Culture and Education — 18 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-04-18
Quebec — Committees
Donc, je tiens à le dire et je vais le
répéter parce que c'est très important, de tout temps et de tous les temps
depuis des décennies, nous n'avons
jamais, jamais connu plus important budget consacré au développement culturel
et à la langue. C'est vraiment une
fierté. Je le répète : Il n'y a jamais eu un budget aussi important en
culture et en langue. C'est historique, la hauteur du budget de cette
année.
Dans son préambule,
la loi 22 affirmait solennellement que «la langue française constitue un patrimoine
national que l'État a le devoir de
préserver, et qu'il incombe au gouvernement du Québec de tout mettre en oeuvre
pour en assurer la prééminence et pour en favoriser l'épanouissement et
la qualité».
quelques mots, nous avions là un résumé des principes et des aspirations qui
ont été au coeur des débats et réalisations
linguistiques ces dernières décennies. Ce statut de langue officielle a été
réaffirmé par la Charte de la langue française,
qui a consacré la volonté des Québécoises et des Québécois, par la voix de son
Assemblée nationale, de faire du
français la langue de l'État et de la loi aussi bien que la langue normale et
habituelle du travail, de l'enseignement, des communications, du
commerce et des affaires.
J'adhère
à cette vision, et c'est avec un réel enthousiasme que nous travaillons de
concert avec les femmes et les hommes qui ont pris fait et cause pour le
français dans les entreprises du Québec ainsi qu'en étroite collaboration avec
nos organismes gouvernementaux
spécialistes de la langue française, soit l'Office québécois de la langue
française, le Conseil supérieur de la langue française, le Secrétariat à
la politique linguistique et la Commission de toponymie.
Lors de la formation
du Conseil des ministres, en avril 2014, le premier ministre a ajouté, au
titre de ministre responsable de la
Protection, la notion de promotion de la langue française. Je n'ai cessé
d'insister sur le mot «promotion» dans
les deux dernières années et je le répète, car nous multiplions nos initiatives
en ce sens et nous continuerons de le faire
avec fierté. Grâce au budget récemment déposé par mon collègue le ministre des
Finances, l'année en cours s'avère très prometteuse en matière de
langue. Nous nous sommes donné les moyens de nos ambitions.
Partant
du principe fort juste que la pérennité du français passe par une relation
positive et proactive envers notre langue, notre gouvernement a prévu
des investissements supplémentaires de l'ordre de 3 millions de dollars
pour la mise en place d'une stratégie de
valorisation et de promotion de la langue française comme langue du travail et
des services. Cette stratégie a
notamment pour objectif d'exprimer non seulement la fierté, mais l'importance
de bien maîtriser notre langue française.
Cette
démarche stratégique s'adresse, entre autres, aux gens d'affaires mais aussi
aux Québécoises et aux Québécois de
toutes origines dont le français n'est pas la langue d'usage courant, notamment
ceux qui oeuvrent au sein de petites et moyennes entreprises. Elle s'adresse aussi à tous les Québécois qui
veulent et qui doivent promouvoir et protéger la langue française.
Suite
aux jugements de la Cour supérieure et de la Cour d'appel concernant les
marques de commerce, et ce, à
titre de ministre responsable de la Protection et
de la Promotion de la langue française, j'avais confié le mandat à mon
adjoint parlementaire d'alors, Luc Fortin, de mener un exercice de
consultation.
Ces rencontres nous
ont ainsi permis de proposer un projet de...
Mme David
(Outremont) : Je m'excuse, Mme la Présidente, je ne devais pas dire le
nom du...
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Non, non, c'est correct.
Mme David
(Outremont) : Ça va?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : C'est correct.
Mme David
(Outremont) : Ces rencontres nous ont aussi permis de proposer un
projet de modifications réglementaires qui permettra d'assurer une
présence accrue du français dans l'affichage.
ailleurs, dans un autre ordre d'idée, j'aimerais souligner que, cette année,
nous allons, pour la toute première fois,
tenir l'édition du prix Robert-Bourassa, qui vise à récompenser un projet de
classe ou d'école visant la promotion de la langue française, dont le
nom du lauréat sera connu en juin prochain.
Autre
fait à signaler cette année, une collaboration importante de la Commission de
toponymie avec la communauté abénaquise
d'Odanak, qui est restée malheureusement un peu trop sous silence. Le
26 février 2016, les noms traditionnels des voies de transport de
son territoire ont été officialisés par la commission. La diffusion de ces noms
favorise la transmission du patrimoine
autochtone, et la préservation du patrimoine fait évidemment
partie de nos
préoccupations gouvernementales.
culture et la langue sont intimement liées. C'est d'ailleurs dans un esprit de
rapprochement des univers de la culture
et de la langue qu'a été conçu le Programme de promotion du français lors
d'activités culturelles, programme que j'ai
toujours beaucoup aimé parce qu'il est à la fois précis dans ses objectifs et
vaste dans son rayon d'action. Le succès du programme est tel que nous
avons du mal à suffire à la demande.
J'aimerais
aussi vous dire quelques mots de la stratégie commune d'intervention pour le
Grand Montréal mise en place, en
2008, par ma collègue Christine St-Pierre au sein du gouvernement du Québec.
Des travaux sont en cours afin de préparer le renouvellement de cette
stratégie qui sera résolument axée sur la promotion et la valorisation de la
langue française dans les milieux de travail et dans l'espace public.
Basée sur une
vaste collaboration des milieux de l'immigration, de l'emploi et de l'éducation
ainsi que des milieux des affaires et
de l'action syndicale, la stratégie commune a eu pour objectif de renforcer
l'usage du français au travail et dans les espaces commerciaux dans la région de
Montréal. Des réalisations très intéressantes ont été effectuées grâce à
cette stratégie.
Cependant,
ces avancées ne sauraient nous faire oublier que la place du français au
travail et dans l'espace public est
en quelque sorte une course de fond. Les efforts en matière de langue doivent
être constants, déterminés et inscrits dans
la durée. C'est pourquoi je suis très heureuse de la participation renouvelée à
cet effort collectif. Celui-ci mise, entre autres, sur la promotion de la langue française. Il est prouvé que la
valorisation, la participation et l'encouragement ont une puissante
action positive sur les comportements et le sentiment de fierté dans la
population.
À cela
s'ajoutent les succès de mes collègues, les ministres de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion ainsi que
l'Emploi et la Solidarité sociale. La première fait état de 28 000
inscriptions aux cours de français en ligne offerts aux immigrants reçus
ainsi qu'aux candidats à l'immigration. Le second a enregistré 18 000
travailleurs, appartenant à 1 400
entreprises, qui se sont inscrits aux cours de français en entreprise offerts
par l'entremise d'Emploi-Québec et de la Commission des partenaires du marché
du travail. J'ai bon espoir que nos interventions dans le champ de la politique
linguistique nous feront progresser plus
avant vers un Québec ayant fait prospérer une société francophone forte et
fière de son identité et de l'apport de ses nouveaux citoyens issus de
tous les horizons.
Mme la
Présidente, c'est là un résumé, vraiment résumé, des initiatives rendues
possibles par les crédits accordés à notre ministère. Bien sûr, le temps
nous manque pour en faire une description exhaustive, mais il est clair que mes
distingués collègues des oppositions
pourront couvrir, lors de nos échanges, je l'espère, les champs d'intervention
en langue française de notre
ministère ainsi que des organismes gouvernementaux auxquels nous sommes
associés. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle, le député de Bourget, à faire ses remarques
préliminaires pour un maximum de sept minutes.
M. Kotto : Merci, Mme la
Présidente. Mes salutations.
Je veux
d'emblée adresser, au nom de mon aile parlementaire, mes voeux de
rétablissement les plus ensoleillés à notre collègue de Sherbrooke, que
j'apprécie personnellement beaucoup.
Mme la
Présidente, je souhaiterais également adresser la «bienrevenue» à la ministre
de l'Éducation, maintenant en charge de façon temporaire, je l'espère,
du portefeuille de la Culture.
Alors, je
salue mes collègues du volet ministériel et ma collègue de la deuxième
opposition ainsi que la personne qui
l'accompagne. Et je suis accompagné par un recherchiste hors norme que je vous
présente ici pour la première fois.
Au fil des
ans, Mme la Présidente, la Charte de la langue française a permis des gains
indéniables en matière de francisation,
mais, depuis une quinzaine d'années, la progression du français, au Québec,
s'essouffle, notamment comme langue
de travail. Afin de donner un nouvel élan à la langue française, afin, en
somme, de réaffirmer le français comme langue
de partage pour toutes les Québécoises et tous les Québécois, le gouvernement
précédent, auquel j'appartenais, souhaitait
renforcer la Charte de la langue française par des modifications législatives, le projet de loi n° 14
n'ayant pu être adopté à
l'Assemblée nationale pour les raisons que vous connaissez. Nous
formions un gouvernement minoritaire et, à ce propos, nous ne pouvions aller au-delà du soutien et de la CAQ et du gouvernement... pardon, de
l'opposition libérale.
Par la suite, Mme la Présidente, j'ai déposé une
motion, le mercredi 6 mai 2015, qui se lisait comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse le caractère essentiel de la primauté de la
langue française au Québec;
«Qu'elle réaffirme que la protection du français
est un devoir quotidien du gouvernement du Québec;
«Qu'elle réitère le caractère toujours essentiel
de la loi 101 au Québec;
«Qu'elle réitère que le français est la langue
officielle du Québec;
«Qu'elle
constate l'érosion du fait français dans certains secteurs de la société
québécoise, notamment en matière de langue [de] travail;
«Qu'elle
exige conséquemment du gouvernement du Québec qu'il fasse en sorte que les
dispositions de cette loi s'étendent aux entreprises québécoises de 26 à
49 employés;
«Enfin, que
l'Assemblée nationale prenne acte du jugement de la Cour d'appel du Québec
concernant la langue d'affichage,
prononcé le 28 avril 2015, et qu'elle demande au gouvernement du Québec de
proposer une modification législative
apportant les correctifs nécessaires à la Charte de la langue française afin
d'obliger, minimalement, l'inclusion d'un descriptif français aux
marques de commerce non francophones.»
Motion du 30 avril 2015 que j'ai déposée, Mme la
Présidente, qui se lisait comme suit :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse le caractère essentiel de la primauté de la langue
française au Québec;
«Qu'elle réaffirme que la protection du français
est un devoir quotidien du gouvernement du Québec;
«Que l'Assemblée nationale prenne acte du jugement de la Cour d'appel du Québec, prononcé le 28
avril 2015, invitant le législateur à prendre acte d'une faille
juridique dans la Charte de la langue française en matière de langue
d'affichage pour les marques de commerce, et à la combler;
«Et, enfin,
qu'elle demande au gouvernement du Québec de proposer une modification
législative apportant les correctifs nécessaires à la charte.»
Mme la Présidente, le 5 novembre 2014, pour remonter un tout petit peu plus loin,
la motion que j'ai déposée se lisait comme suit :
«Que l'Assemblée nationale réitère le caractère toujours
essentiel de la loi 101 au Québec;
«Qu'elle réitère que le français est la langue
officielle du Québec ici et à l'étranger;
«Qu'elle constate
l'érosion du fait français dans certains secteurs de la société québécoise;
«Qu'elle
exige du gouvernement du Québec qu'il fasse en sorte que les dispositions de
cette loi s'étendent aux entreprises québécoises de 26 à 49 employés;
«Enfin, que
le gouvernement du Québec entame des démarches avec le gouvernement fédéral
pour assujettir les entreprises à charte fédérale aux dispositions de la
loi 101.»
Mme la Présidente, les trois motions que je viens de vous lire allaient dans le sens de
la défense du français et de la
promotion de cette langue, mais malheureusement elles ont été battues au vote parce que et le Parti libéral et la CAQ avaient voté
contre. Le gouvernement, relativement à l'impératif de légiférer sur la langue
d'affichage, refuse de le faire à tout prix et y compris même au
détriment de la langue.
Alors, nous
allons revenir, durant cet exercice, par
ailleurs, sur plusieurs affirmations,
ici, énoncées par l'ancienne et maintenant,
pour quelque temps, je l'espère, ministre
de la Culture lors des dernières
études de crédits. Voilà, merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député de Bourget. Alors, je cède maintenant la parole au deuxième groupe de l'opposition, à Mme la
députée d'Iberville, pour une période maximum de cinq minutes.
Mme Samson : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais également d'emblée offrir mes meilleurs souhaits de prompt rétablissement au député de
Sherbrooke et ministre
de la Culture. Je salue mes
collègues. Bonjour, tout le monde. Je
salue la nouvelle ministre, qui, malheureusement pour elle, n'aura pas d'excuse de ne pouvoir
répondre à nos questions, je pense. C'est un dossier qu'elle
devrait connaître assez bien.
Mme la Présidente, il y a un parti représenté à l'Assemblée
nationale qui ne reconnaît pas aussi fortement la précarité, voire la menace constante qui pèse sur la langue française
au Québec, et il s'agit malheureusement du parti au
pouvoir. Le gouvernement ne semble pas
reconnaître l'importance et l'urgence d'entreprendre un chantier important
pour la promotion et la valorisation du français au Québec. On aura la
chance d'en discuter un peu plus tard.
Mais notre langue, c'est le coeur et c'est l'âme
de notre identité collective. Défendre la diversité culturelle au Québec,
c'est avant tout assurer la survie et l'émancipation de la seule société
francophone en Amérique du Nord. Le premier
ministre refuse d'affirmer que notre langue est fragile. Il traite nos
inquiétudes quant à la langue française comme de l'alarmisme, comme si elles
n'étaient pas fondées. Or, la part des travailleurs du secteur privé, sur l'île
de Montréal, travaillant généralement ou uniquement en français au travail est passée de 63 % en 1997, ce qui n'était déjà pas suffisant,
à seulement 44 % en 2010. Si on suit la tendance, on peut s'attendre à ce
que ce soit encore moins aujourd'hui.
Le taux d'analphabétisme est alarmant. Selon les
dernières données de l'OCDE, le Québec compte 53 % des citoyens qui n'ont pas les compétences
souhaitables en français et qui sont, à cet effet, reconnus comme, au mieux,
des analphabètes fonctionnels. On parle ici de 3,4 millions de
personnes.
Sur l'île de
Montréal, la proportion d'individus de langue maternelle française est
descendue sous la barre des 50 %.
20 % de la population immigrée au Québec ne parle pas français
aujourd'hui, et le taux de chômage pour les immigrants francophones est plus élevé que pour les immigrants
anglophones. En fait, le taux de chômage des immigrants francophones est
de 40 % supérieur à celui des nouveaux arrivants anglophones, sans compter
que l'anglicisation est rampante au Québec, comme nous l'ont démontré les
exemples à la Davie ou au CUSM récemment.
Ce n'est pas
populiste d'affirmer que la langue française, au Québec, est aujourd'hui
fragile et menacée, ce n'est que
réaliste. Le combat que nous menons pour sa survie et sa pérennité, comme celui
que nos ancêtres ont mené avant nous, est, aujourd'hui comme hier, de la
plus haute pertinence et de la plus haute importance.
J'ai très
hâte d'entendre l'avis de la ministre responsable de la Protection et de la
Promotion de la langue française sur
cette question fondamentale cet après-midi. Je vais donc conserver les minutes
qu'il me reste pour mes questions. Je vous remercie.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la députée
d'Iberville. Alors, je suis maintenant prête à reconnaître l'opposition officielle pour un premier bloc d'environ 20
minutes d'échange avec la ministre. Alors, M. le député de Bourget,
la parole est à vous.
M. Kotto :
Merci, Mme la Présidente. C'est au travail, comme vous le savez, Mme la
Présidente, que l'avenir du français
se joue principalement, la langue de travail étant celle qu'on adopte également
dans d'autres espaces de la vie sociale.
C'est la langue vers laquelle se tournent les nouveaux arrivants. C'est la
langue qui fait le lien, qui devient un liant avec la société d'accueil.
Déjà en 2008, une étude réalisée pour le compte
de l'Office québécois de la langue française révélait que les entreprises de l'île de Montréal étaient de plus
en plus portées à exiger systématiquement l'anglais. Nous étions alors déjà
portés sur l'urgence de renforcer, par des
mesures réglementaires et administratives, la francisation et l'intégration des
nouveaux arrivants. L'OQLF soulignait, en
2012, que 63 % des travailleurs québécois ont recours à l'anglais à un
degré ou à un autre dans leur milieu de travail.
Les propos du
premier ministre, durant la dernière campagne, trouvant normal qu'on exige des
travailleurs qu'ils parlent anglais
n'ont certainement rien fait pour arranger les choses. On constate qu'il y a un
problème qui se pose lors des chantiers
dits éphémères, mais qui peuvent durer en réalité plusieurs années. On peut
aussi rappeler la situation du chantier maritime Davie : des travailleurs
interpellent le gouvernement libéral depuis plusieurs années, et pourtant la
situation ne semble pas évoluer.
Déjà, lors de
la dernière étude des crédits, la ministre ici présente évoquait des mesures à
prendre. Or, visiblement, il ne s'est
rien passé de tangible. Alors, ma question : La ministre peut-elle nous dire où en est le gouvernement aujourd'hui? Et, relativement
à l'ensemble de ces enjeux que je viens d'énumérer, quel est son échéancier?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, merci beaucoup. La question du député
de Bourget pourrait couvrir
les quatre heures parce que,
dans le fond, elle est très vaste et elle touche à toutes
sortes d'aspects extrêmement importants. Il a
parlé de la Davie, il a parlé des chantiers éphémères, il a parlé de la langue
du travail, il a parlé de l'Office
québécois de la langue française, d'un
certain nombre d'études. Alors, vous
me permettrez de reprendre un certain
nombre de points, peut-être,
qui semblent un peu pêle-mêle, mais c'est parce que tout ça se rejoint.
Il faut
savoir que la langue de travail est très,
très, très majoritairement le français
quand on dit entre 85 % et
90 %. Et le député de Bourget
fait attention de dire qu'ils sont obligés, en tout ou en partie, dans des
proportions différentes de devoir
parler anglais dans certaines conditions, mais il ne dit pas que la langue du
travail est très, très majoritairement le
français. Et ça, c'est vraiment important. Quand on dit qu'on habite au Québec
ou même qu'on habite à Montréal, les gens savent parler français et
parlent le français beaucoup plus qu'avant. Ça, c'est important de le savoir.
Il y a une
statistique que je me plais à valoriser, je dirais, parce que ça montre le
progrès que nous avons fait dans les 30 dernières années, mais vraiment
un progrès phénoménal qui fait en sorte, d'ailleurs, que ça met, selon moi, complètement en échec ce qui était dans le projet
de loi n° 14, en tout respect, parce qu'on ne le mentionne pas souvent,
toute la question des cégeps. Et le ministre
de l'époque ou la ministre responsable de la Langue française de l'époque,
parce que ce n'était pas dans la même
responsabilité ministérielle, parlait d'une fréquentation qui était fortement
souhaitée, voire obligatoire des
cégépiens dans les cégeps francophones le plus possible. Et je voudrais vous
dire qu'entre 1980 et 2010 il y a
quand même eu une hausse de 16 %. En 1981, il n'y avait que 16 %
d'allophones qui fréquentaient le cégep francophone. Allophones, on sait ce que ça veut dire, c'est quelqu'un
dont la langue maternelle n'est pas le français. Et, dans ce cas-ci, 16 %, ce n'était pas
beaucoup. En 2010, la proportion était passée à 53 %. Plus de la moitié
des allophones choisissent... On parle de choix, là, on est à l'enseignement
supérieur. Je vais le répéter souvent, on est à l'enseignement supérieur et, à l'enseignement supérieur,
habituellement, on choisit la langue et l'institution de notre propre gré parce
que nous sommes justement à l'enseignement supérieur. Et donc de voir
que plus que la moitié... Et ça, ça date de 2010. Alors, probablement qu'en
2016 on est à une proportion encore plus élevée.
Pour ce qui a trait, justement, aux petites
entreprises, on a fait un travail considérable, depuis 2008, avec la Stratégie commune d'intervention de Montréal où,
justement, sous l'impulsion du premier ministre d'alors et de la ministre
responsable de la Langue française, madame... je n'ai pas le droit de dire son
nom.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme David (Outremont) : Je
suis toujours mêlée.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme David
(Outremont) : Donc, c'était l'ancienne, alors, Mme St-Pierre,
donc, la Stratégie commune de Montréal,
et j'espère qu'on aura l'occasion d'y revenir parce qu'avec l'argent, les
3 millions, qu'on a rajouté cette année au budget pour la promotion de la langue française, bien, c'est
effectivement dans les domaines des entreprises, dans le milieu de travail, auxquels tient beaucoup le
député de Bourget, avec raison. Alors, cet ajout de 3 millions qui fait en
sorte que jamais, jamais, jamais, historiquement, il n'y a eu... et même pas
sous le Parti québécois, il n'y a jamais eu de budget aussi élevé pour la langue française. Et je vais
le dire et le redire, aujourd'hui, avec une très grande fierté. Et ça a permis,
entre autres, cette stratégie commune
d'intervention, de décerner à plus de 1 000 entreprises ce qu'on appelle
une attestation de francisation.
attestation de francisation, je pense que le député de Bourget est peut-être
habitué maintenant avec la définition, c'est,
quand on est plus de 50 employés, un certificat de langue française, c'est
enchâssé dans la loi 101, et il y a un certain nombre de critères. Et l'attestation, bien, c'est à peu près la même
chose, mais qui est volontaire. Et, quand on parle de volontaire, ça montre encore plus la motivation
des petites entreprises. On parle d'un employé jusqu'à 49. Mais, on le sait,
au Québec, il y a énormément de PME, il y a
énormément de toutes petites entreprises,
et ça permet justement à des petites entreprises de montrer leur volonté de vouloir parler
français, faire
partie de la communauté linguistique de la majorité. Et
on sait que, dans les petites entreprises, ça comprend des dépanneurs, ça
comprend des petites entreprises de soins esthétiques, par exemple, ça comprend
des petites entreprises où il y a trois, quatre, cinq employés, vendeurs,
petites boutiques de vêtements, de bijoux.
Et ces gens-là, quand on dit qu'au-dessus de 1 000... Et on parle principalement de Montréal, donc là où, selon l'opposition, on dirait
que le bât blesse. Mais, justement, quand on parle de plus de
1 000 attestations de francisation en quelques années, c'est
quand même très important.
Je vais vous donner un exemple qui m'a beaucoup
touchée. Dans un commerce tout près de chez moi, j'ai eu l'occasion, récemment,
d'aller dans un salon de manucure, esthétique, etc., il y a deux employés et
demi, là, on parle vraiment d'une petite
entreprise, et ce n'est pas un commerce de Québécois de souche, c'est plutôt un
commerce de gens qui proviennent de
l'Asie, et qui ne sont pas nés au Québec, et qui parlent un excellent français,
qui écoutent RDI, où tout se passe en français. C'est clair que ce n'est pas la langue naturelle.
Et il m'a montré avec plaisir, et je dirais même émotion, l'attestation
de conformité qu'il a reçue avec le nom de son entreprise, et ils disent :
Ce présent document est délivré à l'entreprise... bon, avec le nom, afin de
reconnaître sa conformité à la Charte de la langue française, signé par le président-directeur général, Robert Vézina,
délivré à Montréal le 27 novembre 2015, là, ça ne fait pas longtemps, avec
une magnifique lettre.
Mme David
(Outremont) : Pardon?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Allez-y, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, voilà donc une première partie, M. le député de
Bourget. On aura l'occasion de continuer.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci. M. le député de Bourget.
M. Kotto :
Merci, Mme la ministre. Merci, Mme la Présidente. En fait, ma question portait
davantage sur la place qu'occupe
l'anglais dans le milieu du travail, portait sur les chantiers éphémères, qui
n'ont toujours pas trouvé une réponse tangible, ainsi que sur le
chantier maritime Davie.
Je voudrais aborder
un autre sujet, compte tenu du fait que le temps nous est compté, c'est celui
des rapports médicaux en anglais, Mme la
Présidente. Plusieurs médecins ont rapporté, ces dernières semaines, une dérive
dans l'usage de l'anglais dans la
rédaction des rapports médicaux. Vous en conviendrez, il faut protéger les
droits linguistiques des anglophones
du Québec, mais il ne faut pas détourner ces dispositions légitimes de la
charte pour en faire un usage abusif. Or, c'est ce qui semble se passer
depuis plusieurs années maintenant, et la situation prend une ampleur critique.
C'est
simple : si le patient est un parlant français et que la demande d'examen
est rédigée en français, il n'y a aucune raison que le rapport soit rédigé en anglais. Le principe de la charte,
c'est que les droits des uns ne doivent pas s'exercer au détriment des
autres. Ce principe doit s'appliquer dans les deux sens.
Alors, la ministre
prévoit-elle d'intervenir rapidement pour remédier à cette situation?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, je suis désolée, M. le député de
Bourget, je vous avais dit que votre question
était tellement large que je m'en voudrais de ne pas revenir sur les chantiers
éphémères, mais là, si je reviens sur
les chantiers éphémères, vous allez être déçu que je ne parle pas de votre
dernière question. Alors, vous m'embêtez un peu sur la préséance que vous
donnez à l'un ou à l'autre.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : M. le député de Bourget, oui, vous
souhaitez...
M. Kotto :
Mme la ministre, je sais les exigences de l'exercice, mais vous pouvez
néanmoins nous envoyer une réponse
écrite. C'est juste par souci de gestion rigoureuse du temps que je souhaitais
avancer un peu plus rapidement.
Présidente (Mme Rotiroti) : Je pense qu'il y a
suffisamment de temps, là, vous avez deux autres blocs à faire, de 20 minutes. Alors, on pourrait toujours
revenir pour voir si le temps le permet. Mais je cède la parole à Mme la
ministre pour répondre à la question des rapports médicaux.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, la question des rapports en anglais, il
y a eu effectivement un
article dans La Presse +
le 4 avril 2016, bon, qu'il y aurait quatre médecins, qui pratiquent dans
l'ouest de Montréal, qui déploreraient l'usage grandissant de l'anglais
au CUSM, particulièrement en ce qui a trait aux rapports médicaux produits par des spécialistes. Puis il y aurait
trois... Bon, enfin, vous avez fait référence à ça. Et il est clair que
l'article 27 de la Charte de la langue française permet la
rédaction en anglais de documents versés aux dossiers cliniques dans un établissement de santé, qu'il soit reconnu ou non. Et là on tombe dans la question de
la désignation, de la reconnaissance
des hôpitaux, s'ils ont un statut bilingue ou pas. Et là ce
que ça dit, bien, c'est que la rédaction peut être faite en anglais,
mais les résumés des dossiers cliniques doivent être fournis en français à
toute personne autorisée à les obtenir. Et la question
ici, c'est que l'office n'a reçu aucune plainte en lien avec ces articles-là,
mais l'office, pour montrer quand
même sa bonne volonté et le fait
qu'il est proactif, il a communiqué avec le CUSM pour l'inciter à rappeler aux professionnels
de la santé l'obligation de fournir des
rapports médicaux en français, mais quand une demande leur est faite par le
patient, et l'obligation de fournir un résumé du dossier clinique pour
toute personne autorisée à l'obtenir.
Alors, l'article 30.1
de la Charte de la langue française précise que «les membres des ordres
professionnels doivent fournir en français
et — on
l'a répété souvent, M. le député de Bourget — sans
frais de traduction, à toute personne qui
fait appel à leurs services et qui leur en fait la demande, tout avis, opinion,
rapport, expertise ou autre document qu'ils rédigent et qui la concerne». Dans le cas présent, la personne concernée
est le patient ou la patiente. La loi ne comporte aucun délai pour la
production à la personne concernée d'un rapport traduit en français.
Il y a
eu quelques plaintes qui ont été reçues à l'OQLF dans les
dernières années, et à chaque fois, à chaque fois, l'office a vérifié les faits et a toujours
pris les mesures requises, selon qu'il s'agisse d'une contravention à la charte
ou non. Alors,
l'office va faire le suivi de la situation et de son intervention auprès du CUSM, mais il
est clair que l'article 30.1 de la charte précise qu'à tout moment
une personne concernée par un document rédigé par un membre d'un ordre professionnel peut demander de l'obtenir en français
sans frais de traduction. Alors, c'est le patient, c'est la patiente qui
doit en faire la demande. Et l'office n'a reçu aucune plainte jusqu'à maintenant.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Merci, Mme la ministre. M. le
député de Bourget,
il vous reste six minutes.
M. Kotto : Oui. Mme
la Présidente, je voudrais juste
reprendre respectueusement la ministre relativement à une plainte
qui n'aurait pas été déposée dans ce dossier de rapports médicaux. M. Goulet, dans La Presse — je n'ai pas la date précise — nous dit : «"Je travaille dans
l'ouest de Montréal depuis 20 ans. Je vois l'anglais progresser d'année en
année", affirme le Dr Goulet, qui
dit avoir déposé une plainte à l'Office québécois de la langue française à ce
sujet, il y a deux ans.» Mais cette
plainte a été rejetée. C'est dans La Presse du... Je n'ai
pas la date précise ici. C'est la semaine dernière, en fait, oui.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, y a-t-il une question, M. le député?
M. Kotto :
Oui. Non, mais c'était pour reprendre la ministre. La ministre disait que, si
plainte est déposée, il y a action,
et, dans le même souffle, elle soulignait que, pour faire preuve de proaction,
entre guillemets, l'OQLF a posé des questions
à l'entité en question, mais je ne sais pas pour quelle raison la ministre dit
qu'il n'y a pas eu de plainte de déposée. Est-ce que c'est parce qu'elle
n'a pas une information totale, complète?
Présidente (Mme Rotiroti) : Bien, si vous voulez, M. le
député de Bourget, si vous avez l'article puis vous souhaitez le déposer, vous
pouvez le faire à la commission. Entre-temps, la ministre pourrait prendre
connaissance puis elle pourrait vous revenir avec une explication, une
réponse. C'est comme vous le souhaitez.
M. Kotto :
Oui, O.K. Alors, dans ce cas, je vais déposer cet
article de La Presse
et je vais passer à une autre question.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Allez-y.
M. Kotto :
Je reviens sur l'affichage en anglais. C'est un autre sujet brûlant,
l'affichage en français des marques de commerce. Et pourtant, encore là, Mme la
Présidente, nous avions déjà débattu
de ce sujet lors de la dernière étude de crédits. Le 17 juin 2015, il
y a presque un an, la ministre
faisait une sortie pour annoncer un règlement qui viendrait préciser les
devoirs des enseignes quant à l'affichage. Elle disait même, et je la
cite : «C'est un exercice nécessaire pour notre gouvernement, car la
protection et la promotion de la langue française font
partie de nos priorités,
c'est un de nos devoirs quotidiens.» Fin de la citation. On vient
d'entendre les mêmes propos ici même il y a quelques instants. Des priorités tellement
prioritaires qu'on apprenait, Mme la
Présidente, pas plus tard que la
semaine dernière que, finalement, le gouvernement
reculait face aux multinationales.
Alors, pour
quelle raison a-t-il fallu une année entière depuis la décision de la Cour
d'appel avant que le gouvernement
agisse? Et surtout pourquoi une telle reculade à la dernière minute?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Mme la ministre, en 2 min 30 s, s'il vous
plaît.
Mme David
(Outremont) : Ça ne compte
pas le temps de la précédente question où je n'ai pas eu l'occasion
de répondre.
Présidente (Mme Rotiroti) : Bien, la précédente question, ça faisait référence à un
article que M. le député vient de déposer.
Mme David
(Outremont) : Non, mais tout le temps que ça a pris, ce n'est pas cumulé dans mon temps de réponse.
Présidente (Mme Rotiroti) : Bien, il reste deux minutes, de
toute façon, pour l'ensemble de
l'intervention. Alors, allez-y.
Mme David
(Outremont) : Bien, écoutez,
on le sait très bien, le député de Bourget aime beaucoup
les articles de journaux, tant mieux,
il lit bien les articles de journaux, mais les articles de journaux,
quelquefois, ce n'est pas l'entièreté de
l'information. Vous savez, le règlement sur les marques de commerce
n'a pas encore été déposé, donc bien malin celui qui pourrait présumer déjà qu'il y a recul, pas recul. Alors, peut-être
que le député de Bourget a une boule de cristal, mais, comme le document n'est pas encore déposé... et
qui le sera vraisemblablement dans un délai... un calendrier à court terme.
Je peux quand même
dire qu'on a fait beaucoup, beaucoup de travail, depuis un an, et beaucoup
de consultations, justement, consultations qui avaient été, à ce moment-là, confiées à mon adjoint parlementaire qui a fait des consultations, du 19 novembre au 1er décembre, extrêmement exhaustives : l'Association des restaurateurs, l'Association pour
le soutien et l'usage de la langue
française, l'Association québécoise de l'industrie de l'enseigne, Best Buy, la centrale
des syndicats, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la Confédération
des syndicats nationaux — donc
autant le côté patronal, le côté syndical — Impératif Français, les
commerces comme Pharmaprix, le Québec Community Groups Network, la Société Saint-Jean-Baptiste,
la ville de Montréal, Wal-Mart, Westcliff. Donc, il y a
eu un portrait extrêmement large, ayant effectivement plusieurs
opinions, et les gens ont été consultés sur un certain nombre de paramètres. Et
à la suite de ces consultations,
donc, à l'époque, mon adjoint parlementaire et puis... depuis devenu ministre de la Culture, ont donc mis, bon, tous les arguments qui ont été
apportés de part et d'autre et sont arrivés à une réflexion qui donnera
ses fruits lorsque nous déposerons ledit règlement dans un calendrier, je le
répète... M. le député de Bourget, je vous demande
un peu de patience encore, compte tenu de la situation. On travaille sur un
calendrier à court terme. Donc, à ce moment-là,
nous aurons amplement l'occasion... Parce que, quand c'est un règlement, on
sait qu'il y a 45 jours après de gens qui peuvent réagir, il y a
une consultation publique. Il y a déjà eu beaucoup de consultations là-dessus.
Alors, le gouvernement a jugé que c'était très clair que nous n'allions pas en
appel, que nous allions vers une modification réglementaire,
je le répète, un changement important pour la langue française, et c'est un
changement dans le sens, justement, d'augmenter la visibilité du
français. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Alors, on va passer du côté du gouvernement, et je
reconnais le député de Champlain pour une période de 20 minutes.
M. Auger :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi de saluer votre équipe, Mme la
ministre, ainsi que vos équipes
respectives du cabinet et, bien sûr, du ministère — et je tiens également à souligner, dans une
ancienne vie, je faisais
partie du
groupe qui préparait les crédits, et c'est vraiment un travail colossal de
procéder à cet exercice-là — bien sûr, mes collègues des oppositions, de
la première et de la deuxième opposition, et mes collègues de la même chaloupe que moi, donc, à ma gauche et à ma
droite. Et permettez-moi également, avant de commencer, d'avoir une petite pensée pour notre collègue, et je vais le nommer, M. Fortin, Luc, donc une
petite pensée pour Luc pour que ça aille mieux dans les prochains jours.
Mme la ministre, j'aimerais d'entrée de jeu parler de modernisation. Donc, mentionnons
que l'Office québécois de la langue française, dont le rôle est de
veiller, bien sûr, à ce que le français soit la langue dite normale
et habituelle, que ce soit au travail, que ce soit au niveau des communications,
du commerce, des affaires, dans l'administration de différents organismes ou encore au niveau des entreprises, donc,
l'office doit s'assurer, bien sûr, de la vitalité et de la qualité du
français dans les milieux de travail, bien sûr, et dans tout l'espace public
québécois.
En janvier 2014, il y a eu un rapport d'audit
réalisé par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles qui
identifiait des déficiences auxquelles on devrait apporter des corrections, par
exemple, au niveau de la gouvernance, des
communications internes et externes, au niveau de la francisation des
entreprises, de l'administration et
de la protection de la langue française. Et également l'office identifiait
également des défis majeurs par rapport à la modernisation des systèmes, des outils technologiques, de la
diversification des compétences des ressources humaines, du personnel.
Mme la ministre, est-ce qu'il y a eu des actions
de posées ou qui seront posées justement pour répondre à ces différentes
problématiques?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Oui.
Merci beaucoup, cher collègue, pour la question qui porte sur un organisme absolument essentiel dans le paysage québécois
francophone au sein du Canada, et donc paysage francophone qui fait
qu'on a créé, il y a maintenant plusieurs décennies, l'Office québécois de la
langue française. Et c'est une instance paragouvernementale
d'une très, très, très grande importance, qui a eu effectivement, au fil des
ans, à être le gardien de cette
langue que nous voulons protéger, que nous voulons promouvoir, et, par le fait
même, les responsabilités de l'OQLF ont toujours été très, très grandes.
Et il y a eu des défis au niveau de l'efficacité
et de la promotion, et c'est clair que, depuis notre arrivée au gouvernement
mais même, comme vous dites, 2014, il y avait eu des demandes faites à l'Office
québécois de la langue française d'apporter
une certaine modernisation, de regarder ses structures. Et je me souviendrai
toujours de nos premiers crédits en
juin 2014. J'arrivais, toute nouvelle, fraîchement élue, et M. Vézina
était assis à peu près à la même place,
d'ailleurs, et qui venait d'arriver il y a quelques mois et qui avait décidé
déjà de prendre les choses très, très sérieusement
en main et de regarder sous toutes ses coutures, je dirais, l'organisation de
l'office québécois, tant, je dirais, dans
sa gestion interne que dans son lien avec ses clientèles. Et, quand on dit «la
clientèle», c'est l'ensemble du Québec, l'ensemble des citoyens qui s'attendent de l'office d'avoir un
accompagnement, la surveillance de la langue française, l'application de
la loi 101 mais aussi la promotion, aussi la question de la terminologie,
toute la question de bien promouvoir la
langue française, la question de la toponymie, dont on ne parle pas suffisamment,
les liens avec les syndicats, les
liens avec les entreprises, avec les parents, les enseignants. Enfin, le mandat
est très, très vaste. Et effectivement ils ont pris, je dirais, le
taureau par les cornes parce que je pense que l'OQLF, à cette époque, était dû
pour une bonne réflexion sur sa gouvernance.
Et, très, très rapidement, ils ont mis en place un comité de gestion. Et, dans
ce comité de gestion, il y a un
comité directeur qui, vraiment, a toute sa place pour être sûr que tous les
travaux faits à l'interne et avec le milieu externe soient faits avec
les plus hauts standards de sérieux, de professionnalisme et de compétence.
Alors, ils
ont aussi créé quelque chose qui est important dans plusieurs institutions, on
a ça dans les universités, on a ça
dans les hôpitaux, dans les grands réseaux, c'est un commissaire à la qualité
des services parce que c'est une chose que
de donner des services, c'en est une
autre que d'être sûr qu'ils soient faits avec la meilleure qualité possible. Le
souci, on parle de services à la
clientèle, mais là ce n'est pas n'importe
quelle clientèle, c'est une clientèle qui s'inquiète, qui peut porter plainte, des
fois les plaintes sont fondées, elles ne sont pas fondées, mais il faut rester
en très bon contact avec la
clientèle. Et la clientèle, je le sais, je pourrai vous donner plein
d'exemples, ça peut être les organisations syndicales, ça peut être Impératif Français qui s'inquiète,
par exemple, de certains paramètres de la langue ou de certaines questions.
Alors, l'OQLF ainsi que le ministère, en
fait, ainsi que le Secrétariat à la politique linguistique doivent être
constamment en contact, et c'est
nécessaire. Il y a les citoyens aussi qui peuvent évidemment s'inquiéter de
toutes sortes de choses, porter des
plaintes tout à fait formelles, avoir une analyse de plainte qui soit faite
dans les règles de l'art. Et puis il doit y avoir évidemment, à la fin de l'année, un rapport annuel du
commissaire qui, en plus, doit être public pour que, justement on ait l'occasion, les citoyens qui s'en
préoccupent, et ils sont nombreux... avoir un rapport annuel, donc, qui est mis
en ligne sur le site Internet de l'office.
Alors, la
création du poste de commissaire était attendue, était souhaitée, était
souhaitable, et il a été mis en place.
Il y a aussi un secrétariat général. Quand on
parle de gouvernance, on parle d'organigramme. Quand on parle d'organigramme, on parle de zone de responsabilité
et d'imputabilité. Alors, j'ai toujours dit, je le dis toujours et je le
crois de plus en plus... Et, dans notre
univers politique, on sait à quel point la gouvernance, c'est quelque chose
d'important, qui dicte la conduite en
société. Donc, la gouvernance d'un organisme, ça veut dire où se passent les
choses, qui relaie l'autorité, à qui
c'est confié et qui rend compte après de la qualité des services rendus. Alors,
il y a un secrétariat général, il y a une direction de soutien à la gouvernance
pour coordonner, justement, tous les mandats, assurer la mise en oeuvre des différentes décisions, et ça, c'était
évidemment quelque chose d'attendu et qui est fait dans les meilleures règles
de l'art, je dirais.
Une autre
sphère qui était importante à très, très bien couvrir, c'est la question des
communications et des relations publiques
parce que c'est une chose que d'avoir une instance aussi importante qu'un
office qui protège notre langue, et Dieu
sait qu'au Québec on a à coeur cette protection de la langue et cette
promotion, mais encore faut-il bien la communiquer. Et, pour bien la
communiquer...
Et là-dessus
je vous mets au défi d'aller lire tous les méandres de la loi 101. C'est
une loi qui recèle toutes sortes de
virgules, de points-virgules, qui mérite lecture, relecture pour être sûr de
bien comprendre les tenants et aboutissants de chaque ligne, chaque paragraphe, chaque article. Cette loi a été
réfléchie longuement, longuement, et a été travaillée depuis, ma foi, 1977, donc c'est quand même
quelque chose, qui est une loi qui a vécu avec le Québec, je dirais, avec les
progrès au Québec, les avancées au Québec,
la progression du français au Québec et la protection du français au Québec.
Alors, encore
faut-il pouvoir communiquer ce qu'on fait de bien. Et on se dit souvent :
Mais il se fait beaucoup de choses
qui sont formidables. Pourquoi on ne les dit pas plus? Pourquoi on ne les dit
pas mieux? Et il y a certainement une
ou un ministre qui est responsable de la protection et de la promotion de la
langue française, mais il y a un office aussi qui est responsable, et
qui doit le faire, et qui le fait, je dois dire, depuis 2014, de façon
extrêmement améliorée; pas légèrement,
extrêmement améliorée. Pour avoir moi-même parlé à de nombreuses reprises au
président-directeur général de l'OQLF et quelquefois à travers les
attachés de presse aussi, avec le responsable des communications et relations publiques de l'OQLF, c'est un métier extrêmement
important qu'être responsable des communications d'un office comme ça,
qui doit expliquer, expliquer les nuances, expliquer comment les choses se
passent.
Il y a eu une
question, tout à l'heure, du député de Bourget sur la langue dans les hôpitaux.
Alors, il y a une loi qui balise,
dans certaines conditions, sous certains... Alors, il peut y avoir des
plaintes, mais à qui s'adressent les plaintes? Et puis est-ce qu'il y a
un tiers inclus?
Alors, comme
je vous dis, c'est une loi que nous avons intérêt à regarder et reregarder. Et
je pense qu'à l'OQLF, depuis quelques années maintenant ils ont
considérablement amélioré la question des relations publiques. Et ils ont utilisé beaucoup plus aussi les médias sociaux. Ils ont aussi
élaboré beaucoup, beaucoup
de documentation sur les dossiers qui,
doit-on le dire, sont très souvent médiatisés. Alors, des dossiers médiatisés,
ça veut dire une bonne chose, ça veut dire que les gens se préoccupent
beaucoup de la langue française.
Et puis
j'aurai peut-être l'occasion d'en parler, le nombre de plaintes, etc. Les
plaintes ne sont pas nécessairement à
la hausse, mais les plaintes ont fait l'objet d'une amélioration quant au
traitement des plaintes. La rapidité des plaintes, ça viendra peut-être dans les questions, mais ça va
vraiment de mieux en mieux. Et l'OQLF répond tout à fait dans les normes
prévues. Si je me souviens bien, c'est
20 jours d'analyse, et ils répondent très, très bien aux plaintes qui leur
sont déposées.
Et je sens, pour avoir vécu, je dirais, de près
avec l'office depuis quelques années, vraiment un grand, grand, grand souci... Vous savez, on a un office avec un
président-directeur général qui en a beaucoup sur les épaules, qui doit
donc avoir une équipe extrêmement responsable, extrêmement compétente. Et je
suis très fière de dire que, depuis deux
ans, ils travaillent tout à fait à notre satisfaction. Ils font aussi des
tableaux de bord, toutes les meilleures pratiques, là, d'une entreprise, la production d'un plan d'action
annuel, la mise en place d'un tableau de bord de gestion, ils font un plan pluriannuel d'évaluation, de révision des
programmes, ils font l'évaluation des... la production de bilans quantitatifs,
de bilans qualitatifs, ils font beaucoup,
beaucoup de choses. Ils révisent les façons de faire aussi. Et, comme je l'ai
dit, la correspondance, par exemple,
cette fameuse correspondance destinée aux entreprises, qui avait fait l'objet
d'un certain nombre de plaintes, a
été largement revue pour axer davantage, je dirais, sur la collaboration et
l'accompagnement. Alors, l'exemple
que je vous ai donné, que j'ai trouvé vraiment très émouvant, de ce tout petit
commerce où ils se font envoyer, avec
les félicitations, le fait que, bravo, bravo, vous êtes totalement bien
intégrés à Montréal, au Québec, vous êtes nés en Asie, ce n'est vraiment pas votre langue, votre première langue, et les
gens ont du plaisir à aller chez vous, ça se passe en français, ils sont bien entendus, bien compris,
et tout ça avec une spontanéité qui, vraiment, devrait faire l'orgueil de
tous les citoyens du Québec, de voir une si belle, si formidable intégration.
Alors, l'OQLF
a pris le pari et le parti de l'accompagnement, de la collaboration, des
lettres qui encouragent. Alors, oui, ils sont dans la protection, la
loi 101, les choses à corriger, les choses qui doivent être mises en
place. On parlera peut-être... M. le député
de Bourget reviendra sur les chantiers éphémères, la Davie, bon, la revue de
presse de cette année dans les journaux, mais cette revue de presse montre quand même... et
mes réponses feront la démonstration effectivement que l'Office québécois de la langue, française
accompagne avec succès les entreprises quand elles sont justement en besoin
de peut-être améliorer un peu leurs
processus. Alors, les entreprises ont besoin de se franciser plus à certains
moments, mais l'OQLF avait peut-être
besoin aussi d'avoir un lien un peu plus étroit avec les citoyens, qu'ils
soient corporatifs ou qu'ils soient des citoyens individuels.
Alors,
il y a aussi quelque chose dont on parle un peu moins, c'est que l'OQLF est
responsable des examens de français
pour les ordres professionnels. Ça, c'est peut-être un peu moins connu. Et il y
a eu justement tout un processus de
révision de ces examens, toujours en concertation avec les ordres
professionnels. Vous savez qu'il y a une exigence assez élevée, pour un membre d'un ordre
professionnel, d'avoir un examen de français, pour être sûr qu'il puisse
communiquer avec ses patients, clients dans la langue officielle du
Québec.
Alors,
je pense que... Je pourrais continuer encore, mais je peux dire que je suis
extrêmement fière des travaux de modernisation depuis que j'ai l'occasion de
les suivre, c'est-à-dire depuis le 4 juin 2014.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. M. le
député de Champlain, il vous reste six minutes.
M. Auger :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre. J'aimerais
maintenant parler de différents outils essentiels pour veiller, justement, à ce
que le français soit la langue normale et habituelle au niveau du
travail puis dans l'espace public québécois, par exemple, le GDT, la BDL et Le
français au bureau .
Donc, le GDT, Le
grand dictionnaire terminologique , avec ses 750 000 fiches et
plus de 1 million de termes français,
la BDL, donc la Banque de dépannage linguistique , consultée par plus de
3 millions de visiteurs par année, et bien sûr Le français au bureau , dans une ancienne belle vie, que
j'utilisais de façon quotidienne lorsque j'étais professeur, bien sûr. C'est un incroyable guide linguistique
pour les principales difficultés et règles d'écriture. Plus d'un demi-million
d'exemplaires depuis 40 ans, à peu
près. Puis, en passant, pour ceux qui nous écoutent à la maison, je vous le
recommande fortement, il peut être très utile pour toute la famille.
question, Mme la ministre, elle est fort simple : Quelles sont les actions
concrètes de l'office à l'égard de ces trois outils essentiels, là, de
produits et de services linguistiques?
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député de
Champlain. Mme la ministre, il vous reste quatre minutes.
Mme David
(Outremont) : Combien?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Quatre minutes.
Mme David
(Outremont) : Bien, ça me fait plaisir d'avoir au moins quatre minutes
pour parler des choses extraordinaires que fait aussi l'Office québécois de la
langue française. C'est trop peu connu, on n'en parle pas assez. Et savez-vous qui est le plus fier de nous à
travers tout ça? Ce sont les Français de France. C'est eux qui disent :
Vous êtes tellement bons que M. Vézina, M. Ouellon, qui était président du
Conseil supérieur de la langue française, ce sont eux qui sont invités par les Français pour se faire
accompagner dans la question de la protection de la promotion de la langue
française.
Alors, le député a
justement bien dit à quel point on a trois outils formidables, qui sont Le
grand dictionnaire terminologique , Le français au bureau et la BDL, la Banque
de dépannage linguistique . Ce sont des outils qui existent depuis un certain nombre d'années, mais qui ont
pris un essor fulgurant. Et, par exemple, Le grand dictionnaire terminologique , qui compte plus de 750 000 fiches, on répertorie plus de
1 million de termes français. Ce n'est pas rien, ça. Et, à chaque année, l'office le met à jour, ajoute
des centaines de nouvelles fiches de terminologie. Et, pour vous donner une idée, entre le 1er avril 2015 et le
29 février 2016, ce grand dictionnaire terminologique a été visité
plus de 1 million de fois. Et, dans ce million de visiteurs, il y a
eu 20 millions de pages qui ont été ouvertes.
Alors,
c'est une présence dans la francophonie, et, comme on le sait, l'Internet n'a
pas de frontières. Je le dis et le redis
et je suis sûre que le député de Bourget, entre autres, va être bien
content : La présence du Québec dans la francophonie africaine doit être importante, les locuteurs
francophones de partout au monde. Et on le sait, en Afrique, comme ils sont
nombreux et intéressés à la langue française. Mais j'ai fait référence à la
France, on peut faire référence à tous les locuteurs francophones, mais ce
grand dictionnaire terminologique est accessible pour tout le monde.
Il y a aussi la Banque
de dépannage linguistique où il y a beaucoup, beaucoup d'articles qui sont
mis à jour constamment. Il y a eu
3 millions de visiteurs entre le 1er avril 2015 et le
29 février 2016. Ils ont consulté plus de 10 millions de pages. Alors, chaque année, il y a de plus en
plus de gens qui les consultent. Et je trouve que ce sont des outils qui sont
évidemment fantastiques.
français au bureau , c'est la même chose. Service d'assistance pour du
personnel administratif, il y a du service de consultation téléphonique personnalisée, il y a même un service de
consultation, figurez-vous, réservé aux médias. Alors, ça, c'est intéressant parce que nous voulons que, dans les
médias, la langue française soit promue et protégée dans les deux cas. Et on le sait tous que, des fois, il
y a des termes, des expressions qui sont peut-être un petit peu... On a le
souci, en tout cas, de pouvoir bien... avoir
les bonnes expressions, les bonnes terminologies. Et Le français au bureau ,
c'est un guide qui a été vendu à près de 18 500 exemplaires de
la septième édition et, bon, 700 exemplaires en format numérique,
230 000 téléchargements. Alors, ce sont des outils absolument
essentiels.
on ne le dira jamais assez comment le Québec est un champion, le leader toutes
catégories de la promotion du français.
Et ça, on ne le dit pas suffisamment. On est là à regarder : Est-ce qu'on
protège? Oui, il faut le protéger toujours, mais regardons aussi les pas
merveilleux de géant que nous avons accomplis
avec notre ténacité et la volonté de faire et de garder au Québec un
Québec français.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le
député de Champlain, il vous reste quelques secondes. Je ne sais pas...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Ah! On reporte? Parfait. Merci beaucoup. Alors, les questions...
M. Auger : Prochain bloc,
prochain bloc.
Présidente (Mme Rotiroti) : Oui, c'est ça, on va vous
laisser. Je vais passer au deuxième groupe d'opposition et je cède la
parole à Mme la députée d'Iberville pour environ 20 minutes.
Mme Samson :
Merci, Mme la Présidente. Il y a quelques jours à peine, jeudi dernier pour
être plus précise, le premier
ministre, lors de l'étude des crédits du ministère du Conseil exécutif, a dit
ceci, et je le cite : «...comme francophone québécois, moi, je ne
me sens pas vulnérable du tout.»
Alors, ma
première question à la ministre est assez simple, j'aimerais qu'elle me dise en
30 secondes : Est-ce que, pour elle, la langue française est
vulnérable au Québec?
Présidente (Mme Rotiroti) : Je vais vous laisser un petit
peu de latitude, peut-être pas tout à fait 30 secondes, mais
allez-y, Mme la ministre, rapidement pour répondre à la question.
Mme David
(Outremont) : Oui. Je n'ai pas de chronomètre, alors je ne peux pas
savoir, comme au salon rouge, combien de secondes il me reste, mais,
écoutez, je viens de donner des réponses qui montraient à quel point c'est important, très important, de garder la protection
et la promotion de la langue française. Et on a des chiffres extrêmement
intéressants.
Quand j'ai
parlé tout à l'heure des allophones qui fréquentent le cégep francophone, qui
sont passés de 16 % à 53 %, que
la langue du travail est majoritairement le français entre 85 % et
90 %, ce sont des chiffres dont nous devons quand même nous
réjouir.
Et, comme j'ai dit, avec les autres pays
francophones qui nous citent en exemple, je pense que nous avons effectivement
de très belles choses à dire sur ce qui se fait au Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Mais ma question se répond plus par un oui ou un non. Est-ce que la ministre
estime que la langue française est vulnérable au Québec?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, je vais continuer. Donc, avec des interventions
que nous faisons depuis plusieurs années
et qui sont, honnêtement, l'initiative aussi du Parti libéral et du
gouvernement, je l'ai dit, sous Mme St-Pierre, entre autres, la Stratégie commune d'intervention, que
nous allons renouveler incessamment avec des paramètres modernisés, mise à jour, avec 1 000 entreprises qui
ont obtenu une attestation de francisation, avec les exemples que je donne
comme ce jeune commerce, je pense qu'on a une réponse extrêmement
intéressante.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
...Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Oui, on va passer à autre chose, là, parce que, là, là... Vous pouvez me passer
votre feuille, si vous voulez, là, mais ce n'était pas ça, ma question.
Parlons un
peu de la stratégie de 3 millions à laquelle vous avez fait allusion dans
vos mesures, d'entrée de jeu. Cette stratégie de 3 millions et ce
plan d'action de 3 millions s'adressera avant tout à quelle clientèle
cible?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Alors,
si vous m'aviez reposé une troisième fois la question, je serais allée sur la
stratégie de 3 millions. Donc, merci de lire dans mes pensées parce que
jamais, jamais, jamais, même pas sous un gouvernement
du Parti québécois, il n'y a eu un budget alloué à la langue française qui est
aussi élevé que ça : 29 millions de dollars. On est passés de 26 millions, en 2015‑2016, à
29 millions cette année. 3 millions, c'est quand même exceptionnel
par les temps qui courent.
Et cette stratégie d'intervention, j'étais en
train de dire tout à l'heure justement que nous étions en train de peaufiner la prochaine phase de cette stratégie
qui s'est terminée en avril, donc, 2016. Donc, nous sommes en train de
peaufiner les termes de la prochaine stratégie commune qui regardera justement
en fonction des priorités.
C'est clair
que nous allons soutenir un grand nombre de projets qui vont provenir de toutes
sortes de milieux et de toutes sortes d'acteurs qui sont justement
concernés par l'importance de la langue française, et sa promotion, et sa
protection.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la
députée d'Iberville.
Mme Samson :
Oui. Alors, ce que je comprends, c'est qu'il y a un budget de 3 millions
qui a été réservé, le plan est en développement. C'est ce que je
comprends.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Vous comprenez très bien. Mais c'est clair que c'est en
promotion de la langue française.
Mme Samson :
La promotion de la langue française, pour la ministre, c'est quoi? Une campagne
publicitaire?
Mme David
(Outremont) : La promotion de la langue française, ça peut être de
multiples initiatives. Quand j'ai participé,
moi-même, le 24 juin, à un spectacle organisé, qui était un spectacle dans
le quartier Côtes-des-Neiges pour promouvoir en français...
Présidente (Mme Rotiroti) : Attendez, Mme la députée. Vous
avez posé une question, il faut quand même que je laisse quelques
secondes à la ministre de répondre à votre question...
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Vous ne voulez pas?
Mme Samson :
Oui, mais... Si au moins j'avais une réponse.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Pardon?
Mme Samson :
Si au moins j'avais une réponse.
Présidente (Mme Rotiroti) : Mais ce n'est pas à la
présidence de juger la pertinence de la réponse et ni de la question. Alors, moi, je vous demande juste d'être
un peu patiente parce que la ministre, elle a tendance de répondre à
toutes les questions qui sont posées.
Alors, en quelques
secondes, Mme la ministre, en terminant, s'il vous plaît.
Mme David
(Outremont) : Bien, écoutez, ce que je peux dire, c'est que la
promotion de la langue française... je
veux bien entendre que la députée d'Iberville ne trouve pas ça formidable, là,
ça m'étonne un peu, mais, pour moi, si on n'est pas dans la promotion,
la fierté et l'appropriation de notre langue, on est sérieusement en
difficulté.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée
d'Iberville.
Mme Samson :
Oui. Le plan qui est en train d'être peaufiné devrait être prêt quand
normalement?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, la stratégie commune s'est terminée le
1er avril, alors c'est vraiment en train de regarder. Et il y a
même eu des mesures temporaires pour être sûr que les gens qui travaillaient à
la Chambre de commerce, entre autres, de
Montréal, coordonnateurs et tout ça, conservent un emploi. Et on est en pleine
transition pour des appels de projets.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Oui. Je continue. Je vais aller maintenant sur le sujet de la francisation des
immigrants. Il y a environ 40 % des immigrants qui ne connaissent pas le
français à leur arrivée au Québec. La moitié d'entre eux ne s'inscrivent pas à
des cours de français. Depuis 2011‑2012, le financement des programmes de
francisation diminue, a une tendance à
diminuer. Le ministère de l'Immigration s'est délesté de ses responsabilités
d'accueil largement et de formation linguistique à des organismes
communautaires.
Quelles
sont les interventions de l'Office québécois de la langue française, ses
interventions et son rôle dans la francisation des immigrants?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui. Ça me fait plaisir de répondre, encore une fois, et
de parler en termes de promotion et de protection de la langue
française. Ce sont les rôles les plus importants qui sont attribués à l'office,
qui a été créé effectivement pour s'assurer de l'application de la Charte de la
langue française.
Alors, il ne faut
peut-être pas mélanger les choses non plus. Mais, quand on parle de stratégie
commune d'intervention pour les petites
entreprises, quand on parle de réunions... J'ai assisté à de nombreuses
réunions où il y avait bien plus de monde
qu'ici même autour de la table, qui étaient des partenaires importants,
syndicaux : les commissions scolaires, évidemment, les chambres de
commerce, la Chambre de commerce de Montréal métropolitain, mais de la couronne nord, de la couronne sud, de la
Petite-Italie, la chambre de commerce... enfin, très nombreux à se dire :
Ensemble, on investit dans des projets, dans de l'accompagnement pour les
petites entreprises où justement les gens vont de commerce en commerce, de lieu en lieu pour donner accès à
tout ce qui se fait. Puis il s'est fait le Carrefour Francisation — c'est comme ça qu'on l'appelle? — qui est un carrefour à guichet unique pour
savoir, pour les employeurs et les employés, quelles ressources ils ont
justement pour pouvoir apprendre comme il faut la langue de travail.
évidemment, dans les efforts qui ont été faits, moi, je parle de
l'investissement pour la stratégie commune de 3 millions additionnel, qui est, je le répète, un sommet historique
en matière de langue pour le Secrétariat à la politique linguistique. Et il y a aussi un 4 millions
de dollars supplémentaire, vous vous souviendrez, qui a été attribué au
ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Oui. J'aimerais savoir si la ministre est d'accord sur le fait que l'on rende
obligatoires les cours de langue française pour tous les immigrants
qu'on accueille au Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Je sais que vous avez là un programme politique que vous
lisez question après question.
Mme Samson : Je peux vous le
lire aussi, mais j'aime mieux vous poser la question.
Mme David (Outremont) : Oui,
c'est plus le fun, ça fait une meilleure discussion, plus intéressante.
Écoutez, les
immigrants suivent des cours de français. Regardez, hein, vous aimez beaucoup
avoir des articles de journaux, donc il y avait un
article de journal,
la fin de semaine, qui disait que non seulement les enfants syriens allaient à
l'école, mais que les parents aussi se faisaient offrir des cours de français.
Il faudrait
vraiment que j'aille avec vous, madame ma consoeur, dans des lieux comme
Côtes-des-Neiges avec le nombre d'organisations communautaires qui
donnent des cours de français accessibles pour les gens justement qui
viennent... pas loin de chez eux. C'est comme ça que travaille le ministère de
l'Immigration, avec des organismes communautaires.
On peut y
croire, on peut ne pas y croire. Moi, j'y crois fortement, d'aller vers les
gens et de ne pas nécessairement... Quand
tu es un nouvel arrivant puis que tu ne connais pas le français, il faut que tu
travailles à des heures coupées, il faut que tu gagnes ta vie, il faut que tu paies ton loyer. On veut qu'ils
soient à l'emploi, mais il faut aussi que les cours de français soient
très accessibles. Et c'est ce que fait le ministère de l'Immigration non
seulement en étant dans les organismes culturels...
excusez, communautaires, mais en
étant aussi avec les cours de français en ligne, qui connaissent un succès exceptionnel tant pour les candidats qui ne sont
pas encore arrivés au Québec que pour les candidats qui sont arrivés au
Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : Oui. Donc, j'ai
compris qu'elle ne souhaite pas que ce soit obligatoire mais plutôt invitant.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
C'est votre analyse de la réponse. La prochaine question, Mme la députée
d'Iberville.
Mme Samson :
Oui, j'arrive. Je reviens avec l'Office québécois de la langue française. Quels
sont les liens entre l'Office
québécois de la langue française et le MIDI? Et là je parle concrètement, dans
le quotidien, les actions qui sont posées, les interactions entre le
MIDI et l'office pour la francisation des immigrants, s'il y a interaction.
Mme David (Outremont) : Écoutez,
entre autres, à partir de la stratégie commune d'intervention, quand les agents de francisation vont dans les différents
commerces et qu'ils leur donnent... et à travers le Carrefour Francisation,
qui a été financé aussi par le ministère et puis dont l'OQLF s'occupe aussi,
c'est effectivement pour pouvoir aider les immigrants à s'y retrouver dans
cette panoplie de services, de cours de francisation.
Alors, vous
savez, vous voudriez que tout soit d'une simplicité débordante, et puis que le
nouvel arrivant ait un emploi, puis
que tout aille bien. Puis il faut qu'il gagne sa vie aussi, le nouvel arrivant,
là, puis on veut qu'il gagne sa vie, puis
on veut qu'il soit au travail. Puis en même temps il faut qu'il apprenne le
français. Puis en même temps il faut peut-être qu'il s'occupe d'avoir sa carte d'assurance maladie puis qu'il s'occupe
d'un paquet de choses. Et on le voit très bien par des reportages
formidables qui sont faits en ce moment sur l'accueil des réfugiés syriens.
Alors, oui,
évidemment que l'office est en étroit contact avec le MIDI, est en étroit
contact avec plein de ministères avec
qui ils font affaire parce que la stratégie commune, c'était ça, l'idée, et
c'est l'idée que tous les partenaires soient ensemble. Il y a des cours
de français qui se donnent dans les commissions scolaires. Ces cours-là...
Moi,
j'ai été visiter savez-vous quoi? Je ne sais pas si vous, vous êtes allée, moi,
je suis allée dans des commissions scolaires.
J'ai été à la commission scolaire de Montréal, commission scolaire
Marguerite-Bourgeoys, dans des classes d'accueil,
dans des classes de francisation. C'est à pleurer, de voir la motivation de ces
gens-là qui viennent, qui apprennent le français. Ils viennent de
partout dans le monde et puis ils suivent leur cours de français.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
Est-ce qu'il existe des interactions et des actions entre l'Office québécois de
la langue française et la CPMT?
Mme David (Outremont) : La
Commission des partenaires du marché du travail?
Mme Samson : ...des partenaires
du marché du travail, qui adopte des normes et des règles qui permettent le
financement de francisation en entreprise. Est-ce que l'office discute avec...
Mme David
(Outremont) : Bien, sur ça,
écoutez, la réponse, c'est que la CPMT, c'est le ministère de l'Emploi et
de la Solidarité sociale. Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale...
Mme Samson : Donc, pas de lien
entre l'office et la CPMT?
Mme David
(Outremont) : Écoutez, indirectement, oui, là. Je ne sais pas
exactement quel est l'objectif de votre question, mais c'est sûr que...
Mme Samson : Mais
M. Vézina, il me dit non, en arrière.
Mme David
(Outremont) : Bien non, mais, écoutez, pourquoi vous voulez un oui ou
un non? C'est parce qu'il y a un objectif à votre question, j'imagine,
d'une seconde question.
Mme Samson : J'essaie de
comprendre...
Présidente (Mme Rotiroti) : Mme la députée d'Iberville, je
vous demande de vous adresser à la présidence et ne pas interpeller la
ministre pendant qu'elle a la parole.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, vous pouvez me parler à moi.
Mme Samson : Oui, mais je ne
veux pas répondre à ses questions sur mon temps.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Par l'entremise de la présidence, oui. Allez-y.
Mme Samson : Alors, je
poursuis. Est-ce que la ministre peut nous donner son impression ou comment
elle explique que le taux de chômage soit
plus élevé chez les immigrants francophones que chez les immigrants
anglophones?
Présidente (Mme Rotiroti) : Bien, c'est parce que... Bien,
je ne pensais pas qu'on était dans les études des crédits de
l'Immigration.
Mme Samson : On parle de la
langue, là. Je parle de la langue et du taux de chômage chez les immigrants
francophones versus les immigrants anglophones.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Effectivement, la présidente pose une très bonne
question. On parle d'immigrants francophones,
mais qu'est-ce que vous voulez dire par« immigrant francophone»? Parce qu'il y
a plusieurs pays sur la terre, il y a
plusieurs francophiles, francotropes, francophones. Il y a des gens dont la
langue française est une langue seconde.
Écoutez,
votre question est d'une délicatesse ou d'une indélicatesse importante. Parce
que de quoi parle-t-on quand on parle... À quoi référez-vous quand vous
parlez d'immigrants francophones et d'immigrants anglophones?
Mme Samson :
Écoutez, on parle de la protection de la langue puis de l'importance du
français au Québec. Force nous est de
constater que les immigrants francophones vivent un taux de chômage supérieur
aux immigrants anglophones. Ma
question, ultimement, c'est : Qu'en pense la ministre? N'y a-t-il pas lieu
là de s'inquiéter? Et est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qu'on devrait
faire de plus pour les immigrants francophones de façon à favoriser leur
employabilité?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Parfait.
Mme David
(Outremont) : Nous souhaitons, c'est très clair, que ça soit le plein
emploi pour tout le monde. Et il est
clair qu'on a une charte des droits et libertés, et il est clair qu'il ne peut
pas y avoir de blocage à l'emploi pour quelque raison que ce soit en matière d'origine ethnique, d'origine
linguistique. C'est très, très clair. Et je suis sûre que la députée
d'Iberville est tout à fait d'accord avec ça.
L'immigration francophone est une constellation
de plusieurs immigrations de langue française. La députée d'Iberville ne précise pas de quelle immigration
elle parle. Elle parle de francophones. Alors, parlons de l'immigration
francophone, qui est très, très demandée.
Je sais que,
dans mon autre ministère... évidemment, je parle des accords de reconnaissance, par
exemple, ou du nombre d'étudiants internationaux qui viennent au Québec.
Alors, est-ce qu'un immigrant qui parle très bien
français mais qui vient du Brésil
fait
partie de ce dont elle parle? Ou les nombreux, nombreux étudiants français
qui viennent étudier au Québec et qui partent des entreprises, des
jeunes entreprises de la technologie?
L'exemple du député de Bourget
est formidable. Je pense qu'il y a une immigration francophone qui est extrêmement performante. Et
puis à long terme on peut dire que, dans les courbes, il peut y
avoir des degrés d'intégration de différents niveaux qui prennent un
temps différent, mais la situation est différente d'un immigrant à l'autre.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : Oui. On va changer de sujet, Mme la Présidente, on va parler un peu d'affichage commercial. Alors, il nous avait été promis, à
l'automne 2015, qu'un règlement allait sortir concernant l'affichage commercial.
On est en avril 2016, et il n'y a
toujours rien qui a été déposé. On nous dit que ça va
être dans les prochains jours, donc on s'y attend.
Par contre, tout pointe dans la direction que vous allez
revenir sur votre décision de forcer l'ajout d'un qualificatif francophone pour l'affichage commercial des
marques de commerce anglophones. Pourtant, le premier ministre a déjà
dit que toutes ces entreprises
au nom anglais manquaient de délicatesse en refusant d'y ajouter un peu de
français. Est-ce que la ministre
est favorable à l'idée d'ajouter un descriptif français devant les marques de
commerce anglophones telles Costco ou Best Buy?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, je
remercie vraiment la députée
d'Iberville de me permettre de revenir là-dessus parce que ça va être un très, très, très bon coup de notre gouvernement,
montrer à quel point l'importance du français a priorité pour notre gouvernement. Et ça sera, avec cette question de la
modification réglementaire, je pense, une belle corde à l'arc libéral et gouvernemental, quelque chose qui
sera dans le sens d'un renforcement,
on pourrait dire, de la visibilité francophone
au Québec et un renforcement pour, peut-on dire... même de
la loi 101. Alors, ça sera tout à l'honneur du Parti libéral.
Et je répète
que je ne vous donnerai pas les paramètres tout de suite parce qu'il va y avoir un règlement qui sera déposé
dans la Gazette officielle . Et ce règlement-là parlera donc des paramètres qui font suite à
la magnifique consultation qu'a menée mon adjoint parlementaire de
l'époque, devenu ministre de la
Culture, et qui a fait des très, très
belles consultations.
J'ai dit tout à l'heure tous les organismes,
toutes les institutions, tous les gens qui ont été rencontrés. Et c'est vraiment
très, très, très important et très
vaste. Et nous voulons en arriver effectivement à des choses qui font le plus
possible consensus.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la
députée d'Iberville, il vous reste trois minutes.
Mme Samson :
Oui. Vous savez, Mme la Présidente, qu'au Québec il existe deux régimes
distincts pour la langue de travail,
qui s'appliquent à différentes catégories d'entreprises et de
travailleurs : la
Loi sur les langues officielles, laquelle vise toutes les institutions fédérales, et la
Charte de la langue française du Québec, qui s'applique à tous les milieux de
travail de compétence provinciale.
Il y a
environ 135 000 employés dans quelque 1 760 entreprises
privées de compétence fédérale au Québec qui ne sont actuellement visés ni par la
Loi sur les langues officielles ni par
la Charte de la langue française du Québec. Est-ce que la ministre serait d'accord pour que toutes
les entreprises privées de compétence fédérale soient assujetties à la Charte
québécoise de la langue française?
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la députée. Mme la
ministre, vous avez deux minutes pour répondre à la question.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, je ne sais pas à quel point la députée
d'Iberville est consciente et au courant
qu'il y a beaucoup d'entreprises de
compétence fédérale qui ont obtenu leur certificat de francisation. Je ne sais
pas si elle peut donner des exemples, mais
moi, je peux en donner : Telus, Banque
Nationale, Banque Scotia,
Banque TD, Cogeco, Vidéotron,
TVA. Tous ont leur certificat de francisation de l'Office québécois de la langue française, et elles peuvent s'inscrire
volontairement, et elles l'ont fait, ces entreprises-là.
Donc, il y a
eu un rapport en mars 2013 qu'évidemment sous... qui était un rapport
fédéral, mis sur pied par le gouvernement
fédéral, qui a publié en
mars 2013 un rapport intitulé : La langue de travail dans les
entreprises privées de compétence fédérale au Québec non assujetties à la
Loi sur
les langues officielles . Et
que conclut ce rapport? Il conclut que les pratiques linguistiques des
entreprises de compétence fédérale et provinciale sont très semblables.
Alors, ce qui
est intéressant, c'est que, finalement... En plus, on a la
Loi sur les langues officielles, qui permet de recevoir des services en
français partout au Canada. Et le français, évidemment, le fait français par le
fait même, bénéficie partout
au Canada de cette loi-là. C'est
clair que nous voulons que le
français soit la langue habituelle et normale de travail au Québec. Plusieurs entreprises fédérales ont pris acte et
se sont inscrites volontairement. Donc, des rapports qui disent qu'il
n'y a pas de différence, finalement. Je pense que ces conclusions-là parlent
d'elles-mêmes.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée, il vous reste une minute.
Mme Samson : Oui, mais comment peut-on... Et, vous l'avez dit,
les entreprises qui l'ont fait l'ont fait sur une base volontaire. Comment peut-on justifier qu'une
entreprise ou une institution qui est basée au Québec ne soit pas soumise
à la loi 101? Est-ce que le français n'est pas la langue de travail
partout au Québec?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre, en quelques secondes.
Mme David
(Outremont) : Le français
est la langue de travail. Et, je le répète, plusieurs compagnies fédérales
qui n'avaient pas nécessairement besoin d'aller chercher une attestation comme telle sont allées les
chercher, mais que, de toute façon, le rapport qui conclut que c'est... ils sont à peu près...
elles sont très, très, très semblables, les pratiques linguistiques.
Je pense que c'est très réconfortant et important d'entendre ça.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Alors, on va passer du côté
du gouvernement, et je cède la parole à M. le député de Vanier-Les
Rivières pour environ 20 minutes.
M. Huot : Merci. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, bonjour à vous, Mme la
Présidente. C'est ma première présence dans votre commission depuis très longtemps,
alors j'en suis très heureux. Salutations aux collègues des différentes oppositions,
salutations à mes collègues aussi, Mme
la ministre et votre équipe, les
personnes qui vous accompagnent, Mme Champoux
particulièrement. Et vous me permettrez de saluer aussi M. Pinault de
façon particulière puisque je l'ai bien
connu quand qu'il était sous-ministre associé au Bureau de la Capitale-Nationale. Alors, salutations à vous et toutes les personnes qui vous
accompagnent.
Alors, je veux en profiter aussi, je pense qu'on
va tous le faire, peut-être, un après l'autre... transmettre mes salutations au
député de Sherbrooke, évidemment, lui... nos voeux de prompt rétablissement, et
de dire à la ministre qu'elle a toute notre collaboration pour les
prochains mois, les prochaines semaines. Elle a appris, je crois, jeudi dernier
seulement qu'elle prenait la relève pour faire les crédits aujourd'hui. Alors, on va demander de l'indulgence aussi des oppositions
et, mes collègues vont comprendre,
ne pas chercher chapechute, compte
tenu de la condition physique de notre collègue de Sherbrooke.
Je vais
vouloir parler de l'Office québécois
de la langue française. Moi, souvent,
ma façon d'aborder la question des crédits, on va souvent... Je suis un
ancien membre de la Commission de l'administration publique dans un ancien mandat. Je rappelle qu'on est régis par la Loi de
l'administration publique ici. On est sur la gestion axée sur les résultats.
Donc, chacun des ministères, chacun des organismes doit faire une planification
stratégique, des fois de trois ans, de cinq
ans, selon les différentes organisations. Et on rend compte, après ça à
l'Assemblée nationale, aux parlementaires en commission parlementaire, entre autres, à la Commission de
l'administration publique, avec le rapport annuel de gestion, de
l'atteinte ou de la non-atteinte des objectifs qu'on s'était fixés dans notre
planification stratégique.
Donc, quand
on part toujours... Moi, je voulais regarder avec l'Office de la langue
française. On regarde la mission de
l'Office de la langue française, qui a été donnée par la Charte de la langue
française, donc qui... la mission, c'est : «...de définir [...] conduire la politique québécoise en
matière d'officialisation linguistique [...] terminologie [...] francisation
de l'administration — important,
de l'administration, on n'en parle peut-être pas assez — et
des entreprises;
«Veiller à ce
que le français soit la langue habituelle et normale de travail, des
communications, du commerce et
des affaires dans l'administration [des] entreprises;
«D'aider à définir et à élaborer des programmes
de francisation[...];
«[...]surveiller l'évolution de la situation
linguistique[...];
«D'assurer le respect de la Charte de la langue
française[...];
«D'établir les programmes de recherche
nécessaires à l'application...», et plusieurs choses aussi.
Et on s'est
fixé des objectifs dans la dernière planification. Et peut-être, si on a le
consentement des collègues, qu'on
pourra entendre M. Vézina par la suite parce que j'aurais peut-être des
questions plus précises sur la planification stratégique dans un
deuxième temps.
Mais, quand
on regarde certaines des orientations qui sont à la dernière planification
stratégique, bien, on veut faire
progresser le français dans l'espace public, on veut mettre à contribution les
citoyens, les citoyennes et les partenaires aussi — les
partenaires, on en a plusieurs, j'aurai des exemples de partenariat — renforcer l'influence de la Commission
de toponymie aussi, qu'on veut faire, on
aura sans doute l'occasion d'en parler plus tard, et moderniser l'organisation.
Ça, c'est une des orientations de l'Office
de la langue française. Et c'est peut-être là-dessus, avec M. Vézina, par
la suite, ou Mme Champoux, là,
qui pourra peut-être répondre plus précisément... parce qu'on arrive à la fin
de la planification stratégique, en 2016, de l'Office de la langue
française, donc on peut faire un certain bilan de l'atteinte ou non des objectifs et, entre
autres, de la modernisation, qui m'intéresse parce que toute l'administration
publique est dans un certain virage
numérique aussi, de services aux citoyens, meilleurs services aux citoyens
grâce aux technologies de l'information.
Mais, avec
les objectifs que je viens de nommer, une façon de faire rayonner et connaître
le rôle de l'office qui a été
trouvée, c'est avec la Francofête, entre autres, et la Soirée des Mérites et
des prix Francopub. Ça fait quelques années que la Francofête existe, une vingtaine d'années, je pense, c'est en
2017, on va fêter le 20e anniversaire. Donc, la Soirée des Mérites et des Francopub, on remet plusieurs
prix, et ce n'est pas à n'importe qui qu'on remet des prix. Et ça, je vais vouloir savoir, entre autres, jusqu'à quel point
les entreprises et les... il y a des personnes... soumettent eux-mêmes les
candidatures. Est-ce qu'on doit aller
chercher... Est-ce qu'on doit travailler fort pour avoir des candidatures
d'entreprises? Parce qu'on voit, dans
la liste des entreprises qui ont reçu des prix, Industrielle Alliance. Ce n'est
pas rien, quand même! Industrielle
Alliance, c'est une entreprise vraiment quand même assez majeure à Québec, au
Québec aussi, au Canada, mais c'est
une entreprise de Québec. Et on a le CEFRIO aussi, qui est le centre de
francisation et d'informatisation des organisations, qui a eu des prix.
Et je sais
qu'il y a des partenariats, entre autres, avec la Fédération des chambres de
commerce dans le cadre des galas des Mercuriades
et aussi avec le Réseau Action TI. Moi, j'ai un intérêt assez particulier pour
toute la question des TI. On vient de
faire les crédits technologies de l'information, d'ailleurs, la semaine
dernière, mais, avec le Réseau Action
TI, parce qu'il y a leur gala des Octas... J'étais là avec le député de
Nelligan, qui était président du Conseil du trésor à l'époque, au gala des Octas, et on a même, avec le
Réseau Action TI, l'Octas du français dans les technologies de l'information, ce qui n'est pas rien. J'étais là
au dernier gala. Le groupe qui a gagné, c'est MieuxEnseigner.ca, un portail
de vente qui a un lien avec l'éducation,
vous en serez sans doute très heureux, qui a un groupe de professeurs qui a mis
disponibles des ressources pédagogiques pour
les autres profs — et là
c'est même rendu qu'on vend en Belgique, en France, c'est parti d'ici — donc, qui a gagné l'Octas du français dans
le cadre du dernier gala des Octas du Réseau Action TI. On avait l'Assemblée nationale, d'ailleurs, qui
était finaliste, mais c'est MieuxEnseigner.ca qui a gagné dans ce volet-là.
Donc, il y a plusieurs remises de prix qui sont
faites comme ça avec les Mérites du français. Il y a des grosses entreprises qui gagnent des prix, donc on fait
rayonner, à quelque part, l'Office de la langue française avec ça. Je veux
savoir jusqu'à quel point les entreprises
participent, répondent présent à ça, de quelle façon on entend célébrer parce
qu'on se dirige vers un
20e anniversaire. Est-ce qu'on va prévoir peut-être plus de sommes? Est-ce
qu'on veut grossir l'organisation de
cette fête-là? Donc, quelques mots sur la Soirée des Mérites, les prix qui sont
remis, comment ça fonctionne, la remise de prix. Et par la suite peut-être revenir avec M. Vézina sur la
partie modernisation de la question de l'organisation de l'Office de la
langue française.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Bien, merci beaucoup de cette question. Encore une fois,
ça donne un autre aspect à l'Office
québécois de la langue française qui est très intéressant parce que, là, on
parle effectivement de la promotion. Puis,
quand on parle de la Francofête, quand on parle de la Soirée des Mérites et des
prix Francopub, c'est quelque chose d'important
parce qu'on célèbre nos artistes. On donne des prix Gémeaux, le Gala Artis, on
a des prix pour le cinéma, mais il faut aussi des prix pour les belles
initiatives de gens et d'entreprises. Et je laisserai mon collègue, si vous le permettez, si tout le monde le permet,
intervenir un peu là-dessus, mais, depuis 1997, en fait, vous avez raison,
l'Office québécois organise la Francofête, qui est une espèce de
grande célébration du français. Et, encore une fois, j'insiste pour dire à quel point on doit être fiers et on doit
montrer notre volonté et notre plaisir, notre plaisir, je le rajoute, de vivre
en français.
Alors, cette
Soirée des Mérites, cette soirée des prix Francopub, c'est vraiment
une occasion spéciale pour l'office de
souligner, donc, le travail, les réalisations remarquables de plusieurs,
plusieurs entreprises. Et il
y a des prix dans les technologies de l'information, dans la culture, en publicité, en toponymie, en
tourisme, auprès des personnes immigrantes. D'ailleurs, le prix pour les personnes immigrantes
est remis par le ministère de l'Immigration et de la Diversité. Il y a
le prix Camille-Laurin qui est également remis au cours de cette
cérémonie pour une personne qui a contribué de façon significative au rayonnement du français dans sa sphère d'activité. Le
Conseil supérieur, aussi, de la langue française, dont on ne parle pas suffisamment et qui est un conseil qui est vraiment le garant de la recherche et des questionnements que nous devons avoir sur la
présence du français et sur l'avenir du français, la situation
du français, alors, il remet aussi un
prix. Et, cette année, il y a eu deux professionnels des médias, il y a
eu les prix Jules-Fournier, le prix Raymond-Charrette.
Donc, moi, malheureusement, le 17 mars, ce qui est dommage... ça s'est passé en 2015 et en 2016,
bon, c'était en même temps que le budget,
le dépôt du budget du gouvernement. Donc, je n'ai pas pu être présente, et évidemment le ministre de la Culture n'était pas là, ni de l'Immigration. On aurait bien voulu être présents. Et, comme c'est M. Vézina, le
président-directeur général de l'office, si vous le permettez, il pourrait
expliquer un petit peu comment se passe cette soirée-là. Alors, Mme
la Présidente...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Est-ce que j'ai le consentement pour que...
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui? Merci. Alors, M. Vézina.
M. Vézina
(Robert) : Bonjour, Mme la Présidente. Alors, pour ajouter quelques précisions à ce que vient de dire la ministre... Alors, tout ce qu'elle a dit était effectivement exact. En fait, la Francofête et le gala des Mérites, c'est ce que nous, on appelle
notre soirée des bonnes nouvelles. Donc, en cours d'année, malheureusement, lorsqu'il est question
de francisation des entreprises,
souvent, on en entend parler via les médias, dans des articles de journaux, où
il est question de plaintes,
d'entreprises qui commettraient des infractions à l'affichage, etc., mais cette
soirée-là permet de montrer qu'il y a énormément
d'entreprises qui ont le français à coeur et qui font des
actions remarquables dans leur façon de mettre en valeur le français dans leur lieu de travail. Et il y a quelques
catégories de prix qui existent, la ministre en a nommé quelques-uns. Il y a
les Mérites du français au travail et dans le commerce, les Mérites du français
dans les technologies de l'information, il y a également les
Mérites du français dans le domaine des personnes immigrantes parce qu'on a un partenariat avec le MIDI, le ministère
de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion. Ces prix-là
mettent en valeur les efforts de
francisation de personnes qui tentent de s'intégrer au Québec
francophone de manière remarquable. Il
y a également un prix qui est remis à quelqu'un qui est dans le domaine
de la francisation, qui enseigne le français à ces personnes-là. Chaque année, il
y a quelqu'un, donc, qui reçoit un
mérite pour souligner son apport exemplaire à cette tâche importante.
Et, exceptionnellement cette année,
c'est une nouveauté, il y a deux prix du Conseil supérieur de la langue
française qui ont été remis, là, le prix Raymond-Charrette et le prix
Jules-Fournier.
Donc, comment les entreprises répondent à cette
soirée? Elles y répondent de manière très positive. Alors, l'ensemble des participants, là, la grande
majorité des invités sont des gens des entreprises en question, des entreprises
finalistes. Et, chaque fois qu'un lauréat
est mentionné, donc, je peux vous dire que c'est la célébration dans la salle
parce que les gens sont très fiers de ce qu'ils ont accompli, et avec raison.
Et alors l'Office québécois de la langue française tient à souligner ces actions. Nous diffusons dans les
médias les noms des lauréats et leurs réalisations. D'ailleurs, il y a des
vidéos qui sont produits chaque année pour
mettre en valeur les actions qui ont été faites par lesdites entreprises et qui
leur ont valu d'être finalistes dans ce
concours-là. Donc, pour nous, chaque année, c'est un moment fort de nos
travaux. Ça nous permet de montrer au Québec à quel point il y a
plusieurs entreprises qui ont le français à coeur, qui sont des partenaires vraiment, disons, consciencieux de
l'Office québécois de la langue française. Ils sont exemplaires en tous points
et ils méritent d'être reconnus.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup, M. Vézina. M. le député, il vous reste huit minutes.
M. Huot :
Merci. Oui, le deuxième volet, c'était sur... en lien... quand j'ai parlé de la
planification stratégique. Bon, je comprends,
on était en lien quand même avec la planification pour le rayonnement de
l'office, là, sur ces questions-là,
les questions de la Francofête et des prix, mais tout le volet 3 de la
planification stratégique, on est sur la modernisation de l'organisation. Votre plan stratégique est 2003‑2016,
donc on arrive vers la fin de votre cycle. Je ne sais pas, peut-être qu'il est trop tôt pour dresser un
certain bilan de votre dernière planification stratégique, peut-être que vous
êtes en mesure... mais moi, j'étais intrigué
par la question de la modernisation de l'organisation parce que vous parlez,
dans vos documents, d'un virage pour
utiliser beaucoup plus les technologies de l'information pour vos liens avec
vos clientèles, avec vos entreprises,
pour le rayonnement sans doute aussi de l'office. Donc, sur ça, est-ce que vous
êtes en mesure de dresser un bilan...
bien, peut-être, d'une part, l'orientation 3 sur la modernisation et,
globalement, votre planification
stratégique qui arrive à la fin? Vous avez eu des crédits octroyés depuis qui
sont quand même stables, je pense,
depuis plusieurs années. Donc, l'utilisation qui a été faite de ça vous a
permis d'atteindre sensiblement l'ensemble de vos objectifs. Est-ce qu'on s'en va dans la continuité pour la suite
dans la planification de l'office? Donc, il y a peut-être trois volets à
ma question.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Mme la... C'est M. Vézina?
Mme David (Outremont) : Je ne
le sais pas, est-ce que la permission se...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, allez-y. Oui, bien, il y a eu le consentement. Alors, M. Vézina,
allez-y.
M. Vézina (Robert) : Alors, Mme
la Présidente, pour répondre à la question, alors, vous devez savoir que la planification stratégique 2013‑2016 a été
prolongée d'une année, donc a été reconduite jusqu'au 31 mars 2017,
et ce, pour que nous puissions être
en phase avec le plan stratégique, du ministère, de rattachement, c'est-à-dire
le ministère de la Culture et des
Communications. Si on regarde l'enjeu 3 et l'orientation 3.1, donc
celui sur lequel vous avez porté le regard, c'est-à-dire la modernisation de l'organisation, effectivement, on est
déjà en mesure de commencer à faire un bilan. C'est sûr que le prochain plan stratégique, on commencera
à y travailler dans le mois qui vient pour être fins prêts à le déposer avant la fin de l'année pour qu'il soit en
vigueur, là, justement au 1er avril 2017. La question de la
modernisation s'y retrouvera certainement parce que c'est un travail à
long terme.
Donc, c'est
colossal, ce que nous avons entrepris. Donc, je peux déjà vous faire un bilan.
D'ailleurs, je pourrais d'ailleurs déposer peut-être un petit résumé de
l'ensemble des actions qui ont été faites à l'office, là, en termes de modernisation, mais tout est à faire, dans le sens
qu'on revoit l'ensemble de nos processus, de nos procédures. La ministre,
tout à l'heure, l'a bien mentionné, on a
revu une bonne
partie de notre gouvernance, ça fait
partie de la modernisation.
L'ensemble des processus de travail,
notamment en ce qui concerne le traitement des plaintes, a été revu. C'est en
bonne voie d'être complété. On a
commencé le même travail en ce qui concerne la francisation des entreprises.
Ça, c'est un travail de longue
haleine, mais qui est quand même avancé. On revoit nos façons de faire de façon
à être plus efficients, plus efficaces.
Nos travaux
de modernisation touchent également nos services linguistiques, comme, par
exemple, nous sommes en train de
terminer la révision de notre politique du traitement de l'emprunt
linguistique. Ça n'a l'air de rien, mais, comme nous traitons des milliers de termes par année,
les terminologues de l'office doivent porter un jugement sur l'acceptabilité
ou non de termes empruntés à d'autres
langues. Et, en général, c'est emprunté à l'anglais, ça peut avoir des
conséquences sur la langue de
l'affichage, etc. Donc, cette politique-là, donc, qui indique aux terminologues
de quelle façon ils doivent juger ou non de l'acceptabilité d'un terme emprunté
ou non, a été revue en profondeur et va être terminée en cours d'année.
Et je
pourrais m'étendre très longuement sur la modernisation de l'office, mais là je
vois que le temps, quand même, qui m'est imparti est limité.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Ça va? Parfait. Il vous reste encore quelques minutes, si vous voulez.
M. Huot : Bien, on peut partir
un autre sujet, oui.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
C'est comme vous voulez. Il vous reste 3 min 30 s.
M. Huot : Trois minutes? Vas-y.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, allez-y, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie :
Merci, Mme la Présidente. D'abord, permettez-moi de saluer la ministre,
également les gens de son ministère,
le personnel de son cabinet et évidemment mes collègues. Et je salue également
le député de Sherbrooke. Je lui souhaite un prompt rétablissement.
Ma question
va porter sur le programme de français lors d'activités culturelles. Et
personne ne peut contester que
la langue française est au coeur de
l'identité québécoise. Je ne
pense pas que ça soit nécessaire
de mentionner que la langue française
est la base et, je dirais, le principal pilier de notre culture québécoise.
Et par ailleurs, aux Îles-de-la-Madeleine, on a
la double culture : évidemment, la culture québécoise mais également la culture acadienne, la culture
acadienne qui est liée à notre
histoire, la déportation des Acadiens. Et là je pourrais en parler beaucoup,
qu'est-ce qui caractérise la culture acadienne
par les traditions, les mets, nos mots qui sont souvent passablement
différents, ça prend presque un dictionnaire pour en saisir la bonne
définition, mais ce n'est pas là ma priorité aujourd'hui, c'est la langue
française.
Et, en 2010,
il y a eu, de la part de la ministre de la Culture de l'époque, l'implantation
ou la mise en place du Programme de
promotion du français lors d'activités culturelles. Donc, ça fait six ans que
le programme est en place, et je pense
que la justification et la pertinence de ce programme-là n'étaient pas à
démontrer. On sait qu'on peut avoir mille et une raisons de faire la
promotion du français, de valoriser le français, d'exprimer notre attachement à
notre langue.
Alors, ma
question est la suivante, Mme la Présidente, pour la ministre : Est-ce que
la ministre pourrait nous parler un
peu plus longuement du Programme de promotion du français lors d'activités
culturelles, les budgets qui ont été investis dans ce domaine-là et les
différentes activités ou projets qui ont été acceptés?
Présidente (Mme Rotiroti) : Oui. C'est sûr que la question
porte sur plusieurs volets. Il reste seulement une minute, alors, Mme la
ministre, vous pouvez commencer un bout de réponse.
Mme David (Outremont) : Et je
continuerai après.
Présidente (Mme Rotiroti) : Puis on va revenir dans les
prochains blocs du gouvernement. Alors, allez-y.
Mme David
(Outremont) : C'est une question trop intéressante et importante pour
qu'effectivement on n'ait pas
l'occasion d'y revenir. Mais c'est clair que le député, évidemment, des
Îles-de-la-Madeleine évoque un programme qui est un petit bijou, encore une fois, pour la promotion de la langue
française. Et ça touche deux volets ministériels que j'ai très à coeur,
je n'ai pas besoin de vous le cacher, c'est l'Éducation et la Culture. Donc, ce
programme rejoint deux grandes, grandes
priorités que sont la culture et la langue française. Donc, ce programme existe
depuis sept ans, et il y a eu près de
2 millions de dollars qui ont été consacrés, 1 950 000 $,
142 projets à travers toutes les régions du Québec...
Mme David
(Outremont) : C'est plutôt 166, maintenant, projets qui auraient été
financés. Et puis je sais que j'ai juste une minute, alors, je vais...
C'est déjà fini? Même pas...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Le temps est terminé, oui, Mme la ministre, désolée.
Mme David (Outremont) : À
suivre.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, je vais passer du côté de l'opposition officielle et je cède la parole à
M. le député de Bourget pour environ 20 minutes.
M. Kotto :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je poursuis sur ma lancée de questions. Tout à
l'heure, la ministre au moment où mon
temps tirait à sa fin, lors de ma première intervention, répondait qu'il y
avait une date pour le dépôt du règlement en matière d'affichage et la ministre
parlait de court terme. Est-ce qu'on peut avoir une idée du court terme?
Est-ce que c'est une question de semaines, de mois ou d'années?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, j'ai répondu que nous étions sur un calendrier de
court terme, et une question de court
terme, c'est vraiment une question non pas de mois, certainement pas, à peine
de semaines et de jours au pluriel.
M. Kotto :
D'accord, merci. Alors, j'avais une
question qui s'adressait à la ministre, mais je pense que M. Vézina
serait bien placé pour nous donner une information pointue là-dessus. Ce sont
plusieurs citoyens, dont M. Cyr, de Sherbrooke,
encore récemment, qui nous interpellent pour pointer l'apparence d'une
incohérence dans certaines décisions rendues
par l'OQLF quant à la langue d'affichage. Dans certains cas, un mot anglais est
banni, dans d'autres, ce même mot est
accepté. Ma question est de savoir si, à l'intérieur même de l'entité, de
l'instance, en l'occurrence l'OQLF, il existe un travail de suivi des décisions prises afin d'avoir des critères
précis que les commerces peuvent prévoir et assurer ainsi une
jurisprudence solide et constante.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Alors,
M. Vézina? Mme la ministre, vous voulez commencer? Oui, allez-y.
Mme David (Outremont) : Bien,
moi, je veux juste dire que je remercie le député de Bourget de permettre à quelqu'un qui a un rôle aussi important à jouer en
rapport avec langue française... Et j'ai dit tout à l'heure que la loi 101
était une loi effectivement très bien
construite, mais qui, des fois, demande des lectures et des relectures, avec
des virgules, et tout ça. Donc, il
faut, je pense, bien mettre le temps pour comprendre tous les méandres de cette
loi. Alors, je vais laisser M. le président de l'office répondre.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. M. Vézina.
M. Vézina
(Robert) : Mme la Présidente, pour répondre à la question, oui, alors,
bien entendu, l'office effectue un
suivi de ses décisions. Il a des politiques internes qui tentent de rendre les
plus cohérentes possible les décisions qu'il rend, et ce, dans le temps. Là, je n'ai pas en tête, là, l'exemple
auquel vous faisiez allusion, là, M. Cyr, etc. Mais, s'il est
question de terminologie, par exemple, un même mot, dans un contexte, serait
comme accepté et, dans un autre, pas accepté,
en général, les cas que j'ai vus, si le même mot... un mot en question dans une
phrase en anglais, on va le considérer comme un mot anglais. Hors
contexte, ça peut être vu comme un emprunt. Donc, le même mot peut être
considéré de deux façons différentes selon
le contexte dans lequel il est utilisé. C'est ce que je peux donner comme explication,
là, pour un exemple que je n'ai pas en tête.
Mais sinon,
en matière de terminologie, le fait, par exemple, d'utiliser un terme qui
serait plus ou moins considéré comme
du mauvais français dans de l'affichage, ça ne provoquera pas une action qui va
mener à une judiciarisation du dossier. Donc, l'office ne transmettra
pas un dossier au DPCP où il est question de qualité de la langue, par exemple.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. Vézina. M. le député.
M. Kotto :
Oui, j'avais une autre question pour M. Vézina, juste à
titre informatif.
Y a-t-il déjà eu, historiquement, quels
que soient les gouvernements, des interventions politiques dans le cas de
décisions de l'OQLF relativement à la langue d'affichage, pour ou contre,
garder ou enlever un mot anglais, historiquement?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. Vézina.
M. Vézina (Robert) : Une
intervention politique, donc ils pourraient intervenir dans le processus de
prise de décision? À ma connaissance, non.
M. Kotto : Non? O.K. Je
vous remercie beaucoup.
Je voudrais
maintenant aller sur la question des inspecteurs à l'OQLF, et la ministre est
libre, évidemment, de me répondre. Nous avions remarqué, l'année
dernière, que le nombre d'inspecteurs à l'OQLF était passé de huit, en 2013‑2014, à quatre en 2014‑2015, une coupure de
la moitié des postes. La ministre, visiblement insatisfaite, alors, du rendement des inspecteurs, nous avait répondu
qu'on en demandait plus à chacun d'entre eux. On constatait, en effet, qu'on
passait de 413 inspections, en moyenne, par
inspecteur, en 2013‑2014, à 567 inspections, en moyenne, en 2014‑2015. Les
chiffres fournis par l'OQLF cette année
montrent que nous sommes toujours à
quatre inspecteurs au lieu de huit, les départs ne sont toujours pas comblés, les gens ne sont pas toujours
remplacés. La ministre nous expliquait également que le nombre
de plaintes ayant baissé, les quatre
inspecteurs étaient alors capables de les traiter. Le nombre de plaintes en 2015‑2016,
pour un total de 2 911, est, pour ainsi
dire, revenu au niveau de 2013‑2014 pour un total de 3 107. Chacun des
inspecteurs a effectué 643
inspections en moyenne, une centaine de plus que l'année dernière. La ministre
nous parle de modernisation, nous en
sommes, mais n'y a-t-il pas ici lieu d'ajouter le concept d'austérisation face
à des besoins qui, on le voit, augmentent?
La ministre a-t-elle l'intention d'augmenter encore la
pression sur les quatre inspecteurs de l'OQLF? C'est ça, ma question.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Alors, Mme
la ministre.
Mme David
(Outremont) : Bien,
justement, ça me permet de faire le lien entre plusieurs questions. Et on
parlait justement de modernisation.
Et si tant est, justement — et
j'en suis, moi aussi, avec le député de Bourget, je suis complètement
d'accord avec lui — que
la modernisation parle d'une certaine efficience, d'une certaine efficience,
entre autres, par des affectations géographiques beaucoup plus faciles,
ce qui est très, très important à comprendre, c'est que le nombre d'inspections effectuées, c'est de 643, le député
de Bourget a raison. Mais, si tant est, justement, que nous
modernisons nos façons de traiter les
plaintes, bien, j'ai le plaisir de dire qu'il n'y a aucune, aucune attente pour
les inspections. Alors, on n'est pas
en salle d'attente, là, pendant des heures et des heures pour dire : Je
veux absolument que ma plainte soit traitée. Non seulement il n'y a pas d'attente, mais les plaintes sont traitées
dans les jours qui sont prévus par la loi, le nombre de jours, qui est une vingtaine de jours, je le
disais. Elles sont traitées. Alors, les inspecteurs au nombre de quatre, c'est
tout à fait la moyenne des 10 dernières années.
chiffre huit a été, les statisticiens diraient, un épiphénomène pendant un an,
mais les autres années avant, après, ça
a toujours été quatre. Et, s'il y avait un très, très long
temps d'attente, si on ne pouvait pas respecter les critères, on serait en droit de s'inquiéter, mais, justement, parce que
l'OQLF a modernisé ses façons de travailler, justement parce qu'il y a eu des affectations géographiques qui ont
augmenté énormément l'efficience, bien, on se retrouve devant le fait
qu'il n'y a pas de problème parce qu'il n'y a pas d'attente dans les
inspections.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Kotto : O.K. À l'étude des crédits en 2014, la ministre
nous indiquait qu'elle était préoccupée par la qualité de la langue française, et je la cite : «Nous
allons aussi demander un avis au Conseil
supérieur de la langue française. [...]dès
cet automne, sur la qualité du français dans
l'espace public québécois et particulièrement en ce
qui a trait aux médias sociaux.»
l'étude des crédits de 2015, l'avis n'avait pas encore été fait. L'objet d'un
dépôt de la part du conseil était prévu, et je la cite de nouveau : «...il n'est pas prêt — parlant
de l'avis. [...]nous attendons [cet avis] avec beaucoup d'intérêt.» Donc, aux dernières nouvelles, cet avis a été
déposé. Alors, je voulais savoir comment la ministre accueille cet avis et
quel serait, dans la réponse la plus claire possible, l'échéancier quant à la mise
en oeuvre des recommandations.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Alors, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors,
écoutez, en fait, le temps passe vite, hein, M. le député de Bourget,
2014, déjà on parle de 2016. Je me souviens très bien d'avoir parlé de
cette importance de la qualité du français dans les médias sociaux. Il
y a eu six études à la programmation
du Conseil supérieur de la langue
française, et merci de vous
préoccuper des études parce que,
comme je le dis, c'est le Conseil
supérieur de la langue française,
dont le président-directeur général
est ici présent. Si vous avez des questions
et vous voulez plus de détails, il se fera un plaisir, M. Boutet, de
pouvoir répondre.
Alors,
il y a six études qui sont vraiment à la programmation : il y en a
quatre qui sont menées par l'équipe de recherche,
ils ont une équipe très solide, une cinquième qui est confiée à deux chercheurs
de l'INRS et une sixième à une chercheure
de l'Université de Montréal. Et celle dont vous parlez, qui est Écrire
pour l'État à l'ère du Web 2.0 , on avait parlé des médias sociaux, bien, écoutez, elle s'en vient. Qu'est-ce que vous voulez que
je vous dise? Elle s'en vient, elle s'en
vient bientôt, et ça va être très intéressant.
Et j'ai aussi hâte que vous de la
lire et d'en lire les conclusions parce
que la langue analysée, c'est celle qui va être dans Facebook — je
n'ai jamais su comment moi-même prononcer le mot — «LinkedIn»
ou «LinkIn», en tout cas — quel mot, mon Dieu! — et YouTube. Ça, c'est plus facile, bon. Alors, il y a
un corpus de plus de 2 300 textes. Alors, vous savez comme
j'aime la lecture et la recherche, et j'ai très hâte de le lire moi-même.
Est-ce qu'on va voir des
écarts récurrents? Est-ce qu'on va voir des particularités? Alors, ça s'en
vient. Rapidement?
Mme David
(Outremont) : Au mois de juin? Au mois de juin, M. le député. On
pourra lire ça pendant nos vacances, cet été, vous et moi. Bien, séparément.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Vous faites bon de le mentionner, de le
préciser, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Je m'excuse. C'est ça.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : M. le député.
M. Kotto :
Merci, Mme la ministre. Merci, Mme la Présidente. Je voudrais revenir sur le
budget alloué à la langue, qui est
passé de 26 millions à 29 millions. Sans provoquer personne, je pose
une question simple à la ministre : Si d'aventure le Québec était un pays souverain, indépendant,
clairement français, s'affichant comme tel, s'assumant comme tel, pensez-vous
que l'État québécois aurait autant d'argent à dépenser pour défendre sa langue?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Attendez, je vais reprendre le verbatim de votre
question, qui est intrigante. Voilà le
mot que je vais employer. Je trouve que nous assumons très bien. Nous avons une
loi, en 1974... nous avons fêté les 40 ans de français définitivement et officiellement
comme langue officielle du Québec en 1974 sous Robert Bourassa, on s'en souvient tous, qui a été repris après par
le Parti québécois avec l'introduction de la loi 101, Camille Laurin, etc.
Et cette loi nous accompagne depuis de
nombreuses années. Et nous avons besoin d'organismes, comme il y en a peu à
travers le monde, pour être aussi actifs,
proactifs dans la protection et dans la promotion. Et, justement, non seulement
nous avons la protection, mais il faut avoir la promotion aussi, en être tous
collectivement fiers. Et nous en sommes collectivement
fiers dans un Québec qui affiche clairement cette langue que nous aimons tant
et qui est la langue officielle du Québec.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci. M. le député.
M. Kotto :
Je souhaiterais que la ministre se rappelle néanmoins... Oui, la loi 101,
c'est un bel acquis pour le Québec, mais je rappelle néanmoins à la ministre
que celle-ci a été édulcorée par la Cour suprême du Canada plus de 200 fois depuis qu'on l'a adoptée ici, au
Québec. Et, encore une fois, je pense que, dans le cas où le Québec serait
maître de son destin, on n'aurait pas
une entité comme la Cour suprême, forte de la Constitution qui nous est
imposée, pour décider des avenues que
nous prenons ou de l'orientation des avenues, plutôt, que nous prenons quant à
la promotion et la défense de notre langue.
voudrais maintenant... Parce que la ministre parlait du 3 millions additif
pour la promotion de la langue. C'est beaucoup
d'argent. Est-ce que la ministre peut nous donner une idée de la ventilation de
cette somme d'argent, c'est-à-dire comment cet argent se décline spécifiquement
dans des actions qu'elle pourrait peut-être nous identifier ici?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Alors, Mme la
ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez,
est-ce que je peux me... Est-ce que je vais pouvoir
citer le député de Bourget? Parce
qu'il l'a bien dit, à quel point c'est une somme importante qui est accordée
comme ajout budgétaire. 3 millions de
dollars, ce n'est pas rien. Je ne peux pas passer sous silence que... l'accord
à cette partie-là, au moins de constater
que le gouvernement a fait des efforts importants, significatifs, visibles,
pertinents pour mettre en évidence la protection
et la promotion de la langue française. La géographie du Québec ne changera
jamais. Le Québec est un lieu qui est
entouré d'une mer anglo-saxonne, avec des francophones dans le Canada. Et donc
nous faisons des efforts et nous signifions
nos efforts pour dire : Au Québec, nous voulons que le français soit
protégé et qu'on puisse promouvoir cette langue.
Donc,
ce 3 millions et ce 4 millions au MIDI, ce sont des efforts en langue
française qui sont significatifs pour dire : Nous allons travailler
très fort à partager collectivement. Et je l'ai dit savez-vous où, M. le député
de Bourget? Je l'ai dit à 350 étudiants
que j'ai rencontrés, étudiants et jeunes, vraiment des jeunes, dans un colloque
où j'avais le bonheur de partager, et
l'audace, et, je dirais, le courage de partager avec Christiane Taubira et
Jean-Martin Aussant des réflexions pendant
un après-midi fort ensoleillé où il y avait 350 jeunes de Maîtres chez
nous. Et j'ai parlé de la question de la langue française beaucoup et je
leur ai dit : Vous êtes tous collectivement responsables, nous sommes tous
collectivement responsables, dès qu'on se
lève le matin jusqu'à ce qu'on se couche le soir, de la qualité du français
dans nos courriels — on
en parlait — dans les médias sociaux, de la qualité du
français dans nos textos, de la qualité du français parlé, de la vigilance
que nous devons avoir.
je suis sûre, M. le député de Bourget, que nous partageons ces préoccupations,
vous et moi. Et le 3 millions, c'est
pour se dire ça à tous les jours, le décliner de toutes les façons. Et il y
aura une multitude de projets qui seront soumis à travers des appels d'offres forts intéressants qui seront ouverts
autant à toutes les sphères de la communauté, que ce soient des
organisations syndicales, que ce soient des entreprises, des groupes de
citoyens qui veulent mettre en évidence la protection
et la promotion de la langue française, des nouveaux arrivants, des groupes
communautaires. Et, pour moi, c'est collectivement que nous devons
prendre en charge la protection de la langue française.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Bourget, il vous reste 1 min 30 s.
M. Kotto :
Oui. Ça va vite. Je voulais juste préciser que le 3 millions, c'est par
rapport à 2014‑2015, pardon, à 2015‑2016, parce qu'il y avait
1 588 000 $...
M. Kotto :
Pour l'ensemble du budget, il y avait 28 229 000 $. Et, pour
2015‑2016, il y a eu une coupure, ce qui nous a amenés...
Présidente (Mme Rotiroti) : Excusez-nous, M. le député de
Bourget, vous êtes sur quel document? Juste pour que la ministre soit
capable de vous suivre.
M. Kotto :
Oui, oui, oui. Ça, c'est le budget de dépenses.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Parfait, merci.
M. Kotto : Dans le
document de Budget de dépenses , page 71. Donc, il y a eu, en 2014‑2015,
28 millions et 200 et poussières, en
2015‑2016, une coupure qui nous ramène à 26 millions pour revenir, dans
l'exercice 2016‑2017, à 29 millions.
Donc, ce n'est pas totalement, comment dire, 3 millions qu'on doit
comptabiliser ici, c'est relativement moins que ça. Il me reste combien de
temps, Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Bien, il vous reste 20 secondes, M.
le député.
M. Kotto :
20 secondes. Bon, bien, je reviendrai. Je verse ça à mon prochain bloc. Merci.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Excellent! Alors, on va revenir par la
suite. Ça va vous donner la chance de chercher une réponse pour le député de
Bourget.
Alors,
je vais passer du côté du gouvernement. Et je cède la parole à M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. La parole est à vous.
M. Chevarie :
Merci, Mme la Présidente. Je vais débuter ce bloc pour nous permettre de
réintroduire la question qui portait sur le Programme
de promotion du français lors d'activités