House Proceedings — 2 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-04-02
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante-cinq minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, bonjour à tous et toutes. Vous pouvez
prendre place.
nous allons débuter notre séance avec la rubrique des déclarations de députés. Et, sans plus tarder, je
vais céder la parole à M. le député de Vimont.
Rousselle : Merci, Mme la Présidente. Avril est le Mois de
l'autisme. C'est aussi le moment privilégié pour informer les gens et les sensibiliser à l'autisme, de même que de briser
les préjugés, principal obstacle à l'intégration des personnes autistes
dans notre société.
Aujourd'hui,
le 2 avril, c'est la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. De
nombreuses villes à travers la
province suivront pour la première fois le Mouvement Faites briller en bleu,
différents monuments et places publiques d'ici seront éclairés en bleu
en soutien à la cause.
J'ai
une pensée bien particulière à tous les organismes et les fondations de mon
comté qui oeuvrent auprès de cette clientèle
et de leurs familles. J'ai aussi une pensée bien spéciale pour mon adjointe
Julie, son conjoint Marc et leur fille, Juliette Lepage, qui est
autiste. Je veux remercier toute l'équipe qui arbore aujourd'hui le bleu en
soutien à la cause. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Alors, je porte du bleu
aujourd'hui, alors je soutiens la cause. Pour la prochaine déclaration, je vais
reconnaître M. le député de Bourget.
Kotto : Mme la Présidente, c'est avec émotion que nous
soulignons aujourd'hui le 40e anniversaire de l'un des pires génocides du XXe siècle, soit le
génocide cambodgien qui, entre 1975 et 1979, a fait plus de
2 millions de victimes sur une
population totale de 8 millions de personnes. Cette tragédie provoqua
l'exil de centaines de milliers de personnes fuyant le régime sanguinaire
des Khmers rouges. De ce nombre, 20 000 personnes viendront au
Canada, dont 10 000 au Québec.
y a quelques jours, des cérémonies de commémoration sous les auspices du Centre
Khemara, à Montréal, sont venues nous
rappeler les horreurs de cette page de l'histoire du Cambodge. Tout en nous
sensibilisant à l'existence de cette
tragédie, cette commémoration nous invite à réaffirmer notre refus de
l'intolérance, du fanatisme et de l'exclusion.
Au peuple cambodgien
et à celles et ceux qui sont aujourd'hui parmi nous comme membres de notre
grande famille québécoise nous exprimons toute notre solidarité et notre
respect. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de
Bourget. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
de Santis : Merci, Mme la Présidente. Je suis
honorée de souligner le 50e anniversaire de l'Hôpital Marie-Clarac. Inauguré au printemps 1965, il compte 204 lits
pour patients en convalescence et en réadaptation et, depuis l'automne dernier, l'Oasis de paix, une unité de soins
palliatifs pour personnes en fin de vie. Situé à Montréal-Nord, l'hôpital
fait
partie de la grande famille
Marie-Clarac mise sur pied et dirigée par les Soeurs de la Charité
Sainte-Marie. Arrivées au Québec de l'Italie en 1949 avec mère Anselme Marie
Parisotto à leur tête, ces religieuses se dévouent toujours
pour la communauté. Aujourd'hui, l'hôpital est dirigé avec compassion et doigté par soeur
Pierre-Anne Mandato, appuyée du Dr Guy
Legros et d'une équipe chevronnée de professionnels. Je salue et dis : «Grazie, auguri» et
longue vie à l'Hôpital Marie-Clarac.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Et, toujours à la rubrique des déclarations de députés,
je vais maintenant céder la parole à Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais porter à l'attention de mes collègues de l'Assemblée nationale
la campagne Parents jusqu'au bout!
amorcée par une citoyenne de ma circonscription, Mme Geneviève Dion, ainsi que deux autres mamans, lesquelles se sont
unies afin de nous sensibiliser sur la réalité des parents qui se consacrent
quotidiennement à leurs enfants lourdement
handicapés. Leur réalité les oblige souvent à renoncer à un bon travail et,
par conséquent, à une sécurité financière
afin de se consacrer aux besoins quotidiens de leurs enfants et d'en assurer
leur développement. Ces mamans
souhaitent que le gouvernement entende leur appel à l'aide, et je souhaite
aujourd'hui être leur porte-voix.
Afin de mieux comprendre leur problématique, je vous incite à visiter leur site
Web parentsjusquaubout.com ainsi que leur page Facebook . Merci à
ces mamans dévouées et courageuses. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Repentigny.
Et, pour la prochaine déclaration, je vais céder la parole à M. le
député de Richelieu.
M. Rochon : Merci, Mme la Présidente.
Jeudi dernier, au moment même où le gouvernement présentait son budget d'austérité, avait lieu, dans la MRC
Pierre-De Saurel, le premier gala de Reconnaissance de l'action communautaire
et de l'économie sociale. Les deux extrêmes
d'un même spectre social : d'un côté, un gouvernement qui réduit son intervention dans des dossiers cruciaux comme
l'éducation, la santé et les services sociaux; de l'autre, des hommes et
puis des femmes qui, bénévolement ou avec
des moyens très limités, apportent souvent aux plus démunis de leur communauté
un soutien précieux et, surtout, contribuent
à leur rendre fierté et dignité. Alors, merci à la ville de Sorel-Tracy d'avoir
créé ce gala en collaboration avec la Corporation de développement
communautaire, mais surtout mes plus sincères félicitations
à celles et ceux qui ont été honorés à cette occasion. C'est grâce à des gens
comme vous que je suis fier d'être un fils de Richelieu et c'est pour
vous que je veux me battre pour plus de solidarité, de partage et de justice
sociale. Encore une fois, bravo et merci! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Richelieu.
Alors, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
Chevarie : Mme la Présidente, j'aimerais souligner aujourd'hui
l'ouverture officielle de la 39e édition de la coupe Desjardins qui se déroule cette année chez nous, aux
Îles-de-la-Madeleine. Ne pouvant prendre part à cet événement sportif d'envergure qui réunit plus de 200 jeunes
joueurs de hockey de la Gaspésie et des îles, je tiens à leur souhaiter
à tous un très bon succès. Votre détermination et vos efforts sont source
d'inspiration. Je tiens à souligner également l'implication
et le soutien des parents, et particulièrement le travail et les efforts des organisateurs, des instructeurs et des bénévoles de ce grand tournoi. Merci de votre
présence et de vos énergies mises à la réussite de ce bel événement. À toutes
et à tous, un bon tournoi et surtout beaucoup de plaisir. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Et, pour sa déclaration du jour, je cède
maintenant la parole à M. le député de Blainville.
Laframboise : Mme la Présidente, au nom de la population de la
circonscription de Blainville, il me fait grand plaisir de souligner, aujourd'hui, en cette Assemblée, la nomination de
M. Gilles Roussil au
titre de lauréat régional du Prix du bénévolat en
loisir et en sport Dollard-Morin 2014.
Originaire
et résident de Sainte-Anne-des-Plaines, M. Gilles Roussil est un bénévole actif
depuis 1968. Organisateur, motivateur,
passionné, rassembleur, enthousiaste, chaleureux et reconnaissant, voilà autant
de qualités qui distinguent ce
bénévole aux yeux de son entourage. Il fut impliqué dès le début auprès des
jeunes comme entraîneur au baseball et
au hockey, leur communiquant ainsi sa
passion pour les sports d'équipe. Au cours de ses 45 années de bénévolat, il a
mis sur pied plus
de 50 rencontres sportives d'envergure régionale et provinciale qui ont eu pour
impact de motiver la population à bouger et à pratiquer des activités
physiques.
Au fil des
années, Gilles Roussil a oeuvré auprès de tous les groupes d'âge pour leur transmettre
sa passion de bouger, d'être actifs et
de s'adonner à une activité physique. Je veux donc profiter de cette tribune
pour remercier chaleureusement M. Roussil pour tant de dévouement au
sein de sa communauté. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Blainville.
Et, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède maintenant la parole à M.
le député de Lotbinière-Frontenac.
Lessard :
Merci, Mme la Présidente. En tant que ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs, aujourd'hui, nous rendrons
hommage à des familles de grands bâtisseurs de l'industrie forestière, au
ministère. L'histoire forestière et du développement économique des villes et
villages sont intimement liées, Mme la Présidente. L'essor et la vigueur
de l'industrie n'auraient pas été possibles
sans la vision et surtout le travail acharné de ces grandes familles de
bâtisseurs qui ont été des donneurs d'ouvrage et qui ont procuré du
travail à des milliers de personnes à travers le Québec.
Nous honorons
aujourd'hui les familles Barrette, Bérubé, Blanchet, Boulanger, Cossette,
Crête, Deschênes, Fillion, Gonthier,
Huard, Kruger, Lebel, Lemaire, Perron et Tardif. Ils ont donc pris racine non
seulement dans les forêts québécoises,
mais ils ont développé, avec passion et vigueur, donc, une industrie forte
aujourd'hui. Ils ont traversé crises économiques, forestières,
financières, et ils représentent, encore aujourd'hui, des joueurs essentiels
pour l'industrie de la forêt.
Je tiens donc
à remercier ces familles d'être présentes cet après-midi, accompagnées, donc,
de nos collègues de l'Assemblée nationale, pour lesquelles nous leur
devons notre passé, mais surtout notre avenir, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, M. le député de
Lotbinière-Frontenac. Et maintenant je cède la parole à M. le député
d'Abitibi-Ouest.
Gendron :
Mme la Présidente, la finale des Jeux du Québec, qui s'est déroulée à
Drummondville, en février dernier, a été le théâtre de plusieurs
exploits sportifs. La palme des performances exceptionnelles revient cependant
à Alex Bellemarre, un jeune haltérophile de
Macamic, dans la circonscription d'Abitibi-Ouest. M. Bellemarre a épaté la galerie en fracassant trois records des Jeux du
Québec, récoltant ainsi trois médailles d'or. Le jeune athlète a littéralement
pulvérisé les marques antérieures dans la
catégorie des moins de 69 kilos, repoussant les limites de 14 kilos à l'arraché
et de 13 kilos à l'épaulé-jeté.
Pour son
excellente performance, Alex a démontré que l'Abitibi-Témiscamingue est un
terreau fertile pour cette discipline
sportive. Ses prouesses sont à couper le souffle : non seulement il se
dépasse en battant ses propres records, mais, à 16 ans seulement, le
titre d'homme fort lui a déjà été décerné.
Alex, je lève mon chapeau. Nous sommes très
fiers de toi. Continue ta belle réussite.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député d'Abitibi-Ouest. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, Mme la Présidente. Alors, fondée le 2 avril 1985, La Télévision d'ici est un organisme à but non lucratif qui célèbre sa 30e année d'existence aujourd'hui même.
Ayant mené à la mise en ondes du Canal 9, La Télévision d'ici dessert les citoyens du territoire de la
Côte-de-Beaupré et de l'île d'Orléans et se distingue par un contenu local
ainsi que des émissions d'information et de variétés pour les citoyens qui y
vivent.
La Télévision
d'ici est une télévision communautaire autonome qui se veut le reflet de la vie
culturelle, économique, politique et
sociale de sa communauté. Située à Sainte-Anne-de-Beaupré, elle a aussi le
mandat de soutenir le développement des initiatives locales, ce qu'elle
fait d'ailleurs très bien.
Présentement également sur Internet, l'équipe de
La Télévision d'ici compte aujourd'hui quatre personnes de même qu'un conseil d'administration présidé par
M. Noël Asselin et composé d'administrateurs du milieu engagés et dévoués. Félicitations à
toutes ces personnes impliquées et qu'il fait toujours bon rencontrer. Grâce à
vous, les citoyens de la
Côte-de-Beaupré et de l'île d'Orléans peuvent compter sur une télévision qui
leur ressemble et une télévision authentique et dynamique. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 58)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci, veuillez vous
asseoir.
J'ai le plaisir de
souligner la présence, dans nos tribunes, de l'ambassadeur de l'État d'Israël,
Son Excellence M. Rafael Raul Barak.
M. Barak est ici à l'occasion de sa visite officielle. M. l'ambassadeur
est accompagné du consul général à Montréal, M. Ziv Nevo Kulman.
J'ai
aussi le plaisir — parce
que je la vois — de
vous présenter Mme Louise Beaudoin, qui a été notre députée de Rosemont et de Chambly aussi.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées par le député de Terrebonne
le 17 février 2015 et par le député de Rousseau le
18 février 2015, de même que les réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le 10 février 2015 par
le député de Granby et adressées à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la
jeunesse et à la Santé publique et le 26 février 2015 par le député
de Rosemont et adressée à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la
Protection de la jeunesse et à la Santé publique.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose une lettre que m'a adressée M. le leader du deuxième groupe
d'opposition concernant le plaidoyer
de la Procureure générale du Québec dans la cause de Lafarge Canada inc. contre
Heurtel, et ce, en lien avec le
processus législatif en cours touchant le projet de loi n° 37, Loi
confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal
maritime sur le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation de l'article 22 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement.
Je dépose aussi la
réponse à la...
Le Président :
Je m'excuse. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel :
Juste un court commentaire sur la lettre que je vous ai envoyée. Elle fait état
d'une situation qui nous inquiète, où
un représentant du gouvernement, comme vous l'avez mentionné, a présumé de
l'adoption d'un projet de loi qui est
en cours, cette fois dans une cause qui est devant la Cour supérieure, pour
laquelle un jugement a été rendu. Ma
réflexion, M. le Président, c'est que je veux qu'ensemble on puisse trouver des
solutions suite à ce qui a été prouvé par la leader de l'opposition,
suite au jugement que vous avez rendu, que le comité...
Le Président :
Évidemment... M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui. J'invite notre collègue à lire le jugement, la
décision qui a été prise dans l'affaire pour se rendre compte qu'il n'y a aucun rapprochement entre les
deux éléments qu'il soulève. Mais évidemment on pourra continuer de
recevoir sa correspondance.
Président : Ceci étant dit, nous allons continuer parce que
j'ai un autre dépôt, dépôt de la réponse à la lettre de Mme la députée de Pointe-aux-Trembles
concernant ses préoccupations à l'égard de l'horaire des travaux
parlementaires.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 000 pétitionnaires,
citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
offres patronales présentées par le gouvernement du Québec pourraient avoir de
lourdes conséquences sur les conditions de
travail du personnel du réseau scolaire et sur les conditions d'apprentissage
des élèves québécois qui fréquentent l'école publique;
«Considérant
que ces offres portent directement atteinte à la mission première de notre
système d'éducation public, qui est de favoriser la réussite de tous les
élèves;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
[citoyennes et citoyens] du Québec, demandons au gouvernement : de
s'engager à poursuivre la diminution des
ratios maître-élèves dans les classes du Québec, de s'engager à offrir le
soutien et les services nécessaires aux élèves en difficulté, de réduire le
fardeau de tâche du personnel enseignant, de reconnaître toutes les facettes du
travail effectué par le personnel
professionnel, de reconnaître l'expertise de tout le personnel de soutien
scolaire et de s'engager à ne pas faire appel à la sous-traitance, de
réduire la précarité du personnel des commissions scolaires, de reconnaître et
de respecter l'autonomie professionnelle du personnel des commissions
scolaires.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'invite maintenant le député de Gaspé.
M. Lelièvre :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 325 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que, présentement,
le Centre de santé et services sociaux de la Haute-Gaspésie a retrouvé un essor
qu'il avait perdu depuis plusieurs années;
«Considérant que le directeur
général actuel, M. Martin Pelletier, a su rallier l'ensemble des employés
au bon développement de ce centre;
«Considérant que, compte
tenu de la situation actuelle, où il y a correction progressive des déficits
accumulés depuis plusieurs années;
«Considérant que
M. Martin Pelletier, par son encouragement à tout le personnel, aide réellement
tous les départements à relever les défis actuels et futurs;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec que M. Martin
Pelletier, directeur général actuel du Centre de santé et services
sociaux de la Haute-Gaspésie, demeure à
titre de dirigeant local dans la
nouvelle structure proposée par l'actuel ministre de la Santé et des Services
sociaux.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
une demande de dépôt d'une pétition non conforme. Est-ce que j'ai
un consentement? Consentement. Mme la députée.
Mme Poirier :
Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 682 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant le manque croissant de places dans
les services de garde éducatifs de qualité;
«Considérant
qu'en 2013 le gouvernement du Québec [s'était] engagé à développer
15 000 places subventionnées, avant 2016, afin d'offrir une
place en service de garde éducatif de qualité à chaque enfant du Québec;
«Considérant
que le report du développement des nouvelles places subventionnées représente
un frein à l'accessibilité et à
l'universalité des services de garde éducatifs de qualité pour les familles
québécoises et leurs enfants;
«Considérant qu'un retard dans la concrétisation
de ces places occasionne des pertes d'opportunité ainsi que des coûts
supplémentaires pour les contribuables;
«Considérant les ressources humaines et
financières déjà investies par nombre de CPE dans ces projets;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Les
signataires de cette pétition demandent au gouvernement du Québec : que
les 15 000 places subventionnées des 90 projets retenus en 2014 soient développées avant le
31 décembre 2018, qu'il permette aux services de garde éducatifs
qui ont démontré la faisabilité de leur
projet de sécuriser leur opportunité; qu'il respecte et rende justice à
l'engagement bénévole et l'implication communautaire des parents, ainsi
qu'au temps et à l'argent déjà investis dans ces projets.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard :
Merci, M. le Président. Je n'ai pas ici à rappeler l'importance de la Caisse de
dépôt pour le Québec. Moody's, la
plus grande agence de notation au monde, a publié une note intitulée L'entente
sur les infrastructures entre le
gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec est
négative pour son crédit . Et je
dépose cette note, j'invite le premier ministre à la lire.
Hier, j'ai demandé au premier ministre quels
changements allait-il proposer au projet de loi n° 38 suite à l'opinion émise par Moody's. Je pense que c'était
une bonne question, et le premier ministre a préféré nous faire la leçon.
Il a répondu : L'avis de Moody's, le
jour même, a été corrigé. Il a dit ça textuellement et, un peu plus tard :
Moody's s'est immédiatement rétracté.
Or, après
vérification auprès de Moody's, le premier ministre a donné une information qui
était contraire à la vérité. L'auteur
du document brandi par le premier ministre nous a confirmé personnellement, hier après-midi, qu'il n'y a eu aucune correction, que la
note sur laquelle j'ai questionné le premier
ministre hier est toujours
inscrite au dossier de la caisse et confirme l'effet négatif qu'a fait
le gouvernement sur le crédit de la caisse.
Alors, ma
question est simple au premier
ministre, et je vais reposer ma question : Tout d'abord, peut-il
amicalement se corriger et dire qu'il
n'y a pas eu de correctif émis par Moody's et que ses notes sont
complémentaires? Mais la deuxième, qui
est plus importante encore : Quels correctifs entend-il apporter au projet
de loi n° 38 avant les consultations parlementaires?
Président : Consentement pour le dépôt? Consentement pour le
dépôt? Consentement. M. le premier ministre.
Couillard : Je voudrais
remercier le collègue pour me donner l'occasion de continuer sur ce thème
extrêmement positif pour le Québec.
D'abord, bien répéter qu'effectivement Moody's a précisé sa pensée le même jour
et qu'elle dit très clairement qu'il
n'y a aucun impact sur la cote de crédit de la Caisse du dépôt et placement du
Québec lié au projet d'entente. Je rappelle
qu'il faut, comme vous le savez, M. le Président, adopter un projet de loi ici,
à l'Assemblée nationale, pour que
cette entente soit entérinée. Il y a également le constat de DBRS qui est très
positif et qui fait en sorte que la Caisse de dépôt — avec fierté, je le dis, M. le
Président — conserve
le plus haut niveau de cote de crédit au monde pour ce type
d'organisation.
ce qu'a fait Moody's et d'autres agences de crédit dans le passé, c'est de
signaler aux fonds de pension — parce que la même remarque a été faite aux fonds de pension canadiens — que l'utilisation d'investissement dans les
infrastructures les rendait moins liquides et qu'il y avait lieu, en
matière, à signaler le fait aux investisseurs. Ça ne change en rien, M. le
Président, la bonne réputation de la caisse, sa cote de crédit.
Mais
j'accueille avec plaisir le ton de la question du collègue, parce qu'il semble
s'engager dans l'adoption du projet
de loi, et on le souhaite, parce que les gens de Montréal, les gens de la
communauté métropole de Montréal attendent avec impatience l'adoption de
ce projet de loi pour qu'on aille enfin de l'avant avec des projets très
importants, très importants pour cette
région, qui est le lien rapide sur le pont Champlain et le Train de l'Ouest.
Alors, je salue son ouverture, j'espère qu'il va favoriser l'adoption du
projet de loi de façon la plus rapide possible, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Je comprends du premier ministre qu'il se rétracte
par rapport à ce qu'il a dit hier. Les deux avis sont complémentaires, et, pour qu'il en soit sûr, on a même posé la
question directement à celui qui l'a rédigé. Et je dépose la réponse qu'il nous a donnée : il nous a
confirmé, effectivement, que, ces avis, il n'y a pas eu de correction, que ces
deux avis étaient complémentaires.
Mais
ce que je veux surtout dire au premier ministre, c'est qu'actuellement cette
entente a un effet, et elle n'est pas
encore signée, c'est un projet d'entente. Imaginez-vous si elle était signée.
Le premier ministre me parle déjà de projet. Ce que je lui
demande : Quelles modifications va-t-il faire au projet de loi n° 38
pour le rendre acceptable?
Le Président :
Consentement pour le dépôt? Consentement. M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je vais répondre à la question très
claire : À la lumière des commentaires écrits de Moody's, il n'y a aucune modification à apporter au projet de
loi, puisque, contrairement à ce qu'il a dit, l'entente ou le projet d'entente — il faut toujours le préciser, M. le
Président — n'affecte
en rien, en rien, en rien la cote de crédit et la réputation de la
Caisse de dépôt, au contraire.
Mais
moi, je l'appelle à la collaboration, de même que la deuxième opposition, parce
que les gens de Montréal et de la
région de Montréal attendent avec impatience que les parlementaires prennent
leurs responsabilités et accélèrent l'adoption
de ce projet de loi pour que les projets puissent aller de l'avant dans la plus
complète indépendance. La caisse décidera
si elle veut les prendre en main ou pas. Mais, M. le Président, je
répète : Pourquoi le Québec se priverait-il de l'expertise considérable de la caisse, qu'elle
déploie dans le monde entier, pourquoi pas au Québec? Oui, au Québec...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Dois-je rappeler au premier ministre que, pour une
cote de crédit donnée, un avis comme ça peut avoir, effectivement, un effet, et le crédit peut être moins bon pour la
caisse, bien qu'elle conserve sa cote. Et là on parle de projet
d'entente.
Alors,
il y a un avertissement de la plus
grande firme de notation qui lui dit qu'il s'en va sur la mauvaise voie et
qui dit que, justement, la Caisse de dépôt n'est pas dans son domaine et que ça la place à risque. Ce que je lui
demande aujourd'hui, c'est faire le constat, tout comme nous, qu'à
annoncer des projets sur une base d'une entente qui est dangereuse pour
la caisse...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, ce qui serait irresponsable, c'est, par la
passivité de certains parlementaires, faire
en sorte qu'il n'y ait pas de transport rapide sur le pont Champlain et qu'il
n'y ait pas de Train de l'Ouest. Ça, ça serait irresponsable.
Maintenant,
je répète encore une fois que cette entente... Il faut qu'il lise l'autre avis
complémentaire également, il faut qu'il lise DBRS, il faut qu'il parle aux gens
de la caisse — je
vous suggère d'appeler les gens de la caisse — et il va
voir, M. le Président, et constater que
cette entente, elle est connue, elle est vue, elle est prise en compte et elle
n'affecte en rien, je répète, en rien, la capacité de crédit de la
caisse.
je voudrais souligner encore une fois, M. le Président, qu'il est temps de
passer à l'action. Les gens de Montréal attendent, la communauté métropole de Montréal, la grande région de
Montréal, qu'on aille de l'avant avec ces projets que le Québec attend
depuis longtemps.
Le Président : Principale, M.
le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le
Président, ce matin, on a une réponse à la différence de consommation constatée
par plusieurs clients d'Hydro-Québec depuis l'installation des compteurs
intelligents. Cette différence serait imputable à l'imprécision des compteurs à roulette, qui auraient mal mesuré la
consommation d'électricité des ménages. Des tests menés par le bureau
d'enquête du Journal de Montréal ont confirmé le mauvais fonctionnement
des vieux compteurs mécaniques. C'est grave,
ça, M. le Président. Des milliers de citoyens québécois auraient payé pour de
l'électricité qu'ils n'ont pas consommée.
M. le
Président, le ministre responsable d'Hydro-Québec doit nous dire combien de
citoyens ont payé en trop...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! J'aimerais entendre la question. M. le député.
Drainville : M. le
Président, le ministre responsable d'Hydro-Québec doit nous dire combien de
citoyens ont payé en trop, combien
ont-ils payé en trop, depuis quand ont-ils payé en trop. Est-ce qu'il va faire
enquête? Est-ce qu'il va proposer de les compenser?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, je suis très heureux de la question du député de Marie-Victorin
parce que ma compréhension, c'est que... il était plutôt le contraire, c'est
qu'il y a des gens qui n'avaient pas payé assez.
M. le Président, j'aimerais simplement dire, sur
cette question-là... D'abord, je suis très heureux, il y a eu une enquête qui a été faite par un journaliste du Journal
de Montréal , qui, habituellement, n'est pas tellement tendre envers Hydro-Québec, et qui a confirmé, M. le Président,
que les normes qui étaient appliquées sur les compteurs intelligents étaient les bonnes normes, c'était la bonne façon
de le faire. On le dit depuis le début, ces normes-là ont été mesurées de
façon très précise, elles ont été ratifiées
par Mesures Canada et elles sont également sécuritaires. Alors, M. le
Président, que le député de Marie-Victorin ne voit pas des problèmes où
il n'y en a pas, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le
Président, je cite l'article de ce matin : «On peut [...] demander si des
consommateurs québécois dont les compteurs
surévaluaient la vraie consommation ont payé trop cher trop longtemps pour leur
électricité.» Alors, il y a des Québécois qui ont payé trop cher trop
longtemps pour leur électricité.
Combien? Ils
ont payé combien de trop? Ils ont payé combien
de trop depuis combien de temps? Est-ce que vous allez faire enquête
plutôt que de faire des jokes? Puis est-ce que vous allez les compenser éventuellement?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, toutes les plaintes qui
ont été demandées... ou à peu près toutes les plaintes qui ont été faites à Hydro-Québec, ce sont des
plaintes qui ont été faites parce que les gens disaient que les compteurs intelligents,
c'étaient des compteurs qui surfacturaient.
Alors, la preuve, M. le Président, elle a été démontrée par une analyse indépendante qui a été faite par un journaliste
hier, qui a été publiée aujourd'hui. Alors, les consommateurs qui se plaignent
depuis le début se sont plaints du fait que
les compteurs intelligents étaient des compteurs qui faisaient augmenter leur
facture.
Le Président : En terminant.
Arcand : Alors, je pense que la vraie question,
c'est que je pense qu'il était temps qu'on ait une technologie moderne, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le Président, les gens ne savaient pas qu'ils étaient
surfacturés, les gens ne savaient pas qu'ils payaient trop. Là, ils
l'apprennent. Alors, s'il veut des plaintes, je pense qu'il va finir par en
avoir.
La question
est de savoir est-ce qu'il va attendre les plaintes ou est-ce qu'il va vérifier
ce qui s'est passé. Est-ce qu'il va faire enquête? Et puis est-ce qu'il
va finir par nous dire la surfacturation s'élevait à combien pour les vieux
compteurs? Quel montant? Depuis combien de temps? Puis allez-vous les
dédommager pour la surfacturation?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, ce que je peux vous dire
sur cette question-là, c'est qu'à chaque fois qu'il y a une plainte Hydro-Québec analyse ces plaintes-là de façon extrêmement rigoureuse. Les habitudes de consommation, que ce soit le
chauffage, l'utilisation de l'eau chaude, différents facteurs peuvent avoir une
influence sur le solde à payer. Alors, M. le Président, le message que j'envoie à Hydro-Québec, c'est de traiter tous les consommateurs de façon
correcte et respectueuse, M.
le Président.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Alors qu'on espérait un nouveau ministre de l'Enseignement supérieur qui fasse
preuve de respect, de hauteur et
qu'on fait plutôt face à un ministre qui jette de l'huile sur le feu avec des
propos provocateurs et infantilisants à l'égard des étudiants du Québec, alors que le gouvernement annonce des
coupes supplémentaires de 70 millions dans les universités et de 35 millions, le ministre a
avoué cette semaine, à l'occasion de l'étude du quart des crédits, que c'était
toujours l'impasse dans la saga de la généreuse augmentation des primes
d'après-mandat des hauts dirigeants de l'Université
Laval, une hausse, je le rappelle, qui s'est votée alors que des services
étaient coupés, des cours, abolis, des programmes, fusionnés, et de
surcroît en contravention de la loi.
Plutôt que de
faire preuve de provocation, le ministre peut-il nous dire quand va-t-il
finalement faire preuve de leadership et amener l'Université Laval à
revenir sur cette décision indécente?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Alors, un grand merci, là, à ma collègue pour cette question.
Comme je l'ai déjà annoncé, là, quand j'ai
pris mes fonctions, mon prédécesseur avait pris des mesures à l'endroit de cet
écart, là, de la direction de l'Université Laval, il a fait connaître ces mesures-là. J'ai réitéré
que je croyais en la nécessité de ces mesures-là, j'ai réitéré qu'elles étaient
justifiées. Nous continuons à être en discussion avec l'Université Laval
là-dessus, notamment avec le président du conseil d'administration. Je pense qu'il y a une véritable
difficulté. Les sanctions sont là, elles pèsent assez lourd, et j'espère, je
souhaite que l'Université Laval va retourner sur sa décision pour
permettre — puis
je suis d'accord avec ma collègue là-dessus — que toutes les sommes qui sont nécessaires,
là, pour le bon fonctionnement de l'Université Laval aillent le plus
vite possible aux étudiants.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Clairement, M. le Président, ce qu'on constate, c'est que le ministre a
vraiment une attitude à géométrie variable à
propos des universités. Lorsqu'il est question des étudiants, il ne se gêne pas
pour sauter dans la mêlée, souffler dans le cou de la haute direction
des universités, jouer un petit peu au pyromane, mais, quand c'est le temps d'empêcher la haute direction des universités de
se donner des primes de départ inacceptables, là, c'est différent. Il prend
bien son temps, il négocie, il regarde
comment les choses vont. L'indépendance des universités, soudainement, est très
intéressante.
Quand le ministre va-t-il, finalement, agir
contre ces hausses indécentes?
Président : Je voudrais juste vous recommander de faire
attention à quelques termes de votre intervention. M. le ministre.
Blais : J'ai un petit peu de difficultés à comprendre, là, moi aussi,
le positionnement du Parti québécois en ce moment. Il faut comprendre, hein, que, hein, donc, ce qui est évoqué
ici tout d'abord, c'est qu'il y a des conséquences, il y a des conséquences quand on pose des gestes
illégaux. Et nous croyons ici, de ce côté-ci, c'est clair, que le droit à
l'éducation conduit, hein, à l'obligation,
hein, de permettre à tous les étudiants qui veulent étudier, qui veulent entrer
dans la classe d'y arriver. Nous
avons agi sur trois volets ou trois messages importants en termes de
responsabilisation, puis c'est de ça
dont on parle aujourd'hui. On a dit aux étudiants qui voulaient faire la
grève : Très bien, mais nous ne paierons pas pour des mesures de
reprise, nous n'avons pas les moyens pour ça.
Le Président :
En terminant.
M. Blais :
Nous ne ferons pas en sorte que les écoles primaires et les écoles secondaires
paient...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : De toute évidence, le ministre est beaucoup moins
enthousiaste lorsque c'est le temps de rappeler à l'ordre la haute direction des universités que
lorsqu'il se permet de rappeler à l'ordre les étudiants. Les gestes qui ont été
posés par la haute direction, ils sont en contravention de la loi.
Qu'est-ce
qu'attend le ministre pour agir? On aimerait que, plutôt que de s'attaquer aux
étudiants, il s'attaque à ces primes
indécentes. Plutôt que de demander l'expulsion de deux, trois étudiants par
jour, est-ce qu'il pourrait exiger l'annulation de deux, trois primes
indécentes par jour?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, on ne s'attaque pas aux étudiants, on les protège, on
les protège dans leur droit d'étudier, hein? Et cette position-là...
M. Blais :
Ce n'est quand même pas si mal, hein, ce n'est quand même pas si mal de
réitérer l'importance de l'éducation et de
réitérer que les étudiants qui veulent étudier en ce moment ont le droit de
pouvoir rentrer dans les classes et
étudier. J'ai rappelé, hein — deuxième message de responsabilisation — j'ai rappelé à la majorité silencieuse
d'aller voter. Je sais que la démocratie étudiante...
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! Il n'y a qu'une personne qui a le
droit de parole ici, puis c'est le ministre. Puis il lui reste quelques
secondes, ça fait que je vais lui demander de terminer rapidement.
M. Blais :
Et finalement, ici, appuyons les recteurs dans leur travail en ce moment.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le Québec est au 57e rang en Amérique du Nord...
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! M. le député, le chef du deuxième
groupe d'opposition a un droit de parole ici. C'est à son tour de
parler, c'est à vous de l'écouter avec respect. M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Legault :
Avec un niveau de richesse aussi bas, M. le Président, on doit tous comprendre
que c'est impossible de réduire les
impôts de la classe moyenne et de financer correctement nos services en
éducation, en santé. Donc, on a besoin
de plus d'investissement privé pour créer plus de richesse au Québec. Or, ce
matin, TransCanada vient d'émettre un communiqué pour dire que le
terminal maritime ne sera pas construit à Cacouna, ce qui est une bonne chose,
mais actuellement TransCanada étudie
différentes options au Québec et au Nouveau-Brunswick. Or, M. le Président,
soyons bien clairs, là, on est tous
d'accord pour dire qu'on doit respecter les plus hauts standards en
environnement, mais, quand on a un
gouvernement qui prétend que l'économie, c'est une priorité, bien, c'est aussi
sa responsabilité de s'assurer que ce terminal-là se construise au Québec.
On parle de plusieurs centaines de millions, des centaines d'emplois pendant la
construction.
M. le Président, on a un premier ministre qui a des discours théoriques, est-ce qu'on
peut enfin avoir un premier ministre
qui prend à bras-le-corps le développement
économique? Est-ce qu'il peut nous dire quelles démarches il a faites pour que le
terminal soit construit ici, au Québec, avec des emplois ici, au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le Président, à mon tour de souhaiter que le chef de la deuxième opposition
quitte le terrain théorique pour parler du vrai monde puis des vraies
jobs. Il y a un projet en Gaspésie sur lequel il s'acharne encore aujourd'hui,
qui permet aux Gaspésiens puis aux Gaspésiennes d'avoir accès à des emplois industriels
de haut niveau, d'avoir des retombées économiques dans la région. Encore aujourd'hui,
il tourne le dos à la Gaspésie.
Alors, pour
ce qui est, là, du projet de pipeline, je suis content de dire qu'il respecte
les questions environnementales parce
que ce n'est quand même pas anodin que l'espèce, le béluga, qui est mentionnée,
bien sûr, dans la décision est en voie d'extinction. Ce n'est pas
anodin, et cette décision, je crois, elle était attendue.
Maintenant, nous, on va insister — ça
figure dans les sept éléments qu'on a publiés — pour qu'il y ait des retombées économiques pour le Québec, soit
directes soit fiscales. Mais, s'il y a un projet qui passe par le Québec, il y
aura des retombées fiscales puis des emplois pour les Québécois.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, c'est désolant. On a un premier ministre qui se contente d'une
faible croissance économique pour cinq ans. Il a l'air content qu'on
soit dépendants de la péréquation.
Je lui pose une question précise : Quelles
démarches il a faites pour avoir le terminal ici, au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
comme d'habitude, malheureusement, notre collègue est dans la contradiction
la plus profonde, là. Si on dit qu'on
s'intéresse aux retombées économiques pour le Québec puis aux emplois pour les
Québécois, on s'assure de transmettre un
message aux régions particulièrement et à la Gaspésie plus particulièrement,
qu'on se préoccupe aussi de ces gens-là, des
Gaspésiens et des Gaspésiennes, qu'on veut également qu'ils aient accès
à des emplois de grande qualité et à la
dignité d'emplois de grande qualité, M. le Président, chez eux et chez elles,
il dit le contraire, il dit aux Gaspésiens : Faites autre chose,
mais vous n'aurez pas ces emplois-là. Si c'était lui qui était au gouvernement, il n'y aurait pas de création
d'emplois en Gaspésie, c'est clair. Ça, c'est la différence entre la pratique
puis la théorie, pour reprendre ses paroles d'il y a quelques instants.
Le Président : En terminant.
Couillard : Maintenant, on
va faire en sorte que les retombées économiques soient présentes, elles le
seront pour qu'il y ait un projet, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre n'a rien, rien, rien à dire sur les
démarches qu'il a faites, que son gouvernement a faites pour avoir un
port maritime ici, un port, là, qui va créer des centaines de jobs pendant la
construction.
Quand va-t-il changer son discours
théorique pour de l'ambition, pour du leadership, pour des résultats, enfin,
pour les Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je comprends que, pour la deuxième opposition,
comme pour l'opposition officielle — on l'a entendu, le message, il y a quelques jours — l'avenir du Québec, c'est le pétrole. Alors,
on ne croit pas que l'avenir du
Québec, à long terme, c'est dans les hydrocarbures, on croit que c'est dans
l'eau, c'est dans l'hydroélectricité, c'est dans les énergies
renouvelables. Clairement, les deux oppositions sont sur un autre terrain.
Maintenant,
il faut réaliser, M. le Président, soyons réalistes, que ce pétrole, s'il se
déplace, soit il se déplacera par pipeline,
soit par train, ou par bateau, et ce n'est pas idéal ni dans un cas ni dans
l'autre. On veut donc s'assurer de prendre en compte la réalité et, encore une fois, M. le Président, d'avoir des
retombées économiques mesurables pour le Québec, j'insiste.
Maintenant, je
voudrais rappeler à la compagnie, à l'entrepreneur...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...qu'il doit déposer un projet s'il veut que son projet
soit étudié.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, on sait que certaines écoles du Québec sont dans un
état lamentable, mais que se
passe-t-il dans les 2 600 bâtiments du réseau de la santé, dont la moyenne
d'âge est de 50 ans? La Coalition avenir Québec a demandé par accès à l'information la liste des immeubles qui
accusent un déficit d'entretien et la valeur totale de ce déficit. Le ministère de la Santé nous a
répondu qu'il ne connaît actuellement pas l'état des bâtiments du réseau.
Pourtant, ce ministère travaille depuis 2001
à dresser un portrait complet, qui devait être livré, d'ailleurs, il y a deux
jours. Bref, ça fait 14 ans, et on ne sait toujours pas. En 2012,
le Vérificateur général a pourtant recommandé au ministère d'obtenir dans les meilleurs délais un portrait
objectif et fiable de l'état du parc immobilier. Non seulement le ministère
ne peut présenter le portrait des bâtiments, mais en plus on apprend dans le
budget que la livraison de ce portrait est reportée en mars 2018.
Comment le ministre de la Santé explique qu'il faudra finalement 17 ans pour dresser
un portrait complet et fiable de l'état des 2 600 établissements de
santé au Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, j'ai dit à plusieurs reprises et même je l'ai dit
publiquement à certains journalistes qu'un
des grands enjeux de notre système de santé dans les prochaines années était,
effectivement, la mise à niveau de
notre parc immobilier qui, comme le député
de Lévis vient de le dire, est
très âgé. Les impacts sont importants, évidemment, pour la clientèle, pour les patients, pour
l'offre des services, mais aussi pour le budget... pas pour, mais à cause de la situation économique
du Québec. Ça me permet, évidemment, de renchérir sur
le fait qu'il doive, pour nous... que
ce soit extrêmement important de revenir à l'équilibre
budgétaire pour pouvoir se permettre,
à long terme, d'affronter ce défi.
Ceci
dit, M. le Président, contrairement à ce que dit... ou plutôt dans le
sens de ce que dit le député de Lévis, moi, je ne peux pas dire ce qui s'est
passé derrière moi, et particulièrement quand le Parti québécois était au
pouvoir...
Barrette : Je peux dire aujourd'hui, M. le Président, que les démarches sont en train de se faire pour faire en sorte
que nous mettions à niveau notre appréciation du parc d'équipement immobilier,
mais aussi une planification
ordonnée...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...de la mise à niveau de notre parc d'équipement immobilier, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, le ministre responsable du Conseil
du trésor a dit ce matin que le
dernier PQI donnait le portrait de l'état
des hôpitaux. Pourtant, à la page 100 du PQI, sous la colonne
État des hôpitaux et déficit du maintien des actifs, il est écrit : N.D., non disponible. Et
j'ajoute, comme écrit, que le ministère va présenter un portrait complet de l'état
d'ici le 31 mars 2018. Comment le ministre peut-il évaluer les investissements nécessaires
liés au maintien des actifs sans posséder ce portrait complet?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Alors, M. le Président,
il va de soi qu'avant de faire de telles affirmations en 2018 il faut faire
certaines analyses, et ce sont ces analyses-là qui sont en train d'être faites.
Je travaille étroitement avec mon collègue le président du Conseil du trésor,
et on a discuté d'ailleurs récemment pour, prochainement, dans les prochains
mois, établir, encore une fois, un plan, sur
une période de 10 à 20 ans, de réinvestissement et d'ordonnancement des projets
à mettre en place, aujourd'hui ce qui
est responsable d'être fait et ce que nous faisons, c'est-à-dire de prendre la
situation actuelle, ordonnancer les choses qui sont les plus urgentes,
et ça, ça donne le PQI 2015-2025.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Et c'est la façon
responsable de prendre ce problème à bras le corps, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
fenêtre 10 à 20 ans, nous dit le ministre. L'âge moyen des établissements,
50 ans. Ça risque de coûter cher. Je ferai
le parallèle suivant. Si j'ai 1 000 $ à investir pour rénover ma
maison, par exemple, je décide de
peinturer ma cuisine alors que je ne sais même pas et je n'ai pas vérifié s'il
y a de la moisissure au sous-sol ou des infiltrations d'eau, je ne crois
pas que c'est une super stratégie de rénovation actuellement.
Alors, comment le gouvernement peut dépenser
pour rénover les hôpitaux sans connaître l'état réel des 2 600
établissements de santé, que l'on devait connaître il y a deux jours?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, là,
je ne sais pas quel bout de mes deux réponses le député de Lévis n'a pas compris, là, et je n'ai pas annoncé qu'on allait
prendre 20 ans pour faire un plan d'ordonnancement de réinvestissement de nos infrastructures. J'ai dit que, dans les
prochains mois, on allait faire le point et ordonnancer ce que l'on a à faire,
M. le Président. Et ici on parle
d'investissement sur le long cours, qui sera probablement de dizaines de
milliards de dollars, pour des
projets qui, en moyenne, prennent, pour chacun, trois à quatre ans à construire, M. le Président. Alors, à un moment
donné, il faut redescendre sur la terre, prendre acte de la réalité et
planifier correctement, selon nos moyens...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et c'est ce que
l'on fait, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, hier, j'ai expliqué une situation complètement aberrante où on avocat se retrouve
devant le Conseil de discipline du Barreau
du Québec parce
qu'il a simplement demandé que le jugement soit rendu en français. Et je cite la lettre envoyée à la
juge : «...le procureur de l'AMF est francophone, [les soussignés] sont
également francophones, et plus important encore notre client [...] est
unilingue francophone.
«[...]nous
comprenons [donc] mal ce qui a pu faire en sorte qu'un jugement [soit rendu
entièrement en anglais].»
Et l'avocat réclame ensuite uniquement la
traduction du jugement.
Alors, est-ce
que la ministre de la Justice, là, trouve ça normal qu'en 2015 un avocat soit
obligé de se battre avec le système,
qu'il se retrouve devant le Barreau du Québec uniquement parce qu'il a demandé
un jugement en français?
Président : Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, ce qui est aberrant depuis hier,
c'est l'attitude du collègue, qui instrumentalise un dossier qui est actuellement pendant devant un
comité de discipline. À
titre d'avocat, il devrait faire preuve d'un peu de
réserve, puisque nous ne connaissons pas
l'ensemble des faits ayant mené au dossier devant le Conseil de discipline du
Barreau.
D'autre
part, je tiens à rappeler à tous les membres de cette Assemblée que le jugement
a été traduit sans frais et que l'avocat a reçu copie de son jugement
traduit.
Pour
ce qui est de la suite des choses, M. le Président, il faut se garder une
distance entre les institutions, entre le
système judiciaire et le parlementarisme. Il ne faut pas politiser les
tribunaux, et j'invite mon collègue à la prudence.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, la ministre de la Justice nous a
habitués, en cette Chambre, à une série d'excuses. La réalité, c'est
qu'elle a la responsabilité de l'application de la Charte de la langue
française, elle a la responsabilité d'assurer la saine administration de la
justice.
Est-ce
qu'elle est au moins capable de dire, là, que ce n'est pas normal qu'un avocat
est obligé de se battre avec le système judiciaire pour avoir accès à un
jugement en français, la langue officielle du Québec?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, je ne sais pas ce qui n'est pas
compris de l'autre côté, le jugement a été obtenu en français.
Pour ce qui est du
dossier devant le conseil de discipline, il y a énormément d'éléments qui ne
sont pas de connaissance publique, qui ne
sont pas dans les faits et que nous ne pouvons commenter. Alors, ce dossier-là
est devant le conseil de discipline,
alors on va se garder une saine distance avec cet organisme-là, on va laisser
le conseil de discipline se pencher sur les faits qui ont amené le
dossier devant lui, puisque nous ne les connaissons pas. Mais ce qui...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
Une chose est claire, le jugement a été traduit en français.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : M. le Président, deux jours après les faits, là, la
ministre, elle tergiverse toujours et, de toute évidence, elle n'a pas pris connaissance du dossier. M. le
Président, pour les fins de la discussion et par souci de transparence, je vais
déposer la lettre dans laquelle l'avocat
réclame simplement d'avoir accès à un jugement en français. Les faits, là, on
les a. La réalité, là, c'est que tu
as un avocat qui se retrouve devant le Conseil de discipline du Barreau du
Québec, là, uniquement pour s'être tenu debout pour assurer que son
client puisse comprendre enfin le jugement...
Le Président :
Consentement pour le dépôt de la lettre? Consentement. M. le leader du
gouvernement.
M. Fournier :
L'article 35 de notre règlement... Et c'est une réponse, ce n'est pas une
question de règlement.
L'article 35 dit
ceci : «Le député qui a la parole ne peut parler d'une affaire qui est
devant les tribunaux ou un organisme quasi
judiciaire, ou qui fait l'objet d'une enquête, si les paroles prononcées
peuvent porter préjudice à qui que ce soit.» Ça, c'est notre règlement,
M. le Président. Pourquoi il existe ainsi...
M. Fournier :
Alors là, on se comprend, là. Ça, c'est le chef de l'opposition officielle, qui
n'a aucun respect pour les institutions...
Le Président : S'il vous
plaît!
Fournier : ...pour notre règlement, pour le système de justice.
La question posée par le collègue, le chef de l'opposition officielle, c'est zéro
respect pour les institutions. On reconnaît bien le Parti québécois. Au moins, M. le Président,
qu'ils respectent le règlement.
Le Président : Mme la leader
de l'opposition.
Maltais : M. le
Président, le zéro respect actuellement, c'est devant la langue française et devant le fait que c'est notre langue...
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier : Le Parti
québécois s'immisce dans une enquête dans un comité de discipline. En anglais,
en français, ce n'est pas respecter...
Le Président : Mme la députée
de Gouin, en principale.
Mme David (Gouin) : Merci, M. le
Président.
Président : Chut! Chut! Chut! S'il vous plaît, monsieur... S'il
vous plaît! Il y a une personne ici qui a le droit de parole, c'est Mme
la députée de Gouin, je voudrais l'entendre.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. 120 000 étudiantes et
étudiants sont en grève aujourd'hui. Des dizaines de milliers manifesteront leur opposition aux politiques
d'austérité du gouvernement. À leurs côtés, leurs parents, leurs professeurs et d'autres citoyennes et
citoyens exaspérés de ne pas être entendus. Face à eux, un ministre de
l'Éducation qui préfère donner des
conseils mal avisés aux recteurs plutôt que de défendre bec et ongles un budget
décent à l'éducation. Le ministre
doit couper près de 1 milliard de dépenses en éducation primaire et
secondaire et dans l'enseignement supérieur. Les jeunes dans nos écoles, cégeps et universités de même que leurs
professeurs seront parmi les plus durement touchés par l'austérité du
budget gouvernemental.
Le ministre
de l'Éducation se rend-il compte du tort ainsi causé à ce qui devrait
constituer une priorité nationale qui
est l'éducation? A-t-il l'intention de se battre pour que l'école publique, les
cégeps et les universités aient les moyens de remplir leur tâche éducative?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Alors, merci beaucoup pour la question. Alors, pour que les
recteurs, que les institutions puissent remplir leur tâche, il faut qu'au plus tôt, hein, les étudiants puissent rentrer
dans leurs cours, hein, et c'est ce que nous souhaitons, là, bien sûr,
ardemment.
Pour ce qui est du budget, la députée le sait
très bien, nous avons hérité, hein, d'un problème d'à peu près 7 274 000 000 $
qu'il fallait absolument trouver. Nous avons annoncé que nous allions le faire
en deux bouchées : la première bouchée
l'année dernière, et, cette année, nous entamons la deuxième bouchée. Tous nos
collaborateurs dans le milieu de
l'éducation étaient très au courant de cette situation-là. Ils comprennent la
situation, et nous travaillons en collaboration
avec eux, avec elles pour trouver des solutions. C'est un enjeu important, nous
le faisons pour qui? Nous le faisons
pour les jeunes. Nous le faisons pour ceux aussi qui vont manifester
aujourd'hui. Ils ont le droit de manifester, bien sûr, mais il y en a d'autres qui ne manifestent pas et qui
comprennent que nous le faisons pour eux, pour leur laisser un avenir
meilleur.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Il est tout de même extraordinaire, M. le Président, qu'on
coupe des sommes considérables dans l'éducation pour assurer un avenir
meilleur à nos jeunes. Il y a quelque chose là-dedans d'un peu contradictoire.
Dans les
cégeps et universités, les compressions atteignent le demi-milliard depuis
quatre ans. Les recteurs disent : «Cet
effort supplémentaire affectera inévitablement la qualité et l'accessibilité
chez les étudiants et nuira à la prospérité du Québec tout entier.»
En région, la situation est
particulièrement délicate. La baisse des effectifs, doublée aux coupes
budgétaires, fragilise le réseau...
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, bon, je suis tout à fait d'accord, hein, pour dire que,
bien sûr, il y a un effort supplémentaire, et, bien sûr, cet effort supplémentaire, il est possible, hein? Je
connais bien le milieu de l'éducation, je connais bien le milieu des universités, j'ai donné un certain
nombre d'exemples cette semaine aux crédits, hein, sur les modifications qui
devaient être faites.
Pensons simplement
aux universités du Québec, que je respecte grandement, par ailleurs... pensons
que les 4 000 employés des
universités du Québec ont aujourd'hui le droit à un montant forfaitaire de
100 % lorsqu'ils quittent pour
la retraite, une pleine retraite que plusieurs Québécois n'ont pas. Ils ont
droit à un montant forfaitaire de 100 % dès qu'ils quittent, de
55 ans à 60 ans. Les recteurs sont conscients de ces problèmes qu'ils
ont, ils veulent travailler avec nous.
Le Président :
En terminant.
Blais : Ils sont conscients que, s'ils travaillent, ils vont améliorer
les sommes disponibles pour les étudiants.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : On va aussi se parler d'éducation primaire et
secondaire, M. le Président, et pas de question de retraite, là. Quand les professeurs sont rendus à devoir acheter
eux-mêmes du matériel scolaire parce que l'école n'a plus les moyens de leur fournir, est-ce que c'est
ça que le ministre appelle assurer un avenir meilleur aux jeunes, assurer
une bonne éducation à nos enfants?
Qu'est-ce qu'il va faire
pour nos écoles primaires et secondaires?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais : Alors, j'ai déjà annoncé deux choses. Il faut
relever les standards d'admission dans les écoles de formation des maîtres à l'université. C'est extrêmement important.
Aujourd'hui, on ne prend pas les
meilleurs et on devrait le faire. Pour quelles raisons? Parce que les
enseignants doivent être des modèles sur le plan intellectuel, ils doivent être aussi des modèles sur le plan de leur
personnalité morale, c'est ce qu'on
recherche.
Hier, j'ai eu une
autre discussion avec mes collègues ici même. Nous devons réaligner l'école sur
la lecture obligatoire pour tous les
enfants. Ça ne coûte pas cher, lire, et ça ouvre l'esprit. C'est le genre de
choses que l'on peut faire encore aujourd'hui au Québec, on a les moyens
de le faire, il faut aller dans cette direction.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) : M. le Président, la situation est hors
contrôle à l'Université du Québec à Trois-Rivières. L'UPAC et le Vérificateur général enquêtent. Un
rapport sérieux souligne les difficultés de gestion de la rectrice. Le comité
d'éthique et de déontologie recommande même sa destitution.
L'université effectue
des retraits illégaux dans les fonds de recherche; les taxes foncières ne sont
pas payées depuis deux ans pour la somme de
1,9 million, donc 400 000 $ en intérêt; les emprunts à court
terme ont triplé depuis l'arrivée de
la rectrice. Depuis cette date, il y a eu huit départs à la haute direction, 16
postes au conseil d'administration, dont
12 sont vacants ou non renommés. Les frais d'avocat atteignent maintenant
1 million de dollars; c'est huit fois plus qu'avant l'arrivée de la
rectrice, et sans compter les nominations partisanes, et j'en passe.
Est-ce que le
ministre de l'Éducation est d'accord avec ce genre de pratique?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais :
Alors, je remercie ma collègue pour sa question. D'abord, je sais, hein, je
connais sa sincérité par rapport à ce que
vit en ce moment l'UQTR, on en a déjà discuté à quelques reprises, donc je ne mets
aucun doute sur sa sincérité.
Cependant, depuis l'automne dernier, le Vérificateur général du Québec examine
l'ensemble de la situation, hein,
elle le sait très bien, l'ensemble de la situation. Je crois qu'il devrait
déposer son rapport en principe ce printemps. Prenons le temps de le
regarder ensemble, et ensuite on verra quels gestes il faut poser pour aider
l'UQTR.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : M. le Président, je m'attendais à cette réponse.
C'est toujours la même rengaine. Pendant
deux ans, je me suis fait dire qu'on ne pouvait pas avoir de commission
d'enquête parce que l'UPAC enquêtait. Je vous réponds encore que le ministre
est le seul responsable du dossier. Seul le ministre peut se saisir de ce
dossier, seul le ministre peut mettre en tutelle l'université.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, je comprends qu'elle s'attendait à la réponse, mais c'est
la seule réponse qu'il faut offrir en ce moment, hein? Le Vérificateur général a fait une enquête, est là-bas,
doit remettre son rapport au printemps prochain. Nous le regarderons
ensemble, ensuite on verra quels gestes il faut poser, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Arthabaska.
Roy (Arthabaska) : M. le Président, je constate que le ministre
a baissé les bras. Je voudrais lui rappeler que l'Université du Québec à
Trois-Rivières est un des vaisseaux amiraux de l'économie en Mauricie.
Est-ce
que le ministre peut se ressaisir et poser des actions actuellement? Est-ce
qu'à chaque fois que le Vérificateur général
est dans un organisme les ministres se dessaisissent des dossiers? Je vous
demande, s'il vous plaît, d'utiliser vos pouvoirs discrétionnaires et de
mettre l'université en tutelle.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Je la remercie pour sa demande. Je ne le ferai pas, bien
entendu. Je le lui ai dit, je le redis : Le Vérificateur général du
Québec est là-bas, il fait enquête, il va nous présenter l'ensemble du dossier.
Nous regarderons le rapport ensemble, nous prendrons les décisions, ensuite,
qui s'imposent.
Le Président :
Principale, M. le chef de l'opposition.
Bédard : M. le Président, le rêve du Canada se réalise. Hier
après-midi, on a appris le début de la destruction par le gouvernement
canadien des données du registre des armes d'épaule.
Malgré l'adoption unanime
de motion de l'opposition officielle... que
l'opposition officielle, plutôt, a présentée, Ottawa choisit de détruire le
registre. On l'a vu avec Raif Badawi, même l'Arabie saoudite, M. le
Président, réagit plus aux motions de l'Assemblée nationale que le gouvernement
canadien.
La Cour suprême a
tranché : ce n'est pas une question juridique, c'est une question
politique. Pour le premier ministre... Je
lui en veux encore de ne pas avoir pris cette dernière chance qu'il avait
d'aller à Ottawa. Il aurait dû agir comme
s'il était impossible d'échouer. Je pense que la situation le commandait, et
douter de ma sincérité sur cette question, je pense, n'est pas la bonne chose à faire. Il aurait pu jouir d'un
consensus ici, de l'Assemblée nationale, avec toutes les personnes
intéressées au Québec.
Maintenant qu'on sait que le fédéral détruit actuellement ces données, peut-il aujourd'hui s'engager à exiger du gouvernement fédéral une pleine compensation pour le choix qu'il a fait, les conséquences
que ça aura, mais surtout pour nous? Nous allons recréer ce registre
avec l'argent des Québécois. Va-t-on être pleinement compensés?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, je suis quand même surpris, là, de la part d'un avocat particulièrement. Il vient d'y avoir une décision de la Cour suprême du
Canada. Alors, je l'invite, sur ce sujet comme dans d'autres sujets, à rester
en contact étroit avec la réalité.
Alors, nous, ce qu'on va faire, M. le Président,
c'est mettre sur pied un registre, un enregistrement des armes d'épaule au Québec. On va le faire selon les
moyens des Québécois et des Québécoises, en collaboration avec les forces
policières, et on va de l'avant. S'il veut répéter la même question, il aura la
même réponse.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Le premier ministre s'écrase déjà puis ce n'est pas commencé. Si on avait agi
comme ça pour l'entente sur la
main-d'oeuvre, sur le déséquilibre fiscal, avec Bernard Landry, puis même Jean
Charest, qui avait repris le dossier... Les tribunaux ne leur reconnaissaient pas ça. Même sur la
déconfessionnalisation des écoles, il y a des premiers ministres, au Québec, qui se sont tenus debout, ils ont pris
leurs valises, ils sont allés à Ottawa exiger notre dû. Le premier ministre,
il doit être à la hauteur de ce défi-là.
Maintenant
qu'il n'est pas allé demander ce registre, peut-il au moins se rendre à Ottawa,
avec tous les principaux intéressés au Québec, pour exiger une pleine
compensation pour le Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, je vais laisser l'opposition officielle à leur monde d'illusions,
là, et je vais revenir à la réalité.
La réalité, c'est que la décision de la Cour suprême a été rendue. C'est nous
qui avons porté le cas devant les
tribunaux jusqu'au bout. La décision des tribunaux — que, j'espère, on respecte, quoi que je ne
suis pas certain, à la lumière de la question précédente — est rendue, on va donc mettre en place un
enregistrement des armes d'épaule au Québec, point final.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Le monde d'illusions dans lequel il nous parle, là, savez-vous c'est lequel?
C'est le Canada. C'est le Canada dans
lequel on vit, où on envoie des motions. Il y a un consensus ici... Puis on a
payé, en plus, puis on se fait rire
au nez. On n'est même pas répondu par le premier ministre; il fait comme si on
n'existait pas. C'est ça, la reconnaissance de la nation québécoise? Puis j'ai un premier ministre ici qui est assis
puis il dit : On va faire comme si de rien n'était, puis il joue à
l'avocat. Mauvais avocat!
Ce que je lui demande, c'est de faire son rôle
de premier ministre — il
peut-u le prendre, ce rôle-là? il l'a voulu — et qu'il exige une pleine compensation,
comme l'aurait fait Robert Bourassa, comme l'aurait fait Bernard Landry,
comme l'aurait fait Jean Charest, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : Alors, c'est
moi qui vais se lever, là.
Président : S'il vous plaît! La question a été posée dans
l'ordre, j'aimerais entendre la réponse. M. le premier
ministre.
Couillard : ...quelle
faiblesse, du côté de l'opposition officielle. Quand le seul projet qu'on
porte, au-dessus de toutes les autres
priorités des Québécois, c'est d'appauvrir le Québec pour une génération, quand
la seule façon dont on veut développer la société du Québec...
Le Président : S'il vous
plaît! Le début du respect, c'est de commencer par écouter les réponses.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Quand le seul projet qu'on porte au-dessus de tout, c'est d'appauvrir
le Québec pour une génération, quand
le seul projet de société qu'on a défendu dans les derniers mois, c'est
d'envoyer les femmes immigrantes au chômage, il n'a pas de leçons à
donner à personne sur la défense des intérêts du Québec.
Le Président :
Cela met fin à la période des...
Président : S'il vous plaît! Cela met fin à la période de
questions et de réponses orales. Et je vous souhaite quand même joyeuses
Pâques!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de votes
reportés, nous allons maintenant passer
à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de
l'ordre de présentation, je vais maintenant céder la parole à Mme la
ministre du Tourisme.
Mme Vien :
...Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante en
collaboration... conjointement avec la députée de Saint-Hyacinthe, le député de
Bertrand et la députée de Gouin. Alors :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le travail et la contribution du Regroupement des événements
majeurs internationaux au développement économique, touristique, culturel et
social du Québec.»
Et, Mme la
Présidente, permettez-moi donc de les saluer. Ils sont avec nous dans nos
tribunes aujourd'hui. Soyez les bienvenus. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Mme la Présidente, nous proposons l'adoption sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée. Et, pour la
prochaine motion sans préavis, je vais maintenant reconnaître M. le député de
Jonquière.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Ah! alors, on a changé. Alors, j'avais monsieur...
M. le député de Marie-Victorin, allez-y.
M. Drainville :
Merci. Alors, Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de
Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de l'adoption unanime de la motion du 24
février 2015 qui conditionne la
réalisation du projet d'inversion du flux de l'oléoduc 9B de la compagnie
Enbridge au respect intégral des 18 recommandations du rapport de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles, déposé le 6 décembre 2013;
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de l'adoption unanime de la motion du 25 février 2015 qui
exige du gouvernement du Québec qu'il dépose
à l'Assemblée nationale, dans les meilleurs délais, un rapport détaillant les
démarches entreprises et complétées pour chacune des 18 recommandations,
et ce, depuis de 6 décembre 2013 jusqu'à ce jour;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle au gouvernement que l'inversion du flux de
l'oléoduc 9B de la compagnie Enbridge est prévue pour le mois de juin
2015;
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement du Québec qu'il dépose ledit
rapport au plus tard le 15 mai 2015.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci. Alors, y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Nous allons
maintenant passer à la prochaine motion sans préavis. Mme la députée de
Repentigny.
Lavallée : Mme la Présidente, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des propos du PDG de l'AQCPE affirmant que
les centres de la petite enfance n'ont
plus de marge de manoeuvre financière et que les compressions budgétaires
imposées par le gouvernement risquent d'affecter la qualité des services
aux enfants;
«Qu'elle
constate qu'au même moment, l'association des cadres des centres de la petite
enfance invite ses membres à
participer du 6 au 8 mai au séminaire "Se choisir : entre équilibre
et turbulence", qui se déroulera au Château Frontenac au coût de
130 000 $;
«Qu'elle dénonce tout
événement de ce genre engageant des fonds publics, surtout en période de
restrictions budgétaires et de potentielle diminution des services aux
citoyens.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Consentement, sans débat, Mme la Présidente.
M. Khadir :
...le regret de ne pas offrir notre consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement.
Et nous allons passer
à la prochaine motion sans préavis.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : S'il vous plaît! Et je reconnais M.
le député de Mercier. C'est votre motion sans préavis.
M. Khadir :
Excusez-moi, Mme la Présidente.
M. Khadir :
Des fois, un peu de nuance s'impose, Mme la Présidente, et c'est à ce
titre que
je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale reçoive le Plan d'action gouvernemental sur les
hydrocarbures, rendu public en mai
2014, plan qui prévoit notamment une évaluation environnementale stratégique
spécifique pour l'île d'Anticosti;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte de la conséquence majeure de la baisse
marquée du prix du pétrole qui augmente grandement le risque économique
pour l'investissement des fonds publics dans l'aventure d'Anticosti;
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse
l'importance pour le gouvernement du Québec de minimiser les risques économiques des investissements publics et
l'urgence d'adopter une nouvelle politique énergétique qui tienne compte des plus
récentes données rendues publiques par le groupe intergouvernemental d'experts
sur le climat;
«Que
l'Assemblée nationale presse le ministre de l'Environnement,
du Développement durable et du Changement climatique de modifier le mandat de l'évaluation environnementale
stratégique spécifique pour en retirer la possibilité d'effectuer toute
forme de fracturation hydraulique.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Il n'y a pas de consentement.
Alors, nous allons maintenant
passer à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions, et je vais
céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 28, Loi
concernant principalement la mise en oeuvre de certaines dispositions du
discours sur le budget du 4 juin 2014 et visant le retour à l'équilibre
budgétaire en 2015‑2016, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, ainsi que le lundi
13 avril, de 14 heures à
18 heures, et le mardi 14 avril, de 10 heures à midi, à la salle
du Conseil législatif. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le leader adjoint.
J'aimerais inviter les membres de cette
Assemblée... Si vous devez quitter, faites-le, s'il vous plaît, en silence. Et,
de mon côté, je vous avise que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles se réunira en séance de travail aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une durée d'une
heure, à la salle RC.171 de l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est
d'organiser les travaux de la commission en
lien avec le mandat de reddition de comptes sur la Commission de protection
du territoire agricole du Québec.
maintenant, à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je
vais céder la parole à M. le député de Verchères.
Bergeron : Merci,
Mme la Présidente. Hier,
j'interpellerais le leader parlementaire du gouvernement pour savoir pourquoi l'étude du projet de loi n° 34 n'avait pas été priorisée la semaine dernière.
On se souviendra qu'un certain nombre
de séances avaient été annulées. On nous demande à nouveau un consentement ce
matin pour procéder à l'étude en
catastrophe du projet de
loi n° 34. Alors, Mme la Présidente, je tiens à vous dire que nous
allons donner ce consentement, d'abord
parce que nous le faisons dans l'esprit de collaboration que nous avions
annoncé pour l'adoption de ce projet de loi, et nous le faisons parce
que ce projet de loi a un caractère urgent.
Mais,
justement par rapport à ce caractère urgent, Mme la Présidente, nous demeurons
dubitatifs, de ce côté-ci de la Chambre,
parce que nous n'avons pas vraiment réussi à obtenir une réponse, hier, quant
aux raisons pour lesquelles le gouvernement
a plutôt décidé d'appeler, la semaine dernière, le principe du projet de
loi n° 37 pendant plus de 3 h 30 min et d'appeler jeudi le principe du projet de
loi n° 32, pour finalement suspendre nos travaux avant le discours du
budget. Le ministre du Travail connaissait pourtant l'importance de
procéder rapidement à l'adoption de ce projet de loi.
Alors,
pourquoi le leader parlementaire du gouvernement a-t-il omis d'appeler ce projet
de loi la semaine dernière? Était-ce
par simple, je dirais, désorganisation ou y avait-il des motifs que nous ne
saisissons pas et qui nous éclaireraient, Mme la Présidente?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui. Alors, je vais céder la parole
à M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je mets de côté les commentaires, disons, moins
appropriés dans notre climat de collaboration usuel. Non, je tiens à le dire, ce n'est pas tout gentil,
mais je vais rester dans la gentillesse, quant à moi. Non, c'est vrai, ce
n'était pas... prêter des intentions n'était pas vraiment très agréable.
Mais je vais quand même répondre à la question...
Fournier : Non, non, mais je vais répondre à la question, puis
peut-être que ça va permettre à notre collègue de dire : Très bien,
j'ai compris, puis on continue. Formidable!
L'étude
détaillée sur le projet de loi s'est terminée mercredi le 25. Le dépôt du
rapport de la commission s'est fait jeudi,
justement, jeudi dernier, jour du budget. Depuis ce temps-là, on est dans des
débats prioritaires, une question de privilège
soulevée par vous qui a priorité sur le quart des crédits, parce qu'il faut
noter que les privilèges parlementaires ont priorité sur les sommes d'argent qu'on paie à nos employés, donc
d'abord question de privilège, le quart des crédits, le discours et la réplique au budget, qui sont tous
des enjeux prioritaires selon le règlement. Donc, à cause du règlement, ça nous amène dans cette position-ci où on demande
un consentement pour ramener un sujet qui, lui, est prioritaire dans
l'ordre de l'actualité mais pas dans l'ordre de ce qui est appelé «prioritaire»
dans le règlement. C'est ce qui explique pourquoi
on demande un consentement. Dans le respect du règlement, on est obligés de
demander un consentement, sinon on ne
pourrait pas y arriver. Alors, ce n'est pas tellement qu'on planifie mal. C'est
qu'on respecte le règlement puis on demande,
comme en tout temps, la collaboration de tous lorsqu'il doit y avoir une
adaptation du règlement à une question d'actualité.
Alors, c'est ça, la réponse. J'imagine que le
collègue pourra dire : Voilà, ça va. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, on va laisser le collègue répondre. Et je cède la parole à M. le
leader adjoint de l'opposition officielle.
Bergeron :
Alors, Mme la Présidente, si, de
quelque façon que ce soit, le leader parlementaire a trouvé pas
gentil ce que j'ai pu dire tout à l'heure, je tiens à m'en excuser parce
que tel n'était pas l'objectif.
Ceci dit, Mme la Présidente, ceci
dit, mon collègue de Sanguinet me glisse à l'oreille que, n'eût été de
l'annulation de séances de commission — on
ne parle pas des travaux prioritaires à l'Assemblée — nous aurions pu sortir
ce projet de loi mardi.
entre-temps, le gouvernement a appelé le principe du projet de loi n° 37,
le principe du projet de loi n° 32, puis on s'est même permis, Mme la
Présidente, de suspendre les travaux de l'Assemblée le jour du budget. Alors,
ma question, encore une fois, c'est : Pourquoi?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : J'ai déjà
répondu et je regrette que mon collègue ne veuille pas entendre mes réponses.
Voilà.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous rappelle, M.
le leader adjoint, que ce n'est pas une période de débat, alors c'est une période d'avis sur les renseignements des
travaux de l'Assemblée. Je vous cède maintenant la parole.
Bergeron :
Alors, Mme la Présidente, vous avez parfaitement raison, c'est une période de
renseignements. Il n'en demeure pas
moins que les renseignements ne nous sont pas donnés parce qu'on a invoqué les
travaux prioritaires en cette Chambre, ce qui n'explique pas pourquoi on
a suspendu... pourquoi on a annulé des séances de commission, Mme la Présidente. Ceci
dit, je comprends, je comprends que le leader parlementaire préfère ne pas
répondre à la question. On va donc demeurer dans l'expectative par
rapport à la réponse.
Vous
me permettrez de soulever une autre question, Mme la Présidente. Mon collègue
le député de Rosemont a déposé, le 26...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Non! Un instant, un instant! M. le leader du
gouvernement.
Fournier : ...collègue vient de dire que je n'ai pas répondu.
J'ai répondu. Il n'est peut-être pas content de la réponse, mais j'ai
répondu. Je vous demanderais de retirer ces paroles.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le leader adjoint du
gouvernement, allez-vous retirer les paroles que vous venez de
prononcer?
Bergeron :
Je ne crois pas qu'il y ait lieu de retirer quoi que ce soit, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Bien, vous imputez des motifs, là, et je pense que...
Bergeron :
...satisfaisait pas. Puis ça je pense que c'est permis par le règlement.
Alors,
Mme la Présidente, mon autre question : Mon collègue le député de Rosemont
a déposé, le 26 février 2015, une...
en fait, a inscrit au feuilleton une question adressée à la ministre déléguée à
la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique.
Il s'agit d'une question importante portant sur l'avancement des recommandations
du rapport du Protecteur du citoyen, déposé
en 2013, portant sur la contribution financière aux placements. Plus d'un mois
après l'inscription de cette question au
feuilleton, nous n'avons toujours pas eu de réponse de la part du gouvernement.
Alors, j'aimerais
savoir, Mme la Présidente, quand le leader parlementaire du gouvernement entend
déposer une réponse à cette question
inscrite au feuilleton par le député de Rosemont. Il me semble que, plus d'un
mois plus tard, c'est un délai raisonnable.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Nous sommes exemplaires, nous donnons... Moi, à
chaque jour, je dépose des réponses; et elle viendra. Et d'ailleurs je dois vous dire que, si je constatais avec les
gouvernements précédents, le collègue pourrait même nous féliciter.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui. Alors, M. le leader adjoint de l'opposition
officielle.
Bergeron : Je n'irai pas jusqu'à vous dire, Mme la Présidente,
que le leader parlementaire nous impute des motifs, je ne voudrais pas lui demander de retirer ses paroles. Cela
dit, Mme la Présidente, est-ce qu'on peut savoir quand?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : ...
M. Fournier :
Je m'excuse, là, je suis un petit peu à retardement : Ce matin.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bon! Alors, vous avez reçu réponse
à votre question. Je crois que nous pouvons...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader du gouvernement, allez-y.
M. Fournier :
...juste pour qu'on puisse démontrer à ceux qui suivent nos travaux de temps à
autre que nous sommes capables d'avoir des
échanges vigoureux, mais aussi de nous tendre la main et de nous saluer. J'imagine
que mon collègue veut se lever pour lui dire qu'il est satisfait que
nous ayons déposé ce matin?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader adjoint de l'opposition officielle.
Bergeron : Mme la Présidente, je l'ai dit à micro fermé, ça
me fait grand plaisir de le répéter à micro ouvert.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Très bien! Alors, je vais profiter
de cette harmonie pour vous aviser que l'interpellation prévue pour le
vendredi 17 avril 2015 portera sur le sujet suivant : Les mesures à
prendre pour corriger
les injustices fiscales subies par les contribuables en raison des privilèges
accordés au 1 % des plus fortunés. Et c'est M. le député de Mercier
qui va s'adresser à M. le ministre des Finances.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente.
Article 1, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 1 du feuilleton, aux affaires prioritaires, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 1er avril 2015 sur la motion de M. le ministre des Finances proposant que l'Assemblée approuve la
politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les motions formulant un grief
présentées par le député de Rousseau, le
député de Granby, le député de La Peltrie, la députée
de Gouin, le député de Marie-Victorin, le député de Terrebonne, le député de Lévis, le député
de Jonquière, la députée de Vachon et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
avant de donner la parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il y a
7 h 58 min d'écoulées à la première étape du débat. Il reste donc un total de
5 h 32 min réparties comme suit : 3 h 13 min
au groupe parlementaire formant le gouvernement, 1 h 30 min au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 38 minutes au deuxième groupe d'opposition
et 10 minutes aux députés indépendants.
Alors,
je suis maintenant prête à céder la parole au prochain intervenant.
Et je crois, M. le député de Dubuc, que vous souhaitez terminer votre
intervention, alors je vous cède la parole.
M. Simard :
Merci, Mme la Présidente. Hier, je faisais la démonstration qu'il était très important
pour le gouvernement d'avoir un budget équilibré, comme pour
les familles du Québec, quoi, car un budget déficitaire, qu'il soit
personnel ou gouvernemental, crée beaucoup
de malheur, Mme la Présidente, cela handicape le futur de tout le monde. Un budget,
c'est une question de choix, de nos priorités, et c'est le défi de
tous. Il y a ceux qui relèvent le défi et ceux qui font
les bons choix selon leurs priorités pour garder le cap pour un équilibre de
leurs finances personnelles.
l'inverse, la plupart de ceux qui ne relèvent pas le défi de faire des bons
choix, vous les voyez très souvent dans la liste de ceux qui doivent déposer leur bilan et qui doivent
recommencer, pour tout ce que... c'est-à-dire pour tout ce que cela comporte, le stress familial pour lui-même et, bien sûr,
pour sa famille, mais encore plus, Mme
la Présidente, pour ses enfants. Imaginez, Mme la Présidente, le stress émotif de perdre tout ce qu'ils ont et
les effets sur la santé physique, mentale
et émotionnelle. Mme la Présidente, moi, dans mon ancienne vie, j'ai vu des gens,
effectivement, qui avaient fait ces
mauvais choix. J'ai vu quel effet ça a eu sur la famille, j'ai eu des visions,
j'ai assisté à ça, des gens, Mme la
Présidente, qui se sont même enlevé la vie parce qu'ils s'étaient découragés, donc des effets
très néfastes, tout ça causé par le fait que les choix ont été mal
faits, pour la plupart.
Maintenant,
Mme la Présidente, regardons du côté d'un budget gouvernemental. Lors des
dernières élections, les Québécois
ont mis leur confiance en un gouvernement libéral parce que ce dernier leur a
mis... leur a dit qu'il réaliserait l'équilibre
budgétaire 2015‑2016 et qu'il relancerait l'économie tout en protégeant les
services de santé et d'éducation, et c'est exactement ce que nous
faisons, Mme la Présidente.
Avec
le budget 2015‑2016, notre gouvernement illustre une nouvelle fois sa vision du
Québec, un Québec dont les valeurs et
les idéaux nourrissent depuis longtemps l'ambition de créer, d'entreprendre et
de rayonner partout sur la planète.
Quand on parle de rayonnement, Mme la Présidente, ça veut dire attirer des
immigrants pour combler les postes qui
tantôt seront la nécessité de nos entrepreneurs et également faire venir des
investisseurs ici, au Québec, pour créer de la richesse dans toutes les régions du Québec, dans toutes nos villes,
Mme la Présidente. C'est ça, le rayonnement d'un Québec intéressant pour
les autres.
an après notre arrivée au pouvoir, nous pouvons nous réjouir du chemin parcouru
et des résultats obtenus. Nous avons
accepté des remises en question afin d'éliminer le déficit et de rétablir la
solidité financière. Nous avons voulu fonder notre action économique sur des bases solides en établissant d'abord
l'équilibre budgétaire. Nous parvenons aujourd'hui à franchir le dernier droit de cette étape
importante, sans hausse de taxe ni d'impôt, comme nous nous étions engagés à le
faire dans la mise à jour économique de
décembre dernier. Les deux oppositions étaient sceptiques, il faut le dire,
mais c'est maintenant chose faite, Mme la Présidente. Il faut maintenir
le cap afin de renouer avec un cycle de prospérité durable. C'est cette approche visionnaire et responsable qui permettra
au Québec de protéger la pérennité des programmes qui nous sont chers, d'assurer une véritable
justice sociale et de rétablir l'équilibre budgétaire. C'est ça, faire des
choix pour le bien des Québécois, Mme la Présidente. C'est ça, garder
l'objectif pour tous.
C'est sur la
base de cette approche globale que le budget a été élaboré pour 2015-2016.
Plutôt que d'établir les budgets sur
une base historique comme la plupart des budgets se font, c'est-à-dire on
regarde les deux, trois dernières années, on fait une projection et puis on rajoute le coût
de la vie, ensuite on regarde les projets qu'on veut faire pour les 12
prochains mois... Et c'est ça, faire
un budget. Ce n'est pas ça qu'on a fait cette année, Mme la Présidente, nous
avons effectué une remise en question
pour, justement, s'assurer de dégager des sommes. Ainsi, les ministères ont été
appelés à présenter une liste
détaillée des mesures d'économie récurrentes, potentielles, représentant entre
5 % et 10 % de leur enveloppe budgétaire, en ciblant les
activités moins prioritaires. C'est encore ça, faire des choix, Mme la
Présidente.
outre, dans le but de renforcer une prise de décision davantage orientée vers
le moyen terme que vers le seul exercice
budgétaire en cours, les dépenses gouvernementales ont été orientées sur une
période de trois ans. Les oppositions déchirent leur chemise là-dessus,
Mme la Présidente. Ils disent qu'on va trop vite, j'entendais encore ça hier,
là. Mais dernièrement, pas bien, bien
longtemps, là, deux jours, là, à peu près, là, on disait, Mme la Présidente...
écoutez, on disait que ça n'a pas de
bons sens, on parle de deux ans et de trois ans. Mais, comprenez-vous — comprenez-vous — ça n'a pas de sens de dire une chose
et son contraire, Mme la Présidente.
gouvernement poursuivra les travaux de réorganisation des organismes et des
structures, c'est-à-dire la santé et
les services sociaux. On le sait, qu'est-ce qui se passe actuellement. Le
ministre fait un travail exceptionnel, on revoit les façons de faire
pour dégager des sommes pour le bien du patient.
Également,
une nouvelle gouvernance régionale avec les MRC, Mme la Présidente. On a signé
un pacte fiscal avec l'ensemble des
municipalités du Québec pour en arriver, justement, à faire le lien entre les
MRC et le gouvernement.
L'abolition des
directions régionales du réseau de l'éducation, c'est chose faite.
réorganisation du réseau de la représentation Québec-Canada et fusion des
ministères, c'est un travail qui est en train de se faire, mais il a été
amorcé il y a quelques mois.
Nous prenons acte de
tous les efforts consentis et les reconnaissons à leur juste valeur. Ensemble,
nous avons redonné au Québec sa capacité de
faire des choix et de réaliser les projets qui lui importent. Les leviers que
nous mettons en place permettront de
bâtir l'avenir plutôt que de le subir. Y a-tu quelqu'un ici, en quelque part
dans cette Chambre, Mme la Présidente,
qui veut subir son avenir? Je crois que non. Je crois que les gens veulent
prendre le contrôle de leur avenir, ils veulent s'assurer que les jours
qui s'en viennent vont être florissants pour eux. C'est exactement ce que le
gouvernement fait pour les Québécois.
Ce projet marque
ainsi une étape majeure vers un Québec plus prospère, plus fort, plus confiant
et plus juste. C'est ça que les Québécois nous ont demandé et c'est ça que nous
faisons comme gouvernement.
«J'ai une vision
pragmatique de la politique. Mon engagement politique est fondé sur le respect
d'un certain nombre de valeurs et de
convictions fondamentales.» Et finalement, pour citer le ministre des
Finances : «Ces valeurs et ces
convictions s'incarnent entre autres dans une conscience aiguë de l'obligation
que nous avons de léguer aux générations [futures] qui suivront une
société meilleure.
«Ces
valeurs et ces convictions, partagées par tous les membres du gouvernement, et
j'en suis convaincu par une grande
majorité des membres de cette Assemblée, se matérialisent dans le Plan
économique du Québec que nous annonçons aujourd'hui. Les actions qu'il engage, tout comme celles qui suivront,
n'ont d'autre finalité que de donner au Québec une prospérité retrouvée, et aux
Québécoises et aux Québécois la confiance [de] l'avenir, cet avenir dont
Saint-Exupéry disait qu'il n'est pas à prévoir, mais à rendre possible.»
C'est
exactement ce que le gouvernement actuel fait, et, véritablement, si on est en
mesure maintenant de regarder qu'est-ce
que ça va faire sur le budget des familles... Parce qu'il faut faire un lien
avec le budget gouvernemental et le budget
des familles, c'est de redonner des sommes d'argent vers le budget des familles
pour être en mesure qu'ensemble on
puisse profiter d'une économie prospère, que tout le monde se mette l'épaule à
la roue pour faire tourner cette économie et que les générations futures puissent en profiter. Et c'est la raison
pour laquelle, Mme la Présidente, je vais être d'accord avec ce budget.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le député
de Dubuc. Et je vais maintenant céder la parole à M. le député de Groulx.
Surprenant : Mme la Présidente, alors, d'abord, on croirait avoir reçu le budget de 2017. En effet,
la quasi-totalité des mesures de ce
budget entreront en vigueur en 2017 ou plus tard. En matière d'économie, ce budget marque
l'abandon officiel de la promesse libérale de créer 250 000 emplois, Mme
la Présidente.
gouvernement a d'ailleurs rompu une autre promesse, celle d'abolir la taxe
santé durant son premier mandat. L'abolition
se fera de 2017 à 2020 et sera terminée après, donc, la fin du mandat libéral.
Des hausses de taxe scolaire et de taxes
municipales sont également à prévoir dès 2015-2016 en plus des hausses de
tarifs d'électricité et des frais de garderie, Mme la Présidente.
Pour
nous, même si le gouvernement promet une réduction de la fiscalité pour les
particuliers à partir du 1er janvier 2017,
la principale nouvelle dans ce budget est que l'atteinte de l'équilibre
budgétaire se réalisera en grande
partie sur le dos de la classe moyenne et que le fardeau fiscal de cette dernière
augmentera encore au cours des deux prochaines années. Depuis qu'il est en poste, le premier ministre a
alourdi le fardeau fiscal des familles de 1 300 $ par année en
moyenne, Mme la Présidente. Or, avec
ce nouveau budget, le premier ministre refilera aux municipalités et aux
commissions scolaires des hausses de
taxes supplémentaires de 130 millions de dollars uniquement pour l'année
2015-2016. Ça, c'est la certitude de
ce budget. Pour les réductions fiscales, c'est toujours une promesse. Bref,
l'équilibre budgétaire sera réalisé en grande partie, dis-je, sur le dos de la classe moyenne. Malheureusement, donc,
c'est encore la classe moyenne qui fera les frais du manque de vision de ce gouvernement. C'est comme
si le gouvernement disait à la classe moyenne : On se revoit en 2017,
mais, d'ici là, payez plus.
Alors, je vais maintenant parler du
contexte économique. Alors que les gouvernements successifs des 40 dernières
années — libéraux et péquistes — ont à peu près toujours pu compter sur une
assiette fiscale grandissante grâce à une démographie favorable et un accroissement marqué de la prospérité globale, ces gouvernements n'ont pas su prendre les
bonnes décisions aux bons moments. La
démographie est maintenant nettement défavorable avec le double impact d'une
population active payant des impôts qui diminuent et la cohorte de baby-boom qui
atteint la retraite, créant ainsi d'immenses pressions sur les coûts de
santé, les programmes sociaux ainsi que les régimes de retraite.
Depuis plusieurs
années, l'économie du Québec stagne. La croissance est structurellement
anémique, nos exportations sont en chute libre,
et les entrepreneurs revoient leurs ambitions et perdent leur confiance, et la
progression de notre productivité au
travail est plus lente que celle de nos voisins. La faiblesse relative de l'économie
du Québec par
rapport aux autres provinces nous prive non seulement de meilleur
niveau de vie, mais elle mine notre capacité collective à financer
adéquatement les services publics. Pendant ce temps, les gouvernements
successifs ont été incapables de relancer une économie qui peine à se
maintenir, et forcément la création et la vigueur de l'emploi s'en ressentent.
Pendant
ce temps, les gouvernements québécois successifs ont persisté dans leurs mauvaises
habitudes de créer de nouveaux
programmes et dépenses publiques alors que notre génératrice de prospérité
était en panne. Alors, cette attitude a enregistré une bureaucratie toujours
plus lourde et favorisé une explosion des coûts sans pour autant régler
certains problèmes d'accessibilité, Mme la Présidente.
Alors,
présentement, les familles québécoises, particulièrement celles de la classe moyenne, vivent, depuis quelques années, la précarisation de leur situation tant
sur le plan financier que dans l'accessibilité et la qualité des services
auxquels elles devraient avoir droit.
Elles se trouvent contraintes à un sacrifice fiscal continuel pour entretenir
un modèle d'État dont elles sont, en quelque sorte, les otages,
et ce, dans la mesure où les gouvernements récents ont toujours
financé leurs décisions en
alourdissant le fardeau fiscal : hausse des tarifs de garderie, hausse des
tarifs d'Hydro-Québec, hausse de la taxe scolaire, hausse de la taxe du carburant, et j'en passe. C'est la
réalité avec laquelle ce gouvernement nous oblige à composer, et sans la légitimité de ces hausses du fardeau pour le
contribuable, lui qui a été élu en disant que tout était rose, fantastique, pourtant bien au fait de la réalité.
Alors, le courage qu'il lui aurait fallu pour énoncer qu'il fallait s'attaquer
au problème a certainement fait défaut. C'est donc un déni de réalité.
chef de la Coalition avenir Québec rappelle constamment au premier ministre — et je tiens à l'indiquer ici à mon
tour — que
le Québec se situe au 57e rang sur 60, bien entendu, pour la richesse par
habitant parmi les États nord-américains.
Pour la CAQ, ce rang est totalement
inacceptable. On ne peut tolérer que nos voisins courent alors que le Québec
marche. Le premier ministre ne semble pas capable de nous dire s'il va être
en mesure de réduire notre écart de richesse
avec l'Ontario au cours de son mandat. De plus — et
c'est ce qui est inquiétant — il
n'a pas de plan ni d'objectif pour relancer clairement l'économie
québécoise. Le premier
ministre manque d'ambition pour le Québec.
Chaque État américain est plus riche que le Québec.
Chaque province canadienne est plus riche que le Québec,
sauf trois provinces : l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse
et le Nouveau-Brunswick. À peu près tous nos voisins prévoient une croissance économique de 2 % à 3 %, sinon plus, pour les prochaines
années, mais le Québec, de son côté, fait du surplace. On doit viser une croissance d'au moins 3 %
par année, Mme la Présidente. Or, quelle croissance prévoit le gouvernement
libéral dans son budget pour le Québec au
cours des prochaines années? 2 % en 2015, 2 % en 2016, 1,7 % en
2017, 1,6 % en 2018 puis
1,5 % en 2019. Avec ce taux, Mme la Présidente, le Québec va rester 50e
sur 60e un bon bout de temps. C'est désolant.
Alors,
malheureusement, le ministre des Finances lui-même ne prévoit qu'une hausse de
2 % du PIB par habitant au
Québec en 2015. À
titre de comparaison, la Banque Royale prévoit que celui de
l'Ontario augmentera de 3 %. Le premier ministre est résigné au déclin tranquille de l'économie du Québec en
Amérique du Nord, Mme la Présidente. Avec une telle croissance, il sera donc impossible pour le gouvernement libéral
de diminuer le fardeau fiscal des Québécois en plus d'assurer des services
de qualité.
l'on veut des résultats ambitieux, il faut mobiliser les acteurs de notre
société derrière des objectifs ambitieux, Mme la Présidente. Si le Québec veut faire du rattrapage et remonter au
classement, il doit faire mieux que ses voisins. Or, au niveau de l'emploi, le Québec a perdu 1 100 emplois en 2014,
et le gouvernement ne prévoit en créer que 37 000 en 2015 et 35 600 en 2016. On est très loin des
50 000 emplois par année en moyenne sur cinq ans promis en campagne
électorale par ce gouvernement. La
recette libérale, donc, en emploi, c'est : une promesse, une cible et un
flop. Si le gouvernement veut respecter sa promesse, il devrait donc
créer 90 000 emplois en 2017 et 90 000 emplois en 2018 pour atteindre
l'objectif. Ce serait du jamais-vu dans
l'historique du Québec, et ça n'arrivera tout simplement pas. Effectivement,
chers collègues, ce n'est pas dans
ça. Alors, les quelques mesures de relance de l'économie prévues au budget ne
totalisent que 121 millions en 2015-2016. C'est une goutte d'eau
dans l'océan.
Quand,
par ailleurs, le gouvernement se réclame d'appuyer son plan économique sur deux
éléments qu'il considère en être le
coeur, le Plan Nord et la stratégie maritime, il est extrêmement difficile
qu'il puisse prétendre vouloir réellement faire avancer le Québec avec ce qu'on a appris au budget. Alors, mon
collègue, d'ailleurs, du comté de Chambly dirait ici que les bobines ne suivent pas les... les «battines»... les
bottines, pardon, ne suivent pas les babines, que dis-je? Mais je
retiens surtout la difficulté du premier ministre à différencier la théorie de
la pratique.
Alors, considérons
donc d'abord son réel intérêt pour son bébé, le Plan Nord. Alors, à la page 185
du plan économique du budget, chers
collègues, on constate que le gouvernement va investir 0 $ en 2015-2016,
0 $ en 2016-2017, 0 $ en
2017-2018, 0 $ en 2018-2019 et 0 $ en 2019-2020. Le total :
zéro, Mme la Présidente. Alors, comme contribution au développement économique, c'est nul. Alors, on
se dit que le ministre des Finances va aiguiser son crayon et appuyer
fort dans le dossier de la stratégie maritime.
Alors, j'en
arrive donc à un point important du budget, car il contient donc un dossier
sous ma responsabilité, cette fameuse
stratégie maritime qui n'est toujours pas mise en oeuvre. D'ailleurs, le
gouvernement a annoncé qu'elle ne serait pas mise en oeuvre avant le mois de juin, 15 mois
après l'élection du gouvernement, Mme la Présidente. Une expression anglaise connue décrit très bien cette stratégie
par le gouvernement dans son budget du 26 mars, du «wishful thinking». En
français, on parlerait de voeux pieux ou de pensée magique. Voici pourquoi.
Alors, à la page 44
du budget, Mme la Présidente, on peut lire : «Au total, des
investissements de plus de 1,5 milliard
de dollars d'ici 2020 sont prévus dans le cadre de la stratégie maritime.» À la
page B.160, on ne parle plus d'investissement, mais plutôt d'enveloppe
d'intervention de 1,5 milliard sur cinq ans. Et, à la page suivante, c'est
finalement là que sort enfin le chat du sac, ce n'est pas 1,5 milliard que le gouvernement va investir, mais bien 170 millions sur cinq ans et 13 millions
seulement, donc, en 2015-2016.
Alors, j'ai donc,
d'ailleurs, questionné hier le ministre responsable de l'Implantation de la
stratégie maritime concernant le détail et
la ventilation de cette fameuse enveloppe d'intervention, mais je n'ai eu
aucune réponse, Mme la Présidente.
Je lui ai demandé de nous dire combien d'investissements privés sont prévus
dans cette enveloppe cette année et
au cours des cinq prochaines années, mais le gouvernement ne semble pas le
savoir lui-même. Ce qu'on sait par contre, c'est que 9 $ sur 10 $ ne proviendront pas du gouvernement. S'il est incapable de nous donner d'estimation d'où proviendra
tout cet argent, cette stratégie maritime n'est rien d'autre que de la pensée
magique, Mme la Présidente.
Rappelons
ce que promettait le Parti libéral en campagne électorale, alors 3 milliards d'argent public pour 4 milliards
d'argent privé. Hein, on est loin du compte
dans ce budget, Mme la Présidente. Dans ce budget, pour les cinq prochaines années, je le répète, c'est 170 millions, finalement, d'argent public pour 1,5 milliard au total, présume-t-il, et on ne sait pas combien, donc,
d'argent en investissements privés cela va découler.
question n'est pas de savoir si nous sommes pour ou contre la stratégie
maritime. D'ailleurs, tout le monde
sait que la stratégie maritime du gouvernement est fortement inspirée du Projet Saint-Laurent, présenté par la Coalition avenir Québec, mais très mal
appliqué. Mais le dossier, donc, du gouvernement est mal ficelé, et
rappelons-nous que le Projet Saint-Laurent,
c'est 2 milliards sur quatre ans, et le détail et la provenance des
fonds sont bien énoncés dans le projet.
Bien
entendu, nous voulons une stratégie qui fonctionne et qui développe l'économie,
mais rien n'est moins sûr avec la
façon de faire de ce gouvernement, qui nous présente des investissements toujours
de 1,5 milliard, alors qu'en réalité c'est plutôt 170 millions. Et, malgré tout, la statistique la plus importante jusqu'ici concerne
la stratégie maritime et le nombre
d'emplois créés, Mme la Présidente, c'est un gros zéro. On voit mal comment le gouvernement peut toujours prétendre créer 30 000 emplois d'ici
2030. Il y aura tout un rattrapage à faire s'il veut y arriver. Alors donc, on
peut donc voir de la pensée magique.
Alors,
en bref, donc, c'est encore la classe moyenne qui fera les frais du manque de
vision du premier ministre. Des
hausses de taxes scolaires et municipales sont à prévoir pour 2015-2016
en plus, évidemment, des hausses anticipées de tarifs d'électricité. Alors, un équilibre
budgétaire était nécessaire, mais ça va être réalisé, malheureusement, sur le dos de la classe
moyenne, Mme la Présidente, et donc c'est vraiment la classe moyenne qui
est oubliée et le développement économique, dans ce budget.
Alors,
évidemment, donc, c'est un budget, je le répète, qui marque
donc l'abandon officiel des promesses libérales de créer
250 000 emplois sur cinq ans. D'ailleurs, le ministre des Finances
avait déjà commencé à reculer sur cette promesse
en la qualifiant, un peu plus tard, de cible l'automne dernier, mais ce budget
confirme que ça ne sera pas une cible
et donc que ça ne sera pas atteint, ce chiffre de 250 000 nouveaux
emplois. Alors donc, encore une fois, la promesse des libéraux en
matière d'emploi se résume donc à une promesse, une cible et un échec, Mme la
Présidente.
Alors,
Mme la Présidente, je voudrais maintenant déposer une motion
formulant un grief, alors, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement libéral pour une autre
promesse électorale brisée concernant la pseudo-stratégie maritime
farfelue sans véritable stratégie et très loin de ce qui avait été promis à la
population lors de la dernière campagne électorale.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Groulx. Et je vous rappelle que votre motion est
déposée sous réserve de sa recevabilité.
Alors,
je suis maintenant prête à reconnaître le prochain intervenant, et
ainsi je cède la parole à Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
David (Outremont) : Merci, Mme la Présidente. C'est donc avec un grand
plaisir d'apporter à la commission des
informations relatives à une part des crédits du ministère de la Culture et des
Communications pour l'exercice 2015-2016.
D'entrée
de jeu, mes collègues constateront que c'est une vision d'avenir que nous
défendons, celle d'un Québec culturel
et responsable, où les actions gouvernementales en culture et en communications
sont mesurées et bien ciblées. Celle d'un gouvernement résolu à venir en
aide aux créateurs, aux organismes et aux institutions qui rendent possible l'épanouissement des arts, de la culture et de
l'identité dans notre société. La vision, enfin, d'un gouvernement au service
de ceux qui, en définitive, sont les
mandataires et les destinataires de toutes nos initiatives, les citoyennes et
les citoyens du Québec.
En abordant cette portion des crédits 2015-2016,
je vous invite à partager avec moi certaines considérations essentielles. En premier lieu, je rappelle que
nous sommes placés devant la nécessité d'équilibrer les finances publiques. Afin
de lutter contre les effets d'un déficit structurel menaçant notre pouvoir de
faire les bons choix, le gouvernement
a déployé un plan de redressement qui donne déjà des
résultats, puisque nous avons, cette année, déposé un budget
équilibré. Aussi, le ministère de la Culture et des Communications participera-t-il à la révision des organismes et
des structures de l'État de même qu'aux efforts d'amélioration de la
gouvernance des organismes publics.
actions sont nécessaires, car l'accomplissement de nos missions en
culture et en communication en dépend. Toutefois, je suis heureuse de
confirmer que, lors de son discours présentant le budget 2015-2016, mon collègue
le ministre des Finances, Carlos
Leitão, a pris soin de réitérer
l'importance de la culture pour le Québec en prévoyant une augmentation de 2,8 % des montants alloués à ce secteur. Pour
tous ceux et celles qui, au Québec, vivent de la culture et la font vivre, cela constitue un encouragement
dans leur mission. Cela envoie le message que nous avons collectivement
à coeur la préservation de notre identité
dans un esprit d'excellence en création, en développement des industries
culturelles de même que pour le rayonnement de nos artistes ici et à
l'étranger.
Sans entrer dans les
détails, établissons que les crédits totaux accordés à la culture et aux
communications s'élèvent cette année à
672,8 millions de dollars. Nous nous situons un peu au-delà de la cible de
1 % des dépenses publiques totales
pour ce secteur, ce qui est une norme universellement reconnue par des
organisations comme l'UNESCO et l'OCDE. En tout, ce sont quelque 24 millions de dollars additionnels qu'en
vertu du budget de M. Leitão nous pouvons consacrer à de multiples
initiatives...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Mme la ministre, je... C'est ça. Je
voudrais juste vous interrompre pour vous rappeler qu'on ne nomme pas le
nom des personnes en cette Chambre, mais bien leur titre. Alors, merci.
David (Outremont) : Vous avez tout à fait raison, je m'excuse. Parmi celles-ci, notons un
soutien additionnel aux ententes de développement culturel ainsi qu'à certaines sociétés
d'État comme le Conservatoire de
musique et d'art dramatique dans un objectif
affirmé d'accroitre l'offre et le développement des arts dans toutes les régions du Québec.
signale également l'élaboration de formules de soutien mieux
adaptées aux créateurs de même qu'aux organismes et aux entreprises des domaines de la culture. Nous serons également
en mesure, grâce à l'engagement gouvernemental, de proposer à la population un plan
d'action viable et durable pour l'avenir du livre au Québec.
Ajoutons
à cela des bonifications de crédits
d'impôt pour les productions et les
coproductions en cinéma et en télévision
de même que pour les doublages de films, les spectacles, les enregistrements
sonores, l'édition de livres et les initiatives
en multimédia. Ces crédits d'impôt, qui atteindront 85,3 millions de dollars en cinq ans, sont très stimulants pour les
particuliers et les entrepreneurs de la culture.
Je me permets de
rappeler, Mme la Présidente, que nos investissements en culture profitent à
l'ensemble des Québécoises et des Québécois. D'une part, la culture agit comme un puissant
catalyseur dans le développement
économique et le progrès social.
Chaque année, nous constatons que la qualité
de vie est notablement et notoirement
meilleure dans les collectivités ayant accès à une offre culturelle
diversifiée. De plus, elle est très positive pour le développement personnel de nos concitoyennes et nos concitoyens
de tous âges, de toutes conditions et de toutes appartenances. Elle génère
aussi des offres touristiques variées grâce
à un riche patrimoine historique et culturel, mais aussi par l'intermédiaire des
festivals de grande envergure et de haute qualité qui ont fait notre marque.
Ces manifestations et
bien d'autres encore contribuent à un secteur très performant de notre économie.
Les créateurs, les événements,
les investissements et les industries à l'oeuvre en culture offrent des opportunités
et du travail pour les petites et les
moyennes entreprises de toutes
sortes de même que pour l'ensemble de nos communautés. Cela veut dire des dizaines de milliers d'emplois directs et
indirects et près de 6 milliards de dollars en salaires. En retombées diverses, la culture et les communications pèsent quelque 13 milliards de dollars dans notre
économie, soit 4,3 % de notre produit intérieur brut. Levier économique de premier ordre, facteur d'innovation
reconnu, source de rayonnement et de fierté, la culture permet aussi au Québec d'affirmer son identité et son caractère
distinct partout sur la planète, car certains de nos plus beaux succès économiques sont culturels :
Céline Dion, le Cirque du Soleil, la Compagnie Marie Chouinard, l'Orchestre symphonique de Montréal, Les 7 doigts
de la main, Moment Factory. Toutes ces personnes et organisations
arborent le label de qualité et d'authenticité du Québec.
Dans
les missions et les activités culturelles, ce sont 15 organismes et
sociétés d'État qui relèvent chaque jour de grands défis pour la culture, les communications ainsi que la
protection et la promotion de la langue française. Ce sont quelque 13 institutions nationales qui nous
offrent en partage le savoir, l'histoire de l'art, la grande musique, les oeuvres
et les événements de grande envergure. Ce
sont des organismes artistiques et culturels et des associations par centaines,
des dizaines de villes, de régions et
de nations autochtones, d'établissements d'enseignement supérieur. Ce sont de
nombreux libraires, diffuseurs de
spectacles, producteurs de musique, et tant d'autres. Ce sont ces créateurs et
ces entreprises où foisonne le talent
à l'aide du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Société de
développement des entreprises culturelles.
Ce sont les populations d'Amos, de Bonaventure, de Saguenay, de Granby, de
Gatineau et bien d'autres, par nos
efforts de démocratisation culturelle... ont accès à une offre culturelle
variée au même
titre que les grands centres. Ce sont les 122 institutions muséales reconnues et soutenues qui,
partout au Québec, font vivre l'histoire, le savoir, la fierté. Ce sont les 160 médias communautaires offrant
un lien vital aux communautés. Ce sont les futurs danseurs, comédiens,
musiciens et artistes du cirque qui, dans nos écoles de formation, préparent la
relève partout sur notre territoire.
C'est
pour tous ces gens, pour toute cette merveilleuse effervescence culturelle que
nous sommes si fiers que le ministère
de la Culture et des Communications ait obtenu cette reconnaissance dans le
budget 2015-2016 du gouvernement du Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie de votre intervention, Mme la ministre. Et je vais
maintenant céder la parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
Cloutier : Oui. Mme la Présidente, les coupures qui auront lieu
dans notre système d'éducation au Québec sont incroyablement navrantes.
Si on veut avoir une des nations les plus riches au monde, une des nations les
plus instruites, si on veut que le Québec se taille une place de choix sur la
scène internationale, si on veut que nos jeunes réussissent à trouver des emplois de qualité, réussissent à faire face à
cette concurrence qui est de plus en plus internationale, Mme la Présidente, il faut investir massivement en
éducation. On ne peut pas juste continuer, comme on le fait présentement,
à une espèce de gestion du système où on met
le couvercle sur la marmite, puis tout ce qu'on veut, dans le fond, c'est
essayer de maintenir ce qu'on a en
place. Mais là non seulement on ne maintient plus le système que nous avons
réussi à nous donner ici, au Québec, mais là on va faire des coupures
sans précédent.
Mme la
Présidente, moi, je n'ai jamais vu, je n'ai jamais assisté à un gouvernement
dans lequel on ne maintient pas
minimalement ce qui est nécessaire pour assurer à l'État québécois la gestion
des coûts pour maintenir en place un système
d'éducation digne de ce nom. C'est extrêmement grave, puis ça me fait carrément
mal au coeur parce que je me dis :
Comment on peut construire, se projeter dans le temps, avoir de la vision pour
le Québec quand on décide de couper nos étudiants, quand on décide de réduire l'offre qui est offerte à nos
jeunes puis, en réalité, venir les pénaliser, en quelque sorte?
Ce qu'il faut, Mme la Présidente, c'est investir
massivement dans notre système d'éducation. Et, dois-je le rappeler, nous avons u