Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 29 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-10-29
Quebec — Committees
Le Président (M.
Lemay) : Oui, M. le ministre.
Julien : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, comme on a mentionné,
là, la semaine dernière, quand on s'est quittés, on aura l'occasion, à
l'article 4, de discuter des fins détails, en fin de compte, de
l'annexe I. Il faut bien comprendre que
cette
annexe I là est disponible et elle est connue. On reconduit, en fin
de compte, l'annexe des tarifs actuels d'Hydro-Québec, là, qui a été, en réalité, mise en place par la Régie de l'énergie.
Donc, c'est une
annexe qu'on vient recoller. C'est la même annexe. En fin de compte, c'est les mêmes tarifs qu'on a
actuellement sur le site Internet d'Hydro-Québec. Alors,
c'est des tarifs qui sont connus et qui sont reconduits essentiellement à
l'intérieur du projet de loi. Donc, on aura l'occasion d'en discuter à
l'article 4.
Le Président (M.
Lemay) : M. le député.
M. Birnbaum :
Si je lis comme il faut les commentaires du ministre, et je suis reconnaissant
du fait qu'on ait ces commentaires maintenant pour que notre discussion soit
contextuelle, je continue à comprendre...
Malgré le fait qu'on parle de choses assez complexes, je ne
donnerai pas la prétention de comprendre tous les... tarifaires ...et tous les
détails, il reste que, si je lis les commentaires...
Comme
je dis, c'est pour une raison qu'on parle de l'article 1, c'est le noeud
de l'affaire, et je m'exprime, je prends ma compréhension en lisant
surtout les commentaires. C'est qu'il y a deux principes primordiaux. C'est les
principes opérationnels et les principes qui font sujet de nos grandes
craintes, qui auraient eu écho lors des comparutions de, comme je dis, 14 ou 15 des 18 groupes devant
nous, sur deux choses, et j'aimerais entendre le ministre un à la fois
là-dessus.
Moi,
je comprendrais que, lors d'une adoption éventuelle de l'article 1, à
quelque part, on serait en train de confirmer deux principes, un à la fois,
de confirmer déjà un gel pour 2020, et, conséquemment, on serait en train de
confirmer l'intention, annoncée il y a quelques mois maintenant,
d'Hydro-Québec de se désister de son... Je crois que je me permettrais d'utiliser le mot «devoir», parce que c'est la
pratique, aux yeux de la loi actuelle... la déclaration, déjà, d'Hydro-Québec de
se désister et de préparer une justification tarifaire pour l'année 2020
devant la régie.
Alors,
première chose, et je me permets de citer les commentaires suite à
l'article 1, où le ministre, dans ses commentaires, note : «Cette modification est
nécessaire — la
modification incluse dans l'article 1 — puisque les tarifs de distribution d'électricité
qui seront en vigueur le 1er avril 2020 ne sont pas établis par la Régie
en fonction des critères prévus dans la Loi
sur la Régie de l'énergie.» Autrement dit, l'état où on se trouve actuellement aujourd'hui. «Également, les tarifs seront indexés sur une base annuelle, de sorte que les prix des tarifs
devaient être prévus dans une loi ou un règlement qui peut être mis à
jour chaque année.»
I just want to make sure those who are
listening share my understanding, which I want to test with the Minister, and that is, on this first of
two principles, the notion of a 2020 freeze of actual Hydro rates and the
complementary notion that the
adoption of this
article would confirm the already stated intention of
Hydro-Québec — que ma formation déplore et d'autres déplorent aussi — to desist from presenting, as is expected and required under
the law as its stands today, its justification for a tariff plan for the year
My understanding, which I want to
validate with the Minister, is that
article 1 already, in its eventual
adoption, would
entrench, to a certain extent, the freezing of tariffs for 2020, and my
interest and that of consumers, industrial users of electricity, important
suppliers, like the aluminium industry, in Québec, the international market,
all of those instances...
Toutes ces instances se sont déjà exprimées sur deux choses : leurs
inquiétudes sur cet aspect de la loi et plusieurs de leurs opinions,
épaulées par de la recherche, qu'un gel ait un effet négatif, potentiellement,
en 2020.
Donc,
dans un premier temps, j'aimerais demander au ministre, et j'aurai une
complémentaire sur un autre aspect de
ma lecture de l'article 1 : Est-ce que le ministre peut nous
confirmer qu'en quelque
part la raison d'être de l'article 1, c'est de confirmer la proposition, dans la loi,
que les tarifs soient gelés en 2020, et sans l'implication ou la surveillance de la régie — je m'excuse, troisième complémentaire — et de confirmer qu'il continue de comprendre
et, en quelque part, d'appuyer le désistement d'Hydro-Québec en ce qui a
trait à la justification de ses plans tarifaires pour 2020?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Oui, merci, M. le Président. Effectivement, là,
l'article 1, là, constitue fondamentalement le principe du projet de loi, qui vient, en fin de compte,
établir que, pour l'exercice 2020, on aura un gel tarifaire, et que, pour
les exercices subséquents, on aura une augmentation qui sera à
l'inflation.
Pour
ce qui est, en réalité, du travail d'Hydro-Québec, actuellement, avec les
groupes qui ont fait une demande à la
régie, celle-ci est en cours. La semaine dernière, il y a eu
contre-interrogation des groupes, donc, par Hydro-Québec, tel que demandé par Hydro-Québec. Donc,
Hydro-Québec continue de cheminer avec les groupes qui ont fait la demande
auprès de la régie, et la régie émettra une
décision à cet effet-là. Donc, Hydro-Québec est dans le processus avec les trois groupes qui ont fait une demande de
cause tarifaire, et la régie sera à même de prendre la décision la plus
éclairée suite à ces démarches-là.
Le Président (M.
Lemay) : Parfait. M. le député, est-ce que vous voulez intervenir?
M. Birnbaum :
Oui, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Lemay) : Allez-y.
Birnbaum : Je me permets de dire que la réponse, dans un premier
temps, du ministre, déjà, nous démontre la pertinence d'une discussion,
une ventilation des tableaux dans l'annexe IV, parce qu'évidemment on est
en train de déclencher
un processus qui, au bout de l'affaire, confirmerait cette
annexe tarifaire.
Alors, sa pertinence et la pertinence d'en ventiler, dans une
discussion, de l'article 1, je trouve que le ministre vient de faire la
démonstration. Sur plus que le concept, le plan de geler les tarifs en 2020,
voilà, comme je dis, et on va poursuivre sur l'autre aspect, est un des
éléments clés du projet de loi devant nous, et qui ici est déjà, en quelque
part, opérationnalisé par l'article 1.
Compte
tenu de tout ça, j'aimerais demander au ministre de nous parler de sa lecture
des avantages, pour, surtout, les consommateurs et les consommateurs
industriels, de cette proposition d'un gel en 2020. Et je l'invite à aller plus
loin que deux concepts qui n'ont pas nécessairement fait le bonheur de
tous les intervenants devant nous, d'aller plus loin que de parler de la prévisibilité, parce que... prévisibilité est très
intéressante si on peut démontrer aux consommateurs et consommatrices
qu'ils vont sortir gagnants d'un gel.
Deuxième chose, bon, là, ce n'est pas, pour moi,
d'empêcher le ministre de se prononcer de sa façon, mais j'aimerais que
ça soit... si on est pour parler du taux de l'inflation, que le ministre nous
explique la méthodologie selon laquelle il est en mesure de prévoir le taux
d'inflation même pour l'année qui s'en vient, de 2020.
Et donc est-ce qu'il
est en mesure de nous garantir, pas de me garantir, de garantir les
consommateurs, consommatrices du Québec, que
ce gel-là porte des avantages évidents, et concrets, et démontrables aujourd'hui?
Et, j'en... Avec des vérifications à la fin de l'année 2020, est-ce
qu'il peut nous indiquer exactement comment va se poursuivre un tel gel et comment on peut être assurés que ça
va être à l'avantage des Québécoises et Québécois qui nous écoutent?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, première des choses, là, naturellement,
tant et aussi longtemps que la loi n'est pas sanctionnée, le cas échéant, tous
les articles qu'on discute aujourd'hui ne sont pas en force, et ce sera lors
de la sanction éventuelle, qu'on ne peut présumer, que ça rentrera en force.
Naturellement,
pour l'exercice 2020, le cas échéant, où la loi est sanctionnée, il n'y
aura pas de hausse tarifaire. Alors, vous mentionnez l'annexe I, qu'on
va voir à l'article 4... ne fait que reconduire exactement les tarifs
publiés sur le site Internet d'Hydro-Québec,
les tarifs qui sont actuellement applicables chez Hydro-Québec. Et c'est sur
cette base-là que le projet de loi fera, après ça, un gel tarifaire et
une augmentation, pour les années subséquentes, à l'inflation.
mécanique pour l'application, c'est qu'on va venir mesurer l'inflation réelle à
chaque année au 30 septembre, à la fin septembre, et c'est sur
cette base d'inflation, pas la première année puisqu'il y a un gel, mais sur
les années subséquentes, qu'on aura l'application, au mois d'avril, de la
hausse tarifaire. Ça veut dire qu'à peu près six mois avant la hausse tarifaire l'ensemble des consommateurs seront à même de
savoir quelle sera la hausse de la prochaine année.
30 septembre de cette année, bien qu'on ne le savait pas au mois de juin,
quand on a déposé le projet de loi, l'inflation
mesurée est à 1,7 %. Donc, c'est exactement, en fin de compte, la mesure
qu'on avait estimée lors de l'élaboration du projet de loi. Sur cette base-là, alors par rapport à l'inflation, le
gel tarifaire, bien, il y a un écart de 1,7 % si on appliquait au
mois d'avril prochain le gel tarifaire.
Quand
on parle de prévisibilité, c'est justement l'opportunité de l'ensemble des
citoyens de savoir, six mois à l'avance, quelle sera cette hausse et non plus, en fin de compte, sur un processus
de cause tarifaire qui, bon an, mal an, pouvait faire des impacts... On a eu
des impacts de 4,3 %, trois fois l'inflation, en 2014; l'année
subséquente, 2,9 %, deux fois et demie l'inflation; l'année suivante, à peu près l'inflation; l'autre année,
30 points de base sous l'inflation; pas de prévisibilité pour les
citoyens, pas de prévisibilité pour les clients.
Alors,
encore là, quand on prend... quand on fait l'exercice d'appliquer ce qui est
préconisé dans le projet de loi, c'est-à-dire le gel tarifaire plus une
hausse à l'inflation, et qu'on la reporte en arrière, si on avait appliqué ça
en 2014, par exemple, pour les cinq années
suivantes, si on avait appliqué ça en 2009, pour les cinq années suivantes, si
on avait appliqué ça en 2004, ainsi
de suite, dans tous les cas de figure, la clientèle d'Hydro-Québec aurait
bénéficié d'une structure de tarification sur cette base-là. Le seul
exemple, en réalité, des 15 dernières années... Si on avait appliqué
l'inflation sans le gel dans les 15 dernières années, effectivement,
l'ensemble de la clientèle d'Hydro-Québec aurait bénéficié d'une réduction de
tarifs, sur cette période, de 2,4 milliards de dollars.
n'oublions pas que le projet de loi, puis on le verra dans tous ses articles,
prévoit qu'après la cinquième année il y aura un «rebasing». Il y aura,
en fin de compte, une cause tarifaire, et la régie pourra appliquer cette cause
tarifaire dans le même processus qu'ils font
actuellement aux 12 mois. Ça veut dire que les investissements qui auront été réalisés dans
cette période par Hydro-Québec seront passés au peigne fin. Et, encore là, la
régie aura la possibilité de considérer, oui ou non, si ces investissements-là, sur la base actuelle, en fin de compte, de leurs travaux, sont adéquats pour affecter la cause tarifaire
de la cinquième année.
Donc, la régie maintient ses pouvoirs. On a la
liste de tous les pouvoirs et responsabilités de la régie. Elle les maintient. Toutefois,
au lieu que ça soit aux 12 mois, ça sera aux 60 mois. Donc, sur cette
base-là, puisqu'il y a une correction après
la cinquième année, puisque la hausse prévue au projet de loi est un gel plus l'inflation aux quatre ans, historiquement,
cette méthode-là aurait été, à tous égards, sur une période de cinq ans,
bénéfique pour l'ensemble de la clientèle.
Le Président (M.
Lemay) : M. le député, est-ce que c'est toujours sur la même question?
Éventuellement... Mme la députée de Mercier aussi a demandé la parole. Donc, si
c'est toujours sur le même échange, allez-y.
Birnbaum : Si je peux
poursuivre sur la même chose, et je
comprends que mes collègues veulent
intervenir...
Le Président (M.
Lemay) : Poursuivez, M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : J'apprécie la
réponse du ministre, mais, là-dedans, je me demande si j'entends, et, avec respect, je ne crois pas que je
l'ai entendu, une explication qui nous assure que voilà la solution optimale.
Même le ministre a convenu que le taux
d'inflation, c'est un critère assez important pour nos réflexions, mais pas la
considération unique. J'ai de la
difficulté à comprendre comment on peut assurer tout le monde que nous sommes
devant la proposition optimale. Il y
a plusieurs experts, et ils peuvent se baser sur les derniers trois ans, où il
y avait des années où le changement tarifaire était inférieur au taux
d'inflation. Donc, comment est-ce que le ministre peut nous assurer davantage
que la solution devant nous est l'optimale?
Je me permets
une question complémentaire, si je peux, M. le Président, qui est pertinente,
je crois, à ma question de base. Je
soumets qu'il y a une façon de nous aider à avoir une réponse transparente, et
détaillée, et crédible, ça serait, justement, qu'Hydro-Québec se
comporte de la façon exigée par le régime qui nous entoure aujourd'hui,
c'est-à-dire une justification tarifaire
pour 2020. Bon, s'il faisait état du dossier de façon détaillée, et de façon
traditionnelle, et que la régie avait l'opportunité de trancher là-dessus, on
pourrait, en grande transparence et crédibilité, voir si les résultats de ces réflexions, exigés, comme je dis, par la
loi actuelle, font la preuve de la proposition du projet de loi devant nous.
Alors, j'invite le ministre, premièrement, à
m'assurer et nous assurer qu'on parle d'une solution optimale, et, dans un
deuxième temps, je sais qu'on a parlé de la question, mais il me semble que,
dans cette optique-là, ça serait intéressant
d'avoir sa réponse aussi, dans un deuxième temps, est-ce que ça ne serait pas
intéressant de poursuivre le régime actuel et d'avoir l'avis
d'Hydro-Québec, validé par la régie, sur la question de justification des
tarifs de 2020. Alors, voilà mes deux questions, M. le Président.
Le Président (M. Lemay) : Parfait.
M. le ministre.
M. Julien : Oui. Alors, M. le
Président, par rapport à l'optimisation du processus, bien, pour nous, en
réalité, quand on propose ce projet de loi
qu'on discute ici en commission, alors, si on applique le gel tarifaire en
2020, avec une inflation, après ça,
sur les quatre années suivantes, on va se retrouver, puisque c'est un taux
composé sur la période de cinq ans, à appliquer approximativement
70 % de l'inflation sur cette période-là. Je réitère qu'à tous égards, quand on regarde ce qui s'est passé
antérieurement, cette application-là serait, en fin de compte, un geste qui
diminuerait, en réalité, l'augmentation connue des tarifs
d'Hydro-Québec, par rapport à la clientèle, sur n'importe quelle période de
cinq ans précédant ça.
Et le projet de loi est optimal à l'effet que, quand on parle du juste prix... C'est une notion qu'on appelle le juste prix,
qui a été mentionnée à plusieurs reprises
ici. Alors, je réitère, là, je donne l'exemple de 2014, où la hausse accordée
avait été de 4,3 %, alors que
l'inflation était un peu en deçà de 1 %, 0,97 %, donc nettement supérieure,
trois, quatre fois supérieure à
l'inflation. Et a posteriori, quand on est venu mesurer, en réalité, suite au
mécanisme d'écart de rendement, la réalité, 160 millions d'écart, c'est-à-dire à peu près 200 points de
base, le fameux juste prix énoncé dans un processus de cause tarifaire
s'est trompé du simple au double par rapport à la réalité mesurée.
Alors, pour nous, quand on dit qu'il est
optimal, c'est qu'avec le gel, et l'augmentation à l'inflation, et, naturellement, suite à la période de cinq ans qui
permet, justement, à la Régie de l'énergie de venir réévaluer, ce processus-là,
plutôt que ce soit sur 12 mois, sur cinq ans, 60 mois, va permettre,
justement, d'obtenir l'assurance, pour la clientèle, du juste prix sur cette
période-là.
Et naturellement,
pour la question, la deuxième question de mon collègue, Hydro-Québec avec les
trois groupes se sont rencontrés, la
semaine dernière, contre-interrogation. La Régie de l'énergie continue le
processus actuel, et on verra où ça va
nous mener. Alors, à la fois, en fin de compte, Hydro-Québec et les trois
groupes font valoir leurs points, et on attendra la décision de la régie
pour la suite.
Le Président (M. Lemay) : Merci.
Donc, la Mme la députée de Mercier, la parole est à vous.
Ghazal : Oui. Merci, M. le Président. Donc, si je prends
l'article 1, le premier alinéa... Puis, dans les explications, aussi, on a reçu, finalement, tous les
commentaires, là, dans un cahier, de tous les articles, comme ça avait été
demandé. On l'a reçu hier. Donc,
c'est important parce que, justement, quand je vais poser mes questions, je
vais notamment y référer pour l'article 1. Donc, ce qu'on comprend...
Parce que souvent on dit, dans le langage commun, «tarifs» : Ah oui! mes tarifs d'Hydro. On parle de tarifs. Mais ce
que je comprends, c'est que «tarifs» puis «prix»... les prix, c'est une
composante des tarifs. Il y a aussi
deux autres composantes, comme c'est écrit.
La définition des tarifs permet de
préciser que les tarifs ne sont pas exclusivement des prix, ce que,
souvent, on pense, là, on a tendance à penser, mais que ça inclut aussi des
composés... et c'est aussi composé des conditions d'application. Ça, c'est le
deuxième élément. Et le troisième, c'est des modalités de calcul applicables.
Si on veut
définir les prix, ça, je comprends que c'est le... C'est quoi? C'est le prix
par kilowattheure? Est-ce que la définition de «prix», quand on dit
«prix», c'est le prix par kilowattheure seulement?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
Mme Ghazal : C'est juste ça? Puis ça
veut dire quoi, si, par exemple... Moi, je ne sais pas ça veut dire quoi, «conditions d'application». J'ai cherché dans la
Loi d'Hydro-Québec, de régie, on n'en parle pas. Ça veut dire quoi pour, par
exemple, quelqu'un qui nous entend? C'est quoi, des conditions d'application,
la définition ou des exemples?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Naturellement, les conditions d'application s'appliquent, en
fin de compte, dépendant à qui s'appliquent les tarifs. Il y a plusieurs catégories de tarifs. Par exemple, le tarif
D : «Le tarif domestique [...] s'applique [aux abonnements] pour usage
domestique dans un logement dont l'électricité est mesurée distinctement [à]
titre duquel la puissance maximale appelée
est inférieure à 65 kilowatts pendant les 12 périodes mensuelles
consécutives prenant [à] terme [...] la période de consommation visée.
«À moins
[qu'il y ait des] dispositions à l'effet contraire, il ne s'applique pas aux
hôtels, aux motels, aux auberges ni
autres établissements visés par la
Loi sur les établissements d'hébergement
touristique — conditions — aux hôpitaux, aux cliniques, aux
centres d'hébergement et de soins de longue durée ni aux autres établissements
visés par la
Loi sur les services de santé...».
Conditions. Donc, il y a des conditions particulières puis il y a un tarif
général, par catégories, qui s'applique, en fin de compte, à l'ensemble
de la catégorie.
Le Président (M. Lemay) : Mme la
députée.
Ghazal : Excusez-moi, juste pour mon bénéfice, c'était écrit où? Parce
qu'on cherchait vraiment une définition. Ce que vous étiez en train de
lire, c'est défini où?
M. Julien : Alors, tout...
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Excusez-moi. Tout ce qui
est défini à l'intérieur de l'annexe I est disponible sur le site Internet
d'Hydro-Québec, et ce sera l'occasion, à l'article 4, d'avoir l'ensemble
du portrait sur l'ensemble des tarifs.
Ghazal : Mais ce que vous venez de lire, là, en ce moment, dans le
petit cahier, juste pour savoir c'est quoi. Parce que, moi, j'ai cherché dans la loi, là, mais peut-être qu'il
aurait fallu que je cherche ailleurs. Conditions d'application, ce que
vous venez de lire, c'est mentionné où? C'est quoi, la référence?
M. Julien : Alors, c'est marqué
ici, dans la
section II d'un document d'Hydro-Québec, Tarifs
d'électricité, alors la
section II qui parle, en fin de compte, du tarif...
Mme Ghazal : C'est un document qui s'appelle... le document
d'Hydro... En fait, c'est juste que
je voulais juste avoir la référence. Parce que j'ai essayé de comprendre
c'est quoi, les conditions d'application, j'ai cherché puis je... Je n'ai
peut-être pas fait de recherche Google, là, mais, peut-être, j'aurais...
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, oui, toutes ces informations-là sont publiques, sur le site
d'Hydro-Québec : 2019, Tarifs d'électricité en vigueur le
1er avril 2019, où on exprime, pour chacun des tarifs, à la fois les prix
et les conditions spécifiques.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Donc, si on veut
juste expliquer à M. et Mme Tout-le-monde «conditions d'application», c'est que
les prix sont différents si on est un hôpital, si on est une domestique, si...
Je veux juste qu'on comprenne puis qu'on ait une discussion, pas juste lire des
références, là.
Par exemple,
je veux expliquer à quelqu'un : maintenant, à partir de maintenant, les
tarifs, ce n'est pas annuellement, c'est
aux cinq ans. Là, les gens pensent au prix qu'ils paient. C'est ça que les gens
pensent. Mais là ce que ça dit, l'article 1, en le lisant, c'est que ça dit : Non, ce
n'est pas juste les prix, c'est aussi deux autres choses, les conditions
d'application et les modalités de calcul. Puis là les gens vont
dire : Ça veut dire quoi?
Comme... ma question, c'est peut-être une
question trop naïve, mais c'est une vraie question que je demande. Moi, je pensais vraiment : tarifs, c'est les
prix. Les conditions d'application, autre que la définition, juste dans vos
mots, ça veut dire quoi? Moi, là, ce que vous disiez, j'avais compris
que c'était : bien, il y a différents types domestiques, par exemple le tarif T, etc., mais ce n'est
pas ça. Je veux juste que vous me l'expliquiez, là, comme on l'explique à M. et
Mme Tout-le-monde, puis c'est quoi qui va être fait aux cinq ans et non pas
uniquement annuellement. Les prix, ça, tout
le monde comprend. «Conditions d'application», concrètement, ça veut dire quoi?
Peut-être des exemples concrets pour qu'on comprenne bien de quoi on
parle.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, effectivement, les conditions d'application, comme on a mentionné
précédemment, avec un exemple... Donc, naturellement, les tarifs, c'est
un champ d'application pour une clientèle. Différents tarifs, différentes clientèles. Et pour différents tarifs,
il peut y avoir des conditions spécifiques d'application, dépendant de la
nature de la clientèle et des
particularités. Mais naturellement, quand on parle de la clientèle
résidentielle, bien, c'est un tarif, en fin de compte, qui est essentiellement un prix,
mais il pourrait y avoir certaines conditions spécifiques qui sont les mêmes,
là, c'est-à-dire qu'on prend avant et après le projet de loi. Ces
conditions-là qui sont énumérées sur le site Internet d'Hydro-Québec sont les
conditions qu'on applique actuellement, là. Alors, ce n'est pas du nouveau.
Donc, si je
suis un client d'Hydro-Québec résidentiel, avec les conditions auxquelles je
réponds, bien, sur même consommation que l'an dernier, si le projet de loi est
sanctionné, bien, j'aurai un gel de tarif, et les années subséquentes, bien, j'aurai une augmentation à l'inflation.
Alors, naturellement, les conditions applicables sont définies dans chacun
des tarifs qui pourraient avoir des conditions particulières sur certains
éléments.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Donc, «conditions
d'application», c'est, par exemple, le fait... Là, j'essaie juste de retrouver l'annexe I. «Conditions d'application», ça
veut dire : le fait que je suis un client résidentiel, j'ai des conditions
qui font que mon tarif, mon prix au kilowattheure est tant. Puis là j'essaie
juste de retrouver... Mais, si je suis un hôpital, ce que vous avez dit,
les conditions d'application, c'est, par exemple, les trois éléments qui sont
mentionnés pour le tarif D et pour le
tarif DP — un,
deux, trois, quatre, cinq, six — c'est les prix pour les six éléments qui
sont là? Est-ce que c'est ça que ça
veut dire, «conditions d'application» ou c'est le fait que je suis un
résidentiel, c'est le fait que je suis un industriel, le fait que je
suis un commerçant? Est-ce que c'est ce que je comprends? C'est ça, la condition
d'application?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Bien, alors, je répète que les différents tarifs qui sont prévus à
l'annexe I sont reportés, en fin de compte, au
chapitre IV. Et on aura le grand plaisir d'en discuter de
manière très détaillée. Naturellement, ici, on parle de conditions, et
ces conditions-là, qui sont, en réalité, connues, sont les mêmes avant ou après
la sanction du projet de loi. Ce sont des
conditions spécifiques approuvées par la Régie de l'énergie pour chacun des
tarifs qu'on aura l'occasion, en fin de compte, d'énumérer et de
regarder en détail à l'article 4 lorsqu'on regardera l'annexe I.
Mme Ghazal :
Parfait. Bien, c'est sûr que, par exemple, quand on pose des questions, on peut
comprendre que, ça, ça ne pourra pas
changer. C'est des choses qui existent. Mais ce n'est pas grave si, en
commission, on peut en discuter aussi, même
si c'est des choses qui ne seront pas changées. Parce que, là, ce qui va être
changé, c'est... Ça veut dire que ça va être fait aux cinq ans, que ces conditions pourraient être modifiées. C'est
ce que je comprends. Ces conditions-là vont être modifiées aux cinq ans.
C'est ce que je comprends, à l'article.
Donc, c'est
important qu'on comprenne, même si, ça, ça n'a pas changé ici, en commission,
c'est quoi, les conditions. C'est
juste normal qu'on pose des questions. Je sens juste que le ministre est... En
tout cas, je ne veux pas prêter des mauvaises intentions, mais je pose vraiment des questions réelles parce que ça a
une implication, le fait de ne pas le faire annuellement mais aux cinq ans. Mais il faut qu'on sache
qu'est-ce qu'on est en train d'arrêter de faire annuellement, mais de le faire aux cinq ans, de quoi on parle. Par exemple, c'est
des... Parce que ce que je comprends, c'est qu'actuellement les conditions d'application sont révisées
annuellement par la Régie de l'énergie. Est-ce que c'est bien le cas?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre...
Mme Ghazal : Je vais juste
répéter ma question juste pour être sûre que... Peut-être que le ministre
parlait. Donc, ce que je veux dire, c'est que les conditions
d'application... est-ce que c'est le
cas qu'avec l'article 1 les conditions d'application, actuellement, sans le projet de
loi, elles sont révisées annuellement par la régie? Est-ce que c'est le cas?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Bien, pas dans le cas qui nous préoccupe, du
p.l. n° 34, c'est-à-dire, quand on verra les conditions à l'annexe I pour l'ensemble
des tarifs. Il faut bien comprendre que les conditions sont
différentes d'un tarif à un autre, là. Les
conditions du tarif domestique ne sont pas les mêmes conditions, évidemment,
que celles du tarif industriel. Ces conditions-là sont connues, sont publiées. On
fait un report, en fin de compte, dans l'annexe I, qu'on verra à
l'article 4, des tarifs et
conditions, qui sont connus, et qui sont appliqués, et qui seront, en fin de
compte, maintenus dans le p.l. n° 34.
Mme Ghazal :
Donc, si je comprends bien, les conditions d'application, ce n'est pas quelque
chose qui est révisé, c'est immuable dans le temps, là?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, comme les tarifs et les conditions sont des décisions de la régie qui peuvent évoluer dans le temps...
Et le cas échéant, en réalité, elles peuvent continuer d'évoluer dans le temps,
même avec la sanction du p.l. n° 34.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Est-ce
qu'on peut juste avoir comme un
exemple d'une condition d'application qui, récemment ou dans le passé, a été
changée puis a été révisée par la Régie de l'énergie, par exemple?
pose la question parce que, dans l'article, ce qu'on ajoute à l'article 22
de la
Loi sur Hydro-Québec, on dit qu'en ce
moment... c'est-à-dire de ce que je comprends puis dans l'explication, là, dans
le commentaire, c'est qu'en ce moment c'est
fait annuellement par la régie. La régie regarde les tarifs. Concrètement, ce
qu'elle regarde, c'est les prix, les conditions d'application et les modalités de calcul. Donc, elle les regarde. Donc,
c'est quelque chose qui peut évoluer, qui peut être changé à chaque
année.
Peut-être
que, des fois, elle les révise puis elle dit : Bien, non, il n'y a rien à
changer, les conditions d'application pour
le tarif domestique, pour le tarif L, pour tel tarif vont continuer. Donc,
parfait, ça, ça ne change pas. Mais peut-être que, des fois, ça change. Pour qu'on comprenne de quoi
on parle, vu que maintenant ça va... cette révision-là ne sera pas faite
annuellement, à cause de cet article-là, l'article nous dit que ce ne sera plus
annuellement, ça va être aux cinq ans, donc,
ce que j'aimerais comprendre, c'est... Ce j'aimerais savoir, c'est un exemple
pour qu'on sache qu'est-ce qui ne sera plus
fait annuellement, un exemple d'une condition d'application qui a été modifiée
récemment ou dans les dernières années, pour qu'on sache qu'est-ce que la régie ne fera plus qu'aux cinq ans.
C'est exactement ce que j'essaie de comprendre.
tarifs, on a compris... excusez-moi, les prix. Vous voyez, on se mélange. C'est
important d'utiliser les mêmes termes. Tarif et prix, ce n'est pas la
même chose, c'est deux choses différentes. C'est-à-dire que le prix est inclus
dans le tarif. Nous, on dit : C'est une révision des tarifs. Mais, moi,
tout le temps, là... puis c'est ce que je pense que les gens pensent, c'est le prix qu'ils pensaient, seulement, qui
changeait. Mais là il y a d'autres éléments : les conditions d'application. Mais pour qu'on comprenne c'est
quoi, la dernière condition, j'aimerais avoir un exemple d'une dernière fois
qu'une condition d'application a été modifiée par la Régie de l'énergie.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui. Merci, M. le Président. Effectivement, des fois, des conditions, en
réalité, sont modifiées, pas de manière très fréquente, là, mais ça arrive. Là,
il y a une décision, par exemple, le 23 octobre 2019, de la Régie de l'énergie, concernant, en fin de compte, le
tarif DN, là, c'est-à-dire les réseaux autonomes, où certaines conditions
ont été modifiées, justement, pour
favoriser le développement, en réalité, dans les réseaux autonomes pour favoriser,
justement, l'utilisation de
l'hydroélectricité avec, en fin de compte, des conditions particulières. Donc,
il y a des décisions qui sont émises par la régie par rapport à ces
éléments-là sur des besoins particuliers et des conditions particulières.
Mme Ghazal :
O.K. Donc, c'est ça, là, vous me dites... j'ai noté :
23 octobre 2019.
Mme Ghazal :
Bien, non... On est quoi, aujourd'hui? O.K. C'était récemment. Donc, O.K., donc, ça, ça a été modifié par la Régie pour répondre à un besoin spécifique
d'une clientèle. DN, vous avez dit? Excusez-moi, parce que, pendant que
vous parliez, il y avait du... DN, c'est...
M. Julien :
C'est pour les réseaux autonomes.
Mme Ghazal :
...les réseaux autonomes, pour qu'ils puissent, dans le fond, favoriser qu'ils
utilisent l'hydroélectricité au lieu de l'énergie qu'ils utilisaient en ce
moment. Donc, O.K., bien là, c'est plus clair pour moi. Je remercie vraiment M. le
ministre, pour vrai, là. C'était ça
que je voulais avoir comme réponse. C'est un exemple concret. Il n'y a
rien de mieux, souvent, je dis, pour que les gens qui nous écoutent ou pour que
ma mère ou ma grand-mère comprenne de quoi
on parle, parce que c'est important, ça touche tout le monde. C'est ce que ça
fait, on a un exemple.
Donc,
ça, est-ce qu'avec l'article 1 et le projet de loi n° 34...
Est-ce que ça va être regardé régulièrement, aussi, par la Régie de
l'énergie ou ça ne sera plus regardé du tout, jusque dans cinq ans?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Encore là, puis on le verra quand on regardera les articles, les différents
articles du projet de loi, au fur et à
mesure qu'on avancera, il y a, en réalité, toujours une possibilité de venir
modifier les tarifs et les conditions de
tarifs selon, en fin de compte, un cheminement. On en a déjà discuté. Donc, il
pourrait y avoir une demande de modification de tarifs ou de conditions qu'on a mises, quand même, en réalité... Alors :
approbation du gouvernement à aller, en réalité, en modification de
tarifs et conditions, Hydro-Québec ou les demandeurs, pour aller devant la
régie.
condition, en fin de compte, d'approbation du gouvernement, là, ça vise
essentiellement à faire en sorte, justement, de protéger la stabilité
des tarifs. C'est-à-dire que ces demandes-là, ce n'est pas nous, le
gouvernement, qui décide, en réalité, si on accepte ou non la modification,
mais on va regarder quand même le caractère, en réalité, le caractère adéquat de la demande pour qu'éventuellement elle
chemine devant la régie, puisque la régie maintient, en fin de compte, ses
responsabilités sur les modifications des tarifs et des conditions.
Ghazal : O.K. Donc, je
comprends que ce que le ministre nous dit, c'est qu'un peu plus tard — on
va voir, là, parce qu'on l'a lu, là, le projet de loi — c'est
que ça va être possible. Même si c'est aux cinq ans que, normalement, la régie intervient, ça va être possible, sur
demande de n'importe quelle
partie prenante, ou du gouvernement, ou peu
importe, de dire : Bien, O.K.,
c'est aux cinq ans que ça va se faire automatiquement. Mais on peut, avant ces
cinq ans-là, sous
certaines conditions qui, je pense, sont définies dans le projet de loi,
peut-être, oui, quand on sera rendu à l'article, dire : Bien, on va comme ouvrir les livres, là, les
conditions, puis on veut que ça soit révisé comme, par exemple, pour le tarif
DN, ça a été fait récemment.
pourra, même si le projet de loi est adopté tel quel, plus tard, dans quelques
mois ou même dans quelques semaines après
l'adoption du projet de loi, qu'une condition d'application soit révisée par la
régie, mais il faut que ça soit demandé. Il faut que ça soit demandé et il faut que le gouvernement dise :
Oui, j'accepte qu'on révise la condition d'application. C'est ce que je comprends. Il faut avoir le sceau
du gouvernement, qui va dire : Oui, j'accepte que la régie, à la demande
d'untel, regarde la condition d'application
ou : Je refuse. C'est ce que le projet de loi permet de faire, que le
gouvernement donne son sceau pour
permettre à la régie de faire cet exercice-là de révision d'une condition
d'application avant l'avènement des cinq ans. Est-ce que je comprends
bien?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui. Encore là, M. le
Président, comme je mentionnais qu'on aura, en fin de compte, des articles spécifiques par rapport, justement, à la
modification des tarifs, de manière sous-jacente des conditions, on pourra
aborder le processus que le projet de loi souhaite mettre en place,
justement, pour maintenir une flexibilité sur base tarifaire, dépendant, en fin
de compte, des nouvelles informations qu'on aurait ou des nouveaux enjeux qui
se présenteraient. Naturellement, ça sera des propositions qui vont être... qui
devront être, en réalité, regardées par le gouvernement avant de passer devant la régie, pour s'assurer de la stabilité du
processus tarifaire. Et alors là on le verra dans les articles en
question, comment ce processus-là va se faire, et on aura l'occasion d'avoir
des discussions à cet effet-là.
Le Président (M. Lemay) : Mme la
députée.
Mme Ghazal : O.K. Je comprends.
Donc, on va regarder quand l'article va être ici. Je ne veux pas non plus devancer les discussions, mais ce que je
comprends, c'est que, normalement, c'est un exercice qui est fait annuellement
de façon systématique, ce genre de révision
là, et quand il y a des demandes, mais le gouvernement élu n'a pas à approuver
ou à dire oui ou non. Ça se fait par une
demande à la régie. Là, c'est sûr qu'avec
le projet de loi n° 34 on vient amener, comme... le gouvernement à s'impliquer, à dire oui ou non. On le fait,
puis il y a une sorte de politisation. Mais je comprends qu'on pourra en
discuter quand l'article va être présent.
Maintenant,
on a parlé des, oui, donc, tarifs, prix, on a compris, conditions
d'applications, on comprend, modalités de
calculs. Vous me voyez venir, je vais reposer la même question : Ça veut
dire quoi, les modalités de calcul? C'est quelque chose, aussi, qui est révisé par la Régie de
l'énergie? Et, si oui, peut-être nous donner un exemple de quoi on parle
exactement, et si ça a été fait récemment, puis pour quelle raison on
fait ça.
Le Président (M. Lemay) : Alors, M.
le ministre, sur les modalités de calcul applicables.
Julien : Oui. Les modalités de calcul, par exemple, sur les tarifs
d'hydroélectricité, dépendant de votre niveau de consommation, vous
allez payer un prix x sur les x premiers consommés, et un prix x prime sur les
x kilowatts consommés a posteriori. Donc,
c'est des modalités de calcul, c'est-à-dire que le tarif, ses conditions
prévoient que, dépendant... À
titre
d'exemple, dépendant quelle est votre consommation, vous payez un prix. Si vous
dépassez cette consommation-là, vous payez un autre prix. Donc, c'est
des modalités de calcul qui sont prévues, justement, pour permettre de facturer
de manière adéquate l'ensemble des clientèles.
Le Président (M. Lemay) : Mme la
députée.
Mme Ghazal : O.K. Puis, donc, cette
révision-là, là, aussi, est-ce qu'on peut avoir comme un exemple? Là, je comprends ce que vous dites, si, par exemple,
il y a tel... Un exemple d'une modification qui a été faite récemment. Là, vous m'avez dit : Pour les conditions d'application,
c'était quand même assez récent. Puis c'est un processus facile, je veux
dire, il suffit qu'actuellement... Juste pour être sûre de bien comprendre,
actuellement, il suffit que quelqu'un demande,
et la régie va répondre à ça, va répondre à cette demande de révision. Est-ce
qu'il y en a eu une, récemment, pour les calculs... voyons, comment on...
les modalités de calcul applicables?
Le Président (M. Lemay) : Parfait.
M. le ministre.
Julien : Oui. Alors, la modification, par exemple, du 23 octobre
pourrait entraîner des modifications dans
les modalités de calcul. Encore là, les modalités de calcul sont connues, là,
encore, sur le site Internet, sont publiques, là. Par exemple, crédit et conditions d'application,
là, ici, il y a un grand texte, là : «L'engagement du client porte sur sa puissance de base. Celle-ci ne doit pas être
supérieure à 80 % de la moyenne des puissances facturées au cours de la
période d'hiver précédente. L'engagement contracté demeure en vigueur
pendant toute la période d'hiver. Le client peut...» Bon, ainsi de suite. Puis, après ça, il y a des calculs très précis qui
viennent supporter la définition qui a été donnée à la fois dans les conditions et les modalités de calcul
pour permettre à la clientèle de savoir, bon, dépendant de mon comportement et
de ma consommation, voici comment les calculs seront effectués et les
modalités de calcul sous-jacentes.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal : Puis là,
c'est ça, ça fait, comme... vous faites référence à cette décision du
23 octobre, vous dites qu'on peut l'avoir... C'est public aussi,
ces décisions du 23 octobre de la régie, là, j'imagine, à laquelle on peut...
Oui? C'est public?
Le Président (M.
Lemay) : Allez-y, M. le ministre.
M. Julien :
Alors, naturellement, les décisions de la régie sont publiques.
Mme Ghazal :
Elles sont toutes publiques, on va pouvoir aller la voir?
Julien : Ce que je lisais, ici, ce n'étaient pas les modalités, c'est
un exemple que je donnais. Mais, dans l'ensemble de la tarification, des conditions et des modalités de calcul, tout le
détail y est, justement, parce qu'il y a des modalités de calcul qui
font en sorte que, dépendant de la consommation, dépendant, en fin de compte,
des programmes, dépendant du tarif, les modalités sont différentes.
Ghazal : O.K. Puis, si on regarde, par exemple, cette décision-là,
précise, du 23 octobre, c'était quoi, la raison pour laquelle il y a eu une révision? Je pense,
vous l'avez dit, mais quelle est la raison qu'il y a eu cette demande de
révision et que la Régie de l'énergie
l'a accordé puis a fait une révision? C'était quoi, l'objectif fondamental
derrière cette décision-là?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Oui. Essentiellement, c'était pour adapter, là, la
particularité des réseaux autonomes pour, justement, avoir des
tarifications et de l'énergie spécifiques à leurs besoins. Donc, c'est une
adaptation par rapport à un besoin spécifique.
Le Président (M.
Lemay) : Parfait. Mme la députée, est-ce que...
Ghazal : C'est pour adaptation pour leurs besoins. Puis après le...
Là, je sais que peut-être que je devance les discussions, mais vous me direz, là, M. le ministre. Le ministre
pourra me le dire. Après l'adoption du projet de loi n° 34, est-ce que, par exemple, ça, là, pour le réseau
autonome, la décision du 23 octobre, pour, justement, arriver à cette
adaptation aux besoins de cette
clientèle-là, de ce type de tarif, qu'est-ce que ça aurait pris pour qu'une
décision comme celle-là soit prise par la régie?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Excusez, M. le Président, je ne comprends pas la question.
Le Président (M.
Lemay) : Pouvez-vous répéter, Mme la députée?
Ghazal : Je vais peut-être
m'exprimer plus clairement. Est-ce
que, par exemple... Parce que, normalement, c'est aux cinq ans, là, que ça va se faire. Là, ici, cette décision-là,
quand elle a été prise, ce n'était pas dans un processus de révision systématique qui est faite annuellement
ou ça a été fait par la Régie de l'énergie parce qu'il y a eu une demande?
Qu'est-ce qui a été à l'origine de cette modification, dans le fond, de cette
mise à jour des conditions d'application et des
modalités de calcul pour le 23 octobre 2019 pour le tarif DM? Qu'est-ce
qui a initié ça, puis que la régie l'ait fait? Parce que vous avez dit que, dans un autre article, on va parler du
cheminement qui va être modifié, mais, pour comprendre le cheminement modifié, il faut comprendre le
cheminement actuel. Et quel a été le cheminement actuel pour cette demande
précise là? Je trouve que c'est intéressant d'avoir un exemple précis pour
illustrer notre discussion.
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, naturellement, c'est une demande d'Hydro-Québec face à une particularité
d'une clientèle spécifique, où on favorise, en fin de compte, l'utilisation de
l'énergie renouvelable. Et cette demande-là, en réalité, passe à la régie pour venir statuer tarifs et
conditions, et méthodes de calcul, le cas échéant. Alors, de manière
ponctuelle, comme on le verra dans les articles subséquents, on veut
maintenir une flexibilité par rapport à des enjeux émergents par rapport, en réalité, à des situations
particulières qui nécessiteraient des tarifs modifiés. Et, dans tous les cas de
figure, le projet de loi prévoit que tout tarif modifié, condition et
modalité de calcul devra obtenir l'approbation de la régie.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : O.K. Puis donc une des raisons, c'est pour faciliter la
flexibilité, aussi, pour les besoins de cette... je ne sais pas comment
appeler ça, comme... d'une catégorie de clientèle ou de tarifs.
Parce
que, tout à l'heure, vous avez dit : L'objectif, c'est de protéger la
stabilité des tarifs. Il n'y a pas d'inquiétude, par exemple, du fait
que les conditions d'application, modalités de calcul, en plus des tarifs, là...
Mais on comprend que
les tarifs, l'objectif du gouvernement, c'est de les stabiliser, là, justement,
puis que ça soit prévisible au niveau de l'inflation. Mais l'inflation
ne s'applique pas aux conditions d'application et modalités de calcul.
L'inflation, c'est pour les prix, ça fait que c'est stable.
Mais, comme, par
exemple, pour la demande du 23 octobre puis aussi pour accorder plus de
flexibilité, est-ce qu'en faisant en sorte que la régie ne puisse avoir de
droit de regard qu'aux cinq ans ou, si c'est avant ça, il faut que le
gouvernement dise... approuve — puis là on va regarder dans un autre
article — les
conditions qui vont faire que cette révision-là va pouvoir être faite, est-ce
que vous n'êtes pas inquiet qu'il y ait une perte de flexibilité, justement, pour répondre à des besoins de clientèles
différentes, même à Hydro-Québec, pour favoriser, par exemple, que les réseaux
autonomes puissent, eux, aller vers des énergies renouvelables?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Non, je ne crains pas, en fin de compte, à la perte de
flexibilité. C'est pour ça, en réalité, que le projet de loi prévoit une
procédure, pour être en mesure, en réalité, de faire évoluer certains éléments
par rapport à des demandes particulières, ou des besoins émergents, ou des
situations qui vont se produire durant cette période-là. On veut maintenir
cette flexibilité-là. On aura l'occasion d'en discuter à l'article,
conséquemment.
Et, quand vous
mentionnez que l'inflation s'applique sur les tarifs et non pas sur les...
Mme Ghazal :
Sur les prix.
Julien : ...sur les prix, excusez-moi, et non pas sur les modalités et
sur les conditions... Les modalités et les conditions sont là, en
réalité, les modalités de calcul, par exemple, et les conditions sont là pour
préciser, comme client, ce que vous allez,
en réalité, devoir, éventuellement, dépendant de votre consommation, de votre
particularité. Alors, ces
conditions-là, qu'on verra à l'annexe I, précisent ça. Mais, à terme, un
client, aujourd'hui, qui, avec les conditions, les modalités de calcul qu'ils ont, s'il consomme la même chose dans le
même tarif, l'augmentation sera un gel, pas d'augmentation en 2020, et à
l'inflation.
Ces éléments-là
viennent dire, par exemple : Si, passé tel niveau de consommation, votre
tarif est modifié, c'était comme ça la
veille, ça va être comme ça demain. Toutefois, ce tarif-là ou bien le coût que
vous payez va être gelé, en 2020,
sous les mêmes conditions que si vous étiez en 2019. Naturellement, si, en
2020, soudainement, vous outrepassez votre
consommation, bien, vous tombez, en fin de compte, dans l'autre vase de coûts,
et, encore là, il s'applique la même chose.
Donc
alors, je réitère, là, quand la régie, par exemple, en 2014, disait : Plus
4,3 %, bien, c'était, en fin de compte, plus 4,3 % avec le prix, les modalités de calcul, les conditions
qui s'appliquaient. Donc, tu sais, je veux dire, ici, on ne réinvente pas un truc hypercomplexe, là.
C'est-à-dire que l'an dernier ou bien quand ils ont dit, en 2015 : Plus
2,9 %, bien, ça s'appliquait
avec la grille tarifaire, et ses conditions, et ses modalités de calcul, et il
n'y a jamais eu, en réalité, de difficultés à cet effet-là. Donc, ce sera un gel, le cas échéant, si la loi est
sanctionnée en 2020, une augmentation à l'inflation connue six mois
avant l'augmentation pour les années subséquentes.
Alors, c'est la même
chose qu'avant, sauf que l'augmentation, dorénavant, va être un gel plus une
inflation pour les années subséquentes, mais
pas d'enjeu par rapport à comment ça va vivre dans les conditions et les
modalités, comme il n'y avait pas d'enjeu avant.
Mme Ghazal :
Mais moi, c'est ça, je... Parce que, par exemple, dans les commentaires, selon
la nouvelle... Je vais juste lire une
partie
des commentaires pour que vous compreniez mon questionnement puis ce que je vous
disais, que la prévisibilité, c'est pour les tarifs parce qu'ils sont
gelés à l'inflation. Mais ça, ça ne touche pas les conditions d'application et
les modalités. Vous me dites que non. Mais ici, c'est écrit, dans les
commentaires :
«Selon la nouvelle
méthode de détermination des tarifs de distribution d'électricité prévue au
projet de loi, l'indexation des tarifs et
les décisions de la régie [...] auront pour effet de modifier les tarifs prévus
à cette annexe. Il importe de
préciser que seule la composante "prix" des tarifs est indexée — donc à l'inflation gelée puis, après ça,
indexée — et que
les autres composantes seront modifiées
uniquement lors de la cause tarifaire aux cinq ans.» C'est ce qu'il vient de
changer, le projet de loi. Le projet de loi, c'est exactement ça qu'il
dit. Il dit : C'est ce qui change, ça va être aux cinq ans.
Puis
vous avez parlé — par
exemple, on a pris le cas des réseaux autonomes — de l'addition qui a été donnée récemment par la Régie de l'énergie à la demande
d'Hydro-Québec le 23 octobre dernier. Ça, cette modification a été faite
pour notamment répondre à des besoins d'une
clientèle particulière et aussi pour offrir de la flexibilité, que ça soit
modifié. Mais là, ici, c'est écrit
que ça va être aux cinq ans. Mais cette flexibilité-là va être perdue. Moi,
c'est ce que je constate, c'est ce
que je vois, puisque ça va être aux cinq ans. Et c'est uniquement suite à des
conditions puis à tout un cheminement, qui
là est très différent de ce qui se fait actuellement et qu'on va voir dans un
autre article, que cette modification-là va être faite.
modifications aux conditions d'application et aux modalités de calcul vont être
faites, et c'est là qu'on est en
train de perdre une flexibilité, comme je vous l'ai mentionné, qui est
extrêmement importante pour répondre à différents besoins, notamment à
Hydro-Québec pour convertir, par exemple, des clientèles vers les énergies
renouvelables. Cette flexibilité-là, vu que,
comme c'est écrit dans le commentaire, ça va être une fois aux cinq ans, va
être modifiée... Et, en même temps,
ça ne touche pas la prévisibilité parce que la prévisibilité des prix, c'est
pour les... c'est-à-dire, la prévisibilité des tarifs, c'est juste pour la composante «prix», pas pour les autres
conditions. Les autres éléments des tarifs, conditions d'application et modalités de calcul, doivent
être, au contraire, flexibles et modifiés de façon rapide et simple pour
permettre cette flexibilité-là et d'y répondre.
C'est là que je veux juste avoir cette
discussion-là avec le ministre pour comprendre. Parce que vous, vous
dites : Non, ça ne touche pas,
mais selon ce qui est écrit ici, oui, ça va le toucher, puis toute la... C'est
parce que prévisibilité et flexibilité,
c'est deux choses différentes. Ce n'est pas des antonymes. On peut avoir des
prix prévisibles, mais, par exemple, les
conditions d'application, s'il faut qu'elles soient modifiées, les modalités de
calcul, bien, il faut que ça soit flexible. Ils n'ont pas besoin d'être
prévisibles.
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Oui. Merci, M. le Président. Ici, naturellement, l'article 1 enchâsse les principes globaux
du projet de loi. Et naturellement,
quand on va arriver à l'article 8, on vient préciser, en fin de compte,
les enjeux spécifiques que vous amenez ici aujourd'hui.
Alors, quand vous
dites «des changements rapides et flexibles»... C'est-à-dire que moi, je parle
de flexibilité quand il y a des besoins
émergents. Mais, tu sais, des décisions comme il a été rendu, là, ça peut
prendre sept, huit mois devant la
régie, avec des discussions, puis on va maintenir, en fin de compte, ces
discussions-là quand il y aura des changements de tarifs, de modalités ou de conditions. Donc, on maintient le même
exercice. Et on ne veut pas non plus s'encarcaner dans quelque chose qui est immuable dans le temps
par rapport... Parce que, oui, il y a des besoins qui sont émergents, qui arrivent, puis on ne sait pas nécessairement les besoins spécifiques ou nouveaux qui pourraient arriver, alors on
veut maintenir, en réalité. Donc, c'est le même processus qui sera fait
devant la régie. C'est-à-dire qu'à partir du moment où une demande sera faite, qu'elle sera autorisée, Hydro-Québec va aller
devant la régie, et la régie va faire la même analyse qu'elle fait
actuellement pour des modifications de modalités, conditions et tarifs.
Naturellement,
l'article 1 mentionne que, toutes choses étant égales, par ailleurs, c'est
aux cinq ans, et l'article 8, qu'on
analysera plus tard, vient dire : Oui, mais, si telle chose arrive,
comment qu'on se comporte pour justement être en mesure de capter les besoins émergents, les conditions particulières
qu'il pourrait y avoir avec une nouvelle clientèle, des nouveaux enjeux? Alors, c'est l'article 8
qui pourra, en fin de compte, être analysé ensemble, avec vous, avec grand
plaisir. Et, si vous avez des
éléments que vous souhaitez bonifier dans l'article 8, ça me fera plaisir
de vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Bien, c'est ça.
Comme M. le ministre mentionne que, par exemple, on parle, oui, de
flexibilité, ou pour répondre à des
besoins d'une clientèle ou des besoins émergents, tout à fait, parce que c'est très,
très, très changé, de plus en plus, dans le domaine de l'énergie, donc, les besoins sont extrêmement changeants, donc il faut qu'on puisse suivre.
le ministre mentionne que ça va prendre sept, huit mois, de toute façon, avant que la régie donne sa décision, donc on n'est pas plus avancés au
niveau flexibilité. C'est ce que je comprends. Actuellement, c'est la... Parce
que la régie, ça lui prend tellement de temps de donner une décision.
Je sais qu'on va
regarder, par exemple, à l'article 8, les conditions, mais est-ce que... À
l'article 1, la façon que c'est fait,
de dire que ça va être aux cinq ans, par exemple, est-ce que ça va réduire les
délais de révision des conditions d'application, des modalités de calcul
pour répondre à des besoins émergents? Est-ce que les délais vont être réduits?
Et si oui, de quelle façon les délais, là,
de rendre une décision, sept à huit mois, vont être réduits pour permettre,
justement, cette flexibilité et
répondre à des demandes qui vont être faites par Hydro-Québec ou pour répondre
à des... De quelle façon est-ce que
cette modification-là à l'article 1 va permettre de répondre aux besoins
émergents de façon efficace en termes de temps par rapport à maintenant?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, pour moi, la flexibilité, c'est une chose. Après ça, la durée... Quand
je mentionnais tantôt six mois, là, ce
n'était pas pour dire : C'est interminable. Je n'interprète pas ça comme
ça. Quand on pense, par exemple, aux
notions de «blockchain», je pense que ça prend un délai conséquent avec les
enjeux que ça amène par rapport au
développement économique, les enjeux de main-d'oeuvre, les enjeux de puissance,
et on reconnaît, en fin de compte, qu'un processus de cause spécifique à
la régie est nécessaire dans des événements comme ça.
Et pour nous, en
réalité, le p.l. n° 34 ne viendra pas modifier
les délais spécifiques qui doivent être pris sur des éléments comme ceux-là. Alors pour nous, ce n'est pas, en fin de
compte... On ne souhaite pas quelque chose d'expéditif pour des enjeux comme ceux-là. On pense que le
travail doit être fait, doit être bien fait, doit être maintenu. Donc, le
p.l. n° 34 ne vise pas du tout élément-là
spécifique.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Je comprends. Bien, merci d'avoir précisé parce que, ça,
j'avais l'impression : Ah! c'est long. Mais non, on va prendre le
temps de faire bien les choses.
Le processus de
causes spécifiques, ça va être qui, qui va déterminer que ce processus-là doit
être fait pas aux cinq ans, avant les cinq
ans, alors que...
L'article 5 dit que ça va être fait aux cinq ans
seulement, mais il y a une possibilité, dans le projet de loi, qu'il y
ait des processus de cause spécifique. Qui va décider que... Qui, à la fin, va
dire : Oui, il va y en avoir une pour tel enjeu, pour tel tarif, pour
telle modalité, etc.?
Président (M. Lemay) : M. le ministre.
Julien : Oui, M. le Président, naturellement, dans l'élaboration du
projet de loi, on a pris un soin, justement, de mettre ces éléments-là clairement à l'intérieur de l'article 8.
Alors, je réitère à ma collègue que ça va nous faire grand plaisir d'en discuter rendu à l'article 8.
Pour nous, en réalité, c'est vrai qu'il y a des enjeux. On veut que notre
projet de loi, s'il est sanctionné, couvre bien ces enjeux-là. Et on
aura l'occasion d'en discuter plus avant à l'article
L'article 1, je
réitère, c'est le principe.
L'article 8, il vient précisément, en réalité,
excusez-moi l'anglicisme, adresser ces
enjeux-là. On pense qu'il est bien fait, mais on sera toujours ouverts à voir
comment il pourrait être bonifié, le cas
échéant, si certains risques que vous envisagez sont partagés avec nous, pour
voir comment qu'on peut faire les choses différemment, le cas échéant.
Alors, l'article 1, c'est le principe. À l'article 8,
ça me fera grand plaisir d'avoir cette discussion-là avec vous.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : En fait, pour le ministre,
la question de stabilité, prévisibilité des tarifs
s'applique à quels éléments des tarifs?
Le Président
(M. Lemay) : Donc, M. le ministre.
M. Julien :
Pouvez-vous préciser votre question, s'il vous plaît?
Mme Ghazal :
C'est-à-dire que la question de la prévisibilité, moi, je comprends... C'est
parce que j'essaie de comprendre l'objectif de l'article 1. On comprend
qu'on veut que les tarifs soient prévisibles, mais on comprend que ça l'est
pour les prix, pour les prix... Puisqu'il va y avoir un gel en 2020, après ça,
ils vont être... pas gelés, là, mais ils
vont être maintenus à une augmentation au niveau de l'inflation. Mais de quelle
façon la prévisibilité — qui est l'objectif du ministre, c'est ça qui est important,
c'est ça qu'il nous a répété à plusieurs reprises — de quelle façon cette prévisibilité, cette stabilité des tarifs
peut jouer dans les notions et les éléments de la tarification que sont les
modalités de calcul et les conditions
d'application? De quelle façon cet objectif de prévisibilité peut venir jouer
sur ces deux éléments-là?
les prix, je le comprends, très simple, gel, inflation, mais les conditions
d'application... Cet objectif poursuivi par le ministre de prévisibilité, stabilité dans le temps, de quelle
façon est-ce qu'elle peut être illustrée dans les composantes modalités
de calcul et conditions d'application? C'est ce que je n'arrive pas à saisir.
Le Président
(M. Lemay) : Donc, M. le ministre.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, la prévisibilité, nécessairement, est
beaucoup sur le prix. Parce qu'il faut bien
comprendre, par exemple, si on prend la clientèle résidentielle, industrielle,
le tarif L, ces éléments-là, il y a quand même une stabilité, une
stabilité avérée par rapport aux conditions et modalités de calcul.
C'est-à-dire que les modalités de calcul et les conditions sont, somme toute, à
travers les années, pour ce genre de clientèles là, très stables.
sais qu'on a fait, de mémoire, certaines modifications sur les modalités. Par
exemple, pour un secteur, de mémoire, c'était le résidentiel, où on est
venus changer, en fin de compte, les consommations de base et les consommations
élevées avec les différences de tarifs dans une perspective, justement, là, de
volonté d'aller vers, en fin de compte, quelque
chose qui est plus représentatif de la consommation résidentielle. Mais, toutes
choses étant égales, par ailleurs, le projet de loi qu'on a entre les
mains va permettre de modifier les modalités et les conditions.
Mais
l'enjeu principal par rapport, en fin de compte, au gel tarifaire et à
l'inflation, c'est un continuum de l'annexe I qui prévoit tarifs,
conditions, méthodes de calcul pour une augmentation à l'inflation. Et
naturellement, après ça, dans l'intervalle, il y a toujours des besoins
spécifiques, des nouvelles réalités qu'on veut être en mesure de capter, qu'on veut être en mesure de tarifer de manière
adéquate sur l'ensemble des trois volets et qui aura, en fin de compte,
une démarche vis-à-vis la régie pour s'assurer que c'est fait de manière
adéquate par rapport aux besoins énoncés. Comme
je vous dis, ça va être dans l'article 8. Mais les éléments que nous
amenez actuellement par rapport aux conditions, aux méthodes de calcul, ce sont, en réalité... Il y a une stabilité déjà
là-dedans, je veux dire, pour la clientèle résidentielle, pour la
clientèle industrielle. Mais, si, par exemple, il y avait un enjeu spécifique
émergent, on veut être en mesure, comme c'est
le cas actuellement, de venir dire : O.K., peut-être que les conditions ou
peut-être, en fin de compte, que les
méthodes de calcul doivent être revues. Et l'article 8 vise à permettre
ça, c'est-à-dire de permettre, dans l'intervalle, de venir travailler
sur ces éléments-là avec la Régie de l'énergie.
Le Président
(M. Lemay) : Parfait. Mme la députée.
Mme Ghazal :
Le ministre vient de dire : Comme c'est le cas actuellement. Donc,
actuellement, on le fait, ça, cette révision-là pour ces deux aspects là
de la tarification. On le fait. Donc, on a... Puis ça ne change pas tant que
ça, sauf quand il y a des besoins. Puis là
vous avez parlé du tarif D, etc. Donc, pourquoi le changer pour ces deux
éléments-là?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, je réitère, à l'article 8, on prévoit ces éléments-là. Moi, je
retourne, en réalité, sur le principe du
projet de loi. Alors, par exemple, 2014, augmentation, 4,3 %; 2015,
augmentation, 2,9 %; 2016, 0,7 %, ainsi de suite. À chaque
année, il y a une cause tarifaire avec une augmentation. Ces augmentations-là,
qui sont, en fin de compte, décrétées par un processus actuel de cause
tarifaire sur base annuelle, ne sont pas liées directement ou questionnées directement
par rapport aux conditions, aux méthodes de calcul, c'est une augmentation
tarifaire. Et, dans l'intervalle, il pourrait arriver, sur certains aspects,
que la régie entende une demande d'Hydro-Québec, par exemple, pour les réseaux autonomes, pour dire : Écoutez,
on a un besoin spécifique, on pense qu'on devrait avoir un tarif ajusté.
Puis là la régie entend, débat, regarde,
analyse et conclut. Alors, on veut maintenir cet élément-là, mais on veut
modifier, en réalité, le principe
actuel qui est : On veut aller avec un gel en 2020 et une augmentation à
l'inflation. Donc, c'est maintenir l'autre
élément via l'article 8. Mais, après ça, quand vous mentionnez ces
éléments-là, je ne pense pas que... l'an dernier, quand la régie a décidé de...
l'augmentation était de tant, on s'est questionnés : O.K.
Mais là les modalités, les conditions, non,
parce que, ça, les modalités et
conditions sont assez stables dans la plupart des clientèles. Mais on veut être
en mesure... Tantôt, on a mentionné
le «blockchain», on a parlé des réseaux autonomes. Donc, on veut être en
mesure, si... Parce que, vous avez
raison, je pense que le domaine de l'énergie est effervescent, évolue. Donc, on
veut être en mesure de venir capter ces
éléments-là et d'être capable de prendre des décisions cohérentes, justement, à
l'égard de ces nouveaux besoins là.
Le Président (M. Lemay) : Mme la
députée.
Ghazal : Donc, c'est ça. Vous dites que c'est déjà stable pour la
majorité des clientèles. Donc, à la limite, parce que ça l'est déjà.
C'est déjà... Les conditions, modalités, ce n'est pas quelque chose qui change
tout le temps. On peut, par exemple,
demander à la régie d'être... qu'elle entende les différentes discussions pour
les réviser, pour répondre à des
besoins spécifiques dans un secteur qui est extrêmement évolutif ou des
secteurs émergents, et tout ça, pour répondre à des besoins spécifiques. Mais il l'est déjà, stable. C'est déjà
prévisible pour la majorité des clientèles. Donc, est-ce qu'on peut dire : Bien, oui, faisons la modification pour
que l'article 8, le processus de modification des prix, oui, soit fait aux
cinq ans parce qu'on veut que ça soit stable? Mais, pour les autres, ça
fonctionne somme toute bien. Ça répond aux besoins. C'est ce que j'entends,
moi, du ministre. Le ministre dit : On le fait déjà puis on s'assure qu'on
réponde aux besoins spécifiques d'un marché émergent, et tout ça.
Donc, moi, j'ai... À l'article 1, d'une
certaine façon, les modalités d'application puis les modalités de calcul
applicables et conditions d'application, c'est quelque chose. Pour permettre
ça, que ça continue comme ça, au lieu de réinventer
un autre processus, qui est à l'article 8, et un autre cheminement, qui, à
mon avis, alourdit... Mais là je ne veux pas aller vers l'article 8 pour ne pas me faire reprocher de sauter sur
un autre article. Mais c'est quand même important, ici, à cet
article 1, qu'on en parle, de ça. Est-ce qu'on peut... Ça serait... Vu que
ça marche bien pour ces éléments-là, et c'est
quand même relativement stable, donc ça répond aux objectifs du ministre,
peut-être qu'il faudrait juste appliquer cet
article 1 pour les prix. Pour les autres, pour garder cette
flexibilité-là, pourquoi est-ce qu'on ajouterait une autre couche, qui
est celle, par exemple, des gouvernements, les décrets, et tout ça, qui sont
dans l'article 8? Pourquoi est-ce qu'on le mettrait maintenant
directement?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
Julien : Je trouve que c'est une discussion qui est très pertinente,
enrichissante, et j'ai hâte d'avoir ces éléments-là de discussion. Et, pour moi, ce n'est pas de
retarder ces discussions-là parce que l'article 8 les couvre
essentiellement bien, et on aura
l'occasion d'en discuter et même de discuter des différents risques, des
différents risques, en réalité, de différentes propositions par rapport
à ces éléments-là.
Naturellement,
l'article 1... On ne peut pas désincarner le volet prix de conditions et
des modalités à l'intérieur de l'article 1. J'entends bien que ce
que ma collègue de Mercier mentionne, et ça va être grand plaisir de discuter
de ces éléments-là parce que, oui,
nous-mêmes, on s'est beaucoup questionnés. On a tenté de capter les différents
risques, les différents enjeux au
sein de l'article 8, et naturellement, si c'est possible de le bonifier
pour faire face à ces éléments-là, ça va nous faire grand plaisir.
Alors, l'article 8 vient préciser les
éléments dont on discute actuellement, tandis que l'article 1, c'est le
socle des principes. Et, avec grand plaisir, je le réitère, l'article 8,
on pourra en discuter et voir si... différents risques qui pourraient...
M. Julien : Voyons! J'ai dit «si»,
et là c'est Siri qui se réveille.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Julien : Alors, voir, en réalité...
M. Julien : Oui, oui! Elle me
parlait encore, ce matin, du projet de loi.
Alors, on verra ensemble, là, à cette
étape-là, avec grand plaisir, pour voir, si vous énoncez des risques qu'on a mal
évalués, comment on peut bonifier.
Le Président (M.
Lemay) : Bon, Mme la députée de Mercier, est-ce que... toujours sur
votre interrogation? Parce que j'ai le député de Laval-des-Rapides aussi qui
souhaite intervenir.
Mme Ghazal :
Oui, je vais terminer.
Le Président (M.
Lemay) : Parfait. Allez-y.
Ghazal : Parce que c'est
super important, là, ces échanges-là. C'est comme ça que ça nous
permet de comprendre et d'avancer. Parce que, dans... Parce que, là, on
fait référence, toujours, à l'article 8, mais on parle du processus et du cheminement. Mais, si je regarde, par exemple, les commentaires, je ne sais pas à combien de reprises on
nous précise que c'est seulement les prix qui vont être indexés, les deux
autres, ça ne change pas. Les deux autres, ça ne change pas, ça va être aux
cinq ans uniquement. Puis, suite à la discussion avec le ministre, bien,
finalement, en ce moment, ça fonctionne bien, la façon qu'on révise les
conditions d'application et les modalités de calcul, qu'elles n'ont pas besoin
d'être révisées à tous les matins. Il y a des... Puis c'est uniquement lorsqu'il
y a des besoins spécifiques d'une clientèle
spécifique qu'il faut les réviser, par exemple, pour la tarification D, où
est-ce qu'on avait établi qu'à tant de kilowattheures, voici le tarif,
puis, après ça, on a... puis on a changé le nombre de kilowattheures de base auquel s'applique tel tarif, puis tout ça. Puis
c'est important, par exemple, si on pense à la clientèle du tarif D,
domestique, peut-être à faibles revenus, etc., pour que ça coûte moins
cher, l'électricité.
fait que, ça, ce n'est pas... c'est quelque chose qui fonctionne bien puis ça
n'arrête pas de nous l'être répété dans les commentaires, que
l'indexation ne touche que les prix, pas les autres, pas les autres, puis les
autres. Puis, avec la discussion du ministre, moi, ce que je comprends, c'est
que ça fonctionne bien maintenant.
Moi,
c'est parce que je suis en train de jongler avec l'idée d'amener un amendement
pour l'article 1. Et je voudrais... Puis l'amendement, l'idée derrière ça, c'est de dire : Bien, si ça
fonctionne bien pour les conditions d'application, les conditions d'application et les calculs
applicables qui sont stables, qui ne changent pas dans le temps, mais ils
changent uniquement à des moments
opportuns pour répondre à des besoins spécifiques dans un marché extrêmement
fluctuant, où il y a beaucoup de choses qui se passent, donc pourquoi le
changer?
le ministre me répond qu'à l'article 8 on dit de quelle façon on va le
changer. Mais, à l'article 8, il va nous dire comment le changer, mais moi, ce que je
questionne, c'est la pertinence de modifier la façon de faire actuelle. Pour
les prix, on l'a déjà dit, nous, par
exemple, on n'est pas d'accord avec le gel, l'indexation. Mais ce n'est pas ça,
la discussion, ici, pour
l'article 1, c'est : Pourquoi ces deux composantes? Pour permettre de
répondre à des besoins spécifiques du marché et pour permettre qu'il y
ait une flexibilité d'Hydro-Québec pour s'assurer qu'on réponde aux besoins des
différentes clientèles. Pourquoi alourdir le
processus, tel qu'il va nous être décrit à l'article 8? Peut-être que, là,
le ministre va nous dire qu'il ne le sera pas. Mais est-ce qu'on peut,
par exemple, ici, à l'article 1, enlever ces deux composantes-là, puisque
ça fonctionne bien, puis ne l'appliquer uniquement qu'aux prix?
voudrais juste entendre le ministre, qu'est-ce qu'il pense de ça, puisque c'est
lui-même qui le dit, que la façon que ça fonctionne maintenant, ça
fonctionne bien. Alors, pourquoi réinventer la roue si la roue roule toute
seule?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Bon, deux éléments, M. le Président. Quand on dit que ça sera...
l'inflation va s'appliquer uniquement aux
prix, bien, c'est assez logique. On n'appliquera pas une inflation... une
indexation, excusez-moi, à une modalité, là. Ça se traduirait comment,
ça? La modalité, je vais l'indexer? Non. C'est le prix qui est indexé.
je réitère, en fin de compte, que les préoccupations que vous amenez, on les a
eues, on les a regardées puis on a essayé de produire le meilleur
article 8, avec différents éléments de risque qu'on aura l'occasion de
discuter.
Naturellement, suite à nos discussions sur
l'article 8, M. le Président, s'il y
a des éléments de concordance, si, par exemple, on arrivait à modifier ou à
revoir, suite à la discussion qu'on aura à l'article 8, bien, les éléments
de concordance vont être révélés dans
l'ensemble du projet de loi. Donc, si l'article 1 parle du principe...
Et les éléments que vous amenez, moi, je
dis : Je pense qu'on les traite adéquatement à l'article 8. Peut-être
que non. On aura l'occasion d'en discuter, et d'en convenir, et de voir, en fin de compte, comment,
éventuellement, ils pourraient être bonifiés, si des risques que vous
mentionnez sont mal couverts.
Alors, pour nous,
c'est... Je réitère, ça me fera grand plaisir, à l'article 8, de le faire.
Et, en réalité, on ne peut pas défaire, actuellement, une structure qui est composée de prix, modalités, conditions, mais on
doit s'assurer, en réalité, qu'on maintient une capacité dans le temps,
si des besoins émergents arrivent, qu'on puisse les traduire à l'intérieur, en
fin de compte, d'une tarification modifiée tant dans ses tarifs, ses modalités...
ses prix, et modalités, et conditions. Donc, c'est ce que prévoit l'article 8,
quand on y arrivera.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Mais c'est-à-dire que... Est-ce que c'est possible, à ce stade-ci, que je
comprenne bien l'objectif de pourquoi on... pour quelle raison les
modalités de calcul et les conditions d'application seront faites aux cinq ans?
C'est ce que l'article 1
nous dit.
L'article 1 dit : Ça va être fait aux cinq ans.
Pour quelle raison? Je ne peux pas croire que c'est juste à l'article 8 qu'on va avoir la réponse. À l'article 8,
ça va nous dire comment.
L'article 8 nous dit comment.
L'article 1
nous dit quoi. Je veux juste m'assurer, juste, que le ministre... O.K.
L'article 1...
Ghazal : Non, je comprends.
Je veux juste être sûre. Je comprends très
bien que vous ayez cette discussion,
c'est tout à fait logique. Mais l'article 1
nous dit le quoi, qu'est-ce qu'on va faire aux cinq ans.
L'article 8
nous dit le comment. Mais, avant
d'avoir une discussion précipitée sur le comment est-ce qu'on va faire cette révision,
il faut qu'on ait une... qu'on
comprenne pourquoi ou le quoi qu'on modifie aux cinq ans. Le quoi
devrait être uniquement les prix, mais ce que j'entends du ministre, il nous dit :
Bien oui, c'est parce qu'on ne peut pas modifier à l'indexation les
conditions... à l'inflation les conditions d'application et les méthodes
de calcul, ça ne marche pas, ça. Tout à fait, je comprends, ça s'applique uniquement
aux prix. Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi est-ce qu'il faut faire ça aux cinq ans. Puis dites-moi pas l'article 8, l'article 8, c'est comment on va le faire pour que ça
ne soit pas fait juste aux cinq ans. Mais pourquoi est-ce que, de base, de façon systématique,
c'est aux cinq ans? Parce que, là, j'essaie de prendre une décision pour amener
mon amendement, puis je veux avoir
cette réponse-là, puis je ne l'ai pas parce que... Moins j'ai de réponses, plus
je vais l'amener, l'amendement. Mais, si j'ai une réponse convaincante,
peut-être que je vais être convaincue.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
Mme Ghazal : C'est un défi que je
vous lance.
Julien : Alors, merci, M. le Président. Je ne demande pas mieux
qu'être convaincant. Il faut croire que je n'y arrive pas.
Essentiellement, je réitère que la structure de tarification a différentes
composantes.
questionnement qu'amène ma collègue de Mercier, c'est de venir dire : L'an
dernier... ou bien à chaque année, suite
à la cause tarifaire, quand on vient dire : Bien, c'est une augmentation
de 4,3 %, qui est sur l'ensemble des tarifs. Les modalités et les conditions, là, je comprends
que ça fait partie, puis on va le voir dans l'annexe I, à l'article 4, de
l'ensemble de la base tarifaire,
mais, essentiellement, sur la cause tarifaire, on regarde les augmentations par
rapport à un système actuel ou par rapport à un gel de l'inflation, le
système proposé. Naturellement, de manière ad hoc, il pourrait y avoir des besoins de modifier des conditions, des modalités
ou encore, même, d'arriver avec un nouveau tarif. Alors, nous, on...
L'article 8
veut préserver ces éléments-là, et on pense qu'il le fait bien.
Alors, quand vous dites : J'aimerais amener
un amendement sur l'article 1 pour exclure ces éléments-là, c'est-à-dire que la cause tarifaire actuelle,
essentiellement, les conclusions qu'on en tire, c'est : Bien, ça va être une
augmentation de x % des tarifs avec les modalités sous-jacentes et les
conditions sous-jacentes, qui, elles, habituellement,
sont modifiées suite à une demande, par exemple, pour venir dire : Bien,
nous, on pense que le plafond devrait être ajusté, etc. Donc, on veut
maintenir ces modifications-là. Mais, habituellement, la cause tarifaire, bien qu'il y ait trois composantes, encore là, s'adresse
principalement au volet prix des composantes, mais on veut être en mesure de
modifier, sur une demande, les conditions, les méthodes de calcul et le prix
suite à des éléments.
Alors, c'est
pour ça qu'ici, dans l'article 1, c'est le principe, dans l'article 8,
c'est l'exception, l'exception, en fin de
compte, mais qui a une volonté de faire face soit à des enjeux, soit à des
risques, et voir comment qu'on va se comporter, justement, face à ces
éléments-là. C'est l'article 8 qui l'amène. Et, pour moi, cette discussion
est primordiale, sera enrichissante, on aura
de bonnes discussions. Et l'amendement que vous souhaiteriez amener à l'article 1 pour l'exclure, pour moi, il
est trop tôt. C'est parce que si on convient que l'article 8 fonctionne, ça sera comme ça, si on pense qu'il
doit être bonifié, on le regardera ensemble, et il y aura des éléments
de concordance qui seront émis, le cas échéant.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal :
Mais pour quelle raison changer quelque chose qui fonctionne bien, de modifier
le processus? Là, vous dites que vous
allez le dire plus tard, parce qu'il faut modifier et il faut modifier ou
mettre à jour ces éléments-là sur une
demande. C'est déjà le cas. C'est déjà le cas. Puis l'objectif, c'est de
simplifier la tarification, donc il faut simplifier, oui, les prix, mais il faut simplifier aussi la
modification des conditions d'application, il faut aussi simplifier les
modalités de calcul, il ne faut pas en rajouter des couches puis que ça
devienne plus compliqué que ça ne l'est maintenant. Parce que l'objectif, ça,
je suis d'accord avec le ministre, il faut simplifier, pour amener une plus
grande flexibilité, les modifications à ces éléments-là.
Donc, je peux
comprendre que peut-être que l'objectif de l'article 1, c'est aussi
d'expliquer que les tarifs, ce n'est
pas juste les prix, mais c'est aussi les conditions d'application et les
modalités. Ça, je peux comprendre la phrase, la deuxième phrase, là, quand ça dit : «Les tarifs auxquels
l'électricité est distribuée [à] la société sont ceux prévus à l'annexe
I. Les tarifs sont composés — ça explique — de l'ensemble des
prix, de leurs conditions d'application et des modalités de calcul applicables
à la facturation de l'électricité et des services fournis...» Donc, ça
l'explique. Ça, on peut la maintenir, il n'y a aucun problème. Mais, en ce
moment, ça fonctionne, c'est simple.
l'article 8, on va nous dire comment on va modifier la façon de les
changer, même si ça fonctionne aujourd'hui. Moi, c'est ce que j'entends. Est-ce que j'ai bien entendu? C'est que ça
fonctionne aujourd'hui, il n'y a pas de raison... La seule raison qu'on le met à l'article 1,
c'est pour expliquer que les tarifs, c'est composé de trois choses. C'est ce
qui est expliqué à la deuxième phrase
du premier alinéa, là, de l'article 22.0.1. Donc, c'est déjà expliqué. Ça,
on ne le change pas, là, ça nous l'explique. Mais ce que ça vient faire, c'est de modifier les
trois composantes puis de faire en sorte que ce soit aux cinq ans, alors que le ministre dit que c'est
bon maintenant, ça se passe bien, ça se passe bien, c'est ce que j'ai compris.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, je n'ai pas
dit que ça se passait bien.
Mme Ghazal : Ah! ça se passe
mal, donc.
M. Julien : Je n'ai pas dit que
c'est bon. C'est-à-dire que ma collègue... En réalité, je peux le redire, les
prix, les conditions, les calculs sont des
concepts qui sont reliés de manière intrinsèque. Imaginez une cause tarifaire
où on dirait : Bien, on va parler des conditions et des calculs. La
cause tarifaire essentiellement, actuellement, regarde les prix avec les
modalités et les conditions sous-jacentes. Mais, à la fin, c'est : Voici
l'augmentation des prix puisque l'augmentation ne s'applique pas aux méthodes
de calcul et aux conditions.
Quand je dis qu'est-ce qui fonctionne bien,
c'est que, s'il y a un besoin émergent, on peut y faire face et aller à la régie pour venir discuter de ce besoin
émergent là de manière ponctuelle, de manière ad hoc pour faire face aux
enjeux, aux éventualités :
«blockchain», réseaux autonomes. Ça, pour moi, pour nous, c'est important de
préserver cette capacité-là de faire
face à ces éléments-là. Alors, je ne mélange pas le principe de cause tarifaire
annuelle, pour nous, en fin de compte, qui
va être dorénavant sur cinq ans, selon le projet de loi. Et l'effet qu'on
souhaite, face à des besoins émergents, être capable d'intervenir,
Hydro-Québec, auprès de la régie pour faire une cause tarifaire spécifique
n'importe quand.
Donc, l'article 8, qu'on aura l'occasion de
discuter, vise à maintenir cet élément-là sur un besoin émergent, mais on dissocie. C'est comme de venir dire :
La cause tarifaire, bien, on va enlever le prix puis on va garder les deux
autres composantes. Ça ne fait pas de sens.
M. Julien :
Bien, c'est-à-dire, ça ne fait pas de sens... ce n'est pas les modalités et les
conditions qui sont regardées dans
une cause tarifaire, comme vous le savez, c'est les coûts, 8,2 %
supérieurs, puis l'inflation, après l'augmentation des tarifs. Alors, c'est trois concepts qui sont
liés, qui sont indissociables. Et la même chose à l'article 8, quand on va
vouloir, en réalité... sur un besoin émergent, on va lier ces trois
concepts indissociables à la nouvelle demande. C'est comme, en fin de compte,
une triade où on a des conditions, des calculs et un prix. Alors, ça serait
comme de venir dire : Cette triade-là
qui est indissociable, on ne souhaite
pas la dissocier. Et la demande spécifique qui viendrait, qu'on traitera
à l'article 8, va convenir à la fois du
prix, des conditions et des méthodes de calcul, le cas échéant. Donc, c'est indissociable,
on s'en va sur 60 mois avec un gel
d'une augmentation à l'inflation mais sur, en réalité, des besoins émergents,
un réseau autonome, «blockchain». On va souhaiter, le cas échéant, de
pouvoir maintenir cet échange-là avec la régie qui, elle, maintient ses
responsabilités pour venir fixer ces modifications-là aux tarifs qui comportent
ces trois composantes.
Le Président (M. Lemay) : Mme la
députée.
Mme Ghazal : Cette demande-là est
faite, cette demande... Parce qu'en fait, attendez, le 23 octobre dernier,
ce n'était pas sur les tarifs, ce n'était
pas sur les prix qui ont été modifiés, c'était uniquement les conditions
d'application et les modalités de calcul. Est-ce que c'est le cas?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
Julien : Donc, c'était un
tarif pour réseaux autonomes, modulé, qui devait avoir les trois composantes
liées, à la fois les conditions, les méthodes de calcul et les prix.
Ghazal : Parce que je
comprends que, quand on va parler des prix, par exemple, on va parler des deux
autres composantes. Mais des fois il
peut arriver que les deux autres composantes aussi, on puisse les modifier sans
nécessairement modifier le prix lui-même. C'est possible.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, effectivement, on
pourrait venir travailler... C'est-à-dire que, quand vous mentionnez ça, c'est comme de dire, a contrario, on pourrait
le faire dans tous les cas de figure. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
C'est qu'il y a un enjeu, il y a des
doléances, il y a un enjeu spécifique qu'on veut régulariser. Et là, pour le
régulariser, on doit venir modifier le tarif qui a la composante prix,
conditions, modalités de calcul.
Et là la
proposition pourrait être : Bien, écoutez, peut-être qu'on va réduire...
on va augmenter, par exemple, le coût de
base moins élevé, on va augmenter, alors là ce serait effectivement dans une
condition. Peut-être que ça pourrait être : On souhaiterait réduire le tarif, alors là ce serait le prix. Peut-être
que ça pourrait être aussi : Oui, mais ça serait le fun si on
excluait aussi tel élément, ça va être la condition.
Mais il y a un objectif général qui arrive, et là
on fait une suggestion sur un tarif qui comprend les trois composantes. Et peut-être que la variation dans un cas de
figure sera les trois éléments, dans l'autre cas de figure, sera deux des trois
éléments. Mais,
à la fin, je réitère : la régie s'assoit sur une base annuelle pour
regarder modalités et conditions? Bien non, ça ne se peut pas, c'est un
tout, c'est une triade. On ne peut pas regarder deux éléments sans réfléchir au
troisième.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Mais je veux juste
comprendre, vous venez... le ministre vient de dire que oui, on peut le faire.
C'est déjà arrivé, par exemple dans les
causes tarifaires annuelles, qu'on ne regarde que le prix puis on ne change pas...
on ne regarde même pas les conditions d'application et les... pas les méthodes de
calcul mais les modalités de calcul. C'est déjà arrivé qu'on ne regarde que le
prix. C'est déjà arrivé, non? C'est déjà arrivé qu'on n'a regardé que les prix
sans regarder le reste, sauf s'il y a une demande. Parce que le ministre a dit
que non, mais...
Julien : Non, je pense que
dans un processus de cause tarifaire, l'ensemble est regardé, mais, à terme, ce
qui est modifié, habituellement, c'est le prix, c'est le prix.
Ghazal : C'est-à-dire que
les trois éléments sont... ce que le ministre... Je veux juste être sûre de
comprendre que c'est bien le cas
parce que, moi, je n'ai pas assisté à des causes tarifaires, moi, j'entends ce
que les gens qui y assistent me
disent. C'est déjà... Ce que vous dites, c'est que de façon systématique...
Est-ce que c'est vrai ou faux ce que je vais dire? De façon systématique, lors d'une cause tarifaire,
les trois éléments du tarif sont révisés et qu'au final soit un, deux ou trois
peuvent être changés, mais la révision, puis
le regarder, puis s'assurer que c'est bon, les trois éléments sont faits de
façon systématique lors de chacune des causes tarifaires. C'est ce que
le ministre me dit ou pas?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Alors, lors d'une
cause tarifaire, le tarif est examiné, c'est-à-dire que ses trois composantes
sont examinées, parce que c'est une triade indissociable, c'est une
structure de tarifs avec trois éléments qui sont indissociables. Comment prendre une décision uniquement sur une
modalité si on ne considère pas le prix? Comment prendre une décision uniquement sur la méthode de calcul si on ne
regarde pas les modalités? C'est indissociable, c'est une structure en soi
qui comporte trois éléments qui sont indissociables.
ce que vous nous proposez aujourd'hui, c'est de dissocier deux des éléments qui
ne sont pas l'enjeu principal de la cause tarifaire pour les maintenir
sur une base annuelle, qui ne ferait pas de sens, en termes de cause tarifaire.
Et nous, ce qu'on souhaite, c'est maintenir
cet élément-là, un gel et l'indexation, et, par la suite, de maintenir la
possibilité, suite à des enjeux, des besoins émergents, de venir
justement proposer à la régie des modifications, Hydro-Québec, proposer des modifications où la régie va regarder
les trois éléments, va regarder la tarification, prix, conditions, méthodes de
calcul pour justement prendre une décision éclairée.
Mme Ghazal :
Moi, je voudrais juste qu'on me le confirme, parce que le ministre, c'est ce
qu'il m'a dit, mais je veux dire que de
façon générale, systématique, les trois éléments sont regardés obligatoirement.
Est-ce que c'est ça qu'on vient de dire? Lors d'une cause tarifaire,
pour tous les... les trois éléments sont regardés obligatoirement, qu'on ne
peut pas dissocier les trois. Est-ce que c'est possible, juste de... dans les
faits?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, je répète que, dans une cause tarifaire, on regarde la tarification,
c'est une cause tarifaire, les trois éléments sont examinés.
Mme Ghazal :
Sont révisés.
M. Julien :
Les trois éléments sont examinés. La révision, en fin de compte, c'est une
décision de la régie, puis habituellement ça se traduit par une augmentation
avec un pourcentage d'augmentation. Mais les trois éléments, puisqu'ils sont
indissociables, sont examinés.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal :
Les trois éléments sont indissociables. Écoutez, moi, il me reste combien de
temps?
Le Président (M.
Lemay) : Environ cinq, six minutes.
Mme Ghazal :
O.K., je vais revenir. Je vais laisser mes collègues parler. Je vais revenir.
Le Président (M.
Lemay) : Pas de problème. M. le député de Laval-des-Rapides, la parole
est à vous.
Polo : Merci, merci beaucoup, M. le Président. Dans mon cas à moi,
puisque déjà à partir de la semaine dernière le ministre et moi avions eu plusieurs échanges, là, autour de
l'article 1, notamment en lien avec l'annexe I, notamment,
moi, je serais prêt, si vous le permettez, à déposer un premier amendement.
Le Président (M.
Lemay) : Mais est-ce qu'il est déjà rédigé?
M. Polo : Oui. On va vous l'envoyer.
Le Président (M. Lemay) : Nous
allons suspendre quelques instants pour en faire la distribution.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
Président (M. Lemay) : Donc,
nous reprenons nos travaux. M. le
député de Laval-des-Rapides, à la lecture de votre amendement.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose cet
article afin de modifier l'article 1 du projet de loi par :
1° l'ajout,
après les mots «sont ceux», des mots «fixés par la régie, sauf si ces tarifs
sont supérieurs à ceux» — termine l'amendement; et
2° l'ajout, après les mots «l'annexe I.», des
mots «Auquel cas, les tarifs auxquels l'électricité est distribuée sont ceux
prévus à l'annexe I.»
Président (M. Lemay) : M. le député de Laval-des-Rapides, merci. Vous avez dit : «Je dépose cet article», dans le fond, vous déposez cet
amendement.
M. Polo : Cet amendement, oui,
excusez-moi.
Président (M. Lemay) : Aucun problème avec ça. Alors, maintenant,
allez-y avec vos explications, M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Bien, vous ne serez pas
surpris, M. le Président, de me voir justifier cet amendement sur la base...
Tout d'abord, je commencerais par reprendre les paroles du ministre, qu'il a
répétées à de multiples reprises au cours des
dernières semaines, que le rôle de la régie... la régie ne disparaît pas, son
rôle n'est pas... ses responsabilités ne sont pas amoindries, etc. Et, dans le cas présent, je
propose, à travers cet amendement, de permettre à la régie, O.K., dans le
scénario où une hausse des tarifs est possiblement sous le seuil de
l'inflation, bien, qu'à ce moment-là les tarifs soient fixés par la régie, selon les modalités qu'on connaît
bien. Et, si les tarifs sont supérieurs ou si les tarifs sont prévus supérieurs
à l'inflation, là, à ce moment-là, auquel cas, les tarifs sont prévus... sont
distribués selon l'annexe I.
justification de cela, M. le Président, je commencerais par là, bien, vous avez
vu, de nombreux organismes sont venus
nous présenter leurs mémoires, leurs recommandations, leurs suggestions, il y a
même des scénarios ou des situations dans
lesquelles les tarifs ou la hausse des tarifs d'électricité était même négative
certaines années, là, je pense à 2011‑2012, O.K., où, à ce moment-là, les Québécois ont non seulement eu un gel mais
même une certaine baisse dans leurs tarifs.
Le ministre
nous répète depuis le début qu'afin de respecter leur engagement, leur
promesse, les Québécois sont en droit d'avoir un gel de tarifs. Le
premier ministre l'a également mentionné à plusieurs reprises, là, en Chambre, que les Québécois sont en droit de recevoir...
d'avoir un gel de tarifs pour 2020 et que ce gel de tarifs combiné à une
hausse des... fixée à l'inflation au cours des quatre années suivantes, bien,
qu'ultimement, bien, c'est 1,5 milliard de dollars qui va être remboursés
à la population. Très bien. Parfait.
Ceci dit, est-ce que les Québécois pourraient
recevoir plus? Est-ce que les Québécois pourraient être en droit de non seulement voir un gel des tarifs mais
possiblement aussi une baisse des tarifs pour l'année 2020? Moi, je pense
que c'est encore mieux. Donc, si, déjà, les
bonnes intentions du ministre sont ce qu'elles sont à travers leur proposition
de gel des tarifs, bien, on pourrait prendre
ça comme étant déjà une bonne étape de franchie. Mais est-ce qu'on peut aller
plus loin?
Et c'est là où, compte tenu du contexte actuel
des différents projets d'Hydro-Québec, compte tenu de ce que les groupes nous ont mentionné... Puis je vais
juste, pour votre plaisir, M. le Président, je vais vous rappeler ici, là, au
mémoire de l'Association québécoise
des consommateurs industriels en électricité, à la page 16 : «Le
projet de loi n° 34 prévoit octroyer,
en début de l'année 2020, la somme de 50 millions qui serait remise
de toute façon aux clients d'Hydro-Québec Distribution par des déductions tarifaires dans les tarifs applicables à
compter du 1er avril 2020 selon le système de réglementation actuelle en vigueur. En contrepartie, le projet de loi
n° 34 édicte que les tarifs applicables à compter du 1er avril
2020 seront les mêmes que ceux en vigueur depuis le 1er avril 2019 — donc
un gel de tarifs annoncé.
«Nos calculs démontrent que les tarifs
d'Hydro-Québec Distribution devraient plutôt être réduits substantiellement à
compter du 1er avril 2020 selon les règles actuelles de tarification
basées sur le coût de service» et le mécanisme de remboursement ou, en fait, le
mécanisme de... «le MRI en vigueur. Cette baisse tarifaire serait globalement
de 4,91 %.»
«Cette façon de faire présente l'avantage de
faire repartir Hydro-Québec Distribution à des tarifs plus bas pour les années subséquentes à 2020. À l'opposé,
le projet de loi n° 34 maintient artificiellement plus élevés qu'ils
devraient l'être les tarifs
d'Hydro-Québec Distribution pour 2020, facilitant des hausses subséquentes, vu
l'indexation proposée à l'inflation qui partira de tarifs plus hauts.»
Ça, c'est la base. Je pourrais vous faire lecture... je
vais vous faire lecture plus loin de ce que pense la FCEI à cet égard,
FCEI, d'ailleurs, qui vient de publier — et je pense que le ministre a
eu l'occasion d'en prendre connaissance — vient de rendre public notamment
un communiqué qui interpelle directement le ministre, et le gouvernement, et l'ensemble des élus, parce que peut-être certains de nos
collègues élus ici, du gouvernement mais également des oppositions, vous avez sûrement reçu la correspondance des
différentes PME dans vos circonscriptions respectives, correspondance qui vous invite à interpeller le ministre,
à interpeller le gouvernement, l'exécutif afin de notamment
demander que le projet de loi
soit révisé, peut-être même retiré, dans une optique où autant les
consommateurs résidentiels que les consommateurs commerciaux, industriels et autres sont en droit de recevoir non
seulement un gel, mais peut-être même une baisse, O.K.? Et d'ailleurs, le communiqué stipule que c'est
1 400 PME à travers tout le Québec qui emploient plus de 15 000 familles,
15 000 Québécois, donc 15 000 familles directement concernées
par ces 1 400 entreprises là, 1 400 PME, qui sont, comme nous, des oppositions, comme les
regroupements qui sont venus nous rencontrer, qui sont venus ici plaider leur
cause, qui sont inquiets des conséquences du projet de loi n° 34.
Alors,
cet amendement vise avant tout à se garder... Et le ministre, tantôt, là, en
réponse à notre collègue de Mercier, parlait
de flexibilité et faisait, bon... fait référence, et il a hâte d'arriver à
l'article 8 pour continuer à parler de flexibilité, etc., mais, moi, je pense que l'amendement ici permet
justement de se doter, dès l'article 1 du projet de loi, à travers cet amendement,
de se doter d'un élément de flexibilité pour qu'à tout le moins pour
l'année 2020 on puisse non seulement considérer un gel des tarifs pour
l'ensemble des Québécois, mais également peut-être une baisse des tarifs.
Et là je fais ici un
lien avec les échanges auxquels j'ai fait référence vendredi matin dernier, les
échanges que j'ai repris de la plaidoirie
d'Hydro-Québec Distribution dans le dossier R-4100 de la Régie de l'énergie
pour empêcher le dossier de baisse
tarifaire de procéder, un dossier de baisse tarifaire qui a été présenté ou une
demande qui a été présentée à la
Régie de l'énergie, notamment par certaines des mêmes organisations qui sont
venues ici présenter leur mémoire, M. le
Président, un dossier tarifaire, cette année, qui est primordial parce que ça
permettrait, justement, de faire la démonstration que, parfait, on peut être d'accord avec les
considérations du ministre, l'argumentaire du ministre sur la nécessité de rembourser 500 millions aux Québécois,
mais pouvons-nous faire mieux? Mais, afin de répondre à cette question-là — pouvons-nous
faire mieux? — je
pense que la façon idéale, la meilleure façon, la façon la plus efficace de
répondre à cette question-là, c'est en
laissant, en permettant, en invitant, en demandant à Hydro-Québec Distribution
de déposer un dossier tarifaire pour l'année 2020‑2021. Parce qu'à
ce moment-là, la Régie de l'énergie, compte tenu... Encore, je reprends les paroles du ministre, lorsqu'il
dit : Nous n'abolissons pas la régie, nous n'amputons pas la régie de ses
pouvoirs, de ses responsabilités,
nous ne touchons pas à la régie, la régie va pouvoir continuer à faire son
travail, etc., et là je vois que vous regardez votre temps, M. le
Président, mais tout ça pour répéter ou réitérer les paroles du ministre,
parfait.
Alors, pouvons-nous
nous garder un élément de flexibilité, une marge de manoeuvre afin que,
justement, nous puissions non seulement rembourser aux Québécois les
500 millions, tel que prévu, mais peut-être même plus? Et pour ce faire,
il faut se garder un élément de flexibilité.
Président (M. Lemay) : Alors, M. le député de Laval-des-Rapides, je
vous remercie de votre intervention pour le moment. Membres de la
commission, je vous remercie aussi de votre collaboration pour ce matin.
Et, compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Président
(M. Lemay) : Alors, bonjour à tous et à toutes. Nous allons
reprendre nos travaux.
vous rappelle que nous sommes toujours réunis pour procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 34, la Loi visant à simplifier
le processus d'établissement des tarifs de distribution d'électricité. Merci de
bien vouloir éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
lors de la suspension de nos travaux, nous en étions à l'étude de l'amendement
proposé par le député de Laval-des-Rapides. M. le député, la parole est
à vous, en vous rappelant qu'il vous reste environ 10 minutes.
M. Polo :
Environ 10 minutes? Parfait, bon, excellent. Alors, M. le Président, je
reviens sur mes propos de ce midi ou de... oui, de ce midi, sur le fond
de l'amendement, qui est... que je rappelle, comme quoi... Je reprenais les
paroles du ministre, à savoir qu'il nous
avait annoncé, là, il y a un peu plus d'une semaine, qu'il était dans un esprit
de collaboration, un esprit
d'ouverture, à échanger avec nous, là, lors de la période d'article par
article, sur le projet de loi n° 34. Et donc c'est en
partie pour ces
raisons que j'amène cet amendement-là.
J'expliquais
que le fond de l'amendement est nécessaire ou, en fait, sert à aider le
ministre, aider le projet de loi à non seulement remplir leur promesse,
à respecter leur promesse, respecter leur engagement, qui est de redonner 500 millions de dollars aux Québécois, mais, en fait,
c'est de même se donner une opportunité, ouvrir la porte, se donner la
chance, en fait, d'explorer si on peut aller encore plus loin. Et j'ai fait cet...
Je fais référence à ça, d'aller plus loin. En
fait, je pense, c'était même une
partie du slogan de la Coalition avenir Québec, hein : Aller plus loin, aller mieux — aller mieux, aller plus loin?
Bref, vous pouvez peut-être me corriger, M. le Président...
Le Président
(M. Lemay) : ...
M. Polo : Oui, pourquoi je fais référence à ça? Parce qu'actuellement
il y a un dossier, qui est devant la Régie
de l'énergie, qui sert justement à inviter Hydro-Québec à déposer un dossier
tarifaire pour l'année 2020‑2021.
Et d'ailleurs, aujourd'hui,
je me suis levé en Chambre, M. le Président — je suis convaincu que vous
étiez attentif — lors de la période de questions, tantôt, parce que
j'ai fait référence à l'une des organisations qui demandent justement à Hydro-Québec de présenter un
dossier tarifaire pour qu'on puisse, en fait, faire la démonstration si, oui ou
non... Parce que,
vous savez, j'ai fait référence au mémoire de l'association québécoise des consommateurs
industriels en énergie, j'ai fait
référence au mémoire de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante, et d'autres mémoires, qui mentionnent, dans leurs mémoires, que, selon leurs estimations, leurs calculs
internes, pour l'année 2020‑2021, les Québécois seraient en droit non seulement d'avoir un
gel mais peut-être même une baisse des tarifs.
Donc,
je prends le ministre au mot en disant : Bien, parfait, on est
derrière vous dans votre intention de verser 500 millions de dollars aux Québécois, mais pourquoi
ne pas aller plus loin? Pourquoi se fermer la porte? Pourquoi
ne pas explorer la possibilité de
considérer un autre scénario qui serait même plus avantageux pour les Québécois,
qui serait même une baisse de tarifs?
Et là ce n'est plus seulement les consommateurs qui le demandent, parce qu'il y a quelques semaines il y a eu une association de
consommateurs qui s'est jointe, notamment, à toutes les oppositions, et Option Consommateurs
a demandé au ministre de corriger et d'amender son projet de loi.
Aujourd'hui, ce matin, alors qu'on débattait ici ou, enfin, qu'on échangeait ici,
dans le cadre de cette commission, c'est
la FCEI, c'est la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante
qui a publié un communiqué qui fait référence à près de
1 400 PME, qui emploient plus de 15 000 Québécois, donc
15 000 familles, qui non seulement expriment leurs inquiétudes face à ce projet
de loi là, demandent même le retrait.
Mais ce qui est particulier, c'est que j'ai invité, à la fin de mon intervention... Tantôt, M. le Président, j'ai invité le ministre à rencontrer le représentant de la FCEI, qui est
d'ailleurs, et je peux signifier sa présence, parmi nous ici, qui n'est pas
très souriant, là, à l'instant, mais, bon, voilà, mais j'ai invité le ministre
à le rencontrer, parce que je pense que c'est un élément important.
Pour
l'usage, là, ici, des collègues, enfin, du gouvernement mais des
oppositions également, vous allez tous recevoir ou vous avez tous déjà commencé à recevoir des lettres des PME, dans vos
circonscriptions respectives, vous exprimant les inquiétudes qu'ont ces
entreprises-là face au projet de loi n° 34, face au fait que les tarifs
d'électricité risquent d'augmenter de plus du double face à la moyenne des
dernières années, qui aura un impact direct non seulement sur la création d'emplois, qui aura un impact direct
aussi sur les emplois actuels de ces PME là dans vos circonscriptions. Et là on ne parle plus de
scénarios potentiels ou de suppositions, etc. On parle de gens de chez nous,
chez vous, des PME... Pour un gouvernement qui essaie de se définir
comme étant le gouvernement de l'économie...
reviens donc à mon amendement en disant que, si les Québécois
sont en droit de recevoir un gel pour une somme de 500 millions, les Québécois seraient peut-être même en droit de recevoir une somme plus
importante, même une baisse de
tarifs. Et, actuellement, la formulation de... la forme, comment le projet de loi est rédigé, il ferme la porte à tout autre scénario. Et c'est là que le projet... que l'amendement en question vient, à tout le moins, offrir une autre avenue, dans la mesure où, justement, pour l'année 2020‑2021,
la Régie de l'énergie, avec cette même collaboration à laquelle
fait référence le ministre,
avec la collaboration d'Hydro-Québec, pourrait, à ce moment-là, étudier un
dossier tarifaire et déterminer, selon ses intrants, selon son
processus, selon son analyse, quel est le juste prix, quelle est l'augmentation
ou la diminution tarifaire pour 2020‑2021.
Et je ne pense pas qu'aucun Québécois ne refuserait qu'on explore cette possibilité si cette possibilité, justement,
lui permet d'être encore plus gagnant.
Donc,
moi, je pense qu'il faut que le... Comme
je l'ai dit, on va prendre le ministre au mot. Il nous a offert sa
collaboration, sa bonne disposition, la semaine dernière, et c'est la raison
pour laquelle je l'invite et je vous invite à
considérer cet amendement qui, selon moi, selon nous, est fondamental afin que
les Québécois, justement, puissent récupérer, dès 2020, au minimum 500 millions, sinon plus d'argent. Et le
projet de loi n° 34 le permet, l'article 1 du projet de loi le
permet. Et donc c'est la raison pour laquelle je propose cet amendement.
Le Président
(M. Lemay) : Merci beaucoup, M. le député. M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, bien que, dans les discussions
préliminaires par rapport à l'amendement qui est proposé, nous étions quand même assez convaincus de... nous
n'étions pas convaincus de sa recevabilité, j'ai mentionné qu'on
souhaitait quand même pouvoir en discuter. Donc, on est ouverts à la discussion
sur l'amendement, en réalité, qui est amené par mon collègue de
Laval-des-Rapides.
L'amendement
proposé, en réalité, va complètement à l'encontre du principe même du projet de
loi n° 34, et je
m'explique. Mon collègue de Laval-des-Rapides mentionne régulièrement, et ça a
été mentionné aussi antérieurement, lors
d'une motion de scission, le 500 millions qui va être remboursé à
l'ensemble de la clientèle d'Hydro-Québec dès la première facturation de 2020. Ce remboursement du compte d'écart,
qui est un compte d'écart, en réalité, qui est nécessaire et obligatoire sur la base de la tarification actuelle, n'est
pas possible si, naturellement, on ne modifie pas la base de
tarification actuelle, puisque ce compte d'écart, qui, effectivement, dans le
temps, va être retourné à la clientèle sur
une période de quelques années, va être reconstitué également sur cette
période-là, puisque c'est un compte d'écart lié à la tarification pour
permettre à Hydro-Québec, justement, de gérer des éventualités. Donc, c'est
l'effet, en réalité, de la modification de
la tarification proposée à l'article 1 qui permet de libérer le compte
d'écart, qui, autrement, doit être maintenu, en termes de conformité.
deuxième élément, aussi, qui est préconisé dans le principe, c'est la
simplification de la tarification, c'est de dire, bien, écoutez, qu'on a regardé l'historique, on
l'a répété, puis, bon, on vient dire : Ça va être sur 60 mois plutôt
que 12 mois. Et là ce qu'on nous
propose, c'est de dire : Bien, on va continuer de faire deux exercices en
parallèle, c'est-à-dire, on va maintenir
la cause tarifaire, la lourdeur administrative, tous les éléments qui coûtent
15 millions par année. Certains diront : Oui, par rapport à 12 milliards, ce n'est pas
tant. Oui, mais c'est une lourdeur administrative, c'est une absence
d'efficience. Et, pour nous, en fin
de compte, le projet de loi, c'est la simplification de la tarification. «Loi
visant à simplifier le processus d'établissement
des tarifs de distribution», dans son titre, ça doit être pas mal le principe,
puis l'article 1 reprend le principe.
Alors, ce que
nous, on propose comme amendement, c'est : Au diable le principe, on va
faire les deux. Bien non, ce n'est
pas possible. Alors, ça ne permettrait pas de libérer le 500 millions. Ça
ne permettrait pas de simplifier le mode de tarification et ça ne mettrait pas de stabilité et de prévisibilité
dans le tarif. Alors, il faut bien comprendre, M. le Président, quand on regarde, en fin de compte, la proposition
d'amendement, c'est comme si on avait refusé le principe du projet de
loi. Je pense qu'on n'en est plus là.
Alors, naturellement, sur ces discussions-là, M.
le Président, je serais prêt à mettre l'amendement aux voix.
Président (M. Lemay) : Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la
parole est à vous.
Mme Robitaille : Bonjour, M. le
Président. Bien, avant de passer aux voix, je pense qu'il faut réfléchir. L'amendement de mon collègue est extrêmement
pertinent, parce qu'il vient protéger les petites gens, d'une certaine façon.
Il vient protéger les gens ordinaires. Il vient protéger les gens qui, dans mon
comté, paient leur compte d'électricité de peine et de misère.
Et on en a
déjà discuté lors du principe, j'en ai parlé lors de mon discours,
M. Legault disait que baisser le prix de l'électricité, ça reviendrait à encourager le gaspillage. Bien, c'est
sûr que, dans des grandes maisons, c'est facile de couper l'électricité,
essayer d'économiser l'énergie. Il y a de la place. Mais, dans mon comté,
Bourassa-Sauvé, quand on vit dans un quatre et demi serrés, on est cinq, c'est
plus difficile d'économiser l'énergie, c'est : maman s'en va au travail le matin, papa, lui, part au travail le soir. Il y
a toujours de l'activité dans la maison. On est vraiment à... On fait nos
comptes, on est vraiment à couteaux tirés, c'est vraiment très, très difficile
pour un ménage. Et l'amendement de mon collègue, bien, ce qu'il vient
faire, bien, il vient garantir à ce que ce soit le meilleur pour les gens, le
meilleur deal pour le monde, d'une certaine façon, et c'est très important.
Quand, là, on
regarde, quand on étudie ce qui s'est dit durant les consultations, plusieurs
l'ont répété, ce gel-là, on fixe... On prend pour acquis... Attendez, je
voulais trouver... Justement, on calcule, Québec calcule que son gel fait
économiser 200 millions par année aux consommateurs, là, par rapport à une
hausse théorique de 1,7 % de la facture. Mais,
bon, comme disait Jean-François Blain, qui est un analyste en énergie, il nous
disait que rien n'indique que ces tarifs-là auraient bondi de cette
façon. Si la Régie de l'énergie entrait dans le jeu puis essayait de... puis
fixait les tarifs, probablement qu'on aurait moins de 1,7 % de la facture.
Donc, pour les gens, en 2020, on veut faire un gel, mais, pour les gens... Si c'était la Régie de l'énergie,
évidemment ça serait moins... la facture serait moindre. Et là, sur les quatre
années qui viennent, on suit le taux
d'inflation pour fixer les tarifs d'électricité, mais, comme plusieurs nous
l'ont dit en commission parlementaire, si c'était la Régie de l'énergie
qui fixait, bien, dans le contexte actuel, probablement que ça serait beaucoup
moins.
Alors, la
proposition de mon collègue, dans ce sens-là, est... En tout cas, moi, je
trouve que c'est un monde idéal, parce
que, justement, on protège le petit épargnant, on protège tout le monde, dans
ce temps-là, et on garantit que ça sera la meilleure formule. Et donc c'est important de la considérer, c'est
important de l'étudier. C'est important pour le ministre de s'ouvrir à
cette proposition-là, parce que c'est à l'avantage de tous puis c'est à
l'avantage... Notre collègue parlait tout à l'heure que les petites et moyennes
entreprises, bien, si l'augmentation de la facture, c'est le double, bien, imaginez la situation dans quelle ils peuvent
être. Ils se précarisent, et puis là ce n'est pas juste l'entreprise qui va
mal, c'est des emplois qui sont en jeu, et ces employés-là, bien, leur
facture d'électricité augmente aussi. Donc, ça touche tout le monde, ça touche toutes les entreprises. Et donc il faut faire
très, très attention. Il faut être très, très, très prudent. Et, comme
disait ma collègue, tout à l'heure, de Mercier, pourquoi changer quelque chose
qui va bien?
Alors, ce que
mon collègue propose, c'est le meilleur des deux mondes, finalement, et je
pense que c'est pour ça qu'il faut
sagement étudier cet amendement-là, et s'ouvrir à ça, et peut-être même aller
de l'avant, et l'appuyer, cet amendement-là. C'est très important parce
que c'est à l'avantage de tous.
On sait toute
la contestation autour de ce projet de loi là. On l'a dit, on l'a répété,
peut-être que le ministre n'aime pas
entendre ça, mais c'est un projet de loi qui a rassemblé, mais pas pour
l'appuyer mais pour le contrer, pour... Il y a même des gens qui ont
demandé à ce qu'on retire le projet de loi. Donc, quand mon collègue arrive
avec un amendement comme celui-là, c'est vraiment une proposition de compromis,
et ça serait vraiment à l'avantage de tout le monde. Imaginez ce gel-là, là, de
1,7 %, une hausse, là, théorique de 1,7 % de la facture, si c'était
la régie qui fixait le prix, ce serait
probablement moindre, et le retour pour le consommateur, ce serait peut-être
beaucoup plus que 500 millions. Donc, je pense qu'il ne faut pas
plonger là-dedans aveuglément. Et, s'il y a moyen d'aider nos concitoyens, je
pense qu'il faut être ouverts à ça, et cet amendement-là va tout à fait dans ce
sens. Et je ne pense pas que ça va à l'encontre du principe, tout au contraire.
Je pense que c'est un compromis intelligent pour aider tout le monde.
Encore une
fois, je vous le répète, il y a des gens, là, dans nos bureaux de comté, là, je
pense qu'on l'a tous vu, des gens qui
viennent au bureau de comté puis qui ont peine à payer leur compte
d'électricité. En fait, ils ne sont pas capables de le payer puis ils
essaient de trouver une façon avec Hydro-Québec de pouvoir payer petit à petit.
Pour ces gens-là, c'est extrêmement difficile de payer son compte
d'électricité. Alors, imaginez une petite hausse, si minime soit-elle, la
hausse, c'est une catastrophe, là, pour bien du monde dans mon comté puis, je
suis sûre, pour plusieurs personnes dans nos
comtés respectifs. Et, si on peut réussir à abaisser juste un petit peu les
tarifs, bien, ça fait une grande différence pour tout le monde.
Donc,
j'espère que le ministre aura l'ouverture de considérer cet amendement-là qui
est, comme je l'ai dit tout à l'heure, un excellent compromis et qui aiderait
tout le monde. Alors, je pense que ça vaut la peine de discuter puis de
continuer les discussions autour de cet amendement-là. Merci.
Président (M. Lemay) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je vais
céder la parole à Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Moi, ce que je comprends de
l'amendement de mon collègue de Laval-des-Rapides,
c'est que l'objectif est que les prix ne soient jamais plus élevés que ceux
déterminés à l'annexe I. C'est ce que je comprends. Je ne sais pas,
est-ce qu'on a la même compréhension avec le ministre?
Julien : Bien, pas du tout. C'est-à-dire, dans l'annexe I, c'est
des tarifs, en fin de compte, qui sont reportés, qui, dans le cas d'un gel tarifaire, vont être ceux-là qui vont être
appliqués pour l'année 2020 mais pas pour l'année 2021. Alors,
2022, 2023, 2024, alors, il y aura une variation qui va être liée, si le p.l. n° 34 est sanctionné, à l'inflation. Donc, c'est pour
l'année 2020 que le tarif est gelé, selon la proposition qu'on en fait
dans le p.l. n° 34.
Mme Ghazal :
Ah, en fait, là, le ministre vient de me répondre à la question est-ce que
c'est prévisible. Oui, peut-être que ça ne
le serait pas. C'est-à-dire que l'amendement ne répond peut-être pas à
l'objectif... pas de prévisible, excusez-moi, mais de stable, c'est-à-dire fixé
à l'inflation. Peut-être qu'il ne répond pas à ça. Parce que l'amendement
de mon collègue, ce qu'il dit, c'est qu'il
faut que ça continue à être fixé par la régie, donc en fonction des coûts et
des revenus d'Hydro-Québec Distribution. C'est là que le prix va être
déterminé. Donc, oui, il peut être plus bas, plus haut, etc.
Mais
ma question, c'est : Est-ce que... Moi, ce que je comprends, puis je veux
juste être sûre qu'on a la même compréhension
avec le ministre, même si, oui, il n'y a plus de stabilité fixée au niveau de
l'inflation puisque c'est la régie, ça, on a compris tous les deux. Bien, ma question, c'est : Est-ce que...
Moi, ce que je comprends, c'est que cet amendement-là va faire en sorte
que les tarifs seront toujours en bas des tarifs de l'annexe I.
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Alors, je répète que non. L'annexe I présente, en fin de
compte, l'équivalent d'un gel
tarifaire pour 2019 vers 2020. Et,
même dans la proposition d'amendement, 2021, 2022, 2023, avec une inflation, les tarifs
à l'annexe I vont être supérieurs,
les tarifs réellement chargés, puisqu'il va y avoir une évolution
dans les tarifs. Donc, je répète ma réponse, que c'est non.
Le Président (M.
Lemay) : Mme la députée.
Ghazal : Parce qu'en fait le
ministre dit que c'est non parce que l'annexe va être, en
fait... Je voudrais juste être sûre
de bien reposer ma question pour être bien, bien certaine qu'on comprend la
même chose. Ça fait que je vais revenir, je vais laisser la parole à quelqu'un
d'autre.
Le Président (M.
Lemay) : Pas de problème. À ce moment-ci, je vais reconnaître le
député de Marquette pour son intervention.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Rebonjour. Content d'être de retour. Bonjour...
bien, voulez-vous dire bonjour à M. le ministre, s'il vous plaît? Ça me fait plaisir d'être ici avec lui. Parce qu'on ne peut pas s'adresser à lui directement.
Je suis content de le revoir.
M. Ciccone :
Merci. Merci, M. le Président. J'ai pris note de l'amendement de mon collègue
et j'ai suivi chaque seconde de ce qui s'est
passé depuis jeudi dernier. Cependant, je prends des notes quand le ministre
parle, et il se demandait, M. le
ministre, si, justement, cet amendement-là n'allait pas à l'encontre,
justement, de l'objet du projet de
loi. Et moi, ma question est bien claire, là : Pourquoi ça viendrait à
l'encontre quand un amendement veut seulement s'assurer de faire payer
le moins cher possible les tarifs d'Hydro-Québec? Comment cela pourrait venir à
l'encontre de l'objet du projet de loi n° 34?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Le principal élément, là, dans la proposition, c'est quand on
a parlé, M. le Président, d'un remboursement du compte d'écart dès la
première facturation de 2020, qui est estimée actuellement