pontiac. Vous êtes le seul à avoir la
parole.
M. Fortin : Oui, M. le Président. La semaine dernière, on a
parlé de la Dre Janique Dion, la médecin du Cap-de-la-Madeleine qui a perdu son poste de chef de l'urgence parce
qu'elle avait osé parler pour ses patients. Elle a parlé parce que la ministre de
la Santé s'apprêtait à fermer l'urgence dans un secteur de la ville qui habite,
entre autres, une population vulnérable. Elle a lancé l'alerte parce que
le réseau n'était pas prêt et que le CISSS véhiculait de la fausse information
sur l'embauche de nouveaux professionnels.
M. le
Président, voici ce qu'elle a osé dire publiquement,
je la cite : «La nouvelle clinique est un projet louable, mais [ce] sera implanté dans le secteur le plus
démuni de Trois-Rivières sans l'avoir mis à l'épreuve au préalable.» C'est
tout. C'est soft quand même,
non, M. le Président? Pour ça, là, pour ces mots-là, elle a reçu une
lettre de menace, et on l'a ensuite renvoyée.
Jeudi, la ministre de la Santé nous avait dit qu'elle allait prendre connaissance du dossier. Est-ce qu'aujourd'hui elle cautionne encore
le renvoi de la Dre Dion?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : Bien, M. le
Président, Dre Dion était adjointe au chef du département de l'urgence.
Bon, la décision qui a été prise, c'est une
décision qui appartient à l'établissement, M. le Président, ça n'appartient pas
au ministère de la Santé et des Services sociaux, M. le Président. Et je
mentionne aussi que la Dre Dion a toujours ses privilèges, M. le
Président, ses privilèges de médecin à l'établissement où elle est
présentement. Bon, ça, c'est une chose.
Par rapport
au projet de Cloutier-du Rivage, moi, je réitère encore une fois qu'on avait un
problème de disponibilité de
médecins. Il fallait stabiliser l'équipe médicale, puis on avait le support du
Département de médecine d'urgence, du Département
régional de médecine générale, de la Direction des services professionnels et
les 30 médecins de médecine d'urgence
de Trois-Rivières. Alors, il fallait stabiliser cette équipe. On a
effectivement embauché des IPS, des infirmières praticiennes
spécialisées, avec la présence d'un médecin, des heures d'ouverture sept
jours-semaine...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...et élargies le
soir. Les citoyens sont satisfaits, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. M. le Président, la ministre nous parle du
devoir de réserve, mais vous savez quoi? Avant son fameux devoir de réserve, la Dre Dion, là,
comme tous les médecins au Québec, elle a prêté un serment, un serment envers
ses patients. Et, M. le Président, pour le
bien de ses patients, la Dre Dion, bien, elle est devenue lanceuse
d'alerte. Et, pour la deuxième fois de leur mandat, le gouvernement de
la Coalition avenir Québec a congédié un lanceur d'alerte.
Mais le problème avec tout ça, M. le Président,
c'est que même le patron de la Dre Dion, un administrateur, exactement comme elle nous dit, il a envoyé une
lettre à la... celui qui a envoyé une lettre de menace a envoyé une lettre
ouverte dans les médias pour dire que lui était en faveur du projet de la
ministre. Et, pour lui, pour celui qui est d'accord avec la ministre, sanction zéro. Pour tous les
signataires de la lettre, pour tous les autres médecins qui étaient d'accord,
sanction zéro. Pour la Dre Dion, renvoyée, M. le Président.
Quand la
ministre dit : Elle a un devoir de réserve, ce qu'on entend, c'est que la
Dre Dion, elle a un devoir de réserve si elle n'est pas d'accord
avec la ministre de la Santé.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
M. le Président, moi, je réitère à mon collègue député de Pontiac que cette
décision-là, c'est une décision de
l'établissement. Le ministère de la Santé et des Services sociaux n'a rien à
voir dans cette décision-là, c'est une décision d'établissement. Et je
réitère encore une fois comment ce projet-là est important. Il fallait donner
les services à la population,
le bon patient avec le bon professionnel au bon moment, et c'est ce que fait ce projet à
Cloutier-du Rivage, et les citoyens sont satisfaits, M. le Président.
Président : Cela met
fin à la période de questions et de
réponses orales. Merci à tous. Mme la
vice-présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes reportés, nous allons passer à
la rubrique des motions sans préavis. Et je comprends qu'il y a une entente pour inverser les séances trois et
les séances quatre des motions afin de permettre à M. le chef du
troisième groupe d'opposition de faire la première motion aujourd'hui. Il y a
consentement? Consentement. Alors, M. le chef du troisième groupe d'opposition,
la parole est à vous.
M. Bérubé :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le premier ministre, le chef de
l'opposition officielle, le député de Gouin, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale célèbre la participation et la victoire du Québécois
Laurent Duvernay-Tardif au match du Super Bowl de la NFL, le
2 février dernier, au sein de l'équipe des Chiefs de Kansas City;
«Que
l'Assemblée nationale réitère sa fierté au premier Québécois de l'histoire à
mettre la main sur le prestigieux trophée Vince-Lombardi, tout en étant
le premier joueur de la NFL à avoir obtenu un diplôme en médecine;
«Enfin, qu'elle
souligne la persévérance, la détermination et l'engagement dont l'athlète fait
preuve dans son parcours scolaire et sportif, faisant de lui un modèle pour
tous les Québécois et toutes les Québécoises.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef
du troisième groupe d'opposition.
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger : Alors, oui, Mme la Présidente, il y a consentement, avec un débat de
deux minutes par intervenant, en
débutant par le chef du troisième groupe d'opposition, le premier ministre, le
député de Marquette et le député de Gouin.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, M. le
chef du troisième groupe d'opposition, la parole est à vous.
M. Bérubé :
C'est émouvant, Mme la Présidente. Alors, M. Duvernay-Tardif, je
pense pouvoir parler au nom de tous mes collègues, on est vraiment très heureux
de vous accueillir ici. Depuis ce matin, de plus en plus, à mesure que
les heures passent, l'atmosphère est fébrile
entre les murs de l'Assemblée nationale, c'est palpable. Les gens ont hâte de
rencontrer, même juste d'apercevoir, un authentique héros québécois,
l'un des nôtres, parce que, oui, c'est ce que vous êtes pour plusieurs
Québécois, notamment notre jeunesse.
Vous êtes celui qui a
relevé des défis, qui a atteint ses objectifs avec détermination, avec dignité
et jamais au détriment des autres. Au
contraire, vous avez toujours gardé le souci d'être utile, de participer à la
vie de votre communauté, de vous y
engager avec coeur, et c'est pour ça qu'on vous admire tant. Vous êtes celui
qui donne, qui donne de son temps, qui
donne l'exemple et qui donne de l'espoir. En vous regardant aller, on se dit
que tout est possible. On ne peut pas faire autrement que ressentir une vague
de fierté. Vos succès sont un peu ceux de tout un peuple qui s'identifie à vous.
salue également, et c'est important, les gens qui vous accompagnent, votre
conjointe, votre agent et ami, vos parents,
votre entourage, des gens qui vous supportent depuis longtemps et à qui on doit
beaucoup, et les applaudissements sont aussi pour eux. Leur soutien et
leur confiance ont sûrement joué un rôle déterminant dans votre parcours.
ne peux passer sous silence que ce n'est pas la première fois qu'un membre de
votre famille passe à l'Assemblée nationale.
Votre grand-père, Guy Tardif, député de Crémazie, a siégé en cette Chambre et a
été ministre dans le gouvernement de René Lévesque. Il serait
certainement très fier de son petit-fils.
vie, comme le football, comme la médecine, c'est un sport d'équipe, on a besoin
les uns des autres. Et nous, on a
bien besoin de vous, vous nous faites du bien. M. Duvernay-Tardif, vous
avez droit à beaucoup de témoignages de reconnaissance aujourd'hui de notre Assemblée nationale. Accueillez-les,
ils sont sincères et amplement mérités. Au nom du Parti québécois,
recevez toute notre admiration. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef
du troisième groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole à M. le
premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président. Comme beaucoup de Québécois, j'étais sur le bout de mon
sofa, il y a deux semaines, pour regarder le match du Super Bowl. Et, vous
savez, habituellement, quand on regarde un match de football, on regarde le quart, on regarde les porteurs de ballon, on
regarde les receveurs, mais on ne regarde pas le garde, qui est responsable de protéger le quart-arrière.
Mais là c'était plus fort que nous autres, on avait les yeux sur le
numéro 76 pour s'assurer que le fameux quart-arrière, là, Pat
Mahomes, ne se fasse pas trop ramasser. Puis évidemment on était inquiets. On était
inquiets quand, au quatrième quart, ça allait mal. Mais quelle remontée!
Donc, moi, bien sûr,
je veux me joindre à tous les Québécois, à tous les partis ici, au nom de ma formation
politique, pour dire bravo! D'abord, bravo pour cet exploit, bravo aussi d'être
médecin! Ça, c'était une première au Super
Bowl. Puis évidemment ça vient démontrer que c'est possible de
concilier les deux, même ça aide, le sport, à réussir dans les études.
Eh bien, je
pense aussi, Laurent, que vous avez réussi aujourd'hui un exploit. Quatre
partis qui se lèvent ensemble, 125 députés
qui disent la même chose, c'est très rare. C'est unique, ce que vous voyez
aujourd'hui. Et on va se voir un petit peu plus tard parce que vous êtes là pour la persévérance
scolaire. C'est un autre bon choix que vous faites, ça.
Donc, on est doublement fiers de vous
de venir aider nos jeunes. Je vous demande d'ailleurs, puis je sais que
vous le faites déjà,
d'aller voir le plus de jeunes possible dans nos écoles leur dire que tout est
possible, vous êtes la preuve, et puis vous nous rendez encore plus
fiers d'être Québécois. Merci, M. Duvernay-Tardif.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
premier ministre. Et maintenant
je reconnais M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, j'aimerais féliciter le chef du troisième groupe d'opposition pour cette belle
motion et également mon chef de me donner l'occasion... justement,
son droit de parole. Merci
beaucoup, chef.
Vous
savez, chers collègues, lors des présentations ici, à l'Assemblée nationale,
d'habitude on prend le temps de faire
des états des statistiques de l'athlète pour en démontrer sa valeur. Mais
aujourd'hui c'est un peu plus difficile. La position de garde, celle de
Laurent, ce n'est pas à cet endroit qu'on voit les joueurs de football faire
des courses spectaculaires de 50, 60, 70 verges ou encore des attrapés
spectaculaires. Par contre, c'est la position dans laquelle tu es face à face avec le numéro 91 des 49ers de San Francisco au Super Bowl, le méchant Arik Armstead, le
géant de 6 pi 7 po, 300 livres,
qui mange les quarts-arrière pour déjeuner, Mme la Présidente. Tu dois
l'arrêter à chaque jeu, sinon ton quart-arrière va en payer le prix. La
position de garde, c'est une position qui demande de la discipline, c'est une position qui requiert de bien comprendre le jeu
parce qu'une petite erreur peut entraîner un sac du quart, peut-être
même pire.
Dans le fond, la
position à laquelle joue Laurent, pour moi, elle est représentative de l'homme
qu'il est. Pour accomplir ce qu'il a fait,
c'est-à-dire combiner une carrière d'athlète universitaire avec ses études en
médecine, oui, ça prend une volonté
et une discipline, mais avant tout ça prend du coeur et de la passion. En
prévision de son repêchage, LDT n'avait même pas été invité au Combine. Ça, Mme la Présidente, ce sont des tests physiques pour les joueurs ayant les
meilleures chances de jouer dans la NFL. Pour Laurent, par contre, ce n'était
pas grave. Ça ne l'a pas empêché d'accomplir
son rêve de jouer dans cette ligue. Il a lui-même forcé neuf formations à venir
l'évaluer à son propre Combine. Ça prend du cran pas à peu près, Mme la
Présidente!
Laurent,
comme si tu n'en avais pas assez, tu devais étudier. Même lorsque tu étais déjà
dans la NFL, il fallait que tu
atteignes ton second objectif, celui de devenir médecin. Évidemment,
tu as réussi cela avec brio. Même si la NFL a refusé de l'inscrire sur
ton chandail, tu es notre docteur 76.
Vous
savez, j'ai eu la chance de rencontrer Laurent à Pyeongchang lors de la présentation des Jeux
olympiques de 2018. Les deux, nous participions à la
couverture médiatique des événements par Radio-Canada.
Laurent faisait la présentation de
différents portraits d'athlètes durant les jeux. C'est sans surprise que, même
sans expérience dans le domaine télévisuel
et médiatique, il a été un des joueurs les plus importants de notre équipe avec
sa qualité d'apprentissage et sa connexion
instantanée avec les gens. J'ai rencontré la personne dont on entendait parler
dans les médias, un gars humble, un gars studieux, un gars qui travaille
fort pour accomplir les défis qu'il se lance.
Laurent, tu as surtout réussi à accomplir
ce que toute jeune fille ou garçon sportif veut, soit de gagner le plus haut championnat dans son sport, ce
rêve que je n'ai jamais pu accomplir moi-même. Cependant, Laurent, tu me
permets de le vivre un peu à travers
toi aujourd'hui. Cela, je t'en remercie, nous en sommes tous fiers. Tu es un
homme au grand coeur, notamment avec
ta position comme porte-parole des Journées de la persévérance scolaire. Tu es un exemple pour notre
jeunesse. Si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer.
terminant, Laurent, sans vouloir te mettre de la pression, nous t'aimons. Nous,
Québécoises et Québécoises, t'avons
adopté. Nous voulons te garder pour nous. Nous refusons de te partager, tu nous
appartiens. Quand la belle aventure de
la NFL sera terminée, le plus tard possible, bien sûr, nos hôpitaux du Québec
sont remplis de jeunes qui ont hâte d'être soignés et protégés par toi
au même
titre que tu l'as fait à merveille avec ton quart-arrière actuel,
Patrick Mahomes.
Prends ton temps,
Laurent, mais nous t'attendons avec impatience. Bravo, mon ami!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Marquette. Et maintenant je cède la parole à M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. Ma collègue cheffe de la deuxième opposition aurait
bien aimé parler cet après-midi, mais
on a fait un «huddle» à deux, et je lui ai fait savoir qu'en fait elle avait le
choix : soit c'est moi qui parlais, soit je m'en allais à la CAQ.
M. Nadeau-Dubois :
Alors, je vois que le premier ministre est content du choix qu'elle a fait, et
moi aussi. Il faut bien que ça ait des avantages d'être co-chef,
n'est-ce pas?
Plus
sérieusement, pour le fan de sport que je suis, décerner, comme on va le faire
cet après-midi conjointement, une
médaille à Laurent Duvernay-Tardif, prendre la parole aujourd'hui, c'est un peu
comme toucher à un saint parce que, oui, on ne va plus...
M. Nadeau-Dubois :
...parce que, oui, on — s-a-i-n-t, bien sûr — parce que, oui, bien sûr, on ne va plus à
l'église en aussi grand nombre les
dimanches, mais on était 1,6 million à communier autour de la télévision
un beau dimanche de février, à prier sur le bord de nos chaises pour que
ce grand gars de chez nous l'emporte.
collègues de tous les partis vont le reconnaître, j'en suis sûr, ce n'est pas
une soirée électorale qui nous ferait cet
effet-là, et je vais vous dire pourquoi. Parce que, oui, le football
professionnel, c'est les pubs de chars à 5 millions, c'est les commanditaires qui lâchent Colin Kaepernick, c'est une grosse machine à faire de
l'argent. Mais ça, c'est autour du terrain. Sur le terrain, le sport, aussi
professionnel soit-il, ça redevient un jeu. Et, quand ça, ça se produit, bien,
le football échappe aux finales prévisibles du
pouvoir de l'argent.
le terrain, il n'y a qu'une seule certitude : tout est possible.
Le petit peut triompher du plus grand, le faible, du plus fort, le pauvre, du plus riche, et un Québécois
peut gagner le Super Bowl. Et, lorsqu'il gagne le Super Bowl, lorsque nous bondissons enfin du bord de nos chaises, nous
oublions que tout va mal, nous ne voyons plus l'impossible. Non, pour un
instant, il y a 1,6 million de personnes qui goûtent à une victoire que la
politique ne leur offre plus souvent.
L'intellectuel italien Antonio Gramsci disait du
football, il parlait de l'autre football, que
c'était le royaume de la loyauté
humaine exercée au grand air. C'est une belle phrase, mais moi, je préfère
celle de Laurent Duvernay-Tardif : Quand tu penses en équipe, c'est
dans ce temps-là que tu triomphes.
numéro 76, c'est un maudit bon garde, et, cette journée-là, il a soutenu
son quart-arrière comme il soutient les jeunes qu'il encourage et les patients
qu'il soigne. Partout où il passe, il crée des ouvertures pour nous faire
rêver. Et c'est sans doute ça, son plus grand triomphe.
Au nom de ma formation
politique, merci, Laurent Duvernay-Tardif.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Pour
la prochaine motion, je vais céder la parole à M. le ministre de l'Éducation et
de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
Merci bien, Mme la Présidente. Donc, je sollicite le consentement des membres
de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, la députée
de Sherbrooke, la députée de Joliette, le député de Chomedey et la
députée de Marie-Victorin :
«Que
cette Assemblée souligne les Journées de la persévérance scolaire, qui se
tiennent du 17 au 21 février et dont le thème est Nos gestes, un
+ pour leur réussite ;
«Qu'elle
rende hommage à tous les élèves et tous les étudiants qui, par leur
détermination et leur persévérance, s'accrochent à leurs rêves et
demeurent sur les bancs d'école;
«Qu'elle
salue l'engagement des enseignants, des professeurs, des professionnels, des
techniciens et de tous les membres du
personnel des établissements scolaires, qui soutiennent et encouragent les
élèves et les étudiants à relever leurs défis;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance des petits gestes de chacun, parents, beaux-parents,
grands-parents, membres de la communauté, et que nous avons toutes et tous un
rôle à jouer pour valoriser l'éducation et donner le goût aux élèves de
terminer leur parcours scolaire;
«Qu'elle profite de
l'occasion pour souligner l'importance de la réussite scolaire;
«Qu'enfin,
elle exprime sa reconnaissance envers tous les acteurs positifs de la
persévérance scolaire et souhaite bon courage à tous ceux qui décident de
relever leurs défis.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Pour la prochaine
motion, je vais céder la parole à M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration, la députée de Mercier, la députée de
Gaspé, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Attendu que
la Loi proclamant le Mois de l'histoire des Noirs prévoit que le mois de
février de chaque année constitue le Mois de l'histoire des Noirs;
«Attendu que
ce mois est l'occasion tout indiquée pour célébrer la richesse et l'apport des
communautés noires aux développements social, économique et culturel du
Québec;
«Attendu que cette 29e édition du Mois de
l'histoire des Noirs se déroule sous le thème : Ici et maintenant ;
«Que
l'Assemblée nationale souligne le Mois de l'histoire des Noirs et qu'elle
réitère son engagement à reconnaître et promouvoir la contribution des
Québécoises et des Québécois issus des communautés noires à l'essor du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Viau. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Alors, Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant, en débutant par le
député de Viau, la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie, la députée de Mercier et la députée de Gaspé.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors,
M. le député de Viau, la parole est à vous.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, voilà un mois québécois. C'est un
mois qui trouve son fondement dans
l'histoire même de la Nouvelle-France. Quand j'évoque les noms de Mathieu Da
Costa, interprète de Samuel de Champlain, quand j'évoque les noms de
Marie-Josèphe-Angélique, quand j'évoque les noms d'Olivier Le Jeune, voilà des
noms qui nous sont parvenus... Et là je dois rendre hommage à des personnes
extraordinaires : Marcel Trudel,
historien, Dorothy Williams, Paul Fehmiu-Brown, ces personnes qui ont fait de
l'histoire des Noirs l'oeuvre de leur vie.
Et aujourd'hui nous abordons au quotidien les
champs de compétence du gouvernement du Québec. Je veux prendre le temps, Mme la Présidente, d'aborder un aspect particulier,
deux missions fondamentales de l'État québécois : l'éducation et la santé. Que serait aujourd'hui le
système de santé sans l'apport et la contribution des membres des communautés
noires? Je veux saluer les médecins, les
infirmières, les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires, les
enseignants, ces gens qui travaillent
au quotidien, qui ont contribué et qui contribuent encore à faire en sorte que
le système d'éducation du Québec et
le système de santé de la société québécoise puissent fonctionner pour
l'ensemble des Québécoises et des Québécois.
Nous venons
de souligner les Journées de la persévérance scolaire, et j'ai un message
particulier que j'aimerais adresser,
Mme la Présidente, aux jeunes, aux jeunes issus des communautés noires. Je veux
leur rappeler ceci, cette grande citation de Nelson Mandela :
L'éducation, c'est l'arme la plus puissante pour faire tomber tous les
obstacles. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Viau. Et maintenant je cède la parole à Mme la ministre des Relations
internationales et de la Francophonie.
Mme Girault : Merci, Mme
la Présidente. Je suis heureuse de
pouvoir prendre la parole au sujet du Mois de l'histoire des Noirs puisque
c'est un sujet qui me tient à coeur. Pourquoi?, me demanderez-vous. Parce qu'on
ne doit pas oublier l'importance
et la pertinence, encore aujourd'hui, de sensibiliser la population
à la discrimination, et ce, malgré
des progrès importants.
Ce mois est
également important puisqu'il nous permet de souligner le grand apport des
personnes d'ascendance africaine à
notre société. Il y a de nombreux exemples de personnages historiques clés qui
ont fait avancer des choses : Rosa
Parks, Nelson Mandela, Barack Obama. Nous avons aussi la chance d'avoir de
beaux exemples de réussite québécois issus
de la communauté noire d'ici, et, depuis le début du mois, je fais la promotion
d'une de ces personnes chaque jour sur
les réseaux sociaux. En voici quelques exemples : Sarahmée, rappeuse
d'origine sénégalaise en nomination aux Juno, elle est aussi
porte-parole pour le Mois de l'histoire des Noirs. Cadleen Désir, présidente du
conseil d'administration des chefs d'entreprise et membre du conseil de l'Ordre
de Montréal, véritable modèle d'entrepreneuriat pour la jeune génération. Félix
Auger-Alliassime. À 19 ans, ce joueur de tennis occupe la 21e place
dans le palmarès mondial et il vient tout
juste de lancer une campagne de financement d'un programme pour les enfants
dans le besoin au Togo, pays d'origine de son père. Fabrice Vil, diplômé
de l'Université de Montréal en droit, cet entrepreneur social et fondateur de Pour 3 points est aussi un interlocuteur
incontournable relativement aux questions d'égalité. Régine Laurent, présidente
de la Fédération interprofessionnelle de la
santé du Québec entre 2009 et 2017 où elle a mené d'importantes négociations
portant notamment sur l'équité salariale. Elle poursuit son engagement public
aujourd'hui à
titre de présidente de la commission
spéciale sur la DPJ. Déborah Cherenfant, présidente de la Jeune chambre de
commerce de Montréal. Yvette Bonny,
enseignante à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal depuis 1978,
cette pédiatre hématologue émérite
d'origine haïtienne a effectué la première greffe de moelle osseuse chez un
enfant au Québec. Et Paul Evra, D.G. du Centre lasallien Saint-Michel où il s'engage pour l'éducation et la
lutte contre les inégalités. Il siège aussi à la Table sur la diversité, l'inclusion et la lutte contre les
discriminations de la ville de Montréal. Quelques exemples magnifiques de notre
communauté. Ils contribuent tous à
briser des tabous et à nous rapprocher. Ce sont des modèles, non seulement des
modèles d'affaires, mais aussi des modèles d'implication sociale.
La lutte contre le racisme et les droits de la
personne fait également
partie de mon mandat de ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Et nous travaillons d'ailleurs présentement sur une vision Afrique que nous
dévoilerons prochainement afin de revoir le partenariat entre le Québec et ce
qu'on entretient avec ce continent.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre. Et maintenant
je vais reconnaître Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
Mme la Présidente. Je veux remercier
mon collègue le
député de Viau
pour sa motion. Je veux le remercier parce que,
malgré le fait que c'est la 29e édition du Mois de l'histoire des Noirs,
eh bien, on en sait encore beaucoup
trop peu sur cette riche histoire. Ne pas connaître l'histoire de Noirs du
Québec, c'est ne pas connaître notre propre histoire. Cette histoire est
la nôtre, elle fait
partie de notre identité québécoise.
Il y a
une présence noire au Québec depuis les débuts de la colonie de la
Nouvelle-France. Le Québec d'antan n'était
certes par une société esclavagiste comme l'étaient les États-Unis,
mais il y avait bel et bien des esclaves. D'ailleurs, des livres du grand historien
qu'était Marcel Trudel nous parlent de cette histoire abondamment.
Selon les
recherches de l'historien Webster, on a répertorié 4 185 esclaves,
les deux tiers étaient autochtones, et le tiers était des Noirs. Il faut se
rappeler de la présence de l'esclavage au Québec non pas pour se culpabiliser,
mais par devoir de mémoire, pour que notre devise, Je me souviens, veuille
dire quelque chose.
Quelques noms
à ne pas oublier : Olivier Le Jeune, originaire de Madagascar, esclave de
Guillaume Couillard, le premier
esclave acheté et résidant en Nouvelle-France. Marie-Josèphe-Angélique, une
esclave de Montréal, a été mise à mort en 1734. Son supposé crime était celui
d'avoir mis le feu à la maison de sa propriétaire. Sa condamnation
rapide ne tenait que sur les dires d'une
fillette de cinq ans. Jean Alfred, originaire d'Haïti, le premier député noir à
l'Assemblée nationale en 1976, un député du Parti québécois dans le clan
des purs et durs souverainistes.
Rappelons-nous
de tous ces noms illustres et de bien d'autres comme on se rappelle aujourd'hui
de Louis-Joseph Papineau, de Marguerite Bourgeoys ou de Samuel de shampoing...
de Champlain, pardon. Ça fait «Hochelaga Chocolat».
Nous nous
rappelons de l'histoire des Noirs pendant un mois — là, c'est sérieux — mais être Noir est un fait qui dure toute l'année. Encore aujourd'hui au Québec
comme ailleurs, être Noir n'est pas un fait anodin. Parlez-en à ceux qui
sont interpelés par la police pour aucune
raison. Moi-même, j'avais personnellement un ex-collègue de travail qui était
d'origine jamaïcaine qui avait une BMW, et,
pour lui, se faire arrêter par la police sur l'autoroute juste pour vérifier
son identité était chose commune, malheureusement pour lui. Un rapport de
recherche, d'ailleurs, nous apprenait récemment que les Noirs ont fait l'objet du quart des interpellations du SPVM
entre 2014 et 2017, alors qu'ils ne constituent que 10 % de la
population.
Dans ce
contexte, le Mois de l'histoire de Noirs a plus que sa raison d'être. Il y a eu
des avancées au Québec, certes, mais il reste encore beaucoup d'avancées
à faire. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mercier. Maintenant, je reconnais Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Au nom de ma formation politique,
c'est avec plaisir que je souligne l'apport exceptionnel de nos concitoyennes
et concitoyens de la communauté noire au développement et au succès de
la nation québécoise.
Depuis des
siècles, ils enrichissent le Québec de leurs expériences, de leurs
connaissances, de leur grand savoir, de
leurs compétences. Ces femmes et ces hommes ont grandement contribué à façonner
la société québécoise, une société conviviale, riche et créative dont
nous sommes fiers.
Certains sont
connus. On les rencontre en affaires, dans le monde culturel, en politique,
dans les sports. D'autres font valoir
leurs talents et leurs compétences dans l'ombre. Ce sont nos infirmiers, nos
enseignants, nos policiers, nos travailleurs communautaires. Et, bien
sûr, nous devons continuer à travailler de concert pour abattre les murs et les
obstacles qui subsistent encore malgré les grandes avancées des dernières
décennies.
Je tiens
également à rendre hommage au courage dont ont fait preuve les personnes de la
communauté noire du monde au fil de
l'histoire. Leur parcours, souvent synonyme de solidarité et de détermination,
mérite d'être relaté et célébré. Plusieurs figures marquantes des
communautés noires incarnent pour toujours le courage et la dignité.
En terminant,
j'invite la population à participer en grand nombre aux activités qui ont lieu
et qui auront lieu d'ici la fin du mois de février pour souligner le
Mois de l'histoire des Noirs. Des expositions, des ateliers de danse, des spectacles musicaux, des
événements gastronomiques, il y a beaucoup à découvrir. Année après année, vous
y reviendrez avec plaisir.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Gaspé.
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
vais maintenant céder la parole à Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition pour sa motion sans
préavis.
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante
conjointement avec la ministre responsable des Affaires autochtones, le député
de D'Arcy-McGee, le chef de la troisième opposition, le député de
Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle son adhésion aux principes de la Déclaration des
Nations unies sur les droits des peuples autochtones;
«Qu'en
conséquence, elle invite les gouvernements du Québec et du Canada à entretenir
avec les peuples autochtones du Québec et du Canada des relations
égalitaires de nation à nation[...];
«Qu'elle
reconnaisse que le conflit actuel, qui découle du projet gazoduc Coastal
GasLink, a des impacts indésirables sur les utilisateurs du réseau
ferroviaire et l'économie [du Québec];
«Que
l'Assemblée nationale appelle à une solution politique, pacifique et négociée à
la crise actuelle, afin d'éviter toute violence.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, très bien. M. le leader du deuxième
groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Je vous demanderais qu'on procède à un vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous avons une demande de vote par appel nominal. Alors, tout le monde semble prêt à passer au vote.
Alors, que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Ghazal
(Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Dorion (Taschereau),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve).
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Laframboise
(Blainville), M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet),
M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay
(Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Lévesque
(Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Samson
(Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est), Mme Proulx (Berthier),
Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx
(Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin
(Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque
(Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), Mme Boutin (Jean-Talon),
M. Girard (Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac),
M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
M. Tanguay (LaFontaine),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Rousselle
(Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau
(Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Roy (Bonaventure), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des députés contre
cette motion ou des abstentions?
Alors,
pour le résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 103
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée à l'unanimité. M.
le député... pardon, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme
la Présidente. Je vous demanderais de
faire parvenir une copie de cette motion au premier ministre du Canada,
M. Justin Trudeau.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, ce sera fait.
Pour la prochaine
motion sans préavis, je vais céder la parole à M. le député de Chomedey.
M. Ouellette :
Merci, Mme la Présidente. Vous me permettrez de souligner la présence dans nos
tribunes de représentants de la coalition des avocats et avocates pour une
réforme de l'aide juridique.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Gouin,
la députée de Joliette, le député de LaFontaine, la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des problèmes
d'accès à la justice qui découlent des faibles tarifs versés aux avocats
et avocates de pratique privée acceptant des mandats d'aide juridique;
«Qu'elle
affirme l'importance pour les Québécoises et [...] Québécois de disposer d'un
régime d'aide juridique assurant l'égalité de tous les citoyens et de
toutes les citoyennes devant la loi;
«Qu'elle réitère
l'importance d'un tel régime pour les plus démunis de notre société;
«Qu'elle
rappelle l'appui donné par le député de Borduas, alors porte-parole en matière
de justice pour la Coalition avenir
Québec, à un "réinvestissement massif dans le système de justice afin de
bonifier la rémunération des avocats de pratique privée qui traitent des
cas d'aide juridique";
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de la CAQ d'honorer cet
engagement et de négocier de bonne
foi une bonification de la rémunération versée aux avocats et avocates de pratique
privée traitant des cas d'aide juridique.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Chomedey. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Alors, ceci met fin à la rubrique des motions sans
préavis.
Nous allons passer à
la rubrique des avis touchant les travaux des commissions. Et, comme à
l'habitude, je demande aux membres en cette
Chambre de quitter, s'il vous plaît, en silence puisque nous poursuivons nos
travaux. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente.
Alors,
j'avise cette Assemblée que la Commission des relations avec les citoyens
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 18, Loi modifiant le Code
civil, le Code de procédure civile, la
Loi sur le curateur public et diverses
dispositions en matière de protection des personnes, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 32, Loi visant principalement à favoriser l'efficacité de la justice
pénale et à établir les modalités d'intervention de la Cour du Québec dans un
pourvoi en appel, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 43, Loi modifiant la
Loi sur les infirmières et les infirmiers et d'autres dispositions
afin de favoriser l'accès aux services de santé, aujourd'hui, de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi visant
principalement à contrôler le coût de la taxe foncière agricole et à simplifier
l'accès au crédit de taxes foncières agricoles, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Et la Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi n° 52, loi visant à renforcer le régime
d'examen des plaintes du réseau de la santé et des services sociaux notamment
pour les usagers qui reçoivent des soins des
établissements privés, aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une
durée de 2 h 15 min, à la salle Pauline-Marois. Voilà,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Pour ma part,
je vous avise que la Commission des transports et de l'environnement se réunira
en séance de travail le mercredi
19 février, de 8 h 30 à 9 heures, à la salle RC.161,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse de
pétitions concernant la restriction de l'utilisation et de la fabrication de la
styromousse.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, et, M. le leader de l'opposition officielle, je vous cède
la parole.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Vous allez voir, j'ai quelques sujets que
j'aimerais aborder avec vous, devant vous, aujourd'hui, sur
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Le premier
sujet concerne un avis qui a été donné à notre feuilleton, en page 19, de
ce jour, Préavis ,
partie 6, quant à une motion de la ministre de la Justice relative aux recommandations
d'un rapport visant, sur quatre années, les augmentations des procureurs
en poursuites criminelles et pénales.
Nous avons
donc eu le préavis dans le feuilleton ce matin. Il a été déposé avant la
présente période, aujourd'hui, Mme la
Présidente, des affaires courantes, la réponse de la ministre, qui fait quelque
20 pages, à cette... à préavis,
à ce rapport et à cette décision, qui fera l'objet, bien évidemment,
d'un débat.
Il a toujours été de mise d'avoir un briefing
technique sur une question excessivement technique, précise et complexe. Et, le briefing technique, je pense que tout le monde ici, autour de la table, en est d'accord. Et, la
réponse de la ministre, il faut l'analyser, et ça fait une vingtaine de
pages.
Maintenant, il a été porté à notre attention
que, et ce que je dis, Mme la Présidente, pourra également, le cas échéant, être appuyé par les autres groupes
d'opposition et le député indépendant de Chomedey... il a été envoyé le signal
par le gouvernement qu'il voulait appeler le
débat sur cette motion demain, avant, donc, que l'on ait pu, dans un délai
raisonnable, fixer un briefing technique.
Là, l'offre qui nous est faite pour s'assurer, du côté du gouvernement, que le
débat ait lieu absolument demain, ça a été de faire un briefing
technique... de l'offrir ce soir, à 19 heures, alors qu'on a des travaux, puis c'est dernière minute, ou demain
matin, à 7 heures du matin, Mme la Présidente, alors que nos agendas sont
déjà remplis. Moi, à 7 heures du matin, Mme la Présidente, j'ai déjà un
appel téléphonique, puis vous pourrez vérifier dans mon agenda, un appel
qui est déjà fixé.
Alors, mon
point : Pour la prévisibilité des travaux, pour qu'on puisse travailler...
Ça participe d'une obligation du gouvernement
de déposer ce rapport-là dans les 45 séances. Les 45 séances, ça nous
amène jusqu'au 26 mars. Est-ce qu'on peut prendre le temps d'analyser cette importante motion, de lire le
rapport d'une vingtaine de pages de Mme la ministre et de fixer un briefing technique, encore une
fois, qui n'est... dont la pertinence n'est pas contestée par personne autour
de la table, mais prendre le temps de le
fixer à une heure qui est possible et pas à une heure qui est impossible, Mme
la Présidente?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Alors, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Alors, Mme
la Présidente, deux éléments. Le leader de l'opposition officielle a fait état
qu'il avait un rendez-vous téléphonique demain, à 7 heures. Alors, s'il
veut nous déposer son agenda, on va consentir au dépôt.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Attendez un moment, là. M. le
leader du gouvernement, la parole est à vous.
M. Jolin-Barrette : Deuxièmement,
Mme la Présidente, on a offert un briefing technique aux oppositions à 18 heures, à 19 heures et demain matin,
à 7 heures, Mme la Présidente, donc à trois occasions. Alors, elle est
tout à fait raisonnable, Mme la
Présidente, l'offre que nous avons faite aux oppositions. D'ailleurs, c'est un
briefing technique. Alors, le
gouvernement n'est pas tenu d'offrir un briefing technique, nous le faisons de
bonne foi, en toute courtoisie, suite au dépôt de la motion qui a été présentée par la ministre de la Justice. Et
c'est inscrit aux préavis également, Mme la Présidente. Et, comme nos règles nous l'indiquent, vous savez
qu'avant de débattre d'une motion comme celle-ci nous devons l'inscrire au feuilleton, ce que nous avons fait aujourd'hui,
et elle pourra être appelée à partir de demain. Et nous offrons trois plages
horaires aux députés d'opposition pour avoir un briefing technique s'ils le
souhaitent.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui. Alors, M. le leader de
l'opposition officielle.
Tanguay : ...Mme la Présidente, je vous laisse juger du sérieux
de la réponse du collègue, lorsqu'il nous dit qu'il a offert à trois occasions dans les 16 prochaines heures un
briefing technique sur un débat qu'il pourra appeler jusqu'au 26 mars prochain, et d'une réponse de Mme la
ministre, qui, elle, a eu sûrement plus qu'un délai de 16 heures pour
écrire sa réponse de 20 pages à
un rapport excessivement complexe. Alors, j'en appelle à vous, Mme la
Présidente, sur les bases de la collaboration, de la prévisibilité et du
gros bon sens, là.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, oui, je vous remercie de
votre intervention. Alors, à mon tour de m'en remettre à vous. Et
j'espère que vous allez pouvoir trouver un terrain d'entente à l'extérieur de
la présente rubrique, puisque les échanges
devraient se poursuivre à l'extérieur du salon bleu, s'il vous plaît. Je vous
souhaite de bonnes délibérations.
Est-ce que vous
souhaitez intervenir à nouveau sur ce sujet?
M. Tanguay :
Un autre sujet.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Un autre sujet. M. le leader de l'opposition
officielle.
Tanguay : ...Mme la Présidente. Alors, un autre sujet qui
démontre aussi, et qui sont interreliés, le bien-fondé du précédent. Celui-ci s'inscrit dans une...
toujours une logique de non-prévisibilité des travaux, alors qu'on devrait
avoir une prévisibilité des travaux.
collègue de Maurice-Richard est assise ici et va continuer le débat sur un
dossier qui la préoccupe, qui l'occupe et pour lequel elle est porte-parole, le projet de loi n° 44, qui est
un dossier, je vous dirais, Mme la Présidente, qui a été débuté la semaine passée au salon bleu et qui est assez
divisif, et chaque partie, de chaque côté de la table, ont des arguments
à faire valoir. La collègue a déposé une
motion de scission, c'est son droit. Il reste 1 h 42 min au
débat sur la motion de scission. Au
même moment, Mme la Présidente, le gouvernement a décidé d'appeler le projet de
loi n° 48, le projet de loi, étude
détaillée en commission parlementaire. Donc,
au même moment où on débat de sa motion de scission, qu'elle présente pour l'opposition
officielle, elle devrait faire de l'article
par
article sur le projet
de loi n° 48,
qui vise l'un de ces dossiers pour
lesquels elle est porte-parole. Ça a été mentionné, ça a été mentionné au gouvernement. Et là, au niveau, Mme la
Présidente, de l'impossibilité pour la collègue d'être aux deux places, ça, je
n'ai pas à plaider là-dessus, mais, quant au respect minimum des
dossiers de porte-parole, faire en sorte qu'on ne puisse pas procéder en son
absence et l'obliger à faire un choix
qu'elle n'a pas à faire parce qu'elle
est porte-parole, ça, c'est clair pour tout le monde dans les deux cas.
Alors,
Mme la Présidente, j'aimerais, s'il vous plaît, vous rappeler ce que disait le
président... l'actuel président, le 21 février
2019, et je le cite : «Pour la bonne marche de nos travaux, je vous
demande de vous entendre.» Mais il disait, plus loin : «L'idée d'avoir simultanément des travaux en Chambre et
en commission impliquant les mêmes ministres, les mêmes porte-parole
n'est certes pas souhaitable...»
J'aimerais, s'il vous
plaît, que vous fassiez écho à ce qu'avait dit le président de l'Assemblée
nationale, le 21 février dernier, et
souligniez le fait que non seulement ce n'est pas souhaitable, mais ce n'est
pas un élément qui fait en sorte que
la bonne collaboration, Mme la Présidente, puisse avoir lieu ici, en cette
Assemblée nationale. Je vous demande donc de souligner cela, d'en
prendre acte et de nous guider pour défaire ce noeud gordien.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui. Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Plusieurs éléments, Mme la Présidente. Écoutez, en termes de
prévisibilité des travaux, le leader
nous fait beaucoup de reproches, le leader de l'opposition officielle. Alors,
voyez-vous, Mme la Présidente, nous, quand
on construit l'horaire des travaux, il n'y a pas la prévisibilité de savoir
qu'ils vont utiliser un moyen dilatoire pour faire une motion de
scission, Mme la Présidente.
Deuxièmement, Mme la
Présidente, la députée de Maurice-Richard est porte-parole
en agriculture et en environnement. Elle doit faire un choix dans ce cadre-ci
parce que le projet de loi n° 48 est appelé en
commission parlementaire, le Parti libéral a
choisi de présenter une motion de scission. Et la députée de Maurice-Richard s'est déjà exprimée sur le principe du
projet de loi n° 44 sur le Fonds vert.
Alors,
Mme la Présidente, on a offert notre consentement à ce que la députée de Maurice-Richard puisse se faire remplacer en commission parlementaire. Cela étant dit, l'Assemblée, les
travaux de l'Assemblée ne peuvent pas dépendre uniquement du simple fait
du bon vouloir de la députée de Maurice-Richard.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
leader du gouvernement. Y a-t-il... C'est sur le même sujet, M. le
leader? Allez-y.
Tanguay : Ce qui est demandé de façon très tangible, c'est de
retarder le début du projet de loi en commission parlementaire, permettre à la collègue de faire son intervention et, par
la suite, à la collègue de se diriger en commission parlementaire sur le
48. Donc, peut-il retarder le début des travaux à la CAPERN? C'est tout à fait
logique, c'est tout à fait respectueux puis
ça aiderait peut-être le leader du gouvernement à introduire un niveau de
collaboration, par ce geste, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Comme vous le savez, c'est la
prérogative du gouvernement d'organiser les travaux en Chambre, mais c'est sûr
que moi, je souhaiterais qu'il y ait de la collaboration afin de permettre à tous les porte-parole de
pouvoir exercer leurs fonctions dans tous les travaux qui sont proposés par le
gouvernement.
Alors,
je ne peux malheureusement pas m'immiscer dans les choix du gouvernement, mais
je peux certainement vous inviter à poursuivre les échanges à
l'extérieur du salon bleu.
Est-ce qu'il y a un
autre sujet, M. le leader? Alors, la parole est à vous.
Tanguay : Autre sujet, madame... troisième, autre sujet,
toujours sur le thème collaboration et prévisibilité. Le leader du gouvernement a dit, dans le sujet
précédent, qu'il en était, lui, de la prévisibilité. Historiquement et
usuellement, et c'est la règle, les us
et coutumes, Mme la Présidente, nous avons le vendredi qui précède la semaine
de travaux parlementaires l'horaire
des travaux en commission parlementaire. Lors de la dernière... de vendredi
dernier... C'est toujours autour de la fin de l'avant-midi, vers
11 h 15, que l'on reçoit ces avis.
Hier,
lundi, à 14 h 52, le cabinet du leader du gouvernement nous a avisés
de l'ajout de l'étude détaillée du projet de loi n° 43,
Loi modifiant la
Loi sur les infirmières et les infirmiers et d'autres
dispositions afin de favoriser l'accès aux services de santé. Nous avons, Mme la Présidente, appris, donc, hier, à
14 h 52, que c'était appelé ce soir, entre 19 h 30 et
21 h 30.
plages disponibles au calendrier des commissions dû au désistement des groupes
pour les consultations sur le p.l. n° 52 sont connues depuis
plus d'une semaine. Le fait de convoquer, Mme la Présidente, hier, encore une
fois, ne nous permet pas, évidemment,
de faire en sorte d'avoir un débat qui soit à la hauteur de ce qui était
attendu par les citoyens. Lorsque l'on appelle un projet de loi à brève
échéance, bien, la prévisibilité, évidemment, fait défaut.
Et encore
une fois... je réfère cette fois-ci, Mme la Présidente... Le 7 février dernier, 7 février 2019, le président disait : «Je suis de ceux qui aimeraient une
meilleure prévisibilité des travaux...» Fin de la citation. On vous
souligne que ça bouscule les horaires
des collègues, qui doivent se retourner sur un dix cents. Et, lorsque
les collègues de la banquette ministérielle disent :
Bien, écoutez, ils viennent qualifier le travail... le
président avait dit dans sa décision que l'on ne devait pas qualifier le travail autrement qu'un travail constructif des oppositions.
Bien, pour faire notre travail, la prévisibilité
doit être au rendez-vous, chose qui dans ce cas-là, encore une fois, n'est pas
le cas.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, j'entends le leader de l'opposition officielle puis je me dis : Ça ne se peut pas. Honnêtement,
ça ne se peut pas, ce n'est pas sérieux, ça ne se peut pas, Mme la Présidente.
Écoutez, on est sur
des consultations particulières à la Commission de la santé et des services
sociaux jusqu'à 21 h 30, O.K., c'est
prévu, là. Donc, la CSSS va siéger jusqu'à 21 h 30, Mme la Présidente, la Commission de la santé et des services sociaux, jusqu'à 21 h 30. Et là, Mme la Présidente, c'est en consultations
particulières. Les consultations particulières, c'est des
groupes qu'on entend, qui viennent dire leur opinion sur un projet de loi. Et
là les groupes se sont désistés, Mme la Présidente, alors il y a deux heures de disponibles pour tenir des travaux
parlementaires à la CSSS, Commission de la santé et des services sociaux. Ça, c'est le projet de loi de ma collègue
la députée de Prévost, la ministre
responsable des Aînés. La plage est annulée, Mme la Présidente.
à la même commission parlementaire, Mme la
Présidente, il y a
un autre projet de loi, celui sur les infirmières pratici