CAT — 4 December 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-12-04
Quebec — Committees
Concernant ce projet de loi, moi, je suis là
pour vous supporter tout au cours de cette démarche aujourd'hui. Je sais à quel
point Murdochville a su rebondir suite à la fermeture, il y a quelques années,
de cette mine. Puis aujourd'hui la municipalité se démarque clairement en
attirant des jeunes d'un peu partout au Canada et du Québec pour, en fait, vitaliser, redynamiser la région. Donc, si ce projet de loi
peut aider, ce sera un avantage pour toute la région de pouvoir aller de
l'avant avec ce projet de loi. Donc, j'espère que les travaux iront rondement.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) :
Merci à vous, Mme la ministre. Je cède la parole maintenant à la porte-parole
de l'opposition officielle, la députée d'Anjou—Louis-Riel. La parole est à vous.
Mme Thériault : Merci,
M. le Président. Mme Ritchie-Roussy, Me Delisle, bienvenue parmi
nous. J'ai une employée au bureau de comté qui s'appelle Roussy, qui vient de
votre région, je dois le dire, et j'ai une très, très grande famille, ma mère étant originaire du Bas-Saint-Laurent, et j'ai un oncle qui a demeuré très longtemps à Murdochville. Donc,
ça me fait plaisir de vous rencontrer.
J'ai eu le
plaisir de lire dans un article, et je vais vous citer, Mme la mairesse, vous
parlez : «On est la municipalité avec le plus haut taux de taxe,
mais avec la valeur foncière la plus basse. La valeur des maisons et des
commerces est tellement basse que, si les gens rénovent leurs bâtiments, c'est
comme s'ils jetaient de l'argent par les fenêtres, dans le sens où leur valeur n'augmente pas. Ça prend des incitatifs. On est
loin de pas mal de monde, mais on est viables, et ça nous prend un coup
de pouce.»
Quel beau plaidoyer pour qu'on puisse faire...
pour qu'on puisse vous permettre un peu ce qu'on a permis à la ville de Gaspé un peu auparavant. On va voir,
dedans les autres articles, que c'est différent, parce que vous regardez
beaucoup plus au niveau des
résidences comme telles, lorsqu'on voit votre projet sur les crédits de
taxe : 10 000 $ pour les résidences unifamiliales,
20 000 $ pour les immeubles à logements multiples, 40 000 $
pour les établissements commerciaux et industriels.
Et j'imagine qu'avec ce que le projet de loi va vous permettre de faire, ça va
vous permettre également de miser beaucoup sur le développement
touristique.
Donc, évidemment, vous ne serez pas surprise de
voir qu'on est en faveur aussi, en tant qu'opposition officielle, du projet de loi qui est devant nous. Donc, on
aura certainement la possibilité de pouvoir échanger. Vous allez avoir une
présentation. On aura la possibilité
d'échanger aussi. Deuxième petit projet de loi d'intérêt privé, huit articles
seulement, donc on ne vous cuisinera
pas trop longtemps. Normalement, vous devriez être en mesure de repartir d'ici
aussi joyeuse, avec le sourire fendu jusqu'aux oreilles, que les gens de
la ville de Gaspé l'ont été juste avant vous.
Président (M. Allaire) :
...les représentants de la ville de Murdochville à se présenter dans un premier
temps, ensuite à nous exposer les
grandes lignes de ce projet de loi. Vous avez cinq minutes pour le faire.
Ensuite, une courte période d'échange
va suivre. Le gouvernement disposera de 2 min 30 s, l'opposition
officielle, 1 min 40 s, la deuxième opposition, 25 secondes, et la troisième
opposition, 25 secondes également.
Alors,
M. Delisle et Mme Ritchie-Roussy, la parole est à vous.
Mme Ritchie-Roussy
(Délisca) : Merci de nous
recevoir ici aujourd'hui. Alors, M. le Président, Mme Marie-Eve Proulx.
Alors, c'est toujours un plaisir de vous
voir, Mmes, MM. les députés ici présents. Alors, bonjour. Aussi, surtout, je
tiens à dire un beau bonjour à Mme Méganne Perry Mélançon, qui est
notre députée.
Président (M. Allaire) :
...que c'est votre première expérience ici, il faut toujours appeler les
députés par leur nom de circonscription : la députée de Gaspé, ministre
du Développement économique régional.
Mme Ritchie-Roussy (Délisca) :
La députée de Gaspé. Parfait, mon cher monsieur. Merci beaucoup.
Le Président (M. Allaire) : Ça
me fait grand plaisir.
Mme Ritchie-Roussy (Délisca) :
Alors, en Gaspésie, là, c'est...
Mme Ritchie-Roussy
(Délisca) : C'est ça, c'est ça. Alors, permettez-moi de me présenter.
C'est sûr qu'on m'a nommée. Mon nom, c'est Délisca Ritchie-Roussy, maire de la
ville de Murdochville en Gaspésie. Je suis accompagnée de notre avocat,
Me Conrad Delisle, qui nous a aidés dans cet important dossier qu'est le projet
de loi n° 207.
Nous avions avisé le secrétaire de la commission
que je serais aussi accompagnée de M. Gaétan Lelièvre, conseiller stratégique de la MRC de La
Côte-de-Gaspé et de la ville de Murdochville. M. Lelièvre, qui a été
député de Gaspé à l'Assemblée nationale du Québec, ne peut
malheureusement être présent aujourd'hui en raison du décès de sa mère, survenu au cours des derniers jours. Cependant,
celui-ci participera activement à l'élaboration du programme prévu dans
le projet de loi si celui-ci est adopté.
La ville de Murdochville fut créée en 1953 pour
permettre l'exploitation d'une mine de cuivre et abriter ses travailleurs et leurs familles. La ville de
Murdochville a toujours été mono-industrielle, et la compagnie Noranda, et, par la suite, Xstrata, assumait plus de 80 % du
fardeau fiscal de la ville, en plus de fournir une gamme de services récréatifs
et communautaires à la population.
La majorité des maisons ont été
construites par la Noranda, dans les années 50, 60 et 70, sur des petits
terrains d'environ 500 mètres carrés.
La ville fournit à ses citoyens tous les services urbains : aqueduc,
égout, protection incendie et loisirs.
Pendant l'exploitation de la mine, la population de Murdochville a atteint plus de 5 000 personnes, et, aujourd'hui, elle en compte 635 personnes, ce qui
représente un très grand défi au niveau du maintien des services municipaux,
compte tenu de la diminution drastique de la population et des revenus
de la municipalité.
Depuis la
fermeture de la mine, en 2002, les maisons se vendent à des prix dérisoires,
souvent à des non-résidents, qui les
occupent de façon saisonnière ou sporadique. Des propriétés sont souvent
négligées ou abandonnées, causant ainsi une diminution de la qualité de l'évaluation du voisinage. La valeur
foncière des maisons, en moyenne, de 30 000 $, soit à peine le tiers de l'évaluation qui était en 2002, lors de
la fermeture de la mine... En conséquence, la ville a dû imposer, en 2019, un taux de taxe foncière de plus de
4 $ du 100 $ d'évaluation, probablement le plus haut taux de taxation
au Québec.
Depuis la
fermeture de la mine, la ville et ses partenaires d'affaires, accompagnés par
les instances gouvernementales, ont tenté de procéder à la
diversification économique du milieu. L'instauration d'un centre d'appel
gouvernemental de la SAAQ, des parcs éoliens
et la mise en place d'une gamme d'activités touristiques hivernales de grande
qualité, comme le ski hors-piste et
la motoneige, dans l'un des secteurs les plus enneigés du Québec, ont contribué
à maintenir un niveau économique
minimal au sein de notre ville. Toutefois, beaucoup de travail reste à faire
pour assurer à notre communauté un milieu de vie satisfaisant.
Ainsi, afin
de poursuivre ses efforts de diversification économique et de revitalisation du
milieu, la ville de Murdochville demande à l'Assemblée nationale du
Québec de l'autoriser à mettre en place un programme d'acquisition, de rénovation et de construction de bâtiments et,
dans certaines limites, à accorder de l'aide financière à certains
propriétaires. Grâce à ce programme,
nous espérons revitaliser le parc immobilier, et inciter les propriétaires à
entretenir, améliorer et rénover
leurs maisons, et ainsi stopper ou, du moins, freiner la dégringolade des
valeurs, rendant la ville plus attrayante pour des nouveaux résidents.
Pour les
questions d'ordre légal, je vous réfère à Me Delisle. Je vous remercie pour
l'intérêt démontré à l'égard de la communauté de Murdochville, et
espérons que vous allez nous entendre beaucoup. Merci.
Président (M. Allaire) : Merci à vous. Nous sommes donc rendus à
une courte période d'échange. Est-ce qu'à ce stade-ci il y a des
interventions? Non? Parfait.
Nous sommes
donc rendus à l'étape de l'étude détaillée
article par article. Je cède donc la
parole à la députée de Gaspé pour la lecture de l'article 1 et des
notes explicatives.
Mme Perry Mélançon : Merci, M.
le Président. J'ai plus d'expérience, maintenant.
Alors,
article 1 : «Malgré la Loi
sur l'interdiction de subventions municipales (chapitre I-15), la ville de
Murdochville peut, par règlement,
adopter un programme d'acquisition, de rénovation et de construction de bâtiments sur son territoire.»
Note
explicative.
L'article 1 du projet de loi prévoit le
pouvoir particulier demandé par la ville de Murdochville, soit celui
d'adopter un programme pour aider financièrement des particuliers ou des entreprises
à acquérir, rénover ou construire des bâtiments sur son territoire.
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Gaspé. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel souhaite intervenir.
Allez-y.
Mme Thériault : Oui, merci, M. le Président. Tout
d'abord, Mme la mairesse, je vais
vous demander de transmettre nos
sincères condoléances à notre ex-collègue le député
de Gaspé. M. Lelièvre est un
chic type. Donc, je pense, c'est important, dans les moments comme ça,
d'être solidaires aussi.
Mais j'ai une
petite question pour vous. Comparativement à la ville de Gaspé,
qui avait déjà eu un programme, elle, en 2009, pour cinq ans, on a
attendu cinq ans, et elle redemande un programme, vous, c'est la première fois
que vous demandez d'avoir un programme comme ça ou si ça a déjà été fait dans
le passé?
Mme Ritchie-Roussy (Délisca) :
Bien, on a eu un bill privé vers les années 2003, lors de la fermeture.
Le Président (M. Allaire) :
Juste pour faciliter les échanges, en fait, c'est plus facile si on s'adresse
toujours à la présidence, mais c'est surtout
pour l'audiovisuel. Donc, si je peux juste me permettre de vous passer la
parole pour qu'on puisse bien vous entendre. Allez-y.
Mme Ritchie-Roussy (Délisca) :
O.K., je m'excuse.
Président (M. Allaire) : Non, ça va, c'est correct. J'ai aussi
besoin de votre consentement pour vous permettre d'intervenir. Donc, je demande déjà le consentement pour M. Delisle
et Mme Ritchie-Roussy, s'il vous plaît. Est-ce que j'ai votre
consentement? Parfait, merci. Allez-y, vous pouvez intervenir.
Mme Ritchie-Roussy
(Délisca) : Bon, alors, lors de la fermeture, en 2002, alors il est
certain qu'on a eu... Il y a eu une préparation de bill privé. On a eu
un bill privé qui permettait aux gens d'avoir des incitatifs pour aussi acheter
des maisons... des nouveaux arrivants, puis
c'est sûr que ça a beaucoup aidé. C'était à peu près 1 million par année,
je pense, pendant six ans, pour nous
permettre d'être... de voir venir la... C'est parce que c'était une transition.
Tu sais, tu pars de presque
500 emplois. Tu perds tous tes emplois. C'était le principal employeur.
Alors, c'est sûr qu'on était devant,
quasiment, là... Je pense qu'on peut
se dire que nous sommes très courageux, très résilients et, ensuite de ça, très
positifs, parce qu'on dit
qu'on est viables puis on veut continuer à vivre.
M. Delisle
(Conrad) : Si vous permettez un complément de réponse... Quand la
Murdochville a fermé, quand la mine a fermé, le gouvernement... il y a
eu Chandler, aussi, avec la Gaspésia, il y a eu Asbestos. Alors, le
gouvernement a fait un
programme pour les villes mono-industrielles, pour maintenir les revenus qui
tombaient. Murdoch a reçu 1 million par année pendant cinq ans pour stabiliser ses finances, comme Asbestos,
comme Gaspé, etc. Donc, c'était dans le cadre de ce cadre-là, le projet
de loi du temps.
Aujourd'hui, la problématique s'