Transportation and the Environment — 31 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-08-31
Quebec — Committees
Mme Ghazal : Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, dans
cet amendement-là, ce que le ministre va comprendre...
Je vais peut-être le relire juste pour qu'on se remette dedans. C'est que
j'enlève le fameux comité consultatif qui est constitué
aux conditions déterminées par le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles, et là je donnerais... ce que je fais avec cet amendement-là, c'est que je
donnerais un rôle au comité qui est constitué... le comité consultatif qui doit
plus regarder la question des changements climatiques, qu'on a déjà étudiée et
adoptée à l'article 15, pour qu'il conseille, lui, le ministre,
dans l'élaboration du plan directeur.
Parce que ce
comité-là, la façon qu'il est constitué, le nombre de membres, le fait qu'il se
rencontre, les experts qui seront dedans, tout ça est déterminé de façon
claire et transparente dans le projet de loi, alors que le comité consultatif, c'est un peu obscur, la façon que
c'est écrit dans cette
partie du projet de loi, où on dit simplement que le
ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles en constitue un. Puis, après ça, les conditions,
combien... quand est-ce qu'il se réunit, est-ce qu'il se rencontre juste
pendant une journée, puis après ça, c'est terminé, qui est autour de la table,
etc., il n'y a aucun détail, c'est totalement un comité consultatif obscur
qu'on ne sait pas qu'est-ce qu'il fait.
Et d'où
l'intérêt de dire : Bien, le comité qui existe déjà, qu'on connaît ce
qu'il fait, qui peut donner son avis sur n'importe quel sujet, bien, sur le plan directeur, bien, il aurait le
rôle de conseiller le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles dans l'élaboration de ce plan directeur
pour plus de transparence. C'est ça, l'objectif derrière cet amendement-là.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le ministre.
M. Charette :
Oui, volontiers. En fait, de façon à garder nos bonnes habitudes, là, pour
favoriser la collaboration, très rapidement je vais indiquer à la
collègue qu'on ne peut d'aucune façon accepter cet amendement-là.
Malheureusement,
soit que je n'ai pas réussi à la convaincre ou c'est un vocabulaire auquel elle
tient, mais elle continue de faire
référence à un comité obscur, ou autres, mais ce n'est pas le cas. On a
longuement parlé, lors de notre dernière séance, du rôle que serait
celui de ce comité propre au plan sur la transition énergétique, mais surtout
on a consacré de nombreuses, nombreuses
heures sur le comité consultatif qui va accompagner le ministre de
l'Environnement, et ce sont deux rôles qui sont complètement différents.
Donc, de
souhaiter l'abolition du comité aux Ressources naturelles pour intégrer ce
mandat-là au comité consultatif, qui, lui, aura un mandat très, très
défini, c'est malheureusement mal saisir ce qu'on attend de ce groupe de
personnes. On ne peut pas leur demander de
rédiger ou de travailler à l'élaboration d'un plan directeur en transition énergétique. On va leur demander de le
commenter, très certainement, de le critiquer au besoin, mais c'est
inconcevable de leur demander de le mettre en branle.
l'expertise, elle sera au ministère
des Ressources naturelles. C'est une
des caractéristiques du projet de loi n° 44, on
veut une gouvernance bien intégrée. Donc, un comité qui relèverait ou qui
serait associé au ministère de
l'Environnement pourrait
difficilement s'acquitter d'une tâche qui maintenant revient au ministère des Ressources naturelles, d'une part.
l'expertise pour élaborer ce plan-là de transition énergétique, elle sera au ministère des Ressources naturelles. On se souvient que toute l'équipe de Transition
énergétique Québec va dorénavant se retrouver au ministère des Ressources naturelles. Donc, ce serait un petit peu inconséquent de
demander à un comité qui n'a pas cette expertise-là de se priver d'une
expertise qui est dans le ministère auquel elle sera maintenant associée.
Bref, malheureusement,
incompréhension du rôle du comité consultatif et des Ressources naturelles et
celui qui travaillera en étroite collaboration aussi avec le ministère de
l'Environnement...
Mme Ghazal : J'ai une question simple, juste oui ou non comme réponse. Le comité
consultatif qui est constitué en vertu, là, de l'article 15.0.1, celui
qui conseille le ministre de l'Environnement sur les changements climatiques, est-ce qu'il peut,
de son propre chef, émettre un avis sur le plan directeur?
M. Charette : Tout à fait, tout
à fait. Et ça, on l'a mentionné...
Mme Ghazal : Bon. Donc, ce
n'est pas deux choses totalement différentes, comme dit le ministre.
M. Charette :
Bien, c'est-à-dire, c'est très différent. Donner un avis et le rédiger, c'est
deux choses complètement différentes.
La rédaction va se faire, accompagnée d'une expertise poussée. Donc, c'est
très, très différent de dire : Ils auront droit de donner leur avis versus
mettre en place une politique de transition énergétique, là, ce sont deux
finalités complètement différentes.
Mme Ghazal : J'ai une autre
question : Est-ce qu'il pourrait donner son avis sur ce que doit contenir
le plan directeur?
M. Charette : Tout à fait. Et
ça, on en a longuement discuté, mais, encore là, «ce que devrait contenir» et «élaborer», c'est deux choses différentes.
Contenir, ça veut dire : Idéalement, ce plan directeur là devrait aborder
tel, tel enjeu, mais c'est loin de vouloir dire : Élaborer la
stratégie ou le plan d'action qui doit en découler.
Donc, ce sont
deux mandats complètement, complètement différents qui sont complémentaires,
très certainement, mais qui ne pourraient pas être assumés par un seul
des deux comités. Les deux comités ont leur pertinence.
Mme Ghazal : Ils peuvent... Ce
comité consultatif qui conseille le ministre de l'Environnement sur la lutte aux changements climatiques peut donner son avis
sur ce que doit contenir le plan directeur.
C'est ce que le ministre dit, il dit
que oui. Moi, ce que j'écris dans l'amendement, c'est : Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles consulte ce comité-là, qui conseille le ministre de l'Environnement sur la lutte aux changements climatiques, il le
consulte pour le conseiller dans
l'élaboration de ce plan directeur. Ça ressemble pas mal à donner son avis sur
ce que doit contenir le plan directeur. Ce n'est pas écrit : Il
élabore et il écrit le plan directeur, ce n'est pas ça qui est écrit. Donc, le ministre
me dit : Oui, ils peuvent donner leur
avis sur ce qu'il doit contenir, mais ils ne peuvent pas conseiller le ministre.
Je ne vois plus de différence, vraiment.
M. Charette : ...dire autrement. Pourquoi on crée ce comité-là
pour conseiller et pour accompagner le ministre
de l'Environnement? C'est pour avoir
un regard extérieur. Ce serait difficile d'avoir un regard extérieur sur quelque chose qu'on a mis nous-mêmes de l'avant, en quelque sorte. Donc, ça
doit être deux entités différentes, c'est complémentaire, mais ce
mandat-là ne pourrait pas être réalisé par une seule et même instance.
Mme Ghazal : Je regarde, par exemple, le mémoire de la
Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, avec monsieur... je pense, c'est Pierre-Olivier
Pineau, là, je ne vois pas son nom, mais... oui, exact, Pierre-Olivier Pineau.
Et ce qu'ils disent par rapport au comité consultatif, les deux, il y en a un que c'est beaucoup
mieux défini — le
ministre doit être content que je dise ça — et
l'autre qui est on ne sait pas trop combien de personnes, qui, quoi, qu'est-ce qu'ils font, combien de temps, on n'a absolument aucune idée, c'est le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles qui fait ce qu'il veut.
Et, eux, ce qu'ils marquent dans leur mémoire,
c'est... ce qu'ils proposent, c'est qu'il y ait comité consultatif unique : «Dans une perspective de cohérence
et d'efficience, le gouvernement ne devrait mettre sur pied qu'un seul comité
consultatif, soit un comité consultatif sur les changements climatiques et la
transition énergétique», parce que ces deux
sujets ne sont pas si différents que ça — comme tente de nous faire croire le
ministre — c'est
pas mal... on est pas mal dans les mêmes sujets. Donc, c'est ce qui
devrait être mis sur pied : «...un comité consultatif sur les changements climatiques et la transition énergétique, au lieu
d'un comité consultatif sur les changements climatiques et un autre comité
consultatif pour le plan directeur en transition, innovation et efficacité
énergétiques.»
Donc, c'est tout à fait... Mon amendement est
une proposition tout à fait raisonnable et possible.
M. Charette : ...pour le
Pr Pineau, avec qui on est en communication, mais là-dessus je ne partage
pas... Et je ne suis pas tout à fait certain
qu'il souhaiterait un libellé comme celui que la collègue de Mercier retient,
mais, dans tous les cas, beaucoup de
respect pour lui, mais convaincu qu'on doit avoir deux instances différentes
avec deux mandats différents, un qui permet d'analyser, de commenter
l'autre. Il faut garder cette distance-là, il faut garder cette objectivité-là pour s'assurer des
meilleurs résultats, justement.
Mme Ghazal : Puis qui va donner
un avis extérieur sur le plan directeur?
M. Charette : Bien, le comité consultatif qui a fait l'objet,
là, des premiers articles du projet
de loi sera tout à fait, tout à fait habilité à le commenter, ce plan directeur là en
transition énergétique. C'est ce qu'on dit depuis le début. C'est une instance qui aura totale latitude pour
aborder le sujet qu'il souhaite, pour une seule et même raison : atteindre
l'objectif de 37,5 % de réduction.
Donc,
si jamais ce comité-là devait conclure que le plan directeur en transition
énergétique n'aborde pas les bons sujets, n'aborde pas les bonnes approches,
entièrement convaincu qu'il saura en faire mention dans un avis, parce que
ce comité-là doit s'assurer qu'on se rapproche de la cible et qu'on
l'atteigne. Donc, si la transition énergétique, qui est incontournable, là, dans notre exercice, ne nous aide pas à l'atteindre,
le comité scientifique sera là pour nous le rappeler, je suis convaincu.
Mme Ghazal : Mais le comité consultatif, vu qu'il est libre
dans les avis qu'il veut donner, pourrait décider de ne pas faire d'avis public
sur le plan directeur. Maintenant, ma question : Est-ce
que le ministre de l'Environnement va
lui demander d'en faire un sur le plan directeur de son collègue?
M. Charette : En fait, ce que... Je ne veux pas reprendre les
débats, là, qui ont fait l'objet, là, de plusieurs heures d'échange. C'est un comité qui sera totalement
indépendant et qui devra, de par ses avis, faire en sorte qu'on se rapproche
et qu'on atteigne notre objectif.
Donc,
si ce comité réalise que le plan directeur en transition énergétique fait
fausse route, ce sera de son devoir et de sa responsabilité de le
signifier par avis, et là aussi on l'a maintes fois répété, un avis qui sera
systématiquement rendu public. Donc, ça va
se savoir. Si ces experts-là concluent qu'on va dans la mauvaise direction en
matière de transition énergétique, soyez assurés qu'on le saura bien
assez rapidement à travers un avis public.
Mme Ghazal :
Mais tout ça est aléatoire parce qu'il pourrait, le comité, si le ministre de
l'Environnement ne lui donne pas suffisamment de ressources... Parce que c'est
écrit qu'il va lui donner les ressources que le ministre lui-même juge nécessaires,
ça va dépendre de ces ressources-là, il pourrait dire : Bien, il y a
tellement de chats à fouetter sur la lutte
aux changements climatiques, et, comme ça ne lui est pas imposé de regarder
le plan directeur, il pourrait ne pas donner d'avis public. C'est une
possibilité.
M. Charette : La collègue aime souvent évoquer des scénarios très, très
peu probables, mais, non, dans un projet
de loi, on ne peut pas tout inscrire, mais, si la transition énergétique est un
incontournable, je pense qu'on est tous d'accord à ce niveau-là, et si le gouvernement devait mettre de l'avant un plan en transition énergétique qui
nous éloigne ou qui ne nous permet pas de se rapprocher de notre
objectif, soyez assurés... C'est le mandat du comité scientifique de nous
donner l'heure juste sur l'approche qui est retenue, donc soyez assurés qu'il
le fera.
Et, en termes de
moyens, on a largement abordé ces questions-là aussi par le passé. C'est un
comité qui disposera des moyens nécessaires, qui sera constitué de sorte
d'avoir toute l'autonomie nécessaire. Donc, il n'y a pas d'inquiétude à y
avoir, mais il faut maintenir ces deux instances-là, sinon on échapperait une
belle opportunité.
Mme Ghazal : Juste pour corriger ce qui est écrit dans l'article
dont on a discuté beaucoup, puis je ne veux pas en rediscuter, c'est que le
comité... que «sont mises à la disposition du comité les ressources que le
ministre juge nécessaires» et non pas les ressources nécessaires. Les
ressources que le ministre juge nécessaires, c'est ce qui est écrit. Donc...
M. Charette :
Juste une petite correction à ce niveau-là. Quand on regarde des instances
semblables, c'est souvent la façon dont on
le présente. Si on s'était limité à la formule «les fonds nécessaires»,
bien — et
on l'avait eu, ce débat-là — c'est
les fonds nécessaires aux yeux de qui? Tout le temps, on trouverait
des gens qui en souhaiteraient plus, c'est bien certain, mais il fallait
le baliser.
avec les garanties, les propos qui sont échangés en commission parlementaire peuvent très,
très bien servir à interpréter la volonté du législateur. Et, à ce niveau-là, j'ai été très clair pour dire qu'ils auront les moyens à leur
disposition pour bien s'acquitter de leur travail, mais, avec le phrasé
que souhaiterait peut-être la collègue, ça laisserait place à beaucoup trop
d'interprétation.
Mme Ghazal :
Donc, pour résumer, il y avait une table des parties prenantes qui conseillait
TEQ et aussi le ministre dans l'élaboration, la rédaction du plan
directeur. Et il y avait toute une façon d'être constitué :
15 membres, des experts, il y
avait des conditions. Tout ça est mis de côté, on l'enlève, et tout ce qu'on
fait, c'est : il y a un comité consultatif que le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles décide de tout, qui est là-dessus,
quelle expertise, comment ils se
rencontrent, combien de temps ils sont présents, ce n'est pas permanent. Et
donc c'est ce que ce projet de loi fait.
moi, j'arrive avec mon amendement pour dire : Bien, est-ce qu'on peut
mettre un peu des garde-fous? Notre objectif... mon objectif, quand
j'interviens, ce n'est pas juste de voir des catastrophes, ça fait
partie de
notre travail de législateurs de poser des
questions, de s'assurer que les risques qui peuvent être posés par ce projet de
loi là, où on se retrouve avec
beaucoup moins de transparence, beaucoup moins d'oeil extérieur, justement,
parce que ce n'est pas défini
dans la loi, alors que ça l'était par le passé, ça fait
partie de notre
travail.
peu comme le Vérificateur général est venu en commission avec un mémoire pour
dire : Faites attention, je vous l'avais déjà dit dans le passé, il y a
des choses qui n'étaient pas claires, par
exemple, dans le rôle du Conseil de gestion du Fonds vert, ce que je vous avais dit dans le passé s'est
avéré, maintenant, je vous dis : Faites attention à ça.
Et c'est exactement l'objectif de mes interventions dans la commission.
Et l'objectif
aussi de cet amendement-là, ce n'est pas juste de voir des scénarios
catastrophe, c'est des risques que je
vois qui peuvent totalement s'avérer, et ça fait
partie de notre travail ici,
comme parlementaires, de les soulever et que le ministre y réponde.
Aucunement
convaincue par les arguments du ministre qu'il ne cesse de répondre. Je l'ai déjà vu,
Mme la Présidente, avoir des
arguments un peu plus touffus et un peu plus convaincants, disons.
M. Charette : Malheureusement, la collègue de Mercier saute à des
conclusions qui, à la lecture du projet
de loi, sont malheureusement
erronées. Lorsqu'elle dit : Le comité ne sera pas permanent, rien
n'indique qu'il ne sera pas permanent. On ne précise pas s'il le sera, mais ce
sera selon les besoins du ministre.
Il ne faut pas oublier une chose, c'est qu'on
change complètement la structure. On était en présence d'une structure extérieure au ministère,
c'est-à-dire Transition énergétique
Québec, comme société d'État. On parle maintenant d'intégrer ces mandats-là
aux Ressources naturelles. Donc, ce comité-là, il a à sa disposition une
infrastructure, une expertise à proximité.
Donc, la réalité n'est pas la même, les besoins ne seront pas les mêmes, mais
ce sera au ministre des Ressources
naturelles de les identifier. Et lui aussi doit réussir dans son mandat, et
c'est là où, malheureusement, on semble oublier les articles précédents.
On travaille tous dans une même direction, en fonction d'une seule et même
politique-cadre, avec, oui, une politique de transition énergétique à mettre en
place et avec une obligation de résultat.
On a donné, à l'article précédent, des pouvoirs
au ministre des Ressources naturelles pour qu'il puisse avoir les pouvoirs de ses ambitions, mais n'oublions pas
que, dans les articles précédents, dans les premiers articles du projet
de loi, on est venus aussi donner des
pouvoirs au ministre de l'Environnement dans l'éventualité où les ministères et
organismes ne livrent pas ce qu'ils
doivent livrer, un pouvoir d'imposer des consignes et des orientations. Donc,
il ne faut pas oublier ces éléments-là.
Donc, ce
n'est pas si ça lui tente, un matin, de faire ceci, il aura l'obligation de ces
résultats. Et on a amplement de courroies de protection pour s'assurer
de l'atteinte des objectifs.
Mme Ghazal : Il y a juste un mot que le ministre
a dit, il peut... Le ministre de
l'Environnement peut imposer. Moi, ce
que je sais, c'est qu'il doit assurer la cohérence. Il y a beaucoup
d'obligations de résultat, mais les moyens, à part seulement
envoyer des informations ou des directives et les imposer...
M. Charette : Je ne relirai
pas...
Mme Ghazal : De telles directives lient les ministères
et les organismes publics. Puis, s'ils ne les font pas, donc, il y a
une conséquence.
M. Charette : Quand une
directive lie les ministères et organismes, ce n'est pas un caprice, là. C'est
qu'ils auront à y donner suite, ils seront
soumis à ces directives-là. Donc, ça, c'est ce qui a été précisé dans les
premiers articles du projet de loi qu'on
ne doit pas perdre de vue. On aura aussi, naturellement, d'autres niveaux de
décision. Donc, les acquis des premiers articles du projet de loi, on
les maintient, là. Ce sont des articles qui ont été adoptés en bonne et due
forme.
Mme Ghazal : Non, mais c'est
bien de se les rappeler, puis c'était lié.
Par rapport
au comité consultatif, je dis que c'est obscur. C'est que, ce comité-là, de la
façon qu'il va être constitué, est-ce qu'il va être permanent, temporaire,
toutes ces décisions-là vont être des décisions arbitraires du ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles? Et c'est d'où mon inquiétude.
M. Charette :
Là aussi, je ne suis pas d'accord avec le choix des mots. Ça ne sera pas
arbitraire. Il faudra qu'il soit en mesure de réaliser son mandat. Donc, ce
n'est pas au gré de son humeur un matin plutôt qu'un autre, c'est... Il
aura l'obligation de livrer son mandat.
Donc, il va se donner tous les moyens à sa disposition pour être le mieux
accompagné possible. Si ça doit être
un comité permanent, ça sera un comité permanent. Si ça doit être un comité ad
hoc pour l'élaboration, ce sera ça.
Et je vous donnais l'information la semaine
dernière, vendredi dernier. Là, on est en présence d'un comité permanent mais
qui ne se réunit pas forcément, là, de façon régulière, là. On l'a vu, ils
peuvent être très longtemps sans se réunir.
Donc, il ne faut pas se fier au choix du mot «permanent» ou pas. Il faut se
convaincre qu'on retient la bonne formule,
tout simplement. Donc, un comité permanent qui ne se réunit pas, il est
permanent sur papier, mais il doit se réunir quand c'est approprié de le
faire. Et c'est ce qu'on propose à travers l'article en question.
Mme Ghazal :
Juste... Le ministre répète souvent que le ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles doit quand même livrer des résultats, c'est ce qu'on lui
impose. Le ministre de l'Environnement aussi doit livrer des résultats. Pourquoi lui, le comité consultatif, on lui donne
vraiment le mandat, puis tout est écrit dans le projet de loi pour la lutte
aux changements climatiques : le comité
consultatif qui donne des avis au ministre de l'Environnement? Pourquoi on ne
fait pas la même chose pour le ministre de l'Énergie?
Je sais que
le ministre le répète, mais je n'arrive pas à le comprendre. Il me dit :
Bien non, mais le ministre de l'Énergie
et des Ressources naturelles, on lui donne des obligations de résultat. Il doit
s'assurer de livrer la marchandise,
mais le ministre de l'Environnement aussi. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas dit la
même phrase pour le ministre de
l'Environnement : Il constitue un comité consultatif qui va le conseiller
sur la lutte aux changements climatiques, point?
M. Charette :
En fait, c'est vrai que j'ai eu l'occasion d'y répondre à plusieurs reprises,
mais je vais tenter d'amener mon explication avec une illustration
complètement différente.
un «si», on avait deux comités calqués l'un sur l'autre dans sa composition ou
dans ses statuts, imaginons le scénario
suivant. Si ces deux comités-là arrivaient, de façon régulière, à des
conclusions différentes, voire des conclusions qui s'opposent, on serait bien
embêtés de devoir trancher. Et, sans dire que c'est ce qui s'est produit, c'est
quand même ce type de confusion là
qui régnait avec une multitude d'acteurs en présence, soit le conseil de
gestion versus TEQ, et autres. Il y avait des conflits d'interprétation
et de perception.
Donc, ce que
l'on dit, le comité de scientifiques et le comité scientifique auront un regard
complètement libre sur l'ensemble de l'action gouvernementale en termes de
changements climatiques. Ce sont des gens qui seront recrutés pour leur
indépendance, qui seront recrutés pour leurs compétences et pour ce qu'ils
pourraient amener comme individus, comme solutions ou comme éclairages.
Donc, moi, je veux ce parapluie-là qui va
couvrir aussi l'action du plan directeur en transition énergétique. Donc, on ne pourrait pas avoir les mêmes mandats,
on ne pourrait pas avoir le même détail. Je ne dis pas que ça créerait...
mais ça pourrait très certainement mettre en
place des positions contradictoires. Donc, nous, on veut ce regard complètement,
complètement objectif.
Et il ne faut pas oublier, au niveau de la table
des partenaires, on n'a pas forcément... C'est des gens très précieux, là, mais ce ne sont pas forcément des
scientifiques, ce sont des gens experts dans leurs domaines. Tantôt, ce sera
des experts dans tel domaine, et autres,
pour couvrir l'ensemble de l'action en transition énergétique, mais on n'a pas
le même type de profil dans les deux
comités et on n'a pas les mêmes mandats non plus dans les mêmes comités. Et il
faut que cette distinction-là se fasse pour être bien certain, là, qu'il
n'y ait pas cette confusion-là.
Puis on a parlé de l'importance de la
mobilisation, on a parlé... Ça, c'est davantage au niveau des experts du comité scientifique qu'on veut avoir ce profil-là,
alors qu'au niveau du comité qui va accompagner mon ou ma collègue aux Ressources
naturelles ce sera une science nettement plus appliquée dans le quotidien.
Comment, par exemple, on peut faire en sorte
que le pourcentage de gaz naturel renouvelable passe graduellement
de 3 %, à 4 %, à 5 %, à 10 % et, on
peut deviner, au-delà au fil du temps? Ça, c'est des gens de terrain. Donc, il
y a un profil complètement, complètement
différent, là, dans les deux cas.
Ghazal : Mais, en fait, on
ne le sait pas, quel va être le profil du comité consultatif qui va être
constitué selon les conditions du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. Avant, la Table des parties prenantes le disait,
maintenant on ne le sait pas. Donc, peut-être que lui, il va vouloir des
scientifiques experts, ou peut-être des gens plus
du terrain, ou peut-être même prendre les mêmes membres qui étaient à la
table, peu importe, on ne le sait pas. Le ministre pense qu'il va faire
la même chose que ce qui était dans la Table des parties prenantes, mais ce
n'est pas écrit. Donc, on ne le sait pas, qu'est-ce qui va arriver dans
quelques années, peut-être que ça va être différent.
Puis le ministre
a dit que, si on a deux comités, ils peuvent se contredire, il y a ce risque-là
s'ils sont constitués tous de la même façon, mais, dans le projet de loi, même s'il y a en a un où on précise comment il est constitué
puis l'autre, on ne le précise pas, mais il va être constitué de toute façon
selon les désirs du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. C'est exactement
la raison pour laquelle M. Pineau dit : Il faut un comité consultatif
unique. C'est exactement pour contrer le risque que le ministre
lui-même vient de nommer où il pourrait y avoir une incohérence. Donc, quand même
qu'il y en a un que toute la constitution n'est pas écrite dans le projet de loi, il va quand même exister un deuxième comité, qui
pourraient, les deux, se contredire, c'est juste qu'on ne le saurait pas parce
qu'ils ne feront pas d'avis public, eux,
contrairement aux autres. Donc, cet argument de manque d'incohérence, avec le projet de loi tel quel, il est tout à fait présent. Et donc je ne comprends
pas l'argument du ministre.
M. Charette : En fait, moi, je
ne comprends pas le point de vue de la collègue. Moi, je vais résumer celui du gouvernement
très, très simplement ou je vais le ramener à ma propre expérience et peu
importe la responsabilité que j'occupe. Si,
un jour, j'hérite d'un mandat x, je vais m'assurer d'avoir les bons outils
à ma disposition pour bien m'acquitter de ce mandat-là.
Donc, je vais résumer la situation ainsi, on
aura un ou une ministre des Ressources naturelles avec un mandat particulier, elle aura l'obligation de se doter
des bons outils pour bien s'acquitter de son mandat. C'est aussi simple que
ça, alors que le comité scientifique est,
lui, un comité parapluie qui aura un droit de regard, là, sur l'ensemble de
cette action-là. Et, si le comité de scientifiques dit un jour :
Écoutez, le comité qui a été mis de l'avant par le ou la ministre des Ressources naturelles, ça n'a juste pas
d'allure, de la façon dont il a été constitué ou de la façon dont il travaille,
parce que ça ne donne pas les bons résultats, bien, il sera tout à fait
libre de le faire et de justifier sa position.
Mme Ghazal :
J'ai une dernière question : Le
travail du comité consultatif sur la transition
énergétique, tout ce qu'ils vont
faire, il va y avoir combien de personnes qui vont être autour de la table, est-ce que
ça va être publié, ça?
M. Charette : Bien, en fait, ce qu'on a mentionné vendredi
dernier, c'est que ce travail-là va prendre la forme de la politique... du plan en transition
énergétique. Donc, oui, assurément,
ce plan-là va être publié. Et on a même, dans les articles précédents, mentionné tout ce qu'il doit
contenir. Donc, oui, ce sont des éléments qui, naturellement, seront
rendus publics.
Mme Ghazal : Excusez-moi, je
pense que le ministre n'a pas, en fait, compris ma question, je vais être plus claire. Je ne parle pas du plan directeur qui va
être rendu public. Quand il va constituer son comité, puis il va y avoir du
monde autour, des personnes, est-ce que...
puis ils vont faire de la job, du travail, est-ce que... Pas juste qu'est-ce qu'ils vont faire, non, ça, je vais le laisser de côté parce que là le
ministre va penser que c'est le plan directeur. Est-ce que... Les gens qui vont être
autour du comité consultatif, les personnes, leur expertise, tout ça, est-ce
que ça va être rendu public ou on ne le saura jamais?
M. Charette :
...composition du comité en question?
M. Charette :
Ce sera tout à fait possible de demander au ou à la ministre qui compose ce
comité-là. Ce n'est pas précisé parce
que ce n'est pas connu à ce moment-ci, mais c'est une question qui se pose très
bien. Et je suis convaincu que, peu
importe la personne en poste, elle sera en mesure de mentionner qui
l'accompagne, en autant que ces personnes-là... On l'avait mentionné
aussi au moment d'adopter les précédents articles sur le comité scientifique,
c'est au nom de qui ces gens-là travaillent.
Si c'est en leur propre nom, est-ce qu'ils représentent... Donc, il pourra
peut-être y avoir des éléments à ce
niveau-là, mais convaincu que la question se pose et convaincu que le ou la
collègue saura y répondre après avoir réuni les personnes qu'il ou elle
juge les mieux placées pour l'accompagner dans cette démarche-là.
Mme Ghazal :
Donc, ça serait possible, mais ça serait possible que non, qu'on ne le sache
pas, il n'est pas obligé. C'est-à-dire que ça serait possible, mais ça serait
possible que non, mais, si le gouvernement trouve que c'est important qu'on le sache, est-ce que c'est...
est-ce qu'il accepterait, par exemple, qu'il y ait un amendement qui dise... et
qu'il publie les noms des personnes qui seront au comité consultatif? Est-ce
que ce serait quelque chose d'acceptable vu que ça a l'air que c'est évident? Puis j'ai vu quelqu'un de l'équipe
du ministère qui me disait : Oui, oui, ça va être public.
M. Charette :
En fait, moi, je ne juge pas à-propos d'ajouter un amendement à ce sujet-là. La
question se pose et elle sera
répondue lorsqu'elle sera posée, tout simplement. Il n'y a pas d'élément à
préciser. Autrement, on viendrait réellement rentrer dans un fin détail,
là, qui n'est pas nécessaire à travers le présent projet de loi.
Mme Ghazal :
J'ai dit : Une dernière question, puis finalement ça ne finit pas. Dans la
dernière... la table, les membres de la table des parties prenantes, on
dit : «Une personne ne peut être nommée au sein de la table si elle est employée par un distributeur d'énergie, par le gouvernement ou un organisme, sauf si, dans ce dernier cas, il s'agit d'un organisme qui n'est pas susceptible d'être
responsable d'un des programmes ou mesure du plan directeur.» Est-ce que cette condition-là, donc... Parce que le ministre a dit : Ces
gens-là pourraient être là de leur propre chef ou en tant que
représentant de groupe ou peut-être distributeur d'énergie. Est-ce que ça va
être possible qu'au sein du... ce comité consultatif
qui va conseiller le ministre dans l'élaboration du plan directeur, ça pourrait
être des gens qui représentent un distributeur d'énergie? Il pourrait y
avoir des gens d'Hydro-Québec?
M. Charette :
En fait, c'est selon le résultat, on aura besoin de tel ou tel type
d'expertise. Moi, je ne veux même pas me
prononcer sur quels seraient les besoins du ou de la ministre des Ressources naturelles. Il aura ou
elle aura à livrer un plan. Donc, il
va réunir... cet individu-là va réunir les bonnes personnes, mais je ne veux
pas commencer parce que ça laisse
place... Si on introduisait des amendements de cette nature-là, ça pourrait
laisser place à une multitude d'autres amendements,
alors que là on a la formule adéquate. On a les obligations de résultat qui ont
été abordées, là, aux articles 42,
43, et le titulaire de cette charge ministérielle là sait ce qui est attendu
pour la suite. Et je suis convaincu que cette personne-là va réunir la
bonne expertise autour de lui pour y parvenir.
Mme Ghazal : Donc, avant, pour conseiller TEQ dans l'élaboration
du plan directeur, on ne voulait pas qu'il y ait des gens qui pourraient avoir des conflits d'intérêts ou favoriser une
certaine forme d'énergie ou une autre, mais maintenant ces conditions-là
ne sont plus présentes. N'importe qui pourrait être autour de la table
dépendamment des besoins du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
C'est ce que je comprends.
M. Charette :
Mais l'obligation de résultat, elle, est précisée. Donc, la personne va se
gouverner en fonction de ce qu'il
doit ou ce qu'elle doit livrer comme résultat, mais, encore une fois, on est
très, très différent de la dynamique d'une société extérieure... une
société d'État extérieure au ministère. Toute cette expertise-là sera
maintenant présente à proximité, donc encore
mieux placée pour accompagner les besoins, là, de ce comité qui accompagnera le
ministre pour l'élaboration, là, de son plan directeur.
Mme Ghazal :
Le ministre répète souvent — là, ça va être vraiment la dernière
fois — qu'il y
a une obligation de résultat de la
part du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. Il y en avait une
de la part de TEQ. Est-ce que le ministre convient que TEQ a livré les
résultats qu'il devait livrer?
M. Charette :
En fait, là, on revient à des questions nombre fois posées. Donc, la réponse,
elle a été donnée, et oui. Et ce
qu'on a... ce que j'ai moi-même répété malheureusement trop souvent, ce qui fonctionne bien chez TEQ, on
le maintient. Et on a transféré, il y a
trois articles de ça, tous les mandats de TEQ aux Ressources
naturelles et Transition énergétique. Donc, on maintient ce qui
fonctionne bien à cet égard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. Peut-être
avant de donner la parole au député de Robert-Baldwin, il y avait le député de Bourget qui souhaitait sauter
dans l'échange. Donc, je vais lui permettre d'amener son commentaire. M.
le député de Bourget.
M. Campeau : Merci, Mme
la Présidente. Juste un commentaire.
La science du climat est une chose qui évolue beaucoup. Je vais juste
prendre un tout petit exemple. Il y
avait un article,
récemment, sur l'absorption du CO 2
par les océans. Finalement,
on s'aperçoit que ce qu'on avait dit il
y a quelques années, ce n'est plus ce
qu'on dit maintenant, et ça évolue. C'est juste un exemple.
Alors, dans
cet esprit-là, si le comité qui conseille le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, qu'il soit choisi avant, imposé, ou quoi,
peu importe, arrive avec des centaines d'idées qu'ils vont soumettre au ministre,
et je m'attends à ce qu'il y en ait des tas,
si, au cours des années, il n'est jamais contredit par le comité consultatif
qui est en bonne et due forme, qui va conseiller le ministre de
l'Environnement, ça va me surprendre.
Il va y avoir
un certain moment où il va y avoir débat. Il y en a qui vont appeler ça des
incohérences. Moi, j'appellerais ça
plutôt de la transparence. Alors, ça va arriver, c'est correct que ça arrive,
et ça sera une façon d'avoir de l'information qui ne sera que meilleure.
Alors, de se demander s'il va y avoir des
incohérences à ce moment-là, comme ce qui a été mentionné tantôt, bien, je vous dis : Oui, peut-être
qu'il va y avoir différents points de
vue. Tant mieux, ça va aider à faire
avancer le débat. Je ne vois pas de problème avec ça, mais absolument
pas, je n'y vois que de la transparence. Voilà.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député de Bourget. M. le
député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je serai bref, vraiment. J'ai suivi avec
intérêt l'échange entre la députée de Mercier et le ministre de l'Environnement
en ce qui concerne l'amendement qui est proposé et je dois vous dire que je penche plutôt du côté de la députée de
Mercier. Je pense que son amendement est tout à fait approprié. Donc,
nous, nous serions prêts à le soutenir, nous aussi.
Et j'aimerais
juste dire trois choses, faisant un peu du pouce sur ce que le ministre a dit
lui-même. À un moment donné, il a dit
que, puisqu'on change les structures,
donc, il va falloir s'adapter, et tout ça, avec ce comité consultatif, mais
voilà le problème, c'est qu'on change des structures. On n'avait
pas besoin de changer les structures, TEQ fonctionnait très bien.
Je sais qu'on en a discuté abondamment, on ne va pas revenir, mais je voulais quand même
le mentionner, que le problème, c'est qu'on change la structure, on
élimine quelque chose qui fonctionnait bien.
Maintenant, puisqu'on change les structures,
dans ce cas-là, faisons-le au moins... minimisons les dégâts ou les risques. Et de là, comme la collègue l'a
mentionné, je pense que Pr Pineau était très clair, dans ce cas-là, mieux
vaut avoir un seul comité. Et, je pense, ça serait tout à fait approprié
que le comité consultatif qui a été créé un peu plus tôt dans le projet de loi, ce comité-là pourrait très bien conseiller le
ministre de l'Énergie. Il n'y a pas d'obligation que ce soit le comité
qui prépare le plan directeur, c'est le ministre qui prépare le plan directeur,
mais ce serait tout à fait approprié que,
dans ce processus-là, il consulte le comité pour, justement, éviter les
possibles contradictions et incohérences.
Finalement, le ministre aussi nous dit souvent
qu'on n'a pas besoin de s'inquiéter, que tout va bien se passer, le gouvernement va bien prendre soin de nous tous,
bienveillant. C'est très bien, là, et je le prends... je n'en doute pas,
de sa bienveillance, mais il ne sera pas là toujours. Et mieux vaut, dans un
projet de loi, être plus spécifique.
Donc, je suis
inquiet, je suis un peu inquiet et j'aurais souhaité que... On a déjà apporté
plusieurs amendements à ce projet de
loi, et je pense que celui-ci aussi irait dans la direction de diminuer un peu
nos inquiétudes. Voilà, merci.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. M. le ministre, non? Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement de la députée de Mercier? Je vais donc
procéder à sa mise aux voix... M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, j'aurais une simple question, donc, que j'aimerais peut-être poser au ministre. Donc, quand on dit qu'il
constitue... que le ministre «constitue, aux conditions qu'il détermine,»
quelles peuvent être ces conditions?
M. Charette : J'aime beaucoup,
beaucoup mon collègue de Viau, mais là on revient sur des questions qui ont été largement débattues. Je vais y aller très,
très succinctement, parce que c'est la première fois, là, que lui-même prend
la parole sur cet amendement-là, mais je vais répéter. Le ministre ou la
ministre aura une obligation de résultat, aura un livrable, c'est-à-dire produire une politique en transition énergétique
qui nous permet d'atteindre les objectifs. Donc, il aura ou elle aura à réunir les bonnes personnes
autour de lui ou d'elle. Donc, c'est le premier et seul critère : avoir
les bonnes personnes aux bonnes places pour s'assurer qu'on atteint nos
objectifs.
Ce que lui ou elle conviendra, comme besoins...
Et c'est même impossible à prédire aujourd'hui. N'oublions pas que l'actuel...
ce qui nous guide en termes de transition énergétique est valable jusqu'en
2025. Donc, se risquer à vouloir s'immiscer
dans la composition d'un comité, de dire ce qu'il devra contenir comme pratiques,
et autres, c'est se risquer à improviser et c'est ce qu'on ne veut pas faire.
Imaginons le scénario où on vient édicter... où on vient constituer un comité en vertu de notre lunette de 2020 alors
que l'exercice se fera en 2025, on risque plus de faire... on risque de faire
davantage d'erreurs que d'aider le dossier.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député.
M. Benjamin : Merci, Mme
la Présidente. Mme la Présidente, ce que j'ai entendu comme élément de réponse... je remercie M. le ministre de sa réponse, mais ce que j'ai entendu comme
élément de réponse, il me semble que... il semble avoir parlé des besoins,
mais, en fait, ce n'est pas le ministre... Ce qu'on a devant nous, ce n'est pas
«le ministre constitue pour les besoins
qu'il détermine». Donc, c'est que ce qu'on a devant nous, comme élément de
l'article, c'est plutôt :
le ministre «constitue, aux conditions qu'il détermine,» c'est-à-dire, c'est lui qui déterminera les conditions dans lesquelles un
comité consultatif devra être constitué.
donc je soutiens totalement, donc, justement, l'amendement qui est devant
nous, parce que c'est un amendement
qui vient baliser, encadrer, préciser
davantage, tandis que là on est plutôt... c'est remettre au ministre. Donc,
quand on dit que c'est lui qui constituera aux conditions qu'il pourra
déterminer, et tandis que la réponse que j'ai entendue du ministre, c'est plutôt pour les besoins qu'il
aurait à déterminer, donc, et tandis que là on parle plutôt de conditions dans
lesquelles un comité consultatif devrait être constitué, ce que je trouve, et
comme l'a rappelé si bien mon collègue de Robert-Baldwin... est très évasif.
j'aimerais peut-être que le ministre nous dise pourquoi est-ce que,
pour lui, donc, comme ministre de l'Environnement, il aura... c'est bien encadré, le comité consultatif qui aura à
travailler avec lui, tandis que, dans ce cas-ci, il remet au ministre... c'est au ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles qui aura à définir les conditions. Et ça, moi, pour moi,
c'est le mot «conditions», donc, qui n'est pas «les besoins». Donc, voilà.
Présidente (Mme Grondin) : ...M. le député. M. le
ministre.
M. Charette : Je vous invite à apporter toute l'attention
nécessaire aux choix des mots et à leur définition. À partir du moment où on
réunit les bons éléments, on a de meilleures chances d'atteindre les résultats.
Et c'est ce qu'on précise à travers l'article original, qui est
l'article 44.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci,
M. le ministre. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la
mise aux voix de l'amendement.
M. Leitão :
Par appel nominal.
La Présidente
(Mme Grondin) : Par appel
nominal, demandé par le député de Robert-Baldwin. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Oui. Pour, contre, abstention. Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Caron (Portneuf)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
M. Reid (Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
Secrétaire : Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente
(Mme Grondin) :
Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 44,
donc... à l'article, pardon, 17.1.4 de l'article 44. Y a-t-il des
interventions?
M. Leitão : Une intervention rapide, Mme la Présidente. Très
bien, donc on revient à 17.1.4. Donc, maintenant, on a comité consultatif qui sera créé aux
conditions que le ministre va déterminer. Bon, très bien. Pas très bien, pas
bien du tout, mais voilà. Et puis, après ça, on dit que «le plan
directeur contient notamment», et puis il y a toute une série d'énoncés de ce
que ce plan directeur doit contenir.
Moi,
il y a juste deux choses que j'aimerais relever ici, la 5° et la 7°. Commençons
par la 7°, la 7° que, donc, ce plan
directeur doit contenir «la liste des sujets de recherche prioritaires en
matière de transition, [...]innovation et [...]efficacité énergétiques». Ça,
c'est très bien, oui. Raison de plus pour que le comité consultatif du ministre de l'Environnement, composé de scientifiques, puisse conseiller le ministre de l'Énergie, parce qu'en termes de sujets de recherche
prioritaires ça aurait été très utile d'avoir l'avis de ce comité-là.
L'autre
élément, le 5°, ça, je trouve très intéressant. Nous avons passé beaucoup de
temps, la semaine dernière, j'oublie
quel jour, à parler, justement, là... Moi, je voulais essayer de convaincre le ministre que ce plan directeur là devait... On
devait trouver un moyen de faire en sorte que les gens de TEQ qui vont migrer
vers le ministère de l'Énergie soient impliqués de façon formelle dans
la préparation du plan directeur. On nous avait répondu que ce n'était pas
nécessaire, qu'on ne va pas parler d'organigramme dans un projet de loi, etc.
Bon, je n'étais pas d'accord, mais on en a parlé longuement là-dessus, et je ne
veux pas revenir sur cette discussion-là.
Mais
là qu'est-ce que je vois ici, au 5°? Que le plan directeur doit contenir, «la
désignation»... au 5° paragraphe, «la
désignation du responsable de la mise en oeuvre de chaque programme...» Bien,
là, on joue un peu dans l'organigramme. Je n'ai rien contre, je n'ai
rien contre la désignation du responsable, tout à fait, mais c'est ce que je
disais avant aussi, que ça aurait été nécessaire. Donc, juste souligner ça,
que, quand on veut, on peut, dans un projet de loi, inclure une précision comme celle-ci et donc désigner un
responsable pour, ici, la mise en oeuvre de chaque programme, mais ça aurait
pu être aussi désigner un responsable pour la préparation du plan directeur. Ça
aurait pu être fait. Voilà.
M. Charette :
...confusion, là, au niveau de l'interprétation. Lorsqu'on parlait de
l'organigramme dans les articles précédents, on aurait souhaité identifier
quelle personne ou quel titulaire au sein du ministre des Ressources naturelles héritera du dossier. On se souvient du
débat, là, pour lequel on se demandait : Est-ce qu'on doit identifier la
sous-ministre adjointe comme étant premier répondant de tel dossier? Là, on
n'est pas là du tout, du tout.
Lorsqu'on lit, en
5° : «la désignation du responsable de la mise en oeuvre», un, tous ces
éléments-là, c'est un copier-coller de ce qui se faisait déjà chez TEQ. On le
transfère aux Ressources naturelles et Transition énergétique. Et le responsable ne fait pas référence à un
individu mais bien à un ministère ou à un organisme. Donc, on n'est pas du
tout, du tout dans la même catégorie de... dans le même éventail de
possibilités, là.
débat-là, on l'a eu pour identifier une personne responsable, je me souviens
très, très bien des échanges, mais là il est question d'identifier quel
ministère ou organisme serait responsable de la mise en oeuvre des différents
programmes. Et il faut lire
«plusieurs responsables» parce qu'il y aura plusieurs programmes. Donc, on
n'est pas du tout... La comparaison, malheureusement, ne s'applique pas.
M. Leitão :
Je comprends et je ne remets pas en question
la pertinence du cinquième alinéa, je
pense qu'il doit rester là. Il était déjà là
avant, je ne remets pas ça en question, mais je dis que, dans un projet de loi, on peut faire preuve de
créativité. Et on aurait pu préparer quelque
chose qui ressemblerait à ceci pour
qu'on puisse désigner le responsable qui
serait responsable... c'est un peu redondant, mais
qui serait en charge de préparer le plan directeur. C'est tout ce que je
veux dire, pas besoin de répéter. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M.
le député. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, c'est ça, je suis en train de regarder toute
la
partie plan directeur par rapport à ce qui était dans l'origine et moi, je ne vois
pas de différence, mais peut-être juste nous le confirmer s'il y a
des différences fondamentales, parce que je regarde puis je n'en vois
pas. Parce que ça se peut qu'on dise : Ah! mais il y a quelque chose qu'on
a décidé de corriger ou de changer, nous le
préciser, c'est-à-dire entre... Le plan directeur contient notamment
le point 1° à 7°, je suis en train de vérifier ce qui était écrit à l'article
de 10 de la loi de Transition énergétique Québec, puis je ne vois pas de différence comme ça, à première vue, mais
ça se peut que, finalement, le gouvernement ait décidé d'en faire une, différence. Je ne parle pas de formulation, puis
de mot, puis de virgule, là, je parle plus d'une différence fondamentale,
parce qu'il y a quelque chose qui, avant,
n'était pas inclus qu'on devrait inclure maintenant ou quelque chose qui était
présent puis on a décidé d'enlever, juste voir ça.
M. Charette :
De ce que je comprends, les sept que l'on retrouve là y étaient. Cependant, il
y avait un autre élément pour TEQ, société d'État, qui était présenté,
parce que TEQ est une société d'État, mais sinon c'est la même chose,
effectivement, là, qui s'applique avec le projet de loi actuel.
Mme Ghazal :
Très bien. Je sais qu'on a passé tout de suite sur le plan directeur, mais,
comme on est encore dans l'article, à
moins que mes collègues aient des amendements, moi, je veux revenir avec le
comité consultatif sur un autre amendement, vu que le premier n'a pas
été accepté, sur peut-être... Je me replie sur une autre solution possible.
La Présidente (Mme Grondin) :
...transmis votre amendement à la...
Mme Ghazal :
Non. Bien, c'est correct? Parce que je pensais qu'il y en avait plus, de mes
collègues. Donc, juste peut-être suspendre quelques instants, le temps
que je le fasse.
Présidente (Mme Grondin) : Je vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à
14 h 57)
La Présidente
(Mme Grondin) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de Mercier, vous avez déposé un amendement à l'article 17.1.4.
Je vous inviterais à le lire, s'il vous plaît.
Mme Ghazal : Oui, merci,
Mme la Présidente. Donc :
L'article 17.1.4
de la
Loi sur le ministère des
Ressources naturelles et de la Faune, tel qu'introduit à l'article 44
du projet de loi, est modifié par :
1° la
suppression, au deuxième alinéa, des mots «, aux conditions qu'il détermine,»
et des mots «pour le conseiller dans l'élaboration de ce plan
directeur»;
2° l'ajout, après le
deuxième alinéa, des alinéas suivants :
«Ce comité
consultatif :
a pour fonction de conseiller et d'assister le ministre dans l'élaboration et
la révision du plan directeur et de donner son avis sur toute question
que le ministre lui soumet en matière de transition;
est composé d'un maximum de 15 personnes nommées par le ministre. Ces
personnes doivent posséder une expertise particulière dans les domaines
de la transition, de l'innovation et de l'efficacité énergétiques. Les membres désignent, parmi eux, le président du comité. Une
personne ne peut être nommée au sein d'un comité consultatif si elle est employée par un distributeur d'énergie, le
gouvernement ou un organisme, sauf, dans ce dernier cas, s'il s'agit d'un
organisme qui n'est pas susceptible d'être responsable d'un programme ou d'une
mesure contenue dans un plan directeur;
doit combler toute vacance survenant au cours de la durée du mandat d'un membre
en suivant le mode de nomination
prescrit pour la nomination du membre à remplacer. À l'expiration de leur
mandat, les membres du comité consultatif demeurent en fonction jusqu'à
ce qu'ils soient remplacés ou nommés de nouveau;
doit se prononcer sur le plan directeur soumis par le ministre, de même que sur
toute révision de celui-ci. Dans le cadre de l'analyse du plan directeur, le comité
consultatif invite les distributeurs d'énergie afin d'obtenir leurs
commentaires. Le comité peut faire appel à des évaluateurs indépendants et à
des experts;
remet son rapport au ministre une fois l'analyse du plan directeur complétée.
Le rapport doit faire état des travaux
effectués, [et] des expertises ou évaluations réalisées et de ses
recommandations. Il peut aussi faire état de toute [...] question que le
comité désire porter à l'attention du gouvernement ou de la Régie de l'énergie.
ministre établit, par règlement, les autres règles relatives à la nomination
des membres du comité consultatif, à leur mandat et au fonctionnement de
celui-ci.»
Donc,
le ministre n'est pas étonné, on en a parlé. Moi, j'ai regardé qu'est-ce que le
plan... qu'est-ce que, plutôt, la
Table des parties prenantes faisait, qu'est-ce qui était institué dans leur
constitution, au lien de laisser ça simplement à l'arbitraire du
ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Donc,
c'est sûr que le monde idéal, c'est de ne pas avoir aboli TEQ. On l'a dit puis
on va le redire, c'est juste incroyable qu'aujourd'hui, au Québec, la seule
chose qui fonctionne en matière de transition énergétique soit abolie. Ce n'est
vraiment pas compréhensible. Et le ministre
n'a pas réussi, puis il ne réussira pas, je pense, avec ses arguments qui ne
sont pas très, très convaincants, à
nous faire enlever de l'idée que Transition énergétique Québec devrait être
abolie. Au contraire, il fallait lui donner plus de pouvoirs pour planifier la
transition au lieu de le rentrer, comme dans le passé, dans une boîte noire, même si on a changé les conditions, comme
le ministre nous dit, par rapport à ce que la situation était avant la création
de TEQ.
Donc,
pour enlever cet arbitraire-là, l'idéal aurait été de faire ce que
M. Pierre-Olivier Pineau et d'autres aussi... Il y avait d'autres
mémoires qui nous le disaient : Avoir deux comités consultatifs, ce n'est
pas une bonne idée pour la cohérence, c'est mieux d'en avoir un seul. C'était
l'objet de mon amendement que le ministre a refusé.
Maintenant,
on va avec cet amendement-là. O.K., gardons-en deux, mais est-ce que
c'est possible qu'il y ait un peu
moins d'arbitraire dans la constitution de ce comité consultatif? C'est l'objectif
derrière... fondamental, là, derrière mon amendement.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme la députée. M. le
ministre.
M. Charette :
Je regrette un petit peu... pas l'attitude mais la stratégie retenue par la collègue
de Mercier. Ces questions-là ont déjà été largement abordées. On a eu
l'occasion de débattre. On a eu l'occasion de voter sur le pourquoi de l'article 44. Donc, le fait de revenir avec une formulation
différente ou plus de précisions alors qu'on a expliqué le pourquoi de la version actuelle, pour moi, ce
n'est pas constructif... Donc, il est très, très possible que je sois
particulièrement bref dans mes réponses à venir, parce que le sujet a été
abordé. Autrement, on pourrait enchaîner une série d'amendements qui nous ramènent continuellement en arrière, et
ce n'est certainement pas mon but. Je souhaite que l'on avance. La
position du gouvernement à cet égard a été clairement énoncée.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Peut-être que... Si on avait le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles pour répondre à nos questions, peut-être qu'on aurait peut-être été
un peu plus convaincus, on aurait plus compris ce qu'il a l'intention de faire avec le comité consultatif, mais là il
n'est pas là pour nous le dire. C'est le ministre de l'Environnement qui nous
dit : C'est à lui de décider, mais ça aurait été le fun...
Souvent, dans une
commission... Puis le ministre lui-même nous l'a dit dans la commission, tout
ce qui est mentionné durant la commission
puis qui est retranscrit pourrait être utilisé, dans le futur, comme moyen
d'interprétation, mais là on a des
réponses d'un ministre qui ne sera même pas responsable de ce comité
consultatif. C'est un autre ministre, mais on ne l'entendra jamais, jamais,
jamais, dans cette commission, nous expliquer ce que lui, il a l'intention
de faire avec le comité consultatif. On a
que de façon indirecte ce qu'il souhaite faire par la bouche du ministre de
l'Environnement. Donc, voilà.
comprends que M. le ministre va être bref. C'est sûr qu'on ne s'entendra pas.
On aurait aimé quand même avoir le ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles, ça aurait été la façon la plus logique de procéder.
M. Charette :
...l'intention de la collègue de Mercier est révélée à travers son dernier
propos. Elles regrettent, les
oppositions, que le ministre des Ressources naturelles n'ait pas participé aux
consultations. Ceci dit, c'est leur droit, mais c'est un débat qui a eu lieu il y a quelques mois maintenant,
passons de l'avant. Non, il ne participe pas, parce qu'il se sent bien
représenté par le ministre responsable du projet de loi, comme ça se fait dans
une multitude, sinon la quasi-totalité des projets de loi. Il y a un ministre titulaire d'un projet de loi, et ce projet de loi là interfère dans différents ministères, mais ce n'est pas vrai que... lorsqu'il
y a cinq ministères concernés, que les cinq ministres
viennent défendre le projet de loi ou qu'on en fait cinq projets de loi
différents.
Donc, la pratique,
elle fonctionne, elle est la plus efficace. Autrement, on aurait déposé deux projets
de loi, sinon trois, sinon quatre. Je l'ai déjà
mentionné, on parle de Transports dans ce projet de loi là, on parle du Vérificateur général, on parle des Ressources
naturelles. On aurait pu, à ce compte-là, produire une multitude de projets de loi pour les isoler chacun dans leurs impacts, mais ce n'est pas ce
qu'on appelle une approche efficace.
Mme Ghazal :
À chaque fois qu'on parle qu'on aimerait entendre le ministre des Ressources
naturelles, le ministre de l'Environnement réplique qu'on ne peut pas écouter
le ministre des Transports, on ne peut pas écouter les autres ministères qui sont impactés par ce projet de loi là, on ne peut pas écouter le Vérificateur
général. Ce n'est pas ça qu'on
est en train de dire. C'est juste un seul ministre qui manque à l'appel, et
c'est le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles. On n'est pas en train de parler de tous les autres ministères, contrairement
à ce que le ministre de l'Environnement... contrairement
à ce qu'il dit.
Et, le point le plus
fondamental, on ne parle pas de n'importe quel sujet, on parle de la transition
énergétique qui va être... C'est la transition, une des plus importantes que le
Québec va avoir à vivre, et il y a urgence. Donc, peut-être qu'un ministre... le ministre de l'Énergie, qu'il vienne en
commission passer quelques heures avec nous, ça aurait été la moindre des
choses puisqu'on va vivre avec les conséquences de ce projet de loi là, cette
modification-là, pendant de nombreuses années.
M. Charette :
Je déplore l'approche retenue par la collègue. Le projet de loi a été déposé il
y a presque un an maintenant. Il y a eu des dizaines et des dizaines de
périodes de questions depuis à l'Assemblée nationale. Je n'ai pas souvenir d'une seule question de l'opposition à
l'endroit du ministre... des ministres des Ressources naturelles à l'égard de
leurs craintes sur le projet de loi n° 44. Donc, si leur souhait est
d'interpeler le ministre, ils ont... les oppositions ont manqué des
dizaines d'occasions. Et rien ne les empêchera de les questionner, ces
différents répondants, Transports, Ressources naturelles, et autres, dans une panoplie
d'autres circonstances ou contextes.
Donc,
l'occasion de l'interpeler, elles sont nombreuses, mais, sinon, avançons dans
le projet de loi. Je suis celui qui le porte et celui qui a été désigné pour
répondre aux questions, ce que je fais de façon assez volontaire, je
dirais même généreuse, en autant que les réponses ne soient pas toujours les
mêmes.
Mme Ghazal :
Le ministre n'est pas du tout convaincant. Je vais arrêter là.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions?
M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Encore une fois, Mme la Présidente, on a ici...
on parle du comité consultatif, donc, encore une fois, je trouve que
l'amendement est pertinent puisque, dans la version initiale du projet de loi,
c'est assez... disons, assez succinct. On
dit tout simplement qu'«à cette fin, [le ministre] constitue, aux conditions
qu'il détermine, un comité consultatif pour le conseiller». Bon.
Ici,
avec l'amendement, on vient préciser beaucoup plus ce que ce comité devrait
faire, comment il devrait être constitué.
Donc, moi, je suis tout à fait à l'aise avec cet amendement. Je pense que cet
amendement apporterait un changement constructif au projet de loi, et
donc nous serions prêts à le supporter.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci,
M. le député. D'autres interventions sur l'amendement? Je vais donc
procéder à sa mise aux voix. Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
Mme Ghazal : ...appel nominal,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Grondin) : O.K. La prochaine fois, une fois que je vais
avoir dit : Est-ce que... Il faudrait le dire d'avance, un petit
peu avant que je dise : Est-ce que le projet... l'amendement est adopté?
Donc, je vais accepter l'appel nominal proposé par la députée de Mercier. Mme
la secrétaire.
La Secrétaire : Oui. Pour,
contre, abstention. Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Charette (Deux-Montagnes)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : M. Caron
(Portneuf)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire : M. Reid
(Beauharnois)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous revenons à
l'article 17.1.4 de l'article 44. Y a-t-il d'autres
interventions sur cet article? M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, merci, Mme
la Présidente. Donc, une première question pour le ministre. Dans le 2°, donc là où ça commence par «un résumé des
programmes et des mesures», ce paragraphe-là se termine par «la clientèle
visée ainsi que leur impact sur les
émissions de gaz à effet de serre».
Donc, la question que je pose au ministre, donc, là on parle de leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre, et pourquoi ça ne dit pas plutôt «sur leur
impact visant la réduction des gaz à effet de serre»?
M. Charette : C'était le
paragraphe 10.4 de la loi antérieure, donc un copier-coller également à ce
niveau-là. Et on parle de clientèle par rapport aux programmes, par rapport aux mesures, par rapport aux souhaits
sur... en fait, leur impact sur les
émissions de gaz à effet de serre. Donc, le libellé me semble bien rédigé, bien
clair. Donc, je ne saurais pas comment mieux répondre à la question que
de référer au libellé lui-même.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député.
M. Benjamin : Oui, merci, Mme la Présidente. En fait,
j'en conviens, effectivement, que le libellé est clair, mais la question
que je pose : Comme il s'agit de résumer des programmes et des mesures qui
vont être mis en place par le ministère, est-ce que,
lorsqu'on considère l'objectif poursuivi étant la réduction des gaz à effet de serre... En fait, donc, ma question
est : Pourquoi est-ce qu'on parle de leur impact sur les émissions et non pas
de la réduction des gaz à effet
de serre?
M. Charette : En fait, le plan directeur en transition
énergétique vise une diminution des gaz
à effet de serre et non pas une augmentation. Donc, lorsqu'on parle
des impacts sur les émissions des gaz
à effet de serre, c'est de voir dans
quelle mesure un programme X va avoir
un impact positif sur les émissions. Quand je dis «impact positif», pour les
faire diminuer, mais on précise déjà
que c'est dans la perspective d'atteindre les cibles établies. Et c'est un plan
de transition énergétique, donc on ne s'attend pas à un impact qui soit
à la défaveur de ces cibles-là et à la défaveur de l'objectif. Donc, c'est dire : Telle mesure va avoir un
impact x sur les émissions, précisez-nous quel sera cet impact-là, mais
l'impact ne peut pas être différent que dans le sens ou dans la
direction où on se dirige.
M. Benjamin : Merci. Donc, quand on se rend au point 7°, Mme la Présidente, donc c'est ce point qui commence par
«la liste des sujets de recherche prioritaires en matière de transition,
d'innovation et d'efficacité énergétiques», le ministre faisait référence, tout à l'heure, à l'ancienne
loi constitutive de TEQ. Et, justement, dans cette ancienne loi-là, donc, il
était question d'établir avec le
milieu, donc, la liste des sujets de recherche prioritaires. Pourquoi est-ce que
vous l'avez enlevé?
M. Charette : Bien, en fait, c'est le ministre qui doit
préciser, donc c'est à l'intérieur du ministère que la démarche se fera. Donc, il aura effectivement la
possibilité de consulter une expertise qui est à l'interne, de consulter à
l'extérieur au besoin, mais ça ne
change pas, d'aucune façon, là, la portée de l'article même tel qu'il
s'appliquait sous TEQ, société d'État.
M. Benjamin : Alors, Mme
la Présidente, donc, à ce stade-ci,
donc, nous allons déposer un amendement. Donc, je vous demanderais de bien vouloir
suspendre, donc, le temps qu'on fasse parvenir l'amendement.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Je suspends donc les travaux.
(Suspension de la séance à 15 h 19)
La Présidente (Mme Grondin) :
Donc, nous reprenons les travaux. M. le député de Viau, vous proposez un
amendement à l'article 17.1.4. Je vous invite à en faire la lecture, s'il
vous plaît.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Est-ce que c'est... Est-ce que l'amendement... Parce
que je n'arrive pas à accéder... Est-ce que tout le monde l'a reçu? Bon,
écoutez, ce n'est pas plus grave, je l'ai sur un autre format.
Alors,
l'amendement se lirait comme suit, donc, attendez :
L'article 17.1.4
de la
loi sur le ministre de l'Énergie et
des Ressources naturelles, introduit par l'article 44 du projet de loi,
est modifié par l'ajout, à la fin du 7° paragraphe, des mots «établir en
concertation avec le milieu scientifique et l'industrie,».
La Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Est-ce que vous souhaitez apporter un regard, vos arguments?
M. Benjamin :
Écoutez, brièvement, brièvement, Mme la Présidente, sinon que de rappeler,
évidemment, nous venons de participer au débat où on s'aperçoit qu'il y aura un
comité consultatif qui sera constitué aux conditions du ministre ou de la ministre, et, pour ce qui est du
plan directeur aussi, il y a beaucoup d'incertitudes. Il me semble que c'est
un minimum, c'est un minimum, quand viendra
le temps d'établir la liste des sujets prioritaires, que le tout se fasse, oui,
par le ministre, mais en concertation avec le milieu, donc, et tel que c'était
dans l'ancien projet de loi. Donc, il me semble que c'est un minimum
pour la suite des choses.
M. Leitão : Juste une petite
précision, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député, oui.
M. Leitão :
Ça devrait être «par l'ajout, au début du 7° paragraphe», pas «à la fin».
On a fait une petite erreur, c'est tout.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, ce n'est pas grave, c'est une
coquille. On a tous bien compris, donc c'est :
«du projet de loi est modifié par l'ajout, au début du 7° paragraphe», et
non pas «à la fin». Parfait. Y a-t-il... Ça va? Vous avez... Oui, M. le
ministre.
M. Charette :
Simplement, là, on ne peut pas accepter
un amendement parce
que ça crée une tendance ou un élan
que le... qu'on ne souhaite pas. Moi, je n'ai jamais vu un gouvernement, peu importe sa couleur, ou un ministre mettre de l'avant, élaborer, préparer, dévoiler un plan
directeur d'une politique aussi importante sans consulter les premiers
concernés et le milieu. Donc, ça vient rajouter ce qu'il se fait de tout
temps et qu'il se fera de tout temps. Donc, rajouter sans qu'il n'y ait une plus-value à un projet de loi, ce n'est pas une habitude que l'on souhaite retenir, mais il est
évident que ça va se faire, comme pour toute politique.
On a
largement parlé de la politique-cadre en changements climatiques. J'ai
largement parlé de la consultation qui nous a occupés au cours de la
dernière année avec une panoplie d'experts, et autres. Il n'y a pas un gouvernement
sérieux ou un ministre ou une ministre
sérieuse qui va dévoiler ou mettre de l'avant une politique sans procéder, au
préalable, à une consultation.
Donc, l'idée,
on la retient, mais, non, on n'en fera pas un amendement au projet de loi.
Autrement, on se lance dans des...
Ajouter des évidences dans un projet
de loi, ça n'a pas sa raison d'être.
Et, pour cette raison-là, on peut déjà convenir que l'amendement sera
battu.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député de Viau.
M. Benjamin : Mme la
Présidente, ce qui apparaît évident
pour le ministre ne l'apparaît pas pour nous. Puisqu'on l'a vu, dans les
débats précédents, donc, on a un ministre qui... c'est à ses conditions que le
comité consultatif sera constitué. Donc, nous avons amplement fait le débat
tantôt, donc, pour nous, ça n'apparaît pas évident.
Et ici il me
semble que c'est cette belle formule qui dit : Le législateur ne parle pas
pour rien dire. Et aujourd'hui
je pense qu'il faut prévoir cela parce que
le risque qu'on court, justement, c'est que, si on ne le prévoit pas, donc...
Je suis bien d'accord avec le
ministre, qui nous dit... Je veux bien être d'accord avec lui quand il nous dit
que c'est une évidence, mais ce qu'on veut s'assurer, c'est que ça va se
faire.
Et c'est en
ce sens-là qu'on vient rappeler... Si, pour le ministre, c'est une évidence, je
ne comprends pas sa réticence à ne pas vouloir, tout simplement, qu'elle
apparaisse dans la loi, à ce moment-là, si, pour lui, c'est évident.
M. Charette : ...les évidences, on ne serait pas à un projet de loi à 76 ou 77 articles mais à quelques centaines, donc on ne
se rendra pas là.
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Oui, Mme
la Présidente. Bon, ça ne vous
étonnera pas que je suis entièrement d'accord avec mon collègue. Et je pense qu'encore une fois
l'amendement est très... non seulement très pertinent, mais il y a aussi des
choses qu'il est souhaitable que cela se fasse comme ça, en concertation
avec le milieu. Ça se fait d'habitude.
Et, parce que j'y étais, Mme la Présidente, au
projet de loi n° 27, maintenant la loi n° 27, avec son collègue le
ministre de l'Économie, on avait, justement, amené un amendement pour inclure
la concertation avec le milieu, et ça avait
été accepté, et c'était... Ça n'a pas pris beaucoup de temps, là, et c'était
consensuel, et on a continué. Donc, je pense que c'est approprié, et ça amènerait de la valeur ajoutée, un terme qui
est très à la mode, mais ça amènerait de la valeur ajoutée à ce projet
de loi.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. D'autres interventions sur la proposition
d'amendement? Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Moi, ce que je
vois dans cet amendement-là de mes collègues, comme tous les amendements qu'on
est en train d'amener dans ce chapitre, c'est cette inquiétude du fait que
toute la transition énergétique va être concentrée
dans les mains d'un ministre, alors qu'avant c'était dans une société d'État et
c'était fait de façon transparente. Donc,
moi, ce que je lis, c'est pour donner un peu plus de confiance. C'est parce
qu'on n'en a pas, en ce moment, avec la décision que le gouvernement est train de faire, d'abolir le seul
organisme qui ne devrait pas être aboli aujourd'hui, et c'est Transition
énergétique Québec.
Donc, dans ce
sens-là, même si ça a l'air évident, c'est parce que c'est tellement évident,
dans notre esprit, que Transition
énergétique Québec n'aurait pas dû être aboli, puis le gouvernement l'a fait,
que c'est pour ça qu'on amène un amendement qui a l'air d'être évident pour le
ministre, mais c'est parce qu'il y a des choses, il y a des décisions
qui sont prises qui n'ont aucun sens, qui
sont l'envers de l'évidence. Et c'est pour ça que cet amendement-là est là,
c'est pour ajouter cette confiance-là
qu'on n'a pas du fait de tout concentrer dans les mains du ministre, d'un
ministre, puis que ça soit fait de façon assez obscure et non
transparente.
Donc, dans ce
sens-là, moi, je voterais pour cet amendement-là, surtout que le ministre a
l'air à trouver : Bien oui, c'est sûr que c'est ça qui va être
fait. Donc, pourquoi ne pas nous rassurer dans les faits, pas juste dans les
paroles? Comme on entend souvent les
ministres vouloir nous rassurer quand ils prennent la parole, le ministre de
l'Environnement aussi. Peut-être que, maintenant, il pourrait nous
rassurer non seulement en prenant la parole, mais en acceptant cet amendement.
La Présidente
(Mme Grondin) : D'autres interventions sur cette... M. le
député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Juste pour renchérir un peu et
mentionner qu'une des raisons qu'on amène cet amendement, c'est que
TEQ était justement très, très active et très... TEQ a su très rapidement développer
des partenariats et développer des liens
avec des instituts de recherche et d'autres membres de l'industrie et du milieu
scientifique. Donc, ça a été fait depuis
2017‑2018. Donc, pourquoi ne pas poursuivre dans cette direction-là? Je pense
que c'est... ça nous rassurerait si on avait cet amendement dans le
projet de loi.
Présidente (Mme Grondin) : D'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de Viau.
Benjamin : Une petite question pour le ministre. Donc, j'aimerais
savoir pourquoi est-ce que cette évidence à laquelle il fait allusion...
Pourquoi est-ce que, dans l'article 4, où on parle de son comité
consultatif à lui, cette même évidence ne s'applique pas? Je pense
que... Je trouve là qu'il y a... Comment il peut l'expliquer? Comment il peut l'expliquer que, dans son comité à lui, donc, on
parle vraiment des rôles et responsabilités du comité consultatif, c'est
très bien balisé, et qu'ici, tout d'un coup, il nous sert l'argument de
l'évidence?
Charette : J'ai largement répondu à cette question-là à travers les
questions posées par la collègue de Mercier.
Présidente (Mme Grondin) :
D'autres interventions sur l'amendement? Je vais donc procéder à sa mise aux
voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Présidente (Mme Grondin) :
Il est trop tard, il faut le demander lorsque je dis que je vais procéder à sa
mise aux voix. Je vous invite à me le dire à ce moment-là, et pas une
fois qu'on a voté.
Donc,
l'amendement est rejeté. Nous revenons donc à l'article 17.1.4 de
l'article 44. Y a-t-il des interventions? Je vais donc procéder à
sa mise aux voix.
M. Leitão : Je pense qu'on doit
continuer avec le 17...
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, oui, effectivement. Merci, M. le député de
Robert-Baldwin, vous êtes vraiment... Merci.
Donc, effectivement, nous poursuivons. On va voter à la fin de... pour l'ensemble
de l'article 44. Donc, nous poursuivons à l'article 17.1.5. M.
le ministre, pouvez-vous en faire la lecture, s'il vous plaît?
Charette : Avec plaisir.
Donc : «17.1.5. Le gouvernement autorise la mise en oeuvre du plan
directeur s'il répond aux orientations, aux objectifs généraux [...] aux
cibles en matière de transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques.
l'exception des programmes et des mesures devant faire l'objet d'une
approbation par la Régie de l'énergie en
vertu de l'article 85.41 de la
Loi sur la Régie de l'énergie, le plan
directeur rentre en vigueur, à la suite de l'autorisation du gouvernement, le 1er avril suivant la fin
de la période visée par le plan directeur précédent ou à la date fixée par le
gouvernement.
«Le ministre rend public le plan directeur avant
son entrée en vigueur.»
La Présidente
(Mme Grondin) : Vous souhaitez donner certains commentaires,
non?
M. Charette : En fait, je pense que ça résume... Je pourrais
lire une description qui est presque en tous points semblable à l'article
lui-même, donc je pense que c'est suffisamment clair.
La Présidente
(Mme Grondin) : Y a-t-il des
interventions sur cet article? M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Juste une question aussi de curiosité.
Je n'ai pas de problème avec le deuxième paragraphe ni le dernier commentaire non plus, mais qu'on dise d'entrée
de jeu que le gouvernement autorise la mise en oeuvre du plan directeur s'il répond aux
orientations, il me semble que c'est... ça veut dire... Est-ce qu'on peut entrevoir une situation
où le plan ne répondrait pas aux
orientations? Est-ce que c'est... Puisque,
dans des articles
précédents et dans une discussion précédente,
on voulait faire l'économie des mots, j'aimerais juste voir à quel enjeu on
s'adresse en indiquant ici que le gouvernement autorise s'il répond aux orientations. Bien, il
me semble que ça va de soi qu'il va répondre aux orientations,
mais...
M. Charette : En fait, la question est légitime, mais la
réponse est très, très simple. On n'autorisera pas un plan qui n'est pas
conforme aux objectifs, là, qui ont été déterminés à la politique-cadre,
notamment, en changements climatiques. Donc, on peut s'assurer que ce qui sera déposé,
présenté comme plan directeur nous aidera à aller de l'avant et ne nous
fera pas reculer.
M. Leitão : Donc, ça serait... Mme la Présidente, ça serait
donc le ministre de l'Environnement qui serait, disons, la personne ou le ministère,
au gouvernement, qui pourrait alerter ses collègues du Conseil des ministres
que le plan directeur ne répond pas aux objectifs. C'est ça?
Charette : En fait, c'est la
suite logique, là, de 17.1.2. Le ministre lui-même ou la ministre elle-même des
Ressources naturelles et de la Transition
énergétique ne soumettrait pas un plan qui ne serait pas conforme aux attentes.
Donc, on précise une évidence, là. Le
gouvernement va venir autoriser quelque chose uniquement si ça répond aux
objectifs fixés.
Et pourquoi on fait la distinction? Pourquoi on
fait une référence à la Régie de l'énergie? C'est que le plan ne viendra pas remettre en question ce qui aura été
tranché par la Régie de l'énergie à travers que ce soit les quotes-parts, que ce soit... Bref, c'est un
article qui a, oui, sa pertinence,
mais qui représente une évidence en même temps. Et, on insiste, là aussi on l'a répété, c'est clair qu'à partir du moment
où il y a un plan directeur qui est accepté, bien, il sera rendu public,
de sorte que l'information soit accessible à tous.
M. Leitão :
Bien, écoutez, très bien, mais maintenant, ici, on nous dit qu'une évidence
doit être spécifiée. Bon. O.K., mais, dans
la discussion qu'on a eue un peu plus tôt aujourd'hui, la semaine dernière, la
réponse du ministre était souvent
que, bon, c'est évident, donc on n'a pas besoin de le spécifier. Alors, il me
semble qu'on va un peu dans les...
Bon. Ici, vous jugez qu'ici il faut le spécifier, mais, avant, ce n'était pas
nécessaire de le spécifier. Ça me semble un peu arbitraire, mais,
écoutez, encore une fois, on ne va pas passer de longues heures là-dessus.
Charette : ...parallèles là
où il n'y a pas lieu d'en faire. On précise à partir du moment où il entre en
vigueur, parce qu'actuellement, sans modification législative, ce plan
directeur là doit être approuvé par la Régie
de l'énergie. Donc, c'est une
évidence, oui, mais ça constitue quand même un changement par rapport à la
pratique actuelle. Donc, il ne faut pas faire des parallèles là où il
n'y en a pas.
Leitão : Je n'ai pas de
problème avec la Régie de l'énergie, ce n'est pas là le problème. Le problème, c'est
que le... pas le problème, mais la question, c'est que le... Si le plan ne
répond pas aux orientations, le ministre ne va pas le soumettre. Alors,
c'est juste ça. Je n'ai pas besoin de poursuivre beaucoup plus.
Charette : ...la réponse ou
le non-verbal du collègue, je comprends qu'il a saisi, là, le pourquoi, la
pertinence de l'article. Actuellement, s'il n'y a pas de changement
législatif, il faudrait que ce plan-là soit adopté par la Régie de l'énergie. Là, on vient changer la séquence en fonction de tout ce qui a
été mentionné dans nos débats antérieurs mais également les articles
qui ont été adoptés, notamment le 17.1.2. Donc, évidence, oui, mais qui
nécessite tout de même un
article en soi pour procéder à la modification
législative.
M. Leitão :
Ça va. Ça ne va pas, mais ça va.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il
d'autres interventions sur cet article? Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. «Le ministre rend public le plan directeur avant son entrée en vigueur.» Juste définir le «avant».
M. Charette :
Transparence, donc il sera rendu public avant même son entrée en vigueur, donc
il sera adopté possiblement quelques mois avant l'échéance du précédent. Donc,
c'est par souci de transparence, tout simplement.
Ghazal : C'est-à-dire que le plan directeur entre en
vigueur à la suite de l'autorisation du gouvernement, puis
le gouvernement l'autorise s'il répond aux orientations, et tout ça. Et donc le plus tard, c'est le 1er avril, donc
avant, c'est-à-dire entre la période où le gouvernement l'approuve et le
1er avril, c'est ça?
M. Charette :
Oui, bien, c'est-à-dire, à partir du moment où il est autorisé et avant son entrée
en vigueur, le ministre va rendre public le plan directeur, tout simplement.
Mme Ghazal :
Parce que, dans le fond, l'idée, c'est qu'on... ça peut être, comme, une
journée avant.
Charette : Bien, c'est-à-dire, ce serait étonnant que l'approbation se fasse une journée avant, mais il sera rendu
public avant son entrée en vigueur. Comme l'exemple, peut-être, que je pourrais vous donner : quelque
part cet automne, on va rendre publique une politique-cadre avec son
plan de mise en oeuvre et on va la publier avant même son entrée en vigueur.
Est-ce que c'est 24 heures? Certainement pas. Est-ce que c'est un mois, deux mois, trois mois? Ça, je
ne peux pas non plus prendre d'engagement, c'est en fonction du moment
où c'est dûment autorisé, mais ça ne se fait pas dans les heures, là,
qui précèdent son entrée en vigueur.
Ghazal : Donc, dans le fond, le ministre rend public le plan directeur
après l'autorisation du gouvernement aussi?
Charette : Bien, c'est-à-dire, il y aura autorisation par le
gouvernement, il y aura une date d'entrée en vigueur, et, entre les
deux, il sera rendu public, là, par souci de transparence, tout simplement.
Mme Ghazal :
Actuellement, c'était comment quand TEQ... quand ça a été fait, là, en 2018?
Charette : En fait, actuellement, avant son entrée en vigueur, il
devait être approuvé par la Régie de l'énergie, c'est ce que je
mentionnais tout à l'heure, et c'est ce qui est retiré, là, de la législation.
Mme Ghazal :
Excusez-moi, je n'ai pas entendu. Il devait être approuvé par?
M. Charette : Par la Régie de
l'énergie.
Ghazal : Ah oui! C'est vrai. O.K. Là, c'est le gouvernement, c'est ça,
oui. Un autre... On affaiblit tout le monde, tout
le monde de la régie, les organismes
indépendants, tout le monde, tout
le monde, tout le monde, puis on concentre autour même du ministre. Bien non, bien,
c'est logique, ça suit cette logique-là, je comprends.
Charette : En fait, c'est la
conclusion de la collègue à laquelle je ne peux pas souscrire. On a parlé,
dans les articles précédents, de
gouvernance intégrée. Donc, oui, on vient changer les façons de faire, mais ce
n'est pas pour affaiblir qui que ce
soit. La régie... et on le mentionne, la régie aura encore autorité sur
certains types d'autorisations, mais le plan directeur relève dorénavant... Et
pourquoi avant c'était la régie? C'est parce que c'était une société d'État,
donc extérieure au ministère, qui produisait
un plan directeur. Donc, ce plan directeur là était autorisé par la Régie de
l'énergie, mais là c'est un ministère
qui va mettre de l'avant ce plan-là. Donc, c'est la raison pour laquelle... On
ne vient pas affaiblir, et là aussi il n'y a pas d'intention
malveillante, là. C'est pour une gouvernance intégrée, tout simplement.
Présidente (Mme Grondin) : D'autres interventions? Nous allons
poursuivre avec l'article 17.1.6. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Charette :
Avec plaisir. Donc : «17.1.6. Le ministre modifie le plan directeur au
cours de la période de cinq ans s'il juge
notamment que le contexte énergétique, qu'une révision des programmes et des
mesures qu'il contient ou que la
décision de la Régie de l'énergie en vertu du premier alinéa de
l'article 85.41 de la
Loi sur la Régie de l'énergie le requièrent.
l'exception des programmes et des mesures devant faire l'objet d'une
approbation de la Régie de l'énergie en vertu de l'article 85.41 de
la
Loi sur la Régie de l'énergie, si la modification est susceptible de
compromettre les orientations, les objectifs
généraux ou les cibles établis en matière de transition, d'innovation et
d'efficacité énergétiques, le ministre soumet le plan directeur modifié
au gouvernement pour autorisation.
«Selon
le cas, le plan directeur modifié entre en vigueur à la suite de l'autorisation
du gouvernement ou à la date fixée par le ministre.
«Le ministre rend
public le plan directeur modifié avant son entrée en vigueur.»
Charette : Oui, le commentaire est un petit peu plus bas, on y a tous
accès, mais je peux volontiers le lire. Donc, le 17.1.6, cet
article prévoit
que le plan directeur peut être modifié après le début de sa mise en oeuvre, à
l'intérieur de la période de cinq ans
qui constitue la durée. Il peut être modifié si le contexte énergétique, une
révision des programmes et des mesures ou une décision de la Régie de
l'énergie le justifie.
l'exception des programmes et des mesures devant être approuvés par la Régie de l'énergie, toute modification susceptible
de compromettre les orientations, les objectifs généraux et les cibles établis
doit être autorisée par le gouvernement.
Cette obligation permet de s'assurer de maintenir l'approbation du gouvernement
quant à ces orientations, objectifs généraux et cibles.
Une modification
entre en vigueur à la suite de l'autorisation gouvernementale, si nécessaire,
ou à la date déterminée par le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles dans les autres cas.
article prévoit enfin que le ministre doit rendre public le plan directeur
modifié avant son entrée en vigueur. Une
telle mesure assure la transparence du gouvernement en matière de transition,
d'innovation et d'efficacité énergétiques.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de
Robert-Baldwin.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Juste deux choses. Très rapidement, je veux revenir sur le 17.1.5, mais juste
vous mentionner qu'il y a une petite coquille, là, qu'il faudrait corriger dans
la première phrase. On dit que le gouvernement autorise la mise en oeuvre du plan directeur
s'il répond aux «orientions». On comprend que c'est «orientations». En
tout cas, dans ma copie papier... Peut-être
que la copie électronique a déjà été corrigée, mais, puisque moi, j'ai toujours
le papier...
M. Charette :
...effectivement, sur la version papier. Merci de le noter.
Leitão : Voilà. Maintenant,
pour ce qui est du 17.1.6, un peu dans la même veine que 17.1.5, ce que la collègue de Mercier avait abordé, et je
suis d'accord aussi, avec ce changement structurel qu'on fait, donc de
passer... de transformer TEQ de société d'État à organisme intégré au ministère, une des
conséquences, c'est qu'en effet on réduit l'intervention de la Régie de
l'énergie. Avant, la Régie de l'énergie intervenait parce que c'était une société
d'État, donc la régie devait... avait un
rôle à jouer. Puisque maintenant c'est de l'intérêt du ministère,
la régie ne joue plus ce rôle-là, et ça, ce n'est pas souhaitable, mais
c'est ce qu'il va arriver. Voilà.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de
Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, sur le 17.1.6, donc, est-ce
que, Mme la Présidente... Je ne
sais pas si... Est-ce que j'ai... Est-ce que le ministre souhaitait
intervenir par rapport aux commentaires?
La Présidente (Mme
Grondin) : C'est ce que je voulais m'assurer.
Charette : Sur la régie, non. Je le mentionnais tout à l'heure, ce que
la régie a à trancher va continuer à s'appliquer.
Cependant, là, c'est un mandat différent, ce n'est plus une société d'État
qui doit faire reconnaître son plan, c'est un ministère qui a toute
l'expertise nécessaire pour procéder à cette validation-là. Donc, on est
cohérents, là. Et, tout à l'heure, je parlais de gouvernance intégrée, de responsabilité intégrée, c'est tout à fait cohérent avec cet esprit-là.
M. Leitão : Le collègue m'a passé le bâton. En effet,
c'est très cohérent. Et je pense que le ministre vient, de façon très candide, dire exactement
ce qu'il... Il dit la vérité, et toute la vérité. Et c'était ça, l'objectif
du gouvernement, c'était, justement, de faire en sorte que, par ce changement
structurel là, la décision se prenne au ministère, donc avec moins de contrepoids, moins de... donc, d'organismes
qui puissent apporter des changements ou des recommandations au gouvernement. Donc, ça, c'est un peu le dommage collatéral
de tout ce rebrassage de structures en éliminant la société d'État. Encore une fois, c'est
dommage, mais c'est ce qui va arriver. Voilà.
M. Charette : Je vous dirais, au contraire, que c'est une situation
très heureuse. Je comprends le discours qui veut être cohérent avec
les positions historiques de son parti, mais, dans les faits, il n'y a pas
moins de contrepoids, il y a beaucoup, beaucoup plus de contrepoids avec ce qui est proposé à
travers le projet de loi n° 44 qu'il n'y en avait par le passé.
Donc,
là-dessus, on peut ne pas être en accord, c'est bien
certain, mais peu de gens vont conclure qu'on se prive de contrepoids lorsqu'on parle du comité scientifique, quand on parle du rôle confié au Commissaire au développement durable, lorsqu'on parle d'une cible qui est maintenant
dûment inscrite dans le projet de loi, lorsqu'on parle de pouvoirs et chez le ministre de l'Environnement pour coordonner cette action gouvernementale et s'assurer de résultats et de pouvoirs donnés au ministre
des Ressources naturelles pour
s'assurer que son plan en transition énergétique produise les résultats
escomptés.
Donc, on n'est pas
face à une abdication, mais, bien au contraire, on s'assure que la volonté
exprimée puisse enfin se traduire avec des
résultats concrets, ce qui n'était malheureusement pas le cas auparavant avec la gouvernance telle que les libéraux la
concevaient.
M. Leitão : Puisqu'on revient à la gouvernance libérale, je
rappelle au ministre et à tous ceux qui nous écoutent que c'est justement le gouvernement précédent qui avait créé TEQ suite à toute une série de recommandations et d'avis qui avaient été fournis et de critiques qui étaient bien
fondées, suite à tout ça. Le gouvernement
précédent avait créé TEQ avec tout ce que cela implique, et là, maintenant, on revient en arrière. Encore
une fois, on a discuté de ça
longuement la semaine dernière, nous jugeons que c'est une erreur
d'abolir TEQ. Voilà.
Charette : En fait, l'erreur
aura été d'accepter de gouverner pendant une longue période, soit tout près de
15 ans, sans s'assurer que nos objectifs soient atteints. Je pense que c'est la
principale erreur des dernières années, et on se donne les moyens de ne
pas reproduire cette erreur-là.
M. Leitão :
Et c'est pour ça que TEQ avait été créée.
Charette : Mais sans pour
autant s'assurer d'une cible dans quelconque loi, sans pour autant donner du
mordant à des instances extérieures, et c'est pour ça que les résultats
n'ont pas été atteints.
M. Leitão :
D'ailleurs, les cibles qui sont inscrites dans le projet de loi l'ont été dans
le 44 suite à de longues discussions ici même, en commission parlementaire. Parce
que, dans la version originale du projet de loi, elles ne se trouvaient pas non
plus.
Charette : ...dès les consultations, j'avais indiqué notre intention à ce sujet-là, donc
l'intention était affirmée, mais,
avant d'inscrire une cible, il fallait convenir de cette cible-là. Là, on s'est
entendu sur au minimum 37,5 %,
mais il faut savoir que, pendant les
consultations, votre prédécesseure, la députée de Maurice-Richard, était très, très sympathique à
celles et ceux qui disaient : Oh! non, il faut que ce soit au minimum
45 %, et il y avait une surenchère au niveau de la cible à
atteindre.
Maintenant
qu'on s'est entendu, la volonté du gouvernement de l'inscrire dans la loi,
cette cible, a pu se confirmer à
travers l'amendement qui a été adopté. Ceci dit, j'en suis très, très heureux,
c'est une avancée que d'avoir inscrit la cible dans la loi, mais avoir laissé miroiter qu'elle devait être au minimum
de 45 %, ce n'était peut-être pas l'approche la plus défendable de
la part d'un parti qui avait laissé la situation dégénérer, là, sur une aussi
longue période de temps.
Présidente (Mme Grondin) : ...d'autres interventions?
Leitão : On pourrait continuer longuement, Mme la Présidente, si on
revient continuellement au gouvernement précédent, on pourrait discuter longuement. Je veux juste dire que le
gouvernement actuel est en poste depuis maintenant deux ans. Donc, je pense
qu'à un moment donné parler toujours de ce que le gouvernement précédent a
fait, à un moment donné, la population va juger que cela n'a plus de
sens. On est à mi-mandat maintenant.
Présidente (Mme Grondin) : D'autres interventions sur l'article 17.1.6?
M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, merci, Mme la Présidente. Alors, le ministre, Mme la
Présidente, vient de nous rappeler
que les cibles ont été inscrites suite...
lors des consultations, il l'avait annoncé, mais il aurait été sage aussi qu'il
puisse écouter toutes les excellentes propositions
qui lui ont été soumises par la vaste majorité des groupes, qui lui ont
dit : Écoutez, ne touchez pas à TEQ. C'est ce que...
la semaine dernière, M. le ministre, je lui avais posé une question, et il nous avait
dit que les groupes... beaucoup de groupes ont changé d'avis depuis... après la
consultation. Et j'ai lancé un message public, j'attends encore, je n'ai pas encore reçu un groupe qui a changé
d'avis au sujet de son projet de loi, au sujet de l'enjeu de TEQ en particulier.
Donc, je n'ai pas encore reçu un groupe qui a changé d'avis pour ce qui est de
TEQ, donc.
ça me porte à lui poser une première question, Mme la Présidente. 17.1.6,
donc : «Le ministre modifie le plan directeur au cours de la
période de cinq ans s'il juge notamment que le contexte énergétique...» Et
j'aimerais savoir : Peut-il nous préciser qu'est-ce qu'on entend ici par
«contexte énergétique»?
M. Charette :
En fait, c'est difficile à anticiper. C'est la raison pour laquelle on laisse
une porte ouverte et c'est la raison pour
laquelle on a insisté, je pense, depuis le début de l'étude du projet de loi, sur l'importance de mettre à
jour continuellement nos outils et s'assurer que l'on se donne tous les moyens
de réussir. Si on devait adopter une politique... un plan directeur cinq, six, sept ans avant sa
date d'échéance, on se priverait sans doute de beaucoup d'opportunités.
Et je l'ai dit sans
retenue, au niveau de notre plan de mise en oeuvre en lutte aux changements
climatiques, c'est aussi l'approche que l'on
retient. Il va y avoir deux plans de mise en oeuvre avec une mise à jour
annuelle. Là, dans le cas présent, on
précise qu'on sera toujours à l'affût des nouvelles conjonctures qui se
présentent pour s'assurer qu'on ait le plan toujours le plus à jour
possible.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, j'ai bien écouté les explications du ministre.
Je vais lui soumettre un contexte
énergétique et j'aimerais peut-être l'entendre le commenter. Advenant, par exemple, je ne sais pas, que toutes les
capacités énergétiques d'Hydro-Québec soient vendues à l'extérieur, donc il n'y
a plus d'autre capacité, est-ce que c'est un peu ça que vous entendez
par «contexte énergétique»?
Charette : En fait, l'exemple est un petit peu hasardeux, en ce sens que les capacités
d'Hydro-Québec sont bien connues, que ce soit au niveau de ses exportations, au
niveau de sa distribution. On n'est pas à la veille de manquer de capacité de
la part d'Hydro-Québec, mais, ceci dit, on précise déjà, non pas forcément dans
le projet de loi mais à travers
l'intention gouvernementale... C'est de s'assurer d'une disponibilité toujours
plus grande de deux façons : à travers une meilleure efficacité énergétique, donc économiser de l'énergie, et à
travers d'autres types de production. On a parlé ici d'éolien, on a
parlé ici de solaire, on a parlé d'autres types d'énergie.
Donc,
l'exemple du collègue est peut-être moins adapté à la portée du projet de loi,
mais sinon, il faut garder à l'esprit que ce plan-là doit être à jour, et ce,
continuellement. Donc, la possibilité de le mettre à jour, elle est
incontournable.
Benjamin : Mme la Présidente, on se souviendra, lors des
consultations, Hydro-Québec était venue eux-mêmes nous dire qu'ils n'ont
pas la capacité d'électrifier tout le Québec. Alors, s'il advenait que leurs
capacités soient mises à l'épreuve, alors quelle va être, à ce moment-là...
C'est quoi, la solution?
Charette : ...qu'on voulait électrifier tout le Québec. Je suis
entièrement d'accord avec Hydro-Québec. Il y a certains procédés
industriels, notamment, qui, avec la technologie d'aujourd'hui, ne peuvent pas
être électrifiés dans certains cas lorsqu'on
est en région. On peut référer à certaines mines ou certaines installations,
même populations dans le Nord, ça
devient difficile d'électrifier à travers de l'hydroélectricité. C'est là où
d'autres mesures, d'autres alternatives peuvent être considérées. Je faisais référence, il y a quelques secondes
à peine, à l'éolien ou au solaire. Dans certains cas, il y a des
énergies d'appoint, souvent fossiles, qui sont requises. Ce n'est jamais
l'idéal, mais, dans certains contextes géographiques, c'est la situation qui se
présente à nous.
Donc,
entièrement d'accord avec le plan directeur d'Hydro-Québec. On a eu,
d'ailleurs, l'occasion... Il faut se rappeler qu'on a reçu Hydro-Québec, là, je
suis content que mon collègue le rappelle. On a reçu le P.D.G., on a reçu Hydro-Québec alors que, oui, il y a eu changement
à la tête, mais on a reçu Hydro-Québec lors des consultations. Donc, les propos
très éclairants d'Hydro-Québec ont été entendus, et c'est la raison pour
laquelle ce n'était pas nécessaire de faire revenir Hydro-Québec pour
étudier de façon adéquate le projet de loi n° 44.
M. Benjamin :
Mme la Présidente, ce n'était peut-être pas nécessaire pour Hydro-Québec, mais
ça l'était, ça l'est et ça le sera dans le
cas du ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles. Donc, ça
aurait été précieux pour nous, donc,
de pouvoir échanger avec lui. Donc, malheureusement, je dois encore déplorer
qu'on n'a pas eu cette opportunité de le faire.
Donc,
est-ce que je comprends ici, donc, quand on parle de
contexte énergique, on parle du marché de l'énergie?
M. Charette :
En fait, je n'avais pas compris que l'opposition officielle aurait aimé
entendre le ministre des Ressources naturelles, j'en prends acte dorénavant. Je
pense, c'est la première fois qu'il en est question lors de cette commission.
Mais,
sinon, plus sérieusement, je pense, j'ai expliqué le contexte. On a une
réalité, ne serait-ce que technologique, qui peut évoluer avec les années. Le contexte énergétique aussi peut
évoluer avec les années. Donc, on ne peut pas se menotter avec un plan d'action, un plan directeur, sans s'ouvrir à la
possibilité de le mettre à jour. Essentiellement, c'est ce que dit
l'article que l'on étudie présentement.
M. Benjamin : Alors, vous avez évoqué tout à l'heure, M. le ministre, donc, l'enjeu de l'éolien et du solaire. Donc,
c'est un marché, donc, actuellement,
complexe, donc, où la construction, justement, donc, c'est des choses qui
peuvent prendre jusqu'à cinq ans. Alors, comment est-ce que vous voyez
le lien entre le contexte énergétique, donc, que vous évoquez...
M. Charette :
...je n'ai pas entendu. Vous avez dit : Jusqu'à cinq?
M. Benjamin :
Jusqu'à cinq ans.
M. Charette :
Ah! cinq ans, O.K. Parfait, il y a un mot qui m'avait échappé. Parfait.
M. Benjamin : Alors, comment vous voyez... Donc, vous évoquez
le contexte énergétique et vous faites allusion à d'autres apports comme
l'éolien et le solaire. Comment est-ce que vous voyez cette adéquation, à ce
moment-là?
M. Charette : Vous parlez du solaire, je peux vous parler de
l'éolien. Notre formation politique a été longtemps non pas sceptique à l'égard de l'éolien, mais
c'était de l'avantage que l'éolien représentait au niveau de la capacité
existante d'Hydro-Québec, également au niveau du coût de cette énergie-là. Il y a quelques
années, c'était, et de loin, une énergie beaucoup plus dispendieuse à produire
que l'hydroélectricité. Donc, c'était difficile, il y a quelques années, de miser
de façon très intensive sur cette forme d'énergie.
Or, depuis, les coûts de production ont diminué de
façon sensible, et ça devient une option qui est plus intéressante et qui doit être intégrée. Et Hydro-Québec le
fait, d'ailleurs, à sa planification. Donc, dans les prochaines années, il est possible qu'il y ait d'autres installations,
d'autres productions d'électricité via l'éolien, et là ce sera plus avantageux
que ça ne l'était il y a quelques années.
Présidente (Mme Grondin) : M. le
député.
M. Benjamin : Je comprends que le scepticisme du ministre
et du gouvernement pour ce qui a trait à l'éolienne, c'est
ça... Est-ce que...
M. Benjamin :
Vous étiez sceptique, donc vous avez dit...
M. Charette : Il y a quelques années... Bien, la formation
politique que je représente, tout à fait, puis on l'a dit sur plusieurs tribunes. Lorsque le gouvernement précédent prévoyait des investissements majeurs, lorsqu'on regardait le
coût de production, c'était loin d'être avantageux pour... Et même la Vérificatrice
générale a produit un rapport là-dessus. Donc, la position qui était la nôtre
est celle que je vous ai résumée.
Mais, avec le temps,
la situation technologique a changé. Et de ça en a découlé une nouvelle
production plus économique. Donc, on n'est
plus là où on était il y a cinq, six ans, par exemple. La situation a beaucoup
évolué. C'est ce qui a fait dire au premier ministre à quelques reprises, au cours de la dernière année, que c'est une
option qui est plus facilement envisageable aujourd'hui que ce ne
l'était il y a cinq ans, par exemple.
ça, peut-être, j'inviterais le collègue à lire le rapport de
la Vérificatrice générale, c'était chiffré, à quel point l'éolien, à
l'époque, coûtait plus cher aux Québécois. Et, depuis, heureusement, et c'est ce qui est
formidable au niveau de la transition énergétique, ce sont des
technologies qui, avec les années, se développent, deviennent de plus en plus accessibles, deviennent de plus en plus
intéressantes. Donc, il y a des options aujourd'hui qui s'offrent à
nous qui étaient impensables il y a quelques années à peine.
M. Benjamin : Mme la
Présidente, sachant cette
évolution-là, donc, des technologies, donc, c'est devenu plus rentable, est-ce que
ce n'est pas là aussi une opportunité de développer une vision à beaucoup
plus long terme que seulement sur cinq ans?
M. Charette : C'est-à-dire, un plan directeur, ça doit avoir une durée de
vie, mais cette durée de vie ne doit pas être un carcan. C'est la raison pour
laquelle on parle de mise à jour, mais c'est clair qu'il y a des visions qui
doivent se développer sur le plus
long terme. Cependant, on n'en fait pas un plan directeur pour 10 ans,
15 ans, 20 ans, mais ce qu'on sème aujourd'hui va continuer à
se développer pour l'avenir, mais je n'ai aucun doute dans mon esprit, que,
dans 10 ans, on aura plus de production
issue de l'éolien qu'on en a aujourd'hui et même dans cinq ans, vraisemblablement.
Donc, la durée de vie
doit avoir une échéance d'un plan directeur, mais, même si cette échéance-là,
elle est sur cinq ans, il faut se permettre,
il faut s'ouvrir la porte pour qu'il soit mis à jour et s'assurer qu'il soit toujours
d'actualité.
Présidente (Mme Grondin) : ...M. le député. Nous allons
prendre une pause de 10 minutes.
Donc, je ferme les
travaux pour le moment.
(Suspension de la séance à
16 h 06)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons les travaux. Nous en étions rendus à l'article 17.1.6.
J'ai sur ma liste d'interventions le député de Robert-Baldwin et la
députée de Mercier. Est-ce bien ça? Oui. M. le député.
M. Leitão : Merci,
Mme la Présidente. Je serai très
bref, juste deux commentaires qui font suite au commentaire... à l'échange entre M. le ministre
et mon collègue de Viau, juste deux choses que j'aimerais préciser. D'abord,
ce n'est pas la première fois que notre formation politique avait
demandé, avait souhaité que le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles soit aussi venu en commission pour répondre aux questions.
Donc, ce n'était pas la première fois, on l'avait déjà dit avant.
Et, deuxièmement, le ministre a parlé de la filière éolienne. Juste lui dire
qu'on va certainement en parler longuement, pas ici, ce n'est pas le
sujet du jour, mais on va parler longuement. Et je dirais tout simplement, ici et maintenant, que, si, en effet, les coûts de production ont
baissé dernièrement, c'est en grande
partie parce que nous avons
développé, au Québec, une bonne expertise dans ce domaine-là, grâce aux
décisions des gouvernements précédents. Donc,
puisqu'on a l'expertise, les coûts de production ont beaucoup
baissé, ça devient de plus en plus intéressant, d'où la
nécessité ou l'intérêt à avoir une vue à plus long terme pour pouvoir
faire baisser les coûts à long terme aussi. Voilà.
M. Charette : ...Mme
la Présidente, une confession toute,
toute personnelle. La raison pour laquelle je ne me suis pas dirigé en humour,
c'est que la plupart de mes blagues tombent à plat. Et je sais fort bien que ce
n'était pas la première fois que l'opposition officielle souhaitait
marquer son désir d'entendre le ministre des Ressources naturelles. Donc, c'est
une autre de mes nombreuses blagues qui a tombé à plat. Donc, il fallait y voir
plus de l'ironie qu'autre chose, mais je
sais fort bien que ce n'était pas la première fois, mais ça fait longtemps
que j'ai cessé de compter les fois, par
contre.
La Présidente
(Mme Grondin) : Mme la députée de
Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, dans le fond, ici, l'objectif, c'est qu'on permet au ministre de
réviser quand il le juge nécessaire. Là, on met les conditions, et puis, après ça, il
va... Ça pourrait aller à l'encontre des
objectifs des orientations, les changements qu'il fait. Puis là il faut
qu'il obtienne l'acceptation du gouvernement. C'est ce que je comprends derrière ce...
M. Charette : Je ne le vois pas
de cette façon-là. Je le vois davantage comme une occasion de tout le temps s'améliorer, mais, si... Parce que le «si» peut toujours
survenir. Et je peine à trouver un exemple, mais, si, par exemple, pour une raison
ou pour une autre... Et ça devient très,
très théorique. Au niveau,
par exemple, de notre objectif d'augmenter le pourcentage d'éléments renouvelables dans le gaz naturel, si, du jour au lendemain, l'ensemble... c'est là où je dis, c'est
très, très théorique, où l'ensemble de
nos facilités en biométhanisation sont paralysées pour un phénomène x,
peut-être que le pourcentage ne pourra pas être atteint sur une période
précise, mais ça devient très, très, très théorique, là.
Donc, pour moi... Et la façon dont on conçoit le
projet de loi, c'est de dire : À partir de moment où une technologie
évolue, à partir du moment où une situation évolue, c'est une occasion pour
bonifier notre plan directeur, c'est une occasion pour bonifier notre plan de
mise en oeuvre, mais oui, il pourrait y avoir des contextes qui nous
obligeraient à reculer, mais, franchement, je ne les vois pas, c'est
extrêmement théorique.
Et ce serait
surtout très temporaire. S'il y a une interruption de service momentané, je ne
pense pas qu'elle sera assez longue
pour faire en sorte qu'on revoie le plan directeur en conséquence. Donc, il
faut le voir de la façon positive et dire : Ne nous privons pas des
avancées technologiques pour avancer.
Mme Ghazal :
Je comprends qu'on nous dise : Bien, il faudrait le réviser. Ça, il n'y a
pas de problème, c'est ce qui est écrit en haut, mais, si la modification est
susceptible de compromettre les orientations, les objectifs généraux ou les cibles établies en matière de transition,
d'innovation et d'efficacité énergétiques, là, le ministre doit le faire
modifier, autoriser par le gouvernement. Donc, il est possible de le
réviser, ça, je le comprends, mais il est possible que cette révision-là compromette les objectifs et les
orientations, alors que le ministre, depuis tantôt, dit que c'est extrêmement
important d'avoir des résultats. Et les
résultats, c'est quoi? C'est d'atteindre les objectifs, les orientations et les
cibles, mais là on dit qu'on peut les compromettre.
Donc, pourquoi est-ce qu'on a trouvé que
c'était... C'est théorique, mais souvent c'est comme quand on dit : Ah!
bien, c'est évident, donc je ne vais pas le mettre. Là, c'est théorique,
pourquoi est-ce qu'on le met quand même?
M. Charette :
En fait, c'est là où on tombe dans une théorie qui est moins probable. Si, à
l'échelle mondiale, par exemple... Je n'arrive même pas à citer un exemple
concret. Si la donne devait changer et qu'un élément de notre plan directeur,
pour une raison exceptionnelle ou extraordinaire, ne s'applique plus, pour que
ce plan-là soit toujours à jour, il faudra
effectivement l'actualiser, mais moi, j'y vois, encore une fois... je sais, je
me répète, mais une occasion de s'améliorer.
Mais,
sinon, on parle, je ne sais pas, au niveau des technologies, au niveau d'une
situation internationale, je n'aime pas
l'évoquer, mais une guerre, par exemple, ou autres. C'est là où c'est moins
probable, surtout moins souhaitable, mais oui, une guerre, par exemple,
pourrait avoir un impact sur le plan directeur en transition énergétique. Je
suis dans le très théorique, on s'entend. Si nos efforts doivent être consacrés à aider
nos alliés dans un éventuel conflit, ça se peut que, oui, certaines orientations gouvernementales
soient revues, mais c'est théorique, c'est très peu probable. Et je préfère y
voir une occasion de se mettre
continuellement à jour que
d'envisager, malheureusement, une catastrophe, là, qui nous ferait tous
reculer, c'est bien certain.
Mme Ghazal : Avant, cette précaution-là n'était pas là pour
TEQ. Il n'y avait pas cette précaution-là? Je veux dire, eux, ils pouvaient le changer, le plan directeur, s'il arrivait une
guerre ou n'importe quoi? Est-ce
qu'on était obligé de le
mentionner?
on le mentionne, c'est parce qu'il y a peut-être une raison plus spécifique que théorique. Parce qu'on dit tout le temps qu'il y a les évidences, on ne les met pas, on ne
met pas, dans le projet de loi, toutes
sortes d'événements
possibles et imaginables, sinon on n'en finirait plus. Avec les si, on peut se
rendre jusqu'à à lune, c'est ça qu'on dit, mais là le ministre, ou, en tout cas, le gouvernement, trouve que c'est important de prévoir quelque chose d'extrêmement exceptionnel, tellement que c'est
théorique. J'arrive...
partie de revoir aux cinq ans ou au milieu, ça, je le comprends, là, évolution
technologique, mais l'autre partie, à
part une... Le ministre amène une guerre. C'est tellement théorique, je ne
comprends pas pourquoi est-ce qu'on a trouvé que c'est si important de
l'ajouter. Est-ce que c'était déjà là dans l'actuelle loi?
M. Charette :
Je ne pense pas que ce soit si théorique que ça. Et je ne pense pas que ce soit
si étranger à la mouture originale, là, de
la
loi sur TEQ. Si on regarde l'article 14 : «Transition énergétique
Québec doit réviser le plan directeur
si le gouvernement lui demande de le modifier, notamment pour tenir compte de
cibles additionnelles.» Donc, là aussi, c'est dans une perspective positive.
«Transition énergétique Québec peut aussi [...] modifier si elle juge
que des modifications sont nécessaires pour atteindre les cibles.» Donc, on est
encore... Tout comme là, on est dans une perspective d'atteindre les cibles. Et
«le plan révisé est soumis aux dispositions des articles 12 et 13, compte
tenu des adaptations nécessaires». Et 12 et 13, ça précise justement comment on
retient... on rend officiel ce plan directeur là. Donc, on n'est pas si étranger. Formulé très certainement différent, mais
l'esprit n'est pas bien, bien différent de celui que je vous présente,
là, à travers les exemples donnés.
Mme Ghazal :
Je vais répéter. Le fait qu'il y ait une révision au milieu de cinq ans, aucun
problème avec ça. Ce n'est pas ça que je dis. Puis c'est ce que le ministre
vient de lire, là, l'article 14. Ça, là, il n'y a aucun problème, je
comprends qu'on puisse réviser des choses en cours de route, il y a... Il ne
faut pas mettre, dans une loi, d'interdire la révision, au contraire, parce
qu'il faut s'améliorer.
Moi,
ce que je ne comprends pas, c'est... puis qui n'était pas là... À moins que ça
l'est, je n'ai pas... J'ai essayé de
vérifier, là, je fais du... voyons, Ctrl+F et je n'ai pas trouvé dans
l'actuelle loi. Donc, pourquoi est-ce que cette révision-là pourrait
compromettre les orientations, objectifs et cibles?
M. Charette :
Oui, mais, à partir du moment où on le change, ce plan directeur là, il doit
être... Si on regarde, là... Là, on est à 17.1.6. Si on regarde ce qu'on a
adopté en 17.1.5, on précise comment
le rendre officiel. Il doit être approuvé par le gouvernement, il doit être rendu public. Donc, si on le
change, il faut aussi... On retourne... Dans le fond, c'est un petit jeu de serpents et échelles. Si on le change, il
faut le ramener à l'équivalent de 17.1.5, tout simplement.
Donc, c'est pour
suivre la logique. Le gouvernement doit l'adopter, c'est là qu'il faut lire
17.1.5, ça doit être en vertu de nos... Je relis rapidement, là, le passage clé
de 17.1 : «Le gouvernement autorise la mise en oeuvre du plan
directeur s'il répond aux orientations, aux objectifs généraux et aux cibles en
matière de transition, d'innovation et d'efficacité énergétiques.» Donc, il faut
que le gouvernement... même s'il
y a une modification, il faut
que le gouvernement l'autorise, de sorte qu'il soit toujours en
conformité avec les objectifs, là, qui sont précisés.
Mme Ghazal : Encore
une fois, le ministre a
répondu à côté de ma question. Le fait de l'autoriser par le gouvernement, aucun problème avec ça. Je ne parle pas de ça, puis je sais que
c'est à 17.1, je n'ai pas de problème avec ça.
C'est :
le ministre, quand il a dit : Bien, il faut
réviser pour s'améliorer, bien, dans la loi, on dit : Si on compromet.
«Compromet», ça veut dire qu'on n'est pas en
train de s'améliorer, ça veut dire qu'on est en train de s'empirer, ça veut
dire qu'on est en train de reculer par rapport aux objectifs, orientations et
cibles. Pourquoi est-ce qu'on ouvre la porte à s'empirer?
M. Charette :
...malheureusement référence à des cas d'espèce qu'on ne souhaite pas et qui
sont souvent tributaires d'un contexte
mondial bien plus que d'un contexte québécois. Si on ne le permet pas et que la situation
devait se présenter, on serait obligés de changer la loi pour inclure
cette possibilité-là. Donc, de façon sage et avenante, la possibilité, elle est
évoquée, mais c'est un contexte que l'on ne souhaite pas, manifestement.
La Présidente
(Mme Grondin) :
M. le député de Bourget, vous souhaitez ajouter un commentaire. Par la suite, ça sera vous, Mme la députée de Mercier.
M. Campeau : Juste un exemple très,
très pratique, Mme la Présidente. Reportons-nous au début du mois de mars. Si on fait un plan à ce moment-là et qu'il y a
une pandémie qui arrive, là, les gens arrivent, ils se disent : Bien, est-ce que je dois prendre le transport en
commun? Est-ce que je vais faire du télétravail? On veut toujours atteindre
37,5 % de réduction de gaz à effet de serre. Ceci
est un exemple qui peut arriver, comme on l'a vu, et qui nous forcerait à
réagir rapidement et dire : Ce plan-là ne nous garantit pas qu'on va
Alors, c'est
peut-être un exemple comme ça, très, très, très terre à terre, qui explique
l'idée en arrière du 17.1.6.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
Mme la Présidente. En fait, je m'en
allais un peu là, vers la pandémie, mais pas tout à fait comme le député de
Bourget, c'est un petit peu à l'envers. C'est-à-dire que... Parce que
ce qu'on dit, c'est «compromettre», pas
pour s'améliorer, pas changer les objectifs parce
que là il y a une pandémie, le ministre
avait dit une guerre ou une pandémie,
donc là il faut réviser nos objectifs... c'est-à-dire, il faut qu'on révise nos actions pour être sûr
d'atteindre nos objectifs. Ce n'est pas ça que dit l'article.
C'est : il peut arriver... Ce que je comprends du ministre,
il peut arriver une situation exceptionnelle, la pandémie est un très bon exemple,
et donc on peut décider de revoir à la baisse nos orientations, objectifs,
et tout ça.
Maintenant,
ma question, je vais y aller de façon très concrète. Est-ce que,
dès l'adoption du projet de loi n° 44, le ministre, même si on est à l'intérieur des cinq ans du
plan directeur, va les réviser à la baisse ou va réviser les orientations,
ou les compromettre, comme c'est écrit — ce n'est pas mon mot, ça, c'est écrit dans
la loi — les
orientations, objectifs et cibles du plan directeur actuel?
M. Charette : Je ne comprends
pas pourquoi la collègue de Mercier voit toujours dans le ou la ministre des Ressources naturelles, maintenant responsable de
la transition énergétique, comme le méchant ou la méchante. La réponse
simple, ce serait de dire : Non, bien
non, on ne veut pas revoir le plan directeur pour le rendre moins mordant. Au
contraire, tout le projet de loi... (Interruption) pardon, vise à
augmenter la cadence pour atteindre un objectif qui semble loin de portée à ce
moment-ci.
Donc, je l'inviterais, gentiment et avec le
sourire, à voir en son collègue des Ressources naturelles et de la Transition
énergétique un allié très, très, très précieux pour permettre l'atteinte de ces
résultats-là. Donc, la question : Est-ce qu'il y a un agenda presque caché?,
dire : On adopte le projet de loi, donc on revoit le...
Mme Ghazal : ...moi, j'étais
vraiment dans les détails.
M. Charette : Bien, la question
était quand même... La question simple était : Est-ce qu'au lendemain du
projet de loi n° 44 le ministre des Ressources
naturelles a l'intention de?
Mme Ghazal : À cause de la
pandémie.
M. Charette : La réponse, elle
est non.
Mme Ghazal : C'est non.
Parfait, c'est bon. C'est tout.
M. Charette : Mais, ceci dit,
quand on lit qu'il faut retourner, en 17.1.5, à l'approbation du gouvernement,
il faut voir que le gouvernement est un
chien de garde, s'assurer que, si, par exemple, le méchant ou la méchante
ministre de la Transition énergétique avait un agenda caché, il y aurait
le gouvernement, qui, lui, stopperait ses ambitions. Il dit : Non, non, non, tu ne peux pas reculer à moins de
justificatifs importants. Donc, c'est là où le gouvernement est un chien
de garde, et non pas le contraire.
Mme Ghazal :
Donc, exact. Le ministre vient de le dire : On ne peut pas reculer, à
moins qu'il y ait une raison suffisante.
M. Charette : Bien, il faut
voir le gouvernement comme un chien de garde.
Mme Ghazal :
Donc, moi, je ne suis pas en train... Moi, je ne veux pas personnaliser.
Contrairement au ministre de l'Environnement, je ne veux pas
personnaliser le débat. Moi, je suis comme lui, je parle du ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles, actuel, pas actuel, je m'en fous. Ici,
on dit «compromettre», ce n'est pas moi qui le dis. «Compromettre», ça veut dire quoi, la définition de «compromettre les
orientations, les objectifs généraux et les cibles»? Ça veut dire
«s'améliorer»?
M. Charette : Bien, je pense que l'exemple que je donnais, malheureusement ce n'est pas un exemple d'amélioration. Quand je parle de guerre ou de facteurs mondiaux extérieurs, je ne
faisais pas réfé