House Proceedings — 6 June 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-06-06
Quebec — Debates (Hansard)
the sad truth is that Levi Oakes was a victim of our residential school system.
The language that he spoke, which was so valued by the
military, was almost robbed from him as a child.
After his service, he became a
proud advocate for the Kanien'kéha language. He was described as a hero, an inspiration and true treasure to the community,
and it is fitting that we pay tribute to Levi Oakes today, on the
75th anniversary of D-day.
Je tiens à offrir toutes
mes sympathies aux membres de la famille. Nous nous souviendrons. Lest we
forget.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Jacques-Cartier. Et maintenant je cède
la parole à Mme la députée de Verchères.
Mme Dansereau : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais
souligner le 20e anniversaire de Rues principales Verchères.
Cette organisation est un regroupement de gens d'affaires qui vise à sauvegarder,
promouvoir, stimuler la revitalisation économique, physique, sociale et
culturelle de la municipalité de Verchères.
16 avril dernier, plusieurs entrepreneurs se sont rassemblés afin de célébrer cet
anniversaire de fondation. Le nombre de personnes ayant répondu à
l'appel pour cette soirée démontre l'importance de leur mission au sein de la communauté
d'affaires.
Je salue le travail de la chargée
de projet, Mme Sara-Emmanuelle Dansereau, et de la présidente,
Mme Annie Michel, ainsi que le conseil d'administration. Continuez votre mission. Et félicitations encore pour vos 20 ans! Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Verchères.
Maintenant, au tour de M. le député de Marquette de
nous faire sa déclaration.
M. Ciccone : Merci,
Mme la Présidente. Ce mardi avait
lieu le lancement de la 42e édition des Mardis cyclistes de Lachine, une belle occasion de rendre hommage, aujourd'hui, à son fondateur, M. Joseph
«Tino» Rossi, avec nous dans les tribunes et avec son fils Dominic. Il a
contribué comme personne à l'expansion du cyclisme non seulement
à Lachine, mais aussi partout au Québec.
M. Rossi immigre
à Montréal à l'âge de 15 ans, de l'Italie. Son amour pour le vélo date
depuis toujours. Son premier emploi fut
livreur à bicyclette. Ce père de cinq enfants sera par la suite tour à tour
organisateur d'événements cyclistes,
maître de piste lors des Jeux olympiques de Montréal de 1976, fondateur
d'école de piste au Vélodrome olympique de Montréal et homme d'affaires
dans le domaine des vélos à Lachine.
1978, il fonde les Mardis cyclistes de Lachine et tient le fort plus de
40 ans. Ce classique estival dans les rues de Lachine a acquis une
visibilité internationale.
Passionné,
perfectionniste et généreux, son implication communautaire est précieuse.
M. Rossi laisse un legs inestimable derrière lui. Les cyclistes du Québec
lui doivent beaucoup. (S'exprime en italien).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Marquette. Et, M. Rossi, nous vous souhaitons la bienvenue à
l'Assemblée nationale.
Pour la prochaine
déclaration, je cède la parole à M. le député de Terrebonne.
M. Fitzgibbon :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens à souligner le 40e anniversaire du
Carrefour familial des Moulins.
Depuis
sa création, cet organisme important pour la région a oeuvré pour le bien et le
développement de la communauté avec
sa maison de la famille et son centre de ressources périnatales. Le Carrefour
familial des Moulins a l'importante mission d'accompagner et d'outiller
les futurs parents et les familles.
Le Carrefour familial
des Moulins a su s'ajuster aux réalités des familles d'aujourd'hui. L'organisme
est une référence auprès des familles de la
région et peut compter sur une équipe dynamique, dévouée et axée sur les
besoins des familles.
Le 40e anniversaire
ne passera pas inaperçu cette année. Le 15 septembre prochain, nous
soulignerons cet événement important par des surprises, des nouveautés, des
festivités et activités spéciales.
tiens à remercier personnellement toutes les personnes qui se sont investies
auprès de cet organisme qui se veut essentiel au sein de notre
communauté. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député
de Terrebonne. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de
Sainte-Marie—Sainte-Anne.
Mme Massé :
Merci, Mme la Présidente. En juin 2014, une de mes premières déclarations de
député a permis de souligner
l'inauguration du Village éphémère, un projet de design urbain visant à mettre
en valeur un espace sous-exploité de
Montréal. Depuis, ce qui est maintenant Le Village au Pied-du-Courant est
devenu un site montréalais emblématique dont les images ont fait le tour du monde. Le Village, c'est maintenant
une fenêtre sur le fleuve, un lieu d'expression et d'expérimentation du droit à la ville qui s'est
inscrit dans nos coeurs et dans celui de plus des 100 000 personnes,
chaque été, qui le visitent.
Véritable laboratoire culturel, le lieu offre une programmation
multidisciplinaire, multigénérationnelle et gratuite où plus de
350 artistes auront la chance de participer au cours du prochain été.
Dans un contexte plus
grand, où c'est tout le secteur du faubourg qui sera en développement, et ce, pour
les 20 prochaines années, ce genre d'espace collectif est important, et il
sera important de réfléchir à sa pérennisation.
Félicitations à Pépinière Espaces collectifs et ses collaborateurs pour ce
merveilleux travail!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Et maintenant, M. le député de Bourget, la parole est à vous.
M. Campeau :
Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la 20e édition
de Mercier-Ouest quartier en fête qui se
tient ce samedi au parc Jean-Amyot avec de nombreuses activités tout au long de
la journée, comme tyrolienne, zone
pour les enfants de 0-5 ans, plusieurs animations sur le site. De nombreux groupes communautaires auront un
kiosque ouvert dans le parc afin de mieux se faire connaître par la population.
Cette année encore, il y aura un bazar dans ce magnifique parc de
Mercier-Ouest.
Cette
fête de quartier est une initiative de Mercier-Ouest Quartier en santé, une des
tables de concertation du comté de Bourget.
Cette dernière a pour mission de développer des projets et des services pour la
communauté afin de répondre aux
besoins des résidents de Mercier-Ouest. La table a également
chapeauté la mise en place des nombreuses ruelles vertes du quartier qui
permettent l'implication des résidents de tous âges.
Souhaitons
que la température soit de votre côté, ce samedi, et que les résidents du quartier
soient ainsi de la partie. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Bourget.
Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Mme la Présidente, je désire souligner, aujourd'hui, le travail formidable de trois membres du Comité de la Marche du rein de Gaspé qui ont
été récompensés le 4 mai dernier lors du souper annuel de la présidente
de la division Québec de La Fondation canadienne du rein.
M. Jean
Lapointe, instigateur du service d'hémodialyse et cofondateur du Comité de la
Marche du rein de Gaspé, a reçu
le prix Jean-Jacques-Bégin pour son travail considérable en tant que bénévole,
ayant permis un progrès important
dans le développement des services aux patients.
leur côté, Mmes Gui-Gabrielle Boulay Fortin et sa
mère, France Boulay, se sont vu décerner le prix Dons d'organes. Il y a deux
ans, Gui-Gabrielle a reçu un rein de sa mère. Depuis son retour en région, les
deux femmes se sont engagées au sein de la fondation pour promouvoir le
don d'organes et de tissus.
Félicitations
à ces personnes d'exception pour leur implication au sein de La Fondation
canadienne du rein! Grâce à vous, à votre engagement et votre dévotion,
les résidents de la pointe gaspésienne souffrant d'insuffisance rénale
bénéficient de meilleurs services et ont ainsi une meilleure qualité de vie
chez eux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Gaspé.
Et maintenant je cède la parole à M. le député de Beauce-Nord.
M. Provençal : Merci, Mme la Présidente. Ce matin, je tiens à souligner le
175e anniversaire de la municipalité
de Saint-Bernard.
Fondée en 1844, la municipalité
est ainsi nommée en l'honneur de Mgr Bernard-Claude Panet, 12e évêque
et deuxième archevêque de Québec.
résidents d'hier et d'aujourd'hui sont fiers et passionnés. Que ce soit
dans la vie économique, culturelle ou sociale, ils sont impliqués
dans le développement et le rayonnement de leur communauté.
Aujourd'hui, quelque 2 300 personnes habitent
Saint-Bernard. La principale activité économique locale est, vous l'aurez deviné, l'agriculture.
Elle occupe 99 % du territoire.
Tout au long de
l'année 2019, les citoyens et visiteurs sont invités à participer à plusieurs
activités. Que cet anniversaire soit l'occasion de célébrer et partager des
souvenirs en famille ou entre amis et d'entrevoir l'avenir avec confiance et
détermination.
hommages au maire, André Gagnon, à son conseil municipal ainsi qu'au comité
organisateur des festivités. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Beauce-Nord.
Et maintenant, pour
clore cette rubrique de déclarations
de députés, je cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré .
Mme Foster : Merci,
Mme la Présidente. Dans quelques jours, Charlevoix verra un acteur important de
l'industrie touristique tirer sa
révérence. M. Jacques Lévesque quittera ses fonctions de directeur général
de Tourisme Charlevoix après avoir été à la tête de l'organisation de
2003 à 2006 et de 2012 à aujourd'hui.
Passionné de
sa région et de son développement, homme d'ouverture et de respect,
M. Lévesque a su guider son équipe dans une industrie toujours en
évolution, où la compétition est féroce. Le tourisme est un secteur économique
clé de la région de Charlevoix. Par la qualité du travail accompli et les
résultats obtenus à travers les années, M. Lévesque aura marqué
Charlevoix.
Avec encore
de nombreuses années actives, je souhaite qu'il poursuive sa contribution à
l'essor de la région, lui qui, j'en
suis certaine, restera un fier défenseur du développement de l'industrie
touristique. Je joins ma voix à celles de tous les acteurs touristiques de la région afin de le remercier chaleureusement
pour son dévouement extraordinaire pour la région de Charlevoix.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Alors, ceci met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants, en ayant une pensée particulière pour celles et ceux qui ont participé
aux événements du 6 juin, qui ont marqué l'histoire.
Recueillons-nous.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Boulet : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport du ministre 2019 sur la mise en oeuvre de la
Loi sur l'équité salariale.
Merci, M. le Président.
Le Président : Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux questions inscrites au
feuilleton les 8 et 14 mai dernier par la députée de Vaudreuil et le
15 mai par la députée de Fabre.
Le Président : Ces documents
sont maintenant déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Marie-Victorin.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
933 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que 41 municipalités bordant
la rivière Richelieu y puisent leur eau potable et que les usines de filtration
ne suffisent plus à retirer toutes les matières polluantes;
«Considérant qu'en 2017 plus de
3700 surverses ont été occasionnées par des infrastructures inadaptées aux
nouveaux défis reliés au climat et au développement domiciliaire;
«Considérant
que, sur de nombreuses terres agricoles, on ne respecte pas le règlement des
bandes riveraines permettant de filtrer les pesticides, herbicides, engrais, coliformes
fécaux et biosolides;
«Considérant
que le suivi de la qualité de l'eau de la rivière par le ministère de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
démontre de nombreux dépassements des substances polluantes et toxiques;
«Considérant
que la navigation de plaisance, en pleine croissance et très peu réglementée,
accentue la pression sur les systèmes d'épuration en remettant en suspension
les sédiments de fond, en lessivant les berges par les vagues et en
ajoutant d'autres eaux grises;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'élaborer un plan d'urgence
visant à soutenir les municipalités
dans leurs efforts pour diminuer les surverses et leurs rejets de matières polluantes
dans la rivière Richelieu et ses affluents.
«Nous
lui demandons aussi de prendre les mesures nécessaires pour aider les
producteurs agricoles à respecter le règlement sur les bandes riveraines.
«Enfin,
nous lui demandons de faciliter l'élaboration d'une réglementation visant à y
développer une navigation responsable et respectueuse de
l'environnement.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une violation de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions et réponses orales seront tenus
deux votes reportés, soit sur la motion proposant l'adoption du projet de
loi n° 12 et sur la motion proposant l'adoption du projet de loi
n° 19.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, le chef de la CAQ a beaucoup changé depuis qu'il est au
pouvoir. Dans l'opposition, il déchirait sa chemise pour sauver la
chaîne de restauration St-Hubert. Aujourd'hui, il n'a plus aucun intérêt pour
les entreprises qui paient leurs employés 50 000 $ et moins.
novembre, l'entreprise Sico a annoncé la fin de ses activités au Québec, 125 emplois
perdus. En janvier, les biscuits Dare
ont annoncé la fermeture de l'usine de Saint-Lambert, 275 emplois perdus.
Et réaction du premier ministre : «C'est
toujours malheureux lorsqu'une entreprise ferme», indiquant qu'il fallait
regarder quel était le salaire des employés de l'usine.
Groupe Maurice, un leader dans le secteur des résidences privées, qui vaut
2,4 milliards de dollars, n'est pas digne d'intérêt pour le premier ministre. Il nous a dit : Que les
Américains l'achètent, ça ne me dérange pas. Hier, je l'ai questionné sur l'entreprise Velan, dont une
partie
des activités seront délocalisées en Inde. Le premier ministre a cautionné
cette délocalisation. Il a même dit que c'était une bonne chose, M. le
Président. Ce que le premier ministre dit à ces 200 travailleurs et à
leurs familles, c'est qu'ils ne valent pas la peine qu'il mette de l'énergie
pour les défendre.
premier ministre n'arrête pas de dire qu'il va créer des emplois payants.
Est-ce qu'il s'engage à trouver un emploi à plus de 30 $ l'heure
aux travailleurs de Velan?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, au Québec, le salaire moyen,
49 000 $, c'est plus bas qu'en Ontario, dans les autres provinces. Bon, évidemment, le défi économique a
changé au Québec. On avait un défi de création d'emplois, maintenant on a un taux de chômage qui est très bas, presque
un plein-emploi. Le défi, c'est de trouver aux Québécois des emplois
avec plus de valeur ajoutée, des emplois qui sont payés à plus de
50 000 $ par année.
Maintenant,
M. le Président, concernant les sièges sociaux, mon collègue le ministre de
l'Économie est en train de faire une
réforme complète chez Investissement Québec pour faire une veille sur les entreprises
québécoises. Parce que, souvent,
quand on est mis devant la vente d'une entreprise, devant une décision qui est
déjà prise, c'est souvent difficile d'agir, c'est souvent trop tard.
le Président, dans le cas de Velan, c'est une entreprise, l'année dernière, qui
a perdu 17 millions de dollars. C'est
une entreprise qui a perdu la moitié de sa valeur en bourse. Et c'est une
entreprise qui avait à prendre des décisions difficiles pour être capable de conserver une
partie des emplois au
Québec. C'est mieux de sauver une
partie des emplois au Québec que de
perdre tous les emplois.
Maintenant,
M. le Président, effectivement, on va aider les travailleurs qui ont perdu
leurs emplois, les aider à trouver de
nouveaux emplois dans d'autres entreprises au Québec. C'est malheureux, ce qui
arrive chez Velan, mais c'était une décision pour être capable de sauver
une
partie des emplois...
Le Président :
En terminant.
Legault : Parce que, comme le sait le chef de l'opposition officielle,
une compagnie ne peut pas faire des pertes à chaque année.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Vous avec changé, M. le premier ministre, parce que, quand l'entreprise Electrolux, à L'Assomption, a annoncé qu'elle transférait ses activités à
Memphis, au Tennessee, je me rappelle très bien, vous nous aviez accusés
d'inaction. Vous défendiez corps et âme ce
géant suédois de l'électroménager qui offrait un salaire moyen de 19 $
l'heure. Chez Velan, c'est 30 $ l'heure, M. le Président.
Pourquoi
défendre les employés d'Electrolux et pas ceux de Velan? Est-ce que
c'est parce que c'était dans le comté de L'Assomption?
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : S'il vous
plaît!
Legault : M. le Président, il y a une grande différence entre le dossier Electrolux puis le
dossier Velan. Dans le dossier Electrolux, c'est une entreprise qui fait des
profits, donc une entreprise qui n'avait pas des décisions difficiles à prendre, qui aurait pu rester au Québec si le gouvernement de l'époque avait
accepté de l'accompagner. Ils ne les ont même pas rencontrés. M. le Président. Dans le dossier de Velan, il y a eu des
rencontres, des discussions avec Investissement Québec, avec le ministère de l'Économie. Malheureusement, c'est une
entreprise qui fait des pertes. Donc, il fallait prendre des décisions
difficiles. Je suis certain que le chef de l'opposition, qui a été en
affaires...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...comprend très bien
la situation.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Arcand : C'est parce que j'ai
beaucoup de difficultés à suivre le premier ministre, parce que les employés de
Dare, de Sico, de Velan et ceux du Groupe
Maurice ne gagnent pas assez cher pour que le premier ministre s'intéresse
à eux et les travailleurs de l'aluminerie
ABI, à Bécancour, eux, gagnent trop cher avec un salaire de 92 000 $
par année.
C'est quoi, le juste salaire pour mériter
l'intérêt du premier ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, je le disais tantôt, le salaire moyen au
Québec, c'est 49 000 $ par année. Actuellement, Alcoa offre aux
travailleurs d'ABI un salaire moyen de 92 000 $ par année. Mais le
Syndicat des métallos demande d'avoir une
participation de l'employeur pour le régime de pension à plus de 60 %,
demande 10 000 heures de libération syndicale, alors que la compagnie en offre 7 500. Donc,
peut-être que, si le syndicat, comme c'est arrivé à Baie-Comeau avec la même
compagnie, Alcoa, était plus raisonnable, on serait capables d'avoir des
emplois payants...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...qui sont importants
pour la Mauricie.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : En tout cas, moi, je
me rappelle très bien quand il y a eu la vente de St-Hubert. Vous aviez
dit : Ça vient confirmer un déclin de l'économie québécoise.
Est-ce
que la fermeture de Dare, de Sico, de Velan et la vente du Groupe Maurice, ça
contribue à ce déclin de l'économie, M. le premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, la réalité, c'est que malheureusement on a
un écart de richesse négatif de 16 % entre le Québec et l'Ontario. Donc, ça, c'est un fait. On
va y travailler, c'est pour ça qu'on va changer complètement le fonctionnement
d'Investissement Québec.
Maintenant,
je le répète, M. le Président, quand une entreprise comme Velan fait des
pertes, il y a des décisions importantes
à prendre. Mais savez-vous quoi? Je sais que le chef de l'opposition officielle
comprend très bien, qu'il est d'accord avec moi, mais il aime mieux
faire de la petite politique.
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
Non, je m'excuse...
Président : Non, je pense qu'il y a des... Soyez attentifs aux
propos que vous utilisez. Il y a des mots qui sont... M. le leader de
l'opposition.
Proulx : M. le Président, je vais vous donner un coup de main. Vous
savez, le premier ministre du Québec n'a
pas le droit de faire ce qu'il a fait. Il suscite des débats, il impute des
motifs. Je vais lui demander, M. le Président, par vous, de retirer ses
propos.
Le Président :
M. le premier ministre. M. le premier ministre a retiré ses propos. Je vais
vous demander, très rapidement, votre collaboration. Soyez prudent sur les
propos à dire. Les propos qui sont dits ne sont pas nécessaires. Mme la députée
de Saint-Henri—Sainte-Anne,
question principale.
Anglade : Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, j'ai une question pour vous, M. le Président. Qui a dit : «Ce n'est
pas impossible, ce n'est pas incohérent, c'est même une bonne chose que
certains emplois moins payants soient dans
des usines à l'étranger»? Est-ce que vous pensez que c'est le président d'une entreprise
qui souhaite délocaliser des emplois?
Est-ce que vous pensez que c'est le ministre de l'Économie de l'Inde qui cherche à aller
recruter des travailleurs à l'étranger pour les amener sur son territoire?
Non, M. le Président, c'est le premier ministre du Québec.
M. le Président, la délocalisation, ça existe, mais la dernière chose que le premier ministre du Québec doit faire, c'est cautionner la délocalisation.
Son rôle premier, c'est de défendre l'ensemble des Québécois,
l'ensemble des travailleurs québécois.
Alors,
ma question s'adresse au ministre de l'Économie :
Est-ce qu'il cautionne ces propos? Est-ce qu'il est prêt à les répéter
en cette Chambre?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation.
Fitzgibbon : M. le Président, je répondrais à la collègue
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne
que, comme j'ai dit hier, les
problèmes de Velan remontent à 2016. Je connais assez bien la compagnie. Quand
M. Leduc a été engagé, il y avait des décisions difficiles à prendre.
Si l'implication du
gouvernement avait été si facile, ma collègue l'aurait fait quand elle était au
Parti libéral. Donc, la solution n'est pas
facile. Alors, aujourd'hui, on fait face à une compagnie qui doit se
rationaliser et qui doit protéger les
emplois qui vont être payants dans une entreprise qui doit optimiser ses
opérations. Et, je pense, la décision qui a été prise est la bonne. D'ailleurs, on va rencontrer la compagnie bientôt
pour voir, dans les deux usines qui vont rester au Québec, s'il y a
moyen que nos programmes pour améliorer la productivité soient mis en
opération.
Deuxièmement,
il faut mentionner aussi que les emplois qui vont être perdus, la grande
partie
va venir par attrition, donc la
conséquence pour les familles pour lesquelles on souscrit va être moindre que
celle qui est peut-être peinturée par différentes personnes. Donc, dans
les circonstances, je pense que c'est une bonne opération.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade : Je crois comprendre que le ministre de l'Économie ne cautionne pas les paroles de son premier ministre, mais j'ai une question pour le ministre de l'Économie. On parle beaucoup d'emplois payants, à plus de 50 000 $ par
année.
Quelle
est la proportion de la population québécoise qui gagne moins de
50 000 $ par année? Quelle est la proportion de la population
québécoise qui gagne moins de 50 000 $ par année?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
C'est une grande proportion, évidemment, sauf qu'on est d'accord que, pour
créer des emplois rémunérateurs, ça
prend la base. Alors, c'est clair que nous voulons rendre nos sociétés
québécoises les plus performantes possible.
D'ailleurs, le programme d'Investissement Québec a de l'argent amplement pour
pouvoir combler l'écart qui est agrandi depuis plusieurs années.
Alors, en
créant des entreprises performantes au niveau mondial, on va pouvoir rehausser le
niveau salarial tout en maintenant, de toute évidence, une base d'appui qui est
importante pour le développement du Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade :
M. le Président, le chiffre, c'est 70 %. Alors, quand les salaires sont
plus bas, le premier ministre défend
la délocalisation. Quand les salaires sont plus élevés, il dit qu'ils sont trop
élevés et là il manque d'ambition. En fait, il a vraiment tout faux.
Est-ce que le
ministre de l'Économie trouve que c'est au premier ministre de décider qui sont
les gagnants et les perdants parmi les travailleurs québécois?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Le premier ministre m'a donné un mandat assez important, de, premièrement,
combler l'écart de productivité que les compagnies québécoises ont par
rapport à l'Ontario ou les États-Unis, écart, en passant, qui est agrandi depuis 15 ans. Alors, pour régler ce
problème d'écart là, j'ai les outils maintenant chez Investissement Québec
pour pouvoir aider les sociétés à pouvoir
combler cet écart-là. Le détail de comment on va le faire, avec qui on va le
faire, incombe aux gens du ministère
de l'Économie et d'Investissement Québec. Donc, je pense avoir tous les moyens
pour livrer l'ambition du premier ministre.
Le Président : Question
principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, le rapport d'Enquête nationale sur les femmes et les filles
autochtones disparues et assassinées
a été déposé le 3 juin dernier. C'est un rapport historique troublant qui
appelle à une réponse claire et rapide du gouvernement du Québec. Il est inacceptable que la ministre responsable,
la ministre de la Sécurité publique, la ministre responsable de la Condition féminine, que ce gouvernement ne se soient
pas encore prononcés formellement sur cet enjeu. On ne peut pas nier qu'il y a des lacunes et défis dans les moyens mis
en place ou à mettre en place pour soutenir les femmes et les filles autochtones. Le gouvernement ne peut
être absent ou désintéressé de ces enjeux. Jusqu'à ce jour, nous n'avons
presque rien entendu.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, le gouvernement est présent avec les communautés autochtones.
D'ailleurs, ma collègue la ministre responsable des Affaires autochtones, depuis qu'elle a été nommée le 18 octobre
dernier, travaille en collaboration, de nation à nation, avec les nations autochtones. Nous avons pris connaissance du rapport, et ma collègue a pris connaissance du rapport, et, depuis ce temps, elle est à pied d'oeuvre. Et, déjà,
dès le 18 octobre, elle était à pied d'oeuvre en collaboration avec
les nations autochtones.
que les femmes, ce que les filles autochtones ont vécu, c'est horrible, M. le Président. J'invite les gens à prendre connaissance du rapport. Et sachez que les mesures
correctrices seront apportées en collaboration, de nation à nation, avec les différentes
nations autochtones. Je pense que, tous ensemble, nous devons faire la
réflexion à savoir pourquoi... qu'est-ce qui
a été brisé, qu'est-ce qui ne marchait pas et quelles sont les solutions à
trouver. Il faut s'assurer de faire en sorte que les conditions de vie des membres des
communautés autochtones soient grandement améliorées. Dans l'histoire canadienne, dans l'histoire québécoise,
on a failli, et ce n'est pas acceptable. Et le bilan, il doit être porté et
partagé par tous ici.
Alors,
je pense, M. le
Président, que la chose à faire est
de travailler en collaboration,
conjointement avec eux...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...et de trouver des solutions ensemble pour améliorer le sort des
communautés autochtones.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Suite à la crise de Val-d'Or, notre gouvernement a créé la commission Viens, a
annoncé des investissements de quelque 147 millions de dollars pour
améliorer concrètement les services, promouvoir leur culture et
développer le pouvoir d'agir des individus et des collectivités. Ces actions
sont une copie presque conforme de la troisième recommandation du rapport
d'enquête.
Est-ce
que le gouvernement s'engage à se mettre en action, à poursuivre nos
actions et à réaliser cette recommandation
pour le bénéfice...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, la commission Viens a été lancée en juin 2017 et elle soumettra
son rapport cet automne, à
l'automne 2019, comme le sait le
député de D'Arcy-McGee. Le gouvernement du Québec, depuis 2017, et sous le gouvernement
libéral, a collaboré avec la commission
Viens. D'ailleurs, il y a plusieurs personnes du gouvernement du Québec qui ont témoigné et qui ont participé aux
travaux. À cet effet, justement, on a désigné, cette semaine, à
titre de vice-présidente de la Commission des droits de la personne la procureure en chef
de la commission. Alors, on supporte les travaux de la commission.
Et, en lien avec le rapport au niveau fédéral qui a été déposé, vous pouvez
être certain, M. le Président, qu'on souhaite s'assurer de faire le suivi...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...sur les deux différents rapports pour changer les façons de faire et
d'améliorer la situation.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : M. le Président, au même moment où on interpelle le gouvernement sur le rapport
d'enquête, on constate la détresse des communautés autochtones et
inuites au square Cabot. Ce sont des gens vulnérables qui s'y retrouvent. Plus que 40 partenaires
communautaires travaillent sur un plan d'intervention ambitieux. Mais, de ce côté aussi, c'est silence radio
de la CAQ.
Est-ce que le
gouvernement s'engage aujourd'hui à participer et à contribuer au financement
de ce projet?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, pour le projet précis, on pourra revenir au
député de D'Arcy-McGee, en collaboration avec ma collègue qui est ministre
responsable des Affaires autochtones. Pour ce qui est du soutien aux communautés autochtones, mon collègue le ministre
des Finances, dans son dernier budget, a augmenté le budget dédié aux
communautés autochtones de l'ordre de 93 millions sur cinq ans.
Vous
savez, dans le passé, on s'est retrouvés dans une situation où le gouvernement
du Québec et le gouvernement du
Canada aussi ont posé des gestes qui n'auraient pas eu lieu d'être. Et je
souhaite et nous souhaitons tous en cette Chambre que les choses changent, et elles vont changer.
Les discussions de nation à nation se produisent, se produisaient sous votre
gouvernement, vont continuer...
Le Président : En terminant.
Jolin-Barrette : ...de se dérouler sous notre gouvernement pour
améliorer les choses.
Le Président : Question
principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Merci, M. le Président.
Depuis un bout de temps, j'essaie de comprendre le premier ministre, comprendre
combien qu'il faut que tu gagnes dans la vie pour qu'il lève le petit doigt
pour sauver ta job.
Avec ce qu'il
a dit hier aux 200 travailleurs, travailleuses de Velan, c'est un peu
moins évident de jour en jour, M. le
Président. Les travailleurs et travailleuses qui gagnent entre 20 $ et
32 $ de l'heure chez Velan, quand leurs jobs sont délocalisées, bien là, le premier ministre
trouve que c'est presque une bonne idée parce que, dans le fond, ces jobs-là
ne sont pas assez payantes.
Chez ABI,
bien, ça commence à 43 $ de l'heure. Quand ils sont en lock-out pendant
16 mois, bien, pour le premier ministre, c'est presque une bonne
nouvelle parce que, dans le fond, ils sont un peu trop payés.
En fait, la
seule exception... qu'il a répondu à mes questions, où le premier ministre a
défendu les travailleurs, travailleuses, c'est les hauts fonctionnaires
qu'eux autres leur salaire à plus de 500 000 $, ça, c'est correct.
Alors, il me
dit à ce moment-là que je voulais que tout le monde soit payé pareil, en fait
comme dans un système communiste — le gros mot est sorti. Vous savez, M. le
Président, ça ne m'a pas fait grand-chose, parce que je suis un peu habituée qu'on ridiculise Québec solidaire.
Mais ce qui me dérange, par contre, c'est quand il dit aux travailleurs et
travailleuses que leurs jobs ne valent pas la peine d'être défendues.
Et, comme ça
devient une mauvaise habitude, bien, je vais lui reposer ma question :
Pour qui le premier ministre travaille? Le peuple québécois ou ses amis
du 1 %?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, à chaque jour, je me lève puis j'essaie de
voir comment je peux mieux aider les Québécois. Puis ça veut dire, entre
autres, essayer d'avoir des emplois mieux payés pour l'ensemble des Québécois. Malheureusement, le salaire moyen au Québec est
moins élevé que chez nos voisins, puis pourtant on a toutes les raisons du monde d'être aussi bons, sinon meilleurs que
nos voisins. On a des excellentes écoles, formations professionnelles, formations techniques, universités. Donc,
évidemment, il faut réduire le décrochage. On travaille en éducation. Pour ce
qui est de l'économie, on essaie, avec le
ministre de l'Économie, de créer des emplois qui soient mieux payés. On n'y
arrivera pas du jour au lendemain,
mais, M. le Président, mon objectif, mon obsession, c'est de créer des emplois
mieux payés au Québec.
Dans le
dossier de Velan, je l'ai dit, malheureusement, c'était une décision qui était difficile. À choisir entre
perdre tous les emplois de Velan ou
en perdre une partie, j'aime mieux... c'est moins pire d'en perdre une partie. Maintenant, on va aider les travailleurs à trouver des nouveaux emplois, les travailleurs de chez Velan. Et, comme le disait le ministre de l'Économie, la majorité de ces employés-là ne
perdront pas d'emploi puisque le travail sera fait par attrition.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Massé : En fait, j'entends
et je réentends cette ritournelle, mais la première façon de garder le monde en
emploi, c'est de ne pas perdre leurs jobs. Ça, c'est la première façon.
Ceci étant
dit, des gens qui, eux, ont mis 15 ans de leur vie dans leurs jobs pas assez
payées, qui eux, ces gens-là, ont fait vivre leurs familles avec leurs
jobs pas assez payées, franchement, c'est pas mal insultant pour ce monde-là.
Est-ce que le premier ministre pourrait
s'excuser auprès de ces gens-là de ne pas les défendre?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, si j'ai blessé des travailleurs de chez Velan, oui, je m'excuse. Je suis de tout
coeur avec les familles qui ont perdu leurs emplois.
Maintenant,
la cheffe du deuxième groupe n'aime
pas qu'on dise qu'elle est communiste, mais je voudrais qu'elle m'explique. Quand une entreprise perd
17 millions de dollars, si on ne change pas la recette, ça va donner le
même résultat. Est-ce qu'elle pense
qu'une entreprise peut perdre 17 millions de dollars à chaque année puis
continuer d'exister? Comment elle voit ça, une entreprise qui perd
17 millions? Est-ce que, pour elle, c'est un problème ou tout va bien?
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Dans mon plan de transition économique, j'ai pas mal de solutions, M. le
Président.
Des premiers
ministres qui lèvent le nez sur les travailleurs, travailleuses, on en a vu pas
mal. Des premiers ministres qui regardent
ailleurs pendant que les emplois partent à l'étranger, ça aussi, ce n'est pas
nouveau. Mais un premier ministre qui, par contre, va jusqu'à applaudir
une délocalisation, ça, c'est une première.
Est-ce
que le premier ministre, dans le fond, est fier de battre MM. Charest et
Couillard au concours du premier ministre qui abandonne le plus les
travailleurs, travailleuses?
Le Président :
M. le premier ministre.
Le Président :
Votre attention, s'il vous plaît!
Legault : M. le Président, avez-vous entendu une solution pour régler
la perte de 17 millions de dollars? Elle dit qu'elle a plein,
plein... Il y en a tellement plein qu'elle n'est pas capable de nous en donner
un exemple.
le Président, oui, je suis triste pour les employés qui perdent leur emploi
chez Velan. Mais j'aime mieux qu'on protège
une
partie des emplois que de tout perdre. Une entreprise, dans un système capitaliste,
ne peut pas à répétition perdre
17 millions par année. Une entreprise ne peut pas voir le prix de ses
actions baisser de 50 % à chaque année. À un moment donné, ça amène l'entreprise vers la
faillite, puis là on perd tout. Donc, il faut être capable de trouver la moins
pire situation...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...la moins pire solution.
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, la CAQ, dans l'opposition, était
avec nous pour dénoncer les primes aux médecins, les extras qui
s'accumulaient. On savait que ce n'était pas une solution. On a même adopté une
motion en ce sens.
matin, on apprend que la CAQ décide non seulement de faire la même chose que
les libéraux, mais en double : 43 millions
de disponibles, supplémentaires, jusqu'à 15 000 $ par médecin.
Pourtant, l'expérience nous a appris que plus d'argent pour les
médecins, ce n'est pas une solution. On a appris ça.
Alors,
M. le Président, je demande au premier ministre pourquoi il fait ça? Pourquoi
il n'investit pas davantage pour engager des infirmières, financer les
préposés aux bénéficiaires, organiser les soins?
Je pose la question
pour un ami qui a voté pour la CAQ : Pourquoi qu'il fait comme les
libéraux?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, il y a deux catégories de médecins :
les médecins de famille, qui gagnent moins au Québec qu'en Ontario, les médecins spécialistes, qui, à cause du
gouvernement de médecins, gouvernement libéral, gagnent plus qu'en
Ontario.
s'est engagés durant la campagne électorale à revoir le salaire des médecins
spécialistes, le revoir à la baisse. Concernant les médecins de famille,
d'abord, c'est important de dire que ce qu'on retrouve dans les médias...
M. Legault :
M. le Président, c'est difficile, avec le «goon» de La Pinière, de
s'exprimer.
Le Président :
Non, je vais...
Le Président : Non, vous
savez, c'est...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît, du calme, tout le monde! Du calme, MM., Mmes
les députés! M. le leader de l'opposition officielle.
Le Président :
Je vous demande d'arrêter de vous interpeler. M. le leader de l'opposition
officielle.
Proulx : M. le Président, vous connaissez... M. le
Président, vous connaissez le règlement.
Il faut du respect pour la fonction du député de La Pinière. Mais
c'en prendrait aussi pour la fonction de premier ministre également.
Le Président :
M. le premier ministre... M. le leader du gouvernement.
Le Président :
S'il vous plaît!
Jolin-Barrette : M. le premier ministre, lorsque vous conférez la
parole à un membre...
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, lorsque vous conférez la parole à une seule
personne dans l'Assemblée, c'est à cette personne-là que le droit de parole
est confié. En l'occurrence, c'est le premier ministre, qui tente de répondre
à la question du député de Matane-Matapédia. Ainsi, il faudrait avoir l'opportunité de
pouvoir écouter le premier ministre et que tous les membres de cette Assemblée
puissent céder la parole au premier
ministre.
Président : Je vais
répéter des choses très... des règles que vous connaissez tous. D'abord, je
vous demande d'arrêter de vous
interpeler; secundo, et je le répète fréquemment, de vous adresser à la
présidence; troisièmement, vous comprendrez qu'on ne peut pas appeler un
député de la sorte. M. le premier
ministre, je vous demande de retirer...
votre collaboration et de retirer ces propos.
M. Legault :
Oui, je retire. Le député n'est pas un «goon», oui. Je retire.
Président : Non, mais
je vous demande... non, mais honnêtement... on peut faire ça longtemps,
là. Encore une fois...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Président : Il y a
du temps important... Je vous demande, s'il vous plaît, votre collaboration, tout
le monde. M. le leader de l'opposition officielle.
Proulx : M. le Président, je n'ai pas l'intention de le faire à chaque fois, mais vous devez
faire respecter le décorum dans cette
Assemblée. Le premier
ministre a tenté une deuxième fois,
ce n'est pas drôle. Soyez respectueux pour la fonction.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, le premier
ministre a justement
retiré ses propos et il l'a fait d'une façon pour que tout le monde
comprenne très bien qu'il retirait ses propos.
Président : Alors, je
vous rappelle à nouveau ce que j'ai dit il y a quelques
instants. J'ai demandé au premier
ministre de retirer ses propos. Je comprends qu'il a retiré ses propos, mais je
vous demande votre collaboration et de faire en sorte qu'on soit prudent dans les mots à être utilisés. Encore une fois, cessez de vous interpeler. Je le vois et je n'apprécie pas. S'il
vous plaît, poursuivez, M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. M.
le Président, pour ce qui est des médecins de famille, l'objectif de la ministre de la Santé, c'est de modifier le mode de rémunération. Donc, à
l'intérieur de la même enveloppe,
d'avoir un plus grand pourcentage
qui soit payé à la prise en charge des
patients puis un moins grand pourcentage qui soit payé à l'acte. Donc, au total, on a
la même enveloppe, il n'y a pas eu d'augmentation de l'enveloppe avec ce qui est annoncé aujourd'hui, mais on veut avoir une meilleure prise en charge des patients.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, revoir tout le système, oui, revoir
le salaire des médecins, oui, mais la CAQ
rejoue dans le même film libéral qui n'a pas marché. Les médecins ont tellement
d'argent présentement qu'ils ne voudront même pas travailler plus. Ce qui va arriver, c'est que les
médecins vont prendre des patients en bonne santé juste pour avoir la
prime.
C'est
quoi, la priorité? Est-ce que c'est juste d'atteindre un pourcentage pour épater la galerie ou c'est s'occuper des patients les plus
vulnérables immédiatement?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Oui, M. le Président. Je remercie mon collègue le
député de Jonquière
de la question, parce que justement il y a
une mesure pour les patients vulnérables. Effectivement, les médecins
qui vont prendre des patients vulnérables, il y a un incitatif très important. On en a 165 000, patients vulnérables, là, qui ont
des maladies chroniques, problèmes de santé mentale, multiproblématiques aussi. Et vraiment on a mis des mesures
pour que les médecins de famille prennent en charge davantage ces patients.
Nous, là, on va faire une différence. Il va y avoir plus de patients qui vont
être pris par les médecins de famille.
Comme le disait le premier ministre : C'est une grande avancée vers le
mode de rémunération par capitation. Donc...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...le médecin va prendre en charge davantage de patients, et le guichet va se
vider.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, on le sait, que cette pensée magique là, ça n'a pas
marché avec les libéraux, ça ne marchera pas plus avec vous autres. Au lieu de faire la prime 2.0, d'autres
solutions : gérer la rémunération des médecins, éliminer les primes, investir dans les équipes de GMF,
revoir les plans régionaux d'effectifs médicaux, augmenter les cohortes
d'IPS dans les universités, consulter des psychologues dans le système public.
Est-ce que la
ministre va commencer par renoncer, d'abord et avant tout, à sa prime Bolduc 2.0?
Président : Mme la ministre de la Santé et des Services
sociaux.
Mme McCann : Bien, M. le Président, je le
rappelle encore, comme l'a dit le premier ministre, c'est de l'argent qui est là, là. Au lieu de le
donner sans aucune exigence, on s'est entendus avec la Fédération des médecins omnipraticiens. On demande aux médecins de famille de prendre
davantage de patients. En Ontario, en moyenne, un patient... un médecin prend 1 500 patients. Au Québec, c'est
900 patients en moyenne. On veut que les médecins qui ont moins de
1 000 patients prennent davantage de patients qui sont
inscrits sur le guichet d'accès. Nous, là, on a pris l'engagement que chaque
Québécois va avoir un médecin de famille et une équipe pour voir à ses
besoins...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...et on va respecter cet engagement, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Fabre.
Sauvé : Merci, M. le
Président. Ma question s'adresse aujourd'hui au ministre de l'Emploi, du
Travail et de la Solidarité sociale.
Oui, on va parler de solidarité sociale. Pensons aux 6 780 personnes
handicapées, personnes vulnérables du Québec, qui résident en ressource
intermédiaire. Le 10 décembre
2017, c'était l'annonce de notre plan de lutte à la pauvreté et son
revenu de base garanti pour les personnes handicapées. Ça prenait simplement
deux règlements pour appliquer
l'augmentation de la prestation de solidarité sociale de toutes les personnes
handicapées du Québec, deux simples règlements publiés pour janvier 2019. Mais le ministre a fait une
énorme erreur : il en manque un. Cinq mois plus tard, toujours
rien.
M. le Président, est-ce que le ministre reconnaît aujourd'hui son oubli et l'impact pour toutes les personnes handicapées
résidant en ressource intermédiaire?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
Je rappellerais à ma collègue de Fabre que, le 12 décembre dernier, on a augmenté de façon considérable les prestations de
solidarité sociale, donc, versées aux personnes qui ont des contraintes sévères à l'emploi. On a injecté au-delà de 1 milliard de dollars pour bonifier tous nos programmes en matière d'aide sociale. Et j'ai donné instruction à un comité conjoint,
qui comprend les groupes consultatifs relatifs aux personnes handicapées,
pour me faire des recommandations d'ici
décembre 2019 pour encore bonifier le Programme de revenu de base. Donc,
on est en mode extrêmement actif. On va de
l'avant et on lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. On l'a démontré
et on va continuer de le faire. Merci, M. le Président.
Le Président : Première complémentaire,
Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Alors, on parle
bien des personnes handicapées inaptes au travail. Tout était en place pour le deuxième règlement. Au printemps 2018, notre
gouvernement avait émis une directive temporaire pour une hausse de revenu de ces personnes, et c'était très simple,
deux choses à faire : un, prolonger la directive et, deux, confirmer le
tout dans un règlement. Qu'est-ce qui est arrivé jusqu'à maintenant? Ni
l'un ni l'autre. Pire encore, en février 2019, notre directive a été annulée.
C'est plus qu'un oubli, c'est une coupure de revenus.
Une question toute simple...
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. Ma collègue de Fabre me redonne l'opportunité
d'expliquer que, pour les personnes handicapées, ce qui est important,
c'est d'accroître leur autonomie professionnelle et de permettre leur intégration au travail. Et on est dans un contexte
de rareté de main-d'oeuvre. Hier, on a annoncé au-delà de 238,5 millions
de dollars pour augmenter le nombre de
contrats d'intégration à l'emploi et les subventions pour les entreprises
adaptées. Ça a été accueilli de façon
extrêmement favorable par tous les groupes de défense des personnes
handicapées. Et cette stratégie nationale là...
Le Président : En terminant.
M. Boulet : ...il n'y en avait
pas depuis 2005, et cette stratégie-là va permettre l'intégration des...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, je répète, on parle ici de
personnes inaptes au travail avec des diagnostics permanents. En étude
de crédits, j'ai questionné le ministre au sujet de l'annulation de notre
directive et l'urgence de publier le règlement.
Sa réponse a été : Ce règlement est présentement en analyse et nous le
publierons en temps opportun. Nous étions
tous d'accord dans cette Chambre. Et aujourd'hui 6 800 personnes
handicapées vulnérables, en situation de pauvreté, inaptes et résidant
en ressources intermédiaires attendent depuis...
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi et de la Solidarité sociale, la parole vous appartient.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. La question de ma collègue de Fabre comprenait la
réponse. J'ai donné clairement une
indication lors de l'étude des crédits qu'on attendait une recommandation.
Cette recommandation-là va venir d'ici décembre 2019, et on mettra en application
la réglementation appropriée, et on bonifiera le Programme de revenu de
base suivant les recommandations des groupes consultés. Merci, M. le Président.
Président : Question principale, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Plus tôt cette semaine, le premier ministre a accusé Québec
solidaire d'être dogmatique dans le dossier
de GNL Québec. Il s'est lui-même donné un défi en s'engageant à prouver que ce
projet réduirait les gaz à effet de serre dans le monde.
Hier,
j'ai déposé une motion pour demander au premier ministre de relever son propre
défi. Le gouvernement a refusé, et,
honnêtement, je le comprends. Je le comprends parce que l'entreprise elle-même
affirme que 40 % de sa production ajouterait
des gaz à effet de serre dans le monde. Ça, ça veut dire que le gouvernement
donne plus de vertu écologique à ce
projet que le promoteur lui-même, mais j'ai quand même envie de donner une deuxième
chance au gouvernement.
Est-ce
que le gouvernement peut, aujourd'hui, répéter son engagement à prouver que GNL
Québec réduira les gaz à effet de serre dans le monde?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, c'est un projet, effectivement, qu'on
trouve très intéressant, GNL Québec, des
investissements de 14 milliards, qui permet, en réalité, d'assurer une
transition énergétique ailleurs par du gaz naturel liquéfié. J'entends
le défi de la députée.
Alors,
je rétorquerai que, si ce défi est démontré, si on répond adéquatement pour
faire cette démonstration-là, est-ce
que leurs partis seront prêts à appuyer ledit projet? Parce que, pour nous,
oui, cette démonstration-là est essentielle. Oui, effectivement, en termes de réduction des gaz à effet de serre, on
ne peut pas seulement regarder la situation du Québec. Quand on la regarde globalement, quand on la
regarde au-delà de nos frontières, et c'est ce qu'on fait avec
l'hydroélectricité avec New York,
c'est ce qu'on peut faire avec le gaz naturel outre-mer, on peut porter
des gestes probants, des gestes probants pour réduire les GES, des
gestes probants pour s'attaquer aux changements climatiques. Et on croit que ce
projet-là peut y répondre.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : C'est incroyable, M. le Président, le gouvernement est encore
plus convaincu du projet que les lobbyistes eux-mêmes, même sur le plan
économique. Le premier ministre a parlé, en cette Chambre, à au moins deux reprises, de création de milliers d'emplois
avec GNL Québec. C'est drôle, même l'entreprise parle de 250 à 300 emplois,
à terme, dans un secteur qui, on le sait aujourd'hui, n'est pas un secteur
d'avenir.
Donc,
il n'y a pas d'avantage écologique, il n'y a pas de réel avantage économique à
long terme. M. le Président; coudon, c'est quoi, les avantages de ce
projet-là?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien :
Oui, M. le Président. Écoutez, on parle d'investissements de 14 milliards
de dollars au Québec. S'il n'y a pas
d'avantage économique, je me questionne, parce que j'aimerais bien, moi, qu'il
y ait des investissements de
14 milliards au Québec dans des infrastructures, qui font travailler le monde. Effectivement, durant la durée des travaux, c'est
plusieurs, plusieurs milliers d'emplois. Et, à terme, avec l'usine de
liquéfaction qui serait au Saguenay, c'est des centaines, des centaines d'emplois qui seraient créés. D'ailleurs, je
m'interroge, moi, sur la communauté du Saguenay. Eux semblent trouver que
c'est une maudite bonne idée d'avoir des investissements de cette nature-là.
Le Président :
En terminant.
Julien : Maintenant,
le processus environnemental aura son cours pour faire toute
cette démonstration-là, et j'espère...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Ghazal : M. le Président, les
arguments du gouvernement pour défendre son projet sont exactement les mêmes que ceux utilisés par les vieux partis, il y a quelques
années, pour défendre la cimenterie de Port-Daniel. À l'époque, si on se rappelle bien, la CAQ s'y opposait. Aujourd'hui, elle défend un projet qui va émettre 17 fois plus de gaz à effet de serre. On n'aura jamais vu
une conversion écologique aussi brève.
Est-ce qu'on
peut au moins demander au gouvernement de mettre en veilleuse sa promotion du
projet GNL et d'écouter les scientifiques et les gens qui sont...
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie et des Ressources naturelles.
M. Julien : Écoutez, il n'y a pas de
projet à mettre en veilleuse, un projet, en fin de compte, qui va suivre un processus
rigoureux d'approbation avec le ministère de l'Environnement. Ce qu'on dit aujourd'hui,
nous, ici, au gouvernement, c'est : Des investissements importants
avec, au bout de course, une réduction des GES. Quand quelqu'un dit :
Oui, mais le projet produit x fois plus que la cimenterie, c'est drôle, on
regarde rien qu'un bout du pipeline, on ne regarde pas la totalité, en
fin de compte, du processus.
Nous, ce qu'on dit, c'est que ça va réduire de manière formidable, formidable, les GES à travers le monde, on va en
faire la démonstration, et c'est sur cette base-là, environnementale, que
la décision sera prise. Mais 14 milliards d'investissement au Québec...
Le Président : En terminant.
M. Julien : ...on est pour ça, on
est très pour ça.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Verdun...
Le Président : Vous êtes la
seule à avoir la parole.
Melançon : Hier, on
apprenait que TVA allait abolir 68 postes. Le mois dernier, c'était CTV
qui annonçait des coupures de poste.
C'est malheureusement aussi le cas pour des quotidiens et des hebdomadaires,
des radios du Québec. Il y a
urgence d'agir pour préserver la force de nos médias locaux, régionaux et
nationaux. Hier, à ce sujet, la ministre
s'est dite désolée. Comme seule action, elle
dit avoir demandé une commission
parlementaire sur le sujet et se
désole de voir que les travaux débutent à peine. D'abord, la ministre
mélange encore clairement la notion de séparation des pouvoirs législatifs
et exécutifs, mais, pire encore, elle nous accuse de retarder les travaux. Si
la ministre a des reproches à faire, qu'elle se tourne vers son leader, parce que, dans
cette commission sur l'avenir des médias, ça va bien, et avec les
députés de la CAQ et avec ceux des oppositions.
Est-ce que la ministre, qui est fidèle à ses
habitudes, qui fait des reproches toujours aux oppositions, a, elle, quelque
chose à proposer pour les médias? C'est elle, la ministre, après tout.
Le Président : Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
Le Président : S'il vous plaît!
S'il vous plaît!
Mme Roy :
M. le Président, de un, si la députée de Verdun veut me citer, soit, mais
qu'elle le fasse de bonne façon. J'ai
dit que j'étais triste et très triste pour les employés et des ex-collègues,
des gens que je connais, et c'est tout à fait vrai, et je n'ai pas dit
que j'étais désolée. Je suis triste. Il y a une réalité actuellement...
Mme Roy : Et ça fait rire les
gens du côté libéral, M. le Président.
Merci. Il y a
une réalité qui est criante avec nos entreprises culturelles, nos entreprises
de presse. Toutes les entreprises du milieu culturel sont actuellement
bouleversées par cette métamorphose des façons de faire qui sont causées, entre
autres, par les plateformes numériques.
novembre, nous avons manifesté l'intérêt d'agir, d'agir rapidement parce qu'il
y a urgence d'agir. J'avais mentionné,
dans un point de presse, que nous voulions, nous souhaitions obtenir un mandat
d'initiative pour avoir une commission parlementaire pour se pencher sur
l'avenir des médias. On me l'a reproché. Nous étions en novembre. Novembre, décembre, janvier, février, mars, avril,
mai, juin, juillet. En août, M. le Président, en août, les auditions vont
commencer.
Le Président : En terminant.
Mme Roy :
C'est beaucoup trop lent. On nous reproche d'être lents, eh bien, nous
travaillons actuellement avec les collègues ministres...
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Le Président : Toujours votre
attention, s'il vous plaît!
Melançon : En tout cas, qu'elle se tourne vers ses députés parce que
moi, je pensais que ça allait bien. D'ailleurs, j'en ai parlé avec certains députés hier, qui m'ont d'ailleurs confirmé
qu'on avançait rondement. J'apprenais, hier, à la ministre que les
dépenses gouvernementales faites auprès des géants du Web étaient en
augmentation. Uniquement à la SEPAQ, c'est 77 % des dépenses en publicité
qui sont faites chez Facebook et Google.
M. le Président, est-ce que la ministre peut
passer des paroles à l'acte? Quand va-t-elle...
Le Président : Mme la
ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Merci, M. le Président. Eh bien, nous agissons. Je vous rappellerai que le
gouvernement libéral, lors des neuf
mois de son règne en 2018, a dépensé pour 6 millions de dollars en
publicité sur les plateformes. Relativement aux plateformes, nous
travaillons et nous disons, et je le dis depuis le début, qu'il faut que toutes
nos entreprises, nos entreprises en
communications, en télécommunications, nos journaux, nos télés, nos radios
soient traitées de façon équitable. Et
nous travaillons actuellement... et ça me touche, je viens de ce milieu-là, et
je comprends cette transformation, et je sais qu'il y a urgence, et c'est la raison pour laquelle nous
n'attendons pas, nous agissons avec mon collègue le ministre des
Finances, mon collègue le ministre de l'Économie...
Le Président : En terminant.
Mme Roy :
...pour trouver des solutions parce qu'il y a urgence. C'est ce que nous
faisons actuellement, nous arriverons avec des solutions très
rapidement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Bien justement, en
avril, on apprenait que le premier ministre avait lancé des travaux avec certains ministres pour répondre aux besoins
urgents auxquels font face les grands médias du Québec. On est le 6 juin.
L'été est à nos portes. Personne ne sait où
on en est dans ces travaux, qui étaient pourtant qualifiés d'urgents. C'est la fin de la session parlementaire. La prochaine fois où on va pouvoir discuter de ce
dossier, ça va être à l'automne. Là aussi, il va être trop tard.
Est-ce que la ministre peut déposer minimalement
l'état d'avancement des travaux, s'il vous plaît?
Le Président : Mme la ministre
de la Culture et des Communications.
Mme Roy : Merci,
M. le Président. Alors, nous
travaillons. Ce que la collègue ignore, c'est qu'actuellement, même au
sein même de mon ministère, j'ai refait faire les programmes
pour nous assurer que les entreprises de presse locales et régionales puissent bénéficier de subventions. Ça, je fais ça
depuis des mois. Elle l'ignore et ça ne l'intéresse pas. Nous travaillons, relativement, entre autres, à cette commission pour enclencher ses travaux avec des auditions en
août dernier. Bien, écoutez,
pour moi, M. le Président, là, neuf mois d'attente, c'est beaucoup
trop. Donc, nous agissons actuellement
sur deux fronts. Au ministère,
nous contactons directement les agences de presse, les médias locaux pour
s'assurer qu'il y ait des programmes
qui puissent les aider.
Le Président :
En terminant.
Mme Roy : Et nous avons également mis de l'argent, entre autres, pour le recyclage, 6,5 millions
de dollars de plus pour les aider.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
Fortin : Écoutez bien ça, M. le Président. Hier, le ministre délégué à
la Santé, en commission parlementaire, nous
a dit : Si vous êtes un adulte, si vous êtes un adulte, peu importe votre
âge, vous n'avez pas le droit de posséder du cannabis sur un campus
universitaire ou collégial, mais, si vous êtes sur un campus satellite, comme
les campus satellites de médecine,
par exemple, vous avez le droit d'être en possession de cannabis. Dans un
hôpital universitaire comme l'hôpital de
Fleurimont, vous avez le droit d'être en possession de cannabis; sur le terrain
tout autour de l'hôpital, vous n'avez pas le droit. Je ne sais pas comment vous
allez vous rendre à l'hôpital, M. le Président : par hélicoptère, par
drone? Je ne le sais pas trop. Mais,
quand on demande au ministre si c'est ça, son intention, il nous dit oui, c'est
ça, son intention. On lui demande :
Veux-tu changer quelque chose, peut-être une modification? Il nous dit :
Non, c'est effectivement ça qu'on veut
faire. Donc, un étudiant en ingénierie sur le campus principal, pas de
cannabis, un étudiant en médecine sur le campus satellite a droit au
cannabis.
M. le
Président, pour le ministre délégué, est-ce qu'il est ouvert à faire des
modifications pour que ça fasse plus de sens? Pour vous, comprenez-vous
quelque chose là-dedans?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : M. le Président...
Le Président : S'il vous plaît!
Carmant : ...j'ai montré beaucoup
d'ouverture hier. Le député de Pontiac a identifié une faille dans le projet de
loi, dans la Loi encadrant le cannabis, qui démontrait que, dans les endroits
touristiques, il pourrait y avoir surconsommation de cannabis. On a regardé ça ensemble. On a
travaillé ensemble. On a créé un amendement pour régler ce problème-là.
Maintenant,
je l'invite à continuer à nous aider à faire avancer le projet de loi
n° 2. Après plus de 50 heures, nous en sommes seulement au quatrième amendement. Aujourd'hui, tout le monde
me dit : Pourquoi vous ouvrez le projet de loi si rapidement? Pourquoi
vous l'ouvrez si rapidement, on s'était donné trois ans? Bien là, aujourd'hui,
on apprend que nos gens, nos DPCP n'arrivent pas à confirmer les amendes
qui sont données aux jeunes.
Non seulement il est urgent d'ouvrir ce projet
de loi pour la santé mentale de nos enfants, mais il est important
de régler les problèmes, les failles qui
sont inscrites dans le projet de loi
n° 157. J'espère qu'il va
travailler avec moi pour faire accélérer le processus avant la fin de la
session parlementaire. Merci, M. le Président.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il
vous plaît! Pas d'applaudissement.
Cela met fin à la période de
questions et de réponses orales. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la
motion du ministre de l'Éducation et
de l'Enseignement supérieur proposant
l'adoption du projet
de loi n° 12, Loi
visant à préciser la portée du droit à la gratuité scolaire et à permettre
l'encadrement de certaines contributions financières pouvant être
exigées.
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), Mme McCann
(Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel (Granby),
M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Hébert (Saint-François), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond
(Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon),
M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford),
Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière
(Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval),
M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint :
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette
(La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre
(Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine),
Mme David (Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols (Vaudreuil),
Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
M. Bérubé (Matane-Matapédia), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon
(Joliette), M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il
des abstentions? Alors, pour le résultat du vote, M. le secrétaire
général.
Secrétaire : Pour : 66
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée, et, en conséquence, le projet de loi n° 12 est adopté.
Nous allons maintenant procéder au vote reporté
sur la motion du leader parlementaire du gouvernement et ministre
de l'Immigration, de la Diversité et
de l'Inclusion conjointement avec le leader parlementaire de l'opposition
officielle et le leader parlementaire du troisième groupe d'opposition
proposant l'adoption du projet de loi n° 19, Loi modifiant la
Loi sur les conditions de travail et
le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale à la suite de
l'adoption de certaines mesures fiscales par
le Parlement du Canada. Et que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard (Groulx), Mme McCann
(Sanguinet), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Roy (Montarville),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance
(Bellechasse), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon),
Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Hébert (Saint-François), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand),
M. Julien (Charlesbourg), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque
(Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay (LaFontaine), Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Fortin (Pontiac),
Mme Nichols (Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles),
Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji
(Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone
(Marquette).
M. Bérubé (Matane-Matapédia),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard
(Duplessis), M. Roy (Bonaventure), Mme Hivon (Joliette),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey), Mme Fournier (Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie (Sherbrooke),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Y a-t-il des abstentions? Alors, pour le résultat du
vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée, et,
en conséquence, le projet de loi n° 19 est adopté.
Nous
allons maintenant passer à la rubrique des motions sans préavis. Et je
comprends qu'il y aurait une entente pour
inverser la séance trois et la prochaine séance un du cycle des motions sans
préavis afin de permettre à M. le premier ministre de présenter sa
motion. Il y a consentement? Alors, M. le premier ministre, la parole est
à vous.
Legault : Oui. Mme la Présidente, je demande le consentement de cette
Assemblée pour déposer la motion suivante conjointement avec le chef de
l'opposition officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du
troisième groupe d'opposition, la députée de Marie-Victorin, le député de
Chomedey :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 75e anniversaire du débarquement des forces alliées en
Normandie;
«Qu'elle rende hommage à la bravoure, à l'héroïsme
et aux sacrifices des militaires québécois qui ont contribué à la
victoire contre le régime nazi;
«Qu'elle
rappelle le devoir de mémoire [...] de conscience du Québec de ce combat pour
la liberté en clamant d'une seule voix : Je me souviens .»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le premier ministre.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
M. Schneeberger : Alors, Mme
la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, en commençant par
le premier ministre, le chef de l'opposition officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition et le chef du troisième groupe
d'opposition.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Alors, M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui. Mme
la Présidente, je veux saluer avec
émotion les vétérans qui sont avec nous aujourd'hui, leur dire merci
du fond du coeur. Aujourd'hui, donc, il
y a 75 ans exactement,
le matin du 6 juin 1944, il y a des milliers de soldats du Québec qui sont débarqués sur les plages de Normandie. Beaucoup
de fils, de frères, de pères se sont sacrifiés pour la liberté en participant à ce qui fut la plus importante... ou une
des plus importantes opérations militaires de l'histoire, une opération qui avait été planifiée ici, à
Québec, avec Churchill, Roosevelt, au Château Frontenac. Et même les plus
ardents opposants à la guerre admettent que
cette cause, de défaire le régime nazi, c'était une cause qui était juste, qui
était nécessaire, et cette bataille, ce débarquement a été un moment
décisif.
Donc, aujourd'hui, on a le devoir de rappeler,
de se rappeler les sacrifices qui ont été faits. On a le devoir de mémoire,
le devoir de conscience. Il faut se rappeler l'ampleur des sacrifices qui ont été
faits. Le 6 juin 1944, 15 000 soldats
canadiens ont débarqué à Juno Beach. Parmi
eux, il y avait beaucoup de Québécois du Régiment de la Chaudière. Ensuite,
il y en a du Royal 22e, des Fusiliers
Mont-Royal, du Régiment de Maisonneuve qui se sont joints. Et, du 6 juin
au 1er septembre 1944, 5 000 soldats canadiens ont perdu
la vie, ont fait preuve d'une grande bravoure.
Et, ce matin,
parmi tous les exploits, j'ai retenu celui d'un des nôtres, Léo Major. Léo
Major, c'était un tireur d'élite du
Régiment de la Chaudière. Il est débarqué le matin du 6 juin 1944.
D'abord, il a réussi à neutraliser un bunker allemand. Ensuite, il est parti dans l'après-midi en
reconnaissance. Il a capturé un blindé allemand, fait trois prisonniers. 18
jours plus tard, le 24 juin
1944, l'ennemi a fait exploser une grenade. Il a perdu son oeil gauche puis il
a refusé d'être rapatrié. Il a décidé
de rester là. Et ensuite, dans la nuit du 31 octobre 1944, tout seul, il a
réussi à capturer 93 soldats allemands. Ensuite, en avril 1945, dans la ville de Zwolle, en
Hollande, il a réussi à mettre le feu au quartier général de la Gestapo, puis,
encore une fois, tout seul, il a
réussi à libérer une ville de 50 000 habitants. Quand vous allez en
Hollande puis vous parlez de Léo Major, c'est encore un héros.
Donc, c'est à
notre tour aujourd'hui de se souvenir de Léo Major. C'est notre devoir aussi de
se souvenir des milliers de soldats
qui se sont sacrifiés pour la liberté, pour notre liberté. Il fallait, au plus
vite, mettre fin au régime nazi. Ce sont des hommes comme nos soldats qui ont accompli cette mission en payant le
prix le plus élevé qui soit. Donc, leur sacrifice ne doit jamais être oublié, et leurs exploits, Léo
Major, mais aussi tous les autres, doivent nous remplir de fierté. Merci,
Léo. Merci à tous vous autres.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le premier
ministre. Et maintenant je vais céder la parole à M. le chef de
l'opposition officielle.
Arcand : Merci, Mme
la Présidente. Il est difficile aujourd'hui d'imaginer ce que serait le monde
si ce débarquement, en fait, n'avait pas eu lieu.
C'est une
opération militaire, certainement l'une des plus importantes de l'histoire, qui
a pavé la voie à la reprise de l'Europe par l'ensemble des alliés. Pour nous,
on se souvient de certains films qu'on a pu voir, Le Jour le plus long
ou encore Il faut sauver le soldat Ryan ,
qui étaient des films qui nous ont vraiment marqués, qui nous ont touchés. Et
on voit qu'il y a eu quand même
quelque 15 000 Canadiens qui ont participé à cette opération stratégique;
parmi eux, des soldats des Régiments
de la Chaudière, de Maisonneuve, des Fusiliers Mont-Royal. Ils étaient entassés
dans les cales des navires sur une
mer déchaînée et ils sont débarqués sur les plages de la Normandie le 6 juin
1944. C'était une opération hautement stratégique,
puisque les Allemands les attendaient plus au nord, dans le département du
Pas-de-Calais. Le dos chargé de kilos d'équipement, nos soldats ont
avancé sur ces plages pour combattre l'ennemi.
Et je lisais ce matin les témoignages de deux
vétérans, Pierre Gauthier et Jean Trempe. 75 ans ont beau s'être écoulés, les événements sont toujours aussi frais
à leur mémoire, c'est un peu comme si c'était, pour eux, arrivé hier. Ils
avaient la peur au ventre et, encore
aujourd'hui, disent-ils, ils ont des cauchemars liés à ce débarquement. Ils
étaient tous jeunes à l'époque; 19
ans. M. Gauthier rapporte d'ailleurs que les hommes de 25, 26 ans étaient
considérés comme des vieillards dans le régiment. Des jeunes hommes
courageux, dévoués qui ont débarqué sur ces plages pour défendre la liberté, et c'est grâce à eux que nous vivons
aujourd'hui le monde tel qu'on le connaît. Il y a eu évidemment un coût terrible
à cette victoire. 11 000 soldats sont
morts lors de ce débarquement. Ils ont sacrifié leur vie en se battant pour que
la paix triomphe.
Je salue donc
aujourd'hui la mémoire de ces jeunes hommes décédés au combat. Et, dans son
entrevue, le vétéran Jean Trempe
souligne : J'ai été soldat, mais je ne suis pas pour la guerre. S'il te
plaît, avec un autre pays, négocie. Tu n'es pas obligé de prendre les
armes. Je souhaite que, pour l'avenir, encore son message soit entendu. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le chef de l'opposition
officielle. Et maintenant je cède la parole à Mme la cheffe du deuxième
groupe d'opposition.
Mme Massé : Merci, Mme la
Présidente.
Alors, au nom
de Québec solidaire, je joins ma voix aux autres parlementaires pour rendre
hommage, hommage aux militaires
québécois qui, par leur bravoure lors de la Deuxième Guerre mondiale, mais plus
spécifiquement en cette journée du 6
juin... pour l'héroïsme qu'ils ont déployé lors du débarquement de Normandie,
parce que ce 6 juin 1944 va bien sûr rester graver dans nos mémoires pendant longtemps soit parce
qu'on nous l'a raconté, soit parce qu'on l'a vu en film, soit parce
qu'on le sait, ça fait
partie de notre histoire.
À
titre de
pacifiste, Mme la Présidente, j'ai toujours de la misère à me résigner à penser
qu'une guerre puisse être justifiée.
La Première Guerre mondiale, la guerre de Sept Ans, la guerre en Afghanistan,
en fait, c'étaient des carnages inutiles, destructeurs de vies humaines,
c'étaient des guerres impériales.
Mais, la
guerre face aux nazis, face à ce totalitarisme, il fallait la faire, Mme la
Présidente, et nos soldats québécois en
ont payé le prix. Ceux qui sont revenus sont restés marqués à jamais. Par
contre, le sacrifice de nos soldats n'aura pas été vain. Ça n'aura pas été facile pour eux, pour
toutes les raisons qu'on connaît et qu'on peut imaginer mais aussi pour des
raisons qu'il ne faut pas oublier. Pendant
la Deuxième Guerre mondiale, ce n'était pas évident d'être francophone dans
l'armée canadienne. Voilà pourquoi, entre autres, nous ici, au Québec, il faut
toujours se rappeler des héros de la Deuxième
Guerre. Lorsqu'on parle de la guerre, on doit aussi avoir en pensée les
personnes qui ont combattu ici même. Je
pense aux femmes, aux femmes qui ont dû laisser famille, terres agricoles,
etc., pour aller travailler, travailler dans les usines de guerre et qui ont dû faire d'énormes sacrifices, notamment en
espérant, en espérant profondément le retour de leurs fils, leurs maris, leurs pères. Je me dois d'avoir une pensée pour
les innombrables civils qui ont péri entre 1939 et 1945. Ce sont souvent
des victimes oubliées de la guerre.
Alors,
j'offre nos salutations, bien sûr, à nos vétérans qui sont avec nous et à tous
ceux et celles qui ont survécu et qui
ont dû prendre le reste de leur vie pour guérir des blessures qu'aucun être
humain ne devrait jamais avoir à vivre, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la cheffe du
deuxième groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole au chef du
troisième groupe d'opposition.
Bérubé :
Mme la Présidente, au nom du Parti québécois... Il y a 75 ans, le monde n'était
pas tel qu'on le connaît aujourd'hui, il n'était pas libre, il était sous
l'emprise d'un régime dictatorial, insensible et sanguinaire, un régime
dont il fallait absolument se débarrasser, à
défaut de quoi notre espèce, notre civilisation ne pourraient plus être
considérées comme humaines. Beaucoup
plus facile à dire qu'à faire, évidemment, parce que, pour éradiquer une force
aussi convaincue de sa légitimité,
aussi péremptoire, il fallait bien plus que de la persuasion et de la
diplomatie, il fallait un plan, de la préparation, du courage, beaucoup
de courage et la conviction et la certitude qu'on faisait la bonne chose.
Les soldats,
les jeunes hommes qui sont débarqués sur les côtes de Normandie le 6 juin 1944
et les jours suivants savaient à quel péril ils s'exposaient, mais leur
sens du devoir était plus fort que tout. Nombre d'entre eux ont fait l'ultime sacrifice dans l'espoir de rendre le
monde meilleur. Parmi eux se trouvaient des Québécois provenant, notamment,
du Régiment de Maisonneuve, du Régiment de
la Chaudière et du régiment des Fusiliers du Mont-Royal. À eux et à leurs
frères d'armes nous devons notre liberté.
Notre reconnaissance envers eux ne saurait être trop grande, car ceux qui n'ont
pas laissé leur vie sur les plages de
Normandie y ont, à coup sûr, laissé une part de leur humanité. Une telle
expérience laisse inévitablement des
traces. Le moins que l'on puisse faire, c'est d'honorer leur mémoire et leurs
gestes héroïques et de faire en sorte de préserver la paix pour éviter,
à l'avenir, que de tels sacrifices soient nécessaires.
Merci aux
soldats, merci aux hommes et aux femmes. Merci de votre sacrifice. Vous avez
toute notre admiration et notre gratitude. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Adopté. Alors, je vous invite à vous lever pour que nous puissions observer une
minute de silence à la mémoire des victimes du débarquement de Normandie.
• (11 h 15 — 11
h 16) •
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Vous pouvez reprendre place.
Alors, nous
en sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je
vais céder la parole à M. le député
de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Merci.
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée
de Maurice-Richard, la
députée de Mercier, le député
de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale souligne le mois de
juin à
titre de Mois de l'eau;
«Qu'elle
reconnaisse l'eau comme une [source] essentielle à la vie ainsi qu'au
patrimoine collectif du Québec;
«Qu'elle
réaffirme l'importance de la sensibilisation et de l'éducation de la population sur l'eau et ses enjeux, sur son apport à
la santé, et sur son accessibilité en cette ère de changements climatiques;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'imposer des redevances ainsi qu'une consigne
sur les bouteilles
d'eau, suivant la recommandation adoptée à l'unanimité lors du dernier Conseil
général de la Coalition avenir
Québec, avant la fin du présent mandat.»
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député de Jonquière. Maintenant, y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Il
n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, il n'y a pas de consentement.
Pour la prochaine motion sans préavis, je vais
inviter M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Alors, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante conjointement avec le député de Jonquière, le député de Chomedey
et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte de la décision de la ministre de la Santé de verser
50 millions de dollars [pour] implanter un système de primes visant à encourager les médecins de famille à faible volume de patients inscrits à augmenter leur nombre de
patients pris en charge;
«Qu'elle
rappelle l'engagement de la CAQ à "modifier le mode de rémunération des médecins de famille afin d'assurer
à [toutes les Québécoises et] tous les Québécois une consultation en moins de 36 heures — par
un médecin ou une infirmière praticienne";
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre
en place ce nouveau mode de rémunération des médecins d'ici le prochain
budget.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Il
n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, il n'y a pas de consentement.
Et maintenant je vais céder la parole à M. le
député de Robert-Baldwin.
Leitão : Merci, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, le député de Jean-Lesage, la
députée de Duplessis, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale rende hommage à M.
Jean Vanier, décédé le 7 mai 2019;
«Qu'elle salue la contribution exceptionnelle de
M. [...] Vanier pour les personnes atteintes d'une déficience intellectuelle;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance des valeurs humanistes transmises à travers le monde
par l'organisme fondé par M. [...] Vanier, L'Arche;
«Qu'enfin, les membres de cette Assemblée
observent une minute de silence en sa mémoire.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Robert-Baldwin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger : Alors, oui, Mme la Présidente, il y a
consentement pour un débat de deux minutes par intervenant, en commençant par le député de Robert-Baldwin, le
ministre délégué à la Santé et des Services sociaux, la députée de
Taschereau et la députée de Duplessis.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Alors, M. le député, je vous recède la parole.
Leitão : Merci. Alors, c'est avec une grande émotion que je prends la
parole aujourd'hui à l'Assemblée nationale du Québec pour parler de Jean Vanier, un homme extraordinaire et pour
qui j'ai une admiration énorme. M. Vanier est un grand Canadien, un
philosophe et théologien hors pair et un modèle d'humanité et d'engagement dans
le monde.
J'utilise le
temps présent délibérément, parce que je crois fermement que M. Vanier est
toujours avec nous à travers ses mots, à travers sa vie et à travers son
oeuvre. Et quelle oeuvre, Mme la Présidente!
Il a consacré sa vie aux personnes ayant une
déficience intellectuelle et qui étaient souvent abandonnées à elles-mêmes ou alors dans des asiles
psychiatriques, des conditions de vie lamentables. Il a créé la communauté de
L'Arche en France en 1964 avec un
concept très simple et pourtant si révolutionnaire, c'est-à-dire : Nous sommes tous des êtres humains, nous avons tous le droit de vivre
dignement, quelle que soit notre condition. L'Arche est un milieu de vie.
Ce ne sont pas des handicapés qui y sont accueillis, ce sont des personnes qui
habitent ensemble, ce sont des amis qui s'entraident
mutuellement. C'est une expérience de vie commune et qui modifie profondément
le regard que nous portons sur l'autre.
Aujourd'hui, L'Arche, ce sont à peu près 150 communautés réparties sur plusieurs
continents, dont huit au Québec, des
communautés où vivent des personnes, des personnes en situation de handicap et
des personnes qui n'ont pas de situation de handicap et qui partagent leur vie ensemble. Mme la Présidente, c'est si simple et pourtant si enrichissant et si extraordinaire.
M. Vanier, vous êtes et vous serez toujours avec nous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Robert-Baldwin. Et maintenant je reconnais M. le ministre délégué à la Santé et
aux Services sociaux.
Carmant : Mme la Présidente, premièrement, je remercie le député de Robert-Baldwin pour sa motion.
C'est un honneur pour moi de prendre
la parole aujourd'hui pour rendre hommage à un de nos grands citoyens,
M. Jean Vanier, décédé le 7 mai dernier à l'âge de 90 ans.
Né en Suisse en 1928, Jean Vanier a passé une
partie de son enfance dans plusieurs pays européens où son père Georges, qui fut plus tard gouverneur général du Canada, menait une carrière de diplomate. C'est à 13
ans, en pleine Deuxième Guerre
mondiale, que le jeune Jean Vanier embarque dans la Marine royale britannique
en tant que cadet. Il embarquera
ensuite dans la marine canadienne, où il servira jusqu'en 1950. C'est cette
expérience, dira-t-il plus tard, qui façonnera sa vie et l'amènera à
débuter sa quête spirituelle.
En 1964, Jean
Vanier fonde L'Arche en France. L'Arche est une organisation qui s'est donné
pour mission de faire connaître ce que peuvent apporter les personnes ayant une
déficience intellectuelle pour qu'elles puissent prendre leur pleine place
en société. Les communautés de L'Arche sont rapidement devenues un succès.
Elles sont désormais répandues dans 37 pays. Au Québec, on trouve ces
communautés en Abitibi-Témiscamingue, à Beloeil, à Joliette, à Saint-Malachie, à Saint-Sauveur, en Mauricie, à
Gatineau et à Montréal. Jean Vanier a été fait compagnon de l'Ordre du Canada en 1989, reçu grand officier de l'Ordre
national du Québec en 1992, fait chevalier de la Légion d'honneur en France
en 1994 et puis décoré commandeur de la Légion d'honneur en 2015 en France.
Cet homme a
profondément marqué son époque par son empathie et son dévouement
exceptionnels. Jean Vanier a consacré
sa vie à aider les autres. Il est un exemple pour tous d'humilité et
d'engagement. Je souhaite de tout coeur que tous les Québécois puissent
un jour partager la vision de M. Vanier. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le ministre.
Maintenant, je vais céder la parole à Mme la députée de Taschereau.
Dorion : Jean Vanier a dédié sa vie aux personnes qui ont une
déficience intellectuelle, et je vais prendre exemple sur lui pour
dédier ces deux minutes au complet aux personnes qui vivent avec une déficience
intellectuelle.
J'ai rencontré
L'Arche de Québec. Il y a une Arche à Québec, L'Arche L'Étoile. Ils ne créent
pas juste des services, c'est une
communauté qu'ils créent, et je veux dire aux gens qui sont en face de moi
aujourd'hui que cette communauté-là ne
pourra pas survivre sans votre sensibilité, sans l'aide de l'État. Ils en ont
besoin aujourd'hui. Je le mentionne, au passage. Si on donne de l'argent, si on les aide, si les payeurs de taxes donnent
de l'argent à ces communautés-là pour leur permettre de s'organiser et
de survivre, ces communautés-là nous le rendent au centuple.
J'ai un
frère, Patrick, qui a 10 ans de plus que moi, qui a une déficience
intellectuelle, qui fréquente L'Arche, qui fréquente aussi beaucoup
d'autres organismes. Et j'ai été bénévole, j'ai été sur des C.A., j'ai vécu
parmi eux, je vis encore parmi eux et je
veux vous raconter l'expérience qu'une personne qui n'a pas de déficience
intellectuelle vit quand elle va à
une disco de SAIRAH, à un souper organisé
par les déficients intellectuels. Ce n'est pas de la bienfaisance qu'on
s'en va faire là. Après 15 minutes mélangés à travers eux, on commence déjà à
se sentir différents.
C'est un monde où la pression de performance n'a
pas le droit d'exister, n'existe pas, n'a pas sa place, où le paraître est complètement évaporé. Au bout
de 15 minutes, on est déjà détoxifiés de cette pression-là, qu'on a dans la
tête, constante de bien paraître, d'être performants, d'être meilleurs
que les autres; la compétition, évacuée, et tout à coup il y a une émotion qui nous
prend, il y a un bien-être
qui nous arrive, profond, là, réel, qui me fait dire que, sans eux... que
ce n'est même pas tout le monde qui a la
chance de les côtoyer, mais que, sans eux, on serait plus mal encore dans notre
société face à cette pression de performance, qui crée des suicides, cette
compétition-là, qui crée des dépressions. On a besoin de ces gens-là, on doit
leur rendre hommage et honneur pas seulement avec des mots. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Taschereau, et maintenant je reconnais Mme la députée de Duplessis.
Richard : Merci, Mme la Présidente. Il y a des personnages qui sont plus grands que nature,
et M. Jean Vanier fut l'un de ceux-là.
Fils de diplomate, passionné de la philosophie
d'Aristote, ancien combattant, sa quête spirituelle l'amènera finalement
à consacrer sa vie aux plus vulnérables.
Il savait à quel point les personnes vivant avec une déficience intellectuelle pouvaient offrir de grandes leçons
d'humilité et d'amitié et souffrait de les voir dans des institutions sans âme. Pour elles il a créé
L'Arche, de véritables milieux de vie, pas des hôpitaux, pas des asiles, mais
des foyers. L'ensemble de M. Jean
Vanier a fait des petits. Aujourd'hui, L'Arche compte près de 150 communautés à
travers le monde, et son message
s'est répandu. Il fait, entre autres, l'éloge des valeurs essentielles, mais
peu évoquées de nos jours : l'amour, la vulnérabilité, le pardon,
la simplicité. Il insiste sur les faits que chaque personne humaine est
précieuse, chacune peut contribuer, à sa
façon et selon ses capacités, à construire un monde qu'on souhaite plus humain.
S'il y a quelque chose à retenir du passage de Jean Vanier sur cette terre,
c'est que le partage et l'amitié sont toujours possibles, peu importe d'où
l'on vient. Ce qu'on doit accueillir, c'est l'autre, tout simplement.
Au nom de mes collègues du Parti québécois, je
tiens à m'exprimer pour offrir mes condoléances à tous les proches de Jean Vanier. À ceux et celles qui ont pris le
relais, soyez certains que nous nous souviendrons de lui et de son oeuvre. Nous
sommes conscients de tout le bien
qu'il a semé tout au long de sa vie. Il a droit à toute notre reconnaissance.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la députée de Duplessis.
Alors, cette motion
est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, je vous invite à vous joindre à moi, s'il vous plaît. Nous allons observer une minute de silence à la mémoire de M.
Jean Vanier.
(11 h 29 — 11 h 30)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Vous pouvez reprendre place. Je vous remercie.
Alors,
nous sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je
vais céder la parole à Mme la députée
de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Jean-Lesage et le
député de Rimouski, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de respecter sa
promesse de changer le mode de scrutin à temps pour les élections de
2022.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Alors,
nous en sommes maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des
commissions. Et, avant de céder la
parole à M. le leader adjoint du gouvernement, je demande à ceux et celles qui
doivent quitter le salon bleu de le faire en silence, puisque nous
poursuivons nos travaux. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, alors, Mme la Présidente, j'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 21,
Loi sur la laïcité de l'État, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, et de 15 à
18 heures, et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle du
Conseil législatif;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 2, Loi resserrant l'encadrement du cannabis, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, et de 15 à 18 heures, et de 19 h 30 à
22 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi visant principalement l'encadrement des inspections en bâtiment et de la
copropriété divise, le remplacement de la dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de ses
règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation
du Québec et diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, de 15 à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 14, Loi favorisant la transformation numérique de l'administration
publique, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Pauline-Marois.
Merci,
Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et pour en connaître la nature, M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, merci,
Mme la Présidente. Alors, je vous demanderais d'appeler l'article 16 du
feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : D'accord, l'article 16. À
l'article 16 du feuilleton, Mme la ministre de la Justice propose l'adoption du projet de loi
n° 6, Loi transférant au commissaire au lobbyisme la responsabilité du
registre des lobbyistes et donnant suite à la recommandation de la
Commission Charbonneau concernant le délai de prescription applicable à la
prise d'une poursuite pénale. Et, Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme LeBel :
Alors, merci, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je dois vous avouer... j'ai eu
l'occasion de le dire à une
autre étape, mais je dois vous avouer que je suis un peu fébrile aujourd'hui
parce qu'après quelques mois de travail, quelques semaines en commission parlementaire, nous en arrivons
à l'adoption de mon premier projet de loi en cette Chambre, un premier projet
de loi qui peut sembler très simple, mais qui va avoir... qui est une première
étape et qui aura très certainement
un impact pour la suite des choses et ce qui s'en vient en matière de
lobbyisme. Je suis très fière et
fébrile également parce que je pense que je suis en mesure de dire que ce
projet de loi a fait consensus, autant auprès de mes collègues qui sont
présents ici que dans la sphère du lobbyisme.
C'était
un projet de loi qui était attendu. Comme je le mentionnais, c'est une première
étape, on attend une suite, mais il fallait mettre la pierre d'assise pour permettre au Commissaire
au lobbyisme de travailler vers une réforme de la loi actuelle. Donc, nous avons répondu à une demande,
à savoir, de façon plus urgente... et nous avons même décidé de scinder nos travaux. On aurait pu attendre le rapport du
Commissaire au lobbyisme, on aurait pu attendre ses propositions, on aurait pu encore attendre d'aller de façon plus
globale immédiatement, mais, compte tenu que l'on pouvait agir immédiatement
sur certains aspects, on a décidé de le faire.
Donc,
on a procédé au transfert de la responsabilité du Registre des lobbyistes vers le Commissaire au lobbyisme et l'allongement
du délai de la prescription pénale. Ces demandes étaient formulées entre autres en raison des nombreux écueils — et
on l'a aussi entendu, les gens, les groupes l'ont réitéré en consultations — les
nombreux écueils qui étaient vécus
par les lobbyistes entre le fait qu'il
y avait une dichotomie entre la responsabilité de la loi, qui était assumée par le Commissaire au lobbyisme, la responsabilité, donc, de l'application de la loi et la gestion du registre comme tel, qui était entre les
mains du conservateur des registres, gestion qui s'expliquait à l'époque par
une mise en place du registre, une demande... et on avait confié à celui qui avait l'expertise en matière de registres, et ça se justifiait à l'époque, cette mise en place d'un
registre. Mais depuis, depuis, des difficultés de gestion, de dichotomie entre
les deux entités sont survenues et relevant
certaines incohérences, certainement, dans la façon de, peut-être, traiter ou
d'aborder les questions de lobbyisme, et ces incohérences avaient comme
conséquence de rallonger, souvent, les démarches d'inscription et les
rendaient beaucoup plus ardues pour les lobbyistes qui désiraient, naturellement,
s'y conformer.
Nous avons
donc eu des consultations qui étaient extrêmement pertinentes auprès de nombreux groupes. Je vais me
permettre de les nommer parce que leur apport a été précieux dans notre
réflexion, tellement précieux qu'on les a écoutés,
que, d'entrée de jeu, le gouvernement que je représente, avec mes collègues députés qui
m'ont assistée, nous avons présenté
des amendements qui faisaient suite, d'ailleurs, aux consultations. Donc, l'association des lobbyistes du
Québec est venue nous parler, la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, la Fédération des chambres de commerce du Québec, l'Alliance des cabinets de relations
publiques, le Conseil du patronat et la Table des regroupements provinciaux
d'organismes communautaires et bénévoles. Donc, je les remercie à nouveau
d'être venus s'exprimer sur ce projet de loi
là. Leurs remarques ont été extrêmement pertinentes, mais surtout
constructives, et c'est ce qu'on veut. Quand on a des objectifs communs,
qu'on partage des objectifs qui vont dans le même sens, je pense que ces
débats-là, qui sont constructifs, qui se
font de façon respectueuse, sont toujours les bienvenus, et ça favorise,
d'ailleurs, grandement l'écoute, je
vous le dirais. Donc, je m'adresse à eux en leur disant merci, merci de cette
participation-là, merci de vos remarques pertinentes. Merci surtout d'être
venus nous dire que c'était une bonne idée comme première étape, mais de nous
mettre, effectivement, en garde et de
soulever qu'il fallait être vigilants pour le futur et qu'il fallait aller plus
loin. Et ici je pense que c'est le
moment approprié pour réitérer, comme je l'ai fait en commission parlementaire
à plusieurs étapes, l'engagement, mon engagement, l'engagement du
gouvernement de procéder, justement, à cet ajustement de la loi actuelle.
Je tiens
aussi à remercier le conservateur du registre ainsi que le commissaire pour
leur précieuse collaboration tout au
long du processus. Ils devront d'ailleurs, si cette Chambre adopte le projet de
loi, collaborer dans le futur pour, justement,
faire en sorte qu'elle soit mise en vigueur et que le transfert du registre se
fasse de façon efficace et se fasse rondement.
Donc, je n'ai aucun souci, aucun doute que cette collaboration se poursuivra
pour être certains que ce processus se
mette en place le plus rapidement possible pour le bénéfice de tous, d'ailleurs,
surtout pour le bénéfice de la population, pour qui ces principes de
transparence sont nécessaires.
Finalement,
j'ai eu l'occasion de le dire à une autre étape, mais je redis, encore
aujourd'hui, merci, merci aux députés du
gouvernement qui ont travaillé avec moi, qui ont siégé avec moi pendant ces
heures de commission parlementaire. Ce
n'est pas toujours facile, des fois, et quelquefois c'est ardu, mais, dans le
cas du p.l. n° 6, ça s'est fait de façon harmonieuse. Ils ont eu également une participation qui est
extrêmement pertinente, que ce soit tant en consultations que pendant l'étude
article par article, et je tiens à les remercier et à le faire aujourd'hui dans
cette Chambre, Mme la Présidente.
Merci
également aux députés de l'opposition, qui ont fait avancer les discussions,
qui ont également soumis des amendements, mais qui étaient également
pertinents, mais toujours dans la poursuite des objectifs. Le débat sur le p.l. n° 6 s'est élevé au
niveau des objectifs et non pas au niveau des virgules et des mots, et je pense
que c'est ce qu'on doit aspirer à faire quand on travaille en cette
Chambre ou en commission parlementaire, c'est-à-dire d'essayer de comprendre quels sont les objectifs,
qu'est-ce qu'on veut atteindre et vers quoi on s'en va et discuter de ces
principes-là. Alors, merci, merci à tous mes collègues qui ont siégé
autour de cette table.
Plus
précisément concernant le projet de
loi maintenant, Mme la Présidente, comme nous l'avons dit précédemment, notre gouvernement a décidé de prioriser deux modifications essentielles et urgentes à la
Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, soit le transfert de la responsabilité du registre du conservateur vers le commissaire et l'allongement
du délai de prescription en matière pénale.
Lorsqu'adopté, ce projet de loi activera donc le transfert du registre et de la
responsabilité du registre et fera en sorte que, maintenant, le délai de
prescription pour la prise d'une poursuite pénale passera de trois ans à compter de la connaissance par le poursuivant de l'infraction, sans toutefois excéder sept ans de
sa commission, de sa perpétration. C'était une recommandation, d'ailleurs, de la Commission
d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de
la construction, commission d'enquête qui est connue sous l'appellation de la commission
Charbonneau.
Je l'ai
évoqué précédemment, ces deux modifications constituaient des demandes prioritaires du
commissaire, Me Jean-François
Routhier. D'ailleurs, ces modifications sont urgentes, car elles permettront un registre
des lobbyistes plus simple, plus
efficace et des délais de prescription plus étendus qui permettront de
poursuivre les contrevenants à la
Loi sur
la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme. Et
l'accès à la justice, c'est également être capable de poursuivre les
contrevenants en temps opportun.
Au moment de l'adoption de la loi en 2002 — je
vais faire un petit peu d'histoire pour comprendre pourquoi on s'est rendus là et pourquoi c'était si urgent
de le faire — la
responsabilité de tenir le Registre des lobbyistes avait été
confiée, je l'ai mentionné brièvement
d'entrée de jeu, Mme la
Présidente, à l'Officier de la
publicité des droits personnels et réels mobiliers, qui a agi, qui agissait et
qui agit toujours à
titre de conservateur des registres, et,
jusqu'à l'adoption de la loi, la mise
en vigueur, agira à
titre de
conservateur du Registre des lobbyistes. En cette matière, en 2002 et depuis,
le Québec faisait pratiquement cavalier seul. En effet, partout au Canada, à
l'exception de Terre-Neuve, l'ensemble des responsabilités concernant le lobbyisme est confié à une seule
et même entité. Cette décision avait été prise pour des raisons valables à l'époque. Et le registre avait dû être
mis en place, c'était une demande très pressante, nécessaire,
toujours pour des
questions de transparence qui, je le dis, appartiennent aux citoyens...
ce registre avait été mis en place dans un court délai, donc on est allés vers, comme je vous le disais, l'expert,
l'expert en matière de registres, c'était logique, c'était simple et
c'était efficace pour l'époque, pour les besoins de l'époque.
Or, dès 2007, dans son rapport sur la mise en
oeuvre de la loi, le ministre de la Justice de l'époque relevait ce problème
et recommandait déjà de confier la tenue du registre au commissaire.
Le commissaire avait également
proposé que la responsabilité du
registre lui soit confiée dès 2008. En plus, le commissaire mentionnait, dans
son rapport de 2012, qu'une importante mise à niveau de l'actuel
Registre des lobbyistes devait être réalisée en raison de sa désuétude
technologique imminente. Je n'entrerai pas ici dans les détails, Mme la
Présidente, mais on nous a exposé de long en large
les difficultés technologiques et pratiques que posent, pour les lobbyistes qui
doivent s'inscrire, qui ont à côtoyer des
élus sur une base régulière, doivent s'inscrire, ajuster leur mandat, informer
le public... et c'est très difficile dans l'état actuel des choses, ce qui peut occasionner, souvent... parfois, des
retards qui ne sont pas voulus ou des inscriptions qui sont défectueuses
parce qu'il y a des délais inhérents à la façon dont le registre fonctionne
présentement.
Donc, parmi les problèmes qui ont été soulignés
de cette décision prise à l'époque, ils ont été effectivement soulevés également en consultations, certaines
personnes ne savent pas à qui s'adresser, souvent, concernant les modalités
d'application de la loi ou l'inscription au
registre, car plusieurs personnes confondent le conservateur et le commissaire.
Au sein du même office, du bureau et du
conservateur, il s'avère parfois bien difficile de différencier les limites du
pouvoir respectif de chacun, ce qui
peut entraîner souvent un va-et-vient entre les deux entités et occasionner des
délais supplémentaires, délais supplémentaires quand un lobbyiste veut
s'inscrire, être transparent et ne pas se mettre en contravention avec la loi.
Donc, du même
coup, vous le comprendrez, le transfert du registre au commissaire était
nécessaire et comporte maintenant
certains avantages qui sont non négligeables. Ça va permettre, donc, de régler
les problèmes qui ont été soulevés en
commission parlementaire. Ils vont
permettre aux lobbyistes ainsi qu'aux titulaires de charge de simplifier le
processus en désignant un seul
interlocuteur, à
titre d'exemple, et le Commissaire au lobbyisme va
pouvoir mettre en place, enfin, une nouvelle plateforme technologique
agile, efficace, conviviale, facile d'accès et de consultation, autant pour la
population que pour les lobbyistes qui doivent s'y inscrire.
Donc, je veux rassurer tout le monde,
effectivement, la commission n'obtient pas de plus grands pouvoirs. Le gouvernement se garde le pouvoir d'émettre les
modalités qui font en sorte qu'on doit s'inscrire ou non, donc le gouvernement
garde le fond, si on veut bien le dire comme
ça, mais la forme, maintenant, que prendra le registre sera entre les mains du
commissaire.
Concernant le
délai de prescription, actuellement la loi ne prévoit pas de délai de
prescription en matière pénale inscrit dans la loi elle-même. Le Code de
procédure pénale est donc celui vers qui on doit se tourner dans ces cas-là, et il prescrit un délai d'un an suivant la date de
l'infraction. C'est ce qui s'applique dans l'état actuel des choses. Ce délai,
je l'ai déjà mentionné à quelques reprises,
est beaucoup trop court, pour certaines infractions, pour permettre de
compléter une enquête et pouvoir
verser un dossier en matière de lobbyisme. Les enquêtes, souvent, débutent à la
dénonciation ou, souvent, suite à la
démonstration, qui peuvent survenir plusieurs mois après la perpétration de
l'infraction. Et, dans de nombreux cas, plus de 60 %, je crois
qu'il a été mentionné, les infractions qui ont eu lieu pour lesquelles on avait
une preuve n'ont pas
pu être poursuivies simplement en raison du fait que le délai d'un an était
écoulé, donc l'infraction était, ce qu'on appelle, prescrite.
Lors
des auditions sur la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des
contrats publics dans l'industrie de la construction, la commission Charbonneau, plusieurs organismes que j'ai
eu l'occasion d'entendre également dans une autre vie, dont le Commissaire au lobbyisme, ont indiqué que les délais
actuels étaient trop courts et ne donnaient pas, effectivement, le temps de faire des enquêtes. C'est donc dans ce
contexte que la commission avait recommandé d'appliquer un délai de prescription de poursuite pénale de
trois ans après la connaissance de l'infraction. Parce qu'il faut comprendre
que, dans ce type d'infraction, c'est
souvent suite à une dénonciation qu'on prend connaissance qu'elle existe, que
le Commissaire au lobbyisme, ou les
enquêteurs, ou le poursuivant, dans un autre type d'infraction, prend
connaissance de l'existence de l'infraction,
donc ça prend quelqu'un qui dénonce. Si la personne ne dénonce pas, on ne le
sait pas. Donc, trois ans de la connaissance
et, donc, sept ans de la perpétration. Le Commissaire au lobbyisme avait
également fait une demande similaire en 2012, ce n'était pas la première
fois.
dois vous dire que plusieurs autres lois, également, qui ont le même type de
difficultés faisaient
partie de la reconnaissance
d'ajustement des délais de prescription par la commission Charbonneau, et il
restait entre autres celle sur le
lobbyisme à ajuster. Naturellement, vous comprendrez que je suis doublement
fière de pouvoir, aujourd'hui, mettre ces
mesures en place, d'autant plus qu'il s'agit d'une recommandation de la
commission Charbonneau, à laquelle j'ai eu l'honneur et le bonheur de
participer. Donc, maintenant, le Commissaire au lobbyisme aura toute la
latitude, l'espace nécessaire pour
approfondir ses enquêtes et s'assurer que les délinquants soient appréhendés.
La pratique du lobbyisme n'en sera que plus transparente.
vous savez, on a parlé beaucoup, en consultations, de la noblesse de cette
profession. C'est important, on l'a dit, le lobbyisme n'est pas quelque chose qu'il faut démoniser. C'est normal
que les groupes aient une voix, c'est normal que les gens s'organisent et donnent le mandat à quelqu'un de venir faire
valoir leurs prétentions, leurs préoccupations, leurs intérêts auprès
des intervenants gouvernementaux, mais c'est normal aussi que ça ne se fasse
pas à portes fermées, à portes closes, dans
des couloirs et de façon secrète. Alors, c'est à ça que le registre sert. Et
pourquoi des conséquences pénales? Bien, c'est justement pour faire en sorte
que ceux qui, même si c'est marginal, sont enclins à contrevenir à la
loi, bien, quand on est capables d'intervenir,
de les poursuivre, de les extraire, si on veut, de la communauté des
lobbyistes, bien, ça ne sert qu'aux autres qui sont là pour les bonnes
raisons.
Alors,
en terminant, je l'ai dit, encore une
fois, l'adoption
de ce projet de loi n° 6 va nous permettre de nous tourner vers un plan beaucoup plus important
pour la
loi sur le lobbyisme, pour la modernisation de cette loi pour des
raisons, toujours, de transparence pour les citoyens. Me Jean-François Routhier, le commissaire actuel, va déposer son énoncé de
principes sous peu. On va prendre le temps d'étudier ses propositions avec attention, de les analyser, et par la suite nous allons
agir dans ce sens.
Cette
loi doit être réformée. On va prendre ça au sérieux. La transparence, c'est une notion essentielle, fondamentale qui est au coeur de notre gouvernement, et c'est pour ça qu'on fera en sorte, entre autres en matière de
lobbyisme... il y a plusieurs
façons d'agir, mais c'est une des façons d'agir, entre autres en matière de
lobbyisme, nous allons rédiger la meilleure réforme de la loi possible pour
rendre cette profession la plus transparente possible. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre de la Justice. Et maintenant je vais céder la parole à M. le
député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je suis heureux de m'inscrire
dans le débat à cette étape de
l'adoption finale du projet de loi n° 6, projet de loi qui,
comme vient de l'expliquer Mme la ministre de la Justice, qui était
responsable du dépôt et du débat, par la suite, qui a eu lieu en consultations
et en
article par article, vise essentiellement
deux choses : évidemment, faire en sorte d'avoir un Registre des
lobbyistes qui soit digne de ce nom, qui soit efficace, qui soit utile et
efficace en ce que les personnes, les lobbyistes, les femmes et les hommes qui
pratiquent ce métier ou qui sont
lobbyistes employés au sein d'entreprises ou d'organismes, les trois catégories
visées, bien, puissent respecter les
impératifs de la loi et utiliser un outil de déclaration qui fait en sorte que,
de toute façon transparente, ce soit un exercice qui puisse se pratiquer. Et
ça, l'outil, d'avoir un registre plus efficace que ce qu'on a là, était
nécessaire. Donc, premier objectif,
transférer la responsabilité du registre du conservateur qui l'avait... et le
conservateur était en charge, notamment
et princ