Health and Social Services — 23 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-10-23
Quebec — Committees
Vous le
savez, M. le Président, les personnes âgées et les personnes handicapées
veulent vivre chez elles, et c'est le souhait
qu'elles ont exprimé. Je coprésidais une commission… une consultation publique
sur les conditions de vie des aînés avec la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
et nous avons reçu 4 000 personnes âgées lors de cette consultation, et 4 000 fois plutôt qu'une les personnes âgées
nous ont dit qu'elles voulaient vivre à domicile et recevoir les services
là où elles ont choisi de vivre. Et c'est ce que fera, permettra l'assurance
autonomie.
Le livre
blanc que nous avons déposé est l'ouverture de ce débat social important, et
les quelque 60 groupes que nous
entendrons au cours des prochaines semaines vont nous donner leurs réactions et
leurs suggestions pour améliorer ce système d'assurance autonomie que nous voulons être en
mesure de pouvoir implanter dès l'an prochain, M. le Président. L'assurance autonomie s'appuie sur des acquis de
notre réseau de la santé et des services sociaux, ce que d'autres pays qui ont implanté une telle mesure n'avaient pas.
Nous avons, nous, déjà un outil d'évaluation des incapacités des
personnes dans l'Outil d'évaluation
multiclientèle. Il est déjà en opération, les gens sont formés pour l'utiliser.
Nous avons déjà un outil de gestion
qui nous permet, sur les milliards de possibilités d'incapacité, de profils
d'incapacité, de les résumer en 14 profils
qui correspondent chacun à un niveau de ressources et à un financement qui est nécessaire.
Nous avons déjà implanté les réseaux
intégrés de services aux personnes âgées avec des gestionnaires de cas, qui
sont des professionnels déjà
responsables de faire l'évaluation des besoins des personnes, d'être les
courtiers de services pour s'assurer que les personnes ont le bon service au bon moment, par la bonne organisation.
On leur donnera un levier supplémentaire qui est un levier financier, c'est-à-dire
l'allocation de soutien à l'autonomie, qu'ils conviendront d'utiliser avec la
personne, l'usager, et son réseau social.
Notre projet
d'assurance autonomie s'appuie sur les meilleures pratiques dans d'autres pays
et répond au besoin de transformer
notre système de santé qu'ont recommandé différentes instances, dont la
Protectrice du citoyen, le Vérificateur général, l'Organisation mondiale de la santé. On sait qu'actuellement
17 % de notre budget des soins à long terme est consacré aux soins à domicile. Nous sommes, parmi
les pays de l'OCDE, les pires en ce sens, M. le Président. D'autres pays font beaucoup mieux, notamment la France, à
47 % de son budget, et le Danemark, à 73 % de son budget des
soins à long terme qui sont dévolus aux soins à domicile.
Pour
effectuer le virage qui est nécessaire, il faut non seulement investir dans les
soins à domicile, mais il faut redonner
aux personnes âgées la liberté de pouvoir choisir où elles veulent recevoir les
services. Et c'est cette liberté-là qui fera en sorte qu'on pourra
augmenter la proportion du budget qui est dévolue à l'assurance autonomie.
Alors, c'est un projet extrêmement important, M.
le Président, et je suis très curieux d'entendre les différents groupes sur
leurs positions par rapport à ce projet porteur pour la société québécoise.
Le Président (M. Bergman) :
Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle en matière de santé et député de Jean-Talon à faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de six minutes.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Merci, M. le Président. D'abord, je vais vous saluer, saluer M. le ministre,
saluer mes collègues députés. Je m'en voudrais de ne pas saluer Mme Verreault,
avec qui j'ai eu le plaisir de travailler, et M. Cotton, qui est
maintenant rendu à la RAMQ.
Comme disait
M. le ministre, puis je trouve ça intéressant, il dit qu'il y a déjà beaucoup
d'acquis dans la société. On parle
des outils cliniques : le Système de mesure de l'autonomie fonctionnelle,
l'OEMC, les profils ISO-SMAF. On a le guichet
unique, la gestion des cas, la coordination de la planification des services,
le PEFSAD, le chèque emploi-services, crédits d'impôt. M. le Président,
c'est le ministre qui nous a remis ça hier. Ça existe déjà dans le réseau de la
santé.
La question, maintenant, qu'il faut se
poser : Est-ce qu'on a besoin d'avoir une taxation supplémentaire pour
appliquer ça ou donner plus de services? Et, je pense, c'est ça qu'on… quand
les gens se faisaient poser la question : Êtes-vous d'accord avec le maintien à domicile? Êtes-vous d'accord pour
faire le choix de demeurer à domicile? Êtes-vous d'accord pour avoir plus de services? La réponse évidente est oui, mais
ce n'est pas ça, l'assurance autonomie. C'est un choix de société qu'on va devoir faire, comment on va le financer et
comment on va changer notre organisation de services, mais je ferais
remarquer que l'organisation de services est déjà en place.
Je ne connais pas un CSSS au Québec
qui n'a pas fait le virage de maintien à domicile, et tous les CSSS, également,
ont commencé à diminuer leur nombre de lits de CHSLD parce qu'ils ont réussi à
faire virage. Puis on sait qu'au cours de
10 prochaines années, si on investit bien dans le maintien à domicile, on
est capables de garder le même nombre de lits de CHSLD, le ratio va
baisser.
Une des
illusions que j'entends souvent dans la population, M. le Président, c'est tout simplement que, si on fait tellement de maintien à
domicile, il n'y aura plus besoin de lits de CHSLD. Je pense que M. le ministre va le reconnaître, on peut
descendre à un ratio beaucoup plus bas, qui peut aider à financer, mais à la
fin on va avoir besoin de ressources en CHSLD, de ressources, probablement, en ressource intermédiaire et également de ressources
au niveau de maintien à domicile.
Qui va donner
les services? Il y a eu des discussions à plusieurs
reprises. On a vu que le point de vue
changeait, privé versus public. Est-ce que
la personne a vraiment le choix ou on va lui donner des services qui
vont être dans le réseau public? M. le Président, c'est ce que nous
sommes venus entendre ici en écoutant les différents groupes qui vont venir
présenter.
Par contre, je fais une mise en garde, M. le
Président, en débutant. Ce que j'ai vu, c'est que les gens se sont prononcés pour l'assurance autonomie, mais ce que
je voyais surtout : ils se prononçaient pour le maintien à
domicile. Lorsqu'il arrivait la question du financement, qui est le coeur de l'assurance autonomie, c'est vraiment
ça, le coeur du projet, avec la
transformation qui a été faite… Mais, je tiens à le dire, quel que soit le financement, la transformation va se faire,
parce que ça se fait dans toutes les autres provinces, ça
se fait dans tous les autres pays. Indépendamment de la façon dont on va le financer, ça va
continuer à se faire. Mais c'est sur la question du financement, et ce qu'on nous proposait entre autres : une caisse qu'il
fallait capitaliser. Je sais qu'au début le ministre a dit que la caisse n'était
pas… on devait la capitaliser mais, par la suite, que ça serait difficile à
capitaliser, puis qu'en fin de compte il n'y a aucun pays qui a vraiment
réussi à capitaliser. Donc, il y a eu une évolution au
niveau de la pensée de la part du ministre.
On va écouter les différents groupes puis on va voir qu'est-ce qu'ils
vont nous dire.
Mais,
M. le Président, je tiens à dire au ministre
qu'on va être collaborateurs. On veut entendre les groupes, on veut avoir le meilleur système de santé du Québec.
Ça prend une transformation au niveau
du réseau de la santé, et nous voulons collaborer
à ce réseau de la santé là. Mais on ne le fera pas à n'importe quel prix, et un
des enjeux va être la hauteur du financement
et la capacité de payer du gouvernement. Donc, M. le Président, c'est vraiment
la plupart de la discussion qu'on va
faire. Et encore là je tiens à le dire : Quand les gens vont venir nous
voir puis ils vont nous dire : Je suis pour l'assurance autonomie,
j'aimerais ça qu'ils nous définissent est-ce qu'ils sont pour le maintien à
domicile — ce
qui est, d'après moi, 100 % de la
société qui est d'accord — ou ils sont pour la façon dont on va le financer. Et qui va
payer la facture à la fin?
Merci, M. le Président. Puis je rassure le
ministre qu'on va collaborer à ce projet.
Le Président (M. Bergman) :
Merci, M. le député. J'invite maintenant la représentante du deuxième groupe d'opposition, Mme la députée d'Arthabaska, pour
ses remarques préliminaires, pour une durée maximale de trois minutes.
Mme Roy (Arthabaska) :
Bonjour, M. le Président. Je veux vous saluer tout d'abord, le personnel de la commission, M. le ministre, son équipe, mes
collègues députés ainsi que toutes les personnes qui vont venir nous
présenter des mémoires. Je veux, premièrement, les remercier d'avoir pris le
temps d'écrire ces mémoires-là et de venir nous faire partager leur vision des
choses.
Pour moi, je
l'ai souvent dit, les personnes... la cohorte des baby-boomers, quand ils sont
arrivés à l'école puis c'étaient des
écoles de rang, il a fallu faire une modification majeure, puis est arrivée la
commission Parent et puis ensuite le système
scolaire comme on le connaît. Cette cohorte-là est rendue maintenant à la porte
des résidences, elle arrive à cette porte-là, donc toute cette
population-là va nécessiter, d'après moi, un regard de fond en comble de
comment on leur donne leur soutien pour qu'ils demeurent à domicile.
Je l'ai déjà
dit, il y a des modèles qui fonctionnent au Québec. J'espère que... Moi, ce que
je tenterai d'éviter, c'est de faire
d'autres structures par-dessus d'autres structures, là, puis ça finit par
devenir un millefeuille, comme on dit, avec beaucoup de crémage. J'essaie…
Je pense qu'il faut respecter ce qui se fait bien, supporter ce qui se fait
bien puis continuer puis étendre les bons exemples ailleurs — puis
je suis tout à fait convaincue que le ministre sait de quoi je veux parler — mais j'arrive ici avec l'esprit ouvert, dans
le but d'améliorer les choses puis dans le but de faire un travail
positif pour nos aînés. Je pense qu'ils le méritent bien.
Le Président (M. Bergman) :
Merci, Mme la députée. Mme la députée de Gouin, pour vos remarques
préliminaires, pour un temps maximal de trois minutes. Bienvenue à la
commission.
Mme David : Merci, M. le
Président. Merci beaucoup. Merci à l'ensemble des collègues. Moi aussi, j'arrive
ici avec un esprit très constructif, qui est
de toute façon le mien de façon générale. Merci au ministre qui ose mettre
sur la table un véritable projet de société,
ce qui ne veut pas dire que nous serons toujours d'accord sur la manière de le
réaliser, mais justement nous en discuterons.
Le vieillissement de la population du Québec est une chose évidente. Ce que je trouve intéressant dans ce que nous allons
discuter, c'est que nous le voyons moins comme un problème
que comme un défi. Enfin! Ça, ça me fait vraiment plaisir.
J'aurai tout de même une préoccupation, c'est
que ça devienne le défi de toute la société québécoise et que le fardeau, par
exemple, du financement des mesures,
qui seront importantes pour les aînés, ne repose pas que sur les
aînés. Autrement dit, je vais être
très vigilante face au principe de l'utilisateur-payeur.
Autant toute la société québécoise s'est donné des responsabilités face,
par exemple, à l'implantation de services de garde, autant la société
québécoise doit considérer avec beaucoup
d'ouverture le fait d'assurer une retraite digne à toutes les personnes âgées
au Québec. Donc, ça, ça sera quelque chose que je voudrai regarder avec
beaucoup d'attention et entendre les groupes, bien sûr.
Valoriser, étendre les services de soutien à
domicile, bien sûr. Je rappelle quand même que ça existe déjà au Québec. Je rappelle que l'immense majorité des
aînés du Québec sont déjà chez eux et chez elles. Mais donc, évidemment,
il faut renforcer les services.
Je serai attentive, dans le débat sur les
services à domicile eux-mêmes, à deux questions. La première : Allons-nous privatiser davantage ces services?
Alors, là-dessus, évidemment, vous comprendrez que j'aurai des réserves.
On en discutera. Deuxième question : les conditions de travail, les
conditions d'exercice et de pratique des employés qui ne sont pas des employés
du service public et qui donnent des services de maintien à domicile.
Finalement,
je vois qu'il y a toute la question de l'organisation des services qui est en
cause, toute la question de leur intégration,
de leur coordination. Alors, je pense que ça aussi, ça va être une question
importante. Et je serai particulièrement intéressée à regarder là-dedans
le rôle des CLSC, qui, à mon avis, sont les organismes publics, finalement, les
plus près des populations. Merci beaucoup.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme la députée. Alors, on
commence maintenant les auditions. Collègues, on divise le temps comme
suit : 10 minutes pour l'exposé des témoins; pour le gouvernement, un
bloc de 24 minutes; pour l'opposition officielle, un bloc de 17 min 30 s;
pour le deuxième groupe d'opposition, un bloc de 4 min 30 s; et,
pour Mme la députée de Gouin, un bloc de 3 min 30 s.
Alors,
je souhaite la bienvenue à nos invités, l'Alliance des communautés culturelles
pour l'égalité dans la santé et les
services sociaux. Bienvenue. Alors, pour les fins de l'enregistrement, je vous
demande de bien vouloir vous présenter. Et vous avez 10 minutes
pour faire votre présentation, suivi d'un échange avec les membres de la
commission. Alors, bienvenue.
M. Di Giovanni (Jérôme) : Bonjour. Mon nom est Jérôme Di Giovanni, je
suis le directeur général d'ACCESSS. Je
suis accompagné par Mme Carmen Gonzalez, qui est la présidente du conseil
d'administration ainsi que la directrice générale de COPSI, qui est le Centre d'orientation paralégale et sociale
pour immigrants, et par M. Pascual Delgado, qui est notre spécialiste et
le responsable du dossier Personnes aînées à ACCESSS. On va partager la
présentation de notre mémoire. Dans un premier temps, je vais vous présenter,
ACCESSS, c'est quoi.
Nous
sommes une fédération de plus de 117 organismes de communautés
ethnoculturelles à travers le Québec. Notre mission, c'est
l'accessibilité des services de santé et services sociaux et l'adéquation de
ces services aux caractéristiques des
communautés ethnoculturelles. Nous sommes un centre d'expertise-conseil santé
et immigration, un lieu de convergence du secteur de la recherche, du
réseau de la santé et des services sociaux et du milieu communautaire.
Notre
mission s'inscrit à l'intérieur de la loi de la santé et des services sociaux.
Notre mission, c'est de s'assurer que la
loi de la santé et des services sociaux soit appliquée par rapport aux Québécois
et Québécoises issus de l'immigration récente.
Et je désire attirer l'attention de la commission à l'article 2 de la loi,
qui définit le mode d'organisation des services, ressources humaines,
financières et matérielles, et surtout à trois alinéas de cet article,
notamment à l'alinéa 3°, qui dit :
«Partager les responsabilités entre les organismes publics, les organismes
communautaires et les autres intervenants du domaine de la santé et des services sociaux», et l'alinéa 5° et 7°
qui touchent plus les communautés ethnoculturelles, 5° qui dit : «Tenir compte des particularités
géographiques, linguistiques, socio-culturelles, ethno-culturelles et socio-économiques
des régions», et l'alinéa 7° : «Favoriser, compte tenu des ressources — et
on aimerait bien en discuter, de ces ressources-là — l'accessibilité
à des services de santé et des services sociaux, dans leur langue, pour les
personnes des différentes communautés culturelles du Québec.»
Sur ce, je voudrais
passer la parole à M. Delgado, qui va faire la présentation du corps de notre
mémoire.
Le Président (M.
Bergman) : …
M. Delgado
(Pascual) : Pardon?
Le Président (M.
Bergman) : Il vous reste sept minutes.
M. Delgado
(Pascual) : Merci. En effet, à partir de la page 9 de notre mémoire
vous pouvez suivre.
Depuis le discours de
l'honorable ministre Réjean Hébert lors du colloque de l'Association québécoise
de gérontologie, l'AQG, tenu le 21 mars
2013, ACCESSS suit avec beaucoup d'intérêt l'élaboration du projet portant sur l'assurance
autonomie. Inspiré par le succès de l'expérience PRISMA en Estrie au début de
la décennie, le ministre envisage une application à travers tout le Québec.
ACCESSS est en accord avec les propos du ministre, qui indique le fait que — citation — «le modèle traditionnel hospitalo-centrique
s'avère [...] inadapté et doit faire [...] place à un modèle de soins
axé sur les lieux de résidence des personnes âgées». Finie, la citation. C'est
un extrait de Programme de recherche sur l'intégration des services de
maintien de l'autonomie 2007, page 1.
le ministre Hébert doit sans doute faire face aux innombrables acteurs et
groupes de pression qui veulent freiner cette importante réforme ou bien
la modifier pour répondre à divers intérêts qui sont parfois éloignés des
besoins des aînés eux-mêmes.
L'objectif
d'ACCESSS reste toujours le même depuis sa fondation en 1984, à savoir
s'assurer que les services de santé et sociaux soient adaptés à la
réalité pluriethnique du Québec, et plus spécifiquement aux réalités des aînés québécois issus de l'immigration dans ce cas-ci. À
cet effet, nous nous rapportons toujours à la Loi des services de santé
que monsieur notre directeur, M. Di Giovanni, a citée et aussi à la
Charte des droits et libertés de la personne, notamment l'article 10, qui définit la discrimination, et le chapitre…
l'article, aussi, 48 de la Charte des droits et libertés : «Toute
personne âgée ou toute personne handicapée a droit d'être protégée contre toute
forme d'exploitation.
«[Toute]
personne a aussi droit à la protection et à la sécurité que doivent lui
apporter sa famille [et] les personnes qui en tiennent lieu.»
livre blanc sur l'assurance autonomie reconnaît l'importance de faire face au
défi du vieillissement rapide de la société québécoise, mais, au-delà de
ce qu'on nomme communément, au Canada, le tsunami du vieillissement, nous
devrons également reconnaître la diversité complexe et accrue de notre
population sur le plan ethnoculturel.
ailleurs, d'après le recensement de 2006 — et vous avez un tableau à la fin du
mémoire — 38,4 %
des aînés de la région métropolitaine
de Montréal sont membres des communautés ethnoculturelles. Et on parle de 2006,
ça veut dire que c'est peut-être déjà beaucoup plus que ça déjà. Dans la
région de Laval, c'est le cas de 25,3 % des aînés; la région de la
Montérégie, 15,9 %; Estrie, 5,3 % des aînés qui appartiennent aux
communautés ethnoculturelles. On voit des proportions en augmentation constante
dans l'Outaouais et dans la région de la Capitale-Nationale. Les données de
2011 ne sont pas encore analysées, mais c'est certain qu'il y a une
augmentation aussi dans chaque région.
faut toujours souligner le fait qu'il y a plus de 165, 165 différents
groupes ethniques cohabitent au Québec et que certaines de ces communautés immigrantes y sont établies depuis plus
d'un siècle. Les communautés européennes telles que les Italiens, les Juifs et les Allemands se sont intégrées à
la mosaïque québécoise et participent activement dans le développement d'institutions et d'établissements
voués aux personnes aînées de ces communautés. Pourtant, il est rare de trouver des résidences où il existe des services
destinés et adaptés aux aînés établis au Québec depuis 30 ans et
moins.
Selon notre
expérience terrain et celle de nos organismes membres, nous constatons que
beaucoup de personnes aînées des communautés ethnoculturelles préfèrent
rester chez eux, dans des ménages familiaux partagés souvent par trois
générations de la même famille. La famille élargie traditionnelle reste
toujours le modèle normal dans plusieurs communautés.
Très peu de PPALV et de PADS de ces communautés habitent dans des résidences
pour personnes aînées ou fréquentent les centres de réadaptation.
Donc, tel que
mentionné précédemment, les communautés ethnoculturelles rencontrent encore
certaines barrières à l'accès aux établissements du réseau de la santé
et services sociaux, notamment à cause de facteurs linguistiques, culturels et
systémiques qu'ACCESSS explore et déplore depuis sa fondation en 1984.
Et maintenant je cède la parole à la présidente
d'ACCESSS, Mme Gonzalez.
Mme Gonzalez (Carmen) : Merci,
Pascual. Suite à ça, ACCESSS fait six recommandations par rapport à l'assurance
autonomie. Alors, je vais faire vite parce que j'ai juste deux minutes.
ACCESSS recommande qu'un effort particulier soit
fait pour accélérer l'implantation du Réseau de services intégrés pour les personnes âgées dans les régions
avec un bassin important de personnes aînées issues des communautés
ethnoculturelles, et cela implique la participation de l'ensemble des acteurs
publics, communautaires et privés.
numéro 2 : ACCESSS recommande qu'un effort particulier soit fait par
chaque CSSS offrant ce service pour identifier
et développer des partenariats avec les organismes de ces communautés afin
qu'ils puissent participer au réseau de soins et de services offerts aux
aînés. Et cela, c'est fondé sur l'article 2 de la loi de la santé et des
services sociaux.
ACCESSS
recommande aussi une gestion centralisée de cette nouvelle régie de l'assurance
autonomie et une vigie sur
l'autonomie de chaque gestionnaire responsable des soins et services vis-à-vis
l'administration de chaque établissement afin qu'elle puisse assurer les contrôles et la qualité de ces soins et
des services. Nous recommandons aussi qu'ACCESSS siège au conseil d'administration
d'une éventuelle régie. Cette recommandation est basée aussi sur l'article 2
mais l'alinéa 1°, qui dit :
«Assurer la participation des personnes et des groupes qu'elles forment au
choix des orientations, à l'instauration, à l'amélioration, au
développement et à l'administration des services.»
Et ACCESSS recommande que la formation
interculturelle fasse
partie intégrale de ce curriculum et que les services d'expertise-conseil
offerts par ACCESSS soient utilisés dans ce cadre.
Notre
dernière recommandation, c'est par rapport à notre financement : Que le
ministère appuie nos projets avec des ressources adéquates pour pouvoir
appuyer et adapter la gestion de l'assurance autonomie.
Ça, c'est les
six recommandations d'ACCESSS. Et, avant de finir, on tient à vous informer
qu'ACCESSS appuie le mémoire de l'Association des dentistes en santé
publique du Québec, où ils demandent que les soins dentaires et la santé buccale
soient inclus dans l'assurance autonomie. Voilà.
Président (M. Bergman) : Merci pour votre présentation. On va
commencer maintenant la période d'échange avec les députés de la
commission. Pour le premier bloc du gouvernement, M. le ministre.
Hébert :
Merci beaucoup. D'abord, permettez-moi de saluer Mme Gonzalez,
M. Di Giovanni et M. Delgado, que j'ai rencontrés à
plusieurs reprises, et de saluer le rôle d'ACCESSS pour la vigilance qu'ils
exercent pour que les communautés ethnoculturelles aient un accès le plus
ouvert possible au réseau de la santé et des services sociaux. Je pense que nous avons besoin d'un organisme et d'un
regroupement d'organismes comme le vôtre pour constamment être à l'affût
des moyens pour améliorer l'accès des communautés culturelles à nos services de
santé et services sociaux.
Vous
soulignez dans votre mémoire que le vieillissement de la population sera un
tsunami. Écoutez, un tsunami, on ne peut pas prédire ça, alors que le
vieillissement de la population, c'est mathématique, c'est démographique. C'est
plutôt un iceberg qui est là, qu'on voit
s'approcher, et il faut imprimer au réseau de la santé et des services sociaux
un changement de cap de façon à être capable de contourner, que ça devienne un
défi et non pas une catastrophe. Et l'assurance autonomie, et vous le soulignez
bien dans votre mémoire, vise à justement pouvoir opérer ce virage qui est
extrêmement important.
Vous
soulignez l'importance d'implanter les réseaux de services intégrés aux
personnes âgées dans les régions avec des
bassins importants de personnes aînées issues des communautés culturelles. Nous
sommes allés au-devant de votre désir parce
que dès cette année, dans le budget, nous avons réservé 8 millions pour
être en mesure de compléter l'implantation des réseaux intégrés, et, de
ce 8 millions, 4 millions vont aux quatre régions qui reçoivent le
plus de communautés ethnoculturelles : presque 2 millions pour
Montréal, 1 million pour Québec, 1 million pour la Montérégie et près
de 300 000 $ pour Laval. Donc,
c'est déjà en action parce que nous voulions préparer l'arrivée de l'assurance
autonomie et s'assurer que les gestionnaires de cas soient au rendez-vous.
Je voudrais par contre vous poser une question
sur les gestionnaires de cas. Vous parlez d'abord de formation pour mieux les habiliter à l'interaction avec les
communautés ethnoculturelles. J'aimerais que vous m'en disiez un peu
plus et également que vous… Vous parlez de
vigilance de l'autonomie pour les gestionnaires de cas à la page 12, les
gestionnaires de cas devraient
recourir à une vigie sur l'autonomie. Alors, j'aimerais ça que vous puissiez
m'en dire un petit peu plus.
M. Delgado
(Pascual) : Je vous remercie. Si vous me permettez, répondre à
la question. Merci, M.
le ministre.
effet, la première situation, c'est ce qu'on vit chaque jour à l'intérieur du
système. Ça veut dire que, les gestionnaires de cas, à l'heure actuelle, on a
reconnu que chaque CSSS a un certain contrôle sur la gestion de ces ressources-là, l'intervenant gestionnaire de cas a
un rôle très important à jouer, mais un des problèmes qu'on voit,
c'est que, dépendant du CSSS, dépendant de
chaque point de service, ça varie, la qualité de service varie assez grand. Et
on a vu même dans le livre blanc et d'autres
présentations qu'on a eu un problème aussi de retard par rapport à Montréal, le RSIPA, on voit qu'il est en retard, et
aussi Québec. Donc, dans d'autres régions, ça va avance bien, puis le RSIPA est
vraiment bien installé.
Mais, par rapport à
la formation, c'est clair qu'une région comme Montréal qui a presque 40 %
des aînés de communautés culturelles,
toujours des populations récemment arrivées de pays qui sont vraiment loin
culturellement du Québec, ça prend
vraiment une formation des gestionnaires de cas pour qu'ils puissent vraiment
faire face aux défis, aux problèmes
qui seraient vécus dans chacune de ces régions. Et là on a… Nous, nous connaissons
assez bien nos réseaux d'organismes
qui sont capables ou non de pouvoir vraiment répondre. Donc, la formation
interculturelle, c'est quelque chose qui doit être intégré à l'intérieur
de la façon que la formation se donne aux gestionnaires.
rapport à la deuxième question, si je comprends bien, c'est question aussi de
comment mieux administrer ça. Si pouvez répéter la deuxième question.
Hébert : La vigilance, vous parlez de vigilance de
l'autonomie. Je voudrais savoir à quoi vous faites référence. Vous dites
que les gestionnaires de cas doivent assurer une vigilance de l'autonomie.
M. Delgado (Pascual) : En effet, c'est que nous croyons fermement à
l'«empowerment» des aînés. Nous croyons que l'autonomie de chaque aîné, de chaque personne aînée doit être
respectée, et ça veut dire que les gestionnaires de cas devraient
vraiment être vigilants que cet «empowerment», qui est la décision, la liberté
de décision de l'aîné, soit pris en considération, au lieu de créer un système
qui serait une bureaucratie, qui ne serait pas vraiment respectueux de la
situation de chaque individu, chaque personne. Là, il y a un danger que le
gestionnaire de cas va agir de façon homogène, automatique.
donc ça, c'est un des problèmes aussi du SMAF, nous croyons que l'évolution du
SMAF aurait des problèmes et des
barrières importants au moment qu'on est devant le défi de la diversité
culturelle. L'évolution du SMAF et l'application du SMAF devraient être
flexibles par rapport à comment les différents aînés des différentes cultures
pourraient réagir à une telle évaluation. Donc, ça, c'est un défi assez
important.
M. Di Giovanni (Jérôme) : Je voudrais compléter. L'élément de la formation,
pour nous, est extrêmement capital si on veut réussir cette
autonomie-là, ce maintien à domicile. Nous vivons… Dans un certain nombre de
régions, on a des demandes des
professionnels du réseau nous demandant des formations, sauf qu'ils ne sont pas
dégagés au niveau de leur temps de
travail, et ils nous demandent même de faire pression sur leurs gestionnaires
pour qu'ils puissent se faire dégager
pour recevoir de la formation. Et souvent c'est des formations de midi à 1
heure, mais ce n'est pas vraiment des formations,
c'est plus des ateliers de sensibilisation, d'information. Et ça, quand on
parle de formation, pour nous, il faut que ça soit inscrit à l'intérieur
des programmes de ces professionnels-là et que ce soit une formation continue,
parce que l'immigration évolue. Il y a 50 000 nouveaux arrivants qui
arrivent au Québec à tous les ans. C'est vrai que ce n'est pas toutes des
personnes âgées, mais c'est une problématique qui est continue.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : Vous serez probablement heureux d'apprendre que
nous avons lancé dernièrement un concours pour les établissements de santé, un concours d'institut universitaire avec
deux thématiques, une première en soins de première ligne et une deuxième en soins et services de
santé pour les communautés ethnoculturelles. Alors, nous invitons par ce
concours les établissements du réseau à postuler à un statut d'institut
universitaire pour connaître mieux les stratégies qu'on doit adopter pour
donner un meilleur accès aux communautés ethnoculturelles et également les
stratégies de formation. Alors, vous serez sans doute interpellés dans cette
démarche-là, mais je voulais juste vous informer qu'on est très sensibles. Et,
avec ma collègue Diane De Courcy, on a travaillé à être en mesure d'assurer
un financement pour un tel institut.
M. Delgado
(Pascual) : …répondre un petit peu…
Le Président (M.
Bergman) : M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : …de dire que les meilleurs formateurs, c'est ceux
qui ont vécu, dans la chaire, eux-mêmes le processus d'immigration ou qui sont eux-mêmes réfugiés. C'est vrai
qu'au niveau universitaire on a des professeurs très qualifiés et bien,
bien… des grands chercheurs, mais nous croyons que les meilleurs formateurs, c'est
nous.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : Vous avez
parlé de bureaucratie, et là je suis un petit peu étonné, dans votre mémoire,
de voir votre proposition de créer une régie de l'assurance autonomie.
Comme vous l'avez vu, dans notre livre blanc, on a évité la création de
nouvelles structures pour justement s'appuyer sur les structures déjà
existantes, les CSSS et la Régie de l'assurance maladie, qui aura un rôle à
jouer également dans l'allocation de soutien à l'autonomie.
J'aimerais
ça que vous m'expliquiez, là, pourquoi vous proposez la création d'une régie de
l'assurance autonomie, d'une nouvelle structure paragouvernementale.
Le Président (M. Bergman) :
M. Giovanni.
M. Di
Giovanni (Jérôme) : Pour
nous, que ça soit à l'intérieur de la RAMQ ou une régie, c'est en fonction
que ça va prendre un cadre d'imputabilité et
de reddition de comptes pour s'assurer qu'il n'y ait pas de disparité de
livraison de services et de
développement de services d'un CSSS à l'autre. Et que ce soit à l'intérieur de
la même agence, ça ne change absolument rien, notre expérience terrain
nous démontre qu'actuellement il y a des disparités d'un CSSS à l'autre.
Donc,
premièrement, c'est de s'assurer qu'il y ait un cadre d'imputabilité et de
reddition de comptes; deuxièmement, qu'il
y ait des normes nationales et qu'il y ait aussi des lignes directrices de
qualité de service qui vont être appliquées à travers le Québec. Et ça,
ça va être extrêmement important. On ne voudrait pas voir… de vivre ce que
beaucoup de personnes vivent actuellement, c'est que d'un CSSS à l'autre il y a
des disparités à l'intérieur de la même agence. Donc, c'est ça qu'il y a derrière cette proposition-là. Que ce soit à
l'intérieur de la RAMQ ou que ce soit… ou une création d'une régie, pour nous, ce qui est important,
c'est la reddition de comptes, l'imputabilité, des normes nationales et
une qualité de service indépendamment là où
se trouve la personne aînée, que ce soit à Montréal, la Montérégie, à
Gatineau ou au Saguenay, ça ne change absolument rien. Et ça va prendre cela.
Et on s'est inspirés du forum sur le cancer, où, unanimement, tous les
participants, ils ont demandé une approche nationale, centralisée pour s'assurer
exactement de ces mêmes éléments là.
M. Delgado
(Pascual) : Moi, je veux
souligner aussi qu'on a été inspirés par l'expérience PRISMA en Estrie.
Et un des premiers contacts qu'on a eus avec
l'idée de l'assurance autonomie, c'était justement dans ce sens de
créer une régie inspirée… à peu près comme la Régie de l'assurance
maladie, une régie nouvelle qui serait vraiment au contrôle de la qualité du
processus à travers le pays.
Je sais qu'après on a eu une évolution, le livre
blanc, vraiment, revient à un modèle qui met beaucoup plus d'emphase sur les CSSS et le réseau de la santé,
mais là-dessus, vraiment, peut-être il faut revenir un peu en arrière, à
2007, et voir vraiment le modèle d'une régie de l'assurance autonomie
indépendante.
Le Président (M. Bergman) : M.
le ministre.
Hébert : Je retiens votre préoccupation — excusez-moi, M. le Président — je retiens votre préoccupation, là,
la préoccupation d'imputabilité, de reddition de comptes, également d'avoir des
normes nationales, et c'est là où l'allocation
de soutien à l'autonomie devra répondre à des normes nationales et être
équitable dans toutes les régions du Québec. Et, la qualité des
services, d'avoir des standards nationaux également qui vont être appliqués par
les CSSS mais des standards nationaux qui s'appliquent pour tout le Québec,
alors je retiens ça.
Je ne suis
pas très enclin à mettre en place de nouvelle structure. Je pense qu'il faut
que l'argent aille aux services cliniques, et on va essayer d'utiliser
plutôt les structures actuelles et faire en sorte qu'on puisse avoir des
standards nationaux pour éviter les disparités.
Je vais laisser mes collègues poser des
questions supplémentaires.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Merci, M. le Président. Alors,
bonjour à vous, Mme Gonzalez, M. Di Giovanni et
M. Delgado. Ça me fait plaisir d'échanger avec vous.
Dans votre mémoire, vous mentionnez une préoccupation
particulière par rapport aux services de santé et services sociaux et qu'ils ne
sont pas toujours adaptés aux réalités des personnes issues des
communautés ethnoculturelles, et vous
mentionnez notamment une grande préoccupation pour les personnes âgées issues de l'immigration et qui
sont des personnes particulièrement vulnérables, notamment, souvent, à cause de
ce qu'elles ont vécu, le choc à l'arrivée dans le pays d'accueil, des
conditions aussi souvent difficiles dans lesquelles elles vivent, de plus
grande précarité, de plus grande pauvreté.
Et, comme vous êtes particulièrement proches de la réalité de ces personnes-là,
j'aimerais ça que vous nous parliez de façon un peu plus précise de vos
préoccupations pour cette clientèle spécifique de personnes âgées issues de l'immigration.
Le Président (M. Bergman) : M. Delgado.
Mme Gonzalez (Carmen) : Oui, je peux
y aller.
M. Delgado (Pascual) : Oui, oui,
allez.
Le Président (M. Bergman) : Mme
Gonzalez.
Mme Gonzalez
(Carmen) : O.K., oui. En fait, je suis directrice d'un organisme qui
donne des services directement à la population, surtout à la population immigrante. Parmi
ces personnes-là, nous avons des réfugiés et, en général, des
immigrants.
Alors, une des barrières qu'on trouve le plus,
c'est vraiment la langue, une des choses, et l'autre, c'est la méconnaissance.
Alors, pour notre organisme, en fait — je vous parle de COPSI — c'est
un organisme qui donne beaucoup d'information et d'orientations, parce que, faute de financement, on ne peut pas donner plus de services que ça, alors on s'assure, quand une personne appelle à
notre organisme, de les référer aux ressources qu'il y en a, mais on se rend compte qu'ils sont mal informés ou pas
informés du tout, du tout, du tout. Alors, oui, il faut tenir compte… Et
dans le mémoire est vraiment
cité… et là moi, j'écris, à la page 11, quand il dit : Les
communautés culturelles rencontrent encore, encore certaines barrières. Et une des barrières, c'est vraiment
la langue et pas d'information ou la mauvaise information.
M. Delgado
(Pascual) : Moi, j'aimerais
ajouter un point sur le statut d'immigration des aînés. La situation actuelle, c'est une anomalie qui
revient un peu… qui date de la loi d'immigration canadienne et le fait que beaucoup
de ces personnes-là sont parrainées par sa
famille, par ses enfants. Ces personnes-là parrainées n'ont pas vraiment nécessairement le même droit d'accès aux services, à la
francisation et autres, que les citoyens canadiens ordinaires, et ça, c'est un
problème en soi, en plus vraiment
une situation de statut qui créé plusieurs niveaux. Il y a
des personnes qui sont des requérants de statut d'immigration qui ont un
statut un peu différent et, en termes de services, des fois, ils rencontrent
des barrières, simplement qu'on va leur
dire, dans certains points de service : Vous n'avez pas le droit parce que
vous n'êtes pas vraiment un immigrant
reçu, vous n'avez pas votre résidence. Donc, il y a aussi des situations de
bureaucratie qui créent vraiment, des
fois, des barrières, et ça, une grande mesure, c'est de ce fait que nous vient
un peu l'anomalie, d'une loi à deux, la loi d'immigration canadienne et
la loi d'immigration au Québec. Donc, il y a cet aspect-là qu'il faut explorer.
Un des
problèmes aussi, en termes de ressources, c'est qu'on est pris avec une
anomalie vraiment flagrante. C'est que beaucoup d'organismes
sont obligés de se faire financer par une enveloppe fédérale, donc c'est le programme
Nouveaux Horizons pour les aînés. Et c'est
incroyable de voir combien d'organismes qui travaillent auprès des aînés
au Québec doivent faire appel au fédéral, car ils n'ont pas une ressource
ici, de notre pays, pour pouvoir payer les mêmes services. Donc là, il y
a une anomalie encore qui est complètement flagrante, on l'a répété à plusieurs
reprises.
Donc, ça, je ne sais pas si, Carmen, tu veux
ajouter.
Le Président (M. Bergman) : Mme
Gonzalez.
Gonzalez (Carmen) : Oui. À
part le financement, je reviens au facteur linguistique, parce qu'on pense que c'est les nouveaux
arrivants, mais on peut parler des immigrants qui sont ici de plus longue date
et qui sont des aînés. Et on sait qu'avec
l'âge la personne revient à sa langue maternelle. Alors, même si elle parlait
déjà la langue, soit le français, l'anglais
ou les deux, on se retrouve avec beaucoup de personnes aînées qui reviennent à
leur langue maternelle. Alors, voilà, c'est une autre barrière aussi. Il
faut tenir compte de plein de petits… culturels aussi.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose.
Mme Proulx :
Et, pour poursuivre la discussion là-dessus, qu'est-ce que vous pensez qui
pourrait être intéressant? Parce que
j'entends bien, là, les préoccupations que vous avez, notamment la barrière de
la langue. Est-ce que vous pensez que les familles pourraient être mises
à contribution de façon plus spécifique?
Vous parliez
aussi tantôt de formation. Est-ce que la formation des intervenants, soit tous
les intervenants sociaux qui vont avoir à intervenir dans le maintien à domicile
auprès des personnes âgées… Mais, à ce moment-là, avec la préoccupation que
vous avez pour ces gens-là plus spécifiquement, comment vous voyez… qu'est-ce
qui pourrait représenter une piste de solution?
Le Président (M. Bergman) :
M. Di Giovanni.
M. Di
Giovanni (Jérôme) : Les
solutions sont à plusieurs niveaux. D'une part, au niveau de la formation
des intervenants… Puis ça, c'est une
formation continue, puis ça, c'est important, parce que souvent on se fait
appeler pour se faire référer du
monde, et, les gens, il y a toute la question du statut. Donc, il y a cet
élément-là. Puis c'est une formation, à mon sens, qui devrait être obligatoire, parce qu'actuellement, là, oui,
on en donne, mais c'est sporadique. Souvent, c'est vers l'heure du midi ou c'est en soirée, on est appelés
par des associations de professionnels pour qu'on le fasse à l'intérieur
de leurs colloques, conférences et symposiums. Donc, il faut que ce soit
inscrit à l'intérieur du réseau de la santé et des services sociaux.
Deuxièmement, il y a toute la question de l'information
sur les programmes et services qui existent, qui sont destinés aux familles et
aux personnes aînées. Il y a très peu d'information qui existe. Lorsqu'on parle
d'information, c'est de l'information adaptée tant culturellement que linguistiquement. Donc, vraiment,
là, de monter des programmes. Puis ça existe, mais, là aussi, c'est très
peu financé.
Puis on va revenir aux ressources.
C'est très, très peu financé.
Souvent, on le fait bénévolement parce qu'à un moment donné on est pris
entre l'arbre et l'écorce, et on ne peut plus dire non, et on le fait.
Puis l'autre
élément aussi, là, c'est de s'assurer qu'il y ait des programmes qui… à
l'intérieur de l'organisation des programmes,
à l'intérieur de la détermination des budgets, qu'on inclut déjà une composante
ethnoculturelle, de déjà prévoir dans les budgets que ça va prendre des
ressources pour adapter les programmes, ça va prendre des ressources pour former le personnel, ça
va prendre des ressources financières pour sensibiliser les communautés
ethnoculturelles. Puis, si on ne le fait pas, on rame toujours à
contre-courant. On y va avec des approches-projets qui vont durer six mois, un
an, un an et demi, mais ça, c'est un élément continu.
Et, dans ce
cadre-là, ACCESSS a déjà pris de l'avance. Il y a une proposition qu'on a
soumise au ministre de la Santé et
des Services sociaux pour établir un partenariat public-communautaire, une
entente de gestion qui engloberait tous ces éléments-là de façon
systémique, de façon globale, et d'arrêter de voir la problématique de la
santé — là,
on est au niveau des aînés — de
façon très ponctuelle, très sectorisée, et d'aller éteindre des feux. Et ça, ça
va prendre une approche globale.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose, il vous reste cinq minutes.
Mme Proulx :
En fait, si je comprends bien ce que vous dites, c'est que vous souhaitez être
considérés comme un partenaire à part
entière et de façon intégrée, et non pas une approche uniquement à la pièce. Je
comprends très bien ce que vous
dites, là, ce que vous nous présentez là. Maintenant, j'aimerais ça que vous
nous disiez, à défaut de faire ça, selon vous, qu'est-ce que ça sera, l'impact sur la clientèle pour qui… que vous
desservez, en fait, les personnes issues de l'immigration. Si on ne se préoccupe pas d'avoir cette approche
intégrée, si on ne se préoccupe pas de bien répondre aux défis
particuliers que ces gens-là peuvent
représenter, qu'est-ce que vous anticipez comme étant un impact négatif, là,
qui pourrait se produire?
M. Di Giovanni (Jérôme) : L'impact…
Le Président (M. Bergman) :
M. Di Giovanni.
M. Di
Giovanni (Jérôme) : Oui.
L'impact, c'est que ces personnes-là n'auront pas accès aux services. Ceux
qui vont pouvoir le faire vont aller vers le
privé, et d'autres n'auront pas accès aux services, ça va être les familles qui
vont s'en occuper. Puis là on parle de familles sandwichs, là, puis on parle
des familles qui vont être obligées offrir ces services-là. Et les personnes aînées, bien, en fin de compte, là, vont
être obligées aller plus vers les centres de soins de longue durée. Ils vont se retrouver dans les
salles d'urgence, dans les hôpitaux, parce que, bon, ils n'auront pas les
services de maintien à domicile, ils
n'auraient pas ce genre de service là. C'est une masse critique de la
population québécoise qui n'aura pas ces services-là. Ça, c'est
important.
Et là l'autre
impact, c'est au niveau des organismes communautaires comme celui que
Mme Gonzalez gère, avec d'autres
organismes qui sont membres d'ACCESSS ainsi qu'ACCESSS, qu'à un moment donné on
va être obligés de donner et offrir
des services gratuitement. Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas, gratuitement,
mais quelque part, là, il faut payer
un loyer, il faut manger, il faut s'habiller, il faut vivre comme vous vivez.
Donc, à un moment donné, c'est qu'on va offrir ces services-là puis on
va avoir du burnout de personnel, on va avoir un turnover… un taux de roulement
de personnel qui va s'accroître, là, parce que la masse de la population
augmente, puis on va avoir des appels du réseau en nous disant : On a
besoin d'aide, aidez-nous, mais on n'a pas des ressources pour mettre en place,
là, toute la question d'adaptation.
C'est encore
ça qu'on dit qu'il faut le prévoir dès qu'on définit les budgets. Dès que le
ministre de la Santé va voir le ministre des Finances pour définir les
budgets, il faut déjà prévoir. Ça, c'est une innovation, ça ne s'est jamais fait. Il faut prévoir que ça va prendre des
budgets pour adapter. Il faut respecter la loi de la santé et des services
sociaux, l'article 2, alinéa 5°, alinéa 7°. Il faut la
respecter, cette loi-là.
M. Delgado (Pascual) : Moi, j'aimerais
simplement ajouter une petite note. Dans votre mémoire, à la page 6, vous avez un exemple de ce que le
gouvernement peut faire pour appuyer une telle démarche, et on parle
vraiment… Depuis le 24 novembre 2009
jusqu'au 1er octobre 2013, on a offert des ateliers, 32 ateliers de
formation d'intervenants dans le cadre de ce projet :
314 intervenants de 155 organismes dans six régions du Québec qui ont
été formés, et 45 communautés culturelles différentes ont passé à travers la formation
grâce au soutien du ministère de Famille et des Aînés. Il faut ajouter,
nous estimons, près de 99 000 aînés qui ont bénéficié indirectement grâce
à cette formation.
Donc, c'est ça qu'on veut dire quand on dit d'intégrer
à l'intérieur de votre programme la reconnaissance de l'importance de former
les intervenants des organismes communautaires qui desservent les aînés des
communautés culturelles pour qu'ils puissent
savoir quels sont les programmes et services qui existent au Québec pour les aînés. Et là il y en a… Vous
seriez surpris de savoir combien il y en a qui ne connaissent même pas les services
à domicile qui existent actuellement.
Gonzalez (Carmen) : Je veux
rajouter aussi qu'on est dans la prévention, alors qu'on sait que, si on
parle du côté sous, c'est beaucoup moins cher, prévenir, qu'après faire l'intervention.
Et on a vu les chiffres et on peut parler de
tsunami, on peut parler d'iceberg, mais c'est énorme, c'est énorme, les
personnes qui en sont, et on a encore le temps de s'organiser pour
recevoir et donner un bon service à ces personnes-là.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est écoulé pour le bloc du gouvernement. Maintenant, pour le bloc de l'opposition officielle, pour
17 min 30 s, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bienvenue à notre
commission. Nous sommes très heureux de vous recevoir, surtout que vous
êtes un groupe extrêmement important.
Vous
avez donné la statistique il y a quelques minutes, c'est 50 000 personnes
immigrantes qui arrivent à chaque année au Québec. Quand vous regardez
la croissance de la population, on a à peu près 88 000 naissances. De ces 88 000 naissances, en plus, il y a à peu près
20 % à 25 % des enfants qui naissent d'un des parents qui est un
immigrant. Ça fait que, quand vous regardez
la croissance au Québec, la croissance au Québec se fait en grande
partie avec
des personnes soit qui sont nées au Québec ou que leurs enfants vont
naître au Québec. Donc, pour nous, là, c'est une clientèle extrêmement
importante.
L'autre
élément, puis j'aimerais vous entendre là-dessus, vous êtes d'accord que le
fait de venir d'un autre pays ou une
culture différente, le temps de s'acclimater au Québec, de s'intégrer tout en
respectant sa propre culture, ça prend parfois des conditions
particulières par rapport aux soins que vous devez recevoir?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Gonzalez.
Mme Gonzalez (Carmen) : Excusez-moi,
je n'ai pas saisi.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Le fait qu'on ait des gens qui viennent de
d'autres pays, lorsqu'ils arrivent au Québec, ça prend quand même des conditions particulières pour pouvoir s'occuper
de ces gens-là, parce qu'il faut tenir compte qu'ils viennent d'un pays qui est différent, avec une culture qui peut
être différente, puis juste le temps de connaître le système au Québec,
bien ça peut prendre quelques années.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Gonzalez.
M. Di
Giovanni (Jérôme) :
Effectivement, c'est une voie à deux sens. On a parlé de la formation des
intervenants, mais aussi il y a un autre volet à cela, et c'est ce qu'ACCESS a
mis sur pied, c'est les ateliers d'information et de sensibilisation qui sont destinés aux communautés ethnoculturelles à
travers nos organisations membres sur le système de santé. Comment le système de santé fonctionne? Il
y a des professions qui existent ici qui n'existent pas ailleurs, on a
une structure qui est spécifique au Québec.
C'est quoi, un CLSC? C'est quoi, un intervenant pivot? C'est quoi…
Comment accéder à un hôpital? C'est quoi,
une clinique sans rendez-vous? Différence entre ophtalmologiste, optométriste,
ainsi de suite. On a ce genre d'information, de sensibilisation et d'atelier,
la question des conditions d'accès à la Régie de l'assurance maladie, par
rapport à la carte d'assurance maladie, mais malheureusement — puis
on revient toujours aux ressources — c'est des formations qu'on donne qui sont
sans financement. On le donne parce qu'on est une fédération, nos organisations membres nous le demandent, puis
on voit qu'il y a un besoin immense par rapport à ça. Et ça, c'est important.
Puis,
lorsqu'on parle des intervenants, il y a toute la question aussi… Oui, il y a
des spécificités. Il y a toute la question de l'alimentation, on a monté
un programme de formation sur l'alimentation. Que ce soit au niveau des jeunes,
que ce soit au niveau des personnes âgées, c'est pour sensibiliser les
intervenants en termes d'alimentation.
Donc, oui,
ça, c'est important. Il y a des spécificités, il faut que les gens qui arrivent
ici tiennent compte de ces réalités-là.
Ce n'est pas ça qu'on veut changer, ce n'est pas ça qu'on… On ne veut pas
changer les CLSC ou quoi que ce soit. Ce qu'on dit, c'est que… Notre
mission, nous, on dit : Ces CLSC là, ces services-là, que ce soit dans le
cadre de l'assurance autonomie ou d'autres, on doit tenir compte, dans la
détermination des ressources, le fait qu'il y a des immigrants qui sont ici, au
Québec. 50 000, là, c'est très peu lorsqu'on considère qu'est-ce que
l'Ontario reçoit puis qu'est-ce que d'autres
provinces reçoivent. Puis il y a des masses critiques au niveau des personnes
des communautés culturelles, des personnes âgées, notamment la grande
région de Montréal, mais il y en a d'autres qui s'en viennent au niveau de
Sherbrooke puis de Gatineau.
M. Delgado (Pascual) : Moi, j'aimerais
ajouter aussi, M. Bolduc, qu'on parle aussi, ACCESSS, des effets
cumulatifs, des différents facteurs qui vont ajouter à la difficulté de s'intégrer
culturellement au pays et qui, en effet, sont soulignés bien dans la Charte des
droits et libertés, dans l'article 10. Si on voit une personne qui, à
cause soit de la race, l'exclusion fondée sur la couleur, le sexe, la
grossesse, l'orientation sexuelle, la situation de religion, langue, origine
nationale et ethnique, condition sociale, handicap…
L'article 10 nous
donne tout un menu de vulnérabilités, de
facteurs qui vont ajouter à la vulnérabilité. Et, dans une personne immigrante
qui nous vient d'un pays… mettons un pays
africain, un pays où la personne, à cause de la race ou la couleur… où une
personne, à cause d'autres facteurs, serait encore plus loin de la culture ici d'accueil, elle aura énormément
de troubles de pouvoir s'intégrer, et ça prend vraiment un ajout aux
ressources pour pouvoir vraiment dealer avec ça.
Donc, c'est
pour ça qu'on parle de 165 différentes ethnies. On ne peut pas comparer l'évolution de l'intégration d'une
personne qui vient de l'Europe de l'Ouest à une personne qui nous arrive d'un
pays éloigné par rapport à la culture, parce que c'est des évolutions
différentes.
Le Président (M. Bergman) : M.
le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Vous m'avez très bien expliqué, puis c'est ce que je comprends également. Puis
ce que je comprends également : au Québec, il y a certains territoires de
CLSC où il y a beaucoup plus d'immigrants que d'autres territoires. Et, ces territoires-là,
il faut avoir des stratégies particulières, puis vous allez nous aider à les
trouver, ces stratégies particulières, et à les appliquer.
point, c'est : Si on est d'accord avec ce point-là, quelle est la meilleure
gestion? Est-ce que c'est une gestion qui est décentralisée, où c'est des gens près du terrain, dans les CLSC,
qui connaissent vos besoins et qui doivent y répondre, ou encore c'est
évalué par quelqu'un qui est dans un bureau, une tour à Québec?
Le Président (M. Bergman) :
M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : Moi, je crois
que la façon, comme on avait produit dans notre mémoire, la recommandation, c'est que les standards, les critères par rapport à la formation
des gestionnaires de cas qui vont s'occuper de l'assurance autonomie
doivent être cohérents en même temps de tenir compte de facteurs régionaux qui
seront différents. Donc, c'est clair qu'on
pourrait avoir une vision centralisée, une vision avec des standards
centralisés, des critères nationaux,
mais aussi tenir compte des situations dans des régions où il y a des
concentrations majeures de groupes des communautés culturelles. Donc, c'est
clair que le CSSS doit répondre à ça, mais il faut… Le problème qui se pose actuellement, une grande mesure, c'est que
l'autonomie de chaque CSSS, des fois c'est une barrière qui empêche
vraiment à pouvoir adapter à travers le
Québec avec une vision cohérente. C'est pour ça que l'assurance autonomie peut
donner une solution si les standards sont nationaux, pareils pour tout
le monde, mais en même temps on reconnaît la différence.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. C'est seulement que,
par rapport à la standardisation, en utilisant des outils comme le SMAF, l'OEMC, c'est déjà fait au Québec. La seule
difficulté, c'est qu'il y a certains CSSS qui ne l'appliquaient pas,
dont à Montréal, et qui maintenant commencent à l'appliquer. La députée d'Arthabaska…
Moi, je viens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, on applique ces outils-là depuis
déjà plusieurs années, et ça fonctionne très bien. La question qu'il
faut se poser : Est-ce que j'ai besoin de créer une assurance autonomie
pour pouvoir l'appliquer sur le terrain? Ça, je suis moins certain.
Dans votre mémoire,
vous nous parliez que vous êtes d'accord avec l'assurance autonomie. Ce que je
comprends, vous êtes d'accord avec le principe du maintien à domicile, la
continuité des soins, les soins intégrés.
Par contre,
dans votre mémoire, vous ne parlez pas de financement. C'est certain que les
besoins, une fois évalués, il faut
qu'on y réponde, il y a une facture à ça, et puis l'assurance autonomie,
c'était surtout une question… En tout cas, moi, je le vois, qu'il y a l'organisation de services qu'on peut faire,
indépendamment de l'assurance autonomie. Mais la grosse question, c'est : Comment on finance ces services-là qui
sont mis en place? Ça, votre mémoire est silencieux là-dessus.
Le Président (M. Bergman) :
M. Delgado.
M. Di Giovanni (Jérôme) : Au niveau
Le Président (M. Bergman) : M.
Di Giovanni.
M. Di
Giovanni (Jérôme) : Au niveau… Pour nous, l'assurance autonomie, c'est
la réorganisation des services, là. Puis on le vit sur le terrain, d'un
CSSS à l'autre il y a des disparités de service. C'est clair, là. Puis ça, ce n'est
pas la première fois qu'on le dit. On l'a dit lorsqu'il y a eu le projet de
loi n° 83 pour réorganiser les services de santé et services sociaux,
c'était notre crainte à nous autres qu'il allait y avoir des disparités, puis
ça se confirme au niveau des disparités de service.
Au niveau du
financement, ça va prendre une réorganisation des services. Que ce soit à
l'intérieur de la RAMQ ou une autre
structure, pour nous, comme on avait dit, c'étaient les standards nationaux, de
s'assurer que dans les CSSS d'une
région à l'autre on ait des services. O.K.? Puis il faut voir au niveau de
comment ça va être réorganisé, au niveau financier, au niveau budgétaire. Puis, si on regarde au niveau des
communautés culturelles, là où est-ce que ça coûte cher, c'est parce que
ce n'est jamais inclus dans les budgets. Et, quand les budgets sont déterminés,
nous, on lève la main, on dit :
Écoutez, vous avez oublié ça, vous avez oublié ceci, et là ça devient beaucoup
plus coûteux puis beaucoup plus difficile à faire ça. Puis là ce que
nous, on considère, ça va demander une nouvelle façon de gérer ces services-là.
Que ces services-là soient livrés par les CLSC, tout
à fait d'accord, c'est correct, il n'y a pas de problème, puis c'est là que ça doit se passer, mais aussi il
faut développer un partenariat avec les organismes communautaires par rapport à ça. Puis nous, on le voit puis on a des
exemples où, dans un CSSS, il y a un tel type de partenariat; deux portes plus loin, un territoire plus loin de CSSS
dans la même agence, c'est un partenariat complètement… Ce qu'on
demande aux organismes communautaires que c'est un problème, c'est de gérer la
multitude de CSSS. Si on parle de l'île de Montréal, il y en a
12. Les organismes comme celui de Mme Gonzalez ou ACCESSS sont obligés de
gérer 12 ententes différentes avec
des CSSS parce que ce n'est pas standardisé, c'est différent, les
priorités sont différentes. C'est tout ça qu'on dénonce actuellement
puis tout ça qu'on dit que l'assurance autonomie… Et on a parlé de régie. Que
ce soit à l'intérieur de la RAMQ, pour nous,
ce n'est pas… C'est que ça va nous permettre… on espère que ça va
régler ces difficultés-là. Nous, on croit que, le réseau, il y a
des budgets qu'on peut aller récupérer à l'intérieur des structures. Même si on
demande la création d'une nouvelle structure, il y a des budgets qu'on peut
récupérer si on réaménage ça différemment.
M. Delgado (Pascual) : Moi, je
voudrais ajouter aussi que ce n'est pas…
Le Président (M. Bergman) : Mme la
députée…
M. Delgado
(Pascual) : S'il vous plaît, je veux ajouter que…
Le Président (M. Bergman) : Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Oui. Vous
allez pouvoir poursuivre parce que je vais vous donner la parole. Par rapport
au financement, je trouve… J'ai deux questions à vous poser. D'une part, vous êtes en train
de dire que, si, dans le réseau actuel,
il y avait une égalité de service dans tous les CSSS et si
les enveloppes étaient attachées pour les soins pour les personnes en perte d'autonomie de l'âge de
18 ans jusqu'à la fin de la vie, il n'y en aurait pas, de difficulté.
Actuellement, vous parlez de disparité et de
difficulté de négociation d'un CSSS à l'autre CSSS. C'est ça que vous êtes en train de dire. Est-ce que je me trompe?
Le Président (M. Bergman) :
M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : Oui, je
voulais dire qu'il y a une tendance. En effet, n'oublions pas que, dans notre mémoire,
on parle des communautés culturelles, des aînés des communautés
culturelles. La tendance actuelle et depuis longtemps, c'est de
dire : C'est un problème de Montréal, c'est un problème de CSSS A, B, C à Montréal,
et la solution, c'est de donner les ressources
à deux, trois CSSS ou CLSC. C'est un problème national, c'est ça qu'on veut dire. On a
une croissance des personnes des communautés culturelles, des aînés partout
dans les régions du Québec et on doit l'approcher de façon nationale, c'est une
stratégie nationale.
Pour répondre
à votre question, vous êtes absolument d'accord…
on est d'accord avec vous. Si ça serait égal et de façon
homogène, universelle, de la même façon, et tenant compte des facteurs de
diversité, oui, à ce moment-là, on pense que, si c'est le ministère ou c'est l'assurance autonomie par une régie
différente, l'important, c'est que ça soit vraiment que ça va considérer
la personne au bout de tout ça. La personne aînée serait servie… mieux servie.
Mme Gonzalez (Carmen) : Pour vous
donner…
Blais : …une question
à vous poser sur le financement, mais le temps court. Je voudrais quand même revenir à la formation parce que
c'est là où on s'est connus, quand il a été notamment question de formation. Et je me souviens de la dernière
journée de consultation publique sur les conditions de vie des aînés où on
était dans le West Island, où notamment nous avions abordé la question des
personnes qui sont en perte cognitive qui, à un moment donné, retrouvent leur
langue maternelle pour être en mesure de s'exprimer.
Vous savez que dans le Plan d'action
gouvernemental pour contrer la maltraitance nous avons mis en place un
coordonnateur à la maltraitance, formation ethnoculturelle. Est-ce que ce genre
de coordonnateur, est-ce que ce genre de formateur qui ferait en sorte de
prendre en considération toutes les questions liées à la diversité serait une
façon de pallier à cette difficulté?
Le Président (M. Bergman) :
M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : Oui, en
effet, certainement. C'est exactement ce que nous avons planifié. Moi-même, étant le président du comité d'implantation
stratégique pour les communautés culturelles pour contrer la
maltraitance à travers le Québec, j'ai
participé depuis 2011 avec ma collègue Louise Buzit-Beaulieu dans ce processus
de consultation à travers toutes les différentes régions du Québec par
rapport aux aînés des communautés culturelles, grâce au soutien, justement, du
ministère et aussi du soutien d'une vision vraiment interculturelle à travers
le pays.
Je crois que, par rapport à l'assurance
autonomie et par rapport à l'adaptation des soins à domicile, RSIPA ou autres, on pourrait aussi concevoir — et d'ailleurs on a conçu — un plan aussi qui va viser une consultation
régulière, une intervention régulière à travers
toutes les différentes régions du Québec sur la question de l'assurance
autonomie, sur les RSIPA ou comment adapter
les RSIPA et comment vraiment trouver les problèmes techniques de l'adaptation
aux aînés des communautés culturelles. Et ça, c'est une conception qu'on
a. On aimerait vraiment, en effet, avancer avec ça. La vision de maltraitance, la lutte contre la maltraitance des aînés, on
était participants, on a aidé énormément, c'est grâce à nous que les
bases de données des associations à travers le pays ont été construites, et c'est
à ce moment-là qu'on passe à la prochaine
étape. J'espère que Mme Buzit-Beaulieu, qui malheureusement est tombée malade,
pourrait revenir avec nous. C'est une
collègue avec laquelle on a travaillé de proche, une grande partenaire. La même
chose s'appliquerait, je crois. Un plan comme cela serait idéal pour l'assurance
autonomie.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
il vous reste 2 min 30 s.
Blais : Oui, une dernière
question : Est-ce que vous seriez prêts à payer des coûts additionnels
pour recevoir des soins et des services de maintien à domicile pour les
personnes en situation de handicap physique, intellectuel, les personnes
aînées? Est-ce que nous sommes prêts à payer des coûts additionnels?
Le Président (M. Bergman) :
M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : Ce n'est pas
moi qui pourrais répondre à ça. Ce serait plutôt le gouvernement du Québec qui
doit répondre à ça.
Blais : Bien, je pose la question.
M. Delgado (Pascual) : Oui. J'aimerais voir qu'il y a un investissement
clair des différents ministères, que le gouvernement investisse
là-dessus, oui. Je crois que, oui, c'est possible. Oui, Jérôme?
Blais :
…votre poche.
Le Président (M.
Bergman) : Un moment, monsieur. Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais :
Non, mais je parle… Vous, vous qui recevez les soins et les services, la
personne âgée, la personne en situation de handicap, d'après vous,
serait-elle prête à payer beaucoup plus pour recevoir les soins?
Le Président (M.
Bergman) : M. Di Giovanni.
M. Di Giovanni (Jérôme) : On a fait un choix, au Québec. Le choix, c'était
qu'indépendamment des revenus, de l'état,
de la situation financière de la personne et des familles il y avait droit à
l'accès à des services de santé et des services sociaux. C'est à cause que c'est ce choix-là qu'on a fait. Notre cadre
d'imposition est basé là-dessus, les taxes qu'on paie sont basées là-dessus. Ça, c'est… Vous introduisez une
nouvelle forme de taxe par rapport à ça. S'il y a une réflexion à faire, c'est la réflexion, à l'intérieur du
gouvernement du Québec, à regarder tout le cadre d'imposition, tant aux
individus qu'aux corporations, à savoir comment qu'on peut aller
récupérer des nouveaux argents dans ce cadre d'imposition là. Est-ce qu'il y a des trous dans la
loi sur l'impôt et est-ce qu'on
ne peut pas revoir cette imposition-là? Mais c'est ce choix-là qu'on a fait, et
ce choix-là est très bon, O.K.? Et, qu'il y ait plus de personnes âgées dans
notre société, bien là il faut revoir au niveau des…
ici il faut revoir au niveau… Même si on a proposé, je répète, une régie parce
que, pour nous, les standards nationaux sont importants, le cadre d'imputabilité
est important, il faut revoir aussi…
Le Président (M.
Bergman) : En conclusion, s'il vous plaît.
M. Di Giovanni
(Jérôme) : En conclusion, il faut revoir les structures qu'on s'est
données. Est-ce que c'est important d'avoir
12 CSSS à Montréal, 18 arrondissements sur l'île de Montréal pour à
peine… même pas 2 millions de population
quand à New York il y a six arrondissements pour 10 millions de
population? Moi, je lance le défi au gouvernement
du Québec, à l'Assemblée nationale de revoir ces éléments-là pour aller
récupérer des fonds pour qu'on puisse continuer à se donner des services
collectifs.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps de l'opposition officielle s'est écoulé.
Maintenant, pour le deuxième groupe d'opposition, Mme la députée d'Arthabaska,
vous avez 4 min 30 s.
Roy (Arthabaska) :
Oui. J'ai l'impression que c'est un trait culturel, les structures, la
multiplication des structures au Québec. Quand
on se compare avec des États qui sont comparables, parce qu'entre
l'Ontario, New York, Montréal
on compare quand même des choses qui peuvent se comparer, on se rend
compte à tous les niveaux qu'il y
a toujours plus de structures au niveau du Québec.
Mais, mis à
part
cette constatation-là que vous faites, vous aussi, moi, je voudrais d'une façon
peut-être un petit peu plus concrète savoir, quand un gestionnaire suit votre
formation, par rapport au moment où il commence sa formation et il la termine, qu'est-ce
que sont les acquis les plus probants que vous leur apportez. C'est quoi, la
différence? Puis ça va nous aider puis ça va aider le public à déterminer
pourquoi c'est aussi important, cette formation-là.
Le Président (M.
Bergman) : M. Delgado.
M. Delgado (Pascual) : En effet,
nous donnons de l'information aux gestionnaires et intervenants aussi du
réseau de la santé, et ils sortent avec une
compréhension beaucoup plus précise de la situation des différents
groupes. Un bon exemple de ça, c'est
la formation qu'on donne par rapport à la santé mentale, la problématique de la santé
mentale des aînés des communautés culturelles. Ça, grâce à notre partenariat avec l'association de santé mentale du Canada, on a produit des PowerPoint qu'on a
utilisés, et les psychiatres, les personnes qui travaillent dans le domaine de
la santé mentale, psychologues et autres,
sont sortis avec au moins une meilleure compréhension de qu'est-ce que ça veut dire, être une
personne aînée des communautés culturelles, par rapport à la santé mentale, les
facteurs. Donc, ça, c'est un ajout à une
compréhension de comment mieux traiter un cas, comment mieux développer un
dossier. Et la même chose s'applique pour les médecins ou travailleurs
sociaux. Dans la mesure où on puisse comprendre l'individu et les facteurs, les
différentes précisions par rapport à la culture, c'est un ajout, une valeur ajoutée à la compréhension du
patient ou de l'usager.
Donc,
notre formation, dans la mesure où des fois… On est subventionnés ou non, des fois
c'est gratuit, mais on a une grille de formation sur la problématique de
la maltraitance, sur la santé des... c'est quoi, la problématique d'être un
aîné des communautés culturelles, et ça, c'est offert aux différents
intervenants. Et de plus en plus il y a un intérêt là-dessus, donc c'est
important de continuer à former. Au bout de tout ça, c'est de pouvoir vraiment outiller les intervenants,
les médecins, les psychiatres, les travailleurs sociaux, pour mieux comprendre
cette problématique et différence des aînés d'autres cultures.
Gonzalez (Carmen) : Je peux ajouter aussi...
Le Président (M.
Bergman) : Mme Gonzalez.
Mme Gonzalez
(Carmen) : Oui, merci. Je peux ajouter aussi qu'il y en a en fait
trois, formations : pour les intervenants,
pour les organismes membres ainsi que pour les usagers de ces organismes.
Alors, ça va d'expliquer un peu les réseaux sociaux… ça va de juste
informer jusqu'à la formation des cadres de différents hôpitaux ici, à Québec.
Le Président (M.
Bergman) : M. Di Giovanni.
M. Di Giovanni (Jérôme) : Suite à la formation, on offre un
soutien-conseil. Un mois après la formation qu'on donne, si les
intervenants, ils ont besoin de plus d'information, ils ont besoin… ils ont des
cas spécifiques, on va leur offrir du soutien.
Juste
terrain, concret, juste l'élément d'expliquer le parcours migratoire, le
parcours migratoire, c'est extrêmement
important, parce
que les personnes vont réagir en
fonction de leur parcours migratoire. Est-ce qu'ils sont ici des gens qui sont parrainés? Est-ce qu'ils ont
transité par des camps de réfugiés? Est-ce qu'ils… Le parcours
migratoire va pouvoir déterminer aussi la
réaction des gens par rapport aux relations qu'ils ont avec les intervenants et
avec les professionnels du réseau de la santé et des services sociaux.
Donc,
c'est une gamme de choses. Puis on offre aussi des outils de support qu'on leur
donne, soit des dépliants en
17 langues, français, anglais et 15 autres langues qu'on
produit, soit, comme on disait, du support technique, du support-conseil
qu'on donne au téléphone ou par des rencontres individuelles. Et, ces
formations-là, on les donne… on est extrêmement flexibles au niveau de la
pédagogie.
Président (M. Bergman) : Alors, malheureusement, le temps du deuxième groupe d'opposition
s'est écoulé. Mme la députée de Gouin.
David : Merci, M. le Président. Bonjour. Comme je n'ai pas
beaucoup de temps, je vais aller droit au but. Il y a une chose qui m'a
beaucoup intéressée dans votre mémoire, c'est l'allusion que vous faites — vous
y consacrez quand même une page — à toutes ces personnes aînées des
communautés culturelles qui habitent avec leurs enfants et, je suppose,
petits-enfants. Et vous dites qu'il y en a beaucoup et que c'est
particulièrement élevé dans l'immigration récente.
Vous soulignez que, dans certains cas, les aînés souffrent d'isolement puis
qu'il peut y avoir aussi, puisque ça se passe en cercle assez fermé, à un moment donné, des problèmes de
maltraitance et qui ne seront pas forcément identifiés.
Dans le fond, ce que
j'aimerais savoir, c'est comment résoudre ça, parce que, théoriquement, on n'a
pas de jugement à porter, comme société
d'accueil, sur le fait que les aînés habitent avec leurs enfants et
petits-enfants. Ça peut être une très
bonne chose; dans d'autres cas, une moins bonne chose. Donc, moi, je ne porte
pas de jugement là-dessus. Comment
s'assurer… Quelle est notre responsabilité là-dedans comme société d'accueil
pour s'assurer que, lorsque c'est le cas, les aînés soient assurés d'avoir
les services dont ils ont besoin et évidemment ne soient ni négligés ni
maltraités?
Le Président (M.
Bergman) : M. Di Giovanni.
M. Di Giovanni
(Jérôme) : Ça se fait de plusieurs façons. D'une part, c'est de
sensibiliser les communautés ethnoculturelles de toute la question de la
maltraitance, le fait qu'au Québec on a des législations, on a des lois qui combattent la maltraitance. Ça se fait au niveau d'outiller des organisations des communautés ethnoculturelles comme celle de Mme Gonzalez, de les outiller par rapport à dépister cette maltraitance-là et ensuite de voir, là, comment la
solutionner, soit via une plainte officielle… Puis là, quand on parlait de
parcours migratoire parce que le parcours migratoire va être déterminant dans la façon que les organismes ou les intervenants
communautaires vont agir par rapport à ça, là on revient à l'histoire de former
et de sensibiliser les intervenants institutionnels qui ont des mandats pour
travailler ces dossiers-là. Nous avons actuellement... Au niveau de la maltraitance, on a tout le programme
qu'on a avec M. Delgado, qu'on sensibilise, qu'on forme, mais aussi on a
ajouté un autre volet, c'est l'exploitation économique et maltraitance par
rapport à ça, puis là on travaille ce dossier avec l'Autorité des marchés
financiers. C'est de plusieurs façons. Il n'y
a pas une façon unique ou une formule miracle, c'est du cas à cas. C'est en
fonction du parcours migratoire, c'est en fonction de la culture
également.
Mme Gonzalez (Carmen) : Et là il y a aussi... Excusez-moi. Il y a aussi
notre troisième recommandation, quand on parle d'une vigie sur l'autonomie de chaque gestionnaire de cas. Alors,
voilà, c'est de travailler tous en amont pour vraiment surveiller,
donner un bon service.
Le Président (M. Bergman) :
Alors, malheureusement, le temps s'est écoulé. Mme Gonzalez, M. Di Giovanni, M. Delgado, merci
pour votre présentation. Merci d'être ici avec nous et partager votre
expérience avec nous.
je demande le prochain groupe pour prendre leur place à la table.
je suspends pour quelques instants seulement.
(Suspension
de la séance à 16 h 22)
Président (M. Bergman) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je
souhaite la bienvenue à l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, je vous
souhaite la bienvenue. Vous avez 10 minutes pour faire votre présentation, suivi d'un échange avec
les membres de la commission. Et, pour les fins de l'enregistrement, je
vous demande de bien vouloir vous présenter. Et les prochaines 10 minutes,
c'est à vous.
Mme Dubé (Carolle) : D'accord. Merci, M. le Président. Je me présente : je suis Carolle
Dubé, présidente de l'APTS — je vais reprendre mon souffle. Les collègues
avec moi : Mme Johanne McGurrin, première vice-présidente, et, à ma gauche, Mme Chrystine Montplaisir,
coordonnatrice au secteur de l'action sociopolitique à l'APTS. Excusez, j'ai
juste un petit peu de trémolos dans la voix, ce n'est pas un problème de micro.
D'abord,
je voudrais vous remercier de nous recevoir et de nous donner l'occasion de vous
faire connaître nos propositions. Et c'est certain qu'on va également
profiter de l'occasion pour nous faire part, là… vous faire part,
plutôt, de certaines de nos inquiétudes.
Je vais d'abord très brièvement vous présenter
notre organisation, l'APTS. Donc, l'APTS, c'est une organisation syndicale qui
représente plus de 30 000 professionnels et techniciens qui oeuvrent dans
le réseau public. On est présents, je vous
dirais, sur l'ensemble du territoire du Québec. En fait, il y a seulement deux
régions où on n'est pas : le
Nord-du-Québec… Et, Mme Richard, on n'est pas présents aux Îles. Donc,
sinon, l'APTS est présente, là, sur l'ensemble du territoire québécois.
Nos membres
travaillent dans différents secteurs. Donc, c'est des gens qu'on retrouve dans
les établissements, qui travaillent
dans le secteur de la réadaptation, dans le secteur psychosocial, dans les
services diagnostics, dans les services et les secteurs de nutrition et au niveau du soutien clinique. Donc, ce
sont des gens qui sont vraiment au coeur des services et des soins qui
sont donnés, là, à la population.
Pour le sujet
qui concerne la commission, l'APTS représente plusieurs de ces intervenants qui
seront appelés, là, à oeuvrer dans les
soins à domicile encore de façon plus importante. Donc, on parle des
physiothérapeutes, des ergothérapeutes, les travailleuses sociales, les
nutritionnistes et les techniciennes en travail social.
On a déjà eu
l'occasion de le faire, mais je vais le refaire aujourd'hui, on salue à nouveau
la volonté du ministre, la volonté du
gouvernement de s'engager à développer les services à domicile. Pour nous,
également, c'est une bonne façon d'améliorer
l'accessibilité aux soins du réseau. En fait, je vous dirais que, quand on
consulte nos gens sur des moyens et des façons d'améliorer l'accessibilité au réseau pour la population, bien
une des solutions qui est amenée par nos gens, c'est d'améliorer et d'augmenter
les services à domicile, et, selon nous, selon nos membres, c'est une façon
aussi de régler certaines situations problématiques qui sont vécues
actuellement dans le réseau quand on pense notamment aux listes d'attente qui s'allongent, quand on pense
notamment aux engorgements dans les urgences. C'est aussi, comme vous l'aviez
bien dit dans votre… ça ressort bien aussi
des sondages et du livre blanc, ça l'exprime aussi et ça respecte la volonté
de la population du Québec, qui souhaite demeurer à domicile le plus longtemps
possible.
Vous savez,
nos gens ont à coeur leur travail. Nos membres veulent être en mesure de
pouvoir offrir le meilleur d'eux-mêmes
à leurs patients. Donc, ce qu'on a traduit dans notre mémoire et ce que je vais
vous présenter cet après-midi, en
termes de recommandations, bien on a fait ce travail-là en les consultant, nos
gens, et ça reflète ce qu'ils souhaitent voir amélioré dans ce
processus-là.
Donc,
d'abord, l'APTS est en faveur d'un projet d'assurance autonomie s'il assure
véritablement une meilleure offre de services à la population. Et, en ce
sens-là, je vais vous soumettre cinq conditions qui sont, pour nous, les conditions
minimales et essentielles à mettre en place si on veut vraiment assurer un
succès de ce virage-là, une amélioration des services à domicile.
La première
condition essentielle, pour nous, c'est d'ajouter des ressources humaines. Pour
nous, il n'y a pas de recette
magique. Si on veut améliorer les soins, si on veut donner des soins de qualité
à notre population, il est impératif d'ajouter des ressources
financières qui vont permettre l'embauche du personnel qui est nécessaire. Je
vous dirais qu'actuellement le personnel qui
est en place ne peut faire face à cette nouvelle commande là, il est nécessaire
d'ajouter des ressources.
Par contre,
le constat que l'on fait, à l'APTS, c'est qu'il y aura particulièrement deux
grands défis à ce niveau-là qui attendent les établissements. Dans
certains des types d'emploi qui vont… les gens, là, qui auront à travailler
plus particulièrement comme gestionnaires de
cas, il y a de ces titres d'emploi là qui sont actuellement en pénurie, donc
des problèmes de recrutement,
particulièrement chez les travailleuses sociales. Je suis malheureusement
obligée de vous dire que le climat
n'est pas nécessairement à son meilleur actuellement dans ce service-là, dans
les secteurs de soins à domicile. Les
gens qui y oeuvrent actuellement sont un peu dans des projets d'optimisation
qui leur sont imposés, on est dans
une gestion par statistiques qui alourdit considérablement le travail
administratif et qui ne favorise pas la dispensation des services. Donc, le
climat n'est pas nécessairement à son meilleur actuellement dans les services
et les soins à domicile. Donc, ça, pour nous, c'est un peu inquiétant par rapport aux besoins que nous avons de recruter du personnel dans ces
secteurs-à.
Deuxième élément important, deuxième
condition : la nécessité de bien définir le rôle du gestionnaire de cas. Donc, on le voit dans le livre blanc, le
gestionnaire de cas, c'est un élément central pour s'assurer que l'usager
reçoive les services qui
sont requis, là, par son état. Nous, quand on interroge les gens à ce
niveau-là, ce qu'ils nous disent, c'est que le mandat du gestionnaire
devrait être mieux défini, compris de façon un peu plus uniforme dans les
établissements du réseau. Nos gens ne veulent pas être pris entre devoir
déterminer les services et gérer l'enveloppe budgétaire.
Vous disiez
tout à l'heure, M. Hébert, que, bon, c'est sûr que c'est un travail qui se fait
déjà dans le réseau, que les gens attendent la possibilité d'allouer ou de
s'occuper du budget. Je vous dirais malheureusement qu'on n'a pas senti ça
beaucoup actuellement de la part de nos gens, ils sont plutôt un peu inquiets
par rapport à ce double rôle là qu'ils auront à jouer. Nos gens ne sont pas
nécessairement aussi favorables d'une évolution de ce rôle-là où ils seraient considérés
comme des courtiers de services uniquement. Donc, nos gens veulent continuer,
ils veulent demeurer des praticiens et conserver leur expertise clinique.
Donc, quand
on parle de problèmes de rétention, d'attraction puis de solutions à trouver,
bien une des solutions, c'est
peut-être de s'assurer que le rôle de gestionnaire de cas soit valorisé, soit
mis en valeur pour qu'on puisse attirer les professionnels dans ces
postes et ces fonctions-là.
Troisième condition, pour nous, c'est d'améliorer
le système d'évaluation actuel. Bon, ça ressort bien dans le livre blanc. Vous l'avez aussi évoqué tantôt, M.
Hébert. Les outils d'évaluation qui sont déjà en place, qui sont connus dans les établissements, qui sont connus par les
professionnels également, quand on les interroge aussi à ce niveau-là,
sur les outils, bien ce que les gens nous disent, c'est qu'il y a quand même un
besoin de mise à jour, d'harmonisation aussi au niveau de la province.
L'autre
élément très important, c'est que nos gens, nous, le constat qu'ils font, c'est
que cet outil-là, même si on l'améliore — il me reste une minute? — est par contre insuffisant et qu'on devrait
ajouter à ça les évaluations professionnelles de nos gens, ce qui
permettrait vraiment d'avoir un portrait, là, plus complet de la situation de
la personne.
Quatrième
condition : l'utilisation des ressources du secteur public. Pour nous, si
on veut assurer des services de qualité, si on veut s'assurer de la
pertinence des services qui sont transmis, si on veut donner des services et
assurer la sécurité des gens, pour nous, les ressources doivent demeurer des
ressources uniquement dans le secteur public.
Et deux mots sur le financement, qui est quand
même une question aussi importante à travers les travaux et la question qui est
posée. Donc, pour nous, premièrement, ça prend de l'argent neuf. On est, je
vous dirais…
Le Président (M. Bergman) :
En conclusion, s'il vous plaît.
Mme Dubé (Carolle) : Nos gens sont
très inquiets qu'on utilise des économies potentielles pour financer la
dispensation des services publics.
En conclusion, vous savez, au Québec, on a fait
le choix de se doter d'un système de santé public, accessible, universel et gratuit. Le droit à la santé, pour
nous, c'est un droit fondamental, et, de ce point de vue là, c'est les
besoins de la population qui devraient dicter les dépenses, et non les dépenses
dicter les services.
Je termine en
vous disant que cette nouvelle réforme là ne pourra réussir que si le personnel
du réseau y participe activement. Nos membres ne veulent pas devenir des
courtiers en soins à domicile qui gèrent des allocations, ils sont d'abord et
avant tout des praticiens qui ont à coeur leur profession et leur relation
d'aide avec les patients. Mais ça va prendre du renfort pour assurer le succès
de ce régime. Merci.
Président (M. Bergman) : Merci, Mme Dubé. Maintenant, pour le bloc du gouvernement, M. le ministre.
Hébert :
Merci beaucoup, Mme Dubé, et à vos collègues, Mme McGurrin et
Mme Montplaisir, pour cette présentation. Je vais d'emblée vous rassurer
sur les principes — et
d'ailleurs ils sont bien stipulés en page 20 du livre blanc — le
principe d'universalité et d'accessibilité qui est à la base même de l'assurance autonomie.
Alors, je tiens à vous rassurer là-dessus,
là, il n'y a pas de compromis qu'on fera sur ces principes
d'universalité et d'accessibilité.
Je suis un peu étonné par certains propos que vous tenez sur
les gestionnaires de cas. Notamment, je voyais dans le communiqué de presse que vous venez d'émettre… où vous soulignez que
vous ne voulez pas que les gestionnaires de cas deviennent des courtiers. Écoutez, il y a trois rôles
fondamentaux à des gestionnaires de cas : l'évaluation, le plan
de services et le courtage des services.
C'est déjà un des rôles extrêmement importants
du gestionnaire de cas, sauf qu'avec l'assurance
autonomie on lui donne un levier qu'il n'avait pas, qu'il n'a pas jusqu'à maintenant. Jusqu'à maintenant,
le gestionnaire de cas est obligé de quêter des services. Là, on lui donne la possibilité
d'avoir des heures de services qui sont
financées par l'État, financées publiquement. Il ne gérera pas des
budgets, là, la gestion budgétaire de ça va être faite par la Régie
de l'assurance maladie, mais il va être capable d'arriver à une entreprise
d'économie sociale et de dire : Je peux financer, on peut financer par contrat avec le CSSS tant d'heures
de services. Même chose pour la popote roulante, l'organisme communautaire. Alors, plutôt que d'arriver les mains vides,
il arrive avec les mains pleines, avec ce rôle qui va être renforcé. Il est déjà un courtier de
services, sinon on n'a pas compris, là. Le gestionnaire de cas, c'est
essentiellement un professionnel qui fait l'évaluation, qui fait le plan de
services et qui est un courtier de services pour la personne de façon à ce qu'elle puisse recevoir le bon
service au bon moment par la bonne organisation. C'est au coeur même des
réseaux intégrés de services, et là c'est un aspect fondamental.
J'aimerais ça vous
entendre, comme question, sur… Vous soulignez à une de vos recommandations, la
9, la nécessité de réorganiser les tâches de
gestionnaire de cas et de reconnaître la complexité de sa fonction. Alors,
j'aimerais ça que vous m'expliquiez ce que
vous voulez dire par réorganiser les tâches du gestionnaire de cas et quelle
reconnaissance de sa fonction vous souhaitez.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Dubé.
Mme Dubé (Carolle) : D'accord, merci. Bien, écoutez… Bien, il y a
peut-être des choses qui sont encore un peu inconnues sur ce que sera…
ou comment ce rôle-là va évoluer dans le futur. C'est sûr que, nous, nos gens,
ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils ne
veulent pas uniquement se concentrer à faire une tâche d'évaluation, d'établir
le plan de services, et que les
services soient assumés par des composantes externes ou par des... Nos gens ne
veulent pas perdre, là, cette pratique
professionnelle là d'assurer un suivi au niveau, là, des soins; continuer à
pratiquer également comme professionnels. Ça fait que, ça, je vous
dirais qu'à ce niveau-là, leurs craintes, ils nous l'ont traduit, là, de cette
façon-là.
Bien, c'est sûr que, sur l'allocation, sur la dispensation
des services, ce que nos gens ne veulent pas, c'est devoir choisir entre le budget qui est alloué et des
dispositions dans le plan de services qu'eux favoriseraient comme
professionnels. Mais peut-être que
c'est encore parce qu'il y a... on fait face à l'inconnu, là, sur comment ça va
se traduire réellement sur le terrain,
mais, quand on lit ce qui a été présenté dans le livre blanc, quand on parle de
ça avec nos gens, bien c'est sûr que nos gens, ils nous disent : Il ne faut pas qu'on se retrouve dans une
situation où j'ai à faire un choix entre les options comme
professionnel, mon plan comme professionnel et un contexte ou une contrainte
budgétaire. Peut-être que tantôt je me suis mal exprimée quand je parlais de s'occuper
d'un budget, là. C'était plus à ce niveau-là que je voulais... que se situait
notre intervention.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : Mais justement on veut
sortir de ça. Actuellement, le gestionnaire de cas est pris avec les
contraintes de l'établissement, qui a un certain nombre d'heures disponibles à
donner, alors qu'avec l'assurance autonomie et l'allocation de soutien à l'autonomie
il a une enveloppe budgétaire. C'est lui qui l'a, ce n'est pas le CSSS. C'est
le gestionnaire de cas qui va gérer avec la
personne une enveloppe, une enveloppe d'heures de services. Alors, on
redonne justement au gestionnaire de cas un levier important, et ça sera un
allié, un partenaire extrêmement précieux pour les personnes. Alors, c'est pour ça que c'est important de bien situer le
rôle du gestionnaire de cas, parce que, comme vous l'avez souligné, c'est
central, c'est central dans toute assurance de soins à long terme, le rôle du
gestionnaire de cas.
Et je suis tout à fait d'accord avec vous que le gestionnaire de cas doit être en
mesure de pouvoir avoir des activités professionnelles dans son champ de compétence. Alors, ça,
c'est tout à fait… C'est ce qu'on appelle le mode mixte, parce
qu'on a testé plusieurs modèles de
gestionnaire de cas, le modèle gestionnaire pur, un modèle mixte, et on a, je
pense, fait la recommandation qu'un modèle mixte était le plus approprié. Et je
pense qu'il doit demeurer un intervenant dans son champ de compétence
professionnel.
Je vous rassure également sur les services
professionnels qui vont rester dans le réseau public. C'est inscrit dans l'assurance autonomie, et, pour nous, c'est
un rôle qui va être conservé majoritairement et de façon importante dans
le réseau public. Et il y a un enjeu de planification de la main-d'oeuvre, mais
on convient que c'est un enjeu qui existe, assurance
autonomie ou pas, là. On a un enjeu de planification de la main-d'oeuvre, et,
je pense, c'est un enjeu important, sur lequel on travaille même en
collaboration avec vos organisations.
Vous nous parlez d'un… Et là j'ai une question.
Vous nous parlez d'un fonds protégé plutôt qu'une caisse. Alors, j'aimerais ça que vous explicitiez un peu,
parce que vous nous dites que vous voulez qu'on protège le financement, mais vous ne voulez pas que ce soit une caisse.
Alors, comment on peut protéger le financement des soins de soutien à l'autonomie
sans créer une caisse? J'aimerais ça vous entendre là-dessus.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Dubé.
Mme Montplaisir (Chrystine) : Bien, ça
va être moi qui va répondre.
Mme Dubé (Carolle) : Je vais laisser
Chrystine répondre.
Mme Montplaisir (Chrystine) : Oui.
Bonjour.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Montplaisir.
Mme Montplaisir (Chrystine) : J'étais
certaine que ça serait de la part de M. Bolduc, là, cette question-là.
C'est sûr que
le meilleur moyen de protéger les sommes, là, à l'heure actuelle, ça serait
d'arrêter les compressions dans le
réseau, parce qu'à l'heure actuelle
le réseau a 250 millions de compressions. Et la Protectrice du citoyen l'a
dit, finalement : la raison principale
évoquée par les établissements de santé et de services sociaux pour expliquer
le non-respect de la politique
nationale est la nécessité de répondre à l'objectif financier du ministère dans
l'atteinte du déficit zéro. Donc, c'est là un petit peu le problème, là,
la base du problème.
Donc, protéger les fonds sans créer une caisse,
bien ça s'est déjà fait dans le passé, des fonds destinés entre autres pour des
postes en prévention dentaire, des postes d'hygiéniste dentaire. Donc, par des
mesures, finalement, administratives… je ne
pourrais pas vous donner les détails, là, ou comment ça peut fonctionner au
niveau du réseau, mais de garantir que ces sommes-là, finalement,
aillent directement aux services à domicile.
Parce que,
pour nous, la création d'une caisse, ça comporte quand même certains
désavantages. Puis d'ailleurs, M.
Hébert, vous aussi, je pense que vous êtes conscient de ça. Il y a différents
désavantages, là, pour nous, là. Je peux vous les exposer tout de suite,
mais… Oui? D'accord.
Bien, en fait, pour nous, là, la caisse, une
caisse distincte, ça ne serait pas nécessairement pratique, parce qu'en fait le premier… Il y a quatre facteurs,
quatre raisons. La première raison, c'est parce qu'évidemment, la
création d'une caisse,
tout de suite on pense à, finalement, une cotisation. Puis d'ailleurs il y a un
flottement. On ne sait pas, après 2017‑2018, exactement comment,
finalement, on va financer cette caisse-là. Donc, c'est sûr que, nous, cet
aspect-là, une cotisation, on ne veut pas une nouvelle taxe santé qui s'appellerait
maintenant la taxe autonomie. Je pense que ce n'est vraiment pas une bonne…
finalement une bonne situation à faire pour les citoyens, là, du Québec
actuellement.
On pense aussi que la création d'une caisse, ça
ne protège pas nécessairement les fonds. C'est sûr que c'est peut-être un peu mieux, mais il y a quand même des
précédents. On pense à la caisse de l'assurance chômage, là, au Canada.
Donc, de plus,
ce qu'on observe aussi dans les régimes à caisse, c'est qu'il y a une présence
plus grande d'organismes privés. Puis là, ici, là, c'est sûr que la
caisse, elle peut agir comme un tiers puis magasiner ses services, donc, comme
tel, puis essayer de trouver les prestataires de services qui coûtent le moins
cher.
Là, on a deux exemples, le cas de la CSST et
aussi le cas de la SAAQ, donc qui ont, finalement, des caisses respectives.
Puis ces deux organismes-là auparavant, finalement, finançaient les soins qui
étaient offerts dans le secteur public, donc
les accidentés du travail et les accidentés de la route recevaient des services
dans le réseau de la santé, et depuis
maintenant plusieurs années, finalement, avec les orientations de ces deux
caisses-là, c'est de diriger, finalement, leurs clients vers des
organismes privés.
Donc, ce qui est arrivé, concrètement, c'est que
les établissements publics ont perdu le financement pour traiter les patients,
entre autres, en physiothérapie, en ergothérapie, et l'argent, donc, a été
vraiment dirigé vers des entreprises privées, des cliniques privées. Puis ça a
également drainé des ressources vers ces cliniques privées là, puis là on parle de nos membres, là, c'est des
physiothérapeutes et des ergothérapeutes. Et on a aussi, parmi nos
membres, beaucoup de gens qui… Justement, ils font de la mixité de la pratique.
Ils sont, finalement, dans le secteur public et dans le secteur privé.
Dernier point
aussi, c'est concernant l'intégration des services. C'est sûr que, bon, en créant
les CSSS, on a dit, finalement : Il faut vraiment fusionner les structures administratives, les programmes cliniques pour
assurer, finalement, une meilleure
intégration des soins et des services, puis aussi, finalement, fusionner le
financement des établissements. Là, donc, évidemment, vous avez déjà dit
en commission parlementaire, M. Hébert, en 2006, que d'autres pays comme la France et les États-Unis nous envient,
semble-t-il, la formule de financement intégré qui a cours au Québec parce
qu'elle nous épargne la mise en place de
mécanismes de coordination et de conciliation pour le financement. Donc,
effectivement, il semblerait… Ce que j'ai lu
dans la littérature, c'est que, dans les autres pays où il y a des caisses, il
y a des risques que les établissements tentent de refiler, finalement,
certaines factures, finalement, à la caisse autonomie, et vice versa. Donc, c'est
sûr que ça ne favorise pas, finalement, la conciliation, peut-être plus une
concurrence.
Donc, c'est ça, pour nous, là, finalement, nos
craintes par rapport à la création d'une caisse, mais il faudrait effectivement s'assurer de protéger les budgets
pour que ça aille vraiment, finalement, aux services à domicile, et de
ne pas faire comme lors du virage ambulatoire, hein, aussi, en tout cas, où les
services n'ont pas suivi, là.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Je comprends mieux votre point. D'une part, je pense que, sans une caisse,
assurer l'étanchéité… Et on l'a bien
vu, la Protectrice du citoyen l'a souligné, il y a des budgets qui ont été
étiquetés, protégés pour le maintien à domicile mais qui sont en fait
utilisés pour la mission hospitalière ou la mission CHSLD dans les CSSS. Ça
existe, ça existe de façon importante. Et je pense qu'il faut assurer cette
étanchéité-là, et on ne sera pas capables d'y arriver par un fonds dédié comme
vous suggérez.
Et, pour moi,
«caisse» ne signifie pas «cotisation». Nos amis d'en face voudraient bien qu'on
fasse croire à ça. Pour moi, une caisse, ça veut dire mettre une somme d'argent
qui provient de nos impôts — puis
je vous rejoins tout à fait là-dessus — dans un fonds qui est
sécurisé et qui ne peut pas servir à autre chose que ce pour quoi il est dédié,
comme l'assurance autonomie.
Et «caisse» ne veut pas nécessairement dire un
organisme gestionnaire créé. Parce que, là, vous me donnez l'exemple de la CSST puis de la régie d'assurance
auto du Québec; ce n'est pas juste une caisse, c'est l'organisme qui
gère. Et là nous, on veut faire gérer
l'assurance autonomie par le CSSS. On ne veut pas créer comme le groupe
précédent le suggérait… on ne veut
pas créer une autre structure, une régie de l'assurance autonomie du Québec. On
veut que le CSSS soit l'organisme
gestionnaire, et la caisse, et le financeur, tout simplement. C'est l'endroit
où est sécurisé les sommes.
Alors, je
vous rassure tout de suite, c'est le CSSS qui est l'organisme gestionnaire.
C'est bien affirmé dans le livre blanc.
C'est le CSSS qui va avoir la gestion des sommes qui vont aux usagers, et des
heures de services, et des contrats avec les prestataires pour les
usagers, alors je vous rassure là-dessus. Mais je comprends mieux vos
préoccupations par rapport à une caisse.
Je vous rassure aussi sur l'argent neuf. Le 110 millions
qu'on a mis dans les soins à domicile, c'est de l'argent neuf, et le 500 millions qu'on s'est engagés à mettre dans
l'assurance autonomie, ce sera aussi de l'argent neuf.
Vous nous dites : On préfère un régime
public financé par les impôts. Oui, il y a un choix de société. Après 2018‑2019, le choix qu'on fait, c'est que la
population va assumer par les impôts le coût de l'augmentation, parce
que, quand vous regardez dans le livre blanc, la figure est très explicite, le
statu quo nous amène à un coût extrêmement important en 2027‑2028, on a un coût
de 2,7 milliards ou à peu près, alors que, si on met en place une
assurance autonomie, on est capable
d'infléchir ce coût-là par une priorité au maintien à domicile, et je pense que
c'est extrêmement important de faire ce virage-là maintenant si on veut
être en mesure de pouvoir assurer les services nécessaires aux personnes âgées.
Il est clair que le cadre financier actuel ne nous permet pas de nous rendre en
2027‑2028. Il faudra doter la caisse d'autre argent, et le choix de l'impôt est
extrêmement important.
Puis
je salue ce que vous nous dites, de récupérer du fédéral l'argent qui nous
appartient. Moi, je vais plus loin que ça : on devrait se
débarrasser du fédéral et gérer notre propre argent. Mais ça, c'est un autre
point.
Il faut que
le fédéral puisse nous transférer ce qui nous appartient pour assumer les
services de soins aux personnes âgées.
Les changements des paiements de transfert vont nous faire perdre
8,6 milliards pour les 10 prochaines années, ça couvre
entièrement l'assurance autonomie pour jusqu'en 2027‑2028 et même plus. Alors,
vous voyez ce qu'on perd avec le fédéral actuel. Je salue cet élément-là de
votre mémoire.
Cela dit, je
vais laisser mes collègues poser quelques questions. Je ne voudrais pas prendre
tout le temps, alors...
Le Président (M. Bergman) : Mme
la députée des Îles-de-la-Madeleine, il vous reste cinq minutes.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour, mesdames.
Moi, je
voulais revenir sur la question de la qualité des soins, du fait que les soins
sont prodigués par vos membres et du
fait que nous, aussi, on prône l'utilisation des entreprises d'économie
sociale ou des coopératives de soins. Alors, dans l'offre de soins des services à domicile, comment
est-ce que vous entrevoyez ça par rapport à vos membres? Et vous voulez conserver dans le service public et le secteur
public l'offre de soins; par contre, on sait qu'il y a aussi un
développement qui se fait du côté de
l'économie sociale. Vous pourriez peut-être nous éclairer un peu davantage pour
les quelques minutes qu'il reste.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Dubé.
Mme Dubé
(Carolle) : D'accord. Bien,
écoutez, la réflexion qu'on a eue avec nos membres à ce niveau-là, bon, il y a une
partie de ces services-là actuellement
qui est assurée par ce qu'on appelle des auxiliaires familiales. Ce n'est
pas des membres qu'on représente à l'APTS. Par contre, nos gens travaillent au
quotidien avec ces gens-là, et le constat qu'ils font, c'est que, dans les
dernières années, il y a eu un glissement vers le secteur de l'économie sociale
de ces ressources-là, de, par exemple, les bains et certains soins qui étaient
auparavant assumés en très grande majorité par les auxiliaires familiales en
CLSC, il y a eu un glissement vers le secteur de l'économie sociale.
Ce que nos
gens nous disent, c'est que les auxiliaires familiales qui font
partie de leur
équipe de travail au CLSC, bien c'est un peu les yeux puis les oreilles
de nos professionnels. Donc, quand ils voient, ces gens-là, un état ou une détérioration de la personne, bien, comme ils sont
là plus régulièrement, ils sont capables de rapporter plus rapidement
cette information-là à nos professionnels.
Quand c'est des gens qui proviennent du secteur
de l'économie sociale, bien c'est sûr que les contacts sont moins directs, ce n'est pas des gens qui sont au
quotidien dans les mêmes équipes de travail. Le constat qui est fait, c'est
qu'il y a un grand roulement de ce
personnel-là, parfois un manque de formation. Ça fait que c'est sûr que, pour
nous, les gens, le bilan qu'ils font, c'est
qu'il y a quand même une baisse, là, au niveau de la qualité des services qui
est rendue par les gens de l'économie sociale, si on compare aux
ressources qui sont dévolues, là, par le CLSC, par le travail qui est fait par
les auxiliaires familiales.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée des Îles-de-la-Madeleine.
Richard (Îles-de-la-Madeleine) :
Oui, merci. Mais est-ce que vous ne pensez pas qu'il peut y avoir justement des
partenariats, des échanges entre les équipes qui… pour assurer la qualité des
soins et des normes par rapport aux établissements d'économie sociale, qu'il y
ait des normes pour que la qualité des soins soit la même?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Dubé.
Mme Dubé
(Carolle) : C'est sûr qu'on
vient imposer et on vient demander au CLSC d'assurer encore, là… ou, par
les gestionnaires de cas, on vient leur donner une responsabilité
supplémentaire et peut-être pas tous les leviers qui sont nécessaires et qui
sont faciles quand on doit intervenir avec des ressources externes, comme par
exemple les gens qui proviennent de
l'économie sociale. C'est sûr que c'est beaucoup plus simple et c'est beaucoup
plus fonctionnel pour nos gens quand c'est des travailleurs du même
milieu, que c'est des gens qui proviennent du CLSC.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée des Îles-de-la-Madeleine, il vous reste deux minutes.
Richard
(Îles-de-la-Madeleine) : Deux minutes? Je ne sais pas si mes
collègues avaient une autre question ou bien… Peut-être revenir
justement au rôle du gestionnaire de cas, qui est un rôle central, vous l'avez
dit, et quel pourrait… Comment améliorer,
justement, au niveau de l'évaluation des personnes par le gestionnaire de cas?
Comment améliorer ce système d'évaluation?
Je pense aussi que vous disiez que ça devait être amélioré, le système d'évaluation,
que c'était insuffisant, je pense que c'est
le terme que vous avez employé tantôt en présentation. On pourrait revenir là-dessus
rapidement, même si vous en avez parlé un peu.
Le Président (M. Bergman) :
Mme McGurrin, il vous reste une minute pour répondre.
Mme McGurrin (Johanne) : Je vais
vous donner un exemple. Actuellement, on demande à nos gens sur le terrain de revoir, de faire une mise à jour
d'OEMC, l'Outil d'évaluation multiclientèle. Ça fait qu'on dit : Vous avez
déjà des patients, on vous demande de faire une mise à
jour. Actuellement, là, l'agence, elle passe un message puis elle leur dit : Bien, on demande ça à vos intervenants
puis on vous suggère de faire une équipe dédiée, donc d'ajouter des
ressources. Mais ce n'est pas ça qui se
passe sur le terrain. Qu'est-ce qui se passe sur le terrain, c'est qu'on
demande ça en surcharge avec la charge qu'ils ont actuellement.
Quand on vous dit que notre priorité et notre préoccupation,
c'est… je pense que les gens, ils ont à coeur les services, les services aux personnes
âgées, mais il faut
des ressources supplémentaires pour les donner, ces services-là. Seulement
pour une mise à jour, là, de l'OEMC, de des clientèles déjà
vues actuellement, c'est une surcharge pour les personnes. Nos gens sont d'accord
pour faire un boom puis aller de l'avant, mais ce boom-là ne pourra pas être de façon continue et pour une longue
période. Donc, d'avoir des ressources supplémentaires pour répondre à ces
besoins-là, je vous dirais, c'est la principale préoccupation de nos gens. Puis, si on
veut passer à travers ce virage, parce que c'est un virage très
important, il faut vraiment qu'il y ait des ressources supplémentaires en
place.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est écoulé. Maintenant,
pour le bloc de l'opposition officielle, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Et je peux vous assurer… Pour moi, je pense,
ce n'est qu'un début, parce que
ce qu'on voit, c'est qu'on est en
train de créer une grande bureaucratie, une nouvelle façon de faire, mais à la fin je ne suis pas certain que ça
va donner plus de services directement aux patients.
Dont, entre autres, dans votre mémoire, vous parlez de la grille tarifaire. Si on
comprend le principe, on évalue le patient, ce qui devrait donner soit
un montant équivalent argent ou un montant équivalent services, qui va être
géré, si je comprends bien, à la RAMQ, qui va retourner une enveloppe au
gestionnaire, qui, lui, va acheter des services, théoriquement, dans le CSSS, si je comprends bien. Les services
professionnels, s'ils sont publics, devraient être achetés dans le CSSS. Est-ce que je comprends bien? O.K.
Bien, ce n'est pas grave. On va l'expliquer, dans ce cas-là, parce que
la façon dont on le comprend, dans le mémoire, c'est qu'il y a beaucoup de
flou.
Puis, vous
savez, c'est quelque chose qu'au début le ministre a dit des choses, voilà
10 ans, il a dit autre chose voilà six ans, puis il a dit autre
chose voilà deux ans, puis là on arrive avec un produit où le financement n'est
vraiment pas attaché. Ne serait-ce que… J'ai
calculé le nombre de personnes qu'on
va devoir faire des profils à toutes les fois, même s'ils n'ont pas le droit à des services, parce qu'il faut… Même s'ils n'ont pas le droit à des services, il faut
savoir est-ce que, oui ou non,
ils peuvent, par l'évaluation. Donc, théoriquement, toute personne avec un
certain handicap devrait avoir son profil de
fait, donc c'est des ressources administratives qui vont devoir être mises en
place. Après ça, c'est la réévaluation sur une base régulière. Et
également je m'attends à ce que, si un patient n'est pas satisfait de l'évaluation,
il devrait avoir un droit de recours, comme dans n'importe quel système.
Ça fait que
c'est toute cette pensée-là qu'il faut qu'on regarde, tandis qu'actuellement
l'argent est envoyé aux CSSS, où on a
des ressources. Et le problème, puis je pense que vous l'avez décrit, c'est
qu'on essaie de tout faire ça tout simplement parce qu'il n'y a pas
assez de ressources dans le réseau de la santé. Est-ce que je me trompe?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Dubé.
Mme Dubé
(Carolle) : C'est sûr
qu'actuellement ce que nos professionnels nous disent, c'est qu'ils ne sont
pas capables de donner l'ensemble des
services. Dans certains cas, on fait l'étape de l'évaluation et on n'a pas les ressources nécessaires pour
faire le suivi. Dans certains cas, là, si la situation n'est pas suffisamment
urgente ou si l'état de la personne permet d'attendre, la personne n'a pas le
droit à des services, parce qu'on a été dans un contexte de compressions
budgétaires, parce que les services ne sont pas nécessairement au rendez-vous.
C'est sûr que
les gens voient positivement qu'on veuille donner à la population plus de
services à domicile, là, je pense, ça
répond aux besoins de la population, et nos professionnels, pour eux, c'est
aussi une façon de répondre à d'autres problématiques du réseau de la
santé en améliorant les services, mais il faut que les services soient au
rendez-vous et il faut que les ressources soient au rendez-vous pour qu'on
améliore véritablement et qu'en bout de piste on donne plus de services à la
population.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) :
Merci. Merci, M. le Président. On veut tous donner plus de services au maintien
à domicile, on veut tous garder les patients
à domicile. Si vous regardez les orientations des 10 dernières années, ça a
été ça. La preuve : CSSS Arthabaska-Les Érables l'a réussi, CSSS
Lac-Saint-Jean-Est et en général le Saguenay—Lac-Saint-Jean l'a réussi, et d'où
vient le ministre, la région de Sherbrooke également l'a réussi. Donc, le
virage, dans ces endroits-là, a été fait et avec des ressources… avec une
enveloppe, que je vous dirais, globale et dédiée.
Et là on nous
amène des cas particuliers dans certains établissements où l'argent n'a
peut-être pas été si bien utilisé que
ça, mais je ferais remarquer qu'en chirurgie ce sont des enveloppes dédiées.
Et, dans un établissement de santé, on sait où est-ce que va chacun des
dollars. Ça fait qu'il s'agit juste de savoir où ça va et de faire la règle
administrative, de dire tout
simplement : À l'avenir, cet argent va aller là, puis on va le vérifier,
et vous allez voir que le directeur général qui va se faire
dire que ça fait
partie de ses conditions de continuer à travailler pour l'établissement,
il va la respecter, l'enveloppe. On a vécu ça également à un moment donné en santé
mentale, où l'argent était pris pour développer d'autres services, jusqu'au
moment où est-ce qu'on dit : C'est dédié.
Donc, de nous dire que ça nous prend
une caisse nouvelle avec une nouvelle gestion par la RAMQ pour s'assurer
que, sur le terrain, l'argent ne soit pas envoyé ailleurs, je pense qu'il y a
un problème de gestion à quelque part. Je ne sais pas, mais, comme ministre, tu
es capable de vérifier ça, on a des AS-471 qui disent exactement où va chacun
des dollars. De toute façon, si on a pu le
détecter, c'est parce qu'il y a quelqu'un qui a été capable de vérifier. Donc, on
essaie d'utiliser un outil pour corriger un problème
qui n'est peut-être pas même un problème, et là ce que je
vois, c'est qu'on se fait quelque chose de très, très complexe pour, à
la fin... Pourquoi ne pas avoir une enveloppe globale et mesurer les services
qui vont être donnés?
Également, l'autre
élément qui me fait craindre : ça va beaucoup en fonction de l'évaluation.
Ça prend une standardisation, mais je pense
qu'au Québec on l'a quand
même assez bien. Je ne sais pas, par rapport à vos membres...
Le Président (M.
Bergman) : Je m'excuse, M. le député de Jean-Talon, mais nous
sommes appelés au salon rouge… au salon bleu pour un vote à l'Assemblée
nationale.
Alors,
à nos invités, on suspend nos travaux pour le temps… pour permettre aux députés
pour aller au salon bleu pour voter et puis retourner ici. Alors, je
vous demande votre patience, et nous serons de retour bientôt.
(Suspension de la séance à
17 h 1)
Le Président (M.
Bergman) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : …passer la parole à ma collègue.
Le Président (M.
Bergman) : Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Merci,
M. le Président. Alors, mesdames,
merci d'être ici, vous avez fait un très,
très beau mémoire. Et je
voulais vous dire que la question… Vous vous êtes questionnées par rapport à la
caisse autonomie, et c'est une question légitime, puisque, dans le livre blanc,
on questionne aussi la possibilité de mettre sur pied… la faisabilité de
capitaliser la caisse autonomie ou d'instaurer d'autres mesures qui permettent
d'assurer l'équité intergénérationnelle. C'est à la page 30. À la
page 31, on parle de la commission Clair, de la commission Ménard qui
recommandaient la constitution d'une caisse à capitalisation pour assurer le financement
des soins et des services de longue durée, et le livre blanc pose la question :
Est-ce que le gouvernement devrait adopter cette orientation pour les années à
venir? Donc, vous avez raison, vous avez eu raison de vous préoccuper de
cette question-là. Elle est légitime, elle est posée dans le livre blanc.
Et il faut s'assurer
du financement à court, à moyen et à long terme. Et, si on ne met pas en place
une caisse autonomie, que le ministre,
d'ailleurs, n'était pas d'accord, en 2006, là, avec une caisse de cette
nature-là, qu'est-ce qui va se passer en 2017‑2018? Est-ce que ce sera à
même les impôts? Est-ce que ce sera à même, donc, les impôts, donc une taxe? Et
il me semble qu'ici c'est le lieu pour se poser à la fois les questions qui
touchent les ressources matérielles, financières
et le financement de cette assurance autonomie. Et, comme vous le dites et
comme on le dit aussi, là, ce n'est pas parce qu'on est en face, là, on est pour des soins de qualité à
domicile, on est pour des soins de qualité dans les CHSLD, on est pour des soins de qualité partout. On
s'entend, il faut qu'il y ait des soins de qualité. Et il ne faut pas non plus
que les professionnels de la santé écopent parce que vous n'êtes pas
assez nombreux, parce qu'il n'y a pas les ressources.
fait que je voulais seulement vous dire que vous avez raison de vous préoccuper
de cette caisse autonomie, parce que
je suis aussi préoccupée. Je ne sais pas si vous voulez ajouter quelque chose à
ça. C'est un commentaire que je voulais faire parce que je trouvais que
c'était légitime, ce que vous avez apporté dans l'une de vos recommandations,
qui était la dernière, d'ailleurs, sur le financement.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Dubé.
Mme Dubé
(Carolle) : Bien, peut-être trois choses importantes.
Pour
nous, le financement doit être là. M. Hébert nous rassure en nous disant qu'il
y aura de l'argent neuf. Il ne faut
pas compter sur des économies à venir pour financer les services, il faut
trouver une façon de protéger les budgets. Est-ce que c'est par des mécanismes à l'interne ou une caisse? Nous, on
avait quelques réserves qu'on vous a exprimées tout à l'heure par
rapport aux caisses. Il faut vraiment protéger les budgets.
finalement, bien, pour nous, la mesure la plus équitable pour assurer le
financement, c'est par les impôts, et il faut trouver… par différentes mesures, parce qu'on ne privilégie pas, à
ce moment-ci, une hausse d'impôt. Naturellement, on pense qu'il y a d'autres solutions, il y a d'autres alternatives qui
sont possibles pour soit augmenter les revenus d'impôt ou diminuer
certaines dépenses quand on pense, par exemple, à l'argent qui est utilisé
actuellement en sous-traitance. Donc, ça se situe à ce niveau-là, nos trois
préoccupations.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Quand vous regardez
la croissance, moi, j'ai fait les calculs. Si on augmente le budget jusqu'à l'année
qui est prévue dans le graphique, on va avoir un budget d'environ 42 milliards de
dollars pour le réseau de la santé, si vous faites une croissance de seulement
3 %, et l'écart est autour de 170,
173 millions de dollars, qui représente 3/10 de 1 % du budget total.
Et à chaque année il est octroyé… Parce que 1 %, c'est quand même près de 300 millions de
dollars. Ça fait que je trouve qu'on fait une grosse affaire avec un
problème que probablement que, rendus là, on va être capables de régler.
c'est un réseau également… Vous le dites, on n'est pas obligé de couper dans le
personnel, mais il y a de la performance
qui va être cherchée dans le réseau. Ne serait-ce que les chirurgies du genou,
de la hanche, on est passé de 11 jours à trois jours, donc c'est…
puis avec une aussi bonne qualité. Donc, il y a de la performance qui va aller
se chercher, dans 10, 15, 20 ans, et là
on nous fait… selon moi, il y a peut-être une problématique, mais on nous fait
quand même miroiter qu'il y aurait un gros,
gros problème, alors que le vieillissement de la population, c'est une
augmentation de 1 % des coûts annuelle au niveau de notre population.
Donc,
je pense qu'il y a peut-être une réflexion à faire là-dessus. Puis le monde,
ils voient le tsunami puis ils voient l'iceberg,
mais en Europe, là, ils sont rendus là, à 20 %, 22 %, puis ils
réussissent à passer à travers et sur une période de 20 ans. Donc, je pense qu'il y a peut-être
une réflexion à faire aussi là-dessus. Et le financement est important, mais
je pense qu'on essaie de nous passer un
produit en nous mettant un gros problème, alors qu'il n'est peut-être pas si
gros que ça.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Dubé.
Mme Montplaisir (Chrystine) : Bien,
peut-être… L'augmentation des coûts en santé, c'est surtout au niveau
des médicaments, donc c'est sûr qu'on invite le gouvernement aussi, peut-être,
à regarder des mesures en ce sens-là. Les Canadiens
paient en moyenne 30 % de plus leurs médicaments; les Québécois, 38 %
de plus. Et là, évidemment, avec la nouvelle
entente de l'AECG avec l'Union européenne, on a entendu que les brevets
pharmaceutiques seraient prolongés de deux années s