Institutions — 10 December 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2020-12-10
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-cinq minutes)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Bon matin. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 72, loi modifiant les dispositions législatives concernant principalement
les organismes du domaine de la sécurité publique.
Mme la
secrétaire, avant de débuter, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Ménard (Laporte) est remplacée par M. Rousselle
(Vimont); M. Tanguay (LaFontaine), par M. Polo (Laval-des-Rapides); Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), par M. Arcand (Mont-Royal—Outremont); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et M. LeBel
(Rimouski), par M. Ouellet (René-Lévesque).
Président (M. Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a des droits de
vote par procuration?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Lévesque (Chapleau) dispose d'un droit de vote
par procuration au nom de Mme Lavallée (Repentigny) et de M. Lemieux
(Saint-Jean); et M. Rousselle (Vimont) dispose quant à lui d'un droit par
procuration au nom de M. Birnbaum (D'Arcy-McGee).
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Lors de l'ajournement
de nos travaux, hier, nous en étions à l'étude de l'amendement déposé par la
députée de Notre-Dame-de-Grâce à l'article 17. Interventions? M. le député
de Vimont, s'il vous plaît.
M. Rousselle :
Merci, M. le Président. Bien, justement, juste pour rappeler, pour commencer
comme il faut, l'article 17... donc, le projet, c'était de modifier
l'article 17 du projet de loi par l'insertion, à la fin de l'article 5
de la
Loi sur le régime syndical applicable à la Sûreté du Québec, de l'alinéa
suivant :
«Malgré les premier
et deuxième alinéas, un membre d'un corps de police spécialisé peut appartenir
à un ordre professionnel régi par le [code professionnel] — donc,
le
chapitre C-26.»
Donc, le texte
modifié, c'est :
L'article 5 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«Les membres du
Bureau des enquêtes indépendantes ne peuvent [pas] être membres d'une
association qui regroupe des salariés
exerçant des fonctions d'agent de la paix ou [...] est affiliée ou autrement liée
à une organisation qui regroupe des
salariés exerçant des fonctions d'agent de la paix, ni conclure une entente de
service avec l'une d'elles.
«Malgré les premier
et deuxième alinéas, un membre d'un corps de police spécialisé peut appartenir
à un ordre professionnel régi par le Code des professions.»
Ça, c'est suite à une
suggestion, justement, assez forte, là, justement, du Comité de surveillance
des activités de l'Unité permanente anticorruption, qui, eux, mentionnent,
justement, comme ils disent, s'ils comprennent bien, que l'article 5 du projet de loi ne peut s'objecter, donc ils
pourraient... Ils disent, simplement... c'est que la syndicalisation,
c'est quelque chose, c'est une chose, mais l'appartenance à un ordre
professionnel, c'est une autre chose. Donc, on le sait maintenant qu'on a
ouvert à plusieurs professions, au Québec, et puis qu'ils sont, des fois,
membres... sont souvent membres d'un ordre professionnel. Et il y a beaucoup de
gens, justement, qui font
partie de syndicats, un peu partout dans... même au
niveau du gouvernement, mais qui sont aussi syndiqués sur un bord, et ils font
partie de l'ordre professionnel.
Moi, je pense qu'au
niveau de l'UPAC puis de BEI, oui, on veut aller chercher plus large, on veut
aller chercher des gens, une expertise plus large, puis c'est correct, c'est
compréhensible, tu sais, on veut, à un moment donné,
avoir une expertise meilleure, la garder, aussi. Mais on sait bien aussi qu'il
y a des gens qui font
partie des ordres professionnels, et puis ces
ordres professionnels là, bien souvent...
Ces gens-là, est-ce
qu'ils vont rester toujours à l'UPAC ou toujours au BEI? Peut-être pas. Puis on
le sait qu'en faisant partie, justement, d'ordres professionnels, il y a des
ajustements, il y a des mises à jour sur leurs connaissances, toujours, par les
ordres professionnels, qui sont assez... pas assez, très importants. Et je
pense que l'UPAC ou le BEI auraient tout
intérêt, justement, que ces gens-là aillent chercher aussi cette formation-là
complémentaire.
Aussi, ces
personnes-là, qu'ils soient avocats, notaires, peu importe, est-ce qu'ils vont
rester toujours à l'UPAC, toujours au BEI? Bien, peut-être pas, peut-être pas.
Moi, je pense qu'à un moment donné ça se peut qu'à un moment donné il y ait des gens qui vont aller chercher une expérience,
là, une expérience de quelques années, cinq ans, 10 ans. On ne sait
pas. Je veux dire, ils vont peut-être rester là à vie. Mais, vous savez, il y
en a peut-être qui vont aller là pour un certain temps.
Puis,
s'ils ne font pas
partie de leur ordre professionnel, je pense qu'ils peuvent
avoir, à un moment donné, une lacune. Si jamais ils veulent revenir, le fait
qu'ils n'ont peut-être pas suivi ces formations-là ou... Parce que, là, je ne
connais pas... puis chaque ordre professionnel a peut-être ses règles, à
l'intérieur de ça, que je ne connais pas, mais pour s'assurer qu'ils n'aient
pas de problème, ces gens-là, si jamais ils reviennent... Ou encore, même,
comme je vous dis, s'ils sont à l'intérieur
de l'UPAC ou le BEI, bien, écoutez, faire partie, je pense, d'un ordre professionnel, il n'y a rien de mal à
ça. Comme l'indique, justement, le comité de surveillance, la syndicalisation
est quelque chose, mais l'appartenance à un ordre professionnel, c'est une
autre chose.
Donc, moi, je suggère
vraiment qu'on devrait rajouter ça dans le projet de loi, parce que, d'une
manière ou l'autre, on veut le peaufiner, on veut qu'il soit correct, on veut
qu'il... on essaie qu'il n'y ait pas aucun problème dans le futur, et je pense
que ce serait de bon augure d'ajouter ça dans le projet de loi.
Président (M. Bachand) : Merci, M. le
député. Interventions? M. le député de Mont-Royal—Outremont, s'il vous plaît.
Arcand : Merci,
M. le Président. Je pense
qu'il est très important, à ce stade-ci, qu'on puisse véritablement
oeuvrer pour avoir vraiment une amélioration de ce qui existe actuellement.
Il faut bien se
rendre compte que, dans l'amendement qu'on présente aujourd'hui... il faut se
rendre compte qu'il y a des rôles qui sont des rôles un peu différents ou
des priorités qui peuvent être différentes. Quand on parle, par exemple, d'associations syndicales, évidemment,
la première priorité d'une association syndicale, c'est la protection de ses membres, c'est ça qu'ils veulent faire d'abord
et avant tout. Je vous dirais que, dans le cas d'un ordre professionnel,
une des protections... il y a peut-être
l'aspect protection, mais il y a aussi l'aspect excellence, et c'est un peu ça
qu'on tente, nous, de rechercher. Et ce que je comprends également,
c'est que le Comité de surveillance des activités de l'Unité permanente
anticorruption en est arrivé également à la même conclusion.
Je dois dire que l'amendement
qui a été souligné ici, c'est un amendement qui est quand même flexible, là. On
parle de la possibilité, là, pour avoir un membre d'un corps de police
spécialisé... Et c'est un enjeu, comme vous le
savez, qui commence à être important dans plusieurs domaines. On sait qu'au niveau des enseignants ça
fait des années qu'on en parle. Les
syndicats n'ont pas beaucoup d'appétit pour faire en sorte que les
enseignants soient membres d'un ordre professionnel, mais il y a une
série de professions, actuellement, dans lesquelles on peut se retrouver avec
des demandes comme cela.
Moi, l'interprétation
que j'en ai, c'est que je suggère fortement à Mme la ministre de bien le
considérer, parce que, comme elle le sait,
puis on ne fera pas grands débats politiques, je pense que l'UPAC en
particulier est en quête d'une meilleure crédibilité depuis nombre
d'années maintenant. Et, à partir du moment où l'UPAC et plusieurs corps de
police doivent améliorer leur crédibilité — ce n'est pas pour rien,
d'ailleurs, qu'elle a présenté un livre vert à ce niveau-là — bien, il
est sûr que c'est nécessaire qu'on essaie de prendre les mesures pour,
justement, avoir cette information.
Moi, les quelques
points que j'ai pu voir, quand on parle de certains de nos corps de police, une
des choses qui est apparue assez flagrante,
à un moment donné, c'était le manque de ressources externes, parfois, le fait
qu'on n'est pas nécessairement au fait des nouvelles techniques
policières, etc. Donc, c'est pour ça que la ministre a voulu faire son livre vert et c'est pour ça qu'elle veut... son
objectif, c'est de rendre nos corps policiers véritablement... Nos corps
policiers doivent être à la fine pointe du
modernisme, si on veut, et des meilleures techniques policières actuellement.
Alors, l'amendement
qui est devant nous aujourd'hui, c'est une recommandation qui a été faite, qui
est très claire à ce niveau-là. D'ailleurs, on parle véritablement... quand on
parle de l'UPAC, on parle entre autres d'un corps policier spécialisé.
Normalement, souvent, les spécialistes, ceux qui exercent des fonctions, sont
membres d'ordres professionnels. Et, encore une fois, ce n'est pas un
amendement qui est contraignant, parce qu'on n'exige pas, on fait souligner que
ça doit être comme ça.
Alors,
voilà pourquoi nous suggérons, bien humblement... Et j'espère que la ministre
pourra peut-être nous donner son
appréciation de cet amendement que nous présentons aujourd'hui et qui se veut
vraiment dans le meilleur intérêt de nos corps policiers et dans le
meilleur intérêt de ce projet de loi. Voilà.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. le député. Mme
la ministre.
Mme Guilbault :
Oui. Merci, M. le Président. Donc, bonjour à tout le monde. En réponse à
l'amendement, bien, je pense qu'on s'entend tous sur le fond de ce qui a donné
lieu à cet amendement-là, c'est-à-dire qu'on veut avoir des gens qui vont avoir
des profils et des expertises diversifiés, et non seulement des agents de la
paix avec la formation traditionnelle. Ça fait que, ça, on s'entend tous
là-dessus. Ce sera prévu... le profil pour être enquêteur à l'UPAC sera prévu dans un règlement ultérieur,
mais j'ai déjà, hier, ouvert ma pensée à l'effet qu'on va élargir le bassin
de gens éligibles à la fonction.
Au BEI, le règlement
existe déjà, et c'est déjà possible d'être membre d'un ordre professionnel, c'est-à-dire
d'avoir d'autres formations que celle de l'école de police. La preuve, il y a
trois enquêteurs actuellement au BEI qui sont membres du Barreau et qui sont
enquêteurs au BEI. Donc, il n'y a absolument rien en ce moment qui empêche les gens de le faire, raison pour laquelle je
considère superflu cet amendement-là, surtout que... Puis on donne souvent l'exemple du coroner, depuis hier,
parce que c'est le dernier projet de loi qu'on a fait ensemble. Les coroners
sont tous membres d'un autre ordre
professionnel, en plus d'être coroners et d'avoir leur code de déontologie de
coroners, et, encore une fois, ça ne les empêche pas de le faire.
Et, quand on
dit : On veut encourager l'excellence, et tout ça, puis les ordres
professionnels ont un devoir... pas un devoir, mais, c'est-à-dire, une raison
d'être de protection du public, oui, mais je ne vois pas en quoi le fait de dire qu'un enquêteur peut être membre d'un ordre
professionnel va l'amener plus ou moins à se conformer aux exigences de son
ordre professionnel. Dans le sens où, si un comptable veut être... travailler à
l'UPAC, il est membre de l'Ordre des
comptables agréés, il décide de rester membre de l'Ordre des comptables, bien,
ça implique qu'il va faire la formation en conséquence. S'il
décide : Moi, je veux être enquêteur à l'UPAC, mais je ne tiens plus à
être membre de l'ordre, bien, il ne sera
plus membre de l'ordre, il ne fera plus sa formation, il ne fera plus ses
crédits, et