House Proceedings — 10 February 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-02-10
Quebec — Debates (Hansard)
M. Giguère :
Merci, M. le Président. C'est avec joie que je souligne aujourd'hui la
nomination de la famille d'Estelle St-Pierre
et Yves Lampron, producteurs de lait biologique à Saint-Boniface, à
titre de
Famille agricole de l'année 2014. Ce
prix a été décerné par la Fondation de la famille terrienne lors du 90e congrès
général annuel de l'Union des producteurs agricoles. Par leurs techniques innovantes et émergentes,
leurs valeurs, leur respect pour la nature et pour le bien-être
animal, et ce, de génération en génération, la famille Lampron est une fierté
et est un exemple à suivre pour tout le monde agricole québécois.
Félicitations, vous méritez amplement cette distinction. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Saint-Maurice. M. le député des Chutes-de-la-Chaudière, à vous la
parole.
M. Picard : Merci, M. le
Président. Du 12 au 22 février se déroulera la 40e édition du tournoi
International pee-wee BSR. Cet événement
sportif réunira, dans le comté des Chutes-de-la-Chaudière, près de 1 600
joueurs du Canada, des États-Unis, de la France, de la Suisse, de la
République tchèque et de la Slovaquie, qui prendront part à quelque 152 parties. Un tournoi de cette envergure est
rendu possible grâce au dévouement des organisateurs et des nombreux bénévoles qui oeuvrent chaque année pour faire de
cet événement une expérience sportive mémorable. D'ailleurs, pour
célébrer ce 40e anniversaire, un hommage sera rendu le 18 février à tous les
ex-présidents pour souligner leur apport exceptionnel au développement de la
vie sportive lévisienne. Félicitations aux membres du comité organisateur, aux bénévoles et aux partenaires qui, depuis 40 ans,
consacrent temps et énergie au succès de ce tournoi. Merci d'encourager
le hockey amateur et de contribuer au rayonnement de Lévis sur la scène
internationale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député.
M. le député de Sherbrooke, je vous cède la parole.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Merci beaucoup, M. le Président. Plus de 40 jeunes
estriennes de 18 à 25 ans nous ont récemment
démontré que le temps où les jeunes ne s'impliquaient pas est révolu par la
mise en place de Jeunes femmes en
route vers la réussite. Il s'agit d'un projet qui a permis d'identifier des
obstacles et de cibler des solutions pour aider au développement du plein potentiel économique des
jeunes femmes de toutes les origines. Ce projet propose, par exemple, une bonification des services en orientation, un
accompagnement en recherche d'emploi et un soutien aux initiatives de réseautage. Quelques-unes de ces jeunes femmes
sont ici, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, pour faire entendre leurs
idées. C'est donc avec grand plaisir que je
souligne leurs efforts. Je tiens également une fois de plus à dire qu'elles
pourront compter sur mon appui dans la réalisation de leur importante
mission. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le député. M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, aujourd'hui, je désire rendre hommage à M. Jean Faber, artiste
né à Les Hauteurs, dans La Mitis, qui
nous a quittés, en décembre dernier, des suites d'une longue maladie. Né sous
le nom de Réjean Beaulieu, il a quitté sa région très tôt pour débuter
sa carrière de chanteur à Montréal. Il s'est produit à la télévision, entre autres, en animant avec sa conjointe, Mme Monique
Vermont, l'émission Dîner chaud , qui était diffusée sur les ondes
de Télé-Métropole. Il a également participé à
de nombreuses comédies musicales. Pendant l'hiver, il se produisait régulièrement sur les scènes de la Floride. En
plus de la musique, M. Faber avait également une autre passion, celle des
affaires. Le chanteur et homme d'affaires a exploité pendant plus de 20 ans des
bars sur les boulevards Rosemont et Saint-Laurent
et le restaurant Chez Faber sur la rue Stanley, à Montréal.
Malgré une carrière
bien remplie, M. Faber a toujours
conservé des liens privilégiés avec sa région natale et les membres de sa
famille qui y résident toujours. Je tiens à offrir toutes mes sympathies à sa fille, Nadège, ainsi qu'aux membres de
sa famille et à ses amis. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Matane-Matapédia. Mme la députée de Richmond, à vous la parole.
Vallières :
Merci beaucoup, M. le Président. Vous savez, avec toute cette belle neige qui
est tombée ces derniers jours,
j'aimerais inviter l'ensemble des collègues de l'Assemblée nationale à
souligner avec moi le 35e anniversaire du club de ski de fond Richmond-Melbourne. C'est grâce à la générosité
de nombreux bénévoles que ce club de ski de fond peut offrir rien de moins que 42 kilomètres de ski de fond
mais également 12 kilomètres de randonnée en raquettes aux amoureux de l'hiver,
le tout bordé de trois refuges chauffés qui s'ajoutent au chalet d'accueil.
Dynamiques, les bénévoles innovent
pour trouver des activités divertissantes et originales pour faire découvrir
ces magnifiques sentiers qui sillonnent le canton de Melbourne.
Alors,
chers collègues, je vous invite à venir aimer l'hiver avec moi dans le canton
de Melbourne. Et aux administrateurs et
également aux bénévoles et à toute l'équipe qui s'assure de la qualité des
sentiers je vous dis du fond du coeur un grand merci. Et félicitations
pour ce 35e anniversaire!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Richmond. M. le député de Masson, à vous la parole.
Lemay : M. le Président, le 28 janvier dernier, le Centre local
de développement économique des Moulins dévoilait sa cuvée 2014, soulignant la fondation de 27 entreprises,
qui ont vu le jour grâce au soutien de l'organisme. Ce sont, au total, 38 entrepreneurs créatifs et
déterminés qui ont généré, depuis 2014, près de 2,5 millions en
investissements et 78 emplois,
et ce, dans des domaines diversifiés. Je tiens donc à saluer le travail et la
persévérance de tous ces entrepreneurs qui
ont eu le courage de prendre des risques pour parvenir à offrir un service de
proximité à la population, créer des emplois et contribuer au dynamisme
économique de la région.
Pour
conclure, M. le Président, je ne peux passer sous silence le travail
exceptionnel de toute l'équipe du CLDEM dans les dernières années, qui,
grâce à la MRC des Moulins, pourra poursuivre sa mission d'appuyer et
accompagner la relève entrepreneuriale. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Masson. M. le député de Mont-Royal, pour votre déclaration.
Arcand :
Merci, M. le Président. Il me fait plaisir aujourd'hui de souligner la présence
dans nos tribunes de MM. Daniel Desjardins, Ghyslain Valade,
Jean-François et Maxime Ménard, ainsi que Mmes Marie-Ève Chalifoux et Nadia Bédard. Depuis 2007, ces personnes ont
joué un rôle clé dans l'organisation du Festi-Neige à Sainte-Agathe-des-Monts. C'est un événement unique, étant
le seul festival d'hiver dans la région des Laurentides. Il se positionne
comme un événement majeur de renommée
nationale et il offre cinq week-ends d'événements éclatants et diversifiés.
Ainsi donc, les visiteurs ont accès en tout
temps aux superbes glissades, à un parcours d'hébertisme, à un anneau d'un kilomètre sur la glace, à un sentier de
marche de quatre kilomètres, et il y a même une tyrolienne de 300 mètres
près du lac des Sables.
le Président, j'étais présent le 17 janvier dernier pour l'inauguration
officielle. Je peux attester que le tout se déroule dans une ambiance et un décor des plus enchanteurs au coeur de
Sainte-Agathe-des-Monts. Félicitations à tous, M. le Président!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Mont-Royal.
Enfin, pour la dernière déclaration, M. le député de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Il y a quelques semaines est décédé à
Rimouski M. Wilfrid Goulet. Il était ce qu'on appelle un sans-abri.
Connu des habitués de la rue Saint-Germain, on l'appelait M. Walter.
Sans
l'intervention d'une citoyenne de Rimouski qui le croisait régulièrement,
Mme Odette Bernatchez, la dépouille de M. Goulet était
destinée à la fosse commune. Mme Bernatchez est une figure connue de la
communauté. Elle est impliquée au sein du
diocèse de Rimouski, où elle a la responsabilité de la pastorale sociale, en
plus de militer au sein de
l'organisation Développement et Paix. Apprenant le décès de M. Goulet et
sachant le sort qui lui était réservé, elle a décidé de lui rendre un peu de dignité humaine en lui offrant des
obsèques et en conviant la population à y assister. «Le temps d'une cérémonie, nous serons sa famille», a-t-elle
expliqué, elle-même inspirée par l'humanité de Mgr Pierre-André Fournier,
qui nous a quittés le 10 janvier dernier.
Je rends ainsi
hommage à une dame de coeur et à ses qualités humaines. Grâce à elle,
l'anonymat d'une fosse commune ne sera pas le lot de M. Goulet, dont je
salue la mémoire. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Rimouski. Voilà qui met un terme à la rubrique Déclarations de
députés.
Je suspends les travaux de l'Assemblée quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 56)
Président : Alors, bienvenue dans cette nouvelle session. Peut-être
deux petits mots assez courts. Bien, d'abord,
pour ceux qui ont eu le plaisir de lire le
jugement de la Cour suprême de vendredi dernier, bien, je voudrais reféliciter, certainement,
tous les membres de la commission parlementaire Mourir
dans la dignité, en particulier, évidemment, ses présidents
de l'époque : Mme la députée de Joliette,
M. le député de Jacques-Cartier, qui a été succédé par Mme la députée de Hull lorsque M. le député de
Jacques-Cartier est rentré au cabinet, et une quinzaine de membres de ce
Parlement et du Parlement antérieur
aussi, qui ne sont peut-être pas tous avec nous mais qui ont participé à ce
travail collectif apartisan et qui a
permis, certainement — et c'est ce qu'en dit la Cour suprême — de clarifier un peu l'étendue de notre
droit. Alors, je voudrais vous en remercier encore une fois.
Deuxièmement,
une première à l'Assemblée nationale, nous avons un nouvel ami, un nouvel ami,
pas un député mais un nouvel ami, qui
s'appelle Pepper, hein, c'est... Mme la
députée d'Iberville, pour quelques soucis de santé, a besoin d'avoir un chien qui l'accompagne, et nous avons
évidemment autorisé... j'ai autorisé le fait que nous ayons un chien qui
accompagne, dans ce
cas-ci, Mme la députée. Alors, nous souhaitons la bienvenue à Pepper. Il
y a une légende urbaine qui veut que le chien jappe si on crie, alors...
Je vous annonce que j'ai maintenant, peut-être, un
nouvel adjoint.
Ceci étant dit,
mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Nous avons une déclaration ministérielle.
M. le ministre des Finances va faire une déclaration ministérielle
concernant le congé fiscal pour les grands projets d'investissement. Alors, M.
le ministre des Finances, nous vous écoutons.
M. Leitão : Merci, M. le Président. Je tiens à réaffirmer aujourd'hui l'engagement de
notre gouvernement à faire de la
relance économique du Québec et de la création d'emplois sa priorité. M. le
Président, comme nous l'avons mentionné dans la mise à jour économique
de décembre et comme le démontrent les récents indicateurs économiques, tel que
la croissance économique du Québec
s'accélère, il s'est créé 34 900 emplois au
Québec au cours des neuf derniers mois, après une perte de 28 500 observés sur les quatre premiers mois de
2014. Troisièmement, l'économie américaine continue à prendre de la
vigueur, et le dollar canadien est plus
favorable pour nos exportations.
Nos entreprises doivent profiter de ce contexte
favorable pour investir, augmenter la capacité de production, innover et faire face à la compétition. Nous
voulons les encourager à faire davantage. Comme vous le savez, les
investissements privés sont source de
croissance économique, ils permettent notamment d'augmenter la productivité, de
diffuser l'innovation et de faire
progresser les exportations. Les entreprises qui investissent au Québec doivent
le faire dans un climat d'affaires favorable.
Nous avons posé plusieurs gestes pour établir ce climat, d'abord par
l'assainissement des finances publiques, mais aussi en créant des
conditions favorables à l'investissement.
C'est dans
cette logique que j'annonce aujourd'hui l'instauration d'un congé fiscal bonifié pour les entreprises
qui réaliseront des grands projets d'investissement au Québec. J'annonce que les nouveaux projets d'investissement de 100 millions de dollars et plus pourront dorénavant profiter d'un congé fiscal équivalent à 15 % de leur investissement. Il s'agit d'un congé d'impôt sur le revenu et de la
taxe sur la masse salariale. Les secteurs d'activité qui bénéficieront de ce
congé sont le secteur manufacturier, le
commerce de gros, l'entreposage et le traitement et hébergement de données. De
plus, pour tenir compte de la réalité des régions et stimuler davantage les
investissements, le seuil d'accessibilité pour les nouveaux projets
passera de 200 à 75 millions de dollars.
Notre
gouvernement comprend la réalité économique des régions. À ce titre, rappelons
aussi que les régions les plus
éloignées bénéficient toujours d'un crédit d'impôt à l'investissement bonifié
par rapport aux régions centrales. Ce crédit
peut atteindre 32 %. Les régions éloignées comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine
bénéficient déjà de ce crédit d'impôt bonifié pour les activités comme
la transformation des produits de la mer.
Avec la
mesure annoncée aujourd'hui, le Québec pourra ainsi attirer une part plus
importante des investissements, et
ce, sur l'ensemble du territoire québécois, en tenant compte de la réalité des
projets d'investissement en région. D'autres modalités du congé fiscal
sont aussi améliorées. À cette fin, un bulletin d'information fiscale sera
publié aujourd'hui.
D'ici la fin
de 2017, le congé fiscal permettra de soutenir la réalisation d'au moins 25 nouveaux projets représentant des investissements totalisant près de 4 milliards de dollars. Ces projets vont permettre de créer plus de 15 000 nouveaux emplois au cours des prochaines années. Cette
mesure s'ajoute à celles que nous avons également mises en place, depuis le
budget, pour stimuler la croissance de l'économie et qui représentent plus de
1 milliard de dollars sur trois ans. Au total, les mesures prises depuis notre arrivée au pouvoir
permettront de soutenir près de 12 milliards d'investissement privé
dans l'ensemble du Québec.
retour à l'équilibre budgétaire, que nous confirmerons dans le budget qui sera
déposé dans quelques semaines, marquera
le point tournant de notre action. Nous avons pris nos responsabilités pour
redresser les finances publiques, et je peux vous assurer que nous mettrons la même énergie à faire en sorte que
le Québec profite d'une croissance économique vigoureuse.
Nous
annonçons aujourd'hui une mesure qui va directement en ce sens. Elle est un
message aux entrepreneurs et aux
investisseurs : Le Québec est à nouveau un endroit propice aux
investissements. Ce message ne peut être plus clair : Ayez confiance, investissez chez nous. Partout
dans nos régions, notre gouvernement est là pour vous appuyer. Ensemble,
nous travaillons à faire avancer le Québec sur la voie de la prospérité. Merci,
M. le Président.
Président : Merci, M. le ministre. J'inviterais maintenant M.
le député de Rousseau, porte-parole, en matière de finances, de son
parti... Oui, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Avant de débuter les interventions en réplique, j'aimerais demander le
consentement de mes collègues pour un temps d'intervention de trois
minutes.
Président : Est-ce que j'ai un consentement pour un temps d'intervention de trois minutes
pour notre collègue de Mercier?
M. Fournier : ...au
débat de trois minutes, M. le Président.
Le Président : Il y a une
entente pour deux minutes déjà?
Le Président : Ah bon! Alors, ce serait deux
minutes, M. le député de Mercier. Ça va? Alors, nous allons entendre maintenant
M. le député de Rousseau, porte-parole de l'opposition officielle en matière de
finances.
Marceau : M. le
Président, permettez-moi tout d'abord de rappeler quelques faits, ce qui s'est produit depuis
l'arrivée du gouvernement.
Premier
acte : À son arrivée, le gouvernement a démantelé la politique
économique Priorité emploi que nous avions déposée
et qui avait commencé à créer des bienfaits pour notre économie.
deuxième acte, c'est le budget de juin dernier, dans lequel le gouvernement a coupé les crédits
d'impôt de 20 % dans un grand nombre de secteurs et dans un grand
nombre de régions. Les impacts, on les ressent déjà.
troisième acte, M. le Président, se déroule depuis quelques mois et il s'agit
du démantèlement par le gouvernement des
outils de développement économique et social de nos régions. Ce troisième acte,
il est important et il est
malheureux. Les actes... les gestes qui sont
posés par le gouvernement, je vous en dis quelques-uns :
une réduction du budget total
consacré au développement local et régional de 60 %, l'abolition des
conférences régionales des élus et des
centres locaux de développement, un pacte fiscal transitoire dans lequel il y a
une coupure de 300 millions pour le milieu municipal, l'abolition du fonds de soutien aux territoires
dévitalisés, d'une coupure de 55 millions, une diminution de 20 % — j'en ai déjà parlé — des crédits d'impôt pour les régions
ressources et une diminution de 10 % des budgets des carrefours
jeunesse-emploi dans six régions du Québec.
Alors,
M. le Président, si on résume, on a devant nous un gouvernement qui n'a pas de
politique économique, qui a entrepris
tout d'abord de démanteler la politique économique que nous avions déposée et
qui, en plus de ça, s'en prend aux
outils de développement économique de nos régions. Alors, évidemment, M. le
Président, le résultat, il n'est pas
reluisant. Les conséquences, c'est une
croissance économique plus faible, toutes les institutions financières
québécoises ont révisé à la baisse la
croissance économique du Québec, et des pertes d'emploi, M. le Président,
nombreuses. Vous vous rappellerez qu'en 2013 il
s'était créé 48 700 emplois. Le bilan de l'année 2014, le bilan de ce gouvernement : 2 300 emplois de moins.
Évidemment, M. le
Président, cela n'a rien à voir avec ce qui nous avait été promis par le
premier ministre au moment de la campagne
électorale. Les Québécois s'en souviennent, on nous faisait miroiter un effet
libéral. M. le Président, l'effet
libéral, les Québécois ont maintenant compris qu'il s'agit en fait de
l'austérité, une austérité appauvrissante, une austérité qui est
toxique, une austérité toxique pour notre économie, pour nos travailleurs et pour nos régions.
M. le
Président, un petit mot sur le C2I, C2I que le ministre des Finances vient de
nous dire qu'il va changer un peu. M.
le Président, essentiellement, le C2I, c'est
une mesure que notre gouvernement, le gouvernement du Parti québécois, a annoncée et
mise en place en novembre 2012. Que le gouvernement libéral recycle des
idées du Parti québécois, qu'il ne
soit pas capable de pondre une nouvelle idée, c'est
le reflet d'un gouvernement sans vision et sans vision d'ensemble, donc, pour le développement économique du Québec.
Mais que le gouvernement ne se berce pas d'illusions, cette mesure d'aujourd'hui ne compense
en rien, ne compense en rien pour l'austérité appauvrissante, l'austérité
toxique. Ça ne nous fera pas oublier
qu'il est bien tard pour agir. Ça ne nous fera pas oublier que vous n'avez pas
de vision d'ensemble. Ça ne nous fera
pas oublier non plus que vous vous en prenez aux régions. Et ça ne nous fera
pas oublier qu'il y a d'autres manières de faire pour stimuler
l'économie québécoise, M. le Président.
Président : Merci, M. le député de
Rousseau. J'inviterais maintenant M. le député de Granby, porte-parole
de son parti en matière de finances.
Bonnardel : Merci, M.
le Président. Cette déclaration ministérielle nous démontre aujourd'hui l'échec
du gouvernement libéral dans son objectif de créer 250 000 emplois
depuis qu'il a été élu, en avril dernier. La vérité aujourd'hui, pour ceux qui nous écoutent, c'est que, depuis avril, il ne
s'est pas créé 2 000, 5 000 10 000 emplois, il s'est
créé moins 2 000 emplois. Comparativement aux provinces au Canada, au
Nord-Est des États-Unis, cette croissance économique, au Québec, on ne la vit
pas.
Aujourd'hui,
M. le Président, on a besoin d'un plan, d'une vision à long terme, pas d'une
simple mesurette, d'une simple
mesurette. Et pourquoi je parle de simple mesurette, M. le Président? Parce
que, comme le collègue de Rousseau l'a
mentionné tantôt, aujourd'hui on annonce, donc, un crédit d'impôt. Un crédit
d'impôt qui vient d'où? Oui, le député de
Rousseau a raison, on a recopié, copié ce qui avait été annoncé par le Parti
québécois le 20 novembre 2012. De la pure improvisation où on
va soutenir, encore une fois, oui, le secteur manufacturier, le commerce en
gros, l'entreposage, traitement, hébergement
des données. La seule chose qu'on a changée, c'est qu'au lieu d'avoir une
mesure à 200 millions on en a
une à 100. Qu'est-ce que celle à 200 millions avait créé? Zéro. Parce que
le ministre des Finances n'a pas été capable de nous annoncer ce qui
avait été bon dans sa mesure.
M. le Président, si on s'inspire aujourd'hui de l'ancien ministre des Finances,
qui s'était trompé beaucoup, beaucoup,
on peut imaginer ce que ça va créer dans les prochaines années. L'objectif est
de 15 000 emplois. Moi, à la petite école, quand on copie
comme ça, on appelle ça du plagiat. C'est ça, la vérité.
Alors,
aujourd'hui, M. le Président, on ramène un modèle économique de crédits
d'impôt, un modèle qui existe depuis
10 ans, 15 ans, qui n'a pas donné les résultats escomptés, hein?
Revoir les crédits d'impôt, est-ce que c'est la formule du rapport Godbout qui va être déposé? Est-ce que
c'est ça qu'on va annoncer? On revient au même, même, même modèle économique québécois : de soutenir avec des
crédits d'impôt? Bravo, là! C'est une mesurette pour espérer en arriver à créer 15 000
avec 200 millions d'investissement par année. Mais le seul chef, ici, qui
a une vision à long terme, qui a un projet à long terme, le seul qui a créé de
l'emploi et qui connaît, connaît le système économique du Québec, et financier,
et qui a une vision...
Bonnardel :
Je vous invite à le lire. Vous avez copié... vous avez...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
S'il vous plaît! Il n'y a qu'un...
Président : Il n'y a qu'un intervenant ici, et c'est le député
de Granby. M. le député de Granby. Vous avez terminé, M. le député de
Granby?
Le Président :
O.K. Alors, j'inviterais... M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je crois que les citoyens du Québec, celles et ceux qui
paient leur impôt et contribuent à l'effort fiscal pour permettre au
gouvernement de remplir ses fonctions, sont en droit de savoir que le programme que vient d'annoncer le ministre va
aggraver un déséquilibre fiscal qui est déjà très, très grand entre les grandes
entreprises, qui ne paient pratiquement pas
d'impôt sur leurs bénéfices, et l'ensemble des particuliers du Québec. Le
peuple québécois contribue à
80 % aux recettes de l'État. Sur les 20 % restant de l'assiette
fiscale, une majorité est payée par les petites et moyennes entreprises. Pourquoi? Parce que, malheureusement,
sur les 30 dernières années, ministre après ministre, gouvernement après gouvernement, et on peut
s'étonner avec quelle naïveté ou quelle confiance aveugle, se sont pliés
aux demandes des grandes multinationales,
des grandes sociétés pour leur offrir ce qui, aujourd'hui, est rendu à plus de
133 mesures, si on ajoute celle-là, 134 mesures, d'abris fiscaux
différents, avec les conséquences que l'on sait : des économies fragilisées,
des États endettés, des programmes sociaux qu'on coupe et qu'on n'est pas capables
de supporter parce que ces grandes multinationales à qui on vient
d'offrir... Parce que c'est à eux que s'offre... c'est eux que vise
cette mesure, hein? Qui est capable
d'investir 100 millions si ce n'est pas des grandes sociétés et des
grandes entreprises? Or, les
citoyens du Québec sont en droit de savoir que les grandes sociétés forment 1,5 % des entreprises
québécoises mais réalisent 85 % des bénéfices totaux déclarés, et
elles ont réussi à s'en tirer avec 10 fois moins d'impôt direct que les particuliers. C'est un grand déséquilibre. Et, au
bout du compte, en fait, il n'y a aucune preuve. Ça fait 30 ans qu'on
donne des avantages comme ça. Où sont
les preuves que ces mesures marchent? Si on sait quelque chose, récemment,
d'une part, on a appris qu'il y a
600 milliards de dollars qui dorment dans leurs coffres, qu'ils
n'investissent pas dans l'État... dans l'économie. Et, de l'autre côté,
c'est des entreprises qui ne paient pas leur juste part d'impôt...
Président : Je vous remercie, M. le député de Mercier. Je vais
céder la parole maintenant à M. le ministre des Finances pour son droit
de réplique de cinq minutes.
Leitão : Très bien. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je... bon,
plusieurs choses, évidemment, ont été dites par mes trois collègues des
différentes formations politiques. Écoutez, par où commencer?
commencerai par le début. Et c'est quoi, le début? Le début, c'est qu'en
arrivant au pouvoir on aurait dû avoir un déficit zéro. C'était ça,
l'engagement du gouvernement du Québec, qu'en 2013‑2014 les comptes publics
seraient équilibrés. Cet engagement a été
maintenu jusqu'à peu près au mois d'octobre 2013, et puis tout d'un coup pouf!
C'est disparu. On finit l'année 2013‑2014
avec un déficit de 2,8 milliards et avec toutes sortes de pressions qui
étaient exercées sur les comptes
publics, où le déficit aurait été beaucoup plus élevé en 2014‑2015, 2015‑2016.
Nous sommes arrivés et nous avons
dit : La première chose, la première chose qu'on doit faire, c'est remettre
les finances en ordre, c'est d'envoyer un
signal clair à la société québécoise que l'État québécois est capable de
maîtriser ses finances publiques, qu'on est capables d'avoir les revenus nécessaires pour financer les
services publics que nous avons besoin et que nous souhaitons tous avoir.
Alors, ça, c'est le point de départ, M. le Président.
Démantèlement
du modèle québécois. Austérité toxique. Bien, voyons donc! Les dépenses
publiques, en 2015‑2016, vont être
légèrement plus élevées qu'en 2014‑2015, on ne réduit pas les dépenses
publiques, on les augmente, mais on maîtrise
la croissance de ces augmentations-là. On dégage une différence d'à peu près
deux points de pourcentage entre la croissance
des revenus et la croissance des dépenses, et c'est comme ça qu'on va arriver à
l'équilibre budgétaire. Ce n'est pas
le démantèlement du modèle québécois, voyons donc, c'est de s'assurer que le
modèle québécois est capable d'être financé.
Si nous ne sommes pas capables de générer les revenus nécessaires pour couvrir
les services que nous voulons donner
à la population, à crédit on ne peut pas le faire. On ne peut pas emprunter
continuellement pour payer les salaires des enseignants et pour payer les salaires des médecins, ça ne marche
pas, il faut qu'on soit capables d'avoir les revenus nécessaires pour le faire. Donc, ce n'est pas de
l'austérité toxique, c'est de la rigueur budgétaire. Nous allons arriver à
l'équilibre budgétaire comme ça.
Maintenant,
pour répondre à notre collègue de la deuxième opposition, simple mesurette,
bon, simple mesurette, écoutez, moi,
j'aimerais bien avoir des investissements privés d'entreprises de
100 milliards et plus. C'est comme ça qu'on va créer des emplois, ce sont les entreprises qui investissent dans des
projets significatifs qu'on est capables de créer de l'emploi. On s'est rendu compte que les seuils
étaient trop élevés et que donc à 300 millions on n'avait pas assez de
projets. À 100 millions, nous
allons être capables de le faire. Et
nous avons introduit un élément de régionalisation. Pour les régions, le
seuil baisse de 200 millions à 75 millions. C'est beaucoup plus
gérable et beaucoup plus efficace comme mesure.
J'aimerais
aussi souligner, M. le Président, qu'il y a une petite confusion. Ce n'est pas
un crédit d'impôt, c'est un congé
fiscal. Ce n'est pas la même chose. C'est même très différent. Un congé fiscal
est beaucoup plus rapide comme action, comme effet sur l'économie et sur la décision d'une entreprise
de s'installer dans une juridiction. On ne peut pas être naïf. Notre collègue de Mercier
a parlé des cadeaux qu'on fait aux entreprises. Il ne faut pas être naïf. Il y
a une très forte compétition entre
toutes sortes de juridictions pour attirer l'investissement chez elles. Ce
n'est pas idéal. Je conviens que ce
n'est pas idéal. Mais, si nous, on ne le fait pas, les autres ne vont pas se
gêner pour le faire. Nous devons avoir tous les outils nécessaires pour pouvoir répondre à ces offres qui sont
faites ailleurs pour s'assurer que l'investissement vient chez nous aussi, M. le Président. Et
je pense que je vais arrêter ici.
Le Président :
Merci, M. le ministre. Il n'y a pas de dépôt de projet de loi. Non.
Alors, nous en sommes
rendus à la rubrique des dépôts de documents. M. le premier ministre.
Couillard : Merci, M. le Président. Conformément à l'article 8 de la Loi instituant
le Fonds de développement nordique, je dépose les décrets de désignation
me permettant, à
titre de premier ministre et ministre responsable du ministère du Conseil
exécutif, au sein duquel est organisé le secrétariat du Plan Nord, de porter
des sommes au débit du Fonds de
développement nordique aux fins suivantes : le décret n° 1130-2014 pour soutenir la création de l'institut nordique du Québec, le décret 1131-2014, en lien avec deux
projets de télécommunication sur le territoire du développement nordique,
et le décret 1132-2014 pour la réalisation
d'un portrait de la clientèle pour la formation de la main-d'oeuvre de la
communauté Pakua Shipu. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés. Mme la ministre des Relations
internationales.
St-Pierre : Merci, M. le Président. Conformément à l'article
8 de la Loi instituant le Fonds de
développement nordique, je dépose le...
le décret, dis-je, de désignation n° 1164-2014 me permettant, à
titre de ministre des Relations internationales et de la Francophonie, de porter
des sommes au débit du Fonds du
développement nordique pour le financement d'activés permettant de faire
la promotion du Plan Nord sur la scène internationale.
Le Président :
Le document est déposé. M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : M. le Président, conformément à l'article 8 de la
Loi instituant le Fonds de développement nordique, je dépose aujourd'hui le décret de désignation n° 1163-2014
me permettant, à
titre de ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles
et ministre responsable du Plan Nord, de porter des sommes au débit du Fonds de développement nordique pour les
travaux préparatoires à la réfection de la route de la Baie-James et pour son
entretien.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : Merci, M. le Président. Conformément à l'article 92
de la
Loi sur la police, j'ai le plaisir de déposer les ententes sur la prestation des services policiers pour la
période du 1er avril 2014 au 31 mars 2018 dans les communautés autochtones suivantes : Wemotaci,
Manawan, Lac-Simon, Kawawachikamach, Kahnawake et Akwesasne.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés. Mme la ministre de la Culture.
David (Outremont) : M. le Président, il me fait plaisir de déposer
aujourd'hui, en vertu des articles 105.1 et 105.3 de la
Loi sur le cinéma, l'entente entre la ministre de la Culture
et des Communications du Québec et la Motion Picture Association of America portant sur la distribution de films pour
présentation en public, de même que l'entente entre la ministre de la Culture et des Communications du Québec et la Motion Picture Association of America portant
sur la distribution de matériel vidéo pour usage domestique.
dépose également le rapport annuel 2013‑2014 du Conservatoire de musique et d'art dramatique
du Québec.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, permettez-moi de déposer le
45e rapport annuel 2013‑2014 et le 13e
rapport annuel de gestion 2013‑2014 de la Commission consultative de l'enseignement
privé, et le rapport financier 2013‑2014
de l'École d'administration publique, incluant l'état du traitement, le rapport
de performance et le rapport sur les perspectives de développement.
Président : Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions déposées par le député de Saint-Jean le 28 octobre, par le député de Matane-Matapédia le 4 novembre et par le député de
Jonquière le 11 novembre 2014, de
même que les réponses du gouvernement aux questions inscrites au
feuilleton : par le député de Rosemont, le 11 novembre 2014 et adressée à la ministre déléguée à la Réadaptation, à
la Protection de la jeunesse et à la Santé publique; par le député de Rimouski, le 27 novembre 2014 et
adressée au ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale; et par le
député de Saint-Jean, le 5 décembre 2014, adressée également au ministre de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose le rapport d'activité 2013‑2014 de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant.
dépose également les textes de loi adoptés par la 23e législature du Forum
étudiant ainsi que par la 65e législature du Parlement jeunesse du
Québec.
enfin j'ai reçu avis... j'ai reçu préavis, c'est-à-dire, d'une motion qui sera
inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition, conformément à l'article
97.1 du règlement. Et je dépose copie de ce préavis.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des institutions et député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. Conformément à l'article 174
de notre règlement, je dépose le rapport de
la Commission des institutions qui a procédé à des consultations particulières
dans le cadre d'auditions publiques les
15 et 16 janvier 2015 sur le projet de loi n° 26, Loi visant
principalement la récupération de sommes obtenues à la suite de fraudes
ou de manoeuvres dolosives dans le cadre de contrats publics.
Président : Alors, ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission des relations avec les citoyens et député des
Chutes-de-la-Chaudière.
Picard : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la
Commission des relations avec les citoyens qui, les 15, 16, 19 janvier 2015, a tenu des auditions publiques dans le
cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 27,
Loi sur l'optimisation des services de garde éducatifs à l'enfance
subventionnés. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
des pétitions, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 35 pétitionnaires. Désignation :
citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
qu'aucune garantie d'économie n'a été formulée par le ministre de l'Éducation,
du Loisir et du Sport, ni aucun gain pour la réussite des élèves;
«Considérant que ce
scénario signifie la perte de plus de 30 % des élèves dans 66
établissements;
«Considérant que nous ne pouvons laisser un tel
projet fragiliser les services aux élèves :
«Par une offre de services amoindrie,
entre autres : offre en francisation et en accueil, en formation
professionnelle ainsi qu'au niveau des projets particuliers;
«Par
une perte d'écoles spécialisées. Des classes entières d'élèves avec des
difficultés graves d'apprentissage, des déficiences langagières sévères
et des troubles du spectre de l'autisme seraient touchées par le redécoupage;
«Par une perte de
services pédagogiques, dont la perte d'une école pour raccrocheurs;
«Par une
réorganisation des équipes-écoles et par l'instabilité des élèves qui en
subiraient les contrecoups;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, refusons que cette nouvelle structure soit improvisée sur le dos
des élèves et du personnel de la commission scolaire de Montréal.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'inviterais maintenant Mme la députée de Taschereau.
Maltais : ...M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 749
pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que l'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Réjean
Hébert, autorisait, le 22 mars 2013, la conception et la réalisation d'un
projet de relocalisation des activités de Partagec inc., avec construction
d'une nouvelle buanderie pour desservir les établissements de santé de
la région de la Capitale-Nationale;
«Attendu
la décision de l'actuel ministre de la Santé et des Services sociaux de
surseoir au projet de relocalisation et [...] construction de cette
buanderie;
«Attendu
l'engagement pris par le ministère, l'Agence
de santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, la direction de Partagec inc. et les établissements
publics clients de Partagec;
«Attendu
que la fermeture de Partagec inc. signifierait une perte définitive d'expertise
pour les établissements publics de la région;
«Attendu
que la fin des opérations de Partagec inc. entraînerait la perte de 160 emplois
de qualité, ce qui affecterait de nombreuses familles québécoises;
«Attendu
que le projet est autofinancé et permettrait de maintenir des services de
qualité à des coûts très compétitifs;
«[...]l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous
réclamons que le ministre de la Santé et des Services sociaux annule sa
décision et entérine le projet de relocalisation des activités de
Partagec et de construction d'une nouvelle buanderie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de cette pétition est
déposé. M. le député de Chauveau.
Deltell : M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 17 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les autobus sont à moins de la moitié de leur capacité, selon les données
de novembre 2013, et qu'il y a 8 000 utilisateurs par jour sur les
voies réservées de l'autoroute Robert-Bourassa en direction nord à Québec;
«Considérant
que les 325 autobus qui empruntent l'autoroute Robert-Bourassa chaque jour
pourraient permettre à 16 250 personnes de voyager, mais que moins
de 9 000 personnes les utilisent;
«Considérant
qu'il n'y a que 50 autobus qui empruntent la voie réservée sur toute sa longueur de 15 h 30 à 18 heures;
«Considérant qu'en
l'an 2000 le débit journalier de la circulation routière de la ville de Québec
entre les autoroutes Félix-Leclerc et
Charest était de 72 000 voitures et qu'en 2001 [s'ensuivait] une
augmentation de 59 %, ce nombre s'élevait à 115 177 voitures.
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons à l'Assemblée nationale du Québec la suspension des voies
réservées sur l'autoroute Robert-Bourassa en direction nord à Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de cette pétition est
déposé. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 037 pétitionnaires. Et je veux saluer
la présence, dans nos tribunes, des employés de la buanderie du CHRDL, donc, de
Lanaudière. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que
la buanderie publique Lavérendière est une corporation qui ne fait pas de
profit et qui donne une cinquantaine d'emplois de qualité à des
citoyennes et citoyens de la région de Lanaudière;
«Attendu que
de nombreuses familles de la région, dont plusieurs sont de jeunes familles,
dépendent de ces emplois pour vivre;
«Attendu qu'il a été démontré à plusieurs
reprises que la buanderie publique Lavérendière est non seulement rentable,
mais qu'elle offre des prix concurrentiels à ceux du privé;
«Attendu que
la fermeture de la buanderie publique Lavérendière signifierait une perte
définitive de l'expertise dans ce
domaine pour le secteur public et placerait les établissements de santé de la
région à la merci d'éventuelles hausses de coûts par le privé;
«Attendu
l'engagement pris par le ministère de la Santé et des Services sociaux, en mars
2014, d'aller de l'avant avec le
projet de mettre à jour les installations et les équipements, et ce, en accord
avec l'ensemble des intervenants du milieu — CSSS du Nord-de-Lanaudière,
Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière, fonctionnaires du
ministère, employés de la buanderie, etc.;
«Attendu que ce projet est autofinancé et ne
requiert aucun déboursé de la part du ministère;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, réclamons que le ministre de la Santé et des Services sociaux
annule sa décision de mettre sur la
glace le projet de nouvelle buanderie publique sur [le terrain] du Centre
hospitalier régional de Lanaudière et qu'il s'engage à maintenir la
buanderie Lavérendière comme buanderie à vocation publique sans but lucratif.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant M. le député de
Borduas.
Jolin-Barrette : Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 123
pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits
invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le fractionnement de revenus de retraite
entre conjoints [est] un facteur d'analyse très important pour les préretraités québécois — 55 [à] 65 ans — au moment de prendre leur
retraite anticipée;
«Considérant
que le fractionnement du revenu entre conjoints a permis à nombreux retraités
d'augmenter leur revenu net familial
et d'assurer leur sécurité au moment de prendre leur retraite en diminuant du
même coup leur fardeau fiscal, et ce, sans égard à l'âge;
«Considérant que la modification de l'âge
d'admissibilité pour le fractionnement du revenu de retraite entre conjoints fixé à
65 ans entraînera des coûts plus onéreux pour ceux qui ont déjà
pris leur retraite et qui utilisaient cette mesure;
«Considérant
que les personnes retraitées de moins de 65 ans utilisant le fractionnement du revenu se retrouveront
avec un fardeau fiscal plus important lors de l'entrée en vigueur de l'âge
d'admissibilité à 65 ans et plus;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Les
signataires de cette pétition demandent donc au gouvernement du Québec que
l'admissibilité à la mesure pour le
fractionnement du revenu de retraite entre conjoints ne soit pas fixée à 65
[ans] et plus et demeure accessible pour les retraités de 65 ans et
moins.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu, de la part de Mme la députée de Taschereau, une demande de dépôt d'une pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement.
Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale signée par
1 009 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que
l'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Réjean Hébert,
autorisait le 22 mars 2013 la
conception et la réalisation d'un projet de relocalisation des activités
de Partagec, avec construction d'une nouvelle buanderie pour desservir
les établissements de santé de la région de la Capitale-Nationale;
«Attendu la
décision de l'actuel ministre de la
Santé et des Services sociaux de
surseoir au projet de relocalisation et de construction de cette
buanderie;
«Attendu l'engagement pris par le ministère,
l'Agence de la santé et des services sociaux de la région de la
Capitale-Nationale, la direction de Partagec [...] et les établissements
publics clients de Partagec;
«Attendu que
la fermeture de Partagec [...] signifierait une perte définitive d'expertise
pour les établissements publics de la région;
«Attendu que la fin des opérations de
Partagec [...] entraînerait la perte de 160 emplois de qualité, ce qui
affecterait de nombreuses familles québécoises;
«Attendu que le
projet est autofinancé et permettrait de maintenir des services de qualité à des
coûts très compétitifs;
«[...]l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous
réclamons que le ministre de la Santé
et des Services sociaux annule sa décision et entérine le projet de
relocalisation des activités de Partagec et de construction d'une nouvelle
buanderie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu, de la part de Mme la députée
de Joliette, une demande de dépôt de pétition
qui est non conforme. J'ai un consentement? Consentement. Mme la députée de
Joliette.
Hivon :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale signée par 817 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que la buanderie publique Lavérendière est une corporation qui ne fait pas de
profit et qui donne une cinquantaine d'emplois de qualité à des
citoyennes et citoyens de la région de Lanaudière;
«Attendu
que de nombreuses familles de la région, dont plusieurs sont de jeunes
familles, dépendent de ces emplois pour vivre;
«Attendu
qu'il a été démontré, à plusieurs reprises, que la buanderie publique
Lavérendière est non seulement rentable, mais qu'elle offre des prix
concurrentiels à ceux du privé;
«Attendu
que la fermeture de la buanderie publique Lavérendière signifierait une perte
définitive de l'expertise dans ce
domaine pour le secteur public et placerait les établissements de santé de la
région à la merci d'éventuelles hausses de coûts par le privé;
«Attendu
l'engagement pris par le ministère de la Santé et des Services sociaux, en mars
2014, d'aller de l'avant avec le
projet de mettre à jour les installations et les équipements, et ce, en accord
avec l'ensemble des intervenants du milieu — CSSS du Nord de
Lanaudière, Agence de santé et services sociaux de Lanaudière, [...]fonctionnaires
du ministère, [...]employés de la buanderie, etc.;
«Attendu que ce
projet est autofinancé et ne requiert aucun déboursé de la part du ministère;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, réclamons que le ministre de la Santé et des Services sociaux
annule sa décision de mettre sur la
glace le projet de nouvelle buanderie publique sur les terrains du Centre
hospitalier régional de Lanaudière et qu'il s'engage à maintenir la
buanderie Lavérendière comme buanderie à vocation publique sans but lucratif.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu une autre demande de pétition, de la part de Mme la députée de
Joliette, qui est non conforme. Consentement. Il y en a encore une autre après.
Hivon : Merci. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale signée par 1 873 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
que la buanderie publique Lavérendière est une corporation qui ne fait pas de
profit et qui donne une cinquantaine d'emplois de qualité à des
citoyennes et citoyens de la région de Lanaudière;
«Attendu que de
nombreuses familles de la région, dont plusieurs sont de jeunes familles,
dépendent de ces emplois pour vivre;
«Attendu
qu'il a été démontré, à plusieurs reprises, que la buanderie publique
Lavérendière est non seulement rentable, mais qu'elle offre des prix
concurrentiels à ceux du privé;
«Attendu
que la fermeture de la buanderie publique Lavérendière signifierait une perte
définitive de l'expertise dans ce
domaine pour le secteur public et placerait les établissements de santé de la
région à la merci d'éventuelles hausses de coûts par le privé;
«Attendu
l'engagement pris par le ministère de la Santé et des Services sociaux, en mars
2014, d'aller de l'avant avec le
projet de mettre à jour les installations et les équipements, et ce, en accord avec l'ensemble des intervenants du milieu — CSSS
du Nord de Lanaudière, Agence santé et services sociaux de Lanaudière, [...]fonctionnaires
du ministère, [...]employés de la buanderie, etc.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, réclamons que le ministre
de la Santé et des Services sociaux
annule sa décision de mettre sur la
glace le projet de nouvelle buanderie publique sur les terrains du Centre
hospitalier régional de Lanaudière et qu'il s'engage à maintenir la
buanderie Lavérendière comme buanderie à vocation publique sans but lucratif.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président : L'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu
une dernière pétition de la part de
Mme la députée de Joliette. Je
demande le consentement pour le dépôt. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Elle est plus courte, celle-là, M. le Président.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 431 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
Il n'y a pas de fait
invoqué.
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, disons non à la fermeture de notre buanderie publique Lavérendière
et disons oui au maintien d'emplois de qualité dans Lanaudière.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni de questions concernant des
questions de droits ou de privilèges... de violation de droits ou de
privilèges.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses
orales, et je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : M. le Président, depuis son élection, en manque d'idées, en panne d'idées, le
gouvernement libéral a copié le
programme de son club-école, la CAQ, et a choisi de pratiquer une austérité
destructrice envers les régions du Québec. Le premier
ministre multiplie les décisions qui
enlèvent des emplois, qui retirent des responsabilités, qui enlèvent des
moyens aux régions de s'organiser. Dois-je lui souligner que la fermeture des
CRÉ enlève la seule instance qu'il y avait au niveau
régional, M. le Président? De plus, le premier ministre nie l'impact
pour une localité de perdre son centre local de développement, de voir
coupés ses carrefours jeunesse-emploi, de fusionner ses CSSS, ses hôpitaux et
leur impact pour les familles, pour les services et l'éloignement des décisions
qui les touchent.
gens des régions ont l'impression d'avoir été largués, que l'austérité leur a
passé sur le dos, à ce point qu'on se
permet même, dans ce parlement, de leur suggérer de déménager, de leur dire
qu'au point où on en est on est mieux de
fermer certaines régions, certains villages du Québec. Comble de cynisme,
face à cette décision... face à ces propositions, plutôt, le gouvernement a décidé,
quelques jours après, d'annoncer la fin d'un fonds, le Fonds de soutien aux
territoires en difficulté. C'est 55 millions dont seront privés des villages les plus vulnérables du Québec
et les moyens pour leur assurer leur développement.
Est-ce
que le premier ministre s'engage aujourd'hui à revoir la décision du ministre des Affaires municipales et ramener ce fonds aux territoires
dévitalisés?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, la question de mon collègue
tombe à pic, j'arrive à peine des régions et je peux vous dire qu'hier,
quand on a fait l'annonce avec mon collègue le ministre de la Forêt sur la
sylviculture, près d'un demi-milliard sur
deux ans, tout le monde rigolait quand on en entendait d'autres parler
d'austérité. C'est ça, l'austérité? Allô,
la Terre, je dirais. Ce n'est pas l'austérité, c'est l'investissement directement dans l'emploi dans les régions du Québec.
Même chose en Abitibi, même chose en
Mauricie, même chose au Saguenay. Hein, il faudrait quand même
remettre les choses en place, là.
Dans les fonds de développement locaux,
autrefois gérés par les CLD, il n'y a pas un seul dollar qui a été retiré.
Et aujourd'hui même, et j'en ai des témoignages tous les jours,
les préfets de MRC, les maires et d'autres organismes de la société
sont en train d'engager les sommes qui, en passant, sont engagées uniquement
à 55 %. Si le monde se demande
comment ça se fait qu'on a été obligés
d'agir, il y a 55 % de ce fonds local qui était déboursé pour les
entreprises et les entreprises d'économie sociale.
Maintenant,
pour ce qui est du fonds dont il parle, notre collègue, à la fin de sa
question, il n'y a pas une seule municipalité qui a souffert de cela en
pratique, et, en passant, cette interruption, écoutez bien ça, chers amis,
s'est produite alors qu'ils étaient au
gouvernement, avant l'élection d'avril dernier. C'est-u pas poétique, M. le
Président? Alors, il faut maintenant
qu'on explique leurs décisions et qu'on les compense. Heureusement, le
ministère des Affaires municipales n'a
pas laissé tomber une seule municipalité, et on est en conversation pour le
prochain pacte fiscal non pas imposé, mais négocié avec les
municipalités.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Je pense que le premier ministre comprend mal que les régions n'ont pas le goût
de faire rire d'elles. Actuellement,
le premier ministre, il en rit, mais ce qu'on voit actuellement, c'est
beaucoup, beaucoup de régions qui crient. Et il parlait des préfets. Il y en a un d'ailleurs, dans le
Bas-Saint-Laurent, qui demande même la démission de son ministre.
Imaginez-vous, on est quelques mois de l'élection du nouveau gouvernement.
Est-ce que le
premier ministre renonce à la coupure de 55 % qu'il a faite au budget de
développement des régions, qui est
passé de 180 millions à 100 millions? Est-ce qu'il renonce à ces
coupes drastiques envers les régions du Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, la
réponse tient en un seul mot, M. le Président. La réponse, c'est non, parce que
la question du collègue montre
exactement la différence dans la gestion des fonds publics et l'approche de
développement économique.
Pour les
gens qui nous écoutent et les collègues de l'Assemblée, lorsque le collègue
parle des fonds de développement, il
parle des frais de fonctionnement des structures qui administraient le fonds
local d'investissement, qui lui-même est inchangé. Nous, ce n'est pas les structures qu'on veut nourrir, ce n'est
pas les structures une par-dessus l'autre, empilées comme des pièces de
sédiment qu'on ne veut jamais remettre en cause, c'est l'aide directe aux
travailleurs puis aux entreprises dans les régions. Et ça se produit tous les
jours, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Beau dialogue de sourds, M. le Président! Les CLD ont été abolis, les CRE aussi
ont été abolies, les directions
régionales ferment ou sont fusionnées. 300 millions de moins qui touchent
les régions, particulièrement dans le
pacte fiscal. Les programmes des régions ressources ont été coupés de
20 %, et, par l'absence de réponse du ministre, je comprends que les villages dévitalisés n'auront
pas accès au programme dont ils avaient besoin, M. le Président. Et, en
plus, on a un mouvement national qui dit : Touche pas à ma région!
Est-ce que le premier ministre va enfin entendre
ce message fort des régionaux de partout au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
quand je suis, comme hier, dans notre région pour créer de l'emploi en forêt et
créer de nouveaux emplois en forêt, quand je
suis en Abitibi pour des nouveaux emplois et consolider 500 autres emplois,
quand je suis à Arvida pour les 1 000
emplois de la fonderie qu'il y a là, qu'il fallait garder absolument en
activité, je dis : Je suis fier
de toucher aux régions, de toucher aux régions en créant de l'emploi et de la
prospérité partout au Québec, M. le Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Par ses
propos, le premier ministre fait malheureusement la preuve qu'on ne peut pas
lui faire confiance. On ne peut pas lui
faire confiance dans ce qu'il dit puis on ne peut pas lui faire confiance non
plus, malheureusement, pour relancer
les régions, M. le Président. C'est l'écoeurement que vivent les régions.
D'ailleurs, j'invite toute la population à aller voir le vidéo qui a été
fait en Abitibi, qui demande au gouvernement de ne pas toucher à leur région.
Est-ce que le
premier ministre peut se réveiller, sortir de sa tour d'ivoire, et comprendre
cet écoeurement de toutes les régions, et enfin, enfin donner des moyens
aux régions du Québec, M. le Président?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Donner les
moyens aux régions du Québec, bien sûr, M. le Président, et on va le faire
encore plus. D'ailleurs, on vient
aujourd'hui de faire une annonce qui va exactement dans ce sens-là. Mais
continuer à maintenir des structures sans jamais oser les questionner...
On est rendu
là, au Québec. Ça a toujours été de même. Ça, c'est la réponse. On ne peut pas
faire ça, ça a toujours été de même.
Ou pourquoi qu'on ferait différemment, ça a toujours été comme ça? Ce n'est pas
la bonne réponse. On peut faire
beaucoup mieux, M. le Président, et on peut s'assurer que l'économie prospère
grâce à son moteur principal qui est l'investissement
privé et la création d'emplois par nos entreprises. Et c'est ce qu'on va
continuer à faire partout au Québec.
Maintenant,
le nouveau pacte fiscal qui va être négocié avec les municipalités, il va
introduire des nouvelles choses que jamais
un gouvernement n'a voulu faire avant nous : d'abord, partager les
redevances des ressources naturelles avec nos régions...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : ...accorder les fonds de développement régionaux non pas de façon uniforme
mais selon le niveau socioéconomique des régions...
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Depuis quelques semaines, Le Journal de Montréal
révèle que des réseaux islamistes s'installent au Québec. Il était
notamment mention de trois écoles à Montréal et en Montérégie ayant un permis
du ministère de l'Éducation qui
appartiennent à des réseaux soupçonnés par les autorités de financer des
groupes terroristes. L'une de ces écoles subventionnées par le ministère
est à la même adresse que la mosquée de Montréal. Or, justement, dans cette mosquée, des journalistes ont mis la main sur de la
propagande vantant la charia, le terrorisme en Israël et les
attentats-suicides.
Est-ce
que le ministre de l'Éducation s'est empressé de demander à son ministère
d'aller sur place, dans ces écoles, pour s'assurer que les jeunes
fréquentant ces écoles ne sont pas l'objet de propagande?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Premier principe, M. le
Président : tout endoctrinement des enfants est strictement inacceptable. On n'acceptera pas ça. Mais il faut
différencier l'école des personnes qui possédaient la bâtisse. Nous avons
fait des vérifications. L'école respecte le
régime pédagogique, et, pour ça, il faut le dire, nous avons l'intention
d'accepter le principe de respect du
régime pédagogique. Par contre, oui, nous avons regardé au niveau des
propriétaires, et, oui, à ce moment-ci,
il y aurait lieu d'agir. La façon d'agir, on va avoir besoin de la
collaboration de... pas l'enseignement privé mais de l'opposition. La façon d'agir, ça va être de
modifier la
Loi sur l'enseignement privé pour s'assurer que les personnes qui
gèrent l'école, les gens qui possèdent l'école, les administrateurs soient de
façon impeccable au niveau autant de la réputation que des actes du
passé.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
J'ai déjà entendu ce que le ministre nous dit ce matin, je l'ai déjà entendu
cet automne; je l'ai interpellé à cet effet
cet automne. Alors, je lui redemande, M.
le ministre... M. le Président, je redemande au ministre :
Quand va-t-il agir... va réagir, agir, se tenir debout devant ce phénomène?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, on prend cette situation très au sérieux. Si l'opposition veut collaborer, nous avons
l'intention d'agir dès le printemps. Nous allons déposer un projet de loi pour s'assurer de protéger nos élèves.
Le Président :
Principale? Principale, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Merci,
M. le Président. Alors, ce matin, on
apprend qu'après les démissions-surprises des nos 1 et 2 d'Hydro-Québec, après la démission
du responsable des compteurs intelligents, c'est au tour de l'un des plus
anciens administrateurs d'Hydro-Québec,
Michel Plessis-Bélair, de démissionner. Quatre démissions confirmées en
quelques jours. Puis qu'on arrête, M.
le Président, de nous parler de coïncidence : il n'y a plus personne qui
croit que c'est des coïncidences.
Or, qu'est-ce
qui peut expliquer ces départs en série? Est-ce que c'est une purge? Est-ce que
c'est une révolte à l'interne? Est-ce que c'est lié aux enquêtes de
l'UPAC? Est-ce que c'est lié aux 27 enquêtes internes sur des contrats d'Hydro-Québec au cours
des 10 dernières années, contrats sur lesquels... ou vérifications internes sur
lesquelles on n'est pas capables d'avoir les rapports, d'ailleurs? On ne
le sait pas.
Est-ce qu'au contraire ces hauts dirigeants
partent parce qu'ils refusent de suivre aveuglément les nouvelles orientations du gouvernement? Est-ce que c'est en
lien avec la privatisation évoquée dans le rapport Montmarquette? On ne
le sait pas. Est-ce que le gouvernement peut finalement nous dire pourquoi ils
partent?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
j'aimerais d'abord profiter de l'occasion pour saluer entre autres la
contribution de tous les gens qui ont
été, entre autres, à Hydro-Québec, et en particulier son président-directeur
général, M. Vandal. Je pense que ce dernier a oeuvré, depuis les 10 dernières
années, de façon très efficace. Il a ouvert des marchés, il a mis en place des projets importants comme la Romaine.
Et là il appartient, M. le Président, au conseil d'administration de recommander un remplaçant ou une remplaçante, ce
que l'ancien gouvernement n'avait pas fait sous la présidence du conseil
d'administration du député de Saint-Jérôme.
Je voudrais donc dire, M. le Président, que les
choses avancent dans la bonne direction. Nous avons nommé un président du conseil d'administration au mois
d'octobre. Nous avons procédé à des annonces également de membres du conseil d'administration au mois de décembre.
On va le faire également pour ceux qu'il reste à faire. Au cours des
prochaines semaines, on va nommer d'autres gens. Et, M. le Président, ce que le
conseil d'administration va nous recommander,
ce sont les meilleures personnes pour diriger Hydro-Québec au cours des
prochaines années, M. le Président.
Le Président : Première
additionnelle, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : Pas un
mot, M. le Président, sur les hauts dirigeants qui ont quitté. Pas un mot. Puis
nous, contrairement au gouvernement, on ne trouve pas ça banal, puis on
ne trouve pas ça normal, puis on ne croit pas aux coïncidences. Puis on veut savoir comment ça se fait qu'en quelques jours
seulement il y a quatre démissions de personnes importantes au sein
d'Hydro-Québec qui ont été confirmées.
Alors, est-ce
qu'on peut avoir un début d'explication de la part du ministre responsable
d'Hydro-Québec? Il y a eu 27 vérifications internes au cours de 10
dernières années. C'est-u à cause de ça?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : Je demanderais, M. le
Président, au député de Marie-Victorin de ne pas faire d'amalgame, là; il
commence à mélanger beaucoup de choses.
La démission
du président du conseil d'administration, comme vous le savez, le député de
Saint-Jérôme, a eu lieu. On a
remplacé le président du conseil d'administration. Le départ normal de M.
Plessis-Bélair s'est fait le 11 novembre; il a annoncé qu'il
quittait le 11 novembre 2014. Donc, le processus de remplacement se fait.
Et, M. le
Président, je tiens à vous dire que, chez Hydro-Québec, les résultats vont se
faire connaître au cours des prochaines
semaines. Les choses vont bien, M. le Président. Et également nous allons avoir
un excellent plan stratégique...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, aucune réponse. Aucune réponse. Est-ce que c'est une purge? Est-ce
que c'est une révolte à l'interne?
Est-ce que c'est lié aux enquêtes de l'UPAC? Est-ce que c'est lié aux 27
vérifications internes sur l'octroi
de contrats à l'interne depuis 10 ans? Est-ce que c'est lié à un scénario de
privatisation? Les Québécois sont les propriétaires d'Hydro-Québec. Ils
ont le droit de savoir ce qui se passe chez Hydro-Québec. Nous autres, on veut connaître les raisons pour lesquelles ces hauts
dirigeants quittent. On veut juste le
savoir. Est-ce qu'on va finir par le savoir?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, ce que je peux dire sur
cette question-là, encore une fois, c'est que le
député... vous savez très bien
que, quand on dépose un budget, il y
a des crédits, et, les semaines qui
suivent, Hydro-Québec comparait. Vous aurez l'occasion de poser
toutes les questions.
Maintenant, j'invite le député de Marie-Victorin
à être extrêmement prudent. On sait qu'il a un petit côté incendiaire, et je l'invite donc à faire preuve de
prudence lorsqu'il fait des liens avec les différents départs, les compteurs
intelligents, toutes
ces questions-là, et donc je lui demande d'être extrêmement prudent. Les
choses sont très positives actuellement pour Hydro-Québec, M. le
Président.
Le Président :
M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : Oui. M. le Président, le gouvernement
libéral a été élu il y a
10 mois. Depuis 10 mois, le Québec a perdu 2 000 emplois. Le premier ministre avait, durant
la campagne électorale, promis, sur cinq ans, qu'il se créerait
250 000 emplois au Québec.
Or, M. le Président, selon une étude qui a été publiée il y a deux semaines,
Desjardins prévoit que, sur cinq ans, les
mêmes cinq années que le premier
ministre, il se créera seulement 80 000 emplois
au Québec, le tiers de ce qu'a promis le premier
ministre.
M. le Président, ce n'est pas avec la mesure qu'on a vu
aujourd'hui qu'on va régler le problème. On ne crée pas
des emplois avec des mesures théoriques,
avec des discours théoriques. On ne crée pas des emplois, M. le Président, en disant les mots «Plan Nord» ou «stratégie
maritime» à toutes les deux phrases. M. le Président, on crée des emplois avec des
gestes concrets : il faut rencontrer des
dirigeants d'entreprise, il faut aller chercher des investissements des
entreprises un par un.
Quand le premier ministre va-t-il se mettre à l'ouvrage? Et, M. le Président, je veux revenir sur l'étude de Desjardins. Comment explique-t-il qu'une firme sérieuse comme Desjardins prévoit 80 000 emplois au Québec
sur cinq ans puis que lui, il pense que ça serait encore 250 000?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard :
Bien, clairement, clairement, M. le Président, on a plus d'ambition pour le Québec que notre collègue parce qu'on sait l'immense capacité qu'on a, les immenses atouts qu'on a pour créer de l'emploi
et de faire croître l'économie au Québec.
Et je comprends qu'il veut faire des raccourcis, c'est la période de questions,
mais il ne faudrait quand même pas
passer sous silence le déploiement de plus de 1 milliard de dollars de
mesures vers nos PME, qui sont responsables
de 75 % de la création d'emplois. Puis, oui, le Plan
Nord puis la stratégie maritime, en
passant, ça vaut bien le plan Saint-Laurent puis le livre en couleurs du
député, O.K.?
Alors, on a une action qui est diversifiée, qui
porte sur les véritables moteurs de l'économie, et les résultats commencent à se manifester. On a eu un creux
historique de croissance économique à 1 % en 2013. On prévoit près du
double, c'est déjà bien. On veut encore
plus, et le rythme de création d'emplois s'accélère, contrairement à ce qu'il
dit, et ça va continuer.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président, moi, je suis quelqu'un de résultats. Regardons les résultats : en 2014, zéro
emploi au Québec;
en 2015, le ministre des Finances prévoit seulement 30 000 emplois. Ça veut dire que, dans
les trois années suivantes, il faudrait créer
plus de 70 000 emplois par année. Voyons donc! Il n'y a personne
qui croit ça.
Quand le premier ministre va-t-il avouer qu'il
n'a pas dit la vérité durant la campagne électorale
avec ses 250 000 emplois?
Président : M. le chef du deuxième groupe d'opposition,
je dois vous demander de retirer vos derniers propos.
Le Président :
Il les retire. Alors, M. le premier ministre.
Couillard : M. le
Président, surtout que notre collègue
a une longue histoire de retourner et de revenir sur ses engagements et ses principes. Ça a commencé avec
l'indépendance du Québec, ça s'est fait la semaine dernière sur les
agences de la santé puis sur l'équilibre
budgétaire, où il veut l'équilibre, mais aucune mesure pour le réaliser. Alors,
un peu de constance dans les propos et de cohérence, ça ferait du bien.
Maintenant,
souvenons-nous de ce qui soutenait notre objectif, qui demeure ferme, de créer beaucoup
d'emplois au Québec : c'est qu'entre 2003 et 2012 il s'est créé en
moyenne 40 000 emplois au Québec. Or, dans les huit mois qui se sont écoulés depuis notre arrivée au gouvernement — parce
qu'on ne prendra pas le bilan du PQ, puis lui non plus
ne le veut pas, j'en suis sûr — il
s'est créé 34 900 emplois, 34 900 emplois
en huit mois. Alors, M. le Président, le collègue a été comptable, donc
il est bon en maths. Une petite règle de trois, combien ça fait pour un an?
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
le premier ministre ne veut pas compter le mois d'avril, hein? Puis il nous
dit : 30 000 par année,
maintenant, c'est suffisant. Ce n'est pas ça qu'il a promis. Ce qu'il a promis,
c'est 50 000 par année, 250 000 par cinq ans.
Est-ce qu'il peut regarder les Québécois en face
aujourd'hui puis répéter : Je vais créer 250 000 emplois sur
cinq ans? Je vous gage qu'il ne le fera pas.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, il
change d'idée d'une question à l'autre, c'est formidable.
Mais ce que
je vais dire aux Québécois, c'est que la ligne qu'on suit, elle est droite et
rectiligne. C'est un Québec prospère
et juste, plus juste parce qu'il va être prospère et libre de ses choix, ce que
notre collègue, bien sûr, ne peut pas faire
parce que, dans son cas, M. le Président... et je ne voudrais pas répéter
l'allusion ancienne à cet instrument qui est mû par l'énergie éolienne, qu'on voit sur certains toits de nos
domiciles, mais je dirais que sa formation politique, elle est enfermée
dans un carrefour giratoire éternel, M. le Président.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : M. le Président, on connaît tous le malaise
libéral quand vient le temps d'aborder des questions identitaires qui touchent
les Québécois. On en a un autre bel exemple aujourd'hui : la ministre de
l'Immigration repousse son plan d'action pour lutter contre l'intégrisme
jusqu'à l'automne.
Pourtant, le premier ministre disait en décembre
2013, lors de son assermentation, qu'il voulait lutter contre l'intégrisme
religieux. Au printemps dernier, il nous le répétait lors de son discours
inaugural. Mais voilà qu'il y a quelques
semaines il nous expliquait plutôt que l'intégrisme religieux était un choix
personnel et, depuis la semaine dernière, il n'est même plus capable de prononcer les mots «intégrisme religieux»,
il a changé son propre discours pour «dérive religieuse».
gouvernement peut-il enfin démontrer un peu de cohérence dans ses propos et
agir rapidement pour lutter contre l'intégrisme religieux?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je suis heureux de répondre à la première question. Je rassure mes collègues,
ils pourront répondre aux questions supplémentaires, M. le Président.
Le Président : Dans le micro,
ça va être plus simple. Dans le micro.
M. Couillard : On est très à l'aise
pour parler de cette question parce que notre position, elle est basée...
Couillard : ...M. le
Président, elle est basée sur un attachement indéfectible à la sécurité des
Québécois, au maintien de nos valeurs
et aux libertés, un mot que certains membres de l'opposition ont oublié, M. le
Président. Alors, oui, bien sûr, on va lutter contre le radicalisme. Il
y aura des mesures précises présentées à cet effet-là.
Je veux juste qu'on ne fasse pas de confusion,
qu'on fasse attention au choix des mots. Je veux juste qu'on s'entende ensemble — ensuite, on pourra prendre les mots qu'on
veut — que
quelqu'un qui pratique sa religion de façon rigoureuse, sans nuire à personne, sans nuire aux droits de personne,
sans nuire à nos valeurs, il peut le faire en toute liberté ou elle peut le faire en toute liberté. C'est
également une forme d'intégrisme. Alors, je préfère parler de radicalisme. Je
préfère parler de radicalisme, de violence, d'extrémisme.
C'est ça, le
véritable ennemi au Québec. On crée des fausses pistes. Ça a été le PQ avec la
charte désastreuse qui a noirci notre
réputation. Ça a été notre collègue qui cherche désespérément un thème pour
échapper à l'effet sur lui de la course à la direction du Parti québécois. Nous, on
est constants dans nos orientations : la sécurité, les valeurs des
Québécois avant tout, et les libertés, M. le Président, on y croit
aussi.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : Les auteurs du rapport
Bouchard-Taylor croient que la population a des motifs réels et légitimes d'être inquiète à la suite des
attentats de Paris, d'Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu. C'est pourquoi,
selon eux, il est important que le
gouvernement agisse maintenant, ne serait-ce que pour rassurer la population.
De notre côté, nous avons déposé et proposé des mesures concrètes.
gouvernement comprend-il qu'il doit bouger et arrêter de jouer sur les mots
comme il vient tout juste de faire?
Le Président :
Mme la ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
M. le Président, je tiens à rassurer les membres de cette Chambre que le
gouvernement est en action. Suite aux
tragiques événements du mois d'octobre dernier, le premier ministre a annoncé
la création d'un comité interministériel intersectoriel sur la
radicalisation. C'est un phénomène qui affecte toutes les sociétés occidentales
actuellement, et il y a des meilleures
pratiques dont on veut s'inspirer, mais aussi il y a des expertises sur le
terrain, ici, au Québec, des gens qui
sont déjà conscients du phénomène de la radicalisation. Et, oui, M. Bouchard
est venu en parler, il a parlé de terrorisme. Le vrai enjeu, c'est la
sécurité publique...
Le Président :
En terminant.
Mme Weil :
...et c'est ça qui inquiète les gens. Alors, on est en action pour protéger le
public.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Montarville.
(Montarville) : M. le Président, celle qui avait de
l'expertise, au Québec, c'était Mme Fatima Houda-Pepin, et vous
l'avez foutue à la porte.
Ceci
dit, depuis son élection, ce gouvernement travaille très fort à trouver des
excuses pour ne pas agir sur les questions
identitaires. Je vous parie qu'il va en trouver d'autres, il va en trouver
d'autres pour remettre à plus tard la lutte à l'intégrisme...
Président : Juste une seconde. Il n'y a seulement qu'une
personne ici qui a le droit de parole, puis vous parlez trop fort, je ne
l'entends pas bien. Mme la députée de Montarville, veuillez continuer.
Mme Roy
(Montarville) :
M. le premier ministre, pourquoi n'avez-vous pas le courage de faire de la
lutte à l'intégrisme une priorité comme vous l'aviez promis au printemps
dernier? La population vous le demande.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Éventuellement, on aura le courage. Et on a le courage nécessaire pour
protéger la sécurité des Québécois et
des Québécoises en tout temps, en tout temps, M. le Président. 24 heures
par jour, nos forces de sécurité sont en vigilance; notre ministre de la
Sécurité publique également, en lien avec ses collègues.
Mais nous, on ne
tombera pas dans les pièges faciles, les amalgames qui nous amènent vers des
zones très difficiles pour la coexistence des
communautés au Québec. Nous, des questions comme la liberté, on y croit. Les
collègues, ils...
Couillard : Non, ils n'y croient pas, à la liberté. Ils disent qu'il
faut encadrer la liberté de parole.
Alors, je vais donner
un devoir de fin de semaine aux membres de la CAQ, parce que ça leur prend un
peu de réflexion, je pense, dans ce
parti-là. Rédigez-nous les articles de loi pour restreindre la liberté de
parole. On va étudier ça avec beaucoup d'attention.
Président : Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, TransCanada n'a pas traduit
en français ses milliers de documents déposés devant l'Office national
de l'énergie pour l'oléoduc.
Le Président :
S'il vous plaît!
Gaudreault : Aujourd'hui, une agricultrice de
Saint-Jean-Chrysostome, Mme France Lamonde, et le Centre québécois du droit de l'environnement ont déposé
une injonction à la Cour fédérale afin que les droits fondamentaux des
francophones touchés par le projet soient préservés. Le respect minimum des
citoyens, M. le Président, c'est que les documents soient en français, mais
Ottawa ne s'en préoccupe pas.
Ma question est bien
simple, M. le Président : Est-ce que le ministre a pris le téléphone? Le
ministre de l'Environnement, est-ce qu'il a
pris le téléphone pour parler à son homologue? Est-ce qu'il s'est battu pour
s'assurer que les citoyens québécois
aient des documents en français? Pourquoi faut-il aller jusqu'en cour, au
Québec, pour obtenir des documents en français?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Arcand :
M. le Président, sur le dossier TransCanada, nous avons appris vendredi dernier
que l'entreprise allait représenter
certains éléments nouveaux d'ici la fin du mois de mars, selon ce qu'on a su.
La position du gouvernement est
toujours la même, c'est-à-dire que nous avons sept conditions pour la
réalisation de ce projet. Le ministre, mon collègue de l'Environnement, a eu l'occasion d'écrire à
TransCanada. Les choses sont très claires, et c'est la position officielle
du gouvernement, M. le Président, sur cette question-là.
la question du français, j'ai eu l'occasion de le dire et de déplorer le fait
que ce n'était pas écrit dans la langue française, qu'il n'y avait pas une traduction complète qui était faite
des documents. L'entreprise a répondu en disant que ce qui était pour la
portion québécoise était fait dans les deux langues.
Donc,
nous allons quand même continuer d'insister pour que tous les documents soient
faits dans cette langue-là, M. le Président. Nous surveillons le dossier
de très près parce que c'est un dossier qui est important pour l'avenir des
Québécois, qui doit se faire dans la sécurité des Québécois, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Là, M.
le Président, je pense qu'il ne faut pas insister, là, il faut exiger.
L'Office national de l'énergie dit qu'il n'est pas responsable de l'exactitude des quelques
documents en français déposés par TransCanada.
Donc, pour les francophones, les documents n'ont pas le même poids légal que
pour les anglophones.
Qu'est-ce
que le ministre répond aux milliers de citoyens le long du tracé de
700 kilomètres qui veulent se défendre en français? Est-ce que la
compagnie va aller exproprier des agriculteurs en anglais, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Je référerais le député de Jonquière
ainsi que cette Chambre à la lettre du 18 novembre que j'ai envoyée
au président de TransCanada et qui a été déposée d'ailleurs dans cette Chambre.
La lettre dit
clairement... Elle fait référence au fait que, premièrement, la portion
québécoise du projet TransCanada sera entièrement assujettie au processus du
BAPE, qui est une demande de l'opposition. Fait cocasse, lorsqu'ils étaient au gouvernement, ils n'ont pas
exigé de BAPE sur l'ensemble de la portion québécoise du projet. Nous, nous l'exigeons, et cette lettre-là dit
clairement, M. le Président, que tous les documents pour ce BAPE là devront
être livrés en français. Nous allons défendre l'intérêt des Québécois
dans ce dossier-là, et ça comprend les documents en français, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, on parle de l'Office national de
l'énergie. Le ministre, il dit quoi aux Québécois qui veulent aller
devant l'Office national de l'énergie? Il dit quoi à Mme France Lamonde? Il dit
quoi aux milliers de résidents qui veulent
se défendre? Il dit quoi? Quelle réponse qu'il leur donne? D'apprendre
l'anglais? «Speak white»?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Le Président :
S'il vous plaît!
Heurtel : M. le Président, le député de Jonquière est un ancien
avocat, et je rappelle au fait que la question est précisément devant les tribunaux au moment où on se parle. Alors, il
faudrait au minimum faire preuve de prudence.
second lieu, ce que nous disons clairement aux Québécoises et aux Québécois,
que ce soit dans le cas du projet TransCanada
ou quelque autre projet qui se passera au Québec, les droits, nos droits
fondamentaux, comme Québécois, d'avoir
toute l'information en français seront défendus jusqu'à la toute fin, et nous
nous assurerons que l'ensemble des documents
dans le projet TransCanada seront livrés en français et que nous ferons notre
travail en français, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Depuis le 1er janvier dernier, une centaine de projets
venant en aide aux personnes les plus
démunies à Montréal est menacée parce que le gouvernement refuse de confirmer
l'enveloppe de 9 millions
accordée à l'entente entre la métropole et le ministère de l'Emploi et de la
Solidarité dans le cadre des sommes allouées
pour la lutte à la pauvreté. Ces projets concernent, par exemple, la sécurité
alimentaire, le travail communautaire en HLM, le travail de rue auprès
des jeunes, l'aide aux devoirs, le répit pour des parents et bien d'autres
choses.
Est-ce
que le ministre s'engage clairement à garantir tous les fonds de cette enveloppe
destinée aux personnes les plus
vulnérables et, si oui, à quand la signature? Cette coupure, si elle se
confirme, en plus, mettra aussi des travailleuses et travailleurs, qui
oeuvrent à bout de bras, à pied.
Est-ce que le
ministre va redresser la barre ou va-t-il devenir le ministre du chômage?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : Alors, je remercie ma collègue pour la question. Nous sommes
en discussion avec la ville de Montréal sur le sujet. Nous sommes très conscients de l'importance de cette
enveloppe. En temps et lieu, nous aurons des annonces à faire.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Selon mes informations, le 4,5 millions dont parle le
ministre n'a pas encore été versé. On parle d'emplois qui vont être coupés, ce mois-ci, seulement à Montréal, les
chiffres que j'énonce présentement. Selon M. Coderre, il faudrait convaincre le Conseil des ministres, et
semble-t-il que le ministre des Affaires municipales est plutôt d'accord
avec ça.
Alors, j'aimerais
savoir : Est-ce qu'on va réussir à convaincre le Conseil des ministres?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Blais : M. le Président, le Conseil des ministres, le gouvernement,
est très conscient de l'importance de cette enveloppe, très conscient aussi de l'importance que la ville de Montréal
accorde à cette reconduction. Nous travaillons en ce moment sur la question. En temps et lieu, il y aura des annonces à
faire. Je suis assez positif, mais laissez-nous encore un peu de temps.
Ça va très bien pour le moment.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Ça paraît que ce n'est
pas votre emploi qui va être coupé ce mois-ci.
Avec le gel
dans les contrats d'intégration au travail pour les personnes en situation de
handicap, les coupures des
subventions salariales, les mesures rétrogrades à l'aide sociale, est-ce que le
ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale est en train de devenir
le ministre du chômage et de l'exclusion sociale?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Blais : M. le Président, aux dernières nouvelles, le chômage diminue,
hein, au Québec. Je peux vous dire que la participation à l'aide sociale ou le nombre de personnes à l'aide
sociale diminue, parce que c'est fortement corrélé à la diminution du
chômage. Donc, on est extrêmement positifs pour l'avenir.
Pour ce qui
est, encore une fois, de l'entente avec Montréal, nous sommes en discussion
avec eux. Les discussions avancent très bien. Nous aurons des nouvelles...
Nous aurons des annonces à faire très prochainement à ce sujet.
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, Geneviève Lajoie, du Journal de Québec, dévoile un
autre cas de gaspillage de fonds publics.
Stéphane Labrie, P.D.G. de la RBQ, a autorisé 400 000 $ de dépenses,
notamment pour rafraîchir les bureaux de
la haute direction. M. le Président, les Québécois qui ont vu le gouvernement
libéral piger encore dans leurs poches depuis
son retour au gouvernement ne comprennent pas pourquoi, d'un côté, on leur en
demande encore plus et, de l'autre, on laisse des administrateurs
dépenser leur argent sans aucune sanction.
M. le
Président, est-ce que le président du Conseil du trésor trouve justifiées ces
dépenses? Et, sinon, qu'est-ce qu'il va faire pour sanctionner les
administrateurs qui gaspillent des fonds publics?
Le Président : M. le ministre
du Travail.
Hamad :
Merci, M. le Président. Je remercie le shérif, mais, je pense, le shérif
commence mal parce qu'il ne tire pas sur le bon...
Le Président : S'il vous
plaît! Non, non, non, on s'arrête là.
Président : On s'arrête là. Chaque député, ici, porte un titre,
et c'est à ce titre-là qu'on se doit de l'appeler. Alors, le député,
c'est le député de La Peltrie.
Hamad : Je reprends
les paroles de son chef, M. le Président. En fait, la décision a été autorisée,
a été approuvée par le conseil
d'administration avant l'assermentation du gouvernement libéral. Donc, c'est
une décision prise par l'ancien
gouvernement. Maintenant, qu'est-ce que nous avons fait, M. le Président?
Lorsque nous sommes arrivés, il y avait
des projets pour 3,6 millions de dollars, et nous l'avons suspendu. En
plus, M. le Président, on a demandé à la RBQ... Ils ont livré des coupures dans la masse salariale,
780 000 $, des coupures dans les dépenses, 650 000 $, M. le
Président. Ils ont livré. Donc, nous
n'aurons plus des projets comme ce qui était présenté avant; au contraire, des
gestions serrées. Puis, même s'ils
sont à l'extérieur du périmètre comptable du gouvernement, ils ont les mêmes
obligations que toutes les autres sociétés d'État et le gouvernement.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, il n'y a pas si longtemps, c'était François Bérubé, au CSPQ,
qui se gâtait. Aujourd'hui, c'est Stéphane Labrie. Mais la question
qu'on peut se poser, c'est : Est-ce que les 278 000 $ dépensés
par le ministre délégué à la politique
maritime, ou les 173 000 $ dépensés par la ministre de la Famille, ou
les 50 000 $ dépensés par le premier
ministre font en sorte que le président du Conseil du trésor n'a plus
l'autorité morale pour sanctionner ceux qui pigent allègrement dans les
fonds publics?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Bien, écoutez, M. le Président, je comprends que le député de
La Peltrie aime les clips et qu'il en cherche une à tous les jours, et que, parfois, il
pense en avoir trouvé de notre côté, alors que, comme le disait mon collègue qui
est responsable notamment de la Régie
du bâtiment, bien, il est allé le trouver dans le gouvernement précédent. Donc,
celui que la CAQ avait désigné comme étant son shérif...
Le Président : Je m'excuse.
M. le...
Bonnardel : ...le
député de La Peltrie, qui a posé une...
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bonnardel :
M. le Président, vous avez rappelé à l'ordre le ministre. Rappelez à l'ordre le
président du Conseil du trésor, on parle au député de La Peltrie.
Président : M. le président du Conseil du trésor, veuillez vous
adresser à vos collègues en fonction de leur titre.
Coiteux : Je ne faisais que me référer à l'appellation qu'ils avaient
utilisée, ce n'est pas mon appellation, hein?
M. Coiteux :
Ils l'ont retirée. Mais, compte tenu du fait qu'on est tombé dans les talles de
l'opposition officielle, peut-être qu'ils auraient dû choisir une autre
appellation. Ça aurait peut-être pu être...
Le Président : En terminant.
M. Coiteux : ...l'inspecteur Gadget,
M. le Président. Ceci...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le
Président, entre «shérif» et «complice», je choisis encore «shérif». Pas de
problème.
M. le Président, la fin de l'année budgétaire
arrive. Au Québec, c'est le festival de la dépense inutile dans la fonction
publique, dont le président du Conseil du trésor est le président d'honneur.
Sera-t-il,
encore cette année, celui qui ferme les yeux ou y aura-t-il des mesures
concrètes pour sanctionner les administrateurs...
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Coiteux : M. le Président, je
pense que le problème du député de La Peltrie, le problème de sa formation
politique, en est un... Je dirais qu'ils ont
un problème d'identité. Je dirais qu'ils ont un problème d'identité. Ils
essaient de voler le débat
identitaire au Parti québécois, ils essaient de voler... Et là ils ont un
problème parce qu'on est en train d'équilibrer
les comptes, M. le Président. On a les taux de croissance des dépenses de
programmes les plus faibles depuis les années 90
cette année et on s'en va vers l'équilibre
budgétaire. M. le Président, il devrait être sur le bout de chaise en train de nous applaudir, mais il cherche sa clip du jour.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon : À l'Université Laval, on assiste,
d'une part, à l'annulation de dizaines de
cours, à l'abolition de programmes, à des coupes de 600 000 $ pour l'achat de livres, des
compressions records de 42 millions. À l'Université Laval, on assiste,
d'autre part, à des hausses substantielles des primes d'après mandat : des primes qui
étaient perçues pendant trois ans le seront maintenant pendant six ans. Après deux mois de
tergiversations, le ministre de l'Enseignement supérieur confirmait la semaine dernière ce que nous
savions, outre le caractère exorbitant de ces hausses, l'université n'avait,
tout simplement, pas le droit de
faire de telles hausses sans autorisation spécifique du ministre. Il exigeait
alors l'annulation immédiate des hausses. Or, à ce jour, le président du
conseil d'administration refuse d'obtempérer.
Évidemment,
il n'est pas facile pour le ministre de faire la leçon lorsqu'il est question
de primes, mais est-ce qu'il pourrait nous dire quelle est la date
butoir à laquelle l'université doit se conformer et annuler les primes?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, la règle qui s'applique, c'est la règle 5.11, qui a été adoptée par
le Parti québécois, et c'est une règle
sur laquelle le ministre peut demander des comptes, mais ne peut pas intervenir
directement pour obliger.
Premièrement,
le 26 novembre, le conseil d'administration a adopté des modifications
salariales pour la haute direction.
Nous avons demandé des comptes à l'université. L'université
nous a répondu, et je leur ai dit — puis ça a été très clair pour moi : C'est inacceptable. Nous avons demandé
l'annulation de ces modifications. J'ai envoyé la lettre au président du conseil d'administration, et on
s'attend qu'il réponde positivement à ma demande. Advenant le cas qu'il ne
réponde pas positivement à la demande, on va
appliquer les sanctions, c'est-à-dire un remboursement du montant qu'eux
autres vont avoir donné à la haute
direction. M. le Président, c'est la seule règle qui peut s'appliquer
actuellement au niveau légal.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : M. le Président, je ne sais pas si
vous imaginez le paradoxe de la situation. On a des coupes records de 42 millions à l'université qui affectent
directement les services, la qualité de l'enseignement. D'autre part, on a des
hausses records des primes après mandat, et la sanction que fait poindre le
ministre parce qu'il n'arrive pas à faire appliquer
sa décision, c'est quoi? C'est de dire :
Bien, on va diminuer la subvention de l'université du même montant des
hausses injustifiées, donc on va pénaliser plus.
Qu'est-ce que va faire le ministre pour exiger
l'annulation?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, je suis surpris. C'est le ministre qui me précédait qui a fait la
règle. C'est leur parti qui ont fait
cette règle. On doit respecter cette règle-là. La députée est avocate, elle
sait que le ministre ne peut pas aller au-delà des lois. Et la situation, actuellement, de
l'Université Laval est strictement inacceptable.
Le Président :
Mme la leader de l'opposition.
Maltais : Écoutez, simplement, la question
portait sur une question... La question était très simple : Quand va-t-il l'appliquer? On attend
une date, un délai, une échéance.
Le Président :
M. le ministre, veuillez... Avez-vous terminé?
M. Fournier :
Question de règlement.
Le Président :
M. le leader.
Fournier : Sur la question de
règlement, je pense, c'est important de le dire, puisqu'on recommence la
session, lorsque les questions
abordent, sur un préambule qui peut être assez long, un certain nombre de
sujets et que les ministres répondent
aux sujets qui sont apportés, on ne peut pas reformuler avec une courte
question, «quand», parce que la question est plus large. Il faut permettre aux parlementaires de donner une
réponse complète. J'espère que ce sera fait à toutes les occasions pour
que les gens...
Le Président :
C'est pour ça que je demandais au ministre de continuer sa réponse.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, je suis surpris, les députés de l'opposition voudraient que je brise
la loi, que je sois contre la loi. Je vais respecter la loi, je vais respecter
la règle budgétaire, et, s'il y a une sanction qui s'applique, ça va être le remboursement des montants qui vont
avoir été octroyés à la haute direction. On ne peut pas aller plus loin que ça.
Et je suis étonné que la députée de
l'opposition qui me pose la question, qui est avocate, n'accepterait pas que je
respecte la loi.
Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Ce qu'on voudrait,
M. le Président, ce qu'on aurait voulu, c'est que le ministre conserve son
autorité. Et, pour ça, ce qu'on
aurait voulu, c'est qu'il rembourse les primes injustifiées qu'il a perçues, et
peut-être qu'aujourd'hui la
crédibilité serait plus grande quand il est question de demander à l'Université
Laval d'annuler les primes consenties injustement.
Parce que cet effet dissuasif là de menacer de diminuer les subventions, c'est
un effet dissuasif, c'est pour dire qu'ils doivent obtempérer à la
décision.
Quelle est la date
butoir ultime à laquelle le ministre va exiger...
Le Président : M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le
Président, j'ai refusé les modifications, j'en ai averti le président du conseil
d'administration. Maintenant, c'est au conseil d'administration de
prendre ses responsabilités. Nous allons respecter la règle budgétaire.
Advenant qu'il y a des montants qui sont donnés à la haute direction malgré ce
que je leur ai demandé, nous
allons récolter les montants et nous allons demander à l'université de
rembourser ces montants au total.
Le Président :
Principale, M. le député de Masson.
Lemay : Merci. M. le Président, on apprenait la semaine
dernière dans Le Journal de Montréal l'existence d'un stratagème sur la réserve de Kahnawake : la SAQ livre directement sur cette réserve à un commerçant qui achète de l'alcool à rabais pour la revendre à plein prix
dans ses commerces. Cette astuce prive le gouvernement de milliers de
dollars en taxes. Des dizaines de cabanes à
cigarettes et des dépanneurs se font presque passer pour des succursales de la
SAQ sans son autorisation. M. le Président, il y a même un fleuriste qui vend
de l'alcool sur la réserve. Tu sais, c'est pratique,
ça, pour la Saint-Valentin. Non, mais, franchement, là! Il y a clairement
une brèche dans la loi que le ministre
des Finances doit corriger. La SAQ doit cesser de livrer de l'alcool
directement sur la réserve.
Est-ce
que le ministre des Finances entend revoir l'entente conclue en 1999 entre
Québec et Kahnawake pour mettre fin à ce stratagème?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, je vais essayer de rester zen. C'est
ridicule, c'est absolument ridicule. La SAQ vend de l'alcool selon les règles. L'entité, à Kahnawake, qui achète le
pétrole a son permis d'achat. Il n'y a rien, absolument rien qui est
contre les règles. Informez-vous.
Le Président :
...période de questions et réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation, je cède la parole à M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec le chef
de l'opposition officielle, le chef du deuxième groupe d'opposition ainsi que la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale condamne avec la plus grande sévérité les
attentats meurtriers perpétrés à Paris en janvier 2015;
«Qu'elle
dénonce et réprouve, au nom des idéaux auxquels elle doit son existence même,
ces actes de terreur;
«Qu'elle
exprime sa solidarité avec le gouvernement de la République française et réitère l'amitié
indéfectible entre le peuple québécois et le peuple français;
«Qu'elle
rende hommage à toutes les victimes, civils ou agents des forces de l'ordre,
qui ont sacrifié ou mis en péril leur vie lors de ces terribles événements;
«Que ces événements
renforcent notre volonté à poursuivre la lutte contre le terrorisme, la
violence, la haine d'autrui, l'intolérance et pour le respect de la liberté
d'expression;
«Enfin, que
les membres de l'Assemblée nationale observent une minute de silence en hommage aux
disparus et qu'elle fasse parvenir au peuple français ses plus sincères
condoléances.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je remercie M. le
premier ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Oui, M.
le Président, il y a
consentement pour un débat, des interventions d'environ deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : le premier ministre, suivi du chef de
l'opposition officielle, et, par la suite, le chef du deuxième groupe d'opposition, et finalement Mme la
députée de Gouin.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, je comprends qu'il y a
consentement pour permettre quatre intervenants pour une durée de deux
minutes. Alors, M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, il est de ces rares moments dans la vie parlementaire où un véritable
sentiment de communion unit tous les
membres de cette Assemblée ainsi que les citoyens qu'ils ou elles ont le
privilège de représenter. Les événements
tragiques survenus en France au commencement de l'année ont laissé une profonde
empreinte dans nos esprits, mais il est
clair que ceux qui ont voulu soumettre notre volonté et éteindre la flamme de
la liberté de la conscience et de la
pensée par la terreur ont échoué. Ils ont échoué, car nous sommes debout dans
cette Assemblée et dans d'autres parlements
partout sur la planète. Ils ont échoué, car, face à la barbarie et à la haine
aveugle, à cette violence inhumaine, nous
restons ensemble réunis autour de ce qui nous rassemble, la démocratie, nos
libertés, qui furent si durement gagnées, et l'État de droit.
Les attentats
de Paris ont suscité un immense mouvement de solidarité, car les valeurs
attaquées ce jour-là en France, pays
des droits de la personne, ont une portée universelle et forment le socle de
toutes les démocraties. Ces jours terribles sont gravés pour toujours
dans la mémoire du peuple québécois. La relation fraternelle qui nous unit au peuple
français s'est manifestée dans toute sa
profondeur à l'annonce des actes de terreur perpétrés à Paris. Dès les
premières heures de cette tragédie,
la solidarité du gouvernement du
Québec à l'égard du peuple français
s'est exprimée de multiples façons :
contacts personnels, communications diverses, signature des registres et autres
mesures. Plusieurs collègues membres de cette Assemblée et moi-même avons aussi
pris part aux marches de Québec et de Montréal aux côtés de citoyens français
installés chez nous ou tout simplement de passage, de même que de nombreux
autres Québécois et Québécoises.
Aujourd'hui, avec la présentation de cette motion, nous exprimons à nouveau notre
soutien et notre solidarité au peuple français.
Oui, ce
jour-là, nous étions tous et toutes Charlie, un nom alors et pour longtemps
rendu synonyme de liberté. L'État de
droit a répondu et répondra à cette barbarie avec toutes ses énergies. Nous
protégerons la sécurité des Québécois et des Québécoises en déployant
jusqu'à son extrême limite s'il le faut toute la force que nos lois autorisent.
Je rends
hommage aux agents des forces de l'ordre et aux citoyens français dont la
bravoure et le dévouement ont mené à
la neutralisation des terroristes. Nos forces de sécurité étaient également
vigilantes, en lien constant avec leurs collègues au Canada et à
l'étranger.
Ayons aussi une pensée pour les hommes et les
femmes qui, chez nous, assurent notre défense et notre protection. Cette bataille, nous la gagnerons ici et ailleurs. Ne nous
méprenons pas, ce que ces barbares ne peuvent accepter, c'est la
démocratie, les libertés et l'idée même d'une société rassemblée autour de
principes librement partagés. Ils dénaturent la religion dont ils prétendent
s'inspirer.
Souvenons-nous
de ces mots de Voltaire : «Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le
fils de la religion.» Ce monstre
n'est pas un nouveau-venu. Trois siècles plus tard, il est encore parmi nous.
Mais nous le vaincrons, comme d'autres l'ont
fait avant nous, et notre victoire atteindra sa pleine mesure si nous nions aux
terroristes la rançon qu'ils veulent nous arracher, celle qu'ils
recherchent afin de répandre leur message haineux. C'est ainsi que nous
demeurerons une terre d'accueil et une terre
de liberté. C'est pour cela que nous demeurerons l'expression de ce que ces
gens rejettent : une société qui reste profondément humaine, encore
capable de fraternité, même si frappée en plein coeur.
Ne donnons
jamais à ces barbares ce qu'ils recherchent : l'exclusion, la
stigmatisation des communautés et le geste absurde que serait la réduction de nos libertés. Faire cela, ce serait
baisser les bras et leur concéder une victoire. Ce serait punir la vaste majorité en réaction aux actes
haineux d'une infime minorité de criminels. Si ces libertés, comme nos droits,
ont des limites, il n'appartient pas aux terroristes de nous en imposer le
contour. Cette responsabilité appartient à nos parlements et ultimement à nos
tribunaux.
Je veux enfin
présenter, au nom du peuple québécois, mes plus sincères condoléances aux
familles et aux proches des victimes.
On a coutume de dire que l'histoire est un éternel recommencement, ce fut
tragiquement le cas en janvier dernier.
Ces jours-là, des hommes et des femmes sont morts pour la liberté de parole, en
mots ou en dessins. D'autres, dans la
même ville, sont morts pour la seule et unique raison qu'ils ou elles étaient Juifs
70 ans après la libération des camps de
la mort. Les mots sont d'un bien faible secours, M. le Président, pour exprimer
la douleur qu'inspire leur souvenir. Nous ne les oublierons pas. Je vous
remercie.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le premier ministre. M. le chef de l'opposition
officielle.
Bédard : Merci, M. le Président. Le 7 janvier dernier, le
monde démocratique était bouleversé par l'attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo et
celui survenu deux jours plus tard contre des Juifs près de la porte de Vincennes, à Paris. On a frappé, évidemment, la
société française, la France, dans ce qu'elle a de plus précieux : la
démocratie et la liberté d'expression.
À travers ces événements
tragiques, ce sont toutes les sociétés démocratiques qui ont été touchées. Nous
l'avons constaté dans les semaines qui ont
suivi, des dizaines de villes à travers le monde ont exprimé leur solidarité
envers le peuple français. J'aimerais
affirmer la nôtre à la France d'abord, mais également aux gens de Charlie
Hebdo et de la presse en général.
Le fait qu'évidemment cette presse constitue un pilier fondamental de notre
démocratie, le fait qu'un média ait été frappé donne une résonance toute
particulière à ce drame. La liberté de presse et le droit du public à
l'information sont essentiels à une société libre et démocratique.
tiens ici, d'ailleurs, à souligner le courage de ceux qui ont survécu aux
événements. J'ai eu la chance, ici, de rencontrer
une femme formidable qui incarne cette résistance, Mme Zineb El Rhazoui, qui
témoigne encore de l'importance de
résister face aux gens qui ne croient pas, tout comme nous, malheureusement...
à l'encontre de nous, à l'importance de
la liberté d'expression et aux valeurs démocratiques. Cette femme incarne un
courage qui est supérieur au nôtre parce qu'elle-même est visée à nouveau par des gens qui, malheureusement, ont
choisi une autre voie que la démocratie et le respect de l'autre. Je salue son courage et celui de ses collègues face
aux événements. J'ai d'ailleurs, suite aux événements, contribué à faire en sorte que cette liberté
d'expression soit affirmée par tous les élus du Parti québécois en remettant
une copie de Charlie Hebdo suite à ces événements.
événements nous donnent aussi l'occasion
de rejeter un des pires maux qui guettent notre société depuis... malheureusement,
plusieurs fois séculaire, soit la haine des Juifs. De savoir que des gens ont
été bassement attaqués parce que, strictement, ils étaient liés à une religion nous
fait prendre conscience que la haine de certaines personnes dépasse
toutes les limites que nous pouvons concevoir nous-mêmes. À certains égards, on
disait même qu'ils sont entrés dans l'épicerie
casher, mais une autre cible était en vue par ces gens qui auraient conduit à
un drame encore plus effroyable. Nous
devons, nous aussi, exprimer notre colère et notre intolérance face à ces
gestes, à ces actes qui prennent la forme, dans ce cas-ci, de meurtres contre des citoyens juifs, français, mais
qui peuvent aussi prendre toutes sortes de formes dans notre société. Nous devons rejeter l'antisémitisme sous toutes
ses formes, M. le Président. Il est intolérable à notre société et
il conduit à ces actes malheureux. Tout rejet de l'autre doit être condamné, et
c'est vrai, évidemment, pour nos amis juifs, mais c'est vrai pour
toute autre forme de rejet.
événements ont aussi donné l'occasion au monde de se
distinguer par cette belle et grande manifestation à Paris, où des gens de partout, évidemment
principalement Français, mais des dirigeants d'un peu partout
sont venus exprimer leur solidarité
et leur appui aux valeurs qui nous animent, à nos valeurs démocratiques. Ce mouvement, citoyen au départ,
a donné la réponse la plus éloquente à ceux
et celles qui veulent ébranler nos démocraties. Je tiens à répéter, évidemment,
M. le Président, que nous devons faire front
commun et lutter contre le terrorisme et nous devons aussi rejeter le
radicalisme.
événements, M. le Président, malheureusement, nous marqueront à jamais. Ils ont
illustré tristement que même ici, au
Québec, nous ne sommes pas à l'abri de manifestations de la pire bêtise
humaine, soit la haine de l'autre. J'aimerais donc exprimer à nos amis, au peuple français et à son président, qui
s'est comporté de façon exceptionnelle face à ces événements, notre
soutien indéfectible et notre profonde solidarité. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le chef de
l'opposition officielle. Je cède maintenant la parole à M. le chef de la
deuxième opposition.
Legault : Merci, M. le Président. Le 7 janvier dernier, des
terroristes islamistes sont entrés dans la rédaction de Charlot Hebdo, à Paris. Ils voulaient venger
la publication de caricatures représentant leur prophète. Le massacre a fait
de nombreux morts. Le lendemain, un nouveau
terroriste tuait une policière de 26 ans et des civils juifs lors d'une prise
d'otages dans un marché. Ces attentats ont
bouleversé la France et le monde entier. Le slogan Je suis Charlie s'est
imposé comme l'emblème de la
solidarité contre la terreur. Des millions de personnes s'identifiaient aux
victimes de l'attentat et affirmaient
leur attachement aux valeurs démocratiques. Le 11 janvier, une grande marche
républicaine rassemblait des millions de Français dans la rue. C'était
du jamais-vu depuis la Libération.
attentats qui ont eu lieu à Paris frappent l'imaginaire par leur ampleur, par
leur violence. Des journalistes, des policiers
et un marché juif ont été attaqués. Est-ce qu'on peut trouver des symboles plus
forts? C'est la cohabitation pacifique
entre les religions que les terroristes ne pouvaient pas supporter. Ils
voulaient en finir avec la démocratie, avec nos valeurs.
président français était ici-même, à l'Assemblée nationale, en novembre
dernier. Il nous a rendu visite pour nous
témoigner de son amitié. On était loin de s'imaginer que deux mois plus tard ce
pays ami serait plongé dans l'horreur. Cette
épreuve a montré la force et la résilience extraordinaires du peuple français.
Le peuple français doit savoir que notre détermination à lutter contre
l'intégrisme n'a jamais été aussi forte.
C'est
avec émotion que je me joins à mes collègues de l'Assemblée nationale pour
rendre hommage aux victimes, également à ceux qui ont survécu. Notre
admiration et notre amitié vont à l'ensemble du peuple québécois. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le chef de
la deuxième opposition. Mme la députée de Gouin, à vous la parole.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je voudrais d'abord dire de façon
très claire que, bien sûr, ma formation politique appuie cette motion qui a été
déposée par le premier ministre. C'est une motion essentielle. Dans cette motion et dans tous nos esprits, il y a des
éléments qui s'imposent d'eux-mêmes : la solidarité, évidemment, avec
les victimes, avec leurs proches et avec
l'ensemble du peuple français. Bien sûr, on va parler aussi du travail policier
et de la sécurité des citoyens, cela va de soi. Il nous invite cependant
à la plus grande prudence. Nous sommes devant, par exemple, un gouvernement fédéral qui est un petit peu rapide en la
matière. Je ne voudrais pas qu'on suive ses pas au Québec.
Mais
jusque-là on est capables de s'entendre. La sécurité va de soi, la solidarité
avec les victimes va de soi. Là où ça
commence à être plus difficile, M. le Président, c'est quand on se pose des
questions comme celle-ci : Comment lutter contre l'intolérance, contre la haine, mais respecter aussi la
liberté d'expression, à laquelle nous tenons collectivement et pour
laquelle, justement, les journalistes de Charlie Hebdo sont morts?
Si la réponse était
simple, on l'aurait trouvée depuis longtemps. Il faut agir, bien sûr,
rapidement, fermement, mais aussi avec
doigté et pertinence. Nous avons la responsabilité collective de clarifier les
termes du débat. Par exemple, qu'est-ce
qui relève de l'incitation à la haine, un concept couvert par le Code criminel
canadien et qui mérite sanction? Mais
qu'est-ce qui, sans être haineux, est intolérant, sexiste, homophobe, raciste
et comment y faire face en tenant compte de cette valeur profonde qu'est la liberté d'expression, mais en
refusant, comme société, des manifestations d'intolérance? Voilà des questions complexes que nous devons
résoudre — je le
souhaite vivement — au-delà
de la partisanerie politique parce qu'elles sont trop importantes pour
l'ensemble de la collectivité québécoise.
nous devrons miser surtout sur la prévention sous toutes ses formes si nous
voulons éradiquer l'intolérance et la
haine. Quand je dis «sous toutes ses formes», je parle d'éducation, d'emploi,
d'inclusion, de concertation avec les milieux, avec les communautés, de lutte à la pauvreté et aux inégalités. Et,
au-delà de tout ça, oui, comme Assemblée nationale, comme parlementaires, donnons-nous les moyens
d'agir, mais prenons le temps de clarifier les termes. Prenons le temps
de préciser notre pensée avec le moins de partisanerie et en agissant le plus
efficacement possible, dans des délais raisonnables, ce qui veut dire
relativement rapidement. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Gouin.
Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. En conséquence, je vous invite à vous
lever, nous allons observer une minute de silence à la mémoire des victimes de
la tragédie.
• (16
heures — 16 h 1)
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci. Veuillez vous asseoir.
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Simplement
vous demander, M. le Président, si la présidence compte, et je le souhaite, faire transmettre
copie de la motion ainsi que des prises de parole à Assemblée nationale
française.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, ce sera fait, M. le leader du gouvernement.
Toujours à la
rubrique des motions sans préavis, je cède la parole à M. le chef de l'opposition
officielle.
Bédard : Alors, merci, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Granby
et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rende hommage à Gilles
Rhéaume, militant indépendantiste et passionné du Québec,
ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, décédé le 8
février 2015;
«Qu'elle offre ses
plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches;
«Qu'elle
souligne son engagement indéfectible envers notre nation et la langue
française, notamment, ainsi que la vigueur patriotique avec laquelle il
a toujours défendu ses convictions.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le chef de
l'opposition officielle. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : Oui, M. le Président, il y a consentement, des
interventions d'une minute par intervenant dans l'ordre suivant :
le chef de l'opposition officielle, suivi du chef de la deuxième opposition; le
député de Mercier; et finalement notre ministre de la Culture et des
Communications. Une minute, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très
bien. Alors, consentement de permettre quatre interventions d'une durée
d'environ une minute. M. le chef de l'opposition officielle, à vous la parole.
Bédard : Merci.
C'est trop peu de temps pour résumer une vie trop courte, malheureusement, M. le Président, mais
bien remplie tant par la forme, je vous dirais, que le fond.
Gilles Rhéaume était un militant souverainiste d'une qualité exceptionnelle. Il
s'est éteint, évidemment trop jeune,
à l'âge de 73 ans, après avoir consacré sa vie à lutter pour la défense de la
langue française et pour faire du Québec un pays. C'était un
patriote au sens véritable du terme, comme le soulignait hier la Société Saint-Jean-Baptiste,
qu'il a dirigée de 1981 à 1985.
Gilles Rhéaume a été,
vous le savez, M. le Président, une figure marquante du mouvement
indépendantiste québécois. Il a été à la tête de plusieurs organisations
qui prônaient la souveraineté du Québec et la défense de la langue française,
dont le Mouvement souverainiste du Québec, le MSQ. L'actuel président de la
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte, estime que le Québec,
d'ailleurs, vient de perdre un homme d'exception, un de ses plus grands défenseurs. Et il le faisait sous toutes
les formes, M. le Président, il ne perdait jamais une occasion,
d'ailleurs, pour rappeler
l'importance de protéger cette belle langue française. Il le fai