Culture and Education — 19 April 2011 (39th Legislature, 2nd Session)
CCE 2011-04-19
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32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
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31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
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28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
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16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
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14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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39 e législature, 2 e session
(23 février 2011 au 1 août 2012)
Le mardi 19 avril 2011 - Vol. 42 N° 8
Étude des crédits budgétaires 2011-2012 du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, volet Culture et Communications
Étude des crédits budgétaires 2011-2012 du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, volet Charte de la langue française
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Table des matières
Culture et communications
Remarques préliminaires
Mme Christine St-Pierre
M. Yves-François Blanchet
Discussion générale
Document déposé
Document déposé
Charte de la langue française
Remarques préliminaires
Mme Christine St-Pierre
Document déposé
M. Pierre Curzi
Discussion générale
Document déposé
Adoption des crédits
Document déposé
Culture et communications
Discussion générale (suite)
Document déposé
Remarques finales
M. Yves-François Blanchet
Mme Christine St-Pierre
Document déposé
Documents déposés
Adoption des crédits
Autres intervenants
M. Pierre Marsan, président
M. Gilles Lehouillier
Mme Francine Charbonneau
Mme Stéphanie Vallée
M. Michel Pigeon
Mme Danielle St-Amand
* M. François N. Macerola, Société de développement des entreprises culturelles
* M. Yvan Gauthier, Conseil des arts et des lettres du Québec
* M. Conrad Ouellon, Conseil supérieur de la langue française
* Mme Louise Marchand, Office québécois de la langue française
* M. Daniel Bastille, Centre de conservation du Québec
* M. Guy Berthiaume, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
* M. Claude Plante, Télé-Québec
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Dix heures)
Le Président (M. Marsan): À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Culture et communications du portefeuille Culture, Communications et Condition féminine pour l'année financière 2011-2012.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements.
La Secrétaire: Non, M. le Président, pas de remplacement.
Culture et communications
Le Président (M. Marsan): Alors, je vous remercie. Je vous informe que nous procéderons aux remarques préliminaires, d'une durée de 10 minutes pour le parti ministériel, 10 minutes pour l'opposition officielle, puis à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes maximum, incluant les questions et les réponses, sur le volet Culture, communications du portefeuille Culture, Communications et Condition féminine. La mise aux voix des programmes 1 et 2 se fera quelques minutes avant la fin des temps qui nous sont alloués aujourd'hui pour l'étude de ces crédits, soit une période de quatre heures pour l'étude du volet que nous venons de mentionner.
Remarques préliminaires
Puisque nous avons débuté nos travaux à l'heure, à 10 heures, alors nous terminerons, comme prévu, à midi cette première
partie de nos travaux. Et nous débutons sans... Nous débuterons sans plus tarder avec les remarques préliminaires. Mme la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, vous disposez de 10 minutes pour vos remarques d'ouverture. Vous avez la parole.
Mme Christine St-Pierre
Mme St-Pierre: Merci. Merci, M. le Président. Bon matin à vous tous et à vous toutes. Je vous souhaite bon matin également... Je veux souhaiter bon matin également aux téléspectateurs qui vont écouter notre commission parlementaire et ses crédits en culture, qui font... sont fort importants.
Alors, je vais vous présenter tout d'abord les personnes qui sont assises ici avec moi: à ma gauche, M. Jean-François Hould, qui est chef de cabinet adjoint; également M. Louis Vallée, qui est sous-ministre adjoint responsable de l'Action territoriale; Mme France Dionne, qui est sous-ministre adjointe aux Politiques... pardon, Politiques, Patrimoine, Muséologie et Communications; à ma droite, Mme Sylvie Barcelo, qui est sous-ministre au ministère; également Mme Danielle-Claude Chartré, qui est chargée de mission. Et Mme Chartré va prendre sa retraite dans quelques semaines, alors on va vous souhaiter une très, très belle retraite et des bons crédits. Ce seront les derniers pour elle.
Il y a également parmi nous ce matin -- les gens que je veux saluer -- M. Guy Berthiaume, président-directeur général de BANQ; Mme Michèle Parent, directrice générale d'Administration et finances de Télé-Québec. Il y a également M. Yvan Gauthier, président-directeur général du Conseil des arts et des lettres du Québec; M. François Macerola, qui est président et chef de direction de la SODEC. Et également leurs équipes sont ici... Certains membres de leurs équipes sont ici parmi nous.
Alors, M. le Président, tout d'abord parlons de 2011. C'est une année importante pour le ministère, puisque nous célébrons un anniversaire qui est marquant pour l'histoire du Québec, c'est le 50e anniversaire de la fondation du ministère, qui a été fondé sous l'impulsion de M. Georges-Émile Lapalme. L'initiative de M. Lapalme avait permis de saisir à quel point nous sommes dépositaires d'un corpus d'oeuvres et d'expressions culturelles unique au monde.
C'est pourquoi il est nécessaire, M. le Président, de soutenir nos créateurs et de leur donner les moyens de faire rayonner la culture québécoise ici et dans le monde entier. La vitalité et l'universalité de notre culture ne seraient pas ce qu'elles sont aujourd'hui sans la contribution d'hommes et de femmes qui ont pris le relais depuis M. Lapalme jusqu'à aujourd'hui afin de faire rayonner notre culture.
En 1961, pour la première fois en Amérique, un gouvernement jugeait essentiel de soutenir, de développer et de maintenir un espace où la culture puisse s'exprimer et être accessible à tous. Il signifiait, entre autres, la reconnaissance de la culture comme dimension fondamentale de la destinée et de l'identité de la nation québécoise. Ce moment fondateur du Québec moderne a eu l'effet d'un puissant tonique sur la création artistique, le dynamisme social et la fierté identitaire.
Depuis le début de l'année, nous travaillons avec des partenaires du ministère, bien sûr, mais également les partenaires comme Télé-Québec et Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour souligner l'extraordinaire contribution au développement du Québec des politiques, programmes et initiatives en culture et dans le domaine de communications que nous nous sommes dotés.
Il y a également des initiatives et des célébrations qui seront faites un peu partout dans les diverses sociétés d'État sous notre responsabilité... organismes et sociétés d'État sous notre responsabilité. Dans cette foulée des 50 ans du ministère, nous avons créé un septième Prix du Québec dans le domaine de la culture, le prix Guy-Mauffette, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le secteur de la radio et de la télévision. J'ajoute que, parmi les événements commémoratifs envisagés, le ministère prévoit tenir une cérémonie en hommage à des personnes qui ont marqué la culture au cours des années soixante et dont l'impact se fait encore sentir aujourd'hui.
Que de chemin parcouru, M. le Président! En 1960, le Québec jouait sur la scène internationale un rôle beaucoup plus restreint qu'aujourd'hui. Depuis, nos artistes, appuyés par un réseau efficace de conseillers au sein des représentations du Québec à l'étranger, ont développé un marché international. Leur rayonnement constitue une carte de visite de prestige pour le Québec.
Je voudrais aussi rappeler qu'en 1960 le Québec comptait 71 bibliothèques publiques. Eh bien, aujourd'hui, nous en dénombrons près de 130 établissements autonomes et quelques 680 institutions affiliées au Réseau Biblio, soutenu par Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Plus de 95 % de la population québécoise est maintenant desservie par un service de bibliothèque.
Les industries culturelles ont aussi connu une croissance soutenue, si bien que le cinéma, la télévision et les productions audiovisuelles fleurissent dans des proportions sans commune mesure avec celles observées il y a 50 ans. Les films québécois nous font vivre de grandes émotions à chaque année. Récemment, le film Incendies de Denis Villeneuve, tiré du scénario de Wajdi Mouawad, a remporté huit Génies, dont celui du meilleur film, en plus d'avoir figuré -- et nous avoir donné des émotions -- parmi les finalistes aux Oscars. Il me semble aussi essentiel de souligner l'effet des initiatives incitant les producteurs étrangers à tourner au Québec, notamment grâce à des mesures fiscales.
L'industrie du disque a également progressé de façon spectaculaire depuis les années de la Révolution tranquille. De la naissance d'un secteur proprement québécois dans les années soixante et soixante-dix jusqu'à la révolution numérique des années 2000, la production, la distribution et la diffusion d'enregistrements sonores ont littéralement explosé. On parle ici d'un chiffre d'affaires approchant 300 millions de dollars. Une aide de 3,5 millions de dollars fut accordée dernièrement d'ailleurs afin de mieux soutenir ce secteur.
Du côté de la démocratisation de la culture, des pas de géant ont été franchis. Grâce à nos efforts de développement dans les régions, 87 % de la population québécoise tire aujourd'hui avantage d'une politique culturelle municipale. Nos actions, M. le Président, portent fruit. Nous le savons grâce à l'Enquête sur les pratiques culturelles au Québec de 2009, dont nous avons publié les faits saillants récemment. Nous disposons ainsi de 30 ans d'observation sur l'évolution des comportements culturels de la population, qui montre que la fréquentation des lieux de culture augmente de façon substantielle.
Par exemple, la fréquentation de spectacles professionnels est passée de moins de 60 % en 1979 à plus de 80 % en 2009. L'intérêt pour le cinéma québécois s'est aussi considérablement accru ces dernières années.
Les pratiques culturelles ne cessent de se démocratiser. En effet, entre 1979 et 2009, la fréquentation de certains établissements culturels a connu une progression plus rapide chez les gens possédant un diplôme primaire que chez ceux qui détiennent un diplôme universitaire. Je vois dans ce rattrapage salutaire un signe évident de santé. Les instances régionales nous suivent parce qu'elles savent que la culture est un facteur de qualité de vie. À l'heure actuelle, nous avons 105 ententes de partenariat avec le milieu municipal, régional et autochtone.
Je termine ce tour d'horizon, M. le Président, sur l'occasion qui nous est donnée avec ce 50e anniversaire de notre ministère d'amorcer une réflexion sur l'avenir de la culture.
Au sujet du patrimoine, j'ai présenté à l'Assemblée nationale en février 2010 un projet de
loi sur le patrimoine culturel québécois. Cette loi est très attendue, et je compte sur la précieuse collaboration de l'opposition afin de nous doter d'un nouveau cadre légal. J'ai reçu avec beaucoup d'intérêt le rapport intitulé... dans un... dans le domaine des communications, L'information au Québec -- Un intérêt public , de Mme Dominique Payette, sur l'avenir de l'information au Québec dans le contexte des changements technologiques et aussi sur la langue française dans les médias d'information. Je ferai d'ailleurs connaître les orientations gouvernementales prochainement à ce sujet.
** (10 h 10) **
La décennie qui débute sera marquée par les transformations induites par les nouvelles technologies, nouvelles technologies numériques. Les secteurs de la culture et des communications sont déjà dans cette vague, et il faut rapidement agir pour en tirer profit. J'ai d'ailleurs demandé à la SODEC et au CALQ de tenir des réflexions distinctes afin de proposer des actions concernant l'incidence des technologies numériques sur la mise en marché des arts et de la culture.
La stratégie qui en découlera visera à favoriser l'intégration du numérique dans les différents domaines culturels de façon à propulser le Québec parmi les meneurs en cette matière. Le rapport de ces démarches sera déposé au cours de l'année.
Toujours tournée vers l'avenir, en septembre dernier, j'ai lancé une démarche d'échange sur les façons d'arrimer la diversité des expressions culturelles au développement durable de notre société: l'Agenda 21, pour XXIe siècle, l'Agenda 21 de la culture pour le Québec. Des échanges et réflexions sont en cours et sont diffusés notamment par un site Web interactif. Ils seront ponctués d'activités tenues à travers le Québec, qui culmineront par un rendez-vous sur l'avenir de la culture qui mènera à la rédaction de l'Agenda 21 de la culture pour le Québec.
D'ailleurs, les activités à travers tout le Québec sont déjà commencées, elles sont en cours présentement. Je crois fermement que cette démarche, parce que la culture fait
partie des forces positives... Je crois à cette démarche, parce que la culture fait
partie des forces positives à l'oeuvre dans notre monde.
M. le Président, Georges-Émile Lapalme serait très fier de ce que le Québec a accompli en s'inspirant de la conscience culturelle des fascinantes années de la Révolution tranquille. Ces avancées ont fait du Québec une nation d'avant-garde qui a fait de sa culture un atout pour son développement social et économique. D'ailleurs, selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2009, la culture et les communications généraient près de 5 % de notre PIB. Entre 1997 et 2009, le taux croissance annuelle moyen a été de 3,3 %, ce qui est nettement supérieur au 2,3 % de l'ensemble des industries. Investir dans la culture, c'est donc insuffler du dynamisme à notre économie.
À cet égard, je me réjouis de l'annonce du premier ministre, lors du discours inaugural, de la création du Fonds Capital Culture Québec destiné à financer des projets culturels majeurs qui assureront à notre culture un rayonnement mondial. Est-ce que c'est terminé pour moi? Déjà.
Le Président (M. Marsan): En terminant.
Mme St-Pierre: J'aurais encore plein de choses à vous dire.
Le Président (M. Marsan): En terminant.
Mme St-Pierre: Bon. En terminant, il s'agit d'un fonds de capital de risque doté d'une enveloppe de 100 millions de dollars. Donc, M. le Président, il me fera plaisir de répondre aux questions qui me seront posées ce matin et tout au long de la journée pendant cette commission parlementaire. Merci beaucoup.
Le Président (M. Marsan): Merci, Mme la ministre. Nous en sommes maintenant aux remarques préliminaires de l'opposition officielle, et j'invite donc le porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture et de communications et député de Drummond à faire ses remarques pour une durée totale de 10 minutes maximum. M. le député.
M. Yves-François Blanchet
M. Blanchet: Merci, M. le Président. Ce sera beaucoup moins que 10 minutes, ayant l'intention d'utiliser les minutes que j'aurai ainsi économisées pour poser des questions sur davantage de sujets. Donc, d'emblée, mes salutations à tout le monde.
À l'écoute des remarques d'introduction de la ministre, je ne peux que m'inquiéter un peu que ce soit: bientôt, on aura une politique sur ceci, bientôt on aura une politique sur cela; nous sommes en train de réfléchir à ceci, nous sommes en train de consulter sur cela. Mais malheureusement l'étude des crédits, elle est ce matin. Alors, même sur les sujets sur lesquels il y aura des choses qui seront envisagées, je prends, par exemple, le rapport Payette, l'Agenda 21, la numérisation, moi, je me permettrai de poser des questions dès ce matin, ne serait-ce que pour savoir au moins où en est rendue la réflexion.
Parce qu'on ne peut pas dire que les crédits de cette année se feront l'année prochaine puis, après ça, se faire dire que les crédits de l'année prochaine se feront l'année suivante.
C'est d'autant plus complexe que, les cahiers des crédits, on les a eus hier après-midi. Et ça, M. le Président -- ce n'est pas la première fois, là -- avoir une pile d'environ 3 centimètres de documents la veille, en après-midi, ça me semble une pratique qui ne procède pas directement de l'intention de la ministre, je pense que c'est pas mal le gouvernement au complet. On ne peut pas avoir l'intention de dire à l'opposition, qui est un outil de la démocratie: Arrangez-vous, en un après-midi puis une matinée, pour préparer l'étude des crédits, si vraiment on pense que c'est important.
J'espère aussi que les réponses seront assez courtes pour pouvoir traverser un maximum de questions. Je vous dirai qu'on risque de passer passablement du coq-à-l'âne, parce que -- c'est normal, là, je comprends que les gens fassent ça, l'opposition sert à ça -- on reçoit beaucoup de questions, beaucoup de sujets qui préoccupent des institutions, des groupes, des citoyens, et ça arrive à nous, sauf que -- et ça, on aura l'occasion d'y revenir, mais c'est normal -- la ministre a un ministère et un cabinet, l'opposition a deux fractions de recherchistes.
Alors, j'ai bien peur que mes à peu près 20 ans en culture ne suffisent pas à compenser tous ces experts que j'ai le plaisir de voir devant moi.
Et aussi, bien, je salue la présence des institutions qui jouent effectivement des rôles fondamentaux: Bibliothèque et Archives nationales, le Conseil des arts ainsi que les gens de la SODEC, qui assurément pourront contribuer à notre réflexion, sans pour autant dédouaner la ministre de sa responsabilité à elle d'établir les politiques, qui par la suite aboutissent sur les bureaux des institutions qui doivent les mettre en application.
Alors, ce sont mes remarques d'introduction, pour pouvoir récupérer ce temps sur des questions concrètes, M. le Président.
Discussion générale
Le Président (M. Marsan): Je vous remercie pour ces remarques préliminaires. Je suis maintenant prêt à vous reconnaître de nouveau comme porte-parole de l'opposition officielle pour une première intervention.
M. Blanchet: Bien, merci de nouveau, M. le Président. Ma première question, elle est un peu large, mais j'espère qu'elle ne nous amènera pas n'importe où. Je souhaite, pour ma part et pour le bénéfice des gens qui pourraient suivre nos travaux, mieux comprendre une certaine mécanique de travail.
Le 17 mars, le ministre des Finances a annoncé des mesures en culture: essentiellement, 2,4 millions en trois ans pour la numérisation des salles de cinéma en région -- sur lequel on reviendra; 3 millions en trois ans pour la circulation des arts à l'étranger, confiés au Conseil des arts et des lettres du Québec; le programme investissement culture, 6 millions pour le Musée des beaux-arts de Montréal, pour faire un pavillon sur l'art canadien -- ce que j'aurais, pour ma part, laissé sous la responsabilité du gouvernement du Canada.
Et il y a eu des coupures aussi, et même, si on fait le total, je pense que les coupures arrivent à plus que les investissements. Et, depuis, il y a eu d'autres annonces. Je pense aux 3,5 millions en musique, je pense aux 750 000 $ pour la Compagnie Marie Chouinard, je pense aux 450 000 $ pour les arts contemporains, qui sont toutes des initiatives et des investissements de l'État que je salue.
C'est le mécanisme que je veux mieux comprendre. Comment se fait-il que la ministre peut annoncer davantage dans le mois qui suit le dépôt du budget que ce qui a été annoncé dans le budget? Comment ça se fait que le ministre des Finances dit: Regardez, nous aimons la culture, au gouvernement du Québec, fait des annonces, et la ministre...
Peut-être que c'est de l'argent des crédits de l'année passée, peut-être que c'est de l'argent qui vient de son propre budget, je veux juste mieux comprendre pourquoi les annonces dans le mois qui suit le budget sont à la limite plus importantes que ce qui a été fait dans le budget, pour que moi et les gens qui suivent nos travaux voient la pertinence du budget par rapport au rôle que la ministre joue dans son secteur précis.
Le Président (M. Marsan): Alors, Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Bien, M. le Président, si je saisis bien la question du député, c'est de voir un peu comment on peut annoncer, à la suite du budget, des initiatives plus pointues, plus particulières. Il faut dire que, lorsque nous avons annoncé dans le budget... Lorsque le ministre des Finances annonce dans le budget, par exemple, le fonds pour l'investissement sur... d'entreprises culturelles sur la scène internationale, bien il faut quand même quantifier, il faut donner un chiffre. Et c'est normal que le ministre des Finances ait fait cette annonce en parlant de 100 millions de dollars, je pense que ce n'est pas anormal.
Ensuite, ce sont les budgets du ministère et c'est au ministère à décider quelles sont les annonces qu'ils font. Et, pendant toute l'année, M. le Président, on fait des annonces en infrastructures, on fait des annonces dans différents secteurs du ministère. Il y a également les sociétés d'État qui font leurs annonces. Alors, j'ai un peu de difficultés à voir vers où le député s'en va avec sa question.
Le Président (M. Marsan): M. le député.
M. Blanchet: Je précise, parce que vous avez dit: « C'est normal que par la suite on fasse des annonces plus pointues » , je ne parle pas d'annonces plus pointues, je parle d'annonces différentes. Il n'y avait rien -- et c'est correct, ce n'est pas ça, le problème -- il n'y avait rien, par exemple, sur ce qui a été annoncé la semaine dernière aux rencontres de l'ADISQ dans le budget, c'est une annonce différente. Il n'y avait rien sur la Compagnie Marie Chouinard, c'est une annonce différente. Il n'y avait rien sur les arts contemporains, c'est une annonce différente.
Donc, je conclus... ou je dois comprendre que ce que le ministre des Finances n'a pas annoncé dans le budget... Et je ne retiens pas le 100 millions, parce que c'est du crédit, 100 millions, ce n'est pas un investissement de l'État québécois, là, on va revenir là-dessus. Mais je dois comprendre que ce qui n'est pas annoncé dans le budget du ministre des Finances vient de l'enveloppe régulière du ministère de la Culture et des Communications. Est-ce que c'est bien ça?
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
** (10 h 20) **
Mme St-Pierre: Le député, M. le Président, fait référence au projet Marie Chouinard, c'est un budget en immobilisations, et on a, au ministère, des budgets en immobilisations. Pendant toute l'année, on regarde les projets, on analyse les projets. Les projets sont tout d'abord déposés par les promoteurs, sont déposés sur... au plan régional. Il y a une sélection qui se fait sur le plan régional par rapport à la pertinence, par rapport à comment le dossier est monté, est-ce que le dossier est complet, pas complet, est-ce que le dossier fait
partie des... lorsque l'analyse régionale se fait: est-ce que le dossier est pertinent? Ensuite, le dossier vient au ministère de la Culture. Et ensuite, lorsque les budgets sont là, bien on l'annonce. Alors, je vous avoue que j'ai un peu de difficultés.
Marie Chouinard, ce que j'ai annoncé il y a deux semaines, c'est la deuxième phase d'une mise aux normes de son école, de son école, de son studio, alors de la compagnie, alors. Ensuite, dans le budget, on a parlé de numérisation, je pense que c'est un enjeu qui est fort important, on a une urgence de ce côté-là. Donc, on y va selon, également, les priorités que le ministère dégage.
Et, puisqu'il parle du budget, bien, moi, je peux parler des commentaires qu'on a eus à la suite du budget. On a eu un commentaire... J'ai un commentaire ici de l'Association nationale des éditeurs de livres: « L'ANEL, chef de file dans la numérisation des livres au Québec, se réjouit de l'annonce faite aujourd'hui par le ministre des Finances[...], [lors du] discours [du] budget 2011, de près de 500 000 $ par année pendant trois ans pour la numérisation des livres -- je ne pense pas qu'il y a grand monde qui va nous reprocher de faire de la numérisation. De plus, le programme de crédit d'impôt est étendu aux livres numériques pour une valeur estimée à 200 000 $ par année. »
Il poursuit, M. Bellemare, en disant: « Je suis convaincu, comme tous les éditeurs québécois, que cet engagement arrive au bon moment, assure [le président] Gaston Bellemare, président de l'ANEL. Le gouvernement du Québec confirme son implication dans la culture au moment où il est plus que jamais important d'investir dans ce secteur. Je suis heureux du travail fait dans ce dossier par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et par le ministre des Finances. »
Un autre ici: L'AQTIS se réjouit de la création du Fonds Capital Culture Québec . « L'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son salue l'initiative du gouvernement du Québec dans la création du Fonds Capital Culture Québec visant à soutenir les projets majeurs d'entreprises culturelles québécoises à l'étranger. "Nous félicitons le ministre des Finances [...] pour ces mesures visant à appuyer le secteur culturel. Cette initiative contribuera à pallier au manque de financement nécessaire à la réalisation de productions culturelles d'envergure et soutiendra du même coup le développement de l'expertise des artistes et [des] artisans du Québec. »
Ici, j'ai CINARS, conférence internationale des arts de la scène...
Le Président (M. Marsan): Oui?
M. Blanchet: ...toute la journée, là.
Mme St-Pierre: Bien, c'est parce qu'il me pose une question, je réponds à la question.
M. Blanchet: Mais ce n'est pas le sujet de la question.
Mme St-Pierre: Bien là, écoutez, M. le Président, il va falloir qu'on s'entende: Est-ce qu'il y a... est-ce qu'on... il y a un temps limite pour répondre aux questions? Il me semble que non.
Le Président (M. Marsan): Non, généralement c'est un temps raisonnable. Je vous demanderais...
Mme St-Pierre: Bien là, je suis très raisonnable.
Le Président (M. Marsan): ...tout simplement de terminer votre court exposé tout de suite.
Mme St-Pierre: En tout cas!
Le Président (M. Marsan): M. le député de Drummond va reprendre la parole.
Mme St-Pierre: Donc, j'ai ici un autre commentaire, de l'Orchestre métropolitain, j'ai un commentaire de CINARS. Alors, je pense qu'on a eu d'excellents commentaires sur le budget 2011, comme on en avait eu d'excellents commentaires l'année dernière, de budget, et des autres années auparavant.
Le Président (M. Marsan): Merci. M. le député de Drummond.
M. Blanchet: Merci, M. le Président. Je souhaite qu'on ne passe pas la journée à lire des communiqués, surtout, outre que ça consomme un temps précieux, que ce n'est pas du tout l'objet. Il n'y a aucune de ces annonces en soi -- et qu'on ne fasse pas le jeu de me faire dire ce que je n'aurai pas dit -- que je dénonce. Je pense qu'effectivement l'investissement chez Marie Chouinard est très louable, je pense que les investissements en numérisation sont très louables.
J'ai plus de réserves sur certains éléments de l'investissement pour la circulation de la culture, mais ce n'est pas sur le fait que c'est rendu disponible, au contraire, c'est très louable, je dis simplement... ou je veux... Mais j'ai pas mal ma réponse, à l'effet que la ministre est maîtresse d'oeuvre de ce qu'elle fait à l'intérieur de son enveloppe, ou, en d'autres mots, qu'elle en est responsable, pour ce que les gens jugeront bon comme pour ce que les gens ne jugeront pas bon.
Je veux gérer le plus efficacement possible le fait que la tendance est, lorsque ça ne fait pas l'affaire de quelqu'un, de dire que c'est une décision du gouvernement et, lorsque ça fait l'affaire de quelqu'un, de faire un communiqué pour dire: Regardez comme on est bons. Et là c'est le ministère quand c'est bon puis c'est le gouvernement quand ce n'est pas bon. Je veux être sûr que la ministre est responsable de tout ce dont on va parler aujourd'hui, à l'intérieur de ces enveloppes, des crédits qui sont de l'année passée, parce que ceux de cette année ne sont pas votés, et toutes ces questions, c'était important à placer de façon précise.
J'ai des questions qui sont assez pointues parce que c'est des gens qui... il y en a sur lesquelles d'ailleurs j'ai consulté ou j'ai été contacté, et on va... ça va être des ouvertures de réflexion qu'on devra faire de bonne foi, parce que je n'ai pas de réponse finale ni de position finale. Et je prends l'exemple du festival du court métrage du Saguenay, qui a fait une demande d'augmentation de financement parce que c'est un événement qui non seulement est régional...
Et des événements importants en culture en région, il y en a relativement peu, surtout à l'heure où la distance compte de moins en moins grâce aux dispositifs Internet de circulation de l'information où n'importe qui, n'importe où en région peut tenir et entretenir, dans la durée, des événements pertinents.
Ce festival-là a fait une demande d'augmentation de son financement. Je sais que ça a été discuté et je sais très bien, pour leur en avoir parlé, que la SODEC en a discuté. Et j'avais établi que je voulais pouvoir en leur nom poser cette question-ci, au nom de ce festival fort important, fort reconnu et extrêmement dynamique mais très peu outillé en termes de ressources humaines et d'infrastructures. Donc, je veux savoir où en est la réflexion, soit du gouvernement soit de la SODEC, sur le financement de ce festival qui a de la misère à joindre les deux bouts malgré son formidable rayonnement.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: M. le Président, je pense que, si on regarde dans l'ensemble, au Québec, pour ce qui est des festivals et des événements qui touchent l'ensemble du Québec, dans toutes les régions, je pense que l'argent est administré avec beaucoup, beaucoup de rigueur, et on essaie d'être équitables pour toutes les régions du Québec. Les décisions se prennent en fonction des budgets que nous avons.
Vous le savez, nous voulons revenir à l'équilibre budgétaire, et nous avons fait vraiment des efforts importants pour que cet équilibre-là s'atteigne dans le ministère sans qu'on touche à nos clientèles. Alors, on n'a pas été en mode d'enlever de l'argent à nos clientèles. Au contraire, on a voulu encourager le plus possible. Et c'est ça, le message que toutes les sociétés d'État ont reçu, et c'est le message également dans le ministère: on ne veut pas que les gens sur le terrain soient touchés.
Donc, on a fait un effort considérable à l'intérieur du ministère pour atteindre et continuer d'atteindre l'équilibre budgétaire. Je pense aux questions de... On sait, communications, les budgets en communication, également les budgets de déplacements ont été limités.
Donc, l'année dernière, 2010-2011, la SODEC a versé plus de 1,5 million de dollars en appui aux festivals de films, et évidemment on va continuer d'appuyer nos festivals de films au Québec. Et aussi il y a un groupe de travail interministériel qui réunit la SODEC, le CALQ, le ministère, le MAMROT, ministère des Affaires municipales, le ministère de l'Éducation, le Bureau de la Capitale-Nationale, Tourisme Québec, on étudie diverses avenues de coordination également pour faire en sorte qu'on soit plus efficaces, moins d'administration, plus efficaces sur l'argent qui va aller dans...
Alors, moi, je pense que... C'est sûr, M. le Président, que ce serait formidable de pouvoir en faire encore beaucoup plus, mais on y va selon les moyens que nous avons et on essaie de ne pas toucher, ne pas heurter nos clientèles.
Le Président (M. Marsan): Merci. M. le député de Drummond.
M. Blanchet: Outre espérer que les réponses seront moins générales, je vais être plus précis. En fait, moi, je suis déjà, d'emblée, pas mal précis dans ma question, je parle d'un événement particulier. Des festivals de courts métrages au Québec, il n'y en a pas des masses, là, donc je suis convaincu que la ministre connaît bien l'événement. Ils ont développé un dossier, demandé un peu plus de financement, budgété leur demande, développé un projet, nouveau volet davantage colloque dans leur événement. Donc, je suppose que, quelque part dans l'entourage de la ministre, il y a quelqu'un qui connaît ça.
Je sais que la SODEC est au courant du dossier. Je souhaiterais avoir une réponse assez précise.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
** (10 h 30) **
Mme St-Pierre: M. le Président, la SODEC a rencontré à plusieurs reprises les organisateurs du festival, qui ont expliqué très clairement la situation à laquelle ils font face. Nous avons des ressources quand même qui demeurent limitées. Nous devons gérer l'argent des contribuables avec beaucoup, beaucoup de rigueur. Et, M. le Président, la SODEC vient d'obtenir une augmentation de 200 000 $ de son enveloppe 2011-2012, donc il y a une certaine marge de manoeuvre. Et c'est à la SODEC, et non pas à la ministre de faire... de décider, mais je pense que la SODEC comprend bien le message et sait très bien... et traite nos gens de façon très correcte et avec beaucoup, beaucoup de sensibilité.
Le Président (M. Marsan): M. le député.
M. Blanchet: Bien, je préciserai seulement que le domaine de la culture, dont la ministre dit elle-même qu'il représente 5 % du PIB, et l'importance que tout le monde dit accorder aux régions justifient certainement une augmentation du côté de ce festival qui en arrache, qui a des retombées et qui est effectivement régional. Et, bon, je ne sais pas jusqu'où je dois aller, parce que je ne veux indisposer personne, mais je sais qu'il y a une réflexion en cours par rapport au financement de ce festival. Alors, j'inviterais la ministre à aller chercher les réponses sur cette réflexion en cours là et à revenir avec une réponse pour les gens qui nous écoutent.
Je ne sais pas si vous en avez davantage à nous dire là-dessus? Je ne voudrais pas en savoir davantage que la ministre avant de poser la question.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Est-ce que, M. le Président, est-ce que le député est en train de me suggérer que ça soit moi, dans mon bureau, qui décide de faire les choix? Il y a des spécialistes pour cela, des gens à la SODEC qui analysent les différents dossiers. Et, s'il regarde l'enveloppe des festivals de films, je pense qu'on essaie de traiter tout le monde de façon très, très, très équitable, et dans les régions, de façon équitable également.
On sait que Montréal est un gros pôle d'attraction, Québec également, mais il faut aussi faire en sorte que partout dans les régions on puisse être... avoir... on puisse donner également accès à différentes manifestations. Et, moi, je pense que les gens sont traités de façon... les organismes sont traités de façon très équitable, et ce n'est pas... Et, si je comprends bien, ce que le député suggère, c'est que ça soit moi, assise dans mon bureau, qui prenne ça et qui décide de qui aurait quoi puis qui donnerais les pointages?
Ce n'est pas comme ça que ça devrait marcher, M. le Président, et je ne pense pas que les gens sur le terrain aimeraient que ça se fasse de cette manière.
M. Blanchet: M. le Président, je vais essayer rapidement de dépolitiser ça parce que je ne veux pas que ce soit nuisible au festival. Bien sûr, la ministre a même des budgets discrétionnaires. J'imagine que c'est des petites affaires, des fois, qui demandent de l'aide et que ça se rend au bureau de la ministre. Et, à la question: Est-ce que je souhaite que la ministre soit au courant qu'il y a un événement régional de cette importance régionale... voie ses demandes se rendre jusqu'à la ministre?, la réponse est clairement: Oui, je suppose qu'ils le souhaitent et, moi, je le souhaite.
Cela dit, je veux une réponse plus précise et j'invite la ministre à demander au président de la SODEC à me la donner, s'il vous plaît.
Mme St-Pierre: Ça me fait plaisir, M. le Président, si on peut demander à M. François Macerola de venir répondre à la question du député.
Le Président (M. Marsan): Oui. Alors, notre invité va prendre place. Je vais lui demander de se présenter et de nous dire quelle organisation il dirige. Assoyez-vous.
M. Macerola (François N.): François Macerola, président de la SODEC.
Le Président (M. Marsan): Je vous remercie.
M. Macerola (François N.): La question est... Vous voulez savoir les montants qui sont accordés à ce festival, c'est bien la question?
M. Blanchet: ...savoir -- et là, je... sortir tout l'aspect politique de ça, parce que je me préoccupe du sort de cet événement -- je souhaite savoir où en est la réflexion de la SODEC par rapport à l'augmentation, somme toute fort raisonnable, de financement que le festival du court métrage du Saguenay vous a acheminée.
M. Macerola (François N.): Dans un premier temps, en 2010-2011, on a accordé une subvention de 70 000 $, auxquels se sont ajoutés 20 000 $ pour des services rendus par l'organisation du festival, pour un total de 90 000 $. Et, le 27 mai... non... oui... le 27 avril, je dois rencontrer les dirigeants du festival avec les gens de la SODEC qui sont responsables chez nous de l'administration de ces budgets-là, et je dois vous dire... La ministre a mentionné tantôt qu'on avait eu une augmentation de 200 000 $ dans nos budgets de festivals et qu'on regarde avec un oeil très sympathique la possibilité d'accroître la contribution de la SODEC auprès de ce festival.
M. Blanchet: D'emblée, j'apprécie la précision de la réponse. Je comprends que la rencontre est très prochainement. Je comprends qu'il y a un peu plus d'argent et que vous pourrez prendre en considération les besoins... Moi, j'avais été frappé d'ailleurs par le fait qu'en termes de ressources humaines c'était ingérable comme événement, et prendre aussi en considération les retombées significatives, et au niveau culturel et au niveau économique, pour la région. Bien, je vous remercie beaucoup, M. le président. L'autre président, pas vous.
Le Président (M. Marsan): Merci, M. Macerola. Alors, M. le député de Drummond.
M. Blanchet: Oui. Je vais aller sur un sujet passablement différent, qui fait également suite à une réflexion que j'ai eue et des questions que j'ai posées aux gens de la SODEC. C'est un début de réflexion, mais vous allez voir où est ma préoccupation. Les derniers chiffres disponibles, 2010-2011, établissent, dans le rapport de l'argent en soutien à la tournée au Québec, que 21 % des artistes soutenus sont des artistes anglophones, 66 % des artistes francophones. Si on prend l'argent, 19 % de l'argent va à des artistes anglophones, 70 % à des artistes francophones.
Et, si on va hors Québec, le nombre d'artistes soutenus -- ça n'arrive pas à 100 % parce qu'il y aussi « autres langues » et « instrumental » , là -- le nombre d'artistes soutenus, 31 % des artistes québécois soutenus hors Québec sont anglophones, 50 % sont francophones, et, toujours pour la tournée hors Québec, les sommes allouées, 32 % des sommes allouées à la tournée hors Québec le sont à des artistes anglophones, 53 % à des artistes francophones.
Je m'inquiète, non pas que je ne souhaite pas que dans un ratio proportionnel et adéquat la culture anglophone soit appelée à circuler, mais je m'inquiète de la sous-représentation, je m'inquiète du fait que les artistes francophones, à l'intérieur du Québec comme à l'extérieur du Québec, sont bien en deçà du pourcentage de la population du Québec, qui est francophone à hauteur de 53 % hors Québec et 70 % au Québec. Je m'inquiète de ça. Je souhaite avoir les commentaires de la ministre à ce sujet.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: M. le Président, permettez-moi de manifester mon étonnement par rapport à cette question, parce que le député a quand même une longue expérience dans... comme producteur. Et est-ce qu'il est en train de dire qu'on ne devrait pas faire telle chose pour certains artistes et pas faire des choses pour certains autres, et que ça devrait... Écoutez une minute, là, on est... C'est délicat, et il est sur un terrain très, très savonneux, là, la... Ça va... Parce que, moi, je pense que ce n'est pas de cette manière-là qu'on doit décider.
Par contre, je peux dire que, pour être allée sur le terrain beaucoup depuis quatre ans, nos artistes francophones sur la scène internationale, on les accompagne énormément et on essaie de le faire de plus en plus. On est allés, il y a quelques semaines à peine, au festival South by Southwest, qui se tient au Texas, qui est une énorme manifestation de festival. J'ai ici d'ailleurs un document que je pourrais déposer, M. le Président.
On a fait... vraiment, on a concentré les efforts du Québec à South by Southwest pour faire en sorte que nos artistes québécois puissent percer sur ce... à cet endroit-là parce qu'on sait qu'il y a des gens d'un peu partout, des acheteurs d'un peu partout qui viennent là. Il y a des acheteurs, également, américains. Et ce n'est pas parce qu'ils chantent en français qu'on ne les écoute pas. Au contraire, on a eu un succès énorme et on compte bien continuer l'expérience.
Donc, c'est très important pour nous d'appuyer nos artistes sur la scène internationale, de faire en sorte qu'ils puissent rayonner, qu'ils puissent tourner, parce qu'on le sait, on a ajouté de l'argent en tournées internationales. Encore cette année, dans le budget, il y a 1 million supplémentaire également d'ajouté pour faire en sorte qu'ils puissent sortir du Québec et aller gagner des sous puis en ramener ici, parce qu'on sait qu'un dollar dépensé à l'international en culture en ramène 10 ici. Alors, c'est très, très important.
Et, moi, je ne vois pas... et j'espère que jamais, jamais, jamais on ne va faire ce genre de discrimination par rapport à des artistes. Et je souhaite que le député comprenne bien le sens de sa... qu'il saisisse bien ce qu'il est en train de dire, là, ce qu'il est en train de faire comme suggestion, parce que c'est assez surprenant. Je suis vraiment surprise de la question.
Document déposé
Le Président (M. Marsan): Je vous remercie, Mme la ministre. Juste avant de laisser la parole à notre collègue, vous avez mentionné que vous voulez distribuer un document, alors je vais demander à notre page de prendre le document et de faire les photocopies nécessaires pour l'ensemble des députés. Alors, nous poursuivons. Et je donne la parole à M. le député de Drummond.
M. Blanchet: La ministre peut se rassurer, je contrôle moi-même le message de ce que je dis et je ne suis pas très préoccupé de son interprétation tellement que de celle des gens qui nous écoutent. Ma question n'est pas qu'on doit faire ou on ne doit pas faire. Ma question, c'est: N'êtes-vous pas préoccupée qu'à peine plus de la moitié des investissements de la SODEC en soutien à la tournée hors Québec d'artistes québécois, qu'à peine plus de la moitié de cet argent aille à des artistes francophones? Y a-t-il une réflexion? Quelqu'un se demande-t-il pourquoi il en est ainsi?
Y a-t-il un élément dans le problème qu'on devrait regarder de façon plus précise? J'ai effectivement vécu dans ce milieu-là pendant 20 ans, et effectivement, que ce soit de la glace ou du savon, je vais être capable de patiner. Mais je veux savoir si la ministre le savait, s'en préoccupe, se pose des questions, se demande si les artistes francophones ont besoin d'une forme de soutien un peu différent, si les programmes sont adaptés à la spécificité de ce qu'ils font. On ne peut pas que constater après puis dire: Ah! c'est comme ça. Mais est-ce que la ministre est préoccupée de cette situation ou indifférente?
** (10 h 40) **
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: M. le Président, ce sont des programmes qui sont administrés par la SODEC. Je vais inviter M. Macerola à venir prendre place à... ici pour venir expliquer quels sont les critères... sur quels critères se base... aussi par rapport au nombre de demandes qui sont faites.
Moi, ce que je veux, c'est que nos artistes québécois rayonnent sur la scène internationale. C'est important pour le Québec, c'est important pour nos artistes, c'est important pour nos créateurs de pouvoir rayonner sur la scène internationale, et nous les encourageons à le faire. Et j'ai également, par rapport aux artistes, aussi le Secrétariat à la politique linguistique qui fait également un effort dans le domaine de la culture. Parce qu'on sait que, culture québécoise et culture francophone, la langue française, c'est très relié, très relié, également.
Alors, M. le Président, si vous me permettez, j'aimerais que M. Macerola explique au député -- il doit connaître les critères, le député, par coeur parce qu'il a déjà été dans ce milieu-là -- mais qu'il explique comment ça marche.
Et je pense que, pour ce qui est de moi, là, on n'est pas ici, là, dans un endroit où on va faire deux classes de citoyens puis deux classes d'artistes, là. Un instant, là! Je veux dire, ce sont des Québécois à part entière et ils sont jugés... ils sont aidés en fonction de leur talent et du rayonnement qu'il a. Alors, M. Macerola va répondre à la question.
Le Président (M. Marsan): Juste auparavant une dernière intervention, puisque le temps est presque écoulé.
M. Blanchet: Oui, avant, effectivement de demander des questions précises à M. Macerola, ne nous prêtons pas d'intentions ici. Je suis préoccupé du ratio qui va aux francophones, je n'attaque pas la création anglophone. On sait tous, pour en écouter et l'apprécier, comment la scène montréalaise anglophone est extraordinaire. Je m'inquiète pour la scène francophone. C'est le sens de ma question.
Et je vais aussi demander à M. Macerola d'emblée si je pourrais obtenir des chiffres équivalents à ça, ces chiffres-là, pour l'année 2009-2010, 2008-2009. Nous avons le devoir d'établir s'il y a ici une tendance. Nous avons le devoir d'établir s'il y a un problème en train de se développer, et que les infrastructures des industries culturelles qui soutiennent les artistes francophones ne font pas le poids et ne réussissent plus à s'insérer dans ces programmes. À ce moment-là, on aurait un problème.
Le Président (M. Marsan): O.K. Vous allez m'excuser, mais à ce moment-ci nous avons terminé la période d'échange avec le parti de l'opposition officielle. Je comprends qu'on pourra revenir avec M. Macerola tantôt. Nous allons poursuivre avec le parti ministériel. Et je vais céder la parole à M. le député de Lévis, qui est aussi l'adjoint parlementaire à la ministre de la Culture, et des Communications, et de la Condition féminine. M. le député.
M. Lehouillier: Merci beaucoup, M. le Président. D'abord, je voudrais saluer notre ministre ainsi que tout son personnel qui l'accompagne. Et je peux vous dire, je peux en témoigner, le travail qui se fait au ministère de la Culture est un travail exceptionnel. Et, M. le Président, ce qu'on ne dit pas souvent... j'ai eu l'occasion hier d'assister à la présentation des crédits au niveau de l'immigration, mais ce qu'on ne dit pas souvent, c'est que depuis quelques années le ministère de la Culture a un partenariat très soutenu avec les autres ministères gouvernementaux, et ça porte fruit, ça donne des résultats.
Je vous donne un exemple. Hier, notre collègue ministre de l'Immigration, donc, quand elle parlait de l'immigration, hier -- je donne ce petit exemple là, vous allez voir comment c'est intéressant -- elle disait qu'on avait accueilli, cette année, 54 000 personnes immigrantes. Or, grâce à des programmes mis de l'avant -- et je sais que le ministère de la Culture collabore avec le ministère de l'Immigration -- alors on se rend compte d'une chose, et c'est une avancée extraordinaire, c'est que 60 % des gens qui... des immigrants déclarent maintenant connaître le français. C'est quelque chose d'assez extraordinaire.
Et on s'est également rendu compte que tout ça, c'est parce qu'il y a des mesures qui sont vraiment mises de l'avant.
Je sais qu'on va discuter de cette question-là particulièrement cet après-midi, mais ce qui est intéressant... Puis je voulais juste démontrer par ce petit exemple là qu'il y a des avancées qui se font et que le ministère de la Culture est aussi également très présent dans les autres ministères. Il y a beaucoup d'argent qui est investi par les autres ministères pour assurer cette promotion-là.
Alors, le deuxième petit exemple que j'aimerais donner à cet égard-là, je sais que notre ministre a eu l'occasion d'annoncer il n'y a pas tellement longtemps -- et ça, c'est de concert avec le ministère de l'Éducation, avec le ministère, également, de la Famille -- donc la fameuse série pour les tout-petits à Télé-Québec. Et ça, ça a été quand même une annonce assez exceptionnelle où Mme St-Pierre disait, lors de cette annonce-là: « En diffusant une émission quotidienne visant à outiller les tout-petits, Télé-Québec confirme une fois de plus son rôle de télévision éducative et culturelle.
Cette nouvelle série pourra faciliter leur intégration scolaire en les préparant à diverses situations de vie. La complicité qui s'installe entre les enfants et les personnages de séries favorise l'apprentissage. Je crois à la perspective d'une meilleure réussite scolaire lorsque des mécanismes sont mis en place dès le plus jeune âge. Si la culture émane du savoir, la confiance en soi est au coeur d'une vie riche et épanouie. »
Alors, je voulais juste signaler, M. le Président, que, depuis quelques années maintenant et surtout, en particulier, depuis que notre collègue est titulaire du ministère de la Culture, il y a beaucoup d'interconnexions entre les ministères, puis je pense que c'est très bénéfique. On le voit dans de nombreux projets.
Alors, moi, je voudrais revenir aussi, également, quelque peu sur la présentation de la ministre en début, parce qu'il y a quelques éléments là-dedans qui m'apparaissent importants de souligner avant que je pose ma première question, quelques éléments qui me sont apparus extrêmement importants. D'abord, bien sûr, le 50e anniversaire. Et je sais que notre ministre travaille très fort avec Télé-Québec, Bibliothèque et Archives nationales du Québec pour souligner cette contribution. J'ai eu l'occasion de participer à quelques activités, dont une au Palais Montcalm, et c'est vraiment des activités qui sont quand même exceptionnelles.
L'autre élément que j'aimerais signaler, M. le Président... Parce que j'ai moi-même fait de la politique municipale pendant 20 ans, et on voit, on voit de plus en plus le changement qui s'opère sur le terrain dans le domaine de la culture, et ça, c'est dû au fait qu'il y a eu quand même des avancées extraordinaires de ce côté-là. La ministre le signalait, en 1961, on n'avait que 71 bibliothèques. On est maintenant rendus à 130 établissements, 680 institutions affiliées au réseau. C'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire.
Mais ce qui est encore plus important, c'est que 95 % de la population est desservie par un service de bibliothèque. Et on sait que la lecture, on sait que la fréquentation des bibliothèques est à la base de tout. Dès qu'on parle de décrochage scolaire, dès qu'on parle d'éléments qui touchent l'éducation, on parle de la lecture, au départ, et de son accès et l'accès aux bibliothèques. Alors, ça, je trouve ça extrêmement important pour la suite des choses.
L'autre élément qu'il m'apparaît important de souligner, c'est que 87 % de la population tire avantage d'une politique culturelle municipale. Je me souviens, quand on a mis de l'avant notre première politique culturelle à Lévis, ça a donné une impulsion extraordinaire au milieu culturel lévisien. Et donc on se rend compte également que ça a un impact aussi dans la fréquentation des spectacles. Parce que, quand on est passé de 60 % à 80 % dans la fréquentation des spectacles, je pense que c'est quelque chose qui mérite de souligner, sans compter les 120 ententes de partenariat avec les villes, les MRC et les nations autochtones.
Alors, on peut dire que finalement, si on assiste aujourd'hui à une démocratisation de la culture, c'est grâce aux efforts soutenus que le ministère fait depuis de nombreuses années auprès des municipalités, auprès des MRC, auprès des grandes villes, et maintenant les villes sont devenues des partenaires essentiels dans le développement culturel, ce qui n'était pas le cas, en passant.
Moi, quand je suis arrivé en politique, au début des années 1980, les municipalités, la culture, c'est quelque chose que les élus craignaient, mais aujourd'hui, grâce aux ententes culturelles, on se rend compte qu'il y a une démocratisation de la culture, et ça, c'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire.
** (10 h 50) **
Bien sûr, quand on est plus près et qu'on regarde le terrain de ce qui se passe aussi chez nous dans le domaine culturel, et de ce qui s'est fait, alors j'ai eu l'occasion, comme adjoint parlementaire, aussi d'assister à l'activité Québec horizon culture, et on sait que ça a amené beaucoup de résultats pour la ville de Québec, et ça, je pense que ça mérite d'être souligné, M. le Président. Alors donc... Et c'est vraiment des choses qui, pour moi, sont...
J'ai eu l'occasion également d'assister... Parce qu'on oublie des fois les actions qui sont faites au niveau du ministère, M. le Président, mais c'est quand même de belles actions. Pensons, entre autres, aux projets de
loi sur la gouvernance, qui ont été très bien accueillis, le projet de loi qui touche le Conseil des arts et des lettres, des projets de gouvernance qui ont amélioré la façon de desservir nos clientèles, et ça, c'est quand même des gains substantiels au niveau culturel. Donc...
Et on pourrait parler bien sûr de notre programme d'infrastructure, les réalisations auxquelles notre ministre évidemment a été associée de très près. Et on a, entre autres, le Musée national des beaux-arts ici, à Québec. Tu sais, c'est tous des projets extraordinaires et qui vont être porteurs d'avenir. Je pense, entre autres... Et je me souviens de ça, l'an dernier, j'ai eu l'occasion d'aller à Montréal. M.
Lucien Bouchard, qui était président de l'Orchestre symphonique, toute la dynamique qui entoure maintenant les orchestres symphoniques et, je pense, les idées originales qui ont été amenées pour appuyer l'Orchestre symphonique de Montréal, qui est un peu notre... le leader dans les orchestres et qui a un niveau international extraordinaire... Mais en même temps ça a eu un impact pour tous les autres orchestres au Québec. Alors, il y a beaucoup, beaucoup de gestes qui ont été posés au niveau culturel et qui méritent effectivement d'être soulignés.
Je voudrais également, M. le Président, aborder l'année 2011-2012 et je voudrais souligner également, et le souligner de façon particulière, la volonté de la ministre, de notre ministre, de travailler à deux, trois niveaux que je trouve extraordinaires, donc promouvoir la culture québécoise sur la scène internationale -- je pense que, là-dessus, c'est un leitmotiv de notre ministre qui est quand même assez extraordinaire, et on a vu les résultats lors du discours inaugural, lors du budget, la présentation du budget -- également encourager le virage numérique de l'industrie culturelle et maintenir le cap pour nos infrastructures.
Donc, on pense ici bien sûr au Fonds Capital Culture Québec, 100 millions de dollars, l'aide à la diffusion hors Québec des oeuvres du domaine des arts et des lettres. Dans la numérisation, on pense au soutien financier à la numérisation des salles de cinéma, l'aide additionnelle au secteur de la musique et des variétés, la création du Fonds des technologies numériques dans le domaine des arts et des lettres, le soutien accru à l'INIS, l'aide à la numérisation des livres existants -- beau projet qui est fortement appuyé -- élargissement du crédit d'impôt pour l'édition du livre, la modification du crédit d'impôt pour les enregistrements.
Et, bien sûr, tout ça fait en sorte qu'en même temps, et ça, c'est quand même quelque chose d'extraordinaire, c'est que, pour l'année 2011-2012, l'engagement au niveau des infrastructures est également respecté. Alors, moi, je voudrais en féliciter la ministre parce que c'est quand même quelque chose d'extraordinaire dans la conjoncture qu'on connaît actuellement, et on sait que ça a des résultats concrets sur le terrain.
Moi, je pense juste, dans mon comté, à La Maison Louis-Fréchette et bientôt à l'École de musique Jésus-Marie, qui est une école de musique extraordinaire, qui a une cote exceptionnelle et qui est reconnue partout au Québec. Alors, moi, je pense qu'on a des avancées extraordinaires.
Puis, en plus, ce que je trouve intéressant comme adjoint parlementaire, c'est de voir que toutes les pistes de mesures de réduction des dépenses, parce qu'on sait qu'en même temps il faut surveiller l'équilibre, etc., bien ils ont surtout été faits dans l'objectif gouvernemental des frais de déplacement, de la formation, de la publicité. On parle de 1 million de dollars juste à ce chapitre-là. Alors, je pense que le travail qui a été effectué au niveau de la culture a été vraiment assez exceptionnel.
Et j'aimerais ouvrir justement, M. le Président, mon questionnement sur une première question qui touche justement le 50e anniversaire du ministère. J'aimerais ça que la ministre nous en parle davantage et qu'elle puisse élaborer quelque peu sur cette activité exceptionnelle, puisque ces 50 ans, évidemment c'est le gouvernement Jean Lesage, c'est la Révolution tranquille et c'est un moment charnière de notre histoire, puisqu'évidemment la loi est entrée en vigueur... la loi créant le ministère est entrée en vigueur le 1er avril 1961, et c'était une première en Amérique du Nord. Donc, j'aimerais ça que la ministre nous entretienne un peu sur l'importance de cette fête, de ce 50e anniversaire.
Le Président (M. Marsan): Alors, Mme la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
Mme St-Pierre: Merci, M. le Président. Je veux remercier le député pour sa question. D'ailleurs, M. le député de Lévis est mon adjoint parlementaire, et je suis très fière de l'avoir comme adjoint parlementaire parce qu'il s'intéresse avec passion au dossier de la culture et, entre autres, également au dossier... le dossier du patrimoine... et notre projet de
loi sur le patrimoine culturel, qui fait
partie finalement de ce qu'on va faire pour ce 50e anniversaire. Parce que ce projet de loi, il est majeur. C'est un projet de loi qui a 265 articles, si ma mémoire est bonne. D'ailleurs, vous présidez la commission... vous avez présidé la commission parlementaire qui a entendu les différents mémoires. Vous avez vu avec quel enthousiasme les gens sont venus nous parler de ce projet de loi là. Il va être adopté, je l'espère, en 2011, et ce sera une très belle façon de souligner le 50e du ministère de la Culture.
Moi, ce que je souhaite pour ce 50e anniversaire là, c'est que partout au Québec on réalise à quel point la culture est présente et qu'on réalise ce chemin extraordinaire qu'on a fait au cours des 50 dernières années. Il arrive souvent que je parle de mon expérience personnelle par rapport aux bibliothèques. Je suis toujours émue quand j'annonce une bibliothèque, que ça soit une grande bibliothèque, une petite, une... soit une restauration, une construction, un agrandissement, parce qu'il y a 50 ans, au Québec, il n'y avait pas beaucoup d'accès aux bibliothèques. Et, pour moi qui ai fréquenté l'école de rang...
Je ne suis pas si vieille que ça, puis j'allais à l'école de rang. Alors, on n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent en termes de livres parce que la commission scolaire nous envoyait des livres une fois à tous les mois. Puis, nous étions 18 dans l'école, sept années, première à septième année, puis nous étions 18. Alors, c'était évidemment les grands qui se servaient en premier.
Alors, c'est tout ce chemin parcouru, autant dans le domaine du livre, dans le domaine de la chanson, dans le domaine de la télévision aussi, à quel point la télévision a été... la radio, la télévision ont été des médias fort importants pour développer la culture, la culture québécoise, et faire en sorte qu'on puisse développer nos goûts aussi, développer les publics.
Et je pense que ce qu'il faut réaliser cette année, c'est vraiment, à travers les différentes activités -- Bibliothèque et Archives nationales va en faire, a déjà commencé, d'ailleurs, l'année dernière avec une série de conférences sur la Révolution tranquille -- réaliser, dans tous les domaines, à quel point on a vraiment, vraiment, vraiment propulsé le Québec.
Et c'est également l'anniversaire de la délégation du Québec à Paris cette année. C'est encore M. Georges-Émile Lapalme qui a été celui qui a voulu qu'on ait cette délégation-là à Paris. Alors, on va, là aussi, souligner, par les artistes et aussi différentes activités, le 50e anniversaire.
C'est aussi le 50e anniversaire de l'Office de protection de la langue française. Ça s'appelait comme ça à l'époque. Encore là, M. Lapalme... On parle beaucoup de la protection de la langue française, mais il ne faut pas oublier aussi qu'il y a eu des gens, il y a plusieurs années, qui étaient très préoccupés aussi, également, par cette question, et c'est une question qui sera toujours... qui devra toujours faire
partie de nos préoccupations.
On a également baptisé, à la Place des Arts, l'espace Georges-Émile-Lapalme. C'était assez remarquable de voir que le nom de M. Lapalme ne se retrouve pas, à peu près... enfin, à ma connaissance, sur aucun édifice public. Et, à la Place des Arts, l'espace Georges-Émile-Lapalme, il y a des milliers de personnes qui passent là à tous les jours et qui vont pouvoir voir... bien, enfin, qui vont voir ce nom et... pour que le nom entre évidemment dans la mémoire collective.
Donc, beaucoup d'activités. La semaine dernière, j'étais au Salon du livre de Québec. La SODEC a participé au Salon du livre en donnant des bourses pour permettre aux gens d'acheter des livres au Salon du livre, et on a eu un excellent succès avec cette initiative. On a eu le prix Hommage au bénévolat avec un volet culturel. On aura évidemment ces médailles que nous remettrons à des gens qui ont vraiment marqué la culture québécoise dans les années soixante et qui aujourd'hui sont encore des repères. On veut que ces personnes, qui sont encore des repères aujourd'hui... qu'on puisse souligner leur travail.
** (11 heures) **
Donc, toute une série de choses, toute une série d'événements pour vraiment marteler tout au long de l'année l'espace que prennent les activités culturelles dans nos vies. Et on voit également que c'est tellement entré dans l'esprit que ces moteurs de développement économique que, lorsqu'on parle d'infrastructures, quant à notre grand programme d'infrastructure qu'on a mis en place au Québec, on a des infrastructures culturelles, là-dedans, de prévues, et ça, c'est important. On a bien sûr les hôpitaux, les routes, les écoles, mais on met aussi, également, 1,2 milliard en infrastructures culturelles.
L'Adresse symphonique, qui va ouvrir également en 2011, ça aussi viendra souligner... Et je voudrais déposer, M. le Président, un
article publié dans le New York Times ce matin qui parle de l'Adresse symphonique et de l'importance de la contribution du gouvernement dans cette magnifique bâtisse qui va ouvrir ses portes en septembre. Et on dit à quel point le gouvernement du Québec est présent dans tout le secteur des activités culturelles au Québec, dans cet
article ce matin. Et tout ça, lorsqu'on apprenait, en fin de semaine, que l'Orchestre de Philadelphie s'est mis sous la protection -- je ne sais pas si, aux États-Unis, ça s'appelle comme ça -- la protection de la faillite... la
loi sur la faillite. Mais, alors qu'ailleurs dans le monde, et aux États-Unis particulièrement, les orchestres en arrachent, nous, on est là, on est présents, on les accompagne, on accompagne nos artistes.
On accompagne nos créateurs en arts visuels également, c'est la même chose. On a vu en fin de semaine l'événement très important qu'il y a eu à Montréal en arts visuels. Eh bien, on a vraiment décidé d'accompagner cet événement-là pour faire en sorte qu'il puisse rayonner, parce qu'on veut non seulement que ça soient des artistes québécois... des galeries québécoises qui soient présents dans cette grande foire... soient présentes dans cette grande foire, mais également qui viennent d'ailleurs. On a vu des Américains, des gens de l'Ontario qui sont venus. Et on voudrait que ça vienne encore et que Montréal se développe aussi dans ce secteur-là.
Alors, c'est un peu un tour d'horizon très... c'est un tour d'horizon très court. Et évidemment on souhaite avoir des activités partout, que ce soient de grandes activités ou de petites activités, mais toutes ces activités sous le... avec le sigle du 50e, et Un courant d'inspiration , et la Révolution tranquille.
Document déposé
Le Président (M. Marsan): Je vous remercie, Mme la ministre. Je comprends que vous allez, pour fins de distribution, nous remettre l'article du New York Times , c'est bien ça? Je vous remercie. M. le député de Lévis, il reste quelques minutes, deux minutes.
M. Lehouillier: Deux minutes à peine? Ah! O.K. Alors donc, moi, ce que je voudrais peut-être vous signaler à ce moment-ci, M. le Président, c'est que j'ai l'occasion souvent de représenter la ministre à diverses activités, et je peux vous témoigner ici que partout l'accueil est exceptionnel, et je pense que les gens sont fiers des orientations que le gouvernement s'est données en matière de culture et surtout un regard d'assurer le rayonnement international de notre culture. Et ça, je sais que c'est un des thèmes favoris de la ministre et je vais revenir, à un autre bloc, sur une question plus précise.
Mais j'aimerais peut-être ça qu'elle conclue un peu sur ce rayonnement international, qu'elle nous dise quelques mots, parce qu'elle est très convaincante, et, pour moi, c'est une fierté de la représenter dans nos diverses activités. Et je sais que le milieu culturel, en passant, puis j'en témoigne pour les gens du ministère qui sont ici, le milieu culturel est très fier des actions du ministère, très fier des choix aussi qui sont faits, qui correspondent aux attentes du milieu. Donc, je pense que de ce côté-là c'est quand même quelque chose d'assez exceptionnel.
Alors, voilà. Peut-être, pour terminer, si Mme la ministre pouvait juste nous dire quelques mots sur le rayonnement international. J'aurai une question plus précise à l'autre bloc.
Le Président (M. Marsan): Il reste très peu de temps, Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Bien, tout d'abord je vais peut-être un peu poursuivre, si vous me le permettez, sur ma lancée sur le 50e. C'est de dire aussi que c'est l'anniversaire de tous ceux et celles qui ont bâti ce ministère. C'est l'anniversaire des gens qui m'accompagnent ce matin et ceux qui ont accompagné les différents ministres au cours de ce années, parce que, sans eux et sans elles, bien c'est clair qu'on ne serait pas où nous sommes aujourd'hui.
Et sur le rayonnement international, j'ai donné l'exemple de South by Southwest. Il y avait énormément d'électricité dans l'air, et la revue de presse que nous avons est assez imposante. Alors, on est là, on est présents, on veut continuer, on veut accompagner nos artistes à l'international.
Le Président (M. Marsan): Je vous remercie, Mme la ministre. Nous poursuivons cette période d'échange. Et je vais céder la parole à M. le député de Drummond, qui est le porte-parole en matière de Culture et de Communications.
M. Blanchet: Merci, M. le Président. Lors des demandes de renseignements, nous avons demandé -- j'imagine que c'est juste un oubli, là, mais il faudrait le corriger -- nous avons demandé d'avoir la liste des sommes d'argent versées en 2010-2011 à même le budget discrétionnaire de la ministre, du ministère et des organismes en... avec un certain nombre de précisions. Et c'est marqué « documents ci-joints » , mais les documents n'ont pas été joints. Donc, je ne sais pas si on peut faire en sorte que nous ayons la liste des sommes versées à même le budget discrétionnaire, qui sont évidemment des décisions personnelles de la ministre. Alors...
Mme St-Pierre: Ça devrait être dans vos documents, mais on va vous les fournir. C'est tout à fait public. Il n'y a aucun problème avec cela.
M. Blanchet: ...qu'on les ait aujourd'hui, parce qu'on continue ce soir.
Mme St-Pierre: Bien sûr, parce qu'on continue ce soir aussi ensemble.
M. Blanchet: C'est ça.
Le Président (M. Marsan): Alors, vous allez faire la vérification, et on devrait informer la commission. Merci.
Mme St-Pierre: On va le faire le plus rapidement possible.
M. Blanchet: Dites-moi... Donc, est-ce que la ministre peut me dire -- à la troisième personne -- si le budget... On va revenir rapidement sur le South by Southwest, mais ça va être très rapide. Est-ce que le budget qui a amené des artistes québécois au South by Southwest est un budget de la SODEC ou un budget du ministère?
Mme St-Pierre: Il y a les deux. Même, c'étaient plusieurs partenaires. Il y avait le ministère, il y avait la SODEC, il y avait également l'Office franco-québécois pour la jeunesse, je pense. C'était un partenariat que nous avons créé pour mettre toutes nos énergies ensemble. Le budget global était de 170 000 $.
M. Blanchet: O.K. Dans le dépliant, effectivement il y a quelques artistes francophones, dont certains qui sont exceptionnels. Ça... Mais, même les artistes anglophones qui sont là, il y en a plusieurs qui sont exceptionnels aussi, ce que je reconnais d'emblée. Et d'ailleurs, pour la gouverne de la ministre, je consomme moi-même beaucoup de culture anglophone avec beaucoup de plaisir. Donc, ce n'est pas le sens de mon intervention, mais je vais revenir avec M. Macerola sur le sens précis de mon questionnement.
Cela dit, les artistes francophones qui sont là-dedans ne sont pas à l'intérieur du budget de circulation des artistes anglophones, mais bien à même le 53 % du budget de circulation des artistes hors Québec, qui sont effectivement francophones.
Parce que le rôle de la ministre et du ministère, en tout cas assurément de la ministre et de son entourage immédiat, est de prendre des décisions à caractère politique, et que le rôle des institutions, dont la SODEC... sont davantage gestionnaires, je souhaite poser des questions à M. Macerola, mais je le fais en précisant que, dans ma conception, il n'est pas responsable des orientations mais bien de la gestion, ce qui sont deux choses distinctes.
Ma question est donc celle-ci. On constate... Vous avez, je suppose, consulté les mêmes chiffres que moi. Et donc on constate que le pourcentage de l'argent investi en soutien à la tournée au Québec qui va à des artistes s'exprimant essentiellement en français est de 70 %. Et, pour le soutien à la tournée hors Québec, ce pourcentage est étonnamment à 53,9 %. Donc, on est largement en deçà du ratio de francophones dans la population du Québec, sans prétendre que ça doive être tranché au couteau.
Il y a d'ailleurs d'autres langues que le français ou l'anglais, il y a d'ailleurs de l'instrumental, mais il n'empêche que l'écart semble très important. Et ma question est donc celle-ci: Est-ce une préoccupation à la SODEC? Est-ce que cette préoccupation a été communiquée à la ministre? Et comment expliquez-vous le phénomène?
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: M. le Président, je vais quand même commencer la réponse en disant qu'il y a... Ici, là, j'ai un programme, sensibilisation à la chanson en français et diffusion. Bien, 100 % de l'argent va à des groupes francophones. De la chanson en français, bien sûr, mais c'est quand même des groupes francophones. Il y a zéro qui s'en va à des groupes anglophones. Donc, on pourrait dire, si on se fie à son raisonnement, qu'il n'y a rien pour les anglophones à ce poste budgétaire là. C'est évident qu'on accompagne les artistes francophones. On le fait avec le Secrétariat, également, à la politique linguistique.
On a mis en place un programme, comme je l'ai dit, parce qu'on sait que c'est très relié, la culture francophone et également la langue, et on veut faire ce lien-là.
Alors, je vais laisser M. Macerola poursuivre la réponse.
Le Président (M. Marsan): Juste avant de laisser la parole à M. Macerola, M. le député de Drummond veut faire une intervention.
M. Blanchet: Préciser à Mme la ministre que, si effectivement -- bien qu'il y a sûrement une explication à ce zéro -- si effectivement les expressions musicales en anglais ou dans d'autres langues sont sous-représentées dans un programme, je souhaite qu'elles le soient davantage. On pourra comparer les budgets. Mais je ne m'en inquiète pas moins qu'à l'international ce soit sous-représenté. Et donc, M. Macerola, s'il vous plaît.
Le Président (M. Marsan): Alors, de nouveau, M. Macerola, je vais vous demander de vous présenter, de nous dire l'organisme que vous représentez.
M. Macerola (François N.): François Macerola. Je suis le président de la SODEC.
Le Président (M. Marsan): C'est pour des fins de retranscription. Je vous remercie.
M. Macerola (François N.): Ah bon! d'accord. Non, non, je trouvais ça étrange, mais je le fais avec plaisir.
Le Président (M. Marsan): Merci.
** (11 h 10) **
M. Macerola (François N.): Bon, dans un premier temps, ce programme-là, c'est un programme d'aide aux producteurs. Par conséquent, ce sont les producteurs qui déterminent qui sont les artistes qui éventuellement vont faire la tournée. Et, pour nous, à la SODEC, la langue, c'est une question tout simplement de création, une question de libre choix des créateurs. Par conséquent, c'est la philosophie, là, qui nous anime, à la SODEC.
Maintenant, vous avez des chiffres, et, quand on parle des tournées au niveau du Canada et des États-Unis, le français est moindre que l'anglais, de 35 % à 48 %. Maintenant, quand on va en Europe, le français est à 60 % des projets soutenus, contre 28 % pour les projets de tournées en anglais. Et tantôt vous avez mentionné les chiffres concernant la tournée au Québec. Et la ministre a mentionné le programme du cégep. C'est le programme.
Maintenant, est-ce qu'il y a des inquiétudes à y avoir? Je ne pense pas, puisqu'il existe une commission, à la SODEC, qui est responsable, avec des représentants de la SODEC, du milieu, que vous connaissez sans aucun doute, vous devez y avoir siégé même, et ces gens-là nous aident à développer des politiques. Et, à date, il n'y a personne de cette commission qui nous a posé une question sur ce programme-là et sur l'équilibre entre l'élément francophone et anglophone. Maintenant, c'est un programme qui est jeune, il a seulement cinq ans, par conséquent il y a énormément de place pour amélioration.
Et tantôt vous avez parlé de chiffres. C'est la première fois qu'on nous pose la question. Par conséquent, on a les chiffres pour 2010-2011. On est en train de travailler sur les deux années précédentes, et à l'avenir on va garder réellement trace de ces chiffres.
Mais d'un autre côté... Et, moi aussi, je me pose la question parfois en me disant, je ne sais pas, Coeur de pirate... Quand Coeur de pirate est choisie par son producteur pour aller à Paris puis qu'elle décide de chanter en anglais, je verrais mal quelqu'un de la SODEC lui dire: « By the way » , il faudrait peut-être s'exprimer en français. Par conséquent, pour moi, ce sont des choix de création, et c'est un programme qui aide les producteurs à financer leurs tournées.
Le Président (M. Marsan): M. le député.
M. Blanchet: ...dire qu'à certains égards je vous comprends fort bien, même qu'à une autre époque j'ai moi-même produit des artistes s'exprimant en anglais, et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Je comprends aussi que la SODEC est une société d'État qui soutient les entreprises culturelles et que -- ça, je peux vous le dire pour l'avoir vécu personnellement et avoir fréquenté des collègues qui le vivaient -- il y a cette espèce d'aspiration à pénétrer le marché planétaire anglophone. Tout ça, jusque-là, ça va. Tant qu'on est dans une perspective strictement économique et entrepreneuriale, j'ai tendance à suivre le raisonnement.
Mais ultimement, puisque l'essentiel de ce type de fonds transite par la SODEC, n'y aurait-il pas lieu d'avoir une préoccupation par rapport au fait que, du point de vue des créateurs et du point de vue de la population du Québec, il y ait cette espèce de dérive qui dans une perspective commerciale fait en sorte que davantage de budgets s'en vont vers d'autres expressions linguistiques que celle de la nation québécoise, qui est la dernière francophone en Amérique, et on peut se le dire?
Donc, je comprends que ça ne peut pas nécessairement venir de la SODEC. J'imagine mal qu'à la Commission du disque et du spectacle les gens qui veulent faire circuler des artistes anglophones vous disent: Il faudrait changer ça. Mais là, à ce moment-là, on va revenir dans une préoccupation à caractère politique puis dire: Le problème est peut-être au niveau des directives et des orientations. Parce que je considère qu'il y a matière à se préoccuper.
Pouvez-vous me dire quel est le budget total de ce volet?
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre, vous avez demandé la parole. Excusez-moi.
Mme St-Pierre: M. le Président, d'abord, ce sera à la commission de faire des recommandations. S'il y a des recommandations à faire, on va évidemment les analyser. Mais, moi, là, je suis vraiment... j'ai... Écoutez, après la loi 101 au cégep, là, ça va être la loi 101 aux artistes, là? Je veux dire, il y a quelque chose qui ne marche pas dans ce qu'il nous raconte. On ne met pas notre nez dans la création artistique, c'est clair, et ce n'est pas au ministre de faire ça. Le ministre ne doit pas intervenir dans un processus de création artistique.
Et, si, comme disait M. Macerola, si Coeur de pirate s'en va en France et qu'elle décide de chanter en anglais là-bas, c'est elle qui fait ses choix artistiques. Alors, il y a quelque chose vraiment qui m'irrite dans ce que le député dit. Moi, j'ai regardé en fin de semaine, dans un atelier où il a voté pour revenir à l'affichage unilingue en français à Montréal, puis ça a été le lendemain... le vote a été comme pris deux fois. Alors, la devise au PQ, c'est: On efface puis on recommence, là. Je veux dire, il y a quelque chose que je trouve malsain.
Je trouve ça malsain, ce qui est train de se passer ici, dans cette commission-là. Et les artistes sont des gens qui font leurs choix artistiques, et on va les laisser faire leurs choix artistiques. À partir du moment où c'est... il y a un organisme, il y a un programme puis qu'on les aide à aller sur la scène internationale, on va les accompagner.
S'il y a des recommandations, bien ils feront... il y aura des recommandations de faites à la SODEC, puis la SODEC les analysera. Puis, comme le dit M. Macerola, peut-être qu'il y a des améliorations à y avoir. Mais je trouve que c'est assez dangereux, ce qu'il est en train de nous suggérer, là. Et je pense que ce n'est pas une façon de dire... de faire les choses. Vraiment, là...
Et puis, le souci pour la langue française, je l'ai autant que lui. Et, le défi pour la langue française, nous l'avons, pour faire en sorte que la langue française puisse vivre en Amérique du Nord. Nous en sommes très conscients et nous avons également cette volonté-là, nous aussi.
Le Président (M. Marsan): Merci, Mme la ministre. M. le député de Drummond.
M. Blanchet: M. le Président, outre qu'on voyait le train venir à 75 kilomètres, je suis convaincu que personne ne sait mieux que moi ce qui se passe dans ma propre tête. Et, si on rentre dans le jeu des procès d'intention, j'en aurai aussi plein un train, puis on parlera de la loi n° 115, puis on parlera de tout ça, mais j'essaie de nous éviter ça. J'exprime une préoccupation, parce que, dans le résultat des sommes investies par l'État québécois dans les entreprises culturelles pour la circulation des expressions artistiques québécoises, il y a une sous-représentation du français.
Il n'y a rien de bolchévique dans ma question. Je demande les chiffres de l'année d'avant et de l'autre année d'avant. C'est ça que je fais.
Et j'irai plus loin, parce que, si la ministre n'a pas réfléchi, moi, je l'ai fait. Et je pense que c'est parce que les entreprises qui développent les artistes francophones dans un marché mondialement anglophone, avec des perceptives commerciales beaucoup plus larges du côté anglophone, ont des infrastructures fragilisées par la baisse des ventes de disques des dernières années et que les outils dont ils disposent pour travailler deviennent inadéquats et insuffisants. Et, si la réponse de la ministre à cette préoccupation-là, c'est de faire des accusations ridicules, eh bien, que les gens en soient témoins.
J'attendrai les chiffres, on en fera l'analyse, on en tirera nos conclusions, on les communiquera à la population et je continuerai à être préoccupé et inquiet de l'expression culturelle française au Québec. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Marsan): Oui. Et, avant de vous laisser la parole, Mme la ministre, je voudrais juste, simplement faire un court rappel de toujours s'adresser à la présidence lorsque vous faites vos interventions. Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Alors, M. le Président, on ne commencera pas à monter le ton, là, mais, moi, j'invite le député à se poser des questions. Quand le festival de jazz de Montréal décide de faire un disque de jazz avec des artistes québécois francophones qui chantent en anglais -- puis il en connaît très, très bien sur les albums qui ont été faits -- est-ce que c'est gênant que ces artistes-là chantent en anglais? Est-ce qu'on devrait les empêcher de faire des disques en anglais? Alors, écoutez, je pense que là, là, on est vraiment sur une pente, là, assez glissante.
Et je vais laisser la parole à M. Macerola, qui va expliquer les chiffres pour les dernières années.
Le Président (M. Marsan): Alors, M. Macerola. La parole est à vous.
M. Macerola (François N.): En fin de compte, au niveau... Excusez-moi, M. le Président.
Le Président (M. Marsan): La parole est à vous.
M. Macerola (François N.): En fin de compte, au niveau du budget, c'est 1,5 million -- tantôt, M. le député a posé la question -- pour le Québec et 1,7 million pour l'international.
Et le mandat de la SODEC, moi, tel que je le vois, c'est d'aider les artistes québécois, et naturellement dans une infrastructure qu'on essaie toujours de faire progresser. Et vous dites qu'il y a des chiffres qui vous inquiètent. Moi, ce sont des chiffres qui, après seulement cinq ans d'existence du programme, ne m'inquiètent pas nécessairement. Mais c'est évident qu'on est toujours aux aguets. C'est évident qu'il y a d'autres secteurs aussi où on sait très bien que les réalisateurs vont essayer d'aller tourner en anglais éventuellement pour faire une oeillade à un marché anglophone.
Pour moi, ce qui est important, c'est qu'avec ce programme-là on aide les artistes québécois, on aide au développement des industries et en plus de ça on respecte très profondément le choix de création des artistes.
Si, demain matin, à la SODEC, il y avait un programme en disant... où on réglementait ou rationalisait la présence des francophones, ou des anglophones, ou des anglophones qui chantent en français, parce qu'il y en a, ou des francophones qui chantent en anglais, on ferait les manchettes de tous les journaux. Et je pense que ce serait complètement, totalement à l'encontre de la qualité de relation qui existe entre la SODEC, le milieu culturel, le ministère et la ministre.
** (11 h 20) **
Le Président (M. Marsan): M. le député... M. le député.
M. Blanchet: Merci, M. Macerola.
Mme St-Pierre: M. le Président, j'ajouterais là-dessus, si...
M. Blanchet: J'aimerais garder un peu de temps.
Le Président (M. Marsan): Oui. Je vais donner la parole à M. le député. Je vous reviens tout de suite, Mme la ministre.
M. Blanchet: Dans ce contexte, avant qu'on ne verse dans d'autres excès, au lendemain du South by Southwest, j'aimerais qu'on m'explique, compte tenu de cette préoccupation pour la culture francophone, qu'au milieu du seul marché de 70 millions de personnes parlant français la ministre ait permis la décision, peut-être explicable parce qu'il y avait des coupures, que la ministre ait permis la décision de la fermeture du bureau de la SODEC à Paris.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Écoutez, M. le Président, je vais laisser M. Macerola répondre à cette question. La SODEC est un organisme qui gère l'argent des contribuables. Elle doit le faire avec beaucoup de rigueur. Et, comme j'ai expliqué tout à l'heure, on a peut-être réduit dans des structures, mais on ne veut absolument pas faire en sorte que ça heurte les clientèles. Et les contribuables nous demandent de faire ces efforts, et nous le faisons avec beaucoup, beaucoup de doigté et de rigueur.
M. Macerola va continuer la réponse.
Le Président (M. Marsan): Est-ce qu'il y a consentement pour laisser M. Macerola...
M. Blanchet: Pas maintenant.
Le Président (M. Marsan): On m'indique que non.
M. Blanchet: Je réitère ma question. Je ne peux pas croire que Mme la ministre ne soit pas consciente de l'importance de ça. Je veux savoir comment elle l'a su, si elle est d'accord avec ça, quelles sont les questions qu'elle a posées. Après tout, c'est la seule infrastructure de soutien à la présence de la culture québécoise en France. Ce n'est pas une petite décision à laquelle on peut simplement réagir en disant: Vous savez, il faut faire attention avec ce qu'on fait avec l'argent des citoyens.
Alors que dans les réponses précédentes on a étalé une série de chiffres d'argent qu'on a investi, ici on parle d'une coupure d'environ 600 000 $. Ce n'est pas une somme si formidable que ça, puisque le programme dont on vient de parler est de 1,7 million de dollars. Valable, il va directement aux industries puis aux artistes. Mais cette structure-là est éminemment utile, et on verra après avec la SODEC s'il y a des alternatives de développées.
Mais je ne peux pas croire qu'avec cette nonchalance la ministre dise: Non, non, ce n'est pas grave, pour toutes les industries culturelles du Québec, de dire: Le relais du bureau de la SODEC n'existe plus.
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre, en terminant.
Mme St-Pierre: M. le Président, je pense qu'on me fait un procès d'intention qui est injuste. La SODEC a toute la confiance de la ministre pour gérer les sommes qui lui sont versées, et la SODEC le fait avec le souci... Le premier souci, le souci fondamental, c'est faire en sorte qu'il y ait le plus d'argent possible qui revienne aux artistes et aux créateurs, et c'est dans ce souci que la SODEC et les autres sociétés d'État administrent l'argent des contribuables.
Donc, c'est fort important, M. le Président. Les Québécois nous regardent. Ils nous demandent de faire des calculs, ils nous demandent de gérer l'argent de façon très responsable. On a des créateurs qui méritent le plus possible. Alors, ce n'est pas une coupure. C'est que l'argent est administré différemment. Et, si le député voulait laisser la personne responsable de la SODEC répondre à la question, bien ça serait une très bonne chose, à mon avis.
Le Président (M. Marsan): Il reste très peu de temps, mais on m'indique qu'il y aurait consentement.
M. Blanchet: Bien, oui, cette fois-ci, bien sûr. Sauf qu'il y a une coupure de 600 000 $ dans une structure, qu'on veut donner aux artistes, aux entreprises, ça, je suis d'accord, mais c'est 1,2 million, la coupure à la SODEC, ce n'est pas 600 000 $. Donc, il ne faudrait pas prendre des vessies pour des lanternes. Il y a eu des coupures à la SODEC, la SODEC a dû administrer les coupures, et ce gouvernement, qui s'intéresse tellement à la circulation de la culture, a quand même coupé dans le budget de la SODEC, là. Il ne faudrait pas...
Le Président (M. Marsan): Alors, je comprends qu'il y a consentement. M. Macerola, nous... il reste très peu de temps. Je vous demanderais de répondre à la question, s'il vous plaît.
M. Macerola (François N.): Oui, je vais m'en tenir au bureau de Paris, M. le Président. La décision qui a été prise, ça a été une décision de changer la morphologie du dollar. On dépensait énormément en administration. Nos collègues du ministère des Relations internationales exigeaient un loyer, exigeaient le remboursement d'une infrastructure, et c'est tout à fait normal. Et par conséquent ce qu'on a dit, on va faire des économies en investissant plutôt dans les projets, dans les programmes que dans les infrastructures, d'où la décision qu'on a prise.
Et naturellement on est en train de développer -- et c'est pratiquement terminé -- des solutions de rechange, parce que la présence de la SODEC va toujours être assurée en Europe. Maintenant, au lieu que ça soit par l'entremise d'un bureau, ça va être par l'entremise d'individus. Et je préfère de beaucoup que les gens du milieu, du Québec, puissent aller rencontrer des individus que de s'installer dans une salle de conférence et avoir des rencontres qui parfois, comme vous le savez aussi bien que moi, sont plus ou moins utiles.
Maintenant, il ne faut pas oublier que, dans les délégations générales du Québec de par le monde -- je ne sais pas combien il y en a, mais il y en a un nombre important -- la SODEC a accès à ces bureaux-là. Il y a des attachés culturels. Par conséquent, l'infrastructure internationale ne sera pas affaiblie d'aucune façon, mais la morphologie du dollar va être transformée, puis il va y avoir plus d'argent pour la création et la programmation.
Le Président (M. Marsan): Alors, je vous remercie. Ceci termine notre période d'échange avec l'opposition officielle. Nous poursuivons avec le parti ministériel. Et je vais céder la parole à M. le député de Lévis, qui est l'adjoint parlementaire à la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. M. le député.
M. Lehouillier: Merci beaucoup, M. le Président. Alors donc, moi, je vais rester dans le volet de la promotion de la culture québécoise sur la scène internationale. Mais juste avant, M. le Président, j'aimerais indiquer également que j'ai participé aussi aux crédits qui touchent toute la politique familiale. Et la politique familiale souvent vient en complément avec les politiques culturelles que les municipalités mettent de l'avant. Parce que les municipalités ont aussi des politiques familiales.
Je vous donne, dans mon comté, quelques exemples d'application de politique familiale, M. le Président, qui ont un impact directement sur l'utilisation de nos équipements culturels et de nos infrastructures culturelles.
À Lévis, la politique familiale a fait en sorte que, pour les familles, l'accès aux bibliothèques est maintenant gratuit, entièrement gratuit, l'accès aux piscines municipales également. Alors, je veux juste montrer également que l'accès universel aux bâtiments municipaux... Et souvent ce qui se passe dans ces bâtiments-là, c'est souvent des spectacles qui sont donnés par des gens qui pratiquent la guitare, qui suivent des cours, donc au niveau des jeunes. Et on a même à Lévis une petite maison de production, Espéranto, qui est une maison de production faite par et pour les jeunes.
Alors, c'est quand même quelque chose d'extraordinaire et ça donne aux jeunes une tribune exceptionnelle. Donc, il y a une complémentarité.
Mais, pour rester au niveau du rayonnement international, M. le Président, c'est un peu la question, parce que tout à l'heure la ministre en a parlé quelque peu, je voudrais qu'on parle... Parce que, bien sûr, dans le cadre du dernier budget, on a eu le fonds de... Capital Culture Québec, de 100 millions, pour les projets culturels à l'échelle internationale, l'aide à la diffusion hors Québec des oeuvres du domaine des arts, et la recapitalisation du Fonds d'investissement de la culture. Je pense que c'est trois éléments quand même majeurs dans cette promotion de la culture.
Mais il y a un programme sur lequel j'aimerais beaucoup entendre la ministre, M. le Président, qui est le programme des résidences de création, qui constitue effectivement un outil pour le développement et le rayonnement des arts et des lettres. Alors donc, j'aimerais ça que la ministre nous en parle un peu, parce que ce programme-là est géré par le Conseil des arts et des lettres, et je voudrais que la ministre nous en parle et nous dise en quoi ça consiste, le programme des résidences de création, et en quoi est-ce que ça permet le rayonnement de la culture québécoise. Voilà.
Le Président (M. Marsan): Alors, Mme la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
** (11 h 30) **
Mme St-Pierre: Merci, M. le Président. Merci, M. le député, pour cette question, parce que c'est quelque chose qui est à peu... qui est peu connu, le fait que le Québec possède des studios sur la scène internationale. Il y a également des bourses qui sont octroyées aussi, qui sont accordées aussi, mais c'est... Ça a commencé en 1965 qu'il y ait un réseau de studios du Québec qui a été implanté dans des grandes capitales.
Et, lorsque je suis arrivée au ministère, on comptait des studios... on avait des studios... bien on a toujours des studios... un studio à Paris, New York, Rome, Berlin, et on a voulu étendre ce réseau. Et évidemment c'est... j'ai un rêve que j'aimerais bien que ces... qu'on en ait encore plus, mais on a voulu étendre à deux autres grandes villes dans le monde, Londres et Tokyo. Tokyo pour, évidemment, qu'on ait une ouverture sur l'Asie, et je pense que c'est un pays, aussi, le Japon, qui nous donne de belles leçons en matière de culture et en matière de création artistique.
Et également Londres, je considère que, comme partenaire, il était important aussi d'aller... de faire en sorte que nos artistes puissent aller vivre une expérience là-bas dans le domaine de la création, parce qu'on le sait, Londres, c'est une ville où on retrouve beaucoup, beaucoup de choses. Et je trouvais ça... Je trouvais... En fait, je trouvais que c'était vraiment comme un manque, une ville aussi importante que Londres, qui est tellement vivante sur le plan artistique et culturel, je me disais, bien ça serait intéressant... Et ça a été très, très bien accueilli par les artistes, les créateurs.
Des gens qui en ont profité, de ces studios, bien on peut parler de Marie Chouinard, Michel Tremblay, Diane Dufresne, Nicole Brossard, Jocelyne Alloucherie. Ça, ce sont quelques-uns des créateurs. Et c'est deux créateurs par année qui peuvent y aller. Donc, on a un réseau de six. Ça veut dire 12 créateurs par année qui sont choisis par un comité. Ce n'est pas moi qui décide, c'est le Conseil des arts et des lettres qui décide de ces studios-là.
Et, pour parler davantage de notre programme à l'international, je demanderais à M. Yvan Gauthier, du Conseil des arts et des lettres, de nous expliquer qu'est-ce qu'on fait avec le Conseil des arts et des lettres, quelle est la tâche du Conseil des arts et des lettres sur la scène internationale, et comment cette société d'État s'acquitte de sa tâche, et ce qu'on finance, également.
Le Président (M. Marsan): Merci, Mme la ministre. Je comprends qu'il y a consentement pour recevoir notre invité. Je vais vous demander de vous présenter et de nous dire de quelle organisation vous faites partie.
M. Gauthier (Yvan): Yvan Gauthier, président-directeur général, Conseil des arts et des lettres du Québec. Alors, Mme la ministre... M. le Président, excusez-moi. D'abord sur le réseau de studios-résidences qui, comme la ministre l'a résumé, s'est bâti, je dirais, en même temps que les 50 ans du ministère de la Culture, puisque le premier studio a été créé en 1965.
Lorsque le Conseil des arts et des lettres a été créé, c'est un héritage très précieux que le ministère a livré au Conseil des arts et des lettres, et les expériences d'artistes et d'écrivains en studio étant tellement positives, c'est un réseau qui a connu un développement extrêmement important et qui favorise essentiellement la mobilité des artistes à travers le monde.
Le Conseil des arts et des lettres, comme Mme la ministre vient de le résumer, gère maintenant six studios à l'étranger et 17 ateliers-résidences dans autant d'autres pays. Alors, c'est un réseau de ressourcement, un réseau de contacts, un réseau qui permet la création, et un réseau qui aussi permet au Québec d'illustrer la force de la création québécoise dans les pays mêmes où les artistes séjournent.
Alors, c'est un réseau qui sert à de multiples fins pour le Québec et qui a d'ailleurs valu au Conseil des arts et des lettres un prix, qui était attribué l'automne dernier, du rayonnement international pour son programme de résidences artistiques. Alors, c'est un acquis extrêmement important, et évidemment que les artistes souhaitent un développement encore plus poussé de ce réseau. Et on a la chance de compter sur une ministre qui est extrêmement complice de cette volonté.
Au niveau global de l'action internationale du Conseil des arts et des lettres, le conseil a bénéficié d'un budget de 6,5 millions l'an dernier à la fois pour la circulation des artistes et des organismes artistiques et littéraires. Le budget a sensiblement augmenté en 2009-2010, une augmentation de 2,5 millions, pour répondre aux coupures effectuées par le gouvernement fédéral à ce moment-là. Et cette augmentation est venue répondre à une croissance de la demande de plus de 35 % qui, on peut l'imaginer, provient d'organismes qui étaient auparavant soutenus par d'autres programmes fédéraux. Alors, la...
Il y a depuis deux ans une... évidemment une demande qui est importante au Conseil des arts et des lettres, qui a augmenté au cours de deux dernières années, comme je l'ai expliqué, de plus de 30 %. Et, je vous dirais aussi, ça inclut les bourses de déplacement. Le conseil attribue à chaque année près de 600 bourses de déplacement aux artistes et écrivains qui séjournent pour des colloques, pour des présentations de leurs oeuvres, dans plus de 40 pays à travers le monde à chaque année.
Alors, c'est un volet du travail du Conseil des arts et des lettres qui permet aux arts de la scène, aux arts visuels, aux métiers d'art, à l'ensemble des disciplines artistiques soutenues par le Conseil des arts et des lettres d'être présent et de rayonner à travers le monde.
Le Président (M. Marsan): Merci. Je viens avec M. le député de Lévis.
M. Lehouillier: Oui, bien simplement, en terminant, moi, je tiens vraiment à féliciter le Conseil des arts et des lettres du Québec d'abord pour le travail exceptionnel que vous faites. Et je sais que, de ce côté-là, je pense que la ministre a eu l'occasion de le rappeler, on s'est donné des organismes qui ont pour mission justement de dépolitiser l'approche au niveau culturel, puis je pense que c'est vraiment quelque chose d'exceptionnel comme outil, alors...
Et je voudrais féliciter à la fois la ministre, mais à la fois le Conseil des arts et des lettres surtout, pour avoir remporté le prix du Rayonnement international 2010. C'est vraiment une belle marque de confiance envers votre organisme et envers le travail que vous faites. Alors... et je pense que c'est vraiment exceptionnel d'avoir une idée aussi originale au niveau international pour assurer notre rayonnement. Merci beaucoup.
Le Président (M. Marsan): Merci. Je vais maintenant donner la parole à Mme la députée de Mille-Îles, qui est l'ajointe parlementaire à la ministre de la Famille. Mme la députée.
Mme Charbonneau: Merci, M. le Président. Bonjour à vous, bonjour aux collègues de mon côté et en face, parce que, de la façon que c'est disposé, on le dit comme ça, vous êtes en face, M. le député de Drummond. Mme la ministre, tous les gens qui l'accompagnent, bon matin.
M. le Président, je vais vous parler d'un investissement que le premier ministre a décidé de faire en 2007. Je vais vous en parler parce que je fus... j'ai été l'une de ces langues sales qui a appelé ça le « chantier des spectacles » . J'habite à Laval, j'ai le privilège de représenter les gens de l'est de Laval. Et maintenant, Laval, vous le savez parce qu'on en a beaucoup parlé, on a un métro. Dieu merci pour le métro, puisque je pouvais me rendre à cet endroit en métro, ce qui facilitait le fait que je me cherchais un stationnement à Montréal.
La ministre, dans son discours, a parlé de la démocratisation du monde des arts. Mon collègue d'en face a parlé des arts en anglais et en français. J'ai une collègue qui me susurrait à l'oreille qu'on pourrait parler de la culture autochtone aussi, ça serait fort intéressant. Mais cet endroit où on a décidé d'investir fut une curiosité et un chantier de construction fort impressionnant, et, depuis quelque temps, encore plus, parce qu'on voit des structures de balançoire apparaître, et 21 structures, c'est assez impressionnant comme tel.
Mais j'ai aussi vu un opéra s'installer, projeté sur un écran, et à l'extérieur les gens arrivaient avec leurs chaises, leurs couvertures, tous leurs bagages pour pouvoir s'installer et avoir accès à ce spectacle-là, qui était Madame Butterfly . Moi, j'étais à l'intérieur, je ne savais pas qu'il se projetait à l'extérieur cette fin de semaine là, mais les gens ont eu accès à quelque chose qui quelquefois n'est pas toujours accessible. Ce n'est pas accessible parce que, quelquefois, les prix des billets peuvent être dispendieux, mais aussi parce que l'intérêt du public pour l'opéra n'est pas toujours simple.
Mais ça a été un succès boeuf. Les gens ont apprécié cette proximité-là avec un spectacle sur lequel ils n'auraient peut-être pas misé en temps normal. C'était vraiment un moment magique de voir tous ces gens, ces familles s'installer dans les escaliers, dans le parterre à l'extérieur de la Place des Arts pour pouvoir le regarder.
Mais la volonté de démocratiser puis de rendre accessible un endroit comme cela est assez extraordinaire. Par contre, ça a été un chantier pendant plusieurs mois, et on a vu apparaître mois après mois -- du moins moi, puisque je vais au TNM régulièrement, j'y suis abonnée -- mois après mois des infrastructures différentes: un jeu d'eau, un jeu de lumière, des choses qui faisaient en sorte que le public pouvait se promener dans ce quartier-là et voir les choses se transformer.
Avant, il n'y avait que la Place des Arts et le TNM, et maintenant, tout à coup, il y a dans ces infrastructures des choses extraordinaires qui apparaissent. Je pourrais aussi les jalouser, puisque, contrairement à moi, eux, ils ont 5 151 amis Facebook de la place qu'on appelle communément le Quartier des spectacles.
Donc, puisque notre tâche aussi, au moment des crédits, c'est de faire la pédagogie et d'annoncer ce qui s'est dit et ce qui s'est décidé dans les annonces qui ont été faites, c'est une annonce qui a été faite en novembre 2007 mais qui a fait
partie des crédits du gouvernement depuis ce temps et qui s'est voulue un investissement majeur. Donc, Mme la ministre, si vous pouvez nous parler quelque peu du Quartier des spectacles, je pense que ça serait un moment très intéressant.
** (11 h 40) **
Le Président (M. Marsan): Alors, Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Merci, M. le Président. Oui, on se souvient du Rendez-vous novembre 2007 à Montréal, c'était Montréal, métropole culturelle , et ça a été un rendez-vous qui a été très bien accueilli, et c'est à ce moment-là que nous avons annoncé la participation de 40 millions de dollars du gouvernement du Québec dans ce Quartier des spectacles qui... pour un coût total de 135 millions. Donc, des partenaires, il y en a: il y a la ville de Montréal, il y a également le gouvernement fédéral qui participent à l'effort.
Je comprends la frustration des gens. C'est sûr que, quand on est dans des travaux aussi majeurs, aussi importants, bien ça dérange, et ça bouscule des habitudes, et ça peut rendre aussi la chose un peu frustrante. Moi, je pense qu'on a... les gens ont été très patients, puis je veux les remercier. Et il y a aussi des sceptiques. Parfois, dans les journaux, on lit des articles... on a vu des articles où on disait: Oui. Bon, bien, qu'est-ce que ça va avoir l'air? Et tout ça, beaucoup d'argent.
Mais c'est tellement extraordinaire comme... quand on fait ce que vous faites, c'est d'aller dans le quartier et voir comment les choses évoluent, grandissent et à quel point la démocratisation, là, de la culture, on... on le voit de façon très, très, très concrète.
Et l'objectif derrière tout ça, c'est de rendre la culture le plus accessible possible, mais aussi le fait de développer des nouveaux publics. Quand on dit que, si on peut voir quelque chose qui ne nous serait pas... qui ne nous attirerait pas du premier coup d'oeil puis qu'on regarde ça et on se dit: Ah! Tiens, je vais... La prochaine fois, je vais peut-être m'acheter des billets ou je vais retourner... je vais acheter un disque, je vais acheter un DVD, je vais acheter... je vais y aller puis je vais voir, je vais vivre ça. Il y a beaucoup, beaucoup d'activités, évidemment, qui sont gratuites; il y a d'autres activités où il faut bien sûr que le public paie un certain montant d'argent.
Mais le Quartier des spectacles, c'est le hall des Pas perdus, l'Espace Georges-Émile-Lapalme, dont j'ai parlé tout à l'heure, c'est également la restauration de l'édifice Blumenthal, c'est là qu'on retrouve la maison du festival de jazz, une salle de spectacle qui est très accueillante, très agréable. On a également l'édifice 222 qui commence à déployer ses ailes au coin Saint-Laurent et Sainte-Catherine, où on va accueillir CIBL.
Je ne sais pas si vous êtes déjà allée dans le studio de CIBL, mais ça ne sera pas un luxe d'amener CIBL au 222, et on était très, très fiers d'accompagner cette radio qui fait un travail extraordinaire à Montréal, et de l'accompagner pour qu'elle puisse... que cette organisation-là puisse déménager au Quartier des spectacles. L'Adresse symphonique, bien sûr, que nous avons très hâte de voir... on a hâte de voir l'ouverture officielle, qui doit se faire en septembre. Mais, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a cet
article ce matin dans le New York Times qui montre à quel point... Et le journaliste, quand je l'ai rencontré, était étonné de voir à quel point l'État québécois investit dans des infrastructures culturelles et investit en culture. Et, quand on lui expliquait à quel point c'est tellement important et fondamental pour nous, il saisissait très bien ce qu'on voulait dire.
Donc, on peut aussi parler d'ailleurs qu'à Montréal, parce qu'évidemment il ne faut pas oublier qu'au Québec... le Québec est grand, et que, partout au Québec, on doit faire en sorte que la culture soit présente et accessible. Alors, c'est pour cette raison que, dans le programme d'infrastructure, comme je l'ai mentionné plus tôt, il y avait une place importante -- et Mme Jérôme-Forget l'a voulu ainsi -- place très importante pour la mise aux normes d'infrastructures culturelles partout, partout au Québec. Et les artistes sur le terrain nous le disent.
Lorsque je rencontre des artistes, on me dit à quel point les salles de spectacle se sont améliorées au Québec. Il y a des endroits que je suis allée visiter, j'étais comme un peu... j'étais abasourdie de voir... j'étais surprise de voir dans quelles conditions certains artistes pouvaient travailler. Et, moi, je me dis: La philosophie du gouvernement, ça doit être de dire: Bien, les artistes doivent avoir des lieux à la hauteur de leur talent, et c'est pour ça qu'on investit autant. Mais le public, lui, doit avoir une belle expérience, une expérience qui va le ramener dans cette salle de spectacle.
Et c'est clair que, si un spectateur est mal assis ou si l'éclairage n'est pas adéquat, si le son est, entre guillemets, pourri, bien il ne voudra pas y retourner. Alors, il faut vraiment investir dans ce domaine-là. On l'a fait, on va continuer de le faire, comme on l'a fait pour la maison de Marie Chouinard, on l'a fait un peu partout au Québec. Et, la semaine dernière, j'ai annoncé, ce n'est pas une infrastructure, mais c'est un nouveau festival que nous aurons, un nouveau festival à Québec, un festival d'opéra et... avec une production de Robert Lepage.
Alors, on investit beaucoup et on veut continuer à le faire. Merci.
Le Président (M. Marsan): Alors, je vous remercie. Ceci termine notre période d'échange avec le parti ministériel. Nous poursuivons avec l'opposition officielle, et je vais céder la parole à M. le député de Drummond. M. le député.
M. Blanchet: Merci, M. le Président. Je vais revenir encore une fois brièvement sur ce dont on parlait à la fin du bloc précédent. Je comprends que le ministère des Finances a décidé qu'il fallait couper, que la SODEC a écopé d'une coupure de 1,2 million, que la ministre a dit: O.K., d'abord, et que la SODEC essaie de rationaliser les dépenses pour maximiser l'argent qui va aller à des artistes et des entreprises en réduisant dans les structures.
Là où je ne peux pas me rendre dans le raisonnement, ce n'est pas... on n'a pas transféré 1,2 million des structures vers les artistes et les entreprises; on a coupé 1,2 million. Et, si la SODEC réussit le bel effort de rationalisation d'économiser plus que 1,2 million dans les structures pour qu'il y ait plus d'argent aux artistes et aux entreprises, bravo! mais, le 1,2 million, il est quand même disparu du budget de la SODEC.
J'ai un autre cas qui représente tellement moins d'argent que ça en est presque choquant. Il y a peu d'institutions culturelles québécoises à l'extérieur du Québec, et il y a la Bibliothèque Gaston-Miron, et ma question va être assez générale parce qu'on... l'explication, je veux qu'elle soit aussi précise et complète que possible: Pourquoi laisse-t-on fermer la Bibliothèque Gaston-Miron à Paris?
Le Président (M. Marsan): Mme la ministre.
Mme St-Pierre: Tout d'abord, M. le Président, lorsque le député parle de budget de la SODEC, je pense qu'on n'a pas les mêmes chiffres. Moi, après le budget, j'ai une hausse de 500 000 $, alors avec ce qu'on a dû faire comme effort, et on ajoute 800 000 $ pour la numérisation des salles de cinéma, sur trois ans, ça fait 2,4 millions; il y a le secteur de la musique et des variétés qui voit son enveloppe augmenter de 500 000 $; et la numérisation des livres, comme je l'ai mentionné dans mon discours