House Proceedings — 24 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)

2026-03-24

Quebec — Debates (Hansard)

House Proceedings — 24 March 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)

2026-03-24

Quebec — Debates (Hansard)

La Présidente :

Bonjour, tout le monde. 24 mars.

Mmes et MM. les députés,

avant de reprendre nos travaux, nous allons nous recueillir quelques instants.

Je vous remercie

beaucoup. Veuillez vous asseoir.

Aux affaires prioritaires, à l'article 1

du feuilleton, l'Assemblée entreprend le débat sur la motion de M. le ministre

des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du

gouvernement.

Conformément à

l'article 273 du règlement, je cède maintenant la parole au représentant

de l'opposition officielle, en lui rappelant que son temps de parole est d'une

durée maximale de deux heures. Alors, M. le député de Marguerite-Bourgeoys, je

vous cède la parole.

M. Beauchemin :

Merci beaucoup, Mme la Présidente. Merci à tous mes collègues qui sont ici

présents dans la Chambre aujourd'hui. Ça me fait chaud au coeur de vous avoir à

mes côtés. Merci au groupe parlementaire formant le gouvernement d'être aussi

présent. Merci à tous qui nous écoutent à la maison.

On a eu un déficit de

10 milliards qui nous a été présenté la semaine dernière. C'est le

septième budget déficitaire de suite de la part de la Coalition avenir Québec.

Il y a eu huit budgets, dans les deux mandats de la CAQ, dont le premier, dois-je le rappeler, était à peu

près «flat», parce qu'évidemment on avait laissé la maison en ordre, on avait

laissé un surplus de

7 milliards de dollars avant de quitter, en 2018. Depuis ce temps-là,

bien, on a eu plusieurs événements qui

ont fait en sorte que le gouvernement a eu à emprunter et ajouter à la dette un

total de 100 milliards de dollars dans une période de huit

ans.

J'ai

souvent entendu les remarques du ministre des Finances puis les remarques des

collègues du gouvernement, nous dire

les raisons du pourquoi on est en situation déficitaire extrême depuis les sept

dernières années et pourquoi qu'on aura ajouté 100 milliards, mais

juste, peut-être, comme... pour que les gens puissent regarder leurs propres

finances personnelles à la maison puis

d'essayer de comparer comment le gouvernement, eux, gère l'état des finances

publiques, ça aide.

Donc, comme je

disais, avant d'avoir le retour à l'équilibre budgétaire, le gouvernement aura

ajouté à peu près 106 milliards à la dette du Québec. Avant de commencer,

en 2028‑2029, le gouvernement de la CAQ avait, le gouvernement... le Québec avait une dette de 160 milliards. Donc,

on est rendus à 266 milliards, grosso modo, lorsqu'on sera rendus,

là, au retour à l'équilibre budgétaire, huit ans pour ajouter

106 milliards.

Préalablement, ça

avait pris 60 ans pour tous les gouvernements, avant, de faire cette dette

de 160 milliards. En 60 ans, on a

eu quoi, Mme la Présidente? Des écoles, des hôpitaux, des structures, des

infrastructures. On a eu même le Fonds des générations. Quand on fait le

tour un peu de nos commettants dans nos circonscriptions puis qu'on leur demande : Comment vous vous sentez par

rapport aux dernières huit années de la... sous la gouvernance de la CAQ en ce qui concerne les finances publiques puis la saine

gestion de l'État dans son ensemble, croyez-vous que les services sont au

rendez-vous?, bien, vous l'entendez, Mme la Présidente, tous, on l'entend,

c'est le même son de cloche : Non, les services sont en lambeaux.

Donc, c'est triste de

voir qu'on avait peut-être des bons objectifs initiaux, c'est triste de voir

qu'initialement le gouvernement voulait

sûrement bien faire puis c'est triste de voir, cependant, que les cartes de

crédit sont pleines. Puis je vais revenir, plus tard dans mon allocution, à

propos de, bon, le ratio dette nette-PIB, les changements comptables qui ont

été ajoutés cette année, qui fait en sorte que les chiffres sont modifiés sans

aucun effort additionnel de la part du gouvernement. Je vais en parler plus en

détail. Mais, en introduction, moi, je suis venu en politique pour les

prochaines générations. Ce que je veux,

c'est qu'on envoie le bateau dans la bonne direction. Ce que je veux m'assurer,

c'est qu'on laisse les finances publiques en ordre pour qu'on puisse

prendre des bonnes décisions, parce que malheureusement, ce qui va arriver, c'est que les prochaines

générations auront des choix très difficiles à faire. Notre rôle en tant que

parents, c'est de s'assurer qu'on laisse aux jeunes un environnement

propre, sain, une saine gestion des finances publiques qui leur permettra

d'avoir les moyens de leurs ambitions.

l'âge que mes enfants ont, je leur laisse prendre leurs propres décisions, 28,

29, là, c'est... c'est normal, rendu à

cet âge-là, mais je pense aux plus jeunes encore, qui, eux, ne comprennent pas

ce qui se passe actuellement puis qui, eux, auront à prendre des décisions pour

prendre soin de l'État québécois, prendre soin des personnes qui sont plus

vulnérables dans la société, des

choix qui leur seront difficiles, douloureux à prendre, parce qu'on n'a plus

les moyens de nos ambitions, parce qu'on a foncé dans le mur à faire des

déficits à répétition.

Puis je vais

rentrer dans le détail, un petit peu plus tard, dans mon allocution, à

savoir... Bon, il y a eu évidemment le COVID, mais qu'est-ce que ça a

représenté pour nous puis qu'est-ce que ça a représenté pour d'autres juridictions

proches de nous?

Comment qu'on peut se comparer? Parce que, dans la vie, si on veut mesurer le

succès, il faut tout de même être

capable d'avoir un point de référence. On gagne dans une course, si on est le

premier en avant, mais comment sait-on

si on est le premier? Il faut qu'il y en ait un deuxième en arrière. Alors, il

faut savoir comment ça fonctionne, la mesure comparable. C'est important

d'avoir ça.

Une des

choses qui est arrivée dans les huit années du gouvernement de la CAQ, c'est

qu'on a été décotés par l'agence de

crédit Standard & Poor's. C'est un... C'est un événement, c'est un

mouvement de plaques tectoniques, pour un ministre des Finances, pour un gouvernement, lorsqu'il

reçoit une décote. Il y a certains gouvernements qui le prennent au sérieux

et d'autres moins.

Au Canada, on

a un exemple à l'ouest complètement, en Colombie-Britannique, puis

malheureusement, c'est un gouvernement qui, malheureusement, ne semble

aucunement se soucier du fait que les agences de crédit décotent à répétition

leur dette. Je vois, de par la réaction du ministre des Finances, que ça l'a

affecté, puis minimalement, je trouve que

c'est une bonne chose que ça l'a saisi d'avoir été décoté par Standard & Poor's. Je trouve ça tout de même de valeur qu'il

a fallu qu'on ait cette décote avant de mettre en place une saine gestion de

l'État, à savoir comment qu'on gère nos

dépenses, à savoir doit-on avoir, de façon récurrente, annuelle, une révision

des programmes? Sont-ils toujours pertinents?

Moi, j'ai toujours dit : Un programme, c'est comme un carton de lait, ça

doit avoir une date d'expiration, là, pour qu'on puisse, rendus à la date

d'expiration, se poser la question : On en veut-tu un nouveau, ou on est

correct avec ce qu'on a, ou est-ce que ce n'est pas bon du tout, puis je

n'en bois plus de lait? Tu sais, il faut se la poser la question, c'est pertinent de le faire. Puis ça, c'est dans

les... On est fiduciaires de l'argent des Québécois, on est responsables pour

les prochaines générations, c'est un

exercice qui se doit d'être fait. Bien, cet exercice-là se faisait, sous l'ère

libérale, cet exercice-là n'a... a arrêté d'être fait sous l'ère

caquiste jusqu'à tant que Standard & Poor's, donc, décote.

Alors, il y a une leçon qui a été apprise, de la

part du ministre des Finances puis du gouvernement de la CAQ. Tant mieux, je

trouve que c'est quand même rassurant de voir qu'on a réveillé un peu un

instinct de protection. Mais rassurez-vous,

Mme la Présidente, il y aura d'autres gestionnaires de l'État qui vont avancer

dans le futur, qui vont prendre ça au sérieux pour la suite des choses.

Moi, je pense

que... Je comprends, là, la joute politique. Je comprends qu'on... qu'on veut

dire qu'on veut gagner les prochaines élections puis qu'on veut être à

l'écoute, au diapason avec les attentes des Québécois. Mais force est de

constater que, quand on a cette situation-là au niveau des finances publiques

puis qu'en même temps on a des candidats à

la chefferie de la Coalition avenir Québec qui nous disent que c'est dans notre

ADN, nous, à la CAQ, de faire la saine gestion des finances publiques,

vous comprendrez que les citoyens sont un peu, disons, curieux, hein, peut-on

dire, minimalement, de cette phrase-là de la

part d'un gouvernement qui aura ajouté, donc, 106 milliards, à terme, à la

dette des Québécois, qui fait

actuellement... la réaction, c'est de... la réaction, c'est de trouver, de

gratter les fonds de tiroirs pour essayer d'économiser, qui nous empêche d'avoir les moyens de nos ambitions, de

pouvoir faire face, justement, au vent de face qui arrive à cause de la

guerre tarifaire.

Donc, vous

savez, la décote, des déficits à répétition, le Vérificateur général, tous des

indicateurs qui, normalement, auraient dû nous réveiller pour les choix

de ce dernier budget de la part de la Coalition avenir Québec.

Puis vous savez, si le budget était si bon que

ça, honnêtement, on n'aurait pas été dans l'obligation, de la part du

gouvernement, de mettre un fonds de 250 millions par année pour les cinq

prochaines années, comme promesse additionnelle pour qui gagnera la course à la

chefferie de la Coalition avenir Québec. Si le budget avait été si bon que ça, on ne se sentirait pas obligé d'ajouter ces

feux d'artifice là, disons, peut-on dire, pour permettre au gouvernement de devenir

plus populaire dans les sondages. On n'aurait pas mis 1,3 milliard de

l'argent des Québécois, dans un contexte d'austérité,

où est-ce que le gouvernement nous dit, là : On coupe ici, on coupe là, on

coupe ici, on coupe là. Bien, on prend 1,3 milliard pareil pour des

promesses électoralistes. Donc, si le budget avait été bon, on n'aurait pas

besoin de ce 1,3 milliard-là.

Je comprends ce qui se passe, je ne suis pas...

je ne suis, malheureusement, pas trop jeune, malheureusement, Mme la Présidente, mais je vois quand même que le

scepticisme, de la part des citoyens, quand ils regardent ce qui se passe

ici, à Québec, bien, ça ne fait qu'augmenter

à cause, justement, de manoeuvres comme celles-ci qui font en sorte que les Québécois

se disent : Mais un instant, là, on coupe des services, je ne suis pas

capable d'avoir un médecin de famille, les

écoles sont en décrépitude, puis là on se donne 1,3 milliard de dollars

pour essayer de me convaincre de voter pour ce gouvernement-là? Ça ne

marche pas, ça. Ça ne passera pas le test, ça, Mme la Présidente.

On a un

problème de productivité, au Québec. On a un problème de démographie, au

Québec. On a eu des baisses de mises en chantier, des baisses

d'investissements, des baisses d'investissements spécifiquement en machinerie

et en matériaux. Bon, pour ceux qui sont plus d'un penchant économique, là, qui...

qui nous regardent en ce moment, là, vous le

savez très bien, tout ça, ce que ça veut dire. Ça veut dire que,

malheureusement, la machine est en train de se réduire. On a un coeur économique qui souffre,

actuellement, ce qui fait en sorte que, pour les années à venir, ce n'est pas

de bon augure. Parce qu'on se doit d'avoir, justement, des investissements

additionnels qui se font, dans l'économie québécoise, on se doit, justement, d'avoir des gains de

productivité dans l'économie québécoise. Parce que, si, justement, notre

démographie va être une ligne droite, «flat», aucune augmentation pour

les 25 prochaines années, comme l'Institut du Québec l'a démontré dans son

rapport, il y a sept semaines, approximativement, c'est un enjeu.

Il va falloir qu'on fasse de quoi, faire plus

avec ce qu'on a actuellement, mais vraiment dans un contexte où est-ce que le

Québec, il est isolé dans le reste de l'Amérique du Nord. L'Alberta, durant la

même période, aura augmenté sa population de

2,5 millions d'habitants, et nous, on va rester encore à 9 millions

d'habitants? Puis le profil de cette population-là va changer, Mme la

Présidente. Il va y avoir de moins en moins de jeunes pour de plus en plus de

personnes de mon groupe d'âge. Et donc les gens qui vont avoir besoin de

services de santé, de plus en plus nombreux et de moins en moins de jeunes qui vont vouloir rentrer...

ils pourront rentrer sur le marché du travail pour pouvoir financer les

missions de l'État.

J'en ai parlé au ministre des Finances, j'ai

même posé une question, vous étiez là. J'ai posé une question au ministre des Finances au sujet, justement, de la

démographie. La réponse, c'était totalement l'inverse de la réalité,

c'est : Non, non, non, on a trop de monde au Québec, on est... on a de la

misère à les loger, c'est impossible de gérer la demande. On est en explosion

par rapport à la population du Québec, par rapport à l'an passé. Mais je ne

comprenais pas la réponse, là, du ministre, parce que les faits sont

réels. Je suis content de voir que, dans le budget, il y a une page dans le

budget où le ministre, effectivement, illustre ce que l'Institut de statistique

du Québec va démontrer, a démontré, qu'il y a une stagnation de notre

démographie, de la population du Québec. C'est un enjeu primordial, Mme la

Présidente.

Puis on devrait donc prendre la page des

meilleurs pays, des plus performants à travers le monde, pour comprendre

comment eux ont été capables d'améliorer leur productivité, pour faire en sorte

qu'on puisse équiper les Québécois avec les

meilleurs outils, s'assurer que notre cursus scolaire soit adapté à la réalité

de l'intelligence artificielle, faire en sorte qu'on puisse avoir une

gang de jeunes, là, plein d'énergie, plein de connaissances, le couteau entre

les dents, qui veulent aller chercher leur

morceau de viande à tous les jours. C'est ça qu'on a besoin, Mme la Présidente,

mais, malheureusement, le

gouvernement de la... de la Coalition

avenir Québec n'a pas démontré, dans

son budget, que cette... ces priorités-là sont importantes.

Je parlais du

plan de retour à l'équilibre budgétaire. Quand on laisse, dans le plan de

retour à l'équilibre budgétaire, les

trous béants de plusieurs milliards de dollars pour retrouver l'équilibre, ça

ne fait que confirmer ce que le Vérificateur général disait. C'est un demi-plan

de retour à l'équilibre budgétaire, et les mesures pour y arriver seront difficiles.

J'ai quelques citations du ministre

des Finances, depuis qu'il nous a parlé de... évidemment, là, des enjeux qui

sont alentour du fait que, justement, on a des prévisions budgétaires

difficiles. On a un déficit qui s'accumule puis on a des problèmes avec

le flot d'argent qui rentre dans les coffres de l'État.

Je vais rentrer un petit peu plus profondément

dans l'analyse du budget. C'est important de voir comment on analyse, justement, les... la croissance

économique, parce que c'est un vecteur extrêmement important. Le budget, c'est

comme une équation mathématique. En bout de

piste, c'est le chiffre, déficit, surplus, là, puis il y a quatre, cinq, six

grosses variables qui nous amènent à... le déficit, ou le surplus, ou

l'équilibre. Donc, à la fin de cet exercice-là, lesquelles variables sont les

plus importantes, lesquelles ont plus de pondération, peut-on dire, sur le

résultat? Bien, c'est certain que la croissance économique, c'est le gros

vecteur. Le PIB du Québec dans les... dans les 500, 600 milliards de

dollars, un gros, gros chiffre, bien,

1 %, c'est 5, 6 milliards de dollars, Mme la Présidente. Donc,

quand on se trompe de 1 % sur la prévision de la croissance

économique, on se trompe dans des gros montants, là, Mme la Présidente. C'est...

C'est extrêmement important, là.

Donc, de façon récurrente, le gouvernement a

surestimé, par rapport à ce qui s'est réalisé, la croissance économique. Puis

moi, je fais juste parler des quatre années, là, en tant que critique pour le Parti

libéral du Québec en finances, et on a regardé en arrière, les quatre années

avant, et c'était la même chose. Le gouvernement l'a fait depuis huit ans, surestimer, puis en bout de piste,

qu'est-ce qui arrive, Mme la Présidente? On projette que le futur va être

mieux, mais, quand on arrive à la réalité, le déficit est toujours plus grand.

Le déficit nous surprend parce qu'on a mal calculé nos affaires. Et,

quand on manque notre cible de croissance de 1,6 %, de 0,8 %... On a

même commencé l'année 2026 en disant que ça allait être 1,4 %, puis

on l'a tout récemment corrigé à 1,1 %.

Je comprends,

là, qu'il y ait des variations dans le monde, je comprends que le monde n'est

pas... je comprends. On a tous eu le COVID, Mme la Présidente, OK, mais il y en a d'autres

qui sont capables d'être directement sur le... sur le «target», puis nous, bien, on l'a manqué année

après année, de façon systémique. C'est très problématique parce qu'on est

en train de faire des projections, puis on veut se comparer à ce qui va

s'arriver... arriver en Ontario. Durant la même période, l'Ontario a eu un gain, puis je parle juste de 2022 à 2024, là,

de 0,8 % de son PIB à la hausse par rapport à leurs prévisions, puis au Québec, le gouvernement de la Coalition avenir Québec fait totalement l'inverse. Donc, vous comprendrez,

ça fait

partie des éléments de réponse à savoir pourquoi qu'on a été décoté,

Mme la Présidente. On manque de crédibilité.

On parle

aussi des revenus, là, de l'État, puis ça, je veux en parler parce que c'est

extrêmement important. On a cinq grandes sociétés d'État, il y en a plusieurs

autres moyennes, mais disons cinq grandes, Hydro-Québec, Loto-Québec, Investissement Québec, la

Société des alcools, puis... là, j'en ai mentionné quatre sur cinq.

Loto-Québec... Oui, ça va me revenir. J'en ai une que j'oublie, là,

mais...

M. Beauchemin : C'est

ça. Et donc, évidemment, c'est un vecteur de croissance. Ces sociétés d'État

là, elles nous appartiennent. C'est

notre REER collectif, Mme la Présidente. Elles valent des centaines de

milliards de dollars. Hydro-Québec seule

vaut proche de ce montant-là. Donc, quand on regarde ça, on regarde

Loto-Québec, on regarde Investissement Québec, des rendements qui sont... en termes de dollars, on parle de 5 milliards,

5,3 milliards, une baisse récurrente, malheureusement, encore une fois, depuis les cinq dernières années,

des rendements des sociétés de la Couronne, si on peut dire ainsi, des sociétés

d'État... mais 2,7 % sur cinq ans, Mme la Présidente.

Je ne sais pas si je peux présenter ça, là, puis

je vais vous le montrer pareil, là, mais c'est 2,7 % de moins de

rendement. Le rendement collectif des sociétés d'État frôle le 1,5 %, Mme

la Présidente. Ça, c'est notre REER collectif,

là. Ça, là, c'est... Nous, en tant que Québécois, on choisit d'avoir ça dans

notre portefeuille puis on a du 1,5 % de rendement en moyenne, Mme

la Présidente. Je suis certain que dans votre REER personnel, là, jamais vous

n'allez acheter un stock qui vous donne un rendement de 1,5 %. En tout

cas, moi, je ne fais pas ça, puis bien du monde que je connais

ne font pas ça. Comment se fait-il qu'on accepte un rendement si faible? Bien,

depuis que la Coalition avenir Québec est au pouvoir, ce rendement-là diminue

année après année, on a une perte des revenus de l'État.

Donc, on a de besoin

de comprendre pour la suite des choses, justement, parce qu'on ne peut pas

taxer plus les Québécois, même s'il y a plein de frais additionnels, là, qui a

été, de façon très créative, ajouté, là, à la liste des... du fardeau fiscal

des Québécois, là, mais on ne peut pas faire ça. On ne peut plus faire ça. On

est la juridiction la plus taxée en Amérique

du Nord, donc on doit bien gérer les dépenses, mais ce qui nous donne du

revenu, donc, nos sociétés d'État, elles

doivent, elles, mieux performer. Imaginez, sur 200 milliards de

dollars, ajouter du 2 % de plus au rendement, c'est 4 milliards

de plus, Mme la Présidente. C'est là que ça se joue. C'est dans cette façon de

faire qu'on va pouvoir retrouver un équilibre

budgétaire, mais il faut faire ça, être courageux, avoir des conversations

difficiles avec nos gestionnaires de

sociétés d'État, leur exiger ces rendements-là, leur dire : Hé! Ça nous

appartient à nous tous, collectivement, là. On se doit d'avoir cette conversation-là. C'est ce qu'on

n'a pas eu, malheureusement, avec le gouvernement de la Coalition avenir

Québec.

Puis

je vous parlais des revenus, là, je vais vous parler un petit peu, là, des

dépenses. Puis là, encore une fois, c'est un peu... c'est un peu triste, là, parce que, juste pour vous donner une

indication, l'an passé, on a fini avec une augmentation des dépenses de 4,3 %.

On avait estimé que les dépenses allaient être beaucoup plus basses. On s'était

dit à peu près 1,5 %, 1,6 %. Le problème, Mme la Présidente,

encore une fois, c'est qu'ici on sous-estime un chiffre dans l'équation que je

vous mentionnais tantôt, qui n'est pas un chiffre positif, là. C'est un chiffre

qui est négatif, c'est un chiffre de dépenses. Quand on le sous-estime, qu'est-ce

qui arrive? Bien, on... quand on fait la prévision économique, on sous-estime

ce chiffre-là, donc le déficit va être moins gros, hein? Puis quand c'est la...

c'est le temps de le réaliser, oups, il est plus gros, donc le déficit va être plus gros. C'est un peu ça, l'enjeu. Donc,

on sous-estime les dépenses, on surestime les revenus, puis là ça nous donne des revenus qui ne sont pas

au rendez-vous, comme je vous expliquais tantôt, puis là des dépenses

qui sont plus dispendieuses qu'on pensait que ça allait être.

Donc, je comprends,

là, que le ministre dit que c'est important de bien gérer les attentes puis

c'est important de mettre en place ce qu'il faut pour s'assurer que, justement,

on puisse bien performer puis atteindre les objectifs, là, mais moi, je l'ai entendu me dire, je vais citer,

là, «j'ai de l'expérience», puis on met 2 % sur la feuille pour atteindre

3 %, mais c'est l'inverse qui se passe, malheureusement, Mme la

Présidente. On a besoin de savoir qu'au Québec, les dépenses, elles ont

augmenté encore plus vite que dans le reste du Canada. Elles ont augmenté plus

vite que les dépenses en Ontario. J'hésite à

vous le montrer, ça, mais ça le dit simplement, je ne sais pas... Je ne peux

pas vous le montrer, celui-là non plus.

La Présidente :

M. le député de... M. le député de Marguerite-Bourgeoys, vous rappeler

qu'uniquement les tableaux didactiques sont acceptés, et non les affiches avec

un gros chiffre ou une grosse photo. Mais je vous invite à poursuivre.

M. Beauchemin :

On a travaillé fort sur ces grosses photos là, Mme la Présidente. Mais le

point, c'est le suivant, c'est que, durant

la même période, de 2018 à 2025, on a eu le COVID autant que l'Ontario. Durant

cette période, le Québec a augmenté ses dépenses deux fois plus vite que

l'Ontario. C'est un peu ça, l'enjeu, là. Puis, en termes de pourcentage, le

Québec frôle les 60 % d'augmentation sur une période 2018‑2025, puis

l'Ontario, c'est... ça avoisine le 30 %, Mme la Présidente. C'est ça qui

est le problème.

Pourquoi? Parce qu'on

n'a pas regardé ce qu'on faisait. On a dit oui, oui, oui à tout, sans même

vérifier si on avait, un, premièrement, déjà

des programmes en place qui s'adressaient à ces enjeux-là, à savoir :

Est-ce qu'on est en train de livrer les bons services aux citoyens?

Est-ce qu'on fait des doublons? On n'a pas même pris le temps de faire ces

exercices-là jusqu'à tant que Standard & Poor's décide de décoter

le Québec. C'est là, le problème, Mme la Présidente. Ça a pris sept ans puis une décote pour que le gouvernement se réveille,

mais là, maintenant, il est trop peu, trop tard. On est en année électorale

puis, dans le concept d'une année électorale, on se serait attendu à une

certaine retenue de la part du

gouvernement de la Coalition avenir

Québec, mais ce n'est pas tout à fait

ça qu'on a eu, Mme la Présidente. On a eu des dépenses additionnelles puis on a même eu un fonds électoraliste qui

a été créé, de 1,3 milliard de dollars. Donc, c'est triste,

Mme la Présidente.

La pandémie, là... Et

on l'a entendu, la semaine passée, lorsque le ministre des Finances était aux Mordus ,

dire que la pandémie nous a coûté

26 milliards. Bon, moi, je dis qu'on a rajouté 106 milliards à la

dette, moins le 26, on parle de

80 milliards. Mais qu'est-ce qu'on a eu dans ce 80 milliards là de

dépenses non reliées, là, au COVID? Honnêtement, vous regardez les

hôpitaux, vous regardez les infrastructures, vous regardez les services, vous

regardez les écoles, le nombre de

professeurs qu'il manque, les médecins, toute la négociation, tout ça, là, on

n'a rien eu qui fait en sorte que ça fonctionne mieux. Au contraire,

tous les indicateurs sont dans le rouge, Mme la Présidente.

Vous savez, là, c'est

un point que je veux vous dire, il y a, dans le budget, une page qui explique la

modification comptable qui a été faite, cette année, au budget pour décrire,

finalement, le poids de la dette. Puis le poids de la dette, maintenant, est perçu... est calculé d'une autre

façon. Et ça, ça a comme conséquence... c'est comme si, artificiellement... ce

n'est pas artificiel, là, mais juste parce qu'on a une nouvelle mise à jour de

mesures comptables, le poids de la dette est réduit d'approximativement

1 %, sans qu'il n'y ait rien d'autre qui ait été fait. C'est juste une

façon de calculer les choses. On parle du poids financier, de l'article

financier. Puis j'entends le ministre nous dire : Bien, on est rendus, là,

à 39 %, 38,9 %, là, de dette par rapport au PIB, mais, tu sais, s'il

n'y avait pas eu cette modification comptable là, on serait à 40 %, grosso

modo. Juste pour qu'on mette les choses au clair, là, après les conséquences du

dernier budget libéral de 2018-2019, à la

fin de cet exercice-là et des ramifications que Carlos Leitão avait instaurées

dans son budget, le calcul, à cette époque-là, pour ce qui allait

être... après les effets libéraux, ce qu'on peut les appeler ainsi, sur la

dette du Québec, le ratio dette nette-PIB était aussi à 40 %.

Donc,

il y aura eu une période de huit ans où est-ce que le gouvernement de la

Coalition avenir Québec, qui maintenant nous

dit qu'on a baissé l'endettement... mais n'importe qui qui fait le travail en

arrive exactement à la même conclusion,

il n'y a eu rien. On est aussi endettés après huit ans qu'on l'était avant.

Dois-je rappeler que, de 2014 à 2018, on est passés de, grosso modo, 50 %

à 40 % de ration dette nette-PIB, et ce, en quatre ans? Là, maintenant, on

n'aura pas le choix, là. Il va falloir qu'on fasse un autre nettoyage, Mme

la Présidente, puis c'est ce qu'on va faire.

Il y a évidemment des

milliards et des milliards de dollars qui ont été flambés en promesses

électorales. Il y a des milliards et des

milliards... J'entendais justement la députée de Sanguinet nous parler, là, de

l'interventionnisme de l'État. Il y a plusieurs de ces milliards-là qui

ont été investis, ça, c'est le terme utilisé, là, dans l'économie du Québec, comme des chèques électoralistes, comme les

7 millions aux Kings de Los Angeles, l'argent perdu dans Northvolt. Il y a

plein de cet argent-là qui, malheureusement,

semble avoir été flambé, mais, dans tout ça, là, on a des infrastructures qui ont

été abandonnées. On peut parler, comme mon collègue de Nelligan le mentionne

souvent, là, de HMR. On peut parler aussi des ponts. On peut aussi parler des

autoroutes, des écoles. Mais, quand on a un gouvernement qui décide de couper

sans vraiment réfléchir et qu'on gère mal l'état des finances publiques, bien,

ça fait que les détenteurs des obligations

de la dette du Québec, les gestionnaires de portefeuilles qui, eux, exigent un

rendement pour acheter de la dette du

gouvernement du Québec, demandent un rendement additionnel, demandent d'être

payés plus cher pour le risque de... On a un gestionnaire, ici, d'État,

là, qu'on n'est pas trop certain, là, comment qu'il gère ça.

Bien, je l'ai

calculé, l'autre fois, puis le ministre n'était pas entièrement en désaccord

avec moi. Au contraire, il était d'accord

avec moi. On l'a dit, là, que, pour la menace souverainiste, ça coûtait cinq

points de base, cinq points de plus, pour la dette du Québec, mais ce que le

ministre n'avait pas dit, puis il n'a pas dit que ce n'était pas la réalité,

c'est que la gestion caquiste, elle nous en a coûté, à date,

11 points de base de plus. Si on actualise ça sur l'ensemble de la dette du Québec, c'est des milliards de dollars de

plus, mais, si on le fait juste sur ce qui est à refinancer pour l'ensemble de

la dette pour les prochaines années, c'est 300 millions de dollars

de plus, additionnels. C'est 300 millions de plus qu'on donne aux banquiers, Mme la Présidente, qu'on

aurait pu se servir pour faire six écoles, peut-être même plus,

dépendamment du niveau scolaire. On aurait pu se servir de ça pour faire une

exemption sur la taxe sur la masse salariale, comme ce qui a été fait en

Ontario, pour faire que nos PME soient plus compétitives ou, minimalement,

aussi compétitives.

On aurait pu faire

des choix différents. Je parle juste de la gestion de la dette, là. Je ne parle

pas des millions aux Kings. Je ne parle pas

de l'argent à Northvolt. Je ne parle pas du fonds électoraliste. Je parle...

juste dans la gestion de la dette, ce qui, normalement, aurait dû être bien

fait, d'envoyer un signal de confiance à tous les investisseurs sur le

globe : Nous, au Québec, nos

finances, on prend ça au sérieux, c'est à cause de ça qu'on va faire une bonne

gestion des finances publiques. Mais,

encore une fois, lorsqu'on est décotés par une firme comme... de notation comme

Standard & Poor's, c'est le pire marketing qui peut avoir

lieu, là, pour nos finances publiques, ça, Mme la Présidente.

Stéphanie Grammond,

de La Presse , a émis, évidemment, là, plusieurs commentaires, durant la

semaine du budget et les semaines qui ont précédé le budget, à propos, justement,

de la croissance économique, la croissance des dépenses. Puis, si je vais la résumer, là, en quelques secondes, ce que

Mme Grammond dit, c'est que le gouvernement va... ou semble

proposer une rigueur inusitée pour les prochains gouvernements qui vont prendre

le contrôle des finances publiques. Il va

falloir que le prochain gouvernement, là, soit mais d'une capacité, là, jamais

faite auparavant pour pouvoir être capable de reprendre le contrôle des

finances publiques. Puis je ne sais pas si elle est libérale, Stéphanie

Grammond, mais c'est une éditorialiste d'un journal très connu au Québec, qui

donne son opinion, puis son opinion, elle est basée sur des faits

financiers, Mme la Présidente, supportés par le Vérificateur général, supportés

par les agences de crédit. Quand on regarde

ça, on se dit : Bien, peut-être que c'est intéressant. Je pense à d'autres

personnes comme, par exemple, Gérald Fillion, en ce qui concerne,

justement, le travail qui sera à faire pour retourner à... pour identifier les

mesures non identifiées qui sont dans le budget actuellement. Gérald Fillion

dit : «Le travail à faire sera colossal.» Colossal, Mme la Présidente.

Je comprends, là, que

le gouvernement veut se positionner pour être en campagne électorale, je

comprends que le gouvernement essaie de calmer le jeu pour que tout le monde

soit calme, j'essaie de le dire de façon très calme, moi aussi, là, mais on chante en unisson pour dire que

les finances publiques sont mal gérées. On ne peut pas avoir ça puis dire en

même temps que c'est dans notre ADN de faire la saine gestion des finances

publiques. On ne peut pas avoir tous ces gens-là dire cette chose-là puis avoir

un commentaire qui dit : On laisse la maison en ordre, Mme la Présidente.

C'est comme ne pas être connecté avec la réalité. Puis ça, c'est un enjeu, Mme la

Présidente, parce que, là, de là, les gens

vont déconnecter du gouvernement, ne feront pas confiance dans l'institution.

Puis ne pas faire confiance dans notre propre gouvernement, c'est un

enjeu, parce qu'on se doit de prendre et faire des choix pour la population. Et

on veut que la population, minimalement, soit majoritairement en accord avec

nous pour qu'on puisse avancer, pour qu'on puisse faire les choix difficiles,

pour qu'on puisse s'assurer, justement, qu'on envoie le bateau dans la bonne

direction pour les prochaines générations. C'est important, ça, Mme la

Présidente, d'avoir une compréhension de l'enjeu.

Puis, j'en ai parlé

souvent, puis ça, c'est intéressant, là, mais le tissu économique du Québec, il

est particulier. On a 97,5 % de toutes nos entreprises privées qui sont

des PME. Elles emploient 80 % de toute la main-d'oeuvre privée. Elles sont

278 000 dans le Québec au grand complet, dans les 17 régions

économiques. Puis, je le dis souvent, le

Québec, c'est comme un train qui tire 17 wagons, 17 régions. S'il y a

un wagon qui n'avance pas, le train n'avance pas. Il faut vraiment aider le coeur de notre économie,

il faut aider nos PME, et elles sont partout, dans toutes les régions du

Québec.

Donc, comprendre ça,

ça aide à aligner les priorités du gouvernement. Comprendre ça, ça aide à

mettre en place des politiques pour, justement, s'assurer qu'on donne une

chance à tous de gagner, que toutes nos PME ont une chance de devenir des

champions, qu'on va avoir un prochain Couche-Tard, un prochain Bombardier.

Comprendre ça, c'est essentiel pour mettre

en place ce que doit pour justement assurer un avenir prospère pour les

prochaines générations.

Bien, de ne pas faire ça

puis de prendre l'argent des payeurs de taxes ou prendre l'argent des PME dans l'enveloppe de 17 milliards qui vient des

taxes sur les impôts de sociétés, les taxes sur la masse salariale, les frais

de services de santé, etc., prendre

cet argent-là puis le donner à des multinationales étrangères, de faire de

l'interventionnisme sans arrêt depuis les sept, huit dernières années

sans aider nos PME, bien, ça crée un «disconnect» entre la réalité de nos

entrepreneurs et leur désir d'investir eux-mêmes. Parce qu'ils le voient bien,

le gouvernement n'est pas de leur bord. Ça

fait que pourquoi j'investirais plus, Mme la Présidente, dans ma business si le

gouvernement, lui, il va donner à quelqu'un d'autre qui va arriver de

«nowhere» puis qui va comme me compétitionner à tour de bras, puis je vais

perdre des parts de marché? Pourquoi est-ce que je ferais ça en tant

qu'entrepreneur? Pourquoi est-ce que les entrepreneurs feraient ça avec l'ensemble des PME quand ils voient bien que

le gouvernement n'a pas à coeur l'intérêt des PME? C'est ça qui est

l'enjeu, Mme la Présidente.

Donc, on est tout à fait... c'est tout à fait

légitime de vouloir critiquer le gouvernement, c'est notre rôle, à l'opposition. On a proposé aussi, cependant,

plusieurs mesures visant à aider le coeur économique du Québec. Puis on n'a malheureusement

eu rien de la part du gouvernement. Pour nous, ce qui est important, c'est de

s'assurer que, pour la suite des choses, on

puisse investir en recherche et développement pour qu'on puisse avoir de la

propriété intellectuelle, pour qu'on puisse avoir des gains

d'innovation, pour qu'on puisse faire des gains de productivité, pour que les

Québécois puissent avoir les meilleurs outils, pour qu'ils puissent être

capables d'en produire plus avec leur temps de travail, pour qu'on puisse faire

face à la compétition, pour qu'on puisse se débattre contre les tarifs, pour

qu'on puisse avoir des champions, pour que notre société puisse évoluer, pour

qu'on puisse être capables d'avoir des services qu'on prend pour acquis aujourd'hui puis que... Si on continue

dans cette façon-là de gérer, malheureusement, il va falloir qu'on coupe.

Donc, on n'aura pas le choix, Mme la

Présidente, il faut mettre notre énergie pour aider le coeur économique des

Québécois, puis ça passe par une vision d'avenir en gain de productivité

pour l'ensemble de nos PME.

Évidemment, on a entendu le ministre des

Finances nous dire que ce sera au prochain, là, gouvernement de mettre en place ce que doit pour trouver les

actions à identifier pour revenir à l'équilibre budgétaire. Vous comprendrez,

Mme la Présidente, que... en tout cas, de ma perspective, je trouve ça quand

même spécial, parce que, comme je disais tantôt,

on a ajouté 106 milliards à la dette, on a eu sept déficits consécutifs,

on n'a pas géré les dépenses, on a sous-estimé, en fait, à chaque année les

dépenses, surestimé les revenus, puis là on en arrive à la fin du terme puis on

se fait dire que, bien, le prochain

gouvernement, il va falloir qu'il soit responsable puis qu'il mette en place,

là, les bonnes mesures. Puis, nous, c'est ce qu'on va faire.

Mme la Présidente, je pense qu'il n'y a pas

beaucoup de monde qui le croit quand le ministre des Finances nous dit ça. Je

pense qu'il y a beaucoup de monde qui se disent : Mais vous étiez où dans

les huit dernières années? Puis c'est ça qui

est un peu l'enjeu. Jimmy Jean, de Desjardins, parle du manque d'espoir en

regardant le budget, qu'il n'y a pas

tellement de prévisions prudentes puis que les éléments sur lesquels le

gouvernement s'assoit pour faire ses prédictions manquent de

crédibilité.

Un autre aspect

qui, malheureusement, n'a pas du tout, là, été touché, dans le budget de la

Coalition, là, avenir Québec, c'est l'augmentation de la taille de

l'État. Et j'ai entendu notre présidente du Conseil du trésor nous dire que

l'objectif, c'est de couper 5 000 ETC

dans les... dans les prochaines années. Bien, juste pour qu'on clarifie les

choses, Mme la Présidente, dépendamment de l'année, là, il y a entre 1 700

à 2 300 fonctionnaires de l'État qui prennent leur retraite. Je ne

parle pas de ceux qui livrent, là,

les services, là, aux citoyens, là, je parle des fonctionnaires. Il y en a

entre 1 700 à 2 000 qui prennent leur retraite année après

année. C'est beaucoup, ça, c'est à peu près 5 %, 4 %. Bien, juste ça,

après trois ans, sans rien faire d'autre, on

atteint l'objectif de la ministre en disant : On fait une... un gel

d'embauche. Puis, vous savez, pour moi, ce qui compte dans ça, c'est

qu'effectivement on gère bien les dépenses, on s'assure qu'on fait ça comme il

le... comme il se doit. Mais je trouve ça spécial de faire une annonce que

notre objectif, c'est de couper 5 000 ETC, mais que, peu importent les

actions gouvernementales, juste geler l'embauche, on va y arriver

naturellement, Mme la Présidente.

Il y a eu un gain de 32 % du nombre de

cadres dans la fonction publique depuis que la Coalition avenir Québec est au pouvoir, une augmentation, donc, de

32 %, et de ceux qui livrent le service, une augmentation de 22 %.

N'importe quelles entreprises dans lesquelles j'ai oeuvré, Mme la

Présidente, ces chiffres-là vont dans l'autre sens. On augmente les gens qui livrent les services, ou qui vendent

les produits, ou qui servent nos clients, et ceux-là, on les augmente

beaucoup si on peut avoir une

augmentation de nos parts de marché, puis les gestionnaires, là, on les augmente moins.

On augmente, on en a de besoin, mais

on augmente ça moins. Ça aurait dû être l'inverse, Mme la Présidente.

Malheureusement, la CAQ a fait totalement l'inverse.

Il y a eu quand même plusieurs employés de plus.

Je parle de ceux, là, qui sont juste les fonctionnaires ici, là, dans la grande région de la Capitale-Nationale et un peu ailleurs au Québec. 1,4 milliard de dollars de plus

que ça coûte par année, Mme la

Présidente. Ça, je ne parle pas des augmentations, là, qu'il y a eu, là, qui,

elles aussi, augmentent de 3 milliards

par année. Donc, juste l'appareil gouvernemental lui-même, seul, c'est

au-dessus de 4,5 milliards de plus que ça nous coûte par année.

Puis là je ne parle pas de ceux qui donnent les services aux citoyens, là. Je

ne parle pas des professeurs ni des médecins, là. Je parle juste de l'appareil

gouvernemental. Ce n'est pas rien, ça, Mme la Présidente.

Ça fait que je ne veux pas... je ne veux pas

frapper sur des cadavres, là, je ne sais pas comment le dire autrement, Mme la

Présidente, là, mais je pense que j'essaie d'illustrer ici qu'il y a eu une

perte de crédibilité qui s'est installée dans la population vis-à-vis le

gouvernement de la Coalition avenir Québec. Il y a une perte de crédibilité qui

s'est instaurée parce qu'il y a eu toute cette séquence de mauvaises décisions

là, toute cette séquence de démonstration de manque

de compréhension de comment fonctionne bien l'économie, comment devrait bien

fonctionner l'économie, toute cette

séquence d'augmentation des dépenses prévues et réalisées, d'avoir sous-estimé

annuellement, de façon récurrente, le taux d'augmentation des dépenses.

Donc, tout ce scepticisme s'installe, puis, à la fin de tout ça, les gens se

disent : Bien, on

ne les croit pas. Peu importe qui gagnera la course à la chefferie, les gens

vont se dire : Bien, c'est du pareil au même. Ils peuvent bien nous dire

ce qu'ils veulent, là, après avoir gagné la prochaine course puis dire :

On va faire ci, on va faire ça, mais vous étiez où, les huit dernières

années?

Simplement, Mme la Présidente, c'est un déficit

de gouvernance qu'on a. Puis, ça, Mme la Présidente, personne ne se remet de ça

parce que le lien est brisé. L'électorat ne fait plus confiance à ce

gouvernement-là. Puis, quand on ne gouverne pas bien, quand on n'a pas les

meilleures pratiques comme réflexe, quand on ne pense pas, justement, aux prochains, quand on ne pense pas aux prochaines

générations puis qu'on le fait que pour le cycle électoraliste, bien, les

Québécois ne sont pas dupes, Mme la Présidente, ils vont user de leur jugement.

Et on verra bien les résultats. Et je ne veux pas parler de Québec 125,

parce que c'est vraiment triste, au gouvernement, de penser et de regarder ça.

On est... On est dans une situation où est-ce

que, quand on compare... Parce que c'est ça qu'on doit faire, là, on doit

comparer ce qui se passe au Québec par rapport à ce qui se passe à d'autres

juridictions pour être certain qu'on essaie

de faire les choses correctement, qu'on est dans les meilleures pratiques, qu'on...

qu'on devrait avoir, donc, une bonne pratique de gouvernance. Puis, vous

savez, le rythme d'augmentation des croissances, puis c'est la dernière

statistique que je vais donner pour les

dépenses, là, elles ont été en croissance au Québec, comme je l'ai mentionné,

et, en Ontario de 2018 à 2022, premier mandat caquiste, il ne s'est rien

passé, aucune augmentation.

Donc, je ne veux pas qu'on dise que c'est tout

le temps de la faute des autres, Mme la Présidente, je ne veux pas qu'on dise que c'est à cause qu'il y a une

guerre en Ukraine, je ne veux pas qu'on dise que c'est parce qu'il y a eu le

COVID, parce que, là, je viens de tout vous

décortiquer, puis j'ai isolé tous les autres facteurs, puis je n'ai

qu'identifié ce qui cloche à la Coalition avenir Québec pour la gestion

des finances publiques. Puis le déficit qui nous a été annoncé la semaine dernière et dans cette continuité, parce qu'on nous annonce 9,9 milliards, Mme la

Présidente, comme si on était au

Dollarama, là, c'est 9,99 $, Mme la Présidente. Ça coûte 10 $ pareil,

là, c'est 10 milliards de déficit. Puis on nous annonce ça en grande pompe puis on n'est pas capable d'identifier les

mesures qui sont nécessaires au retour à l'équilibre budgétaire. Puis là

on nous dit, là, qu'on va être des bons gestionnaires, mais on met, en même

temps, un budget de 1,3 milliard pour

une cagnotte électoraliste, puis on dit qu'on va couper dans l'intervention de

l'État, là, parce que, là... Ça fait juste trois ans et demi que je leur

dis que ça suffit, là, ça suffit, de gaspiller, ça suffit, de prendre l'argent

des entreprises québécoises et les donner à des multinationales étrangères, ça

suffit, là, de brûler toutes nos cartouches.

gouvernement a fait une baisse, semble-t-il, dans le portefeuille Économie, Innovation,

Énergie de 700 millions de dollars.

Selon la firme National, le ministre des Finances aurait dit à la blague :

La fin d'un gouvernement de comptables, place à des économistes de droite, Mme la Présidente. Pourtant, la ligne

Interventions relatives au Fonds du développement économique a augmenté,

elle, encore de 300 millions de dollars cette année pour atteindre

1,1 milliard. C'est comme si on parlait des deux côtés de la bouche, Mme

la Présidente. C'est triste, là.

Puis je comprends, là, la perspective, je

comprends la... l'atmosphère, la bulle dans laquelle le gouvernement peut... peut se retrouver. Je comprends le

ministre des Finances, qui, lui, il regarde son legs, je le comprends, tout ça,

là. Mais les chiffres sont indéniables ici, là. On augmente de

300 millions de dollars en même temps qu'on a des candidats à la

course à la chefferie, là, qui disent que, non, non, nous, on va couper

là-dedans, Mme la Présidente, là, c'est fini, là,

on va focusser sur... Ils auraient dû dire : On va focusser sur ce que le Parti libéral du Québec nous dit depuis cinq ans, là, OK, mais ce n'est pas ce qu'ils disent, on va

focusser sur les PME. Tant mieux, sauf que ce n'est pas crédible. On dirait que

c'est la course de qui va s'éloigner le plus rapidement de l'héritage caquiste.

C'est triste, honnêtement, là, à voir, Mme la Présidente.

Puis, vous savez, il y a... il y a plusieurs

organismes, puis ça, je veux le prendre en note, l'heure à laquelle je vais dire ça, donc 9 heures... à

10 h 50, 10 h 50, parce que je veux vraiment m'assurer que

mes concitoyens dans... autant Brome-Missisquoi que dans Marguerite-Bourgeoys

puissent le voir et l'entendre, mais on coupe aussi dans des services aux citoyens. Puis peut-être... Tu sais, je veux

dire, je suis de ceux qui pensent qu'on devrait s'assurer que les programmes sont

pertinents. On coupe dans le mentorat aux entreprises, Mme la Présidente. On

élimine le programme de mentorat aux entreprises. On coupe tout ce qui est

soutien d'accompagnement, là, pour les entreprises qui sont en démarrage. Donc, les prochains... les prochaines graines, là,

qui vont pousser puis qui vont faire en sorte qu'on va avoir une panoplie

de champions, là, on coupe 70 millions de

dollars. Puis, autant le FCCQ que le FCEI dit que ça, c'est essentiel à notre

fibre économique, c'est essentiel pour que, justement, dans le coeur de

l'économie que je vous décrivais tantôt, il y ait du sang qui coule. C'est essentiel qu'on puisse avoir ces joueurs-là, ces

mini-grappes-là, ces électrons libres qui font en sorte que, là,

soudainement, ah! tiens, on a une bonne application, ici, d'un nouveau

processus qui pourrait être intégré dans telle

autre business ou telle autre business ou pourrait être un client ou un

fournisseur de. Puis ça vient par le mentorat, ça vient par, justement,

aider les jeunes à être capables de vulgariser leur modèle d'affaires pour

qu'il puisse être compris par l'ensemble de la grappe des PME du Québec. On

vient de couper dans l'avenir, puis n'importe qui qui vous dirait qu'agir de

cette façon-là serait approprié ne comprend pas c'est quoi, le rôle du

gouvernement.

Le rôle du gouvernement, c'est de justement ne

pas faire ce genre de coupes, mais plutôt de s'assurer que les saines gestions

des finances publiques soient faites de façon constante et équitable dans tous

les programmes. Je pense que c'est important aussi d'assurer qu'on a des

revenus qui sont au rendez-vous pour l'État, de s'assurer que, justement, les

sociétés d'État, comme je mentionnais tout à l'heure, puissent générer des

revenus additionnels. Moi, je fais

partie des

cas, Mme la Présidente, qui veut faire croître les revenus. Bien, quand on est

rendus qu'on coupe dans ce qui va faire croître les revenus, c'est qu'on

ne comprend pas comment que la suite du prochain

chapitre de l'économie

québécoise va s'écrire. Donc, c'est triste, Mme la Présidente, parce que, pour

moi, ce n'est qu'une série d'erreurs.

Puis,

honnêtement, pour avoir vu comment le gouvernement fonctionne depuis les quatre

dernières années, je... je suis même probablement certain que le

ministre des Finances lui-même ne le sait pas, cette coupe-là, il n'est pas au courant de cette coupe-là. Il ne doit sûrement pas être au

courant, parce que ça a dû être... on coupe, là, 10 % ici, dans cette gang

de programmes là, on coupe ici sans même réfléchir à qu'est-ce qui est bon puis

qu'est-ce qui n'est pas bon, qu'est-ce qui a atteint sa date d'expiration puis

qu'est-ce qui ne l'a pas atteint. On coupe juste pour pouvoir être capable de dire qu'on coupe. Et c'est ça, Mme la

Présidente, ce n'est pas avoir une vision de la croissance économique du Québec

à long terme que d'agir de cette façon-là.

Il y a plein

d'images qui me viennent en tête quand je pense à la façon que le gouvernement

a pu... a pu gérer les finances publiques. Je vais... je vais me retenir pour

être plus parlementaire, mais je pense qu'il y a des enregistrements de

ce que j'ai dit au préalable, mais on peut quand même considérer qu'une image

qui en dit beaucoup, c'est celle d'avoir été au casino. On a vraiment

l'impression, souvent, que le gouvernement a joué au casino avec l'argent des

Québécois. Maintenant, les cartes sont pleines, les cartes de crédit sont

pleines, puis on a hypothéqué l'avenir de nos jeunes.

Moi, je regarde ça puis je me dis : Correct, OK, on va faire ce que doit.

On va définitivement mettre en place les mesures lors du prochain

gouvernement, en espérant qu'il soit libéral, pour qu'on puisse justement

mettre en place des mesures innovantes pour toute notre fibre de PME à travers

le Québec.

Là, il y a eu, évidemment, une manne de

81 milliards qui a été annoncée, là, par le fédéral, et puis, l'an passé,

le gouvernement de la Coalition Québec... avenir Québec nous disait qu'il y

avait 180 entreprises au Québec qui étaient dans le domaine du... de la défense et du militaire. Puis là, cette

année, le nouveau ministre de l'Économie nous a annoncé qu'on est... on

a 430 entreprises au Québec qui sont dans le militaire. Bien, il n'y a pas

eu 250 nouvelles entreprises de créées,

là, Mme la Présidente, là, il y en a eu quelques-unes, oui, effectivement, mais

on a juste changé la définition de ce

que c'est, une entreprise dans le militaire, au gouvernement, pour dire qu'on

en a plein, là, maintenant, là. Grosse amélioration par rapport à l'an

passé, on est passés de 180, on est rendus à 430.

C'est comme un peu suivre une vague. C'est comme

un peu essayer de faire en sorte qu'on puisse être dans les nouvelles puis

démontrer aux citoyens, là, qu'on essaie, là, mais, après l'échec de Northvolt,

Mme la Présidente, et tous les autres qui se sont éteints après l'initiative

gouvernementale, pensez-vous vraiment que les Québécois croient qu'avec le gouvernement de la Coalition avenir Québec on est bien équipés pour profiter de la manne de

81 milliards de dollars du

fédéral qui va s'en venir en dépenses militaires, aéronautiques, minéraux

critiques, intelligence artificielle? Pensez-vous qu'en coupant de

25 % le budget du Conseil de l'innovation, on envoie un signal comme quoi,

pour nous, l'intelligence artificielle est

importante? Pensez-vous que les Québécois, quand ils regardent ça, ils se

disent : Oui, oui, je pense qu'on

est en business, là, c'est... c'est un gouvernement qui est en contrôle? C'est

totalement l'inverse qui est mentionné de la part de tous les électeurs,

Mme la Présidente.

Donc, pour conclure, on a... Merci. Oui, je vais

mentionner ma motion de grief, je vais la... je vais la faire à la fin. On a un déficit de 10 milliards de

dollars. On aura ajouté 106 milliards à la dette de tous les Québécois.

Quand on passe à travers tout l'exercice comptable puis qu'on met la

ligne de départ après l'influence des décisions libérales pour le ratio dette

nette-PIB, puis on regarde où est-ce qu'on est aujourd'hui, par rapport à où

est-ce qu'on était après la dernière influence du gouvernement libéral de M. Couillard,

où est-ce qu'on est maintenant, il y a eu zéro changement sur le ratio dette nette-PIB. Je comprends que le

ministre veut dire autre chose, puis je comprends qu'il peut essayer de trouver

une façon de présenter les statistiques différente, là, mais la réalité, quand

quelqu'un s'assoit puis regarde profondément ça, il y a eu zéro changement. Le

gouvernement va avoir des choix, le prochain gouvernement va avoir des choix

difficiles à faire. Et ça, c'est le net résultat de ce qui a précédé pendant

les huit dernières années.

Puis il y a eu une guerre en Ukraine puis il y a

eu le COVID, mais là je viens de vous démontrer, je viens d'éliminer ce

facteur-là de l'équation, l'équation que je vous disais tout à l'heure, j'ai

enlevé ces variables-là pour dire le net qui

représente la gestion caquiste, c'est quoi, ça représente combien. J'espère que

tout le monde a pris le temps de prendre

la calculatrice puis d'additionner, là, mais 100 milliards en huit ans,

là, c'est énorme. La députée de Sanguinet, qui, pendant son 15 mois en termes de ministre de l'Économie, a dépensé

4,3 milliards puis qu'en même temps elle nous dit qu'elle ne veut plus intervenir ou elle va moins

intervenir, parler d'une chose et dire son contraire tout le temps, là, c'est

malheureux, mais la crédibilité n'est plus au rendez-vous, Mme la Présidente.

Nous, on va mettre en place une saine gestion

des finances publiques. On va identifier les mesures, on va faire croître

l'économie, on va faire croître nos sociétés d'État. On aura des revenus

supérieurs, Mme la Présidente, dans la gestion.

On ne sera pas en train de surestimer la croissance économique comme ce qui a

été fait dans les dernières années, on

va travailler sur ce qu'on contrôle, parce qu'en bout de piste, ce qui est

important, c'est de justement faire ça... excusez. Ce qui est important, c'est de

faire ça quand on... avec les variables qu'on contrôle, Mme la Présidente. On

va donc s'assurer que, justement, nos

sociétés d'État puissent être plus productives. On va s'assurer qu'on entre

dans l'appareil gouvernemental, ce

que doit... pour que les employés de la fonction publique aient les outils pour

être eux-mêmes plus performants, pour valoriser leur travail, pour

qu'ils se sentent bien à travailler pour l'État québécois. On va faire croître

l'économie. On va gérer les dépenses. On va

mettre la base pour s'assurer que, justement, l'économie est au rendez-vous

pour tous. On va permettre à nos PME

de compétitionner dans un avenir qui va toujours être en changement, mais on va

les équiper avec des meilleurs outils. On va créer un climat d'affaires

qui va leur permettre d'être confiants, de faire des investissements au Québec.

On va faire des gains de productivité, on va faire des gains d'efficacité. On

va s'assurer qu'en bout de piste il y ait

plus d'argent dans les poches des Québécois. Parce que moi, je ne veux pas

qu'on crée une nouvelle monnaie, là, moi, je veux que les Québécois en

aient plus dans leurs poches.

Ce qui est

important, c'est justement de s'assurer que tous les cylindres de notre moteur

économique fonctionnent. Au Parti libéral du Québec, Mme la Présidente,

on va retrouver une saine gestion des finances publiques. Merci.

M. Beauchemin : Ah! excusez, un instant.

Motion de grief. Merci. Merci, Mme la députée. Wow! C'est vrai, hein? Une

chance que tu es là.

«Que l'Assemblée

nationale blâme sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget 2026‑2027

qui constitue un dernier aveu d'échec aux Québécois pour le contrôle des

dépenses et qui échoue à présenter un plan crédible de retour à l'équilibre

budgétaire.»

Merci, Mme la

Présidente.

Présidente : Et je vous remercie, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.

Le temps de vous dire que votre motion, elle est déposée, naturellement, sous

réserve de sa recevabilité.

Et je cède maintenant

la parole à Mme la députée de Verdun, porte-parole du deuxième groupe

d'opposition en matière de finances, en lui

rappelant que son temps de parole est d'une durée maximale d'une heure. Mme la

députée, nous vous écoutons.

Mme Zaga

Mendez : Merci beaucoup, Mme la Présidente.

Je vais débuter par déposer

la motion de grief, pour être certaine. Alors, je dépose la motion de grief

suivante :

«Que l'Assemblée

nationale blâme le gouvernement pour son manque d'action, dans ce dernier

budget, face à l'explosion du coût de la vie et à la crise du logement ainsi

que pour sa renonciation à aller chercher des nouveaux revenus auprès des

multimillionnaires et des milliardaires du Québec qui affaiblit nos services

publics.»

Alors, une fois cette

motion de grief déposée, comme ça je n'oublie pas, nous sommes, Mme la

Présidente, aujourd'hui, cinq jours après le dépôt d'un budget de l'abandon. Le

Québec au grand complet a réalisé que l'austérité, l'inaction de la CAQ, qui a déjà

fait des ravages, bien, va continuer à faire... de faire mal à nos services

publics et de faire mal à la population, et,

bien sûr, le gouvernement de la CAQ veut nous montrer toutes les statistiques

de croissance économique, qu'il nous sort constamment, avec une

obsession sur le rattrapage avec l'Ontario, mais, en ce moment, je peux vous dire que ça ne sert pas à

grand-chose, parce que le ministre, qui nous parle d'augmentation de revenu

disponible par habitant... Il faut

comprendre que cette augmentation, elle se concentre de plus en plus chez les

personnes les plus riches, les ultrariches de cette société, pendant que les

plus vulnérables et même la classe moyenne n'arrêtent pas de s'appauvrir.

La CAQ n'a rien fait

et ne fait rien, avec ce budget, pour la hausse du coût de la vie, qui est la

plus grande préoccupation des Québécois et

Québécoises. Ils nient, avec ce budget, la crise du logement, ils ont nié cette

crise pendant des années, et ce

budget prouve qu'on est dans la continuité. Nous avons passé huit ans ici, à

Québec solidaire, à essayer de faire comprendre l'ampleur de la crise du

logement, et la CAQ finit son mandat en nous promettant seulement 1 000 unités

de logement abordable en trois ans, ce qui est franchement insuffisant et qui

ne fait pas... ne répond pas à l'ampleur de

la crise. Moi, je peux vous le dire, juste dans mon coin, à Verdun, on a besoin

de 1 000 unités. Alors, 1 000 unités pour l'ensemble

du Québec, c'est une blague complète, toute une réponse à la crise du logement,

ça, Mme la Présidente.

Le gouvernement a,

encore une fois, ignoré de nombreuses demandes de base dans de nombreux

secteurs, ce qui inclut aussi ce qui était

sensé d'être la priorité du premier ministre, l'éducation. Et, bien sûr, sans

surprise, nous allons voir aussi des coupures en environnement. Donc, on

voit un abandon, un abandon de nos services publics, un abandon aussi des préoccupations de notre jeunesse, et je

vais commencer par énumérer un peu, pour nous, le... notre plus grande

préoccupation en regardant le budget, c'est ce qui concerne les coûts de

système.

Les coûts de système,

ce sont les montants qui sont nécessaires pour maintenir nos services publics

année après année. Un rattrapage des coûts

de système, une augmentation des coûts de système ne veut pas dire

nécessairement des nouveaux services ou une amélioration, ça veut

seulement dire de donner la capacité, à nos infirmières, à nos... à nos préposés, à nos... à nos enseignants,

enseignantes, à nos professeurs d'université, de continuer à offrir les mêmes

services que l'année passée dans un

contexte d'inflation puis dans un contexte où tous les coûts augmentent jour

après jour, année après année.

Bien, le chiffre, ce

qu'il nous révèle, c'est qu'on va continuer dans l'austérité, voir que

l'austérité va être plus ciblée sur les services publics, et plus

spécifiquement en éducation. Comme je disais, pour offrir un niveau de services

équivalent à l'an dernier, l'État estime déjà avoir besoin d'une hausse de

3,3 %, et cette hausse-là, elle se trouve déjà... pardon, elle est nommée

et elle est reconnue à la page A.20, dans la stratégie de gestion des

dépenses. Or, la croissance annuelle moyenne

des dépenses de portefeuille, elle se limite seulement à 1,9 % sur cinq

ans, et cette croissance est inférieure même à l'inflation prévue, et

ça, pour nous, c'est inconcevable quand on voit l'augmentation des coûts jour

après jour et le fait qu'on ne va pas donner assez d'argent pour nos services

publics, et, plus spécifiquement, et c'est ça qui nous dérange le plus, c'est

concernant l'éducation.

Ce sont nos écoles,

ce sont nos élèves qui vont être la cible, encore une fois, de l'austérité et

des coupures. Les chiffres montrent une

diminution nette du financement par élève dans le réseau public, passant de

12 000 $ à 11 800 $ en dollars constants. Le budget

de fonctionnement du réseau public en éducation n'augmente que de 2,4 %,

alors que le minimum qui doit être fait pour garder les services envers nos

élèves, c'est une augmentation de 4 %. Le 4 %, c'est l'augmentation nécessaire à couvrir lesdits coûts

de système. L'augmentation des coûts en éducation ne suit pas du tout les

besoins du réseau, et, pour nous, c'est honteux.

L'éducation

est censée être la priorité du gouvernement de la CAQ, la priorité du premier

ministre, et on voit, encore une fois, une

deuxième année, que le budget qui va être donné n'arrive pas à couvrir les

besoins. L'année passée, avec le... une augmentation semblable, parce

qu'on était autour de 2,2 %, nous avons vu une crise s'installer dans le milieu de l'éducation. Les acteurs, les directeurs

d'école nous l'ont dit, ils attendaient la prévisibilité, mais... une fois de plus, ce qu'on va vivre, c'est des compressions.

Et, on l'a vu, l'année passée, je le répète, c'était le chaos l'été dernier, quand

on a demandé de retrouver des fonds, se

resserrer la vis à toutes nos... à toutes nos directions d'école, parce que,

justement, les budgets ne suivent pas les besoins concrets.

Dans

le discours, la semaine passée aussi, le ministre nous parlait d'investir

stratégiquement dans les infrastructures pour stimuler l'économie. Je vais en parler tout à l'heure,

d'infrastructures en santé, mais on ne voit pas assez d'investissements dans

les infrastructures en éducation. Et, je répète, c'est délaisser une priorité,

ce qui nous touche le plus, en ce moment, que

ce soit au niveau de coûts de système ou des infrastructures, ceux et celles

qui sont ciblés, bien, ce sont nos élèves, ce sont nos plus jeunes qui

vont voir leur avenir compromis par le manque de sommes nécessaires afin de

leur offrir une éducation de base qui est... je pense qu'on devrait être fiers

au Québec d'avoir un système d'éducation public, mais, malheureusement, on est

en train de l'abandonner année après année.

y a eu des annonces importantes en matière d'infrastructures en santé, qu'on

reconnaît. Ceci étant dit, les annonces attendues ne sont pas assez concrètes

dans le budget, et je m'explique. Pour la deuxième année,

Maisonneuve-Rosemont est toujours en planification dans le PQI, et le minimum

qui a été demandé par le milieu, ce que la CAQ aurait dû faire avec ce budget,

c'était de passer le projet en réalisation, mais ceci n'a pas été fait. La CAQ

nous fait encore tourner en rond, tourner en rond dans le même stationnement.

Le projet n'avance pas et les millions ne sont pas encore annoncés. Et ce qui

est... et ce qui est attendu par le milieu, c'est 300 millions maintenant,

pour être capable d'avancer avec le projet de rénovation de

Maisonneuve-Rosemont, et, oui, qu'il se retrouve dans la phase de réalisation.

En ce qui concerne

d'autres hôpitaux et infrastructures qui sont placés dans une nouvelle liste,

on nous dit que l'argent va arriver. Je peux

vous parler d'une infrastructure en particulier dans mon comté, c'est l'institut

Douglas. Nous avons fait le tour de tous les médias pour faire connaître la

réalité de cet institut. J'ai dû sonner, à plusieurs reprises ici, la

sonnette d'alarme, et le milieu s'est mobilisé. C'est rare, Mme la Présidente,

quand des psychiatres, des infirmiers et plein d'autres intervenants doivent

sortir pour parler au nom des patients. Et là le projet, en soi, est toujours à

l'étude. On nous dit qu'il va y avoir une

somme d'argent en termes d'urgence pour venir réparer. On nous promet de

l'argent neuf, 50 millions de dollars sur deux ans, qui a été

confirmé récemment. On peut se réjouir, parce que cette somme-là n'était pas là auparavant. Ceci étant dit, il reste encore

à voir si ces sommes, ce sont... seront des retouches cosmétiques, ou si

nous allons avoir vraiment les infrastructures que les patients en santé

mentale méritent partout au Québec, et plus spécifiquement dans mon comté, à

Verdun. Je vais continuer ici de me battre jusqu'à tant qu'on va rénover cet

institut et qu'on va aller de l'avant avec le projet de modernisation.

En environnement,

c'est là qu'on voit un autre recul avec ce budget. Derrière une apparence de

prudence budgétaire, ce qu'on voit, c'est 2 milliards de moins dans la

lutte contre les changements climatiques. Et c'est quoi, ces 2 milliards?

C'est la conséquence d'avoir pris de l'argent dans le Fonds d'électrification

et l'avoir mis dans les remboursements d'une dette qui a été créée seulement

par et pour la CAQ. Et ça, c'est inacceptable, c'est 2 milliards que nous avons perdus et que nous perdons, et ça

se confirme avec ce budget dans la lutte aux changements climatiques, dans une période aussi cruciale pour l'environnement.

Et je sens qu'on l'oublie, qu'on abandonne et qu'on baisse les bras face à

cet impératif. Puis c'est un recul énorme, qu'on va continuer à dénoncer. Et on

se demande si... oui, on a des missions de

l'État pour la santé, pour l'éducation, pour l'ensemble de nos services

publics, mais l'environnement, protéger la santé des populations et de

notre biodiversité, bien, ça devrait être au coeur de la mission de l'État,

mais nous voyons là un grand, grand recul

avec 2 milliards de moins. Je rappelle, la plus grande préoccupation, pour

les Québécois et Québécoises, c'est

la crise du coût de la vie, et le gouvernement, au lieu de nous faire faire des

mesures structurantes... il n'y a rien dans ce budget qui vient répondre

à cela.

vais me permettre, rapidement, un mot sur tout ce qui est inclus dans la

partie

concernant le ministère de l'Économie, Innovation, c'est du saupoudrage

de petites mesures, je vous dirais, Mme la Présidente. On est encore dans une

vision économique dans laquelle on choisit

les gagnants, on injecte des sommes massives dans certaines grandes entreprises

ou des grands projets, que ce soit ici, en intelligence artificielle ou

les minéraux critiques, mais on délaisse, on délaisse puis on met de côté le joueur le plus important dans notre économie,

qu'on sait, nos petites et moyennes entreprises, et nos plus petits joueurs, et, je vous dirais même,

notre économie sociale, qui doit être au coeur de toute stratégie économique. On

est encore dans la même recette qu'on va continuer à donner de l'argent à des

multinationales avec des chèques en blanc, plutôt que de s'attarder où résonne

nos... notre pouvoir économique.

revendication que je vais continuer à mener, c'est la... c'est l'argent qu'on

met pour l'achat local. Une des choses qu'on

voit encore dans le... dans le budget puis qui continue, c'est qu'on n'a pas

une stratégie de souveraineté numérique ou d'achat local. Le conseil

canadien de l'innovateur nous l'a dit, l'État continue de dépenser des

milliards en solutions technologiques étrangères plutôt que de servir de

premiers clients à nos entreprises innovantes ici. C'est la même chose en termes d'approvisionnement, on est encore à

46 % des achats qui sont faits par... achats faits par nos... pardon, dans

les... dans les marchés publics, à

nos biens québécois. C'est encore des retards, puis on ne voit pas un

changement là-dessus. Puis, bon, on va... on va quand même rappeler que,

tout récemment, même notre société d'État, la Société d'alcools du Québec, a donné un contrat de livraison sur mesure

à Uber pour un projet pilote. À un moment dans lequel on est dans une guerre tarifaire avec les États-Unis, on continue

de donner de l'argent à des multinationales étrangères plutôt qu'investir et

donner ces contrats-là à nos compagnies québécoises ici.

Un mot sur l'agriculture, parce qu'on n'a pas

entendu parler là-dessus. Ça m'est... c'est un sujet qui me tient à coeur, tout

un volet de notre économie québécoise dont on parle très peu. L'agriculture

québécoise continue à suivre... à vivre des grandes

crises. Elle a encore besoin de nous. Les manifestations d'un an et demi ne

sont pas... bien, même que c'est... les

tracteurs ne sont pas dans la rue... bien, ne sont plus dans la rue, les

besoins continuent. Et l'UPA, L'Union

des producteurs agricoles, nous le rappelle, la part du MAPAQ ne représente

plus que 0,9 % du budget de l'État, et ça devrait être plus autour de 2 % qu'on donne dans nos budgets à

l'agriculture pour atteindre les standards mondiaux. Le gouvernement, en ne faisant pas ça, est en train

de condamner nos producteurs à essayer de nourrir le Québec avec si peu

de ressources. La relève agricole a sonné l'alarme également. Le gouvernement a

ignoré sa demande de réformer le programme qui vient à l'aide à la relève

agricole, qui n'a pas été ajusté depuis 10 ans et qui maintient une

distinction inéquitable entre temps plein et temps partiel, basée sur le

revenu. Et ça, ça ne vient pas répondre aux besoins de nos agriculteurs,

agricultrices qui continuent à se battre pour cultiver le Québec et de garder

leur ferme en vie.

Et j'ai le goût de faire un lien avec le coût de

la vie puis la sécurité alimentaire. En ce moment, les gens se demandent de plus en plus comment ils vont faire

pour payer l'épicerie, et, de l'autre côté, on met de la pression de plus

en plus à nos producteurs pour produire avec

des coûts de plus en plus bas. Il y a quelqu'un là-dedans, Mme la Présidente,

qui sont en train de faire de l'argent sur le dos des consommateurs et des

producteurs, puis c'est les géants, les géants de l'alimentation qui, eux, ont

vu leurs profits augmenter année après année. Et, si on veut s'attarder à la

lutte contre l'insécurité alimentaire, venir répondre aux préoccupations du

coût de la vie, mais aussi répondre aux producteurs agricoles, bien, il va

falloir qu'on ait une vision de qu'est-ce qu'on fait avec nos distributeurs et

nos géants dans la transformation et la

vente. Nous, on a fait beaucoup de propositions dans ce sens et qui viendraient

répondre aux deux : arrêter la pression sur les producteurs mais

aussi donner de l'oxygène aux familles, choses que ce budget ne fait pas. Il ne

fait aucunement ça.

Je pourrais vous parler sur la réponse à la

crise du logement avec seulement 1 000 logements attendus ou...

qu'ils souhaitent, la CAQ, réaliser pour l'ensemble du Québec, aucune mesure

structurante pour donner de l'oxygène aux familles. Et, dans tout ça, il y a

une réserve cachée, une réserve cachée pour le prochain ou la prochaine cheffe

de la CAQ. J'ai cherché partout dans le budget pour savoir où se trouvaient les

250 millions qui sont promis. Il y a une grande opacité avec ça. Nous

allons revenir en crédits pour comprendre où est cette caisse électorale qu'on

est en train de mettre de côté. Le ministre des Finances a annoncé

250 millions par année qui pourraient être insérés directement dans les

enveloppes des dépenses de portefeuille. En regardant le budget, j'arrive à

voir un autre demi-milliard réservé dans certains portefeuilles. Moi, je

calcule 750 millions rendu là, mais ça, c'est 750 millions qui

auraient dû être déjà dépensés, entamés dans

nos différents budgets de... dans nos services publics ou venir à l'aide avec

des mesures pour répondre au coût de la vie.

Les gens ont

besoin d'aide maintenant, pas pendant l'été, pour une belle photo de campagne

de la part du gouvernement de la CAQ,

là. C'est ça qui est en train de se faire avec ce fonds-là. Pendant que les

Québécois ont besoin d'aide et nos services publics manquent de l'argent

nécessaire, pendant qu'on coupe dans... en environnement et qu'on va couper en éducation, la CAQ se réserve une

enveloppe substantielle pour que la prochaine cheffe ou le prochain chef

puisse financer des cadeaux électoraux et prendre des photos pendant tout

l'été.

Rapidement, ce que... ce budget ne répond pas

non plus aux effets du coût de la vie chez nos plus jeunes, puis je veux parler

rapidement de nos étudiants, étudiantes qui n'arrivent pas à boucler leurs fins

de mois, rien pour bonifier l'aide financière aux études, rien pour la

rémunération des stages — qu'on

va continuer à revendiquer, moi, je vais accompagner

les étudiants du Québec cette semaine dans cette revendication-là — rien

non plus pour bonifier les bourses des maîtrises et des doctorats des

FRQ qui ont... qui sont nécessaires pour que tellement de talents québécois

puissent finir leurs études et contribuer à

la société, et les étudiants, étudiantes voient, donc, leurs dépenses augmenter

année après année, jour après jour, mais pas leurs revenus, et c'est ça

qui nous inquiète avec ce budget, juste pour vous donner un exemple de toutes

les cibles qu'on manque en termes de coût de la vie.

L'angle mort

demeure la colonne de revenus, Mme la Présidente, parce que, bien sûr, des

demandes, tous les groupes, ils vont en avoir. On a des besoins énormes

en termes de santé, d'éducation, d'infrastructures, de mesures pour le coût de la vie. Oui, il y a un déficit qui est moins

grand, mais on n'a aucune mesure pour augmenter les revenus, puis je veux

quand même préciser notre pensée là-dessus.

Quand on parle de revenus ici, on ne parle pas d'augmenter le fardeau fiscal

des gens qui travaillent, mais plutôt

regarder là où l'argent se trouve et s'accumule, parce qu'il y en a pour qui

l'économie se porte très bien au Québec, puis je parle des

multimillionnaires et les milliardaires qui ont vu leurs fortunes augmenter

cette année. Les milliardaires du Québec ont vu augmenter leurs fortunes de

20 %, 30 %, 60 %. Sur 1 milliard, là, c'est

1,5 milliard de plus pour certaines personnes.

Pendant ce temps-là, nous avons des familles qui

comptent les sous pour mettre du gaz, qui comptent les sous pour acheter une passe de métro ou acheter de la

viande. C'est ça, les sacrifices que les Québécois sont en train de faire, et

c'est là, au top de la pyramide, chez les

0,1 %, les intouchables pour plusieurs gouvernements, et pour les

gouvernements qui ont passé ici, que

ce soit pour la CAQ, mais aussi pour les autres partis d'opposition... mais

c'est là, Mme la Présidente, qu'il

faut commencer à regarder comment on va mettre cette richesse en contribution,

parce que la fortune, elle est là, elle s'accumule, et de plus en plus

de pays réfléchissent à comment on peut imposer cette fortune-là, d'arrêter

d'imposer le travail des gens, mais imposer

cette fortune pour simplement la redistribuer par des services publics et des

mesures qui vont donner de l'oxygène.

Pour nous, on va continuer à défendre... on est le seul parti à avoir le

courage de le dire, et c'est comme ça qu'on va se sortir d'un cycle

d'austérité et de coupures.

Alors, pour conclure, ce budget, c'est un budget

de l'abandon, avec une petite caisse électorale pour que la CAQ continue une campagne pendant l'été, avec,

moi, je vous dirais, un manque de transparence, parce que je ne sais pas

où se trouvent ces 250 millions, un budget qui attaque l'éducation,

l'environnement, qui va sacrifier nos générations futures, qui ne prend pas du tout au sérieux la crise du logement, avec

des annonces qui sont insuffisantes. Mais, je nous rappelle, les Québécois ne sont pas dupes. Ils

vont être capables de voir... Ils voient déjà que la CAQ, bien, ce n'est pas

une fatalité, puis on va pouvoir... On ne va pas se faire avoir par les

annonces électoraux qui vont s'en venir. Nous, à Québec solidaire, on va rester le seul parti qui va

défendre le coût de la vie, l'environnement, qui va se battre pour l'éducation

puis pour l'ensemble de nos services

publics et qui ne... On ne va pas avoir peur de le dire, qu'il faut aller

chercher l'argent là où il s'accumule, là où il se trouve, en haut de la

pyramide, chez les 0,1 % des Québécois, et enfin pouvoir donner de

l'oxygène aux... l'oxygène aux familles qui en ont tant besoin, au Québec. Je

vous remercie, Mme la Présidente.

La Présidente : Et je vous remercie,

Mme la députée de Verdun. Et je vous rappelle que votre motion, elle est

déposée sous réserve de sa recevabilité.

Maintenant, je vais céder la parole à M. le

député de Jean-Talon, porte-parole en matière de finances pour le troisième

groupe d'opposition. Et je vous rappelle que vous disposez d'un temps maximal

d'une heure. La parole est à vous, M. le député de Jean-Talon. Nous vous

écoutons.

M. Paradis : Merci, Mme la

Présidente. Lors de la présentation du budget, la semaine dernière, j'ai eu

l'occasion de réagir publiquement au terme du huis clos, juste ici, à côté, où

il a été présenté, et j'ai réitéré, depuis, les quatre principales conclusions que nous tirons de cet exercice

budgétaire, de ce budget 2026-2027 qui nous a été présenté par le gouvernement de la CAQ, et je vais les

résumer puis ensuite je vais expliquer un certain nombre de points un peu

plus en détail.

Pour nous, ce qu'il y a de plus important, c'est

que c'est beaucoup d'énergie, beaucoup d'efforts, beaucoup de temps pour pas grand-chose, parce qu'il s'agit

d'un exercice éphémère. Ce budget va durer le temps des roses ou, comme

je l'ai dit la semaine dernière, comme dans l'émission, la vieille série de Mission : Impossible ,

il va s'autodétruire dans quelques semaines. Pourquoi? Parce qu'actuellement il

y a une course à la direction de la Coalition avenir Québec, et les deux candidats,

le député de Lévis et la députée de Sanguinet, proposent une vision qui est

diamétralement opposée à celle qui est

sous-jacente à l'ensemble de l'exercice budgétaire. Bien sûr, le ministre a

ménagé une caisse électorale pour l'un

ou l'autre, dépendant de qui les membres de la CAQ choisiront, mais, au-delà de

cette caisse électorale, sur lesquelles je reviendrai... sur laquelle je

reviendrai un peu plus tard, c'est l'absence de cohérence entre la vision

économique sous-jacente au budget et la vision économique proposée par la

députée de Sanguinet et par le député de Lévis qui est le principal projet de

ce budget : ou alors le budget ne fonctionne pas, et alors il ne vaut pas

l'encre du papier sur lequel il est écrit,

ou alors les promesses des candidats à la direction de la CAQ ont peu ou pas de

chance de se réaliser dans ce contexte budgétaire, donc il y aurait

beaucoup de vent et peu de concret. Ça, c'est le premier point.

Le deuxième point, c'est que le ministre des

Finances, sur toutes les tribunes et ici, au salon rouge, lorsqu'il a présenté

son budget, a excusé la position difficile des finances du Québec par toutes

sortes de... toutes sortes de facteurs externes.

Il a, de nouveau, référé à la pandémie — ça

fait quand même quelques années — il

a évoqué la guerre en Ukraine, il a évoqué la guerre en Iran et son

impact sur le prix du carburant, il a utilisé aussi le contexte... il a

expliqué que le contexte géopolitique ici, dans les Amériques, avec ce qui se

passe aux États-Unis, la guerre tarifaire, c'est tout ça qui explique la posture difficile du Québec. Ce n'est

pas le cas. Les choix politiques, les choix budgétaires, les choix fiscaux

de ce gouvernement de la CAQ au fil des sept

ans, bientôt huit ans de pouvoir sont le principaux facteurs... sont les

principaux facteurs qui expliquent la situation financière du Québec.

Plusieurs décisions des dernières années doivent

être rappelées à la mémoire des Québécoises et des Québécois, parce qu'on

disait, à l'époque, que ces décisions auraient un impact à long terme. Le fait

de transmettre des chèques électoralistes de 500 $ à tout le monde, y

compris des gens qui gagnent 100 000 $, en contexte électoral, ça

coûte cher. Certains ont calculé que c'était un impact de 3,2 milliards

sur les finances publiques. On le voit aussi... On le voit aujourd'hui, cet impact. Le fait de donner des

cadeaux fiscaux aux personnes parmi les mieux nanties du Québec, parce que

c'est ça, l'impact des mesures fiscales qui ont été adoptées dans le premier

mandat de la CAQ, ça a eu un impact sur les ménages qui gagnent

400 000 $ et plus, un impact important, mais très peu d'impact sur la

mère monoparentale ou le père qui travaille au salaire minimum au Québec. Donc,

tout ça, ça a un impact. Le gaspillage de milliards de fonds publics dans des subventions mal avisées à des

multinationales étrangères, tout ça, ça a un impact aujourd'hui, et on en

voit le coût. Ça, c'était le deuxième point.

Le troisième, c'est que, dans ce budget, il n'y

a presque rien qui concerne les préoccupations immédiates et quotidiennes des

Québécois. À chaque fois qu'on leur pose la question, nous, dans nos

circonscriptions, les sondeurs, dans des

enquêtes à travers le Québec, ils nous disent : C'est le coût de la vie

qui fait mal. C'est le fait que le panier d'épicerie devient

inabordable. C'est le fait que le coût de l'essence est trop élevé, puis que

c'est injuste, l'écart du prix de l'essence entre le Québec et les provinces

voisines. C'est le coût du logement et, là-dessus, il n'y a rien dans le budget.

Malgré qu'il n'y ait... qu'il n'y ait rien

pour les préoccupations des Québécois, le gouvernement de la CAQ a trouvé le moyen

de ménager, à l'intérieur du budget, une caisse électorale pour la CAQ. Et ça,

c'est absolument inacceptable, j'y reviens plus tard, c'est le troisième point.

Le quatrième point, c'est qu'il y a quelques

indices dans les documents budgétaires du ministre qui indiquent à quel point le fédéralisme coûte cher et fait en

sorte que le Québec a toujours une main liée dans le dos lorsque vient le

temps de travailler à donner des réponses aux préoccupations quotidiennes des

Québécois en santé, en éducation, sur l'état

des infrastructures, en matière de sécurité publique. Nous envoyons

90 milliards par année au fédéral, et on ne reçoit pas les versements dont on a besoin pour s'occuper

de ces priorités, parce qu'il y a plein d'argent qui se gaspille au fédéral. C'est

le ministre lui-même qui le dit dans son budget, dans, au moins, trois

secteurs, santé, éducation et infrastructures, mais c'est le cas pour l'ensemble des finances du

Québec. Donc, le véritable coût, qui est... dont on ne parle pas assez dans

ce budget, c'est celui des coûts du fédéralisme.

Je voudrais revenir,

donc, sur le premier point, sur l'inadéquation entre ce budget et ce que les

candidats à la direction de la CAQ disent

jour après jour, parce que c'est le point fondamental. Les Québécoises et les

Québécois doivent comprendre qu'on

parle beaucoup... aujourd'hui, je discute de ce budget, mais, dans quelques

semaines, ça va complètement changer. J'ai regardé avec attention le

débat qui a eu lieu samedi entre les deux candidats à la direction, et je dois

dire que c'était un débat qui était intéressant, il y avait du contenu, et ça

nous a permis de mieux comprendre la vision des deux candidats. Mais ça nous a

permis de réaliser à quel point ce qu'on a dit, nous, au Parti québécois, de ce

budget était le point central de l'analyse.

Parce que, quand on écoute la députée de Sanguinet, quand on écoute le député de

Lévis nous expliquer ce qu'ils veulent faire, notamment en matière

économique, mais aussi avec les programmes du Québec, s'ils sont choisis par

les membres de la CAQ, parce que ce sont eux, les aspirants premiers ministres,

ça ne cadre pas du tout dans le budget, ça ne cadre pas dans le budget. Le

budget ne leur permet pas de faire ça, donc ils ne pourront pas le faire, ou

alors ils vont devoir refaire l'exercice budgétaire, ou alors les Québécois

n'ont pas l'heure juste sur ce que seront

les finances publiques du Québec à partir du moment où il y aura un nouveau

chef ou une nouvelle cheffe de la CAQ. C'est ça, le facteur principal.

J'ai

parlé de la vision économique, encore samedi, lors du débat, à la fois la

députée de Sanguinet et le député de Lévis ont continué à fustiger la

vision économique du gouvernement de la CAQ, à laquelle tous les deux ont

pourtant contribué allègrement. Cette vision

économique, c'est d'utiliser les milliards des Québécois, en choisissant

souvent au pif, sans avoir une

vérification diligente suffisante, sans avoir signé des contrats qui protègent

suffisamment les deniers durement gagnés

par les Québécois, de prendre cet argent-là et de l'investir à coups de

milliards dans des entreprises, en choisissant les gagnants, mais donc

en faisant beaucoup de perdants.

Cette

vision de l'utilisation discrétionnaire par la députée de Sanguinet,

lorsqu'elle était ministre de l'Économie, par son prédécesseur Pierre

Fitzgibbon, par le premier ministre n'est pas acceptable. Et, nous, au Parti

québécois, on a dit qu'on allait mettre fin à ce bar ouvert des subventions

discrétionnaires aux entreprises. Et on a proposé, en lieu et place, une

stratégie ambitieuse, une vision d'une fiscalité avantageuse pour les PME du Québec

qui vont faire en sorte qu'on va pouvoir les propulser et en faire les géants

de demain pour l'économie québécoise. Ça, c'est notre vision.

Et ce qui est

étrange, c'est que la députée de Sanguinet, maintenant candidate à la direction

de la CAQ, a l'air de renier complètement

son propre héritage économique, parce qu'elle s'est vantée ici, en Chambre, des

nombreux milliards qu'elle a continué

à investir. Puis le député de Lévis aussi a participé à ça, puis lui aussi, il

fustige ça. Lui, il a dit : Il va falloir mettre fin à cette mentalité de

subvention des grandes entreprises. Puis elle, elle a dit : Il va falloir

changer le paradigme sur lequel on fonctionne. Mais le budget, lui,

prévoit 3,7 milliards de nouveaux dollars pour refaire la même chose. Le gouvernement se donne une marge de

manoeuvre, d'abord, de 1,7 milliard pour continuer à investir dans certains domaines, puis ensuite il

dit : Je me garde aussi 2 milliards pour investir pour les sièges

sociaux puis pour les minéraux critiques,

notamment. Mais c'est encore la même mentalité d'interventionnisme à tous

crins, à la discrétion des ministres. Donc, ça ne fonctionne pas du tout

avec la vision proposée par les deux candidats à la direction de la CAQ.

Même chose sur le

prix de l'essence. Nous, au Parti québécois, ça fait longtemps qu'on en parle

et qu'on dit qu'en raison d'une décision électoraliste de Mark Carney, du

gouvernement fédéral, qui a aboli la taxe carbone, qui s'appliquait partout

ailleurs au Canada mais pas au Québec, tout en continuant à verser des chèques

électoralistes, parce que ça, c'était en

campagne électorale, à tous les Canadiens, sauf les Québécois, mais avec

l'argent des Québécois... Donc, il a

continué à envoyer des chèques pour compenser cette taxe-là qu'il avait

annulée. Ça, c'est 814 millions de l'argent des Québécois qui a été utilisé pour envoyer des chèques partout

ailleurs qu'au Québec. Le gouvernement de la CAQ ne fait rien à ce

sujet-là.

Bien, nous, on dit,

depuis, que ça, ça a créé un écart inéquitable dans le prix de l'essence, que

ça fait mal à nos PME, que ça fait mal à nos

gens en région, notamment, qui n'ont pas accès au transport en commun puis qui

doivent... puis même dans les villes aussi. Il y a des gens qui doivent

utiliser leurs véhicules. Ça fait mal. Ça fait mal sur le prix de l'épicerie, ça fait mal sur tout, parce que c'est

le coût des transports des... le coût des transports des matières qui est...

qui subit un impact à la hausse.

Nous, on a dit : Il faut agir. Là, la députée de Sanguinet et

le député de Lévis se réveillent puis disent : Nous aussi, on va agir sur le prix de l'essence. Qu'est-ce

qu'il y a dans le budget là-dessus? Rien. Puis là on parle de...

potentiellement, là, de beaucoup d'argent.

Même chose sur,

disons, la promesse de remboursement de la députée de... par la députée de Sanguinet

de la TVQ aux premiers acheteurs de maison.

Certains disent que ça pourrait coûter de 60 à 100 millions de

dollars par année. Il n'y a rien dans

le budget là-dessus. Elle va faire comment pour mettre en vigueur, en oeuvre

cette promesse si c'est elle qui est choisie par les membres de la CAQ?

Donc, ça ne fonctionne pas.

Par contre, ce que je

mentionnais tout à l'heure, ce qui a été fait, c'est qu'il y a une caisse

électorale qui a été ménagée à l'intérieur du budget. Pour que les Québécoises

et les Québécois nous comprennent bien, ça, c'est distinct d'un programme

électoral d'un parti politique dans le cadre d'une campagne électorale. Tu

dis : Je vais utiliser les sommes qui

sont à la disposition du gouvernement du Québec pour mettre en oeuvre le

programme électoral. Ça, c'est une chose.

Là, ici, c'est le budget du gouvernement du Québec, c'est l'État du Québec qui

parle, et, à l'intérieur de ce budget-là, on dit : 250 millions par année — oui, oui, c'est ça qui est prévu dans le budget — 250 millions

par année pour que soit la députée de Sanguinet ou soit le député de Lévis

puisse mettre en oeuvre sa vision. Je le disais tout à l'heure, ce n'est pas

suffisant, parce que l'ensemble de leur vision ne cadre pas dans le budget,

mais c'est quand même assez incroyable qu'on ait trouvé le moyen de mettre ça

dans le budget, alors qu'il n'y a pas d'argent pour les Québécoises et les Québécois qui n'arrivent pas à boucler leurs fins

de mois. Et ça, c'est sur une période de cinq ans. C'est 1,25 milliard de

dollars qui est réservé pour les candidats, mais on ne sait pas à quoi

ça va servir. Puis il a fallu qu'on pose beaucoup de

questions pour le savoir, parce que ce n'est pas indiqué nulle part dans le

budget. Il n'y a pas de ligne qui dit ça. C'est des sommes, apparemment,

ménagées à l'intérieur des budgets de ministère. Ce n'est pas une façon

transparente de procéder puis ce n'est pas une façon acceptable de gérer le

budget du Québec.

Il faut saluer nos

collègues aussi de Québec solidaire qui ont trouvé, à la page C.6 des

documents budgétaires, une somme additionnelle de 500 millions de

dollars qui est réservée à certains portefeuilles, laquelle pourra être

utilisée pour financer, avec l'approbation

du Conseil du trésor, d'éventuels coûts additionnels pouvant survenir

en cours d'année, qui, ça tombe bien,

Mme la Présidente, est une année électorale. Donc, ça, ça veut dire qu'on

arrive à presque 2 milliards de dollars qui est utilisé à la

discrétion soit du... de la députée de Sanguinet soit du député de Lévis ou du

gouvernement, puis dont on n'explique pas à quoi exactement ça va servir. Ce

n'est pas transparent. Ce n'est pas acceptable.

plus de ça, la journée de la présentation du budget, le ministre des Finances a

ajouté que, si ce n'est pas assez, on pourrait utiliser la réserve pour

éventualités, elle aussi un autre 2 milliards de dollars, dans

laquelle on pourrait piger pour subventionner les promesses des

candidats à la direction ou de nouveaux... de nouvelles promesses

électoralistes du gouvernement de la CAQ. Ce n'est pas acceptable. Donc, les

priorités des Québécois, ce n'est pas qu'il y ait de l'argent ménagé à

l'intérieur du budget pour des fins électoralistes soit des candidats à la

direction, ou soit du gouvernement de la CAQ, ou, ici, je devrais dire de la

CAQ elle-même, c'est qu'on s'occupe de leurs priorités.

ce qui est étonnant... Remarquez aussi à quel point les communications du

gouvernement ont changé sur leur budget.

Il n'y a pas si longtemps, les Québécois vont s'en souvenir, le premier

ministre, main sur le coeur, et ses ministres disaient : Notre

priorité a toujours été et sera toujours l'éducation et la santé. Est-ce que

vous avez entendu beaucoup parler de la

vision du gouvernement de la CAQ pour le prochain exercice financier en ce qui

concerne la santé et l'éducation? Il y a eu d'autres préoccupations

légitimes, et ça, je l'admets, c'est... c'est normal qu'on doive s'adapter à la

situation, mais c'est encore cette vision

qui manque, parce qu'une vision, ça ne peut pas juste être sur une année. Si on

dit que c'est l'éducation et la santé, c'est à long terme. Et, de fait,

ce sont les principales préoccupations des Québécois. Comment ça se fait

qu'encore une fois les préoccupations principales changent selon là où le vent

a l'air d'aller, pour des raisons électoralistes ou selon ce qui se passe dans

la course à la direction? Je trouve ça très dommage qu'on ne soit pas capable, au sein de ce gouvernement, de s'en tenir

à ce qu'il a indiqué que seraient ses priorités à long terme. Ce n'est pas

le cas dans ce budget-là.

En matière, donc,

d'accès à un logement abordable ou à un logement social, presque rien. En

matière d'accès à la propriété, rien. Encore

une fois, on se retrouve dans cette situation où la prochaine génération de

jeunes Québécoises et Québécois pourrait être la première génération,

depuis la Révolution tranquille, qui a moins accès à la propriété que la génération précédente. Il n'y a rien dans le

budget là-dessus. Et, je le mentionnais tout à l'heure, ce qui est intéressant,

c'est que les candidats à la direction en parlent, mais il n'y a pas d'espace

dans le budget pour mettre en oeuvre une telle vision.

Le coût du panier

d'épicerie, sur le fait que c'est dur, actuellement, pour des Québécoises et

des Québécois qui doivent se priver de certains aliments, qu'il y a des enfants

qui arrivent à l'école le ventre vide, on en parle ici beaucoup, à l'Assemblée

nationale, mais il n'y a rien dans le budget là-dessus.

Le coût de l'essence,

je l'ai mentionné tout à l'heure, ça coûte cher, pas de solution. On dit que ce

qui se passe actuellement, c'est dépendant

de la guerre en Iran et du blocage du détroit d'Ormuz, et l'hypothèse du budget

du Québec, c'est que ça va durer six

semaines. Ça... Honnêtement, ça paraît déconnecté de la situation sur le

terrain, parce qu'on voit poindre déjà des indications assez claires à

l'effet que le conflit pourrait durer plus longtemps, et il pourrait y avoir un

impact sur le coût à la pompe de l'essence

plus longtemps. Néanmoins, je comprends qu'il faut faire des... des évaluations

de l'impact d'un contexte géopolitique sur lequel on a peu de contrôle, mais on

a du contrôle, par contre, sur ce qu'on fait avec la taxe sur le carburant,

avec la TVQ qui est toujours facturée sur le prix de l'essence, incluant la

taxe sur le carburant. Donc, il y a une taxe

sur la taxe, et aucune mesure là-dessus, donc, dans le budget. On continue, de

la part du gouvernement de la CAQ, à accepter l'écart inéquitable qui a été

créé à la suite de la décision électoraliste de Mark Carney, alors qu'on

aurait pu agir. Et, nous, au Parti québécois, ça fait longtemps qu'on dit qu'il

faut le faire.

J'aimerais

aborder quelques questions un peu plus... un peu plus précises, notamment en

relations internationales. Il y avait, la semaine dernière, une

délégation d'organisations de coopération internationale qui était ici pour

déplorer le fait qu'il y a eu des coupures

au budget en coopération internationale. Nous y étions, les trois partis

d'opposition, pour être en dialogue

avec ces organisations-là. Et elles déplorent, notamment, le fait que le

gouvernement a mis fin ou refuse d'honorer des contrats qui sont en

cours d'exécution. Alors, imaginez, on a octroyé, à la suite d'un appel à

propositions, des... du financement à des organisations qui ont déposé des

propositions de projet, qui ont signé elles-mêmes, des organisations

québécoises qui ont signé elles-mêmes des contrats avec des partenaires un peu

partout dans le monde, et le ministre des

Relations internationales a annoncé, en cours d'exécution, qu'il mettait fin à

ces contrats-là puis que les versements

à venir ne seraient pas effectués, ce qui a obligé les organisations

québécoises à se tourner vers leurs partenaires dans des pays où la situation

est très difficile, où on parle d'aider des personnes parmi les plus

vulnérables sur la planète, de

dire : Bien, c'est terminé, vous aviez des projets en cours sur le terrain

en Afrique, en Amérique latine, dans les Caraïbes, c'est terminé.

Le dernier

gouvernement qui a proposé... qui a... qui a procédé de cette façon, c'est

celui de Donald Trump, aux États-Unis, quand il a coupé de manière immédiate

les contrats en cours, donc, de l'agence de développement des États-Unis.

Ce n'est pas un modèle à suivre. C'est une façon de faire qui a été vertement

critiquée à l'échelle internationale. Et

ça, ce n'est pas bon pour la réputation internationale du Québec. Non seulement

le gouvernement... Non seulement le ministre

refuse la demande des partis d'opposition de revenir sur cette décision

malavisée et de laisser les contrats en cours se continuer, mais, en plus, il effectue des baisses importantes des

budgets de programmes en relations internationales. Donc, le portefeuille des

Relations internationales diminue de manière très importante, donc, dans les

principaux programmes... en fait, dans tous les continents. Et ça, ça arrive

alors qu'on parle de l'importance pour le Québec de continuer à s'ouvrir

au monde, de diversifier ses exportations,

d'accompagner nos PME dans des nouveaux marchés. Ça, c'est sur le plan

économique, mais ça, ça s'accompagne d'une diplomatie d'influence et de

la coopération internationale, qui doivent continuer.

Nous,

au Parti québécois, on a déjà annoncé qu'on avait une... une vision

très ambitieuse, qu'on voulait augmenter le nombre de représentations

officielles du Québec à l'étranger pour ces raisons-là, parce qu'il y a

tellement de facteurs géopolitiques internationaux qui influencent la vie des

Québécois au jour le jour, des montants dont on dispose pour nos programmes ici en santé, en éducation, qu'il

faut être présents à l'échelle internationale. Ça passe d'abord et avant tout

par l'indépendance du Québec, mais, pour l'instant, de diminuer ainsi les

ressources en relations internationales, ce n'est même pas logique avec ce que

le ministre des Finances lui-même a utilisé comme excuse pour justifier la

posture difficile des finances publiques. Il

a dit : C'est des facteurs géopolitiques internationaux. Bien, il faut

être à la table où ça se décide pour avoir un impact puis pour protéger

les intérêts des Québécois. Donc, on va, bien sûr, avoir des questions

là-dessus sur les crédits.

Capitale-Nationale.

Il faut... Bon, je suis le député de Jean-Talon. Il faut aussi revenir sur le budget accordé pour

les projets d'infrastructure dans la Capitale-Nationale. Il faut revenir à

l'année dernière. L'année dernière, il y a beaucoup

de projets qui ont été mis sur la glace : les phases subséquentes des

travaux à la tête des ponts — c'est

dans ma circonscription — des

échangeurs dans la couronne nord de Québec, des travaux sur les voies réservées

pour le transport en commun sur la Rive-Sud, sur la Rive-Nord. Tout ça a

été mis sur la glace. Le garage pour les autobus du Réseau de transport de la Capitale, ça a été mis sur la glace. Et tout est centré

une nouvelle fois sur la lubie, sur la fumisterie politique qu'est le troisième

lien, qui continue à occuper ce gouvernement qui nous a démontré à quel point

les infrastructures, ce n'est plus

géré en fonction du Plan québécois

des infrastructures mais en fonction

d'intérêts électoralistes, parce qu'imaginez, même ce projet, même cette lubie électoraliste dont tout le monde sait

que ça ne se réalisera pas, il a fallu qu'on le mette sur la glace, le temps que se règle la course à la

direction de la CAQ, parce qu'il va falloir savoir si c'est le député de Lévis ou

la députée de Sanguinet qui va mettre en... en oeuvre une nouvelle... en

tout cas, qui va promettre une nouvelle mouture du troisième lien. Donc,

malheureusement, pour la Capitale-Nationale, c'est toujours le même manque de

vision.

budget santé mentale. Le budget prévoit des sommes pour la santé mentale en

première ligne, et c'est dit, en toutes lettres, que l'important, c'est

de s'assurer que les ressources soient là où on en a besoin, dans les

communautés, et qu'elles soient bien

réparties dans les communautés. Bien, moi, je suis dans la Capitale-Nationale,

et, dans la... dans la Capitale-Nationale, dans les deux dernières

années, ce qui a été fait, c'est exactement l'inverse. Il y avait des cliniques

communautaires dont tout le monde saluait le travail en santé mentale qui ont

été fermées, au moins trois dans la région de la Capitale-Nationale, qui ont

été fermées parfois de façon très brusque, parfois de façon intempestive, alors

qu'il y avait des études qui démontraient que, tant sur le plan budgétaire que

sur la qualité des services et sur le fait qu'elles contribuaient à la politique québécoise en santé mentale... Les données

étaient claires, et ces ressources-là ont été coupées. Donc, encore une

fois, un gouvernement qui dit une chose et qui fait le contraire.

Quelques bonnes

nouvelles dans le budget, qu'on a saluées à quelques reprises, et il faut le

dire, Rénoclimat et LogisVert, qui sont remis en oeuvre dans un contexte

d'adaptation aux changements climatiques, notamment pour l'installation de

clapets et la rénovation des fondations dans les zones... dans les zones

inondables, et on a vu que ça peut même

arriver à... dans le centre-ville de Montréal, installation de thermopompes

aussi. C'est bien. Intéressant de noter, dans... en fin de semaine, il y

avait un

article qui disait que les thermopompes, par contre, peuvent causer

beaucoup de désagréments pour les voisins. Donc, à considérer pour le

gouvernement.

Soutien

aux victimes de violence sexuelle, les budgets additionnels en culture pour

soutenir le secteur audiovisuel, retour, confirmation des sorties culturelles

en milieu scolaire, c'est très bien, et, bien sûr, un déficit, pour l'exercice

qui se termine, moindre que prévu, c'est une

bonne nouvelle, puis il faut... il faut le souligner. Donc, c'est... c'est

moindre que prévu, mais ça demeure quand même très important comme

déficit.

Et je reprends un des

titres principaux au lendemain du budget, c'est Le gouvernement de la

CAQ laisse les coffres vides . Donc, on avait un surplus important au moment

de l'arrivée au pouvoir de ce gouvernement. Aujourd'hui, il y a un déficit qui demeure très important et

qui va faire en sorte qu'on... qu'on manque de ressources, compte tenu des

choix budgétaires des huit dernières années de la CAQ, pour répondre aux

besoins des Québécois, qui nous disent, je le

réitère : Inflation, coût de la vie, coût du panier d'épicerie, coût de l'essence,

coût du logement. Et donc ça, c'est le fait qu'on manque de ressources

maintenant pour y répondre, comme par exemple, les organisations

communautaires, qui sont actuellement en

campagne, qui nous disent, c'est le nom de leur campagne : On est à boutte,

on manque de ressources, puis c'est nous, la première ligne, souvent, on

donne des services essentiels puis on n'a pas les moyens pour le faire.

Donc, ça, c'est en

raison, donc, des politiques budgétaires, financières, et du gaspillage de

fonds publics des dernières années du

gouvernement, et aussi d'un gouvernement qui ne tire pas les conclusions sur le

fédéralisme. Huit ans d'échec à essayer d'avoir des gains, y compris des

gains financiers, à l'intérieur du fédéralisme. Aucune des 21 cibles fixées par la CAQ avant son élection en 2018, sur

le fédéralisme, n'a été atteinte, aucune, aucune, dans aucun secteur. Le

ministre des Finances dit : Je n'ai pas assez de transferts en santé, je

n'ai pas assez de transferts en matière d'immigration, je n'ai pas assez

de transferts en infrastructures. C'est lui qui dit ça dans son budget. On

s'entendra que ce n'est pas le plus

souverainiste ici, dans l'Assemblée nationale. C'est pourtant lui qui dit ça.

Bien, la conclusion que ça, c'est... Ça se répète dans tous les

ministères, dans tous les secteurs. Et, tant qu'on n'aura pas récupéré les

90 milliards pour s'occuper nous-mêmes de nos affaires en fonction de nos

priorités, on va toujours vivre avec cette asphyxie qui est créée par le

déséquilibre fiscal à l'intérieur du fédéralisme. Donc, vivement l'indépendance

du Québec.

Et là-dessus, Mme la Présidente, je dépose la

présente motion de grief :

«Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement

de la CAQ pour la présentation d'un budget de nature éphémère, puisqu'il est

basé sur une vision économique reniée par les deux candidats à la direction de

la CAQ aspirants premier ministre dont les promesses respectives ne cadrent pas

dans ce budget; et

«Qu'elle déplore que le budget prévoie par

contre un fonds politique partisan de 250 M$ par année pour un total de 1,25 G$ qui pourra être utilisé à la

discrétion du député de Lévis ou de la députée de Sanguinet, selon la personne

que les membres de la CAQ choisiront comme chef.»

Merci, Mme la Présidente.

Présidente : Et je

vous remercie, M. le député de Jean-Talon. Et je vous rappelle que votre

motion, elle est déposée, toujours, sous réserve de sa recevabilité.

Maintenant, avant de poursuivre le présent

débat, je vous rappelle que le discours sur le budget et le débat qui s'ensuit durent au plus 25 heures et se

déroulent en trois étapes : une première étape de

13 h 30 min ici, à l'Assemblée nationale, une deuxième étape de 10 heures à la Commission des finances publiques et une troisième étape de

1 h 30 min à l'Assemblée. Cette dernière étape comprend une intervention de 30 minutes du

représentant de l'opposition officielle et une réplique d'une heure du

ministre des Finances.

Je vous avise

de la répartition du temps pour la durée de cette première étape :

5 h 52 min 30 s sont allouées au groupe parlementaire

formant le gouvernement, incluant le discours du budget,

3 h 7 min 30 s sont allouées au groupe

parlementaire formant l'opposition officielle, incluant les commentaires de son

porte-parole qui ont eu lieu le 18 mars dernier

et son discours d'aujourd'hui, 1 h 56 min 15 s sont

allouées au deuxième groupe d'opposition, incluant les commentaires de

sa porte-parole qui ont eu lieu le 18 mars dernier et son discours d'aujourd'hui,

1 h 18 min 45 s sont allouées

au troisième groupe d'opposition, incluant les commentaires du chef du

troisième groupe d'opposition qui ont eu

lieu le mardi... pardon, le 18 mars dernier et le discours de son

représentant d'aujourd'hui, 7 min 30 s sont allouées à

chacun des députés indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non

utilisé par les députés indépendants ou par l'un

des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires

selon les proportions établies précédemment. Mis à

part ces consignes,

les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps. Enfin, je

rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours du

débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la

présidence.

Et, pour la suite de notre débat, je souhaite...

je cède maintenant la parole à la députée de Saint-François.

Mme Hébert : Merci,

Mme la Présidente. Alors, je vais commencer par les salutations à mes collègues

qui sont présentement ici, en Chambre, les oppositions aussi.

Vous savez, avec, cet automne, le remaniement

ministériel, bien, j'ai été nommée adjointe parlementaire du ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises. Donc, vous allez comprendre que c'est sur ce

sujet, sur l'économie, que je vais présenter, je dirais, le budget,

justement, qui est responsable, mais présenter ce qui est au coeur de notre économie, les petites et moyennes

entreprises, qui donnent le ton, particulièrement dans nos régions. Elles

ne sont pas seulement des acteurs économiques parmi d'autres, elles constituent

un pilier structurant de notre capacité à faire face aux chocs, à innover et à

assurer une certaine indépendance économique au Québec. J'ai pu, d'ailleurs, le

constater encore plus lors de tournées effectuées dans différentes régions du

Québec avec le ministre, naturellement, délégué à l'Économie dès l'automne

dernier jusqu'à tout récemment. On a été dans la région de Portneuf, on a été

dans Lanaudière. On est allés aussi chez moi, en Estrie.

Alors, vous savez, Mme la Présidente, la

présence de nos PME est enracinée dans leur territoire, et ça, bien, ça permet

de répondre concrètement aux besoins de la population et à la fois générer des

retombées directes et durables. Ces entreprises,

bien, elles façonnent le quotidien de nos communautés. Elles créent des emplois

de proximité, stimulent les réseaux d'approvisionnement locaux et

participent activement à l'essor de nos milieux de vie. L'influence des PME dépasse largement le cadre économique. Elles

contribuent à maintenir les régions vivantes, attractives et dynamiques. Elles

favorisent aussi un développement équilibré sur l'ensemble du

territoire.

Et là, Mme la Présidente, j'ai en tête une belle

entreprise dans Saint-François, chez moi, une entreprise qui est installée dans une petite communauté, municipalité,

on l'appelle l'entreprise Champeau, elle est à Saint-Malo. C'est un chef de

file nord-américain dans la fabrication de composantes de bois franc. Qui

n'aime pas le baseball au Québec, hein? Tout le monde pense aux Expos. Le

billard, les instruments de musique. Alors, c'est une image concrète d'une

petite entreprise, mais je dirais moyenne

entreprise, qui est à Saint-Malo, et qui est établie dans la communauté, d'un

peu moins de 600 habitants, et qui a aidé au développement d'une

garderie, qui tient actives plusieurs activités en étant partenaire. Donc, elle assure la vitalité de Saint-Malo. C'est

un exemple parmi tant d'autres dans Saint-François, mais je tenais à le préciser parce que, des fois, c'est par les

exemples qu'on est capables de vraiment partager qu'est-ce que font nos PME

dans nos régions.

Mme la Présidente, dans un environnement marqué

par des mutations rapides, qu'il s'agisse de transformations technologiques, des enjeux liés à la

mondialisation ou à des pressions concurrentielles accrues, leur rôle prend

encore plus d'importance. Les PME

démontrent une capacité d'adaptation remarquable, mais elles doivent aussi

pouvoir compter sur un écosystème qui

reconnaît pleinement leur contribution stratégique. C'est dans l'ADN des

entrepreneurs de se réinventer, de se renouveler, d'innover. J'ai été moi-même

entrepreneure d'une petite entreprise et je sais à quel point que, quand on se

sent bien accompagné, bien outillé, on est capable de franchir, des fois, des

étapes qu'on aurait mis plusieurs années à faire mais qui nous aident à nous

propulser plus rapidement.

Ainsi, soutenir nos

PME, bien, c'est bien plus qu'un choix économique, c'est un levier essentiel

pour assurer notre prospérité à long terme, renforcer notre économie et

consolider la vitalité de toutes les régions du Québec.

L'économie québécoise

s'adapte progressivement à la nouvelle réalité commerciale. Cette adaptation

s'impose avant tout en raison d'un environnement économique devenu plus

instable et imprévisible. Les perturbations récentes, qu'il s'agisse des tensions commerciales internationales, des ruptures

dans les chaînes d'approvisionnement ou des transformations technologiques accélérées, ont mis en évidence la

vulnérabilité de modèles économiques trop dépendants de quelques marchés ou fournisseurs. À cela

s'ajoutent des exigences croissantes en matière de compétitivité, de transition

énergétique, de productivité, qui

obligent les entreprises à se repositionner rapidement. Pour le Québec, bien,

il ne s'agit donc pas seulement de s'ajuster, mais de préserver sa

capacité à croître, à attirer les investissements et à maintenir des emplois de

qualité dans un contexte où la concurrence mondiale est de plus en plus vive.

La Présidente :

Et, Mme la députée, compte tenu de l'heure, je dois vous interrompre, mais je

vais vous demander : Avez-vous

l'intention de poursuivre plus tard cet après-midi votre allocution? Oui?

Parfait. Parfait. Nous le prenons en note.

Alors,

compte tenu de l'heure — il

est midi — et

afin de permettre la tenue des affaires courantes, cet après-midi, le présent débat est ajourné, les travaux sont

suspendus jusqu'à 13 h 40. On se retrouve un peu plus tard. Merci,

tout le monde, pour votre attention.

(Suspension de la séance à

12 heures)

Le Vice-Président

(M. Benjamin) : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Nous allons

reprendre nos travaux. Je vous invite à prendre place, collègues.

Nous

sommes à la rubrique Déclaration des députés. Et, sans plus tarder, je

reconnais M. le député de Marquette.

M. Ciccone : Merci, M. le Président. J'aimerais souligner et féliciter l'organisme

Cumulus pour son 30e anniversaire. Depuis 1995, c'est plus de

15 000 personnes qui ont bénéficié de leurs précieux services en

prévention de toxicomanie.

Cumulus

préconise l'empathie, l'ouverture et le respect dans leurs interventions auprès

de la clientèle. De plus, une approche globale qui place l'individu au

centre de l'intervention et qui mise sur une gestion pratique pour chacun est

privilégiée. L'individu est donc outillé pour trouver ses propres ressources.

Outre les services

d'accompagnement pour les personnes prises avec une dépendance, l'organisme

offre aussi des services aux écoles et aux

organismes, aux intervenants et aux parents dans la grande région

métropolitaine et ailleurs dans la province, mais surtout dans

Marquette.

Bravo

à la directrice Marie-Claude Sauvé, ainsi qu'à tous les intervenants de

l'équipe de Cumulus pour cet important anniversaire. Merci pour votre

grande contribution à toute la collectivité et bonne continuité. Merci, M. le

Président.

Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,

M. le député de Marquette. Et je cède maintenant la parole à M. le

député de Drummond—Bois-Francs.

M. Schneeberger :

Oui. M. le Président, c'est avec fierté que je souligne aujourd'hui

l'excellence d'une entreprise agricole de chez nous. La Ferme Lansi, de

Saint-Albert, s'est classée au troisième rang des troupeaux laitiers les mieux

gérés au Canada et premier au Québec, selon le palmarès annuel Lactanet. Ce

résultat exceptionnel est le fruit d'un travail rigoureux, d'une vision

innovante et d'un profond engagement envers le bien-être animal et la qualité

de production. Comme ancien producteur laitier, je connais très bien les

efforts pour atteindre un tel résultat.

tiens à féliciter chaleureusement toute l'équipe de la Ferme Lansi. Leur

réussite illustre parfaitement le savoir-faire agricole qui fait la réputation

du Centre-du-Québec. Je suis très fier de représenter une communauté où des

entreprises familiales atteignent les plus hauts sommets. Alors, bravo à toute

l'équipe. Et continuez à faire rayonner Saint-Albert à l'échelle nationale.

Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,

M. le député de Drummond—Bois-Francs.

Et la prochaine déclaration revient à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.

M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.

Aujourd'hui, je veux souligner la grande mobilisation nationale des

organismes communautaires de partout au Québec qui a lieu du 23 mars au

2 avril et qui se nomme Le communautaire à boutte.

Dans Saint-Henri—Sainte-Anne,

nous avons la chance de pouvoir compter sur un réseau communautaire fort,

engagé et mobilisé. Plusieurs organismes de nos quartiers participent au

mouvement avec des manifestations locales le

25 mars dans la Petite-Bourgogne, dans Saint-Henri et dans

Pointe-Saint-Charles, ainsi que le 27 mars à Saint-Paul—Émard. Leur mobilisation est un cri du coeur et un

appel à reconnaître enfin à sa juste valeur le travail essentiel des organismes

communautaires qui maintiennent notre filet social à bout de bras, dans

des conditions de travail particulièrement difficiles.

Nous leur apportons tout notre soutien. Nous sommes fiers de voir nos quartiers

se mobiliser avec autant de force et de solidarité.

est temps que le gouvernement reconnaisse pleinement l'apport du milieu

communautaire en lui accordant un financement

à la hauteur de ce qu'il accomplit chaque jour. Nous leurs sommes

reconnaissants pour leur travail essentiel au quotidien. Merci.

Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,

M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Et la prochaine déclaration revient à Mme la députée de

Bonaventure.

Mme Blouin :

Merci beaucoup, M. le Président. Alors, aujourd'hui, je tiens à souligner

le 40e anniversaire du Club Optimiste

de Saint-Godefroi, qui réunit des membres de Hope Town, de Shigawake et,

évidemment, de Saint-Godefroi.

Fondé en 1986 par

Salomon Grenier, cet organisme contribue depuis quatre décennies au mieux-être

des jeunes et de la communauté. Par leur engagement, ses membres soutiennent la

jeunesse, encouragent son développement et transmettent des valeurs d'entraide

et, bien sûr, d'optimisme.

Très actif dans le

milieu, le club organise diverses activités de financement comme des bingos,

des radiothons, des soupers et des soirées musicales.

Alors, au fil des

ans, ce sont près de 200 000 $ qui ont été remis dans la communauté. Ces

sommes permettent d'offrir des activités aux

enfants, de soutenir les jeunes dans leurs projets sportifs, de favoriser

l'initiation à la pêche et d'appuyer plusieurs organismes de la région,

un club qui est avant tout des gens engagés qui font une réelle différence dans

la vie des jeunes et dans la vitalité de la communauté.

Alors, à vous tous,

je vous dis merci pour votre dévouement et votre précieuse contribution à

l'épanouissement de la communauté. Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,

Mme la députée de Bonaventure. Au tour, maintenant, de Mme la députée

des Mille-Îles.

Mme Dufour :

Merci beaucoup, M. le Président. Alors, c'est avec beaucoup de

reconnaissance que je prends la parole aujourd'hui pour souligner le

40e anniversaire du Centre d'écoute de Laval, un organisme vraiment

précieux pour notre communauté.

Fondé

en 1986, le centre d'écoute offre un service empathique, confidentiel et

gratuit 24 heures sur 24 à tous ceux qui ressentent le besoin de se

confier.

J'ai eu l'occasion

d'aller à leur rencontre et de constater l'importance de cette ressource,

particulièrement dans un contexte où la

santé mentale des Québécois se détériore et où les besoins de soutien ne

cessent d'augmenter, notamment chez

les jeunes. Chaque année, près de 8 500 appels sont pris en charge.

Chaque moment d'écoute constitue une intervention essentielle pour

briser l'isolement, prévenir la détresse et même sauver des vies.

tiens à saluer l'engagement des équipes et des bénévoles qui, depuis

40 ans, font une réelle différence dans la

vie de milliers de Lavallois. Félicitations pour ces 40 années d'écoute et

de solidarité! Que votre mission se poursuive encore longtemps.

Le Vice-Président

(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée des Mille-Îles. Et je cède

maintenant la parole à M. l

Document details

CollectionQuebec — Debates (Hansard)
Citation2026-03-24
Typehansard
Volume / chapterfr travaux-parlementaires assemblee-nationale 43-2 journal-debats 20260324 430741
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier36e3328344670dc6f002f67e6662d7e331e68998

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