Culture and Education — 22 February 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CCE 2023-02-22
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt-six minutes)
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Bonjour, tout le monde. Ayant constaté le quorum,
je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
commission est réunie aujourd'hui pour procéder aux consultations particulières
et aux auditions publiques dans le
cadre du mandat d'initiative portant sur les révélations de violence lors des
initiations dans le milieu du hockey junior et la possible situation
dans d'autres sports.
Avant de commencer
nos échanges, puisque nous sommes quelques minutes en retard, est-ce que nous
avons un consentement de la part de tous pour aller au-delà de 13 heures?
Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci à vous tous.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements pour la séance d'aujourd'hui?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont)
est remplacée par M. Ciccone
(Marquette) et Mme Ghazal (Mercier) est remplacée par M. Marissal
(Rosemont).
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Très
bien. Nous allons commencer aujourd'hui avec les remarques préliminaires.
Oui, M. le député?
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Pardon?
Ciccone : J'aimerais déposer un avis, s'il
vous plaît, si vous le permettez.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Un avis? Oui, bien sûr.
Ciccone : Par souci de transparence,
j'aimerais informer la commission que je connais personnellement le commissaire
de la ligue junior majeur du Québec depuis plus de 25 ans et également les
autres membres qui l'accompagnent. J'ai
siégé sur le comité antiviolence de la ministre Courchesne en 2008. À la
demande du commissaire de la ligue
junior majeur du Québec, j'ai également siégé sur le comité de développement de
la Ligue de hockey junior majeur du Québec. J'ai déjà été rémunéré par la ligue
junior majeur du Québec pour avoir été l'instructeur en chef d'un club
midget espoir.
J'ai un avis verbal
de la Commissaire à l'éthique qui m'autorise à être présent durant les
auditions quand nous recevrons la ligue
junior majeur du Québec et la Ligue canadienne de hockey. Je recevrai un avis
écrit incessamment, que je déposerai.
Et également, M. le
Président, j'aimerais que, selon l'article 52,
annexe II de nos
règlements de l'Assemblée nationale pour les
commissions parlementaires... que le ou les représentants de la ligue junior
majeur du Québec prêtent serment, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Très bien. L'ensemble des représentants?
Ciccone : Oui, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Très bien, M. le député. Puis on va attendre votre
déclaration écrite de la Commissaire à l'éthique, qui sera transmise à
l'ensemble des membres, là, au moment où vous la déposerez.
Je disais justement
que, ce matin, nous allons entendre la ligue junior... la Ligue de hockey
junior majeur du Québec et la Ligue canadienne de hockey. Puisque, M. le
président... M. le président! Puisqu'il y a une demande pour que les témoins
soient assermentés, M. le secrétaire, est-ce que vous pourriez procéder à l'assermentation
des témoins? Je vous demande... Oui, je vous demande de vous lever et de
déclarer à voix haute le texte qui vous a été transmis.
M. Lavallée (Martin) : Alors, je,
Martin Lavallée, déclare sous serment que je dirai toute la vérité et rien que
la vérité.
Courteau (Gilles) : Je, Gilles Courteau, déclare sous serment que je
dirai toute la vérité et rien que la vérité.
Mme Llorens (Natacha) : Je, Natacha
Llorens, déclare sous serment que je dirai toute la vérité et rien que la
vérité.
Président (M. Fortin, Pontiac) :
Très bien. Je vous remercie.
Sachez que vous bénéficiez, donc, de l'immunité parlementaire pour votre
témoignage.
Alors, puisqu'il a été convenu de la part de
l'ensemble des partis de procéder à des remarques préliminaires d'une durée de
deux minutes... deux minutes par intervenant, je cède la parole au député de
Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup, M. le
Président. Salutations à mes collègues du gouvernement, mes collègues de
l'opposition, qui se sont préparés pour cet important exercice que nous tenons
aujourd'hui.
Évidemment, nous avons été ébranlés, comme
l'ensemble des Québécois, par les révélations qui ont été transmises à la fois sur le plan juridique et
également dans les médias au cours des dernières semaines. Il n'en demeure
pas moins que l'ensemble des parlementaires ici, dans ce processus-là, se sont
préparés avec sérieux pour obtenir des réponses, évidemment, de ce qui s'est
passé dans le passé, mais de ce qu'on doit faire de façon différente au cours
des prochaines années. Il y a des enjeux, évidemment, de confiance. Il y a des
enjeux de culture, entre autres, dans le monde du hockey, qui durent depuis
beaucoup trop longtemps, pour lesquels on souhaite avoir des réponses, mais
surtout pour lesquels on souhaite avoir des changements au cours des prochaines
années.
Alors, je m'arrêterai ici, mais vous dire que ce
travail, il est sérieux, il est important, et on souhaite des changements à la
fin de l'exercice. Merci.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : ...M.
le député de Marquette pour une période de deux minutes.
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Merci encore au député de
Rosemont d'avoir initié cette démarche-là. Merci à la commission d'avoir
accepté, justement, d'entendre des groupes. Merci aussi aux groupes qui sont
ici aujourd'hui.
Je sais que ce n'est pas évident d'être ici.
C'est un sujet qui est très, très, très délicat, mais moi, je me... je crois... à dire qu'on peut faire des choses
constructives, puis voir de l'avant, et s'assurer que ce qui s'est fait dans le
passé ne se reproduise plus. C'est notre mandat, nous, ici, en tant que
députés, en tant que législateurs, et non seulement en tant que législateurs, mais en tant que tout être humain ici, à la
province de Québec, qui aura la responsabilité d'un jeune sous la main,
d'en prendre soin comme si c'était le sien.
Alors, je crois sincèrement que cette commission
va faire en sorte qu'on va apprendre des choses, mais non seulement qu'on va
apprendre des choses... Ce n'est pas le but, de pointer des doigts, là, et trouver
des coupables, là, c'est de s'assurer que ces choses-là ne se reproduisent plus
jamais. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci,
M. le député. M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. D'abord, merci aux collègues d'avoir entériné la demande pour un mandat d'initiative. Ça dénote le sérieux que tout
le monde porte à ça ici. Je l'ai dit et je le redis, on n'est pas du même
parti, mais on est dans la même équipe
là-dessus. C'est important, et j'espère qu'on va garder cet esprit de
collaboration. Je crois bien que oui. Nous sommes sur la bonne voie.
Merci aux gens, ce matin, de la Ligue de hockey
junior majeur du Québec d'être ici. C'est important que soyez ici. Sachez que
ce n'est pas un procès. Nous sommes ici pour vous entendre. Alors, comme disait
un ancien premier ministre ici, audi alteram partem. Nous voulons vous
entendre. Nous avons beaucoup de questions, je crois, sur ce qu'on entend parce
qu'il ne s'agit pas seulement de notre sport national, je parle évidemment du
hockey, il s'agit de la
protection des jeunes joueurs, des jeunes joueuses aussi, dans des secteurs où
on voudrait qu'ils se développent.
Alors, ce qu'on a lu, ce qu'on a entendu, ce
n'est pas la première fois, c'est plus que troublant, c'est plus que révoltant.
Ça remet en question le fondement même de ce pour quoi on devrait s'engager
dans le sport et ce pour quoi on veut que
nos enfants s'engagent dans le sport. Alors, nous vous écouterons avec grand
intérêt, puis, encore une fois, merci d'être là.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci,
M. le député. M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Au nom du Parti Québécois, je suis ici pour la recherche de la
vérité, faire l'inventaire de tout acte avilissant, humiliant ou acte criminel
qui aurait été posé dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, de sa
création à aujourd'hui, rien de moins, s'assurer que plus jamais ce type de
pratique ne puisse se reproduire, quelle a été l'attitude de la ligue dans de
tels cas, si c'est arrivé. Je soupçonne que c'est déjà arrivé. On aura des questions à poser. Je demande au commissaire et à
son équipe, lorsque viendra les questions du Parti québécois, d'offrir
des réponses très courtes. On a très peu de temps dans ce cadre-ci. Donc,
j'aurai des questions très précises qui se répondent parfois par oui ou par
non.
C'est un exercice qui est important, un exercice
qui a été convoqué assez rapidement. Ça montre la mobilisation des
parlementaires, qui sont évidemment soucieux d'un environnement sain pour les
jeunes qui font du sport, pas seulement au hockey, d'ailleurs. Là, c'est le
hockey qui se prête à l'exercice, et je remercie la ligue et les autres
interlocuteurs, mais on pourrait se questionner sur d'autres sports également.
Ça, c'est important. Alors, il y a eu un comité sur le hockey qui a été
commandé par le premier ministre du Québec. Il y a eu des recommandations, mais cet enjeu-là n'a pas été abordé. Voici
l'addendum potentiel à ce rapport qu'il faudra ajouter au rapport sur le
hockey.
Donc, ça fait quelques années que je questionne
les gens en commission parlementaire. Je ne ferai pas exception aujourd'hui, je
vais poser les questions nécessaires, et parfois difficiles, et peut-être même
que je révélerai un certain nombre d'éléments qu'il faudra vérifier lors de
cette commission. Merci.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres députés qui souhaitent prendre la
parole à ce moment-ci? Très bien.
Alors, nous allons donc débuter les auditions,
et je souhaite la bienvenue aux représentants de la Ligue de hockey junior
majeur du Québec. Je les remercie d'être avec nous aujourd'hui. Messieurs
dames, je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé
initial, après quoi on procédera à une période d'échange avec les
parlementaires membres de la commission. Alors, je vous invite à présenter... à
vous présenter et à commencer votre exposé.
M. Courteau (Gilles) : Merci.
M. le Président de la commission, Mmes et MM. les députés, bonjour. Merci de
nous recevoir aujourd'hui. Pour la circonstance, je suis accompagné de
Mme Natacha Llorens, directrice des services
aux joueurs, et de M. Martin Lavallée, adjoint au commissaire. Il nous
fera plaisir de répondre à vos questions après notre déclaration
d'ouverture.
Je tiens d'abord à dire que la Ligue de hockey
junior majeur du Québec offrira toute sa collaboration à cette commission et au
gouvernement. J'ai été, moi aussi, profondément troublé par le reportage de
Radio-Canada. Il était question, je le rappelle, d'un jugement de la cour
supérieure de l'Ontario sur une demande de recours collectif faite par trois anciens joueurs juniors. Ce jugement
comprenait des témoignages bouleversants sur les pratiques d'initiation.
Après la diffusion du reportage, nous avons fait
des vérifications. Aucune des situations énumérées dans l'article n'impliquait
une équipe de la LHJMQ. C'est un fait important à noter, mais cela ne nous
exonère pas d'une réflexion. Nous ne sommes pas au-dessus des autres ligues. Il
existe dans notre sport une culture qui peut être nocive. Je tiens à dire que
c'est beaucoup plus agréable d'être joueur de la LHJMQ aujourd'hui que ça ne
pouvait l'être il y a 20 ans. Mon
souhait le plus grand est que ce soit encore plus agréable dans 20 ans.
Pour que le changement soit réel, il faut que la parole se libère.
Je dirige cette ligue depuis maintenant
37 ans. J'y ai mis toute mon énergie, toute mon âme, comme un passionné de
ce sport, qui est le plus beau au monde, comme un bon père de famille
également. J'ai voulu que cette ligue soit une fierté pour les Québécois,
qu'elle soit un tremplin pour les meilleurs et qu'elle soit un milieu
épanouissant pour nos joueurs.
Au fil des ans, j'ai mis en place des réformes
qui ont fait évoluer notre ligue. Je me suis entouré de gens capables et
compétents. Après l'adoption d'un programme antidopage en 2003, d'une politique
scolaire en 2005, d'une politique pour le respect, la diversité et l'inclusion
en 2006, nous avons embauché Mme Natacha Llorens comme directrice des
services aux joueurs, et notre travail d'encadrement s'est étendu.
Je cède maintenant la parole à Mme Llorens.
Llorens (Natacha) : Merci, M. Courteau. Bonjour. Avant tout,
j'aimerais prendre le temps de vous dire que j'ai été attristée et choquée en
prenant connaissance des atrocités qu'ont pu subir des joueurs de la Ligue
canadienne de hockey à travers un sport qu'ils adoraient. En tant que maman, je
peux comprendre l'inquiétude des parents sur ce qui a été mentionné.
Je suis à l'emploi de
la Ligue de hockey junior majeur du Québec depuis 2008. Auparavant, j'ai
travaillé comme criminologue à la Gendarmerie royale du Canada pendant 12 ans. J'ai également été
consultante en prévention de la criminalité au Service de police de la
ville de Québec et intervenante auprès de femmes et enfants victimes de
violence. Je suis impliquée dans le milieu sportif depuis plusieurs années, et
la santé et la sécurité des joueurs ont toujours été une priorité pour moi.
Dès mon arrivée à la
ligue, j'ai travaillé à l'élaboration de programmes et politiques pour mieux
encadrer les joueurs et également mieux outiller les membres du personnel des
équipes. Les initiatives se sont enchaînées à un rythme régulier : programme d'aide aux joueurs, charte de
prévention contre la violence, programme Respect et sport, code d'éthique des
joueurs, guide pour les familles d'accueil, comité consultatif sur les
comportements sexuels à risque, programme Parlons-en sur la prévention
du suicide et la santé mentale, comité indépendant du programme d'aide aux
joueurs, politique sur la prévention et le traitement du harcèlement et de la
violence, code de civilité, révision de la politique antidiscriminatoire pour
permettre une meilleure inclusion et diversité.
Au fil des années,
des règlements ont aussi été adoptés, dont l'un visant à interdire toute
pratique d'initiation. Nous avons aussi mis
en place un processus de réception et de suivi des plaintes, qui a été présenté
l'automne dernier. Chaque saison, la
ligue et ses équipes offrent des ateliers de formation et des conférences aux
joueurs et aux membres du personnel des équipes afin de les sensibiliser
et de mieux les outiller. La santé mentale, la prévention du suicide,
l'intimidation, la notion du consentement, la violence à caractère sexuel, le
dopage sportif et bien d'autres sujets sont abordés.
Des vidéos d'intégration sur les règlements et les programmes de la ligue sont
également présentées en début de saison à tous les joueurs.
Je suis convaincue
que la prévention et l'éducation continue peuvent influencer la culture, mais
je suis également consciente que, malgré
tous les efforts que nous faisons, il y a un moment où la porte du vestiaire se
ferme. C'est sur cette culture du silence que nous devons davantage nous
pencher. M. Courteau.
M. Courteau
(Gilles) : Merci, Mme Llorens. Tel que mentionné par
Mme Llorens, malgré tous les efforts que
nous faisons, il y a un moment où la porte du vestiaire se ferme. Dorénavant,
la LHJMQ veut installer une fenêtre. Une équipe, c'est un groupe qui se
soude dans l'effort, dans la victoire, dans la défaite. C'est un groupe fermé
où chacun doit mériter sa place et démontrer sa valeur. C'est une culture
orientée vers la recherche de la victoire et, oui, cela peut créer des
situations déplorables. Juste dans les estrades, chez les spectateurs, chez
certains parents, le sport suscite les passions. On fait tout pour prévenir les
débordements. On rappelle constamment aux adultes qu'ils ont une responsabilité
envers nos jeunes, mais il demeure une culture du secret de vestiaire. Cette
culture est difficile à changer. Elle existe dans d'autres sports et dans
d'autres pays. Chez nous, elle est surtout présente au hockey parce que c'est
notre sport. C'est cette culture qu'il faut changer, et voici ce que nous
proposons.
Premièrement, sachez
qu'un comité composé de partenaires indépendants, comme Sport'Aide, travaille
déjà, sous le leadership de
Mme Llorens, à l'élaboration d'un plan d'action et d'un programme de
prévention des comportements inappropriés. Nous allons aussi revoir
toutes les recommandations que nous avons eues dans le passé pour voir si certaines pourraient être reprises. Le travail
qu'ils font est extrêmement important et il se poursuivra au cours des prochaines
semaines. Nous serons heureux de vous communiquer les initiatives qui seront
mises en oeuvre.
Deuxièmement, dans
les prochaines semaines, nous entamerons une démarche de consultation auprès de
chacune de nos équipes afin d'aller à la
rencontre des joueurs, vétérans comme recrues, et du personnel de l'équipe. Ces
rencontres permettront de bien mesurer les problématiques actuelles, de mettre
en lumière les comportements inappropriés et surtout d'identifier les
pistes d'intervention à mettre en place.
Troisièmement, cette
consultation nous permettra également de mettre en place, dès la saison 2023‑2024,
le code du vestiaire LHJMQ. Ce code sera élaboré en collaboration avec nos
nombreux partenaires. Il se voudra être une référence des comportements
attendus par l'ensemble des joueurs et membres du personnel qui fréquenteront
quotidiennement le vestiaire. Toute personne qui entre dans le vestiaire et qui
est dans l'entourage de l'équipe devra s'engager à respecter le code.
Permettez-moi de
terminer en m'adressant directement aux dirigeants, propriétaires, joueurs et
parents. Aux propriétaires et aux dirigeants, je réitère ma confiance en vos
processus et en votre bonne volonté. La responsabilité de traiter toutes les
situations est parfois lourde, mais la ligue continuera de collaborer avec vous
pour que nos jeunes soient bien encadrés et sécurisés. À vous qui nous confiez
ce que vous avez de plus précieux, vos enfants, je veux vous dire que nous faisons tout en notre pouvoir pour arriver le plus
près possible au risque zéro. Nous avons, au fil des années, encadré et
professionnalisé chaque élément de la vie des jeunes pour leur permettre de
s'épanouir et de vivre leur expérience pleinement. Nous continuerons ce
travail, et la LHJMQ est à vos côtés. À toi qui rêves de voir ton nom appelé
par une équipe lors de la prochaine séance de sélection, je veux te permettre
de marcher vers l'estrade en confiance. La ligue en a fait énormément et en
fera encore davantage pour que tu te souviennes de ton expérience junior pour
les raisons qui font du hockey un sport magique.
Nous
avons toujours eu comme prétention de former des talents de haut calibre, oui,
mais surtout avons à coeur le bonheur et l'épanouissement de nos jeunes.
Merci.
Président (M. Fortin, Pontiac) :
Je vous remercie pour votre
exposé. On va amorcer la période d'échange, et, pour une période de
16 min 30 s, je cède la parole au député de Beauce-Sud.
Poulin : Merci beaucoup, M. le Président. Nous aurons effectivement
plusieurs questions. Alors, je vais céder la
parole à mes collègues dans les prochaines minutes. Je débuterai, premièrement,
en vous remerciant d'être là, mais
surtout je veux savoir quelle est votre définition d'une initiation dans votre
organisation. Qu'est-ce qu'une initiation, selon vous?
M. Courteau (Gilles) : Une initiation, c'est une
intégration à une équipe, à un groupe de joueurs qui faisaient
partie de
l'équipe de l'année précédente... avec des nouveaux joueurs.
M. Poulin : Donc, c'est écrit dans les règles et règlements,
c'est défini, c'est campé, qu'est-ce qu'une activité d'initiation. Selon
vous, c'est ça.
M. Courteau (Gilles) : Non, on n'a pas de
définition de mise dans notre réglementation, c'est surtout des activités
d'intégration que l'on a. On n'a pas de définition de l'initiation.
M. Poulin : OK.
Puisque vous n'avez pas de définition de qu'est-ce que c'est, une initiation,
comment pouvez-vous, depuis des années,
savoir que, dans les différentes équipes, se tiennent ces activités-là sans
même avoir une définition claire de qu'est-ce que c'est?
M. Courteau
(Gilles) : Le mot «initiation» est... dans nos équipes, est connu sur
ce qui est un peu, comme je vous ai expliqué
tantôt, l'intégration des nouveaux joueurs à leur équipe, et le principe de
l'initiation comme telle, c'est défendu dans la ligue junior majeur du
Québec.
M. Poulin : D'accord.
Alors, si c'est défendu, mais on sait que ça se tient... Vous nous avez parlé
de culture du silence, de culture du secret
de vestiaire. Donc, lorsque vous l'admettez, lorsque vous le dites, c'est que
vous savez que ça se passe, mais vous dites : C'est interdit au
même moment, mais on sait que ça se passe.
M. Courteau
(Gilles) : On a mis en place... Quand nous... Au niveau de la ligue,
quand on est mis au courant de quelque chose, on intervient. Alors, c'est ce
qu'on fait depuis le début qu'on a mis notre réglementation en place et nos directives en place, le code
d'éthique en place, où est-ce que c'est clairement mentionné, quand on apprend
quelque chose, on intervient.
M. Poulin : Croyez-vous
qu'il serait important que vous mettiez par écrit et que vous définissiez de
façon très claire qu'est-ce que c'est, une activité d'initiation dans les
ligues de hockey au Québec?
M. Courteau
(Gilles) : Je ne sais pas si on doit aller dans la définition de ce
que c'est, une initiation, quand on dit, dans notre code d'éthique, que c'est
interdit.
M. Poulin : OK,
mais on sait que ça se tient sans balise, sans façon de faire, sans structure
et surtout avec certaine humiliation qui est vécue par les joueurs.
M. Courteau
(Gilles) : Comme je vous ai répondu tantôt, si on ne sait pas, on ne
peut pas intervenir. Quand on apprend des choses, on intervient.
M. Poulin :
OK, mais on n'a pas d'engagement de votre part de le définir parce que,
dans le fond, ce que vous nous dites, c'est que vous souhaitez continuer que ce
soit interdit. C'est ça que vous nous dites.
M. Courteau
(Gilles) : Nous autres, on veut que l'initiation... ce n'est pas
permis d'avoir des initiations dans notre ligue.
M. Poulin :
OK. Donc, à partir de maintenant, de ce que j'en comprends, c'est que votre
ligue... et là vous le dites au micro, et vous profitez de la tribune que vous
avez pour dire : C'est interdit, les initiations, au Québec, dans les
ligues de hockey. C'est ce que vous venez de nous dire?
M. Courteau
(Gilles) : Dans la ligue junior majeur du Québec.
M. Poulin :
Dans la ligue junior majeur du Québec, OK. Vous nous avez parlé, tout à
l'heure, de culture de secret du vestiaire, de culture de silence, qu'on doit
se pencher... Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur qu'est-ce que c'est,
cette culture-là?
M. Courteau
(Gilles) : Bien, la culture du silence, ce qui est défini, c'est...
quand on pratique un sport, en tout cas, on
va parler du hockey, ce qui se passe dans le vestiaire et ce qui se dit dans le
vestiaire demeure dans le vestiaire.
M. Poulin :
Est-ce que c'est normal?
M. Courteau (Gilles) : Non,
ce n'est pas normal. C'est sur ça qu'on s'engage à travailler avec notre
nouvelle initiative qu'est la culture du vestiaire.
M. Poulin :
OK. Est-ce que vous jugez que vous êtes suffisamment outillés, comme
organisation, pour mettre fin à cette culture-là? Parce que vous avez de
l'expérience, vous en avez vu. Vous dites : On réagit aux signalements
qu'il y a, mais est-ce que, selon vous, vous êtes assez outillés pour mettre
fin à cette culture-là? Parce que ça ne se
fera pas du jour au lendemain. Ça fait des années qu'on en parle, ça fait... du
moins, qu'on le sait, là, que les initiations, entre autres, se passent mal,
mais est-ce que vous vous sentez outillés pour mettre fin à cette culture-là?
M. Courteau
(Gilles) : Dans le processus qu'on va mettre en place avec ce qu'on
vient d'annoncer ce matin, on va s'adjoindre tous les organismes qui pourront
nous aider à bâtir les différentes politiques, programmes et moyens de
prévention qu'on mettra en place au bénéfice de nos joueurs. On est toujours
ouverts à s'adjoindre à des gens ou des organismes de qualité qui nous
permettraient de structurer une politique appropriée à cet effet-là.
M. Poulin : OK. Si vous aviez
connaissance qu'au Québec se tiendrait, dans les prochains jours, une
initiation dans une équipe de hockey, comment vous agissez?
M. Courteau
(Gilles) : On intervient. Si on est mis au courant, si on est mis au
fait de ça, on intervient par l'entremise de Mme Llorens et notre comité
indépendant, et, par la suite, ces gens-là font une recommandation au
commissaire suite à ce qu'ils ont pris connaissance.
M. Poulin :
OK. Donc, disons, samedi prochain, il y a une initiation qui se tient dans
une équipe de hockey, vous êtes capables, dans les trois, quatre prochains
jours, d'annuler le tout?
M. Courteau
(Gilles) : D'annuler le tout?
M. Poulin :
Oui, disons qu'on sait qu'il y a une activité d'initiation qui va se tenir
au Québec, là, dans les prochains jours, vous êtes capables d'appeler puis de
la faire annuler?
M. Courteau
(Gilles) : Si on a vent avant que l'initiation ou que la situation se
produise, oui.
M. Poulin :
D'accord. Merci, M. le Président. Je vais céder la parole à mes collègues.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Merci, M. le député. M. le député de Richelieu.
M. Émond :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. M. Courteau, bonjour.
Salutations aux gens qui vous accompagnent. Je veux, à mon tour, dire que,
comme parent, comme citoyen, mais comme parlementaire, j'ai été profondément
choqué par les récentes révélations qui ont... dont on a appris l'existence,
mais, M. Courteau, je ne veux pas revenir sur le passé, mais, un peu comme
mon collègue, voir les outils, les mécanismes que vous mettez en place pour que
ces pratiques cessent. Dites-moi, vous avez récemment mentionné dans une
entrevue que vous allez rencontrer, le 23 février, les propriétaires des
équipes et, le 27, les directeurs gérants. C'est dans les prochains jours. Quel est le message que vous allez passer à ces
gens? Est-ce que vous comptez serrer la vis sur un petit peu, là, pour...
en indiquant que ce sont des pratiques qui ne doivent plus exister?
M. Courteau
(Gilles) : Avec ce qu'on vient d'annoncer ce matin, M. le Président,
pour nous, ça va être une opportunité à prendre, de pouvoir communiquer ce que
les membres et nos propriétaires ont reçu avant qu'on se présente ici, devant la commission, puis à nos
directeurs gérants non seulement sur de la sensibilisation, de la prévention,
mais c'est sûr qu'il faut qu'on aille à une étape plus élevée que ce qu'on a
déjà en place pour resserrer davantage nos politiques, nos structures,
d'avoir un message encore plus clair à l'égard des joueurs et de tous nos
intervenants.
M. Émond :
Je comprends bien. Dans la
dernière année, 2022, est-ce qu'il y a des pratiques douteuses qui ont été portées
à votre attention où est-ce que vous avez identifié des groupes dissidents, des
équipes plus problématiques auxquelles vous comptez adresser votre message
d'une façon plus particulière?
M. Courteau (Gilles) : À ma connaissance, je
n'ai eu aucune plainte qui a été soulevée à la ligue pour des cas
d'initiations inappropriées.
M. Émond : OK.
Tantôt, vous avez parlé de consultation, d'un processus de consultation. C'est
bien. Je pense que, comme mes collègues de la commission, il serait important
d'agir maintenant. Vous avez envoyé, dans votre
introduction, un plaidoyer aux parents indiquant que vous allez faire tout en
votre pouvoir pour protéger les jeunes et que ces pratiques cessent.
Combien de joueurs dans la ligue environ, M. Courteau?
M. Courteau
(Gilles) : Environ 400.
Émond : 400 joueurs, OK. Bon, 400 personnes, là, pour des députés
comme nous alentour de la table, nous, dans une fin de... deux week-ends, je
pense que, dans nos activités régulières, là, c'est à peu près le nombre de
personnes que l'on rencontre. J'ai une proposition à vous faire. Je pense que,
comme commissaire de la ligue, vous avez une figure d'autorité, une certaine
forme d'imputabilité, on va se le dire. Est-ce que vous comptez rapidement
rencontrer... Je ne veux pas dire individuellement... Moi, j'adore les
rencontres avec les propriétaires, les coachs. Ça, c'est correct, mais le
coach, là, qui va dire aux jeunes que les pratiques doivent cesser, c'est la
même personne qui, durant le match, pousse le jeune à aller plus loin. Moi, il
me semble, là, que je suis un jeune hockeyeur, de voir le commissaire
m'interpeler directement en disant que ces pratiques-là doivent cesser, ça
enverrait un message, une crédibilité certaine. Est-ce que c'est quelque chose
qui pourrait être envisageable?
M. Courteau
(Gilles) : La réponse est oui.
M. Émond : OK.
Donc, vous vous engagez aujourd'hui à rencontrer, je le répète, pas de façon
individuelle, mais directement les joueurs, sans passer par les directions, ou
les coachs, ou les propriétaires, pour que les jeunes saisissent le message
qu'ils doivent dénoncer. Ils ont le droit, ils doivent dire non s'il y a des
choses indéfendables qui leur sont demandées.
M. Courteau
(Gilles) : La réponse est oui.
M. Émond : OK,
parfait. Donc, dans la dernière année, combien de cas de dénonciations est-ce
que... en lien avec les actes répréhensibles
sont survenus dans le cadre d'initiations? Peut-être Mme Llorens pourrait
nous répondre. Et quelles sont les sanctions et est-ce que des sanctions
ont été données?
Mme Llorens
(Natacha) : En fait, il n'y a aucune plainte officielle qui a été
faite en lien avec des initiations.
M. Émond : Selon vous, est-ce que c'est parce que la culture
du silence existe toujours ou parce que, selon votre organisation, il
n'existe plus aucune forme d'initiation?
Mme Llorens
(Natacha) : Je crois qu'il y a une culture du silence qui persiste.
Donc, c'est pour ça qu'on doit se pencher davantage de ce côté-là, mais, en
même temps, on offre les ressources nécessaires aux joueurs pour porter
plainte, et pas uniquement à la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
M. Émond : Oui,
merci. M. le Président, je vais avoir une dernière question avant de passer la
parole à un de mes collègues qui voudra prendre la suite. Le collègue de
Beauce-Sud a abordé un point important. Je pense que, pour enrayer un fléau, il
est important de l'identifier puis de le nommer correctement. Tu sais, vous
savez, le thème de l'initiation... Je
m'étais pris une petite note, là, puis les initiations, tous les sociologues
vont vous le dire, c'est un rite de passage qui est nécessaire, qui est
même souhaitable, hein, pour nos jeunes, pour accéder... On le définit comme une cérémonie, un rite de passage ou une épreuve
qui permet d'accéder au nouveau statut d'initié. Alors, moi, je pense
que je suis de ceux que, si le tout est fait correctement... Je vous invite à
définir dans vos règles ce que signifie une initiation,
ce qui n'est pas permis et ce qui est autorisé. Je pense que ça viendrait
peut-être cadrer, là, correctement le débat.
Je vous remercie, M.
le Président. Je vais passer la parole à un autre collègue.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : M. Courteau, aviez-vous un commentaire en lien avec
cette dernière intervention?
M. Courteau
(Gilles) : M. Lavallée aurait un commentaire que j'aimerais...
M. Lavallée
(Martin) : M. le Président, en fait, le processus d'initiation, pour
nous, s'inscrit également dans un contexte qui peut être beaucoup plus large.
En fait, pour nous, ce qui est important ici, c'est de relater qu'à la fois
dans notre constitution et dans le code d'éthique on prévoit qu'il est interdit
d'organiser des activités potentiellement humiliantes, dégradantes, abusives ou
dangereuses, du type d'initiation. Donc, pour nous, qu'il y ait un processus d'intégration qui soit fait pour s'assurer que
tout le monde prend part... s'intègre de façon convenable à l'équipe, c'est important.
Maintenant, ce qui ne l'est pas, c'est d'avoir des comportements qui sont tout
à fait inappropriés.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Merci. Oui?
M. Émond : ...de
M. Lavallée m'amène une dernière question. Je m'en excuse aux collègues, là, ce
sera ma dernière, effectivement. Je voudrais
savoir... parce que vous avez parlé de code d'éthique, et j'ai vu, dans votre
pratique, que chaque joueur doit signer un engagement, un code
d'éthique, mais je m'interroge... Je suis convaincu que la commission, les membres de la commission,
également... Ça se passe comment, le processus, là? Rassurez les membres
de la commission. On souhaite que c'est fait... c'est pris au sérieux, ce n'est
pas un bout de papier qui est signé sur le bord
de la machine à aiguiser les patins, là, par les jeunes. J'espère que c'est
clairement identifié et c'est pris avec sérieux lorsque le jeune appose
sa signature sur le code d'éthique.
Courteau (Gilles) : M. le Président, si vous permettez, je demanderais
à Mme Llorens de répondre à cette question-là.
Mme Llorens (Natacha) : En fait,
comme je vous ai dit, il y a des vidéos d'intégration, en début de saison, qui
sont présentées aux joueurs, et on parle du code d'éthique et de toute
l'importance du code d'éthique. Par la suite, vous avez parlé que ce serait
important de parler aux joueurs. C'est également quelque chose qu'on fait déjà
souvent en début de saison. Est-ce qu'on devrait le faire plus tard dans la
saison? Peut-être, mais, oui, c'est pris au sérieux, et moi, je m'assure
d'avoir tous les contrats signés. Donc, je m'assure que le joueur a pris
connaissance du code d'éthique et, par la suite, a signé. Évidemment, il faut
qu'on fasse confiance à nos équipes aussi. Donc, oui, ce sont eux qui sont en
charge d'assurer le suivi pour... envers tous les joueurs qui doivent signer le
code d'éthique.
M. Émond : Parfait. Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : ...M.
le député de Richelieu. Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Est-ce qu'il est
allumé? Oui, excusez. Alors, j'ai également été... Il reste trois minutes? Bon,
j'ai été profondément troublée également. Je vais y aller assez rapidement
parce qu'il reste juste trois minutes.
Je voulais savoir... J'ai pris connaissance, là,
de votre politique. Il y a certains mécanismes de traitement des plaintes et
des signalements. Il y a plusieurs niveaux. On sent l'obligation de passer à
travers les différents niveaux dans votre politique, le niveau 1,
niveau 2, même, au niveau 3, là, on le dit, là : «...résolution
[...] application du premier [ou deuxième] niveau d'intervention devrait [avant
de] déposer une plainte formelle.» N'y aurait-il pas lieu de dire que, dans
l'urgence de la situation, on n'est pas dans l'obligation de passer
nécessairement par le premier et le deuxième niveau, parce que, des fois, là,
c'est assez grave pour ne pas passer à travers ces niveaux-là? Et mon autre question en... Est-ce que vous prévoyez
aussi dire, dans votre politique, qu'on, dans des cas graves, en tout temps,
peut s'adresser, aller porter plainte aux policiers puis porter ça devant les
tribunaux? Dans votre politique, je ne le vois pas non plus.
Mme Llorens (Natacha) : En fait, si
quelqu'un porte plainte, par exemple, on a... il y a un numéro 1 800. Donc, lorsqu'ils appellent, c'est moi qui prends
l'appel. Donc, c'est mentionné, je réfère vers des ressources existantes.
Quand on écrit via l'adresse e-mail, ils reçoivent automatiquement un mémo avec
toutes les ressources disponibles vers
lesquelles ils peuvent se tourner, et le 9-1-1 est là, ainsi que plein d'autres
ressources qui s'adressent aux victimes.
Mme Tremblay : Mais est-ce qu'ils
vont... est-ce qu'ils sont obligés de passer à travers les différents niveaux ou, s'ils sont directement au
niveau 3 de votre politique, vous allez quand même l'accepter sans dire...
de ne pas passer par le niveau 1 ou le niveau 2?
Mme Llorens (Natacha) : Non, s'il y
a une plainte...
Mme Tremblay : Vous la traitez.
Mme Llorens (Natacha) : Je veux
dire, dès qu'une plainte est portée, il n'y a pas de niveau comme tel, là, il faut que ce soit adressé. On prend connaissance de
la plainte puis, tout de suite, on entame des démarches pour adresser la
situation et gérer la situation de façon efficace.
Mme Tremblay : Puis, en terminant,
vous... J'ai reçu les documents puis je voudrais savoir pourquoi vous aviez caviardé, là, le nom des personnes
responsables désignées par le bureau des commissaires aux fins de l'application
de la présente politique. Pourquoi on n'a pas accès à ces personnes-là dans les
documents envoyés? Ça va être tout.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : ...ce
n'est pas la Ligue de hockey junior majeur qui l'a caviardé, c'est le
secrétariat parce qu'il y avait des données personnelles.
Mme Tremblay : C'est le... ah! OK,
je ne le savais pas. Moi, je suis nouvelle, là.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Pas
de problème.
Mme Tremblay : OK, parfait, merci,
ça... Il n'y aura plus d'autre question.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Oui,
il vous reste 30 secondes, M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le Président.
Bonjour à vous. Écoutez, rapidement, j'aimerais savoir, on a parlé de vidéos, là, pour de la formation, si on veut, des
informations qui sont données aux joueurs. Quel est les processus qui sont
donnés auprès des entraîneurs ou auprès plus spécifiquement des équipes au
niveau de la formation sur ce lien-là, autant de l'intimidation, le processus
de gestion de plaintes, etc.?
Llorens (Natacha) : Bien, on a différents moyens de communication.
Donc, évidemment, en début d'année, les
vidéos sont envoyées aux équipes. Ils doivent nous confirmer quand les joueurs
en ont pris connaissance. Nous, par la suite, à la ligue, on organise soit
un webinaire avec les joueurs pour pouvoir nous adresser à eux... Par la suite,
il y a des ateliers de formation. Donc, moi, je dois avoir la confirmation que
les joueurs vont être présents aux ateliers
de formation. Il y a des ateliers qui reviennent à chaque année, comme sur la
santé mentale, sur le... nouvellement, sur
la notion du consentement, les violences à caractère sexuel, le programme
antidopage. Donc, il y a déjà des programmes qui sont récurrents, et
c'est obligatoire pour tous les joueurs.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci.
Ceci conclut le bloc de la part du gouvernement. Pour l'opposition
officielle, M. le député de Marquette.
Ciccone : J'ai 9 min 40 s?
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Vous avez 10 minutes, M. le député.
Ciccone : Merci beaucoup. Merci beaucoup à
vous trois d'être là aujourd'hui pour cet exercice tellement, mais tellement
important.
va juste mettre les choses en perspective, là. Les collègues ont touché
certains éléments qui sont importants, moi,
je veux comprendre la structure, là. M. Courteau, vous êtes commissaire...
président, vous avez le
titre de commissaire par la suite, vous êtes
engagé par qui, vous? Qui vous engage?
M. Courteau
(Gilles) : Les propriétaires des équipes.
M. Ciccone : Les propriétaires des équipes. Alors, directement, c'est
les propriétaires des équipes, c'est eux qui vous paient votre salaire?
M. Courteau
(Gilles) : Oui.
M. Ciccone : Parfait. Qui décide des changements de réglementation? Vous nous avez
parlé tantôt de programmes. Si jamais il y a un changement à faire dans
la ligue ou on veut évoluer, on veut se rapprocher d'une ligue ou d'une autre
ou enlever la ligne rouge, par exemple, qui décide de ça?
M. Courteau
(Gilles) : Il y a certaines règles de jeu ou règlements administratifs
que c'est le commissaire qui a autorité. Il
y a d'autres règlements où est-ce qu'on doit soumettre cette réglementation-là
à nos directeurs-gérants dans un premier temps, par la suite à nos
propriétaires.
M. Ciccone : Par exemple, si vous voulez, je dis ça comme ça, là,
éliminer les bagarres, ce n'est pas vous qui décidez, il faut que ça passe à un
vote avec les propriétaires?
M. Courteau
(Gilles) : Le règlement au niveau des bagarres, il faut que ça passe
au vote des membres.
M. Ciccone : Vous avez parlé tantôt... vous avez un certain pouvoir.
Quel est les pouvoirs, là, tu sais, qui sont liés directement aux joueurs, là?
Quels pouvoirs avez-vous, là?
M. Courteau
(Gilles) : Bien, tout dépendant de ce que vous interprétez, par quels
pouvoirs qui sont liés directement aux joueurs.
M. Ciccone : Bien, par exemple, là, ce qui va venir, là, bientôt, là,
sur les nouveaux programmes que vous avez annoncés, là, ça, est-ce que c'est
vous ou ça doit passer au conseil exécutif des propriétaires?
M. Courteau
(Gilles) : Non, on a autorité à mettre en place ce qu'on vient
d'annoncer aujourd'hui. On va avoir informé
les propriétaires de cette situation-là, tout comme les directeurs-gérants, et,
comme on a pleine autorité sur les sanctions qui découlent... qui
découleraient d'un manquement à une de nos politiques ou un de nos règlements
qui serait... qui aurait été commis par un joueur...
M. Ciccone : En juillet 2020, il y a eu une annonce de recours
collectif, c'est ce qui fait en sorte qu'on est ici aujourd'hui, suite à des
révélations. En juillet 2020, la Ligue canadienne de hockey a demandé à Danièle
Sauvageau, Sheldon Kennedy et Camille Thériault, ancien premier ministre du
Nouveau-Brunswick, de se pencher sur cette culture nocive là dans la ligue
junior canadienne, et ils ont pondu un rapport qui est sorti en juillet 2020...
pardon, en novembre 2020. Après ce rapport-là, qui a été déposé, qui vous a été
donné, plus de son, plus d'image, on n'a pas entendu Mme Sauvageau, on n'a
pas entendu M. Kennedy, on n'a pas entendu M. Thériault. Ce
document-là, M. Courteau, vous l'avez
eu sur votre bureau pendant 14 mois, 14 mois. Puis il y avait quand
même des constats quand même assez... On faisait état... des constats quand
même assez importants, des recommandations. Et pourquoi je l'ai en main
aujourd'hui, c'est parce que le juge Perell vous a ordonné à le déposer pendant
le recours collectif. Pourquoi vous l'avez gardé secret pendant 14 mois?
M. Courteau (Gilles) : Le
rapport du comité indépendant, M. le Président, a été déposé, et les
recommandations principales du
rapport donnaient... transféraient toute autorité à la Ligue canadienne de
hockey, alors que c'est chacune des ligues régionales qui doit s'occuper
des recommandations qui étaient faites à l'intérieur du rapport. Et, pour ce
faire, pour nous, c'est là-dessus qu'on a travaillé avec les... à l'interne au
niveau de la Ligue canadienne, parce que le rapport qui a été soumis, comme
j'ai mentionné tantôt, transférait la responsabilité ou donnait la
responsabilité à la ligue canadienne, alors que ça relève de chacune des
ligues. Et, à partir de là, nous, la ligue junior majeur du Québec, ce qu'on a
fait, puis Mme Llorens pourra faire... c'est qu'on a appliqué différentes
nouvelles politiques à cet effet-là, que Mme Llorens pourra répondre à
vous pour clarifier cette situation-là.
M. Ciccone : Si... Ce que j'entends, dans le fond, puis je vais poser la
question à la ligue canadienne un peu plus tard, là, ils pourront se préparer,
là, ça veut dire que, si le juge Perell n'ordonne pas de le déposer, moi, je ne
l'ai pas en main aujourd'hui, là. Vous
gardez ça... Vous n'avez pas pensé que ce qui était dans ce document-là était
important? C'était du domaine public, pour mettre au grand jour ce qui
arrive, puis de ne pas prendre l'occasion de dire : Écoutez, là, on est conscients de ce qui se passe,
chers parents, on veut avoir vos enfants dans notre ligue, on va vous faire...
on va mettre toutes les mesures en place pour s'en occuper... Vous avez décidé
de ne pas en parler. Mais vous, personnellement, là, avez-vous fait une
intervention au niveau des deux autres commissaires de la ligue, même le
président de la ligue canadienne, en disant : Écoutez, là, il faudrait
peut-être, là, le rendre public, le rapport, pour que tout le monde mette
l'épaule à la roue puis qu'on aide nos enfants?
M. Courteau
(Gilles) : Oui, c'est une très bonne question, M. le Président. Ce
qu'on a fait, au niveau de la ligue junior majeur du Québec, c'est qu'on a dit
qu'on avait... on a pris l'initiative de prendre un comité indépendant parce
qu'on voulait qu'on soulève le point sur les différentes situations qui étaient
rapportées dans le comité... dans le rapport du comité indépendant. On a eu le
rapport Turnpenney qui a été également déposé, qui a clarifié ces
situations-là, parce que, justement, c'étaient des éléments très importants au
niveau de la ligue. Puis je ne peux pas répondre au nom de la ligue de
l'Ontario, de l'Ouest ou de la ligue canadienne, que vous aurez avec Dan
MacKenzie, mais je peux vous dire que nous,
au niveau de la ligue junior majeur du Québec, on a agi avec les éléments qui
ont découlé du rapport en instaurant différentes nouvelles politiques et
programmes, M. le Président.
M. Ciccone : Merci. Mais je trouve ça quand même un peu... Tu sais, je
veux dire, permettez-moi d'être sceptique aujourd'hui, là, avec ce que vous
annoncez pour la suite des choses. La culture du vestiaire, par exemple. Moi, je ne sais pas, là, M. Courteau, là,
mais, moi, en tant que commissaire... Parce qu'il y a le principe d'imputabilité,
vous le savez, là. Puis, vous savez, là, depuis... ça fait 37 ans que vous
êtes là, vous savez comment ça se passe, là. Puis
ce n'est pas... ce n'est peut-être pas toujours à l'extrême, comme on a lu dans
l'article de Martin Leclerc, mais chaque initiation a un effet différent
sur chaque personne. Quelqu'un enfermé dans une toilette, moi, ça ne m'a pas
dérangé personnellement, mais il y en a qui ont resté marqués. Ça fait que
c'est différent, c'est différent.
Alors, suite à ces
révélations-là, vous avez dit : On va mettre une culture de vestiaire.
Mais depuis 2020 que vous l'avez. Pourquoi,
une culture de vestiaire, vous ne l'avez pas mise en place en 2020 puis vous
attendez aujourd'hui? Pourquoi on réagit toujours quand il y a un
scandale?
M. Courteau
(Gilles) : Oui, allez-y.
Mme Llorens
(Natacha) : En fait, ce que je veux dire par rapport à ça, c'est qu'il
y a quand même des travaux qui ont été amorcés depuis plusieurs mois avec le
comité indépendant du programme d'aide aux joueurs, dont... sur lequel siègent
des gens qui sont dans les organismes qui luttent, justement, contre
l'intimidation et contre les abus dans le
sport. Donc, on a d'ailleurs une rencontre prévue la semaine prochaine, qui
était prévue bien avant que l'article de M. Leclerc sorte. Donc, il
y avait déjà des travaux qui étaient entamés pas juste sur les initiations,
mais tout comportement inapproprié dans notre ligue.
M. Ciccone : Là, le prochain, justement, la culture du vestiaire, ça va prendre
combien de temps avant que ce soit en place?
M. Courteau
(Gilles) : On a annoncé pour 2023-2024.
M. Ciccone : Pourquoi vous attendez 2023-2024?
M. Lavallée
(Martin) : Si, je peux me permettre, M. le Président. En fait, ce
qu'on souhaite, puis ça a été énoncé également dans les deux autres choses
qu'on souhaite faire rapidement, c'est d'amorcer un processus de consultation
de nos joueurs. On va aller à leur rencontre, OK, puis je pense qu'il y a un
député qui en a fait mention, c'est d'aller
à leur rencontre, de leur poser des questions, de savoir exactement qu'est-ce
qu'eux identifient aussi, c'est important, qu'est-ce qu'eux identifient comme
comportement inapproprié, et qu'est-ce que les membres du personnel également
identifient, puis qu'est-ce qu'on peut travailler pour mettre en place des
pratiques qui vont aseptiser ce type de comportement là.
M. Ciccone : Moi, je ne pense pas que vous avez besoin de tant de temps, là, puis on
n'a pas besoin de demander aux joueurs, là, s'ils aiment ça se faire enfermer
dans la toilette, là. Je pense qu'on peut mettre des mesures rapidement.
Il me reste une minute,
j'ai deux questions. Avez-vous, comme Hockey Canada, un fonds de réserve suite
à une poursuite?
M. Courteau (Gilles) : Non.
M. Ciccone : Avez-vous déjà eu des ententes à l'amiable avec des
victimes suite à des initiations?
M. Courteau (Gilles) : Suite à
des initiations, non.
M. Ciccone : Vous n'avez jamais eu d'entente à l'amiable? Il y a eu une
menace de poursuites, de dire : On va s'arranger ensemble, là, la ligue,
l'équipe va payer, ça, vous n'avez jamais...
M. Courteau (Gilles) : Non.
M. Ciccone : Parfait. En terminant, il me reste 30 secondes, on a
entendu beaucoup la culture du silence, là. Moi,
ce que je trouve encore pire que la culture du silence... «Dans le vestiaire,
ça reste dans le vestiaire», ça, on l'a tous entendu, puis ce n'est pas
juste... on parle de hockey, mais ce n'est pas juste une question de hockey,
c'est une culture, dans le sport, qu'il faut
nettoyer. Puis ça, je vous remercie d'avoir pris le temps de venir nous en
parler. Mais ce qui est plus problématique puis ce qui est plus
dangereux, c'est que ça devient normal de se faire faire des choses comme ça,
puis ça, bien, il faut y voir. Merci beaucoup, monsieur.
Président (M. Fortin, Pontiac) : Je vous remercie, M. le
député. M. le député de Rosemont, pour une période de
3 min 20 s.
M. Marissal : Eh boy! Merci.
Merci, M. le Président. Merci encore une fois d'être là. Je vous rappelle que
vous êtes sous serment.
Donc, question très rapide pour commencer,
là : Est-ce que vous pouvez, M. Courteau, nous réaffirmer ce que vous
avez dit dans les médias, qu'à votre connaissance il n'y a eu aucun cas
scabreux, à part peut-être l'histoire du
biscuit, là, que vous avez racontée à Paul Arcand? Pouvez-vous nous répéter
formellement qu'il n'y a aucun cas de ce genre qui sont montés à votre
connaissance?
M. Courteau (Gilles) : Il n'y a
eu aucun cas rapporté qui serait similaire à ce qu'on a lu dans l'article de
M. Martin Leclerc, jamais.
M. Marissal : Wow! Bien, on joue sur les mots, là, «similaires».
Je comprends, là, qu'on ne fait pas du copier-coller. Est-ce qu'il y a
eu des cas d'initiations scabreuses, douteuses, l'autre bord de la ligne, qui
sont montés à votre connaissance depuis que vous êtes là et dans les dernières
années?
M. Courteau (Gilles) : Dans les
dernières années, non. Quand on a eu... quand on a été mis au courant de
quelque chose, on est intervenus immédiatement, M. le Président.
M. Marissal : Très
bien. J'ai très peu de temps, alors on va y aller rapidement, là. J'ai ici,
devant moi, là, votre politique, là, que vous avez d'ailleurs versée, là, au
greffier de la commission ici, Politique de prévention et traitem ent
du harcèlement et de la violence. Il y a des affaires assez douteuses
là-dedans, selon moi, là. Par exemple, là : «Mécanisme de traitement des plaintes et des signalements. Premier
niveau d'intervention : résoudre la situation soi-même. Lorsque cela est
possible, l'employé ou la personne associée à la LHJMQ qui croit subir du
harcèlement ou de la violence devrait d'abord informer la personne
concernée.» Donc, un joueur harcelé par son coach va en parler à son coach.
Peut-être que ça marche entre les petits amis, dans un CPE, là, quand ils se
volent les jouets entre eux, là, mais j'ai l'impression que ça ne marche pas
dans un vestiaire de hockey, ça.
Deuxième niveau d'intervention : «L'employé
devrait signaler la situation à son supérieur immédiat ou l'une des personnes
responsables.» Ça, c'est soit le coach, soit le directeur général, soit
quelqu'un qui est en autorité, mais qui est aussi à l'emploi de la ligue et de
l'équipe. Je vois assez mal l'indépendance dont on a besoin ici.
Troisième niveau d'intervention : «Dépôt
d'une plainte formelle.» Mme Llorens, vous dites que c'est vous qui répondez au téléphone. Ce pour quoi on tombe
sur un répondeur aujourd'hui, c'est parce que vous êtes ici. Mais, si c'est
vous qui répondez au téléphone, vous êtes une employée de la ligue depuis 2008,
vous êtes payée par la ligue, où est-ce qu'elle est, l'indépendance dans le
traitement de la plainte, puisque vous nous dites dans votre politique, ici, que vous allez décider si on donne suite à la
plainte? Là, on n'a pas un bras de distance, là, on a à peine un petit doigt,
là, puis je pense que le petit doigt, il est même amputé, ici, là. Où
est-ce qu'elle est, l'indépendance dans le traitement de la plainte? Vous
demandez aux joueurs de vous appeler, vous êtes la ligue, vous êtes une figure
de la ligue.
Mme Llorens (Natacha) : Je
comprends, mais que je suis quand même sous le couvert de la confidentialité
quand les joueurs m'appellent, donc je traite... Quand je reçois une plainte,
évidemment, il y a des choses qui doivent être
vérifiées, donc je prends le temps d'analyser la situation au départ. Puis
après la plainte, évidemment, va suivre son chemin, là, dépendamment de
la plainte. Parce que, là, on parle d'initiations, mais ça peut être une
plainte qu'il ne s'entend
pas avec son coach ou il y a de l'intimidation de la part d'un joueur. Donc, tu
sais, il y a des niveaux, justement, de plaintes qu'on va considérer, puis soit
que ça peut être la médiation qui va se faire ou il y a des mesures qui
vont être prises soit envers l'entraîneur ou soit envers un autre joueur ou un
autre membre du personnel de l'équipe.
M. Marissal : On ne parle pas
d'un coach qui n'est pas fin, là.
Président (M. Fortin, Pontiac) : Je vous remercie, M. le
député. Je suis désolé, votre période d'échange est terminée. M. le
député de Matane-Matapédia, même allocation de temps.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. M. Courteau, les gens qui vous accompagnent. Vous avez indiqué
tout à l'heure que vous n'avez jamais
indemnisé quelqu'un hors cours pour... lié à une initiation. Est-ce que ça a
déjà été fait dans d'autres cas?
M. Courteau (Gilles) : Oui.
M. Courteau (Gilles) : Pardon?
M. Courteau (Gilles) : C'est
dans le cas d'un joueur avec un entraîneur.
M. Bérubé : Voilà. M. le
Président, je suggère à la commission que c'est la pointe de l'iceberg. Les
relations entre les coachs et les joueurs,
c'est un enjeu qui dure tout au long de l'année, pas seulement dans le cas
d'une initiation. Alors, je veux porter ça à l'attention de la
commission.
Pouvez-vous
indiquer quelle était la nature de cette entente? Qu'est-ce qui avait été...
qu'est-ce qui a été révélé et pourquoi la ligue a cru bon indemniser
quelqu'un?
M. Courteau
(Gilles) : C'est l'entraîneur qui avait un langage verbal
inapproprié envers le joueur qui... Le joueur avait de la difficulté
avec ce comportement-là. Puis le joueur, plusieurs années plus tard, a contacté
Mme Llorens, puis, par la suite, on a intervenu auprès du joueur à cet
effet-là.
M. Bérubé : Très bien, très
bien. En quelle année c'est survenu?
M. Courteau
(Gilles) : De mémoire, là, je ne me souviens pas, là, en
quelle année que ça aurait pu survenir, mais je me souviens que c'était
plusieurs années... ce que je peux vous dire, c'est plusieurs années plus tard,
après que...
M. Bérubé : ...nous révéler...
Pouvez-vous nous révéler l'équipe qui est visée?
M. Courteau (Gilles) : Oui.
Dans le moment, on est sous la confidentialité, là, par rapport...
M. Bérubé : Vous êtes aussi
sous serment, M. Courteau.
M. Courteau (Gilles) : OK.
Alors, de... Excusez, vous pouvez répondre votre... répondre votre question?
M. Bérubé : Quelle équipe était
visée par cet arrangement hors cour?
M. Courteau (Gilles) : Les
Foreurs de Val-d'Or.
M. Bérubé : Les Foreurs de
Val-d'Or. Très bien. Vous avez indiqué au micro de Paul Arcand qu'à votre
connaissance il n'y avait jamais eu de cas. Mais il y a le cas de jeunes
recrues qui devaient se promener avec un biscuit dans l'anus et courir nues.
Vous connaissez le nom de l'équipe. Laquelle?
M. Courteau (Gilles) : Je ne
connais pas le nom de l'équipe.
M. Bérubé : On vous a seulement
indiqué que c'est arrivé dans une des équipes de la ligue?
M. Courteau (Gilles) : Oui. Je
ne connais pas le nom de l'équipe. Ce que je connais, c'est qu'il a été porté à
notre attention que ça, cette situation-là, est survenue, mais je ne connais
pas le nom de l'équipe spécifiquement.
M. Bérubé : Très bien. Je
suggère également que l'enjeu des relations, j'y reviens, entre les entraîneurs
et les joueurs est un enjeu extrêmement
important qui n'a pas fait l'objet de l'attention de la commission jusqu'à
maintenant. Mais ça peut être dur pour un joueur, pendant toute une
saison, de subir également non seulement les propos des joueurs,
mais des entraîneurs. On a eu un cas récemment dans le midget AAA, les Élites
de Jonquière, il y a eu une conférence ce matin. C'est un enjeu qui est
important.Nous, on a une amicale des anciens parlementaires. Je
suggère que vous ayez une amicale des anciens entraîneurs de la Ligue de hockey
junior majeur du Québec et qu'ils se réunissent pour échanger sur des enjeux de
cette nature-là. Et, à bien des égards, les entraîneurs sont au courant d'initiations
qui ont eu lieu dans le fond de l'autobus, par exemple, comme les capitaines
des équipes. Alors, j'espère que cette commission va permettre d'en apprendre
plus, mais peut-être qu'il n'y a pas plus non plus...
Alors, nous prenons votre parole, vous le faites
sous serment, vous participez à la commission. Mais ce que vous venez de nous
révéler sur un règlement hors cour impliquant un entraîneur des Foreurs de
Val-d'Or est un enjeu important, et j'aimerais qu'on élargisse notre réflexion
à la relation entre les entraîneurs et les joueurs de la Ligue de hockey junior
majeur du Québec. Et je vous remercie, M. le Président.
Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci. Merci, M. le
député. Nous en prenons bonne note. Je vous remercie, M. Courteau, M. Lavallée,
Mme Llorens, pour votre contribution aux travaux de la commission.
On va suspendre les travaux quelques minutes
pour permettre aux gens de la Ligue canadienne de hockey de s'installer. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 18)
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
La commission reprend ses échanges. Et je veux souhaiter la bienvenue aux
représentants de la Ligue canadienne de hockey, sous la présidence de M. Dan
MacKenzie, qui est avec nous aujourd'hui.
M. MacKenzie, bienvenue à la commission. On
va commencer avec votre prise de parole. Vous avez un exposé de
10 minutes, après quoi il y aura une période d'échange avec l'ensemble des
parlementaires ici. Je vous vois hocher de la
tête, alors je comprends que le service de traduction fonctionne bien. Je
présume qu'il fonctionne pour l'ensemble des députés également. M. le député de
Marquette, vous avez une demande pour nous avant de commencer?
M. Ciccone : Oui. Merci, M. le Président. Comme le groupe précédent,
j'aimerais que, selon l'article 52,
annexe II
de nos règlements de l'Assemblée nationale pour les commissions parlementaires,
que M. MacKenzie prête serment, s'il vous plaît.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
Très bien. Merci, M. le député. M. le secrétaire, si vous pouvez
procéder. M. MacKenzie, je vous demande de vous lever et de lire la
déclaration qui vous est fournie.
M. MacKenzie
(Dan) :
I, Dan MacKenzie, declare under oath
that the testimony that I will give will be the truth, the
whole truth and nothing but the truth.
Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci. Merci énormément.
Juste pour que vous le sachiez, M. MacKenzie, vous bénéficiez donc
de l'immunité parlementaire pour votre témoignage.
Ceci étant, vous avez une période de
10 minutes pour nous présenter votre exposé. Je vous cède
la parole.
M. MacKenzie
(Dan) : «Bonjour.» Thank
you, Mr. President and the members of the committee,
for the invitation to speak today. My name is Dan MacKenzie, and I began my
role as president of the Canadian Hockey League in September of 2019. Prior to
that, I spent almost 20 years with the National Basketball Association. The
last 12, I was the managing director of NBA Canada. I'm also here today as a father of a 16-year-old son and a
13 year old daughter who understands that parents expect their kids to
play sports in an environment that's safe.
Let me just say of the top that
the evidence from the Daniel Carcillo class-action that was recounted in the
article, last Monday, by Martin Leclerc is simply appalling and has no place in
hockey. The graphic events that were described in the
article happened decades
ago, and there have been significant improvements in the last 20 years. We're
not saying that these problems do not still exist in hockey, but the policies
and procedures that exist today are dramatically different from what once
existed. There's much more work to be done, and I'm committed to doing whatever
is necessary to assure parents that their sons will be protected in our
leagues.
I'd like to take a moment to
speak directly to the players in the CHL. I want you to come forward if hazing
is happening on your team. We want you to report and we encourage you to do so
through an independent complaint website. It's located at chl.ca/playersupport.
Please know that we're all
involved in hockey because we love the game and we believe strongly that
participation in hockey should be a positive experience for all who play. We
understand the importance of hockey to families across
this country, especially in the markets that our teams call home. All involved
in our league are deeply troubled and sorry that some players experienced this
horrible conduct.
As we look forward, it's
important for us first to understand the structure of the Canadian Hockey
League. The CHL is comprised of three member
leagues : The Quebec Major Junior Hockey League, the QMJHL,
the Ontario Hockey League, the OHL, and the Western
Hockey League, the WHL. The three member leagues in the CHL have a total of 60
privately or community-owned and operated teams and approximately 1,400
players. Of the 60 teams, eight are located in the United
States, while the remaining 52 are located in
communities across Canada,
including 18 in the QMJHL.
The CHL is an umbrella-type
organization that is responsible for the business affairs of the three leagues
on a national scale. This includes organizing events like the Memorial Cup and
the Top Prospects Game.
The CHL works with television
broadcasters and organizes streaming services through a product called CHL TV. The CHL also leads the relationship with
third-party organizations like the National Hockey League and companies
who supply national services to the CHL and its member leagues.
It's the role of the WHL, OHL
and QMJHL to develop on-ice playing rules in their league as well as off-ice conduct and player supervision. Each league has
its own rules and policies that prohibits player hazing and misconduct. The
60 teams are responsible to manage players conduct and enforce the league's
rules. At the CHL, we work with the teams to provide assistance and support to
the leagues.
Since 2020, the member leagues
of the CHL have been focused on enhancements in the following four key areas : first, the three member leagues have
adopted processes to ensure there are independent reporting mechanisms in place
for players and team staff that are separate from their team. These systems are
now in place and they allow players to have
an avenue outside of their organization where they can make complaints
confidentially. Our experience has been that teenage boys do not want to
report on their friends or their teammates for a variety of reasons that could
be individual to the player, and this is a challenge that we continue to try to
overcome, and we have lots of work still to
do. We believe this situation in particular is improving, with more
players being prepared to come forward and report
possible violations.
Secondly, each league has in
place a process to conduct independent investigations by third-party firms that
bring forward sanctioning recommendations for conduct violations to the league
commissioner. These investigations are conducted by law firms outside of the
regionally structures and are governed by their professional code of ethics.
Third, our leagues have in
place a long-standing partnership with the Canadian Mental Health Association, the CMHA, to provide training and support for our
players. As we know, the pressures that elite young hockey players face
can be uniquely difficult. For that reason, the CMHA has updated their
Talk Today program that was rolled out in 2014 with a new program focused
on supporting the mental health and wellness of elite athletes.
Finally,
the leagues have been working over the past months to expand our partnership
with the Respect Group, the organization founded by Sheldon Kennedy and
supported in Québec by Bruno Gervais. We can today announce
that, for next season, players in all three
member leagues of the CHL will undergo mandatory Respect in Hockey training
that will help players recognize bad behavior. And the Respect Group defines
bad behaviors by the letters B-A-H-D, B for «bullying», A for «abuse», H for
«harassment» and D for «discrimination». Modules in that training include tips on stepping in when they see bad behavior and
information on how players can report. We think this is a very important
step in educating our players, so they know that reporting is encouraged.
The leagues have also been
focused on training for coaches, trainers and billets. They are ultimately
responsible to monitor player conduct and assure compliance with the rules.
This is part of the education program required by the leagues through the
Respect Group.
The first obligation for all
involved in hockey should be player protection, as one case of hazing is far
too many. The leagues have also moved forward in the area of gender-neutralizing
our player policies, and that work was completed in November of 2022.
Despite all of this, if a
player or group of players violates the rules, they will be subject to
disciplinary action. Whether the complaint deals with possible criminal conduct,
the police are contacted. No player, no matter how good a hockey player you
are, can break the rules.
We believe that the CHL offers
the best of both worlds to junior hockey aged players. It's widely recognized
as providing the best hockey development experience and training program in the
world. No league produces more professional hockey players than the CHL.
However, a small percentage of our players make a living playing hockey, and so the fact that players are
guaranteed a scholarship for every year they play in the CHL is critical to
making sure that we produce not just good hockey players, but good
citizens.
In reading the stories of
former players involved in the Carcillo class action, we're disturbed by the
treatment of certain players by their teammates and the length of time it took
to be revealed. We know that it's difficult and painful for the victims of this
behavior to speak about these issues.
The conduct that has recently
been reported in Québec goes back to the 1980s, and we've been working through
the legal process, which will allow those injured to seek the assistance they
deserve. These are not new experiences. They are largely historic complaints
that are part of a legal process that has been ongoing for more than two years.
We did not think the class action was manageable, and it is certainly not fair
to paint all of the teams through... back
through 50 years with the same brush. We believe that any player who was
harmed should come forward and
receive justice through an independent judicial process. To encourage those
harmed to come forward, we support a confidential process.
Those who
committed or permitted the abuse should also be punished. If criminal conduct
is revealed, we will support the police and criminal justice investigations.
All should know that this conduct will not be tolerated in today's CHL.
I'm pleased to answer any
questions you have. «Merci beaucoup.»
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Je
vous remercie pour votre exposé, M. MacKenzie. On va amorcer une période
d'échange avec les députés, en commençant par la députée de Lotbinière-Frontenac.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, M. le Président. Bonjour.
Moi, j'aimerais... j'aimerais savoir... Tout à l'heure, on a parlé de la
loi du silence dans les chambres de hockey, ce qui se passe dans la chambre de hockey reste dans la chambre. J'imagine que, si
une personne parle, sa carrière sportive est terminée. Qu'est-ce que vous
avez mis en place pour arrêter cette culture du silence?
M. MacKenzie
(Dan) :
that's a very important question, and it's probably the core of what we're
trying to get after today, which is: How do you get teenage boys to come
forward and report? And so, I think the first step is putting in place an
independent mechanic for them to be able to report. They may not feel
comfortable. Everyone is different. They may
not want to complain to their coach, or their trainer, or someone on their
team, they may want to go third party, and we need to make sure they
have that safety to do that.
And then, I think the follow-up
becomes how do you... how do you make sure that there is independent processes
to investigate if there are issues and that confidentiality is maintained. So,
we've put those two things in place.
And the last thing, and this
will be training that's upcoming, which is... that we're doing through the
Respect Group is mandatory training to make
players understand that it's OK to come forward, and that, you know, this notion that, you know, what happens in the locker room
stays in the locker room is outdated thinking, and we need to make sure that
what happens in the locker room is viewed to make sure that everyone is
protected.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Est-ce que... Vous me dites que le traitement des plaintes
est indépendant. Est-ce que... Bien, combien de plaintes que vous avez eues?
C'est quoi, votre processus, exactement? Puis est-ce que vous, vous
avez aussi un fonds pour indemniser les victimes? Donc... oui.
M. MacKenzie
(Dan) : Thank you. So, the... I want to talk about the complaint
process, and you ask the question
how many complaints that we
received. So, across the CHL over the last five years, there has been
12 complaints that have been reported
through the leagues in this particular area of hazing, harassment,
maltreatment. And of those 12, two were... once they're investigated,
were dismissed as not... they weren't... they didn't end up having merit, and then the other 10 were dealt with in a variety of
ways and they were dealt with depending on each individual situation.
And the sanctions ranged from... ranged from more training to make sure that
the players understood what, you know, the results of their actions meant, all the way to a team
employee, in one case, being expelled from the league.
I think it's... every situation is different, but that's the sort of the range
of consequences. And again, I think, along the lines of
what we're trying to do to deal with it, a lot of it comes down to, again,
making sure that people know that we will take this seriously. If there are...
if there are... if the rules are being broken, we're going to take it
seriously, investigate it, and deal with it from a discipline perspective.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Quand vous dites que vous avez reçu 12 plaintes, vous avez
60 équipes dans votre ligue, d'après ce que vous avez dit, ces
12 plaintes là datent depuis combien de temps?
M. MacKenzie
(Dan) : So, that's over the past five years.
And I would just say, I believe, in the last session, that Mme Llorens
indicated that there haven't been any... there is no sort of current ones in
the queue, and that would be consistent with those numbers.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Tout à l'heure, vous avez parlé de la formation des joueurs. Est-ce qu'il y a
une formation, un code d'éthique pour les entraîneurs également?
M. MacKenzie
(Dan) : Yes. So,
each of our leagues has a code of ethics for each individual league. As I said,
this activity is governed at regional league level, and each league has a code
of ethics for players, but also for their employees,
coaches, trainers, GMs, etc. And I think this is an area... training for
coaches is an area that, I believe... and just... I believe, is an area that we
need to spend more time, and effort, and resources on going forward, I think.
And that was one of the
recommendations that came out of the independent review report that we
received, is... is... you know,
training around ethical coaching and making sure that the coaches are messaging
in the right way to our players. I think
the... they currently... we currently have a training program through the
Respect in hockey group... the
Respect Group, it's called the Respect Activity Leaders training program and
it's been in place for the last eight years, from 2014 through now. All players... not all players, all coaches and
general managers have to go through it. But I think that... I think
specific, probably more updated training in that area, whether it be through
the Respect Group or through other third
parties in each league, I think, is an area... definitely an area of
opportunity that we need to spend more time on.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Je vais répéter la question que j'ai
posée tout à l'heure puis ensuite je vais passer la parole à un collègue :
Est-ce qu'il y a un fonds secret pour indemniser les victimes à la Ligue
canadienne de hockey?
M. MacKenzie
(Dan) : No.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Merci, Mme la députée. Prochain intervenant du côté
gouvernemental, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne :
Bonjour, M. MacKenzie. «Thanks for being with us today.»
MacKenzie (Dan) :
Thank you.
Mme Dionne : Nous
sommes tous ici, évidemment, pour trouver des moyens de mettre fin à des
pratiques répréhensibles et trouver des moyens de changer une culture qui
perdure. Le même jour où la commission entend les témoignages des diverses organisations concernant la violence survenue
lors d'initiations, on apprend via les médias que vous vous apprêtez à
rendre obligatoire une formation sur le respect pour l'ensemble de vos joueurs
et entraîneurs, mais permettez-moi seulement de mentionner que c'est un drôle
de synchronisme.
Vous parlez de cinq
ans de la réception de la première plainte, ma question étant : Pourquoi
avoir attendu si longtemps avant de rendre obligatoire une formation sur le
respect et pourquoi l'annoncer aujourd'hui? Et quelles sont les autres
formations qui sont offertes et sont-elles obligatoires pour vos entraîneurs et
vos joueurs?
M. MacKenzie (Dan) :
So, like I said in my opening statement... First of all, thank you
for the question. Like I said in my opening
statement, this area is governed at each regional league, and so each of the
three leagues do tackle this area differently. Some of the training we
do... we coordinate it like our relationships with the Respect Group, like our relationship in drug testing would
be another example, we work sort of nationally, but each individual
league deals with this separately.
in the Western Hockey League, I can talk a little bit about the... Is it OK to
talk about across the three leagues or do you want me to focus on the Q?
Dionne : No, it's OK. It's OK.
MacKenzie (Dan) :
It's OK? OK. So, in the Western Hockey League, they have a...
probably, I'd say, a broader relationship with the Respect Group, the Respect Group
is based in Calgary, so they've been doing training, the kind of training that
we're going to roll out across the country, in the Western Hockey League, for
more than just next season and beyond, it's been around for longer. They also
have a deep relationship with the Red Cross. And the Red Cross has delivered
this kind of training over the last... I want to say... I think it's from
around 2011, OK? That's the Western Hockey League.
Ontario Hockey League, they've had... they've used the Respect training as
well, but they've also worked with other
organizations to deliver training for players. And I know, in the OHL, they've
had a long-standing relationship with the Ontario Rape Crisis Centres
group to deal with sexual assaults training, as an example, and that was
piloted out of the Ontario Hockey League. They also have a deep... This is also
where our CMHA relationship began, so mental health supports for players really
came out of the Ontario Hockey League.
the QMJHL, and you obviously met Mme Llorens, that group is very focused
on... I would say, in the Q, very focused on
finding experts, third party experts to bring in and then support our players.
So, in the QMJHL, I know they've... on the sexual assault front, they've
brought in a researcher from Laval this year to talk to all their teams and
players, they did sessions across all... you know, the Maritimes players and
the Quebec players, talk about sexual assault training. They also have a
program where they've got a committee of multiple experts whether they be...
whether they be police or psychologists, etc., to deal with player issues and
provide them with the resources they need to go forward.
So, it's not a one-size-fits-all, I
mean, as we know, it's Canada, there's regional differences and there's regional structures to support them, so that's kind of how it's being
done, it's not really a one-size-fits-all.
Mme Dionne : «Thank you.» Sur votre site Web, on invite les joueurs
à dénoncer les gestes et comportements qui
sont répréhensibles, là, il y a différents courriels, donc, puis on
mentionne : Si vous êtes témoin d'un comportement répréhensible dans l'environnement, nous vous
invitons à dénoncer le tout via ce moyen de communication confidentiel.
Est-ce qu'il y a de
la sensibilisation qui est faite auprès des joueurs? Parce que, je ne sais pas,
moi, si je suis victime puis qu'on me demande : Écrivez un courriel, puis
qu'on n'a pas la suite du mécanisme de, justement, comment sont traitées les
plaintes en matière d'intégrité, est-ce que c'est expliqué aux joueurs? Est-ce
que vous avez vraiment un mécanisme de plaintes? Et puis quelles mesures sont
mises en place aussi pour supporter les victimes qui sont victimes, là,
d'intimidation?
M. MacKenzie (Dan) :
So... Sorry, I...
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
...oui, allez-y, en réponse, oui.
M. MacKenzie (Dan) : OK, thank you. The reporting... So,
what you have on our website is a... it's kind of a... to be honest, more of a catchall, right, so it's... each league has
its own... your own ability to report. So, in the WHL, there's a third party,
it's a former... it's a group of former players who hear complaints and who can
kind of investigate and hire firms to investigate. In
the OHL... in the OHL, they have a reporting map and they also use a
technology, they have an app, it's called the HONE app, that allows players to
communicate through digital means. And, in
Québec, they have this committee that I talked about, it was a... it's a group
of... sort of industry experts who help, sort of direct to resources,
depending what the needs of the players are.
again, as I mentioned earlier, the Canadian Mental Health Association is also a
pretty important group, depending on which league you're in, in terms of
providing support to victims. And what happens is, if our players... the CMHA
branch close to the teams, they have a relationship, and there is an expert in
the CMHA branch who deals with the club. And then, if there is extra resources
needed... I know, in the QMJHL, if there is extra resources needed, that those
are... those end up being referred on to by the... if it's confidential, and
it's the player, and they don't want to... they don't want to go through the
team, they can refer those to the league, and the league will pay and support
the player.
Mme Dionne : «Thank
you.» Je n'ai pas d'autre question. Je passe la parole à mes collègues.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Oui. Prochain intervenant, M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci.
Merci, M. le Président. Écoutez, on fait quand même face à un écosystème
assez... assez important. Moi, je suis très heureux de me rendre dans mon
comté, probablement l'ensemble des députés aussi, d'aller voir combien les
jeunes participent aux activités sportives, entre autres de jouer au hockey
dans nos milieux, puis combien qu'on est heureux de voir qu'est-ce que ça leur
apporte. Mais effectivement, d'entendre les révélations qu'on entend, moi, je
me questionne un petit peu.
Quel est votre rôle,
comme Ligue canadienne, en lien avec l'obligation ou les règles spécifiques aux
initiations? Est-ce que vous avez des façons de faire, des suivis qui sont
réalisés et une exigence spécifique pour l'obligation de ne pas tenir de telles
initiations? Et, si oui, pourquoi ça ne fonctionne pas?
MacKenzie (Dan) :
So, I think the question of the rules and the CHL's role and rules,
as I mentioned earlier, the way we're currently structured is those rules are
at the responsibility of the league level. So, the CHL doesn't have rule making
authority over the entire CHL. And so... and so, again, each regional league
makes up those rules.
can tell you that there is no one in the CHL who wants to see this behavior.
60 owners, coaches, GMs we've heard...
You know, I've read some... some medias this week with former players who live
in the Province of Québec, nobody wants to see this, we want it to stop.
Simple. I think, in terms of... And the leagues themselves have outright banned
hazing, initiations, whatever you want to call it, they've banned it, it's
illegal.
so, what we want to do is we want it... we think the way to try to stop it is
to make sure players feel comfortable coming forward in reporting, when they
report, that their experience is treated seriously, they are investigated and,
if they're found to be true, that the perpetrators are held accountable.
That's... We have to do that. And we're
starting to see, not so much here, but we've seen it in some other leagues,
we're starting to see players come forward and begin to report on their... on
their teammates and say: Listen, this is wrong. And it's not necessarily...
it wasn't necessarily hazing... necessarily
hazing, but, in that... in that 12 case number that I just mentioned
earlier, it's this... some of them have happened because players have
come forward and said: This is wrong. And that's where it starts.
Rivest :
J'entends
bien. Merci pour votre réponse. Toutefois, je... On sait... on sait tous
ici, là, qu'il y en a une, problématique. Là, vous me dites qu'il n'y a pas de
règle par la Ligue canadienne de hockey, mais que c'est bien chaque ligue individuelle, donc chacune des 60... des trois ligues
et des 60 équipes que vous avez qui mettent les règles spécifiques.
Est-ce qu'à la lueur
de ce qu'on entend dans les derniers jours vous ne croyez pas... Parce qu'on
s'entend qu'on aura tous, à terme, un rôle à jouer, là, parents, équipes, la Ligue
canadienne. Est-ce qu'il n'y a pas là une façon d'aider pour construire cette culture-là... éliminer la culture qu'on
vit actuellement et de pouvoir, par la Ligue canadienne, poser des actions concrètes qui permettraient
d'arrêter cette structure-là, de collaborer davantage à cette culture-là qu'on
souhaite tous éviter?
M. MacKenzie (Dan) :
Yes. I think the answer is yes, there is. You know, as we go
forward, and I've outlined, in my opening statement, some of the things that...
again, I... it's the regional leagues who are doing it, but we're... we provide a coordinating role and we're
trying to move, you know, with, again, groups like the Respect Group or
groups like, you know... maybe it's on the legal side, an independent...
reporting stuff, like our role is to try to make
sure that our regional leagues have the tools to be effective in this area. You
know, maybe some day things will structurally be different, but, today, we're
dealing with what... the way we're currently structured because we need
to deal with this right now.
Président (M. Fortin, Pontiac) :
Merci, M. le député. Il vous
reste 15 secondes, est-ce que vous le voulez?
Rivest : Bien, je peux peut-être juste terminer, moi, en disant
que... Je parlais des parents tout à l'heure, là, je reviens à
l'intervention aussi, préalable, de se dire que, quand on parle que des parents
peuvent avoir des actions particulières et qu'on parle de passion, peut-être
qu'on peut tous s'aider à changer ce type de langage là au Québec.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Je
vous remercie. Je vous remercie, M. le député. On va passer au bloc
d'interventions de la part de l'opposition officielle avec le député de
Marquette.
M. Ciccone : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour,
M. MacKenzie. «Welcome. Welcome to Québec City.» Je sais que c'est un... c'est un moment qui
n'est pas nécessairement facile, mais qui est nécessaire.
Pour mettre les choses en perspective, là, vous,
vous êtes engagé par qui? Qui est votre employeur?
M. MacKenzie (Dan) :
It would be the three... the Board of
the Canadian Hockey League, which is made up of the three leagues.
Ciccone : Alors, vous êtes... ce que je comprends, c'est que
vous êtes payé par les 60 équipes de votre circuit.
M. MacKenzie (Dan) : Correct.
M. Ciccone : Avant de passer à
l'autre sujet, là, quel est votre réel pouvoir en tant que président de la
Ligue canadienne de hockey? On vous a nommé président de la Ligue canadienne,
j'imagine qu'on vous a nommé parce que vous
avez la qualité d'être là, mais quel est votre réel pouvoir? Avez-vous un
pouvoir décisionnel sur ce qui se passe à travers les 60 équipes ou
les trois ligues de votre... de la Ligue canadienne de hockey?
M. MacKenzie
(Dan) :
So, I
think the way to answer... Thank you for the question. I think the way to
answer that would be, when I took the job, it was very clear that there was
probably two streams of the Canadian Hockey League, there is the business of
the hockey league and then there is the hockey of the hockey league. And my
responsibility was to focus on the business of the hockey league, and then...
So, that would be, you know, broadcasting, and digital, and, you know, PR, etc.
In areas where they intermingled, we would have to, you know, we'd have to work
on solutions to those kinds of things. But, in terms of playing rules and
off-ice misconduct, the kind of things we're talking about today, those... the
responsibility for that currently falls amongst the three leagues.
M. Ciccone : Vous avez dit dans
votre exposé de 10 minutes que ce que vous avez appris dans les... dans
les médias sous la plume de Martin Leclerc,
c'était... vous avez été choqué comme nous tous, mais vous avez dit que ça, ça
s'était passé il y a quelques décennies. Vous avez de l'air à avoir de
l'information qu'on n'a pas, nous autres, ici, là. Comment ça se fait que vous
avez dit : Il y a quelques décennies? Avez-vous plus d'informations à nous révéler
là-dessus?
M. MacKenzie (Dan) :
Just that the... so, the information
that Mr. Leclerc painted in his
article was from... it came through the
Carcillo class action that was filed in 2020, in June... I believe it was June
or July 2020. And, in that... in the filing, you know, it wasn't... it
wasn't in the Leclerc article, but, through the legal process, we know who the... yes, we would know who the affiants
were and when they played. And so, I believe, and I... I want to make
sure that... I may want... need to get you
this date, if you want, I don't want to be incorrect in... but I believe the
last person that was referred by Mr. Leclerc, I think it played in
2001, so it's about 20, 22 years ago.
M. Ciccone : Vous avez dit que
chaque ligue a ses règlements à eux pour les initiations. Ne pensez-vous pas qu'il serait peut-être temps que la Ligue
canadienne prenne les choses en main, puis qu'ils décident, puis qu'ils dictent
quelles seront maintenant... pour la suite des choses, la réglementation sur
les initiations?
M. MacKenzie
(Dan) :
Listen,
I think that that's something that has been discussed, it's something that came
through the independent review report that we commissioned back in 2020. But,
again, from a structural perspective, it would... something like that would
require a pretty significant change to the way we operate. So, listen, I think
we're open to... as we go forward, and whatever is going to make this better
we're going to try to do, and if that's what's required, we can consider it.
But, right now, we are trying to deal with it through the structure and the
setup that we have.
M. Ciccone : Durant le recours
collectif, plusieurs affidavits ont été produits par des joueurs durant...
devant le juge, là. On parle ici que ça a touché 38 équipes dans la Ligue
canadienne de hockey. Avez-vous le nombre d'équipes par ligue? Si oui,
êtes-vous capable de nous nommer les équipes, s'il vous plaît?
M. MacKenzie
(Dan) :
I just
want to make sure I understand the question. So, is the question : Do I
know... do I know of the 38 of 60? So, I think... I think my understanding of
the data is that there were, of the affiants... Let's say that again. I want to make sure I confirm the number right. I think
there might have been 18 affiants or 16 affiants, that those
16 affiants played on 38 teams.
Ciccone : Exact. C'est ça.
M. MacKenzie (Dan) : And is the
question : Do we know what teams they played for?
M. Ciccone : Oui, exactement. Combien dans chaque ligue? Et, si
vous le savez, là, de nous nommer les équipes.
M. MacKenzie (Dan) :
In each league?
M. MacKenzie (Dan) : Yes. I don't have that in front of me, that
data, but I can easily get that for you, I could... I
could have our... I could get that data pulled very easily.
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Oui, on l'apprécierait, M. MacKenzie. Si vous
pouvez faire parvenir ça à la commission, ce serait apprécié.
M. MacKenzie (Dan) :
No problem.
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président.
M. MacKenzie, vous en avez parlé un peu plus tôt, là, il y a eu une
demande de recours collectif au mois de juillet 2020. La Ligue canadienne
de hockey a demandé à Mme Danièle Sauvageau, M. Sheldon Kennedy et
M. Camille Thériault, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick,
de se pencher justement sur des comportements qui pouvaient être inadéquats
pour nos jeunes dans votre ligue. Ce rapport-là a été soumis le... au mois de
novembre 2020. Je l'ai entre les mains présentement ici. Pourquoi ce
document-là, ce rapport-là a été gardé caché pendant 14 mois dans vos
bureaux?
M. MacKenzie (Dan) :
Thank you for the question. I think the... A couple things to start.
Number one is the report was commissioned by the CHL. So, we wanted to know,
once the action was filed, how... if there were ways that our leagues, because
of the way we're structured with, you know... being dealt with at the league
level or... at the league level, how could our... do our leagues have the right
policies in place and the right education programs, etc., to deal with this
issue. And so...
the one thing I think that is also really important just in terms of when you
talk about timing, is the context. This was in the summer of 2020, when COVID
had just hit in March, April, right? So, in terms of that group of people who
is... so, the people you mentioned, Mme Sauvageau, M. Kennedy and
M. Thériault, they were working under some pretty tough conditions in
terms of not being able to interview people live, it was all done through Zoom,
they didn't have the opportunity to meet with us live...
M. Ciccone : Oui,
mais ce n'est pas ma question. Excusez-moi, mais ce n'est pas ma question, là.
Vous aviez... Le rapport a été déposé en novembre 2020. Vous l'aviez, là.
Moi, je ne parle pas du travail. Je sais que la COVID a le dos large, je sais que ça a été difficile, mais, quand on
parle de harcèlement, on parle d'abus, là, je veux dire, la COVID, elle prend le bord, là, ce n'est pas
important. Vous aviez ce document-là dans les mains en novembre 2020.
Vous avez empêché Mme Sauvageau, M. Kennedy et M. Thériault d'en
parler publiquement dans les médias. Vous aviez
le rapport, vous ne l'avez pas soumis, on ne l'a pas vu. Ce n'est pas devenu
public jusqu'à tant que le juge Perell ordonne la Ligue canadienne de
hockey de déposer ce document, puis c'est pour ça que je l'ai dans les mains.
Je répète ma
question : Pourquoi, depuis novembre 2020, vous avez caché, pendant
14 mois, ce document?
M. MacKenzie (Dan) :
So, to answer the question, respectfully, I do want to answer
respectfully, we released the report, we
released... we weren't forced to, we released the report of our own volition in
January of 2022. So, we had it for
13 months. But I think... If your question is about : Why was it...
why did it take us that long to respond?, so, again, I won't go into detail on
COVID, but COVID was part of it and COVID was also part of it because,
when we received it, two of the three
leagues weren't playing hockey, they were sideline, and so the leagues were
very focused on trying to get back to play.
one thing from the report that we identified right away was that this
independent reporting needed to be moved on very quickly, and so that got...
that got put in place for last season, 2021‑2022. And then the other element was that, as I indicated,
this is... the report was written in such a way that it was very focused on the
earlier question, that the CHL take control of this and... but the reality was...
it was done at the regional league level. So, what we wanted to do before we
reported it, because we knew that there would be lots of interest...
Ciccone : «Rapidly.» Rapidement, s'il vous plaît. Il me reste 30 secondes.
M. MacKenzie (Dan) : OK, I'm sorry, but we wanted to make
sure that the recommendations could be executed at the regional
league level, so we had another party look at it, say : How can we bring
this forward to the regional league level? We got that
report done in December of 2021 and then, as soon as we got that, we released
it in 2022.
M. Ciccone : Merci.
Deux questions rapides, M. MacKenzie. Avez-vous un fonds de réserve suite
à une poursuite, oui ou non?
MacKenzie (Dan) : Non, non.
M. Ciccone : Avez-vous
déjà eu des ententes à l'amiable avec des victimes d'abus ou de harcèlement
sexuel?
M. MacKenzie
(Dan) : Non.
Ciccone : Vous êtes sous serment, là.
Jamais?
M. MacKenzie
(Dan) : Non.
Ciccone : Merci bien.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Je
vous remercie, M. le député. Je vais passer la parole au député de Rosemont en
vous rappelant, M. Mackenzie, que les deux prochains députés ont des temps
d'intervention très courts. Alors, si c'est possible d'avoir des réponses
courtes et concises tout en étant le plus complet possible, on l'apprécierait.
Merci.
M. Marissal :
OK. Bonjour, M. Mackenzie. Merci d'être là. Vous avez dit que la COVID
avait compliqué les affaires. Est-ce que le rapport Kennedy est invalide à vos
yeux?
M. MacKenzie (Dan) :
I'm sorry, could you... I don't understand the question.
M. Marissal :
Vous nous avez dit que la COVID
avait rendu l'enquête et le rapport Kennedy très compliqués. Est-ce qu'à
vos yeux... Ça rend le rapport Kennedy invalide à vos yeux?
MacKenzie (Dan) :
No, absolutely not. The review panel did a very good job on
providing recommendations that were
useful.
M. Marissal :
OK. Vous avez dit que vous avez fait ça parce que... Vous aviez commandé le
rapport parce que vous vouliez savoir... Le
rapport dit qu'il y a 10 % ou moins des joueurs qui ont subi de la
violence, du harcèlement, 25 % ont vu des cas, 45 % en ont
entendu parler. Pourtant, en cour, vous, M. MacKenzie, vous avez dit que
le problème n'est pas systémique. Pourquoi
ne pas avoir suivi les conclusions du rapport, qui démontrent qu'il y a un
problème profond et systémique?
M. MacKenzie (Dan) :
So, when I was asked about the issue of it being systemic, my
context on the question was around the fact that... and there was a lot of
discussion of suitable culture and about the fact that it was the same culture
across all 60 teams over 50 years, and my response on that was... if you look
back to the record, was that culture is something that occurs in individual situations by team, and the culture of the Québec Remparts is very different than the culture of the Kelowna Rockets,
and so that I didn't agree and I don't agree with the fact that you can sweep
all 60 teams with the same brush and say : The entire system is faulty. I
think a lot of it depends on... Our experience has been a lot of it depends on individual teams, individual situations and individual leadership groups of each team.
M. Marissal :
Je rappelle ici, néanmoins, là, que le rapport Kennedy dit que 10 %
des joueurs ont subi de la violence, du harcèlement, 25 % ont vu des cas,
et près de la moitié en ont entendu parler. Mon temps est... Il me reste une
minute.
M. MacKenzie
(Dan) : Can I respond to that?
Marissal :
Quickly,
very quickly, please.
M. MacKenzie (Dan) :
I would just say that 10% is too high. 10% is too
high, 1% is too high. We need to get it down.
Marissal :
agree.» M. le Président, je veux juste profiter, là, des
45 secondes qu'il me reste pour aviser les collègues, par courtoisie, là,
que j'ai fortement l'intention, je crois, comme les collègues, de poursuivre
les travaux. J'annonce mes intentions tout
de suite par courtoisie, puis ça donnera le temps à tout le monde d'y penser
puis peut-être de refaire une liste de témoins. J'ai déjà envoyé au
secrétariat la demande, et puis je vous demande de la considérer à son mérite pour qu'on puisse en reparler cet après-midi, mais
je pense qu'on est en train de faire du bon travail, mais on n'a
certainement pas fini.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Je
vous remercie, M. le député. La lettre sera envoyée à l'ensemble, à l'ensemble
des parlementaires ici présents, et on aura l'occasion, bien évidemment, demain
matin, en séance de travail, de se pencher sur la suite des choses. M.
le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, M. le Président. Merci de votre présence.
Bienvenue à l'Assemblée nationale. Simplement pour être clair, tout à
l'heure, Gilles Courteau, le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du
Québec, suite à une de mes questions, a
concédé qu'il y a déjà eu une entente hors cour avec une équipe, les Foreurs de
Val-d'Or, en 2011. À votre connaissance, pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec,
est-ce qu'il y a eu d'autres ententes hors cour, quelle que soit la
nature du problème qui est évoqué?
M. MacKenzie (Dan) : I'm not aware of any others.
M. Bérubé : Aucun?
D'accord. Aujourd'hui, nous parlons beaucoup des initiations dans le hockey
pour les recrues suite, notamment, à un texte du journaliste Martin Leclerc, de
Radio-Canada. Je vous suggère que c'est un enjeu, mais il y a bien d'autres
choses, notamment la relation parfois toxique entre les entraîneurs et les
joueurs. Pourquoi, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, les
entraîneurs ont un rôle déterminant, voire de vie ou de mort, sur l'avenir des
hockeyeurs, notamment pour se rendre à la Ligue nationale du hockey? On me
rapporte des cas de joueurs qui sont
harcelés, qui doivent jouer blessés, qui font l'objet de toutes sortes
d'épithètes qu'ils reçoivent de leur entraîneur. Donc, est-ce que cet
enjeu-là fait l'objet de votre attention, cette relation qui dure tout au long
de l'année entre les entraîneurs et les joueurs, et, à nouveau, est-ce que vous
avez déjà reçu des plaintes spécifiquement sur la relation entre un entraîneur
et un joueur?
M. MacKenzie (Dan) : So, I think it's a very important question because it is something
that we're dealing with in hockey and we're dealing with in other sports as
well, that exact thing, coach-player relationships. I think... I think, as I
said earlier, one of the areas we're trying to focus on is education and
training. So, that's important, but I think, as it was mentioned from the
member earlier about helping coaches be better coaches and what the ethical
coaching or other topics in that area, how to communicate with young people
these days, that's an area that we have more work to do and we look... I look
forward to working with, whether it's this body or others, experts on how we
can try to put those programs in place.
M. Bérubé : Si
on me permet d'indiquer également qu'il faut intervenir en amont. Donc, au
Québec, c'est la ligue de hockey midget AAA qui prépare les joueurs de la Ligue
de hockey junior majeur du Québec. Alors, j'invite votre organisation à être en
étroite collaboration avec les ligues précédentes, les ligues midgets AAA, pour
s'assurer de bien préparer les joueurs. Je pense qu'on aurait pu aussi avoir le
commissaire de la ligue midget AAA du Québec. Alors, peut-être avez-vous des
relations avec ces ligues. Je présume que oui. Est-ce le cas?
MacKenzie (Dan) : So,
those relationships, our own, again, regionally, so M. Courteau and his team
would, but you're absolutely right, it doesn't start at the major junior level,
it starts... We need to work with the leagues below to make sure we're sending
the right messages, you're absolutely correct.
M. Bérubé : Combien
de temps?
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : 30 secondes.
M. Bérubé : Un
dernier élément. Pour la santé mentale des joueurs, il faudra se poser la
question un jour sur les distances
incroyables que les joueurs doivent faire, partir de Val-d'Or,
de Rouyn-Noranda, pour aller à l'Île-du-Prince-Édouard,
pour aller à Halifax, dans les Maritimes, ça a un impact sur leur santé
mentale, sur la réussite scolaire des élèves, des étudiants. Moi, ça me
préoccupe beaucoup. Ce n'est pas l'objet de la commission, mais leurs résultats
scolaires, leur avenir, le degré de fatigue, l'anxiété, de ligues où les
équipes sont aussi dispersées, c'est un enjeu qui est majeur, et je vous
suggère humblement que ce n'était pas comme ça autrefois dans la Ligue de
hockey junior majeur du Québec, et, maintenant, des joueurs de 16 ans qui
font des centaines de kilomètres sans faire leurs travaux scolaires, ça ne peut plus continuer comme ça. Je le dis bien
humblement. C'est davantage une opinion qu'une question que je porte à
votre attention.
M. MacKenzie (Dan) : I have a 16
year-old and I agree, I completely agree. And that's... And I think this is another...
M. Bérubé : Pourquoi
pas une ligue des Maritimes?
Le Président (M.
Fortin, Pontiac) : Je vous remercie, M. le député.
Bérubé :
not?
MacKenzie (Dan) : There
is... we have teams in the Atlantic.
Bérubé : Sure, there could be a
league.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Merci, M. le député. M. MacKenzie, je vous
remercie pour votre témoignage, pour vos échanges, de toute évidence,
très intéressants pour les députés. Je remercie l'ensemble des députés pour
leur contribution aux travaux.
Et nous suspendons
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 h 10)
Le Président (M. Fortin, Pontiac) : Bonjour. Bonjour à tous. La commission
reprend ses travaux dans le cadre des consultations particulières et des
auditions publiques du mandat d'initiative portant sur les révélations de
violence lors des initiations dans le milieu du hockey junior et la possible
situation dans d'autres sports.
Cet après-midi, on va entendre les organismes
suivants : Hockey Québec, le Réseau du sport étudiant du Québec et l'Université
McGill, en commençant avec des
représentants de Hockey Québec qui sont avec nous aujourd'hui.
Je vous remercie d'être... Je vous remercie
d'être là. Je vous rappelle, d'entrée de jeu, là, vous disposez d'une période de 10 minutes pour faire un exposé,
et, par la suite, on va procéder à une période d'échange avec les parlementaires
qui sont présents. M. Thibault, la parole est à vous.
Thibault (Jocelyn) : Bonjour. Merci. Je vais d'entrée de jeu céder la parole
à notre président, M. Claude Fortin.
M. Fortin (Claude) : Bonjour,
mesdames, bonjour, messieurs, les élus membres de la commission. Je me présente, Claude Fortin, président du conseil
d'administration de Hockey Québec. Je voudrais vous dire... Je ne voudrais
vous dire... pas que je suis heureux de me retrouver devant vous, car je suis
désolé de tout ce qu'on entend dans notre sport durant les derniers mois.
Cependant, je vous remercie d'avoir l'opportunité de vous présenter tout ce que
nous réalisons pour assurer l'intégrité, le respect, l'éthique dans notre
sport.
Je vous présente les gens qui sont avec moi.
Tout d'abord, Jocelyn Thibault, notre directeur général depuis 15 mois,
les opérations de la fédération; Marie-Joël Desaulniers, directrice des
communications de la fédération et responsable de différents programmes de
sensibilisation... nous réalisons chaque année pour influencer positivement la
culture de notre sport. Je cède maintenant la parole à M. Thibault.
M. Thibault (Jocelyn) : Alors,
bonjour. Depuis mon arrivée à Hockey Québec, il y a 15 mois, j'ai évoqué à
de très nombreuses reprises mon ambition d'améliorer la culture du hockey
québécois. C'est d'ailleurs la motivation principale de mon arrivée à Hockey
Québec. Nos actions quotidiennes sont guidées par cet objectif : la
joueuse et le joueur de hockey mineur au centre de nos préoccupations.
Le mandat que je me suis donné à la fédération,
c'est de ramener nos jeunes sur les patinoires, de repenser le développement de
nos joueurs et de nos joueuses pour faire entrer le hockey dans une ère
moderne. Il faut changer le ton, on l'a mentionné à plusieurs reprises depuis
mon arrivée en poste. Il faut vraiment regarder notre sport avec une autre
paire de lunettes, de ramener le plaisir et diminuer les attentes quant à la
performance de nos jeunes. Et nous avons tous un rôle à jouer pour changer
cette culture, tout le monde. Nous, les fédérations sportives, avons le mandat
de régir et d'établir les balises qui guideront nos entraîneurs et nos
administrateurs dans le développement de nos athlètes, ces mêmes athlètes qui
seront les adultes de demain, celles et ceux qui travailleront et éduqueront
nos jeunes, soigneront et protégeront notre
population et peut-être, dans le cas qui nous concerne aujourd'hui, se joindront
à une ligue junior canadienne.
Nous sentons une volonté de notre milieu, de nos
membres de changer nos façons de faire. Le conseil d'administration de Hockey
Québec a d'ailleurs engagé la firme BNP Performance pour, entre autres, revoir
l'ensemble des rôles, responsabilités et pouvoirs conférés aux membres du
conseil, à la direction générale et aux organismes tiers répondants de Hockey
Québec et d'effectuer une évaluation de l'écosystème dans laquelle Hockey Québec se trouve pour en clarifier les mécanismes de
reddition, de collaboration, d'influence et de prise décisionnelle.
Cependant, ce que j'ai pu constater depuis mon
arrivée en poste, il y a 15 mois, constat également soulevé dans le
rapport du Comité québécois sur le développement du hockey déposé en mai
dernier, est que Hockey Québec ne possède malheureusement pas tous les pouvoirs
afin de gouverner et de guider pleinement l'avenir du hockey québécois. Il est
primordial de les obtenir afin que nous ayons ainsi toute l'autonomie et les
moyens nécessaires à la réussite de ce changement de culture, une fédération
avec les leviers et les ressources pour améliorer l'imputabilité et de toute la structure locale et régionale et
d'avoir... et surtout notre solution aux problématiques auxquelles le hockey
est confronté.
J'invite
maintenant ma collègue Marie-Joël, qui vous parlera des actions et initiatives
entreprises par la fédération au cours des dernières années.
Desaulniers (Marie-Joël) : Merci, Jocelyn. Bonjour à toutes et à tous. Au
niveau des communications, nous avons entrepris plusieurs actions et
initiatives au cours des dernières années, actions qui s'inscrivent dans le
changement de culture de hockey, comme l'a mentionné Jocelyn un peu plus tôt.
Vous constaterez également que ces actions, pour la plupart, visent à prévenir,
sensibiliser et éduquer nos membres à divers enjeux et situations qui peuvent porter atteinte à l'intégrité d'une
personne. Ces situations pourraient inclure les initiations dans le cas qui nous
concerne.
La fédération a participé aux consultations et
à... à l'élaboration, oui, du Guide de gestion de cas au hockey . Ce
guide, qui a été produit par l'organisme Équijustice, qui est une association
provinciale à but non lucratif offrant une expertise en matière de justice
réparatrice et de médiation citoyenne, ce guide-là a comme objectif d'outiller
les membres et de les sensibiliser à adopter
de bons comportements dans la pratique du sport. Le guide se veut un document
de référence efficace, concis et accessible sur les différentes façons de gérer
des situations inacceptables dans les arénas et dans
l'environnement qui gravitent autour de l'aréna. Son lancement a d'ailleurs été
effectué dans nos locaux de la fédération en février 2019.
Suivant l'annonce, Hockey Québec a décidé de
produire un guide de gestion des réseaux sociaux. Cet outil se veut une suite logique du Guide de gestion
de cas au hockey mineur dans l'optique où la fédération dote à nouveau
ses intervenants d'un outil qui leur...
permettra d'intervenir, oui, adéquatement au moment où des comportements
inadéquats seraient constatés sur les
réseaux sociaux et ainsi leur donner les moyens d'intervention auprès de
ceux-ci.
Toujours dans le souci d'offrir l'encadrement et
les outils nécessaires à nos membres, que ce soient les joueurs, joueuses, entraîneurs, officiels, bénévoles, administrateurs,
Hockey Québec, en collaboration avec Sport'Aide et le RLSQ, a offert à
ses membres un webinaire afin d'expliquer et de présenter la politique en matière
d'intégrité le 9 mars 2021, un mois suivant son dépôt officiel.
Puis, l'année suivante, le conseil
d'administration de Hockey Québec a résolu d'exiger que, minimalement, deux
administrateurs par organisation suivent la formation Politique en matière de
protection de l'intégrité. Une première
formation virtuelle en direct a eu lieu le 14 novembre 2022. Il y a
369 personnes qui y ont assisté puis qui ont obtenu la compétence.
Puis, suivant la diffusion, un stage a été créé en décembre 2022 afin de permettre
aux administrateurs de compléter la formation en différé. Il y a un
questionnaire qui doit être complété à la toute fin de la vidéo par les participants, qui est validé par
Hockey Québec avant de leur attribuer la compétence. Depuis 2022, il y a eu
88 administrateurs qui ont obtenu cette compétence, donc nous en sommes à
En octobre dernier, Hockey Québec a orchestré la
semaine Restaurer notre hockey. Cette semaine avait comme objectif de
sensibiliser nos membres au changement de culture nécessaire pour notre sport,
soit prioriser le jeu et, ultimement,
restaurer notre hockey. Cette semaine aura permis de lancer un message fort
pour rassembler notre communauté autour de cet objectif commun, mais
aussi à poser des gestes concrets afin de participer au changement de culture nécessaire à notre sport national. Tout
au long de la semaine, la fédération a partagé des contenus éducatifs, webinaires,
vidéos et conférences qui ont sensibilisé nos membres et la population
québécoise à divers enjeux fondamentaux du hockey.
Un point majeur que je tiens à souligner avec
vous tous, dans le cadre de cette semaine Restaurer notre hockey, la
participation de partenaires forts qui ont pris part à l'événement, tels que
les Canadiens de Montréal, le Rocket de Laval, la LHJMQ, les ligues
provinciales et scolaires ainsi que plusieurs associations et organisations de
hockey mineur. En parallèle de cette semaine, la fédération a produit une série
d'infographies afin d'outiller nos membres à mieux répondre lorsqu'une situation
conflictuelle survient. Ces infographies sont d'ailleurs hébergées sur notre site Web. Ils sont alors en mesure
d'intervenir et de diriger leurs membres lorsqu'une situation malheureuse
survient.
M. Fortin (Claude) : Chers
élus, Hockey Québec a démontré sa volonté de respecter les valeurs des
Québécoises et Québécois. Nous avons agi pour bien faire bouger la fédération
nationale et nous sommes prêts à avoir les mêmes impacts auprès de notre
structure locale et régionale. Pour le faire, nous avons besoin de votre appui
pour obtenir les leviers, les ressources qui nous permettront de sensibiliser,
et intervenir, et vérifier les résultats. Ainsi, nous pourrons propager notre
vision d'un sport où les jeunes... au centre de toutes les décisions.
Merci pour votre écoute, et, surtout, n'oubliez
pas qu'à toutes les fins de semaine nous avons entre 5 000 et
6 000 matchs de hockey qui se jouent au Québec, à laquelle,
malheureusement, un incident ou deux nous fait ternir notre image.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
Je vous... Je vous remercie pour votre exposé. On va passer à la période
d'échange avec les parlementaires, en commençant par?
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
En commençant par un représentant du gouvernement. Le député de Beauce-Sud?
17 831
M. Poulin :
La députée de Hull s'en vient. Elle s'en vient. Ce ne sera pas très long.
Merci d'être présents. Merci pour votre
franchise et merci de faire les mea culpa qui sont nécessaires également dans
la culture qui, malheureusement, a guidé le sport et le hockey pendant
trop d'années au Québec.
Je veux vous entendre un peu tout de même sur
les initiations, parce qu'on a discuté, ce matin, avec la Ligue de hockey
junior majeur du Québec où M. Courteau, à la suite de nos questionnements,
est venu nous dire qu'il allait interdire les initiations. On n'a pas encore la
définition claire, on n'a pas encore l'ensemble des enjeux. On a eu des engagements, ce matin, sur certains codes
d'éthique, mais encore on sent qu'on est au début d'un changement de culture
ou, du moins, d'un intérêt à faire un changement de culture.
De votre côté, qui dépassez, donc, la Ligue de
hockey junior, vous l'avez bien dit, des milliers de jeunes qui, à chaque fin
de semaine au Québec, jouent au hockey, on n'est pas à l'abri d'initiations ou
de rites, pour vous, quelle est la définition d'une initiation au hockey au
Québec?
M. Thibault (Jocelyn) : Bien, dans
un premier temps, les initiations sont interdites. Les initiations ne sont évidemment pas permises. Évidemment qu'au niveau
des jeunes les intervenants les plus importants, ce sont les entraîneurs. C'est
les entraîneurs, évidemment, puis il y a une toute une question d'éducation
familiale, mais les entraîneurs ont un rôle clé à jouer dans ce
phénomène-là. Toutes les formations d'entraîneurs contiennent des formations en
lien avec les initiations, on pourrait dire, le bizutage.
Il y a des modules de formation auprès des entraîneurs. C'est interdit. Et puis
je pense que c'est très important de
mentionner ça, que d'aucune façon Hockey Québec ou Hockey Canada ne tolèrent
ou ne permet ce genre de chose là.
Poulin : OK. Si vous aviez connaissance qu'une initiation
se tiendrait dans les prochains jours au Québec, dans n'importe quelle ligue, dans n'importe quel endroit au niveau du
hockey, avez-vous, Hockey Québec, une capacité d'agir, ou de faire des
recommandations, ou du moins de téléphoner puis d'interdire?
M. Thibault (Jocelyn) : Première des
choses, en vertu de notre politique d'intégrité, les signalements doivent se
faire à l'Officier des plaintes. C'est... Nous, à Hockey Québec, comme la
grande majorité des fédérations, on est
tenus de respecter la politique d'intégrité issue du gouvernement, du
ministère. Donc, s'il arrivait des événements, on inviterait les gens, les victimes, les témoins à porter plainte à
l'Officier des plaintes. C'est le mécanisme officiel pour... pour y
arriver.
M. Poulin : OK. J'élargis un peu sur
la culture que vous nous avez parlé tout à l'heure. Ce n'est pas facile
présentement au hockey. Puis l'image du hockey au Québec, elle est malmenée
puis, des fois, à juste raison. Vous avez des défis avec les parents, qui ne
sont vraiment pas toujours évidents dans les estrades. Vous avez des défis à
recruter également des arbitres, qui subissent les foudres, parfois, des
parents. Vous avez nos jeunes, au Québec, qui ont une pression incommensurable
de performer sur la glace. Comment vous faites pour réussir à bien cibler les enjeux puis à agir de façon coordonnée? Parce
qu'on a l'impression que la culture au hockey est tellement incrustée, puis
c'est tellement difficile, puis il y a un sens de la compétition qui est fort
que c'est difficile d'agir. Par où vous commencez, là? Si on fait un un, deux,
trois, en deux minutes, là, sur quoi vous tablez en priorité?
M. Thibault (Jocelyn) : Bien, en
fait, j'en ai parlé à plusieurs reprises dans la dernière année, puis ce qu'on
pense... ce que je pense, ce qu'on pense, il faut changer le rapport que les
gens ont avec le hockey. Je pense qu'il faut changer
de paire de lunettes. Je pense qu'il faut voir le hockey pour ce qu'il est et
non pas le voir comme un billet de loterie pour les parents, ou peu importe. Il
y a énormément de pression qui est mise sur les jeunes, garçons, filles, de
soit faire
partie de la Ligue nationale ou soit faire
partie de l'équipe
olympique féminine canadienne. Les parents mettent énormément de pression sur
les jeunes. Ça crée un stress, évidemment, une pression sur les entraîneurs,
sur les administrateurs, sur les jeunes. C'est ça qui est le pire, finalement,
au final. Et puis ça crée un climat malsain, un climat lourd, tendu, qui fait
qu'il y a des dérapages.
Alors, ce qu'il faut faire, à notre humble avis,
c'est... dans un premier temps, c'est changer le rapport que les gens ont avec
le hockey. On le fait par l'éducation, la sensibilisation. Le nombre de
joueurs, de joueuses qui se rend dans la
Ligue nationale est absolument très, très, très minime, alors il faut vraiment
changer le rapport que les gens ont avec le hockey. C'est notre opinion.
M. Poulin : Merci beaucoup.
Le Président (M. Fortin, Pontiac) :
Mme la députée de Hull.
Mme Tremblay : Alors, bonjour. Très
contente de vous avoir avec nous aujourd'hui. Je peux... Je suis contente de
vous entendre parce qu'au niveau de la pression... puis moi, comme enseignants
puis enseignantes, je vais vous dire qu'on subit beaucoup de pression aussi.
Donc, c'est bien de changer ça. Parce que, nous, hein, c'est plus dans la gestion : il y a un examen, ils
ont un tournoi, ça fait qu'il y a beaucoup de pression des parents aussi en
lien. Donc, c'est bien de changer ça puis d'avoir l'intention de ramener
plus le plaisir que l'objectif d'atteindre le plus haut sommet. Donc, ça, je
suis très conte