Labour and the Economy — 4 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-05-04
Quebec — Committees
M. le Président, en fait, là, si on regarde
l'ensemble, là, c'est que nous avons quelques centaines de mille de personnes à
l'aide sociale aptes pour aller travailler, nous avons quelques centaines de
mille de personnes qui sont à l'assurance chômage, nous avons
200 000 — et
je regarde le député de Saint-Jean parce que c'est son dossier, la jeunesse — 200 000 jeunes au Québec, ces jeunes-là
sont ni à l'emploi ni aux études. Et nous avons, bien sûr, les
immigrants qui ont choisi de venir au Québec et sont venus au Québec pour, en
fait, travailler avec la société, bâtir une belle société.
En même
temps, M. le Président — ça, c'est un côté — de l'autre côté, nous avons, dans les
statistiques que nous avons pour les
trois prochaines années, 725 000 emplois à combler. Et, des fois, on se
promène, on pense que c'est une compagnie
qui est partout, elle s'appelle «Nous embauchons», M. le Président. La
compagnie «Nous embauchons», c'est la démonstration nette des besoins
des entreprises qui ont besoin de main-d'oeuvre.
Notre grand
défi, M. le Président, d'abord, nous savons qu'il y a un défi démographique au
Québec, et ce défi-là, c'est
l'adéquation entre les besoins du marché du travail et la main-d'oeuvre
disponible potentielle. Évidemment, le lien, c'est la formation. C'est là que ça vient, le projet d'adéquation de la
formation-emploi. Et nous avons jugé important... et nous allons travailler en étroite collaboration
avec la Commission des partenaires du marché du travail, et, M. le
Président, nous allons déposer un projet de loi qui va être étudié ici, à la
commission, et bien sûr nous allons travailler en collaboration avec les collègues ici. L'objectif de ce projet-là, c'est
donner davantage des pouvoirs à la Commission des partenaires du marché
du travail pour identifier les besoins, pour s'assurer que la formation est
faite en fonction des besoins des
entreprises. Évidemment, ça, ça implique les syndicats, les patrons, les
maisons d'enseignement, l'immigration, et ça implique aussi tous les
partenaires autour du marché du travail, aussi les groupes communautaires, qui
sont une
partie intégrante de la commission.
M. le
Président, nous sommes rendus à une étape importante dans notre histoire en
termes de formation-emploi, et c'est là
qu'il faut agir le plus rapidement possible, en collaboration avec tous les
partenaires. M. le Président, l'avenir, ça appartient à nos jeunes, l'avenir, ça appartient à toutes les
personnes au Québec qui désirent améliorer leur sort, leurs connaissances,
leurs compétences. Parce qu'on a une bonne occasion, nous avons la place, nous
avons des emplois disponibles qui vont permettre à ces gens-là, au moins, quand
ils vont faire l'effort, de trouver au moins un endroit.
Vous vous rappelez, dans le dernier budget, nous
avons élevé le seuil de la taxe sur la masse salariale de 1 %, de 1 à 2 millions, M. le Président.
Évidemment, c'est 8 000 entreprises de moins qui n'auront pas à faire
la paperasse pour la formation. Mais,
en même temps, le gouvernement a décidé de récompenser la Commission des
partenaires du marché du travail, le
manque à gagner de 1 %, par un budget additionnel que le gouvernement a
décidé d'ajouter pour ne pas avoir un
manque à gagner dans l'argent à former, mais soulager aussi les entreprises.
Mais, en même temps, nous pensons qu'on doit réviser la loi de 1 %,
parce que la loi de 1 %, elle est importante, elle est essentielle. Il
faut que les entreprises forment, il faut
que les employés travaillent à améliorer leurs compétences et leur formation
mais dans des domaines qui touchent leur travail. Évidemment, on a parlé
aussi que nous allons resserrer la loi et surtout, lorsqu'il y a question de l'argent du public, resserrer la loi pour
concentrer sur des cours, la formation qui touche les compétences. Alors,
nous allons travailler aussi sur ce secteur-là qui va nous permettre davantage
d'encourager les entreprises et les organisations gouvernementales à investir à
la bonne place.
Évidemment,
nous avons aussi un grand défi, M. le Président, c'est... Vous savez,
maintenant Services Québec et les CLE sont ensemble, maintenant,
c'est-à-dire dans le même ministère, et nous avons un grand défi, d'améliorer
les services aux citoyens, évidemment en utilisant les forces de l'équipe de
Services Québec et aussi les centres locaux d'emploi,
qui sont dans toutes les régions. Alors, pour nous, c'est important. Je vous
donne un exemple. Emploi-Québec, en 2014-2015, ils ont aidé plus de
11 000 entreprises pour des engagements financiers de 86 millions,
à peu près. Évidemment, aussi, il faut
toujours être alerte. Vous savez, dans l'entreprise privée aussi, toujours, on
regarde la qualité des services et
les services offerts dans toutes les régions. Et ça, pour nous, c'est la même
chose pour le gouvernement, on doit regarder aussi les services qui sont
rendus.
En terminant,
M. le Président, j'aimerais rappeler que le Québec devra compter sur l'ensemble
de sa main-d'oeuvre pour prospérer et devenir une société de plus en
plus juste et équitable. L'emploi est assurément le meilleur moyen de sortir les gens de la pauvreté. J'ai parlé
aussi d'Objectif emploi. Objectif emploi, le but, c'est d'accueillir les
premiers demandeurs de l'aide sociale pour... évidemment ceux qui sont aptes
pour travailler et pas celles ou ceux qui ont des problèmes de santé ou d'autres problèmes qui ne leur permettent pas de
suivre ou d'avoir la capacité de suivre des cours ou avoir... améliorer
les compétences ou les connaissances. Alors, nous allons...
C'est
une première au Québec. Et pourquoi, M. le Président? Ça fait la suite de Pacte
pour l'emploi Plus, où on était sur une base volontaire de dire à tous
les Québécois : Ceux et celles qui désirent améliorer leur condition,
leurs compétences, leurs connaissances, nous
avons un programme qui peut leur permettre de le faire. Et nous l'avons fait.
Ça a bien été, ça a bien marché. Mais
aujourd'hui, M. le Président, nous sommes rendus à une étape plus loin. Il faut
encourager davantage les premiers demandeurs d'aide sociale à retourner sur le
marché du travail rapidement. Et les statistiques nous démontrent que la situation est délicate. 70 % des nouveaux
demandeurs sont des jeunes en bas de 35 ans, 40 % sont des immigrants, M. le
Président. Alors, c'est, pour moi, je pense... mes citoyens dans mon comté
trouvent ça inacceptable, donc il faut faire un effort additionnel pour
les accompagner dans la formation.
Alors, nous sommes en
train de travailler les détails de ce programme-là, mais ça va être un ensemble
de programmes. Ce n'est pas un seul, parce qu'il faut vraiment travailler la
formation, travailler l'adéquation formation-emploi,
travailler la formation des immigrants, travailler la formation des jeunes,
alors tout ça dans un ensemble où on va toucher les gens à l'aide sociale, que, pour moi, l'aide sociale doit
être une situation temporaire et un passage à d'autre chose, l'assurance-emploi la même chose, et un
immigrant... ils sont venus ici, M. le Président, pour partager,
participer au marché de l'emploi, donc
aussi... et bien sûr les jeunes, nos jeunes, notre plus grande richesse, dans
ces programmes-là.
Alors, M. le
Président, voilà un petit peu les perspectives du ministère en termes de matière
d'emploi. Merci.
Président (M. Cousineau) : Oui. Merci, M. le ministre. Il reste
45 secondes, que nous allons distribuer sur les blocs ministériels. Alors, j'invite maintenant le
représentant de l'opposition officielle, le député de Saint-Jean, porte-parole.
Alors, M. le député de Saint-Jean, vous avez sept minutes.
Turcotte : Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais saluer
M. le ministre, son équipe, les collègues du parti gouvernemental et les collègues de la deuxième
opposition. Je ne prendrai pas plus de temps, pour conserver le plus de
temps possible pour les questions durant cette étude, étant donné que c'est
seulement que trois heures.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de Saint-Jean.
Donc, nous allons distribuer 6 min 30 s sur les blocs de
l'opposition officielle. J'invite maintenant le représentant ou la
représentante, oui, du deuxième groupe d'opposition. Alors, c'est M. le député
de Nicolet-Bécancour pour cinq minutes.
Martel :
Merci, M. le Président. Je vais être aussi court que mon prédécesseur. Je veux
vous saluer, premièrement, saluer le ministre — c'est
déjà notre troisième, je pense, notre troisième commission parlementaire — les
députés ministériels, députés de l'opposition officielle et ma distinguée
collègue de Repentigny. Je veux saluer aussi tous les organismes qui vous... les représentants d'organismes qui vous
accompagnent aujourd'hui. Je souhaite qu'on ait une belle séance d'étude de crédits et qu'on puisse répondre
à l'ensemble des questions. Je vous remercie. Merci, M. le Président, ça
va être tout.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui. Alors, merci, M. le député de
Nicolet-Bécancour. Alors donc, ça sera 4 min 30 s que nous
allons distribuer sur vos blocs.
J'invite maintenant
le représentant de l'opposition officielle, le député de Saint-Jean, à prendre
la parole pour 25 minutes.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, ma première question au ministre, sans surprise,
sera sur la question des forums jeunesse et
des carrefours jeunesse-emploi. Alors, on a eu l'occasion déjà d'échanger
quelques mots sur cette question.
J'ai eu l'occasion aussi de questionner le premier ministre, responsable de la
jeunesse, sur ce dossier, mais j'aimerais
clarifier un peu qu'est-ce qui va arriver avec notamment le FRIJ, le Fonds
régional d'investissement jeunesse, mais aussi avec l'aide aux jeunes,
qui, bon, semble être offerte maintenant dans les carrefours jeunesse-emploi
avec cette annonce ministérielle.
Si je résume — et
j'ai peut-être échappé des étapes, et, si j'en ai échappé, bien, ça va
seulement rendre plus complexe le portrait, parce qu'il est déjà quand même
assez complexe — le
22 avril en point de presse, le ministre a annoncé 15 millions de
dollars pour la persévérance scolaire, les jeunes en difficulté,
l'entrepreneuriat jeunesse, qui seraient
transférés dans les carrefours jeunesse-emploi, donc de l'aide individuelle à
des jeunes, en plus d'un 5 millions de dollars pour ce qu'on appelle, ce qu'il a dit en conférence de presse,
en point de presse, le volet communautés, donc pour des projets en
région et dans les écoles.
Dans
le communiqué du gouvernement du 22 avril, on parle d'un 10 millions
de dollars pour augmenter les services directs
aux jeunes et de renforcer son action dans les localités du Québec par
l'entremise d'un nouveau partenariat avec les carrefours
jeunesse-emploi. Et on mentionne qu'au 1er avril 2016 ce financement
serait à hauteur de 20 millions de dollars pour le créneau des carrefours
jeunesse-emploi.
23 avril, le ministre nous dit qu'il n'y a, avec cette annonce, aucune
économie à voir dans cette annonce. À peu près la même journée, l'attaché de presse du premier ministre prétend à
Radio-Canada, à RDI, qu'on parle d'une économie de 4 millions de
dollars pour cette annonce. Le premier ministre, ministre responsable de la
jeunesse, le 30 avril à l'Assemblée nationale, suite à une de mes
questions, bon, rappelle le 14 millions de dollars qui est octroyé à
chaque année aux forums jeunesse et
affirme : Au lieu d'avoir 14 millions de dollars, dont
4 millions de dollars pour des frais de fonctionnement, on a
14 millions de dollars pour des projets pour les jeunes sur le terrain.
le ministre, lors de sa première annonce, le 22 avril, avait parlé de
5 millions de dollars pour les projets en région. Donc, je veux comprendre. Est-ce que c'est 5 millions pour
les projets en région? Est-ce que c'est 14 millions pour les
projets en région? Est-ce qu'il y a des économies ou est-ce qu'il n'y en a pas,
d'économie? J'aimerais avoir un peu plus d'éclaircissements, un nouvel
éclairage de la part du ministre sur cette question.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Alors, M. le ministre.
Hamad : Merci, M. le Président. Vous savez, la version du
premier ministre, c'est elle qui est prioritaire, et après ça c'est ses
ministres, normalement.
Et ici on a
la même version. C'est juste, si on prend les chiffres, on les divise puis
on... En fait, ce que le député vient faire... Et je le remercie pour sa
question, parce que ça va me permettre de lui donner tout l'éclaircissement
puis utiliser tous les chiffres qu'il a dits. C'est juste une question de
combinaison. Des fois, on prend 10 plus quatre, ça fait 14, on parle de 14. Des
fois, on parle de 10. Des fois, on parle de 20. Alors, on va tout expliquer la
situation.
La situation
est simple. Il y a 20 millions qui vont aller dans les forums jeunesse,
qui vont aller directement aux carrefours
jeunesse-emploi. Avant, forums jeunesse, le secrétariat... Cet argent-là vient
du Secrétariat à la jeunesse. Avant, il y avait... dans le 20 millions... Il y en avait 10 déjà qui
allaient aux carrefours jeunesse. Nous allons ajouter 10, ça fait
20 millions qui vont aller aux carrefours jeunesse-emploi. Premier
chiffre.
Le deuxième,
le 4 millions qu'on parle, en fait, le 4 millions, avant, on
l'utilisait pour les frais de gestion des forums. Ce montant-là demeure au Secrétariat à la
jeunesse, il va être utilisé dans des programmes. C'est là qu'on va... En
fait, ce n'est pas une économie, par contre
cet argent économise sur la gestion de structures... qu'on va l'utiliser dans
les programmes.
Maintenant,
je prends le 20 millions, donc 20 plus 4. Le quatre, il est au Secrétariat
à la jeunesse, qui va servir à des
programmes pour la stratégie jeunesse. Revenons aux carrefours jeunesse-emploi.
Sur le 20 millions, il y a 15 millions et 5 millions. Le
15 millions va servir pour des projets par les carrefours jeunesse, par
les jeunes et pour les jeunes, pour lutter contre la persévérance scolaire,
pour les jeunes en difficulté, pour aussi des projets d'entrepreneuriat des jeunes dans la communauté. Alors, ça, c'est
15 millions. Du 20 millions, il reste 5 millions. Les
5 millions vont aller aux carrefours jeunesse-emploi pour des
projets préparés, faits par les jeunes, pour les jeunes et avec les jeunes dans
la communauté et dans les écoles.
Alors, voilà. Donc, en résumé, 20 millions
plus quatre, 24 millions. Le 4 vient d'où? C'est l'économie sur les
structures qui va aller à la stratégie jeunesse. Le 20 millions, 15 millions
pour les projets que j'ai mentionnés, les trois volets, plus 5 millions
pour les communautés.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Bon, disons qu'on comprend un peu plus, mais en même temps il y a quand
même des grands trous, là,
dans cette explication-là. Bon, je vais répéter au ministre que, bon, dans son
calcul du 4 millions, qui sont pour les frais soi-disant de
fonctionnement, selon l'analyse du gouvernement, pour... On considère frais de
fonctionnement de l'accompagnement pour les
conseils d'élèves dans les écoles secondaires, pour les conseils d'établissement. Ça, c'est frais de fonctionnement, parce qu'ils proviennent du
4 millions qui sont soi-disant pour les frais de fonctionnement.
On parle
d'organisation de débats pour les élections municipales, provinciales ou
fédérales, des conférences dans les cégeps,
les universités. Bon, ça aussi, supposément que c'est des frais de
fonctionnement. On parle de jumelages avec les organismes pour former
des jeunes administrateurs dans les conseils d'administration, pour former une
relève d'administrateurs au Québec. Bon, on me dit que, ça aussi, c'est des
frais de fonctionnement.
partenariat, depuis cinq ans, avec la Fédération québécoise des municipalités
pour faire en sorte qu'il y ait du jumelage lors du congrès de la FQM à
chaque année, ça aussi, c'est des frais de fonctionnement. Donc, moi, je... Des
frais de fonctionnement, habituellement, là,
c'est de la papeterie, des brocheuses, des broches, un téléphone, bon, un
local. Il y a un peu de ça, mais il y a aussi des agents de sensibilisation et
à la participation citoyenne, et autres.
Ma question dans ce cas-là, si le
4 millions qui servait à faire la participation citoyenne va être
transféré au Secrétariat à la jeunesse,
est-ce que les carrefours jeunesse-emploi auront le mandat de faire de la
participation citoyenne et d'inciter
les jeunes notamment à aller voter ou à s'impliquer dans la communauté? Est-ce
que c'est les carrefours jeunesse-emploi
qui auront ce mandat-là, et, si oui, dans quelle enveloppe devront-ils le
prendre? Est-ce que c'est dans le 5 millions qui est dévolu pour
aider les jeunes directement ou le 5 millions pour les projets dans la
communauté?
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. M. le ministre.
Hamad :
Bon, M. le Président, je connais bien le député de Saint-Jean, depuis des
années, et c'est la première fois
aujourd'hui je le vois qui mélange un peu, et évidemment il ne fait pas ça par
exprès, comme je le connais, là, mais il mélange un petit peu les frais
de fonctionnement avec les...
Ce qu'il est
important de retenir, ce qu'il est important de retenir aujourd'hui,
c'est : l'argent, il est là pour les jeunes, M. le Président. Alors, si les jeunes ont des projets, les
carrefours jeunesse-emploi vont réaliser les projets avec les jeunes, premièrement. D'ailleurs, 40 %,
aujourd'hui, des conseils d'administration des carrefours jeunesse-emploi — puis
il connaît bien son carrefour, que j'ai
visité, d'ailleurs, M. le Président — 40 % sont des jeunes aux conseils
d'administration, et nous avons demandé aux carrefours jeunesse-emploi
d'augmenter le pourcentage des jeunes.
Donc, les
jeunes sont là, M. le Président, ils vont être mieux équipés. S'il y en a un
qui défendait son carrefour jeunesse-emploi il y a quelques semaines,
c'est le député de Saint-Jean. Aujourd'hui, au moins, il doit dire qu'il est
content, parce que nous, nous augmentons les moyens de son carrefour
jeunesse-emploi. D'abord, dans la première révision
de 45,5 millions, moi, je pensais qu'il nous remerciait pour commencer, de
dire : Bravo! Merci, vous m'avez donné 5 % de budget de plus.
Est-ce que c'est vrai? Est-ce que c'est vrai? C'est 5 % de plus? Oui ou
non?
Turcotte : Est-ce
que vous voulez que je réponde, M. le ministre?
Hamad : Bien, oui,
c'est important, cette question-là. C'est la base.
Président (M. Cousineau) : Écoutez, libre à vous, c'est votre
20 minutes.
Hamad :
On a augmenté de 5 % son carrefour jeunesse-emploi dans le premier budget
de 45,5 millions, premièrement.
Deuxièmement,
M. le Président, on a, dans le 15 et le 5, les deux, là, le 20 millions.
S'il y a des initiatives des jeunes
dans les régions, les carrefours vont travailler avec les jeunes. D'ailleurs,
les carrefours, c'est des jeunes, M. le Président, ils vont travailler avec les jeunes. Et, si, mettons, la
Fédération des municipalités trouve un programme intéressant pour les jeunes... Et les jeunes accepteront de
travailler avec les municipalités pour faire un projet, mais un projet
important. Mais, nous, là, ça, c'est
important, mais il y a des choses essentielles, M. le Président, et là j'attire
son attention. Il y a 200 000 jeunes au Québec, M. le
Président, qui n'ont pas ni formation ou ne sont pas à l'emploi non plus. Ce 200 000
là, M. le Président, devient une priorité pour nous autres, puis on veut que
les carrefours jeunesse-emploi prennent ces 200 000 là comme priorité.
Je comprends qu'on
veut participer à la Fédération des municipalités puis aller dans les congrès,
M. le Président, mais, moi, là,
personnellement, comme père des enfants, moi, là, ma priorité... Quand je regarde
un jeune dans notre société qui n'est
ni à l'emploi ni à la formation, M. le Président, pour moi, là, c'est la première, première priorité.
Honnêtement, M. le
Président, je sais que forum jeunesse-emploi, ils ont fait un bon travail,
c'est des gens dévoués. Mais moi, je vais
vous le dire, là, moi, là, ça fait 12 ans que je suis élu à l'Assemblée nationale, malheureusement je n'ai pas rencontré une fois forum jeunesse emploi. Mais, carrefour jeunesse-emploi, dans
mon comté, eux autres, je l'ai rencontré
souvent et je sais qu'est-ce qu'ils font, je sais qu'ils font un travail
direct. Ça n'enlève pas la qualité de forum jeunesse emploi, mais je pense que dans la vie, M. le Président, les
priorités changent, la société évolue. Puis, lorsqu'on regarde le chiffre de 200 000, bien, on ne
peut pas rester inactif à ce chiffre-là, M. le Président. C'est 200 000 de
la plus grande richesse du Québec qui n'est ni à l'emploi ni à la
formation. Il faut agir.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Bien, moi, dans un premier temps, je vois que...
Puis, lorsque le ministre actuel a été nommé, j'avais été le féliciter pour sa nomination, parce que je
sais que le ministre actuel connaît bien les carrefours jeunesse-emploi,
contrairement à son prédécesseur. Et je lui avais dit : J'aimerais ça que
tu portes attention à ce qui s'est fait dans les carrefours jeunesse-emploi pour réenligner le tir de l'erreur de la
réforme de l'automne passé. Puis je vois que le ministre, au fond, a confirmé, par cette annonce, qu'il y
avait eu erreur dans la réforme des carrefours jeunesse-emploi l'automne
dernier et, pour cette partie-là, je dois le remercier.
Ceci
dit, c'est dommage, et je trouve ça très dommage pour l'avenir du Québec, de
prendre l'argent des forums jeunesse-emploi... — excusez-moi, je reprends le... je vais
corriger en même temps le ministre là-dessus, c'est les forums jeunesse régionaux, pas le forum jeunesse-emploi,
je m'excuse — forums
jeunesse régionaux, de prendre cet argent-là qui sert à la participation citoyenne. Moi, de savoir que les jeunes
s'intéressent à la politique, vont voter et s'intéressent à
l'administration du Québec, moi, je trouve que c'est très porteur d'avenir puis
je crois que ça va peut-être avoir des impacts
positifs pour, oui, avoir des meilleures visions comme société et faire en
sorte que, comme Michel Venne le dit, notre société va vieillir moins
vite.
Et en même temps
j'entends le ministre nous dire que finalement c'est une bonne nouvelle qu'on
passe de 10 millions, pour le Fonds
régional d'investissement jeunesse, qui est pour les projets par et pour les
jeunes dans les régions, à 5 millions de dollars, et que ça, c'est
une bonne nouvelle.
Donc,
moi, je peux me questionner beaucoup sur cette décision-là puis je trouve
que... puis le ministre aujourd'hui qui nous confirme qu'il n'a même pas
rencontré son forum jeunesse de la Capitale-Nationale, qui pourtant est un des forums jeunesse les plus actifs du Québec. Je
trouve ça dommage pour lui, parce qu'il aurait pu apprendre beaucoup au
contact des jeunes qui s'impliquent. C'est quand même 300 000 jeunes
qui sont rejoints dans les forums jeunesse.
Donc, j'aimerais
comprendre...
Hamad :
Bien, je vais répondre, M. le Président.
Turcotte :
Oui, oui, mais je n'ai pas posé ma question.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui. On va le laisser terminer, puis vous allez
pouvoir répondre.
Hamad :
O.K. J'attends la question.
Turcotte : Donc, pourquoi qu'on passe de 10 millions à
5 millions de dollars dans le Fonds régional d'investissement
jeunesse? Et quel sera le pourcentage de jeunes qui seront membres des comités
de sélection de ces programmes, de ces
projets? Et qu'est-ce qui arrivera quand ces projets... Parce que bon nombre de
ces projets étaient des projets de
carrefour jeunesse-emploi. Donc, comment le carrefour jeunesse-emploi pourra
s'octroyer lui-même de l'argent dans le Fonds régional d'investissement
jeunesse?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
Je comprends qu'on ne s'entendrait pas, M. le Président, parce qu'il y a deux
philosophies qui s'affrontent. La
philosophie du Parti québécois, M. le Président, c'est : le déficit, ce
n'est pas important; la dette ce n'est pas important, puis ce n'est pas grave, puis on
peut en faire. Je pense que, si on aime les jeunes puis on veut protéger
nos jeunes, la première
responsabilité : déficit zéro le plus tôt possible. La deuxième
responsabilité, c'est réduire la dette, parce que la dette, là, elle va être payée par les jeunes plus tard. Il faut
qu'elle soit le plus petit possible. Donc, si on fait ça, il faut
prendre des décisions de gestion, premièrement.
Deuxièmement,
M. le Président, ce que je vois ici : que le député de Saint-Jean défend
19 structures. Il défend les structures,
19. Nous autres, M. le Président, on veut donner les moyens à 110 carrefours
jeunesse-emploi partout au Québec pour avoir les meilleurs moyens, les
plus efficaces. Donc, c'est deux, encore, deux différends entre nous deux.
Maintenant, M. le
Président, écoutez, là, j'ai été gentil pour le moment, j'ai répondu aux
questions, parce que, forum jeunesse-emploi,
le budget de 20 millions qu'on parle fait
partie des crédits du premier
ministre. Mais, quand même, j'ai
donné les explications puis je pense qu'il est important maintenant de parler
de 788 millions qui sont dédiés à l'emploi,
qui sont dans nos crédits ici, qu'on peut en discuter, mais je sais qu'on ne
s'entendra pas. Par contre, je trouve ça malheureux de voir que son
carrefour a augmenté de 5 %, c'est... Son carrefour va avoir les moyens pour
agir davantage sur le terrain, puis
il trouve que c'est mieux ne pas donner de l'argent à son carrefour mais plutôt
garder 19 structures et laisser la participation des jeunes. Je
trouve ça malheureux aussi... Le 200 000, il ne l'a pas répété, il ne l'a
pas dit que c'est important, le
200 000. Il devrait le dire. Il devrait le dire. Il représente la jeunesse
au Parti québécois puis il devrait être préoccupé de
200 000 jeunes qui n'ont pas ni de formation ni de... Il devrait
dire : C'est important, c'est une priorité.
Alors,
voici, M. le Président, sur le déficit, on ne s'entend pas, sur la dette, on ne
s'entend pas, sur la priorité des jeunes, on ne s'entend pas puis,
l'importance de toucher les 200 000 le plus rapidement, on ne s'entend
pas.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Bien, je vais amener sur mon autre question, mais je suis tout à fait d'accord
avec le ministre qu'il ne faut mettre aucun
jeune de côté, et c'est pour ça qu'on a fait la bataille contre la réforme des carrefours jeunesse-emploi cet automne, où
son prédécesseur voulait mettre 40 000 jeunes de côté sur
60 000 jeunes, quand on sait qu'il y
a 200 000 jeunes, effectivement, au Québec qui ont... bon, dans certains cas, sont éloignés
de l'emploi, mais sinon dans des
statuts, bon, plus précaires. Ça fait que, les 200 000 jeunes, on
veut effectivement les aider, puis je suis content de voir
que le ministre reprend les rênes de son ministère et donne davantage de dents
aux carrefours jeunesse-emploi, c'est juste dommage de le prendre de la poche
des forums jeunesse.
Ceci
dit, le ministre veut qu'on parle des jeunes en emploi ou des jeunes, bon, qui
pourraient avoir des difficultés en employabilité.
Je vais lui poser une question sur un organisme qu'il a eu le privilège... je
le dis, «privilège», parce que c'est
un organisme qui fait un excellent travail dans la région de Joliette, qui se
nomme L'Annexe à Roland. Il l'a rencontré il y a de ça trois à quatre ans, lorsqu'il était... avant, la première
fois qu'il a occupé le ministère de l'Emploi, Solidarité sociale. Bon, L'Annexe à Roland en ce moment est
menacée de fermeture, parce que la direction régionale du ministère a...
se base sur les directives du ministre de
viser davantage les gens qui sont actuellement à l'aide sociale pour les sortir
de l'aide sociale. C'est une cause noble,
effectivement, d'aider les gens qui sont actuellement à l'aide sociale, de,
bon, les aider à se trouver un emploi. Ceci dit, il y a aussi les
jeunes, dans ce cas-ci, qui sont les jeunes sans chèque. On pourrait revenir avec le même débat, à l'époque, sur les
carrefours jeunesse-emploi, où les jeunes sans chèque étaient mis de
côté, donc les jeunes de 16, 17 ans ou
des jeunes qui n'ont pas de chèque, qui ne sont pas encore rendus à l'aide
sociale et qu'on veut les aider par
des mesures d'employabilité, mais aussi faire en sorte qu'on puisse les
accompagner davantage. Donc, j'aimerais savoir de la part du ministre
pourquoi la direction régionale vient de donner un avis verbal à L'Annexe à
Roland pour dire qu'ils ne pourront plus être subventionnés, recevoir de
l'argent par le CLE de Joliette, dont... qui va faire en sorte que cet
organisme est largement menacé de fermeture.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad : Alors, je me souviens, M. le Président, on est allés
visiter cet organisme-là il y a trois ans. La même journée, j'étais avec
le député de Saint-Jérôme, dans le temps, et on a annoncé aussi une subvention
pour le député de Saint-Jérôme, c'est
Vidéotron, pour la formation des centres d'appel. Il était très content, dans
le temps, d'avoir ça. C'est juste
parce qu'il me parle... de mémoire... Alors, je vais demander à
Mme Bourassa, si on a le consentement, de donner les explications
très détaillées sur ce sujet-là.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, ça va me prendre un consentement, s'il vous
plaît.
Turcotte :
Bien, M. le Président...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui? Bien, vous donnez le consentement ou pas.
Turcotte :
Oui, bien, moi, je veux dire quelque chose.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, bien, allez-y.
Turcotte : M. le Président, moi, je suis d'accord pour
entendre, mais rapidement, mais j'aimerais aussi avoir la vision du
ministre, parce que c'est quand même lui qui a sa photo sur les affiches et
qu'il est ministre.
Président (M. Cousineau) : D'accord. Alors, vous donnez votre
consentement pour une réponse brève, monsieur...
Président (M. Cousineau) : Oui, d'accord. Alors, madame, votre
nom et puis votre titre, s'il vous plaît, pour les fins
d'enregistrement.
Mme Bourassa
(Johanne) : Johanne Bourassa, sous-ministre associée et responsable
d'Emploi-Québec.
Alors,
effectivement, l'organisme
Annexe à
Laurent... à Roland, pardon, est un organisme qui est financé depuis plusieurs années par Emploi-Québec. Par ailleurs,
Emploi-Québec n'est pas le seul bailleur de fonds de cet organisme-là, puisqu'il reçoit aussi des sommes du gouvernement
fédéral en vertu du programme Connexion compétences. Les sommes du fédéral sont davantage pour des jeunes plus
près du marché du travail, alors que ceux d'Emploi-Québec étaient dans
le cadre des projets de préparation à l'emploi pour des clientèles plus
éloignées du marché du travail. Il semble y avoir une confusion dans la façon dont l'offre de services est structurée pour
les deux clientèles, alors la région a demandé à l'organisme de déposer une offre de services, et l'offre de services qui
a été déposée n'était pas entièrement en lien avec ce qu'on lui a demandé. Donc, la région leur a écrit
le 30 avril dernier pour leur demander d'ajuster leur proposition, et
ils se sont donné jusqu'au 15 mai pour pouvoir en discuter et convenir,
là, d'une solution à l'intérieur de ce dossier-là.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, Mme Bourassa. M. le ministre, vous
vouliez ajouter quelque chose?
Hamad : M. le Président, on veut aider les jeunes, c'est
clair, sauf qu'il faut comprendre, là, la règle est partout. Lorsqu'on fait affaire avec un... on achète des
services d'un organisme, l'organisme doit répondre aux attentes. Vous
savez, quand quelqu'un vous paie, il faut que vous répondiez à des attentes, et
vous avez une reddition de comptes à faire. Donc,
cet organisme-là, particulièrement, M. le Président, on mélange deux
programmes. On utilise les jeunes... Un des programmes, là, c'est les jeunes éloignés du marché du travail, puis là
on mélange ça avec compétences. Alors, Emploi-Québec... Et je suis convaincu que le député, pour les redditions de
comptes, soit d'accord avec ça. On veut aider, mais il y a des
redditions de comptes puis il y a des règles à respecter, c'est juste une
question d'entente entre Emploi-Québec et l'organisme.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean,
il reste trois minutes.
Turcotte : O.K. Merci, M. le Président. Donc, en même temps,
c'est quand même... Je comprends, bon, le ministre a abordé Connexion
compétences, effectivement, bon, avec la demande du ministère, du moins la
direction régionale, ça fait en sorte que ça
met en... l'organisme ne pourra plus demander de... ne pourra plus soumettre à
Connexion compétences, ce qui fait en sorte
que, bon, ça, c'est de l'argent du gouvernement fédéral qui pourrait... qui
descend dans les régions. C'est quand
même notre argent, là, hein, l'argent des Québécois qui s'en va à Ottawa. Donc,
j'aimerais avoir de la part du
ministre... Je comprends que c'est important, la reddition de comptes, puis
tout ça, là, ça, on n'a pas de problème là-dessus, mais voir... Là, le
ministre me fait un signe, là, je...
Hamad : Bien, en fait, on ne peut pas faire dans le même
groupe deux types de clientèles différentes. C'est-à-dire, on a deux programmes : on a un
programme compétences pour les jeunes puis l'autre programme, c'est les
jeunes qui se sont éloignés du marché de
travail. Donc, actuellement, cet organisme-là mélange les deux groupes. Puis ce
qu'on leur demande, de ne pas mélanger parce
que ce n'est pas le même programme, ce n'est pas la même formation, ce
n'est pas les mêmes efforts.
Et, M. le Président,
je vais déposer une copie de... je déposerai après une copie de la lettre qui
était adressée à l'organisme. En fait, ils sont bons, sauf qu'ils font deux
programmes dans le même et ils ne peuvent pas faire ça actuellement. Et c'est
simple, la raison, on ne mélange pas la clientèle, et ce qu'on demande, c'est
juste de faire ça comme il faut. Puis, je
pense, c'est pour l'intérêt des jeunes, l'intérêt aussi... c'est de l'argent
public, là. Donc, on demande juste ça. Puis je pense, aussi, pour le
bénéfice de mon collègue... Probablement il le sait, là, je n'ai pas de doute,
la députée de Joliette est au courant aussi, elle suit le dossier de près puis
elle est informée.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. Il reste
1 min 10 s.
Turcotte :
On va le transmettre sur l'autre bloc.
Président (M. Cousineau) : Oui, vous allez le transmettre sur
l'autre bloc? Merci, M. le député de Saint-Jean. Alors, je suis prêt maintenant à reconnaître un membre du côté
ministériel. Je crois que c'est le député de... Ah! on m'avait dit
Pontiac, mais c'est M. le député de Jean-Lesage.
M. Drolet :
C'est bien ça, oui.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député, la parole est à vous.
Drolet : Merci beaucoup, M. le Président. Bien, M. le
Président, je salue, naturellement, l'équipe du ministre — on est
quand même rendus à plusieurs fois — les collègues de l'opposition et mes
collègues du ministériel.
Alors,
cet après-midi, M. le Président, j'interviens sur la loi du 1 %. Une loi
favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre a été créée il y a près de 20 ans pour améliorer la
qualification des travailleurs en emploi
notamment par l'investissement des entreprises dans la formation. En vertu de
cette loi, toutes les entreprises
établies au Québec ayant une masse salariale supérieure à 1 million de
dollars sont tenues d'investir l'équivalent d'au moins 1 % de celle-ci en dépenses de formation qui est
admissible. Si elles ne le font pas, elles sont tenues de verser un montant équivalent sous forme de contribution au
Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre. Les sommes qui sont versées dans ce fonds sont principalement
affectées aux mesures de formation soutenues par la Commission des partenaires
du marché.
Dans
le but d'alléger le fardeau administratif des petites entreprises, le
gouvernement entend rehausser le seuil d'admissibilité
à la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la
main-d'oeuvre, le faisant passer de
1 million à 2 millions. Cette mesure fera diminuer de moitié le
nombre d'entreprises qui seront tenues d'investir au moins 1 % de leur masse salariale. Ce
faisant, environ 8 000 entreprises n'auront pas à déclarer leurs
investissements en formation. Le
gouvernement considère que les entreprises à plus grande taille doivent
poursuivre leurs investissements dans le
développement des compétences de leurs ressources humaines. Toutefois, celles
qui comptent un petit nombre d'employés
ont plus de mal à répondre aux exigences de déclaration de leurs
investissements en formation, et c'est pourquoi le gouvernement souhaite
alléger un fardeau administratif.
M. le Président, un
vif débat est d'ailleurs éclaté à l'automne dernier autour de la pertinence de
la loi du 1 %. Certaines organisations patronales, dont la Fédération des
chambres de commerce et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, ont réclamé son abolition pure et simple,
alors que les organismes syndicaux et communautaires s'en sont portés à la défense. M. le Président,
moi, de mon côté, il est important de faire part de cette situation parce
que la loi du 1 %, comme on peut le
voir dans les dernières semaines, a suscité beaucoup d'intérêt par rapport à
des dépenses assez particulières de la part de certaines organisations,
par rapport à cette règle et à cette loi.
comme le ministre l'a si bien dit d'entrée de jeu tout à l'heure, il est
important de reconnaître l'importance de la formation, parce que c'est ce qui fait en sorte que les entreprises
s'améliorent, les entreprises vont plus loin. Et c'est bien important souvent, cette situation-là, pour
permettre à tout le monde d'avoir cette chance-là d'avoir des
professionnels pour les mettre à l'ordre du
jour et... mais par contre, c'est sûr, dans le respect, et dans le respect de
dépenses qui sont moindrement assez... Puis d'ailleurs le ministre en a
fait une certaine sortie la semaine passée. Je pense que là-dessus il pourra en parler lui-même tout à l'heure, mais
il faut faire attention aussi parce que les dépenses qui sont faites
dans ce sens-là... Moi, la semaine passée,
d'ailleurs... Parce que ça a sorti beaucoup, les hôteliers — vous savez, je viens du milieu de l'hôtellerie, de la restauration — il est évident qu'eux autres ce n'est pas de
leur faute si les dépenses farfelues se font, autres que de la formation, qui fait en sorte que ça nuit à leurs
opérations, parce que, s'il y a de la publicité concernant ces formations-là et que ces formations-là n'existent
plus, alors on comprend très bien que c'est aussi une économie aussi qui
se fait ressentir de cette part-là. Parce
que je pense qu'il y a des belles choses qui se font. Il ne faut pas y aller
par les moins bonnes pour être capable de faire des bons jugements.
Alors,
dans le cadre de ce plan-là, M. le ministre, 2015-2016, le gouvernement annonce
justement une réduction du fardeau administratif des entreprises en lien
avec cette loi. J'aimerais que vous nous en parliez un tout petit peu, à ce
moment-là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
Merci, M. le Président. Vous savez, le député de Jean-Lesage, depuis des
années, l'allègement réglementaire, pour
lui, c'est son bébé, puis c'est important pour lui d'alléger la réglementation
pour les entreprises. Et je suis
convaincu que son travail a fait en sorte que, le dernier budget, nous avons
annoncé de monter le niveau de 1 million obligatoire. Les entreprises, 1 million de... pas de chiffre
d'affaires, mais 1 million de... salariale, masse salariale,
1 million de masse salariale, on le
monte à 2 millions pour avoir l'obligation de 1 %. Ceci étant fait,
ça permet à 8 000 entreprises de moins de faire les rapports. Donc, c'est un allègement pour ces
entreprises-là, et c'est 50 % des entreprises, actuellement, qui
sont assujetties à la loi 1 %.
Soyons
clairs, M. le Président, on ne veut pas... La loi 1 %, elle est là pour
rester, mais il faut l'actualiser pour tenir compte de l'évolution de la
société, et aussi l'importance de dépenser de l'argent à la bonne place, et
vraiment que... surtout l'organisation publique, avec les fonds publics, qui
prend l'argent de nous, des payeurs de taxes, qu'il soit investi à la bonne
place et bon escient.
Alors
donc, ce que nous avons fait, c'est... Le fait d'augmenter le seuil à
2 millions fait en sorte qu'il y aura un manque à gagner dans ce fonds-là de 12 millions provenant des
entreprises, et le gouvernement a décidé de remplacer ce 12 millions là en mettant de l'argent dans le
fonds. Donc, le fonds va disposer, d'ici 2019 et 2020, pour 70 millions
de dollars où, en 2015-2016, on a
17 millions de dollars pour la formation des entreprises... formation dans
les entreprises.
Je profite de
l'occasion pour mentionner M. Florent Francoeur, qui est le P.D.G. de
l'Ordre des conseillers en ressources
humaines agréés, qui est présent avec nous, qui est membre de la Commission des
partenaires. Il a accepté, depuis le
mois de février, d'être un président par intérim de l'organisation. Et
évidemment on va profiter de l'expérience de M. Florent Francoeur
pour travailler avec la commission et avec les partenaires.
Donc, il y a deux
choses, M. le Président, pour la...
Hamad : C'est moi, ça. Excusez-moi, je cherchais c'est qui.
Et donc on a dit... Alors, on était sur le 1 %. Donc, il y a deux volets : il y a la loi 1 %,
puis il y a aussi les pouvoirs de la Commission des partenaires. Pour le
1 %, M. le Président, on a vu,
malheureusement, avec le temps, il y a une exagération de certaines
organisations où on commence à donner
des cours de rigolothérapie, on va dire le vrai terme, mais en vrais termes, M.
le Président, pour que la population nous
comprenne, des cours de clown. Et, à un moment donné, c'est assez, surtout
lorsqu'on utilise l'argent du public pour... Et je ne pense pas que ces cours-là vont aider davantage, améliorer les
compétences et les connaissances des employés. Alors, c'est là-dessus qu'on veut réviser le projet de loi pour...
Évidemment, ça n'empêche pas quelqu'un, dans le privé, sans mettre dans la loi 1 %... S'il pense que
le cours de clown est important, ils peuvent le faire, mais pas en dedans
de la loi 1 %. Alors, ça, c'est
important pour nous, et évidemment d'autres types de cours qui ne sont pas liés
directement à la compétence et à la formation des employés.
Et ça, c'est très important, M. le Président,
parce qu'il y a un malaise de dire... utiliser les congrès pour ce genre de cours là. Moi, je pense que ça va
demeurer, les congrès, c'est important, les réunions des cadres, des
travailleurs, des fonctionnaires, et tout
ça, mais dans le cadre où on veut améliorer les compétences, on veut améliorer
les connaissances. Si on veut sortir en dehors de ça... ne devrait pas
faire
partie ni de 1 % ni, évidemment, des subventions que le gouvernement
donne pour les organismes publics. Donc, ça, c'est premier élément. Donc, il y
a une modernisation, il y a une actualisation de la loi 1 %.
Deuxième volet que... il est important, puis
c'est là, mon collègue en parle aussi, et là aussi je regarde mon collègue le
député de D'Arcy-McGee, pour lui, l'importance de l'adéquation
formation-emploi. Et, pour nous, M. le Président,
c'est que la meilleure organisation gouvernementale, les mieux placées, qui
connaît bien les besoins du marché du travail,
c'est la Commission des partenaires du marché du travail. Je pense qu'ils sont
en mesure, avec l'équipe qu'ils ont, de
soutien du ministère et leur équipe... ils sont en mesure d'identifier les
métiers, les professions, les besoins exacts du marché du travail. Et par la suite, évidemment, on est capables de
travailler avec l'Éducation pour savoir... et les centres de formation professionnelle, vous savez, les
commissions scolaires, les cégeps, les universités pour voir quelles sont
les formations nécessaires rapidement pour
répondre au marché du travail. Et ça, c'est notre grand défi.
Malheureusement, on ne l'a pas réussi
encore, mais maintenant c'est une priorité de notre gouvernement. Je pense que
les partis d'opposition vont partager
ces priorités-là parce que c'est une priorité qui nous permet, en fait,
d'enrichir le Québec, de ramener du monde sur le marché de travail, d'aider les jeunes à trouver un emploi, et des
gens à l'aide sociale aussi. Moi, pour moi, trouver un emploi, c'est
trouver sa dignité en même temps.
Donc, la commission du partenaire de marché du
travail, nous sommes en train de travailler avec eux pour établir la stratégie, et les moyens, et les façons
qu'on veut le faire, mais, en principe, le principe que nous cherchons,
c'est donner un pouvoir à la commission, ne s'est jamais fait avant. Ce
pouvoir-là constitue à demander des redditions de comptes à des organisations d'enseignement, au ministère de l'Éducation,
sur les résultats obtenus suite à la planification qu'on fait pour les
besoins de formation et adéquation. Alors, ça, c'est important. C'est-à-dire,
demain matin, on va demander aux commissions
scolaires : Voici les budgets qu'on vous offre, mais on veut avoir tel
cours, telle formation qui vont en fonction du marché de travail.
L'autre élément important, M. le Président,
c'est qu'on veut augmenter les stages chez les entreprises. On veut que les entreprises nous aident à faire la
formation à l'entreprise, et ça, c'est important. Et, vous le savez, il y a
plusieurs modèles qui existent dans le
monde, mais il n'y a pas un modèle qui peut coller 100 % au Québec. Il y a
des idées qu'on peut trouver ailleurs
qui peuvent peut-être nous inspirer pour faire notre propre modèle, notre
propre programme, comme le modèle
allemand, mais il n'est pas 100 % copiable. Par contre, les idées, c'est
quoi? L'idée principale, maîtresse, c'est la formation, le stage en entreprise. Et, vous savez, souvent... Comme moi,
comme formation d'ingénieur, M. le Président, on apprend à l'université des bonnes choses, on a fait... j'ai fait une
maîtrise, j'ai fait une autre maîtrise, mais, M. le Président, la
meilleure formation que j'ai eue, c'est lorsque j'ai commencé à pratiquer.
C'est là qu'on apprend. On apprend des méthodes, des façons de faire.
Évidemment, il faut qu'on continue à être formés.
Alors, imaginez la formation d'un soudeur dans
l'entreprise, la formation de main-d'oeuvre spécialisée pour répondre aux
demandes particulières à l'entreprise où, des fois, les centres de formation
n'ont pas les moyens pour amener des équipements pour former les jeunes.
Pendant que... Et j'ai vu ça récemment, M. le Président, le CRIQ, le Centre recherche industrielle du Québec, ils ont
acheté un équipement de taille de métal, et cet équipement-là est devenu
comme un élément pour former les gens à utiliser cet équipement-là qui est
utilisé dans plusieurs industries, ce qu'on ne verra pas dans un centre de formation, le type d'équipement que je parle, parce qu'il y a un
investissement de quelques millions de dollars, et je ne pense pas
qu'ils sont capables de faire l'investissement. Cependant, il peut y avoir une
collaboration entre le centre de formation, entre les cégeps, entre les
universités et les entreprises dans la formation.
Et souvent,
lorsque vous rencontrez des chefs d'entreprise, ce qu'ils vous disent, les
chefs d'entreprise : J'ai besoin de
main-d'oeuvre qualifiée qui répond à mes demandes, mes besoins et j'ai de
misère à les trouver. Puis évidemment, des fois, on fait la formation,
puis, lorsque quelqu'un, il a terminé sa formation, malheureusement on a des
métiers, des professions qui ne sont pas
prêts encore ou ne sont près, près en distance, du marché du travail. Donc, il
faut vraiment qu'on travaille là-dessus.
Et, ce que nous allons faire, nous allons
travailler avec la commission. Et la commission, pour moi, M. le Président, c'est un joueur important. La
commission, c'est des représentants des syndicats, des représentants des
patrons, des représentants du milieu de l'éducation, c'est-à-dire les
commissions scolaires, les cégeps, les universités, ils sont présents à la
commission, les groupes communautaires, qui jouent un rôle important aussi dans
la main-d'oeuvre, la connaissance de la main-d'oeuvre. Alors, tout... et
évidemment les représentants des ministères importants, comme l'Éducation, comme l'Immigration, bien sûr Emploi,
Solidarité sont présents aussi. Alors donc, ces joueurs-là ensemble, M. le Président, nous
permettent d'avoir la meilleure vision et la meilleure... Et ils possèdent en
main, ils vont posséder en main les
meilleures données factuelles du marché du travail, qui va nous permettre de
planifier. Alors, imaginez si, avec la Commission
des partenaires, nous allons identifier les besoins du Québec en matière, je ne
sais pas, moi, des soudeurs, d'autres métiers, et là on va concentrer
l'immigration en fonction de ça, on va encourager nos jeunes à étudier... Les 200 000 jeunes, là, qu'on parlait
tantôt, là, on peut les encourager à choisir un métier où ils savent très bien
après qu'il y a une possibilité de trouver un emploi.
L'autre
élément, il faut favoriser davantage... valoriser davantage les métiers aussi,
M. le Président. Quelqu'un qui est
bon dans son métier, il peut gagner un bon salaire. Aujourd'hui, un bon
salaire, on ne parle pas d'un salaire moyen de 45 000 $, là, par année, on parle des salaires beaucoup plus
élevés que ça, et ça, c'est en fonction des compétences, des connaissances et surtout de la volonté de la
personne de faire ce qu'il aime puis en même temps acquérir des
compétences. Donc, on parle des stages,
encourager les stages, financer certains stages, de la formation que
l'employeur peut donner aux stages.
Ça, on veut encourager les employeurs à faire ça. Donc, c'est une vision
nouvelle qu'on amène, M. le Président. Puis
je pense, actuellement, aujourd'hui, que nous allons mettre les moyens pour
réussir. Nous avons les équipes pour réussir,
nous avons le contexte, surtout. Vous savez, ce qui est important, à la fin de
la formation ces jeunes-là trouvent un emploi. Vous me parlez du temps,
M. le Président? Combien il restait?
Le Président (M. Cousineau) :
5 min 37 s.
Hamad :
Cinq minutes? O.K., merci. Alors, je vais laisser le collègue, s'il a une autre
question additionnelle, les collègues... Je vais revenir là-dessus
tantôt.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Jean-Lesage?
M. Drolet : Bien, ça va être...
C'est assez clair pour moi, M. le Président. Je vais laisser...
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. le député de Champlain.
Auger : Oui, merci, M. le Président. C'est toujours un plaisir de vous
côtoyer, cher M. le Président. Permettez-moi de saluer également le ministre et toute son équipe, mes collègues,
bien sûr, de l'opposition officielle, de la deuxième opposition, bien
sûr, M. le député de Nicolet-Bécancour et bien sûr mes collègues du
gouvernement.
M. le Président, on entend parler beaucoup
d'emploi et on parle aussi qu'il y aura à peu près plus de 725 000 emplois, à l'intérieur de cinq
ans, qui devront être comblés. On dit également que l'adéquation formation-emploi
est un des grands défis du marché de
l'emploi actuellement. Mais on doit se rappeler, M. le Président, qu'il y a des
emplois de disponibles au Québec. En moyenne, il y a 50 000 postes
qui sont affichés sur le site Placement en ligne d'Emploi-Québec, et rappelons que les deux objectifs du
gouvernement pour l'adéquation formation-emploi sont, premièrement,
qu'il y ait un maximum de travailleurs sur le marché du travail, notamment en
favorisant l'emploi chez les jeunes, chez les immigrants
et chez les travailleurs qui sont expérimentés, deuxièmement, que la
main-d'oeuvre soit qualifiée et puisse répondre aux besoins du marché du
travail.
Mais actuellement que se passe-t-il exactement
avec l'emploi? Aujourd'hui, le 4 mai 2015, quelle est la situation, M. le Président? Et quelle est la
situation, entre les... mais, M. le ministre... La question au ministre, c'est
de savoir exactement quelle est la situation
actuellement, au moment où on se parle, le 4 mai 2015, et quelle est
la situation également entre les temps-pleins, les emplois à temps
plein, et les emplois à temps partiel.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Champlain. Alors, M. le ministre, il reste
3 min 30 s.
Hamad : Merci, M.
le Président. Je me rappelle quand on était à l'opposition, nous posions beaucoup
de questions au ministre des Finances et la ministre déléguée à l'Économie sur
les emplois, et on voyait comment c'était important,
la création d'emplois. Alors, j'y ai pensé que... Et je veux remercier mon
collègue le député de Champlain
de poser la question, parce que
c'est important, les emplois, M. le Président. Et je me souviens... Ça fait quelques mois
qu'on n'a pas eu de question sur l'emploi, et je comprends pourquoi : parce
que ça va bien, et on va atteindre le premier objectif sur l'emploi, M. le
Président. Et, rappelez-vous, nous avons promis que le Québec, le Québec — je
dis bien «le Québec», ce n'est pas le gouvernement du Québec mais le Québec — avec les mesures que nous allons
mettre en place, avec les forces
d'entreprise que le Québec... pensons qu'il va créer 250 000 emplois
sur cinq ans. Alors, 250 000 sur cinq ans, ça fait une moyenne de
50 000 par année.
Et là je prends les statistiques, les mêmes
statistiques où le député de Rousseau utilisait avant. Alors, si on regarde le nombre de travailleurs en
avril 2014, avril 2014, M. le Président, il y avait
4 042 000 Québécois qui travaillaient. Et, en mars 2015 — donc, il en manque un, mois, faire une
année — il y
avait 4 099 000 travailleurs au Québec, M. le Président. Donc, je fais la soustraction des deux
chiffres : il y a 57 000 emplois de plus entre mars 2015 et
avril 2014. 57 000, M. le Président, c'est beaucoup plus que
50 000, c'est à peu près 12 % de plus que l'objectif, et il manque un
mois encore pour finir l'année.
Là, je regarde le
député de Nicolet-Yamaska-Bécancour. Lui, il pense à son chef. Son chef
dit : Oui, il y a des temps-partiels
là-dedans, puis ce n'est pas assez. Bien, ce que je dis à son chef, deuxième
opposition : Ce n'est pas une insulte
aujourd'hui, quelqu'un qui travaille à temps partiel. Parce que, je suis
convaincu, ici, dans la salle, nous connaissons tous quelqu'un qui
travaille à temps partiel par choix. Moi, j'ai un garçon, M. le Président, à la
maison qui travaille à temps partiel parce qu'il fait des
études, puis il est très fier de faire une job à temps partiel. 70 % des
gens qui sont à temps partiel, ils les ont choisis. Et ça fait partie... une
étape à la création de richesse, M. le Président.
Moi,
je ne sais pas, quand je vais chez Canac ou Canac-Marquis, M. le Président, j'en vois un, conseiller, qui me donne les meilleurs conseils, c'est une personne
retraitée qui travaille à temps partiel, parce qu'il a aussi le temps
pour prendre sa retraite puis en même temps il veut travailler. Alors, il y en
a plein.
Ce qui est important, M. le Président, c'est que, dans ces chiffres-là, lorsqu'on... si on compare... Parce que je sais que le chef de deuxième
opposition officielle, il nous sort les statistiques par rapport aux autres
provinces puis le Canada, puis il
revient avec ça souvent. La réponse, M. le Président, c'est : Par rapport
au Canada et à l'Ontario, nos statistiques d'emploi sont excellentes.
donc je vais revenir, M. le Président, parce que la question d'emploi,
normalement c'est le sujet de l'après-midi.
Alors, je vais prendre le temps tantôt pour revenir... d'expliquer, puis
j'attends, bien sûr, des questions de l'opposition sur l'emploi.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. Ça termine le bloc réservé
au parti ministériel. Nous allons passer maintenant aux représentants du deuxième
groupe d'opposition, je crois que c'est M. le député de Nicolet-Bécancour. Vous
avez 16 min 24 s.
Martel : Merci, M. le Président. Bonjour, M. le ministre.
Vous savez, M. le Président, c'est la troisième étude des crédits que je fais avec le ministre, et on
dirait que plus ça va, plus je m'attache. Je trouve que M. le ministre a
des répliques... il a une vision très lucide, mais en même temps très orientée.
Tantôt, je ne pouvais
pas ne pas m'empêcher de penser, quand le ministre faisait allusion à
l'endettement du Québec, qu'il dit qu'il
reprochait un peu au Parti québécois de ne pas se soucier de l'endettement...
Puis il est vraiment convaincu quand
il parle dans cet objectif-là. Moi, je veux juste le rappeler que son parti a
quand même été au pouvoir de 2003 à
2012, et la part d'endettement est assez phénoménale. L'endettement que le
Parti québécois a fait à cette époque-là est assez phénoménal. Mais il n'est jamais trop tard pour avoir une
pensée pour nos enfants puis dire : Écoute, on ne peut pas laisser
le Québec dans cet état-là. Donc, le Parti libéral s'attaque à l'endettement,
et c'est une bonne nouvelle, sincèrement.
veux revenir un petit peu sur les carrefours jeunesse-emploi. Je pense que ça
va être mon intervention la plus dure par rapport à mes... les autres
partis de l'opposition.
Vous savez, en 1994,
le gouvernement du Parti québécois a pris le pouvoir — j'allais
dire à l'époque où le Parti québécois était
un grand parti politique — il a fait une couple de choses intéressantes, notamment pour les
régions, sincèrement. Aujourd'hui, là, on
voit que tout le monde se prononce : Qu'est-ce qu'on doit faire pour les
régions? Bien, le Parti québécois, à l'époque, il avait fait deux
affaires fondamentales, à mon avis : il avait mis en place des carrefours
jeunesse-emploi, les territoires étaient collés un peu sur les circonscriptions
électorales, et il a mis en place les CLD et les CLE par la suite.
Quand le Parti
libéral est arrivé en poste, dernièrement, on a vu ce qu'il a fait par rapport
aux CLD. On a vraiment mis la hache
là-dedans, il y a des endroits où il ne reste pas beaucoup de choses. Et il a
été tenté de faire un peu la même chose avec les carrefours
jeunesse-emploi, mais il s'est ressaisi, un peu comme par rapport à la dette,
puis là il a dit : Wo! Qu'est-ce que je
suis en train de faire à mon Québec? On va replacer ça un petit peu. Donc, il
les a laissés en place, puis je pense
que ça a été une bonne décision. Et je pense que les gens du milieu, du terrain
sont assez satisfaits de l'orientation du ministre.
Moi,
je veux juste questionner le ministre par rapport à l'étude qu'il y a eu de
Raymond Chabot Grant Thornton, qui
disait que... Ils avaient fait une étude d'impact, je ne sais pas si le
ministre a vu cette étude-là, mais ils disaient qu'une des choses les plus positives qu'il y avait des
carrefours jeunesse-emploi, ça avait trait à toutes les mesures de
prévention qu'il y avait, notamment l'aide à
l'entrepreneuriat. Moi, comme ancien directeur général du CLD, je trouvais ça
intéressant, le partenariat, l'aide,
l'échange qu'on pouvait avoir entre les carrefours jeunesse-emploi et les CLD.
Des fois, on avait des jeunes qui pouvaient être au carrefour
jeunesse-emploi, il y avait des liens, ils pouvaient venir nous rencontrer, on
les aidait puis on cultivait cet esprit d'entrepreneuriat dans les territoires
ruraux. Il y avait toute la question de la lutte au décrochage dans les mesures
de prévention et il y avait aussi la stimulation du marché. Je pense qu'une des
actions qu'il y avait, c'était... Je pense
que c'est Place aux jeunes où on invitait un paquet de jeunes qui pouvaient
étudier à l'extérieur, on les amenait
passer une fin de semaine, une ou deux fins de semaine, on les faisait visiter
une couple d'emplois puis on leur disait : Voici, si vous venez
travailler ici, voici le genre d'emploi que vous pouvez avoir.
Dans
la nouvelle mission que vous avez confiée aux carrefours jeunesse-emploi, vous
avez soustrait toutes les mesures de
prévention. Moi, je voulais juste vous demander, M. le ministre, si vous
connaissez l'étude de Grant Thornton que j'ai fait allusion puis
m'expliquer un peu quel était le but d'enlever ces mesures de prévention là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad : Alors, je comprends que le député de
Nicolet-Yamaska — je
l'écoute attentivement — en 1994, il a voté pour le PQ, puisqu'il dit : C'est
le grand parti dans ce temps-là.
Martel :
...présenté pour eux autres en 2007.
Hamad : Ah! c'est
ça. O.K., c'est pour ça. En 2007, ils n'étaient plus un grand parti, selon
vous? O.K. Non, non, mais c'est parce que c'est...
Le Président (M.
Cousineau) : Répondez à la question.
Hamad : Donc, il
s'est présenté dans le temps où le Parti québécois n'était pas nécessairement
dans ses meilleures... Enfin, ce n'est
pas... c'est un choix personnel, ce n'est pas ça qui est important. Ce qui est
important, M. le Président, c'est pour l'endettement.
D'abord, il
l'a bien dit : Le Parti québécois, il a endetté le Québec énormément, puis
il a raison, M. le Président. Puis,
c'est drôle, celui qui était responsable des grands ministères d'endettement,
c'était son chef. Alors là, il faut faire attention, là, parce que c'est son chef qui était ministre de
l'Éducation, son chef qui était ministre de la Santé, et, on le sait,
ces deux ministères-là font
partie grandement de la dette. Mais, enfin, je vais
peut-être...
2003-2012 — je m'en
viens — M. le
Président, il a oublié une affaire, entre 2003-2012, il y a eu, 2008, la
plus grande crise économique de l'histoire
depuis 1930. On ne se rappelle pas, au Québec, vous savez pourquoi? Parce
qu'on a passé à travers comme jamais. Puis,
selon le premier ministre Landry, il a dit que le Québec, c'est celui qui a le
mieux performé au Canada pour faire face à la crise. Et les gens, ils ne se
rappellent pas qu'il y a eu une crise économique. Demandez aux Américains,
demandez aux gens de l'Ontario, eux autres, ils se rappellent. Pourquoi? Parce
qu'eux autres ont souffert. Nous autres, ce n'était pas le cas.
Mais comment
on a sorti à travers la crise? On a investi dans les infrastructures. C'était
une très belle occasion, on avait des infrastructures vieillissantes,
puis il fallait investir en même temps. Donc, ça nous a aidés de sortir à
travers la crise. Deuxième élément qu'on a
fait, on a fait le Pacte pour l'emploi. Troisième, on a supporté le crédit
d'entreprise pendant cette crise-là. Et moi,
je fie à M. Landry, qui a été élu en 1994, qui était dans les grands
partis dans le temps, et c'est lui
qui dit que le Québec a bien sorti. La différence, c'est juste ça, c'est qu'on
a investi dans les infrastructures, un programme
de 99 milliards de dollars, qui a augmenté la dette aujourd'hui.
Maintenant, on a traversé la crise, il faut revenir à l'équilibre
financier, donc il faut travailler la dette et évidemment le déficit. Ça, c'est
premier élément. C'est important parce que
la crise... En 1994, il n'y a pas eu de crise, là. Il y a eu des petites
crisettes, là, à un moment donné, mais pas une crise. On en a eu une
grosse avec le référendum, mais après ça on s'est stabilisés.
Alors, on
revient maintenant aux forums... aux carrefours jeunesse-emploi. M. le
Président, il parle souvent de CLD,
mais son modèle de CLD aujourd'hui peut marcher encore. Pourquoi? Parce que...
Puis il parle avec expérience, puis
je respecte son expérience, il était D.G. de la MRC puis D.G. du CLD. Il n'y en
avait pas beaucoup dans les CLD au Québec,
quelqu'un qui faisait les deux, en passant. Et aujourd'hui les MRC peuvent
embaucher des gens pour faire la job de
CLD, ce qu'ils faisaient avant. Exemple, la ville de Québec, ils ont embauché le
P.D.G. de la CRE, M. Mario Leblanc. Et, M. Leblanc, premier changement qu'on n'avait pas avant, puis,
je pense, vous allez l'apprécier, c'est qu'actuellement, les services économiques, suite à l'abolition des
CLD, aujourd'hui ils sont capables offrir des services en dehors des
heures du travail, le soir. Et peut-être vous le faisiez chez vous avant, mais,
nous, là, à Québec, c'est nouveau, on n'était pas capables avant avoir des services après 4 h 30. Là, on a des
services aux entrepreneurs après 4 h 30. C'est un exemple. Puis là on a pris le P.D.G. de la CRE puis l'a
engagé pour faire le développement économique. Donc, ce qui est
important, c'est : les structures sont
disparues, mais l'argent est encore là pour faire le développement, pour faire
le développement, faire le développement économique, faire le
développement.
Maintenant, les carrefours jeunesse, travailler
avec les CLD dans des programmes, ça, ça dépend quel carrefour et quel CLD, il faut faire attention, parce que les CLD
n'étaient pas égaux partout. Et je me souviens, quand j'étais ministre du Développement économique, on
regardait les performances des CLD et malheureusement on n'avait pas
tous des bonnes performances. Puis il y avait des parties des CLD qui étaient...
le D.G. de CLD était D.G. de MRC, puis il y en avait qui avaient une autre
structure complètement différente. Mais rien qui empêche aujourd'hui...
Vous avez parlé d'un mot important, le
décrochage scolaire. Aujourd'hui, dans le 15 millions qu'on donne aux carrefours jeunesse-emploi, c'est justement
travailler pour le décrochage scolaire, persévérance scolaire et les
enfants en difficulté. Et l'autre élément,
c'est que, quand il va y avoir des projets locaux... Il comprend très bien
parce que c'est un gars de région,
c'est un gars qui était proche de son monde, il sait très bien que le
carrefour, il est proche du monde. Le forum, c'est loin, c'est une
structure régionale. Le carrefour, c'est dans le coin, sur le terrain, puis
proche de sa clientèle.
Je vais le laisser poser d'autres questions.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Nicolet-Bécancour.
Martel : Oui. Oui,
mais, dans le fond, c'étaient les mesures de prévention. Mais on va aller un
petit peu plus loin, M. le ministre.
De la façon
que les carrefours jeunesse-emploi fonctionnaient, il y avait, je dirais, une
autonomie presque entière. Maintenant, ce qu'on demande au jeune qui veut avoir un
service de carrefour jeunesse-emploi, on demande au jeune d'aller s'inscrire ou
d'avoir une espèce d'accréditation d'Emploi-Québec, puis ensuite de ça il peut
se présenter au carrefour jeunesse-emploi.
Moi, la
question que j'ai pour le ministre, c'est : Le carrefour jeunesse-emploi, c'est des services. Emploi-Québec, il y a des services, mais il y a
aussi de la bureaucratie. J'essaie de faire le lien. Comment le ministre ou
bien comment le ministère peut augmenter la tâche de son ministère
d'accréditer des gens avant d'aller au carrefour jeunesse-emploi... Comment qu'on peut leur demander d'alourdir le ministère
de cette nouvelle tâche puis en même
temps présenter une structure
puis dire qu'on allège les structures puis on essaie d'être plus efficace? Moi,
sincèrement, de la façon que je vois ça,
c'est qu'on ne rend pas l'organisme plus efficace, là, on augmente vraiment...
Puis on demande aux personnes sur l'assistance sociale de ne pas faire une
démarche mais de faire deux démarches. J'essaie de comprendre le
rationnel de ça, là.
Président (M. Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
M. le Président, j'ai parlé à M. Soulières, à Mme Monique, qui est la
présidente du conseil... Mme Sauvé, Monique Sauvé, et ils sont heureux
dans le cheminement actuel.
fait, là, les carrefours, la première entente de 45,5 millions avec les carrefours, ils ont tous signé. Cette entente-là, ce
qu'on leur dit : Vous allez
prioriser la clientèle à l'aide sociale et l'assistance-emploi; ça n'empêche
pas que vous allez faire les autres
choses. Et là on vient en ajouter 20 millions de plus, là on se rend à peu près
à 70 millions aux carrefours jeunesse-emploi. Donc, ce
qu'on leur demande, c'est exactement la même chose qu'on demande à d'autres
organismes. Et je suis certainement sûr qu'il va être d'accord avec moi, il faut avoir une reddition de
comptes, et on veut avoir des gestes posés
qui vont rapporter pour la société. Donc, on établit avec eux les programmes,
dire : Nous autres, on veut prioriser telle clientèle, telle
clientèle.
on vient en ajouter une autre aussi, c'est la persévérance scolaire, les jeunes
en difficulté, l'entrepreneuriat et la communauté,
on vient de l'ajouter, là, dans 15 millions plus 5, des projets dans la communauté. Là, on
donne un champ beaucoup plus large puis on leur dit : Mais, nous,
là, quand vous allez faire vos comptes à rendre, là, les redditions de comptes, nous autres, pour nous, c'est la
priorité. C'est tout à fait normal lorsqu'on subventionne 70 millions de l'État
pour ces organisations-là, que j'ai confiance. C'est tout à fait normal, il
faut trouver une façon de reddition de comptes.
Pour le rapport
Raymond Chabot Grant Thornton, il faut faire attention que, dans ce rapport-là,
on a juste fait... pris trois CJE, seulement. Alors, il faut faire attention.
C'est bon, mais il y a des choses qu'il faut faire attention dans le...
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député.
Martel :
On est parti, là, de... Puis je salue, là, la décision, puis je sais que vous
croyez aux carrefours, ça paraît quand vous
en parlez, mais mettez-vous à la place des administrateurs des carrefours, là,
ils sont passés d'un état où votre précédent prédécesseur voulait les
abolir à dire : Bien, regardez, vous allez rester en fonction, mais on va
vous demander... Ce n'est pas une reddition
de comptes qu'on demande, c'est vraiment à la personne
qui est sur l'assistance sociale
d'aller chercher une accréditation auprès d'Emploi-Québec avant de se présenter
au carrefour jeunesse-emploi. Moi, j'essaie de voir le rationnel de ça,
M. le ministre, puis j'aimerais ça savoir, parce que ça ne se peut pas que ça
engendre... C'est une tâche qu'Emploi-Québec n'avait pas, vous venez de
rajouter une tâche. Combien ça va coûter, ça, pour le ministère à la fin, là?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre. Il reste deux minutes.
Hamad :
Bien, c'est... Je comprends la question de mon collègue le député, mais moi,
quand je parle aux carrefours
jeunesse-emploi, Mme Sauvé,
M. Soulières... J'ai même ici des citations, Sonia Noël, D.G. de CJE
Montmorency, Rolande Hébert, présidente
de C.A., CJE Rouyn-Noranda, et j'en ai d'autres, citations. En fait, mois
d'octobre l'année passée, on les a
avisés qu'on s'en vient avec le nouveau mode, donc ils ont eu quelques mois
pour se préparer. Puis c'est important parce
qu'ils ont une bonne expertise, ils
sont proches des jeunes, ils aident les jeunes. Les jeunes aiment ça
aller là, et je pense que, les gens qui sont là, c'est dévoué.
Maintenant, ce qu'il
est important de noter, c'est qu'il faut que toutes les organisations
subventionnées par le gouvernement... Si vous voulez avoir une subvention au gouvernement,
vous avez une reddition de comptes et vous avez à répondre à l'orientation que
le gouvernement donne. Puis, notre orientation, je suis convaincu, je mets au
défi, il n'y a personne qui peut être contre qu'on s'occupe des jeunes à l'aide
sociale, qu'on s'occupe de 200 000 jeunes sans emploi, sans
formation, les gens à l'assistance sociale.
Alors
là, au début, n'importe quel changement qu'on apporte dans la société,
ça fait des remous. Lorsqu'il y
a une
organisation que ça fait 20 ans qu'elle est habituée à un
tel fonctionnement... On n'a pas le choix, M. le Président, il faut qu'on rentre dans les rangs, dans le sens : il y a
reddition de comptes à faire, il y a des priorités à établir. C'est sûr que les gens, au début, ils n'aiment pas ça, mais ils
ont tous signé, ils sont tous embarqués avec une entente. Puis là, en
plus, on va bonifier ça par 20 millions additionnels. Je pense, ils
doivent être heureux, et ce que je sens.
Martel :
Combien de temps qu'il me reste?
Le Président (M.
Cousineau) : Ah! il reste 25 secondes.
Martel : Bien,
regardez, je vais la proposer. Des fois, nos collègues ministériels, ils se cherchent des questions, là, je la répète. Moi, j'aimerais ça savoir combien ça va
coûter, cette mesure-là. Vous rajoutez une tâche à vos employés d'Emploi-Québec.
Puis la deuxième,
c'est : Comment qu'on justifie un deuxième déplacement? Parce que ce n'est
pas la...
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le député de...
Martel :
Un deuxième déplacement pour les assistés sociaux.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. Alors, je passe maintenant au groupe
ministériel. Alors, M. le député de Champlain, pour le prochain
20 minutes. Merci.
Auger : Merci, M. le Président. J'aimerais tout simplement que le ministre
puisse revenir sur ma question du bloc
précédent pour nous dresser un portrait de l'emploi, en fait sur la situation
actuelle de l'emploi au Québec, donc, si c'est possible, M. le ministre,
de continuer notre réponse que nous avions entamée précédemment.
Hamad : Oui. De
poursuivre là-dessus, oui.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : En fait,
j'ai quelques statistiques intéressantes. Et je me souviens quand on était à l'opposition,
on demandait au député de
Rousseau, dans le temps ministre des Finances,
de l'Économie, de nous donner ces statistiques-là puis on avait de misère un peu de s'entendre sur les chiffres. Mais,
les mêmes chiffres que le député de Rousseau, il utilise, c'est important, revenir là-dessus. Et, je me souviens, on a
passé des heures et des heures avec le député de Rousseau.
En 2014, M. le Président, lors des premiers mois
de 2014, ça veut dire janvier, février, mars, avril, il y a eu
30 000 emplois de perdus. Ça, ce n'est pas moi, M. le Président,
c'est les statistiques.
L'autre
élément qui est intéressant maintenant, soyons dans le positif, oublions le
passé, là, parlons d'avenir, c'est les deux... pour les deux... deuxième
mois consécutif, le taux d'emploi chez les 15-64 a atteint, au mois de mars, un
sommet historique de 72,8 %. Et ça,
c'est important, M. le Président, parce que ce chiffre-là, en général, il est
en déclin au Québec, et c'est ça qui
fait notre grand défi démographique, parce que, ce chiffre-là, plus qu'il
monte, plus l'économie va mieux et
plus on a un potentiel de main-d'oeuvre qui va répondre à la croissance
économique et, évidemment, va répondre à l'avancement du Québec.
Alors, M. le
Président, je regarde ici, par exemple, la Capitale-Nationale. Juste la
Capitale-Nationale, dans le... l'emploi
a augmenté, M. le Président, de 11 000 emplois, et le taux de chômage
a connu une baisse de 0,3 %, se situant maintenant à 5,5 % par rapport à la moyenne des trois mois qui se
termine en décembre 2014. Si on compare, en décembre 2014 il y a une diminution du taux de chômage, il y a
11 000 emplois de différent par rapport à il y a un an, M. le
Président. Ça, c'est la Capitale-Nationale.
Si on compare
maintenant au Canada, parce que je sais que le deuxième chef de l'opposition,
il en parle souvent, mais il ne voit
pas ces chiffres-là... J'avais aimé ça que Christian Dubé, lui, rappelle ces
chiffres-là... ou Gérard Deltell, ou Maud Cohen, ou Mme Anglade, ou
Mme Daneault, ou Brigitte Legault. Et là j'en ai, des noms, monsieur... et
de plus en plus. Plus qu'on avance, plus
qu'on en a, des noms, ça ajoute un après l'autre. Le dernier, c'est Gérard
Deltell. Alors, on revient là-dessus,
parce que tout ce monde-là, ils étaient bons, M. le Président, ils avaient des
compétences. En termes économiques, je me souviens, c'est M. Dubé
qui nous a aidés, dans le temps, lorsqu'on discutait avec le député de Rousseau. Alors, si on regarde ici, on regarde le
premier trimestre 2015, mais il y a eu une création nette de
63 000 emplois au Canada,
63 000 emplois au Canada, 38 000 au Québec. Alors, M. le
Président, le Québec a contribué à 60 % des emplois dans tout le
Canada, 60 % des emplois créés. Quand on regarde la population, M. le
Président, c'est 23 %. On a participé à
la création de 60 000 emplois. Je suis convaincu, si j'avais Christian
Dubé ici, bien, il comprendrait ça très rapidement. Même, je n'ai même
pas besoin de lui dire parce qu'il le sait. Gérard Deltell, il va le savoir
aussi.
Alors, si je
continue après pour être encore plus précis, M. le Président... Et là j'ai
d'autres chiffres. Il y en avait par
rapport à l'Ontario, je vais les trouver dans deux secondes, mais je vais
parler d'autres chiffres en attendant. En mars dernier, M. le Président, pas moins de 13 800 emplois à temps
plein ont été créés, 13 800, M. le Président, en mois de mars. Et
on constate, M. le Président, que les travailleurs à temps partiel le font
volontairement dans la majorité des cas, c'est 76 % des travailleurs qu'on
a qui veulent aller volontairement pour travailler là-dessus.
Si on compare à l'Ontario, M. le Président, sur
la création d'emplois... à l'Ontario parce que, dans le fond, c'est notre
partenaire, l'Ontario, mais c'est notre comparable aussi, parce qu'on suit
l'économie, c'est une économie différente, un peu différente, mais quand même,
lorsqu'on voit les créations d'emplois, on regarde avec l'Ontario. Et l'Ontario, M. le Président, c'est... On a dit, nous
autres : Entre avril 2014 et mars 2015, il y a une création de
57 000 emplois, c'est-à-dire on
était à 4 042 000 et aujourd'hui on est 4 099 000. M. le
Président, jamais, jamais dans l'histoire
du Québec il n'y a eu autant de personnes sur le marché du travail, jamais dans
toute l'histoire du Québec, c'est la première
fois où nous allons atteindre 4 099 000. L'Ontario, M. le Président,
la variation, les emplois, l'Ontario, entre avril 2014 et mars 2015 — c'est les mêmes mois — il y a eu 25 000 emplois.
C'est-à-dire que le Québec, M. le Président, a créé deux fois plus d'emplois que l'Ontario, c'est deux fois plus
d'emplois que l'Ontario malgré que l'Ontario, M. le Président, ça représente une fois et trois quarts
de plus que le Québec, c'est-à-dire il y a 4 millions au Québec, il y a à
peu près 7 millions de personnes sur le marché de l'emploi dans l'Ontario.
Donc, on a créé deux fois plus d'emplois. Et, comme j'ai dit, c'est 60 %
ce que... le Canada.
L'autre
élément, M. le Président... Puis, je me rappelle, le deuxième chef de
l'opposition, en l'absence de Christian Dubé, des fois il nous parle des temps-partiels. Puis je vais vous dire
que l'Ontario, M. le Président, ils ont perdu... temps plein, ils ont
perdu des emplois à temps plein en Ontario, M. le Président, il y a moins
5 000 jobs à temps plein en Ontario de
mars 2015... avril 2014 à mars 2015. Le Québec, M. le Président,
il a créé quand même 20 000 emplois à temps plein. Donc, encore une fois, 20 000 de plus.
L'Ontario, c'est moins 5 000. Si on prend les emplois à temps partiel,
bien, le Québec a créé 37 000 emplois à temps partiel, l'Ontario a
créé 30 000 à temps partiel. Et on regarde dans le Canada, le Canada, dans
l'ensemble, c'est 39 000.
Donc, on
voit, M. le Président, la différence, la performance du marché de l'emploi au
Québec. Quand même, on peut être fiers, c'est 57 000 emplois.
Puis, à chaque fois que vous créez des emplois, évidemment vous contribuez à
augmenter le PIB, puis on crée à augmenter le PIB par habitant, ce qui améliore
le positionnement du Québec par rapport au Canada. C'est la question de M. le deuxième chef de
l'opposition. Et Christian Dubé connaît ça, M. le Président, mais, que voulez-vous, M. Dubé, il n'est plus
là. Puis M. Deltell en parlait un peu, mais, que voulez-vous, il n'est
plus là, M. Deltell. Mais Maud Cohen
connaît ça, c'est... que voulez-vous, M. le Président, elle n'est plus là, elle
aussi. Anglade, Mme Anglade à
Montréal International aujourd'hui, bien, elle connaissait les chiffres,
aujourd'hui elle en parle elle-même, quand
elle parle de Montréal, elle parle d'emploi, mais, que voulez-vous, elle est
partie. Del Torchio, qui était attaché de presse de M. Legault, le deuxième chef de l'opposition, bien, il en
parlait, puis là, bien, que voulez-vous, M. le Président, ils ne sont
plus là.
Alors, on
continue. Alors, voilà des chiffres intéressants, M. le Président, mais... Et
j'avais un tableau. Ça, c'est un tableau intéressant, là, c'est
éducatif, M. le Président, on peut l'utiliser, c'est l'évolution de l'emploi au
Québec. Et là je m'adresse au député de
Saint-Jean. J'en ai parlé assez, de la CAQ, on va parler un peu du PQ, M. le Président.
Regardez la courbe ici, là, le bleu,
évidemment c'est le PQ, puis, regardez, ils ont commencé ici, ils ont été élus
ici, voici ce qu'ils ont fait, là.
C'est du dégringolade terrible, M. le Président. Si vous descendez une piste de
ski, là, ça va prendre toute une vitesse pour descendre, c'est quasiment voler avec un Boeing 747 en
descendant. Flang! En bas, les emplois! Puis on discutait avec le député de Rousseau pour expliquer tout ça,
puis, non, non, il y a une création d'emplois. À la fin, vous savez, le
PQ a reconnu qu'ils se sont trompés de beaucoup, mais c'est ça.
Là, regardez,
M. le Président, après — ça, c'est juste pour vous, je sais que vous ne le voyez pas
de loin, vous avez des bons yeux
pareil — ça,
c'est... mais là c'est l'élection du gouvernement libéral. Ça, Christian Dubé,
vous n'avez pas besoin de
l'expliquer, il sait ça. Alors là, vous montez ici, mois d'avril 2014,
regardez, regardez, là, ça monte, là. Puis regardez ça ici, après, là. Donc, on a regagné les emplois perdus par l'ancien
gouvernement, hein, on voit clair, on a gagné les emplois perdus, puis
on est allés chercher plus d'emplois. Puis ça, là, c'est juste un an, M. le
Président, juste une année. Là, piste de ski
en descendant ici pour l'emploi de... le PQ ici. Puis on disait qu'on s'est trompé de beaucoup. Je comprends, regardez ça, ça n'a
pas de bon sens! Puis là on recommence à monter tranquillement, tranquillement,
regardez ici, là, puis à la fin c'est 57 000 emplois. Ça, vous montrez ça à
Christian Dubé, il comprend facilement, il n'a plus besoin de questions,
là, là-dessus, là, facile. Gérard Deltell, pas de problème, mais...
Alors, c'est
ça qui arrive comme bilan de l'emploi, M. le Président. C'est un bon tableau.
Vous voyez, là, ce n'est pas
compliqué, visuel, là, il n'y a pas besoin de regarder les chiffres, là. Ça
ici, là, c'est la période de ski, pente de ski en descendant, là, puis là, ici, on remonte, on
remonte puis on dépasse. Alors, ça, c'est le résultat, M. le Président, sur
les emplois au Québec.
Donc, M. le
Président, je reviens aussi... Et, dites-moi, M. le Président, là, une année
d'austérité... On va prendre l'expression
de certains, là, qui n'arrêtent pas de dire : Ah! c'est l'austérité.
Expliquez-moi donc ça, une année d'austérité où vous avez créé 57 000 emplois. Ça, c'est du monde, là,
c'est... Derrière le chiffre 57, il y a des familles, il y a des
gens, M. le Président, qui ont trouvé un emploi. Dans une année, 57 000,
M. le Président, sur 4 millions quelques, ça, c'est l'austérité, M. le Président? C'est l'austérité,
d'investir 10 milliards de dollars dans les infrastructures? Est-ce que
c'est l'austérité, ça, M. le Président? Savez-vous que les investissements en
infrastructures aujourd'hui, dans une période d'austérité,
là, dépassent largement ce que l'ancien gouvernement que le député de
Nicolet-Yamasaka trouvait bon en 2002... dépassent largement les
investissements en infrastructures en 2001, 2002, 2003? Ça, c'est l'austérité,
M. le Président? Alors, si on appelle ça l'austérité, je ne sais pas, là, il y
a un problème de synonyme là-dedans.
57 000 emplois,
je reviens à mon tableau, M. le Président. Vous vous rappelez? Ça ici, c'est la
pente de ski en descendant, puis ça presse, puis là on reprend, on
reprend. Puis, vous avez vu, maintenant ce qu'on a besoin, M. le Président,
pour cette courbe-là, là, c'est de trouver ici, là, la main-d'oeuvre nécessaire
pour répondre aux demandes d'emploi. Si vous
voyez partout «Nous embauchons», là, ce n'est pas une marque de compagnie,
c'est un besoin d'entreprise pour des travailleurs. Voilà.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
merci, M. le ministre. M. le député de Champlain.
M. Auger : Ça fait le tour de mes
questions, ça fait le tour du portrait.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je reconnaîtrais maintenant M. le député de Pontiac pour...
M. Fortin (Pontiac) : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. St-Denis) : Il vous
reste huit minutes à peu près.
M. Fortin
(Pontiac) : Alors, merci, M. le Président. Je vais poser ma question,
je suis certain que le ministre pourra compléter par après, s'il le
faut. Je salue mes collègues. Je vais commencer par une politesse élémentaire,
saluer mes collègues de l'opposition, du
parti ministériel, le ministre et toute son équipe du ministère et des
différents organismes qui sont avec nous aujourd'hui.
Évidemment,
je pense que tout le monde a compris, là, à l'écoute des dernières remarques du
ministère, qu'on est ici pour parler
d'emploi aujourd'hui, que c'est carrément un sujet qui est dans sa cour à lui
mais que c'est également un thème récurrent à travers l'action
gouvernementale qu'on a vue au cours de la dernière année, parce que, même si
le ministre nous dit que ça fait longtemps
qu'il n'a pas eu de question sur l'emploi, je vais vous dire qu'à notre
participation à tous à l'étude des crédits
budgétaires on a entendu parler de l'emploi aux crédits du Conseil du trésor,
on a entendu parler de l'emploi aux crédits du ministère des Finances...
Et d'ailleurs j'en profite pour dire au ministre que son ami Christian Dubé était à l'étude de crédits du ministère des
Finances quand on a parlé de la Caisse de dépôt et placement. On en a
parlé à l'étude des
crédits budgétaires jeunesse du premier ministre également, le député de
Saint-Jean y était. On en a parlé aux crédits budgétaires de la ministre
de l'Immigration. Évidemment, on a parlé de son plan pour attirer une
immigration formée, une immigration jeune,
une immigration francophone, une immigration qui est prête à contribuer et à
intégrer le marché de l'emploi rapidement,
et ce, non seulement à Montréal, mais également dans l'ensemble de nos régions.
Et je n'en ai aucun doute qu'on en a
parlé aux crédits du ministère de l'Éducation, même si je n'y étais pas,
lorsqu'on a traité de toute la question de la formation, et on en parle
encore aujourd'hui.
Et donc, si on en a
tant parlé, c'est parce que, comme je disais, il y a une réalisation commune de
la part de notre gouvernement et une volonté de travailler ensemble de tous les
différents acteurs, parce que, comme on l'a dit, il y aura 725 000 emplois à combler au cours des cinq
prochaines années, y compris les 57 000 emplois auxquels
faisait référence le ministre, parce que, dans 15 ans, il y aura 5 %
de moins de Québécois qui seront sur le marché du travail simplement dû à notre... à leur situation, la
situation de notre démographie québécoise, parce qu'il y a, en ce
moment, 200 000 jeunes qui ne sont
ni en emploi ni en formation et, comme le disait le collègue de Champlain,
qu'il y a, de façon présente mais de
façon habituelle, 50 000 postes déjà affichés sur le site
d'Emploi-Québec. Et donc le ministre connaît bien ces chiffres-là, ils viennent de son ministère,
ils viennent d'Emploi-Québec, et c'est eux, M. le Président, qui
établissent les prévisions d'emploi pour la
population, pour les entreprises, pour les organismes et qui nous disent par
région, qui nous disent par secteur
d'activité où vont être ces emplois-là, donc qui disent aux gens, qu'ils soient
jeunes, qu'ils soient moins jeunes,
où se faire former, quoi étudier. Et donc je me mets dans la peau de quelqu'un
qui est en recherche d'emploi, je me mets
dans la peau de quelqu'un qui est jeune, qui est à se demander où étudier, en
quoi étudier, vers quelle direction aller, et ça, c'est de l'information
qui est extrêmement importante pour ces gens-là.
Alors,
je vais demander au ministre de nous dire, pour ces gens-là, comment
peuvent-ils savoir exactement où sont ces secteurs-là, où se renseigner,
où avoir l'information sur le marché du travail dans les secteurs qui les
intéressent.
Hamad : Merci pour mon collègue qui travaille très fort avec
notre collègue le ministre des Finances. Et, quand il disait qu'on a parlé de l'emploi, il voulait
dire qu'on a parlé de notre côté de l'emploi, et les ministères, les
Finances et le Trésor, l'Éducation et ici, Emploi, Solidarité.
Alors, M. le
Président, moi, c'est un chiffre qui me frappe beaucoup, là, quand on prévoit,
d'ici trois ans, qu'il y a
725 000 emplois à combler, c'est beaucoup, là, mais c'est un chiffre
réaliste, c'est des études qui ont été faites au ministère, qui
démontrent vraiment les besoins. 725 000, M. le Président, on a
4 099 000, actuellement, Québécois qui
sont sur le marché du travail. Alors, imaginez l'importance de ces chiffres-là.
Et, si on va plus loin, d'ici cinq ans, en 2022, M. le Président, on prévoit 1,4 million de postes qui seront
à pourvoir au Québec. Évidemment, ces postes-là tiennent compte des départs à la retraite, le
vieillissement de la population, qui est un grand défi, mais aussi les besoins
du marché du travail. Et aussi on
estime aussi que le taux de chômage, il va aussi baisser, M. le Président.
Actuellement, il est à 7,7 %, mais évidemment on prévoit une baisse...
7,7 % qui était en 2014, 7,6 %, 7,5 %, je pense, cette année,
puis on prévoit probablement une baisse de
taux de chômage. Mais toutes ces bonnes données là, M. le Président, il faut
quand même travailler pour combler ces postes-là, parce que c'est le
grand défi, puis mon collègue, comme adjoint au ministre des Finances, connaît
très bien ce défi financier aussi, et défi majeur.
Alors,
je donne un exemple, M. le Président, c'est important pour ceux qui nous
écoutent, les 350 000 qui nous écoutent
aujourd'hui, c'est que l'emploi devrait être en hausse dans les grandes
majorités des 33 industries au Québec. La croissance se concentrera
du côté des services, un domaine qui apportera 183 000 nouveaux
emplois, soit la grande majorité des emplois
qui seront créés, M. le Président, 183 000 emplois. Et là je vais
donner quelques exemples ici. Secteur d'activité matériel de transport,
là, les appellations d'emploi sont disponibles, M. le Président. Ça, c'est
ingénieur, ingénieure en aérospatiale.
Origine du besoin de main-d'oeuvre, c'est croissance de l'emploi dans le
secteur de l'aéronautique, puis le niveau de compétence, c'est un
professionnel. On peut parler de technique, les machines, électromécanicien,
électromécanicienne, ça, c'est croissant dans le secteur d'activité :
rareté de nombre de diplômés. Ça, c'est des techniques.
Transport et entreposage, mécanicien, mécanicienne d'autobus et des camions, ça
aussi, c'est une croissance dans le secteur d'activité, départs à la
retraite, par exemple... dû aux départs à la retraite, on a des techniques dans
ce domaine-là. Services professionnels, scientifiques et techniques, designers
graphiques, ça, l'origine, là, de besoins de main-d'oeuvre,
c'est à cause de demandes de main-d'oeuvre élevées, notamment dans le secteur
des jeux vidéo et par la création de sites Web.
on voit ici, M. le Président, les besoins du marché viennent de croissance de
l'emploi dans certains secteurs, croissance des secteurs d'activité
comme la rareté du nombre de diplômés, parce qu'il en manque, des diplômes,
puis l'autre élément, c'est croissance
aussi... demandes des départs à la retraite, puis l'autre élément, M. le
Président, c'est la demande élevée dans des secteurs d'activité. Donc,
au Québec, on a des secteurs en croissance, on a des secteurs où il y a des départs à la retraite puis on a des
secteurs où il en manque, des
diplômés, donc on ne fournit pas assez de diplômés.
Alors,
tout ça, c'est notre défi, M. le
Président, de combler ces lacunes-là
puis essayer de... lacunes ou des défis, parce que, les départs à la retraite, on a un défi. Et, l'autre élément,
je reviens là-dessus, M. le
Président, lorsqu'on regarde
le taux d'activité — et
M. le président me dit de terminer là-dessus, alors je voudrais
terminer — le
taux d'activité et taux d'emploi de 15-64, c'est notre grand défi. Il
est en déclin ici pendant qu'il est en croissance en Ontario et au Canada.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le ministre. Alors, je suis prêt maintenant
à reconnaître le député de Saint-Jean
pour 26 minutes. M. le député.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, j'aimerais revenir sur les carrefours
jeunesse-emploi. J'aimerais savoir, de la
part du ministre : Les 200 000 jeunes que le gouvernement
veut aider à retourner en emploi, est-ce qu'ils devront eux aussi passer par les centres locaux d'emploi, donc
d'avoir leur CP-12, leur indice d'employabilité, pour avoir le droit et le privilège
d'avoir les recours des services de leurs carrefours jeunesse-emploi? Parce que ça va prendre du monde. En même temps, le ministre sait que son prédécesseur a fermé plusieurs centres locaux d'emploi. Je pourrais vous parler de Saint-Rémi, Contrecoeur. En Montérégie, là, on
parle de fermeture de trois centres
locaux d'emploi. Ailleurs
aussi, dans la circonscription de ma
collègue de Pointe-aux-Trembles aussi, une fermeture d'un centre local d'emploi. Donc, ça prend des gens, ça prend des effectifs. Comment le ministre
peut assurer que les jeunes qui font le choix de retourner en emploi ou de retourner aux études vont pouvoir avoir le
service rapidement quand on sait qu'il y a de moins en moins d'agents
dans les centres locaux d'emploi, que les gens ne peuvent pas rencontrer un
agent directement ou très peu? Dans ma circonscription,
à Saint-Jean, on ne peut pas rencontrer... Il faut se rendre à
Longueuil, là, leur dossier est à Longueuil. Dans certains cas, il y a
des listes d'attente ou ça prend quelques jours avant de pouvoir rencontrer un
agent.
Comment
le ministre peut nous assurer que ce fonctionnement-là va
fonctionner et que ça n'augmentera pas les délais pour les jeunes qui ont le courage de décider de retourner aux études ou de
retourner en emploi?
Président (M. Cousineau)
: M.
le ministre.
Hamad : Très bonne question, M. le
Président. Il y a une
partie de la question, son collègue député de Rimouski
l'a posée. La recherchiste, probablement, elle a donné la même question aux deux collègues. Et, pour la
CLE...
Hamad : Ça fait changement. Oui, mais c'est préparé par
la recherchiste. Alors, c'est... On revient à... Les deux questions... En fait, le nombre d'employés
dans les CLE ne sont pas diminués. Ça,
c'est... le député de Rimouski a posé la
même question. 2013-2014, c'est 2 655; 2014-2015, 2 672.
Maintenant, le 200 000 qui sont là, c'est... Évidemment, il y a plusieurs actions. Il n'y a pas juste une
action à poser. Premièrement, il faut les
ramener aux études. Ça, c'est le décrochage scolaire, la persévérance. Il peut
y avoir des enfants ou des jeunes en
difficulté. Alors, ça, ça fait
partie de 200 000, parce qu'ils ne sont pas
capables d'étudier, ils ne sont pas capables de travailler, donc ils
sont en difficulté.
Alors, il y a plein de programmes. Il
n'y a pas juste, en passant, Emploi-Québec, il n'y a pas juste les CLE,
mais il y a tout l'ensemble de services
offerts, c'est-à-dire carrefours
jeunesse-emploi, les CLE aussi, puis là je viens de dire qu'il n'y a pas de diminution, donc vont pouvoir
continuer à donner des services. Si jamais ces jeunes-là tombent sur l'aide sociale, malheureusement, sur l'aide de
dernier recours, là on a Objectif
emploi où on va s'occuper de ces jeunes-là, et là il y a un programme, avec les budgets, qu'on va
prendre soin de ces jeunes-là pour les ramener soit aux études soit sur le marché de travail. Ça, c'est un autre
programme. Donc là, on a les CLE avec toute l'offre de services que nous
avons, soit en solidarité, soit en emploi. En emploi, on a 788 millions de
dollars, 788, plus 2,9 milliards en solidarité pour aider ces gens-là.
Donc,
finalement, là, c'est plein de portes, d'aide qu'on peut
amener à ces gens-là, et évidemment ça devrait être une priorité pour nous. Et la chance de récupérer ces gens-là, elle est
bonne. Il s'agit juste de les comprendre et savoir dans quelle situation... Moi, je me rappelle, il y
avait un programme, à Montréal, qui est très intéressant, où on prenait des
jeunes décrocheurs, ces jeunes-là qui
n'aimaient pas l'école, ils ne fittaient pas dans le système de l'école... Mais
ces gens-là, c'étaient des artistes,
puis ils avaient un sens de création incroyable. Lorsqu'on les amenait dans le
domaine de création, ils devenaient
les meilleurs concepteurs de jeux vidéo, ou de sites Web, ou d'autres éléments
de créativité. Alors, c'est ça, l'objectif, c'est travailler avec les
jeunes pour trouver leurs chemins, pour les aider, soit la formation soit
l'emploi ou la préparation à l'emploi.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Tantôt,
le ministre a dit : Les jeunes aiment ça aller là, en
parlant des carrefours jeunesse-emploi,
et il a tout à fait raison. Et il est
prouvé et il est démontré que les carrefours
jeunesse-emploi, par eux-mêmes,
attirent beaucoup de jeunes, ce que malheureusement les centres locaux d'emploi ont plus de difficultés. Peut-être
que c'est parce que, bon, ça a
une apparence un peu plus administrative, puis les jeunes, peut-être,
se sentent moins cadrés dans un cadre plus administratif.
Je comprends que le ministre
dit que, bon, dans les 200 000, ce ne sont pas juste des jeunes qui vont
avoir l'employabilité directement, ça peut être des jeunes qui vont retourner aux études, etc. Je comprends aussi, précédemment, que le ministre nous a parlé que, du 15 millions
de dollars qui va aider les jeunes dans des programmes, bon, il y a l'employabilité, il y a l'entrepreneuriat puis il y a
aussi le décrochage scolaire. Je
comprends tout ça. Donc, est-ce que je comprends... Et là c'est la question : Ces jeunes-là qui vont vouloir retourner aux études et avoir de l'aide,
dans l'enveloppe du 15 millions qui est maintenant dévolue aux carrefours
jeunesse-emploi, est-ce qu'ils devront passer par le centre local d'emploi ou
non, parce qu'ils veulent retourner aux études, par exemple?
vont avoir le droit de passer directement par leurs carrefours jeunesse-emploi,
mais en même temps un jeune qui,
lui, désire vouloir retourner... d'abord
se trouver un emploi, lui, il devra avoir passé préalablement par son centre
local d'emploi pour avoir son CP-12 et son indice d'employabilité, donc
c'est-à-dire son chiffre puis son code-barres.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad :
En fait, la réponse est plus large, là. Il y a plusieurs services qui sont
offerts aux jeunes. Il y a carrefours jeunesse-emploi, mais il y a aussi les
CLE. Et d'ailleurs, un des problèmes qu'on avait avec les carrefours avant, on
n'avait pas de reddition de comptes claire, donc on n'avait pas des
statistiques très détaillées...
Hamad : Vous n'êtes
pas d'accord?
Hamad : Non, O.K.
Bien, on va demander au sous-ministre d'expliquer puis voir où sont les points
de désaccord.
Turcotte : Bien, M.
le Président, c'est parce que, quand même, les carrefours jeunesse-emploi ont
payé beaucoup d'argent, avec Emploi-Québec,
pour faire un système informatique pour gérer ces demandes-là à la
demande du ministère. Donc, je comprends,
mais, moi, ma question est claire : Est-ce que les jeunes qui veulent
retourner aux études, dans le
programme, là, qui va être mis en place, dans le 15 millions, eux vont
avoir le droit de passer directement par leurs carrefours jeunesse-emploi, contrairement aux jeunes qui veulent
retourner... pas retourner, mais se trouver un emploi, eux vont devoir
obligatoirement passer par leur centre local d'emploi?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Turcotte :
C'est quoi, la différence entre quelqu'un qui veut retourner aux études ou
quelqu'un qui veut se trouver un emploi?
Hamad :
Je vais laisser le sous-ministre parler de reddition de comptes puis répondre
au député, parce que c'est une question d'opérationnel. J'aime mieux
qu'il donne la réponse directe.
Le Président (M. Cousineau) :
Ça va? Alors, M. le sous-ministre, M. Matte.
M. Matte
(Bernard J.) : Merci, M. le Président. Tout d'abord, le financement de
45 millions était donné par le passé selon un mode qu'on appelle un
mode de mission globale, c'est-à-dire que c'est un mode où on subventionne... Et le CJE avait la totale liberté de faire les
actions, il n'avait aucune obligation de nous transmettre ne serait-ce que
le numéro d'assurance sociale du participant. Ce qui fait en sorte que, comme
c'est une mesure qui est en bonne
partie financée
par des fonds fédéraux, je dirais, en bonne partie, au niveau de la
participation, on était dans l'impossibilité de déterminer si ce client-là avait été servi soit par des fonds fédéraux
ou des fonds provinciaux. Donc, il a fallu changer cette mécanique-là.
On a
entrepris avec les CJE, suite à de très longues négociations, un processus de
mise sur pied d'un mécanisme qui
viendrait correspondre au processus de mission globale. Compte tenu du
changement de cap, on passe maintenant par ententes de service avec les CJE, ce qui est loin d'être nouveau. Les
ententes de service, c'est le mode de fonctionnement avec près de 400 organismes qui oeuvrent dans
le domaine de l'employabilité au Québec, là. Ce n'est pas une
révolution, qu'est-ce qu'on a fait là, on a juste appliqué aux CJE la même façon
de travailler qu'avec les autres organismes.
Ce que ça
implique, ça implique qu'en utilisant nos systèmes actuels, même pas besoin
d'en créer un, la personne fait sa reddition de comptes en inscrivant le
client. Alors, automatiquement, ça répond à la reddition de comptes du
gouvernement fédéral, du gouvernement provincial et de l'ensemble de notre
reddition de comptes au ministère.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le sous-ministre. Monsieur...
Le Président (M. Cousineau) :
Oui, M. le ministre.
Hamad :
...M. le Président. Il sait très bien, mais c'est bon de le dire, les CJE, là,
ce n'est pas le gouvernement, là.
C'est des organisations indépendantes avec un conseil d'administration, qui rendent des services, et, ces services-là, évidemment,
pour les rendre, il faut avoir des critères, et on l'établit. Mais les CJE, ils
font un travail exceptionnel, tout le monde le reconnaît, mais ce n'est
pas l'unique solution pour amener... et se battre contre la persévérance
scolaire. Je pense que c'est un combat de société, combat des commissions
scolaires, des parents, des gouvernements.
Alors là, il y a plusieurs mesures. Ce qui est
important, c'est avoir plusieurs mesures qui répondent à des cas particuliers. Des fois, c'est le CJE, la porte
d'entrée, des fois, c'est la CLE. Des fois, il y a d'autres organismes.
Tantôt, on parlait de l'organisme qui est à Joliette,
ce n'est pas un CJE, cet organisme-là, mais il aide les jeunes à retourner sur
le marché du travail. Alors, on a plein d'exemples.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président, mais je n'ai toujours pas de réponse. Le
jeune qui veut retourner aux études et qui veut se prévaloir du 15 millions
qui est à la disposition dans les carrefours jeunesse-emploi suite à l'annonce que le ministre a faite, lui, est-ce qu'il va pouvoir utiliser... passer directement par son carrefour
jeunesse-emploi et avoir de
l'aide ou il va devoir passer par le centre local d'emploi comme un jeune qui
cherche un emploi, qui, lui, ne pourra plus passer directement
par son carrefour jeunesse-emploi parce que ça lui prend son CP-12 puis son
indice d'employabilité?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre. Oui, M. le sous-ministre.
M. Matte (Bernard J.) : Le SAJ gère ses propres budgets. Les ententes ne
sont pas définies encore concrètement, on
va voir. C'est sûr qu'on pourra avoir une harmonisation avec le SAJ. Cependant,
il faut se rappeler que les CJE ont toujours
la possibilité de l'autorecrutement, là. Ça demeure, que ce soit pour les
mesures d'emploi que pour les mesures du SAJ. Maintenant, les modalités seront à déterminer avec le SAJ, là, pour
être annoncées sur le comment. Maintenant, ce qu'on va viser, c'est la
simplicité pour tout le monde.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci beaucoup, M. le Président. Je comprends qu'on... Peut-être qu'on aura
plus de réponses l'année prochaine, quand il y aura une première année
d'application, parce que, jusqu'à maintenant, ce n'est pas tout à fait clair.
Mais disons qu'on aura du plaisir l'année prochaine.
voit qu'il y a une baisse de 21 millions dans les mesures d'aide à
l'emploi, une diminution de 94 millions de dollars dans les mesures d'aide financière dans le ministère du
ministre. Le ministre aime rappeler, bon, ce qu'il a été d'une séance de
crédits à l'autre, mais là je vais lui dire, là : Ça, c'est un
copier-coller de l'étude des crédits de lutte à la pauvreté. Ça fait que le ministre n'aura pas besoin de le répéter. Donc,
lors de cette étude de crédits, le ministre a affirmé que «le moment est venu d'intensifier notre
accompagnement offert aux personnes qui présentent une première demande
au programme d'aide sociale et d'adapter les services aux besoins particuliers
de la clientèle». Je comprends ça, c'est un but
noble, mais en même temps je vous rappelle : Baisse de 21 millions
dans les mesures d'aide à l'emploi, une diminution de 94 millions
dans les mesures d'aide financière du même ministère.
J'ai
aussi dans ma revue de presse — le ministre aime rappeler la revue de presse — une citation du ministre qui dit : «Les Québécois devront se résigner à
recevoir des services de moindre qualité en raison de la "rigueur
budgétaire..."» Ça explique un
peu plus de choses, là. On a moins d'argent, on veut en faire plus, mais en même
temps il va falloir que les Québécois s'habituent à avoir des services
de moindre qualité.
Avec
Objectif emploi, le ministre annonce 20 millions sur cinq ans pour un
parcours, pour s'assurer que, bon, les gens
qui font la première demande à l'aide sociale soient accompagnés, pour faire en
sorte qu'on réduise le nombre de personnes à l'aide sociale. Est-ce que
cette mesure-là, Objectif emploi, va être gérée à l'interne, par des
intervenants dans les centres locaux d'emploi ou par des ressources externes?
Le Président (M.
Cousineau) : M. le ministre.
Hamad : Il y a plusieurs volets à sa question, M. le
Président. Je vais essayer de répondre à la dernière, puis, en revenant, le 20 millions, en passant, ils ne
sont pas dans les crédits, ils sont ajoutés. Donc, aujourd'hui, parce que
c'est les crédits... Donc, 20 ans sur
cinq ans sont ajoutés, sont gérés par le ministère dans le programme Objectif
emploi. Il faut dire aussi qu'on a
ajouté 123 millions dans le budget aussi, qui est ajouté dans le budget,
dans les crédits, c'est additionnel, c'est de l'argent de plus.
Dans les diminutions
des budgets, là, dans les mesures d'emploi, globalement c'est 1,9 % de
moins, c'est juste 1,9 % de moins dans l'ensemble. Il y a des raisons pour
ça. Par exemple, c'est la diminution de la clientèle avec l'entente avec le fédéral. Il ne faut pas oublier
que nous recevons... il y a une entente avec le fédéral, nous recevons
de l'argent pour servir la clientèle. Si la clientèle baisse, le montant
d'argent reçu par le fédéral baisse. Alors, ça, c'est une bonne raison.
En même temps, malgré
tout, il y a des augmentations aussi, parce que c'est le total qui donne
1,9 %. L'augmentation... Par exemple, le fait que le salaire minimum a
augmenté hier... vendredi le 1er mai, donc il y a une augmentation de... il y a des coûts additionnels.
Alors, il y a des coûts de plus, des coûts de moins, fait en sorte que
c'est 1,9 % de moins. Mais, je répète,
il y a des ajouts dans le budget, 123 millions, plus le 20 millions, 5 millions
sur quatre ans, pour Objectif emploi.
Le Président (M.
Cousineau) : Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Ma question : Qui va administrer Objectif emploi?
Est-ce que c'est à l'interne ou c'est des ressources externes?
Hamad :
C'est à l'interne, c'est le ministère. Là, évidemment, si on donne... Le
ministère donne à des ressources externes énormément de mandats, là. Les
ressources externes, c'est, des fois : on va donner un mandat d'accompagnement, comme l'organisation de
Joliette, là, exemple. Alors là, il va être administré par le ministère,
puis il va y avoir des mandats à donner à
des organisations, des organismes, là. Puis je pense qu'il est d'accord avec ça,
puisque, tantôt, il me demandait de donner
plus d'argent à l'organisme. Alors donc, il est d'accord avec ça. Puis il y a
des écoles de formation aussi, il y a des cours de formation. Ça, c'est
ajouté cette année. On va donner aussi des subventions à des centres de
formation professionnelle pour donner des cours de formation.
Le Président (M. Cousineau) :
D'accord, merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président. Bon, je comprends aussi
qu'Objectif emploi, c'est un parcours obligatoire pour tous les gens qui font leur première demande
à l'aide sociale. Obligatoire nécessite que, si quelqu'un ne le fait
pas, il y aura des conséquences. Quelles seront ces conséquences?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : Bonne
question, précise. L'obligatoire pour ceux et celles qui sont en santé, pour
faire l'effort pour améliorer leurs compétences, leurs connaissances. Alors,
ça, c'est très important. Autrement dit, si quelqu'un, malheureusement, a le cancer puis il tombe à l'aide sociale, ce n'est
pas inclus là-dedans. Nous sommes en train d'établir les règles précises
et on va venir avec un projet de loi où on va voir tout le détail.
Alors, tel que promis dans le budget, on va
mettre tous les détails. Et un des détails importants — il a
raison, le député — c'est voir, si quelqu'un ne fait pas
l'effort, c'est quoi qu'on coupe, mettons les coupures qu'on fait pour
que la personne réponde aux efforts. Parce que c'est un contrat entre deux, là.
Le gouvernement va augmenter de 200 $ par
mois la contribution pour quelqu'un qui fait plus d'efforts, mais, si la
personne ne fait pas d'effort, on se comprend qu'il n'aura pas
200 $, parce qu'il ne fait pas l'effort promis.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Je comprends qu'il y aura un projet de loi pour
Objectif emploi aussi, donc on verra à ce moment-là avec le texte du
projet de loi.
J'aimerais aborder maintenant la question des
organismes spécialisés en développement de la main-d'oeuvre féminine, qui a déjà été abordée lors des crédits
de Condition féminine. Parce que le ministre aime rappeler quand c'est abordé dans d'autres séances de crédits, donc il
peut en prendre note que ça a déjà été abordé. C'est aussi pour comparer
les réponses des ministres. Des fois, on apprend des bonnes choses, hein, quand
on compare entre les ministres, il a assez d'expérience pour le savoir.
Dans ma
circonscription, COFFRE, qui est un organisme qui fait un travail exceptionnel
pour les femmes pour les aider à
retourner sur le marché du travail, à se trouver un emploi, depuis plusieurs
années, 250 femmes qui ont recours à leurs services par année,
80 % d'entre elles intègrent avec succès le marché du travail ou
s'inscrivent dans des programmes de
formation dans les moins de trois mois suivant leurs demandes, leurs débuts,
là, de services à COFFRE. C'est 1,2 million que ces organismes
recevaient à travers le Québec, 16 organismes spécialisés. J'aimerais savoir de
la part du ministre où il en est dans sa négociation avec son collègue le
président du Conseil du trésor.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad : En fait,
d'abord, on va juste clarifier la... C'est une très bonne question, et je vais
donner tout le détail. Mais, avant tout... Parce que, quand le député dit — il
connaît son dossier : 1,2 million, il faut dire que ces organismes-là
reçoivent déjà 10 millions, plus 17 ensemble. Le CIAFT, qu'on appelle, la
question sur le 1,2, plus que le
10 millions. Et c'est bon, qu'on me dit aussi. Parce que les gens, les
350 000 qui nous écoutent vont dire : Ils ont juste 1,2 million, mais juste l'organisme
dans le comté de mon collègue, il reçoit à peu près 800 000 $...
950 000 $ à peu près. Il doit être content.
Turcotte : Ils font
du bon travail, hein?
Hamad :
Oui, absolument. Puis ils reçoivent 950 000 $, M. le Président. Il ne
l'a pas dit, le député, là, mais ils reçoivent 950 000 $. Puis
je vois qu'il est très souriant et très content de ça.
Turcotte : Bien
oui.
Hamad : Maintenant,
ce qu'il parle, de cet organisme-là, c'est 75 000 $ additionnels. Là,
on parle d'à peu près 8 % de plus que
le 900 quelques mille que l'organisme reçoit. Pour répondre à cette
question précise... Mais, rappelons-nous,
il y a 10 millions déjà acquis, et, sur le 1,2 million, le ministère,
on est prêt à donner le 300 000 $, il reste le
900 000 $ qui provient du ministère de la Justice. Je peux être plate
avec lui, dire : C'est le crédit du ministère de la Justice, pose donc la question à la... C'est ça, la règle, et je dois
être conforme, mais je vais lui faire plaisir quand même, M. le Président. Il y a eu une rencontre vendredi
passé avec le CIAFT et plusieurs organismes, là, ensemble, pour
regarder... Ils sont en train de regarder. Moi-même, je les ai rencontrés
jeudi, je pense... mercredi. Mercredi passé, j'ai rencontré l'organisation, et
on est en train de discuter avec eux, pour le moment.
Mais il faut
dire que la question du député, c'est 75 000 $ sur presque
1 million. Alors, ce n'est pas le 1 million qui est mis en
cause, c'est le 75 000 $. Juste mettre les proportions, là,
1 million qui sont déjà là, puis là on parle de 75 000 $. C'est
ça, la question de mon collègue député de Saint-Jean.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean, il vous reste cinq minutes.
Turcotte : Je
comprends que le ministre, disons... On ne peut pas séparer 75 000 $
pour un organisme de l'ensemble... de
l'enjeu global de ce que ces organismes font. Il faut se rappeler qu'ils sont
au coeur de la politique d'égalité. Il y a différentes problématiques. Autant que les
carrefours jeunesse-emploi font un travail extraordinaire et
exceptionnel pour les jeunes, ces organismes-là font un travail aussi important
pour les femmes.
Je comprends que le ministre nous dit :
Bon, bien, c'est les crédits de ma collègue de la Condition féminine, donc posez des questions, je comprends ça, mais en
même temps le ministre, lui, aime ça quand on parle d'emploi. Puis c'est une question d'emploi parce que c'est des
femmes qui désirent trouver un emploi. Et il est le leader de l'emploi,
là, dans ce gouvernement-là.
Donc,
j'aimerais avoir de la part du ministre... Bon, je comprends qu'il les a
rencontrés, bon, c'est déjà un bon début, contrairement aux forums
jeunesse. Je comprends que le ministre a une volonté d'aider ces organismes-là,
je comprends aussi que le ministre est
sensible à cette question. Donc, avec sa collègue la ministre responsable de la
Condition féminine, est-ce qu'il y a une
rencontre qui se fera et que ces organismes-là puissent avoir une
planification, hein... parce que, là,
bon, c'est bien d'avoir l'argent, là, un an, puis on demande ça, là,
régulièrement, mais de pouvoir prévoir dans le temps pour pouvoir mieux
gérer leur action auprès de ces femmes qui, on le voit, là, 80 % dans le
cas de l'organisme chez nous, de COFFRE, puissent soit trouver un emploi ou
retourner aux études?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le ministre.
Hamad :
M. le Président, si je conclus un petit peu... ou résume plutôt les
interventions de mon collègue, il nous a posé la question sur les
crédits Forums jeunesse, qui ne font pas
partie de nos crédits, il nous a posé des questions sur stratégie jeunesse, qui ne font
pas
partie de nos crédits, et là il nous pose une question sur le Secrétariat à la condition féminine, qui ne sont
pas dans nos crédits. Alors, si je regarde les questions de mon
collègue, ça veut dire que ça va très bien dans nos crédits, puisqu'il n'a pas
de question sur nos crédits directs.
Hamad :
Non, non, mais c'est ça, là. Écoute, si on avait eu des problèmes ici, il nous
poserait des questions. Il a eu une question, il faut lui donner, là, il
a eu une question pendant... depuis trois heures...
Turcotte : M. le
Président...
Le Président (M. Cousineau) :
Bien, on va lui donner la chance d'en poser une autre, M. le ministre.
Turcotte :
M. le Président, la ministre, sa collègue, elle-même a dit que ça ne relevait
pas d'elle et que c'était le ministre de l'Emploi qui en était
responsable. Je peux bien...
Hamad : Ah! le chat
est sorti du sac. O.K. Alors là, c'est ça qu'il veut...
Turcotte :
Je peux bien que le ministre tente de dire que je n'ai pas de question, là, sur
l'emploi, mais c'est un enjeu
important, les femmes qui désirent retourner en employabilité. On a été
constructifs jusqu'à maintenant. J'aimerais que le ministre respecte mon
droit de poser les questions que je veux poser pour les femmes, et les jeunes,
et la population québécoise.
Hamad :
En fait, j'ai beaucoup de respect pour lui, il le sait très bien. Sauf que les
règles ici, c'est les crédits du ministère.
Je ne lui demande pas de choisir ses questions. Ce qu'on lui dit répond aux
crédits. Alors, le respect, c'est mutuel, puis, c'est bien sûr, il y a respect. Sauf que je mentionne que toutes
les questions, c'était sur des crédits d'autres
collègues.
Pour revenir
à sa question, pour revenir à sa question, il dit que la collègue... Le 1,2 million $, M. le Président, nous
autres, on a... pas nous autres, ce n'est
pas moi, là, c'est le ministère, ont 300 000 $ pour les services à l'emploi.
Tout ce qui est à l'emploi, M. le Président, c'est maintenu. Maintenant, la
partie 900 000 $, ça correspond au
Secrétariat condition féminine. Ça, c'est les crédits de l'autre ministère,
ça touche d'autres... Cependant, M. le Président, juste la clarifier, ça, ça ne
touche pas l'emploi...'
Le Président (M. Cousineau) :
Il reste une minute.
Hamad : ...ça touche la stratégie des conditions
féminines, qui est 900 000 $. On a eu une rencontre... ils ont
eu une rencontre, deuxième rencontre entre le Secrétariat condition féminine,
le ministère et le CIAFT, ils sont en train de
discuter ensemble. On va les laisser discuter. Mais nous autres, po