House Proceedings — 26 March 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-03-26
Quebec — Debates (Hansard)
Polo : Merci. Merci beaucoup, M. le Président. Dimanche dernier, j'ai eu l'occasion
de participer au match d'improvisation
au profit du Relais communautaire de
Laval. J'aimerais saluer la participation de la troupe d'improvisation de la Place des aînés, un centre socioculturel et
sportif pour les 50 ans et plus. Fait important à noter, que c'est la
seule ligue d'improvisation des aînés au Québec. J'ai été admirablement
surpris par la qualité des prestations et par l'esprit de solidarité des bénévoles présents. En acceptant de me prêter
également au jeu, j'ai moi-même découvert cette discipline. Je suis très content d'avoir pris part à cette
activité ludique au profit d'un organisme très actif dans ma circonscription
de Laval-des-Rapides.
Je félicite donc l'ensemble des participants.
Bravo et merci à toutes et à tous! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Laval-des-Rapides. Mme la députée de Mirabel, à vous la parole.
D'Amours : M. le Président, ici, devant cette Chambre, je tiens à
souligner le travail exceptionnel du président sortant de l'association des
fraises et framboises du Québec. M. Michel Sauriol a très largement
contribué à l'essor de son secteur et à la
satisfaction de plus en plus grande chez les consommateurs lorsqu'ils achètent les produits du Québec. Producteur agricole de jour comme de
nuit, M. Sauriol a également trouvé le temps de représenter son secteur
auprès des acteurs publics. Dévoué à
améliorer la situation de sa communauté agricole, il est maintenant reconnu
comme un homme de convictions qui a su être à l'écoute de ses membres.
Pour
toutes ces années de dévouement, en mon nom personnel et au nom des producteurs
agricoles de fraises et de framboises
de Mirabel et du Québec, je le remercie et je lui souhaite bonne chance dans
tous ses prochains projets. Je te salue, Michel. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Mirabel. M. le député de Côte-du-Sud, à vous la parole.
Morin : Merci, M. le Président. J'aimerais souligner
aujourd'hui l'excellence d'une entreprise établie depuis plus de 30 années à Cap-Saint-Ignace, Paber
Aluminium. Cette entreprise familiale oeuvrant dans le secteur du montage
en aluminium est un leader incontesté dans
son domaine à travers le monde. La reconnaissance de leur savoir-faire les
classe parmi les 35 finalistes des
prestigieux prix Mercuriades qui seront remis lors d'un gala organisé par la
Fédération des chambres de commerce du
Québec le 16 avril prochain à Montréal. C'est dans la catégorie
Contribution au développement économique régional que Paber Aluminium se
retrouve en lice. Leur savoir-faire et leur capacité de repousser les limites de leurs procédés afin de satisfaire les besoins
de leur clientèle internationale justifient grandement les nombreuses
reconnaissances déjà reçues par l'entreprise depuis les dernières années.
La famille Paris et
leur équipe sont une fierté pour la région et ils contribuent grandement à la
faire rayonner. Un grand merci. Et bonne chance pour la suite des choses.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Côte-du-Sud. M. le député de Mercier, je vous cède la parole.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Depuis lundi, les étudiantes et les étudiants ont
choisi démocratiquement d'exprimer
publiquement leur désaccord avec les politiques d'austérité du gouvernement.
Ils souhaitent des politiques environnementales
viables plutôt que l'exploitation accrue des hydrocarbures. Ils demandent un
système d'éducation et des services publics mieux financés. Tout cela
s'appelle la liberté d'expression.
interventions policières vues cette semaine entravent cette liberté
d'expression. La répression violente de la jeunesse est indigne d'une société avancée. L'antiémeute et les gaz
lacrymogènes sont des mesures disproportionnées et très dispendieuses
qui ajoutent plus de désordre et alimentent le climat d'affrontement. Il en va
de même des expulsions et suspensions
d'étudiantes et d'étudiants de l'UQAM punis pour des raisons politiques. Mais
le mouvement étudiant peut compter
sur la solidarité de milliers de gens au Québec, car, pour emprunter les mots
de Steinbeck : «La répression n'a pour effet que d'affermir la
volonté de lutte de ceux...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En terminant.
M. Khadir :
...contre qui elle s'exerce et de cimenter leur solidarité...»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Mercier. M. le député de Montmorency, à vous la parole.
M. Bernier :
Merci. M. le Président, le mercredi 25 mars dernier, Mme Michou Lambert a
reçu le prix pour l'entraide, remis par Son
Excellence le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada. Le
Prix du gouverneur général pour
l'entraide rend hommage aux personnes qui donnent bénévolement de leur temps
pour venir en aide aux autres et créer une nation toujours plus avertie
et bienveillante. Il permet en outre de reconnaître l'action exemplaire de ces
bénévoles dont la compassion et l'empathie témoignent si bien du caractère
national.
Michou Lambert est
une source d'inspiration en matière de bénévolat. Lorsqu'elle s'est retrouvée
mère monoparentale de cinq enfants en 2004,
elle a dû recourir au service de Cuisine collective Beauport. Reconnaissante du
service reçu — donner au suivant — elle a décidé de s'impliquer auprès de
l'organisme et de participer à ses activités afin d'améliorer la vie dans sa communauté, ce qu'elle fait depuis
maintenant plus de huit ans. Elle fait
partie du conseil d'administration de l'organisme et siège à
d'autres comités tout en apportant un support continu aux autres groupes de
cuisine. Son oreille attentive et ses bras
accueillants font de Mme Lambert une personne essentielle à la réussite de
Cuisine collective Beauport. Je la salue, elle est ici présente. Merci
beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Montmorency. M. le député de Blainville, à vous la parole.
Laframboise : M. le Président, il me fait plaisir, aujourd'hui, de
souligner les exploits sportifs du club Swag, de Bois-des-Filion, qui réunit 18 jeunes filles de huit à 14 ans faisant
partie de l'équipe du gymnase RND Elite Allstars, de Bois-des-Filion,
qui se spécialise, depuis 11 ans, dans la formation de jeunes athlètes et qui
compte pas moins de 30 équipes de cheerleading
de tous âges. L'ouverture du club s'est faite, en août 2010, avec un
premier «cheer gym» exclusivement
réservé à la pratique du cheerleading. Au fil du temps, ce sont plus de 350
athlètes qui se sont démarquées.
Ainsi, le 24 janvier dernier, le club Swag a remporté la compétition
Cheersport, qui se tenait à Buffalo,
une première canadienne, se qualifiant ainsi pour la compétition Summit
et qui mettra en scène plus de 500 équipes de cheerleading à Orlando, en
Floride. Cette compétition est un peu la coupe Stanley du cheerleading mondial.
tant que député de Blainville, je
veux donc profiter de cette tribune pour leur mentionner que nous sommes
tous très fiers de leur exploit. Aux
entraîneurs et aux parents qui soutiennent ces jeunes athlètes féminines, je
veux les remercier pour leur soutien
et de transmettre cette passion de bouger, d'être actif et de s'adonner à une
activité physique. Bonne chance à toute l'équipe.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Blainville. Mme la députée de Gatineau, à vous la parole.
Vallée : Alors, M. le Président, hier se déroulait la 13e
cérémonie de remise du Prix de l'Office de la protection du consommateur, et j'ai eu l'honneur de remettre
cette distinction à Me Pierre-Claude Lafond. Avocat spécialisé en droit de
la consommation, professeur, pédagogue,
chercheur, auteur; tant de chapeaux que Me Lafond porte, gardant toujours en
tête la volonté de promouvoir une
justice de qualité qui soit accessible à tous. Me Lafond a choisi de faire ses
études en droit pour faire du droit de la consommation. C'est une
passion qu'il nourrit depuis toujours et qu'il a communiquée à de nombreux
étudiants puisqu'il enseigne le droit de la consommation depuis 31 ans. Sa
renommée s'étend également à l'étranger, où il a beaucoup publié et présenté de
nombreuses conférences.
suis convaincue que l'oeuvre de Me Lafond continuera d'entraîner de positives
répercussions dans l'avenir et qu'elle
contribuera à rendre notre justice toujours plus accessible. Au nom de la
population du Québec, de mes collègues parlementaires et à
titre de
ministre de la Justice, je tiens encore une fois à féliciter le lauréat du Prix
de l'Office de la protection du consommateur 2015...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En terminant.
Mme Vallée :
...Me Pierre-Claude Lafond.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la députée de Gatineau. Enfin, M. le député de Rosemont,
pour votre déclaration.
Lisée : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de souligner
les 20 ans de l'organisme J'me fais une place en garderie. Cet organisme, situé dans Rosemont, soutient, depuis 1994,
les familles montréalaises vivant avec un enfant aux prises avec une déficience motrice dans leurs démarches d'intégration
au sein des services de garde. Je salue l'engagement remarquable et
inspirant de l'organisme, qui bénéficie des efforts et de la mobilisation des
parents de l'Association de la paralysie cérébrale du Québec, à Montréal.
L'Office des
personnes handicapées du Québec a d'ailleurs remis son prix À part entière,
dans la catégorie Organismes sans but lucratif,
à J'me fais une place cette année. J'étais heureux de pouvoir remettre ce prix.
Je tiens à réitérer toute mon admiration aux artisans qui oeuvrent au
sein de cet organisme, plus particulièrement à sa coordonnatrice, Mme Christine
Duquette, et je leur souhaite au moins 20 autres années de succès.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Rosemont, pour cette déclaration. Voilà qui met un terme à la
rubrique Déclarations de députés.
Je suspends les
travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 57)
Le Président :
Mmes, MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Alors, M. le Président, permettez-moi de vous transmettre un message de Son Honneur le lieutenant-gouverneur
du Québec, signé de sa main.
Le Président :
Oh! Mmes, MM. les députés, veuillez vous lever.
J'ai vérifié, et
c'est effectivement signé de sa main. Bon, alors je dépose ce document.
Président : Il faut
que je lise le texte? Bon, bien, il faut que je lise le texte. Alors :
«Message à l'Assemblée
nationale.
«Conformément
aux dispositions de l'article 54 de la Loi constitutionnelle de 1867, je
transmets et recommande à la considération de l'Assemblée nationale les
crédits pour l'année financière se terminant le 31 mars 2016.»
Et c'est signé de la
main du lieutenant-gouverneur.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir. M. le président du Conseil du trésor.
Coiteux : Alors, M. le Président, pour donner suite au message du
lieutenant-gouverneur, qu'il me soit permis de déposer les crédits budgétaires pour l'année financière se terminant
le 31 mars 2016 et les documents qui les accompagnent.
Président : Ces documents sont déposés. Et bientôt on aura
peut-être une clé USB pour les déposer, bientôt, si tout le monde
s'entend pour qu'on en ait. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Le pire, M. le Président, c'est que je pense que personne n'est contre.
Le Président : Je le sais.
M. Fournier :
Tout le monde est pour. Alors, peut-être, ça va être l'année prochaine.
Conformément aux dispositions de
l'article 280 de notre règlement, je fais motion pour déférer les crédits budgétaires 2015-2016 en commission plénière afin
que l'Assemblée étudie et adopte le quart des crédits, M. le Président.
Le Président : Alors, cette
motion est-elle adoptée?
Le Président : Adopté.
Dépôt de documents. M. le leader du
gouvernement.
Fournier : Il me fait plaisir de déposer les réponses du
gouvernement aux pétitions présentées par la députée de Gouin et le
député de Mégantic le 12 février 2015 et par le député de Rousseau le
25 février 2015.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de
l'économie et du travail et député de Bertrand.
Cousineau :
Alors, M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de l'économie et
du travail qui, les 19, 24 et 25 mars 2015, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 34, Loi modifiant la
Loi sur les
régimes complémentaires de retraite
relativement au financement et à la restructuration de certains régimes de
retraite interentreprises. La commission a adopté le texte du projet de
loi avec des amendements.
Président : Alors, ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission de la santé et des services sociaux et député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission de la santé et
des services sociaux qui, les 24, 25
et 26 février ainsi que les 17, 18, 19 et 25 mars 2015, a tenu des
auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de
procréation assistée.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à Mme la députée de
Taillon.
Lamarre : Merci beaucoup, M. le Président. Hier, dans le dossier des
interruptions volontaires de grossesse, le ministre a changé sa version des faits au moins trois fois au cours
de la journée. Il faut croire que ce n'était pas si clair que ça. Trois fois, tout en trouvant le moyen de
blâmer et de discréditer les femmes et les professionnels qui oeuvrent auprès des femmes en besoin dans les cliniques de
planning familial depuis des dizaines d'années. Les femmes du Québec ont besoin de plus de garanties de sa part. Que ce
soit 504, 1 008 ou tout autre chiffre, le ministre ne doit pas restreindre,
de quelque façon que ce soit, le nombre d'avortements qui peut être réalisé.
S'il en est convaincu, il doit
faire plus que nous répéter que l'accès à l'avortement sera maintenu, il doit retirer les quotas. Le ministre va-t-il, oui ou
non, retirer de son projet de règlement les quotas sur le nombre
d'avortements?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, je pense que je me suis exprimé très clairement hier sur
l'intention de notre gouvernement, et
particulièrement la mienne, de ne pas toucher à l'accès aux interruptions
volontaires de grossesse chez les femmes du Québec.
Ceci
dit, M. le Président, je tiens à informer la Chambre ici présente de la
situation suivante, qui s'est déroulée en septembre 2013, M. le Président. Le 12 septembre 2013
était envoyé par le député... le ministre de la Santé de l'époque, du Parti québécois, un plan d'action pour la
dispensation des services des interruptions volontaires de grossesse dans la
grande région de Montréal, c'est-à-dire
Montréal, la Montérégie, Laval et Lanaudière, dans lequel on prévoyait, M. le
Président, pour les cliniques privées de la
grande région de Montréal, de faire passer le nombre d'avortements de
7 868 à zéro, M. le Président, d'ici le 31 mars 2014.
Parti québécois, M. le Président, à ce moment-là, a choisi d'enlever le choix
aux patientes d'avoir accès à cette procédure-là
pour... elles ont voulu se battre pour l'avoir et qu'elles ont eue. Le Parti
québécois a clairement manqué de respect...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...envers les femmes du Québec dans le dossier de l'avortement, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, les changements auxquels le ministre fait allusion,
c'était pour permettre aux avortements d'être remboursés au public,
d'aller au public et non pas au privé.
Alors,
pourquoi ne pas écrire, alors, noir sur blanc, dans son projet de règlement
aujourd'hui... Si c'est si clair que
ça, on est tous d'accord, il n'y a qu'une chose à faire ce matin : Le
ministre va-t-il retirer, oui ou non, de son projet de règlement, toute
forme de quota sur le nombre d'avortements? Il n'a qu'à répondre trois lettres.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, j'ai clairement expliqué hier qu'il n'y avait aucun quota
restrictif à l'accès à l'avortement.
11 septembre, l'équipe ministérielle du ministre de l'époque lui disait
ceci : «Lorsqu'ils seront informés, les médecins des cliniques privées de Montréal risquent d'exprimer haut et
fort leur mécontentement. Ils feront sûrement valoir qu'il faut respecter le droit des femmes de choisir le lieu où
elles désirent recevoir le service.» Le ministre en a fait fi et a
décidé d'aller de l'avant et de leur enlever ce choix, M. le Président.
l'ai rappelé hier et je le rappelle encore aujourd'hui, les femmes du Québec se
sont battues pour avoir accès à l'avortement, elles se sont battues pour
avoir accès à l'avortement dans un endroit qui leur sied, et c'est le...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...cas, et ce sera maintenu, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre :
Le ministre fait diversion. Alors, au lieu de rabrouer ceux qui soulignent les
risques et les lacunes de son projet de
règlement, il doit retirer toute référence aux quotas sur le nombre
d'avortements et nous donner le temps d'étudier les changements
nécessaires.
Va-t-il,
oui ou non, déposer les règlements clairs avant le début de l'étude détaillée
du projet de loi n° 20? C'est la seule façon qu'on aura d'avoir les
garanties annoncées.
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je rappelle à la députée de Taillon et à
la députation du Parti québécois que le quota de 504, qui est maintenant élevé, faisait en sorte qu'un seul médecin au
Québec était touché par ledit quota, parce qu'ils en font tous moins de
500, M. le Président.
Ceci dit, pour
illustrer l'ampleur de l'attaque frontale que le Parti québécois avait décidé
de faire contre les femmes du Québec, bien,
je l'illustrerai en disant, M. le Président, que la Clinique Morgentaler était
visée et que, si le Parti québécois
était allé de l'avant avec ça, elle
aurait dû cesser ses activités d'avortement. C'est ça, ce que le Parti québécois voulait faire.
Et je paraphraserai
le chef de l'opposition officielle...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...qui dit que le
respect passe par la transparence. Qui a entendu parler de ce projet-là, M. le Président...
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Merci, M. le Président. Quand nous faisons le décompte des
grands succès du Québec sur la scène internationale,
quand nous nommons les artistes et les entreprises du Québec qui sont notre
carte de visite dans le monde, le
Cirque du Soleil vient assurément dans
le top trois. C'est une vitrine mondiale de notre créativité, un tremplin
offert à nos artistes et nos metteurs
en scène, sans parler de l'impact économique et des milliers d'emplois qu'il
procure ici, au Québec, et dans le monde. Il s'agit d'une des plus
belles réalisations québécoises.
Depuis
des mois, le gouvernement est au courant de l'intention du fondateur du
Cirque du Soleil de se départir d'un
gros bloc de ses actions. Le processus de vente est rendu dans les derniers
kilomètres. Depuis le début, c'est le silence radio du côté du gouvernement.
Alors,
M. le Président, est-ce
que le ministre peut nous indiquer
les solutions qu'il a proposées pour le maintien de la propriété entre des mains québécoises, du Cirque du Soleil? Et propose-t-il des
mesures pour maintenir le siège social
et les 4 000 emplois au Québec et à Montréal?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Daoust :
Alors, M. le Président, hier, le Globe and Mail rapportait que cette
transaction-là, qui est une transaction
privée, était dans son dernier droit, et une des choses qui est importante de
se souvenir, ce qu'on lisait hier, et
je le rapporte tel qu'il est écrit : «It is understood that Mr. Laliberté and
his advisers are seeking commitments from buyers to preserve the
company's Montréal headquarters and its local staff of about 1,600.»
Aujourd'hui, ce
matin, dans une mêlée de presse, M. le Président, le premier ministre, d'une
part, félicitait M. Laliberté pour son
succès, ce que vient de nous évoquer d'ailleurs le député de Saint-Jérôme,
parce que c'est un succès, c'est un
succès planétaire, on en est tous très fiers, et invitait aussi le propriétaire
du Cirque du Soleil à conserver son siège social ici, au Québec. Pourquoi? Parce que c'est ici que c'est né, c'est
ici où la créativité s'est faite, c'est ici où le succès s'est bâti. Et on en appelle à M. Laliberté pour
continuer, dans ce que nous lisions hier dans le journal, continuer de faire
en sorte que le siège social continue d'être au Québec, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : M. le Président, le ministre nous a déjà instruits de son
appréciation envers les entrepreneurs en les caricaturant de rois du
village. Pourtant, le cirque a commencé dans Charlevoix. C'est une des plus
grandes fiertés internationales des
Québécois que le ministre laisse filer à des investisseurs étrangers, avec
toutes les conséquences que cela comporte sur le siège social de
Montréal.
Avec
une telle attitude, a-t-il le jugement pour trouver des solutions et
poursuivre, au Québec, la belle et grande réalisation d'un entrepreneur
québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Daoust : M. le Président, il y a des groupes québécois sérieux qui
sont impliqués dans cette transaction-là et depuis un bon moment, parce que ça fait un bon moment que cette
transaction-là est en marche. Et il faut être capable de se qualifier d'abord pour avoir accès à la
documentation permettant d'être impliqué dans la transaction. Et je peux vous
dire que, depuis un bon moment,
confidentiellement, il y a des Québécois sérieux qui sont au coeur de cette transaction-là,
et on n'a pas attendu quelque téléphone
opportuniste des deux partis d'opposition pour agir dans ce dossier-là, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
Péladeau : Oui, M. le Président. Le ministre nous a souvent dit que ce
n'est pas le rôle de l'État de sauver nos
entreprises. C'est ça, la politique du gouvernement libéral, couper aveuglément
mais ne rien faire pour stimuler nos créneaux
d'excellence, ne rien faire pour stimuler les emplois et de nouveaux revenus
autres que des hausses de taxes.
Entend-il
garder cette même attitude et laisser
filer entre nos doigts cette belle entreprise dont tous les Québécois sont fiers?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Daoust : À la base, un
élément clé pour conserver les sièges sociaux, M. le Président, c'est
d'établir un climat de confiance, un
climat de confiance au Québec, et je
pense que le député de
Saint-Jérôme peut nous aider à contribuer à faire
en sorte que ce climat-là
s'établisse. Je vais lui donner quelques conseils : Baissez le poing, M. le député; changez de ton, M. le député; aimez les immigrants, M. le
député; abandonnez votre projet
d'indépendance, M. le député; créez un climat de confiance, M. le
député.
Le Président :
Mme la leader...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît, au calme! Mme la leader de
l'opposition.
Maltais : La question
portait sur un élément important du patrimoine québécois et de son économie, et ce que nous venons d'entendre est tout simplement insultant. On fait, de
façon détournée... on prête des intentions de façon détournée. Je lui
demande de retirer ses paroles.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, je pense que la question qui était
posée concerne, entre autres, le climat de confiance au Québec. Le
ministre qui avait la parole a établi certains éléments qui contribuent à cette
confiance. Je pense qu'il répondait à la question.
Président : La chose, en tout cas, qui devrait être commencée à
faire en sorte, c'est d'éviter de s'interpeller de... et, lorsqu'on
répond aux questions, de répondre au président.
Est-ce qu'il y a une
autre question principale? M. le député de...
Le Président :
...Marie-Victorin. Merci.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Alors, on apprend ce matin que le P.D.G. démissionnaire
d'Hydro-Québec, M. Thierry
Vandal, va empocher une rente de retraite princière de plus de
450 000 $ par année, qui, en plus, est indexée à vie. Ça, ça veut dire une rente de
760 000 $ par année en 2040, M. le Président, et c'est sans compter
son indemnité de départ de 565 000 $ qui lui sera versée après
le 1er mai.
le Président, mettez-vous maintenant à la place du bon contribuable québécois,
qui se fait dire par le gouvernement
libéral : Les temps sont durs, il faut couper dans l'aide aux devoirs, il
faut couper dans l'aide aux petits déjeuners,
il faut payer plus pour les services de garde; le bon contribuable, qui se fait
dire par les libéraux : Il faut couper partout, chacun doit faire sa part, mais le P.D.G. d'Hydro, lui, empoche
une rente de 450 000 $ par année plus une prime d'un
demi-million.
Il est en maudit, le bon contribuable québécois, puis il attend les explications du
ministre responsable d'Hydro-Québec.
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
premièrement, il faut rappeler au député de Marie-Victorin qu'Hydro-Québec est
une société d'État de
20 000 employés, avec des actifs de plus de 74 milliards de
dollars, et, dans ce contexte, il est normal que les dirigeants d'Hydro-Québec aient des conditions qui soient quand
même attrayantes. Ce sont des conditions qui ont été faites depuis très longtemps. Et je tiens à rappeler encore une
fois la contribution de M. Vandal au fil des années également. Pendant 10 ans, il a oeuvré comme
président, et 10 autres années également comme vice-président, M. le
Président.
Alors, je
pense que ces conditions-là ont été en lien, au fil du temps... des conditions
qui ont été là avec d'autres présidents
d'Hydro-Québec. Ils ont des fonds de pension extrêmement importants en lien
également avec leur salaire et en
lien avec l'importance, M. le Président, de l'entreprise. Alors, je dois vous dire
que, lorsque nous allons embaucher le
nouveau président d'Hydro-Québec, ces conditions-là seront réévaluées, M. le
Président, dans la rigueur nécessaire qu'il faut. Merci, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, le ministre défend la rente, là. Mais comment est-ce qu'ils se
sentent, pensez-vous, les
travailleurs qui ont été touchés par le projet de loi n° 3 récemment,
là, qui étaient loin d'avoir une retraite comme celle de M. Vandal mais qui ont été coupés par les
libéraux, eux autres, par exemple, M. le Président? La rente de Thierry Vandal,
elle est indécente, puis c'est les Québécois
qui la paient, puis on veut savoir ce que vous allez faire, M. le ministre,
pour arrêter cette folie-là. Ça n'a pas de maudit bon sens!
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
c'est drôle. Quand ils étaient au pouvoir, pendant un an et demi, et que le
député de Saint-Jérôme était
président du conseil d'administration, M. le Président, il n'y avait rien
d'indécent à leurs yeux. Alors, j'espère qu'ils ne feront pas de leçon
de morale aujourd'hui sur ces questions-là.
Le salaire du président d'Hydro-Québec,
globalement, doit être un salaire qui est extrêmement intéressant. Tout le monde, au fil des années, a dit que le
salaire du président d'Hydro-Québec, comparé aux salaires de tous les gens
dans les «utilities» de même nature et de
même importance, était un salaire qui était certainement comparable. Alors, je
n'ai pas de leçons à recevoir du Parti québécois sur ces questions-là, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, il admet lui-même que c'est indécent parce qu'il dit qu'il va
renégocier ça avec le prochain. Mais ils n'ont pas attendu le prochain
quand c'était le temps de couper les retraites des travailleurs, là.
Alors, vous
allez faire quoi? Vous allez faire quoi? Vous allez faire quoi, M. le ministre? Parce que, si ça n'a pas d'allure, là, il faut faire quelque
chose. En tout cas, chose certaine, M. le Président, ils se sont trouvé un bon compteur intelligent, à Hydro-Québec,
puis il s'appelle Thierry Vandal. Ça, c'est clair.
Alors, on veut savoir : Vous allez faire
quoi, M. le ministre, si ça n'a pas de bon sens?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le
Président, je me demande si la question
du député de Marie-Victorin n'est pas, en fait, une attaque contre le
député de Saint-Jérôme, qui a exercé les fonctions de président du conseil
d'administration.
Le Président : Mme la leader
de l'opposition.
Maltais : Quand on voudra faire des attaques, on parlera
d'Arthur Porter et de la course au leadership de Raymond Bachand. Là, on
sera dedans.
Le Président : S'il vous
plaît! Veuillez continuer et terminer, M. le ministre.
Arcand : M. le
Président, je terminerai simplement
en vous disant la chose suivante : Je pense que l'opposition, là, actuellement, n'a pas vraiment
de bien bons arguments, M. le Président. Merci.
Président : Principale, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, la ministre de la Famille a déposé, en novembre dernier, le projet de loi n° 27 pour lutter contre le phénomène des places
fantômes dans les garderies. Ce projet de loi est une attaque en règle contre
les parents du Québec, qui sont menacés par des amendes de plusieurs milliers
de dollars. La Coalition avenir Québec a dénoncé
vigoureusement cette réforme. La ministre a finalement entendu raison et s'est
engagée à retirer les sanctions financières aux parents de son projet de
loi.
Depuis,
c'est le silence radio du côté de la ministre, qui ne fait rien pour mettre fin
aux places fantômes dans les garderies.
Par son silence, la ministre nourrit les inquiétudes des parents qui subiront
la modulation des tarifs de garderie. En 2015, notre réseau de garderies
doit s'adapter aux besoins des parents.
le Président, la ministre de la Famille reconnaît-elle que sa réforme est un
échec et que son projet de loi est tabletté?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : Merci, M. le Président. Je remercie ma
collègue de sa question. Ça me permet de rappeler qu'hier on a fait un document de presse pour
annoncer un comité qui va se mettre en place avec les partenaires, puisqu'elle
était avec moi au moment où on a entendu les
partenaires, et ils nous ont dit qu'ils voulaient se rasseoir avec nous, qu'ils
avaient des pistes de solution importantes,
intéressantes et à revoir ensemble, et, de ce fait, nous allons débuter ce
travail incessamment.
projet de loi n° 27 nous a rappelé qu'on avait des gestes importants à
poser, mais une phrase est sortie souvent, M. le Président : Il faut ajuster le système aux parents et non les
parents au système; et c'est sur ça qu'on va travailler avec l'ensemble
de nos partenaires.
Maintenant,
est-ce que le projet de loi est tombé? Surtout non, M. le Président, puisqu'il
contenait plus qu'un sujet, il en
contenait trois, et nous allons poursuivre et travailler pour s'assurer que le
système qu'on a pour les parents et les familles du Québec est le
meilleur qu'on peut avoir.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, la ministre a annoncé hier qu'un groupe de
travail se penchera sur la flexibilité du
réseau des services de garde. Le problème, c'est que la ministre n'a donné à ce
groupe aucun mandat précis, aucun objectif, et on ne sait pas quand il
doit livrer ses recommandations.
Il fallait consulter
le réseau avant de déposer le projet de loi n° 27, pas le contraire. La
ministre de la Famille peut-elle déposer le mandat, les objectifs et
l'échéancier de ce groupe de travail?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le Président, je veux rappeler les gens
avec qui on va siéger, je pense que c'est important de bien les nommer
puisqu'ils ont émis aussi des opinions face à l'invitation qu'on leur a
donnée : l'Association québécoise des centres de la petite enfance, le
Conseil québécois des services de garde, l'association des services...
Charbonneau :
...l'association...
Le Président :
M. le leader de l'opposition...
Caire : 79, M. le Président. On ne demande pas la
nomenclature, on demande le plan, l'échéancier. La question est simple
et la réponse ne s'y rattache pas.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Écoutez, il arrive assez fréquemment que ces articles sont discutés à
l'Assemblée, M. le Président. On sait
très bien que, lorsque la question est posée, elle touche à un ensemble
d'éléments; pas juste le mot juste avant le point d'interrogation, l'ensemble des questions. La question portait sur
les comités, notre collègue était en train d'en parler avant d'être
interrompue, M. le Président. Je crois qu'elle pourrait continuer de répondre
en toute...
Le Président :
Mme la ministre, veuillez continuer, veuillez poursuivre.
Charbonneau : M. le Président, ce n'est pas parce que ma
collègue veut aller vite que je prendrai la même route qu'elle. Il faut
bien informer les gens de comment les choses se passent.
Donc,
je vous disais : le Conseil québécois des services de garde, l'association
des services privés du Québec et le Rassemblement des garderies privées
du Québec. Nous allons commencer par s'asseoir avec eux, voir les gens...
Le Président :
En terminant.
Charbonneau : ...qu'ils veulent inviter et rencontrer, et
puis nous allons avoir un plan de match bien, bien étoffé.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Repentigny.
Lavallée : M. le Président, il faut revoir l'ensemble de la politique
familiale avec tous les intervenants du réseau, comme je le propose
depuis plus de cinq mois. Si la ministre avait procédé à des consultations dès
que je l'ai invitée à le faire, nous n'aurions pas débattu d'un projet de loi
tout croche.
M. le Président, est-ce que la ministre
de la Famille peut lâcher Facebook et s'occuper de la politique
familiale afin qu'elle réponde aux besoins des parents?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
Merci, M. le Président. Non seulement on s'occupe des familles du Québec, mais
on s'occupe des besoins que les enfants ont à l'intérieur des services qu'on a.
est simple de se lever dans cette Chambre et dire qu'il faut revoir l'ensemble,
mais manger tout un éléphant à la fois, c'est assez difficile. Une
cuillère à la fois, et on finit par aller au bout du travail qu'on a à faire.
vous rappelle aussi, M. le Président, que l'Association québécoise des CPE a,
hier, aussi émis un communiqué de presse pour dire qu'ils accueillaient
favorablement l'invitation et qu'ils étaient pour être heureux de travailler à
l'ensemble des projets que nous aurons à établir ensemble.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson :
M. le Président, je reviens avec le Cirque du Soleil. Je pense que le ministre
de l'Économie devrait laisser les
contorsions et les sauts périlleux carpés arrière doubles aux gymnastes et aux
artistes du Cirque du Soleil. Ce que les Québécois attendent du
gouvernement, ce sont des résultats.
Est-ce
que la ministre de la Culture et le ministre de l'Économie peuvent faire preuve
de leadership dans ce dossier et nous garantir qu'ils interviendront
pour que le Cirque du Soleil reste entre les mains d'intérêts québécois?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Daoust : Alors, je reprendrai essentiellement, M. le Président, ce que
je disais tantôt. C'est que, d'une part, le président, le propriétaire du Cirque du Soleil, M. Laliberté, qui est
un grand «success story» québécois, est quelqu'un qui a bien réussi au
Québec, qui a bien réussi grâce aux talents du Québec, qui a bien réussi grâce
à l'équipe qui est à Montréal, et je ne pense pas qu'un investisseur veuille se
départir de ces cartes gagnantes là.
Maintenant, le
président du Cirque du Soleil a dit clairement qu'il voulait garder le siège
social ici. Il en a peut-être fait une
condition à l'intérieur de la négociation. Mais ce que je vous rappelle
simplement, c'est que le premier ministre,
dans une mêlée de presse avant le caucus, tantôt, a justement... a fait appel à
M. Laliberté, après l'avoir félicité, a fait appel à M. Laliberté pour qu'il se souvienne de ses origines, pour
qu'il comprenne que c'est au Québec... puis tout ça a commencé à Baie-Saint-Paul, et qu'il fasse
en sorte que le siège social du Cirque du Soleil demeure chez nous. Et je
suis confiant qu'on va y parvenir, madame. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : M. le Président, voilà
bien des voeux pieux et des voeux de l'esprit, mais le Cirque du Soleil n'est-il pas, pour le gouvernement actuel, avec sa
non-vision économique, une situation extraordinaire et un rendez-vous à ne pas manquer pour se pratiquer à conserver les
entreprises au Québec? N'est-il pas là une bonne occasion pour vous pratiquer? Parce qu'avec la philosophie actuelle
on peut penser que le phénomène va se reproduire avec d'autres types
d'entreprise.
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : M. le Président, le phénomène des sièges sociaux, c'est un
phénomène qui est planétaire. Il y a des acquisitions qui se font et, quand ce sont nos entreprises qui font des
acquisitions, imaginons, par exemple, simplement Couche-Tard, avec les
acquisitions qui ont été faites, on en est très contents. Il arrive à certains
moments où ce sont d'autres organisations qui font l'acquisition de nos
fleurons à nous.
Et, nous, ce
qu'on veut faire, c'est d'abord garder l'activité ici. L'actionnariat est une
chose; l'activité de siège social en
est habituellement une autre. Et ce que je vous dis simplement et ce que j'ai
dit tantôt, c'est qu'il y a des acteurs financiers sérieux du Québec qui
sont impliqués depuis un bon moment dans la transaction. Je ne peux pas vous en
expliquer plus pour le moment.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée d'Iberville.
Samson : M. le Président, est-ce que le ministre a l'intention
d'appuyer et d'accompagner ces investisseurs québécois intéressés dans l'entreprise qu'est le Cirque du Soleil et
dans ses rejetons qu'elle a créés au fil des ans que sont la Tohu et
l'école du cirque?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : Le gouvernement du Québec n'intervient pas dans la négociation actuelle directement, parce
que ce n'est pas son rôle de le
faire, et ce n'est pas l'intention du gouvernement de nationaliser le Cirque du Soleil. Ce que
je dis simplement, c'est que, s'il y a
des intérêts québécois qui veulent reprendre le Cirque du Soleil, il y a
des approches qui ont été faites, il y a
des groupes sérieux qui sont présents dans ce milieu-là actuellement, dans cette négociation-là, et nos meilleurs éléments y sont.
Alors, tout
ce que je peux demander à la députée,
M. le Président, est de la patience dans le dossier. Si ça reste chez nous comme actionnariat, c'est une chose. Si
ça devait quitter, il faudra faire en sorte que le siège social demeure
chez nous, que ce soit un vrai siège social...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : ...avec ses activités de
créativité et toute son activité administrative.
Le Président : M. le... le
député de Berthier, bien oui. M. le député de Berthier, en principale.
M. Villeneuve : M. le
Président, en 2009, Claude Béchard annonçait un financement annuel de
600 millions à La Financière agricole du Québec. Depuis, tous les
ministres de l'Agriculture ont maintenu ce montant.
Or, en
octobre dernier, le ministre actuel a demandé à La Financière agricole de
lui retourner 113 millions, une contribution des agriculteurs à
l'austérité décrite comme exceptionnelle, au dire du ministre.
On découvre
ce matin, M. le Président, dans les livres des crédits, que les coupures du
ministre à La Financière agricole se
sont aggravées. Cette année, c'est une coupure de 151 millions. L'an
passé, le ministre a expliqué ces coupures en déclarant que 2014 avait été une année exceptionnelle. Constater, M.
le Président, c'est une chose; deviner, c'en est une autre. Le ministre joue à la loterie avec l'agriculture. Rien ne justifie de sacrifier l'agriculture sur l'autel de l'austérité toxique libérale, M. le Président.
Cette année, quelle raison donne le ministre
pour justifier une coupure de 151 millions de dollars?
Président : M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président. Dans le cadre de l'atteinte
du déficit zéro, tous les ministères du gouvernement sont mis à contribution. Le ministère
de l'Agriculture est un ministère important, doté d'une enveloppe de près de 1 milliard
de dollars. Le ministère a été mis à contribution pour 113 millions de
dollars l'an passé. Les agriculteurs l'ont fait avec générosité et avec
humilité.
Cette
année, ils sont mis à contribution pour 150 millions de dollars, soit
37 millions de plus. Compte tenu des prix obtenus sur les marchés l'an passé, La Financière agricole n'a
pas été dans l'obligation de couper aucun paiement à aucun producteur
agricole. Si la situation s'avère la même cette année, les budgets qui sont mis
à la disposition de La Financière agricole lui permettront de rencontrer
toutes ses obligations, et nous contribuerons, encore une fois, à l'assainissement
des finances publiques du gouvernement du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, c'est sidérant. J'invite le
ministre à changer de carrière, car c'est remarquable, c'est remarquable
de pouvoir prédire la météo, de pouvoir prédire l'évolution des marchés, M. le
Président...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Arrêtez de vous interpeller l'un et l'autre. M. le député, veuillez continuer.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Le ministre est tellement certain que l'année sera exceptionnelle qu'il
coupe 151 millions dans le budget de La Financière.
ministre peut-il faire preuve de plus de réalisme et rétablir le budget de
La Financière agricole à 600 millions, comme tous ses
prédécesseurs l'ont maintenu, M. le Président?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, M. le Président, je sais que les documents
ont été remis, là, au tout début de
la session. Peut-être que le député de Berthier n'a pas eu le temps de se
rendre à la page 26 du document intitulé Rigueur et responsabilité — Plans annuels de gestion des dépenses des
ministères et organismes . Il retrouvera à cette page que la
contribution additionnelle demandée par le Conseil du trésor est de
37 561 300 $.
ne veux pas, là, lui donner de leçon en agriculture, mais récemment un
journaliste disait de lui — et il m'invite quasiment,
avec ses propos, à citer le journaliste — «a rencontré [le député de Berthier,] un
député frileux et quelque part déconnecté de la réalité du terrain».
Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Berthier.
Villeneuve : M. le Président, coupure... La réalité, là, c'est
une coupure de 151 millions de dollars. Le ministre joue à la loterie. Le ministre s'était basé sur des
faits pour la coupure de l'an passé. Cette année, il joue à la loterie, il
tente de deviner quel sera l'état du marché, quelle sera la météo au
Québec en 2015.
Alors, M. le
Président, j'invite le ministre à faire preuve de leadership, et à défendre le
monde agricole, et à s'assurer que le gouvernement remette les sommes dans
La Financière agricole.
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : M. le Président, comme vous le savez, la dernière
fois que La Financière agricole a fait
un déficit, et je m'en excuse auprès de notre doyen, c'était sous le
gouvernement du Parti québécois. Le président du Conseil du trésor va
s'en souvenir.
Avec
le gouvernement du Parti libéral, non seulement nous avons mieux géré, mais
nous avons dégagé des surplus en
respectant nos engagements avec les producteurs. Ce que nous comptons faire
cette année, c'est de respecter tous nos engagements envers les
agriculteurs, y compris la relève agricole du Québec. Merci, M. le Président.
Le Président : En principale,
M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Triste nouvelle pour des dizaines de travailleurs et des familles de
Saint-Honoré, au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Hier, par voie de communiqué, les travailleurs de la mine Niobec ont appris que
l'entreprise abandonnerait son projet
d'expansion, un projet qui prévoyait plus de 1,6 milliard de dollars
d'investissement, une nouvelle désastreuse, un coup dur pour une région qui a besoin de grands projets créateurs
d'emplois, une autre mauvaise nouvelle pour les régions, qui s'ajoute à la longue liste depuis l'arrivée au pouvoir des
libéraux. Ce sont plus de 70 emplois de qualité qui sont abolis dans la
région, une preuve de plus que l'effet libéral est nocif pour les régions.
Que va faire le ministre de l'Emploi pour ces
travailleurs et ces familles?
Le Président : M. le ministre
délégué aux Mines.
Blanchette : Alors, M. le Président, effectivement, les 70 pertes
d'emploi ne sont jamais des bonnes nouvelles, on s'entend là-dessus. Et, dans le fond, les personnes qui ont perdu
leurs emplois, il faut effectivement les soutenir, et mon collègue de l'Emploi va certainement réagir
par rapport à ça. Par ailleurs, la mine Niobec est en opération depuis 1976, et il y a toujours 410 emplois en
opération présentement. Il y a des durées de projets pour encore 18 ans, donc
ces nouvelles-là sont importantes.
Il y a autre chose que j'ajouterais là-dessus.
Le ferroniobium est un alliage d'importance. Donc, le niobium, c'est toujours
un métal très recherché dans la structure des ponts, et ça, c'est quelque
chose, dans le fond, à soutenir à long terme, et il y a un marché,
effectivement, pour ça. Par ailleurs, la filière minérale, ce n'est pas qu'un
métal, c'est vraiment différents métaux. On
en a 17, métaux différents au Québec, on a 13 minéraux différents au Québec, et
il y a d'excellents succès. Je fais
juste en nommer quelques-uns, des projets de développement. Et c'est d'ailleurs
particulier qu'on n'ait pas entendu
parler de Mine Arnaud, qui sont un projet en développement. Ce n'est pas encore
en opération, mais, avec votre
collègue de Duplessis, on était là, dans les semaines dernières, pour annoncer
ces 330 emplois là. Mais j'insiste, et je termine avec ça...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : Je reviendrai
peut-être en sous-question.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Écoutez, M. le Président, je peux bien entendre la nomenclature du ministre,
là, mais ça ne met pas beaucoup de
pain et de beurre sur la table des 70 personnes qui ont perdu leur emploi dans
cette mine. M. le ministre...
M. le
ministre de l'Emploi, qu'est-ce que vous allez faire concrètement pour ces
travailleurs-là qui ont perdu leur emploi?
Il y a des gens qui ont été expropriés pour ce projet, M. le Président.
Qu'est-ce que le ministre va faire pour ce monde-là dans cette région?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Hamad :
Merci, M. le Président. Je suis d'accord avec le député sur une
partie :
c'est que c'est une mauvaise nouvelle
pour les travailleurs, c'est une mauvaise nouvelle pour leur famille, et nous
sommes très conscients. D'ailleurs, on
n'a pas attendu la question du député pour agir : hier, M. le Président,
nous étions en contact avec l'entreprise pour offrir tous les services pour les employés qui ont perdu leur emploi,
pour les accompagner, pour être avec eux, avec leur famille, M. le Président, dans une période très
difficile. Nous continuons de rester en contact avec l'entreprise. L'entreprise
a des devoirs à faire; ils vont les faire
avec les employés. Nous allons les accompagner. M. le Président, on ne laissera
pas tomber personne au Québec, M. le Président.
Le Président :
Complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
Il y a des familles, effectivement, qui ont perdu leur emploi, mais il reste
que c'est un des plus grands projets privés dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et au Québec. Ce projet-là, tout le
monde comptait dessus pour le développement régional.
vois que la compagnie a lancé la serviette. Est-ce que le premier ministre
entend intervenir auprès de la compagnie pour
faire en sorte que ce projet puisse rester dans les cartons et lui donner, je
vous dirais, une viabilité économique
plus encourageante que celle qui a été exprimée par le dirigeant de la
compagnie quand il a refusé d'aller de l'avant avec ce projet?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien sûr, M. le Président, moi de même, je n'ai pas appris de gaieté de
coeur cette nouvelle qui a bien sûr
frappé notre région. Il faut quand même rappeler qu'il y a d'autres projets
miniers importants qui cheminent : Arianne Phosphate en est un;
Blackrock en est un autre. Il y a d'autres projets également en développement.
faudrait quand même également rappeler au collègue — il le sait très bien — que l'entreprise a basé sa décision sur les prix du minerai ou du métal qu'ils vont
retrouver, là, à Saint-Honoré. Alors, à moins qu'il ne m'indique une façon
d'influer sur les cours du niobium, M. le
Président, ça va être difficile de changer à court terme la décision de
l'entreprise. Cependant, si cette
décision est logique — et on peut croire qu'elle l'est — s'il y avait une hausse nouvelle des taux,
un changement du panorama économique
mondial, on peut soupçonner que ce projet pourrait revenir de l'avant, M. le
Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Chauveau.
Deltell : Merci, M. le Président. M. le
Président, si, par malheur, il y a
des mines qui ferment, il y en a d'autres qui peuvent ouvrir. Une des meilleures façons de créer de la richesse,
c'est de développer de façon intelligente le plein potentiel minier du Québec.
Nous sommes tous d'accord avec ça.
M. le Président, il y
a actuellement au Québec un projet qui est sur la table et qui attend
l'autorisation du gouvernement. Il s'agit du
projet Royal Nickel Corporation, qui est dans le secteur d'Amos. Ce projet-là, M. le Président, c'est 1,5 milliard
d'investissement, 1 300 emplois pour la construction, pendant 30 ans, 500
emplois à temps plein. Bref, une
vraie mine... je dirais d'or, mais une vraie mine de nickel. Or, M. le Président, depuis le 25 septembre dernier, l'entreprise a obtenu
l'autorisation du BAPE. Ça fait six mois. Ce que l'entreprise attend, c'est
l'autorisation du gouvernement.
M. le Président, pourquoi le gouvernement ne donne pas son O.K. pour permettre à cette
entreprise de créer des centaines d'emplois dont le Québec a tant
besoin?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Mines.
Blanchette : Écoutez,
c'est tout à fait légitime, ce projet-là, il est sérieux, il tient
la route, on attend des nouvelles. Il
nous reste encore un détail très technique à régler, que je ne nommerai pas
ici, en Assemblée. Mais essentiellement ce projet-là est sur la bonne voie.
d'ailleurs je fais juste remarquer... et je suis content que la question vienne
de la CAQ puisque les gens chez nous
ont passé à travers toute la plateforme économique de la CAQ, et nulle part est
fait mention mines, filiales minérales, stratégie minérale... en aucun...
d'un couvercle à l'autre. Donc, je trouve ça intéressant qu'on s'intéresse à la
mine.
je profite de l'occasion également pour dire que la diversification économique est
d'actualité. On a le projet, comme le
premier ministre mentionnait, Stornoway, dans le diamant;
Agnico-Eagle et Goldcorp, qui vont très bien, c'est dans l'or; Quest et
Matamec, des projets pour les terres rares; Mine Arnaud, Arianne Phosphate,
dans l'apatite; et je pourrais en nommer
plusieurs. Il y aura des emplois de créés dans les mines, dans l'industrie
minérale. Puis il ne faut pas juste
s'attarder aux projets qui ferment. Il y en a, des projets en potentiel, en
développement, et Royal Nickel est un de ceux-là, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député Chauveau.
Deltell : M. le Président, j'invite le ministre à la prudence parce que, malheureusement, l'industrie minière n'est vraiment
pas satisfaite du travail du gouvernement actuel. Encore récemment,
l'association d'exploration disait que
c'est un ministère qui travaille
davantage en opposition avec les mines. C'est l'association qui disait ça ici,
à cette Assemblée.
M. le Président, la situation des mines est inquiétante pour le Québec.
En 2012, il y avait 5 milliards d'investissement. L'année dernière, c'est 3 milliards,
40 % de pertes au Québec. Il y a un projet qui attend. Cette entreprise-là
a besoin d'appui, de votre concours.
Pourquoi le gouvernement tarde à réagir pour ce
projet-là? C'est des centaines d'emplois dont on a...
Le Président :
M. le ministre délégué aux Mines.
M. Blanchette : Écoutez, il y aura
un budget de déposé tout à l'heure. On verra des mesures, et le soutien à
l'exploration, j'espère... je ne peux pas rien annoncer, mais on va tout faire
pour soutenir l'exploration. Il y a eu une conjoncture x qui s'est présentée.
Par ailleurs, ça ne veut pas dire que nous, on n'est pas en développement. Bien au
contraire, allez voir d'autres intervenants
tels que l'Association minière du Québec, tels que les entreprises minières que je
rencontre, les entreprises de première transformation, qui soutiennent
les efforts du gouvernement mis en la matière.
Maintenant, ce qu'on entend et ce qu'on souhaite
pour l'industrie minérale de l'ensemble du Québec, parce qu'il y a des retombées autant dans les régions
périphériques qu'il peut y en avoir dans les régions de Montérégie et de
Montréal en particulier, c'est tout le développement de cette filière minérale
là pris essentiellement comme un tout.
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : Et on a bon espoir
que le développement se fasse... et des emplois dans nos régions, de réels
emplois de qualité.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chauveau.
Deltell :
Le rôle du gouvernement dans le développement des mines, M. le Président, est
de les accompagner et de donner
toutes les conditions gagnantes. On attend encore le O.K. du gouvernement pour
Royal Nickel Corporation. Mais aussi, M. le Président, le rôle du
gouvernement, c'est de donner le cadre législatif nécessaire. Voilà maintenant 15 mois que la
Loi sur les mines a été
adoptée et voilà 15 mois que le gouvernement tarde à déposer le cadre
réglementaire. C'est le travail essentiel du gouvernement de donner le
cadre, il ne l'a toujours pas fait.
Pourquoi le
gouvernement tarde? Pourquoi le gouvernement attend pour développer des
centaines d'emplois au Québec?
Le Président : M. le ministre
délégué aux Mines.
Blanchette : M. le Président, dans le cas de Royal Nickel, je vous le
dis, le dossier progresse très clairement, très correctement et à la vitesse... On espérait toujours que ce soit
plus vite, mais essentiellement les bonnes nouvelles viendront.
Par ailleurs, sur l'ensemble de l'industrie, ce
qu'on entend — et
l'Institut Fraser, tout récemment, vient de le sortir — nous
sommes sixièmes dans le monde comme juridiction minière pour attirer et être
attracteur des investissements miniers,
dans le sens que le gouvernement libéral en question redonne confiance aux
investisseurs étrangers. On s'entend que
c'est sur l'ensemble de la planète que le terrain de jeu se fait dans
l'industrie minière, et honnêtement, avec tous les projets qu'on a, soit à l'étude, soit en
développement, soit en mise en valeur, j'ai bonne confiance qu'il y aura des
emplois de qualité de créés au Québec en la matière. Merci, M. le
Président.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci, M. le Président. Alors, on vient d'apprendre par le dépôt des livres des
crédits, page 26 du premier
document, non pas une, mais deux mauvaises nouvelles pour le milieu de la
culture, particulièrement pour le milieu du cinéma, avec, tout d'abord,
l'abolition de la Régie du cinéma et, deuxièmement, la confirmation de la
volonté du gouvernement de, oui, bel et bien
fusionner la Cinémathèque québécoise avec Bibliothèque et Archives nationales
du Québec.
Donc, on voit
les multiples discours de la ministre sur l'importance de la culture, mais on
aimerait voir des gestes, des gestes
qui sont différents que ceux de tergiverser sur les conservatoires, de
tergiverser sur le projet du Diamant à Québec, de mettre de côté la politique sur le livre. On aimerait ça, voir des
gestes autres que l'abolition de crédits d'impôt pour la production
culturelle.
Comment Mme
la ministre de la Culture peut-elle justifier l'abolition, la fusion de ces
deux institutions-phares du milieu du cinéma?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : Je suis vraiment,
vraiment contente de voir la députée de
Joliette se lever pour me poser une question parce que j'ai tout un commentaire
à faire. Pendant que...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme David
(Outremont) : ...ma collègue
de Joliette s'allie hier à une conférence de presse dans laquelle il y a plusieurs
intervenants, il y a une phrase choquante qui est prononcée par l'acteur Yves
Jacques, qui fait
partie de la conférence de
presse à laquelle la députée de Joliette fait référence. L'acteur Yves Jacques va plus
loin «en comparant...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme David (Outremont) : ... — et je
cite — le
gouvernement Couillard aux membres du groupe armé État islamique qui ont
récemment saccagé des oeuvres d'art en Syrie».
Je demande
solennellement à la députée de Joliette ainsi qu'au Parti québécois de se
dissocier officiellement et solennellement d'un lien avec l'État
islamique.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Joliette. Première complémentaire.
Hivon : M. le
Président...
Le Président : S'il
vous plaît! Il n'y a
qu'une personne qui peut parler ici pour l'instant, c'est Mme la députée de Joliette.
Hivon : M. le
Président, je ne sais pas s'il y a
quelque chose qui m'échappe, mais je n'ai pas entendu le
début du commencement d'une réponse à ma question, et, aux dernières nouvelles,
on pose les questions ici. Et, aux dernières nouvelles...
Président : S'il vous plaît! Le début du respect, c'est de commencer par écouter les questions.
Ensuite, c'est d'écouter les réponses. Mme la députée.
Hivon : Et j'ai quelque
chose à dire à la ministre,
c'est qu'Yves Jacques et moi, ce sont deux personnes. Et, aux dernières
nouvelles, je ne suis pas Yves Jacques. Donc, j'imagine qu'elle est au courant
de ce fait.
Je lui repose
la question. La question est la suivante : Comment peut-elle défendre
cette décision d'abolir la Régie du cinéma et de fusionner la
cinémathèque du Québec, deux institutions-phares du milieu culturel?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : M. le Président, la députée de Joliette, hier, a référé constamment à cette conférence
de presse, constamment, et autant elle
suivait attentivement les propos et elle s'y référait, autant elle est
étonnamment silencieuse aujourd'hui sur...
Le Président : Mme la leader
de l'opposition.
Maltais :
Article 79. Il y a une question qui a été posée deux fois, on n'a pas encore
l'ombre du début d'une réponse.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : La question posée fait référence à une thématique
soulevée hier à une conférence de presse où la collègue de Joliette accompagnait la personne qui a
déclaré cela. On lui demande si elle s'en dissocie. C'est oui...
Le Président :
Mme la ministre, veuillez compléter sur le sujet.
Mme David
(Outremont) : Alors, si ça
n'a pas empêché de dormir la députée
de Joliette, moi, ça m'a empêchée
de dormir parce que, quand... Écoutez,
quand on est rendu à un niveau de comparer notre gouvernement et, implicitement,
la ministre de la Culture à l'État islamique, excusez, mais c'est inacceptable.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je demanderais un peu de calme, s'il vous plaît. Alors, à la
rubrique des motions sans préavis, M. le député de Borduas.
Vice-Président (M. Ouimet) : M. le député de Borduas, vous avez une motion sans préavis à nous
présenter, je vous cède la parole.
Jolin-Barrette : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse l'importance de l'étape des consultations, générales ou particulières,
dans l'étude d'un projet de loi;
«Qu'elle reconnaisse l'importance pour les
citoyens et les groupes concernés par un projet de loi de se faire entendre à
travers les institutions démocratiques prévues à cet effet;
«Qu'elle
rappelle que 19 projets de loi ont déjà fait l'objet de consultations
depuis le début de la présente législature et que le gouvernement n'avait refusé aucune demande de consultations
provenant des groupes d'opposition jusqu'au projet de loi 37;
«Qu'elle
demande au gouvernement de respecter nos institutions démocratiques et
d'appeler dès maintenant des consultations particulières [pour] le
projet de loi 37.» Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Borduas. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y
a pas de consentement. Je cède... M. le député de La Peltrie, oui.
Caire :
Oui.
Article 33, M. le Président. Quand on veut prendre la parole en cette
Chambre, il faut se lever. Quand vous
demandez le consentement aux députés, je pense que le moins qu'on puisse faire...
Surtout sur une motion qui dit qu'on
devrait laisser les citoyens s'exprimer, si on refuse son consentement, on
devrait avoir le courage de se lever en cette Chambre pour le refuser.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, il n'y a pas de consentement pour
la raison que j'ai déjà mentionnée. Ce projet de loi là ne crée pas du droit nouveau, il réitère le droit. Et, à cet égard, M. le Président, nous allons suivre le processus
qui est prévu dans le règlement pour adopter les lois. C'est ainsi qu'on
respecte la démocratie, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : M. le député de La Peltrie,
je pense qu'il n'y a pas lieu de poursuivre le débat...
Vice-Président (M. Ouimet) : La seule chose que la présidence
fait, c'est de regarder et de constater s'il y a ou s'il n'y a pas de
consentement.
Vice-Président (M. Ouimet) : Quand il n'y a pas de
consentement, la présidence passe au prochain sujet. Je vais vous
entendre sur votre question de directive, mais je ne veux pas poursuivre le
débat là-dessus. Allez-y.
Caire :
Merci, M. le Président. Ma question de directive est la suivante. On ne doit
pas débattre des motifs d'un
consentement ou non. Vous venez de laisser le leader du gouvernement débattre
sur les motifs de son non-consentement. S'il a des problèmes de conscience, c'est son problème. La seule chose
que je demandais, c'est d'avoir le courage de se lever en cette Chambre
pour dire pourquoi on refuse aux citoyens de s'exprimer.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, c'est ce genre de chose là que la présidence veut éviter, là. M. le
leader du gouvernement.
Fournier : ...censé invoquer sa propre turpitude. Je ne faisais
que répondre à la même plaidoirie qu'il faisait lui-même, qu'il semble déjà avoir oubliée. Dans la même minute, il dit
une chose et son contraire, témoignant ainsi qu'il est vraiment membre
de sa formation politique, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, je pense
que ça ne nous avance à rien de poursuivre.
Vice-Président (M. Ouimet) : On va poursuivre comme ça. Nous en
sommes à la rubrique des motions sans préavis. Je vais donner la parole
au prochain intervenant du gouvernement pour une nouvelle motion sans préavis.
M. le leader du gouvernement.
Fournier : ...est la suivante : Conformément aux
dispositions de l'article 20 de notre règlement, je fais motion pour :
«Que l'Assemblée se réunisse le lundi 30 mars 2015 à [compter de] 13 h 45.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Toujours à la rubrique des
motions sans préavis, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Lévis
et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au ministre de la Santé de laisser à l'équipe
traitante, à l'aide des lignes
directrices du Collège des médecins, le soin
de déterminer si l'âge d'une patiente constitue un risque suffisant pour lui
refuser l'accès à la fécondation
in vitro, en retirant l'ajout de l'article 10.1 à la
Loi sur les activités
de recherche en matière de
procréation assistée, tel que cela est proposé dans le projet de loi 20 qui
rend illégal l'accès à la fécondation in vitro après 42 ans.»
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion? Il n'y a pas de consentement. M. le député de Mercier, pour une
prochaine motion sans préavis.
M. Khadir :
M. le Président, je dépose la motion suivante conjointement avec le député de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le gouvernement de la Saskatchewan a
ordonné le retrait des compteurs
intelligents après que 8 incendies aient été reliées à leur installation;
«Qu'elle prenne
également acte que depuis le début du déploiement des nouveaux compteurs
intelligents au Québec, au moins 6 incendies pouvant être liées à ceux-ci ont
été rapportés; et
«Que
l'Assemblée nationale demande à Hydro-Québec de cesser de retirer les compteurs incendiés [avant l'intervention
des pompiers] afin de ne pas nuire aux enquêtes.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Mercier.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement. Y a-t-il d'autres motions sans préavis? M. le député de Mercier.
M. Khadir : C'est exactement le même propos que nous a tenu le député
de la CAQ.
L'article 33 requiert que, si un membre d'une quelconque formation veut dire quelque chose à la Chambre, doit se lever pour le dire. Personne n'a vu la
personne qui a refusé, tout à l'heure, le consentement à ma motion.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, M.
le député de Mercier,
je croyais m'être expliqué clairement sur cette question il y a quelques
semaines. Vous aviez soulevé la même question, je répète la même réponse :
La présidence observe les députés et
constate s'il y a ou s'il
n'y a pas de consentement. Je n'irai
pas plus loin là-dessus, je me suis expliqué.
M. Khadir : ...qui avait constaté le non-consentement
d'indiquer à la Chambre d'où vient le non-consentement.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je n'ai pas à faire ça, M.
le député de Mercier. Si jamais on voulait changer les règles du règlement, on pourrait le faire,
mais, à ce moment-ci, j'applique les traditions, les coutumes et la procédure
telle qu'elle est rédigée. D'autres motions sans préavis?
Sinon, nous allons passer aux avis touchant les
travaux des commissions.
Sklavounos : Merci,
M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions entreprendra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 33, Loi modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, ainsi que le mardi 31 mars
2015, de 10 heures à midi, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du gouvernement.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci,
M. le Président. M. le Président, le 26 novembre dernier, le gouvernement libéral déposait
le projet de loi n° 27 sur la réforme du réseau de garderies. Le
19 janvier 2015, les consultations particulières ont pris fin, et donc, depuis ce temps, donc depuis 66 jours,
le gouvernement n'a pas donné signe de vie quant à ses intentions
concernant le projet de loi n° 27 à proprement parler, sinon une autre vague de consultations particulières, là, si j'ai bien
compris, au calendrier,
indéterminées. Pourtant, M. le Président, depuis ce temps-là, 11 projets de loi
ont été déposés en même temps ou après, ils sont tous ou adoptés ou dans
le processus législatif normal. Ce que nous voudrions savoir de la part du gouvernement, c'est quel est son calendrier, si
tant est qu'il y en a encore un. Est-ce que ce projet de loi là est destiné à mourir au feuilleton? Est-ce qu'il sera retiré?
Est-ce qu'il y aura d'autres consultations particulières postdépôt du projet de
loi? Comment le gouvernement entend-il se gouverner et nous gouverner
avec le projet de loi n° 27?
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de La Peltrie. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Puisque la question s'inscrit bien, là, à la foulée
de l'échange qu'on a eu tantôt, où le représentant de la CAQ souhaitait que nous tenions des
consultations à l'égard d'un projet de loi qui réitérait le droit, mais n'était
pas de droit nouveau, le projet de loi n° 27, lui, est de droit
nouveau, et je m'étonne que notre collègue s'interroge sur le fait que la
ministre tienne des consultations. Il y a eu des consultations, elle croit
nécessaire que nous devions encore, à
nouveau, aller chercher d'autres informations. Je crois que, lorsque la
ministre croit que c'est ce qu'elle doit faire pour nous donner les meilleurs moyens, c'est
d'encourager qu'à l'égard du droit nouveau il y ait le maximum de consultations
de sa part, et je trouve difficile de
trouver la cohérence entre la représentation que fait maintenant le député par
rapport à celle qu'il faisait tantôt.
Ceci étant,
nous avons un menu législatif assez important et nous allons continuer
d'exercer les procédures pour assurer
aux Québécois les meilleurs soutiens législatifs pour nous permettre d'avoir un
progrès économique, d'avoir des mesures sociales appropriées et,
évidemment, l'équilibre budgétaire, que nous, nous allons réussir à aller
atteindre, malgré que les oppositions ne soient pas favorables.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci, M. le leader du gouvernement. M. le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. Je veux bien comprendre la réponse du leader du
gouvernement. Il y a eu dépôt du
projet de loi. Il y a eu consultations particulières, elles se sont terminées.
Et là je comprends que le gouvernement, de façon totalement inhabituelle dans notre processus législatif, mais,
bon, innovons, innovons, M. le Président, et nous en serons très heureux... mais je comprends que le
gouvernement nous annonce donc officiellement une deuxième vague de consultations particulières. Si tant est que c'est
ce que j'ai bien compris, qu'il y aura une deuxième vague de consultations
particulières, est-ce que le leader du
gouvernement pourrait nous déposer le calendrier de ces consultations
particulières? Est-ce qu'il nous sera permis d'inscrire des groupes à
ces consultations particulières? Et quelle sera la durée de ces consultations particulières? Quelle sera la portée de ces consultations particulières? S'agit-il de réécrire le projet de loi? S'agit-il de penser à un
total projet de loi complètement différent? Je veux dire, dans quelle
perspective s'inscrivent des consultations particulières
postconsultations particulières?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, merci à vous. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je suis
heureux que la question soit posée parce que maintenant
on comprend ce que veut dire le collègue.
Il y a eu une consultation
particulière. Il y a
présentement une consultation ministérielle, il n'y aura pas d'autres consultations particulières. Et, quand le projet de loi sera rappelé
article par article, il sera appelé
article par
article. En attendant, il y en a d'autres qui sont
appelés pour l'étude. On espère que vous y serez tous présents avec beaucoup
d'énergie.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien, merci. Une précision additionnelle?
Caire : Oui, M.
le Président. On parle ici de
consultation ministérielle. M. le
Président, je fête aujourd'hui mon huitième anniversaire comme
député — merci — à
cette Assemblée, et, de mémoire, c'est la première fois que j'entends parler de consultations ministérielles
qui font suite à un dépôt d'un projet
de loi qui, lui-même, a fait l'objet de consultations particulières. Donc, ce que je voudrais savoir, c'est de
quelle façon le deuxième groupe d'opposition pourra participer de façon proactive à des consultations
ministérielles. Est-ce que des consultations ministérielles... D'abord, quel
est l'échéancier? Et ensuite est-ce qu'il
est loisible à ma collègue de proposer des groupes? Est-ce qu'elle sera
elle-même entendue par la ministre? Si oui, selon quelles modalités, M.
le Président?
Caire :
Bien, comment il peut répondre à une question que je n'ai pas encore posée, M.
le Président?
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, ce sera la dernière question,
dernière réponse sur le sujet. M. le leader.
Fournier : ...précision — et
je comprends que mon collègue fête un anniversaire, je le salue — des
consultations ministérielles, M. le Président, c'est des
consultations que tiennent des ministres. J'ai eu l'occasion d'être ministre
depuis un certain temps et je peux
vous dire qu'on consulte tout le temps, et qu'il y ait avant un projet de loi,
et donc avant une consultation
particulière des parlementaires... il y a souvent, pour ne pas dire tout le
temps, des consultations ministérielles. Dans le cours, dans le processus d'une consultation particulière, il
arrive qu'il y ait des avis qui sont émis, des opinions qui sont émises. Ce serait franchement incroyable
si le gouvernement n'écoutait pas les gens qui viennent. Alors, il les écoute, et après ça il peut parfois — et ça arrive — avoir à refaire des consultations comme
ministre. C'est ce que notre collègue fait.
comprendrais mieux si mon collègue désapprouvait le fait que le gouvernement ne
consultait personne, mais le
gouvernement consulte et écoute. Il y a le forum législatif en consultations
particulières, et il y a
le forum de la consultation de la ministre, la consultation ministérielle. Il s'étonne aujourd'hui que la consultation ministérielle, c'est nouveau. Ce n'est pas nouveau, ça
a toujours été. Je lui annonce que ça a toujours été comme ça.
Maintenant,
il souhaite... J'entends, là, parce
que... Puisqu'il n'y a pas d'autre
échange, j'ai quand même pris au vol l'autre question, il nous dit
qu'il veut participer à la consultation ministérielle. Je lui annonce que ses
collègues à la commission, lorsque nous étudions
article par article, font déjà
partie de cette consultation. Il y a, entre le législatif et l'exécutif, évidemment des différences,
mais il arrive un moment où ils se retouchent, ils se revoient. Par exemple,
en ce moment, à la période de questions
et aussi lorsque nous étudions un projet de loi
article par article, le député ministre est là
comme représentant de l'Exécutif, comme
ministre, en train de discuter. Il s'agit là, bien sûr, d'un exercice
ministériel, un exercice législatif, où tout le monde est présent.
Alors,
je termine ma présentation en lui disant bienvenue dans le système
parlementaire. Il y a chez les ministres des consultations ministérielles et, avec les députés, souvent des
consultations particulières, ce qui se continue ensuite
article par article, à prendre l'avis de chacun,
et la ministre a déjà fait la preuve qu'elle était ouverte à entendre les avis
et à apporter les correctifs s'il y a lieu. Je crois que nous avons un
excellent parlementarisme. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, ça marque la fin de cet
échange. M. le leader adjoint de l'opposition officielle, toujours à la
rubrique des renseignements sur les travaux.
Bergeron :
Oui, M. le Président. Ça me fait penser à un film dont on repousse
continuellement la sortie en salle.
Généralement, c'est parce que c'est un navet sur lequel on a de la difficulté à...
qu'on a de la difficulté... dont on a la difficulté de faire un très bon
film. Mais je ferme la parenthèse là-dessus, M. le Président.
veux simplement signaler que le soi-disant gouvernement de la collaboration,
lundi dernier, a posé un geste qui
contredit de façon flagrante cette prétention ampoulée. En effet, lundi
dernier, alors que nous avions signalé, et ce, même publiquement,
l'impossibilité pour les deux porte-parole des oppositions à prendre part aux
travaux de la Commission des finances
publiques sur l'étude détaillée du projet de loi n° 28, le gouvernement,
qui avait annoncé à la dernière
minute cette séance de lundi, a décidé de maintenir le cap. Ce qui veut donc
dire que les travaux, pour la toute première
fois, à ma connaissance, M. le Président, de la commission, en étude détaillée,
se sont poursuivis en l'absence non pas d'un, mais des deux porte-parole
des oppositions en cette Chambre.
courtoisie, traditionnellement, M. le Président, il avait toujours été de
mise — et je
dis bien toujours été de mise — qu'on n'entreprend pas les travaux en
commission en l'absence du ministre, de la ministre et des porte-parole de
l'opposition officielle et du deuxième
groupe d'opposition. Alors, on vient
de créer quelque chose de totalement nouveau dans ce Parlement soi-disant de la
collaboration, M. le Président, ce n'était jamais arrivé.
je rappelle, M. le Président, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent, que
le gouvernement avait préalablement annulé à la toute dernière minute des séances qui
devaient se tenir en fonction de ce qui avait été annoncé et annoncer des
séances qui n'avaient pas été annoncées, ce qui fait en sorte que les gens ont
un peu de difficultés à jongler avec leur agenda avec des changements de
programme aussi tardifs et soudains de la part du gouvernement.
se serait attendus à ce que le gouvernement comprenne cette situation-là. On l'a plaidé en cette Chambre, le leader parlementaire du gouvernement a laissé entendre — je
suis sûr que ça lui a échappé des lèvres — a laissé entendre que ça pouvait être une technique
dilatoire, une technique de
filibuster de la part des oppositions. Je suis sûr qu'il ne pensait pas ce qu'il a dit parce qu'il devrait
comprendre que, lorsqu'on change à la dernière minute des agendas de députés, ce n'est pas nécessairement évident tout
le temps. O.K.? Alors, le résultat, c'est qu'il n'a pas été possible, ni pour
le porte-parole de l'opposition officielle,
ni pour le porte-parole du deuxième groupe d'opposition, d'assister, et malgré
tout la séance s'est tenue.
Le collègue de Rimouski a soulevé
cette question auprès du président de la Commission des finances publiques,
et il a, tout simplement, répondu que, comme
il y avait un ordre de la Chambre, ça prenait le pas sur tout. Ça prenait le
pas sur le gros bon sens, ça prenait le pas
sur la courtoisie élémentaire qui doit régner en cette Chambre. M. le
Président, là encore, pour reprendre
les propos du leader parlementaire du gouvernement, il semble qu'on crée du
droit nouveau, M. le Président.
Or, j'ai demandé, la
semaine dernière, une question de directive à la présidence. Je sais que le
président ne peut pas intervenir dans les
affaires des commissions, mais le personnel de l'Assemblée nationale, M. le
Président, est là pour soutenir la
présidence, soutenir les présidences de commission. Et j'imagine que, par ce
mécanisme, il est possible d'assurer
que des choses comme celle-là, qui n'ont pas leur place dans un soi-disant
Parlement de collaboration, puissent se
reproduire. Ma crainte, M. le Président, c'est que nous ayons eu affaire lundi
dernier à un dangereux précédent qui risque de se reproduire à l'avenir.
Alors, je réitère ma
question de directive à l'égard de la présidence et aimerais peut-être savoir,
de la part du leader parlementaire du
gouvernement, si c'est une pratique qui risque de se reproduire sous son
leadership parlementaire.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint de l'opposition officielle. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je suis conscient que la question a déjà été
soulevée, mais peut-être pas sous le même angle. Donc, peut-être que mon collègue peut très bien la
représenter, puisqu'il s'agit d'un angle différent. Mais je suis informé qu'il
l'a déjà soulevée cette semaine. Par contre,
je sais aussi... Il a fait référence qu'il y a eu un débat la semaine dernière
sur le sujet, et j'ai indiqué la semaine dernière dans quel état nous
nous trouvions, qu'effectivement on avait proposé et le vendredi et le lundi, qu'il
y avait des représentations, que, pour les deux jours, qu'il n'y avait pas
possibilité pour les porte-parole d'être là.
Alors, j'ai dit : Au moins, faisons le lundi. On a mis de côté le vendredi
exactement dans le climat que je
pense qui doit être donné. Il revient au gouvernement de diriger les travaux,
et on le fait toujours en essayant de satisfaire les agendas de tout le
monde, et personne ne peut dire le contraire ici, toujours fait ça de cette
façon-là.
Dans
le cas de ce projet de loi là, M. le Président, une chose est sûre — parce qu'il veut établir des paramètres
pour voir s'il y a du droit nouveau — dans le cadre de ce projet de loi là, les
membres de la première opposition et de la deuxième ont pratiquement tous parlé, pas juste les porte-parole. Donc,
ils ont démontré qu'ils connaissaient le dossier et qu'ils pouvaient... Et d'ailleurs ils se sont appropriés du dossier.
Et donc c'était une façon de voir que les oppositions pouvaient en
parler, et je pense qu'ils s'y sont présentés et ont pu le faire.
Maintenant,
dans la façon de procéder — parce que la question de directive est celle-là, et je vais
répondre à cette question de
directive là que... ou enfin argumenter, ce n'est pas moi qui donne la
directive, argumenter sur la réponse que la présidence pourrait faire — il est évident, M. le Président, qu'il
revient dans notre droit au gouvernement de tracer le calendrier et l'agenda et, je le réaffirme,
toujours de le faire pour satisfaire l'ensemble des partis. Par contre, il ne
peut revenir aux oppositions de
décider de l'agenda. Et, si dorénavant les oppositions n'avaient qu'à souligner
que les porte-parole ne seront pas
là, ils vont donc demander à votre décision d'avoir un veto de l'opposition sur
le rythme et la façon dont on étudie
les projets de loi. Je préfère qu'on regarde l'état de situation de ce projet
de loi là, qu'on regarde les consultations,
qu'on regarde tout le débat qu'il y a eu sur le principe et qu'on se
dise : Il était normal qu'on commence, et nous l'avons fait.
J'espère que, pour la suite des travaux, le tout se déroulera normalement.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Merci, M. le leader du
gouvernement. M. le leader de l'opposition officielle... leader adjoint.
Bergeron : M. le Président, simplement, peut-être en
complément d'argument, je dirais qu'il est vrai — et je n'en disconviens pas, c'est d'ailleurs
ce que j'affirmais haut et fort il y a quelques instants — que, sous ce gouvernement comme sous tous les gouvernements précédents,
qu'ils aient été libéraux ou péquistes, le gouvernement a toujours, toujours — le terme est bien choisi — par courtoisie et par simple gros bon sens,
a toujours pris soin de s'assurer que les porte-parole des deux
oppositions soient présents ou présentes avant de procéder, et, jusqu'à
présent, malgré les oppositions fondamentales que nous ayons pu avoir sur telle
ou telle pièce de législation, ça a toujours fonctionné, M. le Président, il y a toujours eu moyen de
trouver un terrain d'entente entre les gouvernements et les oppositions. Peu
importe le degré de divergence d'opinions qu'il pouvait y avoir sur les projets
de loi, nous avons toujours trouvé des terrains d'entente, O.K.?
Alors,
si le ministre nous dit : Nous avons toujours
fait preuve de collaboration, je réponds : Les oppositions
ont toujours fait preuve de collaboration également.
Mais, si c'est la nouvelle tendance que, quand le gouvernement décide que, peu importent les
oppositions, il va de l'avant, est-ce que
je dois comprendre de ce que vient de nous suggérer le leader parlementaire du gouvernement, M. le
Président... Parce que,
là, il a dit : Les oppositions s'étaient approprié... étaient en mesure de parler, et ils se sont présentés. Est-ce que
le leader parlementaire du gouvernement est en
train de nous suggérer, en fonction de ce droit nouveau qu'il lui-même créé la
semaine dernière, ce dernier lundi,
en permettant à la commission d'aller de l'avant malgré l'absence des deux porte-parole des oppositions, que, s'il
n'y avait pas un seul député d'opposition qui se présentait, il
irait de l'avant malgré tout?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci, M. le leader adjoint. M. le leader du
gouvernement.
M. Fournier :
Attention! Parce qu'on n'est plus dans le sujet, mais, par convivialité, je
veux bien procéder à une dernière
remarque, M. le Président. Ce n'est pas ma première expérience comme leader.
J'ai aussi eu, à quelques occasions, à faire
partie de l'opposition et
je peux simplement dire à mon collègue que, non, ce n'est pas la première fois
qu'un gouvernement trace son agenda. J'ai
été dans l'opposition alors que votre gouvernement était là et fixait les
dates, et on s'organisait. Bien sûr, souvent, sous un gouvernement du
Parti québécois, comme sous le nôtre, on fait tout en notre possible pour trouver des dates. D'ailleurs, dans
le cas que vous mentionnez, ça a été encore le cas. Parce que, oui, on aurait très bien pu dire : C'est le vendredi
et c'est le lundi. Mais on essaie toujours de s'entendre. Ce que je dis
premièrement, c'est que vous avez
pratiquement tous parlé. Ça n'arrive pas dans tous les projets de loi. Mais
vous faites alors la démonstration que
vous êtes en mesure de vous occuper de ce projet de loi là. Premièrement, c'est
à distinguer de tous les autres cas.
Deuxièmement,
M. le Président, lorsqu'on assiste à un moment où il faut avancer dans le
projet de loi, le règlement dit que
c'est au gouvernement de tracer. Il ne s'agit pas à l'opposition de dire :
Si mon porte-parole n'y va pas, ça ne doit pas se tenir, et se demander ensuite : Alors, si personne n'y va,
est-ce que c'est le moyen que ça ne se tienne pas? Je dis à l'opposition : Ne cherchez pas les moyens que
ça ne se tienne pas, cherchez les moyens que ça se tienne. Ne cherchez pas autre chose. Le calendrier n'appartient pas à
l'opposition. Elle souhaite, dans certains projets de loi et certainement
dans celui dont on parle présentement, à
avoir un intérêt pour le calendrier.
Et je lui permets cela. Je lui permets de prendre toutes les dispositions du règlement, sans aucun
problème. Il doit convenir que le gouvernement peut aussi prendre les
dispositions du règlement qui lui amènent à gouverner.
n'en dirai pas plus. Il y aurait bien d'autres arguments qu'on pourrait faire
sur le fond de la question, mais je veux
simplement dire ici, M. le Président, que ce n'est pas la première fois dans les
annales et que, lorsque le Parti
québécois était là aussi...
simplement qu'à l'époque l'opposition que nous formions avait compris que
c'était le rôle du gouvernement, reconnu par le règlement. Si on
applique et respecte le règlement, on pourrait peut-être procéder à d'autres
éléments d'aujourd'hui et ensuite assister à la commission parlementaire.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Merci, M. le leader.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Oui, je pense, effectivement, M. le leader.
Vous
m'avez demandé l'avis de la présidence. Juste réitérer que le règlement, à l'article
147, il est très clair. La jurisprudence,
elle est constante. La dernière décision a été rendue par le député de
Bertrand. Et, dans sa décision, il disait ceci — je
me permets de citer un extrait de la décision du député de Bertrand
alors qu'il était vice-président de l'Assemblée : «L'article 147 du règlement prévoit que la commission
qui a reçu un mandat de l'Assemblée est convoquée par son président, sur avis du leader du gouvernement. L'avis du
leader indique [la date, l'objet,] l'heure et l'endroit de la réunion. Il
s'agit donc d'une prérogative du
leader du gouvernement dans laquelle la présidence ne peut s'immiscer.» La
présidence peut juste inviter les partis à la collaboration. Ça va?
Dernier point, M. le leader adjoint.
Bergeron : Ça sera
très bref, M. le Président. Je veux juste rassurer le leader parlementaire
du gouvernement et lui dire que comme toujours nous sommes et demeurons
disposés à faire en sorte que les travaux se tiennent.
Nous
voulons travailler dans un esprit de collaboration. Dès le début de cette
législature, nous avons offert notre collaboration.
Et je tiens à l'assurer que, si les porte-parole n'étaient pas là lundi, ce
n'était pas dans le but de retarder les
travaux de la commission ou de les empêcher, mais bien parce qu'il n'était
pas en mesure de se présenter. Alors, j'invite le leader parlementaire
du gouvernement, puisque c'est l'invitation que vous nous lancez, M. le
Président, alors que moi, je faisais plutôt
référence au travail qui se fait de la part du personnel de l'Assemblée nationale, M. le Président, en termes
d'avis à la présidence de l'Assemblée et aux présidences de commission...
Alors, je fais simplement cet appel à la collaboration au leader parlementaire du gouvernement de telle sorte
d'éviter que ce précédent ne devienne un dangereux précédent qui
pourrait, justement, amener l'opposition à modifier aussi ses façons de
procéder.
Vice-Président (M. Ouimet) : Bon. Je pense que les arguments ont été présentés de part et
d'autre, on a fait le tour de la question. Donc, en ce qui me concerne,
la période des affaires courantes est terminée.
Nous allons
maintenant passer aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article 4.
Vice-Président (M. Ouimet) : Juste un instant. Désolé, je suis
allé un peu rapidement, là. Je vous rappelle que, lors de
l'interpellation prévue pour demain, vendredi le 27 mars 2015, M. le député de
Verchères s'adressera à M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux sur le sujet suivant : La crise au CHUM
provoquée par le comportement du ministre de la Santé et des Services
sociaux.
Donc, à ce moment-ci,
pour la suite des choses, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, M. le Président.
Article 4, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, à l'article 4 du
feuilleton, M. le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements
climatiques propose l'adoption du principe du projet de loi n° 32,
Loi modifiant la Loi concernant des mesures
de compensation pour la réalisation de projets affectant un milieu humide ou
hydrique afin d'en prolonger l'application.
Alors, M. le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux
changements climatiques, je vous cède la parole.
M. Heurtel : Merci, M. le Président.
Alors, pour débuter, j'aimerais préciser l'importance qu'ont les milieux humides dans notre environnement. Ce sont des
réservoirs de biodiversité fondamentaux pour notre environnement, d'autant
plus que leur préservation et leur développement
sont essentiels dans une stratégie de lutte contre les changements climatiques.
Nous avions,
au Québec, un régime de protection de milieux humides. En 2012, la Cour
supérieure a invalidé ce régime, et,
pour éviter un vide juridique, le gouvernement de l'époque a agi rapidement, en
adoptant une loi qui permettait la
poursuite d'un régime, un régime dit de compensation pour les milieux humides
et assurer une protection en continu de
nos milieux humides. Ce régime, bien qu'imparfait, se devait d'être mis en
place et il a été mis en place avec une clause crépusculaire qui est
assortie d'une date. La date était, donc, du 24 avril 2015.
Or, depuis, il s'est passé quelques événements,
au Québec, au niveau de la succession des gouvernements. Le gouvernement qui a mis en place ce régime
temporaire a été défait aux élections de 2012, remplacé par un gouvernement
du Parti québécois. Ensuite, ce
gouvernement-là même a également été remplacé par notre gouvernement. Vous
n'êtes pas sans savoir, M. le
Président, que des changements de gouvernement et des élections ont pour effet
aussi de ralentir certaines démarches
et certains procédés, notamment le procédé législatif. Ce qui s'est passé en
même temps, c'est qu'il y a eu une
volonté toujours croissante de vouloir moderniser l'ensemble du
régime d'autorisation gouvernementale fondé sur la
Loi sur la qualité de l'environnement.
Au cours de
la dernière année, nous avons travaillé avec les intervenants et à l'intérieur du gouvernement, parce
le régime d'autorisation gouvernementale implique d'autres ministères,
notamment les Affaires municipales, l'Agriculture, les
Forêts, pour voir s'il y avait lieu de revoir l'ensemble de notre régime
d'autorisation en matière environnementale. Des échanges aussi avec les intervenants... Que ce soient les
intervenants du monde des... les groupes environnementaux, le monde
municipal, les acteurs socioéconomiques, tout
le monde est d'accord
qu'il y a un besoin fondamental de revoir notre régime d'autorisation en matière environnementale, et il faut dire aussi
que la protection des milieux humides passe par un régime d'autorisation
environnementale moderne et efficace.
Cette
réflexion est importante à préciser, M. le Président, parce que ce n'est certainement
pas de gaieté de coeur et ayant une
volonté de remettre continuellement le besoin nécessaire d'avoir un régime
efficace de protection en milieu humide.
Mais nous croyons, M. le Président, qu'il est important d'agir rigoureusement
et en cohérence pour s'assurer que
l'ensemble de notre régime d'autorisation environnementale soit moderne et soit
adapté aux réalités d'aujourd'hui, particulièrement, et encore je le
souligne, dans un contexte de lutte contre les changements climatiques.
Conséquemment,
ce que nous proposons aujourd'hui avec le projet de loi n° 32, c'est de
maintenir le régime, bien qu'imparfait,
actuel de protection en milieu humide pour s'assurer qu'on puisse continuer à
protéger le milieu humide, parce que,
bien qu'imparfait, il est mieux d'en avoir un, régime de protection en milieu
humide, que ne pas en avoir du tout,
et de s'affairer à travailler à moderniser, d'abord et avant tout, l'ensemble
du régime d'autorisation de la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui va permettre, justement, de contribuer à
une meilleure protection des milieux humides et, en parallèle, travailler pour développer un projet de
loi qui également
modernise le régime de protection de milieux humides.
Il faut également
tenir compte du fait qu'il y a un rôle très important, dans la protection des
milieux humides, qui appartient aux municipalités. Ils ont un rôle essentiel de partenariat avec le gouvernement ainsi que les autres acteurs pour s'assurer que les milieux
humides soient protégés et développés.
Or, mon collègue le ministre des Affaires
municipales a annoncé un vaste exercice de réforme des relations que le gouvernement aura à l'avenir avec les gouvernements municipaux, que ce soit celui de la métropole, celui de la capitale nationale, et toutes les autres municipalités au Québec. Ce processus-là est débuté mais va prendre, il
est estimé, deux ans. Et des questions
environnementales importantes vont faire
partie de cet exercice-là, M. le Président. Il va être important de travailler avec le ministre des Affaires municipales et avec les intervenants du monde municipal pour
voir à un travail collaboratif de la
modernisation du régime d'autorisation environnementale mais s'assurer également
qu'on intègre à notre réflexion sur
la protection des milieux humides les travaux qui vont se faire, dans un avenir
rapproché, avec les municipalités. L'idée, c'est de ne pas travailler en
silo, mais travailler dans un esprit de collaboration.
Alors, il est
clair qu'on veut travailler le plus rapidement possible. Si nous étions en mesure d'avoir un
régime aujourd'hui, on le ferait. Mais ce qu'on veut, c'est se
donner le temps de bien faire les choses et de répondre à l'ensemble des questions. Je préciserais également, M. le Président, qu'on a eu la chance de faire une commission parlementaire sur
le projet de loi en début de semaine, et l'ensemble des
intervenants qui étaient présents étaient d'accord avec le principe de prolonger le délai pour se donner le temps
d'aller faire le travail qu'il fallait pour se doter d'un bon projet de loi. La question relevait autour du délai : Est-ce que
c'est un an? Est-ce que c'est deux ans? Est-ce que trois ans, c'est
trop? Nous, ce qu'on dit, M. le Président, c'est qu'on va travailler le plus rapidement possible, mais on
veut d'abord se donner le temps
de faire un travail rigoureux au niveau de
la modernisation de l'ensemble du régime d'autorisation de la
Loi sur la
qualité de l'environnement. Ça va commencer dans les prochaines semaines
avec des consultations ciblées. Par la suite, il va y avoir le dépôt d'un livre vert. Ce livre vert va faire l'objet d'une
commission parlementaire. Il va y avoir par la suite un dépôt de projet de loi. Ce dépôt de projet de
loi là va donner suite évidemment à des consultations, et, en parallèle,
on va travailler sur un régime de protection
des milieux humides qui, lui, ensuite fera l'objet de consultations,
d'échanges, et impliquera tous les
acteurs du milieu, et tiendra compte également du processus qui est déjà engagé
au niveau d'une réforme municipale.
Je tiens
quand même à prendre le temps de remercier mes collègues de cette Assemblée
pour leur participation à la
commission parlementaire, ainsi qu'aux groupes qui ont participé. Il y a eu une
excellente contribution à la réflexion. Et, oui,
certains groupes parlaient qu'il faut aller plus vite. D'autres disaient :
Trois ans, c'est bien. On comprend qu'il
y a divergence d'opinions. Mais notre
intention, ce n'est pas nécessairement de prendre trois ans, mais c'est de se donner
le temps de travailler sérieusement et rigoureusement et de bien faire les choses, parce que
si, par exemple, comme certains le proposent, on arrive, on se donne seulement un an et, pour une
raison quelconque, on n'est pas prêts dans un an, il va falloir
recommencer encore tout ce processus-là, M. le Président.
Alors, pourquoi ne pas simplement se donner le
temps de bien travailler, d'intégrer les préoccupations de l'ensemble
des milieux? Parce qu'il n'y a pas
seulement le milieu municipal, les groupes environnementaux qui ont quelque
chose d'important à contribuer. Il y a le
milieu agricole qui a également des contributions importantes à faire, le
milieu forestier. On doit intégrer
l'ensemble de ces préoccupations-là et ne pas arriver avec une solution mur à
mur qui n'aura peut-être pas les
effets souhaités dans des situations bien particulières, parce que tout le
monde est d'accord pour dire que la question de la protection des milieux
humides est très complexe, et une solution qui n'est peut-être pas bonne dans
les grands centres urbains n'est
peut-être pas la meilleure dans un milieu rural ou n'est peut-être pas la
meilleure dans un milieu nordique. Il
faut réfléchir et prendre les bonnes décisions, et je crois que, là, ce qu'on
fait, c'est une approche raisonnable, et
on va aller le plus rapidement possible, mais il faut se donner le temps.
D'autant plus, comme le groupe Ouranos l'a dit en commission parlementaire, qui est notre consortium de recherche
scientifique en matière de lutte contre les changements climatiques, il faut prendre le temps de bien
intégrer à la réflexion l'ensemble des conséquences des prochaines actions
sur la lutte nécessaire contre les
changements climatiques en regardant l'ensemble de la situation et comprenant
que ce projet de loi fait
partie
d'une stratégie globale, rigoureuse, cohérente et intégrée, M. le Président, en
matière de modernisation de notre régime de protection de
l'environnement.
Il est
essentiel de passer par ce projet de loi, que nous présentons, pour s'assurer
qu'on se donne le temps de bien travailler,
d'intégrer les meilleures pratiques en matière de protection de milieux humides
mais aussi qu'on se donne le temps aussi de moderniser notre régime
d'autorisation en matière environnementale, quelque chose qui est voulu par
l'ensemble des intervenants au Québec. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre responsable du Développement durable. M. le député de
Jonquière, je vous cède la parole.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Alors, ça me fait
plaisir de parler aujourd'hui sur l'adoption du principe de la loi
modifiant la loi... le projet de loi modifiant la Loi concernant les mesures de
compensation pour la réalisation de projets
affectant un milieu humide ou hydrique afin d'en prolonger l'application,
projet de loi n° 32, M. le Président,
que nous avons effectivement eu l'occasion d'étudier en commission
parlementaire. Lors des auditions publiques, nous avons eu l'occasion
d'entendre un certain nombre de groupes. J'y reviendrai tout à l'heure.
Je pense que
c'est important, M. le Président, de d'abord faire un petit état de la
situation, un petit rappel de ce qui explique ce qui nous conduit où on
est aujourd'hui sur le projet de loi n° 32.
D'abord, en mai 2012, le gouvernement avait été
forcé... l'ancien ministre de l'Environnement, à l'époque, le député de
Mont-Royal, avait été forcé d'adopter un régime transitoire, ce qu'on a appelé
la loi n° 71, qui avait été présentée,
à ce moment-là, par... Quand je dis que le gouvernement avait été forcé,
c'était à cause d'un jugement de la Cour supérieure à la suite de
nombreux, nombreux défauts de protection de milieux humides. Vous vous
souviendrez toute la saga autour de Laval,
entre autres, avec les interventions du ministre de l'Environnement du
gouvernement de M. Charest,
M. Thomas Mulcair. Et tout ça avait conduit à l'adoption de la loi
n° 71 en mai 2002... 2012, pardon, où on avait, les parlementaires, adopté un régime transitoire permettant des
mesures de compensation pour les milieux humides qui sont altérés, si on
veut, par du développement résidentiel, par exemple, du développement
commercial, etc.
Donc, cette
loi n° 71 a été adoptée. Et, grâce, entre autres, à l'intervention, à
l'époque, du député de Repentigny, Scott
McKay, mais aussi des autres parlementaires, le gouvernement et l'ensemble des
parlementaires avaient convenu de
fixer ce qu'on appelle une date de péremption, au fond, à cette loi n° 71,
date de péremption que nous avons presque devant nous, dans un mois, le 24 avril 2015. Que s'est-il passé
depuis? Effectivement, je n'ai pas le choix de toute façon d'être d'accord avec le ministre, de dire qu'il y
a eu deux changements de gouvernement. Il y a quand même eu la continuité
de l'État, comme on dit, hein, c'est-à-dire
que les fonctionnaires du ministère de l'Environnement ont poursuivi le travail
pour être capables d'arriver à un projet de
loi d'encadrement général, donc laisser de côté les mesures transitoires pour
arriver avec un projet de loi d'encadrement général sur la question des milieux
humides.
Donc, il y a eu un
travail, on pourra en reparler tout à l'heure, il y a eu des groupes de travail
qui ont été faits, il y a eu des forums même
qui ont eu lieu depuis cette loi transitoire, la loi n° 71. Et bientôt ça
fera un an que le nouveau gouvernement
est en place, et on arrive avec ce projet de loi n° 32, qui prolonge de
100 %, je dirais, le premier délai
de la loi n° 71,
qui était de trois ans : 2012 à 2015. Là, il le prolonge. Le ministre
veut le prolonger jusqu'au
24 avril 2018. Donc, c'est un
projet de loi en soi qui est simple, hein, c'est un article... deux articles,
en fait, mais un
article essentiellement qui est la prolongation du
délai du 24 avril 2015 au 24 avril 2018.
Je voudrais
quand même faire un bout sur la question des milieux humides au Québec, la
situation des milieux humides. Je
suis entièrement d'accord avec le ministre quand il dit qu'effectivement les
milieux humides contribuent de façon puissante à la biodiversité,
contribuent de façon puissante également à la lutte aux changements
climatiques, contribuent de façon puissante
au maintien d'une faune diversifiée au Québec parfois qui est menacée, comme
vous le savez. Les milieux humides
souvent agissent un peu comme un filtre, hein, sur la question, par exemple, de
la pollution ou sur la question bien
sûr du maintien de la biodiversité. Le prédécesseur du ministre actuel avait
commandé, pour bien documenter la
question, deux rapports au centre des sciences de la biodiversité du Québec, ce
qu'on appelle le CSBQ, qui démontrent
que, sur 22 ans, 19 % des milieux humides des basses-terres du
Saint-Laurent ont été perturbés — M. le Président, c'est quand même important, 19 % — soit 56 700 hectares sur
22 ans. Les principales sources de perturbation sont les activités agricoles, les activités
sylvicoles également et évidemment toute la question du développement urbain,
la question de l'étalement urbain, la question des projets résidentiels, des
projets commerciaux. On peut se rappeler évidemment de la situation à Laval au
début des années 2000.
Donc, c'est
la situation à l'heure actuelle, et il faut agir, il faut agir parce que le
CSBQ, le centre des sciences de la
biodiversité du Québec, nous le dit, il y a, juste dans la question des... dans
le secteur, pardon, des basses-terres du Saint-Laurent, 22... en 22 ans, 19 % des milieux humides ont
été perturbés. Je pense que, si nous sommes dans un Parlement qui croit
évidemment à l'importance de la lutte aux changements climatiques, mais qui
croit aussi au maintien de la biodiversité et qui croit à l'importance d'agir
rapidement, nous devons, justement, passer à l'action.
Je trouve que
c'est beaucoup demander aux parlementaires de reporter de trois ans un délai
transitoire qui était de trois ans.
Si on dit que c'est transitoire, M. le Président, c'est transitoire, on ne peut
pas transformer ça en permanent. Ça me fait penser à un de mes oncles
qui avait un chalet et qui disait, quand il faisait des réparations, que c'était
du temporaire permanent parce que,
finalement, on retournait au chalet à chaque année puis ce
qu'il faisait comme temporaire était
encore là. Puis c'est devenu une blague dans ma famille, on disait : Ah!
c'est du temporaire permanent. Bien là, on dirait que le ministre de
l'Environnement veut faire du
temporaire permanent, un peu comme mon oncle et son chalet. Vous savez, un chalet, en tout cas ça passe, hein, parce que c'est souvent avec quelques morceaux de bois ici
et là, un fanal, une vieille
cheminée, puis ça devient du permanent, alors que c'était du temporaire, mais
là on ne fait pas affaire à un chalet au Saguenay, on fait affaire à un
projet de loi.
Alors, il ne
faut pas que le ministre prenne les travers de mon oncle et qu'il fasse du
temporaire permanent, en tout respect
évidemment pour la mémoire de mon oncle, qui me manque cruellement. Mais on est
dans une loi, là, on fait de la législation. Ce n'est pas la place pour
faire du temporaire permanent, c'est la place pour agir, pour protéger la biodiversité. C'est agir pour lutter contre les
changements climatiques. On fait un travail sérieux ici, d'autant plus que
vous savez comment le ministre aime bien parler de cohérence, de
responsabilité, d'agir de façon intégrée...
Gaudreault : ...«globale», c'est le mot qui me manquait. J'en
échappe toujours un parce que, vous savez, c'est toujours dans le désordre, hein? C'est vraiment pour faciliter notre
compréhension et nos techniques mnémotechniques.
Donc, si le
ministre veut être cohérent, global, intégré et responsable, bien il faut aussi
respecter les ententes et les propres
plans d'action que le gouvernement s'est donnés. Je vais lui en donner quelques-uns,
M. le Président. Et, pour démontrer à
quel point il est urgent d'agir sur la protection de la biodiversité, je veux
juste vous rappeler qu'en 2011 le gouvernement
s'était engagé à atteindre les objectifs d'Aichi sur la conservation de la
biodiversité d'ici 2020. Alors, quand on
parle de biodiversité, là, les milieux humides, là, c'est au centre de ça. Il
faut les atteindre pour 2020, selon les objectifs d'Aichi sur la
conservation de la biodiversité, puis là c'est le gouvernement lui-même qui
s'était engagé, en 2011, à respecter cela. Alors, si on reporte l'adoption
d'une loi en 2018, il va nous rester deux ans pour atteindre les objectifs d'Aichi, alors que les milieux humides sont au
coeur de la protection de la biodiversité, M. le Président. Il faut être un peu
cohérent, il faut avoir une approche globale, et responsable, et intégrée.
Alors là, je
peux bien comprendre que le ministre dit : Le trois ans, ce n'est pas...
c'est un objectif, peut-être qu'on pourrait
être capable d'adopter la loi d'ici là. Mais vous comprenez que l'expérience
passée tend à nous démontrer qu'on pourrait
se retrouver dans trois ans puis qu'il n'y aurait rien de fait ou à peu près
pas. Donc, c'est important d'agir
rapidement.
Il y a également
la Stratégie gouvernementale de développement durable, hein? On a passé de
nombreuses heures en auditions publiques, en commission parlementaire
pour entendre les différents groupes sur la prochaine Stratégie gouvernementale de développement durable 2015‑2020. Bien, il y a une des orientations de
cette stratégie de développement durable en matière de conservation de
la biodiversité. Alors, comment voulez-vous qu'on atteigne... Après Aichi, là,
maintenant, la propre stratégie du gouvernement en matière de développement
durable, comme voulez-vous qu'on l'atteigne
si déjà on repousse l'adoption d'un encadrement législatif pour les milieux
humides? Puis je vous rappelle, là, que
cette Stratégie gouvernementale de développement durable, c'est aussi 2015‑2020.
Elle est déjà entamée, on est en 2015. Alors là, il ne faut pas attendre
à la fin du processus, là, des échéanciers de 2020, que ce soit Aichi ou la Stratégie
gouvernementale de développement durable,
attendre, à la limite, les deux dernières années pour tout mettre en branle.
Sinon, c'est sûr qu'on n'atteindra pas les objectifs.
Il y a aussi le Commissaire au développement durable, M. Cinq-Mars, dans son rapport 2011‑2012,
qui demande au gouvernement de prendre en compte les impacts cumulatifs
sur la biodiversité dans ses politiques. Alors, l'impact cumulatif sur la biodiversité... Quand le
gouvernement pose des gestes, il faut qu'il ait une vision d'ensemble pour voir
ce sera quoi, l'impact sur la biodiversité.
Et c'est effectivement, dans le cas des milieux humides, certainement un des éléments, sinon l'élément le plus important sur la
biodiversité. Puis ça, ce n'est pas n'importe qui qui le dit, c'est le Commissaire au développement durable dans son
rapport 2011‑2012. Même chose avec le plan... Vous savez, il y a beaucoup de
plans d'action au gouvernement, hein? Bien, il y en a un, le Plan d'action québécois
sur la diversité biologique 2004‑2007,
hein, où il n'y a pas eu de suivi. Alors, il faut aussi agir en vertu de ce
plan pour protéger rapidement les milieux humides, et évidemment le plan d'action sur les changements climatiques
2013‑2020, qui repose, lui aussi, sur le maintien des services
écologiques qui sont essentiels, comme la conservation de la biodiversité et
les bénéfices offerts par les écosystèmes.
Évidemment, les milieux humides, avec la faune, la flore, ce qu'ils amènent
comme effets de filtre, bien c'est au
coeur des bénéfices offerts par les écosystèmes dont fait mention le plan
d'action sur les changements climatiques 2013‑2020.
Donc,
M. le Président, vous voyez bien qu'il y a urgence d'agir. Vous voyez bien que
le gouvernement avait déjà proposé en
2012, à la suite, entre autres, du travail de Scott McKay comme député, d'avoir
un délai de trois ans. On le comprenait.
Mais là on ne fera pas comme mon oncle Mario, là, faire du temporaire
permanent. Il faut faire du permanent. On
n'est pas dans un chalet, on est au Parlement. Et moi, j'invite le gouvernement
et tous les collègues
à avoir cette vision.
Maintenant, que
s'est-il passé, cette semaine? Nous avons eu une commission parlementaire où on
a entendu différents groupes qui sont venus nous rencontrer sur ce projet de
loi n° 32. On a eu l'APCHQ, des constructeurs en habitations, là; on a eu également l'Union des producteurs agricoles; on
a eu effectivement le groupe Ouranos, dont a parlé le ministre; on eu le Regroupement national des
conseils régionaux de l'environnement du Québec; on a reçu également Nature Québec; nous avons reçu Canards illimités
Canada; le regroupement national des organismes des bassins versants du Québec; on a eu également le Commissaire au
développement durable, M. Cinq-Mars, qui est venu conclure, si on veut,
cette audition des différents groupes intéressés.
Nous
avons fait un travail sérieux, comme toujours. Il y a eu plusieurs éléments...
D'ailleurs, plusieurs groupes se sont
exprimés, au fond, non pas que sur la question du délai, donc, de trois ans qui
est proposé dans le projet de loi n° 32, mais ils sont venus se prononcer sur l'ensemble de l'encadrement
législatif des milieux humides. Ça démontre à quel point, M. le Président, c'est justement une nécessité, ça
démontre à quel point il y a déjà du travail de fait pour l'encadrement
des milieux humides.
gros, M. le Président... le ministre est allé un peu vite là-dessus, là, mais...
donc, nous avons reçu huit groupes, hein?
J'ai fait la liste il y a quelques secondes à peine. Nous avons reçu huit
groupes. Quatre sur huit ont dit clairement qu'ils proposaient une modification au projet de loi
n° 32 pour avoir un délai d'un an et non pas de trois ans. Quatre sur
huit, M. le Président. Moi, j'ai fait
sciences humaines sans maths au cégep, là. Je sais que le député de
La Peltrie connaît ça aussi, et
c'est la moitié, ça. Donc, quatre sur huit, la moitié ont proposé un an. Puis
ce n'est pas n'importe qui non plus : le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement, Nature
Québec, le regroupement national des organismes
de bassins versants et le Commissaire au développement durable, qui a été assez
sévère et même très clair sur l'importance d'avoir un délai d'un an.
Donc, quatre groupes sur un an.
y en a trois, groupes, qui ont clairement dit que, pour eux, le... en tout cas,
ils étaient prêts évidemment à accepter un délai de trois ans, mais ils étaient prêts également à travailler
dans un délai plus court, incluant un délai d'un an. Ça, c'est l'Union des producteurs agricoles, Ouranos,
effectivement — le
groupe de recherche — et
Canards illimités Canada, qui ne se
sont pas prononcés formellement sur un délai précis, mais qui ont dit qu'ils
étaient d'accord pour travailler même si le délai était plus court,
incluant un délai d'un an.
Donc
là, on est rendus aux groupes qui
sont prêts à travailler dans un délai d'un an à sept sur huit, ça commence
à être pas mal, ça commence à être une large
majorité. Et il y a eu un groupe, les constructeurs en habitations du
Québec, qui ne s'est pas assez
prononcé, là, je dirais, sur le délai ni de... bien, eux, ils étaient très
satisfaits du délai de trois ans, mais
ils ne se sont pas nécessairement prononcés sur le fait qu'ils pourraient
accepter un délai d'un an également, mais ça ne
veut pas dire qu'ils ne pourraient pas travailler avec, parce
que, de toute façon, ils savaient que la loi aurait dû être adoptée
avant le 24 avril 2015. Donc, je pense
qu'avec un délai d'un an il n'y aurait pas de problème pour ce groupe-là également.
Donc,
grosso modo, M. le Président, sept groupes sur huit sont d'accord, dont quatre
ont dit clairement, comme recommandation, d'avoir un délai d'un an au lieu d'un délai de
trois ans. Alors, c'est assez significatif, M. le Président. Ça commence à ressembler pas mal à ce qu'on peut
décrire comme un consensus, là, hein,
quand on a sept groupes sur huit. Puis
on peut étirer un peu, puis, si on est capables d'avoir huit groupes sur huit
qui souhaitent avoir un délai plus court, moi, dans mon analyse, c'est
quand même un consensus pas mal large qui se dégage.
Parlant
de consensus, M. le Président, même sur le fond des choses, donc pour être
capables d'arriver rapidement à une
loi d'encadrement général sur les milieux humides, il y a aussi un consensus
qui se dégage dans le milieu. Il y a eu un groupe de travail, en 2013, qui a travaillé avec l'ancien... le
prédécesseur, là, l'ancien ministre de l'Environnement, où il y a eu beaucoup d'éléments qui ont été
dégagés justement pour arriver à cette loi d'encadrement général des milieux
humides. Il y a eu même un forum organisé
par les organismes de bassins versants, en décembre 2014, sur la question
aussi des milieux humides. Plusieurs groupes
y ont participé, incluant l'UPA, et avec des recommandations, des conclusions,
des consensus qui ont été dégagés de c