Health and Social Services — 16 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-03-16
Quebec — Committees
M. Roy (Gabriel) : Oui. En fait, M.
le Président...
Le Président (M. Merlini) : Oui.
M. Roy
(Gabriel) : ...le paragraphe e
fait
partie de l'annexe I. Donc, l'annexe I, c'est vraiment ce qui fait en
sorte que vous êtes rayé de la liste, là, vous ne pouvez pas être nommé,
vous ne pouvez pas être embauché. Quand on dit «infraction», on parle qu'il y a
eu la preuve d'une infraction, donc on parle vraiment qu'il y a eu une
procédure judiciaire, là, tandis que, quand
on parle d'entretenir des liens, je vous réfère au paragraphe
1° de l'article 23.21, où, là, il n'y a pas eu
d'infraction comme telle. Alors, c'est là où la nuance est importante.
M. Pagé : Parfait. Excellent.
O.K.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy,
oui.
M. Roy (Gabriel) : ...je continue à
expliquer les infractions?
M. Pagé : Oui, oui, oui.
M. Roy (Gabriel) : Alors, finalement, au paragraphe f,
on a le complot ou la tentative de commettre toutes les infractions
visées plus haut. Alors, ça, je pense que c'est assez simple à comprendre.
Ensuite,
si on passe au paragraphe 2, ce sont les infractions relatives à la
drogue. Alors, d'abord, quand on réfère aux infractions relatives à la Loi réglementant certaines drogues et
autres substances, on parle d'obtention de substances auprès d'une personne qui nécessiterait une
autorisation normalement, donc une obtention illégale de substances. On parle
de trafic de drogues, on parle de possession
en vue de faire du trafic, on parle d'importation et d'exportation de drogue,
de possession en vue de l'exportation, de production de substances ou de
possession, vente pour production, trafic.
Donc,
ce qu'il est important de noter et de retenir, et ce qui répondait un peu aux
questions qui avaient été soulevées par
le député de Labelle concernant les gens qui ont simplement
été pris à consommer, là on référait au fait qu'en fait, juridiquement,
quand on est pris à consommer, on est pris à posséder. Donc, c'est ça, la
nuance. Donc, l'infraction de possession simple, elle est exclue de l'annexe I.
Donc, une personne qui aurait commis une infraction de possession simple, elle n'est pas automatiquement inéligible
à un poste d'administrateur, étant donné qu'on ne considère pas que
c'est d'une gravité qui objectivement... qui vient entacher sa probité.
Pagé : Vous venez de
dire : Elle n'est pas inéligible à un poste d'administrateur, mais c'est
la même chose pour n'importe lequel employé.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, pour les employés aussi, effectivement.
Pagé : O.K. O.K. En
autant qu'une possession simple ne devienne pas un avantage pour travailler,
par expérience d'une personne qui sait de quoi elle parle. Bon. Non,
c'est bon. O.K.
Bien, est-ce que vous
aviez d'autres explications ou ça faisait le tour?
Roy (Gabriel) : En fait, si
on se réfère... Ensuite, on peut se référer, au paragraphe b, aux
infractions criminelles visées à la
Loi sur le cannabis. Alors là, ce sont les infractions qui sont... en fait, qui
vont faire
partie du... encore, en ce moment,
le projet de loi C-45 du fédéral. Alors, ça, c'est des infractions
qui visent expressément le cannabis, et on parle de distribuer ou de
vendre, importer, exporter, produire. En fait, ça ressemble pas mal à ce qui
est prévu dans la Loi réglementant certaines
drogues et autres substances, mais là ça vise expressément le cannabis, vu que
le cannabis est un peu sorti de cette loi-là, étant donné sa
légalisation.
Puis
enfin, au paragraphe c, c'est la même chose, c'est complot ou
tentative de commettre l'infraction, alors ce qui constitue en soi aussi
une infraction.
Pagé : Et là, par rapport à toutes ces infractions, quelqu'un
qui a obtenu son pardon, il pourrait redevenir apte à occuper un poste,
une fois qu'il a obtenu son pardon, c'est bien ça?
Roy (Gabriel) : Effectivement. Lorsqu'une personne a obtenu son
pardon, elle n'est plus automatiquement inéligible à un poste
d'administrateur ou à un poste d'employé.
Pagé : O.K. O.K. Et quels sont les volets, je dirais, qui ont
été exclus de tous les crimes ou les méfaits qu'on peut imaginer? Je ne sais pas, je vais prendre un
cas, là. On parle de la sécurité
routière puis de la vitesse sur les routes, là. Quelqu'un qui aurait été peut-être même emprisonné parce que c'est un
récidiviste, puis il roule à 150 kilomètres-heure, à 160 sur une base régulière, puis il a eu plusieurs
contraventions, puis... bon, est-ce
que c'est le genre d'individu qui est
exclu de ça et... quand on va regarder ça, on va dire : Non, ce n'est pas
un genre de méfait que l'on considère? Est-ce qu'il
y a des genres de cas comme ça où on s'est dit : Non, ça, ça n'a pas
rapport à ce qu'il va faire? Même si c'est un récidiviste qui roule continuellement à 160 kilomètres-heure puis qui ne respecte jamais la loi, ce n'est pas grave, il ne
sera pas exclu?
Roy (Gabriel) : En fait, là, ici, l'annexe I réfère vraiment aux
infractions qui ont été considérées d'emblée comme un motif d'exclusion. Ce dont... Ce à quoi le député de Labelle
fait référence, ça se retrouverait, certes, dans le rapport d'habilitation sécuritaire, mais
évidemment la SAQ ou la SQDC va, selon son bon jugement, logiquement, décider
si ça affecte sa probité pour les fonctions
que cette personne-là occuperait au sein de la SQDC. Donc, l'analyse, en bout
de ligne, cette information-là serait mise à...
portée à leur connaissance, mais on se fie sur leur bon jugement pour décider
si, oui ou non, ça mérite d'exclure la personne.
M. Pagé :
O.K. Alors, ce cas-là, est-ce qu'on...
Charlebois : Bien, je pense que c'est plutôt un cumul. Quand
il y a... Quand c'est dans le rapport de la SQ, c'est plus le cumul. Parce que,
là, on vient dire expressément ce qui est exclu. Pour tout le reste, ça
apparaît au rapport. Mais je pense
qu'un excès de vitesse qui arrive une fois dans la vie d'une personne alors, mettons,
qu'il était jeune ou je ne sais pas trop, ça arrive à n'importe qui...
Charlebois :
Bon, c'est ça. Ça fait que, tu sais... Bon, bien, alors, tu sais, je pense,
c'est un ensemble de facteurs. S'il y avait ça puis il y avait autre
chose, exemple, je ne sais pas, moi... plein de choses, bien, l'ensemble du comportement de
l'individu va faire en sorte que... mais ce n'est pas juste une chose. Je
pense, c'est pour ça que le conseil d'administration...
pas le conseil d'administration mais la SQDC ou la SAQ va faire l'évaluation
d'ensemble. Ça ne va pas être juste
sur un critère, mais ça fait
partie du rapport. Alors, s'il y a une affaire, tu
sais... Ça arrive à tout le monde, dans la vie, de faire... bien, ça arrive à tout le monde... ça n'arrive
peut-être pas à tout le monde, mais on connaît bien des gens à qui c'est arrivé de faire un excès de vitesse.
Alors, tu sais, c'est... S'il y avait eu, mettons, consommation d'alcool et/ou
de drogues alors qu'il faisait l'excès de vitesse, s'il y avait d'autres
infractions, tu sais, un cumul de comportements délinquants, bien là peut-être que... Ça va être considéré dans
l'ensemble mais pas juste pour un critère, les gens vont faire l'analyse
de tout ça, là. C'est dans l'habilité sécuritaire, mais ce n'est pas un critère
d'exclusion automatique.
M. Pagé :
O.K. Et là, pour des gens qui se retrouveraient, je dirais, dans la zone grise,
là, bon, j'imagine qu'un excès de
vitesse une fois dans sa vie, ou deux, trois fois, même là j'ai bien
l'impression que, la personne... on n'est pas fous à temps plein, là, je pense qu'on comprend qu'il ne sera pas la
zone grise, puis ça ne va pas entacher son dossier, à moins qu'on se
rende compte qu'il a perdu son permis de conduire trois fois dans son... Bon,
O.K., mettons que je ne l'enverrais pas sur
le transport, hein? Bon. Et là quel va être le processus pour l'évaluation,
pour trancher, là, dans la zone grise?
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. En fait, le processus, c'est
simplement de s'assurer que... C'est toujours par rapport aux fonctions que la personne occuperait. Donc, si on parle
d'un administrateur, on parle d'une capacité à gérer et à administrer la SQDC, donc capacité de
jugement, effectivement, capacité de vraiment... donc c'est sûr qu'en termes
de comportement sur la route, des excès de
vitesse, ça n'a pas de lien direct. Donc, l'analyse, c'est vraiment : Y
a-t-il un lien entre les éléments qui
sont susceptibles d'avoir entaché un peu la probité de la personne a priori...
Quand on regarde tout ce qu'on a sur les écarts qu'elle a eus par rapport au
respect des normes, est-ce que ces écarts-là ont un lien suffisant avec
sa capacité à exercer ses fonctions de façon adéquate?
M. Roy
(Gabriel) : Donc, c'est du
cas par cas, en fait. C'est très difficile de vous répondre comme ça parce que c'est vraiment du cas par cas.
M. Pagé : Alors, j'imagine que, bon, cette évaluation-là,
dans cette zone grise, parce que, là, bon, j'ai un cas, j'ai reçu un C.V.,
il est intéressant, mais je ne suis comme pas certain, c'est carrément aux
ressources humaines qu'on va l'évaluer, là. Dans le processus d'embauche, c'est
là que ça va se passer, là. O.K.
La ministre
vient de faire référence à un cas qui peut être relativement important,
qui est celui de l'alcool au volant. Quelqu'un
qui aurait été reconnu coupable d'alcool au volant, il se retrouve où là-dedans?
Est-ce qu'il se retrouve là-dedans, dans l'annexe?
M. Roy
(Gabriel) : Non, ce n'est
pas dans l'annexe I. C'est dans l'évaluation globale de la probité, donc c'est dans les
éléments à considérer globalement.
M. Pagé : O.K. Et là quelqu'un que ça irait jusqu'à perdre le permis de
conduire, là, en état d'ébriété, là, avancé, ça ne se retrouve pas,
d'aucune façon, là-dedans?
M. Roy
(Gabriel) : Tout ce qui
n'est pas à l'annexe I se retrouve dans le rapport d'habilitation
sécuritaire, dont les éléments sont à 23.21.
M. Pagé : Oui, mais vous comprenez que, quand je pose la question,
a, b, c, d, e jusqu'à f, là, bon, honnêtement, je ne connais tellement pas tout cela dans
le fin détail que je pose la question, parce
que, là, je ne peux pas deviner, là,
si ça se retrouve quelque part dans l'annexe qui nous est proposée ici.
Le Président (M. Merlini) :
Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Oui. En fait, si
je peux ajouter un complément d'information, je pense que c'est bien de rappeler qu'en
vertu de la Charte des droits et libertés de la personne on ne peut pas discriminer, on ne peut pas
refuser d'embaucher quelqu'un
pour un motif qui n'est pas relié à l'emploi. Donc, il y a
ça aussi qui est fondamental, là, dans l'analyse
que la SAQ ou la SQDC devront faire, c'est-à-dire
qu'il faut... c'est vraiment important... Puis d'ailleurs vous pouvez le voir, M. le Président, vous pouvez le
voir à l'alinéa deux de l'article 23.20, on parle... À la fin de cet
alinéa, on dit : «...compte
tenu des aptitudes requises et de la conduite nécessaire pour occuper un tel
emploi.» Donc, c'est vraiment ça, le
critère, là, c'est «aptitudes requises», «conduite nécessaire». Donc,
l'évaluation, c'est le lien entre ce qui se retrouve dans le rapport,
puis les aptitudes requises, puis qu'est-ce que la personne devrait faire si
elle occupait cet emploi-là.
Donc, c'est
pour ça qu'effectivement ça va être dans les profils d'emploi qui vont être
créés par les ressources humaines.
Donc, on va voir qu'est-ce que ça prend pour faire tel emploi, pour occuper
telle fonction, puis à ce moment-là on va dire : O.K... C'est sûr qu'il va
y avoir probablement des critères qui vont être préétablis pour dire :
Bien, écoutez, tel profil, si dans le rapport d'habilitation il y a tels
éléments qui se retrouvent, bien là... Il va peut-être y avoir des seuils établis, la SQDC va établir une politique, là, ça
ne va pas être toujours jugé dans l'abstrait, là. Mais ça, ça va être au comité
des ressources humaines puis au département des ressources humaines de faire ce
travail-là.
M. Pagé : J'entends
bien, puis c'est bien, ça me satisfait, tout ça. Sauf que, quand, dans la
deuxième
partie de l'annexe, on parle d'infractions relatives aux
drogues : «...toute infraction prévue à l'article 4 de la Loi [de]
certaines drogues et autres substances»,
bien, l'alcool, pour moi, ça rentre dans les autres substances, ça rentre aussi
dans les drogues. C'est une substance
qui est légalisée depuis 1921, mais, quand on en abuse, on en arrive à avoir un
comportement qui est non acceptable.
Alors, c'est un peu pour ça aussi que je soulève les questions. Alors, même si...
Perdre son permis de conduire en état
d'ébriété, bien, il y a des gens, oui, qui peuvent même être emprisonnés, il y
a des gens qui... Et c'est pour ça
que je me demande si, par rapport à l'alcool, ça se retrouve carrément dans
toute la description qu'il y a ici, là, et on semble me dire non.
Roy (Gabriel) : M. le Président, effectivement, là, la Loi
réglementant certaines drogues et autres substances n'inclut pas l'alcool, évidemment. C'est sûr que
les substances comme la... tu sais, il y a plusieurs substances qui sont
légales qui peuvent avoir un impact,
dépendamment de la consommation, comme la caféine, par exemple, là. C'est sûr
que ça ne peut pas nous rendre aussi
loin, là, mais, tu sais, vous comprenez, ce n'est pas quelque chose qui est
visé. Puis, les cas de figure qui
sont indiqués, M. le Président, par rapport à la conduite avec facultés
affaiblies, je ne peux pas dire autre chose
que : Ça va faire
partie du rapport puis ça va être évalué parmi tous les
éléments pour évaluer la probité, mais toujours en fonction de l'emploi
qui serait occupé par la personne.
Pagé : O.K. Bien, je suis un peu surpris, par rapport à
l'alcool, parce que, oui, c'est légal, mais, quand tu en as fait un usage abusif jusqu'à te rendre jusqu'à
l'illégalité et que... Moi, dans mon livre à moi, là, ça fait
partie des autres
substances, là, qui altèrent vraiment le comportement, comme certaines drogues.
Alors, je suis un peu
surpris parce que j'étais sur l'impression qu'«autres substances»
pouvait amener jusqu'à une consommation abusive de l'alcool. Puis souvent on est venu nous dire, hein, que, bien,
l'alcool, là, si vous considérez que c'est moins pire que le cannabis, au
contraire, c'est même considéré, bon, comme ayant même, dans certains
cas, là, des impacts encore plus négatifs que le cannabis.
Alors,
je suis un peu surpris que ce ne soit pas inclus. Je comprends que, dans
l'analyse, on va le considérer, mais ma compréhension, puis c'est pour
ça qu'on pose des questions, là, ma compréhension, c'était qu'avec 2a «autres substances» pouvait inclure... Alors, honnêtement,
je suis un peu surpris. Mais, bon, regardez, là... Je ne sais pas ce que
vous en pensez, là, mais...
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, en fait, je reviens toujours sur
l'ensemble des facteurs, tu sais, parce que, bon, la personne peut avoir fait
0,08 une fois puis se faire prendre, tu sais. Tu peux ne jamais conduire en
état d'ébriété, pour une fois, tu
penses que tu es correct, tu te fais prendre puis tu es... puis ça peut arriver
dans ta jeunesse. Bon, ça n'empêche pas
le jugement... Alors, ça va faire
partie du rapport d'habilitation sécuritaire,
puis le département des ressources humaines va être capable de mettre en lien un paquet d'autres éléments qui sont
dans le rapport, qui va faire en sorte que le candidat va être éliminé
ou pas, là.
suis d'accord avec vous que la boisson, pris dans un... s'il y a une problématique
de consommation d'alcool, bien, oui,
mais ce n'est pas nécessairement toujours à cause d'une problématique de
consommation d'alcool que tu te fais prendre, ça peut arriver une fois
dans ta vie, puis malheureusement c'est cette journée-là. On est tous supposés
d'être sensibilisés, ceci étant dit, je ne dis pas qu'il faut prendre des
chances, au contraire, là, je ne suis pas là du tout, mais il y a déjà des
sanctions qui s'appliquent à ces personnes-là dans d'autres sphères, alors, tu
sais...
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Saint-Jérôme.
Bourcier : Oui. Bonjour, M. le Président, Mme la ministre. Et puis je
voulais saluer les étudiants qui sont parmi nous. En tant qu'ancien enseignant, toujours une petite émotion quand je
vois des étudiants pas loin. Alors, continuez vos études, c'est
excellent. Vous pouvez nous étudier, ce matin, d'ailleurs, il y a des bons
sujets d'étude aujourd'hui.
Mais
je reviens à ce que vous disiez, M. Roy, tout à l'heure, par rapport à l'article 2,
aux infractions relatives à la drogue.
Moi, à a, aussi, toujours... peut-être en sous-question à mon collègue député
de Labelle que je voulais aller, on parlait
de «certaines drogues». Et, pour les gens qui nous écoutent, «certaines
drogues», c'est quoi? Est-ce qu'on peut être plus spécifique?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Écoutez... Oui, merci, M. le Président. Écoutez, ça
risquerait d'être beaucoup trop spécifique pour les fins de la
commission. Ces drogues-là sont prévues aux annexes de cette loi-là et elles
sont décrites de façon extrêmement précise en termes de composantes chimiques,
donc je vous dirais que les besoins de la cause, pour la réglementation, nécessitent vraiment d'identifier
les substances dans un langage que peut-être les chimistes seraient plus
aptes à vous vulgariser que je ne le suis,
mais on vise vraiment toutes les drogues comme, donc, écoutez, l'héroïne, le
crack, la cocaïne, bon, la morphine, la
kétamine, la mescaline. Probablement tout type de drogue que vous avez en tête
qui est illégal se retrouve là, c'est juste
qu'elles sont indiquées de façon... selon leurs termes précis, chimiquement,
M. Bourcier :
O.K. C'est une
loi canadienne, c'est bien ça?
M. Bourcier :
Ce que vous disiez, décrites... Lois du Canada 1996,
chapitre 19.
C'est bien ça?
M. Roy (Gabriel) : Oui,
effectivement.
M. Bourcier : Ah! Ah! Je viens de
voir passer le malaise fédéral encore une fois. Là, on est...
Charlebois : Bien,
ce n'est pas un malaise, ça décrit... Franchement!
Bourcier : Non, non, mais c'est parce qu'il y a une
loi canadienne qui
nous impose des choses encore une fois.
Vous savez mon avis là-dessus. C'est que la
Loi sur le cannabis, ça vient du
fédéral, qui se garde 25 %, comme la mafia un peu, puis qui nous donne 100 % des problèmes. Mais ça, je
le dis à chaque jour, là, mais c'est important de le rappeler.
Mais je vais
revenir aux autres substances. Ça m'a fait plaisir de le dire, Mme la ministre.
Dans les autres substances, est-ce qu'on peut avoir aussi une certaine
description de ces substances-là? Est-ce que c'est aussi inclus dans la loi
canadienne que...
M. Roy
(Gabriel) : En fait, comme je l'indiquais, M. le Président, c'est
inclus aux annexes I à III de cette loi-là. Puis, bon, évidemment, la loi, c'est possible de la trouver très
facilement sur Internet. Mais là je ne suis pas sûr que ce serait utile que je vous en fasse l'énoncé, mais,
c'est ça, c'est vraiment, comme je l'indiquais, toutes les drogues, là, que
vous pouvez imaginer, dont on connaît le nom plus commun, comme héroïne,
cocaïne, morphine, etc., là, on parle...
M. Bourcier : Pas caféine, tu sais...
M. Roy (Gabriel) : Non, là, je pense...
Je serais surpris. Mais il faut se rappeler...
M. Bourcier : On serait dans le
trouble, là, ici ce matin, là.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Mais, c'est
ça, il faut se rappeler aussi que, ces infractions-là, on parle de possession
en vue de trafic, de trafic d'importation et
exportation. Donc, ce n'est pas des infractions de sécurité routière. Ça, ça se
retrouve dans la loi provinciale, et c'est un autre niveau d'infraction. C'est
du pénal, ce n'est pas du criminel.
Bourcier : O.K.
J'ai une autre question par rapport à ça. Tantôt, vous mentionniez l'obtention d'une
substance. Alors, est-ce que,
par exemple, quelqu'un qui ferait
usage d'une fausse ordonnance ou quelqu'un qui la délivre serait pénalisé
en vertu de cet article-là, à la lettre a?
M. Roy (Gabriel) : Tout à fait, M.
le Président.
Bourcier : O.K. Les
médicaments obtenus illégalement par Internet également, ou substances, ou drogues?
M. Roy (Gabriel) : Oui, dans la
mesure où elles se retrouvent aux annexes.
M. Bourcier : O.K. Merci beaucoup.
Le Président (M. Merlini) : Merci, M.
le député de Saint-Jérôme. M. député de Dubuc.
Simard : Juste, et en tout
respect de mon collègue, je voudrais qu'on porte une attention particulière...
Comparer le gouvernement du Canada à la mafia, ce n'est pas
tout à fait exact, M. le Président, là, il faudrait porter attention, parce
qu'il fait
partie du même pays que moi, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Oui, en effet, en effet. La comparaison, je
l'ai permise, compte tenu des orientations politiques de votre parti, c'est correct, mais, dans le respect de nos
institutions parlementaires, on pourrait être un petit peu plus...
Charlebois :
Prudent.
Le Président (M. Merlini) : ...prudent.
«Prudent» est le bon mot. Merci beaucoup, Mme la ministre.
M. Bourcier : En toute amitié, je
présente mes excuses au Canada tout entier. Et puis un jour...
Le Président (M. Merlini) : Bien, au
gouvernement, au gouvernement du Canada.
Bourcier : Bien, c'est ça, regarde...
Le Président (M.
Merlini) : Peut-être pas au pays tout entier mais au moins au
gouvernement.
Bourcier : Oui, oui. J'espère que mes excuses vont se rendre jusqu'en
Inde, M. le Président, en toute amitié, oui.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, oui. Tout à fait, tout à fait.
Est-ce que j'ai
d'autres interventions à l'article 7 tel qu'amendé? Mme la ministre.
Charlebois : ...bien, il y a des Québécois qui sont
Canadiens. Moi, je suis Coteaulacoise, Soulangeoise, Québécoise et
Canadienne, et fière de l'être.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre, pour ce commentaire.
Alors, dans la joie
et l'allégresse, est-ce que l'article 7, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Mme la ministre, vous avez une
proposition d'amendement qui va introduire l'article 7.1.
Charlebois : Oui. À l'article 7.1, M. le Président...
Vous êtes en forme, ce matin, j'aime ça. Vous l'êtes toujours, mais ce
matin c'est...
Le Président (M.
Merlini) : C'est vendredi.
Charlebois :
Oui, mais je vous trouve exemplaire.
Alors, insérer, après
l'article 7 du projet de loi, ce qui suit :
Dispositions
modificatives.
Loi sur le régime de
négociation des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic.
7.1. L'annexe C de la
Loi sur le régime de négociation des conventions collectives dans les secteurs
public et parapublic (chapitre R-8.2) est modifiée par l'insertion, selon
l'ordre alphabétique, de « —
La Société québécoise du cannabis».
Le Président (M.
Merlini) : Pour vos explications, Mme la ministre.
Charlebois :
Pour mes explications, M. le Président, ici on vient assujettir la Société
québécoise du cannabis à l'obligation de négocier et d'agréer la
stipulation d'une convention collective l'alliant, le cas échéant, à une
association de salariés suivant les
dispositions de la
Loi sur le régime de négociation des conventions collectives
dans les secteurs public et parapublic applicables à un organisme gouvernemental.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions à
la proposition d'amendement qui introduit l'article 7.1?
Donc, je vais donc mettre la proposition d'amendement aux voix. Est-ce que la proposition d'amendement qui
introduit l'article 7.1 est adoptée?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Mme la ministre. Nous allons au
chapitre II, dispositions
transitoires, et l'article 8.
Charlebois :
On a un 7.2, M. le Président, on a un amendement.
Président (M. Merlini) : Ah!
vous avez une autre surprise? O.K. Alors, vous avez une proposition d'amendement
qui est l'article 7.2...
Mme Charlebois :
Vous ne l'avez pas?
Président (M. Merlini) : ...nous
allons faire la distribution immédiate de votre proposition d'amendement.
Président (M. Merlini) :
Oui, oui, on... Oui, tout à fait. Alors, allez-y, Mme la ministre, pour la
lecture de votre proposition pour 7.2.
Charlebois : Alors, insérer, après l'article 7.1 du
projet de loi, ce qui suit :
Loi sur le régime de
retraite des employés du gouvernement et des organismes publics.
7.2. L'annexe I de la
Loi sur le régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes
publics (chapitre R-10) est modifiée par
l'insertion, dans le paragraphe 1 et selon l'ordre alphabétique, de «la
Société québécoise du cannabis».
Le Président (M.
Merlini) : Et pour votre explication, Mme la ministre.
Charlebois :
Pour mon explication, on vient ici assujettir les employés au régime de
retraite public.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup. Est-ce que j'ai des interventions à la proposition qui
introduit 7.2? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Non, ça... Bien, non, c'est parce qu'on faisait d'autre chose en même temps.
Alors, je vais me fier sur la vigilance de la ministre et de son équipe.
Le Président
(M. Merlini) : Très bien.
Mme Charlebois :
...standard, puis on vient assujettir les employés au régime public, là.
M. Pagé :
O.K. Moi, ça me va. Je ne sais pas si...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée :
Oui, juste une petite question : Est-ce que la SAQ c'est la même chose? Est-ce
qu'il y a...
M. Roy
(Gabriel) : Effectivement, M. le Président, c'est la même chose pour
la SAQ.
Mme Lavallée :
O.K. Parfait.
Président (M. Merlini) :
Merci, Me Roy. Est-ce que la proposition d'amendement qui introduit l'article 7.2 est adoptée?
Le Président
(M. Merlini) : Adopté. Mme la ministre, vous avez une autre proposition
d'amendement qui introduirait l'article 7.3.
Mme Charlebois :
Tout à fait. Alors, insérer, après l'article 7.2 du projet de loi, ce qui
suit :
Loi sur le régime de
retraite du personnel d'encadrement.
7.3.
L'annexe II de la
Loi sur le régime de retraite du personnel d'encadrement
(chapitre R-12.1) est modifiée par l'insertion, dans le
paragraphe 1 et selon l'ordre alphabétique, de «la Société québécoise du
cannabis».
là c'est le personnel d'encadrement qu'on vient assujettir au régime de
retraite, donc c'est les cadres. Puis c'est standard aussi.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la députée de Repentigny. Dans le micro, s'il
vous plaît.
Mme Lavallée :
Excusez. Standard avec la SAQ?
Mme Charlebois :
Tout à fait.
Mme Lavallée :
O.K. C'est beau.
Le Président
(M. Merlini) : Merci. Est-ce que l'amendement qui introduit l'article 7.3
est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Maintenant, nous pouvons aller au
chapitre II et les dispositions transitoires. Mme la ministre, pour lecture de l'article 8,
s'il vous plaît
Mme Charlebois : Puis on aura un amendement, M. le Président, à l'article 8. Mais je vais commencer par lire...
Le Président (M. Merlini) :
Oui. Commencez par la lecture de l'article 8.
Mme Charlebois : Oui. Alors, à l'article 8, M. le Président :
Malgré l'article 23.6 de la
Loi sur la
Société des alcools (chapitre S-13), édicté par l'article 5 de
la présente loi, la Société des alcools du Québec nomme les premiers membres du conseil d'administration de la Société
québécoise du cannabis sans tenir compte des exigences prévues au
deuxième alinéa de cet article.
Société des alcools s'assure que figurent parmi les premiers membres du conseil
d'administration des personnes possédant
collectivement une compétence et une expérience significative en santé
publique, toxicomanie et intervention auprès des jeunes.
la Société des alcools du Québec doit nommer les membres du conseil
d'administration au plus tard le... Et là on indiquera la date qui suit
de trois mois celle de la présente sanction de la loi.
Pour l'amendement, tout
de suite, M. le Président, si vous me le permettez...
Le Président
(M. Merlini) : Pardon?
Mme Charlebois :
On a une nouvelle copie?
Le Président
(M. Merlini) : Avec un libellé différent. On va en faire une distribution
rapide. Donc, pour les membres de la commission, la copie qui vous a été donnée
le 14 février dernier n'existe plus.
Mme Charlebois :
Oui, mais, je pense, c'est la même chose.
Le Président
(M. Merlini) : Non, le libellé semble être plus long.
Mme Charlebois :
En tout cas. Là, c'est la dernière copie qu'on considère. Modifier l'article...
Mme Charlebois :
Il est modifié, oui. Donc, le président a toujours raison, hein, c'est ça.
Modifier
l'article 8 du projet de loi :
par l'insertion, à la fin du premier alinéa, de «, sauf en ce qui a trait à
l'exigence concernant la compétence ou l'expérience significative de certains membres en santé publique, en
éducation, en toxicomanie et en intervention auprès des jeunes»;
2° par le
remplacement du deuxième alinéa par le suivant :
«Malgré
le troisième alinéa de l'article 23.6 de la [...] Société des alcools du
Québec (chapitre S-13), édicté par l'article 5 de la présente loi, au moins le tiers des membres du
premier conseil d'administration, autres que le président et le
président-directeur général, sont nommés pour un mandat d'au plus deux ans. Les
autres membres sont nommés pour un mandat d'au plus quatre ans.»
Alors,
premièrement, ici, cet amendement fait en sorte que le premier conseil
d'administration devra compter parmi ses
membres des personnes ayant collectivement une compétence et une expérience
significatives en santé publique, en éducation, en toxicomanie et en
intervention auprès des jeunes, malgré le fait que les nominations ne pourront
être faites sur la base des profils de
compétence et d'expérience, ce qui serait impossible pour la nomination du
premier conseil d'administration, étant donné que ces profils devraient
être établis pas le conseil d'administration lui-même.
Deuxièmement,
cet amendement prévoit une limitation de la durée du mandat d'au moins le tiers
des membres du premier conseil
d'administration. Pour ces membres, la durée du premier mandat ne pourra
excéder deux ans, au lieu de la durée normale d'au plus quatre ans.
Ici,
on vient répondre à une préoccupation du député de Labelle, qu'il nous avait
fait part, puis c'était tout à fait approprié,
dans le sens de : Il ne faudrait pas que tout le monde arrive à échéance
en même temps puis renouveler tout le monde en même temps, parce qu'on va
tomber sans expérience au conseil d'administration. Alors, on vient répondre
à ça ici. Et on se donne une façon d'opérer
tout de suite rapidement, d'avoir un conseil d'administration efficace et
rapide. Mais vous comprendrez que
c'est le conseil d'administration qui va lui-même déterminer les profils qui
doivent être établis.
Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions à la proposition d'amendement à
l'article 8? M. le député de Labelle.
Pagé : Oui. Je veux vraiment être sûr, là, de bien comprendre
parce que, là, tout cela nous arrive là. Alors, le fameux «sans tenir
compte» qui était prévu dans l'article original, dans la première phrase, là,
disparaît, en fait, là.
Charlebois :
M. le Président, est-ce qu'on peut laisser Me Roy répondre?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, certainement. Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui, merci, M. le Président. Alors, en fait, ça, c'est
simplement parce qu'au départ l'article 23.6, avant d'être amendé, ne faisait pas référence à la
nécessité d'avoir un profil de compétence en toxicomanie, santé publique,
éducation, qui a été ajouté, etc., et
normalement le transitoire ferait en sorte... Parce que normalement la SAQ doit
nommer les administrateurs sur la
base des profils de compétence et d'expérience que le C.A. de la SQDC établit
lui-même, mais là, vu qu'on est au
premier C.A., évidemment, il n'y aura pas de profil de compétence et d'expérience
établi d'avance, il n'y a pas eu de
C.A. avant, c'est le premier C.A. Donc, le transitoire, originellement, ce
qu'il disait, c'est : Bien, la SAQ va nommer les membres sans profil de compétence et d'expérience, étant
donné qu'elle ne peut pas en avoir, là, il n'y a pas de C.A. précédent qui a pu lui en remettre, sauf que,
là, ce qu'on vient ajouter, c'est de dire... pour être en concordance avec
le nouveau 23.6, on dit : Bien, elle doit quand même tenir compte des
profils de compétence et d'expérience en santé publique, toxicomanie, éducation, intervention auprès des jeunes. Donc,
c'est simplement qu'on vient confirmer que cette nécessité-là d'avoir des membres qui ont cette compétence-là va faire
partie des exigences pour la nomination des premiers administrateurs.
M. Pagé :
Bon. Donc, si je résume, là, les gains que nous avons réussi à faire à 23.6
pour insérer de nouvelles compétences
et inclure aussi autour de la table un représentant, il me semble, des affaires
municipales, qu'on avait ajouté... Y en avait-u un autre?
Charlebois : Juste
éducation.
M. Pagé : Non. Je pense qu'au
niveau des observateurs...
Charlebois :
C'étaient les observateurs, oui, c'est ça.
M. Pagé : ...il n'y avait
qu'affaires municipales qui était ajouté...
Charlebois : Oui,
c'est ça.
M. Pagé : ...mais la
compétence éducation était au conseil d'administration.
Alors, ces deux ajouts, plus ce qui était déjà
prévu, vont se retrouver immédiatement lors du premier C.A. C'est bien ça?
Charlebois :
Exact.
M. Pagé :
Donc, je reviens à ma question initiale — et là ça me semble évident, mais je veux
juste être sûr que ce soit bien entendu : Le «sans tenir compte»
qui était prévu, dans le fond, n'existe plus?
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : En fait, il existe toujours pour les autres profils de
compétence et d'expérience, parce que, on se comprend, il n'existe plus
à l'égard des profils de compétence et d'expérience en santé publique,
éducation, toxicomanie, intervention auprès
des jeunes, mais il va y avoir d'autres profils de compétence et d'expérience.
Ce sera peut-être en comptabilité, des compétences en gestion. Mais ça,
c'est déjà... toujours comme ça, à la base, pour le premier C.A., pas parce qu'on ne veut pas qu'il y en ait, parce que la
mécanique, c'est qu'ils sont établis par le C.A., puis là il n'y en a
pas, de C.A., on est au point de départ. Est-ce que c'est clair? Non?
M. Pagé : Bien, c'est parce
que, quand j'ai posé la question, derrière vous ça semblait être très
différent, là.
M. Roy (Gabriel) : Oui, oui, bien,
c'est ça. Non, non, on...
M. Pagé :
Parce que, même si c'est le premier C.A., ils devront... Moi, ma compréhension,
avec ce qu'on apporte, c'est qu'ils devront avoir immédiatement les
mêmes profils de compétence pour les postes où on a identifié...
M. Pagé :
Les autres, ce seront des compétences plus générales, on en convient, parce
qu'on avait dit que c'était de 9 à
11. Alors, si on prend un chiffre de 11, il y en a déjà, je pense, quatre qui
vont être, permettez-moi l'expression, tagués,
là, compétence, profil, éducation, toxicomanie, je ne me souviens plus
exactement les quatre. Alors, ces quatre-là, dès le premier C.A., ils se
retrouvent.
M. Roy (Gabriel) : Oui, tout à fait.
M. Pagé : Parfait. Et les
observateurs, ça se retrouve également.
M. Roy (Gabriel) : Oui, oui,
absolument.
Charlebois :
Oui, oui.
M. Pagé : Parfait. Alors,
l'amendement, c'est véritablement ce qu'il apporte.
M. Roy (Gabriel) : Oui, exactement.
M. Pagé : O.K. Bien, bravo!
C'est une bonne chose.
Charlebois : Bien,
on travaille en équipe, là. On avait...
M. Pagé : Depuis le début, on
travaille en équipe, Mme la ministre.
Charlebois :
Exact. On avait pris un engagement, vous vous souvenez, quand on en a discuté.
Bien...
M. Pagé : Je vous félicite
encore puis votre équipe aussi.
Charlebois : Oui.
Ils sont très réceptifs, hein?
M. Pagé : Vous faites un bon...
nous faisons un bon travail, je vais m'inclure là-dedans, là.
Charlebois :
Exact. Bien oui, mais c'est sûr.
M. Pagé : Oui, on fait un bon
travail, on fait un bon travail.
Bon, cela dit, ce n'est pas toujours comme ça,
mais là...
Charlebois :
Ah! je leur ai dit tantôt qu'ils assistaient à une étude d'un projet de loi
dans une commission exceptionnelle, avec une collaboration inusitée.
M. Pagé :
Non, mais je pense
que, quand... Mais, pour les gens qui nous écoutent et pour les gens aussi qui
sont dans la salle, il faut
savoir que quand même plus du deux tiers des projets de loi sont adoptés à l'unanimité, à
l'Assemblée nationale.
Charlebois :
Exact. Tout à fait.
M. Pagé :
Malheureusement, ce que l'on voit à la télévision, c'est ce qui ne fonctionne
pas, mais l'Assemblée nationale
fonctionne bien, notre démocratie fonctionne bien. Malheureusement, ce n'est
pas ce qu'on nous montre, parce que ce n'est jamais spectaculaire de montrer
les voitures sur la route qui passent sans accident; ce qu'on nous montre,
c'est les accidents. Alors, c'est ce qu'on montre, malheureusement, à
l'Assemblée nationale, mais...
Charlebois :
Mais, moi, ce que je tiens à dire, c'est que, dans ce projet de loi là, même au
début, dans les consultations, il y avait une grande collaboration de
l'ensemble des collègues.
M. Pagé : Oui, oui,
absolument.
Charlebois :
Et on a élaboré un projet de loi, puis, depuis ce temps-là, là, c'est toujours
dans un esprit de collaboration, même si on n'est pas toujours d'accord
sur tous les points. Mais on travaille...
M. Pagé : Bien, c'est normal.
Charlebois : Bien
oui, ça fait
partie de la vie.
Président (M. Merlini) : Et il faut que... Je me dois d'ajouter, comme
président, qu'il est préférable de débattre au lieu d'utiliser des
fusils et des bombes comme ça se fait ailleurs dans le monde.
Charlebois : Bien,
c'est ça.
M. Pagé :
Et tellement! Tout à fait. Alors, continuons notre bon travail. Et, bon, il y
avait aussi la notion du au moins un
tiers. Et là je me questionnais parce que, au moins un tiers, pourquoi on n'a
pas mis immédiatement la moitié, tout simplement? Parce que, bon, la
moitié, quand c'est un... dans la plupart des conseils d'administration, c'est
un chiffre impair, c'est sûr que la moitié
sera toujours à 45 %, 55 %, là, ce ne sera jamais la moitié parfaite.
Et d'habitude, par l'expérience que
j'ai, c'est plutôt, justement, la moitié, pour ne pas qu'on arrive avec un
départ massif. Là, on a compris qu'on
avait fait un bout de chemin, puis là ce n'était pas tout le monde qui partait
en même temps, mais maintenant il y en aurait le deux tiers qui partiraient en même
temps. L'objectif des commentaires que nous avions apportés, c'était justement
d'amener la moitié du conseil
d'administration deux ans au début, puis l'autre moitié à quatre ans, pour
qu'ensuite, dans l'alternance, il y
en ait toujours la moitié qui arrive à échéance, sans compter aussi qu'il y aura
un autre remplacement naturel du fait que ce n'est pas tout le monde qui va
souhaiter renouveler son mandat pour deux exercices, il y en a probablement qui vont partir aussi en cours de
route, donc il y aura aussi ce remplacement naturel. Mais, pour atteindre
l'objectif visé, je m'attendais à ce qu'on
aille plus à la moitié que le tiers. Je veux juste comprendre la raison pour
laquelle on est allé plutôt avec un tiers.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, tout à fait. Le député de Labelle l'a
mentionné, qu'il y a toujours une forme, je ne sais pas comment le dire, là, mais... il y a toujours
des administrateurs qui quittent en cours de mandat et/ou à la fin du mandat,
qui ne renouvellent pas. Alors, c'est pour ça qu'on a mis le tiers,
parce que c'est une nouvelle société d'État, les gens vont cumuler de l'expérience, alors on ne souhaite pas que tout de suite
on tombe à... Tu sais, s'il y en a qui ont déjà été remplacés, qui ont quitté
et/ou qui ne renouvellent pas leur mandat, en plus du tiers, ça commence à
faire du monde qui part puis que, tu
sais, l'expérience qu'ils vont avoir acquise, on va la perdre. Alors, on
souhaite conserver cette expérience-là au sein du conseil
d'administration un petit peu plus longtemps pour assurer un bon
fonctionnement.
M. Pagé :
Oui et non. Oui pour la première partie, mais, quand on le regarde sur le plus
long terme, les gens vont avoir la
possibilité de renouveler leur mandat pour deux périodes de quatre ans. Alors,
je ne vois... en tout cas, je ne vois
pas la pertinence de ne le mettre qu'à un tiers, parce qu'effectivement, les
gens, il y en a qui vont vouloir partir après deux ans, d'autres vont pouvoir se rendre jusqu'au bout du deux
renouvellements, qui vont faire 10 ans, alors il n'y aura pas de
départ massif à court terme, là.
Charlebois :
Me permettez-vous juste une légère suspension pour vérifier certaines affaires?
Le Président (M.
Merlini) : Oui, tout à fait. Je suspends donc les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
10 h 24)
Le Président (M. Merlini) : Nous reprenons donc nos travaux. La brève suspension
a permis à Mme la ministre de
faire des vérifications d'ordre juridique. Mme la ministre, la parole est à
vous.
Charlebois :
Alors, M. le Président, ici on est dans une mesure transitoire pour
répondre aux préoccupations du député de
Labelle et de la députée de Repentigny, bref, aux députés de l'opposition, mais c'est le plus loin qu'on peut aller, et je vous explique pourquoi.
Premièrement, dans les autres sociétés
d'État, ce genre de mesure
transitoire là ne se voit pas fréquemment, pour ne pas dire que c'est très,
très, très rare. Je pense qu'il y a une place où on voit ça ailleurs.
Deuxièmement, pour
nommer des personnes au conseil d'administration, là, il y a tout un processus,
qui est rigoureux, puis à la limite, puis je
ne veux pas qu'on... puis je ne le dirai pas parce que c'est un mot qui va
rester inscrit... non, ce n'est pas
un mauvais mot, mais c'est juste que je ne veux pas que les gens gardent une
perception qui ne serait pas tout à fait bonne, là, mais c'est vraiment
long, faire ce processus-là. Puis c'est non seulement long, mais ça exige beaucoup
de rigueur. Il y a tout un processus d'analyse, il y a
les habilitations sécuritaires, il y
a, en tout cas, plein de choses,
puis c'est des gens, qu'on nomme là, là...
des gens qui ont de l'expérience en santé publique, c'est des gens qui ont de
l'expérience dans différents champs de
compétence, et ce qu'on recherche, c'est de la stabilité, M. le Président, ce n'est pas d'autre chose que ça, pour le conseil d'administration.
Déjà,
qu'on concède qu'il y ait le tiers qui soit renouvelé dans un intervalle
plus court, c'est déjà beaucoup, parce que,
comme je vous dis, c'est vraiment une mesure transitoire qui nous mène à avoir une
rotation, qui répond à la préoccupation
de ce qu'on nous a émis, mais qui ne
déstabilisera pas et qui va nous permettre de conserver notre expertise. Parce
que les gens qui vont aller là, c'est
vraiment des gens qui ont des compétences, qui ont été
sélectionnés puis pour lesquels il y
a eu tout un processus
de sélection très rigoureux. Alors, mettre beaucoup de monde dans un
temps plus court, ce n'est pas une bonne idée pour l'expertise de la société
d'État.
Alors,
moi, honnêtement, déjà qu'on a fait un grand pas, parce que, je vous le dis,
dans d'autres sociétés d'État, tout ça n'existe pas, moi, je pense qu'on
devrait s'en tenir à ça.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres
interventions à la proposition d'amendement à l'article 8? M. le député de
Labelle.
M. Pagé : Oui, mais, dans d'autres sociétés d'État, je pense qu'on a introduit cette notion, bon, soit du tiers ou de
la moitié, là, ça existe dans d'autres, moi,
on me dit, la Société du Plan Nord ou la société
de... Transition énergétique Québec.
Mme Charlebois :
Mais c'est la seule, c'est la seule de toutes les sociétés d'État qui est comme
ça. Puis, sincèrement, pour ce que nous sommes en train de travailler,
ce n'est pas souhaitable, il faut conserver... parce qu'on ne nommera
pas des enfants d'école à ces postes-là, là...
M. Pagé : Non, non, je
suis tout à fait d'accord.
Mme Charlebois : ...c'est
des gens qui ont des compétences, et on souhaite conserver notre compétence notamment
pour les premiers mandats, là. Déjà qu'on coupe au tiers pour une durée plus courte,
il faut être prudents, là.
M. Pagé : Oui, mais, bon, dans la société
où on vient d'introduire cette façon de faire, est-ce que c'est au tiers
ou à la moitié?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
Oui, excusez, j'ai...
M. Pagé : Dans la société où on vient d'introduire cette notion, parce qu'effectivement on tend à s'améliorer, parce que...
Mme Charlebois : Oui, mais on n'a pas le même profil de
compétence. Là, on a déjà ajouté des choses qui fait en sorte que le processus de sélection va être, je vais le dire, le mot, plus fastidieux. Mais
je ne veux pas que ce soit retenu, dire
que c'est ça, là. Mais on a beaucoup de compétences, on ajoute à la complexité
de nommer un conseil d'administration, alors donnons-nous une chance de
garder ces compétences-là le plus possible, là. Parce qu'on a beaucoup plus de compétences spécifiques, notamment en santé
publique, en éducation, dans plusieurs domaines. Vous le savez, on l'a vu,
l'article, là. Alors, s'il faut qu'on passe
notre temps à perdre notre expertise, ce n'est pas bon, là, ce n'est vraiment
pas bon. Alors, c'est pour ça. On recherche une stabilité.
M. Pagé :
Oui. Alors, je repose la question, là : Dans cette société d'État, je ne
sais pas c'est laquelle des deux, là, mais je pense qu'il y en a une des
deux, là, où on vient d'introduire cette nouvelle façon de faire, est-ce que
c'est au tiers ou à la moitié?
Mme Charlebois : C'est
ça, oui, c'est à la majorité,
mais ils n'ont aucun profil de spécifié, à la société dont vous faites mention, là, des ressources
énergétiques, là, il n'y a pas de profil spécifié comme nous on le fait. Nous,
on a ajouté de la complexité, mais il
faut garder ces compétences-là, sans ça on ne se donne pas de chance, les processus
vont être tellement lourds qu'il va y avoir des postes vacants. Ce n'est
pas ce qu'on souhaite, là.
M. Pagé : Bon, donc, dans
la société où... effectivement, c'est la moitié plus un ou moins un.
Mme Charlebois :
Oui.
M. Pagé : O.K. Puis honnêtement, la stabilité, bon, prenons... Bon, de toute façon, au départ, on sait que les gens, c'est... bon, il va y avoir une catégorie deux ans, une catégorie à quatre ans, mais tout le monde pourra renouveler pour deux mandats. C'est bien ça? Tout le
monde peut renouveler pour deux mandats, donc...
Le Président (M. Merlini) : Dans le
micro, la réponse, s'il vous plaît.
Mme Charlebois :
Deux renouvellements. Trois mandats, donc.
M. Pagé : Oui, c'est
ça. Alors, tout le monde, au départ, sur la ligne de départ, il y a des gens qui pourront
faire soit 10 ans ou 12 ans. Ça, c'est le temps maximal. C'est
bien ça? Parfait.
Alors, si on
imagine le scénario où tout le monde en même temps accomplit le maximum de son mandat,
alors, on aurait le tiers, puis là,
bon, ça va être probablement trois ou quatre, là, qui, au bout de 10 ans,
quitteraient, mais, au bout de deux
ans, si tous les autres se rendaient au bout de leur mandat, bien là ce
seraient huit autres qui quitteraient en
même temps. Alors, en termes de stabilité, il m'apparaît beaucoup plus stable
d'y aller avec moitié-moitié...
Mme Charlebois :
Oui, mais, comme vous le savez, la... Oui?
M. Pagé : ...parce que,
là, la fois suivante, vous perdriez le deux tiers de votre conseil
d'administration et le deux tiers de votre
compétence. Moi, je pense que ce n'est pas par hasard si, dans... Moi, dans
tous les conseils d'administration où j'ai soit oeuvré ou que je connais, cette rotation qui se fait — et
là on vient de l'initier, là, dans une nouvelle
société d'État, là — ce
n'est pas du tiers, c'est justement la moitié, parce que l'objectif,
c'est d'éviter qu'il y ait trop de monde qui parte en même temps
avec les compétences.
Alors, si on va au bout du
raisonnement et que tout le monde se rend au maximum de leur mandat, puis je suis
convaincu que ça va être des gens compétents puis...
si tous ces gens-là se rendent au maximum de leur mandat, ça veut dire que vous arrivez, au bout de 12 ans, là,
puis là il y en a huit sur 11 qui partent en même temps. En termes de perte de compétences, ça va
être une grosse perte, tandis que, si c'est cinq sur 11 puis, l'autre fois, six
sur 11, bien c'est un peu moins pire,
il y a un petit peu plus de stabilité. Et ce n'est pas pour rien, je pense,
que le législateur, dans la loi... — c'est
quelle loi, c'est laquelle où on a
trouvé la moitié, là? — bien,
on vient d'introduire cette notion, et c'est la moitié, parce que la ministre le dit puis à juste titre, là, la recherche de
stabilité... Mais notre intervention, c'est justement pour rechercher
la stabilité, pour éviter que d'un seul coup le deux tiers de notre conseil
d'administration quittent.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : Alors, M.
le Président, juste pour recadrer le
débat, ici on dit : «Les autres membres sont nommés pour un mandat d'au plus quatre ans.» D'au plus.
La SAQ peut déterminer des durées moindres, elle peut faire ça. Je pense que
les gestionnaires de la SAQ sont capables de réfléchir par eux-mêmes. Nous, ce
qu'on vient faire ici, c'est leur dire : Ça ne peut pas aller plus loin que ça, c'est le maximum que tu peux
faire. Ce n'est pas un automatisme qu'ils vont faire quatre ans, quatre ans, quatre ans. Probablement que la SAQ, dans son raisonnement, va dire : On va donner des
mandats différents à certaines personnes,
mais ils vont le prévoir eux-mêmes en
fonction des postes de compétence,
des profils de compétence, des
bassins possibles de recrutement. Ils vont tout faire ça. C'est des gens qui
ont une certaine compétence pour faire ce processus-là, là.
Puis,
je vous le dis, c'est un processus qui est long. On a ajouté des compétences
spécifiques, ça va être... il y a beaucoup plus de choses ici qu'il y en
a dans d'autres conseils d'administration de d'autres sociétés d'État. Alors,
on complexifie l'affaire. Et c'est pour ça que je vous dis qu'on a mis le
tiers. On est déjà dans quelque chose d'un peu exceptionnel, compte tenu... On a répondu à votre demande, mais je ne
peux pas aller plus loin que ça. On va leur laisser une marge de
manoeuvre. C'est des gens qui sont capables de prendre des décisions puis
s'assurer que leur conseil d'administration va rouler rondement.
L'idée,
ce n'est pas de mettre des... Ce qu'on souhaite, là, c'est de la stabilité.
Laissons la SAQ avoir une marge
de manoeuvre, mais on leur dit : Tu ne peux pas aller, par exemple, plus loin que quatre ans. Ils pourront fixer peut-être trois ans, eux autres, à chacun
de leurs mandats, mais ils ne peuvent pas dépasser un mandat de quatre ans.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Là, je veux comprendre, là. C'est que la loi
prévoit déjà qu'une personne qui va commencer un mandat pourra le renouveler deux fois. C'est bien
ça? Bon. Alors, bon, ça, c'est dit clairement, là. Mais, selon ce que la ministre
vient de m'expliquer... Sauf que le conseil pourrait décider que, justement,
en tout cas, pour des principes x, y ou... pour ce
principe de stabilité, il y a des gens ou certains postes, même si la loi leur
dit : Vous pouvez renouveler pour deux mandats de quatre ans...
Mme Charlebois :
D'au plus.
M. Pagé : Oui, d'au plus, mais la loi le prévoit, là,
qu'ils peuvent, là. Alors, il y a des gens qui d'entrée de jeu pourraient... on pourrait leur dire : Bien,
la loi te permet de renouveler deux fois, mais toi, tu vas renouveler juste une
fois. Le conseil d'administration aurait ce pouvoir-là?
Mme Charlebois :
...pas les renouvellements, là, la durée des mandats. Est-ce que Me Roy
pourrait...
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, merci, M. le Président. En fait, tout ce qu'on veut exprimer ici, c'est que la SAQ, elle sait, ses administrateurs, leur mandat arrivent à
quelle échéance, puis la SAQ sait que les administrateurs qu'elle nomme pour administrer la SQDC... elle sait, en fonction
de la durée de leur mandat, quelle est l'échéance de leur mandat, donc elle est amplement capable... Dans le fond,
l'objectif, c'est de s'assurer que ce n'est pas tout le monde qui parte en même
temps, pour ne pas avoir une perte de compétences. C'est ça, l'idée. Donc,
étant donné qu'on parle de durée maximum, c'est très facile pour la SAQ, en voyant, par exemple, je ne sais pas,
moi, un calendrier d'échéance de mandat : O.K., j'ai deux personnes qui vont partir tel mois, je veux
m'assurer de... Tu sais, elle va s'assurer de donner des durées de mandat
qui ne feront justement pas en sorte qu'il
va y avoir cinq ou six départs en même temps. Et c'est possible du fait que ce
que la loi prévoit, c'est une durée maximale d'un mandat. Donc, elle peut jouer
à la fois avec les renouvellements, en donnant...
en décidant de donner la durée maximale, mais elle a aussi du jeu en pouvant
décider, pour s'assurer, justement, qu'il
n'y aurait pas trop de départs en même temps, de donner des mandats un peu
moindres, deux ans ou trois ans, par exemple,
en fonction du calendrier des départs prévus, pour s'assurer qu'il y aura,
justement, une stabilité suffisante au sein du conseil d'administration.
Donc, c'est déjà possible de par la loi.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Roy. M. le député.
M. Pagé : Bon, alors, ce
que vous êtes en train de me dire, c'est que, même si la loi prévoit que les
mandats devraient être de quatre ans, la SQDC... Ça va être la SQDC ou ça va
être la SAQ?
M. Roy (Gabriel) : M.
le Président, ça, c'est la SAQ qui va nommer les administrateurs de la SQDC. Ce
que la loi prévoit, c'est des durées
maximales, mais il n'y a rien qui empêche la SAQ de nommer des administrateurs
sur le C.A. de la SQDC pour une durée
moindre si justement, compte tenu du calendrier des départs qu'elle anticipe,
en fonction de la durée des nominations
précédentes, elle considère que c'est préférable pour s'assurer qu'il n'y ait
pas trop de départs en même temps. Donc, elle peut se servir de ce
jeu-là justement pour gérer elle-même la stabilité du C.A. de la SQDC.
M. Pagé :
O.K. Je comprends. Et là, à ce moment-là, comment la SAQ va... Ça va être quoi,
le processus pour arriver,
dire : Bien, toi, dans ton prochain mandat, ça va être deux ans ou trois
ans, par rapport aux quatre ans? Tu peux aller jusqu'à quatre ans. On prenait
d'emblée qu'«au plus quatre ans» voulait dire que c'était un mandat... le
maximum était quatre ans, puis, quand tu
faisais un mandat, tu partais pour quatre ans, mais là il y a des gens, de
façon arbitraire, qu'on va leur
dire : Woups! pour un peu plus de stabilité, pour vous autres, ça va être
deux ans, trois ans dans votre dernier mandat.
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : M. le Président, ce n'est pas une question d'être
arbitraire, là. Il y a évidemment... La SAQ va devoir s'assurer toujours du respect des profils de compétence et
d'expérience, premièrement, mais l'idée, ce n'est pas de décider
arbitrairement que tel administrateur, il va durer moins longtemps. L'idée de
base, c'est d'assurer une stabilité, puis
que l'expérience acquise par les administrateurs demeure pérenne au sein du
conseil d'administration, puis qu'il n'y ait pas des départs en nombre
trop important en même temps, qui vont faire en sorte qu'il y a des nouveaux administrateurs qui vont devoir se mettre dans le
bain ensemble puis qui risquent d'apporter... de rendre un peu plus instable
le processus décisionnel.
Donc,
c'est juste ça, c'est de s'assurer que, dans le calendrier des départs et des
arrivées, donc... C'est simplement ça.
Puis c'est tout à fait facile et c'est tout à fait... C'est juste une question
de bien gérer pour qu'il y ait des... que les départs et les arrivées se
coordonnent puis que ça ne se fasse pas tout en même temps.
Puis,
comme je l'indiquais, étant donné qu'on parle d'une durée maximale, c'est ce
qui donne la flexibilité. Ce n'est pas une question d'être arbitraire,
là, c'est vraiment juste de conserver la stabilité.
M. Pagé :
Bon, O.K., bien, c'est bon. Mais je reprends le cas de figure, là. Il y en a le
tiers qui se rend au bout de ses possibilités,
donc qui font 10 ans. L'autre deux tiers qui est toujours en place...
Parce que ça pourrait arriver, ça pourrait
arriver, parce que c'est ce que la loi dit. L'autre deux tiers arrive à son
huit ans et reste un dernier mandat. Le conseil d'administration
dit : Woups! Là, j'en ai huit, là, qu'il leur reste un dernier mandat,
puis ils veulent, les huit, renouveler,
puis, les huit, je les aime, ils sont bons. Mais là je ne veux pas qu'au terme
de ce dernier mandat les huit partent en
même temps. Puis là ça va devenir un peu arbitraire pour dire : Bien là,
je préférerais qu'il y en ait qui fassent deux ans, trois ans, pour ne pas que vous partiez les huit
en même temps au bout du quatre ans. C'est pour ça que je dis : Ça va se
gérer comment, là, cette stabilité? Parce
que déjà, là, dans ce dernier mandat, dans la 10e année, il y en a le
tiers qui s'en vont, là.
Mme Charlebois :
Mais le tiers de 11... M. le Président, est-ce que je peux émettre une opinion?
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
M. Pagé :
Bien, c'est trois ou quatre, finalement.
Mme Charlebois :
Bien, c'est ça. Le tiers de 11, là, c'est quatre. La moitié de 11, c'est cinq.
On s'obstine pour une personne, là,
tu sais. Puis je comprends, là, qu'on... On peut parler d'un pourcentage, puis
à la 10e année, là, au tiers, là, il y a quatre personnes qui vont partir.
S'il y a neuf administrateurs... Parce qu'on a dit entre neuf et 11, hein?
Bien, s'il y en a neuf, c'est encore
pire, la différence. Là, on parle d'un gros pourcentage. Puis, comme on va
vider... Mais là 30 %, honnêtement,
là, sur neuf personnes, 30 %, c'est trois personnes qui vont quitter, puis
après ça il en reste six. À 11, vous voyez,
en termes de quantité de personnes, là, il y a un équilibre qui se fait, là.
Moi, je veux bien qu'on parle de pourcentage, mais ce qu'on souhaite, là...
Puis les gens du conseil d'administration de la SAQ sont assez compétents, là,
je pense, j'espère, en tout cas, ce n'est pas du monde qui sont démunis de
capacités, ils vont être capables de... Parce qu'on dit toujours «d'une durée
normale d'au plus quatre ans». La SAQ est capable, selon les champs de
compétence...
Parce
qu'on a ajouté des compétences spécifiques, c'est un processus qui est lourd.
On veut conserver la majorité de nos
compétences. Puis, comme il l'a dit, lui, là — lui, là, étant le député de Labelle, je
m'excuse, là, c'est très mal dit, je
m'excuse — peut-être
que, quand on va arriver au terme du mandat, il y en a d'autres qui auront
quitté avant. Ça fait qu'il faut se
donner une sécurité, là. Ils ne seront pas... Ce ne sera pas 70 %,
probablement, qu'à la fin des trois mandats... qui vont quitter, il y en aura qui auront quitté en chemin. Ça fait que
ça va créer... ça nous crée, justement, une espèce de stabilité, pour ne
pas se ramasser à la fin... Parce que ce n'est pas vrai que tout le monde a une
situation stable pendant 12 ans, dans sa vie, ou pendant 10 ans,
dépendamment de la durée des mandats.
Alors,
moi, je pense qu'on peut laisser la marge de manoeuvre à la SAQ de nommer son
premier conseil d'administration, puis,
après ça, ça va rouler tout seul. Mais là on parle... Tu sais, si on parlait de
30 % de 200 000, c'est une chose, mais on parle de 30 % d'au plus 11 personnes, au minimum neuf. Ça
ne fait pas une grande différence à la fin du calcul, là.
Moi, ce que je souhaite, c'est, compte tenu des
compétences spécifiques... Parce que, là, il va me dire : Bien, justement, parce que ça ne fait pas une grande
différence — l'argumentaire
peut se tourner des deux côtés, je suis très consciente de ça, là — bien, gardons le maximum de latitude pour
nous permettre de conserver les compétences qu'on aura puis celles qu'ils
auront développées davantage, parce qu'on nomme des gens qui ont des grandes
compétences et qui vont en développer davantage dans une nouvelle
société d'État. Ce qu'on ne souhaite pas, c'est la déstabiliser, là.
Voilà. J'ai fait mon point.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, c'est parce que ça m'apparaît comme tellement évident que, justement,
pour atteindre l'objectif de ne pas
déstabiliser, bien, c'est d'y aller avec la moitié. Ça m'apparaît comme...
C'est clair. D'ailleurs, on vient d'introduire
cette notion-là dans une autre société, et ce n'est pas pour rien qu'on est
allé à la moitié. Alors, bon, si on n'est
pas arrivé aux mêmes conclusions, mais c'est votre droit, mais ça m'apparaît
comme clair que, dans le cas ultime où ça pourrait arriver, justement,
on va beaucoup plus déstabiliser avec deux tiers qu'un tiers.
Et là on me
dit : Bien, oui, mais ils ont la latitude, par contre, compte tenu que
c'est maximum quatre ans. Alors, oui,
mais, dans cette latitude, je n'ai pas eu de réponse, là, comment on va...
comment on arriverait, dans la dernière année, à dire : Bien là,
pas huit mais sept, les sept, là, il vous reste un mandat, les sept, alors,
pour ne pas que vous partiez les sept en
même temps à la fin du mandat... On ne m'a pas répondu à comment on va gérer
cela, là. Parce que, là, il ne faudrait pas oublier qu'au bout de deux
ans il risquerait d'y en avoir quatre qui quitteraient. Alors, il me semble que...
Ça m'apparaît
comme clair que plus on approche la barre de la moitié, plus on stabilise; plus
on se rapproche de la barre du deux tiers, plus on déstabilise. Mais, si
l'argument n'est pas convaincant, bien, allez-y comme ça.
Mme Charlebois :
...parce qu'il y en a qui quittent en cours de mandat, je m'inscris en faux
là-dessus, il y en a qui quittent en
cours de mandat, alors votre moitié ne sera plus une moitié. Ça fait que
commençons donc par le 30 %, puis, si, dans trois ans, il y a lieu
de renouveler notre façon de faire, on le fera.
M. Pagé :
Bien, la ministre a raison. Effectivement, en cours de route, puis je l'ai dit,
là, il y a des gens qui ne voudront pas renouveler, au bout de deux ans,
il y a des gens qui ne voudront pas... On imagine que c'est ça. Mais on ne fait pas des lois avec... Parce que deux fois
elle a dit «probablement que», «probablement que». On ne fait pas nos lois en
fonction de : Ça va peut-être se passer comme ça. On fait aussi nos lois
en se disant : Bien, dans le cas ultime, là, est-ce que ça fonctionne, ça
ne fonctionne pas? Bien, dans le cas ultime que j'ai démontré, bien, on se
retrouve que l'objectif visé n'est atteint qu'en partie. Si on veut la
plus grande stabilité, c'est avec la moitié, ce n'est pas avec le deux tiers.
Mais, bon, si
mes arguments n'ont pas été suffisamment convaincants... Je comprends qu'ils
ont été convaincants jusqu'au tiers, parce qu'au début ça n'existait pas.
J'aurais aimé me rendre à 100 % de notre... puis d'autant plus qu'on vient
de créer un nouveau conseil d'administration où maintenant on a introduit cette
notion de la moitié.
Puis une
autre raison, ça vient de me cliquer tout d'un coup, une autre raison pour
laquelle on devrait aller sur la moitié,
je vais vous expliquer pourquoi, c'est que, dans les quatre compétences très
clairement identifiées, santé publique, éducation, toxicomanie et intervention
auprès des jeunes, vous en avez
quatre, vous en avez quatre, compétences, ces quatre compétences, si on les classait deux dans une catégorie
de deux ans puis deux dans une catégorie de quatre ans, il est clair que jamais ces quatre compétences-là ne quitteraient... il y en aurait
trois qui quitteraient en même temps puis un qui quitterait en cours de mandat,
tandis que, si c'est moitié-moitié, on s'assurerait qu'il y en aurait deux, de
ces compétences-là, qui est dans le mandat
de deux ans puis deux de ces compétences-là qui est dans le mandat de quatre
ans. Alors, encore là, c'est encore
plus évident que, la recherche de stabilité, on ne l'obtiendrait pas, la
moitié. Est-ce que ce nouvel argument peut vous convaincre?
Mme Charlebois :
Non, parce que, là, nous, on a une carte compétence spécifique, mais il y en a
d'autres, compétences, que la SAQ va avoir
mis là, puis que le conseil
d'administration de la SQDC, si je ne
me trompe pas, va se donner. Alors, il y a
des profils de compétence pour tous les postes. Non, ça ne me convainc pas davantage,
je suis désolée, M. le député de Labelle.
Président (M. Merlini) : Est-ce que
j'ai d'autres interventions sur la proposition d'amendement de Mme
la ministre? Je n'en vois pas. Donc, je vais mettre la proposition d'amendement aux voix. Est-ce que la... M. le député de Labelle.
M. Pagé : Oui. Vote par
appel nominal, s'il vous plaît.
Président (M. Merlini) : Un vote par appel nominal est demandé. Alors, pour, contre ou abstention.
Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Mme Charlebois
(Soulanges)?
Mme Charlebois :
Contre.
La Secrétaire : M. Simard
(Dubuc)?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre, Mme la ministre, c'est votre proposition
d'amendement, là.
Mme Charlebois :
Ah! Excusez. Oui, pour.
Une voix : Elle a dit contre.
Mme Charlebois :
Bien, sans ça, si je suis contre, il n'y en aura plus, d'amendement. Moi, ça ne
me fait rien, mais on va passer... Oui, pour.
Mme Charlebois :
Une chance que tu jasais, finalement.
M. Simard : Pour, M. le
Président.
Mme Charlebois :
Merci, M. le Président, de me ramener sur la planète Terre, vendredi.
Le Président (M. Merlini) : Je vous
en prie.
La Secrétaire : M. Simard
(Dubuc)?
M. Simard : Oui, j'ai dit pour.
La Secrétaire : M. Bourgeois
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Girard
(Trois-Rivières)?
La Secrétaire : M. Pagé
(Labelle)?
M. Pagé : Euh... Pour.
Des voix : Ha, ha, ha!
La Secrétaire : M. Bourcier
(Saint-Jérôme)? M. Bourcier (Saint-Jérôme)?
M. Bourcier : Ah! il y a un
malaise, mais je suis pour.
La Secrétaire : Mme Lavallée
(Repentigny)?
La Secrétaire : M. Merlini
(La Prairie)?
Le Président (M. Merlini) :
Abstention.
Mme Charlebois : M.
le Président...
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Mme Charlebois : ...on l'avait dit aux étudiants de l'Université Laval, qu'on était une commission pas comme les autres.
Le Président (M. Merlini) : Oui.
Alors, la proposition d'amendement de Mme la ministre est donc adoptée.
Nous revenons à l'article 8 tel qu'amendé. Est-ce
que j'ai des interventions? M. le député de Labelle.
M. Pagé : Bien, en fait, j'avais envie, puis on avait
préparé un amendement pour aller à la moitié, là, mais, avec le
débat qu'on vient de faire, et pour montrer à nos étudiants que nous
travaillons en harmonie, je ne déposerai pas inutilement un amendement, qui
nous repartirait dans un long débat, parce que je pense que la cause a été
entendue. Et c'est
vrai qu'au final c'est moins pire, un tiers, que pas du tout, mais, au final, il me semble que ça aurait été plus cohérent, selon l'objectif que nous
visons, d'y aller avec la moitié. Cela dit... Pardon?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : M. le
Président, me permettez-vous un commentaire au député de Labelle? Je vais faire le voeu que nous ayons plus
souvent des universitaires parmi nous, ça nous appelle à une plus grande
sagesse, tous.
Le Président (M.
Merlini) : Merci pour ce commentaire, Mme la ministre. M. le député de
Labelle.
M. Pagé : Bien, en fait... Bien, on ne devrait jamais
oublier que, les gens, il y a des caméras, là, qui sont devant nous, là, puis il y a des gens qui nous
écoutent. Et, comme j'ai dit, ma mère, qui va avoir 96 ans bientôt, c'est
son passe-temps favori. Alors, oui, merci, M. le Président. Allons-y.
Président (M. Merlini) :
Non, effectivement, vous avez raison, M. le député de Labelle. Lors
de la proposition d'amendement de Mme la ministre, qui a été adoptée, vous avez plaidé pour
la moitié, une modification qui impliquait la moitié. Et je salue le fait que, même si vous aviez un amendement
de préparé, vous ne le déposiez pas pour la bonne conduite de nos travaux. Et ça fait écho à ce que vous
aviez dit tantôt, c'est que plus de deux tiers de nos lois — et ça, c'est pour le bénéfice de nos étudiants qui sont ici — sont adoptés à l'unanimité. Et c'est comme
ça que le parti ministériel et les partis d'opposition collaborent à
faire des projets de loi que nous présentons et que nous adoptons en commission
les meilleurs projets de loi possible.
Comme
ça a été dit plus tôt, c'est vrai, des fois, on arrive à ne pas s'entendre, et
là il y a des votes qui se font. C'est comme ça que notre démocratie
fonctionne, et elle fonctionne très bien.
Alors, je reviens
donc... Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Saint-Jérôme,
à l'article 8 tel qu'amendé.
M. Bourcier :
Oui, je veux apporter une conclusion à tout ça. Il y avait un proverbe qui
disait qu'un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, mais là je vais
changer ça pour : Un tiers vaut mieux que rien tu n'auras. C'est tout, M.
le Président.
Le Président (M. Merlini) :
Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jérôme, pour cette sage phrase.
Alors,
je mets donc l'article 8, tel qu'amendé, aux voix. Est-ce que... Oui, M.
le député de Labelle, avant, vous aviez une intervention?
M. Pagé :
Oui. Avant d'aller plus loin et
d'adopter l'article 8, tel qu'amendé, il y a toute la notion de l'indépendance, là. Parce
que ça, c'est dans la
Loi sur l'administration publique, l'article 4 qui dit : «Au moins deux tiers des membres du conseil d'administration, dont
le président, doivent, de l'avis du gouvernement, se qualifier comme des administrateurs indépendants.» Est-ce que
cette notion d'indépendance pour laquelle... Nous, on a bien une définition
de l'indépendance, là, chez nous, pour... qui est bien différente
de ce qui est entendu à l'article 4, mais est-ce que cette notion
d'indépendance se retrouve à quelque part dans notre projet de loi?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy, si vous pouviez répondre à la question.
M. Roy
(Gabriel) : Merci, M. le Président. Alors, la notion d'indépendance se situe à l'article 4 de la
Loi sur
la gouvernance des sociétés d'État et elle se retrouve également dans le
décret 1214-2011.
M. Pagé :
Dans le décret...
Mme Charlebois :
Décret 1214-2011.
M. Pagé :
O.K. Mais donc ça veut dire que cela, ça vient impacter la loi n° 157.
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. Effectivement, étant donné que l'article 23.16 du projet de loi rend la
Loi sur la gouvernance
des sociétés d'État applicable à la SQDC, les hautes exigences en
termes d'indépendance et de gouvernance s'appliquent à la SQDC.
M. Pagé :
O.K. Donc, c'est la raison pour laquelle on n'a pas besoin de l'inscrire dans
le projet de loi.
M. Roy
(Gabriel) : Tout à fait, M. le Président.
M. Pagé :
Excellent. C'est bon.
Président (M. Merlini) : Ne
voyant pas d'autre intervention, est-ce
que l'article 8, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Mme la ministre. La lecture de l'article 9, s'il vous plaît.
Mme Charlebois :
L'article 9, M. le Président : Pour l'application de
l'article 23.10 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec, édicté par l'article 5 de
la présente loi, les membres du conseil d'administration sont rémunérés et
leurs dépenses remboursées aux conditions et
dans la mesure déterminées par les membres du conseil d'administration
de la Société des alcools du Québec, jusqu'à ce que le gouvernement les
détermine autrement.
Ici, M. le
Président, à l'article 9 du présent projet de loi, on prévoit que la
rémunération et le remboursement des dépenses
du conseil d'administration de la Société québécoise du cannabis s'appliquent
en fonction des mêmes paramètres déterminés par le gouvernement pour les
administrateurs de la Société des alcools jusqu'à ce que le gouvernement en
décide autrement.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Jusqu'à ce que le gouvernement en décide autrement. Qu'est-ce qui pourrait
faire que le gouvernement pourrait décider de modifier cela?
M. Pagé : Vous finissez
votre explication en disant : Jusqu'à ce que le gouvernement en décide
autrement. Qu'est-ce qui pourrait arriver, que le gouvernement déciderait de
changer ça?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
C'est purement administratif, là. Il y a plein de facteurs qui pourraient
décider autrement. Puis, encore là, tu sais, on prend la peine de
calquer sur la SAQ, mais, s'il arrivait d'entrée de jeu que le pourcentage des activités diffère vraiment beaucoup de la SAQ,
bien là il va falloir se réajuster. On le met là pour se garder une prise, mais
ce qu'on calque, en ce moment, c'est les administrateurs de la SAQ. Il n'y a
pas lieu de penser... C'est juste au cas où.
M. Pagé : Parce que ça,
c'est la même chose qu'à la SAQ, là, c'est ça?
Mme Charlebois :
Oui.
M. Pagé : O.K. Et
présentement les gens qui siègent au conseil d'administration de la SAQ, ils
ont une rémunération, hein, on en avait discuté antérieurement, là.
Mme Charlebois :
Des remboursements de dépenses aussi.
M. Pagé :
Les deux, les deux, même si au départ la loi dit qu'ils n'en ont pas, mais il y
a une porte d'ouverte pour que...
bon, pour qu'ils en aient. Puis, il me semble, c'était autour de
20 000 $, je pense, à peu près, là, quelque chose comme ça.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. En moyenne, tel qu'on peut le
constater en lisant le rapport annuel, le dernier rapport annuel de la
SAQ, les membres du conseil d'administration ont une rémunération qui oscille
entre 16 000 $ et 22 000 $ par année en moyenne.
M. Pagé : O.K. Et
comment on la détermine, cette rémunération?
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Oui. En
fait, les paramètres de la rémunération sont indiqués, encore là, dans un
décret. Actuellement, c'est le décret
610-2006, qui indique clairement une décision du gouvernement qui indique quels
sont les paramètres applicables.
Alors, c'est tout clairement indiqué dans le décret. L'idée, en
ce moment, c'est de dire... c'est
que la taille de la SQDC et ses activités
vont nécessiter une charge de travail comparable pour le conseil d'administration, surtout au départ, alors c'est la raison pour
laquelle on prévoit que les conditions vont être les mêmes, jusqu'à
ce que le gouvernement en décide autrement. C'est simplement
qu'évidemment, si le gouvernement analysait que les fonctions du C.A. et ses activités diffèrent,
mériteraient un traitement différent, bien, à ce moment-là, il prendra un
décret puis il le statuera dans son décret.
M. Pagé : Et là, si je prends notre cas de la SQDC, il y a
quatre membres qui devront avoir de
façon spécifique des compétences spécifiques : éducation,
toxicomanie... Bon. Est-ce que ces gens-là devraient avoir une rémunération différenciée des autres
administrateurs de la SQDC?
Roy (Gabriel) : M. le Président, non, ce n'est pas... Les compétences, c'est pour avoir une diversité,
mais ça n'a pas d'impact sur la
charge de travail de l'administrateur comme telle, c'est simplement pour avoir une
perspective différente puis une approche plus diversifiée dans la
gestion. Mais en soi la rémunération ne... ça n'impacte pas la rémunération.
M. Pagé : O.K. C'est parce
que vous me dites : À la SAQ, il y en a
qui sont entre 16 000 $ et
22 000 $. C'est-u une
question d'expérience ou c'est-u ceux qui sont là pour un deuxième mandat, ils passent
à 20 000 $; troisième mandat, ils passent à 22 000 $? J'essaie juste de voir, j'essaie de
comprendre pourquoi ce n'est pas tout le monde qui est à 20 000 $,
point final, là, tu sais. Qu'est-ce qui fait
que... Comment on définit? Ou bien il y a un V.P. ou il y a un secrétaire, puis
là on... Je suis un peu surpris de
voir que c'est différencié comme ça, là. Puis j'essaie de voir aussi, dans le
premier conseil d'administration, je
dirais, par souci de transparence puis de justice envers tout le monde, là,
qu'on puisse, tout le monde, bien, ne pas se regarder : Toi, tu
as-tu 20 000 $ ou tu as 16 000 $? Mais pourquoi que...
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. En fait, c'est extrêmement
transparent. Premièrement, le décret précise qu'il y a un montant de base annuel. Ensuite, il y a des montants par
présence aux séances. Le rapport annuel de la SAQ indique dans un tableau extrêmement exhaustif les
présences par personne, par séance qu'il y a eu, donc c'est sûr que, s'il
y a eu des absences, il y a eu moins moins d'argent.
Donc, c'est
des critères qui sont très transparents, qui sont très clairement indiqués,
comme j'indique, à la fois dans le
décret puis à la fois dans le rapport annuel, qui fait un compte rendu
exhaustif du traitement des administrateurs total, et des séances auxquelles ils auront participé, et de tous les
facteurs qui auront influencé sur la détermination du montant total de
leur rémunération annuelle.
M. Pagé :
O.K. Donc, si tout le monde participe au même nombre de séances, tout le monde
va avoir la même rémunération à la fin de l'année.
M. Roy
(Gabriel) : Bien oui. Là, écoutez, je n'ai pas le décret en tête, là,
total, mais... c'est sûr que le président ou la présidente du C.A. a une
rémunération supérieure puis... mais grosso modo c'est...
M. Pagé :
Mais tous les autres devraient, normalement, avoir la même rémunération s'ils
ont participé au même nombre de séances?
M. Roy (Gabriel) : Oui. Normalement,
oui.
M. Pagé : Normalement, oui.
O.K. Les dépenses qui sont remboursées, est-ce que ça va... ça va jusqu'où?
M. Roy
(Gabriel) : C'est jusqu'à concurrence d'un montant maximal établi par
la SAQ. Donc là, ce n'est pas dans le décret, mais c'est dans leur
règlement antérieur, qui est public, par ailleurs.
M. Pagé : Oui. O.K. Donc, le
kilométrage...
M. Roy
(Gabriel) : Bien, c'est les... oui, c'est, je dirais, là... Écoutez,
je ne l'ai pas en tête, là, l'article de leur règlement antérieur, mais, évidemment, c'est les frais occasionnés par
l'exercice de leurs fonctions, donc les mêmes frais, comme, justement,
le kilométrage, des trucs comme ça.
M. Pagé : O.K. Quelqu'un qui
dit : Bien, moi, j'occupe déjà une fonction ailleurs, là, puis, quand je
viens au conseil d'administration, là, je
perds une journée de travail, est-ce que ça peut... est-ce que la personne peut
voir sa journée de travail remboursée?
M. Pagé : Ça fait que c'est
vraiment une dépense très factuelle, là : un repas, un frais de
déplacement, même à la limite, des fois, on
voit ça, là, remplacer même un frais de garderie, parce que ça se fait
maintenant, là, dans certains conseils d'administration. Tu as dû faire
garder tes enfants, puis on va même te rembourser cela.
M. Roy
(Gabriel) : C'est ça. Bien
oui. En fait, c'est ça, c'est vraiment les frais standard, là, déplacements, d'hôtel, par exemple, si on doit assister à une
séance du conseil. Mais ce n'est pas... C'est les frais standard.
M. Pagé : O.K. En fait, c'est sûr, ça peut sembler banal, là,
mais aujourd'hui, là, souvent, dans l'opinion publique, là, on se
fait ramasser parce qu'il y a eu des
factures de je ne sais pas trop combien de cafés qui ont été payées par... et là la population est en maudit contre
nous autres, là, parce que... Alors, je pense que tous ces deniers publics là,
même si des fois ça peut sembler banal... je
pense qu'il faut les gérer avec le plus de rigueur possible et de ne pas,
justement, autoriser...
sais, il y a des gens qui vont nous poser des fois comme question :
Comment ça se fait que moi, dans telle organisation,
je vais avoir 0,40 $ du kilomètre, quand je vais participer à tel
déplacement, telle organisation, puis vous autres, vous êtes à 0,46 $, puis il y a des employés, parfois on
voit ça, à 0,55 $. Ah bon! Oui. Alors... Et ça devient difficile d'expliquer. Et des fois on se dit : Est-ce
qu'on a voulu... là, je vais faire attention à mes mots, mais est-ce qu'on a
voulu compenser, pour ne pas dire...
parce que ça ne passe pas comme une rémunération, alors on va vous donner un
plus gros compte de dépenses, là, ou bien encore un per diem qui est
parfois très élevé?
Alors, c'est ce qu'on
souhaite éviter et c'est la raison pour laquelle je pose des questions.
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. Si je peux ajouter comme complément
d'information, la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État prévoit les informations qui doivent faire
partie du rapport
annuel d'activité. Et je vous réfère à l'article 39, paragraphe 1°,
qui indique que le rapport doit indiquer la rémunération et les avantages
versés à chacun des membres du conseil.
Donc, tout ça, c'est vraiment, de façon très transparente, consigné dans un
rapport public, auquel vous pouvez avoir accès. Donc, il n'y a pas de
magouille, là, puis il n'y a pas de... C'est clair, là, ce qui...
Président (M. Merlini) : Un petit rappel amical, Me Roy, que le mot
«magouille» est un propos non parlementaire. Alors, soyez prudent dans l'utilisation
de vos propos.
M. Roy
(Gabriel) : Pardon.
Président (M. Merlini) : M. le député de Labelle, j'ai Mme
la députée de Repentigny
qui avait demandé la parole. Est-ce que vous avez terminé votre
intervention?
Pagé : Oui. Non,
bien, c'est ça, je vais terminer. D'ailleurs, ça fait deux fois, là, que vous devez le
reprendre sur des mots, là...
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Pagé :
Si, justement, dans le premier conseil d'administration, on peut se douter que peut-être,
je dis bien peut-être, mais que ça pourrait être... les gens pourraient
être convoqués sur deux jours, trois jours, parce c'est le premier conseil
d'administration l'agenda va être très lourd, et on prévoit deux journées,
donc, est-ce que... J'imagine que les couchers sont aussi prévus, le remboursement
pour les frais d'hôtellerie.
Roy (Gabriel) : Oui, M. le Président. Bien, écoutez, là, pour l'instant, je veux dire, ces politiques-là
sont... La SQDC n'existe pas encore.
Donc, c'est sûr qu'elle va établir ses... Là, on s'entend que les critères vont
être les mêmes pour
les remboursements, là. Donc, c'est sûr que ça en fait partie, pour
la SAQ, en termes de... pour la SQDC, là, en termes de remboursement.
Pagé : O.K.
Mais j'imagine que c'est prévu au même
article dont vous me faisiez part dans votre
intervention.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, effectivement, tout ça va être consigné, là, dans le rapport
de la SQDC.
M. Pagé :
Non, mais pas dans le rapport, pour dire : Voici combien ça a coûté au
cours de l'année...
M. Roy
(Gabriel) : Ah non! Pas les... Non, non.
Pagé : ...mais dans
ce qu'on va prévoir comme le per diem, par jour, pour les frais de repas, le
dédommagement au kilomètre,
est-ce que c'est du 0,43 $,
0,46 $, 0,55 $. Alors, j'imagine que ça est prévu. Et j'imagine qu'on
prévoit aussi un frais pour des couchers, j'imagine.
M. Roy
(Gabriel) : Oui.
M. Pagé :
O.K. C'est prévu, ça, dans quelle loi, dans quelle...
Roy (Gabriel) : Bien, ce n'est pas prévu dans la loi, mais c'est prévu
dans les règles et barèmes qui sont adoptés par la SAQ.
Pagé : O.K. Et est-ce que c'est disponible quelque part? C'est
disponible, vous allez me dire, dans le rapport annuel ou...
M. Roy
(Gabriel) : Les règles et barèmes...
Pagé : Non, parce que ça doit être des barèmes, donc, qui
doivent être établis... Parce que le rapport va plus dire combien que ça
a coûté.
M. Roy (Gabriel) :
Oui, exactement, exactement.
M. Pagé : O.K. Puis c'est où,
ça? Est-ce qu'on peut voir ça quelque part?
M. Roy (Gabriel) : Les règles et
barèmes précisément?
M. Roy (Gabriel) : Là, je ne les ai
pas. Je peux m'informer pour voir si...
M. Pagé : Oui, ce serait
gentil si on pouvait les avoir éventuellement, parce que c'est effectivement
d'intérêt public, là.
M. Roy (Gabriel) : D'accord. Je vais
vérifier ce que je peux...
M. Pagé : Ça va. Merci.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
M. le député de Labelle. Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Merci. Juste dans un souci de cohérence, on dit : Pour
l'application de l'article 23.10 de la
Loi sur la Société des
alcools du Québec, édicté par l'article 5 de la présente loi, les membres
du conseil d'administration sont rémunérés, leurs dépenses remboursées. Ça,
c'est clair. Mais 23.10, si je me rapporte à 23.10, puis j'avais eu ce questionnement-là, on dit : «Les membres du
conseil d'administration, autres que le P.D.G., ne sont pas rémunérés, sauf
dans les cas [et] aux conditions [...] dans
la mesure...» Voyons! Excusez. «...sauf dans les cas, aux conditions et dans la
mesure que détermine le gouvernement.» Et
c'était ma question, la dernière fois, dire... Me Roy avait dit... ils sont
rémunérés, j'avais compris. Donc, ma
question était : Pourquoi on indique qu'ils ne sont pas rémunérés quand
ils sont rémunérés? Puis ici, à
l'article 9, on ne reprend pas le même texte, donc ce qu'on comprend,
c'est qu'ils vont être rémunérés. Donc, on l'a adopté, l'article 23.10, mais on se rend compte que, de
toute façon, le «ne sont pas rémunérés», c'est des mots qui sont
absolument inutiles, dans cet article-là, là. Ils sont rémunérés.
Charlebois :
Oui, je comprends, mais, vous vous souvenez, on avait expliqué, c'est carrément
parce que c'est, dans toutes les
lois, comme ça qu'il est rédigé. Mais à la fin de l'article on dit : «...sauf
dans les cas, aux conditions et dans
la mesure que détermine le gouvernement.» Ça fait que je comprends que la
prémisse de la phrase dit : Ils ne sont pas rémunérés, parce que d'emblée il y a des conseils d'administration
où il n'y a pas de rémunération, sauf dans les cas et conditions...
Parce qu'il y en a, là, des conseils d'administration, de toutes sortes de
sociétés d'État, qui n'ont pas de rémunération,
là, dans... mon Dieu, je le vois des fois au Conseil des ministres, là, des...
il faudrait que je fouille, là, mais il
y a des C.A. qui n'ont pas de rémunération pour les administrateurs. Mais sauf
comme là on vient dire : Sauf dans le cas où il y a... ou dans la mesure
que détermine le gouvernement, puis c'est une façon de l'écrire. Puis on dit
aussi : «Ils ont cependant droit au remboursement...» Bon. Mais on
vient le préciser ici, à l'article 9.
comprends, vous me reprenez le même argument que la dernière fois, mais c'est
vraiment la rédaction juridique, là.
Lavallée : Oui, mais ça ne tient pas la route ici, honnêtement, là.
Sinon, reprenons à l'article 9 la même phrase qui est écrite à
23.10. Parce que, si, dans ce cas-ci, c'est vraiment clair qu'ils vont être
rémunérés, disons-le. Je ne comprends pas
pourquoi ces mots-là apparaissent, «ne sont pas rémunérés», quand on sait que
dans ce cas-ci ils vont être
rémunérés. Donc, c'est juste par souci de cohérence. On ne le reprend pas, puis
c'est comme si on laissait sous-entendre qu'ils pourraient ne pas être rémunérés lorsqu'on sait très bien par ce
que vous dites, depuis qu'on étudie ces articles-là, qu'ils vont être
rémunérés.
Ça fait que
je comprends, faire du copier-coller, mais, quand on sait que ça va être
rémunéré, pourquoi on utilise ces
mots-là pour laisser sous-entendre que peut-être on pourrait ne pas les
rémunérer? Ce ne sera pas le cas, on sait que ce ne sera pas le cas. Donc, c'était par cohérence. Puis ce qu'on se rend
compte, c'est qu'à l'article 9 on ne reprend pas cette façon de
dire ça, là. C'était ma question.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Merci, M. le
Président. En fait, le principe de base qui est énoncé à l'article 23.10
sur la rémunération, ça reste celui, comme
on indiquait, qui est applicable dans toutes les lois et qui correspond au fait
qu'à la base, sauf décision du gouvernement, il n'y a pas de
rémunération.
L'article 9
qu'on étudie est dans la
section transitoire. Alors, ce que cet article-là
vient indiquer, c'est, étant donné que...
Bon, c'est que, la volonté gouvernementale, c'est déjà prévu qu'il y ait de la
rémunération. Dans le transitoire, on vient
dire que c'est la même qui s'applique que pour la SAQ. Mais on ne veut pas
modifier le principe de base qui est indiqué à l'article 23.10, c'est
juste que, là, on vient prévoir d'avance... Au lieu de forcer le gouvernement à
prendre un décret qui serait
similaire à celui qui touche la SAQ, on vient dire : On sait déjà, eux, on
va vouloir les rémunérer. Sauf qu'on
ne veut pas impacter l'article qui se retrouve... qui n'est pas dans le
transitoire, qui est dans la loi elle-même, puis qui est cohérent avec la pratique rédactionnelle
actuelle qui vient dire qu'il n'y a pas de rémunération. Mais le gouvernement
pourrait en décider
autrement et pourrait décider qu'il n'y ait plus de rémunération, et donc ça
correspondrait à l'article 23.10 puis à la rédaction standard.
Donc, c'est simplement ça.
Lavallée : ...qu'il n'y aura pas de rémunération?
Roy (Gabriel) : Écoutez,
moi, je dis... je parle d'une possibilité juridique, là, je ne parle pas d'opportunité
politique, là.
Lavallée : Oui, mais on le
sait, qu'ils en ont. Ça fait que je comprends que peut-être
dans d'autres projets de loi
c'est prévu comme ça, sauf qu'ici... Sinon, reprenez la phrase, dire :
Pour l'application de l'article 23.10, les membres du conseil
d'administration ne seront pas rémunérés, sauf décision du gouvernement. Parce
qu'il faut qu'il y ait une cohérence entre
23.10 puis ça, parce que, là, on dit à une place qu'ils ne le seront pas,
sauf décision du gouvernement,
puis ici on dit qu'ils vont l'être, rémunérés. Ça fait qu'on joue à
cache-cache. Je ne comprends pas, là, de...
Roy (Gabriel) : Oui, je crois que je comprends, M. le Président. En
fait, c'est que, là, on est vraiment dans le transitoire. Donc, on
dit : Pour l'application de l'article 23.10... Donc, on vient dire...
l'article 23.10 vient dire un principe de non-rémunération, sauf s'il y a
rémunération, étant donné que ce serait de la redite. Étant donné que la volonté qui est exprimée dans l'article 9,
c'est d'accorder une rémunération, dans le transitoire, conforme à celle de la
SAQ, ça aurait été redondant. Là, ce n'est plus une énonciation de principe,
là, c'est du transitoire.
Donc, ça aurait été
redondant et effectivement inutile, en l'occurrence, là de réexprimer la règle
de base. L'important, c'est qu'elle soit exprimée à l'article 23.10. Et,
si, dans le transitoire, il y a une volonté différente, à ce moment-là, on va
la viser directement. Ici, c'est juste pour ne pas alourdir le texte, en
quelque sorte.
Président (M. Merlini) : Merci, Me Roy. Mme la députée. Vous avez
terminé? M. le député de Labelle, vous avez une autre intervention? Ça
Alors, est-ce que
l'article 9 est adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Mme la ministre.
Article 10.
Charlebois : À l'article 10, j'aurai un amendement, M.
le Président.
L'article 10 :
Malgré l'article 23.13 de la Loi
sur la Société des alcools du Québec, édicté par l'article 5 de la
présente loi, la Société des alcools du Québec nomme le premier président-directeur général de la
Société québécoise du cannabis sans tenir compte des exigences prévues au
premier alinéa de cet article.
président-directeur général assume la gestion courante de la Société québécoise
du cannabis jusqu'à ce que le conseil
d'administration soit constitué. La rémunération et les autres conditions de
travail du président-directeur général de la Société québécoise du cannabis sont fixées par la Société des alcools
du Québec, jusqu'à ce que le conseil d'administration de la Société
québécoise du cannabis soit constitué et les fixe autrement.
Les paramètres à l'intérieur desquels la
rémunération et les autres conditions de travail du président-directeur général
de la Société québécoise du cannabis doivent être fixées... qui doivent... Non.
Je recommence le dernier alinéa : Les paramètres
à l'intérieur desquels la rémunération et les autres conditions de travail du
président-directeur général de la Société
québécoise du cannabis doivent être fixées sont ceux déterminés pour le
président-directeur général de la Société des alcools du Québec, jusqu'à
ce que le gouvernement les détermine autrement.
Le Président (M.
Merlini) : ...amendement.
Charlebois :
Oui, c'est ça.
L'article 10 : Modifier l'article 10 du projet de
loi :
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «sans tenir compte des
exigences prévues au premier alinéa de cet article» par «en tenant
compte du profil de compétence et d'expérience qu'elle établit»;
2° par le
remplacement du troisième alinéa par le suivant :
rémunération et les autres conditions de travail du président-directeur général
de la Société québécoise du cannabis
sont fixées par la Société des
alcools du Québec à l'intérieur des
paramètres que le gouvernement détermine.»; et
3° par la suppression
du dernier alinéa — bref,
celui que j'ai repris deux fois.
Alors,
ici, la modification, M. le Président, je peux peut-être faire la lecture de l'article
une fois amendé, puis ça va clarifier les choses :
Malgré
l'article 23.13 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec, édicté par
l'article 5 de la présente loi, la
Société des alcools du Québec nomme le premier président-directeur général de
la Société québécoise du cannabis en tenant compte du profil de
compétence et d'expérience qu'elle établit.
président-directeur général assume la gestion courante de la Société québécoise
du cannabis jusqu'à ce que le conseil d'administration soit constitué.
le troisième alinéa, c'est : La rémunération et les autres conditions de
travail du président-directeur général de
la Société québécoise du cannabis sont fixées par la Société des alcools du
Québec à l'intérieur des paramètres que le gouvernement détermine.
Et, comme... Il n'y a pas le dernier alinéa.
Voilà. Ça dit ce que ça a à dire, là, je...
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions sur la proposition d'amendement à l'article 10. M. le député
de Labelle.
M. Pagé :
Bien, évidemment, on se réjouit de l'amendement, parce que la façon dont il
était écrit, «sans tenir compte des
exigences prévues»... Bon. Et là, maintenant, on dit «en tenant compte du profil de compétence
et d'expérience qu'elle établit». Évidemment, en fonction de la mission.
Donc, on se réjouit de cela.
fin de l'amendement, qui dit «à l'intérieur des paramètres que le gouvernement détermine», est-ce qu'elle peut nous dire un peu plus, à quoi ça devrait ressembler, ce «à l'intérieur
des paramètres que le gouvernement détermine»?
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy.
Roy (Gabriel) : Oui, M. le Président. Ce seront, en fait, des paramètres... Pour l'instant, l'idée, c'est
que les paramètres ressembleront à
ceux qui s'appliquent à la rémunération et aux conditions
de travail du P.D.G. de la SAQ.
Mais les fins détails ne sont pas encore... on ne les a pas encore.
Le Président (M.
Merlini) : M. le député de Labelle.
Pagé : O.K.
Vous savez, tout le débat qu'on a, justement, ces temps-ci, autour de salaires de certains
P.D.G. de certaines sociétés d'État, alors j'espère qu'on fera preuve de modestie dans l'ensemble
de ces conditions de travail. Je pense qu'il est possible de trouver
des gens compétents et intéressés par la tâche tout en y allant avec... En
fait, je devrais dire, là aussi la modération a meilleur goût.
Alors
là, j'essaie de voir... Bon, le troisième paragraphe de votre amendement,
par la suppression du dernier alinéa...
Charlebois :
...celui où on parlait des paramètres à l'intérieur desquels la rémunération et
les autres conditions de travail doivent être fixées...
M. Pagé :
Bon, là, ça devient caduc à cause de ce qu'on vient d'écrire, en disant que...
Charlebois :
Oui, effectivement.
Pagé : O.K. Ça
va. Ça va parce que l'amendement vient répondre à pas mal toutes les questions
qu'on avait, donc...
Président (M. Merlini) :
Est-ce que j'ai d'autres interventions à la proposition d'amendement à l'article 10? Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : Oui. La rémunération, là, quand on parle... on fait référence à la Société des alcools du Québec, il gagne combien, le P.D.G. de la SAQ?
Charlebois :
On l'avait dit l'autre jour, là, mais...
Le Président (M.
Merlini) : Me Roy, oui.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Ça fait également
partie du rapport annuel d'activité
de la SAQ. Donc, c'est une information qu'il est possible de trouver sur le site
Web de la SAQ en téléchargeant le rapport annuel, c'est indiqué.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Me Roy.
Charlebois :
C'était 360, il me semble, de mémoire. Ça se peut-u?
Roy (Gabriel) : Bien, écoutez,
je peux vérifier ça rapidement puis, dès que je le trouve dans le rapport, je
vais vous le dire.
Le Président (M.
Merlini) : Très bien. M. le député de Labelle.
Pagé : À
titre d'information, est-ce qu'on peut s'attendre véritablement à ce que ce soit à peu près similaire au
P.D.G. de la SAQ? Est-ce que ça pourrait être aussi élevé que cela?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois :
Oui.
Président (M. Merlini) :
Est-ce que j'ai d'autres interventions à l'amendement à l'article 10?
Je n'en vois pas.
Je le mets donc aux voix. Est-ce que la proposition
d'amendement à l'article 10 est adoptée?
Le Président (M. Merlini) : Adopté.
Nous revenons donc à l'article 10 tel qu'amendé. Est-ce que...
Charlebois : M. le
Président, je mets un papier rose pour répondre à la question de la députée. Si
on ne répond pas aujourd'hui, on va vous répondre la prochaine fois, là.
Le Président (M. Merlini) : Le
papier rose est noté. M. le député de Labelle.
Charlebois : On
l'a. On l'a, M. le Président, on n'aura pas besoin du papier rose.
Président (M. Merlini) :
Vous l'avez? Alors, Me Roy, pour la réponse à la question de Mme la députée de Repentigny.
M. Roy
(Gabriel) : O.K.
Alors, pour le rapport annuel 2017, qui est le rapport le plus récent, évidemment, le salaire de base, au 25 mars 2017, pour le P.D.G. est de 410 067 $;
programme de boni annuel, 61 510 $; et autres formes de rémunération,
11 400 $.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Roy, pour ces détails. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Est-ce que ça
prévoit aussi... J'imagine aussi que ça prévoit une retraite fort intéressante.
M. Roy (Gabriel) : Le décret de
nomination réfère effectivement à un régime de retraite, qui est celui de
l'administration supérieure.
M. Pagé :
Oui. Bon, je pense qu'un jour il faudra refaire des débats à cet égard-là,
qu'on ne fera pas aujourd'hui, là,
mais il y a beaucoup de choses qu'on entend... Et j'aimerais aussi que Me Roy se mette aussi un petit papier rose sur
la question que j'ai posée
précédemment sur quels sont les dédommagements, les forfaitaires... peut-être
pas les forfaitaires mais les per
diem, kilométrage, etc. Alors, si c'était possible éventuellement de nous fournir l'information ou de la déposer...
M. Roy (Gabriel) : Absolument. J'ai déjà
envoyé un courriel à cet effet.
M. Pagé : Merci. Alors, il
n'y a pas de petit papier rose, mais il est efficace.
Président (M. Merlini) : Et
Me Roy s'engage à nous faire parvenir au secrétariat de la commission
les informations demandées, et nous en ferons la
distribution aux membres.
Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Donc, avec le salaire
de base puis les primes que vous avez mentionnées, on est autour d'un demi-million, là. Donc, on s'attend à ce que le
P.D.G. de la SQDC gagne un salaire équivalent, donc on parle d'autour
d'un demi-million, c'est à peu près ça, là.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Comme je vous
dis, en ce moment, il n'y a rien qui a été déterminé officiellement, donc, évidemment,
je ne peux pas m'avancer. Là, ce qui est déterminé, c'est qu'on s'attend à ce
que les charges et responsabilités, surtout dans le contexte de la création
d'un nouvel organisme, qui sera chargé de développer un créneau totalement nouveau... on s'attend à ce qu'il y ait beaucoup
de travail à faire, donc, évidemment, on s'attend que toutes ces circonstances-là et
la taille de la Société québécoise du
cannabis, la nature très nouvelle de
ses activités et la mise en branle, justement, de tout le réseau de vente au détail justifieraient effectivement un salaire et des conditions équivalentes à celui du P.D.G. de
la SAQ.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Roy. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Juste une question.
Le premier matin, là, quand il va s'installer... ou première semaine, quand il
va s'installer dans son bureau, là, est-ce qu'il va avoir son département de ressources humaines, par exemple, ou différents départements, là, ou
bien ça va être un département complètement intégré à celui de la SAQ? Dans la façon de
fonctionner, ce département, entre
autres, de ressources humaines de la SQDC, là, est-ce qu'il est fusionné à
l'intérieur du département de ressources humaines de la SAQ?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Bien,
je sais qu'on va certainement référer à l'expertise qu'a la SAQ, justement
pour éviter d'autres dépenses
inutiles quand on a déjà des ressources. Mais est-ce qu'ils vont être dans les mêmes... Là, je ne peux pas vous répondre à ça en ce moment, là, c'est prématuré un petit peu. Mais c'est sûr qu'on va se servir de
l'expertise de la SAQ. C'est ça, le but d'avoir la filiale, là. Est-ce qu'ils seront dans les mêmes bureaux, est-ce qu'ils seront ailleurs puis que les gens vont... je ne
peux pas vous répondre.
M. Pagé : Oui, oui. Non, parce qu'effectivement c'était notre position de départ aussi, de créer
une filiale de la SAQ, compte tenu
qu'il y a déjà une expertise, compte tenu qu'il y a déjà du personnel à
plusieurs égards dans différents champs d'activité. Alors, profitons des
gens qui sont déjà en place.
Évidemment,
ça va demander une tâche supplémentaire. Il y aura probablement besoin
d'embauche de personnel... Il y aura
besoin, pas probablement, là, c'est clair qu'on aura besoin d'embaucher pas
seulement un P.D.G., mais aussi les
gens qui vont l'accompagner, mais qui devront être intégrés à l'intérieur,
déjà, de toute l'organisation de la SAQ, en tout cas j'imagine que c'est comme cela, pour ne pas que ce soit
complètement à part de la SAQ. Donc, ça va être intégré, là, c'est ce
qu'on me dit, là.
Charlebois :
Bien, c'est certain que, tu sais, on n'aura pas de ressources humaines à la
Société québécoise du cannabis
d'entrée de jeu, là, alors on va certainement se servir du département des
ressources humaines qui est à la SAQ.
Et même pour la suite des choses, là. Tu sais, toute l'expertise qui est
développée à la SAQ, pourquoi on recommencerait à zéro? On va s'en
servir, c'est certain.
M. Pagé : Ah! Tout à fait,
tout à fait.
Charlebois :
Mais, comme vous le dites, s'il y a besoin d'ajout de postes, bien là ils
verront comment ils vont considérer
le faire, compte tenu qu'il y aura des coûts qui seront imputables à ça, à la
Société québécoise du cannabis, mais
il y a des choses qui sont déjà là, il y a déjà des experts, notamment sur la
vente en ligne. Ça ne veut pas dire qu'on va faire la vente en ligne de la même façon, ce n'est pas ça, mais il y
a déjà une expertise qui est là pour une
partie du domaine que nous
souhaitons...
Alors, c'est
pour ça qu'on a fait une filiale, c'est justement pour pouvoir profiter de leur
expertise, notamment toute
l'implantation des boutiques. Ils ont déjà cette expertise-là. Ça fait qu'on ne
souhaite pas recommencer à zéro, là, ce serait totalement illogique, là.
M. Pagé :
Oui. En fait, je partage totalement la vision des choses de la ministre.
C'était d'ailleurs notre position de
départ. La seule mise en garde, je pense, et je m'attends à ce que le P.D.G.
soit le chien de garde par rapport à cette mise en garde, c'est de
toujours penser à tout cela en fonction de cette fameuse mission.
Charlebois : De la
mission, voilà.
M. Pagé :
...qui n'est pas celui de la SAQ, qui est d'en vendre toujours plus, plus,
plus. Alors, dans toute la notion
d'ouverture des succursales, dont la ministre faisait référence à juste titre, bien, on va
vouloir des succursales qui vont peut-être être moins attrayantes que
celles de la SAQ, où on a des affiches... Moi, je passe devant ma SAQ, là, puis je vois, il y a l'affiche, ça y est, il y a
une promotion en fin de semaine. Je ne m'attends pas à ce que les gens qui auront
ce mandat d'aller prévoir les ouvertures de
succursales... C'est sûr, on va tenir
compte de zonage, on va tenir compte de tout ça, mais je m'attends à ce
qu'ils aient cette vigilance et que le P.D.G. ait au quotidien toujours cette
notion, en disant : Mon personnel,
O.K., mais, quand tu travailles pour moi, là, tu dois avoir une vision
différente des choses de celui de la SAQ.
Alors, oui,
profitons de l'expertise de la SAQ mais toujours en ayant cette vigilance. Puis
ça, je pense qu'il va falloir que le P.D.G. soit vraiment le chien de
garde à cet égard.
Charlebois :
Tout à fait. Puis un bail, c'est un bail, mais est-ce qu'on aura besoin des
mêmes superficies que les boutiques
de la SAQ? Tout ça va être déterminé, justement, dans le cadre du besoin, là,
ce n'est pas... Puis ça va dépendre où seront situées les boutiques.
Vous avez
tout à fait raison. Au niveau de l'affichage, de la publicité, on l'interdit
dans la loi, là, c'est clair. Ce sera
sûrement, par exemple, des informations pertinentes qui seront à l'intérieur de
la boutique, ça... quand les gens iront acheter leurs produits, tout ça, puis il faut qu'il y ait minimalement
quelque chose qui dit : C'est ici, la boutique, mais c'est tout,
là, ça s'arrête là, là. Alors, on partage votre avis.
Mais, oui,
c'est pour ça qu'on fait une filiale. Ce n'est pas la SAQ, on fait une filiale
justement pour qu'on tienne compte
d'une mission différente, mais on veut pouvoir profiter... la filiale sert à
pouvoir profiter de l'expertise qui est déjà là, pour ne pas recommencer à zéro. Et ce qui ne conviendra pas à
la Société québécoise du cannabis ne sera pas retenu, mais, l'expertise
qui est similaire, on va la prendre.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions à
l'article 10 tel qu'amendé? Je n'en vois pas. Je le mets donc aux
voix. Est-ce que l'article 10, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Mme la ministre, vous avez une
proposition d'amendement qui va nous introduire l'article 10.1.
Mme Charlebois :
Alors, l'article 10.1, M. le Président : Insérer, après l'article 10
du projet de loi, l'article suivant :
10.1. Pour l'application de l'article 23.37
de la
Loi sur la Société des alcools du Québec, un règlement pris avant — et là on indiquera la date qui suit de trois
mois l'entrée en vigueur de l'article 5 de la présente loi — peut être publié avec un délai plus court que celui prévu à l'article 11 sur
les règlements (chapitre R-18.1), mais qui ne peut être inférieur à 20 jours. De plus, un tel
règlement n'est pas soumis au détail d'entrée en vigueur prévu à
l'article 17 de cette loi.
Ici, M. le
Président, cet
article permet au gouvernement de déroger au délai applicable à
la prise de règlement. Le but est tout simplement de permettre la mise
en place de la société et de ses activités dans des délais serrés.
Et je pense
qu'on n'a pas besoin d'expliciter davantage, parce qu'à partir du moment où ce
sera légal, nous, il faut rapidement
se mettre en branle. Et il y aura... justement, on vient donner de la latitude
pour déroger au délai applicable à la prise de règlement.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai
des interventions à l'article 10.1? Je n'en vois pas. Est-ce que
l'amendement qui introduit l'article 10.1 est adopté?
Le Président (M. Merlini) :
Adopté. Mme la ministre. La lecture de l'article 11, s'il vous plaît.
Mme Charlebois :
J'y arrive, M. le Président :
Malgré l'article 23.26 de la
Loi sur la
Société des alcools du Québec, édicté
par l'article 5 de la présente loi, le ministre des Finances est autorisé
à souscrire une action de catégorie «B» de la Société québécoise du
cannabis sans autorisation du gouvernement.
l'article 11 du projet de loi permet au ministre des Finances de souscrire
à une action de catégorie «B» de la Société
québécoise du cannabis d'une valeur nominale de 1 000 $ sans obtenir
l'autorisation du gouvernement prévue à l'article 23.26 de la
Loi sur la Société des alcools du Québec
proposé par l'article 5 du projet de loi. Cette action donne au
ministre des Finances le droit de recevoir tout dividende de la Société
québécoise du cannabis.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai
des interventions à l'article 11? M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, c'est parce que c'est toujours des aspects qui sont très techniques, et
j'avoue que je n'ai pas... même si
j'ai déjà eu une petite entreprise, je n'ai pas toute l'expertise pour être sûr
de bien saisir. Alors, je voudrais juste que Me Roy, là, prenne juste deux minutes, là, pour être sûr de bien
nous expliquer ce que ça veut dire, cela, là, pour ne pas qu'on passe
tout droit, là, et... s'il vous plaît.
Le Président (M. Merlini) :
Oui. Me Roy.
M. Roy
(Gabriel) : Oui. Merci, M. le Président. Alors, en fait, c'est simplement... Si on se reporte, là, à l'article 23.24,
qui indiquait le fonds social, et j'avais parlé de la structure actionnariale,
en fait, l'idée, c'est que, le ministre
des Finances, c'est à
titre d'actionnaire qu'il a droit aux dividendes, dividendes
qui, je le rappelle, seront versés au Fonds des revenus provenant de la
vente du cannabis en vertu de la loi, mais c'est ce
titre d'actionnaire là de
l'action de catégorie «B» qui, dans la mécanique juridique, donne droit
aux dividendes, alors il était important que le ministre
des Finances souscrive une telle action. Et à l'article 23.24
on indique seulement qu'il peut souscrire des actions de catégorie «B», sans le rendre souscripteur de
l'action, puisque c'est un
article qui indique... qui, en fait, vise simplement
à permettre au ministre de capitaliser au
fonds social selon les besoins de capitaux que pourrait avoir la SQDC et selon
la volonté du gouvernement d'y donner suite.
Étant donné qu'il était évidemment primordial
que les conséquences voulues par la structure actionnariale soient immédiatement
en vigueur à l'entrée... à la sanction de la loi, c'est-à-dire le
titre
d'actionnaire ayant droit aux dividendes,
cette disposition-là transitoire permet au ministre des Finances de posséder,
de souscrire une action, qui est suffisante pour avoir droit à la
totalité des dividendes. Et ça a été considéré inutile de se reporter à la
règle qui aurait voulu que le gouvernement
prenne un décret autorisant la souscription d'une action, étant donné que c'est
déjà essentiel qu'il en ait au moins
une pour pouvoir avoir droit à tous les dividendes. Alors, étant donné que la
mécanique de base pour toute
capitalisation ultérieure nécessitera un décret du gouvernement, c'est une
façon de soustraire l'application de cette règle-là de passer par un décret
du gouvernement, étant donné qu'il s'agit d'une seule action et qu'il s'agit
d'une composante fondamentale de la mécanique juridique permettant d'avoir
droit aux dividendes.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Me Roy. M. le député de Labelle.
M. Pagé : Je pense que j'ai pas mal compris. Je veux juste
poser une question qui est en regard avec l'article 23.36,
qu'on a tout simplement amendé et fait sauter, qui disait que les surplus
accumulés par le fonds sont virés au fonds général. Ça n'existe plus. Donc, en fonction de l'amendement qui a été apporté à 23.36, j'imagine que cela fait en sorte qu'avec l'article 11
ça ne change absolument rien. Il n'y a pas un moyen là-dedans qui fait en
sorte qu'on pourrait, via certaines
catégories d'actions, via certains surplus, amener certaines sommes d'argent
vers le fonds général.
M. Roy
(Gabriel) : Non, pas du tout, M. le Président. Comme j'indiquais, en
fait, c'est effectivement le
titre d'actionnaire de l'action de catégorie «B»
qui donne droit aux dividendes, mais le projet de loi le prévoit et le clarifie
deux fois plutôt qu'une, que le
dividende va devoir aller au Fonds des revenus provenant de la vente du
cannabis. Je vous réfère au dernier
alinéa de l'article 23.28, qui indique que «les sommes payées
par la filiale à
titre de dividendes sont versées au Fonds des revenus provenant de la vente du
cannabis». Et je vous réfère également au premier paragraphe de l'article
23.22, qui indique que, parmi les
sommes qui sont portées au crédit du Fonds des revenus provenant de la vente du
cannabis, on parle des sommes payées par la filiale à
titre de
dividendes. Donc, le projet de loi vient établir clairement que tout dividende devra aller au fonds des revenus de la
vente du cannabis, et peu importe tout montant de capitalisation ultérieur
que le ministre pourrait faire sur autorisation du gouvernement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci.
M. Pagé :
Ce qui est une bien bonne chose. Félicitations!
Président (M. Merlini) : Est-ce que
j'ai d'autres interventions à l'article 11? Je n'en vois pas. Je le mets donc aux
voix. Est-ce que l'article 11 est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté. Mme la ministre, vous avez une proposition d'amendement qui va introduire l'article 11.1.
Charlebois :
Tout à fait, M. le Président.
Insérer, après l'article 11
du projet de loi, l'article suivant :
11.1.
Malgré l'article 23.40 de la
Loi sur la société des alcools
du Québec, édicté par l'article 5 de la
présente loi, le premier exercice de la Société québécoise du cannabis
se termine le dernier samedi de mars de l'année 2019.
Le Président (M.
Merlini) : Vos explications, Mme la ministre.
Charlebois : Oui, j'y
arrive. Cet amendement vise à éviter que la Société québécoise du cannabis ait à clore un premier exercice en 2018, étant donné le rapprochement entre le
moment de sa constitution et la date
prévue par la loi de la fin de son exercice annuel.
Je vais reprendre la
lecture parce que c'était saccadé, mon affaire, ce n'était pas clair, hein?
Le Président (M.
Merlini) : Non, ça va, Mme la ministre.
Charlebois :
Oui? O.K.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai des interventions à la
proposition d'amendement qui introduit 11.1?
Pagé : En tout cas, ma compréhension, c'est qu'au cas où on
aurait adopté le projet de loi et qu'on aurait créé la société avant le
31 mars...
Charlebois :
Tout à fait.
Pagé : ...on s'assure que le premier exercice financier va
finir le dernier samedi du mois de mars de 2019. Sauf qu'honnêtement je trouve ça assez étrange, pour la
raison suivante, c'est qu'il n'y aura pas de vente avant que tout ça soit
légal, donc pas avant le mois de septembre,
même si on avait adopté la loi maintenant. C'est vrai qu'il aurait peut-être
pu y avoir des dépenses, par contre,
certaines dépenses pour l'embauche de personnel ou je ne sais trop, mais
honnêtement j'ai de la difficulté à
comprendre pourquoi on adopte cet... pourquoi on propose cet amendement-là, en
fait, qui est un ajout à la loi,
parce que les opérations qui vont demander quoi que ce soit avant le 31...
avant la fin mars de l'année en cours, puis nous sommes au 16 mars,
je ne pense pas qu'il va y en avoir beaucoup.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, je suis un peu d'accord avec le député de
Labelle. Alors, ce que je propose à l'ensemble des parlementaires, c'est que nous suspendions cet article, et qu'après
la fin mars on revienne, et, si ce qu'on prévoit qui devrait arriver va
arriver, là, on pourra le... pas le suspendre mais le retirer. Bien, faire un
amendement, oui, c'est ça.
Président (M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai votre consentement
pour suspendre l'étude de l'amendement qui introduit 11.1?
Président (M. Merlini) : Alors, l'article 11.1 est donc... la
proposition d'amendement est donc suspendue.
Nous allons
aller à la
partie II, Édiction de la Loi encadrant le cannabis, à laquelle
je vais rendre une directive concernant l'article 12. La directive est la
suivante :
L'article 12 du projet de loi qui édicte la Loi encadrant
le cannabis. Ce texte de loi comporte
90 articles. La présidence doit veiller à ce que les députés aient la
possibilité de débattre d'une
partie
importante du projet de loi bien que celle-ci soit incluse dans un seul
article. Pour cette raison, et comme le prévoit notre jurisprudence, il sera procédé à l'étude de chacun des articles de
la loi édictée de la même manière que s'il s'agissait d'articles du projet de loi lui-même, avec les
mêmes temps de parole que ceux prévus au règlement. Ainsi, un temps de parole de 20 minutes par alinéa ou paragraphe
pour chaque
article de la loi édictée sera accordé. Je mettrai aux voix chacun
de ces articles au fur et à mesure, puis les
intitulés de chapitres et de sections, le titre, et finalement je mettrai
l'article 12 aux voix dans son ensemble.
Est-ce qu'il y a des questions concernant la
directive?
Charlebois : On
perd Me Roy parce qu'on passe à la
partie II. Si vous voulez le
saluer, c'est le temps.
M. Pagé :
Me Roy, merci pour vos bons conseils et vos explications. Et merci d'avoir
parlé un peu plus fort à l'occasion. Non, merci beaucoup. Ça a été très
apprécié, votre collaboration.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jérôme.
M. Bourcier : Et continuez votre bon
travail, Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Je vous remercie
beaucoup.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Me Roy. Merci beaucoup, chers
collègues, pour vos commentaires à cet égard. M. le député de Labelle.
M. Pagé :
Bien, par rapport aux directives que vous venez de donner, M. le Président,
est-ce que c'est exactement la même directive que quand on a commencé
l'article 5?
Le Président (M. Merlini) : Non. Non,
puisqu'ici...
M. Pagé : J'aimerais
comprendre la nuance, là, s'il en est une.
Président (M. Merlini) : Oui.
L'article 5 contenait
45 articles qui modifiaient une loi déjà existante, tandis que
l'article 12 édicte une nouvelle loi. Et, pour permettre, à ce moment-là,
que chaque député ait la possibilité de débattre
de cette
partie importante, c'est une nouvelle loi qui sera traitée, comme la
jurisprudence nous l'indique, chaque
article
doit être étudié comme si c'était une loi en tant que telle, même si elle est à
l'intérieur d'un projet de loi, alors c'est pour ça que... et, je le dis
et je le répète, un temps de parole de 20 minutes par alinéa ou paragraphe,
contrairement à l'article 5, qui, elle, chaque
article ne disposait que de
20 minutes.
M. Pagé :
L'article complet.
Président (M. Merlini) : Les 23... Tous les 45 articles
qu'on a faits, de 23.1 à 23.45, n'avaient que 20 minutes par numéro, par numéro d'article,
nonobstant le nombre de paragraphes ou d'alinéas,
tandis qu'ici on le traite comme un projet
de loi distinct. Donc, l'article 1,
par