Labour and the Economy — 19 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-11-19
Quebec — Committees
(Onze heures douze minutes)
Président (M. St-Denis) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 67, Loi visant
principalement à améliorer l'encadrement de l'hébergement touristique.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M.
le Président. M. Lamontagne (Johnson) est remplacé par M. Martel
(Nicolet-Bécancour).
Le Président (M. St-Denis) : Je vous
remercie. Nous débutons avec les remarques préliminaires. Mme la ministre du
Tourisme, vous disposez de 20 minutes.
Mme Vien :
Ah! ce sera court, M. le Président. Quelques secondes pour souhaiter la
bienvenue aux collègues du côté
ministériel, avec qui on va passer un temps précieux à faire en sorte d'adopter
le projet de loi n° 67, qui rencontre très peu d'opposition, disons-le comme ça, parce que c'est un projet, effectivement,
qui est l'aboutissement d'un travail de consultation, de plusieurs rencontres avec le monde touristique, le
secteur touristique, les intervenants touristiques de tous secteurs confondus, à l'intérieur, donc, de ce
vaste secteur d'activité économique et troisième produit d'exportation
au Québec, c'est toujours important de le rappeler, donc une importance
capitale comme levier économique au Québec.
Alors, très, très rapidement, M. le Président,
on a déposé le projet de loi n° 67 le 22 octobre, de mémoire de femme.
Hier, on adoptait dans l'allégresse le principe du projet de loi n° 67.
Déjà, ce matin, nous entamons l'étude
article
par
article de ce projet de loi qui compte 25 articles et qui devrait
faire en sorte d'améliorer de beaucoup, je pense, toute la situation entourant l'hébergement
illégal, l'hébergement touristique illégal, sur le territoire québécois;
également, en venant donner la possibilité à
la ministre de faire les choses autrement en ce qui a trait à la vente de la
destination — la
destination étant le Québec — sur les marchés hors Québec, donc dans le
reste du Canada, mais aussi ailleurs sur la planète.
Alors, je suis très fière. Je veux saluer le
député de Bertrand, avec qui c'est toujours un plaisir de travailler, également, le député de Drummond—Bois-Francs, qui est ici ce matin. Il sera
accompagné, cet après-midi, je pense, du député de Nicolet-Bécancour, qui est le porte-parole, pour la deuxième
opposition officielle, en ce qui a trait au tourisme. À vos
recherchistes, bienvenue. Également, encore une fois, bienvenue aux gens chez
nous.
Moi, je suis
prête à commencer, M. le Président, alors je ne ferai pas davantage de
remarques préliminaires, sinon que de
vous dire que je suis très contente, je suis convaincue qu'on va arriver à un
résultat bonifié. Pourquoi pas? C'est un premier jet, je pense qu'il est
assez bon. Cependant... Et très certainement que nos réflexions, nos
discussions feront en sorte qu'on améliorera encore ce projet de loi là pour le
bénéfice de tous les Québécois, M. le Président. Merci.
Président (M. St-Denis) : Alors, merci, Mme la ministre. Maintenant,
j'inviterais le porte-parole de l'opposition officielle en matière de
tourisme et député de Bertrand à faire ses remarques préliminaires.
Cousineau : Oui. Merci, M. le Président. Moi aussi, je salue
mes confrères et consoeurs autour de la table, des deux côtés de la table. Et puis nous entreprenons l'étude détaillée
du projet de loi n° 67. C'est un projet de loi qui est très intéressant. Je serai bref dans mes remarques préliminaires parce
que... Bon, hier, nous avons adopté
le principe et puis j'ai fait une
présentation un peu «fleuve»... excusez
l'expression, là, mais un 30, 40 minutes, mais je voulais bien camper certaines positions et puis certaines
interrogations. Alors, je profite aussi de l'occasion pour saluer les gens
qui sont en arrière de la ministre et puis
qui vont collaborer avec nous à faire en sorte qu'on puisse bien étudier ce
projet de loi. Et puis je salue aussi le sous-ministre, M. Croteau, et
puis le chef de cabinet, M. Milette.
C'est
sûr qu'il y a des défis dans ce projet de loi là, et puis,
bien souvent... Pour ce qui est du squelette comme tel du projet
de loi, on l'a précisé hier, les deux
grandes orientations, à savoir l'hébergement illégal et puis
l'hébergement touristique, et puis tout le
côté de la création d'un organisme pouvant gérer et puis encadrer la promotion
internationale, bon... Mais il y a
des défis, puis les défis, bien souvent, on va pouvoir trouver nos réponses
dans le protocole d'entente entre, par exemple, l'OBNL et puis le ministère, et puis dans les règlements. Il va falloir voir
à ce que les règlements reflètent très bien ce que nous avons en tête
concernant l'encadrement puis concernant les outils nécessaires que nous
devons offrir, par
exemple, aux classificateurs et puis
aux inspecteurs pour faire en sorte qu'on puisse bien faire notre travail, parce que, on
s'est entendus, on a discuté ensemble, si on ne met pas certaines balises puis
si on ne met pas certains... si on ne renforce pas certains règlements,
c'est un projet de loi qui risque d'être difficilement applicable dans
certaines situations.
Alors
donc, l'opposition officielle, nous allons collaborer, parce qu'évidemment,
comme a dit la ministre, c'est un
projet de loi qu'on pourrait qualifier de projet de loi de l'industrie
touristique, et puis... Donc, je pourrais peut-être... Puis, vous savez, la tradition veut que le
titre est
adopté à la fin, mais j'aurais peut-être une proposition, s'il y a un
consentement, pour que nous puissions commencer par un amendement sur le titre.
Alors, voilà. Merci.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, merci, M. le député. J'inviterais maintenant le député
de Drummond—Bois-Francs
pour des remarques préliminaires.
Schneeberger :
Parfait. Alors, bonjour à tous. Premièrement, je vais saluer Mme la ministre et
toute son équipe, les députés du côté ministériel, aussi mon collègue de la deuxième opposition. Je vais être très, très
bref, étant donné que je remplace mon collègue de Nicolet-Bécancour ce
matin.
pense que le projet de loi n° 67 est un bon projet de loi, à part... Nous,
je le dis tout de suite, on va y amener quelques amendements. Alors, on verra tout ça. Mais ils sont peu
nombreux, je rassure tout de suite la ministre. Par
contre, je pense que le projet de loi vise justement à améliorer certaines lacunes qui... ce qu'on
pourrait dire de... commerciales au niveau
des édifices, que ce soit de leur vocation, comme on dirait, qui pourrait être peut-être
plus commerciale au niveau de
l'hôtellerie, mais aussi au niveau du privé — alors,
ça, je pense que c'est très
bien — et
surtout, on l'oublie, c'est-à-dire d'améliorer
notre aspect, à travers le monde, au niveau de faire voir le Québec. Alors, je
m'arrête là-dessus. Merci beaucoup.
Le Président (M.
St-Denis) : O.K., merci. Merci, M. le député. Alors, je voulais savoir
s'il y avait d'autres membres qui souhaiteraient faire des remarques
préliminaires? Donc, ça va?
Pour ce qui est de
votre demande, M. le député de Bertrand... Bien, si vous voulez, vous pouvez
distribuer le document, là, à cet égard-là.
On ne le déposera pas. Vous pouvez le distribuer pour noter vos intentions,
mais, selon les règles, il devra être traité à la fin.
Cousineau :
Oui, sauf s'il y a un consentement?
Le Président (M.
St-Denis) : Oui. Il y a de la jurisprudence à cet effet-là. Donc,
c'est à la fin.
Cousineau :
Oui, je sais qu'il y a de la jurisprudence. M. le Président, là, en tout
respect, je l'ai lue.
Le Président (M.
St-Denis) : Oui. O.K.
Cousineau : Mais une jurisprudence, ce n'est jamais... Et,
oui, ce sont des indicatifs, hein, une jurisprudence, mais on peut décider d'une façon... en
collégialité, qu'on le traite au départ. Mais, regardez, je ne ferai pas une
histoire avec ça. Je vais le déposer quand
même pour qu'on puisse l'avoir à l'esprit. Mais, si, au fur et à mesure que le
projet de loi se déroule... Vous savez, on peut s'ajuster.
Le Président (M.
St-Denis) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Je suis très indisciplinée, hein? Je prends la parole rapidement, pas toujours
en demandant la permission au président. Vous m'excuserez d'avance.
Moi,
je ne vois pas d'inconvénient à ça, M.
le député. Cependant, est-ce qu'on pourrait un peu progresser... Vous
pouvez le déposer. On pourrait se l'approprier puis voir un peu comment la
tangente...
Cousineau :
Absolument.
Vien : ...s'enligne sur le projet de loi, si, des fois, on a
envie encore de le peaufiner ou... Êtes-vous d'accord avec ça?
Cousineau :
Absolument.
Mme Vien :
On pourrait le regarder tout de suite.
Cousineau : Puis je ne plaiderai pas longtemps. C'est
uniquement pour atténuer certaines susceptibilités de certains qui nous ont dit qu'il y avait quand
même, à l'intérieur du projet de loi, peut-être deux principes et puis...
Alors, on va déposer le
titre qu'on propose puis on pourra en discuter un petit
peu un peu plus tard.
Mme Vien : Oui, c'est bon.
Parfait.
Président (M. St-Denis) : Alors, on va juste faire sûr, là, de bien se
comprendre. Vous allez le distribuer.
Cousineau :
Oui.
Le Président (M.
St-Denis) : On ne le déposera pas, on va le distribuer pour que tout
le monde en prenne connaissance, puis, au fur et à mesure, on verra, là...
Comme dit la ministre, on pourra peut-être voir ce qu'il en est. Alors, je vous
remercie.
Alors,
s'il n'y a pas d'autres remarques ou de motion préliminaire, nous allons
immédiatement débuter l'étude
article par article. Alors, je prends en
considération l'article 1 du projet de loi. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Mme Vien :
Eh bien, merci beaucoup, M. le Président. Alors, l'article 1 se lit comme
suit :
L'article
1 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique (chapitre E-14.2)
est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Dans
la présente loi, à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend
par "touriste" une personne qui fait un voyage d'au moins une nuit et d'au plus un an, à l'extérieur de
la municipalité où se trouve son lieu de résidence, à des fins
d'agrément ou d'affaires ou pour effectuer un travail rémunéré, et qui utilise
[les] services d'hébergement privé ou commercial.»
Alors,
ici, l'article 1 du projet de loi propose l'introduction, dans la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique, d'une définition de «touriste»
afin de mieux circonscrire la portée de la loi.
Ici, chers collègues,
on a profité, donc, de ces travaux-là pour venir mettre un élément nouveau,
ajouter un élément nouveau, c'est-à-dire la
définition de «touriste», qui n'existait pas. Cette définition-là est
grandement inspirée de celle définie
par l'Organisation mondiale du tourisme, également, sauf erreur, de la
définition qu'en donne Statistique Canada.
en a profité, tant qu'à faire, d'ajouter la notion de tourisme d'affaires. On
en a déjà discuté, de ça et on a des exemples
de citoyens qui opèrent des hébergements touristiques, notamment en région.
Dans les régions ressources, ça arrive où il y a des travailleurs qui
partent de la ville plus au Sud, montent au Nord, par exemple, et vont habiter
chez l'habitant ou... et de sorte que les aubergistes, les hôteliers qui sont
dans ces régions-là ne profitent pas, donc, de cet arrivage, si vous me passez l'expression, de ces travailleurs, de la
même façon que, si vous partez de Québec, par exemple, vous avez une
réunion à Montréal pendant deux, trois jours, vous y demeurez, vous êtes un
travailleur et vous êtes considéré comme un
touriste alors que vous descendez à l'hôtel, vous payez les taxes
d'hébergement, etc. Alors, ici, on vient franchement bien circonscrire
ce qu'est un touriste. Et comment on l'entend? Bien, on entend, oui, un
touriste d'agrément, mais aussi un touriste d'affaires. Voilà.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, questions, commentaires?
Cousineau : Oui. Bon, bien, la définition précédente dans la
loi précédente, là, elle était très, très, très simpliste, et il n'y avait pas grand-chose là-dedans. Là, on
apporte beaucoup de précisions. Vous nous dites, Mme la ministre — vous permettez que je m'adresse, M.
le Président, directement à la ministre — qu'on retrouve cette
définition élargie, là, au niveau de?
Mme Vien :
De l'Organisation mondiale du tourisme, l'OMT. Ce n'est pas calqué mot pour
mot, mais c'est grandement inspiré.
Cousineau : D'accord. Merci. Puis on a vu, lorsqu'on a
rencontré les gens au niveau des mémoires, il n'y a personne qui a critiqué ce nouveau
titre et puis
nous, on ne le critiquera pas non plus. Alors, pour moi, c'est une
définition qui est intéressante puis qui va être facilement applicable, là,
pour ce qui est du travail qu'on veut faire. Alors, pas de question
supplémentaire.
Le Président (M.
St-Denis) : Merci, M. le député de Bertrand. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Merci, M. le Président. Bien, tout de
suite, moi, je souhaiterais apporter un amendement à l'article 1. Alors,
je ne sais pas si vous voulez disposer de l'article tout de suite ou qu'on
prenne une pause pour que je puisse le...
Le Président (M.
St-Denis) : Nous allons suspendre et vous distribuerez, à ce
moment-là, votre proposition d'amendement.
Schneeberger :
Oui? Parfait. C'est bon.
Le Président (M.
St-Denis) : Nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 25)
Président (M. St-Denis) : S'il vous plaît! Alors, M.
le député de Drummond—Bois-Francs, vous pouvez nous faire part de
votre amendement.
Schneeberger :
Alors, l'amendement, c'est de modifier l'article 1 du projet de loi
en ajoutant, après «est modifié par l'ajout», les mots «à son premier alinéa,
des mots "à vocation principalement commerciale" — après
"aux établissements" — et par l'ajout,».
C'est-à-dire
que je vais lire la note explicative. C'est : La vocation principalement
commerciale protège contre la loi les résidences premières et
secondaires des particuliers. Les résidences qu'ils possèdent et habitent.
Les inspecteurs pourraient en somme déterminer
si un particulier s'est procuré une résidence à des fins principalement commerciales ou à des fins de
logement personnel. La location occasionnelle d'une résidence
personnelle ne constitue pas une vocation principalement commerciale.
Dans le fond,
nous, on veut juste préciser ce qu'on soulignait des fois en auditions, c'est
de dire : Une personne qui a une
maison, qui la louerait, admettons, un mois ou deux semaines parce qu'il est
parti en voyage, qu'il ne soit pas contraint justement à cette loi, c'est-à-dire
parce que ce n'est pas un usage commercial. Alors, on veut juste préciser,
c'est pour ça qu'on vient rajouter les mots
«à vocation principalement commerciale». Ça ne change pas l'article, c'est
juste une précision sur l'article de la loi.
Le Président (M. St-Denis) :
Commentaires?
Cousineau : Juste
une...
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Bertrand.
Cousineau :
Au départ, M. le Président, est-ce que cet amendement est recevable, dans son
libellé, là? Je pose la question, là, parce que ça me semble...
Mme Vien : Ce n'est pas ça.
Non, non, ça...
Le Président (M. St-Denis) : C'est
correct.
Mme Vien : Je ne comprends
pas comment il est écrit. Moi, là, je suis désolée, là.
Le Président (M. St-Denis) : C'est
correct de la poser, la question. Je pense...
Mme Vien :
Moi, M. le Président, si vous me permettez, j'ai beau... je ne veux pas... De
la façon que c'est rédigé, cet amendement-là, je ne le comprends pas,
là, puis je vois mal son applicabilité à l'intérieur de ce que nous avons devant nous. Déjà, «aux établissements», je ne
retrouve pas ça dans l'actuel article. Je ne sais pas s'il y a un autre
tour de roue à donner, là, mais...
M. Auger : Bien là, on a demandé la
recevabilité, du côté de mon collègue.
Mme Vien : Ah! pardon.
Excusez-moi. Je n'avais pas compris. Excusez-moi.
Cousineau : C'est
ça. Moi, je me demande s'il est recevable, M. le Président. Alors, il faudrait
voir. Peut-être suspendre...
M. Auger : Quelques instants.
Cousineau :
...quelques minutes pour en faire l'analyse, pour voir s'il est recevable.
Parce que je ne vois pas... Moi
aussi, j'ai de la difficulté à comprendre, en tout respect, là, à quelle place qu'on l'imbrique, parce que
là je crois que...
Mme Vien : On ne comprend
pas, là.
Cousineau : Vous
êtes allé sur l'article 1 de la loi qu'on veut modifier, là. Il faudrait nous
amener des précisions. En tout cas, moi...
Président (M. St-Denis) : Peut-être...
Je vous suggérerais peut-être, M. le
député, de nous faire la lecture de... parce que c'est effectivement
compliqué à voir où vous voulez entrer ces mots-là, là. Peut-être le produit
final.
Schneeberger : Dans
le fond, l'article 1, tel qu'amendé, se lirait :
L'article
1 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique est modifié par
l'ajout, dans son premier alinéa, des
mots «à vocation principalement commerciale», après «aux établissements», et
par l'ajout de l'alinéa suivant...
Le Président (M. St-Denis) : C'est
bon. M. le député de Champlain.
M. Auger : Non, c'est beau, M. le...
Le Président (M. St-Denis) : C'est
bon.
M. Auger : Je suis d'accord avec mon
collègue de Bertrand.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous propose peut-être... Je vais vous proposer de suspendre...
Le Président (M. St-Denis) : ...et
nous allons valider, là, le tout. Et on vous revient dans quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 36)
Le Président (M. St-Denis) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Alors, nous allons reprendre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Alors, suite aux discussions, M. le Président, je vais retirer l'amendement de l'article 1, parce qu'il s'agit d'un amendement justement au
niveau du processus de l'application de la loi. Alors, on nous reviendra
là-dessus ultérieurement.
Président (M. St-Denis) :
Excellent! Alors, ça vous prendrait un consentement pour le retrait de
l'amendement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Denis) :
Consentement. Alors, l'amendement est retiré. Donc, est-ce que j'ai d'autres
commentaires sur l'article 1? M. le député de Bertrand.
Cousineau :
Oui, peut-être apporter seulement qu'une petite précision, Mme la ministre.
Évidemment, vers la fin du deuxième
alinéa, «à l'extérieur de la municipalité où se trouve son lieu de résidence»,
est-ce qu'on ne devrait pas ici préciser
«résidence principale»? Parce qu'il existe des résidences secondaires. Alors,
ce serait peut-être intéressant d'apporter la précision sur la résidence
principale? Parce que le terme «résidence»...
Le Président (M. St-Denis) : Mme la
ministre.
Cousineau : On n'a
même pas besoin d'un amendement, là.
Mme Vien :
C'est parce que, selon la définition qu'en donne l'OMT : dans ce sens-là,
c'est compris comme étant un établissement... pas un établissement,
pardon, mais une résidence principale, pour ne pas...
Mme Vien :
Excusez-moi. Le sous-ministre me dit que, dans le Code civil, la notion de
résidence est comprise d'emblée comme étant résidence principale.
Cousineau :
Parfait. D'accord. Donc, dans le Code civil, c'est comme ça qu'on retrouve ça.
On ne fait pas la distinction entre... Bon. O.K., moi, ça me va.
Mme Vien :
Je regarde une note que j'ai concernant l'interprétation un peu qu'on peut en
tirer de ce qu'a écrit l'OMT, c'est un peu dans ce sens-là qu'on le
comprend aussi.
Mme Vien : Vous me le dites,
là, vous, si je ne suis pas correcte, hein?
Cousineau : Avez-vous l'article... Permettez, M. le
Président, que je m'adresse directement...
Le Président (M.
St-Denis) : Oui. Je vais tout d'abord... Pour vous adresser directement...
Cousineau :
Puis on a donné notre consentement pour que M. Croteau puisse parler.
Le Président (M.
St-Denis) : On va demander d'abord un consentement pour que M.
Croteau...
Mme Vien :
...donner ça sans problème.
Le Président (M.
St-Denis) : C'est ça. Alors, j'ai besoin d'un consentement pour
laisser M. Croteau...
Une voix :
Consentement.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va?
Mme Vien :
Oui, excusez-moi.
Cousineau :
Est-ce que vous avez l'article dans le Code civil?
Cousineau :
Seulement que nous donner l'article.
Président (M. St-Denis) : Est-ce qu'on peut continuer et vous fournir
l'article par la suite? Puis, s'il y a une ambiguïté à ça...
Cousineau :
Oui, oui.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, est-ce que l'article 1 est adopté?
Mme Vien :
Adopté, M. le Président.
Cousineau :
Adopté.
Le Président (M.
St-Denis) : Parfait. Je prends maintenant en considération l'article
2. Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui, M. le Président. Alors, l'article
L'article 6 de cette loi est
modifié :
1° par le
remplacement du premier alinéa par le suivant :
«[6.1.]
L'exploitation d'un établissement d'hébergement touristique est soumise à la
délivrance d'une attestation de classification.»
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
personne qui demande l'attestation de classification est tenue d'informer le
ministre de toute infraction visée à l'article 11.0.1 pour laquelle elle
a été déclarée coupable ou a fait l'objet d'une ordonnance de non‑conformité.»
L'article
2 du projet de loi propose le retrait de la personne qui exploite
afin que l'attestation de classification soit liée à l'établissement et non à la personne qui l'exploite. Il propose également
l'obligation, pour la personne qui demande une attestation de classification, d'informer le ministre du Tourisme de toute infraction visée à l'article 11.0.1 introduit par l'article 6 du projet
de loi pour laquelle elle a été
déclarée coupable ou a fait l'objet d'une ordonnance de non-conformité.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
St-Denis) : Merci. Mme la ministre.
Vien : Alors, essentiellement, il s'agit d'un
article qui est nouveau ici. Et on veut évidemment, donc, que la personne se
déclare si effectivement il y a une notion de culpabilité à quelconque loi
qui viendrait contrecarrer ou mettre en doute l'obtention d'une
attestation de classification.
Le Président (M.
St-Denis) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des commentaires,
des discussions?
Cousineau :
Oui, l'article 11.0.1.
L'article 11.0.1, ça, ça fait référence à la présente
loi?
Vien : En fait, c'est
les... Bien, c'est la loi et les règlements qui sous-tendent notre loi. Aussi, la
Loi sur
le bâtiment, en matière de conception sans obstacle, la
Loi sur la qualité de
l'environnement, la
Loi sur la protection du consommateur et la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune.
Cousineau :
D'accord.
Mme Vien : Toutes des lois qui peuvent avoir un impact... où
l'établissement d'hébergement touristique pourrait avoir un impact.
Cousineau : D'accord. Donc, on demande à la personne qui fait la
demande de l'attestation de fournir ces renseignements-là.
Cousineau : Si cette personne-là, dans le passé, avait été en
infraction face aux différentes dispositions que vous venez de... ou aux différentes
lois que vous venez de...
Cousineau : D'accord. Ici, on n'est pas tenus de les... Non, c'est un
ajout. D'accord. Donc, on retrouve ces différentes lois
dans le texte...
Mme Vien : Oui, puis on les
retrouve aussi à l'article 11. C'est ça.
Cousineau : D'accord.
D'accord.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va, M.
le député de Bertrand?
Cousineau : Moi, ça
Le Président (M. St-Denis) : Est-ce
que j'ai d'autres commentaires?
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Bien, désolé, premièrement, de mon arrivée
tardive. Voilà trois minutes, j'avais un chapeau complètement différent,
là. Je suis en train de me remettre dans ça.
Moi, il y a une préoccupation que j'ai, assez
grande, par rapport à tout le projet de loi, c'est la question des propriétaires versus des locataires. Quand on vise
à enlever la personne qui exploite... On dit :
L'article
2 du projet de loi propose le retrait de la personne qui exploite
afin que l'attestation de classification soit liée à l'établissement et non à la personne qui
l'exploite. Est-ce qu'on ne va pas chercher les propriétaires par cette...
Comprenez-vous ma préoccupation? Je veux juste être sécurisé par rapport
à ça, là.
Mme Vien : M. le
Président, accepteriez-vous que M. le
sous-ministre Croteau donne un élément de réponse?
Le Président (M. St-Denis) : On a déjà
eu un accord à ce...
Mme Vien : On a statué que
c'était correct?
Le Président (M. St-Denis) : C'est
ça. Donc, il peut y aller sans problème.
Martel : ...ne plus
demander la permission. Merci.
M. Croteau
(Marc) : Merci, M. le Président. Effectivement, en venant définir
l'exploitation, ça enlève tout le flou
entre la personne qui est locataire, sous-locataire, ou etc. C'est vraiment
l'exploitation. Est-ce qu'il y a un lien entre le propriétaire du building... par exemple, lorsque c'est un locataire?
Effectivement, il y a un lien. Par contre, lorsqu'on parle d'habitation, le bail vient spécifier que
c'est pour habitation seulement, donc ça exclut le propriétaire
automatiquement. Mais ça vient clarifier,
là, si c'est un locataire, un sous-locataire, etc. Auparavant, on avait
certaines difficultés... je ne dirais
pas un vide juridique, mais on avait certaines difficultés à venir pointer qui
était l'exploitant, parce que, dans plusieurs cas, c'est des baux. Si on prend, par exemple, des opérations de grands
hôtels, même, souvent, c'est des baux, parce que le propriétaire de
l'immeuble, c'est souvent, à ce moment-là, des grandes compagnies immobilières.
Martel : C'est la
réponse que je souhaitais entendre. Merci.
Le Président
(M. St-Denis) : Parfait. Est-ce que j'ai d'autres commentaires? Est-ce
que l'article 2 est adopté?
Président (M. St-Denis) : On y va avec l'article 3. Mme la ministre.
Vien : Mme la secrétaire, M. le Président, moi, j'aurai un
amendement. Je ne sais juste pas quand je dois le déposer : avant,
après la lecture?
Le Président (M.
St-Denis) : Après la lecture.
Mme Vien :
Après la lecture?
Le Président (M.
St-Denis) : Après la lecture.
Mme Vien :
Parfait. Allons-y.
Article 3. Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 6, du suivant :
«6.1. Sur réception
d'une demande d'attestation de classification à l'égard d'un établissement
d'hébergement touristique pour lequel aucune
attestation n'a été délivrée, ou d'une demande visant à changer la catégorie
d'établissement d'hébergement touristique, le type ou le nombre d'unités
d'hébergement offertes, le ministre transmet un avis à la municipalité sur le
territoire de laquelle est situé l'établissement l'informant de la demande et
de l'usage projeté.
municipalité doit, dans les 45 jours de l'avis, informer le ministre si l'usage
projeté n'est pas conforme à la réglementation
municipale d'urbanisme relative aux usages adoptée en vertu de la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme.
présent
article ne s'applique pas à l'égard d'un établissement situé sur une
terre du domaine de l'État ou sur une réserve indienne.»
Un commentaire. En
concordance, donc, avec le projet d'abrogation du paragraphe 4° de l'article
10.1 du Règlement sur les établissements
d'hébergement touristique, l'article 3 du projet de loi propose l'introduction,
dans la loi, d'une obligation, pour le ministre du Tourisme, dès qu'il
reçoit une demande d'attestation de classification pour un établissement, d'en
informer la municipalité.
serais brève ici parce que vous connaissez un peu ce qu'il en retourne, ici,
là, c'est de venir alléger le processus de demande d'une attestation de
classification. À l'époque, ou même actuellement, la personne qui fait la
demande doit aller vérifier auprès de la
municipalité concernée est-ce que, oui ou non, elle contreviendrait au schéma
d'urbanisme sur les usages, puis il y a des frais reliés à ça.
Nous,
ce qu'on dit : Bien, on va lui simplifier la vie. Si la demande... À
partir du moment où la demande est reçue au ministère, c'est le ministère qui communique avec la municipalité et
qui lui demande : Écoute, on a reçu une demande d'une attestation dans tel secteur de ta
municipalité, peux-tu nous confirmer que c'est conforme? L'absence de
réponse, dans les 45 jours, de la municipalité vient donc donner l'aval au
projet.
Donc, s'il y avait
effectivement des problématiques particulières, la municipalité aurait, à ce
moment-là, à se manifester. Donc, ne dit mot
consent. Si on n'a pas de nouvelle de la municipalité dans les 45 jours, il n'y
a donc aucun problème pour l'exploitant, le futur exploitant, de
procéder. Donc, là, j'ai un amendement.
Le Président (M. St-Denis) :
Alors, allez-y avec la lecture de votre amendement.
Mme Vien :
Je l'ai, l'amendement.
Le Président (M.
St-Denis) : Vous avez des copies?
Mme Vien :
Oui. Voulez-vous qu'on suspende, M. le Président?
Le Président (M. St-Denis) :
Avez-vous des copies?
Mme Vien :
Je ne le sais pas.
Le Président (M.
St-Denis) : Vous ne savez pas?
Mme Vien :
Ça doit bien!
Le Président (M.
St-Denis) : Donc, nous allons suspendre quelques instants.
Mme Vien :
C'est candide, hein?
(Suspension de la séance à
11 h 51)
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre.
Merci, Mme la ministre, pour le dépôt de votre amendement.
Alors, je vous laisse la parole.
Mme Vien : Oui, merci. Écoutez, j'ai déposé les trois
amendements que j'ai jusqu'à maintenant, pour
l'ensemble de l'oeuvre, donc l'ensemble du projet de loi. Si les collègues ont
eux aussi des amendements et qu'ils souhaitent... désiraient aussi nous les déposer, ça nous permettrait, nous, de se
faire une tête peut-être. Je sais que la deuxième opposition nous disait
qu'elle n'en avait pas tant que ça, mais, si ça nous permet...
Cousineau :
Oui.
Mme Vien :
Comme vous, vous en avez un, entre autres, sur le titre, etc.
Cousineau : ...des
précisions qu'on... Excusez, madame. C'est des précisions qu'on veut apporter.
Puis, si on sent le besoin
d'introduire un amendement, bien, à
ce moment-là, ce ne sera pas long, on
pourra vous sortir ça rapidement.
Vien : Ah! parfait.
Parfait. Bien, si vous voulez nous les déposer, ça serait gentil, ça nous
donnerait le temps de les analyser.
Alors, je lis l'amendement,
M. le Président? Ça va?
Article 3. À l'article
6.1, introduit par l'article 3 du projet de loi :
remplacer, dans le premier alinéa, «sur le territoire de laquelle» par ce
qui suit : «, à l'arrondissement ou à la municipalité régionale de comté
sur le territoire duquel»;
insérer, dans le deuxième alinéa et après «municipalité», ce qui suit : «,
l'arrondissement ou la municipalité régionale de comté».
Je donne quelques
explications, M. le Président?
Le Président (M.
St-Denis) : Absolument.
Mme Vien :
Il y a des députés ici, là, ce sont des anciens maires, des anciens préfets de
MRC, donc ils vont rapidement comprendre de
quoi il en retourne. On a voulu, donc, apporter une précision supplémentaire
aux territoires... à la municipalité,
parce qu'il existe, par exemple, des territoires non organisés où c'est la MRC
qui voit à la gestion du schéma d'aménagement
sur les usages parce que ces territoires-là ne sont pas nécessairement
organisés en municipalités. Alors donc, pour ne pas les échapper, il
fallait donc les inclure avec cette notion-là.
Et d'autre part,
évidemment, tout le monde saisit que l'arrondissement... Si on prend Montréal,
Montréal est organisée en arrondissements.
Chacun des arrondissements, sauf erreur, voit justement à l'élaboration et à
l'application des schémas d'aménagement sur
les usages. Alors donc, c'est une question de concordance. Évidemment, on va
venir, partout dans le projet de loi, faire les changements nécessaires,
et c'est pour bien représenter la réalité municipale.
D'autre
part, M. le Président, j'en profite pour dire aussi que la FQM, la Fédération
québécoise des municipalités, est venue nous dire en commission
parlementaire que cet
article 3 — j'ai oublié de le dire tantôt —était tout
à fait correct et très recevable, là, puis très faisable aussi dans son
application.
Alors, voilà pour
l'amendement, M. le Président. Est-ce que j'ai été claire?
Cousineau :
Très claire. Merci.
Le Président (M.
St-Denis) : Est-ce que j'ai des commentaires?
Cousineau :
Bien sûr!
Le Président (M.
St-Denis) : M. le député de Bertrand.
Mme Vien :
Un ancien maire, un ancien préfet.
Cousineau : Bien sûr. Bien, moi, j'aime qu'on apporte une
précision parce qu'il y a la municipalité locale, évidemment. Il y a les arrondissements,
maintenant, que nous rencontrons dans les villes, là, suite à la
loi sur... je
ne me souviens plus du numéro, là,
qu'on a mise en place créant les arrondissements. Et puis il y a évidemment les
municipalités régionales de comté. Il y a évidemment les municipalités
régionales de comté qui ont la responsabilité de gérer les TNO, les territoires non organisés, sur... Bon.
Alors, ça, c'est tout à fait correct que d'amener ces ajustements-là,
sauf que, dans le dernier...
Puis
moi, je suis d'accord avec ce que vous amenez. Je suis donc d'accord avec
l'amendement que vous apportez, sauf
que, dans le dernier paragraphe, vous dites... Puis là vous me corrigerez,
peut-être qu'il semble y avoir une contradiction,
parce que vous dites : «Le présent
article ne s'applique pas à l'égard
d'un établissement situé sur une terre du domaine de l'État ou sur une
réserve indienne.»
Réserve
indienne : tout à fait d'accord avec vous. Mais «ne s'applique pas à
l'égard d'un établissement situé sur une terre [publique]», bien là, les terres publiques, ce sont des terres qui
sont gérées par les MRC, ce sont des TNO, il y a des baux de
villégiature sur les terres publiques. Alors, si on dit que... vous insérez
municipalités, arrondissements et municipalités
régionales de comté parce qu'ils gèrent les terres publiques, bien, il ne
faudrait pas, dans le dernier paragraphe, dire, bien, ça ne s'applique
pas à ça.
Vous voyez la contradiction? On apporte un
amendement qui est tout à fait très intéressant, mais, dans le dernier paragraphe, on dit, bien, ça ne s'applique
pas aux terres publiques. Mais les terres publiques, ce sont les TNO, puis c'est là qu'on
retrouve des baux de villégiature, d'accord? Et puis, parlant de baux de villégiature,
si on veut faire en sorte que ça se
tienne, bien, dans le dernier paragraphe, on pourrait tout simplement
écrire : Le présent
article ne s'applique pas à l'égard d'un
établissement situé sur une réserve indienne.
Mme Vien :
M. le député, écoutez, je suis un petit peu embêtée avec cette
partie de cet
article-là. Je sais qu'à un autre
endroit dans le projet de loi, je vous dis ça de mémoire, on a apporté cette
notion parce qu'en termes d'attestation de classification ça devenait difficile de le faire parce qu'il y a une
question... puis là j'invente peut-être un mot, mais d'être «nomade», en termes d'établissement touristique...
à certaines offres touristiques où ce sont des campements qui se font et
se défont et sur un territoire de nature de
plein air, par exemple. Alors, je me souviens qu'il y avait eu un élément à
ce niveau-là pour un
article d'un projet de loi, mais, qu'il soit ici, ça me
questionne un peu, là.
Cousineau :
Bien, c'est parce que j'ai l'impression que vous introduisez une contradiction.
C'est juste ça. J'amène ça parce que
je veux vous aider là-dessus. Il faudrait le vérifier. D'autant plus, Mme la
ministre, que je pourrais vous dire que — puis je sais qu'il y a
des confrères qui sont très connaisseurs en la matière — sur
les territoires non organisés, il y a des
baux de villégiature, il y a évidemment du camping, là, beaucoup de camping,
mais il y a aussi des chalets qui ont été construits par ceux qui
possèdent des baux de villégiature. Certains peuvent avoir deux, trois, quatre chalets parce qu'ils ont acheté les chalets
des voisins et pourraient peut-être en faire un commerce en utilisant
leurs chalets pour fins de chasse et de
camping l'été, puis tout ça, mais, les autres chalets qu'ils se sont procurés,
il faudrait faire attention, là, il
faudrait juste vérifier si... Parce que vous les excluez dans le dernier
paragraphe et puis vous les introduisez dans votre amendement. Vous
comprenez ce que je veux dire?
Mme Vien : Bien, est-ce que
vous me permettez une petite seconde et quart?
Cousineau : Bien
oui. Bien sûr. Mais on peut suspendre?
Mme Vien : Oui, suspendons
quelques secondes.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous propose de suspendre.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Le Président (M. St-Denis) : Nous
allons recommencer. Donc, suite à cette pause, nous allons revenir sur l'amendement.
Alors, j'ai le député de Nicolet-Bécancour qui voulait intervenir.
Martel : Oui, sur
l'amendement. Bien, peut-être que vous allez m'expliquer puis que tout va être
correct, là, mais, quand vous dites dans le premier alinéa que, dans le fond,
on ajoute, hein, on dit... La demande est faite à la municipalité qui habite à quelque part, là. Donc, c'est la municipalité qui reçoit l'avis. Puis, dans le deuxième, là, on
dit : Insérer, dans le deuxième... et
après «municipalité», ce qui suit... Là, c'est qu'on dit dans le
deuxième paragraphe, c'est : «...informer le ministre si l'usage projeté n'est pas conforme à la réglementation municipale d'urbanisme...»
C'est-à-dire qu'on le dit, «la municipalité doit», c'est-à-dire qu'on
dit «la municipalité», là on rajoute «, l'arrondissement ou la municipalité
régionale de comté» doit... Là, je me dis : On vise la municipalité, c'est
elle qui reçoit l'avis. Puis après ça qui qui répond? Bien là, ça peut être la
municipalité, l'arrondissement ou la MRC. Pour moi, ce n'est pas clair, là.
Comprenez-vous ce que je veux dire? Je pense qu'il faut identifier c'est qui
qui répond, là.
Mme Vien : Oui,
effectivement. Moi, je ne vois pas d'ambiguïté parce que, si vous êtes à
Montréal ou... Et effectivement vous allez... Nous, on va envoyer la demande...
vous me corrigerez, M. Croteau, mais on va envoyer la demande à l'arrondissement. C'est donc
l'arrondissement qui va me répondre. Si j'envoie l'avis dans un TNO, c'est
la MRC qui va me répondre. Si j'envoie ça à
Saint-Camille-de-Lellis, dans Bellechasse, c'est Saint-Camille qui va me
répondre.
Martel : Ce n'est
pas de même que je le lis, Mme la ministre.
Mme Vien : Ce n'est pas comme
ça que vous le lisez?
Martel :
Moi, ce que je lis, c'est que... Prenons une MRC, là. Premier alinéa, on dit
que le ministère envoie un avis à la
municipalité, qui est située dans un arrondissement, dans un territoire, dans
une MRC. Et, le deuxième alinéa, on dit : La municipalité,
l'arrondissement ou la MRC...
Mme Vien :
Non. Si vous me permettez, M. le député, je vais vous lire l'amendement
intégré, O.K.? Moi, j'ai demandé d'avoir ça, là, de mon côté, parce que
je trouve ça plus facile.
«6.1. Sur réception d'une demande d'attestation
de classification à l'égard d'un établissement d'hébergement touristique pour lequel aucune attestation n'a été
délivrée, ou d'une demande visant à changer la catégorie d'hébergement touristique, le type ou le nombre d'unités d'hébergement
offertes, le ministre transmet un avis à la municipalité, [à] l'arrondissement ou [à] la municipalité régionale
de comté sur le territoire [duquel] est situé l'établissement
l'informant de la demande et de l'usage projeté.»
Ça, on est
dans le premier alinéa, ça venait donc aussi être intégré. Et, par concordance,
on n'a pas le choix, dans le deuxième, c'est... Je poursuis : «La
municipalité, l'arrondissement ou la municipalité régionale de comté doit — on pourrait marquer, par exemple, quelque chose comme
"le cas échéant", là, tu sais, pour bien spécifier, mais, tu sais,
moi, ça avait été clair, en tout cas — dans les 45 jours», etc.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Bertrand, vous aviez un commentaire?
Cousineau : Oui, bien, moi, c'était juste dans la procédure,
parce que, là, il
y a un amendement sur la
table, on dispose de l'amendement, l'amendement nous amène... élargit le... On passe de municipalité à, bon, MRC puis arrondissement. Ça, c'est l'amendement. Puis là on
adopte l'amendement puis, par la suite, on peut discuter sur l'article
tel qu'amendé. Parce que, là, l'amendement, tout ce qu'il fait, l'amendement, c'est d'élargir le champ d'action autre que les municipalités,
on s'en va dans les arrondissements puis on s'en va...
Président (M. St-Denis) :
C'est là-dessus que le député
de Nicolet-Bécancour en est, là.
C'est sur l'amendement. C'est sur l'amendement qu'il fait son questionnement.
Donc, on est sur l'amendement, là.
Martel : Mais, juste pour fermer ma porte, là, vous avez
raison. Moi, je comprenais que l'amendement, le deuxième
inséré, il venait après «la municipalité doit», mais le «doit», il vient après «municipalité régionale de comté». C'est
correct.
Le Président (M. St-Denis) : C'est
ça, oui.
Martel : O.K. C'est
de ma faute.
Mme Vien : Non, mais il n'y a pas d'offense, là. On est là
pour bien se comprendre. Puis ce n'est pas évident, on est dans un ancien texte, un nouveau texte, on
amène des amendements puis c'est parcellaire. Non, non, il y a...
au contraire.
Le Président (M. St-Denis) : Sur l'amendement,
est-ce qu'on a d'autres questions?
Martel : Non, c'est
beau.
Mme Vien : C'est beau?
Le Président (M. St-Denis) : C'est
bon? Sur l'amendement.
Cousineau : Sur l'amendement,
moi, ça va.
Le Président (M. St-Denis) : Bon. Est-ce
que l'amendement est adopté?
Cousineau : Bien,
avec une nouvelle... Voulez-vous le relire, s'il vous plaît, tel que vous
avez...
Mme Vien : Oui, avec plaisir.
Cousineau : Oui, s'il
vous plaît.
Mme Vien : Je le relis?
Cousineau : Oui.
Mme Vien : «6.1. Sur
réception d'une demande d'attestation de classification à l'égard d'un établissement
d'hébergement touristique pour lequel aucune attestation n'a été délivrée, ou d'une
demande visant à changer la catégorie d'hébergement touristique, le type
ou le nombre d'unités d'hébergement offertes, le ministre transmet un avis à la
municipalité, [à] l'arrondissement ou [à] la municipalité régionale de comté
sur le territoire [duquel] est situé l'établissement
l'informant de la demande et de l'usage projeté.
«La municipalité, l'arrondissement ou la municipalité
régionale de comté doit, dans les
45 jours de l'avis, informer le ministre
si l'usage projeté n'est pas conforme à la réglementation municipale d'urbanisme relative aux usages
adoptés en vertu de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.
«Le présent
article...» Ça, on y reviendra, là, mais, pour l'amendement, là, c'est que ça
concerne les deux ajouts dont je vous parlais.
Cousineau : Parfait. Moi, ça va.
Le Président (M.
St-Denis) : Et l'amendement, tel que... inclut, là :
présent
article ne s'applique pas à l'égard d'un établissement situé sur une
terre du domaine de l'État ou sur une réserve indienne.»
Donc,
l'amendement est comme ça, et, lorsqu'il sera adopté, il y aura un nouvel
amendement de déposé, ce qu'on a convenu tantôt pour cette portion-là.
Mme Vien :
Pour ce troisième alinéa là.
Cousineau :
Parfait, c'est ça.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, ça va pour l'amendement?
Cousineau :
Oui.
Le Président (M.
St-Denis) : Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M.
St-Denis) : Adopté. Maintenant, je sais que Mme la ministre aurait un
autre amendement à apporter.
Mme Vien :
C'est en processus. Cela s'imprime.
Le Président (M.
St-Denis) : Donc, nous allons suspendre, le temps de vous donner les
documents. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 13)
Président (M. St-Denis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, Mme
la ministre, je vous redonne la
parole pour la question de votre amendement.
Vien : Alors, M. le Président, avec la permission des collègues, moi, je suggère que l'amendement que je voulais vous présenter
concernant le troisième alinéa,
suivant le questionnement soulevé par
le député de Bertrand, que vous me permettiez, donc, le cas
échéant, de le déposer un peu plus tard. Je sens le besoin d'aller faire quelques
petites vérifications. Ce serait sage de prendre notre temps, à ce niveau-là, concernant cet élément-là. Alors, on verra plus tard si effectivement
il y a lieu d'avoir un amendement ou pas, et j'apporterai un complément d'information
aux députés ici aujourd'hui. Voilà.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, merci, Mme la ministre. Donc, M. le député de
Bertrand, pour des éclaircissements sur l'article 3.
Cousineau : Oui, alors, merci, M. le Président. Donc, ce que
je comprends, Mme la ministre, c'est que les vérifications que vous allez faire, vous allez saisir les gens que vous
allez consulter de la contradiction qui nous semble apparaître, là.
Mme Vien :
Tout à fait ça.
Cousineau :
Bon, parfait. Mais ce n'était pas là-dessus. Je veux... C'est : «La
municipalité doit, dans les 45 jours de
l'avis, informer le ministre — ou la ministre — si l'usage projeté n'est pas...» Bon. Alors,
45 jours, est-ce... Puis on dit
que, s'il n'y a pas de réponse de la municipalité — ce n'est pas marqué ici, là — après 45 jours, on considère que
la municipalité a dit oui, d'accord?
Cousineau :
Là, ma seule interrogation... Il y a des petites municipalités, dans les
régions, qui n'ont pas la même facilité puis
ils n'ont pas le personnel, nécessairement, pour faire le suivi nécessaire, et
puis, même si un avis est demandé,
dans certaines petites municipalités, c'est difficile. Est-ce qu'on ne devrait
pas inscrire, puis j'amène ça à votre réflexion
étant donné que la... Est-ce qu'on ne devrait pas inscrire : La municipalité
doit obligatoirement nous signifier, dans les 45 jours, son
intention? On ne peut pas faire ça? Bien, je pose la question, là.
Vien : Bien, écoutez, moi, je... Ce que nous souhaitions, c'est
d'abord d'alléger du côté du demandeur, et nous souhaitions aussi ne pas alourdir du côté de la municipalité. On
croit que c'est raisonnable que la seule démarche qu'ils aient à faire,
outre le fait de faire la vérification, bien entendu... que, si effectivement
ils ne sont pas d'accord, là de se manifester.
Je n'ai que
ça ou à peu près, moi, des petites municipalités dans le territoire de
Bellechasse, j'en ai 30. À 95 %, elles sont très petites, et, très sincèrement, je n'entrevois pas de
problématiques particulières, d'autant plus que Richard Lehoux, qui est le président de la Fédération québécoise
des municipalités, qui est l'union qui regroupe les petites
municipalités au Québec, est venu nous dire
qu'il était très à l'aise avec le 45 jours. Alors, avec votre permission,
je le laisserais comme ça. Je pense que c'est assez raisonnable,
45 jours. C'est au-delà d'un mois, là.
Cousineau : Oui. Je
ne ferai pas un gros débat là-dessus.
Mme Vien : Oui, c'est ça.
Cousineau :
C'est uniquement pour éviter qu'il y ait des conflits entre certains citoyens
qui vont obtenir une certification ou
une attestation et puis des classificateurs, et puis qu'à un moment donné la
municipalité dise : Wo! Un instant,
nous avons des plaintes, puis vous n'êtes pas dans une bonne zone, et puis on a
oublié de vous dire que nous autres, on
ne veut pas. C'est uniquement pour protéger certaines petites municipalités
parce que ça pourrait arriver. Mais, regardez, je ne ferai pas un grand débat là-dessus parce que j'ai bien vu que le
président de la FQM était tout à fait en accord et à l'aise avec ça.
D'accord?
Mme Vien : C'est correct.
Cousineau : Je
plaide uniquement pour les petites municipalités qui, à un moment donné,
pourraient être placées dans une
situation... ou engendrer des frais d'avocats parce qu'un citoyen va se
plaindre que quelqu'un a un usage dans une zone où les usages ne sont
pas permis. C'est uniquement ça. Alors, voilà.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va,
M. le député de Bertrand? M. le député Nicolet-Bécancour.
Martel :
Bien, peut-être dans la même veine que la ministre, là, 45 jours, moi, il
m'apparaît raisonnable dans le sens
que ce qu'on fait, c'est juste un avis de conformité, tu sais. On vérifie si
cet usage-là est permis dans cette zone-là. Tu sais ce que je veux dire, on n'étudie pas un grand projet, là, on fait
juste regarder si le type d'usage... Donc, ça ne demande pas des
recherches à tout casser, là.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous remercie. Alors, comme convenu, avec le consentement des collègues, on pourrait suspendre l'article 3
et passer à l'article 4. Donc, pour la suspension de l'article 3,
est-ce que j'ai un consentement?
Des voix : Consentement.
Mme Vien : Consentement, M.
le Président.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
on recevra maintenant l'article 4. Mme la ministre.
Mme Vien : Alors, merci
beaucoup, M. le Président.
L'article 4 :
L'article 8 de cette
loi est modifié par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de «à une
personne d'exploiter» par «l'exploitant d'».
Évidemment,
c'est une question de concordance ici avec ce dont on a discuté à
l'article 2, si ma mémoire est bonne. Ça ne me semble pas soulever
de passions.
Le Président (M. St-Denis) : Est-ce
que j'ai des commentaires? M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui, ça
me va.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va?
Est-ce que l'article 4 est adopté?
Mme Vien : Adopté, M. le
Président.
Le Président (M. St-Denis) :
L'article 5.
Mme la ministre.
Mme Vien :
L'article 5
se lit comme suit...
Cousineau : Est-ce
que vous avez un amendement?
Mme Vien :
Oui, tout à fait, merci, M. le député de Bertrand.
L'article 11 de cette loi est remplacé par
le suivant :
«11. Le
ministre refuse de délivrer une attestation de classification lorsque la
personne qui en fait la demande ne remplit pas les conditions prescrites
par la présente loi et ses règlements.
«Le ministre refuse également de délivrer une
attestation de classification lorsque la municipalité l'informe, conformément à
l'article 6.1, que l'usage projeté de l'établissement d'hébergement
touristique n'est pas conforme à la
réglementation municipale d'urbanisme relative aux usages adoptée en vertu de
la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (chapitre A-19.1).» Voilà.
Alors, l'article 5 du projet de loi propose le remplacement de l'article 11 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique afin
de revoir les cas où le ministre refuse, sans discrétion possible, la
délivrance d'une attestation de classification. En effet, lorsque la personne qui fait une demande d'attestation de
classification ne respecte pas les
conditions de la présente loi ou de son règlement ou si l'usage
projeté de l'établissement n'est pas, selon l'information fournie par
la municipalité, conforme à la réglementation municipale en matière d'urbanisme
relative aux usages, le ministre doit refuser de délivrer l'attestation de classification.
Voilà.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
est-ce que j'ai des questions ou des commentaires sur l'article 5?
Cousineau :
Oui. Alors, moi, je trouve ça tout à fait correct. Alors, vous avez ici...
Voyez-vous, lorsqu'on regarde tout
ça, les municipalités régionales de comté sur les TNO, elles vérifient si, par
exemple, les lois sur l'urbanisme, si les lois sur la conformité par
rapport aux arrangements sanitaires, si tout ça, c'est conforme aux lois.
Alors, tantôt, la discussion qu'on a eue concernant les TNO, je pense que ça
vient renforcir, là, ce qu'on disait.
Mais, dans
l'ensemble de l'article 5, moi, je trouve ça tout à fait correct parce
que, là, on vient camper ici les... on vient
clairement définir, là, ce pourquoi la ministre peut retirer ou peut refuser
une demande d'attestation. Il n'y a pas de problème pour moi.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va?
Martel : Il n'y a
pas de problème pour moi non plus.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
Mme la ministre, vous avez un amendement.
Mme Vien :
Oui. À l'article 11, tel que proposé par l'article 5 du projet de
loi, insérer, dans le deuxième alinéa et après «municipalité», ce qui
suit : «, l'arrondissement ou la municipalité régionale de comté».
Vous aurez tous compris que c'est la même
concordance qu'on souhaite pour l'article 3.
Président (M. St-Denis) : Ça va pour tout le monde? Alors, est-ce que
l'amendement à l'article 5 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Et
est-ce que l'article 5 est adopté?
Président (M. St-Denis) : Tel qu'amendé, tel qu'amendé. Donc, adopté?
Merci. Oui, M. le député de Bertrand.
Cousineau :
Avant d'adopter, là, bon, oui, oui, c'est de la concordance avec
l'article 3, mais on a suspendu l'article 3. N'y aurait-il pas
lieu de suspendre cet article-là aussi parce que c'est en relation avec
l'article 3?
Président (M. St-Denis) : Moi, je ne crois pas, M. le député, parce
que ça ne vient pas changer les paramètres de l'article 3. C'est
juste...
L'article 3 sera adopté en fonction de l'article 5 aussi.
Alors, c'est bon.
Cousineau :
Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Denis) : Merci.
Donc, l'article 6.
Je veux juste
préciser, M. le député de Bertrand, que vous avez mentionné «avant d'adopter»,
mais c'était adopté. Donc, juste pour être certain que l'article 5
est adopté tel qu'amendé.
L'article 6 maintenant.
Mme Vien : Merci, M. le
Président. On sent l'expérience autour de la table. C'est bien.
6. Cette loi est modifiée par l'insertion — oui,
oui, je parlais de vous, M. le député de Bertrand, là — après
l'article 11, du suivant :
«11.0.1. Le ministre peut refuser de délivrer
une attestation de classification lorsque la personne qui en fait la demande a,
au cours des trois dernières années, été reconnue coupable d'une infraction à
l'une des dispositions de la présente loi ou
de ses règlements, de la
Loi sur le bâtiment en matière de conception sans
obstacles, de la
Loi sur la qualité de l'environnement, de la
Loi sur la
protection du consommateur ou de la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune, à moins qu'elle n'en ait obtenu le
pardon, ou fait l'objet d'une ordonnance de non-conformité rendue conformément
à l'une de ces lois.»
L'article 6,
M. le Président, du projet
de loi reprend, dans un nouvel
article, le pouvoir du ministre de refuser de délivrer une attestation de classification lorsque la personne qui en
fait la demande a, au cours des trois dernières années précédant sa demande, été reconnue coupable d'une
infraction aux lois mentionnées dans l'article, à moins qu'elle n'en ait
obtenu le pardon ou encore si elle a fait l'objet d'une ordonnance de
non-conformité. Voilà.
Le Président (M. St-Denis) : Questions,
commentaires? M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui. Merci,
M. le Président. C'est uniquement sur
le «peut», là, «la ministre peut refuser», est-ce qu'on ne devrait pas plutôt
dire «la ministre doit refuser»?
Mme Vien : Vous me corrigerez, M. le sous-ministre, mais, de mémoire, on a voulu laisser ici une ouverture, une application intelligente et avec jugement de situation,
par exemple, qui pouvait survenir et qui, à première vue,
semble peut-être contrevenir à une loi, celle notamment sur les obstacles... comment
on l'appelle, la
Loi sur le bâtiment en matière de conception sans obstacles.
Évidemment,
c'est l'accès aux lieux publics, aux lieux auxquels le public a accès pour des
personnes à mobilité réduite, par exemple. Il peut arriver des circonstances où l'exploitant n'a pas pu se mettre
à... mise à niveau ou des trucs comme ça. Est-ce que c'est bien... C'est
clair?
Cousineau : M.
Croteau a quelque chose à ajouter.
Mme Vien : Voulez-vous
ajouter un petit quelque chose, M. Croteau?
M. Croteau
(Marc) : En fait, c'est la
différence entre l'article qui a été vu tantôt où il y aurait
une délégation d'un pouvoir... Donc,
avec délégation de pouvoirs, il n'y a pas de discrétion. Lorsque la loi qui touche l'hébergement n'est pas rencontrée, à ce
moment-là ceux qui ont la délégation du pouvoir doivent, à ce moment-là,
refuser.
Par rapport aux autres lois, c'est la ministre qui a la discrétion, parce qu'effectivement ça dépend de
l'ampleur de la condamnation, je vais dire ça comme ça, là, pour laquelle
l'exploitant a été trouvé coupable. Est-ce que ça nécessite effectivement
l'annulation ou le refus d'un permis d'attestation? Il y a une discrétion qui
peut être appliquée à ce moment-là.
Mme Vien :
C'est important, ce qu'il dit, parce qu'en d'autres circonstances, dans le
projet de loi, vous le savez, on veut
déléguer des responsabilités de renouveler l'attestation de classification,
puis nous souhaitons que ce soit confié à nos trois mandataires, là,
ceux actuellement qui font la classification, évidemment. Donc, c'est une
espèce d'assurance d'y aller avec un
continuum au niveau de l'intervenant sur le terrain. Ça, c'est une chose. Donc,
en venant dire ici «peut refuser»,
étant donné que c'est un pouvoir, comme le disait le sous-ministre,
discrétionnaire, il ne peut pas se déléguer. Ça, c'est une chose.
L'autre
chose, bien, effectivement, on donne à la ministre ou au ministre un pouvoir
discrétionnaire, parce qu'il y a des
situations où ce n'est pas blanc, puis ce n'est pas noir, puis il y a quelque
chose entre les deux. Kéroul... Voilà, oui.
Cousineau :
Donc, une personne qui a été reconnue coupable en vertu, par exemple, du
règlement d'urbanisme, on peut lui
délivrer son certificat ou son attestation et puis on vérifie si le pardon...
ou si la situation a été corrigée. Est-ce qu'on vérifie aussi si des
amendes ont été payées? Parce que, bien souvent, il y a des amendes qui
accompagnent les infractions. Là on dit
que... Puis on ne parle pas d'amende ici, mais il y a souvent des amendes. Et
on vérifie aussi si les amendes ont été payées? Oui?
M. Croteau (Marc) : Bien, juste, M.
le Président, si vous me permettez, pour préciser entre la délégation de l'application de la loi où il ne peut pas y avoir
de discrétion... Ici, pourquoi il peut y avoir de la discrétion? Je vais
vous donner... Par exemple, un exploitant
d'une pourvoirie qui a une attestation est trouvé coupable, en vertu de la loi
actuelle, de ne pas avoir porté, par
exemple, son dossard lorsqu'il accompagne... donc est trouvé coupable. Est-ce
qu'on lui enlève l'attestation d'opérer sa pourvoirie parce qu'il
n'avait pas son dossard?
Donc, c'est
au-delà de la discrétion de permettre au ministre de juger : Bien, écoute,
il a été trouvé coupable de quoi,
l'exploitant? Et à ce moment-là elle peut refuser ou suspendre — vous allez voir plus loin, il y a des
articles pour suspendre aussi, là — l'attestation. Donc, elle est
là, la discrétion.
Par rapport à la délégation, qui est l'article
précédent, l'application, elle est stricte, parce que c'est délégué.
Cousineau :
Parfait. Merci.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Bien, c'est un peu dans la même
veine. Je me disais : Y a-tu des pendants d'une situation comme ça? Comment on peut refuser à une personne de lui émettre un permis ou
un certificat en lien avec des infractions qui n'ont rien à voir avec la
demande de permis?
J'aime
l'exemple que vous donniez du dossard. La personne a eu une infraction, mais il
n'y a pas... Parce que là ça devient
une question de jugement. Est-ce que l'infraction qu'il y a eu
a eu un lien direct, indirect avec le bâtiment visé? Je trouve que l'interprétation est vraiment
large, là. Est-ce qu'on ne devrait pas préciser, de dire «en lien avec le
bâtiment visé»? Comprenez-vous ce que je veux dire?
M. Croteau
(Marc) : Oui. Bien, effectivement, M. le Président, c'est large, ça touche plusieurs
lois et ça laisse une discrétion. Mais je peux donner un exemple où quelqu'un
trouvé coupable d'avoir rejeté les eaux usées dans un lac et puis qu'il n'y a pas de champ d'épuration,
etc., à ce moment-là, l'attestation, elle est refusée. Elle est refusée. Il
faut laisser cette discrétion-là, parce qu'effectivement la panoplie de situations où il peut y avoir une situation
de culpabilité, elle est tellement large qu'on ne peut pas préciser.
Donc, il faut laisser cette discrétion-là. C'est de cette façon-là que ça a été
monté, autant pour le refus que pour la suspension.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Bertrand.
Cousineau : Oui. C'est intéressant, ce que vous
dites. Vous avez parlé de pourvoirie tantôt, là. Par exemple, une pourvoirie qui possède tous les permis nécessaires
du ministère, les attestations, mais il y a une infraction, là, qui apparaît au
niveau de l'urbanisme parce que le champ d'épuration coule. Le champ
d'épuration coule, et puis là les inspecteurs
de l'environnement et puis la MRC qui est responsable du territoire
envoient un avis d'infraction avec une série de recommandations et d'amendes, si ce n'est pas fait. Là, à ce
moment-là, est-ce qu'on suspend? Est-ce que les inspecteurs vont
suspendre l'attestation, le permis d'exploitation touristique, avec toutes les
implications que ça peut amener au pourvoyeur, évidemment, là? Parce que
suspendre avant une saison, par exemple, de la chasse une attestation parce qu'il
y a une infraction au règlement d'urbanisme majeure...
M. Croteau
(Marc) : Mais effectivement
vous avez raison, M. le député... M.
le Président. Ça peut aller
jusque-là. Il y a un
article qui touche ça plus loin,
l'article 7 du projet de loi qui modifie l'article 11.2 de la loi, où,
effectivement, la gravité... Puis vous utilisez un bel exemple.
Si, avant
même l'automne, il y a une contravention puis un niveau de culpabilité parce
qu'effectivement la fosse d'épuration coule dans la nature, bien, ça
pourrait être justification pour le ou la ministre de suspendre effectivement
l'attestation, à moins que la situation soit réglée à la satisfaction...
Cousineau :
Parce que de suspendre, évidemment, avant, par exemple, l'automne, ça peut amener
à la faillite d'une pourvoirie. C'est très clair parce que... C'est très
clair.
Bon, écoutez, on va voir ça un petit peu plus
loin, là, ces genres de cas là. Merci.
Le Président (M. St-Denis) : Merci,
M. le député de Bertrand. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
Bien, je ne veux pas proposer un amendement comme tel, là, mais quand même me
dire si ça ne serait pas plus clair
si on disait : Le ministre peut refuser de délivrer une attestation de
classification lorsque la personne qui en fait la demande a, au cours des trois dernières années, été reconnue coupable
d'une infraction en lien avec le bâtiment visé à l'une des dispositions
de la présente loi.
Mme Vien :
Moi, j'ai l'impression qu'effectivement vous avez raison, député de Champlain,
c'est qu'on vient un peu limiter, là. Quand on regarde un...
Martel : Bien,
effectivement.
Mme Vien : Oui, mais, c'est
parce que... Quand on veut reprendre l'exemple du champ d'épuration, ce n'est
pas nécessairement...
Martel :
Mais trouvez-moi un comparable. On va y aller avec le champ d'épuration, là. La
personne, je ne sais pas, moi, elle a
un chalet puis une maison. Puis, à sa maison, elle a eu une infraction avec son
champ d'épuration, mais là la demande de classification, c'est pour son
chalet. C'est-u ça qu'on veut?
Mme Vien : Je m'excuse, je ne
suis plus sûre de vous suivre, là.
M. Croteau
(Marc) : Ça touche l'exploitation et non pas la personne. C'est un peu
ce qu'on a fait au début avec les règlements que... les premiers
articles qu'on a déposés tantôt, quand on parle d'exploitant, là.
Martel : Là, on parle de la personne.
Mme Vien :
Ici, on parle de la personne.
Martel : Ici, on
parle de la personne. La personne est propriétaire d'une maison puis elle est
propriétaire d'un chalet. Ce qu'elle vise, c'est un certificat de
classification pour son chalet, mais, à sa maison, elle a eu un problème avec
son champ d'épuration. Est-ce qu'on veut la viser?
Mme Vien :
O.K., O.K., O.K. Ça m'apparaît assez évident que ça suit... Tu sais,
l'attestation va décrire...
Martel :
Ce n'est pas ça qui est écrit. Je comprends, mais ce n'est pas ce qui est
écrit.
Mme Vien :
Je comprends, M. le député, mais, à partir du moment où on fait une demande
d'attestation de classification, c'est relié à un bâtiment. Il va venir
clarifier si on parle du chalet ou si on parle de la maison.
Martel :
Mais il faut l'écrire.
Mme Vien :
Ce n'est pas pour l'ensemble des biens de la personne qui fait la demande.
Martel : On pense
la même affaire. Moi, je regarde le texte, puis on n'est pas là, là. On regarde
le texte. Moi, ce que je lis, c'est
que la personne qui fait la demande pourrait se voir refuser parce qu'elle a eu... Ce n'est pas nous qui allons l'appliquer, ça, là, là.
Mais la personne pourrait se voir refuser un certificat pour une infraction
qu'elle a faite avec un bâtiment qui n'a rien à voir avec.
Mme Vien :
On prend un cas de figure. Admettons que c'est une personne qui a déjà été
propriétaire d'une résidence — je suis votre logique, là — principale.
Dans les deux dernières années, elle fait l'acquisition d'un chalet. C'est ça
qu'elle loue, mais elle a eu des problèmes avec sa maison au départ, il y a
trois, quatre, cinq ans... Disons, il y a trois ans...
Martel :
Un autre bâtiment.
Vien : Un autre bâtiment complètement à l'extérieur de son
chalet. Est-ce qu'effectivement la dame ou le monsieur va être visé parce qu'il va devoir se déclarer... avoir été
déclaré coupable au ministre? Est-ce que ça va venir l'embêter pour
avoir son attestation? Est-ce que c'est ça, votre question?
Martel :
Oui, oui, oui.
Croteau (Marc) : Non, parce qu'effectivement la personne est liée à la
demande de l'attestation, et non pas l'attestation qui est liée à la
personne.
Martel :
Où est-ce que c'est écrit, ça?
M. Croteau
(Marc) : Bien, c'est dans son application, là.
Mme Vien :
Est-ce que c'est au règlement? Est-ce qu'il y a quelque chose au règlement qui
vient spécifier le lien entre les deux?
Martel : Est-ce que vous pouvez vérifier? Moi, sérieusement,
j'ai un doute. Puis je ne parle pas à travers mon chapeau, j'ai
travaillé beaucoup là-dedans, là. Si j'ai tort, j'ai tort, parfait, là, mais,
avant de l'adopter, j'aimerais ça qu'on fasse une vérification.
Vien : Très certainement que le pouvoir discrétionnaire qui est
ici va permettre aussi de donner une zone de gros bon sens au ministre à
faire la distinction, la différence entre les deux bâtiments.
Martel :
Bien, moi, je veux donner une marge de manoeuvre à la ministre, mais pas... Il
faut l'encadrer quand même.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va?
Martel :
J'ai assez parlé.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, je vous remercie. M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui. Sur ça, moi, je pense que, dans une demande
pour un certificat ou une attestation d'hébergement touristique, dans la
demande même, dans le formulaire, il y a un site physique qui est visé. Dans le
formulaire, au départ,
il y a un site physique qui est visé. Alors, moi, je ne le vois pas, le
problème. C'est une réflexion comme ça, là.
Le Président (M.
St-Denis) : Est-ce que j'ai d'autres questions ou commentaires sur
l'article 6?
Le Président (M.
St-Denis) : Nous allons suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 44)
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, nous allons reprendre. Mme la ministre.
Mme Vien :
On nous pousse dans nos plus profonds retranchements. C'est bon.
Mme Vien :
Non, non, mais c'est une expression pour vous dire qu'on réfléchit. C'est bien.
M. le Président, après consultation des juristes du ministère du Tourisme, sous-ministériels, les collègues ici, on a poussé effectivement la réflexion, puis nous, on
ferait la recommandation, sincèrement, de laisser ça tel quel, puisqu'on
pense qu'a contrario de venir trop préciser va venir créer un malaise et
pourrait créer aussi une dérive importante.
vais vous donner un exemple, évidemment, sur... La protection du consommateur
est un bon exemple où une personne
pourrait avoir été visée par des accusations puis rendue coupable pour diverses
fraudes. Et donc de venir accrocher ça à l'établissement va venir un peu
compliquer la situation.
Alors,
moi, ce que je proposerais, au moment où on se parle, c'est de laisser ça tel
quel, vraiment, et de laisser cette discrétion à la personne en autorité
pour faire la part des choses et de pouvoir justement avoir une zone de confort
pour bien séparer des situations un peu
malaisantes par rapport à une situation de la demande de l'attestation puis de
faire effectivement, encore une fois, la part des choses.
Mme Vien :
Ah oui! Puis on m'informe qu'effectivement la décision de la ministre peut
toujours être aussi contestée devant le Tribunal administratif du Québec.
Le Président (M.
St-Denis) : Est-ce que j'ai d'autres questions ou commentaires? M. le
député.
Martel : Bien peut-être juste un commentaire. Moi, je ne
peux pas être d'accord avec ce que vous dites, là. Si mon interprétation n'était pas bonne... Mettons
que je disais : Me semble que ça vise la personne, puis il pourrait
avoir un pouvoir un peu discrétionnaire par
rapport à des fautes qu'il y a eu dans d'autres... La journée que vous me
confirmez que l'interprétation que j'en fais, elle est la bonne, je me
dis : On donne, premièrement, un pouvoir beaucoup trop large, discrétionnaire, à la ministre pour délivrer le
certificat. Puis, à mon avis, ça m'apparaît très, très contestable. Puis je
me dis que... Pourquoi qu'on ne fait pas une loi qui fait en sorte qu'il y ait
le moins de contestation possible à l'intérieur, au moins sur son interprétation?
fait que j'entends ce que vous me dites. Je pense que le point que je soulève,
il est réel. Vous décidez de garder ça, c'est votre droit. Mais moi, je
ne peux pas l'accepter, ça. Je ne peux pas.
Le Président (M.
St-Denis) : Est-ce que j'ai d'autres commentaires?
Vien : Oui, j'en ai un. Je pense que ça fait
partie de la bonne
administration de pouvoir regarder aussi le pedigree de quelqu'un dans
le passé puis d'en tirer quelques leçons aussi.
En tout cas, moi, je... On me donne un exemple de chalet — je trouve ça assez intéressant, là — où, par exemple, quelqu'un aurait eu trois, quatre chalets mal
administrés, hein, c'est ce que vous me dites, puis qu'on arrive, on fait
une demande pour une attestation à... Puis pensez à de la fraude, toutes sortes de
patentes. Puis le cinquième chalet, on en fait la demande, et, si la demande est uniquement liée à ce chalet-là, puis
que moi, je ne peux pas considérer le comportement de l'individu avec ses quatre autres chalets
auparavant, de la façon qu'il a traité ses clients ou quoi que ce soit, on
tombe dans un travers qu'on ne souhaite pas.
Je pense qu'il est
sain, là, de laisser... Souvent, on dit : Le mur-à-mur, ce n'est pas
diable, là. Laissons-nous peut-être une zone de... pas discrétionnaire pour de
la discrétion puis prendre des mauvaises décisions en fonction d'éléments qui
ne sont pas valables, mais en fonction de situations qui... pour la protection
du public, notamment.
Le Président (M. St-Denis) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres interventions? Alors, nous allons
disposer de l'article 6. Est-ce que l'article 6 est adopté?
Des voix :
Sur division.
Le Président (M.
St-Denis) : Adopté sur division. Alors, je vous remercie. Nous passons
maintenant à l'article 7. Mme la ministre.
Mme Vien :
L'article 7, M. le Président :
L'article 11.1 de cette loi est
remplacé par les suivants :
«11.1. Le
ministre suspend ou annule une attestation de classification lorsque son titulaire
ne remplit plus les conditions prescrites par la présente loi et ses
règlements.»
Alors,
l'article 7 du projet
de loi propose le remplacement de l'article 11.1 de la
Loi sur les établissements d'hébergement touristique afin de revoir les cas où le ministre
suspend ou annule, sans discrétion possible, une attestation de classification.
Ainsi,
lorsque le titulaire de l'attestation de classification ne remplit plus les
conditions prescrites par la loi et ses règlements, le ministre doit
suspendre ou annuler l'attestation de classification.
Le Président (M.
St-Denis) : Commentaires, questions?
Cousineau :
Je vais juste...
Le Président (M.
St-Denis) : M. le député de Bertrand.
Cousineau :
Ce ne sera pas long.
Le Président (M.
St-Denis) : M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Je vais
faire du pouce avec le cas qu'on vient de régler. Est-ce que
la personne pourrait perdre sa classification
si elle commet une infraction en
vertu des lois qu'on a mentionnées,
là, sur un autre bâtiment? Autrement dit, la ministre, est-ce qu'on veut
qu'elle ait le pouvoir de retirer le certificat si le propriétaire, la personne
qui a obtenu le certificat, commet une infraction dans d'autres bâtiments qui
lui appartiennent?
Mme Vien :
Je veux juste vous faire remarquer qu'on n'est pas sur le sujet de d'autres
lois... en infraction à d'autres lois ou règlements,
mais bien sûr la loi et notre règlement sur l'hébergement, la
loi sur l'hébergement
touristique.
Martel :
Oui, oui, mais c'est de ça que je parle, là. Je parle...
Martel :
Non, mais je parle de la loi qui est visée à l'article 6.
Mme Vien :
Excusez, là. Il n'y a pas de lien entre les deux.
Martel :
C'est parce qu'on était dans «suspend ou annule». C'est juste ça.
Martel :
Bien, je peux le retarder.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va, M. le député? M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui.
Alors donc, «[la] ministre suspend ou annule une attestation de
classification lorsque son
titulaire ne remplit plus les conditions [...] par la présente loi et ses règlements».
Ça va de soi. Mais la présente loi fait référence aussi à d'autres lois.
Mme Vien :
Aux autres lois, oui.
Cousineau : Alors,
est-ce que c'est ici qu'arrive le cas de notre pourvoirie
qu'on discutait tantôt, M. Croteau?
M. Croteau
(Marc) : C'est le prochain article, M. le Président.
Cousineau :
D'accord. Oui. Alors, moi, ça va.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va? Alors, est-ce que l'article 7 est adopté?
Le Président (M.
St-Denis) :
Article 8. Mme la ministre.
Mme Vien :
Article 7,
plutôt, M. le Président?
Le Président (M. St-Denis) :
Excusez. Oui, oui, excusez.
Article 7, dans un deuxième temps.
L'article 7.
M. Auger : Juste un instant. En
fait, l'article 7, il y avait deux articles qui étaient introduits par
l'article 7...
Le Président (M. St-Denis) : Oui, absolument.
C'est ça.
M. Auger : ...donc l'article 7
n'est pas adopté.
Président (M. St-Denis) :
C'est ça. Donc, on va reculer.
L'article 7 n'est pas adopté, il y avait
un deuxième élément dans l'article 7. Donc, on va procéder à l'article 7,
donc le volet 11.2.
Mme Vien :
L'article 11.1
de cette loi est remplacé par les suivants : «11.2. Le ministre peut
suspendre ou annuler une attestation de
classification lorsque son titulaire a, au cours de la durée de l'attestation
de classification, été déclaré
coupable d'une infraction à l'une des dispositions de la présente loi ou de ses
règlements, de la
Loi sur le bâtiment en
matière de conception sans obstacles, de toute réglementation municipale
d'urbanisme relative aux usages adoptée en vertu de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, de la
Loi sur la
qualité de l'environnement, de la
Loi sur la protection du consommateur ou de la
Loi sur la conservation et
la mise en valeur de la faune, à moins qu'il n'en ait obtenu le pardon,
ou fait l'objet d'une ordonnance de non-conformité rendue conformément à l'une
de ces lois.
«Le titulaire
de l'attestation de classification est tenu d'informer sans délai le ministre
de toute infraction visée au premier alinéa pour laquelle il a été
déclaré coupable ou fait l'objet d'une ordonnance de non-conformité.»
Alors, l'article 7
du projet de loi propose l'introduction de l'article 11.2
dans la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique, qui reprend, dans un nouvel article, le pouvoir du ministre
de suspendre ou encore d'annuler une attestation de classification
lorsque le détenteur de l'attestation a, au cours de la durée de l'attestation,
été reconnu coupable d'une infraction aux lois mentionnées dans l'article à
moins qu'il n'en ait obtenu le pardon ou s'il a fait l'objet d'une ordonnance
de non-conformité.
Le deuxième
alinéa remet à l'exploitant la responsabilité d'informer la ministre s'il a été déclaré
coupable d'une des lois mentionnées au premier alinéa.
Le Président (M. St-Denis) : Questions,
commentaires? M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui, M.
le Président. Bon, c'est ici, là,
qu'on touche le cas de notre pourvoirie qu'on discutait tantôt.
Le «peut» est
intéressant, parce
qu'il laisse la possibilité à l'exploitant qui est en défaut, par exemple, sur
une loi au niveau de l'urbanisme ou
une loi qui touche l'assainissement des eaux, là, ou de son usine, de son champ
d'épuration... L'exploitant peut amener des
solutions de rechange temporaires en attendant qu'il soit conforme. Alors, le
«peut» ici... Si la ministre reçoit les informations nécessaires de
l'exploitant et de la municipalité ou de la MRC qui gère le territoire, alors, disant que, bon, il est en infraction, il
n'est pas conforme selon nos règles, nos lois et règlements, mais qu'il y
a une solution temporaire, donc cette solution temporaire, en attendant qu'il
se mette conforme au niveau, par exemple, de son champ d'épuration... bien, on
vous recommande de ne pas suspendre son permis.
Donc, le
«peut», il est intéressant parce que la ministre peut recevoir des indications
à l'effet qu'il y a une possibilité d'être
conforme dans les prochaines semaines. Moi, ça me satisfait beaucoup, parce que
j'avais quand même des craintes pour un exploitant d'une pourvoirie
qu'on peut fragiliser en suspendant carrément son permis avant une saison de
pêche, par exemple, ou une saison de chasse. Alors, moi, ça me satisfait.
Mme Vien :
Vous savez, c'est un peu dans l'idée qu'on a... de ce qui se fait actuellement,
de toute façon, que ces inspecteurs que nous avons au ministère, qui
vont vers les gens, qui leur donnent des avis, qui les renseignent, qui les accompagnent, c'est un peu aussi cette façon de
faire là qu'on souhaite développer, qu'on souhaite avoir, puis d'avoir
une espèce d'application intelligente puis de gros bon sens. Des fois, il y a
certaines situations qui se produisent puis...
Cousineau : Parce
que, voyez-vous, c'est intéressant parce que cette situation-là, moi, je l'ai
vécue. Je n'exploite pas une pourvoirie, moi...
Cousineau : Ah!
c'est terminé?
Cousineau : Bien, je l'ai vécu avec une pourvoirie dans la
région de Mont-Laurier, où la pourvoirie a changé de mains. Les nouveaux propriétaires ont été avisés
après la fin des transactions que le champ d'épuration était
complètement fini et
puis qu'il y avait des travaux. Bon, là, il y a une question légale de pouvoir
revenir sur l'ancien propriétaire, mais il ne restait pas moins que ces gens-là, les nouveaux propriétaires,
avaient un carnet de réservations bien rempli au moment où ils ont reçu
les avis du ministère de l'Environnement. Mais, par des ententes, ils ont pu
opérer quand même. Alors, c'est intéressant.
Le Président (M.
St-Denis) : Je vous remercie. En 30 secondes, M. le député
de Nicolet-Bécancour.
Martel : Bon,
bien... même pas. Je l'ai posée, la question, là. Peut-être qu'on pourra revenir après le dîner avec. Mais l'espèce d'ambiguïté que je voyais à
l'article précédent, je la vois encore là. Autrement dit, un propriétaire du
bâtiment où le certificat a été délivré
commet une infraction à l'égard... avec un autre bâtiment, il pourrait être
puni, on pourrait lui enlever. Si c'est ça, juste le clarifier. Mais
moi, je trouve que ça n'a pas de bon sens, là.
Président (M. St-Denis) :
Alors, est-ce que vous voulez qu'on dispose de l'article 7 maintenant
ou vous voulez avoir d'autres commentaires? Parce que nous allons
suspendre pour...
Mme Vien :
Je suis prête à l'adopter.
Cousineau :
Bien, moi, je suis prêt à l'adopter.
Le Président (M.
St-Denis) : Vous êtes prêts à l'adopter. Alors, est-ce que l'article 7
est adopté?
Des voix :
Adopté sur division.
Le Président (M.
St-Denis) : Adopté sur division.
Mme Vien :
Là, il y avait deux parties, M. le Président?
Le Président (M.
St-Denis) : Oui. C'est adopté dans son ensemble, c'est ça.
Le Président (M.
St-Denis) : Il n'y a pas de problème.
Cousineau :
11.1 puis 11.2.
Président (M. St-Denis) :
Les deux parties font
partie de l'article 7. Donc, il est adopté. Donc, cet
après-midi, nous allons reprendre à l'article 8.
Donc, nous allons
suspendre jusqu'à 15 heures.
Martel :
Mais sur division...
Le Président (M.
St-Denis) : Oui, sur division.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Président (M. St-Denis) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Voilà. C'est de l'autorité, ça, hein? Alors, nous
allons poursuivre nos travaux.
vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 67,
Loi visant principalement à améliorer l'encadrement de l'hébergement
touristique.
Et je vais
immédiatement, avant de débuter, vous déposer une lettre adressée à la
commission. Il s'agit des commentaires de la
ville de Québec sur le projet de loi qu'on est en train d'étudier, que nous
avons reçus aujourd'hui. Alors, je pense que la plupart ont reçu copie.
Vous l'avez vue? Bon, ça va.
Donc,
nous en sommes maintenant rendus à l'article 8, mais j'ai peut-être une
demande, là, avec le consentement de
la commission, à aller adopter l'article 3, revenir à l'article 3. Donc, Mme la
ministre, est-ce que vous souhaitez de revenir terminer l'article 3?
Mme Vien : Oui, s'il vous
plaît.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, avec le consentement de la commission, on pourra.
Une voix : Consentement.
Président (M. St-Denis) : Parce que, normalement, on le fait à la fin,
quand il y a une suspension, mais, avec le consentement, on va y aller.
Alors, allez-y avec le deuxième amendement à l'article 3.
Mme Vien : Est-ce qu'il y
aurait une âme charitable pour me donner l'amendement? Ce serait gentil.
Alors, M. le
Président et Mme la secrétaire, chers amis, à l'article 3, dans ses deux
premiers alinéas, dont on a scellé le
sort il y a quelque temps, dans notre première séance de travail, l'amendement
que je propose est un amendement au troisième alinéa — ça
va? — qui
se lirait comme suit :
À l'article
6.1, introduit par l'article 3 du projet de loi, supprimer, dans le troisième
alinéa, les mots «sur une terre du domaine de l'État ou».
Alors,
évidemment, ça fait référence aux discussions que nous avons eues ce matin
suite aux commentaires du député de Bertrand, et puis effectivement on
se range derrière ces arguments-là pour supprimer cette partie, «sur une terre
du domaine de l'État».
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
est-ce que ça va pour tout le monde? Donc, est-ce que l'amendement à l'article
3 est adopté?
Président (M. St-Denis) : Et maintenant est-ce qu'on a des
commentaires sur l'article 3 dans sa globalité?
Cousineau : Tel
qu'amendé.
Président (M. St-Denis) : Tel qu'amendé, merci de me le rappeler.
Alors, s'il n'y a pas de commentaire...
Cousineau : Oui, il
y a des commentaires.
Le Président (M. St-Denis) : Il y a
des commentaires.
Cousineau : Ça ne
sera pas long. Ça ne sera pas très long. Je vais seulement...
Le Président (M. St-Denis) :
Parfait. Alors, M. le député de Bertrand, la parole est à vous.
Cousineau :
Oui. Je vais seulement revenir sur le 45 jours. Puis là je sais que la FQM a
mentionné que tout était correct
comme ça, puis on va aller dans ce sens-là, mais je vais quand même rappeler
qu'on peut démontrer par un cas d'espèce...
il peut y avoir des cas où ça peut devenir problématique pour le ministère, par
exemple. Par exemple, on est sur le bord d'un lac, puis il y a un
citoyen qui achète trois, quatre chalets, puis il veut faire un commerce. Il
veut faire commerce avec les trois chalets
ou les quatre chalets. D'accord? Puis il est dans un zonage récréotouristique,
bord de lac, et puis il y a une
association de lac qui est là, et puis ce n'est pas permis dans le zonage, mais
la municipalité ferme les yeux, puis ça se passe.
Alors, à ce
moment-là, il pourrait arriver que, bon... Puis le ministère émet son
certificat d'autorisation, émet son attestation en disant, bon... Puis,
dans l'attestation, bien, le promoteur, si on peut s'exprimer ainsi, il
dit : Oui, je vais payer les taxes de
nuitée; oui, je vais me conformer à ce qui est exigé sur mon certificat. Arrive
un moment donné que, deux, trois mois après, l'association du lac qui
lève la main, puis qui s'en va au conseil municipal, puis qui dit : Bien, écoutez, là, regardez, c'est dans un zonage
résidentiel récréotouristique. Ces usages-là, ce n'est pas permis, et puis
vous avez donné le feu vert en ne disant mot.
Moi, j'ai
juste peur, puis je ne ferai pas d'histoire avec ça, mais que le ministère soit
aussi visé pour avoir émis un certificat
d'autorisation et puis soit aussi visé par une poursuite comme la municipalité.
C'est ça que j'ai peur, là, que le ministère
soit aussi visé, là, et puis que le... Le promoteur, lui, il va lever la main,
il va dire : Moi, j'ai reçu mon certificat, j'ai reçu mon
attestation. Moi, j'ai le droit d'opérer, j'ai reçu ça. Alors, c'est juste ça,
Est-ce qu'il pourrait y avoir, à un moment
donné, un problème pour que le ministère soit visé comme la municipalité dans
une démarche judiciaire et puis être obligé d'aller en cour pour...
Mme Vien :
Bien, le ministère peut toujours être mis en cause dans une procédure, là.
Quand on est dans un état de droit,
il faut s'attendre à ce genre de situation là. Mais je comprends votre
préoccupation, M. le député, puis, en même temps, bien, il faut mettre
une ligne, il faut mettre une...
Cousineau :
C'est pour ça, Mme la ministre, que le ministère de l'Environnement, le
ministère des Ressources naturelles exigent toujours d'avoir une
résolution du conseil. Alors, si quelqu'un fait une demande de certificat d'autorisation pour l'implantation, par exemple,
d'une petite carrière-sablière ou une petite coupe de bois, les
ministères exigent toujours d'avoir, dans le dossier, une résolution du conseil
qui dit que, oui, feu vert, non, à ce moment-là.
Bien,
je lance ça comme ça, là. Regardez, là, je comprends que la FQM a fait son
travail, puis on a vu le mémoire, puis eux autres, ont dit qu'ils
n'avaient pas de... eux autres n'ont pas de problème avec cette disposition-là.
Bon.
Mme Vien : Tu sais, en
même temps, chacun a ses responsabilités, là. La municipalité a une responsabilité. C'est important, là, quand quelqu'un
demande un permis, un certificat, une autorisation ou quoi que ce soit, je veux
dire, il faut être allumé, là, puis il faut... Me semble-t-il que 45 jours pour
vérifier la conformité est un délai qui est suffisant.
Cousineau : Je comprends très bien. Mais, si c'est
l'ami du maire qui achète les terrains... pas les terrains, les chalets.
Cousineau : Non,
non, mais regardez, là, ça existe, là.
Le Président (M. St-Denis) : Alors, ça
va pour tout le monde? M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Bien, ce n'est pas une question
précise, mais c'est juste que je partage ça, là, mais la
réglementation... J'essaie de voir comment
la municipalité peut donner une conformité. Ce n'est pas tellement
prévu dans les règlements d'urbanisme,
dans les règlements municipaux.
Souvent, ça va toucher la zone résidentielle, souvent, ça va... Je ne
suis pas certain, moi, que les règlements de zonage permettent beaucoup ce
genre d'activité là. Ça fait que j'ai peur qu'on se retrouve devant une
situation où, dans le temps que les réglementations municipales s'ajustent, ça
ne sera jamais conforme à la réglementation municipale.
Je n'ai pas
poussé plus loin ce que je vous avance là. Je ne sais pas si vous avez fait des
vérifications de votre côté, mais, en zone résidentielle, les activités
qu'on peut faire dans les appartements ou dans les maisons, c'est vraiment
restrictif, là.
Le Président (M. St-Denis) : Mme la
ministre.
Mme Vien :
Bien, en même temps, ils ne pourront pas plaider l'ignorance, là, parce qu'ils
vont le savoir, là. Le ministère va envoyer un avis, la lettre du
demandeur, son formulaire, je ne sais trop, à la municipalité. Puis on essaie de mettre toutes les chances de notre côté pour
essayer d'avoir la situation la plus complète possible, la plus limpide
possible, puis, nous semble-t-il,
c'est un moyen, ça, celui-là. Maintenant, c'est sûr qu'il peut y avoir des cas
de figure, mais là...
Cousineau : Moi, ça
va, je n'ai plus de commentaire.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour, ça vous va?
Martel : J'ai peur que ce ne soit pas juste des cas de
figure. Mais, une fois que je dis ça, on va voir à l'usage, là, mais j'ai comme l'impression, mes anciens réflexes
de gestionnaire municipal, là... Quand est-ce que ça va
être conforme à la réglementation municipale? J'ai peur que ce soit
rarement autorisé, mais peut-être que vous avez fait des vérifications avec ça.
M. Croteau (Marc) : Si vous me
permettez.
Le Président (M. St-Denis) : M.
Croteau.
M. Croteau (Marc) : Effectivement, M.
le député, vous avez raison qu'il va y avoir plusieurs cas de non-conformité,
dont la plupart sont déjà dans la non-conformité. Donc, on ne vient pas
augmenter le nombre de non-conformités. On
vient par contre offrir un outil additionnel aux municipalités pour venir
tenter de réglementer, d'assujettir ces
gens-là à une réglementation municipale qui s'applique. Dans le cas de municipalités,
vous savez comme moi, elles sont autonomes
quant à la gestion de leur territoire, à la délimitation et la définition même des
usages, que ce soit un résidentiel avec
une mixité ou pas ou du commercial, et ça sera maintenant à eux d'ajuster et
de bien cibler dans quelle zone ils veulent avoir ça ou dans quelle zone
on veut avoir une mixité qui va le permettre.
Donc, dans
tout ça, ces établissements-là aujourd'hui, qu'on voit un peu partout, est-ce qu'ils le font
à l'intérieur d'un règlement
de zonage? Probablement pas. Donc, notre réglementation à nous, notre législation à nous ne vient pas augmenter la non-conformité, mais vient offrir
un outil additionnel aux municipalités.
Mme Vien : À tout le moins,
ça va venir informer la municipalité qu'il y a un engouement chez elle pour peut-être
avoir ce genre d'activité là — et
puis je comprends bien votre question — et
peut-être en venir à la conclusion qu'il y a
peut-être une révision du schéma à faire, des demandes
particulières à faire au ministre des
Affaires municipales ou je ne sais trop. Mais je suis un peu d'avis du
sous-ministre, là, il n'y en aura pas plus qu'il y en a là, là.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour, vous aviez une dernière...
Martel : Bien,
juste un dernier commentaire, parce
que, moi... si la loi qu'on est en
train de regarder, adopter, elle
avait pour effet de diminuer, de restreindre, d'éliminer ce type d'activité
là, ce n'est pas ça, mon but, moi. Mon but, c'est de l'encadrer, de le rendre plus transparent, mais ce n'est pas de l'éliminer, là, loin de là. Quand on a
vu les effets bénéfiques, positifs
que ça a au niveau des retombées économiques, je ne pense pas que notre... en
tout cas, je ne pense pas que notre
objectif, c'est de restreindre ça. Puis là je vous avoue, là, je viens de le
voir comme ça puis je me dis : Câline! Ça se peut que ça ne soit
pas permis à grand place, là.
Mme Vien :
Bien, en fait, l'idée recherchée, ce n'est pas de diminuer, nous non plus, là,
cette offre d'hébergement là. Ce
n'est pas ça du tout, là, mais pas ça du tout. Je tiens à le préciser
également, ce qu'on souhaite, c'est que tout se fait dans l'ordre, se fait selon les règles puis que ça
génère de l'occupation puis du développement économique dans nos régions.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va?
Alors, est-ce qu'il y a d'autres... Il n'y a pas d'autres commentaires sur
l'article 3? Donc, est-ce que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
Nous allons poursuivre avec l'article 8. Mme la ministre.
Mme Vien :
L'article 8 :
L'article 14.1 de cette loi est modifié par l'insertion,
après «la délivrance», de «, à la suspension et à l'annulation».
L'article 8
du projet de loi propose une modification à l'article 14.1 de la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique
afin de permettre au ministre de déléguer à toute personne qu'il désigne ses
pouvoirs en matière de suspension et d'annulation des attestations de
classification.
Le Président (M. St-Denis) :
Questions, commentaires sur l'article 8?
Cousineau :
...présentement, là, Mme la ministre, les personnes présentement qui font le
travail, ce sont les gens qui sont au niveau de la CIT, là, la
corporation de...
Mme Vien : Les trois
mandataires, Camping Québec et la Fédération des pourvoiries du Québec.
Cousineau :
D'accord. Puis à qui d'autre ça pourrait être confié? Parce que le ministre
peut déléguer à toute personne. À qui ça pourrait l'être? Ah! bien,
peut-être, oui, aux municipalités?
Mme Vien : Les municipalités,
est-ce que...
Une voix : Ce n'est pas
fermé.
Cousineau : Parce
qu'on avait une suggestion intéressante au niveau des ententes avec les
inspecteurs municipaux.
Mme Vien : Oui. Il en est
question d'ailleurs dans la missive de la ville de Québec aujourd'hui.
Cousineau : Oui,
oui. O.K., moi, ça va.
Mme Vien : On me dit que
l'article le permettrait, effectivement. Pour un cas de figure, je ne sais pas,
moi, la CITQ, pour x, y, z raison, n'existe
plus demain matin, alors il va falloir imaginer probablement quelqu'un d'autre
ou trouver quelqu'un d'autre. Il va falloir trouver une autre organisation.
Le Président (M. St-Denis) : Merci,
M. le député de Bertrand. M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel :
Bien, je reviens sur les interventions que je faisais ce matin, où est-ce que
je trouvais qu'on donnait beaucoup
trop de pouvoirs à la ministre par rapport à la délivrance, la suspension,
l'annulation, puis là on vient insérer, on vient confirmer que tout ça peut être transmis à quelqu'un d'autre.
Autrement dit, la ministre, même si elle a beaucoup de pouvoirs, je trouve qu'elle a trop de pouvoirs
là-dedans. Elle peut, à un autre organisme, une autre personne, délivrer
ces pouvoirs-là. Ça m'étourdit un peu, là. Je vous avoue que...
Le Président (M. St-Denis) : Mme la
ministre.
Mme Vien : Ce qui est proposé
ici, si je comprends bien, c'est en rapport avec la
loi sur l'hébergement et le
règlement sur l'hébergement touristique,
alors que ce à quoi vous faites référence, M. le député, c'était par rapport à
ma... je vais dire ça comme ça, là, à ma
loi, à la loi constitutive et son règlement. C'est ça, la différence, elle est
là. J'ai bien expliqué?
Martel : On ne
parle pas de la même chose? Excellent.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, sur ce, est-ce que l'article 8 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
L'article 9.
Mme Vien : Alors, l'article
9 :
L'article 15 de cette loi est remplacé par le suivant :
«15. Une décision refusant la délivrance d'une
attestation de classification ou suspendant ou annulant cette attestation de
classification peut, dans les 30 jours de sa notification, être contestée
devant — le
TAQ — le
Tribunal administratif du Québec.»
Mme Vien : Pardon. Alors, l'article
9 du projet de loi remplace l'article 15 de la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique en concordance avec la modification apportée par l'article 8 du projet
de loi qui prévoit la délégation des
pouvoirs de refus, de suspension ou d'annulation qui seront dorénavant
exécutés par le mandataire.
L'article est modifié pour retirer la
référence à la décision du ministre.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va, M.
le député de Bertrand?
Cousineau : Dans
les 30 jours, est-ce que c'est pas mal standard comme ça dans tous les ministères?
Mme Vien : Standard, je pense
que c'est pas mal tout le temps ça, 30 jours.
Cousineau : Oui,
hein?
Mme Vien : C'est souvent 30
jours pour contester une décision d'une société d'État.
Cousineau : Pour
permettre au citoyen d'aller au Tribunal administratif.
Mme Vien : Il me semble que c'est
ça, 30 jours.
Cousineau : Oui,
moi, ça me va.
Président (M. St-Denis) : Merci. Alors, vu qu'il n'y a pas d'autre
intervention, est-ce que l'article 9 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
L'article 10, Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, l'article 10 :
L'article 30 de cette loi est modifié par le
remplacement de «à l'exception d'une attestation de classification
provisoire» par «ou l'attestation de classification provisoire, le cas
échéant».
L'article 10 du projet de loi propose une
modification à l'article 30 de la loi de l'hébergement touristique ayant pour effet d'obliger le titulaire d'une
attestation de classification provisoire à afficher son attestation à la vue
du public afin d'informer celui-ci qu'il est bien le détenteur d'une
attestation de classification valide, même s'il n'a pas encore le panonceau.
Le Président (M. St-Denis) :
Questions? Commentaires? Ça va? Alors, est-ce que l'article 10 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
L'article 11.
Mme Vien :
L'article 11 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'intitulé de
la
section IV, de l'article suivant :
«32.2. Les inspecteurs chargés d'appliquer la
présente loi et ses règlements sont désignés par le ministre.
«Le ministre peut également conclure avec toute
personne une entente écrite portant sur l'exécution d'un programme d'inspection en vue de l'application de
la présente loi et de ses règlements. Une telle entente doit prévoir les
modalités d'application du programme.»
L'article 11
du projet de loi propose l'insertion, dans la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique, de l'article 32.2 qui prévoit que le ministre
désigne les inspecteurs chargés d'appliquer cette loi et son règlement.
Le deuxième
alinéa du nouvel
article 32.2 prévoit que le ministre peut conclure avec toute
personne une entente écrite portant sur l'exécution d'un programme
d'inspection, entente qui devra prévoir les modalités du programme.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va?
M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Bien, c'est un avis que j'aimerais avoir. Est-ce
qu'à votre avis cet article-là permettrait, un peu comme la FQM le désirait, là, si elles s'offraient, peut-être des MRC
qui pourraient faire l'inspection? Est-ce qu'en vertu de cet article-là
le ministère pourrait prendre des ententes avec une MRC pour déléguer
l'inspection?
Vien : La réponse à votre question est oui. Cet article-là nous
donne la possibilité de... Si d'aventure nous décidions de s'adjoindre
les services de d'autres organisations, nous pourrions le faire.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va? Alors, est-ce que l'article 11 est adopté?
Le Président (M.
St-Denis) : Adopté.
L'article 12.
Mme Vien :
Alors, l'article 12 :
L'article 33 de cette loi est modifié :
1° par le
remplacement de ce qui précède le paragraphe 1° par ce qui suit :
«33. L'inspecteur
peut, dans l'exercice de ses fonctions :»;
2° par le
remplacement du paragraphe 3° par le suivant :
exiger tout document ou tout renseignement relatif à l'application de la
présente loi et de ses règlements.»
L'article
12 du projet de loi propose deux modifications à l'article
33 de la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique. La première modification, apportée par le paragraphe 1°, est
une modification en concordance avec la modification apportée par
l'article 11 du projet de loi.
seconde modification, apportée par le paragraphe 2° de l'article 12 du projet
de loi, clarifie la portée du pouvoir de l'inspecteur d'obtenir des documents ou des
renseignements relatifs à l'application de la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique.
Le Président (M.
St-Denis) : Questions? Commentaires? M. le député de Bertrand.
Cousineau :
«Exiger tout document ou renseignement relatif à l'application de la présente
loi et de ses règlements.» Bien, on parle de
tous les documents pertinents en provenance des différentes instances. Ça peut
aller des...
Mme Vien :
Le bail, par exemple?
Cousineau :
Le bail, par exemple, c'est ce que j'allais dire.
Mme Vien :
Preuve d'assurance.
Cousineau : Peut-être
une lettre écrite du propriétaire, donc on s'entend que ça peut provenir
de la MRC, ça peut provenir de la municipalité, ça peut provenir des propriétaires, ça peut provenir... le bail, c'est
ça qu'on entend par «tout document», là, donc c'est de différentes
instances.
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va?
Cousineau :
Pour moi, ça va.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors est-ce que l'article 12 est adopté?
Le Président (M.
St-Denis) : Adopté.
L'article 13.
Vien : Oui. Ça ne
sera pas long, M. le Président, j'y arrive, j'y arrive :
L'article 35 de cette loi est abrogé.
Cousineau :
C'était quoi, l'article 35?
Vien : 35 disait
ceci : «Il est interdit d'entraver de quelque façon que ce soit l'exercice
des fonctions d'un inspecteur, de le
tromper par de fausses déclarations ou de refuser de lui fournir un renseignement qu'il a droit d'obtenir en vertu de la présente loi.»
Je présume que ça ne
veut pas dire qu'ils peuvent lui mentir maintenant, là.
Cousineau :
C'est ça. C'était mon intervention.
Mme Vien :
Cet
article n'est pas nécessaire, car l'entrave à l'inspecteur est une
infraction prévue dans les dispositions pénales. C'est déjà prévu plus loin,
c'est ça, avec les amendes.
Cousineau : O.K., d'accord.
Merci. C'était mon intervention : Est-ce que, maintenant, tout est permis, c'est le «free-for-all»?
Le Président (M. St-Denis) : Alors, est-ce
que l'article 13 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
L'article 14.
Mme Vien : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 35, de ce qui suit :
«35.1. Un
inspecteur ne peut être poursuivi en justice en raison d'actes accomplis de
bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.»
L'article 14
du projet de loi propose les nouveaux articles 35.1, complétant pour sa
part la
section concernant les inspections, 35.2 et 35.3, introduisant quant à
eux une nouvelle
section concernant les enquêtes.
Le nouvel
article 35.1 donne une immunité
de poursuite à l'inspecteur qui agit de bonne foi dans l'exercice de ses
fonctions.
Le Président (M. St-Denis) :
Questions, commentaires? M. le député de Bertrand.
Cousineau : Oui,
d'ailleurs, cette disposition-là, on retrouve ça aussi dans les lois
municipales et dans les règlements municipaux pour protéger les inspecteurs.
Mme Vien : Exactement.
Une voix : À la Régie du
bâtiment aussi.
Cousineau : La
Régie du bâtiment, effectivement.
Le Président (M. St-Denis) : Ça va?
Cousineau : Moi, ça
Président (M. St-Denis) : Il y a une deuxième section, là, à
l'article 14, mais que je vous demanderais de lire.
Mme Vien :
De lire? Cette loi est modifiée par l'insertion après l'article 35, de ce
qui suit — on en a
vu une
partie il y a une minute : «35.2...» On est sous la
section
des enquêtes...
Je vais le refaire comme il faut : Cette
loi est modifiée par l'insertion, après l'article 35, de ce qui
suit :
«35.2. Le
ministre peut faire enquête ou charger une personne qu'il désigne de faire
enquête sur toute matière relative à l'application de la présente loi ou
[encore] d'un règlement pris pour son application.»
L'article 14
du projet de loi propose l'introduction d'une nouvelle
section concernant le
pouvoir d'enquête du ministre du Tourisme.
Le nouvel
article 35.2 prévoit que le ministre peut faire enquête ou charger une
personne qu'il désigne de faire enquête. Le ministre peut donc
dorénavant nommer des enquêteurs.
Le Président (M. St-Denis) : Et ça
continue avec une autre portion.
Mme Vien : Oui. Cette loi
est, donc, modifiée par l'insertion, après l'article 35, de ce qui
suit :
«35.3. Un
enquêteur ne peut être poursuivi en justice en raison d'actes accomplis de
bonne foi dans l'exercice de ses fonctions.»
Le Président (M. St-Denis) :
Questions, commentaires? Ça va? Alors, est-ce que l'article 14 est adopté?
Le Président (M. St-Denis) : Adopté.
L'article 15.
Mme Vien :
Alors, cette loi est modifiée par l'insertion, après l'intitulé de la
section VI, des articles suivants... C'est la même logique que pour
les autres articles, M. le Président, hein, c'est ce que je comprends? O.K.
«36.1. Commet
une infraction et est passible d'une amende de 500 $ à 5 000 $,
s'il s'agit d'une personne physique, et
de 1 000 $ à 10 000 $, dans les autres cas, quiconque omet
de fournir un renseignement ou un document exigé par la présente loi ou
ses règlements.»
L'article 15
du projet de loi propose l'introduction dans la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique de deux dispositions pénales.
La première disposition
pénale, prévue au nouvel
article 36.1, prévoit que quiconque omet de
fournir un renseignement ou un document exigé par la présente loi ou ses
règlements commet une infraction et est passible d'une amende de 500 $ à
5 000 $, s'il s'agit d'une personne physique, et de 1 000 $
à 10 000 $, dans les autres cas.
Le Président (M. St-Denis) :
Questions, commentaires sur cette portion-là de l'article 15?
Cousineau : Il y
avait, avant, des amendes?
Cousineau : Alors,
ça ressemblait à quoi, les amendes avant, là, par exemple?
Mme Vien : Oh là là! Je vais
vous donner ça, ça ne sera pas très long.
Cousineau :
Sur une première infraction. Parce que, là, on est sur une première infraction
ici, là. Là, on parle de 500 $ à 5 000 $ puis de
1 000 $ à 10 000 $. Là, on parle bien d'une première
infraction, ici, là, hein?
Mme Vien : On ne parle pas nécessairement d'une première
infraction. Attendez un petit peu. On ne parle pas de première infraction. Me
donnez-vous 30 secondes?
Mme Vien : Une première
offense, c'est ce que je comprends, s'il y a une récidive.
Cousineau : Une
première offense, ce n'est pas la même chose?
Une voix : Ça, c'était
inexistant, ce volet-là.
Mme Vien : Non, ce n'est pas
une première offense, nécessairement, M. le... D'abord, c'est une nouvelle...
voyons, un nouvel élément. Ça n'existait pas, ça, parce que tu oublies de
donner un document ou que tu omets de donner un document, c'est nouveau.
Cousineau : C'est
nouveau.
Mme Vien : C'est de ça dont
on parle ici.
Cousineau : Mais,
dans la mécanique...
Mme Vien : Puis il n'y a pas
de distinction si c'est ta première offense, ou la deuxième, ou la troisième.
Cousineau : O.K.,
donc, c'est dans le cas de l'omission de documents.
Mme Vien : Oui, c'est ça.
Oui, c'est ça. C'est toujours le juge qui décide de l'amende, puis nous, on
donne le spectre.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Cousineau : ...pas
terminé, là.
Le Président (M. St-Denis) : Vous
n'avez pas terminé?
Cousineau : Non,
non, je suis en train de chercher quelque chose.
Mme Vien : Il va y avoir, M. le député, un élément qui
va parler des secondes... des récidives un petit peu loin.
Cousineau :
D'accord. Parfait. Non, ça va pour ça.
Le Président (M. St-Denis) : M. le
député de Nicolet-Bécancour.
Mme Vien : On va y arriver.
Martel : Dans la philosophie d'application de cette nouvelle
réglementation, on parlait d'avertissement...
Le Président (M.
St-Denis) : Allez-y, M. le député.
Martel :
Dans la philosophie d'application de cette nouvelle dynamique-là, là, on
introduisait la notion d'avertissement pour
ceux qui pratiquaient ce genre de... Pourquoi qu'on ne garde pas cette philosophie-là aussi...
Et il me semble que c'est quand même
sévère, tu sais, t'as oublié un document : Paf! Tu as une amende. C'est quoi, la
motivation d'être... Des fois on peut
comprendre, là, c'est... Mais là la motivation derrière des amendes immédiatement, on oublie un document, c'est automatique : Paf! Tu as...
J'essaie de comprendre.
Mme Vien :
Je veux juste vous signaler que, dans les façons de faire actuellement du ministère...
Et moi, j'ai demandé que ça se poursuive,
parce que vous savez qu'on va faire affaire avec nos mandataires, on en a parlé
un petit peu plus tôt... que
se poursuive, donc, cette façon de faire en termes d'accompagnement du
demandeur d'une attestation, c'est-à-dire
que... ou du renouvellement, ou s'il contrevient, ou etc., d'aller le voir, de
lui expliquer, de l'accompagner, etc.
ce n'est pas quelque chose qui va s'arrêter. Ça, c'est quelque chose qui est
vraiment bien demandé. En termes d'hébergement illégal, par exemple, il
y a le dépistage, il y a un premier avis qui a été envoyé, un appel
téléphonique qui est fait, un deuxième avis qui est envoyé. Alors, voyez-vous,
c'est dans les gênes, là, du ministère, de la façon de procéder. Et également
c'est ce qui va faire l'objet de la procédure, demander à nos partenaires.
Maintenant,
quand ça ne comprend pas, là, puis quand ça n'obtempère pas, là, on procède.
Puis ce n'est pas le ministère qui
émet une contravention, si je comprends bien. Il émet un avis d'infraction,
c'est comme ça que ça fonctionne, puis ça s'en va au DPCP, et c'est les
procureurs au DPCP qui décident si effectivement il y a matière à...
Le Président (M.
St-Denis) : Ça va pour tout le monde?
Martel :
Bien, je trouve qu'il y a une... entre la volonté de la ministre de faire ça correctement,
puis ce n'est pas la première remarque que
je fais dans ce sens-là. On est des partenaires, on veut faire ça correctement,
puis ce qui est écrit dans la loi, je trouve que c'est beaucoup plus
radical comme... C'est beaucoup plus radical que l'attitude démontrée par la ministre. Je trouve ça décevant un
peu. Je ne sais pas, on oublie un document, 1 000 $
d'amende ou 500 $ d'amende, ce n'est pas des pinottes, là. Je ne
sais pas. C'est mon commentaire.
Mme Vien :
M. le député, moi, ce dont on m'informe, c'est que la fourchette d'amendes qui
sont illustrées ici représente ce qui se fait dans d'autres ministères. Ce sont
des barèmes qui nous proviennent du ministère de la Justice, ça. Alors, je prends votre compliment au passage, de dire que
la ministre, c'est une femme qui est compréhensive, vous avez raison, mais c'est... Mais je vous
rassure, c'est dans la façon de procéder du ministère, où on n'est pas
matamores, puis il y a des avis, on les appelle avant de procéder.
Martel :
Ce n'est pas ça qui est écrit.
Mme Vien :
Voyez-vous, ce n'est pas ça qui est écrit aujourd'hui non plus, mais c'est ça
qui se fait.
Martel :
Mais moi, je travaille avec ce que j'ai...
Mme Vien :
Je le sais.
Martel :
...puis je vois un projet... Puis j'en ai déjà écrit, au niveau municipal, des
règlements. Avant de mettre une amende, on réfléchit, on ne met pas ça
automatiquement.
Martel :
Non, le DPCP, il va décider du montant, mais il y a une...
Mme Vien :
...va décider... Le DPCP, il va décider s'il y a matière à monter un... à
procéder, à entamer des procédures. C'est le
juge, par la suite, qui décide si effectivement ça mérite puis si ça ne mérite
pas, puis, si ça mérite, à quel niveau.
Martel :
C'était mon commentaire.
Le Président (M.
St-Denis) : C'est bon. M. le député de Bertrand.
Mme Vien :
C'est bien correct, là.
Cousineau : Oui, oui. Non, mais ça, je comprends ça, que
c'est le juge qui va décider quel va être le montant de l'amende, entre
1 000 $ et 10 000 $, puis avant d'aller procéder en cour,
bien, il y a une analyse du dossier pour voir si toutes
les étapes ont été bien franchies, d'accord? C'est donc dans la mécanique, là
vous me rassurez. Dans la mécanique, les
gens qui sont chargés de demander les documents s'assurent d'avoir informé les
gens, s'assurent d'avoir envoyé les avis nécessaires. C'est déjà dans la
mécanique, que vous me dites. C'est déjà dans la mécanique, là, parce qu'effectivement, si c'est immédiatement, là, un
avis à l'effet qu'il va être amené à l'amende, là, puis... Je peux
comprendre un petit peu votre raisonnement,
mais je sais qu'il y a un processus assez correct pour aviser les gens par des
avis écrits puis aussi des contacts téléphoniques. Alors, pour moi, ça
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, je vous inviterais à compléter...
Le Président (M.
St-Denis) : Pardon?
Mme Vien :
M. le Président, me permettez-vous de suspendre deux, trois petites secondes,
s'il vous plaît?
Le Président (M.
St-Denis) : Vous voulez suspendre?
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à
15 h 43)
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, nous allons reprendre. Mme la ministre, la parole
est à vous.
Vien : Oui. Bien,
oui, ça va. On a transmis aux collègues la procédure administrative sur laquelle on se base actuellement... en fait, sur laquelle procédure se
basent les inspecteurs du ministère du Tourisme pour informer, accompagner les titulaires d'attestation de
classification, ceux qui en font la demande, etc. Donc, c'est une procédure qui est très humaine, honnêtement, puis qui n'est pas matamore. Ce n'est pas ça
qu'on recherche de toute façon. Et on me signale également que c'est une
procédure qui a été élaborée avec le directeur
des poursuites pénales et criminelles, le DPCP, donc les procureurs sont aussi au courant de ce qui
doit être fait dans la procédure avant d'arriver avec une infraction ou
un constat d'infraction. Donc, il y a un premier avis écrit, des contacts
téléphoniques, un deuxième avis écrit, un dernier avis pour faire le suivi, etc., des visites d'inspection, puis ensuite
il y a un constat d'infraction quand ça ne comprend pas. Alors, ça, c'est au niveau administratif, et c'est
fait en collaboration avec le directeur des poursuites pénales et
criminelles.
On m'informe aussi
que, dans plusieurs autres ministères et sociétés d'État — hein,
c'est ça, M. le député de Champlain? — ...
Mme Vien :
...que c'est aussi des formules de ce type-là qui sont développées en termes de
procédure administrative, là, pour informer avant d'émettre des avis
d'infraction.
Cousineau :
Peut-être une petite question...
Le Président (M.
St-Denis) : Allez-y, M. le député de Bertrand.
Cousineau :
Peut-être une petite question sur la dernière phrase. Bon, d'accord, c'est un
traitement administratif. Est-ce que la personne qui est en infraction
connaît ces étapes-là? Est-ce qu'on lui dit au départ : Voici...
Vien : Moi, je ne penserais pas. Le guide d'interprétation qui
va être développé à la suite de l'adoption de ce projet de loi là, cette procédure-là en fera partie, mais c'est
davantage pour nos employés, hein, pour nos collaborateurs?
Vien : C'est ça. Ça peut toujours être déposé en preuve
devant... en cour, par exemple, si effectivement on a les deux mains
dans une procédure, mais on ne le donne pas à...
Cousineau :
Vous appelez ça le guide de...
Mme Vien :
...d'interprétation, d'interprétation de la loi.
Cousineau : Est-ce que c'est un guide qu'on peut retrouver
sur le site du... ou ce n'est seulement que pour les... Parce que, par exemple, dans d'autres ministères, comme aux
Affaires municipales, quelqu'un qui veut faire une procédure d'annexion, bien, tout le guide est sur
le site du ministère. On peut aller voir toutes les étapes pour
procéder, le simple citoyen, là.
M. Croteau (Marc) : Effectivement,
notre intention... Vous me permettez, Mme la ministre?
Mme Vien : Allez-y donc. Bien
oui, allez-y.
M. Croteau (Marc) : Notre intention,
effectivement, c'est que cette législation-là va avoir un impact assez important par rapport à l'évolution de
l'hébergement, hein, de la demande et de l'offre. Donc, ce qu'on veut être
capables d'établir, c'est un guide d'interprétation qui va venir définir, pour
les gens qui ont à vivre avec, de quelle façon on va l'appliquer, dont entre autres une des parties qui a été soulevée lors
des consultations par rapport à «régulier» et «publicisé». Ça va être à l'intérieur de ça qu'il va y avoir un
guide d'interprétation. Et moi, je suis très ouvert à ce que la
procédure qui est là soit aussi incluse à
l'intérieur du guide d'interprétation. Donc, quelqu'un qui se verrait, par
exemple, soumis à un excès de zèle,
d'une journée d'une inspection, d'un inspecteur qui dit : Bon, bien, il
manque un document, je m'en vais tout de suite au DPCP sans l'appliquer, la personne pourrait toujours,
évidemment, une fois rendue, si jamais ça se rend en cour, dire : Bien, écoutez, la procédure est dans
le guide d'interprétation, elle n'a pas été suivie, je n'ai pas eu les avis.
Donc, c'est un élément de plus qui va venir
soutenir l'individu qui serait, à ce moment-là, soumis à un excès de zèle ou
peu importe.
Cousineau :
D'accord. Ce que vous me dites, c'est que ce guide d'interprétation, quelqu'un
qui dit : Bien, moi, je veux faire du commerce d'hébergement
touristique puis je veux savoir si ce que je veux faire, c'est correct ou pas
correct, il va pouvoir aller sur le site puis aller voir le guide
d'interprétation, trouver ses réponses, puis là il va savoir comment
s'enligner.
M. Croteau
(Marc) : Voici ce que j'ai besoin, voici qu'est-ce que j'ai besoin par
rapport à la consultation avec la municipalité, voici comment on va
appliquer, nous, nos règlements, etc.
Cousineau : Bien
là, écoutez, on appelle... Là, nous apportons un point extrêmement important
dans la communication avec les citoyens. Merci.
Président (M. St-Denis) : Merci, M. le député de Bertrand. Maintenant,
M. le député de Nicolet-Bécancour, je crois que vous avez un amendement
à nous proposer.
Martel :
Oui, oui. Je comprends très bien ce qui est dit puis je suis d'accord avec la
formule utilisée, sauf que je suis mal à l'aise avec le verbe «omettre»
dans le sens qu'omettre... les synonymes d'«omettre», c'est «oublier» ou
«négliger». Moi, je suis mal à l'aise de mettre à l'amende quelqu'un qui oublie
ou... On le sait, qu'est-ce qu'on vise là-dedans,
on vise les personnes qui sont de mauvaise foi, qui ne veulent pas fournir les
renseignements. Moi, je changerais le mot «omettre» par «refuse». Donc,
c'est l'amendement que je dépose.
Le Président (M. St-Denis) : Commentaires,
Mme la ministre?
Mme Vien : Comment le député définirait, à ce moment-là, quelqu'un qui refuse, là? Si c'est
une personne à qui on n'arrive pas à
parler jamais, c'est difficile d'entrer en contact avec elle ou... Elle ne
refuse pas, elle ne répond juste pas.
Martel : Est-ce
qu'elle omet?
Mme Vien : Est-ce qu'elle
refuse? Oui, elle omet.
Martel :
Ah oui? Bien, moi, je pense qu'elle refuse. Quelqu'un qui ne collabore pas,
quelqu'un qui ne répond pas, pour moi, c'est un refus de collaboration.
Mme Vien :
Sincèrement, M. le député, très sincèrement, à partir du moment où on va
envoyer des avis, il y a fort à parier
que, si, la première fois, il a oublié, il va dire : Ah! ciel, j'ai oublié
d'envoyer tel truc, je vais l'envoyer après un premier ou un deuxi