House Proceedings — 10 June 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-06-10
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Bon jeudi à tous. Vous pouvez vous asseoir.
Nous débutons
aux affaires courantes, aux déclarations de députés, et je cède la parole à
Mme la députée de Huntingdon.
Mme IsaBelle : Bonjour. Merci,
Mme la Présidente.
Les souvenirs du printemps 2011 restent
bien marqués pour plusieurs citoyennes et citoyens des comtés de Saint-Jean,
d'Iberville et de Huntingdon. De fortes précipitations de neige, une fonte des
neiges rapide, une cinquantaine de centimètres
de pluie en quelques jours, des vents forts. Bref, un cocktail parfait qui a
provoqué une hausse record du niveau
du lac Champlain, contribuant ainsi à des inondations historiques du lac
Champlain et de la rivière Richelieu, du jamais-vu pour les résidents et
les résidentes vivant autour de ces plans d'eau.
Voici
quelques statistiques : 1 300 personnes ont dû être évacuées,
3 000 sinistrés, 2 500 hectares de terre ont été inondés, des bénévoles et des bénévoles,
800 soldats dévoués, 100 000 sacs de sable bien remplis. Bref,
ces inondations du siècle constituent un événement inoubliable.
C'est
pourquoi, conjointement avec mes collègues de Saint-Jean et d'Iberville, nous allons remettre une médaille de l'Assemblée nationale bien
spéciale.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la Présidente. C'est un honneur pour
moi de présenter la Médaille de l'Assemblée
nationale à Mmes Marie-José Mastromonaco et
Stéphanie Bellenger-Heng en reconnaissance de leur implication exemplaire
dans la démocratie scolaire au sein de la commission scolaire de Montréal.
Je souligne le travail remarquable qu'elles ont
effectué lors de leurs mandats consécutifs comme commissaires. Leur esprit rassembleur et leur approche conciliatrice
ont permis à toute la communauté, incluant les parents et les élèves, de
s'épanouir et surtout d'avoir accès à la démocratie locale.
L'abolition
de ces commissaires exceptionnelles et de la démocratie locale a laissé une
cicatrice dans la communauté. Je peux attester que le travail qu'elles ont
accompli a permis à la communauté de s'exprimer, au bénéfice de nos jeunes.
Mesdames, vous avez agi comme catalyseur dans
des dossiers éducatifs importants. Vous m'avez grandement impressionnée par votre contribution à notre
société, et je vous remercie pour votre engagement, qui a fait une différence
dans la vie de milliers des élèves montréalais. Merci beaucoup, mesdames.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
nous poursuivons avec M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Mme la Présidente,
dans la foulée de ce que ma collègue de Huntingdon vient de déclarer, nous
remettons donc conjointement, les trois députés du Haut-Richelieu, une médaille
de l'Assemblée nationale qui sera incorporée
dans une plaque ou une oeuvre d'art qui sera éventuellement installée sur le
bord du Richelieu. Un comité de sélection,
que nous sommes en train de désigner, choisira l'artiste, négociera le lieu de
l'installation et nous aidera à trouver le financement pour l'opération.
Avec mes voisines, donc, des
circonscriptions de Huntingdon et d'Iberville, nous voulons ainsi rendre
hommage aux familles de nos comtés qui ont subi les inondations historiques de
2011, mais surtout saluer ceux qui leur sont venus en aide, à commencer par les services d'aide et
d'urgence, sans oublier l'armée, mais tous ceux aussi qui ont fait leur travail
et plus encore, et les voisins, et les amis qui les ont dépannés et réconfortés
pendant tout le printemps de 2011. Et finalement
nous voulons remercier, par ce geste, les bénévoles de partout au Québec venus
en renfort sous la coordination de SOS Richelieu pour ce qu'on a appelé
la Grande Corvée.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Merci, M. le député.
Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, Mme la Présidente. Le 15 juin, il me fera plaisir, pour une septième
année consécutive, de tenir une cérémonie
annuelle afin de remettre la Médaille de l'Assemblée nationale à trois
récipiendaires méritoires de la circonscription
de D'Arcy-McGee pour leur engagement citoyen exemplaire. C'est une tradition
que j'ai été fier d'instaurer en 2015.
Ella
Amir, pionnière en santé mentale, est la directrice générale de l'organisme
AMI-Québec. Au fil des années, cet organisme a accompagné des milliers
de personnes à retrouver leur bien-être et récupérer leur vie.
Ruth Kovac, who we sadly lost too soon,
was a dedicated, effective, and compassionate city councillor and English rights advocate in Côte-Saint-Luc.
Beverly Spanier, with a heart as big as a house, has fought to protect and
defend those most vulnerable throughout her long life, most recently her
coresidents at the Centre gériatrique Maimonides.
Félicitations
aux trois récipiendaires!
their selflessness and generosity chart a path for all of us to follow.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je fais suite et je clos les propos de mes
deux collègues.
y a de cela 10 ans cette fin de
semaine qui vient se mettait en
branle la Grande Corvée, qualifiée à l'époque de la plus grande opération bénévole de l'histoire du Québec.
Au printemps 2011, c'est près de 5 000 hommes et femmes qui
sont venus des quatre coins du Québec
porter main-forte à la population du Haut-Richelieu afin de nettoyer les berges de
la rivière Richelieu et du lac Champlain des débris et des sacs de sable
laissés par l'inondation.
Le travail s'étant
effectué avec une précision et une rapidité militaires, c'est sur un autre
point que j'aimerais revenir ce matin. C'est
en chantant et en souriant que les bénévoles
de la Grande Corvée se sont amenés à tour de rôle sur les quelque 1 300 terrains inondés par
ces crues historiques. Isolés depuis plus d'un mois à protéger leurs maisons et
leurs biens, les sinistrés obtenaient
non seulement une aide manuelle inespérée, mais également un contact humain
chaleureux de gens dévoués venus leur dire : Ne lâchez pas, on est
C'est
donc au nom des sinistrés de 2011 que j'aimerais dire 5 000 fois merci pour l'aide reçue mais
surtout pour la dose d'humanité et de réconfort que ces bénévoles ont
apportée dans le Haut-Richelieu. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
je cède la parole à Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Développer son amour pour la
lecture n'a pas d'âge. Mmes Caroline Boudreau,
enseignante à l'école Saint-Rosaire de Gaspé, et Stéphanie Noël, bibliothécaire
au centre de services scolaire des Chic-Chocs, l'ont prouvé grâce à
leurs Rendez-vous littéraires.
Les deux acolytes ont
créé des ateliers de lecture interactive au cours desquels elles proposent une
histoire aux enfants, qui sont ensuite invités à y réfléchir et à en discuter
avec leurs pairs. Une utilisation judicieuse des technologies permet à des élèves de partout au Québec de
participer aux activités, briser leur isolement et développer leur intérêt pour
la lecture.
Dernièrement,
les deux instigatrices du projet ont reçu les prix Florilège et Étincelle dans
le cadre de remise de Prix de reconnaissance en lecture du ministère de
l'Éducation. Leur passion, le partage de leurs réalisations et leur expérience
ont notamment été soulignés.
J'offre toutes mes
félicitations à Caroline Boudreau et Stéphanie Noël pour ce grand
projet et pour les prix qu'elles se sont méritées. Grâce à vous, des enfants
apprennent à aimer la lecture, les mots et la langue française Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Le
15 mai 2021 était un samedi comme un autre alors que le
soleil brillait de tous ses feux, une
journée parfaite pour sept adolescents qui décident d'aller pêcher, mais qui
tourne au drame l'instant d'un moment.
fin de journée, l'un des membres du groupe perd conscience et tombe dans la
rivière, le corps dérivant dans l'eau. C'est
alors qu'intervient Marc-Antoine Doyon, un élève de deuxième secondaire de
l'école Le Tandem. Il saute dans la rivière pour récupérer son ami mal en point et le ramener sur la berge.
Ne sachant comment réagir, il effectua une recherche sur son téléphone, et c'est ainsi qu'il contacta
les services d'urgence. À la suite de l'arrivée des policiers et des
ambulanciers, l'agent mentionna que c'est par le biais des gestes posés
par Marc-Antoine que son ami se porte bien aujourd'hui.
C'est
pourquoi, Mme la Présidente, je désire saluer la débrouillardise, la
spontanéité et la bienveillance dont a fait preuve cet élève de
14 ans, en venant à la rescousse de son ami. Merci de ta bravoure. Et
félicitations encore!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le
député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais rendre hommage, aujourd'hui, à la Fondation du Cosmodôme, à son président, Louis-Martin Landry, et son
équipe de création et de bénévoles pour l'innovation, en période de pandémie,
de boîtes d'activités scientifiques clés en main, remplies d'ateliers et de défis
amusants, desservant chacune 30 élèves de trois, quatrième année ou cinq, sixième année tout en les initiant aux
séances spatiales et en agrémentant leur vie scolaire.
Dans
ma circonscription de Chomedey, ce sont 11 écoles primaires situées en
milieu plus défavorisé, soit L'Harmonie, Saint-Paul, Les Quatre-Vents,
Notre-Dame de Nareg, Saint-Norbert, Le Tandem, Hillcrest, Crestview,
Socrates-Démosthène, le campus Socrates, John F. Kennedy, ainsi que la
Maison des enfants le Dauphin de Laval, qui ont pu en bénéficier.
désire aussi souligner la collaboration du président de la commission scolaire
Sir-Wilfrid-Laurier, du président du
centre de services scolaire de Laval, du directeur général de l'école
Socrates-Démosthène, ainsi que Mme Chantale Gignac, de la Maison des enfants Le Dauphin de Laval.
Comme le dit si bien le thème de la campagne de la fondation, Donnez une
boîte, aidez une classe! . Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Châteauguay.
Mme Chassé : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je désire féliciter des personnes qui constituent un maillon essentiel de ma communauté. Ces personnes sont
celles et ceux qui oeuvrent au sein de l'entreprise Gravité Média, une belle entreprise
de ma région qui se spécialise dans les médias traditionnels et numériques.
28 mai dernier, lors de la remise des Grands Prix des hebdos du Québec 2021, ils ont remporté pas moins de 14 prix visant à reconnaître l'excellence de
leur travail. Plus particulièrement, je désire féliciter les journalistes du Soleil
de Châteauguay M. Michel Thibault et Mme Valérie Lessard,
qui ont respectivement remporté un premier et deuxième prix pour des articles
qu'ils ont écrits durant la crise de la COVID-19.
Félicitations aussi à
Mme Julie Voyer, P.D.G. de Gravité Média, ainsi qu'à toute son équipe
dynamique pour l'excellente couverture de
presse de nos enjeux locaux et régionaux! Vous méritez toute notre
reconnaissance et celle de vos pairs. Bravo!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. En
conclusion de cette rubrique, M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je tiens aujourd'hui à souligner la contribution exceptionnelle
des équipes de vaccination chez nous, en Beauce.
Alors
qu'elles cette semaine l'injection de la deuxième dose, après, évidemment,
celle de la première dose, et qu'elles poursuivent, je veux saluer le
travail exceptionnel accompli par les équipes au Georgesville, sous la
direction, Mme la Présidente, et je vous le dis, de l'incroyable Cary Paquet.
On a été en mesure de constater plusieurs retraités revenir au
travail pour participer à l'effort collectif. On peut évidemment
y retrouver sur place un accueil chaleureux, professionnel. Et surtout
ils sont rodés, je vous le dis, au quart de tour, sept jours sur sept, les
soirs et les fins de semaine.
veux remercier chaleureusement également nos pharmaciens, les équipes sur la route, dans
les CHSLD, RPA. On a même été dans les entreprises. Aujourd'hui, vous
nous permettez de poursuivre nos objectifs.
Pour être
quotidiennement dans le dossier, Mme la Présidente, je peux vous dire qu'aucun
effort n'est ménagé, et c'est grâce au
capital humain de nos équipes si on peut y arriver. Merci pour le professionnalisme,
la rigueur et la passion. Au nom de tous les concitoyens de la Beauce,
nous vous en serons toujours reconnaissants. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique de
déclarations de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Président : Mmes et
MM. les députés, d'abord, bon jeudi.
Nous allons prendre quelques secondes pour nous recueillir.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Avant
de poursuivre les affaires courantes, j'aimerais souligner l'excellent travail
à nouveau accompli cette année par les pages étudiants, qui terminent
ces jours-ci leur stage d'un an parmi nous. Ils ne sont malheureusement pas
tous présents aujourd'hui. Pour celles et ceux qui y sont, avancez-vous, qu'on
vous rende hommage.
Président : Vous êtes
évidemment les dignes représentantes et représentants de
tous les autres pages étudiants qui
ne sont pas ici, mais qui, je le sais, sont à l'écoute, cependant.
Alors, en mon nom et en celui de l'ensemble des membres de cette Assemblée, je vous remercie très
sincèrement pour la qualité de votre travail, qui a été essentiel, comme
toujours, au bon fonctionnement de nos travaux.
Votre stage s'est
déroulé dans un contexte, on le dira sans se tromper, assez particulier. Je
tiens à vous remercier pour l'adaptabilité
et la résilience. J'ai eu l'occasion de vous rencontrer cette semaine et la
semaine dernière. J'espère que cette année aura été agréable, qu'elle sera
empreinte de souvenirs, que cette expérience restera unique, au coeur de votre
Parlement.
Et je souligne par la même occasion le remarquable
travail d'encadrement effectué par M. Gilles Jourdain, à mes côtés, Mme Chantale
Martineau et Mme Stéphanie Labbé, qui, chaque année, assurent la formation
et la supervision d'une nouvelle équipe de pages étudiants. Merci à
toutes et à tous. Et bravo!
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Le Président :
Et, à l'article a du feuilleton, M. le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation présente le projet de loi n° 99,
Loi modifiant principalement la
Loi sur les produits alimentaires. M. le
ministre.
M. Lamontagne :
M. le Président, j'ai le plaisir de déposer le projet de loi n° 99, Loi modifiant principalement la
Loi sur les produits
alimentaires.
projet de loi modifie la
Loi sur les produits alimentaires afin de notamment
réviser le régime de permis. À cette fin,
il redéfinit les catégories de permis, prolonge la date de validité de ceux-ci
et modifie certaines modalités applicables à leur délivrance, leur
renouvellement, leur suspension ou leur annulation.
Le projet de
loi modifie aussi le régime d'enregistrement en exigeant qu'un exploitant qui
détient les produits ou les
catégories de produits déterminés par règlement s'enregistre avant le début de
ses opérations. Il prévoit le caractère public du nom de l'exploitant et de certains autres renseignements relatifs à
un établissement, à un lieu ou à un véhicule visé par un tel
enregistrement. Il prévoit également les modalités de suspension ou de
radiation d'un enregistrement.
Le projet de
loi exclut les produits comestibles de cannabis de la définition d'aliments et
retire certaines dispositions relatives au secteur des produits
laitiers.
Le projet de
loi octroie de nouveaux pouvoirs au ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation, dont celui
d'accepter d'une personne en défaut d'un engagement volontaire à modifier ses
pratiques. Il autorise également le ministre
à mettre en oeuvre des projets pilotes visant à permettre l'innovation en
matière alimentaire et à étudier, améliorer ou définir des normes
applicables en cette matière et prévoit les modalités d'application de tels
projets.
Le projet de
loi octroie aussi de nouveaux pouvoirs réglementaires au gouvernement, dont
ceux d'exiger que certaines opérations
soient exécutées par les exploitants conformément à un plan de contrôle et de
déterminer les renseignements que doit fournir et conserver le
propriétaire, le gardien ou le possesseur d'animaux destinés à la consommation
humaine.
Le projet de
loi accorde de nouveaux pouvoirs en matière d'inspection, introduit des
pouvoirs d'enquête et hausse le montant des amendes.
Enfin, le projet de loi abroge la Loi visant la
régularisation et le développement d'abattoirs de proximité et prévoit
des modifications de concordance et une disposition transitoire. Merci, M. le
Président.
Le Président : M. le
leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. Simplement pour
signifier au leader du gouvernement que nous souhaitons évidemment la
tenue de consultations particulières sur ce...
Le Président : M. le
leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Ce sera
avec plaisir, M. le Président.
Président : Et, en
application de l'ordre spécial, j'invite les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet de
loi, suivi des députés indépendants. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le
leader de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée.
Le Président : M. le
leader du gouvernement, je m'excuse, je devais vous redonner la parole.
M. Jolin-Barrette : Oui, juste
vous indiquer que le député de Rousseau vote pour.
Le Président :
Et ceci est maintenant noté, je vous en remercie.
Toujours dans cette même rubrique, M. le leader
du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le
Président. Merci d'appeler l'article b, s'il vous plaît.
Président : Et, à l'article b du feuilleton, M. le député
de René-Lévesque présente le projet de loi n° 694, Loi encadrant la
nomination de certains titulaires d'un emploi supérieur. À vous la parole.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Ce projet de loi
propose la mise en place d'un processus prévoyant la consultation de
membres de l'Assemblée nationale lors de nominations à certains emplois
supérieurs. Il permet des nominations temporaires lors de la dissolution de
l'Assemblée nationale.
Le projet de
loi prévoit également un processus semblable de consultation pour la nomination,
à d'autres emplois supérieurs, de
personnes qui ne font pas
partie de la fonction publique québécoise et pour la
nomination des membres de certains conseils d'administration.
Le projet de
loi propose en outre que le président, le président-directeur général ou le
directeur général de certains organismes
publics soient nommés par l'Assemblée nationale sur motion du premier ministre
et avec l'approbation des deux tiers de ses membres.
Dans de tels
cas, le projet de loi énonce qu'un rapport est remis à l'autorité chargée de la
nomination. Ce rapport confidentiel résume les observations et les
conclusions des députés ayant rencontré le candidat et précise le mode de
recrutement utilisé et le type d'évaluation effectué.
Par ailleurs, le projet de loi interdit, sauf en
cas d'urgence ou pour un motif raisonnable, une nomination ou un renouvellement d'un mandat effectué dans les
60 jours précédant la prise d'un décret ordonnant la tenue d'une élection
générale.
Le projet de
loi prévoit que le renouvellement d'un mandat ne peut être effectué que dans
les 90 jours précédant la fin prévue de l'emploi.
Le projet de
loi mentionne enfin qu'aucune allocation de transition ou indemnité de départ
n'est versée à une personne qui démissionne ou qui accepte une charge
publique ou un emploi dans la fonction publique.
Président : Et je vous demande maintenant de m'indiquer les
votes de vos groupes respectifs concernant la présentation de ce projet
de loi. M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le
leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le
leader de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée. Toujours dans cette même rubrique, madame...
Le Président : M. le leader
du gouvernement, excusez-moi, franchement, je vais prendre l'habitude, il y en
a quelques-uns ce matin.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Vous me permettrez de souligner que le député de Rousseau vote pour
également.
Le Président :
C'est maintenant noté. Et voilà. Mme la députée de Marie-Victorin, la parole
vous appartient.
Mme Fournier :
M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article c du feuilleton.
Président : À l'article c du feuilleton, Mme la
députée de Marie-Victorin présente le projet de loi n° 593, Loi
modifiant l'âge requis pour posséder la qualité d'électeur. À vous la parole.
Mme Fournier :
Oui. Merci. Donc, je suis très heureuse de présenter le projet de loi
n° 593, Loi modifiant l'âge requis pour posséder la qualité d'électeur. Ce
projet de loi modifie l'âge minimal requis pour posséder la qualité d'électeur
afin qu'il soit de 16 ans.
Président : En application de l'ordre spécial, je vous invite à
m'indiquer vos votes respectifs sur la présentation de ce projet de loi.
D'abord, Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Oui. M. le Président, le député de Rousseau vote pour.
Président : Je vous remercie. En conséquence, la motion est
adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article d du feuilleton,
s'il vous plaît.
Le Président : Et,
à l'article d du feuilleton, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue présente le projet de loi n° 893, Loi facilitant la mise
en marché des produits des microdistillateurs et des microbrasseurs québécois.
À vous la parole.
Mme Lessard-Therrien :
Merci, M. le Président. Donc, il me fait grand plaisir, ce matin, de vous
présenter le projet de loi
n° 893, Loi facilitant la mise en marché des produits des
microdistillateurs et des microbrasseurs québécois.
Ce projet de loi apporte diverses
modifications aux dispositions relatives aux permis de fabrication et de
distribution de boissons alcooliques prévues par la
Loi sur la Société
des alcools du Québec.
Premièrement, le projet de loi crée un
permis de microdistillateur, lequel autorise son titulaire à fabriquer
annuellement jusqu'à 6 000 hectolitres d'alcools et de spiritueux
composés d'au moins un ingrédient issu de l'agriculture ou de la
cueillette sauvage québécoise. Il permet
également au titulaire de ce permis de vendre les boissons alcooliques qu'il
fabrique sur les lieux de fabrication, pour consommation sur place ou dans
un autre endroit, et ce, sans devoir les acheter préalablement à la Société des
alcools du Québec.
Deuxièmement,
le projet de loi remplace les permis de producteur artisanal de bière par le
permis de microbrasseur, lequel
autorise son titulaire à fabriquer un volume annuel qui ne peut excéder
500 000 hectolitres de bière et de boissons alcooliques
composées de bière et d'autres substances non alcoolisées.
projet de loi permet en outre au titulaire d'un permis de microbrasseur de
vendre les boissons alcooliques qu'il fabrique,
sur les lieux de fabrication, pour consommation sur place ou dans un autre
endroit. Il lui permet également de vendre et de livrer la bière qu'il
fabrique directement au consommateur.
Troisièmement,
le projet de loi autorise les titulaires de permis de production artisanale et
de microbrasseur à vendre les
boissons alcooliques qu'ils fabriquent dans un marché public ou sur les lieux
d'un événement spécial, tels un festival, une foire, un salon ou une
exposition, qui répond aux critères déterminés par règlement.
Enfin, le projet
de loi contient diverses autres
modifications en lien avec ces permis, notamment des dispositions de concordance. Merci, M.
le Président.
Président : Et, en application de l'ordre spécial, je vous demande de m'indiquer les votes de vos
groupes respectifs. M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Cette
motion est donc adoptée. M. le
leader du gouvernement, vous avez quand même un vote à m'indiquer.
M. Jolin-Barrette :
Oui. M. le député de Rousseau vote pour, M. le Président.
Le Président :
Je vous remercie, M. le leader du gouvernement.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. Je dépose, au nom de
mes collègues, une entente administrative
de gestion entre la Société du Plan
Nord et la ministre de l'Enseignement supérieur, le rapport annuel d'activité
et de développement durable 2020-2021
d'Investissement Québec ainsi que le rapport annuel d'activité 2020 de
l'indemnisation des victimes d'actes criminels. Merci, M. le Président.
Président : Et ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
Nous en sommes à la
rubrique Dépôt de pétitions. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par
18 573 pétitionnaires, initiative du mouvement Ma place au travail,
que je salue. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le Québec traverse une crise dans la création et l'offre de places en
services de garde éducatifs à l'enfance;
«Considérant
qu'environ 51 000 enfants sont en attente d'une place en service de
garde sur La Place 0-5 partout au Québec;
«Considérant la
disparition de plus de 7 000 places en raison de la pandémie;
«Considérant
que plus de 24 000 places en milieu familial régies et subventionnées
sont sans aucune intervenante pour offrir le service;
«Considérant
que de nombreux parents, surtout des femmes, doivent retarder leur retour au
travail faute d'une place et que leur situation financière est
fragilisée, causant stress et anxiété;
«Considérant
l'importance des figures d'attachement stables et de l'accès sans
discrimination [aux milieux] de garde de qualité pour le bon
développement social, affectif, moteur et langagier des enfants;
«Considérant que les
services de garde sont essentiels pour la conciliation travail-famille-études,
l'égalité hommes-femmes ainsi que le développement économique et régional;
«Considérant
que les sommes allouées dans le dernier budget ne suffisent pas et que le
nombre de places en cours de réalisation est insuffisant;
«Considérant que
l'actuel gouvernement a tardé à valoriser la profession d'éducatrice à la
petite enfance;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec de :
«Reconnaître la crise
liée à la pénurie de places en services de garde;
«Mobiliser
les ministères et organismes afin de mettre en place dans les meilleurs délais
un plan d'urgence national;
«Proposer un plan de
réalisation de toutes les places manquantes;
«Valoriser les
métiers de la petite enfance.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
113 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que de
10 % à 30 % des personnes ayant contracté la COVID-19 doivent subir
des séquelles qui perdurent pendant des mois après l'infection;
«Considérant
que ces symptômes post-COVID vont de la perte de l'odorat — anosmie — à la fatigue chronique — encéphalomyélite
myalgique — en
passant par des migraines, des essoufflements, des douleurs musculaires
jusqu'à la tachycardie;
«Considérant
que ces patients sont abandonnés à eux-mêmes étant considérés comme guéris de
la COVID et que leur médecin de famille ignore comment traiter ces
symptômes post-COVID;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec de mettre sur pied dans la
Capitale-Nationale une clinique post-COVID,
comme il en existe à Sherbrooke et à Montréal, afin de mettre au point des
traitements adéquats pour les victimes de la COVID longue durée.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. À nouveau, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 330 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que la majorité
des salons de coiffure du Québec offre des prix genrés — homme/femme;
«Considérant
que les femmes paieront en moyenne
plus cher qu'un homme dans un salon de coiffure, et ce, même pour une
coupe identique;
«Considérant que les
femmes gagnent en moyenne 13,3 % de moins de l'heure que les hommes — Statistiques
Canada, 2018;
«Considérant que les
prix genrés amènent souvent les coiffeuses et les coiffeurs à mégenrer les
personnes trans, non binaires et les personnes non conformes dans le genre,
créant ainsi un sentiment d'humiliation et mettant également les employés dans
une situation inconfortable;
«Considérant que le
gouvernement du Québec dit favoriser l'égalité entre les sexes au Québec en
mentionnant, dans une lettre du 8 mars
2020, que "l'égalité entre les sexes est une valeur fondamentale de la
société québécoise et un facteur de développement et de prospérité, tant
sur le plan économique que social";
«Considérant que le
Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie et la
transphobie 2017-2022 comporte les cinq
priorités suivantes : l'ouverture à la diversité sexuelle, le respect des
droits et le soutien des personnes de minorités sexuelles, la création
de milieux sécuritaires et inclusifs, l'adaptation de services publics, la
cohérence et l'efficacité des actions;
«Considérant
qu'il est primordial de créer des
espaces sécuritaires, égalitaires et inclusifs pour tous et pour toutes
au Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec d'instaurer une
loi sur les chartes de prix neutres pour les
salons de coiffure du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est également déposé. J'ai reçu une demande de Mme
la députée de Joliette pour la présentation d'une pétition non conforme.
Y a-t-il consentement pour cette présentation? Consentement. Mme la députée de Joliette.
Mme Hivon : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 271 pétitionnaires. Désignation :
parents d'élèves fréquentant l'école Saint-Donat à Montréal.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Attendu
que le conseil d'établissement de l'école Saint-Donat a été constitué
conformément à l'article 47 de la
Loi sur l'instruction publique;
«Attendu que toutes
les représentantes et représentants des parents du conseil d'établissement se
sont présentés à chacune des séances convoquées, et ce, sans exception;
«Attendu
que les représentantes de l'équipe-école ont boycotté trois séances
consécutives du conseil d'établissement, provoquant l'absence de quorum;
«Attendu
que, malgré le fait que l'absence de quorum est de l'entière responsabilité de
l'équipe-école, le centre de services scolaires de Montréal a suspendu
les fonctions et pouvoirs du conseil d'établissement jusqu'à la fin de l'année
scolaire;
«Attendu
que cette décision envoie un message fort dans toutes les régions du Québec,
décourageant la participation des parents,
qui se font dire que les projets qu'ils suggèrent et les discussions les
entourant ne sont pas souhaités au sein des conseils d'établissement;
«Attendu
que la nouvelle gouvernance scolaire du ministre de l'Éducation devait
valoriser le rôle des parents au sein des écoles;
«Attendu que, le
12 avril 2021, le ministre de l'Éducation a reçu une demande pour
renverser la décision du CSSDM;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de l'Éducation du Québec d'intervenir et de
renverser la décision du centre de services scolaire de Montréal de
suspendre les fonctions et pouvoirs du conseil d'établissement de l'école
Saint-Donat jusqu'à la fin de l'année scolaire 2020-2021, et ce, de
manière urgente.»
Je signifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci,
M. le Président. M. le Président, lorsqu'on parle de la réalité quotidienne des Québécois,
parfois j'ai l'impression que le premier ministre n'est pas conscient de ce qui se passe sur le terrain. On l'a vu
lorsqu'il a tenu des propos en disant que ça pouvait coûter 500 $ pour se loger à Montréal. On l'a vu aussi
lorsqu'il a parlé de gens qui empiraient son problème parce qu'ils ne
gagnaient pas 56 000 $ par année. Mais on le voit aussi dans le fait
que le gouvernement ne reconnaisse pas des
enjeux qui sont pourtant majeurs pour bien des Québécois. On pense à la crise
du logement. On pense à la crise dans
le milieu de services de garde. On pense au racisme systémique. On pense
également à la pénurie de
main-d'oeuvre. Tous ces enjeux-là touchent les Québécois dans leur quotidien,
dans leurs maisons, chez eux, à l'école, au travail.
Ce matin, lorsqu'on
regardait ce qui se passait dans l'actualité, on constatait à quel point
l'enjeu de la santé mentale est à nouveau revenu de l'avant. Et on sait à
quel point cette crise est importante et on a besoin d'avoir des actions. Il y a environ
huit mois, je demandais au premier
ministre de considérer une mesure
pour aider l'enjeu de santé mentale et de
faire en sorte qu'on adopte un système d'accès universel pour avoir des soins en santé mentale. Il a dit qu'il reviendrait puis qu'il nous reparlerait de cette
proposition. Depuis ce temps-là, pas de son, pas d'image.
question pour le premier
ministre : Pour les enjeux de santé mentale, pour nos jeunes, est-ce que, oui ou non, il est prêt à faire en sorte qu'il
y ait un accès universel à des soins
de santé mentale et d'en faire véritablement une priorité
nationale?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Oui, M.
le Président, bon, il y aurait
beaucoup de choses à dire sur toute l'introduction de la cheffe de l'opposition officielle, à savoir
qui est le plus proche du terrain entre nous deux, mais, bon, je n'embarquerai
pas là-dedans.
Elle
nous parle de la santé mentale, et ça, c'est un sujet qui est très important,
parce qu'on le sait, la pandémie a augmenté
de façon incroyable le nombre de personnes qui ont des problèmes de santé mentale. On le voit, entre autres, même chez
les enfants, ça vient engorger certains de nos hôpitaux. Ce n'est pas unique
au Québec, là, je voyais qu'on a la même situation, entre
autres, à New York.
M. le Président, la cheffe de l'opposition
officielle connaît très bien
le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux. Je suis certain que, comme moi, elle est
convaincue qu'il fait tout en son possible pour essayer de donner des services
à un nombre qui a explosé, de personnes
avec des problèmes de santé mentale. On a embauché, M. le Président, plus de
300 personnes additionnelles, 300 professionnels additionnels pour
aider les personnes qui ont des problèmes de santé mentale, mais malheureusement, M. le Président, il manque de personnel qualifié de disponible.
Et actuellement les gens qui sont dans le privé donnent
des services aussi à la population. Donc, on a commencé effectivement à
demander aux gens du privé, en les payant, de venir travailler dans le public.
Mais, M. le Président, je pense qu'on fait tous les efforts possibles, mais,
comme partout dans le monde, ce n'est pas facile.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Il est surprenant de voir le premier ministre qui dit : Finalement, la pénurie
de main-d'oeuvre, elle a l'air de toucher les services à la population,
puis de reconnaître cet enjeu-là. Mais, quand le premier ministre dit : Je
suis convaincu que la cheffe de l'opposition
sait qu'on fait tout notre possible, non, non, je ne suis pas convaincue de ça
du tout.
Il y a
une proposition qui a été mise... qui a été amenée de l'avant le
8 octobre dernier. Ça fait huit mois. Est‑ce que, oui ou non,
le premier ministre va faire en sorte que les soins en santé mentale vont être
universellement accessibles?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, la cheffe de l'opposition officielle revient sur la pénurie de
main-d'oeuvre. On est tous d'accord
qu'il y a une pénurie
de main-d'oeuvre, entre autres en éducation
et en santé, puis on s'entend sur le fait qu'il faut inciter les personnes à aller se qualifier dans ces domaines-là. Puis c'est ce
que fait mon collègue le ministre de l'Emploi.
Par contre,
là où on a une différence, c'est avec les entreprises privées. La cheffe de l'opposition officielle défend Karl Blackburn et donc le Conseil du
patronat. Nous, on défend les Québécois. Donc, là-dessus, on a une
différence, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, la question,
c'est sur la santé mentale. Le premier
ministre dit qu'il fait tout son
possible. Dans son budget, il disait que, la
liste d'attente pour les enjeux de santé
mentale, on allait avoir 4 000 personnes. Aujourd'hui, aujourd'hui, en date d'aujourd'hui,
c'est 20 000 personnes qui sont en attente, de besoins en santé
mentale.
Est-ce que,
oui ou non, il va revoir ses priorités et faire en sorte qu'il y ait un accès
universel pour des soins en santé mentale pour l'ensemble des Québécois?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président, la cheffe de l'opposition officielle oublie de nous dire
qu'en mars 2020 il y avait 20 000 personnes
sur la liste d'attente pour des services en santé mentale. Donc, M. le
Président, malgré l'explosion du nombre de personnes qui ont des
problèmes de santé mentale, la liste d'attente est maintenant rendue à
19 000, malgré l'explosion, là. Tout le monde est d'accord avec ça, c'est
vrai partout dans le monde.
Donc, M. le
Président, on fait tous les efforts possibles pour recruter des personnes, pour
réduire ces listes d'attente, mais actuellement il y a un problème qui
est vraiment exceptionnel à cause de la pandémie. Puis je vais arrêter là.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Mais il ne devrait pas arrêter là, M. le Président, il devrait considérer notre
proposition, c'est ça qu'il devrait
faire, M. le Président. Quand il dit que, finalement, c'est un peu la même
chose qu'avant, regardez aujourd'hui les chiffres : 40 %
d'augmentation pour les admissions pour nos jeunes, 40 % d'augmentation.
Il y a une réalité.
Alors, plutôt
que d'investir de l'argent dans un tunnel électoraliste, peut-être qu'il
devrait considérer des investissements en santé mentale et revoir ses
priorités.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, là, on est rendu qu'on mélange un projet... On sait que son
projet, c'est de faire un pont entre Québec puis Lévis, on ne sait toujours pas
où, on ne sait pas ce qu'elle va faire avec les pentes, je sais qu'elle nous parle des pentes, là. Mais là elle mélange ça
avec des services qu'on doit donner à des personnes qui ont des problèmes
de santé mentale. Puis ça nous prend plus de
psychiatres, plus de psychologues. Il y en a dans le privé, il y en a, des
contrats qui sont signés avec eux
autres. On fait tout ce qui est possible. Puis le ministre délégué à la Santé
et aux Services sociaux, que la cheffe connaît bien... Je suis déçu, je
suis déçu de son appréciation.
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, on le sait, le député de Terrebonne est très actif pour vendre
ses actions d'Immervision. Son prix, on le sait, il veut faire 1 million
de dollars de profit. Une fois les actions vendues, il redeviendra ministre de l'Économie. Ça, c'est avoué, c'est
public. C'est le premier ministre lui-même, M. le Président, sous sa gouverne,
qui permet cette mise aux enchères du
ministre de l'Économie, alors qu'il devrait donner le ton, et il a l'obligation
de ne pas permettre ces écarts éthiques. Il a l'obligation devant toutes les
Québécoises et les Québécois, M. le Président, de s'assurer que son
ministre ne sera pas redevable devant quiconque.
La seule
chose qu'il lui reste, une fois qu'il a rejeté et voté contre le rapport de la Commissaire à l'éthique, c'est la transparence.
Va-t-il, oui
ou non, le premier ministre, rendre public qui aura acheté, combien, et fait-il
affaire avec l'État? Oui ou non?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Alors, M.
le Président, on continue dans la
même lignée que depuis la semaine passée avec le député de LaFontaine,
M. le Président. Encore une fois, on est dans la situation... et je vais le redire, le député de
Terrebonne souhaite se conformer, M. le Président, au code en vendant ses actions, M. le Président. La Commissaire à l'éthique ne lui laisse pas le choix. Elle lui dit : Soit que
vous êtes suspendu de votre siège de député, vous continuez à siéger au Conseil des ministres, ou vous placez vos
actions en fiducie sans droit de regard, mais, à ce moment-là, vous ne pouvez
pas les vendre, M. le Président. Le député de Terrebonne est placé devant un choix... en fait, devant
l'absence de choix. Il doit soit faire l'un, faire l'autre, mais on se
retrouve dans la quadrature du cercle.
Alors, c'est
pour ça que le ministre de l'Économie a décidé de quitter le Conseil des ministres, pour pouvoir vendre ses actions, pour pouvoir régulariser sa
situation, M. le Président. Il me semble que ce n'est pas très difficile à
comprendre, relativement à cet état
de fait là. Et le député de Terrebonne se conforme, M. le Président, à l'esprit de
ce qui lui est demandé notamment par la loi et aussi à la demande de la Commissaire à l'éthique.
Alors, M. le Président, le député de LaFontaine nous reproche que le député de
Terrebonne se conforme à la demande de la Commissaire à l'éthique. À un moment donné, M. le Président, je comprends que c'est le même disque qui
tourne, mais il serait temps qu'il change de chanson, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le
Président, toutes les Québécoises et Québécois ont vu, le premier ministre ne répond pas
à un éléphant qui est dans la pièce,
à un écart de conduite éthique flagrant. C'est un conflit d'intérêts. Il y a un député qui va être ministre de l'Économie quand il
aura vendu ses actions. Le premier ministre ne veut même pas s'engager à dire :
Faites-vous-en pas, même si on a voté
contre, là, l'éthique, même si on a voté contre le rapport de la commissaire,
on va vous dire qui l'aura acheté, combien il aura payé, puis s'il y a
des transactions avec l'État.
M. le Président, le premier ministre
réalise-t-il que, sous sa gouverne, il y aura potentiel conflit d'intérêts?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, parlant de potentiel conflit
d'intérêts, le Parti libéral n'est pas placé pour nous faire la leçon.
Eux, ce n'étaient pas des potentiels conflits d'intérêts, c'étaient des
conflits d'intérêts là, là, là, partout, M.
le Président. Ce parti-là a trempé, baigné dans les conflits d'intérêts pendant
des années et des années, M. le Président.
Et, M. le
Président, on a mis en place des institutions neutres et indépendantes, qu'il
ne souhaitait pas, hein, que le Parti
libéral ne souhaitait pas. Ça a tout pris, M. le Président, pour que la
commission Charbonneau soit mise en place, M. le Président. Je ne sais pas si vous vous rappelez des débats ici. Le
député de LaFontaine doit s'en souvenir, parce qu'il était président du
Parti libéral du Québec dans la période la plus sombre, M. le Président, du
Parti libéral. C'était même pire qu'à l'époque de Taschereau, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le
Président, on connaît la cassette du leader du gouvernement.
J'aimerais
entendre, maintenant, le ministre des Finances, M. le Président, qui a lui-même
avoué qu'il est le plan B comme
ministre de l'Économie. Il a dit jeudi passé, et je le cite : «...si mon
collègue revient, [...]ce sera pour le mieux pour notre équipe, et ça me
fera plaisir de lui redonner son poste.»
Le ministre
des Finances, lui, qui respecte les règles, qui a fait, lui aussi, des
sacrifices financiers, qui a démontré patte blanche, j'aimerais ça
l'entendre, lui. Est-il confortable avec le comportement du collègue de
Terrebonne?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, moi, je suis très heureux
d'avoir un plan B de la qualité du ministre des Finances, M. le Président. Écoutez, la profondeur que nous
avons dans notre équipe, M. le Président, elle est impressionnante. Souvent,
on parle, dans les clubs, M. le
Président, de l'absence de profondeur, M. le Président, dans l'équipe. Nous, M.
le Président, là, on a des gens de
grande qualité qui se sont présentés, M. le Président, avec la CAQ parce qu'ils
voulaient du changement, et leur compétence, M. le Président, elle est
indéniable.
Alors, le
ministre des Finances, qui est également ministre de l'Économie, M. le
Président, c'est un homme d'une très grande qualité, compétent...
Président : Non, c'est parce que, moi, ça me fatigue, il y a
trop de bruit. J'aimerais ça entendre. Alors, je vais vous demander à tous, là, tous, s'il vous plaît, à
ce moment-ci de respecter la notion de collaboration et d'écoute. Alors, soyez attentifs
à ce qui se dit.
Président : S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement, il
vous reste quelques secondes à peine, mais je fais appel à votre
collaboration, tout le monde.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, notre plan B, il est bien
meilleur que n'importe quel plan que le Parti libéral, il aurait. Je
suis fier que le ministre des Finances ait accepté d'être ministre de l'Économie.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
M. le Président, là, toute l'attitude du député de Terrebonne vis-à-vis le code
d'éthique, son entêtement à refuser
la transparence, ça entraîne une grande
partie du Conseil des ministres dans
une spirale de doute éthique, politique. C'est leur choix.
C'est
pourtant facile à régler. C'est le premier ministre qui devrait forcer le
député à montrer patte blanche, le forcer à se soumettre à un audit,
comme il l'a fait pour lui-même. C'est quoi, sa fortune? Pourquoi le plus de
1 million est si important pour lui?
Divulguer la nature, le montant investi dans chaque participation, directe ou
indirecte, dans sa fiducie ou non. Ou
encore est-ce que tout ou la majorité
des investissements sont dans des compagnies gérées par son mandataire, Michel Ringuet, qu'Investissement Québec, en
plus, subventionne? On ne le sait pas, mais on aimerait savoir, M. le
Président.
Alors, M. le Président, qui va réussir à faire
en sorte que le député montre enfin patte blanche?
Le Président : Mme la
présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Merci, M. le Président. Je pense que c'est
important de recadrer ici que le député de Terrebonne se soumet entièrement aux recommandations de la Commissaire à l'éthique, qui est de vendre ses actions. Et même la Commissaire à l'éthique ne va pas aussi loin que ce que le député de La Pinière demande dans ses recommandations, et elle a elle-même dit qu'il
devait vendre ses actions.
Donc, ici, ce qu'il est important de préciser,
c'est qu'il se conforme aux recommandations de la Commissaire à l'éthique. Et, dans le cas qui nous occupe, jamais la Commissaire à l'éthique, contrairement à la formation de laquelle mon
collègue d'en face fait partie, jamais la Commissaire à l'éthique n'a conclu qu'il y avait eu effectivement intérêt
public qui avait été bafoué.
Maintenant,
il doit vendre ses actions, c'est la condition pour pouvoir réintégrer son
poste, éventuellement ce sera la
prérogative du premier ministre, mais, pour avoir la qualité de le faire, au
sens de la Commissaire à
l'éthique, il doit vendre ses
actions. Alors, laissons-le agir. Que demander de plus?
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le Président,
le député, à la base, c'est un spéculateur. Lumenpulse, en 2018, c'était le
député, Guy LeBlanc et Michel Ringuet. Guy
LeBlanc doit se départir de ses actions, il les passe à sa femme. Ringuet les a
encore. Le député, on ne sait pas.
Lumenpulse
prépare son retour en bourse, le cash s'en vient. 90 millions d'Investissement Québec plus tard, qui a démarché Investissement
Québec chez Lumenpulse? Qui peut prouver que le député n'a plus de
participation dans Lumenpulse? Qui?
Le Président : Monsieur...
Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : M. le Président, encore une fois, mon collègue se
sert du salon bleu pour lancer des allégations qui s'avèrent non
avérées. Ici, ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'il y a un cas de
figure qui a été étudié par la Commissaire
à l'éthique, il y a une conclusion de
la Commissaire à l'éthique, et, bien qu'il n'y ait eu aucune, aucune, aucune
décision qui procède du conflit d'intérêts
réel et qu'on parle d'apparence, on se conforme au code d'éthique, on va vendre
nos actions, c'est ce que le député de Terrebonne va faire.
Alors, s'il
y a d'autres allégations qui ne sont pas avérées, ce n'est pas à nous ici, au
salon bleu, d'en juger. Il y a une commissaire à l'éthique,
il y a un code d'éthique. Laissons-la faire son travail.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Et le député a été blâmé pour rien. M. le Président, vous rappelez-vous le jour
où le député de Terrebonne avait dit que,
s'il devenait un embarras, il quitterait le Conseil des ministres? Bien, c'est
fait. Tout ça devant la tolérance inexplicable du premier ministre, qui
en rajoute en laissant son député se vendre aux enchères.
M. le Président, le premier
ministre, ex-tolérance zéro en matière d'éthique, va-t-il admettre qu'il est
devenu lui-même, en matière d'éthique, un embarras pour son gouvernement?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, je pense que le député de La Pinière doit être prudent. Vous
savez, M. le Président, le ministre de
l'Économie a démissionné de ses fonctions, M. le Président, pour régulariser sa
situation. Lorsque les Québécois ont décidé de faire le choix de la CAQ, le
1er octobre 2018, M. le Président, ils ont envoyé un message au Parti libéral que la collusion, la corruption, c'était
terminé. Et c'est ce qu'on a fait, M. le Président. Et surtout je me questionne
beaucoup, M. le Président, lorsque je vois
des collègues libéraux se lever, le député de LaFontaine, qui était le
président du Parti libéral entre 2009‑2012, le député de
La Pinière, qui a décidé de joindre une formation manifestement corrompue.
C'étaient les propos mêmes de la cheffe de l'opposition officielle.
Le Président :
C'est... Non. M. le leader... Je vais vous laisser la parole. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : En trois phrases, trois termes non parlementaires, M. le Président.
Simplement, je lui demande de retirer ses paroles.
Président : Et je vais vous demander... Effectivement, ce
propos n'était pas acceptable. Je vais vous demander de retirer le
propos que vous avez tenu, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, je relate une situation qui a été dite...
Le Président :
M. le leader du gouvernement, je vais vous demander de retirer le propos
«corrompue».
M. Jolin-Barrette :
Je retire, je retire, je retire.
Alors,
M. le Président, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, cheffe de l'opposition officielle,
cheffe du Parti libéral, en 2012, a dit qu'il y avait des odeurs de
corruption qui flottaient sur le PLQ.
Président : En principale... Je viens de vous le dire. Vous
avez retiré, ne recommencez pas, là, ne rejouons plus dans ce film-là.
M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
Merci, M. le Président.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! O.K., un instant,
là! Je vous entends, arrêtez de vous interpeler. La parole appartient maintenant au chef du troisième
groupe d'opposition, qui, je le sais, souhaite poser sa question. Alors, par
respect, on écoute question et réponse.
M. Bérubé : M. le Président, la CAQ croit que sa proposition
de changement constitutionnel aura un impact significatif pour la nation
québécoise. Maintenant qu'on a constaté l'incapacité à faire des gains qui ont
un impact réel sur la vie des Québécois, comme le rapport d'impôt unique, les
pleins pouvoirs en matière d'immigration, les transferts en santé, le
rapatriement des budgets en culture, l'encadrement du pouvoir fédéral de
dépenser, l'abolition de la monarchie, on passe maintenant aux gains
symboliques.
Pour
le Canada, une reconnaissance qui ne vient avec aucun nouveau pouvoir, on le
sait, ça va déjà être vu comme une énorme concession. Bonne chance pour
obtenir d'autres pouvoirs par la suite.
Donc, ma question au premier ministre est très
simple : Est-ce qu'il peut nous expliquer concrètement, dans ses mots, qu'est-ce que ça va changer pour la nation
québécoise, ce changement constitutionnel qu'il inclut dans le projet de loi
n° 96?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, d'abord,
je pense, c'est important qu'on inscrive dans la Constitution canadienne
que le Québec est une nation. C'est important
aussi qu'on s'entende partout au Canada qu'il y
a une langue commune, au Québec,
puis c'est le français.
Mais,
M. le Président, ce n'est pas la seule mesure qui a été déposée
par mon collègue. On a aussi mis en place, dans le projet de loi, la nette prédominance du français
dans l'affichage, comme l'avait fait un peu M. Bourassa à l'époque, qui a été malheureusement défait par les tribunaux. On met aussi l'utilisation exclusive du français dans l'administration publique, ce que le Parti québécois et le Parti
libéral n'avaient pas fait. On limite le nombre de places disponibles dans les
cégeps anglophones, ce qui n'avait pas été
fait par les deux gouvernements précédents. On étend l'application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés, c'est important.
Le français, langue des affaires, le français,
langue de travail, ça, c'est le meilleur signal qu'on ne puisse pas
donner aux nouveaux arrivants.
Donc,
on pose des gestes, M. le Président, et on agit. Puis le projet de loi n° 96, bien, c'est le projet de
loi le plus important depuis la loi 101 pour être capable que le
français soit vraiment la langue commune au Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, ma question
portait sur le changement constitutionnel. Quand le Parti libéral du Québec, quand Justin Trudeau et quand Stéphane Dion sont
en accord avec ce type de changement, moi, je me méfie. Hypothèse : c'est particulièrement inoffensif. Ça ne change rien dans la vie quotidienne
des Québécois et Québécoises.
repose ma question, pas sur tout le
projet de loi n° 96, sur ce changement-là : Qu'est-ce que ça change
pour les Québécois en quelques mots? Parce que, là, ça a l'air difficile
à dire concrètement, ce que ça nous donne.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je ne sais pas si le chef du Parti québécois pensait que ça
pouvait arriver, en 2021, que Justin Trudeau, fils de Pierre Elliott Trudeau,
soit d'accord avec un changement à la Constitution canadienne qui dit que le Québec est une nation, qui dit que le
français est la seule langue commune au Québec. Bien, je sais que des gains
comme ça, le PQ n'aime pas ça, parce que ça
n'aide pas son option de la souveraineté du Québec, mais, M. le Président,
je pense qu'on avance.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Donc, ça ne change absolument rien. Justin est d'accord,
puis on pense que c'est une grande avancée pour la nation québécoise. Quand
même, là!
Quand
on pose la question aux Canadiens par Polling Canade, est-ce
que le Québec devrait être reconnu comme une nation, je vous donne les chiffres :
Atlantique, 12 %; Alberta,
11 %; Colombie-Britannique, 11 %; ses amis de l'Ontario, 19 %;
Manitoba, Saskatchewan, 7 % qui veulent reconnaître la nation québécoise. La
seule pensée de considérer que le Québec constitue une nation semble
insupportable.
Est-il toujours fier
de son pays, le Canada, quant à la reconnaissance de notre nation?
Le Président :
M. le premier ministre, à vous la parole.
M. Legault :
M. le Président, le chef parlementaire du Parti québécois vient de faire la démonstration que c'est un
gain important. Il nous dit : Les gens qui habitent dans le reste du Canada
ne sont pas d'accord avec ce changement‑là, mais
nous, on a l'accord du premier
ministre du Canada.
Et ce qu'oublie le chef du Parti
québécois, c'est qu'on a l'accord aussi
du chef du Bloc québécois. Donc, j'invite le chef parlementaire du PQ à parler avec Yves‑François Blanchet, qui est très content
de ce changement-là.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Taschereau.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Dorion : La congestion
routière, en fait, c'est quoi? C'est le manque d'espace sur les routes d'une
ville. Il faut huit voies remplies
d'automobiles pour transporter autant de passagers qu'une seule voie de
tramway. Pour ceux qui sont plus visuels, ça, c'est autant de monde que
La seule
solution pour réduire la congestion, c'est le transport en commun. Sauf qu'il y
en a pour qui ce n'est pas pratique,
le transport en commun. Dans une journée, c'est juste trop long par rapport à l'auto. Puis, dans nos vies pressées, bien, c'est quoi, le
facteur principal? C'est le temps. Je suis sûre que tout le monde ici est d'accord
avec moi.
Donc, la
seule manière de transformer les habitudes de transport des gens sans les
brusquer, c'est de rendre le transport en
commun plus intéressant que l'utilisation de la voiture en termes de temps. Est-ce que
le ministre des Transports, jusqu'ici, me suit?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Bonnardel : Mais tout
à fait, M. le Président, parce que, pour assurer la réussite du Réseau express de la Capitale,
il y avait deux points importants; le premier, boucler la boucle du transport collectif et sécuriser le réseau, réparer l'erreur du passé. Quand on regarde la vision du Réseau express de la Capitale,
une des pièces importantes, c'est le tramway, un tramway de 19,3 kilomètres,
28 stations, qui relie Le Gendre à D'Estimauville. Par la suite, les voies
réservées, pour rabattre les gens sur cette colonne vertébrale.
Comment on
boucle la boucle? Et je réponds à la
députée, trois points importants
que je répète depuis des années. Si on veut changer le comportement, je
le dis poliment, des automobilistes et laisser possiblement le deuxième
véhicule à la maison, c'est la durée, le coût et le confort.
Comment on
améliore la durée? Bien, il y a des gens, présentement, qui traversent
entre les deux rives, centre-ville—centre-ville, et qui prennent 45, 50,
55 minutes le matin et le soir, et qui, avec le tunnel, bien, vont prendre
12, 15 minutes pour traverser du pôle
Lévis pour se rendre à la colline Parlementaire, à Jean-Paul-L'Allier. Donc, première réussite,
la durée.
La sécurité
du réseau, la députée elle-même disait ce matin, bizarrement :
J'ai rencontré Jean-Yves Duclos, qui m'a
dit que le pont de Québec aurait encore une durée de vie de 25 ans. On
me posait la question, je répondais : Quelques
décennies. J'y reviendrai à la secondaire.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : C'est drôle, parce
que les chiffres ne suivent pas. À Québec, se rendre à sa job est en moyenne deux fois plus long en autobus qu'en auto.
Pourtant, le gouvernement, il dépense cinq fois plus d'argent public par kilomètre de route que par kilomètre de transport
collectif. Le projet REC empire ça.
Au Québec, 70 % de notre budget de
transport va au transport routier, contre 30 % au transport collectif. En Ontario, c'est l'inverse. Ils sont en train de
devenir chefs de file dans le domaine, puis nous, on tapisse le Québec de béton.
Est-ce que le ministre me suit jusqu'à maintenant?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, le deuxième point que je mentionnais, c'est la sécurité
du réseau. On a deux ponts, un pont de
Québec qui a plus de 100 ans, pont Pierre-Laporte qui a plus de
50 ans. La députée disait : J'ai rencontré Jean-Yves Duclos, comme je le mentionnais, et le
député ministre responsable nous disait que le pont de Québec en avait encore pour 25 ans. Je disais quelques
décennies. Alors, je pense que ça démontre que nous devons aller de l'avant
pour sécuriser le réseau, offrir un
troisième lien aux camionneurs, aux gens de Québec, et au bénéfice, au bénéfice
du transport collectif. Elle ne veut
peut-être pas l'avouer, mais il reste que le Réseau express de la Capitale,
dans sa vision, répond à ces besoins.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion :
Je vais essayer de demeurer dans un discours intelligent. Le ministre des
Transports dit : On investit en
transport en commun, puis c'est pour boucler la boucle de transport en commun,
tapisse ses réponses de transport en commun. Toutes les lignes de com de
tous les ministres du gouvernement : transport en commun, transport en
commun, transport en
commun. Le troisième lien, là, c'est 4 % des utilisateurs qui vont être du
monde en transport en commun. Je viens
de tout expliquer de manière ultraclaire qu'il faut que l'incitatif soit vers
le transport en commun. Quand tu mets des voies d'autoroute à côté, tu
viens de briser ton incitatif.
Le Président :
M. le ministre des Transports, à vous la parole.
M. Bonnardel :
Bien, c'est ça, M. le Président, on travaille sur ce projet depuis des mois,
sinon... deux ans et demi, pour
proposer cette vision du Réseau express de la Capitale, qui est important pour
la rive sud, pour la rive nord, un réseau avec... un réseau structurant extrêmement fort, une colonne vertébrale
forte, rabattre des gens sur sa portion nord, un projet de 844 millions pour la portion en périphérie de
Québec, même chose du côté de Guillaume-Couture, l'approche, la tête des ponts, où on va transformer l'avenue des
Hôtels en boulevard urbain pour faciliter, donc, l'arrivée et la sortie des
autobus, parce que, quand je parle de
boucler la boucle, ce n'est pas juste le tunnel Québec‑Lévis, c'est l'approche
des deux ponts.
Alors,
boucler cette boucle, répondre à durée, coût, confort, on dit : Présents.
Et, de l'autre côté, on sécurise le réseau pour répondre à l'erreur du
passé, qui sont les deux principaux ponts qu'on connaît aujourd'hui.
Le Président :
Question principale, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand :
M. le Président, depuis les dernières semaines au Québec, on assiste à une
hausse vertigineuse du prix des
matières premières. Le bois coûte plus cher, l'aluminium coûte plus cher, la
plupart des fruits et légumes importés coûtent plus cher. Et on a vu que l'indice des prix a dépassé 4 % le mois
dernier aux États-Unis. Ce matin, le chiffre, c'est 5 %.
gouvernement de la CAQ a donné un chèque en blanc à Hydro-Québec pour augmenter
les tarifs à l'inflation, alors qu'avant la régie déterminait le juste
prix pour le consommateur québécois.
Est-ce
qu'on doit donc conclure que, si la
situation au Québec devait être similaire — et souvent elle l'est — à ce qui
se passe aux États-Unis, les Québécois doivent s'attendre à une augmentation importante
des tarifs au cours des prochaines années, qui, même basés sur
l'inflation, vont heurter de nombreuses familles québécoises?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Oui. Merci,
M. le Président. Je suis content de
la question de mon collègue. Je tiens à saluer le prédécesseur de Laval-des-Rapides, avec qui j'ai eu de très bonnes discussions, et
j'accueille de manière positive mon collègue de Mont-Royal.
Écoutez, j'écoutais justement, hier, un reportage
à Radio-Canada qui parlait de l'inflation et du cours de la dernière année, et l'économiste de Desjardins n'avait pas tout à
fait la même lecture de mon collègue de Mont-Royal. Il mentionnait qu'effectivement, sur la période de 12 mois,
il y a eu une période inflationniste, mais qui ne devrait pas se traduire
nécessairement par des augmentations de manière continue et concurrente, parce
qu'il mentionnait que le point de départ était celui, en fin de compte, de l'an dernier, où on a eu une situation très
critique, et que le 4 %,
le 5 % des évaluations de mon collègue étaient momentanés.
Mais,
une fois qu'on a dit ça, on persiste à penser que, dans une perspective
économique, l'inflation est représentative, en fin de compte, du reste de l'économie. Et, nous, là, ce qu'on a
annoncé aux citoyens, c'est de dire : On va vous donner de la prévisibilité, basé sur l'inflation,
l'augmentation des coûts. Et je rappellerais à mon collègue également qu'on a
prévu un «rebasing» après cinq ans, c'est-à-dire que, plutôt que faire
une mesure tarifaire sur base annuelle, on donne de la prévisibilité, et, le
cas échéant, si on s'éloigne, on corrigera après cinq ans.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand :
Le Parti libéral savait très bien qu'en s'opposant à cette vision caquiste le
scénario du pire était possible. On sait que
le premier ministre trouve depuis des années que les tarifs d'électricité, au
Québec, ne sont pas assez élevés. Il a même fait un manifeste :
Hausse de tarifs en échange de meilleurs salaires pour les enseignants.
Est-ce
que la CAQ pense, elle, qu'une augmentation de 4 % ou 5 %, même basée
sur l'inflation, c'est quelque chose d'acceptable pour les Québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien :
Encore une fois, M. le Président, je dirais que mon collègue parle de
situations purement hypothétiques. Regardez,
là, quand on fait le projet de loi en question puis la loi qui a été adoptée,
on a regardé historiquement la représentation. Puis effectivement, là, de manière
momentanée, sur certaines années, il y avait des hausses nettement au-dessus
de l'inflation. Des fois, c'était en dessous
de l'inflation. Il y a eu des chocs, là, des chocs bien au-delà du 4 %
mentionné par mon collègue, qui serait représentatif d'une éventuelle
inflation.
Donc, une
parle d'éventualité qui n'est pas appuyée sur rien. Et, historiquement, la
hausse à l'inflation, si elle avait été appliquée par le parti de mon collègue
dans les années passées, aujourd'hui les Québécois paieraient leur électricité
moins cher. Donc, on pense que notre projet de loi, notre loi est bénéfique
pour eux.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : Moi, ce que je sais, M. le Président, c'est que le gouvernement peut toujours utiliser son pouvoir face à Hydro-Québec
pour limiter les augmentations. Ils ont juste à appeler Hydro-Québec.
Est-ce qu'il peut nous confirmer aujourd'hui, s'il est si sûr de tout ça, qu'aucune hausse de
tarifs ne va dépasser 1,5 % au cours des trois prochaines années?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Bien, dans la question de mon collègue,
il y a plusieurs affirmations, que je vais prendre distinctement,
parce qu'il y en une que je vais dire oui; l'autre, je vais dire non.
Essentiellement, effectivement, bien, on a un pouvoir, il est précisé dans la
loi. Donc, en matière... le gouvernement
ne renonce pas à l'éventualité de poser un
geste si besoin est. Maintenant, quand il mentionne : Est-ce qu'il garantit que ça va être inférieur à 1,5 %?, bien non, je ne
peux pas le garantir, l'inflation pourrait être supérieure à 1,5 %.
Le projet de loi, qu'est-ce qu'il préconise? C'est l'augmentation à l'inflation.
Historiquement, dans les 10, dans les
15 dernières années, on voit cette perspective-là à peu près
à 2 %, un peu moins, même. Mais, je réitère, si ce choix-là avait
été fait par le gouvernement du Parti libéral, aujourd'hui les Québécois
paieraient moins cher leur électricité.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Merci, M.
le Président. La CAQ n'arrête pas
d'opposer Montréal à Québec, mais, en fait, les plus grands perdants
de l'obsession caquiste pour le troisième lien, ce sont les régions.
Partout, nos
routes et nos ponts tombent en ruines. En Abitibi-Témiscamingue, c'est
plus de la moitié des routes qui sont
en mauvais état. C'est la même chose dans six autres régions, de l'Estrie au Nord-du-Québec. Des ponts qui sont dans un
état critique, au Québec, il y en a 384, et plus de 2 000 pour des
réparations majeures. Qu'est‑ce qui
est arrivé au slogan de la CAQ, en prendre moins, mais en prendre soin?
Le 10 milliards que le gouvernement veut
mettre sur son tunnel qui ne sert à rien, c'est de l'argent qu'on ne met
pas pour régler le déficit d'entretien de
plus de 18 milliards pour les routes du Québec. Dans nos régions, des
trous, on en a en masse, puis, le gros trou de la CAQ, on n'en veut
surtout pas.
Quand est-ce
que le gouvernement va s'occuper des routes en région au lieu de gaspiller nos
milliards pour faire des clins d'oeil électoraux aux grands centres?
Le Président : Je vais vous
demander, s'il vous plaît, de... Je vais vous demander, s'il vous plaît...
Le Président : Non, deux
secondes, avant que vous commenciez. Je vais vous rappeler le fait qu'encore
une fois, lorsqu'une question est posée, ce serait de bon aloi qu'on l'écoute,
pour ensuite y répondre. Alors, de partout, je vous demande votre
collaboration. On s'est bien compris? M. le ministre.
M. Bonnardel :
Ça prend du culot, M. le Président... Ah oui! Oui, levez-vous. Ah oui!
Levez-vous. Ça prend du...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Nadeau-Dubois : M.
le Président, je pense qu'il y a d'autres manières de répondre à l'argument de
la collègue que d'utiliser une expression comme celle-là, qui est
clairement en infraction de notre règlement.
Le Président :
Non, effectivement...
Président : Non, non, deux secondes. M. le leader du
gouvernement, prenez quelques secondes, je peux vous les donner, mais je vous dirai que ce mot-là fait
partie aussi de nos propos non parlementaires, il est bel et bien inscrit.
Alors, il y a un choix de vocabulaire. M. le ministre des Transports, sur
ce terme, je vous demande de ne plus le réutiliser.
M. Bonnardel :
C'est particulier, M. le Président, d'entendre la question de la députée, qui me dit aujourd'hui qu'on n'investit
pas dans les régions. J'étais dans sa... pas circonscription, mais dans sa
région, voilà quelques semaines déjà, pour annoncer un plan d'action pour le maintien d'actif des ponts, des ponts
dans la région de l'Abitibi‑Témiscamingue, elle ne le dit pas, parce que le maintien
d'actif est important pour moi, pour le réseau dans son ensemble.
qu'elle ne dit pas, c'est que le PQI est passé de 100 à 135 milliards.
Il y en a, 45 milliards, qui est dédié seulement au
transport. On est passé, pour le réseau routier, de 22 milliards, en début
de mandat, à 28. 80 % de ces
montants vont où? Au maintien d'actif.
Alors,
oui, on peut développer, mais mon leitmotiv et mon mantra premier, c'est de
réparer nos routes, nos ponceaux, nos infrastructures.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien :
Quand la CAQ a fait sa promesse, ils ont dit que le troisième lien allait
coûter 4 milliards max. Je cite le député de La Peltrie en 2018 :
«Le scénario catastrophe, il a été établi à 4 milliards. On peut juste
aller en bas de ça.» Si le scénario catastrophe,
c'était 4 milliards, je ne sais pas comment appeler le scénario à
10 milliards qu'on a sur la table. Désastreux? Dramatique?
Épouvantable?
Est-ce que le
ministre a d'autres idées?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
Bien, les autres idées que j'ai, c'est de répondre à vos besoins, tous et
chacun, parce que le réseau a besoin
d'être amélioré. Oui, il y a un déficit de maintien d'actif important, mais les
sommes... Grâce au travail qu'on a fait, on réalise aujourd'hui 94 % de nos travaux; on était à 71 % en
2017. Plus de 1 500 chantiers; on était à 700 en 2017. Alors,
le travail, on le fait.
Osez
au moins dire que j'étais chez vous, dans votre région, voilà un mois, pour
répondre aux besoins d'infrastructures, ponts et ponceaux. Osez au moins le dire, que j'ai un plan de match,
parce que le déficit était important pour les ponts chez vous et que
j'ai répondu aux demandes de vos élus. Osez au moins dire ça.
Président : Je vais vous demander de vous adresser toujours à
la présidence. Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien :
...la région, M. le Président, quand on voit les gouvernements se lancer à
pieds joints dans des gros éléphants blancs qui coûtent une fortune
alors que nos services publics tombent en ruine, on trouve ça franchement insultant. Qu'on se le dise une fois
pour toutes, là, ce qu'on a devant nous, c'est un gouvernement zéro des
régions.
Président : M. le ministre des Transports. Et je vous demande,
s'il vous plaît, d'être attentifs à la réponse du ministre.
M. Bonnardel :
Bien, c'est facile, M. le Président, d'opposer le tunnel ou le Réseau express
de la Capitale contre tous les autres projets au Québec. Très simple,
faire ça.
Maintenant,
je le répète, les sommes qu'on dépense en maintien d'actif sont colossales,
c'est des sommes records. Le PQI est
passé de 100 à 135 milliards de dollars en trois ans. Sur cette somme, il
y en a 45 milliards qui est dédié seulement au ministère des Transports. Et, je le répète, 80 % des sommes que je dédie va directement au maintien d'actif. Je n'accepterai jamais
qu'on m'accuse de ne pas répondre aux besoins de vos routes, vos viaducs, vos
ponceaux partout au Québec. On met des sommes records dans la programmation
routière depuis les trois dernières années.
Le Président : Question
principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le Président, demain, nous allons terminer
notre sixième session parlementaire. Six sur huit, c'est les trois quarts du
mandat qui se termineront demain. Déjà s'ouvre une saison des bilans, puis on
va parler du bilan du ministre de la Famille. Il aura, en somme, beaucoup,
mais beaucoup promis, beaucoup communiqué, mais n'aura pas
livré.
Sous sa gouverne, trois budgets, M. le Président, sixième
session parlementaire, il y a une crise sans précédent, plus de 51 000 parents n'ont pas de place en services
de garde. Ça occasionne un stress
financier, détresse psychologique, M. le Président.
J'ai eu l'occasion, durant cette session, de
soulever des cas excessivement déplorables et tristes de parents qui en sont réduits à faire des C.V. pour leurs bébés, de les mettre sur Facebook,
de payer des annonces dans les journaux locaux et même d'offrir de payer pour des places sur Kijiji. Elles voudraient
recevoir une oreille attentive et elles nous ont dit, ce matin, que le
ministre les boude.
Pourquoi le premier ministre tolère ça?
Le Président : M. le ministre
de la Famille.
M. Lacombe : Quand on est
arrivés en poste, M. le Président, tout le monde, tout le monde sur le terrain,
les professionnels de la petite enfance,
s'entendaient qu'on a hérité d'un réseau au bord de la catastrophe. Ça, ce
n'est pas notre bilan, ce n'est pas notre bilan, c'est le bilan du gouvernement
précédent. Ma responsabilité, notre responsabilité, maintenant, c'est
d'arriver avec les solutions.
Qu'est-ce qu'on a fait depuis qu'on est arrivés? On a aboli la taxe famille, on est
revenus au tarif de 8,50 $, on a relancé le développement de
11 000 places qui dormaient sur des tablettes. 2011 à 2013, ça avait
été annoncé, à ce moment-là, mais jamais réalisé parce
que le précédent gouvernement avait fait des compressions budgétaires. On a
coupé dans la bureaucratie en coupant
les étapes de développement de projet, on est passés de 17 à neuf. On a ouvert
la porte pour la première fois à convertir des places non subventionnées
en places à 8,50 $, 3 500 places vont être converties. On a autorisé pour la première fois les CPE à offrir
leurs places de façon temporaire, dans des installations temporaires, pour
gagner un an et demi. On a déposé pour la première fois, il n'y a pas un
gouvernement qui a fait ça, un plan d'action pour
la main-d'oeuvre, 64 millions de dollars. Puis on a déposé, la semaine
dernière, un plan de relance de 200 millions pour la garde en
milieu familial, qui dépérissait depuis 2014. On est au travail.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, j'ai déposé ce matin une pétition qui était la pétition Ma
place au travail. C'est un mouvement qui a été créé en mars dernier. On s'en va
vers la fin du mandat de la CAQ. Il a été créé en mars dernier, près de 10 000 parents y ont déposé une
pétition, ce matin, de près de 19 000 noms, M. le Président. Et ce
que le ministre nous dit, il dit, lui : Bien, j'ai mis des solutions. Mais
ça ne marche pas, il y a une crise sans précédent, vous ne le reconnaissez
pas. Et, ce matin, Myriam Lapointe-Gagnon a
dit : On est prêts à collaborer, mais vous ne retournez pas ses appels, le
premier ministre non plus.
Le Président : M. le ministre
de la Famille. On s'adresse toujours à la présidence.
M. Lacombe :
Le député de LaFontaine nous dit que nos solutions ne fonctionnent pas. Bien,
le réseau n'est pas d'accord avec
lui. Les gens qui travaillent sur le terrain, dont c'est le travail quotidien,
ne sont pas d'accord avec lui. Entre l'Association
québécoise des CPE, la Fédération des intervenantes en petite enfance du
Québec, la Coalition des garderies privées
non subventionnées du Québec, disons, et le Parti libéral, moi, je vais me
ranger du côté de l'avis de nos partenaires sur le terrain, parce que je ne pense pas que, de leur côté, ils ont des
leçons à nous donner sur la façon de développer le réseau.
Je relisais
encore le budget d'austérité du gouvernement libéral, où c'était écrit, noir
sur blanc : Nous allons ralentir le
développement du réseau, essentiellement — je paraphrase — parce que ça coûte trop cher. Donc, ils
n'ont pas de leçons à nous donner.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, pourquoi le ministre ne s'est jamais mis du côté... et prendre
le parti des parents? Il parle du
réseau. Ce sont les parents, M. le Président, qui n'ont pas de place, qui sont
en détresse psychologique et en stress
financier. Il dit : Ah! nous, on est bien mieux que les libéraux. On en
faisait, chiffres à l'appui, trois fois plus que vous, des places
subventionnées. C'est implacable, c'est les chiffres de votre ministère, allez
les consulter.
M. le
Président, les parents ont besoin, là, que le premier ministre s'intéresse au
dossier. Le mouvement Ma place a envoyé une communication, ils n'ont
jamais eu d'accusé de réception.
Le Président : M. le ministre
de la Famille. Toujours, on s'adresse à la présidence.
M. Lacombe :
Quand le député de LaFontaine nous dit : Nous, on développait ce nombre de
places là, c'est les places annoncées
par le Parti québécois auxquelles le député de LaFontaine fait allusion. Ils
n'ont pas fait d'appel de projets, ils n'en ont pas fait, zéro puis une barre,
en 2014, 2015, 2016, 2017. Il y en a eu un à quelques semaines des élections.
Donc, à un moment donné, là, remettons les choses en perspective.
On a un
gouvernement qui s'intéresse à la question. On a dit qu'on allait compléter le
réseau. On a dit qu'on allait compléter
le réseau, alors que, de l'autre côté, ce qu'ils ont fait, c'est le saboter, tout
le monde s'entend là-dessus. Donc, si
on parle des parents, pour la première fois depuis 15 ans ils ont un
gouvernement qui va régler leurs problèmes une fois pour toutes, parce
que nous autres, l'efficacité dans les services de garde, on sait ce que c'est
puis on y croit pour vrai.
Président : Je vous demande toujours d'être prudents dans les
termes qu'on utilise, dans les échanges, question et réponse. La parole
appartient au député de Nelligan.
M. Derraji :
«Quand on me dit que le plus grand défi économique est la pénurie d'employés,
je ne suis pas d'accord.» Ce n'est
pas une citation d'un étudiant qui a échoué son cours d'économie à
l'université, mais ça vient du premier ministre du Québec.
Trois ans
plus tard, M. le Président, le constat, il est très clair. Le gouvernement
caquiste continue de vivre dans le
déni, le déni d'une réalité, une triste réalité, malheureusement, qui frappe à
la fois le service au public et qui frappe à la fois notre économie.
Je ne vais
pas juste, aujourd'hui, parler de notre secteur économique, de nos PME, parce
que c'est un réel constat d'échec. Je
vais parler, M. le Président, du secteur public, le secteur public où le
premier employeur et responsable et le P.D.G., c'est le premier ministre.
M. le Président, est-ce qu'aujourd'hui le
premier ministre va être capable de prendre le leadership nécessaire et
adresser la situation de la pénurie au niveau de la santé, de la famille et de
l'éducation?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Merci. Alors, la
pénurie de main-d'oeuvre témoigne de la force de l'économie québécoise. Parce que nous avons une économie qui est très
résiliente, très solide, il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Comment est-ce
qu'on va s'attaquer à ça? Plusieurs manières, M. le Président, plusieurs
vecteurs.
Premièrement, il faut se le dire, il y a
175 000 personnes qui travaillaient en février 2020 qui ne
travaillent pas présentement, et c'est pour ça que le ministre du Travail
s'occupe en priorité de la requalification de la main-d'oeuvre. Ensuite, il y a 200 000 jeunes entre 15
et 34 ans qui ne sont ni aux études ni en formation. Le ministre de
l'Éducation s'en occupe, le ministre
du Travail s'en occupe, c'est extrêmement important. L'immigration, on a eu
moins d'immigrants l'année passée, la ministre de l'Immigration s'en
occupe.
La réponse à
ce problème-là, c'est un problème qui témoigne de la force de l'économie
québécoise, ça prend une réponse multidimensionnelle, puis c'est
exactement ça, ce qu'on fait, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je rappelle au
nouveau ministre de l'Économie que son collègue à l'Emploi... «On est à une
étape où les entreprises doivent se prendre
en main.» C'est la solution du ministre de l'Emploi à ce que vous venez de
dire. Donc, si le ministre de l'Économie pense que c'est la solution,
que les entreprises doivent se prendre en main... Mais je sais que le premier ministre s'inspire de son
ex-collègue, M. Joseph Facal, mais je les réfère maintenant à suivre aussi
l'économiste de
Radio-Canada, M. Gérald Fillion, qui dit que c'est la pénurie de
main-d'oeuvre qui appauvrit l'économie du Québec.
À quand un réel plan
d'action?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. Le plan d'action pour la main-d'oeuvre, rappelez-vous,
collègue, il a été déposé au mois de
septembre 2019. À la pénurie de main-d'oeuvre, il n'y a pas de solution
unique, c'est la multiplicité des efforts de tous les partenaires du marché du travail qui vont contribuer à
lutter de façon efficace contre la pénurie de main-d'oeuvre.
y a des mots clés, vous le savez : intégration, intégration des clientèles
éloignées du marché du travail, les jeunes, on vient d'en parler, les personnes en situation de handicap, les
personnes issues des Premières Nations, les prestataires d'aide sociale. Depuis notre arrivée au pouvoir, on a pu
en intégrer 37 000. Productivité est aussi un atout majeur pour les
entreprises.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous
passons à la rubrique des motions sans préavis, et je reconnais, à cette
étape-ci, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la cheffe du
deuxième groupe d'opposition, le député de Chomedey, la députée de
Marie-Victorin et le député de Bonaventure :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée nationale des peuples autochtones,
qui aura lieu le 21 juin prochain;
«Qu'elle
reconnaisse que depuis de nombreuses générations, plusieurs peuples autochtones
ont célébré et célèbrent la richesse de leur culture, de leur patrimoine
et de leur langue à cette période du solstice d'été;
«Qu'elle
reconnaisse que la dernière année a été témoin de moments difficiles et
douloureux notamment en raison des
circonstances entourant le décès de Joyce Echaquan ainsi qu'en raison des
la macabre découverte des corps de 215 enfants autochtones sur le
terrain du pensionnat autochtones de Kamloops;
«Qu'elle
exprime le souhait que cette journée de célébration soit porteuse d'espoir et
de solidarité afin de célébrer le rôle important des Premières Nations
et des Inuits au sein de notre société;
«Qu'elle demande au
gouvernement du Québec de jeter les [bras] d'une relation renouvelée avec les
peuples autochtones en reconnaissant le
racisme systémique qui perdure à l'égard des peuples autochtones et en appuyant
la mise en oeuvre du Principe de Joyce;
«Qu'enfin,
elle rappelle l'engagement électoral du premier ministre de conclure [les]
ententes de nations à nations à l'image de la Paix des Braves.» Merci,
M. le Président.
Le Président :
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. Je reconnais maintenant Mme la députée de Taschereau.
Dorion : M. le Président, je
demande le consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Marquette,
le député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Bonaventure, la députée de
Marie-Victorin, le député de Chomedey et le député de Rimouski :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que les décisions politiques doivent s'appuyer sur la
science;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse la validité du consensus scientifique voulant
que l'augmentation de la capacité autoroutière ne diminue pas, en soi,
la congestion automobile.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. M. le chef du troisième groupe d'opposition, la parole
vous appartient.
M. Bérubé : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le ministre de la Justice, la
députée de Westmount—Saint-Louis, le député de Bonaventure, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin,
le député de Rimouski et le député de Rousseau, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce fortement toutes les formes de haine et de crimes
violents;
«Qu'elle
dénonce les amalgames faits par certains politiciens et médias du reste du
Canada entre la tragédie de London en Ontario et une loi québécoise.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président :
Consentement, sans débat. Je vais vous demander vos votes respectifs. Tout
d'abord, M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. M. le ministre de l'Éducation.
Roberge : M. le Président, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de débattre de la motion suivante conjointement avec la députée
de l'Acadie, la députée de Sherbrooke, le chef du troisième groupe
d'opposition, le député de Chomedey,
le député de Bonaventure, le député de Rimouski, la députée de Marie-Victorin,
le député de Rousseau :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage à Jacques Lacoursière, historien et auteur,
décédé le 1er juin dernier;
«Qu'elle salue sa
contribution à transmettre la culture et l'histoire du Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que ses talents de vulgarisation historique ont permis de rendre l'histoire du
Québec plus accessible;
«Qu'elle offre ses
sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à ses proches;
«Enfin, que les
membres de cette Assemblée observent une minute de silence à sa mémoire.»
Le Président :
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, il y a un consentement pour
un débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : le ministre de l'Éducation, la députée de
l'Acadie, la députée de Sherbrooke ainsi que le chef du troisième groupe
d'opposition.
Président : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions
soit limitée à un maximum de deux minutes chacune. M. le ministre de
l'Éducation, à vous la parole.
M. Roberge :
M. le Président, au nom de tous mes collègues au gouvernement, je souhaite
prendre un moment pour saluer la carrière
exceptionnelle et la contribution essentielle de l'historien et auteur
M. Jacques Lacoursière à la société québécoise.
Récemment
décédé à l'âge vénérable de 89 ans, M. Lacoursière a été pendant
toute sa vie professionnelle un ardent défenseur
de la connaissance de l'histoire, nous rappelant au passage qu'il est
nécessaire, évidemment, de savoir d'où on vient pour comprendre où on
Vulgarisateur
hors pair et très présent dans les médias québécois, il a su déboulonner de
nombreux mythes, en plus de faire connaître de larges pans de notre
passé souvent méconnus mais ô combien importants.
M. le Président, ce serait trop long
de faire la liste des ouvrages publiés par M. Lacoursière, mais je peux
vous dire que chacun d'eux témoigne
de son amour de l'histoire du Québec et de l'éducation. On se souvient
évidemment de son oeuvre majeure parmi d'autres, Histoire populaire
du Québec , véritable best-seller en cinq tomes, vendus à près de 150 000 exemplaires, ce qui est vraiment
exceptionnel pour des ouvrages historiques. Cette oeuvre, à l'image de sa
carrière et de sa vie, a permis de rendre accessible aux Québécois leur
propre histoire.
me souviens d'avoir lu avec beaucoup de plaisir dernièrement un livre synthèse
de M. Lacoursière, Une histoire du Québec racontée par Jacques Lacoursière , une oeuvre majeure où on voit des faits
historiques qui se côtoient à la plume très
éclairée de M. Lacoursière, avec un regard critique et inspirant sur ce
qu'on a fait et peut-être même ce qu'on devrait faire.
M. Lacoursière
disait lui-même qu'il avait comme objectif de montrer aux Québécois
qu'ils pouvaient être fiers de leur
histoire et qu'elle valait celle de n'importe quelle autre nation. C'est très
important. L'enseignement de l'histoire au primaire comme au
secondaire est, disait-il, extrêmement important parce qu'on prépare de futurs
citoyens. Je suis évidemment d'accord avec lui. Cet enseignement de l'histoire ne
peut être figé puisque, comme il le disait si bien, l'histoire
est une matière vivante qui s'enrichit tous les jours.
Largement
reconnu par ses pairs, maintes fois récompensé, M. Lacoursière, que
l'Ordre national du Québec a fait chevalier, s'inscrit définitivement
dans notre mémoire comme l'un de nos plus grands historiens.
J'invite
de nouveau tous mes collègues ainsi que les Québécois à rendre un dernier
hommage bien mérité à M. Jacques Lacoursière pour sa brillante et impressionnante
carrière.
proches et à la famille de M. Lacoursière, je transmets, au nom de mes
collègues, mes plus sincères condoléances. Merci.
Le Président :
Mme la députée d'Acadie.
Mme St-Pierre :
Merci, M. le Président. Le grand historien Jacques Lacoursière est décédé le
1er juin dernier à l'âge de
89 ans. Récipiendaire du prix Gérard-Morisset pour le patrimoine en 2007,
prix que j'ai eu le grand honneur de lui
remettre, il avait alors déclaré : «Le but que je me suis donné depuis une
quarantaine d'années, c'est de montrer aux Québécois et aux Québécoises
qu'ils ont une histoire aussi belle que celle de n'importe quel pays.»
M. Lacoursière
était chevalier de l'Ordre national du Québec, chevalier de l'Ordre de la
Pléiade et membre de l'Ordre du Canada. La France lui a même décerné la
Légion d'honneur, le faisant chevalier de l'Ordre du mérite en 2008.
Comme présentateur
dans Épopée en Amérique , une série documentaire réalisée par Gilles
Carle, ou comme recherchiste pour Denis Arcand sur la série Duplessis ,
M. Lacoursière était un historien qui n'avait pas son pareil pour raconter
l'histoire avec un grand H et qui y aura finalement inscrit son propre
nom.
Passionné d'histoire
mais aussi par la transmission de la connaissance, il était pédagogue,
vulgarisateur. M. Lacoursière aura
accompagné plusieurs élèves dans leur parcours scolaire en rédigeant,
avec Denis Vaugeois et Jean Provencher, le manuel scolaire d'histoire Canada-Québec
utilisé dans bien des écoles secondaires.
Et que dire de son Histoire
populaire du Québec , une oeuvre monumentale en cinq tomes qui s'est
vendue à 150 000 exemplaires?
M. Lacoursière nous aura rappelé que l'histoire n'a pas à être réservée à
l'élite et que chacun et chacune peut
trouver un peu de lui dans les éléments fondateurs du Québec
que nous connaissons aujourd'hui et que nous contribuons à façonner.
transmets donc, au nom de ma formation
politique et en mon nom personnel,
mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de
M. Jacques Lacoursière. Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Beaucoup de gens s'intéressent à l'histoire du
Québec et y consacrent une
partie de leur vie, mais rares sont ceux qui
ont autant contribué que Jacques Lacoursière à faire connaître notre histoire
et à la rendre accessible à toutes et à tous.
Jacques
Lacoursière a dédié sa carrière à partager au plus grand nombre notre histoire
collective, en utilisant tous les
moyens à sa disposition pour rejoindre différents publics : journal,
manuels scolaires, séries télé et nombreux livres, dont sa fameuse Histoire populaire du Québec qui
se retrouve dans des dizaines de milliers de foyers québécois. Chaque fois,
il a réussi à captiver le public, et je n'ai
aucun doute qu'il a suscité des vocations. Moi-même, je garde des souvenirs
marquants de la série sur Duplessis, à laquelle il a collaboré.
Savoir vulgariser, ce
n'est pas donné à tout le monde ni à tous les historiens, ça prend un talent
particulier, et Jacques Lacoursière l'avait.
Il n'était pas seulement bon pour raconter des histoires, il était bon pour
raconter notre histoire. Il était rigoureux, il basait son travail sur
des archives, il se souciait des détails. Et il s'était donné l'objectif de
montrer aux Québécois et aux Québécoises qu'ils ont une histoire aussi belle
que celle de n'importe quel pays. Et non seulement il y est arrivé, mais, en permettant à des centaines de milliers de
personnes de s'approprier leur histoire collective, il a contribué à
construire un nous québécois, et on doit lui en être reconnaissants.
Au nom de ma
formation politique, j'offre mes plus sincères condoléances aux proches de
M. Lacoursière, qui doivent être remplis de fierté devant son immense
contribution à la société québécoise.
Le Président : À vous la
parole, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Le diplômé en histoire que je suis est très privilégié de pouvoir
faire cet hommage à l'un des grands, Jacques Lacoursière.
Peu de
personnes ont mieux ou plus efficacement raconté notre histoire nationale que
Jacques Lacoursière. Il avait tant de passion dans la voix et dans la plume! Il
pouvait évoquer de mémoire mille et une anecdotes, toutes plus intéressantes
les unes que les autres.
Sa carrière, Jacques Lacoursière l'aura
consacrée à rendre notre histoire accessible à tous et toutes, à raconter simplement des événements néanmoins sérieux, des
moments charnières du passé expliquant le présent. Il donnait autant d'importance aux grandes lignes qu'aux menus
détails, autant de considération aux événements politiques incontournables,
bien sûr, qu'aux petits gestes de la vie quotidienne, une véritable histoire
populaire.
Jacques
Lacoursière, c'est l'histoire nouveau genre, celle qui s'intéresse à toutes les
formes et tous les moyens de communication,
et qui s'en sert au mieux de leurs capacités. C'est surtout aussi une volonté
de voir un peuple s'approprier son
parcours pour s'en faire une fierté. De tels historiens sont sans contredit des
trésors nationaux. On peut d'ailleurs se réjouir que M. Lacoursière laisse
derrière lui de dignes héritiers et héritières et des dizaines de milliers de
gens plus curieux de notre histoire nationale. Sa personnalité
inspirante et chaleureuse aura en effet intéressé plusieurs Québécois à leurs
propres histoires.
Outre ses
nombreux livres et ses conférences, je retiendrai Épopée en Amérique , documentaire télédiffusé en 1997, réalisé
par Gilles Carle, un très grand succès, très suivi, qui a intéressé beaucoup de
gens à l'histoire.
Il leur a
dit, aux Québécois, qu'on n'était pas une province comme les autres. En fait,
il leur a dit que nos ancêtres avaient tissé des liens très forts avec
les peuples autochtones. Il a réalisé à quel point il était déterminé à tenir
tête aux colonies anglaises, et surtout il
leur a dit que nous formions aujourd'hui un grand peuple, moderne et ouvert sur
le monde. Et nous savions qu'il était
indépendantiste et qu'il indiquait parfois que plus on connaissait son
histoire, plus on tirait des conclusions politiques.
Je tiens, au
nom du Parti québécois, à adresser mes plus sincères condoléances à sa famille
et ses proches. Le Québec avait en
Jacques Lacoursière le meilleur expert-conseil de sa propre identité. Nous
regrettons son départ. En sa mémoire, nous
tâcherons de continuer à mieux nous connaître nous-mêmes. C'est le plus beau
cadeau qu'on puisse se faire, comme nation, et je suis convaincu que
c'est ce qu'il aurait voulu. Merci, M. le Président.
Président : À cette
étape-ci, je vais vous demander vos votes respectifs concernant cette motion. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Je vais vous
demander de vous lever pour observer une minute de silence à la mémoire de
M. Jacques Lacoursière.
• (11 h 23 — 11
h 24) •
Le Président : Je vous
remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous en sommes à la rubrique Avis touchant les
travaux des commissions. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. J'avise cette Assemblée
que la Commission de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 59,
Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle du Conseil législatif;
La Commission des transports et de l'environnement
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 88, Loi modifiant la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à
18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle Marie‑Claire‑Kirkland;
La Commission de l'aménagement du territoire
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 49, Loi modifiant la Loi
sur les élections et les référendums dans les municipalités, la
Loi sur
l'éthique et la déontologie en matière municipale
et diverses dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures et
de 19 h 30 à 22 h 30, aux salles Louis-Joseph-Papineau et
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques entendra les intéressés et procédera à
l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt
privé n° 219, Loi concernant un immeuble situé sur la rue University à
Montréal, aujourd'hui, de 19 h 30 à 22 h 30, à la
salle Pauline-Marois. Merci.
Président : Merci.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée,
je vous informe qu'il y aura aujourd'hui, à 14 heures, au bureau de Son Honneur le
lieutenant-gouverneur, la sanction des projets de loi suivants : d'abord,
le projet de loi n° 81, Loi modifiant la
Loi sur le Musée des
beaux-arts de Montréal, et le projet de loi n° 95, Loi modifiant la Loi
sur la gouvernance et la gestion des
ressources informationnelles des organismes publics et des entreprises du
gouvernement et d'autres dispositions législatives.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour.
suspends donc nos travaux pour quelques instants.
(Suspension de
la séance à 11 h 26)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Nous poursuivons nos travaux aux affaires du jour. M. le leader du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la suite des
travaux?
M. Schneeberger : Oui, bonjour, Mme la Présidente. Alors, je
vous demanderais d'appeler l'article 13 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, à l'article 13 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission de la santé et des services
sociaux sur le projet de loi n° 83, Loi concernant
principalement l'admissibilité au régime
d'assurance maladie et au régime général d'assurance médicaments de certains
enfants dont les parents ont un statut migratoire précaire. M. le
ministre de la Santé, je vous cède la parole.
M. Dubé : Alors, merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais tout d'abord saluer mes collègues, mes collègues
du gouvernement, mais particulièrement aussi mes collègues de l'opposition, parce que, dans la phase que nous débutons aujourd'hui, Mme la Présidente, sur l'adoption du projet
de loi, dont le nom est assez long,
je vais prendre le temps de le lire
comme il faut, qui est le projet de
loi n° 83, la loi
concernant principalement l'admissibilité au régime d'assurance maladie et au régime d'assurance
médicaments de certains enfants dont les parents ont un statut migratoire
précaire et modifiant la loi concernant
les soins de vie... Et j'aimerais d'entrée de jeu, Mme la Présidente, le
mentionner et j'aimerais que les gens qui nous écoutent aujourd'hui... vous partager un moment privilégié que j'ai
eu durant les dernières semaines. C'est probablement, pour moi, ce projet de loi là, la plus belle
démonstration de ce que peut être non seulement l'efficacité parlementaire, mais la contribution entre le gouvernement et les
membres de l'opposition. Je veux vous dire que ça fait quand même quelques
années que je suis ici, j'ai eu la chance de
faire plusieurs projets de loi, mais celui-ci, dans la présente session, dans
mon nouveau rôle, d'avoir eu autant de collaboration entre l'opposition,
mes collègues du gouvernement pour arriver à un projet de loi de cette qualité et de cette importance-là pour les
enfants, je veux vous dire que, pour moi, ça a été un moment privilégié, qui
malheureusement s'est fait trop vite, parce que des fois, des projets de loi,
ça peut être très long, et, dans ce cas-ci,
ça a tellement bien été que ça a passé trop vite. Mais je voulais partager, Mme
la Présidente, avec vous ce moment de bonheur.
Alors,
je vais revenir à mon texte, Mme la Présidente. La situation de certains
enfants de parents qui sont à statut migratoire
précaire, mais qui se trouvent sur le territoire du Québec et qui sont privés
d'une couverture en assurance maladie est d'ailleurs dénoncée depuis
quelques années par certains groupes d'intérêt, on les a entendus :
Médecins du Monde, Amnistie internationale
et particulièrement l'Observatoire des tout-petits. Le Protecteur du citoyen a
pour sa part publié un rapport spécial au printemps 2018 dans lequel il
adresse à la Régie de l'assurance maladie du Québec des recommandations à l'effet d'offrir une couverture d'assurance
santé et médicaments à tout enfant né au Québec et habituellement présent sur le territoire, et ce, pour remédier au problème soulevé.
Le projet de loi n° 83 est donc la réponse à ces demandes répétées
depuis plusieurs années.
Les objectifs
du projet de loi. Les objectifs du projet
de loi s'inscrivent dans la
continuité des travaux interministériels sur la couverture des enfants de parents à statut migratoire précaire et
portent sur un sujet pour lequel beaucoup, beaucoup
d'efforts ont été investis jusqu'à maintenant. En effet, la possibilité d'offrir une couverture de soins de santé,
incluant les médicaments aux enfants
de parents au statut migratoire précaire, a été examinée attentivement par une multitude d'intervenants.
Le projet de loi n° 83 propose
ainsi un élargissement de la couverture en assurance maladie et médicaments
pour les enfants qui sont actuellement non admissibles. Cet élargissement vise
plus particulièrement à prévenir les conséquences
sociales et économiques découlant d'une accessibilité limitée à des soins de
santé en bas âge et assurer la cohérence
du filet social offert par le Québec et, par conséquent, une meilleure cohésion
sociale. Les modifications législatives et réglementaires proposées dans le cadre de ce projet de loi ont donc
pour objectif premier de donner accès à la couverture publique d'assurance maladie à un plus grand nombre
d'enfants sur notre territoire actuellement privés de soins.
l'introduction des nouvelles dispositions à la
Loi sur l'assurance maladie, à
la
Loi sur l'assurance médicaments ainsi
qu'au Règlement sur l'admissibilité
et l'inscription des personnes auprès de la Régie de l'assurance maladie et au
règlement général de l'assurance
médicaments, tout enfant habituellement présent sur le territoire, peu importe
son lieu de naissance, serait couvert
par l'assurance maladie et médicaments, selon les mêmes conditions que celles
qui s'appliquent actuellement pour l'ensemble des personnes couvertes
par le régime.
J'aimerais
dire quelques mots sur les consultations particulières que nous avons eues en
commission parlementaire. En avril dernier, nous avons eu l'occasion de
rencontrer plusieurs groupes qui sont venus nous livrer leurs observations et leurs recommandations afin de bonifier le
projet de loi déposé le 10 décembre dernier. Mme la Présidente, lors du
début de l'étude détaillée, je
soulignais que nous avons prêté une oreille très attentive à tous ces groupes
et à leurs recommandations, et leurs
recommandations ont été sérieusement analysées, et en fin de compte nous le
prouvons aujourd'hui, le résultat est au rendez-vous.
Lors de
l'étude détaillée, nous avons adopté des amendements visant à élargir la
couverture aux enfants sans statut légal,
incluant les enfants en attente d'une décision, ce qui fera en sorte que tous
les enfants habituellement présents sur le territoire qui pourront démontrer leur intention de rester au Québec
pour une période de plus de six mois seront désormais admissibles au
régime, sans égard au statut de leurs parents. Nous avons également adopté un
amendement qui prévoit une attestation
temporaire d'inscription qui permettra aux enfants nés au Québec de parents non
admissibles d'obtenir plus rapidement des soins sans frais. De plus, comme nous
l'ont recommandé plusieurs groupes, nous avons aboli le délai de carence pour tous les enfants mineurs, sans
exception. Cet amendement aura comme effet direct sur près de
10 000 enfants par année de
devenir admissibles. Enfin, nous avons renforcé la confidentialité des
renseignements détenus par la RAMQ.
Mme la Présidente, je voudrais aussi rajouter
que, durant ce projet de loi là, on nous a demandé de travailler sur l'aide médicale à mourir. J'aimerais dire que
les membres de la commission ont accepté d'élargir la portée du projet
de loi en abordant la question de l'aide médicale à mourir, et je vais expliquer
rapidement l'enjeu. Pour recevoir l'aide médicale à mourir, une personne doit
répondre à certains critères et, au moment de recevoir l'aide médicale à mourir,
être toujours capable de consentir
à recevoir le soin. Or, les effets de la prise de certains médicaments peuvent
entraîner la perte d'aptitude à
consentir juste avant de recevoir l'aide
médicale à mourir. Par conséquent, la
personne perd son droit de recevoir l'aide médicale
à mourir.
On se
rappellera qu'en 2018 il y eut le cas très médiatisé de Mme Audrey Parker,
qui illustre bien cette situation. Mme Parker respectait toutes les conditions
d'admissibilité à l'aide médicale à mourir mais craignait toutefois de
perdre son aptitude à consentir au moment de l'administration et, par
conséquent, ne plus y avoir droit. Elle a donc choisi de recevoir l'aide
médicale en novembre 2018, alors qu'elle aurait préféré attendre Noël 2018.
La commission sur les soins de vie était très
préoccupée par ces situations. Et je donne quelques statistiques. Selon les données que la commission
a recueillies, du 1er mai 2019 au 31 mars 2021, au moins 48 % des formulaires d'aide... 1 860 sur 3 800 de ces
formulaires d'aide médicale à mourir indiquaient que les personnes ont refusé
de prendre de la médication ou des traitements pour préserver leur aptitude à
consentir aux soins ou, ont rapporté les équipes de soins... vouloir accélérer l'administration, par crainte de
perdre leur aptitude à consentir aux soins. À l'instar de la commission des
soins de vie, le Collège des médecins s'est
montré très préoccupé par la situation et a présenté ses arguments aux
parlementaires.
Ensemble, nous avons considéré qu'il était
important de corriger cette situation. Ensemble, nous avons adopté un amendement qui vient humaniser encore davantage
le processus, mais sans restreindre tout le travail qui va pouvoir se continuer à être fait par la commission sur les
soins de vie. Désormais, lorsqu'une personne en fin de vie est devenue inapte
à consentir aux soins après avoir formulé sa
demande, le médecin peut tout de même lui administrer l'aide médicale à mourir,
mais, pour cela, certaines conditions doivent être respectées. En effet, la
personne doit, alors qu'elle était en fin de vie et avant qu'elle ne
soit devenue inapte, consentir aux soins, être admissible à l'aide médicale à
mourir comme auparavant et la personne doit
notamment consentir par écrit et en présence d'un professionnel de la santé,
dans les 90 jours précédant la date de l'administration de l'aide médicale à mourir, à la recevoir même si
elle perdait son aptitude à consentir au soin avant l'administration. Ainsi, on apporte une solution
circonscrite au problème soulevé sans s'immiscer, encore une fois, dans les travaux de la
commission spéciale sur l'aide médicale à mourir qui sont présentement en
cours, et pour nous c'était très important de respecter le leadership
national québécois de cette matière de la commission.
la Présidente, j'aimerais, encore une fois, souligner, pour ces deux exemples,
tout le travail qui a été fait pour l'essentiel
du projet n° 83, mais aussi aux députés du gouvernement et de l'opposition
d'avoir accepté de prendre sous notre aile
ce changement et cet ajout, comme on l'appelle dans notre jargon, ce papillon
au projet de loi, parce qu'il était important de le faire. C'était une demande de la population. Et je tiens, encore
une fois, à souligner, Mme la Présidente, le travail très constructif que
j'ai eu de mes différents collègues. Nous avons eu des échanges très
intéressants. Je suis certain que les
gens qui nous écoutent ici seront peut-être tentés de retourner voir
quelques-uns de ces échanges-là. Malheureusement, bien souvent, nous faisons ces échanges-là hors
d'ondes pour être sûrs qu'on se comprend bien, mais je pense qu'il y a
quand même plusieurs moments qui sont intéressants.
Alors,
rapidement, parce que je ne veux pas dépasser mon temps — vous voyez que je suis un petit peu ému par
ce projet de loi là, qui, pour moi,
était tellement important — les prochaines étapes sont maintenant la mise en vigueur des
dispositions concernent l'admissibilité. Et
d'abord, concernant aussi l'aide médicale à mourir, les dispositions, si le
projet de loi est accepté au cours des
prochaines heures, les dispositions seront en vigueur pour l'aide médicale à
mourir immédiatement après la sanction du projet de loi.
Pour
le volet concernant les enfants dont les parents ont un statut précaire, la
RAMQ doit procéder à la formation de
son personnel ainsi qu'à des changements importants dans les systèmes informatiques.
Nous avons convenu d'une entrée en vigueur d'ici la fin du mois de septembre,
si tout va bien. Puis on va les suivre de très près, je peux vous en donner ma
parole.
De plus, nous donnons...
Suite à deux demandes que nous avons reçues des partis de l'opposition et
auxquelles je souscris, de plus, nous
donnons un mandat à la RAMQ de poursuivre ses travaux avec le comité
interministériel afin de nous faire
des recommandations sur deux sujets, Mme la Présidente : premièrement, l'admissibilité à l'assurance maladie des femmes enceintes à statut précaire et la
possibilité de mettre en place un programme d'amnistie pour les factures de
soins de santé des enfants qui seront
désormais couverts par la RAMQ. Le rapport est attendu au plus tard en juin 2022.
Il s'agit d'une période de travail semblable
à ce qui a été nécessaire pour faire le premier rapport
dont découle le projet de loi.
terminant — c'est
promis — j'aimerais
remercier mes collègues les députés mais aussi le personnel de la Régie de l'assurance maladie, celui du ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que mon cabinet. Et j'aimerais faire
un particulier merci à Mme Martine
Perreault, qui était, au cabinet, responsable de ce projet de loi là et qui quitte le cabinet pour retourner
dans son beau coin de pays, mais qui finit, je crois, sur une très belle note,
et qui avait travaillé de concert avec les gens de l'opposition au cours des derniers mois. Alors, je voulais en profiter pour la
saluer pour l'excellent travail qu'elle a fait. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, Mme la députée... Mme la Présidente, pardon, excusez-moi, et
députée, évidemment. Bien, écoutez, je vais être brève, parce qu'on a eu l'occasion de s'exprimer à plusieurs reprises sur ce
projet-là. La première fois que je
l'ai fait, j'avais assuré au ministre mon entière collaboration. J'entends que
nous recevons... il nous donne la
note au-delà des attentes. C'est bien la première fois que
j'entends qu'on a été presque trop vite, mais c'est vrai que ça a été une collaboration très, très
agréable pour aller de l'avant. La raison pour laquelle on a agi rapidement,
c'est qu'il y a des enfants qui sont dans une situation, justement, qui
était extrêmement déplorable, et c'est la raison pour laquelle on a réitéré à plusieurs reprises au ministre qu'on voulait non seulement collaborer, mais collaborer pour s'assurer, justement,
de l'adoption rapide du projet de loi pour venir
corriger la situation dont font les frais présentement des enfants.
Donc,
c'est en